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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 21:32

 

http://www.aschkel.info/article-reconnaissance-des-refugies-juifs-63605943.html

 

Article associé

 

La destruction du Judaïsme en terre d'Islam 


 

Meir Ben Hayoun

Le Guardian, quotidien  britannique de grande diffusion, a publié mardi dans ses colonnes un article rédigé par Danny Ayalon, le vice-ministre israélien des Affaires étrangères. Ayalon mentionne l’importance de reconnaitre les droits des réfugiés juifs qui ont été expulsés des pays arabes et musulmans, face à la revendication du droit au retour des réfugiés arabes invoqué par le narratif arabe.

Ayalon a saisi l’occasion pour inviter les Arabes à bien vouloir se rasseoir à la table des négociations : « Il ne sera pas possible d’éluder le problème des réfugiés juifs des pays arabes et tout ce que cela implique. Cela doit être pris en considération. »

Danny Ayalon a été ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis. Il est lui-même fils de réfugié juif de pays arabe. Né Sellem, son père est originaire d’Oran en Algérie, une ville où le 5 juillet 1962, le jour de l’Istiklal,  l’indépendance de la « République démocratique et populaire d’Algérie », des centaines de non-arabes dont beaucoup de Juifs ont été sauvagement massacrés par des hordes en délire. Aujourd’hui, il ne reste rien de cette prestigieuse communauté juive d’Afrique du Nord qui a produit des œuvres essentielles du judaïsme. Selon les historiens, la présence juive en Algérie remonte à l’époque de la Destruction du Second Temple de Jérusalem en l’an 70, donc plusieurs centaines d’années avant  la conquête arabe du XIIIème siècle.

Aujourd’hui, en Algérie comme dans tous les pays de la Ligue arabe, on monte en épingle le problème des réfugiés arabes pour exiger comme revendication ultime son règlement. Ceci en même temps qu’on occulte totalement l’épuration ethnique qui n’a laissé pratiquement plus aucun Juif dans le monde arabe. Il ne reste aujourd’hui que 5 000 Juifs au Maroc et quelque 3 000 en Tunisie sur une population qui comptait approximativement un million de Juifs dans les pays arabes après la Seconde guerre mondiale.

De surcroit, la ministre algérienne de la Culture Khalida Messaoudi, a donné dernièrement comme directive « culturelle » d’ expurger la musique andalouse algérienne de ses origines juives. Alors qu’il n’y a pratiquement plus aucun Juif présent en Algérie, cette mesure n’est pas moins sordide que le sinistre souvenir qu’elle évoque, à savoir le programme de   »purifier » la musique allemande des influences juives   »néfastes » du temps des Nazis.

 

israel7

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 17:06
Jacqueline de Romilly est morte à l'âge de 97 ans.

  
Les années noires surent lui rappeler perfidement que son père était juif.

Elle choisit l’an 40 pour se marier avec Michel Worms de Romilly qui appartient à une vieille famille juive

  
21 Dec 2010

Par Samuel Nathan

http://www.israelvalley.com/news/2010/12/21/29600/israelvalley-france-jacqueline-de-romilly-est-morte-a-l-age-de-97-ans-les-annees-noires-surent-lui-rappeler-perfidement-q


 

 C’est une grande dame des Lettres anciennes qui vient de nous quitter. Jacqueline de Romilly était la « forte en thèmes » absolue et elle aura été la première, partout où elle se sera donné la peine de passer. En 1930, âgée seulement de 17 ans, alors que pour la première fois le Concours Général s’ouvrait aux jeunes filles, elle obtient les prix de latin et de grec ancien. En 1973, elle est la première femme nommée professeur au Collège de France, puis deux ans plus tard, la première femme élue à l’Académie des inscriptions et belles lettres. En 1988, elle devient la deuxième femme élue à l’Académie française, après Marguerite Yourcenar.

Membre correspondant étranger de l’Académie d’Athènes, elle avait obtenu la nationalité grecque en 1995 et avait été nommée ambassadrice de l’hellénisme en 2000. L’annonce de son décès plonge actuellement la Grèce tout entière dans le deuil et l’affliction. Tout avait commencé pour elle en 1913, à Chartres, où elle était née de l’union de Maxime David, normalien, professeur de philosophie, d’origine juive et de Jeanne Malvoisin, conteuse, romancière, dramaturge oubliée aujourd’hui mais qui fut en son temps éditée chez Grasset et qui écrivit beaucoup pour les revues et la radiodiffusion.

Ils s’étaient connus au cours d’Henri Bergson, au Collège de France, dans la même salle n° 8 où leur fille provoquera plus tard autant d’affluence que Bergson lui-même. La petite Jacqueline n’eut pas la chance de connaître son papa puisqu’il fut tué en 1914, alors qu’elle avait un an, à l’issue de la bataille de la Marne à la tête d’une section de paysans. Du reste, des trois frères David, deux sont morts pour la France.

Elle fut élevée par sa mère qui revint à Paris pour renouer avec le milieu littéraire et qui sut rendre sa fille très heureuse. Cette dernière, devenue très studieuse, le lui rendait bien, collectionnant de façon presque insolente et, c’est le cas de le dire, à la barbe de ces messieurs qui n’en pouvaient mais, les succès au concours d’entrée à la rue d’Ulm et à l’agrégation, marchant ainsi, faut-il le remarquer, sur les traces de son père.


Puis ce fut, toujours grâce à la sollicitude maternelle, une rencontre éblouissante qui ravit la vie de la jeune fille pour le reste de ses jours. Sa mère avait déniché sur les quais de Seine un exemplaire d’une édition bilingue… bilingue, entendez grec – latin !de « La guerre du Péloponnèse » de Thucydide, exemplaire joliment relié de parchemin qu’elle offrit à sa fille pour les vacances. Et cet amour d’été devint l’amour d’une vie personnelle et professionnelle tout entière pour le plus grand bonheur de générations de têtes blondes hellénistes et latinistes qui gardèrent de leur illustre professeur un souvenir reconnaissant et ému. Entre-temps, elle était devenue l’élève du grand helléniste Paul Mazon et du spécialiste de son cher Thucydide, Louis Bodin.

Mais c’était sans compter avec les années noires qui surent lui rappeler perfidement que son père était juif, qui la chassèrent de l’Université et l’obligèrent à se cacher. Toutefois, comme pour faire la nique aux nazis, elle choisit l’an 40 pour se marier avec Michel Worms de Romilly, rencontré à Bordeaux lors d’une réunion de l’association Guillaume Budé et qui appartient à une vieille famille juive française propriétaire du « Petit écho de la mode ».

“Au moment de la Révolution française, dira l’helléniste, les Worms avaient acheté le château de Romilly, ajouté froidement « de Romilly » et s’étaient appelés Worms de Romilly”. En 1973, elle se séparera de Michel (« Patience, mon cœur », disait-elle avec humour à la suite des Grecs) mais elle garda son nom… et Thucydide, Homère, Sophocle et tous les autres. Faut-il ajouter qu’elle restera très discrète, tant sur le judaïsme que sur le catholicisme qui eut la faveur de sa foi.

Jacqueline de Romilly était un professeur hors pair, d’une culture immense, qui a laissé une œuvre considérable et pour qui l’héritage des Anciens, loin d’être lettre et langue mortes, était un vivier inépuisable de valeurs, d’exemples, de réflexions et de méditations toujours pertinentes et actuelles. Elle était heureuse d’enseigner et malheureuse de constater que les professeurs qu’elle avait elle-même – ou non – formés et dont elle ne doutait pas de la valeur, étaient malheureux dans l’exercice de leur métier. Elle déplorait dans l’éducation la perte générale du sens et l’abandon du souci éminent de former des esprits. On se souvient à ce propos du livre qu’elle avait écrit et intitulé « L’enseignement en détresse » dans les années 80.

Ses dernières années auront de toute évidence été assombries par la constatation de la marginalisation de l’enseignement des Humanités et de la diminution des crédits alloués à l’enseignement du grec ancien au sein des programmes de l’Education nationale.

On eût aimé continuer de l’écouter, c’est le regret et l’hommage qu’il reste encore possible de formuler.

Samuel Nathan

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 12:08
Les secrets de l'expédition de Suez - Entretien avec Denis Lefebvre

http://vudejerusalem.20minutes-blogs.fr/archive/2010/11/22/les-secrets-de-l-expedition-de-suez-entretien-avec-denis-lef.html


 

Denis Lefebvre, secrétaire général de l'Office universitaire de recherche socialiste, est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages historiques, parmi lesquels Guy Mollet, le mal-aimé (Plon, 1992) et, avec Alain Bergounioux, Le Socialisme pour les nuls (First, 2008). A l'occasion de la parution de son livre, Les secrets de l'expédition de Suez (éditions Perrin), il nous a accordé un entretien.

Pierre Itshak Lurçat - Votre livre, Les secrets de l'expédition de Suez, qui repose sur des documents d'archives inédits, apporte un regard neuf sur cet épisode essentiel de l'histoire du Moyen-Orient. Pouvez-vous expliquer en quoi votre analyse de l'expédition de Suez innove-t-elle ? Quelles découvertes avez-vous faites, notamment dans les archives de Guy Mollet ?

 

Denis Lefebvre.jpgDenis Lefebvre [photo ci-contre] - Les archives de Guy Mollet (le président du Conseil de l’époque) sont particulièrement riches sur Suez. Elles permettent de porter un autre regard sur les développements de l’affaire en elle-même (l’expédition militaire), et de comprendre pourquoi la France de 1956 a réagi comme elle l’a fait à la nationalisation du canal de Suez par Nasser en 1956.

Elles contiennent de nombreux documents de première importance : rapports militaires, télégrammes secrets et, surtout, lettres échangées entre les différents protagonistes… Français, Anglais, Israéliens, Américains.

L’année 1956 est bien sûr très présente dans ces dossiers, on y mesure le rôle déterminant de Guy Mollet pour conforter ses alliés, les inciter à la fermeté. Pour les rassurer aussi sur l’appui sans faille de la France, comme on le voit dans les messages qu’il envoie dès la fin octobre à David Ben Gourion, alors que ce dernier lui fait part de ses inquiétudes sur la protection des villes israéliennes.

Mais les dossiers conservés par Guy Mollet apportent aussi un éclairage extraordinaire sur le rôle central qu’il a joué jusqu’à son décès en 1975, pour maintenir le secret sur l’accord secret signé en octobre 1956 entre la France, la Grande-Bretagne et Israël, le fameux « protocole de Sèvres ». C’est ainsi que Guy Mollet a été associé de très près à la rédaction des mémoires d’Antony Eden, pour le chapitre sur Suez. Il a aussi veillé à ce que les acteurs français de Suez ne publient rien sur l’affaire (les livres de Christian Pineau et d’Abel Thomas ne paraîtront qu’après son décès). Il a enfin relu et corrigé certains passages d’un ouvrage de Shimon Pérès que celui-ci préparait en 1969, recevant même à Paris son envoyé, l’amiral Limon, pour voir quels termes pouvaient être employés.

 

P.I.L. Vous montrez que l'un des éléments clés de l'implication de la France dans cette aventure militaire était la sympathie du dirigeant français Guy Mollet pour le jeune Etat d'Israël et sa conviction que Nasser voulait détruire Israël. Quel poids ce facteur a joué à l'époque ? Guy Mollet était-il une exception à cet égard ?

D.L. A la différence de ce qui a été écrit à l’envi sur l’affaire de Suez (présentée comme une manifestation de caractère impérialiste de « vieilles » puissances qui se sentaient bafouées ou, dans le cas de la France, comme une opération destinée essentiellement à porter atteinte à Nasser, soutien des nationalistes algériens), l’expédition de Suez a d’autres motivations.

Il faut mentionner, bien sûr, l’aide de Nasser aux nationalistes algériens (financière, psychologique et matérielle, avec la fourniture d’armement), mais aussi son rapprochement avec l’URSS, qui lui fournit du matériel militaire dès 1955, ou encore sa volonté hégémonique dans cette région, autour de la notion de panarabisme, parfaitement explicitée dans son essai La Philosophie de la révolution. Enfin, ses menaces contre Israël qui sont une évidence, une réalité. Qui pourrait imaginer qu’une telle concentration d’armement sur le territoire égyptien n’avait pas comme objectif la disparition d’Israël, alors que Nasser multipliait les menaces depuis des années ?

 


GM_Israel_1959.jpg

Guy Mollet en Israel (photo Archives Guy Mollet / OURS / droits réservés)

Alors dans l’opposition, Guy Mollet a assuré dès la fin 1955 Shimon Pérès que les socialistes français, s’ils revenaient au pouvoir, aideraient Israël à se défendre. Devenu président du Conseil, il a tenu parole dès les premiers mois de 1956, en fournissant du matériel militaire (chars et avions, principalement). Ces fournitures se sont bien sûr accélérées après la nationalisation de juillet.

Guy Mollet se comporte ainsi parce qu’il ne peut tolérer qu’un Etat démocratique soit menacé dans son existence par ses voisins. Un Etat démocratique en général… mais Israël en particulier. Pour plusieurs raisons : ce qu’Israël représente dans la mémoire collective de l’humanité ; sa survie à assurer dans un environnement régional qui lui est hostile. Mais aussi parce qu’Israël est un Etat dirigé par des socialistes. Il faut enfin intégrer une dimension personnelle pour Guy Mollet, que nombre de dirigeants politiques français partagent… un retour vers le passé récent : la Guerre d’Espagne, puis les accords de Munich – ne plus céder à un dictateur, et donc prendre le risque de la guerre pour sauver la paix. Au-delà du chef de gouvernement, le militant socialiste et antiraciste Guy Mollet était enfin convaincu du bien-fondé de l’intervention.

Cette position de Guy Mollet est partagée par la quasi-totalité de la classe politique française (extrémistes de gauche et de droite exceptés), et par la quasi-totalité du pays. Il faut d’ailleurs remarquer que si son image a pu être amoindrie par sa politique algérienne en 1956-1957, elle ne l’a pas du tout été par l’affaire de Suez.

 

SuezBook269.jpg

 

 

P.I.L. Le bilan que vous faites de l'expédition de Suez est moins négatif que celui que l'on en fait généralement en Occident. Vous montrez que, parmi les objectifs que s'étaient fixés la France et l'Angleterre, le seul qui a été atteint a été celui de défendre Israël contre le bellicisme de Nasser, que Guy Mollet comparait à Hitler, assimilant laPhilosophie de la révolution du premier au Mein Kampf du second. En quoi cet épisode est-il instructif pour notre époque, alors que de nouveaux émules d'Hitler dans notre région prétendent à nouveau "détruire Israël" ?

D.L. Certes, le regard que je porte sur l’expédition de Suez n’est pas le même que ce qu’on lit et colporte d’habitude. Il y a bien sûr, des aspects négatifs (perte d’influence des puissances européennes dans cette région, etc.) mais l’essentiel est qu’Israël a été sauvé. Sur ce point, je n’ai rien d’autre à ajouter. Un point, quand même, qu’on a mal perçu à l’époque : au-delà de ses rodomontades, Nasser a été stoppé dans ses volontés expansionnistes, celles qu’il avait exprimées dans sa Philosophie de la Révolution.

On sourit parfois aujourd’hui de la comparaison entre Nasser et Hitler, et on aurait raison de le faire s’il s’agissait de comparer l’Allemagne de 1939 à l’Egypte de 1956. Mais il s’agissait en 1956 d’objectifs affirmés, le nouveau Mein Kampf présenté par un dictateur. Avec deux objectifs très simples, car les dictateurs le sont toujours pour mieux emporter les foules : unification des Arabes et destruction des Israéliens. Hitler, lui, parlait des Allemands et des Juifs…

Le Moyen-Orient, en 2010 encore, ne vibre-t-il pas à l’énoncé de thèses aussi simplistes que celles de Nasser en 1956 ?

 

P.I.L. Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à cette période ? Pensez-vous que l'épisode de Suez comporte des leçons pour la France aujourd'hui ? Vous écrivez dans votre conclusion que "L'affaire de Suez constitue l'un des derniers sursauts de l'Occident pour refuser de céder au chantage..". Pouvez-vous expliquer ?

D.L. Je m’intéresse à cette période, à cette affaire, en tant qu’historien, auteur d’une dizaine de livres, dont plusieurs sur Guy Mollet. J’ai eu accès à des archives inédites : celles de Guy Mollet, bien sûr, mais aussi celles de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Christian Pineau, qui avait conservé une copie du protocole de Sèvres, que sa veuve m’a confié il y a quelques années, un document que tout le monde croyait disparu.

Mais l’historien est aussi un homme engagé dans la vie de la cité, qui s’intéresse au monde contemporain. Je ne peux m’empêcher de penser, au vu de la situation actuelle dans cette partie du monde qu’il faut savoir dire « non » à une dictature et à ce qu’elle porte en elle. Je l’ai dit un peu plus haut…. Prendre le risque d’une guerre pour sauver la paix. Si les démocraties avaient dit « non » à Hitler dès 1938 (mais sans doute aussi avant) il n’y aurait peut-être pas eu de Seconde Guerre mondiale. On ne connaît pas l’histoire des guerres qui n’ont pas eu lieu, de celles qui ont été empêchées, bien sûr, mais Guy Mollet et ses alliés de 1956 ont peut-être empêché une troisième guerre mondiale. A cet égard, l’action de Guy Mollet en 1956 a été un exemple de grandeur.

 

guy mollet.gif
Guy MOLLET

P.I.L. Vous montrez que le projet de Marché Commun et de l'Euratom sont la conséquence directe de l'affaire de Suez et du sentiment d'impuissance de la France et de ses alliés face aux grandes puissances d'une part, et aux pays arabes de l'autre. "Les Européens ont compris le poids de l'arme du pétrole entre les mains des pays arabes, un péril mortel pour leurs économies", écrivez-vous. "Les premières réalisations de ce projet ambitieux n'ont pas survécu au retour au pouvoir de Charles de Gaulle en 1958"… Cela veut-il dire que le projet européen n'était à l'origine pas du tout orienté dans le sens qu'il a pris par la suite – celui de la coopération euro-arabe – sens qui est le plus souvent hostile à Israël ?

D. L. Il me semble y avoir, dans votre question, deux problèmes qui ne sont pas liés.

Le Marché commun et l’Euratom (mise en commun par l’Europe de l’énergie atomique à des fins pacifiques) tout d’abord. Il est vrai que ces deux projets ont été accélérés après Suez.

Pour plusieurs raisons : la compréhension que seule une Europe unie donnerait aux pays qui la composent une force lui permettant de traiter d’égal à égal avec les autres puissances du monde. Cela ne concernait pas a priori le Moyen Orient, mais la volonté de créer une structure qui permette à l’Europe d’exister face aux deux grands : URSS et Etats-Unis. Concernant ce dernier pays, l’Europe a compris après Suez qu’il ne les protègerait pas systématiquement. Et, pour se limiter à la question de l’énergie, la volonté de se doter d’un outil (autour de l’énergie atomique) qui lui permettra de ne plus dépendre en totalité du Moyen-Orient. Dès 1956, les démocraties ont compris que le pétrole pouvait devenir une arme !

C’est le sens de ce que j’ai développé dans mon livre.

Mais, en 1956-1957, ce n’était pas lié à ce que vous évoquez dans votre question, concernant la « coopération euro-arabe ». Le problème ne se posait pas alors en ces termes. Il a émergé dans la décennie suivante et, pour se limiter à la France, a entraîné un renversement des alliances.


 

P.I.L. Quel regard portez-vous sur l'évolution des relations franco-israéliennes depuis 1956 et jusqu'à nos jours ? Comment expliquer l'unanimité du soutien de la classe politique à Israël (communistes et poujadistes exceptés) à l'époque de Suez ? Existe-t-il encore des amis d'Israël comparables à Guy Mollet dans la politique française aujourd'hui ?

D.L. Sans porter de jugement sur la situation actuelle, voire sur ce qu’on remarque depuis de nombreuses années déjà, force est de constater que la période 1956-1957 constitue un moment exceptionnel d’amitié et de fraternité entre les deux pays. Au risque de me répéter, ce moment n’était pas partagé que par le monde politique, mais aussi par les Français dans leur quasi-totalité.

Par la suite, la France, on le sait, a pour des raisons économiques plutôt penché du côté des adversaires d’Israël, tout en défendant le droit à l’existence de l’Etat juif… ce qui est la moindre des choses.

 

michel-rocard_272.jpgP.I.L. S'agissant plus particulièrement du Parti socialiste, peut-il encore être considéré comme favorable à Israël ? Que pensez-vous du soutien au boycott d'Israël d'un Michel Rocard, par exemple ?

D.L. Il est évident que la période des années cinquante est terminée, et ne correspond plus à la réalité d’aujourd’hui. Je pourrais m’en sortir facilement en vous disant que le monde a changé, et que le Parti socialiste de 2010 n’est plus le même que celui de Léon Blum, puis celui de Guy Mollet, qui soutenaient avec enthousiasme l’Etat d’Israël. Et j’en aurais terminé, un peu facilement il est vrai.

Quelques éléments, cependant. Les années 70 ont sans conteste constitué un temps fort, avec l’émergence du phénomène palestinien. Jeune militant socialiste alors, j’ai pu le mesurer quand, dans une réunion en 1973, on m’a un jour tenu un langage déjà pour moi étrange… les Palestiniens sont opprimés, un opprimé a toujours raison, il est devenu un résistant, en référence à la Résistance au nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale. Au même moment, le Parti socialiste était gagné par le tiers-mondisme. D’autres éléments entrent bientôt en ligne de compte pour en rajouter au revirement de l’opinion moyenne socialiste française : l’accession de la droite au pouvoir en 1977 [en Israël], l’opération israélienne au Liban, l’échec du processus d’Oslo, sans oublier le poids numérique de la communauté musulmane en France…

Au total, pour schématiser, l’incompréhension est de mise pour les socialistes français, pour le moins du fait d’une méconnaissance totale de la réalité israélienne.

L’organisation socialiste en tant que telle (le Parti socialiste) a adopté en octobre 2010 une résolution qui stipule : « Conformément aux résolutions des Nations unies et à la position que défend l’Union européenne, notamment pour la levée du blocus de Gaza, Israël devra pouvoir bénéficier du droit à exister en paix et en sécurité et les Palestiniens à un Etat viable. Ces droits devront être garantis. Israël doit mettre fin dès maintenant à la colonisation dans les territoires palestiniens. » Telle est la position officielle du Parti socialiste.

J’en termine avec votre dernière question, celle d’un appel au boycott… J’y suis hostile. Un boycott punirait collectivement un peu, et enfermerait chacun dans ses propres certitudes, alors que l’objectif est d’amener les uns et les autres à se rencontrer, à se parler…

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 10:20

 

 

J'ai trouvé cet article très très interessant, nous remerions d'ailleurs A.K.NIASSE pour ses recherches. (Aschkel)

 

 

Les juifs et l'Afrique - JUDAISME, ARTISANAT ET CASTES Selon Ahmed Khalifa NIASSE

piccmi



JUDAISME, ARTISANAT ET CASTES Selon Ahmed Khalifa NIASSE

Hormis le cas des Falachas d’Ethiopie, l’on a toujours eu tendance à considérer que l’histoire du peuple juif et celle du peuple noir suivaient des cours parallèles destinés à ne jamais se croiser et que le monothéisme abrahamique n’avait fait son apparition en Afrique subsaharienne qu’à la faveur de l’expansion de l’Islam au VIIe siècle, qui en aurait été la seule manifestation dans le monde noir, du moins jusqu’à la colonisation et le processus de christianisation qui l’a accompagnée. Pourtant, il nous semble que, dans cet espace saharo-méditerranéen si propice aux échanges, des relations et des faits aujourd’hui oubliés du fait de l’oralité ont bel et bien existé entre l’Afrique noire et le judaïsme, et que celui-ci a laissé des empreintes visibles aujourd’hui encore dans notre civilisation. 

Encore une fois, cette étude ne se veut point un essai scientifique au sens habituel du terme, bien loin de nous cette prétention. Néanmoins, ayant eu l’occasion, dans le cadre d’un ouvrage autobiographique, de réfléchir au problème du rejet des castes dans la société sénégalaise, nous nous sommes intéressé à cette hypothèse déjà énoncée par ailleurs dans les travaux de Cheikh Moussa Camara ou Delafosse. Les quelques indications qui suivent ne sont qu’un modeste clin d’œil aux chercheurs et linguistes, pour les inciter à se pencher davantage sur cette hypothèse, et à découvrir dans l’étude de la langue même, les traces d’un monothéisme juif ancien présent en Afrique Noire. 


Pour se représenter la possibilité d’une telle rencontre entre l’Afrique noire et le peuple juif, il est primordial de se remémorer les liens de l’Afrique subsaharienne avec l’Ethiopie, prolongement de la zone soudanienne dont le Sahara constitue une sorte de réplique occidentale. En d’autres termes, on peut considérer la zone soudanienne comme un ensemble constitué de trois parties : une partie orientale, une centrale et une partie occidentale, qui forment trois cercles juxtaposés, et présentent des similitudes tant sur le plan climatique qu’au niveau morphologique de leurs populations. 

La légende dit que lors de l’Exode, la treizième tribu d’Israël se serait égarée dans le désert…si elle a vraiment existé. On peut supposer qu’elle (ou du moins une partie de ses membres) ait remonté le cours du Nil ou traversé le désert libyen, et put ainsi s’introduire en Afrique, en se fixant d’abord dans les oasis du Sahara, avant de pénétrer plus avant dans le Sahel. Qui sait si, confiante en la promesse de Yahvé, cette communauté juive n’a pas cru trouver la Terre Promise dans cet espace, dont le nom, souvent rapproché de l’arabe sahil "rivage", pourrait alors être compris comme Sah-El "territoire de El (Dieu)". Les fleuves Niger et Sénégal lui seraient alors apparus comme un nouveau Jourdain. Nombreux d’ailleurs sont les ruisseaux du Saloum qui portent le nom de Bani Israël, souvent abrégé en Bani. Dans une telle perspective, il s’en est fallu de peu que le Fouta Toro ne prît des allures de Mont Sinaï. On retrouve en tout cas le même nom de Tor pour évoquer la montagne. En s’installant dans cette nouvelle Terre Promise, cette communauté judaïsée édifia également des cités dont celle de Urosogi, littéralement, "Cité de Ségui", où Uro pourrait être rapprochée de l’antique Ur chaldéenne, racine sémitique que l’on retrouve encore de nos jours dans le nom de Jérusalem, ville de la paix. Sans même aller jusqu’à faire remonter cette présence juive à l’Exode, les migrations parties d’Egypte et de Libye, et dont a fait état Cheikh Anta Diop dans ses travaux, ont pu comporter également des éléments d’origine juive quand on connaît l’étroitesse des liens qui unissent le peuple juif à cette région. 

Il faut aussi garder à l’esprit que d’autres foyers de peuplements juifs plus tardifs ont pu contribuer plus tard à ce rapprochement avec l’Afrique subsaharienne. Ainsi, en Afrique du Nord, la synagogue de Gariba, aujourd’hui connue sous le nom de Djerba, est vieille de 3000 ans. Elle constitue donc un lieu de culte ancien et une source possible pour le rayonnement des influences judaïques. En Algérie, le royaume de Massinissa est historiquement lié au judaïsme. Après les premiers pogroms perpétrés par les Romains, les communautés juives ont été contraintes de fuir vers le désert, se réfugiant dans les oasis avec lesquelles le commerce avait fini de les familiariser. Enfin, à une date plus tardive encore, les effets de la Reconquista ont généré une importante migration des populations juives et musulmanes expulsées d’Espagne vers l’Afrique du Nord. Cette migration a d’ailleurs pu se prolonger vers les zones situées plus au Sud. 

Comme on le voit, aussi bien au Nord qu’à l’Est, l’Afrique subsaharienne est parsemée depuis longtemps de nombreux foyers de peuplements juifs qui sont autant de sources possibles de diffusion de la civilisation hébraïque dans le Monde Noir. Mais un tel phénomène, aussi important qu’il fut, finit fatalement par s’effacer des mémoires,d’autant plus qu’aucun vestige, ni aucun document écrit, n’ont subsisté pour en attester l’existence ancienne. Dans de telles conditions, la seule piste d’investigation possible reste alors celle de la langue qui, ainsi que nous l’avons expliqué dans notre étude sur le wolof, est constituée de différentes strates, portant chacune la trace des brassages culturels qui ont eu lieu dans la région à une époque donnée. 

Tout comme en géologie, plus la strate est ancienne, plus il est difficile d’y accéder, et cela est d’autant plus prévisible ici qu’avec la dynamique évolutive de la langue, les apports étrangers s’y trouvent progressivement assimilés au point de fondre, au fil du temps, dans le fonds propre de la langue. Néanmoins, un examen attentif permet d’entrevoir maints indices disséminés dans la langue, qui attestent la réalité de cette présence juive ancienne en Afrique Noire. La première série d’indices est assez significative car elle concerne directement la désignation des groupes ethniques que nous supposons être les dépositaires de cet héritage juif, à savoir les Peuls. 

Prenons tout d’abord le nom de falacha que nous avons évoqué en introduction. Il est à rapprocher de l’appellation que les Arabes donnent aux Peuls, à savoir fallata. Eux-mêmes, dans les diverses dénominations qu’ils se donnent, soulignent toujours une origine non indigène, étrangère. 

Vient ensuite le terme fowul. En arabe, ce terme dénote des groupuscules, des restes de troupes décimées pourrait-on dire. Cela implique là encore la migration de groupes nomades détachés d’un ensemble plus vaste. Les Saraxole, anciens habitants de l’empire du Ghana, se considèrent comme des hommes blancs, ce qui semblerait surprenant pour une population aussi anciennement installée dans cet espace. Mais cela pourrait étayer l’hypothèse d’une communauté juive ancienne vivant dans cet environnement subsaharien. Par ailleurs, les Peuls se définissent aussi comme des hudaabe, mais il s’agit en réalité de yahudaabe, la prononciation usuelle tendant à escamoter le mot en tronquant la syllabe initiale. Il serait même difficile de ne pas soupçonner par là une certaine parenté de yahodaabe avec le terme yahud "juif ". L’on doit également noter que ce nom se décline aussi en wadaabe, dont la forme diminutive est le nom de famille Wàdd . Nous aurons l’occasion d’y revenir plus loin dans la partie consacrée à l’étude des noms de famille. 


Revenons un instant à notre hypothèse de départ. Elle pose donc qu’à une date plus ancienne, une population d’origine juive aurait traversé le Sahara pour s’installer en Afrique Noire, c’est-à-dire dans un espace culturellement très différent, tant au niveau des croyances que des coutumes. Dans ce contexte de culture orale et païenne, cette communauté se distinguait en tant que Peuple du Livre, lisant et récitant la parole divine, et affirmant à chaque génération son adhésion au pacte d’Abraham par la pratique de la circoncision. Ce n’est pas un hasard si en wolof, les termes renvoyant à cette dimension religieuse ont la même racine : 

jàng "lire, étudier" mais aussi "psalmodier", a donné jàngu "le lieu de culte, le temple". Il est aussi apparenté à jong qui signifie "circoncire". C’est également un nom de famille, ou plus précisément, d’une caste. Tout comme Tow qui n’est pas sans évoquer la Towrah ou encore Bitey où l’on peut reconnaître beytil "la maison d’El, Dieu". Les noms de famille Kane, Ka, Kone ou Kanuté sont à quant à eux du nom de famille sacerdotal Kohen et de l’arabe kahin qui désigne le prêtre païen, voire le devin, kahana signifiant "désignation". 

Dans le même ordre d’idées, xam-xam, ainsi que les mots de la même famille, exprimant la connaissance (xam, xamle, etc.), viendrait selon notre hypothèse de hakham, Ce mot hébreu qui désigne le religieux juif dérive d’une ancienne racine sémitique que l’on retrouve aussi en arabe : il signifie "détenir entre ses mains", notamment détenir le pouvoir hâkim , ou le savoir hakîm. 

Au-delà de la langue, on relève plusieurs pratiques culturelles dont l’origine hébraïque semble très plausible. Nous citerons deux exemples : d’une part, celui de la danse collective toucouleur du nom de yeela où l’on retrouverait la racine El- Dieu, qui rappelle nettement les danses collectives juives. Et d’autre part, la superstition des bergers peuls qui ne se risquent jamais à sortir une bête du troupeau le samedi, de crainte de voir une calamité s’abattre sur l’ensemble du troupeau. Cela nous apparaît comme une survivance lointaine du Sabbath. Nous signalerons au passage l’appellation peul de la girafe qui, tout africaine qu’elle est, est identifiée au chameau et reçoit le nom hébreu de chamala, autre indice de l’origine étrangère, orientale de cette ethnie. 

Ces quelque éléments nous donnent donc déjà l’image d’une communauté juive caractérisée par son savoir et sa croyance monothéiste, bien antérieure aux musulmans qui n’apparaîtront qu’au VIIe siècle de l’ère commune. On peut du reste supposer que le nom de jullit "nomades", donné à ces derniers est en vérité un héritage de leurs prédécesseurs juifs qui les premiers avaient emprunté les routes du désert. Le nom Jàllo justement, qui signifie "passant", est l’exacte traduction du terme hébreu, compris comme un peuple d’éternels nomades. La différence entre les deux groupes, juifs et musulmans, ne devait pas être très flagrante au départ, tant ceux-ci se ressemblaient de par leur origine sémite et leur croyance commune en un Dieu unique. Ce n’est que peu à peu, lorsque le souvenir de cette ancienne migration juive se fut estompé, que l’islam s’imposa comme première référence du monothéisme en Afrique noire. 


Quoiqu’il en soit, l’influence de cette communauté judaïsée ne se limita pas au domaine religieux, mais eut aussi d’importantes répercussions sur le plan des techniques. En s’installant en Afrique subsaharienne, elle apportait avec elle un certain savoir-faire dans le domaine de la tannerie, de la forge et du travail du tissu. 

A cet égard, le nom du tisserand en wolof, ràbb, est assez révélateur car il évoque de façon très transparente l’hébreu rabbi, et suggère l’origine hébraïque de cet art. Il est intéressant de constater que dans leur pratique même, les tisserands ont conservé des habitudes qui ne s’expliquent qu’une fois mises en relation avec les coutumes juives. Ainsi, les étoffes sont invariablement tissées en rouleaux de longues bandes étroites. L’usage qui en est fait aujourd’hui relève d’un style opposé à la tradition. En effet, afin de confectionner des pagnes, l’on a dû découper ces rouleaux en petites bandes pour les assembler, alors que leur forme originelle et leur dimension correspondaient exactement à celles des étoffes que les rabbins utilisaient pour orner leurs costumes. 

Par rapport à la cordonnerie, le nom wolof du cordonnier, uude, pourrait être tenu comme provenant d’une aphérèse de yahud. On pourrait en dire de autant de Mbow, nom totémique des tanneurs et cordonniers, qui est à rapprocher du nom et verbe servant à désigner en wolof l’activité du cordonnier, ëw, apparenté au pulaar ëwde. En supposant que mbow ou bow soit un préfixe qui a été ajouté à cette racine, cela aurait donné mbowëwde ; puis la seconde partie du mot aurait disparu suite à une apocope pour donner mboh en toucouleur. Là encore, tout porte à croire que la langue fait l’histoire même de l’implantation ou de l’acquisition des techniques artisanales de bases en Afrique Noire par le biais de maîtres juifs. 

Au vu de ces éléments, il serait aussi intéressant de s’interroger sur la signification originelle des castes qui constituent, disons le, une spécificité typiquement sahélienne en Afrique. Nous avons déjà eu l’occasion de voir à travers cet exposé que l’on retrouvait plusieurs noms castés parmi les noms évoquant vraisemblablement une origine juive : Jong, Je?, Tow, Hod, Mbow, etc. A cette liste, l’on peut encore ajouter d’autres noms comme Caam qui évoque le père légendaire des sémites, Sam ou encore [NDLR - Sem père des sémites et Cham père des chamites - Aschkel]


Cham, la grande Syrie, patrie d’origine des Hébreux. Le prénom très africain Samba serait lui-même une déformation de Sam abba, avec abba qui signifie "père", tandis dans Coumba, on trouve oum "la mère" en hébreu, réplique féminine de Samba dans le couple primordial. L’analyse donnée pour Samba vaut pour Samb, nom totémique qui donne Sambou, chez les Diolas. Pen quant à lui viendrait de Ben "fils de", et qui entre dans la composition des patronymes sémites. Il n’y a pas jusqu’à Soh, nom totémique, qui ne rappelle l’étymologie que nous avons donnée plus haut pour Sahel. 

La relation entre gens de castes et influence judaïque semble incontestable. Forte de ses croyances, de son savoir et de son savoir faire, cette communauté judaïsée constituait une véritable élite. Non seulement elle savait fabriquer des armes et des outils pour l’agriculture, travailler le cuir, elle maîtrisait aussi la musique, la diplomatie, la médecine des plantes, et les arts divinatoires, en tant que pratiques liées aux métiers de la forge. On peut d’ailleurs avancer comme preuve de ce prestige social la présence de prénoms hébraïques chez les rois de l’époque. On peut retenir par exemple, Yéli dans le Baol, à rapprocher de Yael, Salmon dans le Sine, à rapprocher de Salomon, sans oublier le fondateur mythique du Fouta, Daogo, qui aurait donné son nom aux Dia et Diaïté, et qui évoque l’hébreu David. Mais au sein d’un environnement majoritairement païen, cette communauté monothéiste était constamment menacée par le risque d’acculturation. Le meilleur rempart face à ce danger était alors la pratique stricte du mariage endogamique qui, au fil du temps, perdit sa signification originelle et devint la marque d’une dépréciation sociale, au terme d’un processus qu’il reste à élucider. 


Nous laissons aux chercheurs le soin de nous éclairer davantage sur les questions soulevées par ces faits de langues et les hypothèses émises par plusieurs auteurs dont Delafosse et Camara sur cette face cachée de l’histoire subsaharienne. 

Extraits de mon livre sur le Wolof 

Ahmed Khalifa NIASSE 

Président du Présidium du Front des Alliances Patriotiques
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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 18:01
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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 17:59

 

 

 

 

21:33 15/12/2010
MADRID, 15 décembre - RIA Novosti

Les nazis ont fusillé plus de 1,5 million de Juifs en Russie, en Biélorussie et en Ukraine pendant la Seconde guerre mondiale, a déclaré mercredi à Madrid le père Patrick Desbois, directeur de l'Association Yahad-In Unum qui étudie la Shoah en Europe de l'Est.

L'Holocauste a été un sujet tabou en URSS pendant des années, les autorités ont préféré appeler "citoyens soviétiques" les victimes du nazisme, sans préciser qu'il s'agissait avant tout de Juifs et de Tziganes, a indiqué le père Patrick Desbois qui participe au colloque international "La Shoah par balles" à Madrid du 15 au 17 décembre.

L'association Yahad-In Unum a étudié plus de 16 millions de pages de rapports sur les crimes nazis rédigés par la Commission soviétique spéciale en 1943-1944 et conservés par le Musée de l'Holocauste de Washington.

Petit-fils d'un déporté au camp de Rawa-Ruska, le père Patrick Desbois a fondé l'association Yahad-In Unum ("Ensemble" en hébreu et en latin) en 2004. Elle recherche les fosses communes des Juifs et Tziganes fusillés entre 1941 et 1944 par les soldats du IIIe Reich en Russie, en Biélorussie et en Ukraine. Ses experts interrogent les habitants locaux et ont déjà recueilli des témoignages de 1.600 personnes.

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 17:56

Le Tombeau de Simon et les réfugiés juifs



Jerusalem Post 15/

http://www.jpost.com/Opinion/Op-EdContributors/Article.aspx?id=199594

 

Adaptation française de Sentinelle 5771 ©

Cet endroit a été le témoin de la première fuite de ceux qui n’ont pas pu revenir après la Guerre d’Indépendance. Ces gens étaient des Juifs.

  

Les environs habituellement tranquilles du Tombeau de Simon le Juste (Shim’on HaTsadik) ont été troublés ces derniers mois par des protestations régulières dans lesquelles la ferveur morale et une auto légitimation véhémente tiennent fièrement leur place. Les manifestants protestent ostensiblement contre des évictions – de familles arabes dans ce cas – bien que nous puissions douter de leur opposition de principe aux évictions, puisque les personnalités notables parmi eux étaient absents lors des manifestations il y a cinq ans contre l’éviction de 8.500 Juifs de la bande de Gaza.

Quoi qu’il en soit, quand nous observons des débordements massifs d’émotion – amour, colère, sentimentalisme, chagrin, haine – nous pouvons nous demander ce que les participants connaissent de la cause pour laquelle ils manifestent. Le Tombeau de Simon et ses environs méritent d’être considérés comme un symbole de la lutte entre Juifs et Arabes, ainsi que par les parties étrangères intéressées, qui ont afflué et reflué depuis des générations.

Le quartier du Tombeau de Simon a été témoin des tout premiers débuts de la montée de la violence, commençant peu après la partition recommandée par l’Assemblée Générale de l’ONU le 29 novembre 1947.

Il  a aussi été le témoin de la première fuite de réfugiés qui n’ont pas pu revenir après la Guerre d’Indépendance. Cela peut en surprendre certains : ces premiers réfugiés qui ne purent revenir dans leurs foyers étaient juifs. Pourtant ceci est bien documenté.

Simon le Juste était une personnalité de l’époque du Second Temple, qui a accompli des exploits légendaires selon la tradition juive. On l’identifie à deux grands prêtres nommés Simon, l’un de l’époque de l’empereur séleucide Antiochus III, vers 200 avant l’ère vulgaire. Un autre, selon la tradition, est apparu en vêtements blancs devant le Alexandre de Macédoine le conquérant (332 avant l’ère vulgaire), le décidant à laisser les Juifs en paix.

Le Tombeau de Simon est traditionnellement situé dans une grotte à quelques mètres d’un complexe de tombeaux dans des grottes qui datent sans le moindre doute de l’époque du Second Temple.

Pour ceux qui doutent de l’authenticité du Tombeau, nous ne pouvons pas prouver que Simon y est enterré, pas plus que personne aujourd’hui ne peut prouver que Jésus est enterré dans l’Eglise du Saint Sépulcre. De fait, certains chrétiens proposent d’autres endroits. Pourtant ce lieu comme Tombeau de Simon a été attesté en 1235.

 

Il est dépeint sur des cartes illustrées de Lieux Saints juifs – une sorte d’art populaire juif – comme nous pouvons le voir dans un album publié par le Musée d’Israël (Editions Rachel Sarfati, Album de Jerusalem : Portraits de Lieux Saints par des artistes juifs).

 

Les pèlerinages de Lag Ba’omer (1) sur ce site font concurrence depuis longtemps aux pèlerinages sur le Tombeau de Shimon Bar Yohaï (2) en Galilée, puisqu’il était plus facile pour les Juifs de se rendre à Jerusalem, déjà majoritaires dans la cité au milieu de 19ème siècle.


En 1876, les communautés Ashkénaze et Sépharade se sont unies pour acheter le site à un propriétaire arabe, qui avait jusqu’alors imposé une taxe aux Juifs pour approcher le Tombeau. En plus d’avoir restauré le Tombeau, des foyers pour des Juifs pauvres ont été bâtis sur une partie du site, alors que la plus grande partie de la parcelle de 1,8 hectare a été laissée inexploitée.

 

Les Juifs de Jerusalem l’ont baptisé le ‘Quartier Shimon Hatzaddik’, et il apparaît sous ce nom dans l’atlas historique de Jérusalem de Dan Bahat. Il était adjacent à ‘Sheikh Jarrah’ sans en faire partie – contrairement à l’erreur commune aujourd’hui de la presse et des protestataires.

 

En 1947, les premiers tirs de la guerre arabe contre l’indépendance juive ont été tirés contre un autobus juif sur une rue du Mont Scopus adjacent au quartier Shimon Hatzaddik.

En décembre 1947, la circulation juive a été attaquée sur la rue du Mont Scopus, comme le furent le quartier Shimon Hatzaddik et les environs juifs proches : Nahalat Shimon, Siebenbergen Houses, etc… Après des heures d’attaques intensives le 29 décembre, des familles juives s’enfuirent du quartier, mais certaines restèrent plusieurs jours de plus.

 

Le journal ‘Palestine Post’ (3) rapporta le 4 janvier 1948 que des Juifs fuyaient Shimon Hatzaddik et d’autres quartiers. Des soldats britanniques contribuèrent à induire cet exode en désarmant des Juifs dans le quartier. Ainsi, les Juifs furent les premiers réfugiés de guerre dans le pays alors qu’ils ne pouvaient s’en retourner dans un autre pays après la guerre (des Juifs s’enfuirent aussi en décembre 1947 de quartiers de Jaffa et du Sud de Tel Aviv, mais ne purent y revenir après la guerre).

 

De 1949 à 1967, alors que les Juifs ne pouvaient pas visiter les Lieux Saints juifs sous gouvernement jordanien – en violation de l’accord d’armistice de 1949 – les maisons juives abandonnées furent habitées par des familles arabes, alors que des maisons destinées aux Arabes furent construites sur les parties inoccupées du site vers 1955.

 

Après la Guerre des Six Jours, les Juifs purent de nouveau visiter le Tombeau de Simon, alors que les Arabes demeuraient dans les maisons autrefois juives sur le site. Toutefois en 1998, quand un Arabe essaya d’incorporer la synagogue dans sa propre maison, des Juifs  revinrent, d’abord dans la synagogue, qui portait clairement des inscriptions hébraïques, malgré les protestations que m’adressa un porte-parole arabe suivant lesquelles les Juifs n’avaient jamais vécu ici.

 

Plus récemment, des cours de justice décidèrent que des maisons arabes sur le site appartenaient aux propriétaires terriens juifs. Des auteurs de talent comme Amos Oz et David Grossman ont pris part aux protestations – au nom de la paix et de la justice – contre les évictions faisant suite au refus de certains locataires arabes de payer leur loyer, refusant ainsi aux Juifs  l’exercice de leurs droits de propriété. Pourtant, les positions politique et morales de ces auteurs ne font pas impression.

 

Par exemple, avant la Deuxième Guerre Mondiale, des auteurs français aussi ou même plus talentueux tels Jean Giono et Jean Giraudoux complimentaient Hitler, exigeant la paix avec l’Allemagne. Giono décrivait même Hitler comme « un poète en action ».

 

Par leurs protestations, Oz et Grossman approuvent maintenant implicitement les expulsions de Juifs pendant la Guerre d’Indépendance, les premiers réfugiés de cette guerre qui ne purent pas revenir dans leur foyer ensuite.

 

De plus, existe-t-il un organisme religieux habilité à maintenir le quartier autour de ses Lieux Saints ? Les Chrétiens veulent-ils que des non chrétiens habitent trop près de l’Eglise du Saint Sépulcre et d’autres Lieux Saints chrétiens ? Les non musulmans sont-ils autorisés à La Mecque ? La justice est fondée sur la vérité, pas sur des principes inconsistants.   


 
L’auteur est un chercheur et traducteur vivant à Jerusalem. Il a publié dans les revues ‘Nativ’, ‘Midstream’, ‘The Jerusalem Post’ et d’autres publications.

 

 

Notes du Traducteur :

 

(1) Lag Ba’Omer : fête de réjouissances qui se situe le 33ème jour de ’l’Omer’- période de maturation durant 50 jours -  entre la fin de ‘Pessah’ (le Passage de la Mer Rouge & la Fuite d’Egypte sous la conduite de Moïse ) et Chavouot (la Révélation de la Torah au Sinaï ).

Lag Ba’omer est l’occasion de pèlerinages sur la tombe de grands Rabbis.

(2) Shimon Bar Yohaï : Auteur légendaire du ‘Zohar’, le grand livre de la Mystique juive.

(3) ‘Palestine Post’: précurseur du ‘Jerusalem Post’, qui fut ainsi nommé dès la proclamation de l’indépendance de l’Etat d’Israël.  
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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 17:40

Ces familles qui redécouvrent leurs racines juives

 

http://www.courrierinternational.com/article/2010/12/14/ces-familles-qui-redecouvrent-leurs-racines-juives

 

A Manado, des Indonésiens se convertissent au judaïsme hérité de leurs ancêtres, des colons hollandais. Une foi longtemps refoulée qui désormais émerge fièrement avec la bénédiction des autorités, observe le New York Times.

14.12.2010 | Norimitsu Onishi | The New York Times

La menora de Manado, Indonésie

La menora de Manado, Indonésie

Paru dans

 

Aller sur le site de Direct Matin

 

Cadeau des autorités locales, une nouvelle menora de plus de 18 mètres de haut – peut-être la plus grande au monde – se dresse au sommet d’une montagne, au-dessus de Manado. Dans la ville, des drapeaux israéliens flottent sur les stations de motos-taxis et les autorités locales ont achevé le ravalement d’une synagogue construite il y a presque six ans, et de son plafond, orné d’une grande étoile de David. 

Longtemps bastion du christianisme et plus récemment de mouvements évangéliques et chrétiens charismatiques, cette région du nord de l’Indonésie est devenue l’improbable foyer d’un sentiment projuif au moment où plusieurs habitants embrassent la foi de leurs ancêtres juifs hollandais. Ayant reçu la bénédiction des autorités locales, les nouveaux convertis se font une petite place dans l’étrange paysage religieux indonésien, foyer de la plus grande population musulmane au monde. 

Cette tendance est apparue quand des extrémistes islamistes se radicalisaient, attaquant les minorités chrétienne et autres en Indonésie, et le gouvernement central – craignant de les offenser – ne faisait rien pour les en empêcher. En novembre 2009, des extrémistes, dénonçant les opérations militaires à Gaza entre 2008 et 2009, avaient fait fermer une synagogue vieille d’un siècle à Surabaya, deuxième plus grande ville du pays. Il s’agissait du plus important vestige historique de la discrète communauté juive indonésienne. La synagogue des faubourgs de Manado, financée par des Indonésiens découvrant à peine le judaïsme, est désormais le seul lieu de culte pour les Juifs d’Indonésie. "Nous essayons seulement d’être de bons Juifs", explique Toar Palilingan, 27 ans, qui porte le long manteau noir et le chapeau à large bord des juifs ultraorthodoxes. 

L’Indonésie et Israël n’ont pas de relations diplomatiques mais tissent discrètement des liens économiques et militaires depuis plusieurs dizaines d’années. Les hommes d’affaires juifs, d’Israël ou d’ailleurs, viennent de plus en plus régulièrement en Indonésie, à la recherche d’opportunités économiques. Né au Salvador, Moshe Kotel, 47 ans, possède la double nationalité israélienne et américaine. Il vient à Manado tous les ans depuis 2003 et travaille dans le secteur des œufs biologiques. Marié à une femme de la région, Kotel reconnaît qu’il ne s’était jamais senti aussi nerveux que lorsqu'il est arrivé à l’aéroport la première fois. "Mais quand j’ai vu les drapeaux israéliens sur les taxis, je me suis tout de suite senti le bienvenu", ajoute-t-il. 

Denny Wowiling, chrétien pentecôtiste, fait observer que les chrétiens et les musulmans ont toujours vécu en paix dans cette région du nord de l’île de Célèbes. Il reconnaît toutefois que "certains craignent d’être pris pour cibles par des gens de l’extérieur". "Le sentiment antijuif a réellement commencé à émerger dans les années 1980 et 1990 à cause du conflit israélo-palestinien", analyse Anthony Reid, spécialiste de l’Asie du Sud-Est à l’Université nationale australienne. A Manado, les descendants de colons juifs hollandais pratiquaient leur foi publiquement avant l’indépendance de l’Indonésie, en 1949. Après cela, ils se sont convertis au christianisme ou à l’islam pour leur sécurité personnelle. "Nous avons demandé à nos enfants de ne jamais parler de nos origines juives, explique Leo van Beugen, 70 ans, éduqué dans la foi catholique. Nos petits-enfants n’en savent rien." Leo van Beugen est le grand-oncle de Toar Paliligan. 

C’est seulement dix ans plus tôt, lors d’une discussion agitée sur la Bible et Moïse, que la grand-tante maternelle de Toar Palilingan a laissé échapper le secret des origines juives de la famille. C’est ainsi que Toar Palilingan, maître de conférences en droit à l’université Sam Ratulangi et né d’un père chrétien et d’une mère musulmane – également professeur à l’université –, a appris que sa famille maternelle descendait d’un émigré juif hollandais du XIXe siècle, Elias van Beugen. 

Toar Palilingan a pris contact avec le rabbin le plus proche, Mordechai Abergel, émissaire à Singapour du mouvement Chabad Lubavitch de Brooklyn. Toar Palilingan a fait d’"énormes progrès" pour renouer avec ses racines juives, explique le rabbin Abergel, même s’il lui faut encore se convertir pleinement. Membre de ce qu’il appelle le judaïsme "pur" ultraorthodoxe, Toar Palilingan porte parfois l’habit noir et blanc de ses adeptes."La plupart des Indonésiens n’ont jamais rencontré de Juifs, ils croient que je viens d’Iran ou d’ailleurs",explique-t-il. 

La menora de Manado

REPÈRE Religion

Sur les 237 millions d’habitants que compte l’archipel, les Juifs indonésiens ne forment qu’une minuscule communauté composée d’une poignée de fidèles. Durant la colonisation hollandaise, les communautés juives en Indonésie étaient implantées dans les grands cités commerciales, où elles travaillaient souvent dans le secteur immobilier.
Estimé à 2 000 avant la Seconde Guerre mondiale, la                           

communauté juive du pays a chuté à une cinquantaine de membres dans les années 1960. Aujourd’hui, elle compterait à peine une à deux dizaines de personnes. Néanmoins, une tendance projuive a émergé en Indonésie au cours de la dernière décennie, dans la foulée des mouvements chrétiens évangéliques et 

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 07:57
statue - Ilan Assayag - December 14 2010

Roman statue found on the coast of Ashkelon.

Photo by: Ilan Assayag

 

Cette tempête de sable (terrible pour les yeux) et de pluie aura eu au moins cela de bon !

Une violente tempête qui s'est abattue en fin de semaine sur les côtes méditerranéennes aura permis de découvrir des vestiges de l'époque romaine qui étaient enfouis.

La découverte a été faite à Ashkelon, une ville côtière israélienne. Entre autres, une statue romaine en marbre, qui représente une femme en toge et en sandales, a été découverte après qu'une partie d'une falaise se soit effondrée en raison des forts vents, des vagues et de la pluie.

Selon le site Internet du quotidien Haaretz  les autorités israéliennes responsables des antiquités estiment que la statue daterait de l'époque de l'occupation du secteur par l'armée romaine. Elle aurait été importée d'Italie, de Grèce ou d'Asie mineure. La statue, qui n'a plus de tête et de bras, est haute de 1,2 mètre et pèse environ 200 kilogrammes. Il pourrait s'agir d'une représentation d'Aphrodite.

D'autres vestiges ont été découverts lors de l'effondrement de la falaise, notamment des mosaïques et des vestiges de bains romains. Par ailleurs, la tempête a aussi endommagé plusieurs sites antiques de la côte.

A statue from Roman times discovered in Ashkelon after a cliff collapsed, revealing archaeological treasures.


par Olivier Caron - matin.branchez

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 07:46

 

 

affaire-a-suivre.jpg

 

 


 

AFFAIRE à SUIVRE - Dans ce nouveau thème vous retrouverez des enquêtes sur des personnages ou des évenements  actuels ou passés qui ont laissé et laisseront des empruntes souvent néfastes pour l'humanité

 

Affaire à SUIVRE - LE MUFTI de JERUSALEM

 

 

DANS CE RAPPORT EN ANGLAIS 

 

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Vidéos - Les héritiers du nazisme

Diaporama  ICI

 

Par SHRAGA BLUM

Les attitudes politiques actuelles ambigües britanniques et françaises envers Israël ne peuvent se comprendre sans un regard vers le passé, et notamment les années qui ont précédé la création de l’Etat d’Israël.

Un document émanant des Archives Nationales américaines apporte des confirmations et des éclairages nouveaux sur le rôle de la Grande-Bretagne et de la France au Proche-Orient notamment concernant le Mufti nazi Hadj Amin Al-Husseini, ainsi que sur les pays arabes. Sous le titre « L’ombre de Hitler, les criminels nazis et la Guerre Froide », le document en question révèle par exemple qu’en 1945, des responsables britanniques, bien qu’opposés au nazisme, désiraient fortement le retour en Palestine du sinistre Mufti, pourtant recherché pour collaboration avec les nazis, afin qu’il unifie la population arabe locale et organise des violences contre les Juifs du Yishouv. Le Rapport, s’inspirant notamment des archives secrètes de la CIA, veut montrer de manière générale comment des criminels de guerre nazis – dont Al Husseini faisait partie – ont pu bénéficier d’appuis et de mansuétude pendant et après la 2e Guerre Mondiale.

Le Directeur du Département des Investigations de la Police Britannique de l’époque confiait à l’attaché militaire américain au Caire « que le Mufti était le seul capable de rassembler les Arabes de Palestine (qui n’étaient pas encore transformés artificiellement en ‘peuple palestinien’) et de calmer les ardeurs sionistes ». Il rajoutait « que les Britanniques n’étaient pas capables de le faire mais que c’était une bonne idée ».

Le Rapport en question a été publié par un groupe de recherche nommé par le Congrès US, et apporte des éléments nouveaux sur le personnage du Mufti de Jérusalem, qui était entre autres l’oncle de Yasser Arafat.

On y apprend par exemple que le Mufti de Jérusalem, pendant la guerre, recevait des sommes énormes chaque mois de la part des Allemands, de l’ordre de 50.000 marks mensuels, ce qui correspondait à la moitié d’un salaire annuel d’un officier supérieur de la Wehrmacht. Ce qui fait dire aux membres de la Commission de Recherches qu’ « Al Husseini revêtait une importance considérable pour le pouvoir nazi ». Hitler lui avait promis qu’il serait nommé à la tête d’une Palestine arabe une fois les Britanniques chassés et les Juifs du Yishouv exterminés.

Le Rapport montre ensuite comment, en 1945, le Mufti put se rendre en Syrie pour échapper aux Britanniques, qui le recherchaient. De là, il se rendit à Constance, en Allemagne, mais fut arrêté par les troupes françaises. Là, se déroula un scénario bien français: transféré en région parisienne, il fut placé dans plusieurs résidences successives dans des conditions très confortables et avec une relative liberté, bénéficiant de la protection du Quai d’Orsay, qui refusait notamment de le livrer aux Britanniques et aux Yougoslaves qui le réclamaient. Mais ne voulant pas se froisser avec les pays arabes, qui accueillaient allègrement les criminels nazis en fuite, le Quai d’ Orsay décidait de le faire quitter la France et il s’envola le 29 mais 1946 par un vol régulier à destination du Caire, doté d’une identité d’emprunt. Il mourut à Beyrouth en 1974.

Le Rapport américain précise également « que tout comme beaucoup d’autres criminels nazis accueillis à bras ouverts par les pays arabes, le Mufti Hadj Amin Al-Husseini devint un conseiller écouté et put distiller en tout quiétude ses théories antisémites et nazies au sein de la société dans laquelle il vécut ». Et de dresser ce triste constat: « Après la guerre, le nazisme a continué à fleurir dans les pays arabes ».

Les résultats se voient tous les jours.

israel7

 

à suivre donc..........

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  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
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Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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