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14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 08:00
Vipères lubriques (1ère partie) (info # 011405/8)
Par Stéphane Juffa
L'Aveu
© Metula News Agency

http://www.menapress.com/














On peut donc demander aux juges de rentrer chez eux ou de bien
se tenir !




 

Le Who is who et l’enjeu

 

Lundi, la Cour Suprême de l’Etat d’Israël se penchait sur la demande de l’étude d’avocats, Israel Law CenterShurat ha-Din de Tel-Aviv, qui réclame à la Justice de révoquer les accréditations de Charles Enderlin et de Talal Abou Rahma, qu’elle accuse d’avoir mis en scène l’assassinat de Mohamed A-Dura, le 30 septembre 2000, à l’ex-carrefour de Nétzarim, dans la bande de Gaza.

 

Les trois défenderesses à cette procédure sont le Bureau Gouvernemental du Journalisme (Lem en hébreu, GPO, en anglais), représenté par le Parquet de l’Etat [1], la chaîne de télévision France 2, et Charles Enderlin.

 

D’autre part, le Conseil Israélien du Journalisme a prié la cour, sur la base d’un document de sept pages, d’être admis dans le débat en qualité d’"ami du tribunal". Il s’agit d’une procédure autorisée par la loi israélienne, selon laquelle un parti se considérant concerné par une action judiciaire dans laquelle il n’apparaît pas peut demander à faire entendre sa voix.

 

La FPA, l’association de la presse étrangère en Israël, a également sollicité le statut "d’ami du tribunal". A la veille de l’audience, cette association, qui regroupe nombre de correspondants permanents dans le pays, a envoyé des mails à divers journalistes, leur demandant de montrer leur solidarité pour Enderlin en se rendant lundi au palais de justice.

 

Les débats étaient publics. Après avoir entendu les partis, le tribunal a interrompu la séance afin de se prononcer, à une date ultérieure, sur la question de savoir si l’affaire qui lui est soumise relève de sa compétence.

 

L’audience d’avant-hier a fait l’objet d’une couverture proportionnée dans les media israéliens et étrangers, et a notamment suscité un sujet sur au JT de la chaîne publique de la télévision israélienne.

 

L’Aveu

 

L’audience a également donné prétexte au bureau de l’AFP de Jérusalem de publier une chronique judiciaire. France Presse avait même sorti l’artillerie lourde, puisque Marius Schattner, que nous tenons pour le théoricien de la ligne éditoriale de l’officine française dans le traitement du différend israélo-arabe, est personnellement monté aux barricades, le stylo au bout du fusil.

 

C’était la moindre des choses pour tenter de contrer les démonstrations circonstanciées contenues dans les articles que la Ména est amenée à consacrer au camarade de lutte Charles Enderlin, tant à propos de son rôle dans la Controverse de Nétzarim, que pour les reportages discutables qu’il n’a cessé de proposer depuis lors.

 

A lire la dépêche de Schattner, on se prend à penser qu’il est toutefois plus efficace dans le rôle de tireur de ficelles, à l’arrière-plan, qu’en qualité de journaliste-militant au front. Sa dépêche est en effet terrrrible. A sa lecture, je me suis trouvé téléporté, contre ma volonté, dans le temps, en 1952, à l’époque des Procès de Prague.

 

Non que ce qui s’est passé à l’intérieur du prétoire ressemblât un tant soit peu aux tragiques parodies de procès qui se déroulèrent alors sur les bords de la Vltava. Entendons-nous bien, la Cour Suprême d’Israël est, tout au contraire, un sanctuaire internationalement reconnu pour la justice d’équité qui y est rendue.

 

Il n’y a que quelques sectes religieuses juives edennistes qui contestent sa manière de juger, lui préférant, on s’en serait douté, la justice hilkhatique. De même, quelques députés de droite et le ministre actuel de la Justice, qui considèrent que le Bagatz – c’est son nom en hébreu – mène une politique juridique interventionniste au niveau du travail des législateurs. Mais dans le fond, même les organisations terroristes palestiniennes, qui ont parfois recours à la Cour Suprême en appel du procès de leurs membres, montrent un respect certain pour son objectivité.

 

Si je me suis irrésistiblement senti happé par l’atmosphère de l’Aveu, le chef d’œuvre de Costa Gavras, dans lequel Yves Montand a probablement tenu le meilleur rôle de sa carrière, c’est en me souvenant de la couverture médiatique qui entoura, à l’Est et au parti communiste, les procès de Prague. Certes je n’étais pas né à l’époque, mais j’ai consacré plusieurs années de mon apprentissage de journaliste à l’étude de ces événements, me rendant, pour ce faire, à de nombreuses reprises dans la capitale tchèque, à l’époque de l’occupation soviétique.

 

Or dans la dépêche de l’AFP de lundi, on retrouvait totalement l’air de la Pravda en 1952. Dois-je préciser que je ne me permettrais pas de slogan de supermarché à une heure aussi grave pour l’auteur du communiqué, son employeur, mon métier et la France. Il faut lire le papier de Schattner pour ressentir l’effroi glacial du totalitarisme qui l’habite. Rien n’y manque à la couverture stalinienne d’une audience de tribunal : Schattner, se postant en chien de garde de la justice, s’y autorise à s’asseoir à la place des juges pour affirmer la "vérité", bien avant que la justice ne se prononce.

 

Dès la première ligne de son texte, il martèle, comme un fait avéré et indiscutable, que Mohammed al-Doura est mort, et que l’enfant décédé avait douze ans. Schattner qualifie les 55 secondes de mauvais cinéma amateur, dans lesquelles font cruellement défaut tous les signes connus témoignant de la mort violente d’un être humain, d’"images poignantes". Il affiche, tel un indice d’authenticité, que lesdites images ont été retransmises en boucle par les télévisions du monde entier, alors que, ce qui vaut justement à FR2 d’être convoquée devant la Cour Suprême, c’est le doute, huit ans après les faits, selon lequel la chaîne française aurait propagé gratuitement un faux aux quatre coins de la planète.

 

Dans le premier paragraphe de l’article diffusé avant-hier par l’AFP, cette agence se départit de toute la réserve et de toute velléité de recherche d’objectivité que l’on peut attendre, en la circonstance, de l’organe semi-officiel d’information d’un grand Etat européen. Avant même de parler du procès, celui que, dans les cercles de journalistes à Jérusalem, on appelle, à tort ou à raison, le Milliardaire rouge, fait dans le militantisme à outrance, abandonnant jusqu’aux formes du journalisme à l’occidentale : l’enfant est mort, sa mort a été filmée.

 

On peut donc demander aux juges de rentrer chez eux ou de bien se tenir !

 

Ce n’est déjà presque plus une chronique juridique. Au second paragraphe, ça n’est est plus du tout, lorsque le confrère qualifie le cabinet d’avocats qui a saisi le tribunal de "cabinet d’avocats ultra-nationalistes (sic)".

 

C’est la première fois, dans ma carrière de journaliste, que je vois, dans une dépêche d’agence, que l’on attribue une coloration politique à… un cabinet d’avocats. "Ultranationalistes" signifiant, en l’espèce, des avocats qui, par des voies extrêmes, entendent imposer la prédominance de la nation à laquelle ils appartiennent.

 

Pour les lecteurs non engagés à la LCR ou au FN, cette définition, appliquée à des hommes de robe, demeure totalement absconde. Du reste, le scribe de l’AFP ne se fend d’aucune explication pour justifier l’adjectif démesuré qu’il emploie, ce qui, en principe et en droit, en fait une insulte. On n’est plus en chronique, en revanche, on se retrouve au faîte du péremptoire, du journalisme dogmatique et totalitariste, de la Pravda de la période stalinienne.

 

Quel journaliste français, lisant cet oukase produit par l’AFP, se donnera-t-il la peine de feuilleter le mémoire présenté à la cour par ces avocats fascisants ? Le mémoire, l’objet même de la procédure, non la gueule des plaignants ! Dommage, la plainte est bien argumentée, riche en faits, équilibrée, au point de générer le doute chez les juges. Le procureur de l’Etat, qui expliquait au tribunal que le GPO se trouve dans l’incapacité légale de retirer des cartes d’accréditation des mains de journalistes en l’absence d’une décision de justice, se trouve interpellé par un juge : au-delà de cet aspect des choses, le reportage de France2 procède-t-il d’une mise en scène oui ou non ?

Wednesday 14 May [05:58:00 BST]
l'article...
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12 mai 2008 1 12 /05 /mai /2008 13:37
Il y eut des précédents (par ex. avec le Robert qui a perdu un procès  ou le Guinness). Ce n'est pas seulement une correction qu'il s'agit d'exiger mais le retrait du dictionnaire de tous les points de vente et lieux publics. Et de toute manière, il faut déposer une plainte.
Je ne vois pas pourquoi maintenir le terme "excellent" au sujet d'un dictionnaire qui fait une propagande tellement énorme.
Et puisque c'est si gros, il est possible qu'il y en ait d'autres dans le même dictionnaire.
Dans un cas pareil, les mails ne toucheront nullement l'éditeur (on a vu l'exemple de Flammarion avec un livre pour enfants faisant l'apologie du terrorisme - malgré les manifs (v. photo), les téléphones... - jamais retiré de la vente). Seule une plainte rapide aura des effets. Dès la déposition de la plainte on peut exiger le retrait des librairies, etc.

Et attention avec Wikipédia, ce dictionnaire étant rédigé par les internautes et non pas par des historiens ou spécialistes (c'est variable), on y voit aussi de la propagande, ce n'est en aucun cas une référence.
I. E.


 
 
 
“Pogrom” : selon l’excellent dictionnaire bilingue interactif Hachette Oxford Français-anglais en 2 CDs, édité en 2002,
on obtient la traduction et les exemples suivants :
 
Le problème est que ce mot « pogrom », dont je vérifiais l’orthographe, donne les exemples suivants :
 
pogrom / "pQgr@m, US p@"grQm / noun pogrom m; a pogrom against Armenians/Palestinians un pogrom anti-arménien/anti-palestinien
 
Or le mot « pogrom » est un mot russe qui désigne des agressions et des émeutes anti-juives au cours desquelles des Juifs sont massacrés et blessés et leurs biens pillés.
 
Sans nier le moins du monde le génocide arménien qui survint à l’initiative du pouvoir ottoman entre 1915 et 1918, le mot « pogrome ne s’applique pas aux atrocités dont ils furent victimes.
 
A fortiori, de « pogrom anti-palestinien », il n’y en eut jamais.
Cette inversion de l’histoire est bien dans le courant révisionniste et négationniste que certain nous instillent sans y prendre garde.
 
Serait-ce l’ancien sous-préfet de Vendée, Bruno Guigue, auteur de diatribes anti-israéliennes antisémites qui lui valurent la révocation de son poste (mais pas de la fonction publique ?!) qui aurait rédigé cet article de l’excellent dictionnaire interactif bilingue Hachette ?
 
Je suggère à tous ceux qui possèdent ce dictionnaire Hachette, et aux amateurs des éditions Hachette, d’écrire à cette honorable maison d’édition, pour exiger la correction de cette mystification de façon urgente.
 
Hachette n’est heureusement pas la seule maison d’édition à produire un tel dictionnaire !
 
 Simon Frajdenrajch
 

P.S. : Pour info, je vous joins l’excellent article « pogrom » publié par Wikipedia
 

Un pogrom (du
russe погром que l'on peut traduire par attaque ou émeute) désigne les actions violentes préméditées, menées à l'instigation des tsars par sa police, avec l'aide de populations locales essentiellement contre les communautés Juives d'Europe, et en particulier de l'Europe de l'Est, parfois contre d'autres minorités ethniques, comme les Tziganes. Ces actions s'accompagnent souvent de pillages mais aussi de destructions des biens personnels et communautaires et d'assassinats. Il a aussi existé des pogroms au Moyen-Orient.
C'est à partir du XIXe siècle que le terme de pogrom est utilisé, mais les actions menées contre les Juifs étaient bien antérieures puisqu'on en relève à Mayence en 1096, à Berne en 1294, à Prague en 1389, à Valladolid en 1391.
Lors du soulèvement des Cosaques Zaporogues et de la population ruthène entre 1648 et 1654, conduit par Bogdan Khmelnitski, contre la noblesse polonaise, de nombreux pogroms secouèrent l'Ukraine. Ce fut également le cas lors de l'invasion de la République des Deux Nations entre 1654 et 1656 par les armées tsaristes.
Les premières violences désignées comme des pogroms se déroulèrent à Odessa en 1821, 1859 et 1871. C'est surtout après l'assassinat du tsar Alexandre II dont les Juifs sont accusés, que les violences se déchainent en 1881-1882, dans plus d'une centaine de localités, essentiellement en Ukraine, alors partie intégrante de l'empire tsariste. Le nouveau tsar, Alexandre III, approuve les massacres et mène une politique anti-sémite dont les pogroms deviennent une des composantes, y compris chez son successeur jusqu'à la révolution de 1917. Les populations locales chrétiennes, soutenues et souvent incitées par la police du tsar, attaquent les communautés juives de la ville ou du village avec l'approbation des autorités civiles et religieuses. Aux destructions et pillages des biens des Juifs s'ajoutaient les viols et les assassinats.
Les pogroms ont une double conséquence : l'émigration massive de 600 000 Juifs au cours des vingt dernières années du XIXe siècle, vers les États-Unis essentiellement, et la création du mouvement sioniste.
Après la Révolution russe d'octobre 1917, les Juifs de Russie ont continué à être persécutés par les tsaristes et on compte des milliers de victimes de pogroms pendant la guerre civile de 1918 à 1920, en particulier des Juifs d'Ukraine et de Pologne orientale, certains les accusant d'être à l'origine du bolchévisme, donc de la Révolution d'Octobre et parlent alors de Judéo-bolchévisme.
La montée des idées nationalistes et racistes entre les deux guerres mondiales, en particulier en Allemagne dans les années 1930, attise les tensions envers les communautés Juives. Le Parti nazi au pouvoir, conduit par Adolf Hitler, va institutionnaliser les pogroms et autres actes de violences anti-sémites désordonnés et mettre en œuvre des actes de plus grande envergure. Ce sera le cas lors du pogrom du 9 novembre 1938, nommé « Nuit de cristal ».
Le 1er juin 1941 eu lieu le Farhoud, pogrom contre les Juifs de Bagdad qui a entraîné 200 morts et 2000 blessés et lors duquel 900 maisons juives ont été détruites.
Les pogroms ne s'arrêtèrent pas après la Shoah et la Seconde Guerre mondiale. En 1946, un pogrom éclatait à Kielce en Pologne. Les habitants attaquèrent les juifs après que de fausses rumeurs s'étaient répandues selon lesquelles les juifs avaient enlevé un enfant chrétien pour utiliser son sang. Quarante-deux Juifs furent tués et environ cinquante blessés.
Le pogrom de Kielce fut l'un des facteurs qui provoquèrent l'émigration massive de centaines de milliers de juifs survivants de la Shoah. Connu sous le nom de Berihah, ce mouvement conduisit les Juifs de Pologne et d'autres pays d'Europe de l'Est vers les camps pour personnes déplacées en Allemagne, en Autriche et en Italie.
 
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12 mai 2008 1 12 /05 /mai /2008 01:07
00:46 La cour suprême d'Israël examinera, ce 12 mai, à 9 h, la requête de Me Nitsana Darshan-Leitner, directrice de Shurat HaDin-Centre juridique d'Israël, qui demande le retrait de l'accréditation, par le Bureau gouvernemental de presse (GPO) de France 2 et de son correspondant à Jérusalem, Charles Enderlin. (Guysen.International.News)
L'Association de la presse étrangère et celle dénommée Communications & Presse se sont jointes à Shurat HaDin-Centre juridique d'Israël. Tous trois demandent aussi que France 2 et Charles Enderlin reconnaissent la fausseté du reportage sur la mort annoncée de Mohamed al-Dura diffusé par France 2 le 30 septembre 2000. Le GPO n'a pas renouvelé depuis fin 2001 la carte de presse de Talal Abu Rahma, cameraman auteur des images incriminées.
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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 13:05
Les plus belles histoires ne sont pas pour nous


Par Liliane Messika

http://www.primo-europe.org/

I
l y a un mois, le 13 mars, Der Spiegel, sous la plume de Christoph Schult, informait ses lecteurs que le pire n’était pas toujours sûr. Même au Moyen-Orient !
Malheureusement, la nouvelle n’est pas parvenue de l’autre côté du Rhin : les Français n’ont jamais eu l’occasion d’apprendre l’histoire de cette Ghazaouite qui, accouchant dans un hôpital israélien, a « expérimenté ce que c’est que d’être sous le feu des roquettes ».

Technique journalistique d’un côté du Rhin…

Cet article est politiquement incorrect par défaut. Il ne parle pas de « roquettes artisanales », mais c’est normal puisque les victimes potentielles dont l’auteur narre l’aventure sont une femme palestinienne et ses jumeaux nouveau-nés. Si ce sont des Palestiniens qui sont visés, les roquettes sont des armements lourds. Normal. Mais aie ! Les armes sont palestiniennes et l’hôpital visé est israélien.

O
n comprend pourquoi l’info n’a pas été reprise dans la presse hexagonale : l’élite journalistique a tendance à considérer ses lecteurs comme des veaux – endoctrinés certes, mais jamais à l’abri d’une prise de conscience. D’où la prudence observée par les rédactions : un article, une idée, et toutes les idées suivant la ligne du parti.

Le mot « attaque » est forcément accompagné de l’adjectif « israélienne », « victime » de « civile palestinienne » et « hôpital » n’est cité que dans le cas de « médecins palestiniens montrant les impacts de mitrailleuse ».

… Liberté de la presse de l’autre.

Rien de tout cela dans l’histoire d’Iman Shafii, une femme de 32 ans à qui les médecins palestiniens de l’hôpital de Gaza ont conseillé de consulter en Israël car ils n’étaient, eux, pas en mesure de sauver les jumeaux qu’elle portait.

A
près un trajet en taxi puis en fauteuil roulant, Iman est arrivée in extremis à l’hôpital d’Ashkelon pour subir une césarienne et donner naissance à un garçon et à une fille. Le journaliste du Spiegel a interviewé l’heureuse maman et, ô surprise !, elle n’a manifestement pas été touchée par les consignes du politiquement correct à la française.

Elle décrit les tanks et les soldats que la télévision palestinienne présente comme l’archétype israélien, entre deux célébrations des attaques qualifiées d’héroïques, comme la dernière en date contre une école talmudique qui a fait huit morts parmi les élèves.

D
’où sa surprise quand elle a vu pour la première fois le docteur Shmuel Zangen, chef de l’unité néo-natale. Il porte kippa et affirme (car le Spiegel donne même la parole à un médecin israélien, quelle audace !) : « je suis médecin, je n’ai donc pas à savoir qui je soigne. On peut trouver étrange que nous soignions les enfants palestiniens pendant que leurs parents nous tirent dessus. C’est le genre de choses qui ne peut arriver qu’au Moyen-Orient. »

Mes repères, rendez-moi mes repères !

Jusque-là, Iman Shafii ne voyait les Israéliens que comme les agresseurs. Peut-être ne lisait-elle que la presse française ? Je plaisante. La preuve c’est que Mme Shafii, confrontée à la réalité, change d’avis.

On n’imagine pas le Monde ou le Nouvel Obs publier un démenti après avoir annoncé 5000 ou 500 morts à Jénine le jour où les Palestiniens admettent 53 victimes.

L
e Spiegel n’a pas cette pusillanimité. Le Spiegel publie les témoignages, y compris quand ils sont à la décharge d’Israël. Révolutionnaire !

En l’espèce, il parle des victimes quelle que soit leur nationalité. Un enfant de 8 ans cloué dans un fauteuil roulant et plâtré dans un corset après avoir été frappé par un shrapnel n’est pas même qualifié de « colon ». Qu’est donc l’éthique des journalistes devenue ? « Les habitants de Sdérot souffrent autant que ceux de Gaza », estime la jeune mère palestinienne.

Le journalisme est un art, la roquette un artisanat

Les attaques s’étaient multipliées après le départ des Israéliens de Gaza en août 2005 (au temps pour ceux qui voient dans les « colonies » la raison et la justification des attentats palestiniens). 2305 roquettes en 2007 et cette année, on en était déjà à 1146 le jour où les jumeaux sont nés, le 25 février.
Dans le passé, ces roquettes étaient des Qassam, d’une portée de « seulement » 12 km. Mais la brèche dans la frontière égyptienne, au mois de janvier, a permis au Hamas de faire provision de fusées russes et iraniennes bien plus efficaces. C’est pourquoi Ashkelon, considérée comme sûre jusqu’à cette date, est maintenant sous le feu des mitrailles.

Le jour de l’accouchement d’Iman, il en est tombé une à 200 mètres de la salle de travail. Du coup le service néo-natal a été transféré dans un bunker le lendemain.

B
elle histoire que celle de cette femme qui n’enseignera probablement pas la haine aveugle à ses enfants. Drôle d’histoire qui ne peut pas être publiée dans les journaux français : les camarades journalistes craignent probablement que de telles informations démotivent les forces vives des partisans d’une « paix juste » au Proche-Orient. Une paix juste, comprendre une paix sans Israël.

Heureusement, sur place, les Palestiniens sont moins intransigeants que les palestinolâtres de chez nous. C’est que s’ils finissent par faire la paix, il y aura un sacré chômage dans les médias.

Ils ne sont pas anti-israéliens comme on le croyait, ils se contentent de défendre leur bifteck !

Liliane Messika © Primo, 4 mai 2008.

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 10:59

Al-Dura Trial: A Conversation with Philippe Karsenty [VIDEO]

On May 21, a French court will rule on the appeal of Philippe Karsenty — the French journalist found guilty of libel in 2006 after his contentions that France 2's video of Mohammed al-Dura's "killing" was fabricated. Roger L. Simon spoke with Karsenty last week in Los Angeles.

April 29, 2008

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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 00:46
CE QUE FRANCE 2 VEUT CACHER
Exclusif : 18 minutes des rushes de France 2 mises en ligne / Richard Prasquier, Nidra Poller, Elisabeth Lévy et Gil Mihaeli s’engagent pour la vérité dans l’affaire Al Doura

France 2 a dissimulé les 27 minutes de rushes de son caméraman Talal Abou Rahma pendant plus de 7 ans.

18 minutes de ces rushes ont été montrées à la Cour d’appel de Paris le 14 novembre 2007.

Pour lutter efficacement contre la dissimulation et la falsification de preuves initiées par certains dirigeants de France Télévisions (qui leur vaudront très prochainement des dépôts de plaintes pénales), d’autres, dignes et respectables, ont donc choisi de mettre en ligne ces 18 minutes de rushes.

Les 9 premières minutes de ces rushes sont visibles en cliquant ici.

Les 9 minutes suivantes de ces rushes sont visibles en cliquant ici.

Pour ceux qui n’ont pas la patience de regarder ces images, voici les 10 secondes suivant la « mort » de Mohamed dans lequel l’enfant « décédé » lève le coude et jette un œil à la caméra.

Nous vous invitons aussi à découvrir le document filmé que France 2 et Charles Enderlin ont présenté à la Cour pour justifier certaines incohérences de leurs rushes.

Nous vous laissons apprécier la pertinence de leurs explications.

D’autres documents internes de France 2 seront bientôt mis en ligne.

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Au moment où certains diffusent de fausses informations (voir la page 55 de Télé Obs et le reportage que Canal + diffusera le jeudi 24 avril à 22h45), il nous semble important de signaler la parution de trois articles qui feront date dans le combat qui mènera à la révélation de la vérité dans l’Affaire Al Doura :

- Affaire Al-Durra : il n’est pas trop tard pour savoir de Richard Prasquier, président du CRIF, paru le 11 avril 2008 dans Actualités Juives ;

- Mohamed Al Doura et le Parti des Médias d’ Elisabeth Lévy et Gil Mihaeli dans Causeur.fr ;

- Out Damn Spot de Nidra Poller dans Front Page Magazine.

contact@media-ratings.com
Affaire al-Dura : les rushes de France 2 en exclusivité sur Youtube
Par Véronique Chemla pour Guysen International News
24 avril 2008 23:21
Des rushes de France 2 en exclusivité et la vidéo de son correspondant à Jérusalem, Charles Enderlin, présentés à la Cour d’appel de Paris en 2008 dans le cadre de l’affaire al-Dura sont désormais visibles sur Internet. A ne surtout pas manquer !

Enfin, les fameux rushes de France 2 sur l’incident al-Dura sont enfin visibles par le plus grand nombre !

Une longue rétention des rushes
Le 30 septembre 2000, le JT de 20 h de France 2 a présenté un reportage de Charles Enderlin, son correspondant à Jérusalem, sur des images de son cameraman palestinien Talal Abu Rahma au carrefour de Netzarim (bande de Gaza).
Charles Enderlin y disait en voix off : « Près de l’implantation de Netzarim (bande de Gaza)… Jamal et son fils Mohamed (12 ans) sont la cible des tirs venus de la position israélienne. Son père tente de le protéger... Une nouvelle rafale. Mohamed est mort et son père gravement blessé ».
Le 3 octobre 2000, Talal Abu Rahma a affirmé sous serment avoir filmé 27 minutes sur l’incident al-Dura (1).

Une vive controverse (2) s’est développée quant à l’authenticité des faits allégués dans ce reportage, sur le fondement de diverses enquêtes, notamment celles du physicien Nahum Shahaf, la Metula News Agency, via son rédacteur en chef Stéphane Juffa et alors son correspondant Gérard Huber, la journaliste allemande Esther Schapira, le directeur de l’agence de notation des médias Media-Ratings (3), Philippe Karsenty.
En sept ans (2000-2007), seuls quelques happy few – les journalistes Luc Rosenzweig, Denis Jeambar et Daniel Leconte, et l’historien Richard Landes - avaient pu voir les rushes de France 2.
Philippe Karsenty a comparu devant la justice française poursuivi pour diffamation à l’encontre de Charles Enderlin et de la chaîne du service public pour avoir qualifié ces images de « faux reportage ».
En 2006, il a demandé leur transmission devant la XVIIe chambre du Tribunal de grande instance de Paris(4). Refus de France 2 et de Charles Enderlin.

18 minutes de rushes avec des incohérences et des invraisemblances
En 2007, Philippe Karsenty a réitéré sa demande devant la 11e chambre de la Cour d’appel de Paris. La présidente de cette chambre, Laurence Trébucq, en a ordonné la production à France 2 et à Charles Enderlin(5). Ceux-ci ont accepté de remettre à la Cour ces rushes si attendus (6) .
Lors de l’audience devant la 11e chambre de la Cour d’appel de Paris du 14 novembre 2007, ont été visionnés 18 minutes, et non 27 minutes, de rushes de France 2 (7).
Lors de l’audience du 27 février 2008 ont été visionnés un document Power Point élaboré par Philippe Karsenty et listant les incohérences du reportage controversé ainsi qu’une vidéo de Charles Enderlin et de France 2 (8).

18 minutes de rushes en exclusivité
Il est désormais possible pour ceux intéressés par l’affaire al-Dura et qui souhaitent se faire leur opinion sur cette affaire cruciale de visionner ces documents audiovisuels sur Internet.
En exclusivité, Alfred Dreyfus présente ces 18 minutes de rushes en deux parties à visionner avec attention :
La première partie est à http://www.youtube.com/watch?v=6Qtva4rKnM0&feature=related
La seconde partie est à http://www.youtube.com/watch?v=IUhM2NZavcc&feature=related

Ceux qui manquent de temps peuvent voir les 10 secondes après l’image sur laquelle Charles Enderlin annonçait l’enfant palestinien mort. On y voit cet enfant « décédé » soulever le coude pour voir la caméra, et maintenir ses jambes au-dessus du sol : http://www.youtube.com/watch?v=75hiDGp89Xk

Sur son blog, Charles Enderlin présente la vidéo de France 2 montrée lors de l’audience du 27 février 2008 : http://blog.france3.fr/charles-enderlin/index.php/2008/02

Bon visionnage !
L’arrêt de la Cour d’appel de Paris sera rendu le 21 mai 2008.

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(1) http://www.pchrgaza.org/special/tv2.htm
(2) Elisabeth Lévy et Gil Mihaely, Mohamed Al Doura et le Parti des Médias, Image de guerre ou guerre des images ?, 17 avril 2008, http://www.causeur.fr/mohamed-al-doura-et-le-parti-des-medias
(3) http://www.m-r.fr
(4) Véronique Chemla, La justice française se prononcera sur les images controversées de la mort de Mohamed al-Dura, 19 septembre 2006
(5) Véronique Chemla, La Cour d’appel de Paris demande à France 2 les rushes sur l’incident al-Dura, 19 septembre 2007
(6) Véronique Chemla, France 2 a accepté de remettre ses rushes de l’incident al-Dura à la Cour d’appel de Paris, 9 octobre 2007, http://www.guysen.com/articles.php?sid=6219
(7) Véronique Chemla,Mohamed al-Dura est vivant à la fin des rushes de France 2 ! 15 novembre 2007
(8) Véronique Chemla,France 2 et Charles Enderlin n’expliquent pas à la Cour d’appel de Paris les incohérences et contradictions relatives à l’incident al-Dura, 2 mars 2008,
Véronique Chemla, Un expert balistique estime «sérieuse» la possibilité d’une «mise en scène» de la «mort» de Mohamed al-Dura, 27 février 2008,
à http://www.guysen.com/articles.php?sid=6806&titre=Un-expert-balistique-estime-«sérieuse»-la-possibilité-d’une-«mise-en-scène»-de-la-«mort»-de-Mohamed-al-Dura
Nidra Poller, Out Damn Spot, 9 avril 2008, http://frontpagemag.com/Articles/Read.aspx?GUID=31C7A109-4278-40C2-A749-5F016D827D14

Visuels : © DR, Richard Landes, Véronique Chemla

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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 22:31

Mohamed Al Doura et le Parti des Médias

Image de guerre ou guerre des images ?

par Elisabeth Lévy et Gil Mihaely

Elisabeth Lévy est journaliste et écrivain. Gil Mihaely est historien.

“A quoi bon ressortir cette vieille histoire ?” “De toute façon, le mal est fait”. Telle a été la première réaction de ceux à qui nous avons confié notre intention de revenir sur “l’affaire Al Doura”.

Mohamed Al Doura, pour ceux qui l’auraient oublié, est ce petit garçon palestinien dont France 2 a présenté, le 30 septembre 2000, la mort dans les bras de son père, dans des affrontements entre Palestiniens et soldats israéliens au carrefour de Netzarim à Gaza. Monté et commenté par Charles Enderlin, le correspondant de France 2 à Jérusalem à partir d’images tournées par son cameraman palestinien Talal Abu Rahma, ce reportage a fait le tour du monde. L’enfant est devenu une icône dans le monde arabe et au-delà 1. On a donné son nom à des rues, à des écoles, des timbres à son effigie ont été édités, des chansons et poèmes ont célébré sa mémoire. Bref, le petit Mohamed est, pour des millions de personnes à travers le monde, un symbole, un symbole de la barbarie israélienne, voire, pour certains, de la bestialité juive.

C’est vrai, le mal est fait. L’impact de cette image ne sera pas effacé. La “Place de l’Enfant martyr palestinien” à Bamako ne sera pas débaptisée. Du point de vue du conflit israélo-palestinien, l’épisode est clos. D’autres visages, d’autres morts, d’autres souffrances sont venues, depuis huit ans, peupler les vies et les imaginaires.

Restent les questions posées au journalisme télévisé et au journalisme tout court. Questions d’autant plus pressantes que voilà presque huit ans qu’elles demeurent sans réponse. Aux doutes et interrogations suscités par son reportage, France 2 a répondu par le silence ou le mépris – en fonction de la surface sociale de ceux qui l’interrogeaient2. Et quand ces doutes se sont transformés en polémiques, la profession a fait corps autour de l’un des siens, odieusement attaqué, contribuant au passage à transformer l’affaire Al Doura en affaire Enderlin.

Morale de l’histoire : un journaliste ne peut pas se tromper. Le critiquer revient nécessairement à attenter à son honneur, et donc, à celui de toute la profession. Circulez, rien à voir. Comme la terre autrefois, la télé ne ment pas. S’interroger sur la réalité de ce qui nous est montré, c’est céder aux sirènes du complotisme. A l’ère de l’incrédulité érigée en principe, le Parti des Médias exige une foi aveugle. Telle est en effet la conclusion qui s’impose : il existe un Parti des Médias qui évoque furieusement les Partis communistes d’antan. Les intérêts supérieurs du Parti passent avant tout. Ceux qui se posent des questions sont des irresponsables, des salauds ou des traitres.

Afin de résumer un dossier qui, en huit ans, s’est considérablement alourdi, il n’est pas inutile de revenir sur les différentes interprétations de ce qui s’est passé, ce jour-là, au carrefour de Netzarim à Gaza.

1. Mohamed est mort, tué volontairement par des soldats israéliens. C’est ce qui ressort du commentaire de Charles Enderlin au soir du 30 septembre. “Les Palestiniens ont tiré à balles réelles, les Israéliens ripostent. Les cameramen, les passants les ambulanciers sont pris entre deux feux. Djamal et son fils Mohammed sont la cible de tirs venus de la position israélienne. (…) Mohamed est mort. Son père gravement blessé.” La déclaration sous serment faite le 3 octobre 2000 par Talal Abu Rahma au Centre palestinien des Droits de l’homme est encore plus nette : “Je peux confirmer que l’armée israélienne a tué l’enfant et blessé le père intentionnellement et de sang-froid.” Consciemment ou pas, la plupart des observateurs (y compris en Israël) ont à l’époque intégré l’idée que l’enfant avait été assassiné. Le surlendemain de la diffusion du reportage, le chargé d’affaires israélien à Paris, invité de France Inter, est cueilli à froid par une question sans équivoque : “Sincèrement, la mort de ce gosse est injustifiable, quelque soient les raisons pour lesquelles il a été tué. On ne peut pas tuer les enfants comme ça.” Le 7 octobre, au cours de l’émission du médiateur de France 2, Jean-Claude Allanic, celui-ci affirme : “L’horreur absolue, c’est l’assassinat d’un enfant.”

2. Mohamed est mort, victime de balles israéliennes dans des circonstances non élucidées. C’est la version de Charles Enderlin quelques jours après les faits. Interrogé par le médiateur de France 2, il répète que, selon son caméraman en qui il a pleinement confiance, les balles étaient israéliennes. En revanche, il admet n’avoir pas de certitude sur les circonstances du drame, c’est-à-dire sur ce que les soldats pouvaient voir de leur fortin. Cette version est proche de celle qui, dans un premier temps, a été validée par l’armée israélienne.

3. Mohamed est mort, tué par des balles dont il est impossible de connaître l’origine. C’est finalement ce que soutient Arlette Chabot dans un entretien accordé à Radio J en novembre 2004. “Est-ce que Mohamed, le petit Mohamed (et) son père ont été blessés et tués par des israéliens ou les Palestiniens. Je ne suis pas sûre que l’on ait un jour la réponse exacte à cette interrogation (…). Mais ce jour là l’idée la plus évidente, c’était que les tirs venant de la position israélienne, c’étaient des Israéliens ; bon voilà. Y a polémique, y a discussion, d’ailleurs je constate qu’aujourd’hui personne n’a de vérité absolue sur ce sujet et qu’y a toujours un doute.” Cette version prudente est confirmée par Talal Abu Rahma dans une déclaration faxée à France 2 le 30 septembre 2002 (deux ans après les événements). “Je n’ai jamais dit à l’Organisation Palestinienne des Droits de l’Homme à Gaza que les soldats israéliens avaient tué intentionnellement et en connaissance de cause Mohamed Al Doura et blessé son père, écrit-il. Tout ce que j’ai toujours dit dans les interviews que j’ai données est que d’où j’étais, j’ai vu que les tirs venaient de la position israélienne3.” En quatre ans, France 2 est donc passé de la certitude au doute. Sans en tirer d’autres conclusions.

4. Mohamed n’est pas mort, et le reportage est une mise en scène. Cette thèse apparemment radicale est d’abord soutenue par la Mena (Metula News Agency, agence de presse francophone israélienne). Luc Rozensweig, ancien journaliste au Monde, qui a enquêté en Israël, a également la conviction qu’il s’agit d’une manipulation. De son côté, Philippe Karsenty, qui a fondé en France un site de “surveillance des médias”, Média-Ratings, pense que France 2 a couvert après coup une “imposture médiatique”. Ce qui lui vaut d’être poursuivi pour diffamation devant la XVIIe Chambre du Tribunal de Paris4.

1 Rappelons que Catherine Nay a cru bon d’affirmer que l’image de Mohamed effaçait celle de l’enfant juif du ghetto tenu en joue par des SS

2 Denis Jeambar qui était alors patron de L’Express et Daniel Lecomte, producteur de télévision, ont eu droit à un traitement de faveur lorsqu’ils ont enquêté sur l’affaire en octobre 2004. En effet ils ont été invités par la direction de France 2 à visionner les vingt-sept minutes de rushes réalisées par Talal Abu Rahma, ce qui a été refusé à beaucoup d’autres, notamment Elisabeth Lévy pour l’édition du Premier Pouvoir sur France Culture consacrée à l’affaire le 26 février 2005.

3 Au moment où nous écrivons, cette déclaration se trouve toujours sur le site du Centre.

4 En revanche, France 2 n’a pas poursuivi Gérard Huber, ancien collaborateur de la Mena et auteur d’un livre sur l’affaire. Condamné en première instance en octobre 2006, Karsenty fait appel. En octobre 2007, la présidente de la XIe Chambre de la Cour d’Appel de Paris somme France 2 de produire les rushes. Ceux-ci, ainsi que la présentation de Karsenty sont visionnés en février 2008 par la Cour. Le jugement (qui portera sur le caractère diffamatoire ou non d’un article et non pas sur la véracité des faits) est mis en délibéré au 21 mai 2008.

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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 18:49
Affaire Al-Durra: il n’est pas trop tard pour savoir
11/04/08

- - Thème: Médias
Le président du CRIF, Richard Prasquier, publie cette semaine dans Actualité juive, une réflexion autour de l’affaire du petit Mohammed Al-Durra. Nous publions ci-dessous l’intégralité de son article.
 
« C'était à Gaza au carrefour de Netzarim, le 30 septembre 2000, dans les premiers jours de l'Intifada...
Je me souviens des images terribles de cet enfant et de son père essayant de se protéger contre les balles, derrière l'abri d'un baril dérisoire. Puis à la suite d'une dernière rafale on nous montre l'enfant mort et le père gravement blessé.....
Je me souviens de mes sentiments mêlés d'incrédulité, de honte, d'effroi et de rage à l'idée que des soldats israéliens avaient pu faire "ça", comme l'annonçait péremptoirement le commentaire de cette séquence télévisée.
Je me souviens de l'explosion d'indignation et de haine qui a suivi ces images, distribuées dans le monde entier, reprises sans fin sur des affiches, des tracts et des timbres, installant dans le subconscient du public l'image de l'Israélien tueur d'enfants, justifiant a priori toutes les vengeances et toutes les horreurs. Ces images incrustées en arrière fond lors de l'assassinat de Daniel Pearl ou des clips de propagande de Ben Laden...
Aujourd'hui, je veux comprendre....Comment se fait-il que des blessures aussi nombreuses et aussi graves, sur le père et sur l'enfant, ne laissent pas de trace de sang visible sur les corps, sur le mur ou sur le sol? Et que la seule tache rouge soit celle d'un chiffon déplacé par l'enfant sur son abdomen? Comment se fait-il que l'enfant supposé mort bouge son bras dans un mouvement qui n’est pas un spasme d'agonie?
Comment se fait-il que des tirs à l'arme automatique pendant 45 mn (témoignage du caméraman palestinien), ne laissent sur le mur que 7 ou 8 impacts de balles quand on s'attendrait à en trouver des centaines? Comment se fait-il que ces impacts soient circulaires alors que les tirs israéliens, du fait de la localisation très oblique (35°) du fortin israélien par rapport au mur auraient dû provoquer des impacts elliptiques à grand axe horizontal? Comment se fait-il que des balles soient tirées vers le mur, non situé entre les positions israélienne et palestinienne, qu'il ne peut donc pas y avoir de balle perdue dans cette direction, alors que la position palestinienne se trouve, elle, en face de l'adulte et de l'enfant?
Autrement dit, puisque les balles ont été tirées de face, elles ne peuvent provenir que du côté palestinien, et comme on ne peut pas imaginer que les Palestiniens tiraient vers le mur pour tuer, la seule possibilité est celle d'une mise en scène...
C'est l'opinion que défend Philipe Karsenty contre un barrage de silence et de mépris d'une efficacité redoutable. J'ai été réticent à l'écouter. Plus que d'autres, du fait de mes années d'implication personnelle sur la Shoah, je me méfie d'une explication "conspirationniste": les Juifs en furent d'ailleurs si souvent les victimes!
Mais les questions sont là et les réponses ne viennent pas...Alors je veux dire ici qu'il n'est que temps de faire analyser les documents par une commission neutre d'experts, de spécialistes en balistique, en médecine légale, en traumatologie et de spécialistes en images. Cette commission doit être française car France 2 est une chaîne publique française.
Il ne s'agit pas d'interférer avec un procès actuellement en cours. Ce procès, dont le jugement est attendu au mois de mai porte sur la qualification de diffamation vis-à-vis de propos portés par Philippe Karsenty contre la directrice de l'information, Arlette Chabot, et le correspondant Charles Enderlin. Quelle qu’en soit l'issue, elle ne mettra pas un point final à la polémique sur l'événement du carrefour de Netzarim. Or c'est bien celle-ci qui a vraiment de l'importance. L'affaire dépasse largement ses protagonistes.
Ne me dites pas qu'il s'agit de l'histoire ancienne qui n'intéresse plus personne. Nous savons tous l'influence de ces images, les vocations de terroristes qu'elles ont facilitées.
La plupart de ceux qui critiquent Philippe Karsenty, n'ont pas voulu analyser les documents qu'il a rassemblés. Ils ont –ou, pour certains, ils avaient- leur opinion a priori. Certains utilisent des arguments "ad hominem"; ils lui font dire des choses qu'il n'a pas dites. Oui, il y a eu un enfant tué à Gaza ce jour-là; on en a montré les images; la question est de savoir si c'est bien l'enfant qui est représenté sur le film de France 2 ou non.
On n'a pas le droit sur des documents d'une telle gravité de dire, comme cela a été fait qu'ils représentent la "vérité du contexte". Le journaliste n'est pas supposé présenter de la fiction, ni même de la docu-fiction lorsqu'il montre une bande d'actualités. Il y a une vérité des faits, alors que dans le conflit du Proche Orient, plus qu'ailleurs, les mises en scène sont fréquentes. Le public en est trop souvent la dupe. Si l'information mène le monde, cette information doit être indiscutable. Il nous faut la vérité sur l'Affaire Al-Durra! »
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4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 20:18


The Press Botches Basra

http://www.weeklystandard.com/Content/Public/Articles/000/000/014/936meniz.asp

Le "sabotage" médiatique de Bassorah

Quand les deux plus grands mythes entretenus concernant les récents combats se dégonflent
 

par Daveed Gartenstein-Ross
& Bill Roggio
04/04/2008 12:00:00 AM









Moins de 48 heures après que les forces de sécurité irakiennes n'aient lancé leur campagne contre les factions shiites à Bassorah, les médias avaient déjà déclaré que les opérations se soldaient par un échec. Ces opérations, qui ont été initiées le 25 mars, avaient pour mission de réprimer les factions criminelles de l'Armée du Mahdi de Moqtada Sadr. Durant sa couverture du conflit, la presse a démontré son penchant prévisible à jeter rapidement l'éponge, dès qu'une opération militaire n'atteint pas instantanément ses objectifs.

Il est pourtant évident que l'attente d'un succès immédiat pour une opération destinée à ratisser une zone urbaine densément peuplée est hautement irréaliste. L'histoire récente en Irak est pleine de ce genre d'exemples : il a fallu des mois avant que les efforts de la Coalition pour ratisser et tenir Bagdad fassent preuve de réels progrès., et même à ce jour, seulement 75% de la capitale sont considérés comme totalement sécurisés. L'an dernier, les médias proclamaient que le "Sursaut" se soldait par un échec bien avant que le total du contingent des forces prévues ne soit déployé, mais la presse n'a encore rien appris de ses précédentes erreurs. Deux mythes désormais populaires ont été alimentés à propos de la bataille de Bassorah : 1) elle constitue un échec complet pour les forces de sécurité irakiennes, et 2) elle débouche sur un imbroglio insurmontable pour le Premier Ministre Nouri Al-Maliki.

Avant même qu'une semaine se soit écoulée, presque toutes les publications médiatiques ont virtuellement déclaré l'échec militaire des opérations à Bassorah. Un titre du New York Times beuglait littéralement que "l'assaut de l'armée irakienne contre les Milices était stoppée", dès le 27 mars, deux jours seulement après le lancement des opérations. Deux jours plus tard -à peine 4 jours après le début des opérations- l'Independant britannique signalait que "l'Armée et la police irakiennes avaient échoué à déloger l'Armée du Mahdi de chacun de ses bastions dans la capitale et dans le sud irakien". Et six jours après la mise en route des opérations, le Guardian rapportait que "l'armée irakienne n'avait que très peu avancé dans Bassorah et que de larges secteurs de la ville était encore sous le contrôle de l'Armée du Mahdi".

A coup sûr, la performance des forces de sécurité irakiennes à Bassorah a, dans le meilleur des cas, été décrite comme mitigée. Cependant, elles ne se sont pas pour autant écrasées contre un mur. Les militaires irakiens ont été capables de ratisser complètement un faubourg de Bassorah entièrement contrôlé par l'Armée du Mahdi  et étaient en voie d'en nettoyer un autre au moment où Sadr a proclamé son cessez-le-feu. Le cessez-le-feu est intervenu le 30 mars, après 6 jours de combats, et était apparemment unilatéral en ce sens que le Gouvernement irakien n'a fait en retour aucune concession avérée. A ce moment-là, dans tout le pays, 571 combattants de l'Armée du Mahdi avaient déjà été tués, 881 blessés, 490 capturés et 30 s'étaient rendus, selon les chiffres enregistrés par The Long Way Journal. De fait, 95 combattants de l'Armée du Mahdi ont été tués en moyenne par jour durant les 6 jours d'affrontement. Par comparaison, Al Qaeda en Irak n'a jamais subi de pertes aussi intensives, même aux périodes de pic du Sursaut.


Les forces de sécurité irakiennes ont été à leur meilleur niveau dans de plus petites villes du Sud-irakien. L'Armée du Mahdi a subi ses plus cuisants revers à Hillah, Najaf, Karbala, Diwaniyah, Amarah, Kut et Nassiriyah. Les forces de sécurité ont provoqué l'abandon des rues par l'Armée du Mahdi en quelques jours. Les pertes subies par l'Armée du Mahdi à Bagdad, Bassorah et dans le Sud profond ont sûrement joué un rôle dans la décision tactique de Sadr d'appeler au cessez-le-feu. Un officier américain servant dans le Sud de l'Irak nous a dit : "Quels qu'aient pu être les gains qu'ils [les bandes armées] ont réalisé sur le terrain [à Bassorah], ils se sont trouvés à court de munition, de nourriture et d'eau. En clair, [l'Armée du Mahdi] n'avait plus les capacités de soutenir ses efforts." Les sources du Time's à Bassorah a décrit un tableau similaire. "On a assisté à une retraite à grande échelle de l'Armée du Mahdi dans le port irakien le plus riche en pétrole, à cause d'un moral affaibli et à cause de faibles approvisionnements en munitions, dus à la fermeture hermétique de la frontière iranienne", rapportait le magazine dès le 30 mars.

Là où les forces de sécurité irakiennes ont rencontré une forte résistance, et lorsqu'il était fait mention de la défection de quelques unités, cela a donné lieu à d'énormes exagérations permettant de dépeindre les affrontements sous le jour d'une totale défaite pour elles.

La presse s'est montrée toute aussi insistante sur le fait que l'action de Maliki visant à sécuriser Bassorah constituait un obstacle politique pour lui, se traduisant par l'émergence d'une victoire de Sadr. Le jour suivant l'annonce du cessez-le-feu par Sadr, le Time's proclamait que " le fait essentiel que le cessez-le-feu ait explosé à la figure de Maliki signifie ouvertement qu'il n'y aura pas de négociations. C'est donc Maliki, et non Sadr, qui, désormais, apparaît militairement affaibli et incapable de contrôler les diverses composantes de sa propre coalition politique!". L'associated Press n'hésite pas à présenter Maliki comme "humilié depuis le sein même de la base shiite qui constitue le socle de son pouvoir." Et un second reportage de l'Associated Press fait état qu'un "couvre-feu rigoureux s'est abattu sur Bagdad, les diplomates américains sont terrés dans leurs bureaux de la Zone Verte, Al-Maliki est éprouvé et l'armée privée de Moqtada Sadr est intacte".

Mais le fait reste pourtant que le Gouvernement Maliki n'a jamais donné son accord à la trêve en neuf points réclamée par Sadr, pas plus qu'il n'a recherché la paix à tout prix ni émis une quelconque promesse que les opérations allaient cessé. En dépit du fait que le Gouvernement irakien ait désigné l'ordre de Sadr à ses combattants de se retirer des combats de rue comme représentant une "étape positive", cela ne l'a pas empêché d'insister sur la continuation de la campagne.  "Les groupes armés qui refusent l'annonce de Sadr et le pardon que nous leur avons offert seront systématiquement pris pour cibles, et plus spécialement ceux en possession d'armes lourdes, " a rétorqué Maliki, en référence à la période d'amnistie de dix jours proposée aux milices pour qu'elles rendent leurs armes de moyenne et de longue portée. "Les opérations sécuritaires à Bassorah continueront afin d'arrêter toutes les activités terroristes et criminelles, aussi bien que les gangs organisés qui s'en prennent à la population".


Pour toute réponse au cessez-le-feu, les militaires irakiens ont annoncé qu'ils mettaient en mouvement des renforts pour Bassorah, et le jour suivant ont fait entrer leurs troupes dans les ports de Khour al Zubair et Umm Qasr. Depuis lors, les forces spéciales irakiennes et les unités spéciales de la police ont mené plusieurs raids à l'intérieur de Bassorah, pendant qu'une brigade irakienne marchait sur le coeur d'un faubourg de Bassorah contrôlé par l'Armée du Mahdi, le 2 avril. Et deux jours après l'appel au cessez-le-feu de Sadr, le Gouvernement maintenait le couvre-feu à Sadr-City et dans les autres périphéries shiites de Bagdad. Rien de tout cela ne serait arrivé si (comme l'ont prétendu les journaux) jamais Maliki s'était tout simplement effondré face à Sadr.

La coalition gouvernée par Maliki ne s'est jamais indignée contre les opérations. Lorsque l'opposition irakienne a tenu une session extraordinaire au parlement pour s'opposer aux opérations de Bassorah, seulement 54 députés parmi les 275 étaient présents.  L'AFP en a déduit que "Les deux principaux blocs parlementaires -l'Alliance pour l'Unité des shiites d'Irak et l'Alliance Kurde- n'étaient ni l'un ni l'autre présents à la Session à laquelle participaient les députés issus du bloc du religieux radical Moqtada Sadr, le petit parti shiite Fadhila, la liste nationale irakienne laïque et le Conseil du Dialogue National Sunnite". Le fait que les blocs politiques principaux au parlement irakien aient ignoré cette session d'urgence est politiquement significatif, et aucune évidence ne vient suggérer que la coalition gouvernée par Maliki ait été mise en danger depuis lors.

Malgré cela, le flot de reportages ne tarit pas, déclarant que les actions de Maliki conduisent à un échec politique tout en annonçant la victoire de Sadr et de son Armée du Mahdi. Plusieurs de ces reportages de presse citent les propres porte-parole de Sadr et ses dirigeants militaires pour étayer leur démonstration sur ce point : "Nous n'avons pas réellement projeté toutes nos forces dans la bataille. Nous n'avons fait que réagir en légitime défense", a déclaré un commandant anonyme de l'Armée du Mahdi à l'Associated Press. "Si Al-Maliki l'avait emporté, c'est lui qui aurait dicté ses conditions. Mais c'est nous qui l'avons fait!".

Mais aucun journaliste ne s'est tracassé pour se poser une question simple : si Sadr était aussi victorieux, pourquoi arrêter le combat? Si l'armée irakienne était battue et Maliki politiquement affaibli, pourquoi ne pas accélérer les affrontements et provoquer la chute du Gouvernement? Comme nous l'a déclaré un officier américain servant dans le Sud de l'Irak, "Proclamer la "victoire" et ensuite se retirer du champ de bataille ne correspond qu'à la tactique de celui qui est, bel et bien en train de perdre".

Si les récents combats contre l'Armée du Mahdi à Bassorah, Bagdad et le Sud de l'Irak n'a pas été une victoire éclatante pour le gouvernement et les militaires irakiens, jamais, en tout cas, ce ne fut la défaite retentissante que beaucoup imaginent.

On est loin de savoir clairement pourquoi les médias se sont jetés à pieds joints sur les conclusions qu'ils ont données à propos des opérations de Bassorah. Peut-être que l'impatience conjuguée à un manque de connaissance concernant les affaires militaires en a fourni le vecteur essentiel. Peut-être que, fatigués de 6 mois de reportages généralement positifs concernant le Sursaut, les journalistes étaient-ils fous de joie à l'idée d'annoncer enfin que la situation sur le terrain allait en se détériorant. Ou peut-être qu'aborder les faits sous un angle négatif était-il irrésistible, à la lumière du très prochain témoignage du Général David Petraeus devant le Congrès.

Quelles qu'en soient les raisons, la Presse a rendu un très mauvais service aux lecteurs en pratiquant la désinformation sur les événements de Bassorah.

Daveed Gartenstein-Ross est le vice-président de la recherche à la Fondation pour la Défense des Démocraties et l'auteur de "mon année au sein de l'Islam Radical" (My Year Inside Radical Islam). Bill Roggio est un ancien homme d'infanterie de l'Armée Américaine, l'éditeur de "The Long War Journal " et un adjoint permanent de la Fondation pour la Défense des Démocraties. L'un comme l'autre,Gartenstein-Ross et Roggio, se sont rendus en Irak en tant que correspondants de guerre.

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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 21:40
Carla Bruni-Sarkozy, auteur-compositeur-interprète, épouse du président de la République
Halte à la calomnie !
LE MONDE | 19.03.08 | 09h53  •  Mis à jour le 20.03.08 | 11h09

 

Désormais l'affaire du faux SMS est close; mon mari vient de retirer sa plainte contre Le Nouvel Observateur après réception de la lettre d'excuses qu'Airy Routier m'a adressée. Qu'on me permette néanmoins quelques observations.

Le texte de la charte signée en avril 2004 entre Claude Perdriel, PDG du Nouvel Observateur, et les représentants de la Société des rédacteurs prévoit que "l'objectif des articles est de présenter les faits aux lecteurs avec la plus grande rigueur et la plus grande honnêteté. Toute information doit être recoupée et vérifiée. La rumeur doit être bannie, la citation anonyme évitée et la source indiquée aussi précisément que possible", et il ajoute : "L'usage du conditionnel de précaution est proscrit sauf exception visée par la direction de la rédaction. Ne sont publiées que des informations dont l'origine est connue. La vie privée des personnes est respectée."

Or tous ces principes ont été bafoués par Airy Routier, pourtant signataire de cette charte, dans l'article qu'il a commis sur le site du Nouvel Obs à propos du SMS présumé que le président aurait adressé à son ex-épouse juste avant notre propre mariage. Voici ce qu'écrivait Airy Routier : "Huit jours avant son mariage, le président de la République a adressé un SMS à son ex-épouse, en forme d'ultimatum : Si tu reviens, lui a-t-il écrit, j'annule tout. Il n'a pas eu de réponse." Qu'on ne s'y trompe pas : l'enjeu, dans cette affaire, n'est pas le respect de la vie privée. Je peux concevoir, puisque l'époque le réclame, que, comme dit Airy Routier, "la vie privée d'un président, élu par les Français, qui a tous les pouvoirs, notamment celui du feu nucléaire, ne relève pas du même ordre que celle d'un quidam". Pourquoi pas ? Le débat est ouvert et le problème n'est pas là.

Le problème n'est pas non plus l'existence elle-même du SMS en question, car si le SMS avait existé, si la rumeur avait été avérée, c'eût été par hasard, au terme d'une vague indiscrétion, d'un "quelqu'un m'a dit", et non d'une investigation rigoureuse… Voilà bien le problème : quand on est indiscret, il faut être sûr de ce qu'on raconte. Ce qui est malhonnête et inquiétant dans cet épisode, c'est qu'à aucun moment l'"information" n'a été vérifiée, recoupée, validée. De son propre aveu, Airy Routier n'avait pas vu (et pour cause !) le SMS, qu'il a pourtant présenté comme un fait.

LES RAGOTS ET LES FAITS

Je n'ai aucune leçon de déontologie à donner à qui que ce soit, mais il me semble que quand un "journaliste", aux dépens de l'honnêteté qu'il doit à ses lecteurs, sanctifie la rumeur et prend ses désirs pour des réalités, il ne doit pas invoquer des "sources en béton". En vérité, Airy Routier n'imaginait pas que mon mari porterait plainte contre le site du magazine et, devançant l'impunité, il s'est senti libre d'écrire ce qui lui passait par la tête ou par l'oreille.

"De toute façon, dit Routier, la violence et l'énormité de la réaction du pouvoir montrent bien que Nicolas Sarkozy a cherché un prétexte pour, à travers Le Nouvel Observateur, intimider tous les journalistes." Mensonge, sottise et mauvaise foi : en attaquant le site du Nouvel Observateur pour "faux et usage de faux", mon mari ne s'en prend pas à la liberté de la presse (qu'il a toujours ardemment défendue : qu'on se souvienne, pour cela, de l'affaire des caricatures du Prophète dans Charlie Hebdo), mais au droit de dire et d'écrire n'importe quoi. De ce point de vue, loin de se conduire en despote, c'est la liberté de chacun qu'il protège.

Car si, désormais, la rumeur sert d'information, si les fantasmes servent de scoops, où allons-nous ? Si les grands journaux cessent de faire le tri entre les ragots et les faits, qui le fera ? Si, tel le pire des magazines trash, Le Nouvel Observateur, trahissant sa charte, sa vocation et même son nom, n'observe plus mais invente ce qu'il raconte, quel rempart nous reste-t-il contre l'hystérie de l'époque ? Est-ce l'avenir des contre-pouvoirs que de cracher en l'air avant d'être rappelés à l'exigence élémentaire de probité ? La liberté exige d'avoir le sens des responsabilités, tout comme la transparence exige l'honnêteté, sans quoi, comme le dit Gad Elmaleh (dans La vérité si je mens) : "C'est la porte ouverte à toutes les fenêtres" ! Relisez Beaumarchais : "La calomnie, Monsieur ? Vous ne savez guère ce que vous dédaignez; j'ai vu les plus honnêtes gens près d'en être accablés… elle s'élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ?"  Réponse : les journalistes. Les vrais.

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Présentation

  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
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Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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