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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 12:55

Photo du jour: La Synagogue Ohel Yitzchaq de Jérusalem

Les ruines de la Synagogue Ohel Yitzchaq de Jérusalem après sa destruction par la Légion arabe en 1948

Construite en 1870 par des Juifs originaires de Hongrie sur un terrain acheté en 1867 au clan Khalidi situé à proximité du Kotel, la Synagogue était connue sous le nom de Ungarin Shul, construite au sein du Kollel Shomrei haChomot. C’était une des plus importantes synagogues de la Vieille Ville de Jérusalem.

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 10:36

Photo du jour: un sceau d’argile qui confirme la Bible

Le sceau en argile portant la mention Gedaliah ben Pashur ministre du dernier roi régnant à Jérusalem Zedekiah

Ce sceau en argile n’a sans doute pas l’air important ou unique. Et pourtant! En août 2008, une découverte archéologique remarquable a été faite à Jérusalem : un sceau portant le nom de Gedaliah ben Pashur.

http://www.israel-flash.com/2011/09/photo-du-jour-un-sceau-dargile-qui-confirme-la-bible/#more-827
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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 12:42

Photo du jour: Eliyahu Hakim, membre du Lehi

Manifestation organisée par les Yéménites au Tel Aviv Stadium contre le "Livre blanc" de 1939 - 27 mai 1939

 

Eliyahu Hakim est né à Beyrouth en 1925 et rejoint Haifa avec sa famille en 1932.

Il s’engage rapidement en faveur du Lehi avant de s’engager dans l’armée britannique durant la Seconde Guerre mondiale. Déçu par la politique antijuive anglaise, il déserte et participe, avec Eliyahu Bet-Tsuri, à une mission au Caire où ils assassinent Lord Moyne, gouverneur britannique au Caire, le 6 novembre 1944. Inculpés pour meurtres, ils furent condamnés à mort et pendus le 23 mars 1945.

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 12:42

Photo du jour: Eliyahu Hakim, membre du Lehi

Manifestation organisée par les Yéménites au Tel Aviv Stadium contre le "Livre blanc" de 1939 - 27 mai 1939

 

Eliyahu Hakim est né à Beyrouth en 1925 et rejoint Haifa avec sa famille en 1932.

Il s’engage rapidement en faveur du Lehi avant de s’engager dans l’armée britannique durant la Seconde Guerre mondiale. Déçu par la politique antijuive anglaise, il déserte et participe, avec Eliyahu Bet-Tsuri, à une mission au Caire où ils assassinent Lord Moyne, gouverneur britannique au Caire, le 6 novembre 1944. Inculpés pour meurtres, ils furent condamnés à mort et pendus le 23 mars 1945.

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 23:20

kfar etsion pionniers paysans. 24 08 1943

Photo du jour: Kfar Etsion en 1943

Kfar Etsion fait partie des quatre villages au sud est de Jérusalem : Kfar Etsion, Revadim, Masuot Yits’haq et Ein Tsurim. Ces communautés forment aujourd’hui le Gush Etsion. Ses enjeux sont historiques et stratégiques: historiquement, ces villages ont été fondés sur des collines aux terres rocailleuses et les pionniers n’ont eu de cesses de dépenser leur énergie pour rendre cette terre fertile. Ils symbolisent la restauration du peuple d’Israel tout en montrant la pleine coopération entre religieux et laïc (un village sur les quatre). Stratégiquement, il faut avoir en tête que la route entre Jérusalem, ville à majorité juive depuis au moins le début du 19e siècle, et la plaine côtière, où se situent Tel Aviv et les principales aires de peuplement juif, était encaissée au fond de vallée surmontée de villages arabes hostiles.

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 17:41

Tombe de Joseph

Photo du jour – La Tombe de Joseph

C’est à Shechem (en hébreu: שְׁכָם, Naplouse, ce nom vient de Neapolis ou Flavia Neapolis aux débuts de l’ère chrétienne) en Samarie que se trouve la tombe de Joseph.

Les sources bibliques (Josué 24:32) indiquent: « Quant aux ossements de Joseph, que les enfants d’Israël avaient emportés d’Egypte, on les inhuma à Sichem, dans la pièce de terre que Jacob avait acquise, pour cent kecita, des fils de Hamor, père de Sichem, et qui devint la propriété des enfants de Joseph. » (hébreu: וְאֶת-עַצְמוֹת יוֹסֵף אֲשֶׁר-הֶעֱלוּ בְנֵי-יִשְׂרָאֵל מִמִּצְרַיִם, קָבְרוּ בִשְׁכֶם, בְּחֶלְקַת הַשָּׂדֶה אֲשֶׁר קָנָה יַעֲקֹב מֵאֵת בְּנֵי-חֲמוֹר אֲבִי-שְׁכֶם, בְּמֵאָה קְשִׂיטָה; וַיִּהְיוּ לִבְנֵי-יוֹסֵף, לְנַחֲלָה )

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 15:22

 

 

Vendredi 2 septembre 2011502/09/Sep/201100:00

Le Mémorial de Jedwabne en Pologne vandalisé :des vandales ont profané le monument commémorant les centaines de Juifs brûlés vifs dans une grange par leurs voisins polonais en juillet 1941, ce mémorial se trouve dans la ville polonaise de Jedwabne. lire l'article sur israel-chronique-en-ligne


N'oubliez pas de consulter les photos et les liens situé en bas de l'article...

Le massacre de Jedwabne a été "oublié" pendant plus de 50 ans, il était faussement attribué aux nazis jusqu'à la publication du livre de l'historien Jan Tomasz Gross ; il y a 10 ans, un très important débat a alors eu lieu et a obligé les Polonais à réviser l'histoire de cette période. Le gros village de Jedwabne était habité par des Chrétiens et des Juifs qui constituaient comme dans de nombreux villages polonais la majorité de la population, à Jedwabne : 60% des habitants étaient juifs, 50% à Radzilow et Wasosz ! Ils furent tous massacrés !

Cela n'a rien d'étonnant si on compare avec les fosses découvertes dans les pays baltes et surtout en Ukraine voir le livre "la Shoa par balles" du père Desbois...

Ce massacre a eu lieu moins de quinze jours après l’arrivée des Allemands dans une région sous occupation soviétique depuis septembre 1939 et quelques jours seulement après les autres pogroms des villages voisins de Radzilow où 1500 Juifs furent massacrés abominablement et Wasosz commis dans les mêmes conditions...

D'après un article du journal Haaretz link : "Selon les chiffres de Datner's basés sur des témoins occulaires, en un seul jour, le 7 juillet 1941, entre 1000 et 1200 Juifs ont péri à Jedwabne, 1,500 furent tués à Radzilow, et 1185 Juifs furent liquidés à Wasosz pour ne citer que certaines des communautés voisines où les massacres ont eu lieu à quelques jours d'intervalle"

Préserver la Mémoire : Comment un couple de Polonais sauva sept Juifs, Elizabeth Williamson, Wall Street Journal

Antonina Wyrzykowska Adam Hayder 2007 Photo

Elle est née le 2 août 1916 dans une famille catholique. Ses parents exploitaient une petite ferme à Janczewko à environ 3 km au sud de Jedwabne, le "village de la soie". Son père, Franciszek Karwowski, était connu pour sa piété, sa mère était Josepha Skrodzka. La situation financière de la famille étant difficile, à la maison, on avait besoin que toute la famille travaille et l'éducation d'Antonina s'est terminée après la deuxième année d'école primaire. À 16 ans, elle a épousé Alexander Wyrzykowski et vivait avec ses parents dans Janczewku.

Antonina Wyrzykowska 2007


JANCZEWKO, Pologne - Le 10 juillet 1941 une fermière polonaise de 25 ans arrêta sa besogne pour surveiller les collines aux alentours. La journée était chaude et sans vent et au dessus d'un champ de seigle, elle aperçut une colonne de fumée noire s'élevant d'un bourg, à l'Est. Debout dans la cour de sa ferme, au milieu du brouhaha de ses poulets et moutons, elle se mit à pleurer.

Le bourg au loin était Jedwabne et la fumée venait d'une cour de ferme où plusieurs centaines de Juifs étaient brûlés vifs par leurs voisins polonais. Un pogrom similaire avait eu lieu dans une autre ville voisine la même semaine et les évènements horrifiaient cette femme, Antonina Wyrzykowski et son mari, Aleksander.

Ensemble, ils allaient illuminer un sombre recoin de l'histoire de cette guerre en décidant d'aider des Juifs qui survivraient à ces attaques.

A la fin de la IIème guerre mondiale, le couple cachait 5 hommes et 2 femmes qui restaient allongés le jour dans une tranchée peu profonde, bien camouflés entre les planchers de leur grange et de leur poulailler. Mais le couple préservait quelque chose de plus : le témoignage vivant d'un pogrom, perpétré par des civils, qui allait troubler longtemps la conscience du peuple polonais.

Chuchotant dans l'obscurité de la grange, les sept clandestins racontaient les détails horrifiants de ce jour à Jedwabne. L'un d'eux, Szmul Wasersztajn, témoignera devant la Commission Historique Juive Polonaise après la guerre. Ce témoignage deviendra le pilier de deux études -un film documentaire et un livre- qui ont réussi à détruire la version officielle affirmant que l'assassinat de plusieurs centaines de Juifs à Jedwabne était l'œuvre des envahisseurs nazis. Ces études ont mis un terme a cinquante années de déni de la population locale et de falsification communiste. Mardi, pour le 60ème anniversaire du massacre, le Président polonais Aleksander Kwasniewski demandera pardon à la communauté juive pour ce qui s'est passé à Jedwabne.

Antonina Wyrzykowski et deux des sept Juifs qu'elle a sauvés, Elka et Mietek Olszewicz, se sont retrouvés sur une plage du Connecticut. "Cela a été le premier rapport écrit de ces crimes, déclenchant l'ouverture de l'affaire" dit Pawel Machcewicz, un historien qui dirige une enquête gouvernementale au sujet du massacre. Alors que certains détails sont remis en question, "ce que Szmul Wasersztajn a transmis, c est la mémoire collective de ces sept personnes."

Après la guerre, les sept Juifs sauvés par les Wyrzykowski se sont dispersés à travers trois continents. Cependant ils ont maintenu des liens d'amitié à vie avec la simple femme polonaise qui les a nourris de pomme de terre et de choux (et sera par la suite battue et persécutée) pour qu'ils puissent survivre.

Voici, racontée par les sauveurs et les sauvés, les familles et les voisins, l'histoire de ce lien extraordinaire.

Les cheveux d'Antonina Wyrzykowski sont désormais blancs comme la neige, son visage de chérubin est étonnement lisse pour une femme de 85 ans. Elle mesure seulement 1m55 et ses pieds atteignent à peine le sol tandis qu'elle s'installe dans un profond fauteuil dans l'appartement ensoleillé de son fils Antoni en dehors de Varsovie. Maintenant veuve, elle vit en général avec une petite-fille près de Chicago.

"J'erre de lieux en lieux" dit-elle en riant, pourtant où qu'elle aille, une chose ne cesse de la poursuivre : son souvenir du jour ou elle vit la fumée, croyez-moi, beaucoup de gens étaient extrêmement désolés de ce qui arrivait, je suppose que c'est mon engagement pour sauver des gens qui a fait la différence".

Les Wyrzykowski (Antonina, Aleksander, leurs deux enfants et les parents d'Antonina) habitaient au bout d'un des deux chemins sales de Janczewko. Leur village était un village de dix-huit maisons simples en bois, sans peinture, avec des vergers et des jardins potagers, des chiens errants et des outils de ferme dans les cours d'entrée. La famille était prospère possédant 14 hectares d'une terre riche. Cela avait peu de sens alors, dans ce coin du Nord Est de la Pologne, qui depuis 1939 avait été submergé par les vagues des occupations et déportations soviétiques et nazies. Cependant cela permit aux Wyrzykowski d'aider leurs voisins.

"Je me souviens de quand notre vache fut volée" juste après le début de la guerre, dit Witold Kurkowski, un neveu qui habite encore en haut de la route qui part de l'ancienne maison des Wyrzykowski. "Le père d'Antonina Wyrzykowski insista pour nous donner du lait… Nous avions honte, mais si nous ne venions pas chercher le lait, ils venaient nous l'apporter."

Dans les semaines qui suivirent le massacre, la relative richesse des Wyrzykowski leur permit de payer les commandants allemands locaux, 70 marks par mois pour avoir un travailleur forcé juif pour travailler dans leurs champs qui s'étendaient entre leur maison et Jedwabne. Les récits historiques disent que les autorités allemandes avaient donné aux habitants, aidés de voyous vagabonds, un seul jour pour débarrasser Jedwabne de ses Juifs. La foule, d'après les témoins, obéit avec enthousiasme.

Après que les voyous fussent partis, M. Wyrzykowski accrocha son cheval de trait à une charrette en bois et partit pour le village à moitié vide et pillé. Il vit Szmul Wasersztajn, qui avait perdu presque toute sa famille, assis sur les marches de ce qui avait été sa maison.

"Si vous voulez travailler, sautez à l'intérieur" dit M. Wyrzykowski, sans s'arrêter. Le jeune homme grimpa dans la charrette et les deux hommes parcoururent les cinq kilomètres qui les séparaient de la ferme.

Sur le nouveau mémorial de Jedwabne, on rappelle M. Wasersztajn, un négociant en viande avant le pogrom, comme un homme énergique aux oreilles proéminentes. Il dormait dans la grange des Wyrzykowski, aidait pour les foins et allait environ une fois par semaine à Jedwabne. Mais un dimanche de la fin de l'été 1942, il ne revint pas. Les Allemands avaient choisi ce dimanche pour rassembler les derniers juifs de Jedwabne et les envoyer dans le ghetto juif de la ville voisine de Lomza, a 20 km au sud ouest. M Wasersztajn fut bientôt parmi la petite foule de Juifs qui marchaient, tenus en joue.

Le blé le long de la route était haut. Aussi profitant d'un instant où les gardes les plus proches ne le regardaient pas, M Wasersztajn plongea dans les champs et continua à courir jusqu'à ce qu'il atteigne une grange appartenant à un ami d'école. Là il trouva Mojzesz Olszewicz, un homme robuste connu de ses amis comme Mietek, son surnom, et comme "l'ingénieur" pour ses compétences en mécanique. M Olszewicz, sa femme Elka et son frère Berek s'étaient enfuis du ghetto de Lomza et se cachaient ensemble dans le foin. Les trois hommes décidèrent de demander aux Wyrzykowski de les cacher ainsi que d'autres Juifs. Les deux frères, qui connaissaient la famille polonaise, se rendirent chez eux de nuit pour leur faire une proposition. "Ils dirent qu'ils allaient construire des cachettes" se souvient Mme Wyrzykowski. "mon mari était très nerveux mais Mietek lui dit ‘nous allons nous cacher et vous allez nous chercher, si vous réussissez à nous trouver, nous partirons'" Tandis que M Wyrzykowski était à Jedwabne, le test commença. Travaillant fiévreusement, les frères commencèrent à creuser une tranchée de 1m30 de profondeur sous le fourrage jonchant le sol de l'étable à cochons et à moutons. M Olszewicz alors recouvrit la tranchée d'1m50 de longueur avec une petite trappe en bois ; elle avait un hublot qui pouvait être soulevé un peu pour avoir plus d'air mais qui resterait recouvert par une couche de fumier et de paille. Dans le poulailler les deux hommes creusèrent une cachette identique. Puis ils se cachèrent. Quand M Wyrzykowski les chercha il ne réussi pas à les trouver. "C'est Mietek, rit Mme Wyrzykowski, quel cerveau !" Un jour ou deux après, les trois Olszewiczes emménagèrent dans la grange. M Wasersztajn et Josef Grundowski, un ami de Jedwabne, emménagèrent dans le poulailler. Peu de temps après les deux derniers les rejoignirent : Janek Kubrzanski, le fils d'un cordonnier de Jedwabne et sa femme Lejka qui avaient partagé un logement avec les Olszewicze dans le ghetto et avaient fui en entendant qu'il allait être liquidé. Mme Wyrzykowski connaissait M Kubrzanski du ghetto de Lomza ; elle y avait fréquemment fait passer de la nourriture a travers les barbelés.

Au début les clandestins furent capables de sortir de leur tranchée tant qu'ils restaient hors de vue. Ils pouvaient aussi se déplacer autour de la grange la nuit, et souvent ils s'asseyaient à l'intérieur de la grange bavardant avant d'aller se coucher dans leurs bunkers pour la nuit.Une voisine raconte : "Cela ne prit pas longtemps à la Gestapo pour venir voir sur les renseignements d'une femme travaillant à la gendarmerie de Jedwabne". Débouchant à travers le portail, quatre soldats alignèrent la famille contre le mur de la grange. Tandis que deux soldats les tenaient en joue, les deux autres recherchaient dans toutes les dépendances avec un berger allemand, défonçant les meules de foin avec des baïonnettes et des fourches. Ils ne trouvèrent personne. Mme Wyrzykowski avait imbibé le sol autour des cachettes avec du kérosène, mettant les chiens hors d'usage. A peu près à cette époque, M Wyrzykowski dut aller se cacher dans les bois alentours pour éviter d'être pris comme travailleur forcé. Mme Wyrzykowski et ses parents âgés restèrent seuls pour le travail de la ferme et pour nourrir 12 personnes. Ses enfants (Hélène âgée de 7 ans et Antoni âgé de 3 ans) étaient trop jeunes pour accomplir beaucoup de travail. "Dieu que c'était difficile, ma chère", dit-elle aujourd'hui. "Mais c'était mon devoir". Une routine s'installa. Une fois par jour, Mme Wyrzykowski déposait un seau en fer, lui arrivant aux genoux, rempli de pommes de terre, à l'extérieur de la grange et le laissait près du puits. Un peu plus tard, elle retournait prendre les pommes de terre qui étaient pelées. Elle les faisait cuire en ajoutant du chou, de la betterave ou un morceau de viande quand la famille en avait. Le soir elle apportait du pain et parfois le même seau rempli d'eau pour se laver ou laver les vêtements et aussi des vieilles nippes pour remplacer les vêtements usagés. Mme Wyrzykowski appelait les clandestins "nos juifs". Ils l'appelaient par son diminutif, "Antosia". Le groupe passait du temps accroupi dans la grange à la lumière d'une lanterne, avec une personne qui faisait le guet. Longuement ils lui parlait en polonais et en yiddish entre eux. "Ils n'ont jamais abordé de sujet religieux sauf pour demander à Dieu de survivre", rapporte Mme Wyrzykowski "Nous avons survécu en parlant du futur". Après que Mme Wyrzykowski allait se coucher, alors seulement, les clandestins parlaient aussi du passé, partageant des souvenirs sinistres du massacre de Jedwabne comme celui-ci de M Kubrzanski : "De tous les coins de la ville, les assassins polonais rassemblèrent les habitants juifs dans une vaste grange" raconte-t-il dans un livre écrit par des survivants de Jedwabne. "Un polonais prenait plaisir à pousser chacun à l'intérieur de la grange les conduisant à la mort. Ils furent tous brûles vifs. Mes tympans faillirent éclater par l'intensité des cris et des pleurs provenant de la grange. L'odeur et la fumée de chairs brûlées était impossible à supporter et savoir que ma famille se trouvait à l'intérieur m'était absolument intolérable". M Wasersztajn rappelle comment son plus jeune frère a été battu à mort par une foule armée de gourdins ce jour-là, et comment il observa le bûcher, caché dans un endroit du cimetière juif, de l'autre côté de la rue. Comme d'autres survivants qui ajoutèrent leurs témoignages de ce jour, M Wasersztajn prit l'engagement de tout conserver pour la mémoire. Pendant presque deux ans, la routine continua. Malgré les précautions de Mme Wyrzykowski, ses voisins savaient qu'elle cachait des Juifs. Cela lui importait peu : les affiches de la gestapo menaçaient de tuer jusqu'au troisième degré de parenté ceux qui cachaient des Juifs et la plupart des villageois étaient apparentés aux Wyrzykowski. "Mon frère en allant chercher le lait avait vu un visage à la fenêtre" se rappelle M kurwoski, le neveu d'en bas de la route. "Ma mère lui dit : ne répète jamais, jamais ce que tu as vu à l'extérieur de la maison".

Les Allemands dans la cave

Puis, durant l'été de 1944, deux soldats allemands vinrent et exproprièrent la cave de la ferme (une pièce rectangulaire en briques au plancher sale) pour en faire une réserve. Ils étaient là pour fournir l'armée en nourriture. Ils restèrent 6 mois (jusqu'à ce que les Allemands se retirent de la région en janvier 1945) dormant dans la cave juste à quelques enjambés de la maison et à dix pas de la grange. "Nous étions follement tendus" rappelle Mme Wyrzykowski. "Un mouvement de travers et le village entier aurait été réduit en cendres". Toute la journée, les Juifs restaient allongés tête-bêche sous la terre, ne sortant que dans l'obscurité de la nuit pour soulager leurs besoins. Mme Wyrzykowski continua à marcher nonchalemment jusqu'à la grange et jusqu'au poulailler avec leurs repas, en faisant semblant que le seau en fer contenait la pâtée des cochons. Mais il était impossible d'épargner aux clandestins la crasse, les poux ou la fièvre et la panique. Un jour de cet été, un des soldats allemands eu une grave crise de douleurs d'estomac pendant que le deuxième était parti. Mme Wyrzykowski essaya un remède de famille mais l'état du soldat empira et elle avait peur qu'il ne meure. Elle se glissa dans la grange pour demander aux frères Olszewski quelles phrases en allemand elle devait dire pour avertir ses supérieurs. C'était une étrange requête de demander de l'aide pour un de leur tortionnaire. "Nos Allemands étaient aussi des êtres humains" explique Mme Wyrzykowski aujourd'hui. Après une âpre discussion en yiddish entre eux, ils lui dirent d'essayer "Kamarad Krank". Elle apporta le message au quartier général allemand et le soldat fut évacué. Plusieurs jours après, il revint. Empli de gratitude, il aida son père au cours des derniers mois de son séjour à la ferme et joua souvent avec Antoni. Le 18 janvier 1945, les Allemands battirent en retraite et évacuèrent la région. Tandis que l'Armée Rouge s'installait, tous les clandestins, excepté M Wasersztajn, retournèrent dans leurs maisons, y compris M Wyrzykowski, le fermier. Mais les ennuis des Wyrzykowski n’étaient pas finis. Peu après, disent des témoins, des habitants locaux qui avaient participé au massacre de Jedwabne commencèrent à éliminer les témoins de la tuerie. Un après-midi alors que M Wyrzykowski était absent, un gang de cinq polonais entrèrent à sa recherche. "Ils lui dirent de le livrer, qu'ils le tueraient et qu'il ne les dérangerait plus" a déclaré M Wyrzykowski dans une déposition après la guerre. "Ma femme répondit que j'étais parti rendre visite à ma sœur et que le Juif était parti à Lomza et n'était pas revenu". Alors ils poussèrent Mme Wyrzykowski à terre, se rappelle-t-elle aujourd'hui. "Ils m'appelaient une domestique juive et me battirent et me bourrèrent de coups de pieds jusqu'à ce que je sois toute bleue et noire. Ils volèrent un vieux manteau de fourrure, des brides de cheval et des vêtements. Ensuite ils lui ordonnèrent de les conduire à Jedwabne".

Il était clair que la vie dans la région ne serait jamais plus la même. Dans un geste ultime, Mme Wyrzykowski vola la vache personnelle de ses parents, la vendant au marché pour aider à financer une nouvelle vie pour ses clandestins.

Trois Continents

M Grundowski allait rester à Jedwabne. Mietek, Elka et Berek Olszewski immigrèrent en Argentine. Les Kubrzanski s'installèrent à Hartford, Connecticut, changeant leurs noms en Jack et Leah Kubran. M Wasersztajn s'enfuit à Cuba ou son frère plus âgé était parti avant la guerre. Cependant, avant son départ, il se rendit à Bialystok, situé à 80 km à l'est de Jedwabne où il soumit la première de deux dépositions au bureau régional de la Commission Historique Juive, responsable de préserver l'histoire des Juifs polonais. En 1949, ces dépositions aidèrent à apporter vingt-deux des accusés criminels devant la justice. Cependant le procès fût bâclé, les sentences légères, et avec les années, le blâme du massacre fût reporté sur les Nazis. Dans les années soixante, une organisation de vétérans appuyée par l'état érigea un monument dans ce but, sur le site de la grange. Pendant ces années intermédiaires, les Wyrzykowski furent victimes de comportements vils dévoilés par la guerre. Ils furent conduits de ville en ville, chaque fois accusés par des voisins d'avoir été payés grassement pour "servir" les Juifs. Finalement, la famille trouva un peu de répit dans l'anonymat de Varsovie où les Wyrzykowski s'établirent comme concierges. Puis un jour, à la fin des années cinquante, une lettre arriva de Jack Kubran. Avec l'aide d'agences internationales et d'amis, les survivants s'étaient retrouvés et la recherchaient. Elle répondit immédiatement, mais il lui fallu attendre presque deux décennies avant de visiter les Etats-Unis à cause des restrictions de l'ère communiste sur les voyages et à cause d'engagements personnels. Finalement au début des années 70, elle séjourna quatre mois chez les Kubran dans le Connecticut. Les Olszewski les rejoignirent, et comme durant la guerre, ils s'assirent ensemble pour discuter avec passion. Mais cette fois, ils s'assirent en maillots de bains sur une plage de l'atlantique, survivants grisonnants rempli du désir de faire partager à leur protectrice, leur famille, leur vie professionnelle et les années de vie normale qu'ils avaient pu vivre grâce à elle. A la fin de son séjour, la synagogue des Kubran rendit hommage à la fermière, tout embarrassée tandis que ses hôtes traduisaient ses mots. En 1988, Mme Wyrzykowski, alors veuve, déménagea avec sa petite-fille Urszula à Chicago, et les visites aux Kubran devinrent plus fréquentes. Bientôt M Wasersztajn et sa femme Rachel rejoignirent le groupe. Ils avaient quitté Cuba en 1963, abandonnant un commerce de chaussures au régime castriste, et ouvrant un commerce de vêtements au Costa Rica.

Mme Wyrzykowski commença alors à rendre visite aux Wasersztajn une fois par an pour un séjour de 2 mois, devenant proche des 4 enfants du couple et de leurs 11 petits-enfants.

En creusant dans les documents

En 1989, la Pologne renversa son régime communiste. Parmi les flots de révélations qui s'ensuivirent, Agnieszka Arnold, une réalisatrice polonaise de documentaires, faisait des recherches sur des milliers de documents à l'institut historique juif. Là elle découvrit le témoignage de M Wasersztajn. "Je cessait d'y penser" dit Mme Arnold. "étape par étape, je commençais à en vérifier des passages. Son témoignage accusait sans équivoque les Polonais du crime". Mme Arnold retrouva Mme Wasersztajn et son histoire devait devenir une partie d'un nouveau documentaire : "Voisins". Le récit de M Wasersztajn allait aussi stupéfier l'historien de l'Université de New York, Jan Tomasz Gross, qui titra son livre sur Jedwabne également "Voisins", et appela son témoignage le "premier et plus compréhensible rapport sur le massacre de Jedwabne". En 1996, M Wasersztajn rendit une dernière visite a Janczewko. La ferme où lui-même et les six autres étaient cachés appartient encore à la famille Wyrzykowski. La maison en bois et les dépendances n'existent plus depuis longtemps, l'endroit sert maintenant de pâturage pour le troupeau d'un grand neveu. Seul la cave à salaisons demeure, son plafond encore enduit de fumée. Dans une vidéocassette familiale montrée dans le documentaire de Mme Arnold, M Wasersztajn s'agenouille dans l'herbe, et, écrasé par l'émotion, étale un tissu sur le sol et y dépose quelques poignées de terre.

L'année dernière, Rachel, la femme de M Wasersztajn envoya à Mme Wyrzykowski un billet d'avion pour leur rendre visite à San José, Costa Rica. Son mari était gravement malade, atteint d'une maladie cardiaque et demandait à voir Mme Wyrzykowski. Un après-midi ensoleillé, les deux vieux amis se reposaient dans le salon familial, regardant une vidéocassette du voyage en Israël de Mme Wyrzykowski en 1998. En effet 3 ans auparavant, elle avait reçu la médaille de Yad Vashem, l'Organisme Officiel du Souvenir des Martyrs et Héros de la Shoa en Israël. M Wasersztajn était assis dans un fauteuil de brocart rouge, parlant faiblement mais s'exclamant "te voilà, je te vois". A environ 15 h, il l'accompagna à l'étage, lui disant de se reposer. Elle pria et à 16h25 elle entendit du bruit en bas. Des domestiques réclamaient de l'aide, M Wasersztajn était affaissé dans son fauteuil. Elle se pencha et murmura en pleurant, "quand j'ai pu, je t'ai sauvé. Mais désormais je ne peux pas t'aider". M Wasersztajn fut enterré, à sa demande, avec la poignée de terre qu'il avait ramassée à l'emplacement de sa cachette.

Keith Johnson à Madrid a contribué à cet article © The Wall Street Journal, 10 juillet 2001
Adapté par Danilette en 2001 pour réponses-israel


synagogue-de-Jeb.JPGSynagogue de Jedwabne construite en 1770

La famille Gutwert dans la cour de leur maison,
Chaim Berel,le père était tailleur Hindi (Ida), Ick Moszk (aka Alek),
Szejna, sa femme Miriam (née Remba), Esther, Doba
Chaim Berel, Miriam, Szejna et Gittel furent tous tués dans le massacre de Radzilow en 1941
Alek fut tué à Swislocz.

Chana Finkelstein (Ann Walters)

Décédée en 2009, elle était restée la seule survivante du massacre de Radzilow, âgée de 7 ans au moment des faits, lire l'article en anglais (que je vais traduire)

Ick Moszk (Yitzhak Moshe) (aka Alek) Gutwert et sa femme, tous les deux tués à Radzilow

Marjam Fejga (nee Czerwinski) Sztabinski tuée à Radzilow en 1941

Etka Rochla (nee Sztabinski) et son mari Chaim Josef Prawda, tous les deux tués à Jedwabne en 1941 avec leurs enfants Velvel et Bari

Chaja Fejga Niedzwiecka tuée à Radzilow, 1941

 

[Gauche à droite]: Chana (née Markowicz) Tyszkowski,

Zelda (née Tyszkowska) Bialaszewska,Mejer Chaim Tyszkowski;[Photo prise à Jedwabne en 1905], Zelda tuée à Jedwabne, 1941;
son mari Abram Bialaszewski a été lui tué à Radzilow en 1941

 

Une rue typique du village de Radzilow

Une pancarte (actuel) dans Jedwabne indique Radzilow 18 km

Mordechai Grubavitz tué à Radzilow, 1941

Rywka (nee Gelgor) Grajewska tuée à Radzilow, 1941

 

Rywka (nee Gelgor) Grajewska et ses enfants Pinchas, Feigele, Liebenke, tuée à Radzilow, 1941

La famille Chunowicz en 1927

Shimon a passé 6 mois dans un camp de travail polonais en 1939, il s'est échappé, a rejoint son frère Chuna à Lomza, puis fut envoyé en Sibérie en 1944, de là il reussit à rejoindre l'Amérique; Chaim tué à Auschwitz, 1943; Gittel et Hershel tués à Treblinka, 1942; Rachel tuée àTreblinka, 1942; Chana tuée à Radzilow, 1941; Sheinshe tué à Makow, 1942

Radzilow School Class, 1938 [This class consisted of both Catholics and Jews; some students
dressed in traditional Polish outfits]


Pour finir voici une lettre bouleversante écrite par Efraïm Gutsztejn en 1939, à la veille de sa Bar-Mitsvah, lettre écrite à sa tante en Israël (que je vais traduire)

To my dear, sweet aunt!

My dear aunt! I haven't written to you for a long time and I ask for forgiveness, but it has been difficult for me to write.

Ephraim Gutsztejn
in 1936
Killed in the Holocaust

Ephraim's aunt
Chana (nee Gutsztejn)
Maretzky
Went to Israel, 1932

I am no longer at home and soon it will be a year since I started studying at Grodno Yeshiva.

At first I thought that I would study only until my thirteenth year, which should have been Shabbat Nachamu but at this time the two giants are preparing for war and especially Judaism and humanity, above whom dark clouds cover, and the world stands at a crossroad, questioning whether to go forward and continue civilization or return backward to the Middle Ages, where he who has power governs.

We have to return to the wellspring from which our forefathers obtained comfort, and for which our forefathers were killed or burnt in Germany and France and even killed each other and their wives and children during the Crusades. And our forefathers continued under the Inquisition in Spain and Portugal. We have to return to the Torah, and the tradition that has been like rays of sun during the dark days of exile, and still continues the chain of gold of our forefathers.

I don't have enough words to express the feeling of my heart at this time, but each time I hear about the content of the White Paper, the masters should know that it won't be easy for them to do what they're thinking. They should know that the time that we used to go like sheep to the slaughter has passed, we who run away from the sound of a falling leaf. The time has passed and will never return that we only be killed sanctifying G-d's name.

The time has come that we shall kill and be killed sanctifying G-d's name, and if the oppressors wish to do us evil and steal from us our land then we shall fight like lions for freedom and show the world that our Hasmonean blood is still running. Soon I shall have my thirteenth birthday and we shall have a party.

The children of Jankiel Gutsztejn, 1936
[L-R]: Ephraim, Yitzhak, Rywka
Yisrael and Menachem
All were killed in the Holocaust

How are you doing? How is Yisraelke [Israel is the name of his aunt's first child, born in 1936] and how is the uncle? I send my greeting of peace to all of you.

Your nephew,

Ephraim


P.S. I am asking that when you write a letter to my father, write to me too.

[In a different handwriting, perhaps added by his father, written in Yiddish] On Shabbat Nachamu he will be Bar Mitzvah.

mise à jour 2sept à 12h50
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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 12:44

 

 

 

                   Sauvez les enfants !

                                                   Juillet-août 1944                     

 

 Un désastre pour 250 enfants en France, un triomphe pour 600 en Belgique                                                           

   

 Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2011

 

 

Pour © 2011 lessakele et © 2011 aschkel.info 


                                                               

 

A la fin du printemps 1944, de 350 à 500 enfants juifs se trouvent dans les onze centres de la région parisienne de l’Union Générale des Israélites de France (UGIF), 600 dans les sept homes dirigés par l’Association des Juifs en Belgique (AJB). Entre le 21 et le 25 juillet, 250 enfants des centres de l’UGIF sont arrêtés par la Gestapo. 200 sont déportés et périssent. En Belgique aucune arrestation, les 600 enfants sont sauvés. Ce qui est un désastre pour les Français se révèle comme un grand succès pour les Belges. On a, à juste titre, vivement reproché leur inaction coupable aux premiers, pour citer les seconds en exemple. L’histoire n’est pas si simple.

 

Pourquoi les nazis ont-ils laissé libres pendant de longs mois plus de mille enfants en France et en Belgique ? Ils connaissent l’existence des  maisons qui les hébergent et peuvent à tout moment, sans le moindre problème, rafler et déporter ces enfants. Alors que la Gestapo lance de laborieuses opérations de police pour débusquer les Juifs entrés dans la clandestinité, n’est-il pas plus facile d’envoyer quelques autobus pour ramasser ces enfants, les interner à Drancy ou à Malines pour ensuite les envoyer à la mort ? Il n’y a pas de réponse satisfaisante aujourd’hui à ce comportement allemand. A l’époque il renforce le sentiment de sécurité des dirigeants juifs : les Allemands ne semblent plus s’intéresser aux enfants des centres d’accueil officiels.

 

Le 30 octobre 1942, la Gestapo rafle les 58 enfants du home de Wesembeek-Ophem de l’AJB. Ils sont transférés à la caserne Dossin de Malines. Un front d’intervenants se constitue immédiatement et dès le lendemain, la Gestapo libère les enfants. Ce résultat renforce l’assurance des dirigeants de l’AJB. Il est inutile de disperser les enfants pris en charge. Le nombre important de 600 enfants hébergés en juin 1944 par l’AJB n’a pas d’autre explication. C’est un chiffre très élevé si on le compare aux 350 à 500 enfants des centres de l’UGIF à la même époque. Rappelons que les enfants juifs sont cinq fois plus nombreux en France qu’en Belgique. A l’échelle de la France ces 600 enfants belges correspondent à 3 000 enfants français. On mesure la taille démesurée de l’imprudence belge et l’ampleur qu’auraient prise les reproches à l’égard de l’UGIF si l’organisation française avait pris un tel risque.

 

 

Contrairement à l’AJB, l’UGIF est inquiète. En 1943, trois de ses centres ont été raflés par la Gestapo. Il s’agit de 16 enfants de l’Orphelinat Rothschild, de 32 des Centres Lamark et Guy Patin et d’une vingtaine du foyer de la Verdières. Autant de signaux forts du danger dans lequel se trouvent ces enfants. Des organisations juives clandestines se mobilisent. Le 16 février 1943, l’organisation communiste Solidarité enlève 63 enfants des maisons de l’UGIF et les fait entrer en clandestinité. Bien que la Gestapo n’ait pas réagi, cette opération d’envergure ne se répétera malheureusement pas.

 

L’UGIF n’est pas en reste. Ses dirigeants dispersent de nombreux enfants dans des institutions charitables et des familles à l’abri des nazis. Entre septembre 1942 et juin 1944, l’effectif dans les foyers de l’UGIF diminue de 2 000 à environ 350 à 500 enfants. C’est insuffisant mais ce sont autant d’enfants qui échappent à la Gestapo et ne seront pas déportés à Auschwitz.

 

Ces sauvetages résultent d’une collaboration entre organisations légales et clandestines. Elle se poursuit jusqu’en juillet 1944. Albert Akerberg, secrétaire général du Comité d’Union et de Défense des Juifs de Paris (CUD), en témoigne : «... J’étais en relation avec Juliette Stern, membre du Conseil d’administration de l’UGIF. Elle nous aidait dans notre travail en nous fournissant les informations nécessaires pour que nous puissions kidnapper les enfants en péril (...) J’avais avec Juliette Stern une conférence hebdomadaire (...) C’est là que nous mettions au point les kidnappings à venir… » Il s’agit ici non pas d’opérations de groupe, mais d’évasions individuelles. Elles concernent principalement des enfants libres mais parfois aussi, bien que ce soit nettement plus délicat, quelques « enfants bloqués ».

 

Au printemps 1944, en Belgique comme en France, une partie importante des enfants des centres d’accueil sont ce que l’on a appelé des « enfants-bloqués ». Ce terme barbare désigne des enfants juifs remis à l’UGIF ou à l’AJB par la Gestapo. Ils viennent de Drancy ou de Malines où ils sont restés seuls, leurs parents ayant « disparu ». La Gestapo les a méticuleusement listés et ils ne peuvent quitter les foyers sans son autorisation. Des otages que les nazis peuvent reprendre à tout moment et dont l’UGIF et l’AJB sont responsables. Cette collaboration des organisations juives légales leur a été reprochée. Mais quel était le choix ? Refuser ces enfants, c’est les vouer à une déportation immédiate et à une mort certaine. Les accueillir, même dans des conditions intolérables, dépendantes de l’arbitraire allemand, c’est leur donner un espoir de vivre, une chance d’être sauvés qui pour nombre d’entre eux s’est réalisée.

 

L’UGIF et l’AJB sont réticentes à faire passer en clandestinité ces « enfants-bloqués ». Ces organisations estiment que cela conduira les Allemands à reprendre immédiatement les enfants-bloqués qui restent dans les foyers et à les déporter. Et tout aussi grave, les autorités allemandes décideront de ne plus accorder de libération à d’autres enfants qui sont détenus à Malines et à Drancy. Leur destin, dans ce cas, ne fait pas de doute, c’est la déportation vers la mort. Pouvait-on prendre ce double risque qui était bien réel, quasi inéluctable ? Un dilemme que l’on ne peut rayer d’un trait de plume.

 

Ce cas de conscience ne se pose plus en juillet-août 1944, alors que la libération est toute proche. Il faut alors impérativement disperser les enfants, ceci d’autant plus que parmi les enfants bloqués se trouvent également un certain nombre d’enfants libres qui n’ont pas été envoyés par la Gestapo. Jamais, jamais ils n’auraient dû se trouver dans les mêmes foyers ! C’est d’ailleurs le principal reproche que le jury d’honneur qui s’est réuni après la guerre adresse aux dirigeants de l’UGIF.

 

Les enfants des foyers de l’UGIF devaient impérativement être cachés avant que 200 d’entre eux ne soient déportés vers la mort par le convoi 77 du 31 juillet 1944. Ce qui s’est passé a fait l’objet de nombreux et longs développements. On se contentera de quelques remarques. Lorsque le CUD propose de faire disparaître les enfants avec l’accord de l’UGIF, son président Georges Ediger refuse la participation de son organisation. Il est accusé d’agir de la sorte par crainte de son arrestation et de celle des autres dirigeants de l’UGIF. L’accusation est un peu courte. Après le débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944, ceux qui ont vécu sur place cette époque savent qu’il était d’autant plus facile de se cacher que ce n’était que pour quelques semaines. Les portes s’ouvraient et les Allemands isolés ne pouvaient que procéder à quelques opérations ponctuelles, très ciblées. Entrer en clandestinité n’aurait pas posé de problème. D’autres raisons ont motivé le refus de l’UGIF sans le justifier pleinement.

 

Pourquoi les forces clandestines juives n’ont-elles pas alors monté sans la participation de l’UGIF une action-commando, un kidnapping, comme elles le firent pour 63 enfants le 16 février 1943 ? L’opération est plus facile en juillet 1944. Les Allemands sont désorganisés et sur la défensive. Les effectifs de la résistance sont importants et leur marge de manoeuvre incomparablement plus large.

 

C’est la question que pose l’historienne Annette Wiervorka en termes pragmatiques : « Pourquoi n’a-t-on pas envoyé les jeunes gens des milices patriotiques juives dans ces maisons avec ordre de faire sortir les gosses et de tenter de les planquer au lieu de les lancer dans des missions aléatoires et périlleuses pour voler des armes aux Allemands ? » La réponse tient dans la question telle qu’elle est formulée. L’enthousiasme, la soif de participer aux entreprises les plus dangereuses de la Libération, la décision des politiques d’occuper le terrain au maximum pour préparer l’après-guerre, expliquent qu’aucune priorité n’a été accordée à l’évasion des enfants de l’UGIF.

 

Contrairement aux Français, les Belges vont intervenir. Une réunion de l’AJB est organisée le 26 août 1944. Il est décidé de « faire disparaître les 600 enfants des homes. La directrice de l’Office national de l’enfance (ONE), Mme Yvonne Nevejean et les militants de la section enfance du  Comité de Défense des Juifs (CDJ) se chargent de sauver les enfants de l’AJB d’une rafle imminente. »  Le courage et la détermination doivent ici être salués. Dans les faits ils se sont avérés inutiles. Une semaine plus tard, le 4 septembre, Bruxelles était libérée. Les Allemands n’étaient plus en mesure de monter la moindre rafle. La chance, le hasard, le miracle, disent certains, c’est que les Allemands n’ont pas décidé l’arrestation des enfants un mois avant la Libération comme ils l’ont fait en France. Alors la décision de l’AJB serait arrivée trop tard et 600 enfants belges partaient pour Auschwitz. Comme leurs homologues français, les dirigeants belges de l’AJB auraient été accablés de reproches au lieu d’être félicités. Il n’en reste pas moins que les uns comme les autres ont pris envers tous ces enfants un risque inadmissible.

 

 

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2011

 

Trouvez sur mon blog : La Shoah revisitée (http://la.shoah.revisitee.org) d’autres articles récemment publiés.

WIEVIORKA Annette, Ils étaient juifs, résistants, communistes, Denoël, Paris, 1986, p. 175.

 LAZARE Lucien, La résistance juive en France, Stock, Paris, 1987, p. 225 citent un chiffre de 500 enfants.

 KLARSFELD Serge, La Shoah en France, vol. 3.  Le calendrier de la persécution des Juifs de France.  Septembre 1942-août 1944, Fayard, Paris, 2001. p. 1876 donne un chiffre de 350..

BRACHFELD Sylvain, Ils n’ont pas eu les gosses, Institut de recherche sur le judaïsme belge, Bruxelles, 1989, p. 44.

KLARSFELD, op. cit. p. 1876.

BRACHFELD, op. cit.  p. 118 et ss.

Rappelons qu’en 1940, il y avait en France 84 000 enfants juifs contre seulement 15 000 en Belgique.

  HAZAN Katy, Les orphelins de la Shoah : les maisons de l’espoir, 1944-1960, Editions des Belles Lettres, 2000,  p. 38.

WIEVIORKA, op. cit.  p. 176. Le Comité d’Union est une organisation clandestine créée à Paris en janvier 1944. Elle regroupe différents groupes juifs dont des communistes.

RAJSFUS Maurice, Des Juifs dans la collaboration, L’UGIF 1941-1944, Etudes de documentation internationales, Paris, 1980, p. 338.

LAZARE, op. cit. p. 225.

RAJFUS op. cit. p. 258.

Ce sont principalement les dizaines de milliers d’adultes juifs « officiels » qui ne survivent que grâce aux secours de l’UGIF.

WIEVIORKA, op. cit.  p. 209. Wieviorka fait allusion à l’Union des Juifs pour la résistance et l’entraide (UJRE) qui dispose de 60 groupes de combat. RAJFUS, op. cit. p. 258. Pour lui le CUD n’a malheureusement pas eu le temps et les événements ont été plus rapides.

BRACHFELD, op. cit. p. 44. ONE organisme étatique, CDJ mouvement clandestin. 

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 20:47

Episodes précédents cliquez sur l'image

Au nom de l'alliance

Au Nom de l'alliance par Yoshuah Ben Shalom - 

L'émergence du nationalisme antisémite (4/...)

(Feuilleton en ligne)

© 2011 www.aschkel.info

J'ai l'honneur et le plaisir de vous proposer l'écrit de Yoshuah ben Shalom en ligne, un écrit passionnant dont on ne sort pas indemne, qu'il vous faut lire, et garder précieusement dans votre bibliothèque virtuelle.

Un épisode vous sera proposé chaque semaine, vous pourrez retrouvez chacun des épisodes en cliquant sur la bannière ci-dessus, au fil des publications.

Je remercie Yoshuah Ben Shalom pour ce précieux partage.

Cet écrit est libre de diffusion, à la seule condition de ne procéder à aucune modification dans le texte, vous pourrez donc transmettre le lien URL de chaque article, en respectant le nom de l'auteur et de la source. Les textes de l'auteur sont sous copyright

Aschkel

 

 

L'émergence du nationalisme antisémite (4/...)

 

 

Episode précédent 


Au Nom de l'alliance par Yoshuah Ben Shalom - L'émergence du nationalisme antisémite (3/...)

 Les Juifs acceptaient ainsi à disparaître en tant que tels. Ils renaîtraient, espéreraient-ils, purifiés des stigmates judaïques qui marquaient encore en ces temps baignés d'insouciances comme la pire des infamies.

Ils penseront que sans leur judaïté nourriture de l'antisémitisme, tous les regards lourds de méfiance et d'aversion s'évanouiraient.

Ce cheminement devait les fondre dans le destin de leur nation, comme les y invitait l'identité nationale qu'on leur avait généreusement octroyée. Gorgés de ces certitudes, les Juifs vibreront bientôt d'un patriotisme sans équivoque.

Ils adopteront ainsi tous les idéaux de leur nation. Ils iront même, pensant s'en rendre méritant, jusqu'à agiter la même ferveur nationaliste que les autres concitoyens. Ils occulteront bientôt de façon déconcertante, les relents antisémites qu'elle ne tardera pas à véhiculer.

ls poursuivront, même au prix de cet aveuglement, leur scellement inamovible dans le ciment national. Un tel comportement mesurera la profondeur de leur identification aux génies des nations.

Ainsi, dans cette Europe conciliante de la fin du XIXème siècle, les dispositions des uns et des autres inauguraient un processus d'assimilation sans précédent. Il arrachera les Juifs d'Europe au destin d'Israël. Il ne subsistera bientôt plus en eux ni espoir, ni surtout désir de rédemption nationale spécifique. Le faible retentissement des idéaux sionistes en donnera la pleine mesure.

Cependant et malgré les convergences d'intérêts des Juifs et des Nations, cette nouvelle tentative de dilution se révélera une fois de plus mal aisée. Contre toute attente, le consensus déclaré d'absorption juive ne renversera pas l'antique barrière des préjugés antisémites. Elle se montrera au contraire tout aussi vivace que par le passé. Elle demeurera toujours prompte à transpirer le plus corrosif des antisémitismes.

L'Affaire Dreyfus en sera l'éclatante manifestation.  Ce sera l'ultime avertissement du nouvel égarement juif. Bien qu’éconduits sans ménagement par l’hostilité de l'environnement, les Juifs n'en réviseront pas pour autant leur effort d'intégration. La violence des réactions antisémites n'entamera aucunement leur volonté d'assimilation.

L'insistance juive à finaliser sa propre annihilation constituera dés lors un grave défi aux engagements de l'Alliance. Elle confirmait la volonté d’intégration des enfants d’Israël au corps des Nations. Cette fusion impossible  exacerbera alors, telle une union sacrilège, les plus bas instincts des peuples européens.

Une xénophobie nationaliste aux pulsions débridées, s’éveillera bientôt dans cette Europe des années 30. Elle attisera, par son souffle dévorant, l'ardeur antisémite enfouie sous les illusions d'un humanisme européen triomphant. Elle enflammera sans tarder toute cette Europe de l'intégration. Les nations les plus tolérantes ne verront plus alors dans le comportement juif qu'un dilemme aussi terrifiant qu'inextricable.

L'assimilation ne serait désormais qu'une forme de souillure entachant la pureté de la nation, alors que par sa seule présence l'entité juive deviendrait une profanation de l'unité nationale.

La politique d'ouverture et de conciliation qui avait défié la pérennité d'Israël par l’intégration nationale des Juifs, provoquait ainsi un terrible changement des mentalités. A nouveau la précarité de l'existence juive au sein des nations s'en trouvera confirmée.

"Et parmi ces nations mêmes tu ne trouveras pas de repos, pas un point d'appui pour la plante de ton pied." (Deut.XXVIII, 65)

Mais cette fois, l'alternative même de s'affirmer juif ou d'y renoncer en sera affectée. Ce terrible piège du non choix, aux engrenages cataclysmiques, constituera l'aboutissement de la dynamique assimilatrice inaugurée, un siècle plus tôt, par la Révolution française. Elle conduira les Juifs d'Europe dans une mortelle impasse d'où bientôt ils ne pourront plus se dégager.

L'Emancipation juive, généralisée à toute l'Europe, avait déstabilisé les fondements mêmes de l'inconscient juif. Elle avait ruiné le concept de nation qui soutenait les Juifs dans leur dispersion. Cette libéralisation suscitera de vigoureuses forces assimilatrices au sein du peuple juif. Elle annihilera ainsi, prématurément, la notion d'exil attaché à ses pérégrinations.

La volonté d’assimilation, qui atteindra d'abord l'élite intellectuelle, se répandra bientôt sur l'ensemble des masses juives. La dilution juive, au sein des peuples d'Europe, entrait à présent dans la logique des choses. Elle allait mettre un terme naturel à l'épopée singulière des enfants d'Israël. Une telle finalité aurait alors consacré la faillite de la Thora. Elle aurait rejeté les textes prophétiques dans le domaine des élucubrations.

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 11:56

 

 

Donc petite remise de pendule à l'heure pour Alain Gresh

>Le cas Alain Gresh par Alain Rubin

 

Du foyer national à l’Etat nation du peuple juif - Traité de SAN-REMO

 (conférence du lundi 16 novembre 2010)

par Alain RUBIN



Le numéro 679 du « monde diplomatique » (d’octobre 2010) est, une nouvelle fois, principalement consacré à ferrailler contre Israël.

A cet effet, le mensuel crypto stalinien, ouvertement nostalgique du petit père des peuples et fervent défenseur de l’honneur posthume du mufti Husseini, offre à Alain Gresh, un quart de sa « Une » et deux pages intérieures complètes. Et comme si cela ne suffisait pas, sous le prétexte de nous causer de Riad El-Solh, « l’une des personnalités arabes les plus marquantes du XXème siècle », un illustre inconnu nous ressert une ration d’antisionisme, sur presque un tiers de page.

Il nous raconte quelque chose qui aurait fait dire aux animateurs de l’émission « la caméra explore le temps » : la chronologie, monsieur le journaliste, la chronologie ! En effet, l’historien, version le Monde diplomatique, nous sert le plat épicé suivant, je le cite : « (...) c’est donc tout naturellement qu’il se trouve confronté aux problématiques proches-orientales du début du 20ème siècle : la désagrégation des « provinces arabes » et l’émergence tragique de la question palestinienne. »

L’émergence tragique de la question palestinienne, avant même que les « arabes » de la future Palestine mandataire ne se conçoivent en tant que Palestinien ?! Ils sont forts quand même, au « Monde diplomatique ».

Revenons à l’article dont nous voulions parler. Le titre choisi par Alain Gresh mériterait de figurer dans une anthologie des bonnes feuilles de la propaganda,  dans la version mielleuse.

Ces deux pages et quart sont sensées nous parler de « deux rêves »,  ceux de deux peuples, ceux de deux nations et d’un seul état, sous cet article chapeau : « un seul état pour deux rêves ».

Le titre de l’article ainsi que sa lecture entre les lignes mettent sur un plan de symétrie les aspirations nationales « juives » et « palestiniennes ».  Symétrie réelle ou trompe l’œil ?

Aspirations symétriques et par conséquent au moins aussi légitimes l’une que l’autre ?

C’est ce que l’on paraît vouloir nous dire en début d’article, pour nous mener sur un chemin très différent de celui qui est annoncé par le titre.

Si l’on en croit la tête de gondole de l’article de Gresh, et pour l’équipe du « monde diplomatique », deux aspirations se feraient concurrence. Mais sont-elles égales en droit et en légitimité ? Sont-elles un couple dialectique, une réalité antagonique de toujours et définitive? 

D’un côté, nous trouvons des aspirations et des revendications qui ont deux millénaires.

Ce sont celles des hébreux des tribus de Judas et Benjamin (avec leurs portions de cohanim de la tribu de Lévi), dont les Juifs sont la descendance expulsée ou déportée, ou réduite en esclavage à la suite des révoltes de 70 et 135 contre l’empire romain.

De ce côté-là toujours, nous trouvons des aspirations vieilles de 2700 ans, ce sont celles des Bné Ménaché du Mizoram, celles des Dans d’Ethiopie presque aussi anciennes et tout aussi persistantes. Aspirations politiques et/ou religieuses des fragments hébraïques, elles ont en commun de vouloir se reconstituer en nation unifiée sur le petit territoire où s’était cristallisée en nation, il y a trois millénaires, la confédération tribale qui a donné à la majorité de l’humanité des éléments décisifs de sa culture (sous les formes chrétiennes et musulmanes).

De l’autre côté de la barre du tribunal convoqué par Alain Gresh, on trouve celles des aspirations et revendications qui se sont affirmées après 1967, parmi les populations arabes et arabisées de la Palestine mandataire? Il découle de l’article DU Monde diplomatique que les aspirations arabes, syriennes d’abord, « palestiniennes » ensuite, nées en réaction à la reconstitution nationale juive, bien que récentes (1967), sont les plus légitimes, tandis que celles dont l’âge se perd dans les brumes des pogromes, des expulsions et autres brimades, en deviennent presque irréelles et... illégitimes.

Les aspirations nationales juives persistantes choquent ou étonnent. Elles choquent ou indisposent ceux qui ont fait de l’internationalisme une idéologie qui n’admet pour légitime que les aspirations et revendications nationales arabes, ou  celles des populations latino-américaines s’affirmant contre les Etats-Unis. Partout dans le monde, pour tout groupe humain, les aspirations nationales sont légitimes, sauf lorsqu’il s’agit des vieilles nations d’Europe et, surtout, lorsqu’il s’agit de la nation juive.

Les aspirations et ces revendications juives, ces revendications et ces aspirations d’une nation ramenée au statut de peuple, voire de « religion », mais qui a partout et toujours refusé de disparaître tout en vivant en bonne intelligence avec ses voisins, ces aspirations et ces revendications indisposent tous ceux qui exigent des vieilles nations d’Europe qu’elles se fassent hara kiri au moyen des transferts de souverainetés remises entre les mains de la nomenklatura europoïde.

Les uns et les autres n’ont cure de la Démocratie qui suppose : l’existence des outils que sont les partis politiques vivants, les assemblées délibératives réelles, les syndicats indépendants. Les uns et les autres versent une larme de crocodiles, tous les 31 juillet, en mémoire de Jean Jaurès qui déclarait, je cite : « un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène ».

Comme dans  tous les articles écrits dans la même veine et puisant aux mêmes sources d’inspiration que l’article du « Monde diplomatique », on nous décrit un Israël qui renait en 1948, après deux millénaires de dispersion, voire de pure et simple disparition. Bref, on nous montre et on dénonce une nation qui renaît lorsque toutes les nations, -sauf les nations ou nationalités opprimées, dont Israël ne serait pas-, doivent accepter l’idée de disparaître progressivement au profit d’institutions bureaucratiques supra nationales.

Le 15ème siècle, -avec sa Galilée juive rachetée à prix d’or au calife ottoman, pour la rendre au maraichage et à l’industrie du livre-, ça n’existe pas pour monsieur Gresh. Le 17ème siècle, et ses sandjaks palestiniens ottomans, dont la population est majoritairement, sinon exclusivement juive, on ne connait pas non plus du côté de chez monsieur Gresh. Cela n’a surement jamais existé...

Le tout début du 19ème siècle, avec la ville plusieurs fois millénaire de Safed, presque exclusivement juive, on ne connaît pas non plus du côté du Monde diplomatique.  Donc, elle n’a pas existé !

Manifestement, pour le diplodocus de la presse parisienne, ça n’a pas existé, le milieu du 19ème avec Jérusalem, avec sa vieille ville (l’actuelle Jérusalem-Est) majoritairement juive. On ne la connaît pas et on ne veut pas la connaître ; par conséquent, elle n’existait pas... Pas plus que l’on ne connaît ou veut connaître ces chiffres ottomans, donnant pour 1903 une population de Jérusalem de 42000 Juifs et de 7700 arabes ou arabisés. Parce que si l’on connaissait ces chiffres, on devrait dire que tout n’a pas commencé en 1948, au grand malheur de futurs Palestiniens entrainés par leurs leaders dans une guerre d’extermination des Juifs. Guerre unilatérale qu’ils perdront.

Ils n’avaient pu réaliser ses objectifs affichés : tuer les « yahoud » jusqu’au dernier, et jeter à la mer les rares Juifs qui auraient survécu.

Avant 1948, si l’on suit Gresh, côté juif il n’y avait rien ou pas grand-chose ; en tout cas, il n’y avait rien ni personne, sur le territoire convoité par les uns et les autres ; il n’y avait rien qui mériterait d’être au moins mentionné, en dehors des quelques populations arabes ou arabisées qui se sentiront devenues palestiniennes après 1967, alors qu’elles se sentaient ou s’affirmaient syriennes depuis la fin de l’empire ottoman.

En d’autres termes, les revendications nationales juives, plusieurs fois millénaires, sont ainsi mises en perspectives, comme  si elles étaient aussi récentes (1948) que celles formulées en 1967 par le Fatah puis par  l’OLP suivis par la Ligue arabe. D’où la fausse symétrie des « deux rêves pour un même territoire et état ».

Traité de San Remo

Rappelons ici que le Ichouv, -c'est-à-dire l’auto organisation politico-administrative des Juifs sur des portions, rachetées à prix d’or, de leur antique patrie-, ne remonte pas à la déclaration de Balfour. Il s’était reconstitué au sein de l’empire ottoman, dans les parties des trois sandjaks *1 qui contenaient les fragments éparpillés de l’ancienne Judée. Il ne s’était pas reconstitué au sein d’une Palestine (territoire et nation) qui n’avait eu qu’une existence administrative éphémère au sein de l’empire romain après l’écrasement de la révolte juive menée par Bar Ko’hba (en 135).

Lors du premier conflit mondial, -dont en 1912 la guerre des Balkans fut la répétition générale-, l’empire ottoman liera son destin à celui des empires centraux, prussiens et austro-hongrois. Vaincus, les empires centraux furent démantelés. Les nations captives ou en émergence se saisiront de la reconnaissance du droit des nations à l’auto détermination et à la souveraineté défendu par le Président Wilson. Bien que se trouvant dans le camp des vainqueurs, en proie à une révolution commencée en 1905, l’empire russe va lui aussi se désagréger, permettant la renaissance politique de la nation polonaise et dévoyant les aspirations des nationalités turcophones.

Comme ses trois autres collègues, l’empire ottoman, -portant les habits califaux sensés le légitimer -, interdisait l’affirmation nationale des arabes, que ce soit en tant qu’une ou plusieurs nations « arabes ».

C’est donc l’implosion de l’empire ottoman et la montée des nationalismes avec les aspirations nationales turques, grecques, arméniennes, kurdes, Juives, puis arabes, qui constituera le terreau parsemé d’embûches et d’antagonismes amenant la SDN a prendre certaines décisions qui donneront le cadre des négociations internationales,dont les arbitrages deviendront le traité de San Remo (1920) et le mandat britannique sur le foyer national juif et son cadre territorial (la Palestine dite du mandat).

A ce moment, « le rêve » juif, pour reprendre le terme un peu spécieux de Gresh, prend force et ampleur. Mais face à lui, ce n’est pas un « rêve » palestinien qui surgit en partenaire opposé.

Ce qui surgit, c’est un nationalisme pan arabe embryonnaire à fondement essentiellement religieux ; c’est un « nationalisme » qui a pour perspective la « Oumma », pour qui les aspirations juives contredisent d’abord un principe dogmatique, à savoir : lorsque l’islam triomphe quelque part, aucun retour en arrière n’est concevable.

C’est dans cette optique que viennent les premières réponses arabes. Ce sont les pogromes de 1920, puis de 1929, qui feront des victimes parmi des gens désarmés, dans différentes parties du pays.

Insistons sur ce point, il reste au cœur des négociations actuelles qui n’en sont pas :

 La souveraineté juive, qui se reconstitue avec la bénédiction des institutions internationales, s’effectue sur un territoire que l’islam a conquis à la pointe des sabres.

 Elle sort de l’infériorité des hommes et des femmes réduits à l’état de Dhimmis.

 Elle les tire de leur état de soumission résignée ; elle émancipe de la situation d’inférieurs institutionnels, elle les affranchit de cette condition définitive et non amendable de subordonné précaire et vulnérable. En outre, elle ne tire pas de l’état de dhimmitude que les Juifs, elle en sort aussi les chrétiens.

 Elle légalise les Bahaï persécutés en Iran, qui installeront à Haïfa leur centre mondial. De ce point de vue, la souveraineté juive instille la liberté de conscience et de libre exercice des cultes dans une région devenue propriété exclusive du culte de MHMD. On est donc, dans une situation qui, par certains côtés, rappelle la petite Tchécoslovaquie du printemps de Prague, lorsque le projet de nouveau programme du Parti communiste tchécoslovaque proposé par l’équipe d’Alexandre Dubcek dira que la Tchécoslovaquie socialiste allait mettre fin au monopole du parti communiste et promouvoir le pluralisme politique. On se rappellera toutes les entrevues qui étaient forcément vouées à l’échec, entre la direction tchèque cherchant à rassurer Moscou et son chef apparent, Brejnev, qui déclarera que s’il acceptait les positions des communistes réformistes Tchèque, il n’avait plus qu’à aller s’inscrire au bureau de chômage.

Israël, c’est le pluralisme politique et religieux, placé au cœur d’une zone que le djihad initial a établi comme terre du monopole éternel d’une doctrine et d’un appareil, la doctrine de MHMD et l’appareil de la dictature, le Califat à restaurer. Accepter Israël, c’est renoncer au Califat et à l’hégémonie d’un culte. Accepter Israël, c’est comme si Brejnev avait rejeté la décision qui produira le 21 août 1968 et les 600 mille hommes de troupes du pacte de Varsovie déferlant sur la petite Tchécoslovaquie. On ne peut marier l’eau et le feu. On ne peut marier l’islam du « dar es islam » et le pluralisme politique et religieux faisant cohabiter des égaux. C’est la problématique qui fut à la base des pogromes de 1920 et d’août 1929. Comme disaient  en défilant dans Jérusalem les hommes de mains du mufti Husseini : « l’islam se défend par l’épée ! Nous défendons l’islam avec l’épée ! » On vit alors à Safed et à Hébron, comment et avec quelle sauvagerie, l’islam se défendait par l’épée en égorgeant et en mutilant des vieillards, des femmes et des enfants sans défense.

Pour revernir à l’article du Monde diplomatique : La souveraineté juive partielle, soumise au mandat britannique, le « rêve juif », comme écrirait Gresh, heurte un autre aspect du futur « rêve arabe palestinien».

Ce dernier cauchemarde, parce qu’il est « syrien », il n’est pas palestinien. C’est en 1967 qu’il dira officiellement le devenir. C’est alors que nait la « naqba », en 1920.

Pour ce « rêve », antagonique au « rêve juif », la Palestine du mandat érige en entité politique ce qu’il tient pour être, et pour devoir rester, le sud de la Syrie. D’ailleurs, jusqu’en 1967, le prétendu symétrique du « rêve juif » n’est rien d’autre que la réintégration de la « Palestine » et sa population « arabe » au sein de la Syrie.

Pour revenir à Gresh et à la « vérité » du Monde diplomatique, il n’y a qu’un « rêve » légitime, pas deux, et ce n’est pas le plus ancien : c’est le rêve syrien muté en rêve « palestinien ».

Pour Gresh et pour ses semblables, le seul légitime des « deux rêves » est le plus récent...

Ce « rêve » légitime, c’est celui que des officines staliniennes ont activement aidé à se constituer, dans les tourbillons d’amertume haineuse provoqués par l’échec de la guerre d’extermination déchaînée par la ligue arabe fin novembre 1947.

Cette dernière venait de perdre la guerre d’extermination totale, qu’elle avait annoncée à l’automne de 1947, guerre commencée avec des bandes irrégulières puis poursuivie au moyen de forces militaires officielles le jour de la proclamation de l’indépendance du nouvel état d’Israël.

Les premiers noyaux militants et les partis nationalistes « marxistes » (FPLP,  FDPLP) ont été formatés et financés par la bureaucratie de Moscou. Cette dernière a, pour se faire, utilisé fréquemment les services d’anciens spécialistes allemands. C’étaient d’anciens cadres nazis, que leur haine persistante des Juifs et leurs liens solides avec les hommes d’Husseini rendaient les plus aptes à ce travail.  Ces noyaux et partis « marxiste », à la manière des services Est-allemands et Kguébistes, contribueront aussi au recyclage du nationalisme religieux husseiniste ressurgissant sous les oriflammes jaunes, les uniformes et la vindicte meurtrière du Hamas.

La fonction de ces groupes staliniens étant : qu’il fallait opposer au peuple juif restaurant sa souveraineté, après deux millénaires de dépossession, autre chose qu’un dogme religieux ou qu’une légitimité syrienne. Ces deux légitimités ne permettant pas de lancer et encore moins développer une ample campagne internationale de chaque instant, visant à présenter et à ramener la restauration nationale juive au rang de seconde république « boer » destinée elle aussi à disparaître.

Quels principes affirmait l’arbitrage international décliné dans le traité de San Remo ?

Il intégrera la reconnaissance du fait national juif. Il constituera le fondement juridique du mandat donné par la SDN à la future puissance mandataire.

Que disait l’article 2 du mandat confié, en 1920-22, à la Grande Bretagne? :

« the Mandatory shall be responsible for placing the country such political, administrative and economic conditions as will secure the establishment of the Jewish national home”…

En français courant, le 24 juillet 1922, la puissance mandataire se verra donc confier, devant l’ensemble des nations, le devoir d’assurer la sécurité de ce que d’aucun traduiront pas « maison nationale juive ».

Le Foyer national juif ne fut pas conçu comme un cadre politique pour les seuls Juifs déjà sur place, mais comme un lieu pour l’ensemble du peuple juif. C’est ce cadre que la future loi de retour inscrira plus tard dans la législation, conformément à l’arbitrage de nations qui n’ignoraient pas, ou ne faisaient pas semblant d’ignorer l’histoire en expliquant, comme on entend dire aujourd’hui, pour se conformer à l’exigence de la Conférence des Etats islamiques : « qu’être juif, c’est uniquement et seulement appartenir à une confession dépourvue de substance nationale et sans lien réel avec le territoire d’Israël. »

Notons ici, qu’au moment du débat sur la situation des Juifs en France, le conventionnel Clermont-Tonnerre résumera la doctrine française : « tout pour les Juifs en tant qu’individu et en tant que religion, rien pour les Juifs en tant que nation ». En d’autres termes, le conventionnel et ses collègues, Jacobins autant que Girondins, savaient bien que les Juifs qu’ils côtoyaient étaient des fragments de cette nation qui avait défié l’empire romain. Nation dont la culture classique française se faisait l’écho du glorieux passé, avec le théâtre de Jean Racine. Ils décidaient de lui accorder la citoyenneté mais ils proclamaient : qu’à ce jour elle ne devait plus être elle-même, qu’elle ne devait plus être une nation dispersée, mais seulement des individus partageant des croyances religieuses spécifiques, venues d’on ne sait où, cadrées impérativement par la loi de la République, sans quoi, ses membres n’accéderaient pas à la citoyenneté française.

Faut-il demander à monsieur Gresh, ainsi qu’ à l’équipe du Diplodocus fait journal, de se souvenir de ce qui était la base factuelle de la culture classique française enseignée dans les classes de cinquième et de quatrième des collèges, avant que ne passent les Attila destructeurs de l’instruction publique laïque et républicaine, avant que ne vienne le règne des Attila propagateurs de la doctrine du collège et du lycée « lieux de vie » et surtout dispensateur de pas trop d’instruction, parce que cela pourrait s’avérer « stigmatisant » pour les jeunes élèves originaires des anciennes colonies...

Cette « maison » ou « foyer national juif », de la déclaration Balfour et du traité de San Remo, ne suspendait pas les droits des non-juifs. Au contraire, elle/il leur permettait d’en obtenir et d’en revendiquer, comme le fera très justement observer le grand-père de l’actuel président syrien, dans un courrier adressé au président du conseil français (Léon Blum).*2

Le foyer national ne pouvait suspendre des droits inexistants.

Ceux qui existaient, si l’on peut parler de droits, c’étaient les dispositions autorisées dans le cadre des communautés religieuses ou autres, ce que l’ont appelait les « Milet », ainsi que les définissaient les autorités ottomanes. La loyauté envers le califat ottoman étant le fondement de ces communautés autorisées. En d’autres termes, il n’existait, jusqu’au démembrement du califat ottoman, aucun espace pour des revendications, pour des aspirations nationales. On a vu comment les Grecs furent traités lorsqu’ils voulurent redevenir grecs. On voit depuis quelques années comment les Grecs de Chypre sont eux aussi traités.

Sous le califat,

Il n’y avait pas de place pour un « rêve » palestinien, qui était à venir 45 ans plus tard.

La Turquie de Kemal Atatürk ne ratifiera pas le traité de San Remo. Comme le fait très justement observer Joshua Teitelbaum, la reconnaissance des droits nationaux du peuple juif par la SDN n’en est pas la raison. Le chef de la révolution démocratique en Turquie, ne contestait ni la fin du Califat ni ses effets, en termes d’aspirations nationales multiples, bien au contraire.

D’autres facteurs politiques, ressentis comme contraires aux intérêts nationaux vitaux de la nouvelle Turquie, intervinrent et furent la cause de la non-ratification turque.

En 2010, la partie arabe est toujours engagée et engluée volontairement dans cette problématique : l’ancienne « terre sainte » a été conquise par le sabre, sa nouvelle identité purement ou hégémoniquement musulmane est définitive, on peut et on doit réécrire l’histoire pour que les conquérants « précèdent » les conquis sur leur territoire.

La doctrine historique de Saeb Arekat, le négociateur palestinien, vise à effacer San Remo. Elle vise à effacer les décisions de la SDN, elle vise à effacer le vote des Nations Unies, elle vise à effacer 3000 ans de continuité juive en transformant les Hébreux en « musulmans ».

Il y a quelque chose de cocasse dans cette affaire plutôt dramatique.

Nous avons affaire à de pieux et orthodoxes musulmans. Ils ne cessent de l’affirmer, que ce soit le Hamas ou que ce soient l’OLP, et même les stalino-nationalistes FPLP et FDPLP.

Or, si Jésus était « musulman », si Joseph, Jacob, Isaac, Abraham, Noé, étaient « musulmans », alors on pourrait être « musulmans » sans révérer MHMD. Or vous savez qu’au Pakistan, une minorité religieuse issue de l’islam, les Ahmadites, est persécutée. Elle est régulièrement l’objet  de violences et de même de meurtres à répétition et se fait contester le droit de s’appeler musulmans et d’appeler « mosquées » ses lieux de cultes.

Si l’on se souvient que le crime de ces millions de musulmans est qu’ils ont suivi un prédicateur disant : qu’il portait un message de Dieu, en affirmant qu’il fallait expurger l’islam de la doctrine du « petit djihad », la guerre dite sainte, et que les autorités musulmanes (et depuis 1973, l’OCI) disent qu’en cela il prétendait prophétiser et blasphémait contre MHMD réputé être le dernier, l’ultime prophète. En s’appropriant le passé des Juifs et en « l’islamisant » pour interdire la paix fondée sur la cohabitation de deux peuples et de deux nations et états, Arekat et ses « historiens » à gage font une sorte de « ahmadisme » sans le savoir. Ils bricolent un islam avant l’islam, ils fabriquent un islam sans MHMD. En voulant s’approprier l’histoire juive, pour revendiquer l’expulsion des Juifs qui n’auraient aucune légitimité dans cette partie du monde, ils bricolent un néo-islam.

Mais pour ces gens, peu importe la logique. Peu importe l’histoire réelle. Peu importe les besoins démocratiques des populations. Ils sont dans une logique du djihad. En ce sens, la situation d’Israël concerne tous les peuples et les nations, tous les groupes humains qui croient au progrès et à la légitimité d’améliorer le sort de toute l’humanité, sur le plan matériel et sur le plan de la liberté de penser et d’exprimer ses pensées.

Ceux qui font des reproches à Israël, chez les Juifs et chez les non-juifs, sont généralement les mêmes qui se bouchent les oreilles et se ferment volontairement les yeux, pour ne pas voir et ne pas entendre, pour ne pas avoir à réagir ici quand les premières phases du djihad ont déjà commencé.

Alain Rubin

 

*1 un sandjak était une unité administrative du califat ottoman. Ce que d’aucun appellent anachroniquement « Palestine historique » se déclinait sous l’état de trois fragments incorporés à trois ensembles politico-administratifs ottomans. L’un comprenait l’Egypte, l’autre le désert du Hedjaz avec l’ancienne Arabie Pétrée et l’actuelle Jordanie, le troisième comprenait l’actuel Liban et la Syrie.

*2 Plusieurs notables alaouites écrivirent à Léon Blum, lui demandant de faire sorte que la  France n’abandonne pas le Mandat confié en 1920-1922. En effet, cette population syrienne redoutait pour sa sécurité, si elle se retrouvait dans un même ensemble que les futurs Palestiniens et sans défense face à leurs voisins arabes sunnites, coreligionnaires des premiers. Au passage, le grand-père du fondateur de la dynastie Al Assad, souligne le rôle positif joué alors par les Juifs ; il insiste sur le fait qu’ils n’ont rien volé et qu’ils apportent du mieux être à tous.

Citons ici Soliman Al Assad, l’arrière-grand-père de l’actuel chef d’état syrien : (...) ces braves Juifs ont apporté la civilisation, et ils ont dispensé l’or et la prospérité sur la Palestine sans dommage à quiconque et sans rien prendre par la force. Malgré cela, les musulmans ont déclaré la guerre sainte contre eux et n’ont pas hésité à massacrer leurs enfants et leurs femmes (...) ainsi, un destin terrible attend les Juifs et les autres minorités dans le cas ou les mandats seront annulés, et ou la Syrie musulmane sera réunie avec la Palestine musulmane ».

C’était le 15 juin 1936. L’angoisse était telle que plusieurs notables de la minorité alaouite, Baddaoui Al Jabal et Ibrahim Al Kinj et l’arrière grand-père du Président syrien en vinrent à implorer le gouvernement français, le priant de ne pas renoncer à sa présence « coloniale », pour reprendre les termes employés page 28 par l’article de Rudolph El-Kareh : « les tutelles coloniales s’installent dans la violence, sous couvert des mandats de la Société des Nations (SDN) ». L’article ne nous dit pas si ce « père » du Liban souverain était aussi un proche du nationalisme syrien agissant en gravitant dans l’orbite pronazie du Mufti Husseini.

C’est manifestement un élément, une pièce à conviction, que ce courrier que nos spécialistes du conflit israélo-arabe ignorent ou choisissent d’ignorer, soixante quatorze ans plus tard, et pour cause : elle renverse leur construction arbitraire visant à délégitimer la « maison nationale du peuple juif ».


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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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