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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 12:04

 

 

 ANALYSE-A-LA-UNE

Ahmadinedjad à Beyrouth :

 

des armes et du forage en mer, contre l’impunité du Hezbollah face au Tribunal International 

 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

La légende urbaine la mieux partagée par la presque totalité des grands leaders de la Planète -y compris Ehud Barak, à Jérusalem- est que le Hezbollah soit né en réplique à l’invasion israélienne du Liban en 1982, la fameuse opération d’Ariel Sharon, « Paix en Galilée ». Des rivalités se sont faites jour entre la milice Amal pro-syrienne et une autre partie des chi’ites, autour d’Abbas Moussawi, du Sheikh Fadlallah et d’un nouvel « Amal islamique », admirateur de l’Ayatollah Khomeiny et de son œuvre en Iran.

 

Les opérations israéliennes au Liban contre l’instauration d’un Etat de fait, le Fatahland à la frontière nord, ont, certes, servi de catalyseur. En réalité, les échanges entre l’OLP au Liban et les ayatollahs en exil, accueillis dans les camps d’entraînement de l’organisation palestinienne sont constants, au cours des années précédentes. L’actuel Guide Suprême, Ali Khamenei a ainsi fait escale dans l’un de ces camps d’où partent les attaques terroristes contre Maalot (1974), ou le débarquement meurtrier de Samir Kuntar (1979), l’assassin de Danny (le père) et Heirat Haran, une petite fille de dix ans, sur une plage du Nord d’Israël. L’un des instructeurs est alors le jeune palestinien Imad Mughnieyh, qui deviendra l’architerroriste que l’on sait et la liaison indispensable entre les Gardiens de la Révolution, exploitant ses « talents » sur les cinq continents (dont Buenos-Aires) et le Hezbollah émergeant au Liban (Attentats du Drakkar, des baraquements US, enlèvements, meurtres en série…).

 

La question est donc moins celle de la poule et de l’œuf que de comprendre l’attrait immédiat des Ayatollahs pour l’exportation de leur révolution à travers le monde, la formation logistique et idéologique délivrée, ensuite, par les cadres les plus aguerris des Pasdaran, l’allégeance au Velayat-e-Faqih, qui sont les piliers du concept de « Parti de Dieu ». L’autre élément important de la force du Hezbollah au Liban réside dans le culte du Martyr, érigé en idéal de la guerre sainte par le Cheikh Naïm Qassem, qui reste actuellement, le n°2 du cercle dirigeant la milice pro-iranienne. Il subordonne la notion de « victoire » à l’attentat-suicide, qui se répandra en légion noire, à partir de cette période : camions piégés, techniques de harcèlement se soldant par le sacrifice du combattant, guet-apens et massacre des blessés, prisonniers, personnels de santé sur le théâtre de guerre… Le martyr importe plus que le résultat effectif de la mission et offre cette « qualité » particulière que le sens de la guerre, pour le soldat d’une armée fondée sur des valeurs humaines, est de préserver la vie des civils. Ce qu’ignoreront désormais, les Islamikazes lancés par l’Iran dans toutes les guerres insurrectionnelles ou terroristes modernes. Dont le Hamas palestinien, à partir du lancement du « processus de paix ».

 

Après plus de trente ans de parrainage, Ahmadinedjad vient donc récolter les bénéfices de l’investissement iranien au Liban. Il arrive à Beyrouth au beau milieu d’une lutte juridique existentielle pour l’avenir du Pays du Cèdre, autour du report du Tribunal international sur le Liban (TSL) : lequel doit trancher dans les responsabilités au sujet du meurtre du père de l’actuel Premier Ministre, Saad Hariri. C’est donc, d’abord, le protecteur du Hezbollah qui débarque à l’aéroport international, que ce dernier a déjà pris en otage et sous sa surveillance, depuis la précédente amorce de guerre civile, au printemps 2008.

 

Il s’y présente également à l’intersection du blocage du « processus de paix », soutenu par les Etats-Unis, et à moins de 3 semaines des élections de mi-mandat à Washington et d'un probable contre-pouvoir républicain au Congrès, plus énergique. Il vient rappeler aux Libanais la dévotion totale (le Martyr) qu’il attend d’une grande partie d’entre eux, pour être « le poste avancé de la guerre iranienne contre l’Occident » : l’Amérique et Israël.

 

Contre ce rôle d’avant-garde, Ahmadinedjad apporte deux présents empoisonnés :

 

-       -  d’abord, depuis l’attentat calculé d’un sniper du 9è bataillon libanais contre un officier supérieur israélien, le 3 juillet, les Etats-Unis veulent conserver l’armement libanais sous leur coupe. Mais Oncle Sam est devenu réticent à livrer des armes à une armée « régulière » qui ne serait plus aujourd’hui que supplétive de la milice pro-iranienne. Il y a conflit d’intérêts marqué avec Israël. En prenant de vitesse l’Amérique à ce double-jeu où la traîtrise a toujours une information d’avance sur les autres joueurs, Téhéran souhaite parachever sa mainmise sur la plupart des services de sécurité, sur l’Etat-Major, principalement sa partie immergée au Sud-Liban et utiliser la question sulfureuse du surarmement de sa milice en vue d’une fusion milicienne et militaire à son profit et sous son commandement suprême.

 

250 intellectuels, leaders d’opinion, journalistes et cadres se sont élevés, dans une lettre ouverte adressée au visiteur, contre ce désir hégémonique explicite : « La vocation du Liban », déclarent-ils en substance, « est d’être un « pays de soutien  dans la confrontation avec Israël, et non un « pays de confrontation ». Nous vous incitons à vous abstenir de considérer le Liban comme un avant-poste dans votre bataille universelle ». Et de fustiger l’argent et l’armement livré à une partie seulement des factions libanaises contre une autre, qui menace la souveraineté de ce pays de 4 millions 125 000 habitants au bord du gouffre et suspendu au moindre souffle iranien. Le geste de franchise de la part de ces Libanais souverainistes est héroïque, autant qu’il sera considéré comme un signe de leur naïveté par le cacique des Ayatollahs : ils rappellent, en effet, l’attachement de la plupart des dignitaires chi’ites au caractère multiconfessionnel de ce pays. De tous, sauf un mouvement, sans doute : celui qui détient les clés de la guerre ou de la paix, comme il a su le prouver en juillet 2006.

 

-       - L’autre point sur lequel compte insister Ahmadinedjad est que l’Iran est, depuis longtemps un pays pétrolier et gazier. Or, depuis peu, Israël a lancé un forage d’exploration, suite à la découverte de nappes de gaz et de pétrole, en abondance, au large des côtes d’Haïfa et Hadera. Une fois ces découvertes israéliennes faites, le Liban s’est empressé de contester la propriété de telle ou telle étendue des nappes sous-marines. Et le Liban peut, d’autant plus aisément le faire que, du fait de l’état de guerre, les délimitations maritimes entre les deux pays restent livrées au flou artistique. Tant que le conflit durera, aucun accord de coopération ou de répartition en vue d’une libre-exploitation par chacun ne pourra être seulement envisagé entre Beyrouth et Jérusalem. Pire, les sites marines à venir font, d’ores et déjà, l’objet de préoccupations sécuritaires, car difficiles à protéger contre l’afflux de vedettes-suicide rapides, telles qu’en possède l’Iran et qu’il pourrait les fournir à son bras armé. Israël est donc en train de renforcer sa force de frappe marine et de s’adapter à ces nouveaux enjeux.

 

Ainsi, l’avant-poste guerrier de l’Iran peut-il se transformer en plateforme pétrolière et gazière inflammatoire, visant à contrarier l’accès au statut de nouvelles puissances énergétiques de ces deux pays côtiers de la Méditerranée… Tout pour plaire à Ahmadinedjad, dont les propres réserves emblématiques de Pars-Sud stagnent, en partie du fait des sanctions économiques imposées à son pays. Les Pasdaran continuent aussi d’enregistrer un délabrement de la situation sécuritaire à domicile ou en proche périphérie :

 

-      - l’humiliation principale est venue de l’incapacité à faire face à une menace cybernétique non-identifiée, le fameux virus Stuxnet qui fait aujourd’hui, fantasmer. Le réacteur nucléaire de Bushehr, à peine inauguré, a dû reculer sa mise en service de plusieurs mois. Pire, ce sont l’ensemble des secrets les mieux gardés électroniquement qui sont à la merci de la destruction ou de la captation, depuis Ispahan, Arad et ailleurs. On constate la disparition de membres du personnel affecté au nucléaire, appréhendés par les services de renseignement iraniens. Il est plus que probable que certains ont été exécutés ou sont morts sous la torture, soupçonnés d’avoir introduit le malware.

 

-     -  Le Jundallah baloutche revendique, non plus seulement la mort de dignitaires Pasdaran, mais bien l’enlèvement d’un chercheur nucléaire, Amir Hussein Shirani. Il s’affiche donc comme informateur potentiel des puissances en lutte contre les visées apocalyptiques iraniennes. Le kidnapping a eu lieu en pleine ville d’Ispahan, d’autant plus sécurisée qu’elle est un des principaux centres du programme atomique. La sécurité intérieure dément, bien évidemment, l’importance du personnage, devenu subitement, simple chauffeur de taxi.

 

 

-      - A mesure que l’influence iranienne progresse en Afghanistan, les raids de Predators américains ne lui laissent aucun répit : plusieurs agents de liaison entre al Qaeda et l’Iran sont annoncés comme morts probables, victimes à confirmer de ces frappes : Atiyah Abd al Rahman, Lybien, ambassadeur de Ben Laden chez les Mollahs ; Fahd Mohammad Ahmed al Quso, impliqué dans l’attaque de l’USS Cole, le 12 octobre 2000 ; Khalid al Harabi, chef de la Brigade 055 d’al Qaeda ;

 

L’Iran réplique en Irak, au Yémen et à Beyrouth : le Liban n’a pas les moyens de rivaliser sur mer ni dans le domaine technologique avec Israël. Cette nouvelle zone d’influence et ce statut d’« indépendance » énergétique à conquérir semble ne pouvoir l’être que par l’entremise du renfort de la menace constante du Hezbollah maritime.

 

Le new deal que peut, dès lors, proposer Ahmadinedjad, tout en mettant un ton de moins dans les notions d’« avant-poste » guerrier, consiste donc à mettre les postulants à une relative neutralité du Liban en sourdine, tout en apportant une « ceinture » armée, aussi bien terrestre que maritime, au Liban.

 

Beaucoup de prospecteurs ont pronostiqué que la prochaine guerre au Moyen-Orient serait celle « de l’eau ». Il y a fort à parier que Téhéran cherche à protéger ses pions et à les faire avancer sur les traditionnels sites de confrontation, dans cette région : le pétrole et le gaz…

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 08:35

 

 

 

 ANALYSE-A-LA-UNE

 

De quoi les mises en garde égypto-palestiniennes sont-elles le signe (religieux ostentatoire) ?

 

 Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

Cela démarre cahin-caha, le moindre est de le reconnaître. Après « l’atmosphère conviviale » de Washington, chacun est retourné à ses pénates, et d’une certaine manière, à ses marottes.

 

Si Benyamin Netanyahou est revenu d’Amérique sans mot-dire, au grand dam de Sylvain Shalom et du « club des 7 » ministres principaux de la coalition, il n’en va pas tout-à-fait de même pour Abbas et ses proches. Ceux-ci, relayés par le Ministre des Affaires étrangères égyptien, Abu Gheit, se sont, au contraire, empressés de lister tout un tas de conditions rédhibitoires menaçant la perpétuation du bel élan du printemps retrouvé à Washington.

 

Saeb Erekat, l’universitaire palestinien mêlé aux « négociations » qui piétinent depuis des décennies, a commencé par fustiger la « procrastination de Netanyahou », mis en garde sur le fait que « les implantations et la paix ne vont pas bien ensemble », mais dit que les négociations étaient en bonne voie, par la mise en place de 14 commissions traitant chacune des problèmes, à ce jour, insolubles. Mahmoud Abbas, tout en remettant la question du sort des « réfugiés » palestiniens à plus tard, a mentionné qu’il refusait les précautions sécuritaires d’Israël et n’accepterait aucun israélien militaire ou civil dans l’espace des frontières de son futur état.

 

Tel est le discours, sachant que, dans les faits, la coordination sécuritaire israélo-palestinienne se poursuit chaque jour et nuit que D.ieu fait : pour protéger la sécurité des Israéliens évidemment, mais aussi pour assurer la survie politique de l’AP, qui pourrait, à tout moment, être débordée par le Hamas. Erekat ne se prive pas de rappeler l’enjeu, en déclarant qu’en cas d’échec des pourparlers, se soldant par la déclaration d’un Etat palestinien, l’Autorité palestinienne disparaîtra, laissant la voie libre au Hamas. C’est on ne peut plus juste, resterait alors à en énoncer les responsabilités, à tout le moins, partagées. On peut aussi considérer qu, dans la panoplie des arguments-massues que détient l'AP, celui-ci conserve une place de choix et que la sécurité palestinienne n''est pas ce que l'on croit. Cela contient, à la fois une menace, pour les intérêts de tout un chacun, Américains, Israéliens et pouvoirs arabes environnants. Mais ceci peut avoir aussi de paradoxalement « rassurant » de savoir que chacun doit y contribuer et que les partenaires ont partie liée. « Si tu sautes, je saute » peut être un jeu stimulant pour trouver des arrangements inédits, là même où l’on déclarait d’avance la partie perdue.

 

Les deux points problématiques que signale la déclaration du Ministre égyptien Abu Gheit, relèvent,

 

-      l’un d’une fausse inquiétude toujours démentie dans les faits : « la notion d’Etat Juif pose question : que deviendront les Arabes israéliens ? Seront-ils des sujets de seconde zone ? Ou seront-ils expulsés ? ». Or, à l’inverse de ce qu’il prétend, dans un environnement majoritairement arabo-musulman, c’est Israël la minorité (certes, active), et les éventuels litiges relèvent d’une émancipation individuelle qui peut toujours progresser ou de manquements avérés à la loyauté à l’égard de l’état, ce qui n’est admissible, en retour, dans aucun pays arabe (ou état tout court, sur le fond). On n'insistera pas sur le sort des minorités coptes en Egypte, par politesse diplomatique...

-      Le problème posé par l’existence et la reconnaissance d’un Etat Juif ne se manifeste vraiment parce qu’on se refuse à s’interroger sur la constitution des 22 pays islamiques alentour, aucun ne se revendiquant d’autre charte que l’Islam, même si le pouvoir effectif est tenu par des « laïcs » : minorité alaouite en pays largement sunnite en Syrie, ou cas du Chrétien Tarek Aziz, bras droit du Sunnite Saddam Hussein, à titre d’exemples.

-      L’autre question d’Abu Gheit est celle des « gros sous » : littéralement, il déclare aux contribuables de « bonne volonté » que l’état de paix réclamera quelques 50 milliards de $, si on souhaite’ mener le dossier à terme. Il ne précise pas qui devra payer. Mais il faut entendre Européens et Américains, avec une petite ristourne des régimes arabes qui tiennent tant à ce projet. Ce sont la Grèce, le Portugal et l'Espagne qui vont danser le Sirtaki, jouer du fado ou claquer des castagnettes.

 

 

Si l’on reprend au rebond les termes d’Erekat, on se retrouve dans une situation de non-choix : moi ou le Hamas, et le déluge. « On », se sont l’ensemble des parties prenantes, exceptées les antisionistes radicaux de « l’Axe » éradicateur. Si le chantage au Jihad fait partie du contrat, on peut se consoler en se rappelant que ce phénomène n’est guère une découverte, depuis qu’Ousama Ben Laden a grillé cette précieuse cartouche contre les tours jumelles, il y aura bientôt une dizaine d’années. Sous le soleil, il n’y a de nouveau que l’expansion irano-chi’ite se faisant forte d’expurger le problème à X + un certain nombre de bombes atomiques. Ce qui n’a, d’ailleurs, pas manqué de susciter l’hilarité du Grand Mufti du Liban, une fois n’est pas coutume, se moquant de toutes ses dents des prétentions apocalyptiques d’Ahmadinedjad : en substance : « allez-y ! Ne vous gênez pas ! et ainsi vous décimerez plus de Palestiniens qu’aucune bombe israélienne n’a jamais rêvé de le faire ! ».

 

Netanyahou semble vouloir mettre en place des mécanismes souples, permettant le « dégel » des implantations, sans sur-dimensionner les projets, de façon à poursuivre les discussions. Les Palestiniens peuvent-ils, comme ils en menacent, sortir aussi sec du contrat moral qui les lie aux Etats-Unis d’Obama ? Vont-ils, symboliquement aller bouder à nouveau dans leur coin, pour se faire prier, obtenir un nouveau ralentissement très proche du gel, sans que s’en soit un, et ainsi de suite ? La distribution des sujets de controverses entre 14 commissions de 220 experts permet aussi de quitter certains ateliers pour mieux continuer sur d’autres. Ou tout refuser en bloc, ce qui équivaut à un suicide politique…

 

Les questions de sécurité, telles que les envisage ou plutôt, ne les envisage pas Abbas, sont toutes aussi irréalistes, dans un monde palestinien non débarrassé du Hamas et un monde musulman non-unifié au-delà de ses propres « hérésies » triomphantes. Cela laisse de la marge.

 

Quant à la question de l’état Juif, l’inanité relative des remarques d’Abu Gheit laisse clairement percevoir que le problème est rarement politique, mais tourne bien autour d’un interdit-tabou musulman, se refusant à cette reconnaissance, puisque les anciens Dhimmis seraient enfin devenus maîtres chez eux. Dans les faits, on sait que les échanges économiques et sécuritaires avec Israël se sont accentués depuis vingt ans, d’autant, à mesure que se précise la menace iranienne. Mais, il faudrait ne pas dire « Israël » ou « Etat Juif ». D’autant que les régimes, souvent répressifs, ne sont pas les peuples et que le moindre écart de langue qui fourche porte à la déstabilisation, renforce, en tout état … de cause, les accusations des ennemis immédiats, plus affiliés à l’Iran qu’à Israël.

 

L’interdit religieux n’existe pas vraiment si l’on se réfère aux versets du Coran qui annoncent le retour des Bné Israël sur la Terre qui leur a été donnée par… Allah (pourquoi pas ?). Mais l’on entre là dans de longues exégèses, par ailleurs, elles-mêmes interdites avec les épisodes suivants de cette Saga et les Oulémas qui prétendent en détenir le sens.

 

Avigdor Lieberman parle « d’accord intérimaire », qui n’est d’ailleurs, pas prêt de voir le jour à l’ « échelle « d’une génération » (30 ans ?). Il traduirait tout haut ce que les responsables américains n’oseraient ainsi dire que tout bas. La notion de « processus de paix » n’a de sens réel que parce qu’il n'a permis, jusqu’à présent, que des gains périphériques, en laissant prendre à Israël son amplitude internationale : sur le plan stratégique et économique, en favorisant des liens avec des pays encore improbables, il y a 20 ans, comme l’Inde ou le Brésil, ces fameux échanges longtemps tus avec les pays du Golfe. Et ce dessein d’une alliance objective conjoncturelle face à l'hégémonie iranienne, avec la plupart des Etats sunnites, sauf la Syrie, le Liban et aujourd’hui la rupture pas encore tout-à-fait consommée avec la Turquie. Il tient essentiellement par la force des liens stratégiques entre l’Amérique et l'état hébreu, à travers laquelle les Arabes parlent directement ou indirectement avec Israël, quel qu’en soit le Président, et par l’investissement européen auprès de cette autorité dont le pouvoir réel sur les évènements semble demeurer « artificiel », mais qui dispose d’une autonomie de fait. Il est aussi marqué par les coups sanglants de l’OLP d’Arafat et du Hamas dans leur projet d’éradication qui semble, de proche en proche, s’être reporté sur les caciques des régimes totalitaires de l’Est, très présents dans l’environnement immédiat d’Israël. Jusque dans le conflit meurtrier entre Hamas et ce même Fatah sans plus de réel leadership.

 

La symbolique de la « paix » reste une étincelle de lumière au fond du labyrinthe des questions en suspens, dont une partie semble insurmontable : Jérusalem, Etat Juif, implantations, réfugiés… Il n’empêche qu’une réalité s’est dessinée qui a laissé de côté bon nombre de projets démiurgiques, dont se repaissent les antisionistes patentés : éradication, expulsions en masse (auquel Israël a aussi amèrement goûté, avec les résultats que l’on sait, au Goush Katif), ou « solution jordanienne », rayée des perspectives au Likoud, principal parti de gouvernement, depuis 1988.

 

Dans les faits, il s’agit bien plus de "gestion des risques" (terme employé par Emmanuel Navon), au fur et à mesure des avancées ou reculades, ou encore, de « contrat implicite » entre l’Occident et des régimes arabo-sunnites incertains de leurs bases pour que tienne l’ensemble de l’édifice. A ce titre, il est difficile de s’y soustraire par des formules magiques, quels que soient les faux pas réels ou supposés des uns et des autres, en termes concrets ou en tenue de double-discours idéologiques.

 

Y a-t-il une seule chance que ce « processus » aboutisse un jour qu’il n’y a, en tout cas, pas de raison valable de le refuser en bloc : celui qui s’en dédirait aurait tout perdu, pour lui-même et pour les autres. Mais la trahison, les « petits mensonges entre amis » sont aussi des constantes de la politique…

 

Chana Tova 5771 (est-on à 10 ou 30 ans près?)

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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 12:18

ANALYSE A LA UNE

  

Les vents de la guerre au Levant et au Moyen-Orient (3/3)

Les cas Hariri et AMIA

 

Par Horacio Calderon

Adapté par Gilles

Pour aschkel.info et lessakele.

 


 Première partie

 ici bleu

Par Horacio Calderon

www.horaciocalderon.com

(Horacio CALDERON est expert un du Moyen Orient et un spécialiste de la lutte anti-terroriste. Il consacre actuellement ses efforts à l’étude, le suivi et la dénonciation du terrorisme mondial et régional, du trafic de drogue et de la criminalité transnationale organisée.)

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Le Souffle de la guerre

La situation au Liban est complexe, fragile et très dangereuse parce que le Hezbollah peut déclencher un nouveau combat inter sectaire interne comme celui qui s’est produit à Beyrouth en 2008. Mais l’organisation terroriste libanaise pourrait également lancer une reprise de la guerre contre Israël qui est toujours en suspens depuis le cessez le feu du mois d’août 2006.


Il existe plusieurs indicateurs d’alerte précoce signalant la possibilité d’une guerre au Levant et peut-être dans l’ensemble du Moyen-Orient dans les mois à venir, qui dépendent d’un ou de plusieurs déclencheurs imminents.


En outre, et en dépit de graves dissensions internes vis-à-vis de sa méfiance et de sa rivalité croissante avec le gouvernement syrien, le Hezbollah est le vecteur le plus puissant et fiable de l’Iran dans la région pour affronter Israël.


Le Hezbollah a eu la possibilité de se réarmer et d’améliorer la qualité ainsi que la quantité de son armement utilisé en 2006 au cours de la guerre contre Israël. Merci à l’aide de l’Iran et de la Syrie.


Le Hezbollah a déjà dépassé la limite qu’Israël peut tolérer à moins que ce pays ne choisisse de voir sa population vivre dans des abris souterrains, telles des colonies de môles. Merci pour les systèmes modernes de missiles et de roquettes fournis par l’Iran et la Syrie.


Par rapport à cela, l’Iran pourrait encourager les dirigeants du Hezbollah à attaquer ou à provoquer Israël afin de détourner l’attention accordée à son programme nucléaire suspect.


Une autre hypothèse de guerre étant que l’Iran préserve le Hezbollah jusqu’à ce que le pays soit attaqué et lance une contre offensive alliée contre Israël, ses alliés et d’autres ennemis ciblés.


De nombreux experts ont convenu que les stratèges iraniens sont conscients qu’il doit être difficile pour Israël d’attaquer leurs sites nucléaires, de défendre son propre territoire face à une contre attaque et en même temps d’ouvrir un théâtre de bataille au Liban.


L’un des cauchemars les plus importants pour les stratèges occidentaux – y compris Israël – est d’évaluer avec précision la nature des processus complexes de décision iranienne et donc l’ensemble des résultats probables susceptibles de sortir de tous et de chacun des scénarios très contradictoires.


En ce qui concerne l’Iran, ses dirigeants, décideurs politiques, planificateurs militaires et chefs des services de renseignement sont également inquiets et tout à fait préoccupés d’envisager les possibilités israéliennes d’une attaque militaire contre les installations nucléaires de leur pays.


Un expert américain qui a été consulté avant la conclusion de ce document pense qu’il n’y a pas beaucoup de chance qu’Israël attaque la centrale nucléaire de Bushehr parce que cela semble difficile pour différentes raisons. Il pense également que si Israël doit frapper des sites en Iran, les objectifs seront les installations liées au programme d’armement nucléaire.


Certains analystes pensent qu’Israël pourrait également utiliser ses missiles balistiques nucléaires tactiques contre les sites iraniens, mais cela est hautement improbable à moins que l’Iran ne lance une contre-attaque  à des bombardements conventionnels avec des armes de destruction massive (ADM).


Concernant l’Iran, il existe d’autres scénarios clés qui doivent sérieusement être pris en compte.


Le 22 avril 2008, en tant que candidate à l’investiture du Parti démocrate à l’élection présidentielle américaine de 2008 Hillary Clinton a déclaré sur ABC Good Morning America News : « Que serait notre réponse si l’Iran lançait une attaque nucléaire sur Israël ? Je veux que les Iraniens sachent que si je suis élue Président, nous attaquerons l’Iran. C’est ce que nous allons faire. Il n’y a pas d’alternative ». Elle a également déclaré : « Quel que soit le stade du développement de leur programme d’armes nucléaires dans les 10 prochaines années au cours desquelles ils pourraient bêtement envisager une attaque contre Israël, nous serons en mesure de les effacer totalement ».


Mme Clinton a perdu l’élection présidentielle mais est Secrétaire d’Etat de l’administration Obama et maintient toujours une position ferme contre l’Iran.


Le président Obama a déclaré dans une interview qu’il n’utilisera l’arme atomique que dans des « circonstances exceptionnelles » et non pour attaquer des Etats non dotés de l’arme nucléaire, mais en même temps, il a précisé qu’il créait une exception pour « les situations aberrantes comme l’Iran et le Corée du Nord » qui ont violé ou renoncé au Traité de non prolifération nucléaire.


Par conséquent, le Président des Etats-Unis et le lauréat du prix Nobel de la Paix – alors qu’il n’a rien fait pour mériter cela – menace de recourir aux armes nucléaires contre d’autres pays n’ayant pas ces capacités militaires.


L’ensemble des messages menaçant à l’endroit de l’Iran mentionnés ci-dessus ont été récemment mis à jour par le Secrétaire américain de la Défense, Robert Gates.


Par conséquent, Benjamin Netanyahou ou ses successeurs pourraient avoir le même raisonnement que Barack Obama. Certes, Israël ne peut fournir aucune explication publique ou menacer ainsi l’Iran car le pays n’a jamais officiellement confirmé ou nié avoir un arsenal nucléaire, ni même un programme nucléaire militaire.


En fait, tous les pays dotés d’armement nucléaire ont toujours la capacité, le pouvoir et les moyens de faire usage de leurs arsenaux et d’utiliser leur leadership mais peuvent  aussi se retrouver face à des conséquences des plus graves et des plus sévères.


En ce qui concerne l’attaque de la future et potentielle menace nucléaire iranienne, le meilleur résultat pour éviter un scénario de type Armageddon comme ci-dessus est de stopper le programme avant sa réussite.


En outre, l’arrêt du programme nucléaire iranien permettra d’éviter la mort de millions de ses citoyens car le pays sera vraiment « effacé » avant que ses dirigeants n’aient eu le temps de toucher un bouton déclencheur.

 

Le rôle des Etats-Unis

Barack Obama est flou et imprévisible, et son charisme – son principal atout – est en baisse constante quotidienne. Par ailleurs, un Président Commandant en chef des Etats-Unis ne peut pas gouverner son pays en perdant son temps en choses insignifiantes, parlant démagogiquement comme Hugo Chavez ou trahir ses promesses électorales.


Les piliers de la politique étrangère du président et leurs objectifs – ainsi que certains questions intérieures sensibles – sont irréalistes et ne pourront jamais être mis en œuvre.


Par conséquent, l’erratique Barack Obama et son absence de bon jugement rendent très difficile la prévision de la façon dont il va affronter le plus délicat, le plus menaçant et probable scénario actuel ainsi que ses développements futurs.


Le principal problème pour la sécurité du Levant et du Moyen Orient à l’heure actuelle est que le président Barack Obama – malgré ses déclarations menaçantes – ne voit pas l’urgence de stopper le programme nucléaire iranien et à long terme son programme de missiles balistiques.


Tout d’abord, parce son jugement n’évalue pas le danger réel que représente un arsenal nucléaire et des systèmes de missiles balistiques aux mains d’une organisation semi-apocalyptique clandestine comme l’Iran Hojjatie. L’ayatollah Mohammad-Taqi Mesbah-Yazdi est le chef spirituel de ce mouvement qui a été interdit par l’ayatollah Ruhollah Khomeiny en 1983. Le président Mahmoud Ahmadinejad est le disciple le plus important de l’ayatollah Mesbah-Yazdi et un membre présumé de haut-rang de la secte Jamkaran et de l’organisation Hojjatie. Leur doctrine est messianique et enseigne le retour de l’Imam caché (Madhi) et la violence peut aider à atteindre cette « céleste » prédiction. Ainsi, si une telle secte prend le pouvoir en Iran, son leadership n’hésitera pas à utiliser l’arsenal nucléaire, s’il pense que le Madhi reviendra après une catastrophe digne d’Armageddon.


Deuxièmement parce que les priorités urgentes de l’administration américaine ne prennent pas en compte les menaces existentielles iraniennes contre Israël et en particulier dans les négociations secrètes en cours avec l’Iran, principalement concentrées sur l’Irak et l’Afghanistan.


Mais les problèmes posés par le président Obama sont également liés à l’ensemble des défaillances du système de sécurité des Etats-Unis qui a été dévoilé par des études récentes.


En ce qui concerne la sécurité nationale, les Etats-Unis sont face à risque d’échec et il existe un besoin très urgence de faire de sérieuses réformes dans l’ensemble d’un système dépassé qui est à un pas de s’effondrer. La récente affaire Wikileaks ne représente que l’un des chapitres de cette situation.


Les échecs liés entre eux et la faiblesse déclarée à la fois de la sécurité des Etats-Unis avec sa politique étrangère, ainsi qu’entre la sécurité nationale et les systèmes de la défense nationale, ont des effets négatifs globaux et internationaux qui doivent être pris en compte par les autres pays.


Ces résultats négatifs sont souvent issus d’un manque d’analyse et de planification face aux menaces qui ne peuvent conduire qu’à des résultats catastrophiques comme les attaques du 11 septembre 2001 et les guerres en cours en Afghanistan et en Irak.


Une équipe américaine d’experts et de spécialistes très importants intitulée : « Vision Working Group Report and Scenarios » a établi un rapport non classifié et un projet de réforme de la sécurité nationale américaine.


En ce qui concerne la planification fondée sur des scénarios en laissant de côté les causes, ce groupe d’experts, après examen du fonctionnement du gouvernement américain et de ses composants propose d’utiliser une autre méthode afin d’obtenir des réussites :


« Vue d’ensemble  - Dans l’ensemble des situations, les organismes de sécurité nationale sont rarement préparés, organisés et / ou ont les ressources nécessaires pour relever les nouveaux défis de sécurité nationale. »

« Globalité des problèmes – Le système de sécurité nationale n’a pas de compétence de base dans la vision stratégique. »

« Conséquence - Le système de sécurité nationale ne peut pas identifier les capacités stratégiques nécessaires pour répondre aux futures menaces et opportunités ».


En outre :

-       Problème 1 – il existe de nombreux obstacles à la construction de base d’une vision stratégique reposant sur une planification fondée sur des scénarios.

-       Problème 2 – il y a une incompréhension de ce qui est une vision et de la valeur qu’elle apporte.

-       Problème 3 – la nécessité d’une planification fondée sur des scénarios n’est pas bien comprise.

-       Problème 4 – le système de sécurité nationale favorise les résultats à court terme plutôt que ceux à long terme.

-       Problème 5 : sans moyens pour adapter les ressources à la stratégie, le système de sécurité nationale sera incapable d’agir sur des idées de planification fondées sur des scénarios pour trouver des solutions.

 

Le Groupe de travail a également critiqué le Conseil National de sécurité (NSC) et son système de « Comités de coordination politique » (CCP). « Le processus des CCP est orienté comme une boîte de réception quotidienne de l’administration, des questions à court terme et des objectifs de campagne ». Enfin, il recommande : «  un but beaucoup plus précis et une capacité globale sont nécessaires au pouvoir exécutif ».


Son évaluation concernant les principaux problèmes et la mise en cause du système américain de sécurité nationale est réellement inquiétante car ces défaillances ont une incidence sur le monde entier.


Après avoir lu les paragraphes cités on pourrait penser que ce type d’évaluation concernerait l’Argentine ou tout autre pays, mais pas les Etats-Unis …


Donc, en relation directe avec l’un des principaux points de cette analyse – la publication imminente de l’acte d’accusation du TSL – on pourrait dire que toute guerre au Liban nuira probablement à la stratégie fragile du Président Obama pour le Levant et le Moyen-Orient.


Par ailleurs, la Maison Blanche ne fait pas confiance aux Syriens et suit de très près toutes les manœuvres et négociations complexes précisées ci-dessus. En outre, Barack Obama n’a pas abandonné l’ancienne option militaire pour renverser le régime syrien, qui est toujours et reste sur la table.


La chute du régime syrien semble être une obsession permanente des Etats-Unis et n’aurait probablement pas d’autre bénéficiaire que le djihadisme sunnite incarné par la branche nationale des « Frères musulmans » égyptiens. Le feu général Hafez Al-Assad, le père et prédécesseur de l’actuel président syrien avait anéanti des milliers de ces militants djihadistes. Cela s’est produit en février 1982, au cours d’une offensive militaire visant à vaincre une révolte qui a eu lieu dans la ville de Hama. Les successeurs de ces djihadistes sunnites abattus attendent depuis ce temps le match de revanche contre les laïques Alaoui du régime syrien qu’ils haïssent.


Ils espèrent que les Etats-Unis leur faciliteront le travail, comme cela s’est passé en Irak. Ce scénario probable terrifie Israël mais aussi l’Egypte et la Jordanie dont les régimes laïcs sont menacés par les Frères musulmans.


Comme indiqué précédemment, la priorité actuelle des Etats-Unis est principalement axée sur une stratégie de sortie d’Irak et d’Afghanistan. Le président Obama et ses proches conseillers pensent certainement que ces objectifs ne seront pas atteints sans l’aide iranienne, ce qui pourrait s’avérer dangereux comme l’étreinte d’un grizzli.


Israël est pleinement conscient que le Hezbollah a acquis une capacité dévastatrice et qu’il est capable de lancer des missiles balistiques de gamme moyenne ainsi que des roquettes profondément au cœur de son territoire. Pour cette raison, il est fort probable qu’Israël devra lancer une attaque préventive afin de détruire les dépôts contenant les armes les plus dangereuses livrées au Hezbollah par l’Iran et la Syrie depuis 2006.


La classique sagesse militaire d’Israël fait qu’il devrait attaquer le Hezbollah – avec ou sans l’aide de la Syrie – avant que les dirigeants militaires ennemis n’aient eu l’occasion d’utiliser leurs arsenaux meurtriers contre des cibles militaires ou civiles.


Stratfor, une société de renseignement global basée au Texas, a également confirmé que « certains faits semblent indiquer que les Etats arabes travaillent en étroite collaboration avec Israël – qui a jouer un rôle déterminant en minant le réseau de télécommunication du Hezbollah – afin d’entraver la capacité du cette organisation à frapper ».


La Turquie a adressé un message secret mais tout à fait clair au Hezbollah en précisant qu’elle ne tolèrerait pas de nouvelles attaques contre les communautés sunnites libanaises. Une source de haut-rang de Beyrouth assure aussi que l’Egypte a déjà envoyé au Liban un contingent de forces spéciales déguisées en ouvriers.


Lors d’une conférence de presse au Pentagone en présence du ministre israélien de la Défense Ehud Barak, le ministre américain de la Défense Robert Gates a dit : « Nous avons atteint le point où le Hezbollah dispose maintenant de beaucoup plus de roquettes et de missiles balistiques que la plupart des gouvernements dans ce monde. Ceci est déstabilisant pour toute la région et nous suivons cela de très près ».


L’Iran et le Hezbollah se sont préparés à une guerre probable contre Israël, qui pourrait concerner la région, des pays entiers et des acteurs étatiques mondiaux tels les Etats-Unis et la Russie.


L’Iran est depuis longtemps un réel danger et le centre de gravité d’un axe historique géopolitique qui serait très vulnérable si la Syrie se retournait contre le Hezbollah, le premier mandataire de l’Iran au Levant. Mais personne n’est capable de préciser quand et comment ce nouveau conflit éclatera. Ce conflit est principalement basé  sur la menace existentielle que porte le futur potentiel nucléaire iranien sur Israël et les pays arabes.


Métaphoriquement parlant, ce conflit est un tremblement de terre uniquement causé par le volcan Iran, qui pourrait entrer en éruption à tout instant et lancer un torrent de lave qui couvrirait une grande partie du Moyen-Orient.


Cependant, un Iran en passe de devenir une puissance nucléaire est confronté à une menace stratégique pas seulement portée par des pays nucléarisés comme Israël et les Etats-Unis. Une alliance formée par l’Arabie saoudite, l’Egypte, la Turquie et d’autres pays sunnites est maintenant en œuvre pour faire face à l’influence iranienne en Irak. Nonobstant, et pour autant que la Turquie soit concernée, ce pays de l’Otan cherche à organiser un front visant à réduire l’influence de l’Iran ainsi que l’influence américaine en Irak.


Tous ces pays cités ci-dessus ont une menace stratégique commune : l’Iran. Par conséquent, ce n’est pas surprenant et il y a longtemps qu’Israël est devenu de facto un allié clé de certains Etats sunnites mentionnés précédemment, partageant un même objectif, celui de faire face à la menace que pose le Hezbollah.


En raison de sa portée terroriste mondiale, le Hezbollah est un grand danger et une honte non seulement pour le Levant, mais aussi pour le monde entier. Il n’est donc qu’une question de temps avant que les Nations-Unies et les acteurs régionaux et mondiaux décident qu’il est l’heure de désarmer le Hezbollah. D’ailleurs cette organisation terroriste a toujours violé le cessez-le-feu de 2006 avec Israël, à l’encontre de ce qu’exige la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations-Unies.

 

Le Casus Belli contre l’Iran et le Hezbollah

L’invasion de l’Irak et le renversement du régime sunnite de Sadam Hussein suivi de l’occupation du pays ont démontré que le déclanchement d’une guerre n’a besoin de rien d’autre que d’un prétexte très bien organisé et propice à un objectif politique planifié. En particulier lorsque les faits postérieurs à l’invasion irakienne ont clairement montré que les accusations de Tony Blair contre Saddam Hussein, concernant les allégations des capacités militaires irakiennes à lancer des armes de destruction massive en moins de 45 minutes, étaient un tissu de mensonges. Ces prétextes, soutenus par de nombreux Etats et acteurs publics, y compris les liens entre le gouvernement irakien et Al-qaïda, ont été suffisant pour lever un casus belli afin d’attaquer et d’occuper le pays. En outre et sans surprise, l’Iran appartenait à ce réseau mortel d’un ensemble très sophistiqué de préparation et d’exécution d’opérations de renseignement visant à encourager l’invasion et faire glisser les Etats-Unis dans un piège, réseau auquel appartenaient de nombreux agents doubles comme le politicien chiite irakien Ahmed Chalabi.


Cela ne ressemble en rien à l’Afghanistan qui était un pays utilisé par Al-Qaïda comme une base territoriale afin de planifier et de lancer des attentats terroristes aux Etats-Unis comme celui du 11 septembre 2001.


En ce qui concerne l’Iran et par procuration le Hezbollah, le principal casus belli est représenté par les menaces publiques et officielles lancées à l’encontre d’Israël et d’autres pays par le Guide suprême iranien Ali Khamenei, le président Mahmoud Ahmadjinejad, d’autres ayatollahs importants ainsi que des hauts fonctionnaires. En outre, ajoutons l’interminable et stressante campagne de relations publiques concernant le processus d’enrichissement d’uranium, les systèmes de missiles balistiques et toutes réalisations liées à la défense.


Néanmoins, et malgré le fait que cet ensemble de menaces représente le défit le plus sérieux à l’échelle régionale et pour la sécurité internationale et mondiale, ces casus belli ne peuvent justifier une guerre. Par conséquent, et cela grâce à l’expérience irakienne, toutes les théories de complot sont en cours de préparation pour fournir des preuves de casus belli contre l’Iran et le Hezbollah et seront dévoilées le moment opportun.


Ayant dit cela comme une brève introduction à ces sujets sensibles, il convient de noter qu’il existe une triple belli conséquent et un réel casus qui peuvent faire partie du paquet à déclarer pour justifier une attaque contre l’Iran et/ou le Hezbollah :

-       Tout d’abord les attaques terroristes contre l’ambassade d’Israël et le Centre AMIA qui ont eu lieu respectivement en 1992 et en 1994 à Buenos Aires ;

-       Deuxièmement, l’assassinat de Rafiq Hariri à Beyrouth le 14 février 2005 ;

-       Enfin les liens présumés entre les militants du Hezbollah inculpés aux Etats-Unis et le VEVAK iranien par le biais de son agent Mohsen Rabbini actuellement recherché par la justice argentine dans le cadre de l’attentat contre le Centre AMIA et qui a été l’attaché culturel de l’ambassade d’Iran à Buenos Aires.

 

Il existe des connexions très intéressantes et des liens entre les acteurs étatiques ou non étatiques ainsi qu’entre les personnes impliquées dans les deux cas que sont l’AMIA et Hariri :

1.     Le Hezbollah est responsable de ces crimes liés entre eux par son commandant militaire Imad Moughniyed a été tué pour cela. Il a toujours été loyal envers l’Iran et ce même s’il n’était pas sympathique à Hassan Nasrallah. Il a également participé à des opérations conjointes entre le Hezbollah, les services de renseignement iraniens et l’appareil de sécurité dirigé par le VEVAK. En outre, l’Iran doit avoir un lien avec le complot visant à tuer Rafiq Hariri en raison de la participation de Moughniyed dans la planification de l’attentat et de sa relation avec le terrorisme lié à l’Iran et le Hezbollah dans des opérations internationales et mondiales.


2.    Les dirigeants iraniens ont ordonné l’attaque contre le bâtiment du Centre juif AMIA à Buenos Aires. Cette opération terroriste majeure a été planifiée et coordonnée au plus haut niveau en particulier par Ahmed Vahidi,  nommé au gouvernement par Mahmoud Ahmadinejad  avec la bénédiction du guide suprême Ali Khamenei, et ce bien qu’il soit poursuivi par un tribunal argentin. Le tribunal a demandé et obtenu six notices rouges d’Interpol dans le cadre de l’attentat du Centre AMIA en 1994 à Buenos Aires. La collecte de renseignements dans le cadre de la préparation de l’attentat et les étapes ultérieures a été exécutée par des diplomates iraniens, stratégiquement placés dans des cellules logistiques ou opérationnelles et par les réseaux du Hezbollah qui siègent dans la zone de la Triple Frontière. Le Hezbollah a également fourni le terroriste suicide qui conduisait le véhicule qui a détruit le centre communautaire Juif, tuant 85 personnes et en blessant plus de 300 autres. De plus, le 17 mars 1992, le Hezbollah et l’Iran ont mené une attaque terroriste conjointe qui a détruit l’ambassade israélienne à Buenos Aires.


3.    Le gouvernement syrien pourrait être dégagé de toute accusation en matière pénale sur l’affaire Hariri, parce que les liens humains et les preuves matérielles qui les reliaient au dossier ont disparus. Toutefois, il est clair que cette attaque criminelle complexe n’aurait pu être organisée et lancée sans une planification conjointe et une collaboration étroite de hauts-rangs syriens et iraniens.


En ce qui concerne le cas AMIA, et bien que la Syrie pourrait ne pas avoir d’implication directe dans cette affaire, il est très douteux que l’Iran et le Hezbollah n’aient par informé son président avant l’attaque. Pourquoi cette évaluation ? Parce que l’Argentine avait à l’époque un président d’origine syrienne, Carlos Menem, et que cela devait être une question très sensible pour les planificateurs de l’attaque. Ceci n’est qu’une hypothèse que l’auteur de ces lignes laisse entendre depuis longtemps, mais une hypothèse fondée sur l’analyse de plus de trois décennies d’expérience sur le terrain au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.


4.    Le procès des suspects de l’assassinat de Rafiq Hariri semble avoir une base juridique plus solide que celui de l’attentat AMIA à l’heure actuelle, mais ces deux cas peuvent être considérés comme un casus belli contre le Hezbollah et par extension contre son patron, l’Iran.

 

Le 2 août 2010, le Bureau du procureur des Etats-Unis du District Est de New York a publié un communiqué de presse précisant  qu’un citoyen américain et un guyanais avaient été reconnus coupables de complot visant à lancer une attaque terroriste contre l’aéroport JFK. Le communiqué indique : «  Russell Defreitas et Abdul Kadir ont été condamnés aujourd’hui par le Dictrict Est de New York de complot visant à attaquer l’aéroport international John F. Kennedy dans le Queens, New York, par l’explosion de réservoirs de carburant et du pipeline de l’aéroport. Les défendeurs estiment  que leur attaque aurait causé des dommages considérables à l’aéroport et à l’économie de New York, ainsi que la perte de nombreuses vies. La détermination de la peine est prévue pour le 15 décembre 2010. ». En outre, le communiqué officiel déclarait : «  Selon la preuve présentée au procès, les membres du complot ont également tenté d’obtenir le soutien de groupes terroristes internationaux de premier plan ainsi que de dirigeants du gouvernement iranien, y compris d’Abou Bakr, chef militant trinidadien du groupe Jammat Al Muslimeen, et Adnan El Shukrijumah, un chef d’Al Qaïda. En février 2005, Defreitas a recruté Kadir parce que Kadir, ancien membre du Parlement du Guyana, était ingénieur et avait des liens avec des groupes militants en Iran et au Venezuela. Au cours du contre-interrogatoire du procès, Kadir a admis qu’il transmettait régulièrement des renseignements aux autorités iraniennes et se croyait tenu de suivre les fatwas des chefs religieux iraniens. ».


En raison de cet acte d’accusation, Defreitas a été arrêté à New York le 2 juin 2007 et Kadir à la Trinité, à bord d’un avion en partance vers le Venezuela et en revenant d’Iran. Ibrahim et Nur ont également été arrêtés à la Trinité. Ces trois derniers individus ont été ensuite extradés vers les Etats-Unis.


Mais il existe une autre surprise qui pourrait officiellement identifier le lien entre la préparation de l’attaque terroriste contre l’aéroport international JFK et l’attentat contre le Centre AMIA. Le 21 juillet 2010, le New York Times a publié un article intitulé : « Les liens entre le suspect de l’aéroport Kennedy et l’Iran se définissent » et qui comprend les paragraphes suivants en ce qui concerne Abdul Kadir, un ancien responsable politique de Guyana : « L’ancien responsable, Abdul Karid, a admis en contre-interrogatoire, que dans le milieu des années 1980, il avait rédigé des rapports sur l’économie du Guyana, la politique étrangère et militaire – qui comprenaient des détails sur la baisse du moral des armées - et les avait transmis à l’ambassadeur iranien au Venezuela. Ces documents écrits à la main comprenaient un « plan quinquennal de développement » faisant référence à «  l’infiltration de l’armée, de la police et d’autres organisations gouvernementales. ».


Et le New York Times a ajouté : «  bien qu’il ait catégoriquement affirmé qu’il ne travaillait pas avec le gouvernement iranien, ses liens avec l’Iran sont profonds et il a admis avoir continué à correspondre avec des responsables iraniens. Il est allé en Iran à deux reprises et y a envoyé plusieurs de ses enfants recevoir une instruction religieuse. Les procureurs ont indiqué qu’il avait communiqué à plusieurs reprises avec Mohsen Rabbani, un diplomate iranien qui a été accusé d’avoir dirigé une attaque terroriste meurtrière contre un centre Juif en Argentine. ».


M. Rabbani est recherché par la Cour d’Argentine et Interpol et est accusé de « crimes contre la vie et la santé, hooliganisme, vandalisme, dommages. ».


Bien que le gouvernement des Etats-Unis puisse posséder assez de renseignements et avoir recueilli assez de données sur les liens présumés entre Abdul Kadir et Mohsen Rabbani, il est très peu probable qu’il ait la moindre chance de capturer ce responsable iranien dans le futur.


Une fois de plus, l’aéroport international JFK peut être utilisé comme un casus belli, en collaboration avec l’attentat de l’AMIA et l’assassinat de Rafiq Hariri pour souffler les vents de la guerre contre l’Iran, le Hezbollah et d’autres acteurs non étatiques qui appartiennent au même réseau terroriste.

 

L’Argentine face aux menaces terroristes

En ce qui concerne l’Argentine, il n’y a aucun doute raisonnable quant à la participation de l’Iran et du Hezbollah dans les deux attentats qui ont détruit l’ambassade israélienne et le bâtiment de l’AMIA à Buenos Aires. Aussi, de futures attaques en Argentine sont très probables si l’Iran et le Hezbollah sont inquiétés sur la base des accusations concernant ces attentats, ce qui pourrait être utilisé comme un casus belli pour déclarer une guerre contre ces terroristes d’Etat et autres acteurs non étatiques.


En 1992 et 1994 l’Argentine avait été attaquée en représailles pour plusieurs raisons qui avaient été expliquées par votre auteur dès le jour de la première attaque. Le Département d’Etat américain a étudié la question dans son rapport 2009 sur le terrorisme paru en août 2010. Ce rapport précise en ce qui concerne l’Argentine que : « l’Argentine et les Etats-Unis ont coopéré pour l’analyse des menaces terroristes, les forces de sécurité argentines ont reçu une formation du gouvernement américain dans le cadre des enquêtes liées au terrorisme, des opérations spéciales liées à des incidents ou des menaces terroristes, pour le dressage des chiens renifleurs de drogues et d’explosifs. En outre, l’Argentine a accueilli des formations américaines destinées au rôle des commandants de police régionaux afin de répondre aux menaces terroristes. L’Argentine prend au sérieux sa responsabilité de protéger sa technologie et ses matières nucléaires et a commencé à offrir de la formation à d’autres pays pour développer les bonnes pratiques contre le commerce illicite de matières nucléaires. ».


En dépit de cette déclaration, l’Argentine n’est pas suffisamment préparée pour faire face à la menace de sécurité liée aux organisations terroristes régionales et mondiales.


L’Argentine pourrait de nouveau être une cible choisie pour être attaquée en représailles par l’Iran, le Hezbollah ou par procuration de tout autre de leurs alliés au terrorisme – comme les FARC colombiennes, bien qu’elles soient laïques – car tous ont des bases logistiques en Amérique latine, comme au Venezuela par exemple. En outre, les acteurs étatiques ou non ont de nombreux partisans et sympathisants en Argentine, ce qui est susceptible d’augmenter le niveau de menaces à la sécurité.


L’Iran – sponsor du terrorisme d’Etat – et son principal mandataire le Hezbollah ainsi que les réseaux respectifs des organisations et groupes qui leurs sont alliés continuent à poser des risques et des menaces qui doivent être correctement évaluées de manière très urgente. Néanmoins, de nouvelles attaques terroristes en provenance d’Iran et du Hezbollah en Argentine ou contre des cibles argentines à l’étranger ont une faible probabilité d’occurrence à l’heure actuelle, à moins que ces acteurs ne soient en guerre au Levant et/ou au Moyen-Orient. Si une guerre dans ces régions débute, il est fort probable que les bâtiments israéliens et des personnalités juives soient de nouveau des cibles de grande valeur pour les terroristes.


L’intelligence et les appareils de sécurité argentins devraient tenir compte du fait que les organisations sunnites et chiites pourraient coopérer en vue de lancer des attaques comme cela s’est déjà produit d’en d’autres régions.


Il faut dire que le pays présente de nombreux points faibles, ce qui facilite le trafic de drogue et tout type d’activité du crime organisé depuis longtemps. Il est à noter que l’Argentine a des frontières poreuses, que la corruption de fonctionnaires existe, que l’accès aux explosifs et détonateurs est aisé, qu’il y a des cibles sans défense et tout un lot d’autre avantages pour les terroristes déjà utilisés lors des précédents attentats.


Par conséquent, le Gouvernement argentin doit planifier et mettre en œuvre un renseignement, des mesures de sécurité et des contres mesures efficaces face aux menaces terroristes. Il contribuera à protéger adéquatement ses citoyens et leurs biens en neutralisant toute future attaque du Hezbollah, d’Al-Qaïda ou de toute autre organisation.


Enfin, il serait très utile de crée un  centre interdisciplinaire pour l’évaluation et l’analyse stratégique sur les questions de sécurité, qui pourrait proposer des plans de prévention, de défense et de lutte contre de nouvelles attaques terroristes en Argentine.



Conclusions :

-       Il existe trois casus belli –entre autre- qui pourraient aider à déclencher une nouvelle stratégie nationale dans le cadre de la lutte inter sectaire libanaise, ou encore la possibilité d’une grande guerre sur plusieurs fronts simultanés dans le Levant et le Moyen-Orient. L’assassinat de Rafiq Hariri, les attentats contre l’ambassade d’Israël et du Centre juif AMIA de Buenos Aires et l’inculpation récente de plusieurs personnes qui se préparaient à attaquer l’aéroport JFK à New York. Tous ces cas sont liés directement ou indirectement à l’Iran et donc à d’autres cas via le Hezbollah, son mandataire privilégié au Levant.

 

-       Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) va annoncer un verdict dans l’affaire Rafiq Hariri dans les prochaines semaines, accusant le Hezbollah d’avoir assassiné Rafiq Hariri.

 

-       Le roi saoudien Abdallah, le président syrien Assad, le président libanais Michel Suleiman et le Premier ministre Saad Hariri – et d’autres dirigeants- ont tenu plusieurs réunions à Beyrouth afin d’évaluer tous les aspects concernant les conclusions de l’acte d’accusation du TSL.

 

-       Le roi saoudien est à la tête d’une sage manœuvre géopolitique dont l’objectif principal est la rupture de l’ancien axe liant l’Iran, la Syrie et le Hezbollah. Sa visite exceptionnelle à Damas et son voyage commun avec le président Assad à Beyrouth font partie de ce projet géopolitique.

 

-       L’Iran et le Hezbollah sont au courant de cette opération et prennent des contre-mesures préventives.

 

-       L’Argentine est toujours sous la menace de nouvelles attaques terroristes qui pourraient être lancées sur son sol. Surtout si l’Iran et / ou la direction du Hezbollah concluent que l’Argentine fournit le casus belli pour lancer des attaques contre eux, et cela plutôt que de régler les accusations devant un tribunal.

 

Enfin, il serait temps d’envisager une véritable punition pour tous ceux qui sont responsables de l’assassinat de Rafiq Hariri, des attentats contre l’ambassade d’Israël et le Centre AMIA et du complot dévoilé contre les Etats-Unis, pour ne citer que ces trois casus belli qui ont fait l’objet particulier de ce document.

En sus, pour tous les crimes commis par l’Iran et son mandataire le Hezbollah au cours des dernières décennies, qui ont également tué des milliers d’innocents chiites et sunnites dont des femmes et des enfants. Doivent être également ajoutés à cette responsabilité tous les enfants utilisés comme soldats et comme dragueurs de mines suicides au cours de la guerre Iran – Irak dans les années 80.

Suite et au final de ce document il est utile de se demander si oui ou non il est temps de contrer et de vaincre la menace que pose l’Iran et son réseau terroriste dirigé par le Hezbollah libanais, d’autres mandataires et leurs alliés.

Post-scriptum : quelques heures avant de publier ce document, des affrontements ont éclaté tôt dans la soirée de mardi entre les membres de l’Association des projets charitables islamiques « Al Ahbache » (également connue sous l’appellation Jam’iyyat al-Mashari ‘al-Khayriyya al-Islamiyya) et des partisans du Hezbollah. Mohammed Fawwaz, un responsable du Hezbollah dans la banlieue de Beyrouth, plus connu sous le nom de Burj Abi Haidar, a été tué durant les affrontements.

Al-Ahbache est un groupe pro syrien et cela pourrait signifier que les vents de la guerre ont déjà commencé à souffler…

Horacio CALDERON

 

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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 16:12

 

 

 

ANALYSE A LA UNE

 

 

Les vents de la guerre au Levant et au Moyen-Orient (2/3)

Les cas Hariri et AMIA


 

Par Horacio Calderon


Adapté par Gilles


Pour aschkel.info et lessakele.

 


 Première partie

 ici bleu

Par Horacio Calderon

www.horaciocalderon.com


(Horacio CALDERON est expert un du Moyen Orient et un spécialiste de la lutte anti-terroriste. Il consacre actuellement ses efforts à l’étude, le suivi et la dénonciation du terrorisme mondial et régional, du trafic de drogue et de la criminalité transnationale organisée.)






Les répercussions avant l’acte d’accusation du TSL


Hassan Nasrallah, le Secrétaire général du Hezbollah, a déjà déclaré en 2009 : «  Nous devons faire un nouvel examen dans l’affaire de l’assassinat de l’ancien Premier ministre martyr Rafiq Hariri, et du Tribunal spécial pour le Liban ». Il était à ce moment là probablement au courant que la Syrie avait « nettoyé » tous ses liens avec le crime et laissait le Hezbollah seul –juridiquement parlant – devant l’acte d’accusation du TSL.


Des sources citées par Al-Hayat précisent que Hussein Khalil – un adjoint politique de Nasrallah – a souligné à Saad Hariri que le Hezbollah n’acceptera pas les accusations dans la participation à l’assassinat de son père, « c’est pourquoi il a mis en garde contre toute forme de complot ». Et YaLibnan dit que Saad Hariri a été bouleversé par la façon dont Nasrallah s’est adressé à lui durant son discours.


Le TSL n’a pas encore publié l’acte d’accusation dans l’affaire Hariri mais Nasrallah a déjà farouchement rejeté toute implication dans le meurtre accusant Israël de l’assassinat. Bien-sûr, Nasrallah s’attend à une immense vague de protestations de la part du Hezbollah et de lui-même sur la version officielle de l’acte d’accusation à venir. Si le TSL accuse enfin et comme prévu de hauts membres du Hezbollah il en résultera probablement de graves conséquences pour l’organisation terroriste à l’échelon national, régional et mondial.


En dépit de ses objections contre le TSL au cours des dernières années, le Hezbollah a approuvé la constitution du tribunal dans l’affaire Hariri qui il siégeait au Conseil des ministres libanais. Par conséquent, il n’est pas acceptable que Nasrallah et ses principaux lieutenants aient désormais l’intention d’ignorer les résultats de l’enquête du TSL, même s’ils estiment que le Hezbollah a été abandonné, si ce n’est trahi, par le gouvernement syrien.


Une nouvelle fois, la Syrie se présente comme presque immaculée. Reconnaissons ses compétences pour couper tous liens qui l’auraient reliée à l’assassinat d’Hariri.


Les sommets de Damas et de Beyrouth doivent être considérés comme des étapes dans un projet global de politique et de diplomatie extraordinaires visant à éviter de nouvelles luttes sectaires interlibanaises. Des combats ont eu lieu en mai 2008 lorsque l’organisation terroriste chiite Hezbollah a attaqué et pris des zones sunnites dans Beyrouth Ouest, qui étaient contrôlées par les partisans de Saad Hariri, appuyés par l’Arabie Saoudite.


Le roi Abdallah, le président Assad et les autres chefs d’Etat pourraient avoir recommandé à Saad Hariri – le Premier ministre libanais et fils de l’homme assassiné – d’éviter toute mise en œuvre de l’arrêt du TSL contre le Hezbollah. Sinon, selon certaines sources, le Hezbollah tirerait profit de ce nouveau prétexte pour encore agresser les quartiers sunnites de Beyrouth ou même provoquer une nouvelle guerre contre Israël.


Comme le champion poids lourd de l’hypocrisie ne semble pas avoir de limite, le président syrien Bachar Al-Assad a déclaré que : « son pays soutiendrait l’organisation shiite dans tous les cas » et a ajouté que « la Syrie considère que le Hezbollah n’a jamais franchi la ligne à ne pas dépasser ». Cette déclaration du président Assad adressée au TSL ressemble à un message d’un parrain mafieux. Nonobstant, il pourrait permettre d’imposer son propre tempo sur les opérations liées aux négociations en cours avec l’Arabie Saoudite contre l’Iran et le Hezbollah.


Selon des rumeurs confirmées, les rencontres de Beyrouth pourraient avoir abouti à un pacte entre les trois parties concernées, à l’exception du Hezbollah. Si l’accord secret existe vraiment, il est susceptible de restreindre la mise en œuvre du futur arrêt du TSL contre le Hezbollah. En outre, il pourrait avoir été conclu dans le but de restreindre ou de suspendre purement et simplement sine die toutes les mesures juridiques destinées à punir les individus accusés, les institutions, etc …


Bien que quelques-uns des chefs d’Etats et des dirigeants mentionnés sont peut-être en attente de nouveaux évènements, cela pourrait créer d’autres types de scénarios autres que ceux qu’ils voulaient justement éviter à la suite de l’acte d’accusation du TSL … Oui, et la guerre en est l’un des plus probables – qui peuvent apparaître à tout instant – en commençant par une attaque israélienne sur les sites nucléaires iraniens. Si tel était le cas,  il serait rationnel de penser que le roi Abdallah et ses principaux partenaires ont décidé de consacrer tous leurs efforts pour retarder l’annonce du TSL. Ou alors de soustraire ou de retarder la mise en œuvre de toute mesure exécutoire forcée contre le Hezbollah en territoire libanais.


Mais il n’existe aucune raison théorique ou pratique visant à réduire cette analyse à seulement deux scénarios en fonction des menaces ; ce qui pourrait également être interconnecté est : une lutte inter-sectaires et / ou une guerre entre le Hezbollah, Israël et peut-être d’autres acteurs étatiques ou non étatiques.


Afin d’évaluer la situation réelle, doit être également pris en compte la nature très complexe de certains des principaux conflits qui sous-tendent sur la scène du Moyen-Orient.


Le vrai jeu au Levant et dans le Moyen-Orient


Syrie, Arabie saoudite et opération géopolitique complexe.


La tournée du monarque saoudien à Damas et à Beyrouth semble faire partie d’un jeu sensible d’échecs géopolitiques dont le prix principal pourrait être le point de rupture du vieil axe stratégique entre la Syrie, l’Iran et le Hezbollah.


Le roi Abdallah apparait depuis un certain temps sur un trône agité et instable, il doit conduire une manœuvre géopolitique extrêmement complexe et sophistiquée dont le principal objectif est de briser l’entente entre l’Iran, le Hezbollah et la Syrie. Ce trident géopolitique du Moyen-Orient ne menace pas seulement le royaume saoudien mais aussi l’ensemble des Etats de Golfe Persique et d’autres Etats. Ainsi, le voyage du roi avait pour but de préparer le terrain pour mener une discrète guerre diplomatique afin d’isoler et affaiblir l’Iran – le centre de gravité de cet axe – dans la mesure du possible.

La Syrie est le talon d’Achille de cette entente en raison de son rôle historique de pont stratégique entre l’Iran et les bastions du Hezbollah.


Par ailleurs, les stratèges syriens ont sans doute la crainte que tout mouvement suspect ne soit détecté par l’Iran, ce qui pourrait déclencher des campagnes de déstabilisation et d’autres actions secrètes contre le régime. En outre, le Mukhabarat syrien doit être conscients que l’Iran et ses mandataires possèdent des cellules à l’intérieur du pays et du gouvernement, qui pourraient être activées à tout moment.


Il ne fait aucun doute que l’historique régional de la Syrie fait que ses ambitions ne se limitent pas strictement aux revendications concernant la restitution des hauteurs du Golan qui ont été saisies par Israël au cours de la « Guerre des six jours » de 1967. Ses ambitions ont un nom : le Liban.


Le déclassement ou la rupture de l’alliance syrienne avec l’Iran a un prix, même  un prix énorme. Pour un autre prix, encore plus grand …

 

Un demi-tour syrien contre l’Iran et le Hezbollah a un coût politique et géopolitique plus élevé que certains acteurs non étatiques dans le monde comme aux Etats Unis pensent être : le patronage intégral du Liban. Une difficile et complexe opération de « troc » certainement, mais nous devons nous rappeler que tout est négociable dans les souks politiques de l’arène du Moyen-Orient.


La Syrie pourrait être disposée à discuter avec Israël des conditions concernant le Golan. Nonobstant, le Liban sert de tampon à la Syrie, comme un impératif géopolitique mais aussi une question de sécurité nationale et de survie économique. Le territoire libanais possède des obstacles naturels stratégiques comme la chaîne de montagnes orientales du Liban et d’autres vallées alpines dont la Syrie a besoin pour sécuriser le noyau vital de son propre territoire, qui ne possède pas de défenses naturelles géographiques. En ce qui concerne les questions économiques, d’autres remarquables « trésors » sont les ports libanais nécessaires à la Syrie pour s’insérer dans l’économie mondiale. D’ailleurs sa main-d’œuvre sans emploi pourrait être facilement absorbée par le Liban, atténuant ainsi le taux élevé de chômage syrien.


Bien que cette évaluation s’inscrive au-delà de la souveraineté libanaise, il est utile de reconnaitre que la Syrie sans le Liban pourrait être aussi faible que la Russie dans sa zone géopolitique tampon.


Israël considère la Syrie comme un ennemi prévisible qui a respecté pendant des décennies une paix de facto tout en contrôlant la frontière du Liban-Sud et agissant comme une force stabilisatrice en même temps. Pour cette raison, Israël ne soulèverait probablement pas d’objections majeures à un futur parrainage syrien du Liban. A l’heure actuelle, Israël estime sans doute que la Syrie pourrait neutraliser et peut-être détruire l’aile militaire du Hezbollah et donc influer sur le résultat politique d’après guerre par le contrôle de l’activité iranienne par procuration actuelle.


En outre, Israël est vraiment inquiet au sujet de tout changement en Syrie qui pourrait reproduire un scénario irakien national et régional chaotique.


Le prix demandé à être potentiellement versé à la Syrie, si toutes les parties concernées concluent cette affaire, n’est pas aussi élevé que certains acteurs étatiques régionaux ne le pensent. Cependant, de nombreux gouvernements comme les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni se demandent si l’accord machiavélique prévu vaut vraiment le prix s’il comporte comme butin de guerre le Liban. Néanmoins, tous ces acteurs sont conscients du fait que le patronage du Liban par la Syrie est une condition sine qua none pour toute transaction avec le président Al-Assad. Si cela ne se fait pas, ils devront trouver un autre moyen pour désarmer le Hezbollah par la force et mettre ce dangereux levier hors des mains iraniennes.


En ce qui concerne les forces palestiniennes – même unies, ce qui est peu probable – elles n’ont aucune chance de menacer la sécurité stratégique nationale israélienne à l’heure actuelle et sans doute pour longtemps encore.


De nouvelles négociations de paix entre Israël et l’autorité palestinienne auront lieu à Washington DC le 2 septembre 2010. Malheureusement, il est fort probable que ce nouvel évènement ne se termine par aucun résultat remarquable. Si Israël et le gouvernement palestinien tiennent des pourparlers directs, c’est qu’ils sont pressés par le président Obama. Bien sûr, il en a besoin et veut montrer autre chose que sa rhétorique vide de sens en ce qui concerne la « résurrection » d’un processus de paix mort. Les deux parties ont été incapables de refuser une telle invitation parce qu’elles ont besoin de soigner leurs relations avec l’administration Obama qui est aussi dangereuse qu’une lame à double tranchant dans les mains d’un enfant.


D’ailleurs, ni l’Egypte, ni la Jordanie ne veulent avoir un Etat palestinien souverain en Cisjordanie et/ou dans la bande de Gaza menaçant leurs régimes laïques.


La Syrie ne fait pas exception à cette règle car elle n’a jamais abandonné son rêve de reconstruire l’ancienne « Grande Syrie » qui comprenait les territoires israéliens et palestiniens actuels, entre autres régions. Par conséquent, et pour un tas de raisons, les palestiniens ne peuvent pas compter sur la Syrie pour soutenir toute initiative réelle de construction d’un Etat.


La Syrie ne fait pas vraiment confiance à l’Arabie saoudite et à Israël et donc est très attentive à toute négociation entre eux pour des actions futures qui menaceraient les intérêts de sécurité nationaux et régionaux de l’Iran.


Nonobstant, une collusion entre les services secrets syriens, Israël, l’Arabie saoudite et d’autres pays a été évidente sur une longue période. Sa manifestation principale étant l’assassinat d’Imad Moughniyed, commandant militaire du Hezbollah, qui a été tué par une bombe explosant dans un quartier très sécurisé de Damas.


Une cible de cette valeur ne peut pas avoir été abattue sans la complicité de hauts responsables syriens et une coopération étroite entre une paire de pays au minimum. « Les traîtres syriens ont aidé à assassiner mon mari » a crié sa veuve, en ajoutant : «  le refus syrien de laisser les enquêteurs iraniens faire leur travail est une preuve de la complicité de Damas dans l’assassinat de mon mari ». Après ses déclarations, la veuve de Moughniyed a été mise de toute urgence dans un vol en direction de Téhéran afin d’éviter tout embarras et autres problèmes entre les syriens, les iraniens et le Hezbollah lui-même.


Il existe une autre raison importante qui aura probablement une influence dans toute décision syrienne de rompre son alliance avec l’Iran et de neutraliser sinon de détruire le Hezbollah : les dirigeants syriens alaouites soupçonnent qu’un Hezbollah plus fort – soutenu par l’Iran – pourrait décider de renverser son régime dans une tentative de le remplacer par une élite plus pro-iranienne. En outre, la secte alaouite – dont de nombreux principes sont tenus secrets et connus que par quelques hauts dirigeants – est considérée comme hétérodoxe par la secte à majorité chiite des « duodécimains » qui comprend les principaux dirigeants iraniens, des religieux irakiens et le leadership du Hezbollah.


Les syriens sont toujours en alerte par rapport à ce danger et ont travaillé longtemps pour le neutraliser. Aider à désarmer le Hezbollah pourrait donc leur apporter un bénéfice « interne » supplémentaire.


(à suivre : Le Souffle de la guerre)

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 22:03

 

 

 

 

 

ANALYSE A LA UNE

 

 

Les vents de la guerre au Levant et au Moyen-Orient (1/3)


Les cas Hariri et AMIA

 Par Horacio Calderon

Adapté par Gilles

Pour aschkel.info et lessakele.

 

 


(Horacio CALDERON est un expert du Moyen Orient et un spécialiste de la lutte anti-terroriste. Il consacre actuellement ses efforts à l’étude, au suivi et à la dénonciation du terrorisme mondial et régional, du trafic de drogue et de la criminalité transnationale organisée.)



(NDLT : nous avons conservé dans le texte le terme hispanique de Levant qui se traduit aussi par Proche Orient)


Introduction


Ce document est principalement axé sur trois casus belli qui pourraient contribuer à ouvrir une nouvelle stratégie dans la lutte contre l’intégrisme sectaire libanais ou encore pour une vaste guerre sur plusieurs fronts simultanés au Levant et au Moyen-Orient.


D’abord et surtout – en raison de la fragilité du centre de gravité dans une région volcanique comme le Levant - , un acte d’accusation qui doit concerner l’assassinat du politicien et ancien premier ministre Rafiq Hariri.


Ensuite, les attentats contre l’ambassade d’Israël et de Centre Juif AMIA de Buenos Aires effectués respectivement en 1992 et 1994.


Enfin, la condamnation de plusieurs membres d’une cellule terroriste qui se préparaient à lancer une attaque contre l’aéroport John Fitzgerald Kennedy (JFK), situé dans le Queens, à New York.


Ce document comprend également une analyse approfondie sur les manœuvres géopolitiques extrêmement complexes et fascinantes dirigées par l’Arabie Saoudite dont l’objectif est de rompre l’alliance stratégique existant entre l’Iran, le Hezbollah et la Syrie.


Le Levant et le Moyen Orient sont interconnectés par des conflits très sensibles qui en créant une situation évolutive, changeante et critique font que la tension monte et que les vents de la guerre commencent à souffler.


Les derniers évènements régionaux qui se sont concentrés sur les programmes iraniens de missiles nucléaires et balistiques ont retardés ce communiqué qui sera périodiquement mis à jour.

 

 

Tenue de rencontres inhabituelles à Damas et à Beyrouth

 

Le roi saoudien Abdallah ben Abdul Aziz Al-Saud a effectué une seconde visite exceptionnelle en Syrie depuis qu’il a été couronné en 2005 à la mort de son demi-frère Fahd. C’était un geste royal très inhabituel à cause des rivalités de longue date entre l’Arabie Saoudite et le Syrie, pas uniquement dues à cause des affaires libanaises mais aussi à cause des autres principaux enjeux régionaux géopolitiques.


Le roi Abdallah et le président syrien Bashar Al-Assad se sont envolés ensemble pour Beyrouth le 30 juillet, ce après avoir tenu plusieurs réunions à Damas principalement axées sur le nouveau potentiel de lutte inter-confessionnelles libanaises entre les principaux alliés sunnites et chiites.


Le président syrien a effectué sa première visite au Liban depuis que son gouvernement a été accusé d’être derrière l’assassinat de l’ancien Premier Ministre libanais Rafiq Hariri qui a été tué par l’explosion d’une bombe massive le 14 février 2005.


La Syrie – un pays gouverné depuis des décennies par le clan Assad qui appartient à la secte de la minorité alaouite – est l’un des acteurs étatiques les plus importants de la crise actuelle. Tout retournement géopolitique syrien contre l’Iran et/ou le Hezbollah pourrait aider à remodeler la carte de l’arène du Moyen Orient pour les décennies à venir.


Les réunions mentionnées ci-dessus se sont tenues à Beyrouth en présence de plusieurs chefs d’Etat et dirigées par le roi saoudien et le président syrien. En outre, étaient présents le président libanais chrétien maronite Michel Slimane et le premier ministre sunnite Saad Al-Hariri, parmi d’autres très importantes personnalités politiques.


Les sommets à Damas et à Beyrouth visaient apparemment à apaiser les tensions et à bloquer tout élément déclencheur d’une nouvelle guerre au Levant. Nonobstant, il y a plusieurs questions qui pourraient rester hors de contrôle de l’ensemble des parties concernées. La principale porte sur le verdict sur l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais Rafiq Hariri, qui pourrait être prochainement publié par le Tribunal spécial pour le Liban (TSL). Selon des fuites d’informations, tous les éléments de preuves recueillis pointent le Hezbollah comme responsable de ce tragique attentat à la bombe.


L’assassinat de M. Hariri et le Tribunal Spécial pour le Liban (TSL)


Le 13 décembre 2005, le gouvernement du Liban a demandé à l’Organisation des Nations Unies de créer un tribunal pour juger tous les responsables présumés de l’attentat qui a tué Rafiq Hariri et 22 autres personnes.


Conformément à la résolution 1664 du Conseil  (2006), l’Organisation des Nations Unies et la République libanaise ont négocié un accord portant sur la création du Tribunal spécial pour le Liban (TSL).


Enfin, le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) a été créé le 10 juin 2007 par la résolution 1757 du Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU).


La mission du TSL est très spécifique et ses objectifs ont été officiellement déclarés comme suit :


« Le mandat du Tribunal spécial pour le Liban est de poursuivre les personnes responsables de l’attentats du 14 février 2005 qui a entraîné la mort de l’ancien Premier Ministre Rafiq Hariri et tué blessé d’autres personnes. La compétence du Tribunal pourra être prolongée au-delà de l’attentat du 14 février 2005 si le tribunal conclut que les autres attentats terroristes survenus au Liban entre le 1er octobre 2004 et le 14 février 2005 sont connectés, en conformité avec les principes de la justice pénale et sont de nature et de gravité similaires à l’attentat du 14 février 2005. Cette connexion comprend, mais n’est pas limité à une seule combinaison, les éléments suivants : l’intention criminelle (le mobile), le but derrière les attentats, la nature des victimes ciblées, le modèle des attentats (modus operandi) et les auteurs. Les crimes qui ont eu lieu après le 12 décembre 2005 peuvent être admissibles à être inclus dans la compétence du Tribunal en vertu des mêmes critères s’il en est décidé ainsi  par le gouvernement de la République libanaise et l’Organisation des Nations Unies  et avec le consentement du Conseil de sécurité. »


Par un mandat officiel de la juridiction des Etats du 13 décembre 2005, le gouvernement libanais a demandé à l’organisation des Nations unies de créer un tribunal à caractère international pour juger tous ceux qui sont présumés responsables de l’attentat de Beyrouth du 24 février qui a tué l’ancien Premier ministre libanais Rafiq Hariri et 22 autres personnes. Aussi les Nations Unies et la République libanaise, conformément à la résolution 1664/2006 ont négocié un accord sur la création du Tribunal spécial pour la Liban. D’ailleurs, à la suite de la résolution 1757/2007 du 30 mai 2007, il prend effet le 10 juin 2007.

 

Le complot contre Rafiq Hariri


Il existe quelques risques en ce qui concerne le volcan qui pourrait éclater au Liban quand le TSL accusera finalement des membres de haut-rang du Hezbollah dans le cadre de l’assassinat de Rafiq Hariri. L’acte d’accusation pourrait inclure les noms de Moughniyed , de son lieutenant Mustafa Badr Al-Din, ainsi que de Abd Al Majd Ghamlush et Hadj Salim, parmi d’autres suspects.


Selon des sources en provenance du Liban et de la Syrie, ni Badr Al-Din, ni les autres personnes mentionnées ne sont dans ces pays en ce moment. Comme cela s’est produit dans le cas de l’AMIA, il est très probable que les personnes soupçonnées soient bien vivantes, mais très loin du Liban et probablement cachées en Iran.


Il est très important de tenir compte du fait que le leader politique tué était conscient de la menace qui pesait contre sa vie. D’ailleurs, il était bien protégé par des gardes du corps hautement qualifiés et plusieurs mesures de sécurité sophistiquées.


La plupart des détails horribles qui ont émergés au cours des dernières années en ce qui concerne l’assassinat d’Hariri pourraient rivaliser avec les thrillers populaires hollywoodiens portant sur la corruption, le pouvoir et criminalité au Levant tels Syriana, Body of Lies, etc. Comme il est apparu à première vue, durant les premiers stades de l’enquête pénale et, selon de nombreux experts, le fonctionnement criminel très complexe qui a tué Rafiq Hariri n’aurait pas pu se développer sans une étroite collaboration entre les services de renseignement syrien (Mukhabarat) et libanais qui étaient très liés à cette époque.


Nonobstant, il est fort probable que le Tribunal accusera les principaux membres du Hezbollah pour l’assassinat de Rafiq Hariri, la Syrie se déchargeant de toutes les accusations en laissant l’organisation terroriste libanaise dans une situation très difficile.


La Syrie a été accusée et expulsée du Liban en raison de son haut profil de connexion avec le crime politique mentionné. Quelques mois après l’assassinat de Rafiq Hariri, la Syrie a notifié à l’Organisation des Nations Unies qu’elle avait retiré toutes ses troupes, ses équipements militaires et ses services de renseignement du Liban.


Mais de nombreux évènements ont eu lieu par la suite quand l’habile Syrie a commencé à couper tous les liens entre le meurtre d’Hariri et son gouvernement. Parmi plusieurs autres faits suspects est le « suicide » du général de brigade Ghazi Kanan, l’un des principaux membres du clan Assad au Liban pendant vingt ans.


Les sources syriennes affirment que Khanan a agi seul indépendamment de son gouvernement, ce qui est impensable, à moins que ce ne soit une blague, en raison du contrôle serré sur les responsables les plus éminents des services de renseignement. Il pourrait avoir été tué ou poussé à se suicider mais sa disparition a été très pratique pour couper le maillon clé de la participation présumée syrienne dans le complot visant à tuer Rafiq Hariri. Le même président Bachir Al Assad avait menacé Hariri de lui briser le Liban sur la tête s’il n’avait pas de certitude de la poursuite de la présidence d’Emile Lahoud. Al-Assad était tout à fait certain que M. Hariri appartenait au complot – avec la France et l’Arabie Saoudite- pour séparer le Liban de la Syrie.


Un autre « chaînon » manquant pourrait être la fin du commandant mégaterroriste Imad Moughniyed qui a également été tué par une bombe après avoir été remis à ses assassins sur un plateau d’argent. Cette opération très complexe n’aurait pas pu être exécutée sans la complicité et la coopération de plusieurs services de renseignement étrangers, y compris un secteur du Mukhabarat syrien dirigé par les membres de la famille présidentielle.


D’ailleurs, si les auteurs potentiellement accusés de l’assassinat de Rafiq Hariri se sauvent en Iran et sont cachés par ce pays – comme cela s’est produit dans le cas le l’AMIA- ce sera mission impossible de s’attendre à toute forme de coopération de ce pays. Les principaux individus iraniens accusés d’avoir ordonné et planifié l’attaque terroriste qui a tué 85 personnes à Buenos Aires le 18 juillet 1994 sont maintenant membres de haut rang du Conseil des ministres, du Conseil des Gardiens de la révolution et aussi conseillers du premier cercle du chef suprême Ali Khamenei.


Le 17 mars 1992, une camionnette conduite par un kamikaze a percuté l’ambassade israélienne à Buenos Aires. Le terroriste a tué 29 personnes et en a blessé plus de 200 autres, la plupart d’entre-elles étaient des citoyens argentins, y compris le prêtre Juan Carlos Brumana, décédé dans l’église catholique Admirabilis Mater, située face à l’ambassade. Cette église et un bâtiment scolaire ont subi des dommages étendus et graves.


(à suivre : les répercussions avant l’acte d’accusation du TSL)

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 08:42

 

Petition-contre-JCALL.jpg

 

LETTRE OUVERTE AU PROFESSEUR

 RAPHAEL DRAI

 


LA RELATION DIASPORA ISRAEL

N’EST-ELLE QU’UNE QUESTION A « PURGER » ?

 

Par le Docteur Roland Yehouda DAJOUX (Djaoui)


      A l’initiative de la dynamique Claude Grundman Brightman, le Collège académique de Netanya a organisé le 17 aout 2010 une très belle rencontre réunissant deux éminents professeurs venus de France pour parler de leur pétition intitulée « Raison garder ».

   Monsieur le Professeur Raphael Drai, permettez-moi, tout d’abord, de vous témoigner mon admiration pour votre parcours universitaire qui honore le  judaïsme d’Afrique du nord et de France.  

   Vous avez jugé bon de débuter votre propos en décidant de «  purger » la question : « Un juif vivant en dehors d’Israël a-t-il le droit de s’immiscer dans les décisions de l’Etat d’Israël ? ». Cette précaution oratoire était habile car, pensiez-vous ainsi, que cette question n’aurait plus de raison d’être posée par vos auditeurs vivant en Israël et qu’elle induirait une réponse positive, comme allant de soi.

   Eh bien non Monsieur le Professeur, les choses sont plus complexes.  

   En effet, cette question loin d’être accessoire, mérite plus qu’une esquive. Elle est, me semble-t-il, au cœur même de la relation actuelle entre la diaspora et Israël et vous savez bien, Monsieur le professeur, qu’éluder une question n’est pas la résoudre !

   Je voudrais donc, avec respect, soumettre à votre réflexion deux citations de Maitres qui me confortent dans mon action et dont je ne suis qu’un humble élève.

Voici tout d’abord la position du Rav Kook sur ce sujet dans son livre OROT (premier chapitre, premier paragraphe) :



ארץ-ישראל איננה דבר חיצוני קנין  חיצוני לאומה רק בתור אמצעי למטרה של ההתאגדות הכללית והחזקתקיומה החמרי או אפילו הרוחמי

 


 

       La Terre d’Israël n’est pas une réalité extérieure, un bien extrinsèque à la nation ; elle n’est pas uniquement un instrument visant à établir notre unité globale et affermir notre existence matérielle ou même spirituelle. Non, la Terre d’Israël est une entité consubstantiellement rattachée à la nation par un lien de vie, toute entière affectée de caractères internes spécifiques à sa réalité. Aussi, est-il impossible de rendre compte du contenu de la sainteté du sol d’Israël et d’exprimer la profondeur de son amour, en se basant sur les seules données de la raison humaine. Le souffle divin qui repose sur l’ensemble du peuple, qui imprègne de façon naturelle l’âme d’Israël, qui plonge ses rayons authentiques dans tous les canaux de la création sensible, répand une lumière suprême proportionnelle à la Sainteté divine qu’il émet et remplit de vie et de grâce sublime, le cœur des esprits purs et des détenteurs absolus de la pensée juive ; c’est ce souffle-la qui seul explique la valeur particulière de la Terre d’Israël. Evoquer le Pays d’Israël, en lui conférant une valeur accessoire nécessaire à l’unification de la nation, même quand cette pensée a pour but de renforcer le judaïsme diasporique afin de lui conserver son caractère propre, d’affermir la foi et la piété et assurer convenablement la pratique des ordonnances divines, voila bien une intention totalement stérile et viciée à la base, puisqu’elle ignore la sainteté éminente de la Terre d’Israël. Le Judaïsme de l’exil tire sa force uniquement de l’élan profond qui l’attire vers la Terre sainte et il ne recevra son originalité authentique que dans la mesure où il est constamment dépendant des espoirs de cette Terre. L’aspiration au salut est le pouvoir qui maintient encore en vie le Judaïsme de l’exil, tandis que la vie juive sur la Terre d’Israël constitue ce salut même ».

   De son coté le Rav Aviner  nous propose une formule beaucoup plus laconique : « Le plus grave dans l’exil, c’est d’oublier que l’exil est l’exil ».

   Monsieur le Professeur Drai si nous partageons tous la « segoula » d’appartenir au Peuple d’Israël et l’amour de la Thora, il est indéniable qu’au delà des  4000kms qui nous séparent encore c’est toute la problématique de la messianité et la sainteté de la Terre d’Israël qui nous interrogent.

   Monsieur le Professeur Drai, ne soyez pas en retard d’une ou de plusieurs prophéties, rejoignez nous en Israël comme vous l’a si subtilement suggéré Claude Grundman Brightman en conclusion de ce colloque, apportez nous votre savoir, votre culture et votre manière d’être homme.

   Israël est le seul endroit ou tous les juifs peuvent guérir de la maladie de l’exil. Vous comprendrez alors combien, ici nous sommes loin des querelles de clochers entre intellectuels français universitaires reconnus ou non et des batailles de chiffres, statistiques dérisoires par rapport au destin du Peuple d’Israël qui redevient le Peuple hébreu sur sa terre retrouvée.


Chalom de Jérusalem

Docteur Roland Yehouda DAJOUX (Djaoui)

daju@netvision.net.il

 

 

    Sefer OROT du Rav Abraham Isaac Hacohen Kook ; traduit par Abraham Elichama ; sous la direction du Rav Yehouda Ben-Ichay et  sous l’égide de la Fondation Abraham Djaoui zal. 

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 11:10

 

 

 

 

 

Commission Turkel/Mavi Marmara : Le témoignage d'E.Barak contredit celui de B.Netanyahou.

 

Par Marc Brzustowski

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

Le Premier Ministre B.Netanyahou, ce lundi, tendait à exonérer le Forum restreint des 7 Ministres -et lui-même, en voyage aux Etats-Unis- dans le choix des options militaires disponibles pour l'arraisonnement du Mavi Marmara, le 31 mai. Réponse du berger à la bergère, le Ministre de la Défense, E.Barak, tout en endossant pleinement la responsabilité des ordres transmis à ses subordonnés, prétend que les décisions ont été prises après examen des divers aspects de la question, en pleine connaissance de cause, par l'échelon politique.

 

Le témoignage de B.Netanyahou, ce lundi, transférait cette responsabilité sur Ehud Barak, comme si ce dernier avait maintenu un relatif cloisonnement entre ces deux niveaux décisionnels, politique et militaire. Très rapidement après les évènements, des fuites organisées par différents Ministres, membres du forum restreint, étayaient des plaintes concernant une gestion « auto-référentielle » de la crise, par le Ministre de la Défense. Ces indiscrétions laissaient entendre que les autres membres du gouvernement avaient été insuffisamment informés sur les options militaires retenues. Il est difficile de les prendre pour argent comptant, puisqu'elles pouvaient aussi avoir pour objet de prendre les devants, de se couvrir, tout en « chargeant » les épaules du Ministre de la Défense. Cette image d'Ehud Barak autoritaire jusqu'à "l'absolutisme", circule dans l'opinion, depuis les inimitiés constantes au sein de son propre parti, jusqu'aux crises de leadership au sein du Ministère sensible qu'il occupe aujourd'hui. Il ne manquerait donc plus que des indices sérieux de confiscation du pouvoir de décision sur une affaire impliquant toutes les dimensions de l'image d'Israël, y compris l'érosion de sa dissuasion en mer, pour remettre en question sa participation au sein de la coalition hétéroclite aux commandes.


Le Premier Ministre Netanyahou a souhaité rectifier l'impression laissée par son propre témoignage, lundi, en précisant que « bien sûr, il prenait la responsabilité » de l'ensemble du processus. Quoi qu'il en soit, présent ou non, c'est bien lui qui demeure au gouvernail. Cette précision n'était sûrement pas inutile à rappeler, alors que la presse israélienne reproche sérieusement à Netanyahou de manquer de fermeté, là où il conviendrait de faire preuve de présence d'esprit et de taper du poing sur la table, pour rappeler à la discipline : lors d'une crise gouvernementale ou lors des "péripéties" de la succession de Gabi Ashkenazy à l'Etat-Major, par exemple...


E.Barak a contredit l'attestation du chef de gouvernement, en prétendant que le Forum restreint avait été tenu au courant de l'ensemble des aspects, aussi bien militaires, diplomatiques que médiatiques, relatifs à cette affaire « destinée à susciter l'embarras d'Israël ». Il se contente donc du rôle de relais des ordres transmis par l'échelon politique aux autorités militaires compétentes.

 

La chaîne de décision a, selon lui, fonctionné dans les deux sens, puisque le chef d'Etat-Major, Gabi Ashkenazy déclarait : « Ce ne sera pas facile, mais nous ferons ce que nous devons faire ». C'est-à-dire qu'il n'a émis aucune objection ou fait état de l'absence d'opportunité à mener cette opération dans telles ou telles conditions. Barak a soutenu que la décision elle-même était correcte, mais que les performances de l'armée, dans cette affaire, étaient défaillantes. Il est vrai qu'armé de paint-ball, il est parfois difficile au soldat du rang de faire respecter les consignes, dans une affaire de police maritime...

 

Cette remarque, entache, évidemment, son subordonné immédiat, et ainsi de suite... Reste donc aux opérationnels à tirer tous les enseignements de ce fiasco, de façon à ce qu'il ne se reproduise pas. A croire que le Ministre de la défense n'aurait donc pas planifié l'opération dans ses moindres détails, laissant cela à l'exécutif... Pas plus, en tout cas, que le reste du Forum des 7 présents, ou le Premier Ministre aux abonnés absents, pour cause de crise durable et en voie d'apaisement avec l'Administration Obama.


On sait que les tensions ont été et restent vives entre Ehud Barak et Gabi Ashkénazy. Le premier a souhaité voir le n°1 de l'Etat-Major être remplacé dans un délai de moins de six mois, alors même qu'Ashkenazy donnait pleine satisfaction et jouit d'une excellente popularité auprès de ses hommes. Ce remplacement, lui-même, est l'occasion de nouvelles affaires de manipulation politique, entre candidats, puisque le Général Yoav Galant, parmi les favoris, se trouve au centre de la publication d'un document sur la 2è chaîne TV, révélant un « plan » qui aurait consisté à favoriser sa candidature. Vrai ou faux, le document est actuellement examiné par la police. La course au poste a donc dû être suspendue, faute de règles claires...


L'opinion inquiète se demandera si c'est bien le moment de voir transparaître les fils blancs de la discorde et des intrigues de coulisse, alors que les tensions ont rarement été aussi vives, concernant le Liban proche, la Bande de Gaza et les provocations toujours plus excentriques de Mahmoud Ahmadinedjad, en Iran.


D'une façon habile, Ehud Barak, en délicatesse au sein du gouvernement et à la tête de la Défense, a donc esquivé les critiques en provenance de ces différentes sources, tout en répartissant habilement la responsabilité qu'au même moment il dit prendre.


 

Il a aussi profité de l'enquête de la Commission Turkel pour émettre ses opinions politiques et rappeler le rôle-charnière qu'il joue au sein de ce gouvernement : le Ministre de la Défense a, aussi bien plaidé pour la relance des pourparlers directs avec Mahmoud Abbas, au moment d'un nouveau séjour de Georges Mitchell dans la région, que pour l'atténuation des tensions avec la Turquie, à l'origine des incidents du Mavi Marmara. Le moment politique tactique serait, selon cette ligne de défense, inopportun pour le mettre seul en cause. Ehud Barak fait ainsi preuve d'un sens aigu de la survie politique : il ne sera pas le dernier au jeu de la chaise vide.

 

Les deux dossiers diplomatiques qu'il cite restent sensibles : l'AP continue de trouver des prétextes et de procéder à de nouvelles demandes : comme le contrôle entier de la Vallée du Jourdain, dernièrement, parce qu'elle est mise le dos au mur, à la fois par l'Administration Obama et la Ligue Arabe, qui incitent à la tenue de ces négociations de face-à-face.


 

En Turquie, des voix plus nombreuses se sont élevées, récemment, pour contester le parti-pris des organisateurs de la flottille, contrevenant au droit international (Reçat Volkan, chercheur de la faculté de droit international de Marmara), ainsi que la politique de rupture avec Israël, menée pavillon au vent, par Recep Tayyip Erdogan. La pression sur l'AKP turc provient autant de l'intérieur, opposition et partenaires, -alors que s'étendent les affrontements avec les Kurdes- que des rappels à l'ordre en provenance de Washington, par le truchement d'Hilary Clinton. Ahmet Davutoglu, le Ministre des affaires étrangères a même surpris en s'exprimant comme opposé au programme nucléaire iranien, alors que la Turquie en était le plus fervent soutien, avec le Brésil, jusqu'à il y a peu. Là aussi, l'AKP devra se livrer à bien des pirouettes pour dissiper un ensemble de malaises qui ne s'apaiseront pas de si tôt.


On peut dire que Barak s'est présenté devant la Commission comme aussi indispensable que transparent, ne souhaitant, en aucun cas, faire office de « bouc émissaire ». Le personnage, parfois, insupporte ses détracteurs. Force est de constater qu'il sait faire montre  du meilleur de son instinct « d'animal politique », difficile à prendre en défaut, même lorsque les torts semblent s'accumuler contre lui.

 

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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 10:19

 

 

 

Autopsie d'un meurtre planifié, ou la 9ème Brigade libanaise supplétive du Hezbollah

 

Par Marc Brzustowski

pour http://lessakele.over-blog.fr et www.aschkel.info



Au déclenchement d'un conflit armé, l'effet de surprise est l'élément essentiel qui peut permettre au belligérant qui ne dispose pas de supériorité par sa puissance de feu, de marquer des points et d'enfoncer un coin dans le mental de la partie adverse.


Pour que cet élément de surprise soit total, on choisira de préparer l'évènement dans le cours des activités les plus routinières que peut mener l'adversaire. Les déclenchements, à la frontière libanaise, se déroulent toujours dans des moments ordinaires d'une absolue banalité.


En octobre 2000, 2 soldats de Tsahal sont enlevés par des miliciens du Hezbollah vêtus d'uniformes de la FINUL, qu'ils avaient troqués avec des soldats indiens de la « force de maintien de la paix ». Aucun détail extérieur ne pouvait suffire à mettre en alerte les deux combattants israéliens. Le 12 juillet 2006, c'est une patrouille de routine, lors du passage d'un fourgon blindé, que prend pour cible le Hezbollah. Il tue 8 de ses occupants et enlève Ehud Goldwasser et Eldad Reguev, dans un état grave.


Hier, 3 août, date anniversaire des 1500 jours de captivité de Guilad Shalit, otage du Hamas à Gaza, rien ne devait laisser présager de ce qui allait se passer. La FINUL avait passé à l'Armée libanaise, il y a deux semaines, l'information selon laquelle un petit travail de débroussaillage aurait lieu le long de la frontière, côté israélien. Tout portait à croire que l'armée libanaise était intéressée au maintien du cessez-le-feu et que le vrai danger ne pouvait provenir que d'un élément jihadiste incontrôlé, non d'un sniper en uniforme, risquant d'entraîner son pays dans une hécatombe. Pourtant, l'impensable, auquel il faudrait toujours penser, s'est produit.


Tous les détails dont on dispose à cette heure démontrent une planification de haut niveau et une collusion totale d'intérêt entre l'Armée libanaise et les objectifs du Hezbollah, de l'Iran et de la Syrie. D'abord, le choix du moment, qu'on vient d'évoquer, celui des cibles de premier ordre et de leur position en retrait, à 300 m du lieu réel de l'action de déracinement de l'arbre : les deux officiers Dov Harari z'l et Ezra Lakia, n'avaient aucune raison valable d'être au premier rang pour arracher eux-mêmes de mauvaises herbes. Leur présence, celle de la FINUL auraient normalement dû inciter la partie libanaise à des tirs de sommation. Les plus exposés à un acte de défi ou une "balle perdue" étaient les soldats chargés de ce petit travail...


Le journaliste tué durant les échanges de tir, Assaf Abu Rahal, travaillait pour le quotidien al-Akhbar de Beyrouth. Un second journaliste blessé, Ali Shuaib, était correspondant de la chaîne al-Manar. Ces deux médias sont connus dans le monde entier pour leur appartenance à la milice chi'ite de Nasrallah. L'armée libanaise a, délibérement, laissé pénétrer dans le périmètre sous sa garde des caméras, appareils photo, présents dans un lieu banal de la frontière pour y capturer un « évènement » fabriqué sur mesure pour les chaînes affiliées à Nasrallah. Pour entrer dans ce type de zones gardées, il faut des laisser-passer, des autorisations administratives qu'on ne tire pas d'un chapeau.

Il s'agit d'une opération marketing visant à rappeler la nécessité de souder les rangs au prétexte même de la "souveraineté", si chère au mouvement du 14 mars... mais au seul profit de la « Résistance » contre un voisin présenté comme « hostile », lorsqu'il réplique aux provocations.


Il apparaît, de toute évidence, que la thèse de l'élément rebelle et radical au sein d'une armée prête à coopérer avec la FINUL et le voisin, ne tient pas et que le sniper préparé de longue date à faire mouche obéissait à des ordres stricts, consistant à provoquer une guerre « unificatrice ».


Lorsque Tsahal a riposté, l'armée libanaise était prête à entretenir le feu nourri de part et d'autre.


De fait, l'armée libanaise a développé des capacités d'observation des moindres faits et gestes des unités de Tsahal présentes face à elle, non pour des missions de supervision et de contrôle, mais bien en vue d'actions d'agression. Elles vont jusqu'à l'exploitation de la moindre faille, du moindre moment de relâchement ou de … routine.


L'armée du Liban vient donc de déclencher, à tout le moins, une guerre des nerfs ou « drôle de guerre », sachant que la moindre sur-interprétation ou sous-évaluation d'un événement ou non-évènement quelconque est, désormais, susceptible de mettre la région à feu et à sang.


La « naïveté » israélienne, une fois de plus, a été de ne pas réviser ses critères d'alerte, en ne guettant que « les mouvements suspects » d'une guérilla dissimulée, sans envisager qu'un ordre de tir la frapperait en plein coeur de son dispositif, dans l'accomplissement de gestes quotidiens. D'oublier que Tsahal se bat contre un ennemi vicieux, sans scrupule, rétif à tout réglement marqué par des résolutions, arrangements ou accords qu'il utilise à son seul avantage, et non dans l'espoir d'une "paix des braves"...

Il est toujours facile d'en parler après-coup. Mais cela intervient dans les suites d'un récent « incident » en mer, sur le pont du Mavi Marmara. Depuis 1973, il n'existait pas, dans la région, d'armée conventionnelle qui ose se lancer délibérément dans un conflit armé avec Israël. C'est désormais chose faite. Et ce n'est possible que parce que le niveau d'armement des milices supplétives comme le Hezbollah et le Hamas est jugé avoir atteint un seuil appréciable pour maximiser les dégâts stratégiques et médiatiques au détriment d'Israël. L'état-major israélien doit, désormais, identifier clairement les relais dans la chaîne de commandement adverse, qui participent de la mise en route d'actes de guerre.



Les mobiles du crime laissent peu de place à l'interrogation :



4 hauts dignitaires arabes, dont Bachar al-Assad de Syrie et le Roi Abdallah d'Arabie Saoudite, se sont réunis vendredi à Beyrouth, afin de faire le point sur la situation, à la veille du Tribunal international sur le Liban. Il devrait impliquer plusieurs hauts-dirigeants du Hezbollah dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Rafic Hariri en 2005. Derrière l'écran de fumée des discours bellicistes du despote syrien, certains ont voulu lire un infléchissement en cours : plus il criait haut et fort que jamais il ne lâcherait le Hezbollah face à ses accusateurs, plus on pouvait se demander : « pourquoi a t-il tant besoin d'en parler, puisque personne n'en doute? ». Qu'il ait eu ou pas la moindre intention de « prendre ses distances », le maintien d'une tension maximale à la frontière israélo-libanaise rectifie tous les discours et ramène le conflit « israélo-arabe » à l'avant-scène, dans la permanence et la durée. C'est autant de terrain perdu pour la « Ligue Arabe » incitant Mahmoud Abbas à envisager des pourparlers directs avec Benyamin Netanyahou. Le « front du refus » rappelle alors que si un seul membre s'y oppose, le « mariage », tant attendu à Washington, avant les élections de novembre, n'aura pas lieu. Mais bien plutôt, la guerre.



Comment Bachar pourrait-il se désolidariser, ni même du Hezbollah, ni même et surtout, du Liban, depuis longtemps considéré comme simple province de Damas? Il s'agit bien d'un glissement « stratégique », où Nasrallah a tout à gagner dans l'assimilation indistincte de ses intérêts propres et de ceux de Beyrouth en totalité. Le tir du sniper vient de balayer et d'annuler toutes les attentes des émirs venus du Golfe, la semaine précédente.


« L'effet domino » n'a jamais si bien joué, qui place la Syrie au centre de l'échiquier et la ramène objectivement au bercail. Ainsi le Hezbollah et l'Iran s'assurent-ils de la bonne coopération de leur relais et plaque tournante indispensable.



Nasrallah avait, quant à lui, tout intérêt à jouer profil bas, alors que la « résolution 1701 » de l'ONU qui pénalise son mouvement, est, tranquillement, en train de voler en éclats, sous les coups de butoir, non plus d'un « état dans l'état », mais bien de l'armée elle-même. Cette résolution avait pour vocation de « protéger une souveraineté » affaiblie par les puissances régionales et les groupes terroristes. Si le Liban soi-même viole les résolutions censées le protéger, hormis qu'il s'agit d'un état délibérément criminel et justiciable pour cela, c'est, vu sous cet angle de tir, « signe de bonne santé » et de bonne préparation à en assumer toutes les conséquences, à savoir son retour à l'âge de pierre, à partir de la toute prochaine provocation.


A qui « profite le crime »? Sûrement pas, en première lecture, à Saad Hariri, qui ne sait, décidément pas, s'il parviendra jusqu'au moment où un Tribunal statuera sur les culpabilités et complicités dans le meurtre de son père. Mais, l'armée étant sous ses ordres (suivis ou non) et ceux du Président Michel Sleimane, on est aussi en droit de se demander si l'assassin émarge d'un clan plutôt que d'un autre :


Saad Hariri lui-même aurait ordonné la semaine passée, à 1500 hommes d'aller renforcer la présence militaire libanaise dans le sud... « pour éviter toute provocation du Hezbollah, et « protéger la FINUL, suite à diverses agressions...

L'armée -ou/et certaines factions en son sein- fusionne de façon explicite avec la milice chi'ite. Près de 50 % de ses officiers sont issus de cette mouvance ou prêts à coopérer dans le sens de ses intérêts. Tant que la résolution 1701 subsistera, bon an mal an, le Hezbollah ne pourra reprendre pied massivement au Sud-Liban, qu'au travers de tactiques savantes pour confondre toute surveillance. Le meilleur camouflage est donc, évidemment, l'uniforme. Et la meilleure défense, l'attaque.



A ce degré de fusion, avec l'armée comme avec le pouvoir, il est, peut-être temps, pour le Hezbollah, de se fondre totalement dans l'appareil politique et de moins attirer l'attention comme groupe séditieux pouvant agir « contre les intérêts du Liban » : c'est aussi simple de le piloter de l'intérieur. Surtout, depuis l'élimination d'Imad Moughniyeh en février 2008, l'appareil terroriste montre ses limites et n'être vraiment à son affaire que dans les zones chaotiques de l'Irak ou de l'Afghanistan, voire, récemment du Sinaï.

L'hypothèse moins probable serait que des « souverainistes » quelconques aient décidé qu'ils pouvaient très bien se dispenser des coups d'éclats du Hezbollah et agir au nom du Liban pour mettre eux-mêmes le pays au bord du précipice les yeux bandés... Ou la gouvernance par l'appel au suicide de masse, par absence d'horizon politique, dans l'affrontement entre factions?



Plutôt la guerre avec Israël que la guerre civile?



Depuis le Détroit d'Ormuz et ce cargo japonais dont tout porte à croire qu'il a été la cible d'un engin improvisé, en passant par Eilat et le Golfe d'Aqaba, récemment le retour de Grads sur Ashkelon, jusqu'au sud-Liban, cette « suite d'incidents » laisse entendre que l'Iran fera tout pour mettre le feu aux poudres. Il dispose d'assez de pions et d'éléments dévoués dans la région pour mener la vie dure à des Occidentaux qui ne croient qu'aux sanctions et à la diplomatie pour prolonger les trêves, jusqu'au prochain round... 

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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 17:51

 

 

 

 

 

 

De la grève du Baazar téhéranais aux luttes ethniques, le régime pasdaran danse sur un baril de poudres.

 

- Suite logique de :

Quid des opérations de sabotage du programme nucléaire iranien?-


Par Marc Brzustowski

 

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

 

Les récents attentats-suicide de Zahedan (27 morts et plus de 300 blessés), dans le Baloutchistan iranien, ont seulement rappelé, de façon spectaculaire, que le Régime d'Ahmadinedjad est incapable de maîtriser son propre territoire et d'imposer son autoritarisme, au-delà du déploiement de forces des Pasdaran dans l'ensemble des provinces ethniques sensibles : cela concerne, aussi bien les Baloutches sunnites, que les Kurdes, populations du Khuzestan, ou les Azéris, là où, récemment, le pouvoir était contraint d'inventer une convergence de mystérieuses "forces israélo-américaines" à la frontière nord du pays, pour concentrer toujours plus de troupes. Le pari était hasardeux, puisqu'après la pendaison du chef mythique du Jundallah baloutche, AbdelMalek Rigi, Téhéran devait s'attendre à une réplique sismique à la mesure de sa prétention à domestiquer cette province rebelle. Mais au Sud-Ouest, et non au Nord....


C'est le jour de commémoration de l'Imam Hussein, 3ème imam chi'ite et le jour-anniversaire de la création du Corps des Gardiens de la Révolution, un mois, presque jour pour jour, après la pendaison de leur chef, que les islamikazes du Jundallah ont choisi de frapper le régime au coeur de la symbolique de sa domination : la Mosquée Jadeh, où se réunissaient les Pasdaran, en cette grande occasion.


Le procédé démontre l'influence croissante de l'islamisme radical en provenance du Pakistan pour combattre un autre islamisme révolutionnaire, centralisateur, autoritaire, rétif à céder toute autonomie culturelle :


- interdiction de s'exprimer en baloutche -kurde, azéri, etc-, dans les médias, les écrits ;


- mais, surtout, oppression religieuse à l'encontre du Sunnisme, par la destruction de mosquées, ou le refus, sous divers prétextes, d'en édifier la moindre, qui aurait été représentative d'une "diversité", notamment à Téhéran. Interdiction des séminaires et institutions sunnites, dénonciation des imams de Zahedan et Sanadaj, comme étant de vulgaires propagandistes wahhabites...


- centralisme bureaucratique et refus d'accorder le moindre pouvoir aux notables ou fonctionnaires locaux, entièrement sous la coupe des Pasdaran venus de Téhéran ;


- envoi massif  de forces répressives des Bassidjis, appendice en matière de sécurité intérieure, des Gardiens de la Révolution, pour contrôler les populations locales ; et des Pasdaran pour tenter de superviser les 1100 kms de frontière poreuse avec le Pakistan et l'Afghanistan et 300 autres avec le Golfe d'Oman.


- Comme si ces forces ne pouvaient se suffire à elles-mêmes, puisque cibles fréquentes des groupes qu'elles prétendent mettre au pas, Alaeddin Borujerdi, chef du Comité révolutionnaire des affaires étrangères et de la sécurité intérieure, menace régulièrement le Pakistan d'incursions, comme les Pasdarans s'en autorisent au Kurdistan irakien, contre le PJAK. Entre parenthèses, ce cumul de politique étrangère et de sécurité intérieure ne fait que traduire la paranoïa fondamentale, mais sûrement croissante du Régime, où le moindre remous devient l'expression d'un complot américano-britannique ou israélien, quand ce n'est pas saoudien ou pakistanais. 

 

Ne sachant pas répondre par des mesures politiques appropriées, l'Iran des Mollahs ne peut que s'enfoncer un peu plus, chaque jour, dans un maelström culturalo-sectaro-économico-diplomatique avec ses propres provinces, qu'aucune thèse conspirationniste ou complotiste ne pourra stopper.

Au contraire, ces éléments culturels, sociologiques sont à la portée de n'importe quel analyste extérieur qui en suivrait les péripéties au jour le jour sur 30 ans, pour évaluer la longévité ou la mortalité de ce type de régimes, sans se prétendre Nostradamus... 

Plutôt que de composer avec les éléments locaux moins hostiles (2,5 millions d'habitants), cette sorte d'expansion semi-coloniale et militaire n'a jamais fait que renforcer, au cours des 30 dernières années, et peut-être, surtout durant les 5 dernières, sous Ahmadinedjad, le sentiment d'extranéité et de dangerosité intrinsèque éprouvée par les résidents. L'arrogance de Téhéran y subit alors les coups les plus durs portés contre le pouvoir, alimentant les revendications diffuses, qui vont de la frustration culturelle aux désirs de séparatisme, à l'horizon plus lointain et à la faisabilité problématique, en dehors du recours aux trafics....

 

Du fait de la désorganisation qui y règne, en effet, et des traditions clandestines de tribus vivant à la charnière entre les pays, avec leurs propres foi et lois, la région est une vraie plaque tournante pour toutes sortes de trafics transfrontaliers : banditisme, trafics d'armes et de drogues, kidnappings...

 

Téhéran rencontre là un véritable défi à sa conception de la "révolution", qui se traduit par un rapport de plus en plus troublé, sur 3 axes vite hors de contrôle, selon Behruz Khaliq, de Radio Farda :

- national/ethnique

- sunnite/chi'ite

- centre/périphérie.

Un régime islamique sous l'influence d'un guide suprême et d'écoles doctrinaires du ch'isme est incapable de fournir la moindre réponse à ces menaces d'implosion, en termes d'équité entre les groupes qui composent les restes de l'Empire perse, sans renoncer à sa vocation hégémonique. 

 

(Accuser l'étranger ne résoudra pas les problèmes du Baloutchistan iranien : http://planet-iran.com/index.php/news/19507 ).

 

Comme si cela ne suffisait pas, un autre groupe ethnique se rappelle épisodiquement aux bons souvenirs des Mollahs de Qom et Téhéran. Les Kurdes ont longtemps été utilisés comme gardiens des frontières de l'empire ottoman contre l'influence perse, toujours menaçante. 

Désormais sous la férule d'un régime, seulement en apparence, plus "modéré", mais tout aussi islamiste, la Turquie est aux prises avec une rébellion qui dure depuis au moins 20 ans et n'a aucune raison valable de s'arrêter dans un avenir proche : l'insurrection kurde, que les trois dominants locaux : Turquie, Iran et Syrie tentent régulièrement d'écraser dans le sang.

Actuellement, l'armée syrienne, avec l'aide des généraux et du matériel turcs, détourné des fournitures de l'OTAN ou d'Israël, massacre allègrement les populations kurdes et pourchasse les rebelles jusqu'au Liban ou en Irak. Plus de 300 personnes auraient été tuées, au moins 1000 autres blessées. C'est un bilan toujours provisoire...

 

Pour montrer ses bonnes dispositions envers Ahmadinedjad, Obama, nouvellement élu, a commencé par faire inscrire le groupe kurde du PJAK sur la liste des groupes terroristes. Mais, plus que tout, il s'agissait de couper une retraite possible au PKK turc et de satisfaire les exigences d'Erdogan, lancé dans la répression, puis l'offre de négociations, jusqu'aux récentes escalades de début juin.

 

De concert avec les autres caciques de la région, Ahmadinedjad lance fréquemment ses Pasdaran et surtout son artillerie lourde, moins contre les poches rebelles que contre les villages censés leur servir d'abri ou de sanctuaire, avec pour résultat, de renforcer la cohésion interne des populations et des "activistes", pour les mêmes motifs diffus que ceux observés dans les autres provinces.

 

Comme toujours, les Kurdes subiront de nombreuses pertes, mais, à moins d'un "génocide" plus ou moins concerté, comme l'annonce Erdogan ("Je noierai les Kurdes dans leur sang"), aucun de ces pouvoirs ne parviendra à mettre un terme militairement à l'agitation, par l'oppression, les brimades et jusqu'aux massacres.

 

Les mêmes causes ayant les mêmes effets, il s'agit là de "guérillas de cent ans"

 


 

 

 

Pour une vidéo de Willem Marx, en exploration chez les Kurdes du PJAK : 

http://www.hd.net/worldreport

Date Time Description

 

 

 

L'empire chi'ite d'Ahmadinedjad, celui rêvé par les apocalyptiques de la secte Ojjatieh, qui semble maîtriser l'agitation politique du "mouvement vert" de Karoubi et Moussawi, plus discret, ces derniers mois, n'est pas sur la brèche uniquement à cause des failles qui se creusent avec les provinces. Il est à la veille de connaître des troubles sporadiques, cette fois, au centre économique même des affaires téhéranaises.

Depuis toujours, le Baazar de Téhéran est le baromètre du bien-être ou des malaises sociaux qui agitent le pays. Il a été à l'origine des premiers remous sous la férule du Shah, durant les années 74 à 79, jusqu'à ouvrir des voies de passage pour la révolution, d'abord populaire et partagée par diverses obédiences, jusqu'à l'élimination des branches les unes par l'autre, celle de l'ordre mollachique de l'Imam Khomeiny (au moins 100 000 morts).

Le Baazar a perdu de son influence économique, depuis que les cadres des Pasdaran ont repris en main ses rouages, pour confisquer de plus en plus de secteurs juteux, en lien avec leurs ambitions régionales : banques, industries, import-export, nouvelles technologies et matériaux sensibles.

Les Baazaris supportent mal ces réquisitions, mais surtout considèrent que la nouvelle classe arriviste, issue de la Révolution, est faite de hors-la-loi, ou se considérant au-dessus des lois qu'eux-mêmes imposent aux autres couches de la population. Et qu'elle mène le pays à la ruine, à plus ou moins longue échéance. Ils sont conservateurs, surtout animés par le sens des affaires.

Récemment, le 6 juillet, le gouvernement a annoncé une augmentation de 70% sur les taxes imposées aux commerçants. Les Baazaris se sont immédiatement mis en grève et le gouvernement a aussitôt reculé : il a besoin d'eux, à un moment où des réformes sont prévues pour septembre, notamment : la fin de mesures de subventions, alimentées par les revenus énergétiques, en direction des couches pauvres de la population, qui garantissaient l'accès aux produits de base à des prix défiant toute concurrence, dans le cadre d'une économie "artificielle", de type "révolutionnaire".

Ainsi, le pouvoir se trouvait-il une assise chez les plus démunis. L'Iran veut désormais, pour soutenir la concurrence externe, se rapprocher des critères d'une économie auto-régulée.... Mais "Robin des bois" volant les riches pour redistribuer aux pauvres, se trouve à cours de moyens pour entreprendre une sorte de mini-révolution libérale dans le cadre d'une dictature religieuse. Il y va pourtant de sa survie économique, dans le contexte des sanctions contre son programme nucléaire.

 

En dépit de cette reculade du régime, plutôt qu'une dispersion du mouvement de grêve et de défiance, celui-ci s'est étendu à Ispahan et Tabriz. Pour faire diversion, le Régime a déclaré "des vacances générales", comme pour masquer la fermeture des rideaux de fer! Le baazar est le coeur des villes, à partir duquel se répandent les nouvelles ou rumeurs, les velléités de démontrer son mécontentement, susceptible de stopper les manufactures et raffineries, voire de susciter des débordements violents dans les rues adjacentes... Des contre-espaces idéaux pour l'organisation de ces fameux "complots" que redoute tant le pouvoir, par manque d'emprise sue le peuple lui-même, qui ne peut subsister que par l'adhésion des masses et surtout des "leaders d'opinion", au nombre desquels les Baazaris, évidemment...

 

A la fin de juin, une raffinerie aurait été incendiée, dans la ville d'Abadan, au Sud. En mai, un apparatchik des Pasdaran, agent de liaison du Hezbollah en Syrie, était assassiné en plein quartier sécurisé de Damas. Récemment, des incendies localisés et des explosions auraient été entendues au coeur de la fameuse prison d'Evin, laissant supposer des mouvements de mutinerie des prisonniers politiques ; à l'extérieur encore, les Emirats déclaraient leur volonté d'appliquer les sanctions, alors que, jusqu'à présent elles étaient largement contournées, au plein profit de Téhéran....


Malgré la soudaine "atonie" du mouvement politique ("vert", dit "réformateur"), on comprend que la répression qu'il a subi depuis les élections de juin 2009 n'a, en rien, servi d'exemple pour imposer une poigne de fer à tous les secteurs internes ou frontaliers de la société iranienne. 

Au contraire, la garde noire des Pasdaran, rompue aux ordres de la secte Ojjatiyeh, ressemble de plus en plus furieusement, à ces pompiers-pyromanes qui ne savent plus par quel bout ralentir le mouvement d'une chute annoncée et toujours remise au lendemain... Jusqu'à maintenant. Le mois de septembre et les suivants seront déterminants pour évaluer les effets conjugués de la mise en application des premières sanctions et des "réformes" envisagées par le régime, qui semblent recueillir aussi peu de "suffrage" : on peut truquer les scrutins longtemps, vient un moment où rendre des comptes...


Images du Baazar en grève : 

http://planet-iran.com/index.php/news/19318

 

 

 Alef: http://alef.ir/1388/content/view/77823/

A view of the textile traders’ section:

Jewelery and gold traders:

The jewelry and gold bazaar:

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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 13:37

 

editorialàGad

 ECOUTER ICI-copie-1 


Suite de : http://lessakele.over-blog.fr/article-erdogan-a-finance-sa-revolution-de-velours-en-creusant-la-dette-turque-a-l-egard-de-la-finance-verte-islamiste-53391908.html

 


Le déni occidental a couvert d'un voile pudique le retournement islamiste de la Turquie d'Erdogan (2/2)

 

Marc Brzustowski


source : Michaël Rubin, in Commentary


http://www.commentarymagazine.com/viewarticle.cfm/turkey--from-ally-to-enemy-15464


pour http://lessakele.over-blog.fr et www.aschkel.info

 

Il y a dix ans, les Turcs se percevaient comme appartenant au même camp que les Etats-Unis, l’Europe de l’Ouest et Israël. Aujourd’hui, l’identité turque place fermement le pays dans un camp dirigé par l’Iran, la Syrie, le Soudan et le Hamas. La Turquie peut bien être membre de l’Otan, cela n’empêche pas les sondages de démontrer qu’elle est le pays le plus anti-américain au monde. Pas plus, du reste, les Turcs ne font-ils la différence entre le gouvernement et le peuple américain : ils haïssent les Américains autant qu’ils haïssent Washington. Ce n’est pas un accident de parcours. Depuis le tout premier jour, Erdogan a encouragé, et ses alliés ont financé, un violent courant d’incitation anti-américaine et antisémite. Même si beaucoup de Turcs s’opposaient naturellement à la libération de l’Irak, en 2003, ce courant est aussi largement dû au fait qu’Erdogan les avait alors bombardés d’incitations anti-américaines avant le vote du Parlement qui a entériné cette tendance et retiré le soutien pourtant promis avant l’opération.


En 2004, Yeni Safak, un journal soutenu par Erdogan, a diffusé une liste d’ennemis (de la Turquie) uniquement composés de personnalités juives importantes (un « protocole des Sages de Sion » new-look). En 2006, non seulement « la Vallée des loups », un film anti-américain et antisémite, mettait en scène un médecin juif prélevant les organes d’Irakiens et d’enfants turcs tués (souvent par le « Mossad » lui-même, dans le film), mais la propre femme du Premier Ministre soutenait  publiquement le film et pressait tous les Turcs d’aller le voir. Des journaux turcs ont rapporté que des piliers financiers de l’AKP et les conseillers d’Erdogan avaient participé au financement de sa production.


Pendant que la majorité du monde occidental boycottait le Hamas, à la suite des élections palestiniennes de 2006, pour tenter de le faire renoncer à la violence et reconnaître le processus d’Oslo, non seulement Erdogan tendait la main au groupe terroriste, mais il accueillait en grande pompe comme son invité personnel de marque, Khaled Meshaal, dirigeant de sa faction la plus extrémiste, vivant à Damas et opposée à toute avancée.


La question, pour les décideurs politiques est moins de savoir si la Turquie est désormais perdue, que de savoir comment Erdogan a pu ainsi conduire une révolution islamique en pilotant sous les  radars, au nez et à la barbe de l’Occident. Souligner ce point, c’est à la fois une forme d’hommage à l’habileté d’Erdogan et une réflexion sur la naïveté des Occidentaux.


Avant de prendre le pouvoir, Erdogan et ses conseillers ont travaillé sur la forme d’esprit des leaders d’opinion en Occident. Et ils se sont spécialement concentrés, non pas tant sur les groupes américains pontifiants qui trouvent toujours que la politique américaine n’est jamais assez gauchiste et empathique envers le monde islamique, mais plutôt sur leurs critiques naturels, les supporters américains des faucons turcs et israéliens. Et ce sont, souvent, ceux-là mêmes qui ont, finalement, contribué à mettre Washington en confiance et à introduire Erdogan auprès des  décideurs politiques.


Après avoir consolidé son pouvoir, cela dit, l’AKP a cessé de cultiver ses relations  avec les groupes juifs et pro-israéliens en Amérique, quoi qu’il en ait fait très peu qui risquaient de provoquer une rupture des relations.

 


Traditionnellement, les Turcs portent un regard empreint d’empathie sur Israël et les Juifs ; parmi tous les peuples de l’Empire Ottoman, les Juifs de Palestine constituaient l’un des rares groupes qui ne se soit pas révolté contre le Sultan Ottoman. Dans les années 1980 à 1990, la Turquie et Israël avaient beaucoup d’intérêts en commun : tous deux étaient des démocraties perdues dans un océan d’autocraties. Ils ont eu tout loisir d’apprécier leurs étroites relations diplomatiques, économiques et militaires. Il y avait tellement de touristes israéliens qui visitaient la Turquie que des inscriptions en hébreu faisaient florès et qu’on en retrouvait partout dans les villes turques. Il était tout sauf surprenant d’entendre parler hébreu dans le Grand Bazaar d’Istanbul ou les restaurants tout le long du Bosphore.


Contre un tel effet rétroactif (de l’étiolement des relations), beaucoup de groupes juifs ont préféré demeurer longtemps aveugles aux signes avant-coureurs de l’antipathie d’Erdogan à leur égard et ont rationalisé (ou pondéré) les rapprochements flagrants de la Turquie avec le Hamas et le Hezbollah, la Syrie, le Soudan et l’Iran. Ce n’est vraiment qu’après le Forum Mondial de Davos, lorsqu’Erdogan explosait littéralement, en s’en prenant au Président israélien Shimon Peres : « Vous, vous savez très bien comment vous y prendre pour assassiner », semant la tempête en pleine tribune, et en accusant ensuite Israël de Génocide, que les groupes juifs se sont péniblement réveillés à ce changement d’attitude qui avait déjà recouvert toute la Turquie.


Une bonne partie du reproche quant à l’incapacité à reconnaître le sens de l’agenda d’Erdogan repose également sur l’approche intellectuelle de l’Islam radical. Pour trop d’observateurs, le port du voile était le seul critère à travers lequel juger d’un empiètement islamiste (dans la sphère publique). Pour Erdogan, quoi qu’on en pense, le voile n’est jamais qu’un symbole ; l’emprise sur l’Etat, voilà quel était l’objectif.


Même après qu’Erdogan ait commencé à modifier l’équilibre et vider les comptes de la société turque, les responsables européens et les diplomates américains sont restés dans la dénégation. Le relativisme moral a certainement joué un grand rôle : comme lorsqu’en octobre dernier, Erdogan demandait : « pourquoi la Turquie devrait-elle accepter la définition occidentale de la laïcité ? ». Pour de trop nombreux responsables occidentaux, cela dit, reconnaître le virage pris par la Turquie aurait été une façon d’admettre l’échec à prétendre modérer l’Islamisme. Critiquer ouvertement les intentions profondes d’Erdogan aurait pu paraître « raciste ».


Beaucoup de diplomates et de journalistes on rajouté à la situation leur propre dédain pour tout ce qui touche à l’armée, ont abandonné celle de Turquie, et pris le parti d’une dichotomie facile, dans laquelle l’Islamisme et la démocratie représentait un pôle, pendant que l’armée, la laïcité, et le fascisme représentait l’autre. De fait, ils ont voulu percevoir l’AKP sous le jour de réformateurs démocratiques, alors que les membres de l’Armée devenaient à leurs yeux le défenseurs d’un ordre anti-démocratique. Il est certain que les démocraties les plus avancées n’ont guère de place pour l’armée dans leurs politiques intérieures. Mais en chérissant et dorlotant l’AKP comme s’il se défaisait du rôle de l’armée dans le maintien de la Constitution sans, le moins du monde, construire simultanément un autre régime sur la base d’un comportement anticonstitutionnel, l’Union Européenne et les diplomates américains ont pavé la voie pour la dictature « soft » d’Erdogan.


Hélas! Au cas où le miroir aux alouettes et les brumes intellectuelles n’étaient pas suffisants pour tromper l’Occident,  Erdogan et l’AKP ont employé des tactiques bien plus sournoises. Comme beaucoup de diplomates américains prenaient leur retraite depuis leur ancien poste en Arabie saoudite pour reprendre leurs responsabilités commerciales précédentes, au moment de l’accession au pouvoir de l’AKP, chaque ambassadeur américain en Turquie à la retraite –Eric Edelman ayant été l’exception- s’est engagé dans des relations d’affaires lucratives auprès de sociétés turques. Mark Parris, qui dirigeait l’Ambassade américaine de 1997 à 2000, soit peu de temps avant l’avènement de l’AKP,  qui a occupé diverses positions dans plusieurs think-tanks, cultivait une relation d’affaires avec l’AKP et s’est montré aidant et compréhensif dans plusieurs affaires d’antisémitisme dans la presse turque auprès des néoconservateurs (américains) et concernant des rumeurs de complots de coup d’état. Durant toute la période des quatre premières années du règne de l’AKP, Fehmi Koru, l’éditorialistede Yeni Safak, et soutien public d’Erdogan, a publié plus d’une dizaine d’éditoriaux accusant les décideurs politiques juifs américains, conduits par Richard Perle – qui n’était pourtant pas alors un responsable de niveau gouvernemental – à la fois, de manipuler la presse et de conspirer en vue d’un coup d’état en Turquie. Les deux accusations, non seulement étaient fausses mais elles concordaient tout à fait avec les vieux refrains sur le contrôle de la presse et les complots, comme dans les Protocoles des Sages de Sion. Et, effectivement, ils servaient les objectifs du Parti : l’AKP a utilisé ces éditoriaux pour se rallier aussi bien des sentiments nationalistes qu’antisémites. Koru aurait, tout-à-fait, pu faire référence à une source diplomatique haut-placée. Dans un éditorial de novembre 2006, il a révélé que sa source aurait été Parris, une accusation que Parris lui-même n’a jamais jugé utile ni d’expliquer ni de nier.


Les Islamistes turcs ont également su entretenir de bonnes relations avec les Universitaires. Après que John Esposito ait reçu des subventions de la part du Mouvement Gülen, il a organisé une conférence en l’honneur du dirigeant islamiste-culte, en pratiquant un total blanchiment aussi bien de l’Islamisme de Fethullah Gülen que de son antisémitisme notoire. De la même façon, l’Université du Nord du Texas a bénéficié des largesses de Gülen, tout comme l’Institut Brookings à Washington DC, dont le fonds de commerce a longtemps été d’adopter une ligne compréhensive à l’intention d’Erdogan et de son agenda.


La Turquie est aujourd’hui en tous points une République islamique sans en porter le nom. Washington, ses alliés européens et Jérusalem doivent désormais mettre un terme à ces relations avec la Turquie, en tant que potentiel ennemi. Hélas encore, même si l’AKP devait quitter la scène turque dès demain, les changements induits par le parti d’Erdogan ont été apparemment rendus irréversibles. Alors que la Turquie était, depuis plus d’une demi-siècle, une zone de sécurité entre l’extrémisme du Moyen-Orient et le Libéralisme européen, aujourd’hui, elle est devenue un facilitateur de l’extrémisme et un farouche ennemi du libéralisme européen. Plutôt que de combattre les terroristes, la Turquie les congratule. Le soutien rhétorique d’aujourd’hui a toutes les chances de devenir le soutien matériel de demain. Sur la scène mondiale également, la Turquie constitue un problème. Plutôt que de contribuer à évacuer et à régler le problème du nucléaire iranien, Erdogan l’encourage.


L’anti-américanisme de la Turquie, sa dictature et l’incapacité des responsables occidentaux de prendre conscience de la réalité met la sécurité (régionale) en danger. Des choix douloureux nous attendent : en tant que membre de l’OTAN, la Turquie a un accès privilégié à l’armement américain, à ses tactiques d’intervention et à ses renseignements. Toute fourniture d’assistance à la Turquie, à présent, dans ce cas, ressemble fort à un moyen de les transférer indirectement au Hamas, au Soudan ou à l’Iran. Le Président Obama tient-il tant à fournir le F-35 Joint-Strike Fighter à la Turquie hostile, au défenseur en chef de l’Iran sur le plan régional, comme cela lui a été promis pour 2014 ? La Turquie doit-elle seulement rester membre de l’OTAN ? Après tout, il y a moins d’un demi-siècle, l’OTAN a bien appris à se passer des services de la France et à vivre sans elle…


Perdre la Turquie représente une tragédie, mais échouer à reconnaître cette perte ne peut que rendre cette tragédie plus lourde de conséquences. La pire d’entre elles serait, ici, de se contenter d’un déni dans l’évaluation de la situation qui empêcherait de tirer les enseignements de la situation en cours. Lorsqu’il était maire d’Istanbul, Erdogan eut cette remarque piquante : « La Démocratie, c’est comme un tramway. Dès que vous êtes arrivés à votre arrêt, vous descendez ! ». Peut-être, rétrospectivement, l’erreur de l’Occident a surtout été d’ignorer le danger de l’ascension d’Erdogan à la place du conducteur…. 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

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Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

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Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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