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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 22:09

 

GOLDSTONE PROCHAINEMENT CONVOQUÉ EN CÔTE D’IVOIRE, EN LIBYE, EN SYRIE, AU YEMEN ET …EN PALESTINE

 

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info


Ce 27 avril 2011, les organisations palestiniennes OLP et HAMAS, ont décidé d’engager un processus de réconciliation par un acte qui doit être signé le 4 mai 2011 au siège de la Ligue Arabe au Caire. S’en suivra la formation d’un gouvernement palestinien de transition qui gérera les questions intérieures et ce, avant l’organisation des élections dans un délai maximum d‘une année. Bien évidemment, le gouvernement intérimaire ne s’occupera pas du processus de paix dans la mesure où le Hamas ne veut pas en entendre parler. Mahmoud Zahar, dirigeant de l’organisation islamiste dans la bande de Gaza, a confirmé que le Hamas restait sur sa position historique : "pas de reconnaissance (d'Israël), pas de négociation". Il s’est d’ailleurs immédiatement désolidarisé des dirigeants du Fatah sur le principe d’un accord de paix avec Israël : « Si le Fatah est prêt à assumer la responsabilité de négocier sur des absurdités, qu'il le fasse. S'il parvient à obtenir un Etat, tant mieux pour lui. Nous ne considérons pas ce qui était en cours comme un processus de paix, et nous n'y avons donc pas participé ». En bref, la création prochaine de l‘Etat palestinien ne devrait pas contribuer à apaiser la région.

Pour autant, cette réconciliation entre les formations palestiniennes pourrait être une occasion de généraliser la démarche entreprise par le Conseil des Droits de l’Homme de l’Onu avec sa mission confiée au juge Goldstone concernant l’opération militaire menée par Israël à Gaza entre le 27 décembre 2008 et le 18 janvier 2009. En effet, l’actualité internationale contemporaine offre une opportunité tout à fait intéressante d’examiner les différents foyers dans le monde, où les responsables politiques se livrent à des violations systématiques des Droits de l’Homme.

Rappelons tout d’abord que les paramètres guidant la mission Goldstone s’inspiraient exclusivement du Droit international général, du Droit international humanitaire, des Droits de l’homme et des obligations qui en découlent pour les Etats. Dans un premier temps, le rapport de 578 pages (tout à fait accablant pour l’Etat hébreu) reprochait à Israël:

Le 1er avril 2011, Le Juge Golsdstone a toutefois revu sa copie en prenant en compte un critère fondamental omis lors de sa première analyse, à savoir « l’intentionnalité ». Le Juge Goldstone a finalement admis que si les crimes imputés au Hamas l’ont été de façon intentionnelle et que ses roquettes ont délibérément et sans discrimination visé des cibles civiles, il n‘en est pas de même de l‘Etat hébreu. Il a ainsi reconnu que les victimes collatérales palestiniennes, ne l’ont pas été de façon intentionnelle et que des personnes civiles n‘ont jamais été prises pour cibles.

Le principe de la condamnation des attaques délibérées de personne civiles devrait, en réalité, conduire le Conseil des Droits de l’Homme à intervenir dans les différents pays où les responsables politiques s’attaquent directement aux populations civiles, afin affiner sa théorie.

Ainsi, le Juge Goldstone pourrait, dans un premier temps, se rendre en Côte d’Ivoire où les clans Gbagbo et Wattara ont réglé dans la violence le résultat des élections démocratiques. Ainsi, (par exemple) le 18 mars 2011, des obus de mortier ont été tirés par des forces loyalistes sur un marché populaire, faisant une centaine de morts et de blessés, ce que La Haut commissaire des Nations Unies Navi Pillav a considéré être un crime contre l’humanité. De son côté, le Président Ouattara (reconnu par la communauté internationale) a également participé à des massacres sur lesquels s’est exprimé Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch, en affirmant : « Étant donné les massacres perpétrés des deux côtés et l'incitation continuelle à la violence dans les médias par les partisans de Gbagbo, nous sommes extrêmement préoccupés par la possibilité d'autres atrocités et violations des droits humains. ». Le Juge Goldstone pourrait établir un rapport circonstancié sur les évènements de ce pays et traduire les responsables des massacres devant le Tribunal Pénal International, en considération du caractère intentionnel des crimes perpétrés contre des personnes civiles

La tournée internationale du Juge Goldstone pourrait se poursuivre en Lybie où les manifestations contre le régime en place ont été réprimées dans le sang faisant, selon un membre libyen de la Cour Pénale Internationale des milliers de morts (les cadavres étant entassés dans les rues pour terroriser la population). En avril 2011, le colonel Kadhafi, est passé à un autre stade dans la guerre livrée à son propre peuple, avec, selon l’opposition et Human Rights Watch, l’utilisation de bombes à fragmentations (qui explosent plusieurs fois pour faire le plus de victimes possibles). Une résolution onusienne a autorisé les frappes aériennes avec pour objectif désormais affiché par certains responsables de la communauté internationale, le départ de Kadhafi. Toutefois, et en marge de ce processus d‘éviction, rien n’interdit au Juge Golstone de dresser un rapport de plusieurs centaines de pages sur les violations des droits de l’Homme commises par le dirigeant libyen depuis le début des émeutes.

Le Juge Goldstone pourrait ensuite se rendre au Yémen, où le président Ali Abdallah Saleh a également donné l’ordre à des tireurs embusqués sur les toits d’ouvrir le feu sur des milliers de manifestants venus réclamer un changement de régime, (faisant des dizaines de morts) avant de poursuivre sa tournée en Syrie où le dirigeant Bachar El Assad se livre lui aussi, à un véritable carnage au sein de sa population. Les villes de Damas, Daraa, Hama et Izraa ont été mises à feu et à sang avec plus de 500 morts et des blessés par centaines. La population de Daraa est privée d’électricité et d’eau potable depuis que des tireurs ont tiré sur les réservoirs d'eau. Notons de plus que l'armée jordanienne s'est déployée sur les collines de Tarra, al-Chajara, Amrawa et Zounayba, qui surplombent la vallée, «pour empêcher des infiltrations», ce qui pourrait être qualifié par le Juge Goldstone de « non-assistance à personne en danger ».

Enfin, la tournée de Goldstone au Moyen Orient pourrait se terminer dans les territoires palestiniens. Dans la mesure où le Hamas et l’Olp n’entendent pas modifier une virgule de leurs Chartes qui appellent à l’éradication de l’entité sioniste, le Juge Goldstone pourrait qualifier les supports de la doctrine palestinienne comme étant des incitations au crime contre l’humanité et traduire leurs responsables devant le Tribunal Pénal international. Il pourrait également qualifier les tirs de roquettes Qassam ou de mortiers sur les civils, les attentats ou leur tentative comme étant des crimes contre l’humanité. Les célébrations du souvenir des personnes qui se sont données la mort dans des attentats suicides deviendraient alors des « apologies de crimes contre l’humanité ». Ainsi, le Conseil des Droits de l’Homme de l’Onu confierait alors au Juge Goldstone une nouvelle mission, à savoir parachever sa théorie du crime conte l’humanité.

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 19:46

 

 

LE BETH HAMIKDACH AU CŒUR DU CONFLIT

 

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

Lors de sa visite au Caire le 7 avril 2011, le président de l’Autorité palestinienne a, une nouvelle fois, répété sa volonté de voir créé un Etat palestinien sur les « frontières de 1967 », en septembre 2011. Pour ce qu’il en est de sa mise en œuvre, il s’est déclaré peu favorable au principe d’une déclaration unilatérale (ayant peu de chance d’aboutir), préférant se tourner vers l’Assemblée générale des Nations Unies, eu égard au nombre de pays prêts à en accepter le principe. On ne compte en effet plus les Etats favorables à cette reconnaissance, ne serait ce qu’en application du principe  du « Droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes ».

Ce qui est en revanche surprenant, c’est l’obstination de Mahmud Abbas quant à le voir créé à l’intérieur de ce qui est improprement qualifié de « frontières de 67 ». En effet, pour un Etat qui n’a jamais existé, l’important devrait être le principe de son avènement, non l’emplacement de ses frontières. En réalité, et grâce à cette référence de « frontières de 1967 », les palestiniens pourraient se trouver une raison d’être qu’ils n’ont jamais eue depuis 1964, date de la première Charte de l’Olp appelant à l’indépendance de la Palestine (sur le territoire du mandat Britannique).

Depuis lors, les palestiniens véhiculent en effet une image peu valorisante de leur organisation (attentats, assassinats, blessures, bombes, mort) qui les rend tout à fait antipathiques. Même au sein des pays arabo musulmans, ils n’ont jamais inspiré confiance : ils n’ont jamais fait l’objet d’un statut spécifique voire ont été purement et simplement chassés. Si d’ailleurs, dans le monde, la volonté de défaire Israël n’était pas aussi puissante, personne ne ferait véritablement attention à eux. Aussi, la prise du contrôle des lieux Saints du judaïsme afin d’en devenir les gardiens et d’empêcher la construction du 3° temple juif, redorerait leur blason, tout au moins dans le monde de l’Islam. Pour les palestiniens, c’est en effet l’emplacement du temple de Jérusalem qui se trouve désormais au cœur du conflit.

Bien que les références Bibliques n’intéressent plus grand monde, s’y trouve pourtant décrite l’une des premières caractéristiques de la nature humaine : les hommes s’entretuent car ils ne supportent pas que D ait accordé sa préférence à certains d’entre eux (Caïn a tué son frère Abel pour ce motif dès la première génération humaine). Par ailleurs, la Bible montre comment il est possible, par la ruse, de se substituer à celui qui est réputé titulaire du droit d’ainesse (Jacob a conquis par ce moyen le droit d’ainesse de son frère Esaü). C’est exactement l’objet des guerres de religion : prendre la place de l’ainé même si personne ne conteste le principe de fraternité entre les hommes et le caractère universel du message Divin : « en toi (Abraham) et ta descendance seront bénies toutes les familles du sol » (Gn 28,14).

C’est donc tout d’abord le Christianisme, qui, à travers les textes évangéliques, s’est présenté comme « le nouvel Israël » avec la conviction que Jésus de Nazareth avait réalisé les prédictions prophétiques de la Bible en tant que Messie. Ainsi, et pour prendre la place du judaïsme les Evangiles précisent, notamment dans la lettre au Hébreux, que Dieu s’est révélé en la personne de son fils Jésus (1.1-3) qui est supérieur aux prophètes (1.1-3), aux anges (1.4-2), à Moïse et Josué (3.1-4), aux grands prêtres de l’ancienne Alliance (4.14-7.28). Le sacrifice de Jésus est considéré comme bien supérieur aux nombreux sacrifices de l’ancien Israël (8.1-10.18), justifiant une persévérance dans la foi (10.19-39) et une invitation à garder le regard fixé sur Jésus (12.1-11). Il faudra donc attendre 20 siècles de pogroms, de spoliation des biens juifs, de massacre de juifs, de conversions forcées, de discriminations pour que le Christianisme revienne sur sa doctrine du peuple juif déicide avec Vatican II, et admette que chaque juif puisse ne pas être individuellement responsable de la mort de Jésus. Désormais, l’Eglise ne cherche plus à prendre la place d’Israël même si le problème de l’antisémitisme Chrétien n’est pas définitivement réglé.

L’Islam, de la même manière, essaye dans son message prophétique, de prendre la place des deux précédents systèmes de foi. Dans le Coran, Mahomet est le dernier des prophètes choisis par le Ciel pour transmettre la version définitive de son message éternel. Aussi, et pour prendre la place du judaïsme, il est rappelé que si les juifs ont été préférés aux autres peuples (sourate 45, verset 16) et été choisis parmi tous les peuples de l’univers (sourate 44, verset 32-33), ils n’ont pas voulu reconnaître Mahomet et ont enlevé de la Bible les prédictions de son avènement. Il est ainsi reproché aux juifs d’avoir falsifié leurs écritures (sourate 2, verset 75) et d’avoir supprimé de la Thora l’annonce future de la venue de Muhammad (sourate 48, verste 29). Ce faisant, l’islam se présente comme la religion de Vérité qui peut utilement se substituer à la vérité du judaïsme (d’autres versets concernent la substitution de l’Islam au Christianisme).

Or, et compte tenu de ce que l’Islam n’a pas encore admis l’indépendance de son système de foi et l’absence de nécessité de se substituer aux deux autres, il craint toujours une remise en cause de sa suprématie religieuse avec le risque de reconstruction par les juifs, du temple détruit à deux reprises.  D’ailleurs, la prophétie de la reconstruction du Temple se trouve aussi bien dans la Thora (Exode 25,8; Esaïe 2:2-3; Ezéchiel 37:26-28 et 40:48; Daniel 9:27; Michée 4:1-2; Aggée 2:7-9, Zacharie 6:12-15 et 14:20 ; 1 Rois 5:6; Esdras 3:7-11, Chroniques I- 22:14 et 23:4), que dans les Evangiles (Matthieu 24:15; Marc 13:14; 2 Thes. 2:4; Apoc. 11:1-2).

Aussi, les palestiniens peuvent-ils enfin se trouver une raison d’être historique et religieuse en devenant le point de convergence de l’Islam qui empêche l’avènement des prophéties Bibliques et la reconstruction du Beth hamikdach.

Alors soit. Mais il faudrait les placer devant leurs responsabilités.

Les palestiniens ne cessent de qualifier de « colons » les personnes venues sur une terre sur laquelle ils n’ont rien à y faire leur demandant instamment de partir. Si leur théorie est juste, elle doit s’appliquer aux arabes. Ces derniers sont venus coloniser les lieux saints du Judaïsme au VII ° siècle (ec) et y ont édifié une mosquée (pour prendre la place des juifs) ils doivent donc en partir. Il suffit simplement de démonter pierre par pierre l’esplanade des mosquées pour la reconstruire à l’identique près de Ramallah où des kilomètres carrés de terres désertiques peuvent l’accueillir. Ainsi, et grâce aux palestiniens, Israël pourrait alors paisiblement, entamer la construction d’un nouvel édifice sur l’emplacement libéré par les palestiniens.

Dans le cas contraire, et si vraiment il n’est pas nécessaire d’appliquer la théorie palestinienne concernant l’occupation, la Mosquée Al Aqsa n’a pas à être démontée. Les palestiniens doivent juste intégrer que le respect de leur souveraineté suppose le respect par eux de la souveraineté d’autrui et notamment de la capitale historique des juifs. Les palestiniens n’ont donc aucun droit de poser leur drapeau sur les mosquées de Jérusalem mais juste le droit de s’y rendre après avoir obtenu un visa auprès de l’ambassade d’Israël en Palestine (dès la reconnaissance de la Palestine au sein de l’Onu). De son côté, Israël ne revendiquera aucune propriété à Ramallah (qui abrite déjà le siège des institutions palestiniennes). La Mosquée Al Aqsa sur l’emplacement du Beth Hamikdach symbolisera alors la relation harmonieuse entre juifs et palestiniens et la construction du 3° temple attendra encore un peu.

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 09:39

 

 

QUAND LE PRIX NOBEL DE LA PAIX 2005 DECLARE LA GUERRE A ISRAEL

 

 

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

 

 

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Ce 4 avril 2011, Mohamed El Baradei, ancien directeur de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique et prix Nobel de la Paix en 2005, a lancé sa campagne pour les élections présidentielles égyptiennes prévues pour octobre ou novembre prochain. Son message s’est voulu protecteur des palestiniens dont la souffrance heurte la sensibilité des égyptiens, tout en acceptant de prendre en charge la direction du front arabe. Imputant à Israël sa responsabilité dans le conflit, il a lancé qu’en cas d’attaque israélienne : « Si je gagne les présidentielles égyptiennes, je ferai ouvrir les passages frontaliers du pays avec la bande de Gaza  ». Par ailleurs, il n’a pas manqué de présenter le monde arabe comme étant agressé par l’entité sioniste et affirmé la nécessité de mettre en place une « défense arabe commune ». Enfin, posant qu’Israël est responsable du malheur des palestiniens, il a avancé l’urgence de rétablir un équilibre dans le rapport de forces en affirmant : « Israël a occupé les territoires palestiniens et n'entreprend aucune démarche sérieuse dans le sens du processus de compromis, puisqu'il n'y a pas, pour l'heure, dans la région, ce qu'on appelle un équilibre des forces »…

avec Ali Larijani

Ce discours « anti israélien » tranche bien évidemment avec la position classique de neutralité égyptienne dans le conflit voire, prend la forme d’une véritable déclaration de guerre faite à l’entité sioniste. Ce faisant Mohamed El Baradei adopte une démarche motrice au sein de la population égyptienne qui colle parfaitement à la sensibilité du monde arabe, grandement utile à l’occasion d’une élection présidentielle. Ce message agressif s’est, par ailleurs, accompagné de promesses démagogiques tel l’engagement de procéder à une meilleure répartition des richesses... Le Prix Nobel de la paix 2005 présente donc un programme en parfaite rupture avec la politique d’Hosni Moubarak tout en répondant aux aspirations de la rue égyptienne.

Ce qui est en fait choquant dans son propos, c’est qu’il émane d’une personne qui a remporté le prix Nobel de la paix qui récompense (selon les vœux d’Alfred Nobel rappelés dans son testament) «  la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ».  Ainsi, ce prix est en principe décerné aux personnes qui se sont battues pour l’action humanitaire, les droits de l’Homme, la défense des égalités ou contre l’oppression politique (comme Martin Luther King ou Mère Teresa). Selon toute vraisemblance, les propos de Mohamed El Baradei n’auraient certainement pas plu à celui qui désirait que les revenus de sa fortune soient « distribués chaque année à titre de récompense aux personnes qui, au cours de l'année écoulée, auront rendu à l'humanité les plus grands services ».

Par ailleurs, les propos de Mohamed El Baradei remettent en question les accords de paix signés le 26 mars 1979 par le Président égyptien Anouar el-Sadate et le Premier Ministre israélien Menahem Begin, prévoyant le retrait de l’armée israélienne du Sinai, le démantèlement des implantations juives, la normalisation des relations diplomatiques israélo égyptiennes, la libre circulation sur le canal de Suez et l’interdiction de rassembler des forces militaires à la frontière. A cet égard, Mohamed El Baradei méprise les accords passés par le Président égyptien Anouar El Sadate qui déplorait le refus pour « les pays arabes d’entrer dans la modernité et de s’ouvrir au monde occidental ». Dès novembre 1977, Anouar El Sadate s’était en effet, déclaré prêt à se rendre à Jérusalem pour entreprendre des négociations directes avec Israël, devenant ainsi le premier responsable arabe en guerre à signer un traité de paix avec Israël (lui valant également le prix Nobel de la Paix en 1978 avec Menahem Begin).

En réalité, le projet politique de Mohamed El Baradei n’est que le résultat de l’ambiguïté de la position américaine au cours de ces trente dernières années. En effet, les Etats Unis ont, d’un côté, grandement aidé l’Egypte depuis la signature des accords de Camp David en 1979 en octroyant des aides de l’ordre de 2 milliards de dollars par an (dépensés dans l’achat d’armes américaines), accordé des remises de dettes ou encore des crédits pour acquérir des chasseurs-bombardiers de dernière génération, des batteries de missiles et d’autres systèmes d’armes avancés, et entraîné les officiers et les soldats égyptiens, et les forces spéciales... Dans ce cadre, ils ont contribué à maintenir le contrôle dictatorial du pays depuis plus de trente ans, et indirectement cautionné les tortures et assassinats d’opposants tout comme la corruption, la répression et les inégalités sociales.  De l’autre côté, les Etats-Unis supportaient de moins en moins les violations répétées des droits de l’Homme et ont, depuis quelques années, commencé à subordonner le maintien de l’aide à une plus grande coopération sur le terrain de la promotion des libertés, des droits de l’Homme  et de la primauté du droit. Les américains ont enfin poursuivi leur étrange double jeu en favorisant le renversement de Hosni Moubarak en vue de l’élection d’un gouvernement démocratique pour septembre 2011, tout en essayant de le maintenir au pouvoir jusqu’à cette date pour permettre une « transition ordonnée », cautionnant ainsi la terreur d’Etat et la violence à l’origine de nombreux morts chez les manifestants (lors du soulèvement populaire de février 2011).

Sur ce point, Mohamed El Baradei a adapté son discours à la sensibilité populaire qui rejette la subordination aux Etats-Unis et son modèle démocratique occidental. Il encourage par ailleurs une reprise des actions contre Israël pour incarner une politique nouvelle en captant les voix des égyptiens qui inclineraient pour l’islamisme radical. Il rejette enfin les Etats-Unis perçus comme un catalyseur de la dictature par leur contrôle ininterrompu de l’armée et l’organisation d’élections démocratiques truquées, d’autant qu’ils sont l’allié inconditionnel d’Israël alors que les égyptiens s’opposent majoritairement au projet sioniste.

Mohamed El Baradei, leader de la réforme, satisfait également la rue égyptienne en ce qu’il effraie Israël qui lui préfère Hosni Moubarak qui représente depuis des décennies, un excellent barrage contre l’islamisme,  bloque les envois illicites d’armes à Gaza, évite la contagion de l’instabilité de l’autre côté de la frontière et la mise en place d’un système théocratique (sur ce point, les responsables politiques israéliens reprochent aux américains de commettre la même erreur que Jimmy Carter en 1979 qui n’avait pas soutenu le régime en place au nom de la démocratie).

Une nouvelle fois, se révèle l’un des aspects pervers de la démocratie qui permet la mise en place de régimes totalitaires, avant de devenir l’instrument de sa propre destruction (tel Hitler en 1933, ou la République islamique d’Iran en 1979…). Pour autant, l’inquiétude doit être limitée : les systèmes autocratiques finissent par s’autodétruire à terme. En outre, les égyptiens admirent la culture occidentale et son système social, et veulent s’engager sur le chemin de la modernisation sans se couper des revenus du tourisme. Il est donc nécessaire pour l’Egypte qu’elle prenne en main la maîtrise de son devenir politique.

 Mohamed El Baradei devrait toutefois éviter d’utiliser l’hostilité à l’égard d’Israël comme instrument publicitaire. Mais si par impossible,  le prix Nobel de la paix 2005 persistait dans sa démarche, il conviendrait, ne serait ce que pour faire honneur à l’intégrité morale intellectuelle des titulaires de prix Nobel de la paix, de restituer le Sinaï à Israël.

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 19:37

« FALASTINE » OU « LA FAILLITE DE LA TERRE INFERTILE »

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Le 28 mars 2011, le Premier Ministre Benjamin Netanyahou a, devant les députés de la Knesset, appelé le Chef de l’Autorité Palestinienne à choisir entre deux options : la paix avec Israël ou le dialogue avec le Hamas. Il a de même, qualifié l’Autorité palestinienne de « facteur de provocation contre Israël ». Cette fermeté israélienne est consécutive à la rencontre du 26 mars 2011, entre Mahmud Abbas et des responsables du Hamas à Ramallah visant à trouver les contours d’une réconciliation nationale pour former un gouvernement d’union nationale et organiser des élections dans les territoires palestiniens dans un délai de 6 mois. Pour le Président palestinien, la division entre les palestiniens est un obstacle à la paix : « Il est impossible de réaliser l'aspiration de notre peuple de faire la paix sans mettre un terme à la division entre les Palestiniens ». Pour Jérusalem, en revanche, la réconciliation du Fatah et du Hamas enterrera le processus de paix.

La réponse palestinienne ne s’est pas faite attendre. Le 31 mars 2011, Mahmud Abbas a rejeté l’appel du Premier Ministre israélien estimant même que la proposition était empreinte de contradiction : « d’un côté l’Etat hébreu reproche l’absence de partenaire en raison de la division du Fatah et du Hamas, de l’autre, il dénonce les tentatives de réconciliation inter palestinienne ». Pour le porte-parole de Mahmud Abbas, Nabil Abu Rudaineh, Israël se livre d’ailleurs à une ingérence dans les affaires palestiniennes.

En réalité, le dirigeant du Fatah est plongé dans une contradiction quasi inextricable dont il ne parvient pas à se sortir. Tout d’abord, il aspire à la création d’un Etat alors que les palestiniens sont divisés territorialement et idéologiquement. Par ailleurs, le message politique historique lancé à la population palestinienne n’a jamais été celui de faire la paix avec Israël, alors que la création de l’Etat palestinien fait de cette paix une condition indispensable. Enfin, le temps ne joue pas en sa faveur et s’il ne trouve pas rapidement les conditions d’un consensus national, il transformera ce qui est couramment appelé  « cause palestinienne » en « vaste comédie ». Aussi, et pour apporter quelque crédit à sa démarche, Mahmud Abbas doit essayer d’apporter des garanties de sérieux à la communauté internationale et faire preuve d’une certaine fermeté alors que son problème tient à la cohérence de la démarche : les palestiniens sont imbriqués collectivement et définitivement dans le principe d’éviction des juifs de Palestine alors que la communauté internationale leur fait obligation de faire la paix avec leurs ennemis de toujours. Bien qu’il soit Président du « Fatah » (parti dont le nom en arabe n’est autre que « organisation de libération de la Palestine »), Mahmud Abbas doit se réconcilier avec les dirigeants du parti « Hamas » (qui signifie « mouvement de résistance islamique »), tout en certifiant s’engager sur les voies de la paix avec Israël alors que le nom des partis palestiniens exprime exactement le contraire. Pour le Hamas, qui lui est certes plus cohérent, la réconciliation des entités palestiniennes ne peut intervenir qu’en cas d’adoption de la plateforme commune qui est celle d’une reprise des combats contre Israël. Fâcheux dilemme.

Cette situation contemporaine des palestiniens n’est en réalité pas véritablement surprenante puisqu’elle trouve son explication dans le mot même de « Palestine ». En langue arabe, le mot Palestine se prononce « Falastine ». Or ce mot est la combinaison de mots arabes tout à fait évocateurs. Le mot « falas » signifie faillite qui est encore l’échec d’une entreprise, alors que le mot « tine » est la « terre argileuse » dans le sens de « terre infertile », mots reliés entre eux avec un « s » qui est encore une conjonction de coordination (dans la langue arabe). Autrement dit, lorsque les palestiniens prononcent le mot « falastine » ils entendent « faillite de la terre infertile », c'est-à-dire encore « l’échec d’une terre dont il ne sortira rien ».

Consciemment ou pas, les responsables palestiniens dont Mahmud Abbas, finissent par intégrer le fait que l’ensemble des personnes arabes repris par la doctrine palestinienne sous le vocable de « peuple palestinien » n’est autre que cette terre infertile de laquelle il ne peut rien pousser. A titre de comparaison, c’est un peu comme si Israël portait, en hébreu le nom « hayeoudim einam ityachvou ba haaretz » ou encore « les juifs ne s’établiront jamais en terre d’Israël ». Les juifs se poseraient immanquablement quelques questions si le pays qu’ils doivent rejoindre portait un nom aussi peu hospitalier.

Mahmoud Abbas se bat donc avec un non sens. Il peut donc toujours menacer de proclamer l’indépendance de la Palestine sur les frontières (jordaniennes) de 1967 pour tenter de forcer le processus. Cette déclaration ne serait qu’un coup d’épée dans l’eau pour ce qu’il en est de la tentative de reprise de la vieille ville de Jérusalem et notamment l’esplanade des mosquées (réclamée également par le Hamas). Non seulement Israël n’est pas disposé à abandonner sa capitale historique, mais en outre, l’Etat juif en profiterait pour annexer immédiatement tous les blocs d’implantations juives situés en Cisjordanie qui font corps avec Israël, et ce, pour consolider son implantation géographique (en fait le principe de cette annexion serait accéléré puisqu’elle se produira de toute façon tôt au tard). En outre, et encore plus gênant pour les palestiniens, ils réaliseraient qu’ils ne dépendent pas uniquement de l’aide internationale mais également d’Israël car cette déclaration unilatérale les priverait des soins en Israël, de la fourniture énergétique comme l’électricité, des échanges commerciaux mais aussi des droits de douane et de la TVA prélevés sur les produits importés dans les territoires palestiniens qui transitent par Israël. Enfin, les palestiniens seraient définitivement confrontés à leur réalité, et à notamment l’absence de toute possibilité de communiquer de façon terrestre ou aérienne entre les territoires de la bande de Gaza et la Cisjordanie (ce qui est déjà le cas et qui devrait le rester).

« L’échec de la terre infertile » est, en fin de compte, la réalité  programmée des palestiniens. D’ailleurs, lorsqu’ils l’auront définitivement intégrée et auront compris que l’espoir de chasser les juifs est vain, il se produira un exode palestinien massif dans les pays où il fait mieux vivre. Les palestiniens n’auront en effet plus aucune raison de se maintenir sur un territoire dont l’assiette ne sera jamais modifiée. Ils marqueront dans le même temps leur dégoût d’avoir été abusés aussi longtemps par l’idéologie de leurs dirigeants. Leur départ (qui a déjà commencé) sera en fin de compte un juste retour des choses puisque le mot « palestinien » est tiré du mot « philistins » lui-même dérivé du mot  « pelesets », concernant les peuples de la mer qui ont déferlé sur les côtes cananéennes en 1200 av ec, après avoir été repoussés par le Pharaon à la suite de leur attaque manquée de l’Egypte.

Pour autant, il convient de ne pas se leurrer. La configuration géographique future ne sera pas celle d’une terre exclusivement juive entre le Sinaï et le Jourdain. Subsisteront sur la bande de Gaza et en Cisjordanie, des entités non juives peuplées de palestiniens qui ne sont pas animées de dispositions hostiles particulières à l’endroit des juifs, et avec lesquelles la coexistence sera tout à fait harmonieuse. L’explication en est simple et trouve son parallèle dans le Talmud « Si le juste n’est pas exclusivement gratifié par les bonnes choses, c’est qu’il n’est pas complètement juste et si le méchant n’est pas définitivement frappé par le mal, c’est qu’il n’est pas complètement méchant » (Ber 7a).

 

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 14:00

LA LOI DU PLUS FORT EN ISLAM, PARFAITEMENT CONTREPRODUCTIVE

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Dans la nuit du 11 mars 2011, 5 membres d’une famille de l’implantation d’Itamar ont été assassinés sauvagement par des palestiniens ayant réussi à prendre la fuite sans être inquiétés. Cet acte monstrueux a été perpétré dans la nuit du Shabbat, peu de temps après le « Chalom alehem », ce chant à la gloire des anges de la paix qui, dans chaque maison où le Shabbat est célébré, viennent dans la paix, bénissent en paix et repartent en paix. De leur côté, les barbares palestiniens, peu intéressés par le concept de paix, sont repartis dans leur famille où ils ont été accueillis en héros, « l’acte de bravoure » rappelant aux juifs qui est le plus fort. En effet, les palestiniens sont convaincus que l’usage de la violence et de la coercition est le seul moyen de parvenir au résultat escompté.

Ce recours à la force est également usité par les dirigeants arabes pour mater les rébellions qui fleurissent un peu partout dans le monde de l’Islam. En Libye, le dirigeant Kadhafi a réprimé l’opposition (qui manifestait pacifiquement) au moyen d’’arrestations arbitraires, d’enlèvements, de la torture, ou encore en assassinant les opposants ou les personnes soupçonnées d’avoir transmis des informations aux médias internationaux ou aux organismes de défense des Droits de l’Homme. Si le Ministre Libyen des Affaires Etrangères a annoncé, le 18 mars 2011, un cessez le feu « pour protéger les populations civiles et se conformer à la résolution 1973 », il n’y a eu aucune prise de conscience : les forces loyalistes ont poursuivi leurs attaques contre les insurgés. L’engagement de frappes aériennes apparaît en revanche plus dissuasif. De même, au Yémen, des partisans du régime ont attaqué à coups de feu, de bâtons de poignards (le 18 mars 2011), les manifestants qui réclamaient la chute du pouvoir. Au Bahreïn, l’état d’urgence a été décrété pour faire face aux manifestations avec une intervention musclée des forces gouvernementales sur la Place de « la perle au cœur » à Manama : de nombreuses personnes ont ainsi été tuées le 17 mars 2011. Pour ce qu’il en est de la Syrie, des dizaines de manifestants ont été arrêtées (le même jour) à Damas pour « atteinte au prestige de l’Etat»…

Le recours à la force est somme toute récurrent dans les pays de l’Islam d’autant que le message religieux est particulièrement incitatif. En Islam, les croyants doivent en effet faire preuve d’une très grande persévérance dans les rapports de force, comme l‘ordonne la Sourate 47 verset 35 du Coran : « ne soyez point faibles et n’appelez point à la paix lorsque vous êtes les plus forts et qu’Allah est avec vous. Il ne vous privera point du bénéfice de vos œuvres ». L’Islam recommande ainsi la confrontation et l’emploi de la violence (physique ou psychique), a fortiori si les parties impliquées dans le rapport de force ont un pouvoir inégal : dominants et dominés se déterminent alors uniquement en considération de ce principe. Certains messages sont parfois d’une terrible cruauté pour ceux qui ne voudraient pas reconnaître Muhammad comme le dernier des prophètes : « je vais jeter la terreur dans le cœur des mécréants. Frappez leur cou et leurs doigts, ils se sont séparés de Allah et de son Prophète » (8,12-13). Tous les prétextes deviennent alors admissibles pour employer la violence comme bien évidemment la volonté de conserver le contrôle du pouvoir politique (et des richesses qui l’accompagnent), mais également la jalousie, la rivalité, l’admiration, la fascination voire enfin le désir de vengeance.

Ainsi, en Islam, la violence mène toujours à plus de violence comme en témoignent les réactions en Iran, à la suite de la répression saoudienne au Bahreïn et le massacre de civils chiites qui s’en est suivi. Les chiites iraniens (soutenus par les autorités iraniennes) ont manifesté et scandé des slogans annonciateurs d’une vengeance : « Allah est le plus grand », la victoire appartient à l’Islam » ou encore Al Saoud s’effondrera bientôt »…

Les musulmans commencent heureusement à réaliser à quel point le phénomène religieux est problématique dans leur culture, raison pour laquelle bon nombre appelle à la mise en place de systèmes démocratiques avec des structures étatiques chargées de canaliser les rapports de force ou tout au moins de les encadrer. L’Etat de Droit et la Déclaration Universelles des Droits de l’Homme tendent à devenir des modèles pour les musulmans confrontés à l’autoritarisme ou à l’emploi de la violence. La loi du plus fort est effectivement celle qui prévaut dans les sociétés non démocratiques où chaque individu peut laisser libre court à sa violence pour imposer ses convictions...Inversement, l’Etat de Droit (avec ses contrepouvoirs et l’affirmation du principe de responsabilité individuelle), est censé corriger ce travers de la nature humaine par la confiance collective qui lui est accordée et le monopole de la force dans l’intérêt de la collectivité, c'est-à-dire avec un usage qui est légal, voire légitime.

Les Chartes palestiniennes (Olp et Hamas) ont également été rédigées dans cet esprit du rapport de force. Ainsi, pour ce qu’il en est de la Charte de l’Olp, l’article 8 rappelle que « la phase de l’histoire que vit le peuple palestinien est celle d’une lutte nationale pour la libération de la Palestine qui doit être reprise et libérée par la lutte armée ». Pour ceux qui ne l’auraient pas tout à fait compris, l’article 9 confirme que « la lutte armée est la seule façon de libérer la Palestine ». S’agissant de la méthode, l’article 10 fournit une précision intéressante : « l’action commando constitue le cœur de la guerre populaire de la libération de la Palestine pour assurer la continuation de la révolution, son escalade et la victoire». C’est d’ailleurs sur ce mode opératoire qu’ont agit les assassins de la famille Fogel. L’on voit mal dans ces circonstances, comment Mahmud Abbas qui est le Chef de l’Olp (Fatah en arabe) censé incarner le message de cette Charte, peut signer un traité de paix avec Israël s’il ne l’a pas solennellement, officiellement et définitivement abrogé ou tout au moins soumis le principe de son abrogation au référendum populaire des palestiniens de Cisjordanie.

Il doit en être de même de la Charte du Hamas dont l’article 11 affirme que la terre de Palestine est un territoire islamique consacré aux futures générations musulmanes jusqu’au jour du jugement et qu’aucune parcelle ne doit être dilapidée. Ce même texte rappelle d’ailleurs « que la Sharia islamique doit s’y appliquer comme sur toutes les terres musulmanes conquises par la force » (tient donc). L’article suivant rappelle pour sa part que « Résister et réprimer l'ennemi devient le devoir individuel de chaque Musulman, homme ou femme ». Pour éviter que les gaziotes ne soient séduits par les sirènes de la paix, l’article 13 pose que « les initiatives que l’on appelle les solutions pacifiques sont contraires aux principes du Hamas » avant que l’article 15 affirme que « Devant l'usurpation de la Palestine par les Juifs, il est obligatoire d’élever la bannière du Jihad »…Les palestiniens imprégnés de ces textes historiques, trouvent en fin de compte dans la violence, leur véritable raison d’être. Si donc il n’est pas entrepris un travail pédagogique pour leur expliquer que les rapports de force, dans les sociétés non démocratiques, sont tout à fait contreproductifs, aucune paix ne sera envisageable dans un horizon proche.

Bien évidemment, ce travail d’explication ne doit pas venir des occidentaux qui seraient encore suspectés d’être à la solde du complot américano sioniste. Il doit être entrepris par les musulmans eux-mêmes qui doivent éclairer leurs coreligionnaires sur les méfaits de la loi du plus fort et son inhumanité. A défaut, les assassinats ou leurs tentatives comme celui de la famille Fogel, se poursuivront sans relâche.  De même, les négociations de paix resteront littérature et verbiage inconséquent.
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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 19:59

 

 

 

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LES NEGOCIATIONS DE PAIX DANS LE PASSAGE ARABE DES OMBRES Ả LA LUMIḖRE

Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

Ce 10 mars 2011, le négociateur palestinien Saëb Erekat a annoncé que la réunion du Quartette pour le Proche Orient (Etats-Unis, UE, Russie et ONU) prévue à Paris mi mars était repoussée au 15 avril 2011. Ce report a en effet été demandé par les  Etats-Unis, suite aux bouleversements politiques contemporains dans les pays de la région, et à l’initiative que le Premier Ministre Netanyahou envisage de proposer pour relancer les négociations de paix avec les palestiniens. Ce différé permettra sans conteste d’en savoir un peu plus sur le cadre politique que les populations arabes (opprimées par les systèmes dictatoriaux) entendent se choisir. Il offrira également plus de recul aux membres du quartette qui s’apprêtent à reconnaître l’Etat palestinien sur la base des frontières (avec la Jordanie ) dites « de 1967 » avec Jérusalem-Est comme capitale (le tout accompagné d’échanges de territoires). Enfin, il confirmera au Premier Ministre israélien qu’Israël n’est tenu ni d’accepter la configuration de l’Etat palestinien imposée par la communauté internationale, ni son alternative (supposée) consistant dans la mise en place d’un Etat binational.

Les mutations contemporaines du monde arabe, tout à fait extraordinaires, sont assimilables à un passage des ombres à la lumière voire à une sortie de la grotte de Platon. Les comportements traditionnels et les attitudes dictées par l’affect et la passion en dehors de toute objectivité et réalité tangible, cèdent le pas au réalisme et à la perception des prérogatives individuelles. Les populations « musulmanes », (c'est-à-dire « soumises » à Dieu), sortent du joug de l’oppression et d’un « Islam » utilisé comme instrument de domination populaire un peu comme si les « soumis » devenaient « insoumis ». Certains responsables politiques arabes en prennent d’ailleurs la mesure. Le 11 mars 2011, le Roi du Maroc a proposé une réforme constitutionnelle globale qui sera débattue entre les partis politique et soumise à référendum. Le 10 mars 2011, le Président yéménite Ali Abdallah Saleh a également promis, un référendum sur une nouvelle Constitution et la mise en place d’un régime parlementaire. Les libanais également réclament à l’Etat de recouvrer son autorité sur le territoire, et à son armée étatique de protéger le peuple (refusant au Hezbollah, membre du gouvernement, le bénéfice d’une milice armée agissant en dehors de tout contrôle étatique). C’est du moins ce que les manifestations anti Hezbollah de ce 13 mars 2011 visent à rappeler.

Certes, les révolutions dans le monde de l’Islam sont, bien évidemment, loin d’être achevées. Des appels ont circulé sur les réseaux Facebook et Twitter pour l’organisation « d’une journée de la colère » en Arabie saoudite le 11 mars 2011 en dépit de l’interdiction de manifester. Les autorités saoudiennes, passablement nerveuses, ont alors déployé les forces de sécurité et des véhicules de police dans la capitale et les grandes villes du pays pour l’empêcher. De même, en Libye, le dirigeant Mouammar Kadhafi qui n’entend pas abandonner le pouvoir, justifie le massacre de son peuple et la répression dans le sang de la contestation populaire, par la nécessité de protéger le pays de sa mainmise par l’organisation terroriste Al-Qaïda. Il accuse également les pays européens de se livrer à un complot colonialiste en soutenant les insurgés. (Une renonciation au pouvoir n’est toutefois pas exclue : des émissaires libyens se sont rendus dans les capitales européennes ce 9 mars 2011 pour examiner les conditions d’un processus de négociations en vue d’une transition pendant que le Conseil de Coopération du Golfe réuni en Arabie saoudite estimait  que le régime de Kadhafi avait perdu toute légitimité).

L’organisation des Frères musulmans tentera certainement de récupérer les révolutions arabes d’un verbe puissant, mobilisateur, protecteur et rassurant, pour encourager à lutter contre les régimes dominateurs. Elle soutiendra alors l’obligation « religieuse » de se défaire des dictateurs, incitera à la désobéissance civile et à la mutinerie, dans le cadre d’un dessein divin. Elle présentera alors le Coran comme source de toute justice que les hommes doivent mettre en œuvre ici bas. Pour autant, les tentatives de contre révolutions islamiques ne devraient pas stopper la dynamique du principe de la souveraineté populaire dans les pays de l’Islam avec mise en place de systèmes laïcs et admission généralisée de la règle selon laquelle les dirigeants ne sont finalement que des délégués ou des mandataires du peuple.

Les révolutions arabes ont bien évidemment une résonance dans les territoires de Cisjordanie et de Gaza où les palestiniens admirent avec une certaine fierté les « intifada » qui se multiplient dans le monde de l’Islam, un peu comme s’ils en étaient les initiateurs. Aussi, certains, optimistes, imaginent que les forces nationalistes et démocratiques dans les pays arabes vont prendre le pouvoir et soutenir les Palestiniens dans leur lutte contre l’occupant sioniste. D’autres plus pessimistes, considèrent que les nouveaux pouvoirs mettront du temps à se mettre en place dans le monde de l’Islam et relégueront la cause palestinienne au second rang de leurs préoccupations. C’est effectivement ce qui devrait se produire.

Les palestiniens pourraient bientôt faire l’amère constatation de ce que « la cause palestinienne » n’était qu’un artifice pour détourner l’attention des populations musulmanes opprimées. Il suffit pour s’en convaincre de reprendre les déclarations de Kadhafi  en février 2011, lorsqu’il a appelé les réfugiés palestiniens (au Liban, en Syrie, en Jordanie ou encore en Libye) à s'inspirer du « mouvement révolutionnaire arabe » et à marcher sur les territoires palestiniens avec des rameaux d'olivier à la main, en signe de paix » : « Dans ce contexte de mouvement révolutionnaire arabe populaire, les réfugiés palestiniens (...) doivent marcher sur la Palestine, avec femmes et enfants,.. S'ils se font repousser par l'ennemi (Israël), qu'ils campent aux frontières. Il faut créer un problème pour que le monde bouge »…Il avait alors qualifié les pays musulmans et arabes ayant des relations avec Israël, de « vendus », « mécréants » ou encore de « lâches…Finalement, la méthode dont il a usé pour massacrer son peuple illustre en quoi « la (soi disant) cause palestinienne » n’a toujours été qu’un moyen de focaliser l’attention des populations musulmanes sur Israël et les Etats-Unis, présentés comme les ennemis du monde de l’Islam.

Désormais, les arabes réclament des libertés et ne prononcent plus « Etats-Unis » ou « Israël » dans leurs slogans. Ils aspirent au changement de leurs systèmes corrompus, autoritaires et répressifs, afin de vivre dans la dignité (économique et politique) dans le respect de leurs droits de citoyens, de la liberté d’expression, de la liberté d’organisation et d’une justice équitable. Ce qui a été « la cause palestinienne » risque ainsi de ne plus intéresser grand monde dans les pays arabes et les palestiniens pourraient bientôt se retrouver parfaitement seuls. Ils comprendront alors que le fantasme de l’éradication de l’Etat d’Israël a été installé dans leur tête pour les inciter au combat en les détournant de leurs droits fondamentaux qui n’ont rien à voir avec la terre israélienne.

Lorsque les Etats arabes et musulmans auront achevé leurs révolutions démocratiques, Israéliens et palestiniens pourront naturellement négocier la paix et les frontières définitives, en considération des souverainetés sur les territoires qu’ils contrôlent. Subsistera le cas de la ville de Hébron sur laquelle une souveraineté conjointe pourrait être envisagée, ce qui serait un juste retour des choses.

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 20:02

 

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LES MANIFESTATIONS ANTIRACISTES DE LA GAUCHE ISRAELIENNE Á LUMIERE DE L’HISTOIRE

Par Maître Ramas-Muhlbach

Pour © 2010 aschkel.info et © 2010 lessakele

 

 

Ce 26 février 2011, les mouvements de la gauche israélienne (Hashomer Hatsaïr, Meretz, Shalom Akhshav…), et d’autres organisations antisionistes et pro-palestiniennes, ont organisé une manifestation sur le Kikar Tzion à Jérusalem pour dénoncer ce qu’il qualifie « le racisme anti-arabe de la société israélienne ». Une fois encore, c’est le Ministre des Affaires Etrangères Avigdor Lieberman qui était essentiellement la cible des slogans des mécontents. Pour le député Nitzan Horovitz (Meretz), le racisme entretenu en Israël serait générateur de violence : « l’incitation à la haine finit par des coups de feu ou de couteau ». Pour le secrétaire-général de « Shalom Akh’shav », Yariv Oppenheimer, le gouvernement est responsable de l’instabilité régionale en tuant toute chance de paix avec les voisins de la région et au sein de la population israélienne…

 

Pour les organisateurs de cette manifestation (qui n’a, somme toute, réunit qu’un nombre limité de personnes), le gouvernement israélien initierait une politique raciste en direction de la minorité arabe. Il se pourrait bien, en réalité, que ce soit les leaders de la gauche israélienne qui utilisent de façon détournée, un travers de la nature humaine en l’imputant au gouvernement pour donner une image valorisante à leurs critiques de la politique israélienne. En effet, les personnes d’origine arabe vivant en Israël bénéficient de prérogatives inouïes (allocations familiales, sécurité sociale, allocations chômage, droit de vote, droit à la libre expression …), dont sont privés les arabes dans les pays du Moyen Orient (le réveil actuel de leur conscience politique est d’ailleurs à l’origine de l’onde de choc qui se répand dans l’ensemble des dictatures musulmanes).

 

Si Israël était un pays raciste, il affirmerait la supériorité de la « race juive » sur les personnes d’origine non juive et notamment les personnes arabes (comme les pays de l‘Islam considèrent la supériorité de la nation musulmane sur les nations qui ne reconnaissent pas Mahomet comme le dernier des prophètes). De la même manière, Israël encouragerait une attitude hostile des juifs à l’égard des arabes ou des palestiniens, une xénophobie voire cultiverait une forme d’ethnocentrisme, ce qui n’est pas le cas. Enfin, un supposé racisme en Israël s’accompagnerait d’une politique de discriminations raciales, de ségrégations ethniques, de violences et d’injustices, alors qu’Israël est un Etat de droit.

 

Le 14 mai 1948, la nation juive a simplement décidé (après avoir observé, pendant deux mille ans, que sa dépendance à l’égard des autres nations conduisait inéluctablement aux humiliations, spoliations, massacres et génocides), de jouir des prérogatives accordées à l’ensemble des nations, et notamment d’un territoire sur lequel elle exerce sa propre souveraineté et reste seule maîtresse de son destin. Elle a donc « proclamé la fondation de l’Etat juif dans le pays d’Israël qui portera le nom d’Israël » tout en précisant, dès la fondation de l’Etat, « tendre la main aux habitants arabes du pays en les invitant à préserver les voies de la paix et à jouer un rôle dans le développement du pays ». En aucun cas, la relation entre juifs et arabes n’a été entendue comme présupposant une supériorité » de l’un par rapport à l’autre.

 

Inversement, il s’avère que depuis la création d’Israël, les députés arabes de la Knesset ne remplissent pas leur mission : ils ne préservent pas les voies de la paix, ne jouent pas un rôle dans le développement du pays ni ne favorisent la cohésion sociale. C’est encore ce qu’a rappelé le député druze Avoub Kara (Likoud) dans sa missive adressée au Président de la Knesset Réouven Rivline citant les propos des députés arabes de la Knesset qui s’étaient rendue le 24 avril 2010 en Lybie. Le député arabe Taleb A Sana avait alors déclaré au nom du groupe : « qu’ils se sentaient proches de Mouammar Kadhafi par leur nature, leur nationalité, leur culture, leur patrimoine historique et leur langue ». Or cette proximité affichée par les responsables politiques arabes du dictateur libyen, illustre non seulement leur égarement politique et mais plus grave encore, le peu de considération qu’ils ont pour les personnes qu’ils sont censés représenter.

 

Rappelons en effet que le 24 avril 2010, une délégation de députés arabes israéliens s’est rendu à Tripoli à la demande de Kadhafi , « pour discuter des problèmes des Arabes israéliens et des Palestiniens ». Mohammed Zeidane, chef du «Comité de suivi», principale organisation représentative des Arabes d’Israël avait ainsi annoncé les motifs de sa présence : «Nous sommes environ 1,5 million de Palestiniens vivant en Israël. Les Arabes connaissent peu notre situation et nous allons profiter de cette visite pour exposer nos problèmes ». Or, et ce qui est d’ailleurs tout à fait intéressant dans cette démarche des responsables arabes israéliens, c’est qu’elle visait à « ouvrir les portes du monde arabe à la minorité arabe israélienne ». Ainsi, et selon Ahmed Tibi, cette visite devait être l'occasion pour les Arabes israéliens de se frayer une place sur la scène arabe…(Participaient à la rencontre, les parlementaires Ahmed Tibi (Taal), Mohammed Barakeï (Hadash), Jamal Zahalka (Balad), Afo Agbaria (Hadash), Taleb a-Sanaa (Liste arabe unifiée) et Haneen Zoabi (Balad) mais aussi Sheikh Karmel Rian, président du Fonds Al-Aqsa).

 

Les députés arabes israéliens (qui ne cessent de se plaindre du racisme israélien) ont toujours relayé en Israël, la philosophie du monde arabe centrée sur la disparition programmée d’Israël et la nécessité de favoriser cette destruction en recourant à l’outil démocratique. Grâce à la démocratie, ce n’est plus la loi nationale qui s’impose au nombre mais au contraire le nombre qui décide de ce que sera la loi demain (grâce à la démocratie, il est d’ailleurs possible d‘envisager la mise en place d‘un continent islamique en Europe par une conversion généralisée à l‘Islam, ce qu’a d’ailleurs suggéré dirigeant libyen Kadhafi le 30 août 2010, à l’occasion d’une visite officielle rendue à son homologue italien Berlusconi).

Ainsi, le « soi-disant » problème palestinien a toujours été utilisé par les dictateurs des pays arabes pour focaliser l’attention des populations locales sur Israël afin de mieux violer leurs droits fondamentaux. Aujourd’hui, le mensonge ne paie plus. Les populations musulmanes dans le monde cernent en quoi leur problème se situe dans l’organisation sociale de la société dirigée par le dictateur local, non du côté d’Israël. Elles mesurent également en quoi la religion de l’islam a toujours été utilisée comme instrument de soumission pour les rendre dociles, ce qui les amènent aujourd’hui à revendiquer une séparation de la religion et de l’Etat, autrement dit la mise en place d’Etats non plus musulmans mais laïcs.

 

 

En ce mois de février 2011, le dirigeant libyen, a été désavoué par sa population, sommé d’abandonner le pouvoir par la communauté internationale, et critiqué par ses plus proches fidèles. Aussi, s‘est-il résolu à s’en prendre à sa propre population en la massacrant, avec la volonté classique des dirigeants arabes qui méprisent la volonté populaire, d’en finir « en martyr ». Les leaders arabes israéliens qui disposent de la liberté d’expression, doivent donc assumer leur position et leur proximité du dictateur libyen. De même, le quotidien « Haaretz » qui avait qualifié de racistes, les dirigeants de la droite israélienne qui s’étaient insurgés contre la visite controversée des responsables arabes israéliens en Libye, s‘est manifestement trompé. Le journal avait justifié cette visite « par le fait qu’elle faisait partie du lien culturel et ethnique entre les Arabe israéliens et les autres populations du monde arabe, et qu’elle leur permettait de faire part aux autres pays de la situation des Arabes en Israël »…

 

L’Histoire contemporaine démontre une nouvelle fois que l’Etat d’Israël n’est pas un pays raciste mais que cette qualification impropre est uniquement employée par ceux qui entendent lui nuire.

 
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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 17:29

 

 

LA PRÉÉMINENCE DE LA LOI NATIONALE ISRAELIENNE SUR « TORAT HAMELEKH »

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

Pour © 2010 aschkel.info et © 2010 lessakele


Ce 10 février, des manifestations se sont déroulées devant la résidence du Ministre de la Justice, Yaacov Néeman, à la suite du mandat d’arrêt émis contre le rabbin Dov Lior (de Kiriat Arba-Hébron) à qui il est reproché de n’avoir pas déférer aux convocations de la police qui enquête sur ses prises de positions en faveur du livre Torat Hamelekh (le rav Yaacov Yossef fils du leader spirituel du parti Shas, Ovadia Yossef a également été convoqué pour les mêmes motifs). Selon le Ministère de la justice, le livre « Torat Hamelekh » rédigé par les rabbins Itshak Shapira et Yossef Elitsour (de l'implantation Yitzhar au nord de la Cisjordanie) contient des « incitations au racisme», justifiant l’ouverture d’une enquête qui a démarré en juin 2010.

Le  Rav Shapira a été entendu en juin 2010 avec saisine et confiscation de copies de l’ouvrage dans la yeshiva et le 20 août 2010, c’est le rabbin Yossef Elitzur-Hershkowitz qui était auditionné à son tour. Ont également été entendus par les enquêteurs, le Rav Itshak Ginsbourg, directeur de la Yeshiva Od Yossef Haï, voire encore d'autres figures du judaïsme comme le rabbin de Ramat Gan, Yaacov Ariel ou le rabbin Haïm Druckman. Pour sa part, le rav Lior (qui a préfacé l’ouvrage) ne s’est pas montré spécialement coopératif avec la police : non seulement il n’a pas déféré aux convocations de la police (en août 2010) mais en outre, il a tout bonnement affirmé « qu’il n’était pas question de laisser quelques fonctionnaires donner des directives et décréter ce qui est permis et ce qui est interdit ».  Pour lui, « c’est le rôle des rabbins de rappeler les règles de la loi juive sans craindre les répercussions de leurs propos ». Il était donc prévisible que le représentant du Ministère public Shaï Nitzan s’indigne contre ce refus d'obtempérer : « Le fait d’être rabbin en Israël ne donne pas l’immunité. Ils tombent aussi sous le coup de la loi. En cas d’incitation à la haine religieuse, une enquête doit être ouverte ».

Le livre « Torat Hamelekh: Dinei Nefashot Bein Yisrael le Amim” ( La Torah du roi : les lois des âmes entre les juifs et les peuples) soutient des thèses sujettes (pour le moins) à caution. Le livre traite en effet des règles de guerre et des conditions dans lesquelles des « non juifs » peuvent être tués sans que les lois religieuses ne soient transgressées. Cet ouvrage enseigne en substance qu'il est possible de tuer (des non juifs) lorsque la sécurité des juifs est menacée. Le document fournit alors une liste assez exhaustive des circonstances dans lesquelles de tels meurtres sont autorisés. Il en est ainsi lorsqu’ « une présence non juive menace la vie juive », même si la personne non juive « n’est pas responsable de la situation en vigueur». (Ce qui signifie en terme clair que le meurtre de non juifs est un mode licite d’épuration ethnique). Le livre précise également que le meurtre d’enfants et de bébés non juifs est également licite : « s’il est clair qu’ils grandiront et préjudicieront au peuple juif ». Selon les rav Itshak Shapira et Yossef Elitsour, il est même possible de les éliminer délibérément, et pas uniquement dans le cadre du combat que se livrent les adultes. ». Torat Hamelekh suggère également de porter atteinte aux enfants des dirigeants non juifs pour faire pression sur leurs parents et parvenir à un changement de politique. D’ailleurs, et (toujours selon les auteurs de l’ouvrage), ce droit de tuer vaut « partout où l'influence de non juifs constitue une menace pour la vie d'Israël, même s'il s'agit des Justes parmi les nations » (ce chapitre concerne ceux qui ont sauvé des juifs durant la deuxième guerre mondiale). Enfin, les auteurs préconisent la commission « d’actes cruels pour créer un équilibre de la balance dans la terreur et le traitement de tous les membres d’une nation ennemie amenée à devenir cible de représailles, même s’ils ne participent pas directement aux hostilités». Torat Hamelekh soutient en fin de compte que les non-juifs ne sont pas, « par nature, sujets à la compassion » et que les attaquer « peut freiner leurs inclinations malignes »…

Bien naturellement,  la publication de cet ouvrage « théologique » (en novembre 2009 (inscrit par de nombreux rabbins au programme des yeshivot), n’a pas fait l’unanimité. Le quotidien Maariv a immédiatement dénoncé ce qu'il a nommé « le droit divin de tuer que s’arrogent les résidants des implantations juives de Cisjordanie ». De son côté, le Shabak (Sureté Générale de l’Etat d’Israël) s’est inquiété de l’impact que pouvait avoir ce livre chez les juifs des implantations juives de Cisjordanie. De même au sein de l'autorité rabbinique, plusieurs rabbins (comme Israël Gelis) ont contesté les thèses qu’il développe. Enfin, les députés arabes de la Knesset ont demandé un arrêt de sa diffusion.

Le problème que soulève, en réalité, le mandat d’arrêt délivré au rav Dov Lior n’est pas tant celui de la teneur de l’ouvrage (qui aura certainement les suites judiciaires qu’il mérite) mais celui de l’obligation pour un rav de se présenter devant les services de police pour être entendu dans le cadre d’une enquête quelle qu’elle soit. Sur ce point, on constate qu’il est une fois encore possible de faire application de la règle selon laquelle « Dina de malkhuta dina » ou encore la loi du pays est la loi (qui a en principe vocation à s’appliquer aux juifs de diaspora). En vertu de ce principe, la loi du pays a une valeur normative supérieure à la Loi halakhique et doit être appliquée en cas de contradiction. Le rav Dov Lior pourra sur ce point utilement se reporter au Talmud puisque le principe y est cité à 4 reprises (Ned. 28a; Git;. 10b BK 113; BB 54b et 55a). C’est effectivement la volonté de D qui est (dans le Talmud), à l'origine de l'obligation faite aux Juifs d'obéir aux lois de leurs dirigeants (voir le verset du livre de Néhémie (9:37) Teshuvot ha-Ge'onim (1942), n ° 66.).

S’agissant du contenu de l’ouvrage « Torat Hamelekh », la thèse des rabbins s’appuie notamment sur le verset du Livre des Nombres (33,55) qui énonce « Mais si vous ne chassez pas devant vous les habitants du pays, ceux d'entre eux que vous laisserez seront comme des épines dans vos yeux et des aiguillons dans vos côtés, ils seront vos ennemis dans le pays où vous allez vous établir ». Ce texte doit en réalité être replacé dans son contexte historique : avant que Josué ne prenne possession du pays de Canaan, après la sortie d'Egypte, il a été suggéré aux israélites de ne laisser aucune place aux non juifs pour éviter qu’ils oublient leur propre raison d'être. D’ailleurs, les Israélites ont subi des attaques ennemies à chaque fois qu’ils négligeaient le culte de D. ou qu’ils se tournaient vers des dieux païens. Aujourd’hui, la conquête est achevée, la terre d’Israël est entre les mains de son peuple. Aussi, est- il préférable de s’en tenir à la règle concernant l’interdiction de tuer, à celle du respect supérieur dû à la vie, voire à celle du devoir d’enfreindre la Loi juive si cela peut permettre de sauver une vie.

Il n'est déjà pas aisé de faire comprendre à l'ensemble de la population en Israël (comme dans la plupart des pays) le caractère obligatoire de la loi. Si donc les rabbins s'abstiennent de respecter la loi nationale pour des considérations religieuses, il est à craindre que chacun ne soit tenté d’en faire autant, ce qui pourrait plonger le pays dans l'anarchie. L’enseignement par un rabbin des lois de la guerre, fondé sur le corpus rabbinique doit donc être reconnu comme infraction à la loi nationale. La Cour suprême autorise déjà les personnes placées dans un cas de légitime défense, à faire emploi d’une arme à feu pour se défendre, (ce qui est tout à fait unique dans l'ensemble des pays démocratiques), il conviendra de s’en satisfaire.

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 20:38

 

Michèle ALLIOT-MARIE plongée dans la réalité palestinienne

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

Pour © 2010 aschkel.info et © 2010 lessakele

 

A l’occasion de son premier voyage à Gaza, ce 21 janvier 2011, la Ministre française des Affaires Etrangères Michèle Alliot-Marie a pu se convaincre du mode particulier de fonctionnement des Palestiniens. L’accueil, plus que discourtois, n’a pas été à la hauteur de l’honneur dû à son rang : huées, jets d’œufs et de chaussures sur les voitures blindées du cortège français, et, pour bloquer sa voiture, deux enfants, en pleurs et terrorisés, ont été allongés devant les roues des 4x4 des Nations Unies transportant la délégation, avant d’être récupérés par leur famille quelques minutes plus tard. La conseillère française pour le Moyen Orient Valérie Hoffenberg, a également été blessée par l’envoi d’un projectile. Cet épisode devrait être grandement instructif pour la Ministre des Affaires Etrangères, en ce qu’il révèle tous les aspects de la société palestinienne avec ses incohérences, sa violence, ses préjugés et ses raisonnements à l’emporte pièce.


La première réalité (pour ceux qui n’en seraient pas parfaitement convaincus), tient à la pleine et entière souveraineté des Palestiniens sur la bande de  Gaza. Ils y élisent démocratiquement les personnes chargées de les représenter, emploient librement les fonds alloués pour leur budget (et ce, sans contrôle), et décident seuls de qui peut ou non, pénétrer sur leur territoire. S’agissant de la Ministre Française des Affaires Etrangères, elle n‘était pas la bienvenue. Des  Palestiniens ont donc brandi une pancarte sur laquelle figurait sa photo barrée d’un trait rouge avec la mention : « get out of Gaza » (sors de Gaza). Bien évidemment les Palestiniens disposent également de forces de sécurité pour rétablir l’ordre et qui ont aidé le convoi à repartir.


Par ailleurs, la société palestinienne, d’une extrême sensibilité, exploite la moindre information, peu importe sa véracité, pour déchainer passion et haine à l’endroit d’autrui. Le jour de la visite de Michèle Alliot Marie, l’emportement palestinien était la conséquence des propos tenus par le père du soldat franco-israélien Guilad Shalit (enlevé le 25 juin 2006 par un commando palestinien) qui a réaffirmé le 20 janvier 2011 : « détenir un otage sans le laisser rencontrer des représentants de la Croix-Rouge est un crime de guerre ». Or, le service arabe de la radio israélienne a attribué ces propos à la Ministre française, alors que ces mots ne sortaient pas de sa bouche. Une fois encore, les Palestiniens ne se sont pas inquiétés du sérieux de l’information et ont laissé libre cours à leurs débordements de haine et de violence, sans même s’intéresser aux intentions de la Ministre.


Notons également l’absence de dimension morale dans l’analyse palestinienne des actes à l‘origine d‘un emprisonnement. Les Palestiniens reprochent à la Ministre sa partialité dans le traitement de la situation du soldat franco-israélien Guilad Shalit, et celle des prisonniers palestiniens détenus dans les geôles en Israël. Aussi, et sur l’une des pancartes, était inscrit : « Il y a Guilad Shalit mais aussi 8000 prisonniers palestiniens ». Le porte parole du Hamas Sami Abou Zouhri a ainsi rejeté la qualification de crime de guerre retenue pour Guilad Shalit et déclaré « nous exhortons la France à revoir sa position qui ne sert pas le rôle qu’elle joue dans la région ». Ce faisant, les Palestiniens mettent en parallèle le cas du soldat israélien et des prisonniers palestiniens alors qu’Israël est un Etat de droit, où les personnes arrêtées ne le sont pas de façon arbitraire, mais uniquement en raison de leur participation à un acte qualifié de crime ou de délit. Elles bénéficient de la présomption d’innocence, du respect du droit de la défense et enfin, de conditions de détention compatibles avec les principes de dignité, avec un accès aux soins, le bénéfice de visites et un certain confort. Pour sa part, l’enlèvement d’une personne (ajouté à l’absence d’information sur les conditions de sa détention), qu’elle soit militaire ou non, est qualifié de crime dans les pays démocratiques. Les deux situations ne peuvent donc en aucun cas être mises en balance.


Sur ce point, et comme autre réalité du conflit, on peut citer le traitement de l’information par les services de presse en France. Dans leur manière d’évoquer l’incident, la question n’a pas été de savoir si l’enlèvement d’une personne (et l’absence de nouvelles la concernant pendant plus de quatre ans et demi), était ou non un crime de guerre (ou un crime tout court), mais bien celui d’avoir attribué un propos à la Ministre Michèle Alliot-Marie alors qu’elle n’en était pas l’auteur. A cet égard, les titres sur le sujet ont bien souligné l’absence de solidarité française dans cette qualification retenue par le père du soldat. Un éminent quotidien national a titré « MAM chahutée à cause d'un malentendu », pendant qu’un autre évoquait « des propos qui lui ont été attribués par erreur au sujet du soldat israélien Guilad Shalit » voire un troisième qui évoquait encore «les manifestants reprochent à MAM des propos qui lui ont été attribués à tort ».


Une autre réalité locale tient aux contre-vérités tant juridiques qu’historiques soutenues par la communauté internationale. Ainsi, et pour tenter de rassurer sur ses intentions, Michèle Alliot-Marie a avancé : « On connait très bien notre position qui est d'être opposés aux colonisations» tout en réaffirmant être attachée aux frontières 1967 comme base des négociations de paix. En réalité, Michèle Alliot-Marie qui est docteur en Droit, et ancien Maître de Conférences à l’Université de droit de Paris I, sait parfaitement que la ligne d’armistice avec la Jordanie de juin 1967 n’a jamais constitué les frontières de l’Etat palestinien. Plus précisément, en Droit international, les palestiniens ont été reconnus dans les années 60 comme constituant une « nation » avec cette particularité de ne disposer d’aucun territoire, véritable exception parmi les nations reconnues par l’Onu. Il est donc juridiquement impossible d’inventer, de façon rétroactive, les frontières d’un Etat qui n’a jamais existé. D’ailleurs, et s’il est vrai qu’au cours des années 60, les Palestiniens ont caressé  l’espoir de disposer d’un Etat, ils n’y sont pas parvenus. Leur tentative d’assassiner le roi Hussein de Jordanie, le 1er septembre 1970, a avorté  et provoqué une réaction musclée des Jordaniens contre les fédayins de l’Olp à l’origine de milliers de morts palestiniens (septembre noir 1970) et de l’expulsion, en juillet 71, de Yasser Arafat et de ses combattants au Liban. Leur refus de respecter la souveraineté jordanienne s’est donc soldé par un massacre, non par les frontières d‘un Etat palestinien de 1967.


Enfin, parmi les positions controversées de la Ministre, il est possible de citer son appel à la levée complète du blocus du territoire peuplé d'1,5 million d'habitants, dont 85% dépendent de l'aide internationale : « Le blocus de Gaza engendre la pauvreté et nourrit la violence. Au nom des valeurs de liberté et de dignité que nous avons en partage, la France appelle Israël à y mettre fin ». Il est étrange qu’en contrepartie, la Ministre n’ait pas appelé les Palestiniens à renoncer à leur  projet d’anéantir Israël, toujours au nom des valeurs françaises de liberté et de dignité.


Les réalités juridiques et historiques n’ont décidément rien à voir avec la réalité palestinienne. Après avoir reconnu l’Etat palestinien de Gaza contre renonciation à la lutte armée, seront discutées les frontières de l’Etat palestinien de Cisjordanie.

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 19:17

LE REVEIL DE LA JEUNESSE MUSULMANE : DE BON AUGURE POUR ISRAEL 

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Par Bertrand Ramas-Muhlbach

Pour © 2010 aschkel.info et © 2010 lessakele

 

Ce 14 janvier 2011, le Président Tunisien Ben Ali s’est finalement enfui pour l’Arabie Saoudite sous la pression d’une contestation populaire sans précédent, qu’il a essayée de réprimer par les armes. Deux jours auparavant, Ben Ali avait pourtant annoncé à la nation une série de mesures pour apaiser les tensions : l’ordre donné aux forces militaires et de police de ne plus tirer sur les manifestants, l’engagement de ne pas briguer la fonction présidentielle en 2014 (qu’il occupe depuis 23 ans), la création d’une commission nationale dirigée par une personne indépendante pour proposer des réformes politiques en vue de démocratiser le pays, la baisse du prix du pain, du sucre et du lait, enfin, la liberté totale de l’information avec un accès libre au web et la suppression de toute censure … Ces promesses n’auront manifestement pas suffit. C’est donc le Premier Ministre qui assumera la présidence tunisienne par intérim, jusqu’à la tenue d’élections anticipées qui devraient (pour la première fois depuis l’indépendance du pays en 1956) être ouvertes au multipartisme.

La semaine précédente, c’est l’Algérie qui était en proie à de violentes manifestations à l’origine d’une réaction « musclée » du pouvoir en place (avec une fois encore, des tirs à balles réelles sur les manifestants). La jeunesse, armée de pierres, entendait dénoncer « le mal de vivre » et notamment, le taux de chômage considérable des jeunes (20%), l’absence de logement, la cherté de la vie (augmentation de 30 % du prix des produits de première nécessité) les passe-droits et la corruption… Il est vrai qu’en Algérie, les jeunes personnes âgées de moins de 30 ans représentent 75 % de la population totale du pays (35,6 millions de personnes). Aussi, les manifestations ont-elles pris la forme de ce qui se rencontre dans les pays occidentaux : saccage des abris bus, des magasins, des restaurants, jets de pierres et de cocktails Molotov sur les policiers, incendies, barricades, routes coupées avec des arbres abattus et des pneus en feu, vol de magasins, véhicules calcinés (des attaques ont même été lancées dans des quartiers riches par des jeunes armés de sabres)…

L’Algérie avait déjà connu un mouvement de contestations similaire en octobre 1988,  lorsque la jeunesse avait protesté contre la hausse généralisée des prix et la raréfaction des produits de première nécessité. Toutefois, en 2011, la situation est sensiblement différente compte tenu des spéculations sur les absences prolongées du président Abdelaziz Bouteflika. Aussi, et en attendant la tenue des élections, le Ministre de la Jeunesse et des sports Hachemi Dijar a-t-il appelé à dialoguer de façon pacifique et à éviter les actes de vandalisme tout en promettant des mesures de nature à juguler la hausse des prix des produits de base. Le Parti d’opposition RCD, par la voix déterminée de son président, a néanmoins décidé de maintenir sa marche pacifique sur Alger ce 18 janvier 2011 : « On ne peut indéfiniment censurer, corrompre et se plaindre des débordements qui découlent mécaniquement d’une telle politique. Les reflexes de violence et de censure sont toujours privilégiés par un système politique sourd et coupé des réalités politiques et sociales du pays »

Etrange coïncidence, le mouvement social qui s’exprime dans les pays du Maghreb n’est pas sans rappeler les circonstances à l’origine de la révolution française de 1789. La population française souffrait alors de traitements inégalitaires, des abus seigneuriaux, de la pression fiscale, d’un manque de blé, de pain, de prix en hausse constante, d’une misère considérable…Sur un plan philosophique, les idées de contestation germaient depuis de nombreuses années avec la critique de l’absolutisme despotique, de la monarchie et de l’église catholique. La révolution française et l’exécution du roi ont alors opéré une transition entre le système monarchique de Droit divin et la république, la Déclaration des Droits de l'Homme et l'abolition des privilèges.

De la même manière, dans les pays du Maghreb, le climat social déplorable, les espoirs déçus et les tensions annoncent l’éclatement d’une population en quête d’égalité. La petite différence tient toutefois dans le rôle pris par la religion. Tout comme dans la France de 1789, la religion joue, dans les pays musulmans, un rôle fondamental pour canaliser les populations et les rendre dociles. D’ailleurs, le nom donné au système de foi « Islam » signifie « soumission ». Pour autant, l’Islam n’est pas qu’un instrument de domination, son utilité est également politique. L’Islam incarne une réaction religieuse au libéralisme des pays occidentaux réputés déposséder les populations des pays qu’ils colonisent. L’Islam devient ainsi l’expression politique de populations plongées dans le désespoir, la misère, l'ignorance, le désarroi et l’injustice, qui s’opposent aux repères démocratiques libéraux et laïcs.

Or, et eu égard à ce positionnement identitaire, les tendances réactionnaires du monde de l’Islam (qui ne dissocie par le sacré du profane) devraient se multiplier pour empêcher les jeunes générations de poursuivre leur révolution, de s’orienter vers l’émancipation sociale et religieuse et d’atteindre ce que l’on appelle en occident le progrès et la laïcité. Sur ce point, l'islamisme politique devrait continuer quelque temps à recourir aux imams chargés d’embrigader les jeunes générations, et ce avant de trouver sa place dans le cadre de la république.

Par ailleurs, il est possible d’établir un autre parallèle, en l’occurrence celui de l’enfermement idéologique imposé par l’Islam et celui symbolisé par le mur de Berlin qui a séparé les deux Allemagnes de l’Est et de l’Ouest  à compter du 13 août 1961. L’Union soviétique proposait un modèle économique fondé sur la captation des richesses nationales par l’Etat en vue de leur redistribution aux ressortissants, et ce au détriment de l’initiative individuelle et du libéralisme. Ce modèle (qui lui était laïc) s’est ainsi coupé du monde occidental jusqu’à ce que les dirigeants de l’union soviétique réalisent l’impasse dans laquelle ils s’engageaient et la nécessité de s’ouvrir  vers l’occident avec la politique de glasnost (« transparence ») et la perestroïka (« reconstruction ») initiée par Mikhaïl Gorbatchev. Par la suite, et lorsque l’autorisation a été donnée aux allemands de circuler de part et d’autre du mur en novembre 1989,  les gardes frontières Est-allemands ont été vite débordés, et contraints de laisser circuler les passants sans lever les armes sur eux. C’est ainsi que le 9 novembre 1989, les jeunes allemands de l’Ouest et de l’Est ont alors pu briser ce mur de la honte, haut de 3,60 mètres, long de 160 kilomètres et surveillé par 300 miradors.

Lorsque les jeunes populations musulmanes seront parvenues à transformer leur révolte en révolution, c’est la perception identitaire de la religion de l’Islam qui évoluera. L’Islam pourra alors s’adapter, s’ouvrir à une plus grande tolérance et comprendre qu’il peut exister et bénéficier d’une autonomie, sans avoir à absorber les autres systèmes de foi.

Certes, au Moyen Orient le problème est un peu plus compliqué puisque l’Islam n’est pas uniquement un système de foi, de domination et d’asservissement des populations, il est également utilisé comme mode de formatage humain, pour une meilleure incitation de la jeunesse à la haine et à la guerre. Les jeunes palestiniens se voient ainsi réduits à une fonction unique, défaire l’entité sioniste et ce, au mépris de leur propre existence. Théoriquement, lorsqu’ils auront brisé leur « mur de Berlin », plus rien ne s’opposera à une coexistence pacifique avec Israël.

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  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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