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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 07:34

 

http://www.desinfos.com/spip.php?page=article&id_article=19314

L’Agence Juive va changer de vision

Par Haviv Rettig Gur | Adaptation française de Sentinelle 5770 ©

lundi 21 juin 2010


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Sharansky projette d’évoluer de la construction de l’Etat à celle de l’identité. L’Agence juive, l’une des plus grandes organisations juives dans le monde, va se transformer elle-même de fournisseur de dons pour la construction de la nation en une plateforme des expériences juives trans-culturelles destinée à inspirer aux jeunes Juifs le goût de s’affilier et de s’engager dans le monde juif au sens large.

Selon un nouveau plan stratégique soumis par la direction au sommet de l’Agence à son Conseil d’Administration cette semaine, l’organisation se chargera d’un nouveau rôle dans la vie juive, un pont entre les communautés disparates de l’archipel juif – et de plus en plus distantes

Le nouveau plan décrit ce qu’il désigne comme la « solidarité juive déclinante, le faible sens d’appartenance au Peuple juif et l’absence de liens significatifs entre les Israéliens et la communauté juive mondiale ».

Pour combattre cette tendance, le plan appelle à une vaste augmentation des opportunités pour les jeunes Juifs de Diaspora de visiter Israël, d’apporter la conscience et la connaissance des communautés juives aux Juifs israéliens qui souvent ne connaissent que peu ou pas du tout la Diaspora, et développer des « expériences évocatrices » partagées, dont des programmes de service à l’étranger au cours desquels des Juifs israéliens et de Diaspora travailleront ensemble à des programmes d’aide au Tiers Monde.

« Le monde a évolué dans le sens de l’individuation et de l’individualisme » selon le Dr. Misha Galperin, le futur directeur des opérations mondiales de l’Agence. « Cette réalité risque de saper le sens plus large de la vie collective juive », ajoute-t-il.

Pour contrer ce courant, l‘Agence doit apporter « des expériences émotionnelles, éducatives et permettre aux jeunes Juifs d’agir sur leur identité ».

Dans un environnement difficile de collecte de fonds, la nouvelle mission a aussi le potentiel de susciter de nouveaux fonds pour des programmes d’études et d’identité juives, ajoute-t-il.

« Il y a beaucoup d’argent de ce côté qui n’a pas été collecté » pense Galperin, qui abandonne son poste de Directeur Général de la Fédération Juive à Washington D.C. pour prendre ses nouvelles fonctions à l’Agence Juive. « Nous n’avons pas créé des programmes qui entraînent les gens à donner ».

C’est une bonne nouvelle, pense-t-il, puisque cela implique qu’une nouvelle série de projets centrés sur l’identité – depuis l’extension de Taglit-Birthright Israel à de nouveaux programmes sur la Diaspora dans le système éducatif juif – pourraient susciter de nouveaux fonds pour l’Agence.

Les donateurs sont là, considère le nouveau collecteur de fonds en chef de l’Agence, mais pas les programmes.

« Même si la collecte de fonds pour des pots communs [les fédérations] sont réduits ou restés étales, il y a eu une augmentation des choses liées à l’identité », remarque-t-il.

Pour une organisation disposant d’un budget annuel de plus de 300 Millions de $, un changement aussi complet dans le centrage de son programme est une décision essentielle.

L’Agence Juive était depuis des décennies l’un des principaux bras exécutifs du Mouvement Sioniste, avec d’autres organisations bien connues comme le Fond National Juif. Ses principales fonctions ont été de drainer les dollars de la Diaspora pour la construction de la nation et des projets d’assistance sociale en Israël, et de faire venir environ trois millions ‘d’olim’ en Israël, parfois lors d’opérations de secours d’urgence complexes et dangereuses.

Tandis que ces fonctions demeurent sacrées pour l’Agence, selon le président Natan Sharansky, elles ne se produisent plus que de leur propre accord.

Au début du 21ème siècle, environ 94 % des Juifs vivent dans des pays libres et tolérants, et jouissent d’une prospérité relative, a déclaré Sharansky à l’assemblée de l’Agence Juive dimanche. Alors que la grande majorité des immigrants en Israël y venaient parce qu’ils fuyaient l’oppression, la violence et l’extrême pauvreté, ces facteurs négatifs ne motivent plus l’aliya, qui a décliné et est restée obstinément à des niveaux historiques bas ces dernières années.

Dans le même temps, alors qu’Israël a grandi et s’est développé, et que des courants financiers internationaux sont devenus simplifiés et efficients, les donateurs juifs de l’étranger s’écartent des organisations comme l’Agence au profit de relations directes pour des programmes de dons et des projets sur le terrain qui les intéressent.

Cette réalité a provoqué de profondes diminutions du budget de l’Agence ces dernières années, qui ont conduit à des coupes sombres dans ses programmes et son personnel dans le monde.

Quand il a pris ses responsabilités de président en juin 2009, Sharansky a lancé un nouvel effort pour redessiner le rôle de l’Agence dans le monde juif qui traitera mieux de ces nouvelles contraintes.

Jeudi, le Conseil d’Administration de l’Agence juive votera un plan en 5.000 mots qui apportera seulement un simple schéma sur sa nouvelle mission. Son approbation autorisera les officiels de l’Agence à retourner à la table de dessin pour développer un programme et un budget détaillés à présenter au conseil d’administration lors de sa prochaine réunion à Jérusalem en Octobre.

Le plan final, disent les dirigeants de l’Agence, inclura des modifications significatives de la structure de l’Agence et des mécanismes de collectes de fonds.

« La structure et la culture actuelles [de l’Agence] ne conviennent pas à ces nouvelles orientations », a déclaré dimanche Alan Hoffman, Directeur Général de l’Agence

Les planificateurs cherchent à mettre en place une culture quasi-entrepreneuriale en partant d’une structure quasi-gouvernementale, ajoute-t-il. A la fin du processus, l’Agence « ne devrait faire que des choses pour lesquelles elle est équipée ».

Le plan, bien qu’encore simplement un schéma d’intentions des auteurs de la réforme, a déjà ses critiques, en particulier parmi les observateurs qui se préoccupent de ce qu’il va marquer une rupture avec le rôle traditionnel de l’Agence comme facilitateur de l’aliya.

« D’abord ils ont vendu l’aliya à ‘Nefesh B’Nefesh’, et maintenant ils l’abandonnent complètement parce qu’ils l’ont décrite impossible » a accusé un dirigeant de base senior, qui a requis l’anonymat.

A l’Assemblée de l’Agence Juive réunie à Jérusalem dimanche, des officiels se sont efforcés de contrer ces préoccupations.

La nouvelle vision sur l’éducation et l’identité est la meilleure manière de parvenir à l’aliya, disent-ils.

N’étant plus en danger face à la violence ou à la faim, les Juifs du monde « doivent faire le libre choix [de faire leur aliya], un choix qu’ils feront seulement s’ils se sentent reliés au Peuple juif » a dit Sharansky.

« En aucun cas l’Agence Juive n’abandonne l’aliya » a insisté Hoffman.

La plupart des observateurs pensent que le plan sera adopté à la réunion du Conseil d’Administration jeudi. Il bénéficie du soutien non seulement du président de l’Agence et de sa direction professionnelle, mais aussi du système des fédérations américaines, le plus grand pourvoyeur de fonds de l’Agence.

« Nous sommes parvenus à rester juifs dans un monde disposant de beaucoup d’options et virtuellement sans pressions extérieures. C’est une bonne chose », dit Stephen Hoffman, Directeur Général de la fédération juive de Cleveland.

Mais cela s’est traduit aux USA par « une sérieuse préoccupation sur la façon dont la prochaine génération se reliera judaïquement à ses identités et à Israël ».

L’Agence, ajouta-t-il, a servi de lieu où cette conversation peut prendre place, où les gens qui se préoccupent passionnément de cela à travers le monde peuvent en discuter et dire : « Essayons le ».

Selon John Ruskay, dirigeant de la fédération juive de New York et membre du comité d’examen du nouveau plan stratégique : « Je crois que Sharansky a affirmé correctement que l’identité est aujourd’hui la motivation de tout ce dont nous nous préoccupons. Chacun doit s’identifier positivement comme Juif pour simplement envisager l’aliya, ou pour se sentir concerné par l’alimentation des Juifs ou l’avenir de l’Etat d’Israël ».

Cependant, le plus gros du travail est encore devant nous, prévient-il.

« D’abord nous devons clarifier ce que l’histoire requiert de notre part, dit-il. Mais ensuite nous devons traiter avec les questions d’exécution, de structure, de budget, et d’organisation culturelle ».


http://www.jpost.com/JewishWorld/Je...

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 18:10

 

 

 

 
 
Source : le Crif
 
Un timbre à l’effigie de Simon Wiesenthal, par Marc Knobel
15/06/10


 

Le célèbre traqueur de criminels nazis, Simon Wiesenthal, mort en 2005, est à l'honneur d'un timbre commémoratif à son effigie créé en commun par les Postes d'Autriche et d'Israël. Présenté officiellement lundi soir 14 juin, au Musée juif de Vienne, ce timbre est "un outil [à l'usage] de la quatrième génération", celle qui est née après l'Holocauste, a souligné la petite-fille de Simon Wiesenthal, Rachel Kreisberg.
 
Simon Wiesenthal (1908-2005)
Simon Wiesenthal est né le 31 décembre 1908, dans une famille de marchands juifs, à Buczacz, une petite ville de Galicie. En 1932, il obtient un diplôme d’architecte et ouvre un cabinet à Lvov (aujourd’hui Lviv, en Ukraine). La Pologne est dépecée en 1939, Lvov tombe aux mains des Soviétiques, qui ferment son cabinet. Après l’invasion de l’Union soviétique par l’Allemagne, Simon Wiesenthal est arrêté, le 6 juillet 1941. Pendant presque quatre ans, il sera envoyé dans différents camps. Il échappe plusieurs fois à la mort. Lorsque le camp de Mauthausen est libéré le 5 mai 1945 par les Américains, Simon Wiesenthal, qui a survécu à douze camps nazis, n’est plus qu’un squelette. Vingt jours après la libération du camp, il s’adresse au commandant du camp pour lui proposer ses services dans la recherche de criminels nazis. Il a déjà une liste à présenter aux Américains, quatre-vingt-onze noms de tortionnaires qu’il s’est bien juré de ne pas oublier : « Chaque survivant était un témoin et avait le devoir de témoigner », dira-t-il plus tard (Justice n’est pas vengeance).
 
En 1947, le gouvernement du Land de Haute-Autriche met à sa disposition un bureau, à Linz. Il y fonde le Centre historique de documentation juive, prend alors contact avec des survivants de la Shoah et se met à collecter des photos, des archives et des pièces compromettantes. Il recueille aussi les témoignages des rescapés. Il essaye d’abord de retrouver les nazis qui se sont cachés en Amérique du Sud avec l’aide de l’organisation secrète « Odessa », chargée depuis la fin de la guerre de la protection des anciens S.S. Il assiste au procès de Nuremberg (novembre 1945-octobre 1946). À cette époque, Wiesenthal a des informateurs dans les milieux d’anciens nazis et l’un d’entre eux obtient confirmation de renseignements sur la localisation d’Adolf Eichmann -le planificateur de la solution finale. Retrouvé en Argentine, Eichmann est enlevé par les services secrets israéliens en 1960, jugé et exécuté le 31 mai 1962, en Israël. Simon Wiesenthal transfère le centre de documentation (fermé en 1954) à Vienne et continue de traquer des nazis : Gustav Wagner, adjoint au commandant de Treblinka en 1944 ; Eduard Roschmann, ancien commandant adjoint du ghetto de Riga ; Hermine Braunsteiner qui attendait les détenues, fouet à la main, à leur arrivée à Maïdanek ; le docteur Aribert Heim qui réalisa les pires expériences sur les détenus du camp de Mathausen ; le commandant S.S. des camps de Sobibor et de Belzec Odio Globocnik, etc. Au final, Simon Wiesenthal aide à traduire en justice plus de mille cent criminels de guerre. Il permet notamment d’arrêter Karl Silberbauer, l’officier de la Gestapo devenu policier en Autriche, qui avait arrêté Anne Frank aux Pays-Bas et il débusque, en 1967, le commandant du camp de Treblinka, Franz Stangl, retrouvé à São Paulo, qui sera extradé et jugé à Düsseldorf où il mourra en prison.
 
Ses plus grandes déceptions ont été de n’avoir pas réussi à faire arrêter l’Autrichien Aloïs Brunner, qui fut le principal collaborateur d’Adolf Eichmann, le chef de la Gestapo Heinrich Muller et le « médecin » bourreau d’Auschwitz, le criminel Josef Mengele qui mourut au Brésil sans être inquiété. Il y eut néanmoins une grande ombre dans sa carrière, lorsqu’il refusa de poursuivre Kurt Waldheim, l’ancien secrétaire général de l’O.N.U., ex-président autrichien. Le Congrès juif mondial avait découvert le passé nazi de celui-ci et sa participation en tant que lieutenant de la Wehrmacht à des déportations de Juifs, notamment dans les Balkans. Simon Wiesenthal aurait eu ces informations et aurait choisi de ne pas les rendre publiques. Accusations dont il se défendra, affirmant qu’il n’avait pas de preuves de l’engagement direct de Waldheim dans ces crimes. Malade depuis plusieurs années, Simon Wiesenthal est décédé le 20 septembre 2005 à Vienne (Autriche), à l’âge de 96 ans. Il est inhumé à Herzliya en Israël.
 
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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 11:22

La persécution des Juifs d'Iraq.


Reut R. Cohen.


Article original : The Persecution of Jews in Iraq

 

 

Traduit par Sacha Bergheim avec l'aimable autorisation de l'auteur.

aschkel.info - lessakele - contrecourant

sacha bergheim

 

« La déshumanisation de l'identité juive, provenant de tourments et d'humiliations incessants, nous a réduit au plus bas niveau de nos facultés physiques et mentales et nous ont privé de notre pouvoir de guérir. » Max Sawadayee, Juif d'Iraq,  « All waiting to be Hanged » (Tous dans l'attente d'être pendus)


Mon grand-père paternel se souvenait nettement de son vécu de Juif à Bagdad et du Fahrud de 1941 qui eut lieu durant la fête juive de Shavouot. Il m'a appris que Farhud en arabe signifie littéralement « pogrome » ou « dépossession violente ». Il s'agissait d'un pogrome nazi, coordonné par des leaders génocidaires comme le Mufti Haj Amin al-Husseini et Rashi Ali. Pendant deux jours, la foule arabe s'est déchaînée à Bagdad et dans d'autres villes d'Iraq. Près de 150 Juifs ont été tués et plus de 2 000 blessés ; quelques 900 maisons juives ont été détruites et pillées, et des centaines de magasins tenus par des Juifs ont été volés et détruits.

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Reut R. Cohen et son grand père en 1987.


Les plus anciens membres de ma famille se souviennent avoir été témoins de la façon dont les soldats iraqiens ont arraché des enfants à leurs familles, arraché les bras de jeunes filles pour leur voler leurs bracelets ; des femmes enceintes ont été violées et éventrées. Mon grand-père a caché son bébé sous sa chemise lorsque les violences ont commencé et il s'est enfui de sa maison. Mon arrière-grand-père a sauvé toute sa famille durant les émeutes qui avait éclaté à Bagdad en affirmant être un Musulman lorsque les troupes iraqiennes sont entrées dans les maisons dans le but de piller, violer et tuer. Malheureusement, les Britanniques ne sont pas intervenus et ne semblent pas s'être inquiétés de ce qui arrivait à la communauté juive. À la fin, alors qu'être Juif était concrètement synonyme de condamnation, la famille de mon père s'est échappée jusqu'en Israel avec leurs vêtements pour seul bien – ces derniers avaient été confisqués – laissant derrière eux tout ce qu'il connaissait. Ce vécu n'est pas unique et a été partagé par plusieurs milliers de Juifs bagdadi.


Jusqu'à nos jours, les Juifs d'Iraq tirent fierté de leurs rites spécifiques. La communauté juive d'Iraq est parmi les plus anciennes dans le monde, et a une histoire incroyablement riche dans l'enseignement et l'érudition. Abraham, le père du peuple juif, était né à Ur en Chaldée, dans l'Iraq du sud. Les Juifs prospéraient dans ce qui était alors la Babylonie, 1 200 ans avant la conquête musulmane en 634.


Sous le joug islamique, les Juifs ont découvert qu'ils vivent à la merci de leurs maîtres. Au 9e siècle, les Juifs se sont retrouvés citoyens de seconde classe, autrement appelés Dhimmis. La sharia imposait le port d'insignes jaunes, et les Juifs étaient contraints de payer de lourdes taxes pour survivre. Les restrictions concernant l'habitat se sont également renforcées. L'oppression extrême de certains califes arabes autour de l'an mille alla jusqu'au point où le montant des taxations imposées aux Juifs revint à les exproprier. En 1333, les persécutions contre les Juifs culminèrent dans le pillage et la destruction du Sanctuaire de Bagdad. 1776 est connue parmi les Juifs babyloniens comme le massacre des Juifs de Bassora. De nombreux Juifs s'enfuirent en Inde notamment, en raison des mesures anti-juives prises par les dirigeants turcs au 18e siècle.


Pendant toute leur présence en Babylonie, les Juifs ont maintenu des liens forts avec la Terre d'Israel. Avec l'aide de rabbins venant d'Israel, ils ont réussi à établir de nombreuses académies rabbiniques de premier plan.

 

A-Baghdadi-rabbi-with-Hasidic-students-and-Syrian-Jews-at-a.jpg Un rabbin bagdadi avec des étudiants hassid et des Juifs syriens

lors d'une cérémonie de mariage à Jérusalem en 1904.


À partir du 3e siècle, la Babylonie est devenue le centre de l'enseignement juif. Le rayonnement de la communauté vient aussi du Talmud de Babylone.

talmud1523.jpg

 

 

Alors que la situation de la communauté juive fluctuait sous le joug islamique, certains de ses dirigeants faisaient preuve de clémence. Dans certains cas, des Juifs purent tenir de hautes positions dans le gouvernement, ou prospérer dans le commerce. En même temps, les Juifs étaient sujets à des taxations spécifiques, des restrictions dans leurs activités professionnelles, et à des provocations anti-juives parmi la populace. La situation des Juifs a changé sous l'administration britannique, qui commença en 1917. La situation économique des Juifs s'est améliorée et beaucoup furent élus à des postes gouvernementaux. La communauté traditionnellement pratiquante fut également autorisée à fonder des organisations sionistes et à poursuivre des études d'hébreu.


Tous ces progrès prirent fin à l'indépendance iraqienne en 1932. La propagande nazie et l'antisémitisme devient omniprésent sur les ondes de la radio iraqienne. Mein Kampf venait d'être traduit en arabe par Younis al Sab'awi, et d'être publié par un journal local, al Alam al Arabi (le Monde arabe) à Bagdad entre 1933 et 1934. Younis al Sab'awi était également à la tête de la Futtuwa, un mouvement de jeunesse paramilitaire, inspiré de la Hitlerjugend allemande. Al Sab'awi devient par la suite ministre dans le nouveau gouvernement irakien.


En juin 1941, un coup d'état pro-nazi, inspiré par Haj Amin al Husseini et orchestré par Rashi Ali, déclencha l'un des pogromes les plus sanglants de l'histoire des Juifs d'Iraq. Ce pogrome, connu sous le nom de Fahrud, est comparable à la Nuit de Cristal menée par les Nazis en 1938. Des foules iraqiennes armées, avec la complicité de la police et de l'armée, ont assassiné des centaines de Juifs et blessés beaucoup d'autres.


Bien que l'émigration était interdite, beaucoup de Juifs rejoignirent Israel durant cette période. Beaucoup en étaient venus à l'idée que l'Iraq n'était plus un pays sûr.


En 1950, le parlement iraqien a finalement légalisé l'émigration en Israel : entre mai 1950 et août 1951, l'Agence juive et le gouvernement israélien ont mené avec succès les opérations Ezra et Nehemiah  assurant par avion l'arrivée de 110 000 Juifs, incluant 18 000 Juifs kurdes qui avaient leurs propres traditions et coutumes. Près de 20 000 étaient passés clandestinement par l'Iran.

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Réfugiés juifs ayant fui l'Iraq en 1951 enregistrés à leur arrivée en Israel.

[Photo Babylonian Heritage Center]


En 1952, le gouvernement iraqien a interdit aux Juifs d'émigrer et a pendu en place publique deux Juifs accusés, sur des charges montés de toute pièce, d'avoir jeté une bombe dans les bureaux à Bagdad de l'agence de renseignement américaine.


Avec l'essor de la lutte intestine entre les différentes factions du parti Ba'ath en 1963, des restrictions supplémentaires ont été imposées aux Juifs qui restaient. La vente de propriété leur était interdite et ils étaient forcés d'avoir des cartes d'identité jaunes. Après la Guerre des Six Jours, des mesures encore plus répressives furent prises : les Juifs étaient expropriés, leurs comptes bancaires gelés, ils étaient déchus de leurs emplois de fonctionnaire, leurs commerces fermés, les permis de commerce annulés, leurs téléphones déconnectés. Les Juifs furent placés dans des maisons d'arrêt durant de longues périodes et interdit de quitter les villes.


Les persécutions reprirent à la fin de 1968. Quatorze hommes, dont onze Juifs, furent condamnés à mort durant des procès truqués et pendant dans les places publiques de Bagdad, et d'autres moururent de torture; le 27 janvier 1969, Radio Bagdad appela les Iraqiens à « venir et fêter ». 500 000 hommes, femmes et enfants, se rassemblèrent et dansèrent autour des échafauds où pendaient les corps des Juifs condamnés. La foule chantait ironiquement « Mort à Israel », « Mort à tous les traîtres ». Le spectacle suscita une condamnation mondiale que Radio Bagdad rejeta en déclarant : « Nous avons pendu des traîtres, les Juifs ont crucifié le Christ. »


La population juive d'Iraq comptait 150 000 individus en 1947. Aujourd'hui, il reste 7 Juifs qui vivent en Iraq, cachent leur identité juive et vivent dans la peur. Ce nettoyage ethnique a complètement détruit la communauté juive d'Iraq.


Sources:

Bard, Mitchell. "The Mufti and the Fuhrer." Jewish Virtual Library. 26 Jan. 2009

Ben-Porat, Mordechai. To Baghdad and Back. Gefen Publishing House, Ltd, 1998.

Farrell, Stephen. "Baghdad Jews Have Become a Fearful Few." 1 June 2008. New York Times. 26 Jan. 2009 .

Laqueur, Walter and Barry Rubin. The Israel-Arab Reader: a Documentary History of the Middle East Conflict. Penguin, 2008.

Lewis, Bernard. The Jews of Islam. Princeton: Princeton University Press, 1984.

Mylroie, Laurie, Judith Miller. Saddam Hussein and the Crisis in the Gulf. City: Ballantine Books Inc, 1990.

Roumani, Maurice et.al. The Case of the Jews from Arab Countries: a Neglected Issue. WOJAC Books, 1983.

Ye'or, Bat et.al. Islam and Dhimmitude. Madison: Fairleigh Dickinson University Press, 2002.

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 00:52

 

 

La tragédie du Struma ou quand la Turquie a laisse sombrer 769 juifs en mer 

Par Myriam Esther

 pour Aschkel.info et Lessakele

 

 
Je me demande quelle aurait été la réaction internationale suite a cette tragédie ?



Rappel des faits : 


Le port roumain de Constanza, sur la Mer Noire, était un lieu d’embarquement important pour les Juifs qui tentaient de quitter l’Europe pour la Palestine. Des milliers de Juifs, cherchant désespérément à échapper aux Allemands, se rendirent en bateau de Constanza en Palestine en passant par la Turquie, malgré les restrictions britanniques à l’immigration. 



Le 12 décembre 1941, le Struma quitte le port roumain de Constanta pour Istanbul. Le moteur tombe plusieurs fois en panne, le navire doit retourner à Constanta, repartir, et le voyage de 176 milles marins, qui normalement dure 14 heures, dura 4 jours. Le 16 décembre, le Struma arrive dans le port turc de Büyükdere, au nord du Bosphore, mais les autorités turques interdisent tout débarquement, à l'exception de 8 passagers qui avaient déjà des visas britanniques pour la Palestine, obtenus à Bucarest, et d'une femme sur le point d'accoucher. Puis le Struma est mise en quarantaine. En dehors des soldats turcs devant garder le bateau, seules trois personnes seront autorisées à monter à bord : Simon Brod et Rifat Karako, personnalités de la communauté juive d’Istanbul, et N.G. "Dan" Malioğlu, représentant du Service maritime roumain à Istanbul (et membre de l'"Étoile du Danube"). Mais même ces personnes durent attendre dix jours pour être autorisés à distribuer aux passagers la nourriture chaude, achetée par elles grâce aux 10 000 dollars envoyés par le Comité juif américain au grand rabbinat d’Istanbul.


Avec l'aide de la Croix-Rouge, Brod, Karako et Malioğlu ravitaillent les passagers et tentent d'obtenir une solution, démarchant les pays neutres, les Soviétiques et les Britanniques, mais les conditions de vie à bord se détériorent. Il y avait parmi les passagers des médecins, et Malioğlu a pu leur fournir certains médicaments. Le 10 janvier, le capitaine Garabetenko envoie une lettre alarmée aux autorités turques et à l'ambassade britannique, et le 19 janvier, l'Agence juive demande aux autorités mandataires britanniques d'accepter les réfugiés. Après soixante-trois jours d’une terrible attente, le 13 février, Moshe Shertok obtient des Britanniques l'octroi de 28 titres de voyage pour les enfants âgés de 11 à 16 ans. Mais les autorités turques refusèrent de lever la quarantaine.

Mais les autorités turques refusèrent de lever la quarantaine.

Mis au courant de ce refus, les passagers du Struma pendirent des deux côtés du bateau de grands draps où étaient écrits (en grandes lettres et en français) “Immigrants juifs”. Ils hissèrent également un drapeau blanc sur lequel était écrit : “Sauvez-nous”. Le 23 février, environ 200 policiers maritimes turcs encadrèrent le Struma, menaçant de tirer sur quiconque tenterait de se jeter à l'eau, et arrachèrent les draps. Les autorités portuaires ordonnent au navire d'appareiller, mais après que les mécaniciens eurent saboté la machine de manière à rendre ses pannes irréparables, la marine turque remorqua le Struma en Mer Noire .

Le 24 février 1942, à 2 heures du matin, il fut coulé par un sous-marin soviétique. Lorsque des canots de sauvetage arrivèrent sur le lieu du naufrage, il ne restait plus des passagers que quatre corps qui flottaient. David Stoliar, un jeune homme âgé alors de 19 ans, fut le seul survivant de cette tragédie. Après avoir reçu des soins dans un hôpital militaire turc, Stoliar fut emprisonné dans une cellule de la direction de la police turque à Istanbul et interrogé pendant deux semaines. Lorsqu’il demanda ce qu’on lui reprochait, on lui répondit qu’il était “entré en Turquie sans visa”. Il fut finalement remis en liberté et Simon Brod, qui l’avait accueilli, lui expliqua que c’était un miracle d’avoir survécu à ce naufrage, mais qu’en réalité le véritable miracle, c’était qu’il soit ressorti vivant des griffes des autorités officielles turques alors qu’il était l’unique témoin de ce drame..

Le gouvernement turc ne s’exprima qu’une seule fois sur la tragédie du Struma et ce fut pour dire que la Turquie n’avait “aucune responsabilité dans cette catastrophe” et que la seule chose qu’elle avait faite avait été d’“empêcher des individus de pénétrer illégalement sur son territoire”

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 22:07

 

 

 

 

DES PREUVES DE L’IMMIGRATION EN PALESTINE         
 
DES MUSULMANS HAURANITES (SYRIE) ,EN 1932 


Source des documents : http://elderofziyon.blogspot.com

Version  française : Galila sur sionisme.xooit.com

pour http://lessakele.over-blog.fr et www.aschkel.info 
 

Au 20e siècle, les arabes en grande partie d'Égypte, de Transjordanie, de Syrie et du Liban immigrèrent en Palestine. Entre 1922 et 1931, lorsque le pays était sous administration britannique, les immigrants clandestins arabes (ceux qui s'ajoutèrent au quota accordé) représentaient près de 12% de la population arabe. Le Rapport Hope Simpson reconnut en 1930 qu'il y avait un «afflux incontrôlé d'immigrants illégaux en provenance d'Égypte, de Transjordanie et de Syrie". Le taux d'immigration augmenta au cours des années 1930, période de prospérité en Palestine. Le gouverneur de Hauran en Syrie admis qu’en 1934 de 30.000 à 36.000 personnes de son district entrèrent en Palestine cette année-là et s'y installèrent. 


En 1939, Winston Churchill déclarait: "Loin d’être persécutés, les arabes ont pullulé dans le pays et se sont multipliés jusqu’à augmenter la population, au point que même si la Juiverie (NDLR : Jewry, non péjoratif en anglais) mondiale dans son entier venait en Palestine, elle ne parviendrait pas par sa population juive [locale] à dépasser celle des Arabes." 
 
Il s'agit d'un point important (quoique très critique), car il dissipe le mythe que le peuple palestinien y ait vécu pendant des générations. Et lorsque l’on pose le problème des réfugiés palestiniens comme conséquence de la création de l’état d'Israël, il faut considérer que nombre d'entre eux furent aussi des immigrants au même titre que les nouvelles générations d’immigrants juifs ! 
 
Au début des années 1930, une famine éclata en Hauran ce qui rendit la vie difficile à ses habitants.



Cliquez sur chaque coupure de journal pour l'agrandir :



November 22, 1933 

 








 



Traduction :

 Les HAURANITES ne furent pas les seuls ! 


100 000 arabes immigrants clandestins 

Un flux massif de Syrie, Hauran, Irak et Trans-jordanie 

Dans les années 1920-1931, les musulmans et les chrétiens de Palestine ont augmenté en nombre de 100 000 en plus de leur accroissement naturel, c’est la conclusion tirée par Mr.A.Reubeni dans un article du ‘ Doar hayom’de ce lundi. Selon le recensement de 1922, le nombre des musulmans était de 590 000 et celui des chrétiens de 73.024 écrit-il. 


La commission Shaw estima le nombre des musulmans en 1928 à 660.000 et celui des chrétiens à 79.000. Le nombre des musulmans en Palestine s’est donc accru de 1922 a 1928 de 70.000 et pour les chrétiens de 6.000. Selon le recensement de Novembre 1931, le nombre des musulmans enregistrés était de 759.712 et le nombre des chrétiens de 91.398. 


De début 1928 à fin 1931, les musulmans connaissaient donc une croissance de 100.000 et les chrétiens de 12.000, soit un total de 112.000 en l’espace de 3 ans – en comparaison des 76.000 des 6 années précédentes. 


Quelle fut la cause de cette progression rapide ? demanda Mr.Reubeni. Sur la base d’une croissance naturelle normale, il aurait fallu s’attendre à ce que les musulmans, dans les années 1929-1931, 

(suite page4) 
aient une croissance au plus de 39.000 et les chrétiens de 3.000, soit un total de 42.000. Comment expliquer cette différence entre ce chiffre de 70.000 et celui, innattendu, à savoir de 112.000 ? 
En fait, Mr Rubeni conclut que l’augmentation différentielle jusqu’en 1929 est encore plus grande car il s’est avéré par la suite que le recensement de 1922 sur laquelle la Commission Shaw avait fondé ses calculs, exagéra le nombre de Bédouins d'au moins un tiers. 


Le nombre des Bédouins, point qui, depuis, a été depuis éclairci, était de 65.000 tout au plus, et non pas 103.000 comme cela avait été avancé. Aussi, la Commission Shaw a commis une erreur de quelques 40.000 dans son estimation pour 1928. 

Ainsi donc, le surplus de musulmans et chrétiens, dont l'accroissement naturel était surestimé dans les années 1929-1931, allait bien au-delà des 100.000. 

Ce chiffre représente les immigrants musulmans et chrétiens des pays voisins dont au moins 95% étaient illégaux. C’étaient des Syriens, des Libanais, des Hauranites, des Irakiens, des Transjordaniens, des Hedjazis, et des Egyptiens !

Cela pour l’évaluation de l’immigration musulmane jusque la fin de 1931. 


Mais depuis et jusqu'à aujourd’hui , le nombre des immigrants s’est amplifié et voila que maintenant, du désert affamé et des régions pauvres de Syrie et d’Egypte, ils pénètrent en Palestine rendue prospère grâce aux efforts des juifs , commente Mr. Rubeni . Nous sommes témoins aujourd’hui d’une gigantesque vague d’immigration arabe en provenance de tous les pays arabes pauvres qui nous entourent vers le pays d’abondance, le pays destiné, en principe, à l’établissement d’un Foyer National Juif .


November 23, 1933


 

Traduction :

Les emplois pour touristes en Palestine. L’interdiction pourrait être abolie 

Londres, mercredi (D.H.) – On apprend que la réglementation récemment annoncée interdisant aux touristes de rechercher un emploi en Palestine vient d’être abolie.

 La question de l’immigration arabe clandestine sera abordée demain au Parlement et on s'attend à ce que la réponse du gouvernement soit similaire à celle à que le haut commissaire a donne mardi à la délégation juive à Jérusalem, à savoir que les Transjordaniens auraient le droit d’entrer mais que les restrictions contre les immigrants clandestins seraient appliquées en toute égalité à la fois aux arabes et aux juifs. Protestation de la Galicie orientale –Lemberg. Mercredi. – 

A une conférence ou se réunissaient tous les groupes sionistes de Galicie orientale y compris l’union orthodoxe et les révisionnistes, il a été décidé d’organiser une série de réunions pour protester contre les mesures de restrictions de l’immigration en Palestine .


August 1, 1934


  




Traduction: 

L’aide de la Palestine à l’Hauran
8/1/34 

Envoi de 40.000 £ pour remédier à la souffrance de 35.000 Hauranites implantés .

Le cycle de la sécheresse dans le Hauran qui se poursuit depuis 7 ans et qui a mis les pouvoirs publics en situation difficile quant au sort de l’agriculture dans cette province de Syrie, à cause  d'une grave détresse économique, à laquelle   aucune des mesures de précautions - y compris, un prêt de la Banque Agricole Syrienne de 400.000 £, près du 1/3 de son capital- n'ont pu remédier.


 
C’est la partie orientale de l’Hauran , le Wadi Al Zeidi qui a été la plus touchée et les habitants qui habitent tout près de la frontière avec la Palestine sont passés dans ce pays ou ils auront beaucoup plus de chances de gagner leur vie . Actuellement, il est reconnu par les documents syriens qu’ils doivent être près de 30.000 Hauranites en Palestine. 


Le foyer national Hauranite. La sécheresse de l’an dernier a été accablante ce qui a conduit beaucoup de paysans au bord de la famine, --c’était un communiqué officiel émis il y a quelques jours par le gouverneur de l’Hauran.

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 11:56

 


 

 

 

 

 

DOCAS 

 

Lire les précédents documentaires en cliquant sur l'image

 

Sur le Chemin de la Liberté - Israël 1947-1949 II.3

II

La restauration politique

_____________________

III La refondation d’une société juive indépendante par l’autodétermination

AVIS: La publication complète ou partielle de l’article est soumise à l’autorisation préalable de l’auteur (contacter aschkel.info ou à-contre-courant).


Les institutions juives présentes durant le Mandat britannique ont non seulement formé le coeur social et politique du futur Etat d’Israel, mais elles ont assumé lafonction concrète d’administration et de pratique démocratique : un constat que feront les différentes commissions britanniques ou onusiennes et qui rendra l’idée d’une partition non seulement nécessaire (aucun accord n’était possible avec les dirigeants arabes) mais réalisable (les institutions juives étaient effectives et présentes).

 

Ainsi, la démocratie pré-étatique s’illustre dans l’Assemblée des Députés (Asefat haNivharim -אספת הנבחרים) qui s’est réunie la première fois le 19 avril 1920 pour un mandat de 5 ans, et n’aura pas d’équivalent du côté arabe en terme de représentativité et d’expression politique libre et plurielle. Les Britanniques installeront le Conseil Suprême islamique en 1921, et le Comité Supérieur Arabe sera établi le 25 avril 1936 à l’initiative de Amin al Husseini, mais ces deux organes ne représenteront que les intérêts des classes dirigeantes, grands propriétaires terriens et dignitaires religieux qui se recrutaient dans ces mêmes réseaux.

 

Discours tenu par Ben Gourion pendant la session de l'asefat hanivharim tenue le 20051947 à Jerusalem -pinn hans

Discours tenu par Ben Gourion pendant la session de l'Asefat haNivharim du 20 mai 1947 à Jerusalem - Photo pinn hans

Ce « parlement juif » est complété par l’exécutif, le Va’ad Leumi (le Conseil National) qui fonctionne à l’image d’un gouvernement. Il comprend une trentaine de représentants des principaux groupes parlementaires. Cet élément est décisifs : ils ne sont donc ni nommés ni redevables ni d’un homme auxquels ils devraient leur place, ni d’une appartenance à un clan ou une élite. Parmi eux, les plus compétents sont choisis pour se réunir et former un comité restreint, participer au Congrès général sioniste,…

À mesure que l’économie et l’agriculture se sont développées sous l’impulsion des Juifs du yichouv, le Va’ad Leumi prend en charge les affaires sociales (éducation, santé,…) avant d’inclure, dans les années 1930, un département politique (en contact avec les autorités arabes et britanniques) puis d’autres départements culturels à partir des 1940.

 

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L'hôpital régional d'Afula en 1919

 

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Le nouvel hôpital régional d'Afula - photo 30 oct 1935

Cette distinction du pouvoir politique scindé entre exécutif et législatif est fondé sur une large représentativité de la société civile : elle formera l’une des principales conditions de reconnaissance du gouvernement juif lors des négociations de fin du Mandat.

 

Le résultat des élections témoigne de la pluralité et de la maturité démocratique des institutions juives. Ce principe de strictes pluripartisme et proportionnalité guidera également l’établissement de la Knesset en 1949. Ce qui atteste, à nouveau, du lien de continuité entre les institutions établies dès les années 1920 et le Parlement Israélien d’aujourd’hui.

 

Tableaux des résultats électoraux de l'Assemblée des Députés juifs lors des quatre scrutins avant que la Knesset ne se réunisse en 1949

Tableaux des résultats électoraux de l'Assemblée des Députés juifs lors des quatre scrutins avant que la Knesset ne se réunisse en 1949. Cliquer pour consulter le pdf.

L’objectif du scrutin proportionnel intégral est de rendre impossible toute concentration des pouvoirs législatifs et exécutifs à un même groupe politique, voire à un même homme, afin d’ériger la concertation, la liberté de parole et de pensée au rang de fondement de l’équilibre politique et social.

 

Les nombreux partis reflètent aussi la diversité du peuple juif ainsi que les multiples choix politiques ouverts par la perspective d’une souveraineté politique.

Ainsi, l’Union du Travail (A’hdut ha’Avoda – אחדות העבודה) est un parti politique fondé en 1919. Ce sionisme marxiste, théorisé par Dov Ber Borochov, lutte en faveur de la libération du peuple juif par la restauration de son identité culturelle dans le cadre d’une collectivité autonome émancipée par le biais de l’agriculture et de l’industrie. L’Union du Travail soutient le renforcement du yichouv, de façon pragmatique sans revendiquer une lutte des classes. Les premiers groupes d’auto-défense juifs,haShomer, émergent en 1909 des Poale Tsion.

Son apparition dans le paysage politique sioniste en 1919 fait suite à l’expulsion de 30 00 Juifs de Palestine durant la Seconde Guerre mondiale. Il participe aux activités du syndicat Histadrout, soutient la mise en valeur rurale initiée par haShomer haTsaïr, et fusionnera en 1930 avec haPoel haTsaïr pour donner naissance au Mapaï en janvier 1930 (מפא”י – מפלגת פועלי ארץ ישראל) au programme réformiste. Le 20 mai 1944, une dissidence d’orientation pro-soviétique, issue en partie de l’organisation villageoisehaKibbuts haMe’uhad, se forme (Mouvement pour l’union du travail – haTnu’a leAhdut ha’Avoda -התנועה לאחדות העבודה), et en 1948, constituera le Mapam (Mifleget haPoalim haMeuhedet – מפ”ם / מפלגת הפועלים המאוחדת) avec le soutien de Poale Tsion de Gauche (en 1946 : haTnu’a leAhdut ha’Avoda Poale Tsion -התנועה לאחדות העבודה פועלי ציון) ethaShomer haTsaïr.

 

Le groupe haShomer haTsaïr (la Jeune Garde -השומר הצעיר), fondé en 1913, est un mouvement de jeunes issu du socialisme marxiste du haPoel haTsaïr dont l’émergence s’inscrit dans la promotion de mouvement de jeunesse en Europe (scoutisme) à laquelle s’associe la renaissance culturelle et collective du peuple juif. L’enracinement sioniste du mouvement se met en place après l’union avec les Tseirei Tsion (les Jeunes de Sion – צעירי ציון) en 1919 avec la fondation de l’Association des Pionniers – Hita’hdut haHalouts. C’est dans le contexte des exactions et pogroms lors des guerres de Pologne (années 1918-1920) que le projet d’émigration apparaît dans toute son urgence, et haShomer haTsaïr formera une part importante des villages juivs réunis dans l’organisation haKibbuts haAartsi.

 

Le Kibbouts Ein Hakore près de Rishon leTsion du mouvement haShomerhaTsair - photo 30 juillet 1939

Le Kibbouts Ein Hakore près de Rishon leTsion du mouvement haShomerhaTsair - photo 30 juillet 1939

 

L'école dirigée par haShomer haTsair dans le kibbouts Mishmar haEmek - Photo 30 déc 1938

L'école dirigée par haShomer haTsair dans le kibbouts Mishmar haEmek - Photo 30 déc 1938

 

Kibbouts Hagoen dans la vallée du Hefer sous l'égide de haShomer haTsair - Photo août 1947

Kibbouts Hagoen dans la vallée du Hefer sous l'égide de haShomer haTsair - Photo août 1947

Le Travailleur Sioniste (haOved haTsioni -העובד הציוני) est un mouvement établi en 1936 par des membres du groupes haNoar haTsioni dont le kibbouts Usha a été fondé le 7 novembre 1937. Il rejoindra le Parti Progressiste en 1948 (Miflaga Progressivit -מפלגה פרוגרסיבית‎), avec le parti de la Nouvelle Aliyah (Aliyah ‘Hadasha -עלייה חדשה) établi en 1942.

Les Sionistes généraux (Tsionim Klalim -ציונים כלליים) représentent un parti politique centriste fondé en 1922 dans le but de proposer une voie médiane entre les travaillistes et les territorialistes. Favorables à une société sur le modèle ouest-européen, reconnaissant la propriété privée, ils trouvent un écho dans la classe moyenne urbaine favorable à un équilibre politique et sociale.

L’Association des Yéménites (Hita’hdut haTeimanim -התאחדות התימנים) est un parti politique fondé par des Juifs yéménites en 1923 dans le but d’obtenir une meilleure visibilité. Ils sont à la tête de nombreux villages.

 

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Olim du Yémen construisant leur maison à Eliashiv - Phot Kluger 01 sept 1934

 

 

Paysan-garde yéménite au moshav Eliashiv - photo 18 juin 1939

Paysan-garde yéménite au moshav Eliashiv - photo 18 juin 1939

 

Paysan juif yéménite Habani - Photo avril 1946

Paysan juif yéménite Habani - Photo avril 1946

 

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Pessah dans une famille juive yéménite Habani - Tel Aviv avril 1946

 

Lectures des psaumes dans une famille yéménite le shabbat après midi - février 1947

Lectures des psaumes dans une famille yéménite le shabbat après midi - février 1947

Le parti des Communautés séfarades et orientales (Sfaradim veEdot Mizrah -ספרדים ועדות מזרח) est un parti politique destiné à doter les Juifs non aschkénazes d’une représentation politique. C’est rappeler que l’aliyah moderne concernera aussi des communautés yéménites et séfarades à l’origine de la fondation de nombreux villages.

 

Ben Gourion au rallye sefarade pour le keren hayesod- TA 1940

Ben Gourion lors du Congrèssefarade - Tel Aviv 10 janvier 1940

Discours du Rav Meir Uziel au Congrès Séfarade - Tel Aviv 18 janvier 1940

Discours du Rav Meir Uziel au Congrès Séfarade - Tel Aviv 18 janvier 1940

 

L’union des femmes est issue du mouvement Wizo (ויצו) fondé en 1920 par Rebecca Sief, Vera Weizmann, Edith Eder, Romana Goodman et Henrietta Irwell avec pour objectif le soutien des habitants en Palestine mandataire, et notamment des femmes réfugiées. La présidente de la Wizo en 1949, Rachel Cohen-Kagan, se présentera aux premières élections de la Knesset, et obtiendra un siège.

 

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Henrietta Szold, présidente de la Wizo, à l'ouverture du Centre médical Hadassah le 9 mai 1939

 

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Membres de la branche locale de la Wizo à Kfar Saba - Photo Daniel Kaplan - 10 oct 1940

 

 

Ben Gourion Henrietta Szold et Golda Meirson à la session d'ouverture du 8e congrès de la Wizo le 29 03 1934

Ben Gourion Henrietta Szold et Golda Meirson à la session d'ouverture du 8e Congrès de la Wizo le 29 mars 1934

HaPoel haMizra’hi (l’Ouvrier du Mizra’hi -הפועל המזרחי‎), issu du mouvement Mizra’hi (המזרחי / Centre religieux – מרכז רוחני /, dont le but est la promotion d’une éducation et d’un vécu conforme à la Hala’ha, présent d’emblée dans le jeu politique pré-étatique) est fondé en 1922 à Jérusalem dans l’objectif de faire vivre le sionisme en accord avec la Hala’ha.

HaTsoar est l’acronyme du parti des sionistes révisionnistes (haTsionim haRevizionistim – הציונים הרוויזיוניסטים ). Fondé par Zeev Jabotinski en 1925 en réponse à la politique de conciliation de ‘Haim Weizmann vis-à-vis de la puissance mandataire, le parti se distingue des autres groupes politiques par son engagement concret en faveur de l’autodéfense juive (ses membres organiseront le soulèvement du Ghetto de Varsovie) et par ses positions étatistes et territorialistes (création d’un Etat juif sur l’ensemble du mandat).

 

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Vl. Jabotinsky en uniforme du bataillon de Judée "Kadima" de la Légion juive britannique - sept 1918

La vie syndicale est organisée par l’Association générale des Travailleurs en Terre d’Israel (haHistadrut haKlalit shel ha’Ovdim be’Erets Yisra’el – ההסתדרות הכללית של העובדים בארץ ישראל). Fondée en 1920 à Haifa, et dirigée de 1920 à 1935 par Ben Gourion, elle repose sur l’objectif d’incarner la conscience collective de la population juive active, promouvant l’extension de droits sociaux, et l’émancipation collective par le biais du travail. Elle devient rapidement une des assises du mouvement sioniste, participant à la mise en place des politiques et droits sociaux (congés payés, assurance maladie, système de santé), économiques (par l’intermédiaire de la société des travailleurs).

 

 

Ben Gourion à la cérémonie de pose de la première pierre du bâtiment de la Histadrut à Jérusalem - Photo 01 sept 1924

Ben Gourion à la cérémonie de pose de la première pierre du bâtiment de la Histadrut à Jérusalem - Photo 01 sept 1924

 

Conférence du 28e anniversaire de la histadrut à TA 15 12 1947

Conférence du 28e anniversaire du syndicat Histadrut à Tel Aviv 15 déc 1947

L’Association des Agriculteurs (Hita’hdut haAlkarim -התאחדות האיכרים ) est né en 1920 à Yavné’el (sous la forme de l’Association des moshavot en Judée et Samarie : Hita’hdut haMoshavot beYehuda veShomron – התאחדות המושבות ביהודה ושומרון‎, avant de devenir l’Association des Agriculteurs en Terre d’Israel – hita’hdut haAlkarim be’Erets Yisra’el – התאחדות האיכרים בארץ ישראל ) afin de représenter les paysans juifs non inclus dans les kibboutsim collectivistes.

 

La vie sociale elle-même a progressivement pris les couleur d’une société civile autonome, animée d’une vie culturelle effervescente, témoignant clairement d’une identité collective partagée, où l’égalité des femmes se vit concrètement et où la vie politique n’est pas réservée à une élite imbue de ses privilèges.

 

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Femmes pompiers volontaires à Haifa- Photo sept 1941

 

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Tel Aviv - Leçons de conduit pour des femmes volontaires - Photo 17 oct 1940

 

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Tel Aviv - Femmes juives volontaires pour conduire des autocars - Photo 17 oct 1940

 

Kfar Saba - Cours de tissage organisé par le Conseil des Travailleurs à destination des femmes - Photo 30 juillet 1940

Kfar Saba - Cours de tissage organisé par le Conseil des Travailleurs à destination des femmes - Photo 30 juillet 1940

 

Kfar Saba - Manifestation des ouvriers juifs - Photo 20 oct 1937

Kfar Saba - Manifestation des ouvriers juifs - Photo 20 oct 1937

 

Kfar Saba - Manifestations d'ouvriers juifs - Photo 20 octobre 1937

Kfar Saba - Manifestations d'ouvriers juifs - Photo 20 octobre 1937

 

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Kfar Saba- Assemblée des travailleurs - Photo D. Kaplan du 15 juin 1930

 

Manifestation au Stadium de Tel Aviv organisée par les Yéménites contre le Livre blanc - Photo 27 mai 1939

Manifestation au Stadium de Tel Aviv organisée par les Yéménites contre le Livre blanc - Photo 27 mai 1939

Marche de protestation à Tel Aviv contre la Loi britannique sur la vente de la propriété foncière - Photo 29 février 1940

Marche de protestation à Tel Aviv contre la Loi britannique sur la vente de la propriété foncière - Photo 29 février 1940

 

Le paradoxe de l’indépendance juive, c’est qu’elle a non seulement mis au jour l’absence de conscience nationale spécifiquement palestinienne, tiraillée entre la logique de faction et le référent identitaire pan-arabe et musulman (l’umma), mais elle a aussi servi de catalyseur à l’expression collective des pays arabes voisins en situation post-coloniale, et de fédérateur à des Etats-nations artificielles, aux frontières héritées de la présence britannique et française, et aux régionalismes persistants. Trois facteurs qui permettent d’éclairer également pourquoi des pays ne partageant aucune frontière avec les portionsde territoire administrés par les autorités juives (Soudan, Iraq, Libye, Algérie, Bosnie) entreront en guerre contre l’Etat juif naissant.

Et en parallèle à l’extension du conflit à l’échelle arabo-musulmane, l’internationalisation du conflit, par l’abandon du Mandat par les Britanniques, a instauré une seconde médiation arbitraire entre les revendications juives et arabes, dont on discerne encore aujourd’hui les effets, plus de soixante ans après l’indépendance juive.

Or, le contraste croissant entre une société arabe peinant à sortir du féodalisme et une société juive en plein développement, la nature même de la revendication collective s’est progressivement et définitivement transformée en une confrontation portant sur une alternative :

  • soit une souveraineté arabe totale, qui impliquait le maintien par les élites arabes, grands-propriétaires et dignitaires religieux de leur mainmise sur un pays sclérosé – mais qui sera refusée par la collectivité juive, moteur économique et social du pays –
  • soit une souveraineté juive partagée – refusée par les élites arabes renvoyés à leurs luttes intestines d’appropriation de l’espace politique et par les classes moyennes aisées qui craignaient de voir leurs possibilité d’ascension sociale étouffée par la concurrence juive –.

C’est dans ce contexte que se posera avec acuité la question du Mandat, après la Seconde Guerre mondiale, avec la confrontation entre un mouvement anticolonialiste juif (ayant pour objectif l’indépendance politique) et unerevendication arabe contre le maintien de la tutelle occidentale (ayant pour finalité une unité culturelle et politique).

 

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 19:38



Les juifs soviétiques dans la guerre - Témoignage

 

 

ICI

 


Pour le 60eme anniversaire de la  Victoire sur le nazisme, j'ai choisi ce trés beau témoignage !

col.fr

 

Le 9 mai 2005, le monde commémore le 60e anniversaire de la Victoire sur le nazisme. "Il nous faut une seule et même victoire pour tous, et nous l’obtiendrons quel qu’en soit le prix", dit une des chansons de guerre les plus populaires en Russie. Personne n’a jamais cherché à déterminer lequel des peuples de l’ancienne Union Soviétique a le plus contribué à la victoire sur le fascisme. A malheur commun, victoire commune. Seulement l’après-guerre a été si tragique en URSS que les exploits de nombreux héros et des faits historiques ont été passés sous silence. C’est pourquoi les générations qui n’ont pas connu la guerre en ont souvent une perception dénaturée.

Beaucoup de mythes sur la guerre ont trait aux Juifs, dont on dit qu’ils n’auraient que peu participé aux combats. Les historiens et les combattants ont toujours su la vérité, mais les mythes ont la vie dure...

Selon l’historien Ilia Altman, qui copréside la fondation Holocauste, pendant la guerre quelque 450 000 soldats et officiers juifs ont combattu dans les rangs de l’Armée Rouge. Ce qui représentait à peu près, à l’époque, un dixième de la population juive de l’URSS. Un pourcentage d’autant plus exceptionnel qu’une grande partie des Juifs vivaient dans les territoires occupés et ne pouvaient donc pas être mobilisés.

Il y avait mon grand-père parmi ces combattants, le lieutenant Semion Bravy, né en 1920. Il a combattu aux côtés du Héros de l’Union soviétique Nikolaï Kamanine (futur instructeur du premier groupe de cosmonautes soviétiques). Pendant près de la moitié de la guerre, les deux hommes ont volé à bord du même appareil : Kamanine aux commandes, mon grand-père en qualité de mitrailleur-radio. En mai 1945, l’avion de mon grand-père fut abattu - pour la deuxième fois depuis le début de la guerre - non loin de la frontière austro-hongroise, près du lac Balaton. Il en réchappa par miracle.

De 160 à 200 000 combattants juifs de l’Armée Rouge, selon les diverses estimations, ne sont pas revenus de la guerre.

Pour ce qui est du nombre de décorations militaires, les Juifs arrivent en quatrième position parmi les peuples de l’URSS, derrière les Russes, les Ukrainiens et les Biélorusses. Pour le nombre de Héros de l’Union Soviétique (150 combattants environ), ils sont cinquièmes, derrière les Tatars.

Parmi ceux à qui l’Etoile d’or de Héros de l’Union Soviétique a été décernée à deux reprises il y a David Dragounski, devenu par la suite général de corps d’armée. Le 22 juin 1941, date du début de la guerre, il se trouvait sur la frontière occidentale de l’URSS. En 1943, alors qu’il était hospitalisé après avoir été grièvement blessé, il apprit que les fascistes avaient fusillé son père, sa mère et ses deux soeurs. Ses deux frères sont tombés au front. Le 30 avril 1945, la brigade blindée du Juif David Dragounski opéra la jonction avec le corps blindé du Juif Semion Krivocheine. Berlin était encerclé. C’est pour ces combats que Dragounski reçut sa deuxième Etoile d’or et Krivocheine sa première. David Dragounski prit part au défilé de la Victoire le 24 juin 1945.

Les premières données concernant les Juifs ayant combattu sur le front pendant la Grande Guerre patriotique ont été publiées par le professeur Fiodor Sverdlov* au début des années 1990, après l’éclatement de l’URSS.

Selon Ilia Altman, les statistiques mettent à mal le mythe selon lequel, pendant la Grande Guerre patriotique, on aurait veillé à décorer le moins possible de Juifs tout comme l’idée que "les généraux juifs ne décoraient que leurs coreligionnaires". Bien que certains journalistes et anciens combattants continuent d’affirmer qu’en 1943 des instructions secrètes, le plus souvent orales, avaient été données pour écarter les Juifs des postes de commandement et limiter le nombre de Juifs proposés à des distinctions.

David Ortenberg, rédacteur en chef du grand quotidien militaire Krasnaïa zvezda (L’Etoile rouge) de 1941 à 1943 se souvient qu’au printemps de 1943 le chef du Département politique central de l’Armée Rouge, Alexandre Chtcherbakov, lui avait signifié : "Il y a beaucoup de Juifs dans votre rédaction... Il faut réduire ". Il lui avait alors répondu : "C’est déjà fait : les correspondants de guerre Lapine, Khatsrevine, Rozenfeld, Chouer, Vilkomir, Sloutski, Ich, Bernchtein et d’autres sont tombés au front. Je peux en licencier encore un : moi-même...". Le même mois il avait été démis de ses fonctions.

Sur le front, toutefois, les gens côtoyaient quotidiennement la mort et ne se préoccupaient généralement pas des questions ethniques. Le médecin juif Yakov Berchitski ramena de la guerre une épouse musulmane, la Tatare Raïssa. Ils avaient évacué ensemble les blessés, veillé la nuit dans les salles d’opération sans chercher à connaître l’appartenance ethnique de ceux qu’ils sauvaient. On leur avait proposé de les transférer à l’arrière, mais dans des endroits différents. Yakov et Raïssa avaient préféré rester en première ligne plutôt que d’être séparés.

A la fondation Holocauste, Ilia Altman a eu l’occasion de s’entretenir avec de nombreux anciens combattants, ce qui lui permet de dire que, dans l’ensemble, l’antisémitisme ne fut pas un phénomène de masse durant la guerre. La situation a quelque peu changé après 1944, avec la mobilisation d’hommes provenant de territoires précédemment occupés. Il s’agissait souvent de jeunes marqués par la propagande nazie. D’où leur hostilité vis-à-vis des Juifs.

Cependant, dans leur majorité les hommes restaient des hommes. "Même dans les camps de prisonniers, où la dénonciation d’un Juif pouvait faciliter l’existence, les hommes sauvaient leurs camarades, raconte Ilia Altman. Et quand un traître se manifestait, il était exécuté la nuit même. Grâce à ces personnes, beaucoup de Juifs ont survécu, sous une fausse identité, à l’enfer des camps". C’est à elles que, partout dans le monde, les Juifs adressent aujourd’hui leur reconnaissance.

Le 5 mai, comme tous les ans à Moscou, le titre de Juste parmi les Nations été décerné à quatre ressortissants russes. Ce titre est attribué par l’Institut israélien Yad Vashem à des personnes qui ont sauvé des Juifs pendant la guerre. Plusieurs milliers de personnes portent ce titre sur le territoire de l’ancienne URSS. La cérémonie coïncide avec la Journée du souvenir des victimes de l’Holocauste et des héros de la Résistance juive.

"Prétendre que les Juifs allaient à la mort comme les moutons à l’abattoir est un autre mythe", note encore Ilia Altman. "Tout le monde connaît l’histoire de l’insurrection du Ghetto de Varsovie, premier grand soulèvement armé dans l’Europe occupée par les nazis. A la même époque, dans pas moins de vingt localités de l’ancienne URSS, des Juifs en armes ou sans armes incendiaient leurs maisons, attaquaient les auxiliaires des Allemands, fuyaient les ghettos". En Biélorussie occidentale, des organisations clandestines opéraient dans plus de 70 % des ghettos, des caches d’armes avaient été constituées dans 40 % d’entre eux. "Seulement il n’a pas toujours été possible de les utiliser, souligne Ilia Altman. Beaucoup de jeunes gens hésitaient à déclencher une insurrection et à rejoindre les partisans pour ne pas livrer à une extermination immédiate leurs proches et les prisonniers du ghetto. Il n’était pas simple de passer à un acte de résistance".

Quoi qu’il en soit, une dizaine de détachements de partisans juifs opéraient sur le sol de l’ancienne Union Soviétique. Quelque 25 000 Juifs, dont beaucoup s’étaient échappés des ghettos, combattaient dans les détachements de partisans en Biélorussie, en Lituanie, en Ukraine et en Russie. Nombre d’entre eux dirigeaient des groupes de partisans. Le chef de la clandestinité, à Minsk, était Issaï Kazintsev. Une bonne centaine de sabotages ont été effectués sous sa direction. Le 7 janvier 1942, Issaï Kazintsev a été pendu dans un square de Minsk. Mais c’est en 1965, seulement, que le titre de Héros de l’Union Soviétique lui a été décerné à titre posthume.

Macha Brouskina, dix-sept ans, est considérée comme le symbole de la résistance des Juifs de l’ancienne Union Soviétique. Elle a été la première résistante exécutée en public par les fascistes en territoire soviétique occupé. Macha travaillait dans une infirmerie accueillant les prisonniers de guerre soviétiques et elle aidait à s’évader ceux qui étaient remis sur pied. Un des fuyards fut repris et dénonça la jeune fille et ses camarades. Le 26 octobre 1941, Maria et ses camarades furent exécutés dans le centre de Minsk. Une photo prise par les nazis pendant le supplice figure dans de nombreux livres d’histoire. Cependant, jusqu’à la fin des années 1960, le nom de cette jeune fille est resté inconnu. Des journalistes ont fini par l’identifier, mais son nom n’est mentionné que depuis peu. La mère de Macha est morte dans le Ghetto de Minsk, un mois après son exécution.

Selon Ilia Altman, près de 2 825 000 Juifs ont trouvé la mort, sur les quelque 3 000 000 qui habitaient les territoires occupés de l’Union Soviétique.

"Les personnes que vous recherchez ne sont plus en vie", stipule un certificat délivré par l’administration de la ville d’Ossipovitchi, en Biélorussie. Que la soeur de ma grand-mère a conservé jusqu’à sa mort. Dans notre famille on n’évoquait presque jamais ceux qui, à la veille de la guerre, étaient restés en Biélorussie et en Ukraine (à l’intérieur du périmètre des anciennes régions juives de la Russie tsariste, puis dans les zones d’occupation nazies). Aucun d’entre eux n’avait survécu.

"Cher ami Moïsseï Markovitch et chère soeur. Le 14 novembre 1941, ma regrettée mère mourait des mains des criminels allemands. Ce jour-là, à cinq heures du matin, ils avaient commencé à exterminer la population juive de notre ville. Le soir venu, neuf mille personnes avaient été massacrées : hommes, femmes, enfants... J’ai toujours devant les yeux l’image de ma mère morte, qui jusqu’à son dernier souffle avait évoqué ses enfants. Une de nos connaissances, qui avait réussi à s’enfuir au dernier moment, a raconté que sur le chemin conduisant au supplice, ma mère n’avait pas cessé un seul instant de parler de nous. Ses dernières paroles ont été : "Grâce à Dieu mes enfants sont restés en vie. Ils ne sont pas ici".

Ces lignes ont été écrites le 14 novembre 1944 par Vladimir Chteinberg, qui avait pu fuir un des nombreux ghettos aménagés en Biélorussie. En 1942, il avait rejoint les partisans avec un groupe de jeunes Juifs. Sous-lieutenant, chef d’une section d’éclaireurs, il a pris part à la libération des Républiques baltes. Il a été tué en 1945. A l’âge de vingt ans. 
Cette lettre et bien d’autres encore, écrites par des Juifs durant la guerre, seront prochainement publiées par le Centre russe Holocauste. Ces dix dernières années, des anciens combattants ou leurs familles ont fait parvenir au centre quelque 400 lettres écrites sur le front, à l’arrière, en évacuation, dans Leningrad assiégé, les ghettos, les détachements de partisans. Un recueil inédit dans lequel on pourra lire des lettres datées du 22 juin, jour du début de la Grande Guerre patriotique, et du 9 mai, jour de la Victoire. Beaucoup de leurs auteurs sont morts ou ont été portés disparus. Certaines lettres ont été rédigées en yiddish, langue maternelle des Juifs d’Europe orientale.

A l’époque de l’URSS, il était fréquent d’éditer des recueils de lettres d’anciens combattants, , mais aucun n’avait encore jamais été entièrement consacré aux Juifs. "Chaque peuple a droit au souvenir, a droit de s’enorgueillir de ses héros", souligne Ilia Altman.

Marianna Belenkaïa

* Fiodor Sverdlov est né en 1921, à Kharkov (Ukraine). Après ses études secondaires, il entre dans une école d’artillerie et terminera, par la suite, l’Ecole d’artillerie de Leningrad. Pendant la guerre il commande une batterie, puis un bataillon d’artillerie. Il est blessé à trois reprises. Après la guerre, il suit les cours de l’Académie militaire Frounze et en devient l’un des enseignants. La plupart de ses livres sont consacrés aux exploits accomplis par des combattants juifs pendant la Grande Guerre patriotique de 1941-1945. On lui doit notamment Des téméraires dans les rangs (sur les Juifs Héros de l’Union Soviétique), Les généraux juifs, Les exploits des combattants juifs.

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 15:45

 

 

Joyeux anniversaire Herzl !

Par EVA SAMAK 
02.05.10

jpost.

 

Relire la superbe série d'articles de Sacha Bergheim

>Sionisme : La pensée de Herzl - Altneuland par Sacha Bergheim

1/5 - 2/5 -  3/5 -  4/5 -  5/5

 

Né à Budapest en 1860, le père du sionisme politique moderne a été élevé dans l'esprit des Lumières judéo-allemandes de l'époque. Il baigne dans une culture laïque. Son père, issu de l'immigration de la partie orientale de l'empire austro-hongrois, se définit lui-même comme réformiste et demeure un partisan de l'assimilation des Juifs au sein de leurs terres d'accueil.

“A Bâle j’ai fondé l’Etat juif,... Dans cinq ans, peut-être, dans cinquante ans sûrement, tout le monde le reconnaîtra.” Cinquante ans après qu’Herzl a écrit ces lignes, l’Etat d’Israël voyait le jour. 
PHOTO: DR , JPOST

En 1878, la famille s'installe à Vienne, où Herzl poursuit son cursus universitaire. En 1884, il obtient son doctorat de droit et entame une carrière d'écrivain, d'auteur dramatique et de journaliste. Il devient rapidement le correspondant, à Paris, du Neue Freie Presse, prestigieux quotidien viennois et le plus influent.

L'affaire Dreyfus : le catalyseur

Il est couramment admis que c'est l'affaire Dreyfus qui a permis la prise de conscience du jeune homme de 34 ans. Mais Claude Klein, entre autres chercheurs, revient sur cette version dans son livre Essai sur le sionisme. Selon ce professeur de droit de l'Université hébraïque de Jérusalem, "la réalité est évidemment bien loin de cette fiction". Et de préciser que "la question juive et l'antisémitisme n'ont jamais cessé de hanter Théodore Herzl".

Quoi qu'il en soit, l'affaire Dreyfus résonne comme un coup de tonnerre pour la communauté juive dans son ensemble, et le journaliste en particulier, qui suit de près chacune des étapes du procès. Le capitaine Alfred Dreyfus, officier juif de l'armée française, est accusé à tort, en 1894, de trahison à la suite de fausses lettres compromettantes, fomentées par un général antisémite que sa hiérarchie protège. Les foules s'en donnent à cœur joie et hurlent "Mort aux Juifs !"

Pour Herzl, une seule conclusion s'impose : permettre l'immigration en masse des Juifs, vers un pays bien à eux. Conscient que l'antisémitisme restera une donnée immuable de la société humaine, et que même l'assimilation ne pourra la résorber, il publie en 1896 son manifeste Der Judenstaat (L'Etat juif). Au risque de s'exposer au ridicule de ses pairs et des dirigeants juifs de l'époque, Herzl le visionnaire avance que le problème juif n'est pas d'ordre individuel mais national. Selon lui, les Juifs ne pourront être acceptés qu'en cessant de sortir des normes en place. Il expose dans son ouvrage les trois principes fondamentaux du sionisme : l'existence d'un peuple juif, l'impossibilité de son assimilation et la nécessité de créer un Etat qui lui sera propre.

Le combat de sa vie est désormais lancé. Herzl propose un programme de collecte de fonds auprès des Juifs du monde par le biais d'un organisme qui prend le nom d'Organisation sioniste. Il rêve déjà du futur Etat, basé sur le modèle européen : moderne et éclairé, laïc et aspirant à la paix. Il se tourne ainsi successivement vers le Baron Edmond de Rothschild qui a déjà entrepris l'achat de terres en Palestine depuis 1882 et vers le financier Maurice de Hirsch. Il sollicite également des lettres de soutien auprès de personnalités de l'époque, comme le pape Pie X, le roi Victor-Emmanuel III d'Italie ou le Premier ministre de la colonie du Cap en Afrique du Sud, Cecil Rhodes. En avril 1896, il se rend à Istanbul, en Turquie, et à Sofia, en Bulgarie, pour rencontrer des délégations juives.

Août 1897 : un congrès décisif

Ses idées sont accueillies avec enthousiasme par les Juifs d'Europe orientale mais séduisent moins les dirigeants juifs de l'époque. Herzl, avec l'aide de Max Nordau, réussit tout de même à rassembler à Bâle, du 29 au 31 août 1897, le premier Congrès sioniste qu'il préside. La première réunion transnationale juive.
Aux trois fondements du sionisme cités plus haut, le Congrès de Bâle en ajoute un quatrième : le droit des Juifs à s'installer en terre d'Israël. "Le sionisme aspire à établir en Palestine, pour le peuple juif, un foyer garanti par le droit public", proclament les délégués.

L'élan d'Herzl ne s'essouffle pas. Il fonde, à grands frais personnels, un hebdomadaire sioniste, Die Welt, et chaque année, le congrès sioniste se réunit en forum international. En 1936, le siège du mouvement est transféré à Jérusalem. En 1902, le visionnaire écrit Altneuland - Pays ancien, pays nouveau - roman sioniste où il décrit le futur Etat juif. Herzl imagine une société nouvelle basée sur un mode coopératif sur fond de science et de technologie. Le pionnier du sionisme a des idées très précises quant à la structure politique de l'Etat.

D'autres domaines soulèvent nombre de questions : lois sociales, relation entre religion et Etat, ou immigration et relations diplomatiques. Le livre exerce un fort impact et devient le symbole de la vision sioniste d'Israël.

Convaincre les nations du monde

Herzl souhaite persuader les grandes puissances du bien-fondé de son combat. Il se rend en Israël et à Istanbul en 1898 pour rencontrer le Kaiser Guillaume II d'Allemagne et le sultan de l'Empire ottoman. Ses efforts se révèlent infructueux, il ne reçoit ni les encouragements ni le soutien espérés. Il se tourne alors vers la Grande-Bretagne et s'entretient avec Joseph Chamberlain. Le ministre britannique des Colonies lui permet de négocier avec le gouvernement égyptien une charte pour l'installation des Juifs dans la région d'Al-Arish, dans la péninsule du Sinaï, jouxtant le sud de la Palestine. Le projet le conduit jusqu'au Caire mais échoue encore une fois.

En août 1903, le gouvernement britannique, par l'intermédiaire de Leopold Jacob Greenberg, propose de créer une région autonome juive, sous souveraineté britannique, en Afrique orientale, en Ouganda. La proposition fait son petit bonhomme de chemin. En 1903, le pogrom de Kichinev et les persécutions qui frappent les Juifs russes parviennent à convaincre Herzl de la légitimité de cette idée. Il entreprend un voyage à Saint-Pétersbourg afin de se rendre compte, par lui-même, de la situation. Sergei Witte, alors ministre des Finances, et Viatcheslav Plehve, ministre de l'Intérieur, le reçoivent. Herzl leur expose ses idées et propose à Plehve, antisémite notoire et tenu pour responsable desdits pogroms, une véritable alliance. "Soutenez mon projet, je vous débarrasserai de vos révolutionnaires juifs !"

Cette même année, il propose devant le sixième Congrès sioniste le "projet Ouganda". Il s'agit, de son point de vue, de fonder un refuge temporaire aux Juifs menacés qui n'affectera pas l'objectif en vue : la création d'une entité juive en Eretz Israël. Il précise sa pensée et justifie son point de vue, mais suscite un tollé au congrès et manque de provoquer une scission du mouvement sioniste. En 1905, le congrès rejette définitivement le programme ougandais et s'engage à créer un Etat juif sur la terre historique d'Israël.

Son surmenage et ses efforts incessants viennent à bout de ses résistances. Herzl développe des problèmes cardiaques et, en 1904, une pneumonie le terrasse. S'il n'a pas vécu la naissance de l'Etat hébreu, l'homme a permis au mouvement sioniste de trouver sa place sur l'échiquier politique mondial. Ultime hommage : son corps, ainsi que ceux de ses parents, Yaakov et Jeannette, et de sa sœur Pauline sont réinhumés en 1949 sur le mont qui porte son nom, à Jérusalem.

 

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 16:54

 

Enterrement très discret pour un ex-nazi condamné pour pédophilie au Chili

cicad.

 


 

 

 

 

 

 

L'ancien nazi Paul Schaefer a été arrêté en Argentine après neuf ans de cavale (photo d'archives non datée).(Photo: AFP)

 

La tête du Monstre Paul Shaefer

 

 

 

L'ancien caporal nazi Paul Shaefer, condamné pour abus sur mineurs et accusé de tortures pendant la dictature chilienne (1973-1990), a été inhumé dimanche dans une tombe sans épitaphe au cours d'une cérémonie à laquelle cinq personnes ont assisté, a rapporté la presse locale.

 

Des habitants du quartier où le corps du défunt a été veillé dimanche ont jeté de la terre au passage sur le véhicule transportant le cercueil de celui qui avait fondé en 1961 dans le sud du Chili, la Colonia Dignidad, une colonie allemande s'apparentant à une secte.

 

Paul Schaefer est décédé samedi en prison d'une complication cardiaque, à l'âge de 88 ans.

 

L'enterrement, très bref, a eu lieu en présence de l'avocat et de la fille adoptive de l'ancien pasteur nazi, Rebeca, restée 30 minutes devant la tombe, a raconté un témoin à l'AFP. Selon la presse, la pierre tombale ne comporte aucune incription.

 

Les membres de la Colonia Dignidad, rebaptisée Villa Baviera après la fin de la dictature d'Augusto Pinochet, ont refusé que le corps du fondateur soit enterré dans le panthéon de la communauté.

 

Paul Schaefer avait été condamné à plus de vingt ans de prison en mai 2006 pour abus sexuels sur une vingtaine d'enfants de la Colonia Dignidad. La justice a également établi qu'il avait collaboré avec le régime du général Pinochet et que la colonie avait été utilisée comme centre de détention et de torture contre des opposants de gauche.

 

Au total 150 colons vivent toujours en autarcie à Colonia Dignidad.

 

Sources: AFP, leparisien.fr - lundi 26 avril 2010

Colonie Dignidad

La colonie Dignidad est une colonie agricole recluse et sectaire qui est fondée au Chili en 1961 par des expatriés allemands dont notamment Paul Schäfer (ou Schaefer), ancien nazi et brancardier de la Waffen-SS, condamné plus tard pour abus sexuels contre des mineurs.

Pendant la dictature militaire d'Augusto Pinochet, la colonie aide la police politique qui y emprisonne et torture des opposants. En 1991, après la fin de la dictature, elle perd son statut protégé et devient la Villa Baviera1.

Histoire [modifier]

Schäfer avait déjà été, dans la jeune RFA, le fondateur d'un établissement destiné aux orphelins de guerre. Œuvre louable en apparence mais qui avait fini par attirer l'attention de la justice en raison de plusieurs plaintes révélant la pédophilie de Schäfer. Néanmoins, ce dernier parvient, non seulement à échapper aux poursuites en s'exilant au Chili mais, de surcroît, à se voir attribuer, par les autorités chiliennes (sous la présidence de Jorge Alessandri), un territoire de 3000 ha au sud de Santiago. Territoire sur lequel il est censé reproduire son action "caritative" auprès des populations déshéritées de la région. C'est ainsi que naît la Colonie Dignidad.

La Colonie Dignidad étend son territoire et constitue, en plein territoire chilien, une enclave hermétique mais néanmoins prospère de plusieurs centaines de kilomètres-carrés, accumulant privilèges et exemptions. Bref, une zone de non-droit dans laquelle Schäfer, nostalgique du IIIe Reich, règne en maître absolu tout en profitant de sa position pour violer des mineurs. La dictature d'Augusto Pinochetet sa DINA (la police politique) fermeront complaisamment les yeux, trouvant dans la Colonie Dignidad une base arrière bien confortable dans le cadre de l'Opération Condor. La colonie a en effet servi d'usine d'armements, de centre de torture et de base de retransmission des informations sur les opposants marxistes et socialistes. De même que Pinochet, Manuel Contreras visitait régulièrement la Colonia Dignidad [citation nécessaire] 1.

L'impunité dont bénéficiait la Colonie Dignidad va partiellement et progressivement s'effriter après la fin de la dictature Pinochet (en 1990). En 1991, elle perd son statut d'association caritative et se rebaptise Villa Baviera. En 1996/1997, l'étau se resserre autour de Paul Schäfer, accusé d'abus sexuels sur mineurs et de torture. En 1997, Schäfer disparaît de la circulation et échappe aux enquêteurs durant plusieurs années. Il est alors âgé de 76 ans, et certains le donnent pour mort. Il est finalement capturé en Argentine en mars 2005. Paul Schäfer est mort en prison, le 24 avril 2010, des suites de problèmes cardiaques, à l'âge de 89 ans. Malgré la condamnation à 20 ans de prison pour abus sexuels, et certaines condamnations pour avoir violé la loi sur la détention d'armes, pour homicide et torture, Paul Schäfer n'aura jamais été condamné pour tous les crimes qu'il a commis, et emporte sans doute beaucoup d'informations dans sa tombe.

Interrogé en mars 2005 par le juge Alejandro Madrid à propos de la mort de l'ancien président chrétien-démocrate Eduardo Frei Montalva, l'américain Michael Townley, agent de la DINA, avoua l'existence de liens entre la Colonia Dignidad, et le Laboratoire de guerre bactériologique de l'armée chilienne. Les enquêteurs soupçonnent que le poison qui a tué Frei Montalva dans la clinique de Santa Maria en 1982 a été élaboré dans cet endroit. Ce nouveau laboratoire de l'armée, à l'intérieur de la Colonia Dignidad, aurait été, selon Townley, le successeur du laboratoire de la DINA Via Naranja de lo Curro, où Townley travaillait avec le chimiste Eugenio Berrios. Townley a aussi témoigné au sujet d'expériences biologiques commises sur des prisonniers dans ce camp de détention2.

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 18:17

 

 

« Hanan a marqué de son sceau l'archéologie juive moderne »

 

Hommage à cet immense professeur décédé le jeudi 08 Avril

hamodia

 No 120 28 avril 2010, Lag Baomer


Hamodia: Quelle était la particularité du Pr Eshel en tant qu'archéologue et historien? 

- Dr Doron Sar Avi : Le monde de l'archéologie se démarque souvent du monde de la théologie. Pour une bonne partie des archéologues, l'historiographie juive antique ne saurait être prise au sérieux, scientifiquement parlant. Pour Hanan, cet axiome n'avait aucun sens. Il cherchait toujours à faire aller de pair archéologie et judaïsme, découvertes historiques et textes talmudiques. C'est ainsi qu'il a réussi à marquer de son sceau l'archéologie moderne

- Comment Hanan Eshel abordait-il la révolte de Bar Kokhba ?

- Au niveau archéologique, cette période est très difficile à cerner. On n'a retrouvé que quelques documents et pièces de monnaie qui, ajoutés aux textes de la tradition juive, nous ont permis de dresser un portrait malheureusement encore incomplet de cet épisode de l'histoire. Hanan répétait toujours que si le récit des évènements qui ont ponctué les trois années qu'a duré la révolte n'existait pas, c'est parce qu'il n'y avait pas eu de vainqueur dans cette guerre. Il dressait la comparaison avec la sortie d'Egypte, à laquelle les Egyptiens ne font quasiment aucune allusion dans leurs textes officiels, et pour cause ! Lorsqu'on perd, on a rarement envie de s'en vanter... C'est un peu ce qui s'est passé pour la révolte de Bar Kokhba. D'un côté, les Juifs ont été massacrés et près d'un demi-million de personnes sont mortes durant les combats et suite à la politique de la « terre brûlée » adoptée par les Romains pour mettre un terme à l'insurrection. De l'autre côté, les Romains n'ont jamais considéré la fin de la révolte comme une victoire. L'historien Dion Cassius rapporte que lorsque l'empereur Hadrien se présenta devant la Sénat après l'insurrection, il ne prononça pas la formule consacrée : « Si vous êtes en bonne santé, tout est pour le mieux ; moi-même et l'armée nous nous portons bien », signe que l'armée romaine avait subi de graves pertes durant les batailles contre les soldats de Bar Kokhba. Il faut comprendre que l'armée de Chimon Bar Koziva était composée de véritables machines de guerre, comme le Talmud nous enseigne. Les soldats de Bar Kokhba devaient prouver leur courage en arrachant un de leurs doigts avec les dents. Ce n'est que lorsque les Sages accusèrent Bar Kokhba de transformer ses soldats en « Baalé Moum », de les difformer, qu'il mit fin à cette coutume et demanda aux postulants de « seulement » arracher un cèdre de leurs mains nues tout en galopant sur leur cheval. 

- L'histoire de la révolte de Bar Kokhva est souvent liée à Lag Baomer. Quel lien Hanan Eshel et vous-même avez-vous établi entre ces deux dates ?

- En fait, il n'y a pas de rapport direct. Il ne s'est absolument rien passé durant la révolte de Bar Kokhva, le 18 Iyar précisément. Mais si on tient absolument à trouver un lien, il concerne rabbi Akiva. Dans la Guémara Yébamot 62b, on nous raconte que 24 000 élèves de rabbi Akiva sont morts de Pessa’h à Chavouot. En évoquant ce nombre de 24 000, la Guémara veut peut-être dire exactement 24 000 mais elle veut peut-être aussi dire « énormément ». On sait que durant la révolte, au moins 586 000 personnes sont mortes, sans compter celles décédées des suites de maladies et d'épidémies. Il est plausible – et je tiens à être le plus prudent possible en avançant cette théorie – que nos Sages incluent ces morts dans le compte des élèves de rabbi Akiva décédés durant cette période qui a suivi la destruction du Second Temple. Mais encore une fois, il ne s'agit là que d'une hypothèse historique, qu'aucune preuve ne vient étayer. Un autre lien avec rabbi Akiva a justement été découvert par Hanan, dans une des grottes de Judée. C'est là qu'il a trouvé des pièces de monnaie, frappées par les insurgés, et ornées de symboles juifs comme les quatre espèces, utilisés durant la fête de Souccot. Or, dans ces dessins qui ornaient les pièces de monnaie des insurgés, on trouve un étrog (cédrat), un loulav (branche de palmier) mais seulement une branche de Hadass (myrte) et une branche de Arava (saule), alors que la Halakha exige deux branches de saule et trois branches de myrte. La réponse à cette énigme est simple : les soldats de Bar Kokhva suivaient scrupuleusement la Halakha telle qu'elle avait été édictée par rabbi Akiva. Or, rabbi Akiva prescrivait une branche de myrte et une branche de saule pour les Arbat Haminim...

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  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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