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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 20:21

 

 

L’EXPULSION DE DAHLAN ET LE RAPPROCHEMENT DÉSESPÉRÉ DE L’AP ET DU HAMAS

 

 

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

 

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Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

Le 4 janvier 2011, l’Autorité palestinienne a pris la décision d’expulser Mohamed Dahlan (ex homme fort du Fatah dans la bande de gaza), vers la Jordanie, mesure qui prolonge celle du 28 décembre 2010, par laquelle le Comité central du Fatah (parti du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas), l’a suspendu des réunions de l’instance et de la présidence du commissariat de la culture et de l’information du Fatah. L’Autorité Palestinienne a en outre, retiré la garde de son domicile à Ramallah et arrêté le projet d’une nouvelle chaîne de télévision lui appartenant (susceptible de servir de support à la critique du Président palestinien). Cette mesure conservatoire vaut jusqu’à ce que la commission chargée d’enquêter sur l’origine de sa fortune, ait terminé ses travaux. En effet, et selon la version officielle, il est reproché à Mohamed Dahlan un enrichissement illicite par le biais de détournements de fonds, de pactes de corruption, d’abus de pouvoir, et ce, de façon tout à fait nuisible pour l’opinion palestinienne (qui doit imputer de façon exclusive à Israël, la responsabilité de ses maux).

Il est certain que Mahmoud Abbas se retrouve dans une situation plutôt inconfortable : il ne dispose plus de mandat électif au sein de l’Autorité palestinienne (faute de scrutin), des milliers de palestiniens désertent chaque année les territoires sous contrôle palestinien (vers d’autres horizons) et les américains semblent se satisfaire du statu quo qui prévaut, sans exiger d’Israël qu’il cesse ses implantations en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, dans le cadre du plan de relance des négociations de paix. Aussi, le Président Abbas n’entrevoit-il d’autre alternative que de reconstituer l’unité du peuple palestinien en se rapprochant du mouvement Hamas qui contrôle la bande de Gaza.

Aussi, et en expulsant Dahlan des territoires qu‘il contrôle, Abbas montre des signes de bonne volonté à l’endroit du Hamas qui a toujours considéré l'ex colonel de la sécurité préventive de la bande de Gaza, comme étant un agent à la solde de l’ennemi sioniste et de son allié américain (déjà, en juin 2007, le Hamas l’a expulsé de la bande de Gaza après avoir découvert d'une part, son projet d’un achat d’armes occidentales afin de faire tomber le pouvoir islamiste et, d'autre part, le partage de renseignements avec le shin bet, service de sécurité intérieure israélien). En outre, Mohammed Dahlan s’est toujours opposé à un rapprochement entre le Fatah et le Hamas. Enfin, le quotidien Haaretz a publié en décembre 2010 des informations sur la milice armée que Mohamed Dahlan avait formée en vue de renverser le Président de l’autorité palestinienne, tout comme le Wall Street Journal, qui a évoqué la planification  avec un groupe de dirigeants palestiniens dont Nasser al-Koudoua, Jebril Rajoub, et Marwane Barghouthi (détenu dans les geôles israéliennes), d’un renversement du Président de l’Autorité palestinienne.

C’est donc en désespoir de cause, et pour se redonner un semblant de légitimité, que Mahmud Abbas joue, à nouveau, la carte du patriote palestinien, pariant qu’il est temps pour les palestiniens de retrouver une confiance mutuelle, de poursuivre la résistance à l’ennemi et la confrontation armée contre l’entité sioniste, seuls dénominateurs communs qui permettent de retrouver l’unité et le soutien des palestiniens.

Ce revirement de position n’est en soi pas véritablement surprenant et participe d‘un doute généralisé sur les valeurs du monde occidental, a fortiori, depuis les élections en Côte d’Ivoire du 28 novembre 2010. Les palestiniens observent, tel un miroir inversé, ce scrutin qui a vu la victoire d’Alassane Wattara mais à qui Laurent Gbagbo refuse de laisser le pouvoir. En effet, depuis ce jour, la communauté internationale (les Etats-Unis, l’Union Européenne, l’Union Africaine) ne cesse d’exercer des pressions pour que Gbagbo reconnaisse le résultat du scrutin issu de la volonté démocratique des ivoiriens.

De façon un peu confuse, les palestiniens ne comprennent pas la raison pour laquelle la communauté internationale n’a pas agi de façon identique ni respecté le choix démocratique des palestiniens, exprimé lors des élections législatives du 26 janvier 2006, qui a donné au Hamas la majorité des sièges. Pire, les palestiniens se sont vus sanctionnés d’avoir « mal voté » avec un arrêt des aides financières, un blocus israélien, et un emprisonnement par Israël des députés du Hamas démocratiquement élus. D’ailleurs, et tout comme en Côte d’Ivoire, le Fatah qui a perdu les élections s’est refusé à honorer les résultats du scrutin mais a pourtant bénéficié du soutien de la communauté internationale.

Mahmoud Abbas a donc décidé de jouer la carte du Hamas et d’adopter la position commune palestinienne qui critique le monde occidental, détenteur d’un modèle unique de civilisation face à la barbarie de ceux qu’il colonise, en droit de répandre le sang mais qui ne sert finalement qu’à maintenir son hégémonie économique. En d’autres termes, ces outils inventés par l’Occident que sont la démocratie et les Droits de l’homme, ne sont finalement utilisés que dans son propre intérêt, justifiant victimisation et radicalisation. En fin de compte, les palestiniens finissent même par douter de la raison pour laquelle le monde occidental soutient Alassane Ouattara considéré comme le candidat des Etats-Unis et du FMI au détriment de leur ex très protégé Gbagbo: sûrement, le nouveau vainqueur est-il mieux à même, aujourd’hui, de protéger les intérêts économiques et coloniaux de l’Occident en Afrique et ceux des Etats-Unis en particulier…

Israël, considéré comme la base avancée du monde occidental au Moyen Orient, mène, selon le point de vue palestinien, son projet colonial sur des considérations Bibliques (plus que contestables pour les palestiniens). Le Premier Ministre Netanyahou poursuit sa politique d’implantations en Cisjordanie, son blocus de la bande de gaza (même s’il a récemment été assoupli) édifie un mur que la Cour Internationale de Justice juge illégal, discrimine les palestiniens qui vivent en Israël, judaïse la ville de Jérusalem, pendant que la communauté internationale se borne à de timides condamnations.

En réalité, les palestiniens confondent moyens et finalité. Le recours au scrutin démocratique ne doit pas servir une finalité qui ne l’est pas. La haine de l’autre, l’appel à l’éradication d’Israël, au meurtre de juifs et l’éducation des jeunes générations dans cet esprit, sont contraires aux valeurs fondamentales de l’humanité peu importe si une majorité de palestiniens en a décidé ainsi. Pour autant, et en attendant que les palestiniens aient un déclic sur la nature des relations qui doit présider entre les individus, rien n’interdit à Israël de reprendre à son compte la jurisprudence « Dahlan » et d’expulser vers la Jordanie, des personnes qui se prétendent palestiniennes et qui appellent à substituer localement un autre régime.

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 20:09

 

 

ENDIGUER UNE BONNE FOIS POUR TOUTE LE RACISME EN ISRAEL

 

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

 

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Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info


En cette fin d’année 2010, un phénomène tout à fait troublant se produit en Israël, à savoir l’apparition d’une forme de racisme à l’endroit des ressortissants non juifs de l‘Etat. L’immigration clandestine d’africains à la recherche d’une qualité de vie dont ils sont dépourvus dans leur pays d’origine, et la mixité des jeunes générations avec des personnes non juives, font craindre une transformation de la nature juive de l’Etat, et naître un réflexe identitaire pour contrer une menace de type existentiel.

Cette volonté de conserver le caractère juif d’Israël s’exprime à travers des manifestations ou des pétitions pour défendre l’honneur des femmes juives. Il en est par exemple ainsi de l’appel des femmes de rabbins, membres du groupe Lehava, qui ont publié une lettre appelant les femmes juives à ne pas s’associer ou travailler avec des arabes, et les invitant à changer d’activité professionnelle, le cas échéant, pour prévenir les dangers résultant d’une relation non maitrisée avec des personnes d’origine arabe. Lors d’une manifestation à Bat Yam, le 23 décembre 2010, il a même été entendu : « Nous ne permettrons pas aux Arabes de prendre nos filles ». De telles manifestations ne font pas l’objet d’une condamnation unanime de la part du gouvernement, à l’instar du Ministre de l’Intérieur, Eli Yishai, du parti ultra-orthodoxe sépharade Shass, qui a qualifié l’augmentation de résidents arabes comme étant une « menace pour l’identité juive ». Inversement, le maire de la ville, Shlomo Layani, a déclaré en « avoir honte ».

S’agissant des tentatives d’infiltrations de migrants africains sur le territoire, des manifestations sont organisées appelant à les expulser ( notamment à Tel Aviv) bien qu’Israël ait pris la mesure du problème avec la construction d’une barrière de sécurité le long de sa frontière avec l’Egypte pour bloquer les principales voies d’entrée des clandestins, ou encore le projet de création d‘un centre de rétention a proximité de cette frontière pour recevoir des milliers d’immigrés, (dont 35.000 sans permis de séjour ont réussi à s’installer en Israël depuis 2006). Ce problème concerne d’ailleurs l’ensemble des israéliens quelque soit leur origine : les bédouins ont décidé de s’associer aux mesures visant à enrayer le phénomène en procédant à un renforcement du contrôle des accès aux frontières. D’aucuns considèrent les mesures comme étant racistes mais le quotidien Yédiot Aharonot analyse la réaction différemment : « il s’agit de marquer l’opposition à l’arrivée de migrants comparable à ce que connaît l’Europe ».

Pourraient également être considérés comme participant du racisme, le manifeste appelant à ne pas louer ou vendre de biens immobiliers aux arabes et les manifestations à Jérusalem de militants de droite qui se disent solidaires de la démarche. Ce climat général qui prévaut en Israël se traduit en tout état de cause et tristement, par l’apparition de comportements violents comme le cas de jeunes juifs qui ont agressé violemment des personnes arabes, le 22 décembre 2010, à Jérusalem ( Les intéressés ont été interpellés par la police).

Afin d’apaiser les tensions, le Premier Ministre Benjamin Netanyahou a appelé la population, le 23 décembre, à une plus grande tolérance : « Nous sommes un Etat de droit, nous respectons toutes les personnes, quelles que soient leurs origines ». Pour sa part, la porte-parole de l’Association israélienne pour les droits civiques, Ronit Sela, considère cette montée xénophobe comme s’inscrivant dans un climat général de « délégitimation » de la minorité arabe et d’hostilité envers des non-juifs. Aussi, le quotidien Haaretz a alors suggéré au président Shimon Péres d’intervenir « pour éteindre les flammes de la haine et du racisme qui se propagent en Israël ».

Il est vrai que depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948, les juifs font l’objet d’un rejet de la part des palestiniens qui en ont figé le principe dans les textes fondateurs, charte de l’Olp ou du Hamas. Le racisme, rempart du communautariste palestinien, s’exprime depuis toujours au moyen de comportements violents pour rappeler le caractère insupportable de la présence juive dans cette partie du monde : tout dernièrement (et comme à l’accoutumée), jets de pierres sur des juifs ou des soldats de Tsahal dans les territoires de Cisjordanie, groupes de personnes arabes qui rouent de coups des soldats israéliens, tentative d‘assassinat d‘un soldat au moyen d‘une arme contondante, (30 décembre 2010 à Hébron), roquettes lancées sur le Sud d’Israël en provenance de la bande de Gaza (sur Ashkelon le 31 décembre 2010) . (Même si en réalité, le Shin Bet a relevé que le nombre d’attaques palestiniennes meurtrières avait été le plus bas depuis ces dernières années : 9 israéliens assassinés en 2010, contre 15 l’année précédente et 452 en 2002.

Désormais, le racisme palestinien prend également la forme de discriminations sur le terrain économique : pour conclure des partenariats avec l’Autorité palestinienne, des sociétés israéliennes doivent s’engager à boycotter les produits en provenance des implantations juives de Judée Samarie ou de Jérusalem Est (ce qui a fait bondir des députés de la Knesset qui envisagent de soumettre un texte interdisant ce genre de pratiques).

Ainsi donc et pour éviter que les juifs ne s’approprient ce type de comportement, et redoutent les risques d’une disparition, il suffit d’appliquer les conditions de mise en œuvre de la démocratie. La démocratie assure liberté et égalité aux ressortissants d’un Etat à condition qu‘ils soient animés, les uns à l’égard des autres, d’un sentiment de fraternité. La France elle-même s’est choisie pour devise « LIBERTE EGALITE FRATERNITE » et la Déclaration Universelle de Droits de l’Homme rappelle dans son article 1er l’obligation pour les individus d’agir dans cet esprit. A défaut, l’Etat encourt la menace d’une destruction, ou d’un recours au totalitarisme pour éviter l’anarchie. Par ailleurs, l’Etat d’Israël doit appliquer le principe d’une interdiction d’un maintien sur le territoire, de personnes non dotées d’un titre de séjour régulier.

Ainsi donc, et tant que l’Islam n’aura pas réglé son problème avec la mort et celui du respect d’autrui, l’Etat juif devra conserver le monopole des orientations politiques en réservant aux seules personnes juives l’exercice des fonctions électives. Par ailleurs, il devra figer le principe d‘une propriété collective juive de la terre d‘Israël.

Grâce à ce mécanisme institutionnel, les personnes qui viennent s’établir en Israël compte tenu des valeurs du Judaïsme, du mode de vie qui prévaut et de la qualité de l’environnement, pourront bénéficier de toutes les libertés dont-elles sont privées dans leur pays d’origine. Le système sera par ailleurs pérenne en raison de l’impossibilité de détruire Israël par le nombre. En effet, la démocratie ne doit pas devenir l’instrument de sa propre destruction. Dans le mécanisme démocratique, la Loi ne vient pas du Ciel pour s’imposer au plus grand nombre mais émane du plus grand nombre pour s’imposer à autrui, et ce, sans considération de sa justesse. L’Etat hébreu n’est donc pas obligé de disparaître pour être agréable à tous ceux qui le haïssent au motif qu’ils sont plus nombreux, d’autant que ce mode de détermination de la Loi ne fait pas partie de sa culture.

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 18:47

LA RECONNAISSANCE DE L’ETAT PALESTINIEN EN DROIT INTERNATIONAL

 

 

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

 

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En ce mois de décembre 2010, le Président palestinien Mahmoud Abbas a incité la communauté internationale à reconnaître « l’Etat de Palestine » et, comme s’il s’agissait d’une évidence, « dans les territoires occupés depuis 1967 ». Mahmoud Abbas souhaiterait, en effet, intégrer dans son futur Etat, la partie orientale de Jérusalem (et notamment le Mont du Temple sur lequel est implantée la mosquée Al Aqsa), annexée par l’Etat hébreu en 1967, et sur laquelle le Roi Hussein de Jordanie a définitivement renoncé à toute souveraineté en juillet 1988. Ce faisant, le Président palestinien cultive habilement une forme d’association d’idées selon laquelle l’Etat de Palestine doit nécessairement s’accompagner d’une partition de la capitale éternelle du Peuple juif.

Le procédé a conduit à l’obtention de résultats non négligeables : neuf pays d’Amérique du Sud ont décidé de reconnaître l’Etat de Palestine dans « un Etat libre et indépendant à l'intérieur des frontières de 1967 », dont le Brésil et l’Argentine (respectivement le 3 décembre et le 6 décembre). Le 25 décembre 2010, c’est l’Equateur qui a franchi le cap en attendant que l’Uruguay y procède en 2011. Inversement, les Etats-Unis ont exprimé leurs réserves même si le Président Obama a fait part de son souhait (le 24 septembre 2010) de voir créer l’Etat palestinien dans un délai d'un an. De même, les ministres des Affaires étrangères européens réunis à Bruxelles ont refusé de se prononcer sur la question le 14 décembre 2010, réaffirmant être prêts à le faire lorsque « ce serait approprié ».

La question peut donc se poser de savoir pourquoi la communauté internationale tarde autant à reconnaître cet Etat de Palestine alors que le discours internationalement répandu est celui d’une urgence dans la création de cet Etat. En réalité, et même si les récalcitrants à une telle reconnaissance n’osent véritablement l’avouer, il semblerait que le retard pris tienne essentiellement, à des considérations de Droit international. En effet, le principe de la reconnaissance internationale de l’Etat de Palestine exige qu’elle s’inscrive dans les principes fondateurs du Droit international et plus précisément la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948, mais aussi le Pacte international relatif aux droits civils et politiques adopté le 16 décembre 1966 (et entré en vigueur le 23 mars 1976).

S’agissant tout d’abord des Droits de l’Homme, la Déclaration Universelle de 1948 reprend une liste de considérations à l’origine de son adoption. Il est ainsi posé que ce sont la « méconnaissance et le mépris des Droits de l’Homme » qui sont à l’origine des actes de barbarie qui « révoltent la conscience de l’humanité » alors que la plus haute aspiration de l’homme est « l’avènement d’un monde libéré de la terreur et de la misère ». Par ailleurs, il est rappelé que la liberté, la justice et la paix dans le monde, se fondent sur la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables. Enfin, les Etats signataires se sont engagés à garder ces principes à l’esprit, et à s’efforcer par l’enseignement et l’éducation à développer le respect de ces droits et libertés. C’est ainsi que le premier article de cette déclaration rappelle :  « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité »… Si donc l’Etat palestinien est créé, ses membres devront être animés de ces dispositions d’esprit, ce qui n’est,  hélas, pas le cas. Le Hamas a une nouvelle fois appelé à l’éradication de l’entité sioniste, ce 25 décembre 2010, et ce, par tous les moyens, alors que Mahmoud Abbas admettait (le même jour), l’impossibilité de se débarrasser du Mouvement islamiste. Dans ces circonstances, une reconnaissance de la Palestine reviendrait, pour la communauté internationale, à violer ses propres principes et sa conception des Droits de l’Homme.

De la même manière, pour ce qu’il en est du Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le Pacte international du 16 décembre 1966 rappelle une fois encore qu’il se fonde sur la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine, de leurs droits égaux et inaliénables pour fonder liberté, justice et paix dans le monde. Aussi, marque-t-il l’accent sur les devoirs de l’individu envers autrui et envers la collectivité à laquelle il appartient, tout comme la promotion du respect des droits listés dans le pacte. En effet, les peuples ne peuvent librement déterminer leur statut politique et assurer leur développement économique social et culturel, que dans ce cadre. Bien évidemment, lorsque le commandant Muhammad Deif, commandant du Hamas déclare à l’occasion du 23ème anniversaire du Mouvement (le 25 décembre 2010), que son peuple continuera de se battre jusqu’à la disparition totale d’Israël (ce qui est d’ailleurs l’objet de sa création), il place une nouvelle fois la communauté internationale dans une position inconfortable au regard de la reconnaissance de cet Etat palestinien.

Enfin, la reconnaissance de l’Etat palestinien ne doit pas entrer en contradiction avec le principe du droit à la vie mentionné sous l’article 3 de la DUDH et sous l’article 6 du pacte international aux droits civils et politiques qui l’énoncent de la manière suivante : «  Le droit à la vie est inhérent à la personne humaine. Ce droit doit être protégé par la loi. Nul ne peut être arbitrairement privé de la vie ». Or, comme la philosophie palestinienne développée dans les Chartes de l’Olp et du Hamas n’est pas tout à fait respectueuse du droit à la vie des personnes juives, la reconnaissance de l‘Etat palestinien reviendrait à cautionner le principe palestinien de l‘élimination du juif. En réalité, et sur ce point, non seulement il n’est pas possible de favoriser la création de l’Etat palestinien mais, en outre, et conformément aux dispositions de l’article 4 de la deuxième partie du pacte de 1966 (consacrée aux prérogatives individuelles des individus résidant dans un Etat),  il est urgent de ne pas le faire. Cet article stipule en effet que « Dans le cas où un danger public exceptionnel menace l'existence de la nation et est proclamé par un acte officiel, les Etats parties au présent Pacte peuvent prendre, dans la stricte mesure où la situation l'exige, des mesures dérogeant aux obligations prévues dans le présent Pacte, sous réserve que ces mesures ne soient pas incompatibles avec les autres obligations que leur impose le droit international et qu'elles n'entraînent pas une discrimination fondée uniquement sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion ou l'origine sociale ». Une fois encore, le contexte n’apparait pas tout à fait propice à la création de l’Etat palestinien.

Lorsque ces premiers obstacles auront été levés, la création de l’Etat palestinien supposera de vérifier les modalités d’application du principe consistant dans le Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes (article 1er Charte 1966). Le peuple (bien que non défini) est entendu comme une unité humaine qui partage le même rêve d’avenir, sur un territoire spécifique où il peut disposer des richesses naturelles, et dont l’Etat incarne la personnification juridique. Pour autant, et avec la mondialisation, le concept de peuple a évolué puisqu’il est également compris comme l’ensemble des individus résidant à l’intérieur des frontières d’un pays internationalement reconnu. Il est pour l’heure des villages en Cisjordanie peuplés de Juifs dont il est important de connaître le sort dans le futur Etat palestinien. Hélas, ce 25 décembre, Mahmoud Abbas a bien confirmé le caractère raciste de son futur Etat : «  il n’y aura pas d’israéliens dans le futur Etat palestinien ».

Enfin, et surtout, cet Etat palestinien devra respecter le principe d’une impossibilité de porter atteinte à la souveraineté d’autrui. Les Juifs constituent également un peuple titulaire du Droit de disposer de lui même. C’est donc de façon logique que le Premier Ministre Benjamin Netanyahou exige du Président de l’Autorité palestinienne qu’il reconnaisse l’Etat d’Israël comme étant l’Etat juif, exigence qui est pourtant refusée par les Palestiniens. De même, et pour ce qu’il en est de l’assiette territoriale de l’Etat palestinien, elle ne devra pas s’exercer sur des terres sous souveraineté juive, et notamment Jérusalem. Les palestiniens ont refusé la résolution du 29 novembre 1947 sur le partage de la Palestine en un Etat juif et un Etat arabe qui était nettement plus avantageux pour eux. Par ailleurs, la configuration géopolitique actuelle n’est que le résultat  des guerres déclarées par les Etats arabes et perdues par eux. Si donc les Palestiniens estiment que l’assiette de leur futur territoire ne leur convient pas, c’est aux pays arabes de la région qu’il conviendra de solliciter un dédommagement pour les avoir emmenés sur un chemin stérile depuis 62 ans. En tout état de cause, c’est au Droit international qu’ils devront se soumettre. 

 
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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 21:11

 

 

LA LOI BISHARA ET L’APTITUDE A LA DEPUTATION

 

 

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

 

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Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

Le 13 décembre 2010, la Knesset a adopté en première lecture la « Loi Bishara » qui permettra de supprimer les droits à pension de retraite de l’ex député arabe de la Knesset Azmi Bishara (en particulier), et ceux des députés qui ne collaboreraient pas à une enquête policière et ne déféreraient pas aux convocations, en cas de commission d’un délit passible d’une peine d’emprisonnement supérieure à 5 ans (plus généralement). La mesure est, sans conteste, équitable en ce qu’elle a vocation à s’appliquer à un ex député en fuite, qui s’est rendu sans autorisation (voire au mépris d’une interdiction) en pays ennemis (Liban et Syrie), qui y a porté une assistance moyennant contrepartie financière, a entretenu des contacts avec le Hezbollah et appelé à la résistance contre Israël. Cette privation du droit à la retraite est par ailleurs morale : aucune pension ne saurait être versée à un député qui a manqué de loyauté à l’égard du pays au sein duquel il s’est vu confier un mandat électif. Enfin, la loi était nécessaire compte tenu de l’impossibilité pour la Cour Suprême israélienne d’ordonner cette suppression (décision rendue le 1er septembre 2008 à la suite d’une demande présentée par le responsable du Likoud Danny Danon et qui visait également à retirer la nationalité israélienne d’Azmi Bishara).

Pour autant, si la « Loi Bishara » devrait conduire à une plus grande responsabilité des députés de la Knesset dans leur relation avec l’Etat (qui les rémunère), elle soulève un problème de fond plus  important, en l’occurrence l’aptitude pour certaines personnes à exercer la fonction de député au sein de la Knesset. En effet, la Loi fondamentale sur la Knesset du 12 février 1958 subordonne la qualité de député au respect de certaines conditions. Tout d’abord, l’article 15 (loi 1958) prévoit une prestation de serment d’allégeance du député à l’égard de l’Etat d’Israël dont la portée est renforcée par l’article 16 : le bénéfice des prérogatives de la fonction ne profite au député qu’à compter de cette prestation du serment. Par ailleurs, et pour s’assurer de la parfaite sincérité et loyauté des députés, l’article 16 A de la Loi interdit de déclarer allégeance à Israël en cas de bénéfice d’une autre citoyenneté.

Or, s’agissant de cette double citoyenneté, force est d’admettre qu’elle est tout à fait incompatible pour les députés en Israël, qui se considèrent également palestiniens, tel Azmi Bishara. Aussi, et pour ce dernier, les actes de haute trahison ne sont en réalité qu’une illustration extrême de la violation du serment d’allégeance prêté à l’Etat juif, violation également récurrente chez la plupart des députés arabes de la Knesset qui se considèrent palestiniens.

C’est le cas tout d’abord d’Ahmed Tibi dont le parcours politique ne laisse planer aucun doute sur ses dispositions d’esprit à l’égard d’Israël. Le chef du parti Ta’al (le mouvement arabe pour le renouveau), a débuté en 1984 comme conseiller spécial de Yasser Arafat qu’il est allé rejoindre à Tunis, où le chef de l’Organisation de libération de la Palestine était exilé. Il a exercé cette fonction durant quinze années avant de démissionner en 1999, et de se présenter à la députation en Israël. Or, depuis son entrée à la Knesset, il n’a jamais caché : «Je suis palestinien, arabe et citoyen de l’État d’Israël. Ma priorité est la défense des intérêts de cette minorité dont je suis issu ». Ainsi par exemple, le 31 Octobre 2007, il a annoncé qu’en dépit de la loi rendant inéligible un Israélien qui se rendrait en pays ennemi, il répondrait positivement à une telle invitation. Le 30 juin 2008, il a soutenu que cette loi était « anticonstitutionnelle et tomberait devant la Cour suprême en ce qu’elle contredit le principe d'égalité ». Ahmed Tibi a présenté le 18 mai 2009 un projet de loi pour abroger la loi fondamentale sur Jérusalem et partitionner la capitale conformément aux frontières de 1967. En avril 2009, il a salué les propos du président palestinien Mahmoud Abbas, qui déclarait « ne jamais vouloir reconnaître Israël comme État juif ». Quatre mois plus tard, lors du congrès du Fatah à Bethléem, il comparait les juifs des implantations à « des cellules cancéreuses dont il faut se débarrasser ». Il s’est même présenté comme coauteur de l’enlèvement du soldat franco israélien le 24 mai 2010, lors d’un lapsus dans une déclaration faite à Aroutz 1 sur les restrictions des droits accordés aux prisonniers membres du Hamas en Israël : « De la même manière que vous voulez faire pression sur les prisonniers du Hamas emprisonnés en Israël, « nous » allons faire pression sur Guilad Shalit »…

Cette violation du serment d’allégeance se retrouve également chez d’autres membres de la liste arabe unie (Ra'am-Ta'al) comme Massoud Ghanaim, député à la Knesset et membre de la branche sud du Mouvement islamique. Dans une interview de l'hebdomadaire Kol Al-Arab publiée en Israël le 16 mai 2010 il a appelé à l'établissement d'un grand califat islamique incluant Israël. De même, il a précisé que tous les moyens étaient bons pour défendre Jérusalem et la mosquée Al-Aqsa. Il a exprimé son soutien à l'axe Iran-Syrie-Hezbollah et appelé à reconnaître la légitimité du gouvernement du Hamas à Gaza. Plus précisément, ce député considère le Hezbollah comme un « modèle de parti politique qui confère une place spéciale au discours religieux tout en l'intégrant au discours politique général »…

S’agissant du parti arabe Balad, le député arabe Saïd Nafha (qui remplace Azmi Bishara à la Knesset) s’est rendu au mois de septembre 2007 en Syrie où il a rencontré l’adjoint d’Ahmed Jibril, chef du mouvement terroriste du Front de libération de la Palestine. Dans un autre registre, on peut citer le cas de la députée Hanin Zoabi qui se trouvait à bord du convoi pour Gaza, arrêtée par les autorités israéliennes alors qu’elle était sur le ferry turc  puis relâchée en raison de son immunité parlementaire.  Elle a défendu sa participation à la flottille comme étant « un impératif politique, humain et moral de s’opposer à ce blocus qui emprisonne 1,5 millions de personnes». Elle a alors diffamé Israël en s’adressant aux députés de la coalition gouvernementale qui l’ont qualifiée «d’ennemi d’Israël» en posant la question de savoir « qui était l’assassin ? ».

L’intégralité des torts n’est toutefois pas à mettre à l’actif des députés arabes de la Knesset. L’Etat hébreu a également sa part de responsabilité dans leurs dérives verbales et leurs violations répétées du serment d’allégeance. En effet, et très étrangement, l’Etat d’Israël se refuse d’appliquer scrupuleusement la Loi fondamentale de 1958. Or, si l’Etat d’Israël ne respecte pas sa Loi fondamentale, c’est qu’il ne se respecte pas lui-même. En d’autres termes, il ne peut exiger de ses ennemis plus de respect qu’il n’en a pour lui même.

Théoriquement, les écarts de langage devraient dans un premier temps, être modérément sanctionnés par des suspensions de fonction pendant quelques temps, puis plus longuement en cas de récidive. De même, il conviendrait d’encadrer les violations du serment d’allégeance et notamment l’affirmation, par un député, de sa citoyenneté palestinienne, par la demande immédiate de levée de son immunité parlementaire, sa poursuite devant les juridictions répressives, la demande de sa déchéance puis de son inéligibilité. L’Etat d’Israël doit en effet respecter le choix des députés arabes qui se considèrent comme citoyens palestiniens en Israël, et ne plus leur permettre d’être députés israéliens de la Knesset, dans la mesure où cet organe n’a pas vocation à accueillir des personnes qui représentent les intérêts palestiniens, localement et à l’étranger. Bien évidemment, et pour ce qu’il en est des pensions de retraite des députés déchus, elles pourront opportunément abonder un fond destiné à indemniser les victimes du terrorisme palestinien.

 
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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 20:12

LA VENTE, EN ISRAEL,  DU PATRIMOINE FONCIER JUIF

 

 

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

 

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Le 7 décembre 2010, cinquante rabbins orthodoxes d’Israël ont cosigné une lettre appelant les juifs à ne pas vendre ni louer des biens fonciers juifs (maisons ou terres) à des non juifs, sous peine de sanction. La sanction envisagée par le document l’est en ces termes : « La Torah interdit de vendre à un étranger une maison ou un champ de la Terre d'Israël…Quiconque vend ou loue un appartement dans un quartier où vivent des juifs cause un grand tort à ses voisins, dans la mesure où le mode de vie est différent de celui des juifs, qu'ils nous persécutent et viennent s'immiscer dans notre existence…De nos jours, l'exclusion de la communauté (« nidouï ») n'est plus de mise. Néanmoins, quiconque vend ou loue à des non-juifs, doit être dûment sanctionné, d'abord en privé et ensuite en public, en fonction du mal qu'il cause »…

Cet appel, lancé par le rabbin Shmuel Eliahu de la ville de Safed (qui s’était déjà illustré en octobre 2010 en formulant les mêmes demandes), a été largement dénoncé par les autorités politiques en Israël. Ainsi, le Premier Ministre Benjamin Netanyahou, le Président Shimon Pérès ou encore le Président du parlement ont fermement condamné cette atteinte aux principes démocratiques et aux valeurs du judaïsme. Pour Benny Begin (Ministre sans portefeuille), il s’agit d’une initiative déplorable qui nuit à une minorité. Diverses personnalités publiques, des intellectuels et des académiciens ou encore le Ministre des minorités Avishaï Braverman, ont même demandé au Ministre de la justice Yaakov Ne’eman et au Procureur Général Yahouda Weinstein de suspendre les rabbins signataires, de leur fonction publique. Pour une association des survivants de la shoah, ce manifeste évoque les mesures nazies prises contre les juifs pendant la seconde guerre mondiale. Notons également que de nombreux rabbins n’ont pas non plus voulu s’associer à cette initiative et que d’autres, signataires du manifeste, sont finalement revenus sur leur position.

Les représentants de la communauté arabe israélienne ne sont pas non plus restés de marbre, tels les députés arabes israéliens Mohammed Barakeh et Talab El-Sana qui considèrent l’appel come étant raciste et heurtant la dignité humaine (la communauté arabe déplore déjà la discrimination dont elle fait l’objet, pour ce qu’il en est de l’emploi salarié et de l’achat d’appartements dans les localités juives). Mohammed Barakeh, stupéfait,  a même avancé que c’était Israël qui était venu en terre palestinienne pour s’y établir, non l’inverse : « Sur cette terre, nous ne sommes les hôtes de personne, ni sous la protection ou la tutelle de quiconque. Nous le répétons, nous n'avons pas immigré ici mais c'est Israël qui est venu s'installer chez nous et personne ne peut nous en arracher car nos racines sont profondes ».

Ce concert de protestations n‘a pas pour autant ébranlé le rabbin de la ville de Safed (déjà poursuivi pour incitation au racisme pour un appel identique il y a de cela 6 ans). Celui ci a, en effet, affirmé sa volonté de poursuivre sa campagne en dépit de la polémique provoquée en Israël.  Le Kikar Shabbat  (site orthodoxe) a alors repris ses propos : « Les attaques de la gauche et de ses suppôts (contre l'appel) ont eu pour effet contraire de renforcer le mouvement ». Le rav de Safed escompte même que le mouvement grossisse et s’amplifie : « Nous espérons recueillir des centaines de signatures supplémentaires la semaine prochaine »…

Il est certain que dans un état démocratique, l’appel à ne pas vendre ou louer des biens immobiliers à une catégorie de personne en considération de ses origines,  est tout à fait contraire aux valeurs humaines d’égalité, de tolérance et de coexistence. La démocratie repose sur le principe d’égalité des droits (quelque soit l’appartenance religieuse ou ethnique), notamment celui de louer ou d’acquérir des biens en quelque endroit qu’ils se trouvent. Elle suppose par ailleurs le respect des valeurs de liberté en ce compris celle de s’établir sur l’ensemble du territoire. Les valeurs démocratiques ont en effet un socle commun, l’humanisme, qui commande d’accorder une valeur identique à tout être humain, considéré comme unique et irremplaçable et dont la volonté supérieure et les prérogatives sont reprises dans la Déclaration des Droits de l’homme…

Pour autant, les principes démocratiques ne sont pas toujours compatibles avec les concepts de propriété, de pouvoir, et d’identité.

Les juifs ont historiquement compris que leur indépendance et leur autodétermination exigeaient d’être collectivement propriétaire de leur sol puisque la seule propriété immobilière individuelle (dans les pays où ils étaient établis) ne les a jamais protégés contre les expulsions, les expropriations, les spoliations. Aussi, ce sont bien les acquisitions de terres par le KKl et la générosité des donateurs juifs du monde entier, qui ont véritablement contribué à créer l’Etat d’Israël (non la résolution de l’Onu du 29 novembre 1947). Vendre des biens fonciers en Israël à des personnes non juives reviendrait à trahir les donateurs juifs qui ont permis de prendre possession du pays, dunams après dunam. Sur ce point, le principe reviendrait à remettre en question l’un des fondements de la création de l’Etat juif.

Par ailleurs, si le peuple juif entend faire d’Israël un pays juif pour les générations à venir, il se doit de conserver le contrôle de la propriété foncière. Or, vendre des biens immobiliers à des personnes non juives ôterait à Israël sa judéité et le pays deviendrait celui de ses occupants, non plus celui du peuple juif.  Rappelons que l’Etat d’Israël a pu se constituer parce que les arabes de Palestine ont accepté de vendre aux juifs leurs terres à des prix d’or. Si maintenant les juifs rétrocèdent les biens acquis à des non juifs, le KKl perdra son droit de préemption sur toute mutation immobilière, l’Etat d’Israël perdra son orientation philosophique, son pouvoir, son identité et bientôt son hymne la « Hatikva ».

A cet égard, les Etats islamiques ne sont islamiques qu’en raison de l’impossibilité pour un non musulman de faire l’acquisition de biens fonciers en terre d’Islam ou encore d’être majoritaire dans une société commerciale qui aurait son siège en terre musulmane (il ne peut pas non plus en être le mandataire social, président ou gérant). De même, et pour l’heure, les palestiniens ne se sont pas encore prononcés sur la faculté pour des juifs de demeurer sous souveraineté palestinienne dans le futur Etat palestinien, d’être propriétaires de biens fonciers ou chefs d’entreprises, et ce, dans le cadre d’un principe de réciprocité.

Le droit de propriété est le plus absolu dont une personne soit titulaire sur son bien (voir notamment Baba Metzia, second traité de l’ordre néziquin de la Michnah). Dans la mesure où lLa Bible lui accorde une nature quasi divine (voir notamment Ex 22,6-14 ; 24-26 ; Lévitique 25, 14.35-37 ; Dt 22,1-4), il n’est peut être pas nécessaire de s’en départir. Aussi, et dans l’attente d’une paix définitive avec le monde musulman, il serait peut être utile de s’en tenir au principe du judaïsme concernant la propriété du sol : le verset 23 du chapitre 25 du Lévitique rappelle que la terre n’appartient pas à l’individu mais à D lui-même : «  Et la terre ne se vendra pas à perpétuité ; car la terre est à moi ; car vous êtes chez moi des étrangers et des gens en séjour ».

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 21:04

 

 

L’ANTI ISRAELISME ONUSIEN A LA LUMIERE DE WIKILEAKS

 

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

 

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Ce 30 novembre 2010, l’Assemblée Générale de l’Onu a adopté (à une majorité écrasante), six projets de résolutions portant sur la question palestinienne. Cette date n'est bien évidemment pas le fruit du hasard. Depuis les résolutions onusiennes 32/40 B (du 2 décembre 1977), 34/65 D (du 12 décembre 1979), et 60/37 (du 1er décembre 2005), le « 29 novembre » n'est autre que  la  « journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien » qui marque  l’anniversaire de la résolution 181, adoptée le 29  novembre 1947, plus connue sous le nom de « résolution sur le plan de partage de la Palestine en un « Etat juif »  et un Etat arabe », (Jérusalem étant placée sous un régime international spécial). Bien que cette résolution onusienne 181 ait, en son temps, été refusée tant par les pays arabes du Moyen Orient que par les populations arabes de la Palestine mandataire, le « 29 novembre » est devenu, grâce à un formidable tour de « passe-passe », l’occasion de  commémorer et d’imputer à Israël, ce qui est considéré comme « le drame » des palestiniens avec de multiples activités pour marquer cet évènement comme la publication de messages de solidarité, l’organisation de conférences, la diffusion de documents, d’ouvrages ou encore la projection de films…

Pour sa part, l’Organisation des Nations Unies s’est une nouvelle fois associée, ce 30 novembre 2010, à la « douleur palestinienne » en adoptant des résolutions identiques à celles déjà prises dans le passé, de nature à en perpétuer le symbole. Les deux premières résolutions confirment le soutien indéfectible de l’Onu à la cause palestinienne. Elles réaffirment les « droits inaliénables » du peuple palestinien ainsi que « la responsabilité permanente » de l'ONU dans le soutien au processus de paix au Moyen-Orient et à la solution à deux Etats, consistant en l'établissement de deux entités, l'une israélienne et l'autre palestinienne, coexistant pacifiquement. Par ailleurs, elle confirme le maintien de la Commission chargée de l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien et la division en charge des droits des palestiniens au sein du secrétariat de l'ONU. Bien évidemment, ces résolutions ne présentent aucun caractère de nouveauté puisque des résolutions similaires ont déjà été adoptées dans le passé (voir notamment Résolution 1515 du 19 novembre 2003).

Par ailleurs, les deux résolutions suivantes ne sont qu’une reprise des dizaines de résolutions de l’Onu qui condamnent, depuis des décennies, la politique de l’Etat hébreu et son emprise territoriale. Il en est notamment ainsi de la troisième résolution qui réaffirme « l'illégalité de l'occupation israélienne de la région controversée du plateau du Golan, situé le long de la frontière séparant Israël et la Syrie ». Une fois encore, rien de nouveau (sous le soleil) : cette résolution n’est qu’une reprise de la résolution 497 adoptée le 17 décembre 1981. De même, la quatrième résolution du 30 novembre 2010 annule et invalide une nouvelle fois les dispositions israéliennes prises au sujet de sa capitale « Jérusalem » (devenue capitale du peuple juif), en soulignant la nécessaire prise en compte «  des préoccupations palestiniennes et israéliennes » dans le cadre d’une solution globale, juste et durable ». De telles dispositions ont déjà été adoptées à de multiples reprises telle la résolution 298 du 25 septembre 1971, résolution 252,… celle 267 du 3 juillet 1969 dans laquelle le Conseil de sécurité censure « toutes les mesures prises par Israël pour modifier le statut de Jérusalem », la 298 ou la résolution 478 du 20 août 1980 qui considère la Loi fondamentale sur Jérusalem du 20 août 1980 comme une violation du Droit international, thème encore repris dans la résolution 1073 du 28 septembre 1996….

Enfin, les deux dernières sont relatives à la solution de deux Etats et à la lutte contre ce qui est encore appelé « la colonisation israélienne en territoire palestinien ». Cette condamnation des colonies de peuplement est également récurrente telle la résolution 252 du 21 mai 1968, la résolution 446 qui considère que « les pratiques israéliennes consistant à établir des colonies de peuplement n’ont aucune validité en droit et font gravement obstacle à l’instauration d’une paix générale, juste et durable au Moyen-Orient », la résolution  452 qui « demande de cesser d’en établir », la 465 qui « demande aux autres Etats de ne fournir aucune assistance à Israël pour les colonies », la 607 qui « demande à Israël de ne pas expulser les palestiniens des territoires occupés », et la 608 qui déplore qu’Israël l’ait fait….

Le nouveau parti pris onusien contre Israël n’est en soi pas véritablement étonnant. Il a en revanche une portée toute différente à la lumière de la publication, le 28 novembre 2010, des câbles diplomatiques par Wikileaks. Celles-ci donnent un éclairage tout à fait intéressant sur la réalité des relations internationales comme la fourniture d’armes sophistiquées par la Syrie au Hezbollah (en dépit des protestations du gouvernement américain qui se révèle incapable de prendre des mesures de fermeté), l’absence de pressions américaines sur l’Egypte pour interrompre le trafic d’armements militaires à destination de la bande de Gaza, l’existence d’échanges commerciaux entre la Chine et l’Iran et la fourniture de produits et services susceptibles d’être utilisés dans la fabrication de missiles balistiques, ou encore la commercialisation indirecte par la France d’équipements sensibles à l’Iran… De même, et concernant l'Onu, on découvre qu'Israël a régulièrement fait montre de sa grande préoccupation relative à l’étroite collaboration entre certains fonctionnaires de l’Onu et …le Hamas ou le Hezbollah !

A la lumière des révélations de Wikileaks, on mesure à quel point l'Onu se discrédite en prenant des mesures partisanes anti israélienne tout en occultant la gravité des bouleversements qui menacent le monde. Les Nations Unies se sentent (à tort) une responsabilité dans le partage de la Palestine mandataire. Aussi, tente-t-elle d’en transférer le poids sur Israël par la condamnation systématique de sa politique d’implantation territoriale, la contestation de sa souveraineté sur sa capitale Jérusalem, la critique de ses aménagements du territoire en Cisjordanie. Ce faisant, et à la lumière  des accointances de fonctionnaires onusien avec les organisations terroristes, l’Onu devient progressivement un organisme tout à fait partial, véritable instrument de la délégitimation d’Israël, moteur du terrorisme palestinien, de l’antisionisme et de l’antisémitisme dans le monde, tout à fait contraire à ses objectifs. Notons que le discrédit vaut également côté palestinien qui déplore que les condamnations d’Israël ne soient pas suivies de mesures coercitives particulières et qu’elles restent d’une parfaite inefficacité sur le plan du Droit international…

Il serait donc grandement utile pour l'Onu de prendre la mesure des véritables causes de déstabilisation du monde et de la modification des équilibres stratégiques. Elle gagnerait alors à s’alléger du poids de sa (fausse) culpabilité en admettant que la création d’Israël n’a rien à voir avec la décision de 1947 mais participe d’un processus beaucoup plus ancien. L'Onu s'est fourvoyée en 1947 en imposant aux entités naissantes, un partage territorial de type colonial. Elle doit en tirer les leçons et se cantonner à son domaine qui est celui de favoriser le principe du droit des peuples à disposer d’eux même. Or tel est le cas des deux entités palestiniennes l'une à Gaza et l'autre sur les territoires de Cisjordanie qui ne relèvent pas de la souveraineté israélienne). Toutes deux disposent d’un gouvernement, d’un cadre institutionnel, d’un territoire et de capitales (Gaza et Ramallah). Que l'Onu s'en réjouisse et qu'elle reste étrangère à toute définition de l'implantation territoriale.

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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 19:59

 

 

DE LA SOUVERAINETE POPULAIRE ISRAELIENNE A LA SOUVERAINETE JUIVE

 

 

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

 

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Ce 22 novembre 2010, la Knesset a voté, (à la grande satisfaction de la population juive israélienne), une loi prévoyant que toute cession d’un territoire israélien devra faire l’objet d’une décision à la Knesset à la majorité renforcée des deux tiers des députés, soit encore 80 députés. Dans l’hypothèse où une telle majorité ne peut être atteinte, le texte prévoit que la décision devra être soumise à référendum, c'est-à-dire émaner directement du peuple israélien. Le principe ne concerne en réalité que les terres situées à l’intérieur de la ligne verte, et plus précisément les territoires qui ont été occupés à la suite de la guerre des 6 jours, puis annexés. C’est le cas tout d’abord de la partie orientale de Jérusalem qui fait partie intégrante de la capitale devenue « éternelle et indivisible » de l’Etat d’Israël par la loi fondamentale du 30 juillet 1980. Le texte concerne encore le Golan occupé en 1967 et annexé le 14 décembre 1981. (Inversement, les territoires de Cisjordanie non annexés par Israël sous administration militaire, ne sont pas concernés). Bien évidemment, et compte tenu des difficultés prévisibles pour recueillir la majorité requise pour adopter le principe d’une remise en cause de l’intégrité territoriale de l’Etat juif, la décision  devra nécessairement être prise dans le cadre d’un référendum.

Les critiques à l’endroit de ce texte n’ont pas tardé à fuser de toutes parts. Tout d’abord, il ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique israélienne à l’instar du Ministre israélien de la défense qui lui reproche d’empêcher le gouvernement d’agir librement. Le texte ne satisfait pas non plus les palestiniens, tel le responsable Ahmed Qorei, pour qui la loi ajoute un obstacle supplémentaire à une situation déjà complexe, et détruit les fondements du processus de paix désormais laissé entre les mains de l’électeur israélien. De même, pour le négociateur palestinien Saëb Erekat, la loi est une « tentative israélienne de travestir son oppression du peuple palestinien en exercice de la démocratie israélienne ». Pour la ligue arabe, le texte est une véritable provocation pendant que le Ministre syrien des Affaires Etrangères, considère qu’il porte atteinte aux règles du Droit international.

En réalité, et si le texte restitue incontestablement au peuple israélien son droit de disposer de son assiette territoriale, il soulève néanmoins le problème de la définition du peuple israélien apte à décider de ses frontières étatiques. Sur ce point, il conviendrait une bonne fois pour toutes qu’Israël adopte le mode international de classification de la population. En effet, la population israélienne se compose des nationaux (à savoir les juifs qui résident en Israël), de non nationaux mais qui sont en situation régulière sur le territoire (toutes les populations non juives d’Israël dont la plupart se considèrent comme palestiniennes vivant en Israël) et les non nationaux en situation irrégulière (les palestiniens non dotés de titre de séjour en Israël et les africains qui s‘infiltrent sur le territoire). Comme la population israélienne non juive qui réside en Israël rechigne à s’associer au devenir de l’Etat hébreu, voire se sent palestinienne à l’intérieur des frontières en Israël c'est-à-dire étrangère, il semblerait plus judicieux de réserver aux seuls ressortissants  juifs le droit de participer au référendum

En outre, et comme Jérusalem n’est plus seulement la capitale éternelle et indivisible d’Israël mais également celle du peuple juif (avec l’amendement du 4 juin 2008 à la loi de 1980), c’est à lui qu’il revient de décider de son sort (il faut être cohérent). Sur ce point, les juifs d’Israël ne disposent pas du monopole de l’appellation de « peuple juif » puisqu’il existe plus de 14 millions de juifs dans le monde et seulement 6 en Israël. Le gouvernement israélien doit donc donner un sens à la notion de « capitale du peuple juif » relative à Jérusalem en associant au référendum sur la modification de l’assiette territoriale, tous les juifs de diaspora dont Jérusalem est la capitale.

Sur ce point, et pour associer le peuple juif à toute décision intéressant les frontières de sa capitale et plus généralement celles de l’Etat hébreu, il serait grandement utile d’instituer en Israël une assemblée des juifs de diaspora qui portera le nom de « ha Knesset ha meyouredet la yeudim mi routz la haaretz » qui sera associée aux décisions qui intéressent l’intégrité des frontières de Jérusalem dans un premier temps puis ultérieurement, celle de l’Etat juif. L’institution d’une telle assemblée permettrait de distinguer les décisions en Israël qui sont de la compétence de la population juive israélienne de celles qui sont dévolues à la population juive mondiale. Pour ces dernières, les décisions doivent être adoptées en assemblée plénière, c'est-à-dire être prises par la Knesset israélienne et la Knesset des juifs de diaspora dans les mêmes proportions.

L’Etat hébreu doit en effet anticiper les profondes mutations du concept de démocratie qui se font jour dans le monde et s'adapter au nouvel environnement. Dans un univers mondialisé, l'identité nationale d’un pays ne dépend plus des mutations de sa population interne. Les individus choisissent leur lieu d'établissement national en fonction des avantages procurés par l’Etat (sur un plan fiscal, social, matériel, ou de santé), non pour participer au devenir du pays qui les accueille. Il n’appartient donc pas à une population contemporaine de profiter de son importance en terme de nombre pour modifier à terme la structure étatique. Autrement dit, ce n'est plus le nombre qui décide de la loi, mais c’est lui qui doit s'y adapter. Les juifs se sont eux-mêmes toujours adaptés dans les pays où ils résidaient. Bien naturellement, les populations non juives d’Israël devront être traitées avec honneur et considération puisque le Lévitique (19:34) impose « Vous traiterez l'étranger en séjour parmi vous comme un indigène du milieu de vous; vous l'aimerez comme vous-mêmes, car vous avez été étrangers dans le pays d'Egypte. Je suis l'Eternel, votre Dieu ».

La seconde mutation du concept de démocratie est liée à son financement. Le financement des campagnes politiques exige bien souvent la mise en place de pacte de corruption, comme en témoigne le mot de « retro commission » actuellement (mais pudiquement) employé en France pour évoquer un gigantesque mécanisme de corruption dont les conséquences humaines ont été tragiques. Israël n'est pas non plus épargné par ce phénomène à en observer les scandales à répétition de ces dernières années. Toujours est-il que rapidement, il devrait être fait application dans le monde du principe Biblique de prohibition : « tu n'accepteras pas de cadeau corrupteur car la corruption aveugle les yeux des sages et fausse la parole du juste » « (Deutéronome XVI, 19). Car en effet, les sommes gigantesques qui sont absorbées dans les pactes de corruption privent l'Etat de fonds publics substantiel qui pourraient être reversés aux populations nécessiteuses et le mécanisme de la corruption égare intellectuellement et mentalement leurs bénéficiaires. Aussi, est-il préférable d’appliquer définitivement l’excellent guide du peuple juif sur la question, à même de corriger cette petite imperfection de la nature humaine.

Lorsqu’Israël acceptera de répondre à sa vocation, ce n’est plus seulement Jérusalem qui sera la capitale du peuple juif mais bien la terre d’Israël qui deviendra le pays du peuple juif. Ses dirigeants deviendront alors les mandataires du peuple juif dans sa globalité, même s’il y aura toujours une distinction entre les décisions qui intéressent la gestion locale, et celles qui impliquent le peuple juif dans sa globalité. De la souveraineté populaire israélienne, nous passerons alors à la souveraineté juive.

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 20:41

 

 

L’ISLAMISME RADICAL COMME MODELE ALTERNATIF A LA CIVILISATION OCCIDENTALE

 

 

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

 

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Le 18 novembre 2010, le chef d’Al Qaeda au Maghreb Islamique a expliqué à la France que la libération des cinq otages détenus au Mali devait être directement négociée avec Oussama Ben Laden, l'une des conditions de l'accord tenant au retrait des troupes françaises d’Afghanistan. La Ministre française des Affaires Etrangères Michèle Alliot Marie a immédiatement opposé une fin de non recevoir en annonçant que la France ne se laisserait pas dicter sa politique de l'extérieur. Pour autant, cette volonté, de l’organisation d’Oussama Ben Laden, de communiquer directement avec la France se fait de plus en plus insistante.  

 

Déjà, le 27 octobre dernier, Al Qaeda au Maghreb Islamique avait présenté une demande similaire, également considérée comme inacceptable par le prédécesseur aux Affaires Etrangères, Bernard Kouchner. La récurrence du procédé permet en réalité de s’interroger sur le point de savoir si l'organisation Al Qaeda n'est pas en train de se positionner comme l'unique interlocuteur et adversaire du monde occidental, proposant, avec son islamisme radical, un modèle alternatif au système vieillissant occidental, en proie à une crise profonde dont la dimension est à la fois économique, financière, sociale, morale et identitaire.


A l’origine, l'objectif d'Oussama Ben Laden visait à mettre un terme à la présence américaine en Arabie Saoudite, qu'il qualifiait de « croisades occidentales » en terre d’Islam, constitutive d’une insulte faite au peuple saoudien et d’un sacrilège pour tout islamiste fondamentaliste radical. La libération des peuples musulmans devenait alors une priorité avec le sacrifice des combattants pour la cause, comme moyen d'y parvenir. Désormais, on assiste à une extension du champ d'action d’Al Qaeda en Afrique, avec la France pour cible compte tenu de la poursuite de sa "politique coloniale" : elle y exploite les réserves d’uranium pour le fonctionnement de ses centrales nucléaires sans reverser au Niger, une partie substantielle des produits colossaux engrangés, alors qu'il est l'un des pays les plus pauvres du monde. Al Qaeda se présente alors tel le libérateur des peuples musulmans opprimés par les régimes occidentaux dont les politiques sont à l'origine de frustrations et génératrice  d’extrémisme.

Si l’Europe est incontestablement le prochain champ de bataille d’Oussama Ben Laden, la France constitue sûrement un bon terrain pour engager les hostilités : les principes chrétiens ont été rejetés de la sphère étatique et la laïcité a laissé la place à un athéisme généralisé, ouvrant la voix à une implantation de la religion de Mahomet. Par ailleurs, et tout en conservant son statut de championne des Droits de l’Homme, la politique française est une source de l’hostilité grandissante à l’égard du monde musulman avec son débat sur l’identité nationale, sa loi contre la burqa dans le domaine public et l’absence de lisibilité de sa politique dans le monde arabe. Il en résulte pour les jeunes musulmans français, un sentiment d’agression dans leur identité et leur culture, comme s’ils étaient les victimes d’un racisme étatique à l’origine d’une détestation de la France (Oussama Ben Laden incarnant alors leur véritable héros). Les expériences récentes d’embrasement instantané des banlieues laissent envisager un véritable soulèvement lorsque l’heure sera venue, d’autant qu’enfin et sur un plan idéologique, la France reste enfermée dans la conviction selon laquelle le débat se situe entre la gauche et la droite alors que tel n’est plus le cas. Ainsi, et lorsque Ben Laden s’adressera directement aux jeunes des banlieues, la police, l’armée et la justice seront débordées, atones et incapables de réagir, faute d’avoir cerné le problème en amont et de l’avoir traité à la racine.


De façon similaire, le Hezbollah libanais symbolise l’opposition islamique radicale au colonialisme occidental implanté au Moyen Orient. Son chef Hassan Nasrallah n’est pas disposé à coopérer à l’enquête menée par le Tribunal spécial pour le Liban concernant l’assassinat de l’ancien premier Ministre Rafik Hariri commis en février 2005, menaçant même de « couper les mains » de ceux qui inquiéteraient les membres de sa milice. Sa doctrine, très proche de celle d’Oussama Ben Laden a été exposée par le Général Aoun, chef du courant patriotique libre, lors de son passage à paris le 17 novembre 2010. Il a présenté le Hezbollah comme étant un mouvement de résistance non terroriste qui lutte et combat sur sa terre pour la libérer de l’occupation. Il a même justifié le rôle du mouvement chiite islamiste par l’incapacité des Nations  Unies à mettre en œuvre la résolution 425 qui reconnait au peuple libanais le droit de libérer ses territoires occupés et selon lui, par tout moyen. Il a ainsi déploré l’attitude partiale du Tribunal et salué dans le même temps, l’aide généreuse de l’Iran dans la reconstruction du pays. Le Général a donc, une nouvelle fois, mis en garde contre un risque de coup de force du Hezbollah.    

Bien évidemment, et pour que le coup d’Etat prenne l’apparence d’un acte légitime, le Hezbollah doit se placer dans les conditions d’une légitime défense, c'est-à-dire dans une situation injuste qu’il convient de réparer.  Pour se faire, il suffit de présenter le Tribunal Spécial pour le Liban comme étant partial, politisé, à la solde de l’entité sioniste et dont la décision se fonde sur de faux témoignages. Actuellement, le Hezbollah dispose déjà des instruments pour prendre le pouvoir avec le contrôle de médias (journaux, radios, télévisions) pour orienter l’opinion, la distribution généreuse de subsides aux associations caritatives qui viennent en aide aux victimes de la la guerre menée par Israël au sud Liban, conserve sa propre armée au côté de l’armée régulière libanaise, applique sa doctrine dans les bastions de Beyrouth (tribunaux). Désormais, il dispose du prétexte qu'il fait passer pour une légitimité, afin de prendre en douceur le contrôle politique du pays avec la reconnaissance et l’admiration d’une grande partie de la population libanaise. 


L’influence du Hezbollah est d’ailleurs incontestable : la BBC a déprogrammé un documentaire sur la mort de Rafik Hariri prévu pour le 20 novembre, compte tenu des conclusions attendues du Tribunal qui devraient mettre en cause des membres du Hezbollah.  Le journal libanais Al Akhbar a déjà accusé les réalisateurs de l’émission de chercher à nuire au Hezbollah en lui imputant le crime sur la personne de Rafik Hariri. De même, Israël a accepté, le 17 novembre 2010, de se retirer de la partie Nord du village Ghajar partagé entre les territoires libanais et israélien, se mettant en règle vis-à-vis de la résolution 425 du Conseil de sécurité adopté en 1978; qui exige d’Israël qu’il respecte l’intégrité territoriale du Liban, sa souveraineté et son indépendance politique et qu’il se retire du  Sud Liban (au grand désespoir des habitants de ce village qui entendaient demeurer sous souveraineté israélienne).

Plus généralement, ce sont les actions des armées qui se revendiquent de l’islamisme radical qui se posent comme "légitimes",  comme « l’Armée de l’Islam » à Gaza qui tire des roquettes sur le sud d’Israël ou qui planifie l’enlèvement de touristes israéliens dans le Sinaï, voire également le mouvement de résistance islamique (Hamas) qui cherchait aussi à enlever des israéliens en Cisjordanie avant que ses membres ne soient arrêtés par les forces de sécurité palestinienne à Naplouse… Le radicalisme islamiste a donc le vent en poupe. Il est toutefois possible pour le monde occidental, de convaincre de la justesse de son modèle, de rassurer sur ses valeurs et d’apporter le salut de l’humanité, à condition de faire preuve d’une parfaite compréhension de la nature humaine et de ses composantes, non de se contenter d’en exploiter les travers. A défaut, l’Islam deviendra progressivement le refuge du plus grand nombre.

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 19:21

 

 

HAZAK ISRAEL, LA TERRE APPARTIENT A CELUI QUI S’Y ETABLIT

 

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Pour © 2010 lessakele

Ce 9 novembre 2010, le quotidien Haaretz a communiqué sur les nouveaux plans de constructions décidés par le gouvernement israélien. Il en est notamment ainsi d'un nouveau quartier dans l’implantation d’Ariel qui comprendra 800 logements sur une zone incluse dans l’ancien plan d’extension de la ville, à proximité de la ville palestinienne de Selfit. Pour l’heure, l'exécution de ce projet est subordonnée à l’approbation du Comité de la planification et de l’habitat de la municipalité d'Ariel, mais rien ne devrait s’opposer à un démarrage rapide des travaux. En effet, et selon le quotidien, il « n'a pas besoin de l'approbation du ministère de l'armée en ce qu’il sera construit sur des terres dépendant de propriétés privées juives ».

D'autres informations concernent les opérations à Jérusalem Est : les autorités israéliennes ont distribué (le même jour), des ordres de démolition de maisons palestiniennes construites sans permis (des autorités israéliennes), dans les quartiers de « Boustan », « Ain Al Lawza » et « Oued  d’Ayasol », sur le territoire de la ville de Selwan. Ces démolitions sont notamment destinées à la mise en place d’espaces verts dans la partie jouxtant le parc archéologique (actuellement en cours d’aménagement) dénommé « le Jardin du Roi » (en référence aux jardins du Roi Salomon où se trouvait la capitale Jérusalem fondée par le Roi David, il y a trois mille ans).

Ce qui a toutefois déclenché le plus grand concert de protestations (ce 9 novembre 2010), c’est le projet de construction de 1300 logements à Har Homa et à Hamot, autres quartiers de Jérusalem Est, sortis de terre en 1997, alors que Benjamin Netanyahou était Premier Ministre. Le Président palestinien Mahmoud Abbas a immédiatement demandé (le 10 novembre 2010), une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU pour débattre de la poursuite de la « colonisation juive » en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. De Même, la France a déploré l’autorisation de construire ces logements, estimant qu’elle était contraire au Droit international et aux dispositions de la feuille de route du Quartet de 2003, et qu’elle constituait un obstacle à la paix et à la solution à deux Etats. Elle a donc, avec l’Union européenne, le Quartet, les Etats-Unis, et la communauté internationale, plaidé pour la prolongation du moratoire et demandé instamment aux autorités israéliennes de revenir sur cette décision.

Il est vrai que depuis 2004, la municipalité de Jérusalem a adopté un nouveau schéma directeur (remplaçant celui de 1959), sur la base de projections démographiques sociales et économiques, destinées à consolider la souveraineté israélienne sur la ville Sainte. Dans ce cadre, de nouveaux quartiers ont été aménagés sur les collines désertiques qui entourent Jérusalem, parfois à proximité de villes sous contrôle de l’Autorité Palestinienne comme Bethléem. Par ailleurs, et pour parfaire l'unification de la capitale, il a été décidé de construire un tramway à l’est de la ville (dont le marché a été attribué au consortium français City Pass, regroupant Alstom et Connex) qui reliera, en avril 2011, les implantations de Pisgat Ze’ev et Maale Adumim au Mont Herzl situé à Jérusalem-Ouest.

Les critiques (fusant de toute part) n’ont toutefois pas ébranlé le Premier Ministre israélien qui n’entend pas tergiverser sur les orientations futures concernant la capitale éternelle du peuple juif. Aussi, a-t-il fait preuve d’une très grande fermeté dès avant sa réunion avec Hilary Clinton à New York prévue ce 11 novembre 2010, en insistant sur le fait « qu’il n’existe aucune connexion entre le processus de paix et la politique de planification et de construction à Jérusalem qui n'a pas changé depuis 40 ans ». Plus précisément, il a confirmé que « Jérusalem n'est pas une colonie, Jérusalem est la capitale de l'Etat d'Israël » et que le moratoire sur les implantations en Cisjordanie ne concernait pas Jérusalem-Est.

Bien évidemment, concernant ce dernier point, le Premier Ministre israélien a parfaitement conscience des prochaines pressions qui vont s’exercer sur l’Etat hébreu afin de stopper les constructions dans les territoires disputés. Aussi, anticipe-t-il l'application de la doctrine traditionnelle israélienne en vertu de laquelle, « dès que les fondations ont été posées, les constructions doivent être  terminées ».

Ainsi, au cours de ces trois dernières semaines, ce ne sont pas moins de 600 nouveaux logements qui sont sortis de terre en Cisjordanie, dans une trentaine d’implantations. On peut citer Kedoumim (à six kilomètres à l’ouest de Naplouse), où 70 logements sont en chantier, ou encore Karmeitsur, au nord d’Hébron, où 56 logements ont été commencés, voire également à Nerya, à l’ouest de Ramallah, où la construction de 27 nouvelles maisons a démarré… Dans la vallée du Jourdain, des israéliens originaires de l’implantation de Maskiot ont édifié des clôtures sur des terres désertiques appelées « Ein El Hilwe » (sur une partie desquelles sont installées des communautés bédouines) afin d’y établir une nouvelle implantation (Tsahal vient de mettre le territoire sous son contrôle et sa protection). Notons enfin que l'installation juive en Cisjordanie s’opère également par la pose d'habitations provisoires comme dans l'implantation de  Shavot Rachel, au sud-est de Jénine, où 9 mobil-hommes viennent d'être positionnés...

Cette politique n’est en fin de compte, qu’une application du principe datant du fond des âges selon lequel « la terre appartient à celui qui s'y établit ». C’est en effet  sur ce principe que se sont toujours constitués les Etats, soit physiquement lorsque qu'un Etat souverain plantait son drapeau sur une terre désertique, soit militairement lorsqu’il s’y établissait en imposant ses cultures et ses valeurs, soit par la violence pour défaire les civilisations en place (les invasions barbares). Notons également que les conquêtes territoriales s’opèrent de façon religieuse, soit pour mettre localement en place un système de foi lorsqu’il n’en existe pas, soit pour combattre celui qui existe. (Au passage c’est encore ce mode de conquête qui devrait être employé dans les pays qui renient leurs principes culturels et cultuels historiques au nom du « sacro principe » de laïcité. La construction dans les pays laïcs, de mosquées, la systématisation du port du voile dans l’espace public, la mise en place de chaines de restaurant exclusivement Hallal, voire tout récemment des restaurants universitaires hallal, devraient donner des idées et certainement susciter des comportements violents chez ceux qui aspirent à une généralisation de la charia dans le monde…)

Pour sa part, l’Etat d’Israël peut (et doit) continuer à s’établir sur les terres sans souveraineté de Cisjordanie et y étendre la « néchama juive » eu égard au contexte actuel tout à fait favorable. Le mandat du Président Abbas n’a pas été reconduit (faute d’élection), ce qui lui ôte toute qualité pour représenter les Palestiniens. De son côté, le Hamas (dont le courant de pensée tend à devenir majoritaire), appelle toujours à la destruction d’Israël et s’interdit tout partage de la Palestine historique qui emporterait reconnaissance de facto de l’Etat hébreu. Enfin, la communauté internationale n’est pas non plus en bonne position pour imposer un partage territorial non accepté par les juifs et les palestiniens, sauf à se voir une nouvelle fois reprocher une ingérence de type colonial dans les affaires locales, comme ce fut le cas le 29 novembre 1947, lorsqu’elle a décidé de partager la Palestine. Dès lors, Hazak Israël, rien ne s’oppose véritablement à la consolidation de son emprise territoriale.

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 21:25

 

 

JERUSALEM N’EST PAS, N’A PAS ETE ET NE SERA JAMAIS LA CAPITALE DE LA PALESTINE

 

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

 

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Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

Ce 2 novembre 2010, l'Etat d'Israël a, une nouvelle fois, opposé aux palestiniens sa souveraineté pleine et entière sur Jérusalem tout en affirmant, dans le même temps, son refus d'envisager un quelconque transfert partiel de ses prérogatives sur sa capitale éternelle. Dans les faits, le Premier Ministre de l'Autorité palestinienne, Salam Fayyad, devait de rendre à Dahiat al-Salam, un quartier situé à Jérusalem-est, pour inaugurer une école palestinienne dont la restauration a été financée par l’Autorité Palestinienne. A priori anecdotique, cet événement était en réalité lourd de conséquence en ce qu'il pouvait laisser entendre que les palestiniens disposaient également, sur Jérusalem, d'une forme de souveraineté partagée. Celle-ci aurait alors été illustrée par l’organisation d’une manifestation palestinienne, dans un établissement d’enseignement palestinien, rénové par l’Autorité Palestinienne. L’Etat hébreu n'est pas tombé dans le piège et a opportunément pris toutes les mesures pour l'en empêcher. Le Ministre israélien de la sécurité publique, Yitzhak Aharonovitch, a, la veille, signé, un décret interdisant aux palestiniens d’organiser des événements liés aux activités de l’Autorité Palestinienne dans l’enceinte de Jérusalem, et menacé toute violation de cette interdiction, d’une intervention de la police : « la police sera là pour empêcher de telles activités si elles devaient avoir lieu ». Pour sa part, le Cabinet du Premier Ministre Benjamin Netanyahou a pris une mesure plus radicale encore : dans la soirée du 1er novembre, il a confirmé l’ordre donné aux forces de police par le Ministre de l’Intérieur, d'empêcher purement et simplement Salam Fayyad, de rentrer dans Jérusalem. Enfin, lorsque la police s’est rendue, le 2 novembre, dans l’établissement où était attendue la réception de l'Autorité Palestinienne, elle a tout bonnement interdit aux propriétaires d’accueillir la cérémonie, sous peine de fermeture  pendant une durée de un an.

Si donc le Premier Ministre palestinien n’a pas été autorisé à participer à l’inauguration d’écoles arabes de la partie orientale de Jérusalem, il en est en revanche autrement des officiels israéliens.  Divers députés, des responsables du Ministère israélien de l'Education, des membres de la mairie de Jérusalem y ont assisté. Il en est de même du Vice-président de la Knesset Danny Danon (parti Likoud) qui a, lors de la manifestation, rappelé qui était le véritable titulaire de la souveraineté sur Jérusalem. Dans un avertissement solennel, il a lancé : « Nous n'allons pas fermer les yeux ou garder le silence lorsque l'Autorité Palestinienne organise des menées subversives sur le territoire souverain d'Israël, même si celles-ci visent uniquement à publier une photo dans le journal. Toute tentative palestinienne de créer des faits accomplis sur le terrain se heurtera à une vive réponse d'Israël ».

Cette fermeté israélienne a particulièrement déplu aux palestiniens, et notamment au membre du Conseil révolutionnaire du Fatah Dimitri Dalyani, qui a néanmoins tenté d'expliquer que la construction d'infrastructures à Jérusalem-est était vitale pour la population et la résistance, et qu'en aucun cas, Israël ne pourrait les arrêter : « C'est l'essence même de notre résistance, basée sur notre droit légitime à développer notre capitale et venir en aide à nos citoyens ». Contestant la souveraineté israélienne sur sa capitale, il a même affirmé  que la décision par l’Etat hébreux d'empêcher l'accès de Jérusalem à Salam Fayyad était « illégitime et sans fondement ».

Bien évidemment, ces propos n’ont pas suffit à contester les droits naturels d’Israël sur sa capitale, ce qu’a implicitement admis le Premier Ministre Palestinien en se pliant à la décision israélienne et en acceptant de modifier son programme.

En effet, Salam Fayyad s'est finalement rendu dans un autre quartier de Jérusalem Est, en l’occurrence à Dahiat al-Barid, qui est lui, situé dans la partie palestinienne à l’est de la barrière de sécurité. Il s’agissait également d’un évènement consistant dans l'inauguration d’une école palestinienne dont la restauration a été financée par l'Autorité palestinienne pour plus d'un million de Shekels, mais sur une partie du territoire peuplé de palestiniens, se trouvant à l’extérieur du périmètre délimité par la barrière de sécurité, et sur laquelle Israël devrait, à terme se désengager. Dans son discours, il a certes ménagé sa population et réaffirmé les prérogatives de l’Autorité Palestinienne : « il est devoir du gouvernement palestinien d'alléger les souffrances de la population de Jérusalem et de la servir autant que possible », même s’il a, de façon désabusée, fustigé les décisions politiques israélienne. Ainsi, lorsqu’il a été interrogé sur l’interdiction de rentrer dans Jérusalem (c’est  à dire dans la partie de Jérusalem située à l’ouest de la clôture de sécurité), le Premier Ministre de l’Autorité palestinienne a répondu : « Qu’attendez-vous? Ceci est l’'occupation! ».

Pour autant, le Premier Ministre Palestinien a bien compris que la capitale du futur Etat palestinien sera assise sur le territoire qu'Israël appelle « Jérusalem Est » mais sur la seule partie qui se situe en deçà de la clôture de sécurité. C’est ce qui ressort de son discours où il a limité à cette zone, l’implantation de la future capitale : « un jour, la périphérie de Jérusalem fera partie intégrante de la capitale éternelle de l'État palestinien », même s’il a ajouté, « Israël est le seul pays à prétendre que l'Autorité palestinienne ne peut opérer à Jérusalem Est».

En d’autres termes, les palestiniens devraient, à terme établir, leur capitale sur une partie du territoire appelé « Jérusalem-est » mais qui ne fait nullement partie de la capitale éternelle du peuple juif. C’est encore le sens de l’annonce faite par, Ghassan Khatib, conseiller du Premier ministre palestinien, qui avait précisé, avant la tenue de l’évènement, que Salam Fayyad se rendrait à l'école de Dahiyat al-Barid « qui se trouve en dehors des limites municipales de Jérusalem », mais qu’il s'abstiendrait en revanche d'inaugurer la route à Anata.

Actuellement, certaines zones de la partie orientale de Jérusalem annexée en 1967 se trouvent au-delà de la barrière de séparation. La municipalité de la Ville Sainte est encore tenue d'y assurer certains services (santé, éducation, urgences, police) mais s’en désengage progressivement. Corrélativement, l'Autorité palestinienne prend en charge le financement de la construction de routes et la rénovation d'écoles, c'est-à-dire y exerce une véritable souveraineté non contestée par Israël. Aussi, et sur le plan du Droit international la situation est tout à fait intéressante : elle démontre que les frontières étatiques ne dépendent pas d’une reconnaissance par la communauté internationale mais d’une situation de fait, en l’occurrence la décision israélienne de limiter ses prérogatives souveraines à la partie située à l’intérieur de la barrière de sécurité.

Ce sera sur ces bases que devrait se conclure l’accord définitif entre palestiniens et israélien. Les palestiniens établiront leur future capitale « al-qods » sur une partie du territoire annexé en 1967 par Israël appelé « Jérualem-Est ». Cette zone ne correspond toutefois pas à l’emplacement de la Jérusalem historique, c’est à dire notamment sur le « mont du temple » qui devrait demeurer sous souveraineté israélienne. La clôture de séparation servira alors de frontière future entre les Etats, et les pourparlers directs entre Israël et le président palestinien Mahmoud Abbas pourront reprendre calmement compte tenu, non plus d’un gel provisoire mais d’un arrêt définitif des constructions sur les parties de Judée-Samarie qui ne seront pas annexées par Israël et qui passeront sous contrôle de l’Autorité Palestinienne.

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  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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