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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 20:09


LE MYTHE DE L’APARTHEID ISRAELIEN, UN AUTRE MOYEN DE CULTIVER L’ANTISEMITISME


Par Bertrand RAMAS-MUHLBACH

Pour http://lessakele.over-blog.fr et www.aschkel.info

La 6ème semaine internationale contre l’apartheid israélien (IAS) qui se déroule cette année dans 40 villes dans le monde, se tient au Canada, dans la ville de Montréal du 4 au 10 mars 2010. Pour les organisateurs, le but de la manifestation est de se « familiariser avec les enjeux du conflit israélo palestinien » et de « donner de l’ampleur à l’élan grandissant de la campagne de « boycott, désinvestissement et sanctions » contre l’apartheid israélien (sigle BDS). De nombreuses conférences sont données comme le 4 mars, sur le mouvement de boycott avec une présentation des stratégies pour y parvenir, le 5 mars sur « les leçons de l’Afrique du Sud à la Palestine » mettant en avant ce qui est présenté comme un racisme et une colonisation systématique du peuple palestinien vivant en Israël, dans les territoires occupés et dans les camps de réfugiés à travers le monde, ou encore le 7 mars, sur la « résistance contre l’apartheid de l’Ile (de la)Tortue à la Palestine » avec une illustration de la lutte des peuples autochtones contre le colonialisme. Le lundi 8 mars, la journée internationale des femmes est l’objet d’un bloc de solidarité avec la Palestine avec projection des films « Check point Rock : Songs from Palestine" et "Up Front : Three Palestinian Women » illustrant la pauvreté et le désespoir dans les territoires de la Cisjordanie et de la bande de Gaza (aucun rapport). Le 9 mars, les débats portent sur ce « qu’est l’apartheid israélien », le 10 mars, sur « l’oppression et l’autonomisation des citoyens palestiniens d’Israël sous l’apartheid » et enfin, la journée du 11 mars se termine par un évènement culturel « Tous unis pour la Palestine ».

Dans leur technique de victimisation, les Palestiniens se comparent aux personnes de couleur dans le système sud africain d’avant 1991, pour essayer de souligner l’injustice de leur situation, et installer dans l’esprit des participants (ou de façon publicitaire), qu’il existe une forme de dialectique similaire à celle qui a prévalue en Afrique du Sud et qui aboutira à la fin du régime qui l’a mis en place. La situation des Palestiniens est incontestablement différente de celle des Africains victimes de l’apartheid, mais pour convaincre d’une similitude, les revendications palestiniennes se placent dans le cadre de la revendication d’une égalité de droits. Naturellement les Palestiniens n’ont pas perdu de vue la destruction d’Israël. Aussi, détournent-ils cet objet en réclamant dans le même temps, la fin de l’occupation et de la colonisation des terres arabes y compris du plateau du Golan israélien, de Jérusalem Est israélienne et de la Bande de Gaza autonome (alors que l’aspect territorial n’a rien à voir avec l’égalité des droits), mais aussi le démantèlement du mur de séparation ou encore le retour en Israël de personnes qui se font appeler réfugié(e)s palestinien(ne)s (alors qu’elles n’y sont jamais venues). De même, et sans que cela ne concerne encore l’égalité des droits, le communiqué de lancement se termine par un  courageux « libérons la Palestine ! ».

Fort heureusement, les Canadiens ne tombent pas tous dans le piège de la manipulation palestinienne comme le député conservateur Tim Uppal, qui a déposé le 4 mars 2010, une motion au Parlement canadien rappelant que « cette Chambre se considère comme une amie de l’État d’Israël ; que cette Chambre s’inquiète des manifestations d’antisémitisme sous le couvert de la Semaine contre l’apartheid israélien ; et que cette Chambre condamne explicitement toute action, au Canada et au palier international, consistant à assimiler l’État d’Israël à la politique raciste et rejetée de l’apartheid ». De même le chef du parti libéral Michael Ignatieff a pour sa part indiqué « Je suis contre ces semaines parce qu’elles établissent une comparaison injuste entre un pays démocratique, de droits et d’égalité juridique, Israël, et un pays, l’Afrique du Sud, qui n’était pas démocratique."

Il n’y a effectivement aucun rapport entre l’apartheid qui a fonctionné jusqu’en 1991 en Afrique du Sud et la relation entre les israéliens et les Palestiniens. En Afrique du Sud, l’Apartheid était une politique de développement séparé (apartheid signifiant séparation, mise à part) des populations selon des critères sociaux ou ethniques dans des zones géographiques spécifiques. Le rattachement territorial, la nationalité et le statut social dépendaient du statut racial de la personne, les populations noires étant déplacées dans des foyers nationaux (bantoustans). Le système de lois reposait lui-même sur la ségrégation raciale comme l’interdiction des mariages mixtes, l’interdiction des relations sexuelles entre blancs et personnes de couleur, la loi de classification des individus en fonction de leur race, la loi répartissant les zones urbaines d’habitation, la Loi sur les commodités publiques distinctes relative à l’usage des toilettes, des fontaines et des aménagements publics, la loi sur le programme scolaire des noirs, l’interdiction du droit de grève pour les noirs, la loi de relocalisation des indigènes, la loi sur le travail et les mines consacrant la ségrégation dans le monde du travail, la loi de citoyenneté des noirs qui a retiré la citoyenneté sud africaine des noirs résidant dans les bantoustans, la loi interdisant l’accès à la formation professionnelle des noirs...

Le statut des Palestiniens diffère de celui des Africains noirs d’Afrique du Sud tout comme leurs revendications. Ainsi, les Palestiniens de la bande de Gaza sont armés jusqu’aux dents et disposent d’une logistique pour s’approvisionner en explosifs, roquettes, armes en tous genres, bientôt de missiles... ce qui n’était pas le cas des personnes de couleur en Afrique du Sud. S’agissant des Palestiniens de Cisjordanie, les check points situés à l’entrée et la sortie des villes ne sont que la conséquence de leur refus d’abandonner la lutte armée : dès l’engagement formel sur ce point, il ne sera plus besoin de les maintenir. En outre, et contrairement aux Africains, les Palestiniens des territoires non annexés par Israël aspirent à créer un Etat : les territoires qu’ils contrôlent ne sont donc pas des bantoustans mais l’assiette de leur futur Etat indépendant. Rappelons enfin que le statut des Palestiniens de Cisjordanie ou de Gaza est fixé par l’Autorité Palestinienne ou le Hamas, non par Israël. C’est donc vers leurs autorités qu’ils conviendraient de se rapprocher, non de manifester dans le monde. A cet égard, les Palestiniens pourraient tout à fait établir un premier Etat indépendant sur la bande de Gaza où ils sont parfaitement autonomes et sur lequel il n’y a plus la moindre âme juive depuis l’éviction des milliers de Juifs (comme au bon vieux temps) orchestré par l’ancien premier Ministre Ariel Sharon.

Pour ce qu’il en est de l’égalité des droits en Israël entre Juifs et Arabes, les Palestiniens de Cisjordanie ou de la bande de Gaza ont profité pendant des décennies du régime du regroupement familial pour épouser des arabes israéliens et en bénéficier (il est en effet préférable de vivre son histoire d’amour en Israël que dans les territoires palestiniens). Concernant les Palestiniens de Jérusalem Est, ils peuvent décider d’opter pour la « citoyenneté israélienne »...

Pour cultiver l’antisémitisme pendant 20 siècles, l’Europe catholique a insisté sur le message évangélique selon lequel les Juifs étaient le peuple déicide (voir notamment Matthieu 27,25). Depuis Vatican II, cette thèse est abandonnée. S’agissant du mythe de « l’apartheid  israélien », il ne faudra certainement pas 20 siècles pour que le monde se rende compte qu’il s’agit d’un nouveau moyen d'entretenir la haine des Juifs, le ressentiment des Palestiniens, cautionner l’assassinat de juifs et plus généralement relancer un grand mouvement d’antisémitisme dans le monde.  

 
« NEGOCIER LA PAIX », UN AUTRE MOYEN DE NE PAS LA FAIRE
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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 19:14


DE LA KIPA A LA BURQA

Par Bertrand RAMAS-MUHLBACH

pour http://lessakele.over-blog.fr et www.aschkel.info

Ce 29 janvier 2010, le Premier Ministre français François Fillon a demandé au Conseil d’Etat d’étudier des solutions juridiques pour interdire de la façon la plus large et la plus effective possible, le port du voile intégral islamique en France. Selon lui, « Le port de la burqa, du niqab ou de toute autre forme de voile intégral heurte notre conception républicaine de la vie sociale et n'est pas acceptable dans notre République parce qu'il est le signe d'un repli communautaire, contraire à l'égalité des hommes et des femmes ».

Cette demande termine en fait la mission d’information parlementaire instituée le 23 juin 2009 dont l’objectif était d’établir «un état des lieux de la pratique du port du voile intégral en France» et d’examiner ses «conséquences concrètes dans la vie sociale » ainsi que «son articulation avec les principes de la République française, et, en particulier, celui de la liberté et de la dignité des femmes».

Dans les faits, le phénomène du port de la burqa inquiète les autorités gouvernementales en France comme dans le reste de l’Europe (Belgique, Pays Bas, l’Allemagne, Grande Bretagne, Danemark, Autriche, Espagne), dans la mesure où personne ne sait expliquer s’il s’agit d’une coutume vestimentaire, d’une atteinte à la liberté de la femme, ou encore du signe d’une montée de l’intégrisme islamique en Europe.

Il serait néanmoins intéressant d’examiner un exemple historique assez similaire et de l’utiliser comme point de départ de la réflexion, en l’occurrence les circonstances particulières à l’origine de la création de l’Etat juif en Palestine. Des populations juives installées en Europe ont commencé à affluer, avec leur petite kipa sur la tête, dans la Palestine Ottomane à compter du milieu de XIX°. Elles y ont acheté des terres, construit des synagogues, monté des villes et poursuivi ce processus dans la première moitié du XX° siècle, lorsque la Palestine est passée sous mandat Britannique.

Dans un premier temps, les populations arabes résidantes se sont satisfaites de la manne financière procurée par les ventes de terres à des prix extraordinairement élevés, avant finalement de s’inquiéter du danger créé par le déséquilibre démographique. Elles ont alors demandé aux autorités Britanniques de prendre des mesures pour freiner le processus mais il était déjà trop tard. Par la suite, et face à l’ampleur du massacre des juifs perpétré en Europe lors de la seconde guerre mondiale, les Nations Unies ont finalement décidé de légitimer la création du foyer national juif en Palestine (qui existait dans les faits), par la reconnaissance internationale du processus engagé un siècle plus tôt.

Dans un contexte différent, l’Islam bénéficie également d’un facteur extraordinaire pour s’implanter en Europe, en l’occurrence le mécanisme dit de la « laïcité » en vertu duquel chaque religion est respectée mais relève exclusivement de la sphère privée et de l’intimité de l’individu. En France, c’est la loi du 9 décembre 1905 qui a séparé l’Eglise et l’Etat et figé le principe d’une absence d’intervention de l’Etat dans la religion de l’individu et corrélativement, une absence d’interférence de la religion dans le fonctionnement de l’Etat. L’article 1er de la Constitution du 4 octobre 1958 est ainsi venu affirmer : «la France est une République laïque ».

Il se pourrait néanmoins que ce principe de « laïcité » ne soit finalement rien d’autre qu’un rejet de la dimension spirituelle de l’individu et des valeurs chrétiennes sur lesquelles la France et plus généralement l’Europe se sont construites à savoir, la générosité, l’hospitalité, la compassion... Or, un tel rejet constitue une aubaine pour les populations dans le monde qui viennent s’y établir avec leurs patrimoines culturel et cultuel. Elles y sont accueillies les bras ouverts avec un système social qui leur procure des revenus minimums, un système médical qui prend en charge les dépenses de santé, et des finances suffisamment abondantes pour construire des lieux de prières pudiquement appelés « centres communautaires » pour contourner la loi sur la laïcité et l’interdiction de financer les lieux de culte.

Il est certain qu’en arrivant en Palestine avec leur Kipa sur la tête, les juifs n’ont pas eu la partie si facile : aucune infrastructure dans le désert ne les attendait et il a donc fallu tout créer en quelques décennies pour qu’Israël devienne un Etat performant dans les domaines économique, intellectuel, scientifique, médical, industriel, technologique, chimique…

Le problème est donc celui de savoir si l’Europe doit continuer d’avoir honte de ses valeurs chrétiennes historiques ou si elle doit, au contraire, accepter que l’humanité repose sur une double dimension de l’individu, matérielle et spirituelle. Si par extraordinaire elle arrive à franchir le cap, il sera possible de cerner en quoi la laïcité n’est finalement rien d’autre…. qu’un déni de présence divine.

La France s’est façonnée par ses invasions et son christianisme. Les romains se sont installés dans la Gaule en 52 avant l’ère chrétienne et ont apporté les fondements de notre système juridique. En 476, l’Empire Romain d’Occident s’est effondré en laissant la place aux hordes barbares venues de l’Est. La Gaule a alors été envahie par des tribus germaniques avant que son contrôle ne soit exercé par la tribu des Francs de Clovis qui a chassé les derniers romains en 486. C’est alors sur les fondements chrétiens que la France a pu se construire, avec comme point de départ la conversion de Clovis au catholicisme par le baptême en 496, puis le sacre par le pape de Pépin le Bref en 754, et encore celui de Charlemagne en 800... Le catholicisme s’est alors progressivement imposé comme religion d’Etat.

Si la France entend mettre en avant son identité nationale, elle ne doit pas nier son ancrage chrétien. De la même manière, elle ne doit pas rejeter le fonctionnement duel de l’individu qui est à la fois matériel et spirituel. La religion n’est pas l’opium du peuple mais au contraire un moyen extraordinaire de valorisation de l’individu. Elle est par ailleurs un mode de perception de la présence divine et de sa lecture. De nombreuses femmes en France qui portent la burqa sont de souche française, converties à l’Islam pour y avoir trouvé une paix et une sérénité que la société matérialiste française est incapable de leur offrir. Ne pas prendre en compte cette dimension de l’individu et son appétit spirituel par une affirmation des valeurs morales historiques, fait courir de graves dangers aux pays européens.

Bien évidemment, il ne sera pas possible de renoncer immédiatement au principe de laïcité sans avoir, au préalable, procédé à quelques petits aménagements comme bien faire comprendre à chacun que les porteurs de Kipa ne sont pas collectivement responsables de la mort de Jésus. Par ailleurs, il faudra bien expliquer que l’Islam n’est pas obligé d’embrasser le monde, et ce pour ouvrir une période de tolérance religieuse. Selon toute vraisemblance les personnes athées et incrédules ne devraient pas en être pleinement satisfaites mais on ne pourra pas contenter tout le monde.

Inversement, si les pays européens ne prennent pas la mesure de cette phénoménologie, il s’en suivra une prochaine période de guerre civile, un délabrement moral de la jeunesse sans repères moraux et spirituels et à terme une burqa qui deviendra en Europe le symbole qu’est devenu la kipa en Israël.

DE LA KIPA A LA BURQA
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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