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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 16:40

La commission Levy livre son analyse concernant la nature juridique des terres de Judée Samarie

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele

 

Le 9 juillet 2012, la commission de juristes dirigée par l’ancien Juge de la Cour Suprême Edmond Levy, composée notamment du Ministre de la Défense Ehud Barak et du ministre sans portefeuille Benny Begin, a dévoilé son analyse concernant la légalité des implantations juives établies en Judée Samarie. Les conclusions du rapport ne devraient satisfaire, ni les palestiniens, ni la communauté internationale.

Le rapport Lévy (qui a le mérite de se pencher sur cette question épineuse), conforte la thèse du gouvernement selon laquelle la «Judée-Samarie » n’est qu’un territoire « disputé », sur lequel Israël est libre de consolider son assise dans l’attente d’un règlement négocié. Il confirme également qu’Israël ne répond pas aux critères juridiques internationaux d‘«occupant militaire» et que l’installation d’une population juive dans cette région est «légale». La commission condamne donc vertement la position de la Cour suprême israélienne qui, à la majorité de ses juges, a toujours vu dans la Cisjordanie un territoire «sous occupation», soumis aux lois et conventions internationales.

En outre, la commission recommande la légalisation de toutes les implantations de Cisjordanie (qui ne le sont pas encore) en précisant que les implantations érigées sur des terres domaniales ou achetées à des palestiniens sont légales, sans que le Gouvernement n’ait à prendre de décisions spécifiques à leur sujet, dans la mesure où elles ont été installées avec son accord voire, sur ses recommandations. Plus largement, le document précise que les juifs ont le droit de s’installer dans l’ensemble des secteurs sous contrôle israélien, conformément aux accords d’autonomie qui réservent 60% du territoire au contrôle israélien. Ainsi, non seulement le rapport confirme la légalité des implantations mais en outre, il préconise d‘en généraliser le mécanisme. Pour sa part, Alan Baker, membre de la commission et ancien conseiller juridique des Affaires étrangères israéliennes, confirme que le statut de la Cisjordanie est indéterminé et qu’Israël ne s’y trouve pas en territoire souverain étranger (C’est également la thèse que nous soutenons depuis de nombreuses années).

Le point de départ de l’analyse est le suivant : la Cisjordanie a été envahie par Israël en 1967, lors de la guerre des 6 jours alors que le territoire était sous souveraineté Jordanienne, à la suite de son annexion en 1950, par le roi de Transjordanie. Elle était donc incorporée dans le Royaume Hachémite lorsqu’Israël en a annexé la partie orientale de Jérusalem et occupé le reste du territoire. Or, ce territoire est resté sous souveraineté partagée administrative jordanienne et militaire israélienne, jusqu’à ce que le Roi Hussein de Jordanie abandonne définitivement et officiellement toute revendication, et qu’il renonce à toute souveraineté sur la Cisjordanie le 31 juillet 1988. Si donc la Cisjordanie (en tant que partie du territoire jordanien) était juridiquement «occupée» au sens du Droit international lors de l’adoption de la résolution 242 du Conseil de Sécurité (qui a demandé à Israël de libérer les « territoires occupés »), elle a cessé de l’être le 31 juillet 1988. Les résolutions de l’Onu ou du Conseil de Sécurité qui affirment qu’Israël est une puissance occupante, sont donc caduques depuis 1988, bien que personne n’ose en parler, grâce à un glissement subtile du concept de «territoire jordanien occupé» vers celui de «territoire palestinien occupé». Bien évidemment, en dehors des Chartes Guerrières de l’Olp et du Hamas, il n’y a jamais eu de territoires palestiniens dans cette endroit du monde, et encore moins de «territoires palestiniens occupés».

Ravis, les mityachvim ont immédiatement appelé le Premier Ministre Benjamin Netanyahou à mettre en œuvre les conclusions du rapport, le plus rapidement possible. Il en est de même du le Ministre de l’Environnement Gilad Erdan, ou encore du Ministre de l’intérieur Elie Yishai, pour qui les implantations s’inscrivent dans le cadre du sionisme et du projet juif.

Passablement chagrinés par le document, les palestiniens continuent de penser qu’Israël est une puissance militaire occupante. Aussi, s’accrochent-ils à ce postulat pour invoquer le Droit international qui interdit la création de colonies sur un territoire qui ne dépend pas d’une souveraineté étatique. Cette position ne se justifie bien évidemment pas sur un plan juridique dans la mesure où le Droit international (qui a le droit de se tromper), occulte la souveraineté jordanienne (passée) sur la Cisjordanie et la décision par la Jordanie d‘y renoncer. Les palestiniens sont également soutenus par l’association des Droits de l’Homme israélienne Acri (association pour les Droits Civiques en Israël) qui considère que dans la mesure où la Cisjordanie n’a jamais fait l’objet d’une annexion par Israël depuis 1967, les implantations n’en font pas partie. L’association critique aussi l’absence d’impartialité du rapport qui a été commandé par le Premier Ministre Benjamin Netanyahou, et ce sentiment est partagé par l’association Yesh Din.

Les palestiniens déplorent ainsi qu’au cours des dernières décennies, pas moins de 120 « Yichuv » ont été installés, que le pays soit gouverné à gauche comme à droite. En outre, depuis les années 1990, une centaine d’avant-postes s’y sont ajoutés de façon «sauvage», c’est-à-dire sans autorisation gouvernementale expresse, obligeant la Cour suprême israélienne à ordonner le démantèlement de bon nombre d’entre eux. Ils ne comprennent donc pas pourquoi la déclaration d’indépendance de la Palestine en 1988, par Yasser Arafat depuis Alger (où il était en exil), n’ait pas eu de traduction juridique en Droit international.

Bien évidemment, il s‘agissait d‘une déclaration purement symbolique puisque les palestiniens n‘avaient aucun contrôle sur le territoire, de surcroit partiellement annexé par Israël en 1967, et sur lequel le Roi de Jordanie avait la faculté de renoncer à toute souveraineté, mais non d’en transmettre le contrôle (qu’il n’avait d’ailleurs pas) à l’Autorité Palestinienne.

En tout état de cause, si le rapport est mis en œuvre, les Palestiniens devraient essayer de porter l’affaire devant la Cour internationale de la Haye mais sans grandes chances de succès. Dans l’attente de cette éventualité, c’est donc en toute logique qu’Israël n’autorisera pas la mission d’investigation de l’ONU (sollicité par la Commission des Droits de l’Homme le 6 juillet 2012), à pénétrer en Cisjordanie pour (soit disant) enquêter sur les violations par Israël des Droits de l’Homme, quand bien même l’organisation a enjoint à Israël de ne pas faire obstacle au processus de collaboration. Le Porte parole du Ministères des Affaires Étrangères, Yigal Palmor a, en effet, annoncé la couleur : «Israël ne coopérera pas avec la mission d’investigation et ses membres ne seront pas autorisés à entrer en Israël ni dans les Territoires».

Le Droit international devrait bientôt cesser d’être un outil destiné à plaire aux Palestiniens puisque sa source dépasse les simples décisions partisanes des acteurs internationaux.

 

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 23:39

De Moab à Toulouse, la conquête de Canaan n’est toujours pas digérée

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Le 4 juillet 2012, un adolescent juif âgé de 17 ans, a été agressé dans un train circulant entre Toulouse et Lyon par deux jeunes personnes issues de l'immigration (au demeurant volontaire pour intégrer l’armée française). La victime, agressée en raison de son appartenance à la communauté israélite, s’est avérée être également scolarisé au lycée Ozar Hatorah, frappé par le terrible attentat commis en mars 2012 par Mohamed Merah, ayant couté la vie à 3 enfants et à un enseignant israélites. 

Cette montée de l’antisémitisme en France (dans des proportions tout à fait alarmantes ces derniers mois), implique principalement des personnes d’origine musulmane avec un déclenchement des agressions provoqué par le port de kippas, de franges du châle rituelle de prière appelées « Tsitsit », d’étoiles de David ou encore, dans le cas de l’agression commise dans le train de Toulouse, par l’échange de propos lors d’une discussion téléphonique, confirmant les origines juives de la future victime. Une fois encore, les signes ostentatoires suffisent pour provoquer, réveiller, attiser ou  amplifier cette haine à l’encontre des membres de la communauté juive, peu importe lequel sera touché.

Pour le Président du Conseil Représentatif des Institutions juives de France, Richard Prasquier, « l’éradication de l’antisémitisme doit devenir une cause nationale » mais il n’est pas certain que ce fléau puisse être endigué dans un délai proche. Les agresseurs expliquent généralement leur aversion contre les juifs en raison de leur appartenance à la communauté ou de leurs origines  juives. Aussi, justifient-t-ils leurs actes par la présence des juifs sur un territoire qu’il considère être palestinien, ou pour venger les palestiniens des souffrances que les juifs d'Israël leur infligeraient. En d'autres termes, les juifs de diaspora sont personnellement responsables de la situation des palestiniens au Proche Orient.

Cela n’est peut être pas surprenant. Pour les antisémites quelque soit leur confession, le peuple juif est perçu comme une entité spécifique conçue dans son unicité, et les juifs, comme une simple partition de cet ensemble. S’en prendre à un juif, permet donc de toucher cette unité particulière juive puisque les vibrations émotionnelles dégagées à l'occasion des agressions commises contre l'un d'entre jeux, se propagent à l’ensemble de la communauté. Pour leur part, les membres de la communauté juive dans le monde aimeraient certainement être reconnus dans leur individualité propre, mais qu’ils se nomment David, Nathan, Elie, Moise, Rachel ou Esther, ils n’existent, pour les antisémites, que comme éléments de cet ensemble. Porter atteinte à tel ou tel membre de la communauté, permet de nuire à l’unité juive dans son entièreté, avec des dommages qui seront plus ou moins importants en fonction du nombre de personnes touchées et de la gravité des lésions occasionnées peuimporte le lieu de l’implantation de la personne agressée.

En fonction de la confession, le mobile pour s’en prendre aux juifs ne sera toutefois pas le même. L’antisémite chrétien a longtemps reproché aux juifs de n’avoir pas reconnus Jésus comme étant leur Messie et d’être collectivement responsable de sa mort. Dans l’antisémitisme musulman, il se pourrait bien que l’aversion contre les juifs trouve sa source dans la conquête de Canaan qui n’a jamais été digérée. C’est ce qui se déduit de la paracha lue dans les synagogues ce 7 juillet 2012 concernant le roi Balak de Moab (Nombres 22,1-25,9). Après avoir quitté l’Egypte et traversé le désert, les juifs ont entrepris la conquête de la terre de Canaan (sur injonction divine). Lorsqu’ils se sont retrouvés sur les plaines de Moab  (côté oriental du Jourdain en face de Jéricho), Moab était très inquiet de l’importance de cette présence juive : «  Cette foule va dévorer tout ce qui nous entoure, comme le boeuf broute l'herbe des champs». Balak roi de Moab a donc demandé à Billam (mi sorcier) : « Un peuple est sorti d'Egypte. Il couvre la surface du pays et il s'est installé vis-à-vis de moi. Viens donc maudire ce peuple pour moi, car il est plus puissant que moi. Peut-être ainsi pourrai-je le battre et le chasser du pays car, je le sais, celui que tu bénis est béni et celui que tu maudis est maudit.». D. n’était pas tout à fait d’accord avec ce projet et à dissuadé Billam d’accomplir l’ordre royal : «Tu ne les accompagneras pas, tu ne maudiras pas ce peuple, car il est béni». En fin de compte, aucun mal n’a été fait au peuple juif : les malédictions de Billam se sont d'ailleurs transformées en bénédictions et le peuple juif a pu entreprendre la conquête de la terre de Canaan.

Cet épisode décrit donc précisément le mode opératoire spécifique pour prendre possession de la terre : arriver en nombre, mener la guerre aux occupants, le vaincre et finalement établir un nouveau mode d’organisation étatique en chassant au besoin, les habitants qui n’ont plus rien à faire dans cette contrée. C'est d’ailleurs ce procédé qui a encore été employé par les juifs pour prendre possession de la terre palestinienne dans la première moitié du XX° siècle : ils sont venus par millliers, ont acheté des terres, trahit la confiance ou abusé de la naïveté des résidants arabes palestiniens et les ont finalement chassés de leur terre avec la complicité de la communauté internationale... En somme, rien de vraiment compliqué à mettre en œuvre.

Pour les antisémites musulmans, il n’est, dans ces conditions,  certainement pas nécessaire d’attendre que la communauté internationale organise un nouvel équilibre entre les nations : la terre peut être recouvrée au moyen de la guerre, tout comme les juifs on eu l'occasion de le prouver. Tout d’abord, et selon la Vérité de l’Islam, les juifs n’ont rien à faire en Palestine puisque les textes qu’ils invoquent ne leur sont pas opposables. L’histoire de l’humanité n’est donc pas figée dans ce qui est inscrit dans la Torah mais se construit dans les actes contemporains. Pourquoi donc se mettre à courir puisque tout arrive à qui sait attendre : le conflit Israélo-palestinien permettra de confirmer la supériorité de la Vérité islamique.

Pour les ennemis des juifs et d'Israël, l’antisémitisme trouvera son terme lorsque les juifs auront tous disparus, soit qu'ils aient été exterminés soit qu'ils se soient fondus dans la masse des nations, grâce au mécanisme de l'assimilation qui leur fera perdre leur spécificité. En effet, les juifs ne sont pas infaillibles comme en témoigne l’épisode de Balak, lorsque le peuple juif s’est laissé séduire par les filles de Moab qui l’a incité à servir leur idole « Péor » avant que Pinhas n’intervienne énergiquement pour mettre un terme à cette dérive morale. Si le peuple juif est corruptible, il ne pourra tenir seul contre l’adversité, et la coupure de son lien ombilical avec la terre d’Israël favorisera son élimination.

Dans l'hypothèse la plus favorable, l’antisémitisme disparaitra lorsque « les Peuples du monde se tourne(ro)nt vers les juifs pour être spirituellement guidés par eux » (Zacharie 8,23), « qu’ils vénère(ro)nt le Dieu Un d’Israël » (Isaïe 2,17). Alors, le peuple d’Israël deviendra « messager de la paix » (Isaïe 52,7) et vivra « dans une joie et un bonheur éternels » (Isaïe 51,11). Les juifs reviendront alors sur leur terre d’origine (Isaïe 11,12), et il pourra être envisagé la reconstruction du Temple (Ezéchiel 40), pour que la Maison devienne un lieu de prière pour tous les Peuples (Isaïe 56,7) attire et inclut des gens de toutes les cultures et de toutes les nations (Isaïe 11,10)...

Il s’agit bien évidemment des temps messianiques : l’harmonie parfaite entre les différentes nations du monde exclura tout acte de malveillance à l’endroit des juifs et toute volonté de reconquérir la terre de Canaan.

Bref, rien n’est encore gagné.

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 17:19

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Au cours du mois de juin 2012, les actes antisémites se sont dramatiquement multipliés. Le 16 juin, le grand Rabin de France Gilbert Bernheim a fait l’objet de menaces de mort dans un croquis chargé de symboles cyniques et orduriers. Le 12 juin, une question dans le domaine humanitaire posée aux étudiants de la Faculté de Médecine de Bichat, portait sur la qualification des « soi-disant » crimes commis par Israël dans la bande de Gaza : les étudiants devaient se prononcer sur le point de savoir s'il s'agissat de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité ou de génocide. Le 8 juin, un jeune juif de Sarcelles a été provoqué, agressé et insulté de « sale juif », avant que son téléphone portable ne lui soit dérobé. Le 2 juin, 3 juifs âgés de 20 ans ont été agressés à Villeurbanne et frappés à coups de marteau et de barres de fer…

Dans le même temps, la délégitimation de  l'Etat hébreu va bon train sur la scène internationale : depuis le 18 juin 2012, Israël est arrosé par une pluie de roquettes palestiniennes tirées depuis la bande de Gaza dans l’indifférence la plus totale de la communauté internationale. Celle-ci se borne à critiquer la politique d'implantation en Judée Samarie (qui serait un obstacle à la solution de deux Etats pour deux peuples), ou le blocus imposé à la bande de Gaza (justifiant à demi mot, les agressions palestiniennes). Ainsi, et en marge de la haine anti juive qui sévit en diaspora, on assiste à une banalisation des attaques contre Israël sans que personne ne trouve véritablement les moyens de prévenir ce fléau qu’est l’antisémitisme, ou ce que l’on nomme pudiquement, l’antisionisme.

La raison en est simple : le phénomène antisémite est abordé sur le terrain de la répression non sur celui de la prévention. Le système pénal français sanctionne outre les coups et blessures (parfois mortelles), les auteurs de provocations publiques ou non publiques à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale ou religieuse, mais aussi les actes de diffamation publique ou d’injures de même nature. Il en est de même de l’Apologie de crimes contre l’humanité, de la contestation de l’existence de crimes contre l’humanité, ou le port d’insignes ou d’uniformes et d’emblèmes rappelant ceux des responsables de crimes contre l’humanité. Est également sanctionnée pénalement, la Violation de sépulture à caractère raciste ou antireligieux.

Pour autant, le droit ne répond pas à la nécessité de prévenir le phénomène au regard des mobiles fondamentaux à l’origine de la commission des actes. En réalité, l’aversion chez certaines personnes, pour les juifs en général, et pour Israël en particulier, tient au principe de l’élection, tout à fait insupportable bien qu'il s'agisse d'un problème dont personne ne parle. 

Le juif n’est pas seulement le membre d'une race, d'une ethnie, d'une famille religieuse, le juif n’existe qu’en considération d’un choix divin. Le juif appartient à la lignée d’Abraham, d’Isaac et de Jacob à qui D. a annoncé une descendance multiple comme les étoiles. De même, D. a choisi ce peuple pour lui transmettre son message universel. Il lui a également ordonné de se rendre sur la terre de Canaan. Autrement dit, le juif n'est pas français américain, européen, africain, ou australien, il est juif avant d'appartenir à la communauté humaine au sein de laquelle il vit. Dans le cas d’un racisme ethnique, l’aversion contre les intéressés résulte de la couleur de peau, de la provenance, des traditions familiales, ancestrales, ou culturerelles qui ne sont pas acceptés. De même, s’agissant de la discrimination religieuse, il est reproché à une communauté humaine ses choix relationnels avec le Ciel. Dans le cas du juif, rien de tout cela. Il est certes d'origine juive, ce qui signifie que sa mère l'était avant lui et qu’il a peut être adopté le judaïsme comme mode de foi, mais ce que l’on reproche aux juifs, c’est avant tout d’être juif. En effet, le fait pour un peuple d'exister en considération d’un choix divin est parfaitement inadmissible, pour les personnes athées, d’une part, mais également pour les religions monothéistes ultérieures, d'autres part.

S’agissant des personnes athées, si D. n'existe pas, la messe est dite (s'il est possible de s’exprimer ainsi). En effet, faute d’exister, D. ne saurait avoir choisi une nation, lui avoir transmis un message particulier, et encore moins l'avoir invité à se rendre sur telle ou telle partie du globe. Pour ces personnes, la compréhension du monde s'opère sans intercession divine et le concept de juif devient un non sens . Aussi, la destruction d’Israël et plus généralement celle du peuple juif serait un moyen de prouver l'absence de transcendance dans l'univers et ainsi, permetrait de trouver une cohérence entre leur mode de pensée et la réalité. Avec la disparition d’Israël, les juifs seraient coupés de leur base idéologique et leur disparition, non en tant que personnes mais en tant que membres d'un peuple choisi par le Ciel, pourrait s’accélérer. Il serait également prouvé que les convictions, les croyances et les certitudes des juifs n’etait finalement que pure comédie.

S’agissant des personnes religieuses, l'approche de l’antisémitisme et de l’antisionisme diffère suivant qu’il s’agit les chrétiens ou des musulmans.

Dans le christianisme,s'il est admis que D. a transmis les tables de la Loi aux juifs, il n'en demeure pas moins qu'il s'est trompé. Les antisémites chrétiens se fondent d’ailleurs sur des versets Bibliques pour l’établir. Dans le livre d’Isaïe il est indiqué : «Mes enfants se sont insurgés contre moi 1.2 », « Mon peuple n’a pas de discernement 1.3 », « c’est une nation pécheresse chargée d’iniquité 1.4 », « une Race de malfaiteurs et d’enfants dégénérés 1.4 », « les traîtres à l’éternel périront 1.28 », «Oui je me lèverai contre eux je détruirai le nom et la trace tout descendant toute postérité 14.22 ». De même dans le Lévitique (26, 14-46), il est prévu la domination des juifs par ceux qui les haïssent, les sanctions les plus graves étant la soumission à l’ennemi, la destruction des hauts lieux, la destruction du pays au point de stupéfier les ennemis...Dans le Deutéronome (28, 15-69), il est prévu l’envoi d’une nation lointaine et hostile qui « s’abat comme l’aigle » (Dt 28,49) et n’a point d’égard pour le vieillard ni de pitié pour l’adolescent (Dt 28,50), l’obligation de servir ses ennemis jusqu’à l’extermination (Dt 28,48), des survivants qui se consument (par leur faute) (Lv 26,39) et se voient réserver un traitement hostile au pays de leurs ennemis (Lv 26,25)...Les antisémites chrétiens trouvent dans ces textes tout les fondements pour s’en prendre aux juifs.

En Islam, il n’est pas indiqué que D. s’est trompé mais que les juifs ont falsifié les écritures après les avoir reçues (sourate 2 ; verset 75), et qu’ils ont été maudits (sourate 5 ; verset 78). Une fois encore, il n’existe aucun fondement religieux à la présence juive en Palestine, ce qui fonde le devoir de les évincer.

Bon nombre de personnes athées ou croyantes non juives, disposent de bonnes raisons pour s'en prendre aux juifs ou attendre calmement la destruction d'Israël. Néanmoins, et comme le Ciel s'amuse a brouiller les pistes, les antisémites et antsionistes se retrouvent également chez les juifs. Pour les juifs athées, la situation est trés delicate. Il s'agit de personnes juives au sens de la halakha qui ne sont pas animées de cette petite étincelle magique, de cette nechama juive au fond de leur être. L'identité juive devient alors un poids, une sorte d'étiquette qu'il faut gommer le plus rapidement possible ou enfouir au plus profond de soi. De même, pour les juifs religieux de la mouvance Netoure karta, les juifs ne doivent revenir en Eretz  israël qu'à compter de la venue du Machiach. Avant cette date, l'existence d'Israël  ne se justifie pas, ce qui explique leur proximité avec les grands ennemis d'Israël comme Ahmadinejad.

Ainsi, les ennemis des juifs se trouvent aussi bien dans les mondes juifs que non juifs. C'est cette discussion qui doit être abordée sur la place publique de sorte que la haine du juif soit parfaitement comprise par ceux pour qui elle est encore inconsciente.   

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 23:02

 

 

 


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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Le 3 juin 2012, Israël a décidé d’appliquer une Loi intitulée « prévention de l’infiltration » votée en janvier 2012, qui accorde aux autorités la faculté de placer en détention les demandeurs d’asile pour une durée de 3 ans, et qui permet d'infliger un emprisonnement compris entre 5 et 15 ans, aux personnes qui faciliteraient l’immigration clandestine. Israël se doit, en effet, de résoudre un problème d’immigration massive (qui s'opère via la frontière égyptienne), de personnes originaires du Soudan ou d’Erythrée. Depuis 2006, 62 000 personnes ont franchi la frontière (dont 2031 pour le seul mois de mai 2012), pour fuir les conditions de vie pénibles dans leur pays d'origine, notamment les combats, la pauvreté, les régimes autoritaires...

Cette immigration est fatalement à l’origine d'une désorganisation de la société israélienne qui prend la forme d’une recrudescence de la violence et d’une hausse de la criminalité (tel le viol d'une Israélienne de 19 ans survenu le 15 mai 2012, impliquant quatre suspects érythréens). Par ailleurs, on assiste, au sein de la société israélienne, à des comportements nouveaux comme la multiplication de manifestations contre la présence des ces africains en situation irrégulière (dans le meilleur des cas), ou xénophobes et violents contre les migrants. Dans certains quartiers, notamment de Tel Aviv, des logements occupés par des érythréens sont incendiés, tagués de slogans tels « sortez du quartier », pendant que d'autres sont la cible de cocktails Molotov...

Le gouvernement s'est donc exprimé de façon radicale sur la nécessité de protéger le travail des israéliens mais également le caractère juif de l’Etat d’Israël : le Ministre israélien de l’Intérieur, Eli Yishai a indiqué, le 24 mai 2012, que la détention et l’emprisonnement des infiltrés africains représentaient la meilleure solution, en prélude à leur expulsion. Il en est de même pour le Premier Ministre Benjamin Netanyahu, qui considère les demandeurs d’asile africains comme « une menace concrète au caractère juif et démocratique du pays ».

De telles déclarations ont naturellement provoqué un tollé général au sein des organisations des Droits de l’Homme en Israël qui multiplient les recours contre les demandes d’expulsion du Ministre de l’intérieur, afin de permettre aux africains d'obtenir le statut de réfugiés politiques. Ces démarches sont, fort heureusement, vaines. La justice israélienne rejette les recours à l'instar de la décision du Tribunal du District de Jérusalem du 7 juin 2012 qui a refusé de prolonger l’asile de 1500 migrants d’origines sud soudanaise qui n'avaient pas prouvé « être confrontés à un risque pour leur vie ou exposés à de graves dommages »...

La question se pose donc de savoir qu’elle doit être l’attitude d’Israël à l’égard de la population africaine stigmatisée, qualifiée d’infiltrée voire de criminelle, qui se plaint de l’oppression dans le pays d'origine, et d’absence d’emploi ou de statut officiel dans le pays d'accueil. Pour sa part, le Ministère de l’Intérieur considère qu’ils ne peuvent bénéficier d'une protection particulière au sein de l'Etat juif, s’agissant de simples migrants qui ne répondent pas à la définition de réfugiés mais une fois encore, la solution de trouve dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

L'article 1er de cette Déclaration pose que les hommes doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. Par ailleurs, l'article 14 réserve expressément la possibilité aux personnes persécutées dans leur pays, de chercher et d'obtenir asile dans d'autres pays. A la lumière de ces textes, il convient de rechercher si Israël doit être pénalisé et notamment obligé d'accueillir sur son territoire des personnes africaines, eu égard à son système démocratique et l'humanité de ses institutions.

La réponse est bien évidemment négative, et ce conformément aux principes de la DUDH. Tout d'abord, l'article 21 de la DUDH précise dans son troisième alinéa que « la volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ». C'est donc le peuple juif souverain qui est maître de décider qui il accueille ou non sur son territoire, sans que ce choix ne puisse lui être imposé par des institutions internationales ou des personnes en provenance de l'étranger.

Aussi, appartient-il à Israël d’arbitrer entre le principe d’humanité et le coût occasionné en terme de déstructuration nationale. Naturellement, c'est la préservation des intérêts fondamentaux de l'Etat juif qui doit préoccuper les décideurs, non les motivations économiques des candidats à l'immigration.

De même, Israël peut décider qui sera le bénéficiaire de son système de protection sociale, des logements, des soins et du versement des allocations. Le contribuable israélien ne saurait être tenu de prendre à sa charge la misère de l’humanité en général, et celle de l’Afrique orientale en particulier.

Enfin, et sur le plan national, il est à craindre que des personnes ayant violé la loi israélienne, pour ce qu'il en est des conditions d’installation et d’entrée sur le territoire national, ne seront pas forcément enclines à la respecter dans le futur, ce qui posera à court terme de gros problèmes d'intégration. Résultat : à la crispation du marché du travail, s'ajouteront une insécurité nouvelle et surtout, une menace identitaire.

S’agissant de la prise en charge des réfugiés économiques, La DUDH offre également une réponse très intéressante : C'est à la communauté internationale, qu'il revient d'y procéder. Selon l'article 22 DUDH, si chaque personne est fondée à obtenir la satisfaction de ses droits économiques, sociaux culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, cela doit l'être grâce à « l'effort national et à la coopération internationale compte tenu de l'organisation et des ressources de chaque pays ». La communauté internationale se doit donc d'assumer les problèmes économiques auxquels sont confrontés les pays africains, non à Israël.

Les migrants africains ont d'ailleurs bien conscience du chantage humanitaire auquel ils se livrent : ils choisissent leur pays de destination non en considération de la situation politique locale mais des avantages économiques procurés par le pays de destination. Ainsi, et au lieu de s'établir dans un pays immensément riche comme l'Arabie Saoudite (situé en face des côtes du Soudan), qui pourrait financièrement absorber une partie substantielle de la population nécessiteuse (mais avec un accueil certes moins chaleureux), ils se rendent directement en Israël où les valeurs démocratiques sont censés compliquer leur éviction.

La justice israélienne ne se prête pas à cette démarche malsaine, aux tentatives de culpabilisation, ni au jeu de tous ceux qui aspirent à la destruction de l'Etat juif par une arrivée massive de personnes non juives (telle une invasion déguisée sous couvert de prétextes humanitaires). La déclaration Universelle des Droits de l'Homme présente, comme son nom l'indique, un caractère universel. Il en est de même de la règle de Droit qui doit s'imposer dans les Etats qui n'en sont pas dotés, et non être détournée de son sens et être opposée aux seuls Etats démocratiques en vue de provoquer leur disparition. 

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 21:28

 

 

La duplicité, une arme redoutable dans les relations internationales

 


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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Le 1er juin 2012, le Conseil des Droits de l’Homme de l’Onu a voté une résolution visant à confier à la commission d’enquête indépendante sur la Syrie, le soin de mener une enquête spéciale sur le massacre de Houla (survenu le 25 mai 2012), afin de déterminer s’il constituait « un crime contre l’humanité » (108 personnes ont été abattues dont une cinquantaine d’enfants). Le but est de rechercher l’auteur de l’attaque (menée de manière délibérée et en toute impunité contre les civils), de lui faire assumer les responsabilités et d’examiner s’il existe bien une violation des Droits de l’Hommes. Or, les positions divergent entre les Etats-Unis et l’Europe d’une part, et celles défendues par le bloc formé par la Syrie, l’Iran la Chine et la Russie d’autre part, chez qui il apparait une certaine hypocrisie, voire de la mauvaise foi. Le régime de Bachar Al Assad affirme être parfaitement étranger à ces évènements et pour la Russie et la Chine (partenaires économiques, industriels, stratégiques de l’Iran), il n’est pas question de nuire au satellite syrien de l’Iran. La duplicité des divers responsables politiques apparait en fait, comme constituant une arme redoutable en ce qu’elle conduit à une paralysie complète de la situation, sans jamais tenir compte des aspirations de la population syrienne.

Pour se dédouaner, la Syrie a tout d’abord décidé de procéder elle-même, à une enquête gouvernementale. Sans surprise, les conclusions (solidement argumentées), exonèrent les militaires et les partisans du pouvoir et leur dénient toute implication dans les meurtres commis. L’enquête rappelle à titre liminaire que les victimes civiles ont péri par exécution à « bout portant  ou par armes blanches » et non sous les bombardements des obus de l’armée, ce qui constitue une preuve de l’absence de responsabilité de l’armée qui utilise exclusivement des armes lourdes (sic). Le document mentionne également que le gouvernement syrien a, le 12 avril, décrété un cessez-le-feu, qui, s’il n’est pas respecté, c’est par l’ASL ou le CNS qui déchainent leurs attaques quotidiennes contre les militaires et les civils…De plus l’enquête se livre à un examen minutieux du nombre de personnes tuées et a pu se convaincre de ce que les corps enveloppés dans un linceul (dont la photo a fait le tour du monde) ne sont pas ceux de personnes froidement abattue à Houla ou Tolda mais ceux des membres de l’armée libre de Syrie qui ont été tués dans des combats avec l’armée ( la photo n’est qu’un montage truqué destiné à salir le gouvernement de Bachar Al Assad). Pour preuve « Le lieu du massacre se trouvait dans une zone infestée de gangs armés, où les forces de l’ordre n’ont pénétré ni avant, ni après le massacre ». L’enquête a enfin mis en lumière, un nombre important (parmi les victimes) de personnesappartenant à des familles « qui refusaient de s’opposer au gouvernement ou étaient en désaccord avec les groupes armés ». (En somme, ce sont des insurgés qui ont commis ces exactions contre les partisans du régime, non l’inverse). Conclusions : les auteurs du massacre sont bien les bandes armées, aidées par les Américains, les Européens, les Turcs et les « pétro-monarques » du Golfe, et ce, pour faire le jeu d’Israël, bien que Kofi Annan refuse de l’admettre (sic).

Pour leur part, les alliés russe et chinois de l’Iran ont voté contre la décision de mener une enquête sur les évènements de Houla en faisant également preuve d’une certaine hypocrisie dans l’analyse de la situation. Le Président Russe Vladimir Poutine conteste l’efficacité des sanctions qui seraient prises par le Conseil de Sécurité de l’Onu contre le régime syrien (et réaffirme son soutien à la médiation de Kofi Annan qu’il ne considère pas comme contre productif ni voué à l’échec. Aussi, et dès avant sa rencontre le 1 juin 2012, avec le Président François Hollande, Moscou avait confirmé par la voix du vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov être « catégoriquement opposée à toute intervention extérieure dans le conflit syrien qui ne ferait qu’aggraver la situation avec des conséquences incalculables pour la Syrie et le reste de la région ». Poutine a alors réitéré son refus de la proposition du Président français qui exige l’éviction préalable de « Bachar Al Assad », et toutes mesures contre la Syrie prises « à des fins déstabilisatrices et bellicistes ». D’ailleurs, le départ forcé de Bachar signerait le début d’un « processus de décomposition du pouvoir syrien, accéléré par tout ce que le pays compte de bandes armées islamistes ».

Bien évidemment, la position prise par la Russie l’est pour éviter de froisser son partenaire commercial privilégié qu’est l’Iran à qui il apporte son soutien et sa technologie en matière nucléaire (la centrale de bouchher a été inaugurée en septembre 2011). Par ailleurs, la condamnation du régime syrien eut été d’autant moins opportune que Moscou poursuit ses livraisons d’armes au régime de Bachar Al Assad (condamné par l’Ambassadrice a l’Onu Susan Rice qui a néanmoins précisé qu’aucun embargo n’avait été décrété contre la Syrie et qu’ainsi, cette livraison ne violait pas les dispositions internationales).

De même, la Chine est un partenaire commercial important de l’Iran qui l’approvisionne en gaz et pétrole et qui achète ses produits manufacturés. Aussi, et pour éviter de froisser Téhéran, il était donc logique que Pékin s’oppose  à toute intervention militaire en Syrie, et qu’il ne soutienne « aucun changement forcé de régime » ni même n’expulserait de son pays l’ambassadeur syrien à Pekin. Une fois encore, et de façon bien hypocrite, la Chine a confirmé sa confiance dans le plan de paix d’Annan médiateur international pour la syrie…. (alors que chacun sait qu’il ne verra jamais le jour à défaut de décision concertée et unanime des acteurs régionaux puisqu’il réclame un arrêt des violences, la fourniture d’aides humanitaires aux zones touchées  et la libération des personnes détenues arbitrairement…).

Enfin, Mahmoud Ahmadinejad a également livré son analyse de la situation qui transpire d’hypocrisie, même s’il dénonce à juste titre, les failles du système économique occidental. Dans un entretien sur France 24 (du 30 mai 2012), il s’est une nouvelle fois déclaré « l'ami de tous les peuples », mais également « attristé par la situation économique difficile en Europe », et a même proposé ses services pour changer la gouvernance mondiale, qui « va mal ». Concernant la Syrie, Ahmadinejad s'est dit « attristé » par le massacre de Houla d’autant que : « Cela fait deux ans que les peuples de la région sont sous pression. C'est le droit de tout peuple d'être libre et d'avoir accès aux élections libres, et cela ne doit pas souffrir d'exception. Celui qui a perpétré ce crime est condamnable, quel que soit son objectif ». Pour autant, le président iranien refuse l'idée que le régime de Bachar Al-Assad ait pu perpétrer ce massacre, ne se privant pas d’en imputer la responsabilité aux pays occidentaux (et certains pays de la région), qui, selon lui, tentent d'interférer dans les affaires de Damas. Dans un élan de compassion à l’égard du peuple syrien, le Président Ahmadinejad a même lancé : « Je trouve impensable qu'un gouvernement puisse tuer son propre peuple. Le gouvernement n'en tirerait aucun avantage » (sic).

Mahmud Ahmadinejad n’a pas l'intention de lâcher son fidèle allié syrien, instrument de son assise régionale, ni n'entend confier les rennes du pouvoir à l’islamisme sunnite radical qui lui ferait ombrage. La Chine et la Russie ne veulent pas d’un amoindrissement de l’influence du régime des mollah, et caressent même de proposer au monde, un mode alternatif de fonctionnement substitué au système occidental, mal en point. Alors, pas de vote contre la Syrie. Dans le doute, abstiens-toi ! Le peuple syrien peut bien attendre.

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 21:10

 

 

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Le 8 mai 2012, Israël s’est réveillé avec une nouvelle coalition gouvernementale au pouvoir comprenant le parti Kadima aux côtés du Likoud. Ainsi, et bien que la Knesset ait voté (deux jours plutôt) le principe de sa dissolution et fixé la date des élections anticipées en septembre 2012, le Premier Ministre Benjamin Netanyahou a scellé un pacte d’union nationale le dotant d’une des majorités les plus larges qu’ait connu Israël : 94 députés sur 120 (en 1984, la coalition avait dépassé ce chiffre pour atteindre 97 députés). Pour sa part, Shaoul Mofaz, à la tête du parti Kadima (précédemment dirigé par l’ancienne Ministre des Affaires Etrangères Tzipi Livni jusqu’au 27 mars 2012), s’est vu attribué la fonction de Vice premier Ministre sans portefeuille.

Les critiques n’ont alors pas manqué de fuser : d’aucuns ont qualifié la manœuvre de tactique politicienne dans la mesure où la coalition permettra au Premier Ministre de prendre des mesures et de faire voter des textes, actuellement controversées en Israël. Une majorité confortable au sein de l’assemblée évitera certes, pour ce qu’il en est d’une éventuelle frappe des installations nucléaires en Iran, une confrontation avec une opposition farouche des chefs de l'armée et des anciens patrons du renseignement. En outre, les conditions sont réunies pour faire adopter des lois controversées comme le changement du système électoral, la conscription des juifs ultra orthodoxes, le vote du budget ou encore la relance du processus de paix avec les palestiniens. Par ailleurs, certaines mauvaises langues ont soutenu que le ralliement de Shaoul Mofaz s’inscrivait dans une forme d'opportunisme guidé par un intérêt personnel, sans véritable lien avec le Parti Kadima. Toutefois, le principe de l’union nationale est beaucoup plus subtile : il s’agit d’une véritable leçon de démocratie qui conjugue efficacité, pragmatisme et éclectisme.

En ces temps de crise, la population israélienne se trouve rassurée par la convergence de vue et d’esprit des grands partis, et l'engagement de Shaul Mofaz, de rester au sein de la coalition jusqu'à la fin de la législature en octobre 2013. En outre, Benyamin Netanyahou fait preuve d’une formidable largesse d’esprit en ne s’accrochant pas de façon acharnée à des thèses qu’il estime mieux adaptées, optant pour la stabilité et acceptant de prendre en considération les idées du principal parti d’opposition. Enfin, il est dans ce processus, une très grande humilité tant pour le Premier Ministre, qui s’est régulièrement présenté comme l’adversaire du parti Kadima, que pour l’ancien Ministre de la défense d’Ariel Sharon (entre 2002 et 2006) qui avait pourtant annoncé (à de nombreuses reprises), qu’il ne rejoindrait pas le camp de Netanyahou.

En somme, si le partenariat entre le Likoud et Kadima enrichira le débat, réunira les adversaires politiques et conduira à une cohésion du système (même s’il demeure quelques divergences de vues), la méthode est d’une remarquable efficacité : la coalition gouvernementale permet de faire l’économie d’inéluctables crispations en période électorale, du coût que représente l’organisation des élections, et surtout du temps pendant lequel des candidats passent leur temps à essayer de convaincre sur la justesse de leurs idées plutôt que de s’occuper des affaires intérieures du pays.

La méthode illustre, par ailleurs, en quoi la gestion politique d’un pays par ses mandataires (c'est-à-dire les personnes qui ont été mises à la tête de l’Etat) doit l’être dans l’intérêt du mandant (c'est-à-dire le peuple qui en a décidé ainsi). Le principe de la coalition signifie donc qu’il n’est pas de vérité universelle, au cœur d’une position doctrinale, qui doit s’imposer à l’ensemble du peuple, a fortiori lorsque la moitié de la population ne partage pas les mêmes conceptions. Il est plus à même de s’attacher à la réalité de la situation intérieure du pays, tout en restant tourné vers les défis extérieurs. Il n’est dès lors plus question de supputations abstraites, intellectuelles voire idéalisées et de projections imaginaires, mais des implications pratiques qui donnent un sens aux résultats contemporains révélés par l’expérience. Autrement dit, ce mode d’organisation politique concret s’attache exclusivement aux effets induits par les circonstances géopolitiques.

Les multiples courants de pensées qui s’expriment dans les différents partis, méritent d’être appliqués, non dans l’intérêt d’un élu qui cherche à se façonner un nom dans l’histoire, mais au service du plus grand nombre. Or, c’est précisément la juxtaposition des idées qui peut conduire à la mise en place d’un système complet. Il n’est donc pas surprenant que cette alliance nouvelle ait reçu l’agrément du partenaire américain, qui a immédiatement fait part de sa satisfaction, et confirmé son soutien à son allié historique.

Bien évidemment, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle (en termes d’efficacité) avec les élections présidentielles qui se sont déroulées en France en mai 2012. Tout d’abord, un candidat potentiel (Dominique Strauss Kahn) qui présentait de grandes chances de remporter les élections, a (curieusement) été éliminé un an avant l’engagement de la campagne. Ses frasques ont alors défrayé la chronique pendant de nombreux mois, détournant l’attention des français des graves problèmes économiques contemporains. La campagne a, par la suite, mis en concurrence de nombreuses personnes qui ont dépensé des sommes colossales pour tenter de faire avancer leurs idées (alors que les fonds employées auraient pu trouver une autre utilité en période de crise). Résultat : le Président Sarkozy n’a pas été éliminé en considération des actions menées pendant son quinquennat mais uniquement de sa méthode déplaisante arrogante, et dénuée de toute humilité.

De son côté, le nouveau Président de la République, François Hollande, a annoncé, pendant la campagne, qu’il se chargerait de défaire ce qui a été accomplit par son prédécesseur au travers d’une série de promesses démagogiques (qu’il sera difficile de tenir, compte tenu des impératifs budgétaires et de l’interdépendance des Etats). Toujours est-il que le temps de mise en œuvre des mesures nouvelles, et la production d’un résultat (plusieurs années), risque d’avoir un seul effet : la paralysie du pays. En effet, il n’est toujours pas posé (en politique) le principe selon lequel un Etat doit se gérer comme une entreprise qui doit faire face à ses dépenses (la redistribution et les investissements collectifs) avec ses produits (la production de la richesse nationale et les prélèvements fiscaux et sociaux). S’en suit donc un dérapage des comptes publics et beaucoup de temps de perdus…

De même, l’union affichée par les grands partis israéliens tranche singulièrement avec les divisions idéologiques palestiniennes (Hamas et Olp) et la compétition des dogmes sunnites et Chiites qui immobilise le monde arabo musulman et le plonge dans le chaos. Aussi, le monde de l’Islam qui tente (péniblement) de se positionner sur le terrain de la démocratie, gagnerait en s’inspirant du mode d’organisation politique consensuel en Israël, à même (une fois encore) de servir de modèle.

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 22:31


 

 

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Ce 15 mai 2012 marquera le 64° anniversaire de la création d’Israël (dans le calendrier grégorien) et de l’accès, par le peuple juif, à son indépendance nationale sur le sol de son État souverain. Ce moment intense, pour les juifs dans le monde, n'est toutefois pas vécu de la même manière pour la population arabe en Israël pour qui l’évènement ne procure ni joie ni exaltation : c’est la « nakba » ou encore la « catastrophe » qui est associé à ce souvenir. Aussi, le comité suprême de suivi des arabes israéliens a décidé de commémorer l’évènement par une grève générale, une annulation des cours dans les écoles, et la fermeture des commerces et des institutions culturelles et politiques. Les arabes israéliens manifesteront également leur solidarité avec les détenus palestiniens en grève de la faim.

L’Etat d’Israël pourrait donc s’interroger sur les raisons de l’amertume éprouvée par les arabes israéliens, sur cette proximité à l’égard des palestiniens, et ce sentiment d’appartenance à une communauté humaine, autre que celle constituée par la population juive en Israël. Bien évidemment, le mal être grandissant au sein de la population arabe israélienne est la conséquence directe de la privation d’une partie de leur identité historique, en l’occurrence l’appartenance à la nation palestinienne qu’Israël leur dénie. Aussi, permettre aux arabes israéliens de prendre leur véritable nationalité en l’occurrence palestinienne, constituerait un double message : la prise en considération de leur souffrance et la volonté de rétablir une réalité historique, ce qui serait incontestablement, un vecteur de paix.

Tout d’abord, Israël témoignerait aux arabes israéliens (qui supportent de moins en moins cette appellation) une compréhension de leur mal être et les respecterait dans leur affirmation identitaire. Si la combinaison des évènements historiques a conduit l’Etat hébreu à reprendre possession de sa terre historique, il n’en demeure pas moins qu’une partie de la population locale n’a pas adopté les valeurs de l’Etat juif et ne se sent pas liée pas la communauté de destin des juifs. Aussi, le bénéfice de la nationalité palestinienne aux arabes israéliens tiendrait compte de la situation géopolitique tout en admettant que certains n’ont pas entendu se fondre dans ce nouvel ensemble. S’en suivrait nécessairement un apaisement des tensions, en Israël dans la relation avec les populations arabes mais également avec les palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Les palestiniens cesseraient alors d’endosser le costume de « terroriste » pour devenir membre d’une communauté humaine reconnue.

Les conséquences en seraient multiples : tout d’abord, il conviendrait pour le Premier Ministre Israélien Benjamin Netanyahou de superviser avec le Chef de l’Autorité Palestinienne, l’acquisition de cette nationalité c'est-à-dire, l’enregistrement des « arabes israéliens » comme « palestiniens d’Israël » en situation régulière en Israël. Cette démarche israélo-palestinienne constructive s’inscrirait naturellement dans le cadre de l’indépendance nationale des entités respectives.

En outre, serait réglé le problème du droit de vote. Les palestiniens d’Israël cesseraient de participer aux scrutins nationaux en Israël, pour devenir électeurs dans les territoires sous souveraineté palestinienne. Or, et pour faciliter les formalités administratives des « palestiniens d’Israël », il serait nécessaire d’ouvrir une ambassade de Palestine à Jérusalem et des services consulaires palestiniens dans les grandes villes israéliennes. Non seulement la dynamique de la paix serait relancée mais en outre, Ramallah serait renforcée comme capitale du peuple palestinien et Jérusalem comme celle du peuple juif.

Théoriquement, et conformément aux principes démocratiques, il conviendrait de s’assurer de la réalité de cette volonté d’embrasser cette nationalité palestinienne par les arabes israéliens. Il conviendrait donc d’organiser un référendum dont le résultat serait particulièrement précieux : soit les arabes israéliens votent de façon massive pour l’adoption de la nationalité palestinienne, et la démonstration sera faite de la réalité d’une entité nationale palestinienne autonome dont ils font partie. Dans le cas contraire, cela signifierait que le concept de « palestinien » est purement imaginaire et inventé, ce qui serait un échec cuisant pour l’Autorité Palestinienne. Le vote en faveur de la nationalité palestinienne sera, selon toute vraisemblance, massif à l’instar des juifs qui ont conservé leur identité propre en terre étrangère, et notamment leur langue, leur culture, et leur philosophie (parfois de façon cachée comme les marranes en Espagne). Les arabes israéliens seraient alors reconnus comme les descendants d’une population qui s’est progressivement constituée en nation.

Sur ce point, une campagne politique sera menée par les arabes israéliens pour inciter à voter en faveur de cette nationalité palestinienne, soit encore une campagne palestinienne sur le sol israélien. Un tel évènement (qui devra être encadré par le Ministère de l’Intérieur) rapprocherait encore israéliens et palestiniens dans un élan novateur qui respecterait l’identité palestinienne tout en renforçant Israël sur le plan international comme initiateur de paix.

Corrélativement, lorsqu’il aura été décidé d’accorder aux arabes israéliens la nationalité palestinienne, il pourra être possible de modifier la Loi sur la citoyenneté israélienne du 1er avril 1952 (entrée en vigueur le 14 juillet 1952), relative aux conditions d’octroi de la citoyenneté en Israël. Celle-ci distingue actuellement entre l'acquisition de la citoyenneté par les Juifs (Loi du retour) et celle des non-Juifs (essentiellement les Arabes), selon un principe de type national (considéré discriminatoire pour les non juifs) puisque seules les personnes « juives» sont concernées par le statut. Pour leur part, les personnes arabes ne sont visées par le texte que si elles ont résidé de manière continue en Israël depuis 1948. Celles-ci ne se sentiraient plus discriminées par le critère tiré des origines juives dans la mesure où leur statut serait celui de « non national en situation régulière ». Serait alors fixés les critères de la résidence régulière ou non en Israël, comme c’est le cas dans tous les pays démocratiques pour les étrangers en situation régulière.

Bien évidemment, Israël pourrait enfin légiférer sur la nationalité israélienne (israélite ou juive) qui fait cruellement défaut dans le corpus de Lois israéliennes. Aussi, le bénéfice de la nationalité palestinienne aux arabes israéliens ferait glisser le conflit du critère territorial (fluctuant en fonction des époques) vers le critère national avec un accompagnement significatif de l’Etat hébreu dans le sens de l’indépendance national des palestiniens. L’aspect des frontières n’est en fait qu’un faux problème.

Enfin, cette reconnaissance identitaire serait un formidable élan pour la paix entre les populations, conforme aux prévisions Bibliques dans la mesure où la terre d’Israël a vocation à revenir au Peuple d’Israël : « le pays que j’ai accordé à Abraham et Isaac, je te l’accorde et à ta postérité après toi ». (Genèse XXXV, 12).

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 20:44

 

 


 

 

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Le 26 avril 2012, des milliers d’arabes israéliens ont manifesté contre le jour de l’indépendance de l’Etat d’Israël qui, pour eux, correspond à la « Nakba », c’est à la dire à la catastrophe qui a vu plus de 700 000 palestiniens partir se « réfugier » dans les pays arabes du Moyen Orient. Pour leur part, les palestiniens restés dans leurs habitations le 14 mai 1948, sont devenus citoyens israéliens à part entière. Or, force est de constater que l’intégration de leurs descendants au sein du nouvel Etat juif n’a pas été à la hauteur du projet de David Ben Gourion : c’est en brandissant des drapeaux palestiniens et en appelant au retour de milliers de palestiniens disséminés dans les pays limitrophes, qu’ils ont exprimé leur souhait d’accéder à « une véritable indépendance pour la Palestine ». Aussi, d’année en année, c’est un nombre toujours plus important d’arabes israéliens qui revendique son appartenance à la nation palestinienne au point de se demander si l’autorisation donnée aux palestiniens, d’accéder à cette nationalité palestinienne, ne serait pas une extraordinaire opportunité pour l’Etat d’Israël : elle respecterait d’une part, la réalité identitaire des arabes israéliens, et éliminerait définitivement les craintes existentielles de l’Etat juif.

La nationalité traduit, en effet, l’appartenance à un Etat mais également à un groupe humain qui partage une volonté de vivre ensemble puisque animé de valeurs communes linguistique, religieuse, culturelle et historique à l’origine d’un sentiment national. Or, Israël n’a jamais institué de « nationalité israélienne » et pour cause : une partie de sa population (en l’occurrence les arabes israéliens) n’a pas de convergence de vue idéologique, politique ou spirituelle avec les juifs. Autrement dit, il n’existe pas en Israël, un « vouloir vivre collectif » qui soit partagé par l’ensemble de la population. Israël s’est donc contenté d’aborder le statut juridique des ressortissants au sein de l’Etat à travers la citoyenneté, c'est-à-dire l’implantation géographique en Israël, et non sur le terrain de la nationalité.

Or, et dans la mesure où les palestiniens font l’objet d’une reconnaissance au sein de l’Onu en qualité de nation (quand bien même aucun territoire ne leur a été attribué), il est logique que les arabes israéliens revendiquent cette appartenance commune. D’ailleurs, en Droit international, la nationalité fait partie des éléments fondamentaux de la personne tout comme le nom, le prénom, la date de naissance, le domicile, la filiation, le régime matrimonial… En vertu de l’article 15 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, « tout individu a droit à une nationalité ». Le second alinéa de cette article précise en substance que « nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer sa nationalité ». En réalité, non seulement Israël ne peut empêcher les palestiniens d’accéder à cette nationalité palestinienne, mais encore, il pourrait les y encourager.

Le premier avantage qui en résulterait pour Israël, tiendrait à l’harmonisation du statut des arabes israéliens et des palestiniens vivant à Jérusalem qui n’ont jamais perdu leur nationalité palestinienne : ces derniers disposent d’une carte leur permettant de circuler librement en Israël comme des personnes étrangères en situation régulière sur le territoire. Les arabes israéliens se verraient, de la même manière, reconnus le statut de « palestiniens » en situation régulière dans l’Etat juif.

En outre, les arabes israéliens devenus « palestiniens » en situation régulière disposeraient de tous les droits attachés à la résidence et seraient astreints à tous les devoirs avec toutefois des exceptions notables prévues par le Droit international. Ils perdraient ainsi le droit de vote aux élections nationales et ne disposeraient de ce droit que pour les scrutins locaux. Ils perdraient également le droit d’occuper certaines fonctions réglementées comme la députation (une bonne chose pour Israël), les mandats électifs (autre que les mandats locaux) ou encore la fonction de magistrat. S’agissant des devoirs, ils seraient dispensés d’accomplir leur service national au sein de Tsahal, comme c’est le cas actuellement mais non plus en raison de leur qualité de musulmans (critère discriminatoire) mais de leur appartenance à une autre nation. Un service civil pourrait néanmoins leur être proposé comme cela est en cours de discussion.

Par ailleurs, Israël pourrait exiger des personnes devenues « palestiniennes » qu’elles respectent la loi nationale juive. Aussi, l’Etat hébreu pourrait définir ses intérêts fondamentaux à l’instar de ce qui existe en France, tels que définis par l’article 410-1 du code pénal : « Les intérêts fondamentaux de la nation s'entendent au sens du présent titre de son indépendance, de l'intégrité de son territoire, de sa sécurité, de la forme républicaine de ses institutions, des moyens de sa défense et de sa diplomatie, de la sauvegarde de sa population en France et à l'étranger, de l'équilibre de son milieu naturel et de son environnement et des éléments essentiels de son potentiel scientifique et économique et de son patrimoine culturel ».

En résulterait le corolaire (en cas de manquement aux intérêts fondamentaux de l’Etat juif), à savoir le droit de les extrader du territoire national vers les territoires sous souveraineté palestinienne. Il suffirait pour ce faire de s’inspirer des dispositions de la Convention sur la réduction des cas d’Apatridie du 30 août 1961 entrée en vigueur le 13 décembre 1975 et de calquer le mécanisme de l’extradition sur celui afférant à la possibilité de retirer la nationalité d’une personne. Tel est le cas lorsqu’une personne a manqué de loyalisme envers son Etat de résidence, a apporté son concours à un autre Etat ou a reçu de lui des émoluments, a prêté allégeance à un autre Etat. Il en serait bien évidemment de même, en cas de participation à des actes incompatibles avec la résidence sur le territoire juif.

Bien évidemment, un poids serait ôté sur le plan démographique : le bureau statistique israélien a publié les chiffres concernant la population juive d’Israël : sur les 7,81 millions de personnes (en ce compris les 270 000 palestiniens de Jérusalem), 5,9 millions sont juifs. Or, les projections des populations juives et palestiniennes indiquent que le nombre de palestiniens et d’arabes israéliens égalera le nombre de juifs en 2015 et le dépassera en 2020. Il est donc urgent de figer qui est israélien et qui ne l’est pas, en considération de l’appartenance nationale.

De même, l’Etat hébreu a négligé le principe de la nationalité de ses ressortissants juifs. L’Etat d’Israël se présente comme un Etat nation qui a toujours redouté d’accorder la nationalité israélienne, israélite ou juive a ses ressortissants juifs. Plus rien ne devrait s’y opposer dès la reconnaissance de la nationalité palestinienne aux arabes israéliens. La mention de la nationalité « juive », « arabe » ou « druze », figurait d’ailleurs sur les cartes d’identité avant que le Ministre de l’intérieur Elie Yichai ne décide de sa suppression il y a de cela 9 ans.

Enfin, Israël gèrera mieux le mécanisme du regroupement familial qui interdit aux palestiniens désireux de se marier avec des arabes israéliens, d’obtenir la citoyenneté israélienne. Non seulement Israël pourra maintenir le régime qui limite les regroupements familiaux (depuis 2003), mais en outre, ceux qui ont obtenu la citoyenneté israélienne ne constitueraient plus une menace pour Israël compte tenu de leur nationalité palestinienne et donc, du caractère précaire de leur installation en Israël. En somme, le bénéfice de la nationalité palestinienne aux arabes israéliens préservera à jamais le caractère juif de l’Etat d’Israël.

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 20:21

 

 

La détention provisoire coupe l’appétit des palestiniens

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Le 23 avril 2012, un Tribunal militaire israélien a rejeté la demande de remise en liberté présentée par deux Palestiniens qui avaient cessé de s’alimenter pendant 55 jours. Les détenus fondaient leur demande sur la précarité de leur état physique, qui, en Droit international, est de nature à justifier une libération anticipée. Le Tribunal n’a toutefois pas suivi l’argumentation des avocats palestiniens en soulignant la responsabilité pleine et entière des intéressés dans la dégradation de leur état de santé. La justice israélienne a, par cette décision, refusé de se faire instrumentaliser pour des motifs soi-disant humanitaires, et de se plier à un chantage sur des considérations qui relèveraient de normes relatives aux Droits de l’Homme et au droit humanitaire. Les palestiniens grévistes devraient donc en tirer les conséquences.

Les grévistes de la faim protestent tout d’abord contre le principe de la « détention administrative » de personnes dans les geôles israéliennes avant tout procès. Ce régime, issue d’une loi adoptée par la Knesset en 1979, est lui même inspiré des Lois d’exception promulguées en 1945 sous le mandat Britannique. Le dispositif permet à l’Etat hébreu de priver une personne de liberté pour une durée de 6 mois renouvelable, sans pour autant qu’il y ait de perspectives immédiates de procès. En outre, les détenus réclament de meilleures conditions de détention, aggravés depuis les restrictions imposées aux terroristes par la « Loi Shalit »

Tout d’abord, il convient de rappeler que le nombre de personnes concernées par la détention administrative est particulièrement faible au regard du nombre total de détenus : 319 personnes (dont une vingtaine de députés) sont détenues à ce titre alors que dans les 17 prisons israéliennes, on dénombre plusieurs milliers de palestiniens condamnés pour des agressions anti juives dont 3864 originaires de Cisjordanie, 475 de Gaza et 360 qui sont des arabes israéliens (parmi les détenus, 564 purgent des peines d’emprisonnement à vie). Par ailleurs le nombre de détenus a considérablement diminué depuis l’accord sur la libération de Gilad Shalit à l’occasion duquel, 1027 personnes ont été libérées. Enfin, les personnes détenues le sont en raison de leur participation à des actes terroristes contre les biens et les personnes juives, c'est-à-dire contre les intérêts que l’ont pourrait qualifier de « supérieurs » de l’Etat juif (et qu’Israël gagnerait à désigner comme tels).

Les détenus palestiniens ont, en fait, profité du 17 avril 2012 (qui marquait « la journée du prisonnier palestinien) pour entamer une grève de la faim massive qu’ils ont nommée « Karama » (dignité). A cette occasion, 3500 prisonniers palestiniens ont cessé de s’alimenter. Ce mouvement de grève de la faim qui dure depuis quelques mois, s’est en réalité amplifié à la suite de la remise en liberté (ce même 17 avril 2012), de deux détenus palestiniens en grève de la faim : Khader Adnan a été libéré au bout de 66 jours, et Hanaa Shalab a été remise en liberté après 43 jours, en contrepartie d’un accord sur son exil dans la bande de Gaza. Ces libérations ont naturellement fait des émules bien que l’entreprise ait rapidement perdu en intensité puisque désormais, ce n’est plus qu’un millier d’entre eux qui la poursuit.

Pour autant, ce mouvement de protestation populaire n’est qu’une nouvelle technique de type « publicitaire » pour émouvoir la communauté internationale sur un mauvais traitement qui serait infligé par Israël aux palestiniens. De multiples manifestations ont ainsi été déclenchées comme celle des familles de prisonniers de Jérusalem (le mardi 17 avril) devant la Porte de Damas pour demander la libération de tous les prisonniers sans condition. Cette manœuvre palestinienne n’en reste pas moins une forme de comédie dans la mesure où les dirigeants palestiniens eux-mêmes, n’étaient pas d’accord sur la date choisie pour l’engagement de la protestation: certains, du Fatah, estimaient peu opportun de débuter l’action ce jour là et un fonctionnaire du Ministère des prisonniers proposait même de lancer le mouvement à compter du 10 mai 2012 pour éviter d’affaiblir la position des palestiniens dans les négociations avec Israël (même sur cette question les palestiniens sont incapables de s’entendre).

Bien évidemment, la manifestation n’en pose pas moins un problème à l’Etat juif tenu de trouver une parade pour dissuader les palestiniens de poursuivre sur cette voie. Sivan Weizman (porte parole des autorités carcérales israéliennes) a indiqué le 23 avril 2012, que les autorités israéliennes ont pris de nouvelles mesures de rétorsion comme la suppression du droit de visite des membres de la famille et la confiscation d’affaires personnelles comme des objets électroniques. En outre, il pourrait être envisagé de recourir à une technique plus énergique comme l’alimentation forcée des détenus.

Cette mise en scène n’en élude pas moins le véritable problème : celui de personnes qui se livrent à des actes destinés à nuire ou à tuer (c’est çà dire qui méprisent la nature humaine dès lors que des juifs sont visés), tout en réclamant, dans le même temps, une meilleure prise en considération de leur propre personne.

Israël peut donc tout d’abord opposer que le mécanisme de la détention provisoire avant tout jugement existe en Droit international. Elle est en principe ordonnée par un juge d’Instruction afin de conserver des preuves, d’éviter des pressions sur des témoins ou leur famille, d’empêcher une collusion frauduleuse avec des coauteurs ou des complices, de protéger l’intéressé, de garantir sa représentation en justice, de mettre un terme à l’infraction ou prévenir son renouvellement et enfin, de mettre un terme au trouble à l’ordre public. Or, c’est précisément en considération de ces facteurs que les palestiniens sont détenus de façon administrative. Que la détention se nomme « provisoire » ou « administrative » importe peu. A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle.

Par ailleurs, les palestiniens sont parfaitement incohérents : tout d’abord, ils réclament l’application de règles internationales relatives au principe du procès équitable et à l’encadrement de la détention qu’ils considèrent comme arbitraire avant tout jugement. Dans le même temps, ils se considèrent en guerre contre l’Etat juif et refusent de cesser leurs attaques contre Israël. Il suffit pour s’en convaincre d’observer le mouvement de solidarité et de soutien organisé le 27 avril 2012 dans la bande de Gaza initié par le Hamas et le Jihad islamique. Le premier Ministre Ismaïl Haniyeh, y apparaissait, la main dans la main des dirigeants du Hamas, de celles du Jihad Islamique et de celles d’autres mouvances terroristes, appelant à intensifier les efforts pour capturer des soldats israéliens.

Enfin, il conviendrait de régler le statut des personnes qu’Israël nomme « arabes israéliens ». Bon nombre d’entre eux se considère comme palestiniens et estime la possession d’un passeport israélien parfaitement incompatible avec leur identité nationale qu’ils considèrent palestinienne. Il conviendrait donc, pour Israël, qu’il admette s’être trompé lorsqu’il a parié, en 1948, sur l’intégration des personnes arabes au sein de l’Etat. Les arabes israéliens doivent se voir restituer cet élément de leur personnalité et être reconnus comme étant des palestiniens en situation régulière sur le territoire israélien. Ceci permettrait de les expulser facilement vers les territoires sous souveraineté palestinienne, en cas de participation à des actes portant atteinte aux intérêts fondamentaux de l’Etat juif, et ce sans avoir à les placer en détention administrative. Ils n’auraient alors plus jamais l’appétit coupé.

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 22:47

 

Les mutations contemporaines de l’idéologie palestinienne

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele


A l’occasion d’une interview donnée en Egypte au journal américain Forward, le 20 avril 2012, Abou Marzouk (chef adjoint du Bureau politique du Hamas) a laissé entrevoir une attitude nouvelle du mouvement islamiste à l’égard d’Israël. Ce responsable palestinien, pressenti comme successeur potentiel de Khaled Mechaal (dont la démission présentée en janvier 2012, n’a pas encore été acceptée par le Conseil), a certes confirmé l’autonomie du mouvement islamiste à l’égard de l’Autorité palestinienne, mais toutefois, en se référant…. au Premier Ministre Benjamin Netanyahou comme pour marquer une certaine proximité (une fois n’est pas coutume): « le Premier Ministre israélien, Benjamin Netanyahu, arrivé au pouvoir, a choisi de ne pas respecter les Accords d’Oslo signés par son prédécesseur Yitzhak Rabin ». Aussi, et de la même manière, Abou Marzouk qui conteste à Mahmoud Abbas son statut de Président des palestiniens a-t-il annoncé : « un futur gouvernement du Hamas ne serait pas lié par un traité de paix accepté par l’ex-président palestinien et chef du Fatah Mahmoud Abbas ».

Pour autant, et rompant avec la position traditionnelle du Hamas, Abou Marzouk a recommandé une suspension des hostilités avec l’Etat hébreu qui devrait s’inscrire dans le temps et plus précisément : « une « hudna » (ou trêve), semblable à celle qui prévaut entre Israël, le Liban et la Syrie ». Faisant preuve d’un certain réalisme, ce dirigeant du Hamas a même reconnu que : « Cela vaut mieux que la guerre, mieux que la résistance [armée] continue contre l’occupation, et mieux que de voir Israël occupant la Cisjordanie et Gaza, à l’origine de difficultés et problèmes des deux côtés» (encourageant).

Pour ne pas trop s’écarter de la doctrine classique du Hamas, Abou Marzouk a bien entendu, répété son opposition à tous pourparlers avec l’entité sioniste mais en tolérant « cependant que l’Autorité de Ramallah dirigée par le Fatah négocie, en vertu d’une entente préalable ». Ce faisant, le responsable du Hamas ne ferme pas le dialogue avec Israël qu’il entend accompagner, ne serait-ce qu’indirectement. Il souhaite même que le débat soit organisé de façon démocratique puisqu’il appelle chaque palestinien à s’exprimer sur la question : « tout accord conclu entre l’Autorité de Ramallah et Israël devra être soumis à référendum et approuvé par tous les Palestiniens, y compris les réfugiés et ceux de la diaspora ».

Il n’est pas question d’abroger trop rapidement les principes et standards classiques du Hamas. Aussi, Abou Marzouk a-t-il glissé son souci d’intégrer la question des (soit disant) réfugiés palestiniens : « L’accord doit inclure le droit de tous les réfugiés palestiniens à revenir dans leurs terres », tout comme son refus de renoncer définitivement à la lutte historique : « la stratégie nouvelle ne signifie pas que le groupe ait renoncé à la résistance armée ».

Néanmoins, ces rappels apparaissent comme étant de pure forme, comme s’il s’agissait de ne pas affoler les palestiniens abreuvés de ce discours depuis des décennies. En effet, des dispositions d’esprit qui constituent l’essence même de la pensée palestinienne semblent être profondément remises en question.

Il en est tout d’abord du meurtre de juifs. Certes, le responsable du Hamas n’a pas encore définitivement admis le principe de l’interdiction de tuer en plaçant son discours dans le cadre d’une légitime défense : « les forces israéliennes ont assassiné, ces dernières années, des milliers de civils palestiniens, beaucoup plus que le nombre de civils israéliens tués par des militants palestiniens ». De même, il refuse de « faire la comparaison entre les civils tués par Israël et les civils tués par la résistance », tout comme les excuses d’Israël pour les victimes collatérales parce que « un meurtre c’est un meurtre ». Il n’en demeure pas moins un progrès considérable dans le principe de l’assassinat systématique de juifs puisqu’il indique être : « contre le fait de cibler les civils ». Un tel discours contrevient naturellement aux prévisions de l’article 7 de la Charte du Hamas qui dispose : « Le jour du Jugement ne viendra pas tant que les Musulmans combattent les Juifs et tant que le Juif se cache derrière des pierres et des arbres. Les pierres et les arbres diront : "Oh ! Musulmans, Oh ! Abdulla, il y a un Juif derrière moi. Viens et tue-le». Cette évolution de la pensée palestinienne, si elle se confirme, est véritablement révolutionnaire.

Par ailleurs, Abou Marzouk s’est placé, dans la relation avec Israël, sur le terrain national (même si le raisonnement ne résiste pas à l’analyse) et non plus sur un principe religieux d’éviction des juifs. Aussi, a-t-il insisté sur la différence entre « l’occupation israélienne et le peuple juif » (ce que le Hamas n’avait jamais fait auparavant). Il a même confirmé : « Nous n’avons rien contre les Juifs en tant que religion ou contre les Juifs en tant qu’êtres humains » (ce qui est un revirement vis-à-vis de la position classique). De même, il a confirmé que le fondement de l’action et de la revendication devait être, non pas religieux mais national : « Le problème est que les Israéliens ont chassé ma famille. Ils ont occupé mon pays et ont fait souffrir des milliers et des milliers de Palestiniens». Ce fondement annonce une fracture avec les principes religieux de l’action.

Abdou Marzouk a même fait preuve d’une certaine empathie à l’égard des juifs, ce qui est vraiment extérieure à la doctrine classique du Hamas : « le soutien américain à Israël trouve son origine dans la sympathie à l’égard de la souffrance historique du peuple juif » (respect). Il a même reconnu la responsabilité européenne dans la tragédie du peuple juif : « Ces gens qui ont de la sympathie pour les Juifs, c’est à cause de leur histoire. Si vous regardez attentivement ce qui s’est passé pour les Juifs à Moscou ou à Madrid, en Espagne ou en Allemagne ou en Pologne, c’est très très mauvais... Quiconque dont le père ou le grand-père a commis de tels actes [contre les Juifs], devrait avoir honte» (admiration).

Cette prise de conscience et ce gain de maturité du Hamas est bien évidemment lié au nouvel environnement géopolitique et à la perte successive de ses appuis financiers. Le Président Bachar El Assad, est mal mené en Syrie et de nombreux cadre du Hamas ont du quitter le pays pour rejoindre l’Egypte. Par ailleurs, le soutien du Hamas au mouvement de protestation populaire en Syrie a passablement énervé le régime iranien qui devrait les sanctionner financièrement. Côté égyptien, la victoire des Frères musulmans (dont le Hamas est issu) aux élections législatives est insusceptible d’assurer la pérennité du mouvement. L’organisation panislamiste fait (elle aussi) preuve d’un certain pragmatisme concernant la politique extérieure de l’Egypte et n’entend pas remettre en question le traité de paix avec Israël. Enfin, il n’y a rien à attendre de la part de l’Autorité palestinienne, confrontée à une terrible débâcle financière, dont les revenus trouvent essentiellement leur source des dons de la communauté internationale mais aussi des revenus des palestiniens qui travaillent à l’étranger (grandement absorbé par les salaires des fonctionnaires). Les richesses crées sont, quant à elles, incapables de financer les besoins.

La paix devrait donc venir d’une prise de conscience : la rhétorique est une chose mais la réalité en est une autre. Pour éviter de disparaître, le Hamas devra s’entendre avec Israël, tout comme l’Autorité palestinienne, d’ailleurs.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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