Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 05:58
LETTRE OUVERTE AU MONDE DIPLOMATIQUE
de Jean-Loup Msika.

pour 
aschkel.info et lessakele



Précédent article > Jérusalem doit elle être divisée de nouveau ? 

 


Ecrire une lettre



 
au monde diplo




Les israéliens ont très rapidement, et spontanément installe a Haiti le seul hôpital capable de sauver des vies, avec du matériel et du personnel de qualité, de grands chirurgiens. Ils se sont acharnes a libérer chaque prisonnier qu'ils ont pu localiser des décombres, et ensuite a le soigner pour sauver sa vie, chaque vie étant absolument sacrée pour les juifs.

C'est la seule nation au monde a faire preuve de véritable solidarité humaine.
Les européens, donneurs de leçons (27 pays), en font beaucoup moins!
Les israéliens ont transporte a l'autre bout du monde une technologie de pointe dont ils sont le plus souvent les inventeurs.
 
Si les arabes avaient accepte le partage du mandat britannique par les Nations Unies, le moyen orient aurait pu se développer de manière spectaculaire.

Seulement, les dictatures arabes, et maintenant la DICTATURE iranienne ne peuvent tolérer un si mauvais exemple dans le région:

Une vraie démocratie !! Quelle horreur ! Quel mauvais exemple ! Cela pourrait donner des idées!!

Alors c'est la guerre depuis 60 ans!

Le but est d'éradiquer un état souverain démocratique et pacifique (oui, car Israel a accepte le partage par l'ONU, sans réserve, au nom de la paix).

LES ARABES VEULENT DÉTRUIRE 
ISRAEL!


Les Israéliens veulent vivre en paix avec leurs voisins!
Comprenez vous la différence de position?

OU SE SITUE LA "GAUCHE PROGRESSISTE" EUROPÉENNE dans cette dialectique ?
Un peu de clarté s'il vous plaît!

 
Les israéliens sont très enclins a l'autocritique!

Vous, au Monde Diplomatique, vous trouverez toujours des israéliens pour critiquer leur gouvernement: ils sont libres de le faire car c'est une démocratie!
Mais leur gouvernement est élu démocratiquement, et il est donc tout a fait LÉGITIME. Compris?

Dans les dictatures arabes, pas de critique du gouvernement: c'est la terreur, et l'unanimité.
Vous l'aimez cette unanimite?

Quand le MONDE DIPLOMATIQUE sortira t'-il d'un dogmatisme d'un manichéisme simpliste ("tiers-mondiste parigo?") pour voir la réalité en face?



Posez vous la question:


- Que veulent vraiment Bachar et AhmadinejadAbbas et le potentat Saoudien ? (la disparition tout simplement d'un état souverain démocratique, membre de nations unies).

- Que veulent les Israéliens? (vivre en paix avec leurs voisins, dans des conditions territoriales et stratégiques qui les mettent a l'abri des agressions continuelles qu'ils ont subies depuis 60 ans - les tanks de Nasser, les "kamikazes", puis les fusées du Hamas...- et ensuite contribuer au développement démocratique, économique, environnemental, culturel de toute la région, ce qui est leur intérêt évident, mais aussi l'intérêt de toutes les populations du moyen orient).

OU SE SITUE LE MONDE DIPLOMATIQUE ? Souhaite t'-il vraiment la "victoire" de Bachar et Ahmadinejad ou la survie le l'unique démocratie du moyen-orient?

Le moment est venu de choisir son camp, avec clarté!
 
Jean-Loup Msika
Partager cet article
Repost0
23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 22:27
Réponse au rapport Goldstone : preuves filmées d'Israël


Le New York Times publie deux informations extraites de la réponse israélienne au rapport Goldstone, qui doit être rendue jeudi à l'Onu. Israël affirmera notamment dans ce document que la destruction d'un moulin à Gaza n'a pas été causée par ''le ombardement d'un F-16 israélien'', comme l'affirme le rapport Goldstone, mais par un un tir erroné du Hamas. De même, Israël niera tout lien dans la démolition du centre de traitement des eaux usées à Gaza,, qui a été touché par des explosions du Hamas. Le rapport Goldstone cherchait à prouver qu'Israël a intentionnellement visé des infrastructures économiques et civiles, ce qui est ''foncièrement faux'', a indiqué le général Avichaï Mandelblitt, le procureur militaire général. Israël dispose de preuves filmées de son argumentaire.

http://www.guysen.com/news_

Israël rendra jeudi sa réponse au rapport Goldstone

 Israël rendra jeudi sa réponse au rapport Goldstone, au secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon. Les Palestiniens feront de même. Ban Ki-moon a jusqu'au 5 février pour présenter aux membres du Conseil de sécurité son propre document censé faire le point sur les réactions au rapport Goldstone, dénonçant les ''crimes de guerre d'Israël et du Hamas'' lors de l'opération Plomb durci à Gaza.

La réponse israélienne a été élaborée par le Conseil à la sécurité nationale, le ministère de la Justice, celui des Affaires étrangères, et le parquet militaire. Elle dénoncera les failles majeures du rapport Goldstone, taxé de ''partial''. Israël expliquera dans sa réponse les raisons qui l'ont poussé à entrer en guerre, et les difficultés rencontrées pour lutter contre des organisations terroristes agissant à partir de maisons, d'écoles, d'hôpitaux et des locaux onusiens.
Partager cet article
Repost0
22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 06:32
Le vrai problème, est que depuis fort longtemps, il n'y a plus aucune différence entre un journaliste et un militant, ils font le même métier, le premier étant un chasseur de scoops plus ou moins bidonnés et le second n'en ayant plus besoin, parce que depuis longtemps "embrigadé" et convaincu par le premier...
Un visa pour les journalistes ?
Par YAAKOV LAPPIN
21.01.10

 

http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1263147948714&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

 

Le Bureau de Presse du Gouvernement milite pour l'introduction d'un visa destiné aux journalistes étrangers, comme aux Etats-Unis. Le but est de filtrer les activistes politiques se faisant passer pour des employés des médias.


La presse étrangère réunie à quelques km de la bande de Gaza, pendant l'opération Plomb durci.
Photo: Ariel Jerozolimski , JPost

"Un visa de journaliste exigera des citoyens étrangers, se faisant passer pour des reporters, de démontrer leurs qualifications et de prouver qu'ils ont travaillé pour un média", justifie Danny Seaman, directeur du Bureau.

L'idée n'est pas nouvelle. Mais les appuis du ministre de l'Intérieur Eli Yishaï et du ministre du Tourisme Stas Meseznikov pour le projet rendent son adoption plus probable. Jusqu'à présent, le département juridique du ministère de l'Intérieur avait toujours estimé que ce visa n'avait aucun fondement juridique.

Partager cet article
Repost0
20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 21:47

Scoope toujours, tu m’intéresses !

Guéant a raison et la SDJ de France 3 a tort

http://www.causeur.fr/scoope-toujours-tu-minteresses,3626

L'auteur
Luc Rosenzweig

Luc Rosenzweig est journaliste.

 

Publié le 19 janvier 2010 à 18h52 73 réactionsImprimer

Mots-clés : ,

otages

Comme nous vous l’avions signalé ici-même, l’enlèvement par les talibans afghans, fin décembre, de deux journalistes de France 3 et de leur chauffeur a marqué un tournant radical des autorités françaises face à ce genre de problèmes.
La diplomatie et les services de renseignements français ne sont plus contraints de travailler sous la pression d’une opinion publique mise en condition par les collègues, confrères et amis des otages.
On ne se gêne pas, au sommet de l’Etat pour critiquer l’imprudence des chasseurs de scoops, alors même qu’ils sont encore aux mains de leurs ravisseurs. Ainsi, dimanche 18 janvier, le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, a déclaré, lors du “Grand Rendez-Vous” Europe 1/ Le Parisien-Aujourd’hui en France : “Ils font courir des risques aussi à beaucoup de nos forces armées qui, du reste, sont détournées de leurs missions principales”. Il a également souligné le “coût tout à fait considérable” de cet enlèvement. Le bras droit de Nicolas Sarkozy a également suggéré qu’il n’était pas toujours nécessaire, pour les journalistes, d’aller à la recherche du scoop à tout prix, en laissant entendre que si cette quête tournait mal, c’était la collectivité nationale et les contribuables qui en payaient la note, parfois salée.

Cette sortie n’a pas été du goût de la société des journalistes de France 3, qui a dénoncé le «cynisme effrayant” de ces déclarations visant des journalistes qui ne font ” que leur métier”. La SDJ de France 3 a reçu le soutien de Reporters sans frontières, de la députée PS Aurélie Filipetti, et de l’humoriste francintérien Stéphane Guillon. Les suspects habituels ayant ainsi formulé leur litanie sur “le droit de savoir”, la “liberté de la presse menacée”, et montré à nouveau d’un doigt vengeur le Sarkozy liberticide, on peut maintenant passer aux choses sérieuses.
Notons d’abord que les propos de Guéant, reprenant et amplifiant ceux de Nicolas Sarkozy critiquant ” l’imprudence” des journalistes, sont en parfaite cohérence avec la nouvelle stratégie des autorités françaises face aux preneurs d’otages. Ces derniers se voient ainsi privés du levier d’une mobilisation populaire en France pour faire grimper le prix de la rançon et les bénéfices politiques de l’opération.
Il est plus difficile de mobiliser pour des têtes brûlées que pour des gens présentés comme des chevaliers Bayard de l’info.

Sur le fond des choses, la raison d’Etat, telle qu’elle est formulée par Sarkozy et Guéant, s’oppose au droit du public à l’information la plus pointue, la plus indépendante possible de tous les pouvoirs sur tous les sujets brûlants, y compris sur les conflits armés dans le lequel notre pays est engagé. On citera les exemples célèbres des journalistes dénonçant des pratiques de tortures ou de massacres de civils dans les guerres postcoloniales françaises ou la guerre américaine au Vietnam.
C’est vrai, à la notable différence près, que ni le FLN algérien, ni le Vietcong n’avaient, à l’époque, fait de l’enlèvement et parfois de l’exécution sauvage de journalistes pris en otage une arme de guerre psychologique contre leurs ennemis.
Or, nous savons maintenant que les jihadistes, en Irak, en Afghanistan, au Pakistan n’hésitent pas à utiliser, outre l’attentat suicide, ces méthodes visant à “démoraliser” l’opinion publique des pays qui leur font la guerre.

Ce n’est pas parce qu’on a “fait” la Bosnie ou l’Intifada palestinienne qu’on est à l’abri d’une opération au cours de laquelle ceux que l’on souhaite montrer au public vous transforment en bargaining chip. Dans ce contexte, les gros durs porteurs de gilet à poches multiples sont comme tout le monde. Ils doivent s’incliner devant la force brutale, et filer doux. Il semble que les envoyés spéciaux de France 3 aient été dûment prévenus par l’armée française des risques qu’ils couraient dans le secteur où ils comptaient se rendre. Ils sont passés outre, jouant à une sorte de roulette russe pour, en cas de succès, se retrouver dans le club sélect des chasseurs de scoops de première classe.

Alors, faut-il, pour décourager ce genre de comportement, jouer la transparence et porter à la connaissance du public les coûts engendrés par l’imprudence de ces journalistes ? Pourquoi pas ? Si, comme le claironnent sans cesse les professionnels de la profession qui se drapent dans leur dignité ” le public a le droit de savoir”, qu’il sache alors tout sur des unités militaires détournées de leurs missions pour localiser les otages, des services spéciaux en quête d’interlocuteurs pour une éventuelle négociation, des missions de reconnaissance aériennes, des versements éventuels de rançon, des concessions militaires ou politiques faites aux ravisseurs. Tout cela n’est pas donné et devrait donner à réfléchir aux consommateurs d’infos que nous sommes tous.

Mais là n’est pas l’essentiel. Il faudrait que ceux qui prétendent parler au nom de la profession, syndicats, SDJ ou RS cessent de nous prendre pour des billes : la mondialisation, l’instantanéité de l’information ont radicalement changé la nature du journalisme de guerre. Le principal champ de bataille n’est bien souvent pas là où l’on croit, en Afghanistan, à Gaza ou ailleurs. Dans la guerre médiatique, celle qui, de plus en plus décide du sort des batailles, les journalistes sont des objets qu’un camp ou l’autre cherche à manipuler à leur profit. Certains présomptueux estiment que leur talent, leur intrépidité, la chance les feront échapper à cette fatalité. Ils devraient de toute urgence relire l’indémodable Scoop d’Evelyn Waugh, et envisager une cure de chronique jardinage dans Rustica.


Scoop: A Novel About Journalists
Evelyn Waugh
Penguin Classics
Acheter chez Amazon.fr
L'auteur
Luc Rosenzweig

Luc Rosenzweig est journaliste.

Lire aussi
Partager cet article
Repost0
20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 12:30

Signalé par B. : censure systématique concernant l'aide israélienne, et par contre, mise en exergue de la "solidarité" ad'hoc, mise sur pied par le Hamas et ses groupes "humanitaires" affiliés, soudain pris d'une folle envie d'envoyer des équipes en Haïti. Tout semble milimétré pour parer aux effets bénéfiques ou secondaires sur l'image de l'Etat Juif décrié, avec l'aide des journalistes militants à la déontologie dévoyée. Il serait bon que ceux-ci comprennent que l'aide ne se calcule pas par réaction antisioniste à tout ce qu'entreprendrait Israël, dans quelque domaine que ce soit, et qu'il s'agissait d'abord d'être là, à l'instant "t", sans courir après les scoops propagandistes à la gloire du "terrorisme bienfaisant".



Sur la page regroupant toutes les informations concernant Haïti, aucun titre où figure le nom d'Israël.
Ignorant à la une l'exceptionnel apport de l'État hébreu, Courrier international n'hésite pas à citer un journaliste qui s'autorise les comparaisons les plus indécentes.
 
http://www.courrierinternational.com/evenement/seisme_haiti
 
 
 
___________________
 
 
 
Gaza solidaire avec les Haïtiens
 
Les enfants de Gaza ont offert des jouets, des bonbons, des couvertures et un peu d’argent pour venir en aide aux victimes du tremblement de terre à Haïti", rapporte Al-Quds Al-Arabi. Cette initiative revient au Comité palestinien contre l’occupation qui se consacre habituellement à la lutte contre la pauvreté qui frappe les habitants de Gaza et à l’association Waed qui s’occupe des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes. C’est la Croix rouge qui s’est chargé de faire sortir, le 18 janvier, cette donation du territoire palestinien toujours soumis au blocus imposé par l’Etat hébreu. Selon le responsable du Comité palestinien contre l’occupation, Jamal Al-Khodari, "les moyen dont dispose le peuple palestinien sont très limités, mais les Gazaouis sont prêts à envoyer également une délégation comprenant des médecins, des infirmiers et des ingénieurs". "A Haïti le séisme a fait des dizaines de milliers de victimes en quelques minutes et le monde entier s’est mobilisé pour leur venir en aide. En Palestine, la catastrophe liée à l’occupation israélienne et l’embargo dure depuis des dizaines d’années et personne ne bouge."
 
Partager cet article
Repost0
18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 12:48

Retour d’expérience : “Plomb durci” et les opérations d’information


http://www.alliancegeostrategique.org/2010/01/10/operation_plomb_durci_infoops/

Le chef de bataillon Sébastien Pellissier, officier stagiaire de la promotion Maréchal Lyautey du Collège Interarmées de Défense (CID), nous livre ses réflexions sur les opérations d’information menées par Tsahal contre les Palestiniens de la bande de Gaza lors de l’opération « Cast Lead ». Bienvenue dans la guerre de l’information version 2.0.


 

israeli_tanker3

 

Opération « Plomb durci » : comment Israël a tiré les leçons de 2006 dans le domaine des opérations d’information.


 

La doctrine française énonce que les opérations d’information (OI) sont constituées par l’ensemble des actions menées par les forces armées, dirigées et coordonnées au plus haut niveau, visant à utiliser ou à défendre l’information, les systèmes d’information et les processus décisionnels, pour appuyer une stratégie d’influence et contribuer, dans le cadre des opérations, à l’atteinte de l’effet final recherché. Contribuent donc à ces opérations les fonctions d’acquisition de la connaissance, les fonctions vouées à l’information (communication opérationnelle, opérations militaires d’influence), certaines fonctions techniques comme la guerre électronique ou d’autres fonctions comme les actions civilo -militaires.


 

En 2006 Israël a subi sinon un revers militaire, du moins une défaite médiatique face à un adversaire habile, le mouvement Hezbollah, qui a su utiliser l’ensemble des nouvelles technologies de l’information à son profit.


Peu préparée du côté israélien, la manœuvre de l’information lors de la guerre des 33 jours a été mal conduite. Manquant de coordination, les actions de guerre psychologique, les offensives sur Internet et les communiqués de presse divergents ou parfois même contradictoires ont donné une image brouillonne de l’action israélienne. Elles ont contribué à diffuser dans l’opinion l’idée qu’un mouvement terroriste a finalement remporté, comme le proclamait son chef Hassan Nasrallah, une « victoire divine ». Indubitablement l’opération « Plomb durci » (27 décembre 2008 - 18 janvier 2009) démontre que nombre de leçons ont été tirées. En deux ans l’Etat hébreux a su créer de nouvelles structures et concevoir une stratégie plus cohérente dans la bataille pour le contrôle de l’information.


 

Le « National Information Directorate » : l’échelon de pilotage stratégique.


 

“ La façon dont Israël gère ses secrets et ses informations sensibles est incompréhensible et de bien des manières irresponsable. Des dommages considérables en ont déjà été la conséquence et d’autres se produiront si rien n’est fait dans ce domaine. Nous courrons au désastre si, tant au niveau du gouvernement que de la défense, aucune mesure immédiate, déterminée et énergique n’est prise”. (1)


 

Suivant les recommandations de la commission Winograd  une structure dédiée placée au niveau du premier Ministre a été créé le 08 juillet 2007 : le National Information Directorate (NID). Son rôle est de « diriger et coordonner les différents organes officiels d’information de l’Etat d’Israël afin de disposer d’une politique de communication crédible, unifiée et argumentée.» (2) Il est devenu en l’espace de quelques mois le principal organe chargé de la « hasbara », mot hébreux pouvant être traduit par  « argumentaire » ou « éléments de langage ». Plus qu’un rôle de coordination, il fixe la ligne de communication de l’Etat et fournit des dossiers d’argumentaires « clé en main » pour des organisations amies comme les communautés de la diaspora ou les bloggeurs juifs. Entre cette création et le conflit de 2008 au moins deux exercices majeurs de communication et de gestion des Opérations d’information ont été conduits, préfigurant une planification rigoureuse de « Plomb durci ».


 

De fait, pour de nombreux observateurs le NID a joué un rôle fondamental dans toutes les phases du conflit avec le Hamas.


 

On lui doit en premier lieu une présentation des buts de guerre beaucoup plus habile qu’en 2006. Les ambitions initiales affichées à cette époque (changer la carte politique du Liban et éradiquer le Hezbollah) étaient tellement élevées que certains critiques parlaient de buts de guerre virtuels. Manifestement, ils n’ont pas été atteints. En 2008, les objectifs affichés sont plus flous : affaiblir le Hamas et améliorer le niveau de sécurité dans le sud du pays. De ce fait il devient  difficile de disposer d’indicateurs tangibles pour évaluer leur atteinte et prive l’ennemi d’un des arguments majeurs mis en avant par le Hezbollah en 2006. On lui doit également l’argumentaire en trois points asséné à tous les niveaux pendant le conflit :


 

  • le Hamas a rompu la trêve ;

  • Israël ne cherche qu’à défendre ses citoyens ;

  • le Hamas est une organisation terroriste qui prend pour cibles des civils israéliens.

 

 

 

Il est aussi l’instigateur de l’offensive diplomatique parfaite menée parallèlement aux opérations militaires pendant le conflit. Les diplomates disposaient d’éléments de langage clairs et étaient invités à occuper l’espace médiatique dans leurs pays d’accréditation. A titre d’exemple, en Grande Bretagne comme en France, les ambassadeurs israéliens sont intervenus quotidiennement dans les médias nationaux pendant toute la durée du conflit(3). La ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni effectuant pour sa part une tournée mondiale. Le tout pouvant désormais constituer une référence en termes de  « Key Leader Engagement » (KLE).


 

Dès le début de l’offensive le NID a intégré l’aide humanitaire dans la communication. Le but étant d’afficher la volonté de ne pas punir la population civile. L’armée communiquait ainsi abondamment et quotidiennement sur le montant détaillé des livraisons de produits de première nécessité et sur l’évacuation de blessés graves à travers des points de passage laissés intentionnellement ouverts. Parallèlement Israël utilisait cet outil pour promouvoir le Fatah en en faisant le seul intermédiaire avec les populations de la bande de Gaza.


 

La communication opérationnelle : de la transparence au contrôle de l’information.


 

Le contraste est saisissant dans la couverture médiatique des deux conflits. En 2006, le chef d’Etat-major israélien Dan Halutz avait décidé d’accorder une liberté totale aux journalistes. En conséquence, aucun filtre ne protégeait l’opinion publique et, plus grave, le Hezbollah disposait de sources d’informations en temps réel, il lui suffisait de regarder la télévision israélienne. La commission Winograd a en effet estimé que le Hezbollah avait pu obtenir une quantité importante d’informations tactiques et stratégiques : « les points de rassemblement israéliens étant filmés, tout le monde savait qui allait être engagé et où. »(4)


 

Les mauvaises relations entre les médias internationaux et l’Etat israélien ne sont pas étrangers à la piètre gestion de la communication opérationnelle en 2006. En effet un contentieux durable existe entre les Israéliens et les médias internationaux. Les premiers se méfient d’organes de presse qu’ils perçoivent comme irrémédiablement hostiles et prêts à déformer l’information pour nuire à l’Etat d’Israël. Deux épisodes ont en particulier  scellé leur divorce. En 2000, les autorités israéliennes ont intenté un procès pour falsification au journaliste français Charles Enderlin qui avait effectué un reportage au cours duquel un Palestinien de 11 ans, Mohamed al-Doura, était tué en direct par une balle supposée être israélienne. De même, en 2002, au cours de l’opération « Rempart » à Jénine, les médias internationaux avaient clamé, à tort, qu’un massacre était en cours. Mais le faible intérêt porté à la communication opérationnelle, aggravé par le manque de coordination et de cohérence déjà signalé, a largement concouru à la « défaite médiatique » d’Israël symbolisée par le bombardement de Cana. Une frappe israélienne sur un immeuble de cette localité du sud Liban, le 30 juillet 2006, avait provoqué la mort de près d’une trentaine de civils, majoritairement des femmes et des enfants. Israël n’avait pas su réagir efficacement pour contrecarrer la campagne médiatique du Hezbollah. Cet épisode est désormais le cas d’étude par excellence de la nouvelle Military Media School créée en 2007,  à côté du National Defense College à Gillot, et dont les cours sont obligatoires pour les officiers supérieurs. Les forces disposent aussi des technologies nécessaires pour collecter, analyser et diffuser les images. Les réservistes du bureau des porte-paroles (équivalent de la DICOD) ont intégré dans leur entraînement des cas concrets visant à évaluer si un évènement peut avoir des conséquences médiatiques et stratégiques.


 

En 2008, les Israéliens ont décidé d’agir plus fermement sur les médias en leur interdisant l’accès aux zones de combats. L’idée maîtresse étant globalement que « pour éviter un deuxième Cana il ne faut pas de journaliste ! (5) » Les frontières avec Gaza ont été fermées  plus d’un mois avant le déclenchement de l’opération. Cet interdit a provoqué un tollé des médias qui ont déposé un recours devant la Haute Cour de Justice et ont obtenu gain de cause mais se sont heurtés au refus de Tsahal pour des raisons de sécurité. Les seules images disponibles ont donc été diffusées par l’unique chaîne présente dans la bande de Gaza, Al Jazeera (6), qui avait pris fait et cause pour le camp palestinien. Les journalistes internationaux étaient cantonnés au centre de presse de Sderot, ville située aux premières loges… des tirs de roquettes palestiniennes ! Parallèlement, sous le contrôle du NID, le département des porte-paroles de l’armée israélienne  avait mis en place une cellule de veille médiatique qui a montré pendant toute l’opération une très bonne réactivité. Avec la presse nationale, les autorités ont signé un protocole d’accord pour soumettre à la censure les informations diffusées et en particulier pour ne pas divulguer les noms des militaires tués au combat avant que leurs familles aient été averties.


 

La décision d’écarter les médias n’a pas fait l’unanimité. Les conséquences négatives que beaucoup avaient prévu n’ont pas manqué de se produire  à tel point qu’il est légitime de se demander si Israël n’a pas été pris à son propre piège. En effet si le Hamas a eu beaucoup moins de « preuves de victoire» à exhiber que le Hezbollah en 2006, Lorenzo Cremonesi, correspondant du journal italien Corriere della Sera avait pronostiqué que  « si l’on a pas accès au champ de bataille, on finira par rapporter les exagérations d’autres personnes »(7) . Dès le 19 janvier, en conséquence et au grand dam du gouvernement israélien, les journalistes pénétrant enfin à Gaza se focalisèrent sur les destructions d’infrastructures civiles.


 

Sans que cela puisse intégralement être relié à l’action du NID, la cohérence et la cohésion se retrouvent sur un plan interne et plus particulièrement dans les forces armées. La liberté de parole de 2006 n’est plus de mise en 2008. L’opinion publique israélienne en 2006 s’était émue des états d’âme des soldats engagés au front. Ces derniers utilisaient leur téléphone portable pour critiquer la stratégie choisie ou se plaindre de leurs conditions d’engagement et transmettre des photos et vidéos qui ne pouvaient passer par le filtre de la censure. En 2008 les soldats sont partis au combat sans leurs téléphones portables. Une unité de guerre électronique surveillait les réseaux israéliens et intervenait lorsque les informations échangées étaient jugés trop sensibles pour être diffusées sur ces canaux. A l’issue du conflit, les téléphones de service ont été contrôlés. Dans le même esprit, aucun soldat n’avait l’autorisation de s’exprimer devant la presse sans autorisation préalable.


 

Ces mesures ont indéniablement eu l’effet escompté dans le domaine de la protection du secret et le maintien du moral de la société israélienne.


 

Guerre psychologique : utilisation de l’ensemble des moyens


 

La plupart des méthodes employées en 2008 avaient déjà fait leurs preuves, soit au cours des précédentes opérations dans les territoires palestiniens, soit au Liban en 2006. Mais en 2006 l’armée israélienne avait placé son action dans ce domaine dans une perspective essentiellement tactique et avait déconnecté les actions psychologiques d’une approche plus globale, garante de leur efficacité. Les OI prenaient d’abord pour cible le « système » Hezbollah et tentaient à la fois de l’intimider et de le couper de ses soutiens populaires. « Israël a misé sur la crainte suscitée moins chez la population des non-combattants que chez ses ennemis directs, à savoir chez les combattants du Hezbollah »(8). Parallèlement, comme il a déjà été souligné, aucune campagne coordonnée n’était menée pour gagner la guerre de l’opinion alors que le Hezbollah avait lui bien placé son combat sur le plan médiatique (ce qui n’a pas été diffusé n’a pas eu lieu !).


 

presentation11


 

Les Israéliens ont aussi bénéficié en 2008 d’une parfaite connaissance du théâtre d’opérations provenant tout à la fois des réseaux d’informateurs qui, contrairement au Liban, sont particulièrement bien implantés dans les territoires palestiniens de même que d’une réelle préparation de l’opération dans le domaine du renseignement. Toute la gamme des procédés de guerre psychologique a donc été mise en œuvre beaucoup plus facilement en 2008 : intrusions, brouillage des radios civiles, tractages etc… Des centres téléphoniques employant des arabisants ont passés plus de 35000 appels téléphoniques. Le réseau des téléphones portables a été continuellement brouillé, vraisemblablement à partir d’avions  C-130 « Aya ». Le 05 janvier 2009 l’armée israélienne disait avoir déjà disséminé 400 000 tracts (9). La radio « Islamic Djihad ’s voice of Jerusalem » a été victime d’intrusions au moins une fois par heure pour délivrer des messages incriminant le Hamas. Très impressionnante, la technique du « knock on the roof (10) » a eu le double avantage de contribuer à terroriser les soutiens potentiels aux membres du Hamas et de limiter les pertes civiles et donc de priver le Hamas d’images de dégâts collatéraux.


 

Le premier « conflit social » ou la guerre 2.0


 

Le front virtuel est certainement le plus emblématique du caractère global donné à ce conflit par les deux parties en présence. Si en 2006 Tsahal n’avait pas négligé la toile, en 2008 celle-ci a fait l’objet d’une attention plus particulière. « La blogosphère et les nouveaux médias sont une autre guerre et nous devons y être actifs de manière appropriée », avait annoncé d’emblée le porte-parole de Tsahal, le major Avital Leibovich, dans le Jerusalem Post le 30 décembre 2008. Dans ce domaine aussi l’action du NID a été déterminante. Les réactions spontanées, fruits d’initiatives individuelles, ont en effet cédé la place à une véritable manœuvre concertée.


 

Sur le site communautaire Facebook, des centaines de milliers d’internautes ont signé des manifestes pro ou anti israéliens. Le groupe « I support the Israel Defence Forces in preventing Terror attacks from Gaza” a enregistré plus de 85000 adhésions. Ces sites, dont le plus connu est « Help Us Win », ont pour la plupart été conçus dans une université de Herzilya. Un jeune ingénieur en informatique, Niv Calderon y avait mis en place un véritable  centre d’opération de la guerre sociale (11). Des jeunes volontaires concevaient jour et nuit des argumentaires à diffuser sur les blogs et sites institutionnels. Le ministère des immigrants a recruté 1000 volontaires pour inonder de commentaires les sites d’informations et les blogs notoirement anti-israéliens et ce dans diverses langues.


 

helpuswin

 

Sur Youtube, le site de diffusion de vidéos, le département des porte-paroles avait ouvert un compte pour poster des vidéos de bombardement filmées par les drones. En février 2009, les 46 vidéos postées avait été vues 4,6 millions de fois. Autres exemples, le 30 décembre 2008 le Consul Israélien à New-York a tenu une conférence de presse sur le site Twitter afin de toucher une frange de la jeunesse américaine peu attirée par les modes de communication traditionnels mais se sentant concernée par les évènements au Proche-Orient. Enfin, le site « NGO monitor » dénonçait la « forfaiture » des ONG au parti pris criant. La critique dénonçait la politique du deux poids deux mesures : Ces ONG ne disaient rien des crimes du Hamas, oubliaient Gilad Shalit et ne s’agitaient pas autant autour des drames qui secouent d’autres régions du monde.


 

Il est difficile d’évaluer l’impact de l’ensemble des opérations d’information sur le déroulement de ce conflit. L’action du gouvernement a de nouveau été critiquée en Israël avec un relâchement général dénoncé au lendemain du cessez le feu. Le gouvernement a mal préparé l’après conflit et s’est retrouvé en posture défensive  face aux accusations de crimes de guerre. A titre d’exemple les explications confuses sur les causes de la mort des trois filles du docteur Izzeldin Abu Laish (12) n’ont pas convaincu (13). Depuis, le rapport Goldstone est venu s’ajouter à décharge du succès de la manœuvre de l’information.


 

Il est néanmoins évident que contrairement au conflit de 2006, les OI ont fait l’objet d’une préparation et d’une conduite rigoureuse au plus haut niveau de la chaîne politico-militaire. Il est indubitable que cette approche plus cohérente et unifiée a été profitable. La condamnation de l’opération par les instances internationales semblait en effet chaque jour plus proche. Les OI auront sans  nul doute joué un rôle déterminant pour reculer l’échéance.


 

Annexes :


 

  1. Rapport Winograd, p 473, article 211

  2. Compte rendu du conseil des ministres hebdomadaire du 08 juillet 2007.

  3. Dans les trois premiers jours du conflit l’ambassadeur israélien en Grande-Bretagne et ses principaux collaborateurs donnèrent pas moins de 25 interviews dans les médias nationaux.

  4. Learning to leverage new media. The Israeli Defense Forces in recent conflicts. Military Review, May-June 2009.

  5. Back to basis, op.cit, page 128.

  6. Ayant subi la destruction de la plupart de ses infrastructures dès les premiers jours de frappes aériennes, la chaîne palestinienne Al Aqsa a joué un rôle modeste dans le conflit.

  7. Cite par Hirsh Goodman dans “Israel’s Public diplomacy in operation Cast Lead”, INSSS insight N°90, 15 janvier 2009

  8. Back to basis.

  9. Sur l’un des tracts : « Aux habitants de la bande de Gaza, prenez en mains votre destin. Les roquettes lancées par les terroristes vous placent ainsi que vos familles en danger. Pour votre sécurité, ne donnez pas vos numéros de téléphone, l’armée israélienne réagira si les tirs de roquettes se poursuivent. Si vous voulez vraiment aider vos familles, vos amis et vos frères dans la bande de Gaza, appelez nous ».

  10. « toquer sur le toit ». Avant de frapper un bâtiment suspecté d’abriter des activistes ou des infrastructures « terroristes », les israéliens prévenaient les habitants par SMS, haut-parleur ou tract, de l’imminence de leur action, provoquant parfois son évacuation dans la précipitation.

  11. Voir à ce sujet l’article de Jaron Gilinsky : « How social media war was waged in Gaza-Israel Conflict », paru le 13 février 2009 sur le site Mediashift

  12. Le docteur Abu Laish est un Palestinien apôtre du dialogue avec l’Etat d’Israël, ses trois filles ont été tuées par tir direct de Merkava sur son logement au cours de l’opération.

  13. Analysis: The effective public diplomacy ended with Operation Cast lead. Hirsh Goodman, The Jerusalem Post, Feb. 5, 2009.

Partager cet article
Repost0
13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 22:29

AIDER A REHABILITER

LA VERITE SUR LE CONFLIT ARABO-ISRAELIEN

 

Par Emmanuel Navon, professeur de sciences politiques à l'Université de Tel Aviv, dirige un cabinet de conseil

Le 04/01/10

 

Si un extra-terrestre atterrissait sur notre planète et qu'il allumait la télévision ou la radio, il arriverait rapidement à la conclusion que la Terre est une planète paisible et que tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si ce n'était pour les problèmes causés par un pays illégitime et responsable de tous les conflits du Proche-Orient, un pays coupable des pires violations des droits de l'homme, un pays de sadiques qui aiment la guerre et qui prennent plaisir à occuper militairement des peuples sans défense et à tuer leurs enfants.  Ce pays, c'est Israël.

 

Il n'y a bien sûr aucun rapport entre la réalité et la façon dont elle serait perçue, à travers les médias, par cet extra-terrestre.  Le problème est que ce fossé entre la réalité et la façon dont elle est perçue ne concerne pas seulement cet extra-terrestre imaginaire.  Elle concerne les centaines de millions de personnes bien réelles qui regardent la télévision, écoutent la radio, lisent le journal, et surfent sur Internet.  Et le problème est que la représentation imaginaire et mensongère de la réalité a un impact sur la façon dont les gens agissent sur cette réalité.  C'est parce que la propagande nazie réussit à convaincre les Allemands que les Juifs œuvraient dans le secret à la destruction de l'Allemagne que l'Holocauste a eu lieu.

 

La propagande est une arme à la fois redoutable et imperceptible.  Comme le disait Victor Hugo: "On résiste à l'invasion des armées, on ne résiste pas à l'invasion des idées."  Et pour reprendre la formule de Mark Twain: "Un mensonge peut faire le tour du monde pendant que la vérité se met en route."  Autrement dit, les idées peuvent être plus fortes que les tanks, et elles n'ont pas besoin d'être vraies pour atteindre leur cible.  Joseph Goebbels, le chef de la propagande nazie, l'avait bien remarqué à son époque.  Lorsqu'un mensonge est énorme, disait-il, il suffit de le grossir encore plus et de le répéter incessamment, et les gens finissent par le croire.

 

En 1989, la revue militaire américaine Marine Corps Gazette publia un article intitulé "Fourth Generation War" ("La guerre de la quatrième génération").  Selon cet article, la première génération de la guerre était une guerre de bataillons où les soldats s'affrontaient directement.  La deuxième génération était une guerre d'artillerie.  La troisième génération était une guerre de contournement de l'ennemi et d'effondrement de sa base arrière.  La quatrième génération consiste à appliquer la tactique de la troisième génération au niveau psychologique.  Autrement dit, à vaincre l'ennemi en convaincant sa population qu'elle est dans le tort et qu'elle ne peut pas gagner.

 

Il ne s'agit pas là d'une simple théorie universitaire qui n'a jamais franchi le pas de la tour d'ivoire.  Figurez-vous que lorsque les troupes américaines envahirent l'Afghanistan après le 11 septembre, elles trouvèrent une copie de cet article dans la grotte de Tora Bora, où se cachait al-Qaida.  Et en février 2002, Abu Ubeid al-Qurashi, l'un des proches collaborateurs de Bin Laden, publia un article dans le journal Al Ansar dans lequel il expliqua qu'  al-Quaida avait adopté le principe de la guerre de quatrième génération pour vaincre les Etats-Unis.

 

En fait, al-Qaida n'a fait que reprendre à son compte une tactique qui avait déjà réussi au moment de la Guerre du Vietnam.  Comme l'expliqua le général vietnamien Giap: "En 1968, il devint évident que je ne pouvais pas vaincre les 500,000 troupes américaines déployées au Vietnam.  Et je ne pouvais pas vaincre la septième flotte avec ses centaines d'avions.  Mais je découvris que je pouvais gagner la guerre par la télévision en servant chaque soir aux Américains des images qui les convaincraient de cesser la guerre."

 

Les écrits de Giap furent traduits en 1970 par l'OLP, qui excella à mettre la théorie en pratique avec la première guerre du Liban.  Par exemple, le 10 juin 1982, le Directeur du Croissant Rouge palestinien fit circuler l'"information" aux agences de presse internationales selon laquelle 600,000 Palestiniens étaient devenus sans abris durant les premiers jours de la guerre, alors même qu'il y avait 300,000 réfugiés palestiniens dans la zone des combats.  L'OLP diffusa également la photo d'un enfant palestinien criblé de balles, une photo qui fit le tour des média.  Or cette photo s'avéra être un faux.

 

Même chose lorsque Arafat lança sa guerre terroriste à l'automne 2000.  L'Autorité palestinienne distribua en septembre 2000 une photo aux agences de presse internationales montrant un soldat israélien avec une matraque et un jeune homme au visage ensanglanté.  Cette photo fut publiée en première page du New York Times avec le sous titre: "Un policier israélien et un Palestinien sur le Mont du Temple."  Là aussi, il s'agissait d'un montage.  Derrière le policier israélien, on peut voir une inscription en Hébreu disant "station d'essence."  Comme vous l'imaginez, il n'y a pas de station d'essence sur le Mont du Temple.  Quant au Palestinien soi-disant tabassé par le policier Israélien, il s'agissait d'un jeune Juif américain de Chicago qui étudiait à la Yeshiva en Israël.  Le New York Times s'excusa d'avoir publié ce photomontage sans vérifier ses sources, mais le mal était fait.

 

La liste de ces manipulations est tellement longue, que je pourrais passer toute la soirée à les énumérer.  Et cette longue liste inclut bien entendu l'affaire al-Dura.  Le 30 septembre 2000, la télévision française France 2 diffusa les images du scène de tirs à Gaza, montrant un enfant tentant en vain de se protéger derrière son père.  Le caméraman palestinien Talal Abu-Rahmah affirma que l'enfant, Mohammed Al-Dura, fut tué par les balles israéliennes, une affirmation qui fut reprise par Charles Enderlin, qui n'était pas sur les lieux.  Depuis, de nombreuses enquêtes ont prouvé qu'il s'agissait d'une mise en scène, et que Talal Abu-Rahmah a menti.  Mais, là encore, le mal fut fait.  Et quel mal.  Ces images déclenchèrent une vague d'attaques antisémites dans le monde.  Et lorsque les bourreaux de Daniel Pearl le décapitèrent devant les caméras, ils montrèrent les images de Mohammed Al-Dura pour bien faire comprendre qu'il s'agissait d'une vengeance.

 

Cette propagande ne se limite pas aux médias.  Elle se fait également par le biais de l'ONU, où les Arabes jouissent d'une majorité automatique depuis les années 1960, et par le biais des ONG qui sont généreusement financées par l'Arabie saoudite.

 

Par exemple, l'ONG Human Rights Watch a récemment été prise la main dans le sac en train de recevoir des donations d'Arabie saoudite.  Une soi-disant organisation des droits de l'homme financée par l'Arabie saoudite!  Il en va de même d'Amnesty International qui a récemment publié un rapport accusant Israël de priver les Palestiniens d'eau.  Ce rapport est truffé de mensonges, mais les gens le prennent pour argent comptant.  Israël est un leader mondial dans les technologies d'économies d'eau.  C'est grâce à ces technologies que la consommation israélienne en eau a fortement diminué entre 1967 et 2006, alors que la consommation palestinienne, elle, a augmenté de 300% pendant cette même période.

 

Même chose à l'ONU.  Depuis les années 1960, les Arabes disposent à l'ONU d'une majorité automatique.  Comme l'avait dit Abba Eban à l'époque, si les pays arabes voulaient passer une résolution à l'Assemblée générale pour déclarer que la Terre est plate, ils auraient une majorité.  C'est cette même majorité qui déclara en 1975 que le sionisme est une forme de racisme.  Et c'est cette majorité qui élit au Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies des pays comme la Chine, la Russie, et l'Arabie saoudite.

Le soi-disant Conseil de Droits de l'Homme passe son temps à condamner Israël, mais jamais il ne mentionne les véritables violations des droits de l'homme perpétrées par des pays comme l'Arabie saoudite ou la Chine.  Et pour cause: ces pays siègent au Conseil des Droits de l'Homme.  La Commission Goldstone est la suite logique de cet univers orwellien.  Le même Conseil des droits de l'homme qui a mandaté la Commission Goldstone pour faire un rapport sur la guerre de Gaza, s'est refusé en mai 2009 à nommer une commission pour enquêter sur les crimes de guerre commis par le Gouvernement sri lankais contre les Tamils.  L'ONU elle-même estime que plus de 7,000 civils Tamils ont été tués par les forces armées sri lankaises, que des centaines de milliers de Tamils ont été déportés et internés dans des camps, et que l'armée sri lankaise a volontairement visé des civils.

Israël, qui a tout fait pour limiter les pertes civiles, est sur le banc des accusés pour avoir exercé son droit à la légitime défense.  Mais le Sri Lanka, qui a écrasé un mouvement de libération nationale et a tout fait pour tuer le maximum de civils, a été félicité par l'ONU pour sa victoire.  Et, bien entendu, vous n'avez jamais entendu l'ONU protester lorsque pendant huit années consécutives, le Hamas a bombardé de missiles les villes israéliennes mitoyennes de la Bande de Gaza en visant expressément des cibles civiles.

 

Afin de contrer la propagande arabe, il faut remettre les pendules à l'heure sur cinq sujets cruciaux:

Les véritables raisons de l'échec du processus de paix

La reconnaissance d'Israël comme État juif

La question des réfugiés

La question des minorités et des frontières

La question de Jérusalem.

Les véritables raisons de l'échec du processus de paix

 

En janvier 2000, le Premier Ministre israélien Ehud Barak et le Ministre des Affaires étrangères syrien Farouk al-Shara étaient réunis par l'Administration Clinton à Shepherdstown (Virginie occidentale) aux Etats-Unis pour négocier un accord de paix entre les deux pays.  Sans le vouloir, les deux hommes se retrouvèrent au même moment dans la salle de gym de l'hôtel où se déroulaient les négociations.  Tous deux faisaient leur jogging sur un tapis roulant, et Barak ne put s'empêcher de faire la remarque à al-Shara: "Ces tapis roulants, c'est comme le processus de paix.  On court, on court, mais on reste sur place."

C'est une bonne allégorie.  Cela fait maintenant plus de seize ans qu'Israël négocie avec l'OLP, et ce que l'on appelle communément le "processus de paix" ressemble à un processus sans fin.

 

On entend souvent dire, aussi bien en Europe qu'en Israël, que tout le monde sait quels sont les paramètres du futur accord de paix entre Israël et les Palestiniens: l'établissement d'un État palestinien sur la totalité de la Bande de Gaza et de la Judée-Samarie (ou Cisjordanie), le partage de Jérusalem, et la renonciation palestinienne au droit au retour avec cependant l'acceptation par Israël d'un nombre symbolique de réfugiés palestiniens.

Si tel est le cas, comment se fait-il que les Palestiniens aient rejeté cette solution à trois reprises?

- À Camp David, en juillet 2000, Ehud Barak accepta l'établissement d'un État palestinien sur la totalité de la Bande de Gaza, sur 91% de la Judée-Samarie, le partage de Jérusalem, et un fonds de compensation pour les réfugiés palestiniens.  Arafat rejeta l'offre sans faire de contre-proposition.

- En décembre 2000, le Président Clinton soumit à Israël et aux Palestiniens une plan de paix  prévoyant l'établissement d'un État palestinien sur la totalité de la Bande de Gaza et sur 95% de la Judée-Samarie avec une compensation territoriale israélienne, la division de la Vieille Ville de Jérusalem avec une souveraineté palestinienne sur le Mont du Temple, et la renonciation palestinienne au "droit au retour."  Le "Plan Clinton" fut accepté par le gouvernement israélien et rejeté par l'Autorité palestinienne.

- En novembre 2008, le Premier Ministre israélien Ehud Olmert proposa à Mahmoud Abbas l'établissement d'un État palestinien sur la totalité de la Bande de Gaza, sur 97% de la Judée-Samarie avec une compensation territoriale israélienne de 3%, l'internationalisation de Jérusalem, et l'acceptation par Israël d'un millier de réfugiés palestiniens.  Mahmoud Abbas rejeta l'offre.  Non seulement il la rejeta, mais il déclara au Washington Post en mai 2009 que la proposition d'Éhud Olmert montre à quel point le fossé entre Israël et les Palestiniens reste "énorme."

 

Le fossé est "énorme" entre la position palestinienne et entre ce que tout le monde dit être la solution au conflit.  Et l'énormité de ce fossé est due au refus palestinien d'abandonner le soi-disant "droit au retour" qui mettrait fin à l'existence d'Israël comme Etat nation du peuple juif.  Ce qui me mène à mon deuxième point.

 

 

La reconnaissance d'Israël comme État juif

 

Dans son "Discours de Bar-Ilan" en juin 2009, le Premier Ministre israélien a déclaré qu'il acceptait l'établissement d'un État palestinien, à deux conditions:

1. Que cet État soit démilitarisé

2. Que les Palestiniens reconnaissent Israël comme État juif.

 

Tout le monde comprend ce qu'est un État démilitarisé.  Mais certains se posent la question: Qu'est-ce que les Israéliens entendent par "État juif?"  N'est-il pas plus démocratique d'avoir un État de tous ses citoyens?

La solution de deux États pour deux nations (un État nation pour les Juifs israéliens et un État nation pour les Arabes palestiniens) est incompatible avec la définition palestinienne du "doit au retour", puisque celle-ci ferait des Juifs une minorité dans leur propre pays.  Tant que les Palestiniens n'auront pas renoncé au "droit au retour" (et ils n'y ont toujours pas renoncé), cela prouvera qu'il n'acceptent pas la solution de deux États pour deux nations et qu'il ne reconnaissent pas le droit des Juifs à leur propre État nation.  Inversement, tant qu'ils refuseront de reconnaître Israël comme État juif, cela sera la preuve qu'ils n'ont pas renoncé au "droit au retour."

 

C'est pourquoi les Palestiniens et leurs alliés tentent de délégitimer le concept même d'État juif, en particulier au sein de l'opinion publique européenne.  Ils tentent de convaincre le monde que l'idée d'un État juif est raciste, discriminatoire et anti-démocratique, et qu'Israël devrait être un "État de tous ses citoyens."

Il s'agit là d'un argument sophiste, puisque Israël est à la fois un État juif et un État de tous ses citoyens, de la même manière que la France est à la fois un État français et un État de tous ses citoyens, ou que le Japon est à la fois un État japonais et un État de tous ses citoyens.  Comme la plupart des pays du monde, et comme la plupart des pays Européens, Israël est un Etat nation.  C'est-à-dire un État qui incarne l'identité et la liberté nationales d'un peuple. 

L'Etat nation est l'expression du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.  Dans le cas d'Israël, cela signifie que le peuple juif constitue une majorité, qu'il se gouverne lui-même, que l'Hébreu est la langue nationale, que les fêtes juives sont des fêtes nationales, et que les symboles nationaux, tels que le drapeau et l'hymne, expriment l'indépendance du peuple juif.  Mais l'Etat nation juif est également un État de tous ses citoyens, puisque tous les citoyens israéliens, qu'ils soient juifs ou non, jouissent des mêmes droit civiques et font partie intégrante de la souveraineté nationale –qu'ils soient Arabes, Druzes, Bédouins, Musulmans, ou Chrétiens.

 

Le statut des minorités en Israël est le même que celui des minorités dans les autres Etats nation démocratiques: l'État n'exprime pas leurs aspirations nationales, mais il préserve leurs droits civiques.  Prenez la France, par exemple.  La langue officielle est le Français; les fêtes nationales sont les fêtes catholiques et les dates qui commémorent des événements importants de l'Histoire de France; le drapeau tricolore et la Marseillaise sont des symboles de la Révolution française et ils expriment l'indépendance du peuple français.  Lorsque je vivais en France, l'Etat nation français n'exprimait pas mes aspirations nationales en tant que Juif, mais il respectait mes droits civiques en tant que citoyen.  Comme Israël, la France est à la fois un Etat nation et un État de tous ses citoyens.

 

Donc l'argument selon lequel Israël ne peut pas être à la fois un Etat nation et un État de tous ses citoyens, ou un État juif et démocratique, est un argument sophiste.  Les pays européens qui se laissent tenter par ce raisonnement ne semblent pas réaliser qu'il remet en cause leur propre légitimité nationale.  Comme l'a demandé l'écrivain israélien Aleph Beth Yéhoshouaa', est-ce que le Danemark est prêt à ajouter un symbole musulman à son drapeau pour donner une expression aux aspirations nationales ou religieuses de sa minorité musulmane?

Les Palestiniens ont le culot d'avancer cet argument alors même que les droits civiques des minorités ne sont pas reconnus dans les pays arabes.  Théoriquement, un État peut être à la fois arabe et démocratique, mais dans les faits cela n'existe pas.  Et je ne parle pas seulement de l'Arabie saoudite ou du Soudan.  Au sein de l'Autorité palestinienne, les minorités ne sont pas respectées, et les Chrétiens sont persécutés.  Les Palestiniens veulent qu'Israël devienne uniquement un État de tous ses citoyens, mais l'État palestinien qu'ils disent vouloir établir ne serait pas, lui, une État de tous ses citoyens.  Ce serait un Etat nation arabe, non démocratique, et dans lequel pas un seul juif ne sera toléré.  Ce qui me mène à mon troisième point.

 

La question des réfugiés

 

Comme nous l'avons vu, le véritable obstacle à la conclusion d'un accord de paix entre Israël et les Palestiniens est la question du soi-disant "droit au retour."  Entre le sommet de Camp David en juillet 2000 et la proposition d'Éhud Olmert en novembre 2008, Israël a cédé sur la question de Jérusalem et sur la question des frontières, mais pas sur la question des réfugiés palestiniens.

 

L'exigence palestinienne sur la question des réfugiés se traduirait par l'entrée en Israël d'environ 10 millions d'Arabes (un chiffre, entre parenthèses, qui semble être indexé au taux d'inflation puisqu'il augmente d'année en année).  Cela signifierait que les Juifs ne constitueraient plus que 40% de la population de leur propre pays et donc qu'Israël cesserait d'être l'Etat nation du peuple juif.  Comme l'avait clairement expliqué le Ministre égyptien des Affaires étrangères Muhammad Salah al-Din dans une interview avec le quotidien Al Misri, le 11 octobre 1949: "Il est évident que les Arabes exigent le retour des réfugiés en Palestine pour liquider Israël."  Ou comme le déclara le Président égyptien Gamal Abdel Nasser au journal Zuercher Woche le 1er septembre 1961: "Si les Arabes reviennent en Israël, Israël cessera d'exister."

 

Même un journal comme The Economist, qui ne mâche pourtant pas ses mots sur Israël, a écrit récemment à ce sujet qu'accepter l'exigence palestinienne sur le "droit au retour" consisterait à réparer une injustice en en créant une autre.

Les Palestiniens savent que les Etats-Unis et l'Europe ne les soutiennent pas sur la question du "droit au retour."  Il y a bien sûr des franges relativement marginales des opinions publiques américaine et européenne qui les soutiennent sur cette question, mais il ne s'agit pas d'un soutien au niveau des dirigeants.

 

D'où la tentative palestinienne de présenter le retour des réfugiés palestiniens comme un droit de l'homme reconnu par le droit international.  L'idée est de présenter le refus israélien sur la question des réfugiés palestiniens comme une violation des droits de l'homme et une violation du droit international.  Cette idée fait son chemin, lentement mais sûrement.

Les Palestiniens affirment que d'après les résolutions de l'ONU, et en particulier la Résolution 194 de l'Assemblée générale (adoptée en décembre 1948), Israël a l'obligation de réintégrer les réfugiés palestiniens de 1948, ainsi que leurs descendants.  C'est faux.  Les résolutions de l'Assemblée générale ne constituent que des recommandations et n'ont pas force exécutoire en droit international.  Donc Israël n'est en aucun cas tenu d'exécuter une résolution qui n'est pas exécutoire.  Mais au-delà du fait que la Résolution 194 est une recommandation non exécutoire, elle ne recommande pas à Israël de réintégrer les réfugiés arabes de 1948, ainsi que leurs descendants.

Voilà ce que dit la Résolution 194 de l'Assemblée générale des Nations Unies: "Les réfugiés qui souhaitent retourner dans leurs maisons et vivre en paix avec leurs voisins doivent être autorisés à le faire (…) Ceux qui décident de ne pas revenir seront indemnisés pour la perte de leurs biens."

La résolution ne parle pas de réfugiés palestiniens, mais de réfugiés.  Et pour cause: le conflit israélo-arabe de 1948 a créé un double problème de réfugiés, à savoir 900,000 réfugiés juifs expulsés des pays arabes et des territoires de l'ancien mandat britannique sur la Palestine conquis par les armées arabes, et 600,000 réfugiés arabes palestiniens ayant fuit leurs maisons sous l'injonction des armées arabes pendant le conflit de 1948.  Les pays arabes exigent d'indemniser les réfugiés palestiniens, mais ils refusent d'indemniser les réfugiés juifs.

 

Par ailleurs, comment peut-on imaginer que les descendants des réfugiés palestiniens de 1948 souhaiteraient, comme le dit la résolution 194, "vivre en paix avec leurs voisins?"  Comme le disaient clairement Salah al-Din et Nasser dans les interviews que je viens de citer, le but du retour des réfugiés est de mettre fin à l'existence d'Israël par la démographie et pas de vivre en bon voisinage.  Cela fait trois générations que les réfugiés palestiniens et leurs descendants vivent dans des camps au Liban et ailleurs et qu'ils sont éduqués dans la haine d'Israël.  À l'évidence, ils n'ont aucune intention de vivre en paix avec leurs voisins, et ne se conforment donc pas à l'exigence explicite de la Résolution 194.

Le droit international ne reconnaît pas de droit au retour collectif, mais uniquement un droit individuel.  Comme l'explique le juriste suédois Stig Jägerskiöld, la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 et la Convention internationale sur les Droits civils et politiques de 1966 ne s'appliquent "qu’à des individus faisant valoir leurs droits individuels. Il n’y a jamais eu ici aucune intention de répondre aux demandes des masses humaines qui ont été déplacées par suite d’une guerre ou d’un transfert politique de territoire ou de population, tels que la transplantation de populations ethniquement allemandes d’Europe de l’Est pendant et après la Seconde Guerre mondiale, la fuite des Palestiniens de ce qui allait devenir Israël, où l’exode des Juifs des pays arabes."

Donc le droit international ne reconnaît pas un droit collectif des réfugiés palestiniens de 1948 de revenir en Israël.  Mais si un tel droit existait, cela ne devrait pas poser problème.  Des 600,000 réfugiés palestiniens de 1948, probablement 200,000 sont encore en vie aujourd'hui, et la plupart sont âgés.  Pour en finir avec le conflit, Israël serait prête à les réintégrer.  Mais d'après les "calculs" des Palestiniens, ils sont aujourd'hui plusieurs millions – entre 4 et 10 selon les versions.  Comment sommes-nous passés de 600,000 à 10 millions? Tout simplement à cause d'une définition aberrante qui ne s'applique qu'aux réfugiés palestiniens. 

Il y a aujourd'hui dans le monde deux types de réfugiés: les réfugiés, et les réfugiés palestiniens.  Tous les réfugiés du monde, sauf les réfugiés palestiniens, sont sous la responsabilité du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés.  Il n'y que pour les réfugiés palestiniens qu'une agence spéciale des Nations Unies, l'UNWRA, a été créée en 1949.  Inutile de dire qu'aucune agence spéciale de l'ONU n'a été créée pour les réfugiés juifs expulsés des pays arabes et musulmans.  Mais cette discrimination n'est pas uniquement institutionnelle.  Elle a trait avant tout à la définition même du statut de réfugié par le Haut Commissariat et par l'UNWRA.

Pour le Haut Commissariat, un réfugié est une personne expulsée de son pays.  Point.  Mais pour l'UNWRA, cette définition se transmet de génération en génération à tous les descendants des réfugiés palestiniens de 1948 ad vitam æternam.  C'est pourquoi le nombre de réfugiés dans le monde ne cesse de diminuer, tandis que le nombre de réfugiés palestiniens ne cesse d'augmenter.  Les chiffres parlent d'eux-mêmes.  De 60 millions en 1948, le nombre de réfugiés dans le monde est passé à 17 millions aujourd'hui.  Mais dans le cas des réfugiés palestiniens, le nombre est passé de 600,000 en 1948 à 10 millions aujourd'hui.

Mais l'absurdité des définitions de l'UNWRA ne s'arrête pas là.  D'après l'UNWRA il suffit, pour être considéré comme réfugié palestinien, d'avoir résidé pendant au moins deux ans dans le Mandat britannique en Palestine avant la guerre de 1948.  Autrement dit, un ouvrier égyptien venu trouver du travail à Jaffa en 1946, et qui serait reparti en Égypte en 1948 pour fuir les hostilités, est aujourd'hui considéré par l'UNWRA comme un réfugié palestinien.  Et s'il n'est plus en vie, ses enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants (bref, tous ses descendants ad vitam æternam) sont considérés comme des réfugiés palestiniens.  Et il ne s'agit pas là de chiffres anecdotiques, puisqu'il y a eu une forte immigration arabe vers la Palestine ottomane puis britannique dès le début du 20e siècle, en particulier à cause des opportunités offertes par l'économie créée par le Yishuv (la communauté juive de Palestine) Comme l'avait écrit le Président Roosevelt à son Secrétaire d'État dans une note datée du 19 mai 1939: "Depuis 1921, l'immigration arabe en Palestine a été bien plus élevée que l'immigration juive."

Imaginez si le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés appliquait les définitions de l'UNWRA aux 25 millions de réfugiés nés du partage du sous-Continent indien en 1947, aux 15 millions de réfugiés allemands expulsés d'Europe de l'Est en 1945, ou au million et demi de Grecs expulsés de Turquie en 1922.  D'après cette même logique, un pays comme la Pologne devrait accueillir les dizaines de millions de descendants des réfugiés allemands de 1945.  Et il faudrait également que les centaines de millions de descendants des réfugiés hindous et musulmans de 1947 retraversent en sens inverse les frontières de l'Inde et du Pakistan.

Et la liste des aberrations ne s'arrête pas là.  Pour les Palestiniens, pour l'UNWRA, le petit-fils d'un ouvrier égyptien ayant quitté Jaffa en 1948 après y avoir vécu pendant deux ans a le droit de s'installer aujourd'hui à Jaffa.  En revanche, le petit-fils d'un Juif de Hébron qui a été assassiné lors du pogrom organisé par Hadj Amin al-Husseini en 1929, et dont la famille vivait à Hébron depuis plusieurs dizaines de générations, lui, n'a pas le droit de revenir à Hébron.

Autrement dit, l'État juif devrait intégrer des millions de réfugiés arabes fictifs, mais l'État palestinien, lui, ne tolérera pas un seul juif en son sein et expulsera tous les Juifs qui vivent actuellement au-delà de la ligne verte.  Ce qui me mène à mon quatrième point.

 

La question des minorités et des frontières

 

Le conflit israélo-palestinien n'est pas unique en son genre.  Il s'agit d'un conflit entre deux nationalismes qui se disputent un même pays et qui ne veulent pas vivre ensemble dans le cadre d'un État binational.  Bien que différent à de nombreux égards, ce conflit est semblable à celui qui oppose jusqu'à aujourd'hui les Hindous et les Musulmans dans le sous-Continent indien.  La Grande-Bretagne, qui était la puissance coloniale aussi bien en Inde qu'en Palestine, porte une lourde part de responsabilité dans l'aggravation des tensions entre Hindous et Musulmans, et entre Juifs et Arabes.  Fidèle à sa stratégie de "diviser pour mieux régner" ("Divide and Rule"), la Grande-Bretagne proposa l'idée de partage entre deux pays, tant en Inde qu'en Palestine.

En 1937, la Commission Peel proposa la division de la Palestine entre un État arabe et un État juif.  Elle proposa également des échanges de populations pour que Juifs et Arabes soient respectivement réintégrés dans leurs futurs États.  La Commission prit d'ailleurs pour exemple l'échange de populations entre la Grèce et la Turquie en 1922.

Le principe de la partition, cependant, n'implique pas l'absence de minorités.  Il y a une minorité musulmane en Inde et une minorité hindoue au Pakistan.  Mais lorsqu'il s'agit du conflit israélo-palestinien, la solution de la partition (ou ce que l'on appelle aujourd'hui "deux États pour deux nations"), exclut a priori l'idée qu'il puisse y avoir une minorité dans chaque État.  Ou plus exactement, il doit y avoir une minorité arabe dans l'État juif (elle est aujourd'hui de 20%), mais pas de minorité juive dans l'État arabe.

Et si un Juif de Hébron, dont la famille y vit depuis des dizaines de générations (avant même l'invasion de la Palestine par les Arabes au 8e siècle), préférerait y rester en tant que citoyen de l'État palestinien?  Pour lui, vivre à Hébron est plus important que de réaliser ses aspirations nationales dans le cadre d'un Etat nation juif.  Pourquoi le choix (qui n'est pas un choix facile) entre vivre en tant que minorité dans la ville de ses grands-parents et vivre comme majorité dans une autre ville doit-il exister uniquement pour les Arabes palestiniens mais pas pour les Juifs israéliens?

En théorie, il n'y aucune raison pour qu'il y ait une minorité arabe en Israël et pas de minorité juive en Palestine.  Mais en pratique, nous savons pourquoi cela n'est pas réaliste.  Tandis qu'Israël est à la fois un État nation et un État de tous ses citoyens (c'est-à-dire un Etat nation où la minorité arabe jouit des même droits civiques que ceux de la majorité juive), l'État palestinien, lui, sera uniquement un Etat nation (ou même un État islamique au vue de la montée du Hamas) qui ne tolérera pas le moindre juif.

Il suffit de se souvenir du sort des Israéliens qui furent lynchés à Ramallah le 12 octobre 2000 sous les acclamations d'une foule en délire.  Après quinze ans d'une propagande antisémite haineuse dans les médias, les écoles et les mosquées de l'Autorité palestinienne, on voit difficilement comment une minorité juive pourrait être tolérée et vivre en sécurité dans l'État palestinien.

Donc le partage territorial prévu entre Israël et les Palestiniens, contrairement au partage du sous-Continent indien entre l'Inde et le Pakistan, est unique en son genre puisqu'il n'envisage l'existence de minorités que dans l'un des deux pays issus dudit partage.

 

Au moment du retrait unilatéral israélien de la Bande de Gaza en 2005, certains habitants juifs de la Bande de Gaza avaient publiquement exprimé leur préférence de rester dans leurs villages après le retrait israélien et de devenir des citoyens palestiniens.  Il leur était plus important de rester dans leurs maisons en tant que minorité que de vivre ailleurs en tant que majorité dans leur propre Etat nation.  La réponse du Gouvernement israélien était que leur sûreté et leur vie même en tant que minorité juive sous souveraineté arabe serait menacée.  Malheureusement, c'est vrai.  Mais je pose la question: Pourquoi l'Europe, pourquoi le monde, tolèrent cette intolérance palestinienne à l'égard des Juifs qui expriment leur désir de vivre en tant que minorité dans le futur État palestinien?

Et ce partage, comment doit-il se faire?  Sur la base de quelles frontières?  À cette question, la plupart des gens répondent: "Sur la base des frontières de 1967, bien entendu."  Encore une réponse qui prouve à quel point il faut remettre les pendules à l'heure.

D'abord, je me pose une question.  S'il suffit de revenir à ce que l'on appelle à tort "les frontières de 1967" pour arriver à la paix avec les Palestiniens, comment se fait-il qu'il n'y avait pas la paix avant 1967?  Les Palestiniens ont fini par convaincre le monde que l'occupation est la cause du conflit.  Mais, en réalité, l'occupation est la conséquence du conflit.  C'est précisément parce qu'on était en état de guerre avant 1967 et que les pays arabes déclenchèrent la guerre de juin 1967 qu'Israël s'est retrouvé en situation d'occupant.

Par ailleurs, l'expérience des quinze dernières années prouve que l'équation entre conflit et occupation est fausse.  D'abord l'occupation israélienne en Cisjordanie et à Gaza a pris fin en 1995 avec le retrait israélien de tous les villes et villages palestiniens et avec l'établissement d'un gouvernement autonome palestinien.  Est-ce que cela a mis fin au conflit?  Au contraire: c'est précisément après le retrait israélien que les vagues du terrorisme palestinien ont commencé a frapper les civils israéliens dans des proportions sans précédent.  Même chose dans la Bande de Gaza: en 2005, Israël a déraciné des centaines de familles juives et rasé tous les villages juifs.  Israël voulait prouver qu'elle était prête à faire des concessions douloureuses pour la paix et à démanteler ce que les Palestiniens appellent "les colonies."  Et qu'avons-nous eu en retour?  Des milliers de roquettes tirées quotidiennement sur nos maisons, nos écoles, et nos usines.

Encore une fois, s'il suffisait de se retirer aux lignes de 67 et de démanteler toutes les habitations juives de Judée-Samarie pour arriver à la paix, comment se fait-il qu'il n'y avait pas la paix avant 1967?  Tout simplement parce que cette théorie simpliste est fausse.

Alors, vous me direz: avec l'Égypte, on est revenu à la frontière de 67, et on a eu la paix.  C'est vrai.  Ou, plus exactement, c'est partiellement vrai, puisque la paix entre Israël et l'Égypte est purement formelle.  C'est une paix froide, sans échanges commerciaux ni culturels.  Depuis trente ans qu'Israël et l'Égypte ont signé un accord de paix, aucun chef d'État égyptien ne s'est rendu en Israël (à l'exception de la visite éclair de Moubarak pour les funérailles de Rabin).

Avec les Palestiniens, les choses sont plus compliquées, car il y a un contentieux sur la question des réfugiés et sur la question de Jérusalem.  Mais il y a également un contentieux sur la question des frontières.

Avec l'Égypte, la question des frontières ne posait pas problème, puisqu'il y avait une frontière internationale reconnue entre l'Égypte et Israël avant la guerre de juin 1967.  Mais entre Israël et les Palestiniens, le concept même de "frontières de 67" est inexact.

Il n'y a jamais eu de frontière internationale reconnue entre Israël et les Palestiniens et il n'y a jamais eu d'État palestinien indépendant conquis et occupé par un pays tiers.

En 1947, la commission spéciale des Nations Unies créée pour trouver une solution au conflit en Palestine britannique, l'UNSCOP, recommanda le partage du Mandat britannique entre un État arabe et un État juif.  Le 29 novembre 1947, l'Assemblée Générale des Nations Unies approuva cette recommandation par un vote majoritaire.  Mais, comme nous l'avons vu tout à l'heure, les votes de l'Assemblée Générale ne sont que des recommandations et n'ont pas force exécutoire en droit international.  Donc, contrairement à une idée reçue, l'ONU n'a en rien créé Israël.  L'ONU n'a d'ailleurs pas le pouvoir de "créer" des États.

Les frontières proposées par le plan de partage de l'UNSCOP auraient pu théoriquement devenir des frontières internationales reconnues si le plan avait été accepté et mis en place par les parties.  Mais ces frontières potentielles devinrent nulles et non avenues dès l'instant où les pays arabes et les Palestiniens rejetèrent le plan de partage et engagèrent une guerre d'extermination contre la population juive de la Palestine britannique.  À l'issue du conflit, le nouvel État d'Israël réussit à repousser l'agression arabe.  Conscientes de leur défaite, les armées arabes (à l'exception de l'armée irakienne) signèrent des accords d'armistice avec Israël à Rhodes en 1949.

Les Accords de Rhodes n'établirent pas des frontières, mais des lignes d'armistice.  Non seulement des lignes d'armistice, mais des lignes d'armistice qui furent clairement et explicitement définies comme "temporaires" dans les accords, parce que les pays arabes l'exigèrent.  Ils ne voulaient pas, en effet, que ces lignes d'armistices puissent être considérées comme permanentes ou, pire, comme des frontières, ce qui pour eux aurait constitué une reconnaissance de facto d'Israël.  Aujourd'hui, les Palestiniens et les pays arabes parlent de "frontières de 1967" alors qu'à l'époque ils ne voulaient surtout pas entendre parler du mot "frontière."  Ils ont complètement retourné leur position à ce sujet.

Après la signature des Accords de Rhodes en 1949, les Palestiniens et les pays arabes auraient pu établir un État palestinien en Cisjordanie et à Gaza.  Pendant les dix-huit années qui s'écoulèrent entre les Accords de Rhodes et la Guerre des Six Jours, les Palestiniens et les pays arabes s'abstinrent de créer un État palestinien.  Au lieu de cela, l'Égypte et la Jordanie s'emparèrent des territoires destinés aux Palestiniens d'après le plan de partage de l'ONU (ou plutôt ce qu'il en restait après les Accords de Rhodes).

Lorsque l'Égypte et la Jordanie envahirent respectivement la Bande de Gaza et la Rive occidentale du Jourdain, elles le firent dans une guerre d'agression, mais elles n'envahirent pas un territoire souverain.  Parce que les territoires en question n'étaient pas un État souverain et ne faisaient pas partie d'un État, il y avait là un vide juridique, et donc il ne s'agissait pas d'une occupation au sens légal du terme.  Mais la Jordanie alla plus loin, puisqu'elle annexa la rive occidentale du Jourdain, qu'elle renomma "Cisjordanie."  La communauté internationale ne reconnut pat cette annexion (à l'exception de la Grande-Bretagne et du Pakistan).

Donc quand Israël s'empara de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza pendant la Guerre des Six Jours, elle ne traversa pas une frontière, mais une ligne d'armistice temporaire.  Et elle ne conquit pas des territoires souverains avec un statut juridique reconnu par la communauté internationale.  Par ailleurs, tandis que l'Égypte et la Jordanie conquirent la Bande de Gaza et la rive occidentale du Jourdain dans une guerre d'agression, Israël s'empara de ces territoires dans une guerre de légitime défense –ce qui a des implications en termes de légitimité et de légalité.

La présence israélienne en Judée-Samarie est plus légale et plus légitime que la présence jordanienne à l'époque, précisément parce que la présence israélienne est le résultat d'une guerre d'autodéfense, alors que la présence jordanienne était le résultat d'une guerre d'agression.  Par ailleurs, le droit des Juifs de vivre en Judée-Samarie a été reconnu par le Mandat de la SDN en 1922, un document de droit international qui n'a jamais été abrogé.

Tout cela pour dire qu'il n'y pas de justification légale à un retrait israélien aux lignes d'armistice de 1949.  En s'emparant de la Cisjordanie en juin 1967, Israël n'a pas envahi un pays souverain avec une frontière internationalement reconnue.  Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle la résolution 242 du Conseil de Sécurité des Nations Unies n'exige pas d'Israël un retrait aux lignes d'armistice de 1949.

 

La Résolution 242 a été adoptée en novembre 1967, alors que la guerre était finie depuis le mois de juin, c'est-à-dire cinq mois plus tôt.  Pourquoi?  Parce que les négociations furent ardues entre les membres du Conseil de Sécurité qui voulaient un retrait israélien total et inconditionnel (comme l'Union soviétique et la France), et ceux qui voulaient que le retrait israélien soit conditionné par un accord de paix et que son étendue soit sujette à négociation (comme les Etats-Unis et la Grande-Bretagne).

La Grande-Bretagne, qui présidait le Conseil de Sécurité à l'époque, finit par faire accepter sa version de la résolution qui lit le retrait israélien à un accord de paix avec les belligérants, et qui n'exige pas un retrait israélien total mais un retrait de territoires ("withdrawal from territories").  La formule demandée par la Russie et la France était "from all the territories" puis "from the territories" mais c'est finalement la formule "from territories" qui a été retenue.  Ces négociations figurent dans les travaux préparatoires du Conseil de Sécurité.  Tant Lord Caradon, qui était à l'époque le représentant de la Grande-Bretagne aux Nations Unies, que Georges Brown, qui était le Ministre britannique des affaires étrangères, ont témoigné de ces négociations et ont confirmé que c'est la version anglaise qui fait autorité. Le fait que la France ait traduit "from territories" par "des territoires" au lieu de traduire par "de territoires" parce qu'elle n'avait pas eu gain de cause n'a aucune implication juridique.

Donc le droit international n'exige pas d'Israël de se retirer aux lignes d'armistice de 1949 dans le cadre des négociations avec les Palestiniens, et certainement pas de les "compenser" avec des territoires israéliens souverains en contrepartie des territoires qui seraient annexés par Israël au-delà des lignes de 1949. Cela inclut la question épineuse de Jérusalem, ce qui me mène à mon cinquième et dernier point.

 

La question de Jérusalem

 

À la question "comment dit-on Jérusalem en Arabe" les gens répondent généralement: al-Quds.  Ce qui n'est pas faux, mais il s'agit là d'un terme récent.  Car à l'origine, les Arabes appelaient Jérusalem Bayt al-Maqdis, ce qui est bien entendu la translittération arabe de l'Hébreu Beit Hamikdash, qui signifie "Le Temple de Jérusalem."  Avant le conflit de l'époque moderne, les Arabes reconnaissaient, dans leur langage même, le passé juif de Jérusalem.

Et tel était le cas jusqu'à récemment.  Un guide touristique publié par le Conseil musulman suprême en 1924 dit la chose suivante à propos du Mont du Temple: "Ce site est l'un des plus vieux du monde.  C'est là que fut érigé le Temple de Salomon."  Plus récemment encore, l'historien palestinien Araf al-Araf (qui était un proche collaborateur de Hadj Amin al-Husseini, et qui ne peut donc pas être soupçonné de sympathies pro sionistes) écrivit dans son livre Tariah al-Quds (publié en 1951), que le Mont du Temple est "sur le Mont Moriah mentionné dans le Livre de la Genèse (…) Il fut acheté par David pour construire le Temple, mais c'est son fils Salomon qui le construisit en l'an 1,007 avant l'ère chrétienne."  Le même al-Araf écrit dans son livre Une histoire détaillée de Jérusalem (publié en 1961) que "Le Mur des Lamentations est la partie extérieure du mur du Temple érigé par Hérode.  Il est fréquemment visité par les Juifs, surtout le 9 du mois de Av.  Là, ils commémorent une histoire glorieuse et inoubliable."

Je rappelle ces faits parce qu'aujourd'hui les Palestiniens nient purement et simplement l'existence même du Temple de Jérusalem, ainsi que tout lien historique et religieux entre le peuple juif et la Ville sainte.

À la Conférence de Camp David en juillet 2000, le Président Clinton fut abasourdi d'entendre Arafat nier l'existence du Temple de Jérusalem.  Il ne s'agissait pas là d'une simple provocation, mais de ce qui est devenu un mythe palestinien.  Ce négationnisme est repris par les Arabes israéliens eux-mêmes, qu'il s'agisse de Raed Salah (le chef de file du mouvement islamique d'Israël), des membres de la Knesset, ou anciens membres de la Knesset, Abdulmalik Dehamshe et Muhammad Barakeh, et du Président du Comité de Suivi Arabo-Israélien Shuki Khatid.  Tous ont affirmé récemment que le Temple de Jérusalem n'a jamais existé et que les Juifs n'ont par conséquent aucun droit historique et religieux sur le Mont du Temple.

Ce négationnisme historique remonte à l'époque de Hadj Amin al-Husseini, le Mufti de Jérusalem nommé par les Britanniques.  Jusqu'au dix-septième siècle, il n'y avait aucun consensus entre les savants musulmans concernant l'endroit précis où Mahomet attacha son cheval lors de son passage à Jérusalem.  Ce n'est qu'à partir du début du vingtième siècle que al-Husseini affirma que le site en question était le Mur des Lamentations.  Comme par hasard, c'est précisément à cette époque que les Juifs commencèrent à prier de façon régulière au Mur.  Mais bien qu'il ait soudainement déclaré ce site sacré pour l'Islam, al-Husseini en fit un dépôt d'ordure et de déchets humains pour tenter d'empêcher les Juifs d'y prier.  Étrange façon de traiter un lieu saint.

Al-Husseini ne se contenta pas d'inventer des théories farfelues niant l'existence du Temple et décrétant que le Mur des Lamentations était un lieu saint islamique (bien qu'il le profana lui-même, comme nous l'avons vu).  Il propagea également des théories du complot sur la volonté des Juifs de s'emparer du Mont du Temple pour reconstruire le Temple de Jérusalem (remarquez d'ailleurs la contradiction: comment les Juifs pouvaient-ils reconstruire le Temple, si celui-ci n'avait jamais existé?).  En 1929, il affirma que les Juifs étaient sur le point d'envahir le Mont du Temple, ce qui incita les Musulmans à la violence et au massacre de Hébron de 1929.  Arafat ne fit que répéter ce scénario en septembre 2000 lorsqu'il affirma qu'Israël menaçait la Mosquée d'Al-Aqsa sur le Mont du Temple.  C'est ce qui déclencha l'"Intifada d'Al-Aqsa."

Arafat reprit également à son compte la "transformation" par al-Husseini du Mur des Lamentation en un site islamique.  À plusieurs reprises, Arafat a affirmé que le véritable nom du Mur des Lamentations est Al Buraq, c'est-à-dire le lieu où Mahomet a attaché son cheval, et que cela est écrit dans le Coran.  Bien entendu, cela est complètement faux.  Le Coran ne mentionne ni Jérusalem ni le Mur des Lamentations, et la théorie selon laquelle c'est là que Mahomet aurait attaché son cheval est une invention de al-Husseini.  En février 2001, le Mufti de Jérusalem publia un fatwa déclarant que le Mur des Lamentations fait partie de la Mosquée Al-Aqsa.  Ce qui est complètement aberrant.  Le Mur des Lamentations est le dernier vestige du Second Temple –un vestige qui existait 635 années avant la construction de la mosquée en l'an 705.

Ce négationnisme a des conséquences.  Nier l'histoire d'autrui, c'est n'avoir aucun respect pour sa foi, pour ses valeurs, pour ses lieux de mémoire.  Et ce n'est donc pas un hasard si les lieux saints du judaïsme ont été systématiquement profanés et détruits par les Palestiniens et par les Jordaniens.  La Jordanie a violé les Accords d'Armistice de 1949, qui régissaient entre autres le statut des lieux saints juifs de Jérusalem-Est.  D'abord, elle ne permit pas aux Juifs de venir prier au Mur des Lamentations.  Ensuite, elle fit détruire les 58 synagogues et écoles juives de la Vieille Ville de Jérusalem.  Enfin, elle profana le cimetière juif du Mont des Oliviers, utilisant les pierres tombales pour la construction de routes, de camps militaires, et de latrines.

L'Autorité palestinienne, quant à elle, a également violé les clauses des Accords d'Oslo régissant le respect des lieux saints juifs.  En septembre 2000, elle fit détruire le Tombeau de Joseph à Shekhem (Naplouse), ainsi que l'ancienne synagogue de Jéricho.  Elle en appela également à la "libération" du Tombeau de Rachel à Bethlehem, affirmant qu'il s'agissait en réalité d'une ancienne mosquée.  Et, depuis 1996, elle se livre à des actes de vandalisme archéologique sur le Mont du Temple pour effacer toute trace des deux Temples de Jérusalem.

En 1996 et en 1999, le Wakf (qui est contrôlé par l'Autorité palestinienne) a construit deux énormes mosquées sous le Mont du Temple: La Mosquée des Étables de Salomon en 1996, et la Mosquée Al Aksa Al-Qadim en 1999.  Dans les deux cas, le Wakf fit des travaux de forage énormes et jeta plusieurs milliers de tonnes de débris qui contenaient des vestiges archéologiques.  Des dizaines de vestiges archéologiques, dont des inscriptions hébraïques et des étoiles de David, furent retrouvés par des archéologues israéliens dans les poubelles municipales de Jérusalem, mais la plupart des vestiges jetés par le Wakf ont été perdus à jamais.

Donc d'un côté les Palestiniens nient l'existence du Temple, mais d'un autre côté ils font tout pour effacer les témoignages de son existence.

 

Nous savons quel est le sort des lieux saint juifs sous souveraineté musulmane.  Et nous savons quel est le sort des lieux saints musulmans sous souveraineté juive.  Dès juin 1967, Israël vota des lois garantissant la liberté de culte et la protection des lieux saints des trois religions monothéistes.  Israël est le seul pays de la région qui a prouvé son respect pour les lieux saints des autres religions.

Même lorsque les pays arabes tentèrent de prouver le contraire grâce à leur majorité automatique à l'ONU, ils furent contredits par les faits.  Dans les années 70 et 80, il y avait ce rituel à l'UNESCO pour vérifier les soi-disant destructions archéologiques israéliennes à Jérusalem-Est.  À chaque fois, l'UNESCO nomma une commission sous la direction du Professeur Raimond Lemaire (un archéologue belge).  Et à chaque fois, le Professeur Lemaire rejeta les accusations des pays arabes, et prouva qu'Israël était extrêmement respectueuse des sites musulmans.

Ceux qui en appellent à la re-division de Jérusalem ne semblent pas être conscients du fait qu'une re-division entraînera la profanation et la destruction des lieux saints juifs et des lieux saints chrétiens, tandis que les lieux saints musulmans et chrétiens sous souveraineté israélienne sont respectés et préservés.

Il existe des dizaines de propositions et de solutions pour un partage de souveraineté sur le Mont du Temple.  Mais le problème n'a pas trait à la souveraineté; il a trait à la reconnaissance du passé juif.  En décembre 2000, le Ministre israélien des affaires étrangères, Shlomo Ben-Ami, tenta in extremis d'arriver à un accord avec les Palestiniens sur le Mont du Temple.  Il était prêt à remplacer la souveraineté israélienne sur le Mont du Temple par une souveraineté palestinienne exclusive, mais à condition que les Palestiniens reconnaissent le fait que ce site est cher aux Juifs, et à condition que le Wakf  y cesse son vandalisme archéologique.  Mais même cette proposition fut rejetée par les Palestiniens, qui n'étaient pas prêts à s'engager à laisser les Juifs prier au Mur des Lamentations dans le cadre d'un transfert de souveraineté.

Je me souviens jusqu'à aujourd'hui d'un débat que j'avais organisé à l'Université de Tel-Aviv en mars 2007 entre le député arabe israélien Ahmad Tibi et Shmuel Berkowitz, le plus grand expert israélien sur la question des lieux saints.  Lors du débat, Berkowitz finit par demander à Tibi: "Je ne comprends pas.  Pour moi, le Mont du Temple fait partie de mon patrimoine national, historique et religieux en tant que Juif.  Mais je reconnais qu'il fasse également partie de votre patrimoine national, historique et religieux en tant que Musulman.  Pourquoi refusez-vous de reconnaître l'importance que ce site revêt pour moi, tout en exigeant que je reconnaisse l'importance qu'il revêt pour vous?"

Cette question demeura sans réponse.  Et tant qu'elle restera sans réponse, re-diviser Jérusalem ne résoudra pas le conflit.  Ce qui me mène à ma conclusion.

 

 

Conclusion

 

Il est possible de contrer la propagande arabe tout simplement en disant la vérité.  Et la vérité, contrairement à ce que l'on entend souvent dire, est que:

- Israël ne fait pas obstacle à la paix et à la solution de deux États pour deux nations;

- Reconnaître Israël comme État juif, cela signifie reconnaître le droit des Juifs à disposer d'eux-mêmes;

- Le droit international ne reconnaît pas aux réfugiés palestiniens et à leurs descendants un droit au retour en Israël;

- Le droit international n'exige pas d'Israël un retrait aux lignes d'armistice de 1949;

- Aucun accord ne sera possible sur Jérusalem, tant que les Palestiniens nieront l'histoire juive et tant qu'ils ne montreront aucun respect pour les lieux saints juifs.

Ce sont là des faits, quelles que soient les opinions politiques de chacun. 

Mais encore faut-il que les Juifs d'Europe redressent les contre-vérités qui sont devenues monnaie courante.  Comme l'a dit Edmund Burke: "Il suffit, pour que la mal triomphe, que les gens de bien ne fassent rien."

 

 

 

Partager cet article
Repost0
11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 09:03
La guerre électronique des opinions

 

(Simon)

L’essor des nouvelles technologies de l’information donne lieu à une nouvelle forme de guerre pour influencer les opinions publiques. De plus en plus sensible, cette lutte mobilise les Etats aussi bien que les acteurs non étatiques. Les démocraties sont mal équipées pour faire face


C’est une guerre qui ne porte pas son nom, mais qui est bien réelle. Une guerre de l’information et de la désinformation: la bataille de l’opinion publique. Elle se joue sur les nouveaux médias électroniques, les réseaux sociaux, les blogs et ne connaît plus de frontières. Les acteurs de cette guerre électronique sont aussi bien des Etats que des groupes non étatiques, le Pentagone ou Al-Qaida, les ONG ou les guérillas, ou l’ensemble de ces «citoyens-soldats» au service d’une idéologie, d’un patriotisme ou de la «vérité». Cette guerre est protéiforme, difficile à cerner. Mais des experts militaires voient dans cette bataille de l’opinion – où les Etats ont de moins en moins de possibilités de contrôler les sources et les flux d’informations hostiles – un danger qui deviendra un jour aussi menaçant que les armes conventionnelles.

A vrai dire, cette guerre possède deux dimensions: l’une technologique (le contenant), mieux connue par les actions spectaculaires de hackers. Trois épisodes sont restés dans les mémoires: en 2005, Washington sonne l’alerte pour une attaque – baptisée Titan Rain- contre des réseaux de la défense américaine qui touche aussi la Grande-Bretagne et la France. Des experts occidentaux y ont vu la main de la Chine qui a toujours nié. En 2007, c’était au tour de l’Estonie d’être victime d’une série de cyber-attaques qui ont menacé de paralyser son réseau informatique. Cette fois-ci c’est le Kremlin qui est soupçonné, mais là encore sans preuve. En 2008, enfin, à la suite du conflit armé russo-géorgien, plusieurs sites internet géorgiens étaient piratés. Moscou dément toute implication directe mais ferme – au mieux – les yeux sur l’action de ses «cyber-patriotes».


«Un seul acteur a pu bloquer le réseau estonien en le faisant sauter grâce à l’envoi de centaines de milliers de messages. En bloquant le réseau, il ferme l’accès à l’information et provoque une déstabilisation. Il crée de la peur, de la terreur. On peut comparer cela à un acte terroriste, analyse Stéphane Koch, président de l’Internet society à Genève et spécialiste de la gestion de l’information. Il y a de plus en plus d’acteurs qui sont de moins en moins identifiables. On pourra jamais prouver quel Etat est directement impliqué.»

La seconde dimension de cette guerre est d’ordre sémantique (le contenu). On en parle moins, mais elle fait pourtant rage. A l’avènement de l’Internet, les optimistes ont voulu croire à la fin des barrières érigées par les dictatures et la victoire finale d’une démocratie d’opinion. La Toile a incontestablement permis une avancée pour la liberté d’expression y compris dans les régimes répressifs. Des nouveaux outils comme Twitter ont démontré leur efficacité pour contourner la censure imposée aux médias classiques par Téhéran lors des récentes protestations anti-Ahmadinejad. Mais l’exemple de la Chine (et ses 40 000 cyber-policiers) montre que ces mêmes régimes parviennent largement à contenir les effets de ces nouveaux canaux. En décembre dernier, une «cyber-armée iranienne» a prouvé sa capacité de pirater Twitter.

Les Etats ne se contentent toutefois pas de bloquer les accès aux informations qui leur déplaisent. Ils ont compris que la bataille se joue sur la capacité à faire passer un message, à contrer ou à neutraliser celui de l’adversaire. Les Etats-Unis sont les plus avancés dans ce domaine. Ils ont développé une stratégie d’intervention sur le contenu des réseaux sociaux pour les influencer. L’emblème de cette nouvelle communication est le président Barack Obama lui-même qui doit en partie son élection à sa capacité de mobilisation des électeurs sur le Net et qui a inauguré la «diplomatie YouTube» en s’adressant par ce moyen aux Iraniens, puis aux Chinois.


«La Chine, la Russie, l’Iran sont de plus en plus conscients des enjeux de cette guerre de l’information. Le problème est que les démocraties, en particulier en Europe, s’y intéressent trop peu. Nous avons une bataille de retard. C’est la maîtrise du discours qui est en jeu. Nous sommes dans la même position qu’en 1938 à Munich, c’est une erreur stratégique majeure», analyse Christian Harbulot, directeur de l’Ecole de guerre économique à Paris.

Cette guerre d’influence, nous y sommes tous quotidiennement confrontés sur le Net. Le meilleur exemple est sans doute celui de Wikipédia, sixième site le plus consulté au monde, qui s’est imposé comme un outil de référence auprès du grand public aussi bien que des professionnels de l’information malgré ses évidentes limites. Cette encyclopédie participative et ouverte est l’enjeu de batailles permanentes.

Le cas du traitement du rapport du juge Goldstone concluant à des crimes de guerre israéliens et du Hamas dans le cadre du conflit de Gaza adopté par le Conseil des droits de l’homme l’automne dernier est particulièrement éclairant. Ses premières moutures, tordant la réalité, discréditaient les auteurs du rapport aussi bien que le mandat qui leur était donné. Au fil des semaines, le texte – qui fait plus de vingt pages – a été en partie rééquilibré mais son architecture générale met en exergue un ton défavorable envers le travail de Goldstone. Il faut consulter les 192 notes qui y sont adjointes pour comprendre: la majorité des sources citées proviennent de UN Watch, une ONG dont les positions sont proches de celle du gouvernement israélien, et du Jerusalem Post aux opinions néoconservatrices. UN Watch dément toute intervention directe. Et l’Etat israélien? Certains observateurs n’en doutent pas (lire ci-dessous). «Les adresses IP des intervenants sont connues. S’ils sont de mauvaise foi ou interviennent depuis plusieurs comptes, la Fondation Wikipédia, dont le siège est aux Etats-Unis, peut bloquer immédiatement et à vie ces comptes, explique Frédéric Schütz, contributeur expérimenté de Wikipédia en Suisse. Nous n’avons encore jamais constaté l’intervention d’un Etat.»

Partager cet article
Repost0
5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 09:29




Adapté par Aschkel

Mis à jour: 04/janvier/2010 08:41
Professeur en Sciences Politiques 
A Tel-Aviv


La question des réfugiés

 

Comme nous l'avons vu, le véritable obstacle à la conclusion d'un accord de paix entre Israël et les Palestiniens est la question du soi-disant "droit au retour."  Entre le sommet de Camp David en juillet 2000 et la proposition d'Éhud Olmert en novembre 2008, Israël a cédé sur la question de Jérusalem et sur la question des frontières, mais pas sur la question des réfugiés palestiniens.

 

L'exigence palestinienne sur la question des réfugiés se traduirait par l'entrée en Israël d'environ 10 millions d'Arabes (un chiffre, entre parenthèses, qui semble être indexé au taux d'inflation puisqu'il augmente d'année en année).  Cela signifierait que les Juifs ne constitueraient plus que 40% de la population de leur propre pays et donc qu'Israël cesserait d'être l'Etat nation du peuple juif.  Comme l'avait clairement expliqué le Ministre égyptien des Affaires étrangères Muhammad Salah al-Din dans une interview avec le quotidien Al Misri le 11 octobre 1949: "Il est évident que les Arabes exigent le retour des réfugiés en Palestine pour liquider Israël."  Ou comme le déclara le Président égyptien Gamal Abdel Nasser au journal Zuercher Woche le 1er septembre 1961: "Si les Arabes reviennent en Israël, Israël cessera d'exister."

 

Même un journal comme The Economist, qui ne mâche pourtant pas ses mots sur Israël, a écrit récemment à ce sujet qu'accepter l'exigence palestinienne sur le "droit au retour" consisterait à réparer une injustice en en créant une autre.

 

Les Palestiniens savent que les Etats-Unis et l'Europe ne les soutiennent pas sur la question du "droit au retour."  Il y bien sûr des franges relativement marginales des opinions publiques américaine et européenne qui les soutiennent sur cette question, mais il ne s'agit pas d'un soutien au niveau des dirigeants.

 

D'où la tentative palestinienne de présenter le retour des réfugiés palestiniens comme un droit de l'homme reconnu par le droit international.  L'idée et de présenter le refus israélien sur la question des réfugiés palestiniens comme une violation des droits de l'homme et une violation du droit international.  Cette idée fait son chemin, lentement mais sûrement.

 

Les Palestiniens affirment que d'après les résolutions de l'ONU, et en particulier la Résolution 194 de l'Assemblée générale (adoptée en décembre 1948), Israël a l'obligation de réintégrer les réfugiés palestiniens de 1948, ainsi que leurs descendants.  C'est faux.  Les résolutions de l'Assemblée générale ne constituent que des recommandations et n'ont pas force exécutoire en droit international.  Donc Israël n'est en aucun cas tenu d'exécuter une résolution qui n'est pas exécutoire.  Mais au-delà du fait que la Résolution 194 est une recommandation non exécutoire, elle ne recommande pas à Israël de réintégrer les réfugiés arabes de 1948, ainsi que leurs descendants.

 

Voilà ce que dit la Résolution 194 de l'Assemblée générale des Nations Unies: "Les réfugiés qui souhaitent retourner dans leurs maisons et vivre en paix avec leurs voisins doivent être autorisés à le faire (…) Ceux qui décident de ne pas revenir seront indemnisés pour la perte de leurs biens."

 

La résolution ne parle pas de réfugiés palestiniens, mais de réfugiés.  Et pour cause: le conflit israélo-arabe de 1948 a créé un double problème de réfugiés, à savoir 900,000 réfugiés juifs expulsés des pays arabes et des territoires de l'ancien mandat britannique sur la Palestine conquis par les armées arabes, et 600,000 réfugiés arabes palestiniens ayant fuit leurs maisons sous l'injonction des armées arabes pendant le conflit de 1948.  Les pays arabes exigent d'indemniser les réfugiés palestiniens, mais ils refusent d'indemniser les réfugiés juifs.

 

Par ailleurs, comment peut-on imaginer que les descendants des réfugiés palestiniens de 1948 souhaiteraient, comme le dit la résolution 194, "vivre en paix avec leurs voisins?"  Comme le disaient clairement Salah al-Din et Nasser dans les interviews que je viens de citer, le but du retour des réfugiés est de mettre fin à l'existence d'Israël par la démographie et pas de vivre en bon voisinage.  Cela fait trois générations que les réfugiés palestiniens et leurs descendants vivent dans des camps au Liban et ailleurs et qu'ils sont éduqués dans la haine d'Israël.  À l'évidence, ils n'ont aucune intention de vivre en paix avec leurs voisins, et ne se conforment donc pas à l'exigence explicite de la Résolution 194.

Le droit international ne reconnaît pas de droit au retour collectif, mais uniquement un droit individuel.  Comme l'explique le juriste suédois Stig Jägerskiöld, la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 et la Convention internationale sur les Droits civils et politiques de 1966 ne s'appliquent "qu’à des individus faisant valoir leurs droits individuels. Il n’y a jamais eu ici aucune intention de répondre aux demandes des masses humaines qui ont été déplacées par suite d’une guerre ou d’un transfert politique de territoire ou de population, tels que la transplantation de populations ethniquement allemandes d’Europe de l’Est pendant et après la Seconde Guerre mondiale, la fuite des Palestiniens de ce qui allait devenir Israël, où l’exode des Juifs des pays arabes."

Donc le droit international ne reconnaît pas un droit collectif des réfugiés palestiniens de 1948 de revenir en Israël.  Mais si un tel droit existait, cela ne devrait pas poser problème.  Des 600,000 réfugiés palestiniens de 1948, probablement 200,000 sont encore en vie aujourd'hui, et la plupart sont âgés.  Pour en finir avec le conflit, Israël serait prête à les réintégrer.  Mais d'après les "calculs" des Palestiniens, ils sont aujourd'hui plusieurs millions –entre 4 et 10 selon les versions.  Comment sommes-nous passés de 600,000 à 10 millions?

Tout simplement à cause d'une définition aberrante qui ne s'applique qu'aux réfugiés palestiniens.  Il y a aujourd'hui dans le monde deux types de réfugiés: les réfugiés, et les réfugiés palestiniens.  Tous les réfugiés du monde, sauf les réfugiés palestiniens, sont sous la responsabilité du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés.  Il n'y que pour les réfugiés palestiniens qu'une agence spéciale des Nations Unies, l'UNWRA, a été créée en 1949.  Inutile de dire qu'aucune agence spéciale de l'ONU n'a été créée pour les réfugiés juifs expulsés des pays arabes et musulmans.  Mais cette discrimination n'est pas uniquement institutionnelle.  Elle a trait avant tout à la définition même du statut de réfugié par le Haut Commissariat et par l'UNWRA.

Pour le Haut Commissariat, un réfugié est une personne expulsée de son pays.  Point.  Mais pour l'UNWRA, cette définition se transmet de génération en génération à tous les descendants des réfugiés palestiniens de 1948 ad vitam æternam.  C'est pourquoi le nombre de réfugiés dans le monde ne cesse de diminuer, tandis que le nombre de réfugiés palestiniens ne cesse d'augmenter.  Les chiffres parlent d'eux-mêmes.  De 60 millions en 1948, le nombre de réfugiés dans le monde est passé à 17 millions aujourd'hui.  Mais dans le cas des réfugiés palestiniens, le nombre est passé de 600,000 en 1948 à 10 millions aujourd'hui.

Mais l'absurdité des définitions de l'UNWRA de s'arrête pas là.  D'après l'UNWRA il suffit, pour être considéré comme réfugié palestinien, d'avoir résidé pendant au moins deux ans dans le Mandat britannique en Palestine avant la guerre de 1948.  Autrement dit, un ouvrier égyptien venu trouver du travail à Jaffa en 1946, et qui serait reparti en Égypte en 1948 pour fuir les hostilités, est aujourd'hui considéré par l'UNWRA comme un réfugié palestinien.  Et s'il n'est plus en vie, ses enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants (bref, tous ses descendants ad vitam æternam) sont considérés comme des réfugiés palestiniens.  Et il ne s'agit pas là de chiffres anecdotiques, puisqu'il y a eu une forte immigration arabe vers la Palestine ottomane puis britannique dès le début du 20e siècle, en particulier à cause des opportunités offertes par l'économie créée par le Yishuv (la communauté juive de Palestine) Comme l'avait écrit le Président Roosevelt à son Secrétaire d'État dans une note datée du 19 mai 1939: "Depuis 1921, l'immigration arabe en Palestine a été bien plus élevée que l'immigration juive."

Imaginez si le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés appliquait les définitions de l'UNWRA aux 25 millions de réfugiés nés du partage du sous-Continent indien en 1947, aux 15 millions de réfugiés allemands expulsés d'Europe de l'Est en 1945, ou au million et demi de Grecs expulsés de Turquie en 1922.  D'après cette même logique, un pays comme la Pologne devrait accueillir les dizaines de millions de descendants des réfugiés allemands de 1945.  Et il faudrait également que les centaines de millions de descendants des réfugiés hindous et musulmans de 1947 retraversent en sens inverse les frontières de l'Inde et du Pakistan.

Et la liste des aberrations ne s'arrête pas là.  Pour les Palestiniens, pour l'UNWRA, le petit-fils d'un ouvrier égyptien ayant quitté Jaffa en 1948 après y avoir vécu pendant deux ans a le droit de s'installer aujourd'hui à Jaffa.  En revanche, le petit-fils d'un Juif de Hébron qui a été assassiné lors du pogrom organisé par Hadj Amin al-Husseini en 1929, et dont la famille vivait à Hébron depuis plusieurs dizaines de générations, lui, n'a pas le droit de revenir à Hébron.

Autrement dit, l'État juif devrait intégrer des millions de réfugiés arabes fictifs, mais l'État palestinien, lui, ne tolérera pas un seul juif en son sein et expulsera tous les Juifs qui vivent actuellement au-delà de la ligne verte.  Ce qui me mène à mon quatrième point.

 

La question des minorités et des frontières

Le conflit israélo-palestinien n'est pas unique en son genre.  Il s'agit d'un conflit entre deux nationalismes qui se disputent un même pays et qui ne veulent pas vivrent ensemble dans le cadre d'un État binational.  Bien que différent à de nombreux égards, ce conflit est semblable à celui qui oppose jusqu'à aujourd'hui les Hindous et les Musulmans dans le sous-Continent indien.  La Grande-Bretagne, qui était la puissance coloniale aussi bien en Inde qu'en Palestine, porte une lourde part de responsabilité dans l'aggravation des tensions entre Hindous et Musulmans, et entre Juifs et Arabes.  Fidèle à sa stratégie de "diviser pour mieux régner" ("Divide and Rule"), la Grande-Bretagne proposa l'idée de partage entre deux pays, tant en Inde qu'en Palestine.

En 1937, la Commission Peel proposa la division de la Palestine entre un État arabe et un État juif.  Elle proposa également des échanges de populations pour que Juifs et Arabes soient respectivement réintégrés dans leurs futurs États.  La Commission prit d'ailleurs pour exemple l'échange de populations entre la Grèce et la Turquie en 1922.

Le principe de la partition, cependant, n'implique pas l'absence de minorités.  Il y a une minorité musulmane en Inde et une minorité hindoue au Pakistan.  Mais lorsqu'il s'agit du conflit israélo-palestinien, la solution de la partition (ou ce que l'on appelle aujourd'hui "deux États pour deux nations"), exclut a priori l'idée qu'il puisse y avoir une minorité dans chaque État.  Ou plus exactement, il doit y avoir une minorité arabe dans l'État juif (elle est aujourd'hui de 20%), mais pas de minorité juive dans l'État arabe.

Et si un Juif de Hébron, dont la famille y vit depuis des dizaines de générations (avant même l'invasion de la Palestine par les Arabes au 8e siècle), préférerait y rester en tant que citoyen de l'État palestinien?  Pour lui, vivre à Hébron est plus important que de réaliser ses aspirations nationales dans le cadre d'un Etat nation juif.  Pourquoi le choix (qui n'est pas un choix facile) entre vivre en tant que minorité dans la ville de ses grands-parents et vivre comme majorité dans une autre ville doit-il exister uniquement pour les Arabes palestiniens mais pas pour les Juifs israéliens?

En théorie, il n'y aucune raison pour qu'il y ait une minorité arabe en Israël et pas de minorité juive en Palestine.  Mais en pratique, nous savons pourquoi cela n'est pas réaliste.  Tandis qu'Israël est à la fois un État nation et un État de tous ses citoyens (c'est-à-dire un Etat nation où la minorité arabe jouit des même droits civiques que ceux de la majorité juive), l'État palestinien, lui, sera uniquement un Etat nation (ou même un État islamique au vue de la montée du Hamas) qui ne tolérera pas le moindre juif.

Il suffit de se souvenir du sort des Israéliens qui furent lynchés à Ramallah le 12 octobre 2000 sous les acclamations d'une foule en délire.  Après quinze ans d'une propagande antisémite haineuse dans les médias, les écoles et les mosquées de l'Autorité palestinienne, on voit difficilement comment une minorité juive pourrait être tolérée et vivre en sécurité dans l'État palestinien.

Donc le partage territorial prévu entre Israël et les Palestiniens, contrairement au partage du sous-Continent indien entre l'Inde et le Pakistan, est unique en son genre puisqu'il n'envisage l'existence de minorités que dans l'un des deux pays issus dudit partage.

Au moment du retrait unilatéral israélien de la Bande de Gaza en 2005, certains habitants juifs de la Bande de Gaza avaient publiquement exprimé leur préférence de rester dans leurs villages après le retrait israélien et de devenir des citoyens palestiniens.  Il leur était plus important de rester dans leurs maisons en tant que minorité que de vivre ailleurs en tant que majorité dans leur propre Etat nation.  La réponse du Gouvernement israélien était que leur sûreté et leur vie même en tant que minorité juive sous souveraineté arabe serait menacée.  Malheureusement, c'est vrai.  Mais je pose la question: Pourquoi l'Europe, pourquoi le monde, tolèrent cette intolérance palestinienne à l'égard des Juifs qui expriment leur désir de vivre en tant que minorité dans le futur État palestinien?

Et ce partage, comment doit-il se faire?  Sur la base de quelles frontières?  À cette question, la plupart des gens répondent: "Sur la base des frontières de 1967, bien entendu."  Encore une réponse qui prouve à quel point il faut remettre les pendules à l'heure.

D'abord, je me pose une question.  S'il suffit de revenir à ce que l'on appelle à tort "les frontières de 1967" pour arriver à la paix avec les Palestiniens, comment se fait-il qu'il n'y avait pas la paix avant 1967?  Les Palestiniens ont fini par convaincre le monde que l'occupation est la cause du conflit.  Mais, en réalité, l'occupation est la conséquence du conflit.  C'est précisément parce qu'on était en état de guerre avant 1967 et que les pays arabes déclenchèrent la guerre de juin 1967 qu'Israël s'est retrouvée en situation d'occupant.

Par ailleurs, l'expérience des quinze dernières années prouve que l'équation entre conflit et occupation est fausse.  D'abord l'occupation israélienne en Cijordanie et à Gaza a pris fin en 1995 avec le retrait israélien de tous les villes et villages palestiniens et avec l'établissement d'un gouvernement autonome palestinien.  Est-ce que cela a mis fin au conflit?  Au contraire: c'est précisément après le retrait israélien que les vagues de terrorisme palestinien ont commencé a frapper les civils israéliens dans des proportions sans précédent.  Même chose dans la Bande de Gaza: en 2005, Israël a déraciné des centaines de familles juives et rasé tous les villages juifs.  Israël voulait prouver qu'elle était prête à faire des concessions douloureuses pour la paix et à démanteler ce que les Palestiniens appellent "les colonies."  Et qu'avons-nous eu en retour?  Des milliers de roquettes tirées quotidiennement sur nos maisons, nos écoles, et nos usines.

Encore une fois, s'il suffisait de se retirer aux lignes de 67 et de démanteler toutes les habitations juives de Judée-Samarie pour arriver à la paix, comment se fait-il qu'il n'y avait pas la paix avant 1967?  Tout simplement parce que cette théorie simpliste est fausse.

Alors, vous me direz: avec l'Égypte, on est revenus à la frontière de 67, et on a eu la paix.  C'est vrai.  Ou, plus exactement, c'est partiellement vrai, puisque la paix entre Israël et l'Égypte est purement formelle.  C'est une paix froide, sans échanges commerciaux et culturels.  Depuis trente ans qu'Israël et l'Égypte ont signé un accord de paix, aucun chef d'État égyptien ne s'est rendu en Israël (à l'exception de la visite éclair de Moubarak pour les funérailles de Rabin).

Avec les Palestiniens, les choses sont plus compliquées, car il y a un contentieux sur la question des réfugiés et sur la question de Jérusalem.  Mais il y a également un contentieux sur la question des frontières.

Avec l'Égypte, la question des frontières ne posait pas problème, puisqu'il y avait une frontière internationale reconnue entre l'Égypte et Israël avant la guerre de juin 1967.  Mais entre Israël et les Palestiniens, le concept même de "frontières de 67" est inexact.

Il n'y a jamais eu de frontière internationale reconnue entre Israël et les Palestiniens et il n'y a jamais eu d'État palestinien indépendant conquis et occupé par un pays tiers.

En 1947, la commission spéciale des Nations Unies créée pour trouver une solution au conflit en Palestine britannique, l'UNSCOP, recommanda le partage du Mandat britannique entre un État arabe et un État juif.  Le 29 novembre 1947, l'Assemblée Générale des Nations Unies approuva cette recommandation par un vote majoritaire.  Mais, comme nous l'avons vu tout à l'heure, les votes de l'Assemblée Générale ne sont que des recommandations et n'ont pas force exécutoire en droit international.  Donc, contrairement à une idée reçue, l'ONU n'a en rien créé Israël.  L'ONU n'a d'ailleurs pas le pouvoir de "créer" des États.

Les frontières proposées par le plan de partage de l'UNSCOP auraient pu théoriquement devenir des frontières internationales reconnues si le plan avait été accepté et mis en place par les parties.  Mais ces frontières potentielles devinrent nulles et non avenues dès l'instant où les pays arabes et les Palestiniens rejetèrent le plan de partage et engagèrent une guerre d'extermination contre la population juive de la Palestine britannique.  À l'issue du conflit, le nouvel État d'Israël réussit à repousser l'agression arabe.  Conscientes de leur défaite, les armées arabes (à l'exception de l'armée irakienne) signèrent des accords d'armistice avec Israël à Rhodes en 1949.

Les Accords de Rhodes n'établirent pas des frontières, mais des lignes d'armistice.  Non seulement des lignes d'armistice, mais des lignes d'armistice qui furent clairement et explicitement définies comme "temporaires" dans les accords, parce que les pays arabes l'exigèrent.  Ils ne voulaient pas, en effet, que ces lignes d'armistices puissent être considérées comme permanentes ou, pire, comme des frontières, ce qui pour eux aurait constitué une reconnaissance de facto d'Israël.  Aujourd'hui, les Palestiniens et les pays arabes parlent de "frontières de 1967" alors qu'à l'époque ils ne voulaient surtout pas entendre parler du mot "frontière."  Ils ont complètement retourné leur position à ce sujet.

Après la signature des Accords de Rhodes en 1949, les Palestiniens et les pays arabes auraient pu établir un État palestinien en Cisjordanie et à Gaza.  Pendant les dix-huit années qui s'écoulèrent entre les Accords de Rhodes et la Guerre des Six Jours, les Palestiniens et les pays arabes s'abstinrent de créer un État palestinien.  Au lieu de cela, l'Égypte et la Jordanie s'emparèrent des territoires destinés aux Palestiniens d'après le plan de partage de l'ONU (ou plutôt ce qu'il en restait après les Accords de Rhodes).

Lorsque l'Égypte et la Jordanie envahirent respectivement la Bande de Gaza et la Rive occidentale du Jourdain, elles le firent dans une guerre d'agression, mais elles n'envahirent pas un territoire souverain.  Parce que les territoires en question n'étaient pas un État souverain et ne faisaient pas partie d'un État, il y avait là un vide juridique, et donc il ne s'agissait pas d'une occupation au sens légal du terme.  Mais la Jordanie alla plus loin, puisqu'elle annexa la rive occidentale du Jourdain, qu'elle renomma "Cisjordanie."  La communauté internationale ne reconnut pat cette annexion (à l'exception de la Grande-Bretagne et du Pakistan).

Donc quand Israël s'empara de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza pendant la Guerre des Six Jours, elle ne traversa pas une frontière mais une ligne d'armistice temporaire.  Et elle ne conquit pas des territoires souverains avec un statut juridique reconnu par la communauté internationale.  Par ailleurs, tandis que l'Égypte et la Jordanie conquirent la Bande de Gaza et la rive occidentale du Jourdain dans une guerre d'agression, Israël s'empara de ces territoires dans une guerre de légitime défense –ce qui a des implications en termes de légitimité et de légalité.

La présence israélienne en Judée-Samarie est plus légale et plus légitime que la présence jordanienne à l'époque, précisément parce que la présence israélienne est le résultat d'une guerre d'autodéfense, alors que la présence jordanienne était le résultat d'une guerre d'agression.  Par ailleurs, le droit des Juifs de vivre en Judée-Samarie a été reconnu par le Mandat de la SDN en 1922, un document de droit international qui n'a jamais été abrogé.

Tout cela pour dire qu'il n'y pas de justification légale à un retrait israélien aux lignes d'armistice de 1949.  En s'emparant de la Cisjordanie en juin 1967, Israël n'a pas envahi un pays souverain avec une frontière internationalement reconnue.  Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle la résolution 242 du Conseil de Sécurité des Nations Unies n'exige pas d'Israël un retrait aux lignes d'armistice de 1949.

La Résolution 242 a été adoptée en novembre 1967, alors que la guerre était finie depuis le mois de juin, c'est-à-dire cinq mois plus tôt.  Pourquoi?  Parce que les négociations furent ardues entre les membres du Conseil de Sécurité qui voulaient un retrait israélien total et inconditionnel (comme l'Union soviétique et la France), et ceux qui voulaient que le retrait israélien soit conditionné par un accord de paix et que son étendue soit sujette à négociation (comme les Etats-Unis et la Grande-Bretagne).

La Grande-Bretagne, qui présidait le Conseil de Sécurité à l'époque, finit par faire accepter sa version de la résolution qui lit le retrait israélien à un accord de paix avec les belligérants, et qui n'exige pas un retrait israélien total mais un retrait de territoires ("withdrawal from territories").  La formule demandée par la Russie et la France était "from all the territories" puis "from the territories" mais c'est finalement la formule "from territories" qui a été retenue.  Ces négociations figurent dans les travaux préparatoires du Conseil de Sécurité.  Tant Lord Caradon, qui était à l'époque le représentant de la Grande-Bretagne aux Nations Unies, que Georges Brown, qui était le Ministre britannique des affaires étrangères, ont témoigné de ces négociations et ont confirmé que c'est la version anglaise qui fait autorité.

Le fait que la France ait traduit "from territories" par "des territoires" au lieu de traduire par "de territoires" parce qu'elle n'avait pas eu gain de cause n'a aucune implication juridique.

Donc le droit international n'exige pas d'Israël de se retirer aux lignes d'armistice de 1949 dans le cadre des négociations avec les Palestiniens, et certainement pas de les "compenser" avec des territoires israéliens souverains en contrepartie des territoires qui seraient annexés par Israël au-delà des lignes de 1949.

Cela inclut la question épineuse de Jérusalem, ce qui me mène à mon cinquième et dernier point.

 

La question de Jérusalem

À la question "comment dit-on Jérusalem en Arabe" les gens répondent généralement: al-Quds.  Ce qui n'est pas faux, mais il s'agit là d'un terme récent.  Car à l'origine, les Arabes appelaient Jérusalem Bayt al-Maqdis, ce qui est bien entendu la translittération arabe de l'Hébreu Beit Hamikdash, qui signifie "Le Temple de Jérusalem."  Avant le conflit de l'époque moderne, les Arabes reconnaissaient, dans leur langage même, le passé juif de Jérusalem.

Et tel était le cas jusqu'à récemment.  Un guide touristique publié par le Conseil musulman suprême en 1924 dit la chose suivante à propos du Mont du Temple: "Ce site est l'un des plus vieux du monde.  C'est là que fut érigé le Temple de Salomon."  Plus récemment encore, l'historien palestinien Araf al-Araf (qui était un proche collaborateur de Hadj Amin al-Husseini, et qui ne peut donc pas être soupçonné de sympathies pro sionistes) écrivit dans son livre Tariah al-Quds (publié en 1951), que le Mont du Temple est "sur le Mont Moriah mentionné dans le Livre de la Genèse (…) Il fut acheté par David pour construire le Temple, mais c'est son fils Salomon qui le construisit en l'an 1,007 avant l'ère chrétienne."  Le même al-Araf écrit dans son livre Une histoire détaillée de Jérusalem (publié en 1961) que "Le Mur des Lamentations est la partie extérieure du mur du Temple érigé par Hérode.  Il est fréquemment visité par les Juifs, surtout le 9 du mois de Av.  Là, ils commémorent une histoire glorieuse et inoubliable."

Je rappelle ces faits parce que, aujourd'hui, les Palestiniens nient purement et simplement l'existence même du Temple de Jérusalem, ainsi que tout lien historique et religieux entre le peuple juif et la Ville sainte.

À la Conférence de Camp David en juillet 2000, le Président Clinton fut abasourdi d'entendre Arafat nier l'existence du Temple de Jérusalem.  Il ne s'agissait pas là d'une simple provocation, mais de ce qui est devenu un mythe palestinien.  Ce négationnisme est repris par les Arabes israéliens eux-mêmes, qu'il s'agisse de Raed Salah (le chef de file du mouvement islamique d'Israël), des membres de la Knesset, ou anciens membres de la Knesset, Abdulmalik Dehamshe et Muhammad Barakeh, et du Président du Comité de Suivi Arabo-Israélien Shuki Khatid.  Tous ont affirmé récemment que le Temple de Jérusalem n'a jamais existé et que les Juifs n'ont par conséquent aucun droit historique et religieux sur le Mont du Temple.

Ce négationnisme historique remonte à l'époque de Hadj Amin al-Husseini, le Mufti de Jérusalem nommé par les Britanniques.  Jusqu'au dix-septième siècle, il n'y avait aucun consensus entre les savants musulmans concernant l'endroit précis où Mahomet attacha son cheval lors de son passage à Jérusalem.  Ce n'est qu'à partir du début du vingtième siècle que al-Husseini affirma que le site en question était le Mur des Lamentations.  Comme par hasard, c'est précisément à cette époque que les Juifs commencèrent à prier de façon régulière au Mur.  Mais bien qu'il ait soudainement déclaré ce site sacré pour l'Islam, al-Husseini en fit un dépôt d'ordure et de déchets humains pour tenter d'empêcher les Juifs d'y prier.  Étrange façon de traiter un lieu saint.

Al-Husseini ne se contenta pas d'inventer des théories farfelues niant l'existence du Temple et décrétant que le Mur des Lamentations était un lieu saint islamique (bien qu'il le profana lui-même, comme nous l'avons vu).  Il propagea également des théories du complot sur la volonté des Juifs de s'emparer du Mont du Temple pour reconstruire le Temple de Jérusalem (remarquez d'ailleurs la contradiction: comment les Juifs pouvaient-ils reconstruire le Temple, si celui-ci n'avait jamais existé?).  En 1929, il affirma que les Juifs étaient sur le point d'envahir le Mont du Temple, ce qui incita les Musulmans à la violence et au massacre de Hébron de 1929.  Arafat ne fit que répéter ce scénario en septembre 2000 lorsqu'il affirma qu'Israël menaçait la Mosquée d'Al-Aqsa sur le Mont du Temple.  C'est ce qui déclencha l'"Intifada d'Al-Aqsa."

Arafat reprit également à son compte la "transformation" par al-Husseini du Mur des Lamentation en un site islamique.  À plusieurs reprises, Arafat a affirmé que le véritable nom du Mur des Lamentations est Al Buraq, c'est-à-dire le lieu où Mahomet a attaché son cheval, et que cela est écrit dans le Coran.  Bien entendu, cela est complètement faux.  Le Coran ne mentionne ni Jérusalem ni le Mur des Lamentations, et la théorie selon laquelle c'est là que Mahomet aurait attaché son cheval est une invention de al-Husseini.  En février 2001, le Mufti de Jérusalem publia un fatwa déclarant que le Mur des Lamentations fait partie de la Mosquée Al-Aqsa.  Ce qui est complètement aberrant.  Le Mur des Lamentations est le dernier vestige du Second Temple –un vestige qui existait 635 années avant la construction de la mosquée en l'an 705.

Ce négationnisme a des conséquences.  Nier l'histoire d'autrui, c'est n'avoir aucun respect pour sa foi, pour ses valeurs, pour ses lieux de mémoire.  Et ce n'est donc pas un hasard si les lieux saints du judaïsme ont été systématiquement profanés et détruits par les Palestiniens et par les Jordaniens.  La Jordanie a violé les Accords d'Armistice de 1949, qui régissaient entre autres le statut des lieux saints juifs de Jérusalem-Est.  D'abord, elle ne permit pas aux Juifs de venir prier au Mur des Lamentations.  Ensuite, elle fit détruire les 58 synagogues et écoles juives de la Vieille Ville de Jérusalem.  Enfin, elle profana le cimetière juif du Mont des Oliviers, utilisant les pierres tombales pour la construction de routes, de camps militaires, et de latrines.

L'Autorité palestinienne, quant à elle, a également violé les clauses des Accords d'Oslo régissant le respect des lieux saints juifs.  En septembre 2000, elle fit détruire le Tombeau de Joseph à Shekhem (Naplouse), ainsi que l'ancienne synagogue de Jéricho.  Elle en appela également à la "libération" du Tombeau de Rachel à Bethlehem, affirmant qu'il s'agissait en réalité d'une ancienne mosquée.  Et, depuis 1996, elle se livre à des actes de vandalisme archéologique sur le Mont du Temple pour effacer toute trace des deux Temples de Jérusalem.

En 1996 et en 1999, le Wakf (qui est contrôlé par l'Autorité palestinienne) a construit deux énormes mosquées sous le Mont du Temple: La Mosquée des Étables de Salomon en 1996, et la Mosquée Al Aksa Al-Qadim en 1999.  Dans les deux cas, le Wakf fit des travaux de forage énormes et jeta plusieurs milliers de tonnes de débris qui contenaient des vestiges archéologiques.  Des dizaines de vestiges archéologiques, dont des inscriptions hébraïques et des étoiles de David, furent retrouvés par des archéologues israéliens dans les poubelles municipales de Jérusalem, mais la plupart des vestiges jetés par le Wakf ont été perdus à jamais.

Donc d'un côté les Palestiniens nient l'existence du Temple, mais d'un autre côté ils font tout pour effacer les témoignages de son existence.

Nous savons quel est le sort des lieux saint juifs sous souveraineté musulmane.  Et nous savons quel est le sort des lieux saints musulmans sous souveraineté juive.  Dès juin 1967, Israël vota des lois garantissant la liberté de culte et la protection des lieux saints des trois religions monothéistes.  Israël est le seul pays de la région qui a prouvé son respect pour les lieux saints des autres religions.

Même lorsque les pays arabes tentèrent de prouver le contraire grâce à leur majorité automatique à l'ONU, ils furent contredits par les faits.  Dans les années 70 et 80, il y avait ce rituel à l'UNESCO pour vérifier les soi-disant destructions archéologiques israéliennes à Jérusalem-Est.  À chaque fois, l'UNESCO nomma une commission sous la direction du Professeur Raimond Lemaire (un archéologue belge).  Et à chaque fois, le Professeur Lemaire rejeta les accusations des pays arabes, et prouva qu'Israël était extrêmement respectueuse des sites musulmans.

Ceux qui en appellent à la re-division de Jérusalem ne semblent pas être conscients du fait qu'une re-division entraînera la profanation et la destruction des lieux saints juifs et des lieux saints chrétiens, tandis que les lieux saints musulmans et chrétiens sous souveraineté israélienne sont respectés et préservés.

Il existe des dizaines de propositions et de solutions pour un partage de souveraineté sur le Mont du Temple.  Mais le problème n'a pas trait à la souveraineté; il a trait à la reconnaissance du passé juif.  En décembre 2000, le Ministre israélien des affaires étrangères, Shlomo Ben-Ami, tenta in extremis d'arriver à un accord avec les Palestiniens sur le Mont du Temple.  Il était prêt à remplacer la souveraineté israélienne sur le Mont du Temple par une souveraineté palestinienne exclusive, mais à condition que les Palestiniens reconnaissent le fait que ce site est cher aux Juifs, et à condition que le Wakf  y cesse son vandalisme archéologique.  Mais même cette proposition fut rejetée par les Palestiniens, qui n'étaient pas prêts à s'engager à laisser les Juifs prier au Mur des Lamentations dans le cadre d'un transfert de souveraineté.

Je me souviens jusqu'à aujourd'hui d'un débat que j'avais organisé à l'Université de Tel-Aviv en mars 2007 entre le député arabe israélien Ahmad Tibi et Shmuel Berkowitz, le plus grand expert israélien sur la question des lieux saints.  Lors du débat, Berkowitz finit par demander à Tibi: "Je ne comprends pas.  Pour moi, le Mont du Temple fait partie de mon patrimoine national, historique et religieux en tant que Juif.  Mais je reconnais qu'il fasse également partie de votre patrimoine national, historique et religieux en tant que Musulman.  Pourquoi refusez-vous de reconnaître l'importance que ce site revêt pour moi, tout en exigeant que je reconnaisse l'importance qu'il revêt pour vous?"

Cette question demeura sans réponse.  Et tant qu'elle restera sans réponse, re-diviser Jérusalem ne résoudra pas le conflit.  Ce qui me mène à ma conclusion.

***

 

Il est possible de contrer la propagande arabe tout simplement en disant la vérité.  Et la vérité, contrairement à ce que l'on entend souvent dire, est que:

Israël ne fait pas obstacle à la paix et à la solution de deux États pour deux nations;

Reconnaître Israël comme État juif, cela signifie reconnaître le droit des Juifs à disposer d'eux-mêmes;

Le droit international ne reconnaît pas aux réfugiés palestiniens et à leurs descendants un droit au retour en Israël;

Le droit international n'exige pas d'Israël un retrait aux lignes d'armistice de 1949;

Aucun accord ne sera possible sur Jérusalem tant que les Palestiniens nieront l'histoire juive et tant qu'ils ne montreront aucun respect pour les lieux saints juifs.

Ce sont là des faits, quelles que soient les opinions politiques de chacun.  Mais encore faut-il que les Juifs d'Europe redressent les contre-vérités qui sont devenues monnaie courante.  Comme l'a dit Edmund Burke: "Il suffit, pour que la mal triomphe, que les gens de bien ne fassent rien."

 

 

 



Emmanuel Navon est professeur de sciences politiques à l'université de Tel Aviv
Partager cet article
Repost0
5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 09:10
Que peut encore faire la communauté juive pour aider à la réhabilitation de l'image d'Israël? 1/2 
           

Adapté par Aschkel
Mis à jour: 04/janvier/2010 08:41

Professeur de Sciences politiques à Tel-Aviv

 

Si un extra-terrestre atterrissait sur notre planète et qu'il allumait la télévision ou la radio, il arriverait rapidement à la conclusion que la Terre est une planète paisible et que tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si ce n'était pour les problèmes causés par un pays illégitime et responsable de tous les conflits du Proche-Orient, un pays coupable des pires violations des droits de l'homme, un pays de sadiques qui aiment la guerre et qui prennent plaisir à occuper militairement des peuples sans défense et à tuer leurs enfants.  Ce pays, c'est Israël.

 

 

Il n'y a bien sûr aucun rapport entre la réalité et la façon dont elle serait perçue, à travers les médias, par cet extra-terrestre.  Le problème est que ce fossé entre la réalité et la façon dont elle est perçue ne concerne pas seulement cet extra-terrestre imaginaire.  Elle concerne les centaines de millions de personnes bien réelles qui regardent la télévision, écoutent la radio, lisent le journal, et surfent sur Internet.  Et le problème est que la représentation imaginaire et mensongère de la réalité a un impact sur la façon dont les gens agissent sur cette réalité.  C'est parce que la propagande nazie réussit à convaincre les Allemands que les Juifs œuvraient dans le secret à la destruction de l'Allemagne que l'Holocauste a eu lieu.

 

 

La propagande est une arme à la fois redoutable et imperceptible. Comme le disait Victor Hugo: "On résiste à l'invasion des armées, on ne résiste pas à l'invasion des idées."  Et pour reprendre la formule de Mark Twain: "Un mensonge peut faire le tour du monde pendant que la vérité se met en route."  Autrement dit, les idées peuvent être plus fortes que les tanks, et elles n'ont pas besoin d'être vraies pour atteindre leur cible.  Joseph Goebbels, le chef de la propagande nazie, l'avait bien remarqué à son époque.  Lorsqu'un mensonge est énorme, disait-il, il suffit de le grossir encore plus et de le répéter incessamment, et les gens finissent par le croire.

 

 

En 1989, la revue militaire américaine Marine Corps Gazette publia un article intitulé "Fourth Generation War" ("La guerre de la quatrième génération").  Selon cet article, la première génération de la guerre était une guerre de bataillons où les soldats s'affrontaient directement.  La deuxième génération était une guerre d'artillerie.  La troisième génération était une guerre de contournement de l'ennemi et d'effondrement de sa base arrière.  La quatrième génération consiste à appliquer la tactique de la troisième génération au niveau psychologique.  Autrement dit, à vaincre l'ennemi en convaincant sa population qu'elle est dans le tort et qu'elle ne peut pas gagner.

 

 

Il ne s'agit pas là d'une simple théorie universitaire qui n'a jamais franchi le pas de la tour d'ivoire.  Figurez-vous que lorsque les troupes américaines envahirent l'Afghanistan après le 11 septembre, elles trouvèrent une copie de cet article dans la grotte de Tora Bora, où se cachait al-Qaida.  Et en février 2002, Abu Ubeid al-Qurashi, l'un des proches collaborateurs de Bin Laden, publia un article dans le journal Al Ansar dans lequel il expliqua que al-Quaida avait adopté le principe de la guerre de quatrième génération pour vaincre les Etats-Unis.

 

 

En fait, al-Qaida n'a fait que reprendre à son compte une tactique qui avait déjà réussi au moment de la Guerre du Vietnam.  Comme l'expliqua le général vietnamien Giap: "En 1968, il devint évident que je ne pouvais pas vaincre les 500,000 troupes américaines déployées au Vietnam.  Et je ne pouvais pas vaincre la septième flotte avec ses centaines d'avions.  Mais je découvris que je pouvais gagner la guerre par la télévision en servant chaque soir aux Américains des images qui les convaincraient de cesser la guerre."

 

 

Les écrits de Giap furent traduits en 1970 par l'OLP, qui excella à mettre la théorie en pratique avec la première guerre du Liban.  Par exemple, le 10 juin 1982, le Directeur du Croissant Rouge palestinien fit circuler l'"information" aux agences de presse internationales selon laquelle 600,000 Palestiniens étaient devenus sans abris durant les premiers jours de la guerre, alors même qu'il y avait 300,000 réfugiés palestiniens dans la zone des combats.  L'OLP diffusa également la photo d'un enfant palestinien criblé de balles, une photo qui fit le tour des média.  Or cette photo s'avéra être un faux.

 

 

Même chose lorsque Arafat lança sa guerre terroriste à l'automne 2000.  L'Autorité palestinienne distribua en septembre 2000 une photo aux agences de presse internationales montrant un soldat israélien avec une matraque et un jeune homme au visage ensanglanté.  Cette photo fut publiée en première page du New York Times avec le sous titre: "Un policier israélien et un Palestinien sur le Mont du Temple." Là aussi, il s'agissait d'un montage.  Derrière le policier israélien, on peut voir une inscription en Hébreu disant "station d'essence."  Comme vous l'imaginez, il n'y a pas de station d'essence sur le Mont du Temple.  Quant au Palestinien soi-disant tabassé par le policier Israélien, il s'agissait d'un jeune Juif américain de Chicago qui étudiait à la Yeshiva en Israël.  Le New York Times s'excusa d'avoir publié ce photomontage sans vérifier ses sources, mais le mal était fait.

 

 

La liste de ces manipulations est tellement longue, que je pourrais passer toute la soirée à les énumérer.  Et cette longue liste inclut bien entendu l'affaire al-Dura.  Le 30 septembre 2000, la télévision française France 2 diffusa les images du scène de tirs à Gaza, montrant un enfant tentant en vain de se protéger derrière son père. Le caméraman palestinien Talal Abu-Rahmah affirma que l'enfant, Mohammed Al-Dura, fut tué par les balles israéliennes, une affirmation qui fut reprise par Charles Enderlin, qui n'était pas sur les lieux. Depuis, de nombreuses enquêtes ont prouvé qu'il s'agissait d'une mise en scène, et que Talal Abu-Rahmah a menti.  Mais, là encore, le mal fut fait.  Et quel mal.  Ces images déclenchèrent une vague d'attaques antisémites dans le monde.  Et lorsque les bourreaux de Daniel Pearl le décapitèrent devant les caméras, ils montrèrent les images de Mohammed Al-Dura pour bien faire comprendre qu'il s'agissait d'une vengeance.

 

 

Cette propagande ne se limite pas aux médias.  Elle se fait également par le biais de l'ONU, où les Arabes jouissent d'une majorité automatique depuis les années 1960, et par le biais des ONG qui sont généreusement financées par l'Arabie saoudite.

 

 

Par exemple, l'ONG Human Rights Watch a récemment été prise la main dans le sac en train de recevoir des donations d'Arabie saoudite.  Une soi-disant organisation des droits de l'homme financée par l'Arabie saoudite!  Il a va de même de Amnesty International qui a récemment publié un rapport accusant Israël de priver les Palestiniens d'eau.  Ce rapport est truffé de mensonges, mais les gens le prennent pour argent comptant.  Israël est un leader mondial dans les technologies d'économies d'eau.  C'est grâce à ces technologies que la consommation israélienne en eau a fortement diminué entre 1967 et 2006, alors que la consommation palestinienne, elle, a augmenté de 300% pendant cette même période.

 

 

Même chose à l'ONU.  Depuis les années 1960, les Arabes disposent à l'ONU d'une majorité automatique.  Comme l'avait dit Abba Eban à l'époque, si les pays arabes voulaient passer une résolution à l'Assemblée générale pour déclarer que la Terre est plate, ils auraient une majorité.  C'est cette même majorité qui déclara en 1975 que le sionisme est une forme de racisme.  Et c'est cette majorité qui élit au Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies des pays comme la Chine, la Russie, et l'Arabie saoudite.

 

 

Le soi-disant Conseil de Droits de l'Homme passe son temps à condamner Israël, mais jamais il ne mentionne les véritables violations des droits de l'homme perpétrées par des pays comme l'Arabie saoudite ou la Chine.  Et pour cause: ces pays siègent au Conseil des Droits de l'Homme.  La Commission Goldstone est la suite logique de cet univers orwellien.  Le même Conseil des droits de l'homme qui a mandaté la Commission Goldstone pour faire un rapport sur la guerre de Gaza, s'est refusé en mai 2009 à nommer une commission pour enquêter sur les crimes de guerre commis par le Gouvernement sri lankais contre les Tamils.  L'ONU elle-même estime que plus de 7,000 civils Tamils ont été tués par les forces armées sri lankaises, que des centaines de milliers de Tamils ont été déportés et internés dans des camps, et que l'armée sri lankaise a volontairement visé des civils.

 

 

Israël, qui a tout fait pour limiter les pertes civiles, est sur le banc des accusés pour avoir exercé son droit à la légitime défense.  Mais le Sri Lanka, qui a écrasé un mouvement de libération nationale et a tout fait pour tuer le maximum de civils, a été félicité par l'ONU pour sa victoire.  Et, bien entendu, vous n'avez jamais entendu l'ONU protester lorsque pendant huit années consécutives, le Hamas a bombardé de missiles les villes israéliennes mitoyennes de la Bande de Gaza en visant expressément des cibles civiles.

 

 

Afin de contrer la propagande arabe, il faut remettre les pendules à l'heure sur cinq sujets cruciaux:

 

 

Les véritables raisons de l'échec du processus de paix;

La reconnaissance d'Israël comme État juif;

La question des réfugiés;

La question des minorités et des frontières;

La question de Jérusalem.

 

 

Les véritables raisons de l'échec du processus de paix:

 

En janvier 2000, le Premier Ministre israélien Ehud Barak et le Ministre des Affaires étrangères syrien Farouk al-Shara étaient réunis par l'Administration Clinton à Shepherdstown (Virginie occidentale) aux Etats-Unis pour négocier un accord de paix entre les deux pays.  Sans le vouloir, les deux hommes se retrouvèrent au même moment dans la salle de gym de l'hôtel où se déroulaient les négociations.  Tous deux faisaient leur jogging sur un tapis roulant, et Barak ne put s'empêcher de faire la remarque à al-Shara: "Ces tapis roulants, c'est comme le processus de paix.  On court, on court, mais on reste sur place."

 

C'est une bonne allégorie.  Cela fait maintenant plus de seize ans qu'Israël négocie avec l'OLP, et ce que l'on appelle communément le "processus de paix" ressemble à un processus sans fin.

 

On entend souvent dire, aussi bien en Europe qu'en Israël, que tout le monde sait quels sont les paramètres du futur accord de paix entre Israël et les Palestiniens: l'établissement d'un État palestinien sur la totalité de la Bande de Gaza et de la Judée-Samarie (ou Cisjordanie), le partage de Jérusalem, et la renonciation palestinienne au droit au retour avec cependant l'acceptation par Israël d'un nombre symbolique de réfugiés palestiniens.

 

Si tel est le cas, comment se fait-il que les Palestiniens aient rejeté cette solution à trois reprises?

 

À Camp David, en juillet 2000, Ehud Barak accepta l'établissement d'un État palestinien sur la totalité de la Bande de Gaza, sur 91% de la Judée-Samarie, le partage de Jérusalem, et un fonds de compensation pour les réfugiés palestiniens.  Arafat rejeta l'offre sans faire de contre-proposition.

 

En décembre 2000, le Président Clinton soumit à Israël et aux Palestiniens une plan de paix  prévoyant l'établissement d'un État palestinien sur la totalité de la Bande de Gaza et sur 95% de la Judée-Samarie avec une compensation territoriale israélienne, la division de la Vieille Ville de Jérusalem avec une souveraineté palestinienne sur le Mont du Temple, et la renonciation palestinienne au "droit au retour."  Le "Plan Clinton" fut accepté par le gouvernement israélien et rejeté par l'Autorité palestinienne.

 

En novembre 2008, le Premier Ministre israélien Ehud Olmert proposa à Mahmoud Abbas l'établissement d'un État palestinien sur la totalité de la Bande de Gaza, sur 97% de la Judée-Samarie avec une compensation territoriale israélienne de 3%, l'internationalisation de Jérusalem, et l'acceptation par Israël d'un millier de réfugiés palestiniens.  Mahmoud Abbas rejeta l'offre.  Non seulement il la rejeta, mais il déclara au Washington Post en mai 2009 que la proposition d'Éhud Olmert montre à quel point le fossé entre Israël et les Palestiniens reste "énorme."

 

Le fossé est "énorme" entre la position palestinienne et entre ce que tout le monde dit être la solution au conflit.  Et l'énormité de ce fossé est due au refus palestinien d'abandonner le soi-disant "droit au retour" qui mettrait fin à l'existence d'Israël comme Etat nation du peuple juif.  Ce qui me mène à mon deuxième point.

 

La reconnaissance d'Israël comme État juif

 

Dans son "Discours de Bar-Ilan" en juin 2009, le Premier Ministre israélien a déclaré qu'il acceptait l'établissement d'un État palestinien, à deux conditions: 1. Que cet État soit démilitarisé; 2. Que les Palestiniens reconnaissent Israël comme État juif.

 

Tout le monde comprend ce qu'est un État démilitarisé.  Mais certains se posent la question: Qu'est-ce que les Israéliens entendent par "État juif?"  N'est-il pas plus démocratique d'avoir un État de tous ses citoyens?

 

La solution de deux États pour deux nations (un État nation pour les Juifs israéliens et un État nation pour les Arabes palestiniens) est incompatible avec la définition palestinienne du "doit au retour" puisque celle-ci ferait des Juifs une minorité dans leur propre pays.  Tant que les Palestiniens n'auront pas renoncé au "droit au retour" (et ils n'y ont toujours pas renoncé), cela prouvera qu'il n'acceptent pas la solution de deux États pour deux nations et qu'il ne reconnaissent pas le droit des Juifs à leur propre État nation.  Inversement, tant qu'ils refuseront de reconnaître Israël comme État juif, cela sera la preuve qu'ils n'ont pas renoncé au "droit au retour."

 

C'est pourquoi les Palestiniens et leurs alliés tentent de délégitimer le concept même d'État juif, en particulier au sein de l'opinion publique européenne.  Ils tentent de convaincre le monde que l'idée d'un État juif est raciste, discriminatoire et anti-démocratique, et qu'Israël devrait être un "État de tous ses citoyens."

 

Il s'agit là d'un argument sophiste, puisque Israël est à la fois un État juif et un État de tous ses citoyens, de la même manière que la France est à la fois un État français et un État de tous ses citoyens, ou que le Japon est à la fois un État japonais et un État de tous ses citoyens.  Comme la plupart des pays du monde, et comme la plupart des pays Européens, Israël est un Etat nation.  C'est-à-dire un État qui incarne l'identité et la liberté nationales d'une peuple.  L'Etat nation est l'expression du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.  Dans le cas d'Israël, cela signifie que le peuple juif constitue une majorité, qu'il se gouverne lui-même, que l'Hébreu est la langue nationale, que les fêtes juives sont des fêtes nationales, et que les symboles nationaux tels que le drapeau et l'hymne expriment l'indépendance du peuple juif.  Mais l'Etat nation juif est également un État de tous ses citoyens, puisque tous les citoyens israéliens, qu'ils soient juifs ou non, jouissent des mêmes droit civiques et font partie intégrante de la souveraineté nationale –qu'ils soient Arabes, Druzes, Bédouins, Musulmans, ou Chrétiens.

 

Le statut des minorités en Israël est le même que celui des minorités dans les autres Etats nation démocratiques: l'État n'exprime pas leurs aspirations nationales, mais il préserve leurs droits civiques.  Prenez la France, par exemple.  La langue officielle est le Français; les fêtes nationales sont les fêtes catholiques et les dates qui commémorent des événements importants de l'Histoire de France; le drapeau tricolore et la Marseillaise sont des symboles de la Révolution française et ils expriment l'indépendance du peuple français.  Lorsque je vivais en France, l'Etat nation français n'exprimait pas mes aspirations nationales en tant que Juif, mais il respectait mes droits civiques en tant que citoyen.  Comme Israël, la France est à la fois un Etat nation et un État de tous ses citoyens.

 

Donc l'argument selon lequel Israël ne peut pas être à la fois un Etat nation et un État de tous ses citoyens, ou un État juif et démocratique, est un argument sophiste.  Les pays européens qui se laissent tenter par ce raisonnement ne semblent pas réaliser qu'il remet en cause leur propre légitimité nationale.  Comme l'a dit l'écrivain israélien Aleph Beth Yéhosoua, est-ce que le Danemark est prêt à ajouter un symbole musulman à son drapeau pour donner une expression aux aspirations nationales ou religieuses de sa minorité musulmane?

 

Les Palestiniens ont le culot d'avancer cet argument alors même que les droits civiques des minorités ne sont pas reconnus dans les pays arabes.  Théoriquement, un État peut être à la fois arabe et démocratique, mais dans les faits cela n'existe pas.  Et je ne parle pas seulement l'Arabie saoudite ou du Soudan.  Au sein de l'Autorité palestinienne, les minorités ne sont pas respectées, et les Chrétiens sont persécutés.  Les Palestiniens veulent qu'Israël devienne uniquement un État de tous ses citoyens, mais l'État palestinien qu'ils disent vouloir établir ne serait pas, lui, une État de tous ses citoyens.  Ce serait un Etat nation arabe, non démocratique, et dans lequel pas un seul juif ne sera toléré.  Ce qui me mène à mon troisième point.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis