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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 10:19


Le Guardian, qui fait partie du réseau "Le Monde"- "Haaretz" passe un temps infini à décrire l'expérience des "Fils de l'Irak", ces Sunnites qui se sont ligués pour vaincre Al Qaeda et le bouter hors d'Irak, comme "au bord de l'effondrement". Le Général David Petraeus, chef d'Etat-Major des forces de la coalition s'est, une fois n'est pas coutume, inscrit en faux, par la rédaction d'un mail à Pajamas Media, contre un ensemble d'informations biaisées et anti-datées, à propos de mouvements de grogne, rapidement et depuis longtemps résolus : actuellement, plus de 96 000 miliciens des Fils de l'Irak opèrent au sein ou en tant qu'auxiliaires des services de sécurité irakiens. 3 500 sunnites de la province de Diyala ont récemment intégré la police irakienne. Ce qui démontre que, progressivement, les Sunnites intègrent les organes officiels et services du gouvernement irakien. C'est là, parmi les causes des récentes "insurrections" shi'ites contrôlées par l'Iran, à travers ses réseaux du Jays-Al-Mahdi, du Hezbollah en Irak, etc. Ceux-ci redoutent la tenue d'élections provinciales qui redistribueraient les cartes plus équitablement entre les diverses minorités. Le mouvement sadriste perdrait ainsi de son pouvoir d'influence sur les blocs proches de l'actuel gouvernement, au profit d'un réajustement, alors que les Sunnites se sont majoritairement abstenus, lors des précédents scrutins -tenus, lorsque "l'insurrection sunnite" battait son plein-.

Le test actuel est de première importance pour l'actuel gouvernement, qui tente de reprendre le contrôle du Sud du pays, dans la région de Bassorah, l'un des principaux sites pétroliers débouchant sur le Golfe persique. Depuis le passage de relais des forces britanniques aux irakiens, les "gangs" de Moqtada Sadr, parfois le Badr du CIIC (Conseil islamique shi'ite irakien) se sont emparés des postes-clés et y font régner leur ordre en faveur du détournement par l'Iran de cette province majeure.

http://pajamasmedia.com/blog/gen-petraeus-vs-the-british-press/



Gen. Petraeus vs. the British Press

March 25, 2008 - by Bob Owens

Multi-National Force-Iraq commanding General David Petraeus has little use for recent claims in the British press that the Surge is on the verge of collapse in parts of Iraq. In an e-mail to Pajamas Media, Petraeus wrote that the story, as reported in the Guardian were “based on dated info.”

In addition, he said that reports that the Iraqi government is refusing to employ Sunnis are incorrect.”The National Reconciliation Committee just approved a list of over 3,500 names of Diyala Sons of Iraq for the Iraqi Police,” wrote General Petraeus in his email, a sign that more jobs integrating the Sunnis within the government’s security forces were forthcoming.

Petraeus also responded to a GuardianFilms video report for Britain’s Channel 4 on March 20 charged that Sunni militias in Iraq were not being paid by U.S. forces and were on the verge of staging a national strike because they were not getting jobs within the Iraq government.

A Guardian print article also made that claim followed on March 21.Petraeus said in his correspondence that a threatened strike in Diyala was “resolved a week or two ago” when Sunni militiamen called “Sons of Iraq” (SoI) were told that if they didn’t work, they wouldn’t get paid.

Anti-war activists in the United States had been quick to cite the original Guardian video story, with Logan Murphy of Crook and Liars using the story as an reason to declare, “Our occupation of Iraq and the fragile surge has been all but blacked out in the U.S. media, but thankfully, the foreign press is still out there trying to bring the truth to the rest of the world.”

In his blog at The Atlantic, Andrew Sullivan sniffed in reaction to the Guardian print story that the report constitutes “Some troubling news from Iraq. It appears our bribes aren’t being paid on time.”It appears that Sullivan has difficulty distinguishing between bribes and wages, as the monies owed to the SoI are for security services, typically patrols and the guarding of checkpoints within communities to prevent al Qaeda infiltration.

Col .Steven Boylan, Public Affairs Officer for General Petraeus, told Pajamas Media that “the issues up in Diyala were fixed and [they] have been back to work for a while.” Boylan noted that “We have a release on that in fact on the web site [located here — ed.] and it also was put out to the media, and discussed in our press conference.” Col. Bill Buckner, MNC-I PAO at Al-Faw Palace, Camp Victory stated: “We have looked into the allegation of the recent Guardian story, and find that there are currently no significant reports of pay problems with Sons of Iraq groups in Iraq. Past reports of pay problems were resolved on a case by case basis. Additionally, we have not received any reports of an impending national strike. There was a strike in Baqubah from February 8th through March 8th, but that has been resolved, and the Sons of Iraq are now working again. I think the Guardian may be reporting old news.”

In addition to falsely reporting the death of the Surge, several factual details of the Guardian report were also apparently incorrect.The Guardian claimed 80,000 SoI participants, 16,000 less than actual figure of 96,000 provided by Multi-National Corps-Iraq. The newspaper also claimed that Sunnis have only been provided “only a handful” of jobs by the government of Iraq: 12,000 Sunni militiamen have already been transitioned to security or non-security positions within the Iraqi government.

The Guardian has been challenged over previous stories relating to the Sons of Iraq, including a November 2007 story in which the reporter compared a Sunni militia commander unfavorably to a mafia don. Repeatedly, the Guardian has portrayed Sunni militiamen in Iraq as one-dimensional caricatures, thuggish mobsters in Baghdad’s city streets, or rank mercenary rubes who would sacrifice security in their communities for dollars.

Neither characterization is accurate. Sunni tribesmen did not join the Sahwa councils for profit: they did so to protect their communities against the barbarism and raw brutality of al Qaeda against Sunni civilians. The rejection of al Qaeda’s torture and terrorism would continue whether or not Americans were paying Sunni militias to man checkpoints.

This mundane reality may not provide the drama and sensationalist copy: which is perhaps the reason that the Guardian isn’t particularly interested in reporting it accurately.

Bob Owens blogs at Confederate Yankee

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23 mars 2008 7 23 /03 /mars /2008 23:41

23 mars 2008 - Par Stephanie Zenati pour Guysen International News

La BBC dans la ligne de mire d’Israël. La puissante société de médias britanniques se voit aujourd’hui accusée de désinformation. Déjà très critiquée par les autorités israéliennes pour son parti pris à l’égard des Palestiniens, la chaîne anglaise vient cette fois-ci de diffuser une information complètement erronée.

Le 6 mars 2008, le monde entier a les yeux braqués sur Jérusalem. La capitale israélienne vient en effet d’être victime d’un attentat à l’école talmudique Mercaz Harav. Une tuerie, qui fait huit morts.

Les équipes de la BBC, présentes sur les lieux, relayent immédiatement l’information, et quelques heures après le drame, le correspondant Nick Miles explique : "peu après l’attaque, des bulldozers israéliens ont détruit la maison du terroriste. Par la suite, le Hamas a mis en place une tente de deuil sur laquelle flottent des drapeaux du Djihad islamique".

Une information erronée. Car quelques heures après le drame, s’il est vrai que les dirigeants israéliens s’interrogent sur la possibilité juridique de détruire la maison du terroriste, ils y renoncent quelques heures après.

D’ailleurs, les télévisions du monde entier montrent alors des images de la maison de la famille du terroriste, intacte.

Quelques jours après, la BBC "dans l’embarras" est contrainte de reconnaître son erreur.

"Nous tenons à revenir sur une information que nous avons délivrée, vendredi dernier (le 7 mars), au sujet de l’attaque perpétrée par un tireur palestinien dans une yeshiva à Jérusalem.
Nous affirmions alors que la maison d’Ala Abou Dheim à Jérusalem-est, avait été démolie par les autorités israéliennes.

Ce n’était pas vrai et nous tenons à présenter nos excuses à Israël" déclare la journaliste anglaise, Geeta Guru-Murthy, lors d’un flash télévisé.

Il s’avère en effet que les images utilisées par la BBC sont en réalité celles prises il y a quelques mois par l’agence de presse palestinienne Maan.

Il s’agit d’une maison appartenant à un dirigeant du Djihad islamique de Bethléem, Mohammed Shehadek, qui elle, a bien été détruite. Une erreur de taille pour cette chaîne d’information si populaire, qui contribue à la détérioration de l’image d’Israël.

Et la BBC ne s’arrête pas là. Lors de la récente opération menée par Tsahal dans la Bande de Gaza, le site internet de la société anglaise avait indiqué "qu’Israël prenait délibérément pour cible des civils palestiniens".

"L’armée de l’air israélienne a dit vouloir cibler les lanceurs de roquettes. Le secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki Moon, a condamné ces attaques lancées à l’encontre des civils palestiniens, les qualifiant d’inappropriés et disproportionnés" a déclaré la chaîne.

Des propos qui ont suscité de vives critiques. Un membre de la communauté juive de Manchester, Hantman Jonathan, a immédiatement adressé une lettre à la direction de la BBC :
"l’article publié par le site internet de la BBC est partial dans sa description des opérations menées par Israël. Parler ’d’attaques contre des civils’ sans évoquer les attaques à la roquette des Palestiniens, dont Israël est victime sans cesse, ne reflète pas la situation".

Car la BBC s’est autorisée certaines libertés, et a notamment décidé de ne pas retranscrire l’intégralité du discours de Ban Ki Moon.

"Tout en reconnaissant le droit d’Israël à se défendre, je condamne l’usage disproportionné et excessif de la force, qui a tué et blessé de nombreux civils. Je condamne les attaques à la roquette palestinienne, et j’appelle à la fin de ces actes terroristes".

Une portion de phrase essentielle, qui replace les propos du secrétaire général de l’ONU dans leur contexte.

Une fois encore la BBC a ’présenté ses excuses’.
"Nous reconnaissons que nous aurions dû faire références au propos de Ban Ki Moon, lorsque celui-ci condamnait les attaques de roquettes. Nous avons désormais modifié les lignes de notre article à ce sujet, et également supprimé toute allusion à des tirs israéliens ciblés sur la population civile palestinienne".

Autant de dérapage qu’Israël voudrait bien voir cesser.

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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 20:22

Savent-ils que Jésus était palestinien ?

Jean-Pierre Bensimon le 20 mars 2008
Rédaction d'Objectif-info:
Libération a publié dans sa livraison du lundi 17 mars, un texte particulièrement significatif d'une militante palestinienne, Susan Abulhawa. On trouvera ci-dessous quelques reflexions sur ce texte ainsi que le contenu intégral de cette contribution à la rubrique "Rebonds" du quotidien parisien.

Susan Abulhawa livre dans le numéro du 17 mars de Libération un échantillon très authentique du discours palestinien contemporain. Sa contraction en un texte succinct et incisif justifie une brève analyse, en cette époque de processus de paix bancal et de montée d’antagonismes très menaçants aux marches orientales de l’Europe.

Ce discours nerveux, fait de plainte et de refus torrentueux, aligne de fortes vérités. Celle d’abord « d’une culture et d’une histoire millénaire palestinienne. » Il y a bien, sur la terre du Proche-Orient, une histoire et une culture millénaires juive, chrétienne, romaine, arabe, une histoire centenaire ottomane, mais on ne connaissait pas de variété millénaire palestinienne. La dénomination de « Palestine », imposée par l’empereur Hadrien au 2ème siècle pour parachever son très pénible triomphe sur des Juifs irréductibles, n’a resurgi véritablement comme idée nationale qu’à partir du moment où la victoire de 1967 menait Israël sur les rives du Jourdain et à Gaza. On est bien en peine de trouver trace, dans le segment sud-ouest du sandjak de Damas, d’un chef, d’un auteur, d’une histoire ou d’une culture autonomes sur un territoire possédé par des chefs de clans résidant le plus souvent au loin, dont l’économie et la démographie étaient rythmés par les flux et les reflux de la barrière bédouine.

« Pays, » continue Susan Abulhawa, « jadis multiconfessionnel, multiethnique, multiculturel » devenu désormais « un espace exclusivement réservé aux juifs ». On croyait savoir que 20% de la population israélienne n’est pas juive, et que l’arabe figure avec l’hébreu comme langue officielle de l’État. Il semble à l’inverse que cette diversité soit en voie d’extinction rapide dans les Territoires dominés par les amis de Mme Abulhawa, où il ne resterait plus selon Mrg Sabbah, que 50 000 chrétiens, souvent sur le départ, minoritaires même à Bethlehem, contre 130 000 en Israël et 200 000 en Jordanie.

Les Israéliens se nourrissent, continue l’écrivaine, de récoltes qui proviennent « d’un sol fertilisé, enrichi par les dépouilles de mes ancêtres … les arbres qui leur donnent leurs fruits ont été plantés par ces mêmes ancêtres ». On croyait savoir aussi que les premiers avaient asséché les marécages des zones côtières et inventé une agriculture en milieu aride tout à fait innovatrice, expérimentée à grande échelle dans le Néguev. On avait en même temps le souvenir que la « colonisation » avait apporté à la Cisjordanie, avant l’arrivée de l’Autorité palestinienne, des rendements agricoles en progression tellement rapide qu’ils avaient rattrapé ceux d’Israël, bien après les travaux des ancêtres de Susan Abulhawa.

Son discours se poursuit, impitoyable pour ce maudit Salon du Livre qui a mis cette année à l’honneur la littérature israélienne. Il est coupable à lui seul d’effacer plusieurs millénaires de culture palestinienne, mais aussi d’être le complice de ceux qui veulent débarrasser le monde de ce peuple. Le Salon, combien de divisions ? D’où le cri de l’écrivaine, se sentant réduite avec les siens au silence, « dans notre agonie ». L’agonie prévient-elle, guette ce groupe humain. L’histoire démographique locale montre cependant que le peuplement arabe de la Palestine mandataire est étroitement corrélé avec les zones d’activité des immigrants juifs, et que depuis la création d’Israël la croissance démographique palestinienne est sans égale dans le monde, presque insensible à la correction actuelle des courbes de fécondité du monde arabe. En un mot voila une population en même temps à l’agonie et au faîte d’une mystérieuse mais très puissante poussée numérique, au terme de sa rencontre inopinée avec le judaïsme de l’époque moderne.

Mais la révélation la plus décisive de Mme Abulhawa est que « Jésus était palestinien. » Cette nouvelle vérité peut surprendre en Europe, mais elle est banale dans le logos palestinien. Jésus n’était pas juif, il était palestinien comme Mme Abulhawa, bien que l’empereur Hadrien ait donné à cette terre le nom des Philistins 102 ans après sa mort et sa résurrection, que ce nom apparaît pour la première fois sous la plume d’Hérodote au 5ème siècle, et que l’Islam constitutif du palestinisme de l’écrivaine ne se soit introduit dans la place qu’en 638.

L’identité palestinienne de Jésus dépouille le judaïsme de son existence antique, mais aussi de sa dissidence la plus célèbre. Il dépouille aussi le christianisme de sa filiation et de sa nouvelle alliance qui se substitue pour lui à l’ancienne alliance des Juifs.

Le discours palestinien de Mme Abulhawa est un discours psychotique. C’est un édifice parfaitement cohérent, mais tout aussi parfaitement, affranchi du principe de réalité. Il est à la fois fou et terre à terre - l’écrivaine n’oublie pas de donner à l’acheteur potentiel les références précises de l’éditeur de son dernier écrit. Il est aussi génocidaire. Les Juifs qu’elle accuse de déposséder, d’oppresser et de tuer, n’ont aucun titre historique, religieux ou éthique à exister dans un endroit où ils se gavent de surcroît des récoltes et des fruits des ancêtres palestiniens.

Le propos de Mme Abulhawa ne lui appartient pas vraiment. Sa construction psychotique est le socle idéologique que le Hamas aussi bien que le Fatah possèdent en partage, et que l’on débite comme une antienne aux nouvelles générations. C’est ainsi que tout un peuple se construit dans la négation du réel. Or, l’épreuve de la réalité précède l’épreuve de la nation. On ne construit pas un principe national sur des falsifications rudimentaires, on ne construit pas une idée nationale sur la négation et la haine.

Le discours psychotique prive les Palestiniens de projet et de devenir, aussi bien comme individus, comme groupe, que comme peuple. Leur premier impératif, c’est la liberté de comprendre, de juger, la liberté d’accéder à la réalité et de quitter le tourbillon de la psychose. C’est tout le mérite des outrances de Susan Abulhawa d’en apporter en creux la démonstration. Pour leurs amis, s’il est une obligation, c’est les ramener au monde et à sa complexité, certainement pas les entretenir dans le délire, la négation et le refus.


Contenu intégral de l'article de Mme Abulhawa
"Le Salon du livre efface l’histoire palestinienne"

Susan Abulhawa écrivaine Libération Rubrique Quotidien lundi 17 mars 2008

Quelle que soit l’ampleur de l’injustice commise à notre endroit, quel que soit l’enracinement de notre douleur dans le temps et dans le sol palestinien, il semble que le monde refuse toujours d’entendre notre voix et nous dénie toute existence historique, ne voyant en nous que des squatteurs, des terroristes, des créatures qui ne bénéficient pas du statut d’êtres humains et ne méritent ni leur propre terre ni leur patrimoine, qui n’ont pas le droit de se défendre ou de résister à l’oppression.

La dernière en date des institutions qui contribuent à effacer plusieurs millénaires de notre culture et de notre histoire palestiniennes est le Salon du livre, organisé sous les auspices du ministère de la Culture français. Tous les ans, cette foire du livre met un pays à l’honneur et fait connaître ses auteurs contemporains. Cette année, le choix s’est porté sur Israël, un pays comptant soixante ans d’existence, créé sur la terre de la Palestine antique, avec une population venue d’ailleurs (Europe, ex-Union soviétique, États-unis, Éthiopie, etc.) pour remplacer les Palestiniens qui, chassés de presque tout le pays, dépérissent, connaissent les conditions dégradantes des camps de réfugiés, sont soumis à une occupation militaire cruelle ou dispersés aux quatre vents.

Catastrophique sur le plan des droits de l’homme, largement en tête pour ce qui concerne les violations flagrantes des lois internationales et des résolutions de l’ONU, Israël s’est emparé d’un pays jadis multiconfessionnel, multiethnique, multiculturel et en a fait un espace exclusivement réservé aux Juifs. Cet État, dont le système d’apartheid a été dénoncé par des autorités morales aussi incontestées que Desmond Tutu et Jimmy Carter, est la nation que la France a choisi d’honorer lors de son prestigieux Salon. Jusqu’à une date récente, je croyais que tout n’était pas perdu. Naïvement, je pensais que la France accueillerait favorablement notre histoire et présenterait mon livre, The Scar of David, d’autant plus que la traduction française (les Matins de Jénine, Buchet-Chastel) est sortie le 6 mars. Ce récit, je l’ai arraché au plus profond de notre âme angoissée pour faire entendre le cri primal d’une nation violée. Mais aucun Palestinien - et même aucun Israélo-Palestinien - n’a été invité à cette manifestation. J’y ai vu une injonction à ne pas y participer. Comment une telle chose est-elle possible ? Les organisateurs savent-ils qu’Israël est juché sur des villages palestiniens évacués ? Que les récoltes dont se nourrissent les Israéliens proviennent d’un sol fertilisé, enrichi par les dépouilles de mes ancêtres, que les arbres qui leur donnent leurs fruits ont été plantés par ces mêmes ancêtres, à commencer par mes grands-parents, et ainsi depuis des siècles, sinon des millénaires ?

Indéniablement, je suis une fille de Jérusalem, bien qu’Israël ne voie pas en moi un être humain digne d’y vivre et d’y prospérer, à l’exemple de tous mes ancêtres. Les organisateurs du Salon du livre veulent-ils, à l’instar d’Israël, faire comme si la Palestine et les Palestiniens n’existaient pas, n’avaient jamais existé ? Savent-ils que Jésus était palestinien, et que la généalogie de nombreux chrétiens palestiniens remonte au Ier siècle ? Certains Palestiniens portent le nom de «Canaan». Aucun Israélien n’est aussi enraciné dans cette terre que cette famille Canaan dépossédée ! Est-il venu à l’esprit des organisateurs que les tribus hébraïques qui existaient en Palestine il y a trois mille ans sont plus sûrement mes ancêtres - si tant est qu’on puisse remonter aussi loin - que ceux des Juifs russes ou de n’importe quel groupe ethnique israélien importé ? A moins que le Salon du livre soit simplement complice des efforts incessants d’Israël pour débarrasser le monde de notre peuple, de notre mémoire, de notre culture, de notre histoire et de notre blessure béante ?

Le monde a hurlé son mépris en apprenant que Mahmoud Ahmadinejad aurait exprimé le désir de rayer Israël de la carte. Pourtant, depuis soixante ans, Israël raye la Palestine de la carte, en mots et en actes. A chaque détour du chemin, il y a un mur, une balle, un barrage pour nier notre existence, nous affamer, nous humilier. La mort nous arrive constamment par la voie des airs et des mers, au moyen d’armes sophistiquées. Tous les espoirs, les rêves que nous pourrions entretenir sont étouffés dans des camps de réfugiés indignes d’accueillir des êtres humains, mais que notre peuple subit depuis plus d’un demi-siècle. Dans le monde entier, les voix de nos dirigeants, artistes, écrivains et activistes sont réduites au silence lorsque nous tentons de parler, de protester ou, dans notre agonie, de hurler à l’aide. Pourtant, notre mise à mort ne suscite pas l’indignation ; au contraire, on étouffe le récit de notre douleur, on nous empêche de la faire connaître dans une exposition telle que le Salon du livre ! Pourquoi ? Qu’avons-nous fait pour mériter un tel sort ? Qu’avons-nous fait à la France ou au monde pour que personne ne s’élève contre une telle injustice ? On nous a tout pris, on nous a arraché le cœur pour la simple raison que nous n’étions pas juifs !

Quel a été notre crime pour que nous soyons à ce point exclus, forcés de négocier sans fin avec nos oppresseurs pour obtenir des droits élémentaires accordés au reste de l’humanité ? Pour qu’on nous traite de brutes lorsque nous osons rendre les coups ? Pourquoi personne ne veut-il entendre notre voix ? Quel espoir nous reste-t-il si même les amoureux des livres font comme si nous n’existions pas et n’avions pas, par conséquent, de récits dignes d’être lus ? J’ai toujours l’intention de me rendre à ce Salon. Je suppose que si les gamins palestiniens ont été assez courageux pour se battre avec des pierres contre des soldats armés de fusils et de tanks, je ne devrais pas avoir peur de me trouver confrontée à des hypocrites armés de livres et d’un programme douteux.
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9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 23:48
Affaire Al-Dura: un documentaire télévisé enflamme les passions en Israël (1 de 2 parties) J. Tsadik
Un article d’une remarquable justesse. Je l'apprécie d'autant plus que j’achève, en ces heures, la traduction intégrale de l’émission de "Mabat sheni", dont traite ci-après Jean Tsadik [*]. En cette qualité, je puis dire qu’il a fort bien campé les référents choisis par Yoram Shifer pour son émission consacrée à l’affaire Al-Dura, et que ses jugements les concernant sont rigoureusement exacts. J’espère que la Ména ne m’en voudra pas de mettre en ligne cet article. Je ne le fais pas pour récupérer des marrons tirés du feu par cette Agence, mais pour contribuer, à ma manière au triomphe de la thèse que Stéphane Juffa - dûment guidé par le physicien Nahum Shahaf, qui fut le premier à se persuader que toute l’affaire était une mise en scène – défend, depuis des années, contre vents et marées et dans l’indifférence générale d’abord, puis, sous les lazzis et les insultes de très nombreux opposants, dont surtout des Juifs, hélas. (Menahem Macina).
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09/03/08

 

Info # 020903/8) [Analyse]

 

1ère partie : Courage fuyons !

 

La fièvre autour de l’Affaire Al-Dura a enfin gagné Israël. Pendant des années planait le doute sur l’intérêt que portaient les Israéliens et leurs autorités au bras de fer qui met aux prises Charles Enderlin–France 2 à la Ména, ainsi que leurs alliés et sympathisants respectifs. Le doute en question fit longtemps les affaires de la chaîne publique française, qui se plaisait à isoler notre démarche, tentant de la présenter comme l’initiative d’hurluberlus que personne ne suivait, même dans leur propre pays.

 

Au niveau des autorités, le Bureau Gouvernemental du Journalisme, rattaché à celui du Premier ministre, avait pourtant, dès 2004, mis les points sur les i et affirmé sans réserves, par l’intermédiaire de son directeur, Daniel Seaman, que le reportage de FR 2 était une mise en scène.

 

Le porte-parole de l’armée, quant à lui, défend que Tsahal n’a pas tué Mohamed Al-Dura, dans l’attente, pour se prononcer sur l’accusation de mise en scène, de recevoir les rushes qu’il a demandés par écrit à la chaîne française. La réponse qu’il a reçue à ses courriers est pour le moins déroutante : c’est non, mais Enderlin se propose de présenter lui-même, en séance privée, des images à des généraux supérieurs. Ce qui fait une belle jambe à Tsahal, intéressée par l’analyse professionnelle des rushes d’Abou Rahma afin de faire avancer son enquête.

 

L’armée israélienne, première concernée selon la décision du Tribunal correctionnel de Paris, est ainsi empêchée de consulter les rushes présentés à la justice française en présence d’un public nombreux. Vous avez dit bizarre, c’est effectivement bizarre…

 

Mais, pendant qu’à Paris, Philippe Karsenty s’escrimait, fin février, à la Cour d’appel, contre Mademoiselle Chabot et Charles Enderlin [voir l’excellent compte rendu de Véronique Chemla "France 2 et Charles Enderlin n’expliquent pas à la Cour d’appel de Paris les incohérences et contradictions relatives à l’incident al-Dura" pour Guysen], lundi dernier, l’Affaire était le sujet de l’une des émissions-phare de la 1ère chaîne israélienne. Mabat shéni (Second regard) est l’équivalent sur notre chaîne publique d’"Envoyé spécial" ; elle avait commandité l’auteur de documentaires chevronné, Yoram Shifer, afin de faire le point sur la Controverse de Nétzarim et de donner la parole aux principaux protagonistes du différend.

 

A quand une initiative similaire de la part d’un média tricolore, se demandent en soupirant les Français désireux de se faire une conviction sur la base des conclusions des uns et des autres, et non sur les seules insultes de Mademoiselle Chabot et d’Enderlin contre leurs détracteurs ?

 

Yoram Shifer fit les choses en grand, n’hésitant pas à se rendre dans la capitale française à l’occasion du visionnement des rushes. Les enquêteurs de l’Affaire, Nahum Shahaf et Stéphane Juffa, pour notre agence, de même que la journaliste allemande, Esther Shapira, répondirent favorablement à la demande d’entrevue de Shifer. Les autres personnes mêlées à la dispute et au procès Karsenty firent de même, ainsi qu’un professeur israélien, spécialiste des médias.

 

Lorsque vint le tour d’Enderlin d’être sollicité, celui-ci invoqua une action en cours, intentée contre l’Etat par l’association d’avocats, Shurat ha-din (Le for [**] de la Justice), à la Cour suprême à Jérusalem (1), pour arguer qu’il ne pouvait pas participer à l’enquête. Surpris, le réalisateur se tourna vers l’étude d’avocats Aaronsohn Sher Aboulafia Amoday & Co., ayant accepté de représenter le correspondant de FR2 en Israël, pour obtenir les détails du refus. Maître Louise Sportas infirma les allégations de son client, expliquant qu’il ne s’agissait pas de la même affaire et qu’il était libre de participer à l’émission.

 

Me Sportas accompagna toutefois son acceptation de la condition, très inhabituelle en matière médiatique, que Charles Enderlin fût accompagné de son conseil lors de l’interview. Re-surprise du réalisateur, qui, après avoir pesé le pour et le contre, soucieux de permettre à l’un des principaux intéressés de s’exprimer sur un différend qui le concerne au premier chef, décida de se plier à l’étrange condition posée par l’interviewé.

 

S’ensuivit une longue discussion de préparation entre Shifer et Enderlin, à laquelle le premier cité fut prié de se rendre sans micro et sans caméra et de s’engager à ne rien dévoiler du contenu de cette rencontre - Enderlin nage décidément dans la transparence. A l’issue de la rencontre, en dépit de la concession extraordinaire octroyée par Shefer aux usages journalistiques, [Enderlin] préféra ne pas participer au documentaire.

 

Toujours animé du même souci d’équité, le réalisateur demanda à Enderlin de lui indiquer le nom de quelqu’un qui pourrait représenter son point de vue lors du débat qui suivrait l’émission. Enderlin avança le nom de l’ex-numéro 2 du contre-espionnage israélien, Israël Hasson. Tout laisse à penser que les deux hommes se connaissent bien, puisque, quelques jours plus tard, Enderlin rappela Shifer pour lui demander pourquoi il n’avait pas encore contacté Hasson.

 

Finalement, Israël Hasson participa au débat. Un débat qui réunit deux autres intervenants : Gideon Levy, qui collabore à Haaretz, et Daniel Seaman, le directeur, déjà cité, du Bureau Gouvernemental du Journalisme.

 

Seaman répéta, lors de la discussion, que le reportage de FR 2 relevait assurément d’une mise en scène. Levy, l’un des chefs de file du post-sionisme et vedette israélienne d’Al Jazzera, annonça que, bien qu’il n’ait pas consulté la moindre enquête au sujet de l’Affaire Al-Dura, il était certain que Tsahal avait bel et bien tué l’enfant.

 

Quant à Hasson, son intervention changea l’issue de l’émission, de virulent K.O contre Enderlin-France 2, en nette victoire aux points de leurs adversaires. Hasson fut le canot de sauvetage du navire des "antidreyfusards" qui, lundi dernier, prit l’eau de toutes parts.

 

Parlant bien, distingué, mais surtout auréolé par sa pénultième fonction, Hasson adopta une ligne de défense peu orthodoxe : il choisit de ne rien prendre en compte des preuves de la mise en scène, qui pullulaient dans le film de Shifer. Il annonça, en vrac, avec un sang-froid qui le disputait à l’inconséquence, qu’aucun élément du documentaire n’apportait la moindre évidence de l’existence d’une mise en scène.

 

Même l’analyse de l’expert médical, le chirurgien, retrouvé par la Ména, Yehuda David, qui avait opéré le "père", Jamal Al-Dura, en 1994 à l’hôpital Tel Hashomer, ne vint pas troubler la tactique du partisan d’Enderlin. Pourtant, parmi les nombreuses preuves indiscutables référencées dans le film, le témoignage du Dr. David est pour le moins incisif. Ce dernier démontra que les images des cicatrices, distribuées à la presse par Arlette Chabot, lors de sa "réunion d’information" de novembre 2004, censées apporter la preuve de ce que Jamal avait été blessé par les balles de Tsahal en septembre 2000, sont en fait des cicatrices dues à une altercation avec des miliciens palestiniens en 1992, soit huit ans avant l’"incident" de Nétzarim. Qui plus est, Yehuda David fit la démonstration médicale de ce que les cicatrices exhibées par Chabot étaient le résultat de blessures causées par un objet coupant, un couteau ou une hache, et non par des balles.

 

Ce qui interloque, dans cette seule démonstration scientifique, c’est que l’analyse peut être refaite par n’importe quel médecin légiste, et qu’elle mènera invariablement aux mêmes conclusions. Ce qui interpelle, c’est qu’il s’agit en fait d’une seconde imposture de la part de France 2, venant s’ajouter à la diffusion mondiale des images de la mise en scène de Nétzarim.

 

 

"Mohammed du matin", ou de l'après-midi ? (Cliché extrait de l'émission Mabat Shani, ici ajouté par www.upjf.org)

 

A la chaîne française, qui a réitéré son offre, devant la Cour d’appel, d’exhumer le corps du Mohammed du matin [***] – ce que nous avons accepté immédiatement, sans pour autant causer d’effet chez nos contempteurs, – nous proposons de commencer par présenter les cicatrices de Jamal à des médecins légistes neutres, au lieu de les faire filmer par un caméraman parjure.

 

Il y a fort à parier que le clan des "antidreyfusards" fera comme s’il n’avait pas lu cette suggestion, ce qui démontre, si c’était encore nécessaire, que leur démarche consiste à enterrer la réalité et non à la porter au grand jour.

 

Jean Tsadik

 

© Metula News Agency

 

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Note de l’auteur

 

[1] Shurat ha-din demande à la Cour suprême d’Israël que le gouvernement retire les accréditations journalistiques de Charles Enderlin et de Talal Abou Rahma pour leur mise en scène de l’Affaire Al-Dura.

 

A suivre…

 

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Notes de la Rédaction d’upjf.org

 

[*] Je l’avais signalée, le 4 mars, dans mon bref article " « Al-Dura, diversion médiatique ou symbole ? » L'affaire Al-Dura à la TV israélienne ".

 

[**] "Mot qui vient du latin. Chez les Romains, le tribunal se trouvait établi sur la place publique, le 'Forum'. Il s'emploie dans certaines expressions juridiques tel "la loi du for", traduction de "lex fori" utilisée en particulier en droit international pour exprimer que la loi qui doit être appliquée à une situation déterminée est la législation du lieu où la juridiction qui a été saisie, est établie." (Dictionnaire du Droit privé, par S. Braudo, Conseiller honoraire à la Cour d'appel de Versailles, 2004). En langage courant, on parle aussi de "for interne", ainsi que de "for externe", et par métaphore, de for intérieur - la conscience. En ce qui concerne le nom symbolique (tiré du Talmud) que s'est donné l'association d'avocats Shurat haDin, je le traduirais plutôt par "le cadre de la loi".

 

[***] Allusion à la découverte du physicien Nahum Shahaf, qu’un enfant, mort dans des circonstances inconnues, avait été amené à l’hôpital avant midi, alors que l’enfant censé avoir été tué par Tsahal serait mort vers 15h le même jour. D’où la question : les photos montrées à la presse par le médecin palestinien sont-elles celles du « Mohammed du matin », comme le dit ironiquement Tsadik, ou celles du Mohammed de l’après-midi, prétendument tué par des tirs de Tsahal ?

 

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Mis en ligne le 09 mars 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org
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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 15:36
12:58 Liban : le chef du Fatah al-Islam, Chaker al-Absi, [se serait évadé de sa cellule libanaise] pour rejoindre la Syrie, avec l'accord des autorités de Damas. Selon le journal koweitien A-Siassa, les services de renseignements syriens ont escorté M. Al-Absi depuis Ein el-Hilweh, au Liban, jusqu'à une destination secrète en Syrie.  (Guysen.International.News)
Le journal ajoute que les dirigeants d'Al-Qaïda, auquel le Fatah al-Islam est affilié, ont nommé M. Al-Absi responsable de la région ''Syrie-Liban-Palestine''. Le Fatah al-Islam a mené durant plusieurs mois l'année dernière des combats acharnés contre l'armée libanaise à Nahr al-Bared.

Guysen commet une erreur de traduction :

Il n’a jamais été question d’évasion de prison. Al Seyassah dit dans son article que Chaker Al-Absi a quitté le camp de Aïn El Heloui (Saïda), où il s’était réfugié après son évasion de Nahr El-Bared, pour se rendre à Damas sous protection syrienne, et il a été installé par les Services syriens dans un appartement sécurisé du camp de Yarmouk…

 

Absi n’a jamais été arrêté. Au contraire, la question de son évasion de Nahr El-Bared, le 2 septembre, à la veille de l’assaut donné par l’armée, pose une question grave : qui, parmi les militaires, l’a laissé partir ? Y a-t-il eu une complicité de l’armée, pour plaire à la Syrie et obtenir leur aval à l’élection de Michel Sleiman ? François Hajj (militaire de haut rang récemment assassiné) était-il au courant de cette évolution, ce qui explique son assassinat pour éliminer des traces ? Tant de questions restent sans réponse…


Si l'information pouvait être confirmée, elle apporterait, en tout cas, un démenti aux contre-façons d'un récent article (2 mars) du Monde Diplomatique, journal de référence de l'intelligentsia française, voire du corps diplomatique, signé par
Fidaa Itani, qui s'intitulait : "Les étranges alliances des groupes radicaux islamistes - Enquête sur l’implantation d’Al-Qaida au Liban".
 
Nous l'avions, justement, trouvé "étrangement" conciliant à l'égard de la Syrie, où celle-ci était présentée comme ne cultivant pas particulièrement de liens avec le Fatah Al Islam. Au contraire, elle y était plutôt décrite comme victime collatérale, voire en âpre conflit avec cette mouvance "occulte". Toujours selon cet article, ce groupe terroriste qui a déstabilisé le Liban pendant presque 6 mois de l'année 2007, faisant 170 tués du côté des forces régulières, émargeait autant de rivalités anciennes au sein des camps palestiniens que du désœuvrement de la jeunesse sunnite libanaise, secrètement admirative de Ben Laden, travaillant de l'intérieur son désarroi, ses rivalités et sa "peur des Shi'ites". Il aurait donc s'agi de la constitution d'abord informelle d'une sorte de "contre-pouvoir" au Hezbollah. C'est bien pour cette raison qu'elle aurait alors été approchée par des envoyés (un Député socialiste) du " Courant du Futur" de Saad Hariri, l'une des principales composantes du "Mouvement du 14 mars". Il s'avère, plus bas, selon "Libération", que ces indications relèvent de la rumeur entretenue au Liban pour exempter la Syrie.

Vous voyez le tableau? Un conflit séculaire, confessionnel et ethnique germait à l'ombre des Finul en fleurs, hors de toute maîtrise, voire instrumentalisé par un pouvoir central sunno-druzo-maronite parfaitement froid, calculateur et "rationnel", voulant faire face, voire attenter à la "Libanité" des gangs shi'ites de Nasrallah... Cette lecture culturaliste en appelait à notre condescendance de bons néo-coloniaux compatissant aux malheurs des pays émergents mais naturellement inaptes à toute démocratisation, réforme ou partage inter-confessionnel du pouvoir (comme c'est la tradition au pays des Cèdres)... "Heureusement", pourrait-on dire, qu'une étincelle, un malheureux incident, des fouilles policières inconvenantes à Tripoli, que sais-je?, aient empêché cette collusion "naturelle" entre la "majorité" de l'Etat libanais ou ce qu'il en reste, et le terrorisme!

Ce Pouvoir qu'on sait, d'ailleurs, bien mal en point, est déchiré entre une majorité anti-syrienne et une opposition pro-syrienne. "Preuve" s'il en est que la Syrie, que voulez-vous? ne pouvait se sentir concernée et ne cherchait d'aucune façon à commettre une "ingérence" par un biais ou par un autre... Du moins est-ce ce que sous-tendait cet article : indirectement, il innocentait de tout ce dont on accuse Damas, des meurtres en série au Liban, de se servir de ce pays comme "vache à lait" depuis des décennies au nom de la Grande Syrie, raison pour laquelle, elle n'aura rien à déclarer à un Tribunal International pour des assassinats qu'elle n'a jamais commis... Avec des articles "d'investigation" aussi documentés, le "Monde Diplomatique", plus intègre qu'une banque du Lichtenstein, pourrait se vanter de donner dans le blanchiment d'agents sales, pour le compte d'Etats-Voyous...

Selon cette thèse de "l'étrange alliance", les deux ingrédients explosifs d'une bonne guerre civile, comme seul le Liban sait en fomenter, étaient pourtant bel et bien réunis : non plus, comme autrefois, entre Chrétiens et Musulmans poussés par les Palestiniens du Fatah land, mais cette fois, entre Shi'ites du Hezbollahland (alliés au CPL d'Aoun) et Sunnites d'Hariri (alliés au Druzes de Joumblatt et aux chrétiens Maronites d'Amine Gemayel )...

La Syrie, elle-même, viendrait de contredire les envoyés très spéciaux d'Alain Gresh. En quoi l'enquête en cause était-elle seulement "incomplète"? En quoi était-elle le recueil sans analyse critique de sources porteuses d'une thèse inductrice d'"étranges" complicités? Participait-elle sciemment ou inconsciemment d'une mission de déstabilisation intellectuelle des soutiens des dirigeants de Beyrouth à Paris? Autant dire que, par son exemption de toute responsabilité syrienne, elle aura surtout été utilisée comme un travail de "chargés de communication" pour la Maison Alaouite, tentant de renouer le dialogue avec les élites parisiennes.

Si les Koweitiens de
Al-Seyassah, cette fois, disent vrai, les services syriens, toujours très actifs au Liban, viennent d'exfiltrer, en déroulant littéralement le tapis rouge, comme on le ferait à l'intention d'un chef de Califat, et de raccompagner à la Maison-Mère leur petit protégé, le chef du Fatah-al-Islam, Chaker Al-Abssi, responsable pour Al Qaeda au Levant. Ne serait-ce pas, par le plus grand des hasards, qu'Al Qaeda (ou certaines branches de ce mouvement) est bien l'émissaire et l'obligée d'Assad? Le même triste personnage, Al Abssi, était, pourtant présenté, dans l'article du Monde, d'abord comme indirectement impliqué  dans le meurtre de Rafic Hariri, par association à un Palestinien l'ayant revendiqué,. Mais, ensuite, et moins d'un an et demi plus tard, après la guerre de juillet 2006, comme contact des alliés de son propre fils, Saad Hariri, qui se seraient chargés du transfert de son mouvement à Nahr-El-Bared, près de la frontière syrienne... Abssi se serait, alors, montré particulièrement persuasif et principalement soucieux de leur apporter la certitude de son attachement à la cause des "Sunnites" libanais! Ce qui ne l'empêchait pas, un an avant, d'avoir, peut-être, trempé dans l'assassinat d'un leader tout aussi sunnite ayant fini par déplaire à Damas pour s'être, semble t-il, élevé contre la réélection d'Emile Lahoud, l'homme de Bachar Al Assad à Beyrouth. Puis, en 2007, de s'en prendre à l'intégrité du Liban et l'Armée chargée de la préserver!

Cette cavale du Chef d'Al Qaeda-Levant depuis Saïda jusque vers un autre camp palestinien "sécurisé" cette fois à Yarmouk en Syrie, se serait déroulée aujourd'hui-même, sans encombre, sans qu'une armée libanaise ou une Finul aussi combative que son nom l'indique, n'ose bouger le petit doigt de la gâchette, après un long séjour rafraîchissant dans l'un des principaux camps palestiniens du Liban :
Ein el-Hilweh. "Etranges alliances", en effet! L'ensemble de la filière pro-damascène viendrait d'être mise à contribution, pour "rapatrier" ce qu'il convient bien d'appeler "l'émissaire en second de Bachar al Assad au Liban", après Hassan Nasrallah, et principal supplétif de celui-ci dans les suites de la Seconde Guerre du Liban. La mission avortée et la filiation directe et sans détour de ce Djihadiste parfaitement "indépendant" (autant que le journal qui le relatait) semble pourtant claire : semer le chaos dans un Liban qui ne se remettrait pas de la Guerre provoquée par le Hezbollah, ni de la confrontation permanente à la même "opposition" pro-syrienne, toujours à deux doigts du coup d'Etat, pour le compte de l'axe irano-syrien...


L’article d’Al Seyassah ajoute par ailleurs que Chaker Al-Abssi se trouve actuellement sous la protection des SR syriens dans le camp palestinien de Yarmouk (Syrie), et que son rapatriement en Syrie pourrait avoir deux objectifs : le premier, le remettre sur les rangs et le préparer pour une nouvelle bataille contre l’armée libanaise, comme à Nahr El-Bared, pour empêcher l’élection d’un président, et achever la désintégration des institutions libanaises. Le deuxième objectif (pourrait être) de le tuer, comme ce (fut) -NDLR : c'est la thèse d'Al Seyassah-le cas avec Imad Maghnieh, afin de « prouver » à l’Occident que la Syrie coopère dans la lutte contre le terrorisme, Absi étant le chef d’Al-Qaïda pour « Bilad Al-Cham » (Syrie, Liban, Jordanie).

 Tout ceci reste, bien entendu, à démontrer...

Quoiqu'il en soit, Madame Fita Itani, Messieurs du Monde Diplo, ou Monsieur Samir AITA, lui-même syrien, directeur et rédacteur en chef de la version arabe, qui persuaderez-vous que la Syrie n'est pas l'un des principaux centres de coordination et de commandement du terrorisme international, dans ses deux principales composantes :

- à savoir le Hezbollah qui a subi une perte douloureuse dans cette même capitale, il y a quelques semaines, en la personne de son chef militaire, Imad Moughniyeh
- et Al Qaeda, en Irak ou au Levant, selon le sens des vents capricieux de l'Histoire?

Que ces deux hydres ne sont pas toujours nécessairement antagonistes (voir le rapport de la Commission sur l'attentat 11/09/2001 qui le démontre amplement), et actuellement, dans leurs grandes largeurs, au service de l'axe Hezbollah-Syrie-Iran? Damas, succursale de Téhéran, est la boîte de Pandore de tous les poisons inoculés au Proche et Moyen-Orient, qu'il s'agisse encore du Hamas de Khaled Meshaal et Marzouk, du Djihad Islamique de Ramadan Salah, pour Gaza et la Bande Occidentale. Ici d'Al Qaeda au Liban et dans les territoires palestiniens, ou encore du Hezbollah, qui est son organisation para-militaire et terroriste la plus structurée jusqu'à présent, toujours prête à en découdre avec l'Etat hébreu.


 Damas



http://www.monde-diplomatique.fr/imprimer/15572/c417bde078 (publié sur Desinfos.)

http://lessakele.over-blog.fr/article-17247418.html

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Monde
La drôle de guerre du Fatah al-Islam

http://www.liberation.fr/actualite/monde/313970.FR.php?rss=true&xtor=RSS-450
De mai à septembre, un groupe islamiste a résisté au siège du camp palestinien de Nahr al-Bared. Est-il affilié à Al-Qaeda, à la Syrie ? Une seule certitude, son chef court toujours.
Envoyé spécial à Tripoli JEAN-PIERRE PERRIN photos PAUL ASSAKER
QUOTIDIEN : jeudi 6 mars 2008
 

Où se cache Chaker al-Abssi ? Est-il vivant, mort ? Que sont devenus ses principaux lieutenants, Abou Ahmed et Abou Chahid, qui, avec lui, ont tenu tête durant plus de trois mois dans le camp de Nahr al-Bared à l’armée libanaise, lui infligeant des pertes sérieuses ? Dans l’imbroglio libanais, l’histoire du Fatah al-Islam est une énigme. C’est pourquoi ce groupe islamiste projette toujours son ombre noire sur le Liban à l’heure où le pays reste sans président, menacé de guerre civile, son économie en chute libre et sa population de plus en plus désemparée.

A Nahr al-Bared, près de Tripoli (nord du Liban), on croirait que la bataille, qui dura de mai à septembre 2007, s’est terminée il y a quelques jours. Les bombardements ont fait disparaître le camp palestinien. Avant le siège, c’était un labyrinthe de ruelles, une fourmilière en béton, où vivaient 31 000 Palestiniens. Aujourd’hui, les ruines disputent à d’autres ruines le paysage. Les mines interdisent tout retour. Encore massivement déployée, l’armée y veille. La ville de Tripoli (la seconde par sa population, très majoritairement sunnite) n’a pas oublié le traumatisme de cette guerre limitée à quelques kilomètres carrés mais qui a tué 168 soldats libanais et des dizaines de civils. Les rumeurs les plus folles ont circulé : on a présenté cette guérilla sunnite comme une nouvelle «filiale» d’Al-Qaeda, on a prétendu que le fils d’Oussama ben Laden était l’un de ses dirigeants ou que la famille Hariri l’instrumentait pour contrer le Hezbollah chiite. Les imams de Tripoli ont donc cherché à savoir ce qu’était le Fatah al-Islam. Devaient-ils le soutenir, ou le condamner ? Le craindre ou pas ? Allait-il apporter le pur islam, ou le chaos ?

Message aux croisés

Une certitude : l’émir du Fatah al-Islam, c’est Chaker Youssef al-Abssi. Etonnant personnage au carrefour des luttes nationaliste et islamiste. Né à Jéricho (Cisjordanie occupée), ce Palestinien de 52 ans a fait partie du Fatah de Yasser Arafat. Parti en Libye, il y a reçu une formation de pilote de guerre. En 2002, il est condamné à mort par contumace à Amman (Jordanie) pour y avoir tué le diplomate américain Lawrence Foley. Il a aussi été proche d’Abou Moussab al-Zarqaoui, un Jordanien qui fut le représentant en Irak de Ben Laden. Passé en Syrie, il y sera emprisonné. Dans ce pays, tout islamiste radical est passible de la peine de mort. Lui, curieusement, ne restera que trois ans dans les geôles de Damas. Le 2 septembre, à la chute du camp, l’armée libanaise crie enfin victoire. Chaker al-Abssi a été tué. Un prisonnier a reconnu son corps, sa femme et son frère ont confirmé. Mais des tests ADN établiront que ce n’était pas lui. Le 8 janvier dernier, sa voix se faisait entendre sur un site islamiste utilisé habituellement par les groupes liés à Al-Qaeda. «Voici notre message à l’armée des croisés : au Levant, le moulin de la guerre a commencé à broyer [faisant le tri] entre les infidèles et les croyants […]. Attendez-vous au pire. La bataille de Nahr al-Bared n’est qu’un début, et nous verrons qui la remportera.» Ce même jour, deux militaires irlandais de la Force intérimaire de l’ONU au Liban (Finul) étaient blessés dans un attentat près de Saïda. Ce qui a frappé les imams, c’est que jamais Al-Qaeda n’a apporté son soutien au Fatah al-Islam, bien que celui-ci se proclame des affinités idéologiques avec le réseau d’Oussama ben Laden.

Cheikh Issam, un Palestinien de 30 ans, fait partie du comité des oulémas de Nahr al-Bared. Lors du siège, il a servi, à ce titre, d’intermédiaire entre le Fatah al-Islam, l’armée et les autres mouvements palestiniens. Il a ainsi suivi pas à pas la naissance de l’organisation et en a dressé l’arbre généalogique. Comme nombre de groupes armés de la région, le Fatah al-Islam est issu de scissions. Au départ, on trouve le Fatah de Yasser Arafat. En 1982, un groupe prosyrien s’en détache pour fonder le Fatah al-Intifada, basé à Damas. Au Liban, cette nouvelle organisation compte quelques foyers dans le Nord, guère plus de 100 à 150 hommes. Le 16 novembre 2006, une nouvelle scission intervient. Une partie des combattants fondent le Fatah al-Islam. Leur quartier général, ce sera le camp de Nahr al-Bared, où ils s’approprient la plupart des permanences et des arsenaux du Fatah al-Intifada.

Les effectifs gonflent rapidement. «Le Fatah al-Islam, c’est la réunion de types armés venus de la rue. Au début du siège, ils étaient à peine 350. Chaque jour, ils se multipliaient. Ils ont vite contrôlé les trois quarts du camp. Ils étaient tous des passionnés de jihad, prêts à faire n’importe quoi», se souvient Cheikh Issam. La majorité d’entre eux sont palestiniens. Les uns venus de Syrie, les autres de Taamir, un quartier proche du camp de réfugiés d’Aïn Heloueh, près de Saïda.

«Excommunier et tuer»

Comme ils mélangent volontiers islamisme et délinquance, la députée Bahia Hariri, fille de l’ex-Premier ministre assassiné, a voulu se débarrasser de ce danger potentiel pour sa circonscription. Elle leur a proposé de partir en leur offrant de l’argent et en faisant blanchir leurs casiers judiciaires. Erreur. Car ils se sont empressés de rejoindre le Fatah al-Islam. Sous la bannière du groupe, inscrit depuis l’été dernier sur la liste américaine des organisations terroristes, on trouve aussi des Libanais, des Saoudiens, des Maghrébins, des Turcs et un Allemand. «En mai, poursuit Cheikh Issam, nous avons essayé de comprendre ce que voulaient les moudjahidin du Fatah al-Islam», en principe venus combattre Israël : «Leur projet n’avait rien à voir avec la Palestine. Ils n’étaient pas proches de la pensée palestinienne. Ils cherchaient à fonder un petit émirat. Ils avaient le sentiment de former une communauté pure, ce qui, pensaient-ils, leur donnait le droit d’exercer leur pouvoir. Ils s’étaient arrogé le droit d’excommunier d’autres musulmans et celui de tuer.»

Un autre religieux, envoyé à Nahr al-Bared voir qui étaient ces guérilleros de l’islam, ne croit pas lui non plus que le groupe de Chaker al-Abssi ait reçu le «label» Al-Qaeda : «Un commissaire politique de cette mouvance est bien venu dans le camp. Il est resté cinq mois, puis il est reparti. Jamais Al-Qaeda n’a investi sur eux», assure ce très spécial «analyste» autoproclamé des mouvements islamistes radicaux. Rencontré à Tripoli, l’homme n’est autre que Cheikh Omar Bacri Mohammed, «le prêcheur de la haine» expulsé de Londres après les attentats sanglants de juillet 2005. Si l’ex-tribun du «Londonistan» dit vrai, qui a financé et armé les hommes de Chaker al-Abssi ?

Ahmed Qassas, le leader de l’organisation radicale Hezb al-Tahrir (le Parti de la libération islamique), persécutée du temps de la présence syrienne, a une réponse. Il a approché le groupe et a été frappé par ces «jeunes pleins d’enthousiasme pour le jihad. A Nahr al-Bared, ils venaient s’entraîner avant d’aller se battre en Irak. Les Syriens les laissaient passer et leur donnaient des armes. Le problème, c’est qu’ils ont utilisé leurs armes au Liban.»

C’est le 13 février 2007 qu’a eu lieu le premier attentat du Fatah al-Islam : trois morts, après l’explosion de deux minibus dans un quartier chrétien de Beyrouth. L’armée, qui n’a pas le droit d’entrer dans les camps palestiniens, décide du blocus de Nahr al-Bared. Cela n’empêche pas des membres du groupe d’attaquer, le 20 mai, la banque Med, propriété de la famille Hariri. Le même jour, ils investissent un avant-poste de l’armée, laquelle encercle le camp : 27 soldats sont égorgés pendant leur sommeil. L’armée libanaise réplique par des bombardements massifs. Dans les derniers jours d’un interminable siège, Al-Abssi et ses principaux lieutenants parviennent à s’enfuir. D’où ce soupçon qui pèse sur l’armée libanaise : les a-t-elle délibérément laissés partir ? La question a été posée par le député Walid Joumblatt lors d’un entretien avec le patron de l’armée, le général Michel Sleimane, indique un proche du leader druze. But de l’exfiltration ? Empêcher les chefs du Fatah al-Islam de révéler qui se cache derrière eux. Mais pourquoi l’armée, qui a payé un si lourd tribut lors du siège, aurait-elle accepté ce marché ? Michel Hajji Georgiou, éditorialiste au quotidien l’Orient-le Jour, a une explication : «Damas a proposé la fin des combats en échange de la fuite des chefs du Fatah al-Islam.»

Deux assassinats

Cheikh Issam est catégorique : «Damas a créé le Fatah al-Islam.» But de la manipulation : «D’abord, créer des problèmes entre les sunnites pour affaiblir le gouvernement ; ensuite, frapper la Finul pour la contraindre à quitter le Liban et permettre un retour en force du Hezbollah à la frontière libano-israélienne Dans cette perspective, Al-Abssi a été «retourné» pendant sa captivité. «Personne n’a jamais donné le moindre éclaircissement sur les raisons qui lui ont permis de sortir de prison»,avait déjà accusé Saad Hariri, le chef de la majorité.

A Damas et Téhéran, on réplique, sans avancer de preuves, que le Fatah al-Islam a été créé par le gouvernement libanais, les Etats-Unis, l’Egypte et même Israël pour contrer le Hezbollah (NDLR : la thèse du Monde diplomatique prend donc bien sa source dans les pas de la propagande de l'axe Irano-Syrien, dont elle se fait largement l'écho. Elle gomme toute défiance, toute action réalisée pour éloigner ou questionner cette présence au Liban du Fatah-al-Islam, de la part de porte-parole ou responsables du cercle rapproché autour de Saad Hariri). Bilad Baroud, un imam très populaire, est d’un autre avis : «Pendant des années, la Syrie a essayé de faire marcher le Liban à sa manière. Sans succès. Maintenant, le Fatah al-Islam est l’un des scénarios de Damas, avec l’assassinat de Hariri, les manifestations du Hezbollah […] , pour provoquer une guerre civile qui lui permettrait de revenir au Liban.» Une aussi longue résistance d’un petit groupe risque d’inspirer d’autres islamistes tentés par le jihad. Rôde aussi le fantôme de Chaker al-Abssi, que l’on voit, sans doute à tort, derrière les récents assassinats de deux chefs de l’armée : son numéro 2, le général François Hajj, et un chef des renseignements militaires. Le premier avait dirigé le siège de Nahr al-Bared, le second y avait été blessé.





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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 18:23
Sous les ordres du Hamas, des enfants palestiniens sont positionnés sur les toits des batiments de Gaza
4 mars 2008 - Margot Dudkevitch - Infolive.tv

Les images de femmes et d’enfants, pris sous le feu des combats, blessés ou tués, restent et resteront des images traumatisantes et inacceptables. Pour tous, et quelle que soit l’origine des victimes. Dans le cadre des récentes opération israéliennes dans la bande de Gaza, de telles images ont récemment été diffusées par les télévisions du monde entier.

Des images filmées par les médias arabophones et ensuite reprises sans distinction par les agences américaines et européenes. Les Nations-Unies et l’Union Européenne ont condamné d’une seule et même voix, "l’usage excessif et disproportionné de la force par Israël". La quasi totalité des médias étrangers ont concentré leurs reportages et leurs images sur la mort tragique d’enfants palestiniens lors des raids aériens de l’armée israélienne.

Ces mêmes agences de presse ont cependant "omis", ou pour certaines sciemment refusé, de diffuser les images, pourtant non moins traumatisantes, d’enfants israéliens pris sous le feu massif et mortel des roquettes et missiles du Hamas. Des enfants marqués à vie, dans leur chair et dans leur esprit, des enfants qui ont perdu une jambe, qui ont perdu leur maison, qui ont perdu un parent. Ces enfants israéliens, de Sdérot ou d’Ashkélon, les jeunes victimes du terrorisme palestinien depuis 7 longues années...

La communauté internationale dans son ensemble a de plus singulièrement refusé de prendre en compte le fait indéniable, et intolérable, de l’utilisation et de la manipulation des enfants palestiniens par le Hamas, et ce dans le seul but de promouvoir son idéologie criminelle.

L’armée israélienne, avant toute frappe aérienne ou tout autre opération militaire, avertit met en garde la population civile. Perdant pourtant un précieux effet de surprise, l’armée avertit les citoyens, au moyen de messages écris ou radiophoniques, leur enjoignant de quitter la zone de combat et de se mettre à l’abri.

Le Hamas a su tirer profit de cette situation, et ordonne désormais aux enfants Palestiniens de Gaza de se positionner sur le toit des batiments visés par l’Armée israélienne. Un bouclier humain d’enfants palestiniens destiné à protéger des infrastructures terroristes.

Des responsables militaires israéliens ont recemment confié au quotidien Yéhidiot A’haronot, qu’un certain nombre de frappes aériennes ont été annulées à la dernière seconde après que les pilotes aient rapportés la présence d’enfants sur les toits des batiments visés.

Dans les nombreuses manifestations du Hamas, les enfants sont placés en première ligne, habillés en uniformes militaire ou en terroriste suicide auquel ses prétendus "protecteurs du Hamas" ont fixé une ceinture d’explosif autour de la taille. Dans les écoles, ces enfants sont endoctrinés dès leur plus jeune âge, eduqués par leur "professeurs" à haïr, à détruire, et à mourrir.

Les attentats-suicides et les tirs de missiles tuent. Il est temps pour la communauté internationale de regarder le Hamas pour ce qu’il est. Une organisation terroriste, à l’idéologie destructrice. 04/03/2008

Réunion des experts juridiques sur le droit de riposte
4 mars 2008 - Guysen

Le ministre de la Défense, Ehoud Barak, a demandé au ministre de la Justice, Daniel Friedman, au vice-ministre de la Défense, Matan Vilnaï, au sous-procureur général Shai Nitzan, ainsi qu’au général Avichai Mandelblit, d’examiner dans quelle mesure les ripostes de Tsahal contre les tirs de roquettes Qassam à partir de zones habitées posent un problème de droit international.

"Nous avons une responsabilité envers les habitants de Sdérot, et nous ne pouvons pas cautionner que ces derniers soient victimes de tirs incessants, sans répondre" a déclaré Ehoud Barak.

"Nous devons trouver le moyen de répondre à ces attaques. Je comprends la limitation juridique, mais nous devons trouver une solution qui nous permette d’agir" a-t-il ajouté.

Car la question est délicate.

Selon le sous-procureur Shai Nitzan, "il est possible de tirer sur des infrastructures qui abritent des armes ou des engins explosifs, mais des domaines spécifiques doivent être définis. Des efforts doivent être faits pour établir une véritable distinction entre les combattants et les civils".

Le vice-ministre de la Défense, Matan Vilnaï, a quant à lui suggéré de déclarer certains secteurs de la Bande de Gaza "zones de combat". Il a expliqué que les habitants de ces zones seraient alors prévenus du danger, et invités à partir.

Ehoud Barak a également proposé de déplacer les civils palestiniens des lieux où sont lancées les roquettes, afin que Tsahal dispose d’une plus grande marge de manœuvre.

Les experts juridiques sont donc confrontés à une question épineuse. Le droit international est généralement fondé sur des précédents, mais dans ce cas, il n’y a jamais eu de situation similaire.

 

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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 09:25
Hamas firing from civilian homes
Terrorists surrounded by women, children, take up positions in Gaza

Posted: March 02, 2008
7:53 pm Eastern

By Aaron Klein
© 2008 WorldNetDaily

 

JAFFA – Amid Israel's ongoing ground operation in the Gaza Strip, the Hamas terrorist group has been drawing Israeli forces into populated civilian areas, shooting at Jewish fighters from occupied civilian homes while women and children were inside, an Israel Defense Forces commander fighting in Gaza told WND.
 
"Hamas terror operatives shooting at us took up positions inside civilian homes while the civilians were still inside," said the commander, who was speaking from the outskirts of an IDF operation in Jabaliya in the northern Gaza Strip.

"The aim is to draw us into killing civilians to bring about international pressure to end our operation," the commander said, speaking on condition his name be withheld due to Israeli military restrictions on media interviews by fighting forces.

The commander said in one case today, four Hamas snipers shot at Israeli forces about from the open window of a home where women can be clearly seen in the background.
 
Israel this weekend launched a mid-sized ground and air assault on Hamas positions in Gaza following massive rocket bombardments of Jewish cities by Palestinian terrorists. 
 
In a major escalation over the past few days, Hamas has been firing long range Grad rockets at the strategic port city of Ashkelon, which is home to about 125,000 Israelis.  Ashkelon houses a major electrical plant that powers most of the Gaza Strip.
 
Grad rockets are longer-range Soviet-style projectiles similar to the Katyusha rocket, which the Lebanese Hezbollah terror group successfully used in 2006 to barrage northern Israel. The Grad travels farther and has a larger payload than the Qassam rocket, which can travel about five miles and is the usual rocket of choice for Palestinians.
 
At least 140 rockets, mostly Qassams, targeted the Israeli city of Sderot the past four days, bombarding the working-class city of about 25,000 people located nearly three miles from the Gaza border. One man was killed and dozens injured last week.  Thousands of rockets have been regularly launched at Sderot since Israel retreated from the Gaza Strip in 2005.

In addition to rockets at Sderot, dozens of Grads struck Ashkelon the past few days, including at least three yesterday,  reportedly wounding one woman who had used her body to protect her children during an incoming rocket onslaught.
 
In response to the rocket attacks, the Israel Air Force has been targeting Hamas positions in Gaza, carrying out numerous air strikes against what Israel says are rocket crews, explosives assembly plants, and Hamas headquarters used in rocket storage and production. 
 
In an apparent statement Hamas leaders are not immune from Israeli attack, the IAF today bombed the office of former Hamas Prime Minister Ismail Haniyeh. According to security officials, Haniyeh has been in hiding for several weeks, fearing assassination. A security station outside his home had been targeted on Friday.

Alongside air strikes, Prime Minister Ehud Olmert approved a limited ground operation in Gaza focusing mainly on the northern Gaza town of Jabaliya, which houses a Hamas military and rocket infrastructure. The IDF this weekend took up key positions in Jabaliya, located about 1 mile into Gaza, conducting extensive searches for Hamas terrorists.
 
Israel's entire Gaza ground incursion, which involves hundreds of ground troops and dozens of tanks, is limited to only about one mile inside Gaza. The operation is not expected to greatly dent Hamas' rocket firing capabilities since most rocket attacks are launched from at least 2 miles in the Gaza Strip.
 
At least 90 Palestinians were killed in military operations this weekend. Israeli officials said 80 of those killed were terrorists. Two Israeli soldiers were also killed during yesterday's ground operations.
 
Israeli Defense Minister Ehud Barak defended the Gaza operation as necessary to combat ongoing rocket attacks.
 
"We pulled out of Gaza, we tore Israelis from their homes, just for quiet in the communities in the Gaza envelope. These were painful concessions that we made for quiet, and Hamas has continued its fire without reason," said Barak.
 
"They are firing on innocent civilians and have left us no choice. We will operate with force to change the situation, and we will change it," Barak said.
 
Still, the international community slammed what many world leaders called "Israeli aggression" against Gazan Palestinians.
 
In an emergency United Nations session called today to discuss the Gaza violence, U.N. Secretary-General Ban Ki-moon slammed Israel's Gaza fighting as a "disproportionate" use of force. 
 
"While recognizing Israel's right to defend itself, I condemn the disproportionate and excessive use of force that has killed an injured so many civilians, including children," Ban told the emergency session of the council.

"I call on Israel to cease such attacks," he said.

The European Union issued a statement urging Israel to halt activities it claimed endanger civilians saying they were contrary to international law.
 
Pope Benedict appealed for an end to the conflict in Gaza, calling on both Israelis and Palestinians to unconditionally halt the violence.

The U.S. for its part also urged "calm" on both sides and urged Israel to continue negotiating with PA Leader Abbas toward creating a Palestinian state.
 
"The violence needs to stop and the talks need to resume," White House spokesman Gordon Johndroe said.

 

 

To interview Aaron Klein, contact M. Sliwa Public Relations by e-mail, or call 973-272-2861 or 212-202-4453.


 

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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 09:16
http://jcdurbant.blog.lemonde.fr/2008/03/03/gaza-dont-des-femmes-et-des-enfants-desinformation

03 mars 2008
Gaza girlCe qui se passe à Gaza est plus qu’un holocauste. Mahmoud Abbas (lui-même une autorité sur la question puisque sa thèse portait sur sa contestation)
 
Ces tirs sont insupportables humainement et économiquement. Sdérot est une ville sinistrée. Mais cela peut, même à l’échelle d’un pays comme Israël, se compenser par des aides importantes et la solidarité nationale. A présent, les tirs atteignent massivement Askhelon, sa centrale électrique et ses industries, et menacent Ashdod et son complexe portuaire, deux villes stratégiquement vitales pour Israël. (…) Qu’un groupe terroriste bombarde Aubagne ou Grasse durant 2 ans pourrait se supporter à l’échelle d’un pays comme la France. Que les missiles menacent Fos sur Mer et son complexe industriel, cela devient immédiatement intolérable car une partie de l’approvisionnement énergétique est directement menacée. Pierre Lefebvre (Primo-Europe)
 
Dans la seule journée de samedi, marquée dans la bande de Gaza par une intensification de l’opération, plus de 50 Palestiniens dont des femmes et des enfants ont été tués et quelque 150 blessés ont été dénombrés. (Dépêche AFP reprise par l’Humanité, le 2 mars 2008)
 
Cinquante-quatre Palestiniens, des activistes mais aussi des femmes et des enfants, ont été tués et quelque 150 blessés samedi lors d’une vaste opération de l’armée israélienne dans le nord de la bande de Gaza. (Même dépêche AFP reprise par Le Figaro)
 
Parmi la cinquantaine de morts recensés par les services médicaux palestiniens figurent une quinzaine de membres des groupes armés du Hamas et du Djihad islamique. Une vingtaine de civils ont également été tués, dont quatre enfants et sept femmes. (Même dépêche AFP reprise par Le Monde)
 
Vendredi, après avoir localisé trois bâtiments civils depuis lesquels des roquettes avaient été tirées contre le territoire israélien, Tsahal a lancé des tracts invitant la population à s’éloigner de ces maisons, et précisant que les Israéliens s’apprêtaient à les détruire une demi-heure plus tard. Loin d’obtempérer, les miliciens ont rempli les bâtiments en question de centaines de civils, majoritairement des femmes et des enfants. Afin de se faire voir et d’indiquer les cibles aux artilleurs et aviateurs hébreux, les miliciens ont allumé de grands feux sur les toits des immeubles ciblés. En conséquence de quoi, l’IDF a abandonné son projet de bombardement ainsi que l’idée d’avertir la population du lieu de ses prochaines frappes.
 
Dans un second cas, après s’être rendus maîtres d’un autre bâtiment de six étages à Sadjaya, les soldats ont pu s’apercevoir que les quatre étages inférieurs étaient réservés à l’usage des miliciens et des terroristes, que les caves recelaient de roquettes et d’explosifs, et que les étages supérieurs était occupés par des familles. Au moins dix salves de roquettes avaient été tirées, ces derniers jours, depuis le toit de cet immeuble, contre les agglomérations civiles israéliennes. Stéphane Juffa (Agence indépendante israélienne, Metula News Agency)
 

Vous avez aimé Liban 2006 (Hezbollah Studios), Hamas productions vous présente maintenant… Gaza 2008!

 

Avec l’opération israélienne actuelle pour tenter de réduire les bombardements continuels de ses villes-frontières par les roquettes du Hamas à partir de Gaza …

 

Et la reprise, comme si de rien n’était, de la désinformation par tous nos médias réunis (après ça, faut pas s’étonner si on se retrouve avec des gens aussi ignorants que nos Meyssan, Enderlin, PPDA, Karel, Laurent, Ardisson, Bové, Mamère, Boutin, Sara Daniel, Karl Zéro, Bruno Gaccio… Marion Cotillard!) …

 

Petit retour, au-delà des mises en scène, fausses victimes, recyclage des cadavres issus des morgues, boucliers humains, sur la manière de “truquer” les chiffres, la plus imparable car la plus inaperçue et insidieuse, de nos médias, puisqu’elle consiste à se contenter des chiffres “bruts”!

 

Ainsi, comme nous l’avions rapporté il y a deux ans à partir d’une analyse statistique de l’ Institute for Counter-Terrorism, on peut, presque sans s’en rendre compte, produire les distorsions les plus aberrantes.

 

Par exemple, avec l’usage incontrôlé de termes tels que victimes “civiles” qui amalgament combattants (justement sans uniforme!) comme non-combattants ainsi que les terroristes-suicide et mêmes les “collaborateurs” assassinés par les réseaux terroristes palestiniens eux-mêmes ou… les victimes d’accidents ou de roquettes retombées sur leurs propres lanceurs et leurs voisins!

 

Mais surtout, on peut donner une image totalement fausse des forces de sécurité israéliennes comme tueurs délibérés de civils et notamment d’enfants, alors que l’analyse statistique montre au contraire l’approche terroriste des groupes palestiniens par la distribution beaucoup plus large (touchant à peu près toute la gamme des âges et les deux sexes) et donc “aveugle” de leurs victimes-cibles, par opposition aux forces de sécurité israéliennes dont la distribution des victimes-cibles est beaucoup plus étroite et donc plus “ciblée” (essentiellement jeunes et masculins).

 

Analyse qui est confirmée par les enquêtes de l’ONU elle-même, qui font état d’une moyenne de 6% de femmes (ou 5% selon d’autres enquêtes) parmi les victimes palestiniennes, soit quelque 95 ou 94% d’hommes, et même chez les enfants 87% de garçons! (le patron des services secrets de l’armée israélienne annonçait il y a deux jours que “90 des 108 palestiniens tués en 2 jours étaient des combattants”).

 

Ce qui donne, pour les 44 ou 45% de civils restants (contre un total de 59% de victimes civiles du côté israélien, sans parler des quelque 80% d’attaques évitées!) que la plupart sont victimes des tactiques utilisées par les terroristes déclarés parmi eux …

 

Qui installent délibérément leur armement, ateliers à bombes ou tireurs embusqués dans les zones résidentielles les plus peuplées des villes et villages de leurs compatriotes, quand ce n’est pas directement dans leurs écoles, mosquées ou ambulances

 

Ou se cachent, armés, derrière leurs enfants dans les manifs ou installent des gilets de dynamite sur certains de ces enfants ou femmes

 

Ou utilisent, avec leurs chefs, chaque occasion, enterrements, discours, émissions de télé, manuels scolaires, pour chanter les louanges du martyre (n’est-ce pas à “un million de martyrs” qu’appelait Arafat en mars 2002 ?) …

 

D’ailleurs, pour se faire une idée de ce à quoi peut ressembler une information un peu plus sérieuse (si Le Monde fournit un décompte un peu plus précis des victimes impliquées, il fait largement l’impasse sur les circonstances de leur mort) voici un article d’une agence indépendante israélienne (la Metullah agency) qui, elle, a ses propres reporters sur place:

 

Extraits:

 

Les combats

 

Lors de combats rapprochés à l’arme automatique, dans les régions habitées, la force d’intervention s’est heurtée à des centaines de miliciens intégristes. Les miliciens utilisent pour leur part des fusils mitrailleurs, des mitrailleuses lourdes, des mortiers, des grenades antichar (RPG), et ils font exploser à distance des charges enterrées ou dissimulées sur le côté des voies d’accès.

 

Côté intégriste, les affrontements de samedi jusqu’à l’aube de ce dimanche ont coûté la vie à 72 personnes – selon nos sources recoupées – et ont fait environ 210 blessés. Le ratio entre les victimes parmi les milices et les civils palestiniens est de l’ordre de 3 pour 1.

 

Les civils : des boucliers humains

 

Le nombre relativement élevé de victimes collatérales est dû à deux particularités des affrontements en cours : le fait que de nombreux jeunes gens sont présents dans les rues où se déroulent les combats, et l’identification de ce que les miliciens et les terroristes lanceurs de roquettes se servent de la population civile comme d’un bouclier.

 

Deux observations corroborent ma remarque : vendredi, après avoir localisé trois bâtiments civils depuis lesquels des roquettes avaient été tirées contre le territoire israélien, Tsahal a lancé des tracts invitant la population à s’éloigner de ces maisons, et précisant que les Israéliens s’apprêtaient à les détruire une demi-heure plus tard. Loin d’obtempérer, les miliciens ont rempli les bâtiments en question de centaines de civils, majoritairement des femmes et des enfants. Afin de se faire voir et d’indiquer les cibles aux artilleurs et aviateurs hébreux, les miliciens ont allumé de grands feux sur les toits des immeubles ciblés. En conséquence de quoi, l’IDF a abandonné son projet de bombardement ainsi que l’idée d’avertir la population du lieu de ses prochaines frappes.

 

Dans un second cas, après s’être rendus maîtres d’un autre bâtiment de six étages à Sadjaya, les soldats ont pu s’apercevoir que les quatre étages inférieurs étaient réservés à l’usage des miliciens et des terroristes, que les caves recelaient de roquettes et d’explosifs, et que les étages supérieurs était occupés par des familles. Au moins dix salves de roquettes avaient été tirées, ces derniers jours, depuis le toit de cet immeuble, contre les agglomérations civiles israéliennes.

 

Collusion de certains media avec la propagande du Hamas

 

Les responsables de la communication du Hamas font un usage cynique et systématique des images des civils blessés ou tués lors des combats. La chaîne de télévision qatarie Al Jazzera diffuse abondamment, dans le monde entier, des images de corps de civils mutilés, sans la moindre réserve et sans établir la causalité entre ces victimes collatérales, les tirs de roquettes et la tactique des miliciens.

 

D’autre part, et en infraction patente avec les codes déontologiques existants, nos consoeurs de l’AFP, de l’AP et de Reuters omettent, dans les titres de leurs dépêches, de différencier les victimes civiles des combattants intégristes, faisant globalement état du nombre de “Palestiniens” tués ou blessés. Commettant une autre faute grossière, ces agences se refusent à mentionner la définition spécifique des combattants intégristes, miliciens et/ou terroristes, soit, encore, “membres d’organisations terroristes”, reconnues comme telles par les grandes institutions nationales et internationales.

 

Ces organes médiatiques participent ainsi, et par d’autres initiatives, au projet de victimisation engagé par l’organisation terroriste de la Résistance Islamique (Hamas).

 

Gare à la libanisation du conflit !
Par Stéphane Juffa
Boites de Pandore
Metula News Agency
02/03/08

 

Nous ne comprenons pas bien les prémices d’”Hiver chaud”

 

Avec Sami El Soudi, Ilan Tsadik et Etienne Duranier, sur le front sud.

 

La Ména se déploie sur le terrain

 

Cette fois-ci, nous n’attendrons pas une quinzaine de jours pour faire part de nos préoccupations quant à la conduite des opérations de Tsahal face aux terroristes et miliciens intégristes de Gaza. Afin que nos articles ne soient pas des billets d’humeur – qui saturent déjà l’univers médiatique et le Net – n’exprimant que les états d’âme de leurs auteurs, nous avons déployé trois reporters au plus près du théâtre des opérations. Les trois, Sami El Soudi, Ilan Tsadik et Etienne Duranier, se trouvent, respectivement, sur le front sud-ouest, face à Bet Hanoun et Gaza City ; près du Q.G des forces israéliennes, au nord de la bande de Gaza ; et aux alentours de Kerem Shalom, face à Rafah, non loin de la frontière égyptienne.

 

Nos trois envoyés spéciaux maintiennent un contact interactif permanent entre eux ainsi qu’avec la rédaction de Métula. De plus, Jean Tsadik et l’auteur de ces lignes effectuent de fréquentes navettes, depuis jeudi dernier, dans les villes, villages et kibboutzim du pourtour de Gaza afin de recueillir des informations supplémentaires. Ils assureront la logistique nécessaire au maintien et à l’activité de nos reporters.

 

Ces dispositions ont pour objectif de coordonner nos analyses avec la constatation directe des plus récents développements sur le terrain, ceci incluant les transferts de troupes, qui permettent de mettre en perspective une appréciation des éventuels développements militaires.

 

Notre objectif ultime consiste à donner à nos abonnés une information analytique de première main, collant littéralement à l’observation objective et continue des faits. Suivant ce mode opératoire, entériné, hier matin, par le comité de rédaction de notre agence, nous sommes à peu près certains de vous offrir la meilleure synthèse observation-analyse des activités militaires et politiques relatives aux opérations en cours.

 

Ce n’est – heureusement – pas tous les jours que l’immeuble de notre rédaction se trouve au milieu du champ de bataille, comme lors de la dernière guerre du Liban, aussi, pour continuer à mériter notre réputation, nous avons été amenés à décider de ce déploiement exceptionnel.

 

Les combats

 

L’opération menée par l’armée israélienne à Gaza possède désormais un nom de code. Il s’agit de Khoref kham, soit “Hiver chaud” en français. En ce dimanche matin d’affrontements, l’IDF contrôle les banlieues nord et nord-est de Gaza city que sont Djebalya et Sadjaya. Pour s’emparer de ces localités, les unités en opération – environ deux mille hommes de la brigade Givati, le 9ème bataillon blindé, l’aviation ainsi que des unités du génie – ont eu à progresser dans des terrains découverts, puis, dans des zones construites.
Lors de combats rapprochés à l’arme automatique, dans les régions habitées, la force d’intervention s’est heurtée à des centaines de miliciens intégristes. Les miliciens utilisent pour leur part des fusils mitrailleurs, des mitrailleuses lourdes, des mortiers, des grenades antichar (RPG), et ils font exploser à distance des charges enterrées ou dissimulées sur le côté des voies d’accès.

 

Lors des premiers échanges d’armes automatiques, samedi matin, puis lors de combats maison par maison, deux soldats de Tsahal ont été tués et sept autres blessés. Ce matin, tous les blessés sont dans un état stable : un officier se trouve dans un état de moyenne gravité, trois soldats sont dans une condition qualifiée par les médecins de légère à moyenne et les trois autres n’ont été que très modérément touchés aux membres.

 

Côté intégriste, les affrontements de samedi jusqu’à l’aube de ce dimanche ont coûté la vie à 72 personnes – selon nos sources recoupées – et ont fait environ 210 blessés. Le ratio entre les victimes parmi les milices et les civils palestiniens est de l’ordre de 3 pour 1.

 

Les civils : des boucliers humains

 

Le nombre relativement élevé de victimes collatérales est dû à deux particularités des affrontements en cours : le fait que de nombreux jeunes gens sont présents dans les rues où se déroulent les combats, et l’identification de ce que les miliciens et les terroristes lanceurs de roquettes se servent de la population civile comme d’un bouclier.

 

Deux observations corroborent ma remarque : vendredi, après avoir localisé trois bâtiments civils depuis lesquels des roquettes avaient été tirées contre le territoire israélien, Tsahal a lancé des tracts invitant la population à s’éloigner de ces maisons, et précisant que les Israéliens s’apprêtaient à les détruire une demi-heure plus tard. Loin d’obtempérer, les miliciens ont rempli les bâtiments en question de centaines de civils, majoritairement des femmes et des enfants. Afin de se faire voir et d’indiquer les cibles aux artilleurs et aviateurs hébreux, les miliciens ont allumé de grands feux sur les toits des immeubles ciblés. En conséquence de quoi, l’IDF a abandonné son projet de bombardement ainsi que l’idée d’avertir la population du lieu de ses prochaines frappes.

 

Dans un second cas, après s’être rendus maîtres d’un autre bâtiment de six étages à Sadjaya, les soldats ont pu s’apercevoir que les quatre étages inférieurs étaient réservés à l’usage des miliciens et des terroristes, que les caves recelaient de roquettes et d’explosifs, et que les étages supérieurs était occupés par des familles. Au moins dix salves de roquettes avaient été tirées, ces derniers jours, depuis le toit de cet immeuble, contre les agglomérations civiles israéliennes.

 

Collusion de certains media avec la propagande du Hamas

 

Les responsables de la communication du Hamas font un usage cynique et systématique des images des civils blessés ou tués lors des combats. La chaîne de télévision qatarie Al Jazzera diffuse abondamment, dans le monde entier, des images de corps de civils mutilés, sans la moindre réserve et sans établir la causalité entre ces victimes collatérales, les tirs de roquettes et la tactique des miliciens.

 

D’autre part, et en infraction patente avec les codes déontologiques existants, nos consoeurs de l’AFP, de l’AP et de Reuters omettent, dans les titres de leurs dépêches, de différencier les victimes civiles des combattants intégristes, faisant globalement état du nombre de “Palestiniens” tués ou blessés. Commettant une autre faute grossière, ces agences se refusent à mentionner la définition spécifique des combattants intégristes, miliciens et/ou terroristes, soit, encore, “membres d’organisations terroristes”, reconnues comme telles par les grandes institutions nationales et internationales.

 

Ces organes médiatiques participent ainsi, et par d’autres initiatives, au projet de victimisation engagé par l’organisation terroriste de la Résistance Islamique (Hamas).

 

La stratégie d’Hiver chaud

 

A partir des régions qu’elle contrôle à Djebalya et Sadjaya, Tsahal lance, ce dimanche, des raids, soutenus par l’aviation et des hélicoptères, contre des positions des miliciens dans d’autres parties de Gaza city, notamment des sites de lancement de roquettes.

 

D’autre part, la pression exercée par la présence et les activités des militaires israéliens dans ces secteurs a obligé les tireurs de Qassam et de Grad à se réfugier dans une bande de cinq kilomètres de moyenne en largeur, située entre Djebalya et la Méditerranée, les éloignant de fait du Néguev occidental.

 

Les Israéliens, en forçant les tireurs à se replier à l’ouest, ont également pu détruire un camion transportant pas moins de 160 roquettes.

 

Ceci posé, les tirs contre Sderot et Ashkelon ont encore compté une cinquantaine de roquettes dans la soirée de samedi et dix dans la matinée de dimanche. A l’aube, une première Katioucha (Grad) a même atteint la ville de Netivot, située nettement plus à l’intérieur du Néguev que Sderot.

 

Ce dimanche matin, on observait toutefois une sensible diminution du nombre des tirs en direction du territoire israélien, sans qu’il ne soit possible d’attribuer cette réduction, de manière affirmative, à l’action de Tsahal à Gaza.

 

Le ministre israélien de la Défense, M. Ehoud Barak, a lui aussi prévenu, hier soir, que “les tirs de Qassam ne cesseraient pas après deux jours d’opération”.

 

Bien que Barak ait affirmé que “l’opération se poursuivait”, il nous est impossible de dire, en cette fin de matinée dominicale, s’il s’agit ou non de la grande opération dont tout le monde parle depuis quelques semaines. Car, non seulement le porte-parole de l’armée et celui du gouvernement se montrent très avares en informations factuelles concernant l’opération en cours, mais il nous semble également que la décision elle-même n’a pas encore été prise.

 

Celle-ci pourrait intervenir mercredi prochain, lors d’une réunion spéciale du cabinet sécuritaire restreint, après avoir évalué les résultats des premiers jours de combats. Il nous semble qu’”Hiver chaud” consiste en une opération modulable, qui pourrait se transformer en opération déroulante visant à la réoccupation de larges secteurs de Gaza, si la décision politique était prise.

 

Nos inquiétudes

 

Forts des éléments en notre possession, et en dépit de la confiance que nous avons dans la compétence stratégique d’Ehoud Barak, nous nous devons de constater froidement que l’action engagée par l’IDF n’a pas réussi à stopper les tirs de roquettes contre les civils israéliens.

 

Nous observons, au contraire, que ces bombardements ont gagné, en cette fin de semaine, la ville d’Ashkelon, une cité de 130 000 habitants, qui sont désormais contraints de vivre sous la menace permanente des terroristes intégristes.

 

Cela n’est pas sans rappeler ce que nous avons connu durant la guerre du Liban, à l’été 2006. Une armée qui combat, sans utiliser l’essentiel de ses moyens, pendant que des civils israéliens continuent de subir les Katiouchas lancées par un groupe terroriste.

 

Une autre de nos appréhensions consiste à voir Tsahal mener à nouveau “des opérations” au lieu de faire le nécessaire afin d’anéantir la présence armée du Hamas dans la bande de Gaza. Certes l’équation est délicate – nous avons souvent parlé de ses périls dans ces colonnes - mais elle est moins dangereuse que l’indécision. Il ne faut pas non plus exagérer la problématique militaire posée par les miliciens intégristes à “la plus puissante armée du Moyen-Orient”. Ce ne sont pas quinze mille hommes armés, dont trois mille sachant se servir d’un fusil, qui arrêteront Tsahal, si la décision d’action est prise.

 

Il faudra ensuite gérer une nouvelle occupation, ce qui est très désagréable et qui est un exercice dans lequel les Israéliens n’excellent pas. Mais avons-nous encore le choix de tergiverser, tandis que la capacité de nuisance du Hamas croît de mois en mois, grâce à l’Emmental constitué par la frontière de Rafah, et l’immense entrepôt de stockage d’armes et de munitions, qu’est devenu le désert du Sinaï ?

 

En Israël, il y a ceux qui sont persuadés que la meilleure solution serait d’accéder à un cessez-le-feu de fait, voir à une trêve avec le Hamas. En ma qualité d’amoureux de la paix, qui connaît et qui se méfie des brûlures et des cicatrices des guerres, j’affirme pourtant que cette solution n’est pas praticable. Pire encore, elle présente l’assurance d’une guerre plus difficile encore à gérer dans un proche avenir ; elle implique de prendre le risque de voir Ashdod, puis la partie sud du Goush Dan, la mégapole de Tel-Aviv, sombrer à portée des nouvelles armes, que l’Iran et la Syrie, qui en possèdent en nombre, ne manqueraient pas de faire passer à Gaza.

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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 13:25
« Les conditions de tournage à Gaza » (Charles Enderlin)
L’appelant décortique les images diffusées par France 2 au JT du 30 : saynètes de guerre jouées(16), Palestiniens simulant de fausses blessures, etc. Me Patrick Maisonneuve souligne une contradiction : « Un médecin parle d’une blessure par balle à la jambe gauche, alors que le père situe cette blessure à la jambe droite ».
Les intimés et leur défense esquivent les questionnements sur les nombreuses incohérences, contradictions et invraisemblances.
Face au moniteur, Charles Enderlin intervient sans convaincre, en réitérant sa confiance en son cameraman et en mettant en avant son savoir sur l’Intifadah : « Certains Palestiniens croient que les tirs ne les concernent pas... Ce sont des rushes, pas de la vidéosurveillance ! Les cameramen filment des scènes qu’ils pensent utiles à leur reportage... Je suis passé des dizaines de fois au carrefour de Netzarim ». « Ces images donnent l’impression d’un tournage », remarque la Présidente, en évoquant le Palestinien tirant au travers d’un trou dans une pièce… vide !
« C’est réel. Les Palestiniens n’utilisent pas leurs balles pour rien », affirme Charles Enderlin.
« C’est une mise en scène », note la présidente.
« Ce n’est pas une mise en scène. Je suis un professionnel qui couvre l’Intifadah depuis des années. C’est la réalité », maintient Charles Enderlin.
« Ces images donnent un peu l’impression que cela ne se passe pas trop mal et que c’est filmé à la demande des cameramen », insiste la présidente.
« AP et Reuters, ce sont des professionnels. Ce sont les conditions de tournage à Gaza ».
« Vous dîtes que ce n’est pas de la mise en scène ? »
« Non, c’est filmé ».
Arlette Chabot contre-attaque en extrapolant : « On envoie les images dans le monde entier. Cela tendrait à prouver que depuis des années, les agences de presse internationales, reprises par les télévisions du monde entier… C’est une mise en cause de toute la presse internationale. Cela veut dire qu’AP et Reuters ne filment que des [Palestiniens] qui simulent, des mises en scènes ! »
« Pas que [des mises en scène]. Mais aussi [des mises en scène]… », rectifie la présidente.
Progressivement, d’invraisemblances en contradictions, Philippe Karsenty parvient à sa conclusion : toutes les scènes diffusées ce 30 septembre 2000 sont jouées par les Palestiniens, aucune trace de sang sur le sol, sur le mur et sur les vêtements des al-Dura n’atteste une quelconque blessure des al-Dura, nulle image ne prouve la mort de Mohamed al-Dura vers 15 h, comme l’a asséné Charles Enderlin se fiant à son unique source : Talal Abu Rahma. Ainsi, Mohamed al-Dura déplace un chiffon rouge de sa cuisse vers son abdomen, pour symboliser une blessure sanglante. Quand il pose ce tissu sur son ventre, on constate l’absence de blessure à la cuisse. Par contre, le matin même, avant midi, un garçon palestinien mort a été transféré à la morgue de l’hôpital de Gaza. Nul ne connaît les circonstances de sa mort ou son identité. Sur les photos produites par France 2 et prises à la morgue, les blessures de cet enfant palestinien sont différentes de celles censées avoir tué Mohamed al-Dura selon les témoignages de Jamal al-Dura et Talal Abu Rahma.


« Le scandale du siècle » Me Francis Szpiner
Bras croisés, Arlette Chabot hoche la tête en signe d’incrédulité, de négation ou d’effarement. Elle s’étonne : « Ne croyez-vous pas qu'en huit ans le gouvernement israélien n'aurait pas réagi ? »
Philippe Karsenty explique que le colonel Yom Tov Samia a diligenté une enquête, marginalisée par « l’establishment israélien soucieux fin 2000 de conclure un accord avec l’Autorité palestinienne et ne se rendant pas compte de l’impact de ces images dans le monde musulman ». Ce que nie Charles Enderlin : « Israéliens et Palestiniens ont suspendu leurs négociations jusqu’en décembre 2000 ».
Philippe Karsenty se prévaut du soutien précoce et continu de Daniel Seaman, directeur du bureau de presse gouvernemental, et celui récent de Raanan Gissin, ancien porte-parole d’Ariel Sharon.
« Pourquoi les autorités israéliennes n’ont-elles pas dénoncé le scandale du siècle ? », relance Me Francis Szpiner.
« Charles Enderlin a travaillé avec le porte-parole d’Ariel Sharon. Il connaît beaucoup de monde », estime Philippe Karsenty.
« Vous avez énormément travaillé… Quelles raisons vous ont poussé à investiguer, à dire qu’il s’agit de désinformation ? », s’enquiert la présidente.
Et Philippe Karsenty de raconter comment « ce reportage l’a interpellé ». Et d’évoquer le film d’Esther Schapira, l’enquête de l’ingénieur israélien Nahum Shahaf, la manifestation en 2002 du Prix de la désinformation à France 2 et à Charles Enderlin (17), ses rencontres avec des responsables de France 2…
« Je ne fais pas de politique. Je suis un citoyen français. Les images diffusées par France 2 sont des mises en scène. C’est un faux. France 2 dépense énormément d’argent pour cacher ce mensonge. L’argent du contribuable français peut être mieux utilisé. Des gens de France 2 me téléphonent : « On a honte ». On ne peut pas continuer avec une chaîne d’Etat qui diffuse ces mensonges », s’indigne l’appelant.

« L’icône médiatique d’une icône journalistique » (Philippe Karsenty)
Eviter de répondre aux questionnements se retourne contre les parties civiles. Aussi, celles-ci déploient avec habileté leur tactique : abandonner dès que possible le domaine de la raison - celui de Philippe Karsenty et de la Cour -, pour se situer sur le registre émotionnel afin de gagner l’empathie des juges, et discréditer l’argumentation de Philippe Karsenty en l’assimilant à une thèse conspirationniste.
Calmement et prudemment, Philippe Karsenty refuse de se laisser entraîner hors du cadre de la plainte et répond en circonscrivant son sujet étudié et l’objet des débats : le reportage incriminé du 30 septembre 2000. En résumé : « Charles Enderlin affirme que Mohamed al-Dura a été tué par les soldats israéliens.
Aucune image ne montre cet enfant mort ni des tirs israéliens. Certains disent l’avoir vu dans un marché à Gaza ».
Charles Enderlin déclare alors que Jamal al-Dura est prêt à faire exhumer le corps de son fils afin que des examens ADN établissent un lien familial entre l’enfant décédé et lui. « Pourquoi vouloir exhumer le corps ? Que [France 2 et Charles Enderlin] nous montrent ces balles ! », s’exclame Philippe Karsenty.
Ni la Cour ni Philippe Karsenty ne réclament ni ne retiennent cette mesure. Même quand Arlette Chabot, éludant une remarque de Me Patrick Maisonneuve et de la présidente, reprend à deux reprises cette proposition d’une « expertise ADN pour sortir du débat ».
Pendant une pause, conscient de l’enjeu médiatique, Charles Enderlin s’approche du banc de la presse(18), et exprime calmement à des journalistes de médias arabes son incrédulité choquée : « Le père perd son fils le matin et va tourner l’après-midi ! »

Le visionnage souvent calamiteux du CD-Rom de France 2 et Charles Enderlin
Maintenant, c’est au tour de France 2 et de Charles Enderlin de présenter leur CD-Rom composé de trois éléments : « les mêmes scènes [contestées par Philippe Karsenty] filmées par d’autres cameramen sous un autre angle », le reportage diffusé le même jour sur TF1 et un reportage comportant l’interview de Jamal al-Dura par Talal Abu Rahma montrant les « cicatrices de ses blessures ».
Le premier élément est conçu pour prouver l’authenticité des saynètes de guerre. Et on va voir ce qu’on va voir : « tous les points litigieux soulevés par Philippe Karsenty » apparaîtront vains, selon Arlette Chabot ! Et on a vu.
Et ce film s’est retourné contre les intimés car on est resté sur les questions soulevées par Philippe Karsenty. En étant partagé entre la stupeur devant le grotesque et le ridicule de commentaires off feignant d’expliquer l’invraisemblable.
Exemple : « On entend : « L’enfant est mort, l’enfant est mort ! ». Ce qui signifie en arabe parlé qu’il est en danger de mort ».
Autre citation : « Sous les rafales, l’enfant bouge une dernière fois. Il est blessé à la tête et enfin, ne bouge plus. Le pied de l’enfant selon un médecin légiste n’est à l’évidence pas dans une position naturelle ». Et comment ! Rappelons que dans cette image, Mohamed al-Dura, annoncé comme mort par Charles Enderlin sur des images précédentes, maintient ses jambes au-dessus du sol et soulève son coude pour regarder la caméra.
Ces assertions du film ne suscitent pas de questions de la Cour et de l’Avocat général Antoine Bartoli. Le reportage de TF1 montre des saynètes de guerre et évoque notamment la mort de « 15 Palestiniens dont deux enfants ».
Dans le troisième reportage, le « médecin orthopédiste montre une radio de Jamal al-Dura et décrit la nature des blessures » de ce dernier. Puis, se rendant compte que cette radio est à l’envers, il la fait pivoter pour la mettre dans le bon sens de lecture. Puis, nous voyons le roi Abdallah II de Jordanie effectuer une visite à l’hôpital militaire d’Amman où est pris en charge Jamal al-Dura. Suivent les images d’un enfant palestinien à la morgue de Gaza. Enfin, Jamal al-Dura, maigre, montre les cicatrices longues et fines sur son corps : jambe gauche, abdomen, etc. Charles Enderlin explique que « trois médecins jordaniens l’ont soigné ».
Un film à voir absolument sur le blog de Charles Enderlin à http://blog.france2.fr/charles-enderlin/index.php/2008/02/29/67850-images-realisees-et-presentees-a-la-cour-dappel-de-paris-le-27-fevrier.
De manière surprenante, Talal Abu Rahma ne s’explique pas, dans ce document audiovisuel, sur les contradictions émaillant ses déclarations successives, les invraisemblances de ses images, etc. Ce témoin, journaliste-cameraman et source constitue pourtant l’élément nodal de l’affaire al-Dura.

Talal Abu Rahma sert la cause palestinienne « Qui aurait fait la manipulation ? Le cameraman ? Charles Enderlin ? Pour faire venir un faux malade et le roi de Jordanie dans l’hôpital, il faut…», dit la présidente, exprimant des réserves et du scepticisme dans le ton de sa voix.
« Talal Abu Rahma est responsable », juge Philippe Karsenty. Et il cite Daniel Seaman (19) : « Ces images sont des mises en scène ». Talal Abu Rahma est un criminel et France 2 a une attitude criminelle en défendant ces images », juge Philippe Karsenty.
« Est-ce que vous êtes en train de nous dire : « [Talal] est vendu. [Les cameramen] savent que c’est un faux. Ils se tiennent les coudes » ? », demande la présidente.
Philippe Karsenty évoque Pallywood, l’industrie audiovisuelle de propagande palestinienne, et poursuit : « Talal Abu Rahma a déclaré à un journal marocain avoir choisi le journalisme pour servir la cause palestinienne. Les médias sont les instruments des faibles. Nous, Occidentaux, avons un regard critique et n’avons pas à nous laisser manipuler… Charles Enderlin a reçu ces images en urgence. Il n’a pas du se rendre compte sur le moment. Mais après, quand nous avons apporté les preuves des mises en scène, il aurait du reconnaître son erreur initiale... Rien ne peut empêcher la vérité de prospérer ».
Charles Enderlin tempête : « C’est l’accusation la plus grave contre un journaliste : bidonnage, être responsable d’un faux. Je me serais fait avoir par Talal ! Je lui fais totalement confiance depuis 1988. Jamais France 2 et les autres médias n’ont eu de problème avec Talal qui n’a jamais été mis en cause par Israël (20). La carte de presse israélienne a été retirée à tous les cameramen palestiniens au début de l’Intifadah. Talal est blanc comme neige ». Or, Guysen a révélé que ce cameraman ne détient pas cette fameuse carte de presse.
« Très vite, il y a eu une controverse sur l’origine des tirs », se souvient la présidente.
« Nous avons diffusé les réactions des autorités israéliennes. Jamais une autorité ne nous a écrit pour nous demander une enquête. Il y a quelques mois, quelqu’un a demandé les rushes. On a proposé un visionnage à l’état-major israélien », révèle Charles Enderlin.

Des parallèles infamants : « Karsenty, c’est le croisement de Faurisson et de Meyssan »
Me Francis Szpiner

Me Bénédicte Amblard, autre défenseur des intimés, reprend sa plaidoirie traditionnelle afin de démontrer la diffamation à l’égard de Charles Enderlin et discréditer ceux qui contestent sa version de l’incident al-Dura.
« Philippe Karsenty se fonde sur le documentaire de la Metula News Agency (Mena) », dont elle allègue, à tort, avoir obtenu récemment la condamnation (21). A la Mena, elle associe les critiques de la version de Charles Enderlin : Gérard Huber et Luc Rosenzweig.
« Selon la Mena, Mohamed n’est pas mort ! Il suffit de regarder les images ! Nous sommes dans la folie…. La Mena se fonde sur une prétendue enquête de l’armée. C’est faux. Le colonel Yom Tov Samia a pris une initiative personnelle. [Le physicien] Nahum Shahaf et Yossef Uriel [Ndlr : membre pendant peu de temps de la commission d’enquête de Tsahal] ont fait l’objet de critiques. Ce ne sont pas des experts en balistique ». Et de lire un extrait d’un jugement du tribunal de Tel-Aviv (22), « qui a examiné toute l’enquête. Yossef Uriel a été débouté. Ce jugement les stigmatise tous deux. Nahum Shahaf prétend que l’assassin d’Ytzhak Rabin n’est pas le bon assassin ! »
Afin de caractériser l’infraction de diffamation, elle insiste sur l’absence de bonne foi,
« l’animosité particulière » de Philippe Karsenty à l’égard de Charles Enderlin : « On va
loin et fort. C’est inadmissible… pour un professionnel dont nul n’a contesté le sérieux ». Usant d’effet de manche, elle laisse tomber théâtralement ses papiers pour exprimer son exaspération devant l’accusation de « faussaire » visant son client.
Défenseur de Charles Enderlin « qui fait honneur à sa profession et a été récompensé », Me Francis Szpiner(23) va poursuivre dans cette veine visant à discréditer l’appelant, la graphologue et l’expert israélien. « Je me garderai de dire [s’il s’agit de] balles israéliennes ou palestiniennes [Ndlr : Charles Enderlin marque sa désapprobation en dodelinant de la tête]. Personne n’en saura jamais rien... Je parle des honnêtes gens », énonce Me Francis Szpiner, qui exclut de cette catégorie Philippe Karsenty, « croisement de Robert Faurisson (24) et de Thierry Meyssan (25) ». Narquois, il évoque « l’immense complot international, une mise en scène qui a continué à la morgue, à l’hôpital à Gaza, à Amman où le roi Abdallah II de Jordanie a été trompé par ses médecins ! »
Dans sa plaidoirie, cet avocat glisse une « définition » du sionisme : « Un Juif qui paie un deuxième Juif pour qu’un troisième Juif aille faire la guerre en Israël ». Lors de ses déambulations, il jette de fréquents regards vers les bancs de la presse et le public, peut-être pour vérifier l’effet de son discours. Sa voix fluette s’enfonce dans les graves pour stigmatiser « les extrémistes qui n’acceptent pas la couverture honnête des évènements de Charles Enderlin ».
Quant à Nahum Shahaf, Me Francis Szpiner fabule sur les conditions de reconstitution de la scène controversée : « Cet expert a utilisé des poupées Barbie. A 99,99%, les poupées Barbie que l'on trouve dans le commerce sont blondes. Ce physicien israélien a peint en noir leur visage. Pour certains Israéliens, les Palestiniens sont les Nègres de leur temps ».
Daniel Pearl décapité par des terroristes islamistes avec l’image du petit Mohamed al-Dura incrustée dans la video d’al-Qaïda ? Ben Laden justifiant les attentats du 11 septembre 2001 par la mort de Mohamed al-Dura ? Se targuant de sa fonction de défenseur de l’association SOS-Attentats, Me Francis Szpiner récuse tout lien de cause à effet : « On a voulu faire porter tout cela [à Charles Enderlin] ! C’est scandaleux ! Les terroristes n’ont pas besoin de prétexte pour tuer et n’ont pas un raisonnement intentionnel ».

L’avocat général requiert la confirmation du jugement
D’une voix doucereuse, l’avocat général Antoine Bartoli(26), soucieux de ne pas être long à une heure tardive, requiert la confirmation du jugement condamnant pour diffamation M. Karsenty : « Il y a incontestablement des recherches, mais les sources sont « univoques par rapport à sa thèse », c’est-à-dire abondent dans son sens. Il dénie le bénéfice de la bonne foi.

L’étroit contrôle de l’Autorité palestinienne sur les médias, notamment internationaux
Pour Philippe Karsenty, Me Delphine Meillet souligne l’étroit contrôle des médias par l’Autorité palestinienne(27) - ce dont se plaint Reporters sans frontières (RSF)(28) - et l’engagement politico-journalistique de Talal Abu Rahma en faveur de la Cause palestinienne.
« L’Autorité palestinienne a pris une loi en 1995 qui prévoit une peine de six mois d’emprisonnement pour quiconque critique l’Autorité palestinienne. En plus des pressions exercées par cette Autorité sur les journalistes, pour parfaire le tableau, il y a l’affiliation politique des cameramen palestiniens utilisés par les médias internationaux. Parfois, les médias ne sont pas téméraires, et frisent la collaboration avec le pouvoir en place. Pour beaucoup, la règle est de rester en bons termes avec le pouvoir. C’est le cas de Talal Abu Rahma. Dans certains cas, l’information contrôlée est fabriquée, manipulée, tronquée. Comme l’a écrit Khaled Abu Toameh, journaliste du Jerusalem Post : « On ne sait pas ce qui se passe [dans les territoires de l’Autorité palestinienne] ».
Cette avocate cite les sources diverses, antérieures aux propos poursuivis de Philippe Karsenty, et ayant alimenté sa réflexion : les films de la Mena, d’Esther Schapira, le livre de Gérard Huber Contre-expertise d’une mise en scène(29), la question du député Roland Blum(30) …
« Philippe Karsenty n’est pas un extrémiste. Ses sources ne sont pas univoques : Canal +, un livre non poursuivi par les parties civiles. Philippe Karsenty a commencé à avoir des doutes. Il a mené une investigation. Sans vous [Ndlr : la Cour], il n’aurait jamais pu obtenir les rushes de France 2. Il a fallu sept ans pour les avoir. Pour tout le monde, ces rushes durent 27 minutes. Ceux visionnés durent 18 minutes. Il en manque un peu, [notamment] la scène de l’agonie de Mohamed al-Dura que Charles Enderlin a déclaré au Nouvel Obs ou à Télérama avoir coupée car elle était « insupportable »(31), déduit Me Patrick Maisonneuve. Il interroge : « L’expert balistique n’est pas un mercenaire de Philippe Karsenty. Il corrobore ses affirmations. Les tirs ne provenaient pas de la position israélienne. Charles Enderlin maintient qu’il s’agit de tirs israéliens [Ndlr : Charles Enderlin approuve de la tête]. Ces images auraient-elles eu de telles conséquences sans son commentaire ? »
Il récapitule les invraisemblances, incohérences et mensonges émaillant l’affaire al-Dura et conclut sur la demande de relaxe de son client.
Enfin, la présidente Laurence Trébucq donne la parole à la défense.
Avec cœur, Philippe Karsenty déclare : « Je suis sincère. J’ai fait une enquête sérieuse. Des gens ont payé de leur vie cette imposture médiatique réalisée par Talal Abu Rahma, commentée par Charles Enderlin et diffusée par France 2. L’histoire jugera ce mensonge(32). Dans cette affaire, il n’y a pas de complot, mais une somme de lâchetés. La plupart des médias se sont fourvoyés. Le rapport balistique prouvant mes affirmations sera bientôt en ligne. Les 18 minutes de rushes de France 2 seront prochainement en ligne sur un site américain. La vérité est plus forte que tout. Elle prévaudra un jour. Je maintiens mes accusations contre France 2 et je les renforce après avoir vu les images qui ont été présentées à la Cour et les explications abracadabrantesques de Charles Enderlin. Je me battrai jusqu’au bout pour faire reconnaître aux autorités françaises le mensonge Al Dura. Je le dois au père de Daniel Pearl(33), Judea Pearl, qui un jour m’a demandé d’obtenir justice au nom de son fils. Je le dois à mes parents qui m’ont élevé dans le respect de la vérité. Je le dois au peuple juif victime de massacres pendant 3000 ans à cause de mensonges comme celui-ci. Je le dois à la France dont des médias et certaines élites se sont fourvoyés pour couvrir ce mensonge inique. Je le dois à l’Histoire ».
L’arrêt sera rendu le 21 mai 2008.

Véronique Chemla

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(1) www.m-r.fr/.  
(2) Véronique Chemla, le 15 novembre 2007
Mohamed al-Dura est vivant à la fin des rushes de France 2 !
(3) Le 22 novembre 2004. M-R.fr publiait "France 2 : Arlette Chabot et Charles Enderlin doivent être démis de leurs fonctions immédiatement", un des deux textes aux passages jugés diffamatoires. Le 19 octobre 2006, Philippe Karsenty a été condamné par la XVIIe chambre du TGI de Paris pour diffamation à une amende de 1 000 euros, à verser à chaque partie civile un euro de dommages intérêts et à la chaîne publique et à son journaliste ensemble 3 000 euros au titre de l'article 475-1 du code de procédure pénale (frais de justice). Véronique Chemla, le 19 septembre 2006
La justice française se prononcera sur les images controversées de la mort de Mohamed al-Dura
(4) Sur RCJ, il avait poursuivi : ''Ces professionnels doivent enquêter sur les documents primitifs - le master - pour avoir des images de meilleure qualité afin d'éclaircir ce qui s'est passé. Ce qui ne s'est jamais fait auparavant. Ces images de la mort de Mohamed al-Dura, telles qu'elles ont été présentées par Charles Enderlin, annoncées par des chaînes, refusées par CNN, sont très graves. Elles ont tué, car elles ont créé des vocations de terroristes. C'est faux de dire : ''Maintenant, cette affaire, c'est du passé''. Les [images] de France 2 sont extrêmement troublantes. J'ai été très troublé''. (GIN, 15 janvier 2008).
(5) Sur des images filmées par Talal Abu Rahma, Charles Enderlin avait dit lors du reportage diffusé au JT le 30 septembre 2000 : « Près de l’implantation de Netzarim (bande de Gaza)… Jamal et son fils Mohamed (12 ans) sont la cible des tirs venus des positions israéliennes. Son père tente de le protéger... Une nouvelle rafale. Mohamed est mort et son père gravement blessé’’.
(6) Jean-Claude Schlinger est expert en Armes et Munitions près la Cour d’Appel de Paris et agréé par la Cour de Cassation. Son rapport est publié intégralement [en pdf.], voir ici. Véronique Chemla, "Un expert balistique estime «sérieuse» la possibilité d’une «mise en scène» de la «mort» de Mohamed al-Dura", 27 février 2008.
(7) Le time code est un indicateur temporel affiché sur l’image.
(8) Charles Enderlin se trouvait à Ramallah pendant que Talal Abu Rahma se trouvait au carrefour de Netzarim.
(9) Esther Schapira a réalisé, pour la chaîne allemande AR, le documentaire Qui a tué Mohamed al Dura ? (2001-2002), disponible en DVD. [Désormais accessible, en vidéo et en transcription. Voir
(10) Evacuations par ambulances de Palestiniens simulant des blessures, Palestiniens passant calmement devant le poste militaire israélien, etc.
(11)Talal Abu Rahma a déclaré le 3 octobre 2000, sous la foi du serment, au Centre palestinien des droits de l’homme : ''J’ai filmé approximativement 27 minutes de l’incident [al-Dura] qui a duré 45 minutes". En septembre 2001, il répond à la réalisatrice Esther Schapira : « J’ai filmé environ six minutes de la scène des al-Dura. Six minutes sur 45 minutes de tirs sur l’enfant ». J’ai fourni six minutes de la scène des al-Doura. J’ai filmé du début des tirs jusqu’à la fin ». Dans les rushes de France 2 visionnés par la Cour d’appel de Paris le 14 novembre 2007, la scène des al-Dura dure moins d’une minute.
(12) Jamal al-Dura se plaint « de balles qui lui ont arraché les muscles et pulvérisé l’os ».
(13) Le 2 mars 2008, Daniel Seaman a déclaré à GIN-Paris : « Charles Enderlin n’a pas respecté le minimum de critères professionnels journalistiques de vérification, avant d’accuser Israël d’avoir tué Mohamed al-Dura. Il y a suffisamment de preuves de sources indépendantes prouvant l’incident al-Dura a été mis en scène pour les caméras. L’Etat d’Israël respecte énormément les médias. De nombreux médias du monde arabe travaillent librement en Israël. Les autoriser à travailler librement en Israël n’implique pas que nous soyons d’accord avec leurs positions. Comme toute démocratie, Israël assure une liberté absolue à la presse et ne retire pas aisément les accréditations de presse aux journalistes. Ceci est particulièrement vrai pour les journalistes travaillant pour la respectée France 2. Charles Enderlin est pleinement conscient de cela et se cache derrière cela pour tenter de distraire l’attention de son manquement professionnel. Le fait que Charles Enderlin dispose toujours de son accréditation presse de l’Etat d’Israël atteste de la force et de la tolérance de la démocratie israélienne, et non de l’intégrité du reportage de Charles Enderlin ce [30 septembre 2000]. La question n’est pas ’’Pourquoi Charles Enderlin a-t-il encore de son accréditif presse de l’Etat d’Israël ?’’, mais plutôt pourquoi France 2 l’emploie-t-elle encore ?»
(14) Ibid.
(15) Ce livre a été publié par Flammarion en 2001. Entretien exclusif avec Charles Enderlin par Elisabeth Schemla, 1er octobre 2002.
(16) Un Palestinien tire avec son arme à feu au travers d’un trou comme s’il s’était engagé dans un échange de tirs avec des soldats israéliens. Les images antérieures montrent la mise en scène : entouré de Palestiniens nonchalants, ce Palestinien tire dans… une pièce vide. Un Palestinien déambule calmement devant le poste israélien sans crainte d’être touché par des tirs, etc.
(17) Véronique Chemla, "Une manifestation calme pour remettre le Prix de la Désinformation à Charles Enderlin et France 2", 3 octobre 2002.
(18) Ce 27 février 2008, des médias anglo-saxons, français, arabes et israéliens sont représentés. Peu de médias français ont publié des comptes-rendus de l’audience instructive de visionnage des rushes de France 2. Voir ici, et ici.
(19) Véronique Chemla, "France 2 a accepté de remettre ses rushes de l’incident al-Dura à la Cour d’appel de Paris", 9 octobre 2007.
(20) Après avoir rappelé les rétentions d’informations, notamment des Palestiniens, le colonel Shlomi Am-Shalom, porte-parole adjoint de Tsahal, écrit le 10 septembre 2007 : « Nous sommes bien conscients des tentatives de mises en scène médiatisées et comme un doute s’est insinué à cet égard envers le dit reportage ».
(21) Nicolas Ciarapica, directeur de publication des sites Internet Blogdei/Bethel, a mis en ligne le 24 février 2006 la 2e partie de l’article Le grand ras-le-bol des Français juifs écrit par Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Mena, dont des passages ont été jugés diffamatoires par la XVIIe chambre du TGI de Paris. Ce protestant évangélique ami d'Israël a été condamné, le 12 février 2008 pour diffamation raciale à l'égard de Charles Enderlin, à une amende de 1 000 euros avec sursis, et à verser un euro de dommages et intérêts et 1 000 euros au titre des frais de justice, à Charles Enderlin. Il devra publier le jugement sur ses sites pendant deux mois. Véronique Chemla, le 12 janvier 2008,
Charles Enderlin poursuit un chrétien ami d’Israël dans l’affaire al-Dura,
(22) « Aaron Hauptman publia, le 12 novembre 2000, dans le courrier des lecteurs du quotidien Haaretz, une violente critique des théories formulées de façon indépendante par Yossef Doriel. Celui-ci assigna Aaron Hauptman en justice pour diffamation à son égard. Le tribunal de Tel-Aviv relaxa Aaron Hauptman. Il qualifia l’enquête de Yossef Doriel de « non professionnelle et non objective ». « Le travail de la commission d’enquête de Tsahal relative à l’Affaire al-Dura n’a pas été envisagé » par ce tribunal. Yossef Duriel interjeta appel et la Cour du district de Tel-Aviv a fait droit à sa demande et a récemment réformé le jugement de première instance. (Sources : Mena et GIN, "Enderlin à nouveau pris par la Ména en flag de contrevérité", 19 juin 2006).
(23) Me Francis Szpiner est aussi l’avocat de la famille d’Ilan Halimi (z’’l), kidnappé, torturé et tué en février 2006 par le gang des Barbares, dont le chef est Youssef Fofana.
(24) Robert Faurisson nie l’existence des chambres à gaz des camps nazis d’extermination lors de la Seconde Guerre mondiale et la Shoah. Il a été condamné par la justice pour contestation de crimes contre l’humanité. Le 4 juillet 2007, la Cour d’appel de Paris a confirmé sa condamnation pour avoir tenu des propos négationnistes en février 2005 sur la chaîne iranienne Sahar 1.
(25) Dans son livre 11 septembre 2001 : L’effroyable imposture (2002), Thierry Meyssan nie que deux avions se soient écrasés sur les Twin Towers (New York) et qu’un avion [ait été lancé] sur le Pentagone, dans le cadre d’un attentat terroriste islamiste. Il diffuse une théorie du complot américain.
(26) Antoine Bartoli s’était prononcé contre la communication des rushes par France 2 et Charles Enderlin. Véronique Chemla, le 19 septembre 2007,
La Cour d’appel de Paris demande à France 2 les rushes sur l’incident al-Dura.
(27) Le 12 octobre 2000, Yossi Avrahami (z’’l) et Vadim Nurzhitz (z’’l), deux soldats israéliens, qui s’étaient égarés à Ramallah, ont été sauvagement tués dans un commissariat de Ramallah (Cisjordanie) et leurs dépouilles, mutilées par une foule palestinienne voulant venger la mort de Mohamed al-Dura; voir la vidéo sur YouTube. Une équipe de la chaîne de télévision italienne Retequattro (Mediaset) a filmé ces faits. Ses images ont été diffusées dans le monde, suscitant l’horreur devant cette barbarie. L’Autorité palestinienne a été mécontente de cette mauvaise image donnée d’elle. Par crainte de représailles, « toutes les télévisions italiennes présentes à Jérusalem, Gaza et la Cisjordanie, ont plié bagage. A l'origine de ce branle-bas de combat : les images exclusives du lynchage des soldats israéliens à Ramallah, tournées par une équipe de Retequattro (Mediaset), et la lettre de Riccardo Cristiano, l'un des deux correspondants de la RAI à Jérusalem, adressée à l'Autorité palestinienne. Dans celle-ci, le journaliste, s'adressant à ses “chers amis de Palestine” indiquait, à propos des images de Ramallah. « C'est une chaîne privée italienne en concurrence avec nous (et non la chaîne de télévision officielle italienne) qui a filmé les événements. Par la suite, la télévision israélienne a transmis les images en les attribuant à une chaîne italienne, créant ainsi l'impression dans le public qu'il s'agissait de la RAI. Je veux souligner auprès de vous que ce n'est pas le cas parce que nous, nous avons toujours respecté (et continuerons de le faire) les procédures journalistiques prévues par l'Autorité nationale palestinienne pour le travail en Palestine et nous, nous sommes crédibles dans notre travail ». Craignant des représailles contre les journalistes, notamment Anna Migotto, auteur des images de Ramallah, Mediaset sonne le rappel de ses équipes (ce genre de document rend les Palestiniens furieux : non seulement il donne une mauvaise image d'eux, mais permet aux Israéliens d'identifier les coupables). Au siège de la RAI, on jure ne pas être au courant de la lettre de Cristiano, lequel est aussitôt convoqué à Rome. La télévision publique assure que le comportement du journaliste “est étranger à la manière dont la Rai conçoit le rôle de l'information” mais repousse les accusations de délation ». Eric Jozsef, L'Italie replie ses caméras, Libération, 21-22 octobre 2000.
(28) « Depuis le début de la deuxième Intifada, une grande partie de la presse [de l’Autorité palestinienne] s’est mise au service de la cause palestinienne. Après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, l’Autorité palestinienne, de crainte de voir son image ternie, a multiplié les pressions sur les journalistes pour les empêcher de couvrir des mouvements de soutien à Oussama ben Laden ». RSF, Rapport annuel 2002 - Censure et autocensure : des journalistes toujours sous la botte des dictateurs au Maghreb et au Moyen-Orient.
(29) Gérard Huber. Contre-expertise d’une mise en scène. Editions Raphaël. Paris, 2003. 242 pages. ISBN : 2-87781-066-6 [épuisé: l'auteur a mis en ligne une version pdf du livre sur son site. Note d'upjf.org]. Interview de Gérard Huber, par Véronique Chemla.
(30) A l'Assemblée nationale (Paris), Roland Blum, député (UMP), a déposé le 8 novembre 2004 une question écrite à Renaud Donnedieu de Vabres, alors ministre de la Communication, '' relative à des images ... dont l'authenticité ainsi que l'interprétation sont contestées. Il s'agit du reportage, fait par un reporter palestinien de [France 2], qui se serait ensuite rétracté, et du correspondant permanent de la chaîne en Israël, censé montrer l'assassinat d'un enfant palestinien par des militaires israéliens, sous le regard du père ». M. Blum lui demande de « bien vouloir lui préciser si les faits qui ont été rapportés par la chaîne publique sont exacts, et dans le cas contraire, de lui faire connaître les résultats de l'enquête qu'il n'aura pas manquée de prescrire ''. GIN, 21 novembre 2004.
(31) Charles Enderlin a déclaré à Télérama : «J'ai coupé l'agonie de l'enfant. C'était insupportable... Cela n'aurait rien apporté de plus».
(32) La mort de Mohamed al-Dura tué par des tirs israéliens.
(33) Le journaliste juif américain Daniel Pearl (z’’l) a été égorgé avec sur le fond de l’image de la vidéo de son exécution, celle de Mohamed al-Dura.

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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 13:11
Fr 2 et Enderlin n’expliquent pas à la Cour les incohérences et contradictions de l’incident Al-Dura
Je l'ai écrit ici à plusieurs reprises: tous les superlatifs sont épuisés pour qualifier l'excellence des reportages, interviewes et analyses de Véronique Chemla, collaboratrice de Guysen International News. Son compte-rendu, que je reproduis intégralement ci-après, confirme mes appréciations. Je dirai même qu'il atteint un sommet. C'est la quintessence de tout ce qu'il faut savoir, non seulement sur l'affaire, mais surtout sur les démêlés médiatiques et judiciaires qui opposent les accusateurs et les défenseurs de France 2 et de son correspondant permanent en Israël, Charles Enderlin. L'apparat de notes est remarquable et précieux. Je me suis permis d'y insérer quelques références supplémentaires. En conclusion, voici un document qui fera date et que nul, s'il veut se faire une idée complète de l'affaire, et a fortiori, en traiter, ne pourra se passer. Merci à V. Chemla et à Guysen pour cette "somme", dont, bien entendu, je recommande chaudement la diffusion urbi et orbi. (Menahem Macina).

03/03/08

 

Par Véronique Chemla pour Guysen International News
2 mars 2008 22:38
Le 27 février 2008, Philippe Karsenty, directeur de l’agence de notation
des médias Media-Ratings(1) , a listé devant la 11e chambre de la Cour d’appel de Paris les incohérences, contradictions et invraisemblances relatives au reportage filmé au carrefour de Netzarim
(bande de Gaza) et diffusé au JT de France 2 le 30 septembre 2000.
Ce qui l’amenait à maintenir ses propos initiaux
- « faux reportage » - et à souligner la « mise en scène de la mort
de Mohamed al-Dura ». Ce qui a fortement embarrassé Arlette Chabot, directrice
de l’information de France 2, et Charles Enderlin, correspondant en Israël de la
chaîne publique, démunis d’explications pour contrer les objections de l’appelant.
Reportage sur des débats tendus.


Devant la salle de la 11e chambre de cette Cour, où s’agglutinent des dizaines de
personnes une dame interroge une voisine venue soutenir Charles Enderlin :
« Pourquoi Charles Enderlin a-t-il affirmé n’avoir pas diffusé la scène de l’agonie de
Mohamed al-Dura parce qu’elle était insoutenable, alors qu’il n’y aucune scène
d’agonie dans les rushes qu’il a présentés en novembre 2007 à la Cour (2) ? »
Sa voisine se tait, en souriant avec assurance.
L’audience de plus de six heures devant cette Cour a souvent ressemblé à
cette scène, à la différence que Charles Enderlin et Arlette Chabot furent visiblement
gênés face à la démonstration de Philippe Karsenty. Celui-ci avait interjeté appel du
jugement de la XVIIe chambre du Tribunal de grande instance de Paris le condamnant
en 2006 (3) pour diffamation à l’égard des intimés car il avait notamment qualifié
d’« imposture médiatique » ces images controversées.
La présidente de la Cour, Laurence Trébucq, s’improvise gendarme pour dégager un
espace dans le hall attenant à la salle d’audience. Elle fait ajouter des chaises dans
cette salle, traite quelques affaires et fait entrer la presse. A Philippe Karsenty, elle
ordonne : « Vous vous tairez quand je vous le dirai ».
Afin d’accueillir la foule compacte qui s’exaspère bruyamment dans le hall, elle décide que l’audience aura lieu dans une salle plus vaste.

Le refus d’entendre comme témoin un
expert balistique

Là, Arlette Chabot, directrice de l’information
de France 2, se place discrètement parmi le
public, puis rejoint Charles Enderlin et un
responsable de France 2 dans les bancs où
se sont placés les intimés. Le cameraman
palestinien Talal Abou Rahma, qui a filmé les
images controversées, demeure absent des
audiences.
Dans le banc derrière celui des avocats de
l’appelant, est assis le Dr Richard Prasquier,
président du CRIF (Conseil représentatif des
institutions juives de France). Il avait
demandé le 14 août 2007 à France 2 de rendre publics les rushes tournés
le 30 septembre 2000 par Talal Abou Rahma. Le 15 janvier 2008, il s’est exprimé
en faveur de la création d'une commission d'enquête technique composée de
spécialistes - en balistique, de la médecine légale, des images, etc. - pour analyser
ce reportage contesté (4). Sur le chemin menant à cette salle, une spectatrice lui
déclarait que « ces images ont attisé l’antisémitisme » et évoque « l’agression
antisémite dont [son] fils a été victime : « Moi, je peux [faire face]. Mais un enfant ! »
Patrick Klugman, membre du comité directeur du CRIF et vice-président de SOS-Racisme, s’assied du côté de France 2 en expliquant que cela ne revêt aucune signification.
Cette fois-ci, Charles Enderlin répond aux questions posées par les journalistes. L’une
d’elles est accueillie fraîchement par les intimés qui ne semblent pas avoir apprécié
son article sur l’audience de visionnage de ces rushes émaillés de saynètes de guerre.
Cette journaliste se défend : « J’ai fait mon travail de journaliste ». « Alors faîtes votre
travail de journaliste ! », lui intime Arlette Chabot. « C’est ce que je fais ! » lui répond
cette journaliste qui soulève des questions pertinentes auprès de Charles Enderlin.
Celui-ci l’informe qu’il va présenter des images des mêmes scènes, mais prises sous
un angle différent, ce qui démontrera la réalité des blessures des Palestiniens.
La Présidente Laurence Trébucq présente ses « excuses pour n’avoir pas » prévu
la tenue de l’audience dans une salle suffisamment grande pour accueillir tant de
spectateurs. Puis, elle rappelle au public les consignes à respecter, à peine
d’expulsion de la personne troublant la sérénité des débats, voire celle de tout le
public. Un rappel qu’elle répètera quand les partisans de l’une ou l’autre partie
exprimeront leur soutien. L’audience demeurera très attentive, malgré la longueur
inattendue de l’audience.
Philippe Karsenty et son avocat demandent que soit entendu, « dans le respect du
contradictoire », l’expert balistique Jean-Claude Schlinger, missionné par l’appelant et
auteur d’un rapport exonérant Israël de la responsabilité des tirs qui, selon
Charles Enderlin et son cameraman, auraient le 30 septembre 2000 tué Mohamed et
blessé Jamal al-Dura (5).
Jean-Claude Schlinger a étudié des images de France 2, d’agences de presse et de
médias - Associated Press, Reuters, BBC - disponibles « dans les mois ayant suivi
l’incident du 30 septembre 2000 ».
Dans son rapport, il conclut : « Il est sérieusement possible qu’il s’agisse d’une mise en
scène » (6).
Une demande considérée comme tardive par les intimés et inutile par le représentant du
ministère public, l’avocat général Antoine Bartoli, car ce rapport a été communiqué aux
parties et aux juges. Après une pause, la Cour rejette cette requête.

Le visionnage de la présentation
PowerPoint de Philippe Karsenty

Philippe Karsenty et l’un de ses deux
avocats, Me Patrick Maisonneuve, sollicitent
de la Cour l’autorisation de visionner un
document pour « compléter l’information sur la
scène objet de la discussion ».
« Je ne veux pas donner l’impression de fuir la
vérité », assure Me Francis Szpiner.
L’avocat général Antoine Bartoli s’en « rapporte
à la Cour ».
La Cour « est favorable à cette demande
concernant une présentation qu’elle va
découvrir : pour des raisons techniques, elle n’a pu en voir le contenu d’une durée
d’environ 30 minutes.
La présidente Laurence Trébucq fixe le programme de l’audience : visionnage de cette
présentation de Philippe Karsenty et du CD-Rom des parties civiles, puis les plaidoiries
et les réquisitions de l’avocat général. Elle réitère les règles : Philippe Karsenty et
Charles Enderlin s’arrêteront « de parler quand la Cour dira Stop ! »
Sur le côté gauche de la salle, Philippe Karsenty se place près de son moniteur, pour
être quasi face à la Cour, et presque de dos au public. Quittant leurs bancs, les
intimés et leurs avocats s’agglutinent à quelques mètres face à l’écran, de profil par
rapport à la Cour.


« Talal Abu Rahma, supermenteur » (Philippe Karsenty)
Philippe Karsenty mentionne la présence de dix secondes de rushes de France 2, non
diffusés par cette dernière, mais par la BBC.
« Ces rushes n’ont jamais été donnés à la BBC », assure Arlette Chabot. Ce que
répète en exultant Me Francis Szpiner, avocat de France 2 et de Charles Enderlin.
« J’ai acquis ces archives auprès de la BBC. Je peux vous apporter la facture », affirme
Philippe Karsenty. La Présidente rappelle qu’il ne peut pas présenter de « pièces
supplémentaires ».
Vite, Arlette Chabot se ravise : « Je me demande si Charles Enderlin ne les a pas utilisés
dans un autre sujet… »
Philippe Karsenty désigne le time code (7) de la BBC qui authentifie ces images
cruciales, postérieures à celles où Charles Enderlin (8) annonce l’enfant mort et dans
lesquelles l’enfant bouge. Philippe Karsenty commente un document d’une douzaine de
Questions/Réponses illustrées de manière didactique et vivante par des cartes, des
photos, le reportage incriminé, des rushes d’agences de presse présentes au carrefour
de Netzarim, des saynètes de guerre simulée(10), des interviews par Canal + ou
Esther Schapira (9) de protagonistes, en particulier Talal Abu Rahma, qui se
contredisent avec aplomb, etc.
Exemples. Combien de minutes de l’incident al-Dura Talal Abu Rahma a-t-il filmé ?
En 2000, ce cameraman affirmait sous serment avoir filmé 27 minutes, puis en 2001
il réduisait cette duré à six minutes. A Esther Schapira, Charles Enderlin parlait
d’« environ 30 minutes ». Cet incident dure moins d’une minute dans les rushes de
France 2 visionnés en 2007 devant la Cour d’appel de Paris(11).
Combien de cameramen étaient présents au carrefour de Netzarim ? Talal Abu
Rahma évoquait « 20, 25 à 30 cameramen ». Lors de l’audience, ce nombre est fixé
par France 2 à « au moins quatre cameramen, dont Talal Abu Rahma » et ceux de
Reuters et d’AP (Associated Press).
Que tournaient Reuters et AP au même endroit ? Des saynètes de guerre, mais
pas l’incident al-Dura. En tout cas, aucun film de ces cameramen sur les al-Dura n’est
visible pour diverses raisons selon leurs auteurs : film « brûlé », film raté au
développement, etc.
Combien d’impacts résultent du tir nourri visant les al-Dura ? En 2001, Talal Abu
Rahma déclarait : « Les balles pleuvaient autour de nous comme de la pluie ». Et ce,
pendant « 45 minutes ». Sur le mur derrière les al-Dura, il n’y a que huit traces pouvant
être des impacts de projectiles. Soit un tir toutes les cinq à six minutes.
Où sont les balles censées avoir blessé le père et tué l’enfant(12)? Talal Abu Rahma a
indiqué qu’un général palestinien les détient. A la suite des dénégations de ce
dernier, il s’est emberlificoté dans ses explications en affirmant que « France 2 a
récupéré les balles dans le mur », puis a concédé en souriant les détenir :
« Nous avons nos secrets… »
Pourquoi Talal Abu Rahma n’a-t-il pas filmé l’évacuation par ambulance de
Mohamed al-Dura mort, lui a qui en filmé plusieurs auparavant ? « Il n’avait plus de
batterie dans sa caméra », avance Charles Enderlin. « C’est faux. Il lui restait la
moitié de sa cassette et de la batterie comme il l’a affirmé à Esther Schapira »,
assène Philippe Karsenty.
Pourquoi Charles Enderlin fait-il confiance à Talal Abu Rahma ? Interviewé par
Esther Schapira, il évoque la « désinformation israélienne » qu’il distingue des
« Palestiniens qui sont des cameramen journalistes professionnels ». Il défend son
cameraman : « Talal a la carte de presse israélienne, un laissez-passer israélien.
Quand nous voulons savoir si un cameraman appartient à une organisation, a maille
à partir avec Israël, on vérifie auprès du Shin Bet, le service intérieur de
renseignement israélien ».
Philippe Karsenty réplique vivement en citant Daniel Seaman (13), directeur du
bureau de presse gouvernemental (GPO) qui dépend du Premier ministre israélien,
qualifiant Talal Abu Rahma de « menteur ».
Lapidaire, il résume : « Arlette Chabot fait confiance à Charles Enderlin qui fait
confiance à son cameraman super menteur ».
Guysen a révélé le 2 mars 2008 que Talal Abu Rahma, cameraman palestinien de
France 2, n’a plus de carte de presse israélienne depuis 2002.

« Charles Enderlin se trompe et nous trompe » (Philippe Karsenty)
Qui est prévenu et qui est partie civile ? Qui est sur la défensive et qui poursuit ?
Même la présidente Laurence Trébucq s’y perd. Et pourtant, cette qualité traduit aussi
un rapport de force patent et induit des obligations en termes de charge de la preuve.
Sans explications convaincantes, les parties civiles pinaillent sur des éléments
marginaux de la démonstration – nombre d’enfants de Jamal al-Dura -, sans ébranler
la pertinence de l’argumentation de Philippe Karsenty. Elles s’engouffrent dans les
minuscules failles ou supposées telles pour stigmatiser l’impudent qui, sans carte de
presse, se permet de critiquer Charles Enderlin et Talal Abu Rahma, titulaires, eux,
du précieux Sésame (14).
Philippe Karsenty s’étonne que Jamal al-Dura
soit plâtré à des endroits exempts la veille
d’impacts de balles ou de traces de sang,
et que du sang soit visible sur son plâtre.
Il informe la Cour que Jamal al-Dura
avait été attaqué en 1992 à coups de hache
par des Palestiniens qui l’accusaient de
collaborer avec Israël. Soigné à Gaza,
ce dernier avait bénéficié, grâce à son
employeur israélien, d’une opération dans un hôpital israélien en 1994. A l’appui de ses
dires, Philippe Karsenty cite le dossier médical de Jamal al-Dura.
« Même les Palestiniens ont droit au respect de leur vie privée. Comment vous
êtes-vous procuré ce dossier médical ? », s’offusque Me Francis Szpiner.
« Je l’ai reçu par La Poste », réplique Philippe Karsenty. Rires dans la salle.
Philippe Karsenty fait part du refus de CNN de diffuser la première ces images pour
ne pas les authentifier. « Avez-vous une attestation de CNN le prouvant ? »,
interroge Me Francis Szpiner. L’appelant n’en a pas, mais présente sa source :
Ton rêve est mon cauchemar
, un livre d’Elisabeth Schemla (15). « C’est l’homme qui
a vu l’homme qui a vu l’ours… », persifle Me Francis Szpiner.
Quant aux témoignages de cameramen palestiniens présentés par les intimés,
la graphologue missionnée par Philippe Karsenty conclut qu’ils sont écrits par… Talal
Abu Rahma. Ce qui incite l’appelant à évoquer d’autres « faux ».


Véronique Chemla

________________________________________________

(1) www.m-r.fr/.  
(2) Véronique Chemla, le 15 novembre 2007
Mohamed al-Dura est vivant à la fin des rushes de France 2 !
(3) Le 22 novembre 2004. M-R.fr publiait "France 2 : Arlette Chabot et Charles Enderlin doivent être démis de leurs fonctions immédiatement", un des deux textes aux passages jugés diffamatoires. Le 19 octobre 2006, Philippe Karsenty a été condamné par la XVIIe chambre du TGI de Paris pour diffamation à une amende de 1 000 euros, à verser à chaque partie civile un euro de dommages intérêts et à la chaîne publique et à son journaliste ensemble 3 000 euros au titre de l'article 475-1 du code de procédure pénale (frais de justice). Véronique Chemla, le 19 septembre 2006
La justice française se prononcera sur les images controversées de la mort de Mohamed al-Dura
(4) Sur RCJ, il avait poursuivi : ''Ces professionnels doivent enquêter sur les documents primitifs - le master - pour avoir des images de meilleure qualité afin d'éclaircir ce qui s'est passé. Ce qui ne s'est jamais fait auparavant. Ces images de la mort de Mohamed al-Dura, telles qu'elles ont été présentées par Charles Enderlin, annoncées par des chaînes, refusées par CNN, sont très graves. Elles ont tué, car elles ont créé des vocations de terroristes. C'est faux de dire : ''Maintenant, cette affaire, c'est du passé''. Les [images] de France 2 sont extrêmement troublantes. J'ai été très troublé''. (GIN, 15 janvier 2008).
(5) Sur des images filmées par Talal Abu Rahma, Charles Enderlin avait dit lors du reportage diffusé au JT le 30 septembre 2000 : « Près de l’implantation de Netzarim (bande de Gaza)… Jamal et son fils Mohamed (12 ans) sont la cible des tirs venus des positions israéliennes. Son père tente de le protéger... Une nouvelle rafale. Mohamed est mort et son père gravement blessé’’.
(6) Jean-Claude Schlinger est expert en Armes et Munitions près la Cour d’Appel de Paris et agréé par la Cour de Cassation. Son rapport est publié intégralement [en pdf.], voir ici. Véronique Chemla, "Un expert balistique estime «sérieuse» la possibilité d’une «mise en scène» de la «mort» de Mohamed al-Dura", 27 février 2008.
(7) Le time code est un indicateur temporel affiché sur l’image.
(8) Charles Enderlin se trouvait à Ramallah pendant que Talal Abu Rahma se trouvait au carrefour de Netzarim.
(9) Esther Schapira a réalisé, pour la chaîne allemande AR, le documentaire Qui a tué Mohamed al Dura ? (2001-2002), disponible en DVD. [Désormais accessible, en vidéo et en transcription. Voir
(10) Evacuations par ambulances de Palestiniens simulant des blessures, Palestiniens passant calmement devant le poste militaire israélien, etc.
(11)Talal Abu Rahma a déclaré le 3 octobre 2000, sous la foi du serment, au Centre palestinien des droits de l’homme : ''J’ai filmé approximativement 27 minutes de l’incident [al-Dura] qui a duré 45 minutes". En septembre 2001, il répond à la réalisatrice Esther Schapira : « J’ai filmé environ six minutes de la scène des al-Dura. Six minutes sur 45 minutes de tirs sur l’enfant ». J’ai fourni six minutes de la scène des al-Doura. J’ai filmé du début des tirs jusqu’à la fin ». Dans les rushes de France 2 visionnés par la Cour d’appel de Paris le 14 novembre 2007, la scène des al-Dura dure moins d’une minute.
(12) Jamal al-Dura se plaint « de balles qui lui ont arraché les muscles et pulvérisé l’os ».
(13) Le 2 mars 2008, Daniel Seaman a déclaré à GIN-Paris : « Charles Enderlin n’a pas respecté le minimum de critères professionnels journalistiques de vérification, avant d’accuser Israël d’avoir tué Mohamed al-Dura. Il y a suffisamment de preuves de sources indépendantes prouvant l’incident al-Dura a été mis en scène pour les caméras. L’Etat d’Israël respecte énormément les médias. De nombreux médias du monde arabe travaillent librement en Israël. Les autoriser à travailler librement en Israël n’implique pas que nous soyons d’accord avec leurs positions. Comme toute démocratie, Israël assure une liberté absolue à la presse et ne retire pas aisément les accréditations de presse aux journalistes. Ceci est particulièrement vrai pour les journalistes travaillant pour la respectée France 2. Charles Enderlin est pleinement conscient de cela et se cache derrière cela pour tenter de distraire l’attention de son manquement professionnel. Le fait que Charles Enderlin dispose toujours de son accréditation presse de l’Etat d’Israël atteste de la force et de la tolérance de la démocratie israélienne, et non de l’intégrité du reportage de Charles Enderlin ce [30 septembre 2000]. La question n’est pas ’’Pourquoi Charles Enderlin a-t-il encore de son accréditif presse de l’Etat d’Israël ?’’, mais plutôt pourquoi France 2 l’emploie-t-elle encore ?»
(14) Ibid.
(15) Ce livre a été publié par Flammarion en 2001. Entretien exclusif avec Charles Enderlin par Elisabeth Schemla, 1er octobre 2002.
(16) Un Palestinien tire avec son arme à feu au travers d’un trou comme s’il s’était engagé dans un échange de tirs avec des soldats israéliens. Les images antérieures montrent la mise en scène : entouré de Palestiniens nonchalants, ce Palestinien tire dans… une pièce vide. Un Palestinien déambule calmement devant le poste israélien sans crainte d’être touché par des tirs, etc.
(17) Véronique Chemla, "Une manifestation calme pour remettre le Prix de la Désinformation à Charles Enderlin et France 2", 3 octobre 2002.
(18) Ce 27 février 2008, des médias anglo-saxons, français, arabes et israéliens sont représentés. Peu de médias français ont publié des comptes-rendus de l’audience instructive de visionnage des rushes de France 2. Voir ici, et ici.
(19) Véronique Chemla, "France 2 a accepté de remettre ses rushes de l’incident al-Dura à la Cour d’appel de Paris", 9 octobre 2007.
(20) Après avoir rappelé les rétentions d’informations, notamment des Palestiniens, le colonel Shlomi Am-Shalom, porte-parole adjoint de Tsahal, écrit le 10 septembre 2007 : « Nous sommes bien conscients des tentatives de mises en scène médiatisées et comme un doute s’est insinué à cet égard envers le dit reportage ».
(21) Nicolas Ciarapica, directeur de publication des sites Internet Blogdei/Bethel, a mis en ligne le 24 février 2006 la 2e partie de l’article Le grand ras-le-bol des Français juifs écrit par Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Mena, dont des passages ont été jugés diffamatoires par la XVIIe chambre du TGI de Paris. Ce protestant évangélique ami d'Israël a été condamné, le 12 février 2008 pour diffamation raciale à l'égard de Charles Enderlin, à une amende de 1 000 euros avec sursis, et à verser un euro de dommages et intérêts et 1 000 euros au titre des frais de justice, à Charles Enderlin. Il devra publier le jugement sur ses sites pendant deux mois. Véronique Chemla, le 12 janvier 2008,
Charles Enderlin poursuit un chrétien ami d’Israël dans l’affaire al-Dura,
(22) « Aaron Hauptman publia, le 12 novembre 2000, dans le courrier des lecteurs du quotidien Haaretz, une violente critique des théories formulées de façon indépendante par Yossef Doriel. Celui-ci assigna Aaron Hauptman en justice pour diffamation à son égard. Le tribunal de Tel-Aviv relaxa Aaron Hauptman. Il qualifia l’enquête de Yossef Doriel de « non professionnelle et non objective ». « Le travail de la commission d’enquête de Tsahal relative à l’Affaire al-Dura n’a pas été envisagé » par ce tribunal. Yossef Duriel interjeta appel et la Cour du district de Tel-Aviv a fait droit à sa demande et a récemment réformé le jugement de première instance. (Sources : Mena et GIN, "Enderlin à nouveau pris par la Ména en flag de contrevérité", 19 juin 2006).
(23) Me Francis Szpiner est aussi l’avocat de la famille d’Ilan Halimi (z’’l), kidnappé, torturé et tué en février 2006 par le gang des Barbares, dont le chef est Youssef Fofana.
(24) Robert Faurisson nie l’existence des chambres à gaz des camps nazis d’extermination lors de la Seconde Guerre mondiale et la Shoah. Il a été condamné par la justice pour contestation de crimes contre l’humanité. Le 4 juillet 2007, la Cour d’appel de Paris a confirmé sa condamnation pour avoir tenu des propos négationnistes en février 2005 sur la chaîne iranienne Sahar 1.
(25) Dans son livre 11 septembre 2001 : L’effroyable imposture (2002), Thierry Meyssan nie que deux avions se soient écrasés sur les Twin Towers (New York) et qu’un avion [ait été lancé] sur le Pentagone, dans le cadre d’un attentat terroriste islamiste. Il diffuse une théorie du complot américain.
(26) Antoine Bartoli s’était prononcé contre la communication des rushes par France 2 et Charles Enderlin. Véronique Chemla, le 19 septembre 2007,
La Cour d’appel de Paris demande à France 2 les rushes sur l’incident al-Dura.
(27) Le 12 octobre 2000, Yossi Avrahami (z’’l) et Vadim Nurzhitz (z’’l), deux soldats israéliens, qui s’étaient égarés à Ramallah, ont été sauvagement tués dans un commissariat de Ramallah (Cisjordanie) et leurs dépouilles, mutilées par une foule palestinienne voulant venger la mort de Mohamed al-Dura; voir la vidéo sur YouTube. Une équipe de la chaîne de télévision italienne Retequattro (Mediaset) a filmé ces faits. Ses images ont été diffusées dans le monde, suscitant l’horreur devant cette barbarie. L’Autorité palestinienne a été mécontente de cette mauvaise image donnée d’elle. Par crainte de représailles, « toutes les télévisions italiennes présentes à Jérusalem, Gaza et la Cisjordanie, ont plié bagage. A l'origine de ce branle-bas de combat : les images exclusives du lynchage des soldats israéliens à Ramallah, tournées par une équipe de Retequattro (Mediaset), et la lettre de Riccardo Cristiano, l'un des deux correspondants de la RAI à Jérusalem, adressée à l'Autorité palestinienne. Dans celle-ci, le journaliste, s'adressant à ses “chers amis de Palestine” indiquait, à propos des images de Ramallah. « C'est une chaîne privée italienne en concurrence avec nous (et non la chaîne de télévision officielle italienne) qui a filmé les événements. Par la suite, la télévision israélienne a transmis les images en les attribuant à une chaîne italienne, créant ainsi l'impression dans le public qu'il s'agissait de la RAI. Je veux souligner auprès de vous que ce n'est pas le cas parce que nous, nous avons toujours respecté (et continuerons de le faire) les procédures journalistiques prévues par l'Autorité nationale palestinienne pour le travail en Palestine et nous, nous sommes crédibles dans notre travail ». Craignant des représailles contre les journalistes, notamment Anna Migotto, auteur des images de Ramallah, Mediaset sonne le rappel de ses équipes (ce genre de document rend les Palestiniens furieux : non seulement il donne une mauvaise image d'eux, mais permet aux Israéliens d'identifier les coupables). Au siège de la RAI, on jure ne pas être au courant de la lettre de Cristiano, lequel est aussitôt convoqué à Rome. La télévision publique assure que le comportement du journaliste “est étranger à la manière dont la Rai conçoit le rôle de l'information” mais repousse les accusations de délation ». Eric Jozsef, L'Italie replie ses caméras, Libération, 21-22 octobre 2000.
(28) « Depuis le début de la deuxième Intifada, une grande partie de la presse [de l’Autorité palestinienne] s’est mise au service de la cause palestinienne. Après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, l’Autorité palestinienne, de crainte de voir son image ternie, a multiplié les pressions sur les journalistes pour les empêcher de couvrir des mouvements de soutien à Oussama ben Laden ». RSF, Rapport annuel 2002 - Censure et autocensure : des journalistes toujours sous la botte des dictateurs au Maghreb et au Moyen-Orient.
(29) Gérard Huber. Contre-expertise d’une mise en scène. Editions Raphaël. Paris, 2003. 242 pages. ISBN : 2-87781-066-6 [épuisé: l'auteur a mis en ligne une version pdf du livre sur son site. Note d'upjf.org]. Interview de Gérard Huber, par Véronique Chemla.
(30) A l'Assemblée nationale (Paris), Roland Blum, député (UMP), a déposé le 8 novembre 2004 une question écrite à Renaud Donnedieu de Vabres, alors ministre de la Communication, '' relative à des images ... dont l'authenticité ainsi que l'interprétation sont contestées. Il s'agit du reportage, fait par un reporter palestinien de [France 2], qui se serait ensuite rétracté, et du correspondant permanent de la chaîne en Israël, censé montrer l'assassinat d'un enfant palestinien par des militaires israéliens, sous le regard du père ». M. Blum lui demande de « bien vouloir lui préciser si les faits qui ont été rapportés par la chaîne publique sont exacts, et dans le cas contraire, de lui faire connaître les résultats de l'enquête qu'il n'aura pas manquée de prescrire ''. GIN, 21 novembre 2004.
(31) Charles Enderlin a déclaré à Télérama : «J'ai coupé l'agonie de l'enfant. C'était insupportable... Cela n'aurait rien apporté de plus».
(32) La mort de Mohamed al-Dura tué par des tirs israéliens.
(33) Le journaliste juif américain Daniel Pearl (z’’l) a été égorgé avec sur le fond de l’image de la vidéo de son exécution, celle de Mohamed al-Dura.

 

© Guysen International News 

 

 

Mis en ligne le 03 mars 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org
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  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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