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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 09:57

 

 

LE LIBAN EN PASSE DE REGLER LE PROBLEME DES REFUGIES PALESTINIENS?

 

Par Bertrand RAMAS-MUHLBACH

 

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Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

 

Ce 15 juillet 2010, le Parlement libanais a engagé un débat sur l’octroi des droits civils élémentaires aux réfugiés palestiniens (400 000 personnes cantonnées dans 12 camps surpeuplés entourés de charniers et de barrages militaires), droits dont ils sont privés depuis 62 ans. La Constitution libanaise prévoit certes (depuis de longues années), la faculté pour les Palestiniens de disposer de droits sociaux économiques et de vivre dans la dignité (s’agissant d’une question humanitaire), mais de façon tout à fait contradictoire, elle mentionne expressément un refus catégorique de les intégrer au sein de l’Etat. Aussi, et compte tenu des divergences de position des groupes politiques locaux, les palestiniens n’ont jamais pu bénéficier des droits civils fondamentaux.

Il en est ainsi des droits sociaux (assurance maladie), du droit d’exercer une profession libérale (avocat, médecin, architecte), d’occuper des postes à responsabilité (ingénieur) voire d’exercer des professions comme chauffeur, cuisinier, serveur, coiffeur, jusqu’en juin 2005, date à laquelle Trad Hamadé, Ministre libanais du travail (proche du Hezbollah) a signé un mémorandum, en leur faveur. Cette privation des droits civils s’étend également à celui d’être propriétaire d’immeubles, (ce qui les contraint à vivre dans des baraquements construits avec des feuilles de zinc et des planches en aluminium), à celui du droit de circuler librement ou encore du droit de s’associer.

C’est dans ce contexte que, sous l’impulsion du Parti Socialiste Progressif (PSP) et du parti du dirigeant druze Walid Joumblatt, un projet de loi a été déposé au parlement libanais le 15 juin 2010, visant à permettre aux palestiniens d’accéder aux droits civils élémentaires. Pour autant, et bien que d’importantes manifestations palestiniennes aient été organisées le 27 juin 2010 à Beyrouth, le projet est loin de faire l’unanimité. Certains partis politiques (rivaux) le soutiennent comme celui du Premier Ministre Libanais, du Mouvement pour l’Avenir, du Hezbollah ou de Amal, alors que d’autres y sont résolument hostiles comme les Elus du Mouvement patriote Libre, la Phalange de Samy Gemayel (les phalangistes avaient déjà massacré des Palestiniens par milliers dans les camps de Sabra et Chatilla le 16 septembre 1982), ou les Forces Libanaises.

Le refus d’accorder les droits aux réfugiés palestiniens est notamment motivé par des considérations d’ordre politique et plus particulièrement par les luttes d’influence entre les différents groupes représentatifs. Ainsi, pour les chrétiens, le bénéfice d’une telle mesure ferait craindre une implantation définitive des Palestiniens dans le cadre du règlement global du conflit israélo palestinien et, à terme, une diminution de la représentation chrétienne dans le paysage politique au profit des partis musulmans. De même pour le député aouniste Ibrahim Kanaan, la transformation d’un réfugié palestinien en un résident dans son pays d’exil modifierait l’équilibre du pays qui repose sur le poids démographique des communautés. Enfin, et même si pour le député Marwan Hamadé ( parti Walid Joumblatt), le principe de l’octroi des droits fondamentaux aux palestiniens est acquis, il est nécessaire de préserver les équilibres politiques actuels.

Pour leur part, les leaders palestiniens sont hostiles à toute acquisition de droits civils pour les réfugiés puisqu’elle pourrait conduire à un abandon de cette revendication qu’est le droit (imaginaire) au retour en Palestine. Pour eux, la Palestine est la vraie patrie des Palestiniens : leurs villages y ont été détruits, leurs champs brûlés, les populations massacrées et dépossédées, alors que l’Etat hébreu tente toujours d’effacer les traces de l’identité palestinienne, de façon encore plus incisive depuis l’entrée en fonction des responsables « fascistes » que sont Netanyahou ou Avigdor Lieberman.

En réalité, de nombreux facteurs justifient la nécessité d’intégrer progressivement les réfugiés palestiniens dans la société libanaise. Tout d’abord, les réfugiés palestiniens au Liban ne bénéficient plus de représentation politique. C’était l’Olp qui jouait ce rôle mais ce n‘est plus le cas de l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas qui s’exprime au nom des seuls palestiniens de Cisjordanie. Le représentant de l’Autorité palestinienne au Liban (Abdallah Abdallah) s’est donc prononcé en faveur des droits civils pour les réfugiés au Liban (1er juillet 2010).

Par ailleurs, les événements récents sur le blocus de la bande de Gaza ont fait prendre conscience aux Palestiniens du Liban que leur revendication devait porter non sur le droit au retour mais sur celui de vivre dignement. D’ailleurs, les réfugiés palestiniens ne sont pas attachés à un établissement en Israël. Nés au Liban depuis deux ou trois générations, c’est le seul pays qu’ils connaissent. Par ailleurs la résolution 194 du 11 décembre 1948, (qui fonde le droit au retour) ne leur est pas applicable puisqu’elle subordonne le « droit au retour » au respect de divers conditions, notamment de temps (le droit au retour doit être exercé le plus rapidement possible, non 62 ans après), à l’existence de foyers (ils n’en ont aucun en Israël), et à une disposition d’esprit (une volonté de vivre en paix et non détruire Israël).

La nécessité de s’intégrer au pays du Cèdre résulte également des difficultés de se procurer des armes. De tout temps, les camps symbolisaient, pour les réfugiés, l’attente du retour, la lutte pour les droits et la résistance à Israël. Or, la résolution 1559 de l’Onu impose le désarment des organisations palestiniennes, ce qu’exige également Mahmoud Abbas (consacrant l‘abandon de la cause) : sans armes, plus combat.

Enfin et surtout, la question cruciale est financière. Les réfugiés palestiniens reçoivent des subsides de l’Unrwa, et échappent à la Convention de Genève de 1951 (qui elle, accorde tous les droits civils aux réfugiés). Or, l’Unrwa qui reçoit principalement ses dons des Etats-Unis, de l’Union Européenne mais aussi de la ligue arabe (à hauteur de 4%), est virtuellement en état de cessation de paiement. Il devient donc urgent de mettre les palestiniens au travail et de leur faire retrouver leur dignité par ce canal.

Les débats au parlement libanais sont reportés en août 2010, mais nul doute que l’exportation prochaine de cette solution dans l’ensemble des pays arabes du Proche Orient règlera de façon simple, naturelle et définitive le problème des refugies palestiniens.

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 00:22

 

 

 

LA RUPTURE PROGRAMMEE DE LONGUE DATE DES RELATIONS ISRAELO-TURQUES

 

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

 

 

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Le 5 juillet 2010, la Turquie a annoncé, par la voix de son Ministre des Affaires Etrangères, qu’elle romprait ses liens avec Israël si l’Etat juif ne présentait pas ses excuses pour l’abordage du navire turc de la flottille d’aide humanitaire Mavi Marmara, intervenu le 31 mai 2010, qui s’est soldé par la mort de neuf personnes. Ainsi, et de façon progressive, la Turquie a d’abord qualifié l’opération comme relevant du terrorisme d’Etat, puis suspendu (le 3 juin) tous les projets d’infrastructure en partenariat avec Israël, avant d’interdire son espace aérien aux vols militaires israéliens, puis 

de rappeler son ambassadeur en menaçant d’élever le consul en poste à Jérusalem au rang d’«ambassadeur de Turquie en Palestine».

Loin d’être ébranlé par de telles mesures, l’Etat Hébreu a confirmé ne jamais présenter d’excuses, ni accepter d’enquête internationale sous l’égide des Nations-Unies pour faire la lumière sur les circonstances de l‘arraisonnement du navire. Pour autant, la question peut se poser de savoir si la situation contemporaine n’est pas le résultat d’un processus d’islamisation de la Turquie initié depuis quelques années, qui ne pouvait qu’aboutir à une rupture des relations diplomatiques avec l’Etat juif.

Le processus s’est engagé le 11 mars 2003, lorsque la Turquie a choisi démocratiquement la voie de l’islamisme modéré en confiant la fonction de Premier Ministre à Recep Tayyip Erdogan issu du parti AKP (parti de la justice et du développement). Ce parti a encore gagné en influence, avec la désignation (le 28 août 2007) de Abdallah Gul (issu également du AKP), à la Présidence de la République, alors que traditionnellement, ce poste est confié à un laïc. L’islamisation de la société turque a alors pu s’intensifier avec un contrôle complet de ses institutions : arrestation de nombreux cadres laïcs de l’armée, nomination de dizaines de milliers de diplômés de l’école coranique pour assumer les fonctions de juges (avec l’ambition à terme d’appliquer la loi coranique (Shari’a)) mais aussi des fonctionnaires religieux au Ministère de l’éducation. La mainmise islamique des institutions s‘est également exercée sur l'éducation, l'économie, les médias, les agences de renseignement, les services de sécurité et le pouvoir judiciaire.

Sur le plan culturel, la prééminence de l’Islam intervient dès le plus jeune âge avec, pour les petites filles, la poupée Elif qui s’agenouille, fait la prière islamique et récite les versets du Coran pendant que les parents sont initiés au rejet du juif avec une large diffusion des ouvrages « Mein Kampf » ou «les protocoles des sages de Sion». Il a alors suffit d’insérer un nouveau paragraphe dans la Constitution turque qui considère les femmes comme un « groupe vulnérable qui a besoin de protection » afin de leur permettre de suivre l’enseignement universitaire de façon « voilée », au nom, bien entendu, des principes démocratiques (février 208). Erdogan a également remporté une jolie victoire institutionnelle puisque la Cour Constitutionnelle n’a pas réussi, en 2008, à interdire le parti AKP pour violation “des principes de démocratie et de laïcité de la république turque“.

 

Pour être tout-à-fait cohérent avec le message de l’Islam largement diffusé, il devenait normal que la Turquie adopte les thèses des pays musulmans qui discréditent Israël, comme celle du génocide par Israël du peuple palestinien ou encore celle concernant les violations récurrentes des Droits de l’homme dans les territoires palestiniens « occupés ». Ces thèmes jouissent d’une écoute particulièrement attentive de la part des dirigeants européens qui éprouvent toujours une certaine culpabilité dans le massacre des Juifs perpétré au cours de la seconde guerre mondiale : si les israéliens sont également des génocidaires, la responsabilité européenne s’en trouvera sensiblement atténuée. Par ailleurs, le monde occidental ne veut pas endosser la responsabilité du drame des Palestiniens consécutif à la décision de partager la Palestine en 1947. Aussi, cultiver l’image de l’ oppresseur israélien minimise son rôle dans la survenance des évènements actuels. Enfin, le recours à la notion de Droits de l’Homme par les défenseurs des Palestiniens revient à adopter le cadre des relations humaines suggéré par les européens pour l’humanité, ce qui est tout à fait flatteur..

C’est donc de façon tout à fait logique qu’Erdogan critique sans ménagement (depuis 2003), la politique israélienne reprochant aux Juifs d‘infliger aux Palestiniens ce qu‘ils ont eux- mêmes subi. Ce fut le cas lors de l’élimination ciblée des leaders du Hamas, cheikh Ahmed Yassine (mars 2004) et Abdel Aziz Rantisi (avril 2004), et, plus généralement, depuis le siège de la bande de Gaza contrôlée par le Hamas. L’attaque la plus virulente s’est d’ailleurs produite en janvier 2009, lorsque Erdogan a claqué la porte au sommet du Forum économique mondial de Davos en Suisse (à la suite de l’intervention militaire à Gaza), en invectivant le Président israélien Shimon Peres : « vous savez très bien comment tuer ».

Lorsqu’en octobre 2009, Ankara a exclu Israël des manœuvres aériennes prévues en Turquie, c’était en raison du respect dû au peuple turc : « Chaque pouvoir politique est obligé de tenir compte des demandes et de l'opinion de son peuple ». Ainsi l’Etat juif doit donc prendre des coups mais sûrement pas en donner : Le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman n’aurait certainement pas dû convoquer l'ambassadeur de Turquie en guise de protestation contre la diffusion du feuilleton télévisé, La Vallée des loups, montrant des membres du Mossad kidnappant des bébés turcs pour les convertir au judaïsme ou attaquant l’ambassade turque à Tel-Aviv et prenant l’ambassadeur et sa famille en otage. En vertu des principes universels des Droits de l’Homme, Israël n’a pas à s’opposer à la liberté d’expression dans ce pays.

La Turquie a décidé de placer l’Islam au dessus de la loi républicaine pour s’acheminer calmement vers l’instauration de la « République islamique de Turquie ». Il n’est donc pas surprenant qu’elle se sente plus d’affinité avec la Syrie et l’Iran pour des raisons économiques, énergétiques et bien évidemment idéologiques. Les critère démocratiques ne lui ont pas permis d’intégrer l’Europe compte tenu de la place prépondérante qu’elle aurait prise dans le vieux continent eu égard à l’importance de sa population. Dans ces conditions rien ne sert de s’encombrer de cet allié historique juif devenu passablement gênant dans la perspective d’une domination du monde par l’Islam.

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 22:01

 

 

LES « DROITS DE L’HOMME » DEVENU UN OUTIL DE PROPAGANDE QUI EGARE LES PALESTINIENS

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Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

 

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Le Centre Palestinien pour les Droits de l’homme (Palestinian Center for Human Right ou PCHR) a rendu le 1er juillet 2010, son rapport hebdomadaire sur les violations israéliennes des Droits de l’Homme dans les « territoires palestiniens occupés », commises entre le 24 et le 30 juin 2010. Ce document reprend les actions israéliennes (attentatoires aux Droits de l’homme) tels le cas de deux civils et un militant de la résistance tués par les forces israéliennes dans la bande de Gaza, la force utilisée contre les manifestations « pacifiques » en Cisjordanie et à Gaza (avec l’arrestation de 3 défenseurs des droits de l’homme), les tirs à balles réelles essuyés par des fermiers palestiniens et des travailleurs frontaliers, les incursions militaires en Cisjordanie, le maintien du blocus de la bande de Gaza qui isole ce territoire du reste du monde, les mesures israéliennes visant à créer une majorité démographique juive à Jérusalem Est (construction de 1400 chambres d’hôtel) ou encore la poursuite de la colonisation en Cisjordanie (la démolition de 10 maisons et deux fermes à Hébron).

Le PCHR dresse alors (comme chaque semaine) un bilan noir de la situation dans les territoires palestiniens et notamment l’impact désastreux sur l’économie et la situation humanitaire tout d’abord en Cisjordanie : restriction de circulation, atteinte aux biens des palestiniens, détail quotidien et par villes des perquisitions, fouilles, arrestations. De même, à Gaza : sont évoqués les détournements de carburants, l’atteinte à la liberté de circulation (avec le chiffre quotidien des personnes autorisées à rentrer et à sortir de Gaza), la violation du droit à des conditions de vie appropriées (travail, santé, éducation), l’impossibilité d’accéder aux produits de première nécessité (matériaux de construction, combustibles, médicaments, eau, électricité, vivres), fermetures des points de passages (alors que les palestiniens sont désireux de voyager ou de se faire soigner à l’étranger), restriction d’accès pour les diplomates, les journalistes, les travailleurs humanitaires locaux et internationaux, (avec leurs conséquences sur la détérioration des conditions de vie et le niveau de pauvreté), et enfin l’impossibilité pour 800 gaziotes emprisonnés dans les prisons israéliennes de recevoir des visites.

Le Centre palestinien des droits de l’Homme égratigne alors la communauté internationale qui n’assume pas ses obligations juridiques et morales ni n’exige d’Israël qu’il respecte la Convention de Genève dans les Territoires palestiniens occupés : « la conspiration du silence gardé par la communauté internationale encourage Israël à agir au dessus des lois et des Droits humains internationaux ou du Droit humanitaire » (même si le PCHR apprécie les efforts des structures internationales dans l’aide apportée à Gaza). Aussi, réclame-t-il une conférence pour qu’Israël respecte ses obligations et fournisse une protection aux civils palestiniens, que ses crimes de guerres soient poursuivis et condamnés, qu’il cesse ses annexions et constructions illégales, que le plan de désengagement de septembre 2005 soit considéré comme une poursuite de l’occupation, qu’il soit mis fin à l’embargo de Gaza… (document  accompagné d’une photo prise le 29 mai 2010, montrant les pleurs de femmes palestiniennes de Gaza endeuillées à la suite d’une frappe aérienne israélienne).

L’attachement du PCHR aux principes des Droits de l’homme est très fort comme en témoigne l’article daté du 24 juin 2010 sur le cours dispensé dans les locaux du Comité dans le camp de réfugiés de Jabalya, au sujet des instruments internationaux relatifs au Droits de l’Homme comme la Charte internationale des Droits de l'homme (qui comprend la Déclaration universelle des Droits de l'homme, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques), la Convention relative aux Droits de l'enfant, la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes et la Déclaration sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Une formation a également été dispensée sur la règle de droit, l'indépendance du pouvoir judiciaire et la participation politique…

C’est donc de façon tout à fait cohérente que le Comité renouvelle son appel (article du 24 juin 2010) à mettre immédiatement et complètement fin à la fermeture illégale de la bande de Gaza, punition collective du peuple palestinien interdite par l’article 33 de la 4° convention de Genève, d’autant que le soi disant allègement du blocus décidé par Israël à la suite de l’attaque (meurtrière) de la flottille de la liberté élargissant la liste des produits autorisés à entrer à Gaza, risque de transformer le blocus israélien en un autre blocus tout aussi illégal de type international reconnu et institutionnalisé. Le Comité prend donc position (article du 1er juillet 2010 de la même page internet), sur l'illégalité de la fermeture imposée par Israël de la bande de Gaza et de son prétendu «assouplissement », eu égard au caractère vague des mesures annoncées « purement esthétiques » qui ne parviennent pas à traiter les causes profondes de la crise qui seront résolues par « une complète et immédiate levée du bouclage, y compris la levée de l'interdiction des voyages dans et hors de la bande de Gaza et l'interdiction sur les exportations »…

Le matraquage en boucle de la soi disant violation par Israël des Droits de l’homme dans les territoires palestiniens fait oublier que c’est la réalité qui précède le droit, non les fantasmes. Si les palestiniens aspiraient véritablement aux plaisirs d’une vie paisible, il suffirait simplement qu’ils renoncent individuellement et collectivement à leur projet de détruire Israël. L’Etat palestinien de Gaza verrait alors le jour et une relation harmonieuse pourrait s’engager avec Israël avec une multiplication des échanges avec les voisins palestiniens. Hélas, cette hypothèse n’est pas envisageable pour les palestiniens car elle ferait mentir leurs thèses soutenues depuis 62 ans et provoquerait la disparition du Hamas. Aussi, est il préférable de cultiver ce sentiment de victimisation fondé sur une violation des Droits de l’homme qui induit dans le même temps le principe d’une résistance légitime .

En d’autres termes, le recours à la notion de Droit de l’Homme n’est finalement qu’un outil de propagande qui cautionne moralement les actes de violence palestiniens, leur sert de moteur dans la poursuite de leur entreprise et les empêche de disparaître en tant qu’unité spécifique. Il suffit juste de parsemer les textes de termes comme « territoires palestiniens occupés » (repris sous le sigle TPO), ou ceux de « Forces israéliennes d’occupation » (sigle FIO), pendant que les combattants palestiniens sont mentionnés sous le vocable de « résistants ».

Pour autant, la naïveté du PCHR est à la hauteur de son propre égarement : sur la même page internet, le Comité traite du véritable problème palestinien mais de façon détaché, à savoir la dérive sécuritaire et le chaos dans la bande de Gaza. Aussi, condamne-t-il l’attaque par des hommes masqués d’un camp d'été de Jeux organisés par l'UNRWA, mais aussi la mort accidentelle dans un camp de réfugiés de Nusseirat, d’un enfant qui a mal utilisé l’arme à feu de son frère (et « l’augmentation des incidents de ce genre »), voire encore le vol de matériel informatique dans les locaux d’une association. Le Comité demande alors au Procureur Général une enquête sur de tels « incidents » et le cas échéant, qu’il traduise les coupables en justice…

Le PCHR n’a pas tout à fait compris que les Droits de l’homme ont un corollaire : les Devoirs de l’homme.

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 20:27

 

 

ARABES ISRAELIENS ? NON, PALESTINIENS EN ISRAEL

 

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Par Maître Bertrand RAMAS-MUHLBACH

 

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Ce 9 juin 2010 a rapproché un peu plus Israël d’une rupture définitive avec sa population arabe résidante. Lors d’une conférence donnée à Maalot Tarshisha, le secrétaire Général du parti politique Hadach a lancé « nous ne sommes pas des Arabes Israéliens, nous sommes des Palestiniens. En 1948, Nous avons décidé de ne pas nuire à la sécurité de l’Etat,  mais vous continuez, malgré tout, à commettre des crimes envers nous ». Pour sa part, la députée Zoabi Hanin (qui se trouvait à bord de la flottille destinée à briser le blocus de la bande de Gaza), ne cache pas, sur le site internet du parti Balad, représenter « les Palestiniens à la Knesset ». Cette position est également partagée par l’ensemble des leaders arabes qui vivent en Israël comme par exemple le chef du Mouvement islamique arabe israélien, le cheikh Raëd Salah (qui a participé aux émeutes sur le Marmara) : de retour à Oum el-Fahem le 10 juin 2010 après sa garde à vue, il a été accueilli sous les cris de « Allah Ou Akbar » par une foule brandissant des drapeaux Palestiniens.

Certes, ce sentiment éprouvé par les personnes arabes vivant en Israël n’est pas nécessairement associé à une prise d’armes, comme en témoignent les propos du chef de la communauté arabe de  Buieina Nuidat, Salah Souleimane, (lors de la conférence à Maalot) pour qui la population arabe en Israël est majoritairement favorable à la coexistence. Toujours est-il qu’Israël devra très vite s’adapter à ce phénomène : une partie de sa population en Israël, et c’est bien légitime, ne s’associe pas à la communauté de destin du peuple juif.

Les signes en sont d’ailleurs perceptibles depuis quelques années. Le 18 décembre 2005, le député arabe Azmi Bishara (depuis destitué) avait déclaré devant une assemblée au Liban que les Arabes israéliens étaient « comme tous les Arabes, mais avec une nationalité israélienne qui leur a été imposée ». Il a alors lancé à l’endroit d’Israël : « Rendez-nous la Palestine et emportez la démocratie avec vous. Elle ne nous intéresse pas ». Quelques jours plus tard (le 15 février 2006), le député arabe à la Knesset, Ahmed Tibi (qui a aussi participé à la flottille en compagnie d’un autre député arabe de la Knesset, Talel A Saana), avait appelé à l'établissement d'un califat islamique sur « une terre arabe et musulmane » et rejeté l'« israélisation » des Arabes d'Israël. Or, ces députés arabes de la Knesset hostiles à Israël et qui violent régulièrement leur serment d’allégeance prêté à Israël, sont tout-à-fait représentatifs des populations arabes en Israël qui participent majoritairement aux élections en Israël et qui se considèrent comme étant des Palestiniens de l’Intérieur, des Palestiniens de 1948, voire tout simplement des Palestiniens vivant dans l’Etat d’Israël.

Rappelons que même le Ministre arabe Madjadleh (nommé par l’ancien Premier Ministre Ehud Olmert) avait lui aussi violé son serment d‘allégeance à Israël (le 14 novembre 2007) en annonçant à la Tribune de la Knesset : « la loi israélienne ne peut pas s’étendre au Mont du Temple (ancien emplacement du beit Hamikdach). S’il existe une contradiction entre la loi israélienne et ma profonde conviction de Musulman, je saurai quoi choisir. Avant d’être Ministre, je suis avant tout citoyen musulman »

Cette fracture de la société israélienne est d’autant plus inquiétante que les représentants palestiniens établis dans des pays limitrophes appellent désormais à un soulèvement généralisé des Arabes pour apporter leur concours aux Palestiniens. Il en est,  par exemple, ainsi de Mounir Maqdar (établi au Liban), qui a, ce 9 juin 2010, appelé tous les Arabes à pénétrer en « Palestine », à partir du Liban, de la Jordanie, de Gaza et de tous les pays arabes en formant ce qu’il a nommé une « flottille du retour vers la Palestine ».

Si Israël ne prend pas donc la mesure de cette volonté populaire, la notion d’ « intifada » (soulèvement) risque d’évoluer encore en prenant la forme d’un soulèvement des Arabes vivant en Israël. A l‘origine, l’intifada lancée en décembre 1987 concernait les  Palestiniens résidant dans les territoires palestiniens et a pris la forme de mesures de désobéissance civile ou de manifestations violentes au moyen de jets de pierres et de cocktails Molotov. Les Palestiniens situés à l’extérieur de la ligne verte du territoire israélien, ne se satisfaisaient pas des conditions de vie qui leur étaient imposées : difficultés pour se déplacer et travailler, niveaux de rémunération moindre, fouilles, complexité pour se rendre à la Mosquée Al Aqsa, développement des implantations juives en Cisjordanie… Par ailleurs, ils déploraient l’incurie des dirigeants palestiniens situés à l’étranger et leur incapacité à prendre en considération leurs besoins spécifiques pendant que les chefs arabes de la région ne manifestaient guère d’intérêt pour leur cause. Ultérieurement, la seconde intifada (lancée le 28 septembre 2000) l’a été par des Palestiniens résidant à Jérusalem à la suite de ce qu’ils considéraient être une provocation, à savoir la visite d’Ariel Sharon sur l'esplanade des mosquées alors que la veille, Arafat avait expressément donné son aval à Ehud Barak (Premier Ministre). Bien évidemment, la soi-disant provocation d’Ariel Sharon n’était pour les Palestiniens qu’un prétexte masquant une réalité : les Palestiniens résidant à Jérusalem n’exerçaient pas la moindre souveraineté sur la capitale israélienne.

Selon toute vraisemblance, la troisième intifada devrait être menée par les Arabes vivant en Israël. Elle gronde déjà depuis quelques années dans les sermons des représentants arabes d’Israël : à Wadi Joz (Jérusalem), en février 2008, le Cheik Raed Salah (encore lui) avait incité ses partisans à lancer une troisième intifada pour « sauver la mosquée d’Al Aqsa, libérer Jérusalem et mettre fin à l’occupation. ». De même, en mars 2010, l’annonce de la construction de 1600 logements dans la partie orientale de Jérusalem et l’intégration du Caveau des patriarches dans la liste du patrimoine juif a provoqué une série de manifestations violentes de nature à la déclencher.

Il est certain que les personnes arabes vivant en Israël ne parviennent pas à trouver leur place. Ils oscillent entre une aspiration vers le modèle israélien, leur identité palestinienne, leur appartenance à la grande nation arabe et, pour certains, le refuge dans le fondamentalisme islamiste. Or, les institutions politiques israéliennes, le mode de vie et le projet de société en Israël sont tournés vers le caractère juif de l’Etat,  ce qui est d’autant plus frustrant pour les arabes d’Israël que non seulement la judéité de l’Etat ne fait pas partie de leur histoire, mais qu’en outre, elle rappelle son aspect catastrophique.

Les députés israéliens doivent prochainement voter une loi qui portera le nom de la député Zoabi Hanin, sur une restriction des droits parlementaires des arabes israéliens accusés de trahison, voire leur destitution et la privation de leur immunité parlementaire, mais ce n’est pas suffisant.

L’Etat d’Israël doit désormais respecter le choix des ressortissants arabes qui ne se considèrent pas israéliens, en leur offrant le statut applicable, dans les grandes sociétés démocratiques, aux personnes étrangères en situation régulière. Celles-ci disposent de toutes les prérogatives réservées aux nationaux (logement, allocations familiales, travail, accès aux soins médicaux…), à l’exception bien entendu du droit d’être électeur et celui d’être éligible. 

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 20:53

 

 

LE RETRAIT DE LA NATIONALITE AUX ESPIONS, UN BON DEBUT


Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

 

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Ce 26 mai 2010, l’Assemblée plénière de la Knesset a adopté une proposition de loi proposée par le parti d’Avigdor Libermann, visant à retirer la nationalité israélienne à des personnes qui se livrent à des activités d’espionnage en faveur d’organisations terroristes. Il est vrai que ces derniers temps, le nombre de personnes arabes israéliennes impliquées dans des actes d’espionnage au profit du Hezbollah est en nette augmentation. En mars 2010, un Arabe israélien âgé de 23 ans a été condamné à cinq ans et huit mois d’emprisonnement pour espionnage au profit du Hezbollah. Le 24 mai 2010, s’ouvrait devant le Tribunal de district de Tel-Aviv, le procès d’une Israélienne âgée de 23 ans, accusée d’« espionnage aggravé » pour « divulgation de documents secrets avec l’intention de porter atteinte à la sécurité de l’État », durant son service militaire obligatoire, entre 2005 et 2007. Le 10 mai 2010, deux arabes israéliens ont été arrêtés pour ce motif (provoquant des protestations au sein de la minorité arabe d’Israël) : le 27 mai 2010, le Tribunal de Haifa a inculpé l’un d’eux pour espionnage au profit du Hezbollah, notamment pour des faits de « contacts avec un agent étranger », « conspiration pour aider l’ennemi en temps de guerre », espionnage au profit du Hezbollah ». Le même jour, le second (universitaire), devait être inculpé par le Tribunal de district de Nazareth pour des faits similaires.


Il n’est, bien évidemment, pas concevable que des personnes dotées de la nationalité israélienne se livrent à des actes portant atteinte à l’Etat hébreu ou agissent contre les intérêts supérieurs de la nation juive. Pour autant, la perspective d’un retrait légal de la nationalité israélienne aux espions a fait bondir le député du parti arabe Balad, Jamal Zahalka pour qui le texte serait inconstitutionnel. Selon lui, cette loi, adoptée uniquement pour être agréable au parti Israël Beitenou,  devrait être proscrite par les lois pénales. En fait, le combat de ce député contre le retrait de la nationalité israélienne n’est pas nouveau. Déjà, en novembre 2008, il s’était insurgé contre un projet de loi visant à « retirer la nationalité et les droits de pension à des parlementaires suspectés d’atteinte à la sûreté de l’Etat ». Il avait alors qualifié la procédure engagée contre Azmi Bishara (fondateur du parti politique Balad en 1996) de « vindicative, raciste et contraire à la loi internationale ». Pour lui, un tel retrait de la nationalité israélienne ne se justifiait pas, bien qu’Azmi Bishara se soit rendu dans des pays ennemis (Liban et Syrie), ait porté assistance à l’ennemi en échange d’argent, et ait entretenu des contacts avec l’organisation terroriste Hezbollah.


Israël doit pourtant être cohérent avec ses principes fondateurs. La Déclaration d’indépendance de l’Etat d’Israël de 1948 a en effet invité les habitants arabes « à préserver les voies de la paix et à jouer un rôle dans le développement de l’Etat sur la base d’une citoyenneté égale ». Bien que l’Etat juif n’ait pas opéré de distinction entre les concepts de « citoyenneté » (ezrahout)  et de « nationalité » (léoumaout) et que le terme « ezrahout » (employé dans la Déclaration de Ben Gourion) soit traduit indifféremment par citoyenneté ou nationalité, son bénéfice aux personnes arabes est conditionné par la « préservation des voies de la paix » même s’il n’est pas exigé d’eux qu’ils renoncent à leur langue, leur culture, leur religion, voire qu’ils accomplissent le service militaire (sauf pour les Druzes, les Circassiens ou les Bédouins théoriquement réputés fidèles à Israël).


Ainsi, la citoyenneté ou la nationalité israélienne suppose, à tout le moins, des intéressés, qu’ils soient animés d’un sentiment d’appartenance et d’une loyauté à l’égard de l’Etat juif, sauf à en perdre le bénéfice.


C’est d’ailleurs le sens de la Loi internationale. Rien n’interdit le retrait de la nationalité d’une personne en cas d’attitude déloyale à l’égard du pays de résidence. C’est ce qui ressort des principes des Droits de l’Homme puisque si selon l’article 15 de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme « chacun a droit à une nationalité », l’article 8 de la Convention sur la réduction des cas d’apatridie (n° 989 U.N.T.S. 175, entré en vigueur le 13 décembre 1975.), a prévu la possibilité pour un Etat de priver un individu de sa nationalité, en cas de manque de loyauté à l’égard de l’Etat contractant, notamment (d’après la liste fournie par le texte), en cas de concours apporté à un autre Etat, de comportements qui portent atteinte aux intérêts essentiels de l’Etat, d’allégeance à un autre Etat, de répudiation de l’allégeance à l’Etat….


Le principe d’un retrait de nationalité se rencontre d’ailleurs dans tous les pays, démocratiques ou non. En mai 2010, un Tribunal administratif fédéral suisse a décidé de déchoir de sa nationalité, un ressortissant suisse d’origine turque pour polygamie. En avril 2010, le Ministre français de l’Immigration Eric Besson a examiné les conditions permettant de déchoir de sa nationalité française une personne l’ayant acquise par mariage en 1999, soupçonnée de polygamie, de fraudes aux prestations sociales et d’appartenance à la mouvance radicale du Tabligh. L’Egypte est également concernée par de telles mesures : la Haute Cour Administrative doit statuer dans ce sens, en juin 2010, concernant un égyptien ayant épousé une israélienne (alors même que l’Egypte est en paix avec Israël depuis 1979).


Rien n’interdit donc à Israël d’étendre le retrait de la nationalité (ou de la citoyenneté israélienne) à toute personne qui ne se sentirait pas concernée par le devenir de l’Etat en tant qu’Etat juif, ce qui est le cas d’un nombre grandissant d’arabes israéliens. En 2009, 82% des arabes israéliens ont voté pour des partis arabes qui embrassent les thèses nationalistes palestiniennes. Il y a tout d’abord la Liste arabe unie pour le renouveau (Raam-Taal en hébreu), coalition du Parti démocratique arabe (PDA), du Mouvement islamiste (d’obédience Frères musulmans), et du Mouvement arabe pour le changement dirigé par Ahmed Tibi (ancien conseiller de Yasser Arafat). Sont également représentés à la Knesset, l’Assemblée démocratique Nationale (Balad), et les communistes du Front démocratique pour la paix et l’égalité (Hadash). Or, dans ces partis, les élus souhaitent rester israéliens tout en soutenant l’Autorité palestinienne, la création d’un Etat palestinien et le retour des « soi-disant » réfugiés palestiniens en Israël. Résultat, un nombre grandissant de jeunes arabes (1874 en 2009 dont un tiers de Druzes) ont refusé de servir dans l’armée. Si ces personnes ne se sentent pas en adéquation avec l’Etat juif, qu’ils rejoignent donc le futur Etat palestinien et cessent d’être Israéliens.


Le retrait de la nationalité israélienne doit également être étendu aux députés arabes de la Knesset qui violent leur serment d’allégeance à l’Etat juif (imposé par l’article 15 de la loi fondamentale sur la Knesset du 12 février 1958). Rappelons d’ailleurs que l’article 16 de cette loi prive les députés de leurs prérogatives tant qu’ils n’ont pas effectué cette déclaration d’allégeance, l’article 16 A interdisant même de déclarer allégeance à l’Etat d’Israël en cas de bénéfice d’une autre citoyenneté. Si donc, les députés arabes de la Knesset se considèrent Palestiniens, libre à eux. Mais dans ce cas, qu’Israël applique la Loi fondamentale, les prive du bénéfice du statut de membre du parlement, et organise le retrait de leur citoyenneté israélienne.


En somme, pour incarner l’Etat juif et être reconnu comme tel, il suffit simplement d’appliquer les outils démocratiques légaux et internationaux.

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 20:20

 

 

 

PAIX CONTRE TERRITOIRES ? NON, PAIX CONTRE PAIX

 

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Par Maître Bertrand-Ramas-Muhlbach

pour : http://lessakele.over-blog.fr et www.aschkel.info 


Lors des cérémonies de commémoration de la seconde guerre mondiale célébrées à Moscou ce 18 mai 2010, le Président israélien Shimon Pérès a transmis les conditions d’une éventuelle paix avec la Syrie au Président russe Dimitri Medvedev, qu’il a chargé de soumettre au Président syrien Bachar Al Assad, deux jours plus tard, lors de son séjour à Damas. Selon le journaliste libanais qui a recueilli les propos, il s’agirait d’une réitération de l’offre faite par le passé concernant un abandon du Golan en contrepartie de la Paix, exprimée de façon extrêmement nuancée : « il n’est pas concevable que la Syrie obtienne le Golan et qu’elle reste l’alliée de l’Iran ». Le Président israélien a alors rappelé le caractère récurrent de la proposition faite par différents Premiers Ministres israéliens sur ce point : « cinq Premiers Ministres ont déjà montré leur volonté d’aller très loin dans les concessions envers la Syrie pour arriver la paix ».

Bien que cette suggestion n’ait pas été confirmée de manière officielle, ni par le Président Shimon Pérès israélien, à son retour de Russie (il n’a d’ailleurs pas qualité pour décider d’une remise en cause de l’intégrité territoriale de l’Etat juif), ni par le Premier Ministre Netanyahou, il conviendrait d’apporter quelques précisions sur le principe de l’échange de territoires contre la paix.

La technique a effectivement fonctionné avec l’Egypte lors de la signature des accords de Camp David (17 septembre 1978) qui ont été suivis du traité de paix signé le 26 mars 1979, accompagné d’un retrait du Sinaï. Shimon Pérès, alors chef de l’opposition travailliste avait, d’ailleurs, joué un rôle-clé en convaincant les instances dirigeantes du parti de soutenir les accords. Pour autant, il n‘est pas certain que le principe puisse être aisément généralisé. Dans le cas de l’Egypte, le principe de la paix en contrepartie de la terre a pu être mis en place et appliqué compte-tenu de la personnalité et de la fiabilité du Président égyptien Anouar Al Sadate et de l‘équipe dirigeante ultérieure. Rappelons, néanmoins, qu’il n’a en rien participé d’un grand mouvement pacifique ou d’une volonté unanime du peuple arabe égyptien. Le Président Sadate en a d’ailleurs cruellement fait les frais le 6 octobre 1981, lorsque les terroristes islamistes l’ont assassiné pour ne lui avoir pas pardonné la réconciliation avec Israël. Par la suite, l’accord a été respecté grâce au système politique de type dictatorial mis en place, qui ne permet pas à la population locale de le remettre en question, bien qu’elle ne se sente nullement engagée par les choix présidentiels. Notons enfin que le principe de la paix entre Israël et l’Egypte n’est pas définitivement acquis côté égyptien, sa remise en cause étant indirectement l’un des thèmes de la prochaine campagne présidentielle en Egypte (fin 2010) avec le principe du soutien (par l’opposition) des
Palestiniens de la bande de Gaza.

Inversement, il est important de noter que la paix peut parfaitement être signée avec un pays arabe sans qu’elle ne s’accompagne de concessions territoriales. C’est d’ailleurs ce qui s’est produit dans le cas de la paix signée avec la Jordanie le 26 octobre 1994 (Shimon Pérès étant alors Ministre des Affaires Etrangères au moment des négociations). Dans ce cas, non seulement Israël n’a pas lâché un pouce de terre, mais en outre, c’est exactement le contraire qui s’est produit : le Royaume Hachémite a d’abord décidé, en 1988, d’abandonner la souveraineté sur la Cisjordanie et sur la partie Orientale de Jérusalem, annexées en 1950, avant d’offrir la paix a Israël. Il y a donc eu de la part de la Jordanie, renonciation à souveraineté sur une partie du territoire avant la signature du traité de paix. Le principe de la paix gagnée sans concessions territoriales ne présente pas, non plus, un caractère définitif puisqu’elle a été imposée par un système dictatorial et qu’elle ne reflète pas une expression populaire unanime.  De plus, la position de la Jordanie dans sa relation avec Israël a toujours été empreinte d’ambigüité concernant le statut de Jérusalem. A l’origine, la Jordanie (comme aucun pays arabe) n’a jamais accepté la résolution 181 de l’Assemblée générale en date du 29 novembre 1947, concernant le plan de partage de la Palestine. Elle s‘est donc permise en 1950, d‘annexer la Cisjordanie et la partie orientale de Jérusalem (sans, d‘ailleurs, que la communauté internationale ne s‘en émeuve). Cette annexion était pourtant contraire aux dispositions de l’article II de la résolution 181 concernant le statut spécial de Jérusalem et la décision de créer un secteur démilitarisé constituant une entité distincte sous l’égide du Conseil de tutelle des Nations Unies. Elle était également contraire à la résolution 194 (III) du 11 décembre 1948 de l’Assemblée générale qui a réaffirmé le nécessaire placement de Jérusalem sous le contrôle effectif des Nations Unies. La Jordanie a simplement pris soin de préciser que l‘annexion en 1950 ne préjugeait pas du statut futur de Jérusalem. Par la suite, les guerres menées par la Jordanie contre Israël en 1967 et 1973 ne l’étaient pas spécialement pour organiser un partage de la ville entre juifs et Palestiniens mais simplement pour anéantir l‘Etat juif. Plus tard, la Jordanie a indiqué en 1988, que l’abandon de souveraineté sur la Cisjordanie et Jérusalem ne préjugeait pas du sort de Jérusalem comme si elle pouvait en décider alors que la ville était repassée sous souveraineté israélienne depuis 1967. En tout état de cause, rien n’interdit au peuple palestinien de Jordanie (qui représente 85 % de la population locale) de remettre en question le principe de la paix avec Israël s’il parvient à prendre  le contrôle du pouvoir qui se trouve entre les mains de la dynastie hachémite.

Avec la Syrie, la paix ne devra pas être échangée contre des territoires, ni dans un sens ni dans l’autre, mais contre un engagement de paix réciproque. Il convient simplement de faire application des dispositions de la Loi juive qui impose l’équilibre des prestations, fondement du mécanisme de la responsabilité. Lorsqu’il survient un dommage, la réparation n’est pas le résultat d’une vengeance mais s’inscrit dans le cadre d’une recherche de l’équité, c'est-à-dire être équivalente au dommage causé : « s'il y a un accident, tu donneras vie pour vie, oeil pour oeil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied » (Exode, 21, 23-24).

C’est encore cette règle qui doit être appliquée dans les accords de paix avec la Syrie. Nul besoin de céder le Golan, ni de penser que les gestes de bonnes volonté israéliens seront récompensés par une prise de conscience syrienne sur la nécessité de vivre en bonne intelligence. C’est exactement le contraire qui pourrait se produire pour une bonne raison : si Israël ne se respecte pas et ne respecte pas son histoire, il ne pourra l’être par ses voisins.

En cas de transfert de souveraineté du Golan à la Syrie, le plateau serait immédiatement occupé par le Hamas et le Hezbollah (contre la volonté et à l’insu du Président Syrien, bien entendu), qui mettront en danger les populations juives situées en contre bas.

Il appartient donc à l’Etat juif d’entreprendre un devoir pédagogique pour faire entendre à ses ennemis que l’objectif d’éradication d’Israël n’est pas réalisable, voire qu’il constitue une erreur de jugement. Les peuples arabes doivent comprendre que les discours des leaders charismatiques, ennemis d’Israël, ne sont que des mensonges visant à assoir un pouvoir, des prérogatives et une domination qui ne va pas dans le sens de l’histoire : l’humanité repose sur la raison, non sur la force. Le processus d’intoxication culturelle anti-juive qui permet d’institutionnaliser la violence contre Israël pourra alors disparaître tout à fait naturellement.

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 19:54

 

 

LES « PRESSIONS » SUR L’IRAN ET ISRAEL, UN JEU DE DUPES MAIS POUR DES RAISONS DIFFERENTES

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

pour http://lessakele.over-blog.fr et www.aschkel.info

 


Des « pressions » sont exercées sur l’Iran et sur Israël pour tenter d’influer sur leurs actes, considérés comme étant de nature à porter atteinte à la stabilité internationale. Par ailleurs, ces pressions rassurent l’opinion publique internationale en suggérant l’existence de « contre-pouvoirs » visant à un rétablissement rapide de la situation qui prévalait antérieurement. Ces pressions visent à contraindre l’Iran à renoncer à ses ambitions nucléaires, et Israël (réputé responsable du blocage des négociations avec les Palestiniens), à abandonner ses implantations en Cisjordanie et sa souveraineté sur la partie orientale de sa capitale historique.

Le problème se pose toutefois de savoir si ces « pressions » (consistant généralement dans des sanctions ou dans des mesures auxquelles la communauté internationale menace de recourir), sont réellement efficaces ou si finalement, les Etats concernés peuvent en faire abstraction, et rendre leurs décisions opposables à la communauté internationale. S’agissant de l’Iran et d’Israël, ces pressions apparaissent, pour des raisons différentes, parfaitement inopérantes, un peu comme s’il s’agissait d’un jeu de dupes, avec tous les dangers relatifs aux frustrations qu’elles induisent.

Depuis de nombreuses années, la communauté internationale déploie tous ses efforts pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. En avril 2009, des pressions économiques et financières ont été exercées au moyen d’un boycott des banques iraniennes. Rien n’y a fait : Ahmadinejad a confirmé poursuivre sur sa voie. En 2010, les pressions se sont encore accrues par le recours aux outils financiers sur la place de Dubaï, seule porte ouverte sur le monde pour la République islamique. Les Etats-Unis ont alors fait interdiction aux établissements financiers de traiter avec leurs clients iraniens et empêché les prestataires de services, les banques et les autorités de régulation, d’accéder aux services indispensables en cas d’investissement en Iran. Ces menaces n’ont pas non plus ébranlé le régime des Mollah qui a confirmé maintenir le cap. En avril 2010, de nouvelles pressions ont été exercées par les Etats Unis avec la doctrine nucléaire du Président Obama (« nouvelle posture nucléaire ») prévoyant que les Etats-Unis n'utiliseraient ni ne menaceraient d'utiliser des armes nucléaires contre des Etats ne possédant pas d'armes nucléaires et qui sont signataires du Traité de non-prolifération nucléaire. Inversement, les pays comme l'Iran (ou la République populaire démocratique de Corée) qui violeraient ou renonceraient au traité, resteraient sur la liste des cibles potentielles. Cela n’a nullement ému le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui continue de narguer le monde avec ses intentions estimant par ailleurs que la nouvelle politique nucléaire américaine était dictée sous la pression israélienne.

Comme gage de bonne volonté, la communauté internationale s’est même engagée à rééquilibrer les exigences en exerçant, concomitamment, des pressions sur l’Etat juif sur ce point. Lors de la Conférence sur la non prolifération nucléaire qui se déroule en mai 2010 aux Etats-Unis, les cinq membres permanents du conseil de sécurité (Etats Unis, Chine, France, Russie et Grande Bretagne) ont signé l'engagement de faire respecter la résolution de 1995 de l'ONU sur un Moyen Orient dénucléarisé, résolution qui oblige Israël à se défaire de sa force nucléaire et l’invite à ratifier le traité de non prolifération nucléaire.

Ces nouvelles mesures ne seront pas de nature à faire renoncer l’Iran à ses ambitions nucléaires : si les Etats-Unis ont une doctrine en matière de nucléaire, l’Iran en a également une sur la disparition programmée d’Israël. Or, il n’y a aucune raison de penser que la doctrine d’Obama prévale sur celle d’Ahmadinejad. Par ailleurs, l’Iran dispose également d’une capacité de nuisance contre les intérêts économiques et géopolitiques des Etats-Unis en se rapprochant de tous ceux qui ont l’ennemi américain en commun : la Chine, la Russie, le Venezuela. Enfin, l’Iran sait parfaitement qu’Israël n’acceptera jamais de se priver de son potentiel nucléaire et ne craint donc pas la confrontation armée.

S’agissant des pressions exercées sur l’Etat hébreu dans la relation avec les Palestiniens, il est demandé au Premier ministre Netanyahou de « faire preuve de sincérité dans le processus de paix avec les Palestiniens » et de s’abstenir de toute démarche unilatérale risquant de gêner la relance des pourparlers. A demi-mot, il est demandé à Israël de renoncer purement et simplement à sa souveraineté sur la partie orientale de Jérusalem mais les pressions sur ce point devraient, de la même manière, rester parfaitement inefficaces.

Dans les faits, la communauté internationale est passablement gênée dans son implication sur le règlement du conflit, compte tenu des engagements pris en faveur des Palestiniens, qu’elle est incapable de tenir. En effet, elle a régulièrement condamné Israël pour l’annexion de Jérusalem-Est depuis 43 ans, sans résultat.  En 1968, la résolution 252 (1968) du Conseil de Sécurité a considéré non valables les mesures législatives et administratives prises par Israël modifiant le statut juridique de Jérusalem. La résolution 3236 (AG ONU) du 22 novembre 1974 a ensuite réaffirmé les droits inaliénables du peuple palestinien en Palestine. La résolution 3376 (AG ONU) du 10 novembre 1975 a même créé un Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien chargé d’en assurer la mise en œuvre. Dès avant le vote par la Knesset de la loi sur Jérusalem (13 décembre 1980), le Conseil de Sécurité avait adopté (le 30 juin 1980) sa résolution 476 demandant à la « puissance occupante » de cesser les mesures affectant le statut de Jérusalem puis, le 20 août 1980, la résolution 478 affirmant que les mesures prises concernant le Statut de Jérusalem étaient nulles et non avenues. Dans la résolution 672 du 20 décembre 1990, le Conseil de sécurité s’est déclaré préoccupé de la détérioration de la situation « dans tous les territoires palestiniens occupés par Israël depuis 1967, y compris Jérusalem » (tout comme dans la résolution  ES-10/6 du 9 février 1999 et celle du 1er décembre 2000). Dans la résolution ES-10/13 du1 octobre 2003, il est même exigé d’Israël un arrêt de la « construction du mur dans le territoire palestinien ».

Les Palestiniens sont donc légitimement en droit de se demander si l’on ne se moque pas d’eux : en dépit des décisions de l’AG des Nations Unies, les israéliens poursuivent l’aménagement de la partie orientale de Jérusalem, y construisent des routes, établissent des check-points, construisent de nouvelles implantations pour les  Juifs, limitent leur accès aux lieux saints, aménagent des voies de communications qui coupent la Cisjordanie (ligne de tramway), détruisent les maisons palestiniennes construites sans permis valables, voire inscrivent la vieille ville dans la liste du patrimoine juif, bref, y exercent une parfaite et entière souveraineté.

Le Quartette (Etats-Unis, Russie, ONU et Union européenne) peut toujours considérer que « les nouvelles constructions à Jérusalem-Est et en Cisjordanie » affectent la confiance mutuelle, cela ne changera rien. La souveraineté d’Israël sur sa capitale transcende les décisions de la communauté internationale pour une raison très simple : ces dernières ne sont fondées, ni en droit, ni en équité ni même par le bon sens, mais simplement par l’opportunisme, ce qui est manifestement insuffisant.

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 19:00

 

 

LE ROI SALOMON REPOND A JCALL : « ON NE DECOUPE PAS LES BEBES »

Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

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L’appel J call lancé ce 1er mai 2010, par un collectif d’intellectuels juifs composé notamment d’Alain Finkelkraut, de Bernard Henri Levy ou encore de Daniel Cohn Bendit, a fait coulé beaucoup d’encre. Il s’est, en effet, permis de critiquer la politique israélienne en recourant à des termes vexants voire insultants pour Israël comme par exemple « occupation », « implantation en Cisjordanie et dans les quartiers arabes de Jérusalem Est », « erreur politique », « faute morale », « délégitimation inacceptable d’Israël »... Par ailleurs, ces éminents intellectuels n’ont pas manqué de s’accaparer le monopole de la raison, et appelé à une ingérence de l’Union Européenne et des Etats-Unis pour exercer des pressions (sur les deux parties bien entendu) afin qu’elles aboutissent à un règlement « raisonnable » et rapide du conflit israélo palestinien.

Plus précisément, cet appel l’est en vue de l’établissement de « deux Etats pour deux peuples » (ce qui semble désormais acquis pour une très large majorité) en suggérant (à demi -mot) un partage de Jérusalem et un arrêt des constructions israéliennes autour de la capitale israélienne, tout au moins dans sa partie orientale.

Le problème que pose une nouvelle fois le collectif Jcall est celui de savoir si, lors d’une contradiction d’intérêts, la seule solution consiste à renvoyer les parties dos à dos et à prévoir un partage du bien revendiqué. Une fois encore, il se pourrait bien que la réponse se trouve dans le raisonnement du Roi Salomon (1 Roi, 3 ;16-28) lorsqu’il a eu à connaître les revendications de deux femmes sur un enfant dont elles affirmaient, chacune, être la mère. Il a simplement demandé à ce qu’on lui apporte une épée pour couper l’enfant en deux, et permettre ainsi d’en donner une moitié à chacune d’elle. Les réactions furent différentes chez les prétendues mères : l’une a proposé d’abandonner le bébé à l’autre pour éviter qu’il ne meurt, tandis que la seconde s’est satisfaite de la solution avancée par le Roi Salomon. Ces attitudes ont suffit au Roi pour lui permettre de forger sa décision : « Donnez à la première l'enfant qui vit, et ne le faites point mourir. C'est elle qui est sa mère».

Le Roi Salomon aurait certainement adopté le même raisonnement s’il avait eu à connaître les revendications palestiniennes sur la capitale israélienne : Jérusalem est un peu le « Bébé » du peuple juif qu’il ne faut ni découper ni priver de son parent. C’est ce qu’a rappelé le Premier Ministre Netanyahou au Président Barak Obama en mars 2010 lorsqu’il a lancé : «Le peuple juif a construit Jérusalem il y a 3.000 ans et le peuple juif construit Jérusalem aujourd'hui ». Jérusalem a, en effet, été la capitale du Roi David (il y a transporté l'Arche d'Alliance), le Roi Salomon y a fait construire un sanctuaire pour abriter les Tables de la Loi (comme prévu par Moïse) et la capitale israélienne constitue une partie de l’identité juive à travers l’héritage Biblique transmis de génération en génération, du vœu formulé à la fin des cérémonies des fêtes de Pessa’h (« l’an prochain à Jérusalem »), ou encore de la prière que récitent quotidiennement les juifs pour la construction de Jérusalem (dans la Amida)...

Les arabes ont pour leur part un lien plus distendu avec Jérusalem. Ils ont certes envahi la Palestine au 7ème siècle et construit une mosquée sur l’emplacement du temple de Salomon mais l’Islam ne s’y est pas imposé naturellement. Les populations juives et chrétiennes locales ont fait le choix de se convertir à l’Islam au 8ème siècle pour éviter les discriminations économiques puis, pour les récalcitrants, été obligés de le faire par un décret de 1012 des califes Fatimides dirigés par les Musulmans Shiites du Caire : à défaut, il fallait quitter le pays. Lorsqu’en 1044, le nouveau calife a levé le décret des conversions forcées, les juifs convertis ont encore préféré rester musulman pour éviter les discriminations.

Lorsque de nombreux siècles plus tard (en 1948), Jérusalem a de nouveau été placée sous souveraineté arabe : la légion arabe jordanienne a repris les méthodes d’épuration ethnique ancestrale pour tenter d’effacer les témoignages de la présence juive à Jérusalem : destruction des quartiers juifs, des synagogues (58 au total), expulsion des résidants juifs. Enfin, au cours des dix dernières années (2001-2010), les revendications arabes sur Jérusalem se sont exprimées au moyen de l’attentat terroriste en Israël et à Jérusalem au moyen d’armes blanches ou à feu, de ceintures explosives, de roquettes, d’obus de mortier, même de bulldozers ou de pelleteuses … Pour ce qu’il en est des endroits choisis pour commettre ces attentats, on peut citer les rues fréquentées, les écoles juives, les centres commerciaux, les chemins de randonnées, les routes, les gares routières et ferroviaires, les points de contrôle avec la Cisjordanie et Gaza, les bus ou les arrêts de bus…

Aujourd’hui, si les  Palestiniens veulent créer leur Etat, c’est Ramallah qui devra être choisie pour capitale puisque cette ville symbolise la présence et le combat palestinien : c’est à la Mouqata que s’est retranché Yasser Arafat, que siègent les institutions du Fatah, et où sont accueillis les personnalités étrangères qui rendent visite au président de l’Autorité palestinienne.

En fait, les revendications arabes palestiniennes sur Jérusalem apparaissent très proches de celles de la supposée mère qui acceptait, du Roi Salomon, qu’il tue l’enfant pour empêcher l’autre de l’avoir : les Palestiniens semblent plus attachés à la destruction de Jérusalem comme symbole du judaïsme, qu’à la création de l’Etat palestinien.

La raison très simple est, en réalité, fournie par le mot Palestine lui même. Le mot « phalastin », en arabe, est une combinaison de deux mots : « falas » et « tin », reliés par un « s » employé dans la langue arabe comme conjonction de coordination. Or, en arabe, « falas » signifie « faillite », c'est-à-dire l’échec complet d’une entreprise, et le mot « tin » signifie « boue » mais également « terre argileuse » ou encore terre infertile. Ainsi, en langue arabe, le mot « Phalastin » n’est rien d’autre que la « faillite de la terre non fertile », un peu comme si cette « terre argileuse et infertile » était la population locale que les vendeurs de haine déshumanisent et plongent dans le désespoir et la désolation pour en faire des barbares dociles et soumis.

Dans ces conditions, le collectif Jcall ne peut espérer appliquer au conflit israélo-palestinien les recettes qui prévoient, dans un conflit, « de couper la poire en deux », ou encore, la règle selon laquelle « c’est le plus intelligent qui cède ». Le problème est un peu plus compliqué. Aussi, mieux vaut-il s’en tenir à la jurisprudence du Roi Salomon et avoir la certitude que le musée du terrorisme palestinien ne sera jamais inauguré à Jérusalem. 

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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 19:48

 

 

 

LA DOCTRINE DU PRESIDENT OBAMA : ENTRE HUMANISME, FERMETE  ET RESPECT DE LA SENSIBILITE ARABO MUSULMANE

 

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

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A l’occasion du sommet sur la sécurité nucléaire qui s’est tenu les 14 et 15 avril 2010, le Président américain Barak Obama a souligné les graves conséquences qu’entraînerait la possession d’armes nucléaires par des mouvements tels qu’Al Qaida. Il s’agit selon lui, du plus grand danger qui menace la sécurité du monde puisque une « petite quantité de plutonium pas plus grosse qu'une pomme suffit pour tuer des centaines de milliers de personnes». C’est dans ce contexte de menaces potentielles d’attaques terroristes nucléaires, que les 36 pays participants se sont engagés à sécuriser les matériaux fissiles et les armes atomiques dans un délai de 4 ans, en confiant à l’Agence Internationale de l’Energie atomique un rôle accru et en la dotant de moyens financiers adaptés.

Une nouvelle fois, le Président américain a fait preuve d’une très grande lucidité mais aussi d’une certaine humilité en admettant ne pouvoir régler seul l’ensemble des problèmes de la planète, certains pays ne partageant pas les mêmes idéaux ni les mêmes valeurs. Parmi les causes d’instabilité dans le monde a été évoquée l’absence de réconciliation entre l’Inde et le Pakistan, qui nourrissent une haine l’un envers l’autre, et qui poursuivent leur course à l’armement nucléaire alors que le Pakistan est en proie à une insurrection islamiste et que des réseaux proches d’Al Qaida y sont implantés. De même, il est des incertitudes au sujet du stock d’armement détenu par la Russie alors que la corruption dans ce pays y règne à grande échelle et que ce pays reste très évasif (tout comme la Chine) sur le programme nucléaire iranien. (Pour sa part, le Président français a estimé que les sanctions contre l’Iran devaient être adoptées en avril ou mai 2010, pour contraindre ce pays à suspendre ses activités potentiellement nucléaires : « l’obstination des dirigeants iraniens à refuser les contrôles approfondis a fait perdre beaucoup de temps. Il y a une conscience générale que cela ne peut plus durer »).

En réalité, depuis son accession au pouvoir, le Président Obama tente d’insuffler une dynamique nouvelle empreinte d’humanisme qui rompt, loin s’en faut, avec la suffisance de son prédécesseur. Sa tâche est d’autant plus ardue qu’il doit constamment jongler entre une certaine fermeté et le respect des susceptibilités des autres Etats de la planète qui n’entendent pas se faire dicter le système de valeur admis aux Etats Unis. Déjà, lors de son allocution au Caire du 4 juin 2009, il avait bien rappelé qu’il n’était pas question, pour une nation, d’imposer un système de gouvernement à une autre, les Etats-Unis ne détenant pas le monopole des valeurs transcendantes universelles.

Sans vouloir imposer la conception américaine des relations internationales, il avait toutefois insister sur l’interdépendance des systèmes en citant les conséquences sur le système financier international des dysfonctionnements rencontrés au sein d’un Etat, mais aussi l’absence d’imperméabilité des frontières aux nouveaux virus, voire encore les dangers pour l’ensemble des nations en cas de volonté par l’une d’elles d’acquérir des armes nucléaires (il aurait pu, quelques mois plus tard, évoquer les conséquences de l’irruption d’un volcan dans un pays d’Europe et la formation d’un nuage de cendres qui recouvre le ciel européen).

Il est certain qu’il n’est pas toujours aisé de trouver l’arbitrage adéquat entre la prise en compte des susceptibilités de pays souverains, le recours à la force pour imposer des solutions estimées justes et le souci de ne pas apparaître comme étant détenteur de la vérité universelle, même s’il est une responsabilité, pour les nations, de ne pas laisser s’installer des situations déséquilibrées à l’origine de frustrations et d’injustices génératrices de violences.

Sa très grande sagesse et mesure concernant l’analyse des situations géopolitiques internationales ne se sont pas en revanche affirmées dans son approche sur la situation au Proche Orient, depuis son investiture à la tête des Etats-Unis. En effet, le Président américain n’a pas exactement fait montre d’un même réalisme dans l’analyse de la situation, un peu comme s’il se sentait obligé d’éprouver la sensibilité des pays musulmans.

Lors de son discours au Caire du 4 juin 2009, il a certes rappelé la réalité du massacre des juifs commis en Europe au cours de la seconde guerre mondiale et le caractère odieux de toute négation à ce sujet. Néanmoins, le prix Nobel de la paix 2009, s’est montré attentif aux souffrances endurées par le peuple palestinien musulman et chrétien, non pas en ce qu’il est en quête d’un territoire (dont il dispose déjà) mais en adoptant la thèse du monde arabe au regard des conséquences de la création de l’Etat d’Israël, et notamment de « la douleur de la dislocation» qu’il a emporté.

Autrement dit, pour le Président Obama, le problème des palestiniens n’est pas simplement celui de créer un Etat indépendant et autonome (ce qui serait en soit aisé à mettre en œuvre) mais également celui de l’émiettement qu’a induite la création de l’Etat d’Israël. Or, cette analyse est problématique en ce qu’elle sous entend qu’il a existé une entité autonome palestinienne préalablement à Israël, (ce qui est faux), justifiant, implicitement, la nécessité d’éradiquer Israël.

De la même manière, le Président Obama s’est associé aux plaintes des palestiniens non pour les inviter à créer leur Etat sur les terres qu’ils contrôlent mais bien en déplorant leurs conditions de vies dans des camps de réfugiés en Cisjordanie, a gaza (c’est-à-dire chez eux) ou dans des terres voisines (pourtant arabes), « dans l’attente de connaître une vie de paix et de sécurité à laquelle ils n’ont jamais eu droit ». Ce faisant, il perpétue ce fantasme du « droit au retour » (imaginaire) des palestiniens en Israël et confirme encore la thèse palestinienne de l’existence d’une unité territoriale aujourd’hui occupée. Sur ce point, le Président américain a même regretté les humiliations grandes et petites qui « accompagnent l’occupation » (cautionnant implicitement les actes de résistance armée, même s’il les déplore par ailleurs).

Plus grave, le président Obama a explicitement nié la réalité d’Israël (toujours dans ce discours), en affirmant qu’il fallait créer « deux états » dans lesquels israéliens et palestiniens vivront dans la paix et la sécurité. Or, s’il doit être créé deux Etats, c’est qu’Israël n’existe pas, ce que soutient d’ailleurs le monde arabo musulman depuis 62 ans en ne faisant pas figurer ce pays sur les cartes de géographie. Il en est de même lorsqu’il affirme que les États-Unis n'acceptent pas la légitimité de la continuation des colonies israéliennes comme si la Palestine existait déjà et que cette entité autonome était occupée. En réalité, les constructions sur des collines désertiques qui entourent Jérusalem n’empêchent nullement les Palestiniens de développer leur société.

Il est finalement dommage que le Président américain n’ait pas incité les palestiniens à proclamer leur Etat avec Ramallah pour capitale alors que certaines rues portent déjà le nom des héros de la cause palestinienne, et qu’il n’ait pas averti les palestiniens que la création d’un Etat indépendant exigerait le démantèlement des milices armées. Cette voie devrait être privilégiée d’autant que le Premier Ministre Benjamin Netanyahou a une nouvelle fois confirmé (en avril 2010) son accord sur le principe de la création d’un Etat palestinien dans des frontières provisoires.

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 19:40

 

 

 

 

 

ISRAEL, REMPART CONTRE LES DYSFONCTIONNEMENTS DES SYSTEMES MONOTHEISTES ULTERIEURS

 

Par Bertrand RAMAS-MUHLBACH

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En ce début avril 2010, l’Eglise catholique fait de nouveau les gros titres de l’actualité avec les scandales de pédophilie qui impliquent certains de ses responsables. Le 1er avril, un prêtre de Rouen a été mis en examen pour agressions sexuelles sur un mineur de moins de quinze ans pendant qu’un autre prêtre du même diocèse était soupçonné de détention d'images à caractère pédo pornographique. Plus généralement et très tristement, c’est l’ensemble des pays d’implantation du christianisme qui est concerné par ce fléau : les pays d’Europe, les Etats-Unis le Canada voire encore l’Australie. Des prêtres y sont accusés d’assauts sur de jeunes personnes et souvent incarcérés alors que leurs actes ont été dissimulés de nombreuses années par leur hiérarchie. L’Archevêque Allemand Robert Zollitsch a souhaité que ce vendredi (2 avril) Saint pour l’Eglise, marque un nouveau départ et qu’il soit mis un terme à ces scandales à répétition des dernières années. Dans cet état d’esprit, le pape Benoît XVI a prononcé son sermon pour le dimanche des Rameaux à Rome le 28 mars 2010, adressé «aux jeunes et à ceux qui sont chargés de les éduquer et de les protéger».

Ce fléau qui frappe l’Eglise est en réalité lié aux modalités spécifiques d’exercice de leur ministère par les hommes en charge du service liturgique. L’abstinence sexuelle et le renoncement au mariage que l’Eglise catholique leur impose en vue d’une plus grande disponibilité au service de Dieu, sont, selon toute vraisemblance, à l’origine de comportements sexuels déviants. A priori, la nature humaine ne peut se passer ni de tendresse ni de relations sentimentales intimes. Autrement dit, imposer aux religieux l’offrande spirituelle d’une exclusivité donnée à Dieu, de réfréner les désirs, ou de renoncer à toute relation sexuelle alors que le fonctionnement du corps est dicté par le système hormonal, est parfaitement contre nature.

Lorsque le fonctionnement de l’Eglise catholique relève de règles ésotériques, il est possible de dissimuler la perversion de ses agents. Inversement, à une époque  où chacun est instantanément informé des travers des responsables en charge du culte, il devient urgent de corriger les imperfections du système et de remettre en question ses règles inadaptées. Si elle n’accepte pas de corriger son fonctionnement sur le sujet,  l’Eglise court le risque de faire douter les jeunes adeptes du système religieux et de les éloigner de la spiritualité qu’elle suggère. Actuellement, l’Eglise catholique est confrontée à une désaffection de ses lieux de prière et à une profonde crise morale et spirituelle des jeunes générations. Si la frustration spirituelle s’amplifie, les jeunes générations reviendront naturellement à des comportements violents, forme suprême de l’irrespect d’autrui.

Les valeurs chrétiennes d’amour, de générosité, de partage et d’élan vers l’autre, ne doivent donc pas être abandonnées par les jeunes générations de chrétiens au motif que l’Eglise tarde à corriger les propres incohérences de son système. En tout état de cause, et dans l’attente des modifications à venir, Israël  doit conserver son statut de frère ainé et de rempart contre un rejet du fonctionnement spirituel de l’univers.

De la même manière, l’Islam ne semble pas encore avoir finalisé les règles applicables d’organisation de l’exercice de la foi, et notamment jugulé la violence qu’il suscite. Pour l’instant de nombreuses justifications sont apportées sans soit pris en compte la nécessité d’y mettre un terme définitif, alors que rien n’est susceptible de la cautionner.

La première justification de la violence en Islam tient à la certitude que le mode de foi s’impose par la force. Autrement dit, les Ulémas cherchent à prouver que l’Islam est la seule « religion vraie » qui triomphe de ses adversaires de cette manière. Ainsi, et bien que de nombreux textes du Coran glorifient la paix, les théologiens de l’Islam préfèrent recourir aux textes qui légitiment la violence et la terreur pour contraindre physiquement les Musulmans récalcitrants comme les non musulmans. Or, tant que l’Islam n’aura pas réglé ce problème d’ancrage dans les rapports de force, il continuera (à tort) de considérer ceux qui prônent la paix comme des défaitistes (qui pactisent avec l’ennemi), et la paix comme une résignation ou une perpétuation de la domination des infidèles.

La seconde justification de la violence en Islam tient à son caractère défensif, comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort. La religion de Mahomet se considère achevée et ne parvient pas à se livrer à une introspection ni à provoquer son autoanalyse. Ainsi, elle ne remet pas en question les vérités qu’elle diffuse ni n’accepte d’interpréter les textes. En Islam, le commentaire des textes (ou sa tentative) est assimilé à une déconstruction blâmable menant à l’enfer. Il est en effet une conviction selon laquelle les messages religieux l’ayant précédé cherchent à reprendre le dessus. Sur ce point, l’Islam justifie sa violence par son opposition à la civilisation occidentale et à ses vérités qui tendent à s’universaliser. Aussi, et pour prendre le contre pied des vérités occidentales que sont la paix, la liberté, la démocratie et les Droits de l’Homme, l’Islam se présente sous ses aspects (contreproductifs) de la guerre, de la violence et de l’agression, persuadé que les pays ayant à l’origine embrassé l’Islam ont positivement intériorisé ces conquêtes comme une délivrance de l’erreur dans laquelle ils vivaient.

La troisième raison de la violence en Islam relève de considérations historiques et notamment au statut d’avant-garde du mouvement anti colonialiste des peuples musulmans. Aussi, l’Islam insiste t il sur le fait que les mouvements de libération nés au lendemain de la colonisation ont trouvé dans la religion l’essence et le fondement de leur action nationaliste. L’Islam tente donc de préserver cette identité historique avec l’opposition au colonisateur et à ses soi-disant progrès scientifiques, économiques et politiques auxquels se sont toujours heurtées les populations musulmanes. Sur ce point, la justification de la violence est empreinte de contradictions dans la mesure où l’Islam estime, dans le même temps, qu’il existe une corrélation entre le sous-développement économique des pays musulmans et les situations coloniales ou post coloniales. Il est certain qu’historiquement, la lutte contre le colonialisme s’est achevée en 1960 par la Déclaration des Nations Unies sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples colonisés. Pour autant, il n’est pas certain que la conjugaison entre les trois axes que sont la libération nationale, le mode de développement autonome et le droit à une identité propre, passe nécessairement par l’affrontement avec l’Occident. L’Islam doit cesser de voir dans l’occident un ennemi mais au contraire un partenaire avec lequel les rapports pourraient être régis selon des facteurs politiques, économiques et culturels. Subsistera toutefois un risque de voir les musulmans se détourner des textes historiques pour profiter des avantages de la modernité. Tel est le véritable enjeu du conflit israélo palestinien.

Le Premier Ministre palestinien Salam Fayyad a annoncé ce vendredi 3 avril que l’Etat palestinien verrait le jour d'ici août 2011. Cela pourrait même arriver avant si les palestiniens renonçaient à la violence, et refusaient d’incarner le bras armé de l’Islam contre le monde occidental. Gaza et Ramallah pourraient alors devenir les capitales des entités palestiniennes autonomes.  

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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