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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 14:32

 

 

Analyse : jouer la dissuasion

Par YAAKOV KATZ 
13.07.10

 

http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1278860666794&pagename=JFrench/JPArticle/ShowFull

La décision de Tsahal de rendre publiques cartes, photos et vidéos des positions du Hezbollah au Sud-Liban est évidemment risquée. Le mouvement chiite sait maintenant que l'armée connaît ses cachettes et il pourrait très bien décider de les déplacer à d'autres endroits. Tsahal a pesé le pour et le contre avant de finalement décider, mercredi 7 juillet, qu'elle avait plus à gagner qu'à perdre en diffusant ces informations.

Un véhicule de la FINUL, pris pour cible dans le Sud-Liban. 
PHOTO: AP , JPOST

Plusieurs raisons expliquent ce geste. D'une part, il faut rappeler les efforts systématiques de dissuasion de l'Etat hébreu face à un Hezbollah de plus en plus armé. Le découragement engendré par la seconde guerre du Liban en 2006, ainsi que par l'assassinat du commandant militaire du groupe, Imad Moughniyeh, en 2008, constituent une force qu'il faut sans cesse renouveler. Ainsi, la publication d'informations sensibles collectées par l'armée permet de faire savoir au Hezbollah qu'elle sait exactement ce qu'il fait et où.

Le deuxième argument de Tsahal est d'ordre diplomatique : lancer, à quelques semaines du quatrième anniversaire de la seconde guerre du Liban, une campagne pour informer la communauté internationale du réarmement massif du Hezbollah et ses conséquences. En juin, le général Yossi Heiman, à la tête du département de planification stratégique, s'est rendu aux quartiers généraux de l'ONU à New York et a présenté l'ensemble de ces informations aux délégués des Nations unies.

Quelques semaines plus tard, le responsable des services de renseignements de la région Nord exposait les mêmes preuves au commandant de la FINUL (Forces intérimaires des Nations unies au Liban), Alberto Asarta Cuevas. "Le monde doit comprendre que le Hezbollah prend délibérément position dans des zones fortement peuplées. Et une telle stratégie a des conséquences", explique un autre officier.

Le Hezbollah a peur

L'armée a déjà fait savoir, par le passé, qu'elle riposterait de manière disproportionnée à toute nouvelle attaque du Hezbollah et que chacun des 160 villages où se trouvent actuellement les membres du groupe sera ciblé. Quoi qu'il en soit, la publication de toutes ces informations reflète, de manière plus générale, une autre théorie aujourd'hui largement acceptée par Tsahal : le rapport Goldstone serait une conséquence de l'échec israélien à préparer le monde à ce qui allait se produire en cas d'incursion à Gaza. Le même problème s'est posé lors de l'incident du Mavi Marmara, le 31 mai dernier. Là encore, l'armée a reconnu qu'elle aurait dû préparer le public, avant l'opération, à toutes les éventualités, y compris des morts.

Tout cela ne veut pas dire qu'une guerre contre le Hezbollah risque d'éclater demain, mais seulement que Tsahal s'y prépare. De sources militaires, les risques de conflit cet été restent minces. Et pour cause : le Hezbollah a peur de l'ampleur de la riposte israélienne. Et il craint surtout les conséquences que pourrait avoir une nouvelle guerre sur son rôle, désormais prépondérant, au sein du Liban.

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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 00:37

 

 

Cliquez pour les autres analyses

 

lodo daniel pipes

 

 

Qui a perdu la Turquie ?

par Daniel Pipes
National Review Online
10 juin 2010

http://fr.danielpipes.org/blog/2010/06/qui-a-perdu-la-turquie

Version originale anglaise: Who Lost Turkey?
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

Deux explications principales circulent, lesquelles abordent cette question pressante :


  • Rejeter la faute sur l'Union Européenne: le Secrétaire d'Etat américain à la Défense Robert Gates dit que si la Turquie est, comme il le formule avec tact, en train de se déplacer en direction de l'est, « c'est la conséquence » en grande partie parce qu'elle y a été poussée, et poussée par certains en Europe qui ont refusé de donner à la Turquie cette sorte de lien organique avec l'Occident que la Turquie demandait.. "


  • Rejeter la faute sur l'Islam: Un de mes lecteurs soutient que la révolution d'Atatürk,vieille aujourd'hui de près de quatre- vingt- dix ans, « avait tous les ingrédients pour réussir (l'occidentalisation, la modernité, la laïcité, la démocratie, la croissance économique) - et tout ceci n'était pas imposé de l'extérieur, mais s'est produit naturellement de l'intérieur. Cette expérience « Atatürkiste » a rapidement perdu des points en essayant en vain de moderniser l'islam ».


Je rejette ces explications (La Turquie n'a guère essuyé de rebuffade de la part des Européens, et son retour à l'islamisme est un cas isolé, pas une preuve de quoi que ce soit sur l'islam). Au lieu de cela, je propose une troisième explication :


  • Rejeter la faute sur les hasards de l'histoire: (1) la réglementation turque exige qu'un parti obtienne un minimum de 10 pour cent des suffrages exprimés pour entrer au parlement. (2) L'élite politique laïque dans les années 1990 s'est fractionnée en plusieurs petits partis dont les dirigeants égocentriques ont refusé d'unir leurs forces. Gardez ces deux facteurs à l'esprit, puis regardez les résultats des élections décisives de 2002 et pleurez.


    Les partis du centre-droite et du centre-gauche exclus du parlement avaient 9,5, 8,3, 7,2, 6,2 et 5,1 pour cent du vote, faisant un total de 36,3 pour cent en tout. Ajoutez à ces pourcentages les 19,4 du CPH et ils contrôlaient 55,7 pour cent de la Chambre. Si le troupeau de tyrans égoïstes des partis avaient uni leurs efforts, ils auraient tous été représentés au parlement et les laïcs seraient probablement toujours au pouvoir.


Commentaire : Ce désaccord a des implications majeures. Si l'une ou l'autre des deux premières explications est juste, la Turquie est perdue pour toujours. Mais si la mienne est juste, le passage de la Turquie à l'islamisme est dû à un hasard de personnalités et de dispositions règlementaires qui peut être réparé. Le pays peut sortir de l'abîme. Nous qui apprécions la Turquie de jadis nous ne devons pas laisser tomber le pays, mais travailler pour la ramener en faisant pression sur elle avec précaution tout en travaillant avec les alliés des Turcs. (Juin 10, 2010)

 


Mise à jour du 10 juin 2010 : Les lecteurs mentionnent deux autres explications importantes.

  • Rejeter la faute sur les changements démographiques : L'analyste français Michel Gurfinkiel attire l'attention sur la croissance inégale de la population au cours du siècle passé. Comme il l'explique:

    Les zones rurales de l'Anatolie centrale et orientale ont connu une forte croissance sous Atatürk et Inönü, et ont été principalement responsables de l'augmentation de la population turque de 14 millions en 1923 à 21 millions en 1950. Depuis lors, l'ensemble de la population a plus que triplé pour arriver à 70 millions, le gros de la croissance se produisant dans les zones rurales ou parmi la première génération des migrants ruraux vers les grandes villes. En conséquence, les héritiers politiques du [parti d'opposition avec la base en Anatolie] les Démocrates- incluent le parti de la Justice de Süleyman Demirel dans les années 1960 et 1970, le Parti conservateur de la Mère Patrie de Turgut Özal dans les années 1980, et enfin les islamistes, - ils ont bénéficié d'une marge qui n'a cessé d'augmenter [mordant] sur le vieux CHP et ses héritiers.

    Exposé d'une autre manière, à nouveau par Gurfinkiel, observant le gain de voix pour les partis politiques extrémistes, sur une période de vingt ans:

    En 1987, les extrémistes, tous courants confondus, obtiennent 10,1% des voix. Mais ils passent à 16,9% en 1991, 29,9% en 1995, 34,9% en 1999, 54% en 2002 et enfin 66,2% en 2007. Et parmi eux, les Islamistes sont nettement en tête: de 7,2% en 1987 à 36,8% en 2002, puis 48,9% en 2007. Des 1993, toutes les grandes villes turques ont des maires islamistes. En 1996, à l'issue de querelles interminables qui discréditent la droite classique, le président conservateur Süleyman Demirel fait appel à Erbakan pour diriger un gouvernement de coalition réunissant les islamistes et une partie des conservateurs.

  • Rejeter la faute sur l'argent des islamistes :: Les Saoudiens, les Libyens, et d'autres ont fait passer de l'argent en Turquie depuis des années. Je ne connais aucune étude sur ce sujet antérieure à 2002 (même si j'ai effleuré le sujet dans un livre de1983). Michael Rubin couvre ce sujet, après l'ascension de l'AKP au pouvoir dans un ouvrage Green Money, Islamist Politics in Turkey (L'or vert, politique islamiste en Turquie), où il établit « un modèle qui constate un lien de la politique intérieure et étrangère turque avec l'afflux de ce qu'on appelle [en langue turque] Yesil Sermaye," l'or vert, " provenant de riches hommes d'affaires islamistes et d'États du Moyen-Orient."


Commentaires : (1) La thèse démographique indique les changements majeurs dans la vie turque, mais les islamistes sont une forme particulière d' «Anatoliens» et leur 1 / 3 de l'électorat en 2002 est parvenu au pouvoir uniquement à cause des raisons énumérées ci-dessus. (2) Le coup de pouce financier de l'étranger a existé au fil des décennies, mais hors règles et [cela a décollé]seulement lorsque les règles parlementaires ont laissé le champ libre.

 

 

Mise à jour du 11 juin 2010: Pour en savoir plus sur l'impact de Turgut Özal dans la montée des islamistes, voir le commentaire approfondi de Ognyan Minchev.


Et un lecteur répond avec un peu de véhémence à la thèse de Robert Gates selon laquelle les sentiments turcs auraient été heurtés par les Européens: «Erdogan a été le bien-aimé prince charmant de l'Europe. Même du Vatican! Les Européens voyaient en lui le modèle de l'islam modéré avec lequel ils pourraient vivre . Ce n'est que lorsque Erdogan a commencé à montrer son vrai visage qu'ils ont commencé – progressivement, à contrecœur et sans vraiment croire à ce qui se passait – à rejeter sa demande d'adhésion à l'Union européenne. "

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 11:46

 

 

 

Erdogan a financé sa révolution de velours en creusant la dette turque à l’égard de la finance « verte » islamiste


1ère Partie -


Marc Brzustowski


source : Michaël Rubin, in Commentary


http://www.commentarymagazine.com/viewarticle.cfm/turkey--from-ally-to-enemy-15464


pour http://lessakele.over-blog.fr et www.aschkel.info

 

Ce qui sépare les projets islamistes, en Turquie et en Iran, c’est, uniquement, le choix de la méthode. Celle empruntée par Erdogan et l’AKP a été si méticuleuse et mûrement réfléchie qu’elle est passée presque inaperçue : elle n’en est que plus dangereuse, à terme, démontrant comment elle est parvenue à tromper la vigilance de tous ceux encore illusionnés par l’image d’une Turquie kémaliste qui, aujourd’hui, n’est plus qu'un théâtre d'ombre. C'est, en soi, un modèle de guerre subversive et d'intoxication lente du partenariat tronqué avec l'Occident, et plus particulièrement, avec l'Europe.


Michaël Rubin raconte l’histoire de ce chef charismatique doté d’un plan méthodique pour défaire intégralement un système, par l’utilisation cynique de la démocratie à seule fin de parvenir à l’autocratie.


Trois types d’acteurs sont indispensables à ce scénario :

-De généreux donateurs arabes, qui ont bien compris le pouvoir de la bourse,

-le politiquement correct occidental resté aveugle à l’agenda islamiste et

-des diplomates américains visiblement plus préoccupés par la façon de gonfler leur portefeuille, au moment de quitter leur poste à Ankara, que par la sécurité nationale américaine ou celle de l’Europe.

Selon Michaël Rubin, le rêve d’Erdogan constitue, désormais, un cauchemar et un désastre pour les futurs responsables américains et européens.

 

 

 

1)   1) Le financement occulte de l’AKP par la « monnaie verte » saoudienne et qatarie


L’AKP arrive au pouvoir le 3 novembre 2002. Plutôt que de mettre fin au système précédent ou de poursuivre la gestion d’une plateforme sociale divisée, Erdogan a d’abord cherché à rechaper l’économie turque.


Perspective d’autant plus attrayante et nécessaire pour l’ensemble du spectre politique turc, que, durant les 5 ans précédents, la lire turque a perdu 8 fois sa valeur antérieure : de 200 000 à 1, 7 million pour 1 $. Cette situation catastrophique a conduit à la Crise bancaire de 2001, qui met l'influence kémaliste d'alors en faillite.


 Erdogan a donc cherché à stabiliser le courant et instauré de nouvelles réformes populaires. Il a réduit les impôts, baissé la valeur de taxes supplémentaires, et utilisé les coffres de l’Etat pour subventionner le prix de l’essence. L’électorat a récompensé son parti pour ses efforts.  Il obtient 42% des votes aux élections municipales de mars 2004. L’AKP a placé des maires dans 4 des 5 plus grandes villes turques. Il se voit, ensuite, créditer de 47% de base populaire en juillet 2007.


Mais, ce n’est là que l’apparence dont il faut gratter le vernis pour mieux comprendre le « système Erdogan » et ses objectifs plus lointains. En fait, plutôt que de fonder la réforme économique sur des politiques de long terme, Erdogan a réalisé un tour de passe-passe. Il a eu recours à des dettes paralysantes, ce qui a eu pour effet d’hypothéquer la sécurité financière de long terme de la République, pour satisfaire ses propres gains politiques de court terme. Daniz Baykal, ancien dirigeant du principal parti d’opposition, a déclaré que la dette de l’Etat, qui s’est creusée durant les 3 premières années de pouvoir d’Erdogan, surpasse la dette totale accumulée par la Turquie durant les 30 ans précédents.


Et il ne s’agit là que de la dette officielle. Hors du regard du public, Erdogan et Abdullah Gül, alors son ministre des affaires extérieures, ont présidé à l’afflux massif de la fameuse « Monnaie Verte » - le capital en provenance d’Arabie Saoudite et des Emirats du Golfe, dont la plus grande part a fini dans les caisses du parti plutôt que dans celles du trésor public turc.


Et c’est bien là que commence la légende de la permutation du Destin de la Turquie en direction des nations de l’Est et du Sud, plutôt que vers un rapprochement de l’Occident. Le pays en est devenu totalement dépendant.


Entre 2002 et 2003, selon la Banque Centrale Turque, l’argent apparu dans le système financier du pays, au titre des « paiements par erreur ou omission dans la balance de l’Etat», c’est-à-dire les sommes que le Gouvernement est incapable de justifier, a augmenté considérablement : d’approximativement 200 millions de $ à plus que 4 milliards de $ en 1 an. Aux environs de 2006, les économistes turcs estimaient l’infusion de Monnaie verte du sein de l’économie turque comme se situant entre 6 milliards et 12 milliards de $. Etant donnée l’habileté du gouvernement à dissimuler certains de ces revenus en les assignant au secteur du tourisme, cela correspond très certainement une sous-estimation qui reste faite à la louche. Des responsables du renseignement turc suggèrent en privé que la nation du Qatar (intermédiaire financier de l'Iran) est aujourd’hui la principale source de la plupart des subsides de l’AKP et de ses projets.


Dès lors, pour autant qu’on puisse dire que la révolution islamique iranienne contre le Shah était spontanée –bien que préparée méticuleusement-, celle qui agite la Turquie n’est rien d’autre qu’achetée et payée par l’argent des islamistes fortunés.


2)   2) Un règne sans partage des flux financiers contrôlés par les banquiers de l’Islam


Les responsables de l’AKP sont bien placés pour gérer l’afflux de “monnaie verte”. Gul a travaillé, entre 1983 et 1991, en tant que spécialiste de la Banque Islamique de Développement d’Arabie Saoudite. Avant la victoire de 2002, il critiquait l’épluchage minutieux des comptes des entreprises islamistes par l’Etat. Des conseillers de premier rang de l’AKP ont fait fortune dans le système bancaire et d’investissement islamique. Korkut Ozal est l’actionnaire principal turc d’al-Baraka Turk, la banque islamique prédominante en Turquie, aussi bien que de la Banque Faiçal Finans, dont les ramifications remontent également jusqu’à ses racines en Arabie Saoudite.


Erdogan a systématiquement placé ses banquiers islamistes à des positions économiques clés. Il a nommé ministre des finances Kemal Unakitan, ancien membre du cercle dirigeant de deux puissantes banques islamiques : al-Baraka et Eski Finans. Il a fait muter et monter au créneau au moins 7 autres responsables d’al-Baraka-dont l’un a servi comme imam dans un camp illégal d’entraînement commando – vers des positions décisionnaires au sein de l’agence de régulation bancaire turque.


Erdogan a également réorienté le commerce extérieur turc : en 2002, les échanges bilatéraux entre la Turquie et les Emirats Arabes Unis s’élevaient à 0,5 milliard de $. En 2005, ils atteignent 2 milliards de $. Kursad Tuzmen, ministre d’état chargé du commerce extérieur a annoncé que le dirigeant des EAU, le Sheikh Khalifa ben Zayid al-Nuhayyan voulait investir 100 milliards de $ dans des compagnies turques durant les 4 prochaines années. Pour ne pas rester en marge, l’Arabie Saoudite se devait d’investir 400 milliards de $ durant la même période. En 2001, les échanges turco-saoudiens ne s’élevaient qu’à 1 milliard de $. Alors que les échanges turco-iraniens ont dépassé les 10 milliards de $ en 2009, Erdogan a annoncé l’objectif de l’augmenter encore de 30 milliards. Même si la Turquie et ses alliés du Golfe gonflent ces chiffres pour se donner du poids économique et financier, la traçabilité de ces échanges est évidente.


Pour les donateurs arabo-musulmans richissimes, la conversion de la Turquie a été un bon investissement. Restée à l’extérieur du cercle de ces échanges durant des années, c’était, pourtant, un pays à large majorité musulmane qui, même sans détenir de réserves de pétrole, connaissait de très loin une réussite supérieure à n’importe lequel des pays arabes et de l’Iran.


3)   3) Education, police, justice, médias phagocytés par les Islamistes

 

 A peine Erdogan a-t-il stabilisé l’économie et solidifié sa partie de Monopoly politique, qu’il s’est occupé de transformer l’ordre social turc et de renverser chacune de ses orientations politiques. Il suit, pour cela, une stratégie à double-fond : endosser le rêve de l’élite laïque d’entrer dans l’Europe, mais dans l’unique but d’amadouer les diplomates européens afin de diluer le rôle de l’armée turque en tant que gardienne de la constitution.


Ses propres références et visées idéologiques ne portent aucun intérêt à l’Europe. Lui-même ne supporte ni le libéralisme ni la laïcité européenne. Il a critiqué la Cour Européenne des droits de l’homme quand elle a omis de consulter des universitaires islamiques et imams lorsqu’elle a interdit le port du voile dans les écoles publiques. C’était, pourtant, au départ, un bannissement qui datait des réformes originelles d’Atatürk dans son propre pays.


Ses aspirations portent bien plus loin que de se concentrer sur des problèmes superficiels tels que le voile. Il a systématiquement cherché à révolutionner l’éducation, dominer l’appareil judiciaire, prendre le contrôle de la police et des médias.


Erdogan a travaillé à accomplir, moins des gains de court terme sur des problèmes sensibles, mais voyants, comme le voile, qu’une véritable révolution culturelle de long terme, qui, lorsqu’elle serait achevée, rendrait les batailles passées totalement obsolètes.


3-1 Equivalence entre les Madrassas et l’enseignement classique


Erdogan s’en est pris au système éducatif laïc à tous les niveaux. Il a abaissé le niveau des restrictions quant à l’âge d’entrée des enfants dans les écoles coraniques. Restrictions qui visaient, précisément, à empêcher leur endoctrinement. Il a levé les freins à l’enseignement des imams extrémistes financés par l’argent saoudien dans les Universités turques. Ces écoles qui ont brisé les régulations encore subsistantes n’ont plus à s’inquiéter : le parti d’Erdogan a vidé de leurs substance les pénalités qui les visaient, au point que d’anciennes académies non subventionnées par le passé, publient désormais ouvertement des pages de publicité payante dans les grands journaux turcs.


Simultanément, il a fait établir des équivalences entre les diplômes accordés par les madrassas turques –les écoles religieuses islamiques- avec les diplômes des lycées et grandes écoles « laïques ». Ce tour de passe-passe bureaucratique permet, en théorie, aux étudiants des madrassas d’entrer à l’université et d’être qualifiés pour des postes gouvernementaux sans avoir à justifier ne serait-ce que d’une maîtrise ou, dans certains cas, n’avoir jamais été confrontés aux fondamentaux didactiques ayant cours en Occident. Lorsque de tels étudiants tâtonnent ou échouent aux examens d’entrée à l’université, l’AKP leur fournit un bonus comparatif s’ajoutant à leurs résultats réels, en justifiant du procédé comme relevant d’une discrimination positive. Erdogan fait peu mystère de ses objectifs : en mai 2006, il a ordonné à son négociateur pour l’accès à l’Union Européenne de supprimer toute référence à la laïcité, dans un article de prise de position turque portant sur le système éducatif de la Turquie. Durant l’année passée, le Ministère de l’Education a réduit de façon drastique le programme traditionnel de philosophie au lycée et l’a islamisé.


3-2 Des juges à la botte pour les dossiers politiques sensibles


Plus que tout, le système judiciaire n’est plus du tout indépendant. La tentative initiale d’Erdogan visant à écourter l’âge de retrait du mandat des juges (une action qui lui aurait permis de remplacer 4000 des 9000 juges au total) constituait un réel acte de défiance vis-à-vis de la Constitution. Plus d’un an après, La Cour d’appel Suprême a débouté l’AKP pour tentative d’interférence dans le système judiciaire. Qu’à cela ne tienne ! Lorsque Gûl, le collaborateur le plus proche d’Erdogan, a assuré la présidence en 2007, il n’y avait alors plus aucun obstacle à l’autorité de son parti. Le Président a convoqué le Bureau de la Haute Magistrature, a nommé un quart des membres des tribunaux de la Cour Constitutionnelle comme minorité de blocage, a nommé le procureur public en chef, et officiellement confirmé le commandement général du Conseil Suprême militaire. Désormais, lorsque les principes de décision de la haute cour ne sont pas conformes au souhait du Premier Ministre, celui-ci refuse tout simplement de les appliquer. Dans tous les cas de figure, après bientôt 8 ans d’exercice du pouvoir, l’AKP est parvenu à rebâtir à sa main les tribunaux de fond en comble. Le gouvernement peut maintenant désigner des juges sympathisants pour traiter des dossiers politiques les plus sensibles. En mars 2010, l’AKP a dévoilé ses projets de réforme constitutionnelle qui rendraient encore plus facile aux dirigeants politiques de nommer des juges.



3-3 Une presse muselée et largement émasculée


Dans n’importe quelle autre démocratie, les controverses et débats sur les abus de pouvoir du gouvernement et les changements politiques qu’il impose auraient saturé les éditoriaux des journaux. Ce n’est pas le cas en Turquie. Aucun Premier Ministre de l’histoire turque n’a été aussi hostile à la presse qu’Erdogan. Ce qui était encore une presse vibrante lorsqu’Erdogan a pris le pouvoir est dorénavant totalement inerte. Le Premier Ministre a poursuivi en justice des dizaines de journalistes et de chefs de rédactions, parfois pour guère plus qu’une caricature politique de lui qui faisait sourire. Lorsqu’un groupe médiatique turc a révélé l’histoire d’une association caritative turco-allemande qui avait transféré de l’argent illégalement à des islamistes en Turquie, les impôts l’ont puni, en inventant un faux relèvement fiscal de 600 millions de lires turques. Quand il a continué ses révélations critiques, le groupe a écopé d’une pénalité d’impôts de 2, 5 milliards de $ supplémentaires. Et, dans une stratégie empruntée à l’Iran, Erdogan a tout simplement confisqué des journaux, -le plus fameux étant le journal national à très grande diffusion, Sabah.- qu’il trouvait trop critiques ou indépendants et en a confié le contrôle à des alliés politiques.

 

4- L’effet dissuasif du montage de l’affaire Ergenekon

 

Après avoir muselé la presse indépendante et dédié à son agenda politique presque tout ce qui était imprimé ou chanté dans l’air du temps, Erdogan a alors pu renforcer sa campagne à la fois contre l’opposition politique et l’armée. Alors qu’autrefois, le Ministère de l’Intérieur éradiquait les mouvements islamistes et les fidèles de la personnalité-culte de l’antisémitisme turc, le dirigeant Fetullah Gülen, l’AKP a gonflé les rangs de la police avec ces hommes de main. Même les plus fervents fidèles de l’AKP reconnaissent que le Ministère de l’Intérieur procède régulièrement à des écoutes téléphoniques sans avertissement et à la fuite de transcriptions embarrassantes en direction de la presse islamiste, sans être le moins du monde inquiété. Le député Avni Dogan, de l’AKP, a récemment déclaré : « Depuis 40 ans, ils nous ont pris en filature. Désormais, c’est à notre tour de les suivre à la trace ! ».


Cependant, le véritable coup de filet contre la démocratie est intervenu le 14 juillet 2008, quand un procureur turc a mis en examen 86 personnalités turques – officiers militaires retraités, journalistes de premier plan, professeurs, syndicalistes, militants de la société civile, et jusqu’à l’homme qui avait osé concourir contre Erdogan au poste de Maire, quelques années auparavant- sur la base d’accusations de complot visant à restaurer un gouvernement laïc. La seule chose que les inculpés aient en commun, c’est l’opposition politique à l’AKP. La conspiration présumée a envahi les unes de la presse internationale. A la source de cette campagne, les 2 455 pages d’accusations sans discontinuer, prétendant que des officiers de l’armée à la retraite, des intellectuels, des journalistes et des dirigeants de la société civile conspiraient ensemble pour provoquer le chaos en Turquie et profiter de la crise induite comme justification à un putsch militaire contre l’AKP. En février 2010, les procureurs ont révélé un nouveau mémorandum de 5.000 p. détaillant les « plans » de ce supposé coup d’Etat.


Les documents produits sont effarants de ridicule. Le fond de l’accusation n’est pas plus épais que le papier sur lequel on l’a rédigé. Les forces de sécurité ont arrêté la plupart des suspects avant même que cet acte d’accusation ait été formulé par écrit. Et en ce qui concerne le fameux mémorandum, l’existence même de cette accusation est parfaitement risible : ceux qui complotent en vue d’un coup d’état ne couchent pas leurs plans par écrit, abandonnés ensuite avec un tel luxe de détails, à la disposition des enquêteurs. Mais cette affaire a eu l’effet souhaité de glacer d’effroi l’opinion turque : les Turcs peuvent bien ne pas aimer la direction dans laquelle Erdogan mène la Turquie, mais ils comprennent désormais que même la dissidence la plus pacifique peut coûter très cher.


Les démocrates turcs ne peuvent pas plus compter sur l’armée pour les sauver. Malmenée autant par la droite religieuse que par la gauche progressiste, l’armée n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était. L’actuelle génération de généraux vit dans une sphère totalement déconnectée de la société turque et, sans doute, leurs futurs successeurs en font-ils autant. L’équipe dirigeante de généraux turcs a manqué toutes les occasions d’exercer ses devoirs constitutionnels. L’armée a tout simplement échoué dans son rôle. L’obsession des relations publiques et de l’image véhiculée dans les médias a semé le trouble quant au véritable sens des responsabilités.



M.Rubin : « laTurquie : de l’allié à l’ennemi »-Commentary, juillet-août 2010 : http://www.commentarymagazine.com/viewarticle.cfm/turkey--from-ally-to-enemy-15464

 

Pour © 2010 lessakele et © 2010 aschkel.info

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 07:24

 

Un texte dont nous ne pouvons que vous recommander la lecture attentive, à tel point il rend compte finement d'une sorte de psychologie de masse qui s'est mise en place :

- à la fois en Occident, repentant pour ses erreurs, mais aussi ses ambitions civilisationnelles passées (le fameux "sanglot de l'homme blanc" de Pascal Brückner)

 

- et en Orient, où la haine s'est substituée à toute capacité morale de se regarder en face pour se ressaisir et provoquer le bond en avant qui comblerait un complexe, devenu religion pathologique, à l'encontre de l'accusé (le "ressentiment" nietzschéen, dont parlera mieux que moi notre ami Frédéric Sroussi).

A n'en pas douter, cela pourrait bien représenter la mécanique aussi infernale que perverse qui caractériserait ce début de XXIè. Sinon qu'il serait tout sauf "religieux" (A.Malraux), mais où la religion lui servirait de prétexte, d'exutoire pour affirmer une idéologie politique de substitution. La démarche religieuse serait, tout à l'inverse, le retour sur soi qui permet le déploiement vers les autres et en direction ou grâce à l'appui de la Transcendance et de ses hautes valeurs à atteindre, ses défis à relever. L'homme du XXIè, massifié dans "l'opinion souveraine", son idôle d'érain, excuse ses faiblesses et l'humanité trop humaine qui affecte sa perception tronquée, hypocrite, d'humanitaires-terroristes et son propre refus de l'ordre qui le protège, pour masquer sa propre médiocrité, son manque à penser et son abandon de soi dans le hurlement avec les loups (gris de Turquie).

(Gad). Un grand merci à Dominique, qui nous rejoint, pour sa traduction aussi précise que possible, de la pensée de l'auteur :   

 


Israël et la capitulation de l'Occident
par Shelby Steele

traduction de Dominique Kahtan

pour aschkel.info et lessakele

Titre original : 

Israel and the Surrender of the West

 

 

 


 
.
 
Une des histoires les plus vieilles du monde est en train de se répéter sous nos yeux: celle des Juifs, boucs-emissaires.
 
 
(Shelby Steele)
 
La voix la plus intéressante émergeant de toutes les retombées de  l'incident de la flottille de Gaza est bien celle de l' "opinion publique mondiale", bien connue pour  son ingérence et son ton moralisateur. Telle une caricature de maîtresse d'école, elle se dresse a chaque tournant, offensée, condamnant Israël, l'accusant d'avoir heurté une fois de plus la fibre morale du monde. Cette voix a pris du volume et a acquis une légitimité politique internationale, si bien que même la plus inepte des condamnations d'Israël lui donne une occasion de se féliciter.
 
Les groupes de Rock tels Elvis Costello, les Pixies, les Gorillaz et les Klaxons,  ayant annulé leur tournée d'été en Israël sont désormais entrés au Pantheon de la moralité. Un manifestant, lors d'une manifestation anti-israélienne à New York, brandissait une pancarte représentant le symbole de la tête de mort barrant le nom d'Israël. Helen Thomas,  correspondante à la Maison Blanche, qui a clamé bien haut que les Juifs devaient retourner d'où ils venaient,  en Pologne .. etc  représente  l'incarnation la plus ignoble de cette voix de l' opinion publique. Et bien entendu, les Nations-Unies et autres organisations internationales, toujours complaisantes, n'hésitent pas a ratifier toutes  les resolutions condamnant Israël. L'administration Obama, soit approuve, soit s'y oppose mais alors, avec un clin d'oeil accompagnateur.
 
Cette ségrégation d'Israël, plus ou moins totale, hors de la communauté des nations  est un fait nouveau. Les remarques  d'Helen Thomas toutes aussi abjectes et méprisables qu'elles soient ne sont-elles pas la preuve de cet effort final qui après avoir isolé Israël, veut maintenant lui retirer sa légitimité en tant que nation? Du déjà-vu a vous glacer le sang. Une des histoires les plus vieilles du monde est en train de se répéter sous nos yeux. Les Juifs redeviennent les boucs emissaires.
 
L'"opinion mondiale" oeuvre avec force pour identifier Israël à l'Afrique du Sud du temps de l'Apartheid ( de la ségrégation, précisément), un pays ignorant toute loi morale. Elle projette ainsi une image d'Israël en tout point comparable à celle de l'Afrique du Sud, pays "intouchable", du temps de l'Apartheid et de la suprematie blanche.

L'opinion mondiale semble avoir devié de l'optique du 20 eme siecle qui voyait dans le conflit israelo-palestinien une dispute territoriale compliquée et pénible pour ces deux peuples. De nos jours, le monde fait pencher la balance en faveur des Palestiniens en diabolisant un Israël plus puissant, plus "blanc" que ses voisins, un Israël devenu essentiellement  un pouvoir colonial occupant un peuple assiègé du tiers-monde.
 
C'est d'après ce modèle moral que certains milieux jugent désormais Israël, que ce soit au sens figuré ou au sens propre. Aucune importance accordée au fait qu'une grande partie du monde n'est pas dupe. Ce modèle est devenu le modèle par excellence, modèle des bonnes manières et du politiquement correct. Il est de bon ton de s'offusquer du blocus de Gaza par Israël  mais de mauvais goût de s'offusquer de l'attaque récente du Hamas d'une  école au seul prétexte qu'elle s'adressait aux  filles, ou des tirs de milliers de roquettes du Hamas aussi, prenant les villes israéliennes pour cibles. De mauvais goût aussi de critiquer l'armement et le financement de ce même Hamas par l'Iran. Le monde demande des investigations indépendantes à l'égard d'Israël, mais  ignore le Hamas.
 
Cet état de fait s'explique par le manque d'autorité morale dont le monde souffre depuis des décennies. Aujourd'hui, en Occident, nous faisons montre d'une certaine réticence à engager toute notre force militaire dans une guerre pour ne pas être taxés d'impérialisme; nous hésitons même à garantir nos frontières pour ne pas paraitre racistes. Ne voulant non plus paraitre xenophobes, nous faisons, également, preuve d'une  réticence certaine à demander l'assimilation des nouveaux immigrés. Nous souffrons de voir l'enseignement donner la primauté à la civilisation occidentale : foin de la suprématie! L'Occident, de nos jours, vit sur la défensive, et, pour assurer la légitimité de ses sociétés actuelles, doit constamment se dissocier des péchés de son passé, tels le racisme, l'exploitation économique, l'impérialisme, etc.
 
Lorsque les commandos israéliens ont abordé le dernier bateau de la flotille, ils ont ete accueillis a coups de barres de fer. En tuant neuf de leurs agresseurs, ils se sont immédiatement retrouvés dans un monde privé de l'autorité morale qui leur aurait accordé le bénéfice du doute. Selon toute apparence, il s'agissait d'une unité de combat de choc envoyée par une nation du "premier monde", à majorité blanche, prête a abattre des militants pour la paix afin d'appliquer le blocus de Gaza et de ses habitants de couleur et appauvris.
Quelle ironie que de voir les israéliens comparés à la Gestapo et ce aux yeux d'un monde occidental moralement compromis!
 
Cette comparaison ne correspond, bien sûr, nullement à  la réalité de l'Israël moderne. Israël ne cherche ni à occuper ni à opprimer et certainement pas à annihiler les Palestiniens afin d'instaurer une quelconque  suprématie atavique juive. Evoquer le passe honteux de l'Occident suffit à lui faire geler tout soutien a Israël.
 
Son manque d'assurance empêche l'Ouest de voir les Palestiniens tels qu'ils sont. Il vaut mieux les voir  tels qu'ils se présentent eux-mêmes, en peuple "occupé",  privé de sa  souverainete et de sa simple dignite humaine par un pays de colonisateurs occidentaux et blancs. L'Occident ne voulant pas être qualifié de raciste, ne s'oppose donc pas à cette caractérisation "neo-coloniale".
 
Notre problème d'Occidentaux se comprend et s'explique : nous ne voulons pas perdre plus de notre autorité morale. Nous choisissons donc de fermer les yeux et d'ignorer par exemple que ce ne sont pas des doléances légitimes qui poussent  les Palestiniens ainsi qu'une grande partie du Moyen-Orient au militantisme et à la guerre, mais bien un sentiment d'infériorité intériorisé. Que les Palestiniens se trouvent comblés en devenant une nation souveraine et indépendante avec une capacité nucleaire en sus, cela ne les empêchera pas de se réveiller le lendemain toujours hantés par ce sentiment d'infériorité. Que ce soit pour le meilleur ou pour le pire, l'homme s'évalue maintenant par sa modernité.
 
Et la haine est le moyen le plus rapide pour  masquer son infériorité. Le problème, "ce sont les autres et pas moi!". Victimisé, j'atteinds une grandeur morale et humaine. Peu importe l'intelligence et la modernité de mon ennemi, à moi l'innocence qui caractérise les victimes. Même pauvre, mes mains restent propres. Mon sous- développement et ma pauvreté témoignent de ma supériorité morale, alors que la richesse de mon ennemi est la preuve de son inhumanite.
 
En d'autres termes, ma haine remplace mon amour-propre. Ce qui expliquerait pourquoi Yasser Arafat a rejeté l'offre de Ehud Barak à "Camp David" en l'an 2000, alors que ce dernier offrait au premier plus de 90% des exigences  des Palestiniens. Accepter cette offre aurait signifié renoncer à la haine, à sa consolation et à sa signification profonde. Les Palestiniens et par extension, la plupart des Musulmans auraient été forcés de  se confronter à leur infériorité à l'égard de la modernité. Arafat savait fort bien que, sans la haine vis a vis des Juifs, le monde musulman perdrait la cohésion qui le définit. Il a donc dit non à la paix.
 
Que ce soit dans les banlieues de Paris et de Londres, à Kabul ou Karachi, dans le quartier du Queens à New York ou bien à Gaza, cette réticence du monde musulman, cette attirance pour les consolations qu'offre la haine, représentent l'un des plus graves problèmes du monde actuel. Si le monde musulman ne peut se définir par sa ferveur pour la haine, celle-ci est bien devenue sa drogue, son opium qui le console de sa concurrence avec l'Occident, un Occident qui, impuissant face à ce problème difficile à résoudre, ne trouve rien de mieux que de réprimander Israël en le prenant comme bouc-emissaire. Ainsi s'exprime notre propre vulnérabilité.
 
Mr.Shelby Steele est un " senior fellow" de l'Institut Hoover de l'Université de Stanford
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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 09:25

 

 

 

 

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AZERBAÏDJAN/ÉTATS-UNIS :

CHRONIQUE D’UN DIVORCE ANNONCÉ

Par le lieutenant-colonel (e.r) Renaud FRANCOIS

Chercheur associé à l’ESISC

Placée sous le haut patronage du secrétaire d'État américain à l'énergie, Samuel Bodman, la cérémonie d’inauguration de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan - BTC, le 25 mai 2005, en présence des chefs d’état azerbaïdjanais, géorgien, kazakh et turc consacrait la réussite des efforts politiques, économiques et financiers entrepris par les pays occidentaux, États-Unis en tête, et les grandes compagnies pétrolières, sous la houlette de BP1, pour prendre pied dans le riche et très prometteur bassin de la Mer Caspienne.

Les premières discussions autour de ce projet remontent au début des années 90. La première guerre d’Irak, l’Opération Tempête du Désert, à peine terminée, les pays occidentaux réalisent qu’ils ne pourront plus, désormais, compter uniquement sur les

ressources pétrolières d’un Proche-Orient beaucoup trop instable. Leurs regards se portent alors vers les nouveaux pays indépendants issus des anciennes républiques socialistes soviétiques, au rang desquelles, dans le Caucase du sud, l’Azerbaïdjan occupe une place stratégique et énergétique importante à la jonction de deux mondes, l’Eurasie et l’Asie centrale.

Le tracé de ce projet répond à une double volonté politique. Celle de l’Azerbaïdjan, soutenu par la Turquie, qui refuse de voir cet oléoduc transiter par un pays qui n'entretiendrait pas de cordiales relations avec lui. Et celle des États-Unis qui affichent clairement leur intention de court-circuiter une Russie - jugée trop instable et peu fiable - à qui les occidentaux font payer le prix d’une Guerre froide à peine éteinte et de tenir à l’écart un Iran dont le régime théocratique, déjà suspecté de visées nucléaires, fait l’objet de sanctions américaines.

Les promoteurs de ce projet aboutissent à un tracé, certes, plus long, 1776 km, et plus coûteux, 3,6 milliards de dollars, que tous les autres tracés envisagés, mais ils optent surtout pour une solution pragmatique qui leur permet d'éviter les nations instables du Proche- Orient, de « punir » l'Arménie pour son conflit avec l'Azerbaïdjan et sa participation à une alliance militaire, l'Organisation du Traité de sécurité collective, conduite par la Russie et de court-circuiter le territoire des républiques russes du Caucase du nord que les retombées du conflit tchétchène embrasent.

 

Lire la suite l'analyse ICI

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 16:28

 

 

ISRAEL AU MOYEN ORIENT

ETAT DES LIEUX - DEFIS ET ATOUTS

 

 

Par Albert Soued, écrivain et analyste- www.nuitdorient.com 

Conférence au Bnai Brith "Yovel Hamedina" - Maison de la Wizo – Tel Aviv – 26/05/10

 

Il y a encore un siècle, l'empire ottoman dominait le Moyen Orient. Après son effondrement en 1923, on a vu naître de nombreux états indépendants, ou sous mandat britannique ou sous protectorat français. Depuis la fin de la 2ème guerre mondiale, nous avons assisté à deux transformations majeures du panorama de la région:

- au-delà des nationalismes qui se sont cristallisés dans les nations nouvellement établies, voilà que les sociétés arabo-musulmanes, qui pratiquaient modérément leur Islam, s'islamisaient à outrance, progressivement ou brutalement, avec une radicalisation extrême de certaines franges. La notion coranique de "oumma" (nation-mère) renaissait profitant de la globalisation ambiante (1).

- la renaissance de la nation juive sur sa terre ancestrale, malgré les efforts constants de délégitimation des pays arabo-musulmans, d'une partie de l'Occident et des Juifs qui ne se reconnaissaient plus ou qui ne se sont jamais reconnus dans le sionisme.

 

A 62 ans, Israël est comme un grand père (sav=62) qui a engendré de nombreux enfants, petits enfants et arrière petits enfants, beaux et vigoureux, mais qui est toujours dénigré par ses voisins. Pour avoir une paix relative, ce grand père et sa famille se sont armés et clôturés.

La question qu'on pourrait se poser "Si Israël était entouré de pays arabes laïcs et démocratiques, la paix aurait-elle pour autant été assurée ?"- je ne le pense pas.

La Syrie de Hafez al Assad et l'Irak de Saddam Hussein étaient des états laïcs, ceci ne les a pas empêchés de s'attaquer à Israël. Le Liban dit démocratique et non religieux vient d'intégrer dans son gouvernement une milice islamiste et terroriste, violemment antisioniste. L'Irak shiite façonné par les Américains pour être démocratique et pluraliste n'a pas de relations avec Israël.

 

En fait, dans la tradition politique islamique ou arabe, seules comptent la force et l'hégémonie sur l'autre. Israël n'est respecté ou craint que s'il est fort et s'il manifeste sa force (2). Depuis un demi-siècle, nous avons assisté à de nombreuses velléités d'hégémonie et de puissance au Moyen Orient:

- l'Egypte de Nasser avec la République Arabe Unie et l'expédition au Yémen

- la Syrie des Assad avec le projet constant de Croissant fertile

- l'Irak de Saddam Hussein avec la guerre avec l'Iran et l'occupation du Koweit

- l'Arabie saoudite avec la clique wahabite qui utilise ses pétrodollars pour diffuser sa doctrine à travers le monde et qui a engendré al Qaeda

 

Aujourd'hui ces pays arabes sont supplantés par 2 pays non arabes:

- l'Iran shiite, avec son équipée nucléaire et balistique pour mettre à genoux le Moyen Orient et sans doute au-delà

- la Turquie sunnite qui en 8 ans de pouvoir du parti AKP d'Erdogan a transformé un pays laïc et semi-démocratique en une république islamique. L'historien Bernard Lewis lui donne encore moins de dix ans pour devenir un autre Iran.

 

Comment est-on arrivé là ? L'Islam, mon général !

L'Islam porte en lui les germes de l'extrémisme et de la violence, beaucoup plus que toute autre foi. Il suffit de regarder l'état du monde et l'origine de la majorité des conflits politiques dans le monde:

- de nombreuses sourates préconisent la puissance et la domination de l'autre qui n'est pas musulman

- contrairement à la tradition judéo-chrétienne où certaines interdictions sont absolues, dans le Coran les 3 commandements liés au meurtre, au vol et au faux témoignage ne sont pas "absolus", mais "relatifs", ce qui entraîne à coup sûr la violence (voir www.nuitdorient.com/n2312.htm )

 

Ainsi en 62 ans, l'Islam a réussi à écoeurer ou à tuer 80% des Chrétiens qui vivaient au Moyen Orient à la fin de la dernière guerre mondiale. (voir www.nuitdorient.com/n18.htm)

- en Egypte, les coptes formaient 20% de la population en 1950. Aujourd'hui, ils sont moins de 10%. Ils se sont exilés en Europe et aux Etats-Unis

- au Soudan, on a compté 2,5 millions de morts assassinés au Sud du pays

- au Liban, la majorité chrétienne est devenue une minorité divisée et sans voix

- en Irak, en Syrie et dans les territoires autonomes de Judée-Samarie comme à Gaza, les Chrétiens émigrent en masse vers l'Amérique Latine, au Chili et au Pérou.

 

L'Islam a réussi à chasser tous ses juifs des pays arabes qui sont devenus pratiquement

"judenrein" (voir www.nuitdorient.com/n15.htm). Mais il n'a pas réussi à les dissuader de faire renaître la nation d'Israël, et les Juifs d'Orient comme d'Occident sont revenus repeupler leur terre comme la colombe revient à son colombier après un long périple (voir http://symbole.chez.com/sion.htm )

Pourtant les Musulmans ont tout essayé pour les en empêcher:

- les pogroms de Palestine des années 20/30

- la collusion avec les nazis de leur chef religieux Haj Amin al Husseini qui cherchait à faciliter la "solution finale" au Moyen Orient, l'occupation de la Palestine et de l'Irak en 1942/43

- la collusion des Arabes avec les Anglais pour empêcher les Juifs de débarquer et de s'installer en Terre d'Israël, dans les années 30/40

- les nombreuses guerres offensives menées depuis 1948

- la nucléarisation de l'Iran et ses menaces constantes d'extermination

- et récemment la Turquie qui se faufile derrière l'Iran et qui menace la sécurité d'Israël

 

Malgré toutes ces menaces, Israël comptera en 2012, 6 millions de Juifs, multipliant par plus de 10 la population à son indépendance.

 

 

 

Etat des lieux

 

Israël au Moyen Orient semble aujourd'hui un îlot de démocratie et de progrès au milieu d'un océan de dictatures rétrogrades. Comment alors ne pas susciter les convoitises de ces peuples voisins qui ont longtemps vécu de razzia et de butin ?

En effet, Israël est une "success story" comme disent les anglo-saxons, sur les plans technologiques, économiques, financiers, sur le plan des start-up, de l'esprit d'entreprise, sur le plan des performances, du nombre de prix Nobel par habitant, des différents prix reçus dans tous les domaines notamment culturels. Sur le plan politique, le pays est stable et le niveau de sa dissuasion enviable.

 

En dehors de quelques îlots d'extrême richesse, je dirais de richesse ostentatoire, le Moyen Orient arabo-musulman est délabré dans sa globalité. Le refus de la modernité du nouvel Islam wahabite ou salafiste en est la principale cause. Un rapport récent de l'Onu confirme cette régression socio-économique. Il faut ajouter à cela le mépris de la femme qui s'oppose à son émancipation. Nous avons décrit cette situation dans de nombreux articles parus dans www.nuitdorient.com 

De plus les régimes en place n'ont d'autre but que de se perpétuer, sans aucune place pour une véritable expression populaire. Tous les pays du Moyen Orient sont dans un équilibre fragile, le pouvoir pouvant être renversé du jour au lendemain par la force ou par des urnes truquées ou non, au profit d'un régime islamiste encore plus violent et plus arbitraire.

 

Aujourd'hui l'opinion occidentale est manipulée par des médias et de nombreuses ONG largement financés par cet Islam rétrograde. Ceci explique en partie l'alignement aveugle "des nouvelles gauches" du monde avec des dictatures arabo-islamiques dont le Hamas à Gaza et l'OLP à Ramallah sont les exemples les plus flagrants. Cet alignement vociférant de l'Occident n'est-il pas le prélude à sa vassalisation?

 

LES DEFIS D'ISRAËL

 

Défis sociologiques

 

Démographie

La population juive croit chaque année d'environ 110 000 âmes, excédent des naissances sur les décès et de 25/30 000 personnes, excédent de l'aliyah (montées vers Israël) et des retours sur la yérida (départs d'Israël).

La différence du taux de croissance démographique qui est de 2,1% pour les Juifs et de 2,8% pour les Arabes sera comblée avant 10 ans, les taux respectifs se rejoignant vers les 2,3%, grâce à l'accroissement des populations juives traditionnelles, grâce à la prise de  conscience des populations juives laïques et agnostiques et surtout grâce à l'amélioration du niveau de vie de la population arabe, devenant alors moins prolifique.

 

Education et violence

La population des jeunes est violente et mal éduquée. La violence provient de l'usage de l'alcool et de drogues diverses et d'une situation familiale dissolue. Cette situation s'ajoute à un système éducatif primaire et secondaire peu performant. Les enseignants sont mal payés et les crédits de l'école publique sont en régression.

En 1960, 61% des élèves allaient à l'école publique. Aujourd'hui, il n'y en a plus qu'un tiers des élèves et demain en 2040, on prévoit seulement 14%!

Pour donner à leurs futurs adultes des atouts dans la vie courante, les écoles religieuses devraient inclure dans leur cursus, une langue étrangère, les mathématiques et les sciences. Les écoles publiques, quant à elles devraient intensifier l'enseignement de la culture générale, notamment biblique, l'esprit civique et l'éthique, car au-delà de l'efficacité pour passer des examens et obtenir des résultats, il faut former des citoyens.

 

Ecart de revenus

Avec la libération de l'économie qui était nécessaire, la croissance est venue au rendez-vous, mais elle ne tire pas tout le monde vers le haut, de la même manière. Les laissés pour compte sont passés en 20 ans de 10 000 à 140 000. La pauvreté se situe là où l'éducation est faible, là où le chômage volontaire ou non sévit, c'est-à-dire chez 2/3 des religieux orthodoxes et de 1/3 des Arabes qui ne travaillent pas. Or cette population représente 30% du total et a tendance à croître. Le gouvernement vient de mettre en place des moyens de la juguler (3).

 

Démocratie et liberté d'expression

Dans la 1ère moitié du 20ème siècle les idées humanistes et universalistes avaient un certain sens, face aux fascismes ambiants, issus souvent de la droite de l'échiquier politique, et parfois de sa gauche. Depuis la fin de la 2ème guerre mondiale et surtout depuis la fin de l'URSS, le monde a changé. On a assisté à la naissance de nombreuses nations et l'Onu en compte près de 200 ! Ces nations jeunes et neuves sont rarement démocratiques. Des régimes dictatoriaux, autoritaires ou anarchiques règnent partout en Afrique, en Asie, en Amérique latine, sous couvert de socialisme, de communisme ou de national-socialisme. Les anciennes élites intellectuelles d'Occident sont restées figées dans leurs dogmes d'antan, soutenant ces régimes soi-disant de libération nationale ou révolutionnaires. De fil en aiguille, elles en viennent à soutenir les états autoritaires et les mouvements terroristes ou fascistes du Moyen Orient, notamment le Hezbollah, le Hamas, le Fatah et tutti quanti….

En Israël, ces élites ne sont pas en reste. Issues des mouvements humanistes d'avant-guerre, elles ont participé aux guerres d'indépendance et à la construction du pays. Mais elles n'ont pas évolué sur le plan mental. Elles sont en perte de vitesse du fait de l'évolution rapide de la structure démographique de la société. Dans une génération elles vont disparaître. "Alors après moi le déluge" se disent-elles! Ainsi elles participent au sabotage de leur propre patrie, se permettent tout, cherchant à contrecarrer le destin par la force et par des pressions venant de pays étrangers. C'est le sens du NIF, fonds pour l'établissement d'"un nouvel Israël", à l'image du passé. Alors ces élites menacées enseignent la haine du Juif dans leur propre université. Elles trahissent l'Université qui les paie, hurlant avec les ennemis de leur pays, les incitant au boycott, à désinvestir et à prendre contre lui des sanctions internationales (4).

La liberté d'expression dans une démocratie c'est aussi le respect des institutions, le respect du scrutin populaire, c'est aussi le respect de l'autre tout simplement.

Israël est un pays jeune malgré ses 62 ans. Il devrait trouver des moyens légaux et financiers pour limiter les énormes dégâts causés par ces hurluberlus attardés, ces utopistes d'un autre temps, prêts à vendre leur propre université et leur propre pays, parce qu'ils ne s'y sentent plus à l'aise. Ce pays devrait aussi pouvoir empêcher les élites arabes élues de divaguer publiquement, appelant leurs concitoyens au boycott de leur pays, se transformant en hérauts du jihad ou d'un califat mondial, voire même en dangereux espions.

La liberté d'expression trouve ses propres limites dans une véritable démocratie. Aujourd'hui Israël est assez mûr pour trouver la voie moyenne dans la tolérance.

 

Défis environnementaux

 

Israël est un petit territoire se situant au croisement de 3 continents, de structure géologique particulière, puisqu'on vit aussi bien à 1000 m qu'à - 500m, avec de grandes variétés climatiques, allant des vents de poussière à 45° aux tempêtes de neige.

Aujourd'hui l'eau commence à manquer.

 

Le déficit en eau est évalué à 1 milliard de m3. Les sources habituelles, le lac Kinneret et les nappes phréatiques, commencent à s'épuiser. Le lac a perdu 5,2m en 6 ans et n'est plus qu'à 40 cm de son niveau d'alerte rouge. Comment réduire le déficit ?

Pendant longtemps le pays a caressé le projet d'importer de Turquie de l'eau en bateaux-citernes. Mais un malentendu sur le prix de l'eau rendue n'a pas permis la réalisation de ce projet, qui était par ailleurs condamné du fait de l'évolution désastreuse des relations entre les deux pays. Israël espérait qu'un miracle climatique se produirait, mais celui-ci n'a pas eu lieu.

Alors des solutions plus coûteuses, mais volontaires et autonomes, ont enfin vu le jour. Une centrale de désalinisation de 150Mm3 vient d'être inaugurée à Hadéra (5). Une autre le sera en 2013 à Ashqelon. D'autres doivent suivre.

Divers moyens sont mis en œuvre pour réduire le déficit:

- traitement des eaux résiduaires pour l'agriculture et l'industrie

- recueil des eaux d'écoulement de pluie dans des bassins imperméabilisés ou, au niveau individuel, dans des citernes pour des usages domestiques

- économies domestiques par des campagnes de sensibilisation pour une meilleure plomberie et par l'addition de gadgets économisant l'eau, étanchéisation des conduits

- …

 

Un autre défi est le niveau de la mer Morte qui perd 1m/an provoquant une modification du paysage écologique (énormes crevasses dangereuses) et mettant en péril les industries chimiques qui en vivent. L'eau douce du Jourdain n'arrive plus à la mer Morte puisqu'elle est puisée pour les besoins aussi bien d'Israël que de la Jordanie qui reçoit 50 Mm3/an. La pluie ne parvient pas à compenser l'évaporation de la mer.

Le projet de canal mer Rouge/mer Morte qui nécessite une coopération avec la Jordanie et d'énormes investissements semble lointain, d'autant plus que les apports d'eau sont salins et non doux, ce qui peut changer la structure aqueuse de la mer Morte, l'écologie et les ressources en sels de l'industrie en place.

 

Les défis sécuritaires

 

En milieu hostile, on n'achète pas la paix. La paix est alors obtenue par la dissuasion. En demandant sans cesse "la paix maintenant", c'est comme si on était prêt à l'obtenir à tout prix, c'est à dire jamais.

Israël doit être prêt pour 4 types de guerre militaire, ce qui est unique dans l'histoire du monde à ce jour:

- guerre conventionnelle (les diverses guerres avec les pays arabes voisins jusqu'à la sortie du Liban Sud en 1995)

- guerre non conventionnelle, avec des missiles porteurs ou non d'armes de destruction massive (depuis l'an 2000, roquettes et katiouchas….)

- guerrilla (cf depuis 1973 commandos suicide, bombes humaines, attaques improvisées – Hezbollah au Liban- Hamas à Gaza)

- conflit urbain ou émeute urbaine (cf Djénine)

 

Pour chacun de ces types de guerre, Israël a trouvé la parade technique (barrière de sécurité, blocage des côtes, bouclier anti-missile, sous-marin nucléaire…), ou humaine (renseignement, entraînement, commandos…).

Or depuis les accords d'Oslo, l'ennemi a trouvé d'autres moyens de destruction, en dehors des attentats-suicide, les ONG occidentales, les médias, les cours de Justice, et les arènes internationales de l'Onu: plaintes en justice, votes-sanction par des majorités automatiques, désinformation….(6)

 

Défis de l'information (hasbara)

 

Israël n'a jamais été très fort en matière d'information interne comme externe, encore moins pour se faire de la publicité. Car qui dit "publicité" dit "propagande", et qui dit "propagande" dit une bonne part d'exagération, voire de mensonges. Alors que la désinformation bat son plein au Moyen Orient, c'est-à-dire la propagande organisée et systématique, comment voulez-vous qu'un petit pays, voulant simplement s'exprimer pour survivre, puisse s'en sortir ? Tache immense et incertaine.

Un moment le gouvernement avait envisagé de créer une chaîne de télévision internationale pour neutraliser les chaînes arabes et terroristes, al Arabiya et al Jazira. Les émissions en ondes courtes sont limitées à peu de langues dont le persan. Les émissions en persan sont très appréciées par l'opposition iranienne.

 

Il faudrait faire aussi le ménage à la télévision israélienne, car sous prétexte de tolérance, on accepte des insanités contre le pays, dans les émissions en arabe, ce qui serait interdit dans n'importe quel autre pays. En fait les pouvoirs publics semblent désemparés dans cette guerre des ondes et de l'internet. Ils semblent néanmoins avoir opté pour l'information moléculaire, la moins coûteuse.

Tous les citoyens israéliens qui partent à l'étranger en mission d'affaires, de diplomatie, de culture, de science ou d'éducation doivent recevoir une formation spécifique pour discuter et débattre. Ce programme s'appelle "Debate" et 200 séances de 14 heures ont déjà commencé à former ces ambassadeurs à l'étranger. Pour les autres Israéliens sans mission autre que le tourisme, des livrets individuels sont distribués aux points de sortie.

La diaspora est invitée à créer des sites, des documents et des vidéos pour neutraliser la désinformation ennemie, mais aussi celle qui émane de Juifs ou d'Israéliens coopérant avec l'ennemi.

 

ATOUTS

 

Dans ce maelstrom moyen oriental, Israël doit à la fois garder sa spécificité et s'intégrer, encore faut-il que ses voisins l'accueillent pour cela. Ces voisins sont à la fois jaloux des atouts d'Israël et craintifs vis-à-vis de ceux-ci, craignant ne pas pouvoir les égaler. La situation devrait pouvoir évoluer favorablement si les forces du mal, c'est-à-dire celles de l'extrémisme, sont jugulées et empêchées de triompher.

 

Je note pèle mêle les atouts suivants:

- Peuple ancien et nation jeune: les atouts d'un peuple ancien sont l'histoire et la culture qui peuvent le guider dans sa progression. La nation est jeune et dynamique, pleine d'espoir, sans trop d'illusions.

- Pour un petit pays, 3 universités mondialement reconnues comme performantes: Université Hébraïque de Jérusalem, ben Gourion du Négev, Technion de Haifa

- Economie et finances performantes grâce à la sagesse du gouverneur de la banque d'Israël, M Fisher, et celle du 1er ministre B Netanyahou. Taux de croissance prévu en 2010: 3,5/3,7%- Taux de chômage: 7/7,3% - Taux d'inflation: 2,7/2,9%.

Accession à l'OCDE à l'unanimité des 31 pays. Premier pays au monde sur 58 sur le plan de la résilience économique (résistance à la crise) et 17ème sur le plan de la compétitivité. Réserves financières confortables permettant de faire des prêts à d'autres pays.

- High Tech: taux le plus élevé de sociétés étrangères cotées au Nasdaq (bourse de New York), proportionnellement à ses dimensions. De même pour les brevets déposés. Forte inventivité et fort esprit d'entreprise. Fortes avancées dans l'agriculture, la médecine, la protection médicale, l'armement, les énergies alternatives…

Une "Silicon Valley" entre Tel Aviv et Haifa. Premier pays au monde à relever le défi de la généralisation de la charge de voitures électriques sur tout le territoire, par des bornes ou par échange standard de batterie en 2 minutes.

- Culture surabondante mais parfois délirante: musées, théâtres, films primés, musique

- Tourisme soutenu tout au long de l'année et pas seulement biblique.

- Liens étroits avec la Diaspora

 

Les arrière petits enfants de ce grand père de 62 ans devraient aujourd'hui être fiers des accomplissements des anciennes générations et ils doivent œuvrer de plus belle pour défendre ce magnifique colombier qui a été remis en état de fonctionner.

 

 

 

 

Notes

(1) Pour neutraliser cette évolution, sous l'impulsion de GWBush, on assisté à de timides manifestations de la démocratie en Irak après 2003, et dans certains émirats du Golfe.

(2) Un 1er ministre israélien ne semblait pas avoir assimilé ces notions quand il annonçait publiquement "Nous sommes fatigués de la guerre !" Il a été amené de ce fait à mener 2 guerres…

(3) Formation des femmes et création de crèches, formation offerte des hommes en ingénierie, formation complémentaire offerte pour accéder à l'université, incitations financières des employeurs pour embaucher des orthodoxes, subventions pour la création d'entreprises, zones industrielles dans l'environnement orthodoxe, amélioration des services Maftéah' (centre de développement de l'emploi des H'arédim), encouragement pour le service militaire et le service civique….

(4) Mark Tannenbaum, membre du Conseil d'administration de l'Université de Tel Aviv a dû récemment démissionné, car le président de l'université refusait des sanctions contre deux professeurs de l'université qui menaient en Europe une campagne de boycott de leur propre université, Anat Matar et Rachel Giora. Un exemple parmi des dizaines de cas…

(5) Utilisant le procédé fort connu de l'osmose inverse.

(6) L'administration Obama semble vouloir enlever à Israël quelques uns de ses moyens de dissuasion. En effet l'extension des implantations en Judée et Samarie peut être considérée en effet comme un moyen de dissuasion des Palestiniens de prolonger les hostilités. Or le président Obama a exigé l'arrêt de ces extensions aussi bien Judée et Samarie qu'à Jérusalem. De même son administration vient de voter favorablement une réunion en 2012 de la Commission de l'Onu de non prolifération nucléaire pour obliger Israël à dévoiler son arsenal. Or l'ambiguïté du nucléaire d'Israël est un atout de sa dissuasion. Enfin récemment le vote défavorable du Conseil de Sécurité, concernant le blocus de Gaza, où pour la 1ère fois les Etats-Unis n'ont pas utilisé leur veto, est un flagrant révélateur des tentatives répétées du président Obama d'affaiblir l'état hébreu.

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 18:42

 

www.michelgurfinkiel.com


Turquie-Israël/ De l’alliance à la confrontation

 

En se radicalisant contre Israël, le gouvernement Erdogan

croit rassembler l’opinion publique autour de lui.

Mais c’est peut-être une erreur de calcul.

 

PAR MICHEL GURFINKIEL.

 

 

« Comment une alliance de soixante ans a-t-elle pu si mal tourner ? Que s’est-il passé pour que la Turquie et Israël soient désormais des ennemis, pratiquement en état de guerre ? » 

 

C’est la question que pose, le 2 juin, Hikmet Bila, un éditorialiste du journal nationaliste turc Vatan. Après quelques phrases de rigueur sur le « terrorisme d’Etat » israélien (l’arraisonnement au large de Gaza, deux jours plus tôt, d’une flotille « humanitaire » battant pavillon turc), il souligne la responsabilité du gouvernement d’Ankara : « Nous donnons désormais l’impression d’avoir abandonné notre approche pro-occidentale en politique étrangère, et de passer rapidement d’une politique équilibrée à un alignement sur l’axe Iran-Hamas. » Et de conclure : « Cette attitude suscite l’enthousiasme sur le plan intérieur. Mais à terme, elle peut se révéler désastreuse. »

 

La Turquie moderne a quatre-vingt-dix ans. Son fondateur, Mustafa Kemal (qui devait prendre par la suite le nom de Kemal Atatürk), avait réussi à préserver au début des années 1920, dans les décombres de l’Empire ottoman, un Etat-nation réduit à l’Anatolie et à la Thrace orientale, mais relativement homogène sur le plan ethnique et religieux. Il lui avait imposé une constitution républicaine, un régime laïque, un mode de vie européen et un alphabet latin. En politique étrangère, il avait fixé cinq règles absolues : ne tenir compte que de l’intérêt national de la nouvelle Turquie ; renoncer à toute nostalgie impériale ; tourner le dos à l’Orient ; s’intégrer à l’Occident ; ne pas se laisser entraîner dans des conflits régionaux ou mondiaux.

 

Kemal Atatürk est mort en 1938. Sa politique étrangère – que résumait le slogan « Paix à l’intérieur, paix à l’extérieur » - a été poursuivie tout au long du XXe siècle. Un exécuteur testamentaire zélé y a veillé : l’armée, véritable maîtresse du pays au-delà de divers gouvernements civils. La Turquie est restée neutre, en dépit de quelques tentations pro-allemandes, pendant la Seconde Guerre mondiale. Après 1945, elle a renforcé son ancrage occidental en adhérant à l’Otan et au Conseil de l’Europe, et en faisant acte de candidature à l’Union européenne. En Méditerranée orientale et au Moyen-Orient, elle s’en est tenue à l’ « égoïsme national » le plus strict : si elle n’a pas hésité à envahir Chypre en 1974 ou à faire des incursions en Irak, dans les années 1980 et 1990, pour y protéger des minorités turcophones, elle s’est gardée de prendre parti dans les querelles israélo-arables, et a même noué une véritable alliance avec Israël à partir des années 1980.

 

Le fait est que les deux pays semblent alors parfaitement complémentaires. Les Israéliens apportent aux Turcs leur technologie, leurs réseaux économiques : une coopération facilitée, à part de 1997, par un accord bilatéral de libre-échange. Les lobbies pro-israéliens, en Amérique et en Europe, font souvent fonction de lobbies pro-turcs,  ce qui permet à Ankara de neutraliser l’influence des diasporas grecque et arménienne. De leur côté, les Turcs apportent aux Israéliens l’espace qui leur fait cruellement défaut : l’aviation israélienne s’entraîne au-dessus de l’Anatolie orientale. A ce « gagnant-gagnant » s’ajoutent des affinités idéologiques : l’Establishment turc voit dans le sionisme une version juive du kémalisme, et les Israéliens invoquent le « modèle turc » - un islam modernisé – quand ils imaginent l’avenir du Moyen-Orient.

 

Mais le kémalisme s’effondre. Sous le poids de sa propre réussite. Le pays comptait 14 millions d’habitants en 1923, lors de l’instauration de la République. Il en compte 70 millions à la fin du XXe siècle. Cette croissance touche, dans un premier temps, les régions rurales d’Anatolie, où la laïcité est restée lettre morte. Mais à partir de 1970, les paysans et les fils de paysans gagnent les villes, qui se transforment en mégalopoles : près de 20 millions d’habitants à Istanbul, plus de 5 à Ankara, plus d’un million dans les grandes villes de province.

 

A la campagne, les paysans votaient docilement pour les partis de l’Establishment, la gauche kémaliste ou une droite à la fois plus libérale et plus religieuse. A la ville, déracinés, ils sont attirés par des partis extrémistes néo-islamiques : les ultra-nationalistes d’Alparslan Türkes, et les nationaux-islamistes de Necmetin Erbakan. Les premiers prônent une fusion du kémalisme et de la tradition ottomane ; les seconds, un « néo-ottomanisme » impliquant, en fait une contre-révolution antikémaliste.

 

En 1987, les extrémistes, tous courants confondus, obtiennent 10,1 % des voix. Mais ils passent à 16,9 % en 1991, 29,9 % en 1995, 34,9 % en 1999, 54 % en 2002 et enfin 66,2 % en 2007. Et parmi eux, les islamistes sont nettement en tête : de 7,2 % en 1987 à 36,8 % en 2002, puis 48,9 % en 2007. Dès 1993, toutes les grande villes turques ont des maires islamistes. En 1996, à l’issue de querelles interminables qui discréditent la droite classique, le président conservateur Süleyman Demirel fait appel à Erbakan pour diriger un gouvernement de coalition réunissant les islamistes et une partie des conservateurs.

 

Les militaires tentent d’enrayer cette évolution. Ils contraignent Erbakan à la démission au bout d’un an à peine, le traînent en justice pour atteintes diverses à la constitution et dissolvent son parti. D’autres dirigeants islamistes seront emprisonnés puis déchus temporairement de leurs droits civiques. Notamment Recep Tayip Erdogan, le maire, fort populaire, d’Istanbul. Israël est l’un des enjeux de ce « coup d’Etat à froid ». Pour les militaires, l’alliance avec Jérusalem a fini par symboliser, plus que toute autre chose,  l’« intérêt national ». Pour les islamistes, au contraire,  c’est l’exemple même d’une « trahison de l’islam ». Les tensions entre Erbakan et les militaires s’aggravent, en 1996, quand le premier ministre refuse de ratifier un accord de coopération avec Jérusalem. Elles tournent à la crise, en 1997, quand il cherche à suspendre des manœuvres navales conjointes.

 

Dès 2002, la formation islamiste, qu’Erdogan a reconstituée sous le nom de parti de la Justice et du Développement (AKP), revient au pouvoir. La leçon de 1997 a été entendue : afin d’éviter une nouvelle intervention militaire, le nouveau gouvernement affiche un programme particulièrement modéré, plus « musulman-démocrate » que fondamentaliste. En politique étrangère, le maître d’œuvre de cette opération de séduction – ou de dissimulation, conformément à la pratique traditionnelle de la takiah - est un universitaire jusque là peu connu, Ahmet Davutoglu, qui a longtemps enseigné en Malaisie. Un physique assez terne, une propension au dogmatisme : il évoque d’abord, aux yeux d’un observateur français, le « pauvre Bitos » de la pièce de Jean Anouilh. Mais il sait manier l’amphigouri. Il ne remet pas en question la vocation européenne et occidentale de la Turquie, mais entend la « compléter »  par une plus grande « profondeur stratégique » : un rapprochement avec « tous les pays voisins » , des « ennemis héréditaires » grec et arménien aux pays arabes, de la Russie à l’Iran. De même, il ne rejette pas l’alliance avec Israël, mais prétend la « renforcer » par des « liens privilégiés » avec les Palestiniens. En menant ainsi deux stratégies à la fois, l’une pro-occidentale et l’autre anti-occidentale, Davutoglu légitime peu à peu la seconde aux dépens de la première. Et prépare, pour le moment opportun, l’abandon de la première au profit de la seconde.

 

En apparence, les relations turco-américaines et turco-européennes restent étroites sous Erdogan. Tout comme les relations turco-israéliennes. Entre 2002 et 2009, la plupart des grands groupes israéliens renforcent leur présence en Turquie. Les contrats bilatéraux atteignent un montant de 2,5 milliards de dollars. Tsahal poursuit la modernisation des forces armées turques.

 

Mais les signaux négatifs se multiplient. La Turquie refuse de soutenir les Etats-Unis dans la guerre d’Irak, en 2003, et exige bientôt le rappel d’un  ambassadeur américain d’origine juive. Elle renforce son rôle à l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) à partir de 2004, noue des liens étroits avec la Syrie et l’Iran. Si elle propose ses bons offices entre Israël d’une part, la Syrie ou l’Autorité palestinienne d’autre part, c’est en s’alignant de plus en plus souvent sur la position arabe : notamment après la guerre en Israël et le Hezbollah libanais, à l’été 2006.

 

Parallèlement, des campagnes d’opinion anti-occidentales, anti-israéliennes et antisémites se multiplient, tolérées sinon inspirées par le gouvernement. En 2005, Kavgam, la traduction turque de Mein Kampf, fait l’objet de rééditions à grand tirage. A partir de 2006, un feuilleton de politique-fiction, Kurtlar Vadisi (La Vallée des Loups), passe en boucle à la télévision : il présente l’intervention américaine en Irak comme la première étape d’une agression occidentale contre la Turquie, et les personnages juifs y jouent des rôles particulièrement odieux.

 

Ce conditionnement porte ses fruits. Selon un sondage PEW réalisé en 2006, 12 % seulement des Turcs ont une opinion favorable de l’Amérique, contre 52 % en 2000, et 5 % seulement une bonne opinion d’Israël ; mais 53 % d’entre eux ont une opinion favorable de l’Iran, et 63 % des Palestiniens. Un autre sondage PEW, en 2008, révèle que 76 % des Turcs ont une mauvaise opinion des juifs en général, contre 49 % en 2004. Et 74 % une mauvaise opinion des chrétiens en général, contre 52 % en 2004.

 

En 2007, de nouvelles élections donnent la majorité absolue au parti islamiste. Pour l’AKP, c’est le moment de vérité. Va-t-il avoir le triomphe modeste, comme le souhaite son aile modérée – d’anciens conservateurs pro-occidentaux ralliés après 2002 – ou au contraire jeter le masque et lancer enfin une révolution nationale-islamique, comme le désirent les anciens partisans d’Erbakan ? La tentation est trop forte : Erdogan choisit la révolution. Raidissement intérieur, qui passe par une purge de l’armée – celle-ci ne pouvant guère invoquer la légitimité républicaine face à un gouvernement disposant d’une telle assise électorale - et une délaïcisation de la constitution. Raidissement extérieur : Davutoglu, nommé ministre des Affaires étrangères, ne cherche plus à pratiquer une politique d’équilibre entre l’Occident et l’Orient, mais bien à s’insérer dans une grande coalition anti-occidentale, avec l’Iran, la Russie, le Venezuela, le Brésil. Sur Israël, le retournement est abrupt et total. En 2009, au sommet de Davos, Erdogan injurie publiquement le président israélien Shimon Peres, allant jusqu’à refuser d’employer quand il s’adresse à lui – en turc – les formules de politesse traditionnelles. La coopération militaire bilatérale est bloquée. La Fondation pour l’assistance humanitaire (IHH), une ONG islamiste proche de l’AKP – et de divers réseaux terroristes, comme le rappelle, en France, le juge Jean-Louis Bruguière - organise enfin la provocation de la « flotille de la paix ».

 

Mais l’opinion turque hésite. Les conservateurs modérés commencent à refluer vers le parti républicain du peupe (CHP), la principale formation kémaliste, qui obtient depuis le début de l’année presque autant d’intentions de vote que les islamistes : un succès du à l’élection d’un nouveau leader, Kemal Kiliçdaroglu, « M. Propre » charismatique qui, en dénonçant divers scandales politico-financiers, vient de contraindre deux vice-présidents de l’AKP à la démission . En outre, la troisième formation turque, le parti d’action nationaliste (MHP) des disciples de Turkes, pourrait être tentée de s’allier aux kémalistes. En fait, certains analystes vont jusqu’à supposer que c’est ce déclin qui a poussé Erdogan à patronner l’équipée de l’IHH. Burak Bekdil, dans le journal kémaliste Hürriyet, accuse ironiquement le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’être un « crypto-mollah » : chacune de ses « agressions » contre la Turquie permet à Erdogan de remonter dans les sondages…

 

Le CHP et le MHP cèdent aujourd’hui à la même rhétorique anti-israélienne et antisémite que l’AKP. Mais ils gardent, à la différence des islamistes, la notion d’un « intérêt national » légitime, aussi bien pour la Turquie que pour les autres pays, y compris Israël. Yusuf Kanli, un éditorialiste de Hürriyet, écrit le 31 août : « Personne ne peut remettre en question les préoccupations de sécurité légitimes d’Israël. L’Etat juif est une réalité dans la région. C’est son droit légitime de s’attendre et au besoin d’exiger qu’on respecte sa souveraineté et son intégrité territoriale. Et comme pour tous les autres Etats, c’est son devoir de prendre des ‘mesures adéquates’ pour protéger la sécurité de ses citoyens. Le droit d’Israël de réagir à toute agression, et de défendre son peuple, son territoire et son Etat, ne sont pas négociables. »

 

Le même 31 août, quelques heures après le drame du Mavi Marmara, un commando du mouvement nationaliste kurde PKK a attaqué une base navale turque à Iskenderun, à proximité de frontière syrienne. La presse islamiste a bien sûr évoqué une éventuelle « coordination » entre les deux « agressions ». Mais la presse kémaliste a noté, de son côté, que cet attentat pourrait démontrer l’inanité de la politique de rapprochement avec Damas poursuivie par Erdogan et Davutoglu. 

 

© Michel Gurfinkiel, 2010

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 15:15

 

 

 

Reportage : Israël sur le point de stationner près des côtes iraniennes des sous-marins dotés de missiles nucléaires.

ECOUTER ICI-copie-1

Report: Israel to station nuclear missile subs off Iran

Selon le Sunday Times, l’Etat Juif projette de déployer trois sous-marins équipés de missiles nucléaires de croisière dans le Golfe Persique. Selon le reportage, la décision a été prise d’assurer une présence permanente d’au moins l’un des submersibles.

 

 

Ynet

Publié le : 30.

05.10, 12:11 / Israel News

Adaptation : Marc Brzustowski

pour : http://lessakele.over-blog.fr et www.aschkel.info

 


http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3896024,00.html

 

 

Israël projette de déployer trois sous-marins équipés de missiles nucléaires de croisière dans le Golfe Persique, près des côtes iraniennes, selon un article dominical du Sunday Times. Le reportage ne précise pas quand les sous-marins seront stationnés dans cette zone.

 

 

Selon l’article du journal londonien, les 3 sous-marins –le Dolphin, le Tekuma et le Leviathan- ont déjà exploré le Golfe auparavant, mais la décision a désormais été prise d’assurer une présence permanente d’au moins l’un des trois vaisseaux.

 

 

 

 Un journal israélien cite le commandant de la flotte, seulement identifié sous le pseudonyme de “Colonel O.”, disant : « Nous constitutons une force d’attaque sous-marine. Nous opérons en profondeur et loin de nos côtes. »

 

Selon cet article, chacun des submersibles dispose d’un équipage de 35 à 50 marins, commandé par un colonel habilité à lancer un missile nucléaire de croisière.

 

 

Le Times explique que les vaisseaux peuvent demeurer au large durant environ 50 jours et rester immergés à plus de 2000 m sous la surface de l’eau, durant plus d'une semaine. Selon le Times, certains des missiles Cruise sont équipés des têtes nucléaires les plus avancées de l’arsenal israélien.

 

 

On y cite une officier marine affirmant que “les missiles Cruise des sous-marins ont une portée de 1500 km et peuvent atteindre n’importe quelle cible en Iran.

 

On doit également remarquer que la présence, au même moment, des trois submersibles dans le Golfe Persique n’est pas absolument nécessaire pour attaquer l’Iran, et que de tels missiles peuvent également être tirés d’une distance bien plus éloignée, sans besoin de prépositionner tous les sous-marins dans la même zone de tir.

 

Les trois sous-marins ont été construits en Allemagne pour la marine israélienne et ont été conçus pour effectuer une grande variété de missions : dont celles de se lancer à la poursuite de navires pour les arraisonner ou les couler à l’aide de missiles Torpedo et de missiles Harpoon, qui détectent leurs cibles au-delà de l’horizon.  

 

 

En supplément, ces sous-marins peuvent rejoindre secrètement des rivages lointains pour réaliser des objectifs de partage de renseignement, diriger une force aérienne vers des cibles localisées près des côtes et pour débarquer des équipages des forces spéciales et de combattants amphibies.

 

 

 

 

 

Missile Harpoon lancé depuis un navire de guerre.

 

Les sous-marins de type Dolphin fonctionnent à l’électricité et au diesel, mais, selon des rapports étrangers, ils disposent de capacités opérationnelles et offensives qui n’équipent, jusqu’à présent, que les sous-marins atomiques des grandes puissances comme les Etats-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne et la France.

 

Tâchant apparemment de répliquer à cette activité israélienne, on cite qu’un amiral iranien a déclaré : «  Quiconque voudrait commettre un acte mal intentionné dans le Golfe Persique recevra de notre part une réponse sans commune mesure ». 

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 08:51

 

 

 

Reportage : la Syrie arme le Hezbollah depuis des bases secrètes

 

 

la syrie arme le 'hezbollahECOUTEURS AUDIO >>> Aschkel, en audio.

Report: Syria arming Hezbollah from secret bases

Ynet

Adaptation : Marc Brzustowski,

Pour http://lessakele.over-blog.fr et www.aschkel.info

 

http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3895419,00.html

 

Le Times britannique fait état de l’existence d’images satellite qui révèlent que l’organisation chi’ite est « autorisée à opérer librement » depuis des bastions secrets de la ville syrienne d’Adra, à partir de laquelle des missiles sont transférés au Liban. Des sources du renseignement pensent que ce trafic incessant accroît les risques de frappes israéliennes.

 

Ynet

Publié le: 

05.28.10, 09:01 / Israel News

 

 

Les chances augmentent qu’Israël se sente contraint d’envoyer un « message calibré » au Hezbollah et à la Syrie en déclenchant une frappe ciblée contre un convoi d’armements, selon le Times britannique. Ce vendredi, le journal britannique mentionne des informations sur un projet israélien visant à bombarder un convoi d’armes au moment où il franchissait la frontière du Liban. On raconte que la frappe israélienne aurait été suspendue au tout dernier moment.

 

Le reportage de ce vendredi couvre l’étendue des tensions dans la région, et fait état d’images satellite décrivant des entrepôts secrets d’armes en Syrie, dans lesquels des missiles sol-sol destinés au Hezbollah sont entreposés.

Selon ce reportage, on a montré au Times des images de l’un de ces sites, localisé dans un complexe militaire près de la ville d’Adra, au nord-est de Damas. Ce site comprend notamment des quartiers résidentiels où sont installés les combattants du Hezbollah, des entrepôts d’armes et une flotte de camions utilisés pour le transfert d’armements. On pense que l’installation n’est que l’une de celles utilisées pour la livraison d’armes.

 

 

 

Selon une source sécuritaire : “Le Hezbollah est autorisé à opérer librement  sur ce site ». « La plupart du temps, ils font transiter les armes par mauvais temps, quand les satellites israéliens sont incapables de les suivre à la trace ». Les armes en question sont soit d’origine syrienne, ou sont fournies par l’Iran par mer ou par air.

 

 

On a récemment rapporté que la Syrie avait transféré des missiles Scud à l’organisation chi’te. Le reportage du Times mentionne des allégations selon lesquelles seulement deux missiles de ce type auraient, en fait, été délivrés. Les sources de renseignement américain et israélien pensent qu’ils ont été dissimulés dans des bunkers souterrains de la vallée de la Bekaa.

 

A la lumière d’une surveillance aussi étroite, une des sources explique que le Hezbollah devrait envisager de renvoyer les missiles à leur expéditeur.

 

Plus tôt ce mois-ci, Yossi Baidatz, chef du Département de la Recherche du Renseignement Militaire israélien, démontrait que le transfert d’armes au Hezbollah n’était que le "partie visible de l’iceberg » ; et le Times, lui-même, établissait que les missiles M-600 en possession du Hezbollah lui conféraient une précision sans précédent qui menace les installations stratégiques à l’intérieur d’Israël.

 

Selon un diplomate syrien : nos bases ne sont l’affaire de personne

 

La suspension de cette frappe israélienne sur l’un des convois d’armement, selon ce que l’on sait, a été décidée durant la période de la visite à Damas du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, aux côtés du Président Mahmoud Ahmadinedjad. Depuis, Israël s’est reporté sur les efforts de la diplomatie américaine afin qu’il soit mis fin aux livraisons.

Mais, selon des sources du renseignement occidental, l’échec de ces efforts accroissent sérieusement les chances d’une attaque ciblée israélienne contre des entrepôts d’armes ou dans le cadre d’une de ces livraisons.

John Kerry, à la tête du Comité pour les relations extérieures du Sénat américain, s’est rendu en visite  plusieurs fois de suite à Damas, durant les derniers mois. Il aurait pressé le Président syrien Bachar al Assad d’arrêter le flux d’armements vers le Liban.

 

 

 Assad a nié ces allégations, et des responsables occidentaux ont fait savoir en privé que le Président syrien « mentait effrontément » au sujet des transferts d’armes au Hezbollah.

Les Syriens insistent sur le fait que ces bases sont l’usage exclusif de l’armée syrienne. Jihad Makdissi, le porte-parole de l’Ambassade syrienne à Londres a déclaré : « la Syrie et Israël resteront en état de guerre aussi longtemps qu’Israël refusera d’appliquer les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU et de mettre un terme à l’occupation des terres arabes ; par conséquent, pour autant que ces dépôts d’armes existent vraiment, ils seront à l’usage exclusif de l’armée syrienne afin de défendre le territoire syrien et ne sont définitivement l’affaire de personne d’autre !».

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 11:32

 

 

 

Les opérations spéciales de reconnaissance U.S sont un avertissement à l’Iran

 

 

 

reconaissance USECOUTER ICI

 

Par Marc Brzustowski

pour http://lessakele.over-blog.fr et www.aschkel.info 

 

[Source : HERB KEINON, 'Recon for attack a warning to Iran' http://www.jpost.com/IranianThreat/News/Article.aspx?id=176483]


05/26/2010 04:20

 

Un responsable israélien : la décision américaine d’autoriser des vols de reconnaissance pourrait présager d'une attaque.

  

Selon Herb Keinon, du Jérusalem Post, Washington aurait franchi un seuil supplémentaire, dans son attitude à l’encontre du projet nucléaire iranien, en rendant publique son autorisation d’opérations spéciales de reconnaissance dans la région.

Cette décision mettrait un terme aux erreurs de communication en direction de l’Iran dues à des informations contradictoires entre l’Administration et le Pentagone. Robert Gates avait, notamment,  déclaré, en janvier dernier, que les Etats-Unis n’avaient préparé aucun plan de rechange en cas d’échec des négociations.


Ce nouveau ton américain, plus offensif, coïncide avec une tentative officielle de réconciliation entre Washington et Jérusalem.

En Israël, on a perçu les rapports faisant mention de cette autorisation par le Pentagone de missions de reconnaissance sur l’Iran comme constituant les premières indications publiques de préparations concrètes en vue d’une éventuelle opération militaire américaine contre l’Iran.

Face aux manœuvres dilatoires de Téhéran, Washington s’impatiente et hausse le ton.


Le NewYork Times rapportait mardi que le Général David Petraeus, le Haut-Commandant américain pour le Moyen-Orient, avait ordonné une
extension de l’activité militaire clandestine dans la région. Selon ce reportage, « les responsables ont déclaré que cet ordre autorisait également les opérations de reconnaissance susceptibles de jalonner la voie pour d’éventuelles frappes militaires en Iran, en cas de brusque escalade des tensions au sujet de ses ambitions nucléaires.


Rappelons, quand même, que, jusqu’à présent, y compris au Pentagone, on jugeait hautement dangereux un tel « aventurisme ». A preuve, les déclarations du même Robert Gates, y voyant autant et même plus d’inconvénients que d’avantages stratégiques. Ou encore les provocations des Anti-Israéliens, comme Zbigniew Brzezinski, appelant la DCA américaine à descendre d’éventuels avions israéliens qui s’y risqueraient seuls. En tout cas, à interdire à Heyl Ha'avir les espaces aériens contrôlés par les troupes US.

L’article (du NYT) poursuivait en détaillant cette directive de 7 pages qui "semble autoriser des opérations spéciales en Iran, plus probablement pour fournir des renseignements sur le programme nucléaire du pays ou identifier des groupes dissidents, qui pourraient être des ressources utiles pour une future offensive militaire".

Bien qu’il soit évident que le Pentagone dispose de plans devant parer à toute éventualité, un responsable israélien a confié que c’était « la première fois que le grand public entendait parler de préparations concrètes de ces activités militaires ».

Jusqu’à présent, toute la charge incombait à Israël, comme confiné à un rôle de boute-feu, tandis que l’Administration Obama se réservait le beau rôle de conciliateur des civilisations et d’empêcheur de probables « apocalypses ».

Ce responsable expliquait qu’il s’agissait, selon lui, d’une fuite organisée, et d’une tentative destinée à envoyer un message clair aux Iraniens, que toutes les options étaient, vraiment, sur la table –comme les Américains le répètent depuis des mois-.

Ils le répètent, le font contredire quelques temps plus tard, par un autre expert, etc., laissant un temps infini pour d‘éventuelles négociations de se mettre réellement en place. Force est de constater, que de provocations iraniennes en menaces ou manœuvres de diversion, le partenaire est aux « abonnés absents ».

Et même s’il ne s’agissait pas d’une fuite délibérée, ajoute ce responsable, l’impression que ferait cette information sur Téhéran serait exactement la même! ».


C’est,  également, ce mardi que le Premier Ministre Benjamin Netanyahou a affirmé devant la Knesset que
l’arrangement proposé la semaine dernière par la Turquie et le Brésil , selon lequel l’Iran devait transférer 1200 kilos d’uranium faiblement enrichi à l’étranger, était « une ruse iranienne parfaitement transparente " destinée à détourner l’attention internationale des sanctions.

S’adressant aux députés rassemblés, Netanyahou a exposé que l’arrangement, qui n’a reçu que des réponses mitigées de la part des membres du Conseil de Sécurité de l’Onu, et en particulier de la part des Etats-Unis, aurait alors laissé suffisamment d’uranium en possession de l’Iran pour lui permettre de produire une arme nucléaire…

 

"Cette proposition garantit également à l’Iran le droit de conserver, à leur retour, les quantités (d’uranium) transférées à la Turquie en n’importe quel endroit de son territoire», a ajouté le Premier Ministre en remerciant Washington d’avoir décidé d’accélérer le mouvement en vue d’un quatrième round de sanctions au Conseil de Sécurité.

Quoi qu’il en soit, Netanyahou a précisé que, bien qu’importantes sur le plan symbolique, "Je pense que nous savons tous que ces sanctions ne stopperont pas l’Iran".

Il a ajouté que des "mesures plus efficaces étaient en préparation actuellement au sein du Congrès Américain. Elles affecteront, entre autres choses, le secteur de l’énergie, les importations, les exportations et d’autres secteurs. Les Etats-Unis seront en mesure de faire passer ces sanctions, soit en dehors du Conseil de Sécurité, soit de façon conjointe avec lui ».

"Téhéran doit comprendre que la Communauté internationale est déterminée à l’empêcher d'acquérir des armes nucléaires », a affirmé Netanyahou.

En conclusion, on peut avancer que le diagnostic commence seulement à être partagé, entre Jérusalem et Washington, sur la façon dont Téhéran gère la crise, en conservant l’initiative et toute sa capacité de nuisance. Obama a, actuellement, besoin, de se montrer plus décisif et déterminé à conserver le leadership et ne plus se laisser dicter son agenda stratégique par l’Iran.

Devait-on laisser traîner cette option en laissant du champ à l’Iran pour faire la démonstration de son refus obstiné de toute négociation sérieuse ? Ou la force dissuasive de l’option militaire explicite aurait-elle augmenté les chances de voir progresser de concert les différents volets de pression, économique et diplomatique, pour convaincre Téhéran d’y renoncer ?

Est-ce, finalement, Obama, qui, à l’approche des élections de mi-mandat, se retrouve, malgré ses intentions initiales, sous la pression du Congrès et du Pentagone, que l’Amérique agisse, avec ou sans l’accord de principe du Conseil de Sécurité ?

L’heure décisive se rapproche dangereusement…  

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  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
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Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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