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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 19:02

 

 

L’invitation de Gilad Shalit par le Barca déplait aux palestiniens

 


 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele 

 

La prestigieuse équipe de football de Barcelone a invité Gilad Shalit à assister au match du Clasico fixé le 7 Octobre 2012, opposant Barcelone au Real Madrid. Selon le quotidien espagnol « El Pais », cette invitation l’a été à la demande d’un ex-Ministre israélien, soucieux de répondre au vœu formulé par l'ancien soldat de Tsahal, amateur de football et admirateur du Barca. Bien que le sport soit en dehors de toute considération politique, idéologique ou philosophique, les palestiniens ont exploité cette invitation espagnole pour diaboliser une nouvelle fois Israël et alimenter leur haine à l'endroit des juifs. Le mouvement BDS Espagnol s’est ainsi employé à diffuser une pétition pour obtenir du club catalan qu’il annule cette invitation. De leur côté, des joueurs de football de la bande de Gaza ont adressé au Président du Barca, Sandro Rosell, une lettre largement médiatisée en Espagne, pour qu’il renonce à son projet. Le soldat de Tsahal, enlevé par les milices du Hamas le 25 juin 2006, détenu par le groupuscule terroriste (sans avoir la possibilité de communiquer avec l'extérieur ou de rencontrer sa famille) avant d’être finalement libéré dans le cadre d’un échange de prisonniers le 18 octobre 2011, n’allait tout de même pas assister à une compétition sportive en Europe, sans réaction des palestiniens.

Dans la pétition lancée par le mouvement BDS, les militants pro palestiniens ont tout d’abord annoncé la couleur : « Les manifestations organisées pendant le match de basketball Barcelone-Maccabi Tel-Aviv en 2011 ne seront rien en comparaison avec ce que nous nous préparons pour le Camp Nou ». Pour fonder leur récrimination, les militants ont-ils intitulé la pétition : « Shalit représente l’armée israélienne », présentant Gilad Shalit de la manière suivante : « l’ancien soldat n’est pas seulement un citoyen israélien, il est aussi un sergent-major des Forces de défense israéliennes (FDI), une armée qui, depuis 1967, occupe illégalement les territoires palestiniens de Jérusalem-Est, de Cisjordanie, de la bande de Gaza et le territoire syrien du plateau du Golan », concluant : « il représente encore symboliquement l’armée de défense d’Israël ».

Jorge Sánchez rédacteur de la pétition pour le mouvement BDS a donc soigneusement occulté le crime que représentait l’enlèvement du soldat et sa séquestration en mettant en parallèle, la situation des palestiniens arrêtés en Israël pour leur implication dans le cadre d’activités terroristes. Aussi s’étonne-t-il dans sa pétition : « de l’empathie dont témoigne le club barcelonais à l’égard du seul soldat israélien en captivité ces dernières années (…) alors qu’il garde un silence absolu sur les 4 660 prisonniers palestiniens qui sont enfermés dans les prisons israéliennes, parmi lesquels se trouvent 260 enfants, six femmes et 20 parlementaires.» Commentant cette analyse, Le délégué de la Palestine en Espagne Odeh a même qualifié Guilad Shalit de « tankiste qui il tirait sur Gaza, tuant des victimes en grande majorité civiles. Il n’était pas un otage séquestre, mais un prisonnier de guerre».

De le même manière, Dans leur lettre envoyée au Président du club de Barcelone, les joueurs de football gaziotes ont repris les thèmes classiques de la comédie palestinienne relative au déni palestinien concernant leur responsabilité dans l'enlisement de la situation : « l’occupation militaire illégale par Israël de la Palestine et les cinq ans de siège sur la bande de Gaza ont étouffé les aspirations des hommes, des femmes et des jeunes sportifs palestiniens, depuis des décennies », avant de poser la question de savoir si la réponse donnée par l’un des plus grands clubs de football du monde devait être celle d’un soutien politique aux pratiques d’Israël, en recevant un des soldats des forces d’occupation israéliennes…

Bien évidemment, qu'il s'agisse de la pétition BDS ou de la lettre ouverte des joueurs de football, le thème de l'apartheid s’y est retrouvé de façon récurrente. Dans le premier document, on note : « Comme l’a montré le boycott efficace des équipes sportives du régime d’apartheid sud-africain, le sport et la vie politique ne peuvent être séparés. Nous vous demandons de ne pas faire preuve de solidarité envers l’armée qui opprime, emprisonne et tue les sportifs palestiniens, hommes et femmes, en Palestine ». Dans le second texte, est évoqué le refus israélien, en 2011, d’autoriser six membres de l’équipe nationale palestinienne de Gaza de se rendre à un match contre la Mauritanie pour « raisons de sécurité faute de permis nécessaire ». Cette référence a alors conduit les auteurs du document à comparer la situation des joueurs palestiniens avec la « pass law » raciste, de l’Apartheid en Afrique du Sud, qui a institué des passeports intérieurs pour restreindre les droits de résidence et de mouvement des populations non blanches, abolie en 1986».

La lettre des footballers palestiniens va encore plus loin dans le déni du crime commis contre Gilad Shalit avec la précision selon laquelle : « Shalit est connu pour être un fan de football et, selon les médias israéliens, il battait souvent ses ravisseurs du Hamas au jeu vidéo FIFA Soccer sur Sony PlayStation » (comme si le soldat israélien avait été détenu dans des conditions particulièrement confortables, au point de jouer régulièrement aux jeux vidéos avec ses geôliers).

Notons également qu’un footballeur palestinien du nom de Sarsak détenu en Israël et libéré le 10 juillet 2012 (à la suite d’une grève de la faim), a appelé le FC Barcelone à annuler cette invitation : « je condamne fermement la décision du club d’inviter le soldat israélien Gilad Shalit à un de leurs matches et je les appelle à annuler cette décision ». Pour justifier du sérieux de sa demande, il indique avoir en son temps reçu le soutien d’Eric Cantona, de Frédéric Kanouté, du Président de l’UEFA Michel Platini (selon lequel « Israël doit choisir entre laisser le sport palestinien se poursuivre et prospérer ou alors assumer les conséquences de son comportement »), voire encore du président de la FIFA Sepp Blatter (préoccupé par les pratiques israéliennes et les restrictions imposées aux joueurs palestiniens).

Le site web espagnol CAMERA pro israélien a bien évidemment réagi dans un document adressé à El Pais, eu égard au caractère tendancieux des propos des organisations palestiniennes qui ne reflétaient nullement la réalité, mais Le club de football catalan, passablement gêné par la dimension politique de son invitation, s’est empressé d’affirmer que cette démarche n’impliquait en rien « la position du Barca dans le conflit israélo palestinien » (le Président palestinien Mahmoud Abbas ayant lui-même été invité en 2011). Le club a également tenté de dépassionner les débats en publiant une déclaration de réconciliation affirmant son engagement pour « la paix et l’harmonie » au Moyen-Orient et en offrant des billets pour les Palestiniens…

Ce qui était prévisible s’est naturellement produit : le footballer palestinien, Mahmoud Sarsak, a refusé l’invitation adressée par le club espagnol pour assister au même match : « Je soutiens l’appel palestinien aux Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) d’Israël et je refuse d’être utilisé comme une « feuille de vigne » par le FC Barcelone, club que j’admire profondément. Je ne partagerai pas cette tribune avec quelqu’un qui est directement responsable de la souffrance de mon peuple. »

Une fois encore, cet épisode sportif témoigne de la nature obsessionnelle de la haine palestinienne à l’endroit des juifs, de leur sentiment de persécution à l’origine d’un raisonnement irrationnel, voire d’un délire paranoïaque, et surtout de leur absence de discernement, de sagesse et de raison. Contrairement à ce que soutenait Descartes, le bon sens n’est peut être pas partagé par tous.

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 12:38

 

 

La négation d’Israël comme critère de l’indépendance palestinienne

 

  

 

 


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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele 

 

Le 27 septembre 2012, le Président de l’Autorité palestinienne a, devant l’Assemblée Générale de l’ONU, demandé à la communauté internationale de soutenir la candidature de l’Etat palestinien en qualité d'Etat non membre. Pour fonder cette autodétermination, il aurait pu invoquer l’unité du peuple palestinien, son histoire, ses valeurs ancestrales et surtout sa capacité à s’autodéterminer, expliquer que les palestiniens sont implantés sur une terre sur laquelle ils exercent une pleine et entière souveraineté, et qu'ainsi, rien ne s'oppose à la consécration d'un Etat autonome. Rien ne l'empêchait également de souligner qu'en 1948, une telle reconnaissance s'était produite pour l’Etat juif, avec ses succès dans les différents domaines économique, scientifique, social, politique, et que si l'accession à l’indépendance de la Palestine n’avait pu se faire (concomitamment) pour des raisons techniques, il était temps de réparer, 64 ans plus tard, le retard pris dans ce domaine. Hélas, Mahmud Abbas a, une nouvelle fois, raté l’occasion qui lui était offerte, construisant son argumentation sur la négation de l’Etat juif.

Il a tout d'abord exhorté le Secrétaire général à accélérer la transmission de la demande au Conseil de Sécurité de l’Onu, en affirmant « que le soutien de la communauté internationale était une victoire pour la vérité, la liberté, la justice, le droit et la légitimité internationale, fournissant un soutien pour la paix et le succès des négociations, et une pacification de la Terre Sainte ». Autrement dit, le défaut de reconnaissance contemporain de la Palestine serait un mensonge de la communauté internationale, une injustice, une violation du droit international, raison pour laquelle la paix n’était toujours pas trouvée. Le décor était donc planté avec la victimisation des palestiniens, les jérémiades, et les malheurs infligés par l'occupation israélienne.

Son propos a débuté par le rôle causal de la communauté internationale dans l’origine de l’injustice subie par les palestiniens : « La question palestinienne est intimement liée à l'Organisation des Nations Unies » saluant « l’UNRWA qui incarne la responsabilité internationale dans la détresse des réfugiés palestiniens, qui sont les victimes d'Al-Nakba (Catastrophe) qui a eu lieu en 1948 ». Pour lui, il revient tout d’abord à la communauté internationale de réparer l’erreur commise en 1948.

Il a ensuite déploré que les négociations entamées en septembre 2011 sous les hospices du Président Obama aient été rompus « par les positions du gouvernement israélien, qui a rapidement anéanti les espoirs suscités », quelques semaines après leur lancement « en dépit de ses efforts sincères ». Il a alors martelé le refus du gouvernement israélien de « s'engager sur le mandat pour les négociations qui sont fondées sur le droit international et les résolutions des Nations Unies, et qu'il continue frénétiquement à intensifier la construction de colonies de peuplement sur le territoire de l'Etat Palestine ». La responsabilité d’Israël serait donc double avec le blocage de l’avancée des négociations et la politique de construction sur l’assiette du futur Etat palestinien.

Il a également imputé à Israël les maux des palestiniens avec ses « activités de colonisation (qui) incarnent le cœur de la politique de l'occupation militaire coloniale de la terre du peuple palestinien, la brutalité de l'agression et la discrimination raciale contre notre peuple que cette politique entraîne », constitutive « d’une violation du droit international humanitaire et des résolutions des Nations Unies, principale cause de l'échec du processus de paix ». La rhétorique est ainsi toujours un peu la même : Israël est un Etat colonial, brutal, agressif qui viole la norme internationale édictée par l’Onu.

Mahmud Abbas a ensuite listé, lors dans un déluge quasi interminable, les griefs à l'endroit de l'Etat juif avec « les campagnes de colonisation », « la confiscation systématique de terres palestiniennes », « la construction à Jérusalem Est » (comme si le territoire devait revenir à l’Etat palestinien), « le mur d’annexion qui mange les étendues de notre pays qui détruit la vie des familles, les communautés et les moyens de subsistance de dizaines de milliers de familles. Naturellement, Israël est mentionné comme « puissance occupante » qui « refuse les permis de construire à Jérusalem Est », « démolit et confisque des maisons », dans un « nettoyage ethnique » qui repousse les habitants de leur « patrie ancestrale », « expulse les élus de Jérusalem », « entreprend des fouilles qui menacent nos lieux saints », assiège la ville sainte avec des colonies pour la séparer des villes palestiniennes », « redessine les frontières de notre pays (comme si la Palestine existait déjà) en compromettant son existence ». « La puissance occupante » se voit alors reprochée ses assassinats de civils dans la bande de Gaza, ses agressions, ses bombardements détruisant écoles, hôpitaux mosquées, provoquant des milliers de martyrs..."

Poursuivant sur sa lancée, « La puissance occupante » continue même ses incursions dans les domaines de l’Autorité palestinienne avec « des actions criminelles des milices de colons armées » qui jouissent d’une protection spéciale de « l’armée d’occupation » tenue pour responsable. Israël est ensuite citée sous le vocable « entité israélienne d’occupation » qui détruit les chances de pays et de parvenir à une solution à deux Etats.

Mahmoud Abbas s’inquiète alors de voir le conflit se transformer en conflit religieux, avec Israël qui réoccupe les villes de Cisjordanie, se livre à des exactions unilatérales, confisque les terres et l’eau, entrave la circulation de mouvement, alors même qu’en 1974, Yasser Arafat s’était présenté à cette Tribune pour rechercher la paix (citant) : « ne laissez pas la branche de l’olivier tomber de ma main » alors que les palestiniens emportent seulement « certains de nos biens, notre chagrin, notre souvenir et les clés de nos maisons dans les camps de l'exil et de la diaspora en 1948 Al-Nakba, l'une des pires opérations de déracinement, de destruction et d'enlèvement d'une société dynamique ». Il propose donc de corriger « une grave injustice historique » avec la création de leur Etat sur les territoires occupés en juin 1967 par Israël à savoir «la Cisjordanie » (bien que ce territoire dépendait de la souveraineté jordanienne), « la bande de Gaza » (qui dépendait de l’Egypte) et « Jérusalem Est » (jordanienne) », le règlement de la solution des réfugiés palestiniens, et la libération des prisonniers détenus dans les prisons israéliennes…

Cette nouvelle comédie palestinienne ne devrait toutefois déboucher sur rien de concret, et en tous les cas, surtout pas sur la création d'un Etat palestinien. En niant la réalité d'Israël, Mahmud Abbas se voudrait bien rassembleur des palestiniens, parlant au nom du peuple palestinien mais également de l’Organisation de Libération de la Palestine (dont la violence est au cœur de l’action selon la Charte). Aucun bouleversement fondamental ne devrait ressortir de cette démarche (avortée dans l'œuf), non seulement car les palestiniens ne remplissent pas les critères pour l'autodétermination (faute de volonté commune, de territoires exclusifs, de système d'organisation politique) mais en outre, faute, pour Mahmoud Abbas, de disposer d’un mandat de la communauté palestinienne : il ne représente donc que lui même. Le Hamas s’est d'ailleurs empressé de le lui rappeler en condamnant son discours, en soulignant ses contradictions, et en martelant qu’il n’avait aucune légitimité.

 

 

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 20:28

 

 

 

 

 


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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Les caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo dans l’édition du 19 septembre 2012, ont déclenché une nouvelle vague de protestations dans le monde musulman. Les locaux du journal satirique ont été attaqués à coup de cocktails Molotov dans la nuit précédant la commercialisation du numéro et l’auteur des dessins satiriques a reçu des menaces de mort. Eu égard aux craintes de répercussions pour la France et pour les ressortissants dans le monde, des mesures drastiques ont été prises pour anticiper les débordements violents comme la fermeture de toutes les implantations françaises en Indonésie (ambassade, école,) et la recommandation faite au français de se tenir à l’écart de toute manifestation de rue. En Tunisie, les écoles françaises et l’institut français ont été (préventivement) fermés toute la semaine, les français étant priés d’éviter les quartiers sensibles. Au Yémen l’ambassade a été fermée, en Egypte, l’institut français a différé les soirées culturelles et les conférences, au Pakistan, les Français ont reçu des mises en garde par texto… Globalement, le Quai d’Orsay a incité les ressortissants français à la plus grande vigilance dans leurs déplacements dans de très nombreux pays tels le Togo, la Libye, l’Arabie Saoudite, le Yémen, la Tunisie, le Koweït, le Qatar, le Maroc, le Liban, la Jordanie, Israël et les territoires palestiniens, l’Irak, l’Egypte, les Emirats arabes unis, le Bahreïn, l’Algérie, la Gambie et Oman.

Certes, Charlie Hebdo n'y est pas allé de main morte dans son dernier numéro. Sa couverture montre Mahomet dans une chaise roulante poussé par un rabbin avec la mention « intouchables » en référence au troisième film (d'Olivier Nakache et Eric Tolédano) le plus vu en France. Or, ce film, tiré d'une histoire vraie, traite d'une personne devenue tétraplégique (à la suite d'un accident) et qui ne peut se mouvoir, vivre et exister que grâce à la personne qu'il a recruté dans les petites annonces. Les deux personnes que tout séparait, se lient alors dans une très belle amitié et complicité. Symboliquement, cela signifie que Mahomet, handicapé, incapable du moindre mouvement, ne peut accéder à la vie que grâce au rabbin qui veille sur lui. Cette image très forte et pleine d’humour n’a décidément pas plus aux musulmans. En réalité, il n’y avait rien de véritablement méchant dans l’édito intitulé « Apéro hallal » signé par Mahomet en rédacteur en chef, ni dans la promesse sur la couverture de recevoir « 100 coups de fouet si vous n’êtes pas morts de rire ! » ou encore dans le dessin du prophète apparaissant avec un nez de clown en dernière page du journal avec l’affirmation : « l’islam est compatible avec l’humour »…

Voir le pilier de leur foi, grabataire et dépendant d’un israélite religieux , a naturellement choqué (voire traumatisé) de nombreux musulmans, ce qui n’est pas surprenant. Dans le monde de l’Islam, il n’y a pas de séparation entre le profane et le sacré, ni de sphère civile séparée de l'espace privé religieux, comme c'est le cas dans les démocraties laïques. Allah est au cœur de la vie, de la pensée, des émotions dans une sorte de relation fusionnelle avec le musulman qui n’est d’ailleurs pas de type égalitaire, puisque Islam signifie « soumission » et musulman « soumis ». Il est donc radicalement interdit de plaisanter avec les symboles de la foi et les principes centraux de la pensée musulmane.

Pire, se moquer de Mahomet, personnage central de l’Islam, revient en quelque sorte à se moquer des musulmans eux-mêmes. Or, comme les musulmans intégristes n'ont aucun recul sur la vie, sur eux-mêmes, sur leurs convictions les plus profondes, et qu’ils font littéralement corps avec leur système de foi, ils se sont sentis insultés dans leur sensibilité, leur culture et leur façon de vivre. En outre, le choc des cultures est, pour les adeptes de la religions de Mahomet, un duel entre les modes de vie en société alors qu'ils considèrent que l’Occident essaie de leur imposer le leur. Cette sensibilité exacerbée se double d'un complexe, de nombreux musulmans se sentant stigmatisés compte tenu de leur refus de s'intégrer dans la société française. Dès lors, la caricature de Mahomet n'est autre qu'un acte islamophobe et l’image du Prophète dans une chaise roulante, un blasphème. Dans le meilleur des cas, les caricatures donnent une image déformée de l’Islam et de sa réalité.

La société française appréhende mal le concept de différence culturelle. Aussi, s’est-elle bornée à anticiper la violence et la colère chez les musulmans et les islamistes. Intuitivement, la France admet que les références occidentales à l'Islam puissent être vécues comme des moqueries à l'origine d'exaltations particulières, amenant les intégristes à brandir la foudre et à menacer de s'en prendre à cet Occident qui les rejette. Or, comme elle est incapable de mettre en avant ses propres valeurs, elle finit par croire qu'elles présentent une nature relative, fonction de l'époque, de la culture, des individus, et en vient à s’excuser pour les fautes que leur imputent ceux qui la détestent.

 Pour se convaincre de la justesse de son fonctionnement, il suffirait à la France d’analyser la demande présentée par Rached Ghannouchi, chef historique du mouvement Ennahda en Tunisie. Celui-ci souhaite que l'ONU promulgue « une loi incriminant l'atteinte au sacré au niveau international », ce qui permettrait d'interdire les critiques de la religion. Cette démarche est tout à fait singulière : l’Onu affirme la primauté des Droits de l’Homme et notamment la liberté de la presse, mais devrait se pencher sur une demande présentée par le représentant du groupe islamiste qui dénie aux femmes le principe d’égalité des sexes.

Cette démarche conduit en fait à un dévoiement du fonctionnement des institutions démocratiques avec une modification de la règle qui pourrait intervenir, non en fonction d’un principe transcendantal, mais de la capacité à exercer des pressions sur les décideurs. La France doit donc s’en tenir à ses principes historiques. En Occident; la culture, le mode de pensée et les dispositions d'esprit reposent sur les principes Bibliques de modération, de mesure, de bienveillance (Gn 24.18-20) et d'humilité (nb 12.3), de modestie et de respect.

Si donc des personnes se sentent offensées, elles n'ont qu'à s'adresser aux tribunaux pour obtenir la condamnation de Charlie Hebdo s'il a manqué aux règles relatives à l'interdiction de l'injure et de la diffamation. En aucun cas, elles ne sauraient s'en prendre à la France, aux intérêts français dans le monde ou aux Français eux mêmes. La démocratie permet une libre expression et les tribunaux sont là pour sanctionner les excès dans l’usage de ce droit. En outre, dans les sociétés démocratiques, on ne se fait pas justice à soi même : « Tu institueras des juges et des magistrats dans toutes les villes que l'Éternel, ton Dieu, te donnera, dans chacune de tes tribus; et ils devront juger le peuple selon la justice. Ne fais pas fléchir le droit, n'aie pas égard à la personne, et n'accepte point de présent corrupteur, car la corruption aveugle les yeux des sages et fausse la parole des justes (dt 16, 18-19).

Les débordements irraisonnés, insensés, passionnés sont tempérés, en Occident, dans une discipline de l'esprit et une maitrise de soi, pour éviter que l'irrationalité ne devienne source de violence dans un tumulte d'incompréhension. La France doit donc éduquer les ressortissants à ses reflexes comportementaux historiques et cesser de se prêter au jeu de l'intolérance islamique, instrumentalisée par les extrémistes. Le chantage, les pressions et les menaces ne s'inscrivent pas dans ses valeurs historiques et si la France rejette ses principes en condamnant les caricature de Charlie Hebdo, c'est elle qui disparaitra.

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 13:00

 

La vengeance en Islam : sa nature, son fondement, ses effets

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele 

Le film « l’innocence des musulmans » produit aux Etats-Unis a mis le feu aux poudres dans l’ensemble du monde musulman. En guise de représailles, les symboles américains dans le monde arabe ont fait l’objet d’innombrables attaques, visant les ambassades américaines, les biens qui s’y trouvent mais aussi les représentants américains en fonction. Le 11 septembre 2012, l’Ambassadeur américain en Lybie Chris Stevens et trois autres personnes américaines ont péri dans le consulat à Benghazi à la suite d’une attaque menée par des membres de l’organisation salafiste Ansar al-Charia (qui ont ultérieurement incendié le bâtiment). Au Caire, des pierres et des bouteilles explosives ont été lancées sur les forces de l'ordre chargées d'assurer la sécurité de l'ambassade par des les salafistes qui ont retiré le drapeau américain pour le remplacer par l'étendard au couleur de l’Islam. Le 13 septembre 2012 Au Yemen, l’ambassade (à Sanaa) a été attaquée et des véhicules diplomatiques incendiés sous les cris «Oh prophète, Oh Mohammad » : 1 mort et 15 blessés. Le 14 septembre 2012, des Bédouins s'en sont pris à un camp de la Force multinationale dans le Sinaï. Par ailleurs, plusieurs centaines de manifestants ont pris d'assaut l’ambassade à Tunis où des véhicules ont été incendiés et des fenêtres brisées : deux morts et vingt huit blessés (L'école américaine de la capitale a également été incendiée). A Téhéran, des milliers de personnes ont crié « Mort à l’Amérique » et « Mort à Israël ». Au Bangladesh 10 000 manifestants ont brûlé à Dacca des drapeaux américains et israéliens et lancé, devant la plus grande mosquée du pays Baitul Mokarram, « Dieu est grand », « Ecrasez les mains noires des juifs », « Nous ne tolérerons pas d’insultes envers notre grand prophète »… En Inde, plusieurs centaines de manifestants ont attaqué un consulat à Madras, dans le sud-est du pays. A Gaza et à Rafah, il était possible d’entendre des slogans anti-américains et anti-israéliens pendant que des drapeaux américains et des portraits de Barack Obama étaient brûlés. Le 15 septembre 2012, au Soudan, l’ambassade à Khartoum a été incendiée avant qu’un drapeau islamique ne soit hissé : 2 mort. Au Liban, un manifestant a été tué et 25 autres ont été blessés dans des heurts à Tripoli après que des centaines d'islamistes aient incendié un fast-food américain. A Jérusalem des heurts ont éclaté entre des Palestiniens et des policiers israéliens….

Le déchainement de violences anti-américaines consécutif à la diffusion du film « L’innocence des musulmans » était prévisible. Il présente, de façon dévalorisante, la vie du prophète Mahomet (qui serait un bâtard), notamment à travers son homosexualité, ses tendances pédophiles, son immoralité, sa violence, sa cupidité. Or, le Prophète Mahomet est le personnage central de l'Islam ; la sensibilité des croyants ne pouvaient que s’en trouvé heurtée. D’ailleurs la profession de foi la plus importante pour les musulmans est une double déclaration : « il n'y a pas d'Allah en dehors d'Allah (l’équivalent du Chéma Israël chez les juifs) immédiatement suivie d'une autre « et Mahomet est son Prophète ». Au principe de l’unicité d’Allah, est ainsi associé la reconnaissance du Prophète Mahomet comme porteur de sa parole. Or, la diffusion du film comportant des images rabaissantes du prophète ne pouvait qu’offenser un très grand nombre de croyants d’une part, en niant l'aboutissement de la phénoménologie religieuse en Islam (selon laquelle l’Islam doit embrasser l’humanité), d’autre part. Plus grave, l’Islam a été décrit par Sam Bacile comme étant un « cancer » et une « religion de haine », salissant, ridiculisant, dénigrant et humiliant le système de foi.

Bien évidemment, si Sam Bacile a des comptes personnels à régler avec l’Islam et que des coproducteurs (qui seraient cooptes) s’interrogent sur la résonnance de l’Islam dans le monde à travers ses prolongements violents et de son idéologie destructive, la liberté d’expression ne doit pas être l’occasion de diffamer ou d’insulter. Les condamnations de ce film ont donc été quasi unanimes dans le monde qui reconnait bien volontiers que le long métrage, à petit budget et de piètre qualité, offensait l’Islam. Pour autant, la question se pose de savoir si les personnes, les biens et les symboles américains doivent être la cible des musulmans mécontents, comme si les Etats-Unis étaient responsable de cette dérive dans la liberté d’expression. La systématisation de la violence qui s’est propagée dans le monde et en particulier dans les pays arabes appelle une analyse sur la nature, le fondement et les effets de la vengeance en Islam. 

L’auteur du film controversé est américain tout comme le lieu du tournage (la Californie). Cela justifie-t-il que les musulmans offensés s'en prennent aux Etats Unis, aux intérêts américains, aux symboles des Etats unis et au représentant des Etats Unis à l'étranger. Le principe de la vengeance vise à s'en prendre à celui qui a porté une atteinte volontaire (ou non), à l'origine d'un préjudice. En lui portant un coup, celui qui se venge cherche à obtenir une réparation du préjudice qu'il a subi en infligeant un autre coup, qu'il soit de même portée (ou non), équivalent (ou non). Dans le cas de la vengeance des musulmans, la situation est encore particulière en ce qu'elle consiste à porter atteinte à un pays, «les Etats-Unis », qui endosseraient la responsabilité de la faute commise par l’un de ses ressortissants. La vengeance devient alors aveugle, cruelle, insensée et trouve sa justification dans l’appartenance d’un délinquant à un groupe qui endosserait le méfait. Conséquence : des personnes sont touchées alors qu’elles n’ont aucun lien avec l’auteur du fait fautif.

L’Islam offre alors une justification à la vengeance. Il est en principe interdit de tuer : « Sauf a bon droit ne tuez point l’homme dont Allah a rendu la vie sacrée » (sourate 17, verset 33), mais il reste possible de le faire dans le cadre de la loi du Talion (sourate 5 verset 45). Il est même une obligation de le faire en cas d’attaque. « Ceux qui ont été attaqués sont autorisés à se défendre parce qu’ils ont été lésés » (sourate 22, verset 39-40). « Il dit aux anges, je suis avec vous affermissez les croyants. Je vais jeter la terreur dans le cœur des mécréants, frappez leur cou et leur doigts » (sourate 8, verset12-13). Dans le cas du film litigieux, il suffit donc d’entretenir une confusion entre la nationalité de Sam Bacile, et les Etats-Unis (grand méchant Satan), pour qu’ils deviennent responsables de l’attaque portée à l’Islam.

Le mécanisme naturel de la vengeance (ou de la justice privée) a été jugulé dans les sociétés occidentales avec le principe d’une justice publique qui protège les sociétés. C’est la collectivité qui doit punir les responsables, les sanctionner et organiser l’indemnisation des victimes. Le principe est inspiré de la Bible : « ne te venge, ni ne garde rancune aux enfants de ton peuple mais aime ton prochain comme toi-même » (lev 19,18). L’Islam n’appréhende pas le mécanisme de la vengeance de la même manière : si une personne a blasphémé, c’est tout le groupe dont il fait partie qui en est responsable. Pire, la religion de Mahomet cultive une sorte de frustration qui encourage la commission d’actes instinctifs, irréfléchis et irraisonnés qui trouvent leur source dans l’émotion ou la passion. Dès lors, si l’Islam est agressé, il appartient à chaque musulman d’agir pour protéger, défendre ou venger la parole de Mahomet et de rendre coup pour coup à ceux qui s’en prennent à lui. C’est le problème central des sociétés occidentalisées qui deviennent des ennemis de l’Islam en empêchant sa propagation, ou encore d’Israël dont la simple existence contredit le message islamique. Alors soit le monde de l’Islam se livre à sa propre introspection pour corriger ses dysfonctionnement, soit les propos désagréables de certains à l’égard de l’Islam resteront une justification pour stimuler la violence des apprentis héros.

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 09:26

 

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Un rapport de l’Onu (publié fin août 2012) concernant les besoins en eau dans la Bande de Gaza, prédit une pénurie en 2020. La population de 1.6 millions de personnes va effectivement augmenter du tiers pour passer à 2.1 millions, entrainant une croissance de la consommation en eau de l’ordre de 60 %. Or, la consommation annuelle de 160 millions de mètre cubes d’eau n’est alimentée par les précipitations qu'à hauteur de 60 millions de mètres cubes. A cette augmentation des besoins, le rapport ajoute que les nappes phréatiques ne seront plus utilisables en 2016 (en raison de leur pollution) et que les ressources aquifères ne permettront plus une quelconque exploitation en 2020.

Ces prévisions alarmantes sont à rapprocher d’un précédent rapport de l'Onu de 2010 selon lequel la pénurie en eau dans la bande de Gaza est à l’origine de maladies respiratoires, cutanées, oculaires et de gastroentérites. En outre, les affections liées à l'eau représentent 26 % des maladies dont des maladies virales et parasitaires. Enfin, la contamination de l'aquifère par les nitrates représente un danger pour les nourrissons et les femmes enceintes à l'origine de la méthémoglobinémie, ou « syndrome du bébé bleu », particulièrement fréquente dans le territoire palestinien.

Le problème vient tout d’abord de l’absence de réseau d'assainissement permettant la récupération et le traitement des eaux usés dans la plus grande partie du territoire. Ainsi, plus de 28 % des palestiniens ne bénéficient pas d'un système d'évacuation et se contentent de creuser des trous sous leurs maisons pour y jeter les eaux usés. Ce sont donc 90 000 m3 d'eaux usés qui sont reversés chaque année à la mer pendant que les engrais agricoles, infiltrent le sol (avec l'irrigation) et contaminent l'eau avec les nitrates. Or, le taux de nitrate atteint des niveaux insupportables puisqu’il est de 500 mg par litre dans certaines zones avec une moyenne située entre 100 et 150 mg par litre (la norme internationale recommande un taux inférieur à 50 mg par litre).

Le rapport de l'Onu a également détecté une autre cause d'inutilisation des nappes phréatiques : il s'agit de l'infiltration de l'eau de mer aspirée dans les sous sols. Or, la conjugaison de la baisse du niveau de la nappe phréatique, de sa pollution et celle de l'infiltration d'eau salée rend dès lors le problème insoluble. Aujourd'hui, s’il est encore possible de traiter l'eau en y soustrayant les germes pathogènes, le niveau de salinité sera tel en 2020, qu'il deviendra impossible de reconstituer la nappe. L’exploitation des eaux souterraines sera alors impossible.

Confrontés à cette cruelle pollution des nappes phréatiques, on observe une fois encore que les palestiniens gèrent le problème selon la méthode palestinienne.

Tout d’abord, si les palestiniens ont un besoin de trésorerie considérable pour moderniser leur société, la doter des éléments d’équipement nécessaires, et favoriser l’épanouissement de toute la population, ils s’en abstiennent. Les palestiniens préfèrent consacrer les dotations de la communauté internationale au financement des armes pour mener la guerre contre Israël, et leur temps ou leur énergie pour entretenir la propagande anti israélienne, sans jamais essayer de faire fleurir leur société.

A aucun moment, ils n’affectent les fonds qu’ils reçoivent à l'amélioration de leurs conditions de vie. C'est le premier aspect de la gestion du problème de l’eau par les palestiniens : loin de se préoccuper du développement de la société palestinienne dans l’intérêt des générations à venir, les palestiniens emploient leur énergie, leur force et leur esprit à détruire l'entité sioniste, non à imaginer une collaboration, un partenariat et un horizon commun. L’ancien Premier Ministre Golda Meir n’a pas connu la Charte du Hamas ni le résultat des élections démocratiques palestiniennes qui ont placé au pouvoir un gouvernement dont l’idéologie est l’anéantissement d’Israël mais sa prédiction concernant la paix avec Israël qui interviendra lorsque les palestiniens aimeront plus leurs enfans qu'ils ne haissent les juifs, est toujours d'actualité.

le second aspect de la gestion palestinienne de l'eau tient à son exploitation mercantile. La salinité et la pollution rendent l'eau de Gaza impropre à la consommation sans traitement préalable. Les Gaziotes utilisent l'eau du robinet pour se laver ou dans le cadre des travaux ménagers. En revanche, ils achètent l'eau qu'ils boivent même s'il s'agit d'une eau saumâtre traitée qui n'offre aucune garantie. Seules 70 des entreprises qui vendent de l'eau pour les citernes ont une licence or il existe plus de 300 distributeurs privés qui ne disposent pas d'autorisation officielle et qui commercialisent de l'eau non contrôlée, impropre à la consommation au risque d'empoisonner la population. Il s'agit d'un moyen de s'enrichir en dehors de toute règle de Droit, sans contrôle des activités humaines, anarchique et dont les débordements nuisibles sont la conséquence d'un défaut d'encadrement.

Le troisième aspect dans la gestion du problème tient au réflexe palestinien consistant à faire financer ses besoins par la collectivité internationale. En effet, pour régler le problème de la pénurie en eau, il suffit d'entreprendre le désalement de la mer. C'est donc l’Union pour la Méditerranée qui sera chargée de financer l'installation d’une usine de dessalement d’une capacité de 55 millions de m3 par an dans un premier temps puis de 110 millions de m3 ultérieurment. La station d'épuration et les canalisations principales vers le nord et le sud de la bande de Gaza représentent un investissement de 450 millions de dollars qui devrait être financé pour moitié par des fonds arabes et pour moitié par des fonds européens. La levée de fonds devrait intervenir en 2013 et les travaux, s'achever en 2017 avec un raccordement de la bande de Gaza au réseau électrique égyptien et d'ici 2020, les grandes usines de dessalement devraient produire au moins 100 millions de m3. Une fois encore, le peuple palestinien (sous tutelle), incapable de s'assumer, met à contribution la communauté ineternationale (La France apporte un soutien à ce projet et le Japon vient de décider du versement d'une subvention de 32 millions de dollars pour la réalisation d’une usine de dessalement de l'eau de mer à Khan Younes et à Jéricho).

Enfin, le denier aspect de la question, est celui de l'imputation de la responsabilité. Dans leurs gérémiades et complaintes ininterrompues, les palestiniens estiment que les voisins juifs en sont responsables. Ils soutiennent avoir proposé à Israël une solution qui respectent les lois internationales et d'ajustement avec les réglements des nations unies ( ce qui prouve qu'ils ont bien connaissance de la Loi internationale) mais soutiennent que les israéliens réfusent les propositions formulées pour résoudre le problème de l'eau. Ils fustigent alors l'occupation (même si plus aucun juif ne re trouve sur la bande de Gaza), et accusent les israéliens de leur voler leur droit sur l'eau. Dans ce domaine encore, la question sera réglée lorsque les palestiniens assumeront pleinement leurs actes et responsabilités et qu'ils cesseront de s'exprimer en terme de droit mais bien de devoirs.

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 09:37

 

 

 

 

 


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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Le 16e sommet du mouvement des Non alignés tenu à Téhéran du 26 au 31 août 2012, a réuni 118 pays (soit près des deux tiers des membres de l’Organisation des Nations Unies). Le Président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas assistait également à la conférence (parmi les « non alignés »), à laquelle étaient également conviés, le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon (bien que de nombreux occidentaux lui aient suggéré de ne pas s’y rendre) et le secrétaire de la Ligue arabe Nabil al-Arabi.

Créé le 19 juillet 1956 par Gamal Abdel Nasser (Egypte), Josip Broz Tito (ex-Yougoslavie), Sukarno (Indonésie) et Jawaharlal Nehru (Inde), le Mouvement des non alignés avait vocation à regrouper les pays du Tiers-monde qui n'entendaient s’aligner ni avec, ni contre les Etats Unis et l'URSS qui cherchaient à les rallier à leur cause, dans le cadre d'une bipolarisation. Pour autant, le mouvement n’a jamais véritablement rempli sa mission et les pays « non alignés » sont restés sous l’influence des grandes puissances internationales, à l’instar de Cuba, qui a toujours choisi le camp russe contre les Américains, des monarchies pétrolières du Golfe, qui sont restées pro Américaines, de la très grande majorité des pays africains qui ne s'est jamais privée de l'aide du FMI et de la Banque mondiale, ou de l'Inde qui s’est trouvée une proximité avec l'URSS dans son différend contre la Chine .

Depuis l'effondrement du bloc soviétique, et bien que n’ayant aucune ligne idéologique à faire valoir, le Mouvement des Non Alignés, tente de se trouver une nouvelle vocation en axant ses luttes sur le principe de décolonisation et la condamnation de l'exploitation par les grandes puissances, des richesses naturelles des pays ne disposant pas des moyens de s’affirmer politiquement. Ainsi, et à la différence de l'URSS qui entendait imposer sa vision de l'humanité (avec notamment la dictature du prolétariat et l’appropriation collective des moyens de production), les pays « non alignés » n’ont pas jamais eu véritablement de socle de pensée ou de culture intellectuelle commune. Leur seul dénominateur commun tient au refus d'admettre les normes internationales universelles, considérées comme ayant été échafaudées dans l’intérêt des puissances occidentales. C’est, du moins, ce qui ressort du traitement des questions débattues lors de la Conférence du mois d’août 2012 au regard du nucléaire iranien, de l’absence de démocratie au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies, de la crise syrienne, de l’épanouissement des relations Égypte-Iran et la de question de la Palestine.

Lors de l’ouverture du sommet, le guide suprême de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei s’est retranché (hypocritement) derrière la prétention d’un droit à l’utilisation de l’énergie nucléaire qui lui serait refusé par l’occident: « L’Iran ne cherchera jamais à avoir l’arme atomique», mais «ne renoncera jamais au droit du peuple iranien à utiliser l'énergie nucléaire à des fins pacifiques». Ce discours ne reflète certainement pas la réalité, puisque la volonté, pour l’Iran, de se doter de l’arme atomique, lui a valu six condamnations du Conseil de sécurité de l’ONU dont quatre assorties de sanctions, ainsi que l’embargo financier et pétrolier qui frappe durement l'économie iranienne. Toutefois, et pour rallier à sa cause le plus grand nombre de « non alignés », Ali Khamenei a présenté son pays comme subissant une forme de diktat occidental injuste. Le Président Mahmud Ahmadinejad a même exigé une minute de silence à la mémoire des scientifiques spécialisés dans le nucléaire qui ont été éliminés ces deux dernières années (et dont la liquidation est imputée aux services secrets israéliens) pour souligner l’iniquité de la méthode employée.

Dans ce dialogue de sourds, le secrétaire général des Nations-Unies a, tout de même, demandé à l'Iran de respecter les résolutions du Conseil des Nations Unies et de coopérer avec l'Agence Internationale de l'Energie Atomique, tout comme il a dénoncé les « menaces d'un Etat membre de l'Onu d'en détruire un autre ou le déni des faits historiques comme la Shoah », en référence à la position iranienne à l’égard d’Israël. Ban Ki Moon entendait réaffirmer la primauté des principes de la Déclaration des Droits de l’Homme, notamment au regard de la prévention des génocides, de l’incitation à la haine raciale, et à la commission de crimes contre l’humanité, puisque, si l’arme nucléaire est fabriquée par l’Iran, elle sera utilisée contre l’Etat juif. Il n’a convaincu personne.

L’ayatollah Khamenei a ensuite dénoncé la partialité du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour remettre en question les institutions internationales, en le qualifiant de «dictature manifeste», estimant que l’organisation était «une structure irrationnelle, injuste et totalement antidémocratique». De même, et en présence du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon (passablement irrité), il a vociféré : «La chambre de commande du monde est contrôlée par la dictature de quelques pays occidentaux». Ainsi, et selon le numéro 1 iranien, les institutions internationales seraient instrumentalisées par l’Occident pour contrôler le monde, les normes universelles du Droit international étant, en fait,  partisanes et échafaudées par les puissances occidentales dans leur propre intérêt (Leur mise en place ne résulterait finalement que du résultat d’un rapport de forces, susceptible d’évoluer en fonction de la sensibilité du décideur). Il résulte de cette analyse que les sanctions occidentales des membres de la conférence (dont l’Iran) pour la politique nucléaire ou les violations des droits de l’Homme sont devenues sujettes à caution, et susceptibles d’être annulées, lorsque la maîtrise des décisions aura changé de camp.

Aussi, le représentant des pays africains a-t-il posé la question de la démocratisation du Conseil de Sécurité et de la nécessaire mutation de la notion de « communauté internationale » : la « communauté internationale » se réduit au G5 occidental et Israël alors que les deux tiers des Etats [non alignés] sont membres du système des Nations Unies, et représentent près de 55% de la population mondiale. Il est donc sollicité une meilleure répartition des pouvoirs au niveau du Conseil permanent de sécurité. ». Apparaissent alors les effets pervers de la démocratie où la loi ne s'impose plus aux hommes de façon verticale : c’est la majorité humaine qui décide de son contenu. S’il était engagé une modification des pouvoirs au sein du Conseil de Sécurité, les membres non alignés seraient en mesure de rectifier les normes internationales et leur portée universelle. Ils mettraient également en échec les projets américains concernant une attaque des sites nucléaires iraniens et pourraient même décider le principe de l’éradication d’Israël. A cet égard, rappelons la participation au sommet des deux chefs d'Etat africains, Omar el-Béchir et Robert Mugabe qui se sont affichés publiquement alors que le premier est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (il a toutefois veillé à ne pas croiser le secrétaire général des Nations Unies) et que le second est dans le collimateur de la communauté internationale.

Les « non alignés » ne sont néanmoins pas dotés d’un moteur idéologique et d’une volonté d’harmoniser leurs positions doctrinales ; c’est, du moins, ce qui ressort de leur impossibilité de régler la question syrienne. Le Président égyptien Morsi avait répété au sommet de l'Organisation de la conférence islamique à Jeddah, son souhait de travailler avec l’Arabie saoudite, l’Iran et la Turquie à cet effet, mais une fois encore, c’est la cacophonie la plus complète entre les membres, alors que les Syriens se font massacrer. La Turquie défend l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne avec une intervention occidentale (ce qui lui permettrait de reprendre une position dominante dans le Moyen-Orient musulman en restant le partenaire de confiance de l’Occident). L’Iran n’y est pas favorable. La délégation syrienne a même quitté l'assemblée lorsque le Président égyptien Morsi a qualifié le régime syrien de « tyrannique et d'injuste »…

Reste toutefois la question palestinienne qui est, elle, de nature à fédérer les membres contre Israël. Mahmud Ahmadinejad a bien confirmé au Président Abbas son soutien aux frères palestiniens qu’il invitait pour discuter de leur unité. Il a également évoqué un rapprochement avec l’Egypte (alors que les relations entre les deux pays sont ternies depuis que le Caire a donné asile au Shah et fait la paix avec Israël en 1978) en invitant Morsi à visiter la centrale nucléaire de Bushehr, et en lui proposant une coopération dans le nucléaire civil. De son côté, le Président du Liban Michel Sleimane a indiqué à Ali Khamenei que le Liban avait encore « besoin de la résistance », allusion au mouvement Hezbollah. Le seul point sur lequel les membres sont vraiment d’accord, c’est l’absence de légitimité d’Israël qu’il convient de chasser puisque les Juifs se maintiennent "en Palestine sans droits ni titres" -selon eux-, avec l’aide des Américains.

La conférence des non alignés ne devrait pas conduire à une modification de la norme internationale ni des principes humanitaires universels. Leur raisonnement ne résiste pas à l’analyse et il suffit pour s’en convaincre d’observer les milliers de ressortissants de ces pays qui fuient les régimes « non alignés » pour se réfugier dans la pays occidentaux où les normes apparaissent plus clémentes et adaptées.

 

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 15:07

 

 

 

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Les Palestiniens Syriens, victimes du mensonge historique concernant leur statut

 

 

 

 

Le 5 août 2012, 600 familles palestiniennes implantées en Syrie ont fui les combats pour se rendre dans des camps de réfugiés palestiniens au Liban, notamment ceux de Jalil et Taalabaya dans la vallée de la Bekka (départ clandestin puisque subordonné aux autorisations données par les autorités syriennes dont ils ne disposent pas). Les palestiniens de Syrie se sont également réfugiés en Jordanie : depuis le début du mois de juillet 2012, plusieurs centaines de personnes palestiniennes ont choisi cette destination bien que les conditions d’entrée dans ce pays soient plus compliquées : avant le mois d’avril 2012, les palestiniens devaient trouver un garant de nationalité jordanienne afin de circuler librement dans le Royaume Hachémite mais le système des garants a cessé de s’appliquer et les palestiniens sont tenus de rester dans le camp de Ciber City (au nord de la Jordanie), sauf à être refoulés à la frontière.

 

Particulièrement mal menée depuis le processus révolutionnaire en Syrie (le début du mois de mars 2011) la communauté palestinienne subit exactions, exécutions sommaires et enregistre déjà dans ses rangs, plusieurs centaines de morts, notamment dans les combats qui se sont déroulés à Yarmouk, camp palestinien situé à proximité de Damas. Celui ci concentre le quart de la population palestinienne en Syrie, soit 148 000 personnes, oú se sont produits les plus grands massacres. La question se pose donc de savoir pourquoi les syriens sont animés d’une telle animosité à l’endroit des palestiniens et pour quelles raisons ils cherchent tant à se venger sur cette population, des problèmes qu’ils rencontrent avec les autorités gouvernementales.

 

La raison tient á l’ambivalence du statut des palestiniens syriens : ils vivent comme toutes les communautés, jouissent de l’égalité des droits, occupent les mêmes fonctions et responsabilités, et vivent en  parfaite symbiose avec les Syriens avec lesquels ils se marient et fondent des familles (leur statut est aux antipodes de celui réservé aux palestiniens vivant dans les autres pays arabes qui ne jouissent pas de la citoyenneté du pays d‘implantation ni d‘aucune prérogative attachée à la résidence locale). Dans le même temps, les Palestiniens syriens disposent d’un statut de «réfugiés» et sont regroupés dans des sortes de camps, pour continuer de recevoir les larges dotations de la communauté internationale, accordées aux descendants des palestiniens ayant quitté la Palestine en 1948.

 

Or, les Palestiniens de Syrie ont toujours été très proches des autorités syriennes qui les ont utilisés pour justifier la poursuite du combat contre Israël, et réprimer la population syrienne. Aussi, les dirigeants palestiniens et les différentes factions palestiniennes ont toujours coopéré avec les autorités syriennes qui ont assuré leur protection depuis des décennies, comme en témoigne la très grande proximité entre l’Armée de Libération de la Palestine et les forces de sécurité syrienne. Résultat : les Palestiniens sont aujourd’hui considérés comme des complices dans le carnage qui se produit en Syrie, compte tenu de leur soutien historique au régime de Bachar Al Assad.

 

Par ailleurs, des palestiniens de Syrie ont pris position contre la dictature de Bachar Al Assad qui les a instrumentalisés. Ils ont réclamé plus de démocratie, la fin de l’exploitation de leur statut et manifesté contre la brutalité du gouvernement. Le 5 juin 2011, les palestiniens ont même entrepris de se rendre sur le plateau du Golan (contre l’avis du gouvernement) pour manifester contre le 44° anniversaire de la présence israélienne sur le plateau, manifestation organisée à l’initiative du groupuscule terroriste Front Populaire de Liberation de la Palestine, depuis toujours, allié au régime. En outre, dans une interview sur France 24 du 9 mai 2011, Khaled Meshaal leader du Hamas á Damas a qualifié le printemps arabe de «magnifique»» et a déclaré que «la liberté et la démocratie étaient particulièrement nécessaires en Syrie», ce qui a déclenché le courroux des autorités loyalistes. Résultat, les palestiniens ne sont plus en mesure de savoir aujourd’hui qui leur en veut : dans l’un des incidents les plus atroces, á l’occasion duquel des membres de l’Armée de Libération Palestinienne ont été arrêtés, kidnappés, tués et égorgés avant que leur corps ne soient jetés dans un champ de la banlieue de Damas (Jérusalem Post 20 juillet 2012), personne ne pouvait affirmer, des autorités syriennes ou des rebelles, celui qui avait commis le forfait…

 

Plus grave : les palestiniens sont terriblement inquiets sur le sort qui leur sera réservé lorsque le régime alaouite sera renversé. Pour les leaders palestiniens, c’est un désastre majeur qui devrait leur être réservé : les palestiniens seront obligés de quitter leur foyer (historique) en Syrie et ne pourront pas y revenir de si tôt. Ils redoutent en fait, un sort identique à celui des 30 000 palestiniens qui vivaient en Irak (dont le soutien à Saddam Hussein qui assuraient leur protection avait été mal vécu par la population). À la suite du renversement de Saddam Hussein, ils avaient perdu leur statut de réfugiés permanents et subi une persécution collective, avant de se réfugier dans d’autres pays arabes pour fuir les mauvais traitements, les discriminations et les éliminations sommaires. De même, les Palestiniens implantés au Koweït ont été maltraités par les Koweitiens, en raison de leur engagement en faveur du dictateur irakien. La communauté palestinienne avaient pareillement été maltraitée et victime d’actions de représailles prenant la forme d’assassinats.

 

Aujourd’hui encore, les palestiniens en Syrie sont victimes du statut absurde que leur accorde la communauté internationale. Bien qu’appartenant à la grande nation arabe, qu’ils parlent la langue arabe et qu'íls soient de confession musulmane pour l’immense majorité, ils sont stigmatisés comme étrangers dans les pays arabes qui cultivent leur appartenance à une nation palestinienne imaginaire. Les Palestiniens vivent, en fait, un véritable dilemme : soit ils renoncent á la nationalité et á la cause palestinienne imaginaire, cessent de recevoir les indemnités accordées par le statut de réfugiés palestiniens et renoncent á la violence contre les Juifs pour enfin trouver la sérénité, soit ils continuent de recevoir l’argent de la communauté internationale tel un peuple corrompu et sous tutelle, continuent de rester proches des dictateurs arabes tout en prenant le risque de se faire expulser en cas de changement de régime politique. La comédie palestinienne devrait prendre fin, lorsque les acteurs internationaux feront preuve d’humilité et accepteront de reconnaitre qu’ils se sont tous trompés sur la véritable identité des Palestiniens.

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 16:13

 

 

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Le 2 août 2012, Kofi Annan, a fait part de son intention de ne pas renouveler son mandat de médiateur de l’Onu et de la Ligue Arabe pour la Syrie, lorsque celui-ci arrivera à son terme, soit le 31 août 2012. Sa décision a été motivée par l’existence de « divisions persistantes au sein du Conseil de Sécurité qui sont devenues un obstacle à la démocratie ». En d’autres termes, l’Onu dont la vocation est de favoriser la démocratie et la paix dans le monde, en est devenue son principal voire son unique obstacle. Les acteurs internationaux ne parviennent en effet pas, à mettre un terme à la guerre civile qui fait rage en Syrie eu égard aux oppositions d’intérêts entre les membres de l’Onu, à l’origine d’une paralysie des institutions. En réalité, ce n’est pas tant l’incapacité de la communauté internationale à trouver une solution à la tragédie syrienne qui est frappant, mais plutôt le manque d’honnêteté intellectuelle dans le mécanisme et les informations données concernant le traitement de la question syrienne.

La première hypocrisie tient au fonctionnement des institutions de l’Onu et plus particulièrement à l’inefficacité des résolutions de son Assemblée Générale qui ont pour seule vocation d’impacter psychologiquement afin de rassurer les uns, sans véritablement accabler les autres, avec des condamnations internationales qui n’ont de valeur qu’intellectuelle. Il suffit pour s’en convaincre de reprendre la résolution du 3 août 2012, par laquelle l’Assemblée a, condamné les « violations massives et systématiques des droits de l'homme en Syrie et l'utilisation par le régime d'armes de guerre contre son peuple », dénoncé « le pilonnage des villes rebelles par l'armée syrienne » et critiqué « l'impuissance du Conseil de sécurité à faire pression sur Damas ». L’Onu souhaiterait certes lancer un message fort au peuple syrien qui se fait massacrer depuis le mois de mars 2011 (avec plus de 20 000 personnes décédées dont 14 000 civils) avec un vote ultra majoritaire (de 133 pays sur les 193 qui composent l’Assemblée), mais n’obtient, en fin de compte, qu’une résolution sans effet, sans suites, sans impact coercitif et purement symboliques alors que les syriens n’ont nul besoin de résolutions mais simplement d’aide pour renverser le régime despotique.

La seconde hypocrisie vient de la soi disant incapacité pour la communauté internationale de prendre des mesures contre la Russie et la Chine alors que ces pays manquent gravement à leurs obligations au regard des finalités de l’Onu. Lorsque le secrétaire général de l’Onu Ban Ki Moon a fait part des ses regrets de voir Kofi Annan renoncer à sa mission, il a appelé les « grandes puissances à surmonter leurs rivalités et à trouver un terrain d’entente pour agir en Syrie, devenue le siège d’une guerre par procuration avec les acteurs régionaux et internationaux qui arment l’un ou l’autre des camps ». Il a également précisé «Maintenant que la situation sur le terrain s'est aggravée, les intérêts immédiats du peuple syrien doivent prévaloir sur les rivalités ou luttes d'influence». Il a également fait part de ses craintes de voir transformer la situation en Syrie en une « guerre civile de longue durée». Pourquoi donc ne pas directement sanctionner les pays membres de l’Onu qui violent le pacte conclu au sein de l’organisation à savoir « faire progresser la démocratie et paix dans le monde » en décidant d’une intervention, outre l’avis de membres récalcitrants (qui utilisent l’Onu pour bloquer l’intervention en Syrie dans un cadre mercantile, notamment pour poursuivre la vente d’armes à la Syrie), soit directement les exclure provisoirement de l’Onu compte tenu de leur opposition aux objectifs de l’organisation? Il est parfaitement inique d’utiliser les institutions onusiennes pour bloquer toute intervention armée en Syrie afin de poursuivre un objectif contraire à la vocation primitive de l’Onu.

La palme de la malhonnêteté intellectuelle doit sans conteste revenir à la Russie, à la Chine et à la Syrie qui ont, dès le 3 août 2012, exprimé leur regret de voir Kofi Annan quitter son poste en assurant « continuer d’œuvrer pour une solution politique du conflit » (alors que les deux premiers bloquent depuis mars 2011, toutes les tentatives occidentales au Conseil pour faire pression sur le régime syrien). Comble de l’hypocrisie, la Russie a même affirmé par la voie de son ambassadeur à l'ONU : « Nous avons soutenu ses efforts », qualifiant la mission d'Annan de « terriblement difficile » (De qui se moque-t-on ?). Même observation s’agissant du régime syrien, qui s'est contenté de « regretter » cette démission en accusant les « Etats qui cherchent à déstabiliser la Syrie » d'avoir « entravé » la mission de M. Annan, affirmant avoir « toujours prouvé qu'elle était engagée totalement au plan Annan »

A un degrés moindre, on peut citer parmi les déclarations hypocrites, celle du chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, qui, bien qu’ayant parfaitement conscience de l’inutilité de la résolution du 3 août 2012 et de l’impuissance générale des Nations Unies, s’est félicité de « l'adoption d'une résolution de l'Assemblée générale des Nations unies sur la Syrie pour laquelle la France s'est fortement mobilisée, et qui réaffirme la volonté de la communauté internationale de trouver la voie d'une sortie de crise crédible en Syrie »…

Pour sa part, Kofi Annan, bien que piégé par la fonction a souhaité à son successeur d’avoir « plus de chance et de réussite » (eu égard aux divergences au sein du Conseil de Sécurité qui paralysent l’institution). Toutefois, et beaucoup plus grave, il a cité les échecs passé de l’Onu : « Je veux que nous montrions tous au peuple syrien et au monde que nous avons retenu les leçons de Srebrenica, où des milliers de musulmans avaient été massacrés par les forces serbes de Bosnie en juillet 1995. Les Casques bleus néerlandais de l'ONU, en petit nombre et mal armés, n'étaient pas intervenus pour empêcher le massacre ». Une telle référence est très hypocrite dans la mesure où le massacre des musulmans en l’ex Yougoslavie a été cautionné par de nombreux acteurs internationaux qui n’acceptaient pas de voir se constituer au sein de l’Europe, un pays composé majoritairement de musulmans (qu’on a donc laissé tranquillement massacrer). Il avait encore néanmoins fallu se retrancher derrière l’impuissance de l’Onu. De même, Kofi Annan a indiqué « Sans une action sérieuse déterminée et unie de la communauté internationale, il sera impossible pour moi ou quiconque de persuader le gouvernement syrien et l'opposition d'ouvrir des négociations politiques ». A ce stade, il ne s’agit plus de négociations. D’ailleurs, les acteurs internationaux avaient pris moins de gans lorsqu’il s’agissait de déloger Mouammar Kadhafi de la Lybie. De même, les américains n’ont pas attendu un vote de l’Onu (qui n’existait d’ailleurs pas) pour intervenir contre l’Allemagne Nazie lors de la seconde guerre mondiale.

Pour éviter que l’Onu ne reste ce « Machin » qu’avait dénoncé le Général de Gaulle, il conviendrait de cesser de mentir en se retranchant derrière des pseudos blocages administratifs. L’Onu doit également cesser de prendre des mesures de circonstances comme celles visant à rassurer le monde arabe secoué par le problème syrien dans le cas de la résolution adoptée le 26 et 27 juillet 2012 concernant les « Répercussions économiques et sociales pour les palestiniens dans les territoires incluant Jérusalem Est et le Golan Syrien occupé» Il suffit juste de faire émerger la Norme internationale et de la rendre opposable aux membres de l’Onu, c'est-à-dire la Règle absolue qui ne dépend pas d’un vote des acteurs politiques.

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 18:35

 

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele

Ce sont encore plusieurs dizaines de personnes qui ont été tuées, ce 29 juillet 2012, dans la guerre civile qui fait rage en Syrie, sans que personne ne soit en mesure d’imposer un cessez le feu entre les forces gouvernementales et les rebelles syriens. Déjà, le 28 juillet 2012, le président François Hollande avait faire part de sa vive préoccupation concernant le risque de voir la Syrie sombrer dans le chaos et la guerre civile. Aussi avait-il appelé le Conseil de Sécurité de l’Onu à intervenir le plus rapidement possible pour éviter que la bataille d’Alep (aux mains des rebelles) ne soit le théâtre d’un nouveau bain de sang. Il avait également attiré l’attention de la Chine et de la Russie sur le risque de voir le régime (condamné) de Bachar Al Assad, recourir à la force jusqu’au bout. Le 25 juillet 2012, c’est l’Arabie Saoudite qui avait proposé à l’Assemblée Générale de l’Onu d’adopter une résolution concernant l’intention par la Syrie de recourir à l’arme chimique en cas d’intervention étrangère sur son sol, tout en déplorant : «  l‘absence d'action internationale en Syrie, en raison des vetos de la Russie et de la Chine, qui bloquent systématiquement les résolutions intéressant la Syrie ».

 

La question se pose donc de savoir si l’absence de règlement du problème syrien ne trouve pas en partie sa source dans l’opposition systématique de la Chine et de la Russie aux résolutions proposées contre le régime de Bachar Al Assad, et s’il n’est pas possible de leur imputer une part de responsabilité dans la poursuite des massacres. Autrement dit, ne serait-il pas enfin possible de faire admettre en Droit international public, un principe voisin de celui qui prévaut pour les particuliers qui s’abstiennent d’intervenir lorsqu’une personne se fait agresser, et la qualifier de « non assistance à population en danger ». L’article 226-6 du Code pénal français énonce que « Quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l'intégrité corporelle de la personne, et qui s'abstient volontairement de le faire, est puni d’une peine de … ». Ce texte fait ainsi obligation à toute personne de protéger une personne en danger en lui apportant une assistance appropriée, même si elle n‘est pas juridiquement tenue à son égard. Selon le même article lArticle 223-6, une personne peut être reconnue complice, en cas de refus d'assistance. L’application de cet article suppose un péril qui mette en danger la vie d‘autrui (que la cause soit volontaire ou non), et une action qui ne présente pas de danger pour la personne ni pour un tiers. En pareille hypothèse, le défaut d’intervention prouvé est condamnable.

 

C’est, bien évidemment, un principe similaire qu’il conviendrait de mettre en place au niveau des institutions internationales, à savoir la sanction de la « non assistance à population en danger ». Il est, en effet,  inadmissible que la vocation de l’Onu, qui est de favoriser l’application des Droits de l’Homme, soit dans l’incapacité de le faire en raison de blocages purement procéduraux, et que des populations civiles se fassent massacrer uniquement par suite d‘une abstention blâmable de la Russie et de la Chine.

 

 

Rappelons que Les deux premiers objectifs de l'ONU sont d'empêcher la guerre et de faire respecter les droits de l'homme. Par ailleurs, il est admis que les droits de l'homme sont universels et que rien ne peut limiter la liberté et la dignité des hommes. S’agissant de la Syrie, l’Onu devrait donc pouvoir intervenir conformément à ce double objectif et sanctionner les pays qui l’en empêche, dans la mesure où L'article 3 du statut précise que « tout individu a droit à la vie et à la sûreté de sa personne », pendant que l’article 5 du statut interdit les traitements inhumains, cruels ou dégradants (fondement classique de l‘intervention des casques bleus dans les conflits intérieurs, les guerres civiles, ou les attaques contre les minorités). Les institutions onusiennes pourraient donc sanctionner les pays interdisant à l’Onu de remplir sa mission, autoriser les autres pays à passer outre le refus d’un membre permanent, et infliger des peines aux membres de l’Onu qui, par leur action ou leur inaction, s’abstiennent de porter assistance a une population en danger.

 

Un tel mécanisme permettrait de reconnaître la Chine et la Russie responsables en Droit public international, du massacre de la population syrienne après toutefois, avoir examiner les motifs de l‘abstention. S’il s’agit d’éviter de confronter la population locale à un risque plus grave encore, comme l’utilisation d’armes chimiques, le refus peut être justifié. De même, en cas de risque d’intervention de l’Iran chiite (qui n’entend pas voir son satellite syrien perdre de son influence au profit des  Sunnites, ni ne peut se permettre une coupure du lien ombilical avec le Hezbollah), le refus d‘intervenir peut encore se justifier [comme cas de risque de régionalisation du conflit, par exemple]. En revanche, la nécessité de poursuivre la fourniture en armement et en logistique à son allié historique syrien, ne serait pas recevable. Une responsabilité partielle pourrait également être reconnue à la charge des responsables des rebelles syriens qui ont refusé l’aide d’Israël que leur avait proposé le Ministre des Affaires Etrangères israélien, soutenant notamment : « l’incapacité des dirigeants internationaux et des travailleurs humanitaires pour subvenir aux besoins des victimes des tueries et des massacres d’innocents civils en Syrie montre que toutes les promesses de la communauté internationale,  concernant notre sécurité sont vaines, nulles et non avenues ». nous sommes avant tout des êtres humains et ces massacres, en plein 21ème siècle, sont tout simplement inacceptables ».


 

En somme, il serait temps d’instaurer, en Droit international public, une hiérarchie des normes et de prévoir que le principe de la « non assistance à une population en danger » a une force supérieure au formalisme qui préside au fonctionnement des décisions prises au sein du Conseil de sécurité de l’Onu. Cela emporterait nécessairement restriction de la souveraineté des Etats membres et admission du principe selon lequel les règles d’organisation humaine transcendent le juriste, quelque soit le pays qui l’a vu naître.  

 

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 21:26

 

L’absence problématique de condamnation du meurtre des infidèles en Islam

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele

Le 18 juillet 2012 à Bourgas (Bulgarie), le kamikaze Mehdi Mohammed Ghazali a fait exploser une charge installée dans un bus navette acheminant des touristes israéliens vers le terminal de l’aéroport, d’où ils devaient rejoindre une station balnéaire au bord de la Mer Noire. Bilan : 6 morts dont 5 israéliens et trente deux israéliens blessés. L’acte a immédiatement été condamné par les autorités bulgares, le Président des Etats-Unis Barack Obama, les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU, la représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton et de nombreux chef d’Etats dont le Président François Hollande qui a exprimé son indignation, sa compassion et a assuré les autorités bulgares et israéliennes de la solidarité de la France.

Bien que l’enquête se soit rapidement orientée vers la piste du Hezbollah libanais téléguidé depuis l’Iran, Téhéran a immédiatement démenti avec une (hypocrite) condamnation venue du porte-parole du Ministère des affaires étrangères iranien :« La République islamique d'Iran, qui est la plus grande victime du terrorisme, estime que mettre en danger la vie d'innocents est un acte inhumain et le condamne vigoureusement ».

En réalité, que les condamnations soient sincères ou non, et que l’Iran soit ou non derrière cet attentat ne résout pas un problème d’ordre manifestement plus fondamental. La question centrale qu’il convient de se poser est de savoir pourquoi les attentats dans le monde sont quasi systématiquement commis par des personnes qui se disent musulmanes et qui le font généralement au nom de l’Islam. La religion de Mahomet ne serait elle pas à même d’appréhender l'interdiction morale du meurtre au point du voir jaillir chaque jour de nouveaux adeptes prêts à se faire exploser au nom d’Allah ? Le principal mufti des musulmans bulgares, Moustafa Hadji, a certes affirmé que « La terreur est un acte barbare qu'aucune religion ne peut approuver». Ce faisant, il tente d’exonérer l’Islam de toute responsabilité alors que le la clé du problème se trouve en son sein : l’Islam en tant qu’idéologie doté d’un corpus de règles ne condamne pas le meurtre de façon définitive mais tolère des circonstances dans lesquelles il peut être commis. Hélas, personne ne s’atèle à cette difficulté pour ne pas froisser les musulmans ou pour éviter de se faire taxer de raciste. Le problème ne tient donc pas aux musulmans qui appliquent les principes de leur foi, mais aux principes de la foi eux-mêmes qui mériteraient une réflexion d’ensemble voire une refonte.

Le meurtre des infidèles trouve sa source dans la sourate 2, verset 193 et (8,39) du Coran aux termes desquels : «Quiconque a reçu l'appel du Messager (Muhammad) et n'y a pas répondu doit être combattu jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'association et que la religion soit entièrement à Allah ». En d’autres termes, il faut mener le Jihad contre les infidèles (c'est-à-dire les personnes qui sont soit non musulmanes soit musulmanes non croyantes) pour pouvoir accéder au paradis. Ainsi, l’ensemble des adorateurs d’Allah doivent obéir au commandement de tuer quiconque n’appartiendrait pas à cette religion, afin de gagner une place au paradis…

C’est d’ailleurs sur le fondement de cette obligation religieuse de tuer les infidèles que s’est développée la théorie islamiste visant à conquérir le monde au moyen de la guerre sainte. Le point de départ de la théorie repose sur le fait qu’à l’origine, l’islam s’est propagé au moyen de la guerre et de conquêtes territoriales. Mahomet était lui-même un guerrier (sanguinaire) qui a conquis le monde par l’épée afin d’intégrer les terres non musulmanes dans le Daral-Islam, ou encore la maison de la soumission c'est-à-dire sous gouvernement musulman. Notons également que le meurtre de juif n’est pas spécialement interdit en référence à Mahomet qui avait lui-même tué la tribu juive de Banou quayza.

Pour les islamistes, la guerre contre les infidèles est une obligation divine, et tous les hommes doivent l’embrasser l’Islam de gré ou de force. La souveraineté de l’Islam spirituelle et temporelle doit conduire au pouvoir religieux et politique sur la terre. C’est d’ailleurs les principes des Frères musulmans qui considèrent : «c’est obligatoire pour nous (musulmans) de se battre contre eux (les infidèles) après leur avoir transmis l'invitation (d'adhérer à l'islam) et ce, même s'ils ne se battent pas contre nous.». De même les islamistes considèrent que l’Islam doit détruire tous les Etats et les gouvernements qui sont opposés à son idéologie c’est à dire non islamiques. Ils estiment que c’est par le Jihad que l’Islam doit s’établir, que la parole d’Allah est amenée à dominer et que la religion doit triompher. Aussi, la destinée du musulman est-il de mener le jihad peu importe où il se trouve et jusqu’à son dernier souffle.

S’agissant de la dialectique d’islamisation du monde, Recep Tavyip Erdogan a déjà annoncé : « les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes, les dômes nos casques et les croyants nos soldats ». Pour sa part, Muammar Khadafi avait la certitude que « les cinquante millions de musulmans vivant en Europe vont en faire un continent islamique d’ici quelques décennies ». De même, Tariq ramadan a affirmé « ça devrait être nous avec notre compréhension de l’islam avec nos principes qui coloniserons positivement les Etats-Unis ». Enfin Mahmoud al zahhar, fondateur du Hamas a confirmé : « notre plan ne se limite pas à la libération de la Palestine mais vise à guérir les maux de la civilisation occidentale ».

Voila qui est grandement problématique car il sera toujours possible d’inciter des personnes influençables, crédules, manipulables ou naturellement chargées de haine à tuer, si l’acte est de nature à les valoriser avec en prime une récompense dans l’au delà. Tant que les dignitaires musulmans n’auront pas unanimement posé de façon définitive que le meurtre est proscrit et que la notion d’infidèle est insensée, le problème se reproduira sans cesse et les meurtres au nom d’Allah se poursuivront dans quelque endroit du monde.

Le problème ne tient donc pas aux musulmans mais bien à l’Islam qui doit évoluer par l’entremise des dignitaires de l’Islam, à même de réviser la doctrine religieuse sur ce point pour en terminer une bonne fois pour toute avec le principe de l’obligation de tuer les soit disant « infidèles ». Ainsi, et à l’instar de la révision de la doctrine entreprise par l’Eglise avec Vatican II qui a abandonné la thèse chrétienne du peuple juif déicide, l’Islam doit abandonner cette obligation religieuse de tuer l’infidèle en la condamnant et en l’interdisant, tout en repensant le concept d’infidèle. A défaut, il pourrait être reconnu comme consentant à la théorie.

De très nombreux musulmans attendent des dignitaires religieux qu’ils procèdent à ce revirement dans la mesure où la prévision du meurtre d’infidèles est un dogme qui salit la religion. Lorsque ce point sera réglé, il sera possible d’envisager une relation harmonieuse entre les nations, et les israéliens ne craindront plus de voyager dans le monde ni ne risqueront leur vie en l’abandonnant aux mains d’illuminés. Il ne s’agit plus maintenant de déplorer les attentats ou encore de les condamner : il faut traiter le mal à la racine.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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