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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 23:23

 

 

La Tour de Babel israélienne

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele

Ce 2 mars 2013, le Premier Ministre Benjamin Netanyahou a obtenu du Président Shimon Pères, un délai supplémentaire de 14 jours pour former un gouvernement autour d’une coalition en mesure de conduire la politique israélienne des 4 années à venir. Ce dernier éprouve en effet, les plus grandes difficultés pour constituer une équipe gouvernementale susceptible de rallier les sensibilités exprimées (à l’occasion des élections tenues le 22 janvier 2013), pour rallier une majorité de 61 députés à la Knesset qui votera les projets de loi qui lui seront soumis. En effet, les différents partis subordonnent leur participation (dans la coalition) à des conditions spécifiques, en fonction de leurs desiderata propres. Si la prochaine coalition devrait se constituer autour des partis Yesh Atid (il y a un futur) de Yaïr Lapid et Habayit hayeoudit (le Foyer Juif) de Naftali Bennett, et sans le parti ultra orthodoxe (Shass) d’Eli Yishai, le Premier Ministre israélien ne devrait pas être en mesure de relever les défis auquel l’Etat juif est confronté, si les responsables politiques continuent de privilégier leur ego au détriment des intérêts fondamentaux de l’Etat juif.

L’incapacité de former une équipe gouvernementale et l’impossibilité de fixer une orientation unique de la politique générale israélienne ne sont pas sans rappeler l’épisode de la Tour de Babel (Genèse 11,1-9) à l’occasion duquel les artisans n’avaient pu achever l’édifice qu’ils s’étaient projetés de construire. Dans ce passage de la genèse, les hommes avaient entrepris de construire une tour dont le sommet toucherait le ciel, pour se retrouver à l’égal du Créateur. La vanité humaine a alors été sanctionnée par le Ciel qui a confondu le langage des bâtisseurs pour les empêcher de se comprendre et de mener à terme leur entreprise. Les hommes, dans l’impossibilité de communiquer, ont alors cessé prématurément leur projet avant d’être dispersés sur toute la surface de la terre. C’est un peu le problème du fonctionnement démocratique dans les systèmes politiques occidentaux dans lesquels la Loi ne vient plus du « Ciel », mais du « nombre ». Le responsable politique, une fois élu, devient un peu l’égal de D. en ce qu’il peut décider de l’orientation de la loi, de l’organisation de la cité et décider de la sanction des violations des textes imposés à la population, sans références transcendantales, mais en fonction de ses projections propres.

Or, si la démocratie est utile pour organiser un contre pouvoir populaire aux prérogatives d’un dirigeant étatique (en lui rappelant le caractère éphémère de sa fonction), ce sont les valeurs démocratiques qu’il convient de privilégier, non le fonctionnement institutionnel démocratique, parfaitement inutile, s’il est fait abstraction des valeurs fondamentales de la vie en société. Lorsque le responsable politique oublie sa condition d’homme au service de la collectivité et qu’il privilégie le culte de sa personnalité au détriment de l’intérêt général, c’est la paralysie du système politique et la dispersion humaine programmée, a fortiori en Israël. 

Le parti Yech Atid (il y a un futur) a certes le vent en poupe. Pragmatique, il s’occupe de la condition de la classe moyenne israélienne, place l’éducation au centre des priorités de l’Etat (préconisant une scolarité obligatoire pour tous, l’élimination de la plupart des examens du baccalauréat et l’augmentation de l'autonomie des écoles). De même, il ambitionne, pour les jeunes, d’être égaux face à la charge nationale avec l’enrôlement obligatoire dans l’armée notamment pour les ultra orthodoxes et la contribution à la création de richesses par l’obligation de travailler en ce compris pour les ultra orthodoxes et les personnes d’origine arabe. Il entend simplifier l’organisation institutionnelle de l’Etat avec un gouvernement limité à 18 ministres, renforcer la protection et le statut de la Cour Suprême israélienne, et supprimer les ministres sans portefeuille pour endiguer la corruption au sein de l’Etat. Il souhaite favoriser la croissance et l'efficacité économique avec la création de moteurs de croissance pour lutter contre la pauvreté et la bureaucratie, éliminer les obstacles pour les entrepreneurs, améliorer le système de transport, réduire le coût de la vie et du logement et renforcer la mobilité sociale grâce aux petites entreprises…

Il devrait toutefois rapidement se trouver en opposition avec le  parti sioniste religieux du Foyer Juif de Naftali Bennett dans la mesure où il ne craint pas de s’engouffrer dans les orientations de la vie sociale laïque comme l’instauration du mariage civil et même l’union de personnes homosexuelles. De même, ses dispositions à l’égard des palestiniens ne devraient pas recevoir l’aval du Foyer juif : Yair lapid s’est engagé sur la voie de « deux États pour deux peuples » avec l’annexion des grands blocs d’implantations de Judée Samarie en Israël, alors que le parti Habayit hayeoudit défend l’idée d’une annexion de la Cisjordanie à Israël (ce qui ne correspond pas d’ailleurs pas à la réalité géopolitique sur le terrain). Naftali Bennett souhaitait d’ailleurs, pendant sa campagne, que Benjamin Netanyahou revienne sur son accord en faveur d'un Etat palestinien (de même, pour le parti Ultra Orthodoxe Shass, il n’est pas question d’abandonner un pouce de territoire aux palestiniens).

Pour sa part, le Likoud partage l’idée d’un maintien en Israël, des implantations juives de Judée Samarie (considérées comme une concrétisation des valeurs sionistes c'est-à-dire du droit du peuple juif de disposer de la terre d’Israël). Il s’est donc employé à renforcer ces implantations au cours des dernières années et se dit défavorable à leur démantèlement. Pendant de nombreuses années, le Likoud s’est dit opposé à la création d’un État palestinien à l’ouest du Jourdain, suggérant aux Palestiniens de vivre librement et de façon autonome mais sans Etat indépendant et souverain. Désormais, le premier Ministre israélien ne rejette plus l’idée d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël mais exclusivement sur les territoires que les palestiniens contrôlent, et notamment sans division de Jérusalem. Sur ce point, il est en désaccord avec bon nombre des membres du Parti Travailliste (Avoda) et du Meretz qui seraient disposés à faire la paix avec les palestiniens en leur restituant l’intégralité de la Cisjordanie, en évacuant les implantations juives et en procédant au partage de Jérusalem. Dans les relations avec les palestiniens, le premier Ministre était sur le point d’obtenir le ralliement du parti centriste « hatnoua » de Tzipi Livni à qui il acceptait de confier l’exclusivité de la charge des discussions de paix. Il devrait se retrouver une fois encore contrarié par le parti Habayit hayeoudit qui s’y s’oppose formellement. La cacophonie est donc programmée.

En Israël, les responsables politiques oublient les valeurs historiques qui fondent l’Etat d’Israël, ses traditions religieuses, la culture ancestrale du peuple juif et la nécessité de se réunir autour d’un principe fondamental : sa pérennité. Or, s’ils ne se ressaisissent pas, cet oubli risque de provoquer les mêmes effets que ceux de la Tour de Babel, à savoir la confusion entre les hommes, l’incompréhension, et leur dispersion.
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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 23:04

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele

Ce 24 février 2013, la communauté juive célébrait la fête de Pourim, commémorant la délivrance des juifs de l’empire perse (grâce à l’intervention d’Esther), du plan d’extermination décrété par le Vizir Hamann. Cette tentative d’éradication des juifs au temps du roi Assuerus, est en fait l’une des premières d’une longue série, qui se perpétue encore aujourd’hui.
En France, l’année 2012, a été marquée par une recrudescence sans précédent des actes antisémites : pas moins de 614 agressions ont été dénombrées alors que le chiffre était de 389 l’année précédente (soit une augmentation de 58 %). Les statistiques montrent également que plus de 55 % des actes racistes en France ont visé la communauté juive : insultes, violences verbales, rackets et vol de portables en considération de l’origine juive, jets de gaz lacrymogène, agressions physiques (avec armes), mais également 4 meurtres dans le collège Ozar Hatorah de Toulouse. Ce regain des actes antisémites (notamment en milieu scolaire) devient véritablement insupportable pour les juifs d’autant que, curieusement, la sagesse humaine ne semble pas en mesure d’y mettre un terme.
Le Ministre de l’Intérieur Manuel Valls a dénoncé les actes antisémites qualifiés « d’une extrême gravité », ou encore comme étant « une attaque délibérée contre notre modèle républicain qui doit permettre à tous, sans distinction, de vivre librement et en toute sécurité son appartenance religieuse ». En réalité, la judaïté ne se réduit à la dimension religieuse de l’individu mais intègre d’autres considérations d’ordre identitaire et national. Aussi, la question peut-elle se poser de savoir si les actes antisémites ne s’inscrivent pas dans une nécessité parallèle de renvoyer les juifs en Israël, dans le cadre d’une dialectique de type métaphysique.
Dans son livre der « Judenstaat », (l’Etat juif ou des juifs), Théodor Herzl expliquait que les juifs n’ont pas la nationalité du pays dans lequel ils résident mais sont bien les membres d’une communauté nationale distincte. Aussi, l’antisémitisme est une réaction naturelle des non juifs face au comportement et aux attitudes des juifs, non intégrés au sein de la communauté humaine dans laquelle ils évoluent. La « question juive » posée dans les pays où le nombre de juifs est important, illustre en quoi elle n’est ni sociale, ni religieuse, mais bien nationale.
Pour le peuple juif, la religion, le destin commun, l'origine nationale et le sens de son unicité, conditionnent son existence et doivent susciter sa responsabilité collective pour éviter que les mariages mixtes et l’assimilation provoquent sa disparition, dans un espace laïque désolidarisé de son essence.
Selon Théodor Herzl, le Sionisme reconnaît l'existence d'un problème juif qui appelle une solution constructive à long terme et avec l'assistance de tous les peuples, qu'ils soient pro- ou anti-juifs, s’agissant d’un problème concret plutôt que sentimental, dont la solution intéresse tous les peuples : «Aucun subterfuge ne peut nous sauver à présent. A la place de l'assimilation, nous désirons un nouveau concept : la reconnaissance de la nation juive et de la race juive».
Ce sentiment apparaît également partagé par les grands antisémites qui reconnaissent l’unité particulière du peuple juif et le ciment reliant ses membres, dont ils veulent, pour leur part, se débarrasser. Aussi, leurs actes participent-ils étrangement, du mouvement qui réoriente les juifs vers la terre d’Israël.
On peut citer tout d’abord Arthur Balfour, antisémite protestant notoire, dont la déclaration de 1917 n’avait pas pour objet de répondre au projet sioniste de la création d’un Etat juif en Palestine, mais juste d’éviter que les juifs n’affluent en Angleterre lorsqu’il fuyaient les pogroms perpètres en Europe de l’Est. C’était d’ailleurs l’objet de son projet de Loi de 1905 sur « l’Aliens Acte » (Loi sur les étrangers).
De même, le gouvernement de Hitler a collaboré avec les mouvements sionistes pour favoriser l’émigration en Palestine entre 1933 et 1940-41. Une circulaire interne SS de juin 1934 recommandait un appui actif et de grande ampleur au Sionisme, pour susciter une plus forte prise de conscience des Juifs.
Au Congrès du Parti National-socialiste en septembre 1935, le Reichstag adopta les lois dites «de Nuremberg », qui interdisaient les mariages et les relations sexuelles entre Juifs et Allemands, proclamant que les Juifs étaient une minorité nationale étrangère. En considérant les juifs en tant que race, les lois dans l’Allemagne des années 30, ont permis (trop peu de temps) à la minorité juive en Allemagne, de vivre sa vie culturelle et nationale, en ouvrant des écoles juives, des théâtres, des associations sportives et plus généralement des institutions dans tous les aspects de la vie nationale ...
Notons, bien évidemment, la pièce centrale de la coopération germano -sioniste pendant l'époque hitlérienne qui fut l'Accord de Transfert conclu en août 1933 (connu sous le nom de Haavara) qui a permis à des dizaines de milliers de Juifs allemands d'émigrer en Palestine avec leur patrimoine (accord passé entre des officiels allemands et Chaïm Arlosoroff, Secrétaire Politique de l'Agence Juive du Centre Palestinien de l'Organisation Sioniste Internationale).
Ce mouvement s’est hélas ralenti lors du déchaînement de violence et de destructions de la «Nuit de Cristal» survenu en novembre 1938, mais ce pogrom apparaît comme ayant été orchestré par Goebbels qui ne supportait pas le contrôle par les SS de la politique d'émigration juive.
A la suite de la seconde guerre mondiale, la défaite des allemands et les horreurs de l’holocauste nazi ont fait disparaître l’antisémitisme d’Etat en Europe, alors que s’enclenchait le retour des juifs en Israël, favorisé par la création de l’Etat d’Israël survenu le 14 mai 1948 : l’implantation juive en Israël apparaissait bien comme étant le seul moyen de protéger les juifs de l’antisémitisme, tout en s’inscrivant dans le projet Biblique.
Les musulmans, hostiles à Israël, voudraient engager le processus inverse, en réaction à l’implantation des juifs en Palestine. Leur sentiment copie en quelque sorte la position européenne, puisqu’ils estiment s’être fait dépossédés d’une partie de leur patrimoine foncier par les européens qui ont envoyé les juifs dans cette région du monde comme s’il s’agissait d’un mouvement colonial. La parade est alors offerte par le Président iranien Ahmadinejad qui se présente comme le grand défenseur du monde musulman, ambitionnant d’éradiquer l’entité sioniste pour renvoyer les juifs en Europe, tel un jeu de ping pong. Mais le monde musulman est profondément frustré : il n’était pas suffisamment structuré pour empêcher la création de l’Etat d’Israël en 1948, et ne l’est toujours pas pour s’opposer aux implantations juives en Cisjordanie et à Jérusalem-Est et leur permettre d’atteindre le point de non retour.
Si l’antisémitisme européen a réorienté le peuple juif sur sa terre d’origine, le sionisme n’en reste pas moins un mouvement à l'intérieur du Judaïsme, qui doit désormais s’adapter de sorte que chaque juif de diaspora soit relié à sa terre, même s’il ne s’y trouve pas géographiquement. Il appartient donc à Israël de parachever ce retour spirituel, avec l’institution de la nationalité juive…pour tous.
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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 20:50

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Le 7 février 2013, des arabes israéliens ont insulté, maudit et jeté des pierres sur les soldats de Tsahal qui installaient des Dômes de Fer dans le nord, pour protéger les villages environnant des roquettes susceptibles d’être lancées du Liban ou de la Syrie. Leur message était clair : empêcher Israël de se protéger et de parer aux agressions en provenance de l’extérieur. Le 5 février 2013, c’est une importante cache d’armes qui a été découverte dans un village arabe à proximité de Nahariya dans le nord d’Israël à proximité d’une école maternelle comprenant notamment des missiles antichars, des grenades, des explosifs, des détonateurs, des centaines de cartouches…Il arrive également que des arabes israéliens soient poursuivis pour intelligence avec l’ennemi en temps de guerre, lorsqu'ils participent au transfert des armes au profit du Hezbollah, alors que cette organisation prônent la lutte armée contre Israël. Il ne faut donc pas se voiler la face : une partie de la population arabe israélienne est résolument hostile à l’Etat juif, et agit pour le déstabiliser, le fragiliser ou le défaire.

S’agissant de l’opinion générale au sein de la population arabe israélienne, un sondage apprend que 80 % de la jeunesse ne souhaite pas effectuer de service civil en Israël. Ainsi, et bien qu’ils se considèrent discriminés, jouissant d'un traitement défavorable en matière de logement et d’emploi, les jeunes personnes arabes, en Israël, ne souhaitent pas s’impliquer dans les obligations civiques qui sont le corollaire des avantages procurés par la citoyenneté israélienne. Un autre sondage (tout aussi riche d’enseignement), indique que 80 % des arabes israéliens blâment les juifs pour la Nakba, 63 % considèrent qu’il n’est pas juste que le pays soit à majorité juive et 73 % se considèrent comme des citoyens de seconde zone (même s’il sont 70 % à préférer vivre sous autorité israélienne plutôt que dans n’importe quel autre pays).

La question se pose donc de savoir si, à terme, la population arabe d’Israël a bien vocation à intégrer le pays dans le cadre d'une nationalité commune, et non dans une citoyenneté égale, comme voulue par David Ben Gourion à l’origine. La réponse, bien évidemment, est négative. Les arabes israéliens participent à l’évolution d’un Etat qui ne représente pas leur valeur, qui n’est pas associé à leur symboles, et qui reste la marque d’une dépossession historique. Il est donc inadmissible pour eux qu'ils se prêtent au jeu normal des institutions israéliennes alors qu’elles sont à l’origine d’une substitution de leur statut.

En ce sens, les arabes israéliens ne sont pas sans rappeler la situation de ces juifs qui sont devenus marranes dans la péninsule ibérique au XV ° siècle ec. A cette époque, l’Espagne puis le Portugal, radicalisés à l’égard de la population juive, ont obligé les juifs à se convertir au christianisme, sauf, conformément au décret de l’Alhambra du 31 mars 1492, à s’exiler en abandonnant les biens à l’Inquisition. Si certains juifs se sont convertis spontanément pour conserver leur statut social ou pour poursuivre leurs activités professionnelles, d’autres, les marranes, ont fait le choix de se convertir tout en poursuivant la pratique secrète de leur religion. Ce faisant, les juifs refusaient la modification imposée de leur identité cultuelle. De façon voisine, les arabes israéliens adoptent une attitude semblable car s'ils ont obtenu un statut de l'Etat juif, ils ne s'y reconnaissent pas. Aussi, s'accrochent-ils au statut de palestinien qui était le leur, avant que la région ne passe sous souveraineté israélienne.

Autrement dit, affirmer leur identité palestinienne constitue, pour les arabes israéliens, un acte de refus et de résistance tout comme les marranes se sont accrochés à leurs valeurs ancestrales pour refuser de se fondre dans le nouvel ensemble avec lequel ils n’avaient aucune communauté de destin. L’intégration au sein de l’Etat juif est, pour les arabes israéliens, à l’origine, d’un sentiment d’égarement et d’une nécessité de se réapproprier leurs racines, sauf à prendre le risque de se perdre définitivement, tout comme d'ailleurs, les marranes des générations suivantes, ont vu leur lien avec la judaïté se distendre compte tenu de l’absence de contact avec la communauté juive, de l’absence de rabbinat, de la confusion des rites juifs et chrétiens et de la christianisation du calendrier.

Pour les arabes israéliens, historiquement palestiniens, il est inacceptable de se considérer comme membre de l’Etat juif. Israël s’était imaginé que l’octroi aux arabes israéliens des droits civiques, civiles, et de famille aux palestiniens, suffirait à permettre leur intégration au sein de l’Etat. C’était une erreur, tout au moins si Israël continue de nier leur identité palestinienne. D’ailleurs, dans la presse, dans les communications audio visuelles, les arabes israéliens ne manquent plus de s’appeler eux même les palestiniens d’Israël pour éviter de se considérer comme des renégats qui auraient abandonné leur histoire pour se fondre dans un groupe humain avec lequel il n’ont rien en commun.

L’islam vient encore alimenter ce sentiment anti-israélien en reniant la judaïté de l’Etat d’Israël et en agitant le spectre de voir la destruction des lieux saints de l’Islam qu'organiserait Israël pour permettre la construction du 3° temple juif au temps messianiques (les travaux entrepris par Israël autour de l'esplanade des mosquées amènent les dignitaires musulmans à dénoncer chaque semaine les projets de reconstruction du temple de Salomon et les atteintes portées aux lieux saints de l'Islam).

Les arabes israéliens imaginent donc, dans une large majorité, que pour reconstituer la Palestine historique, il suffit de respecter les étapes et le mode opératoire employé par les juifs dans leur reconquête de la terre (où ils vivaient il y a de cela deux mille an), avant d'y fonder leur Etat : une expulsion, le rêve d'un retour, la victimisation et le droit au retour.

Les juifs ont avancé avoir été chassés de cette terre au début de l'ère chrétienne; il suffit donc pour les arabes israéliens de soutenir que les palestiniens en ont été expulsés en 1948. Leur expulsion serait la conséquence de l'application par l'Agence Juive et la Haganah du plan « Daleth » en mars 1948 (visant à sécuriser les zones juives), mais également du massacre perpétré par l’Irgun et le Ledit à Deir Yassin le 9 avril 1948 (120 victimes). Naturellement, les arabes israéliens feignent d’oublier la responsabilité de la Ligue Arabe qui a exhorté au départ des populations arabes de Palestine au cours des premiers mois de 1948, pour ne pas gêner les pays arabes impliqués dans la guerre contre le jeune Etat d'Israël (qui ne devait durer que quelques semaines).

Les juifs n’ont jamais oublié Jérusalem en dépit de leur dispersion et cultivé le rêve d’y revenir (pendant 2000 ans). De même, les arabes israéliens rêvent de reconstituer la Palestine historique et éduquent leurs enfants dans ce projet, en s’imaginant que l’histoire va se répéter à leur profit.

Les juifs se sont vus accordés par la communauté internationale, la possibilité de fonder l’Etat d’Israël en Palestine à la suite de l’émotion suscitée par les massacres perpertrés lors de la seconde guerre mondiale. Il suffit donc aux arabes israéliens, de se plaindre du statut défavorable que leur impose l'Etat d'apartheid israélien et d'exploiter des images de militaires israéliens armés jusqu'au dents, déambulants parmi la population civile palestinienne ou qui combattent des enfants palestiniens dont les cailloux constituent le seul moyen de défense. Le message justifierait l'illégitimité d'Israël et la nécessité de reconstituer la Palestine historique.

Enfin, les juifs ont institué un droit tout à fait romantique, à savoir « le droit au retour » qui offre à chaque juif le droit de revenir sur sa terre d’origine. De la même manière, les Chartes palestiniennes ont institué un droit au retour pour les palestiniens, qui se transmet de manière transgénérationnelle et qui fonderait le droit, pour les descendants des familles palestiniennes, de revenir vivre sur les terres de la Palestine historique.

L'Etat juif doit cesser d'entretenir cette frustration de la population arabe israélienne, en reconnaissant aux arabes israéliens le bénéfice de la nationalité palestinienne, c'est à dire le droit de recevoir une carte nationale d'identité que leur remettrait l'Autorité Palestinienne, à côté de leur titre de séjour dont ils sont titulaires en Israël, puisqu'ils sont en situation régulière. C'est d'ailleurs ainsi que le droit international gère les questions d'extranéité. L'avantage serait considérable pour les arabes israéliens qui se verraient enfin reconnaître dans leur historicité et dans leur identité d'origine, mais également pour Israël qui ne serait plus tenu de leur accorder le droit de vote.
 
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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 19:35

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele


Le 5 février 2013, plusieurs députés arabes ont quitté l'Assemblée plénière de la Knesset pour ne pas entendre et être amenés à chanter l'hymne israélien la « Hatikvah » joué immédiatement après la prestation de serment (ce chant exprime le souhait du peuple juif d’être libre sur sa terre natale et de revenir à Jérusalem). La députée arabe Hanin Zouabi (Balad) a justifié sa position de la manière suivante : « cet hymne représente un oubli, comme si je n'existais pas, comme si je devais attendre un mythe et rêve construit à mes dépens et me taire » avant d’ajouter « En tant que femme arabe née dans ce pays, l’hymne m’oppresse et m’humilie ». Cette réflexion n’est pas surprenante. Corrélativement, si des juifs vivaient en territoire palestinien et se faisaient élire au parlement local, ils auraient du mal à entonner des chants qui correspondent aux valeurs palestiniennes. 
La question se pose donc une nouvelle fois de la présence, au sein de la Knesset, de députés arabes qui ne manquent pas d’affirmer leur nationalité palestinienne et qui font allégeance à une entité ennemie (la XIX° Knesset en comprend 11 : 4 au sein du parti Raam Taal de Ahmed Tibi, 4 pour le parti Hadach et 3 pour le parti balad dont Hanin Zoabi).  
La loi fondamentale sur la Knesset du 12 février 1958 a mis à la charge des députés l’obligation de déclarer allégeance à l’Etat d’Israël par une formule qui se présente de la manière suivante « Je promets de faire allégeance à l’Etat d’Israël et de m’acquitter loyalement de mon mandat à la Knesset » (article 15). L’article 16 de la loi précise que le député ne pourra pas jouir des prérogatives attachées à son statut tant qu’il n’aura pas effectué cette déclaration (ainsi, l’élection en qualité de député ne produit aucun effet, faute d’avoir déclarer « allégeance » à l’Etat d’Israël). D’ailleurs, ce serment interdit de se montrer « déloyal » envers Israël, sous peine d'annulation du serment d'allégeance. Enfin, s’agissant des députés susceptibles d’être concernés par une double allégeance, l’article 16 A exige qu’ils se libèrent de l’autre citoyenneté, leur interdisant de déclarer allégeance à l’Etat d’Israël tant qu’ils ne s'en seront pas libérés. Les députés sont lors privés de leurs droits de membres à la Knesset avant toute déclaration sur ce point (article 16 A loi 12 février 1958).
Sur le fondement de ces textes, le quotidien Makor rishon a donc suggéré, le 26 janvier 2013, que les députés dotés d’une double nationalité entament les démarches pour se conformer aux textes et ainsi renoncent à leur nationalité américaine (pour Naftali Bennett du Foyer juif, le rav Dov Lipman de Yesh atid), française (pour Yoni Chetboun du Foyer juif, Carine Elharar de Yesh atid), ou australienne (pour Moshé Feiglin du Likoud). Les députés intéressés ont informé de ce que le principe ne posait pas difficulté à l’exception du rav Liman pour qui la décision n’est pas facile à prendre.
Bien évidemment, il conviendrait pour Israël qu’il mette en application ses textes institutionnels fondamentaux à l’égard des députés arabes de la Knesset dont le comportement déloyal et les marques d’infidélité portent gravement atteinte à l’Etat juif. 
S'agissant de Hanin Zoabi, la députée ne cache pas son inimitié pour Israël ni son statut de palestinienne. Le 13 juin 2006, elle a affirmé que la pire des menaces pour le sionisme était la démocratie, escomptant une inversion de la proportion des populations arabe et juive pour faire disparaître Israël. A la suite de sa participation à la flottille de Gaza en juin 2009, la Knesset a, le, 13 juillet 2010 voté le retrait de ses droits parlementaires en raison de sa solidarité exprimée sa envers les ennemis. Le 30 juillet 2010, elle a soutenu que l'atmosphère qui prévalait en Israël était celle d'un État fasciste qui n'a plus de sens critique par rapport à son image dans le monde. Le 15 avril 2012, la députée arabe a indiqué qu'Israël ne réussirait jamais à stopper les vagues de solidarité et qu’il allait se retrouver isolé au milieu d'un soutien international de plus en plus fort en faveur des « droits légitimes des palestiniens ». le 26 juillet 2012, elle a accusé la politique israélienne d'être à l'origine de l'attentat meurtrier de Bourgas, en Bulgarie (commis la semaine précédente) : « S'il n'y avait pas l'occupation, il n'y aurait pas de répression et de blocus, et pas d'attentat non plus ». Le même jour, elle a dit qu’il n’était pas nécessaire d'observer une minute de silence aux JO de Londres pour le 40e anniversaire du massacre des athlètes israéliens à Munich qu’elle a justifié ainsi : « Pourquoi ne commémorons-nous pas les Palestiniens qu'Israël a assassinés? ». La commission électorale avait, le 19 décembre 2012, invalidé sa candidature compte tenu de son soutien à une organisation terroriste ou ennemie impliquée dans un conflit armé avec Israël, décision que la Cour Suprême a, le 30 décembre 2012, (étrangement) annulée.
La question se pose également pour Ahmed Tibi qui encourage le terrorisme palestiniens contre les intérêts supérieurs de l’Etat juif : le 4 septembre 2010, il a imputé à l'Etat juif, la responsabilité de l’attentat commis la veille près de Kyriat Arba (4 morts) : « ceux qui envoient des colons vivre dans des terres occupées sont responsables de leur vie mais aussi de leur mort ». De même, à l'occasion de la journée nationale du martyr palestinien organisée par Mahmoud Abbas en janvier 2012, le député arabe a vanté leur actions : «Dans l’histoire des peuples et de leurs batailles, le shahid palestinien est la hauteur de la gloire. Le shahid est un symbole de la patrie. Je tiens à offrir mes bénédictions pour les milliers de martyrs dans la patrie ou en exil, et à félicitater vos shahids à l’intérieur de la ligne verte, ceux que l’occupant désigne comme des terroristes. Le vrai terroriste est en Israël, il est considéré comme un héros et devient même un ministre. ». Le 18 juin 2012, Ahmed Tibi a refusé que Centre aérospatial de la ville arabe de Taibe porte le nom du héros Ilan Ramon « susceptible d’être blessant pour les résidents locaux, et pour le secteur arabe en général. Ramon était un pilote de combat de Tsahal qui a participé aux bombardements de la population civile au cours de la guerre du Liban et dans l’attaque contre les pays arabes. »
On peut également citer Ibrahim Sarsour de Ra’am Taal qui a rencontré l’un des terroristes ayant participé à l’attentat du Park Hôtel (le 27 mars 2002) où Afou Agbaria qui a diffamé le Premier ministre Binyamin Netanyahou sur Facebook.
Manifestement, la déclaration d'allégeance à l'Etat juif des députés arabes est formelle, dénuée de sincérité et de pure circonstance. Israël serait donc bien inspiré d'en tirer les leçons en les destituant de leurs droits de parlementaires à la Knesset tant qu'ils n'auront pas renoncé à leur nationalité palestinienne (ce qui n’arrivera jamais). L’Etat juif doit donc appliquer à la lettre sa loi fondamentale et interdire aux députés arabes de la knesset d’y siéger. Inversement si l'Etat d'Israël est incapable de respecter ses propres institutions, c'est qu'il ne se respecte pas lui même. Il ne pourra alors jamais exiger de ses ennemis le moindre respect à son égard.


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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 18:51

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Depuis le résultat des élections de la 19ème Knesset tenues le 22 janvier 2013, la question se pose de savoir ce qu’il adviendra des perspectives de paix avec les palestiniens. Le paysage politique israélien s’est considérablement modifié avec une expression polaire qui s’est davantage focalisée sur les besoins individuels immédiats en terme de logements, d’éducation, d’emploi, de protection sociale, de circonscription militaire…Benyamin Netannyahou, dont le parti a remporté le plus grand nombre de voix, dispose, depuis cette date, d’un délai de 28 jours pour composer son gouvernement.

S’agissant de la position à adopter à l’égard des palestiniens, les différentes composantes de la Knesset ont des avis divergents : le parti Likoud Ysrael beteinou de Benyamin Netanyahou (31 sièges) accepte, « du bout des lèvres », le principe d’un Etat palestinien mais refuse de négocier sur les « implantations ». Pour le parti centriste laïque « Yech Atid » (il y a un futur) de Yaïr Lapid (qui a fait une entrée fracassante avec le gain de 19 siège), un État palestinien doit être mis en place, les implantations juives en Judée Samarie annexées, la capitale Jérusalem rester indivisible, et ce qui est couramment appelé « le droit au retour des Palestiniens » radicalement exclu. Pour le Foyer juif de Naftali Bennet (12 sièges), il convient d’annexer la Cisjordanie sans pour autant qu’un Etat palestinien voit le jour, ce que partage le parti Shass d’Eli Yshai (11 sièges). Inversement, le Parti travailliste de Shelly Yachimovich (15 sièges) est favorable aux négociations qui emportent des concessions, tout comme le parti Hatnoua de Tsipi Livni ( 6 sièges).

S’agissant de la scène internationale, toute initiative visant à faire progresser le processus de paix est vivement encouragée : les États-Unis, parrain du processus de paix, n’ont pas manqué de réaffirmer leur attachement à une « solution à deux États », et le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, regrette « l'intérêt assez mineur » accordé dans la campagne au conflit, souhaitant que l’année 2013 soit celle des négociations engagées avec les Palestiniens.

Bien évidemment, pour négocier, il faut être deux. Aucune mesure sur cette question ne pourra être prise sans consultation préalable de la partie palestinienne. Il est donc indispensable de s’en inquiéter. Yasser Abed Rabbo, secrétaire général du Comité exécutif de l'OLP (Organisation de libération de la Palestine), a affirmé que les Palestiniens étaient «disposés à ouvrir un dialogue sur la prochaine étape avec les partis israéliens qui y sont prêts». Selon d’autres responsables du Fatah, les palestiniens « s'attendent à l'émergence ou à la résurgence d'une coalition de paix ou d'un camp de la paix » (même si l’intitulé de l’Organisation de libération de la Palestine est en parfaite contradiction avec toute négociation de paix avec Israël, tout comme l’est la Charte du même nom toujours en vigueur).

L’inconvénient résulte toutefois de ce que les palestiniens ne sont plus conviés à des élections depuis de nombreuses années (ce qui est d’ailleurs en parfaite violation avec les institutions palestiniennes). Il est donc impossible de connaître leur disposition d’esprit, et notamment s’ils se rangent plutôt du côté de Mahoud Abbas favorable à une reprise des négociations (même dans des conditions préalables inacceptables : partage de Jérusalem et une assiette « dites » des frontières de 1967), ou derrière le Hamas opposé à toute négociations de paix avec Israël.

Aussi, le seul moyen de prendre la température de la rue palestinienne consiste à analyser les déclarations des responsables politiques. Or, celles-ci ne militent hélas pas en faveur d’une reprise des négociations de paix. L’Etat juif peut donc raisonnablement faire preuve d’un certain scepticisme sur la question.

Pour s’en convaincre, il convient tout d’abord de reprendre les déclarations du Hamas dans son commentaire du résultat des élections israéliennes : « Malgré les grands changements sur la carte politique israélienne, ces partis s'accordent dans leurs programmes sur la poursuite de l'agression et de la négation de nos droits nationaux, et le Hamas y fera face en augmentant l'unité nationale et en activant l'option de la résistance ».

En réalité, non seulement le Hamas n’est pas disposé à engager des discussions de paix mais en outre, il est même persuadé de la fin prochaine de l’entité sioniste. Le 24 janvier 2013, le chargé des relations internationales du Hamas a affirmé que « le projet israélien (était) éphémère, et que la prochaine victoire (serait) pour le peuple palestinien et pour sa résistance, qui a sacrifié le sang de ses fils et résisté à la machine de destruction israélienne ». En terme de délai, il a même pronostiqué « ce qui reste de l’âge de l’entité ne dépasse pas les dix ans, notre prochaine rencontre aura lieu à Jérusalem, si Allah le veut, et nous préparons également les plans pour atteindre cet espoir, si Allah le veut ». Il a alors conclu son propos de la façon suivante : « la cause palestinienne est la cause de toute la nation et nous n’allons pas abandonner les principes et les constantes palestiniennes. Parmi nos constantes, le jihad est le seul moyen pour récupérer notre pays ».
On ne saurait être plus clair.

De même, le 26 janvier 2013, l'aile militaire du Mouvement du Jihad islamique dans la bande de Gaza a annoncé que « le sang des martyrs restera une malédiction qui chassera les envahisseurs occupants partout, et éclairera les Moudjahidins vers le chemin de l'honneur et de la dignité, mettant l’accent sur la poursuite de la résistance jusqu'à la libération de toute la Palestine bien-aimée » (même remarque).

S’agissant des arabes et des palestiniens résidant en Israël, citons les déclarations du 25 janvier 2013, du Cheikh Raed Salah, président du mouvement islamique dans ce qu’il considère être « les territoires palestiniens occupés depuis 1948 » (Israël). Dans son sermon lors de la prière du vendredi à proximité de Jérusalem, il a soutenu que l’occupation (était) injuste et qu’elle prendrait fin, en ce compris la ville de Jérusalem (el-Qods) et la mosquée d'Al-Aqsa, concluant : « L'injustice et ses pratiques vont cesser parce nous sommes les titulaires du droit, et l'occupation prendra fin, sans regret, malgré les forces militaires et de renseignements israéliens ». Diffusés sur le territoire israélien, ces propos n’encouragent pas à l’optimisme.

Enfin, le 25 janvier 2012, des militants palestiniens ont réussi à franchir la clôture de sécurité de l’implantation d’Eliezer au sud de Bethléem, y sont entrés et ont levé des drapeaux palestiniens, à l’origine d’affrontements avec Tsahal.

L’opinion palestinienne qui s’exprime en dehors des urnes, parfaitement constante, doit être prise en compte : le juif est un colon c'est-à-dire un occupant sans droit ni titre qui doit partir. Les forces de Tsahal sont reprises sous l’appellation de « force d’occupation » et Israël est considéré comme « la Palestine occupée depuis 1948 ».

Bien évidemment, les responsables politiques internationaux vont s’évertuer à encourager les négociations de paix sans tenir compte de la position locale, sans mesurer à quel point le principe de la paix avec Israël est incompatible avec la philosophie palestinienne, à l’origine d’une perte de temps, d’énergie, et d’illusions sans lendemain.
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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 12:51

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Les palestiniens découvrent que « la terre appartient à ceux qui la possèdent » 

Le 13 janvier 2013, les policiers israéliens ont évacué le village de tentes dénommé Bab al Shams (la porte du soleil) que 250 palestiniens avaient installé sur le site du projet E1 reliant Jérusalem Est à l’implantation de Ma’ale Adumim. L'intervention s'est déroulée dans les 48 heures qui ont suivi l’installation des premières tentes : le Premier Ministre Netannyahou a déclaré la zone « militaire », tous les accès menant au campement ont été bloqués (dès fin du chabat, le 12 janvier 2013), et les forces de Tsahal, installées autour du camp, ont procédé à l’évacuation dans la nuit.

Le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu a d’abord du surmonter un obstacle juridique : la Cour de Justice israélienne avait ordonné, le 11 janvier 2013, un «sursis à l'expulsion d’une durée de six jours à compter de l'ordre d’évacuation » que le Gouvernement israélien n’a pas respecté. Le procureur général Yehuda Weintein en a justifié sa violation : « le camp aurait conduit à des manifestations et des émeutes, avec des implications nationales et internationales ». L'armée se devait donc d'être réactive pour éviter que les palestiniens n’utilisent les médias sociaux pour organiser des rassemblements de masse aux barrages routiers.
Les organisateurs palestiniens avait présenté l’installation du camp de façon candide: « Nous, fils et filles de Palestine, venant d’un bout à l’autre du pays, annonçons l’établissement du village Bab AlShams. Nous le peuple, sans permis de l’occupation ni permission de quiconque, nous installons ici aujourd’hui parce que c’est notre terre et c’est notre droit d’y habiter. En établissant Bab al-Shams, nous déclarons que nous en avons assez de simplement revendiquer nos droits face à l’occupant. À partir de maintenant nous allons les appliquer nous-mêmes. Nous établissons donc ici le village de Bab AlShams pour proclamer notre foi en l’action directe et la résistance populaire. Nous déclarons que le village restera inébranlable jusqu’à ce que les propriétaires de cette terre aient le droit de bâtir sur leur terre. Bal AlShams est la porte de notre liberté et de notre ténacité. Bab AlShams est notre porte pour Jérusalem. Bab AlShams est la porte de notre retour ».
Cette démarche palestinienne (qui s’est opérée en dehors de toute implication idéologique du Fatah ou du Hamas), illustre en quoi les palestiniens découvrent enfin que « la terre appartient à ceux qui la possèdent ». Depuis les années 1990, Israël qui contrôle militairement les zones désertiques de la Cisjordanie, établit ce qui est couramment appelé « des Avants Postes » : des tentes sont d’abord installées ; y sont acheminés les réseaux d’eau et d’électricité, avant que ne soient aménagés des routes et des lignes de bus pour les desservir. Les palestiniens le déplorent car les avant postes emportent une annexion de facto des zones désertiques, même si les aménagements israéliens sont conformes aux accords d'Oslo signés entre israéliens et palestiniens. 
Or, cette captation de la Cisjordanie n’a pu prospérer qu’en raison du contrôle administratif, logistique et militaire, qui permettra à Israël de les intégrer ultérieurement au sein de l’Etat juif. C’est encore le cas de la construction prochaine de 4000 logements dans le secteur oriental de Jérusalem d’une surface de 13 kilomètres carrés : lorsque le projet sera achevé, les palestiniens devront contourner la ville de Maalé Adounim pour circuler entre les territoires sous autonomie palestiniennes situés au nord et la partie située au sud dont notamment la ville d’Hébron. C'est l’implantation dans les zones désertiques qui crée le droit de propriété, non les discussions stériles des responsables palestiniens, sur le point de savoir si la Palestine doit revenir aux palestiniens lorsque l'entité sioniste aura été éradiquée ou lorsque la communauté internationale en aura décidé ainsi.
Les palestiniens s'étaient imaginés que le statut d’Etat membre observateur de la Palestine aux Nations Unies leur procurerait de nombreux avantages. Bien évidemment, rien n’a changé sur le terrain. Hormis les vagues menaces d’isoler Israël sur la scène internationale avec des recours qui seraient déposés devant la Cour pénale Internationale, les palestiniens observent que le Président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas est toujours aussi impuissant pour faire avancer ce qui est appelé « la cause palestinienne » (on ne sait pas bien de quoi il retourne),.

Les palestiniens déplorent également les divergences des responsables palestiniens qui ne parviennent pas à s'entendre sur le principe de leur réconciliation : Mahmoud Abbas (Fatah) et le chef en exil du mouvement islamiste Hamas Khaled Mechaal se sont une nouvelle fois rencontrés le 9 janvier 2013 au Caire afin de relancer le processus. Leur dernière rencontre datait du 6 février 2012 et les bases de leur accord de réconciliation, de la signature d'un document du 27 avril 2011 (prévoyant l’organisation d’élections et la libération par le Fatah de prisonniers membres du Hamas). Résultat : les élections simultanées à la présidence et au Conseil législatif (Parlement) ainsi qu'au Conseil national palestinien (CNP, Parlement de l'OLP), prévues en mai 2012, ont été reportées de plusieurs mois (comme annoncé par la Commission électorale centrale CEC) et ne se sont toujours pas tenues. La libération nationale de palestiniens n’est donc pas prête de voir le jour, faute pour les responsables palestiniens d’harmoniser leur position à l’égard d’Israël.

Sur le terrain, les palestiniens réalisent que la totalité de la Cisjordanie ne leur reviendra pas et que rien ne sert de gémir sur les soit disants violations par Israël du Droit international. La réalité géopolitique est autre : les terres sans souveraineté de Cisjordanie n’appartiennent à personne tant que leur annexion n’a pas été décidée ou réalisée. Ainsi, la seule manière de capter un territoire sans souveraineté est de s’y établir, ce que les palestiniens comprennent bien trop tard. Les querelles stériles de leurs dirigeants les auront écarté de toute captation de la Cisjordanie, dans sa globalité.
Les palestiniens en ont, une nouvelle fois, fait l’expérience avec le campement de Bab Al Shamas, à l’occasion duquel ils ont démontré l’inutilité des divergences de leurs dirigeants. La base palestinienne comprend désormais que le projet israélien d’aménagement de la zone séparant Jérusalem et Malee Adoumim interdira non seulement toute établissement de la capitale de la Palestine à Jérusalem mais qu’en outre Israël poursuivra l’aménagement des zones désertiques de Cisjordanie provoquant une configuration géopolitique nouvelle. Il n’y aura pas un Etat palestinien mais deux : le premier implanté sur 40 % de la Cisjordanie avec Ramallah comme capitale et le second à Gaza avec la ville de Gaza pour capitale (ce que les responsables palestiniens n’ont pas encore compris. D’ailleurs, aucun d’eux ne se trouvait sur le site de Bab AlShams pour témoigner de la créativité de l’initiative palestinienne ou pour répondre à la mesure israélienne d’éviction du site.)
Le 19 janvier 2013, des palestiniens ont renouvelé l’opération et établis un village de toiles dans le village de Beit Iksa près de Jérusalem dans la même optique, mais il est trop tard. L’énergie qu’ils ont consacrée au terrorisme pour défaire Israël, ces 64 dernières années, aurait du être employé à faire fleurir leur société.
Notons toutefois que si « la terre appartient à ceux qui la possèdent », Israël devra rendre hommage aux responsables palestiniens dont les dissensions et les clivages insurmontables auront permis, petit à petit, la reconstitution de la terre Biblique sur une grande partie de sa surface historique (sauf à se demander si les palestiniens n'étaient pas finalement l’instrument pour empêcher ou différer le projet divin).
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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 19:46

 

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Interrogé par le quotidien Haaretz de ce 9 janvier 2013, Mahmoud Abbas a une nouvelle fois réitéré ses menaces de dissoudre l’Autorité palestinienne : « Si le prochain gouvernement israélien refuse d’honorer des engagements pour la paix et continue à voler nos terres et à construire des colonies, je demanderai à Binyamin Netanyahu de s’asseoir à ma place. Je lui balancerai les clés et je partirai». Par cette menace récurrente depuis plusieurs années, Mahmoud Abbas imagine pouvoir dissoudre l’Autorité Palestinienne sans en référer, ni aux palestiniens, ni au mouvement Hamas, ni bien évidemment aux israéliens. Manifestement, le président de l’Autorité Palestinienne est totalement déconnecté de la réalité géopolitique.

Leurré par la reconnaissance, le 29 novembre 2012, de la Palestine comme Etat observateur de l’Onu, Mahmoud Abbas pensait que ce statut interdirait à Israël de poursuivre les implantations sur les territoires de Cisjordanie, et que l’Europe et les Etats unis feraient pression sur l’Etat juif pour qu’il y mette un terme. Le chantier qui le déconcerte au plus au point, est celui de la construction de milliers d’unités de logements reliant Jérusalem à l’implantation de Maalé Adoumim sur une longueur de 4 kilomètre à l’est de Jérusalem. Lorsqu’il sera achevé, la Cisjordanie sera coupée en deux parties et définitivement isolée de Jérusalem Est, interdisant définitivement tout établissement d’une capitale palestinienne à Jérusalem. Devant son incapacité à influer sur la communauté internationale, le Premier ministre Netanyahu reste fidèle à sa promesse : « Nous bâtissons notre propre capitale; ça ne regarde personne ». Mahmoud Abbas peut donc toujours marteler que les constructions juives sont un coup d’arrêt au processus de paix (qui n’a jamais véritablement été amorcé), il ne peut rien changer à la réalité géopolitique : la capitale (cisjordanienne) de la Palestine sera Ramallah, non Jérusalem.

Par ailleurs, Mahmoud Abbas se méprend sur les conséquences pour Israël d’une dissolution de l’AP. Anticipant le résultat des élections prévues le 22 janvier 2013 en Israël (qui devrait confier la direction du pays à une nouvelle coalition de droite), a-t-il annoncé qu’il ne patienterait plus : à défaut de modification de l’attitude israélienne, il réservait une véritable surprise aux Israéliens et au reste du monde. Bien évidemment, et quelque soit le résultat des élections israéliennes en janvier 2013, la décision de dissoudre de l’AP ne lierait en rien l’Etat juif, nullement tenu d’incorporer la population palestinienne en son sein, sans avoir été préalablement consulté, ni avoir donné son aval. La dissolution de l’Autorité Palestinienne aurait juste pour conséquence de plonger les palestiniens un peu plus dans le chaos politique, moral, identitaire et idéologique. La seule mesure envisageable pour lui serait d’organiser de nouvelles élections législatives ce qui permettrait d’avoir une meilleure connaissance de la sensibilité et des dispositions d’esprit palestiniennes quant au désir de paix avec Israël. Toutefois, le Président de l’Autorité palestinienne, empêtré dans ses contradictions, prend le risque d’un suicide politique s’il n’applique pas ses menaces.

Notons également que Mahmoud Abbas a tendance à oublier qu’il ne représente plus les palestiniens, ce que certains analystes politiques palestiniens ne manquent pas de lui rappeler : « L’AP n’est pas un bien personnel de Mahmoud Abbas dont il peut disposer comme il veut. Il doit soumettre la question au peuple palestinien ». Mahmoud Abbas occulte les accords d’Oslo qui ont institué l’Autorité palestinienne pour incarner le mode de gouvernance et l’organisation administrative des palestiniens des zones A et B de Cisjordanie et ceux de la bande de gaza. Cette Autorité Palestinienne est notamment composée d’un président et d’une Assemblée élue au suffrage universel. Or, il y a bien longtemps que le président Mahmoud Abbas fait fi des institutions palestiniennes : lorsque le Fatah a perdu les élections en janvier 2006 au profit du Hamas, il a refusé de lui confier les rennes du pouvoir, occasionnant des dissensions entre les entités palestiniennes et provoquant le coup d’Etat du Hamas dans la bande de gaza qui s’est désolidarisé du Fatah en juin 2007. Désormais, et faute d’élection depuis 2006, Mahmoud Abbas ne dispose d’aucun mandat pour représenter l’Autorité palestinienne. Quant au Premier Ministre Salam Fayyad, il n’a jamais été élu ni sa nomination confirmée par le Parlement palestinien, lui-même sans la moindre légitimité. Autorité palestinienne est donc juste de façade.

Bien évidemment, Mahmoud Abbas oublie également qu’il n’est pas le seul à décider du devenir du peuple palestinien : le Hamas a son mot à dire sur le principe d’une éventuelle dissolution de l’AP qui modifierait le mode de gouvernance des palestiniens. Compte tenu de ce que le mouvement islamiste entend précisément reprendre le contrôle politique de l’ensemble des palestiniens de Cisjordanie pour achever l’entreprise d’éradication de l’entité sioniste, toute dissolution de l’AP le conduirait à prendre en main le contrôle politique des palestiniens de Cisjordanie sans qu’Israël n’ait à s’en mêler. Sur ce point, le Mahmoud Abbas essaye d’évincer le mouvement islamiste comme s’ils n’existait pas, ce qui illustre encore le plus complet décalage de Mahmoud Abbas avec la réalité idéologique sur le terrain.

Mahmoud Abbas n’a jamais abordé le problème tel qu’il se pose. Les négociations sur les frontières respectives de l’Etat juif et de la Palestine ne résulteront pas de ses projections fantasmées ni du nouveau statut international accordé à la Palestine, mais uniquement de la renonciation, par les palestiniens, à la lutte armée contre Israël (ce qui n’est pas prêt d’arriver). Israël poursuivra donc ses aménagements autour de Jérusalem en toute tranquillité, que Mahmoud Abbas dissolve ou non l’AP.

La dissolution de l’Autorité Palestinienne ne serait de toute façon pas chose aisée : un million de palestiniens dépendent économiquement des salaires versés au 175 000 employés et fonctionnaire (dont 70 000 affectés à la sécurité et au maintien de l’ordre pendant que d’autres le sont à la coordination sécuritaire avec l’Etat hébreu). La menace de dissolution de l’AP est en fait liée à la crise financière majeure à laquelle l’Autorité palestinienne est confrontée : elle ne paye plus les salaires aux enseignants et fonctionnaires (qui intensifient les grèves et multiplient les manifestations) faute de recevoir les recettes fiscales et douanières collectées par Israël à son profit depuis le mois de novembre 2012 (à titre de sanction de l’initiative diplomatique palestinienne aux nations Unis). La Ligue Arabe a donc proposé de prendre le relais en décembre 2012 avec la promesse de verser 100 millions de dollars mensuellement, mais les pays de la ligue arabe n’ont pour l’heure, versé le moindre centime. Aussi, lorsque le chef de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, et le ministre égyptien des Affaires étrangères, Mohammad Kamel Amr, se sont rendus à Ramallah le 29 décembre 2012, pour « discuter de la crise » avec Mahmoud Abbas, il a simplement été conseillé la patience.

Mahmoud Abbas doit en réalité composer avec les palestiniens, incapables de se gérer sous la forme étatique, dénués de volonté de créer un Etat vivant en paix aux côtés d’Israël, minés par la corruption qui gangrène le système et sans lisibilité sur la configuration géopolitique des décennies à venir. Mais à sa décharge, il n’est pas beaucoup aidé par son entourage : selon l’ancien premier Ministre de Yasser Arafat Ahmed Quorei, « Nous devons être disposés et prêts à dissoudre l’AP s’il faut en passer par là pour établir un véritable État avec Jérusalem comme capitale ». Mahmoud Abbas n’est donc pas prêt de voir le jour.
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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 19:50

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Le 30 décembre 2012, le quotidien Haaretz publiait un article concernant l’image d’Israël dans le monde. Reprenant les conclusions de l’organisme Molad (Centre pour le renouveau de la démocratie israélienne), il expliquait que l’image ternie d’Israël sur la scène internationale était la conséquence d’une politique inappropriée à l’égard des palestiniens et non d’une Hasbara imparfaite (hasbara est employé pour expliquer le bien fondé des actions et la politique israélienne dans le monde).
Pour le Premier ministre Benjamin Netannyahou, l’image d’Israël dans le monde dépend d’une Hasbara (explication en hébreu) c'est-à-dire d’une présentation pertinente des « arguments » en faveur d’Israël et d’un travail de sensibilisation accru permettant d’éviter l’isolement diplomatique et l’image négativée d’Israël dans le monde. En d’autres termes, c’est un peu comme si Israël était constamment obligé de mener un travail de pédagogie sur la scène internationale pour expliquer chaque mesure décidée ou chaque opération entreprise afin d’en justifier le bien fondé. C’est la Direction nationale de l’Information rattachée au cabinet du Premier Ministre qui s’est vu confier la mission. En dépendent, le Ministères des Affaires étrangères, de la Diplomatie publique, et des Affaires de la Diaspora, le bureau du Porte-parole de Tsahal, le ministère du Tourisme, l’Agence juive… Au sein de la Direction nationale de l’Information, le Forum national de l’Information coordonne les messages recueillis dans le monde et formule les initiatives à entreprendre pour fluidifier les communications. Le gouvernement travaille également à un travail de sensibilisation par l’intermédiaire de multiples acteurs israéliens et étrangers, des organisations sans but lucratif, des sympathisants non juifs pour diffuser une image valorisée d’Israël notamment aux États-Unis et dans l’Union européenne. Dans le cadre de ses attributions, la Direction nationale de l’information consulte également les médias et les experts en marketing du milieu universitaire et du secteur privé.
Il est également recouru aux grands médias et aux réseaux sociaux Internet comme Twitter, Facebook et YouTube. Aussi, le Ministère des Affaires Etrangères invite-t-il les diplomates israéliens (à l’étranger) à livrer quotidiennement les positions sur les réseaux sociaux et emploie une équipe qui se consacre à l’envoi des communications dans le monde dans les grands organes de presse. Israël consacre un budget considérable à cette entreprise. Pas moins de 100 millions de shekels sont engagés annuellement pour soigner l’image d’Israël dans les médias, ou encore les conférences et l’organisation d’évènements comme le défilé annuel Hommage à Israël, qui se déroule à New York, ou encore le festival du film israélien à Paris.
Le Molad, (groupe qui se dit de réflexion) est un réservoir d’idées qui livre ses positions à la gauche libérale israélienne en matière de politique étrangère, de sécurité, ou encore sur les questions socio économiques. Son bureau est présidé par l’ancien Président de la Knesset, Avraham Burg, c'est-à-dire un penseur de la gauche israélienne qui ne cesse de critiquer la politique du gouvernement de Benjamin Netannyahou, et qui trouve son approche de la question palestinienne belliqueuse. Pour lui, la Hasbara est un instrument de sensibilisation efficace qui est certainement le plus productifs dans le monde mais la mauvaise image d’Israël et son statut international trouverait exclusivement leur cause dans la politique inadaptée du gouvernement.
Il y a manifestement une extraordinaire mauvaise foi de sa part. le Molad compare dans son étude les communications des organisations anti israéliennes et celles de la Direction nationale de l’Information pour mesurer celles qui a le plus grand impact au niveau de l’opinion internationale. Il conclut son étude en expliquant que le déficit d’image ne doit pas trouver son explication dans les entreprises menées pour valoriser Israël mais bien dans la politique israélienne à l’égard des palestiniens.
Curieusement, le Molad ne s’interroge, à aucun moment, sur les raisons pour lesquelles Israël est sans cesse contraint d’expliquer ses actes et d’en faire une présentation objective comme si, en fin de compte, il était continuellement tenu de justifier de son droit à exister. Car en effet, la Hasbara n’est finalement qu’un instrument permettant à l’Etat juif de communiquer sur ses actions afin qu’elles ne soient pas travesties dans la presse ou exploitées dans les images qui font le tour du monde afin de salir Israël.
L’image assombrie d’Israël sur la scène internationale n’a bien évidemment rien à voir avec sa politique mais bien à l’entreprise de délégitimation dont il est victime. Les organisations anti-israéliennes et les personnes qui ont une affinité idéologique avec leurs objectifs (dans la gauche radicale en Occident et aussi les groupes de la Diaspora palestinienne) utilisent tous les supports médiatiques qu’il s’agisse d’Internet, des réseaux sociaux, des médias, de la télévision, des journaux ou des manifestations spécifiques pour dénigrer Israël.
La délégitimation d’Israël résulte de l’emploi d’un vocabulaire adapté comme « occupation » ou « colonisation » généralement accompagné d’adjectifs comme « brutale » ou d’expressions comme « expansion des colonies ». Il suffit de reprendre ces termes dans un reportage sur l'expulsion d'une famille de Sheikh Jarrah, de montrer des photos d’un manifestant palestinien blessé par une grenade lacrymogène tombée sur sa poitrine qui est décédé des suites de ses blessures, ou filmer le largage d'une bombe sur la bande de Gaza qui a détruit la maison d’une famille palestinienne, pour laisser entendre qu’Israël serait illégitime.
Parmi les entreprises de dénigrement d’Israël on peut citer les interventions de personnalités publiques comme Noam Chomsky ou Desmond Tutu qui profitent de leur statut international pour diffuser des messages anti israélien, ou encore les campagne BDS (boycotts, désinvestissement et sanctions) qui ont obtenu des vedettes de la chanson comme Stevie Wonder, Elvis Costello et les Pixies qu’ils annulent leur tournée en Israël en 2012. De nombreux universitaires israéliens subissent également des boycotts universitaires, lorsque ce ne sont pas des sociétés multinationales qui limitent leurs engagements commerciaux avec des entreprises israéliennes. Notons de même certaines manifestations comme la « semaine annuelle contre l’apartheid israélien » où les manifestations (conférences, présentations, films, événements multimédias, performances culturelles, manifestations et autre activités) se tiennent dans de nombreuses villes et campus universitaires dans le monde, dans la première semaine du mois de mars de chaque année. A cette occasion, Israël est présenté comme un Etat « colonisateur » qui ne respecte pas les droits de la population « colonisée » et qui poursuit sa politique de « colonisation » (terme choisi en raison de sa connotation négative).
Fort heureusement, avec l’obtention par la Palestine (le 29 novembre 2012) du statut d’Etat non membre de l’Onu, le travail de la hasbara devrait être sensiblement simplifié : avant cette date, la Palestine ne constituait pas un Etat et donc ne pouvait être colonisée. Par ailleurs, depuis cette date, si la Palestine existe en tant qu’Etat, aucun territoire ne lui a été officiellement et internationalement affecté. La Palestine n’est donc toujours pas « occupée » faute d’accord territorial entre les palestiniens et les israéliens. « Les explications » devraient enfin être plus faciles à donner.
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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 16:04

 

 

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Le 30 décembre 2012, la Cour Suprême israélienne a annulé la décision de la Commission électorale israélienne qui avait invalidé la candidature de la députée arabe Hanin Zoabi aux élections législatives prévues pour le 22 novembre 2013. Bien que conforme à l’avis du Conseiller juridique du Gouvernement Yéhouda Weinstein (qui avait rendu un avis défavorable à cette invalidation), cette décision n’en reste pas moins contestable. La Commission avait, en effet, relevé que la députée arabe avait nié « l'existence d'Israël en tant qu'Etat juif » et soutenu « une organisation terroriste d'État ennemi ou engagé dans un conflit armé contre Israël ».

La députée hanin Zoabi n’a jamais caché son inimitié à l'égad d'Israël. Commentant la décision de la Commission électorale israélienne, elle s’était lâché le 27 décembre 2012 sur la chaîne Al jazirra : «Il est de ma responsabilité en tant que Palestinienne, et en tant qu'être humain, de lutter contre le siège, contre l'occupation, contre l’oppression de mon peuple, et contre le racisme envers les palestiniens citoyens à l'intérieur d'Israël ». Elle a même donné des précisions sur le fondement de son action : « notre légitimité est issue des masses palestiniennes et non de la Knesset et de ses commissions ». Il ressort (une fois encore) de ses déclarations, que la députée arabe ne se considère pas israélienne ni ne reconnaît de légitimité aux institutions de l'Etat juif. La Cour Suprême israélienne aurait donc du en tirer les conséquences au regard de la Loi fondamentale sur la Knesset dont la force normative est supérieure à tout autre texte ou considération.

Pour s’assurer une parfaite loyauté, fidélité et obéissance de ses membres, la loi fondamentale sur la Knesset du 12 février 1958 a mis à la charge des députés l’obligation de déclarer allégeance à l’Etat d’Israël. La formule est donnée par l’article 15 : « je promets de faire allégeance à l’Etat d’Israël et de m’acquitter loyalement de mon mandat à la Knesset » (article 15 loi 12 février 1958). Cette déclaration d’allégeance revêt une importance toute particulière puisque l’article 16 précise que les députés ne peuvent jouir des prérogatives attachées au statut tant qu’ils n’ont pas prêté le serment. La loi fondamentale envisage même le cas des députés qui auraient une nationalité additionnelle non israélienne. Dans cette hypothèse, l’article 16 A exige d'eux qu’ils se libèrent de l’autre citoyenneté, leur interdisant de déclarer allégeance à l’Etat d’Israël tant qu’il n'en sont pas libérés, et les privant de leurs droits de membres à la Knesset avant toute déclaration sur ce point. Au cas particulier, Hanin Zoabi ne remplit pas les conditions pour accéder à la députation puisque dans son cas il n’y a même pas double allégeance, mais bien défaut d’allégeance à l’Etat d’Israël en tant qu’Etat juif et démocratique.

La Cour Suprême israélienne se devait donc de valider la décision de la Commission électorale, sanctionner sa violation du serment d’allégeance et lui interdir de se présenter à la députation. Pire, en cautionnant les attaques anti israéliennes de la députée arabe, la Cour Suprême israélienne remet en question le devenir de l’Etat juif.

Dans l’acte fondateur de l’Etat d’Israël, Ben Gouron avait invité les habitants arabes de l'Etat d'Israël à préserver la paix et à participer à l'édification de l'État sur ​​la base d'une citoyenneté pleine et égale et juste représentation dans tous les ses institutions provisoires et permanents. Au cas particulier, Hanin Zoabi ne se considère pas israélienne mais palestinienne (tout comme l’ensemble de la population arabe d’Israël). Dans ces conditions, non seulement la Cour Suprême viole la Loi fondamentale sur la Knesset mais en outre, permet à des personnes qui ne se reconnaissent pas dans le devenir d’Israël, d’accéder à des responsabilités étatiques, quand bien même elles aspirent à sla destruction.

Sur ce point, la Cour Suprême ne respecte pas l’esprit, la philosophie et la vocation de l’‘Etat d’Israël, s’engouffre dans une voie qui dépasse ses compétences, et modifie le cadre institutionnel étatique en considération de sa sensibilité et non de la volonté populaire.

Il eut été opportun pour la Cour Suprême qu’elle organise le cadre des partis politique arabes en s'inspirant du candidat Bédouin Aatef KARINAOUI, fondateur du premier parti arabe pro israélien El Amal Latgir (espoir pour le changement) qui invite les arabes israéliens à participer au devenir d’Israël : «Nous voulons prouver que nous sommes des citoyens loyaux et fidèles». Affirmant son appartenance à l’Etat d’Israël, il ne craint pas de clamer : « Je suis fier d'être arabe, fier aussi d'être israélien. Je ne suis pas palestinien ».

Aatef KARINAOUI considère que «les députés arabes nous éloignent du concret et ne veulent pas le progrès. Leur leadership est un véritable échec». Aussi, encourage t il tout d’abord les Arabes à assumer une part du fardeau du service national rappelant que les propos calomnieux des députés arabes sur Israël ne sont que des mensonges : « Toutes les mauvaises choses proférées par les candidats arabes concernant Israël et les supposés mauvais traitements infligés aux Arabes sont des mensonges éhontés». Il reproche également aux députés arabes israéliens de fonctionner comme les politiciens dans l’ensemble du monde arabe c'est-à-dire sur la corruption (en percevant également des fonds du Hamas, de l’Iran ou du Hezbollah) : « C'est exactement ce qui se passe dans l'Autorité palestinienne, les gens ont faim, et ces politiciens s'enrichissent. » Il n’en reste pas moins parfaitement lucide sur les problèmes du monde arabe et dresse un constat : « Regardez la Syrie, l'Egypte, la Libye, la Tunisie, le Bahreïn: le problème n'est pas Israël, le problème, ce sont les Arabes ».

Dans sa relation avec Israël, Aatef KARINAOUI n’a « aucun problème avec l'étoile de David sur le drapeau ni avec l'hymne national». Il respecte les institution israéliennes: « Israël est une démocratie, que je respecte » soulignant même la chance que les arabes ont de vivre en Israël : « Nous, les Arabes avons besoin de remercier Dieu parce que nous vivons dans ce pays démocratique », proposant aux population arabes en Israël d’avancer tels des partenaires de l’Etat juif : « Ce que je veux c'est résoudre nos problèmes en tant que membres de la société israélienne, main dans la main avec le public juif », puisque «Israël est un endroit merveilleux pour les Arabes». En somme, le printemps arabe en Israël doit se faire « contre nos propres dirigeants arabes ».

La Cour Suprême s’écarte de la règle institutionnelle israélienne, s’arroge un rôle normatif que les institutions ne lui donnent pas et outrepasse ses attributions dans une forme d’excès de pouvoir. Les institutions israéliennes et internationales sont amplement suffisantes pour faire d’Israël l’Etat juif, par les juifs, pour les juifs. Il n’appartient donc certainement pas à la CourSuprême d’Israël d’y faire obstacle en remettant en cause la trajectoire que le peuple juif a fixée. La Cour Suprême israélienne est d'ailleurs passée à côté d'une autre opportunité : les députés de la minorité arabe avaient fait savoir que dans l’hypothèse d’une confirmation de la décision concernant Hanin Zoabi, ils se retireraient eux aussi de la compétition, et appelleraient au « boycott de la mascarade électorale ». La Knesset s'en serait très bien portée. 

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 20:57

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele

Le 21 décembre 2012, les services Environnementaux de Véolia ont informé l’Autorité du service de gestion des déchets du nord de Londres (NLWA), de ce qu’ils retiraient leur offre pour la gestion des déchets et le contrat de leur réutilisation sous forme de combustibles. Prise dans la phase finale de la procédure d’attribution du marché public londoniens (d’une valeur de 4 milliards de Livres Sterling soit encore 3.25 milliards d’euros), cette décision fait suite à la campagne menée par l’association No to Veolia Action Group, dont l’ingénieur et membre, Rob Langland, s’est félicité : « Je vois avec grand plaisir qu’en raison de l’implication actuelle de Véolia dans les colonies israéliennes, ses offres ont été maintenant mises à la poubelle. »


En novembre 2012, Richard Falk, Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires Palestiniens avait invité le NLWA à ne pas attribuer ces contrats à Véolia en raison « de sa profonde et permanente complicité des violations israéliennes du Droit international ». Insistant,  il avait même avancé que « permettre à Véolia de disposer de fonds publics violait l’obligation juridique internationale du Royaume-Uni de ne pas faciliter les violations israéliennes du Droit international. »


Le 25 octobre 2012, Richard Falk  avait déjà appelé l’Assemblée générale des Nations Unies à prendre des mesures contre les sociétés israéliennes et étrangères qui tirent leur profit de l’économie dans les implantations israéliennes en territoire palestinien : « les compagnies ne devraient pas contrevenir aux dispositions du Droit humanitaire international, ni être complices d’aucune violation ». Il avait même recommandé que «  les compagnies citées dans le rapport - ainsi que toutes celles qui réalisent du chiffre d’affaires avec les colonies de peuplement doivent être boycottées, jusqu’à ce qu’elles s’alignent sur les normes des Droits de l’homme et du Droit humanitaire international ».


Le groupe Véolia est très présent dans les marchés publics israéliens. Veolia Transportation Israel exploite sept lignes de bus israéliennes en Cisjordanie, de Modi’in vers les implantations de Hashmonaim, K’far Ha Oranim, et vers l’implantation  de Mevo Horton, entre Bnei-Brak et Jérusalem. C’est encore lui qui transporte entre les jonctions de Mahar Ofer, Givat Zeev, Sderot-Golda Meir, Shefa Haim et Ohel Yehoshua à Jérusalem,  ou les jonctions de Mahane Ofer, Givat Zeev, Sderot-Golda Meir et Sderot-Vaitzman (à Jérusalem) et enfin de Harel à Sderot Vaitzman (à Jérusalem).


Véolia est donc la cible de groupes de pression palestinien très actifs : déjà, le 31 juillet 2012, la ville de Liverpool avait annulé le salon de l’environnement sponsorisé par Véolia prétextant ne pouvoir affronter les problèmes de réputation et les conséquences nuisibles d’un accueil de l’exposition.  De même, le salon du Portrait animalier de l’Année de Londres, fait l’objet de critiques depuis 2010 en raison du sponsorat de Veolia Environnement.


Véolia et ses filiales se voient maintenant reprocher leur implication dans des projets en Cisjordanie comme la mise en place et l’exploitation du tramway de Jérusalem ou encore l’exploitation de la décharge de Tovlan où ils bénéficient de l’exploitation du site d’enfouissement qui dessert principalement la population de l’intérieur d’Israël et celle des implantations en Cisjordanie. Trois filiales de Veolia étaient à l’origine titulaires du marché : Veolia Environmental Israel, TMM-Integrated Recycling Services, et YARV Sherutei Noy 1985, mais pour mettre fin aux critiques, Véolia avait été contrainte de céder ses droits sur le site d’enfouissement des déchets de Tovlan, à l’implantation voisine de Massa (le 26 juin 2011). Véolia TMM est tout de même restée Maître d’œuvre du marché et consultant de façon transitoire, pour permettre à l’implantation de Massa de garantir les obligations liées à l’enfouissement.


Pour critiquer Véolia, les associations palestiniennes se fondent sur des textes considérés comme étant la norme international : Dans la résolution 63/201 du 28 janvier 2009, l’Assemblée générale des Nations Unies a demandé à Israël de mettre fin aux déversements des déchets de toutes sortes dans le « territoire palestinien occupé » au seul profit de sa propre population civile.


Par ailleurs, un avis consultatif du 9 juillet 2004 de la Cour internationale de Justice sur le mur d’Israël à l’intérieur de la Cisjordanie pose que les colonies violent l’article 49 de la Quatrième Convention de Genève selon  lequel : « la Puissance occupante ne pourra procéder à la déportation ou au transfert d’une partie de sa propre population civile dans le territoire occupé par elle. »


Enfin, dans sa 72e séance plénière du 19 décembre 2008,  l’Onu indique « que l’unité, la continuité et l’intégrité de l’ensemble du territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, doivent être respectées et préservées, et que tous les actes de violence, y compris les actes de terreur, de provocation, d’incitation et de destruction, doivent prendre fin ». Dans l’alinéa 6, l’Onu demande à Israël, « Puissance occupante, de mettre fin, dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, (et dans le Golan syrien occupé), au déversement de déchets de toute sorte, qui fait peser une grave menace sur les ressources naturelles de ces territoires, à savoir les ressources en eau et en terre, et risque de nuire à l’environnement, ainsi qu’à la santé des populations civiles ».


La communauté internationale s’égare en fait depuis le 31 juillet 1988 sur la nature juridique des territoires de Cisjordanie, depuis que la Jordanie a officiellement renoncé à toute souveraineté sur la Cisjordanie en ayant supprimé la représentation des populations palestiniennes de Cisjordanie au parlement jordanien et en limitant ses frontières nationales à la rive est du Jourdain. Désormais, et juridiquement, les terres de Cisjordanie sont sans souveraineté. La communauté internationale doit donc cesser de penser que le Droit international est le résultat d’une auto persuasion répétée, ressassée, rabâchée qui ferait de la Cisjordanie un « territoire palestinien ».


Certes, l’Onu a toujours nié l’annexion israélienne de Jérusalem en 1967 et la loi fondamentale de Jérusalem du 1er août 1980 avec les résolutions 476 et 478 du 20 août 1980 qui la déclarent nulle et non avenue. De même, la communauté internationale a toujours imaginé pouvoir ériger la norme en l’inscrivant dans une résolution. La communauté internationale doit juste comprendre une chose : l’interdiction du meurtre ne résulte pas de la Thora, mais d’un principe qui lui préexiste (que la Thora a repris par écrit). Il en est de même de la propriété territoriale des terres de Cisjordanie. Les décisions internationales onusiennes ne peuvent créer de normes : elles doivent simplement s’articuler avec la norme transcendantale. Les juifs peuvent donc aménager la terre comme ils s’y emploient : le 19 décembre 2012, La municipalité de Jérusalem a approuvé un projet de construction de 2.610 logements à Givat Hamatos, le 17 décembre 2012,  le ministère de l’Intérieur a donné son feu vert à la construction de 1.500 logements à Ramat Shlomo et la commission de planification du district de Jérusalem doit se réunir le 26 décembre 2012 pour examiner la construction de 1.100 logements dans le quartier de Gilo… La communauté internationale devra l’intégrer, mais pour l’heure, elle est responsable des conséquences économiques fâcheuses pour Véolia.     

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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