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24 novembre 2007 6 24 /11 /novembre /2007 08:26
Quelques remarques après l'audience de visionnage des rushes de France 2, le 14 novembre 2007, devant la Cour d'appel de Paris - par Luc Rosenzweig

Mis en ligne le 22 novembre 2007

Je me limiterai, dans ce compte-rendu d'audience aux éléments qui me paraissent essentiels pour la suite de l'affaire, tant sur le plan des faits que sur celui de la stratégie de défense de France 2 qui s'est dessinée lors de cette audience.

18 minutes ou 27 minutes ?

A l'origine du chiffre de 27 minutes, il y a la déclaration de Talal Abou Rahma affirmant sous serment devant Me Raji Sourani, du PCHR (Palestinian Centre for Human Rights), avoir filmé 27 minutes de la scène de fusillade, qui aurait, selon lui, duré environ 45 minutes. Lors de ma visite à Charles Enderlin, le 1er juillet 2004, et lors du visionnage des rushes au siège de France 2, le 22 octobre 2004, cette durée a été évoquée sans qu'Enderlin ni France 2 ne la contestent. Il y avait donc un consensus sur la longueur de la matière brute qui est à la base du sujet diffusé au JT de France 2 du 30 septembre 2000.

Chez Enderlin à Jérusalem, comme au siège de France 2, je n'étais pas dans un état d'esprit d'huissier de justice venant vérifier ce point, d'autant plus qu'il n'apparaissait pas comme litigieux. Je suis venu en journaliste pour voir si l'ensemble du matériel filmé dont disposait Charles Enderlin pouvait justifier le commentaire qu'il fit ce soir-là. Néanmoins, dans mon souvenir, je suis certain que le time code apparaissant à l'image lors de ces visionnages dépassait le chiffre vingt. Aujourd'hui, également, je suis certain que le DVD qui a été projeté devant le tribunal ne comporte pas toutes les scènes visionnées avec Arlette Chabot, Denis Jeambar, Daniel Leconte et des membres de l'état major de France 2 en octobre 2004. Cette conviction s'appuie sur l'échange que j'ai eu avec Didier Epelbaum, conseiller à la direction de France 2, pendant le visionnage, relatif à l'évidence d'une mise en scène pour un adolescent qui faisait une sorte de triple saut pour faire croire à une blessure reçue alors qu'il s'apprêtait à lancer un cocktail molotov. Cette scène, dont je suis maintenant absolument certain qu'elle figurait dans la bande vidéo montrée par la direction de France 2 aux personnes citées supra ne figurait pas dans le DVD fourni à la Cour.

J'ai cru entendre, mais cela reste à vérifier, que Charles Enderlin, lors de ses déclarations devant la Cour, avait détruit certaines images qui n'étaient pas directement liées à l'incident « Al Doura », comme il est courant dans le fonctionnement habituel d'un bureau de correspondant de télévision. Cela ne m'explique pas pourquoi la direction de France 2 a supprimé cette scène (au moins) du DVD présenté à la cour. Je précise que je suis prêt à faire cette même déclaration sous serment devant la Cour, si celle ci juge mon témoignage utile.

J'ai cru entendre, mais cela reste également à vérifier sur le PV d'audience, que Charles Enderlin aurait, pour faire son sujet, du 30 septembre 2000 utilisé également des images de Gaza tournées par l'agence Reuters. S'agirait-il alors des images qui manquent dans un DVD où l'on n'aurait retenu que les rushes envoyés à Charles Enderlin par Talal Abou Rahma ? Tout cela n'est pas sans importance : La Cour n'aura pas eu connaissance des images les plus évidemment mises en scène tournées ce jour-là.

De l'étrangeté de faire commenter des images par quelqu'un qui n'était pas sur place

Pour la première fois, Charles Enderlin avait daigné se déplacer en personne devant les juges. Il s'est livré à un commentaire, sur un ton docte et pontifiant des images du cameraman Talal Abou Rahma. Il est de notoriété publique que Talal Abou Rahma existe, qu'il fournit régulièrement des images de Gaza à France 2, et que sa liberté de mouvement est sans entraves : c'est d'ailleurs un argument utilisé par Enderlin et de France 2 d'affirmer que la latitude laissée par l'armée israélienne à Talal Abou Rahma d'entrer et de sortir de Gaza à sa guise vaut reconnaissance de validité factuelle des images qu'il a tournées au carrefour de Netzarim. Que n'est-il alors venu commenter en personne les images qu'il a tournées? Le chemin n'est guère plus long de Gaza à Paris que celui de Jérusalem à la capitale française effectué le 14 novembre par Charles Enderlin. Ce dernier est-il plus habilité à fournir le contexte de ces images que n'importe quel journaliste familier avec le conflit israélo-palestinien ? Nous n'étions pas, faut-il le rappeler, dans une conférence à Sciences-po, mais devant la justice qui cherche à faire la lumière sur une affaire controversée. Lorsque l'on est partie, il n'est pas admissible de se poser en expert extérieur à l'affaire comme a tenté de le faire Enderlin lors de l'audience. Ce tour de passe-passe ne devrait pas, en bonne justice, être avalisé par la présidente et ses assesseurs...

On aimerait connaître quelle version de ses nombreuses et contradictoires déclarations Talal Abou Rahma retient aujourd'hui concernant la durée de la fusillade, la durée de celle-ci filmée par lui, ce que sont devenues les images manquantes, l'heure à laquelle s'est déroulé l'incident, comment s'est effectué l'évacuation du père et de l'enfant etc. La justice française n'a pas, à ma connaissance, l'habitude de se contenter de témoignages de seconde main, quand l'acteur et le témoin direct des faits en cause peut être entendu...

Talal Abou Rahma en état de choc trois jours après les faits ?

La déclaration sous serment de Talal Abou Rahma relative à la fusillade de Netzarim devant Me Raji Sourani, faite le 3 octobre 2000 est très ennuyeuse pour France 2 et Charles Enderlin : elle est réduite à néant par les images, celles qui existent, comme celles qui manquent. Au fil du temps, Charles Enderlin s'est efforcé, par divers stratagèmes, de minimiser la portée et la valeur de ce témoignage. Tantôt il ne s'agissait que d' un simple interview où les propos du caméraman auraient été déformés, tantôt, comme dans un entretien à Télérama, Enderlin mettait en doute la reconnaissance par l'ONU du PCHR, donc sa crédibilité, quitte a s'en excuser plus tard dans un fax embarrassé envoyé à un Raji Sourani qui avait modérément apprécié cette déclaration.

Lors de l'audience du 14 novembre, et cette fois-ci j'ai entendu distinctement les paroles d'Enderlin : il prétend que ces déclarations ne doivent pas être prises à la lettre en raison de « l'état de choc » dans lequel se trouvait à l'époque Talal Abou Rahma. On pourrait admettre, à la rigueur, que le cameraman, interrogé dans les minutes ou les heures ayant suivi ces scènes prétendument atroces, soit quelque peu confus dans ses déclarations. Mais trois jours après, un Talal Abou Rahma, présenté par ailleurs par France 2 comme un « baroudeur » de l'information télévisée, habitué à filmer sous les balles, aurait été dans un état psychologique tel qu'il faille tenir ses déclarations comme nulles et non avenues ? J'ai, pour ma part, visionné dans le bureau de Charles Enderlin des scènes tournées le lendemain de l'incident par la télévision palestinienne où l'on voit Talal Abou Rahma au chevet de Jamal Al Dura: l'homme est souriant, actif, et n'a aucunement l'air d'être sous l'effet d'un choc psychologique...

Où sont les scènes d'agonie, coupées parce qu'elles étaient trop atroces ?

Scripta manent...en 2003, Charles Enderlin, en réponse à un article de James Fallows dans la revue américaine Atlantic mettant en doute sa version de l'affaire Al Dura, envoyait un courrier en anglais à cette revue affirmant, pour justifier son commentaire des images, qui donne l'enfant mort et le père grièvement blessé, qu'il avait décidé de couper les scènes de l'agonie de l'enfant car elles étaient « too unbearable », « trop insupportables » pour un téléspectateur. L'audience du 14 novembre a démontré qu'aucune image plus « insupportable » que celles diffusées le 30 septembre 2000 n'est présente dans les rushes, et qu'a l'inverse, le plan final de 3 secondes qui clôt ces mêmes rushes, coupé dans le sujet montré au JT du 30 septembre 2000, montre l'enfant levant la jambe et jetant un regard furtif en direction de la caméra. Pour Mme Christine Delavennat, directrice de la communication de France 2, la diffusion de ces images, devant la 11ème Chambre de la Cour d'appel de Paris est un « non-événement » qui n'intéresse plus personne hormis une poignée d'irréductibles (déclaration, le 15 novembre ,à Brett Kline de la Jewish Telegraphic Agency). Charles Enderlin a désormais ordre de se murer dans le « no comment ». France 2, cherche, d'évidence à poser l'étouffoir sur cette affaire jusqu'à l'audience de février, car tout ce qui survient met à mal la thèse défendue par la chaîne publique. L'intérêt des médias américains et israéliens pour cette affaire est actuellement très grand, à juste titre .Ceux qui, aujourd'hui, dans les médias français, se font complices de cette opération silence se rendent coupable d'un grave manquement à l'éthique d'une profession à laquelle je ne sais plus si je dois encore m'honorer d'avoir appartenu.

Luc Rosenzweig

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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 17:37
Quand Canal peut le Plus, Canal peut le Moins

Ou l’histoire d’une manipulation désinformatrice

Josiane Sberro

 

18 novembre 2007 : le colloque sur le «Mythe du crime rituel» roule bon train. Le thème est accrocheur et les contributions dignes d’intérêt. Une caméra filme l’ensemble pour les archives.

En milieu d’après midi, la camera se montre plus imposante. Les cameramen sont de Canal Plus. A ce seul nom, l’effervescence envahit la salle. Les spectateurs se lèvent et crient leur refus d’apparaître sur cette chaîne. L’opposition est unanime.

Les cameramen comprennent d’autant moins cette kabbale qu’ils sont là à la demande de Richard Landes, professeur de l’Université de Boston. Il intervient sur l’interminable affaire Al Dur’ha.

Pour ma part, j’exprime mon refus de voir cette chaîne couvrir à nouveau ce sujet à nos dépens.

A nouveau dites-vous ?

Flash-back : nous sommes en Mars 2003. Les Etats-Unis, sur le point d’intervenir en Irak, sont vilipendés en France. Une manifestation pacifique de soutien s’organise spontanément.

Avec ma collègue de Primo, nous y sommes en reportage. Drapeaux américains, français, israéliens. Un millier de personnes. Des Français de tous bords, âgés pour un certain nombre, en souvenir sans doute d’une époque difficile. Des jeunes aussi. Parmi ces jeunes, quelques drapeaux de la Ligue de Défense Juive. Ma collègue se rue sur leurs représentants pour leur demander de lever le camp car ils n’ont pas leur place dans cette manifestation.

La manifestation est contenue par les forces de l’ordre sur un espace réduit, il n’y a aucune agitation. Les télévisions sont là. Canal plus est très actif. Les échanges avec cette chaîne sont chaleureux. Nombre d’entre nous sommes interviewés. Je le suis également pour expliquer ce qui nous relie aux Etats-Unis. Nous parlons du nazisme et de notre devoir de mémoire.

Voilà pour les faits de ce mois de mars 2003. Le soir, pas une radio, pas une info ne parle ou n’évoque cette manifestation. Un auditeur téléphone en direct sur Europe 1, on lui répond «trop peu de monde, il ne s’est rien passé, c’est non signifiant».

Une manifestation de soutien insignifiante pour les médias français, voilà ce qui s’est passé, place de la Concorde, ce jour-là.

Quelques semaines après, de nombreux coups de fils d’amis s’étonnent que j’aie pu me fourvoyer avec un groupe d’extrême droite, que cela est incompréhensible venant de moi. Je suis même «passée à la télé», en gros plan sur Canal plus.

Je ne suis ni ne serai jamais abonnée à Canal plus. Une copie de l’émission me permet de découvrir la triste réalité.

L’émission d’information grand public, «90 minutes», de Paul Moreira et Emilie Raffoul a bonne presse. Et pourtant, ce soir-là…

L’émission s’intitule «Juifs et Arabes». Elle est projetée en avril 2003. Un mois après cette manifestation qui n’a rien à voir avec le sujet !

Les trente premières minutes ciblent bien le contexte : Intifada, antisémitisme, extrémisme des deux bords. Il s’agit de faire la lumière sur «Les loustics qu’on a découverts et qui soufflent sur les braises dans la coulisse» dixit Moreira.

Le parallèle commence. Une manif pro palestinienne ; on a crié ce jour-là «À mort les Juifs!» et agressé violemment les jeunes de l’Hachomer. Mais le commentaire oublie de le signaler. Les extrémistes juifs apparaissent, eux, dans une autre séquence : à l’aéroport, la réception violente d’une délégation pro palestinienne de retour de Gaza.

Vente du Protocole des Sages de Sion, discours de Latrèche, créateur du Parti des Musulmans de France, du négationniste Tunisien Mondheir Sfar. Rien ne nous est épargné.

Nous sommes au cœur de l’émission, et la charge sur les «Juifs extrémistes» commence.

Nous avons droit à une séquence filmée d’une conférence à Marseille, organisée par «Droit et Liberté», association désignée par les journalistes comme représentant «l’extrême droite juive». Qualification surprenante quand on connaît les positions de ce mouvement au sein de la vie républicaine et associative dans le Sud.

Eyal Sivan «qui milite inlassablement pour la coexistence pacifique entre les deux peuples» se plaint du harcèlement permanent, à son encontre, des extrémistes juifs.

Puis, à Sarcelles cette-fois, quelques plans de Gérard Huber et ce jugement dédaigneux : «avec sa pseudo démonstration [il] semble avoir convaincu le public, il a vendu ce soir-là des dizaines d’exemplaires de son ouvrage».

Autres images : dans une grande salle, un débat pro palestinien a lieu. De «respectables militants sont à la tribune» dit le commentaire. Je reconnais là Youssef Boussoumah, responsable du CCIPP*, et dans la salle quelques membres d’un CCAS** réputé, rencontrés lors d’une émission de radio, de retour d’expédition à Sabra, Chatila et Jenine «pour ne pas oublier». Des gens calmes en effet, respectables et amoureux de la paix entre les peuples, c’est un fait indéniable...

Quant à notre «insignifiante manifestation» citée plus haut, elle se retrouve curieusement au centre du débat et de l’image !

Le récit en est terrifiant :
« Les extrémistes juifs mettent la pression sur les médias ; au cours de cette manifestation organisée par la LDH, nous nous trouvons encerclés par les militants ».

Ma collègue de Primo apparaît en gros plan sur ce propos devant les drapeaux jaunes qu’elle tentait, en fait, de faire partir. La voilà estampillée LDH et encerclant Canal Plus pour l’éternité !

Sur un autre gros plan, j’apparais aux côtés d’une dame dont j’ignore tout et qui clame «Désinformation, désinformation!», exclamation particulièrement agressive aux oreilles fragiles de nos journalistes engagés.

Je suis pétrifiée par l’utilisation malhonnête de ces documents qui n’ont rien à voir les uns avec les autres, mis bout à bout pour démontrer l’idéologie sous-tendue : Il n’y a pas d’antisémitisme mais un extrémisme équivalent des deux bords. C’est ce que nous avons désigné à Primo sous le néologisme de symétrologie, maladie répandue chez certains journalistes et intellectuels qui ne peuvent pas envisager, ne serait-ce qu’une seconde, qu’il pourrait y avoir un camp qui aurait plus raison que l’autre.

Le magicien «d’Arrêt sur images», contacté pour réagir, trouve le sujet valable et affirme pouvoir le traiter. Il nous rappelle le lendemain en disant que ce n’est plus possible, sans plus d’explications.

Au nom du droit à l’image, je téléphone à Emilie Raffoul pour lui demander une explication. «Vous étiez dans la rue» me répond-elle sur un ton guilleret.

Je tente de lui faire comprendre que cette manifestation n’a rien à voir avec «les Juifs et les Arabes». Que l’image qui en est donnée nuit totalement à ma propre image ; je parle même de prendre un avocat.

Avec une belle assurance et une désinvolture très canalplusienne, Emilie Raffoul me renvoie dans mes cordes et se donne le droit d’utiliser les documents comme bon lui semble et selon sa propre interprétation.

Je raccrochai furibonde et rappelai une heure plus tard. Sur un ton «Marie-Chantal», j’expliquai à la belle que j’étais bien ennuyée de me retrouver dans ce contexte, alors que je me trouvais là par hasard, «moi qui suis de «gauche»»

«Cela nous coûte 20 000fr, me dit-elle aussitôt, mais je vous floute».

Voilà comment, étant de la confrérie des gens de «Gauche», le lendemain soir à la rediffusion, mon visage s’est trouvé camouflé tandis que ma collègue est restée étiquetée «LDJ d’extrême droite» ad vitam.

Voilà comment, parfois, des journalistes vous rencontrent lors d’une manifestation, sympathisent, entament un dialogue chaleureux, engrangent des images ; ces images, ils les font parler quand bon leur semble ; ils leur font dire ce qu’ils veulent puisqu’ils en assurent le commentaire sur des documents muets, usant de procédés artificiels (ralentis, fond musical pesant censé rajouter une note dramatique). Le pouvoir de dire et de comment le dire leur appartient.

Voilà comment d’honnêtes cameramen, venus effectuer leur reportage, découvrent la méfiance, la distance, la colère d’un public dont ils sont censés représenter les préoccupations par leurs images.

Voilà qui explique la fracture souvent manifeste entre les médias et leurs «consommateurs». La levée de boucliers, spontanée et totalement imprévisible du public au colloque sur le mythe du crime rituel, en est une preuve tangible.

Voilà pourquoi, depuis cette mésaventure, je parais toujours, aux manifestations, encagoulée, voir en burka, des fois que Moreira ou Raffoul seraient dans les parages pour la production d’une émission à faire péter l’audimat.

Et par prudence, je signe désormais les pétitions : «Gudule qui manifeste sous X» !

Josiane Sberro © Primo-Europe, 21 novembre 2007

CCIPP* : Campagne Civile Internationale de Protection du Peuple Palestinien
CCAS** : Caisse Centrale d’Activités Sociales du personnel Gazier et EDF

http://www.primo-europe.org/index.php

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19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 10:16
Ils ont osé ! (info # 011507/7)
Par Stéphane Juffa

Thursday 15 November [16:45:00 UTC]
Charles Enderlin (Photo Menapress)
© Metula News Agency







Me Amblard, ayez la sagesse d’épargner le ridicule et la fange à un ex-grand reporter français : jetez l’éponge avant le K.O tout proche !


 

Chaude ambiance, hier, autour de la cour d’appel du tribunal de Paris, où une foule inhabituelle s’était massée à la porte du prétoire. C’est, pensait-elle, que FR2 et son correspondant permanent en Israël allaient enfin montrer en public les 27 minutes de rushes établissant l’assassinat du jeune Mohamed A-Dura par Tsahal en septembre 2000.

 

Quelques minutes avant le début de l’audience, Serge Kovacs, criant "laissez-moi passer, je suis journaliste !", écartait brutalement les personnes qui faisaient antichambre. Cet individu, en fait un confrère de la rédaction de France 3, prit violemment à partie notre camarade Luc Rosenzweig, en l’insultant copieusement pour la part qu’il a prise dans la Controverse de Nétzarim. Kovacs, tremblant de tout son long d’excitation, rouge de fureur, comparait la démarche du respectable journaliste, ex-rédacteur en chef du Monde et contributeur à la Ména, à celle des nazis, affirmant, en hurlant, que nous avions entrepris de lyncher Charles Enderlin. Dérangés par les rumeurs de l’esclandre, trois gendarmes surgirent bien vite, s’emparèrent du semeur de désordre et l’emmenèrent.

 

Kovacs eut tout de même le loisir de m’abreuver de vilaines insultes dans un hébreu de cuisine, difficilement déchiffrable. Ce qui peut surprendre, c’est que Haaretz ait choisi de publier le commentaire de ce rouquin écarlate, qui s’affirme persuadé qu’Enderlin est un nouveau Dreyfus. Ce choix d’Haaretz est, en effet, étonnant, alors que l’on sait que Kovacs assure volontiers à ses confrères de France Télévisions qu’Israël est un Etat fascisant. Hier, on pouvait aisément, parmi les nombreuses personnalités présentes, trouver un avis plus pondéré et moins engagé. Quant au choix de ses journalistes par France Télévisions, j’avoue qu’il me semble moins surprenant.

 

Je retrace cet incident, car il reflète correctement la montée des passions autour de l’Affaire. Ce mercredi, sur l’Ile de la Cité, il y avait beaucoup de confrères dans la salle, des caméras à l’extérieur, et une foule si dense, que des dizaines de personnes n’ont pu être admises dans l’enceinte des débats. Et puis, il régnait dans l’air une tension presque préhensible, qui atteignit un premier degré d’ébullition lorsque Enderlin fit son entrée.

 

Le reporter de la chaîne publique, qui affirmait, jusqu’à hier, que les rushes de Rahma contenaient des images de l’agonie de l’enfant, qu’il avait coupées au montage parce que trop violentes pour la sensibilité du téléspectateur, faisait sa première apparition dans cette procédure.

 

Sa prestation devant la cour fut à l’instar du taux de véracité de l’affirmation qui précède, qu’il a diffusée, à tours de bras, dans les rédactions franciliennes : misérable, à la limite de susciter l’apitoiement.

 

Bien entendu, les images remises à la cour, et qui, de la bouche même d’Enderlin, représenteraient toutes les chutes filmées par Rahma au carrefour de Nétzarim, le 30 septembre 2000, ne renfermaient aucune image – supportable ou insupportable, d’ailleurs – de l’agonie ou de la mort de l’enfant. On y voyait, en revanche, Mohamed, mort, soulever distinctement un talon et dresser la tête pour regarder en direction du metteur en scène ; cette ultime scène, ayant évidemment été coupée du reportage distribué, franco de droits, par FR2 à toutes les télévisions de la planète.

 

Mais c’est là un mensonge de détail. Comme cet autre : Philippe Karsenty, l’appelant dans cette affaire, relevant en cela une autre des révélations de l’imposture compilée dans le film de la Ména, demande à Charles Enderlin comment il se fait que les participants à la saynète crient "mat el oualid", (l’enfant est mort), au moins douze secondes avant qu’il ne prétende avoir été touché par les balles israéliennes. A cela, Enderlin, toujours persuadé de pouvoir impunément émettre toutes les contrevérités qui le servent, se prenant pour un sémiologue de l’arabe des intersections, répond : ""mat el oualid" ne signifie pas "l’enfant est mort", mais "l’enfant est en danger de mort". C’aurait même été, selon cet éminent interprète, "un avertissement pour prévenir que l’enfant risquait de décéder".

 

Puis, ne reculant décidément devant aucune bravade, le Dreyfus de Kovacs d’affirmer qu’un mort, en arabe, se dit "shahyd". Mais Charles, si tous les morts étaient des shahyd (martyrs, en arabe normatif), où trouver, au ciel, 79 vierges pour chaque mort ? On va à la pénurie ! La grève des vierges ! L’embouteillage !

 

Ces quelques exemples, pour illustrer la prestation d’un homme perdu, à la barre, persuadé qu’il peut manipuler la cour par des pirouettes sans fin. Les dites volutes et le ton parraineur-baroudeur qu’Enderlin choisit laissent de marbre la présidente, Laurence Trébucq. Cette dernière, s’employant à garder le sourire et à s’exprimer simplement, a montré, par quelques remarques précises, qu’elle avait du dossier une remarquable connaissance.     

 

Car venons-en à l’essentiel de l’audience d’hier : dans l’acte constitutif de la thèse de l’authenticité de l’assassinat de Mohamed, le témoignage sous serment du reporter de FR2 Talal Abou Rahma, ce dernier déclare avoir filmé 27 minutes dudit assassinat. Lors, mercredi, les juges n’en ont reçu et vu que 55 secondes.

 

Non seulement la chaîne publique n’a fourni au tribunal que 18 minutes de chutes (soi-disant) brutes, encore, 17 minutes de ces rushes ne correspondent en aucune façon au témoignage du seul spectateur du "drame". Foin de soldats israéliens, qu’on verrait tirer, froidement et avec l’intention de tuer l’enfant. Foin de blessures. De blessé. De sang. Foin de cadavre ! Rien. Nihil. Néant.

 

Et s’il prend à la cour l’excellente idée de faire expertiser les 55 secondes de pellicule [1] durant lesquelles Jamal A-Dura et l’enfant acteur apparaissent pendant 38 secondes, Madame Trébucq et ses assesseurs découvriront alors que celles-là ne sont pas des rushes bruts, mais des images techniquement retouchées, pour faire croire aux téléspectateurs à l’existence d’un crime rituel juif qui n’a pas eu lieu.

 

Charles Enderlin répond à tout cela, en prétendant que Talal Abou Rahma aurait subi un état de choc, qui se serait prolongé sur plusieurs semaines, des suites des images de la mort de l’enfant, que personne n’a vue et qu’il n’a pas filmée. Cela, d’après Enderlin, lui aurait fait raconter et signer n’importe quoi devant Me Raji Surani. Oui, mais le menteur de FR2 Jérusalem change de version dans la menterie, au fur et à mesure que nous les défaisons. Jusqu’il y a peu, Charles Dreyfus expliquait aux media français que le témoignage légalisé de Rahma n’en était pas un ; qu’il s’agissait, en fait, "d’une interview choisie par la Ména parmi des dizaines d’autres", et que l’interviewer avait "fait tenir à Abou Rahama des propos qu’il n’avait pas tenus".

 

La justice finira bien par apprécier ces "vérités" mouvantes à leur juste valeur. A moins qu’elle n’explique enfin à Enderlin que la vérité, par principe, est une et indivisible. Elle lui demandera aussi, c’est du moins ce que nous espérons, qu’est-ce qui à poussé Rahma, qui avait alors perdu ses esprits, à demander, de son plein gré et à sa propre initiative, à Me Surani de recevoir son témoignage, trois jours après la mise en scène.

 

Quoi qu’il en soit, Ilan Tsadik, à Métula, est en train de collectionner, à ma demande, les interviews et les interventions médiatiques – notamment pour FR2 ! - que Talal Abou Rahma a effectuées durant les "plusieurs semaines" pendant lesquelles il avait perdu les pédales. Il paraît que nous allons mourir… de rire.

 

Quant à la question juridique de l’appel proprement dit, si la présidente Trébucq veut se faciliter la vie, elle peut, d’ores et déjà, clôturer les débats et accepter l’appel de Karsenty. Ce dernier ne pouvait en effet pas savoir que le cameraman du service public français avait mis le feu au Proche-Orient en établissant une déposition et en la signant, alors qu’il ne savait pas ce qu’il faisait. Ceci justifie, pour le moins, que Karsenty ne l’ait pas cru et qu’il ait manifesté son incrédulité publiquement. Si le tribunal d’appel poursuit, en 2008, les débats, ce sera pour aller au fond des choses, presque par curiosité.

 

Pas de rushes – des images banales d’Intifada et deux interviews sans rapport avec l’assassinat de 47 minutes de Mohamed A-Dura par les militaires israéliens - ? Un témoignage judiciarisé qu’Enderlin prétend avoir été réalisé par une personne en état second ? Mais qui reste-t-il pour soutenir la thèse de l’assassinat ? Personne ! Que reste-t-il de cette mise en scène, présentée en 2000 par FR2 comme l’assassinat en direct d’un jeune palestinien ? Personne, Rien. Nihil. Néant.

 

La thèse de nos contempteurs s’est éteinte avec la présentation publique des rushes hors propos de 18 minutes, et avec l’aveu de la démence passagère – même si nous n’y croyons pas une fraction de seconde – de Rahma.

 

Même en nous forçant à croire le denier mensonge d’Enderlin sur cette affaire, il nous faut demander – cela ne va rien ajouter au prestige déjà passablement écorné de Dreyfus Enderlin et de ses employeurs, mais la Ména n’est pas là pour ça - : si les 27 minutes de film sur l’assassinat n’existent pas, et que le témoignage d’Abou Rahma est l’œuvre d’un désorienté, qui prétend dès lors, et sur quelle base, qu’un Mohamed A-Dura a été assassiné par Tsahal, le 30 septembre 2000, au carrefour de Nétzarim ?

 

Où sont les soldats meurtriers, qui les a vus ? Qui en parle ? Où sont leurs balles, qui les a vues, les 47 minutes ? Les 27 ? Où est l’assassinat ?

 

La Ména prépare la présentation, en conférence de presse, d’une preuve supplémentaire et indiscutable de la mise en scène. Mais après avoir entendu Charles Enderlin hier à la barre, et après avoir relu cet article, je me demande si la révélation de cette preuve additionnelle de l’imposture est bien nécessaire. Me Amblard, au lieu de me fixer des yeux lors des audiences, que vous avez d’ailleurs fort jolis, ayez la sagesse d’épargner le ridicule et la fange à un ex-grand reporter français : jetez l’éponge avant le K.O tout proche ! Nous nous contenterons, en ce qui concerne la Ména, de ce qu’il rende, de même que Rahma, tous les prix qu’ils ont obtenus pour leur mise en scène, car on ne doit pas récompenser les impostures et les incitations à la haine et à la guerre entre les peuples. Dites à la chaîne qui vous mandate, qu’elle reconnaisse publiquement s’être trompée ; d’abord en diffusant le faux reportage, ensuite, en usant de la contrevérité et de l’insulte envers de véritables journalistes.

 

Me Amblard, vous rempliriez votre mandat, vous leur rendriez un très grand service !

 

 

 

Note :

 

[1] Pour autant que les 55 secondes en question, sur le DVD remis par France 2 à la cour, n’aient pas été à nouveau bidouillés. Les effets techniques dont nous faisons état ne sont pas visibles à l’œil nu, en revanche, ils sont évidents en image par image et au ralenti. En cas de doute, il sera toujours possible d’utiliser une copie de source neutre du reportage diffusé le 30 septembre 2000 par FR2.

 

 

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17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 19:29
Mohamed al-Dura est vivant à la fin des rushes de France 2 !
Par Véronique Chemla pour Guysen International News
15 novembre 2007 15:26
Le 14 novembre 2007, la 11e chambre de la Cour d’appel de Paris a visionné des rushes de France 2. La présidente de la Cour s’est étonnée de leur durée – 18 minutes au lieu de 27 minutes. Ces rushes ont été filmés par Talal Abu Rahma, cameraman palestinien de France 2, le 30 septembre 2000, au carrefour de Netzarim (bande de Gaza). Ils contiennent des saynètes de guerre, l’interview d’un dirigeant du Fatah et l’incident al-Dura (environ une minute). Cette audience a renforcé la position de Philippe Karsenty qui a évoqué un « faux reportage » à propos de « la mort de Mohamed al-Dura ».
Et Charles Enderlin apparut !
Venues des Etats-Unis, d’Israël ou de Belgique, les dizaines de personnes - journalistes (Mélanie Phillips, Tom Gross), la réalisatrice Esther Schapira (1), bloggers, écrivains (Nidra Poller) et responsables de sites Internet (Honest Reporting, Take A Pen), etc. - agglutinées près de la porte de la 11e chambre n’en croient pas leurs yeux. Pour la première fois, le fameux correspondant de France 2 à Jérusalem va répondre devant la justice française des célèbres images de l’incident al-Dura.
Précédé de son avocate Me Bénédicte Amblard, il est suivi d’Alain Lardière, directeur adjoint de l’information chargé des reportages de France 2. Mais curieusement pas de son cameraman palestinien, Talal Abou Rahma, qui risque de devenir l’Arlésienne de l’affaire al-Dura.
Dans l’assistance largement acquise à l’appelant Philippe Karsenty, directeur de Media-Ratings, soudain, un individu crie : « Charles Enderlin est innocent ! » Il provoque un esclandre et l’intervention brève de gendarmes.
Pour accueillir cette foule inhabituelle, la présidente fait ajouter une quinzaine de chaises.
Malheureusement, des journalistes ne pourront pas assister à une audience très attendue.

Des rushes de 18 minutes, et non de 27 minutes
La présidente de la Cour, Laurence Trébucq, l’annonce d’emblée : ce sera un visionnage dans le calme, qui ne doit pas durer tout l’après-midi et nul n’est autorisé à filmer ou photographier les images des rushes visionnées sur le grand écran de télévision amené par Philippe Karsenty.
Interrogée par Me Patrick Maisonneuve, avocat de l’appelant, Laurence Trébucq précise : Charles Enderlin commentera les images, et Philippe Karsenty pourra faire part de ses observations « au fur et à mesure ».
Surprise, Laurence Trébucq interroge Charles Enderlin sur la durée de ces rushes, « initialement sur une cassette Betacam et présentées à la Cour sur un DVD ». Pourquoi des rushes de 18 minutes et non de 27 minutes comme le mentionnent nombre de documents du dossier ?
« C’est très simple. J’avais 27 minutes d’images de Gaza et d’autres lieux. Quelques jours plus tard, j’ai pu récupérer la cassette originale. Je l’ai mise dans un coffre. France 2 ne conserve jamais les rushes, elle les recycle ou les détruit. France 2 a fait une exception avec ces rushes du 30 septembre 2000, et vous avez une copie de la cassette originale » répond Charles Enderlin.
Et d’ajouter : « Nous avons montré ces images au monde entier [notamment] le 22 avril 2001, au congrès international des médiateurs de presse à Paris. Talal Abou Rahma a été autorisé par l’armée israélienne à venir pour y commenter ces images. Nous avons cessé de les diffuser quand nous avons vu apparaître sur Internet ces accusations [de mise en scène]. Nous allons vous éclairer ».
La présidente questionne Luc Rosenzweig, journaliste retraité du Monde et collaborateur de la Metula News Agency, et le professeur américain d’histoire Richard Landes qui ont vu les rushes de France 2, à Paris et à Jérusalem.
Luc Rosenzweig se souvient : « Le 22 octobre 2004, [à Paris] Denis Jeambar, Daniel Leconte et moi sommes entrés en disant : « Nous voulons voir les 27 minutes de rushes ». On nous a dit : « Les voilà ». [La durée des rushes] n’était pas alors un objet de débat. Il y avait un timecode [Ndlr : référence temporelle – heure, minute, seconde - de chaque image d’une vidéo]. Cela dépassait 20 minutes. Je me souviens bien des scènes ».
Quant à Richard Landes, il a vu les rushes à trois reprises et se souvient d’un timecode de 21 minutes. Donc, les rushes devraient durer au moins 20 minutes.
Cela n’ébranle pas Charles Enderlin qui maintient : « Vous avez une copie conforme de la cassette de Gaza. Je ne sais pas s’ils ont vu à Paris la cassette originale ou la cassette avec d’autres images ».
Me Patrick Maisonneuve cite le témoignage de Talal Abou Rahma devant le Centre palestinien des droits de l’homme le 3 octobre 2000 : « J’ai filmé approximativement 27 minutes de l’incident [al-Dura] qui a duré 45 minutes » (2).
Charles Enderlin défend son cameraman : « Talal Abou Rahma était en état de choc le soir de son témoignage. Nous étions en situation de guerre. Il a eu du mal à se souvenir ».
Le défenseur de Philippe Karsenty s’étonne d’un tel état psychologique persistant trois jours après les faits.

« Des scènes classiques d’Intifada »
Pour mieux voir ces rushes sur l’écran de télévision placé près des juges et les comparer avec ceux qu’ils avaient vus, Luc Rosenzweig et Richard Landes quittent leur place et s’avancent vers l’allée centrale, entre les bancs d’une part des avocats des intimés et d’autre part du défenseur de l’appelant.
Curieusement, les deux avocats de France 2 et Charles Enderlin, Maîtres Bénédicte Amblard et Pierre-Olivier Sur, ainsi que Me Guillaume Weill-Raynal tentent de constituer une barrière physique entre ces deux spectateurs et cet écran. Ce qui force Richard Landes à regarder les rushes, assis par terre, près de Philippe Karsenty.
Les rushes ? Des saynètes de guerre, deux interviews de responsables palestiniens et l’incident al-Dura.
Les rushes visionnés sont essentiellement composés, sur un fond sonore de ’’tirs de balles en caoutchouc’’, de scènes de rue avec des Palestiniens jetant des pierres, déambulant calmement ou, parfois, apparemment touchés, emmenés dans une ambulance, puis de plusieurs minutes d’interviews, notamment celle du dirigeant du Fatah dans la bande de Gaza, et ces rushes se concluent sur approximativement une minute de l’incident Jamal et Mohamed al-Dura.
Docte, didactique, insistant sur sa connaissance des lieux, Charles Enderlin déclare : « Les rushes, c’est l’équivalent de notes prises par un journaliste ». Et il ajoute : « Mais il n’y a pas de continuité temporelle absolue » (sic).
Il présente le contexte : « La veille, sur le mont du Temple, la journée a été très dure. Nous avons eu sept morts lors d’un accrochage. La région était à feu et à sang. Nous savions que la journée du lendemain serait très dure. Chaque fois qu’il y a des évènements sur le mont du temple, sur l’esplanade des mosquées, il y a des émeutes pendant une semaine. J’ai mis en alerte mes correspondants à Hebron et à Gaza. [Talal Abou Rahma] est un journaliste reconnu, qui a l’autorisation de se rendre en territoire israélien. Le lendemain [Ndlr : le 30 septembre 2000], je suis allé à Ramallah. Vous allez voir ces scènes d’Intifada. [Au carrefour de Netzarim], les Palestiniens jetaient des pierres et des cocktails Molotov. Les soldats israéliens tiraient des balles en caoutchouc. On ne les voit pas car ils tiraient au travers des meurtrières de leur position ».

Un hématome rouge vif télégénique
Et que voit-on dans ces rushes pendant une dizaine de minutes ? Des scènes de Palestiniens qui vont et viennent. Jettent des pierres. Ou sont agglutinés, immobiles près d’un poteau. Ou déambulent calmement à pied ou à bicyclette à proximité de la position israélienne, et au milieu d’un « terrain de combats ». Ou circulent en voitures. Ou attendent, debout, en face de la position israélienne, sans crainte de tirs. Ou encore un Palestinien censé être blessé, que des passants soulèvent, et qui est évacué en ambulance. Car il y a parfois deux ambulances sur une image. Le tout sur fond sonore de « balles en plastique ».
« Pendant dix minutes et 53 secondes, on ne voit pas une seule balle être tirée du fortin israélien, comme d’ailleurs dans tout le film de Talal », observe Philippe Karsenty. La réplique de Charles Enderlin fuse : « Quand un cameraman filmera une balle sortir d’un fortin, ce sera un scoop ! Les soldats israéliens utilisent des balles en caoutchouc, avec les gaz lacrymogènes, pour ne pas faire de victimes. Ces balles laissent des hématomes, parfois très graves ». La preuve ? Un Palestinien ouvre sa chemise, révélant l’« hématome » provoqué sur son torse par une telle balle : un petit cercle rouge vermillon.
L’appelant, Philippe Karsenty, relève une bizarrerie : « Un hématome est bleu, pas rouge vif ». Il s’étonne : « On ne voit pas de sang sur ces images, malgré les tirs. Pourquoi ces Palestiniens circulent-ils aussi calmement s’ils risquent d’être atteints par des balles en caoutchouc ?»
« Il n’y a pas encore de tirs à balles réelles », assène Charles Enderlin qui affirme avoir souvent « vu ces scènes… On emmène en ambulances ceux qui sont blessés, égratignés » (sic).
Philippe Karsenty manifeste sa surprise devant une scène particulière : près d’une Jeep, un Palestinien est censé être touché par un tir israélien à la jambe droite. Deux secondes plus tard, arrive une ambulance, qui a du démarrer au moment même de l’impact.
Philippe Karsenty ajoute que Talal Abou Rahma a déclaré que le chauffeur de cette Jeep avait été atteint par une balle en plein front. Ce que dément la simple vision des images. Charles Enderlin s’écrie : « Ce n’est pas le même chauffeur ! »
En plus de ces saynètes de guerre, ces rushes contiennent deux interviews, en anglais et en arabe : celle du responsable du Fatah à Gaza et du chef d'un mouvement palestinien de jeunesse. Le front ceint d’un bandeau jaune-oranger, le chef d'un mouvement palestinien accuse - « Le vilain Ariel Sharon [qui] a causé une provocation en allant sur l’esplanade des mosquées ». Sur un ton comminatoire, un dirigeant palestinien menace de réactions violentes de la rue palestinienne « si Arafat signe un accord sur Jérusalem ».
Philippe Karsenty fait remarquer que le Palestinien interviewé se trouve dans la ligne de mire du fortin israélien que l’on voit en arrière plan, à la même distance de la position militaire israélienne que les al-Dura. Sans être touché par des tirs israéliens…
Pourquoi les Palestiniens restent-ils à portée des balles en caoutchouc ou en métal caoutchouté des soldats israéliens ? « C’est un rituel » selon le correspondant de France 2.
Vêtu de gris, sur un ton quasi-professoral, Charles Enderlin, rarement avec le renfort d’Alain Lardière, directeur adjoint de l’information de France 2, paraît peu convaincant. Docte. Sanglé dans ses certitudes de professionnel chevronné, et jamais ébranlé par les remarques de bon sens de Philippe Karsenty qui découvre les rushes.
Charles Enderlin réclame la parole : « Je veux pouvoir commenter mes images ». La présidente de la Cour rectifie : « Ce ne sont pas vos images. Ce sont les images du cameraman Talal Abou Rahma ».

« You only live twice » ou la vie après la mort
« Le timecode va se figer. Quand Talal Abou Rahma remet en marche sa caméra, il y a un temps avant que l’appareil ne refonctionne. L’ambiance change. Cela commence à tirer à balles réelles », annonce Charles Enderlin.
A environ une minute de la fin des rushes, on voit l’adulte et l’enfant, appelés Jamal et Mohamed al-Dura. Cette séquence contient pendant approximativement 15 secondes un plan de coupe de la position israélienne : « Talal Abu Rahma a voulu vérifier si les tirs provenaient de la position israélienne », explique Charles Enderlin.

Philippe Karsenty rappelle que Talal Abou Rahma a déclaré en septembre 2001, à la réalisatrice Esther Schapira, avoir filmé « six minutes de la scène des al-Dura ».
Charles Enderlin indique que tous les cameramen palestiniens ont fui, sauf Talal Abou Rahma. Philippe Karsenty désigne sur le coin gauche de l’image le trépied d’une caméra.
Surtout Charles Enderlin campe sur sa position : « Les tirs provenaient de la position israélienne». Ce que nie Philippe Karsenty en se fondant sur l’angle du seul tir en direction des al-Dura. Un tir rond, non en oblique, mais de face : « Des experts en balistique pourraient déterminer l’origine des tirs. Si la Cour acceptait que soit nommée une commission d’experts… »
Et Philippe Karsenty d’ironiser sur la maladresse des soldats israéliens qui tirent « sur les al-Dura » pendant « 45 minutes selon Talal Abou Rahma », alors que l’on ne voit l’impact que de sept balles sur le mur devant lequel ils se trouvent. Et de souligner le blanc immaculé du tee-shirt, le jean non déchiré de Jamal al-Dura qui garde son intégrité physique, alors qu’il est censé avoir été touché par des « balles qui lui ont déchiqueté les muscles et arraché l’os du bras ».
Avant que l’enfant ne soit déclaré mort par Charles Enderlin, on entend déjà des cris en arabe : « L’enfant est mort ! L’enfant est mort ! » Comment ce journaliste chevronné trilingue explique-t-il pareille préscience ? « [Mohamed al-Dura] était en danger. En arabe, on dit que l’enfant est mort quand on sait qu’il va mourir. Quand un enfant palestinien est tué par balle, on dit : « C’est un martyr ». Quelques « Oh » d’incrédulité indignée parcourent l’assistance attentive et calme.
Philippe Karsenty montre du doigt une étoffe rouge – censée représenter le sang coulant de son corps - que l’enfant déplace de ses jambes à son ventre pour visualiser l’impact du tir mortel censé l’avoir visé.
Dans ces rushes, la dernière image de l’enfant, présenté par Charles Enderlin comme mort dans son commentaire off sur l’image précédente diffusée lors du JT du 30 septembre 2000, le montre soulever le bras, tourner la tête, regarder la caméra, baisser le bras et garder ses jambes suspendues en l’air.
C’est notamment cette image qui avait incité Philippe Karsenty, en novembre 2004, à qualifier l’incident al-Dura de « faux reportage » et « d’imposture médiatique ». Des qualificatifs à l’origine de la plainte de France 2 et de son journaliste pour diffamation contre Philippe Karsenty.
« Nous avons donné ces images [de l’incident al-Dura]. Pendant toute cette scène, j’étais en conversation avec Talal Abou Rahma qui me demande de m’occuper de sa famille s’il lui arrivait quelque chose », conclut Charles Enderlin.
Les dernières images de ces rushes montrent la rue palestinienne.
La présidente de la Cour rappelle l’audience relai du 16 janvier 2008 et celle de plaidoiries du 27 février 2008. Me Patrick Maisonneuve lui demande alors la communication de ces rushes, au même titre que celle des autres pièces versées au débat. Ce qui respecterait les droits de la défense.
Au moment où Charles Enderlin quitte la salle d’audience, des journalistes se pressent auprès de lui pour l’interroger. GIN lui demande à quelle heure il a reçu les images de son cameraman. Mais le correspondant de France 2 reste silencieux. Etrangement, ses conseils lui ont interdit de s’exprimer devant la presse.
Richard Landes confie à GIN avoir vu trois minutes de plus de rushes à Jérusalem, en présence de Charles Enderlin.
Une experte de l’affaire al-Dura précise à GIN : « On a le timecode du DVD mais pas celui de la bande originelle. Quand un cameraman arrête de filmer, puis recommence, le timecode reprend à zéro. Or, ici le time code a défilé sans coupure. On ne peut pas être sûr qu’il s’agit de la bande originale ».

(1) Esther Schapira a réalisé le documentaire Qui a tué Mohamed al Dura (2001-2002), disponible en DVD
(2) http://www.pchrgaza.org/special/tv2.htm

Vous pouvez lire l’article France 2 a accepté de remettre ses rushes de l’incident al-Dura à la Cour d’appel de Paris à http://www.guysen.com/articles.php?sid=6219

Le dossier audiovisuel al-Dura établi par Richard Landes :
http://www.seconddraft.org/aldurah.php

Les cartes et photos sont extraites de ce site

Le colloque Le mythe du meurtre rituel, d’hier à aujourd’hui aura lieu le 18 novembre 2007 à l’établissement Georges Leven (75012) à l’initiative du Collège des études juives de l’Alliance israélite universelle (AIU)
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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 13:41
Le canular ignoble d’Al-Dura arrive à bout de course

Hier, France 2, sommée par la Cour d’appel de Paris de produire les images qui montreraient, selon Enderlin, l’assassinat de Mohammed Al Dura (rapide survol) sous les balles israéliennes, a fait visionner aux juges un document audiovisuel tronqué ne montrant, selon plusieurs témoins présents, ni sang, ni tirs israéliens, ni images de dépouille, ni aucun élément permettant de soutenir la thèse de la chaîne française.

Rappel:

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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 12:17
 
Visionnage des rushes Al Dura : compte-rendu de Media Ratings)

 
France 2 a menti pendant plus de 7 ans sur l’affaire Al Doura / Charles Enderlin laminé à l’audience du 14 novembre / Ph. Karsenty sur RCJ à 11h30 ce dimanche / L’AFP et France-Info sur l’Affaire / Colloque sur le meurtre rituel.
 
  
 

 

 

La Première Agence
de Notation des Médias

 
 

 

 

Ce mercredi 14 novembre 2007, la Cour d’appel de Paris a visionné ce que France 2 a présenté comme étant les rushes tournés par Talal Abou Rahma, le 30 septembre 2000 à partir desquels Charles Enderlin a monté le reportage de la « mort » de Mohamed Al Doura.

 

Cette projection a confirmé l’imposture de France 2.

 

 

 

France 2 n’a pas présenté les 27 minutes d’images que Talal Abou Rahma a prétendu avoir filmées dans son témoignage sous serment au Centre Palestinien des Droits de l’Homme que vous pouvez lire en cliquant ici.

 

La chaîne publique n’a projeté que 18 minutes d’images montrant des adolescents et des enfants jetant des pierres, tandis qu’aucune réaction armée israélienne n’intervenait.

 

Où sont passées les 9 minutes d’images manquantes ?

 

Le visionnage a permis de constater que France 2 ne disposait d’aucune autre image que celles qui ont été diffusées sur les écrans du monde entier le 30 septembre 2000, à l’exception des 3 secondes ( visibles ici) au cours desquelles l’enfant lève le coude et jette un œil à la caméra, alors qu’il a été déclaré mort par Charles Enderlin, quelques secondes plus tôt.

 

Dans ses commentaires ultérieurs, le journaliste de France 2 avait affirmé qu’il avait « coupé la scène de l’agonie de l’enfant au montage, car elle était insoutenable ».

 

Elle était en effet insoutenable… mais seulement selon la version des faits donnée par France 2 !

 

Il ressort de ce visionnage que la plupart des déclarations de Charles Enderlin, Talal Abou Rahma, Elisabeth Schemla, et les dirigeants de France 2 sur cette affaire étaient donc mensongères.

 


Charles Enderlin était présent à l’audience du 14 novembre.

 

Les propos qu’il y a tenus et ses justifications maladroites ont souvent fait rire la salle, remplie à craquer.

 

La seule activité tangible des avocats de France 2 fut de tenter d’établir un mur physique pour empêcher certains témoins de voir les rushes projetés.

 

Cela a contraint quelques personnes à se déplacer pour avoir accès aux images. C’est ainsi que le professeur Landes a dû se frayer un chemin, à quatre pattes sur le sol, pour arriver aux pieds de mon avocat et assister au visionnage.

 

A la suite de la prestation de leur client, les avocats de France 2 n’ont pas autorisé Charles Enderlin à répondre aux journalistes, qui se pressaient pour recueillir ses impressions.

 

De nombreux médias, principalement étrangers, étaient présents au procès.

 

Il faut noter la très pertinente dépêche de l’AFP ainsi que le reportage de France-Info ; sans oublier bien sûr l’excellent article de Véronique Chemla pour Guysen, celui de Nidra Poller pour Pajamas Media, et enfin celui de Melanie Phillips pour The Spectator.

 

Ce dimanche 18 novembre à 11h 30, Philippe Karsenty reviendra sur l’audience du 14 novembre au micro de RCJ (pour écouter en direct, cliquez ici ou branchez-vous sur 94,8 FM à Paris).

 

Ce même dimanche 18 novembre, l’Alliance Universelle Israélite et Shmuel Trigano organisent à Paris un colloque sur « Le mythe du meurtre rituel », dans lequel l’affaire Al Dura sera abordée, notamment par le professeur Richard Landes.

 

Pour obtenir plus d’informations et y assister, cliquez ici ou bien téléphonez au 01 53 32 88 55.

 

© Media Ratings 

 

 

 

Mis en ligne le 16 novembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 21:28
Qui a tué Al-Dura, 'martyr' Palestinien de 12 ans, vraisemblablement tué par son propre peuple ?
Dans quatre jours, la Cour d'appel de Paris examinera les rushes de l'incident de Netsarim, à Gaza, tournés le 30 septembre 2000 par le caméraman palestinien de France 2, Talal Abou Rahma, et au cours duquel le jeune Palestinien, Mohammed al-Dura, est censé avoir été tué par balles. Depuis l'événement, les thèses les plus contradictoires et les plus extrêmes ont circulé, dont celle - que j'ai récusée dès qu'elle fut émise et que je récuse toujours - d'une collusion complice entre le caméraman palestinien, le correspondant franco-israélien de France 2, Charles Enderlin, et la direction de l'information de la chaîne nationale, visant à imputer cette mort à Tsahal. La circonstance m'incite à remettre sous les yeux de nos internautes la traduction française d'un article du 4 décembre 2000, qui contient, entre autres, le rapport de l'un des premiers experts commis par le général Samia, qui commandait alors la zone sud, Joseph Doriel. Après avoir mis en ligne l’original anglais, en décembre 2002, et l’avoir traduit, fin 2004, j’ai été convaincu - et le suis toujours - de la justesse de la thèse de l'auteur, selon laquelle l’enfant al-Dura a « été victime d’une machination cruelle ourdie par des tireurs d'élite et un caméraman palestiniens ». Je reviendrai sous peu sur cette perception de l’événement, qui a été reprise avec de très sérieuses variantes, et poussée jusqu’à ses dernières conséquences par certains. Celles et ceux qui veulent se faire une idée aussi précise que possible de ce qui a bien pu se passer, ce 30 septembre 2000, et savoir ce qu’il en est des accusations portées par Philippe Karsenty et d’autres contre les correspondants en Israël de la chaîne et la direction de l’information, ont intérêt à lire attentivement le rapport qui suit. Malgré sa date éloignée (décembre 2000), il contient l’essentiel de ce que le lecteur doit connaître pour se faire une opinion équilibrée concernant cette affaire. (Menahem Macina).
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Original anglais : "Who killed Mohammed Al-Dura ? 12-year-old Palestinian 'martyr' likely killed by his own people", mis en ligne sur WorldNetDaily, le 4 décembre 2000.


Traduction (partielle *) française : Menahem Macina

* Je me suis volontairement limité à la partie du long article de WorldNetDaily, qui a trait au rapport de Joseph Doriel, l'un des experts désignés par le général Samia pour examiner les circonstances de la mort de l'enfant.

 

[…] La possibilité que Mohammed al-Dura ait été tué par un Palestinien fanatique, prêt à envoyer le garçon vers une vie glorieuse dans le ciel, pour le récompenser d’avoir promu la glorieuse cause palestinienne ici-bas, est-elle tellement inimaginable? Beaucoup ne le pensent pas.

Le 23 octobre [2000], Joseph Doriel, un ingénieur israélien, dirigea une enquête de Tsahal et une reconstitution de la mort, par balles, de Mohammed al-Dura, qui tentait de faire la preuve que le garçon, alors âgé de 12 ans, ne pouvait pas avoir été abattu par des soldats de Tsahal - mais plutôt qu’il avait été victime d’une machination cruelle ourdie par des tireurs d'élite et un caméraman palestiniens (1).

À portée de l’une des positions de tir situées au sud, les protagonistes de cette reconstitution empilèrent des blocs de ciment pour représenter le mur où le garçon et son père étaient recroquevillés. Un fût de béton fut placé à cet endroit, pour représenter celui derrière lequel le père et le fils étaient tapis.

« Les soldats désignés pour ce tir à distance, par le commandant de Tsahal pour la zone sud, le Major Général Yom Tov Samia, prirent position sur un remblai de terre et tirèrent des projectiles contre le mur et le fût, en utilisant une série d’armes diverses »,

rapportait alors le quotidien israélien Ha'aretz.

Doriel, ancien tireur d’élite de Tsahal, avait quelques raisons de suspecter que ce n’étaient pas les Israéliens qui avaient tiré sur le garçon :

« Une chose est sûre, le garçon et son père se cachaient derrière et à gauche d'un fût qui se trouvait entre eux et les forces israéliennes »,

a-t-il dit à IsraelNationalNews.com…

Traduction des légendes :

Cliché 1. Jamal A-Dura, le père de l’enfant regarde et agite le bras dans la direction de l’angle du carrefour [de Netzarim, où se trouvait le fortin israélien, Magen 3, attaqué de toutes parts par des tirs palestiniens]


Cliché 2. Le père tente de protéger son fils.

Cliché 3. Le père regarde de l’autre côté de la rue, droit en direction du caméraman de presse, Talal Abu Rahma, qui filme l’événement.

Cliché 4. La caméra sort du champ, apparemment au moment du tir fatal.

Cliché 5. Le père et le fils, tous deux atteints [par les tirs], mortellement pour ce qui est du fils.

« Dans la vidéo, on distingue, à côté d'eux, quatre trous nets de balles. Elles n'ont pas été tirées par les Israéliens – ce sont des trous 'propres', nets, et non de simples éraflures qu’auraient causées des tirs israéliens provenant d’un angle de 30 degrés -, mais plutôt par des Palestiniens (postés plus directement devant le père et le fils) pour s'assurer que l’un et l’autre resteraient dans leur position.

Soudain, vous voyez le garçon qui gît, allongé sur les genoux de son père, alors qu’un autre impact de balle est visible dans le mur, juste derrière lui – là aussi, ce tir ne pouvait pas provenir de la position de Tsahal, qui se trouvait au-delà du fût et sur le côté, mais uniquement de la position palestinienne, qui faisait plus directement face au père et au fils. C'est cette balle qui lui a traversé le ventre et est ressortie par son dos. [Pour illustrer cette affirmation de manière topographique, il est utile d’examiner cette] photo aérienne du carrefour de Netzarim et des positions israéliennes et palestiniennes qui y sont repérées. »



[Traduction des légendes : En haut au centre :] "L’échange de tirs au carrefour Netzarin et la mort de l’enfant palestinien". [A gauche, dans un cercle :] "Emplacement du père palestinien et de son fils (agrandissement)". [Un peu plus bas à droite, au centre du cliché :] "Position palestinienne d’où partaient des tirs vers le fortin israélien". [A l’extrémité droite du cliché :] "Tirs palestinien". [Plus bas :] "Fortin israélien". [Plus bas à gauche :] "Tirs palestiniens".

À ce stade de la vidéo, dit Doriel,
« on peut entendre la salve - mais la position israélienne était très éloignée! [On peut donc en déduire que] ce qui s’est produit, c’est qu'un Palestinien s’est avancé jusqu’à un endroit très proche du caméraman, et a tiré la rafale mortelle. On peut noter également qu'au moment des tirs mortels, le caméraman a 'sursauté' et que l'image est devenue floue – ce qui indique que les tirs provenaient d’un endroit proche de lui. »
Une équipe de CBS était sur place pour filmer la reconstitution pour l’émission "60 minutes"… [Son verdict :] les résultats sont peu concluants.

Mais, [le général] Samia, [l’ingénieur Doriel] et beaucoup d'autres qui ont examiné les preuves n’ont guère de doutes quant à l’identité des responsables de la mort de Mohammed al-Dura.
« Les forces palestiniennes ont mis en scène l'événement »,
affirme Doriel avec emphase (1 - rappel).
« Les Israéliens tiraient, bien sûr - mais la salve mortelle n’a pas été tirée par eux : elle venait de la position palestinienne qui faisait face au garçon, derrière le cameraman»
…………………

WorldNetDaily a pu se procurer une copie du rapport de Doriel sur le tir au carrefour de Netzarim (2). Observant que les rushes du tir ont
« déclenché une propagande anti-israélienne et anti-juive, conformément au standard bien connu de TSW - TV-Supported-Warfare [guerre télévisée] », 
Doriel émet les remarques suivantes:

LES FAITS INCONTESTÉS:

• Confirmé par tous : Des soldats israéliens étaient confinés dans un avant-poste situé en travers du carrefour, à une distance de 110 m de la victime et dans un angle de 30 degrés par rapport au mur de parpaings, où le garçon et son père s’étaient réfugiés derrière un fût de ciment. A cette époque, des avant-postes palestiniens étaient disséminés dans tout le secteur - devant et derrière la victime.
• Confirmé par le représentant officiel de l'autorité palestinienne sur la deuxième chaîne israélienne – 31 oct. 2000 : Le garçon a été tué par une balle, qui lui est entrée dans le corps par devant et en est ressortie par le dos (c’est pourquoi aucune balle n'a été trouvée dans le corps du garçon).
• Le cameraman est retourné sur les lieux de l'événement, le lendemain, et a confirmé: le fût derrière lequel le garçon s’est abrité était en béton (et non en métal), donc, aucune balle de fusil ne pouvait le percer de part en part (journal Ha'aretz, 7 novembre 2000).


• Le film tourné par le cameraman palestinien a révélé [l’existence], sur le mur, du seul trou [laissé par] la balle qui a pénétré dans le corps du garçon.

CONCLUSIONS:

• Le trou qui apparaissait sur le mur de parpaings, derrière le corps du garçon, après qu'il soit tombé sur le trottoir, est la seule évidence montrant qu'une balle a pénétré son corps, comme l’a avoué le représentant de l’Autorité palestinienne.
• La localisation du trou fait par la balle meurtrière, se trouve bien à l'intérieur de l'espace protégé contre un tireur d’élite de l'avant-poste israélien, par le fût de béton.

(Ci-après, le croquis de Doriel):



[Traduction du texte anglais :]

Analyse de l’enregistrement télévisé de la tragédie du 30 septembre 2000 au carrefour de Netzarim
Description de l’espace caché d’un possible tir israélien – derrière le fût de béton

Sur ce croquis schématique… on suggère que le fût de béton fait 70 centimètres de diamètre.
Au cas où le diamètre aurait été plus large, l’espace caché serait accru.

Espace caché à un tir de Tsahal

Trou de la balle

Mur de parpaings
Fils – Père – Fût
[Texte en diagonale :] Limites d’un possible impact de balles de Tsahal
[suivi d’un autre texte dans une diagonale inverse :] Direction de l’avant-poste de Tsahal

[2 textes à la verticale :] Direction de la balle qui a laissé l’impact d’un trou dans le dos l’enfant [suivis d’un texte à l’horizontale :] Direction de l’avant-poste palestinien.

• Le trou de la balle mortelle peut avoir été causé uniquement par un tireur isolé se postant face au garçon (à l’abri des buissons qui se trouvent derrière le caméraman), et le bruit enregistré par le caméraman avant que le garçon apparaisse mort provient d’une arme toute proche et émettant un bruit tout à fait différent du tir entendu auparavant [qui provenait des avant-postes distants].
• Les avant-postes armés situés face au garçon et devant lui étaient tenus uniquement par des Palestiniens. Par conséquent, eux seuls peuvent avoir tué le garçon. Il en va de même pour les balles qui ont blessé le père du garçon: il était tellement recroquevillé dans l’angle formé par le mur et le fût – que seules des balles tirées de face pouvaient l’atteindre, et elles ne pouvaient en aucun cas provenir de la position israélienne qui se situait dans un angle de 30 degrés par rapport au mur. Même avec un angle de 43 degrés, c’eût été impossible."

Par la suite, le 27 novembre [2000], le général Samia rendit publics les résultats de l'enquête officielle de Tsahal - qui s'inspiraient des résultats de l'enquête balistique de Doriel, mais ne soufflaient mot du fait, révélé par l'examen des impacts de balles et des clichés de la vidéo, selon lequel le tir meurtrier avait été exécuté de derrière le caméraman, et donc face aux victimes.
« Une enquête approfondie réalisée ces dernières semaines, jette des doutes sérieux sur le fait que le garçon ait été victime d’un tir israélien »,
déclarait-il.
« Il est tout à fait plausible que le garçon ait été atteint par des balles palestiniennes au cours de l'échange de tirs qui a eu lieu dans le secteur. »
 
David Kupelian

© WorldNetDaily.com pour l’original anglais et upjf.org pour la version française.

 

Mis en ligne pour la première fois le 3 décembre 2004. Remis en course le 10 novembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 08:47
A-Dura : le reportage de référence de la Mena et l’analyse filmée de S.Juffa (info # 010310/7)
Par Jean Tsadik

Wednesday 03 October [09:27:00 BST]
Charles Enderlin (Photo Menapress) © Metula News Agency









(...) ils ont disposé de 7 ans pour présenter volontairement ces chutes... Photo Menapress : Charles Enderlin

 

Hier, mardi, les principales chaînes israéliennes ont diffusé, lors de leurs journaux télévisés, de larges extraits du reportage de 13 minutes réalisé par notre agence en novembre 2002 sur l’Affaire A-Dura.

 

Ce film de la Ména, mettant en lumière certaines des révélations prépondérantes fournies par l’enquête de l’armée, sous la direction du physicien Nahum Shahaf, fait toujours office de référence au sujet des inepties journalistiques contenues dans le reportage de FR2.

 

Ceci dit, notre enquête s’est, bien évidemment, considérablement étoffée depuis la réalisation de ce film en 2002. Elle a abouti, à ce jour, à plus d’une vingtaine de preuves judiciaires et à des centaines d’indices concordants, démontrant, au-delà de tout doute raisonnable, que le reportage d’Abou Rahma et d’Enderlin procède d’un mise en scène.

 

Le but que nous avions recherché en réalisant ce film, consistait – en format JT, 13’ - à provoquer le questionnement quant à la crédibilité du reportage de FR2. Ceux qui voudraient voir dans notre film un résumé des conclusions de notre enquête font, naturellement, fausse route.

 

Reste que l’usage massif de notre document par les télévisions israéliennes démontre, certes avec quelques années de retard, qu’il a parfaitement servi son objectif.

 

Le moment est venu de permettre aux lecteurs [en appuyant sur CE LIEN) de la Ména de prendre connaissance de ce film réalisé par leur agence.

 

Le regain d’intérêt pour la controverse de Nétzarim dans les media israéliens fait suite à la déclaration de M. Daniel Seaman, directeur du GPO, le bureau gouvernemental israélien en charge de la presse, affirmant que le reportage de FR2 sur l’assassinat de Mohamed A-Dura, en septembre 2000, est une mise en scène.

 

Le GPO (Government Press Office) est l’organe attitré du "Bureau du 1er ministre" pour la gestion des affaires médiatiques. Le communiqué du GPO a été endossé par le département légal du "Bureau du 1er ministre" et exprime désormais le point de vue officiel israélien quant à la Controverse de Nétzarim.

 

Charles Enderlin a réagi à la déclaration de Daniel Seaman, reprise, mardi, à la une de presque tous les quotidiens hébreux, en affirmant qu’il persistait à prétendre à l’authenticité de son reportage.

 

Enderlin s’est également félicité du prochain visionnage des 27 minutes de rushes par la Cour d’appel de Paris, exprimant que son intégrité allait ainsi pouvoir être reconnue. On peut légitimement s’étonner de la réaction du correspondant permanent de France 2, en observant qu’il aura – de même que son employeur – attendu de recevoir une intimation juridique à produire ces rushes afin de faire la preuve de son honnêteté. Ce, alors qu’ils ont disposé de 7 ans pour présenter volontairement ces chutes, et que l’avocat des intimés, Enderlin et FR2, Me Amblard, a usé de toutes ses ressources afin de tenter de persuader le tribunal de ne pas exiger la remise des rushes.

 

D’autre part, après avoir qualifié les enquêteurs de la controverse d’individus apparentés à l’extrême droite israélienne, après que France 2 ait rejeté – par l’indifférence ou l’insulte – nos nombreuses propositions de confronter les éléments d’enquête en nos possessions réciproques, Charles Enderlin, mis au pied du mur par le communiqué du GPO, a fait hier une proposition pour le moins étonnante. Sur la Chaîne 10 (Aroutz Esser), il a invité les contempteurs de son reportage à lui présenter – pour les diffuser - les éléments d’information sérieux qui iraient à l’encontre de sa mise en scène.

 

A la Ména, nous ne relèverons pas cette offre tardive, destinée à aménager une issue de secours honorable aux imposteurs, à la veille du visionnage des rushes par la justice tricolore. Connaissant précisément de leur contenu, nous avons, à Métula, la sereine certitude que la projection des rushes, devant la cour d’appel, mettra en lumière le parjure du cameraman de FR2, Talal Abou Rahma, relativement à son témoignage judiciarisé du 3 octobre 2000, exécuté devant Me Raji Surani à Gaza. Abou Rahma étant, à la fois, le réalisateur de la partie filmique du reportage, et l’unique témoin de l’assassinat de Mohamed A-Dura, la démonstration publique du parjure devrait mettre un terme définitif à la thèse de l’authenticité du reportage.

 

Pour l’éviter, il faudrait que FR2 présente à la cour un document filmique montrant les 27 minutes filmées par Rahma – selon son témoignage – des 47 minutes qu’à duré l’"incident". L’"incident" étant caractérisé, dans la déposition de Rahama, par des soldats israéliens visant Mohamed de sang froid, durant 47 minutes, dans l’intention de le tuer.

 

Il est bien évident que la requête de la Cour d’appel de Paris, faite aux intimés de présenter les rushes, concerne les 27 minutes de chutes de films, volontairement présentées par FR2, le 22 octobre 2004, dans les locaux de France-Télévisions à Paris, aux journalistes Jeambar, Leconte et Rosenzweig, comme étant les Rushes mentionnés par Rahma dans son témoignage.

 

Toute soustraction de prises de vues postérieure à cette date, ajout, altération, effacement des évidences du montage effectué sur les images des 55 secondes concernant A-Dura – figurant dans le reportage télévisé rendu public par FR2 au moment des faits, et répertoriées par nos soins – signifieraient, dans les relation entre l’Etat d’Israël et France-Télévisions, le point de départ de la Troisième Guerre Mondiale.

 

En pressant [ICI] les abonnés en règle de la Ména auront accès à l’analyse filmée des propos de notre rédacteur en chef, Stéphane Juffa, des conséquences du communiqué émis par le Bureau du 1er ministre israélien, qualifiant le reportage de FR2 de mise en scène.

 

L’analyse de Juffa devrait pallier au mutisme déroutant, observé hier par tous les media généralistes de l’Hexagone, France 2 comprise, à propos du communiqué du GPO. Notre consoeur l’AP avait pourtant émis plusieurs dépêches sur cet "item". C’est à croire que nos confrères parisiens n’acceptent de danser que sur les rythmes de l’AFP, ou, que leur vision du journalisme consiste à occlure la diffusion des informations qui leur sont désagréables. Toujours est-il que, pour l’opinion publique française, les conclusions de l’enquête de la Ména, aboutissant à l’accusation de mise en scène contre Enderlin et France 2, ne sont toujours partagées par aucune institution israélienne officielle. Au temps pour Tsahal et pour le Bureau du 1er ministre !

 

 

 

Notes techniques :

 

1. La Ména a fait appel aux moyens techniques de ses confrères de Guysen TV pour la diffusion publique de ces films. L’introduction qui précède la projection de A-Dura : l’Affaire est de Guysen TV leur appartient et n’engage pas notre responsabilité.

 

2. Le film A-Dura : l’Affaire contient une coquille dans l’orthographe du mot "baril".

 

3. Sur le film de l’analyse effectuée par Stéphane Juffa, les techniciens de Guysen TV mentionnent de façon erronée le nom de notre agence sous la forme de Metula Press Agency.

 

4. Sur le même document filmique, Juffa, citant le témoignage judiciarisé de Talal Abou Rahma, fait état, par erreur et à plusieurs reprises, des 45 minutes qu’aurait duré l’"incident". En fait, d’après le document signé par Abou Rahma sous serment, il s’agit de 47 minutes. De même, Juffa attribue faussement la réalisation de A-Dura : l’Affaire à l’année 2003, alors que ce film date de novembre 2002.

 

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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 08:20
Al-Dura : France 2 accepte de communiquer ses rushes à la seule Cour d’appel de Paris, V. Chemla
Précise et fort bien documentée, comme toujours, Véronique Chemla, de Guysen International News, nous gratifie d’un excellent état de la question des montages et mises en scène dans les médias, à propos du conflit palestino-israélien. Ses analyses sont particulièrement intéressantes en ce qu’elles illustrent la différence entre le refus de se déjuger de France 2 et d’autres médias qui, après s’être trouvés dans des situations similaires et avoir découvert la manipulation dont ils avaient été victimes, se sont rétractés et ont présenté des excuses à leur public. A lire et faire circuler largement. (Menahem Macina).
 

9 octobre 2007

Guysen International News

Le 3 octobre 2007, la 11e chambre de la Cour d’appel de Paris a rendu un arrêt demandant aux intimés - France 2 et son correspondant à Jérusalem, Charles Enderlin -, de lui communiquer, avant le 31 octobre 2007, les rushes filmés par le cameraman palestinien Talal Abu Rahma le 30 septembre 2000, dans la bande de Gaza. Me Bénédicte Amblard, avocate des intimés, a transmis l’accord de ses clients. Si l’affaire al-Dura a pris une dimension politique en Israël, elle est largement occultée par les médias français.

 

Première ou unique inflexion de la position de France 2 et de Charles Enderlin ?

C’est en tout cas contraints par la Cour d’appel, qui a accueilli la demande de l’appelant, Philippe Karsenty, directeur de l’agence de notation des médias Media-Ratings (M-R), que les deux intimés acceptent enfin de montrer publiquement ces rushes.

Et ce afin de permettre à la Cour de déterminer si France 2 a diffusé, lors du déclenchement de l’Intifada II, des images mises en scène et ne correspondant pas à la situation réelle au carrefour de Netzarim (bande de Gaza), à l’automne 2000. Pas moins !

Sur son blog, Charles Enderlin se déclarait, le 20 septembre, « extrêmement satisfait du souhait de la cour d'appel de Paris de visionner les rushes tournés le 30 septembre et le 1er octobre 2000 par Talal Abou Rahmeh le correspondant de France 2 à Gaza » (1).

Que ne s’est-il exécuté en sept ans, et notamment à l’automne 2006, lorsque Philippe Karsenty, de Media-Ratings, et Charles Gouze, webmaster de Desinfos.com, ont formulé cette requête devant le tribunal correctionnel de Paris !

Confusion, ou lapsus révélateur du journaliste ? C’est Tsahal, et non la Cour, qui a demandé les rushes de ces deux dates. Est-ce à dire que Charles Enderlin va accéder aussi à la requête similaire de l’armée de l’Etat juif réitérée le 10 septembre 2007 ? Rien de moins sûr, car il refuse de livrer ces 27 minutes de rushes à

« un organisme qui serait partie prenante dans cette affaire ».

Ces rushes seront visionnés par la Cour d’appel de Paris, lors de l’audience du 14 novembre prochain. Philippe Karsenty les découvrira seulement ce jour-là. Ce qui est peu satisfaisant au regard des droits de la défense.

Le visionnage des rushes

« permettra de crever l'abcès, de montrer l'authenticité des images »,

poursuit le correspondant de France 2, qui, comme Jamal al-Dura, maintient ses déclarations initiales.

D’une manière surprenante, Jamal al-Dura a déclaré (Ynetnews.com, 2 octobre 2007) :

« Les balles étaient israéliennes. Les tirs venaient du côté israélien et seulement de ce côté. Les balles dans mon corps et celles de mon fils venaient de face, ce qui prouve qu’elles venaient du poste israélien ».

Or, le poste israélien ne se trouvait pas en face d’eux, mais du côté opposé du carrefour de Netzarim (cf. carte où les al-Dura se trouvent derrière « the barrel »).

Aucun des deux protagonistes ne semble ébranlé par les affirmations graves de Tsahal.

Une armée, dont l’avis exprimé dans un courrier du 10 septembre 2007 et adressé par le colonel Shlomi Am-Shalom, adjoint du porte-parole de Tsahal, notamment à Charles Enderlin et Patrick de Carolis, président de France Télévision, est dévastateur pour les intimés :

« L’analyse de toutes les données sur le terrain, l’emplacement de la position de Tsahal, les angles de tir, l’emplacement du père et de son fils derrière un tonneau leur servant d’abri, la fréquence des tirs, les angles de pénétration des balles dans le mur placé derrière le père et le fils ainsi que le timing de l’événement, rendaient hautement improbable que les tirs ayant soi-disant atteint le père et son fils aient pu être tirés par les soldats de Tsahal se trouvant dans cette position… Le général Samia m’a précisé que toutes ses tentatives d’obtenir les prises de vue pour compléter l’enquête ont été vouées à l’échec… Nous sommes conscients de tentatives de mises en scène médiatisées et comme un doute s’est insinué à cet égard envers le dit reportage, nous demandons [une copie complète non montée] afin de découvrir la vérité ».


D’une « mise en scène » filmée à une affaire judiciaire et politique

Des accusations graves reprises, pour la première fois par écrit, par le responsable du service de presse du gouvernement israélien (GPO), Daniel Seaman : 

Fin septembre 2007, celui-ci affirme à l’association israélienne d’avocats Shurat HaDin (2) :

« Les faits ne se sont pas produits comme Charles Enderlin les a décrits car la version de ce dernier contredit les lois de la physique. Il était impossible [aux soldats israéliens] de toucher [les al-Dura] qui se cachaient… Le cameraman Talal Abu Rahma a mis en scène tout l’incident... La création du mythe Mohamed al-Dura a causé un grand préjudice à l’Etat d’Israël et enflammé le monde arabe. [Cette] accusation contemporaine de meurtre rituel (blood libel) portée contre cet Etat a causé des dizaines de morts en Israël et dans le monde ».

Daniel Seaman estime aussi que France 2 a

 « manqué de professionnalisme… Aucune vérification sur [la] crédibilité [des images de l’incident al-Dura] n'a été faite avant leur diffusion ».

Peut-être par crainte de s’aliéner une chaîne importante et de susciter des réactions corporatistes, les autorités publiques israéliennes ont refusé la voie judiciaire et privilégié un « traitement médiatique ». Après consultation du conseiller juridique du gouvernement, Menachem Mazuz, Daniel Seaman n’a pas accédé à la demande de Shurat HaDin : il n’a pas retiré son accréditation à l’équipe de France 2.

Sur le site Internet anglophone du Premier ministre, aucun communiqué de presse ne contredit Daniel Seaman dont les déclarations suscitent des réflexions.

En qualifiant de « mise en scène » l’incident al-Dura, Daniel Seaman vise le caméraman palestinien, Talal Abu Rahma, collaborateur de France 2 et CNN. Perverse, cynique et économe, l’Autorité palestinienne (AP) réserve donc à une oligarchie l’essentiel de la manne financière internationale et ferait payer les « mises en scène » de Pallywood, son industrie de propagande audiovisuelle, par des médias occidentaux, privés et peut-être, ce qui est plus grave, publics. Un mécanisme qui conférerait ainsi à ces « mises en scène » un label d’impartialité et un gage d’authenticité, accroîtrait leur crédibilité, duperait les téléspectateurs et engagerait la responsabilité de ceux qui les financent et les distribuent. A la différence de films de fiction qui se présentent comme tels – La Porte du soleil (2004), de Yousry Nasrallah, Paradise now (2005), de Hany Abu-Assad –, Pallywood produit des « actualités fictives », un oxymore qui désigne ces saynètes inventées, mises en scène et jouées par les Palestiniens, et présentées aux médias comme des histoires authentiques. Via des canaux mondiaux de diffusion, ces deux genres visent à ternir l’image de l’Etat juif, et sont parfois primés.

La « mise en scène » de l’incident al-Dura date d’une époque où l’AP était dirigée, notamment dans la bande de Gaza, par le Fatah, un parti qui a créé, encouragé, soutenu et promu Pallywood. Son leader, Mahmoud Abbas, est considéré par le gouvernement Olmert, l’administration Bush et des diplomaties européennes comme « un partenaire pour la paix ». Pour parfaire son image d’interlocuteur « modéré » luttant contre le terroriste Hamas, Mahmoud Abbas a allégué, faussement, que ses forces à Bethlehem venaient de saisir deux roquettes prêtes à être lancées contre Israël à partir de la banlieue de Beit Jala et les avaient remises à Tsahal (Washington Post, 30 septembre 2007). Ces roquettes étaient en fait des tuyaux utilisés par les enfants palestiniens. Et c’est avec les fieffés menteurs de Pallywood que le gouvernement israélien veut signer un accord de paix ?!

En judiciarisant l’affaire al-Dura, France 2 et Charles Enderlin ont enclenché un mécanisme aux effets multiples, inattendus et doté d’un effet boomerang :

·         Désormais, c’est le fleuron du service public audiovisuel français, son correspondant et le travail de son équipe qui intéressent, non seulement le gouvernement israélien, Tsahal, des médias étrangers, des associations française et américaines, mais aussi la justice hexagonale.

·         Stigmatisant la « politique de l’autruche de la diplomatie israélienne qui a induit un préjudice important pour l’Etat d’Israël, et les communautés juives du monde entier », Shurat HaDin entend s’adresser à la Haute Cour de justice israélienne afin d’obtenir le retrait des accréditations si France 2 ne reconnaît pas publiquement avoir faussement accusé l’Etat juif d’avoir tué un enfant palestinien. Cette association songe à solliciter des dommages et intérêts pour les victimes de la violence induite par l’incident al-Dura. De nombreuses audiences en perspective...

·         Coïncidence : le jour même où s’ouvrait le procès sur l’incident al-Dura devant la Cour d’appel, devenait définitive la condamnation de Dieudonné M’Bala M’Bala pour diffamation raciale au détriment du comédien-animateur, Arthur, en raison de ses déclarations à ’’The Source’’ (janvier 2004) : ’’Beaucoup de personnes dans mon métier sont juives… Arthur avec sa société de production finance de manière très active l'armée israélienne, cette même armée qui n’hésite pas à tuer des enfants palestiniens’’. De quoi inspirer Shurat HaDin qui représente dans « des procès – en Israël, aux Etats-Unis, au Canada et en Europe - ou dans des actions légales contre l’AP, le Hamas, l’Iran, la Syrie, le Jihad islamique et l’Union européenne, les centaines de victimes israéliennes du terrorisme palestinien et les Arabes palestiniens accusés de travailler pour l’Etat d’Israël et contre l’Autorité palestinienne ».  

Une double « exception française » médiatique ?

Alors que des médias, israéliens ou non – Associated Press, AFP en anglais, Cyberpresse, Romandie news, De Standaard, De Pers, Le Soir, L’Orient Le Jour -, et la revue de presse israélienne éditée par l’ambassade de France en Israël ont fait part des déclarations du GPO, la presse française – hormis L’Express, La Tribune, Actualité juive – et la newsletter de l’ambassade d’Israël en France restent étonnamment silencieuses sur les derniers rebondissements de l’affaire al-Dura (3).

Un mutisme étrange, ou un oubli peu banal. En tout cas, un symptôme inquiétant dans un pays libre : « Un journalisme malade, c’est la démocratie en danger » rappelle la Fédération européenne des journalistes (FEJ), le 27 septembre 2007.

Occultée par des médias français, l’affaire al-Dura n’est pas seulement dans l’actualité judiciaire. Elle rassemble des interrogations sur le rôle des informations, rumeurs et propagandes dans la formation des opinions publiques, au centre notamment de la 10e édition des Rendez-vous de l’Histoire, à Blois (18-21 octobre). Citons l’Association Yad Layeled qui y organise, le 21 octobre, à 14 h, la projection du documentaire "Décryptage", de Jacques Tarnero, dans la salle capitulaire du Conseil général, et, de 16 h à 17h30, la Table ronde « La guerre moderne et l’information », dans l’amphi 3 de l’antenne universitaire de Blois, place Jean Jaurès.

Comme si le refoulé parvenait à affleurer. Malgré tout…

Ces rebondissements dans l’affaire al-Dura surgissent alors que diverses instances insistent sur les devoirs des médias, et que la singularité de l’attitude de France 2 apparaît avec plus de relief.

D’une part, le 1er octobre 2007, le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe adoptait des Lignes directrices pour la protection de la liberté d’expression et d’information en temps de crise. Ces lignes directrices soulignent les

« responsabilités des professionnels des médias, qu'elles invitent à respecter les plus hautes règles éthiques et professionnelles, eu égard à la responsabilité qu'ils ont, dans des situations de crise, de rendre publiques des informations factuelles et exhaustives ».

Thomas Hammarberg, commissaire aux droits de l'Homme du dit Conseil, précisait :

« Les rédacteurs en chef et autres représentants des médias devraient se montrer attentifs aux critiques formulées au sujet de la qualité de certains de leurs articles ou reportages… Les médias « officiels » doivent exercer leur activité de manière impartiale et dans l’intérêt de l’ensemble de la population. Il convient, bien entendu, que les médias de « service public » ne deviennent pas les instruments d’une propagande. Leur indépendance et leur impartialité revêtent une importance capitale » (4).

D’autre part, lors de la guerre d’Israël contre le Hezbollah, le 7 août 2006, Reuters a retiré 920 clichés de son photographe, Adnan Hajj, qui était à son service depuis plus de dix ans, car celui-ci avait « modifié » numériquement deux photos. Et ce, sans attendre une décision de justice… En étant convaincu par les arguments de simples internautes, de bloggers.

Le 29 septembre 2007, The Jerusalem Post publiait l’article de Khaled Abu Toameh, journaliste réputé, sur un « scoop » confié par le Fatah basé à Ramallah : une Palestinienne de 16 ans aurait été victime, en juillet 2007, dans la bande de Gaza, d’un crime dit « d’honneur » filmé. Ce qui pouvait être vérifié auprès de « deux témoins oculaires ». Alerté par des bloggers que le dit film avait été réalisé en Iraq, en avril 2007, ce quotidien retire, dès le lendemain, de son site Internet, l’article incriminé, publie les excuses de son journaliste et rétablit la vérité : pour discréditer le Hamas et se présenter comme le seul interlocuteur « fréquentable », le Fatah avait manipulé Khaled Abu Toameh ; les faux témoins étaient d’anciens officiers de la sécurité du Fatah. Des rectificatifs tout à l’honneur de ce média israélien.

France 2 a été alertée par plusieurs personnalités, dont trois journalistes chevronnés – Denis Jeambar, Daniel Leconte, Luc Rosenzweig - ayant visionné les rushes du 30 septembre 2000. Les deux premiers attestent :

« Les Palestiniens "jouent" à la guerre avec les Israéliens et simulent, dans la plupart des cas, des blessures imaginaires… Au moment où Charles Enderlin donne le gamin pour mort, tué par les Israéliens, c'est-à-dire le soir même, lors du journal télévisé de France 2, rien ne lui permet d'affirmer qu'il est vraiment mort, et encore moins qu'il a été tué par des soldats israéliens » (Le Figaro, 25 janvier 2005).

Arlette Chabot, directrice de l’information de France 2, a admis une incertitude quant à l’origine des tirs ayant « tué le petit Mohamed ».

Que fera cette chaîne-phare du service public si l’arrêt de la Cour d’appel de Paris ne conclut pas comme elle l’espère ?

Ironie de la vie, les 2 et 3 octobre 2007, veille et lendemain de l’arrêt de la dite Cour, France 2 diffusait le téléfilm Notable donc coupable, de Francis Girod. L’histoire d’une rumeur infondée ayant diffamé, en 2003, le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), Dominique Baudis. A celui-ci, qui lui demandait de reconnaître publiquement son erreur, Florence Bouquillat, journaliste de France 2, répliquait :

 «On ne fait jamais ça à la télévision, voyons ! » (5)

Véronique Chemla


© Guysen International News

 

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Notes

(1) http://blog.france2.fr/charles-enderlin/index.php/2007/09/20/59110-al-dura

(2) http://www.israellawcenter.org

(3) http://www.m-r.fr/danslesmedias.php?id=65

(4) http://www.commissioner.coe.int

(5) Egarements et débordements médiatiques de Cyrano : http://www.guysen.com/articles.php?sid=3134

[Pour en savoir plus]

La Cour d’appel de Paris demande à France 2 les rushes sur l’incident al-Dura : http://www.guysen.com/articles.php?sid=6158

L’enquête vidéo sur l’affaire al-Dura : http://www.guysen.com/tv/?vida=1779  

Le dossier audiovisuel al-Dura établi par Richard Landes : http://www.seconddraft.org/aldurah.php    

L’interview de Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Mena : http://www.guysen.com/tv/?vida=1795

Photos : © DR, V. Chemla. Photo des grilles du jardin du Luxembourg lors de l’exposition Objectif Une : un demi-siècle vu par L’Express (2004). La légende de la photo des al-Dura, indiquait, en français, anglais et espagnol : « 30 septembre 2000. Jamal al-Dura et son fils Mohamed, âgé de 12 ans, se protègent des balles israéliennes. L’enfant sera tué ». Des passants ont supprimé les mots « israéliennes, tué ». Des barrières métalliques ont été mises pour protéger le texte.

Carte : © Richard Landes

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Mis en ligne le 10 octobre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

 

 

 

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26 septembre 2007 3 26 /09 /septembre /2007 17:31

1. Comment un homme seul peut changer le cours de l’histoire, Hillel Halkin


C'est volontairement que j'ai traduit, de manière paraphrastique, le titre anglais de cet article ["Changing History's Course"], car il me semble que tel est le sentiment de M. Halkin. Je confesse volontiers que, l'an dernier, j'ai été agacé par la pugnacité de Ph. Karsenty, qui me paraissait excessive. Ce sentiment avait été exacerbé par l'assimilation, que d’aucuns faisaient de son cas à celui de Dreyfus. Il n'y a pas de honte à reconnaître une appréciation erronée. Depuis cette époque, j'ai amplement visionné les rushes, âprement discuté avec des orfèvres en la matière (dont, entre autres, R. Landes et Ph. Karsenty lui-même), de la possibilité d’un complot médiatique. Et même si je doute toujours de la participation "délibérée" de la chaîne à cette machination palestinienne, je souscris sans réserve au jugement suivant de M. Halkin : « Si France 2 ignorait cette fraude au moment où elle a défrayé la chronique avec cette histoire, ce n’était certainement pas le cas de Talal Abou Rahmah. Et on ne voit pas comment France 2 et M. Enderlin ont pu ne pas s’en apercevoir par eux-mêmes, quand ils ont eu la possibilité de revoir les séquences et de les examiner plus attentivement ». (Menahem Macina).

 

http://www.debriefing.org/25348.html

 

25/09/07

 

[Sur le procès en appel de Ph. Karsenty, voir : Véronique Chemla, "Compte rendu d'audience à la Cour d'appel, à propos de l'affaire al-Dura". Voir aussi le dossier de l’enquête détaillée et documentée, réalisée par le cinéaste Pierre Rehov, entre octobre 2000 et juin 2001 (© UPJF), et la remarquable vidéo en français, réalisée et commentée, fin 2006, par le prof. R. Landes, expliquant et illustrant les nombreuses mises en scène réalisées par des Palestiniens, le jour de l’incident al-Dura. Celles et ceux qui n'ont pas suivi les débats qui font rage, depuis 7 ans, dans les médias et surtout dans la blogosphère, pourront faire un choix dans la liste de quelque 230 articles relatifs à cette affaire, en ligne sur le site debriefing.org. M. Macina].

 

The New York Sun

 

Texte original anglais "Changing History’s Course".

 

Traduction française : Menahem Macina

 

 

Un événement important s’est produit à Paris dans une affaire judiciaire à laquelle le monde ne s’est guère intéressé.

 

Récemment [19 septembre], la 11ème Chambre de la Cour d’Appel de Paris a entendu les arguments de l’avocat de Philippe Karsenty, observateur de la presse française, qui, en 2004-2005, a été l’objet d’une plainte de la chaîne nationale de télévision France 2 et de son correspondant au Moyen-Orient, Charles Enderlin.

 

Les plaignants ont accusé M. Karsenty de les avoir diffamés en affirmant, sur son site Internet, qu’ils avaient participé à un rapport de presse falsifié concernant la mort, sous des tirs israéliens, le 30 septembre 2000, au carrefour de Netsarim dans la bande de Gaza, du plus célèbre "martyr palestinien" de la seconde Intifada,  Mohammed al-Doura, alors âgé de 12 ans. Reconnu coupable par un tribunal de première instance, qui accordait aux plaignants des dommages et intérêts symboliques, M. Karsenty fait actuellement appel de cette condamnation.

 

Or, la semaine dernière, le tribunal n’a pas statué sur cet appel. Par contre, il a émis une ordonnance enjoignant à France 2 de produire devant la Cour les 27 minutes de rushes initialement reçues du caméraman palestinien, Talal Abou Rahmah, qui a filmé les événements de Gaza. Réduites à 45 secondes de reportage télévisé, ces séquences, que France 2 a toujours refusé de rendre accessibles, contenaient le matériau brut de son reportage. M. Karsenty et d'autres ont, depuis longtemps, argué que, si ce matériau était rendu public et étudié, la supercherie perpétrée par France 2 pourrait être prouvée.

 

Car il s’agit très probablement d’une supercherie. Aujourd’hui, sept ans après l’événement, il apparaîtra clairement à quiconque a lu ce qui a été écrit sur le sujet et aura visionné les clips vidéo disponibles, que tout l’épisode concernant Mohammed al-Dura a été mis en scène par l’Autorité palestinienne. Les preuves sont accablantes.

 

·     Les coups de feu visant apparemment le garçon et son père ne pouvaient pas, en raison de leur angle, provenir d'une position israélienne.

·     Des civils palestiniens flânaient tranquillement entre cette position et l’endroit où se trouvaient les al-Dura, au moment où ils étaient censés avoir été mitraillés.

·     Alors que l’on prétend que le père et le fils se seraient mis à l’abri derrière un baril, ils auraient facilement pu se mêler à d’autres Palestiniens qui arrivaient en courant dans leur direction et n'ont pas été abattus.

·     Il n’y avait pas de sang sur le trottoir où Mohammed al-Dura est censé avoir été mortellement blessé.

·     Dans les bribes de films, on peut le voir changer tranquillement de position afin d’être plus à l’aise, et ce après l’instant de sa prétendue mort.

·     Etc., etc.

 

En fait, il est possible que Mohammed al-Doura ne soit pas mort, voire qu’il n’ait même pas porté ce nom. Il n'y a jamais eu d’autopsie, et les funérailles du garçon ont probablement été celles d'un autre. Il pourrait facilement s’agir d’un enfant palestinien de Gaza, payé quelques dollars pour jouer son rôle dans la supercherie, et se faire rare ensuite.

 

Si France 2 ignorait cette fraude au moment où elle a défrayé la chronique avec cette histoire, ce n’était certainement pas le cas de Talal Abou Rahmah. Et on ne voit pas comment France 2 et M. Enderlin auraient pu ne pas s’en apercevoir par eux-mêmes, quand ils ont eu la possibilité de revoir les séquences et de les examiner plus attentivement.

 

Mais ce qu’il y de pire dans l’histoire de Mohammed al-Dura – outre qu’elle a causé un tort incalculable à l’image d’Israël et contribué à frayer la voie à la dissémination de bien d’autres mensonges concernant l’Etat juif, durant l'Intifada -, ce n'est pas que ce reportage ait été diffusé sans discernement par France 2, puis repris et ressassé, avec la même absence de discernement, par des centaines d’autres chaînes de télévision et d’organes de presse du monde entier – c’était scandaleux, mais ce sont des choses qui arrivent. Le plus grand scandale, c’est que jusqu’à ce jour, ni France 2, ni aucun des propagateurs de cette histoire, ne se sont donnés la peine de confesser leur négligence, pas même de s’en excuser - encore moins de traiter du vaste sujet de la collaboration incessante de la presse internationale avec la malhonnêteté systématique de l’Autorité palestinienne, à l’époque d’Arafat.

 

Le sentiment général a été : Bon, peut-être Mohammed al-Dura n’a-t-il pas été tué par les Israéliens comme nous le disons tous. Et alors ?  

 

La décision récente de la Cour d’Appel de Paris a été applaudie comme une victoire, non seulement pour Philippe Karsenty, mais pour Israël et pour la vérité historique. Et pourtant, comme M. Karsenty me l’a fait remarquer, l’autre jour, au cours d’un entretien téléphonique, cela n’est pas forcément le cas. Même s’ils ont enjoint à France 2 de remettre la séquence [complète], les trois juges du tribunal ont fait preuve d’hostilité envers lui, et ce sont les mêmes juges qui visionneront les 27 minutes de rushes en novembre et décideront ensuite s’ils considèrent son appel comme recevable ou non. A moins qu’ils n’optent pour l’intervention d’experts qui examineront les scènes de manière professionnelle, M. Karsenty craint que les juges ne remarquent pas les falsifications dont elles ont été l’objet, et ne finissent par blanchir France 2 au lieu de la dénoncer.

 

M. Karsenty compte en appeler au président français, Nicolas Sarkozy, qui en sa qualité de chef de l’Etat, a toute autorité sur France 2 [chaîne nationale, rappelons-le], pour désigner lui-même un tel panel d’experts. J’ignore si la chose est politiquement et juridiquement possible.

 

Si les juges de la Cour d’Appel font leur travail consciencieusement, ou intiment à France 2 l’ordre de montrer les rushes au grand public, au lieu de les transmettre ponctuellement au tribunal, l’intervention de M. Sarkozy ne sera absolument pas nécessaire.

 

La vérité à propos de Mohammed al-Dura n’est pas une affaire mineure, ni ne se limite à ce seul cas. Il ne s’agit même pas seulement de la campagne de mensonges contre Israël, qui lui a valu de devenir le pays plus détesté dans les sondages de l'opinion européenne. Il s’agit également de savoir comment, en général, la presse d’aujourd’hui se sent libre de manipuler la vérité à son gré, puis de décliner toute responsabilité pour ce qu'elle a fait.

 

Philippe Karsenty n’est pas Dreyfus [*], mais s’il parvient à gagner son procès, il se peut qu’il ait fait une chose d’importance historique. En lui souhaitant bonne chance, c’est à nous tous que je la souhaite.

 

Hillel Halkin *

 

© The New York Sun

 

 

* M. Halkin contribue au New York Sun en tant qu’éditorialiste. [Voir la liste de ses articles publiés dans ce journal.]

 

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Note de Menahem Macina

 

[*] Je partage entièrement cet avis. J'y ajoute seulement ceci : Dans l'accusation meurtrière d'assassinat d'un enfant palestinien, c'est Israël qui tient le rôle de Dreyfus. Et c'est son armée qui a été, en quelque sorte, dégradée en public, à l'échelle du monde. S'il est une personnalité à laquelle on peut comparer Ph. Karsenty, ce serait plutôt celle de Bernard Lazare. Pour s'en convaincre, il suffit de lire ce qu'écrit pertinemment l'auteur d'une page Web, consacrée au rôle de ce journaliste et écrivain, dans l'affaire Dreyfus:


"Charles Péguy voyait en lui « un prophète » et disait qu'il lui revenait « l'honneur d'avoir fait l'affaire Dreyfus » [...] Bernard Lazare [1865-1903
] consacra l’essentiel de son temps et de son énergie à réunir les preuves de l’innocence de Dreyfus. Sa première brochure, "Une erreur judiciaire - La vérité sur l'affaire Dreyfus",  parut à Bruxelles fin octobre 1896 (il y en aura plusieurs autres que Lazare a augmentées au fil de ses enquêtes). Lazare n’en resta pas là.  Il se transforma en commis-voyageur et rencontra tout ce qui comptait en politique et parmi les intellectuels, Zola compris, afin de les convaincre et de les rallier à la cause de Dreyfus. Il sema des doutes mais n'obtint pas dans un premier temps les appuis décisifs qu’il espérait. N’empêche, son travail fut gigantesque et décisif. » (Extrait du site Esra).


Il suffit de remplacer le nom de Dreyfus par celui de al-Dura et le nom de Lazare par celui de Karsenty, et la typologie surgit, lumineuse et convaincante. Je souhaite seulement à Philippe Karsenty de réussir à convaincre rapidement les juges de l'innocence d'Israël, ou, s'il n'y parvient pas, à réveiller le Zola qui dort peut-être chez quelque journaliste français de premier plan. 

 

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Mis en ligne le 26 septembre 2007, sur le site debriefing.org

 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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