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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 20:11

 

 


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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele

 

 

Le 13 janvier 2012, le Fatah (Organisation de Libération de la Palestine) a marqué le 48ème anniversaire de sa naissance, et non le 47ème comme cela a été rapporté dans la presse. Le mouvement de Yasser Arafat a, en effet, été instauré par le premier sommet de la Ligue arabe au Caire le 13 janvier 1964, puis officiellement créé le 28 mai 1964, lors du premier Conseil Palestinien tenu à Jérusalem-Est (la partie orientale de la ville dépendait à l’époque de la souveraineté jordanienne). Or, et à l’occasion des cérémonies de célébration de l’évènement, le Mufti de Jérusalem a cité un hadith du prophète Mahomet appelant à assassiner les juifs : « Le Prophète, qu'Allah le bénisse, a dit : Le Jour du Jugement dernier ne viendra pas avant que les musulmans ne combattent les juifs. Quand les juifs se cacheront derrière les rochers et les arbres, les rochers et les arbres diront, O Musulmans, O Abdallah, il y a un juif derrière moi, vient le tuer». Ce faisant, le mufti a confirmé que les dispositions d’esprit palestiniennes n’avaient pas véritablement évolué depuis la naissance du mouvement.

Outré par le propos, le Premier Ministre Benyamin Netanyahou a décidé, le 22 janvier 2012, d’ouvrir une enquête contre le Cheikh Mohammad Hussein pour incitation à la haine raciale et au meurtre. Le Ministre Yuli Edelstein (Likoud) s’est, quant à lui, ému de l’antisémitisme contenu dans la diffusion du message sur la chaîne officielle de l’Autorité palestinienne, tout comme le Ministre Uzi Landau (Israël Beiteinou), pour qui le propos n’est pas sans rappeler la propagande de l’Allemagne nazie.

Un peu surpris, le Mufti de Jérusalem a, quant à lui, avoué ne pas comprendre l’émotion suscitée alors qu’il ne faisait que citer des textes du Coran. Ce faisant, il confirmait, pour la communauté internationale, n’être pas l’auteur de cet appel tout en rassurant la population palestinienne quant au caractère sacré des paroles, insusceptibles de remise en cause. Cette réaction est tout à fait caractéristique du décalage entre les positions respectives de la communauté internationale pour qui le différend israélo-palestinien a une nature géopolitique, alors que pour les palestiniens, le conflit est exclusivement national et religieux. D’ailleurs, le commentateur de la télévision palestinienne qui annonçait le discours du mufti de Jérusalem, a recadré la nature du problème de la manière suivante : il s’agit d’une « guerre de religion et de foi ». Par son allocution, l’autorité spirituelle du Fatah a, en fait, reposé le point de convergence des mouvements, le Fatah, d’une part (dont les 32 articles de la Charte fonde l’éviction des juifs sur un motif national) et le Hamas, d’autre part (dont les 36 articles de la Charte fonde l’éviction des juifs sur un motif religieux). Notons d’ailleurs que ce Hadith cité, est repris dans la Charte du Hamas sous l’article 7 consacré à « L'universalité du Mouvement Islamique de Résistance ».

Si donc la communauté internationale s’évertue à trouver une solution au conflit israélo-palestinien qui serait de nature géopolitique, comme trouver un consensus sur les frontières, organiser un partage de Jérusalem, envisager le retour de quelques milliers de palestiniens disposant de propriétés foncières en Israël qui ont été physiquement déplacés de Palestine en 1948, annexer les blocs d’implantations juives dans l’Etat d’Israël par un nouveau découpage, organiser un accès à l’eau des palestiniens au moyen d’une organisation du contrôle de la vallée du Jourdain, et discuter à n’en plus finir sur les concessions qui pourraient être faites par l’Etat juif pour redonner confiance aux palestiniens... pour les palestiniens, l’objectif initial reste inchangé.

La raison en est simple : le conflit présente, côté palestinien, une nature psychologico-religieuse.

En effet, le concept de « palestinien » n’a jamais existé en dehors des chartes palestiniennes Olp et Hamas et est indissociable de la volonté ultime de chasser les juifs de la terre de Palestine. En d’autres termes, le palestinien n’existe que pour chasser ou tuer les juifs afin qu’ils cessent de polluer la terre de Palestine. La Charte Olp a, la première, explicité de façon détaillée, rationnelle et scientifique, les moyens d’y parvenir. Toutes les potentialités humaines du peuple palestinien doivent être mises en œuvre au moyen de l’enseignement, de l’action, des femmes, de la jeunesse, du mode de perpétuation de l’objectif aux jeunes générations, de l’union avec l’ensemble des pays islamiques pour y parvenir. Cet objectif a, par la suite, été relayé par le Hamas en 1987 qui a juste modifié le fondement national de l’éviction du juif en insistant sur les raisons religieuses devant conduire chaque génération de palestiniens à poursuivre le combat contre Israël au moyen de l’action commando ou de l’action individuelle. En tout état de cause, qu’il s’agisse de la Charte de l’Olp ou du Hamas, le palestinien n’est qu’un instrument historique de l’instauration d’un Etat islamique sur l’ensemble de la Palestine mandataire. Rien d’autre.

L’appel au meurtre de juifs lancé par le Mufti de Jérusalem s’inscrit donc parfaitement dans cette nécessité de redynamiser les palestiniens, tout en lui donnant une nature transcendantale, ce que la communauté internationale occulte depuis 48 ans. Elle refuse de voir dans les Chartes palestiniennes, Olp ou Hamas (toujours en vigueur), un outil d’instrumentalisation mentale des palestiniens pour les inciter à combattre israël. Le Premier Ministre israélien fait lui-même fausse route lorsqu’il envisage de mener une enquête sur le chef religieux du Fatah, alors qu’il pourrait directement engager cette enquête sur les Chartes palestiniennes, voire sur le Coran.

Il ne faut donc pas s’étonner de la poursuite, pendant les négociations de paix, de l’incitation à la haine du juif chez les palestiniens, avec l’éloge des martyrs, la culture généralisée anti-juive, la diabolisation d’Israël... un peu comme si, en marge des discussions internationales, il ne fallait jamais perdre de vue l’objectif historique. Le Mufti de Jérusalem rappelle donc opportunément que le coran lui-même, dont il n’est pas possible de modifier un seul terme, prévoit ce devoir de tuer les juifs.

Sur un plan philosophique, nous sommes en présence de deux vérités qui s’affrontent. La thèse juive de l’élection d’un peuple chargé de rejoindre une terre promise, et une thèse islamiste qui la réfute. Or, et pour apporter du crédit à cette dernière, les palestiniens procèdent par une sorte d’imitation du fonctionnement juif : la Charte de l’Olp a tout d’abord posé qu’il existait un lien spécifique entre le peuple palestinien et la terre du mandat britannique (comme la Bible le fait entre les juifs et la terre d’Israël), puis posé que les palestiniens ont été chassés de leur terre (comme dans le cas de la diaspora juive), et qu’ils rêvent d’y revenir (telle la Hatikva juive). Enfin, ils se sont inventés un « droit au retour », tout comme les juifs l’ont institué pour les candidats à l’Alyah, et utilisent la technique de la victimisation pour susciter la compassion internationale, en comparaison avec les horreurs vécues par les juifs. Les palestiniens construisent ainsi leur existence et éduquent leurs enfants dans ce fantasme, tel un matraquage intellectuel ou un conditionnement psychologique.

Le conflit israélo-palestinien devient en somme, pour les palestiniens, un problème existentiel. Soit ils renoncent à l’objectif de chasser les juifs de Palestine, auquel cas ils cessent d’être palestiniens, soit, ils persistent dans la mission initiale pour prouver la fausseté du message Biblique et font du conflit un problème insoluble.  

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 21:07

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele

 

Le 17 janvier 2012, Ahmed Tibi a illustré d’une part, en quoi la présence de non nationaux à la Knesset était difficilement compatible avec le projet national juif et, d’autre part, l’urgence de régler les abus du droit à l’expression. Le député arabe israélien a, en effet, été expulsé de la Knesset pour avoir critiqué la sanction qui lui a été infligée, en l’occurrence sa suspension des débats à l’assemblée nationale pendant une semaine. Or, celle-ci fait suite à la rédaction de son « poème» sur la députée Anastasia Michaëli qui a déposé un projet de loi visant à permettre un contrôle, par le Ministre de l’intérieur, de l’utilisation d’amplificateurs pour les appels à la prière du haut des minarets. Si Ahmed Tibi n’apprécie pas la mesure proposée, il peut le faire dans le cadre de son droit à l’expression au sein de l’assemblée avec un propos modéré, réfléchi, mesuré et respectueux de son homologue à l’assemblée. Il ne saurait s'accorder le droit d'insulter, de railler ou de tourner en dérision une autre députée de la Knesset.

En outre, Ahmed TIBI doit respecter la philosophie du projet national de l’Etat d’Israël et participer à l’évolution législative qui s’inscrit dans ce cadre. Au cas particulier, les appels à la prière dans les mosquées au beau milieu de la nuit sont à l’origine de nuisances sonores qui doivent être réglementées. L’Etat juif respecte les différents courants religieux et n’entend pas priver ou interdire un croyant de suivre sa religion. Pour autant, Israël doit veiller à ce que la liberté (notamment religieuse) des uns ne nuise pas à celle des autres (en l’occurrence le droit de ne pas être troublé dans sa vie privée), à fortiori si l’exercice de cette liberté est constitutif d’une infraction, en l’occurrence un tapage nocturne. Il est donc tout à fait possible de débattre de ce problème et à terme parfaitement possible de suggérer aux croyants d’autre moyens de se rendre à la prière comme l’utilisation de réveils matin, voire, des diffusions de prières sur Internet.

Hasard du calendrier, le Ministère de la sécurité publique a, le 23 janvier 2012, publié les statistiques concernant le taux de la délinquance et de la criminalité en Israël. Elles indiquent (opportunément) qu’il est important pour les musulmans, de faire un peu moins de bruit la nuit et de consacrer plus de temps à l’introspection personnelle pour être en adéquation avec le message divin. En effet, selon le Ministre Yitzhak Aharonovitch, les personnes arabes ont été impliquées, en 2011 dans 67% des cas de meurtres, dans 70% des cas de tentatives de meurtres, dans 38% des cas d'agression aggravée, 36% des cas de vol qualifié et 52% des incendies criminels... alors qu’ils s’agit d’actes proscrits par le Coran. Ahmed Tibi pourrait donc instamment participer à cette réflexion concernant l’obligation pour les musulmans de respecter les valeurs morales de l’Islam plutôt que de nuire au sommeil des Israéliens par des appels intempestifs à la prière.

Le fond du problème n’en reste pas moins la participation à la Knesset de personnes tel Ahmed Tibi, qui ne se considèrent pas israéliennes. Israël se doit donc d’avancer sur la distinction qui existe dans l’ensemble des pays démocratiques entre la « citoyenneté » (ezrahout) des personnes en situation régulière sur le territoire, et celle de « nationalité » (léoumaout) qui seule permet aux intéressés d’être électeur et éligible. Ahmed Tibi, non national, serait alors immédiatement déchu de ses droits politiques.

Plus grave, les sites Internet ont largement publié, le 18 janvier 2012, la vidéo du député arabe israélien Ahmed Tibi dans laquelle il fait l’éloge des martyrs : « Le shahid (martyr), est le summum de la gloire. Il n'y a pas de plus haute valeur que le sacrifice. Le shahid trace la voie et forge de son sang la voie vers la liberté et la libération. Le shahid est le symbole de la patrie. Il n'y a rien de plus suprême que ceux morts pour la patrie ». De tels propos sont bien évidemment constitutifs en Israël, de délits comme l’incitation à la haine raciale ou l’incitation au meurtre. En outre, les actes ne participent pas de la culture de l’Etat juif (qui interdit les homicides et les suicides). Par ailleurs, les attentats suicides sont proscrits dans l’ensemble des législations nationales, qu’elles soient islamiques ou non. Enfin, l’éloge des islamikazes est une violation du serment d’allégeance à l’Etat juif.

En effet, la loi fondamentale sur la Knesset du 12 février 1958 a mis à la charge des députés l’obligation de déclarer leur fidélité et leur loyauté à l’Etat d’Israël par une formule qui se présente de la manière suivante « je promets de faire allégeance à l’Etat d’Israël et de m’acquitter loyalement de mon mandat à la Knesset » (article 15). L’article 16 lui interdit d’ailleurs de jouir des prérogatives attachées au statut tant qu’il n’a pas effectué cette déclaration. En pareille occurrence, l’article 16 A de la loi fondamentale exige de lui qu’il se libère de l’autre citoyenneté, lui interdisant de déclarer allégeance à l’Etat d’Israël tant qu’il ne se sera pas libéré de cette autre citoyenneté et le privant de ses droits de membre à la Knesset avant toute déclaration sur ce point (article 16 A).

Il est vrai que l’Etat hébreu n’a jamais été trop regardant sur les manquements par Ahmed Tibi à son serment d’allégeance. Le député arabe (conseiller de Yasser Arafat entre 1984 et 1999) n’a jamais caché : «Je suis palestinien, arabe et citoyen de l’État d’Israël. Ma priorité est la défense des intérêts de cette minorité dont je suis issu ». En octobre 2006, il a qualifié l’opération à Beit Hanoun de crime de guerre et de massacre envers les citoyens palestiniens et s’est rendu au Caire pour appeler la communauté internationale à faire cesser l’opération au Liban. Le 31 Octobre 2007, il a annoncé qu’il continuerait de se rendre en pays ennemi malgré la loi israélienne prévoyant une inéligibilité dans telle circonstances. Le 30 juin 2008, il a soutenu que cette loi était « anticonstitutionnelle et tomberait devant la Cour suprême en ce qu’elle contredit le principe d'égalité ». Le 18 mai 2009, il a présenté un projet de loi pour abroger la loi fondamentale sur Jérusalem et partitionner la capitale conformément aux frontières de 1967. En avril 2009, il a salué les propos du président palestinien Mahmoud Abbas, qui déclarait « ne jamais vouloir reconnaître Israël comme État juif ». En octobre 2009 il a comparé les implantations juives en Cisjordanie à « des cellules cancéreuses dont il faut se débarrasser ». Le 24 mai 2010, il n’ pas manqué de menacer « nous » allons faire pression sur Guilad Shalit. Le 19 mai 2009, il a boycotté une réunion de la présidence de la Knesset dans la Cité de David car selon lui, « Jérusalem n'a jamais été unifiée, la visite étant destinée à entériner la dépossession des Palestiniens de leurs maisons et de leurs biens ». En fait, et en dépit de ses responsabilités politiques au sein de l'Etat d'Israël, Ahmed Tibi ne cache plus son appartenance à la grande nation palestinienne comme il avait déjà eu l'occasion de le rappeler le 2 décembre 2008, lors de la conférence sur le Développement et le Libre Echange à Doha, au Qatar, à l'occasion de laquelle il s'était présenté comme chef de file de la délégation palestinienne.

L’Etat d’Israël pourrait donc tout d’abord prononcer la déchéance de son statut de député eu égard à son refus caractérisé de respecter les devoirs impartis. Il pourrait également organiser son expulsion comme le permet la loi internationale en cas de manquement au devoir de loyauté à l’égard de l’Etat de résidence. La convention sur la réduction des cas d’apatridie (n° 989 U.N.T.S. 175, entré en vigueur 13 décembre 1975.) prévoit dans son article 8 la faculté de priver un individu de sa nationalité en cas de manque de loyalisme, de comportement de nature à porter un préjudice grave aux intérêts de l’Etat et en cas de comportement caractérisant une répudiation du serment d’allégeance.

Le 26 mai 2010, la Knesset a adopté une proposition de loi visant à retirer la nationalité israélienne à des personnes qui se livrent à des activités d’espionnage en faveur d’organisations terroristes. Une mesure similaire pourrait être adoptée pour les députés qui appellent directement ou indirectemet au meurtre de Juifs. De même, le 13 décembre 2010, la Knesset a adopté une loi permettant de supprimer les droits à pension de retraite de Bishara. Une loi similaire pour être votée concernant les pensions de retraite d’Ahmed Tibi qui pourraient utilement alimenter un fond destiné à soutenir les victimes du terrorisme palestinien.

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 21:28

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Le 11 janvier 2012, la Cour Suprême israélienne a rejeté le recours présenté contre la Loi du 31 juillet 2003, qui interdit le regroupement familial des palestiniens mariés à des arabes israéliens, c'est-à-dire l’installation en Israël des palestiniens originaires des Territoires de Cisjordanie ou de Gaza qui se marient à des arabes israéliens ou à des résidents palestiniens vivant en Israël. Cette loi, dont le terme était, à l’origine, fixé au 31 août 2004, est régulièrement reconduite d’année en année. Elle était, à l'origine, motivée par des impératifs de sécurité puisqu’entre 1993 et 2003, plus de 100 000 palestiniens ont obtenu le droit de s’établir sur le territoire israélien, permettant à des terroristes palestiniens de se livrer librement à leurs activités anti-israéliennes sur le territoire juif. 

La décision de la Cour Suprême a, logiquement, été diversement appréciée. Pour la députée de la gauche israélienne, Zeava Galon à l’origine du recours (tout comme pour les organisations israéliennes qui se qualifient « de défense des droits de l’Homme »), cette loi est discriminatoire pour les citoyens arabes israéliens directement concernés par les mariages avec des résidents des territoires de Cisjordanie ou de Gaza. Aussi, la députée a particulièrement mal accueilli la décision qui signifie pour elle : « si vous voulez vous marier avec un ou une Palestinienne vous n'avez qu'à partir ». Elle reproche essentiellement à l’institution d’avoir failli à sa mission : « La Cour suprême a failli à son devoir de défense du principe de l'égalité de tous les citoyens devant la loi et de lutte contre le racisme, et a cédé aux pressions de la majorité de droite au Parlement ». De même, pour l’association arabe Adalah, « La Cour suprême a approuvé une loi dont l'équivalent n'existe dans aucun Etat démocratique au monde, qui prive les citoyens d'une vie de famille en Israël sur la seule base de l'appartenance ethnique ou nationale de leur conjoint ». Voire encore pour l'Association pour les droits civiques en Israël (ACRI) : « C'est un jour noir pour les droits de l'Homme et la Cour suprême ». Notons que même la Présidente de la Cour Suprême, Dorit Beinish (qui a voté en faveur du recours) estime : « toute atteinte à la vie des familles met en cause le principe d'égalité ». 

Inversement, le juge Asher Dan Grunis, (qui brigue la présidence de la Haute Cour) a justifié dans ses attendus : « la défense des droits de l'Homme ne doit pas aboutir à un suicide national, les impératifs de sécurité devant primer sur la défense des droits de la famille ». De même et sur un plan national et identitaire, le Ministre de l'Intérieur Eli Yishaï a rappelé : « La sécurité nationale ne doit pas seulement être envisagée sous l'angle de la lutte contre le terrorisme, mais aussi démographique afin de ne pas mettre en cause la majorité juive au sein de l'Etat d'Israël ». Notons enfin que certains juristes sont partagés comme Claude Klein, Professeur de droit à l'Université hébraïque de Jérusalem, pour qui la décision a « des relents de racisme, même si elle a une justification d'ordre démographique et surtout de sécurité ».

La question mérite donc d’être posée de savoir si Israël, qui se définit comme Etat juif et démocratique, privilégie sa judaïté au détriment de son caractère démocratique ou si, inversement, c’est le principe même du regroupement familial qui s'avère être, dans son application, anti-démocratique. En effet, la Loi fondamentale du 7 mars 1992 sur la liberté et la dignité précise dans son article 7 que toute personne a droit au respect de sa vie privée et de son intimité. Ainsi, et théoriquement, comme les Lois internationales relatives aux droits de l’Homme font figurer le regroupement familial parmi les prérogatives individuelles, il devrait profiter à tous les ressortissants de l’Etat juif. Le mécanisme est en réalité utilisé à d'autres fins.

Initialement, le regroupement familial avait pour vocation de permettre à des personnes issues de pays différents de poursuivre ensemble leur vie maritale, dans le pays de leur choix. Des personnes liées sentimentalement ne sauraient, en effet, se voir refuser la possibilité de poursuivre leur histoire d’amour dans le pays de résidence d’un époux, conformément à un principe découlant des droits de l’homme.

En réalité, il est observé dans les pays démocratiques, une application curieuse du regroupement familial. Le procédé est le suivant : des personnes étrangères en situation régulière dans un Etat démocratique, retournent dans leur pays d’origine pour trouver un conjoint et le faire venir dans le pays de résidence. Le conjoint étranger bénéficie alors d’une régularisation de sa situation administrative dans le pays démocratique. Puis, après une ou plusieurs naissances d’enfants, les époux divorcent (hélas très fréquemment) avant que chacun d’eux ne retournent dans le pays d’origine pour trouver un nouveau conjoint dont ils vont régulariser la situation par ce même mécanisme du regroupement familial dans le pays d’accueil. Une nouvelle progéniture pourra alors de nouveau grandir en toute quiétude… En somme, le regroupement familial devient un mode d’immigration régulière offert à des personnes qui en réalité, n’avaient aucune raison d’en bénéficier.

Ce mode opératoire pose techniquement de nombreux problèmes. Tout d’abord il détourne le principe du regroupement familial de sa vocation initiale. Ensuite, il occasionne un coût considérable puisqu’il met à la charge du pays d’accueil le coût des naissances avec les allocations familiales, le coût des soins avec les systèmes d’assurance maladie et désormais, par exemple en France, le coût de la circoncision avec la Loi de la députée Valérie Boyer qui la fait supporter par la Sécurité Sociale (en dépit de l’atteinte au principe de laïcité). En outre, le mécanisme entraîne à très court terme un déséquilibre démographique et une faille dans le concept de nation avec de nouveau débats comme celui des présidentielles de 2012 en France concernant l’insertion d’une nouvelle fête nationale pour "l’aid el kebir" alors que la fête du 14 juillet serait supprimée (sic). Il favorise enfin la mise en place d’organisations qui perçoivent des fonds considérables pour organiser ces « étranges histoires d’amour »...

Dans de nombreux pays européens, le déséquilibre démographique qui en résulte devrait prochainement les conduire à une situation voisine de celle de la Palestine mandataire du début du XX° siècle, lorsque les Juifs sont arrivés en masse, compte tenu de la promesse faite d’y fonder un foyer national juif. Une population non nationale devient ainsi majoritaire, avec son système de valeurs, de culture et de culte, ce qui permet d’entrevoir une scission de la société (et sa plongée dans le chaos), dans la mesure ou la système démocratique confère le soin de légiférer au plus grand nombre, et donc d’opter éventuellement dans le futur, pour l’instauration de républiques islamistes (modérées bien entendu).

La question philosophique se pose alors non plus sur un plan national mais au niveau de la planète : est-il préférable de permettre au plus grand nombre de s’établir au sein des Etats démocratiques pour bénéficier du gîte et du couvert, de la sécurité sociale, et des moyens de subsistance, grâce au procédé détourné dit du "regroupement familial", ou au contraire, faut-il privilégier les racines historiques de l’Etat d’installation. En Europe, de nombreux pays ont, collectivement, décidé de rompre avec leurs traditions nationales, culturelles et identitaires, au profit des institutions de l'Union Européenne. Ils devraient (à court terme) en supporter les conséquences néfastes.

La Cour suprême israélienne a fait, pour sa part, le choix pragmatique inverse de privilégier l’identité historique nationale juive au détriment d’un principe qui se dit démocratique mais qui, dans son application, ne l’est pas. Sa décision (qui pourrait être prochainement adoptée dans d'autres pays démocratiques), se doit donc d'être respectée.

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 22:26

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Le 14 février 2012, la Cour de Cassation doit examiner le pourvoi formé par la chaîne de télévision France 2 et Charles Enderlin contre un arrêt de la Cour d’Appel de Paris, qui a relaxé Philippe Karsenty du chef de diffamation publique à leur endroit. Il s'agit d'un nouvel épisode de l'affaire Mohammed Al Dura, du nom de ce jeune Palestinien de 12 ans, dont la chaîne de télévision France 2 a présenté la mort (dans les bras de son père), des suites de tirs de l'armée israélienne, dans un reportage diffusée le 30 septembre 2000.


Eu égard à l'ensemble des incohérences du reportage, Philippe Karsenty, fondateur de « l’agence de notation des médias Media-Ratings" s'est livré à une enquête fouillée pour le démonter et en souligner les falsifications dans un article publié le 22 novembre 2004 intitulé : « Arlette Chabot et Charles Enderlin doivent être démis de leurs fonctions immédiatement ».


Karsenty n’a certes pas été spécialement tendre à l’égard de France 2 et de Charles Enderlin dans le choix des mots employés, indiquant notamment « des membres du gouvernement savent que France 2 a publié un faux reportage le 30 septembre 2000 », « « Nous espérons que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel exigera la démission immédiate de ceux qui se sont livrés à cette supercherie », « nous affirmons que le correspondant de FRANCE 2 à Jérusalem, Charles ENDERLIN, a effectivement diffusé un faux reportage ». Au sujet des incohérences du document, il pose: « Ce premier épisode est une pure fiction », « Charles ENDERLIN nous trompe. Pourquoicherche-t-il à couvrir son imposture ? », « Espérons que les médias français informeront rapidement leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs de l’imposture médiatique à laquelle s’est livrée FRANCE 2, depuis plus de quatre ans ».


Le 3 octobre 2006, le Tribunal Correctionnel de Paris a reconnu Philippe Karsenty coupable de diffamation publique et l'a condamné au paiement d'une somme de 1OOO euros de dommages et intérêts aux parties civiles. Le 21 mai 2008, la décision a été réformée par Cour d'Appel, qui a relaxé le prévenu et débouté les parties civiles.


Karsenty s’est effectivement livré à un travail prodigieux pour disséquer le reportage de France 2 et prouver la falsification du document. Le procès devant la Cour d’appel de Paris a permis de démontrer que les propos n'étaient pas diffamatoires, notamment grâce aux rushes qui ont pu être exploités. Ils ont confirmé que ni le père ni l’enfant n’ont été tué ou blessés par des tirs de l’armée israélienne. D"ailleurs, « à la fin du reportage de France 2, l’enfant lève le coude, tourne la tête vers la caméra, baisse le coude et garde le pied suspendu au-dessus du sol ». (selon Karsenty, aucun médecin ne peut soutenir que cet enfant est mort.) S’agissant des conditions dans lesquelles le document a été construit, il apparaît que : « l’homme reçoit une balle à la jambe droite mais sur le sol, aucune trace de sang. Et sur sa jambe, non plus ». S’agissant des secours « l’ambulance est arrivée deux secondes après que le Palestinien ait reçu la prétendue balle dans la jambe droite ». L’examen des rushes permet également de constater qu’au milieu de la scène, « on voit deux autres hommes qui fument tranquillement » et que sur un plan plus large « le père et l’enfant al-Dura attendent tranquillement derrière le baril de tourner leur scène ».


La Cour d’Appel de Paris s’est alors livrée à un travail minutieux pour prendre sa décision. Rappelons tout d’abord que la question posée à la Cour n’était pas celle de savoir si le document présenté par France 2 était ou non faux mais simplement d’examiner si les propos de Karsenty était ou non diffamatoires, c’est à dire s’ils portaient atteinte à l’honneur et à la réputation d’une personne et (ou) d’une institution. Lorsque tel est le cas, le prévenu peut encore s'exonérer de toute responsabilité en prouvant soit la vérité du propos diffamatoire soit simplement la bonne foi.


Au cas particulier, la Cour a bien qualifié les propos comme étant diffamatoires, mais a recherché s’il n’existait pas de cause d’exonération. Après avoir rejeté l’exception de vérité (en raison des difficultés de prouver que la chaîne avait "sciemment" diffusé un faux reportage), la Cour s’est placée sur le terrain de la bonne foi. Pour ce faire, les éléments de preuve doivent avoir une origine licite, transparente et doivent être en la possession de l’auteur de la diffamation au moment de l’infraction. Par ailleurs, le prévenu doit, prouver que sa démarche est légitime, motivée par le devoir d’information. Enfin, pour apprécier la bonne foi, la Cour a précisé qu’« Il convient d’apprécier la validité de l’enquête du prévenu en fonction, non pas de sa vertu démonstratrice de la vérité des imputations diffamatoires, mais de la valeur et de la variété des sources utilisées, ainsi que de la pertinence de leur contenu. »


La Cour a donc tout d’abord indiqué que la thèse de Philippe KARSENTY n’était pas erronée compte tenu de la vision des rushes, des arguments et des preuves présentées qui étaient suffisamment solides et pertinents. Ils pouvaient être pris en compte sans risquer de poursuites judiciaires. La Cour a également écarté l’argument concernant l’absence de soutien de l’armée israélienne à la thèse de Karsenty, car le défaut de label officiel ou de crédit de la part des autorités israéliennes n’empêchait pas l’examen de la thèse. La juridiction a ensuite examiné la prudence dans l’information fournie, puisqu’il s’agit de l’un des critères nécessaires pour retenir la bonne foi. Enfin, elle a examiné le caractère légitime des buts poursuivis, c'est à dire informer et non nuire.


La Cour d'Appel a finalement infirmé la décision déférée à sa censure et en posant : « Philippe Karsenty a exercé de bonne foi son droit de libre critique ; que, ce faisant, il n’a pas dépassé les limites de la liberté d’expression reconnue par l’article 10 de la convention européenne des droits de l’homme, laquelle vaut non seulement pour les informations ou idées accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent ».


C’est cet arrêt qui est maintenant déféré à la censure de la Cour de cassation mais la question peut se poser de savoir si le véritable problème n'est pas occulté.


En effet, cela fait plus de 11 ans que les avocats, les magistrats, l’institution judiciaire française dépensent une énergie considérable autour du document imputant le décès du jeune palestinien à Tsahal sans que personne ne s’interroge sur celui qui a été véritablement diffamé par le montage audiovisuel, à savoir l’Etat juif et l’ensemble de la communauté juive mondiale. Comme l’a régulièrement déploré Karsenty, la manipulation audiovisuelle a été le support de déchaînement de haine anti-israélienne et anti-juive : Ben Laden a exploité ce reportage pour recruter des terroristes dans la période ayant précédé les attentats du 11 septembre, le journaliste Daniel Pearl a été égorgé comme mesure de rétorsion à cette mort, des timbres à l’effigie de Mohammed Al dura ont été commercialisés dans de nombreux pays, le clip est régulièrement exploité pour inciter à la guerre islamiste contre l’Occident...


En somme, l’affaire Al Dura a permis de diffamer Israël dans une sorte de mensonge antisémite des temps modernes, du même acabit que ceux largement répandu au fil des siècles comme « les juifs ont collectivement tué Jésus », les juifs empoisonnent les puits », « ils tuent les enfants chrétiens pour confectionner les matzot », « ils ont fabriqué la Shoah », « ils complotent pour contrôler le monde »...


En somme, il est regrettable que France 2 et Charles Enderlin s’obstinent autant à essayer de prouver que Karsenty est auteur d’une diffamation à leur endroit alors qu’il eut certainement été opportun de faire preuve d'un peu de modestie, de reconnaître qu’eux- mêmes ont porté atteinte à l’honneur d’Israël et de la communauté juive. Ils auraient pu se contenter d'un petit mot d’excuse pour la diffusion de ce reportage malheureux.

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 22:09

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Le Hamas est assez confiant sur sa victoire prochaine aux éléctions législatives prévues pour le mois de mai 2012. Il escompte même un meilleur résultat qu'en 2006 où il avait déja rafflé 74 des 132 sièges du Conseil Législatif Palestinien. Mahmoud Zahar, dirigeant islamiste, a, le 25 décembre 2011, précisé la stratégie du mouvement : « ce qui importe, c’est le projet culturel », autrement dit asseoir la primauté de l'identité nationale arabe. Pour ce faire, il entend surfer sur la vague des mouvements de contestation que connaît l'ensemble du monde arabo islamique dont il espère le soutien. Aussi trouve-t-il un certain parallélisme entre le printemps arabe et la situation dans les territoires palestiniens : «le printemps arabe est devenu inévitable puisque les pays arabes et islamiques connaissent l’oppression, l’injustice, l’occupation et la faim». La dimension historique du message apparaît alors sous la forme d'une aspiration : «que les mouvements de jeunesse prennent les devants et croient en sa religion et à tous ceux qui servent les intérêts de leur patrie afin d’être en mesure de réformer la nation arabe ». La fracture avec le monde occidental n'est pas non plus oubliée : «la victoire du hamas en 2006 a eu pour conséquence les mesures de retorsion américaines et européennes avec la suspension de l'aide aux territoires palestiniens».... Dès lors, si le Hamas a annoncé, le 29 décemre 2011, rejoindre l'OLP, c'est bien pour en appliquer le programme initial c'est à dire libérer la Palestine une bonne fois pour toute présence exogène.

Il faut néanmoins admettre que les évènements qui se produisent actuellement dans le monde occidenal devraient bien l'y aider.

La crise économique qui frappe l'Europe et les Etats unis et qui s'étend désormais à l'Asie, l'Afrique et l'Amérique du Sud, témoigne de la fragilité des fondements du système capitaliste occidental : les projections économiques sont alamistes , les responsables politiques occidentaux redoutent l'amoindrissement des ressources, l'agravation de la dette, les mouvements de contestations populaires et les risques de ne pouvoir sauver le système. L'Europe du Nord (France, Alemagne Pays bas, ...) évoque une possible sortie de la zone euros des pays de l'Europe du Sud (Grèce, Espagne, Italie, Portugal) avec les conséquences immédiates : impossibilité de recouvrer les créances sur ces pays, pendant que ces derniers, sous le poids des dettes colossales, devront décider d'une baisse drastique des salaires et des avantages sociaux. Sur le plan stratégique, l'Europe perdra alors toute crédibiliité pour intervenir dans le cadre d'une opération contre le programme nucléaire iranien ou simplement pour contrer le programme de soutien logistique de la Russie aux syriens ou aux chinois...

Cette désintégration progressive du système démocratique occidental, conséquence directe des choix philosophiques historiques, est une bénédiction pour le Hamas (comme pour l'ensemble des pays qui optent démocratiquement pour un régime islamiste).

La raison en est simple et trouve son explication dans une transposition contemporaine de l'épisode de la Tour de Babel (Genèse 11.1-9), losque les hommes avaient entrepris de construire une tour dont le sommmet toucherait le ciel pour éviter d'etre dispersés sur la suface de la terre. D.ieu les avait alors punit de leur arrogance, leur avait inculqué des langues différentes et les avait dispersés. La tour ne fut finalement jamais achevée.

Dans le cas de la construction européenne et de l'affirmation des fondements démocratiques, on se retrouve dans une situation similaire où l'homme veut (consciemment ou non), se substituer à D.ieu. Avec la démocratie, la source de la Loi n'est pas verticale mais bien horizontale, c'est à dire qu'elle ne vient plus du Ciel mais du nombre. Ainsi, et grâce à la démocratie, D.ieu cesse d'être le légisalteur voire abandonne sa place au profit de la majorité humaine. En d'autres termes, la démocratie a substitué au fondement divin de la vie sur terre, une sorte d'organisation primée par la nécessité économique, sans référence transcendentale, sans morale, sans humanité... Par ailleurs, la démocratie est laïcque, ce qui plonge progressivement les populations européennes dans une forme d'athéisme (même s'il existe une certaine résistance des pays d'Europe du sud : grèce, Italie, Espagne, Portugal qui devraient, paradoxalement, meux s'en sortir sur le plan identaire). En tout état de cause, les populations occidentales n'ont plus partuclièrement besoin de D.ieu puisque les Etat providentiels s'y subsituent en fournissant aux hommes, logement, santé, moyens d'assurer la subsistance...

C'est bien ce monde qui est sur le point de s'écrouler, exactement pour les mêmes raisons que celles qui ont conduit à l'arrêt de la construction de la tour de Babel, symbole de l'echec de l'orgueil humain. Dans ce Chapitre de la Genèse, le Ciel a condamné les projets de coopération entre les hommes puisque les objectifs n'étaient pas dictés par Dieu lui même. C'est un peu ce qu'il ressort de la cacophonie dans les débats européens, illustrant l'incapacité de comprendre et de se faire comprendre, avec pour conséquence, une construction de l'édfice européen qui devrait être suspendue, tout comme le fut jadis la Tour de Babel.

Le Hamas va donc pouvoir exploter l'égarement spirituel des politiques occientales et partager avec le monde de l'Islam un certain goût de la revanche puisque se sont les pays européens qui ont fabriqué les Etats arabes avec leur découpage colonial.

 
Il suffira simplement d'opposer au système occidental vieillissant, décadent, amoral, laïc, dans une spirale d'auto anéantissement... l'unité de la nation arabe, le respect de ses valeurs ancestrales et la centralité du projet d'Allah. En somme, la victoire du Hamas sera une nouvelle étape du processus historique en vertu duquel le modèle arabo islamique doit prendre la place du projet occidental qui ne mène nulle part.

Ainsi :

- le Fatah, qui a abandonné la cause palestinienne pour devenir le suppôt des américains doit être balayé (comme le modèle dont il s'inspire)

- Le fatah dont le terme signifie "organisation de libération de la palestine" n'est plus cohérent avec la promesse contenue dans son nom, et doit disparaître

- les palestiniens doivent se retrouver dans la dynamique identitaire des pays arabo islamiques

- le message d'Allah doit recouvrer sa place au coeur de la pensée palestinienne

- la dynamique islamique traduit la revanche de l'orient sur l'occident qui l'a exploité, dépouillé de ses richesses, divisé, corrompu ses dirigeants...

Lorsque le Hamas aura empoché sa nouvelle victoire historique, le Fatah devra alors soit revenir à sa doctrine initiale (consistant dans la disparition de l'entité sioniste) soit disparaître dans le plus grand discrédit.

Rien donc ne sert d'agiter l'épouvantail de l'islamisation du monde et de la société palestinienne si les démocraties occidentales ne reviennent pas à leurs fondements théologiques historique. Le monde occidental sera responsable de son auto anéantissement s'il ne se ressaisit pas. De même, en sa qualité de dépositaire des principes fondamentaux de l'existence, Israël devrait se garder de s'engouffrer dans un modèle de type occidental voué à la disparition, faute de sursaut mystique et de prise en considération de ce qu'il nomme "la présence divine dans l'univers".
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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 22:20

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Le 15 décembre 2011, le Tribunal Correctionnel de Muhlouse a relaxé les militants du collectif BDS (boycott désinvestissement sanctions) poursuivis pour « discrimination et incitation à la haine et à la violence envers un groupe ou une personne à raison de son appartenance à une nation ». Le Tribunal a considéré que les prévenus ayant participé à la campagne pour le Boycott de produits israéliens dans une grande surface de Illzach, n'étaient pas "susceptibles de se voir imputer une attitude hostile vis-à-vis du peuple israélien".

Cette décision qui confirme le revirement jurisprudentiel opéré par la 17 eme Chambre du Tribunal Correctionnel de Paris le 8 juillet 2011, a naturellement rassuré les militants qui doivent comparaître en 2012 (pour des faits identiques) devant les juridictions repressives le 8 mars à Paris, le 15 mars à Bobigny, le 28 mars à Pontoise ainsi que le 24 mai prochain à Perpignan...

Le Tribunal de Mulhouse a par ailleurs ravi les ardants défenseurs de (ce qu'ils nomment) la cause palestinienne en ce qu'il a validé l'appel au boycott des produits israéliens, autorisé (ce qu'ils estiment être) une critique de la politique israélienne (sans risquer d'être taxés d'antisémitisme), donné un blanc seing pour employer des moyens (qu'ils qualifient de légaux) dans le but d'exiger (ce qu'ils affirment être) l'application du Droit international notamment en Palestine...

L'incrimination visée était en effet celle de la discrimination et de l'incitation à la haine et à la violence à l'encontre de personnes ou d'un groupe en fonction de son apparteance. Effectivement, ce n'est pas stricto sensu le cas, la méthode employée par le collectif BDS étant plus insidieuse. Elle consiste en une diffamation d'Israël avec la reprise en boucle de mensonges ou de contre vérités distillés pour diaboliser l'Etat juif et le rendre responsable d'une injustice dont les palestiniens seraient victimes. Le colectif BDS a en effet pris soin d'évoquer Israel, non en tant que peuple, mais en tant que pays, ce qui est subtil car l'association est immédiate sans pour entrer sous le coup de la prévention.
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Pour ce faire, la campagne BDS use d'un procédé tout à fait habile en se réfugiant derrière des principes vertueux qu'elle s'approprie pour salir Israël et convaincre le plus grand nombre de l'ignominie de l'Etat juif à qui il est imputé le non respect du droit international et ce, en toute impunité.

L'examen des 5 articles de la Charte BDS est à cet égard édifiant.

Dans son premier article, la Charte BDS se présente à la fois comme une prise de position politique mais également comme une dénonciation. Ce faisant elle se positionne comme participant du droit à l'expression démocratique mais sous un aspect manichéen incarnant le "bien" et Israël, le mal.

 

Aussi, dans cet article, elle indique sa détermination avec l'engagement de poursuivre sa politique jusquà ce qu'Israël s'engage dans le respect du Droit international, et qu'il cesse l'occupation et la colonisation. (le Droit c'est eux, le non droit c'est Israël). Suivant un canneva traditionnel, Israël est pésenté comme un Etat qui occupe (sans précision de ce qui est occupé) mais également un Etat qui colonise (sans plus d'explication). le procédé est donc simple; une vérité est fabriquée pour une majorité naïve et crédule afin de fustiger l'Etat juif avec des termes repris en boucle dans les article suivants, comme si un Etat palestinien existait (ce qui n'est pas le cas), et qu'Israël s'y serait établi sans droit ni titre (ce qui est également faux, faute d'Etat palestinien).

 

Aussi, et pour corroborer sa thèse, la Charte BDS affirme dans son article 2, que l'Etat colonisateur d'Israël pratiquerait une politique comparable à celle qui prévalait en Afrique du sud où le boycott était humainement justifié. La démonstration repose alors sur un postulat faux qui assimile la politique de l'Etat juif au système d'apartheid ayant mis en place une discrimination entre la race blanche (considérée comme supérieure) et la race noire (considérée comme inférieure). Non seulement les situations ne sont en rien comparables mais en outre, la clôture de séparation a pour objet de délimiter les territoires juifs et palestiniens dans le cadre d'un futur accord et ce, conformément aux voeux des palestiniens qui aspirent à l'autodétermination ( Il ne s'agit donc pas des banthoustan de l' Afrique du Sud). Enfin cet article exige d'Israël qu'il respecte les droits des palestiniens sans bien évidemment expliciter la nature de ces droits.

 

Pour donner du crédit à la thèse, l'artile 3 de la Charte présente l'action comme étant éthique, citoyenne et politique tout en opérant, dans une explication confuse, une distinction entre les produits israéliens concernés par le boycott et les produits simplement "cashers" qui ne le sont pas.

 

l'article 4 de la Charte se présente alors comme une sorte de profession de foi avec un engagement de refuser d'acheter ou de consommer des produits et services israéliens, expliquant les campagnes d'information et de sensibilisation du public et les raisons du boycott des entreprises françaises, en quelque sorte, complices de l'occupation et de la colonisation israélienne.


 

Enfin, et pour soigner son image, le 5° article pose que l'action est non violente et respecte les personnes et les biens, ( ce qui est faux sur un plan strictement juridique, puisque le mouvement BDS porte atteinte à la liberté du commerce, à la liberté d'entreprendre et à la liberté d'acheter dans une propagande digne des moments noirs de l'histoire française).


 

En réalité, non seulement les propos sont mensongers, diffamants et dégradants pour Israël mais en outre, ils sont d'une bêtise dont le collectif n'a manifestement pas conscience. En effet, les relations commerciales entre Israël et les palestiniens se portent à merveille et c'est d'ailleurs la seule chose qui fonctionne parfaitement entre juifs et palestiniens. Le collectif BDS gagnerait à s'y interreser de plus près.

 

Si les palestiniens boycottaient les produits israéliens en Cisjordanie et à Gaza, ils s'auto priveraient de l'electricité provenant à 60% des centrales israéliennes dans la bande de Gaza. Il refuseraient l'eau fournit exclusivement par la société Mekorot en Cisjordanie, mais également les soins qui leur sont dispensés dans les hopitaux israéliens..En outre, la Chambre de Commerce Israël-Palestine (qui a vu le jour en 2009) participe d'un reseau relationnel entre les secteurs privés israéliens et palestiniens qui favorise la circulation de l’information, organise des rencontres entre partenaires, organise des activités communes, encourage, développe, élargit les relations commerciales entre Israéliens et Palestiniens. C'est ainsi plusieurs milliards de dollars qui sont échangés chaque année dans les domaines agroalimentaires, agricoles, les matériaux de construction, l'électroménager, les services, le textile, la petite industrie, l’artisanat, ou la pierre pour l’habitat...Les échanges économiques sont donc bien une réalité quotidienne locale avec une multiplicité d'accords conclus, tel l’accord sur les taxes douanières prélevées par Israël au bénéfice de l’Autorité palestinienne et transferées tous les mois. Si le collectif se penchait un peu sur la question, il découvrirait qu'au cours de l'année 2011, ce ne sont pas moins de 4 milliards de dollars qui ont été échangés et qui font même d'Israël le premier partenaire de l'Autorité Palestinienne en matière économique.

 

Avec sa campagne de boycott des produits israéliens en France, le collectif BDS apparaît comme étant parfaitement déconnecté des réalités économiques du Moyen Orient, et ne fait que cultiver localement des dissenssions qui n'existent pas entre Israël et l'Autorité palestinienne (où les échanges sont fructeux pour les deux partenaires). Plus précisément, en essayant de profiter de l'assimilation naturelle qui est faite entre Israël et le peuple juif, il commet une erreur monumentale, d'une bêtise innomable.

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 08:00

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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A l’occasion de sa tournée européenne achevée le 15 décembre 2011, le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s’est donné beaucoup de mal pour incarner le personnage consensuel (voire providentiel) qui offrira à son peuple un Etat en passe d’être reconnu à l’Onu, et à Israël une paix tant voulue depuis sa naissance. Sa visite européenne avait ainsi pour objet d’illustrer en quoi le nouveau partenariat (annoncé au Caire le 24 novembre 2011), finalisant la réconciliation palestinienne avec le chef du Hamas Khaled Mechaal, devrait déboucher sur une orientation politique conforme aux exigences des Etats Unis et de l’Union Européenne, à savoir une reconnaissance d’Israël et une renonciation à la violence. Aussi, et tel un chef d’Etat de la Palestine, a-t-il hissé le drapeau palestinien au siège de l’Unesco le 13 décembre 2011 en lançant : « Nous espérons sincèrement avoir à l'avenir un Etat indépendant. Nous serons capables de vivre côte à côte avec Israël dans un esprit de paix ». C’est dans ce même esprit qu’il s’est rendu à Bruxelles, le lendemain, pour demander à l’Union Européenne de le soutenir dans son projet : « J'espère que le jour viendra où nous allons hisser le drapeau de la Palestine aux Nations Unies, avec le soutien de l'Union européenne».

Pour sa part, Ismaël Haniyeh Premier Ministre Hamas de la bande de Gaza ne lui a pas prêté main forte dans cette entreprise, lors de son discours prononcé le 14 décembre 2011, à l’occasion du 24ème anniversaire de son mouvement. Devant plusieurs centaines de milliers de palestiniens, le chef du Hamas a confirmé sa fidélité aux principes fondateurs : « Le Hamas est toujours au centre de ses principes, il ne les abandonnera pas ». Aussi, a-t-il rassuré sur la poursuite du combat « jusqu'à la libération de tous les territoires palestiniens », tout comme sur la méthode employée : « La résistance et la lutte armées sont la voie et le choix stratégique pour libérer la terre palestinienne, de la mer Méditerranée au fleuve Jourdain et chasser les envahisseurs (sous entendu les israéliens) ». Faisant preuve d’une réelle honnêteté intellectuelle, il a également donné des explications sur l’ambivalence dans le processus de réconciliation avec le Fatah : «le Hamas marche parallèlement et simultanément sur la voie de l'appel au jihad (guerre sainte) et du gouvernement ». En fait, non seulement le Premier Ministre Hamas a juré qu’il ne reconnaîtrait jamais la légitimité d’Israël, mais encore, a-t-il appelé à la propagation de la guerre contre Israël dans toute les capitales arabes et islamiques avec la création d’une « armée de Jérusalem ».

Il faudra donc bien se faire une raison. Ismaël Haniyeh n’entend pas s’associer au processus de paix avec Israël et préfère se positionner en vue des élections législatives prévues en mai 2012 (où il escompte la victoire de son parti). Tout d’abord, il a revendiqué la paternité des révolutions survenues dans le monde arabe : « à travers sa fermeté et sa résistance, le Hamas a inspiré les masses arabes à se soulever contre leurs tyrans et despotes ». Il a ensuite recentré le véritable débat au sein des Etats islamiques : « les révolutions arabes doivent passer de leurs questions nationales particulières à la question centrale arabe, la question palestinienne ». Enfin, il s’est adressé aux palestiniens de Cisjordanie pour qu’ils viennent plus nombreux grossir les rangs du Hamas : « Je dis que l’unité nationale est une tâche primordiale, je dis à nos frères de Ramallah, vous devez libérer la volonté palestinienne des pressions externes qui entravent la réconciliation nationale»… En somme, un véritable travail de sape de tout ce qui a été entrepris par Mahmoud Abbas dans les capitales occidentales…

Pourquoi donc continuer de se leurrer. La haine des palestiniens à l’endroit d’Israël, cultivée et attisée par le Hamas n’est pas prête de s’estomper, ni son corolaire, la crainte des israéliens vis-à-vis de leurs voisins. Aussi, rien ne sert de se perdre en palabres sur le concept de paix qui n’est pas prêt d’avancer alors qu’il est possible de chercher un consensus autour de l’interdépendance économique des peuples juifs et palestiniens, à même de fonder leur coexistence pacifique, dans un premier temps.

L’imbrication des économies israélienne et palestinienne est telle que juifs et palestiniens sont obligés de s’entendre, quand bien même ils ne voudraient pas immédiatement et officiellement faire la paix. On peut tout d’abord citer le problème de l’eau, crucial tant pour les palestiniens que pour les israéliens. En cas de création d’un Etat palestinien, le Premier Ministre Benjamin Netanyahou entend se maintenir dans la vallée du Jourdain pour garder le contrôle de cette source naturelle. Par ailleurs, Israël contrôle l’exploitation et la distribution de l’eau des 3 nappes aquifères qui se trouvent sous la Cisjordanie et qui desservent les deux côtés de la Ligne Verte (la société israélienne Mekorot livre et facture l’eau aux palestiniens). Les actes de guerres sont donc tout à fait contraires aux intérêts bien compris des partenaires.

S’agissant des télécommunications, Israël contrôle toutes les infrastructures de communication numérique dans les territoires palestiniens. Les points de raccordement pour les lignes fixes, les téléphones mobiles et les accès Internet se situent en dehors des territoires palestiniens, et le trafic généré par les Palestiniens est acheminé par des commutateurs israéliens. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou souhaite d’ailleurs conserver le contrôle de l’attribution des fréquences du Futur Etat palestinien. Une fois encore, les hostilités palestiniennes sont tout à fait contre productives dans la recherche d’une synergie dans ce domaine.

Pour ce qu’il en est de l’électricité, Israël fournit 60% des besoins de la Bande de Gaza, l’énergie étant financée au moyen des taxes douanières palestiniennes perçues par les autorités israéliennes. Or, si la fourniture de cette électricité est indispensable pour les palestiniens (hôpitaux, écoles, services publics), et plus particulièrement pour ce qu’il en est du traitement de l’eau (au chlore) puisque les nappes phréatiques sont polluées, elle l’est également pour Israël car si les eaux palestiniennes usées ne sont pas traitées, elles sont reversées dans la mer où elles polluent la Méditerranée avec des répercussions immédiates pour l’Etat juif…

Le 26 Novembre 2011, Danny Ayalon, adjoint au Ministre israélien des Affaires Etrangères, a menacé de couper l’électricité et l’eau en provenance d’Israël ainsi que tous les liens d’infrastructure qui profitent aux palestiniens de la bande de Gaza, ce qui a fait bondir le Centre Palestinien des Droits de l’homme de Gaza : « Il est absurde de faire du chantage sur la vie de toute une population à cause de problèmes politiques ». Bien évidemment, il ne s’agit pas de simples problèmes politiques mais bien du nœud du problème et de sa solution. Pour le centre des droits de l’homme palestinien « Israël ne prête ni attention à l’opinion internationale, ni aux lois et conventions internationales, comme les Conventions de Genève, qu’ils ont signées et qui interdisent les punitions collectives. Ils sentent qu’ils sont au-dessus de la loi et au-delà de toute poursuite judiciaire ». En fait, la Loi internationale est non seulement opposable à Israël mais également aux palestiniens. Il convient donc de faire preuve de bon sens : israéliens et palestiniens sont obligés d’agir conjointement dans le sens d’un intérêt partagé. Les consensus trouvés dans de multiples domaines économiques pourraient bien aider la raison à triompher, et ce, dès avant la signature d’un acte de paix.

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 21:38

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Plus de trois mille personnes immigrées d’origine africaine, en provenance d’Erythrée, du Soudan, du Nigéria ou de Côte d'Ivoire, ont franchi la frontière israélo- égyptienne en 2011. Eilat, première ville israélienne concernée par cette venue massive de personnes africaines a, en novembre 2011, appelé une nouvelle fois le gouvernement à agir pour mettre un terme à ce processus constitutif d’un véritable trouble à l’ordre public. Lors de sa visite dans la ville balnéaire du 29 novembre 2011, le Premier Ministre Benjamin Netanyahou, conscient de la difficulté, a tenté de rassurer en rappelant le rôle de la clôture qui doit : « assurer le caractère juif et démocratique de l’Etat d’Israël».

 
L’arrivée des immigrés africains s’opère grâce au silence complice des autorités égyptiennes (satisfaites de n’avoir pas à absorber cette population indigente) mais dans des conditions très pénibles. Bien souvent, ils sont pris en main par des bédouins du Sinaï qui abusent de leur situation précaire, les dépouillent de leur menue monnaie, voire violent leurs filles. En Israël, ils sont traqués par les services de police et n'ont quasiment aucun espoir d’obtenir le statut de réfugié politique et de régulariser leur situation. Pour autant, ces immigrants africains exténués, assoiffés et affamés, préfèrent toutefois s'établir en Israël plutôt qu’en Egypte compte tenu du niveau de vie, des salaires, de la protection de la santé, et de nombreuses entreprises israéliennes, friandes d'une main d'œuvre bon marché.

 
Au cours de l’année 2010, de nombreuses mesures ont été prises pour enrayer cette arrivée d’africains comme la construction d’un mur de séparation ( 250 km ) sur la frontière séparant l’Etat juif de l’Egypte, et d’un centre de rétention destiné à accueillir les milliers de clandestins (un accord a été donné en septembre 2011 pour la construction de nouveaux centres). Pour le Premier Ministre Benjamin Netanyahu «Israël est le seul pays du monde développé accessible à pied depuis le tiers-monde et l’Afrique. Si nous ne nous protégeons pas, Israël sera inondé par des centaines de milliers de travailleurs étrangers et de clandestins.». Aussi, a-t-il présenté au gouvernement, ce 11 décembre 2011, son nouveau plan concernant ces immigrés venus d'Afrique.

 
Les mesures passées se sont avérées en grande partie efficaces puisque le nombre d'immigrants en 2011 a considérablement diminué par rapport à 2010 (le chiffre était alors de 25 000 personnes). Le problème n’en demeure pas moins un véritable défi d’ordre national. Bon nombre d’israéliens, excédés, commencent à adopter un comportement raciste et la droite extrémiste, de plus en plus virulente, dénonce le risque de transformer Israël en pays africain. Pour le ministre Eli Yshaï du parti orthodoxe Shass, cette immigration clandestine a des répercussions en termes de cohésion nationale puisqu'elle influe sur le caractère juif de l’Etat, et sur le terrain économique, puisqu’elle serait à l’origine d’une augmentation du taux de chômage.


Inversement, de nombreux israéliens ne sont bien évidemment pas indifférents à leurs conditions de vie dramatiques. Le 9 décembre 2011, plusieurs centaines de demandeurs d'asile et travailleurs immigrés originaires d'Afrique se sont joints à une manifestation à Tel Aviv en faveur des droits de l’homme en scandant : « les demandeurs d'asile ne sont pas des criminels ». Les associations des droits de l’Homme ont alors dénoncé le manque d’hospitalité des israéliens déplorant : « un pays créé par des réfugiés ne peut pas tourner le dos à d’autres réfugiés fuyant des atrocités ». Pour Agaï Elad, Directeur de Association pour les droits civiques en Israël, la manifestation est une « expression de protestation contre la vague grandissante de racisme ». Pour lui, « Ce qui se passe en Israël depuis 18 mois est très grave. La discrimination est partout. La démocratie subit des attaques sur tous les fronts, et cesattaques proviennent du gouvernement lui-même ».


La position des israéliens n’est en réalité pas simple. Les textes Bibliques rappellent l'obligation d'accueillir et d'aimer l'étranger (Gn 18,1-8). En outre, la venue de ces africains les renvoie à leurs propres traumatismes puisque le pays d'Israël s'est lui-même constitué notamment par la venue de réfugiés et de rescapés des camps de la mort nazis. Aussi, et si le Ministère de l’Intérieur ne souhaite pas qu’Israël deviennent « la Terre promise des Africains », il intègre néanmoins chaque année, pas moins de 500 personnes qui obtiennent par la suite leur naturalisation.


Pour autant, le véritable problème n’est pas posé en Droit international, en l’occurrence celui de l’évolution, dans un sens dévoyé, de la conception de la démocratie. La démocratie n’est plus un moyen d’expression populaire au sein d’un cadre de valeurs partagées, mais bien un moyen pour une majorité quelle qu’elle soit, de changer le cadre philosophique social historique. Ainsi, et au lieu d'opposer à tous ceux qui se rendent sur un territoire donné, les principes historiques échafaudés dans la réflexion, la sagesse et l'expérience, les démocraties locales laissent penser à un groupe qu’il pourra poser et imposer (s’il est assez nombreux) la règle qui s’appliquera dans le futur, quand bien même elle ne correspondrait pas aux leçons du passé. Désormais, ce n’est plus la Loi qui s’impose aux hommes, mais le nombre qui fixe les contours des règles qui auront vocation à s’appliquer demain.


La France est en train d’en faire la démonstration. Le 9 décembre 2011, le Sénat a voté un texte conférant le droit de vote aux étrangers en situation régulière, tout ou moins dans les scrutins locaux. Ce faisant, il est supprimé l’une des dernières prérogatives dont les nationaux étaient titulaires. Or, et corrélativement, le Qatar vient de créer un fonds d'investissement de 50 millions d'euros pour financer des projets économiques portés par des habitants des banlieues de France, (annonce faite par l'Ambassadeur qatari Mohamed Jahan Al-Kuwari, à une dizaine d'élus locaux des quartiers, tous originaires du Maghreb). Ainsi, et après avoir renoncé à toutes les prérogatives nationales, la France transfère désormais le mécanisme décisionnel concernant des projets locaux, aux opérateurs étrangers.


Israël n'est pas tenu de marcher dans les traces de l'approche internationale dévoyée de la démocratie. L'Etat hébreu peut donc tout à fait décider de faire confiance, non au nombre (qui lui est traditionnellement hostile), mais bien à sa Loi ancestrale qui fonde sa raison d'être dans cet endroit du monde. Il appartient donc à Israël d'imposer aux immigrés le principe que les juifs ont toujours appliqué lorsqu'il vivait en diaspora : dina de malkhouta dina (la loi du pays est la loi). Les africains en situation irrégulière n'ont rien à faire en Israël et ne peuvent rester sur le territoire.


Pour autant, et avant que la communauté internationale n’intègre les mutations contemporaines du concept de démocratie (et que les nations imposent aux ressortissants étrangers les fondements de leur cadre historique), elle pourrait très bien gérer le problème des réfugiés africains comme elle sait parfaitement le faire pour les réfugiés palestiniens. Il suffit juste d'aménager des camps de réfugiés dans les pays d'où ils sont originaires, leur verser d’abondants et généreux subsides, et leur assurer que ces versements se poursuivront de génération en génération. La communauté internationale pourra alors se glorifier d'agir conformément au principe (a priori intangible) qu'elle a établi en faveur des palestiniens, et Israël n'aura plus à craindre une remise en question de sa nature spécifique.

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 19:53

 

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Les partis islamistes ont le vent en poupe dans les pays musulmans qui désignent leurs représentants suivant un mode démocratique. Le 3 décembre 2011, la coalisation islamiste des Frères Musulmans a remporté (haut la main) les élections législatives en Egypte. Le 29 novembre 2011, le Parti Justice et Développement est devenu le premier parti islamiste à diriger un gouvernement marocain. Début novembre 2011, le Conseil national de transition libyen (CNT) a confirmé que le pays serait gouverné conformément aux dispositions de la Loi coranique (Charia). Le 24 octobre 2011, les élections démocratiques en Tunisie ont donné la victoire au parti islamiste Ennhada. Le 12 juin 2011, le Parti islamiste de la Justice et du Développement (AKP) a remporté les élections législatives en Turquie et ce, pour la troisième fois avec un score plus important que celui obtenu en 2007 et 2002. Rappelons bien évidemment, que les élections législatives dans les territoires palestiniens du 25 janvier 2006, ont donné la victoire au mouvement islamiste Hamas, à l’origine d’une scission, non plus seulement géographique mais également politique, de la Cisjordanie dirigé par le Fatah et de la bande de Gaza dirigée par le Hamas. Les élections palestiniennes en mai 2002 devraient selon toute vraisemblance, en être considérablement influencées.

 
Loin de conduire à la mise en place de régimes démocratiques et libéraux (en dépit des intentions des organisateurs), les révolutions arabes, ont favorisé une orientation islamiste pour ce qu’il en est de la gestion politique du pouvoir dans les Etats concernés. Bien évidemment, les partis vainqueurs des élections assurent (dans la plupart des cas) que le programme politique islamiste est modéré et qu’ainsi, la communauté internationale n’a aucune inquiétude à avoir. Pour autant, les mots « islamiste » et « modéré » restent fondamentalement antinomiques. En effet, les islamistes prônent l’application stricte des préceptes de la loi religieuse (Chari’a) localement, et la guerre sainte (Jihad) pour instaurer des Etats purement islamiques dans les pays qui ne sont pas dotés de ce mode d’organisation politique. Ainsi, et quelque soit le temps que prendra cette conquête, les islamistes vont continuer à se référer exclusivement à l’Islam pour ce qu’il en est de l’action politique à mener, avec un mode de pensée et de réflexion philosophique qui ne distingue pas entre le sacré et le profane.

 
Le choix démocratique islamiste dans les pays musulmans qui se sont ouverts à ce mode de désignation politique des représentants, n’est pourtant pas véritablement surprenant. Les musulmans découvrent les vertus de la démocratie, mais profitent de l’occasion pour affirmer leur identité. Pour les électeurs, le vote pour des partis islamistes ne signifie pas nécessairement une volonté d’évoluer politiquement dans un univers religieux mais constitue la revendication d'une civilisation spécifique musulmane, en réaction au modèle occidental qu’on a tenté de leur imposer. Sur ce point, le droit à l’expression devient un moyen de consolider une identité où l'Islam est au centre de l'espace social, comme si le vote était plus identitaire que religieux.
Cette orientation islamiste contemporaine du vote, n'est d’ailleurs pas sans rappeler les élections en Algérie de décembre 1991 qui avaient donné la victoire aux islamistes, avant d’être annulées. Le Front Islamiste du Salut avait alors été dissous, à l’origine d’une plongée de l'Algérie dans la violence. La menace islamiste était alors invoquée comme prétexte pour maintenir le pouvoir algérien en place, accompagné de massacres et autres disparitions d'opposants. A cette époque, les véritables maux de la société algérienne en l’occurrence la corruption, l’absence de libertés et l’ignorance étaient occultés. Aussi, il ne serait pas surprenant que dans les mois à venir, le régime d’Alger soit renversé à l'instar de la vague islamiste qui se propage dans les pays musulmans.

 
L’identité intrinsèque des populations musulmanes a longtemps été niée soit parce qu’il était tenté de leur imposer de façon autoritaire une modernisation de la société conformément à la projection occidentale, soit parce que les dictatures mises en place en terre d’Islam l’étaient sous couvert de lutte contre le terrorisme islamiste, soit enfin parce que le modèle social de l'Islam est contesté dans les pays européens où des courants populistes critiquent l’immigration musulmane, refusent les coutumes musulmanes (voile islamique, abattage hallal, hallalisation des cantines et des restaurants, adoption des préceptes religieux à l’école, à l’hôpital, dans l’entreprise), les constructions d’édifices musulmans (mosquées avec minarets). Il est également affirmé une identité européenne et chrétienne avec une agitation du spectre de l’islamisme.


Aussi, les musulmans sont-ils à la recherche d’une synthèse entre religion et modernité avec une conception de la vie politique et de l'identité tournée vers l'Orient. Ainsi, Sur le plan économique, les islamistes sont assez pragmatiques et adoptent les règles du libéralisme, retent tournés vers l’extérieur, ne serait-ce que pour rassurer la communauté internationale. Pour leur part, les musulmans qui ont placé leur confiance dans les partis islamistes sont à la recherche d’une économie redistributrice, d’un développement économique local, et attendent surtout une amélioration de leur quotidien.


Le vote islamiste constitue également un vote sanction de la part des élites et des classes moyennes à la conquête de liberté d’expression qui entendent également punir les clans au pouvoir, corrompus et dotés de privilèges qui entravait l’évolution de leur processus politique, même si la rupture avec le passé ne doit pas mettre de côté la recherche d’un ordre et d’une sécurité. Il y a enfin le vote des musulmans concernés par un taux important d’analphabétisme. Les partis islamistes correspondent à leur culture et à ce qu’ils connaissent du monde et de la vie sans avoir à se torturer sur les différences de portée entre les programmes de tel ou tel candidat, en dépit de la force qui pourrait se dégager des messages respectifs.


En fin de compte, l’Islamisme se présente-il, avec sa propre compréhension du monde, comme un système alternatif au projet laïc occidental en perte de vitesse. La crise économico-financière dans le monde montre les limites du libéralisme occidental. Les populations s’appauvrissent en même temps qu’elles perdent tout repère en termes de valeurs morales. La jeunesse, dans une atmosphère décadente de permissivité avec une consommation excessive d’alcool, de drogues et de sexe, grandit dans un cadre politique où les identités respectives des Etats disparaissent avec la suppression des frontières, des monnaies et des législations nationales. Le modèle de référence en Islam devient alors la Turquie, stable politiquement, prospère économiquement, aux portes de l’Europe, tout en ayant abandonné les principes républicains et laïcs qu'elle avait adoptés en en 1937.


Ce que l’Islamisme sous-estime néanmoins, c’est la place de la femme dans la société qui n’a pas envie de rester figée dans un statut minoré de soumission, quand bien même elle déciderait, pour des raisons culturelles, de continuer à porter le voile. De même, les minorités chrétiennes catholiques, coptes ou évangélistes en terres d’Islam refuseront toujours leur marginalisation. Il y a enfin l’intelligentsia musulmane qui a placé son combat dans la défense des valeurs universelles, des droits de l’homme et de la laïcité qui poursuit la lutte se sorte que ces idéaux ne soient pas relayés au second plan.


La montée de l’islamisme démocratique devrait donc provoquer de nombreux remous avant que l’Islam ne montre ses limites et admette qu’Israël n’est pas un Etat colonial installé dans cet endroit du monde par des puissances occidentales qui sont peut être elles-mêmes en train de disparaître. A terme, devrait subsister de cette opposition entre les systèmes laïc occidental et fanatique islamiste, un équilibre subtil entre temporalité, spiritualité et tolérance mais la route reste semée d'embuches.

 

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 22:08

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

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Les discussions concernant l’absence de reconnaissance de la Palestine au sein de l'Onu, et celles relatives aux territoires sur lesquels les palestiniens pourraient exercer librement leur souveraineté, sont purement académiques. Dans les faits, il existe bien un territoire palestinien autonome sur lequel l'Autorité Palestinienne dispose d'une autonomie financière et sur lequel elle exerce des prérogatives fiscales et douanières. Le franchissement des frontières (loin d’être virtuelles), déclenche en effet le paiement des droits de douane au profit des palestiniens, à chaque importation de produits. C’est ce qui résulte du protocole signé à Paris le 29 avril 1994 par l’Olp et le gouvernement israélien, véritable consécration d’une union douanière entre les territoires israélien et palestinien.

 
L’Autorité Palestinienne est ainsi autorisée à fixer ses normes et tarifs pour certaines marchandises et à déterminer librement ses droits de douanes. En outre, ce protocole établit un système de collecte, par Israël au profit de l’Autorité Palestinienne, des taxes et impositions des revenus tout comme des droits de douane et autres taxes sur les produits à destination de la Cisjordanie et de la bande de Gaza qui transitent par les ports et aéroports israéliens. Enfin, l’Etat juif doit reverser l’impôt sur le revenu, les charges afférentes à la sécurité sociale et à l’assurance médicale payées par les Palestiniens travaillant en Israël, tout comme la taxe sur la valeur ajoutée payée par les Palestiniens dans le cadre de leurs transactions en Israël. L’Etat juif est il ainsi tenu de transférer des sommes substantielles à l’Autorité Palestinienne, qui alimentent une part importante de son budget (de l'ordre de 100 millions de dollar mensuels) servant notamment à payer les salaires des fonctionnaires palestiniens.

 
Les prérogatives israéliennes n'en restent pas moins considérables puisque dans l'hypothèse de manquements graves par les palestiniens à leurs obligations, Israël se réserve la faculté de procéder à un gel du transfert des fonds leur revenant. La mesure, régulièrement appliquée, l’a encore été récemment le 1er novembre 2011, lorsque la Palestine a été admise en qualité de membre de l'Unesco. Or, ce nouveau gel agace passablement la communauté internationale qui craint d’être mise à contribution, compte tenu du déséquilibre financier qui en découle.

 
Aussi, le 23 novembre 2011, le Quartette (Etats-Unis, Union Européenne, Russie et Onu) a, par la voix de Tony Blair, instamment demandé à Israël de débloquer les fonds dus à l’Autorité Palestinienne. La veille, c’est le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon qui en a fait la demande au premier ministre Benjamin Netanyahou tout comme il a appelé (une nouvelle fois) Israël à mettre un terme à la « colonisation des Territoires palestiniens occupés afin de créer un environnement propice à la reprise de négociations directes entre Israéliens et Palestiniens» et enfin, à lever le blocus de la bande de gaza conformément à la résolution 1860 du Conseil de Sécurité.


Israël n’est pas actuellement favorable au reversement des sommes à l’Autorité palestinienne, eu égard au rapprochement inquiétant du Fatah et du Hamas. Le 24 novembre 2011, le président Palestinien Mahmud Abbas et le Chef du Hamas Khaled Mechaal, se sont en effet rencontrés au Caire pour finaliser leur réconciliation et mettre en place un gouvernement d’union nationale le temps d’organiser des élections. Or, les déclarations palestiniennes à l’occasion de cette manifestation, augurent mal des relations futures avec les palestiniens, au regard notamment du processus de paix.


Les responsables palestiniens se sont en effet félicités de l’atmosphère positive et ont placé leurs espoirs pour « que notre peuple et toutes les organisations nous aident à réaliser ce qui est dans l’intérêt de notre cause ». Ils ont également déclaré : « Nous voulons réellement travailler comme des partenaires et nous avons une responsabilité commune envers notre peuple et envers la cause». Notons enfin que le document scellant la réconciliation prévoit de se concentrer sur la « résistance populaire» puisqu’il n’y a plus de différence entre eux et qu’il peuvent désormais travailler avec « une responsabilité unique ».


En dépit du caractère laconique de ces déclarations, les inquiétudes israéliennes sont légitimes. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter les propos tenus au même moment (le 24 novembre 2011), dans la bande de Gaza par le chef du gouvernement Hamas Ismail Hanyeh lors de la réception d’une délégation du comité des savants (Ulémas) adeptes de la Sunna en Egypte. Il a tout d’abord confirmé le rôle des «ulémas » dans la libération de la Palestine comme ce fut le cas à l’époque du Sultan. Il a ensuite répété que « la Terre de Palestine était une Terre appartenant aux legs pieux islamiques, dont il n’est pas permis de concéder la plus petite partie, avec El-Qods pour capitale ». Il a enfin été très claire sur la stratégie à terme dans la relation avec Israël : « Lorsque nous disons que nous allons au devant d’un état avec les frontières de 1967 avec sa capitale El-Qods, c’est en fonction de deux conditions : la non reconnaissance de l’entité israélienne et le retour des réfugiés. Ceci est leur droit et leur cause est à la fois constante et sacrée ».

Par ailleurs, il a réitéré «son attachement à la Résistance, en tant que choix stratégique, incontournable pour la libération de la Palestine; ceci constitue un droit céleste et légal ». Le monde arabe s’est alors vu imputé une part de responsabilité dans cette libération : « La Palestine est islamique et arabe. Les arabes doivent s'aligner aux palestiniens s'ils ne cèdent rien de la Palestine islamique et refuser par contre ce que les palestiniens accepteront s'ils s'avèrent qu'il amenuise la Palestine ». Ismail Hanyeh n’en reste pas moins conscient du problème financier, déplorant sa dépendance financière à l’égard d’une entité ennemie. Il a donc réclamé des réformes dans le système fiscal en Palestine avec une alternative : « les fonds doivent provenir des pays arabes et musulmans ».

Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que ce même 24 novembre 2011, Benjamin Netanyahou ait appelé Mahmud Abbas à stopper le processus de réconciliation avec le hamas. Selon son porte-parole Mark Regev : « Plus Abou Mazen s’approche du Hamas, plus il s’éloigne de la paix » alors que pour le Ministre du Développement régional, Sylvan Shalom : «Nous allons demander à la communauté internationale de ne pas parler à un gouvernement dont le Hamas serait une composante essentielle alors que cette organisation terroriste continue de prôner la destruction d’Israël».


Le Hamas et le Fatah doivent théoriquement se retrouver au Caire le 15 décembre 2011 pour fixer une date pour la tenue des élections. Toutefois, s’ils escomptent un dégel des fonds leur revenant, il leur sera certainement nécessaire d’abandonner leur programme consistant dans « la libération de la Palestine et ce, au moyen de la lutte armée ». Dans ce cadre, ils pourraient commencer par supprimer le nom de leur parti politique respectif. Le Fatah (organisation de libération de la Palestine), et le Hamas (Mouvement de Résistance islamique) pourraient utilement prendre les noms de PRIP (parti pour la réconciliation israélo palestinienne), MCJA (Mouvement pour la coopération judéo arabe) voire encore l’UEA (Union des enfants d’Abraham). Le seul souci serait alors pour les palestiniens d’admettre qu’ils se trompent depuis 63 ans et qu’ils ont fait perdre beaucoup de temps, d’énergie et surtout de vies.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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