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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 23:57

 

26ème anniversaire de la disparition de Ron Arad

ZAKHOR

A l’occasion du 26ème anniversaire de la disparition de Ron Arad, le 16 octobre 1986, je me permets, par Devoir de Mémoire, de vous envoyer ce très long texte en m’inspirant de celui que j’avais écrit le 20 octobre 2010 pour le 24ème anniversaire.

Entre temps, et heureusement, en l’année du 25ème anniversaire, Guilad Shalit redevenait un homme libre.

Mais scandaleusement, aujourd’hui, personne ou presque, ne  parle de Ron Arad.

Pourquoi ?

Ron Arad

Une année de plus vient s’ajouter aux 25 précédentes. Oui, il y a 26 ans aujourd’hui, Ron Arad disparaissait. 26 ans dont nous sommes sans nouvelle……ou presque !

En écrivant cela, je pense aussi à ces 4 autres militaires israéliens disparus eux aussi : Zacharie Baumel (3), Zvi Feldman et Yehuda Katz (11 juin 1982), Guy Hever (16 août 1997).

Qui se souvient encore de ces noms, exception faite pour celui de Ron Arad qui fut longtemps un symbole mais qui peu à peu s’estompe ?

Qui se souvient encore de ces captifs, de nos captifs, à part les participants à quelques petites initiatives privées très et même trop timides ? Nos Institutions officielles devraient à mon sens en faire beaucoup plus ! Les responsables du Centre Communautaire Juif de Paris, par exemple, pour vraisemblablement « faire comme les autres », c’est à dire comme Libération, Le Monde et autres, s’empressèrent à l’époque d’accrocher sur la façade du bâtiment les portraits de Mme Florence Aubenas et de son guide-interprète, M. Hussein Hanoun, mais n’accrochèrent jamais celui de Ron Arad. « Il n’est pas Français », me rétorqua-t-on un jour. Et M. Hussein Hanoun l’était-il ?

« Arévim zé la zé » nous enseignent nos Sages, « nous sommes tous responsables de notre prochain » (4) car nous sommes « un seul Peuple, un seul cœur », « Am ehad, Lev ehad ». Nous avons célébré cette unité du Peuple juif tout dernièrement sous la Souccah.

Il y a 3 semaines, en cette fin de journée de Kippour, dans notre Synagogue pleine, nous nous couvrîmes de nos Talith pendant que le son du Shofar retentissait. Je ne pouvais m’empêcher de penser à ces militaires disparus. Je ne pouvais m’empêcher de penser à eux alors que nous nous souhaitions « Gmar ‘Hatima Tova », alors que nous embrassions nos parents, nos grands-parents, nos femmes, nos enfants, nos petits-enfants, nos amis. Behezrat Hachem (1), à l’année prochaine. Je ne pouvais m’empêcher de penser à eux alors que nous rentrions précipitamment chez nous afin de rompre ce jeûne de 25 heures avec nos plats traditionnels, nos confitures, nos gâteaux…………………

Mais qui aura souhaité « Gmar ‘Hatima tova » à nos 5 soldats disparus ? Depuis de très nombreuses années maintenant leurs chaises sont désespérément vides pour toutes ces fêtes ! Depuis de très nombreuses années maintenant il ne leur est plus souhaité « ‘Hag Sameah, Chana Tova, Gmar ‘Hatima tova, Chabbat Chalom ». Quel malheur ! Quel drame !

Quel Shofar auront-ils entendu ? S’ils sont encore en vie, ce qu’espèrent leurs proches, ce que nous espérons tous, ont-ils encore la notion du temps ?

Toutes ces questions, et bien d’autres encore, je me les suis posées pendant toute la journée de Kippour. Et je dois avouer que, pendant cette journée pourtant si importante, je n’arrivais pas à me concentrer sur les prières que je ne suivais que par intermittence. D.ieu me le pardonnera-t-il ?

Lors de la lecture du « ligotage/sacrifice » d’Isaac, je m’interrogeais, sans y apporter naturellement de réponse, pour savoir si M. Netanyahou devait discuter directement ou non avec « le-devenu-respectable » M. Abbas-Mazen,

- ce Monsieur qui soutint une thèse négationniste sur la Shoah,

- ce Monsieur qui finança l’assassinat des athlètes israéliens aux J.O. de Munich en septembre 1972,

- ce Monsieur qui fut le co-organisateur du massacre de Maalot le 15 mai 1974 au cours duquel 27 Israéliens furent assassinés dont 22 enfants,

- ce Monsieur qui dénonce régulièrement et avec véhémence les opérations de Tsahal dans la bande de Gaza,

- ce Monsieur qui exige le retour des « réfugiés » et la création d’un état palestinien ayant pour frontières « celles d’avant 1967 » avec Jérusalem-Est pour capitale,

- ce Monsieur qui exige « un passage sécurisé » entre la bande de Gaza et la Judée-Samarie,

- ce Monsieur qui considère comme « inacceptable » toute autre proposition israélienne,

- ce Monsieur qui refusa les 92% des « territoires occupés » comme proposé en 2000 à Camp David,

- ce Monsieur qui refuse de reconnaître le caractère juif d’Israël,

- ce Monsieur qui n’accepte pas que les Israéliens puissent construire où bon leur semble et surtout pas dans leur capitale Jérusalem,

- ce Monsieur soutenu par la communauté internationale, Etats-Unis et Union Européenne en tête,

- ce Monsieur qui décerna une très haute distinction à 2 femmes terroristes, emprisonnées en Israël, coupables d’attentats particulièrement meurtriers,

- ce Monsieur qui n’acceptera pas la moindre présence juive, quelle qu’elle soit, dans « son futur état »,

- ce Monsieur à qui, à Paris, des personnes juives n’ayant aucun mandat demandèrent à être reçues,

- ce Monsieur……………….

- ce Monsieur……………….

Lors de la lecture de la solitude de Jonas « dans le ventre du gros poisson », je pensais à la solitude de nos 5 militaires dans les repaires des terroristes arabes. Jonas en est sorti, pas encore eux………………..alors que pendant ce temps-là, certains hommes politiques israéliens envisagent, et demandent même, la libération du chef terroriste arabe Barghouti condamné à la prison à vie pour la mort de plusieurs Israéliens. Et j’apprends de temps à autres que cet « échange » pourrait prendre de plus en plus forme avec, en « prime », la libération de centaines de terroristes qui, n’en doutant pas un seul instant, « reprendront du service » immédiatement comme ce fut le cas pour certains « bénéficiaires » de l’accord Shalit ! 

Et il en fut ainsi tout au long de cette journée de Kippour. J’enrageais au lieu de suivre le rituel de notre liturgie. Et de m’interroger à nouveau : « D.ieu me le pardonnera-t-il ? ». Je m’interrogeais bien qu’à Kippour, avec l’Assemblée, j’aie reconnu qu’« en dehors de Lui, nous n’avons personne pour pardonner et absoudre », bien qu’ayant reconnu avoir commis envers Lui « des fautes par ignorance, volontairement, par médisance, en secret, par erreur……. ». 

A Kippour, avec l’Assemblée, je Lui ai demandé de « nous exaucer », de « nous annoncer de bonnes nouvelles », de « détruire ceux qui se dressent contre nous pour le mal » (2), d’« opprimer ceux qui nous oppriment ». 

A Kippour, avec l’Assemblée, je Lui ai demandé, en lisant Avinou, Malkénou, notre Père, notre Roi, d’« éviter aux fils de Son alliance la peste,…le malheur,…la captivité….. ». 

Oui, la captivité. Et à nouveau mes pensées allèrent vers les 5 militaires israéliens mentionnés, Zaccharie, Zvi, Yehuda, Ron, Guy. 

Pendant la prière à Kippour, je me souvenais de ce que nous enseignent nos Sages, à savoir que les Juifs ont l’obligation impérative de racheter les captifs, obligation considérée comme une grande mitzva quoique ne figurant pas dans la Thora

Pendant la prière à Kippour, je pensais à ce qu’écrivait Maïmonide : « Il n’existe pas de commandements plus importants que le rachat des prisonniers », pidyon chvouïm en hébreu. Ce pydion qui incombe à la Communauté toute entière et qu’Israël paie souvent très cher pour le respecter, comme ce fut le cas pour la libération de Guilad Shalit.

Pendant la prière à Kippour, je pensais qu’il m’avait même été enseigné que ce commandement était si important que la Halachapermettait que l’argent collecté en vue de la construction d’une Synagogue serve au pidyon

Pendant la prière à Kippour, je pensais que le 30 juin 1997, lors d’une manifestation devant l’Ambassade d’Israël, manifestation placée sous le slogan « Sois responsable de ton prochain – Arévim zé la zé », le Grand Rabbin de France de l’époque, M. Joseph Sitruk, déclara « qu’on pouvait aller jusqu’à vendre une Synagogue » pour ne pas transgresser cette mitzva

*

*      * 

Nous venons de passer 8 jours dans nos Souccot, ces frêles « habitations » en souvenir des 40 années d’errance de nos ancêtres dans le désert. Nous avons « vu le ciel » à travers le toit de branchages. Mais nos 5 militaires-otages, ont-ils vu le ciel, eux qui doivent être enfermés, et dans quelles conditions, dans des prisons ou dans des souterrains ? L’ont-ils seulement même vu depuis leur enlèvement ? 

Avec l’Assemblée, j’ai prié avec ferveur pendant Souccot, pendant la lecture des Hocha’anot dans lesquelles il est beaucoup question de délivrance. « Délivre ! Ô délivre ! ». Délivrance pour nos otages ! 

Prions pour le retour de tous les prisonniers en cette année 5773, année du 65ème anniversaire de l’Etat d’Israël, afin qu’à Kippour prochain, Behezrat Hachem (1), nous puissions leur souhaiter « Gmar ‘Hatima tova ». AMEN ! 

 

Ayons une pensée pour les courageux Parents de ces militaires qui, sans relâche et en dépit de tout, gardent l’espoir de revoir leur fils. Et, en ce jour du 26ème anniversaire de la disparition de Ron, ayant une pensée émue pour sa Femme Tami et pour sa Fille Yuval.

Tami Arad (Copier)

Tami Arad

Permettez-moi de terminer ce très long texte en ayant une pensée pour les familles de Vadim Norzich (Z’’L) et Asi Avrahami (Z’’L), ces 2 réservistes lynchés à Ramallah il y a 12 ans, le 12 octobre 2000, par des sauvages dont certains furent ensuite échangés contre Guilad Shalit…………..et « reprirent du service ».

ZAKHOR ! N’oublions pas Vadim et Asi. Prions pour le repos de leur âme. AMEN !

Charles Etienne NEPHTALI

Le 16 octobre 2012 

_____________________________________________

(1)  Et non Inch Allah, comme scandaleusement prononcé, dans la Synagogue par surcroît, par certaines personnes, pas âgées du tout.

(2)  Donc tous nos ennemis que nous assimilons au Léviathan, ce légendaire monstre marin incarnant le mal qui sera immolé à la fin des temps et dont la peau servira à la construction de la Souccah des temps futurs, ce monstre dont il est dit que sa mort mettra fin au mal dans le monde.

(3)  En août 1997, j’adressais à Madame Myriam Baumel, la Mèrede Zacharie Baumel enlevé 15 ans auparavant, une lettre en réponse à son émouvante déclaration selon laquelle elle « avait l’impression que peu à peu tout le monde se [désintéressait] de son drame », lettre dont je reproduis ci-dessous quelques extraits.

(4)  Un Rabbin, illustrant ce commandement, nous contait cette histoire quelque peu naïve : des habitants d’un Shtetl,voulant passer sur l’autre rive d’une rivière, payèrent leur place sur une petite embarcation. Au milieu du cours d’eau, l’un d’entre eux sorti un vilebrequin (nous dirions aujourd’hui une perceuse sans fil) et commença à percer un trou sur le fond de la barque, entre ses pieds. Les autres passagers l’invectivèrent, lui demandant ce qu’il était en train de faire. « Un trou car cette place, je l’ai payée et elle m’appartient » leur répondit-il. L’embarcation coula, tous se noyèrent.

*

*     * 

Chère Madame Myriam Baumel, 

……..malheureusement, chère Madame Baumel, j’en arrive à avoir la même impression que vous. 

……..n’étant pas (encore) Israélien, je ne me permettrais pas de porter un jugement sur l’attitude des Israéliens comme le firent récemment certains journalistes et historiens. Mes critiques vont vers les Juifs en général et les Juifs de France en particulier. 

Personnellement, Madame, même très difficilement, j’imagine votre angoisse en pensant au mauvais sang que nous nous faisons ne serait-ce que lorsqu’un proche a du retard pour rentrer à la maison ou en pensant à la contrariété que nous éprouvons lorsqu’un proche n’est pas là pour un Chabbat ou une fête. 

Personnellement, Madame, même très difficilement, j’imagine ce que vous devez éprouver vous-même ainsi que les mères, pères, sœurs et frères des autres militaires disparus (dans le cas de Ron Arad, sa Femme Tami et sa Fille Yuval). 

Vous avez raison, Madame, de préciser que « le temps ne travaille pas pour les captifs ». Vous avez également raison lorsque vous affirmez que, « tant à gauche qu’à droite, les responsables politiques ainsi que l’Armée évoquent parfois divers motifs pour laisser de côté ce douloureux problème des soldats disparus ». 

Vous avez raison, Madame, d’écrire « qu’il est lamentable de porter crédit à ce que peut dire un Arafat dans le domaine des disparus et dans beaucoup d’autres, d’ailleurs ». 

Vous avez raison, Madame, d’écrire « que rien ne doit être concédé à l’OLP tant que de véritables informations sur nos soldats disparus n’auront pas été obtenues ». 

Oui, chère Madame, chaque Juif à travers le monde se doit de se sentir concerné par votre drame et celui des familles de Zvi, Yehouda, Guy et Ron, la libération des captifs étant une très grande mitzva que nos Sages ont considérée comme prioritaire, mitzva passant même avant celle consistant à construire une Synagogue. 

……….. il ne faut pas que votre famille ainsi que les familles Feldman, Katz, Hever et Arad « pleurent dans la solitude, afin que Zacharie, Zvi, Yehouda, Guy et Ron ne soient pas abandonnés, livrés à leurs pleurs et à leur solitude en des lieux inconnus mais sûrement hostiles ». 

……….. non, Myriam (permettez-moi de vous appeler par votre prénom, qui est aussi celui d’une femme courageuse et célèbre de notre Histoire), vous et toutes les autres Mères, ne soyez plus seules à pleurer. Je pleure avec vous………………. 

……………………

Charles Etienne NEPHTALI

Août 1997

 

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 20:14

 

 

                     La volte-face surprenante d’un dictateur

                     foncièrement  antisémite et antisioniste.

 

Par André Chargueraud

 Troisième article d'une nouvelle série de « 50 autres idées reçues sur la Shoah » qui sera publiée en 2013.

 

 

 

Le 15 mai 1947, le monde occidental s’éveille surpris par le discours pro sioniste inattendu d’Andrei Gromyko la veille à l’ONU. « Pendant la dernière guerre, le peuple juif a subi des peines et des souffrances exceptionnelles… Un grand nombre des Juifs survivants en Europe ont été privés de leur pays, de leur foyer et de leurs moyens d’existence… Le fait qu’aucun pays occidental n’ait été en mesure de défendre les droits les plus élémentaires du peuple juif… explique l’aspiration des Juifs à établir leur propre Etat. Il serait injuste de ne pas le prendre en considération et de refuser ce droit au peuple juif…»

 

 

Pour le Ministre des Affaires étrangères de l’URSS, une solution équitable serait de reconnaître les  « intérêts légitimes » des Arabes et des Juifs en Palestine. Si un seul Etat ne peut être mis en place, un Etat binational aurait sa préférence, sinon il propose la partition. Gromyko conclut que comme grande puissance l’URSS est prête « à assumer ses responsabilités » dans le futur de la Palestine.

 

La presse juive réagit avec enthousiasme. Pour Abba Eban, futur représentant israélien à l’ONU, « une telle prise de position constitue pour nous une aubaine inouïe… L’Union soviétique est maintenant la seule puissance à soutenir notre cause ». Le 13 octobre, l’URSS confirme sa politique recommandant la partition de la Palestine. Il faut « donner le droit d’autodétermination aux centaines de milliers d’Arabes et de Juifs vivant en Palestine ». Ce soutien inconditionnel de Moscou a été déterminant dans le vote de l‘Assemblée générale de l’ONU, qui adopte le 29 novembre un plan de partition ouvrant la voie à la naissance de l’Etat d’Israël. La Grande-Bretagne s’est abstenue et les Etats-Unis ont longuement hésité.

 

Ce changement radical de cap de Staline, un antisioniste virulent, s’est effectué au grand désarroi des Arabes. Ils s’étaient habitués à une politique de soutien de l’URSS destinée à déstabiliser les Anglo-Saxons au Proche Orient. Les Occidentaux étaient conscients du danger. Les Arabes devaient être ménagés pour contenir la pénétration de l’URSS dans la région. Se trouvant entre deux océans et trois continents, le Proche-Orient est une base stratégique décisive pour les Occidentaux. Les équilibres mondiaux seraient remis en cause si l’URSS mettait la main sur la veine jugulaire de l’Occident en contrôlant le flot de pétrole du Proche-Orient.

 

Une note britannique souligne « l’importance vitale pour la Grande-Bretagne et l’Empire britannique des ressources pétrolifères dans cette région ». D’ici 1950, « le centre de gravité de la production passera de la Perse aux pays arabes, l’Arabie Saoudite, le Bahreïn, le Koweit et l’Irak devenant les principaux producteurs ».

 

 A Washington on estime que le Proche-Orient représente à la fin des années quarante les deux tiers des réserves mondiales d’un pétrole facilement accessible et bon marché. Pour le ministre de la Défense, les Etats-Unis ont besoin de l’accès à ce pétrole, la production nationale devenant insuffisante. Le ministère des Affaires étrangères est plus concerné par la réaction des Arabes que par la souffrance des Juifs.

 

On peut se demander pourquoi, en 1944 et 1945, les Russes ont renvoyé en Pologne 250 000 Juifs polonais qu’ils avaient déportés en 1940 et 1941 en Asie centrale. Des travailleurs « forcés » dont ils ont besoin après les saignées humaines catastrophiques de la guerre.

 

Sir Alan Cunningham, haut commissaire britannique en Palestine, n’est pas dupe. L’URSS facilite le départ des Juifs, non parce qu’ils soutiennent la cause sioniste, mais pour « saper l’influence britannique et mettre dans l’embarras le gouvernement de Sa Majesté ». L’URSS sait que ces Polonais ne resteront pas en Pologne. Un Polonais rapatrié s’en explique : « La Pologne n’était plus qu’une station intermédiaire, un pays de transfert (vers la Palestine). Après Auschwitz, il n’y avait même pas de tombes décentes pour nous retenir. »

 

La volte-face de Staline a rendu possible l’établissement de l’Etat d’Israël. Il va dans les mois qui suivent aller plus loin et assurer la victoire du nouvel état sur les armées arabes qui l’envahissent. L’URSS est le premier pays à reconnaître de jure l’Etat d’Israël. Dès le 15 mai 1948 les Russes condamnent l’intervention des armées arabes et prennent la défense d’Israël. Ils autorisent la Tchécoslovaquie à livrer des armes à Israël qu’ils refusent aux Arabes. Des armes essentielles, comme le reconnaît Ben Gourion en déclarant en 1968 : « Je n’ai aucun doute. Les armes tchèques constituèrent l’aide la plus importante que nous ayons obtenue. Elles nous ont sauvés et je doute fort que, sans elles, nous aurions pu survivre les premiers mois. »

 

Staline a cru qu’en abandonnant sa politique pro arabe, il allait pouvoir implanter un Etat juif communiste à Jérusalem qui serait une tête de pont pour assurer son contrôle sur le Proche Orient. N’est-ce pas grâce à lui que la décision de partition de l’ONU a permis la création de l’Etat d’Israël ? N’a-t-il pas assuré la survie du nouvel Etat pendant les premiers mois de son existence. Il ne touchera pas les dividendes de son engagement. Il ne sera pas payé en retour.

 

Les pionniers juifs de Palestine, les survivants de la Shoah qui arrivent sont socialistes en grand nombre mais pas communistes. Pour la Grande encyclopédie soviétique de 1945, le sionisme n’est-il pas «  l’idéal de la bourgeoisie juive réactionnaire, dont le but est de détourner, comme l’avait déjà fait observer Lénine, ses ouvriers de la lutte des classes, de la révolution et du socialisme. …La Révolution d’octobre a totalement liquidé le sionisme en assurant aux masses juives la liberté et la possibilité de construire le socialisme. »

 

La plus importante communauté sioniste du monde se trouve aux Etats-Unis. C’est là que les Juifs du nouvel Etat retrouvent leurs affinités. Sans oublier que les engagements de financement que prennent les Américains sont autrement plus convaincants que la « soviétisation » dont certains Juifs ont déjà fait l’expérience.

 

Staline a perdu la partie et retourne à ses vieux démons antisémites. Le 21 septembre 1948, le célèbre écrivain Illia Ehrenbourg explique aux  1 900 000 Juifs russes que le vote de l’URSS en faveur de l’établissement d’Israël n’annonce pas de changements dans la position des Juifs en tant que citoyens soviétiques et leur devoir envers l’Etat. Le destin d’Israël dépend du capital anglo-américain et sa classe dirigeante consiste en des gens « enclins à trahir les intérêts nationaux au bénéfice du dollar ». Moscou refuse de laisser émigrer les Juifs russes. La répression ne se fait pas attendre. Nombre d’étudiants, d’écrivains, d’artistes, de membres du parti et de hauts fonctionnaires juifs disparaissent dans des goulags.

 

Ce revirement brutal de politique s’étend aux nouvelles « Républiques populaires et démocratiques » d’Europe de l’Est. Les Juifs relativement nombreux qui se trouvent dans les instances des partis communistes et participent aux différents gouvernements sont éliminés. Tout ce qui a été reconstruit par les communautés juives locales est systématiquement détruit, précipitant les Juifs dans la plus grande pauvreté. Ils ont payé la déconvenue de Staline. Il avait espéré que l’appui déterminant qu’il avait apporté dans la création et la survie de l’état d’Israël lui permettrait d’en faire une autre « République populaire et démocratique » à ses ordres.

 

 

 

 

 

LEVIN Nora, The Jews in the Soviet Union since 1917 : Paradox of survival, New York University Press, New York, 1988, p. 273.

RUCKER Laurent, Staline, Israël et les Juifs, Presses Universitaires de France,  Paris, 2001, p. 101.

LEVIN, op. cit. p. 474.

GILBERT Martin, Exile and Return: The Struggle for a Jewish Homeland, Lippincott, Philadelphia, 1978, p. 298.

SNETSINGER John, Truman, the Jewish Vote and the Creation of Israel, Basingstoke, New Hampshire, 1999, p. 7.

ZERTAL Edith, Des rescapés pour un Etat. La politique sioniste d’immigration clandestine en Palestine, 1943-1948, Calman-Lévy, Paris,  2000, p. 112.

GAY Ruth, Safe among Germans. Liberated Jews after Worldwar II, Yale University Press, New Haven, 2002, p. 52.

KOCHAN Lionel, éd. Les Juifs en Union Soviétique depuis 1917, Calman-Lévy, Paris, 1971, p. 162. La délégation américaine à l’ONU présente le 30 mars 1948 une résolution demandant « aux organisations armées juives et arabes de Palestine de cesser immédiatement leurs actes de violence ». Gromyko la critique, la jugeant « inéquitable et injuste » pour les Juifs et dépose un amendement exigeant « le retrait immédiat de tous les groupements armés qui ont envahi la Palestine du dehors » (les armées arabes).

RUCKER, op. cit. p. 124, 125, 132.

LENEMAN Leo, La tragédie des Juifs en URSS, Desclée de Brouwer, Paris, 1959, p. 240.

CANG Joel, The Silent Millions : A History of the Jews in Soviet Russia, Taplinger, New York, 1970, p. 101 

Ibid, p. 103.

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 17:09

 

 

             Les neutres retardent la victoire.

                              1940-1944.

 

                        Chaque jour supplémentaire de guerre

                          condamne à mort un millier de Juifs.

 

              

Quatre pays neutres, la Suède, le Portugal, l’Espagne et la Turquie ont livré à l’Allemagne pendant la guerre des matières premières essentielles à son industrie d’armement. « L’existence même de l’Allemagne dépendait de l’importation du minerai de fer de haute qualité suédois », écrit William Shirer dans son ouvrage monumental sur le IIIème Reich. Les Alliés ont compris depuis le début de la guerre l’importance vitale de ce minerai suédois pour la production de matériel militaire allemand. En avril 1940 le débarquement franco-britannique qui échoue à Narvik, petit port septentrional de Norvège, a été organisé pour « couper la route du fer ».

 

La Turquie a livré presque 100% des besoins allemands de chrome. Albert Speer, ministre de l’Armement, écrit à Hitler en novembre 1943 : «Si les livraisons de Turquie sont interrompues, nos stocks de chrome ne suffiront que pour cinq à six mois. La fabrication d’avions, de tanks, de véhicules à moteur, de sous-marins et de pièces d‘artillerie devra cesser dans les trois mois qui suivront ».

 

Les experts alliés ont conclu que si l’Allemagne manquait de wolfram, le minerai qui raffiné donne du tungstène, son industrie de machines-outils et ses capacités de production d’aciers spéciaux pour  le blindage, l’armement lourd et les moteurs d’avion, cesseraient dans les trois mois. Le Portugal et l’Espagne fournissaient 90% des besoins allemands.  En janvier 1944, le ministre espagnol du Commerce et de l’Industrie estime impossible de refuser à l’Allemagne une matière première qui « a une valeur exceptionnelle en temps de guerre ». De son côté, Antonio Salazar, le chef d’Etat du Portugal, reconnaît au début 1944 que refuser le wolfram aux Allemands « réduirait leur puissance et que la guerre en serait raccourcie ».

 

Devant un tel consensus, tout aurait dû être mis en œuvre pour faire cesser ces livraisons de matières premières. Quelques mois, même quelques semaines de guerre en moins, auraient sauvé un grand nombre de vies. Il ne faut pas oublier que pendant la dernière année de la guerre, parmi les victimes, on compte plus de 10 000 Juifs chaque semaine.

 

En avril 1944, Cordell Hull, le ministre des Affaires étrangères US, met en garde les neutres : « Nous ne pouvons plus donner notre assentiment à ces nations qui bénéficient des ressources des pays alliés et, en même temps, contribuent à la mort de troupes dont le sacrifice protège pourtant leurs vies autant que les nôtres ». En octobre 1944, Winston Churchill s’insurge : « Je considère que c’est la dernière chance pour les Suédois de sauver leur réputation face au monde. Il y a quelques mois, ils pouvaient plaider l’effroi. Maintenant ils n’ont plus d’excuses, si ce n’est l’égoïsme calculé dont ils ont fait preuve dans les deux guerres contre l’Allemagne ».

 

Malgré de nombreuses pressions alliées, les livraisons de matières premières stratégiques à l’Allemagne vont continuer, bien qu’à un rythme plus faible. Les exportations du minerai de fer suédois ne cessent qu’en novembre 1944. Celles du chrome de Turquie en avril. Pour celles de wolfram du Portugal et d’Espagne, il faut attendre la Libération de la France qui en août arrête tout trafic vers l’Allemagne. Des chercheurs britanniques, qui ont étudié la question depuis, concluent qu’« à aucun moment de la guerre l’Allemagne n’a été affaiblie de façon décisive par des pénuries dues uniquement au blocus ».

 

Malgré l’enjeu décisif les Alliés ont adopté une « politique de douce conciliation » qui n’a pris fin que lorsque l’étau des armées alliées s’est resserré sur l’Allemagne, constate Henry Simpson, ministre de la Guerre américain, dans un mémorandum daté du 22 juin 1944. Est-ce parce que, comme le montre l’histoire officielle britannique, il y avait entre Alliés  « d’importantes incompatibilités de buts et d’humeurs… chaque partie étant tour à tour exaspérée ou encouragée par l’autre à prendre de nouvelles initiatives ?»

 

Les Alliés ont cru pouvoir persuader les neutres de réduire leurs exportations vers l’Allemagne en les menaçant financièrement. La Déclaration de Londres du 5 janvier 1943 sur la nullité de transactions commerciales avec l’ennemi, ou la déclaration du 22 février 1944 de la non validité des paiements reçus avec de l’or volé par les puissances de l’Axe n’eurent malheureusement aucune influence sur le volume des exportations.

 

Il aurait fallu intervenir de manière plus directe. Les Alliés approvisionnent les neutres en pétrole, caoutchouc, produits chimiques et céréales, des matières premières que ces pays ne peuvent se procurer ailleurs. Ils ont craint qu’un embargo sur ces produits de première nécessité n’entraîne ces neutres vers une collaboration renforcée avec l’Allemagne. En 1943, on voit mal ce qu’ils peuvent apporter de plus à l’ennemi. Et comme l’écrit l’historien suédois Stephen Koblik « tous les doutes concernant l’issue de la guerre disparurent dans l’esprit des dirigeants politiques après le mois de novembre 1942 ».

 

Les neutres ont plaidé la peur de représailles militaires allemandes s’ils cessaient les approvisionnements. Un argument sujet à caution. Le 13 octobre 1940, lors d’une rencontre à Hendaye restée célèbre, le général Franco refuse le passage de la Wehrmacht pour se saisir de Gibraltar. L’Espagne alors à bout de souffle tient tête au Führer au zénith de sa gloire et sa puissance. Les risques d’une intervention allemande sont pour le Caudillo bien plus faibles trois ans plus tard. En 1943, une conquête de la Suède par les Allemands est devenue très hypothétique étant donné leurs difficultés majeures rencontrées ailleurs et l’hypothèse d’affronter 400 000 Suédois entraînés et bien armés.

 

Le Portugal n’a pas plus à craindre. N’a-t-il pas en 1943 accordé aux Alliés l’implantation d’une base aéronavale de première importance aux îles Açores en plein Atlantique sans que Berlin ne se manifeste. Sans aller jusqu’à débarquer dans un pays neutre, comme ce fut le cas en Norvège en 1940, les Alliés auraient semble-t-il pu envisager des mesures plus radicales étant donné l’importance capitale de ces matières premières dans l’issue de la guerre.

 

Une possibilité parmi de nombreuses autres aurait été de couler les cargos suédois qui transportaient les dizaines de milliers de tonnes de minerai de fer suédois à travers la Baltique. Les Alliés avaient dès 1943 la maîtrise de l’air comme en attestent les bombardements massifs de Hambourg. Mais on ne réécrit pas l’histoire à partir d’hypothèses. Il n’en reste pas moins que l’on peut se poser la question de ce qui apparaît comme une série d’occasions manquées par les Alliés. Il suffisait de faire cesser un seul de ces trafics pour mettre la machine de guerre allemande en péril et obtenir la victoire plus rapidement. Quant aux Neutres, conscients dès 1943 que l’Allemagne allait perdre la guerre, ils ont néanmoins continué leurs exportations pour remplir leurs caisses au prix d’un nombre très élevé de victimes.

 

Copyright Marc-André Charguéraud. Genève juin 2011

 

Trouvez sur mon blog : La Shoah revisitée (http://la.shoah.revisitee.org) d’autres articles récemment publiés.


 

 

 

 

SHIRER William, Le IIIème Reich, Stock, Paris, 1990, p. 716.

EIZENSTADT Stuart, US and Allied Wartime and Postwar Relations and Negociations with Argentina, Portugal, Spain, Sweden and Turkey. US Governement, June 1998. p. 11.

IBID. p. 34.

IBID. p. 11.

EIZENSTADT Stuart, Le rapport Eisenstadt, Le Nouveau Quotidien, Lausanne, 1997, p. 40.

LEVINE Paul, From Indifference to Activism, Swedish Diplomacy and the Holocaust, 1938-1944. Acta Universitatis Upsaliensis, Uppsala, 1996, p. 70.

EIZENSTADT 1998, op. cit. p. 133, 39 et 34.

EIZENSTADT 1997,op. cit. p. 38.

IBID. p. 38.

IBID. p. 2.

KOBLIK Steven, The Stones Cry Out : Sweden Response to the Persecution of the Jews, The Holocaust Library, New York, 1988, p. 33.

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 17:01

Une compagnie polonaise planifie un crématoire à côté d’un camp de la mort


Par JTA (Jewish Telegraphic Agency)

Jerusalem Post 30/08/2012


http://www.jpost.com/JewishWorld/JewishNews/Article.aspx?id=283221

 
Adaptation française de Sentinelle 5772 ©

 

‘L’Anti defamation League’ fait appel au maire d’une ville polonaise à l’Est pour bloquer l’avancement du projet d’une compagnie funéraire ; quelques 360.000 personnes sont mortes à Majdanek.


 

Une compagnie funéraire polonaise a annoncé des plans pour construire un crématoire à proximité du camp de concentration de Majdanek.


La Ligue contre l’Antisémitisme des USA (Anti Defamation League) a déclaré mercredi qu’elle a adressé une lettre au maire de Lublin à l’Est de la Pologne pour lui demander de s’opposer à ce que la compagnie ‘Styks’ poursuive ce plan.


Quelques 360.000 personnes ont péri à Majdanek pendant l’Holocauste, selon le Museum de l’Holocauste Yad Vashem à Jerusalem. Le camp de la mort nazi couvrait 667 acres (environ 267 hectares) de terrain sur la voie rapide reliant Lublin, Zamosc et Chelm. Il possédait sept chambres à gaz où les internés étaient assassinés et deux crématoires où leurs corps étaient incinérés.


Majdanek est maintenant un mémorial d’Etat de l’Holocauste qui accueille des milliers de visiteurs chaque année.


Kuba Wyszynski, journaliste et membre de la communauté juive de Varsovie, a déclaré à JTA que ‘Syks’ a fait plusieurs tentatives pour construire le crematorium à cet endroit au cours des quelques années passées.


« Il est difficile d’exprimer convenablement la douleur et l’insulte qui se produiraient si ce projet allait de l’avant » a déclaré Abraham Foxman, directeur national d’ADL et survivant de l’Holocauste de Pologne. Foxman a dit que l’idée de construire un crématoire moderne près de l’ancien camp de la mort était « répréhensible ».


Dans une lettre au maire de Lublin Krzysztof Zuk, L’ADL a qualifié la proposition de construire le crématoire « manquant outrageusement de tact » et a pressé la ville d’adopter de nouvelles règles de planification autour du Museum. 

 

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 18:21

 

 

Le Congrès envisage de reconnaître les réfugiés juifs

Par JTA

Jerusalem Post 02/08/2012


http://www.jpost.com/JewishWorld/JewishFeatures/Article.aspx?id=279865


Une loi appelle Obama à apparier les références aux réfugiés palestiniens avec la détresse de 850.000 réfugiés juifs des pays arabes.


 

WASHINGTON – Un groupe bipartisan de six membres du Congrès parraine une loi qui doit assurer la reconnaissance de la détresse de 850.000 réfugiés juifs déplacés des pays arabes depuis la Guerre d’Indépendance d’Israël en 1948.

Leur loi au Parlement des représentants des USA doit aussi reconnaître d’autres populations déplacées, dont les Chrétiens de pays du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et du Golfe persique.

La législation appelle spécifiquement le gouvernement Obama à apparier toute référence explicite aux réfugiés palestiniens à une référence similaire aux populations juives et d’autres réfugiés.

« La souffrance et les terribles injustices observées chez des réfugiés juifs au Moyen-Orient doit être reconnue » a dit le représentant Républicain Jerrod Nadler (D. N.Y.), l’initiateur de la mesure. « Il est simplement erroné de reconnaître les droits des réfugiés palestiniens sans reconnaître les droits de près d’un million de réfugiés juifs qui ont souffert de terribles outrages du fait de leur anciens compatriotes ».

Associés à Nadler comme co-initiateurs : Ileana Ros-Lehtinen (Rep-Fla.), Howard Berman (Dem-Cal.), Ted Poe (Rep-Texas), Joe Crowley (Dem-N.Y.) et Bob Turner (Rep-N.Y.).

“Les réfugiés juifs qui furent forcés de fuir les pays arabes et l’Iran ont enduré des souffrances inimaginables » a dit Ros-Lehtinen dans un nouveau communiqué envoyé au ‘JTA’. « Leur détresse a été ignorée par les Nations Unies, les autres organismes internationaux et beaucoup de nations responsables. Tout accord de paix étendu à l’ensemble du Moyen-Orient ne peut être crédible et durable que s’il résout toutes les questions liées aux droits de tous les réfugiés dans le monde arabe et en Iran, y compris les Juifs, les Chrétiens e les autres ».

Le B’nai B’rith International et le Congrès Juif Mondial étaient parmi ceux qui ont applaudi la législation proposée.

« Nous voulons assurer que les Etats-Unis font des droits des réfugiés juifs provenant des nations arabes une priorité dans des discussions multilatérales sur le conflit du Moyen-Orient » a déclaré Eric Fusfield, directeur des affaires juridiques au Bnai B’rith international. « A chaque moment où des questions de réfugiés sont discutées dans le contexte de négociations de paix, les droits des réfugiés Juifs doivent recevoir leur propre place ».

La justice pour les juifs des pays arabes a mis en avant la question depuis des années et a été instrumentale pour obtenir une résolution sur la question au Parlement des USA en 2008. La résolutions mentionnait que « Tout accord de paix étendu à l’ensemble du Moyen-Orient ne peut être crédible et durable que s’il répond et résout toutes les questions importantes liées aux droits légitimes de tous les réfugiés, y compris les Juifs, les Chrétiens et d’autres populations déplacées de pays du Moyen-Orient ».

Une résolution semblable est envisagée au Sénat des USA. 

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 13:27

L’Australie: Un ami d’Israël de longue date

 

 

 

 

Par ISI LEIBLER

 


Jerusalem Post 01/08/2012

http://www.jpost.com/Opinion/Columnists/Article.aspx?id=279731

Adaptation française de Sentinelle 5772 ©

 


L’origine de la communauté juive remonte à la fin du 18ème siècle quand des Juifs furent parmi les premiers condamnés déportés d’Angleterre en Australie.


Le Premier ministre australien, Bob Carr, qui sera en visite en Israël cette semaine, a depuis longtemps une relation chaleureuse avec la communauté juive.


Carr s’enorgueillit d’une carrière belle politique, ayant servi de façon ininterrompue depuis un délai record de 10 ans comme Premier ministre de l’Etat le plus peuplé d’Australie, la nouvelle Galle du Sud, et ayant pris sa retraite en 2005. Il a été nommé récemment ministre des affaires étrangères par le Premier ministre, Julia Gillard, en mars 2012.


Les liens de Carr avec la communauté juive d’Australie remontent à de nombreuses années. Il a été l’un des membres fondateurs des Amis Travaillistes d’Israël et était aussi connu pour son soutien dans la campagne pour la communauté juive soviétique.


C’est un admirateur de l’écrivain israélien de Gauche Amos Oz et il a, à l’occasion, critiqué diverses politiques israéliennes, le programme d’implantations en particulier.


En 2003, il a provoqué une agitation quand il offrit le Prix de la Paix à Sidney à Hanan Ashrawi, la critique palestinienne acerbe d’Israël. Mais en dépit de cela, Carr a été et demeure sans contredit un véritable ami d’Israël et du Peuple juif et le gouvernement d’Israël l’accueillera sans aucun doute comme il se doit.


La relation positive de l’Australie avec Israël remonte à l’époque où les troupes australiennes servaient en Palestine au Cours des deux Guerres Mondiales. A ce jour, les vétérans israéliens rappellent les photographies des relations chaleureuses et sans retenue avec les Australiens, en puissant contraste avec l’attitude britannique froide et souvent hostile affichée pendant la période mandataire.


Depuis 1948, quand le chef du Parti Travailliste, le Dr. H.V. Evatt servait de Président de l’ONU, jusqu’à aujourd’hui – à la seule exception du Premier ministre Gough William, dont l’hostilité à Israël pendant la Guerre de Yom Kippour est considérée comme une aberration – les gouvernement successifs des deux bords politiques ont constamment démontré leur amitié envers Israël.


Les gouvernements australiens ont aussi soutenu des préoccupations juives plus larges. En 1962, l’Australie est devenue le premier pays à l’ONU à soulever la question de l’antisémitisme d’Etat parrainé par l’Union Soviétique et à appeler au droit à l’émigration des Juifs, avec les gouvernements successifs donnant des contributions globales significatives pour améliorer la détresse des Juifs soviétiques.


L’ambassade australienne à Moscou était considérée comme un havre pour les Refuzniks qu’ils invitaient à des réceptions en dépit des tensions que cela créait avec les autorités soviétiques.


Le gouvernement australien donna des contributions majeures à la campagne mondiale dirigée par John Howard pour abroger la résolution de l’ONU qualifiant le sionisme de racisme et agit aussi comme intermédiaires pour les dirigeants Juifs qui cherchaient à promouvoir des relations diplomatiques entre Israël et des pays asiatiques.


Après le précédent gouvernement libéral (conservateur) dirigé par John Howard, qui se révéla le plus grand champion d’Israël parmi les hommes d’Etats dans le monde, on craignit que le nouveau gouvernement Travailliste ne prît ses distances avec Israël : cela se révéla totalement infondé.


En fait, à part de petites factions ‘vertes’, Israël jouit aujourd’hui d’un véritable soutien bipartisan dans tout le Parlement australien.


Jusqu’à la fin des années 1940, la population d’Australie était exclusivement blanche et avant tout d’origine britannique. Elle était considérée comme un avant-poste de réserve coloniale du fait de sa politique raciste discriminatoire. Initialement, il y avait une opposition populiste considérable fondée sur l’antisémitisme opposée à l’entrée de réfugiés juifs avant-guerre et de survivants d’après-guerre.


Pourquoi un pays géographiquement aussi distant du Moyen-Orient avec une communauté juive relativement petite (environ 120.000 membres) a-t-il adopté une relation aussi chaleureuse avec les Juifs et Israël ? L’un des principaux facteurs est que, à la fin des années 1940, l’Australie suivit un changement radical. Elle abandonna la politique Blanche de l’Australie, abrogea sa politique restrictive d’immigration et recruta des migrants, d’abord d’Europe, puis l’étendit à l’Asie, se transformant en l’un des pays multiculturels les plus ouverts dans le monde.


L’origine de la communauté juive remonte à la fin du 18ème siècle quand des Juifs furent parmi les premiers condamnés déportés d’Angleterre en Australie. Ce fut une communauté déclinante et rapidement assimilée jusqu’à la Deuxième Guerre Mondiale, quand elle fut revigorée par des Juifs fuyant la persécution nazie et les survivants des camps. De fait, la communauté juive d’Australie absorba plus de survivants de l’Holocauste proportionnellement à toute autre communauté juive, sauf Israël.


La vie culturelle et religieuse juive se développa énormément. Les immigrants créèrent un réseau extraordinaire d’écoles juives de jour allant des Loubavitch aux Réformés et même aux Yiddishistes, qui accueillaient la majorité des adolescents juifs.


« L’heureux pays » était d’une aide précieuse pour des immigrants juifs, dont la plupart étaient sans le sou et des survivants brisés par l’Holocauste.


Ils ont travaillé dur et beaucoup ont prospéré, avec un nombre remarquable devenu les géants dirigeant le commerce et l’industrie de la nation.


Alors qu’il persiste une sous-classe juive pauvre, sur l’équivalent de la ‘liste des Riches de Forbes’, les anciens réfugiés juifs comprennent une proportion extraordinaire des hommes d’affaires parmi les plus riches et ayant le mieux réussi. Il est remarquable que dans leur profil d’affaires public, beaucoup se réfèrent fièrement à leurs liens juifs et sionistes.


Depuis les années 1980, la communauté juive s'est accrue de l'apport des Russes et de grands nombres de Sud-Africains, ces derniers financièrement indépendants et assumant rapidement des rôles de direction communautaire importants.


Des Juifs ont aussi été nommés à des rôles proéminents dans la vie publique. Le Général Sir John Monash était le commandant en chef de l’Armée d’Australie pendant le Première Guerre Mondiale. Sir Isaac Isaacs et Sir Zelman Cowan – ce dernier sioniste actif – ont servi comme Gouverneurs Généraux.


Jusque dans les années 1960, la plupart des Juifs étaient enclins à soutenir le Parti travailliste parce que les Conservateurs étaient perçus comme distants, hostiles et même antisémites. Aujourd’hui, ils partagent leur soutien entre les deux Partis.


La grande proportion des survivants de l’Holocauste a encouragé une forte orientation communautaire sioniste.


La direction a investi d’énormes efforts pour promouvoir la cause d’Israël au niveau politique, n’hésitant pas à protester et à faire face à des gouvernements qu’elle considérait coupables de préjugés ou de double standard contre Israël en se conformant à des approches ‘mondialement politiquement correctes’.


Malgré la distance géographique, la chambre de commerce Australie - Israël est sans doute la chambre la plus populaire et la plus efficace du pays. Cette passion juive de tout couvrir pour Israël a été le facteur critique conduisant à l’orientation bipartisane actuelle pro-Israël des Partis politiques principaux.


Les dirigeants Juifs ont combattu aussi avec ardeur l’antisémitisme et toutes les formes de discrimination. Pour la fierté de la communauté, certains ont assumé des rôles clés dans l’espace plus large des droits de l’homme. Par exemple, mon frère Mark Leibler, dirigeant juif sioniste de longue date, a été nommé l’an dernier co-président du prestigieux : « Panel sur la reconnaissance constitutionnelle des Peuples Aborigènes ».


Inutile de dire que la communauté juive australienne d’aujourd’hui fait face à des défis similaires à ceux d’autres communautés juives de diaspora. L’assimilation et les mariages mixtes, qui étaient relativement bas (25%), augmentent. De plus, le coût de l’éducation juive est maintenant prohibitif pour tous sauf pour les riches et la grande majorité des enfants des écoles sont subventionnés par une collecte indépendante.


Mais la communauté juive australienne demeure l’une des plus fortes et probablement des plus sionistes dans le monde. Cela se reflète dans les statistiques de l’aliya. Il doit y avoir près de 15.000 expatriés australiens vivant maintenant en Israël (10% de la communauté). Ils renforcent les liens avec l’Etat juif.


Si les Juifs australiens représentaient la norme, les perspectives de survie à long terme pour les Juifs de Diaspora seraient bien meilleures que c’est le cas.


La place d’Israël dans l’arène internationale serait bien meilleure si, en plus du Canada et des USA, il y avait quelques autres gouvernements démontrant la même impartialité que l’Australie.

Le site Internet de l’Auteur est www.wordfromjerusalem.com.  

Il peut être contacté à : ileibler@leibler.com

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 16:40

      3 200 00 Juifs polonais n’émigrent pas.

                               1933-1939

            

                    Plus de 90% seront assassinés par les nazis. 

Par Marc-André Chargueraud


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Entre 1933 et 1939, 50% des Juifs du Grand Reich ont fuit le régime nazi. En Pologne seuls 4% des Juifs polonais sont partis avant que le désastre ne s’abatte sur eux.-1- Un déséquilibre fatal alors que pendant cette période les persécutions en Pologne ont été d’un niveau proche de celles qui ont sévit en Allemagne.

 

Les Juifs polonais ont été exclus de l’économie contrôlée par l’Etat.-2-L’accès à la fonction publique à quelque niveau que ce soit leur est interdit. Le boycott de l’industrie, des professions libérales et des magasins juifs se généralise.-3- Il y avait 9.500 boutiquiers en 1929, ils ne seront plus que 3.000 en 1938. La licence nécessaire leur a été retirée, alors que le nombre de leurs concurrents non juifs ne diminuait que de 2%.-4-

 

En 1937 les associations professionnelles de docteurs, d’ingénieurs et d’architectes adoptent les « paragraphes aryens » qui interdisent aux Juifs d’exercer ces professions. L’accès aux universités est limité par l’établissement de quotas et par la violence que font régner des étudiants fascisants sur leurs condisciples juifs.-5- Comme en Allemagne, le délit d’opinion soumet les Juifs à l’arbitraire le plus abject. Le délit d’injure à la nation polonaise fait son apparition en 1936. Seuls les Juifs s’en rendent coupables.

 

La politique du gouvernement est claire. En 1936 le premier ministre Slawoj Skladkowski déclare « un combat économique contre les Juifs par tous les moyens mais sans recours à la force ».-6- Plus tard il ajoute : « Du point de vue du gouvernement, l’émigration est indispensable à la solution du problème juif »-7- En octobre 1938, l’ambassade de Pologne à Londres renchérit auprès du Foreign Office : «le problème juif devient intolérable et il est vital de trouver un débouché pour les Juifs polonais ».  Le directeur des nationalités au ministère de l’intérieur conclut : «Tout le monde est aujourd’hui antisémite en Pologne. Nous ne pouvons pas assigner un policier à chaque Juif et nous n’avons pas l’intention de pendre nos jeunes parce qu’ils sont antisémites ».-8-

 

L’Eglise catholique n’est pas en reste. Dans une lettre pastorale du 29 février 1936 du Cardinal Hlond, primat de Pologne écrit : «il est vrai que les Juifs commettent des fraudes, pratiquent l’usure et la traite des blanches. Il est vrai que du point de vue religieux et éthique, l’influence à l’école de la jeunesse juive sur la jeunesse catholique est généralement satanique ... » Il continue : «Il est vrai que les Juifs se battent contre l’église catholique, qu’ils sont libres penseurs et constituent l’avant-garde de l’athéisme, du bolchevisme et de l’activité révolutionnaire ». Il conclue avec ce jugement terrible et sans appel : «Un problème juif existe et il existera tant que les Juifs resteront juifs ».-9- Traduisez « Tant que les Juifs ne seront pas convertis au catholicisme ».

Toujours en 1936, un périodique jésuite appel à l’élimination des Juifs de la société civile : «On doit laisser les Juifs vivre, mais ils doivent être éliminés de la vie de la société chrétienne. Il est nécessaire de leur donner des écoles séparées (...) pour que nos enfants ne soient pas infectés par leur moralité douteuse ».-10- Comment s’étonner qu’en fin 1936, plusieurs milliers d’étudiants polonais en pèlerinage fassent solennellement le voeu de « transformer la nation polonaise en un état purement catholique (...) et de n’avoir de cesse que le dernier Juif soit chassé de Pologne, mort ou vif ».-11-

On comprend dans ces conditions qu’entre 1933 et 1939, le pourcentage des victimes juives en Pologne dépasse très largement celui des Juifs allemands. Un auteur estime à des centaines le nombre des victimes entre 1935 et 1937 seulement.-12-Malgré cette situation catastrophique, aucun pays n’est prêt à recevoir une multitude de «Polaks » qui ne parlent que yiddish, s’habillent étrangement et sont pour plupart sans ressources.

 

La Conférence d’Evian ignora les Polonais et donna la priorité aux  réfugiés Allemands. Myron C.Taylor, le représentant américain, écrivait le 10 juillet 1938 que la plupart des Etats participants estiment « qu’il serait fatal de donner le moindre encouragement aux Polonais, aux Roumains ou aux autres états d’Europe centrale, car ils commenceraient immédiatement à mettre une telle pression sur leurs minorités que nous nous retrouverions avec un problème monstrueux sur les bras ».-13- On ouvrait la boîte de Pandore et risquait un raz de marée que l’on ne pourrait pas endiguer.

Un changement radical de la politique d’émigration des Etats-Unis illustre cet abandon des Juifs d’Europe centrale. Au tournant du vingtième siècle plus d’un million de Juifs d’Europe de l’Est sont arrivés en Amérique. La nouvelle politique américaine d’immigration de 1924 ferme la porte, elle n’accorde à la Pologne qu’un quota annuel dérisoire de  6.524 personnes par an. Il ne fut rempli entre 1930 et 1939 qu’à concurrence de 60%  et ce n’était pas faute de candidats.-14-.

L’immensité du problème posé par 3 300 000 Juifs polonais effraie. Dans sa lâcheté, le monde baisse les bras. La peur d’avoir à sauver des millions de gens sert de prétexte pour ne pas en secourir des centaines de milliers.

Dans ces conditions, la Palestine reste pour certains une dernière possibilité. Un leader sioniste révisionniste polonais qui fera beaucoup parler de lui, Vladimir Jabotinsky, donne l’alerte : « les éléments déchaînés vont bientôt s’abattre sur l’ensemble de la population de l’Europe de l’Est, et avec une telle force que le désastre allemand en sera éclipsé ». Pour lui, la catastrophe est imminente et il est  urgent  d’évacuer 750 000 Juifs de Pologne.

Dans une conférence célèbre de  septembre 1936 à Varsovie, Jabotinsky  donne une seule destination possible : les deux rives du Jourdain, la Palestine, la patrie historique du peuple juif. Quelques semaines auparavant, le 2 août 1936, I. Grynbaum, membre du comité exécutif de l’Agence Juive, avait déclaré à la presse à Varsovie : « Nous devons partir. Pour la grande masse des Juifs de Pologne, l’heure de l’exode a sonné ».-15-.

 

Le seul enthousiasme que Jabotinsky soulève c’est paradoxalement celui du colonel Beck, le chef du gouvernement polonais. Il applaudi : un Juif confirme qu’il faut que les Juifs partent et c’est urgent. Un Juif cautionne la politique polonaise d’expulsion des Juifs qui a été l’objet de tant de critiques à l’étranger.

 

La communauté juive polonaise, elle, s’est violemment élevées contre le plan Jabotinski. Pour le Bund, la grande centrale syndicale, la solution du problème juif passe par la constitution en Pologne d’un état socialiste. C’est en Pologne que la bataille doit avoir lieu. Dans leur grande majorité les Juifs ne désirent pas émigrer malgré de terribles conditions de vie. Ils vivent dans ce pays d’accueil depuis des siècles et pensent que leur force est de rester ensemble en bravant l’adversité.  Ils considèrent comme une trahison que Jabotinsky, comme le gouvernement antisémite, encourage leur départ de Pologne. Rester et mourir, voilà ce qui arriva, mais cela, ils ne pouvaient pas l’imaginer.

L’American Jewish Joint Distribution Committee, le JOINT, la grande organisation caritative américaine réagit de la même façon. Déjà, à la fin des années vingt, le JOINT avait décidé «qu’en aucune circonstance il ne financerait l’établissement des Juifs à l’étranger ».-16- Pour elle  « La solution au problème doit être cherchée là où les Juifs vivent ». Elle va accorder de généreuses subventions destinées à soulager les misères les plus criantes et à relancer un minimum d’activité économique par le biais de divers financements

 

 A Evian, Lord Winterton, le représentant britannique dresse une barrière supplémentaire. Il oppose une fin de non-recevoir à toute discussion sur l’immigration juive en Palestine : «On a fait valoir dans certains milieux que l’ensemble du problème, tout au moins en ce qui concerne les réfugiés juifs, pourrait être résolu si seulement on ouvrait toutes grandes les portes de la Palestine aux immigrants juifs, sans restrictions d’aucune sorte. Je tiens à déclarer avec toute la netteté possible que je considère toute proposition de ce genre entièrement insoutenable ».-17-

Le manque de vision des uns, le refus d’accueil des autres ont conduit 3 000 00 de Juifs polonais à la mort. Ils représentent 52% des victimes de la Shoah alors que celles du Reich s’établissent à 3,7%.-18- Des chiffres trop rarement articulés qui montrent qu’avant la guerre une priorité devait être donnée aux Polonais comme elle le fut aux Allemands.

 

Le Président Roosevelt écrivait en janvier 1939 à propos des Juifs de l’Est: « Je ne pense pas que le départ de 7 millions de personnes de leur domicile actuel et leur relogement dans d’autres parties du monde seraient possibles, ni qu’ils soient une solution au problème.» Roosevelt avait raison : tous les Juifs n’auraient pas pu quitter la Pologne mais le monde démocratique pouvait et devait se porter au secours de quelques centaines de milliers. Il s’y est lâchement refusé.

 

 

 

   140 000 Juifs polonais sur un total de 3 300 000. 439 000 Juifs du Grand Reich (Allemagne, Autriche, Protectorat de Bohème-Moravie)  sur un total de 869 000.

 MARCUS Joseph, Social and Political History of the Jews in Poland 1919-1939, Mouton Publishers, New York,1983, p 388.

 BAUER Yehuda, American Jewry and the Holocaust The AJJDC 1930-1945, Wayne State University Press, Detroit, 1981, p 29.

 GUTMAN Israel, Encyclopedia of the Holocaust, Collier MacMillan, London, 1990, p. 1799.

MENDELSOHN  Ezra, The Jews of East Central Europe between the World Wars, Indiana University Press, Bloomington, 1983, p.167

HELLER Celia, On the Edge of Destruction : Jews of Poland between the Two World Wars, Schoken Books, New York, 1977, p. 76

MARCUS, op. cit. p. 243.

DAWIDOWICZ Lucy, The Holocaust and the Historians, Harvard University Press, Cambridge, 1981, p. 92.

MENDELSHON, op. cit. p.71.

HELLER, op. cit. p.138.

  KORZEC Pawel, Juifs de Pologne : La question juive pendant l'entre deux guerres, Presses de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, Paris, 1980, p.248. Déclaration début 1936.

MARTIN Gilbert, l’Atlas de la Shoah, Edition de l’Aube, Paris, 1992, p. 21.

 HELLER, op. cit. p. 113.

HELLER, op. cit. p.110.

MARCUS, op. cit. p.356.

GUTMAN, MENDELSOHN, REINHARZ, SHMERUK, The Jews of Poland between the Two World Wars, University Press of New England, 1989, p.105.

 ELISSAR Eliahu Ben, Le facteur Juif dans la politique étrangère du III èm Reich, 1933-1939, Julliard, Paris, 1969, p. 302. Chiffre à 500 le nombre de Juifs morts dans les pogromes entre 1934 et 1938.

STRAUSS Herbert, Immigrant from the Nazi Period to America, New York, 1987, p. 366. Près de 5 000 000 de Juifs habitaient en Pologne, Hongrie, Roumanie et Tchéquie.

MARCUS, op. cit. p. 516.

KOTZEC, op. cit. p. 315.

MARCUS, op. cit. p. 391.

Actes du Comité Intergouvernemental, 6-15 juillet 1938, Evian.

GUTMANN, op. cit. p. 1799.

FEINGOLD Henry L,The Politics of Rescue : The Roosevelt Administration and the Holocaust , 1938.1945, Rutgers University Press, New Brunswick N J, 1970,  p. 53. Roosevelt à son ministre des Affaires étrangères le 14 janvier 1939.

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 12:45

 

Texte fondamental, envoyé par Victor Perez, en réponse à la campagne démagogique des bobos post-soixante-huitards de Riposte "laïque", passés d'extrême-gauche à la droite laïcarde intégriste avec plumes et bagages intellectuels (limités à 1789, débuts de l'humanité selon la doxa en vigueur). 

 

 

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Diversion ou : Circoncision, vive les tribunaux allemands !?

Notre ami Roger est enthousiaste. La « peur a changé de camp ». En effet, un tribunal allemand faisant jurisprudence a déclaré illégale et criminelle la circoncision religieuse.

Y-a-t-il lieu de se réjouir de ce jugement, parce que l’on est un défenseur de la

Laïcité ?

C’est une mutilation, et une mutilation définitive, renchérit notre ami, après le tribunal. C’est le contraire de la « liberté religieuse » insiste-t-il, comme nos juges allemands, puisque le bébé de huit jours, dans la tradition juive, n’est pas du tout en mesure de choisir. Son père choisit donc pour lui.

La preuve que j’ai raison, la preuve que c’est une « mutilation barbare », même l’hôpital juif de Berlin a décidé de ne plus faire de circoncisions. Et notre ami de se féliciter « qu’on ait gagné la bataille de l’opinion ».

Qui a gagné cette bataille, si bataille il y a eu ?

On l’auto-ségrégue, malgré lui,

Et on l’expose à la vindicte antisémite, l’enfant juif.

J’aime la sollicitude des juges allemands pour la liberté de choix de l’enfant juif.

Ils n’ont pas oublié, nos bons juges, que lorsqu’un Juif « n’avait pas le type », les pogromistes des différentes nationalités, et bien sur pendant la shoah, les SS ou les gestapistes, lui  demandaient fréquemment de montrer son pénis.

Le pénis, c’était le passeport et l’acte d’accusation du Juif

C’est ce qui se passera fréquemment en 1918, dans les rues de Budapest, pendant les sanglants pogromes qui suivront l’écrasement de la république hongroise des Conseils dirigée par le bolchevique juif Béla Kuhn.*1

Nos juges allemands, -même si leurs arguments ne sont pas ceux des gauleiters, ni ceux des juges et des gouverneurs représentants les généraux d’Alexandre le Grand ayant fondé la dynastie syro-grecque-, aboutissent aux mêmes conclusions : ils nous emmerdent, les Juifs. Ils sont impolis, les Juifs. Ils veulent qu’on les laisse vivre leur vie de Juif à laquelle ils n’ont même pas la politesse de nous convier, vraiment quels racistes, les Juifs...

Et tout cela, parce que Moïse aurait apporté parmi les Hébreux une ancienne coutume largement répandue parmi les peuplades polythéistes africaines ; c’était une  vieille tradition clanique avant que d’être une tradition religieuse...

J’admire cette magnifique sollicitude de juges allemands pour l’enfant juif…

Ces personnages, -bouffis de certitude et de suffisance, ces gens investis d’autorité, mais incapables de faire respecter les lois allemandes sur l’égalité homme-femme parmi les populations musulmanes affluant, qui de Turquie, qui du Kossovo, de Bosnie ou de Tchétchénie, ces juges et leurs bras armés, incapables de faire appliquer les garanties personnelles de la loi allemande parmi des populations se moquant comme d’une guigne des lois allemandes d’égalité des sexes (pour ne parler que de celles-ci)- vont enfin faire marcher droit... Qui ? bien évidemment, qui voulez-vous que ce soit, le Juif ?

Les autres « circonciseurs » ne risquent rien ou pas grand chose. Ce sera comme on le voit chaque jour, quand ce sont les policiers qui sont tracassés, agressés et doivent se justifier devant leur hiérarchie, tandis que les délinquants à la kalachnikov bénéficient de la sollicitude sans limite et de la mansuétude infinie de « juges » adossés à la connivence des médias.

Ce « jugement », ce sera une jurisprudence contre les Juifs, et rien d’autre.

Ce sera la loi « laïque » contre les Juifs. Ce sera un outil répressif contre ces incorrigibles impertinents, que Goebbels avait caractérisés ainsi, quant il parlait dans ses discours, de « l’intellectualisme juif », de « l’esprit juif, incompatible avec la discipline allemande ».

J’admire le courage incroyable de ce tribunal allemand et de ces autorités allemandes, impuissants, totalement impuissants, face aux crimes d’honneur qui se multiplient partout en Allemagne, surgissant comme les champignons après la pluie, s’accomplissant sur la personne de jeunes filles germano-turques qui croyaient que,- les inconscientes-, puisqu’elles étaient en Allemagne, elles pouvaient disposer librement de leurs sentiments ainsi que de leur corps.

Ici, ce sera différent. Au pas les Juifs, au pas de l’oie !!! Ah mais.

Vous allez voir ce que vous allez voir...

En effet, on ne risque rien à interdire aux Juifs. Ils sont légalistes, les Juifs. Ils ne feront pas sauter le tribunal, les Juifs. Ils n’enverront pas de menaces de mort et moins encore de « fatwa » aux courageux juges, les Juifs.

Et pour cause : Ils appliquent le principe talmudique deux fois millénaire : « dina mal’houta dina » (la loi du royaume/ou de la république du pays d’accueil) est la loi.

C’est en s’appuyant sur cette disposition juridique talmudique que les rabbins de France et les délégués des petites communautés de Juifs vivant dans ce pays en 1806, seront réunis par le gouvernement en Sanhédrin où ils décideront de raboter la « Halakha », la loi mosaïque. Ils la feront ainsi rentrer dans les clous des lois de la république française, pour se conformer aux exigences du pouvoir étatique qui fixait à ce prix leur accès à la citoyenneté française.

Alors vive les tribunaux allemands !

Ils ont enfin trouvé leur baudet, les tribunaux allemands.

Ils l’ont, leur coupable idéal. Ils vont enfin pouvoir exercer, sans craindre de représailles, leur mâle vigilance démocratique et laïque.

Ils vont pouvoir, fermement et courageusement, sanctionner les empiètements intolérables de la croyance ancestrale hébraïque, modifiant scandaleusement le corps des jeunes garçons, en leur retirant un prépuce qui serait –nous dit-on doctement- comme une sorte de « point G » masculin, un lieu du corps riche en enzymes, ainsi qu’en bactéricides évitant de se laver, un lieu débordant de terminaisons nerveuses qui en ferait un endroit d’hyper sensibilité masculine, propice à la jouissance lors de la rencontre avec le vagin...

Nos enthousiastes du prépuce ne se rendent pas compte que cette hypersensibilité masculine possède une fonction précise produite, selon les convictions, par Dieu ou par l’évolution (la loi naturelle de la sélection sexuelle des espèces). Il s’agit dans ce cas, d’assurer l’émission la plus rapide possible de la semence humaine, afin que la fonction reproductive ne soit pas troublée.

On sait que l’éjaculation précoce est un drame dans beaucoup de couples où la conjointe espère légitiment un plaisir qui n’est pas au rendez-vous. En effet, le plaisir féminin n’a rien d’automatique et il demande du temps lors d’une rencontre physique…

Notre ami Roger, comme d’autres d’ailleurs, confond plusieurs choses. D’abord, il établit une relation incongrue de symétrie entre excision et circoncision.

La confusion est de taille

Dans un cas, l’excision, on a affaire à une « opération » réalisée dans des conditions dépourvues généralement d’hygiène, par une matrone procédant à l’ablation des grandes lèvres, du clitoris et souvent des petites lèvres.

Cette chirurgie rituelle rudimentaire destinée à retirer ce qu’il y a de physiquement « masculin » dans la femme, la prive des organes principaux de son plaisir amoureux. Elle la transforme en un simple objet de reproduction sexuée « humaine ».

La femme devient, avec cette ablation-mutilation douloureuse, un réceptacle à sperme, une machine vivante privée de tout plaisir, un outil interdit de jouissance physique et psychique.

Elle n’est plus qu’un instrument organique destinée à recevoir des spermatozoïdes

Dans l’autre cas, l’homme n’est en rien privé du plaisir amoureux.

Il n’est en rien privé de la finalité de ses pulsions, si le plaisir -pour lui- ne se réduit pas à l’éjaculation, mais s’il provient de la maîtrise de son corps et de la durée du rapport physique destiné à se satisfaire en donnant de la jouissance et du bien être physique et psychique à la partenaire qu’il ne prend pas pour une bielle humaine ; l’homme, « mutilé » par la perte de son prépuce, n’aura pas lieu de se plaindre, bien au contraire.

A la différence de la femme excisée, l’homme n’est privé de rien,

Lorsqu’il est circoncis.

Il n’est privé de rien, sauf de d’avoir à passer un peu plus de temps à sa toilette  quotidienne intime, pour rendre propre et sain cette minuscule partie de lui-même enfermée sous son prépuce non enlevé. 

Mais j’entends déjà nos protecteurs du prépuce, nous assurer et nous vanter l’existence d’enzymes miraculeuses autonettoyantes, diffusant un discret parfum qu’envierait Channel.

La tradition hébraïque implique un circonciseur, un « mo’hel » (moykhel, en yiddish). Sa formation rigoureuse est fondée sur un principe médical et moral de non-souffrance absolue du bébé de huit jours. En d’autres termes, ce n’est pas à l’Hôpital, fut-il « juif », que cela se passe, la circoncision, quand à lieu la « Brith mila ».

Les rabbins ne le savaient peut-être pas, mais les neurologues l’ont mis en évidence : à huit jours, le système nerveux présente la particularité de provoquer, - lors de toute « agression » du corps-, la plus faible sensation douloureuse possible de toute l’existence humaine ; tandis que la capacité d’autoréparation (cicatrisation) est, à l’inverse, au maximum.

N’en déplaise à notre ami, aucun trouble psychique ne résulte d’un quelconque souvenir de la privation d’un bout de soi, aucun souvenir douloureux ne reste enfoui dans l’inconscient du bébé devenant homme.

S’il n’y a pas de souffrance, ni de trouble psychique ultérieur,

Qu’est-ce qui déplait tant à notre ami et aux juges allemands?

Que ce soit une prescription de la loi de Moïse peut-être?

Beaucoup de principes juridiques sont dans cette loi. On en retrouve certains dans d’autres codifications : tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu respecteras ton père et ta mère, tu considèreras l’étranger qui te respectes comme toi-même, parce que tu as été étranger et que tous les êtres humains descendent d’un ancêtre commun*2, tu dois donner du plaisir à ta partenaire.

Cela les rend-il moins respectables et moins justes pour cela ?

Moïse était tout sauf un tyran

La figure de Moïse apparaît précisément dans la Bible comme celle d’un homme qui ne s’en laisse pas compter, même par la divinité créatrice des univers, à laquelle il tient tête à plusieurs reprises.

Il donnera aux Juifs deux Thora : l’une écrite, qui est un code permanent, et l’autre, une « Thora orale ».  Elle est une compilation de déclinaisons évolutives *3 du principe de libre examen de points de vue opposés confrontés et rendus publics, sur toute question de la vie quotidienne autant que de la morale sociale, voulant partir de la loi ; sachant que le point de vue minoritaire n’est jamais moins valable que le point de vue majoritaire du moment.

C’est cela qui fait qu’une nation ou un peuple, -les Juifs, représentant moins de deux millièmes de l’humanité-, donnera plus de cinquante pour cent de tous les prix Nobel (pour contrarier le phénomène, certains trouvent judicieux de proposer une sorte de discrimination positive inversée).

Pour les Nobel, ce devrait devenir comme pour l’accès aux postes responsables dans la Pologne stalinienne des années de noire réaction qui suivront le « printemps polonais » des conseils ouvriers de 1956 ; Pologne où l’on fera comme dans la Russie des Tsars quand régnait le numérus clausus à l’encontre des Juifs.

Certains proposent donc, en 2012, de faire disparaître l’apport juif à la culture humaine, en instaurant dans ce but une proportion maximale de Juifs pouvant recevoir un prix Nobel ; on fixerait un nombre maximal, en rapport arithmétique avec les effectifs des Juifs, en tant que peuple.

Les prix Nobel devraient désormais refléter la « diversité » humaine et non plus l’importance de la découverte ou la valeur de l’apport culturel. On nagerait en plein hollandisme.

Si l’on ne tombe pas dans le racialisme, force est de se demander :

Qu’est-ce qui peut faire qu’un tout petit peuple, qu’une bien modeste nation, a produit autant de géants de la pensée universelle, depuis Spinoza, en passant par Marx, Ferdinand Lassalle, Trotski, Rosa Luxembourg, Bebel, Henri Bergson, les historiens Jules Isaac et Marc Bloch, Edmund Freud, Lacan, Albert Einstein, les physiciens Lev Landau et Kapitsa, Andreï Sakharov, Frydman (pas l’économiste fondateur de l’école de Chicago, mais l’astrophysicien codécouvreur de l’expansion de l’univers, parallèlement aux travaux et conclusions de l’Abbé Lemaître), les peintres Soutine, Chagall, Modigliani, les musiciens Bizet, Mezz Mezrow le jazzman, Simon et Garfunkel, Gerschwin, Bernstein, Brahms, Mendelsohn, Rubinstein et tant de centaines d’autres, dans tous les domaines de la culture et du savoir.

Tous ces hommes ont été circoncis

Manifestement, cela n’a pas l’air d’avoir affecté leurs capacités créatrices. Quand à leurs qualités d’amants, il semble aussi qu’elles n’ont guère été écornées.

Maltraitance des enfants juifs ?

Mais peut-être que demain, un tribunal, ou un collège de psychiatres, va poursuivre les mères juives. Il leur reprochera leur amour « excessif ». Il leur opposera les ravages de leur dévouement, pour la personnalité de l’enfant victime d’un amour trop zélé ; serait-il la cause de ces souffrances psychiques, dont témoigne dans son œuvre cinématographique un de ces Juifs qui n’aiment guère les siens, je veux parler du cinéaste Woody Allen ?

Notre ami Roger jubile

Il établit un lien, à cette occasion, entre la question de la circoncision- une pratique barbare, un rite odieux, un quasi-infanticide- et « l’égorgement rituel », kasher et halal.

J’ai déjà eu l’occasion de l’informer à ce sujet.

La kashrout n’implique aucune formule ou prière rituelle, ni aucune orientation de l’animal abattu vers Jérusalem ou un autre lieu religieux juif.

La kashroute pose trois obligations impératives :

- le sang de l’animal doit être totalement évacué

Il est en effet considéré comme étant un facteur de dégradation accélérée de la chair de consommation (en plus d’être le symbole de la vie soustraite à un être),

- le « shoy’het » (tueur agréé, qualifié à la suite d’une longue et exigeante formation) doit réduire au maximum la souffrance animale

- Le rabbin qui donnera la certification doit contrôler la bonne qualité sanitaire de l’animal. Il doit attester aussi qu’il n’a pas souffert, sans quoi l’animal est déclaré impropre à la consommation, il n’est pas « kasher ». Certaines nourritures carnées sont prohibées, parce qu’elles recèlent la souffrance d’animaux consommés par celui qui serait abattu pour être mangé par l’homme (ce sont les carnassiers).

En Israël, la discussion se poursuit

Des rabbins décisionnaires affirment à ce propos : que puisque aucun procédé d’abattage n’abolit, avec une certitude absolue, la non-souffrance de l’animal auquel on emprunte sa vie pour reproduire la notre, alors il faut renoncer à la nourriture carnée. Il faut -disent-ils- poursuivre la recherche scientifique, aux fins de fabriquer des protéines de consommation courante non animales, des protéines fabriquées auxquelles le progrès de la science devraient permettre de pouvoir donner n’importe quel goût recherché, selon les cultures et les désirs individuels.

Je rappelais aussi à notre ami que la taxe payée au rabbinat certificateur n’est versée que par ceux qui achètent le produit indiqué, par écrit, « Kascher » ou « strictement kascher ». Seul celui qui mangera kasher ou strictement kascher paiera la taxe au rabbinat certificateur.

Pour revenir à la circoncision,

Comme je le rappelais plus haut : par deux fois, les Juifs eurent à subir des législations étatiques oppressives qui leur refuseront d’être eux-mêmes et de pouvoir librement transmettre à leurs fils et filles ce qu’ils avaient reçu de leurs parents.

Il y eut d’abord, en Judée conquise par Alexandre le Grand et ses généraux, les décisions de la dynastie syro-grecque des Séleucide.

L’hellénisation imposée par les Grecs de Syrie et leurs mercenaires locaux provoqua la révolte des Maccabées.

Ces derniers l’emporteront sur les armées séleucides. Ils restaureront la souveraineté politique juive en Judée. C’était le territoire de l’actuel Israël, celui de la future « Palestine » et un petit morceau de la Jordanie situé autour sur la rive orientale de la mer morte et le long de la rive gauche du Jourdain. Le tout représente la superficie des départements bretons unis au département de la Manche. C’est ce que les médias appellent… le « grand Israël ».

Parmi les mesures d’hellénisation obligatoires, l’interdiction et la répression de la circoncision

La seconde interdiction, remonte aux romains, après qu’ils eurent à leur tour conquis la Judée.

Un rabbin, à l’autorité reconnu, vint à Rome pour rencontrer l’empereur et lui présenter les arguments juifs, parce que la circoncision était alors férocement réprimée. L’empereur écouta le rabbin délégué et il accepta la revendication juive.

Aujourd’hui, on entre dans un nouveau registre : c’est l’intégrité physique de l’enfant et son autodétermination intellectuelle qui sont mises en avant

Gageons qu’avec ces arguties, il faudra bientôt fournir des expertises effectuées, par des médecins surveillants spécialisés, par des médecins assermentés devant les tribunaux, pour faire procéder, chez notre enfant, à un arrachage de dents, à de l’orthodontie, ou à une appendicectomie.

Outre l’intégrité physique, -qui serait niée par la perte d’un organe prodigieux ,-nouvellement découvert-, dont il est manifeste qu’il a tout à voir avec la fonction reproductrice et rien avec la culture et la recherche de sa maîtrise physique dans le but de donner du plaisir à la femme (comme la tradition juive en fait un impératif « religieux »)- on nous sert aujourd’hui l’autonomie, l’indépendance intellectuelle de l’enfant.

Attention ami Roger

Attention les Amis, c’est avec cet argument que les bousilleurs soixante-huitards ont progressivement interdit de fait l’enseignement scolaire de l’Histoire.

En effet, en enseignant des faits du passé, ne conditionnerait-on pas les esprits des enfants, l’école ne reproduirait-elle pas les « nationalismes » pernicieux, ne perpétuerait-elle pas les « patriotismes guerriers, fauteurs de guerre ». Bien sur, évidemment, répondront des générations de « pédagogues » démolisseurs.

Pour ne pas « conditionner », pour respecter le principe de libre autodétermination de l’enfant, ne l’instruisons pas. Il devra tout découvrir par lui-même.

Vive l’autonomie intellectuelle de l’enfant !

Vive l’ignorance !  A mort l’enseignement des faits historiques qui conditionne !

A charge à l’enfant, devenu adulte, -s’il en a le temps et surtout la motivation-, de s’atteler à ce que l’école s’est désormais interdit de faire.

Afin de respecter l’indépendance intellectuelle de l’enfant élève, et aussi, et surtout, pour de ne pas froisser nos jeunes invités appartenant à la « diversité », venus d’ici et là, l’école a rayé de sa sphère des pans entiers du savoir historique national et éléments importants aussi du savoir scientifique lorsqu’ils contredisent des dogmes qui seraient offensés autrement (ainsi le darwinisme).

Attention, Ami Roger, attention, casse-cou…

Alain Rubin

*1 En 1918, la défaite militaire de la « Triplice », l’alliance militaire des empires centraux (Reich allemand des Hohenzollern et Autriche-Hongrie) et de la « Sublime porte » (l’empire ottoman ou Califat), provoquera une vaste onde de choc révolutionnaire. Les trois empires exploseront en libérant les nationalités qu’ils incorporaient de gré ou de force.

La guerre « impérialiste », réellement commencée en 1912 (avec la guerre des Balkans), se transformait en plusieurs révolutions prolétariennes donnant lieu, en Allemagne, en Autriche-allemande et en Hongrie, à l’élections de Conseils ouvriers (« soviets ») et formant des pouvoirs ouvriers plus ou moins développés, qui furent partout refoulés ou réprimés et écrasés.

En Hongrie, le Prince-Régent, un démocrate bourgeois légaliste, confronté à la puissance initiale de ce mouvement ouvrier de type soviétiste, remis de lui même, -sans que se produise d’insurrection type octobre 1917-, le pouvoir politique central aux représentants politiques des partis majoritaires dans les Conseils ouvriers. Il s’agissait du tout nouveau parti communiste hongrois adhérent à la troisième internationale, dirigé par Bela Kuhn, et de son allié, le parti social-démocrate membre de la deuxième internationale, dont il était issu.

La paysannerie, groupe social majoritaire dans le pays, ne se reconnaissant pas dans le gouvernement des Conseils. L’intervention d’un corps expéditionnaire français pu donc ouvrir la voie à la victoire de la contre-révolution, amenant au pouvoir le Régent Amiral Horthy.

Au cours des journées qui suivront la défaite des soviets hongrois, la chasse aux Juifs se produira à Budapest et dans d’autres parties du pays.

Les témoins racontent les scènes de violences de rue, au cours desquelles on demandait à ceux que l’on soupçonnait d’être des Juifs, de baisser leur pantalon pour montrer leur sexe. Sans autre forme de procès, les hommes circoncis étaient abattus sur place ou, au mieux, roués de coups et laissés pour morts.

*2 C’était alors révolutionnaire, dans la mesure ou, à l’époque, toutes les cultures claniques, tribales, totémiques, qualifiaient « d’humains » seulement les membres de son clan, de sa tribu ou de sa confédération tribale et considéraient les autres clans ou tribus comme descendants d’autres êtres fantastiques ou d’animaux différents que ceux que l’on croyait être son ancêtre totèmique.

*3 C’est ainsi que tout tribunal rabbinique s’honorait de ne pas prononcer de peine capitale, et que la lapidation prévue de la femme, pour certains actes, n’était pas appliquée. Mahomet reprochera cela aux Juifs qui vivaient aux côtés des Arabes. Il en déduisit qu’ils « falsifiaient » ou qu’ils faisaient une interprétation infidèle de la Loi mosaïque. Lui et les siens, -comme les Juifs « caraïtes » et les Samaritains-, ne comprenant pas la signification de ce qu’était la « Thora orale » : corpus de discussions contradictoires qui donnait la base juridique destinée à juger en droit et en équité : en hébreu « lifnim méshourat a Din »

Alain Rubin

PS

Dernière minute (1er juillet 2012)- J’ai modifié le titre de cet article pour l’appeler « diversion ».

En effet, tandis que chacun applaudit le tribunal allemand ; tandis que d’aucuns se réjouissent et se pourlèchent les babines à propos de futures persécutions et de lourdes, très lourdes, condamnations d’incorrigibles parents juifs et de mo’hel, AQMI humilie, persécute et tue à Tombouctou et à Gao.

AQMI massacre, dans la partie du Mali devenu AZAWA

Les Touaregs de Tombouctou et de ses environs ont pour particularité d’avoir pris il y a plusieurs siècles, sous leur protection, les rescapés des massacres provoqués par la conquête et la destruction hilalienne du royaume du Touat. Les tribus hilaliennes étaient des groupes nomades belliqueux, venus du sud égyptien, islamisées par le djihad initial et mêlées avec des groupes venus de la péninsule arabique.

Le royaume du Touat était un Etat saharien, bien organisé sur le plan agricole et commercial. Il fut constitué à la suite d’une alliance politique, économique et souvent matrimoniale entre Juifs -venus de Judée, ou des descendants des Hébreux associés aux Phéniciens de Tyr pour fonder Carthage- et groupes Berbères. Ces rescapés du Touat ont conservé le souvenir de leurs origines hébraïques et juives. Témoignent de cela : les patronymes, les rituels juifs typiques, ainsi que les fragments de l’hébreu persistant dans leur langue vernaculaire amazigh. Ils forment un groupe humain spécifique, considéré comme « Yahoud » par leurs voisins et protecteurs Touaregs. C’est une petite population.

Quand ils furent retrouvés, au 19ème siècle, par le rabbin Sroussi, -qui faisait découvrir Tombouctou à Charles de Foucauld-, ils n’étaient pas plus de deux mille à vivre autour de la prestigieuse et mystérieuse métropole saharienne et cité interdite aux non-musulmans. Ces rescapés de la destruction du Touat sont connus au Mali sous le nom de Dagga ou Daggatoun.

AQMI, -dont l’objectif se résume à la reconstitution du Califat et à l’instauration immédiate de la dictature totale et absolue de la charia intégrale, sur le territoire qu’elle s’approprie-, est en guerre contre l’AZAWA et les tribus Touareg. 

Les viols de femmes et d’enfants, les tueries ont commencé. On commencé aussi : les interdictions et les destructions de tout ce qui n’est pas  jugé « musulman » dans cette vision liée à la mise en œuvre de la charia intégrale et exclusive.

Présentement, la situation à Tombouctou ne paraît guère intéresser ceux qui voient en l’islam une idéologie pacifique, tout à fait compatible avec la démocratie, qu’il ne faudrait pas stigmatisé en appelant à aider effectivement la population de Tombouctou.

On le voit avec l’enthousiasme iconoclaste anti-circoncision juive, déclenchée par le jugement allemand, parmi des personnes respectables, -parfois même ce sont des amis qui publient ou veulent publier des bulletins de victoires dans leur drôle de guerre… tandis que Varsovie (Tombouctou) brûle et se retrouve sous les bombes, à la merci d’aventuriers djihadistes-, on fait comme si ces événements n’ont pas lieu ; on vaque paisiblement à ses occupations préférées, ou on en sous-estime la gravité. On ne s’associe présentement pas à la défense de ces populations opprimées et martyrisés, en particulier à la première riposte qui aura lieu samedi 7 juillet.

Ce qui intéresserait, ce qui serait stratégique…ce ne serait pas le sort des Bambaras et des Touaregs Imazihgen et des Dagga : ce serait le prépuce de quelques bébés juifs, de malheureux enfants opprimés par leurs parents.

Les enfants, les jeunes filles et les femmes Touaregs et Bambaras tués ou violés, le dynamitage des monuments séculaires révérés par ces populations, le génocide des Daggas qui se prépare à Tombouctou et dans tout l’Azawa, tout cela est manifestement, pour l’instant, sans intérêt.

La « peur a changé de côté », ose encore écrire sans rire un ami que je ne nommerai pas, pour ne pas lui imposer la sanction du ridicule et de l’odieux.   Je veux croire qu’il va poser d’autres lunettes sur son nez et regarder les faits, laissant de côté les préjugés de l’idéologie.

Alain Rubin

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 19:14

Le monde commet une erreur désastreuse.

                                     1933

 

Par André Chargueraud

 

boycottnazi (Copier)

 

« Le jour du boycott a été le jour de la plus grande lâcheté. Sans cette lâcheté, tout ce qui suivit ne serait pas arrivé », écrit après la guerre Léo Baeck. Le rabbin se réfère au boycott des magasins et des affaires juives organisé par les nazis le 1er avril 1933. Il dénonce la passivité et le soutien à Hitler de la population allemande et des dirigeants étrangers pendant les six mois qui ont suivi sa nomination comme Chancelier du Reich, le 31 janvier 1933.

 

11 millions de protestants, soit près de 90%, ont voté pour les nazis en juillet 1932. Sans surprise, la plupart, regroupés dans le mouvement inféodé aux nazis des « Chrétiens allemands », ont continué dans la même voie l’année suivante. On aurait toutefois pensé que les pasteurs, qui allaient fin 1933 fonder « l’Eglise confessante » pour contrer les « Chrétiens allemands », se seraient montrés plus critiques. Il n’en fut rien.

 

Otto Dibelius, cofondateur avec Martin Niemöller de l’Eglise confessante, affirme à la radio le 4 avril 1933 que le gouvernement a bien raison d’organiser un boycott. «L’Eglise ne doit pas et ne peut pas empêcher l’Etat de maintenir l’ordre par des mesures sévères (…) et vous savez, mes amis, que nous sommes des gens d’ordre, de droit et de discipline ». Quelques semaines plus tard, Niemöller déclare dans le Völkischer Beobachter : « Dans notre peuple, en de nombreux groupements, l’espoir a surgi d’une association nouvelle entre la nation et l’église chrétienne, entre notre nation et Dieu ». 

 

Les catholiques à l’appel de leur clergé ont massivement et constamment voté pour leurs propres partis contre les nazis. Ils vont cependant apporter les voix décisives au Führer lors du vote des pleins pouvoirs du 23 mars. Un changement de politique dicté par le pape Pie XI qui constate que depuis les élections du 3 mars les nazis possèdent la majorité au Reichstag. Il s’estime obligé de composer. Hitler a plusieurs fois déclaré qu’il revendique la sphère politique mais qu’il garantit le religieux aux Eglises. Le Vatican, qui depuis longtemps cherche un accord formel avec le gouvernement allemand, pense qu’il faut saisir l’occasion pour négocier un Concordat, quitte à abandonner toute participation au pouvoir politique. Un Concordat s’appliquera dans la durée et Rome pense à tort que le gouvernement nazi n’est que transitoire.

 

Dans l’attitude de Pie XI, il ne faut pas négliger une phobie du bolchevisme. Il aurait dit à François Charles-Roux, l’ambassadeur français auprès du Saint Siège : « J’ai modifié mon opinion sur M. Hitler à la suite du langage qu’il a tenu ces jours-ci sur le communisme. C’est la première fois, il faut bien le dire, que s’élève une voix de gouvernement pour dénoncer le bolchevisme en termes aussi catégoriques et se joindre à la voix du pape ».

 

Les marxistes allemands ont eu un comportement étrange qui les a conduits à accepter dans les faits la mise en place du régime nazi. Ils sont pourtant 13 millions, bien organisés avec leurs milices entraînées et armées qui font le coup de feu chaque jour et des syndicats ouvriers puissants qui sont à leurs ordres. Entre leurs mains deux armes redoutables qu’ils ont déjà utilisées au début des années vingt : la grève générale et l’utilisation de la force.

Mais les marxistes obéissent aux directives de Staline. Comme Pie XI et de nombreux observateurs bien informés, Staline estime « que le régime nazi doit tôt ou tard s’effondrer et se briser entre les différents groupes qui le composent. Il a une base sociale diffuse, celle d’un parti de protestation, il n’a pas de programme politique clair à offrir ». L’historien Ian Kershaw donne une excellente analyse de la situation : « Son aversion pour les socialistes est à l’origine de l’invraisemblable politique que Staline impose au Parti Communiste allemand (...) Il aide Hitler à détruire la république de Weimar, comptant sur lui pour détruire les social-traîtres et ne croyant pas que le nazisme leur survivra. Ainsi la voie serait libre pour faire la révolution (…) Mais Hitler n’élimine pas seulement les socialistes, il se débarrasse aussi des communistes ... » 

Hitler n’a pas de soucis à se faire du côté des démocraties occidentales. Déjà en décembre 1930 dans le Populaire, Léon Blum écrivait : « Je crois que l’astre hitlérien est déjà monté au plus haut de sa course, qu’il a touché son zénith». D’ailleurs, ajoute-t-il, si un jour « l’absurde baladin du racisme arrivait tout de même au pouvoir, il sentirait tomber sur lui le lourd manteau de prudence et l’on pourrait s’attendre à l’une de ces métamorphoses opportunes comme il s’en produit souvent ». Après le boycott du 1er avril 1933, Léon Blum met publiquement en garde contre  «toutes réactions nationalistes».  Dans la grande tradition de vœux pieux imprégnés de rhétorique humanitaire, il estime qu’il vaut mieux répondre à la force par la « révolte des consciences ».

Aux Etats-Unis, le 16 mai 1933, le président Roosevelt lance un appel au désarmement et à la paix. Le jour suivant, Hitler lui répond devant le Reichstag dans son fameux discours de paix. Il approuve l’appel de Roosevelt et ne réclame qu’une chose, l’égalité avec les autres nations sur le plan de l’armement. A Washington le porte-parole déclare : « Le Président a été enthousiasmé par la façon dont Hitler a accepté ses propositions ».  Six semaines à peine après le boycott des affaires et magasins juifs en Allemagne, Roosevelt ne demande qu’à être rassuré.

En Grande-Bretagne, le ton est donné par Winston Churchill qui, malgré son grand sens politique, montre qu’il n’arrive pas à saisir la personnalité de Hitler. En 1935 encore, il prend une position équivoque à l’égard du Führer. Il se demande si Hitler « va déclencher sur le monde une nouvelle guerre désastreuse pour la civilisation, ou bien s’il prendra sa place dans l’histoire comme l’homme ayant rendu l’honneur et l’esprit de paix à la grande nation allemande, sereine et forte, au premier rang du cercle de famille qu’est l’Europe ». 

Paradoxe de ces temps troublés, face au danger bolchevique la communauté juive allemande est à l’unisson. Le rabbin Léo Baeck déclare en public à la fin mars 1933 : « La révolution allemande et nationale que nous vivons en ce moment montre deux directions qui tendent à se rejoindre : la lutte pour surmonter le bolchevisme et celle qui vise à rénover l’Allemagne. Comment se situe le judaïsme face à ces deux objectifs ? Le bolchevisme étant un mouvement athée est l’ennemi le plus violent et le plus acharné du judaïsme (…) Un Juif qui se fait bolcheviste est un renégat. L’idéal et la nostalgie des Juifs allemands est bien la rénovation de l’Allemagne ». 

Cette « nostalgie » pousse certains intellectuels Juifs à aller jusqu’à déclarer qu’ils auraient approuvé le régime nazi s’il n’avait pas été antisémite. En témoignent ces mots du rabbin Elie Munk : « C’est à partir du judaïsme que je rejette la doctrine marxiste,  je me reconnais dans le socialisme national une fois ôtée sa composante antisémite. Sans l’antisémitisme, le socialisme national trouverait ses plus chauds partisans chez les Juifs fidèles à leur tradition ». Au vu de toutes ces prises de positions, est-il exagéré de conclure que pour la plupart des acteurs l’arrivée du national-socialisme au pouvoir a plutôt été considérée avec sympathie et pour le moins n’a pas été combattue ? Certes des voix se sont élevées pour dénoncer les emprisonnements d’opposants politiques, l’abandon de l’habeas corpus, les renvois arbitraires de fonctionnaires et autres dérives inadmissibles d’un régime totalitaire qui s’installe. Le soulagement de voir l’Allemagne s’éloigner d’un chaos total qui l’aurait détruite a relégué ces mesures scélérates au second plan.

Fin 1932, la gauche marxiste et les nationaux-socialistes totalisent les trois quarts des représentants du Reichstag. Il ne reste que deux choix de régime possibles, le marxisme ou le nazisme. Hitler a éloigné le spectre angoissant pour les occidentaux d’une Allemagne bolchevique. En juillet 1932, la droite et la gauche se battent à Hambourg : 19 victimes et 285 blessés. Rien qu’en Prusse, entre le 1er et le 20 juin 1932, il y eut 461 échauffourées qui firent 82 morts.  Entre 1928 et 1932, la production industrielle allemande a chuté de 42%, une situation économique et sociale insupportable. Hitler a rétabli l’ordre, condition essentielle à la reprise économique. Quant aux mesures odieuses décidées par le régime nazi, un consensus se dégage pour penser qu’il ne s’agit que d’une situation momentanée car le régime ne durera pas. Cette erreur de jugement grave a eu des conséquences  catastrophiques.

 LEVIN  Nora, The Holocaust Years,The Nazi Destruction of European Jewry, 1933-1945, Robert  Krieger,   Malabar Florida, 1990, p. 22. Léo Baeck deviendra en septembre 1933 président de la Reichsvertretung des Deutschen Juden, l’organisation faîtière des Juifs d’Allemagne.

REYMOND Bernard, Une Eglise à croix gammée : Protestantisme allemand au début du régime nazi, 1932- 1935, L’Age d'Homme, Lausanne, 1980, p.79.

GUTTERIDGE Richard,  Open thy Mouth for the Dumb : The German Evangelical Church and the Jews  1879- 1950, Harper Row, New York, 1976, p.78.

CONWAY J.S, La Persécution nazie des églises 1933-1945, Editions France Empire, Paris, 1969, p. 89.  19 juillet 1933.

Parti du centre et Parti bavarois.

Il fallait pour les pleins pouvoirs une majorité des deux tiers alors que les nazis et leurs alliés n’avaient qu’une majorité simple.

CONWAY, op.cit. p. 61. « Le gouvernement national voyant dans le christianisme le fondement inébranlable de la vie morale de notre peuple, attache la plus haute importance au développement et au maintien des relations les plus amicales avec le Saint Siège (...). Les droits des églises ne seront pas touchés, leurs relations avec l’état ne seront pas changées.» Discours de Hitler au Reichstag le 23 mars 1933.

LACROIX-RIZ, Annie, Le Vatican, l’Europe et le Reich de la Première Guerre mondiale à la guerre froide, Armand Colin, Paris, 1996, p 154. Propos rapportés par l’Ambassadeur.

KERSHAW Ian, Hitler’s Myth’s, Images and Reality in the Third Reich, Oxford Clarendon Press, Oxford, 1983, p. 29.

JELEN Christian, Hitler ou Staline : le prix de la paix, Flammarion, Paris, 1988, p. 16 et 17. Une première fois Staline sous-estime Hitler.

GREILSAMMER Ilan, Blum, Flammarion, Paris, 1996. p. 272.

THALMANN Rita,L’Antisémitisme en Europe Occidentale et les réactions face aux persécutions nazies des Juifs pendant les années trente dans L’Allemagne et le génocide Juif, François Furet, (Direction) Gallimard, Le Seuil, Paris, 1985, p. 140.

SHIRER William, Le IIIème Reich, Stock, Paris, 1990, p.231.

FEDIER François, Martin Heidegger, Ecrits Politiques, 1933-1939, Gallimard, Paris, 1995, p. 60.

IBID, p. 15.

MUNK Elie, Le Judaïsme face à ce qui l’entoure, Frankfurt, 1933, cité par FEDIER, op. cit. p. 14 et 15.

SHIRER, op. cit. p. 184.

FEDIER, op. cit. p. 55.

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 18:48

 

C'est une double-gaffe : relative à l'histoire des camps nazis-allemands et parce que, justement, Jan Karski est un grand Juste Polonais. Le Ministre des affaires polonais ne peut dire aux Américains qu'un seule chose : Obama est un incompétent et un ignorant. 

La Pologne remontée après la gaffe d'Obama sur les camps

Mots clés : PologneBarack ObamaDonald Tusk 

Par lefigaro.fr Publié le 30/05/2012

 

http://www.lefigaro.fr/international/2012/05/30/01003-20120530ARTFIG00615-la-pologne-remontee-apres-la-gaffe-d-obama-sur-les-camps.php

 

Le président américain a provoqué la colère des Polonais en parlant mardi d'un «camp polonais de la mort». Le pays exige des excuses.

 

«Camp polonais de la mort». C'est l'expression à éviter à tout prix en Pologne. Mal briefé par son équipe, Barack Obama a commis la gaffe mardi lors d'une cérémonie à la Maison blanche en hommage posthume à Jan Karski. Cet ancien officier polonais avait fourni aux Occidentaux les premiers témoignages sur la politique d'extermination des Juifs par les nazis.

«Avant un voyage au travers des lignes ennemies, des résistants lui avaient raconté que les Juifs avaient été tués en masse, ils l'ont introduit en cachette dans le ghetto de Varsovie et dans un camp polonais de la mort pour qu'il voit lui-même ce qu'il en était», a déclaré le président américain.

Cette déclaration a provoqué l'ire de la Pologne. Depuis des années, le gouvernement observe d'une manière très sourcilleuse les descriptions faites par la presse internationale des anciens camps de concentration dits «polonais», soulignant que ce terme --même s'il est utilisé simplement comme une indication géographique-- peut donner l'impression que la Pologne porte une responsabilité dans le génocide perpétré par l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. Le ministère des Affaires étrangères a indiqué être intervenu plus de 200 fois entre 2010 et 2012 pour rectifier cette erreur.

La Maison Blanche a tenté d'apaiser ce «couac» diplomatique. Tommy Vietor, un porte-parle d'Obama, a déclaré que le président s'était «mal exprimé». «Nous regrettons cette erreur d'expression qui ne devrait pas porter ombrage à notre intention claire d'honorer M. Karski et ces courageux citoyens qui se sont tenus du côté de la dignité humaine face à la tyrannie», a-t-il ajouté.

Excuses exigées

Mais cela pourrait ne pas suffire à calmer les esprits. Même le premier ministre Donald Tusk est monté au créneau mercredi, affirmant que ces mots avaient «blessé tous les Polonais». «Je suis convaincu que nos amis américains peuvent se permettre aujourd'hui une réaction plus forte qu'une simple mise au point et des regrets du porte-parole de la Maison Blanche, une réaction susceptible d'éliminer une fois pour toutes de telles erreurs», a-t-il souligné, rappelant que la Pologne fut l'un des pays les plus touchés par la guerre.

Entre 1939 et 1945, les Allemands ont tué près de six millions de citoyens polonais, dont trois millions de juifs. L'Allemagne nazie a installé plusieurs camps de concentration et d'extermination sur le sol polonais, dont Auschwitz-Birkenau devenu le symbole de l'Holocauste.

«Si on parle de camps polonais, qui alors tuaient les soldats américains, des mains de qui l'oncle de Barack Obama libérait Buchenwald?», a insisté Tusk. «Parler de camps polonais, c'est comme s'il n'y avait pas de nazis, pas de responsabilité allemande, comme s'il n'y avait pas de Hitler», a-t-il ajouté, en demandant aux États-Unis de soutenir les efforts polonais pour rétablir la vérité historique.

Moins diplomatique que le premier ministre, le chef de l'opposition conservatrice Jaroslaw Kaczynski a exigé des excuses directes de la part d'Obama. «Dommage que l'ignorance et l'incompétence aient assombri une cérémonie solennelle», a déploré pour sa part sur Twitter le chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski.

L'affaire aura au moins eu le mérite d'inciter plusieurs médias à revoir leurs règles journalistiques.The Wall Street Journal, le New York TimesYahoo et Associated Press, ont tous inscrit dans leur manuel l'interdiction d'évoquer «les camps polonais», recommandant à la place «les camps allemands nazis en Pologne occupée».

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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