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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 21:26

 


 

flickr

merci à EoZ

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Tombeau de David sur le Mont Sion, à Jérusalem.

C'est une copie faite à partir d'un sel négatif original par Robertson et Beato en 1857, monté sur carton."" N ° 27 "" et "" Robertson Beato & Co. "" sur l'impression. empreinte ovale de "" Gambart E & Co., à Londres "sur la montagne. Il a été classé dans "Description d'une série de vues de Jérusalem et ses environs, exécuté par Robertson et Beato de Constantinople" (sans date) comme suit: "" n ° 27. Le tombeau de David. Ce bâtiment était autrefois une église chrétienne, elle est d'une grande antiquité, et très vénéré par les musulmans, qui ne permettent à aucun chrétien d' entrer dans le tombeau. L'enceinte est en face du cimetière de la Mission américaine ".

 


 

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Le Mur des Lamentations, à Jérusalem.

C'est une copie recadrée albumine fait à partir d'une colonie d'origine américaine négative. Il peut être les mêmes que N ° 119, page 5, de «1911 révisée et augmentée Catalogue des diapositives sur verre réalisés par l'American Colony, Jérusalem ..."" (publié par Fr.Vester & Co.). La photo montre des femmes juives prier au Mur occidental (parfois connu sous le nom du Mur des Lamentations) à Jérusalem. "" American Colony, à Jérusalem "" dans le coin inférieur droit de l'impression. "" 2 "" au crayon sur le dos. De la collection de J. Garstang, compte tenu en 1947. Cette image est identique attribuée au photographe Antoine Sfeir (MJS Postcard Series No.21) et datée de c. 1902 par D. Pearlman dans sa "" Cartes postales de la Palestine n ° 32, août 1990, page 2.

 


 

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Vue de la Vieille Ville de Jérusalem de la porte de Damas, à la recherche SE.

C'est une copie recadrée albumine fabriques à partir d'un  négatif original, monté sur  carte (pour plus de détails voir P 703). Il faisait partie d'une série  étiquetés et vendus par le DEP. Cette impression spécifique a été donnée par M. E Broughton en février 1918 dans le cadre d'un ensemble de photos PEF.

 


 

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Vue de la tombe de Rachel, près de Bethléem

C'est une copie recadrée albumine fabriquée à partir d'un négatif original, monté sur la carte (voir P 959). Notez le numéro "250" (et non par Phillips) dans le coin inférieur droit de l'impression. Il faisait partie d'une série de tirages montés étiquetés et vendus par le DEP. cette impression spécifique a été donnée par M. E Broughton, en février 1918, dans le cadre d'un ensemble de photos PEF.

 


 

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Le bâtiment renfermant le tombeau d'Aaron à la montagne de Hor.

Il s'agit d'une épreuve sur papier gélatine faite à partir d'un négatif par CAHornstein prise au cours de son voyage en Jordanie, en Septembre 1895 (cf PEFQSt 1898, pages 94 à 103). Il montre le bâtiment carré avec une coupole blanche entourant le tombeau d'Aaron, sur le mont Harun (Mt Hor) (pour plus de détails, voir P 2320). Sur la gravure: «CAH». Sur le dos au crayon: «Aaron's Tomb Mt Hor.". collection Wilson.


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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 23:09

DOCAS

Site israélien des juifs originaires d'Ouzbékistan

Le sionisme des Juifs de Bukhara

Par Sacha Bergheim

Pour © 2010 contrecourant © 2010 aschkel.info - © 2010 lessakele 

Juifs-de-samarcande.jpg

Juifs de Samarcande

Une communauté d'exception

La tradition fait remonter l'origine des juifs de Bukhara aux Tribus de Naphtali et d'Issachar exilées durant la captivité en Assyrie à partir du 7e siècle avant JC. Une seconde vague de Juifs descendant aux mêmes des exilés en Babylonie aurait rejoint l'Asie centrale autour des 5-6e siècles av. JC.

On considère que les Juifs de Bukhara (בוכרים‎ یهودی بخارایی яҳудиёни бухороӣ / ya'hudioni by'horoï - Бухарские евреи) ont généralement vécu en marge du reste du monde juif pendant plus de deux millénaires et ont maintenu et préservé leur héritage juif, développant une culture propre avec l'influence des cultures environnantes de l'Asie Centrale. D'autres Juifs se sont toutefois joints ultérieurement à la communauté d'Asie centrale (Juifs de Perse, du Moyen-Orient suivant la route de la Soie). L'histoire des Juifs de Bukhara se sépare de la communauté iranophone de Perse à la suite de la prise de pouvoir des chiites Safévides au 16e siècle qui entrent en conflit avec les Emirs d'Asie Centrale d'obédience sunnite.

Les Juifs bukhariotes ont vécu tant dans le ghetto de la ville de Bukhara qu'à Merv, Khokand (Mayda Milat, Hact Kopruk), Samarkand, Penjikent, Marghelan, Dushanbe, Toshkent (quartier d'Okchi, Tsigatay, Khoji mailk), Andijan, Namangan, Sharisabz, Khojent, Kerki, Tchimkent, Ghambul. mais aussi jusqu'à Peshawar en région pathane. Ils parlent le Bu'hori (بخاری - бухорӣ – בוכארי), un dialecte perse proche du tajik avec l'influence de l'hébreu (et aussi du russe à partir du 19e siècle).

Boukhara-2.jpg

Être Juif dans l'Emirat de Bukhara : la survie culturelle sous la dhimmitude

A Bukhara, le quartier juif se divise en trois portions nommés Ma'halla-i-kohme (le vieux quartier), Ma'halla-i-now (le nouveau quartier) construit dans la première moitié du 19e et Amirabad qui est son prolongement spatial.

La discrimination subie par les Juifs de Bukhara était celle des dhimmi, soumis à des règlements discriminatoires, cantonnés au commerce (chapelier, cordonnier, cardeur, tailleur) ou à l'orfèvre où ils excellaient, cultivant très rarement coton ou tabac, exerçant parfois le métier de teinturier ou de pharmacien.

Ils étaient obligés de payer des taxes exorbitantes dont la jizya (capitation pour obtenir le droit de rester en vie en tant que Juif) et le kharraj (impôt foncier pour éviter que les Juifs ne possède de terres), et contraints à porter des vêtements noirs distinctifs des Musulmans.

Les hommes juifs ne devaient jamais se tenir à égalité face à un Musulman et marchait toujours à pied en ville et sur un âne lors des voyage. Interdiction d'avoir une monture comme un cheval. Interdits de déplacement avant et après le coucher du soleil, ils demeuraient en ghetto (Ma'hallai Ya'hudion, sh'hunat habu'harim, quartier juif), par ordre de l'émir et pour éviter les déchaînements réguliers de la foule. Les femmes juives qui quittaient leurs maisons devaient se vêtir comme les Musulmanes de crainte d'être enlevée.

Le témoignage d'un Juif n'était pas admis devant un tribunal musulman, même s'il défendait un Musulman.

Le statut de dhimmi, hérité de la sharia, associé à l'adat, la loi coutumière, impliquait une organisation communautaire spécifique. Le nassi (kaluntar en judéo-tajik) est élu parmi les parnassim et confirmé par l'émir dans sa fonction. Assisté de deux aqsaqal (« barbe blanche » en uzbek) ils ont parfois assumé les fonctions de dayan et de rabbi. La jizya était régie par des contrôleurs, appelés kaluntarjizya, et s'appliquait à tout juif ayant fait sa bar mitsva, tous les trimestres en présence du premier ministre (le kuchbegi), et chaque Juif recevait deux gifles après le versement de la jizya en signe d'humiliation. Il était interdit d'acheter une maison, même du quartier juif, si elle appartenait à un musulman. À quelques exceptions près, il leur était interdit également d'acheter des propriétés, vergers, champs de coton, les terres arables étant réservées aux Musulmans. Les maisons juives devaient être signalées par un chiffon, l'entrée ne devait pas porter de mezouza, et le seuil était plus bas que celui des maisons musulmanes pour que le Juif se courbe en entrant chez lui et garde en mémoire sa condition précaire.

À la différence d'autres régions du monde musulman, les Juifs de Bukhara n'y pratiquait pas l'usure, cette pratique étant réservée aux changeurs afghans ou hindous. Exceptionnellement, les Juifs ont eu droit de rénover la seule synagogue de la ville en 1840 mais il a fallu attendre l'occupation russe pour qu'une seconde de plus petite taille soit autorisée. Ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale qu'une troisième synagogue sera construit. En réalité, les familles aisées disposaient d'une pièce réservées aux offices. Comme sous l'Ancien Régime en Europe, tant que l'émirat n'était pas abolie (il faut attendre 1920 par l'Armée rouge), le droit musulman prédomine et la juridiction islamique prend souvent le pas sur la halakhah dans des questions d'héritage

Les crypto-Juifs contraints à la conversion étaient appelés chela ou jedidiet formaient une communauté séparée. Il est intéressant que ces convertis de force revinrent souvent vers le judaïsme lorsqu'à l'arrivée des Russes ils purent quitter Bukhara vers le Turkestan, alors même que l'administration continuait à les considérer comme musulmans.

Entre le début du 20e siècle on recensait 8 000 Juifs au Turkestan, et 14 500 en 1908, mais les critères sont variés (langue, religion) et empêchent de disposer de statistiques précis. En 1926, seul la capacité à parler en judéo-tajik sera prise en compte : 18 000 Juifs seront recensés dont moins de 400 en zone rurale.

synagogue-de-samarcande.jpg

Synagogue de Samarcande

Khalats de Boukhara, broderies dorées à motifs juifs sur velours bleu

La séphardisation et la sionisme des Juifs de Bukhara

L'histoire contemporaire de la communauté de Bukhara commence avec l'arrivée à Bukhara en 1793 de Rabbi Yossef Maimon, originaire de Tetouan.

Cet éminent kabbaliste, qui vivait à Safed, est envoyé comme émissaire religieux dans le but de revitaliser la communauté éloignée des principaux centres religieux.

À la différence des autres chlikhim, il décida de s'établir et de soutenir les juifs de Bukhara qui d'après les témoignages, ne disposaient plus que des trois premiers livres de la Bible, ne fêtaient plus véritablement shabbat et pratiquaient une cacherout incomplète.

Il devient leur leader spirituel jusqu'à son décès en 1823 (à Jérusalem), se chargeant de l'éducation juive et faisant revivre l'observance religieuse que les persécutions, la pauvreté et l'isolement avait amoindrie. La tradition persane jusqu'alors utilisée et remplacée par le minhag sépharade et des Juifs orientaux commencent à rejoindre Bukhara.

Maimon fonde par ailleurs Hibbat Tsion pour encourager le pélerinage en Israel.

En 1802 il entame un échange épistolaire avec la communauté juive de Shklov en Lituanie, en vue d'obtenir les objets de culte qui manquaient.

L'arrivée des Juifs de Bukhara en Erets précède le sionisme politique

Les premiers Juifs bukhariots à s'installer en Erets Israel arrivent dès 1827. Le renouveau spirituel juif de la communauté d'Asie Centrale, associé à la séphardisation de son rituel, s'illustre par l'aliyah qui prend son essor en dehors de toute considération politique.

La réactivation de la communauté de Bukhara s'opère précisément à la suite du soutien des Juifs de Palestine. Les contacts vont se faire de plus en plus nombreux (émissaires religieux, commerçants, voyageurs) et donnent au retour à Sion une aura qui persuade beaucoup à partir. Le mode initial est le pèlerinage, qui va être petit à petit supplanter par l'installation en Terre Sainte à mesure qu'une communauté bukhariote se constitue à Jérusalem.

L'annexion russe et les bouleversements sociaux pour la communauté juive

L'annexion par l'Empire russe du Turkestan accélère le phénomène. À partir de 1833, les Juifs de Bukhara ont l'autorisation de commecer en Russie, et dès 1844, de participer aux foires de Nizhni Novgorod ou Irkoutsk. Les Russes occupent Toshkent, le Ferghana et les vallées de l'Amou-Darya et du Syr-Darya en 1868. Mais la situation restent identiques puisque l'Emir de Bukhara accepte le protectorat de l'Empire tsariste. Les Juifs de Bukhara restent ainsi sous le joug de l'émir, subissant extorsions et persécutions, suscitant un départ de nombreuses familles vers d'autres villes comme Samarkand.

La période coloniale russe se caractérise par un statut juridique à trois niveaux pour les Juifs bukhariotes : la juridiction juive, la juridiction musulmane édictée dans les qazikhan (tribunaux islamiques), la juridiction russe puis soviétique qui ne parvint pas à supplanter la loi islamique et coutumière.

En 1888, les Russes décrètent l'expulsion des Juifs de la région de Transcaspienne, qu'ils n'appliqueront pas, et au même moment, décident que les Juifs natifs se verraient autorisés à pratiquer librement le judaïsme, faire des études si bien que de nombreux Juifs devinrent musiciens, artistes, hommes d'affaire, juristes... tandis que les Juifs arrivés après l'annexion russe devenaient des « Juifs étrangers » qui étaient contraints à s'installer à Osh, Kata Qurghan ou Petro-Alexandrovsk dans les cinq ans (le délai sera repoussé à 1910 suite au demande du Rav Shlomo Tajjer, subissant des lois restrictives antijuives.

Le pouvoir russe (infidèle) devenait de plus en plus impopulaire et dans la dernière décennie du 19e siècle, les autorités militaires se décidèrent à durcir les politiques à l'égard des Juifs, alors qu'ils les avaient relativement favorisés afin de trouver des relais. Pour atténuer l'animosité des Musulmans, l'idée d'un « pouvoir juif » est lancé. La presse musulmane naissante se fait alors le relais d'attaques contre les juifs et les arméniens dont la russicisation, l'abandon des vêtements traditionnels (imposés par le statut de dhimmi) illustraient la perte de souveraineté musulmane. Cet antisémitisme sera particulièrement virulent envers les Juifs forcés de s'installer à partir de 1926 dans les kholkhozes (en 1932, 3500 Juifs y résidaient, soit moins de 6%). Ces expériences de coopératives juives firent l'objet d'une hostilité des ruraux musulmans (quand bien même les terres étaient de qualité inférieure à celles des coopératives musulmanes) et furent abandonnées au cours des années 1930/

De nombreux juifs ashkénazes arrivent en Asie Centrale à la suite de la construction de la ligne de chemin de fer transcaspienne (1880-1905), fuyant les pogroms et l'antisémitisme. En 1911, le Général Samsanov ordonne à tous les Juifs du Turkestan de retourner au sein de l'émirat de Bukhara.

caucase.jpg

La ligne transcaspienne : symbole du retour vers Sion

La ligne transcaspienne de chemin de fer réservait par ailleurs des wagons spéciaux à destination des pèlerins juifs et musulmans en route pour Jérusalem ou la Mecque. Au lieu de passer par Meched (donc la communauté avait été anéantie par le pouvoir perse) ou Balkh avant de rejoindre Baghdad, le retour passait par le désert du Karakum, la Caspienne, l'arrivée à Bakou et la traversée du Caucase jusqu'à Batumi où commençait le périple par mer jusqu'à Acre ou Jaffa en passant par Constantinople et Izmir. Le voyage était autorisé par les autorités turques pour 3 mois. Ce sera le même trajet de l'émigration officielle après la Révolution russe, tandis que l'émigration clandestine optait pour le trajet le plus dangereux via l'Afghanistan ou la Perse.

L'arrivée de la colonisation russe a eu pour effet la modification de la structure sociale et l'apparition d'une classe aisée, liée aux russes et aux arméniens, et un appauvrissement des artisans juifs qui échappent à l'emprise de l'émir en fuyant vers le Turkestan russe en dehors de l'émirat (qui subsistait comme protectorat). Les familles riches comme les Vodiayev profitent alors pour faire venir des professeurs d'hébreu venus directement de Jérusalem.

synagogue-Machalla.jpg

De l'Asie Centrale à Jérusalem

Le sionisme des Juifs de Bukhara est avant tout religieux, émotionnel, avec une forte connotation messianique et affective et ne provient ni d'une réaction à l'assimilation (restaurer une identité collective juive) ni d'une défense contre l'antisémitisme ethno-biologique (disposer d'un pays refuge). Les aspirations communautaires, même des familles tournées vers la modernité, restaient orientées par les liens avec le Terre d'Israel, la préservation de l'héritage judéo-persan, et l'accomplissement de l'aliyah comme devoir religieux.

En 1890, Simon Khakham arrive à l'âge de 47 ans en Erets et fonde une maison d'édition judéo-persane. Traducteur du Pentateuque en judéo-tajik, traducteur de Ahavat Tsion, le roman en hébreu de Abraham Mapu diffusé à partir de 1908 au Turkestan, il contribue, avec l'appui de Shlomo Babajn Pinchasov, à la revitalisation de la culture juive bukhariote, en publiant plus de 200 volumes religieux et profanes.

Vers 1868 arrivent les premiers olim à Jérusalem et ils établissent dès 1889, soit 6 ans avant la publication par Herzl de l'Etat des Juifs, d'une « Société des Amants de Tsion » afin d'organiser l'aliyah des Juifs iranophones.

Le quartier des Bukharim (Rehovot ou Sh'hunat haBu'harim) de Jérusalem (fondé en dehors des murailles dans un lieu insalubre acquis à prix d'or auprès des autorités musulmanes) est alors fondé grâce aux efforts de l'élite religieuse et intellectuelle des Juifs bukhariotes. Six ans plus tard, il y avait 175 maisons, soit un peu moins de 200 familles.

La disposition des maisons est révélatrice de la situation de l'époque : les demeures étaient en effet hautes de deux étages, parfois trois, avec une cour intérieure donnant accès à une quinzaine d'appartements où logeaient les familles élargies et qui surtout pouvaient être défendues contre les attaques et les pillages venant des villages arabes.

L'installation à Jérusalem de ce quartier contribue à renforcer les liens entre Bukhara et Erets, puisque les enfants ne sont plus envoyés à Moscou pour étudier mais à Jérusalem, les livres ne viennent plus de Lituanie mais de Jérusalem. L'aliyah se poursuit jusqu'à la première guerre mondiale de façon intense avec une communauté qui atteint 1500 membres.

La seconde aliyah commencent dans les années 1920 jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale avec près de 4 000 olim. Les restrictions et l'antisémitisme (accusation de crimes de sang en 1926 à Kharjui) s'accrut à partir des années 1940 avec la tentative des soviétiques d'éradiquer la culture judéo-tajik (suppression des écoles, des librairies, des synagogues).

À partir de 1972 (8000 Juifs de 1972 à 1975), la communauté d'Uzbekistan émigre vers Israel ou les EtatsUnis, et cette émigration se poursuit jusqu'à l'éclatement de l'URSS. La montée du nationalisme uzbek (le Timurisme) et du fondamentalisme islamique ont conduit à une émigration massive de la communauté bukhariote et ashkénaze. Si bien qu'entre 1991 et aujourd'hui la communauté tajik a presque disparue (passant de 15 000 Juifs à une dizaine), et la communauté uzbek de 45 000 à moins d'un millier.

Pour © 2010 contrecourant © 2010 aschkel.info - © 2010 lessakele 

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 08:45

 

 

Paris - Le Marais oublié , exposition de photos inédites

 

 

 

Jean-François Guthmann, Président de l’OSE, 
Roger Fajnzylberg, 
Directeur général  et les membres du Conseil d’administration
ont le plaisir de vous inviter au
 

vernissage de l’exposition de photographies
d’Alécio de Andrade

 

au profit du Café des Psaumes,
le mardi 14 décembre 2010 de 19h30 à 22h30  

Exposition et vente des œuvres, du 15 au 16 décembre 2010 de 10h à 19h
Artclub Gallery

172, rue de Rivoli – 75001 Paris
 (métro Palais Royal)

 

Vous connaissez l’OSE, son action médico- sociale historique, son engagement auprès des populations juives dans le besoin. Cette année, notre association s’est engagée à relever un nouveau défi : contribuer à préserver l’histoire de la rue des Rosiers avec la réouverture du Café des Psaumes.

A cette occasion,
 65 photographies d’Alécio de Andrade évoquant un Marais presque oublié seront exceptionnellement mises en vente. Les fruits de cette action sont destinés au financement des travaux et à l’aménagement du nouveau Café des Psaumes.

Fermé il y a une dizaine d’années, il a été emblématique de la mutation et de la disparition progressive de l’âme juive de la rue des Rosiers. Pour enrayer ce phénomène, le Maire de Paris a proposé à l’OSE de faire revivre ce lieu de sociabilité juive au cœur du Pletzl sous la forme d’un café associatif original.

Le café des Psaumes sera ouvert à tous, mais prioritairement aux personnes âgées, qui sont nombreuses à souffrir d’isolement. Ce café social et associatif sera avant tout un lieu de convivialité. Il sera également un lieu d’écoute et une porte d’entrée vers les services sociaux et médico-sociaux de l’OSE et de la communauté. Et enfin, le nouveau café contribuera à l’animation du quartier, en accueillant des conférenciers, des artistes en soirée et le dimanche en particulier.

OSE - 117 rue du Faubourg du Temple -75010 Paris – 01 53 38 20 20

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 12:49

 


« L’Exil au Maghreb ; La condition juive sous l’Islam 1148-1912 », de Paul B. Fenton et David G.Littman

Entretiens par Marc Brzustowski

Pour © 2010 lessakele  © 2010 aschkel.info© 2010 Le Météor

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Magazine le Météor de Décembre

page 22-24-25

entreetiens

*"Puissante est la Vérité, et elle triomphera !"


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*Magnum Veritas Est, et Praevalabit ! ». Maxime reprise en exergue par David G.Littman.

Cette journée avec Bat Ye Or, Paul Fenton et David Littman s’est déroulée sous le sceau de cet adage qu’aime à rappeler David Littman : « Celui qui ne connaît pas son passé est appelé à le revivre ». Ce lien invisible relie ces 2 ouvrages (+ "Le Spectre du Califat..., de Bat Ye Or -à suivre-), comme un souffle…


« L’Exil au Maghreb ; La condition juive sous l’Islam 1148-1912 », de Paul B. Fenton et David G.Littman (P. Universitaires Paris-Sorbonne., 2010)  est la première recension majeure authentifiée par des sources irréfutables sur la situation des Juifs sous le joug islamique durant 8 siècles, en Algérie et au Maroc.


Hors de toute polémique, il s’agit de poser les faits sur la table. Paul Fenton est directeur adjoint du Département d’études arabes et hébraïques de la Sorbonne. David Littman a entrepris des recherches dans les archives de l’Alliance israélite universelle, du Quai D’Orsay et du Foreign Office. Il est entré de plain-pied dans l’histoire des Juifs du Maroc, en 1961, au péril de sa liberté, par l’évacuation clandestine de 530 enfants juifs. Il était agent bénévole du Mossad, architecte de l’« opération Mural ». Il est porte-parole de plusieurs ONG en bute à l’ostracisme de l’ONU.

 


David.G.Littman : « -on parle des pogroms de Kichinev, Odessa…, les Juifs connaissent ça. Ils ne connaissent pas du tout les massacres de Fez en 1907, 1912, le massacre des Juifs en Perse, en Egypte, à Rhodes, après l’affaire de Damas (1840). Les Musulmans ont repris les idées de meurtre rituel… ». Et de refaire le parcours de la rumeur, depuis les Grecs antiques d’Alexandrie contre… les premiers Chrétiens, en passant par Norwich en 1046, jusqu’à « l’affaire de Damas » …


Il s’agit d’une description sobre, dépouillée, tragique, assortie de la richesse des illustrations et témoignages : alors que le Judaïsme maghrébin jouait un grand rôle jusqu’au XIè, le règne des Almohades, au XIIè siècle, a anéanti les communautés urbaines. Les Juifs de Fez sont massacrés jusqu’au dernier en 1465. A cette époque, les Chrétiens disparaissent totalement de cette région, alors qu’ils subsistent en Lybie, Syrie, Egypte, Irak... Ils y laissent les îlots juifs seuls face à l’Islam : c’est ce qui fait de cette étude un joyau anthropologique incomparable. Les minorités juives se réfugient toujours plus loin vers le Sahara, se cachent dans le Touat. Les réfugiés d’Espagne et du Portugal s’installent en 1393 et 1492, dans les villes portuaires de la Méditerranée (Oran, Mostaganem, Alger, Tlemcen…). Ils donnent un second souffle à ces communautés décimées. Les questions s’enchaînent  sur ces conditions de  survie, autour de l’évaluation du statut de « dhimmi » comme ayant le moindre sens de « protection » :


Paul.B.Fenton : C’est un terme mal choisi qui donne lieu à des incompréhensions. Ce n’est pas être « protégé de l’extérieur, d’invasions », c’est être protégé des Musulmans eux-mêmes ! Contre les attaques de leurs concitoyens. Dans l’expansion islamique, celui qui refusait la conversion était mis à mort. Or, un Juif, un Chrétien, qui acceptait le joug de la soumission avait droit à une garantie contre sa mise à mort. C’est au gré des circonstances historiques. Au moment de l’arrivée des Juifs d’Espagne, au début, les autorités ont fait bon accueil aux Juifs, parce qu’ils ont vu l’utilité pour l’Etat. Mais, pour les théologiens, cet avènement des Juifs, parfois à des positions d’éminence, constituait une rupture du pacte de la dhimmitude. Il fallait réagir. Le Sultan Watasside est considéré par Terturlien comme un Juste des Nations, pourr l’accueil réservé aux Juifs. Mais, en même temps, en 1505, al-Maghili réagit de façon très violente, avec une haine viscérale des Juifs. Qui va enclencher une nouvelle tradition en Afrique du Nord, de la haine qui durera jusqu’au 20è siècle. Il anéantit les Juifs du Touat. L’histoire de l’Afrique du Nord est ponctuée par des évènements qui vont provoquer des vagues d’antisémitisme dont les Juifs subissent le contrecoup. Les éléments arabes étaient souvent hostiles aux Berbères et vis-versa, il y a eu des soulèvements et les Juifs ont subi autant en milieu berbère qu’arabe. Le milieu arabe était surtout urbain, alors que le milieu berbère était rural. Les communautés y sont plus réduites, mais ça va jusqu’à l’esclavage par rapport au maître berbère. Il semble que les Turcs les ont dépassés en cruauté,  ils sont plus rustres que les Arabes et d’autant plus que ceux qui arrivent en Algérie sont des Janissaires, des « sauvages ».


DL : il y a, parmi les Janissaires, beaucoup de Chrétiens convertis, d’Europe du Sud ottoman (Balkans, Grèce). Ceux qui avaient été pris, les familles devaient donner des enfants régulièrement pour entrer dans l’armée, on les convertissait automatiquement à l’Islam et ils pouvaient arriver à des postes importants.


PF : C’est une constante dans l’Islam, ça fait partie à la fois des sources scripturaires, les Hadiths, depuis Médine, puisque la confrontation avec les Juifs imprègne les pages du Coran. Puis ce sera élaboré par les juristes, au VIIIème siècle avec Omar II, et développé de génération en génération.


 

Un  tournant important : « L’affaire de Damas » (détour hors-Maghreb) en 1840 constitue un moment de « syncrétisme » ou de capitalisation de « l’antisémitisme » d’origine chrétienne, puisque le Quai d’Orsay y ajoute son sel, avec l’antijudaïsme musulman.


 

P. Fenton : Un des aspects actuels de notre travail est qu’on est face à un problème où l’antisionisme est le faux-nez de l’antisémitisme : pour certains : « nous sommes tous des Sémites ». Donc l’antisionisme ne serait pas « antisémite ». Mais notre livre, par ricochet, montre, dans les faits, qu’il y a une longue tradition de l’antisémitisme [traduction impropre de « Juden Haas »] dans l’Islam, et que c’est l’antisémitisme qui a fécondé l’antisionisme et non l’inverse. Le 2è aspect de l’actualité de ce livre, c’est un passé  réactualisé, étant donné que l’aile militante de l’Islam aujourd’hui, ce sont des Salafistes, des gens qui préconisent un retour au passé, tous ces vieux clichés, attitudes, risquent d’être réactivés.


 

Nous évoquons le sort des Juifs convertis à l’Islam, souvent plus « royalistes que le roi », mais qui se plaignent au Sultan de l’interdiction de commercer sur le marché, parce que les Musulmans redoutent le savoir-faire par atavisme de ces descendants. Ou le refus d’épouser des descendantes de « convertis », dont certains conservent des pratiques clandestines, d’autres, une érudition particulière dans le traitement des textes juridiques de l’Islam. Le statut des « privilégiés » juifs, « amis du Sultan » est  précaire, suspendu au-dessus de l’abîme. Lorsque la classe dominante ne peut payer ses troupes, elle offre le « pillage du mellah » à ses soudards. Parmi les masses analphabètes, chacun conserve les services de « son Juif ». De là naîtront des amitiés asymétriques, toujours relatives au savoir-faire (commercial, administratif, linguistique…) que ne maîtrise pas le Musulman de la rue. Malgré les interventions d’hommes illustre, comme Moses Montefiore, les mauvais traitements ne cessent pas , mais redoublent au moment de la pacification de l’Algérie. Les masses se vengent de l’acquisition, par les Juifs, de l’égalité statutaire avec le colonisateur. Cette dépendance est perceptible par le témoignage vécu de David Littman, dans les années 60 : le Roi refuse de laisser partir « ses Juifs », ou seulement plus tard, contre argent sonnant et trébuchant…

 


Quelle « radioscopie » tirer de cet enseignement redoutable ? Le livre ne fera pas l’économie du déni des tenants de la thèse de « l’âge d’Or d’Al-Andalous »… « jusqu’à la colonisation ». Mais les faits sont têtus. Les auteurs ne doutent pas qu’il leur faudra d’abord convaincre les intellectuels arabisants, avant un nécessaire examen de conscience. Celui-ci a bien eu lieu en Allemagne, en Europe. Elle est une condition sine qua non et la véritable chance, qui n’a pas encore été saisie, de la Paix. David Littman, depuis son poste d’observation à l’ONU, reprend les propos radicalement antisémites du Ministre de la Défense syrien, Mustafa Tlass, adepte du « protocole des Sages de Sion ». De toute évidence, la maturité morale en passe par la modernité démocratique dans l’éducation et la culture…  Elle n’est pas pour demain, pour la plupart de ces régimes.

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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 07:53

 

 

 

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SIONISME ET ACTUALITE : La révolution sioniste en marche

Par 'Haim OUIZEMANN

 Pour aschkel.info et lessakele.


Avec autorisation de l'auteur et du magazine Le Météor page 26

meteor decembre


 

 

 

 

«Le Sionisme n'est pas un parti politique. L'on peut y adhérer quelle que soit l'appartenance à un camp politique… Le Sionisme, c'est le peuple juif en marche» (Benyamin Zeev Herzl- Premier Congrès sioniste - 1897)


Un consensus brisé ?


Barak Hussein Obama, Président des Etats-Unis, Catherine Ashton, vice-présidente de la Commission européenne et Ban Ki-Moon, Secrétaire des Nations-Unies, redoublent d'efforts afin de contraindre Benyamin Netanyahou à accepter la frontière artificielle de la ligne verte et entériner un état de fait faisant fi de toute considération historique, imposé, cependant, par les accords d'armistice de 1949.  Ces accords israélo-arabes, signés après la guerre d'Indépendance, ne constituent qu'une démarcation temporaire et non point des frontières définitives. Ainsi donc, les  Juifs devraient renoncer à leurs grands centres spirituels: Hébron, Sichem (Naplouse), mais surtout Jérusalem, capitale éternelle du peuple juif, la Vieille Ville revenant à l'Autorité palestinienne qui s'acharne à nier le caractère juif de l'Etat d'Israël. Au même moment, le mouvement sioniste estudiantin «Im Tirzou», dirigé par Ronen Shoval, a invité l'ensemble des députés du parti travailliste (Avodah), à s'associer à une proposition de loi qui préserverait à la fois l'héritage d'Its'hak Rabin (Zal) sur la question de Jérusalem, la Capitale unifiée et indivisible du peuple d'Israël et l'unité nationale du peuple d'Israël. La réponse ne s'est pas fait attendre. Le parti travailliste, par la voix de ses députés, a refusé d'y apposer sa signature, alors qu'I. Rabin aurait pu en être lui-même l'initiateur et le digne signataire. En effet, Its'hak Rabin, natif de Jérusalem, reconnut «l'éternité de Jérusalem comme capitale d'Israël» et ajouta que «Jérusalem  indivisible et unifiée fut et restera à jamais la capitale du peuple d'Israël sous souveraineté israélienne… Jérusalem n'est pas sujet à discussion» (Discours prononcé à la Knesset le 15 mai 1995). Le rêve de retour à Jérusalem, le cœur d'Eretz- Israël, chanté par le poète et philosophe Juda Halevi et déclamé dès la première strophe de la HaTikva (*1) ne serait-il plus qu'éphémère? Le consensus de Jérusalem comme entité indivisible n'est-il pas en voie d'imploser? La volonté tendant à satisfaire coûte que coûte les prétentions mensongères des Palestiniens pour des raisons d'étroite politique politicienne ne tend-t-elle point à ébranler l'idée sioniste et sa réalisation historique?


De Sion au Sionisme


Etre sioniste. Que recouvre l'idée sioniste aujourd'hui? Quelle importance revêt la présence juive en Eretz-Israël et comment l'appartenance à l'idéologie sioniste influe-t-elle sur l'identité juive? Comment revivifier le souffle sioniste qui animait tant les fondateurs de l'Etat hébreu dans une ère où il est de bon ton d'affirmer des thèses post-sionistes, en avançant un argument de taille: le souci de ne pas transformer un état sioniste incluant la Judée-Samarie (et la bande de Gaza) en un état à majorité palestinienne. 


Le sionisme est un mouvement d'émancipation nationale juif qui, s'épanouissant vers la fin du dix-neuvième siècle et au début du vingtième siècle dans le contexte de  l'émergence du principe du droit à l'autodétermination (*2) des peuples et de l'antisémitisme virulent sévissant en Europe occidentale (*3) et orientale (*4), prend son essor avec Théodore Herzl. Visionnaire moderne, celui-ci fonde les bases politiques du mouvement sioniste qui permettra en 1948, la naissance de l'Etat d'Israël, état juif et démocratique, entériné par les Nations. S'il est vrai que l'idéal porte l'homme, c'est Herzl qui, seul, portera l'idéal sioniste au faîte de son histoire. Là  sera sa grandeur et son génie.


Le sionisme, loin d'être un mouvement homogène et uni, se compose dès ses origines, de multiples courants idéologiques s'opposant âprement sur la justestratégie à mener afin de libérer le peuple juif de la vindicte des Nations. Après la Seconde guerre mondiale et l'ineffable tragédie de la Shoah (*5), tous ces mouvements vont finalement ou bien disparaître ou bien se fondre au sein de la principale mouvance politique dominée par Herzl. Moïse, vecteur de l'injonction divine: «Laisse partir mon peuple» (Ex. 10, 3)trouve un nouvel écho en la personne de Herzl.


Le sionisme politique: une révolution pacifique


Ce sionisme ne cesse d'être en marche, une marche inexorable.  En quoi constitue-il une révolution à l'époque de Herzl et même jusqu'au jour d'aujourd'hui? Il s'agit bien d'une révolution car les religieux Juifs orthodoxes et les Juifs de l'Emancipation considèrent ce mouvement comme susceptible de menacer et de bouleverser leur vision du monde. En effet, ceux-ci ne vont point saisir le lien naturel et la continuité historique entre l'idée du Retour des Exilés promis par les prophètes d'Israël (Shivat Tsion: tradition du Judaïsme classique) et l'aspiration nationaliste exprimée par le sionisme. Cette crainte qui conduit au rejet du sionisme se fonde pour les premiers sur le principe selon lequel le Messie seul peut amorcer le retour sur la terre ancestrale, Messie toujours attendu, et pour les seconds, apparentés au mouvement de l'Emancipation et de la Réforme (la Haskalah), soucieux certes de préserver l'identité juive sous sa forme sécularisée, la légitimité d'une restauration politique nationale en Palestine constitue en soi un non-sens historique. La rédemption du peuple juif s'inscrit dans la reconnaissance des Nations en Diaspora, thèse que soutient alors le mouvement socialiste ouvrier du Bund.


Nombre de pionniers, à l'image de A.D Gordon, Yossef Haïm Brenner, Berl Katznelson, Ahad Ha'am (Asher Tzvi Ginsberg), David Ben Gourion (*6) vont voir dans la renaissance de la langue hébraïque et le respect de la tradition juive un élément majeur dans l'édification éthique, spirituelle et politique de l'Etat d'Israël en Eretz-Israël. S'opposant à Micha Josef Berdyczewski, partisan d'une totale coupure avec la tradition ancestrale, Berl Katznelson, socialiste et fervent sioniste déclare: «une génération aspirant à renouveler et à créer ne jette pas aux ordures l'héritage des générations… elle ressuscite l'antique tradition capable de vivifier l'âme de la génération en voie de renouvellement».


Cette révolution ne naît pas spontanément. Elle se fonde sur le génie, l'intuition et l'esprit qui anime les prophètes d'Israël au cours de l'histoire nationale d'Israël et ne constitue pas en son essence le simple contre-point  de l'antisémitisme même si cela  va, amplement, y contribuer. Comment imaginer qu'un peuple, le peuple d'Israël, dispersé depuis 2000 ans, imprégné de toutes les cultures dans lesquelles il s'est baigné au hasard de son histoire, puisse recouvrer son indépendance nationale, sa langue propre et édifier un état souverain en 50 ans? (*7) Rares sont ceux qui vont croire en la réalisation de cette utopie. Cela, pourtant, n'entravera pas des hommes comme  Ben Gourion, le futur Premier ministre d'Israël, alors jeune pionnier (depuis 1904, Seconde Alyah) de croire à la continuité de la mission nationale et universelle d'Israël et d''œuvrer corps et âme afin que la révolution sioniste entamée par Herzl devienne réalité.


La naissance de l'état d'Israël: le rêve sioniste et sa réalisation


11 Mai 1942. Le leader de l'Agence juive, Ben Gourion, à la Conférence de Baltimore, conscient de l'émiettement et de la décadence de l'Empire britannique, déclare à la fois la nécessité de créer un «Commonwealth juif», autrement dit de poser les bases du futur «Etat juif souverain en Eretz-Israël» et invite ses voisins arabes à une collaboration fructueuse sur les plans économique, culturel et national. Le développement des pourparlers démontrent, si cela est encore nécessaire, l'inanité de cette dernière proposition. Ben Gourion se heurte, alors, à la critique non seulement de ses pairs de Ah'dout HaAvodah (dirigée par Isaac Tabenkin, représente le futur grand Mapai historique et l'actuel parti travailliste obsolescent) qui privilégiait la conquête physique de la terre d'Israël; mais aussi de la droite révisionniste (Jabotinsky) qui préférait le terme d'Etat à celui de communauté, redoutant une partition de la terre; et enfin, de la gauche radicale (Hashomer Hatsa'ir, l'actuel Meretz) partisan d'un Etat binational. Cette idée d'un état juif souverain n'est que justice rendue face à l'indignité et à l'avilissement des Juifs sous tous les régimes. En effet, si l'émancipation accorda en France l'égalité politique aux Juifs, celle-ci ne s'appliqua qu'aux individus et non à la nation juive. Clermont-Tonnerre proclame du haut de l'Assemblée nationale: «Il faut tout refuser aux Juifs comme nation et tout leur accorder comme individus; il faut qu'ils ne fassent dans l'Etat ni un corps politique ni un ordre: il faut qu'ils soient individuellement citoyens». Si Herzl rêve d'octroyer aux Juifs un droit national qui ne peut s'épanouir ailleurs qu'en Eretz-Israël (*8), la mission pratique de sa réalisation en revient à Ben Gourion: «Etre sioniste, cela signifie lier son destin personnel à celui de Eretz-Israël, non point seulement son destin personnel mais aussi celui de sa propre famille et enfants. Seul celui qui vit, travaille en Eretz et y éduque ses fils et filles afin de bâtir et défendre Eretz-Israël est  vraiment sioniste».


Une raison d'espérer: la révolution spirituelle ou l'identité sioniste d'Israël


La nouvelle révolution ne réside pas dans le bouleversement radical du temps présent et l'oubli de notre histoire mais bien au contraire dans la force de regagner les consciences afin qu'elles saisissent que l'avenir d'une nation qui ne reposerait pas sur les leçons du passé est destiné à l'anéantissement.


Le terme «sionisme» inventé en 1893 par le Docteur Nathan Birnbaum (1864-1937) n'est que difficilement  adopté en hébreu. Il n'est prononcé pour la première fois par Herzl que lors du premier Congrès sioniste à Bâle (1897): «Le Sionisme c'est le peuple juif en marche». Cette phrase n'est pas sans rappeler l'injonction divine au Patriarche Abraham: «Marche pour toi» (Gen. 12, 1). Les pionniers socialistes du mouvement Bilou reprennent également cette vision de la marche d'un peuple souffrant mais confiant: «LeKhOU VeNeLKha» («Mettons-nous en Marche» Isaïe 2, 5). Dès cet instant, le mouvement Herzlien se démarque du mouvement 'Hibat Tsion (Les Amants de Sion) dont les membres, refusant la dimension politique, préfèrent poursuivre leur œuvre pratiqued'implantation en Eretz-Israël.


A la lueur du message universel des prophètes d'Israël, le sionisme est destiné selon la vision Herzlienne, à devenir «un phare pour les Nations» et non point se limiter à un simple mouvement de libération nationale.


Les deux manifestes qui viennent de voir le jour, autant celui  de R. Shouval intitulé «Si vous le voulez» («Im Tirtzou») que celui de  Rohi Yarom de l'Institut de Stratégie sioniste «La Gauche sioniste» (*9) tentent de surmonter, comme réussira Herzl en son temps, les conflits idéologiques en révélant la nécessité de retourner aux racines de notre histoire sioniste (*10) et réconcilier la tradition juive au nationalisme sioniste en démontrant que leur rapport n'est en rien antinomique mais porteur d'espoir rédempteur. Israël ne pourra pas ad vitam eternam justifier sa présence à Jérusalem et en Judée-Samarie en s'appuyant essentiellement sur l'idée sécuritaire («Frontières de défense»). Elle se doit de rappeler fièrement que l'identité hébraïque et le maintien de l'indépendance nationale sont nécessairement liés à ces territoires où les pionniers d'aujourd'hui poursuivent courageusement l'œuvre de leurs prédécesseurs, n'en déplaise à la Gauche radicale. Ainsi Benyamin Netanyahou, aux diatribes révisionnistes de l'Unesco osant renier le lien historique entre le Tombeau des Patriarches à Hébron et le Tombeau de Rachel à Beit-Le'hem, déclare: «Il y a plus de 4000 ans que ce lien profond existe... Plus d'un milliard d'hommes connaissent ce lien inscrit dans le livre des livres, la Bible. Il n'est pas permis de déformer les faits historiques à des fins politiques». Ainsi la nouvelle proposition de loi de Ouri Ariel (I'houd Léoumi), signée par près d'une cinquantaine de députés tous appartenant à l'échiquier politique israélien (à l'exception du parti travailliste) a pour objectif de classer Jérusalem zone prioritaire nationale, afin d'accélérer le développement économique, éducatif, social, culturel et touristique de la Capitale d'Israël en vertu de «la loi de Jérusalem» (30-7-1980) et en préserver son caractère juif.


En 1966, l'année précédant la Guerre des Six Jours qui permet la réunification de Jérusalem, Shay Agnon déclare, devant la digne assemblée qui lui remet le prix Nobel de littérature: «Je suis né dans une des villes de Diaspora. Cependant, il m'a toujours et en tout temps semblé que j'étais natif de Jérusalem». Les gouvernements démocratiques, touchés de cécité historique, ne se montrent guère favorables à la cause sioniste. C'est pourquoi, Israël, seule parmi les nations, ne comptant que sur ses propres forces, doit agir dans le sens de l'esprit des premiers fondateurs. Toute révolution ne peut aboutir que si la vive détermination du peuple, uni dans la défense de son identité nationale, se fonde sur son inaliénable indépendance politique. Il n'est point de plus grande preuve que la présence d'Israël en Eretz-Israël. Chaque Juif se doit de proclamer haut et fort, à la manière du président Kennedy  en visite à Berlin: « Ani Yéroushalmi» («Je suis Hiérosolomytain»).


Haim Ouizemann  

 

 

(*1) «Nous n'avons pas encore perdu l'espoir, Espoir vieux de 2000 ans, D'être un peuple libre en notre pays, Le pays de Sion et Jérusalem».

(*2) Thomas Woodrow Wilson, Président des Etats-Unis, est l'initiateur du concept du droit à l'autodétermination («Les Quatorze Points», 1918).

(*3) L'antisémitisme éclate en Europe occidentale malgré l'émancipation accordée pour la première fois en Europe aux Juifs de France le 20 Septembre 1791.

(*4) En Europe  orientale, les pogroms de 1881 sévissant après l'assassinat d'Alexandre II et les lois antisémites de mai 1882 sous le règne du Tsar Alexandre III provoquent l'émigration massive de  près de 600 000 Juifs russes vers les Etats-Unis, préférant le Nouveau Monde à la Palestine. Au départ, une quinzaine de pionniers, étudiants socialistes du mouvement Bilou (acrostiche d'un verset emprunté à Isaïe 2, 5: «Maison de Jacob, allons, marchons (à la lumière de l'Eternel)»)- choisissent de monter en Eretz-Israël.  A la tête de ce mouvement, Israël Belkind et Devorah Sirout soutenus par Charles Netter, le fondateur de la première  ferme agricole «Miqwe Israël». Ils fondent Guedera en 1884. A cette date, il ne reste plus que 48 membres du mouvement qui disparaît en 1886, au moment où Léo Pinsker publie son livre «Auto-émancipation».

(*5) Le sionisme et la constitution de l'Etat d'Israël ne sont pas la conséquence directe de la Shoah mais son prolongement.

(*6) David ben Gourion est l'initiateur et membre du cercle d'études hébraïques et du concours biblique qui se déroule chaque année à Jérusalem.

(*7) 50 ans séparent  la réunion du premier  Congrès  sioniste (1897) du Plan de partage de 1947 où les Nations-Unies déclarent le principe d'un Etat juif.

(*8) Le projet Ouganda que l'on reproche à Herzl ne devait en aucun cas, selon lui, se substituer au projet initial du retour en Eretz-Israël, mais ne constituait qu'une étape transitoire-provisoire avant que les conditions idéales du grand Retour ne soient réunies. La faction russe au sixième Congrès sioniste (1903) s'oppose à cette interprétation et croit que l'Aliyah directe constitue la véritable réponse historique que rien ne saurait freiner. 

(*9) Paru sur le site Institut de stratégie sioniste («The Institute for  Zionist Strategies»).

(*10) Herzl lui-même confie dans son livre-manifeste «l'Etat juif» (1896) qu'il s'agit d'«une idée ancienne». Le Rav Yehouda Elkalay, le Rav Tzvi Kalisher et Moïse Hess furent les précurseurs du sionisme politique (unificateur idéologique  et reconnu par les Nations).

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 15:45

 

 

Les uns ont prédit la Shoah dès 1938,

             les autres espéraient encore en 1944


 Marc-André Charguéraud

 Avec autorisation de l'auteur


Pour aschkel.info et lessakele

 

En août 1942, Gerhart Riegner, le représentant à Genève du Congrès juif mondial, informe les Occidentaux de la « catastrophe » qui s’abat sur les Juifs. En décembre les Alliés dénoncent les exterminations en masse et ils menacent les dirigeants nazis. Bien plus tôt, dès 1938, des hommes bien placés avaient déjà annoncé la Shoah. Ils n’avaient pas été entendus. Plus tard, en 1943/1944, alors que l’histoire estime que le génocide était connu, des personnalités juives, qui vivaient alors des moments angoissants, n’étaient pas conscients que la mort attendait la plupart des déportés.

 

Ces aspects de l’histoire de la Shoah font l’objet des quelques témoignages qui suivent. Ils sont en décalage avec l’histoire telle qu’elle s’est aujourd’hui forgée à partir « d’informations reçues ». Trop souvent des historiens ont sélectionné parmi les informations connues à l’époque celles qui confirment la vision de l’histoire telle qu’elle s’est établie depuis. Ces témoignages en contrepoint sont importants. Ils montrent que, pendant cette période, il existe une différente lecture des événements. Pour comprendre l’attitude des intervenants devant l’adversité, il faut en tenir compte.

 

Il faut prêter attention aux propos prémonitoires de Raymond Geist,  diplomate américain en poste à Berlin, lorsqu’il écrit le 5 décembre 1938 : « Les Juifs en Allemagne sont condamnés à mort et leur exécution se fera lentement, mais trop rapidement probablement pour que le monde puisse les sauver (...) Les démocraties européennes ont perdu la partie à Munich et la solution finale se prépare lentement. Les années devant nous verront une grande bataille, dont le sort déterminera le sort de la civilisation pour des siècles. »

 

En termes mesurés, Georges Duhamel, le grand écrivain, ne dit rien d’autre. Au cours de l’été 1938 il avertit : « Pour l’observateur attentif et impartial, il semble bien que l’Allemagne ait entrepris l’abaissement, puis l’extermination et en définitive l’extirpation totale de l’élément israélite. »

 

Visionnaire,  Walter Gerson, un dirigeant de la communauté juive de Dantzig, écrit à la Pentecôte de 1939 : « Savez-vous ce que la guerre veut dire pour nous ? Ce sera une catastrophe comme nous n’en avons jamais connue. Les nazis vont tuer des millions de Juifs et du fait de leur brutalité et de leur détermination, nous n’avons aucun moyen de les en empêcher. » En octobre 1939, Richard Lichtheim, l’homme de l’Agence juive à Genève, prévoit que « sous le régime nazi, (en Pologne) deux millions de Juifs vont être anéantis avec autant de cruauté, peut-être même plus, que le million d’Arméniens exterminés par les Turcs pendant la Première Guerre mondiale ».

 

Pendant les premiers mois de 1940, une série d’éditoriaux prophétiques ont tiré le signal d’alarme. Elias Newman écrit avec une exactitude terrifiante dans le magazine Friends of Sion de mars 1940 : « Après la dernière guerre mondiale, trois millions de Juifs se sont retrouvés mendiants; avant que cette guerre ne se termine, sept millions seront des cadavres ». Nahum Goldmann, président du Comité exécutif du Congrès juif mondial, dans un article de juin 1940, prédit : « Si la situation continue, la moitié des 2 000 000 de Juifs de Pologne seront exterminés dans l’année qui vient. » Le Newark Ledger, le 7 mai 1940, estime que cinq millions et demi de Juifs sont dans la détresse et que nombre d’entre eux sont condamnés à périr.

 

Autant d’avertissements qui laissent le public anglo-saxon sceptique, mais qui ne doivent pas être ignorés aujourd’hui, car il font partie du contexte historique de l’époque. On croit qu’en 1943 les dirigeants juifs sont conscients du sort qui les attend s’ils sont déportés vers l’Est par les nazis. Ici également, de nombreux témoignages montrent que la réalité est beaucoup plus nuancée. Aussi surprenant que ce soit, de grands témoins confirment leur sous-estimation, parfois même la méconnaissance de la tragédie.

 

Comment est-il possible que David Rapoport, le patron du Comité de la rue Amelot, puisse demander avant son départ de Drancy à son ami Georges Wellers que l’on avertisse les organisations juives en Pologne pour l’aider à son arrivée ? « Pour un homme averti il était absurde (au cours de l’été 1943) de penser que l’on pouvait secourir un Juif envoyé à Auschwitz. » Un collaborateur de Rapoport, Henri Bulakwo, qui est déporté le 18 juillet 1943, évoque la nuit de son départ : « Avions-nous des informations précises sur notre destination ? non ! En aurions-nous eues que l’on n’y aurait pas cru. »

 

La réflexion de Julie Cremieux-Dunand sur les prisonniers de Drancy va dans le même sens. « Les émotions successives tendent les nerfs à un tel point que les internés finissent par être contents de partir (...) Partir, ne plus rester à Drancy. On reviendra peut-être d’une déportation, tandis qu’ici c’est la mort à petit feu. »  Ils ne réalisent pas que la mort attend ceux qui partent.

 

Georges Wellers, une des personnes juives les mieux informées à l’époque, lorsqu’il fut déporté de Drancy à Auschwitz le 30 juin 1944 affirme « d’une façon catégorique qu’il n’avait (en juin 1944) aucun soupçon concernant l’assassinat systématique auquel étaient voués en réalité les Juifs au bout du voyage en déportation ». « On savait que la radio anglaise racontait les horreurs des chambres à gaz et d’autres moyens d’extermination des Juifs, mais on ne pouvait y croire. On prenait les choses pour des exagérations de la propagande anglaise et on n’y prêtait pas grande attention », ajoute Wellers. Claude Bourdet, un résistant juif, témoigne : « Sans doute, si nous avions connu l’étendue de la « solution finale », il aurait fallu le crier plus fort dans la presse clandestine. Mais « je ne le savais pas en arrivant au camp de Neuengamme en juin 1944 et mes camarades de camp ne le savaient pas non plus ».

 

En Belgique on rencontre la même incrédulité. Dans un tract distribué le 3 septembre 1944, jour de la Libération de Bruxelles, Monick Wolman, responsable de la section juive du parti communiste, écrit : « Nous attendons passionnément la défaite définitive des bandits hitlériens afin de revoir le plus rapidement possible les 30 000 Juifs déportés de Belgique. » Quelques semaines plus tard, l’initiative du Congrès juif mondial tentant au travers de canaux diplomatiques d’échanger des citoyens allemands internés en Belgique contre des Juifs déportés à Auschwitz, illustre le fait que les survivants des persécutions antijuives escomptaient ou espéraient le retour des déportés.

La réalité historique de la guerre souvent perçue pendant et juste après les événements, reste celle d’une persécution et non de l’extermination. Après la guerre, Wellers confirme qu’en plus de ceux déjà cités « de très nombreux témoignages de rescapés des camps (...) affirment avec une unanimité impressionnante que ni en 1942, ni en 1943, ni en 1944, ils ne pensaient que la déportation signifiait un arrêt de mort ».

« Il est naïf de sélectionner rétroactivement parmi les milliers de nouvelles, de rumeurs, de faits de propagande de guerre contradictoires, les informations conformes à la vérité finalement établie en 1945 à l’ouverture des camps », écrivent les historiens Marrus et Paxton. Il convient d’aller plus loin en montrant que « cette vérité » postérieure aux événements déforme l’histoire, si elle ne prend pas en compte l’ensemble des réalités vécues.

 

 

 

 

BREITMAN Richard , KRAUT Alan, American Refugee Policy and European Jewry , 1933-1945, Indiana University Press, Bloomington, 1987, p. 67.

 

DUHAMEL Georges, Mémorial de la guerre blanche, Mercure de France, Paris, 1939. p. 46.

RIEGNER, Gerhart, M.  Ne Jamais Désespérer : Soixante années au service du peuple juif et des droits de l’homme, Editions du Cerf, Paris, 1998, p.60.

L’Agence juive représente les Juifs de Palestine auprès des autorités britanniques qui administrent le pays sous mandat de la Société des Nations.

HILBERG, Raul, Perpetrators, Victims, Bystanders : The Jewish Catastrophe 1933-1945, Harper Perennial,  New York, 1992, p. 233.

ROSS, Robert, W. So it Was True : The American Protestant Press and the Nazi Persecution of the Jews, University of Minnesota Press, Minneapolis,1980, p. 148 et 150.

LIPSTADT Deborah, Beyond Belief : the American Press and the Coming Holocaust, 1933-1945, Hartmore House, New York, 1985, p. 145.

Le Comité de la rue Amelot, une organisation semi-clandestine de secours juive.

  WELLERS, Georges, Un Juif sous Vichy, Editions Tirésias-Michel Reynaud, Paris, 1991,  p. 188.

  RAYSKI Adam, Le choix de Juifs sous Vichy. Entre la soumission et la résistance, Editions de la Découverte, Paris, 1992, p. 156.

WIEVIORKA Annette, Déportation et génocide, entre la mémoire et l’oubli, Plon, Paris, 1992, p. 268.

MARRUS Michael et PAXTON Robert, Vichy et les Juifs, Calmann-Levy, Paris, 1981, p. 482

POLIAKOV Léon, Le bréviaire de la haine : le IIIème Reich et les Juifs. Calmann-Lévy, Paris, 1979, p. 199.

BOURDET Claude in WELLERS Georges, KASPI André et KLARSFELD Serge éd. La France et la question juive, 1940-1944, Sylvie Messinger, Paris, 1981, p. 376. Neuengamme, un camp de concentration en Allemagne.

SCHREIBER Jean-Philippe et VAN DOORSLAER, Les Curateurs du Ghetto. L’Association des Juifs en Belgique sous l’occupation nazie, Editions Labor, Bruxelles, 2004, p. 8.

WELLERS Georges in RUTKOWSKI Adam,  Dir. La lutte des Juifs en France à l'époque de l'occupation, 1940-1944, Editions du Centre, Paris, 1975, p.  24.

MARRUS et PAXTON, op. cit. p. 483. 

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 15:42

Shoah ignominie

 

Article décembre 2010        

 

                   Secourir les Juifs de Drancy,

                     Une ignominie ?

         Pouvait-on les laisser mourir de faim sachant que

             personne ne viendrait à leur secours ?

 

Par Marc-André Charguéraud


Avec autorisation de l'auteur

Pour aschkel.info et lessakele. 

 A l'intérieur du camp de Drancy, en 1942

 

Un historien américain, évoquant l’arrestation à la Libération de Georges Edinger, président de l’Union Générale des Israélites de France pour la zone nord (UGIF-Nord), conclut sans ménagement que cela mit « un point final à deux années et demie d’ignominie de l’UGIF au service du camp allemand (de Drancy) ». Ignominie, déshonneur extrême causé par un outrage public, action infamante, honteuse d’après le Petit Robert. Le mot est lourd de sens.

 

Fallait-il laisser mourir de faim les Juifs de Drancy, sachant que personne ne viendrait à leur secours ? Fallait-il refuser aux malades tout médicament, aux désespérés tout réconfort moral ? Le plus grand nombre des prisonniers pense encore que c’est vers des camps de travaux forcés en Pologne que les convois partent.  Ils se révéleront être des camps de la mort, mais cela, ils n’y croient pas. Ne fallait-il pas maintenir cette lueur vacillante d’espoir?

 

Début juillet 1943, les Allemands imposent à l’UGIF la responsabilité pour le camp de Drancy des approvisionnements, du service de colis, de l’équipement des déportés vers l’Est et des soins médicaux. L’UGIF accepte la tâche et Drancy devient sa principale préoccupation. Cette « collaboration » de l’UGIF a été dénoncée. Nourrir, habiller, soigner les internés, c’est faire le jeu des Allemands pour qu’ils puissent conduire les déportations dans le calme, sans interférences, tel est l’un des reproches adressés par des historiens.

 

De quelle interférence, de quelle opposition, de quelle résistance parle-t-on ? Demandez à ceux qui ont été emprisonnés à Drancy, des Juifs affamés, malades, ou psychologiquement à bout de forces, s’ils pouvaient seulement envisager de se soulever contre leurs tortionnaires SS. Et pour ceux qui doutent, qu’ils relisent le témoignage accablant d’Odette Daltroff-Baticle sur les enfants de Drancy.

 

Et que penser d’un article de Unzer Kamf, l’organe clandestin des résistants socialistes juifs du Bund, lorsqu’il écrit à l’époque : « On dit qu’il faut entrer dans l’UGIF afin de diminuer la misère et les souffrances des masses juives. A cela nous répondons qu’on laisse mourir de faim des milliers de personnes dans les camps, que les bourreaux fassent eux-mêmes leur travail. » En d’autres termes, n’intervenez pas, nous savons qu’ils affament les internés, laissez les policiers allemands et les gendarmes français faire leur sale boulot.

 

Des historiens accusent l’UGIF sur un autre registre. Ils reprochent à l’Union d’avoir aidé les Allemands en leur économisant un personnel et des approvisionnements qu’ils ont ainsi pu utiliser ailleurs dans leur entreprise guerrière. L’argument est réel, mais d’une portée trop insignifiante pour être retenu. Le nombre d’internés à Drancy a fluctué entre 1 500 et 7 000 prisonniers. Même si leur situation est bien moins grave, des millions de soldats alliés prisonniers de guerre ont été sous-alimentés dans les camps en Allemagne. Cette situation très précaire aurait entraîné des ravages parmi eux si des secours massifs de l’extérieur n’étaient pas arrivés avec l’approbation de tous.

 

Un seul chiffre donne la dimension immense de cette aide et partant la contribution indirecte à l’effort de guerre allemand. Le seul Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a envoyé de Suisse 2 000 wagons de chemin de fer d’approvisionnement chaque mois vers les camps de prisonniers de guerre. Les Alliés ont largement financé ces secours. Ils n’ont jamais estimé qu’il fallait les arrêter parce qu’ils libéraient des approvisionnements que les nazis pouvaient utiliser pour leur machine de guerre. Pour eux la survie de leurs prisonniers était une priorité absolue. N’en va-t-il pas de même pour les dirigeants juifs lorsqu’ils ravitaillent les prisonniers juifs de Drancy ? Ce que les Alliés entreprennent à grande échelle pour leurs millions de prisonniers, les Juifs doivent-ils se l’interdire pour quelques milliers d’internés ?

 

Alors que les dirigeants new-yorkais du Congrès Juif Mondial (CJM) ont sans cesse appelé en termes pressants le CICR à l’aide pour qu’il approvisionne les camps de Juifs en Allemagne, il aurait fallu que les Juifs de France, qui en ont la possibilité, refusent leur concours aux prisonniers de Drancy ? L’appel pathétique au CICR de Léon Kubowitzki, en charge des opérations de sauvetage du CJM à New York, illustre l’angoisse des Juifs d’Amérique. Il termine en insistant sur la nécessité que la Croix-Rouge envoie des colis de nourriture aux Juifs dans les camps d’internement et de travail et la met en garde : « Il ne faut pas oublier que les Juifs (...) qui sont sous-alimentés sont tués quand ils n’ont plus assez de forces. »

 

Comment reprocher aux membres de l’UGIF de secourir les internés, alors que les plus hautes instances juives d’outre Atlantique adjurent le CICR d’intervenir ? Que dans le cas de Drancy ce soit à la demande des Allemands que l’UGIF ait agi ne change rien au fond du problème : secourir des hommes embastillés et abandonnés de tous.

 

Où se trouve la frontière entre le sacrifice personnel et la trahison, entre l’aide aux coreligionnaires et la collaboration avec l’ennemi ? Un témoin semble qualifié pour porter un jugement. C’est Léon Meiss, président du Consistoire, le premier président du Conseil Représentatif des Juifs de France (CRIF), il regroupe l’ensemble des organisations juives, y compris les communistes.

En juillet 1944, l’Assemblée générale du CRIF se réunit. La situation des internés de Drancy y est examinée. Meiss conclut en ces termes : Pouvons-nous sacrifier nos malheureux frères ? Vous me répondrez que l’administration (allemande) aura à cœur de ne pas passer pour inférieure à celle des Français qui avaient géré le camp scandaleusement. Hypothèse gratuite qui implique pour nos coreligionnaires un risque que, pour ma part, je n’entends pas assumer. »

 

Meiss a raison, le risque se confond avec la réalité. L’administration allemande n’aurait-elle pas laissé mourir de faim ces prisonniers ? Elle n’a rien fait d’autre dans tous les camps de concentration de l’Ouest de l’Allemagne au moment de la débandade de la Wehrmacht dans les semaines qui ont précédé la victoire. On se rappelle le compte-rendu de la visite du Général Eisenhower au camp d’Ohrdruf le 12 avril 1945, les masses de morts et les squelettes vivants qui l’ont littéralement épouvanté.

 

L’UGIF mise en place par le gouvernement de Vichy et soumise à l’occupant allemand a été à juste titre critiquée pour le rôle joué par ses dirigeants. « Légende  rose, légende noire, je pense plutôt, comme Michel Lafitte, à une « zone grise », selon l’expression de Primo Lévi, voire d’une zone crépusculaire . Une vaste zone grise, d’où se détachent un petit nombre de traîtres mais aussi quelques héros… » écrit Pierre Vidal-Naquet. Les secours apportés par l’UGIF ne se situent-ils pas clairement dans la zone rose ?

 

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2010



Trouvez sur mon blog : La Shoah revisitée (http://la.shoah.revisitee.org) d’autres articles récemment publiés.



 

 

 

COHEN Asher , Persécutions et sauvetages. Juifs et Français sous Vichy, Editions du Cerf. Paris, 1993,  p. 169. L’UGIF a été créée par une loi française exigée par les Allemands. Cette loi stipule que l’UGIF « a pour but d’assurer la représentation des Juifs de France notamment pour les questions d’assistance, de prévoyance, de reclassement social. Elle remplit les tâches qui lui sont confiées dans ce domaine par le gouvernement. »

COHEN Richard, The Burden of Conscience. French Jewry’s Response to the Holocaust. Idiana University Press. Bloomington and Indianapolis, 1987, p. 101. Richard Cohen est professeur assistant à la Hebrew University of Indiana.

PETIT ROBERT, 2003, p. 1306.

Les uns ont prédit la Shoah dès 1938, les autres espéraient encore en 1944, article que j’ai publié sur Email en novembre 2009, donne des témoignages de survivants.

COHEN, 1987, op. cit. p. 89 et 100.

COHEN, 1987, op. cit. p. 101.  PRESSER J. Ashes in the Wind- The destruction of the Dutch Jews, Wayne University Press, Detroit, 1988, p. 428. Même remarque pour le camp hollandais de Westerbork.

  CHARGUERAUD Marc-André, Survivre. Français, Belges, Hollandais et Danois face à la Shoah, Cerf /Labor et Fides, Paris/Genève, 2006, p.15 et ss.                                 

RAYSKI Adam, Le choix des Juifs sous Vichy. Entre soumission et résistance, Editions de la Découverte, Paris, 1992, p. 83.

ZUCCOTTI Susan, The Holocaust, the French and the Jews, Basic Books, New York, 1993,  p. 63. Il y eut parfois des approvisionnements que les Allemands s’approprièrent.

L’ACTIVITE DES ORGANISATIONS JUIVES SOUS L’OCCUPATION, CDC, Paris, 1947, p. 204. COHEN, 1987, Op. cit. p. 101.

  Sans compter les millions de prisonniers de guerre russes qui ne purent être secourus et sont morts en masse.

DURAND André. Histoire du Comité International de la Croix-Rouge. De Sarajevo à Hiroshima, Institut Dunand. Genève 1978, p. 361.

Le CICR n’a pas pu approvisionner les camps de concentration allemands où se trouvaient des “ internés civils ” et parmi eux de nombreux Juifs, car l’accès lui étant refusé par les Allemands, il ne pouvait pas contrôler que les prisonniers reçoivent effectivement les secours. A Drancy, la situation fut différente, car à partir de juillet 1943, l’UGIF avait ses représentants sur place.

PENKOWER Monty. The Jews Were Expandable. Free World Diplomacy and the Holocaust. University of Ilinois Press, Chicago 1983, p. 226.

WIEVIORKA Anette. Ils étaient Juifs, résistants et communistes. Denoël, Paris 1986, p. 201.

KLARSFELD Serge, Vichy-Auschwitz. Le rôle de Vichy dans la solution finale de la question juive en France, 1943-1944, Fayard, Paris, 1985,  p. 174.

CHARGUERAUD Marc-André, Silences meurtriers. Les Alliés, les Neutres et l’Holocauste, Cerf/Labor et Fides, Paris-Genève 2001, p. 259 ss. Il en a été de même plus tôt dans les ghettos et les camps à l’Est.

VIDEL-NAQUET Pierre, introduction du livre de LAFITTE Michel, Un engrenage fatal, l’UGIF face aux réalités de la Shoah, 1941-1944, Liana Levi, Paris, 2003.

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 19:07

Le Père Patrick DESBOIS est un juste, un grand homme !

Mon prix à moi ne vaut rien, mais je lui décerne le prix de mon coeur en souvenir de ma Grand-Mère.

 

Father Patrick Desbois

 

LE « PRIX DE LA PAIX PAR LA CULTURE » ATTRIBUÉ AU P. PATRICK DESBOIS

 

Centre Primo Levi de Rome

 

 

ROME, Mardi 30 novembre 2010 (ZENIT.org) - Le « Prix de la Paix par la Culture » (Peace Through Culture Award) du Centre Primo Levi de Rome est attribué cette année au P. Patrick Desbois, directeur du Service National des évêques de France pour les Relations avec le Judaïsme, et président de « Yahad - In Unum ».

La cérémonie aura lieu à Rome, ce jeudi 2 décembre, à 18 h à la « Casa delle Letterature » (Piazza dell'Orologio, 3).

Prêtre catholique, le P. Patrick Desbois est petit-fils d'un prisonnier français du camp de Rawa Ruska (aujourd'hui situé en Ukraine). Il a mené des recherches sur les victimes juives des « Einsatzgruppen » en Europe de l'Est à partir de 2004 avec la structure de Yahad - In Unum.

Il a reçu plusieurs distinctions dans le cadre de ces travaux, en France et aux États-Unis.

La soirée du 2 décembre a pour titre : « Souvenirs de l'Holocauste : Soirée à Rome avec le P. Desbois ».

Son livre sur la Shoah par balle (« Porteur de mémoires : Sur les traces de la Shoah par balles », également en DVD sous le titre : « Shoah par balles : l'histoire oubliée ») a été traduit en italien sous le titre «  Fucilateli Tutti » (Marsilio, 2009).

Les autres participants de la soirée sont : David Meghnagi (Université Roma Tre), Olek Mincer (qui lira des textes de Aharon Appelfeld et Vasilj Grossman choisis par Laura Quercioli Mincer - Université Roma La Sapienza).

Anita S. Bourdin

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 14:09

 

Dossier-HANOUCCAH.jpg

universtorah

EMOUVANT !

 
    Allumage de 'Hanouka par des juifs chinois
 
  DUREE
00:02:29

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CATEGORIE
Judaïsme dans le monde

DESCRIPTIF
Allumage de la première bougie de 'Hanouka par des juifs chinois
 
Par Aschkel 
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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 19:45

 

 

www.crif.org

 

 

C’est un ouvrage véritablement monumental, fruit d’un labeur de quarante années de recherches, que nous proposent deux grands savants spécialistes d’un sujet douloureux s’il en fut et pourtant relativement méconnu, celui de la condition des Juifs en terres d’islam. Loin des clichés de l’Âge d’or, les auteurs, en puisant au meilleures sources : relations de voyageurs, arrêtés de décisionnaires musulmans, rapports de diplomates, complaintes de dirigeants communautaires juifs, extraits d’ouvrages…, nous brossent, à travers une anthologie d’excellente qualité, un tableau édifiant de ce que fut, au cours des siècles et avant l’arrivée de la colonisation, la vie de Juifs au Maghreb : un enfer. On redécouvre, avec horreur, que le statut infamant de la dhimma, ne fut pas un vain mot, quelques obligations ou vexations secondaires, mais un tourment au quotidien, avec son lot d’exactions, de viols, de meurtres et de destructions.
 
Dans le droit fil des travaux des deux grands historiens du judaïsme oriental, Schlomo Dov Goitein (1900-1985) et Hayyim Zeev Hirschberg (1903-1976), Fenton et Littman, qui avaient prévu d’étendre leurs investigations au Maroc, à l’Algérie, à la Tunisie, à la Libye, à l’Égypte, à la Syrie, à la Palestine, à l’Irak, au Yémen, à l’Iran et à la Turquie, ont été amenés, pour diverses raisons, à limiter ce premier rapport au Maroc et à l’Algérie. Le résultat, quelque huit cents pages, n’en est pas moins saisissant. Un exemple, parmi des centaines, donnera une idée claire des textes peu connus qui nous sont dévoilés, celui du traité de Muhammad ben Abd al-Karîm al-Maghîlî (1440-1504), docteur tlemcénien qui fixa, en son temps, les règles de la dhimma. Vu l’importance de ce texte dont l’auteur est, de nos jours, vénéré comme un saint et dont la tombe, au Touat, est un lieu de pèlerinage, Littman et Fenton nous le traduisent en totalité. On peu ainsi y lire ces mots terrifiants : « Je jure par celui dont dépend ma vie que tuer, ne serait-ce qu’un seul Juif, confère une récompense plus grande que de mener la guerre au pays des polythéistes. Partout où vous les trouverez, saisissez-les et tuez-les ! En tout lieu, pillez leurs biens, capturez leurs enfants et leurs femmes jusqu’à ce qu’ils se soumettent complètement aux lois islamiques, de la manière la plus stricte. Ces scélérats iniques doivent être assujettis à la capitation et à l’humiliation. Ils doivent être promenés chargés de chaînes et de fers dans toutes les contrées et à toutes les époques afin de manifester la gloire du prophète élu ».
 
Une abondante et riche iconographie illustre ce livre qui fera date.
 
Jean-Pierre Allali
 
Éditions PUPS. Novembre 2010. 802 pages. 32 euros.
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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