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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 20:01

 

 

 



 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele

 

Après l’erreur d’Oslo, Yossi Beilin suggère désormais à M.Abbas de dissoudre l’Autorité palestinienne

Le 4 avril 2012, Yossi Beilin (ancien Ministre de la Justice dans le Gouvernement d’Ehud barak mais aussi des Affaires Etrangères dans le gouvernement de Shimon Péres), s’est adressé à Mahmud Abbas pour lui demander de mettre un terme aux négociations avec le Premier Ministre Benjamin Netanyahou, eu égard (selon lui), au manque de bonne volonté de la partie israélienne. Pour susciter une réaction de l’Etat juif, il exhorte même le responsable palestinien à dissoudre l’Autorité palestinienne. Ce faisant, l’ancien Ministre ne craint pas de provoquer de nouvelles turbulences dans les relations israélo palestiniennes, dont les conséquences risqueraient encore de différer toute normalisation. Si, en effet, l’analyse de Yossi Beilin est partiellement juste pour ce qu’il nomme la « farce des négociations », il n’en est pas de même des conséquences d’une dissolution anticipée des institutions palestiniennes. Son erreur d’anticipation (qu’il est possible de mettre sur le compte de sa naïveté) est excusable, s’agissant du lancement du processus d’Oslo en 1992. Plonger les palestiniens dans le chaos 20 ans plus tard, le serait nettement moins.

Dans sa lettre adressée au Chef de l’Autorité palestinienne (publiée dans le monde diplomatique du 7 avril 2012), Yossi Beilin fait tout d’abord part « de ses regrets d’avoir à écrire ces mots », à celui qui a été « tenté de déclarer la mort du processus de la paix » avant que le Président Obama ne l’en dissuade. Aussi, affirme-t- il « qu’il est possible d’y remédier ». Le point de départ de son analyse est un postulat : le défaut de consensus entre les deux parties aurait une double conséquence : la remise en cause du projet national d’Israël et l’impossible naissance, à ses côtés, d’un état palestinien : « Vous et moi comprenons que la situation actuelle est une bombe à retardement. De mon point de vue, ce qui est en jeu, c’est la disparition d’Israël en tant qu’Etat juif et démocratique. Du vôtre, c’est la fin de la perspective d’un Etat palestinien indépendant. Et de nos deux points de vue, l’échec de la solution à deux Etats risque de déboucher sur le retour d’une terrible violence. »

Cette façon de placer dos à dos israéliens et palestiniens élude le véritable problème, celui de la volonté. L’absence de paix avec les palestiniens n’a jamais empêché Israël de poursuivre son projet philosophique d’Etat juif et démocratique, de progresser économiquement, socialement, intellectuellement, scientifiquement, et stratégiquement. Si les palestiniens étaient dotés d’une volonté identique, il y a bien longtemps que l’Etat palestinien serait reconnu à l’Onu. Le problème palestinien tient techniquement aux divergences dans la conception de l’organisation humaine : pour les uns, elle consiste à obtenir l’autodétermination alors que pour les autres, elle vise à parvenir à l’éviction des juifs de Palestine. Il suffit pour s’en convaincre d’examiner l’autre véritable « farce » au Moyen Orient, celle de la « soi-disant » réconciliation des palestiniens qui n’en finit pas de finir. En dépit, de l’accord de réconciliation signé à Doha entre Mahmud Abbas et Khaled Mechaal (le 6 février 2012), les négociations entre les organisations palestiniennes rivales, Fatah et Hamas, ne parviennent pas à progresser. Cet aspect du problème interne palestinien semble avoir totalement échappé à Yossi Beilin.

Yossi beilin invite alors son correspondant à déclarer la fin du processus d’Oslo : «Toute personne qui souscrit à cette analyse se doit de prendre des mesures. Vous pouvez le faire et, pour franchir cette étape, vous n’avez pas besoin d’un partenaire. Déclarer la fin du processus d’Oslo - justifiée par le fait que le chemin vers un accord permanent est bloqué - est la plus raisonnable des options non violentes pour remettre le sujet à l’ordre du jour et relancer les efforts en vue d’un règlement définitif ». Manifestement, Yossi beilin n’a pas du lire attentivement l’article 13 de la Charte du Hamas qui invite à mettre à néant les initiatives ou processus de paix : « Les initiatives, les prétendues solutions de paix et les conférences internationales préconisées pour régler la question palestinienne vont à l'encontre de la profession de foi du Mouvement de la Résistance Islamique. Renoncer à quelque partie de la Palestine que ce soit, c'est renoncer à une partie de la religion ». Faute de prendre en considération le sentiment de la rue palestinienne en Cisjordanie, et la philosophie qui préside dans la bande de Gaza, l’analyse de Yossi Beilin manque cruellement de lucidité.

Le signataire des accords de Genève d’octobre 2003 suggère alors : « Dissoudre l’Autorité palestinienne et donner le contrôle des affaires quotidiennes à Israël serait une initiative que personne ne pourrait ignorer. Cela n’a rien à voir avec une manifestation devant la municipalité de Ramallah, ou un appel à l’Organisation des Nations unies pour obtenir un statut d’Etat membre. Il s’agit d’une décision que vous pouvez prendre seul, une décision qui obligera les autres à répondre ». Si Yossi Beilin se méprend sur l’état d’esprit des palestiniens, il se trompe également sur les obligations israéliennes qui découleraient d’une dissolution de l’Autorité palestinienne. Tout d’abord, si Mahmoud Abbas décidait de mettre à néant l’Autorité Palestinienne, il trahirait son peuple qui est en principe seul souverain pour en décider. Par ailleurs, il provoquerait un plongeon des palestiniens dans l’anarchie avant que le Hamas ne reprenne les choses en main. Enfin, Israël ne serait nullement tenu d’interférer dans la gestion des affaires internes palestiniennes.

Yossi Beilin persiste et signe en ordonnant : « N’hésitez pas un instant ! N’acceptez pas la demande du président Obama, qui veut simplement qu’on le laisse tranquille avant la présidentielle. Ne laissez pas le premier ministre Netanyahou se cacher derrière la feuille de vigne de l’Autorité palestinienne : imposez-lui, une fois de plus, la responsabilité du sort de 4 millions de Palestiniens. Restez à la tête de l’Organisation de libération de la Palestine, qui vous donnera le pouvoir de diriger les négociations politiques, si et quand elles reprennent. Mais pour le bien de votre propre peuple, et pour l’amour de la paix, vous ne pouvez pas laisser cette farce se poursuivre ».

Bien évidemment, Israël ne serait pas tenu d’assumer politiquement les 4 millions de palestiniens. Il appartiendrait seulement à la communauté internationale de gérer ce groupe humain, si celui-ci se révélait incapable d’y procéder lui même.

En fait, après l’erreur commise lors du processus d’Oslo, Yossi Beilin fait maintenant abstraction de l’organisation politique palestinienne qui s’est transformée depuis 20 ans, et de la conscience politique arabe qui s’est éveillée avec le courant des révolutions. Le Processus d’Oslo n’a pas abouti car les palestiniens se pensaient titulaires d’un blanc sein de la communauté internationale pour poursuivre les attaques contre Israël. En suggérant à Mahmud Abbas de conserver les rennes de l’OLP, il l’invite à poursuivre les objectifs de ce mouvement clairement exprimés dans le document fondateur, au lieu d’exiger, comme préalable à toute négociation de paix, une abrogation des Chartes palestiniennes centrées sur d’anéantissement de l’entité sioniste. Il renouvelle de ce fait la même erreur qu’en 1992.

En fin de compte, le véritable risque que prend Yossi beilin, membre éminent de la gauche israélienne, est de démontrer que les palestiniens ne constituent pas un peuple et qu’ainsi, ils ne peuvent invoquer « le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », ce que soutient depuis toujours la droite israélienne. 

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 21:24

 

 

Cour Pénale Internationale: un revers cinglant pour les palestiniens

 


 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Le 4 avril 2012, le Procureur Ocampo a refusé de soumettre à la Cour Pénale Internationale la plainte que les palestiniens avaient déposée le 22 janvier 2009, à la suite de l'opération « plomb durci » engagée dans la bande de Gaza au cours des mois de décembre 2008 et de janvier 2009. Les palestiniens y faisaient état de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité au sens de l'article 15.1 du statut, et mentionnaient également l’ensemble des opérations israéliennes menées depuis le 1er juillet 2002, date d'entrée en vigueur du statut de la CPI.

Pour fonder le classement sans suite, le Procureur a rappelé que les palestiniens n’étaient pas membres de l'Organisation des Nations Unies et qu'ainsi, ils ne pouvaient bénéficier des prérogatives attachées à cette appartenance. En outre, il a rappelé que si le Conseil de Sécurité pouvait décider de saisir la CPI, il ne l’avait pas fait.

Froissés par cette décision de justice internationale, les palestiniens ont, tout d’abord, déploré être privés d’un accès au droit de saisir le juge « comme tout justiciable », mais aussi considéré que le Conseil de Sécurité se livraient à un abus de pouvoir, et enfin reproché au Procureur de s’ingérer dans la décision de poursuivre, ce qui ne relèverait pas de sa compétence.

Juridiquement, l’analyse palestinienne n’est pas juste : le statut de la CPI prévoit la saisine de la Cour de trois manières différentes:

- soit un Etat « partie » défère au Procureur une situation dans la quelle, un ou plusieurs crimes relevant de la compétence de la Cour, paraissent avoir été commis. La saisine de la CPI suppose donc d’être membre de l’Onu, ce qui n’est pas le cas de la Palestine. Le recours des palestiniens est de ce fait irrecevable.

- soit le Procureur décide d'ouvrir une enquête de sa propre initiative au vu des renseignements concernant des crimes relevant de la compétence de la Cour Au cas particulier, le Procureur n’a pas jugé utile de déférer à la Cour les opérations israéliennes de décembre 2008 (ni les précédentes).

- Soit, enfin, c’est le Conseil de Sécurité des Nations qui défère au Procureur une situation dans lesquelles un ou plusieurs crimes semblent avoir été commis, ce qu’il n’a pas fait.

Si donc les palestiniens entendent recourir aux outils internationaux pour faire valoir ce qu’ils estiment être leurs droits, ils se doivent d'en accepter le fonctionnement sans critiquer les décisions prises.

Rappelons en tout état de cause, que l'intervention israélienne a Gaza au cours de l'hiver 2008 visait à faire cesser les tirs, par les palestiniens, de roquettes qassam sur le territoire israélien. Ils ne peuvent donc être à l'origine de l'intervention musclée israélienne et s'en plaindre. En fait, non seulement il n’y a eu aucun crime de commis à l’occasion de cette opération, mais en outre, la provocation de la victime, en Droit international, est un fait justifiant l’engagement de mesures visant à la faire cesser. Le rapport Goldstone, tendancieux et partial, est donc insusceptible de fonder une plainte pénale internationale.

Au-delà des griefs lancés en direction du Procureur de la CPI, les palestiniens reprochent à Israël de les empêcher d’accéder au statut de membre de l’Onu en raison de « l’occupation » et de la « colonisation ». Selon eux, le « colonisateur » usurperait le droit du peuple palestinien à demander justice à raison des crimes qui auraient été commis contre lui. Cette position ne se justifie pas non plus.

Les palestiniens sollicitent une reconnaissance de leur Etat à l’Onu, sur les terres qui dépendaient de la souveraineté jordanienne (avant le 31 juillet 1988), en partie annexées par Israël (les « fameuses frontières de 1967 »). Aussi s’enferment ils dans un raisonnement absurde qui rend le problème de la question palestinienne inextricable : soit ils continuent leur attaques contre d’Israël et alors ils se décrédibilisent sur la scène internationale, soit ils renoncent à la lutte armée contre l’entité sioniste, ce qui emporte abandon de l’identité historique définie dans les chartes Olp et Hamas.

Bien évidemment, Israël exploite ce dilemme palestinien et les divisions internes qui les paralysent pour augmenter progressivement son emprise sur les terres sans souveraineté de Judée Samarie. Le 4 avril 2012, le Premier Ministre Benjamin Netanyahou, a annoncé, le maintien d'avant poste en Judée Samarie, notamment les implantations de Broukhin, Sansana et Rihalim. Il a de même promis de trouver une solution pour éviter la destruction de l'avant poste d'Aulbana proche de Ramallah. Le même jour, les autorités israéliennes ont achevé la construction d'un nouvel avant-poste sur la montagne de Zaitoun surplombant la mosquée d'Al-Aqsa et la vieille ville de Jérusalem. Enfin, dans la ville d'Hébron, les mitnahalim d'Avijal ont commencé les travaux d'expansion de l'implantation dans le village de Yatta. Le même 4 avril 2012, la Cour suprême israélienne a décidé de geler le projet d'extension de l'esplanade du Mur Occidental qui doit accueillir une salle de prière pour les femmes juives d’une superficie de 350 mètres carrés, à proximité de la Porte des Maghrébins. Toutefois, cette suspension n’est que provisoire, le temps pour le Conseil national de l’Aménagement du territoire, de statuer sur les contestations des palestiniens.

L'emprise israélienne sur les terres de Judée Samarie, s'opère également par la décision de faire revivre la voie ferrée de l’époque du Mandat Britannique, dont le quotidien Haaretz a publié (le 28 février 2012), la carte soumise au Conseil de la planification de l’Administration civile. Serait créé un réseau entre les villes d’Afula dans la vallée de Jezreel (nord d’Israël) et de Jénine (Judée Samarie) et, entre Rosh Ha’ayin (nord-est de Tel Aviv) et Naplouse (nord Cisjordanie) desservant Ariel. De même, serait aménagée une ligne passant par Jénine, Naplouse, Ramallah, Jérusalem, Ma’aleh Adumim, Bethléhem et Hébron, et une autre desservant Haifa et Beit Shéan, se prolongeant vers Jéricho, puis le long de la frontière avec la Jordanie, de la mer Morte à Eilat. Le plan proposé prévoit également des trajets plus courts, de Naplouse à Tulkarem, et de Ramallah à Pont Allenby, vers la Jordanie. Le Conseil Yesha des implantions juives de Judée Samarie a bien évidemment donc demandé à la direction d’Israel Railways (attributaire du marché) d’accélérer le projet...

Ainsi, et pendant qu’ils se perdent en conjectures, les palestiniens permettent à Israël d’assoir calmement son emprise territoriale. Si donc les palestiniens n’acceptent pas rapidement d’établir leur souveraineté sur la bande de Gaza d’une part, et sur partie de la Cisjordanie qu’ils contrôlent, ils risquent d’accélérer la désintégration du concept palestinien qui restera dans l’histoire comme ayant été purement artificiel.

La prochaine rencontre du Quartette des médiateurs internationaux pour le Proche-Orient (Russie, Etats-Unis, UE, Onu) est prévue les 11 et12 avril 2012 à Washington. Il n’en sortira rien si les palestiniens refusent de limiter leurs exigences souveraines aux territoires qu’ils contrôlent effectivement. Le revers cinglant essuyés par les palestiniens devant la Cour Pénale Internationale devrait les aider à comprendre.

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 20:13

 

 

La culture du déni, de l'irresponsabilité et des droits sans devoirs

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Le 28 mars 2012, le père de Mohamed Merah, auteur de l'assassinat de 7 personnes (dont 3 enfants juifs de l'Ecole juive de Toulouse et un rabbin enseignant et père d’enfants assassinés), s'est exprimé sur les actes meurtriers commis par son fils. Il a, tout d'abord, laissé entendre qu'il subsisterait un doute sur sa culpabilité. Il a, par ailleurs, admis que si son fils était bien l'auteur du massacre, il n'en était pas pour autant responsable. Enfin, et c’est sa seule certitude, l'Etat français, lui, serait bien responsable de la mort de son fils en n’ayant pas cherché les moyens adaptés pour l’arrêter vivant.

S’agissant des doutes sur la responsabilité de son fils, Mohamed Benalel Mérah s’est permis d’avancer : « s'il a vraiment commis ces crimes, et tué des innocents, il a eu tort. (répétant) Si c'est vraiment lui ». A demi-mot, l’imputation des assassinats à son fils ne résulterait que de suppositions. Ce faisant, il illustre sa parfaite connaissance des principes en droit pénal concernant la présomption d'innocence, en vertu de laquelle une personne est considérée innocente tant que sa culpabilité n'a pas été définitivement reconnue par la justice.

En fin de compte, Mohamed Benalel Mérah ne s’attache pas à la réalité de la situation mais au principe théorique de l’imputabilité d’un acte. Il n’en demeure pas moins que son fils a, pour sa part, reconnu les meurtres, les a filmés, a refusé de se constituer prisonnier et a signé ses forfaits au nom d'Al-Qaeda en s’autoproclamant djihadiste, c'est-à-dire combattant d'Allah. Dans la vidéo de ses tueries, l'assassin a même associé les images à de la musique et à la récitation de versets du Coran, comme si l’opération s’était déroulée selon un processus quasi mystique. Aux policiers qui tentaient d'obtenir sa reddition, Mohamed Merah a également confié le plaisir qu'il avait éprouvé en commettant ses meurtres et n'avoir eu qu'un seul regret, celui d’avoir manqué la rentrée de l'école, ce qui l'a empêché de faire un plus grand nombre de victimes.

Pour autant, Mohamed Benalel Mérah n’a pas qualifié les actes de son fils d’assassinats monstrueux, d'horreurs innommables ou de carnage ignoble. Il s'est contenté d'avancer qu'il n’avait pas « à faire ca » (avant, d’interroger une nouvelle fois « si c'est vraiment lui »). En indiquant à deux reprises, que son fils avait « eu tort », le père de l’assassin laisse entendre que son fils s’est livré à un raisonnement et s’est posé un ensemble de questions avant de commettre ses meurtres (comme s’il s’agissait d’une réflexion intellectuelle poussée) du type « vais-je tuer ? Combien seront concernés ? Comment s’y prendre ? La motivation est elle la bonne ?… », et ce, avant de se rendre compte que la décision prise ne serait pas la bonne. En ayant «eu tort», ce n’est pas le meurtre qui est interdit, mais les circonstances de sa réalisation, comme si la décision de tuer pouvait être raisonnable ou raisonnée.  

Aussi, le père de Mohamed Merah s’est-il expliqué sur la raison pour laquelle il ne fallait pas faire cela : « c’était des enfants » (ce qui sous entend qu'à défaut, il n'y a pas de problème particulier), mais également « parce que les parachutistes avaient des parents » (la vie des intéressés est moins importante que la douleur des parents), Enfin « parce qu'il y avait des magrébins » (les personnes originaires d’autres contrées importeraient moins). Aucun mot, en revanche, pour le père et enseignant juif de l’école. Indirectement, le meurtre peut être cautionné dans certains cas, comme prévu en Islam en cas de légitime défense, ou d’apostasie.

S’agissant de la responsabilité de son fils, le père de Mohamed Merah la minimise comme s’il n’était pas responsable, ou éventuellement qu’un partage de responsabilité pouvait être recherché. Il a en effet posé la question de savoir « s'il a été poussé à commettre ses actes par d'autres, ces gens ont tort, ils l'ont aveuglé ». En d’autre terme, son fils était nécessairement sous influence et a été victime d'un aveuglement : ce n’est donc pas de sa faute.

Bien évidemment, si son fils est irréprochable ou éventuellement excusable, ce n’est pas le cas de la France qui est pleinement responsable de ses actes. Il a ainsi chargé une avocate de poursuivre l’Etat français qu’il considère responsable de la mort de son fils. Eu égard à l'indécence de ses propos, le Ministre des Affaires Etrangères Alain Juppé lui a demandé de se taire : «Si j'étais le père d'un tel monstre, je me tairais» mais pour Benalel Merah : «aucun responsable français n'a le droit de me demander de me taire». Il connait ses droits : « je suis un citoyen algérien libre dans mon pays, je m'exprime comme je veux, c'est mon droit de défendre mon fils et mon pays. Comment un responsable de ce niveau qui se vante de la démocratie et de la liberté d'expression peut-il demander à un père meurtri par la perte de son fils de se taire ? Moi, je n'ai peur que d'Allah».

En fait, s’il connait ses droits, il n’en est pas de même de ses devoirs. Le père de Mohamed Merah a été condamné a plusieurs années d’emprisonnement par la justice française pour sa participation à des trafics de produits stupéfiants. Il n’en reste pas moins un donneur de leçons : «Ils auraient pu l'assommer avec des gaz. Ils ont les moyens pour le prendre endormi comme un enfant, l'arrêter vivant. Pourquoi ont-ils fait ça ?...» (Sans le dire, le père de l’assassin aurait certainement aimé que les membres du RAID lui chantent une berceuse avant de s’endormir…).

Cet état d’esprit n'est pas sans rappeler celui auquel l’Etat juif est confronté, à savoir le mode de pensée, de comportement et de raisonnement palestinien. De la même manière, les palestiniens ne sont responsables de rien : s’ils tuent c’est qu’ils y ont été forcés. En revanche, les palestiniens ont des droits et ne se privent pas de les faire valoir devant les instances internationales. Inversement et tout comme Mohamed Merah, les palestiniens n’ont pas les moindres devoirs à l’égard de l’autre ou de la collectivité et grâce à l’Islam (qui autorise le meurtre dans certaines circonstances), les palestiniens restent cohérents avec leur mode de foi.

Une fois encore, c’est le modèle religieux islamique qui pose problème. le Dîn, en Islam, est le système qui est à la fois politique, religieux, militaire, économique, social, juridique dans un mécanisme de soumission à Allah et à son prophète Mahomet. Il n’existe pas de « libre arbitre » en dehors du mode de pensée islamique, et chacun agit, non en fonction de la justesse de ses actes mais de ce qu’il peut : « Allah n'impose à chaque âme que ce qu'elle peut porter, elle sera rétribuée selon se qu'elle peut porter, elle sera rétribuée selon ce qu'elle aura accompli et elle sera punie selon le mal qu'elle aura fait. » (Sourate 2 Verset 286). C’est tout le problème. Tant que les autorités religieuses islamiques n’admettront pas qu’il existe d’autres systèmes que le système islamique, et n’établiront pas de doctrine de la pensée religieuse dans un cadre plus global, les musulmans (soumis à Allah) resteront dans le déni, l’irresponsabilité et continueront d’invoquer les droits que leur confère le système démocratique, sans avoir à en supporter les contraintes, puisqu’issues d’un cadre philosophique qui ne les concerne pas.

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 21:02

 

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Le 22 mars 2012, les forces du raid ont abattu Mohammed Merah, auteur d’un septuple meurtre, dont quatre personnes de confession juive, lors de l’attentat commis devant le collège Ozar Hatorah de Toulouse. Le parcours judiciaire de l’assassin, âgé de 24 ans, laissait certainement entrevoir le massacre qu'il allait commettre. Condamné à quinze reprises pour des faits de violences alors qu’il était mineur, il a (à peine majeur) été condamné, en 2007, à une peine d’emprisonnement de trois ans pour sa participation à des activités terroristes en Afghanistan. A la suite de son évasion des geôles afghanes, il s’est, de nouveau, rendu en Afghanistan au cours des années 2010-2011, pour apprendre la technique du combat au sein de camps d’entrainement. De nature violente et souffrant de troubles du comportement, le terroriste djihadiste n’a, pourtant,  jamais remis en cause la justesse de ses actes qu’il a justifiés par la volonté de soutenir la cause palestinienne, de se venger de la France pour son intervention en Afghanistan et de ses attaques contre l’Islam (avec la décision d’interdire le voile islamique). Il projetait, d’ailleurs, d’assassiner deux autres fonctionnaires de police et un militaire.

Le profil psychologique de Mohammed Mérah est, en réalité, symptomatique du comportement des terroristes islamistes. Au départ, on trouve une grande frustration sociale qui trouve sa cause dans une violence naturelle incontrôlée qui l’a désocialisé au point de l’empêcher d’intégrer l’armée française. De maisons d’arrêt en maisons d’arrêt, l’assassin djihadiste a été amené à se trouver une utilité sociale en s’imprégnant du fondamentalisme islamiste qui condamne la société occidentale et son mode de vie décadent (ce n’est donc pas lui le problème, c’est la société dans laquelle il évolue). A la suite d’une préparation idéologique et théologique dans les camps d’entrainement qui enseignent le djihad au moyen d’une diffusion en boucle d’images montrant les atrocités qui seraient commises sur des musulmans (outre le maniement des armes), Mohammed Mérah est devenu, un agent dormant à la recherche de cibles mécréantes. Son mode opératoire a alors fonctionné conformément à ce qui est préconisé dans les mouvances proches d’Al Qaïda : il revendique ses actions au nom du mouvement créé par Oussama Ben Laden sans redouter de mourir en martyr, compte tenu des récompenses promises dans le « monde futur » dont il a été privé « ici-bas ».

Sur ce point, et sans vouloir fustiger la religion de Mahomet, qui contient de très nombreux messages moraux, l’Islam est également une religion qui répond parfaitement aux personnes naturellement violentes par ses incitations répétées à la guerre contre les infidèles et contre tous ceux qui chercheraient à lui porter atteinte. Le discours, de portée transcendantale, cautionne alors les actes meurtriers des personnes qui promettent de la servir, valorise les individus incapables de contrôler leurs pulsions agressives et violentes, et apporte une justification à des comportements condamnés par la société occidentale. Il n’est donc pas surprenant que le recrutement des djihadistes s’opère en France, dans les maisons d’arrêt où dans les mosquées à l’occasion d’endoctrinement de personnes peu instruites, émotives, insatisfaites de leur vie quotidienne, qui admirent les combattants ayant suivi des formations en Afghanistan ou au Pakistan. De jeunes délinquants, désocialisés, ont alors l’opportunité de devenir des héros, puisque « combattants de Dieu », grâce à l’islamisme radical et au salafisme militant.

Les terroristes Djihadistes sont, en somme, des personnes normales, c'est-à-dire qui n’ont pas de problèmes cliniques psychotiques, ni ne sont déprimées, ni même des fanatiques déments. Il s’agit de personnes qui éprouvent simplement une grande frustration de type social, et à qui l’on procure une utilité dans le monde de l’Islam. La violence naturelle (ou provoquée) de ces personnes est exploitée de façon subtile et valorisante pendant que la société (qui rejette leur nature profonde) recommande de la contenir. Subjugués par une foi qui les gratifie, les incite au martyr, et inspire d’autres musulmans, ils cessent enfin d’être inactifs et inutiles.

La France connait parfaitement les réseaux d'embrigadement djihadiste qui passaient, au départ, par l’enrôlement de jeunes Français d’origine maghrébine dans des madrasas (écoles coraniques) pakistanaises (désormais très surveillées). Ces jeunes combattants transitaient par Londres, l’Allemagne ou la Turquie, avant d’être pris en charge localement par les réseaux en Afghanistan ou au Pakistan. Désormais, la méthode a légèrement changé : les jeunes recrues, (qui sont également des occidentaux, hommes ou femmes, convertis à l’islam), sont acheminées directement au Pakistan avec de vrais ou de faux passeports.

Le cheminement des djihadistes occidentaux n’est, en fin de compte, pas très éloigné de ce qui se pratique au Moyen Orient. Dans les territoires palestiniens, les terroristes ne sont pas sélectionnés en considération de leur profil psychologique : c’est la société palestinienne qui se charge de cultiver et d’entretenir le sentiment de frustration par la répétition de mensonges historiques, ressassés sans plus finir. Il est alors offert aux palestiniens (mentalement préparés), d’obtenir dans le monde à venir, ce qu’ils n’ont pu atteindre dans celui-ci, par la défense de l’Islam et de l’identité palestinienne attaqués par les infidèles. La frustration est alors suscitée par la dépossession et le partage de la Palestine en 1947, la discrimination des personnes arabes à l’égard des juifs, l’absence de souveraineté sur les lieux saints de l’Islam, le blocus imposé par Israël sur la bande de Gaza (sans intervention de la communauté internationale pour le faire cesser), les arrestations de palestiniens en Cisjordanie pour interrogatoire, les décisions d’expropriations de palestiniens sur des terres domaniales israéliennes (ou non), la construction du mur de séparation (qu’ils refusent de voir comme une clôture antiterroriste). La certitude des palestiniens qu’ils constituent une unité humaine autonome et l’absence de conscience que leurs actes sont à l’origine de la politique israélienne, provoquent une profonde colère, une énorme désillusion et un désespoir, bref ; une parfaite mise en condition.

Il suffit alors, pour les institutions palestiniennes, d’alimenter cette frustration par la diffusion ininterrompue d’images montrant des israéliens qui s’en prennent aux palestiniens pour susciter des vocations et inciter au martyr. L’attentat- suicide devient alors la seule alternative pour cesser de subir "l’injustice", et « changer la condition des palestiniens sous occupation » en devenant une icône lors de la sélection dans la réserve des volontaires…

Qu’il s’agisse de l’occident ou du Moyen Orient, le djihad n’est, finalement, qu’une exploitation des poussées d’adrénaline consécutives à une frustration sociale, naturelle ou provoquée. Les sociétés, comme celle palestinienne, qui maltraitent leur population, génèrent des candidats qui transformeront leur « mal être » en une image valorisée d’eux-mêmes, sans lien avec la religion, la culture ou les origines. Le problème au Moyen Orient tient donc à une méconnaissance de la nature humaine, non pas, seulement, aux messages religieux.

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 07:49

 

 

Semaine (s) internationale (s) de l’antisémitisme et diffamation d’Israël par la voie électronique

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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La «semaine annuelle» contre ce qui est appelé « l’apartheid israélien » a débuté fin février 2012, s’est déroulé dans la plupart des pays, du 7 au 20 mars 2012, et doit se terminer au Royaume Uni, entre le 21 et le 26 mars 2012. Comme chaque année (depuis 2005), les manifestations recourent à la notion « d’apartheid israélien » et installent dans les esprits, une confusion entre la politique israélienne (à l’égard des palestiniens) et celle de la discrimination à l’égard des personnes de couleur, qui prévalait en Afrique du Sud jusqu’en 1991. Aussi, les manifestations organisées dans 97 villes réparties sur les différents continents, présentent Israël comme un Etat qui massacre une population, justifiant la politique de boycott, désinvestissements et sanctions (BDS), comme celle mise en place vis-à-vis de l’Afrique du Sud.


Les évènements, organisés notamment en collaboration avec de nombreuses universités et des groupes d’étudiants (en communication instantanée grâce au support internet « skype ») aux Etats-Unis, au Canada, en Italie, en France en Grande Bretagne… vise à promouvoir le boycott d’Israël comme « un devoir à accomplir et une action à entreprendre ». Le concept «d’apartheid israélien» légitime alors les actions des mouvements qui se présentent comme y étant opposés, victimise les palestiniens (contraints de recourir à la violence), et laisse entendre que le boycott conduira à la fin du système mis en place par Israël comme cela s’est produit dans le sud du continent africain. Pour les palestiniens de la bande de Gaza, l’objectif vise à montrer qu’Israël imposerait, par son blocus, des conditions inhumaines à l'origine de la détermination et la résistance contre l’oppresseur.


Certes, l’évènement ne connait pas, cette année, le même engouement que les années précédentes, les palestiniens parvenant de plus en plus difficilement à tromper sur leurs dispositions d’esprit. Par leurs actes, ils apparaissent comme étant des agresseurs surarmés qui attaquent des personnes civiles, et la question géopolitique au Moyen-Orient n’a rien à voir avec un système juridique qui discriminerait une population en considération de ses origines ou de son appartenance religieuse. Inversement, les divergences d'approches concernent des entités étatiques (ou en passe de le devenir pour les palestiniens), qui disposent déjà des moyens de fonctionnement autonomes, financiers, juridiques, administratifs, logistiques et bien évidemment,  militaires. Aussi, de nombreuses autorités étatiques dans le monde, ont-elles refusé au comité organisateur palestinien d’employer le terme « apartheid », ce qu’il n'a pas respecté.


D'ailleurs, la justice française ne se laisse pas abuser par les militants pro-palestiniens qui utilisent les voies démocratiques pour nuire à Israël. Le Conseil d’Etat avait, le 7 mars 2011, validé le refus opposé par la Directrice de l’Ecole Normale Supérieure d’organiser une réunion du « collectif Palestine » au sein de l’établissement pour éviter une stigmatisation d'Israël, en considérant que « la Directrice de l'école n'avait pas porté atteinte au principe de la réunion et de l'expression des élèves ». Cette année, le Tribunal Administratif de Paris a, le 17 février 2012, annulé le colloque : « Israël : un État d’apartheid ? Des nouvelles approches sociologiques, historiques et juridiques à l’appel au boycott international », qui devait se tenir dans les locaux de l’Université de Paris VIII. La décision a été motivée par le risque de trouble à l’ordre public.


Dans la pratique, les militants pro-palestiniens diffusent leur propagande par le biais de ce qu’ils nomment des «colloques» au sein des universités, non pour engager un débat intellectuel sur la base de recherches scientifiques, d’analyses  méthodologiques ou épistémologiques, mais pour inciter à la haine, propager les thèses palestiniennes, et instrumentaliser l’opinion des étudiants. Il ne s'agit en rien de développer une réflexion, une analyse critique ou une compréhension du contexte géopolitique. Ainsi, les universités deviennent le siège, dans le monde, de la diffusion d’une critique systématique de la politique israélienne diabolisée, et d'une victimisation de la population palestinienne, dominée et discriminée.


D’Amsterdam à Belfast, en passant par Bern, Bilbao, Dublin, Mexico, Montréal, Madrid, Naples, Oxford, Washington ou Zurich, les militants pro-palestiniens ont entrainé l’auditoire sur ce qu’il nomment « l’apartheid israélien ». S'agissant des villes françaises, des manifestations ses sont tenues (du 5 au 10 mars 2012), à Lille, à Montpellier, en Avignon, à Perpignan, à Nîmes en abordant des thèmes tels que : « La résistance étudiante face à l’apartheid israélien », « Le fonds national juif israélien et son rôle dans l’éviction des Bédouins du Néguev », ou encore à Nantes (du 9 au 15 mars 2012), avec des ateliers intitulés « voir l’occupation avec Google maps », ou encore un rassemblement pour des actions de boycott et de (soit disant) information autour de la campagne BDS (boycott désinvestissement sanctions).


Dans la mesure ou les affiches supports des manifestations exhibent en titre « Israël et le crime d’apartheid » et que les articles anti-israéliens sont publiés à jet continu sur internet, il serait peut-être utile de recourir à la Loi française pour stopper la propagande insupportable anti-israélienne. La loi française offre, en effet, un droit de réponse a toute personne victime de propos susceptibles de porter atteinte à son honneur ou à sa réputation, diffusés dans le cadre d'une activité de communication audiovisuelle, peu importe la bonne ou mauvaise foi de l’auteur des propos diffamatoires. L’article 6 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique, et son décret d’application n°2007-1527 du 24 octobre 2007 sont venus préciser les conditions de mises en œuvre de ce droit de réponse. Ce droit est réservé aux personnes physiques ou morales, il s’exerce sans préjudice des demandes de correction ou de suppression du message adressé au service et doit être demandé dans un délai de trois mois à compter de la publication litigieuse. Dans les trois jours de sa réception, le texte de réponse doit être inséré sur le site sauf à encourir des sanctions pénales. Notons enfin que l’insertion doit être faitre à la même place et en même caractère que l’article qui a provoqué la réponse.


Le Crif (à l’origine de la saisine du Tribunal Administratif de Paris en février 2012), pourrait donc, de la même manière, adresser à tous les supports pro-palestiniens français qui diffusent des pamphlets diffusés sur le net qui salissent, souillent, diffament et dénigrent Israël, un droit de réponse qui rappellerait que les Arabes en Israël ont plus de droits que ceux qui résident dans l’ensemble des pays arabes (où ils ont d’ailleurs bien du mal à mettre en place des systèmes démocratiques). Le droit de réponse pourrait également mentionner que la bande de Gaza ne fait pas partie du territoire israélien et que les palestiniens y jouissent d’une pleine souveraineté, décident librement de leurs représentants et de la nature des relations qu’ils entendent entretenir avec Israël. Les supports palestiniens devraient alors, sauf à encourir des sanctions pénales, diffuser ce droit de réponse qui pourrait également être traduit et diffusé dans le monde entier. Grâce au droit de réponse français en matière d’allégations tendancieuses diffusée sur le net, il pourrait enfin, être mis un terme à cette culture du mensonge palestinien.

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 20:37

 

 


 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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A l’occasion de la cérémonie d'investiture du nouveau Président de la Cour Suprême (tenue le 1er mars 2012), le Juge arabe Salim Djubran a refusé de chanter l'hymne national israélien « la Hatikva ». Cette attitude qui aurait pu choquer dans la mesure où les personnes investies des plus hautes responsabilités du pouvoir judiciaire en Israël devraient affirmer avec force, leur fierté de vivre au sein du pays, n’a pas provoqué d’émotion particulière. Le juge Rubinstein a même défendu la position du juge arabe en confiant : « On ne peut pas exiger d'un citoyen arabe qu'il chante les paroles de la Hatikvah qui sont étrangères à ses racines et à sa sensibilité. Je connais Salim Djubran et je peux témoigner de son intégrité en tant que juge, il représente l'Etat avec honneur et succès ». En fin de compte, et à y regarder de plus près, on peut aisément comprendre que les personnes non juives de l'Etat d'Israël éprouvent certaines difficultés à s'approprier les symboles juifs qui ne font partie, ni de leur histoire, ni de leur identité, ni de leur culture.

L’hymne national israélien « la Hatikva » a été emprunté à Nephtali Herz Imber qui a rédigé, en 1878, un texte évoquant l'espoir du peuple juif de recouvrer son indépendance nationale sur la terre de ses ancêtres. Les paroles, très puissantes, débutent de la manière suivante : « aussi longtemps que l'âme juive vibrera dans nos cœurs ». Immédiatement, les personnes non juives restent étrangères à ce propos introductif qui a trait à une dimension de la spiritualité juive. Le texte se poursuit avec la direction du regard : « et que les yeux resteront rivés sur Sion ». Une fois encore, cette aspiration vers Sion ne fait pas spécialement partie de la culture et de l’histoire du peuple arabe de Palestine. Ensuite, il est mentionné : « l'espoir deux fois millénaire », autrement dit la période d’éloignement des juifs, la durée de leur déracinement de la terre d’Israël et donc de la diaspora (qui ne concernent toujours pas les non juifs). Enfin, le texte se termine par l’espoir de redevenir « un peuple libre sur notre terre, le pays de Sion et de Jérusalem » qui n’appartient définitivement pas aux populations arabes résidant en Israël.

Fatalement, les personnes non juives en Israël, ne peuvent qu’éprouver difficultés voire aversion, à chanter un hymne dont la teneur est une partie intégrante de l’histoire du peuple juif. D’ailleurs, pour les personnes d’origine arabe, cet hymne correspond à l’épisode le plus noir de leur relation avec la terre de Palestine. Autrement dit, le rêve des juifs n’est finalement rien d’autre que le douloureux cauchemar des palestiniens. Il serait donc tout à fait normal, pour Israël, qu’il dispense ses citoyens non juifs d'entonner un hymne juif, sauf à leur imposer un acte indécent, à les mépriser, voire à les soumettre à une torture intellectuelle et morale. Cette réflexion vaut d’ailleurs pour l’ensemble des symboles de l’Etat d’Israël.

Depuis de nombreuses années, Israël déplore le comportement des députés arabes à la Knesset qui utilisent l’Assemblée comme une tribune (et un déversoir de haine) anti israélienne, en parfaite contradiction avec le serment d'allégeance prononcé lors de leur entrée en fonction. Ceci n’est pas particulièrement surprenant : la Knesset est un autre symbole de l’Etat juif dont le nom trouve son origine et tire le nombre de ses membres (120), de la Knesset Haguedolah (la Grande Assemblée), qui était le Conseil juif représentatif réuni à Jérusalem (au 5° siècle avant ec) à l'initiative de Ezra et de Néhémie, alors que l’histoire du peuple arabe n’avait pas débutée.

Dans ces conditions, le comportement bien souvent odieux des députés arabes (et parfaitement incompatible avec leur fonction), n’est finalement pas sans rappeler la situation des marranes juifs en Espagne qui, bien qu’obligés au XV° siècle, de se convertir au catholicisme, ont poursuivi secrètement la pratique de la religion juive. Il était, de la même manière, demandé aux juifs d’accepter un système de valeurs qui n’était pas le leur, et de se fondre dans un environnement qui ne leur appartenait pas. Certes, le statut des juifs marranes en Espagne était moins enviable que celui des arabes en Israël puisqu’ils ont été maltraités, spoliés de leur patrimoine et assassinés, alors que les personnes d’origine arabe en Israël, bénéficient du droit au respect à la personne et à la liberté d’expression. Pour autant, Israël peut toujours se voiler la face, attendre des populations arabes en Israël qu’elles jouent le jeu des institutions israéliennes, qu’elles participent au développement du pays en considération de sa nature juive et démocratique, et se convaincre qu’elles y parviendront, les personnes arabes en Israël se considèreront toujours comme les marranes juifs qui ne renonceront jamais à leur histoire, à leur sensibilité, à leur identité et à leurs principes existentiels.

Parmi les symboles de l’Etat d’Israël dans lesquels les non juifs sont insusceptibles de se reconnaître, notons également la pratique de la langue hébraïque qui résulte d’un extraordinaire travail de compilation du vocabulaire hébraïque par Eliezer Ben Yeouda, dont les dictionnaires ont été rédigés entre 1894 et 1922 à partir du vocabulaire de la Torah et de la Mishna, (texte « massorétique » de la racine transmission). Le mot hébreu (ivri) lui-même se trouve dans le Livre de Bérechit chapitre 14, verset 13 dans lequel il est question « d’Avram (père des nations) ha ivri » (l’hébreu) qui prendra ensuite le nom d’Abraham, alors que l’Islam n’existait pas encore. Ainsi, la langue hébraïque moderne s’est construite à partir de la langue sacrée « lashon hakadoch » qui ne fait pas partie de l’histoire des héritiers de Mahomet. Citons encore, le drapeau israélien qui s'inspire du châle de prière juif (talith) orné d'un Bouclier de David (Maguen David), ou encore l'emblème officiel qu’est la ménorah, chandelier à sept branches entouré de branches d'olivier symbolisant l'aspiration du peuple juif à la paix…

En fin de compte, non seulement Israël ne saurait imposer à ses ressortissants non juifs une appropriation des symboles juifs de l’Etat mais en outre, il devrait repenser leur statut juridique à partir de la classification internationalement admise en fonction de l'appartenance nationale ou non. Il y aurait alors les nationaux (les juifs), les non nationaux en situation régulières disposant des prérogatives des droits de l'homme (à l’exception du droit d’être électeur et éligible aux scrutins nationaux c'est-à-dire non locaux), et les non nationaux en situation irrégulière, interdits de se maintenir sur le territoire. Israël serait alors contraint de reconnaître aux citoyens arabes, le statut de palestiniens en situation régulière, et de destituer les députés arabes de la Knesset puisque non nationaux.

Inversement, rien n’interdirait à Israël de proposer aux juifs de diaspora de prendre la nationalité israélienne (pour ceux qui le désirent), à côte de leur nationalité de naissance. En effet, si les arabes israéliens ne font pas partie de la nation juive, il n’en est pas de même des juifs de diaspora. Ce sont eux qui ont crée ou recréé l’Etat d’Israël. C’est maintenant à l’Etat juif de parachever « l’unité nationale » en accordant aux juifs de diaspora la nationalité israélienne. Il ne s’agirait alors pas seulement d’un acte juridique ou administratif, mais bien d’une démarche spirituelle par la réunion de l'ensemble des membres de la nation juive et leur connexion à la terre sacrée. Ainsi, et en s’inspirant du mode de perception des symboles juifs par les citoyens arabes, Israël pourrait, conformément aux vœux messianiques, ouvrir une nouvelle page de l'humanité. 

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 20:46

 

 

 


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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Le 22 février 2012, l’Administration civile israélienne a approuvé la construction de 200 nouvelles unités immobilières dans les implantations de Shvut Rachel et de Shilo, et accordé, a posteriori, des autorisations pour de nombreux logements déjà construits. Le porte-parole de la politique étrangère européenne, Catherine Ashton, a immédiatement fait part de sa vive préoccupation. De son côté, le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen Orient, Robert Serry, a condamné la décision qui éloigne de « l’objectif d’une solution à deux Etats ». C’est donc toujours le même discours dans la bouche des acteurs internationaux : l'Etat juif prend des mesures unilatérales qui préjugent du statut final des « territoires palestiniens » et de « Jérusalem Est », les implantations israéliennes autour de Jérusalem étant supposées contraires au Droit international.


Pour autant, l'Etat juif exerce une parfaite souveraineté administrative, juridique et philosophique, sur sa capitale et sur l'ensemble des terres qui l'entourent, depuis des décennies.


En décembre 2011, le Ministère israélien du logement a fait part de son intention, de construire 500 unités locatives dans la colonie de Gilo, au sud de Jérusalem. Le 19 novembre 2011, le gouvernement israélien a annoncé son projet de construire un « jardin biblique » d’une superficie de 706 dunums sur le mont al-Masharef, au bas de l’Université hébraïque afin de relier les différentes parties de l’université. De même, Israël a approuvé la construction du complexe touristique au cœur du quartier de Silwan, au sud de la l'Esplanade dite "des Mosquées", incluant 250 places de parking, un jardin archéologique, des salles d’accueil et une librairie sur une superficie de 8400 m2. Notons sur un plan géostratégique, qu’Israël a installé un barrage "international" à Shufat (qui n’est pas militaire), et qui sépare Jérusalem des villages palestiniens situés à son Nord. (Les palestiniens, agacés, comprenant qu'il trace la frontière entre le futur Etat palestinien et l’Etat juif vers lequel ils n'auront plus d'accès libre.)


Israël contrôle de la même manière les décisions concernant les lieux musulmans de Jérusalem comme en témoigne l’épisode du pont menant à la mosquée al-Aqsa depuis la porte al-Maghariba. Le 23 mai 2011, un rapport d'architectes de la municipalité a considéré que le pont risquait de s’effondrer et qu'il représentait un danger pour la sécurité générale. La municipalité a donc enjoint de le détruire. Le 27 novembre 2011, le Premier Ministre Netanyahou qui avait donné son accord sur le principe de la destruction s'est ravisé à la suite du mécontentement exprimé par l'Egypte et la Jordanie. Cependant, le maire, Nir Barakat, a ordonné le 11 décembre la fermeture du pont, empêchant les israéliens et les touristes de l’emprunter, et ce, pour exercer des pressions sur Netanyahou et de l’obliger à poursuivre le projet de destruction. Le bureau du premier Ministre a finalement décidé, le 14 décembre 2011, de geler la décision jusqu’à ce que le climat politique soit approprié. Cet épisode est tout à fait symbolique en ce qu’il illustre en quoi Israël maîtrise les décisions concernant les lieux Saints de l’Islam situés à Jérusalem alors celles-ci devraient ressortir de la compétence du waqf. En outre, il valide la possibilité pour Israël d’entrer sur l’esplanade des mosquées avec une porte qui lui est consacrée. Enfin, il conforte la pleine et entière souveraineté israélienne sur ce site alors que c'est par cette porte que Salaheddine avait accordé aux soldats du Maghreb le droit de libérer la mosquée de Jérusalem lors des croisades, et que le Prophète Mahommet est entré dans la mosquée al-Aqsa, dans l’épisode d’al-Isrâ’ wal-Mi’râ (le voyage du Prophète et sa montée nocturne au ciel).


La souveraineté juive sur la capitale, se traduit également par les décisions législatives concernant la gestion de l'exercice de la foi. Le Député Anastasia Michaelli a proposé un projet de loi interdisant l’appel à la prière dans les lieux et quartiers « mixtes » musulmans et juifs, y compris la ville ancienne de Jérusalem et aux alentours de la mosquée al-Aqsa. Machaelli a justifié sa demande par le fait que l’appel à la prière perturbait le sommeil des israéliens (à l'instar des lois sur les minarets en Europe). Le premier ministre israélien Netanyahou a soutenu cette proposition, considérant qu’Israël ne devait pas être plus libéral que l’Europe où de nombreux pays interdisent l’appel à la prière par le biais de porte-voix. Enfin, deux députés de la Knesset ont proposé d'insérer dans la Loi fondamentale une mention précisant que Jérusalem n'est pas seulement la « capitale d’Israël" mais également celle "du peuple juif ».


La question mérite donc d’être posée de savoir pourquoi, les constructions juives autour de Jérusalem provoquent un tel courroux au sein de la communauté internationale, et pourquoi elles sont considérées comme faisant obstacle à toute reprise des négociations de paix. La réponse se trouve en fait dans les résolutions de l’Onu, 476 (adoptée le 30 juin 1980) et 478 (adoptée le 20 août 1980), prises lorsque Israël a décidé de faire de Jérusalem, sa capitale indivisible, en ce compris la partie orientale annexée à la suite de la guerre de 1967 (Loi fondamentale du 30 juillet 1980). La résolution 476 a déclaré nulle et non avenue la décision israélienne d’instituer Jérusalem comme étant sa capitale éternelle, et la résolution 478 a demandé à Israël de mettre fin à l'occupation de Jérusalem et aux modifications géographiques et juridiques du statut de la ville.


Rappelons en réalité que Jérusalem était, depuis son annexion par le Royaume Hachémite en date du 30 avril 1950, sous souveraineté jordanienne. Aussi, les résolutions 476 et 478 prises en 1980 condamnaient la captation par Israël d'une partie du territoire jordanien à la suite de la guerre des six jours, et l'annexion de Jérusalem, en tant que ville jordanienne. Or, le 30 juillet 1988, la Jordanie a renoncé à toute prérogative politique et administrative sur la Cisjordanie et la partie orientale de Jérusalem. Conséquence : depuis le 30 juillet 1988, la Cisjordanie et, partant Jérusalem, ne sont plus occupées. Toutefois, en recourrant systématiquement aux résolutions 476 et 478, la communauté internationale continue d’utiliser à tort la mention de « territoire occupé » devenu, par un abus de langage, « territoire palestinien occupé », amenant les palestiniens à se considérer comme un peuple sous occupation, fondé à recourir aux actes de terrorisme.


Il est donc temps pour la communauté internationale qu’elle rétablisse la vérité et qu’elle cesse de leurrer les palestiniens : les résolutions 476 et 478 sont caduques depuis le 30 juillet 1988. Aucune partie, ni palestinienne, ni arabe, ni internationale, n’est donc fondée, en Droit international, à s’opposer à la politique d’implantation israélienne pour son expansion naturelle. L’Etat d’Israël pouvait donc, en 1993, décider d’aménager le grand Jérusalem sur les territoires annexés en 1967 et sur les autres terres devenues « sans maître » incluant le « Gush Etzion », « Efrat », « Maale Adumim », « Giv'at Ze'ev », « Pisgat Zeev » et « French Hill », (approuvé par la Knesset le 21 juin 1998). Depuis, l’Etat d’Israël construit sur ces terres désertiques et inhabitées, comme il le ferait sur une Ile déserte. Sa souveraineté est incontestable et pleinement exercée.


le Premier Ministre Netanyahu a déclaré en novembre 2011 : « nous construisons à Jérusalem parce que c’est notre droit et notre engagement, et non pour des raisons punitives, mais en tant que droit fondamental pour notre peuple de construire dans sa capitale éternelle... Jérusalem ne se retrouvera plus jamais dans la situation qui prévalait à la veille de la guerre de 6 jours ». Les résolutions 476 et 478 sont donc juridiquement enterrées de facto, et leur référence n'a plus lieu d'être. La communauté internationale se doit donc de l'expliquer aux palestiniens une bonne fois pour toute, de sorte que, tout le comme le suggère le candidat américain Newt Gingrich, l’ensemble des ambassades étrangères en Israël s'établisse à Jérusalem.

 

 

 

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 20:37

 


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Khader Adnan, affilié au Jihad Islamique, a été arrêté le 17 décembre 2011 par les forces de Tsahal dans son village situé a proximité de Jénine. En signe de protestation, le terroriste palestinien a, dès le lendemain, entamé une grève de la faim, qui dure maintenant depuis plus de 63 jours. Rien n’y a fait : le Tribunal militaire a rejeté ses demandes de remise en liberté. Aussi, le terroriste (âgé de 33) ans, a-t-il décidé, le 15 février 2012, de saisir la Cour Suprême israélienne pour contester ce qu’il considère être une arrestation arbitraire.

Appuyé par des associations palestiniennes des Droits de l’homme, Khader Adnan dénonce les conditions de cette privation de liberté dans la mesure où il n’a fait l’objet d’aucun jugement. Pour Human Rights Watch, la politique israélienne de détention administrative est une violation du Droit international : « Les obligations juridiques internationales imposent à Israël de communiquer immédiatement aux personnes arrêtées les motifs de leur arrestation, de les informer rapidement de toute accusation portée contre eux et de les présenter devant un juge ». De même, pour Amnesty International, la détention administrative en Israël et dans les Territoires de Cisjordanie ou de Gaza, viole le droit à un procès équitable : « Les autorités israéliennes doivent libérer Khader Adnan et d’autres Palestiniens en détention administrative, à moins qu’ils ne soient inculpés sans délai pour des infractions pénales internationalement reconnues, et qu’ils soient jugés conformément aux normes internationales conformément au principe du procès équitable».

Bien évidemment, la procédure de la détention provisoire en Israël est tout à fait conforme aux règles internationales prévues dans le Droit pénal des législations dans les Etats démocratiques. Il s’agit en effet d’une mesure privative de liberté avant tout jugement qui porte effectivement atteinte au principe de la présomption d’innocence, mais qui demeure licite lorsque certaines conditions sont remplies. Il en est ainsi lorsque la mesure constitue le seul moyen d’éviter la disparition des éléments de preuve, d’empêcher l’exercice de pression sur des tiers ou les concertations avec d’autres personnes impliquées dans l’infraction, de prévenir le renouvellement de l’infraction, de garantir la représentation de l’intéressé pendant l’instruction et le jour du procès, et enfin de mettre un terme au trouble à l’ordre public, comme c’est le cas en l’espèce.

Notons que l’intéressé lui-même ne nie pas catégoriquement ses actions militantes mais les motive par des considérations humanitaires « je résiste aux occupants non pas pour mon propre intérêt en tant qu’individu, mais pour l’amour de milliers de prisonniers qui sont privés des Droits de l’Homme les plus élémentaires, lorsque le monde et la communauté internationale restent passifs ».

En somme, le membre du Jihad islamique ne se considère pas comme un terroriste mais bien un humaniste. Selon lui, en revanche, c’est dans l’armée israélienne que se trouvent les terroristes. C’est du moins ce qu’il a laissé entendre dans une lettre transmise le 15 février 2012, dans laquelle il décrit les conditions de son interpellation : « J’étais en sécurité dans ma maison lorsque les forces israéliennes ont fait irruption chez moi et terrifié mes filles et ma famille de la même manière monstrueuse qu’ils le font tous les soirs à des dizaines de Palestiniens» (sic).

Sa situation a grandement ému la communauté palestinienne et plus précisément le Jihad Islamique qui organise quotidiennement des manifestations de soutien dans la bande de Gaza. De même, en Israël, des centaines de personnes très inquiètes pour lui, se retrouvent devant la prison israélienne d’Ofer dans laquelle il est incarcéré. En effet, un médecin de l’Ong Médecins pour les Droits de l’Homme (qui lui rend visite chaque jour) a diagnostiqué : « Tous ses muscles, y compris son cœur et son estomac, sont sous la menace de se désintégrer et son système immunitaire pourrait cesser de fonctionner à tout moment. Le corps de Khader est dans un état de haut risque de crise cardiaque ou de défaillance d’un organe vital, ce qui entraînerait une mort immédiate ». Plus nuancé, le Docteur Raymond Farah responsable de l’hôpital Sieff de Safed, estime qu’Adnan est dans un état stable: « Il n’y a pas de danger immédiat pour sa vie, mais il est à un point critique, comme n’importe qui après une grève de la faim si longue ».

C’est donc dans ce contexte que l’association palestinienne Adameer exige « que l’Union européenne, l’Organisation des Nations Unies et le Comité international de la Croix-Rouge interviennent immédiatement auprès d’Israël avant qu’il ne soit trop tard ». D’ailleurs, plus de 4000 personnes ont déjà signé une pétition demandant au CICR de faire pression sur Israël afin qu’il libère Adnan : « Selon le droit international humanitaire, il est de la responsabilité du CICR de prendre des mesures pour sauver sa vie en exerçant une pression sur le gouvernement israélien pour obtenir sa libération »

En fin de compte, et dans la philosophie palestinienne, l’humanité et les Droits de l’Homme ne sont réservés qu’aux palestiniens sans que les juifs ne puissent en revendiquer le bénéfice. Pour autant, le discours larmoyant et chargé d’émotion, ne sert qu’à victimiser les palestiniens dans le verbe. Dans les actes, le Djihad Islamique conserve bien évidemment sa stratégie guerrière et conquérante.

L’organisation terroriste conteste depuis toujours la légalité de l’Etat d’Israël, lance des attaques sur des cibles israéliennes comme les tirs de roquettes sur le sud d'Israël, et est impliqué dans l'attaque des bus israéliens survenue le 18 août 2011 dans la région de Eilat, ayant causé la mort de 7 personnes outre 25 blessés. Ainsi, et dans son costume de combattant, le Jihad Islamique ne fait plus grand cas de la nature humaine, ni n’invoque l’application des Droits de l’Homme pour une raison qui est très simple. Le Djihad islamique tend à devenir dans la bande de Gaza, la seule force palestinienne militante fidèle au principe de base, à savoir l’éradication de l’entité sioniste au moyen de la lutte armée, ce à quoi semble avoir (provisoirement) renoncé le Hamas. Ainsi, l’organisation terroriste islamique s’oppose à toute négociation pacifique ou autre cessez-le feu, et prend la place de satellite iranien et d’allié stratégique de la Syrie, afin de s’emparer du pouvoir dans la bande de Gaza, au lieu et place du Hamas à qui il veut imposer sa puissance et son indépendance

Ce rôle n’est finalement pas sans rappeler celui du Hamas, en 1987, lorsque le Fatah était sur le point de renoncer aux objectifs historiques palestiniens en négociant avec Israël. Désormais, le Hamas, en perte de vitesse dans l’action combattante, se voit subtiliser le flambeau du combat par le Jihad islamique qui vient rappeler que la paix n’est pas pour demain. 

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 12:30

 

 

 

 

 

 


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Le Président de la République syrienne Bachar El Assad a maille à partir avec les insurgés syriens qui ne cessent de le harceler avec l’ouverture de multiples fronts dans le pays. Ainsi, chaque jour, des milliers de personnes défient le pouvoir politique qu’ils considèrent comme étant despotique, en réclamant des libertés, plus de démocratie, le respect des droits de l’homme, voire encore le bénéfice de droits attachés à la citoyenneté. Ces terroristes qui qualifient le pouvoir de « corrompu » et de régime sanguinaire, descendent ainsi dans les rues pour provoquer le chaos en appelant (quel culot) la communauté internationale à prendre des mesures contre le pouvoir en place et des sanctions contre les dirigeants. Ces insolents sont d’ailleurs d’une ingratitude particulière alors que Bachar El Assad ne fait que prendre des mesures comparables à celles qui le seraient dans les grandes démocraties qui, si elles étaient confrontées à quelque remous intérieurs du même ordre, seraient amenées à décréter l’Etat d’urgence en concentrant provisoirement les pleins pouvoirs entre les mains du dirigeant.

Il était donc naturel pour Bachar Al Assad, qu’il refuse la proposition formulée par la Ligue Arabe, le 12 février 2012, visant à l’envoi de soldats de l’Onu qui agiraient comme force d’interposition, d’autant que la Ligue se prête au jeu des forces subversives du pays en leur offrant refuge et soutien dans la campagne médiatique anti syrienne. Le Président syrien a donc raison de maintenir son cap voire, est certainement dans le vrai puisque la nébuleuse terroriste d’Al Qaïda soutient la contestation en Syrie et encourage la rébellion locale.

Pour sa part, la communauté internationale fait preuve de bien peu d’indulgence à l’égard du Président syrien que la vie n’a pas épargné. Alors qu’il est titulaire de son Doctorat en médecine avec une spécialisation obtenue en ophtalmologie à Londres, Bachar al assad a été contraint de renoncer à sa carrière professionnelle pour devenir Président de la République syrienne le 25 juin 2000, soit, 10 jours après le décès de son père Hafez El Assad qui occupait le poste depuis le 22 février 1971. Or, ce tournant dans sa vie est lui-même la conséquence d'un (autre) drame familial, en l'occurrence le décès accidentel de son frère aîné, Bassel El Assad, survenu en 1994, alors qu’il était le successeur désigné par son père pour occuper la fonction.

En outre, Bachar Al Assad a été trompé par une vision idéale de la fonction qui ne lui a pas permis d'appréhender les difficultés dans la gestion des plus hautes responsabilités étatiques. En effet, sur le plan institutionnel, c'est le parlement de Syrie qui a proposé sa candidature en qualité de Président de la République le 25 juin 2000, nomination confirmée par référendum le 10 juillet 2000. De même, au moment de sa réélection, le Conseil supérieur syrien a une nouvelle fois proposé sa candidature pour sa reconduction au Poste de Président de la République, proposition qui a encore été confirmée par référendum dans des conditions tout à fait exceptionnelles : le 27 mai 2007, Bachar Al Assad a obtenu 97.62 % de oui alors qu’il ne lui suffisait que 51 %. Un tel succès populaire ne pouvait jamais lui permettre d’imaginer qu’il serait si mal mené par sa population 5 ans plus tard.

Certes, des promesses présidentielles de 2007 concernant des réformes à entreprendre pour libéraliser le pays n’ont pas été tenues, mais il n’en est nullement responsable : l’impossibilité d’avancer dans les changements d’orientation politique tient exclusivement au manque de souplesse des membres les plus radicaux de l'administration de son père, toujours en fonction. En tout état de cause, ce petit contre temps dans la restructuration étatique ne saurait justifier la conspiration d’éléments subversifs terroristes qui se présentent comme étant une force d’opposition pour fomenter la rébellion.

Notons, et à décharge du président syrien, la difficulté d’avoir à gérer une population syrienne aussi disparate. Bachar el-Assad est de confession alaouite, branche du chiisme largement minoritaire au sein de la république (11% de la population) alors que les sunnites représentent 75 % de la population (la proportion des chrétiens est de 10 % et celle des druzes de 4%). Les insurgés sunnites, ingrats et lâches, profitent donc de ce déséquilibre pour déserter l’armée. De même, la Ligue Arabe, d’obédience sunnite, ne se prive pas de lancer continuellement des flèches en direction du régime chiite.

Il est vrai qu’il existe un sérieux différend entre chiites et sunnites, auquel Bachar Al Assad est encore une fois, parfaitement étranger. Les chiites (« ceux qui vénèrent les imams » ou encore les guides descendant du prophète ») ne partagent pas les mêmes convictions religieuses que les sunnites (qui sont encore « les fidèles aux pratiques du prophète »), voire leur vouent une haine ancestrale. La raison en est simple : le Calife Ali qui était le cousin et le gendre de Mahomet a été détrôné par le gouverneur de Syrie Mo'awiya qui est devenu Calife à sa place, à la suite d’un arbitrage on ne peut plus contestable. Or les chiites avaient, à l’époque, soutenu Ali qui a été assassiné en 661 tout comme son fils Hussein qui a même été décapité en 680 lors de la bataille de kerbala (en Irak). Depuis, les chiites cherchent à se venger ou plutôt à rétablir l’honneur perdu, avec l’exaltation du martyre et des attentats suicides contre les sunnites (essentiellement en Irak), tels des hérétiques qui méritent la mort.

Toutefois, et en responsable rassembleur, Bachar Al Assad n’a pas jamais exploité ces divisions religieuses en Syrie mais tenté de cimenter l’unité du pays autour du combat contre les juifs (en aidant le notamment le Hamas) qui lui, est véritablement fédérateur. Il s’est trouvé une communauté d’intérêts avec les palestiniens en reprochant à Israël l’annexion du Golan et aux juifs de violer les principes d’égalité, de se considérer comme un peuple supérieur aux autres, de violer les lieux saints de l’Islam, d’avoir tuer jésus, et d’avoir essayé de trahir et de tuer Mahomet. Par chance, il n’est pas seul dans ce combat. Grâce à l’Iran dont le pouvoir est également d’obédience chiite, il peut bénéficier d’un soutien logistique, stratégique et idéologique avec toutefois une seule contrepartie, aider tous ceux qui croient dans la victoire du chiisme contre le sunnisme, comme le Hezbollah libanais. De même, et grâce à la Russie et à la Chine qui entendent représenter un contre poids en soutenant l’Iran, face à la puissance américaine, Bachar Al Assad dispose d’un contrôle dans les décisions désagréables qui pourraient être prises contre son régime au sein de l’Organisation des Nations Unies.

En fin de compte, ce dont Bachar Al Assad est surtout victime, c’est le choix du régime donné à la Syrie. Alors que la Syrie a toujours été gérée de manière autoritaire comme l’ensemble des pays arabes, il a été choisi, pour le pays, le régime politique de la République. Or, l’origine étymologique de ce mot est latine, et résulte plus particulièrement de la réunion de deux mots : Res (la chose) publica (publique). Ainsi, la république, ses richesses, et son devenir n’appartiennent pas au dirigeant mais au peuple, mais personne n’en a du en parler à Bachar Al assad. C’est donc un peu facile de lui lancer des procès à jet continu, alors qu’il mériterait soutien, compréhension, chaleur, humanité, empathie ou tout simplement, que la communauté internationale fasse preuve, à son égard, de plus de psychologie.

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 20:37

 

 


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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele

 

Le 4 février 2012, la Russie et la Chine ont, comme cela était prévisible, exercé leur droit de veto à l’occasion du vote de la résolution proposée par la Ligue Arabe visant à mettre fin à la répression exercée en Syrie. Ces deux grandes puissances ont exposé que dans la dernière version de la résolution, les objectifs étaient déséquilibrés : d’une part, l’appel à un changement de régime politique en Syrie était constitutif d’une ingérence dans les affaires intérieures syriennes, d’autre part, la responsabilité du conflit n’était pas imputé aux deux camps (la référence à la « nécessité de résoudre la crise de manière pacifique » et la condamnation « de toute violence d’où qu’elle vienne » étant insuffisante). De son côté, l’ambassadeur syrien à l’Onu s’est contenté d’affirmer que la Syrie continuerait de faire face à ses ennemis, accusant les puissances occidentales et la Ligue Arabe de « fomenter la crise ».

En réalité, la situation géopolitique dépasse largement le cadre de la Syrie mais résulte fondamentalement de la proximité de la Russie et de la Chine avec l’Iran, partenaire privilégié de la Syrie (les amis de mes amis sont mes amis), avec lequel elles ne voudraient pas compromettre la solidité des rapports. Ainsi, sur le terrain, pendant que des dizaines de personnes se font tuer chaque jour par le régime de Bachar Al Assad, les puissances internationales décideuses sont à la recherche d’un équilibre stratégique entre elles, avant de mettre un terme au bain de sang. La situation est donc tout à fait ubuesque en ce qu'elle ne prend pas en considération la situation de la population locale mais uniquement le souci de ménager l'Iran.


En outre, l’absence de résolution de la question syrienne est la conséquence d’un manque flagrant d’intégrité de la Ligue Arabe dans sa volonté de régler le conflit, comme si elle préférait transférer la gestion du problème à l’Onu. Rappelons que la Ligue Arabe s'est fixée pour objectif de garantir et de renforcer l'unité du monde arabe tout en préservant l'indépendance de ses membres. Aussi, et en tant que membre de la Ligue, la Syrie devrait faire l’objet d’une attention particulière de la part de l’institution, ce n'est pas exactement le cas.


Tout d'abord, et pour éviter de traiter du problème, la Ligue Arabe a tout simplement décidé d'exclure la Syrie de ses membres en 2011. Par ailleurs, les conclusions de la mission d'enquête mise en place en janvier 2012, ne sont pas tout à fait en adéquation avec l'émoi manifesté lors de la proposition du vote de la résolution concernant le plan de sortie de la crise soumis au Conseil de sécurité le 31 janvier 2012. A cette occasion, elle a appelé le Conseil de Sécurité à prendre une résolution « pour faire cesser la tragédie humanitaire que vit la Syrie depuis le début de la révolution en mars 2011 » et arrêter ce que l’ambassadeur qatari a nommé « la machine à tuer syrienne » qui a fait à ce jour plus de 6000 tués. Ce faisant, la démarche de la Ligue Arabe s’inscrit parfaitement dans la sensibilité du monde occidental qui privilégie l’expression populaire dans les systèmes démocratiques.


Pour autant, les conclusions du rapport de la mission présenté au Caire le 22 janvier 2012, bien qu’approuvé par les ministres de la Ligue Arabe, mais non rendues publiques (et rapidement enterré sous la pression du Qatar et de l’Arabie Saoudite), ne correspondent en rien à la vive préoccupation manifestée lors de l'examen de la résolution.


En effet, dans le point 26 du rapport de la mission, on apprend que les actes de violence commis à Homs sont imputés aux groupes armés (l'opposition) contre les forces gouvernementales, à l'origine de « tués et des blessés parmi les troupes gouvernementales ». Inversement, si les forces gouvernementales ont eu recours à la violence, la mission indique qu'il s'agit d'une « réaction aux attaques perpétrées contre ses membres » (sic). De la même manière, dans le point 27 du rapport, les opposants sont présentés comme étant des terroristes qui ont fait exploser un autobus civil tuant 8 personnes, mais aussi un train ou un bus de la police tuant deux occupants...

Concernant la véracité des communications faites sur les incidents à Homs, le rapport fait état, dans le point 28, de la « divulgation de fausses informations concernant les violences régionales qui ne sont pas crédibles ». Ainsi, la Ligue Arabe conteste, dans son rapport, les chiffres quotidiennement avancés au sujet des victimes. Il est même indiqué, dans le point 29, un nombre important « d'exagérations médiatiques émanant des équipes sur le terrain » alors que la partie gouvernementale (dont l'humanité est sous entendue), a procédé à la libération de milliers de détenus (point 33 à 38). Il apparait donc une certaine duplicité dans le discours de la Ligue Arabe qui, dans sa relation avec l'Onu, fait preuve d’une extraordinaire détermination pour essayer de mettre un terme à la répression qui sévit en Syrie, alors que son rapport sur la situation locale fait de l'opposition, le responsable des incidents.


Cela n'est pas véritablement surprenant. Les 21 pays de la Ligue Arabe (la Syrie n’en faisant plus partie) qui appellent à l’arrêt des violences contre la population civile en Syrie, ne sont pas des modèles de respect de la nature humaine, ne serait-ce que dans leur application ou (l’ambition) d'appliquer la Charia.


Il suffit pour s'en convaincre d'examiner le recours présenté en décembre 2011 devant la Cour Suprême d'Arabie saoudite, contre un jugement condamnant des personnes d’une double amputation de la main et du pied pour avoir commis un vol à main armée. Il est demandé à la Cour de faire application du droit international qui considère l’amputation comme étant une forme de torture interdite. Le recours est notamment motivé par la violation pure et simple des droits de la défense : le Tribunal de Ryad a rendu son verdict après deux séances ayant duré moins d’une heure, les prévenus ont été privé de la possibilité de disposer d’un avocat, et l’un d’entre eux a été torturé dans les dix jours qui ont suivi son arrestation (en octobre 2010) « frappé à coups de poing, avec des câbles électriques et avec des bâtons sur tout mon corps, pendant des heures, chaque jour ».


Or, si de nombreux pays de la Ligue Arabe ont une législation qui s’inspire plus ou moins fortement de la charia (l’Arabie saoudite, le Koweït, le Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Qatar, l'Oman, le Yémen, l’Iran, la Libye), la charia tend à devenir la référence juridique dans de nombreux membres de la Ligue Arabe. Au Soudan, la Charia est la principale source du droit dans la Constitution, En Mauritanie le Code pénal de 1983 s'y réfère, En Somalie, la décision de se référer à la Charia a été prise en décembre 2009, le président du Conseil national de transition en Libye a indiqué à la suite de la révolution libyenne « En tant que pays islamique, nous avons adopté la charia comme loi essentielle et toute loi qui violerait la charia est légalement nulle et non avenue ». Il en est de même d’autres pays qui viennent d'adopter démocratiquement le régime islamiste comme la Tunisie ou des sympathisants du parti islamiste non légalisé, Ettahrir (Libération), manifestent à Tunis pour exiger l'application de la Charia dans le pays. Ainsi, pendant que la Ligue Arabe appelle publiquement, pour des raison humanitaires, à l'arrêt des massacres en Syrie, les hommes sont obligés de porter la barbe, les femmes de se voiler, et la lapidation fait son grand retour... Il y a donc beaucoup d'hypocrisie dans tout cela.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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