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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 15:12

 

 

Dictionnaire des mots français venant de l'hébreu
Patrick Jean-Baptiste
Couverture de l'ouvrage : Dictionnaire des mots français venant de l'hébreu - Patrick Jean-Baptiste

Date de publication : 21/10/2010

Présentation de l'éditeur :

Si l’origine hébraïque ou araméenne de mots comme abbé, capharnaüm, éden, jubilé, macabre, messie ou satanique, qu’on trouve pour la plupart d’entre eux dans la Bible, est aisément identifiable, la langue française en recèle bien davantage. Il y a ceux auxquels on pense, comme kacher, et ceux auxquels on ne pense pas : jobard, pâquerette, onanisme, sansonnet. Ce Dictionnaire en dénombre 257, sans compter les centaines d’adjectifs, verbes ou préfixes qui en dérivent, d’ abaque à zizanie, en passant par cumin, ainsi que toutes les lettres de notre alphabet, puisqu’elles sont aussi « phéniciennes », ou venant du Levant préislamique, que nos chiffres sont « arabes ».

Véritable enquête sur les origines de la civilisation occidentale à travers l’étymologie, ce Dictionnaire nous en révèle surtout les racines cachées. Il ne faudra donc pas s’étonner d’y trouver les entrées amer,ave, sécurité, science, formes latinisées d’emprunts au punique (un cousin germain de l’hébreu et du phénicien) ou certains noms grecs, mais d’origine sémitique : achillée, asclépiade, catharsis, cosmos, héma(to)-, herculéen, hybride,océan, sophisme, etc.

D’évidence, il n’y a pas loin entre la Bible et l’Iliade… Tous ces mots témoignent du fait qu’avant Rome, avant Athènes, il y avait Tyr et Jérusalem.

Patrick Jean-Baptiste, journaliste scientifique et essayiste, s’intéresse depuis plus de dix ans à la question des influences culturelles et aux phénomènes religieux. Il est l’auteur de La Biologie de Dieu (Agnès Viénot, 2003) et de L’Affaire des fausses reliques (Albin Michel, 2005).

Préface de Claude Hagège, professeur au Collège de France.

 

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 23:34

 

 

DOCAS 

LE PEUPLE JUIF EN TERRE D'ISRAEL

DEPUIS L'ÉPOQUE ROMAINE

ENTRE CONTINUITÉ ET TRADITION 5/5

V
LA TERRE D'ISRAËL AU XIXE SIÈCLE :
JERUSALEM VILLE JUIVE
ET LA FIN
DE LA DOMINATION OTTOMANE

Adapté du cours du Professeur Rina Neher par Sacha Bergheim

Conception, édition, mise en page, traductions et cartes de Sacha Bergheim

merci à danilette et Israël Boccara pour leur aide précieuse


Pour © 2010 contrecourant © 2010 danilette

 © 2010 aschkel.info - © 2010 lessakele 


terre d israel

 

LE PEUPLE JUIF EN TERRE D'ISRAEL DEPUIS L'ÉPOQUE ROMAINE ENTRE CONTINUITÉ ET TRADITION 4/5

 

LE PEUPLE JUIF EN TERRE D'ISRAEL DEPUIS L'ÉPOQUE ROMAINE ENTRE CONTINUITÉ ET TRADITION 3/5 

LE PEUPLE JUIF EN TERRE D'ISRAEL DEPUIS L'ÉPOQUE ROMAINE ENTRE CONTINUITÉ ET TRADITION 2/5

LE PEUPLE JUIF EN TERRE D"ISRAEL DEPUIS L'EPOQUE ROMAINE ENTRE CONTINUITE ET TRADITION 1/5

Entre la destruction du Second Temple en 70 par Titus et l'arrivée des premiers pionniers juifs en terre d'Israel à la fin du 19e siècle, l'histoire des Juifs sur la terre de leurs racines semble n'être qu'une longue parenthèse durant laquelle rien ou presque ne se serait passé, du moins concernant la présence juive.

Une longue éclipse que l'on doit à l'historiographique chrétienne cherchant à incarner dans le récit historique la déchéance du peuple de « l'ancienne alliance », afin de faire du « verus Israel » chrétien le véritable héritier de « l'ancien testament », l'héritier des royaumes de Salomon et de David.


Cette vision est celle qui prévaut généralement, en particulier lorsqu'il est question des fondements de l'Etat moderne d'Israel, qui serait, lit-on parfois, « artificiel » parce coupé par presque deux millénaires d'exil et de diaspora. Le lien avec Israel et le peuple juif serait au mieux affectif et symbolique, au pire totalement imaginaire.


Croire que le peuple juif serait l'objet d'une « construction » savante, d'une « invention » militante, c'est en réalité faire l'impasse sur près de deux millénaires d'histoire en terre d'Israel, et prendre un postulat indigent pour une vérité d'évangile.


Si l'existence d'une souveraineté politique juive n'est plus attestée depuis la domination chrétienne en terre d'Israel, de même qu'il n'y avait plus de souveraineté politique grecque depuis la conquête romaine en -197 après la seconde guerre de Macédoine, la continuité d'une présence juive, majoritaire dans certaines parties du pays avant de devenir minoritaire, est un fait indubitable qui mérite d'être connu et reconnu.


Quelques faits à rappeler : la constitution du judaïsme dit rabbinique en Galilée après la destruction du Temple, l'essor de la Kabbalah de Louria à Safed, où de nombreux grands kabbalistes vinrent s'y installer, ou encore l'épisode du mouvement messianique de Shabtai Tsvi, sans compter les très nombreux maîtres de la pensée qui vivront en terre d'Israel dans tous les siècles. Et il ne s'agit là que des témoignages les plus connus !


Si la vie pour les Juifs y fut difficile, marquée par les persécutions des différents dominateurs de la région, il reste indéniable que le projet de restauration politique juive émergeant dès le 18e siècle ne saurait se concevoir sans des siècles de présence juive à Jérusalem et dans d'autres villes, sans des siècles d'aliyah, certes en nombre restreint, en terre sainte.


Partons à la re-découverte de cette histoire complexe mais essentielle à la compréhension du monde moderne et des enjeux proche-orientaux.

Sacha

Lire la cinquième partie

Erets Israel part 5 le 19e siècle doigt anis

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 23:31

 

 

 

DOCAS 

LE PEUPLE JUIF EN TERRE D'ISRAEL

DEPUIS L'ÉPOQUE ROMAINE

ENTRE CONTINUITÉ ET TRADITION 4/5

IV
LA TERRE D'ISRAËL
AUX XVIE ET XVIIE SIECLES

Adapté du cours du Professeur Rina Neher par Sacha Bergheim

Conception, édition, mise en page, traductions et cartes de Sacha Bergheim

merci à danilette et Israël Boccara pour leur aide précieuse


Pour © 2010 contrecourant © 2010 danilette

 © 2010 aschkel.info - © 2010 lessakele 

terre d israel

LE PEUPLE JUIF EN TERRE D'ISRAEL DEPUIS L'ÉPOQUE ROMAINE ENTRE CONTINUITÉ ET TRADITION 3/5 

LE PEUPLE JUIF EN TERRE D'ISRAEL DEPUIS L'ÉPOQUE ROMAINE ENTRE CONTINUITÉ ET TRADITION 2/5

LE PEUPLE JUIF EN TERRE D"ISRAEL DEPUIS L'EPOQUE ROMAINE ENTRE CONTINUITE ET TRADITION 1/5

 

Entre la destruction du Second Temple en 70 par Titus et l'arrivée des premiers pionniers juifs en terre d'Israel à la fin du 19e siècle, l'histoire des Juifs sur la terre de leurs racines semble n'être qu'une longue parenthèse durant laquelle rien ou presque ne se serait passé, du moins concernant la présence juive.

Une longue éclipse que l'on doit à l'historiographique chrétienne cherchant à incarner dans le récit historique la déchéance du peuple de « l'ancienne alliance », afin de faire du « verus Israel » chrétien le véritable héritier de « l'ancien testament », l'héritier des royaumes de Salomon et de David.


Cette vision est celle qui prévaut généralement, en particulier lorsqu'il est question des fondements de l'Etat moderne d'Israel, qui serait, lit-on parfois, « artificiel » parce coupé par presque deux millénaires d'exil et de diaspora. Le lien avec Israel et le peuple juif serait au mieux affectif et symbolique, au pire totalement imaginaire.


Croire que le peuple juif serait l'objet d'une « construction » savante, d'une « invention » militante, c'est en réalité faire l'impasse sur près de deux millénaires d'histoire en terre d'Israel, et prendre un postulat indigent pour une vérité d'évangile.


Si l'existence d'une souveraineté politique juive n'est plus attestée depuis la domination chrétienne en terre d'Israel, de même qu'il n'y avait plus de souveraineté politique grecque depuis la conquête romaine en -197 après la seconde guerre de Macédoine, la continuité d'une présence juive, majoritaire dans certaines parties du pays avant de devenir minoritaire, est un fait indubitable qui mérite d'être connu et reconnu.


Quelques faits à rappeler : la constitution du judaïsme dit rabbinique en Galilée après la destruction du Temple, l'essor de la Kabbalah de Louria à Safed, où de nombreux grands kabbalistes vinrent s'y installer, ou encore l'épisode du mouvement messianique de Shabtai Tsvi, sans compter les très nombreux maîtres de la pensée qui vivront en terre d'Israel dans tous les siècles. Et il ne s'agit là que des témoignages les plus connus !


Si la vie pour les Juifs y fut difficile, marquée par les persécutions des différents dominateurs de la région, il reste indéniable que le projet de restauration politique juive émergeant dès le 18e siècle ne saurait se concevoir sans des siècles de présence juive à Jérusalem et dans d'autres villes, sans des siècles d'aliyah, certes en nombre restreint, en terre sainte.


Partons à la re-découverte de cette histoire complexe mais essentielle à la compréhension du monde moderne et des enjeux proche-orientaux.

Sacha

Lire la quatrième  partie

  Erets Israel part 4 doigt-anis.jpg

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 13:34

 

 

Dans la série "Les actions héroïques de l'Eglise Catholique Romaine"....

Pour © 2010 aschkel.info et © 2010 lessakele

Premières parties de l'enquête

 

 

Mgr Stepinac: criminel de guerre

 

«Le procès de Mgr Stepinac s’ouvrit en septembre à Zagreb. L’archevêque s’attendait à ce procès… Dans une lettre pastorale de juillet 1946, Mgr Stepinac déclara: “… Peu m’importe que je me trouve un jour sur la liste des criminels de guerre… ”

 

«Le procès s’est déroulé au lycée de Zagreb. L’accusé, Mgr Stepinac, refusa de répondre… Le 11 octobre, la cour le reconnaît coupable d’avoir incité le clergé catholique à collaborer avec le régime fantoche oustachi, d’avoir écrit de nombreux articles “d’orientation fasciste”, en tant que président de la conférence des évêques et président de la presse catholique, d’avoir incité le peuple croate à collaborer avec les oustachis, d’avoir donné des “preuves nombreuses et manifestes de sa sympathie et de sa collaboration avec les oustachis”, d’avoir présidé la commission de trois membres qui a dirigé les premières conversions forcées de citoyens serbes… Le président du tribunal précisa que, sous l’influence de Mgr Stepinac, d’autres ecclésiastiques avaient organisé des unités oustachies et de “croisés” en vue de mener une activité terroriste contre le régime actuel. L’archevêque fut, en conséquence, condamné à seize ans de travaux forcés, à la perte de ses droits civiques pour une période de cinqans et à la confiscation de tous ses biens… » – Histoire du Vaticanpar Charles Pichon, Sefi, Paris, 1946, p. 389-393

 

«Plaider l’ignorance c’eût été absurde. Nul n’est mieux informé qu’un haut dignitaire de l’Église sur les événements et sur l’état d’esprit de la population. L’argument massif employé par Stepinac au cours de ses rares interventions au procès fut celui de nier la compétence du tribunal…

 

«Personne, même pas le Vatican, n’a pu démentir le fait que l’Église catholique en Croatie procéda à la conversion violente des orthodoxes. Personne n’a pu, d’autre part, démontrer l’innocence des serviteurs de l’Église devant les effroyables assassinats en masse perpétrés en Croatie, fruits, d’une part, du calcul politique froid et, d’autre part, d’une sauvage mystique religieuse.

 

«L’archevêque Stepinac couvrit de tout le poids de son autorité l’État oustachi croate. Toute l’activité de l’archevêque pendant l’occupation le prouve. Nous avons vu des milliers d’écrits et des milliers de photos accablants non seulement pour l’archevêque, mais aussi pour une bonne partie du clergé croate.

 

«De l’autre côté, qui étaient les Pavelitch et les oustachis? Créatures du fascisme italien, organisés bien avant la guerre en Italie et en Hongrie. L’archevêque Stepinac avec “sa conscience tranquille”, peut-il justifier l’appui inconditionné qu’il avait donné à ces oustachis?

 

«Stepinac cacha les archives du gouvernement de Pavelitch dans son propre palais. Il cacha aussi le trésor oustachi, fruit des pillages: trente caisses d’objets d’or sinistre ressemblance avec le contenu des caisses trouvées dans les caves de la Reichsbank.

 

«Mais ce qui perdit Stepinac, ce fut surtout son illusion de pouvoir lancer contre le nouvel État une espèce de chouannerie, les croisés, formés des quelques restes des troupes oustachies. On peut se demander quel gouvernement au monde pourrait continuer à fermer les yeux devant de tels actes, même s’il s’agit d’un archevêque… »– Horizons, novembre 1946

 

«Mais quand on a pillé pendant quatre ans, écrit M. Hervé Laurière, on n’a jamais tout camouflé. Donc, ainsi que devait en témoigner le 15 novembre 1945, Yvan salitch, le propre secrétaire de Mgr Stepinac, le ministre des Affaires étrangères M. Alajbegovitch, à la veille de la fuite du gouvernement, se prit à penser que la meilleure cachette était la résidence elle-même de l’archevêque Stepinac. On amena au palais archiépiscopal de Kapitol, cinq lourdes caisses qui furent remises à Yvan Salitch et à un certain Laskovitch… Eh bien, il y avait de tout dans les cinq caisses: les films, les photographies et les discours d’Ante Pavelitch, plus, et c’était là l’essentiel, des barres et des pièces d’or, des bijoux, des pierres précieuses, des débris d’appareils dentaires en or et en platine, des alliances, des montres, des bracelets, en un mot tout ce dont on avait pu dépouiller trop de victimes.» – Assassins au nom de Dieu par Hervé Laurière, éd. de la Vigie, Paris, p. 163-164

 

 

Yvan Salitch, secrétaire intime de Mgr Stepinac

 

«Que Stepinac ait demandé à son clergé de célébrer chaque année une messe solennelle le 10 avril, jour anniversaire de la constitution de l’État oustachiste… Que le 23 février 1942 l’archevêque ait accueilli Ante Pavelitch et le “sabor Oustachi” sur le parvis de sa cathédrale, qu’il ait même prononcé une allocution de bienvenue, passe encore; nous avons connu beaucoup de ces petites lâchetés.

 

«Malheureusement pour l’archevêque, il a fait pis. Il a, par exemple, reçu 100 millions de kuna du gouvernement oustachi pour organiser la propagande en faveur de ce gouvernement. Il a, lorsque les oustachis ont dû prendre la fuite, caché, enterré dans le palais archiépiscopal de Zagreb, les archives les plus compromettantes pour Pavelitch et les siens.

 

«Pis encore: au cours de l’automne 1945, donc après la libération de la Yougoslavie… Mgr Stepinac a accueilli, hospitalisé, caché dans son palais le colonel Lisak, oustachi de marque, rentré clandestinement sur le sol yougoslave avec des instructions de Pavelitch pour organiser un mouvement hitlérien. À la même époque, l’archevêque entra à diverses reprises en relations avec une espionne à la solde de l’Italie, Lela Sofijanec, qui faisait la liaison entre Trieste et la clandestinité oustachie en Croatie.

 

«Et comment oublier que deux des plus redoutables terroristes de cette clandestinité de traîtres avérés à la patrie yougoslave n’étaient autres que Yvan Salitch, secrétaire intime de Mgr Stepinac, et le curé Simecki, son ami le plus intime. Bilan accablant, les moins prévenus en conviendront.» – L’Ordre de Paris, 27 octobre 1946

 

 

Que devinrent, après la libération de la Yougoslavie les zélés convertisseurs qui avaient si bien travaillé à l’ “unification” de leur pays sous la bannière papale?

 

«Ils ne furent pas moins de 4000 oustachis: Pavelitch, ses ministres, ses généraux, ses chefs de police, ses commandants de camp de concentration, ses bourreaux et ses tortionnaires, à s’enfuir en Autriche et en Italie, laissant derrière eux des milliers de villages incendiés, pillés et déserts et, dans les caves, les grottes, les précipices, les fosses creusées dans les champs, on ne saura jamais exactement combien de centaines de milliers de cadavres. L’archevêque Saritch et l’évêque Garitch et 500 prêtres s’enfuirent aussi avec la colonne de Pavelitch en Autriche. Ils gagnèrent ensuite la Suisse et vécurent à Fribourg, grâce à un prêtre catholique croate installé dans le collège Saint-Raphaël de cette ville… L’évêque Garitch y mourut, tandis que l’archevêque Saritch émigra à Madrid où il s’est réfugié dans un monastère.» –Assassins au nom de Dieu par Hervé Laurière, éd. de la Vigie, Paris, p. 164

 

On se demande pourquoi cette fuite éperdue des princes de l’Église romaine et de leur clergé? Avaient-ils donc si mauvaise conscience pour abandonner de la sorte leur propre pays? Avaient-ils donc tant de forfaits à se reprocher?

 

«Ante Pavelitch se cacha pendant longtemps – avec son or – dans les couvents de Saint-Gilgen, près de Salzbourg, et de Bad-Ischl, près de Linz, en Autriche. Il portaitdignement sa soutane. De là, toujours déguisé en prêtre, il gagna l’Italie où il vécut à Rome jusqu’en 1948 sous le nom de Pater Gomez et Pater Benarez, dans un couvent jouissant du privilège d’exterritorialité. Grâce au clergé à Rome, il partit pour Buenos Aires à bord d’un bateau italien en novembre 1948. Il arriva en Argentine muni d’un passeport délivré par la Croix Rouge internationale à Rome le 5 juillet 1948 au nom de Pal (Pablo) Aranyos.

 

«D’autres oustachis, moins chanceux que lui, échouèrent dans les camps de concentration que les Alliés avaient dû organiser en Europe centrale… On vit bientôt ces camps recevoir la visite de pieux personnages qui y étaient envoyés par certaines institutions catholiques de Rome… La bande allait d’un camp à l’autre, s’intéressant surtout aux criminels de guerre, aux hauts personnages de l’ex “État indépendant de Croatie”, à leurs plus sanglants exécuteurs. Elle permit la fuite, du camp de Fermo, de deux abominables individus. Le premier, Ljubo Milos, qui fut appelé la hyène humaine, était responsable de la mort de plus de 120.000 personnes au camp de Jasenovac. Quant à l’autre, l’affreux Luburitch, un des bourreaux de Sarajevo, dans une seule matinée, il avait fait pendre aux poteaux électriques de cette ville 56 personnes… Et bientôt, ce fut en masse que la pègre oustachie sortit des camps de concentration alliés, revêtue souvent comme Pavelitch, d’une soutane. Ses sauveurs la conduisaient là où elle était attendue.

 

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«En Autriche, ces oustachis trouvèrent des asiles sûrs au couvent des pèresfranciscains de Klagenfurt, à celui de Santa-Catholica, etc. En Italie, on leur offrit l’hospitalité à Rimini, Cento Cele, Comte Ferrata, San Paulo di Regola, Grotamare, San-Giovann-Baptiste et au couvent des franciscains de Modène. À Rome, on vit se réfugier Luburitch et Draganovitch, devant qui s’ouvrirent les portes de l’Institut Saint-Jérôme… Cet institut de Saint-Jérôme est d’ailleurs resté, en Italie, le lieu de ralliement, le centre d’activité de tous les Oustachis… Il en est de même à Paris d’un couventfranciscain où ces messieurs tiennent des conférences qu’anime un prêtre croate… Quant à l’Autriche, les comités des oustachis qui y existent sont aidés par Mgr Rorbach, archevêque de Klafenfurt.» – Assassins au nom de Dieu par Hervé Laurière, éd. de la Vigie, Paris, p. 164

 

 

Le pape Pie XII bénit les tueurs

 

N’avions-nous pas raison d’écrire que jamais encore le Vatican ne s’était compromis comme il le fit en Croatie? Là, comme nulle part ailleurs, l’Église romaine a laissé tomber son masque de douceur et révélé son vrai visage, celui de l’ambition aveugle, du fanatisme sans pitié.

 

Faut-il rappeler une fois de plus que les membres de cette Église qui siégèrent quatre ans durant dans le Parlement oustachi n’avaient pu accepter ce mandat que dûment autorisés par le pape, en vertu de l’article 139-4 du droit canon? Faut-il rappeler encore que le Saint-Père n’adressa jamais aucun blâme à ces bons serviteurs? Et qui donc pourrait croire que les innombrables prêtres et religieux qui prêchaient le massacre auraient persévéré dans leur zèle hystérique s’ils s’étaient sentis désavoués, même tacitement, par leurs supérieurs hiérarchiques et leur chef suprême Pie XII?

 

Ah! certes, celui-ci n’y songeait guère, et le monstrueux Pavelitch, le “guide adoré” de Mgr Saritch, archevêque catholique de Sarajevo, pouvait se prévaloir à juste titre des paroles flatteuses, des encouragements et des bénédictions que lui prodiguait le Saint-Père. Sans doute on donnerait beaucoup aujourd’hui pour pouvoir en effacer la trace. Mais ils demeurent bel et bien, imprimés dans les journaux croates de l’époque.L’audience accordée le 18 mai 1941 à l’état-major oustachi ne fit que préluder aux manifestations de sympathie que le pape allait multiplier à l’égard de ces pieux assassins: «La jeunesse oustachie des “Croisés” au nombre de 206 et en uniforme fut reçue en audience par le pape le 6 février 1942 dans une des salles les plus imposantes du Vatican. Le rédacteur écrit que “le moment le plus touchant fut quand les jeunes oustachis prièrent le pape de bénir Pavelitch, l’État indépendant de Croatie et le peuple croate. Chaque membre reçut une médaille en souvenir”.» – Katolicki Tjednik (L’Hebdomaaire catholique) 15 et 22 février 1942

 

Le 12 mars 1942, pour l’anniversaire de son intronisation, Pie XII mande à Pavelitch: “Aux humbles félicitations de votre Excellence répondons par Nos remerciements et Nos désirs pour la prospérité chrétienne.” – Hrvatski Narod, 21 mars 1942

 

Pour le nouvel an 1943, le pape remercie Pavelitch des vœux qu’il lui a adressés par ce télégramme: “Pour tout ce que vous Nous avez exprimé en votre nom et au nom des Croates catholiques, Nous vous remercions et adressons avec joie la bénédiction apostolique à vous et au peuple croate.” – Katolicki List (Journal catholique) n° 3, 1943

 

En mars 1943, à l’occasion de l’anniversaire de l’intronisation de Pie XII, nouvelle échange de félicitations et de meilleurs vœux. – Hrvatski Naroa, 17 mars 1943

 

Le 5 juin 1943, Pavelitch adresse par télégramme ses félicitations au pape et “l’expression de mon dévouement personnel à Votre Sainteté et mes vœux pour le succès de Vos efforts pour la prospérité générale de l’humanité”. (Ces sentiments humanitaires sont particulièrement édifiants sous la plume de ce bourreau). Le pape répond très cordialement “en priant Dieu pour le bonheur du peuple croate.” –Katolicki List (Journal catholique) n° 23, 1943. Sans doute se trouvaient exclus de ces vœux de bonheur les Serbes orthodoxes et les juifs que les oustachis massacraientpar centaines de mille.

 

En 1944, télégramme du pape à Pavelitch: “Les vœux que vous Nous avez exprimés, ainsi que le peuple croate, à l’occasion du cinquième anniversaire de Notre Pontificat Nous sont très chers et Nous prions pour que Dieu vous accorde ses dons les meilleurs.” – Hrvatski Narod, 21 mars 1944

 

En maintes circonstances encore le Saint-Père eut l’occasion de proclamer en quelle haute estime il tenait le sanglant poglavnik. En 1943, il recevait en audience D. Sinsic, membre du gouvernement oustachi; et E. Lobkowicz, représentant l’État croate auprès du Vatican, résumait ainsi l’entretien dans son rapport au ministère des Affaires étrangères de Zagreb: «À la fin de notre conversation le pape déclara qu’il était très heureux d’avoir eu l’opportunité de s’entretenir avec Pavelitch et que c’était une grande joie d’entendre de tous les côtés qu’il est “un catholique pratiquant”. J’ai confirmé cela et ai exprimé mon espoir que Pavelitch viendra bientôt en Italie, ainsi que ma conviction qu’il sera très heureux d’avoir de nouveau la bénédiction apostolique. Le pape a répondu: “Je serai heureux de lui donner une telle bénédiction.”»

 

Notons qu’en 1943, il y avait déjà plus de deux ans que Pavelitch “pratiquait” le catholicisme en se livrant à la torture et à l’extermination méthodique du clergé et des fidèles orthodoxes.

 

Mais le chef des tueurs n’était pas le seul à recevoir la bénédiction apostolique. Pie XII, dans sa grande bonté, l’étendait aux plus simples exécutants. L’ “Osservatore Romano” (Cette audience a été mentionnée aussi par l’Agence fasciste Stefani) nous apprend que le 22 juillet 1941 le pape a reçu cent agents de la police de sécurité croate, conduits par le chef de la police de Zagreb Eugen Kvaternik-Dido. Ce groupe de SS croates constituait la fleur des bourreaux et des tortionnaires qui opéraient dans les camps de concentration, et celui qui les présentait au Saint-Père se rendit coupable de telles horreurs que sa mère se suicida de désespoir.

 

On imagine avec quel zèle accru ces “braves gens”, une fois munis de la bénédiction apostolique, s’appliquèrent à se conduire en “pratiquants” dans toute la force du terme.

 

 

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D’ailleurs, dès le mois d’août 1941, Mile Budak, ministre des Cultes, considéré comme le “dauphin” de Pavelitch, déclarait au cours d’une conférence publique à Karlovac: “Le mouvement oustachi est basé sur la religion. Sur notre dévouement à la religion et à l’Église catholique romaine repose toute notre action.”

 

En réalité tout concourt à prouver non seulement que Pie XII suivait de près le déroulement de cette action, mais encore qu’il l’approuvait. Il faudrait être singulièrement naïf en effet pour ne pas comprendre quel rôle jouait à Zagreb le rév. père Marcone, légat du Saint-Siège, Sancti Sedis Legatus (ainsi qu’il se qualifiait lui-même dans ses rapports avec le gouvernement oustachi), il était donc, aux termes du droit canon, l’alter ego du pape.

 

En cette qualité il avait droit à la préséance dans toutes les manifestations officielles. C’était Pie XII qu’on honorait en sa personne, et quelle personne! La photographie que nous reproduisons est plus éloquente que n’importe quel commentaire. À voir trôner à la place d’honneur, à côté du tueur Pavelitch, ce gros moine au mufle bestial qui semble sorti du burin de Goya, on peut se croire revenu de quelques siècles en arrière, et l’horreur des autodafés de Croatie rappelle invinciblement les bûchers de l’Inquisition espagnole. Le Saint-Office n’est pas mort, il est seulement en sommeil. De 1939 à 1945, il se réveilla en Europe, et particulièrement en Croatie, avec toute sa virulence.

 

 

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Ces atrocités furent maintes fois dénoncées à l’époque dans la presse des pays libres. Mais devant ces protestations Pie XII garda le silence… et pour cause! Comment aurait-il pu désavouer ses propres évêques et prêtres qui siégeaient, dûment autorisés par lui, dans le Parlement oustachi, et dont le principal, Mgr Stepinac, primat de Croatie, présidait le comité pour la conversion des orthodoxes, avec pour coadjuteurs, Mgr Buric, évêque de Senj, et Mgr Janke Simrak, administrateur apostolique de l’évêché de Krizevci? Comment aurait-il pu désavouer le rév. père Marcone, son légat, son représentant personnel à Zagreb qui surveillait l’opération?

 

 

Des conversions “spontanées et miraculeuses”… le couteau sur la gorge

 

D’ailleurs, cette opération n’avait rien d’imprévu. Le gouvernement oustachi, si bien appuyé par le pape, avait-il jamais fait mystère de ses intentions à l’égard des Serbes orthodoxes? Il les avait clamées, tout au contraire, dès son arrivée au pouvoir, et c’est le ministre des Cultes lui-même, Mile Budak, qui s’écriait le 22 juillet 1941 à Gospic:“Nous tuerons une partie des Serbes, nous en déporterons une autre, et le reste sera obligé d’embrasser la religion catholique romaine.”

 

Le programme s’exécutait donc à la lettre, tel qu’il avait été conçu et défini. Le scénario ne variait guère: après quelques massacres judicieusement perpétrés dans une région, arrivait un convertisseur, prêtre ou moine, accompagné d’un groupe d’oustachis, et cet apôtre, s’adressant aux paysans terrorisés, leur tenait le même langage, à quelque chose près, que ce religieux du couvent de Varazdin, Ambrozije Novak, aux villageois de Mostanica: “Serbes, vous êtes tous condamnés à mort, mais vous pouvez vous sauver de la mort à la condition de vous convertir au catholicisme.”

 

Ce procédé simple et pratique représentait sans doute ce que l’épiscopat entendait par “créer les conditions psychologiques favorable”. Car les Monsignori, même croates et oustachis, ont quelque connaissance du droit canon, lequel n’admet comme valables que des conversions sincères obtenues sans contrainte, et dans leur conférence plénière du 17 novembre 1941 ces dignes prélats avaient pris soin de se mettre en règle avec la “doctrine”. Ainsi on ne forçait pas les Serbes orthodoxes à se convertir. Fi donc! On le leur conseillait seulement… le couteau sur la gorge.

 

Le Ciel ne pouvait manquer de bénir cette sainte entreprise. On le vit bien lorsque des villages entiers, brusquement touchés par la Vraie Foi, abjurèrent – de leur plein gré, cela va sans dire – l’erreur dans laquelle ils avaient vécu si longtemps. Il y eut ainsi 240.000 orthodoxes qui, frappés d’une illumination soudaine, purent s’écrier comme dans Polyeucte: “Je vois, je sais, je crois, je suis désabusé!”

 

En revanche et conformément au programme, 300.000 étaient déportés et plus de 500.000 massacrés. Cependant, chose admirable, la même grâce collective s’épanchait miraculeusement sur les tenants du rite grec. Ces schismatiques eux aussi réintégraient en foule le giron de l’Église romaine “sans aucune pression et par conviction intime quant aux vérités de la foi catholique”, comme le prescrivait le paragraphe 8 des décisions de l’épiscopat. C’est ainsi qu’à Kamensko, dans le propre diocèse de Mgr Stepinac, 400 personnes, 400 brebis égarées, rentrèrent au bercail d’un même élan sous l’œil attendri du préfet, du chef de la police et des représentants de divers groupements oustachis.

 

Radio Vatican, annonçant le 12 juin 1942 cette conversion massive, affirmait qu’elle était “spontanée et sans aucune pression des autorités civiles et ecclésiastiques”.

 

Pourtant, après la guerre, le Saint-Siège ne tarda pas à s’aviser que la “spontanéité”, le “conviction intime” des 240.000 convertis pourrait bien être mise en doute même par ceux qui gardent une foi entière dans les miracles de la grâce. De plus, dans la Croatie libérée, les témoignages accablants pleuvaient de toute part. Les consignes furent donc modifiées en conséquence, et aujourd’hui il n’est pas un apologiste de Pie XII qui ne connaisse la nouvelle “ligne” sur laquelle il convient de se retrancher. On admetmaintenant que ces conversions à la grosse n’étaient pas toute “sincères et obtenues sans aucune pression”, mais si l’Église romaine violentait ainsi les consciences, c’était par pure charité, pour soustraire ces malheureux à la fureur des oustachis, pour les sauver de ce fameux couteau spécial que maniaient si lestement le franciscain Filipovic et ses émules. (On ne nous dit pas, toutefois, si ces bons religieux, comme ceux qui prêchaient le massacre, agissaient aussi par charité; mais il faut le croire puisqu’ils n’encoururent aucun blâme de leurs supérieurs hiérarchiques).

 

 

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Ainsi, tout s’explique – sinon théologiquement, du moins de la façon la plus honorable pour le Saint-Père. On le voit, dans son ardeur humanitaire il alla jusqu’à oublier ses devoirs, jusqu’à piétiner la “doctrine”, jusqu’à violer les plus sacrés canons, en acceptant de recevoir au sein de l’Église romaine, et par centaines de milliers, des malheureux faussement convertis. Par bonté pure, il prit sur lui le sacrilège, compromettant ainsi son salut éternel.

 

On reste confondu devant pareille abnégation; et si Pie XII n’est pas damné pour cela – ce qu’à Dieu ne plaise! – il aura bien mérité l’auréole des saints. On dit qu’il y prétendait, du reste.

 

Un tel exemple nous enseigne à ne point porter des jugements hâtifs et téméraires. Peut-être avons-nous été trop sévère à l’égard de Mgr Tiso. Quand ce saint homme expédiait à Auschwitz ses compatriotes israélites, qui nous dit qu’il n’était pas mû, lui aussi, par un esprit de charité? Ce bon prêtre de l’Église catholique romaine fut le premier pourvoyeur d’Auschwitz.

 

Sans doute en fut-il de même à l’autre bout du monde, aux îles Philippines conquises par les Japonais. M. André Ribard rapporte que les citoyens américains et anglais arrêtés dans les îles du Pacifique, et notamment tous les missionnaires protestants, y avaient été internés dans des camps de concentration qui ne le cédaient en rien à ceux de l’Allemagne. Mais “… les 7500 missionnaires catholiques demeurèrent en liberté, reçurent des secours et furent officiellement protégés par les autorités militaires japonaises. La revue des jésuites America a raconté cela en janvier 1944. À cette époque, malgré les progrès de la reconquête des îles du Pacifique par la marine américaine, il restait dans les camps d’internement 528 de ces missionnaires protestants: ils avaient survécu aux traitements concentrationnaires. Or, le Vatican avait fait auprès du gouvernement fantoche des Philippines… une démarche stupéfiante… le texte en figure sous le numéro 1591, daté de Tokio le 6 avril 1943, dans un rapport du département des affaires religieuses pour les territoires occupés, dont j’extrais le passage suivant: il exprimait le désir de l’Église de voir les Japonais “poursuivre leur politique et empêcher certains propagateurs religieux de l’erreur, de retrouver une liberté à laquelle ils n’ont aucun titre”.» – “1960 et le secret du Vatican” par André Ribard, Librairie Robin, Paris, 1954, p. 79

 

On le sent bien: là encore il s’agit de lire entre les lignes, et de ne pas se laisser abuser par des apparences trompeuses. En un mot, il faut savoir interpréter. Sous cette démarche cruelle doit se dissimuler quelque intention hautement charitable à l’égard des “frères séparés”. Avouons pourtant que nous n’avons pas su la découvrir.

 

 

Pour en revenir à la Croatie, la “catholicisation” allait bon train…

 

L’Église romaine s’occupait donc activement d’y augmenter le nombre de ses ouailles dans un accord parfait avec le gouvernement oustachi. C’est ainsi que Mgr Janko Simrak, un des coadjuteurs de Mgr Stepinac dans le comité pour la conversion des orthodoxes, fut reçu le 14 juillet 1941 par Pie XII, nommé par celui-ci évêque de Krizevci, puis décoré par Pavelitch de la “grand-croix avec étoile”, qu’accompagnait cette citation: “Pour son service dévoué parmi son clergé et ses fidèles et pour sa collaboration sincère avec les autorités de l’État dans l’esprit oustachi.”

 

La “catholicisation” allait bon train et Mgr Anton Aksamovic, évêque de Djakovo, pouvait écrire dans un tract à l’intention des orthodoxes: “Il y aura une seule Église et un seul chef de l’Église qui est le vicaire du Christ sur la terre… ” Il ajoutait d’ailleurs: “Suivez ce conseil amical. L’évêque de Djakovo a reçu jusqu’à présent dans la sainte Église catholique des milliers de citoyens qui ont obtenu le certificat d’honnêteté des autorités de l’État. Prenez exemple sur ces frères et adressez-nous, sans plus tarder, votre demande pour la conversion au catholicisme. En tant que catholiques, vous resterez tranquillement dans vos foyers et vous pourrez vaquer librement à vos occupations quotidiennes.”

 

Comme on le voit, ce bon propagandiste ne s’embarrassait pas de vaines circonlocutions. Il s’en fallait, pourtant, que tous les appelés devinssent des élus. Le 30 juin 1941, le gouvernement avait adressé aux évêchés catholiques une ordonnance (n° 48468/41), qui précisait dans quelles conditions devaient être délivrés par les mairies ou la police, après avis favorable des organisations oustachies, les certificats d’honnêteté nécessaires aux orthodoxes qui désiraient se convertir.

 

On y lisait notamment: § 3. – Quant à la délivrance de ces certificats, il faut faire attention qu’ils ne soient pas délivrés aux prêtres, commerçants, artisans et paysans orthodoxes riches ou en général aux intellectuels orthodoxes, sauf dans le cas où l’on pourrait prouver leur honnêteté [!] personnelle, le gouvernement ayant adopté le principe que les certificats relatifs à cette catégorie de personne soient refusés. § 4. – Les paysans pourront obtenir cette attestation sans difficulté, sauf s’il s’agit de cas exceptionnels.

 

Le 16 juillet 1941, dans sa lettre n° 9259/41, l’évêché de Zagreb (celui de Mgr Stepinac) reconnaissait en ces termes le bien-fondé de cette discrimination: “En ce qui concerne la conversion des prêtres, des instituteurs, des commerçants et des intellectuels en général, ainsi que des orthodoxes aisés, il est hors de doute qu’une extrême prudence s’impose en ce qui concerne leur acceptation… ”

 

Nous ne sommes pas spécialement versé en droit canon, mais nous n’avons jamais ouï dire que celui-ci autorise à accepter ou rejeter les conversions selon la catégorie sociale des candidats.

 

Qu’est-ce à dire, sinon que l’intégrité de la “doctrine” se voyait sacrifiée, une fois de plus, à des considérations éminemment opportunistes? On comprend que le gouvernement oustachi ne se souciât pas de voir les intellectuels serbes échapper à ses griffes sous couleur de conversion au catholicisme, ni surtout les commerçants et les paysans riches sauver ainsi leurs biens de la rapine.

 

L’épiscopat croate, Mgr Stepinac en tête, admit fort bien ce point de vue… financier, et le rév. père Marcone, légat du pape, n’y trouva pas davantage à redire. La “grâce” ne fut donc pas autorisée à faire des miracles chez les Serbes trop bien pourvus au temporel, et l’on vit, pour la première fois peut-être, l’Église appliquer à la lettre la parole du divin maître: “Il est plus difficile à un riche d’entrer au Paradis qu’à un chameau de passer par le trou d’une aiguille.”

 

Vint pourtant la débâcle pour l’Axe et pour cet État indépendant (!) de Croatie qui, grâce aux efforts conjugués de l’oustacha et de l’Église romaine, avait failli réaliser pour un temps et à sa manière la “Civitas Dei”. Dès lors, la propagande vaticane déploya tous ses efforts pour tenter d’innocenter Mgr Stepinac – et, par voie de conséquence, Pie XII – aux yeux de l’opinion mondiale. Mais que pèsent les faux-fuyants et les affirmations gratuites à côté de tant d’actes et de paroles officiellement établis? En réalité, l’archevêque de Zagreb demeura jusqu’au bout le pilier le plus sûr de l’État fantoche et de son régime.

 

Le 7 juillet 1944 il déclarait: «Le peuple croate verse son sang pour son État et il conservera et sauvera son État. Toutes les actions contre le peuple et l’autonomie croates ne doivent ôter le courage à personne, mais au contraire tous devront se mettre à défendre et à consolider l’État avec une force encore accrue.» – Fiorello Cavalli: Il processo dell’ arcivescovo di Zagabria (La Civilta Cattolica, organe des jésuites, Roma, 1946, p. 77)

 

Et c’est à cette même époque, alors que l’État satellite touchait à sa fin, que le gouvernement oustachi décora Mgr Stepinac de la “grand-croix avec étoile” qu’il portait fièrement sur sa poitrine (décret Oc. B. III n° 552, 1944).

 

L’épiscopat croate, lui aussi, maintenait son attitude dans sa lettre pastorale du 24 mars 1945. On n’ignore pas que Mgr Stepinac songeait à accepter le pouvoir des mains de Pavelitch, quand l’avance des Résistants vers Zagreb vint mettre à néant ce projet. Du moins, avant de s’enfuir avec les troupes allemandes en déroute, Pavelitch confia aux bons soins de celui qui l’avait si bien soutenu les archives du défunt État, les films, les disques de ses discours, et surtout des caisses de lingots d’or, de bijoux, de montres, etc. qui furent, comme on l’a lu plus haut, retrouvées à l’archevêché. Les légitimes possesseurs de ces biens s’étaient vu refuser protection par l’Église romaine, mais en revanche elle ne la marchanda pas à leurs dépouilles…

 

Les hauts faits de l’archevêque de Zagreb ne pouvaient manquer d’avoir leur récompense: le chapeau de cardinal. Le 18 décembre 1952, dans son discours au Comité des Affaires étrangères de l’assemblée fédérale yougoslave, M. Edward Kardelj, ministre des Affaires étrangères, a accusé Stepinac d’être un criminel de guerre ayant sur sa conscience un nombre immense de victimes, 229 églises orthodoxes détruites, 129 ecclésiastiques orthodoxes tués, des centaines de milliers d’orthodoxes massacrés. Il a accusé le Vatican d’avoir voulu, en le nommant cardinal, essayer de provoquer une intolérance religieuse en Yougoslavie et de miner l’unité du peuple yougoslave.

 

Cette élévation à la pourpre du meilleur collaborateur de Ante Pavelitch est assez éloquente, en effet. Mais là ne se borna pas le satisfecit du Saint-Père. Il n’eut garde d’oublier celui qui avait si bien “catholicisé” la Croatie, et le 5 novembre 1955 La Croix annonçait: «À l’occasion de ses noces d’argent sacerdotales, S.S. Pie XII a envoyé le message suivant à S. Éminence le cardinal Stepinac, archevêque de Zagreb, qui se trouve toujours maintenu en résidence forcée dans son village natal de Krasic, dans l’impossibilité d’exercer ses fonctions pastorales: “Nous formulons pour vous des vœux paternels, cher fils, qui achevez la 25e année de votre sacerdoce, qui avez acquis tant de mérites et dont nous louons les fermes vertus. Dans l’épreuve que vous traversez, Nous prions le Seigneur de vous accorder son réconfort, et Nous vous donnons avec affection Notre Bénédiction apostolique.”

 

 

Responsabilité du Vatican dans les massacres en Croatie

 

Telle fut la croisade croate et, n’en déplaise aux beaux esprits de sacristie acharnés à nier l’évidence, la responsabilité du Saint-Siège s’y marque en traits ineffaçables, du commencement à la fin.

 

En vérité, il faut une rare impudence pour représenter le Vatican comme “opposé” au régime des oustachis, quand tous les témoignages et tous les documents confirment sa parfaite entente avec ces “Assassins au nom de Dieu”, comme les a si bien nommés M. Hervé Laurière. Pour s’élever contre les horreurs commises par ces tortionnaires, il y eut dans le clergé catholique croate deux hommes, en tout et pour tout: l’évêque de Mostar, Mgr Aloïs Misic, et un prêtre de Zagreb, Josip Loncar. Bien entendu, aucun signe d’approbation ne vint du Vatican récompenser leur charité inopportune, et l’on peut douter que Mgr Misic devienne jamais cardinal. En revanche, aucun des religieux qui prêchaient le massacre, ou le pratiquaient de leur propre main, ne fut blâmé, puni ou chassé de l’Église.

 

On chercherait en vain la moindre marque de réprobation, ou même de réserve, dans la conduite de Pie XII tout au long de la sanglante tragédie, depuis la réception de Ante Pavelitch au Vatican le 18 mai 1941 jusqu’aux louanges décernées ces dernières années encore à Mgr Stepinac, dont “l’apostolat brille de l’éclat le plus pur” s’il faut en croire le Saint-Père. Le tout est de s’entendre, évidemment, sur le sens de cette “pureté”, mais ce qui s’est passé en Croatie à cette époque est propre à dissiper toute équivoque à cet égard. (Dans le diocèse de Gornji Karlovac (dépendant de l’archevêché de Mgr Stepinac) qui comprenait 460.000 Serbes orthodoxes, 280.000 ont été tués, 50.000 se sont réfugiés dans les montagnes, environ 50.000 ont pu être expédiés en Serbie. Le reste, soit 40.000 âmes, a été contraint de se convertir au catholicisme.) – Jean Hussard: “Vu en Yougoslavie”, Lausanne, 1947, p. 217

 

Vit-on jamais plus clair bilan que celui de ces quatre cruelles années d’évangélisation par le fer et le feu, quatre années durant lesquelles le rév. père Marcone, légat du pape, ne cessa de trôner auprès des responsables, couvrant ainsi de l’autorité de son saint mandataire les actions les plus monstrueuses?

 

N’est-il pas significatif, aussi, le silence systématique observé par Pie XII à l’égard des victimes de la gigantesque tuerie? Pas un mot de pitié pour elle, non plus que de blâme pour leurs bourreaux.

 

 

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Bien modérés, vraiment, ceux qui ne veulent voir dans cette attitude du pape qu’une inertie coupable, une complaisance passive. En fait, tout cela pue le crime prémédité. On ne fera croire à personne que cette terreur, à laquelle le clergé catholique croate collaborait passionnément, a pu se déchaîner sans la volonté expresse du Saint-Siège. Is fecit cui prodest, dit le vieil adage judiciaire: celui-là a commis le crime, à qui le crime profite. À qui profitait l’extermination massive des orthodoxes, leur déportation ou leur conversion par la force, sinon à l’Église romaine qui poursuivait ainsi son rêve séculaire: l’extension de son influence vers l’Est? La fin justifie les moyens: il fallait tuer pour régner. On ne s’en fit pas faute.

 

Mais la meilleure confirmation de la collusion vaticano-oustachie, on la trouve dans un ouvrage tout récent de R.P. Dragoun préfacé par Mgr Ruff, coadjuteur du cardinal Feltin.

 

Sur la foi du titre, Le Dossier du cardinal Stepinac, on pourrait croire tout d’abord à quelque effort d’objectivité de la part de l’auteur, mais l’erreur serait grande. Dans ce gros volume, on trouve bien les plaidoiries des deux avocats de l’archevêque, assorties de nombreux commentaires, mais nulle trace de l’acte d’accusation ni du réquisitoire. Un “dossier” à la mode oustachie, sans doute.

 

Il y aurait beaucoup à dire sur les amusantes contradictions où l’auteur tombe à chaque instant. Nous nous bornerons à constater que la présence à Zagreb de ce haut personnage qu’était le légat pontifical Marcone se trouve entièrement passée sous silence – ce qui ne saurait étonner quiconque a contemplé la photographie du Sancti Sedis Legatus reçu familièrement chez Pavelitch (en compagnie du fils du chef des S.S. croates, d’ailleurs).

 

Cette intimité – si soigneusement dissimulée – entre le représentant de Pie XII et le chef des tueurs s’explique à merveille par ces quelques lignes du dossier, tendant à décharger Mgr Stepinac: «Le procureur lui-même, dans son acte d’accusation, cite le secrétaire d’État du Saint-Siège, le cardinal Maglione, qui avait encore en 1942 recommandé à l’archevêque Stepinac “d’établir avec les autorités oustachies des rapports plus cordiaux et plus sincères” (p. 32, 137).

 

 

Merci à  Alexis ADRIANIS

 

 

Extraits de Le Vatican contre l’Europe – Les documents accusent par Edmond Paris,

Librairie Fischbacher, Paris, 1959

Assassins au nom de Dieu par Hervé Laurière, éditions de la Vigie, Paris, 1951

Photos: Google Images

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 11:23

 

       

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Suite de : 

 

L’invention de la Palestine, Histoire d’une imposture, impostures de l’Histoire.(1/5)

L’invention de la Palestine, Histoire d’une imposture, impostures de l’Histoire.(2/5)

L’invention de la Palestine Histoire d’une imposture, impostures de l’Histoire.(3/5)

L’invention de la Palestine Histoire d’une imposture, impostures de l’Histoire.(4/5)

 

 

L’invention de la Palestine

Histoire d’une imposture, impostures de l’Histoire.

 

5 ème Partie de 5.

 

Par Michel KÖNIG

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info


Conclusions

 

Cette présentation a pour but de montrer en quoi le fait national palestinien ne tient pas à la lumière des faits historiques et ne recouvre pas la définition de la Nation telle que la donnait Ernest RENAN. Il n’y a donc pas de nation « palestinienne », mais un « palestinisme » qui est l’habillage, le faux-nez d’une idéologie islamique radicale, à destination de l’occident. Alors quand le pape dit que les palestiniens ont droit à une patrie sur la terre de leurs ancêtres (sans dire un seul mot d’ailleurs de la réciproque israélienne), il est mal informé ou bien plutôt il fait de la real politique vaticane en retombant dans les vieilles ornières de l’église romaine décrites plus haut.

Un exemple significatif. Jérusalem est déclarée ville sainte de l’Islam et a même été déclarée capitale de la culture arabe, alors qu’elle n’est plus sous souveraineté arabe depuis 1099, date de sa prise par les croisés. Or le nom de Jérusalem n’est jamais mentionné dans le Coran. Les interprétations ultérieures ont fait dire que la ville au nord de la Mecque dans laquelle le prophète Mahomet s’est rendu serait Jérusalem. Cela d’autant que Mahounemet est mort en 550, et qu’à l’époque la « Palestine » appartenant encore à l’empire byzantin. Jérusalem n’a été conquise qu’en 638 par les Omeyyades qui y construisirent la mosquée d’Omar.

C’est ensuite l’éviction de la Mecque et des territoires conquis des Omeyyades relativement tolérants par les Abbassides plus fondamentalistes qui provoquera les croisades, les abbassides ayant interdit les pèlerinages chrétiens à Jérusalem. Les Omeyyades refugiés en Espagne en Andalousie y créèrent d’ailleurs une zone de tolérance d’où sortit au XIème et XIIème siècle une civilisation arabo judéo chrétienne extrêmement brillante avec les personnages de Maïmonide ou d’Averroès, avant que la conquête espagnole et l’inquisition n’y mettent fin.

Bizarre n’est-ce pas ? Les islamistes radicaux nous expliquent que le Coran est la parole même d’Allah soufflée à l’oreille du prophète par l’ange Djibril (Gabriel), qu’il n’est donc pas interprétable et doit être appliqué à la lettre. Oui, mais quand ça les arrange, ils l’interprètent dans le sens  qui leur est favorable.

 

A ce propos et pour conclure, je voudrais vous faire réfléchir sur une brève uchronie.

Une uchronie est un genre littéraire qui consiste à refaire l'histoire à partir d'un évènement passé : César réchappe de l’attentat de Brutus ou Napoléon gagne à Waterloo.

Supposons donc qu'en 1948, le jeune état d'Israël soit vaincu par les 5 armées arabes qui l'ont envahi (D’ailleurs ça n’est pas passé bien loin : tous les bookmakers donnaient les juifs perdants). Les habitants juifs sont bien sûr massacrés ou rejetés à la mer dans l'indifférence générale qui a prévalu pendant toute la Shoah. Cela à la grande satisfaction de l’église romaine et de tous les bons catholiques qui voyaient maintenus les décrets divins portant l’anathème du peuple juif.

Les  habitants arabes (car à l'époque ils ne s'appelaient pas palestiniens) prennent le contrôle du pays et instaurent un seul état arabe et islamique.

Après la révolution islamique d'Iran, les radicaux du Hamas gagnent les élections instaurent la charria comme récemment vient de le faire la Somalie et proclament Jérusalem ville sainte de l'Islam. Bien sûr les Juifs y sont strictement interdits, mais ensuite les imams fondamentalistes estimèrent devoir s’en prendre aux chrétiens qui s’arrogeaient le droit de penser qu’ils pouvaient avoir quelques titres historiques sur leur ville sainte.

Ils interdisent donc les pèlerinages, comme le firent les abbassides en 1054, ce qui provoqua la première croisade, chassent les communautés chrétiennes comme sont en train de le faire la plupart des pays arabes et comme les talibans avec les bouddhas d'Afghanistan dynamitent toutes les églises ou les transforment en mosquée.

 Bien sûr, l'Europe tétanisée laisse faire, malgré les homélies du pape et l'administration américaine entame d'interminables pourparlers sans trop de conviction pour ne pas s’aliéner les producteurs de pétrole.

Alors, bien sûr tout le monde se prend à regretter qu'Israël ait été vaincu, ce qui aurait sans doute permis de maintenir une présence multiconfessionnelle dans la ville des 3 monothéismes.

 

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 11:22

 

       

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Suite de : 

 

L’invention de la Palestine, Histoire d’une imposture, impostures de l’Histoire.(1/5)

L’invention de la Palestine, Histoire d’une imposture, impostures de l’Histoire.(2/5)

L’invention de la Palestine Histoire d’une imposture, impostures de l’Histoire.(3/5)


 L’invention de la Palestine

Histoire d’une imposture, impostures de l’Histoire.

 

4 ème Partie de 5.

 

Par Michel KÖNIG

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

 

La trahison anglaise et l’attitude arabe.

La première chose que firent les anglais, une fois le mandat accordé, fut de détacher des territoires confiés la Transjordanie pour la donner en lot de consolation à la dynastie hachémite, ses alliés, qui venaient de se faire détrôner à la Mecque par les « Saouds ».

Mais surtout, pendant toute la période 1922-1939 (et même encore après-guerre), Londres restreindra progressivement  l’immigration juive à l’encontre du mandat reçu de la SDN, mais ignorera l’immigration arabe très active. En 1930, la Commission Simpson Hope, envoyée de Londres pour enquêter sur les émeutes arabes de 1929, déclara que la pratique britannique d’ignorer volontairement l’immigration arabe illégale à partir de l’Égypte, de la Transjordanie et de la Syrie et de ne la soumettre à aucune restriction, avait pour effet de supplanter les futurs immigrants juifs et de remettre en cause la création du foyer national juif dont la Grande-Bretagne avait reçu mandat.

La population arabe augmenta le plus dans les villes où d’importantes populations juives avaient créé de nouvelles possibilités économiques. De 1922 à 1947, la population non juive augmenta de 290% à Haïfa, de 131% à Jérusalem et de 158% à Jaffa. La croissance dans les villes arabes fut plus modeste : 42% à Naplouse, 78% à Jénine et 37% à Bethléem. En tout, la population arabe augmenta de 120% entre 1922 et 1947.

Le gouverneur britannique du Sinaï de 1922 à 1936 fit cette remarque : "Cette immigration illégale se poursuivait non seulement à partir du Sinaï mais aussi de l’Égypte, de la Transjordanie et de la Syrie, et il est très difficile de plaider la cause de la misère des Arabes si en même temps on ne pouvait pas empêcher leurs compatriotes des États voisins d’aller partager cette misère »

Selon un rapport de la Commission Peel, en 1937, "le manque de terres est …dû moins à l’étendue des terres acquises par les Juifs qu’à l’augmentation de la population" arabe.

On peut penser que le plan britannique était de noyer la population juive dans la population arabe pour n’avoir pas à tenir la promesse de la Déclaration Balfour et à respecter le mandat confié par la SDN d’implanter un foyer national juif en Palestine, en mettant en avant la démographie.

Mais vint la 2ème guerre mondiale et la barbarie nazie fit avorter la félonie anglaise.

Après la guerre, l’Angleterre essaya de poursuivre cette politique défavorable de fait à la création du foyer national juif en Palestine, mais devant l’imbroglio de la situation sur le terrain, la résistance des organisations juives qui considéraient le mandataire anglais comme un colonialiste (dynamitage de l’hôtel King David), elle y renonça et remit son mandat à l’ONU, héritière de la SDN qui vota le plan de partage de 1947.

Mais c’est cette population arabe récemment immigrée, massée autour des villes, qui sera la première à fuir les combats à l’appel des armées arabes déclarant vouloir « rejeter les juifs à la mer » et qui formera en 1948, le gros des réfugiés dits « palestiniens », pris en charge par l’ONU à travers l’UNRWA, agence dédiée aux Palestiniens. Pour l’UNRWA, un « réfugié de Palestine » est une personne dont le lieu de résidence habituelle était la Palestine entre juin 1946 et mai 1948 et qui a perdu à la fois son domicile et ses moyens de subsistance en raison du conflit israélo-arabe de 1948. La définition de réfugié de l’UNRWA couvre également les descendants des Palestiniens qui sont devenus des réfugiés en 1948. En conséquence, le nombre de réfugiés palestiniens enregistrés est passé de 914 000 en 1950 à plus de 4,4 millions en 2005 et continue à augmenter du fait de l’accroissement naturel de la population[. Cette définition extrêmement large du réfugié, qui permet d'englober ainsi les descendants, est utilisée uniquement dans le cadre des Palestiniens.

Un autre des arguments de la propagande « palestiniste » est de mettre en avant que le peuple « palestinien » ne saurait être « puni » des exactions commis par le nazisme contre les Juifs et que c’était aux européens de supporter le poids de leur faute.

 

La aussi cet assertion est contredite par l’histoire.

 

D’abord parce que, comme on vient de le voir, la décision de créer un foyer national juif sur la Palestine mandataire date de 1917, à l’époque où la Grande Bretagne était en conflit avec l’empire ottoman pour la maîtrise du Moyen-Orient. Après la guerre, au contraire la puissance mandataire a tout fait pour freiner l’immigration juive au mépris de ses engagements. Même en 1946, alors que des rescapés des camps de la mort attendaient dans des camps de transit, les britanniques ne changèrent pas de politique (Affaire de l’Exodus).

Dans les pays qui avaient pris une participation active à la Shoah, comme la France, ce fut le grand silence. La France ne voulait connaître de cette sombre période que les hauts faits de la Résistance qui lui avait permis de faire partie des vainqueurs de 1945, alors que le régime de l’état français avait été un des régimes les plus collaborationnistes de l’Allemagne nazie. En 1956, quand Alain RESNAIS monte le documentaire « Nuit et brouillard », la censure lui fit transformer une scène parce que, sur des archives filmées d’époque, on voyait l’ombre du képi d’un gendarme français. En fait la responsabilité de la France, à travers l’état français, ne fut vraiment reconnue qu’en 1995 par Jacques CHIRAC.

On ne peut donc dire que le sentiment de culpabilité de l’Europe ait été pour quelque chose dans la naissance d’Israël.  En fait l’assistance que la France et d’autres états européens avait fourni au jeune état juif avait une autre raison, pas morale celle-là mais militaire.

On sait maintenant qu’entre 1943 et 1945, alors qu’ils avaient la maîtrise de l’air et bombardaient de manière « disproportionnée » les villes allemandes, les alliés n’ont rien fait pour empêcher la poursuite de la solution finale dont ils étaient informés. Les camps de la mort n’ont pas été détruits, les voies ferrées qui y menaient n’ont pas été coupées.

Le commandement allié a laissé se poursuivre l’extermination industrielle et massive du peuple juif en escomptant que la folie antisémite d’Adolf Hitler mobiliserait des forces appréciables loin des théâtres d’opération militaire spécialement au moment de la préparation et de l’exécution du débarquement du 6 juin 1944. En 1943, alors que le sort de la guerre bascule, mais que la Shoah bat son plein, ce détournement des forces allemandes hors des théâtres d’opérations est plus importante que celui qu’obtiendra la Résistance française par des coups de main encore bien limités.

Cette logique militaire choque évidemment quand on la regarde à la lumière de la morale, mais elle est imparable dans son efficacité qui a permis la victoire finale des alliés.

Mais si l’extermination du peuple juif a aidé l’effort de guerre des alliés en retenant des forces appréciables qui ont manqué à la défense des pays de l’axe, alors on doit considérer le peuple juif comme un allié objectif des puissances qui ont remporté la victoire du 8 mai 1945. Cela sans compter l’exode des savant juifs, Einstein et Oppenheimer en tête de liste, dont l’absence ne permit pas à Hitler ne fabriquer une bombe atomique avant la fin de la guerre (Que se serait-il passé si un V2 avait fait exploser une charge atomique sur Londres ?) alors qu’elle permit aux Américains de fabriquer celles qui mit fin à la guerre avec le Japon.

En ce sens, les 6 millions de morts de la shoah ne sont pas seulement le témoignage de la barbarie nazie et de la folie meurtrière de son initiateur, mais constituent le sacrifice que le peuple juif a consenti à la défaite du 3ème Reich, continuateur au-delà des siècles de l’idéologie totalitaire de l’empire romain, à l’issue d’une guerre de 2 millénaires. L’Etat d’Israël, expression nationale du peuple juif, doit donc être considéré comme faisant partie des puissances victorieuses de la 2ème guerre mondiale au même titre que les Etats Unis d’Amérique, l’Union Soviétique ou la France. Sa création n’est pas seulement la reconnaissance du fait national juif, c’est la reconnaissance de la contribution du peuple juif à la victoire de 1945.

Cela, sans oublier, bien sûr, l’aide que les combattants juifs ont fourni contre la puissance nazie et notamment les brigades juives qui sont constituées dans les territoires sous mandat britannique et qui vont participer aux combats contre l’Afrika corps, en s’illustrant à Bir Hakeim.

Mais pendant ce temps-là, les « palestiniens » eux s’affichaient plutôt avec les gens d’en face. C’est notamment le cas du grand Mufti de Jérusalem, Hadj Amin al-Husseini.

En 1941, il s’enfuit en Allemagne et rencontra un certain nombre de chefs nazis. Il voulait les persuader d’étendre au monde arabe le programme anti-juif des Nazis. Le Mufti envoya à Hitler 15 avant-projets de déclarations concernant le Moyen Orient qu’il demandait à l’Allemagne et à l’Italie de faire. L’une d’elles en appelait aux deux pays pour qu’ils déclarent illégal le Foyer juif en Palestine. De plus, "ils accordent à la Palestine et aux autres pays arabes le droit de résoudre le problème des éléments juifs en Palestine et dans les autres pays arabes, conformément à l’intérêt des Arabes et au moyen de la même méthode qui permet de régler la question dans les pays de l’Axe".

En novembre 1941, le Mufti rencontra Hitler personnellement, qui lui dit que les Juifs étaient ses pires ennemis. Le Führer, cependant, repoussa la demande du Mufti d’une déclaration en faveur des Arabes, car il estimait que ce n’était pas le moment. Le Mufti présenta à Hitler ses "remerciements pour la sympathie qu’il avait toujours montrée pour la cause arabe et en particulier pour la cause palestinienne, et qu’il avait clairement exprimée dans ses discours publics… Les Arabes étaient les amis naturels de l’Allemagne car ils avaient les mêmes ennemis que l’Allemagne, à savoir… les Juifs…".

Il ajoutait : « Le monde arabe était convaincu de la victoire de l'Allemagne, non seulement parce que le Reich possédait une importante armée, des soldats courageux et des chefs militaires de génie, mais aussi parce que le Tout-puissant ne pourrait jamais accorder la victoire à une cause injuste. »

 Hitler répondit :"L’Allemagne soutenait une guerre sans compromis contre les Juifs. Cela comprenait naturellement une opposition active au Foyer national juif en Palestine… L’Allemagne fournirait une aide concrète et pratique aux Arabes impliqués dans le même combat… L’objectif de l’Allemagne [est] uniquement la destruction de l’élément juif résidant dans la sphère arabe… À ce moment-là, le Mufti serait le porte-parole le plus digne de foi du monde arabe". Le dit Mufti remercia Hitler avec effusion.

Amin al-Husayni participa à l'organisation d'une division de la Waffen SS formée de musulmans de Bosnie, nommée “Handschar” (poignard), d'un effectif d'environ 10 000 membres, qui intervenait au cours des actions de la SS en Hongrie et en Croatie.

Si on veut faire remonter les palestiniens à cette population, alors il faut bien dire que leurs dirigeants se sont rangés manifestement du coté des forces de l’axe et qu’ils font partie des vaincus de la 2ème guerre mondiale. 

En 1945, la Yougoslavie chercha d’ailleurs à inculper le Mufti pour crimes de guerre, à cause de son rôle dans le recrutement pour les SS de 20 000 volontaires musulmans bosniaques, qui participèrent au massacre de Juifs en Croatie et en Hongrie. Cependant, il « s’évada »  d’une prison française en 1946 et continua le combat contre les Juifs à partir du Caire et plus tard de Beyrouth, où il mourut en 1974.

Al-Husseini est un personnage encombrant que les « palestinistes » évitent de montrer en public, car, outre son penchant affirmée pour son copain Adolf,  il démontre que la différence entre antisionisme et antisémitisme est très mince et qu’elle n’est surtout qu’à usage externe.

Cela montre aussi que le cliché des « Palestiniens » bouc émissaires de la culpabilité de l’Europe ne tient guère à la lumière des faits historiques et leur attitude pendant la dernière guerre les place sans équivoque dans le camp des forces de l’axe.

 

Fin de la quatrième partie

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 11:21

 

       

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 Suite de : 

 

L’invention de la Palestine, Histoire d’une imposture, impostures de l’Histoire.(1/5)

L’invention de la Palestine, Histoire d’une imposture, impostures de l’Histoire.(2/5)

 L’invention de la Palestine

Histoire d’une imposture, impostures de l’Histoire.

 

3 ème Partie de 5.

 

Par Michel KÖNIG

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 


Impostures de l’histoire : Antisionisme et Antisémitisme.

 


Le maintien de la présence juive en « Palestine »

La propagande de l’OLP a fait passer l’idée d’une nation « palestinienne » occupant de toute éternité un territoire lui appartenant avec Jérusalem, ville arabe, lieu saint de l’Islam, comme capitale.

Or on n’en retrouve nulle  mention dans l’histoire réelle, telle qu’elle ressort des travaux des historiens et des écrits des grands témoins.

L’immigration juive avait commencé dès 1880, sous l’administration turque, qui l’avait autorisée et la voyait même d’un bon œil car cela pouvait revigorer une région quasi désertique, peuplé d’environ 400.000 habitants, mais dans lequel la continuité d’une présence juive, notamment à Jérusalem et Sfad, est attestée.

La découverte d’un ouvrage historique capital sur cette question, écrit à la fin du XVII ème siècle, apporte d’ailleurs un éclairage de la plus haute importance.

“Voyage en Palestine“, est le titre d’une œuvre écrite en 1695, par Hadrian Reland (ou Relandi), cartographe, géographe, philologue et professeur de philosophie hollandais. Le sous-titre de l’ouvrage, rédigé en Latin, s’intitule : “Monumentis Veteribus Illustrata”, édité en 1714 aux Editions Brodelet.

L’auteur de cet ouvrage, l’un des premiers orientalistes, connaissait les langues, hébraïque, arabe et  grecque (ancien).

En 1695, Relandi est envoyé en voyage d’études en Israël, en Palestine d’alors, pour un objectif bien spécifique : recenser plus de 2500 lieux (villes et villages) apparaissant dans le texte de la Bible ou de la Michna, dans leur appellation originelle. A chaque fois, Relandi y mentionne le nom hébraïque tel qu’il apparaît dans le texte et le verset exact auquel il se réfère. Relandi y fait également figurer son équivalent en Latin-Romain ou Grec ancien.

Outre ce remarquable travail linguistique, l’auteur opère surtout un recensement de l’époque, pour chaque localité visitée : d’abord une considération d’ordre général spécifiant que la terre d’Israël d’alors est pratiquement déserte, très peu peuplée. La majorité de ses habitants se concentre alors dans les villes de Jérusalem, Acco (Acre), Tsfat (Safed), Yafo (Jaffa), Tveria (Tibériade) et Aza (Gaza). Surtout, le constat établi par le géographe conclut à une présence dominante de Juifs sur cette terre, quelques Chrétiens et très peu de Musulmans, dont la plupart étaient des Bédouins.

Quelques remarques extraites de cette passionnante étude :

Aucune localité d’alors ne propose de nom ou de source arabe

La grande majorité de ses villes ou villages possède un nom hébreu, quelques-uns en Grec ou Latin-Romain

Pratiquement aucune ville possédant  aujourd’hui un nom en arabe n’en possédait à l’époque : ni Haïfa, ni Yafo, ni Naplouse (Shehem), Gaza ou Djénine.

Aucune trace dans les recherches de Relandi de sources historiques ou philologiques établies aux noms arabes, plus tardifs, de Ramallah, Al Halil (Hébron) ou Al Qods (Jérusalem)

En 1696, Ramallah s’appelle “Beteïlé” (du nom hébreu “Bet El”), Hévron s’appelle … Hévron

La plupart des villes étaient composées de Juifs, à l’exception de Naplouse (Shehem) qui comptait 120 personnes issues d’une même famille musulmane, les “Natashe”, ainsi que 70 Samaritains

A Nazareth, en Galilée, une ville entièrement Chrétienne : 700 Chrétiens

A Jérusalem, plus de 5000 habitants, dont la plus grande majorité est juive, et quelques Chrétiens. Relandi n’évoque que quelques familles bédouines musulmanes isolées, composées d’ouvriers temporaires saisonniers, dans les domaines de l’agriculture ou de la construction.

A Gaza, près de 550 personnes, 50% de Juifs et 50% de Chrétiens. Les Juifs étaient essentiellement spécialisés dans l’agriculture : la vigne, les olives et le blé (Goush Katif). Les Chrétiens s’occupant davantage de commerce et transport des différents produits de la région 

Tibériade et Safed étaient de localités juives. On sait surtout que la pêche du Lac de Tibériade constituait le principal emploi de l’époque.

Une ville comme Oum El Fahem par exemple était complètement chrétienne : 10 familles

Dans « Itinéraire de Paris à Jérusalem » (1811), François René de Chateaubriand écrivait ceci :  

« Tandis que la nouvelle Jérusalem sort ainsi du désert, brillante de clarté, jetez les yeux entre la montagne de Sion et le temple; voyez cet autre petit peuple qui vit séparé du reste des habitants de la cité. Épris, il baisse la tête sans se plaindre; il souffre toutes les avanies sans demander justice; il se laisse accabler de coups sans soupirer; on lui demande sa tête: il la présente au cimeterre. Si quelque membre de cette société proscrite vient à mourir, son compagnon ira, pendant la nuit, l’enterrer furtivement dans la vallée de Josaphat, à l’ombre du temple de Salomon.
 
Pénétrez dans la demeure de ce peuple, vous le trouverez dans une affreuse misère, faisant lire un livre mystérieux à des enfants qui, à leur tour, le feront lire à leurs enfants. Ce qu’ils faisaient il y a 5000 ans, Ce peuple le fait encore. Il a assisté dix-sept fois à la ruine de Jérusalem, et rien ne peut le décourager; rien ne peut l’empêcher de tourner ses regards vers Sion.

Quand on voit les Juifs dispersés sur la terre, selon la parole de Dieu, on est surpris sans doute; il faut voir ces légitimes maîtres de la Judée esclaves et étrangers dans leur propre pays; il faut les voir attendant, sous toutes les oppressions, un roi qui doit les délivrer

Les Perses, les Grecs, les Romains ont disparu de la terre: et un petit peuple, dont l’origine précéda celle de ces grands peuples, existe encore sans mélange dans les décombres de sa patrie. Si quelque chose, parmi les nations, porte le caractère du miracle, nous pensons que ce caractère est ici. »

Et en 1894, Pierre LOTI écrivait dans « Jérusalem »: « C’est le vendredi soir, le moment traditionnel où, chaque semaine, les juifs vont pleurer, en un lieu spécial concédé par les Turcs, sur les ruines de ce temple de Salomon, qui « ne sera jamais rebâti ». Après les terrains vides, nous atteignons maintenant d’étroites ruelles, jonchées d’immondices, et enfin une sorte d’enclos, rempli du remuement d’une foule étrange qui gémit ensemble à voix basse et cadencée. Déjà commence le vague crépuscule. Le fond de cette place, entourée de sombres murs, est fermé, écrasé par une formidable construction salomonienne, un fragment de l’enceinte du Temple, tout en blocs monstrueux et pareils.

Contre la muraille du Temple, contre le dernier débris de leur splendeur passée, ce sont les lamentations de Jérémie qu’ils redisent tous, avec des voix qui chevrotent en cadence, au dandinement rapide des corps …

Et il y en a deux ou trois de ces vieux, qui versent de vraies larmes, qui ont posé leur bible dans les trous des pierres, pour avoir les mains libres et les agiter au-dessus de leur tête en geste de malédiction.

Si les crânes branlants et les barbes blanches sont en majorité au mur des Pleurs, c’est que, de tous les coins du monde où Israël est dispersé, ses fils reviennent ici quand ils sentent leur fin proche, afin d’être enterrés dans la sainte vallée de Josaphat. Et Jérusalem s’encombre de plus en plus de vieillards accourus pour y mourir. »

 

En 1799, Napoléon, encore Bonaparte fit, à partir de son quartier général de Jérusalem, la fameuse déclaration du 1er floréal, an VII de la République (20 avril 1799)

Bonaparte, commandant en chef des armées de la République Française en Afrique et en Asie, aux héritiers légitimes de la Palestine :

 

« Israélites, nation unique que les conquêtes et la tyrannie ont pu, pendant des milliers d'années, priver de leur terre ancestrale, mais ni de leur nom, ni de leur existence nationale !

Les observateurs attentifs et impartiaux du destin des nations, même s'ils n'ont pas les dons prophétiques d'Israël et de Joël, se sont rendus compte de la justesse des prédictions des grands prophètes qui, à la veille de la destruction de Sion, ont prédit que les enfants du Seigneur reviendraient dans leur patrie avec des chansons et dans la joie et que la tristesse et que les soupirs s'enfuiraient à jamais. (Isaie 35.10)

Debout dans la joie, les exilés ! Cette guerre sans exemple dans toute l'histoire, a été engagée pour sa propre défense par une nation, de qui les terres héréditaires étaient considérées par ses ennemis comme une proie offerte à dépecer. Maintenant cette nation se venge de deux mille ans d'ignominie. Bien que l'époque et les circonstances semblent peu favorables à l'affirmation ou même à l'expression de vos demandes, cette guerre vous offre aujourd'hui, contrairement à toute attente, le patrimoine israélien.

La Providence m'a envoyé ici avec une jeune armée, guidée par la justice et accompagnée par la victoire. Mon quartier général est à Jérusalem et dans quelques jours je serais à Damas, dont la proximité n'est plus à craindre pour la ville de David.

Héritiers légitimes de la Palestine !

La Grande Nation qui ne trafique pas les hommes et les pays selon la façon de ceux qui ont vendu vos ancêtres à tous les peuples (Joël 4.6) ne vous appelle pas à conquérir votre patrimoine. Non, elle vous demande de prendre seulement ce qu'elle a déjà conquis avec son appui et son autorisation de rester maître de cette terre et de la garder malgré tous les adversaires.

Levez-vous ! Montrez que toute la puissance de vos oppresseurs n'a pu anéantir le courage des descendants de ces héros qui auraient fait honneur à Sparte et à Rome (Maccabée 12.15). Montrez que deux mille ans d'esclavage n'ont pas réussi à étouffer ce courage.

Hâtez vous! C'est le moment qui ne reviendra peut-être pas d'ici mille ans, de réclamer la restauration de vos droits civils, de votre place parmi les peuples du monde. Vous avez le droit à une existence politique en tant que nation parmi les autres nations. Vous avez le droit d'adorer librement le Seigneur selon votre religion. (Joël 4.20 ) »

Le 16 août 1800, Napoléon déclara: " Si je gouvernais une nation juive, je rétablirais le temple de Salomon."

On connait aussi sa répartie à Varsovie en 1812, lorsque préparant la campagne de Russie, il demanda après les commerçants juifs locaux qui lui fournissaient chevaux et approvisionnements. « Sire, répondit l’aide de camp, ils sont au Temple. » « Mais ce n’est pas le Shabath » fit remarquer l’Empereur. « Non Sire, mais ils commémorent la date de la destruction du Temple de Jérusalem ». Napoléon dit alors : « Un peuple qui se souvient de sa terre depuis plus de 1800 ans finira par y retourner »

Mais ce que Napoléon ne put réaliser (on peut raisonnablement penser que si l’armée d’Orient n’avait pas échoué devant St Jean d’Acre, l’état juif de Palestine aurait été créé, sous protectorat français, 150 ans avant l’actuel état d’Israël), l’Angleterre sembla vouloir l’accomplir.

En 1917, Lord Balfour, alors ministre britannique des Affaires étrangères, publia sa fameuse déclaration visant à la création d’un foyer juif en Palestine. Au cours des débats qui précédèrent la Déclaration, un député des communes demanda à Haïm Weizman, Président du congrès juif mondial, pourquoi les Juifs tenaient tant à créer leur foyer national en Palestine, alors qu’il existait tant de terres inoccupées de par le monde. Weizman lui répondit : « Pourquoi, Monsieur, faites vous 20 km tous les dimanches pour aller voir votre mère, alors que vous avez quantité de dames âgées dans votre rue ? »

Après la victoire de 1918, les alliés procédèrent au démantèlement de l’Empire Ottoman à la conférence de San Remo (19 au 26 avril 1920), la Grande Bretagne se vit attribuer la « Palestine » pendant que la France se voyait mandater pour la Syrie et le Liban. Cette attribution fut confirmée par la SDN sous forme d’un mandat accordée à la Grande Bretagne sur la Palestine qui fut appelée de ce fait « mandataire » Ce mandat reprenait intégralement la Déclaration Balfour dans son objectif de créer un foyer national juif, sur les territoires de la « Palestine mandataire ».

 

Fin de la troisième partie.

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 11:20

       

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Suite de : 

L’invention de la Palestine, Histoire d’une imposture, impostures de l’Histoire.(1/5)

 

 

L’invention de la Palestine

Histoire d’une imposture, impostures de l’Histoire.

 

2ème Partie de 5.

 

Par Michel KÖNIG

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info


b) La damnatio memoriae

 

Epuisés, les Romains en eurent assez de ces Juifs qui leurs avaient causé plus de pertes en hommes et en ressources qu'aucun autre peuple au cours de l'histoire. Après avoir écrasé la révolte de Bar-Korba, Hadrien, pour parachever sa vengeance, décida que le seul moyen de ne pas s'exposer à un autre soulèvement était de couper les Juifs de tout lien avec leur terre bien-aimée. Il procéda à des déportations massives qui vidèrent le pays de son peuplement juif .

Il voulut selon la coutume romaine prononcer la « damnatio memoriæ » la damnation de la mémoire du peuple juif, usage réservé aux empereurs fous comme Dioclétien. En ouvrant la Bible, il trouva le nom des Philistins, anciens occupants, pensait-il vaincus par David à la bataille de la vallée d’Elah, en luttant contre Goliath, le philistin.

Remarquons, entre parenthèse, que cette appellation est d’origine purement biblique et n’a donc aucune confirmation archéologique comme tout ce qui se passe en Judée-Samarie à l’époque du roi David, il y a 3.000 ans.

Mais puisque le terme est revendiqué par les Palestiniens d’aujourd’hui qui se disent descendants des Philistins, rappelons ce qu’en dit la Bible.

Les Philistins ne sont ni des Cananéens ni même un des 7 peuples donnés par la Bible. Ils ne proviennent pas de la région. Le prophète Amos (ch.9, v.7) dit: « N’ai-je pas fait émigrer Israël du pays d’Egypte et les Philistins de Caftor et Aram de Kir ». Caftor est une île de la Méditerranée, apparemment l’île de Chypre, près de la Grèce. Ainsi, le nom ancien de cette nation semble donc être Caftor, et en  Israël ils ont été dénommés du nom de Philistins, qui vient du mot « polèche », qui signifie envahisseur. Ils sont donc étrangers à cette terre. Ils sont venus de Caftor (Chypre), et ont envahi le pays de Canaan qu’ils ont occupé de Hatserim jusqu’à Gaza. En fait, dans la Bible ce sont des usurpateurs qui réclament un droit de propriété sur la terre d'Israël et la bataille d’Elah est significative de leur volonté de s’enfoncer à l’intérieur des terres.

Hadrien s’était donc trompé. Les premiers occupants de la terre promise était les Cananéens et les Jabuséens, fondateurs de Jérusalem. C’est donc Syria-jabusa ou Syria-canaa qu’aurait dû s’appeler la province après le diktat d’Hadrien.

Pour en revenir à ce personnage, cher à Marguerite Yourcenar, il est donc le premier « antisémite » partisan d’une solution finale, certes moins radicale que celle de son successeur qui a sévi pendant la deuxième guerre mondiale, mais avec la même finalité : faire disparaître la mémoire et le message du peuple juif. A cette époque bien sûr, il n’y avait pas un seul arabe palestinien dans la contrée, quoiqu’en dise M. Bole-Richard qui affirme, sans rire, dans le Monde, que les philistins étaient les ancêtres des Palestiniens. Il n’y avait même plus d’ailleurs de Philistins à l’époque romaine.  Askhelon, l’ancienne métropole des rois Philistins était devenue depuis longtemps une ville grecque et faisait partie de la décapole, un réseau de dix villes grecques qui avaient obtenus une franchise de la part des romains. Si les philistins-palestiniens veulent donc aller se recueillir sur la tombe de leur vrai père fondateur, ce n‘est pas à Ramallah qu’ils doivent se rendre, mais à Rome, au château St-Ange que le Vatican a fait construire autour du mausolée d’Hadrien.

Mais ensuite c’est l’église catholique romaine qui a maintenu le décret d’Hadrien sur le pays tout au long de l’histoire de l’Occident chrétien pour des raisons d’abord théologiques et ensuite politiques.

Théologiques parce que, au 2ème et 3ème siècle, les pagano-chrétiens de Paul, partisans d’une déconnection totale du christianisme à l’égard du judaïsme, vont l’emporter sur les judéo-chrétiens, l’entourage primitif du Christ. Ils font valoir que le Temple de Salomon n’est plus de ce monde, mais dans le corps du Christ que représente l’Eglise et que Dieu s’est lui-même détourné du peuple élu en laissant détruire le 2ème Temple. Il n’y a donc plus de temple terrestre et l’absence des Juifs sur leur terre est la marque du 3ème temple, incarné dans l’Eglise dont la communauté est le nouveau peuple élu.

Politiques parce que, après l’alliance entre l’Eglise et l’empire romain au 4ème siècle, permise par la doctrine augustinienne du péché originel et concrétisée par la conversion de Constantin en 312, l’église se devait de dédouaner les romains de la crucifixion du Christ et en fit retomber la faute sur les Juifs condamnés pour cette raison à l’errance éternelle et à l’opprobre des nations.

Cette alliance maintiendra l’appellation latine de Palestine sur l’ancien royaume de David tout le temps que dura les empires chrétiens d’Occident et d’Orient et à leur disparition par le Saint Empire romain germanique qui s’en proclamait le continuateur. C’était une façon de conforter le dogme catholique en niant le lien du peuple juif avec sa terre par punition divine.

Ces considérations ne représentent pas seulement une explication historique, elle pourrait avoir des retombées juridiques en matière de droit international. Les massacres et les déportations massives opérés par Hadrien vont bien au-delà du matage d’une rébellion comme on avait pu le voir sous Titus, même si elle ne s’est pas faite dans la dentelle et témoignent de la volonté de l’Empereur de faire disparaître la nation juive, non seulement physiquement, mais aussi dans les mémoires en supprimant le nom juif de la contrée.

Aujourd’hui en droit international, cela s’appellerait un génocide et un génocide est considéré depuis les procès de Nuremberg comme un crime contre l’humanité déclaré imprescriptible.

Alors certes on n’ira pas déterrer les ossements de l’hôte posthume du château Saint-Ange pour les pendre à un gibet et de toute façon, diront les juristes, une loi ne saurait être rétroactive.

Mais la non rétroactivité n’entraîne pas l’annulation du fait et donc depuis 1945, il existe un receleur de ce crime contre l’humanité, c’est l’église catholique romaine qui continue de faire usage du mot Palestine, synonyme de la volonté d’éradiquer le lien entre le peuple juif et sa terre.

Cela d’autant que le génocide des juifs pendant la 2ème guerre mondiale par celui qui se voulait le fondateur du « 3ème empire » (Le premier étant celui des romains et le second le saint empire romain germanique, expression politique de la catholicité), se situe dans la  même ligne que les évènements de 135, la disparition physique de la nation juive.

Les différents régimes musulmans qui se sont succédés après les conquêtes arabes du 7ème siècle, sur la terre de Canaan, califat arabe d’abord, puis perse, puis empire ottoman n’ont jamais utilisés l’appellation « Palestine » pour l’ensemble de la contrée qui s’appelait « Syrie ». Même les croisés l’avait appelé « terre sainte », abandonnant pendant le royaume latin de Jérusalem le terme de Palestine. Après la défaite turque avec la triple alliance en 1918, la SDN confie à la Grande Bretagne Le 24 juillet 1922 l’administration de l’ancienne possession turque sous le nom de Palestine mandataire. Pour, dit ce texte, "l’administration du territoire de la Palestine, qui faisait autrefois partie de l’Empire ottoman, dans des frontières à fixer par lesdites puissances en vue de mettre à exécution la Déclaration Balfour, considérant que cette déclaration comporte la reconnaissance des liens historiques du peuple juif avec la Palestine et des raisons de la reconstitution de son foyer national en ce pays."

Les leaders arabes à la tête desquels on trouvera Hadj Amin el Husseini qui deviendra grand mufti de Jérusalem s’opposèrent à cet objectif et trouvèrent l’oreille complaisante de l’administration britannique qui laissa se produire les violences contre les Juifs. Mais Hadj Amin ne demanda pas à la Grande Bretagne d’accorder l’indépendance aux « Palestiniens ». Au contraire, dans une lettre à Churchill, alors ministre des colonies, de 1921, il demandait que la Palestine soit réunie à la Syrie et à la Transjordanie.

En 1947, le plan de partage de ce qui restait de la Palestine mandataire en 2 états, un juif et un arabe et qui faisait de Jérusalem une zone internationale œcuménique, est voté par l’ONU. Cette décision internationale fondatrice est rejetée par les  pays arabes environnants : Egypte, Jordanie, Syrie, Irak et Liban dont les armées envahissent le territoire accordé aux Juifs par le plan de partage et Jérusalem. Les milices issues des populations arabes locales sont dissoutes et intégrées à ces armées.

La défaite de ces armées en 1948 et la signature de l’armistice permet la création de l’état Israël et on parle alors de conflit israélo-arabe. Pour la plupart, les réfugiés qui fuient la zone des combats sont constitués par ces populations issues de l’immigration illégale et massés autour des villes. Les véritables « palestiniens », cultivateurs attachés à leur terre, sont restés sur place et constituent aujourd’hui la minorité arabe, musulmane ou chrétienne, de la population d’Israël.

Mais à Jérusalem, l’armée jordanienne de Glub Pacha, formée, entrainée, équipée et encadrée par les Anglais, prend la vieille ville et refoule l’armée juive derrière la ligne verte. Seule une résistance acharnée et le maintien de la voie sacrée permet de sauver Jérusalem ouest.

De 1947 à 1967, la Jordanie Hachémite occupe la Judée-Samarie et Jérusalem-est qu’il vide de sa population juive. La ville qui devait, selon le plan de partage de 1947, être proclamée zone internationale est annexée par la Jordanie. Le mont du temple est interdit aux pèlerins juifs. 29 lieux de culte juifs sont détruits, dont la synagogue de la « Hourva », construite une première fois au XVIIIème siècle, et reconstruite en 1864  et qui vient d’être restaurée. Le cimetière juif du mont des oliviers est vandalisé et les pierres tombales récupérées.

 Personne n’a protesté, ni dans la communauté internationale, ni dans la population de ces territoires annexés par la Jordanie laquelle population n’a réclamé aucune indépendance « palestinienne » en demandant de faire de Jérusalem leur capitale.

Ce n’est qu’après la guerre des 6 jours, quant tout espoir pour les arabes de renverser la situation par un conflit classique entre armées nationales va prendre fin, que l’OLP, pour reprendre le flambeau de ce conflit en l’insérant dans la mouvance des mouvements révolutionnaires de l’époque (Carlos), va lui donner son contenu nationaliste « palestiniste » pour appuyer sa propagande à destination de l’occident.

Jusqu’à cette date, le terme « Palestine » était dans le langage vernaculaire,  l’ancienne terre des juifs qui en avaient été chassés par les romains. Dans les manifestations antisémites d’avant guerre, on criait alors : « Les Juifs en Palestine ». C’est sous le terme de Palestine, comme on l’a vu, que la SDN confirme le lien du peuple juif avec la Palestine pour y fonder un foyer national juif. Encore en 1947, la Ligue Française pour la Palestine libre milite, non pour un état arabe, comme le vocabulaire d’aujourd’hui pourrait porter à le croire, mais pour un état juif indépendant après le retrait britannique. Jean-Paul Sartre écrit à la ligue au début de l’année 1948 qu’un « Etat Palestinien (le futur état d’Israël), un Etat indépendant, c’est une garantie pour la paix à condition qu’il soit assez fort pour se faire respecter. »

C’est à partir de cette date que le terme « Palestine » va être en quelque sorte « squatté » par la propagande arabe, détourné de sa signification historique originelle pour lui donner son contenu actuel qui vise une prétendue antériorité nationale arabe sur les territoires de la Palestine mandataire, moins la Jordanie accordée par avance à la dynastie hachémite par les Anglais.

Pourquoi cette occupation sémantique ?

D’abord, parce qu’expliquer que c’est la charria qui commande à tout musulman de mener le djihad pour imposer l’islam aux populations infidèles, et notamment de reprendre en priorité les terres autrefois musulmanes, n’était pas très porteur à l’égard de l’Occident, ni même à l’égard des autres mouvements révolutionnaires de l’époque, pas très réceptifs aux motivations religieuses.

En outre cette motivation pourrait donner lieu à des polémiques religieuses, car les premières sourates du Coran et notamment celle de « la Vache », reconnaissent l’antériorité du Pentateuque et du caractère prophétique de la personnalité de Moïse, y compris la promesse qui lui est faite par l’Eternel de donner le pays de Canaan aux enfants d’Israël. (Mais, on attend encore l’imam qui osera dire que la lutte contre le sionisme est contraire aux préceptes coraniques et que les « martyrs » de la cause palestinienne risquent de se retrouver en enfer plutôt que dans les bras des hétaïres sacrées.)

Cela d’autant que le sionisme se revendique du concept de nation qui ouvre droit à l’auto-détermination des peuples et au droit de ceux-ci de disposer d’un état souverain établi sur le territoire nationale. Ce qui le sous-tend et que l’on retrouve dans la déclaration Balfour qu’il inspire, c’est que le peuple juif dont la continuité est attestée à travers les siècles a droit à un état sur la terre dont il a été injustement privé. Cet argument très fort dans la conscience internationale à l’époque de l’émancipation n’aurait pu être battu en brèche par des arguments uniquement religieux.

 

Alors imaginer, au mépris de la chronologie historique la plus élémentaire, que la Palestine formait une nation autrefois unie, mais occupée ensuite par les vilains sionistes, colonialistes et impérialistes, était beaucoup plus efficace à l’égard des bonnes consciences européennes et altermondialistes.

Ensuite parce que la référence au mot Palestine permet vis-à-vis de l’Occident, de demander, sans le dire, le retour, non pas à la situation d’avant 67, mais à celle de 47, c’est-à-dire au retour à la Palestine mandataire. Cela développe une ambiguïté dont jouent les différents mouvements palestiniens.

Enfin, comme on l’a vu plus haut, le terme Palestine réveille d’anciennes connotations anti-juives et surfe sur la crainte théologique qu’inspirent aux catholiques le renouveau de l’état d’Israël qui contrarie, dans une vision millénariste, le fondement du dogme de l’église romaine.

Ainsi a été créé un « palestinisme », théoriquement pendant nationaliste du sionisme, mais en fait faux-nez (ou « avatar » si l’on veut) de la propagande de l’Islam djihadiste en direction de l’Occident.

 

Si ce néologisme de « palestinisme » est utile c’est pour bien faire la différence entre la situation humanitaire et économique des habitants des territoires autonomes qui peut être solutionnée sur un plan politique et la propagande djihadiste qui se cache sous le vocable « palestinien » en utilisant le concept occidental de nationalité que l’Islam ignore.

Certes tous les musulmans ne sont pas djihadistes, mais quand les gazaouites portent au pouvoir, par voie électorale, le Hamas, dont la charte est fondée sur le djihad islamiste, ils en prennent la responsabilité. Tous les allemands n’étaient pas nazis, mais leur responsabilité collective dans l’avènement du nazisme a été reconnue et, comme le rappelle la série « Apocalypse », il a fallut détruire l’Allemagne pour détruire le nazisme.

 

 

Fin de la deuxième partie

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 11:19

 

       

imposture-palestine.jpg

 

L’invention de la Palestine

Histoire d’une imposture, impostures de l’Histoire.

 

1ère Partie de 5.

 

Par Michel KÖNIG

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 


 

Nota :

Pour faciliter la compréhension de l’exposé historique contenu dans ce texte, il m’arrivera d’utiliser des concepts politiques modernes. Ce sont bien sûr des anachronismes  que le lecteur replacera dans leurs contextes.

 

 

J’ai été frappé, lorsque, allant sur des sites ou des blogs pour m’informer de ce qui se passe au Proche-Orient, il m’arrive de lire les commentaires que laissent des internautes manifestement pro-palestiniens, par la méconnaissance profonde de l’Histoire dont ils témoignent. Cela se rapproche plus d’une mythologie ou des contes de bonne femme que de la vérité historique. Politiquement cela s’appelle de la propagande éhontée, de la veine de celle du Dr. Goebbels qui disait : « plus c’est gros, plus ça passe. ». Historiquement cela s’appelle une imposture et c’est de ce point de vue que je voudrais me placer.

Si on lit ces interventions et même certains articles de journaux réputés sérieux, on a l’impression de que toute éternité, en tout cas depuis plusieurs millénaires, juifs et arabes vivaient en paix sur cette terre de Palestine sous la sage administration des palestiniens dont Jérusalem était la capitale éternelle. C’est après la deuxième guerre mondiale que le vilain sionisme, colonialiste, impérialiste, (voire nazi !) est venu troubler cette belle harmonie. Certes, il ya eu la Shoah, reconnaissent certains propagandistes palestiniens, (encore que d’autres leaders islamistes comme le Président iranien vont jusqu’à la nier), mais ce n’est pas notre faute. Pourquoi le sang des juifs que l’Europe a fait couler retomberait-il sur nos têtes ? Nous ne sommes pas coupables et les européens n’avaient qu’à trouver d’autres formes de dédommagement que d’aider les sionistes à voler notre terre.

On retrouve bien sûr dans cette argumentation l’effet de la propagande palestinienne sur des cerveaux européens bien enclins à la croire sur parole. La difficulté, et c’est ce qui m’a poussé à écrire ce texte, c’est qu’elle n’est qu’un amoncellement de contre-vérités historiques. On ne fait pas la paix avec un mensonge ou plus exactement maintenir une fiction historique comme base de revendication n’est jamais le signe d’un désir sincère de trouver un compromis.

 

 

D’abord, l’imposture du mot : Palestine.

 

La conquête romaine -67 à 135

C’est d’ailleurs cette imposture qui m’a poussé par réaction, entre autres raisons, à écrire mon ouvrage « le 3ème Temple. » dans le contexte de la véritable réalité historique.

Pour cela il faut en revenir à l’apparition de ce mot sur les cartes au deuxième siècle de l’ère chrétienne.

L’ancien royaume de David, avait été conquis par le général Pompée en -67, profitant des dissensions entre les grands prêtres et les rois, nous dirions aujourd’hui entre le trône et l’ église. Mais les romains avaient maintenu une façade d’indépendance nationale en laissant le pays gouverné par un roi juif. C’est ainsi que Hérode, plus romain que juif et qui se plaisait mieux à Césarée, ville romaine qu’à Jérusalem, gouverna jusqu’en 4 après JC, sous la dépendance des empereurs, tout en ménageant le Sanhédrin pour qui il fit faire les travaux cyclopéens du deuxième temple. Mais il fit bâtir à l’angle nord-ouest de l’esplanade, la tour Antonia, qui surplombait le Temple et dont la garnison romaine surveillait tout ce qui s’y passait (Tout un symbole) !

 

Mais cette façade était encore trop favorable aux juifs. A la mort d’Hérode, le pays passait directement sous l’administration des procurateurs romains, nous dirions aujourd’hui sous administration coloniale.

Le Sanhédrin, l’organe religieux suprême de la religion juive, avec le grand prêtre à sa tête, jouait la carte de l’occupant romain, estimant, qu’une révolte armée serait fatale à l’existence de l’identité religieuse juive. Mais il préservait aussi de la sorte son pouvoir sur le peuple juif ainsi que les richesses provenant des offrandes et des legs qu’il recevait.

On peut comprendre ainsi l’aventure rapportée du Christ-Yoshua, si tant est qu’il est historiquement existé, ou qu’elle ne soit pas le syncrétisme de l’histoire de plusieurs individus. Le sanhédrin et le procurateur romain étaient liés dans leurs intérêts (on parlerait aujourd’hui de collaboration) à éviter l’émergence d’un nouveau leader religieux qui, s’appuyant sur les prophéties « l’étoile du matin », serait prétendant au trône d’Israël restauré. C’était d’ailleurs ce motif qui figurait sur la croix du Christ « Rex judorum »

Mais la première guerre juive fut inspirée plus par les « nationalistes » Zélotes que par un soulèvement religieux, encore qu’il est difficile dans le contexte de l’époque de séparer les deux. Disons qu’on est plus près des motivations de Jeanne d’Arc que de celle de Luther.

Elle a commencé en 66, après les exactions du nouveau procurateur Gessius Florus, corrompu jusqu’à la moelle, qui avaient abouti à un soulèvement généralisé, à la fois contre l’occupant romain et contre le Sanhédrin, tribunal suprême de la religion juive, gestionnaire du Temple, accusé de pactiser avec l’ennemi.

Cette révolte  avait été inspirée par les Esséniens, mais c’est leur branche « armée », les Zélotes, avec son chef Menahem ben Yaïr, qui avaient soulevé le peuple et fait assassiner le grand prêtre Ananias.  Menahem se proclamait descendant de David et prétendant au trône.  Il avait rassemblé une première armée qui avait chassé de Jérusalem en 67 le général romain Cestius Gallus, Légat de Syrie, qui fut battu sévèrement à Beth Horon près de Jérusalem. Mais Menachem fut assassiné à son tour par le fils du grand prêtre Ananias, Eléazar. La ville avait été libérée de sa garnison romaine, mais, sans leader reconnu, fut abandonnée aux différentes factions juives, menées par plusieurs chefs de guerre, qui s’entredéchirèrent à belles dents.

Entre temps, Vespasien, alors général de l’armée d’orient, avait débarqué à Antioche en Syrie à la tête de 3 légions et de leurs troupes auxiliaires. Il devait reconquérir une à une toutes les villes de Galilée, malgré la défense héroïque de Gamla, grâce à un matériel de siège efficace, pendant qu’à Jérusalem les luttes intestines occupaient toute l’énergie des différentes factions et de leurs chefs.

L'armée romaine monta ensuite le siège de Jérusalem. L'assaut final fut entravé à deux reprises par des révoltes parmi les troupes romaines, dues à la succession de Néron et à l'accession au trône de Vespasien, sans que les insurgés juifs minés  par leurs divisions puissent mettre à profit ces délais inespérés. Le nouvel empereur envoya son fils Titus parachever la défaite des juifs. Titus entama un nouveau siège en avril 70 et réussit à prendre la ville qui fut pillée et incendiée. Le second Temple fut détruit (accidentellement, dit Flavius Josèphe). La grande Menora, symbole de l’Alliance, fut emmenée comme trophée à Rome. La reine Bérénice et l’historien juif romanisé Flavius Josèphe, de son vrai nom Yossef Ben-Matityahu, suivirent Titus à Rome.

Quand Titus retourna à Rome, il confia son rôle de commandant en chef à Vettenius Cerialis. Ce jour-là, la nation juive cessa d'être une entité politique. La Judée ne fut plus administrée par un procurateur placé sous l'autorité du gouverneur de la Syrie, mais gouvernée par un légat ayant rang de sénateur, directement responsable devant l'empereur.

Les trois premiers légats furent Vettenius Cerialis, commandant de la 5° légion qui avait pris d'assaut Jérusalem, Lucius Bassus qui s'était emparé des forteresses d'Hérodium et de Machaerus, et Flavius Silva qui prit Massada en 73, défendue par Eléazar Ben Yaïr, le propre neveu de Menahem. Eléazar et ses défenseurs, selon le récit de Flavius Josèphe, préférèrent se donner la mort plutôt que de tomber entre les mains des assaillants romains.

La 2ème guerre juive commença 59 ans plus tard, en 132. La révolte éclata lorsque l’empereur Hadrien lança une vaste campagne d’hellénisation de la population juive et voulut interdire la circoncision. Il avait décidé d’introduire dans tout l’Empire le culte de son amant, Antinoüs, divinisé, mort en 130, ce que les Juifs avaient refusé, non sans quelques considérants peu amènes sur l’origine du nouveau culte. Par rétorsion, il voulut éradiquer la religion juive qui pourtant était une religion reconnue par l‘Empire : ‘religio licita’. Le légat, Tineius Rufus, pour faire du zèle, décida de faire de Jérusalem une ville à la gloire de l’empereur qu’il voulait appeler Colonia Aelia Capitolina. Colonia, car c'était une colonie romaine. Aelia, en l'honneur de l'empereur Hadrien dont le prénom était Aelius. Et Capitolina, parce que la cité avait été dédiée à Jupiter Capitolin et qu’il voulait construire un temple de Zeus sur les ruines du 2ème deuxième Temple.

La réaction des Juifs à ce déni de leurs libertés religieuses, pourtant garanties par l’Empire, a conduit à la deuxième des grandes révoltes de l'ère romaine. Simon Bar Kosiba anima le soulèvement, qui atteignit son paroxysme en 132. Cette fois il eut le soutien des plus hautes instances religieuses du peuple juif, avec le rabbi ben Akiva, un des plus grands rabbins de l’époque, contrairement à la première guerre juive. En 67, les romains étaient venus mater la révolte des Zélotes, mais sans toucher à la tolérance religieuse dont bénéficiait le culte juif, comme ‘religio licita’. Cela leur avait apporté le soutien du Sanhédrin, avant la révolte, et la neutralité des rabbins de l’école de Yabne ensuite, ce qui avait fait grandement défaut aux rebelles et entretenu les divisions au sein du peuple juif.

Bar Kosiba avait organisé une puissante guérilla armée et réussi à chasser les Romains de Jérusalem et d'Israël. Les succès de Bar Kosiba avaient encouragé beaucoup de gens du peuple et des religieux - et parmi eux Rabbi Akiva - à croire qu'il était le Messie. On l'avait surnommé " Bar-Korba ", ou " fils de l'étoile ", allusion à un verset dans le livre des Nombres: " Une étoile viendra de Jacob ", cette étoile étant censée désigner le Messie.

Cette fois, la révolte avait donc un leader, le « fils de l’étoile »  qui se déclarait, comme Menahem ben Yaïr, 60 ans plus tôt, prétendant au trône du royaume d’Israël. Il était soutenu par le clergé et réussit à faire l’union autour de lui. Son armée compta jusqu’à 100.000 hommes, l’équivalent de 4 quatre légions romaines et de leurs troupes auxiliaires, et remporta d’incontestables succès initiaux. Il a établi, pendant une brève période, un Etat juif indépendant qui put battre monnaie (On peut voir des exemplaires de ces monnaies au musée des pays de la Bible à Jérusalem).

Rome ne pouvait pas, à son tour, subir un tel revers militaire sans réagir à la situation. Les fondements politiques et économiques de l’Empire étaient remis en cause et la révolte juive pouvait être contagieuse chez tous les peuples assujettis.

Mais les Juifs, unis cette fois, ne furent pas faciles à vaincre. Les Romains perdirent une légion entière dans une bataille, la 22ème légion romaine qui était tombée dans une embuscade et avait été massacrée.

Hadrien envoya de plus en plus de troupes en Israël pour combattre les forces de Bar-Korba, au point de consacrer douze légions et leurs troupes auxiliaires à cette guerre, la moitié des forces armées dont disposaient l’Empire, plus de 240.000 hommes. Cela représentait près de quatre fois ce que les Romains avaient mobilisé pour écraser la " grande révolte ", 60 ans plus tôt.

On fut donc loin pour les romains du ‘veni,vidi,vici’ de César, car l’empereur Hadrien, lors de la présentation de l’état de l’empire devant le Sénat de l’année 133, omit volontairement  de prononcer l’apostrophe  rituelle, qui commençait son rapport sur l’état de l’Empire : « Si vous et vos enfants êtes en bonne santé, c'est bien. Quant à moi et mes légions, nous sommes en bonne santé ! » .

Fin de la première partie

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 08:04

 

 

23 Novembre 1956 - proclamation de l'expulsion des juifs d'Egypte

23 novembre 1956. Une des répercussions immédiates de la campagne de Suez est la publication, le 23 novembre 1956, d'une proclamation mentionnant que tous les Juifs sont des sionistes et des ennemis de l'État, et qu'ils seront bientôt expulsés.
Quelques 25 000 Juifs, soit à peu près la moitié de la communauté juive, quittent l'Égypte pour s'installer en Europe, aux États-Unis et en Amérique du Sud, mais un grand nombre émigre aussi en Israël, après avoir signé une déclaration mentionnant qu'ils quittent le pays volontairement et acceptent la confiscation de leurs avoirs. Un millier d'autres sont emprisonnés. 
Source : Wikipedia

Article associé 

>La destruction du Judaïsme en terre d'Islam 

http://www.justiceforjews.com/egypt.html

Par HannaL du groupe LE PEUPLE MONDE

 

Les Juifs ont vécu en Egypte depuis les temps bibliques, à la recherche d'un abri en Egypte, plus tard et cela pendant 150 ans (1805 à 1956), les Juifs d’Egypte ont été l’un des piliers du développement de l’Egypte, en contribuant au renforcement des finances égyptiennes, au développement du commerce, des industries, contribution aussi dans l’urbanisme (villes nouvelles), au niveau sportif également ( référence Landau, M. Jacob ; "The Jews in Nineteenth-Century Egypt" (Ben-Zvi Institute & The Hebrew University, Jerusalem – 1967) [Hebrew]. ) , La communauté juive égyptienne était à l'apogée de sa splendeur, et la Communauté juive la plus magnifique du Moyen-Orient. En 1897, il y avait plus de 25 000 Juifs en Egypte, la plupart d’entre eux vivaient au Caire et à Alexandrie. En 1937, la population juive avait atteint 63 500 âmes- et en 1948, 80 000 âmes voire plus suivant les sources.
En 1938 commença en Egypte les premières manifestations anti-juives d’avril à juin à Alexandrie, au Caire et Tanta, suite à la contributions des Juifs d’Egypte pour le Yishouv en Eretz Israël, des milliers de gens criaient "IDBAHU EL YAHUD" (mort aux Juifs)deux Juifs ont été tués à Tanta. ( référence Laskier page 69).

 Avec la montée du nationalisme égyptien et les efforts du mouvement sioniste pour créer une patrie juive en Israël, les activités anti-juives ont commencé pour de bon, et en 1945, des émeutes ont éclaté, 5 synagogues ont été incendiées3 à Alexandrie et 2 au Caire, le pillage et des dégradations des institutions juives ( Hôpitaux, écoles, foyers juifs…) avec son flot de nombreux blessés. (référence
 : Laskier page 87-88 et Bat Yeor page 113-114)

Après la promulgation de l’Etat d’Israël, entre le 15 mai et novembre 1948, des mesures répressives commencèrent de la part du gouvernement égyptien. Des bombes ont explosé dans le quartier juif, des agressions contre les Juifs ont eu lieu, tuant plus de 70 Juifs et en blessant près de 200. Le 17 juillet 1948, deux grands magasins juifs explosèrent ainsi que 500 autres petits magasins juifs au Caire, faisant de nombreux tués et blessés. (référence Laskier
 : page 133).

Au cours des mois, des émeutes ont entraîné le décès de nombreux Juifs. 2000 Juifs furent arrêtés et emprisonnés pendant 18 mois sans aucun jugement. La plupart d’entre eux furent expulsés, laissant derrière eux tous leurs biens. Etre sioniste ou soupçonné l’être était devenu un crime en Egypte. Une vague de terreur s’installa, persécutions, discriminations, violations des droits de l’homme, spoliations des propriétés juives. Accusant les propriétaires juifs de fraude fiscale, l’autorité égyptienne leur confisquait leurs entreprises. Le ministère du Travail égyptien exigea que 75 % des personnes employées par les entreprises égyptiennes devaient être égyptiennes, les Juifs ne furent pas acceptés par le ministère du Travail comme faisant partis de cette catégorie de travailleurs. La proclamation n° 23 du 25 mai 1948, stipulait, que les Juifs ne pouvaient pas quitter le pays, même ceux qui détenaient un passeport étranger, les Juifs devinrent les pions du régime. Les Juifs n’ont pas été acceptés dans les universités égyptiennes.

En 1956, eut lieu une expulsion massive orchestrée par le gouvernement égyptien en utilisant la campagne du Sinaï comme prétexte pour dire à 25 000 Juifs égyptiens de quitter le pays, en leur confisquant leurs biens. Cette expulsion incluant également les Juifs de nationalité française, britannique, italienne, grec, ne les autorisant seulement qu’à prendre une valise et 20 dollars . Ils ont été forcés à signer des déclarations stipulant qu’ils donnaient leur propriété au gouvernement égyptien, et il fût apposé sur leurs passeports la mention "GO WITH NO RETURN" (départ sans retour).

Environ plus de 1000 Juifs furent envoyés en prisons ou dans des camps de détention, et des milliers de familles ont été assignées à résidences, jusqu’à leurs expulsions.
L’Egypte fût le seul pays arabe, qui a emprisonné massivement (jusqu’à trois ans de détention ) les Juifs, et les a expulsés massivement, cela jusqu'à ce qu’un "nettoyage ethnique" eu lieu.

En 1957, la population juive d’Egypte était tombée à 15 000 âmes. En 1967, après la guerre des Six Jours, une nouvelle vague de persécutions, et d’emprisonnements de tous les hommes Juifs de 16 à 60 ans repris, les emprisonnant pendant trois ans et les  torturant. La communauté juive tomba à 2 500 âmes. En 1970, les Juifs qui étaient restés furent soit emprisonnés soit autorisés à quitter le pays. Aujourd’hui seules des femmes veuves ou mariées à des non-juifs subsistent au Caire et à Alexandrie et un seul homme juif à Alexandrie.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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