Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 23:19


Par Aschkel

Sources antiquities.org.il et EoZ

 

Cliquez sur les photos pour les aggrandir

Les archéologues israéliens ont dévoilé mercredi les restes d'une église de l'époque byzantine sous laquelle on pense trouver le tombeau du prophète Zacharie.

Les sols en mosaïques sont relativement bien conservés, les reste de cette églises ont été trouvés sur les pentes d'une des collines de Judée nommée Horbat Midras, site d'une communauté juive de l'époque romaine au sud-ouest de Jérusalem.

 

Sous la première couche on en trouve une deuxième datant de l'époque romaine, avec un complexe de grottes dans lequel les archéologues pensent pouvoir identifier un tombeau comme pouvait être celui de Zacharie. Comme toujours les structures byzantines ont été construites sur des structures romaines existantes.

Les chercheurs pensent qu'en fait cette église a été bâtie comme site commémoratif pour marquer la tombe du prophète selon les Autorités des antiquités Israélienne.

 

Les recherches se poursuivent à l'aide du décryptage des mosaïques..

Célèbre carte de Madaba - Jérusalem - on voit la route transversale

En février 2010, les archéologues grâce à la carte de Madaba avaient retrouvé une route travaersant Jérusalem.

 

Une carte qui en fait est grande - fragment qui positionne la ville d'Aschkélon

 

Partager cet article
Repost0
3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 14:34

 

 

Une délégation musulmane à Auschwitz

Mots clés : POLOGNE, Auschwitz 

Par Cécilia Gabizon

Figaro, 03/02/2011

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/02/02/01016-20110202ARTFIG00674-une-delegation-musulmane-a-auschwitz.php

 

 


Mustafa Ceric, le grand mufti de Bosnie, au camp d'Auschwitz. 

REPORTAGE - D'éminentes personnalités venues du monde entier se sont rendues mercredi dans l'ancien camp de la mort.  

 

On croit connaître Auschwitz. La Shoah. Puis voilà le portail, les baraques alignées en brique, presque tranquilles sous le soleil glacé de la Pologne. La mort bouillonne ailleurs. «Si vous pouviez ouvrir ma tête: tout y est intact, l'odeur, les cris, les corps décharnés couverts de plaies», lance Ginette Kolinka, rescapée. «Ne vous fiez pas à ce décor. Il n'y avait pas d'herbe, nous l'aurions mangée. Ce n'est pas le camp que j'ai connu.» Autour d'elle, des personnalités marocaines, égyptiennes, palestiniennes, irakiennes écoutent, mutiques, glacées.

Pour la première fois, mardi, une délégation exceptionnelle, composée de ministres, de maires, d'universitaires, de religieux, venus du monde arabe, de l'Afrique, de la Turquie, de l'Orient a visité le camp d'extermination. Ils étaient invités par des Français, réunis dans le projet Aladin et aidés par l'Unesco. Ces idéalistes tentent de réconcilier deux mondes qui se sont côtoyés durant des siècles au Maghreb, en Orient, avec beaucoup de proximité et autant d'ambivalences. Depuis, le conflit israélo-palestinien attise les braises et une «littérature négationniste a fleuri dans ces pays», assure l'ancien ambassadeur de France, Jacques Andréani, devenu membre d'Aladin. «Pour lutter contre la haine et l'ignorance, nous avons commencé par traduire Anne Franck et Primo Levi en arabe, en farsi, en turc», raconte Anne-Marie Revcolevschi, qui préside Aladin. Les livres sont en ligne. D'Iran, de Jordanie, de Tunisie, ils sont des milliers à les télécharger. Le voyage à Auschwitz est venu plus tard: «Ce n'est pas une fin en soi. Mais il est nécessaire, pour comprendre la spécificité de l'holocauste, pour comprendre les Juifs.»

Appréhender l'horreur

Auschwitz pleure sans bruit. Le froid fige tout. Il faut s'isoler pour distinguer les fantômes autour des ruines. Les chambres à gaz ont été détruites par les nazis avant qu'ils n'abandonnent le camp où 1 million et demi de personnes, juifs pour la plupart, ont été tuées. On ne voit plus que des escaliers effondrés, qui conduisaient vers les douches de la mort, le gaz, vingt minutes d'agonie. «Certains tentaient encore de graver leur nom sur les murs.» «Et j'entends encore, chaque jour, leur ultime chant, celui du désespoir et de la foi mêlés, le shema Israel», se souvient Samuel Pisar, sorti vivant de ces ténèbres.

«C'est terrible», lâche alors Ndirio Ndiaye, ancienne ministre sénégalaise. «C'est incroyable que tout cela ait pu arriver. Cela nous rappelle l'esclavage et de quoi l'homme est capable», commente-t-elle, enroulée dans une couverture rouge, distribuée par les organisateurs. Les sommités ont l'air de réfugiés sous leurs capes improvisées. Le maire de Cotonou, ancien président du Bénin, Nicéphore Soglo, tente de s'abriter, lui aussi, sous son tissu rouge. Il marche dans Auschwitz, absorbé. Il pense lui aussi aux esclaves. Amin Bakhtiar, ancien ministre irakien d'origine kurde, raconte lui son peuple et les persécutions, comme si chacun ne pouvait appréhender l'horreur qu'à l'aune de son propre malheur. L'Égyptienne Amira Mostafa, qui dirige un centre pour les droits de l'homme (Arab Word Center for Democratic Development), évoque «l'expulsion des musulmans» par les rois catholiques espagnols en 1492 pour «comprendre cette souffrance». Et se dit prête à évoquer le génocide des Juifs en Jordanie où elle vit: «Pas de problème à condition de parler des autres génocides, des Ouïgours, des Palestiniens, des Cambodgiens…», lance-t-elle. «Tous les génocides sont terribles. Celui des Juifs n'est pas différent, c'est une question de nombre…», dit-elle sans réaliser combien elle heurte les victimes d'une extermination programmée. «Tout n'est pas comparable, mais ce n'est pas grave, c'est un début», assure l'écrivain israélien A. B. Yehoshua. «C'est la présence de cette délégation qui compte. Ils sont courageux d'être venus.»

Étrangers à cette tragédie 

«La Shoah n'était pas mon histoire, a reconnu Mustafa Ceric, le grand mufti de Bosnie, au cours des commémorations. Et puis nous avons eu Srebrenica. Des gens normaux se sont transformés en bourreaux.» Comme dans cette Allemagne si civilisée. «Ces gens qui écoutaient de l'opéra et embrassaient leurs enfants le soir avant de dormir», dira le grand rabbin et ancien rescapé Israël Meir Lau. Au cœur de l'Europe éclairée, quelques fous ont voulu éliminer un peuple. Avec méthode et efficacité, ils ont industrialisé la mort. Au printemps 1944, alors que la guerre était presque perdue pour les nazis, quelque 500.000 Juifs hongrois ont été engloutis à Auschwitz en trois mois. 8000 morts par jour, l'air chargé de cendres. Et pourtant le grand mufti de Bosnie s'en fichait jusqu'à Srebrenica. Désormais, «je suis là pour dire à ceux qui nient l'Holocauste à Auschwitz et à ceux qui nient le génocide à Srebrenica qu'ils sont en train de commettre aussi un génocide». Tous acquiescent, même si beaucoup restent étrangers à cette tragédie. «Ils n'y ont pas participé», reconnaît Anne-Marie Revcolevschi. «Elle leur paraît parfois aussi lointaine que le massacre des Indiens pour nous.» Et pourtant, murmure David de Rothschild, «Auschwitz est notre histoire à tous».

 

Partager cet article
Repost0
3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 00:23
Dossier du mois DOCAS Banner Sacha 1

Les "Palestiniens" face à leur histoire :

la responsabilité du Haut Comité Arabe dans l'exode des Arabes de Haifa

 

Sources: Efraim Karsh: The Arab-Israeli Conflict. The Palestine 1948 War. Oxford, Osprey, 2002; Palestine betrayed. Yale University Press, 2010.

 

 

Par Sacha Bergheim

Pour © 2011 contrecourant1© 2011 aschkel.info et © 2011 lessakele

 

 

 

 

 

1.  Sacha Bergheim- Les palestiniens face a leur histoire – Dossier du Mois 02/01/2011-© 2011 contrecourant1© 2011 aschkel.info et © 2011 lessakele

La suite

Les arabes de Haifa- S.Bergheim-Dossier du mois Les arabes de Haifa- S.Bergheim-Dossier du mois  

À retenir...

 

 La population arabe de Haifa est passée d'environ 60 000 habitants en 1947 à environ 3 000 en 1948.

 Plus de la moitié ont quitté la ville à partir de novembre 1947, soit environ six mois avant la prise de contrôle de la ville par la Haganah.

 Les représentants locaux du Haut Comité Arabe ont exigé l'organisation par les Britanniques du départ volontaire de la population arabe restante (environ 20 000 habitants) les 21-22 avril 1948 sur instruction explicite du Comité Arabe établi au Caire.

 Les autorités juives ont appelé sans relâche la population arabe à rester car la coexistence impliquait la reconnaissance et la légitimité du projet sioniste.

 Les autorités arabes sont responsables de l'exode des Arabes déplacés originaires de Haifa, ce qui discrédite l'accusation de nettoyage ethnique.

Partager cet article
Repost0
30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 11:48

 

 

               Les neutres retardent la victoire

 

 

                           Chaque jour supplémentaire de guerre

                       condamne à mort un millier de Juifs

 

Copyright Marc-André Charguéraud. Genève. 2011

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info 



Quatre pays neutres, la Suède, le Portugal, l’Espagne et la Turquie ont livré à l’Allemagne pendant la guerre des matières premières essentielles à son industrie d’armement. « L’existence même de l’Allemagne dépendait de l’importation du minerai de fer de haute qualité suédois », écrit William Shirer dans son ouvrage monumental sur le IIIème Reich.[1] Les Alliés ont compris dès le début de la guerre l’importance vitale de ce minerai suédois pour la production de matériel militaire allemand. En avril 1940 le débarquement franco-britannique qui échoue à Narvik, petit port septentrional de Norvège, a été organisé pour « couper la route du fer ».

 

La Turquie a livré presque 100% des besoins allemands de chrome. Albert Speer, ministre de l’Armement, écrit à Hitler en novembre 1943 : «Si les livraisons de Turquie sont interrompues, nos stocks de chrome ne suffiront que pour cinq à six mois. La fabrication d’avions, de tanks, de véhicules à moteur, de sous-marins et de pièces d‘artillerie devra cesser dans les trois mois qui suivront».

 

Les experts alliés ont conclu que si l’Allemagne manquait de wolfram, le minerai qui raffiné donne du tungstène, son industrie de machines-outils et ses capacités de production d’acier spéciaux pour le blindage, l’armement lourd et les moteurs d’avion, cesseraient dans les trois mois. Le Portugal et l’Espagne fournissaient 90% des besoins allemands.  En janvier 1944, le ministre espagnol du Commerce et de l’Industrie estime impossible de refuser à l’Allemagne une matière première qui « a une valeur exceptionnelle en temps de guerre ». De son côté, Antonio Salazar, le chef d’Etat du Portugal, reconnaît au début 1944 que refuser le wolfram aux Allemands « réduirait leur puissance et que la guerre en serait raccourcie ».

 

Devant un tel consensus, tout aurait dû être mis en œuvre pour faire cesser ces livraisons indispensables de matières premières. Avancer la fin de la guerre de mois, même quelques semaines de guerre, aurait sauvé un grand nombre de vies. Il ne faut pas oublier que pendant la dernière année de la guerre, parmi les victimes civiles et militaires, on compte plus de 10 000 Juifs chaque semaine.

 

En avril 1944, Cordell Hull, le ministre des Affaires étrangères US, met en garde les neutres : « Nous ne pouvons plus donner notre assentiment à ces nations qui bénéficient des ressources des pays alliés et, en même temps, contribuent à la mort de troupes dont le sacrifice protège pourtant leurs vies autant que les nôtres ». En octobre 1944, Winston Churchill s’insurge : « Je considère que c’est la dernière chance pour les Suédois de sauver leur réputation face au monde. Il y a quelques mois, ils pouvaient plaider l’effroi. Maintenant ils n’ont plus d’excuses, si ce n’est l’égoïsme calculé dont ils ont fait preuve dans les deux guerres contre l’Allemagne ».

 

Malgré de nombreuses pressions alliées, les livraisons de matières premières stratégiques à l’Allemagne vont continuer, bien qu’à un rythme plus faible. Les exportations du minerai de fer suédois ne cessent qu’en novembre 1944. Celles du chrome de Turquie en avril. Pour celles de wolfram du Portugal et d’Espagne, il faut attendre la Libération de la France qui en août arrête tout trafic vers l’Allemagne. Des chercheurs britanniques, qui ont étudié la question depuis, concluent qu’« à aucun moment de la guerre l’Allemagne n’a été affaiblie de façon décisive par des pénuries dues uniquement au blocus ».

 

Malgré l’enjeu décisif, les Alliés ont adopté une « politique de douce conciliation » qui n’a pris fin que lorsque l’étau des armées alliées s’est resserré sur l’Allemagne, constate Henry Simpson, ministre de la Guerre américain, dans un mémorandum daté du 22 juin 1944. Est-ce parce que, comme le montre l’histoire officielle britannique, il y avait entre Alliés  « d’importantes incompatibilités de buts et d’humeurs… chaque partie étant tour à tour exaspérée ou encouragée par l’autre à prendre de nouvelles initiatives » ?

 

Les Alliés ont cru pouvoir persuader les neutres de réduire leurs exportations vers l’Allemagne en les menaçant financièrement. La Déclaration de Londres du 5 janvier 1943 sur la nullité de transactions commerciales avec l’ennemi, ou la déclaration du 22 février 1944 de la non validité des paiements reçus avec de l’or volé par les puissances de l’Axe n’eurent malheureusement aucune influence sur le volume des exportations.

 

Il aurait fallu intervenir de manière plus directe. Les Alliés approvisionnent les neutres en pétrole, caoutchouc, produits chimiques et céréales, des matières premières que ces pays ne peuvent se procurer ailleurs. Ils ont craint qu’un embargo sur ces produits de première nécessité n’entraîne ces neutres vers une collaboration renforcée avec l’Allemagne. En 1943, on voit mal ce qu’ils peuvent apporter de plus à l’ennemi. Et comme l’écrit l’historien suédois Stephen Koblik : « tous les doutes concernant l’issue de la guerre disparurent dans l’esprit des dirigeants politiques après le mois de novembre 1942 ».

 

Les neutres ont plaidé la peur de représailles militaires allemandes s’ils cessaient les approvisionnements. Un argument sujet à caution. Le 13 octobre 1940, lors d’une rencontre à Hendaye restée célèbre, le général Franco refuse le passage de la Wehrmacht pour se saisir de Gibraltar. L’Espagne alors à bout de souffle tient tête au Führer au zénith de sa gloire et de sa puissance. Les risques d’une intervention allemande sont pour le Caudillo bien plus faibles trois ans plus tard. En 1943, une conquête de la Suède par les Allemands est devenue très hypothétique, étant données leurs difficultés majeures rencontrées ailleurs et l’hypothèse d’affronter 400 000 Suédois entraînés et bien armés.

 

Le Portugal n’a pas plus à craindre. N’a-t-il pas, en 1943, accordé aux Alliés l’implantation d’une base aéronavale de première importance aux îles Açores en plein Atlantique sans que Berlin ne se manifeste? Sans aller jusqu’à débarquer dans un pays neutre, comme ce fut le cas en Norvège en 1940, les Alliés auraient, semble-t-il, pu envisager des mesures plus radicales, étant donnée l’importance capitale de ces matières premières dans l’issue de la guerre.

 

Une possibilité parmi de nombreuses autres aurait été de couler les cargos suédois qui transportaient les dizaines de milliers de tonnes de minerai de fer suédois à travers la Baltique. Les Alliés avaient, dès 1943, la maîtrise de l’air comme en attestent les bombardements massifs de Hambourg. Mais on ne réécrit pas l’histoire à partir d’hypothèses. Il n’en reste pas moins que l’on peut se poser la question de ce qui apparaît comme une série d’occasions manquées par les Alliés. Il aurait fallu faire cesser un seul de ces trafics pour mettre la machine de guerre allemande en péril et renforcer la probabilité d’une victoire plus rapide. Quant aux Neutres, conscients dès 1943 que l’Allemagne allait perdre la guerre, ils ont néanmoins continué leurs exportations pour remplir leurs caisses au prix d’un nombre très élevé de victimes.

 

 Copyright Marc-André Charguéraud. Genève. 2011

 

Contact : a.chargueraud@gmail.com

SHIRER William, Le IIIème Reich, Stock, Paris, 1990, p. 716.

EIZENSTADT Stuart, US and Allied Wartime and Postwar Relations and Negociations with Argentina, Portugal, Spain, Sweden and Turkey. US Governement, June 1998. p. 11.

IBID. p. 34.

IBID. p. 11.

EIZENSTADT Stuart, Le rapport Eisenstadt, Le Nouveau Quotidien, Lausanne, 1997, p. 40.

LEVINE Paul, From Indifference to Activism, Swedish Diplomacy and the Holocaust, 1938-1944. Acta Universitatis Upsaliensis, Uppsala, 1996, p. 70.

EIZENSTADT 1998, p. 133, 39 et 34.

EIZENSTADT 1997, p. 38.

IBID

IBID. p. 2.

KOBLIK Steven, The Stones Cry Out : Sweden Response to the Persecution of the Jews, The Holocaust Library, New York, 1988, p. 33.

Partager cet article
Repost0
27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 08:14

Le voyage à Auschwitz de collégiens français

 

Mots clés : Shoah, Holocauste, Auschwitz-Birkenau, Éric Ciotti 

Figaro, 26/01/2011

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/01/26/01016-20110126ARTFIG00622-le-voyage-a-auschwitz-de-collegiens-francais.php

 

 

 

250 collégiens ont participé au «Voyage de la Mémoire» organisé par le Conseil général des Alpes-Maritimes.

 


REPORTAGE - À la veille du 66ème anniversaire de la libération d'Auschwitz-Birkenau, le Conseil général des Alpes-Maritimes vient d'organiser une visite du camp.


 

À Auschwitz-Birkenau

 

Des entrelacs de rails, des cheminées délabrées et des kilomètres de clôture de fil barbelés. Des nuages noirs qui surplombent des dizaines de baraquements de bois et de briques. De la boue partout, de la neige et puis un wagon qui rappelle plus que tout l'indicible. Et, surtout le silence dans le vent glacial de la Silésie polonaise. Face au plus grand cimetière du monde - 1,1 million de personnes sont mortes à Auschwitz-Birkenau en 5 ans -, les 250 collégiens qui participent au «Voyage de la Mémoire» organisé par le Conseil général des Alpes-Maritimes paraissent pétrifiés.

Les adolescents entourent Charles Gottlieb, un survivant de l'Holocauste. Ce fils de réfugiés juifs avait choisi l'Est de la France pour échapper à l'antisémitisme règnant en Pologne. Toute l'année, le vieil homme a multiplié les interventions dans leur classe pour leur expliquer comment fonctionner l'implacable machine à tuer. Les collégiens ont été choisis par leurs enseignants. Ce sont généralement ceux qui ont rédigé les lettres de motivations les plus bouleversantes, fait les exposés les plus documentés ou se sont montrés les plus motivés.

«J'étais à peine plus âgé que vous, j'avais 18 ans, j'étais résistant, j'ai été arrêté à Lyon et torturé par les hommes de Klaus Barbie puis envoyé ici. Je suis monté dans l'avant dernier convoi, le 11 août 1944. J'ai été un habitant d'Auschwitz durant 5 mois. Quand je suis descendu du train, j'ai demandé où j'étais. En me montrant une cheminée, quelqu'un m'a dit, tu vas entrer ici par la porte, tu en sortiras en cendre. Nous étions 730 dans ce convoi. Une demi-heure plus tard, nous n'étions plus que 80».

«Beaucoup de colère»

Ingrid, la voix nouée, murmure à sa copine. «C'est important qu'il soit-là, avec lui, on est vraiment dans l'histoire. C'est plus fort que ce qu'on a appris en cours». Elle ose une question: «Que ressentez-vous en revenant ici?» À 85 ans, le vieil homme ne craint pas le paradoxe: «Beaucoup de colère bien sûr, une infinie tristesse car tous mes camarades ont été tués, mais aussi une grande joie car nos bourreaux sont morts et moi, je suis là. Je peux vous raconter ce qu'ils nous ont fait endurer, ce que nous avons vécu. Vous savez maintenant de quoi l'homme est capable».

Il explique son énergie d'alors. Malgré la faim, le froid, les coups reçus, les déportés qui s'effondrent durant les appels interminables que faisaient les nazis, l'arbitraire quotidien mais sa volonté intacte même dans les pires heures: «Je voulais m'en sortir. Quand un déporté français a tatoué mon matricule, je lui ai demandé de me faire un numéro tout petit pour qu'il ne se voit pas après quand je retrouverai ma famille.» Faute d'un matricule discret, il en a eu deux. «Je suis à jamais le 193189 en tant que résistant et le B9664 parce que j'étais juif».

Maxime, un collégien très choqué regarde le rescapé soulever lentement sa manche. Il est bouleversé. Comme tous ses camarades quand l'ancien déporté montre les latrines «où aucune intimité était possible, où les capos nous donnaient des coups», «les couches de bois où nous dormions à cinq sans chauffage recouverts de vermine» Alors, l'adolescent interroge Charles Gottlieb : «Mais pourquoi n'avez vous pas cherché à vous évader?». «Parce que nous étions rasés, en costume rayé que nous ne parlions pas le Polonais, nous aurions été repérés tout de suite. D'ailleurs, un jour les nazis nous ont rassemblés car 5 détenus avaient tenté de fuir. Il les ont pendus au milieu du camp et nous ont dit, voilà ce qui vous attend si vous tentez de vous enfuir». Plus loin, Léa détourne le regard devant l'amoncellement de chaussures. «Chaque chaussure, c'est une histoire, celle d'une famille, ce pourrait être la mienne. Je n'imaginais pas toute cette horreur tout simplement car elle est inimaginable».

Visiblement touché par l'émotion des collégiens et plus encore par l'énergie du vieux rescapé, Éric Ciotti, président du conseil général, explique sa détermination pour poursuivre ses voyages créés par son prédécesseur: «les premiers déplacements remontent à 2003-2004 pour le 60ème anniversaire de la Shoah. Depuis nous avons fait partir 9000 collégiens et le travail de mémoire que Charles Gottlieb accomplit avec les enseignants nous donnent envie de poursuivre dans ce sens. C'est un engagement fort auquel nous sommes attachés puisque nous y consacrons chaque année plus de 400.000 euros». Le prix de la mémoire.

 

Partager cet article
Repost0
26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 21:34

 

 

"Le monde sait mais ne dit rien !"
Par JPOST.FR 
26.01.11
digg del.icio.us facebook

Mercredi, lors de la session de la Knesset consacrée au souvenir de la Shoah, le Premier ministre a reproché au monde de ne pas suffisamment condamner l'Iran et ses propos antisémites.


PHOTO: EMILE SALMAN , JPOST

Binyamin Netanyahou s'exprimait à la veille de la "Journée internationale du souvenir de la Shoah" qui commémore, chaque 27 janvier, la libération du camp d'Auschwitz.

Le président de l'Assemblée, Reouven Rivlin, s'est également exprimé à ce sujet. "Le monde se souvient mais ne dit rien", a-t-il commenté. "Il y a six ans, le monde a institué la Journée de commémoration et juré de se souvenir. Mais le serpent de la destruction lève à nouveau sa tête. Il contraste complètement avec les espoirs du Mouvement sioniste. Un vieil antisémitisme refait surface."

Et de poursuivre : "Aujourd'hui, nous ne parlons pas d'un protocole secret. Demain, aucun pays ne pourra prétendre qu'il ne savait pas. Le serpent a annoncé ses intentions devant les Nations unies et son venin s'adresse à l'ensemble du monde libre. Se souvenir de la Shoah n'est pas suffisant."

Partager cet article
Repost0
25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 17:00

mardi 25 janvier 2011

« Le monde d’Albert Kahn. Moyen-Orient : la naissance des nations » de David Okuefuna
Par Véronique Chemla
  
La chaîne franco-allemande Arte diffusera le 25 janvier 2011 à 16 h 50 et le 1er février 2011 à 9 h 15 l'épisode n° 7 de la série documentaire Le monde d'Albert Kahn consacré au Moyen-Orient. Un montage à partir des « archives de la Planète » constituées par Albert Kahn (1860-1940), Juif français financier et philanthrope, essentiellement dans le premier tiers du XXe siècle. Des images souvent inédites, passionnantes, accompagnées par un commentaire parfois biaisé.


Coproduite par la BBC et le musée Albert-Kahn en 2007, cette série présente par thèmes géographiques des montages d’images, fixes et animées, extraites des « archives de la Planète » constituées par Albert Kahn à la fin du XIXe siècle et lors des trois premières décennies du XXe siècle.

Les « archives de la Planète »
De 1898 à 1931, Abraham, dit Albert, Kahn (1860-1940), Français Juif banquier et philanthrope, œuvre à « l’établissement de la paix universelle » et constitue les « archives de la Planète » afin de conserver les traces visuelles – en autochromes couleurs et en films noir et blanc – des vies quotidiennes des hommes sur tous les continents. Ces autochromes, qui constituent le premier procédé de films photographique en couleurs breveté par les frères Lumière en 1903.

Pour ce faire, il constitue une équipe d’une douzaine d’opérateurs – photographes ou/et cinéastes - qui arpentent des contrées lointaines.

Le krach boursier de 1929 ruine ce sexagénaire et met un terme à cette collection.
Les « archives de la Planète », témoignages visuels exceptionnels, sont déposées au musée Albert-Kahn, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Elles font l’objet d’expositions et sont publiées dans de beaux livres.
Coproduite par la BBC et le musée Albert-Kahn en 2007, la série Le monde d’Albert Kahn a été diffusée par Arte en 2009, et est rediffusée en ce début 2011. L’occasion de (re)découvrir ces images rares de mondes disparus.

Le Liban
Ce numéro 7 évoque trois zones - le Liban et la Syrie, la Palestine mandataire et la Turquie d’Atatürk – de la Première Guerre mondiale aux années 1920, en s’autorisant des digressions vers les années 1940.

Il souligne l’appétit des Français et des Britanniques qui, au sortir de la Première Guerre mondiale « considéraient cette zone comme un gros gâteau qu’ils ont cherché à se partager ». Un espace qu’ils découpent en Etats-nations, dont le Liban. Ce que « nombre de musulmans vivent comme une trahison ». Les « Français se considèrent comme les protecteurs des chrétiens d’Orient où ils ont des intérêts commerciaux et financiers importants ».

Lord Balfour à Jérusalem
En 1917, la déclaration de Lord Arthur Balfour, ministre britannique des Affaires étrangères, indique que la Grande-Bretagne
« envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple Juif, et usera de tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif. Il doit être clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays ».
Les « musulmans de Palestine considèrent la campagne sioniste comme une menace ».

Le cardinal Dubois, « un des hommes d’église les plus respectés de France », vient « à Jérusalem en mission diplomatique et religieuse.

Il « est porteur d’une pétition signée par musulmans Palestine opposés » à la déclaration Balfour :
« Au nom de la justice et de l’égalité, nous vous demandons de ne pas autoriser l’immigration juive en Palestine et de nous protéger du danger sioniste. Nous sommes prêts à nous sacrifier pour empêcher cela ».
Les opérateurs d’Albert Kahn ont saisi des scènes banales dans des rues commerçantes, des scènes de prières de Juifs près du Kotel et des moments historiques, telle l’inauguration en 1925, dans la liesse juive, de l’université hébraïque de Jérusalem… [qui vise] à développer la pratique quotidienne de l’hébreu et à donner au nouveau colon Juif une identité nationale forte », en présence de Lord Balfour et de 20 000 personnes… Depuis la déclaration Balfour, près 100 000 Juifs ont immigré en Palestine ».

Pour les Juifs enthousiastes « ayant vu Lord Balfour gravir le mont Scopus jusqu’à eux », ce politicien britannique est « le messie, le sauveur, l’homme qui a ramené le peuple Juif en exil sur sa terre natale pour la première fois depuis 2000 ans », note Tom Segev.

Lord Balfour « expose sa vision d’un nouvel Etat juif :
« C’est une expérience nouvelle que personne n’a encore jamais tentée. A moins que je ne me sois trompé sur le génie du peuple Juif, cette expérience est vouée à une réussite inévitable, dont les Juifs et ceux qui partagent une civilisation mondiale commune auront toutes les raisons de se féliciter ».
Puis, Lord Balfour « visite de nouvelles fermes collectives, des kibboutz fondés sur toute la Palestine sur des terres achetées aux Arabes ». Des drapeaux britanniques et d’autres frappés de l’étoile de David sont suspendus aux fenêtres de maisons. Parmi ceux accueillant Lord Balfour : un grand nombre de Juifs ayant fui les persécutions antisémites en Europe orientale et en Russie.

En signe de protestation à cette venue du politicien britannique, des commerçants musulmans de Jérusalem ferment leur boutique. « Il y a eu une grève générale. Les gens ont revêtu des vêtements de deuil. Ils ont considéré que Balfour avait trahi les Arabes de façon éhontée », dit Dr Ali Qleibo de l’université al-Quds à Jérusalem.

Et Tom Segev ajoute : « La guerre entre Israéliens et Palestiniens était inévitable. Ce n’était pas la faute des Britanniques. Ouvrir la Palestine au rêve sioniste était synonyme de guerre ».

Atatürk « voulait un Etat turc pour les Turcs »
Dans la Turquie de 1922, un des vestiges de l’empire ottoman, les opérateurs fixent les images de villes dévastées par la Grande guerre, d’infrastructures détruites, de la « cérémonie d’intronisation du nouveau calife, chef spirituel de la communauté musulmane », du « trône en or constellé de pierreries »…

Atatürk veut fonder une Turquie « moderne, laïque, démocratique. Une vision incompatible avec la diversité ethnique du pays ».

Et l’historien Michael Lewellyn-Smith précise : « Fondamentalement, Atatürk ne voulait pas un Etat étendu qui aurait inclus d’importantes minorités grecques, arméniennes, arabes et autres. Il voulait un Etat turc pour les Turcs ».

En 1915, les « Ottomans avaient expulsé ou tué au moins un million d’Arméniens qui vivaient dans l’Est de la Turquie, commettant un des pires génocides du XXe siècle. En 1922, les Turcs doivent affronter ce qu’ils considèrent comme une autre présence étrangère sur leur sol : les Grecs ». Ceux-ci « vivent depuis des siècles en Asie mineure, et pour beaucoup ils sont chez eux sur ces terres ».

A « la fin de la Grande guerre, l’armée grecque occupe une partie de la Turquie occidentale autour de Smyrne, deuxième port commercial après Constantinople, peuplé en majorité de Grecs, et progresse vers l’intérieur du pays ».

Une guerre « longue et sanglante » débute et s’achèvera, deux ans après, par la victoire de la Turquie. L’armée grecque, fuyant vers la mer, incendie les villes afin de priver son homologue turque de ressources. Les « soldats turcs se vengent sur les civils ».

A Smyrne, « joyau de civilisation grecque en Orient », affluent les réfugiés.

Smyrne (Izmir) tombe le 9 septembre 1922.

« L’armée turque entre dans la ville… Les « pillages commencent dans le quartier arménien ».

L’incendie, à l’origine controversée, progresse vers les quais. La ville brûle en quatre jours sous les objectifs des opérateurs d’Albert Kahn.

Atatürk « poursuit sa mission : la construction d’une nouvelle Turquie. Il chasse les dernières populations grecques et accorde un délai de deux semaines à l’armée ennemie pour se retirer définitivement du pays ».

Les opérateurs d’Albert Kahn filment et photographient ces milliers de civils affligés.

Hemingway, alors journaliste pour le Toronto Star, décrit la « longue procession silencieuse » de Grecs, « titubant et épuisés », contraints à l’exil. Des milliers de personnes meurent de faim et maladies. Leur avenir en Grèce est « incertain ». Des familles sont séparées, de nombreux Grecs resteront un an sur une île grecque.

En « six mois, près d’un 1,5 million de Grecs sont expulsés de Turquie ». En représailles, le gouvernent de Grèce déporte un demi-million de Turcs qui vivaient en Grèce. Un « nettoyage religieux » qui nourrit une nostalgie vivace à ce jour.

En janvier 1923, la SDN (Société des Nations) « entérine l’échange de populations entre la Grèce et la Turquie… L’émigration forcée devient un moyen légitime de résolution de conflits ethniques au XXe siècle ».

Partialité et occultations
Ce documentaire souligne le jeu de diplomaties européennes au Proche-Orient, et l’action d’un officier britannique, T. E. Lawrence, artisan de la révolte arabe en 1916-1918. Il donne souvent, et quasi-exclusivement, le point de vue arabe.

Le commentaire off fait l’impasse sur le contexte historique institutionnel, telle la conférence de San Remo qui, en 1920, confie à la France un mandat sur le Liban et la Syrie, et, à la Grande-Bretagne un mandat sur la Palestine afin d’y créer un « foyer national pour le peuple Juif » conformément à la déclaration Balfour (1917). La Grande-Bretagne divise rapidement cette « Palestine » en deux Etats : la « Palestine mandataire » et la Transjordanie (actuelle Jordanie). Ce qu’entérine la SDN en 1922.

Ressassant le mythe de la coexistence pacifique « depuis des siècles entre musulmans, chrétiens et juifs sous domination ottomane », ce documentaire occulte la dhimmitude, le statut cruel, inférieur et déshumanisant, des non-juifs sous domination musulmane. Il échoue donc à expliquer le refus musulman d’un Etat non musulman, le refus islamique qu’un dhimmi devienne acteur de son histoire dans son Etat. Il ne fait pas comprendre pourquoi la guerre était « inévitable » en 1948, non pas entre Israéliens et Palestiniens, mais entre l’Etat juif renaissant et des armées Arabes alliées aux Palestiniens.

Si ce documentaire fait allusion à la proclamation de l’Etat juif, il occulte les Livres blancs britanniques limitant l’immigration juive en Palestine sous mandat de la Grande-Bretagne et le rôle de Mohammed Amin al-Husseini, nommé en 1921 grand mufti de Jérusalem, fomenteur de révoltes antisémites.

Ce numéro néglige la présence juive pluriséculaire en Eretz Israël et occulte celle majoritaire juive à Jérusalem depuis au moins le milieu du XIXe siècle.

Fait significatif : le commentaire en voix off parle des « Arabes en Palestine » et exceptionnellement des « Palestiniens ».

Curieusement, aucun des visuels pour la presse ne montre de Juifs en Eretz Israël. Et le musée Albert-Kahn n'a pas répondu à nos messages.

On sourit quand le commentaire évoque les pressions des chrétiens Maronites en vue d’un « grand Liban, trois fois plus vaste que le territoire originel », puis montre une carte révélant la superficie faible de « grand Liban » comparée à celle de son voisin syrien.

Est gênante et infondée la comparaison entre d’une part cette Grecque et ses trois enfants à la fenêtre d’un wagon les menant en Grèce et, d’autre part, les Juifs des wagons plombés les transportant vers le camp de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale, vers Auschwitz.

Finalement, ce documentaire amène à s’interroger sur la viabilité des Etats multiethniques : il constate que leur création aboutit à une guerre ou à un transfert de populations à l’initiative des autorités musulmanes.

Royaume-Uni, 2007
Production : BBC, Musée Albert-Kahn
Diffusions le 25 janvier 2011 à 16 h 50 et 1er février 2011 à 9 h 15
43 minutes

Visuels : © Musée Albert-Kahn
Bédouin à Jérusalem
Officiers français à Palmyra en Syrie


A lire sur ce site concernant Israël
Economie :
Interview de David Arzi, président de l’IEICI en 2009
Le tourisme vers Israël : toujours plus haut !
Ha Cantina bientôt à Tel-Aviv

Politique :
Vanessa Paradis a annulé son concert en Israël
« La défense des intérêts de l’Etat d’Israël en France » par Marc Hecker
Interview de Shmuel (Sammy) Ravel, ministre plénipotentiaire de l’ambassade d’Israël à Paris, sur les boycotts d'Israël
Echecs des diplomaties américaine et israélienne à l'UNESCO

Musique :
« La fanfare de Bangui » de Simha Arom

Armée :
« Tsahal, au cœur de l’action » de Gilles Rivet

A lire sur ce site concernant la dhimmitude :
Interview de Bat Ye’or sur la dhimmitude
Interview de Bat Ye’or sur Eurabia
Interview de Bat Ye’or sur Eurabia, l’OCI et le dialogue des civilisations
Interview de Bat Ye’or sur Geert Wilders et l’OCI
Interview de Bat Ye'or sur son livre « L’Europe et le spectre du califat »
Le directeur du CAPE a interdit une conférence de presse de Bat Ye’or
« L’Europe et le spectre du califat » de Bat Ye’or
Interview de David G. Littman et de Paul B. Fenton sur « L’exil au Maghreb, la condition juive sous l’islam 1148-1912 »
La conférence « islamiquement correcte » de lancement du projet Aladin
« La croix gammée et le turban, la tentation nazie du grand mufti » de Heinrich Billstein
« Le Maghreb sous la croix gammée » de Bill Cran et Karin Davison
« Les chrétiens d’Orient - Vitalité, souffrances, avenir » de Jean-Michel Cadiot

 
Partager cet article
Repost0
22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 21:42

logo arié

Par ARIé

Avec autorisation

Pour aschkel.info et lessakele.

 

 

 

 

Mes tribulations dans la Chine fascinée par le Talmud et le « génie juif »

Par Arié Lévy


 

 

Rien ne se produit par hasard. Je devais entreprendre un voyage en Chine et, quelques jours avant mon départ, je découvre un article sur CJSS puis surNewsWeek, pour le moins surprenant. Il y est question de la fascination qu’exerceraient sur les Chinois, les Juifs, ou plutôt, leur capacité unique à s’enrichir. D’où leur vient ce talent particulier ? Un éditeur chinois arrive à la conclusion que la clé de la connaissance des mille et un moyens de faire de l’argent se trouve, non pas dans l’Ancien Testament, somme toute à la portée de tous, mais dans le TALMUDqui est l’outil que seuls les juifs savent manier et qu’ils dissèquent effectivement depuis des siècles. Un auteur qui a recours à un pseudonyme pond donc un livre intitulé « Le Talmud décodé: 101 règles juives du business »

D’autres suivent tels que « Le Petit Illustré de sagesse juive ou, toutes les histoires de gains monétaires dans le Talmud ». Les livres, au dire de l’article, se vendent comme des petits pains et auraient atteint plus d’un million d’exemplaires. Encore mieux, à Taiwan, il existe même un hôtel qui s’inspire des textes sacrés. Le Talmud Business Hotel de Taichung qui se décrit ainsi sur son site:

«Influencé par les théories du Talmud, l’hôtel pour businessmen a été nommé en référence au livre saint. Il contient une collection d’anciens textes de rabbins sur la loi et les traditions juives. Dans chaque chambre, vous pouvez trouver une copie du Talmud-Business Success Bible  pour que chacun puisse faire l’expérience de la voie du Talmud vers le succès, ainsi qu’un accès gratuit au Wi-Fi». Réussite dans les affaires assurée.

Dans le même article est également cité un Centre d’Etudes juives qui se trouverait à Shanghai. Cela tombe à pic, c’est justement là où je me rends. Sans me faire annoncer, j’arrive au Centre, et rencontre une joyeuse bande de jeunes universitaires, dont Wang Zhen, Assistant professeur, Deputy Secr-General du Centre d’Etudes juives.
Ayant quelque peu préparé ma visite, je lui offre mes bouquins, dont l’Essai de géopolitique biblique « Ismaël et ses frères » et lui fais part de mes recherches sur une meilleure compréhension de l’Actualité grâce aux Textes fondateurs, dont bien évidemment le Talmud, puisqu’il semble être très à la mode en Chine. Malheureusement, mon site de géopolitique biblique est censuré en Chine – on se demande bien pourquoi – et mes livres sont en français, langue que seuls maîtrisent quelques universitaires. Wang Zhen semble néanmoins intéressé et promet de le faire lire par qui de droit.
Je fais également connaissance d’une jeune universitaire chinoise qui se dit appeler Ayelet, et avec qui, à ma grande stupéfaction, j’échange quelques phrases en hébreu. Elle me tend sa carte sur laquelle elle rajoute son prénom; en hébreu

Le centre a pour vocation d’éditer des recherches sur les Juifs en Chine et ailleurs, et Wang me remet avec fierté leur dernier ouvrage, sur ….. les Juifs en Amerique. Pourquoi pas?
Je lui parle des ouvrages talmudo-business, qu’il sort de sa bibliothèque et me montre. Il n’est pas un chaud partisan de ce genre de littérature, qui à son sens, est susceptible de provoquer de l’antisémitisme, surfant sur le prototype du juif au nez crochu, avide d’argent, et qui de plus, sont signés et édités par des pseudonymes. Nous nous mettons d’accord sur le fait que le Talmud disserte d’avantage sur l’éthique du commerce que sur les moyen de s’enrichir. De plus, en universitaire sérieux, il ne peut cautionner des ouvrages de vulgarisation à des fins bassement matérielles
Lorsque je leur fais savoir que ma fille qui travaille à Shanghai est parfaitement hébraïsante, la jeune Ayelet est emballée et note son numéro de téléphone. Echange cours d’hébreu contre cours de Chinois; tout le monde est gagnant.
je suis honoré de signer leur Livre d’or et nous nous quittons sur « we’ll keep in touch ». La balle est désormais dans le camp de Sarah qui devra me servir d’agent littéraire en Chine. On peut toujours rêver.

De retour en France, je découvre dans Haaretz, un article sur une délégation chinoise qui s’est rendue en Israël à l’Institut Schechterpour tenter de comprendre comment les juifs se débrouillent pour fabriquer des enfants aussi intelligents. Pourquoi diantre les détromperions-nous ?

Pour ce qui est de ma propre perception après un voyage de courte durée à Shanghai et à Hong Kong, j’en tire deux conclusions. Les Chinois ont deux objets de fascination: l’argent et leurs enfants. L’agent est rare et la réussite sociale ardue; quant à l’enfant, il est, dans la grande majorité des cas, unique, donc d’autant plus précieux. Ces fascinations pour le dieu Mamon (argent) et, leur progéniture, les apparente déjà largement au peuple élu.

Par ailleurs, comment les Chinois ne seraient-ils pas fascinés par un peuple, mille fois inferieur en nombre. Ils ne reculent pas devant la règle de trois: si, en plus de leur nombre, ils arrivaient à percer et à s’approprier le génie juif, the sky is the limit.

En outre, les Chinois partagent aussi avec Israël la même hantise de l’Islam. La province musulmane du Sinkiang les inquiète bien d’avantage que le Tibet.

Tout cela crée pas mal de similitudes et de convergences d’intérêt entre la Chine et Israël. En ces temps troubles, où les Islamistes sèment la panique et, où Obama joue à la perfection son rôle de carpette, la géopolitique biblique devra tourner son regard vers l’Est, pays du soleil levant.

J’oubliais; attablé à Shanghai dans un restau musulman – où l’on est au moins sur que la cuisine n’est pas faite avec de la graisse de cochon, je dégustais tranquillement ma soupe aux nouilles. J’engage la conversation avec un jeune musulman sympathique, originaire précisément du Sinkiang qui me dit avoir étudié en Egypte, et me propose sans détours de me convertir à l’Islam. Comme ça , me dit-il, nous serons frères. Je lui réponds que je réfléchirais, Inch Allah, à la question, mais qu’en attendant, on était tous des Bnei Adam (fils d’Adam). Parlant l’arabe, il m’a parfaitement compris. Comme quoi, même dans un boui boui chinois, l’hébreu ça sert toujours.

Partager cet article
Repost0
15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 19:59

 

Marc-André Charguéraud. Genève. 2011

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

Avec autorisation

 

Préambule : 

Ce texte n’entre pas dans le débat entre les « fonctionnalistes » emmenés par l’historien Christopher Browning qui estiment qu’il n’existait pas avant 1941 chez les Nazis une volonté arrêtée de liquider les Juifs européens. Les « intentionnalistes », avec Eberhard Jäckel à leur tête, pensent au contraire que le programme était arrêté de longue date. Cette polémique a fait couler des fleuves d’encre, et a donné lieu à des colloques sans fin. Il faut s’en tenir aux faits.

 La politique nazie dans le Reich et Europe occidentale a été, avant le début de la Shoah, d’expulser les Juifs vers l’étranger. Cette politique a été abandonnée par un décret du 20 mai 1941 de l’Office central de la sécurité du Reich (RSHA) qui interdisait le départ des Juifs de France, de Belgique et de Hollande. Le 23 octobre 1941 la fermeture de toutes les frontières de pays occupés ordonnée par Himmler mit un terme définitif à tous les départs, y compris de celui des Juifs du Reich.

 Le « plan Madagascar » qui prévoyait le « transfert » de 4 millions de Juifs d’Europe vers cette colonie française ne fut abandonné qu’en février 1941. Il illustre cette politique. Sur le plan concret s’ajoutent aux expulsions par le Danube d’autres organisées par les nazis. Citons en exemple les expulsions de la Gestapo vers la zone libre :

 22 000 Juifs expulsés d’Alsace-Lorraine en octobre 1940.

1 400 Juifs allemands de Bordeaux le 15 juillet 1940.

1 500 Juifs luxembourgeois en mars 1941.

7 650 Juifs allemands expulsés du Palatinat et du Pays de Bade en octobre 1940.

 Parallèlement, après son occupation de la Pologne en septembre/octobre 1940, la Gestapo crée d’immenses ghettos dans le “Gouvernement général” à l’Est de sa zone d’occupation en Pologne. Y sont emprisonnés des centaines de milliers de Juifs polonais et y sont déportés des dizaines de milliers de Juifs du Reich. Des ghettos où le travail forcé, la maladie, des conditions de vie atroce, une maltraitance journalière conduisent souvent à la mort. L’historien Martin Gilbert avance des chiffres: « De septembre 1939, début de la guerre, au 22 juin 1941, début de l’offensive allemande en URSS, (...) environ 30 000 civils juifs ont péri », principalement en Pologne dans les ghettos de Varsovie et de Lodz. On ne peut pas encore parler ici de Génocide. Les massacres systématiques d’une ampleur encore jamais vue n’ont pas encore commencé, même si les prémisses sont déjà là. 

 La construction des « camps de la mort » à l’est de la Pologne a débuté à l’automne 1941, juste après les décisions de Himmler d’arrêter tous les départs de l’Europe occupée. Dès la fin de l’année les chambres à gaz et les crématoires ont commencé leur travail d’extermination de la population juive d’Europe. C’est à ce moment-là que les historiens fixent, à tort je le pense, le début de la Shoah proprement dite.

 La situation en URSS est tout autre. Jusqu’à l’envahissement du pays par les nazis fin juin 1941, le problème des Juifs russes ne se posait pas pour Berlin. Après, soutenus par la Wehrmacht, les Einsatzgrüppen reçurent l’ordre d’exécuter tous les civils russes qui pourraient s’opposer à l’armée allemande. L’encadrement politique, les responsables de la vie civile, les « partisans »  qui prenaient les armes et tous les Juifs considérés comme ennemis du Reich devaient être tués. C’est ainsi que plus de 500 000 Juifs ont été exécutés, la plupart par balles pendant les six derniers mois de 1941.

 Pour l’auteur, c’est en URSS que la Shoah a commencé à l’Est et en fin 1941 qu’elle a débuté pour les populations du Reich et des pays de l’Europe déjà occupée avant l’offensive contre l’URSS-


 

 

Les Allemands expulsent des Juifs vers  la Palestine, les Anglais les empêchent d’y arriver.

                              1940 - 1941

                   

 

De l’automne 1939 et à celui de 1941, en pleine guerre, les Allemands continuent à organiser le départ de Juifs d’Europe vers la Palestine et les Britanniques à employer tous les moyens possibles pour les empêcher d’y arriver. Les rôles semblent inversés. Une situation paradoxale ! Wilhelm Perl, un Juif qui participa à l’organisation de ces transports illégaux, décrit bien cette contradiction apparente dans ses Mémoires. « Sur des navires neutres, de jeunes Juifs de toutes nationalités faisaient route avec notre organisation vers la Palestine tenue par les Anglais, où il ne faisait aucun doute qu’ils s’enrôleraient dans les forces britanniques pour combattre les nazis. Les Anglais essayèrent d’empêcher cela. Les nazis non seulement rendirent possible cette entreprise, mais ils y contribuèrent (...) Ils fournirent aux Juifs des bateaux fluviaux, ils leur accordèrent même le droit d’échanger leur monnaie contre des devises dont le Reich avait tant besoin. »

 

Peut-on dire, comme le célèbre historien de la Shoah Yehuda Bauer, qu’ « en expulsant des Juifs sur des bateaux à destination de la Palestine, Adolf Eichmann, sans le savoir, les sauvait des chambres à gaz ? La Gestapo forçait littéralement les Juifs à se sauver eux-mêmes...» Cette situation est-elle un défi au bon sens ? Non, car le but des nazis avant le début de la Shoah n’était pas de sauver les Juifs, mais de s’en débarrasser, ce qui en sauva un certain nombre. Il ne faut pas inverser les facteurs. Il est essentiel de ne pas confondre le résultat et l’intention. La Gestapo expulse les Juifs vers ce qui sera le salut, dans le seul but de s’en débarrasser, quel qu’en soit le prix.

 

En 1938 et 1939 Adolf Eichmann ouvre deux bureaux à Vienne et à Prague pour organiser les départs. Ces bureaux reçoivent les demandes juives d’émigration, font la sélection des partants, donnent les autorisations de départ et attribuent des devises. Des organisations juives de l’immigration illégale (Aliya Bet) que sont la Haganah, l’Irgun, et les groupes privés comme ceux de Wilhelm Perl et de Baruch Konfino affrétent les bateaux. Ils empruntent la principale route restée ouverte, celle du Danube, dont la libre circulation est garantie par un accord international. Pour Yehuda Bauer, « entre 1938 et 1941, des Juifs mandatés par des organisations sionistes ou ne représentant qu’eux-mêmes entretinrent des contacts avec les responsables nazis comme Adolf Eichmann, toujours dans le but de faire sortir des Juifs du Reich ».

 

Que les nazis expulsent un maximum de Juifs, c’est leur politique depuis leur accession au pouvoir, mais n’est-il pas surprenant qu’ils aient choisi la Palestine comme destination. Les Allemands n’auraient-ils pas dû ménager leurs sympathisants arabes au Moyen-Orient ? Ceux-ci se sont souvent opposés par la violence à l’arrivée de nouveaux colons juifs. Pour les nazis, le renforcement d’une « nation » juive constitue un énigme. Loin de détruire la « vermine juive », les expulsions vers la Palestine vont contribuer au développement de ce « foyer d’infection », qui un jour risque de contaminer le peuple allemand enfin « purifié » selon l’infâme terminologie nazie.

 

Hitler a laissé faire. Ne pense-t-il pas déjà, comme il le dira plus tard au Grand Mufti de Jérusalem Amin El Husseini en visite à Berlin qu’une percée allemande à travers les montagnes du Caucase vers le Moyen-Orient doit amener la libération des Arabes. « Après cela, le seul objectif restant à l’Allemagne dans la région sera limité à l’extermination des Juifs vivant sous la protection anglaise ».  Pour Hitler l’arrivée en Palestine de quelques milliers de Juifs supplémentaires ne poserait donc pas de problème, il les assassinera plus tard. Cette prédiction du Führer ne s’est heureusement pas réalisée.

 

De leur côté, les Britanniques, en multipliant les obstacles à l’immigration en Palestine, ont empêché des milliers de Juifs de partir vers la sécurité et la liberté alors que malgré la guerre il est encore temps. C’était leur dernière chance de sauvetages d’importance. Un mémorandum anglais daté du 5 février 1940 résume les actions diplomatiques entreprises pour interdire le départ de navires d’Europe. « Le Foreign Office a demandé aux pays de transit de refuser les visas. (...) Il a demandé aux nations où les propriétaires de bateaux résident de prendre des mesures contre eux. Il a demandé aux pays dont les ports sont utilisés par de tels navires de faire toutes les difficultés administratives possibles pour les empêcher de prendre la mer. On a exploré les possibilités de tourner les dispositions légales qui concernent la liberté de transit sur le Danube et à travers le détroit des Dardanelles pour permettre aux riverains d’empêcher le trafic à notre demande...»

 

Le Foreign Office intervient directement auprès de certains pays d’Afrique et d’Amérique Latine pour qu’ils cessent de délivrer des visas de complaisance. Les amendes, les confiscations de bateaux, les mises en prison de capitaines et de leurs équipages complètent le dispositif.

 

L’opposition anglaise à l’arrivée des réfugiés juifs en Palestine s’explique par la grande vulnérabilité de l’Angleterre au Moyen-Orient pendant cette période. Yehuda Bauer la résume en quelques phrases : « Les forces britanniques au Moyen-Orient étaient d’une très grande faiblesse et manquaient cruellement d’armement (...) L’allégeance de l’Irak devenait incertaine. L’Iran était envahi d’agents nazis. Et la Turquie commençait à vaciller. Tout cela pouvait faire basculer un équilibre fragile. » Les Allemands cultivent la sympathie des Arabes pour des plans grandioses d’expansion au Moyen-Orient. Les Anglais, eux, dépendent de la bonne volonté arabe afin d’éviter que la région soit mise à feu et à sang à un moment où ils manquent de moyens pour intervenir.

 

Un mémorandum daté du 17 janvier 1940, préparé par le Colonial Office, reflète bien ces craintes anglaises. Il accuse les Allemands.  « L’immigration illégale n’est pas essentiellement un mouvement de réfugiés, (...) c’est une invasion organisée de la Palestine pour des motifs politiques. (...) C’est manifestement l’intérêt du gouvernement allemand de promouvoir ce trafic, puisqu’il a le double avantage de le débarrasser des Juifs et d’embarrasser le gouvernement de Sa Majesté. »

 

L’Angleterre considère que l’immigration illégale résulte d’une collaboration entre les organisations juives et la Gestapo, visant à affaiblir les Britanniques au Moyen-Orient. Il faut donc s’y opposer par tous les moyens, et les Anglais vont s’y employer. Sir Evelyn Shuckburgh, ministre adjoint au Colonial Office, résume la position de son ministère, le 4 mai 1941 : « Il est assez difficile d’imaginer ce qui peut arriver à ces infortunées créatures qui sont renvoyées en haute mer. Elles doivent aller quelque part, mais je ne peux imaginer qui que ce soit susceptible de les accueillir. Quoi qu’il en soit, dans ces jours difficiles où nous sommes confrontés à la réalité, le type d’humanitarisme qui prévalait en 1939 ne peut plus avoir cours. » Cette politique précipita nombre de Juifs vers le néant mais cela les Britannique n’en étaient pas conscients à l’époque.

 

Pour Eichmann cette émigration clandestine reste un échec. En deux années d’expulsion il n’a contribué qu’à l’arrivée en Palestine de 10 420 clandestins. Pendant ce temps là des centaines de milliers de Juifs du Reich ont été déportés vers les ghettos meurtriers de l’Est de la Pologne. De septembre 1939 à fin décembre 1941, en 28 mois, seuls 22.706 Juifs européens ont immigré en Palestine dont 12.286 munis de certificats britanniques d’admission. Selon les termes du Livre Blanc, 35.000 auraient pu entrer pendant cette période dans le pays. Les Britanniques ont donc très largement atteint leur but de freiner l’immigration juive en Palestine.

 

Cette politique a mis en péril l’une des dernières grandes opérations possibles de sauvetage de Juifs. Elle a de plus  engendré des conditions d’immigration meurtrières. Près de 3 000 émigrés clandestins ne sont jamais arrivés en Palestine. Ils « sont morts noyés, assassinés, ou encore morts de froid et autres vicissitudes. »

 

Contacts et commentaires à : a.chargueraud@gmail.com

Trouvez sur mon blog : La Shoah revisitée (http://la.shoah.revisitee.org) d’autres articles récemment publiés.


 Copyright Marc-André Charguéraud. Genève. 2011

PERL Wilhelm, The Four-Front War, Crown, New York 1979, p. 293, cité par BAUER Yehuda, Juifs à vendre,  Editions Liana Levi, Paris, p. 85.

BAUER Yehuda,American Jewry and the Holocaust : The AJJDC 1930-1945, Wayne State University Press,  Detroit, 1981,  p. 137. Eichmann était le chef de la Section des Affaires juives de la Gestapo.

BAUER Yehuda, Juifs à Vendre : Les Négociations entre Nazis et Juifs. 1933-1945, Liana Levi,  Paris, 1996,  p. 71.

 BAUER, Jewish réactions 1989 p. 60 «...De la fin 1939 à la fin 1940, et même pendant les premiers mois de 1941, la Gestapo s’employa elle-même à chasser les Juifs d’Allemagne, contribuant ainsi à terme à leur sauvetage. Ainsi les forces mêmes qui allaient dans peu de temps organiser le meurtre des Juifs participèrent d’abord à leur sauvetage».

Il faut rappeler ici l’accord de transfert Haavera conclut en 1933 entre l’Agence juive et le gouvernement allemand qui permit le sauvetage de milliers de Juifs. Un autre article sera consacré à ce sujet.

BREITMAN Richard et KRAUT Alan, American Refugee Policy and European Jews , 1933-1945,  Indiana University Press, Bloomington, 1987,  p. 167. Rencontre du 28 novembre 1941.

WASSERSTEIN Bernard,Britain and the Jews of Europe, 1939-1945, Clarendon, Oxford, 1979,  p. 53.

BAUER, 1981, op.cit. p. 135.

FEIN Helen, Accounting for Genocide : National Responses and Jewish Victimization during the Holocaust, NewYork Free Press, 1979,  p. 184.

WASSERSTEIN, op. cit. p. 49 et 50.

  WASSERSTEIN, op. cit. p. 80.

GUTMANN Israel, Encyclopedia of  he Holocaust,  MacMillan Publishing, New York, 1990. p. 1799. En Autriche sur une population juive initiales de 185 000 personnes, 50 000 ont péri.

  IBID. p. 319.

  MARRUS Michael, Les exclus, les réfugiés européens au XXème siècle, Calmann-Lévy, Paris, 1986,  p. 277. D’autres clandestins ont emprunté la route italienne.

Partager cet article
Repost0
10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 13:17
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis