Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 14:31

Merci Jean, 

 

Le Saviez-vous ? - Dieffenbachia seguine plante symbole des crimes contre l'humanité ?

 

par Piotr Daszkiewicz et Jean Aikhenbaum 

 

Tags - Shoah, seconde guerre mondiale, nazis

 

On s'est aperçu qu'un cancer bien spécifique  touchait des survivants des camps de concentration, il a  la particularité de    se manifester chez certains d'entre eux,  avec quelques 60 ans de retard !  cette référence provient d'un journal scientifique spécialisé. (ref.Urology 48 (6) 1996).

Pour les spécialistes américains, ces cancers sont le résultat de l’expérimentation criminelle de scientifique nazis sur les déportés et sur des prisonniers. Les chercheurs se sont posés et se posent encore des questions afin de connaître quel est le type de substance injecté qui en porte la responsabilité. Il faut savoir que ces substances ont été administrées à des fins de stérilisation. La réponse a cette question  est d’autant plus difficile à mettre en évidence, que les victimes sont dans l’incapacité de pouvoir apporter de quelconques  précisions sur  les expérimentations qu’elles ont subies.

 

Jusqu’à ce jour, ce mystère perdure, et n’est toujours pas élucider malgré de nombreuses recherches   effectuées dont celles patronnées par le Musée de l’Holocauste en Israël.

Ceci nous fait penser à une  expérience nazie méconnue du public et on peut ajouter de la plupart des  spécialistes. 

Vous avez très certainement rencontrées et peut être en avez vous même chez vous, des espèces du genre Dieffenbachia.  Ce sont des plantes ornementales qui entrent  souvent dans les décors de nos appartements. Elle sont très populaires. On les trouve très facilement  chez tous les fleuristes, pépiniéristes  et même dans les supermarchés.

Elles émettent des substances volatiles intéressantes pour nos organismes que l'on appelle phytoncides. Le Dieffenbachia seguine jouit depuis longtemps d’une réputation particulière. C’est  "le curare de la Haute Amazonie", les indiens l'utilisent pour empoisonner leurs flèches. The Gardner's and Botanist's Dictionnary  dans sa version publiée par Philippe Miller en 1807,  relate qu’il était utilisé dans les Caraïbes pour châtier les esclaves récalcitrants. A cette fin, on introduisait dans  la bouche des victimes, des feuilles ou du jus de Dieffenbachia seguine.  Les indigènes l’utilisaient également à faibles doses comme contraceptif et à plus fortes doses pour stériliser  leurs ennemis.

En 1940, G. Madaus et R. Koch, deux chercheurs publièrent en Allemagne un article sur les stérilisations d’animaux de laboratoire obtenues à l’aide duDieffenbachia seguine. Un médecin allemand, le Dr Adolf Pokorny  considéra que  cette découverte était "primordiale pour l'intérêt politique du Troisième Reich". Il adressa une note personnelle au chef des S.S. Heinrich Himmler, pour lui proposer cette plante afin de stériliser "les ennemis du peuple allemand  ” : quelques millions de prisonniers de guerre, des détenus politiques, des prêtres et des juifs. Le Dr. Pokorny suggéra de garder secrètes  toutes les recherches et d’entreprendre la  culture intensive du Dieffenbacchia dans des serres prévues à cet effet.

Himmler fut extrêmement intéressé par le communiqué de Pokarny. Il  approuva cette proposition et la trouva "de la plus haute importance" pour les nazis. La réalisation d’une  politique massive  de stérilisation des citoyens des pays occupés, était désormais possible, il fallait l'entreprendre au plus tôt.

Pohl, responsable S.S. des camps de concentration fut chargé de fournir toute l'infrastucture et la logistique pour  la production et les premières expérimentations  du Dieffenbacchia seguine sur les humains. Les Tziganes détenus dans le camp de concentration de Lakenbach ont éte les premiers cobayes.

La culture en serre du Dieffenbachia seguine ne donna pas  les résultats préalablement escomptés par les nazis. Pris par le temps, et désireux de mener à bien leur projet les responsables de cette expérimentation  décidèrent alors d’importer massivement la plante d’Amérique du Sud, d'où elle est originaire. Mais en 1942,  fort heureusement, le Brésil déclara la guerre à l'Allemagne et les sous-marins alliés assurèrent un  blocus efficace qui ralentirent notablement l'application industrielle à grande échelle  de ce projet. Ils n'en demeurent pas moins exact, que cette expérimentation a pu se faire tout de même à un échelon que l’on peut qualifier de plus artisanal.

L’utilisation du Dieffenbachia seguine  à des fins criminelles a fait  l'objet d'enquêtes du  Tribunal International de Nurenberg. Ce qu'il faut savoir, c'est que cette tâche a été particulièrement ardue pour les enquêteurs par le  fait que la majorité des documents avaient été détruits dans les derniers jours de la guerre par les nazis. Ceci on le comprend bien afin de laisser le moins de traces possibles disponibles.

 Les enquêteurs réussirent néanmoins à découvrir que l'Institut mis en place pour cette expérience  a fonctionné  jusqu'en avril 1945. Le Tribunal de Nurenberg n'a toutefois jamais réussi à définir l’endroit précis des cultures. Ils en conclurent qu'elles devaient se situer "à proximité d'un des camps de concentration".

Lorsque l'on interrogea les botanistes allemands qui  participèrent   à ce projet, il prétendirent ne pas connaître la finalité et l'objectif de leurs recherches. Le Dr A. Pokorny soutint même que "son travail sur le Dieffenbachia seguine avait pour but de saboter  les projets d’Himmler. De son avis cette plante n'avait aucune action stérilisante, et son application sur les humains était impossible". Parmi les officiers S.S. jugés comme criminels de guerre, quelques-uns se montrèrent plus coopératifs et dénoncèrent  ou plus exactement se déchargèrent sur leurs complices scientifiques. Ainsi, R.Brandt reconnut que : "grâce à la proposition du Dr Pokorny, des expériences avaient bien été faites sur des détenus des camps de concentrations et que celles-ci avaient pour but de tester l’efficacité de cette plante.”

M. Dvorjetski, survivant du ghetto de Vilnus, professeur de médecine et d'histoire des sciences à l'Université de Tel-Aviv consacra plusieurs années de sa vie, afin de  tenter d’élucider l'énigme sur les recherches secrètes faites par les botanistes nazis. Il retrouva plusieurs témoins et de nombreux nouveaux documents. Il localisa même les terrains de cultures qui étaient situés à proximité du camp de concentration de Dachau*.

Il nous semble d’autant plus important de rappeler que cette plante est étroitement liée et directement impliquée dans le génocide,  que les protagonistes de ces crimes n’ont jamais été punis ni même inquiétés. Mieux encore,  ces derniers  réussirent à semer le doute dans l’esprit des juges et il fallut plusieurs années de recherches au professeur  Dvorjeski et aux historiens des sciences anglais pour convaincre le public, les médias et démonter les thèses négationnistes qui avaient trait à  ce sujet. 

 

 

Piotr Daszkiewicz - Historien des Sciences – biologiste – Dr es-ciences

Jean Aikhenbaum - HSTES Paris

* Cet article est fait à partir des publications et communiqués du professeur Dvorjetski.

 

 

Ce texte, ainsi que celui qui a été précédemment publié dans Actualités Juives sur le faux aurochs de Heck, fera parti d’un ouvrage en préparation  sur l’histoire de la participation des scientifiques nazis à  l’holocauste.

Partager cet article
Repost0
23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 18:14

MEMRI Middle East Media Research Institute

Enquête et analyse n° 676

 

Avec le soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah

 

 

Le problème juif du Pakistan

 

Par Tufail Ahmad*

 

Sommaire

 

Introduction

 

I.                 Contexte historique : Les Juifs et le Pakistan

II.             Caractéristiques de l´antisémitisme au Pakistan

 

A)     Le Juif incorporé à l´axe des "trois Satans" : l´Inde, les Etats-Unis et Israël (les hindous, les chrétiens et les Juifs)

B)     L´antisémitisme instrumentalisé par l´armée pakistanaise

C)     Réactions antisémites aux menaces étrangères qui pèsent sur le Pakistan (par exemple, les dirigeants pakistanais accusent les activistes talibans d´être les agents des Etats-Unis, de l´Inde et d´Israël)

 

III.         Justifications des agressions antisémites

 

A)       Sport : un prétendu lobby juif et indien contre les joueurs de cricket pakistanais

B)       Campagne de vaccination contre la polio – un complot juif dangereux

C)       Le conflit pour l´eau opposant le Pakistan et l´Inde – le rôle d´Israël

D)       Les Nations unies – un complot juif

E)        Les intérêts pakistanais à l´étranger menacés par les Juifs/Israël

F)        La Saint-Valentin et le 1er avril – des stratagèmes juifs et hindous contre les musulmans

G)       Les musulmans Ahmadis  - agents d´Israël et de l´Inde

H)       Vidéo de femme fouettée par les talibans – le fait des Juifs pour salir l´image du Pakistan

I)         Facebook – un complot juif/israélien

J)         L´arme nucléaire du Pakistan – la cible des Juifs/Israéliens

K)       L´attentat de Times Square perpétré par Faisal Shehzad – un complot de la CIA et du Mossad pour accuser le Pakistan

 

IV.           Les Juifs et l´Occident comme cherchant à ébranler l´identité pakistanaise

 

Conclusion

 

Introduction

 

Le rapport en anglais aborde les sujets suivants : l´histoire des Juifs au Pakistan ; les attaques contre les Juifs et leurs synagogues suite à la création de la nation islamique du Pakistan en 1947 ; les manifestations actuelles de musulmans pakistanais contre les Juifs et Israël ; la tendance des leaders politiques et religieux pakistanais à accuser l´axe Inde/Israël de la plupart des maux du Pakistan.

 

L´examen des médias pakistanais de ces dernières années révèle, comme le montre ce rapport, que les façonneurs d´opinions pakistanais utilisent et développent les préjugés antisémites typiques du monde islamique.

 

Le rapport évoque en outre l´histoire de l´antisémitisme dans la société pakistanaise, examinant la façon dont Israël est considéré par les autorités islamiques et les leaders politiques du pays : comme représentant les Juifs plutôt que l´Etat ou le gouvernement d´Israël.

 

Nous définissons ici "antisémitisme" comme l´ensemble des agressions d´ordre politique, religieux et culturel contre les Juifs et Israël qui ne sont pas liées au problème palestinien mais à une prétendue implication juive et israélienne dans des complots internationaux.

 

I. Contexte historique : les Juifs et le Pakistan

 

Il existe une vieille croyance selon laquelle les tribus pachtounes, qui habitent la région délimitant l´Afghanistan et le Pakistan, descendraient de l´une des dix tribus perdues d´Israël. Navraas Aafreedi, universitaire pachtoune de l´université de Lucknow, au nord de l´Inde, a déclaré dans les colonnes d´un journal, en janvier 2010 : "Les Pathans, ou Pachtounes, sont le seul peuple au monde à être mentionné comme descendant des tribus perdues d´Israël dans plusieurs textes du 10ème siècle jusqu´à ce jour – par des savants juifs, chrétiens et musulmans, aussi bien religieux que laïques." (1) Toutefois, les tentatives d´anthropologues visant � � établir la parenté entre Juifs et Pachtounes n´ont pas confirmé ces affirmations.

 

Et pourtant, des textes historiques indiquent bien que les Juifs, sans rapport avec les Pachtounes, ont vécu au Pakistan et dans la région d´Asie du sud pendant plusieurs siècles. On peut lire dans un rapport paru en 2007 dans le quotidien pakistanais Dawn : "Les premiers tombeaux… [des Juifs de Karachi] datent de 1812 et 1814, la majorité d´entre eux datant des années 1950." (2) Le rapport cite en outre le Aitken´s Gazetteer of the Province of Sind, un document gouvernemental datant de l´ère britannique, publié à Karachi en 1907 et établissant qu´ "il n´y avait que 428 Juifs recensés en 1907, et i ls se trouvaient tous à Karachi. Plusieurs d´entre eux appartenaient à la communauté des Bné Israël pratiquant les rites juifs sépharades et se seraient installés en Inde [qui incluait alors l´actuel territoire pakistanais] peu après la destruction de Jérusalem par Titus." (3)

 

Le journal Dawn ajoute : "D´autres recherches font état de la présence de 2500 Juifs à Karachi, et d´une centaine à Peshawar au début du 20ème siècle. A l´époque de l´indépendance [du Pakistan en 1947], de nombreux Juifs ont émigré en Inde, et environ 2000 d´entre eux sont restés au Pakistan. Leur premier véritable exode est intervenu peu après la création d´Israël, ce qui suscita plusieurs réactions de violence à l´encontre des Juifs tandis que la synagogue de Karachi devenait le lieu de manifestations antisémites." (4)

 

A la fin du 19ème siècle, l´un des notables de Karachi était Soloman David, décédé en mars 1902. Il était contrôleur de la municipalité de Karachi, où il fit construire la synagogue de Magain Shalom. On peut lire sur sa tombe : "Le renommé et très respecté Soloman David a toujours cherché le bien-être de la communauté juive et grâce à sa libéralité, a fait ériger à ses propres frais une belle synagogue : Magain Shalome [sic]." (5)

Un autre rapport évalue la population juive de Karachi à 2500 âmes, avant la création du Pakistan les 14 et 15 août 1947. (6)< /SPAN>

Après la création du Pakistan comme nation islamique, les relations entre les Juifs et leurs voisins musulmans ont commencé à se détériorer.
Les tensions étaient alimentées par les manifestations musulmanes au Pakistan contre l´Etat nouvellement créé d´Israël. Certains Juifs pakistanais ont émigré en Inde et au Royaume-Uni, et d´autres en Israël. Au début de l´année 2010, un quotidien pakistanais réalisait une étude sur la violence anti-juive dans la nation nouvellement créée du Pakistan islamique : "La synagogue de Karachi a été incendiée, et plusieurs Juifs ont été attaqués. La fréquence des attaques augmentait à l´issue de chaque guerre israélo-arabe, à savoir en 1948, en 1956 et en 1967." (7)

En 2008, un résident de Karachi évoquait la présence juive de la ville dans un entretien avec le journaliste pakistanais Syed Ali Intikhab : "[Les Juifs] étaient des gens pacifiques ayant des relations limitées avec la population locale. Ils se tenaient à l´écart des activités politiques. Lorsque
la guerre israélo-arabe a éclaté à la fin des années soixante, ils se sont trouvés isolés et ont commencé à émigrer en silence ; seuls quelques Juifs sont restés." (8)

Selon certains rapports, il semblerait qu´il reste aujourd´hui encore des Juifs au Pakistan ; peut-être occultent-ils leur identité religieuse, sachant qu´il pourraient ne pas être en mesure d´émigrer en Israël, compte tenu de l´absence de relations diplomatiques entre les deux pays.

Bien qu´il n´y ait pas de présence juive déclarée au Pakistan aujourd´hui, les manifestations anti-juives et anti-Israël ont pris un caractère idéologique, les chefs religieux et politiques ayant coutume d´accuser les Juifs et Israël d´une part, les chrétiens, l´Occident et les Etats-Unis de l´autre, ainsi que les hindous et l´Inde,
de la quasi-totalité de leurs maux.

 

En 2010, pas une semaine ne s´est écoulée au Pakistan sans qu´un chef religieux, un chroniqueur ou un politicien ne publie une déclaration contre Israël et le peuple juif, leur reprochant, ainsi qu´aux États-Unis et à l´Inde, d´être la cause de l´un ou l´autre des problèmes du Pakistan.

 

Aujourd´hui encore, les dirigeants pakistanais ne semblent pas disposés à faire la distinction entre slogans idéologiques hostiles aux Juifs d´une part, et critiques de la politique israélienne de l´autre.

 

Lire le rapport intégral en anglais : http://www.memri.org/report/en/0/0/0/0/0/0/5090.htm

 

[1]   www.dawn.com (Pakistan), 18 janvier 2010.

[2] Dawn (Pakistan), 6 mai 2007.

[3] Dawn (Pakistan), 6 mai 2007.

[4] Dawn (Pakistan), 6 mai 2007.

[5] Dawn (Pakistan), 6 mai 2007.

[6] www.dawn.com (Pakistan), 27 février 2010.

[7] Dawn (Pakistan), 27 février 2010.

[8] The Nation (Pakistan), 12 août 2008.




 

Pour adresser un email au MEMRI ou faire une donation, écrire à : memri@memrieurope.org.

 

Pour consulter l´intégralité des dépêches de MEMRI en français et les archives, libres d´accès, visiter le site www.memri.org/french.

 

Le MEMRI détient les droits d´auteur sur toutes ses traductions. Celles-ci ne peuvent être citées qu´avec mention de la source.

Partager cet article
Repost0
17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 18:29

A l'occasion de la fête de Pourim:

     Anatomie d'un miracle - Esther

Ma Photo

http://danielsibony.typepad.fr

         Ici, c'est un moment de grâce, celle de la femme et du hasard; moment vital dans la détresse de l'exil.

         L'histoire a lieu en Perse, quelques siècles avant notre ère. Le roi Assuérus répudie sa femme, la reine Vashti, sur les conseils d'Haman son ministre. Elle avait refusé de répondre à sa demande et de se présenter devant lui et ses invités lors d'un banquet. (Elle avait aussi le sien, un banquet de femmes...) Pour recruter une nouvelle reine, on fait appel à toutes les belles vierges du Royaume. Esther est choisie. Elle a été élevée par son oncle Mordékhaï. Celui-ci, lorsqu'il vient prendre de ses nouvelles, ne se prosterne pas comme il se doit devant Haman; lequel décide d'en finir avec les Juifs, ce peuple qui "ne fait pas comme les autres". Le jour est fixé, la date tirée au sort (Pourim = les sorts). Le roi est très complaisant: "L'argent, garde-le et fais de ce peuple ce que tu veux"[1]. (Haman comptait verser une certaine somme au trésor public pour avoir les mains libres.) Mordékhaï apprend la nouvelle, il se met en deuil, déchire ses vêtements, fait appel à Esther pour qu'elle intervienne. Elle hésite: on risque sa vie si on se présente au roi sans y être appelée.

         Alors Mordékhaï lui envoie dire: "Ne crois pas te protéger en te détachant de ton peuple. Si tu te tais dans un tel moment, la délivrance viendra aux Juifs d'un autre lieu,et toi et la maison de ton père vous périrez. Et qui sait si tu n'es pas devenue reine pour un moment comme celui-ci"[2]. Mordékhaï qui, au début, lui demande de ne pas dire qu'elle est juive, l'adjure maintenant de le dire, d'intervenir en tant que juive et reine. (Ainsi le rapport aux origines ne doit pas être figé; on peut en jouer selon l'événement.) Esther accepte, elle demande qu'on jeûne pour elle trois jours, elle-même et ses suivantes vont jeûner, après quoi elle se présentera devant le roi. Entre-temps, celui-ci a une insomnie, il se fait lire la chronique du palais (le livre-mémoire des faits du jour...) et il remarque que Mordékhaï avait un jour révélé un complot visant à tuer le roi, et n'a pas eu de récompense. (C'est par Esther qu'il avait informé le roi du complot.) Haman est justement dans l'antichambre, il le fait entrer: "Que faut-il faire à un homme que le roi veut honorer?" Haman, sûr qu'il s'agit de lui, répond: Qu'on l'habille de la tenue royale, qu'on le mette sur le cheval du roi et que l'un des plus hauts dignitaires tienne la bride et le promène dans les rues de la ville en clamant: Voilà ce qu'on fait à un homme que le roi veut honorer. Le roi demande à Haman de le faire pour Mordekhaï. C'est le début de la fin car entre-temps Esther a pu voir le roi, l'a invité à un festin avec Haman, puis à un second festin où elle révèle qu'elle et son peuple, Haman veut les anéantir.

 

         Ici, on a un "miracle" (la situation se retourne, le peuple voué à l'effacement est sauvé); on peut en faire l'anatomie; mais on n'a pas la gestion religieuse du miracle sur le mode: ils ont supplié Dieu, il les a entendus et il les a sauvés. Dieu n'est pas mentionné dans ce texte, la prière non plus. Il y a un jeûne, il y a l'acte de mortifier son corps, non sans rappel symbolique: trois jours (trois, chiffre assez chargé; par exemple: les trois jours d'Abraham et son fils marchant vers le Lieu...).

         Et il y a surtout la grâce[3]. Essentielle. On parle souvent de la grâce d'Esther, et il semble qu'elle l'ait transmise à son peuple, au destin de son peuple qu'elle a pu ainsi dévier. Destin d'où provient peut-être cette grâce elle-même: Esther a pu rejoindre le point de grâce enfoui dans le destin hébreu.

 

         Qu'est-ce donc que la grâce? Elle n'est pas l'effet d'un travail, d'une amélioration, d'une ascèse. La grâce, on l'a ou pas, à tels moments ou à d'autres. Elle vient d'ailleurs. Dire qu'elle est "divine", c'est dire qu'elle vient des confins de l'humain, des limites. La grâce, c'est l'émotion qui émane d'un être aux prises avec ses limites et en même temps assez libres envers elles: beaucoup de tout petits sont pleins de cette grâce, sauf lorsqu'ils sont déjà pris et verrouillés dans le symptôme de leur mère. Autrement, ils rayonnent une présence, une certitude inconsciente de leurs limites, qui sont pourtant évidentes. Dans la grâce, la faille et les limites sont à la fois admises et surprenantes, productives de vie. Dans ce consentement, une présence inconsciente fait briller l'étincelle de la grâce. La grâce, c'est quand le narcissisme, qui ignore ses limites, s'en sert à son insu dans un sens de vie. Et cela confirme qu'on ne peut pas l'imiter: on ne peut pas faire exprès d'être inconscient de ses limites. Cette grâce se transmet ou plutôt, elle rayonne, mais ceux qui la reçoivent ou qui l'agréent ne restent pas gracieux si par ailleurs ils ne le sont pas. Ils gardent ce rappel de la grâce, et de ceci qu'elle est par essence un partage. Celui qui a la grâce la donne aux autres, à charge pour eux de la recevoir et de la "garder". En général, le mieux qu'ils font c'est de la reconnaître, de la respecter.

         En tout cas, Esther trouve grâce aux yeux de ceux qui la voient; notamment de l'homme qui gère ce harem, cette masse féminine offerte au roi. Esther se distingue par cette grâce, où se croisent sans doute féminité et symbolique. Elle est, en un sens, l'ennemie absolue d'Haman, qui hait les Juifs et les femmes. (C'est lui qui a suggéré au roi de renvoyer Vashti, sa première épouse, parce qu'elle n'a pas répondu à son ordre.) La grâce signifie que l'être qui la "porte" n'est pas identique à lui-même, qu'il est porteur d'une certaine faille et fait vibrer cet écart, cet entre-deux qui l'ouvre sur l'être et sur la vie; même s'il peut être dans tel cadre ou telle place déterminée. Lorsqu'on dit qu'Esther a trouvé grâce, cela veut dire qu'elle a touché dans l'autre le point de grâce, d'ouverture, de fragilité, d'entre-deux où se passe la vie. En somme, elle donne à l'autre la grâce qu'il a sans le savoir. L'être qui a la grâce la donne sans la perdre, sans rien en perdre. C'est une question de contact: il donne à l'autre la possibilité d'avoir, comme lui, un contact avec l'être, avec la limite de l'humain qu'on appelle le divin.

         Esther est orpheline; cette fragilité d'origine ne l'a pas affaiblie. Elle n'est pas dans l'inclusion familiale, elle appartient à un peuple qui ne s'appartient pas. Elle n'est pas dansl'identité mais dans l'histoire, l'événement, le devenir, la transmission.

 

         Bien sûr, c'est parce qu'Esther est prise au palais, et devient la femme du roi, que Mordékhaï son oncle se fait remarquer par Haman en ne s'inclinant pas. Si Esther n'avait pas été choisie, Haman n'aurait pas eu, peut-être, l'occasion de remarquer ce Juif insoumis et de retrouver sa rage ancestrale envers ce peuple, jusqu'à vouloir en finir.

         Mais Esther, devenue reine, est tentée de s'en tenir à son cadre, sa fonction: elle ne peut pas intercéder dans l'urgence. La réplique de Mordekhaï est cinglante et contient une allusion au divin, la seule dans ce Texte: Si tu restes dans le silence [si tu caches ton origine et ne fais pas savoir au roi, très vite, que le peuple qu'on veut détruire c'est le tien], la délivrance viendra aux Juifs d'un lieu autre (mi-maqom ahér). Car Dieu, c'est aussi le Lieu (maqom): là où ça se tient; là où les choses et les êtres prélèvent de quoi tenir).

         Ce lieu autre se réfère au divin d'une façon qui semble vague; en fait, c'est dans sa fonction de lieu, comme source d'événements qui ont lieu; et sur le mode de la pure altérité: du tout autre peut avoir lieu sans toi, si tu restes en dehors.

 

         Et il y a les coups du hasard. Celui de l'insomnie royale: est-ce qu'inconsciemment le roi a été "travaillé" par ce qu'il a signé - rien de moins que l'effacement d'un de ses peuples? En tout cas, il découvre dans la chronique une parole salvatrice de Mordékhaï sur lui - parole qu'Esther avait transmise en mentionnant le nom de sa source, Mordekhaï. De là le Talmud déduit que quiconque, lorsqu'il tient une parole forte, dit de qui il la tient, apporte la délivrance au monde; tout comme Esther a apporté la délivrance à son peuple en disant de qui elle tenait cette parole. (On pointe ainsi l'universel du singulier: ce qui arrive au peuple juif, en tant qu'il est singulier, a valeur universelle.) Encore faut-il que cette parole soit forte et bonne. On n'a pas à nommer quelqu'un dont on évoque une bêtise ou une parole indifférente.

         Voilà donc plusieurs hasards qui convergent: Mordekhaï a éventé un complot; le roi Assuérus a une insomnie et se fait lire la chronique; Haman passait par là... Le tout sous le signe de la grâce qu'Esther a trouvée en devenant reine. Cette grâce, elle va la retrouver deux fois, lorsqu'elle invite le roi avec Haman et que, la complaisance du vin aidant, le roi est prêt à lui donner "ce qu'elle veut, même la moitié du pouvoir".

         La grâce est liée à l'identité partagée, incertaine mais vivante, qui maintient problématique la question de l'origine, et la laisse non résolue, ouverte à l'événement. Dans le cas d'Esther, ce moment où elle se fait connaître et où elle sauve son peuple(après tout, le roi aurait pu la sauver, elle, et laisser faire Haman), ce moment de grâce ultime porte sur son identité: partagée en elle-même et partagée avec son peuple.

         Ce qu'elle transmet au roi dans cet instant de grâce, c'est un appel de vie: pour quelle sécurité un peuple tout entier doit-il être effacé? pour quel confort identitaire? Cet appel, le roi l'avait refoulé en écoutant Haman, et voilà que la reine vient rouvrir le possible: certes, il y a une faille, il y a un peuple singulier, mais faut-il le détruire pour que tout soit régulier? Ce n'est pas explicite mais c'est là; c'est l'arrière fond sur lequel la grâce opère. Esther fait une entorse à la loi du palais et son peuple est une entorse à l'ordre de l'Etat renforcé par Hama. L'acte d'Esther trouve grâce et la transmet au peuple - qui est comme gracié.

         Les lettres ordonnant la mort vont donc s'inverser en lettres de vie. Vengeance sera tirée de ceux qui préparaient l'Extermination. La grâce s'infiltre dans un ordre totalisant, - perturbé par un peuple non-conforme; peuple symbole de la petite entame qu'il faut pour relancer la vie. Autre symbole de cette entame sacrificielle: le jeûne de trois jours imposé à tout son peuple. Puisqu'on est menacé de mort, on va se mortifier, se donner une mort symbolique (avec des accents réels - on défaille) pour se mettre en demande de renaissance. Se mettre en état de manque pour mieux faire voir le manque-de-vie menaçant, avec l'espoir de le surmonter.

 

         La grâce, transmission involontaire d'une vie autre, est portée par le hasard et elle s'incarne, elle prend corps. De là une certaine beauté, qui somatise l'amour de l'être - pour la vie qui se redonne.

 

         La grâce rencontre la féminité - comme faille qui laisse passer la vie - mais la grâce n'est pas uniquement féminine. Dans la Torah Moïse dit à YHVH: "Si j'ai trouvé grâce à tes yeux...". Si avec nos défaillances tu nous acceptes, alors marche toi-même devant nous... Autrement dit, les défaillances du peuple hébreu, dans le désert et ailleurs, font partie de son rapport au divin. On peut les déplorer, mais c'est parce qu'elles sont là, et qu'elles sont humaines, qu'une grâce est possible ou nécessaire pour fonder cette relation entre le peuple et son Dieu. Toutes les fois que YHVH a voulu exterminer son peuple après un grave manquement, c'est la grâce qui le sauve, et Moïse l'obtient chaque fois - en demandant que la faute soit oubliée; tout en sachant qu'il y en aura une nouvelle, et que la vie fait faux-bond à la perfection.

         La grâce implique donc que l'Autre aussi révèle sa faille: en l'occurrence, Dieu doit se contredire, décider une chose et en faire une autre. Cette aptitude à se contredire n'est pas à mettre au compte de sa toute-puissance (puisqu'il peut tout, il peut aussi pardonner, oublier, se rappeler et... se contredire); elle n'est pas dans une liste complète de ses attributs. Au contraire, c'est une fois la liste établie que l'aptitude à se contredire viendrait la déchirer, la barrer; prouvant par là-même qu'une telle liste est absurde. (Qu'est-ce qu'une liste d'attente dont le dernier dirait qu'elle peut être annulée?)

         C'est pourquoi le rapport entre ce peuple et ce Dieu est singulier sur un mode universel: rapport à l'être qui implique la grâce récurrente et qui s'oppose à toute idée d'en finir avec la faille; à tout projet qui, dénonçant les turpitudes de "ce peuple", voudrait fonder enfin quelque chose de solide qui n'aurait pas tous ces défauts; projet qui totaliserait ces défauts, les fixerait sur ce peuple (ou sur un autre) pour en finir avec.

 

         Le peuple est donc sauvé par la grâce - qui passe par le hasard dans ses moindres nuances - et non pas grâce à son mérite. Le mot pour dire "sauvé" (hatsél) comporte, on l'a dit, le signifiant de l'ombre (tsél): quand le peuple ou le sujet est pris dans une lumière totale, où l'on voit pleinement ses défauts et les dangers qui le guettent, la grâce qui le sauve consiste à lui donner un peu d'ombre. Gracier, c'est arrêter la pleine lumière qui aveugle et menace de tout brûler.

         L'autre mot pour "délivrance", employé par Mordekhaï (lorsqu'il dit à Esther: la délivrance et le salut viendront d'un lieu autre), c'est révah, qui prend racine dans ruah, le souffle. La délivrance, c'est retrouver un souffle, un espace dans le jeu de la vie. Et on le retrouve par l'acte de grâce qui assume la faille et déjoue la prétention totalitaire, fût-elle orientée vers un projet de perfection.

 

         Dans l'histoire d'Esther, le projet totalitaire obtient l'aval du roi, mais celui-ci est entamé par son désir pour Esther, par la grâce qu'elle trouve à ses yeux. Ainsi, il y a un ver dans le fruit empoisonné - qui le rend non comestible. Le projet de meurtre ne passe pas.

         C'est pourquoi la grâce rappelle la transmission de vie humaine dans son essence symbolique. D'où son lien essentiel avec le féminin.

 

         En somme, l'humanité a inventé un petit peuple pour symboliser une entame aux projets totalitaires[4]. Ce peuple aurait pu être un autre, il se trouve que c'est celui-là; l'important c'est le jeu ou plutôt la dynamique que cela permet. (On peut même dire que ce peuple s'est inventé pour occuper cette place, cela ne change rien au problème.) Cette dynamique comporte pour ce peuple des risques d'extermination, et dans ces cas, des risques d'abêtissement pour ladite humanité. C'est ce qui fait de ce peuple, je l'ai dit, un baromètre de la maturité ambiante. Mais ce peuple aussi, s'il avait plus de pouvoir, pourrait exprimer des prétentions totalitaires. Rien n'est joué; il semble que l'humanité a besoin, régulièrement, de se poser ou de revivre le problème de sa faille identitaire, et du fantasme de la combler. C'est le problème de l'entame, donc aussi de la grâce. Au-delà de la faute qu'on pardonne, c'est le défaut qu'on intègre. Ce peuple est fait pour le rappeler, et parfois c'est à lui d'en répondre: si le monde ambiant supporte mal l'entre-deux[5], il en impute l'impossible à ce qui lui semble singulier, à ceux qui ne font pas "comme tout le monde". L'humanité oscille entre deux pôles pour sa question d'identité: le risque du plein et le risque du vide. Et dans l'entre-deux, un passage incertain...

 

         Et il n'y a pas de loi qui prévienne contre ces risques totalitaires. (Comme pour la liste des attributs divins entamés par la grâce.) Il y a bien le fantasme d'un tribunal planétaire, qui ferait acte quand certaines lois sont violées et qu'on passe à la barbarie. Mais on connaît les problèmes de sa mise en place et de sa grande impuissance.

 

 

 



[1] . Esther 3, 11.

[2] . Esther 4, 14.

[3] . Deux mots servent à la nommer: hén et hésséd. Ce sont non pas des "qualités" mais des rapports entre deux êtres. Hén est plus près de grâce, charme, effet de beauté;hésséd est plus proche de bonté, de charisme, donc des effets de la grâce: elle provoque une douceur, une envie d'être généreux, d'ignorer le passif. Or Esther porte les deux: hén et hésséd.

[4] . Cela n'a pas empêché des Juifs de prendre une part active à de tels projets - notamment staliniens. Fascinés sans doute par l'idée messianique de Salut définitif, idée qu'on leur offrait de passer à l'acte.

[5] . L'entre-deux comme forme ordinaire de ladite faille.

Partager cet article
Repost0
5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 21:36

 

envoyé par Myriam

 © 2011 www.aschkel.info

shalom-magazine relayé par terrepromise

 

Divisés, nous sommes comme un faible roseau, unis, nous sommes imbattables.”

 

Par Zvi H. Hurwitz

 

 

Le jour même de la proclamation de l’Etat d’Israël (le 14 mai 1948), les Juifs à travers le monde durent affronter une question fondamentale: quelle serait la nature des relations entre les habitants d’Israël et les Juifs de la Diaspora ? A cette époque, l’accusation de double allégeance planait et, afin d’échapper à ses implications, les dirigeants communautaires proposèrent alors la “hafrada” ou “séparation”.

 

De grandes organisations comme Hadassa aux Etats-Unis refusèrent systématiquement d’être impliquées dans les problèmes politiques d’Israël, plus particulièrement dans la question de l’Alyia, afin d’éviter toute attitude déloyale envers le pays dans lequel ils vivaient.

 

Progressivement, les gouvernements et les commentateurs politiques finirent par comprendre qu’il existait une relation unique entre chaque Juif et l’Etat d’Israël. C’est ainsi que les Juifs religieux se tournaient trois fois par jour vers Jérusalem pour faire leurs prières et priaient durant des mois après le Nouvel An pour que les pluies tombent en Terre sainte. Quant aux Juifs non pratiquants, un grand nombre participait chaque année aux festivités marquant Yom Ha’atzmaout (le jour d’Indépendance), sans se préoccuper du fait qu’ils fêtaient l’indépendance d’un pays étranger. Bien des chefs d’Etat se mirent à envoyer des messages de félicitations à leurs communautés juives à l’occasion de ce jour. La conception de “séparation” fut progressivement abandonnée pour faire place à une identification de plus en plus ouvertement affichée, à une coopération publique plus étroite pour aboutir, en fin de compte, au slogan de l’Appel juif unifié: “Nous sommes Un (peuple)”. Aux moments de joies ou de peines, il n’y avait pratiquement pas de distinction entre la réaction des communautés juives de la Diaspora et celle de la population israélienne.

 

Pendant les années des gouvernements Likoud, au cours desquelles j’eus l’honneur de servir comme conseiller aux Affaires de la Diaspora auprès des premiers ministres Begin et Shamir, de grands efforts ont été investis afin de promouvoir des relations étroites entre les deux parties du peuple. Menachem Begin aimait à répéter que l’Etat n’avait pas été établi pour les 650’000 Juifs qui s’y trouvaient à l’époque, mais pour l’ensemble du peuple juif, les Israéliens étant en quelque sorte les garants de la Nation. Le fait de vivre dans le pays leur donnait bien entendu des obligations et des prérogatives spéciales. Il précisa les deux domaines dans lesquels les citoyens d’Israël ont des droits exclusifs: le service militaire (et tout ce qui y est lié) et le vote dans le cadre des élections parlementaires. Le sioniste le plus militant et le collecteur de fonds le plus efficace ne pouvant prendre la moindre part aux devoirs militaires ou aux devoirs civiques dans les élections pour la Knesset, domaines réservés exclusivement aux citoyens d’Israël. Tout en spécifiant clairement ces clauses restrictives, Menachem Begin tenait des discours devant des assemblées juives à travers le monde, les encourageant à participer au développement de l’Etat et à envisager leur propre Alyia. A l’occasion d’événements de grande portée – la signature du traité de paix avec l’Egypte ou la cérémonie de remise du Prix Nobel de la Paix à Oslo -, il mettait toujours un point d’honneur à inviter les dirigeants de l’Agence juive et à les mentionner dans le préambule de son allocution, afin de bien souligner qu’il ne s’adressait pas seulement aux citoyens d’Israël, mais au judaïsme mondial.

 

Itzhak Shamir, son successeur, reprit à son compte l’objectif de l’unité juive, répétant en de nombreuses occasions dans ses discours en Israël ou face aux diverses communautés de la Diaspora: “Divisés, nous sommes comme un faible roseau, unis, nous sommes imbattables.” C’est dans cet esprit qu’il inaugura la Conférence sur l’unité juive en mars 1989, conférence rassemblant des représentants juifs du monde entier avec les leaders du gouvernement d’Israël et de l’opposition.

Presque 46 ans se sont écoulés depuis le renouveau de la souveraineté juive en Israël. En raison de l’assimilation galopante et des mariages mixtes, nous assistons aujourd’hui au déclin progressif des communautés juives. C’est ce moment précis qu’ont choisi les leaders actuels d’Israël, pour des motifs qui leur sont propres, pour relâcher, voire couper les liens entre Israël et le judaïsme mondial. Régulièrement, des ministres tiennent des propos agressifs envers les activités traditionnelles du judaïsme mondial en faveur d’Israël. Après le tollé général qui s’ensuit, un porte-parole finit invariablement par nier les propos de son supérieur ou par déclarer qu’ils ont été déformés par la presse. Trop tard, le mal est fait.

 

Le premier à s’être adonné à ce genre d’exercice n’est autre que le Premier ministre Rabin qui, quelques semaines après son entrée en fonctions, a cru bon de devoir remettre AIPAC (le lobby juif américain et la plus importante des organisations juives aux Etats-Unis) à sa place. Il déclara que désormais, ses activités comme groupe de pression face à l’Administration américaine ne seraient plus requises. Dorénavant, tout contact avec celle-ci se ferait directement par Israël et ses représentants. Cette approche, bien que parfaitement légitime, est-elle vraiment sensée ?

Après cette attaque contre AIPAC, déjà diffamée par l’ex-président Bush, un des leaders de l’organisation me téléphona, me rappelant l’époque où M. Shamir avait été prié de rencontrer les dirigeants de AIPAC quelques heures à peine après son arrivée aux Etats-Unis. En l’introduisant, le président de l’assemblée s’était excusé d’avoir imposé cette réunion au Premier ministre dans un délai si bref. Shamir avait aussitôt répondu: “Quand il s’agit de AIPAC, vous pouvez même me réveiller à minuit. Je serai toujours disposé à rencontrer cet éminent groupe d’hommes et de femmes remarquables.”

 

La sortie contre AIPAC n’est pas un geste isolé. Peu après, le ministre des Finances, “Beiga” Shochat, s’est lancé dans une diatribe contre l’organisation des Bonds d’Israël, sous prétexte qu’il n’était plus économiquement viable d’offrir des taux d’intérêt plus élevés que les banques commerciales. Une fois de plus, il avait sans doute techniquement raison. Mais est-il sensé de balayer d’un revers de la main une organisation qui a fourni d’excellents résultats pendant plus de 40 ans ? Pour leur défense, les leaders des Bonds soulignèrent que leur tâche ne se bornait pas simplement à stimuler les investissements en Israël, mais également à créer un lien entre les Juifs et Israël et à les encourager à partager la responsabilité dans le développement de l’Etat.

 

Dans la série des coups bas, le dernier à s’être distingué est Yossi Beilin, lors d’une allocution prononcée, comble de maladresse, à l’occasion d’une conférence des dirigeants de la WIZO, dont la raison d’être est d’aider les couches défavorisées de la population. Il leur déclara de façon extrêmement crue que leur “charité” n’était plus nécessaire, qu’Israël est économiquement plus fort que bien d’autres pays dont les délégués de la WIZO sont originaires. C’est tout juste s’il ne valait pas mieux qu’ils rentrent tous chez eux et ferment boutique. Bien entendu, ce conseil était bon pour un organisme de collecte de fonds. Les personnes présentes réagirent instantanément et les sentiments de colère et de frustration empoisonnèrent l’ambiance pendant des jours et des semaines. Le Premier ministre Rabin tenta d’apaiser les tensions au sein de la WIZO en accusant Beilin d’avoir tenu des propos inconsidérés mais, là encore, le mal était fait. Depuis cet incident, m’étant rendu dans plusieurs pays, j’ai eu le loisir d’entendre divers membres de la WIZO se poser des questions sur le bien-fondé et la valeur de leur ýuvre. Les défenseurs de Beilin prétendent que l’économie israélienne est saine et qu’elle est désormais à même d’attirer des capitaux pour de réels investissements mais, disent-ils, les constants appels à la charité rendent ce type d’opérations difficile voire impossible. Il se peut que cet argument soit valable. Mais il faut alors un leadership sensé, ayant suffisamment de doigté pour introduire des modifications et non l’attitude chauvine et arrogante de Beilin et ses pairs.

 

Il me revient à l’esprit l’histoire qui circulait après la victoire éclair d’Israël dans la Guerre des Six-Jours en juin 1967. A l’issue des combats, il fallait trouver rapidement des sources financières afin de couvrir les frais de guerre. Moshé Dayan, qui avait été coopté dans le gouvernement d’unité nationale avec Menachem Begin, fut choisi par le Premier ministre Eshkol pour partir immédiatement à l’étranger afin d’y récolter des fonds. Bien entendu, le général borgne représentait à l’époque une attraction irrésistible et L. Eshkol était décidé à exploiter ce potentiel. Toutefois, Dayan se cabra au début, faisant valoir qu’après une victoire aussi spectaculaire, il ne pouvait décemment se présenter devant des assemblées juives à l’étranger avec la main tendue. “Impossible, déclara le général, comment puis-je me rendre auprès des communautés juives dans ces conditions ?” Lévi Eshkol lui donna cette réponse empreinte de vieille sagesse populaire: “Il faut que tu te présentes à eux comme Samson le nebbich (le pitoyable) !” C’est exactement le type de compromis qui doit être atteint aujourd’hui et dans les années à venir. Israël devenant un succès économique, il doit néanmoins toujours compter sur l’engagement, le soutien et la participation des Juifs de la Diaspora. Les communautés juives doivent comprendre qu’Israël est désormais un Etat viable, prospère et souverain, elles doivent le respecter et reconnaître que ses citoyens ont certains devoirs et certains droits, qui ne sont pas l’apanage de leurs frères juifs vivant à l’étranger.

 

Cela dit, il y a des domaines dans lesquels le judaïsme mondial a son mot à dire, où il mérite d’être consulté et écouté. L’un d’eux est débattu actuellement, il s’agit de l’avenir d’Eretz Israël. Cette question ne concerne pas uniquement les Israéliens, Juifs et Arabes. Elle relève de l’essence même du peuple juif, de l’existence nationale, du retour en Eretz Israël. Les Juifs ont prié pour cette terre alors qu’ils se trouvaient à l’autre bout du monde, quand elle était occupée par l’Empire ottoman, sous le Mandat britannique, lors de la présence militaire des Jordaniens, des Egyptiens, etc. En toutes circonstances, les Juifs en ont toujours rêvé et ont prié pour le retour en Eretz Israël, qui désigne précisément les régions de Judée et de Samarie aujourd’hui bradées.

 

En termes économiques, un Etat dont le budget se monte à 50 milliards de dollars environ, et dont l’économie s’est considérablement renforcée au cours de la dernière décennie, offre des possibilités d’investissements alléchantes. Théoriquement, un tel Etat pourrait se passer des traditionnelles contributions qui ont fait partie intégrante de l’aventure sioniste depuis le début du siècle. Mais est-il justifié de démanteler tout le système et de renvoyer de manière aussi cavalière les Juifs de la Diaspora ?

 

Il faut trouver un juste milieu. Les communautés juives doivent prendre conscience que l’Etat est capable d’exister sans leurs magnifiques efforts. Et les citoyens d’Israël devraient estimer ces efforts à leur juste valeur et reconnaître qu’ils ont permis la construction d’hôpitaux, d’institutions pour enfants, d’écoles, de centres de musique et de centaines d’autres projets.

 

Il y aura toujours lieu de développer des projets existants ou d’en créer de nouveaux, comme la Fondation Menachem Begin que je dirige actuellement. En dépit des excellentes statistiques économiques publiées dans les journaux, il est indéniable que des milliers de personnes vivent encore dans des conditions très précaires en Israël, comme dans les pays les plus riches du monde. Pourquoi ne pas améliorer leur sort en acceptant les efforts dévoués des coreligionnaires à travers le monde ?

 

Il faudrait créer une véritable association financière, comme celle édifiée par le biais du Projet Renouveau à l’arrivée au pouvoir de Menachem Begin. A l’époque, le gouvernement d’Israël et l’Agence juive étaient parvenus à la conclusion que les simples dons financiers des Juifs du monde entier en faveur des localités sous-développées et des citoyens défavorisés n’étaient plus suffisants; il fallait amener les diverses communautés juives à participer activement au développement de ces localités et à l’amélioration des conditions de vie des habitants.

 

 

En conclusion, je rappellerai les paroles de rabbi Akiva: “Le veau a autant besoin de lait maternel que la vache d’allaiter”.

Partager cet article
Repost0
3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 20:59

Pensées pour ma famillle

 

 

logo europe israel

 

Merci à Jean-Marc MOSKOWICZ

 

Notre partenaire Europe-Israël a écrit à tous les membres de la Commission du Dictionnaire de l'Académie Française afin que le mot "Shoah" rentre enfin dans le dictionnaire. Voici la lettre que nous avons envoyé :

  

Madame, Monsieur, Membre de la Commission du Dictionnaire de l'Académie Française,

 

L’Académie française, prestigieuse institution, s’attache tous les ans à faire entrer de nouveaux mots dans le Dictionnaire de l’Académie, se basant notamment sur l’usage fréquent et usuel de ces nouvelles entrées.

Pour la neuvième édition, votre Académie a fait rentrer quelques mots étrangers tels que « bretzel », « alaouite », « kibboutz », « amok ».

Il est un mot passé progressivement dans le langage usuel depuis la sortie du célèbre film de Claude Lanzmann le 23 octobre 1985, le mot « Shoah ».

« Shoah », ce mot hébreu ( שואה  ) qui signifie "anéantissement", mais aussi "cataclysme", "catastrophe", a été pour la première fois employé en 1944 par le juriste Raphaël Lemkin afin de désigner l'extermination des Juifs d'Europe.

Claude Lanzmann qui cherchait un titre pour son film choisit de ne pas utiliser le terme couramment employé à l’époque pour désigner l’extermination des Juifs d’Europe, le terme « Holocauste », en raison de sa connotation religieuse et sacrificielle impropre. Ne trouvant pas de titre approprié pour désigner ce qu’il appelait « la Chose », il décida d’utiliser le mot « Shoah » terme utilisé par des Rabbins après la guerre pour désigner cet évènement.

C’est ainsi que le mot « Shoah » commença à rentrer dans le langage usuel français mais aussi mondial. Il est désormais ancré profondément dans notre culture  nationale à tel point qu’il existe à Paris un Mémorial de la Shoah. Même les correcteurs orthographiques des logiciels reconnaissent le mot « Shoah »…

Aujourd’hui, le mot « Shoah » fait partie intégrante de notre langage mais aussi de notre héritage historique. L’extermination systématique par l’Allemagne Nazie des trois quarts des Juifs de l’Europe occupée est un évènement majeur du XXème siècle qui a profondément marqué les générations successives.

Le terme « Holocauste » employé tout de suite après guerre a peu à peu été abandonné en raison de sa connotation religieuse et sacrificielle

Le terme « génocide » utilisé dans les manuels scolaires pour évoquer l’extermination des Juifs est aujourd’hui largement dévoyé de toutes parts. En effet, si vous tapez dans Google le mot génocide vous trouverez 15 700 000 pages de résultats.

Or en explorant les premières pages de résultats, aucune ne parle du génocide des Juifs d’Europe. Vous y trouverez le Rwanda, le génocide Arménien et bien d’autres mais ce n’est qu’en seconde page du premier moteur de recherche mondial que l’on trouve enfin une page liant le mot génocide et l’extermination des Juifs… Signe des temps.

Le mot génocide est par ailleurs employé largement pour qualifier toutes sortes d’exactions meurtrières, banalisant ainsi comme « un génocide de plus » l’extermination systématique des Juifs en Europe occupée.

C’est pour ces raisons qu’au nom de tous les adhérents et sympathisants d’Europe Israël, mais aussi en nous faisant le « porte parole » de la communauté juive française et de tous les descendants de survivants, nous vous sollicitions afin que vous fassiez enfin entrer le mot « Shoah » dans le Dictionnaire de l’Académie française.

Ce serait ainsi un symbole fort de votre respectable Académie afin de « sacraliser » par un terme particulier cet évènement majeur de notre histoire  française et européenne. Je ne doute pas que votre prestigieuse Académie ne souhaite pas voir banaliser cet épisode douloureux de notrehistoire et ne le laissera pas tomber dans l’oubli des mémoires futures.

En vous remerciant par avance de l’attention que vous aurez donnée à cette demande, je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, Membre de la Commission du Dictionnaire, l’expression de mes plus sincères salutations.

 

Jean-Marc Moskowicz - Président de l'association Europe-Israël


Partager cet article
Repost0
3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 15:26


                              La Shoah revisitée

 

        L’Agence pour les réfugiés de guerre

                  « Trop peu, trop tard ».

                                1944-1945.

 

Marc-André Charguéraud   

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 


          

 

Début janvier 1944, Henry Morgenthau, le ministre américain des finances, rencontre le président Roosevelt. Il lui présente un rapport détaillant l’obstruction faite par certains fonctionnaires du Ministère des Affaires étrangères (Département d’Etat) aux secours et à l’accueil des Juifs d’Europe. Il informe aussi le Président du soutien apporté par la Chambre des Représentants à une motion recommandant « la création d’urgence par le Président d’une commission d’experts diplomatiques, économiques et militaires pour formuler et exécuter un plan d’action conçu pour sauver de l’extermination les survivants juifs d’Europe aux mains des nazis d’Allemagne ».

 

Roosevelt ne va pas se laisser imposer par le Parlement la mise en place d’urgence d’un si vaste plan de sauvetage. Le 22 janvier 1944, il signe un décret qui crée l’Agence pour les réfugiés de guerre, le fameux War Refugee Board (WRB). L’objectif est nettement plus limité. La motion est largement vidée de sa substance. Il évite, selon son habitude, d’employer le mot «juif».

 

Le décret interdit au WRB de prendre des mesures qui puissent gêner «la poursuite victorieuse de la guerre» ou qui  «viole les lois d’immigration américaines et anglaises, y compris celles concernant la « Palestine». Interdiction est faite au WRB de payer une rançon ou de négocier avec les Allemands directement ou indirectement. Pendant son existence, l’agence ne dépensera que la somme très modeste de $ 550 000.

 

Le WRB soulève immédiatement l’animosité du Département d’Etat qui estime qu’une partie de son autorité est usurpée. Un conflit oppose le WRB aux Britanniques qui désirent que le blocus soit strictement maintenu sur le plan financier comme sur celui de l’envoi de secours.

Dans ce contexte hostile, soumis à des contraintes qui semblent souvent irréalistes tant elles sont contraires à la mission confiée au WRB, John Pehle et sa petite équipe vont œuvrer avec courage et persévérance. 

 

Pour Arthur Morse, en un an le WRB aurait réussi le sauvetage de centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. Daniel Wyman est plus nuancé, il estime que le WRB joua un rôle capital dans le sauvetage d’à peu près 200 000 Juifs. Ce n’est pas ce que pense Bernard Wasserstein pour lequel les principales réussites du WRB semblent se situer dans le domaine de la rhétorique.

 

Le WRB n’a eu que trois représentants en Europe neutre, Iver Olsen en Suède, Roswell  Mc Clelland en Suisse et Ira Hirschmann en Turquie. Olsen a soutenu l’arrivée de Raoul Wallenberg en Hongrie, mais lui a interdit de se présenter comme envoyé du WRB. Le JOINT a assuré le financement de Wallenberg. Le WRB a obtenu que le gouvernement américain sursoie à l’application de l’embargo sur le transfert de certains secours financiers vers l’Europe. 

 

Mc Clelland en Suisse est chargé de suivre les négociations que Saly Mayer, un dirigeant juif suisse, mena avec les Allemands. Le 21 août 1944, Cordell Hull, le ministre d’Etat, envoie à Mc Celland un télégramme sans équivoque : « Si une rencontre (avec les Allemands) avait lieu, Saly Mayer devra y participer comme citoyen suisse (...) et non (je répète non) comme représentant de quelque organisation américaine que ce soit ».

 

Le jugement de Yehuda Bauer sur Hirschmann en Turquie est sans appel : « Il se pose en homme providentiel; c’est lui qui aurait tout fait. En vérité, malgré ses bonnes intentions et son énergie, ses actions de sauvetage échouèrent lamentablement ». Le Département d’Etat est ici aussi intervenu auprès de son ambassadeur à Ankara pour lui demander de limiter les activités de Hirschmann. Elles risquaient de gêner d’autres négociations plus importantes.

 

N’a-t-on pas confondu dans de trop nombreux cas des appels à intervenir avec des actions réelles de sauvetage ? C’est sur place qu’il fallait agir pour avoir une politique de secours efficace. Son absence sur le terrain a constitué pour le WRB une grave difficulté à surmonter.

 

 A défaut de pouvoir monter des opérations de sauvetage inopérantes, Pehle s’est donné pour but d’augmenter le nombre de réfugiés pouvant trouver asile en Turquie, au Portugal, en Suisse, en Espagne ou en Suède. Ces réfugiés devront être par la suite transférés outre-mer, en Afrique du Nord, Palestine, Amérique du Nord et du Sud, afin de faire place à de nouveaux arrivants des pays occupés par les nazis.  Le WRB demande alors aux gouvernements des pays neutres en Europe de faire savoir qu’ils sont prêts à accueillir tous les réfugiés dès qu’ils arrivent à leurs frontières. L’Agence assure ces puissances qu’elle subviendra aux besoins de ces nouveaux réfugiés et se chargera aussitôt que possible de leur évacuation. Ces promesses sont restées sans lendemain, l’Agence n‘ayant ni l’autorité ni les ressources financières nécessaires pour s’engager formellement.

 

Parallèlement, Pehle approche sans succès les pays du Commonwealth britannique et ceux d’Amérique du Sud pour qu’ils ouvrent leurs portes aux réfugiés. La réponse du Nicaragua est symptomatique : il n’autorisera l’entrée des réfugiés qu’ « aux mêmes conditions que les Etats-Unis et en nombre proportionnel à la population respective des deux pays ». La question est close. Il est hors de question que le WRB demande au gouvernement un assouplissement des sacro-saintes lois américaines sur l’immigration.

 

Deux possibilités d’accueil de réfugiés auraient pu donner un nouveau souffle au WRB. En avril 1943, la Conférence des Bermudes décide l’installation d’un camp pour les réfugiés en Afrique du Nord à Fedhala. Les premiers réfugiés y arrivent en mai 1944. Ils ne seront que 630, un nombre qui ne correspond pas aux besoins. Il aurait fallu qu’un représentant du WRB soit présent en Espagne pour assister les nouveaux arrivés qui sont internés dès leur arrivée dans l’horrible camp espagnol de Miranda. Carlton Hayes, l’ambassadeur américain à Madrid, s’y oppose sous prétexte que cela entraverait son programme de sauvetage des prisonniers de guerre. Le WRB n’est pas soutenu par Roosevelt qui dès la création du camp écrit : « Je me pose la question au sujet de l’envoi d’un grand nombre de Juifs. Ce serait très imprudent ».

 

En mars 1944, un directeur du Département d’Etat propose à Pehle de créer un refuge temporaire pour les victimes potentielles des nazis qui auraient pu s’enfuir. L’opinion publique s’enflamme pour ce projet de « Ports francs pour les réfugiés ». Roosevelt en bon politique suit le mouvement. Mais ne voulant pas risquer des reproches du Congrès, il limite le nombre d’arrivant à 1 000. Ils ne seront que 983 dont 818 Juifs à arriver. Une opération au potentiel d’envergure aboutit à ce score dérisoire mettant un terme à ce qui aurait pu constituer pour les WRB une activité concrète.

 

« La conclusion est certaine, le WRB ne fut que l’expression du soutien moral et politique de l’administration pour sauver les Juifs avec des moyens juifs ». Ce jugement de Yehuda Bauer est sans concession. Il mérite une explication. Pourquoi Roosevelt a-t-il attendu janvier 1944 pour lancer le WRB alors que 85% des Juifs qui sont morts pendant la Shoah ont disparu ? Pourquoi ne pas avoir soutenu Pehle et son équipe et rappelé à l’ordre son Département d’Etat ? La réponse est simple : le Président n’a jamais souhaité qu’une telle agence soit créée au profit des réfugiés. Il ne l’a mise en place que sous la pression de l’opinion publique et de la Chambre des Représentants.

 

Il n’en reste pas moins que pour les survivants juifs, dans la mesure où ils en ont été informés, la mise en place et les activités du WRB ont eu un impact positif sur leur moral, même s’ils n’ont pas constaté de résultats pratiques. Enfin l’Amérique s’intéresse à leur sort, reconnaît leur calvaire et intervient.

 

Contacts et commentaires à : a.chargueraud@gmail.com

Trouvez sur mon blog : La Shoah revisitée (http://la.shoah.revisitee.org) d’autres articles récemment publiés.

 Copyright Marc-André Charguéraud. Genève. 2011

FINGER Seymour, M. ed.American Jewry during the Holocaust, New York, Holmes and Meier, 1984, annexe 6, p.3.

BRAHAM Randolph, The Politics of Genocide, The Holocaust in Hungary, Columbia University Press, New York,1981, p. 1103. BAUER Yehuda, An History of the Holocaust, Franklin Watts, New York, 1982, p. 414. Pour la Palestine, il s’agit du quota annuel d’immigration décidé par la Grande Bretagne, puissance qui dirige la Palestine à la suite du mandat qui lui a été confié par la Société des Nations.

PINSKY Edward D,  Cooperation among American Organisations in Their Efforts to Rescue European Jewry during the Holocaust, 1939.1945, New York University Press, 1980, p. 13.

WASSERSTEIN Bernard, Britain and the Jews of Europe, 1939-1945, Clarendon, Oxford, 1979, p. 323.

MORS Arthur D, While Six Millions Died : a Chronicle of American Apathy, The Overlook Press, Woodstock, New York 1983, p.. 381.

WYMAN David, L'abandon des Juifs. Les Américains et la solution finale, Flammarion, Paris, 1987,  p. 368.

WASSERSTEIN  Bernard in FURET Francois, ed. L'Allemagne nazie et le génocide Juif, Gallimard, le   Seuil, Paris, 1985, p. 363. Tous sont des historiens de renom de la Shoah.

JOINT, la grande organisation caritative de l’American Jewish Committee. D’autres transferts des Fonds du JOINT eurent lieu vers l’Europe en cette dernière année complète de guerre.

  BAUER Yehuda,  American Jewry and the Holocaust : The AJJDC 1930-1945, Wayne State University Press,  Detroit , 1981, p. 414. Saly Mayer représentait le JOINT en Suisse.

Yehuda BAUER a étudié en détail les « tractations » turques.

BAUER Yehuda, Juifs à vendre : Les Négociations entre nazis et Juifs,  1933-1945, Liana Levi,  Paris, 1996, p. 256.

OFER Françoise, Ces Juifs dont l’Amérique de voulait pas, 1945-1950, Editions Complexes, Paris, 1995, p. 270.

MORS, Op. Cit. p. 314.

Turquie, Portugal, Suisse, Espagne, Suède.

WYMAN, Op. Cit. 1987, p. 275.

MORS, Op. Cit. p. 341.

AVNI Haim, Spain, the Jews and Franco, The Jewish Publication Society of America, Philadelphia, 1982, p. 101.

IBID.  p. 118.

BREITMAN Richard et KRAUT Alan, American Refugee Policy and European Jewry , 1933-1945,  Indiana University Press, Bloomington 1987, p. 199.

BAUER, Op. Cit. p. 407.

HILBERG Raul, La destruction des Juifs d'Europe, Fayard, Paris, 1988, p. 1046. Pourcentage calculé à partir du tableau B3.

Partager cet article
Repost0
18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 07:48

Le Mrax zappe le génocide juif

Dans ses nouveaux statuts, le Mrax ne fait plus référence à la défense de la mémoire des victimes du nazisme pour lequel il avait été créé, après la Seconde Guerre mondiale.

levif.rnews.be/fr

 

© Mrax.be

 

Le rapport de l’assemblée statutaire du Marx (Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie) du 27 juin 2010, déposée au greffe du tribunal de première instance de Bruxelles, le 30 décembre 2010, révèle que l’objet social du Mrax a été modifié. Dans l’ancienne version de l’article 2 de ses statuts, l’association était sensée contribuer « à la défense de la mémoire des victimes de persécutions racistes, commises notamment sous le nazisme ». La nouvelle version indique la volonté du Mrax de défendre « la mémoire des victimes de persécutions racistes, commises notamment lors d’un génocide ».

Zappée, la Shoah. Oublié, le vécu douloureux des anciens du Mrax, des résistants et des communistes de l’après-guerre souvent d’origine juive. Généreusement, ils voulaient fédérer tous ceux « qui entendent s’opposer aux discriminations, aux haines, aux préjugés fondés sur une prétendue race, la nationalité, la langue, la culture, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la confession ou les convictions philosophiques ». Ils prônaient « l’amitié et la paix entre les peuples » et promouvaient « l’égalité et la fraternité entre les êtres humains ». Ces beaux mots sont restés dans la version 2010 des statuts du Mrax. Sauf la référence à la Shoah.

Cet oubli s’inscrit dans une démarche de concurrence des victimes, qui a percolé jusque dans les Assises de l’interculturalité, lancées par la ministre de l’Egalité des chances, Joëlle Milquet (CDH). Dans leur rapport, déposé en novembre 2010, les Assises recommandaient de modifier la loi de 1995 réprimant le négationnisme du génocide commis par le régime nazi, soit disant pour y intégrer la lutte contre d’autres formes de négationnisme. Les génocides arménien et tutsi sont historiquement et politiquement reconnus. Mais après ? Le drame palestinien et la traite négrière pourraient-ils être qualifiés de « génocides », comme le réclame une extrême gauche identitaire ? La ficelle était grosse. La ministre Milquet s’est désolidarisée des Assises sur ce point, après sa rencontre avec les plus hauts représentants de la communauté juive de Belgique.

MARIE-CECILE ROYEN

Partager cet article
Repost0
13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 22:13

VENDREDI 11 FÉVRIER 2011

Photos ensevelies du ghetto de Łódź – Henryk Ross

http://www.veroniquechemla.info/2011/02/photos-ensevelies-du-ghetto-de-odz.html

 
Le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD) présente l’exposition éponyme de l’agence Vu : 41 photographies d’Henryk Ross (1910-1991), « miraculeusement conservées », et qui « dévoilent la vie » du ghetto de Łódź (Pologne) « dans ses moments les plus intimes et les plus dramatiques ». Environ 95% des Juifs du ghetto seront assassinés lors de la Shoah (Holocaust), dans les camps d’Auschwitz et de Chelmno.
En 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, Łódź est « la plus grande ville industrielle de Pologne ». Une activité qui se concentre essentiellement sur le textile.
160 000 Juifs dans le ghetto de Łódź
« Comme dans de nombreuses villes d’Europe centrale » occupée par le IIIe Reich allemand, les nazis créent un ghetto à Łódź dès février 1940 : c’est « le premier dans l’ordre chronologique et le second, après celui de Varsovie, par l’importance numérique », a rappelé Primo Levi (1919-1987), chimiste et écrivain italien survivant d’Auschwitz.
Dans le ghetto de Łódź, sont alors enfermés 160 000 Juifs.
Dissous à l’automne 1944 – 75 000 Juifs y survivaient alors -, ce ghetto a duré plus de quatre ans, soit « la plus longue existence ».
Cette longévité s’explique par « l’importance économique du lieu organisé en camp de travail et la personnalité de son président, le doyen Haïm Rumkovski », chef du Judenrat, et personnage critiqué, controversé, placé sous l’autorité du dirigeant nazi Hans Biebow.
Cette exceptionnelle durée a permis que nombre de Juifs témoignent, par des écrits - Chroniques quotidiennes du ghetto de Łódź (environ 6 000 pages) rédigées par des membres du Département des archives - ou par des photographies – « troublantes images » d’Henryk Ross, rare survivant du ghetto - de leur vie quotidienne difficile.
La quasi-totalité des Juifs du ghetto sera déportée vers les camps de Chelmno et d’Auschwitz. Rumkovski sera gazé à son arrivé au complexe concentrationnaire d’Auschwitz.
Témoignages d'Henryk Ross
Juif polonais, Henryk Ross est, avec Mendel Grossman, « à partir de 1940 le photographe officiel du ghetto, chargé de faire des photographies d’identité et de propagande pour le département des statistiques ».
Parallèlement, pendant quatre ans et de manière clandestine, il réalise aussi des milliers de photographies sur la vie quotidienne dans le ghetto.
Scènes saisies à la hâte ou posées. Photos « terribles des pendaisons », de la famine et des déportations, ainsi que moments de « joie ou de bonheur : couple d’amoureux, famille unie, mère embrassant son enfant, jeunes gens se jouant de la perspective pour le plaisir du photographe ».
La quarantaine de photographies présentées au CHRD « vibrent de stupeur et d’enseignement : elles nous dévoilent la géographie du ghetto, le fonctionnement d’une société recomposée au travail et sous contrôle ; elles nous renseignent sur les mécanismes de l’extermination et nous transmettent enfin une part de cet espoir, de ce souffle vital qui « malgré tout » permet d’entretenir l’idée que la lutte pour la survie peut avoir un sens ».
Ce sont des témoignages exceptionnels, surprenant – épouvantail portant l’étoile juive -, parfois troublants – des enfants Juifs jouent aux gardiens du ghetto, transposant les relations dures infligées par les Nazis -,
Une publication intégrale tardive
Apprenant la liquidation du ghetto de Łódź ordonnée par le Reichsführer et ministre de l’Intérieur Himmler, Henryk Ross enterre tous ses tirages, négatifs et documents.
Après la libération de Łódź par les troupes de l’Armée rouge, il « déterre ses images » et choisit « de n’en publier que quelques-unes parmi les plus dramatiques ».
Henryk Ross fait son aliyah en Israël en 1950.
Certains de ses témoignages photographiques seront publiés et montrés, notamment lors du procès d’Adolf Eichmann ». Il « redoutait en effet de livrer une vision inattendue de ce qui fut le « mouroir de l’Europe », selon l’expression d’Oskar Rosenfeld ».
Il y meurt en 1991.
En 1997, son fils donne ces photographies à une fondation privée britannique, The Archive of Modern Conflict (Londres), afin que soient diffusées toutes les photographies d’Henryk Ross, soit 6 000 clichés et négatifs.
Cent vingt de ces photographiesont été publiées par l'éditeur Chris Boot avec un commentaire de Thomas Weber et Robert Jan van Pelt, et montrées en 2005 au Centre régional d’action culturelle (CRAC) de Valence lors de l’exposition Documents inédits du ghetto de Łódź.
Actuellement, ces tirages, notamment les plus heureux des habitants Juifs du ghetto avant leur assassinat lors de la Shoah, subissent l’érosion du temps. « Comme si l’état de conservation de ces clichés faisait partie intégrante de leur histoire »…
Jusqu’au 13 février 2011
 

Espace Berthelot
14, avenue Berthelot. 69007 Lyon
Tél. : 04 78 72 23 11
Du mercredi au vendredi de 9 h à 17 h 30
Du samedi au dimanche de 9 h 30 à 18 h
Visite commentée le 13 février 2011

Visuels de haut en bas © Exhibition Henryk Ross/ Courtesy Archive of Modern Conflict/Chris Boot Ltd/ Agence VU
Affiche : Mère embrassant son enfant, ghetto de Łódź (Pologne)
La ghettoïsation, dès le mois de mai 1940, s’accompagne de la mise au travail forcée, Łódź (Pologne)
Enfants du ghetto réunis à l’occasion d’une réception organisée par les parents des plus riches d’entre eux, Łódź (Pologne)
Scène de déportation, le « quota de Juifs du jour » est conduit à la voie de garage du chemin de fer de Marysin, ghetto de Łódź (Pologne)


Les citations de l'article sont extraites du communiqué de presse.

Sur ce site concernant la Shoah (Holocaust)
Reportage
La conférence « islamiquement correcte » de lancement du projet Aladin
Mon interview par Radio Chalom Nitsan le 25 mars 2010

Expositions
Felix Nussbaum, Osnabrück, 1904-Auschwitz, 1944
Alfred Nakache, le nageur d’Auschwitz
Filmer les camps, John Ford, Samuel Fuller, George Stevens de Hollywood à Nuremberg
Hommage au peintre Ben-Ami Koller
« Hélène Berr, une vie confisquée »
La Splendeur des Camondo de Constantinople à Paris (1806-1945)
La solidarité juive, 200 ans d’action sociale, du Comité de bienfaisance israélite de Paris à la Fondation Casip-Cojasor
TIM
Heroes, Freaks and Super-Rabbis. The Jewish Dimension of Comic Art
Izis, Paris des rêves
Le peintre Charles Lapicque (1898-1988)
La dame du Jeu de Paume, Rose Valland sur le front de l'art

Films
« Auschwitz, premiers témoignages » d’Emil Weiss
« La Croix-Rouge sous le IIIe Reich, histoire d’un échec » de Christine Rütten
« Quand les nazis filmaient le ghetto » de Yael Hersonski
« Enfants de l’Holocauste – Le refuge de Blankenese » de Raymond Ley
« La croix gammée et le turban, la tentation nazie du grand mufti » de Heinrich Billstein
« Le Maghreb sous la croix gammée » de Bill Cran et Karin Davison
« Les otages d’Entebbe - Le combat d’Israël contre le terrorisme » de Thomas Ammann

 
« Sous le chapiteau des Pauwels » d’Agnès Bensimon 
« Ronald Reagan, l'enfance d'un chef » d’Antoine Vitkine

Livres
« La lettre de mon père, une famille de Tunis dans l’enfer nazi » de Frédéric Gasquet
« Un devoir de mémoire » de Michel Gurfinkiel
« Sur le chemin de la nature enfouie » de Jean-Claude Snyders
« Je veux revoir maman » d’Alain Vincenot
« Les larmes de la rue des Rosiers » d'Alain Vincenot
« Une amitié espagnole » d’Ilan Greilsammer
L’affaire Finaly (1945-1953)

Musique
« Darius Milhaud et sa musique, de la Provence au monde » de Cécile Clairval-Milhaud
Radical Jewish Culture, scène musicale New-York
« La force de la musique, la famille Wallfisch » de Mark Kidel 
« Ima ou la mère dépossédée » de Serge Kaufmann
« L’Empereur de l’Atlantide », de Viktor Ullmann et Peter Kien
Partager cet article
Repost0
10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 19:52

 

http://endirectdejerusalem.com/wordpress/

 

Le Blog de Katy Bisraor Ayache

 

 

Charansky il y 25 ans

Il y a 25 ans, Anatoly Nathan Charansky arrivait à l’aéroport Ben Gourion. Après 9 ans dans les prisons du goulag soviétique, 400 jours de cachot, de froid, de faim, après dix ans de manifestations à travers le monde, celui qui était devenu le symbole de la lutte obstinée de l’homme juif, le symbole de la volonté du peuple juif de vivre libre, arrivait en Israël. C’était le 11 février 1986 et Israël était alors en liesse.

Empêtré dans le quotidien et les scandales souvent peu glorieux de l’Etat d’Israël de 2011, j’ai pensé qu’il fallait parfois se rappeler ces dates historiques pour ne pas oublier notre raison d’être sur cette terre.  

Quelques semaines après son arrivée en Israël, nous avions invité Charansky pour une émission spéciale. ( Sur la photo, à la sortie du studio de la radio à Jérusalem avec Tal et mes parents, qui étaient venus spécialement pour serrer la main à Charansky).                                    

Tal avait trois ans, et Nathan Charansky en la regardant, m’avait dit, “ Moi aussi j’aurai bientôt un bébé. Israël, c’est d’abord le droit à la normalité.”

 

Crédit Photos   Naty Hernik – Governement Press Office

Partager cet article
Repost0
7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 13:28
Les résistances juives en France pendant l’Occupation

mercredi 2 février 2011

http://un-echo-israel.net/Les-resistances-juives-en-France

Georges Loinger

Broché : 270 pages 
Editeur : Albin Michel (24 novembre 2010) 
Collection : BEAUX LIVRES 
Langue : Français 
ISBN-10 : 2226181865
ISBN-13 : 978-2226181862

Présentation de l’éditeur

Né en 1910, Georges Loinger a traversé le XXe siècle. Grande figure de la résistance juive, il témoigne de la réalité de l’engagement des Juifs contre l’occupant et le gouvernement de Vichy. Grâce à son exceptionnelle mémoire, il retrace l’histoire des réseaux juifs de sauvetage et rend hommage aux Justes, reconnus ou anonymes ; sans leur aide, dispensée sur l’ensemble du territoire, les arrestations et les déportations auraient été beaucoup plus nombreuses.

Biographie de l’auteur

Né en 1910 dans une famille juive de Strasbourg, Georges Loinger grandit dans une Alsace qui est allemande jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. Après des études d’ingénieur, il se rend à Paris pour devenir professeur d’éducation physique et sportive. C’est le docteur Joseph Weill qui l’a convaincu de la nécessité d’aguerrir la jeunesse juive afin de la préparer à la lutte pour la survie du peuple juif déjà persécuté outre-Rhin par les nazis. Parallèlement, son épouse, Flore, prend en 1937 la responsabilité d’un home d’orphelins juifs réfugiés d’Allemagne, au château de la Guette, où la baronne de Rothschild les accueille. Mobilisé en 1939, Georges Loinger rejoint le 172e régiment d’infanterie de Strasbourg. Prisonnier de guerre, il est interné en Bavière au Stalag 7A d’où il s’évade en 1941 pour rejoindre sa femme en France occupée : c’est ainsi qu’il traverse l’Allemagne nazie en échappant à de nombreux contrôles. Il rejoint alors la Résistance nationale ; envoyé par le réseau Bourgogne à Megève, à l’école de formation des chefs des Compagnons de France, il obtient des papiers officiels qui lui permettent de se déplacer à travers la France. Historienne, spécialiste de la Résistance juive, notamment du sauvetage des enfants, Sabine Zeitoun a dirigé le Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation à Lyon, de 1990 à 2001.

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis