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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 17:48

 

 

MEMRI Middle East Media Research Institute 

 

Wajiha Al-Huweidar et Fawzia Al-´Uyouni, militantes saoudiennes pour les droits des femmes, condamnées pour avoir tenté de venir en aide à Nathalie Morin, détenue en Arabie saoudite

Le 15 juin 2013, à l´issue d´un procès ayant duré un an, les militantes pour les droits des femmes Wajiha Al-Huweidar et Fawzia Al-´Uyouni ont été reconnues coupables d´avoir incité une femme contre son mari et tenté de la sortir clandestinement d´Arabie saoudite. Elles ont été condamnées à une peine d´emprisonnement de 10 mois et à une interdiction consécutive de quitter le territoire pendant deux ans. [1] Les deux femmes ont été arrêtées par les autorités saoudiennes en juin 2011, au motif d´avoir tenté d´enlever Nathalie Morin, Canadienne francophone détenue par son mari en Arabie Saoudite – avec ses trois enfants - pour les conduire clandestinement à l´ambassade du Canada de Riyad.

Nathalie Morin, mariée au Saoudien Saïd Al-Shahrani, se trouve dans le Royaume depuis huit ans, a un compte Twitter et une chaîne YouTube sur lesquels elle poste des vidéos et des témoignages sur sa vie en Arabie Saoudite. Dans certains de ces posts, elle révèle qu´elle et sa famille se trouvent dans une détresse financière extrême, que son mari la maltraite et qu´elle souhaite retourner au Canada, mais que les autorités saoudiennes l´empêchent de quitter le territoire avec sa famille depuis 2006.

Tout au long de l´enquête et du procès dont elles ont fait l´objet, Al-Huweidar et Al-´Uyouni ont nié avoir tenté de kidnapper Morin pour la faire sortir clandestinement du pays, affirmant avoir été arrêtées alors qu´elles amenaient des vivres et de l´eau à la mère et aux enfants, détenus dans leur lieu d´habitation. Elles ont également souligné que Nathalie Morin ne parle pas arabe, ce qui aurait rendu difficile toute incitation à des actes jugés répréhensibles par le régime.

Dans un communiqué diffusé après leur condamnation, Al-Huweidar et Al-´Uyouni ont déclaré qu´elles avaient été condamnées malgré l´absence de preuve et malgré le fait que le juge ait refusé d´entendre Nathalie Morin lors des six audiences. Elles ont déclaré qu´elles feraient appel, affirmant que toute l´affaire était un moyen détourné d´entraver leur activité humanitaire : « Ces peines sévères ne nous empêcheront pas de continuer [à défendre la cause] que nous dicte notre foi musulmane, notre devoir humanitaire et moral - [à savoir le devoir] d´aider les opprimés, les démunis et les nécessiteux, de défendre les droits des femmes dans notre pays, dans tous les domaines, y compris leur droit au développement social, politique et professionnel, et leur droit de conduire ». [2]

Réagissant à la condamnation, Nathalie Morin (aussi connue sous le nom d´Umm Sameer) écrit en anglais sur son blog : "Tout d´abord, je tiens à dire que je regrette ce que traverse Madame Wajiha Al Huweidar et son amie, qui ont essayé de m´aider. Je n´ai rien à voir avec tout cela ! Je n´ai jamais voulu fuir ou commettre des actions illégales. Je suis juste une femme, une mère et une épouse qui se bat pour sa survie depuis huit ans. Nous nous sommes retrouvés à plusieurs reprises sans nourriture ni eau potable. Le fait est qu´en ce moment nous ne consommons que du pain, des dattes et de l´eau impropre à la consommation - à partir de notre évier, et ce depuis le 6 mai.

Je vis en Arabie Saoudite depuis le 5 mars 2005, sans aucune protection ni aide de qui que ce soit. Les autorités saoudiennes me haïssent pour des raisons inconnues, et le gouvernement canadien ne fait rien pour m´aider ou me protéger. Ils voudraient que j´abandonne mes enfants. Je vis sous pression gouvernementale depuis huit ans. Personne ne m´aide et personne ne vient me rendre visite. Je ne peux pas m´aider moi-même, n´ayant aucun droit en Arabie Saoudite. Mes enfants ont faim et je ne peux rien faire pour les nourrir. Je me bats pour la liberté, la justice et l´équité pour ma famille, y compris moi-même. Je demande au gouvernement du Canada d´aider ma famille à revenir au Canada immédiatement." [3]

Après que la nouvelle de la condamnation d´Al Huweidar et Al-´Uyouni eut fait son chemin, les militantes pour les droits des femmes Elham Mane´a et Manal Al-Sharif ont publié des articles en soutien aux deux femmes, fustigeant la politique du régime saoudien et l´absence d´intervention internationale dans cette affaire. Ci-dessous des extraits :

Elham Mane´a :
Le régime saoudien craint "les voix de la réforme" et tente donc de les faire taire

Elham Mane´a, militante yéménite pour les droits des femmes, établie en Suisse, a publié un article intitulé "Nous sommes toutes Wajiha Al-Huweidar". Elle affirme que les autorités saoudiennes se sont servi de Nathalie Morin comme prétexte pour régler leurs comptes à Al-Huweidar et Al-´Uyouni ; elle fustige le "silence honteux" de l´Occident :

"... La Canadienne n´est pas le sujet, en dépit de son histoire tragique. [Ce qui est en jeu,] c´est la tentative des autorités saoudiennes de faire taire de force Wajiha Al-Huweidar et sa compagne [militante]. Wajiha Al-Huweidar a été la première à contester l´interdiction faite aux femmes de conduire en Arabie saoudite : en 2008, elle a mis en ligne une vidéo sur YouTube [qui la montre] au volant d´une voiture. La conduite était un symbole pour elle : le symbole des limitations imposées à la femme saoudienne, qui font d´elle une mineure ne pouvant agir sans [l´approbation] du gardien qui parle en son nom, qui restreint ses gestes et sa liberté, et qui l´empêche d´être l´égale de l´homme, en droits et en dignité.

Pendant des années, [Al-Huweidar] a travaillé sans relâche aux côtés d´autres militantes. Elle a appelé à des réformes et à amender des lois saoudiennes discriminatoires et opprimantes ; elle a écrit des articles qui, en leur temps, furent interdits de publication dans la presse saoudienne ; elle insistait sur la nécessité du changement. Et tout cela sans réclamer une seule fois un changement de régime. C´est quelque chose qu´elle n´a jamais fait. Son appel portait sur la réforme dans le cadre du régime [seulement]. Toutefois, si avant le Printemps arabe, le régime saoudien tolérait [certaines] critiques, il est aujourd´hui tellement effrayé qu´il ne peut plus tolérer la moindre critique ; c´est pourquoi il a commencé à recourir à des tactiques d´intimidation. Ignorant le tollé dans les médias internationaux et les récriminations des organisations internationales des droits humains, il a arrêté des personnes appelant à la réforme, tels Abdallah Al-Hamed, Muhammad Fahad Al-Qahtani et Turki Al-Hamad.

[Puis] est venu le tour de Wajiha Al-Huweidar et Fawzia Al-´Uyouni. Le moins que l´on puisse dire de [leur] procès, c´est qu´il a révélé au grand jour la honte du système judiciaire saoudien. C´est un système qui n´a pas jugé bon de fournir un interprète à la Canadienne, et qui [donc] n´a pas compris un seul mot pendant le procès (...) et qui [a autorisé] le juge à traiter Al-Huweidar et Al-´Uyouni avec brutalité, comme s´il était un rival plutôt qu´un juge. C´est un système judiciaire sorti du Moyen-âge.

Al-Huweidar et Al-´Uyouni sont accusées d´avoir tenté de ´briser un mariage´ et encouragé une femme à ´se révolter´ contre son époux. En quel siècle vit ce royaume ? Le cas d´Al-Huweidar et d´Al-Uyouni en appelle à la conscience, en ce qu´il reflète l´absence de droits humains en Arabie saoudite. Ce royaume pense qu´il peut violer les droits de ses citoyens, hommes et femmes, et réduire au silence les voix appelant à une réforme pacifique. Il croit qu´une telle chose est possible, en raison notamment du silence honteux de ses alliés occidentaux. Face à ce silence, nous élevons maintenant la voix pour dire : Nous sommes tous Wajiha Al-Huweidar." [4]

Manal Al-Sharif : En Arabie Saoudite, il suffit d´être chiite pour se voir accusé des pires maux
 
La militante saoudienne des droits des femmes Manal Al-Sharif, qui en 2011 a mené une campagne contre l´interdiction faite aux femmes de conduire, a également écrit un article fustigeant le procès et la condamnation. Elle y raconte comment Al-Huweidar l´a formée et encouragée, guidée dans sa campagne, et même accompagnée quand elle a conduit une voiture en signe de protestation, un acte pour lequel elle (Al-Sharif) a été arrêtée et détenue pendant plusieurs jours. Elle ajoute : "A ma sortie de prison, je ne pouvais comprendre la campagne brutale menée contre [Al-Huweidar] et les accusations portées contre elle : elle m´aurait poussée à conduire, alors que c´est moi [seule] qui en ai pris la décision. Je ne comprenais pas - jusqu´à ce que j´apprenne deux choses à son sujet : d´abord, qu´elle a été l´une des premières à demander que les femmes soient libérées de la tutelle [de leur gardien], [5] et deuxièmement, qu´elle est chiite. Je pense que dans mon pays natal, il suffit que vous soyez chiite pour être accusé faussement de toutes sortes de terribles choses : de collaboration, de trahison, d´allégeance à un certain [pays] de l´autre côté du Golfe [l´Iran]. Il semble que ces deux caractéristiques d´Al-Huweidar suffisent [pour motiver] une campagne organisée, systématique et arbitraire contre elle, visant à ruiner sa réputation en tout lieu [au moyen de] malédictions, d´invectives et d´accusations de trahison...

La condamnation des deux femmes ne leur nuit pas seulement à elles, mais aussi à toutes les Saoudiennes qui ont cru en leur droit à vivre dans la dignité, qui ont défendu [ce droit], et l´ont transmis aux autres femmes...

Avec Wajiha, j´ai suivi personnellement [le développement de] l´affaire qui a été montée de toutes pièces contre [elle et Al-´Uyouni, accusées d´] avoir enlevé et tenté de faire sortir clandestinement [du pays] la Canadienne. Mais [Al-Huweidar et Al-´Uyouni] essayaient seulement d´apporter à manger à cette femme emprisonnée par son époux à son domicile avec ses enfants. Si elles avaient vraiment essayé de l´enlever, comme le prétend le mari, pourquoi la Canadienne n´a-t-elle pas aussi été traduite en justice ?... Leur condamnation est inacceptable, déraisonnable, et constitue un affront à tous ceux qui ont déjà sauvé des opprimés ou aidé une victime de l´injustice. Il s´agit en vérité d´une condamnation qui renforce les bourreaux ». [6]


[1] Al-Hayat (Londres), le 16 juin 2013.

[2] Sawomenvoice.com, le 16 juin 2013.

[3] Saudireallife.blogspot.co.il/2013/06/saudi-women-get-jail-terms-trying-to.html, 11 juin 2013.

[4] Civicegypt.org, le 16 juin 2013.

[5] En Arabie saoudite, une femme est liée à un mahram, c´est-à-dire à un mari, un père, un grand-père, un frère ou un fils qui lui sert de tuteur. La femme doit obtenir l´approbation et l´escorte de son tuteur pour presque n´importe quelle décision ou déplacement. Par exemple, une femme saoudienne n´est pas autorisée à voyager à l´étranger sans l´escorte d´un tuteur.

[6] Manal-alsharif.com, le 16 juin 2013.
 

Pour adresser un email au MEMRI ou faire une donation, écrire à : memri@memrieurope.org.

 

Pour consulter l’intégralité des dépêches de MEMRI en français et les archives, libres d’accès, visiter le site www.memri.org/french.

 

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 16:27
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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 10:37

MEMRI Middle East Media Research Institute 

 

Clip n° 3834

 

L´écrivain libyen Mojahed Busify : pour certains musulmans européens, l’aide sociale est la djizîa



Pour voir la vidéo sous-titrée en anglais, cliquez ici

 

Ci-dessous des extraits d´une interview avec l´écrivain libyen Mojahed Bosify, diffusée sur Al-Arabiya TV, le 19 avril 2013 : 

Mojahed Bosify : Les Pays-Bas m´ont protégé, m´ont offert une réelle opportunité dans la vie, m´ont éduqué, m´ont donné une maison et du travail, et avant toute chose, m´ont donné la citoyenneté. Mais ils m´ont aussi donné quelque chose de très important : ils m´ont enseigné l´autocritique, et m´ont appris à être sélectif sur mon héritage libyen, gardant ce que je juge bon et rejetant ce que je ne juge pas bénéfique.

 

[...]

 

La meilleure chose qu´un pays arabe ou islamique puisse faire pour les communautés musulmanes en Occident, et dans le monde en général, est de s´abstenir de les aider.

 

Journaliste : S´abstenir de les aider ?

 

Mojahed Bosify : C´est exact. Laissez ces gens vivre leur vie dans les sociétés où ils ont eux-mêmes choisi de vivre. Laissez-les vivre leur vie, ils n´ont pas besoin de vos conseils. Ce qui arrive parfois est presque une comédie : nous faisons venir un imam d´un petit village d´un pays quelconque...

 

Journaliste : D´un pays arabe ou islamique...

 

Mojahed Bosify : Oui. Parfois, d´un village, pas même d´une ville. Nous l’assignons dans une capitale comme Londres ou Amsterdam - et cet énorme choc culturel est un phénomène fréquent... Il commence à émettre des fatwas qui détruisent la vie de millions d´Arabes et de musulmans, ainsi que l´image même de l´islam. Laissez-les vivre leur propre vie.

 

Journaliste : Alors, d´où ferez-vous venir les imams ?

 

Mojahed Bosify : Il y a un million de musulmans aux Pays-Bas.

 

Journaliste : Ils ont tous un travail.

 

Mojahed Bosify : Soixante pour cent des musulmans aux Pays-Bas vivent de l´aide sociale.

 

Journaliste : Ils sont au chômage...

 

Mojahed Bosify : Beaucoup d´entre eux considèrent que ceci est la taxe de la djizîa, sur la base des fatwas officielles.

 

Journaliste : Ils considèrent que la sécurité sociale est la djizîa?

 

Mojahed Bosify : Quand ils vont au distributeur automatique ou au caissier de la banque, et disent : « Convertissez-vous à l´islam ou payez la djizîa ».

 

Journaliste : Ils disent ceci au distributeur automatique ?

 

Mojahed Bosify : Non, au caissier de la banque.

 

Journaliste : Et le caissier n´a aucune idée...

 

Mojahed Bosify : Non, il dit simplement : « Voici votre argent », et c´en est fini. Aujourd´hui, moins de gens se comportent de cette façon, mais certains le font encore.

 

Journaliste : Ils vivent dans un monde imaginaire.

 

Mojahed Bosify : Oui, c´est notre culture, que nous avons exportée aux musulmans d’Europe.

 

[...]


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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 17:44

 

Mohammad Bin Zayed hosts scholar

Shaikh Mohammad Bin Zayed speaks with Syed Ahmad Hassan Al Qabbanji after Al Qabbanji gave a Ramadan lecture at the Abu Dhabi Crown Prince's majlis.

MEMRI Middle East Media Research Institute

Inquiry & Analysis Series Report No. 937

Le grand érudit chiite Sayyed Ahmed Al-Qabbanji surbordonne l´islam à la raison

Yotam Feldner *



Introduction

 

Le 18 février 2013, les médias irakiens rapportaient que l’érudit chiite libéral irakien Sayyed Ahmed Al-Qabbanji avait été arrêté la veille à Qom, [1] en Iran, lors d´une visite à sa famille. [2]

Les idées révolutionnaires de Sayyed Al-Qabbanji, en particulier ses récentes prises de positions relatives à la nécessité de rationaliser le discours islamique religieux et la jurisprudence, ont fait de lui le malheur du puissant clergé chiite en Irak, qui l’accuse désormais d’hérésie – accusation qui fut particulièrement virulente dans les mois précédant son arrestation en Iran.

Les nouvelles de son arrestation ont suscité des réactions mitigées au sein de l´intelligentsia irakienne. Alors que ses partisans, des érudits et politiciens libéraux, réclamaient sa libération immédiate, [3] certains membres du clergé chiite exigeaient au contraire que l´Iran le poursuive pour « violations de la sainteté de sa confession [chiite]. » [4]

Après son arrestation, le directeur adjoint des services de renseignements iraniens Mohammad Mosajadi aurait déclaré à la radio de Téhéran qu’Al-Qabbanji espionnait pour Israël et transmettait des « informations codées ». S´il était reconnu coupable de tels actes, a-t-il poursuivi, l’Iran coopérerait avec le gouvernement irakien pour appliquer la peine de mort. [5]

Dans les cinq jours qui ont suivi l´arrestation d´Al-Qabbanji, les autorités irakiennes se sont abstenues de tout commentaire sur la question.


Ci-dessous un résumé des grands points de la pensée de Sayyed Ahmed Al-Qabbanji.


Qui est Sayyed Ahmed Al-Qabbanji ?


Ceux qui suivent de près les médias arabes ne trouveront pas de savant de l´islam plus moderne et plus novateur que Sayyed Ahmad Al-Qabbanji. Non pas parce que Al-Qabbanji reste volontairement dans l´ombre, mais parce que son mépris des croyances islamiques traditionnelles l´a rendu persona grata dans les studios de télévision irakiens. Au final, Al-Qabbanji s’est tourné vers Internet, lançant une série de conférences publiques hebdomadaires, qui ont été filmées et diffusées sur une chaîne YouTube qui lui est consacrée.
[6]

Né à Nadjaf, en Irak, en 1958, Al-Qabbanji a étudié la jurisprudence islamique à la Hawza (Institut chiite d´études supérieures) de sa ville natale dans les années 1970. En 1979, quand Saddam Hussein est devenu président, il a quitté l´Irak pour la Syrie et le Liban, et a fini par s´installer dans la ville sainte de Qom, en Iran, où il a poursuivi son éducation religieuse. Après son retour en Irak post-Saddam en 2008, il a fondé et dirigé le Mouvement libéral islamique en Irak. [7] Il a traduit en arabe plusieurs livres du célèbre savant iranien Abdolkarim Soroush, et est l´auteur de nombre d’ouvrages présentant ses opinions.

Selon certains témoignages, Al-Qabbanji a combattu pour l´Iran pendant la guerre Iran-Irak en tant que partisan de la révolution islamique de l´ayatollah Ruhollah Khomeini ; c’est là qu’il aurait perdu l´usage de son bras droit ; le fait est qu´il le garde caché sous sa tunique et ne s´en sert jamais. [8]

Depuis son retour en Irak, Al-Qabbanji provoque l’ire des islamistes, défiant les préceptes fondamentaux de l´islam, et exigeant qu´ils soient adaptés à l’époque moderne. En octobre 2012, il eut une altercation avec son frère aîné, Sadr Al-Din Al-Qabbanji, le prédicateur du vendredi de Najaf et chef de file du Conseil islamique suprême d´Irak. Ce dernier a émis une fatwa déclarant que « les idées promues par Sayyed Ahmed Al-Qabbanji sont déformées et non islamiques... ces idées font partie de la guerre menée par les ennemis de l´islam, dans le but de jeter le doute sur la religion islamique et ses principes ». [9]

Peu de temps après la publication de la fatwa, Al-Qabbanji a répondu : « Mon honorable [frère] a raison, j´ai dévié de sa religion, dont je rejette chaque fragment. Laissez-les dire que je suis un apostat et un hérétique. Il est vrai que je suis un apostat de leur religion, qui ne suscite rien d´autre que la haine d’autrui - une religion dépourvue de beauté, dépourvue d’amour, dépourvue d´humanité... A cause de vous, les gens détestent Allah et l´islam. Vous vous êtes transformés en police d´Allah, déterminant qui est dévoyé et qui est apostat... » [10]

Les opinions politiques d’Al-Qabbanji : hostilité envers l´Iran et l´Amérique


Dans ses conférences, Al-Qabbanji s’abstient généralement d´exprimer ses opinions politiques, affirmant qu’il préfère préserver le caractère apolitique de sa critique de l´islam. Son altercation publique avec son frère, cependant, l’a incité à s’adresser à celui-ci et à l´Etat - plutôt platement pour un individu à la pensée théologique si audacieuse et novatrice – disant : « Les ennemis de l´islam bénéficient de l´ignorance que vous répandez au sein du peuple ». Et de poursuivre : « Par Allah, Israël se réjouit de l´existence de cette Hawza, et est hostile aux idées que j’expose, tout comme l´Amérique. L’Amérique et Israël ont tout intérêt à ce que notre peuple demeure dans l´ignorance... Quand vous exhortez des millions de personnes à pratiquer le tatbir
[11] et tous ces rites superstitieux qui ont été ajoutés à notre religion, cela profite évidemment à l’Amérique. L’Amérique ne souhaite pas que notre peuple se développe pour devenir comme la Corée ou au Japon ». [12]

En 2011, Al-Qabbanji a activé un compte Twitter [13] ; dans un premier temps, son contenu reflétait celui de sa chaîne YouTube, puis il est devenu un support à ses critiques sévères de l´Iran. Tous les tweets d’Al-Qabbanji au sujet de l´Iran révèlent une profonde partialité ethnique qui n’apparaît pas dans ses conférences publiques. Par exemple, il a tweeté que l´Iran « considère les Arabes comme des insectes, ni plus ni moins », [14] et qu’« Ahmadinejad serre la main droite du roi Abdallah, et le poignarde de la main gauche... Sur les instructions de Qom, il ordonne à ses bêtes d´enlever des Arabes au Liban. Halte à l´hypocrisie ! » [15] Toujours dans un tweet, il a traité les ayatollahs Khomeiny, Khamenei et Sistani de « menteurs » qui prétendent être les descendants du Prophète Mahomet. « Comment un prophète arabe, dont les fils étaient arabes, peut-il avoir des descendants non arabes ? » écrit-il. « Qu´Allah coupe leurs langues. Ce sont de sales Perses ». [16] D´une certaine manière, l´arrestation d´Al-Qabbanji par les Iraniens n’est pas une grande surprise.


Critique de la jurisprudence conventionnelle par Al-Qabbanji


Ce sont essentiellement les idées théologiques d’Al-Qabbanji - et non ses attaques sous la ceinture de l´Iran, et parfois de l´Arabie Saoudite - qui ont provoqué cet antagonisme. Sa critique de la religion islamique est très peu orthodoxe. Dans ses conférences, il déconstruit méthodiquement les conceptions islamiques d´Allah, du Prophète Mahomet, du Coran, de la charia, et de tous les tabous de l´islam traditionnel. Son hypothèse sous-jacente est que rien dans la religion ne peut être vrai - pas même le Coran – s’il ne passe pas l’épreuve décisive de la raison.


Dans une conférence sur « La rationalité dans la jurisprudence », Al-Qabbanji explique la différence entre sa propre perception de la charia et celle des islamistes classiques. Il réduit la conception conventionnelle de la charia à cinq principes suivants : La charia : 1) est éternelle ; 2) est totale ; 3) est bénéfique ; 4) ne peut être déduite ; 5) l´emporte sur la raison.


En d´autres termes, explique-t-il, l´islam traditionnel considère que :


1) La charia transcende le temps et l´espace, qu´elle s’applique aux temps modernes tout comme elle s’appliquait à l´époque du prophète Mahomet, et devra être appliquée jusqu´au Jour du Jugement.
2) La charia couvre tous les aspects de la vie : l´économie, la société, l´éducation, la famille, la politique et les valeurs morales.
3) Les lois de la charia reflètent ce qui est bon et mauvais pour l´homme. Si Allah interdit l´alcool, par exemple, c´est parce que l´alcool est nocif ; s’Il décide que la prière et le jeûne sont obligatoires, c´est parce qu´ils sont bénéfiques au fidèle.
4) Les êtres humains sont incapables de déduire ce qui est bon et mauvais par la voie de la raison ; s´ils le pouvaient, il n´y aurait pas de charia. Par exemple, l´esprit humain étant trop faible pour saisir la nécessité de la prière, la charia le renforce, afin qu´il puisse en comprendre la nécessité.
5) Chaque fois que surgit une contradiction, la charia prévaut sur la raison.


Al-Qabbanji explique que les wahhabites adhèrent ouvertement à ce cinquième principe, conceptualisé dans le livre d´Ibn Taymiyyah : Le rejet du conflit entre Raison et Révélation. « L´Arabie Saoudite est un désert, et leurs cerveaux se sont aplatis comme le désert », énonce-t-il, portant un nouveau coup sous la ceinture, cette fois à l’ennemi de l´Iran dans le Golfe : « Ce sont tous des extrémistes. Tous les Saoudiens, même les chiites... Ils n´ont ni savants, ni philosophes. Ils sont tous superficiels ».
[17]


Une jurisprudence modulable


Comme alternative aux cinq principes de jurisprudence classique, Al-Qabbanji propose une loi religieuse modulable basée sur le fiqh al-maqasid, ou Jurisprudence de la Signification. Selon cette théorie, la jurisprudence devrait porter sur le sens véhiculé par la révélation, plutôt que d´adhérer aveuglément à sa formulation littérale, sans prendre en considération la réalité ou la raison. Il explique : « Imaginez un homme pourvu d´une lanterne. Son ami veut allumer sa cigarette et lui demande : ‘As-tu un briquet ?’ L´homme répond : ‘Non, je n’en ai pas.’ Il est vrai qu´il n´a pas de briquet, mais, s´il s´était servi de sa raison, il aurait laissé son ami allumer sa cigarette avec la lanterne. L’homme raisonnable comprend que ce que cet homme voulait, c´était du feu, et non un briquet. Les wahhabites et la plupart des prédicateurs disent : Non, nous devons rester fidèles au texte ».
[18]
Al-Qabbanji ne proscrit pas totalement les textes sacrés, mais rejette le premier principe de la jurisprudence classique. Pour lui, la charia n´est pas toujours et partout valide et représentative de la justice. Sa position n´implique pas une croyance en une justice relative. Selon Al-Qabbanji, l´essence de la justice aujourd´hui est identique à celle des origines de l´islam, et les êtres humains n´ont pas changé non plus ; ce qui a changé, avec le développement phénoménal de la civilisation humaine, c´est l´interprétation de la justice et la manière dont elle est perçue.


Al-Qabbanji estime qu’à l´avènement de l´islam, la charia était pourvue de rationalité ; elle était « ce qu’il y avait de à l´époque ».
[19] La charia, affirme-t-il, représentait assurément une amélioration par rapport aux lois byzantines et persanes de l´époque, parce qu´elle plaçait le souverain et le paysan sur un pied d’égalité. Mais l´humanité a progressé depuis, et le code islamique vieux de 14 siècles ne correspond plus aux normes morales dictées par les valeurs modernes. La loi islamique, par conséquent, devrait être modifiée, selon lui.


Les principes de jurisprudence proposés par Al-Qabbanji sont d´abord et avant tout la raison, qui est « la base de tout à l´âge moderne ».
[20] Afin d’établir des lois viables, il doit y avoir une harmonie entre la réalité et le texte, ainsi qu´une prise en compte de la nature de l´Homme. Lorsqu’une contradiction surgit, la raison l´emporte sur le texte – d’abord la raison, puis le Coran, puis la Sunna, dit-il, parce que la raison est le seul moyen de savoir si un élément du Coran est pertinent ou appartient au passé.

Le Coran comme (interprétation de la) parole de Dieu


L´idée même qu´un élément du Coran puisse appartenir au passé défie la croyance conventionnelle islamique qui considère le Coran comme la parole littérale de Dieu, telle que révélée au Prophète Mahomet, illettré. Or Al-Qabbanji remet en question la notion de Coran comme parole d´Allah, affirmant au contraire qu´il est parsemé de contre-vérités, de contradictions, de superstitions et de comportements immoraux. Quand le Coran a été élaboré, affirme-t-il, « il ne contenait pas une once de fausseté. Il était intégralement vrai. » Aujourd´hui, toutefois, il faut bien reconnaître que les lois du Coran appartiennent à leur temps.
[21]

Le rapport aux femmes, la justification de l´esclavage et de l´impôt de la jizya pour les chrétiens et les juifs sont fréquemment cités par Al-Qabbanji comme des exemples de la façon dont les lois du Coran, justes et raisonnables à l´époque, sont aujourd´hui injustes, irrationnelles et immorales.


Donc, si le Coran n´est pas la parole d´Allah, qu´est-il ? Al-Qabbanji croit que le Coran a été élaboré par le prophète Mahomet, et que les contradictions qu’il renferme, évidentes aux yeux de tous, témoignent de son origine humaine. Les intellectuels, cependant, réagissent différemment à ces contradictions. Il explique : « Les laïcs, les communistes et les athées affirment que Mahomet a menti aux gens, ce qui les conduit à rejeter Allah, le Coran et l´islam. Les islamistes, d´autre part, disent que tout cela est vrai et provient d´Allah. Ainsi, ils se fourvoient, refusant de voir les problèmes. Ils affirment : Ne posez pas de questions, n’éveillez pas le doute. Ils choisissent l’aveuglement. Ils sont tous aveugles. Ils refusent d’utiliser leurs cerveaux. »
[22]


Al-Qabbanji estime que « le Coran a été créé par le prophète Mahomet, mais sous la direction d´Allah. Ainsi, même s’il n´est pas la parole d´Allah, il reste divin ».
[23] Il croit en l’honnêteté du Prophète Mahomet, même si sa présentation du Coran comme étant la parole d´Allah fut erronée : « Il croyait du fond du cœur que cela venait de Dieu. La conscience divine lui parlait, lui dictant quoi dire ». [24] Il considère le Coran comme l´interprétation par le prophète Mahomet de la parole d´Allah, de l´inspiration divine et l´expression de l´expérience du Prophète d´Allah ; par conséquent, toutes les exégèses qui en découlent sont « les interprétations d’une interprétation. » [25]


Ainsi, Al-Qabbanji estime que les enseignements de l´islam doivent être constamment adaptés à la raison de l´époque : « Le problème est que, avec le temps, la conscience humaine s´est élevée. La raison humaine s’est développée. Les valeurs se sont développées. Les droits se sont développés. Mais nos décisionnaires ont maintenu les mêmes lois. »


Il poursuit : « Là réside le problème, non dans la source de l´islam. La structure de l´islam est en accord avec la rationalité, la modernité. Si nous voulons que l´islam soit éternel, alors que la réalité est dynamique, alors l´islam doit aussi être dynamique. Il ne peut stagner. Les érudits des institutions religieuses voient l´islam comme un enseignement statique ».
[26]


Al-Qabbanji tient les érudits sunnites et chiites de l´islam classique responsables du retard des musulmans, étant donné qu’ils imposent un islam statique. « Satan est assis dans la Hawza et à Al-Azhar », affirme-t-il, « et ses porte-parole sont les prédicateurs, qui répandent la superstition ».
[27]


Du Prophète Mahomet à Oussama Ben Laden

La vision d’Al-Qabbanji favorable à des interprétations modulables de la justice et à la raison s´applique aussi à son approche du Prophète Mahomet. Il rejette la notion d´infaillibilité - même chez le prophète Mahomet ou l´imam Ali. [28] Il croit que le Prophète était foncièrement juste, mais seulement selon les critères de son temps, et seulement si l’on distingue Mahomet le Prophète de Mahomet le dirigeant politique.


En tant que prophète du VIIe siècle, Mahomet était l´incarnation de la justice, mais en sa qualité de souverain, il a commis des actes qui, de notre point de vue moderne, sont immorales. Al-Qabbanji rapporte : « Par exemple, l´assassinat des Bani Qurayza. Il a massacré 600 prisonniers de guerre. Ce n´était pas un décret divin, mais la décision d´un dirigeant... Il a décrété le meurtre de prisonniers de guerre. Selon Al-Tabari, il a également ordonné la torture de prisonniers juifs... Dans de nombreux cas, le prophète a commandité des assassinats.


« Vous vous demandez comment les terroristes
deviennent des terroristes ? Avez-vous vu ce que leur Prophète a fait ?!... La loi du Prophète correspondait à la raison de son époque. Si le Prophète vivait ici aujourd´hui, il n’aurait absolument pas fait ce qu´il a fait quand il était dirigeant - ou bien il aurait été un Oussama Ben Laden ». [29]


L’interprétation d’Al-Qabbanji de la fracture entre sunnites et chiites a grandement contribué à en faire la bête noire du clergé chiite. Il affirme qu’Abou Bakr était un calife légitime, ce qui est considéré comme un outrage. Une fois de plus, comme il l´a fait avec le Prophète Mahomet, Al-Qabbanji projette la séparation de la religion et de l´Etat à la politique du septième siècle. Il estime qu’Ali bin Abu Taleb était le seul choix possible d’imam pour succéder au Prophète Mahomet, mais qu’Abu Bakr était le choix légitime de dirigeant politique.
[30]


Un islam humaniste du 21e siècle : Dieu au service de l´homme, et non l´inverse


Pour Al-Qabbanji, les musulmans modernes doivent se conformer à la raison et à la moralité du 21e siècle, et non à celles d’il y a 14 siècles. Totalement à l’opposé de ce qui est communément accepté en islam, il déclare que les lois occidentales sont divines, alors que les lois de la charia sont d´origine humaine : « Les lois occidentales sont basées sur les droits de l´homme, sur les droits naturels, créés par Allah », explique-t-il. « Allah a fait aimer la liberté à l´homme. Allah a donné la dignité à l´homme. Allah a donné à l´homme le droit de parole. Ce sont les lois qui découlent de ces droits qui sont divines ».
[31]


Selon Al-Qabbanji, l’islam s´est développé, depuis le 7e siècle, en accordant trop d´importance à Dieu et pas assez à l´homme - avec trop d´emphase sur le rituel, qu´il considère comme « l’ivraie par rapport au bon grain. »
[32] Il considère plusieurs pratiques chiites, comme la taxe de khoms, le pèlerinage sur les tombes et les innombrables jours de deuil comme une perte de temps et un gaspillage des fonds publics et privés. Il critique également les lourdes obligations que l´islam impose à ses adeptes, comme le devoir de prier cinq fois par jour. « L´islam de La Mecque était lumière », dit-il. [33] Al-Qabbanji va jusqu´à prétendre que 80 % de l´islam contemporain a été ajouté par les décisionnaires pour servir leurs intérêts, accroître leur richesse et asseoir leur statut social.


L´accent mis sur le culte n´est pas seulement une erreur : il n´a pas produit les résultats escomptés, car les musulmans sont devenus les « personnes moralement les plus avilies » impliquées dans le terrorisme.
[34] Dieu, selon Al-Qabbanji, se révèle dans le cœur de chacun, et n´a nul besoin de tout ce culte. « Allah sert l’Homme, et non l´inverse », déclare-t-il [35] ; c´est l´Homme qui est sacré et qui confère leur sainteté aux textes [36], et par conséquent tout texte qui va à l´encontre de l’humanité de chacun doit être banni.


Ces choses sont vraies aussi du patrimoine historique. Les gens naissent humains et deviennent ensuite musulmans, et par conséquent, ils devraient être fiers de leur héritage pré-islamique, assure-t-il. Il critique la suppression du patrimoine irakien par la totalité de l´islam ; lors d´une conférence dans la province de Babel, il a confié à ses auditeurs qu´ils devraient s’enorgueillir de leur culture babylonienne, d´Hammourabi et de Nabuchodonosor, malgré les efforts déployés par ceux désireux de limiter la civilisation irakienne à la période post « occupation islamique ».
[37]


Al-Qabbani explique que le Coran a libéré les Arabes de la barbarie et du polythéisme et les a transformés en nation - mais il ajoute qu´aujourd´hui, nous savons que la plupart des histoires qui y figurent contredisent la raison. « Il est vain de les interpréter. Nous devons simplement ignorer ce qui va à l’encontre de la raison ».
[38] A titre d´exemple, Al-Qabbanji expose les notions conventionnelles islamiques du Paradis et de l´Enfer, estimant que ni l´un ni l´autre n’existent. Pour lui, la représentation conventionnelle de l´Enfer déforme l´image de Dieu, qui fait figure de « sadique adepte de la torture, comme Saddam », [39] et la description du Paradis est encore pire : c´est « une bergerie » où il « n’y a rien d´autre que mariages, nourriture et consommation d’alcool. Pas d´humanité là-bas, pas de créativité, pas de sentiments, pas de maternité... rien que des pulsions bestiales. Si Allah me dit d´entrer au Paradis, je serai le premier à refuser. Je préfère encore l´Enfer, parce que là-bas [au moins], il y a des sentiments humains ». [40]


Conclusion

La philosophie théologique de Sayyed Ahmad Al-Qabbanji est unique parmi les érudits musulmans contemporains, et son importance est encore amplifiée par le fait qu´elle émerge du cœur de l´érudition chiite. Al-Qabbanji considère la détermination des musulmans à adhérer aux textes anciens comme la principale raison du retard de certains peuples musulmans. Pour lui, ce respect de la lettre n´est pas en accord avec l´esprit véritable de l´islam. Son idée d’adapter les textes à la raison moderne - une idée avant-gardiste au regard de l´intolérance des institutions religieuses et politiques – représente une véritable cassure dans le mur du discours islamique statique. Casser ce mur a toutefois un prix - prix qu´il est actuellement en train de payer.


* Yotam Feldner est directeur de MEMRI TV. Ce rapport est la première version du chapitre d’un ouvrage à paraître sur les chercheurs libéraux dans le monde arabe.

Notes :

[1] Selon un autre rapport, Al-Qabbanji a été arrêté à Téhéran.
[2] Shafaq News, 18 février 2013.
[3] Par exemple, Sayyed Ayad Jamal Al-Din. http://www.kitabat.com 19 février 2013.
[3] Le chef chiite irakien Latif Al-Amidi du Conseil suprême islamique Kufa, www.faceiraq.com, 18 février 2013.
[5] http://www.chakooch.com/news.php?action=view&id=2123, 20 février 2013.
[6] http://www.youtube.com/user/770002525.
[7] Al-Arabiya (Dubaï/Arabie Saoudite), 15 octobre 2010.

[8] http://www.kitabat.com, 20 février 2013.
[9] http://www.almasalah.com, 7 octobre 2012. Dans une conférence, Al-Qabbanji raconte que son autre frère, plus jeune, avait déclaré « il faut tuer Sayyed Ahmad », mais que ce frère était trop lâche pour exécuter sa menace. Conférence sur « La rationalité dans la jurisprudence », 13 octobre 2012. Suite à l´arrestation d´Al-Qabbanji, l´un de ses frères, Baqr Al-Qabbanji, a affirmé que la famille avait répudié Ahmed Al-Qabbanji à cause de son mépris de l´islam. http://www.alsumaria.tv/news, 18 février 2013.
[10] Conférence sur la métaphysique dans le Coran, février 2011.
[11] Pratique chiite de l´auto-flagellation avec des chaînes et des couteaux dans le but de provoquer des saignements en signe de deuil, en souvenir du martyre de l´imam Hussein et de sa famille lors de la bataille de Karbala.
[12] Conférence sur la métaphysique dans le Coran, février 2011. En une autre occasion, entraîné une fois de plus dans une polémique face à ses détracteurs au sein du clergé traditionnel islamique, Al-Qabbanji a comparé l´université sunnite d´Al-Azhar et la hawza chiite au sionisme. « Le sionisme global est la source du mal dans le monde », a-t-il expliqué dans la conférence. « Ce sont les millionnaires, la mafia, qui veulent atteindre l´hégémonie sur le monde, sur les gens. » Extrait de la conférence intitulée « La hawza et Al-Azhar sont le véritable Satan", postée le 12 avril 2012.
[13] https://twitter.com/AlQabbanji, remplacé plus tard par https://twitter.com/AhmedQabbanji. On ne sait pas si le compte Twitter est alimenté par Al-Qabbanji en personne ou par quelqu´un d´autre.
[14] Tweet du 1er septembre 2012.
[15] Tweet du 15 août 2012.
[16] Tweet du 22 août 2012.
[17] Conférence sur « La rationalité dans la jurisprudence », 13 octobre 2012.
[18] Conférence sur « La rationalité dans la jurisprudence », 13 octobre 2012.
[19] Conférence sur « La rationalité dans la jurisprudence », 13 octobre 2012.
[20] Conférence sur « La rationalité dans la jurisprudence », 13 octobre 2012.
[21] Conférence sur « La rationalité dans la jurisprudence », 13 octobre 2012.
[22] Extrait de conférence intitulée « Il est impossible que le Coran vienne d´Allah », publiée sur Internet en octobre 2011.
[23] Extrait de conférence intitulée « Il est impossible que le Coran vienne d´Allah », publiée sur Internet en octobre 2011.
[24] Extrait de conférence intitulée « Il est impossible que le Coran vienne d´Allah », publiée sur Internet en octobre 2011.
[25] Extrait de conférence intitulée « Il est impossible que le Coran vienne d´Allah », publiée sur Internet en octobre 2011.
[26] Conférence sur « La rationalité dans la jurisprudence » 13 octobre 2012.
[27] « La Hawza et Al-Azhar sont les véritables Satan », publié le 12 avril 2012.
[28] Conférence sur la métaphysique dans le Coran, février 2011.
[29] Conférence sur « La rationalité dans la jurisprudence », 13 octobre 2012.
[30] Al-Baghdadiya TV (Irak), 1er septembre 2010.
[31] Conférence sur « La rationalité dans la jurisprudence », 13 octobre 2012.
[32] Al-Baghdadiya TV (Irak), 1er septembre 2010.
[33] Al-Baghdadiya TV (Irak), 1er septembre 2010.
[34] Al-Baghdadiya TV (Irak), 1er septembre 2010.
[35] Al-Baghdadiya TV (Irak), 1er septembre 2010.
[36] Conférence sur « Placer l´humanité au centre », 6 octobre 2012.
[37] Conférence sur « Placer l´humanité au centre », 6 octobre 2012.
[38] Conférence sur « La rationalité dans les doctrines religieuses », 20 octobre 2012.
[39] Conférence sur la métaphysique dans le Coran, février 2011.
[40] Extrait de la conférence intitulée « Un érudit chiite compare le paradis à une bergerie », 15 novembre 2010.

Pour adresser un email au MEMRI ou faire une donation, écrire à : memri@memrieurope.org.

Pour consulter l’intégralité des dépêches de MEMRI en français et les archives, libres d’accès, visiter le site www.memri.org/french.

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 14:28

 

 

"Halte à la dérive islamiste", l'appel de l’imam de Drancy

http://www.crif.org/fr/

 

Dans l'ouvrage Agissons avant qu'il ne soit trop tard, à paraître jeudi 14 février 2013, l'imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, tire la sonnette d'alarme. Témoin de la montée en puissance du radicalisme islamique en France, l'homme appelle à la prise de conscience de la dérive criminelle de jeunes musulmans. 

 

 

Des salafistes ont promis sa mort. C'est d'ailleurs talonné par des policiers en civil, dans un bureau verrouillé, que l'imam nous raconte son combat. Et l'angoisse perpétuelle qui l'accompagne. "Qu'ai-je donc fait ? nous lance-t-il. En parlant des juifs, de leur histoire, de la Shoah, je veux lutter contre les racismes, et au final nous protéger aussi, nous, musulmans. Mais j'ai été pris pour ennemi".

 

Mais l'homme ne désarme pas. Dans l'ouvrage Agissons avant qu'il ne soit trop tard, un entretien avec le journaliste David Pujadas, l'imam tire -une nouvelle fois- la sonnette d'alarme. "Avant qu'il n'y ait d'autres Mohamed Merah, lance-t-il, avant que le front national ne l'emporte, avant que les sites internet radicaux ne récupèrent nos jeunes" !

 

Alors, dans son livre, il lance un appel : "imams, parents, écoles, pouvoirs publics... tout le monde doit agir". Comment ? Cela commence par la création d'un "Islam de France", nous répond -il. "La plupart des imams viennent de l'étranger, du Maroc, de l'Algérie... Ils sont formés et parlent aux musulmans au nom de ces pays. C'est de l'ingérence étrangère. Il faut que la France forme ses propres imams". L'homme insiste : "Oui, l'islam est compatible avec la République. Il y a six millions de musulmans en France, qui vivent pleinement leur foi, en paix. Je m'exprime au nom de cette majorité silencieuse".

 

Ce message, cette "volonté d'un islam respectueux des valeurs de la France", il le publie dans un manifeste co-signé par dix autres imams. Dix, c'est peu. Mais Hassen Chalghoumi l'assure, il n'est pas isolé, loin de là. "J'ai reçu énormément de soutiens, mais je ne les cite pas pour les protéger. Sinon, on les accusera de s'allier avec "Chalgoumi le juif", d'être des traîtres." Convaincu de la justesse de son combat, l'"imam des lumières", comme il se qualifie lui même, poursuit sa lutte contre l'"obscurantisme". "Quel qu'il soit et coûte que coûte".

 

Hassen Chalghoumi a affirmé sur Europe 1 que "l'embrigadement passe à 60% par Internet".

 

Et d'expliquer : "un jeune faible d'esprit, ignorant de la religion, ne connaît même pas sa propre religion. Il y a un décalage entre sa religion ou son origine et la France. Dans ce cas, quand le jeune rentre, les islamistes le recrutent facilement en disant : 'venez aider votre religion'. Ils en appellent à votre foi". Selon l'imam, "les voyages à l'étranger" sont également un lieu de recrutement.

 

Depuis l'affaire Mohamed Merah, l'imam dresse un bilan : "on est toujours dans un islam d'ingérence étrangère. Par rapport à la formation des imams, on est encore loin. Troisièmement : l'islamisme monte en Tunisie et au Mali. En Libye ou ailleurs, on n'est pas à l'abri. C'est très dangereux, très important de donner la responsabilité des parents jusqu'aux pouvoirs publics", a-t-il assuré sur Europe 1.

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 20:58

 

 

Selon ce sondage, publié dans l'édition de vendredi, 74% des personnes interrogées estiment que l'islam est une religion "intolérante", incompatible avec les valeurs de la société française.

Sondage : Près de trois Français sur quatre rejettent l'islam

 

Huit Français sur dix estiment que la religion musulmane cherche "à imposer son mode de fonctionnement aux autres". (MAXPPP)

http://www.lorientlejour.com

r  
OLJ/AFP | 24/01/2013 | 18h49

Près de trois Français sur quatre estiment que l'islam n'est pas compatible avec les valeurs républicaines, selon un sondage Ipsos réalisé pour Le Monde dans le cadre d'une enquête sur le populisme.

 

 

Chiffre plus radical encore, souligne le quotidien, "8 Français sur 10 jugent que la religion musulmane cherche à imposer son mode de fonctionnement aux autres. Enfin, plus de la moitié pensent que les musulmans sont +en majorité+ (10%) ou +en partie+ (44%) intégristes, sans que l'on sache ce que recouvre ce qualificatif".


Interrogées sur la tolérance des religions en France, 24% des personnes sondées estiment que la religion catholique est "tout à fait tolérante", contre 13% pour la religion juive et seulement 3% pour la religion musulmane.


A l'inverse, 7% jugent la religion catholique "plutôt pas tolérante du tout", contre 10% pour la religion juive et 39% pour la religion musulmane.


Quand à la compatibilité des religions avec les valeurs de la société française, 89% des personnes interrogées mettent en premier le catholicisme, contre 75 % pour le judaïsme et 26% pour l'islam.

 

(L'enquête Ipsos/Le monde, intitulée "France 2013: les nouvelles fractures", a été réalisée par Internet, du 9 au 15 janvier, auprès de 1.015 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas).

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 08:52

 

Les Chrétiens persécutés dans le monde : entre indifférence et complicité

 

 

Le nombre de chrétiens persécutés dans le monde est en hausse constante, il oscille entre 100 et 150 millions d'âmes. Le christianisme est la religion la plus violentée.


En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/chretiens-persecutes-dans-monde-entre-indifference-et-complicite-alexandre-del-valle-587015.html#QHdBTMvQv8xaGiOv.99 

 

Alexandre Del Valle

 

 Alexandre del Valle est un géopolitologue renommé. Éditorialiste à France Soir, il enseigne les relations internationales à l'Université de Metz et est chercheur associé à l'Institut Choiseul. Il a publié plusieurs livres sur la faiblesse des démocraties, les Balkans, la Turquie et le terrorisme islamique.


Chaque année, le soir de Noël, alors que les Européens vivent la commémoration de la naissance du Christ comme une fête joyeuse, les chrétiens vivant là où le christianisme est persécuté vont à la messe de minuit, la peur au ventre. Chaque année en effet, les chrétiens de ces pays sont pris d’assaut jusque sur le parvis de leurs églises. Le message de leurs bourreaux est clair : pour être en sécurité, il faut soit partir soit cesser d’être chrétien.

Le nombre de Chrétiens persécutés dans le monde oscille entre 100 et 150 millions d’âmes. Ce chiffre, en hausse constante, fait du christianisme la religion la plus persécutée. Selon Portes ouvertes, "un chrétien meurt toutes les 5 minutes". Et comme l’explique Marc Fromager, directeur de l’Aide à l’Eglise en détresse (AED), "sur 131 pays de culture chrétienne, il n’y en a pas un seul où la législation sur la liberté religieuse laisse à désirer. Sur 49 pays de culture musulmane, 17 ne tolèrent aucune autre religion et contrôlent étroitement les croyants non musulmans, 19 reconnaissent théoriquement la liberté religieuse mais ne l’appliquent pas en pratique. Les chrétiens restent le groupe religieux le plus discriminé dans le monde: 75 % des cas d’atteintes à la liberté religieuse les concernent"
Et le pire dans cette christianophobie mondiale est l’indifférence qui l’entoure. Certes, les attentats contre des Chrétiens en Irak ou en Egypte en 2010-2011 revendiqués par Al-Qaïda furent fort médiatisés. Mais les nombreux cas de "christianophobie ordinaire", commis au nom des législations en vigueur ou avec la complicité des autorités, sont ignorés. Ceci s’explique par le fait que les mythes fondateurs du politiquement correct et la "politique d’apaisement" empêchent de désigner les bourreaux.

En vertu du premier mythe, celui qui fait du communisme l’idéologie égalitaire des "opprimés", il est impossible de dire que les régimes marxistes d’hier (ex-URSS) et d’aujourd’hui (Chine, Corée du Nord, etc) sont les plus terribles persécuteurs de chrétiens, lesquels sont pour eux des "agents de l’Occident capitaliste". Rappelons à ceux qui pensent que le communisme est "mort" avec la chute de l’ex-URSS que la Chine et la Corée du Nord communistes sont les plus grands tueurs de chrétiens. En Corée du Nord, ces derniers peuvent être tués juste à cause de leur foi. En Chine, l’évangélisation est punie par des peines de prison et les chrétiens, suspects d’être "révolutionnaires", ne peuvent adhérer qu’aux pseudos églises contrôlées par le parti communiste. Fait parmi tant d’autres, le 25 décembre dernier, lorsque les membres de l’église protestante Shouwang ont voulu célébrer leur messe, 50 d’entre eux ont été arrêtés. Et depuis avril 2011, date à laquelle l’église a été obligée de célébrer son culte en plein air, faute de local, 1000 fidèles ont été incarcérés. Chaque année, le nombre de chrétiens incarcérés à vie ou morts en prison –dont des évêques et nombre de prêtres- s’élève à des milliers.

En vertu du deuxième mythe, celui des religions asiatiques – boudhisme et hindouïsme – "foncièrement pacifiques et tolérantes", les crimes anti-chrétiens commis en terre bouddhiste (Laos, Cambodge, Vietnam, etc) ou hindouïste (Etats de l’Union indienne dirigés par le parti nationaliste BJP) sont ignorés par nos bonnes consciences "bobo" qui pensent que le christianisme est la pire des religions.Or en Inde, les chrétiens, réprimés par les lois "anti-prosélytisme", sont perçus comme des "traîtres" à la nation indienne hindouiste. Souvent issus de la sous-caste des Dalits (Intouchables), ils subissent des raids d’extrémistes hindous et des partis nationalistes religieux au pouvoir dans certains Etats. Ainsi, dans l’Etat de l’Orissa, mille chrétiens ont été tués depuis 2007 ; 50 000 Dalits ont fui leur maison pillée par les hindouïstes, mais la plupart des criminels anti-chrétiens ont échappé à la justice.



Le troisième mythe, celui de "l’islam religion de paix et de tolérance", empêche de dire que les chrétiens (assimilés aux "Croisés occidentaux") ont toujours été traités en citoyens de seconde zone ou en bouc-émissaires, parfois cibles de génocides (Turquie, Soudan, etc). Au Nigeria, plus grand Etat musulman d’Afrique noire, qui compte 50% de musulmans et autant de chrétiens, 11 Etats fédéraux du nord (à majorité musulmane) ont imposé la charia aux chrétiens. Comme chaque année, les chrétiens redoutent des attaques islamistes lors de la messe de minuit, comme celles qui ont tué 50 fidèles durant la Noël 2011. Dans le Nord du pays, qui a sombré dans la guerre civile depuis que les partis islamiques ont refusé la victoire électorale du président nigérien chrétien Jonhattant Gooluck, le mouvement islamiste terroriste Boko Haram (qui signifie "interdire l’Occident"), a tué plus de 3000 chrétiens depuis 2009. En 2012, 450 chrétiens ont été tués, dont 185 dans la ville de Kano. Au Pakistan, les Chrétiens, qui forment 1,5% de la population, sont de véritables sous-citoyens. Le cas d’Asia Bibi, cette mère de famille chrétienne condamnée à mort pour "blasphème", après avoir bu dans un puits "réservé aux musulmans", n’est qu’un cas (médiatisé) parmi tant d’autres (non médiatisés). En Arabie Saoudite, grand allié des Etats-Unis, le christianisme est interdit. Une fatwa du chef suprême du wahhabisme stipule que les églises doivent être détruites dans la péninsule arabique. Récemment, 30 chrétiens ont été incarcérés à la prison de Briman (Djeddah) pour avoir célébré un office en privé. Depuis leurs geôles, ils implorent en vain l’aide des Nations unies et des organisations de défenses de droits de l’Homme. En Syrie, les chrétiens sont agressés par les Salafistes et l’Armée Syrienne Libre (ASL), soutenue par la Turquie. Ceux qui vivent dans la zone de Lattaquié, Tartus, Tal Khalakh ou dans la "vallée des chrétiens", jadis havre de paix, sont expulsés de leur village par des jihadistes. En Egypte, où les Frères musulmans ont fait approuver une constitution fondée sur la Charià, les chrétiens sont désignés comme les responsables des manifestations laïques hostiles au président Morsi et à la Charià. En décembre 2012, un tribunal du Caire a condamné à mort sept chrétiens coptes pour leur implication dans le film islamophobe qui enflamma le monde. Mais le journaliste qui diffusa en premier le film sur une télévision égyptienne n’a, quant à lui, jamais été inquiété… Fait divers parmi tant d’autres, sous prétexte que la chemise d’un musulman aurait été brûlée par un chrétien, le quartier chrétien de Dahshura a été entièrement brûlé par les islamistes... En Irak, la situation est encore plus tragique : depuis le retour des islamistes en 2003, après la chute du régime laïc de Saddam Hussein, il ne reste plus que 300 000 chrétiens (contre 1,2 million en 1980). Et en Palestine, dans la ville du Christ, à Bethlehem, les chrétiens rasent les murs.

La conclusion s’impose d’elle-même : en restant silencieux, les dirigeants occidentaux, qui pourraient exiger de leurs "alliés" musulmans le même traitement pour les chrétiens que celui qu'ils exigent pour les musulmans en Occident, sont de facto complices des gouvernements qui persécutent ou tuent des chrétiens.

*Alexandre del Valle est aussi l'auteur de "La nouvelle christianophobie, pourquoi on tue les chrétiens dans le monde aujourd’hui" (Maxima, 2011)


En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/chretiens-persecutes-dans-monde-entre-indifference-et-complicite-alexandre-del-valle-587015.html#ySCuMsc8dRT2SCYd.99 
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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 09:08

 

 

L'image de l'islam se dégrade fortement en France

 

http://www.lefigaro.fr

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Par Jean-Marie GuénoisService infographie du FigaroMis à jour le 24/10/2012 à 22:33 | publié le 24/10/2012 à 20:16 Réactions (141)
Des fidèles prient dans une mosquée du sud de Lille.
Des fidèles prient dans une mosquée du sud de Lille. Crédits photo : PHILIPPE HUGUEN/AFP

SONDAGE - Une étude de l'Ifop pour Le Figaro montre que la montée du communautarisme des musulmans accentue leur rejet par l'opinion.

La communauté musulmane de France s'apprête à fêter, vendredi, sa plus grande fête de l'année, Aïd-el-Kébir, également dénommée Aïd-el-Adha, fête du sacrifice. Elle intervient au lendemain du rassemblement de millions de pèlerins, jeudi, sur le mont Arafat près de La Mecque. Cette fête commémore l'acte de sacrifice, interrompu par l'ange, du fils d'Ibrahim (Abraham dans la tradition juive). Elle voit donc les familles musulmanes immoler, après le sermon de l'aïd, un mouton ou un bélier, parfois un bovin ou une chèvre, couché sur le flanc gauche et la tête tournée vers La Mecque.

Une fête qui tombe dans une France qui conteste de plus en plus cette religion, comme le démontre un sondage exclusif de l'Ifop pour Le Figaro,mais aussi des faits spectaculaires comme l'occupation symbolique, samedi dernier, de la mosquée de Poitiers. «Notre sondage, explique Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l'Ifop, démontre une évolution qui va dans le sens d'un durcissement supplémentaire des Français vis-à-vis de cette religion et d'une perception négative renforcée de l'islam. Même si une proportion non négligeable de Français, 40 %, continue à se dire indifférente à la question de la présence de l'islam en France.»

Ce qui explique, à ses yeux, un tel durcissement - 43 % des sondés considèrent l'islam comme une «menace» - est lié à une «visibilité» fortement accrue de l'islam sur la scène publique et médiatique. «Ces dernières années, il n'est pas une semaine sans que l'islam, pour des questions sociétales, voile, nourriture halal, ou pour une actualité dramatique, attentats, ou géopolitique, n'ait été au cœur de l'actualité.» D'où cette autre impression: 60 % pensent que cette religion a désormais «trop d'importance». Ils étaient 55 % il y a seulement deux ans. Ceux qui se disaient indifférents à cette question passent de 41 à 35 %.

«De ce point de vue, ajoute Jérôme Fourquet, la polémique sur le fast-food halal à Roubaix - certes largement instrumentalisée politiquement - ou certaines publicités halal, ont eu plus d'effets que n'importe quel discours politique. Elles confirment dans l'opinion l'irréversibilité de l'enracinement de l'islam en France, qui n'est plus perçu comme un problème passager. Voilà une clé d'interprétation de ce sondage: cette caisse de résonance permanente conduit à une prise de conscience très forte qui n'a peut-être jamais été atteinte à ce point.»

Une analyse qui apparaît du reste très nettement quand les questions sont posées sur le voile islamique ou sur la construction des mosquées. En 1989, 33 % des sondés se disaient favorables à la construction des mosquées. Ils ne sont plus que 18 %. Pour le voile dans la rue, et sur la même période, les personnes opposées passent de 31 % à 63 %. Et les indifférents ont quasiment fondu de moitié pour n'être que 28 %. Quant au voile à l'école, le feu rouge écarlate s'allume puisque l'on passe sur la même période de 75 % opposés à 89 %! Les indifférents chutant de 17 % à 6 %…

«Les avis négatifs convergent»

Sur ces sujets précis, très repérables dans la vie de tous les jours, «les avis négatifs convergent, constate Jérôme Fourquet, et l'on ne voit pas comment ils pourraient désormais s'inverser». On vérifie ainsi cette «radicalisation de l'opinion publique et cette baisse de l'indifférence vis-à-vis de l'islam», note ce spécialiste des sondages. Quand on demande aux Français quelles sont «les causes» de ce rejet: le «refus de s'intégrer à la société française» passe de 61 à 68 % en deux ans. «Les trop fortes différences culturelles» de 40 à 52 % et «le fait que les personnes d'origine musulmane soient regroupées dans certains quartiers et certaines écoles» de 37 % à 47 %. Quant à la question des «traits d'image associés globalement à l'islam», le «rejet des valeurs occidentales» arrive très largement en tête.

Tout se passe comme si les marqueurs du communautarisme étaient devenus insupportables aux Français, qui ne voient, au passage, aucun effet des «actions ou des budgets des pouvoirs publics» pour l'intégration.

Enfin, pour ce qui est de la politique, une évolution a particulièrement été repérée par Jérôme Fourquet. Il constate qu'une «digue» vient de céder. Elle séparait le refus - constant depuis 1989 - de partis politiques se référant à l'islam et une certaine bienveillance pour des élus locaux, voire des maires musulmans. Cette hostilité de principe à ces élus - très forte en 1989, avec 63 % - s'était atténuée jusqu'à 33 % en 2010. Mais cette hostilité aux élus locaux musulmans vient subitement de remonter à 45 %.

 

 

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 00:01

Chères amies, chers amis,



Malala, 14 ans, a reçu plusieurs coups de feu de la part des Talibans pour s’être engagée pour l'éducation des filles. Elle est entre la vie et la mort, mais nous pouvons l’aider à réaliser son rêve en poussant son gouvernement à déployer les fonds nécessaires à la scolarisation de toutes les fillettes pakistanaises. Cliquez ci-dessous pour donner une chance à l'éducation des filles:

Signez la pétition

Malala a consacré son enfance à défendre l'éducation de filles comme elle au Pakistan. Alors qu’elle gît sur un lit d'hôpital, victime tragique de Talibans armés, nous pouvons l'aider à concrétiser son rêve.

Certaines régions du Pakistan ont déjà lancé avec succès des programmes qui indemnisent les familles qui envoient leurs filles à l'école. Mais dans la province de Malala, les autorités traînent les pieds. Des hommes politiques influents ont proposé d’aider Malala, et si nous agissons rapidement, nous pouvons les pousser à s'engager à étendre ce programme à toutes les provinces du pays.

Avant que l’attention des médias ne retombe, faisons entendre nos voix pour que le gouvernement engage les financements nécessaires à la scolarisation de toutes les fillettes pakistanaises en âge d'aller à l’école. Dans quelques jours, l'Envoyé spécial de l'ONU pour l’Éducation doit rencontrer le Président pakistanais Zardari et si nous rassemblons 1 million de signatures qu'il pourra remettre à son arrivée, il aura un argument de poids. Signez et diffusez cet e-mail pour réaliser le rêve de Malala:

http://www.avaaz.org/fr/l_espoir_de_malala/?bGAavdb&v=18807

Malala a attiré l'attention du monde sur le règne de terreur des Talibans quand elle a commencé à alimenter un blog en ourdou pour la BBC. Ses chroniques dépeignent un tableau inédit des conséquences dramatiques de l'extrémisme sur la vie du peuple pakistanais, qui se traduit en particulier par la destruction de centaines d'écoles de filles et l'intimidation de milliers de familles.

La Constitution pakistanaise assure sans équivoque que les filles doivent être éduquées avec les garçons, et le gouvernement a les ressources pour atteindre cet objectif. Mais les politiciens ont ignoré leurs obligations pendant des années sous l’influence de groupes religieux extrémistes ; seulement 29% des filles fréquentent l'école secondaire. Pourtant les études se succèdent pour démontrer que l’instruction des filles a un impact considérable sur le revenu des ménages et de l’Etat.

Transformons le choc et l'horreur de l'attaque des Talibans sur une fillette en une vague de pression internationale, obligeant le Pakistan à prendre en main l'éducation des filles. Cliquez ci-dessous pour vous porter solidaire de la cause de Malala et soutenir une politique ambitieuse de scolarisation des filles au Pakistan accompagnée des ressources et de la sécurité nécessaires et soutenue par la volonté de combattre les extrémistes qui détruisent le Pakistan:

http://www.avaaz.org/fr/l_espoir_de_malala/?bGAavdb&v=18807

Rassemblons-nous en solidarité avec cette jeune militante courageuse, qui montre au monde qu'une écolière peut résister à des extrémistes armés et dangereux.

Remplis d’espoir et de détermination,

Emma, Alaphia, Alex, Ricken, Ari, Michelle, Wissam, Rewan et toute l’équipe d’Avaaz


POUR EN SAVOIR PLUS

Victime des talibans, Malala réussira-t-elle à réveiller le Pakistan ? (Blog, Le Figaro):
http://blog.lefigaro.fr/inde/2012/10/malala-yousafzai-la-jeune-paki.html

Malala Yousufzai : La rue de Karachi s'indigne (reportage de Dawn dans Courrier International):
http://www.courrierinternational.com/article/2012/10/12/malala-yousufzai-la-rue-de-karachi-s-indigne

Le combat de Malala est le nôtre (Gordon Brown dans le Huffington Post):
http://www.huffingtonpost.fr/gordon-brown/malala-ecole-taliban_b_1960257.html?utm_hp_ref=international

Malala Yousafzai: Pourquoi une adolescente pro-éducation est le pire cauchemar des Talibans (Slate):
http://www.slate.fr/lien/63189/manifestations-pakistan-tentative-meurtre-malala-yousafzai-talibans

Why Gender Equality in Basic Education in Pakistan? (Rapport de l’UNESCO, en anglais):
http://unesco.org.pk/education/documents/publications/Why%20Gender%20Equality%20in%20Basic%20Education%20in%20Pakistan.pdf

Parce que je suis une fille (Situation des filles dans le monde 2012, PLAN):
http://plan-international.org/girls/pdfs/2012-report/La-situation-des-filles-dans-le-monde-2012-Apprendre-pour-la-vie.pdf

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 08:25

USA : l’armée appelle le pasteur Jones à ne plus soutenir le film anti-islam

mercredi 12 septembre 2012 - 22h02
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Le plus haut responsable militaire américain a téléphoné au controversé pasteur Terry Jones pour l’exhorter à ne plus soutenir le film qui a suscité des violences en Libye et au Caire ayant conduit à la mort hier de l’ambassadeur américain en Libye. Le long métrage est défendu par le pasteur très controversé Terry Jones, qui s’est attiré de nombreuses critiques par le passé, notamment pour avoir brûlé un exemplaire du Coran et s’être résolument opposé à la construction d’une mosquée près de Ground Zero à New York. « Lors d’un court appel téléphonique », le général Martin Dempsey, chef d’état-major interarmées américain, « a exprimé ses inquiétudes sur la nature du film, les tensions qu’il a générées et les violences qu’il a provoquées et a demandé à M. (Terry) Jones de penser à retirer son soutien au film », a rapporté dans un email le porte-parole de M. Dempsey, le colonel Dave Lapan. Lors de l’attaque du consulat américain perpétrée mardi à Benghazi, dans l’est de la Libye, l’ambassadeur en Libye Chris Stevens et trois autres Américains ont été tués, et cinq autres blessés. Des responsables du Pentagone craignent que le long métrage (également à l’origine de manifestations devant l’ambassade américaine au Caire, où quelques personnes se sont introduites mardi), n’entraîne également des violences en Afghanistan, menaçant la sécurité des troupes de l’Otan sur place. « L’innocence des musulmans », de Sam Bacile (un promoteur immobilier californien dont ce n’est pas le vrai nom, selon un collaborateur), se veut une description de la vie du prophète Mahomet. Des extraits de ce film à petit budget, avec des costumes d’amateurs, un scénario confus et des décors artificiels, ont été postés sur internet ou diffusés sur des chaînes de télévision privées. Des acteurs parlant anglais avec l’accent américain y présentent les musulmans comme immoraux, gratuitement violents et tournent en dérision le prophète Mahomet. Le pasteur Jones avait annoncé son intention de diffuser des extraits du film dans son église de Gainesville, en Floride. « C’est une production américaine, qui n’a pas pour objectif d’attaquer les musulmans mais de montrer l’idéologie destructive de l’islam », avait-il déclaré dans un communiqué publié par le Wall Street Journal. (AFP).

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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