Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 18:55

 

 

      

logojusticebertrand

 

 

Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele

 

 

Le 10 décembre 2012, c’est dans des termes édulcorés que l’Union Européenne a condamné les propos du dirigeant (Hamas) Khaled Mechaal, lancés le 8 décembre 2012 devant 100 000 personnes dans la ville de Gaza. Ses déclarations ont certes été qualifiées « d’incendiaires » et jugées « inacceptables » puisqu’elles nieraient « le droit à l’existence d’Israël », mais il n’est pas certain que l’Union Européenne en ait parfaitement compris la portée. L’Union Européenne s’est bornée à réaffirmer son « engagement fondamental pour la sécurité d’Israël », confirmant le maintien de « ses efforts pour lutter contre le terrorisme qui cherche à saper l’ouverture et la tolérance des sociétés par des actes de violences aveugles contre des civils » ou encore contre « ceux qui embrassent et promeuvent la violence aveugle contre des civils », mais le message de  Khaled Mechaal était autre. Il n’encourageait pas seulement la poursuite des actes terroristes contre les civils israéliens,  ni ne s'est contenté de nier le droit à l’existence d’Israël : il a véritablement appelé à l’éradication d’Israël, au génocide du peuple d’Israël, c'est-à-dire encouragé à commettre un crime contre l’humanité.


Pour Khaled Mechaal (qui n’avait pas foulé le territoire de la bande de Gaza depuis 37 ans), les thèses développées dans la charte du Hamas doivent rester au coeur de la pensée palestinienne, tout comme les finalités imparties par le document. Au commencement de son allocution, il a remercié les invités de la diaspora, et les peuples de la oumma (nation), rappelé l’unité des « territoires palestiniens de Cisjordanie, de Gaza et des territoires de 1948 » et rappelé la voie, celle du « jihad et du martyre », à la mémoire du fondateur Cheikh Ahmed Yassine et celle des martyrs du Hamas de Gaza ou de Cisjordanie éliminés par Israël.


Il a ensuite placé son discours dans une dialectique religieuse en demandant à Allah de « couvrir de sa grâce » tous les martyrs « qui par leur sang » sont tombés en Cisjordanie, qu’il (Allah) guérisse les blessés, « ces légions qu’Allah a gravé sur le corps de ces leaders », et qu’il encourage « le mérite des endurants sur le front ». Aux prisonniers, il a promis qu’ils seraient bientôt sortis de derrières les barreaux pour revenir chez eux, insistant qu’il restera fidèle à sa promesse et à son serment (ponctuant régulièrement son propos de « Inch' Allah »).


Sa démonstration s’est alors positionnée sur l’unicité du peuple palestinien : « Par Allah, le peuple d’abord ! (répété à trois reprises), dont sont issues  « les factions de la résistance ». Puis, plein d’humilité, il s’est interrogé sur les erreurs, les échecs, les enseignements et leçons qu’il convenait de tirer et les éventuelles corrections à apporter, à partir « du socle du mouvement, de ses fondamentaux et principes ».


Il a alors lancé le premier principe : « De la rivière jusqu’à la mer, du nord jusqu’au sud, la Palestine est notre terre et notre droit ; la Palestine est notre patrie. Nous ne négligerons et n’abandonnerons aucun cm2, ni aucune partie de notre terre ». S’en déduit le principe suivant : « La Palestine a été et restera pour toujours arabe et musulmane ; elle est à nous et n’est à personne d’autre ». Conséquence : « nous ne pourrons reconnaître la légitimité de l’occupation » (qu’il répète à trois reprises) avant de préciser « Tout ce qui est colonisation, judaïsation et falsification des vestiges sera « balayé et piétiné par la Résistance palestinienne ».


Son ton s’est alors fait plus virulent : « La libération de la Palestine et de toute la Palestine est « wajib » (c’est-à-dire une obligation) un droit et un objectif, et ceci est la responsabilité du peuple palestinien, (voire même) de la nation arabe et de toute la nation musulmane (qu’il sollicite de son soutien logistique et financier), « car toutes les luttes politiques, diplomatiques, populaires, juridiques…n’ont aucune valeur sans la Résistance ! ». (L’Union Européenne n’a pas dû entendre cette partie du discours, le cas échéant, elle aurait perçu, non une divergence de vue du côté du Hamas, mais bien une volonté d’anéantir un Etat reconnu au sein de l’Onu).


Khaled Mechaal a alors accentué le rôle de la résistance : c’est « un moyen et non un objectif » car « l’Histoire et les règles que Allah a instituées dans la vie des nations, montrent qu’il n’y a pas de victoire ni de libération, sans Résistance, sans batailles ni sacrifices ! » (L’Union Européenne a dû occulter cet aspect de la démarche palestinienne).


Pour autant Khaled Mechaal n’est pas un raciste mais a simplement entendu sauver l’humanité du sionisme : «  Nous ne combattons pas les juifs parce qu’ils sont juifs, mais nous combattons les sionistes occupants, agresseurs et nous combattrons tous ceux qui essaieront de coloniser notre terre ou de nous agresser! Nous combattons ceux qui nous combattent, ceux qui nous assiègent et qui souillent nos lieux sacrés et notre dignité ! ».. « Car le sionisme n’est pas seulement l’ennemi du peuple palestinien, mais également de la nation arabe, musulmane et même de l’humanité ».

Il s’est donc engagé à libérer Jérusalem : « Al-Qods est notre âme, notre histoire, notre mémoire, notre passé, notre présent, notre avenir, notre capitale éternelle ; nous y tenons et nous la libérerons, cm2 par cm2, quartier par quartier, caillou par caillou, et lieux sacrés musulmans et lieux sacrés chrétiens, et Israël n’a aucun droit sur al-Qods ! » (ce propos a dû échapper à L’Union Européenne).


Khaled Mechaal a, alors, résumé son programme : « La libération d’abord puis l’Etat! »  car «  le véritable Etat est le fruit de la libération et non le fruit des négociations ! ». « il faut donc, tout d’abord,  se réconcilier, recouvrer l’unité nationale, puis prendre les armes et résister, resserrer les rangs et l’amour entre les cœurs entre le mouvement et entre les enfants du peuple palestinien! Puis faites que votre frappe soit forte ».


La Palestine vient à peine d’intégrer l’Onu (le 29 novembre 2012) mais ses dirigeants n’en ont pas bien compris les finalités décrites dans le préambule de la Charte à savoir : préserver les générations futures du fléau de la guerre, proclamer la foi dans les Droits de Homme, créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respects des obligations internationales, instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande...(il faudra bien qu’un jour ce décalage soit pointé du doigt).


Mieux, Israël serait parfaitement fondé à saisir la Cour pénale Internationale (dont le statut a été signé le 17 juillet 1998), instituée pour promouvoir le droit international et juger tout individu auteur de génocides, de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de crimes d’agressions. C’est le cas du discours et du programme que le Hamas mettra en œuvre dès qu’il aura été démocratiquement élu par les palestiniens. De son côté, l’Union européenne, toujours aussi naïve ne comprend manifestement pas la problématique moyen- orientale lorsqu’elle renvoie Israël et les palestiniens dos à dos en se disant « profondément consternée et fermement opposée » aux plans d'Israël visant à étendre les implantations qui,  « compromettent la viabilité d'un État palestinien ». Elle devrait, au contraire, se dépêcher de recommander la destitution de la Palestine de son statut d’Etat non membre, ou tout moins, la traduction de ses dirigeants devant la CPI.

Repost 0
10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 14:56

logojusticebertrand

 

 

Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele 

Le 8 décembre 2012, le Président égyptien Mohamed Morsi a finalement annulé le décret controversé du 22 novembre 2012 par lequel il s'était octroyé une plénitude de pouvoirs (notamment l’interdiction faite au pouvoir judiciaire de remettre en cause ses propres décisions). Il a néanmoins maintenu la date du 15 décembre 2012 pour le référendum concernant la modification de la Constitution. Les violences populaires en Egypte auront donc permis une reculade temporaire du Président Mohamed Morsi même s’il n’a pas décidé abandonner le processus de contrôle des institutions.
Cet épisode illustre comment la démocratie peut être instrumentalisée pour s’emparer du pouvoir et mettre en place un régime qui n’a rien à voir avec elle. La démocratie a permis aux Frères musulmans (et à une grosse partie du courant salafiste) d’accéder aux fonctions suprêmes en Egypte pour abroger l’Etat de Droit dans une forme de coup d’état institutionnel, et ce, en dépit de l’opposition populaire locale. Dans le même temps, le Président égyptien n’a jamais manqué d’avancer le respect scrupuleux de la Constitution et sa communication régulière avec l’opposition qu’il a invitée au dialogue: «j’invite ceux qui n’ont rien à se reprocher au dialogue » (tout en se moquant éperdument de la volonté populaire).
Les démocratie occidentales et l’ensemble des médias ont présenté Mohamed Morsi comme un modéré avec un programme économique sérieux, une volonté sincère d’opérer les réformes structurelles et une faculté de calmer les ardeurs du Hamas. Mais comme ce fut le cas au temps de l’Allemagne nazie en 1933, la démocratie lui a juste conféré les pouvoirs de l’appareil politique et le contrôle de ses rouages (avec toutefois, contrairement à Hitler, une impopularité grandissante). Les démocraties occidentales refusent d’admettre que les islamistes ne veulent pas des réformes démocratiques, n’acceptent pas le principe d’une société « plurielle » et que les mots « islamistes » et « modérés » restent antinomiques : l’islamisme ne peut qu’être radical. Mohamed Morsi n’est qu’un pion choisi par les fondamentalistes musulmans pour mettre en place la charia (dans un délai de deux ans) à l’aide de l’organisation paramilitaire des Frères musulmans.
Le même phénomène se produit en Tunisie. Le 4 décembre 2012, les miliciens islamistes ont attaqué les locaux du syndicat d’opposition (l’Union Générale Tunisienne du Travail UGTT), perturbé la cérémonie commémorant le 60éme anniversaire de l'assassinat de Hached (père fondateur de ce syndicat), avant que les représentants de la ligue de la protection de la révolution (la milice du parti islamiste au pouvoir qui s’en prend à tous ceux qui déplaisent au guide suprême ou qui freine la poursuite de son programme) attaquent physiquement les membres du bureau exécutif du syndicat. L’UGTT était dans le collimateur depuis qu’elle a appelé à la grève générale et a la dissolution de la ligue de protection de la révolution. Ses responsables redoutaient donc les représailles et s’en sont plaint sans que les autorités locales n’interviennent pour les en empêcher. Le président du mouvement islamiste Ennahdha, Rached Ghanouchi a même, (le 5 décembre), cautionné à demi mot l’attaque commise contre ce syndicat perçu comme un groupe d’opposition.
Parvenu démocratiquement au pouvoir, le parti islamiste tunisien tente d’effacer de la mémoire collective tunisienne tous les symboles qui s’y rattachent comme les fêtes nationales : le 9 avril (fête des martyrs pour l'indépendance), le 20 mars (fête de l'indépendance), ou le 5 décembre, (commémoration de l'assassinat de Farhat Hached fondateur de l’UGTT). Le parti islamiste tente également de remplacer le drapeau par un autre au couleur d’un l’Islam détaché de l’histoire tunisienne, ou encore de modifier l'hymne nationale (en retirant le dernier couplet). La finalité est de dissoudre l'identité tunisienne dans une sorte d’identité arabo musulmane, voire saoudo wahhabite, (tout comme le projettent les islamistes en Egypte) et de soumettre la Tunisie à la domination politico-religieuse du Qatar et de son grand-frère (quoi qu’ennemi) l'Arabie saoudite qui «exporte» son wahhabisme. L’islamisme en Tunisie doit devenir une simple application politique de l’Islam avec une constitution qui soit la plus conforme possible à la chariâ.
En Iran, même combat. Le fonctionnement politique repose sur l’islamisme couplé d’une force militaire qui appuie le gouvernement : les élections ne sont qu’une parodie de démocratie avec un Parlement élu en mai 2012, largement dominé (tout comme le précédent) par les conservateurs qui se réclament du Guide suprême Ali Khamenei. Les élections présidentielles prévues en juin 2013 seront également remportées par le challenger choisi par les gardiens de la révolution car l’Islam doit triompher, peut importe le sentiment populaire.
Au Liban (seul Etat de la Ligue Arabe dont l'identité et les institutions ne sont pas monopolisées par l'Islam), la démocratie est confessionnelle avec une représentation des diverses communautés reconnues par la Constitution. L’Islam s’y impose toutefois de façon progressive au détriment des minorités : le Liban s’est vidé de ses chrétiens et s’abandonne désormais au Hezbollah chiite (parti politique et force paramilitaire) qui islamise la société libanaise selon sa sensibilité.
En Turquie, les laïcs (bien que moins nombreux que les musulmans croyants), avaient profondément remodelé la société dans les années 20 avec Atatürk. La politique d’Erdogan a entrepris un renversement de la tendance avec une réduction du pouvoir des laïcs dans l’armée et dans tous les pans de la société civile, afin d’y imposer la dynamique islamiste.
Plus généralement et grâce à la démocratie, les dirigeants des Etats musulmans procèdent de la même façon qu’en Europe (où les pays ont décidé d’abandonner leur identité locale) en imposant une sorte d’internationale islamiste (à l’instar de l’internationale communiste) dont le centre se situe en Egypte avec un programme unique : la Charia. De la même manière, c’est par la démocratie que l’islamisme cherche à s’implanter en Europe avec le Qatar qui ambitionne d’y établir sa vision (islamiste) du monde (comme les juifs l’on fait avec leur modèle spirituel, philosophique et éthique en Palestine après la conquête territoriale). L’Emirat de la péninsule d’Arabie pénètre donc progressivement la sphère européenne avec ses investissements dans le capital des sociétés commerciales, du patrimoine foncier, des clubs de football, du financements des banlieues, et tentera, à terme, d’influencer la politique pour poser ses fondements idéologiques. Une fois au pouvoir, les partis islamistes s’appuieront alors sur des Assemblées nationales, coquilles vides, chargées d’entériner les décisions politiques.
Pour l’heure, islam et islamisme s’identifient en rendant le juif responsable de tous les maux (la méthode a déjà été expérimentée) et cela devrait durer jusqu’à ce que l’Islam s’ouvre à la tolérance, au respect de l’autre et cesse de se placer dans un cadre guerrier. Il faut pour cela qu’il interprète et adapte les textes sacrés à l’environnement et à la réalité en perpétuelle mutation, tout comme les juifs lisent la Thora avec le talmud, où les chrétiens, les Evangiles avec leurs Conciles. C’est un long travail qui mettra des années voir des siècles mais qui arrivera nécessairement. En attendant, l’islamisme restera un échec programmé qui se heurtera toujours à un problème de taille : l’individu (qu’il a complètement occulté).
Repost 0
2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 19:58

 

 

logojusticebertrand

 

 

Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele 

Le 29 novembre 2012, l’Assemblée Générale de l’Onu a accordé à une large majorité, le statut d’Etat non membre observateur à la Palestine (138 voix pour, 9 contre et 41 abstentions), ce que Mahmoud Abbas a nommé le « certificat de naissance de l'Etat de la Palestine ». Les palestiniens ont accueilli joyeusement la nouvelle avec des scènes de liesses, ce qui pourrait laisser subodorer une modification des dispositions d’esprit palestiniennes à l’égard de l’Etat hébreu mais côté israélien, ce n’est pas l’optimisme qui prévaut : l'ambassadeur d'Israël à l'Onu, Ron Prosor, a fait part de l’hostilité d’Israël à ce statut, tout comme le Ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Liebermann pour qui il fera reculer la paix, voire encore le Premier ministre Benjamin Netanyahu qui a qualifié le discours de Mahmoud Abbas d’«hostile et venimeux ». Pour autant, le nouveau statut de la Palestine va placer l’Onu face aux contradictions de ses résolutions anti-israéliennes et l’obliger à réviser la qualification des territoires sans souveraineté de Cisjordanie.

La première contradiction onusienne tiendra à la faculté pour les palestiniens de saisir la Cour pénale internationale d’une plainte pour crime de guerre et crimes contre l’humanité à raison notamment de l’opération « plomb durci » qui s’est achevée en janvier 2009.

Le Procureur de la CPI a rendu un avis le 3 avril 2012 dans lequel il indique qu’« identifier, poursuivre et juger les auteurs et leurs complices d'actes commis sur le territoire de la Palestine à partir du 1er juillet 2002" (date de la création de la Cour), suppose de savoir si la Palestine peut ou non être considérée comme un Etat. Il a alors ajouté : « le Bureau n’exclut pas la possibilité d’examiner à l’avenir les allégations de crimes commis en Palestine si les organes compétents de l’ONU, voire l’Assemblée des États parties, élucident le point de droit en cause ».

Si donc les palestiniens entendent saisir la CPI, se posera la question de savoir s’ils peuvent invoquer un droit pour une période où il n’existait pas en tant qu’Etat et notamment avant novembre 2012. La naissance de l’Etat palestinien lui fait naître des droits pour l’avenir, non au cours de la période antérieure.

De même, l’absence de frontières internationalement reconnues, a fortiori à une période où l’Etat de Palestine n’existait pas, interdit toute qualification de « territoires palestiniens occupés ». On peut citer par exemple un avis consultatif de la Cour Internationale de Justice du 9 juillet 2004 sur les conséquences juridiques de l’édification du mur de clôture érigé par Israël. L’organe judiciaire de l’Organisation des Nations Unies a ainsi indiqué : « l’édification du mur qu’Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l’intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, et le régime qui lui est associé, sont contraires au droit international. Israël est dans l’obligation de mettre un terme aux violations du droit international dont il est l’auteur; il est tenu de cesser immédiatement les travaux d’édification du mur qu’il est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l’intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, de démanteler immédiatement l’ouvrage situé dans ce territoire et d’abroger immédiatement ou de priver immédiatement d’effet l’ensemble des actes législatifs et réglementaires qui s’y rapportent. »
Tout d’abord, faute d’Etat palestinien en 2004, Israël ne pouvait être qualifié de « puissance occupante ». En outre, et faute de reconnaissance internationale des frontières à une époque où la Palestine n’existait pas, il n’était pas possible d’affirmer péremptoirement que la clôture était « contraire au droit international » ou encore que les terres étaient « palestiniennes ». (Rappelons une nouvelle fois que la précédente souveraineté sur ces terres était jordanienne et que le Royaume hachémite y a définitivement renoncé en juillet 1988). Bien évidemment, la Cour Internationale de Justice ne pouvait pas non plus demander le démantèlement de la clôture sur le fondement d’affirmations juridiquement fausses, sauf à s’immiscer dans la politique interne israélienne, puisque ces terres désertiques, qualifiées à tort de « palestiniennes », n’étaient autre que des biens sans maître.

L’Onu sera également confrontée au refus d’une partie des palestiniens de reconnaître Israël. Le 6 décembre 2012, le Président du bureau politique du Hamas, Khaled Meshaal, doit se rendre pour la première fois à Gaza afin d’y célébrer le 25 ème anniversaire du mouvement dont l’anniversaire tombe le 8 décembre 2012. Or, Khaled Mechaal a posé un certain nombre de conditions qui vont à l’encontre de la paix avec Israël. Il a tout d’abord fait part de son acceptation d’établir l’Etat palestinien sur les frontières de 67 (c’est dire 22 % de la Palestine historique), mais avec Jérusalem Est comme capitale (sous entendu la vielle ville de Jérusalem qui abrite l’esplanade des mosquées et qui fait partie de la capitale historique et éternelle d’Israël). Il a par ailleurs exigé le droit au retour des (millions de) réfugiés à l’intérieur de la ligne verte israélienne (c'est-à-dire l’immigration massive en Israël de palestiniens qui n’en ont jamais foulé le sol). Il a bien évidemment confirmé ne pas reconnaître Israël, cette reconnaissance devant être faite par l’Etat palestinien après sa naissance (c'est-à-dire jamais).

En revanche, aucun mot sur l’abrogation de la Charte du Hamas (dont la finalité est l’éradication de l’entité sioniste) et notamment de ses articles 11 et 15 selon lesquels la Palestine est un « Waqf musulman » qui interdit sa dilapidation, l’article 12 qui pose que « Le nationalisme, est partie intégrante de la croyance religieuse », ou l’article 13 selon lequel les conférences internationales sont en contradiction avec les principes de la Résistance Islamique », (le reste des articles étant consacré aux obligations guerrières des palestiniens pour l’anéantissement d’Israël). Ce responsable Hamas ne contredit donc pas le premier Ministre palestinien Ismail Haniyeh qui a immédiatement annoncé, après la décision onusienne, que la résistance était la seule manière d’avancer.

Un bras de fer devrait toutefois débuter entre les deux leaders du Hamas le 6 décembre 2012 avec la visite à gaza du Premier ministre turc Recep Erdogan chargé avec Khaled Meshaal et le soutien financier du Qatar, de combattre l’influence de l’Iran dans la bande de Gaza. Or, l’Iran qui jouit d’un prestige considérable au sein des résistants de la bande de Gaza, devrait faire son possible pour contrecarrer les ambitions régionales de la Turquie et du Qatar, à l’origine d’un nouveau conflit palestino palestinien à l’intérieur de la bande de Gaza.

L’Onu a toujours qualifié Israël de « puissance occupante » alors que la Palestine n’existait pas. La conséquence est très simple : toutes les résolutions que l’Onu a prises contre Israël sont tout simplement caduques et la qualification juridique adaptée devra être rétablie : Israël a accompli « des actes de disposition sur des territoires sans souveraineté». Par ailleurs, faute de frontières de la Palestine à soumettre au Hamas, l’Onu va s’enfermer dans de nouvelles contradictions. Pour sa part, dès qu’Israël aura ratifié le statut de la CPI (ce dont il s’est toujours abstenu), les palestiniens pourront être poursuivis à raison des tirs de roquettes lancées et des opérations armées, constitutifs, eux, de crimes contre l’humanité. Ils découvriront alors le sens des obligations et des devoirs interétatiques.
Repost 0
28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 15:14

 

 

logojusticebertrand

 

 

Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele 

 

Le 29 novembre 2012, le Président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas va solliciter de l’Assemblée générale des Nations Unies qu’elle reconnaissance un statut d’Etat non membre pour la Palestine, et ce avant même que la session ne se termine en septembre 2013. Techniquement, l’adoption de cette résolution ne devrait pas poser de difficultés dans la mesure où elle suppose un vote à la majorité simple des 193 membres, pour lesquels le principe est largement acquis. C’est du moins ce qui résulte d’une résolution sur Gaza débattue le 22 novembre 2012 à Strasbourg, à l’occasion de laquelle les euros députés se sont prononcés massivement en faveur d’une telle reconnaissance (avec 447 voix pour et 113 contre). Le 23 novembre 2012, c’est la Suisse qui a annoncé son soutien à la demande, par l’intermédiaire du Conseil fédéral qui a de la même manière, adopté une décision de principe sur la question. De même, la gauche française s’est empressée, tout au long du mois de novembre 2012, de rappeler au Président François Hollande l’engagement qu’il avait pris sur ce point en cas de victoire aux élections présidentielles. Il n’est donc plus question pour lui de s’y dérober.

La démarche du Président de l’Autorité palestinienne n’en repose pas moins sur une ambigüité qui n’a jamais été levée. Pour fonder sa demande, il recourt aux textes adoptés dans le cadre du conflit israélo arabe et les transpose subtilement, dans le cadre du conflit israélo palestinien. Les résolutions internationales invoquées par Mahmoud Abbas ne concernent en rien la Palestine, et ne sauraient justifier l’implantation de l’Etat de Palestine sur les frontières de 1967. Tout d’abord, la résolution 181 de l’Assemblée de l’Onu adoptée le 29 novembre 1947 qui a décidé du principe de la partition de la Palestine mandataire en deux Etats (ce sera son 65ème anniversaire) n’a jamais évoqué un Etat palestinien mais Etat juif, l’autre arabe. D’ailleurs, le conflit opposait en 1948 Israël aux pays arabes de la région, non aux palestiniens. De même, la résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations Unies du 22 novembre 1967 qui a appelé au retrait par Israël, des territoires occupés lors de la guerre des 6 jours du mois de juin 1967, concernait les territoires de Jordanie et de Syrie (le Golan). C’est la partie occidentale du Royaume Hachémite de Jordanie qui a été occupée par Israël la suite de la guerre des 6 jours, non la Palestine en tant qu’Etat. Or, depuis juillet 1988, la Jordanie a renoncé à toute souveraineté sur la Cisjordanie et même a fait la paix avec Israël le 26 octobre 1994. Mahmoud Abbas ne sauraient donc exciper de textes adoptés à une époque où la notion de peuple palestinien n’existait pas pour revendiquer les terres jordaniennes en ce compris Jérusalem Est qui abrite l’esplanade des mosquées, sauf à se méprendre sur la portée des textes internationaux et s’en attribuer le bénéfice : il n’est aucune corrélation entre les textes de 1947 et de 1967, et l’assiette du futur Etat palestinien.

D’un côté, la communauté internationale, lassée par le conflit israélo palestinien (qui n’a que trop duré), se laisse entrainée par cette confusion habilement entretenue bien que la philosophie palestinienne (l’éradication d’Israël), le concept de nationalité palestinienne, de peuple palestinien, et le principe d’attachement des palestiniens à la terre de la Palestine mandataire résultent de documents qui sont nés bien après le conflit israélo arabe de 1948, en l’occurrence les Chartes, Olp de 1964 (modifiée par la quatrième session du Conseil national palestinien réuni au Caire du 1er au 17 juillet 1968) et du Hamas de 1988. La communauté internationale n’entend donc pas s’encombrer de subtilités textuelles si elle pense que le conflit au Moyen Orient est en passe d’être réglé.

De l’autre, les Etats-Unis ne se sont jamais laissés piégés. Ils refusent d’entendre parler d’un mécanisme décisionnel international pour créer l’Etat palestinien : la seule voie réaliste repose sur les négociations directes avec Israël. Ils ont déjà refusé (en 2011) aux palestiniens de présenter leur demande à l’Onu au motif qu’ils ne constituent pas un Etat. Ils ont également menacé d’opposer leur véto au Conseil de sécurité en cas de demande d'adhésion à part entière d'un État de Palestine au sein de l’Onu.

En marge des questions juridiques, il faudra bien aborder les aspects pratiques de l’Etat palestinien et notamment les questions fondamentales systématiquement éludées : où et avec qui ?

Il n’existe aucune unité au sein des instances palestiniennes, voire, il existe bien deux entités palestiniennes distinctes : l’une en Cisjordanie et l’autre à Gaza. A la suite de l’intervention israélienne de novembre 2012 dans la bande côtière (pilier de défense), Mahmoud Abbas, n'a jamais été impliqué dans les négociations indirectes au Caire ayant abouti à l'accord de cessez le feu. Plus symptomatique, le chef de l’Autorité Palestinienne a même félicité Ismaïl Haniyeh, le chef du Hamas pour cette victoire tout en présentant ses condoléances aux familles des martyrs. La dualité des entités palestiniennes, politique, géographique et philosophique devra donc être prise en considération par la communauté internationale.

Sur le plan idéologique, le Hamas n’est pas prêt à abandonner partie de la Palestine historique à Israël. En célébrant « leur victoire », les palestiniens de la bande de Gaza ont annoncé par la voix de Ahmed Bahar, (haut dirigeant du Hamas) « une victoire historique de la résistance contre l'occupation » qui pose « les bases de la bataille pour libérer l'intégralité de notre territoire et de nos sites sacrés ». Un autre dirigeant du Hamas, Khalil al Hayya, a même été jusqu’à annoncé la réconciliation du Hamas et du Fatah devant des milliers de personnes rassemblées sur la principale place de la ville de Gaza : « Aujourd'hui, notre unité se matérialise, le Hamas et le Fatah ne sont qu'une seule main, un seul fusil et une seule roquette » (ce qui ne cadre pas exactement avec le discours de Mahmoud Abbas).

Il ne faut donc surtout pas se leurrer sur les perspectives de paix que feraient naître l’admission de la Palestine en tant qu’Etat non membre de l’Onu, tant que les questions fondamentales de l’emplacement géographique et du cocontractant n’auront pas été traitées. Mahmoud Abbas est dans l’impossibilité d’imposer sa vision des frontières tant à l’Etat juif (dont il ambitionne d’annexer une partie), qu’au Hamas qui ne veut pas entendre parler de paix avec l’entité sioniste.

En cas d’obstination, Mahmoud Abbas risque de se voir opposer la fin des financements américains : le Congrès américain s’est déjà refusé à toute aide directe à l’Autorité Palestinienne en 2012 (en dehors des arriérés promis au titre de l’année 2011). L’année 2013 ne devrait pas voir les fonds américains abonder les caisses palestiniennes si le Président palestinien imposait ses conceptions afférentes aux frontières, au statut de Jérusalem, aux réfugiés, aux implantations juives ou encore de la sécurité et des prisonniers.

Si donc les palestiniens demandent l’autodétermination, leur futur Etat n’aura rien à voir avec les frontières dites « de 1967 ». Un Etat palestinien sera institué sur les terres de Cisjordanie exclusivement contrôlées par les palestiniens avec Ramallah comme capitale (supposant un accord de paix signé avec Israël) et une entité palestinienne à Gaza (non étatique à défaut d’accord du Hamas). Faute d’admettre cette situation, rien ne sortira de la session parlementaire onusienne.

Repost 0
18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 22:37

 

 

logojusticebertrand

 

 

Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele 


Le quotidien « l’Humanité » de ce 16 novembre 2012 titrait : « massacre préélectoral à Gaza » pour convaincre que l’élimination du chef de la branche armée du Hamas par Israël (survenue le 14 novembre 2012) était « une odieuse provocation des israélien à la veille des législatives ». Dans son éditorial, Maurice Ulrich qualifie tout d’abord l’élimination du chef terroriste d’assassinat: « la liquidation physique et ciblée de son chef militaire (ce n’est pas un terroriste), mercredi, porte un nom. C’est un assassinat ». Il a alors fait part de sa stupéfaction concernant le méthode opératoire : « La méthode, au reste, est proprement effarante, quand bien même elle n’est pas nouvelle puisqu’elle implique que n’importe quelle cible humaine, dans l’étroite bande de Gaza, peut être exterminée à n’importe quel moment par une frappe aérienne (les juifs sont donc des personnes qui exterminent)». Selon l’auteur, l’opération serait manifestement disproportionnée : « cette exécution (les juifs sont également des personnes qui exécutent des individus), à l’évidence, n’avait rien d’une simple riposte à des tirs de roquettes des activistes du Hamas, quand bien même ils sont réels. » (Aucun mot sur les conséquences des tirs de roquettes palestiniennes). Aussi en vient il à livrer son analyse sur les véritables motivations israéliennes qui n’ont rien à voir avec le Hamas : « Pour faire court, «Pilier de défense », à deux mois des élections législatives en Israël, pourrait aussi s’appeler bureau de vote » (sic) …
Pour le journaliste de l’Humanité, les atouts de l’opération seraient les suivants : resserrement des liens avec les Etats-Unis, effacement des divergences de vues avec l’Iran, provoquer l’échec de l’Assemblée de l’Onu du 29 novembre prochain à laquelle doit être posée la question de l’admission de la Palestine au sein des Nations unies avec le statut d’État non membre (date qui est au passage l’anniversaire de la résolution du 29 novembre 1947 qui a décidé du partage de la Palestine entre deux Etats : un juif et un autre arabe). Il indique alors les souhaits, en pareille hypothèse, du Premier Ministre Netanyahou à savoir que «l’Autorité palestinienne s’effondre» pour finalement affirmer que l’opération à Gaza n’avait rien à voir avec le Hamas : « C’est la tentative qui est en cours, en se servant une fois de plus du Hamas pour peindre la Palestine en État tolérant le terrorisme et en discréditant de ce fait l’Autorité palestinienne ».
Le journaliste s’étonne ensuite de l’absence de condamnation internationale « les États-Unis, on l’a dit, ont commencé à justifier l’opération militaire, ce qui valide tout autant l’opération politique » (c’est dire sa propre analyse politique). Pour sa part, l’Europe joue(rait) « un double jeu », en cautionnant la politique de colonisation condamnée depuis 1980 : «l’Europe n’en importe pas moins massivement des produits agricoles et industriels, dans le même temps qu’elle y investit ». La France est également visée dans ce texte : « Et la France ? François Hollande avait reçu Mahmoud Abbas en juillet, mais en recevant Benyamin Netanyahou, voici quelques jours, il a fait marche arrière sur l’entrée de la Palestine à l’ONU ». Autrement dit, le fait de recevoir le Premier Ministre israélien en France signifierait une opposition à la création d’un Etat palestinien (sic).
La question se pose donc de savoir pourquoi un quotidien français est capable d’un tel parti pris anti-israélien, pourquoi il n’y a aucune neutralité dans la présentation des évènements et enfin pourquoi le problème n’est jamais posé des tirs de missiles sur des cibles civiles israéliennes, depuis si longtemps.
Bien évidemment, il y a, en France, un électorat friand de ce genre d’arguties. Pour une part (non négligeable) de français, Israël est un Etat colonial (ce qui cautionne les actions du mouvement de résistance populaire du Hamas, qui n’est pas un mouvement terroriste). Par ailleurs, la thèse du complot international juif qui vise à contrôler le monde n’est pas abandonnée, ni à gauche, ni à droite ni chez certains juifs.
Dans une lettre ouverte du 2 novembre 2012, Jacob Cohen s’en est pris au Président de la République François Hollande dans une diatribe insultante odieuse et parfaitement démesurée. Il a tout d’abord dit de la « France » qu’il s’agissait de « l’appellation contrôlée de la première colonie sioniste implantée en Europe » ou encore la « fille aînée du sionisme ». Au président de la République, il reproche sa « soumission au 1er Ministre du dernier pays colonial dans le monde, responsable d'un des plus tragiques nettoyages ethniques, ayant annexé illégalement des villes et des territoires conquis par la force, contrôlant militairement le peuple palestinien… ». Il insiste ensuite « pour votre défense (misérable), vous invoquez la « sécurité des juifs ». Pardon! Vous auriez dû dire la sécurité des juifs sionistes, ou la sécurité des juifs du CRIF » avant d’insulter le Président de la République : « C'est une honte pour un dirigeant socialiste (pauvre socialisme!) d'apporter sa caution politique et morale à un tel régime, vous rendant ainsi complice et responsable de ses crimes devant l'Histoire! M. Hollande ! En tant que responsable suprême du fonctionnement des institutions, notamment la Justice et la Police, je vous accuse de couvrir les actions criminelles de la LDJ, pour des raisons politiques, ce qui en fait de vous le co-responsable et le complice »…Les antisémites de tout bord peuvent donc également s’appuyer sur des juifs qui ont la haine d’eux-mêmes.
S’agissant du complot juif on peut citer les articles (du 13 novembre 2012) titrant : « En France, pour devenir Avocat, il faut se soumettre au lobby et à l’idéologie sioniste », ou encore Les « SAYANIM (informateurs en Hébreu) du barreau du Val d'Oise imposent le sionisme comme critère d'admission », voir enfin « Les sionistes en France contrôlent même les ordres des avocats». Ces articles traitent du cas d’une juriste Alima BOUMEDIENE THIERY, qui remplissait les conditions pour devenir avocate mais que le Conseil de l’Ordre a écartée du Barreau du Val d’Oise eu égard à son militantisme anti-israélien : « son militantisme efficace dans le cadre des ses activités politiques apparaît contraire à l’honneur, à la probité, aux bonnes moeurs et aux respects des principes essentiels de dignité et de modération » et notamment « ses opérations de commando invitant les clients à boycotter tous les produits venant d’Israël au nom de l’anti-sionisme ». Les antisémites ne respectent donc pas les décisions du conseil de l’Ordre, organe qui contrôle l’intégration des membres du barreau de l’Ordre des Avocats.
On peut également évoquer la publication de notre article du 15 octobre 2012 « une chanson pour promouvoir la haine d’Israël chez les « djuns », qui a conduit le Président Richard Prasquier a adressé une lettre à Rémy Pfimlin président de France Télévisions pour en empêcher la diffusion. Les sites antisémites et antisioniste ont immédiatement publié un contre article intitulé : « le CRIF gouvernera bientôt la France »... Notons également les articles anti-israéliens ou antisionistes intitulés « soumission des médias français au sionisme », « photos de la soumission au pouvoir sionistes » ou encore l’entretien du 6 octobre 2012 (consultable sur Internet) de Philippe Ploncard d'Assac (Front National) dans lequel l’essayiste français assure que le complot juif mondialiste est au centre des problèmes que connaît actuellement l’humanité.
Ainsi, les thèses soutenues dans le journal l’Humanité sont donc bien représentatives d’une opinion partagée, en France un peu comme si l’antisémitisme ou l’antisionisme n’était pas un délit ou une incitation à la haine raciale mais bien une question de survie de l’humanité. Bref, pour les juifs de France,ce n’est pas gagné…
Repost 0
12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 07:57
La déréglementation du monde dans sa dimension séfirotique

logojusticebertrand

 

 

Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele 

Le 7 novembre 2012, Barak Obama a été proclamé nouveau Président des Etats-Unis grâce à l’importance des grands électeurs conquis lors des élections : le nombre de 270 suffisaient et il en a obtenu 303 contre 206 pour son challenger Mitt Romney. Il n’en demeure pas moins que pour un Etat qui se targue d’être champion de la démocratie, le résultat obtenu reste contestable en ce qu’il ne traduit pas exactement la volonté populaire. Dans le système électoral américain, le vainqueur n’est pas désigné en fonction du suffrage universel mais d’un nombre de grands électeurs variables d’un Etat à l’autre. Par ailleurs, lorsqu’un camp remporte les élections dans un Etat donné, ce sont tous les grands électeurs qui votent dans le sens de la majorité acquise. Au final, Barak Obama a remporté les élections alors qu’un nombre plus important d’américains a voté en faveur de Mitt Romney, ce qui est parfaitement antidémocratique. En ce sens, le système électoral américain est imparfait, alors que les prérogatives du Président des Etats Unis, l’un des personnages les plus puissants de la planète, sont considérables.
Cette observation doit également se conjuguer avec les choix politiques américains. Les Etats unis sont partie en guerre contre le monde de l'Orient où ils se sont promis d’exporter les valeurs démocratiques alors que les populations locales n'en veulent pas. Par ailleurs, les Etats-Unis n’ont jamais fait de publicité sur leurs véritables intentions au regard du contrôle des ressources naturelles qui s’y trouvent, notamment le pétrole en Irak et la culture du pavot en Afghanistan (qui produit 80 % de la consommation mondiale). La volonté d'apporter une lumière à une civilisation qui ne réclame rien, ne pouvait que conduire à un choc des civilisations, source de disharmonie.
La situation en Europe est également tourmentée. L'interpénétration des civilisations au sein desquelles les modes de vie sont incompatibles, est fatalement source d’une grande désillusion. L’Europe s’est construite sur le principe d’une coexistence des Etats nations avant de mettre un terme au concept de nationalité, déduit de la situation géographique (avec des frontières et une monnaie spécifique), et induisant des prorogatives accordées aux individus par l’Etat d’appartenance, à l’origine d’un véritable sentiment national, d’un vouloir vivre collectif et d’une fierté des individus liés entre eux par la langue, la religion, l’histoire, les traditions. Désormais, l’Europe a fait de ses membres un agrégat humain sans âme, sans liens et sans émotions collectives. Même le sport est incapable de faire survivre le sentiment de fierté nationale compte tenu des origines disparates des joueurs qui composent les équipes européennes. En réalité, non seulement il n’y a plus de sentiment d’appartenance nationale mais on peut même parler de désamour entre les Etats et leurs ressortissants, obligés de modifier leur résidence étatique en fonction des pressions fiscales et sociales locales, ou encore des systèmes de permis de conduire à point mis en place dans certains Etats, qui discriminent exclusivement leurs ressortissants ou leur résidents. Pour conduire dans un Etat membre, il est préférable de résider dans un autre Etat pour éviter la double sanction instituée en cas d’infraction.
A ces choix politiques européens, il convient de rappeler la disparition du service militaire qui a entraîné la perte du patriotisme, sans oublier la généralisation de la laïcité (prélude à l’athéisme) qui a définitivement disloqué l’unité populaire. Pour sa part, l’implantation de l’Islam au cœur des Etats anciennement nation, contribue à achever la déliquescence des unités nationales.
Cela n’est peut être pas surprenant.
Les sociétés occidentales se sont construites sur l’accueil, la générosité, le don, l’amour, ce qui correspond dans la structure séfirotique au Hessed qui est encore l’ouverture des formes closes, la dynamique de l’être, son souffle vital, mais aussi la mise en mouvement de toute chose. Symboliquement, le Hessed est représenté par une droite qui représente la liberté et la réalité en développement.
Inversement, la culture musulmane, est enfermée dans la Loi et le jugement, ce qui correspond dans la structure séfirotique au Din, véritable organisation contre l’anarchie. Théoriquement, le Din devrait permettre au monde de durer mais dans la Kabbale, il est représenté par un point ou un cercle, fermé, sans espace et sans temps, telle une configuration close. Ainsi, la nécessité est enclose à l’intérieur de ses lois, et cette fermeture interdit tout progrès de la liberté et partant, de l’humanité.
Ce que l’on nomme choc des civilisations n’est finalement rien d’autres que l’incompatibilité entre le Hessed occidental et le Din oriental. En effet, le Din, encore appelé Guevoura, représente la force, la rigueur et le jugement. Or, le Hessed occidental et Din oriental ne peuvent coexister sans tiferet, structure séfirotique qui représente l’harmonie. Le mot signifie « beauté » ou « splendeur » qui est l’intermédiaire entre le Hessed et le Din, c'est-à-dire un compromis, une synthèse entre les deux, avec un but : « que l’être humain se développe pour accéder à son potentiel le plus élevé ».
Actuellement, Hessed occidental et Din oriental ne peuvent coexister puisque aucun Tiferet n’est susceptible de les relier. En principe, Hessed et Din ne peuvent coexister dans le Ségol, qu’avec le tiféret. Le Ségol fournit d’ailleurs une explication de la notion du bien et du mal : le bien correspond à ce qui est en accord avec la dynamique et la force créatrice qui anime l’individu alors que le mal s’y oppose. Le mal refuse la réalité du monde imparfait et donc la possibilité de perfectionnement actionné par la liberté. Le mal fige et affaiblit la spontanéité de la libre volonté et entrave la perfectibilité de l’homme. C’est le problème du Din oriental qui enferme l’individu, et la raison de la crispation avec le hessed occidental. Sans tiferet, aucune combinaison n’est possible, ni lumière, capable de s’en dégager. 
Le même phénomène se retrouve encore au Moyen Orient où la société israélienne, en mouvement, se heurte à l’opposition de la société palestinienne enfermée dans un Din absurde d’une soi disant Loi internationale qui fonderait leur droit au retour avec la résolution 194 de l’Assemblée Générale des Nations unie du 11 décembre 1948, ou encore avec la Loi islamique qui réfute tout droit aux juifs de s’établir dans ce qu’elle considère la Palestine historique. Plus gênant, les palestiniens ont, dans le système islamique, une mission historique : combattre les juifs jusqu’à la fin des temps.
Cette obligation religieuse est d’autant plus impérieuse que subsiste le risque, à défaut, de voir les juifs établir le troisième Temple à l’emplacement même de l’Esplanade des Mosquées, à même de réduire à néant la Vérité de Mahomet et son message que les musulmans considère universel.
Reste également pour les musulmans, l’espoir de voir l’Etat juif s’effondrer de l’intérieur, faute de pouvoir y parvenir de l’extérieur. La société israélienne est éprouvée par ses propres faiblesses comme la dissociation de sa jeunesse avec les principes Bibliques, le mélange des populations à même de modifier la représentation juive en Israël ou de façon plus fondamental, les atteintes plus systématiques au noyau familial avec la multiplication des divorces et des familles recomposées.
L’enjeu du troisième millénaire sera certainement de trouver le tiféret entre les deux mondes, occidental et oriental, pour éviter que les deux ne disparaissent.
Repost 0
4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 18:55

 

 

 

logojusticebertrand

 

 

Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele 

Le 24 octobre 2012, le journaliste Gédéon Levy, journaliste et membre de la Direction du quotidien Haaretz, a commenté les résultats d’un sondage réalisé par Dialog (une structure dirigée par Camil Fuchs, professeur à l’Université de Tel-Aviv), commandé par le Fonds Yisraela Goldblum. Ce sondage portait sur les problèmes auxquels la société israélienne est confrontée dans sa relation avec les arabes israéliens et les palestiniens. Interprétant les résultats dans un sens qui n’est pas celui exprimé par les sondés et travestissant les réponses des personnes interrogées, il a titré un premier article de la manière suivante : « un sondage révèle que la plupart des Juifs israéliens soutiennent le régime d’apartheid en Israël ». Dans un article du 31 octobre 2012, il sera encore plus virulent et véhément à l’égard de la société israélienne.

Même si les sondages reflètent une opinion instantanée, par essence volatile, susceptible de varier d’une semaine sur l’autre en fonction de la sensibilité du moment, (en l’occurrence, celui-ci a été réalisé la veille du nouvel an juif), ce n’est pas une raison pour travestir les réponses et salir l’opinion israélienne quand bien même les questions posées l’étaient de manière tendancieuse et que les israéliens interrogés se sont prêtés au jeu des questions réponses de façon authentique, sans ambages, avec une extrême sincérité.

L’une des questions portait sur le point de savoir s’il existe un apartheid en Israël à l’égard des personnes arabes (la question ne mentionnait pas discrimination mais bien apartheid). Nul ne peut nier que les personnes arabes en Israël rencontrent plus de difficultés pour trouver un emploi, pour se loger, pour intégrer des carrières professionnelles intellectuelles et donc pour évoluer au sein de la société israélienne. (Le problème est voisin en France pour les personnes issues de l’immigration lorsqu’elles doivent se présenter au téléphone pour chercher un emploi ou lorsqu’elles réalisent des enquêtes de satisfaction). Les sondés israéliens ont donc répondu « oui » à 39 % « dans certains cas », et « oui » à 19% « dans la plus part des cas » (31 % ont répondu négativement et 11% ne se sont pas prononcés). Gédéon Lévy aurait donc pu analyser les résultats objectivement, à savoir qu’une majorité en Israël, admet l’existence de problèmes d’intégration pour les arabes. Il ne s’agit bien évidemment en rien d’une politique d’apartheid et encore moins d’une caution donnée par les israéliens à une telle politique qui n’existe pas en Israël.

Une autre question portait sur le principe d’une séparation du réseau routier en Cisjordanie, entre israéliens et palestiniens. Bien évidemment, il ne s’agit pas d’une ségrégation comme l’auteur voudrait le laisser entendre, mais simplement d’une volonté de se déplacer sans avoir à craindre un attentat terroriste. Les israéliens sont déjà confrontés aux jets de pierres sur les routes en Cisjordanie, ils entendent naturellement se protéger d’un phénomène nouveau qui se rencontre chez les palestiniens, en l’occurrence les « conducteurs martyrs suicidaires ». Les sondés ont donc exprimé leur crainte dans le sondage de la manière suivante : pour 50 % la séparation est nécessaire, pour 24 % c’est bon, pour 17 % cela ne devrait pas être, 9 % ne se sont pas prononcés.

A la question « Est-ce qu’un auteur américain réputé qui boycott Israël et dénonce ses pratiques d’apartheid peut être invité à visiter le pays », la réponse a été tout à fait intéressante : pour 48% l’auteur doit être invité, pour 15 % il doit être boycotté, pendant que 28 % estiment qu’il n’y a pas de réponses nécessaires. Les sondés ont ainsi manifesté leur hospitalité à l’endroit de cet auteur afin qu’il se rende compte du mode de vie israélien et qu’il puisse changer son opinion. Etrangement, Gédéon Lévy n’a livré aucun commentaire sur ce résultat.

S’agissant du rattachement administratifs des arabes israéliens, une question portait sur le point de savoir si les sondés étaient d’accord sur le principe de leur transfert à l’Autorité Palestinienne. 47 % approuveraient le transfert, 40 % s’y opposerait et 13 % ont refusé de se prononcer. Si majoritairement, les israéliens préférerait que les arabes israéliens dépendent de l’Autorité palestinienne, il convient de rappeler que ce sont les arabes israéliens qui se considèrent ultra majoritairement, non comme « israéliens » mais bien comme « palestiniens en Israël ». En quoi serait-il donc choquant qu’ils dépendent administrativement de l’Autorité palestinienne comme les étrangers vivant en Israël qui conservent la nationalité de leur pays d’origine. C’est d’ailleurs la solution internationale : les non nationaux établis dans un Etat puisent l’essentiel de leurs droits personnels de leur pays d’origine, non du pays de résidence.

Pour ce qu’il en est de la question territoriale, les sondés se sont vus posés trois questions. L’une sur le principe d’un échange de terres avec les palestiniens pour garder les implantations juives en Cisjordanie : 36 % se sont prononcés pour un échange de terres, mais 48 % se sont dites opposés, alors que 16 % ne se sont pas prononcés. De même, les sondés n’ont pas manifesté leur souhait d’une annexion par Israël des implantations en Cisjordanie : 48 % y sont opposés, 38% y sont favorables et 14 % ne se sont pas prononcés. Enfin, une dernière question a été posée concernant le droit de vote des palestiniens dans l’hypothèse où Israël annexe la Cisjordanie : 69 % ont répondu non, 19 % oui, et 9 % indécis.

Ces dernières questions apportent des enseignements intéressants qui n’ont pas été exploités ni commentés par Gédéon Lévy. Tout d’abord, les sondés se sont dits opposés à une annexion des implantations juives en Israël. Gédéon Levy ne pouvait donc commenter le résultat d’une hypothétique l’annexion de la Cisjordanie à laquelle les israéliens sont opposés. Pour autant, Gédéon Lévy a exploité la réponse donnée à la question relative au droit de vote des palestiniens en cas d’annexion de la Cisjordanie de la manière suivante : « La majorité de la population juive en Israël soutient l’établissement d’un régime d’apartheid en Israël au cas où l’État annexerait officiellement la Cisjordanie ». Sic ! Non seulement, cette analyse ne tient pas compte du refus d’annexer la Cisjordanie , mais en outre, il n’a jamais été question d’un régime d’apartheid en cette occurrence, et enfin, si par extraordinaire la Cisjordanie était annexée (ce qui est peu probable) la position serait conforme à la norme internationale : les non nationaux n’ont pas jamais le droit de vote dans les pays de résidence.

D’autres questions concernaient le principe d’une préférence nationale (comme cela se rencontre dans beaucoup de pays surtout dans les pays arabes) et d’autres sur le principe d’une séparation des arabes et des juifs en Israël. Les sondés se sont engagés sur la préférence nationale : 59 % désirent que les Juifs aient priorité sur les Arabes dans l’accès aux emplois au sein des ministères gouvernementaux (rappelons à cet égard que les non nationaux ne peuvent jamais, et ce dans aucun pays, être fonctionnaires dans les pays de résidence), 49% désirent que l’État traite différemment les citoyens juifs et les citoyens arabes (c’est encore ce qui se rencontre dans l’ensemble des pays de l’Onu), 42 % ne veulent pas vivre dans un immeuble également habité par des Arabes et 42 pour 100 ne veulent pas que leurs enfants soient dans la même classe que des enfants arabes…(c’est un choix personnel qui ne saurait être critiqué).

Les questions étaient certes tendancieuses mais les sondés y ont répondu de façon transparente, ce qui n’a pas empêché Gédéon Lévy de publier un nouvel article parfaitement incendiaire le 31 octobre 2012, sur la base de son analyse tronquée des résultats du sondage.

Dans ce nouvel article, Il débute son propos de la manière suivante : « Contents de faire votre connaissance, nous sommes racistes et pro-apartheid ». Il cite alors le sondage dont les résultats ont été publiés dans le quotidien Haaretz le 24 octobre 2012 pour avancer : « Il est important de reconnaître la vérité qui nous est lancée en pleine face, et à celle du monde »...Il aborde ainsi le paragraphe suivant : « faire la paix serait un acte presque antidémocratique : la plupart des Israéliens n’en veulent pas » «Une société juste, égalitaire violerait aussi les désirs de la plus grande partie des Israéliens …Ils se satisfont avec le racisme, ils sont à l’aise avec l’occupation, ils sont contents avec l’apartheid », voire également « aucun espoir de changement à attendre de tout cela. Il n’en viendra pas ; et en effet cela ne se peut car il est contraire aux souhaits de la plupart des Israéliens. Cette réalité doit être admise »…

Gédéon Lévy a donc rédigé un article sur les résultats d’un sondage dont il a falsifié la teneur, interprété négativement sa propre analyse (qui ne reflète pas celle des israéliens), pour livrer son pamphlet anti israélien.

Comme point de départ de sa présentation, il présente les israéliens comme étant responsables du blocage de la situation avec les palestiniens, satisfaits du statu quo : « Ceux qui, impatients d’arriver à un accord, élaborent périodiquement des plans de paix doivent finalement bien comprendre ce que les Israéliens leur ont clairement dit : « Non merci, nous ne sommes pas intéressés » associant cette position avec le discours de Netanyahu prononcé à l’université de Bar-Ilan, le 14 juin 2009.

Toutefois, il explique que si les israéliens sont aussi bloqués dans leur volonté de faire la paix avec les palestiniens (thèse qu’il avance tout seul mais qu’il impute à la société israélienne) ce n’est pas tout à fait de leur faute. C’est la société israélienne qui les installerait dans ce refus (fantasmé) : « Il est difficile de blâmer les Israéliens. Des années de lavages de cerveau, la diabolisation et la déshumanisation des Arabes en général et des Palestiniens en particulier, associés à des années de terrorisme brutal, ont laissé des traces ». Il pose même la question de savoir « Pourquoi voudraient-ils faire la paix avec ceux qui, depuis des décennies, ont été méthodiquement dépeints comme cherchant uniquement à les anéantir ? », comme si finalement c’était les israéliens qui diabolisaient les palestiniens.

Les israéliens sont présentés par Gédéon Lévy comme étant manipulés mentalement puisque ce sont les médias qui présentent les palestiniens comme des monstres. La question se pose de savoir pourquoi Gédéon Lévy n’a pas avancé « que les attentats anti juifs sont un mythe », que « les tentatives d’attentats sont inventés pour entretenir la haine des palestiniens et des arabes israéliens » et que si « les palestiniens sont retrouvés en possession d’armes, il ne s’agit que de jouets… ».

Gédéon Lévy va même jusqu’à avancer qu’en réalité, les israéliens ne connaissent pas les palestiniens, raison pour laquelle ils ont un avis faussé : « Après tout, même les Israéliens laïcs qui ont exprimé les opinions les plus tolérantes dans ce sondage ne savent pas en réalité de quoi ils parlent. Quand ont-ils même rencontré un Arabe ? Quand leurs enfants en ont-ils rencontré un ? Et s’ils en ont vu, quel genre d’Arabe ont-ils rencontré sinon que le garçon livreur de l’épicerie, le propriétaire de l’épicerie du quartier, le laveur de voiture, Ahmed le plâtrier ou le monteur d’échafaudages ? Et cela sans même parler des Palestiniens : la dernière fois (et aussi la première) qu’ils ont rencontré un Palestinien, si tel est le cas, ce fut durant leur service militaire, à travers la lunette de leur fusil, comme un objet suspect et dangereux ».

En somme, selon Gédéon Lévy, la seule relation avec les palestiniens date de la période du service militaire lorsqu’il s’agissait de protéger les frontières de l’Etat. Ce regard n’en reste pas moins questionnant : les israéliens côtoient les arabes ou les palestiniens très régulièrement quand ils mettent du carburant dans leur véhicule le jour de shabbat, quand ils ont affaire avec le personnel dans les hôtels à Jérusalem, ou encore lorsqu’ils recourent aux services des taxis dans la capitale... Il est étrange que ce fait soit occulté par Gédéon Lévy.

Pour le journaliste du quotidien Haaretz, les israéliens n’en demeurent pas moins les seuls responsables même si le système organise un embrigadement contre les palestiniens : « Néanmoins, ce lavage de cerveau n’absout pas les Israéliens de leur responsabilité. Il est vrai que le système éducatif, et plus encore les médias, incitent et échauffent, sèment la terreur et la haine. Mais ils le font pour se conformer aux goûts de leur auditoire. C’est un cercle vicieux déprimant, dans lequel on ne sait qui a commencé ». Pour Gédéon Lévy, les palestiniens sont des personnes normales, c’est juste la présentation qui en est faite aux israéliens par le système local qui les pervertit.

Manifestement, le problème chez Gédéon Lévy, relève de la psychanalyse. Il projette sur les juifs les actes et le mode de pensée palestiniens. Les Chartes palestiniennes enseignent aux palestiniens que leur vie doit être consacrée à la lutte armée contre les juifs et contre Israël, que toutes leurs énergies et potentialités doivent être employée à cet objectif, et que le système institutionnel doit agir selon cette finalité jusqu’a la victoire finale (même si le fondement de l’action est laïc dans la Charte de l’Olp, et religieux dans la Charte du Hamas). Feignant de ne pas le savoir, il impute ainsi aux juifs, une sorte de délire paranoïaque.

De façon sous jacente, Gédéon Lévy souhaiterait qu’il se produise en Israël le même processus de désintégration nationale que celui que connaît la France ou bon nombre de pays européens qui ont renoncé à leurs frontières, à leur monnaie, à leurs lois nationales (désormais édictée à Bruxelles). Désormais, la France entreprend même de donner le droit de vote aux étrangers, prérogative historiquement réservée aux nationaux. Elle s’engage également sur le terrain du mariage des personnes de même sexe, de la possibilité pour elles de bénéficier de la procréation médicalement assistée ou encore d’adopter des enfants. La France laisse également des pays comme de Qatar investir dans les banlieues ou racheter le patrimoine immobilier et entrepreneurial français. Si la France a fait choix de se couper de ses racines philosophiques, institutionnelles et religieuses, ce n’est pas encore le cas d’Israël. Gédéon Lévy se doit donc de respecter la position de la société israélienne et son expression démocratique sans la fustiger comme il le fait.

Il est regrettable que Gédéon Lévy, cet amoureux de la démocratie, n’ait pas milité en août 2005 pour que les juifs installés dans la bande de gaza y restent en prenant la nationalité palestinienne au lieu d’en être chassés comme des chiens et chargés dans des camions comme aux heures les plus noires de l’histoire du peuple juif. Il est de même surprenant qu’il ne parte pas s’établir dans les territoires palestiniens, qu’il ne sollicite pas une carte d’identité palestinienne, le droit de vote et bien évidemment le droit de fonder un parti démocratique. Il comprendrait que le soit disant problème du sondage ne tient pas à l’opinion de la population israélienne mais bien à sa haine d’Israël. 

Repost 0
28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 20:50

 

 


 logojusticebertrand

 

 

Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele 

Le jeudi 25 octobre 2012, Richard Falk, rapporteur de l’Onu sur les Droits de l’Homme dans les territoires (improprement qualifiés de) palestiniens, a présenté à la Troisième Commission, son rapport annuel sur le respect, par Israël, des obligations que lui impose(rait) le Droit international. Dans une diatribe parfaitement insultante, haineuse et outrageante à l’égard d’Israël, il a appelé l’Assemblée Générale de l’Onu à « boycotter les entreprises dont les activités sont liées aux colonies de peuplement israéliennes en Cisjordanie, jusqu'à ce que leurs activités soient pleinement conformes aux normes et pratiques du Droit international humanitaire ».


La mission impartie à cet ancien Professeur américain de Droit international, repose en réalité sur un postulat juridiquement faux, à savoir qu'il s'agirait de «territoires palestiniens» comme si ces terres avaient automatiquement vocation à revenir aux palestiniens alors qu'il s'agit de biens sans maître (faute de dépendre d'une entité étatique reconnue). Richard Falk justifie son appel au boycott par le fait  que l'Etat hébreu défierait les décisions de l'ONU, qui dénoncent sa politique de colonisation. Aussi, et sur la base d’un fondement juridiquement faux, il en tire une conclusion (elle même contraire au Droit), en l'occurrence la nécessité de boycotter les unités économiques locales, bien qu'elles contribuent au développement et à l'enrichissement des palestiniens.


Richard Falk a donc listé un grand nombre d’entreprises israéliennes et internationales, impliquées dans la fourniture de biens et services en relation avec les implantions juives dans le territoire de Cisjordanie (disputés) et notamment « Caterpillar Incorporated (États-Unis), Veolia Environnement (France), G4S (Royaume-Uni), le groupe Dexia (Belgique), Ahava (Israël), le groupe Volvo (Suède), le groupe Riwal Holding (Pays-Bas), Elbit Systems (Israël), Hewlett Packard (États-Unis), Mehadrin (Israël), Motorola (États-Unis), Assa Abloy (Suède) et Cemex (Mexique)… »


En réalité, le Professeur feint d’oublier que la Palestine en tant qu’Etat, n'existe pas. Aussi, insiste-t-il : « Pourtant, aujourd’hui, elles (les implantations juives) contrôlent plus de 40% de la Cisjordanie ». Rappelons tout d'abord qu'il s'agit de terres désertiques. Par ailleurs, ces terres se situent en zone C, dont l'Etat hébreu assure le contrôle en vertu des accords d'Oslo (même si Richard Falk anticipe l’annexion ultérieure d’une partie d’entre elles, à l'Etat juif). Aussi, sa haine s’exprime-t-elle par une condamnation de leur développement économique et humain (alors que de son côté, l'Autorité palestinienne est incapable de faire fructifier les terres qui sont sous sont contrôle).


Sur un plan humain, un constat le dérange : «entre 500.000 et 600.000 colons vivent dans le territoire palestinien. Au cours des 12 derniers mois, leur nombre s’est accru de plus de 15.000 personnes. » Effectivement, pendant que les palestiniens attendent les dotations de la communauté internationale, les juifs construisent dans le désert, l'aménagent et le peuplent.


Dans un discours vilipendieux, il s'en prend alors aux entreprises qui contribuent à ce développement: « En bref, les compagnies ne devraient pas contrevenir aux dispositions du Droit humanitaire international, ni être complices d’aucune violation. Dans le contraire, celles-ci peuvent être poursuivies sur le plan pénal ou civil. Et cette responsabilité peut s’étendre aux employés de telles entreprises ». Il est étonnant que ce juriste spécialiste du Droit  international ne suggère pas l'engagement d'actions sur le terrain civil et pénal contre ces entreprises (même si cela soulèverait le problème de la neutralité de sa fonction), et que de telles actions ne soient pas menées en Droit international.


Bien évidemment, il n'existe aucun fondement justifiant une action contre ces entreprises qui ne violent en rien le Droit international (ni elles, ni leurs salariés). Or, et bien qu'elles ne puissent être considérées comme complices d’une infraction imaginaire, il suggère : «Ma principale recommandation, c’est que les compagnies citées dans le rapport - ainsi que toutes celles qui réalisent du chiffre d’affaires avec les colonies de peuplement devraient être boycottées, jusqu’à ce qu’elles s’alignent sur les normes des Droits de l’Homme et du droit humanitaire international ».


Il s'est donc employé à écrire à toutes les entreprises mentionnées dans son rapport, et est en passe d'en recueillir les fruits : « Il est encourageant d’apprendre que Assa Abloy a réinstallé son usine de Cisjordanie en Israël et que les groupe Dexia, G4S et Cemex réfléchissent aux moyens de conformer leurs activités avec les engagements que ces compagnies ont pris en vertu du Pacte mondial ».


Cet éminent juriste international n'a toutefois pas été suivi par la communauté internationale. Pour le Ministre canadien des Affaires étrangères John Baird, ses prises de position sont à la fois offensantes et inutiles : « Le rapporteur cause du tort non seulement aux Nations Unies mais aussi au peuple palestinien ». Pour l'Ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice, l'appel au boycott est irresponsable et inacceptable: « Son mandat nuit à la crédibilité de l'ONU ». Pour le directeur exécutif de UN Watch Hillel Neuer «Pour que le système onusien des Droits de l'homme soit crédible dans la lutte contre le racisme, ses propres hauts représentants ne doivent pas être autorisés à inciter à la haine et à la discrimination raciale en toute impunité». Enfin, pour la porte-parole de la mission israélienne Karean Peretz, ce rapport est grossièrement partisan (et) totalement coupé de la réalité en passant sous silence les violations terribles des Droits de l'homme et les attaques terroristes commis par le Hamas.


Bien qu’il soit coutumier de déclarations fracassantes anti-israéliennes (comme en 2008, lorsqu'il a accusé Israël d’avoir planifié un « holocauste palestinien»), Richard Falk a finalement présenté ses excuses à l'Etat hébreu.


En réalité, Richard Falk ne semble pas tout à fait certain de la violation par Israël des normes internationales lorsqu’il indique : « Toutes les colonies de peuplement en Cisjordanie, notamment à Jérusalem-Est, ont été établies en violation flagrante du Droit international ». Soit il y a violation soit il n'y a pas violation. En revanche, indiquer que la violation serait «flagrante », témoigne de ce que le Professeur Emérite de Droit international n'en est pas convaincu.


Compte tenu de l'inapplicabilité et de l'absence de fondement de la résolution de l'Onu qui interdit « toute construction et tout changement, par Israël, dans le tissu démographique et social, des régions de Cisjordanie, qui préjugerait du statut final des territoires », (puisqu'elle revient à disposer de biens sans maître, ce qui est juridiquement impossible), les condamnations resteront politiques et sans la moindre portée ni efficacité. Le Premier ministre Benyamin Netanyahu, confiant, a donc annoncé que son gouvernement intensifierait le développement des implantations, tant à Jérusalem-Est qu’en Cisjordanie, pendant que le Ministère du Logement a fournit le détail de la construction de 660 nouveaux logements à Pisgat Zeev, Maale Adoumim, et à Jérusalem Est. Conclusion : ce n'est pas l'Onu qui établit la norme internationale mais bien la norme fondamentale qui s'impose à elle.


Repost 0
21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 23:44

 

logojusticebertrand

 

 

Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele 

 

Le Premier Ministre Benjamin Netanyahou ne sait plus quoi faire pour sauver l’Autorité palestinienne de la déconfiture. Le 22 septembre 2012, il a autorisé l’Autorité de Ramallah à prélever directement ses impôts auprès des contribuables palestiniens, promis qu’un pipeline approvisionnerait la Cisjordanie sans intervention israélienne (pour diminuer le coût du carburant) et que 5000 permis de travail supplémentaires seraient accordés aux palestiniens. Ces trois derniers mois, il a consenti une avance de 350 millions de dollars sur les taxes et les droits de douane et est même intervenu, en juin 2012, auprès du Fonds Monétaire International pour l’octroi d’un prêt d'un milliard de dollars au profit de la direction palestinienne.

L’Autorité palestinienne traverse en effet, une crise économique et financière sans précédent : aucun investisseur ne se risque dans les territoires palestiniens, la banque de Ramallah (qui a déjà prêté l’équivalent de ses fonds propres) ne dispose plus de liquidités, les 180 000 fonctionnaires recevront, fin octobre 2012, la moitié de leur salaire de septembre, la Banque mondiale et le FMI ont constaté l'impossibilité pour le gouvernement de Salam Fayyad de développer l’économie dans les territoires de Cisjordanie...Actuellement, les finances de l’Autorité palestinienne, définitivement obérées, sont absorbées à hauteur de 32 % par les services de sécurité alors que le reste des administrations tournent au ralenti voire pas du tout. Au cours de l’année 2012, l’AP a reçu 583,5 millions de dollars de contributions budgétaires (dont 22% en provenance de donateurs arabes) alors que la dette s’élève à 1.3 milliard de dollars. Les pays arabes, trop préoccupés par les mutations issues du printemps arabe, ou par les conflits en Syrie et en Lybie, rechignent à verser les 400 millions de dollars promis lors de la signature de l’accord de paris en 2007. Résultat : la rue Palestinienne gronde avec un smic qui s’élève à 240 euros par mois alors que le prix du litre d’essence est le même qu’en Europe... La faillite du système palestinien devrait intervenir au printemps de l’année 2013

Des solutions sont alors imaginées pour pallier au risque d’effondrement de l‘Autorité Palestinienne. Certains responsables (dont le négociateur Saeb Erekat) estiment qu’il conviendrait de dissoudre l’Autorité Palestinienne et transférer à Israël, la gestion des territoires. De son côté, Mahmoud Abbas envisage une ultime tentative avec le dépôt, après l’élection présidentielle américaine prévue en novembre 2012, d’une demande de reconnaissance de la Palestine en qualité d’État non membre de l’ONU auprès de l’Assemblée générale des Nations-Unies. Bien évidemment, rien n’en sortira : les Etats-Unis ont annoncé qu’en pareille hypothèse, il suspendrait leur contribution au budget des Nations Unies (ce qui provoquerait une crise majeure). En outre, et faute d’assiette territoriale unanimement admise, une telle reconnaissance n’aurait aucun sens. Enfin, compte tenu des dissensions entre les palestiniens, la demande présentée par Mahmud Abbas du Fatah sera immédiatement rejetée par le Hamas...

Rien de vraiment surprenant dans tout cela : l’histoire rechigne à intégrer les mensonges dans son articulation et se charge de rétablir la réalité des situations. C’est bien le concept d’identité palestinienne qui touche à sa fin : contrairement à ce que leurs Chartes soutiennent, les palestiniens ne sont pas unité humaine particulière attachée à la terre de Palestine. Il s’agit juste de personnes appartenant à la grande nation arabe sans spécificité aucune.

Le concept d’identité palestinienne a été exploité par les pays arabes pour focaliser leur population sur le conflit israélo palestinien afin de détourner les regards des dictatures en place. Désormais, les populations arabes plus matures, entendent se choisir les règles de fonctionnement leur société sans se le voir dicter, qu'il s'agisse des aspirations religieuses ou démocratiques. De leur côté, les dirigeants palestiniens n'ont jamais été attachés à l’émergence d’un Etat palestinien : le Hamas privilégie la destruction d’Israël, alors que les responsables du Fatah, minés par la corruption, se répartissent des dotations internationales sur leur compte bancaire à l’étranger.

Le concept d’identité palestinienne ne peut donc survivre qu’en cas de caution d’une puissance étatique, telle l’Iran. En appelant à l’éradication de l'entité sioniste, le régime des Mollah donne un sens à la condition pitoyable et pathétique des palestiniens et fournit un soutien idéologique et logistique à cette entreprise. Or, le soutien iranien à ce projet est lui-même en train de s’affaiblir.

Si des rumeurs circulent sur l'imminence d'une intervention militaire israélienne sur les installations nucléaires iraniennes, ce n’est vraisemblablement pas cette option qui devrait être choisie eu égard au danger de voir le monde de l'Islam se souder contre Israël et les Etats Unis.

Aussi, la solution a peut être été trouvée par les Etats-Unis le 28 septembre 2012, avec la décision de retirer l’Organisation des Mujahedin-e-Khalq (MKO) de la liste des organisation étrangère terroristes. Pour Maryam Rajavi, responsable du mouvement basée à paris : « cette décision permet de lever un obstacle important sur le chemin du peuple iranien pour la démocratie.». Officiellement, la décision a été prise au motif qu’aucune opération terroriste n’a été enregistrée au cours de ces dix dernières années par le mouvement (responsable de la mort de 40 000 iraniens au cours des années 80, dont celle de l’ancien Président Mohammad Ali Rajaei, de celle du Premier Ministre Mohammad Javad Bahonar et de celle de l’Ayatollah Mohammad Beheshti en charge du système judiciaire iranien durant les premières années de la Révolution islamique). Inversement, et depuis 2010, le MKO a rendu de grands services aux américains et aux israéliens avec son aide apportée au Mossad pour éliminer quatre scientifiques iraniens spécialistes du nucléaire. C’est donc sur ce mouvement que les Etas Unis devraient s’appuyer pour opérer un changement de régime à Téhéran.

Si, le MKO ne fait plus partie des organisations terroristes, les Etats Unis peuvent le financer, contribuer à désagréger démocratiquement le régime des Mollah et à terme, abattre la direction anti israélienne du pays. Progressivement, l’opposition au régime fondamentaliste s’organise, consciente de l’inutilité de se doter de l’arme nucléaire alors que la priorité est de se libérer d’un despote tyrannique à l’occasion des élections présidentielles prévues en juin 2013. En somme, la destruction du régime des Mollah doit venir de l'intérieur, dans un mouvement démocratique majeur, digne de la subtilité historique des iraniens.

Aussi, lorsque les palestiniens seront définitivement coupés du soutien iranien, le Hamas (qui a privé les palestiniens de la bande de Gaza des élections organisées par le Fatah ce 22 octobre 2012 en les boycottant) ne pourra plus tenir indéfiniment. Le cordon ombilicale entre l’Iran et le Hezbollah sera rompu et les palestiniens découvriront à quel point ils ont été abusés par le concept d’identité palestinienne à l’origine d’un extraordinaire gâchis humain. Ils découvriront l’inutilité d’éradiquer Israël et que leur lien supposé à la terre, est purement factice. Cette idéologie leur aura fait perdre beaucoup de temps et d’énergie, d’autant qu’ils ne disposent pas des moyens matériels, humain ni même de l’envie de créer un Etat. Ils feront alors comme de très nombreuses personnes arabes : partir vers d'autres cieux sous lesquels il fait bon vivre. L’histoire sera enfin débarrassée du concept d’identité palestinienne inventé.

Repost 0
14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 19:02

 

logojusticebertrand

 

 

Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele 

 

Le 7 octobre 2012, le groupe Zebda a diffusé en avant première, le clip de sa nouvelle chanson intitulée « une vie de moins », écrites par Jean Pierre Filiu, spécialiste (s'il en est) du monde de l'Islam. Cette collaboration entre les chanteurs toulousains (qui n'ont jamais caché leur militantisme pro palestinien) et le Professeur de Sciences Politiques arabisant, a permis la réalisation d’un produit de propagande anti-israélienne tout à fait hallucinant. Dans le clip, présenté sous la forme d'un dessin animé, Israël est montré comme enfermant les palestiniens qui ne demandent qu'à jouir d’une vie normale, libérée de l’angoisse permanente et des menaces militaires israéliennes. De leur côté, les palestiniens apparaissent sous un côté attachant, émouvant, généreux, en grande souffrance, avec une jeunesse en manque de dignité, de sécurité et de paix.

Le premier symbole auquel s’attaque la chanson est la valeur supérieure de la vie dans le judaïsme avec le titre, « Une vie de moins », qui suggère le peu de cas que les israéliens feraient de la vie des palestiniens (comme si une vie de plus ou de moins ne changeait pas véritablement la donne). Ce titre désacralise ainsi l’un des principes fondamentaux du judaïsme en vertu duquel « Celui qui tue un homme tue toute l’humanité ».

La chanson et le clip dressent le parcours de vie d’un jeune palestinien depuis sa naissance, où il ne comprend pas les conditions de son existence, jusqu'à sa mort survenant dans des conditions tout à fait absurdes. « Je suis né dans un pays qui n’existe pas, je suis né sur une terre qui n’est plus à moi, une terre occupée, une terre piétinée, une terre autonome sur le papier ». Le clip débute alors avec l'image d'une colombe qui vole sur la mer (symbole de l’aspiration à la paix et à la liberté des palestiniens) avec le premier couplet qui se termine sur les images des barbelés et du mur de séparation (symbole de l’emprisonnement des palestiniens par Israël). Bien que Jean Pierre Filiu soit réputé pour ses connaissances du monde arabe, les paroles de la chanson n’en sont pas moins éminemment mensongères. S’agissant de la propriété sur la terre, il oublie que les palestiniens de la bande de Gaza sont les descendants des philistins, ce peuple de la mer venu s’établir (pour ne pas dire occuper) la terre de Canaan, après leurs déconvenues avec les égyptiens. De même, il parle d'occupation, alors que plus aucun juif ne réside sur la bande de Gaza. Enfin, au regard de l'autonomie, il est regrettable que Jean Pierre Filiu n’ait pas suggéré aux palestiniens de créer « l’Etat palestinien de la bande de Gaza » dans la mesure où ils y exercent un contrôle exclusif, qu'ils disposent d’un gouvernement, d’institutions (« la charia »), d'une philosophie (la destruction de l'entité sioniste) d’une police, d’une justice (expéditive) et d’un budget alloué par la communauté internationale et abondé par les taxes reversées par Israël. Une partie du problème dénoncé dans ce couplet serait réglée.

Dans le couplet suivant, l’enfant palestinien explique être né sous les « youyous et les cris de joie, dans un camp beaucoup trop étroit avec la mer comme frontière, comme sanctuaire pour lui faire oublier les colons, le blocus et la misère ». Il est intéressant sur ce point de rappeler que les camps de réfugiés de la bande de Gaza sont maintenus pour des raisons uniquement « financières » puisque les palestiniens sont indépendants sur ce territoire : ils sont donc réfugiés chez eux. Par ailleurs, en évoquant les « colons », Jean Pierre Filiu ne semble pas informé de l’opération menée au cours du mois d’août 2005, par Ariel Sharon qui a chassé tous les juifs qui s’y étaient établis (Une documentation abondante traite toutefois de la question). Pour ce qu'il en est de la misère, c’est un problème de gestion. Si l’argent est employé à l’acquisition des armes, à la propagande télévisée anti israélienne, et plus généralement à la culture de la haine contre les juifs dans les camps d’entrainement ou les camps d’été pour les jeunes, il ne peut plus l'être pour faire fleurir la société.

Dans le couplet suivant, le jeune palestinien explique avoir grandi « au son du récit de l’exil » (alors qu'il vit sur sa terre), « au creux des lits suspendus à un fil » (c'est un mode de vie culturel), « à l’espoir tenace dans l’impasse », mais qu’un jour, « la tête haute, les palestiniens auront leur passé…» (Les palestiniens sont nés en tant que peuple avec la Charte de l'Olp de 1968. Il est donc encore un peu tôt pour avoir du recul sur leur histoire). L’enfant palestinien développe ensuite avoir « grandi trop vite, entre le deuil et l’oubli » (puisque les israéliens tuent et que la communauté internationale se contre fiche de leur problème), mais qu’il garde l’espoir de devenir quelqu’un : « le sable chaud sous mes pas me portait vers l’au-delà. Je serai si grand et si fort qu’on ne verra que moi ». (A ce stade de la chanson, on ne peut que lui souhaiter de réussir sa vie et de ne pas la finir en martyr, entouré d’une bombe confectionnée par le Hamas).

Dans le couplet suivant, le jeune palestinien explique l’enfer de la prison « j’ai vécu sans jamais sortir » (il ne doit pas savoir naviguer, ni où se trouvent le passage vers l'Egypte, voire, l'emplacement des tunnels). Cette séquestration est encore appuyée avec la référence « de jour en jour, sans remords ni soupirs, malgré les barbelés, le couvre feu, les blessés ». On ne sait pas bien de quel couvre feu il s’agit, mais cette référence tend à montrer l’existence d’une présence militaire israélienne sur la bande de Gaza, ce qui est encore faux. Il précise alors «avoir chéri au fond de lui le rêve d’en partir » pendant que le clip montre une petite fille qui s’envole, accrochée à des ballons gonflés à l’hélium, qui seront crevés par une aiguille dans le ciel, avant que la fillette ne s'écrase sur le sol.

La ferveur des palestiniens, pacifiques et inoffensifs, est alors illustrée par sa participation « aux vagues humaines de l’intifada » (rassemblement pacifique des palestiniens) avec les « drapeaux portés à bout de bras » (ce ne sont pas des armes) à l’occasion desquels « nous chantions à plein poumon notre passion » (les palestiniens s’expriment par des chants) tandis qu’« au dessus de nous, paradaient leurs avions » (les mirages qui contrôlent les faits et gestes des palestiniens).

Bien évidemment, ce jeune palestinien va être tué dans des conditions dramatiquement injustes : « je suis mort d’une balle perdue » (comble de l’absurdité). Puis, le jeune palestinien insiste « je suis mort assassiné par un homme inconnu » (on ne saura jamais qui), « un homme qui croyait faire son devoir » (les israéliens sont aussi méchants que stupides puisqu’ils tuent dans le cadre d’un devoir), « en tirant dans le brouillard » (sur n’importe qui, sans savoir), « sur des ombres ennemies aux armes dérisoires » (L’adversaire n’est pas armé). Le clip montre ensuite des palestiniens qui tombent les uns après les autres, sous les balles israéliennes alors que la chanson se poursuit : « je suis comme d’autres, mille autres, et mille et mille avant », tel une hécatombe, un génocide…

La mort du jeune palestinien « un soir de Ramadan », laisse entendre que la Palestine est occupée (puisque terre d’Islam), avant que la chanson ne conclue sur les modestes mais légitimes motivations du jeune palestinien : « je ne voulais que vivre libre »... Les jeunes français (peu intéressés par la politique en général et encore moins par la situation au Moyen Orient, mais amateur de Zebda), sont maintenant prêts pour haïr Israël, cet Etat injuste, meurtrier et illégal. Pour Jean Pierre Filiu, spécialiste du monde arabe, ce n’est pas très fort.

Repost 0

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis