Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 17:40
Raphaël Feigelson, ce Français qui a conduit les Russes à Auschwitz



Alain Vincenot, le mercredi 27 janvier 2010 à 04:00

 

http://www.francesoir.fr/societe/2010/01/27/auschwitz-francais.html





Fils d’un marchand de machines à coudre parisien originaire de Lituanie, il avait, résistant, été arrêté à Toulouse, puis déporté à Auschwitz. S’étant évadé, il a permis la libération du camp.

Les Soviétiques l’ont surnommé le « Franzouski Partizan ». Le 27 janvier 1945, Raphaël Feigelson a guidé jusqu’à Auschwitz une unité soviétique de la 97e division de la 60e armée du 1er front d’Ukraine. Un titi parisien du Ve arrondissement qui, malgré ses presque 19 ans, avait déjà l’expérience de quatre années de résistance active et de six mois derrière les barbelés du camp de la mort. « Himmler, rappelle-t-il, avait voulu faire d’Auschwitz la plus redoutable machine d’extermination au service de la solution finale. » Il raconte son arrivée : « A notre descente du convoi, le 3 août 1944, on nous a aussitôt mis en condition. Les crocs des chiens, les coups de matraques, les ordres hurlés, les familles séparées. Et ce SS qui arrache un bébé des bras de sa mère et qui lui fracasse le crâne contre un wagon ou cette brute qui lance un autre nouveau-né en l’air et lui tire dessus. Nous étions en enfer. On ne pourrait en sortir que par une cheminée. »


Il poursuit : « Le 27 janvier 1945, jour où je suis revenu à Auschwitz avec les soldats soviétiques, était un samedi. Dieu m’a fait porter les armes le jour de shabbat, ce qui est interdit, afin d’empêcher que ne soient détruites les preuves de ces atrocités et que l’on sauve les quelques rescapés qui restaient. »


Il recopie des tracts   

Raphaël Feigelson n’avait pas attendu l’appel du général de Gaulle, le 18 juin 1940, pour résister. « D’ailleurs, dit-il, je ne l’ai pas entendu. On m’en a parlé bien après. » Dès l’entrée des Allemands dans Paris, le soir, il recopie à la main des tracts hostiles à l’occupant que rédige son père, Pinkos, un Juif lituanien originaire de Vilnius qui tient un magasin de machines à coudre, à Paris dans le Ve arrondissement. Les tracts sont intitulés « La lettre de M. Paul », que le gosse, il a alors 14 ans, distribue ensuite dans les boîtes aux lettres de son quartier.


Pinkos met en place un petit groupe, David (direction de l’armée des volontaires israélites de défense), destiné à aider les Juifs, dont les mesures antisémites rendent la vie intenable. Raphaël et sa mère, Luba, quasiment aveugle, sont ses agents de liaison. Parallèlement, le gamin « bricole » au sein du Yasc (Yiddish Athlétic Sporting Club), une association du Xe arrondissement. Seulement, au printemps 1942, un policier du commissariat de la rue Geoffroy-Saint-Hilaire lui conseille de se mettre au vert. Il a reçu l’ordre de le surveiller.


A Toulouse, le piège de la milice

En juin, malgré des sueurs froides lors du franchissement de la ligne de démarcation, Raphaël gagne Lyon, puis Toulouse, où, pensionnaire d’un lycée de la rue des Récollets, il fonde un petit groupe, Les Amis du peuple. Puis, il se rapproche des mouvements locaux de la Résistance, et, sous plusieurs identités, colonel Marat, capitaine Sicot, Joseh, d’Artagnan…, accentue ses actions clandestines. Ayant contribué à l’unification de la résistance des jeunes, de Bordeaux à Toulouse, il prend le commandement militaire régional des Forces unies de la jeunesse patriotique et entraîne des formations armées qui, en 1944, deviennent les unités de jeunes des FFI.  


Hélas ! Le 14 mai 1944, près du pont Saint-Pierre, il ne peut éviter un piège de miliciens. « Ils m’ont foutu à poil, torturé à la gégène. Miracle, le choc électrique m’a rendu amnésique, ce qui m’a empêché de parler sous la douleur. » Ses bourreaux, eux continuent. « Ils m’ont tabassé, écrasé les doigts avec des pinces, ils ont même essayé de me passer des journaux en feu sur la plante des pieds. Ces cons avaient peur de se brûler les mains. » Alors, ils le confient à la Gestapo, qui lui appliquent de nouvelles tortures. Deuxième miracle qui lui évite de succomber aux coups, une erreur d’aiguillage bureaucratique l’envoie au camp d’internement de Compiègne, d’où, le 2 juillet 1944, il doit être embarqué pour Mauthausen. Au moment du départ, alors que la Gestapo toulousaine, ayant réalisé sa bévue, le réclame pour poursuivre les interrogatoires, Aloïs Brunner, adjoint d’Adolf Eichmann en France, qui effectue une visite à Compiègne, ordonne de le diriger, ainsi que d’autres résistants juifs, sur Auschwitz. Parti de Drancy le 31 juillet 1944, son convoi, le 77, arrivera à Auschwitz le 3 août.


Raphaël Feigelson est affecté à un commando qui trace des routes, à un autre qui pose des canalisations, à un troisième qui déterre les bombes n’ayant pas explosé, à un commando disciplinaire d’où l’organisation clandestine de résistance parvient à le faire muter à la « vieille-désinfection », un commando contrôlé par ses amis chargés de désinfecter les vêtements des nouveaux arrivants. « Dans notre block, nous planquions des armes en prévision d’une évasion collective. Elle n’a jamais eu lieu. Le 7 octobre, les SS ayant investi le “Sonder Kommando”, celui des chambres à gaz. »


Pris pour des espions nazis

Lorsque les SS commencent à évacuer Auschwitz, entraînant les survivants dans d’épouvantables marches de la mort, les résistants reçoivent l’ordre de se cacher et d’attendre l’arrivée des partisans polonais. « Ils ne sont jamais venus. En revanche, c’est un commando spécial SS qui s’est pointé. Sa mission : détruire toute trace des horreurs commises par les nazis et transformer le site en un banal champ labouré. » Pour Raphaël Feigelson et ses camarades, il faut à tout prix les en empêcher. « Le 21 janvier, nous avons découpé une ouverture dans les barbelés qui n’étaient plus électrifiés. On a pris des draps blancs, des vêtements chauds, des armes, et on est parti en direction du front. On a marché, marché. C’était la confusion la plus totale. Nous étions au beau milieu des combats. Obus allemands, orgues de Staline soviétiques, ça tombait de tous les côtés. »


Enfin, ils rencontrent des soldats soviétiques. Ceux-ci les prennent pour des espions. « Ils ont immédiatement voulu nous fusiller. J’ai interpellé leur officier : “Ya Franzouski Partizan.” Remarquant que je parlais à mes copains en yiddish, il m’a demandé : “Du bist yid ?” (tu es juif ?). Lui aussi était juif. Je ne pouvais donc pas être un nazi et encore moins un espion. Je lui ai raconté Auschwitz, les chambres à gaz, les fours crématoires. Il était impensable de laisser les SS raser les installations. Il fallait que le monde sache ce qui s’était déroulé là : le plus grand massacre de toute l’histoire de l’humanité. »


Auschwitz ne figure pas sur le plan d’offensive de l’officier de l’armée rouge. Convaincu par Raphaël Feigelson, il modifie son ordre de route et atteint Auschwitz le 27 janvier. « Il restait environ trois mille déportés dans le camp, malades, trop faibles pour bouger. Surpris par l’arrivée des Soviétiques, les Allemands n’ont eu le temps ni de les éliminer, ni de détruire les preuves de leur entreprise d’extermination. » Après la libération d’Auschwitz, Raphaël Feigelson participera avec les Soviétiques au « nettoyage » de la région. Puis, en uniforme de l’armée rouge, prendra à Odessa un bateau anglais pour Marseille et retrouvera ses parents à Paris en avril.

Partager cet article
Repost0
26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 21:57
Par Aschkel
Pour aschkel.info et lessakele


27 Janvier 2010

PLUS JAMAIS CA !


Tous les liens cliquables sont en rouges


Libération du camp de Dachau


CARTE DE LA LIBERATION DES CAMPS


Carte de la libération des camps




En attendant la sélection pour la mort ou le travail

Women and children on the ramp, immediately after their disembarkation from the train. On the right is one of the veteran inmates allocated to help the newcomers



Cliquez pour voir SUR DIAPORAMA pour voir les photos défiler DIAPORAMA ou voir l'ALBUM ALBUM
 
Les Photos aériennes du camp
Aerial Photographs of Auschwitz

 



 

Auschwitz-Birkenau (Pologne)
"L'usine de mort"

jewishgen


Le porche d'entrée de Birkenau (1945)
  • Localisation: Oswiecim, Pologne
  • Créé en: 26 mai1940
  • Libération: 27 janvier 1945, par l'Armée Russe.
  • Estimation du nombre de victimes: entre 2,1 et 2,5 millions de morts (Cette estimation est considérée par de nombreux historiens comme étant un chiffre minimum. Le nombre réel de morts est inconnu mais pourrait dépasser les 4 millions)
  • Camps annexes: 51 camps annexes et kommandos extérieurs (cf la liste des camps)

Le complexe concentrationnaire d'Auschwitz était constitué de trois camps: Auschwitz I camp principal; Auschwitz II, ou Birkenau, ouvert le 8 octobre 1941 en tant que camp d'extermination; Auschwitz III ou Monowitz, ouvert le 31 mai 1942 en tant que camp de travail; sans compter les camps annexes. Il y eu jusqu'à 7 chambres à gaz utilisant du Zyklon-B et trois ensembles de crématoires. Auschwitz II comprenait un camp pour les nouveaux arrivants ainsi que ceux devant être envoyés dans un kommando extérieur; un camp pour tziganes; un camp dit "camp familial"; un camp ne s'occupant que de la garde et du triage des biens confisqués aux détenus et un camp de femmes. Auschwitz III fournissait de la main d'oeuvre gratuite à un complexe industriel qui produisait du caoutchouc synthétique appartenant à IG Farben. Nombre maximum de détenus, camps annexes inclus: 155.000. Estimation du nombre de morts: entre 2,1 et 2,5 millions dans les chambres à gaz, dont près de 2 millions de juifs, ainsi que des polonais, tziganes et des prisonniers de guerre soviétiques. Près de 330.000 détenus moururent suite à la faim, les mauvais traitements, ect...

En avril 1940, Rudolph Höss, qui devint le premier commandant du camp, nota la ville de Oswiecim comme site possible pour la construction d'un camp. La fonction première de ce camp devait être d'intimider les polonais et de prévenir toute action de résistance. Le 27 avril, Himmler ordonna la construction du camp.

En mai 1940, les populations polonaises des villages environnant le camp furent expulsées et dans de nombreux cas massacrées. Une équipe de travail composée de détenus du camps de Sachsenhausen fut envoyée pour les travaux. Près de 300 membres de la communauté juive d' Oswiecim furent également arrêtés et utilisés comme travailleurs dans la construction du camp.

Le premier transport de prisonniers, composé quasi exclusivement de civils polonais, arriva en juin 1940. A la même époque, l'administration SS s'installa dans le camp. Le 1er mars 1941, la population du camp s'élevait déjà à 10.900 prisonniers. Déjà à cette époque, la réputation d'auschwitz en tant que centre d'exécution de masse était établie.

Himmler visita Auschwitz en mars 1941 et ordonna son agrandissement afin de pouvoir contenir 30.000 prisonniers. Himmler ordonna également la construction d'un second camp pour 100.000 prisonniers sur le site du village de Brzezinka (Birkenau), à environ 4 km du camp principal. Cet énorme camp était à l'origine prévu pour des prisonniers de guerre russes destinés à servir de main-d'oeuvre gratuite à la SS en Haute Silésie. Le géant de l'industrie chimique I.G. Farben exprima rapidement son intérêt pour cette main-d'oeuvre. Les travaux de construction commencèrent de manière intensive en octobre 1941 dans des conditions abominables, entraînant de ce fait une mortalité incroyable. Plus de 10.000 prisonniers de guerre russes moururent à cette époque.

La population du camp principal grossit de 18.000 en décembre 1942 à 30.000 prisonniers en mars 1943. En juillet ou en août 1941, Himmler expliqua à Höss en quoi consistait le "Solution Finale". Le 3 septembre 1941, des prisonniers soviétique du camp principal furent utilisés comme cobayes lors d'essai sur l'efficacité du Zyklon-B. Ce gaz empoisonné était produit par la société allemande "Degesch" (Deutsche Gesellschaft zur Schädlingsbekämpfung). Les gazages eurent lieu dans les cellules souterraines du Block 11. Après cet essai, une chambre à gaz fut construite à l'extérieur du camp principal en février 1942, tandis que 2 chambres à gaz temporaires furent ouvertes à Birkenau. Les crématoires furent construits par la société allemande "Topf & fils" établie à Erfurt.


L'usine de mort... (1945)

En mars 1942, un camp de femmes fut construit à Auschwitz pour 6.000 prisonnières. En août 1942, ce camp fut déplacé vers Birkenau. En janvier 1944, 27.000 femmes étaient incarcérées à Birkenau, dans la section B1a, dans des quartiers séparés.

En février 1943, une section pour les Tziganes fut construites à Birkenau (camp BIIe), et en septembre 1943 un terrain - le soit-disant 'Camp Familial' BIIb - fut réservé pour les juifs tchèques déportés de Theresienstadt. Les chambres à gaz et les crématoires furent ouverts en mars 1943.

En automne 1943, l'administration du camp fut réorganisée suite à une affaire de corruption. A la fin de 1943, la population totale du complexe Auschwitz (camp principal, Birkenau, Monowitz et autres camps annexes) comptait plus de 80.000 prisonniers: 18.437 dans le camp principal, 49.114 à Birkenau, et 13.288 à Monowitz où I.G. Farben possédait une usine de production de caoutchouc synthétique. Plus de 50.000 prisonniers furent répartis entre 51 camps annexes tels que Rajsko, un centre d'agriculture expérimental, et Gleiwitz, une mine de charbon. Les conditions de vie dans les camps annexes étaient souvent pires que celles qui existaient dans les camps principaux (cf la liste des camps).

Au milieu de 1944, Auschwitz fut désignée en tant que zone de sécurité SS en Haute Silésie. En août 1944 la population du camp atteignit 105.168. Le dernier recensement de prisonniers, datés du 18 janvier 1945, indiquait 64.000 prisonniers.

Durant son existence, la composition de la population du camp changea de manière significative. Au début, les prisonniers étaient exclusivement polonaise. D'avril 1940 à mars 1942, sur près de 27.000 prisonniers, 30% étaient polonais et 57% étaient juifs. De mars 1942 à mars 1943, sur près de 162.000 prisonniers, 60% étaient juifs.

Auschwitz devint rapidement une énorme source d'esclaves ainsi qu'un centre d'extermination. Sur les 2,5 millions de prisonniers déportés à Auschwitz, 405.000 reçurent le statut de prisonniers et furent immatriculés. Parmi ces derniers, près de 50% étaient des juifs et 50% étaient polonais ou autres nationalités. Sur ce nombre total de prisonniers immatriculés, seuls 65.000 d'entre eux survécurent.

Ceux qui étaient déportés à Auschwitz débarquaient dans une gare située près du camp principal et devaient marcher ou étaient transportés au camp pour l'enregistrement. Ils étaient alors tatoués, déshabillés, désinfectés puis rasés, douchés tandis que leurs vêtements étaient désinfectés au gaz Zyklon-B. Ils entraient enfin dans le camp par la grande porte portant la fameuse inscription 'Arbeit Macht Frei' ("Le travail rend libre")

Un système identique fonctionna un peu plus tard à Birkenau en 1942-43, à la différence près que les douches étaient en fait des chambres à gaz. A peine 10% des prisonniers juifs étaient enregistrés, tatoués, douchés et désinfectés au 'sauna central' avant d'être transférés dans les baraques. En mai 1944, une ligne de démarcation fut construite à l'intérieur du camp afin d'accélérer et de simplifier la procédure de triage des dizaines de milliers de juifs hongrois déportés au cours de l'été 1944.

L'histoire d'Auschwitz-Birkenau en tant que centre d'extermination est complexe. Depuis fin 1941 jusqu'à octobre 1942, la morgue du camp principal, déjà équipée de crématoires, fut transformée en chambre à gaz. Au printemps 1942, deux chambres à gaz provisoires furent construites dans des maisons paysannes. Elles étaient connues sous le nom de "bunkers".

Le premier "bunker", composé de deux salles hermétiques, fut opérationnel de janvier 1942 à la fin de la guerre. Le second, composé de quatre salles, devint superflu au printemps 1943, mais subsista et resta en activité jusqu'à l'automne 1944, quand les autres chambres à gaz utilisées pour l'extermination des juifs hongrois et des habitants des ghettos ne purent plus suivre. Les victimes gazées dans les deux bunkers étaient obligées de se déshabiller dans des baraques en bois situées tout près des chambres à gaz. Après gazages, les corps étaient évacués et brûlés à l'air libre. Entre janvier 1942 et mars 1943, 175.000 juifs y furent exterminés, dont 105.000 entre janvier et mars 1943.

 


Porte d'une des chambres à gaz d'Auschwite. Sur le panneau on peut lire l'avertissement "Danger de mort" (1945)

Jusqu'à cette époque, Auschwitz ne représentait "que" 11% des victimes de la "Solution Finale". Néanmoins, en août 1942, des plans furent établis pour la mise en place d'infrastructures permettant le gazage de masse. D'après ces plans il semble que les deux premières chambres à gaz furent établies suite à la transformation des morgues. Les morgues, équipées de crématoires, étaient à l'origine conçues pour gérer l'énorme taux de mortalité qui régnait parmi la main-d'oeuvre d'esclaves (près de 100.000). Il est clair cependant qu'à partir de l'automne 1942, les projets des SS visaient à la constructions d'infrastructures permettant l'extermination à une bien plus grande échelle encore.

Les deux paires de chambres à gaz étaient numérotées II et III ainsi que IV et V. La première s'ouvrit le 31 mars 1943, la dernière le 4 avril 1943. La surface totale de ces chambres à gaz s'élevait à 2.255 mètres carrés; leur capacité totale étant de 4.420 personnes.Ceux qui étaient sélectionnés pour le gazage devaient se déshabiller dans un vestiaire puis étaient poussés dans les chambres à gaz. La mort survenait après 15 à 20 minutes. Dans les chambres à gaz II et III, le gazage s'effectuait dans des salles souterraines, et les corps étaient transférés aux 5 fours par un ascenseur électrique. Avant la crémation, les dents en or étaient arrachées et tous les bijoux enlevés (alliances, bagues, etc...). Les chambres à gaz IV et V étaient quant à elles situées au même niveau que les crématoires, mais ceux-ci étaient tellement mal conçus et leur usage tellement intensif qu'ils étaient sujets à des pannes fréquentes et qu'ils furent finalement abandonnés. Les corps furent brûlés à l'air libre, comme en 1943. Les "sonderkommandos" juifs (équipes chargées de la crémation des corps) travaillaient aux crématoires sous la surveillance des SS.

A l'origine, ces infrastructures furent "sous-utilisées". D'avril 1943 à mars 1944, "à peine" 160.000 furent gazés à Birkenau, mais de mars 1944 à novembre 1944, alors que tous les autres camps d'extermination étaient abandonnés, Birkenau battit tous les records précédents en matière d'extermination de masse. La déportation des juifs hongrois et la liquidation de tous les ghettos juifs polonais, tel celui de Lodz, eut comme conséquence le gazage de 585.000 juifs. Cette période fit d' Auschwitz-Birkenau le plus grand et le plus célèbre camp d'extermination de tous les temps.

En octobre 1944, le "sonderkommando" du crématoire IV se révolta et détruisit plusieurs fours. En novembre Himmler ordonna l'arrêt des gazages, et une opération de "nettoyage" fut mise en place pour effacer touts les traces d'extermination. En janvier 1945, les nazis évacuèrent du camp 58.000 prisonniers encore capables de marcher. Ils laissèrent derrière eux dans le camp principal, Birkenau et à Monowitz près de 7.000 prisonniers malades ou invalides. Les nazis étaient persuadés qu'ils ne survivraient que très peu de temps.

Quand les troupes soviétiques libérèrent Auschwitz le 27 janvier 1945, ils trouvèrent ces survivants dans un état pitoyable. Ils découvrirent en même temps 836.525 vêtements féminins, 348.820 vêtement masculins, 43.525 paires de chaussures ainsi qu'un nombre incroyable de brosse à dent, miroirs et autres effets personnels. Ils découvrirent de même 460 prothèses et 7 tonnes de cheveux humains provenant des victimes gazées. Ces cheveux humains étaient achetés 50 pfennig/kilo par la société allemande "Alex Zink" (établie en Bavière) pour la réalisation de vêtements.

 


Ce qui reste des victimes: des montagnes de vêtements et de chaussures (1945)

De façon incroyable, il y eu de nombreux cas de résistance individuelle ou collective à l'intérieur même du camp. Des polonais, des communistes ainsi que de nombreux autres groupes nationaux établirent des réseaux d'aide et de résistance dans le camp. Quelques juifs parvinrent à s'évader de Birkenau, et de nombreux cas de révolte et d'attaque contre les gardes SS furent enregistrés, même aux portes des chambres à gaz. La révolte du "sonderkommando" en octobre 1944 est et restera un extraordinaire exemple de courage et de résistance à la barbarie.


Les enfants d'Auschitz à la libération du camp par les troupes soviétiques (1945)

LA LIBERATION DU CAMP

DOSSIER PHOTOS ET TEMOIGNAGNES


 
Cliquez sur le titre pour lire le texte correspondant

 
Chronologie [1944 - 1950]



27 janvier 1945 Libération du camp d'Auschwitz
30 avril 1945 Décès d'Adolf Hitler
7 mai 1945 Signature de la reddition sans conditions de l'Allemagne
5 juin 1945 Proclamation des Alliés sur l'Allemagne
20 novembre 1945 Ouverture du procès de Nuremberg
26 juin 1948 Début du pont aérien reliant l'Allemagne occidentale à Berlin-Ouest
23 mai 1949 Création de la République fédérale d'Allemagne
14 août 1949 [Résultats] Élections législatives
12 septembre 1949 Theodor Heuss : chef d'État (investiture/assermentation)
15 septembre 1949 Konrad Adenauer : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
7 octobre 1949 Création de la République démocratique allemande 


 

L'armée de l'air d'Israël survole Auschwitz
Par Aschkel - Publié dans : SHOAH
Partager cet article
Repost0
26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 16:48

http://www.slate.fr/story/16295/le-silence-dabraham-sutzkever


Le silence d'Abraham Sutzkever

Le poète Abraham Sutzkever laisse derrière lui d'immenses textes, et onze secondes d'un silence crucial.

Lundi 25 Janvier 2010


Le grand poète yiddish Abraham Sutzkever est mort mercredi dernier à Tel-Aviv, à l'âge de 96 ans. Sa poésie avait été récemment portée par la voix du comédien Gérard Depardieu, qui en avait lu quelques pages en 2007 au festival de Radio-France à Montpellier.

C'est dans sa langue, le yiddish, que Sutzkever avait souhaité prendre la parole, quand il fut choisi par l'Accusation soviétique pour être cité comme témoin devant le Tribunal militaire international, en janvier 1946, à Nuremberg. Il devait y rapporter, en tant que survivant, comment la communauté juive à laquelle il appartenait avait été presque entièrement exterminée par les nazis lors de l'arrivée de la Wehrmacht, suivie par l'Einsatzgruppe A, dans les ghettos de Vilnius. Il avait déjà rédigé un texte, «Le ghetto de Vilna», qui devait être inclus dans le recueil édité par Ilya Ehrenburg et Vassili Grossman, Le Livre noir. L'extermination scélérate des Juifs par les envahisseurs fascistes allemands dans les régions provisoirement occupées de l'urss et dans les camps d'extermination en Pologne pendant la guerre de 1941-1945. Mais ce livre fut interdit par Staline. À Moscou, lors d'une réunion tenue le 16 février 1946, cinq heures furent nécessaires pour rédiger le protocole de sa déposition, qu'il allait devoir faire en russe.

Dans quel état d'esprit se trouve-t-il au moment de prendre la parole devant le tribunal allié? Il l'a dit lui-même après-coup: «Durant deux nuits, avant ma comparution, je n'ai pas pu fermer l'œil. Je voyais devant moi ma mère qui courait, nue, sur un champ de neige, et le sang chaud qui coulait de son corps transpercé se mettait à ruisseler des murs de ma chambre et m'encerclait. [...] Il m'est difficile de comparer mes sentiments. Lequel est le plus fort, de l'affliction ou du désir de vengeance?»

Le voici venir à la barre. Le président, Geoffrey Lawrence, l'invite à s'asseoir, sans succès. Après lui avoir demandé son nom et sa nationalité, il le prie à nouveau de s'asseoir. Sutzkever décline son identité et maugrée quelques mots à l'huissier qui se tient à ses côtés: «J'ai dit deux fois au Marshall que je ne voulais pas m'asseoir, comme ça se fait d'ordinaire. J'ai parlé debout, comme s'il avait été question de réciter le kaddish pour les disparus.» Le procureur russe, Ernst Smirnov, l'interroge alors pour savoir où il se trouvait durant l'occupation allemande, ce à quoi Sutzkever répond: «Vilna.» Puis il lui demande de dire s'il a été «le témoin oculaire de la persécution des Juifs dans cette ville». Sutzkever répond positivement.

Le tribunal attend à présent son récit. Mais voici que Sutzkever ne parle pas. Il semble reculer devant cette échéance pourtant attendue et préparée. Le silence qu'il observe va durer exactement onze secondes. La routine du procès s'interrompt tout à coup. Plus aucune traduction ne parvient à ceux qui ont des écouteurs, renforçant leur attention visuelle à ce qui est en train de se passer.

Ces onze secondes de silence ne sont pas mentionnées dans la transcription officielle de l'audience. Elles n'ont d'existence que dans l'enregistrement audiovisuel du procès, qui fut en effet filmé, sous forme partielle, par des cameramen américains formés par le célèbre cinéaste John Ford. Or, dans l'extrait qui est disponible en ligne sur le site de l'United States Holocaust Memorial Museum, ce silence a été coupé, sans doute pour faire démarrer directement le témoignage sur les premières paroles de Sutzkever. Dans Nuremberg. Les nazis face à leurs crimes, je montre ce moment dans son intégralité.

Au fil des projections publiques de mon film, et des débats qui les ont accompagnées, en France comme à l'étranger, j'ai progressivement fait de ce silence une des sources vives de la mémoire d'Abraham Sutzkever. Il permet en effet aux générations d'aujourd'hui de comprendre comment ce survivant, l'un des tout premiers à témoigner publiquement de l'extermination des Juifs, a cherché à prendre une certaine distance pour donner à son récit une dimension autant collective que personnelle et à nous donner ainsi une place comme spectateur. Ce ne sont pas seulement ses poèmes qui vont survivre à sa disparition, mais également sa présence filmée à Nuremberg.

Christian Delage

(«Mon témoignage au procès de Nuremberg», traduit du yiddish par Gilles Rozier, Europe, «Les écrivains et la guerre», août-septembre 1995, p. 150, disponible sur DVD).

Image de une: REUTERS/Ints KalninsDans un cimetière juif de Vilnius.


Partager cet article
Repost0
26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 10:31
La Solution finale



27 Janvier 2010 Commémoration de la libération du camp d'Auschwitz


Auteur : Le Rav Ken Spiro
pour : lamed
Traducteur: Jacques Kohn
Adapté par Aschkel


Voir l'article 

20/01/1942 - La conférence de Wannsee, les nazis adoptent la "Solution Finale"


Au début de 1942, les Allemands tenaient sous leur botte 9 millions de Juifs (sur un total de 11 millions vivant en Europe et en Union Soviétique), avec l'intention, bien entendu, de les massacrer tous.
Les tueurs des Einsatzgruppen avaient éliminé à la mitrailleuse un million et demi de Juifs, comme nous l'avons vu au chapitre 60. Cela n'était cependant pas un moyen efficace de tuer tous ces millions de gens : il était trop désordonné, trop lent, et d'un coût trop élevé en munitions.
C'est pourquoi les Allemands ont entrepris une politique appelée la " Solution finale ", qui a été décidée au cours d'une conférence tenue à Wannsee, près de Berlin, le 20 janvier 1942 :


"Au lieu de l'émigration, il existe maintenant une autre solution possible à laquelle le Fuhrer a déjà donné son accord. Il s'agit de la déportation vers l'est. Bien que ce ne doive être considéré que comme une mesure provisoire, cela nous fournira l'expérience pratique qui sera spécialement valable lorsque sera entreprise la future solution finale. Au cours de la mise en œuvre pratique de la solution finale, l'Europe sera balayée d'ouest en est".

 

LES CAMPS DE LA MORT


La " Solution finale " - le gazage systématique de millions de Juifs - a été mise en place principalement par les chefs de la Gestapo, à savoir Adolf Eichmann et Reinhardt Heydrich.
Sur les 24 camps de concentration (outre les innombrables camps de travail), six " camps de la mort " à proprement parler ont été créés, à savoir :

 

Auschwitz - 2 millions de personnes massacrées
Chelmno - 360 000 personnes massacrées 
Treblinka - 840 000 personnes massacrées
Sobibor - 250 000 personnes massacrées
Maïdanek - 200 000 personnes massacrées
Belzec - 600 000 personnes massacrées.

Auschwitz est le plus célèbre de tous parce que c'est là que la machine à tuer a été la plus efficace. Entre 1941 et 1944, 12 000 Juifs y ont été gazés chaque jour. En plus des Juifs, des centaines de milliers d'autres individus, considérés comme des menaces envers le régime nazi ou tenus pour racialement inférieurs ou socialement déviants, ont été également mis à mort.

 

Comme si le meurtre de sang-froid de millions de Juifs n'était pas assez, on les a tués avec une cruauté perverse extrême.
Les victimes étaient entassées dans des wagons à bestiaux où elles ne pouvaient se tenir que debout, sans nourriture ni eau, ni chauffage en hiver, ni aménagements de toilettes. Beaucoup mouraient avant d'arriver à destination. Ceux qui y parvenaient avaient la tête rasée, leur chevelure servant à bourrer les matelas. Dépouillés de tous leurs vêtements, la plupart étaient conduits nus dans les chambres à gaz.
Des " expériences médicales " bizarres et sadiques ont été pratiquées sur de nombreuses victimes hors de toute anesthésie. C'est ainsi que l'on a cousu ensemble des gens pour en faire des frères siamois artificiels. D'autres ont été jetés dans de l'eau glacée pour vérifier les limites de l'endurance humaine.
Les Juifs étaient même humiliés après la mort. Les dents en or étaient arrachées des bouches des cadavres. Dans certains cas, on a fait du savon de leurs corps et des abat-jour de leurs peaux.
Certains de ceux qui paraissaient assez robustes étaient utilisés comme esclaves pour l'effort de guerre nazi. Avec des rations de famine, on les portait jusqu'à leurs extrêmes limites physiques, puis on les tuait ou on les envoyait dans les camps de la mort.

 

 

LES EFFORTS DE RÉSISTANCE


Toute tentative d'évasion ou de résistance entraînait des représailles brutales. Le 14 mars 1942, par exemple, un certain nombre de Juifs ont échappé, sur un chantier de travail, au détachement chargé de leur surveillance à Ilja (Ukraine) et ont rejoint les partisans. En punition, tous les Juifs vieux et malades ont été tués à coups de feu dans la rue, et 900 ont été conduits dans un bâtiment où on les a brûlés vifs.
Sam Halpern, un survivant du camp de travail de Kamionka a expliqué : " Je n'ai jamais envisagé de m'évader. Je ne voulais pas que d'autres soient mis à mort à cause de ma décision. "
Il y a eu néanmoins des soulèvements, et ce dans au moins cinq camps et vingt ghettos.
La tentative la plus célèbre a été la révolte du ghetto de Varsovie. Le 19 avril 1943, les Nazis ont commencé sa liquidation - en envoyant ses habitants à Auschwitz - mais ils ont rencontré une résistance armée.
Mordekhaï Anielewicz, qui dirigeait à 23 ans le soulèvement, a écrit dans sa dernière lettre, datée du 23 avril 1943 :

 


"Ce qui est arrivé a dépassé nos rêves les plus insensés. Deux fois les Allemands se sont enfuis de notre ghetto. Un de nos pelotons a tenu quarante minutes et l'autre six heures… Je n'ai pas de mots pour vous décrire les conditions de vie des Juifs. Seul un petit nombre survivra ; les autres périront tôt ou tard. Les dés en sont jetés. Dans les caves où se cachent nos camarades, on ne peut, faute d'aération, allumer aucune bougie… L'essentiel est que le rêve de ma vie est devenu vrai ; j'ai assez vécu pour voir la résistance juive dans le ghetto dans toute sa grandeur et toute sa gloire."

 


Mais à la fin, les Juifs ne pouvaient plus tenir face à l'artillerie, aux mitrailleuses et aux troupes allemandes. Les Allemands détenaient 1 358 fusils contre 17 chez les Juifs. Le résultat final a été la destruction de tout le ghetto, ceux qui se cachaient dans les caves étant brûlés vivants.

 

 

SANS PRÉCÉDENT


La tentative nazie visant à l'élimination délibérée et systématique de tout un peuple de la planète a été sans précédent dans l'histoire humaine.
Hitler s'en est pris aux Juifs pour une raison spécifique, qui n'était pas seulement raciale. L'élimination des Juifs avait un " statut " unique dans son plan directeur. S'il est vrai qu'il a fait massacrer des millions d'autres êtres humains, comme les Gitans, les homosexuels, etc., il a prévu des exceptions dans chacun de ces groupes. Le seul groupement humain pour lequel aucune exception n'a jamais été tolérée était les Juifs : Ils devaient mourir tous.
Voici ce qu'écrit Lucy Dawidowicz dans The War Against the Jews :

 


"La solution finale a transcendé les frontières de l'expérience historique moderne. Jamais avant dans l'histoire moderne un peuple n'avait fait du massacre d'un autre l'accomplissement d'une idéologie, où les moyens employés étaient identiques aux fins. L'histoire a enregistré, nous le savons tous, des massacres et des destructions terribles perpétrés par des peuples contre d'autres peuples. Mais tous, pour cruels et injustifiables qu'ils aient été, étaient destinés à des fins instrumentales, comme étant des moyens employés en vue d'un aboutissement, et non des aboutissements en eux-mêmes."

 


Autrement dit, l'élimination des Juifs n'était pas une fin en soi. Elle était un moyen en vue d'une fin. Ce qu'était cette fin, Hitler l'a expliqué lui-même dans ses écrits et ses discours.
Hitler avait compris qu'avant la naissance de la vision éthique juive, le monde fonctionnait comme une jungle.
Hitler était persuadé qu'avant le monothéisme et la naissance de la vision éthique juive, le monde fonctionnait selon les lois de la nature et de l'évolution : la survie du plus robuste. Le fort survivait et le faible périssait. Mais dans un monde opérant selon un système éthique dicté par une divinité, où ce sont des normes d'origine divine qui s'appliquent et non la loi du plus fort, les faibles n'ont pas à craindre les forts. Selon la vision de Hitler, les forts s'en trouvent émasculés, et cela par la faute des Juifs.
Son plan - dont il s'en est fallu de peu qu'il ne parvînt à exécution - a consisté à conquérir le monde et à y installer une race barbare supérieure. Mais pour y arriver, il fallait commencer par se débarrasser des Juifs. Comme il disait :

 


"Les Dix Commandements ont perdu leur validité… La conscience est une invention juive. Elle est une souillure comme la circoncision… La lutte pour la domination mondiale est menée entièrement entre nous, entre les Allemands et les Juifs."

 


(Hermann Rauschning, Hitler Speaks, p. 220 et 242.)

Toute sa machine de guerre a été orientée dans ce but. Tout à la fin, la destruction de son armée par les Alliés le dérangeait moins que de savoir que des Juifs étaient encore en vie.
Il a dérouté des trains dont il aurait eu le plus grand besoin pour transporter des renforts de troupes sur le front russe, où il était en train de perdre la guerre, uniquement pour continuer d'envoyer des Juifs à Auschwitz. Pour lui, le plus grand ennemi était le Juif.
La dernière chose qu'il a affirmée avant de se suicider dans son bunker le 30 avril 1945 a été une exhortation à continuer le combat contre l'ennemi de toute l'humanité - les Juifs. Voici ce qu'ordonnait sa dernière dépêche :

 


"Et surtout, j'enjoins aux dirigeants de la nation et à ceux placés sous leurs ordres d'appliquer intégralement les lois raciales et de s'opposer impitoyablement à l'empoisonneur universel de tous les peuples, la juiverie internationale."

 

 

LE CONTEXTE HISTORIQUE


Il est important de noter ici que l'antisémitisme qui a conduit les Nazis à commettre l'impensable n'est pas apparu spontanément. Ce n'était même pas la philosophie personnelle de Hitler.
Rappelons (voir chapitre 53) que c'est un grand penseur allemand du XIXème siècle, Wilhelm Marr, qui a employé pour la première fois le terme " antisémitisme ". Il voulait, en introduisant ce mot, distinguer la haine des Juifs comme membres d'une religion (" antijudaïsme ") de celle des Juifs comme membres d'une race/nation (" antisémitisme "). Il écrivit en 1879 un livre intitulé Victoire du judaïsme sur le germanisme qui a connu de grands succès et où il avertissait :

 


"Il n'y a pas moyen d'arrêter les Juifs. Existe-t-il quelque signe que leur crépuscule soit proche ? Non ! Le contrôle de la société et de la politique par la juiverie ainsi que sa domination sur la pensée religieuse et ecclésiastique n'en sont encore qu'au début de leur développement. Oui, grâce à la nation juive l'Allemagne va devenir une puissance mondiale, une nouvelle Palestine occidentale. Et cela n'arrivera pas par une révolution violente mais par la soumission des gens. Nous ne pouvons rien reprocher aux Juifs. Ils se sont battus contre le monde occidental pendant 1 800 ans et ont fini par le vaincre. Nous avons été vaincus. Les Juifs ont entrepris tardivement leur assaut sur l'Allemagne, mais une fois commencé rien ne les a arrêtés…"

 


"Je réunis les dernières forces qui me restent afin de mourir paisiblement comme quelqu'un qui ne capitulera pas et qui ne demandera pas pardon. Il est un fait historique patent qu'Israël est devenu la première superpuissance politique et sociale du XIXème siècle. Nous avons parmi nous une tribu étrangère malléable, tenace et intelligente qui sait comment et de beaucoup de manières différentes rendre palpables les réalités abstraites. Ce ne sont pas des Juifs individuels mais l'esprit et la conscience juifs qui ont terrassé le monde. Tout cela est la conséquence d'une histoire culturelle si unique et si grandiose en son genre, que les polémiques de chaque jour ne peuvent rien contre elle. Malgré la puissance de ses armées, l'orgueilleux Empire romain n'a pas accompli ce que le sémitisme a réalisé à l'ouest et particulièrement en Allemagne."

 


Gardons bien présent à l'esprit que lorsque Marr a écrit ces mots, l'Etat d'Israël n'existait pas, et rien ne laissait penser, au plan de la situation géopolitique de l'époque, qu'il pourrait naître un jour. Lorsque Marr parlait de la menace nationale juive, il faisait allusion à la grande lutte idéologique menée par la judaïsme contre le paganisme, telle qu'elle avait caractérisé toute l'histoire juive. Nous l'avons observée entre les Grecs et les Juifs (chapitre 27) et entre les Romains et les Juifs (chapitre 33).
Pour Hitler, elle était en train de continuer entre les Allemands et les Juifs.

 

 

UNE LUMIÈRE POUR LES NATIONS


L'idée que se faisait Hitler du rôle des Juifs dans le monde n'était pas fausse. Elle correspondait, en fait, à la vision juive traditionnelle. Quand les Juifs ont accepté la Tora au Mont Sinaï, ils sont devenus le peuple élu dont le rôle et la responsabilité sont d'introduire dans le monde un code de moralité d'origine divine. Ils devaient devenir, selon les termes employés par le prophète Isaïe, " une lumière pour les nations ".
C'est à cela que Hitler voulait mettre fin, considérant que les Juifs, aussi longtemps qu'il y en aurait, même en petit nombre, continueraient d'accomplir cette mission donnée par Dieu :

 


"S'il ne reste qu'un seul pays, pour quelque raison que ce soit, à tolérer une famille juive sur son sol, cette famille deviendra le point d'éclosion d'une nouvelle sédition. Si un seul petit garçon juif survit, même sans aucune éducation juive, sans aucune synagogue ni aucune école hébraïque, le judaïsme n'en habitera pas moins son âme. Même s'il n'y avait jamais eu de synagogue ou d'école juive ou d'Ancien Testament, l'esprit juif continuerait d'exister et d'exercer son influence. Il en a été ainsi depuis les origines, et il n'est pas un Juif, pas un seul, qui ne le personnifie pas."

 

(Hitler's Apocalypse, de Robert Wistrich, p. 122.)


Quand nous considérons cela selon cette perspective, nous recueillons une vision complètement différente de ce qu'a représenté la Shoah. Le judaïsme traditionnel considère qu'elle a fait partie de la lutte ultime entre le bien et le mal telle qu'elle se poursuit depuis le commencement des temps.

 

 

LA LIBÉRATION


En fin de compte, Hitler n'a pas réussi à mettre à exécution son plan d'élimination complète des Juifs. Il a cependant réussi à massacrer un tiers de la population juive mondiale et à enseigner au monde la signification du mal.
Quand les armées alliées (les Russes à l'est et les Américains et les Britanniques à l'ouest) ont libéré les camps vers la fin de la guerre, ils ont été accueillis par des scènes d'une indéfinissable horreur.
Les films tournés par les forces alliées lorsqu'elles sont entrées dans les camps étaient si horribles qu'ils n'ont pas été projetés publiquement de nombreuses années durant.

 

La libération n'a pas mis fin à la mort de Juifs.
Malgré les efforts des Alliés pour les sauver, beaucoup de victimes ont péri d'épuisement et de maladie après la libération. Dans le camp de Bergen-Belsen, 13 000 sont morts après l'arrivée de leurs libérateurs britanniques.
Certains survivants ont été tués par des partisans et des paysans non juifs après être sortis des camps. Certains ont essayé de récupérer leurs appartements, mais n'y ont rien trouvé ou se sont heurtés à de nouveaux occupants qui refusaient de quitter les lieux.
Le total des morts a dépassé tout ce qu'on pouvait imaginer.
En se basant intentionnellement sur les chiffres minimaux et probablement sous-estimés, Sir Martin Gilbert, dans son ouvrage The Holocaust, estime à au moins 5 950 000 le nombre de Juifs massacrés entre 1939 et 1945.
Ce chiffre représente à peu près la moitié de toute la population juive d'Europe.

Le judaïsme d'Europe de l'est a été presque entièrement effacé.
Mais si la Shoah a marqué le fin de la communauté juive d'Europe de l'Est, elle a été la cause - au moins indirectement - de la renaissance d'Erets Yisrael, sous la forme d'un Etat juif pour la première fois depuis 2 000 ans. Nous verrons dans notre prochain chapitre comment cet Etat est devenu de nos jours le grand refuge pour les Juifs.

r
Par Aschkel
Partager cet article
Repost0
26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 10:24
Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 05:25

La ShoahTandis que l’Allemagne nazie entreprenait de se saisir systématiquement des Juifs et de les exécuter, le reste du monde fermait ses yeux et ses portes.



27 Janvier 2010 Commémoration de la libération du camp d'Auschwitz


Auteur : Le Rav Ken Spiro
pour : lamed
Traducteur: Jacques Kohn
Adapté par Aschkel


C’est un vaste sujet , l’un des plus douloureux de l’histoire du peuple juif. Il existe actuellement environ 1 200 livres imprimés qui examinent pourquoi c’est arrivé, comment c’est arrivé, avec tous les détails.

Voici quelques ouvrages classiques relatifs à la Shoah :
The Holocaust, par Martin Gilbert.
The War Against the Jews 1933–1945, par Lucy S. Dawidowicz.
La nuit, par Elie Wiesel, lauréat du Prix Nobel.
Le Journal d’Anne Frank.
Hitler’s Willing Executioners : Ordinary Germans and the Holocaust, par Daniel Jonah Goldhagen.
La destruction des Juifs d’Europe, par Raul Hilberg.
On peut également visiter :
Le Musée Yad Vashem à Jérusalem.
Le Musée de la Shoah à Washington.
Le Musée de la Tolérance à Los Angeles.


Sur Internet, on essayera : www.aish.com/holocaust/default.asp


Il n’est pas possible, dans le cadre de ce résumé d’histoire juive, de développer amplement ce terrible événement au cours duquel toute une nation, l’Allemagne nazie, a pris pour cible tout un peuple, les Juifs, dont elle a assassiné systématiquement et avec une froide cruauté six millions de ses membres. Le mot « génocide » est celui qui le décrit le mieux, et il n’existait pas auparavant.


La Shoah jette une question à la face de toute l’humanité : comment des peuples civilisés ont-ils pu en arriver là ?


Non seulement l’Allemagne nazie a essayé d’éliminer les Juifs de toute la terre, mais presque aucun autre pays dans le monde n’a levé le petit doigt pour l’en empêcher.
Il y a eu, bien sûr, des actes isolés d’héroïsme de la part de certains non-Juifs, mais l’histoire en apporte un témoignage muet : leur effort a été dérisoire. La plupart n’ont rien fait quand les Juifs mouraient.

 

La Shoah jette une question à la face de toute l’humanité : comment des peuples civilisés ont-ils pu en arriver là ?
Nous disposons d’un indice, où transparaît la réponse à cette question, provenant d’Adolf Hitler lui-même :
Oui, nous sommes des barbares ! Nous voulons être des barbares, c’est un titre qui nous honore… La Providence a décrété que je serai le plus grand libérateur de l’humanité. Je veux libérer l’homme des… répugnants et dégradants scrupules d’une vision erronée (une invention juive) connue sous les noms de « conscience » et de « moralité ».
(Voir les livres de Hermann Rauschning : Hitler Speaks et Voice of Destruction.)

 

 

ADOLF HITLER

 

Nous allons pour commencer explorer quelques-uns des grands mythes relatifs à Hitler.


Adolf Hitler, qui est né à Braunau (Autriche) en 1889, n’a eu dans son enfance et son adolescence que de bons rapports avec les Juifs, contrairement à une croyance populaire qui essaie de mettre ses actes au compte de quelque vendetta. Dans sa jeunesse, quand il s’essayait à des travaux d’artiste, beaucoup de ceux qui l’ont soutenu étaient des Juifs. Bien plus, il a fréquenté de nombreux Juifs, comme son médecin de famille ou l’officier commandant son unité pendant la première Guerre mondiale, qui lui a attribué la Croix de Fer.


Et pourtant, malgré ces expériences positives, Hitler ressentait une haine envers les Juifs profondément ancrée en lui-même. Selon les enseignements de l’histoire juive, le seul peuple à éprouver une telle aversion pathologique est celui d’Amaleq.

(Amaleq, a toujours été l’ennemi héréditaire du peuple juif à travers l’histoire. Son ambition majeure est de débarrasser le monde des Juifs et de leur influence morale et de ramener la planète à l’idolâtrie, au paganisme, et à la barbarie.)

La haine de Hitler envers les Juifs n’était pas illogique.
La haine de Hitler envers les Juifs, comme celle des Amalécites, n’était pas illogique. On peut même dire qu’elle était rationnelle, en ce qu’il avait un motif qu’il comprenait très bien, comme nous allons le voir.
Hitler n’était pas fou non plus. Il avait ses névroses, mais il n’était pas fou. Le fait est qu’il était un brillant manipulateur politique. Nous pouvons certainement dire beaucoup de choses horribles à son sujet, mais il a été l’un des plus grands orateurs publics de l’histoire humaine. Celui qui sait l’allemand comprendra que des foules de Germains blonds et aux yeux bleus aient pu applaudir avec un tel enthousiasme un homme dont l’apparition même contredisait tout ce qu’il prêchait. Il était là, avec des cheveux noirs et des yeux bruns, aussi éloigné que l’on pût être des modèles proposés par les Aryens, la race supérieure dont il voulait peupler la terre. Et pourtant ils lui ont été d’une totale loyauté et lui ont sacrifié leurs vies.
Hitler a été démocratiquement élu en 1932, et il est devenu l’année suivante Chancelier d’Allemagne. Dès son accession au pouvoir, il a créé le camp de Dachau, non pas comme camp de concentration pour les Juifs, ce qui viendra plus tard, mais comme un lieu d’internement pour ses adversaires politiques. Peu à peu, il s’empara du système démocratique très sophistiqué de la République allemande de Weimar et en a fait un Etat totalitaire.
Une fois sa dictature en place, Hitler s’engagea dans une politique consistant à arracher brutalement des parties entières de l’Europe.
L’Europe n’eut au début aucune réaction, et encore moins les Etats-Unis. Hitler annexa l’Autriche à l’Allemagne en 1938, par consentement mutuel. Puis il s’empara d’une grande partie de la Tchécoslovaquie, à savoir une région appelée les Sudètes, sans l’accord des Tchèques mais avec la bénédiction des puissances européennes, notamment l’Angleterre et la France. Le Premier ministre britannique en fonctions à cette époque, Neville Chamberlain, montra dans son discours le peu d’intérêt que son pays portait aux problèmes de l’Europe de l’est :

"Il est horrible, fantastique et incroyable qu’ici nous creusions des tranchées et essayions des masques à gaz, à cause d’une querelle dans un pays lointain entre des gens dont nous ne savons rien… Quelle que soit notre sympathie pour une petite nation opposée à un grand et puissant voisin, nous ne pouvons nous engager à entraîner dans la guerre, en toutes circonstances, l’Empire britannique tout entier pour le seul compte de cette nation."


Le 29 octobre 1938, l’Angleterre et la France conclurent à Munich un pacte avec Hitler, promettant de regarder ailleurs… Après quoi, Chamberlain, satisfait de voir l’Europe préservée de Hitler, déclara :
Je crois que notre époque sera celle de la paix… la paix dans l’honneur.
Une année après cette annonce infâme éclata la seconde Guerre mondiale, une guerre qui fit cinquante millions de morts, démontrant ainsi la naïveté criminelle du dirigeant d’un pays qui voulait croire que l’on peut gagner la paix en pactisant avec le mal.

 

 

L’OFFENSIVE CONTRE LES JUIFS

 

Trois ans avant de commencer de défiler à travers l’Europe, Hitler se préparait déjà à mettre au point son programme pour se débarrasser des Juifs.
Cela commença en 1935 avec les lois de Nuremberg. Ces lois ont totalement aboli tous les droits que les Juifs avaient obtenus dans l’Allemagne d’après les « Lumières ».
Longtemps avant les « Lumières », les Juifs étaient haïs parce qu’ils étaient différents et qu’ils refusaient de s’assimiler. Puis l’Allemagne, après les « Lumières », a été le pays où ils ont pu s’assimiler le plus facilement (voir chapitres 53 et 54). C’est dans ce même pays, maintenant, qu’on les haïssait parce qu’ils s’étaient trop bien mélangés. Hitler était hanté, comme dans un cauchemar, par la crainte de voir les Juifs et les Allemands se marier ensemble et corrompre le patrimoine génétique de la race des Maîtres.
D’où les lois suivantes, destinées à préserver « la pureté du sang allemand » :
– Interdiction des mariages entre Juifs et sujets de sang allemand ou d’ascendance allemande.
– Interdiction des relations extraconjugales entre Juifs et sujets de sang allemand ou d’ascendance allemande.
– Un citoyen du Reich doit être obligatoirement un Allemand de sang allemand, et il doit montrer par sa conduite qu’il est à la fois désireux et apte à servir dans la foi du peuple allemand et du Reich. Seul le citoyen du Reich est titulaire de droits politiques.
– Un Juif ne peut pas être un citoyen du Reich. Il ne possède pas le droit de vote. Il ne peut occuper de fonction publique.
– Il est interdit aux Juifs d’arborer le drapeau national du Reich ou de porter les couleurs nationales.
Systématiquement, les Juifs ont perdu leur citoyenneté, leurs droits politiques, leurs droits économiques.
C’est alors qu’a commencé la violence.

 

 

PORTES CLOSES

 

La première explosion majeure de violence nazie contre les Juifs a été la Kristallnacht – la « nuit du verre brisé ». Elle a eu lieu le 9 novembre 1938. Cette nuit-là, 191 synagogues ont été détruites et 91 Juifs ont été tués, beaucoup après avoir été frappés à mort.
Ensuite, 30 000 Juifs ont été arrêtés et condamnés à une amende d’un milliard de Marks (soit environ 400 millions de Dollars) pour le dommages qui avaient été causés par les Allemands.
Ç’ en était trop ! Beaucoup d’entre eux ont alors essayé de quitter l’Allemagne. Malheureusement, très peu d’endroits dans le monde les ont acceptés. Par exemple, quand on demanda au ministre des Affaires Etrangères du Canada combien de Juifs son pays allait accueillir, il répondit : « Aucun, et c’est encore trop ! »

 

Quand on demanda au ministre des Affaires Etrangères du Canada combien de Juifs son pays allait accueillir, il répondit : « Aucun, et c’est encore trop ! »
Le Etats-Unis, où régnait, comme nous l’avons vu au chapitre 59, un fort courant antisémite, n’en acceptèrent que 200 000.
Même quand il devint clair que les Allemands persécutaient les Juifs, le Département d’Etat américain imposa des conditions si strictes à leur admission dans ce pays que 75 % des contingents d’entrée auxquels ils auraient eu droit ne furent pas attribués. On ne peut que s’étonner que tant de Juifs qui auraient pu, en théorie, partir en Amérique, n’aient pas rempli ces conditions.
Tout comptes faits, ce sont environ 800 000 Juifs qui ont effectivement trouvé refuge dans divers pays du monde. Mais la majorité n’a pas pu sortir d’Allemagne.
(Pour plus de détails sur ce sujet, on pourra lire : While Six Million Died: A Chronicle of American Apathy, par Arthur D. Morse, un ouvrage contenant des accusations cinglantes.)

 

 

LA SECONDE GUERRE MONDIALE

 

 

La seconde Guerre mondiale commença le 1er septembre 1939, quand l’Allemagne envahit la Pologne.
Cette invasion déclencha l’entrée en guerre contre l’Allemagne de l’Angleterre et de la France. Le 22 juin 1940, la France signa un armistice avec l’Allemagne, laissant l’Angleterre continuer seule la lutte. Les Etats-Unis n’ouvrirent les hostilités qu’en 1941, après que le Japon eut bombardé Pearl Harbor.
A ce moment-là, presque toute l’Europe était sous le contrôle de Hitler. Les Allemands s’étaient montrés particulièrement habiles dans la conduite des opérations militaires. Ils avaient développé l’utilisation des blindés avec soutien aérien ce qu’ils appelaient leblitzkrieg, c’est à dire la « guerre-éclair » et aucune armée n’avaient pu les arrêter.
D’abord les Russes, puis les Britanniques et les Américains, les ont finalement contenus, mais il leur a fallu de nombreuses années et le coût en vies humaines a été particulièrement élevé.
Au début du conflit, Hitler avait signé un pacte de non-agression avec Staline, mais en juin 1941, il le viola et envahit l’Union Soviétique. Ici aussi, les Allemands enregistrèrent au début de nombreux succès, et ce parce que Staline avait purgé son armée de tous ses généraux compétents : Il les avait tous fait tuer.

 

 

Les Einsatzgruppen, unités allemandes spéciales, ont commencé d’exécuter les Juifs.
Au début, les Allemands se sont enfoncés en Union Soviétique comme par une promenade. Et sur leur chemin se trouvaient de nombreux Juifs. Aussitôt, Hitler inaugura sa campagne en vue de les éliminer.
Les Einsatzgruppen, unités allemandes spéciales, ont commencé d’exécuter systématiquement les gens et environ un million et demi de Juifs ont été tués rien que par eux. Ils les rassemblaient, habituellement au sommet d’un profond ravin ou devant une fosse qu’ils étaient souvent forcés de creuser eux-mêmes, et ils étaient alors mitraillés. Ceux qui ne mouraient pas immédiatement de leurs blessures par balles étaient enterrés vivants.
C’est ce qui est arrivé dans la forêt de Babi Yar près de Kiev, en Ukraine. A cet endroit, selon les archives « officielles » allemandes, 33 782 hommes, femmes et enfants furent exécutés au-dessus d’un ravin en septembre 1941.
Mais le pire restait à venir.

A suivre ....
Partager cet article
Repost0
22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 13:24
Source : Le Matin
Bernard Kouchner rend hommage au poète yiddish Avraham Sutzkever

Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a rendu hommage jeudi au poète yiddish israélien d'origine polonaise Avraham Sutzkever, mort mercredi à Tel Aviv à l'âge de 96 ans.(source AFP)


 

Disparition de Avraham Sutzkever (21 janvier 2010)


http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/salle-presse_832/declarations_19727/

Déclaration de Bernard Kouchner


"C’est avec beaucoup d’émotion que j’apprends la disparition de Avraham Sutzkever.

Je souhaite rendre hommage à sa mémoire et à son œuvre entièrement consacrée à la culture Yiddish. Avec Avraham Sutzkever, la culture yiddish perd l’un de ses plus grands poètes et l’un de ses artistes les plus reconnus dans le monde, un intellectuel engagé ayant fait preuve d’un très grand courage personnel et de dignité face aux persécutions alors qu’il fut l’un des rares survivants du ghetto de Vilnius.

Il a connu la tragédie de la Shoah, et son témoignage aura constitué un moment important au procès de Nuremberg. Son œuvre poétique profondément enracinée dans la culture Yiddish - celle-la même que les nazis avaient voulu faire disparaître - est universelle et compte de nombreux admirateurs notamment en France. Elle témoigne de sa volonté que ne s’éteignent ni le cri des suppliciés, ni la parole des survivants, ni la langue des disparus des camps d’extermination nazis.

La France, où l’enseignement du yiddish connaît un renouveau notable, mesure l’étendue de la peine et de la tristesse de la famille et des proches d’Avraham Sutzkever. A eux, ainsi qu’au gouvernement d’Israël qu’il avait choisi de rejoindre dès la création de cet Etat, j’exprime mon chagrin et mon émotion."

Partager cet article
Repost0
19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 19:30

Les vrais sauveurs des Juifs soviétiques ?
Par SHEILA SILVER
18.01.10

Quarante ans ont passé depuis les premières manifestations de l'Union nationale des étudiants israéliens, organisées à l'Université hébraïque de Jérusalem par une poignée de meneurs déterminés. Des manifestations qui ont servi de catalyseur, poussant le gouvernement israélien et l'Agence Juive à initier la campagne mondiale en faveur des Juifs soviétiques. Mais, comme toujours, les véritables héros restent dans l'ombre, et d'autres s'attribuent le mérite de l'affaire. "La réussite a de nombreux parents, mais l'échec est orphelin", disent les Américains. Or cette histoire compte sans doute parmi les plus belles réussites de notre temps.


En mai 1969, Yona Yahav, étudiant à l'Université hébraïque de Jérusalem et président de l'Association nationale des étudiants israéliens, suggère à Zvi Raviv, un autre étudiant, de créer un comité de soutien aux Juifs d'URSS, qui subissent des persécutions. Devant la surprise de Raviv, qui ignore tout du problème, Yahav lui propose de rencontrer un nouvel immigrant russe à Tel-Aviv.

“Laissez sortir mon peuple” : tel est le slogan inscrit sur les pancartes brandies, à travers le monde, dans toutes les manifestations contre le traitement infligé par l’URSS aux Juifs.
Photo: JPost


Raviv accepte, à condition qu'ils n'y passent pas toute la soirée et qu'ils aillent retrouver des amis ensuite. Ils se rendent donc dans la métropole côtière où ils rencontrent Dov (Boris) Sperling. Ce que leur relate ce dernier sur la situation des Juifs d'Union soviétique les stupéfie à tel point qu'ils en oublient l'un comme l'autre les amis qui les attendent. Sperling leur raconte des histoires de persécution et de départ en exil vers la glaciale Sibérie, à bord de longs trains, des histoires qui réveillent chez les deux auditeurs le souvenir hérité d'une époque pas si lointaine où l'on persécutait les Juifs et où on les conduisait dans des wagons à bestiaux vers les chambres à gaz.


De retour à Jérusalem, les deux jeunes gens réfléchissent à ce qu'ils viennent d'entendre : ils en arrivent à la conclusion que ces récits renferment une grande part d'exagération. Aussi passent-ils plusieurs semaines à se documenter sur le sujet et à vérifier chacun des détails fournis par Sperling. Ils doivent se rendre à l'évidence : Sperling n'a rien inventé. Il n'a dit que la vérité.


Mais que fait l'Etat ?


Une question se pose alors à eux : pourquoi le gouvernement israélien, qui ne peut ignorer la situation, ne cherche-t-il pas à la faire connaître et se contente-t-il de timides actions sans impact et de démarches diplomatiques courtoises ?


Conscients de l'extrême nécessité de sauver les Juifs d'URSS, Raviv et Yahav initient un mouvement à l'Université hébraïque. Ils défilent à la tête de manifestants porteurs de pancartes qui proclament : "Laissez sortir mon peuple !", faisant écho aux paroles bibliques de Moïse, soucieux de libérer les enfants d'Israël.


En apprenant leur intention d'interrompre les cours une heure durant et d'appeler l'ensemble des étudiants à protester, le recteur de l'université s'alarme et appelle Raviv à son bureau. Il lui explique qu'il est interdit de manifester dans l'enceinte du campus et de troubler l'organisation des cours. La grève d'une heure doit donc être annulée.


Sans se démonter, Raviv lui répond que si l'université interdit la manifestation, le corps étudiant se mobilisera pour faire grève une journée entière. De mauvaise grâce, le recteur se résigne donc à tolérer la manifestation d'une heure. Celle-ci est retransmise à la radio, dans la très populaire émission Bahatzi Hayom, et attire l'attention du Shin Bet. Les Services généraux de sécurité israéliens contactent les trois leaders (Avi Plaskow s'est joint aux deux premiers) pour les encourager à renoncer à leur mouvement de protestation.


Les trois jeunes gens ne se laissent pas intimider, bien au contraire, et demandent un entretien au chef du gouvernement. A leur grande surprise, Golda Meïr leur accorde un rendez-vous de 20 minutes. C'est ainsi que Raviv, Yahav et Plaskow se retrouvent dans le bureau du Premier ministre, qui leur explique que le gouvernement a choisi la voie diplomatique douce pour venir en aide aux Juifs d'URSS. Faire trop de vagues mettrait en danger les Juifs vivant sous le régime communiste, explique Golda Meïr. Puis elle les reconduit poliment vers la sortie, convaincue que ses paroles ont fait mouche. Elle se trompe.


"Mme Meïr", lui déclare Raviv, "nous allons continuer à manifester, à brandir des pancartes et à envoyer des cartes postales, parce que, dans vingt ans, quand j'aurai des enfants et qu'ils me demanderont ce que j'ai fait pour sauver les Juifs d'Union soviétique, je veux pouvoir leur répondre. Contrairement à la génération de mon père, qui n'a rien fait et a vu mourir six millions de Juifs."


- Vous ne connaissez pas notre histoire, jeune homme, rétorque Golda Meïr, surprise par tant d'insolence. Nous avons envoyé des parachutistes en Europe.
- A la vérité, Madame, je suis étudiant en histoire. Nous avons envoyé 37 parachutistes, dont la majorité n'a pas réussi à échapper à l'ennemi, répond Raviv.
- A l'époque, nous n'avions pas de pays, se défend Golda Meïr.
- Certes, mais maintenant, nous en avons un, riposte Raviv.


D'une mentalité
de diaspora vers la conscience d'un Etat


Ce jour-là, dans le bureau du Premier ministre d'Israël, Raviv, à son grand désarroi, vient de s'apercevoir qu'il ressent la même angoisse qu'ont dû éprouver, avant lui, ceux qui se sont levés pour résister en tant que Juifs. Apparemment, vingt ans après la Shoah, et presque autant pour la création de l'Etat, Golda Meïr n'avait toujours pas assimilé que la mentalité de diaspora n'était plus de mise. Les paroles de Raviv vont lui en faire prendre conscience.


Golda Meïr reconduit alors les trois jeunes gens dans son bureau. Là, elle leur pose des centaines de questions sur la stratégie à adopter, la faisabilité de l'entreprise, et commence à réfléchir sur les façons d'éduquer et d'assimiler un nombre d'immigrants potentiels aussi considérable. Pour chacune de ses questions, Yahav (aujourd'hui maire de Haïfa) sort des dossiers remplis de chiffres et de propositions. Au lieu des 20 minutes initialement allouées, les trois étudiants restent près d'une heure et demie avec le Premier ministre.

En sortant, plus que jamais convaincus que leur houtzpa était justifiée, Raviv, Yahav et Plaskow comprennent à quel point Golda Meïr les a pris au sérieux lorsqu'ils découvrent les visiteurs qui, à bout de patience, attendent à la porte : Yigal Allon, vice-Premier ministre, et Zvi Zamir, chef du Mossad, quelque peu surpris de voir ces trois étudiants quitter le bureau en aussi bons termes avec le Premier ministre. Trois jours plus tard, la secrétaire personnelle de Golda Meïr, Adi Yafé, appelle Yahav pour informer l'organisation estudiantine que le Cabinet s'est réuni en session extraordinaire : il a voté pour "rendre public" le combat en vue de sauver les Juifs soviétiques et de les ramener à la maison.
Par la suite, le Premier ministre accepte d'apparaître sur une scène en compagnie d'anciens refuzniks et de plaider publiquement pour l'aliya des Juifs d'URSS. Le gouvernement la suit, tant sur le plan diplomatique et financier qu'émotionnel.


La campagne devient alors mondiale. Les différentes communautés et organisations juives commencent à faire pression sur le gouvernement soviétique, sous la banière : "Laissez sortir mon peuple !". Au programme : organisation de manifestations silencieuses à l'occasion des événements culturels russes, envoi de cartes postales aux ambassades d'Union soviétique pour exiger la liberté de quitter le pays, sans parler du merveilleux mouvement que lance la SACSJ (Student and Academic Campaign for Soviet Jewry) à Londres, "Hands accross the Embassies".


D'une campagne nationale à un éveil international


En 1977, avec le Keren Hayesod, Raviv organise la première mission de jeunes dirigeants de communautés de 30 pays, le "Yahdav". A cette occasion, il rencontre Avital Sharansky, qui lui parle de son mari emprisonné : il sera exilé en Sibérie sous peu. Raviv l'invite à s'exprimer devant le Yahdav, et lui offre ainsi sa première tribune internationale. L'épouse d'Anatoly (Natan) Sharansky fera par la suite des centaines de discours à travers le monde et sa détermination à obtenir la libération de son mari deviendra le symbole de la lutte en faveur de tous les Juifs soviétiques.


Raviv, de son côté, milite lui aussi à travers le monde. Son objectif : éveiller les consciences sur les souffrances des Juifs d'URSS et recueillir de l'argent pour favoriser leur venue en Israël. Les pancartes "Laissez sortir mon peuple" surgissent un peu partout dans des manifestations aux quatre coins du globe. Un lobbying de diplomates de nombreux pays encourage la perestroïka (reconstruction russe). Progressivement, les Juifs russes obtiennent le droit de partir en Israël. Le rêve devient réalité en 1990, quand ils arrivent à Ben Gourion, non plus au compte-gouttes, mais par flots successifs : plus d'un million d'entre eux acquièrent la nationalité israélienne, tandis que plus de 500 000 autres deviennent des citoyens libres de divers autres pays.


En 1991, Raviv se rend à Moscou avec un groupe de dirigeants du Keren Hayesod. Sur la place Rouge, il sort de sa poche un immense drapeau d'Israël, qu'il déploie. Le groupe se fait fièrement photographier à deux pas du Kremlin, sans se douter que l'homme qui vient de sortir le drapeau est celui qui a déclenché, en Israël, tout le processus de libération des Juifs soviétiques. Un touriste américain qui passe par là lance à sa femme : "Cette fois, j'aurai tout vu !"
Un grand nombre de personnes à travers le monde ont œuvré avec zèle et dévotion pour faire connaître au grand public le calvaire des Juifs d'URSS et il est impossible de les citer tous. Toutefois, il existe aujourd'hui en Israël un petit groupe d'initiateurs qui méritent une reconnaissance. Grâce à eux, notre petit pays s'est agrandi et enrichi de gens de valeur, scientifiques, médecins, artistes, et de toute une génération nouvelle d'Israéliens.


Ces initiateurs, ce sont ces trois étudiants qui, par une journée d'octobre 1969, avec une bonne dose de houtzpa et forts du souvenir de l'impensable désastre qui s'était abattu sur le peuple juif, à peine plus de 20 ans plus tôt, ont mis en branle la roue de l'Histoire.


Mais en fin de compte, les vrais héros de cette aventure, ce sont les centaines de Juifs d'URSS qui furent les fers de lance du combat. Ces hommes qui se sont levés au péril de leur vie pour parler au nom de tous les Juifs soviétiques, afin de pouvoir réaliser leur rêve : être un jour reconnus en tant que Juifs et jouir du droit de pratiquer leur judaïsme en toute liberté et, surtout, d'émigrer en Israël, de rentrer à la maison.

Partager cet article
Repost0
19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 12:23



Le Times of India a indiqué la semaine dernière que le gouvernement israélien avait demandé à une généticienne indienne de rechercher un éventuel lien entre la tribu indo-européenne des Pathans et certaines tribus d’Israël.

La généticienne Shahnaz Ali a été priée d’étudier le rapport entre les Pathans Afridi qui vivent dans la région du Lucknow en Inde et les tribus d’Israël perdues qui furent exilées en Asie il y a des milliers d’années.

Ali travaille à Haïfa en collaboration avec l’université du Technion, où elle analyse génétiquement des échantillons de sang prélevés chez des Pathans Afridi de Malihabad pour vérifier leurs origines juives. Certains analystes pensent qu’Israël a décidé de financer une telle recherche, à cause de la théorie soutenant que les combattants pachtounes d’Afghanistan, dont sont issus la plupart des Talibans, sont des descendants des Pathans Afridi.

Ce n’est pas la première fois que l’on parle d’une origine juive des Pathans, mais le ministère des Affaires étrangères n’avait encore jamais décidé de financer ce genre de recherches.

Un scientifique pathan Dr Navras Jaat Aafreedi a déjà fait une étude génétique sur 1 500 de ses homologues et a trouvé quelque 650 membres porteurs d’un matériel génétique spécifique reconnu déjà parmi 40% des Juifs du monde. Aafreedi a déclaré dans une interview accordée au Times of India : « L’étude de Shahnaz sera importante si elle établit un lien génétique entre les Pathans et les Juifs.

On aurait alors une preuve scientifique de la croyance populaire de l’origine juive des Pathans. Cette étude a une implication importante sur les relations entre d’une part les Musulmans et d’autre part les Juifs en particulier et le monde en général. » Certains affirment que les Pathans sont des descendants de la tribu d’Ephraïm, exilée par les Assyriens en 721 avant l’ère commune. Certains descendants des dix tribus perdues se seraient installés en Inde entre 1202 et 1761 de l’ère commune.

 

Les Pathans Afridi de Malihabad pourraient faire partie de ces tribus. « Malihabad dans le district du Lucknow est le seul territoire où se trouvent des Pathans – ou Pachtouns – qui est accessible à ceux qui veulent vérifier les origines juives de ces derniers.

Il est bien sûr impossible de prélever des échantillons d’ADN en Afghanistan ou au Pakistan, où la plupart des Pathans vivent », explique Aafreedi. Il reste en fait peu de Pathans en Inde, essentiellement à Malihabad et à Qayamganj en Farrukhabad, lesquels ont déjà été étudiés par Aafreedi. Mais, les Pathans Afridi d’Inde, s’ils se réclament d’origine juive, sont tout aussi hostile à l’égard d’Israël que les Musulmans de n’importe où ailleurs.

Yael Ancri pour actu.co.il

Partager cet article
Repost0
12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 09:48
Mort de Miep Gies
Par AP
12.01.10

 

 

 

http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1263147871173&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

 



Miep Gies, qui avait aidé la famille d'Anne Franck à se cacher pendant la guerre, est décédée à l'âge de 100 ans. D'après le site internet qui lui est consacré, elle serait morte des suites d'une brève maladie. Maatje Mostart, porte-parole de la Maison d'Anne Franck d'Amsterdam, a confirmé le décès, sans toutefois fournir plus de détails.

 

 

Miep Gies, Juste parmi les nations.
Photo: AP

Née Hermine Santrouschitz à Vienne en février 1909, elle avait gagné Amsterdam en 1922 pour fuir les pénuries de nourriture qui frappaient l'Autriche. C'est là qu'elle fut surnommée Miep par sa famille d'accueil. Employée comme secrétaire par Otto Franck, le père d'Anne, elle avait aidé à dissimuler la famille pendant 25 mois à Amsterdam, jusqu'à ce qu'un délateur anonyme ne révèle la cache à la Gestapo. Miep Gies a trouvé, protégé, puis remis à Otto Franck, le journal de sa fille, morte en déportation à Bergen-Belsen en 1945. Le soin qu'elle a mis à le préserver a permis sa publication en 1947.

Elle prenait avec distance les honneurs qui lui étaient rendus pour son courage. "De très nombreuses personnes ont fait la même chose que moi, voire pris des risques beaucoup plus importants", expliquait-elle en février 2009, peu avant son centième anniversaire. Elle ne manque pas de louer les héros oubliés de la deuxième Guerre Mondiale, anonymes qui ont risqué leur vie pour en sauver d'autres. "C'était un résistant qui parlait peu mais agissait beaucoup", disait-elle à propos de son mari, Jan Gies. "Pendant la guerre, il ne disait rien de ses activités, sinon qu'une nuit, il ne reviendrait peut-être pas."

Miep Gies a été déclarée "Juste parmi les nations", titre honorifique décerné par le mémorial de Yad Vashem aux non-juifs qui se sont illustrés par leur courage.

Partager cet article
Repost0
10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 20:36
Une percée dans les recherches bibliques donne un nouvel éclairage sur la période pendant laquelle vivait le Roi David, il y a environ 3 000 ans, a annoncé l’université de Haïfa fin de la semaine dernière.
 
Le professeur Gershon Galil du département d’études bibliques de l’université de Haïfa a récemment déchiffré une inscription datant du 10eme siècle avant le début de l’ère commune, et a montré que c’était une inscription en hébreu, rendant ce texte le plus ancien des textes hébraïques connus.
 
Cette percée indique qu’au moins certaines des écritures ont été composées des centaines d’années avant les dates précédemment retenues, et que le Royaume d’Israël existait déjà à l’époque, comme le dit depuis toujours la Torah. Le 10eme siècle avant l’ère commune est la période pendant laquelle vivait le Roi David.
L’inscription elle-même, qui a été écrite à l’encre sur une poterie trapézoïdale de 15cm x 16.5cm a été découverte il y a un an et demie lors de fouilles menées par le professeur Yossef Garfinkel a Khirbet Qeiyafa, près de la vallée d’Elah.
 
Bien qu’elle ait été rapidement datée du 10eme siècle, il n’était pas immédiatement clair si l’inscription était en hébreu ou dans une autre langue locale.
 
Le décryptage du professeur Galil témoigne du fait que ce soit bien de l’hébreu, l’étude étant basée sur l’utilisation de verbes spécifiques à la langue hébraïque et à un contenu spécifique à la culture hébraïque et pas adoptée par les autres cultures de la région.
 
« Ce texte est une instruction sociale, relative aux esclaves, aux veuves et aux orphelins, » déclare le professeur Galil. « Il utilise des verbes qui sont caractéristiques de l’hébreu, tel que ‘assa’ (a fait) et ‘avad’ (a travaillé), qui étaient rarement utilisé dans d’autres langues régionales. Des mots particuliers qui apparaissent dans le texte, tels que ‘almana’ (veuve) sont spécifiques à l’hébreu, et sont écrits différemment dans d’autres langues locales. »
 
La transcription en français donne ceci :
 
vous ne devriez pas faire (cela), mais adorez l’ (Eternel).
jugez l’escla(ve) et la veu(ve) - Jugez l’orphe(lin)
(et) l’étranger. (pl)aidez pour l’enfant - plaidez pour le pau(vre et)
la veuve. réhabilitez (le pauvre) aux yeux du roi.
protégez le pau(vre et) l’esclave – (soute)nez l’étranger.
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis