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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 14:14





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La double-impasse comme défi existentiel : la menace nucléaire iranienne et le refus palestinien de relancer le processus de paix.

 

 Par Marc Brzustowski 
pour aschkel.info et lessakele

 

Osirak
 

 

L’Iran n’aura manqué aucune occasion, ces derniers mois, d’exploiter les failles de la diplomatie brouillonne de l’Administration Obama et du chorus international, quant aux questions moyen-orientales. Ahmadinedjad, pouvait jubiler, le jeudi 11 février, à l’occasion du 31 è anniversaire de la révolution islamique, alors que la contestation « Verte » semble s’essouffler, sous les coups de la répression.


Non seulement il se permet de multiplier les ultimatums à l’adresse de la Communauté Internationale, comme si, lui seul, pouvait lui dicter les règles du jeu, mais il peut encore se réjouir du caractère homéopathique des condamnations timorées dont il fait l’objet.  La même impunité prévaut, en ce qui concerne les droits de l’homme dans son propre pays, autant que la prolifération nucléaire dont il est devenu le magicien noir.


Il n’y a pas que la Communauté internationale qui apparaît « paralysée », au moment d’arrêter des sanctions communes, avec ou sans la Chine surtout, et la Russie, plus partagée quant à sa décision finale. Car, au sein même de l’Administration à Washington, lorsque Robert Gates appelle à « faire pression collectivement contre l’Iran », Hilary Clinton, au contraire, proclame, presque simultanément que : "l’Iran fait planer une menace réelle, mais qu’Al Qaëda pose un danger plus grand encore".


Ce cafouillage à deux voix trahit l’absence d’unité et de fermeté de la part de la Présidence sur l’examen des options encore possibles et la marche à suivre. Clinton se rabat sur les récentes tentatives du Jihad global au-dessus de Détroit, qu’Obama prétendait affaibli, comme pour échapper à une responsabilité au moins aussi grande, face au dilemme iranien. Si la diplomatie n’est pas au diapason de la défense, et, mieux, contredit la Présidence, il ne peut exister de processus décisionnel.


Mais, quand bien al Qaeda et le terrorisme serait vraiment la menace majeure, comment expliquer que l’on continue d’étouffer les doutes des différents services de renseignement occidentaux, dans l’explosion en vol de l’avion de l’Ethiopian Airlines, au –dessus de Beyrouth ? Le Ministre de la Santé libanais a reconnu cette nature de l’incident, sans nécessairement l’imputer au terrorisme. Mais, pire, Denis Pietton, l’Ambassadeur de France à Beyrouth, lui-même, fait état de son désir de quitter ce quartier-général du terrorisme moyen-oriental au plus vite, avec ses trois enfants, au nom desquels il aurait reçu des menaces de mort ces trois derniers mois. Jusqu’à cette heure, la France a suivi l’affaire sans trop ébruiter ses suspicions. Il est maintenant question d’une enquête indépendante de celle du Liban. A cette heure, aucune explication sérieuse n’a encore été retenue, à propos du vol 447 Rio-Paris, au cours de l’été dernier. Et cette fois, Maria Sanchez Pietton, la femme de l’Ambassadeur, a péri dans ce qu’il convient bien d’appeler une « explosion », alors que les intempéries ne peuvent seules, en justifier et que le pilote a choisi une autre voie que celle préconisée par la tour de contrôle. Comme dans le cas d’une autre affaire non-élucidée de possible pilote-kamikaze, au-dessus de Charm el-Cheikh en Egypte, en 2004.


Toujours est-il qu’après que cette collusion soit apparue au Yémen, ou, conjointement ou à tour de rôles, des milices chi’ites et al Qaeda sèment le trouble au même endroit et au même moment, mais dans des sous-régions différentes, qu’est-ce qui permet à Mme Hilary Clinton de dissocier les dossiers comme s’ils n’avaient aucun rapport entre eux ?  Comment ne pas voir, qu’au fur et à mesure que l’Iran menace un peu plus, soit par opportunisme, soit par alliance "objective », le Jihad global tire partie de ce qu’il considère comme une humiliation pour l’Occident, à travers ces provocations des maîtres de Téhéran ? D’autant si les évènements se déroulent en lisière de l’Iran, comme au Yémen, ou dans l’un de ses dominions, dont l’aéroport est contrôlé par le Hezbollah, à Beyrouth ?


En dehors de ces points obscurs suscitant bien des interrogations, le Département du Trésor, est quand même parvenu à esquisser une première réplique : il a gelé les avoirs de 4 sociétés contrôlées par ou agissant au nom d’un groupe de contractants, appelé Khatam al-Anbiya, qui transfère des milliards de $ par an aux Gardiens de la Révolution, issus de ses activités dans des domaines aussi variés que le pétrole, la construction, le transport et bien d’autres industries. L’autre cible de ces premières mesures, c’est le Général Pasdran Rostam Qasemi, Commandant du Quartier-Général de la filière de la construction pour Khatam al-Anbiya. Ce groupe d’intérêts lié aux Gardiens de la Révolution a  obtenu pour une valeur d’au moins 6 milliards de $ de contrats divers de la part du Gouvernement iranien. A titre d'exemple, le maire de la mégapole que constitue Téhéran est Mohammad Baqer Qalibaf, l'ancien commandant de la composante aérienne de l'IRGC et proche compagnon d'Ahmadinejad.


Mais, il serait naïf de croire que toutes les activités des Pasdaran relèvent du domaine bancaire public : en particulier, leur emprise s’étend sur tout ce qui concerne les importations et les exportations de produits interdits par les sanctions internationales - notamment les armes ou les composants pour l'industrie nucléaire - relève de leur compétence. Les pasdaran ne se contentent pas que de cela : ils contrôlent également une grande partie de l'économie grise. Pour cela, ils se livrent à la contrebande à grande échelle et sont présents sur le marché noir. Ce secteur échappe, pour une large part, à toute vérification standardisée, relevant plus de la traque aux filières illicites  dans des paradis fiscaux et banques off-shore, sociétés-écrans, que de l’annonce de « sanctions ».


A l’interne, ils ont la mainmise sur les médias, l’éducation, la culture. Ceci,  appuyé à la milice paramilitaire des Bassidjis et ses 2500 bataillons « Achoura », pour les hommes, et « Al-Zarha » pour les femmes, rend compte du quadrillage qui encercle actuellement le moindre mouvement de révolte.  Elle permet de surveiller et d'encadrer la population, particulièrement en s'assurant du respect strict des règles religieuses, d'organiser des manifestations de rue « spontanées », de truquer le processus électoral en bourrant les urnes ou en intimidant une partie des votants et, enfin, de participer au maintien de l'ordre.


Dans ce cadre, le « Mouvement Vert » et les oppositions qui le traversent,  sont, potentiellement, au départ, une manipulation pensée et gérée par certains cercles, plus attirés par le mode de vie en Occident, tout en souhaitant mieux verrouiller la société iranienne à travers une illusion de libéralisation. Mais,  dans un second temps, la spontanéité des foules a pu leur échapper, n’ayant eu pour but que de provoquer une réaction inverse et de renforcer leur mainmise sur les franges sociales présentant le plus de risques de rébellion.


Elle émane aussi d'une volonté de renforcement d’un système de type militaire et policier, au détriment de l’avis de certains mollahs attachés au Conseil de Discernement, et à la conduite du Velayat e-Faquih sous l’égide du seul Guide Suprême, Ali Khamenei. Il s’agissait de rappeler à celui-ci que son pouvoir ne dépend que des éléments les plus zélés de l’encadrement Pasdaran, sans lequel le pays pourrait dériver vers le chaos et « l’occidentalisation » tant méprisée.


Quoique l’histoire nous apprenne de ce régime de type islamo-fasciste, on ne peut que constater le rapport de force en défaveur flagrante de toute velléité de changement interne. Ceux qui auraient misé sur une « révolution de Palais » pour s’éviter de se confronter directement à la nature du régime iranien en sont pour leurs frais.


A mesure que les manifestations de rue prenaient de l’ampleur, l’agressivité des nervis du régime se fait plus violente, contre les opposants, mais, simultanément, contre les ambassades étrangères sur leur sol : italienne, hollandaise, française. Les bassidjis en civil tentent de les prendre d’assaut en appelant à la mort de leurs dirigeants, sans rencontrer de réaction internationale en rapport à la nature de ces atteintes aux conventions diplomatiques. Que penser, par exemple, de la réplique de l’Italie, 2nd partenaire européen de l’Iran sur le plan économique, qui, après l’assaut contre sa représentation, se contente d’annoncer qu’elle n’assistera pas aux festivités du 31è anniversaire de la révolution khomeiniste ? L’ONU, très préoccupée par le rapport Goldstone, a-t-elle émis la moindre protestation ? La France doit ménager l’Iran, du fait de la prise d’otage de Chlotilde Reiss, qui attend toujours son jugement. Et, on l’entrevoit, au Liban ou sur d’autres vols, elle n’est jamais à l’abri d’un « présumé accident ».


De fait, il s’agit, pour le régime, de faire d’une pierre deux coups, et par ricochet, plus encore : il fait la démonstration du déploiement de force de ses soutiens qu’il prétend « populaires, spontanés » et enferme les opposants dans le rôle de piliers des pires ennemis de l’Iran, en tant qu’agents manipulés par l’Occident. Troisièmement, non content de se moquer ouvertement de la Communauté internationale, il la menace directement, en Iran même, au Liban, au besoin et partout où s’étend son influence.


De fait, le 11 février, les poches de résistance et d’insubordination semblent avoir été rapidement jugulées. On mentionne un début d’intifada dans le sud, des informations sur le net ont évoqué la mort de 32 personnes sous les coups des Bassidjis, durant de brèves émeutes.


Tant que l’espoir d’un changement de régime se maintient chez les Occidentaux, c’est autant de temps de gagner pour poursuivre un programme nucléaire avec ses réussites, mais aussi ses échecs, qui nous restent difficiles à cerner. Ainsi, l’ISIS, un institut expert américain se penchant sur la prolifération nucléaire, évalue que la production d’uranium enrichi et le fonctionnement des centrifugeuses de la Centrale de Natanz aurait pu baisser singulièrement, au cours des dernières années. Ces baisses de régime seraient dues aussi bien aux sabotages de la part de services occidentaux, que de l’inadaptation entre les matériels mis en œuvre et la formation des personnels. L’Iran aurait commis de lourdes erreurs, en se précipitant sur la production sans réelle maîtrise, et en s’appuyant sur des  centrifugeuses équivalentes à celles qu’employait la France dans les années 70. Certaines de ces machines seraient en voie de remplacement progressif. Et l’on sait très peu de choses, quant aux sites secrets, leur nombre exact, au-delà de la révélation de septembre concernant celle de Qom. L’Iran peut donc désinformer à merci l’AIEA, en lui faisant visiter les sites les plus mal en point, tout en se gardant de révéler le point exact où il en est de ses recherches sur les éléments les plus pointus de son programme.


L’autre dossier-clé sur lequel l’Administration américaine semble faire preuve de manque de discernement et demeure indécis, c’est, bien sûr, celui du processus de paix, qu’il a annoncé comme une priorité, par rapport au précédent, mais sur lequel il n’obtient pas plus de résultat.


Depuis quelques temps, l’idée d’une négociation indirecte fondée sur une médiation américaine, a fait son chemin, après le blocage total depuis un an, de la position palestinienne. L’Administration s’est longtemps acharnée à obtenir de signes tangibles, de manière unilatérale, de la part d’Israël. Mais le modèle a fait long feu et démontré que plus les Etats-Unis exigeaient de leur allié et plus les Palestiniens imaginaient tout haut qu’ils n’avaient, de leur côté aucun gage ni aucun effort à fournir. Mahmoud Abbas s’est mis en sommeil et a menacé de démissionner, pour s’éviter le passage devant les électeurs en janvier 2010. Il a également fait savoir aux Américains qu’ils devaient eux-mêmes, négocier à sa place. C’est la raison pour laquelle George Mitchell a fini par céder à ces manœuvres dilatoires et promis une médiation, sans que les parties ne se  rencontrent.


En réalité, Abbas n’a aucune capacité ni intention de négocier : il est pris dans les griffes de son impopularité qu’il sait grande et dans l’incapacité de réformer le système corrompu de l’AP : l’ancien responsable de la lutte  contre la corruption, lui-même évincé, Shami Shabaneh a commencé de faire des révélations et menacé d’étaler au grand jour la profondeur du phénomène… Un premier scandale sexuel a été diffusé par la chaîne 10 israélienne, mais ce n’est là que mise en bouche. Les fonds détournés des poches américaines, européennes, saoudiennes, se comptent par millions de $.


Mais Abbas étant considéré par l’Occident comme le premier « modéré »  palestinien, l’OLP comme le groupe ayant signé les accords d’Oslo, on se trouve en situation de double-verrouillage politique. Il n’y a pas d’alternative à la corruption, ou plutôt si, une : le Hamas, islamiste et qui ne reconnaît pas et ne reconnaîtra pas la validité d’un tel processus.


Le Hamas est devenu une minorité de blocage malgré elle, qui se contente d’exister, fort de sa popularité, y compris en Judée-Samarie, sans grand besoin de se lancer dans de nouvelles tentatives aventureuses, comme celles qui ont présidé à l’opération « plomb durci ». Le rapport Goldstone a permis d’assurer cette réputation par défaut, en faisant du Hamas, le « représentant » par l’escalier de service du drame palestinien.


Là encore, les révélations vont bon train, rappelant les propos et prises de  position iniques des 4 principaux membres de cette Commission, comme ceux Christine Chinki, contre le droit même à se défendre d’Israël ; ou de Desmond Travers, l’auto-proclamé « expert militaire » de l’enquête, prétendant qu’il n’y aurait eu que 2 tirs de roquettes sur Israël, avant l'intervention (alors qu'ils se montent à  3000 pour la seule année 2008) et que l’idée même de se servir de mosquées comme entrepôt d’armes est impossible, de la part d’islamistes, et « islamophobe », de la part de ceux qui les accuseraient du procédé.


Peut-on croire que les protestations indignées d’Israël contre les biais de l’enquête suffiront à l’ONU pour désavouer ses émissaires et exiger un semblant d’équité ? Ou doit-on s’attendre à ce que les clarifications traînent durant des années, puisque, vrai ou faux, le rapport Goldstone aura fait fonction de « gaz innervant », pour aveugler Israël, pendant que l'Iran préparait ses prochains coups bas.

Si la tête du serpent, qui fascine tant le « monde libre », loge à Téhéran, les anneaux de sa queue se font entendre en ondulant jusqu’à Gaza, Beyrouth et Ramallah.

 

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 12:37

http://www.jerusalemplus.tv/index.php?option=com_content&task=view&id=3346&Itemid=218


07-02-2010

http://1.bp.blogspot.com/_H44IkuSV9qQ/St_9MECHSmI/AAAAAAAAMAs/CP2rkQDUZc8/s320/juniper_cobra.png

L’Amérique a mis environ un mois à répondre au non-respect iranien de la date-butoir du 31 décembre 2009, avant d’accepter les propositions de transfert de son uranium enrichi vers des pays tiers. Cette première réplique correspond, essentiellement à un renforcement défensif de ses alliés, depuis Israël jusqu’au Golfe arabo-persique. .

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Si l’on reprend le fil des opérations de communication de l’Administration Obama, ces derniers mois, on observe qu’il est guidé par le principe de précaution face aux menaces d’Ahmadinedjad.

L’Amérique cherche aussi à se montrer compréhensive à l’égard de ses alliés et de leurs inquiétudes légitimes, face à sa trop grande propension à l’ouverture envers un ennemi défiant, retors et rusé : on doit, tout d’abord, remonter aux grandes manœuvres américano-israéliennes intitulées « Juniper Cobra », en fin octobre, qui représentent le plus grand exercice commun de sanctuarisation du territoire israélien, par mer, air et moyens antibalistiques, jamais réalisé jusqu’à cette date.

Ceci ajouté à l’implication états-unienne dans le programme de défense « Hetz 3 », la démonstration globale veut offrir une sorte d’assurance, ou de kit de survie à Israël, quelle que soit la portée graduelle des menaces proférées par Téhéran. Il y a eu bien d’autres manœuvres, où Heyl Ha’avir, l’armée de l’air frappée du bouclier de David, a pu tester ses capacités de réapprovisionnement en vol sur longues distances, au-dessus des bases texanes de l’US -Air Force, ou en survolant les côtes de la Grèce, autre membre de l’OTAN.

Récemment, début janvier, le Général David Petraeus, commandant en chef du CENTCOM, était mis à contribution, et faisait assaut de petites phrases suggestives, en tant qu’expert de haut-rang à l’active. Il laissait, alors, entendre qu’évidemment, son Etat-major avait mis sur pied tous les scenarii possibles, en vue d’un bombardement réaliste, et tout-à-fait faisable, à son avis, des installations nucléaires de la Mollachie iranienne, si les discussions échouaient.

Le discours étant insuffisant pour être pris au sérieux au Moyen-Orient, Obama joignait le geste à la parole, en envoyant la Vè Flotte autour de l’USS Eisenhower, rejoindre l’armada américaine déjà impressionnante, patrouiller dans le Golfe.

Officiellement, il s’agissait surtout de prendre en considération les évolutions inquiétantes du Jihad au Yémen et en Somalie et d’appuyer les armées régionales alliées de l’Amérique : yéménite, saoudienne ou égyptienne, ayant maille à partir avec ces tentatives de sédition, qui prennent leurs ordres au QG des Gardiens de la Révolution islamique.

Mais la profusion de moyens balistiques et aériens dont ce type de porte-avions et d’hélicoptères est équipé ne laisse que peu de doute sur leurs capacités multi-usages parant à toute éventualité. On peut même gager que cette force est surdimensionnée, s’il ne s’agissait que de disperser une insurrection de type guérilla terroriste, comme les Houtis du Nord Yémen ou les milices al-Shabab. Ce qui requérerait surtout des forces spéciales terrestres. .

Depuis la semaine dernière, les Etats-Unis ont franchi un nouveau stade, dans ce qu’on appelle communément, « l’agitation » sécuritaire, en dépêchant, à grand renfort de publicité dans le New York Times et le Washington Post, des batteries de missiles antibalistiques de type Aegis et « Patriot », dans leur nouvelle version réputée plus efficace que durant la 1ère guerre du Golfe. Les Shahab 3 iraniens sont bien plus perfectionnés que les Scuds de Saddam Hussein.

Ces engins de défense anti-aérienne sophistiqués américains sont, cette fois, déployés sur le territoire même de quatre pays du Golfe : le Koweit, les Emirats Arabes Unis, Oman et le Qatar, qui constituent la première ligne de front géographique face à l’Iran, même s’ils n’en sont pas la cible privilégiée, puisque de tout temps, c’est Israël qui décroche le pompon des invectives génocidaires allumées par Téhéran. Au sujet de ce déploiement, on peut consulter l'excellent Stratfor du 1er février : http://www.stratfor.com/weekly/20100201_defensive_buildup_gulf .

Sur le plan juridique des sanctions, le Sénat emboîtait le pas du Congrès pour préconiser leur renforcement, avec pour objectif de mettre un frein aux importations d’essence raffinée vers le pays des Mollahs, qui en est dépendant pour sa consommation courante à plus de 35%.

De fait, Oman, le Qatar et les Emirats représentant le poumon bancaire et économique de l’Iran, une fois passés sous la coupe sécuritaire des Etats-Unis, seront plus faciles à convaincre qu’ils ont un rôle à jouer dans l’application d’éventuelles sanctions de ce genre, le jour où une signature décisive émanerait du Bureau Ovale.

Ceci est loin d’être acquis, d’autant qu’Obama veut encore croire à un front uni, engageant la Chine et la Russie, dans un tel train de mesures de rétorsion.

On peut croire que le mythe de cette « union sacrée » s’acheminera vers un « flop », puisque, aussi bien la Chine que la Russie font entendre que l’heure de nouvelles sanctions n’est pas encore « proche ». Autant dire qu’il est question, pour eux, de ne jamais désespérer Washington, tout en renvoyant toute gêne effective pour l’Iran aux calendes grecques.

Dans le même temps, on apprenait que l’Australie, autre allié de l’alliance Atlantique, avait arraisonné récemment 3 navires à destination de l’Iran, bourrés de pompes servant au refroidissement d’installations nucléaires. Néanmoins, à cette heure, Ahmadinedjad et son gang ont de bonnes raisons de vouloir reprendre l’initiative diplomatique et de se montrer, à nouveau, plus doués pour le jeu d’échec que leurs adversaires.

En milieu de semaine intervenait une nouvelle proposition de leur part, exprimant, finalement, et après une série de provocations sans discontinuer depuis décembre, le souhait de se plier au jeu de l’enrichissement externalisé de son uranium enrichi.

Est-ce, "enfin!"(soupir de lâche soulagement...), la preuve tant attendue, que le fait de mener conjointement les volets militaire et économique finirait quand même par payer ? Ou s’agit-il encore de repousser toute échéance fatidique et de ramener Obama à une attitude conciliatrice, comme sentant que ses choix sont les bons, jusqu’à la prochaine fois ?

Pour Téhéran, il s’agit simplement d’échanger de l’uranium à 3, 5%, pour que les grandes puissances lui renvoient, quelques mois plus tard, de l’Uranium à 20%, lui évitant ainsi de faire tourner ses propres centrifugeuses. Il n’en fallait pas plus pour qu’aussitôt, la Chine et la Russie approuvent la « sagesse » iranienne et l’incitent à retourner à la table des négociations. La partie de poker-menteur reprend, comme si rien ne s’était dit depuis décembre dernier.

Ce n’est, d’ailleurs, pas tout, puisque dans le même climat de bonhommie retrouvée, les Russes faisaient savoir aux Pasdaran qu’ils étaient disposés à honorer leur contrat de livraison de S-300 anti-aériens, que diverses manœuvres, notamment israéliennes -et de bouclier anti-missiles américain hors d'Europe-, étaient momentanément parvenues à suspendre, quelques mois durant.

Un point partout, la balle au centre, et toujours pas d’arbitre pour siffler la fin de la partie : les défenses de chaque côté continuent de hisser la herse, toute tentative de frappe aérienne n’en deviendrait, a priori, que plus risquée.Apparemment, hormis les deux grandes puissances de l’Est mentionnées, les Européens, par le truchement du Ministre allemand, Guido Westerwelle sur une radio de son pays, Deutschlandfunk, ne sont pas prêts de s’en laisser conter.

Celui-ci a rappelé que l’Iran avait joué de mots et de subterfuges durant des années, afin de gagner du temps. Et, surtout, qu’il n’était pas question d’accepter qu’il accède aux armes nucléaires.

L'Allemand doit rencontrer son homologue russe, Sergei Lavrov ce vendredi et participer, dans la foulée, à la Conférence Internationale sur la Sécurité, qui se déroule à Munich, durant ces 3 jours, en présence, bien évidemment, des Américains. Dire que cette situation volatile y sera mentionnée tient du pléonasme. Pour ajouter encore à la tension croissante, les services de renseignement américains ont dévoilé à Israël leur découverte d’un plan d’invasion de la Galilée fomenté par les Gardiens de la révolution.

Les Pasdaran entraînent, à cet effet, 5000 miliciens du Hezbollah dans des camps à proximité de Téhéran, aux techniques sophistiquées de la guerre urbaine, de la prise d’otages et autres opérations commandos d’infiltration. Objectif : désorganiser toute défense israélienne de ses villes du Nord, de basse et haute-Galilée ; fomenter des insurrections arabes incontrôlables, pilonner les bases militaires avec l'appui de l'artillerie syrienne.

Semblant vouloir confirmer l’information, Bachar al-Assad et son Ministre des Affaires étrangères, Wallid Moallem, affirmaient, tour à tour, à Miguel Moratinos « qu’Israël cherchait la guerre » et que celle-ci serait directement portée, par la Syrie-même, au cœur des villes israéliennes. Une telle assurance dans la surenchère, au moment où les Européens s’empressent de vouloir réchauffer les négociations en suspens à propos du Golan, n’est pas sortie du chapeau diplomatique pour amuser la galerie ni détendre l’atmosphère. Elles dévoilent bien d'autres intentions que pacifiques, une fois le Golan restitué.

Au cours des derniers mois, les allers-retours d’officiels, tels que le Ministre de la Défense iranien Amad Vahidi à Damas, se sont soldés par des accords, avec son homologue syrien Ali Habib, de livraison de missiles sol-sol de moyenne portée, - suffisante, en tout cas, pour atteindre des cibles en Israël. Hassan Nasrallah, le dirigeant du Hezbollah, doit apposer plus tard sa signature, mais est, évidemment, un des premiers bénéficiaires de ces contacts.

Ces armes fournies par l’Iran, sont redistribuées par Damas à l’intention des différents alliés de Téhéran, Hamas compris.

Sans y voir de lien de cause à effet, c’est, malgré tout, dans ce contexte qu’est survenue la mort suspecte de Mahmoud Mahbouh à Dubaï, il y a quelques jours, même si de nombreuses incohérences subsistent sur les circonstances de cette élimination : il a, par exemple, ouvert la porte à ses agresseurs, ce qui laisse entendre qu’il les connaissait et qu’ils constituaient, croyait-il, un des motifs de son séjour dans les Emirats, sans gardes du corps. Il était précisément, l’agent de liaison du Hamas, chargé de coordonner l’acheminement, depuis Damas, de matériaux de guerre divers, par les tunnels entre l’Egypte et Gaza.

Face au redoublement de provocations syriennes du 3 février, le Ministre Avigdor Lieberman s’est enflammé, rétorquant tout-à-trac qu’en « cas de guerre, la Syrie, non seulement, serait battue, mais que la famille Assad perdrait à tout jamais le pouvoir ». Une polémique interne s’en est suivie en Israël : les chefs de clans à gauche, voyant leurs perspectives d'échange de territoires contre la paix fondre comme neige sur le Mont Hermon, ont saisi l'occasion d'affirmer que Lieberman n’était, décidément, pas fait pour ce poste, requérant un minimum de tempérance. Là-dessus, l’arbitrage de Netanyahou s’imposait, intimant la plus grande réserve à ses Ministres sur tout sujet ayant trait à la question syrienne, sans pour autant désavouer son Ministre des affaires extérieures. Qu’on puisse ne pas apprécier la méthode, en matière diplomatique, est une chose. Des nerfs d’acier y sont vivement recommandés.

Mais cet emportement signale un fait géostratégique majeur : jusqu’à présent, la Syrie était le maître du jeu terroriste, redistribuant les cartes à sa guise, afin de, justement « porter la guerre » chez l’ennemi sioniste ou de contrôler le Liban, sans que ces conflits ne lui coûte rien.

Elle semble avoir, désormais, changer son « missile » d’épaule, si l’on peut dire. Damas est, pas à pas, entrée en dépendance accrue vis-à-vis de Téhéran, et n’apparaît plus que comme sa périphérie, un pays satellisé, juste un peu plus important que le Liban, en tant que courroie de transmission et plaque tournante essentielle à l’édifice de « l’arc chi’ite ». Une chose est certaine :

la Syrie, d’Hafez al Assad, depuis 1973, se cantonnait prudemment à éviter d’entrer en jeu, se contentant de guerres ou guérillas par procuration, menées en son nom par le Hezbollah et d’autres au Liban ou dans les territoires palestiniens Elle entend bien, sous la férule de son fils Bachar, rompre cette neutralité feinte, lors d’un virtuel prochain round contre Israël. D’une certaine façon, stratégiquement, elle n’a pas d’autre choix.

Les Alaouites doivent se rendre indispensables à l’ensemble des acteurs locaux, être le centre nerveux des conflits, s’ils veulent demeurer au pouvoir.

Pour accroître cette position favorable, Bachar al Assad avait besoin d’être courtisé par les différents gouvernements européens, ce qui fut le cas depuis 2008 et le changement d’approche conjointe franco-américaine, visant à sortir la Syrie du giron de l’Iran. Mais, alors que le ballet diplomatique battait son plein, feignant d’ignorer le rôle de la Syrie au Liban et en Irak, Téhéran renforçait sa dépendance militaire. Cette sensibilité aux flatteries des diplomates lui offrait, également, l’opportunité de pactiser avec la Turquie, frustrée par sa mise à l’index de l’Europe, au grand dam de l’Amérique.

De fait, le jeu de l’alliance Atlantique, Turquie comprise ou incomprise, est devenu plus incertain. On ne peut oublier, dans ce tableau des reconfigurations régionales, les tractations énergétiques autour des pipelines de gaz et de pétrole, en Asie Centrale, qui annoncent le profil de trois des grands vainqueurs de la nouvelle route des carburants-fossiles : le Russe Gazprom, les bénéficiaires turcs par leurs débouchés sur l’Europe et, à l’autre bout du robinet, l’Iran des Mollahs.

En matière de menaces de sanctions, voire de conflagration directe, le serpent semble donc se mordre la queue et la grande coalition universelle de Mr Obama s’évanouit dans les sables.

Les débouchés asiatiques, centrasiatiques, autour de la Caspienne ou vers la Méditerranée restent conséquents pour l’Iran. Une partie seulement de l’Europe, de l’Amérique, voire des pays sunnites se coalisant, ne suffira pas à affaiblir économiquement le potentiel iranien.

En période de crise, les entreprises renâclent à sacrifier des marchés qui, certainement, tomberaient dans l’escarcelle des « dragons d’Asie ». Sur le plan militaire, on semble continuer le jeu du chat et de la souris, un renforcement défensif faisant immédiatement suite à un autre, dans le camp adverse.

Et même, les alliés de Téhéran, longtemps sur la réserve, se paient le luxe de relancer le cycle des provocations, si l’Iran doit montrer profil bas, soufflant sur les braises qu’on voulait croire en voie de s’éteindre.

C’est qu’ils savent les Etats-Unis et l’Otan fortement préoccupés par leur propre situation en Irak, Afghanistan, plus récemment, Yémen et Corne de l’Afrique. Y a-t-il, dans ce cadre, une ou des fenêtres d’opportunité pour prendre de vitesse un ennemi qui ne deviendra que plus dangereux, lorsqu’il fait le lit de la prolifération nucléaire imminente, par le biais des « bombes sales », pouvant emprunter les couloirs de ses réseaux terroristes, un peu partout sur le globe ?

Du fait de l’exiguïté du territoire d’Israël, ce petit pays, entouré de groupements terroristes et d’états belliqueux, ne peut avoir le même agenda que ses alliés américains ou européens.

Les Etats-Unis, visiblement, ont choisi de différer, tout en répondant graduellement, mais sur le mode défensif, à la montée en puissance de la menace balistique iranienne. L’Amérique peut encore croire, à l’instar de vastes entités comme la Russie ou la Chine, que du fait de sa superficie et de la dispersion de sa population, elle peut sortir terriblement marquée, mais relativement indemne d’une tentative de frappe nucléaire d’une puissance moyenne comme l’Iran ou la Corée du nord.

Les impératifs sécuritaires ne se situent pas à la même échelle, ni avec la même proximité géographique à têtes multiples. Jérusalem n’a pas, non plus, intérêt à voir l’alliance Atlantique s’éloigner d’elle, à la suite d’une action non concertée, laissant des villes iraniennes entièrement dévastées, leurs populations servant de bouclier humain au dispositif nucléaire éparpillé et souterrain, sans certitude d’avoir fait mouche sur les cibles militaires et atomiques faisant l’objet stratégique des frappes.

Le journal égyptien Chorouk est fréquemment utilisé par les services égyptiens comme relais afin de diffuser quelques informations sensibles, puisqu’il avait, le premier, mentionné les raids d’Israël au Soudan contre les convois de camions bourrés d’armes pour Gaza.

Cette semaine, le quotidien cairote faisait état de mouvements de navires de guerre israéliens Saar 5 dans le sillage de la Vè flotte américaine, stationnée dans le Golfe. Comme si des équipages de renseignement cherchaient à coordonner leurs efforts, prendre leurs marques et tracer la voie, que ce soit pour des escadrilles aériennes, des sous-marins stratégiques ou des forces spéciales amphibies. A en croire cet article, l’Arabie Saoudite se serait inquiétée auprès de Washington, d’être ainsi tenue à l’écart d’éventuels préparatifs, dans une répartition des rôles à définir entre Américains et Israéliens.

Cette information ou désinformation, connaissant l’inimitié persistante entre Le Caire, d’un côté, Téhéran et Damas, de l’autre, peut avoir pour fonction d’ajouter un fer de lance offensif aux précédentes opérations de défense, plus largement détaillées, à mesure que la situation semble laisser se dessiner un statuquo inflammatoire.

A n’en pas douter, la prise définitive de la plus grave décision jamais arrêtée par aucun Premier Ministre israélien est suspendue à la maîtrise de la situation globale, par l’actuel chef de gouvernement, entouré de son cabinet restreint, Benjamin Netanyahou.

Les provocations de cerbères régionaux, Assad, Moallem, Nasrallah, ou plus directement, Ahmadinedjad, visent, certainement, soit, à précipiter l’heure « H » au risque d’une ’atteinte imparfaite des objectifs israéliens, permettant à l’Iran de disposer, même très endommagé, d’un nouveau délai ; soit et simultanément, elles affirment, qu’aussitôt un embrasement d’ampleur comparable se rapprochera dangereusement des centres de décision et de répliques de l’Etat Juif.

La « Guerre Froide » et ses multiples crises, dans les années 50 à 70, apparaissent comme une joute musclée entre gentlemen conscients et raisonnables, comparés aux dilemmes auxquels le Moyen-Orient est, aujourd’hui confronté, à la merci des dérapages d’états-voyous.

Mais, à tout prendre, le danger n’en sera que plus grand, le jour où chacun aura bien conscience que, cette fois, à force de tergiverser, la dictature mollachique a, bel et bien, traversé le miroir et peut, désormais s’en prendre à qui bon lui semble, là où cela lui chante.


                                              Marc Brzustowski,

pour http://lessakele.over-blog.fr et

www.aschkel.info

 

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 18:09


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Editov (05/02) : Tambours de guerre… ou nouvelles exhibitions de muscles et de mots ? 2 ème Partie.


Marc Brzustowski,

pour http://lessakele.over-blog.fr et www.aschkel.info



Apparemment, hormis les deux grandes puissances de l’Est mentionnées, les Européens, par le truchement du Ministre allemand, Guido Westerwelle sur une radio de son pays, Deutschlandfunk, ne sont pas prêts de s’en laisser conter. Celui-ci a rappelé que l’Iran avait joué de mots et de subterfuges durant des années, afin de gagner du temps. Et, surtout, qu’il n’était pas question d’accepter qu’il accède aux armes nucléaires. L'Allemand doit rencontrer son homologue russe, Sergei Lavrov ce vendredi et participer, dans la foulée, à la Conférence Internationale sur la Sécurité, qui se déroule à Munich, durant ces 3  jours, en présence, bien évidemment, des Américains. Dire que cette situation volatile y sera mentionnée tient du pléonasme.



Pour ajouter encore à la tension croissante, les services de renseignement américains ont dévoilé à Israël leur découverte d’un plan d’invasion de la Galilée fomenté par les Gardiens de la révolution. Les Pasdaran entraînent, à cet effet, 5000 miliciens du Hezbollah dans des camps à proximité de Téhéran, aux techniques sophistiquées de la guerre urbaine, de la prise d’otages et autres opérations commandos d’infiltration. Objectif : désorganiser toute défense israélienne de ses villes du Nord, de basse et haute-Galilée ; fomenter des insurrections arabes incontrôlables, pilonner les bases militaires avec l'appui de l'artillerie syrienne.

 

Semblant vouloir confirmer l’information, Bachar al-Assad et son Ministre des Affaires étrangères, Wallid Moallem, affirmaient, tour à tour, à Miguel Moratinos « qu’Israël cherchait la guerre » et que celle-ci serait directement portée, par la Syrie-même, au cœur des villes israéliennes. Une telle assurance dans la surenchère, au moment où les Européens s’empressent de vouloir réchauffer les négociations en suspens à propos du Golan, n’est pas sortie du chapeau diplomatique pour amuser la galerie ni détendre l’atmosphère. Elles dévoilent bien d'autres intentions que pacifiques, une fois le Golan restitué.

 

Au cours des derniers mois, les allers-retours d’officiels, tels que le Ministre de la Défense iranien Amad Vahidi à Damas, se sont soldés par des accords, avec son homologue syrien Ali Habib, de livraison de missiles sol-sol de moyenne portée, - suffisante, en tout cas, pour atteindre des cibles en Israël. Hassan Nasrallah, le dirigeant du Hezbollah, doit apposer plus tard sa signature, mais est, évidemment, un des premiers bénéficiaires de ces contacts. Ces armes fournies par l’Iran, sont redistribuées par Damas à l’intention des différents alliés de Téhéran, Hamas compris.

 

Sans y voir de lien de cause à effet, c’est, malgré tout, dans ce contexte qu’est survenue la mort suspecte de Mahmoud Mahbouh à Dubaï, il y a quelques jours, même si de nombreuses incohérences subsistent sur les circonstances de cette élimination : il a, par exemple, ouvert la porte à ses agresseurs, ce qui laisse entendre qu’il les connaissait et qu’ils constituaient, croyait-il, un des motifs de son séjour dans les Emirats, sans gardes du corps. Il était précisément, l’agent de liaison du Hamas, chargé de coordonner l’acheminement, depuis Damas, de matériaux de guerre divers, par les tunnels entre l’Egypte et Gaza.

 

 Face au redoublement de provocations syriennes du 3 février, le Ministre Avigdor Lieberman s’est enflammé, rétorquant tout-à-trac qu’en « cas de guerre, la Syrie, non seulement, serait battue, mais que la famille Assad perdrait à tout jamais le pouvoir ». Une polémique interne s’en est suivie en Israël : les chefs de clans à gauche, voyant leurs perspectives d'échange de territoires contre la paix fondre comme neige sur le Mont Hermon,  ont saisi l'occasion d'affirmer que Lieberman n’était, décidément, pas fait pour ce poste, requérant un minimum de tempérance. Là-dessus, l’arbitrage de Netanyahou s’imposait, intimant la plus grande réserve à ses Ministres sur tout sujet ayant trait à la question syrienne, sans pour autant désavouer son Ministre des affaires extérieures. Qu’on puisse ne pas apprécier la méthode, en matière diplomatique, est une chose. Des nerfs d’acier y sont vivement recommandés. Mais cet emportement signale un fait géostratégique majeur : jusqu’à présent, la Syrie était le maître du jeu terroriste, redistribuant les cartes à sa guise, afin de, justement « porter la guerre » chez l’ennemi sioniste ou de contrôler le Liban, sans que ces conflits ne lui coûte rien. Elle semble avoir, désormais, changer son « missile » d’épaule, si l’on peut dire. Damas est, pas à pas, entrée en dépendance accrue vis-à-vis de Téhéran, et n’apparaît plus que comme sa périphérie, un pays satellisé, juste un peu plus important que le Liban, en tant que courroie de transmission et plaque tournante essentielle à l’édifice de « l’arc chi’ite ».

 

Une chose est certaine : la Syrie, d’Hafez al Assad, depuis 1973, se cantonnait prudemment à éviter d’entrer en jeu, se contentant de guerres ou guérillas par procuration, menées en son nom par le Hezbollah et d’autres au Liban ou dans les territoires palestiniens Elle entend bien, sous la férule de son fils Bachar, rompre cette neutralité feinte, lors d’un virtuel prochain round contre Israël. D’une certaine façon, stratégiquement, elle n’a pas d’autre choix. Les Alaouites doivent se rendre indispensables à l’ensemble des acteurs locaux, être le centre nerveux des conflits, s’ils veulent demeurer au pouvoir. 

 

Pour accroître cette position favorable, Bachar al Assad avait besoin d’être courtisé par les différents gouvernements européens, ce qui fut le cas depuis 2008 et le changement d’approche conjointe franco-américaine, visant à sortir la Syrie du giron de l’Iran. Mais, alors que le ballet diplomatique battait son plein, feignant d’ignorer le rôle de la Syrie au Liban et en Irak, Téhéran renforçait sa dépendance militaire. Cette sensibilité aux flatteries des diplomates lui offrait, également, l’opportunité de pactiser avec la Turquie, frustrée par sa mise à l’index de l’Europe, au grand dam de l’Amérique. De fait, le jeu de l’alliance Atlantique, Turquie comprise ou incomprise, est devenu plus incertain.

 

On ne peut oublier, dans ce tableau des reconfigurations régionales, les tractations énergétiques autour des pipelines de gaz et de pétrole, en Asie Centrale, qui annoncent le profil de trois des grands vainqueurs de la nouvelle route des carburants-fossiles : le Russe Gazprom, les bénéficiaires turcs par leurs débouchés sur l’Europe et, à l’autre bout du robinet, l’Iran des Mollahs.

 

 

En matière de menaces de sanctions, voire de conflagration directe, le serpent semble donc se mordre la queue et la grande coalition universelle de Mr Obama s’évanouit dans les sables. Les débouchés asiatiques, centrasiatiques, autour de la Caspienne ou vers la Méditerranée restent conséquents pour l’Iran. Une partie seulement de l’Europe, de l’Amérique, voire des pays sunnites se coalisant, ne suffira pas à affaiblir économiquement le potentiel iranien. En période de crise, les entreprises renâclent à sacrifier des marchés qui, certainement, tomberaient dans l’escarcelle des « dragons d’Asie ».



 Sur le plan militaire, on semble continuer le jeu du chat et de la souris, un renforcement défensif faisant immédiatement suite à un autre, dans le camp adverse. Et même, les alliés de Téhéran, longtemps sur la réserve, se paient le luxe de relancer le cycle des provocations, si l’Iran doit montrer profil bas, soufflant sur les braises qu’on voulait croire en voie de s’éteindre. C’est qu’ils savent les Etats-Unis et l’Otan fortement préoccupés par leur propre situation en Irak, Afghanistan, plus récemment, Yémen et Corne de l’Afrique.

 

Y a-t-il, dans ce cadre, une ou des fenêtres d’opportunité pour prendre de vitesse un ennemi qui ne deviendra que plus dangereux, lorsqu’il fait le lit de la prolifération nucléaire imminente, par le biais des « bombes sales », pouvant emprunter les couloirs de ses réseaux terroristes, un peu partout sur le globe ?

 

Du fait de l’exiguïté du territoire d’Israël, ce petit pays, entouré de groupements terroristes et d’états belliqueux, ne peut avoir le même agenda que ses alliés américains ou européens. Les Etats-Unis, visiblement, ont choisi de différer, tout en répondant graduellement, mais sur le mode défensif, à la montée en puissance de la menace balistique iranienne. L’Amérique peut encore croire, à l’instar de vastes entités comme la Russie ou la Chine, que du fait de sa superficie et de la dispersion de sa population, elle peut sortir terriblement marquée, mais relativement indemne d’une tentative de frappe nucléaire d’une puissance moyenne comme l’Iran ou la Corée du nord. Les impératifs sécuritaires ne se situent pas à la même échelle, ni avec la même proximité géographique à têtes multiples. Jérusalem n’a pas, non plus, intérêt à voir l’alliance Atlantique s’éloigner d’elle, à la suite d’une action non concertée, laissant des villes iraniennes entièrement dévastées, leurs populations servant de bouclier humain au dispositif nucléaire éparpillé et souterrain, sans certitude d’avoir fait mouche sur les cibles militaires et atomiques faisant l’objet stratégique des frappes.

 

Le journal égyptien Chorouk est fréquemment utilisé par les services égyptiens comme relais afin de diffuser quelques informations sensibles, puisqu’il avait, le premier, mentionné les raids d’Israël au Soudan contre les convois de camions bourrés d’armes pour Gaza. Cette semaine, le quotidien cairote faisait état de mouvements de navires de guerre israéliens Saar 5 dans le sillage de la Vè flotte américaine, stationnée dans le Golfe. Comme si des équipages de renseignement cherchaient à coordonner leurs efforts, prendre leurs marques et tracer la voie, que ce soit pour des escadrilles aériennes, des sous-marins stratégiques ou des forces spéciales amphibies. A en croire cet article, l’Arabie Saoudite se serait inquiétée auprès de Washington, d’être ainsi tenue à l’écart d’éventuels préparatifs, dans une répartition des rôles à définir entre Américains et Israéliens. Cette information ou désinformation, connaissant l’inimitié persistante entre Le Caire, d’un côté, Téhéran et Damas, de l’autre, peut avoir pour fonction d’ajouter un fer de lance offensif aux précédentes opérations de défense, plus largement détaillées, à mesure que la situation semble laisser se dessiner un statuquo inflammatoire.

 

A n’en pas douter, la prise définitive de la plus grave décision jamais arrêtée par aucun Premier Ministre israélien est suspendue à la maîtrise de la situation globale, par l’actuel chef de gouvernement, entouré de son cabinet restreint, Benjamin Netanyahou. Les provocations de cerbères régionaux, Assad, Moallem, Nasrallah, ou plus directement, Ahmadinedjad,  visent, certainement, soit, à précipiter l’heure « H » au risque d’une ’atteinte imparfaite des objectifs israéliens, permettant à l’Iran de disposer, même très endommagé, d’un nouveau délai ; soit et simultanément, elles affirment, qu’aussitôt un embrasement d’ampleur comparable se rapprochera dangereusement des centres de décision et de répliques de l’Etat Juif.

 

La « Guerre Froide » et ses multiples crises, dans les années 50 à 70, apparaissent comme une joute musclée entre gentlemen conscients et raisonnables, comparés aux dilemmes auxquels le Moyen-Orient est, aujourd’hui confronté, à la merci des dérapages d’états-voyous. Mais, à tout prendre, le danger n’en sera que plus grand, le jour où chacun aura bien conscience que, cette fois, à force de tergiverser, la dictature mollachique a, bel et bien, traversé le miroir et peut, désormais s’en prendre à qui bon lui semble, là où cela lui chante.
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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 17:26

 

 

 


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Editov (05/02) : Tambours de guerre… ou nouvelles exhibitions de muscles et de mots ? 1ère Partie.


Marc Brzustowski,

pour http://lessakele.over-blog.fr et www.aschkel.info

 



L’Amérique a mis environ un mois à répondre au non-respect iranien de la date-butoir du 31 décembre 2009, avant d’accepter les propositions de transfert de son uranium enrichi vers des pays tiers. Cette première réplique correspond, essentiellement à un renforcement défensif de ses alliés, depuis Israël jusqu’au Golfe arabo-persique.


 

Si l’on reprend le fil des opérations de communication de l’Administration Obama, ces derniers mois, on observe qu’il est guidé par le principe de précaution face aux menaces d’Ahmadinedjad. L’Amérique cherche aussi à se montrer compréhensive à l’égard de ses alliés et de leurs inquiétudes légitimes, face à sa trop grande propension à l’ouverture envers un ennemi défiant, retors et rusé :


 

on doit, tout d’abord, remonter aux grandes manœuvres américano-israéliennes intitulées « Juniper Cobra », en fin octobre, qui représentent le plus grand exercice commun de sanctuarisation du territoire israélien, par mer, air et moyens antibalistiques, jamais réalisé jusqu’à cette date. Ceci ajouté à l’implication états-unienne dans le programme de défense « Hetz 3 », la démonstration globale veut offrir une sorte d’assurance, ou de kit de survie à Israël, quelle que soit la portée graduelle des menaces proférées par Téhéran. Il y a eu bien d’autres manœuvres, où Heyl Ha’avir, l’armée de l’air frappée du bouclier de David, a pu tester ses capacités de réapprovisionnement en vol sur longues distances, au-dessus des bases texanes de l’US -Air Force, ou en survolant les côtes de la Grèce, autre membre de l’OTAN.


 

Récemment, début janvier, le Général David Petraeus, commandant en chef du CENTCOM, était mis à contribution, et faisait assaut de petites phrases suggestives, en tant qu’expert de haut-rang à l’active. Il laissait, alors, entendre qu’évidemment, son Etat-major avait mis sur pied tous les scenarii possibles, en vue d’un bombardement réaliste, et tout-à-fait faisable, à son avis, des installations nucléaires de la Mollachie iranienne, si les discussions échouaient. Le discours étant insuffisant pour être pris au sérieux au Moyen-Orient, Obama joignait le geste à la parole, en envoyant la Vè Flotte autour de l’USS Eisenhower, rejoindre l’armada américaine déjà impressionnante, patrouiller dans le Golfe. Officiellement, il s’agissait surtout de prendre en considération les évolutions inquiétantes du Jihad au Yémen et en Somalie et d’appuyer les armées régionales alliées de l’Amérique : yéménite, saoudienne ou égyptienne, ayant maille à partir avec ces tentatives de sédition, qui prennent leurs ordres au QG des Gardiens de la Révolution islamique. Mais la profusion de moyens balistiques et aériens dont ce type de porte-avions et d’hélicoptères est équipé ne laisse que peu de doute sur leurs capacités multi-usages parant à toute éventualité. On peut même gager que cette force est surdimensionnée, s’il ne s’agissait que de disperser une insurrection de type guérilla terroriste, comme les Houtis du Nord Yémen ou les milices al-Shabab. Ce qui requérerait surtout des forces spéciales terrestres.


 

.

Depuis la semaine dernière, les Etats-Unis ont franchi un nouveau stade, dans ce qu’on appelle communément, « l’agitation » sécuritaire, en dépêchant, à grand renfort de publicité dans le New York Times et le Washington Post, des batteries de missiles antibalistiques de type Aegis et « Patriot », dans leur nouvelle version réputée plus efficace que durant la 1ère guerre du Golfe. Les Shahab 3 iraniens sont bien plus perfectionnés que les Scuds de Saddam Hussein. Ces engins de défense anti-aérienne sophistiqués américains sont, cette fois, déployés sur le territoire même de quatre pays du Golfe : le Koweit, les Emirats Arabes Unis, Oman et le Qatar, qui constituent la première ligne de front géographique face à l’Iran, même s’ils n’en sont pas la cible privilégiée, puisque de tout temps, c’est Israël qui décroche le pompon des invectives génocidaires allumées par Téhéran. Au sujet de ce déploiement, on peut consulter l'excellent Stratfor du 1er février : http://www.stratfor.com/weekly/20100201_defensive_buildup_gulf .

 


Sur le plan juridique des sanctions, le Sénat emboîtait le pas du Congrès pour préconiser leur renforcement, avec pour objectif de mettre un frein aux importations d’essence raffinée vers le pays des Mollahs, qui en est dépendant pour sa consommation courante à plus de 35%. De fait, Oman, le Qatar et les Emirats représentant le poumon bancaire et économique de l’Iran, une fois passés sous la coupe sécuritaire des Etats-Unis, seront plus faciles à convaincre qu’ils ont un rôle à jouer dans l’application d’éventuelles sanctions de ce genre, le jour où une signature décisive émanerait du Bureau Ovale. Ceci est loin d’être acquis, d’autant qu’Obama veut encore croire à un front uni, engageant la Chine et la Russie, dans un tel train de mesures de rétorsion. On peut croire que le mythe de cette « union sacrée » s’acheminera vers un « flop », puisque, aussi bien la Chine que la Russie font entendre que l’heure de nouvelles sanctions n’est pas encore « proche ». Autant dire qu’il est question, pour eux, de ne jamais désespérer Washington, tout en renvoyant toute gêne effective pour l’Iran aux calendes grecques. Dans le même temps, on apprenait que l’Australie, autre allié de l’alliance Atlantique, avait arraisonné récemment 3 navires à destination de l’Iran, bourrés de pompes servant au refroidissement d’installations nucléaires.

 

Néanmoins, à cette heure, Ahmadinedjad et son gang ont de bonnes raisons de vouloir reprendre l’initiative diplomatique et de se montrer, à nouveau, plus doués pour le jeu d’échec que leurs adversaires. En milieu de semaine intervenait une nouvelle proposition de leur part, exprimant, finalement, et après une série de provocations sans discontinuer depuis décembre, le souhait de se plier au jeu de l’enrichissement externalisé de son uranium enrichi.


 

Est-ce, "enfin!"(soupir de lâche soulagement...), la preuve  tant attendue, que le fait de mener conjointement les volets militaire et économique finirait quand même par payer ? Ou s’agit-il encore de repousser toute échéance fatidique et de ramener Obama à une attitude conciliatrice, comme sentant que ses choix sont les bons, jusqu’à la prochaine fois ? Pour Téhéran, il s’agit simplement d’échanger de l’uranium à 3, 5%, pour que les grandes puissances lui renvoient, quelques mois plus tard, de l’Uranium à 20%, lui évitant ainsi de faire tourner ses propres centrifugeuses. Il n’en fallait pas plus pour qu’aussitôt, la Chine et la Russie approuvent la « sagesse » iranienne et l’incitent à retourner à la table des négociations. La partie de poker-menteur reprend, comme si rien ne s’était dit depuis décembre dernier.


 

Ce n’est, d’ailleurs, pas tout, puisque dans le même climat de bonhommie retrouvée, les Russes faisaient savoir aux Pasdaran qu’ils étaient disposés à honorer leur contrat de livraison de S-300 anti-aériens, que diverses manœuvres, notamment israéliennes -et de bouclier anti-missiles américain hors d'Europe-, étaient momentanément parvenues à suspendre, quelques mois durant. Un point partout, la balle au centre, et toujours pas d’arbitre pour siffler la fin de la partie : les défenses de chaque côté continuent de hisser la herse, toute tentative de frappe aérienne n’en deviendrait, a priori, que plus risquée.

 

( à suivre...)


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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 18:10
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Goldstone/Auschwitz, kaléidoscope d’une mémoire sélective  quant au droit à l’existence du peuple juif


Par Marc Brzustowski

Pour http://lessakele.over-blog.fr et www.aschkel.info

 

C’est ce vendredi 29 janvier même, que le Cabinet israélien se réunit avant de transférer sa réponse, celle du peuple d’Israël derrière son armée de défense, mais plus encore, celle du peuple juif, bien déterminé à ne plus s’en laisser conter, au responsable de l’ONU, Ban Ki-Moon, à propos du « procès » qui lui est intenté d’avoir usé de son droit légitime de réplique, durant « Plomb Durci ».

 

Il y a deux jours à peine, nous commémorions le désastre incommensurable de la Shoah. Commémoration programmée par le même organisme international, sans, visiblement, qu’il en ait tiré la moindre conséquence politique ou juridico-technique. Ce que la mémoire sélective des nations ne semble pas avoir imprimé, c’est, tout simplement, qu’il y aurait un « avant » et un « après » Auschwitz. Si l’édification de l’Etat d’Israël n’est pas la seule réponse à la Catastrophe, si l’on doit, naturellement, se défier, de toute utilisation déplacée de l’évènement à des fins politiques, se plaçant du côté de la conscience juive, il n’en demeure pas moins qu’il n’y aura plus jamais de situation géopolitique, où elle ne saurait où trouver refuge, ni feu ni lieu, pour être en position inconfortable de se défendre, face aux aspirations génocidaires de tout ordre. Aujourd’hui, l’Iran nargue la Communauté internationale qui peine à orchestrer une réaction unifiée face à ses menaces. Il y a un peu plus d’un an, son allié palestinien du Hamas refusait toute trêve et tout compromis, pour s’acharner à tirer des centaines de roquettes sur les centres habités du sud d’Israël, durant une guerre d’usure d’une durée infernale de 8 ans, dont l’objectif militaire consistait à faire déguerpir toute population juive de son périmètre et ainsi de suite, jusqu’à la mer.

 

Le rapport biaisé du Juge Goldstone en a déduit que tout se valait, l’agression délibérée comme la réplique, suffisamment forte à ce jour, pour avoir, au moins, dissuadé le Hamas de récidiver dans un avenir proche. Goldstone n’a pas jugé utile d’examiner les faits, la topographie des zones de combat délimitées par le Hamas, lorsqu’il attaque la population civile israélienne ou lorsqu’il se replie derrière la population civile de Gaza. Sa commission a relevé 36 cas de « violation », accusant Israël de s’en prendre « délibérément » aux civils. A cette inversion de la situation, le Rapport de l’Avocat Général de Tsahal va, également, répliquer par un dossier de 1000 pages assorti des vidéos enregistrées durant le déroulement des opérations démontrant un tout autre tableau de la situation sur le terrain. Sur les 36 cas mentionnés par la Commission, 30 s’avèrent être de pieux mensonges orientés et les 6 derniers sont liés à des « erreurs opérationnelles », de dérivation de tir ou de manquement de cible, sans aucun rapport avec une « intention délibérée ».

 

C’est autour de cette « intention » que prête Goldstone à l’Etat d’Israël, d’avoir planifié des meurtres de civils, que le Juge gagne sa qualité d’antisémite. Et c’est, vraisemblablement aussi, ce que restera ce rapport onusien : un procès d’intention fait à un Etat-Major et à ses exécutants. L’Armée d’Israël a décidé de traquer le groupe terroriste et ses affidés là où ils se terrent. Et la technique de combat choisi par le Hamas est parfaitement connue et analysée par les stratèges de Tsahal sous le nom de « Doctrine Dahiya », depuis les précédents affrontements avec le Hezbollah, le véritable cerveau du Hamas, du nom du quartier-Sud de Beyrouth d’où le mouvement chi’ite orchestre sa guerre de harcèlement contre l’Etat hébreu. Il s’agit de mixer les savoir-faire du terrorisme, de la guérilla et de la guerre conventionnelle, en s’abritant dans les zones habitées, de façon à ne laisser d’autre choix à l’armée de défense classique que d’y entrer et de s’attirer ainsi les foudres de la Communauté Internationale. Mais qui planifie quoi ? Les instructions et les précautions prises par l’Etat-Major israélien commencent toujours par des séquences d’alerte à la population, par envois massifs de flyers lui intimant de ne pas se laisser piéger par les groupes terroristes qui se servent d’elle. Dans un deuxième temps, les cibles militaires sont redéfinies en fonction de leur valeur stratégique, selon qu’elles abritent des stocks d’armes, des combattants ou un centre nerveux de commandement guerrier, là où le Hamas choisit « délibérément » des mosquées, écoles, immeubles, pour en faire office. Si jamais, on perçoit un risque trop grand, par renseignement humain, drone ou autre, que des victimes collatérales vont être les premières victimes de l’opération prévue, elle est annulée ou remise à un moment plus favorable d’un point de vue militaire. De même que les nombreuses arrestations de combattants du Hamas prouvent que des sommations d’usage leur sont assignées, leur laissant le choix entre la vie en captivité ou la mort les armes à la main. Le simple fait qu’ils se rendent volontiers démontre qu’ils ne sont ni les « shahids » des légendes auto-entretenues, ni qu’ils n’envisagent de se faire massacrer dans une fosse commune. Où est « l’intention délibérée », dans de telles procédures d’engagement ? La perte de victimes collatérales est, malheureusement, d’une trop grande régularité brutale, devenue presque banale par sa médiatisation, sur les théâtres d’opération du monde entier : Afghanistan, Irak, Sri Lanka, Yémen, etc. Mais Tsahal est allé plus loin, et a relevé les identités de chacune des 1161 victimes du conflit, pour chercher le statut de chacune, appartenance directe ou non au groupe des combattants, ou des non-combattants ayant servi d’appât et de « bouclier humain » dans un contact. Les chiffres de ces affiliations parlent d’eux-mêmes : 750 étaient des combattants, 250 des non-combattants et un nombre déterminé restait encore, il y a peu, sujet à caution. Ce qui veut dire qu’étant donné le théâtre le plus densément urbain de la planète, Tsahal a neutralisé 2/3 de paramilitaires terroristes ou guérilleros sans uniformes, cachés derrière environ 1/3 d’innocents pris au piège. Si l’on devait comparer, certes, de façon macabre, ce ratio à celui de la plupart des armées en opération dans le monde, parfois dans des zones désertiques ou montagneuses, comme en Afghanistan, peu parmi elles pourraient se targuer d’avoir à ce point limité les pertes civiles. Il n’y a, pour s’en assurer, qu’à se référer aux récentes polémiques en Allemagne ou entre les Etats-Unis et le Gouvernement Karzaï, à propos de débordements en Afghanistan ou à faire le décompte de toutes les opérations de ces dernières années, partout ailleurs.

 

Ce qui veut dire, en clair, que le Juge Goldstone entend interdire à Israël de défendre ses propres civils, au risque d’emporter, dans le feu des combats - où les tirs croisés du Hamas ont aussi tué des non-combattants -, les vies d’autres civils sans intention de la prendre. Mais, au-delà du cas israélien, il voudrait empêcher les armées occidentales se référant à des codes d’engagement variables, de mener des guerres anti-insurrectionnelles là où elles jugent utile de le faire pour prévenir un danger plus vaste qui affecterait certainement leurs propres populations. C’est même le sens de la présence de l’OTAN en Afghanistan/frontière du Pakistan nucléaire, de la chasse à al Qaeda ou à différentes milices au Yémen, ou encore de la guerre contre la terreur que mène l’armée irakienne. Soit le procès fait à Tsahal doit être étendu à tous les conflits en cours ou achevés, comme au Sri Lanka. Soit il existe deux poids-deux mesures, selon que tu seras un soldat juif ou non, et il est temps que l’ONU le déclare officiellement, pour peu qu’on ne s’en soit pas aperçu jusqu’à présent.

 

Que des vérifications soient faites pour savoir précisément si toutes les mesures d’engagement ont bien, individuellement, été respectées, et le cas échéant juger ou déclasser les déficitaires, est une chose. Accuser un état, une nation assaillie « d’intention délibérée » et, par conséquent, de « crime de guerre », voire probablement, de « crime contre l’humanité », est irrecevable en droit, hors de l’examen des faits, preuves à l’appui, et criminel en pratique, s’il doit contraindre un peuple et un seul à se laisser pilonner sans réagir. Ce qui se serait déjà vu dans l’histoire… Il faut que Goldstone dissolve toutes les armées, toutes les polices et, par conséquent, tous les Etats de droit de la planète et, alors, advienne que pourra des « droits de l’homme » qu’ils sont censés faire respecter.

 

Que devient l’innocent Hamas, dans ces péripéties judiciaires ? Pour faire bonne figure, l’ONU lui a également demandé de procéder à son petit examen de conscience, qui a été très vite expédié, certain de ne pas être la « cible délibérée » de Goldstone. Ainsi, le groupe islamiste prétend qu’il visait bien des infrastructures militaires en tirant sur les villes habitées israéliennes, mais que, malheureusement, ses projectiles se sont égarés en chemin. Human Rights Watch s’inscrit en faux contre ce procédé d’auto-excuse. La part de son idéologie que le Hamas omet de transmettre, c’est que, dans sa rhétorique jihadiste, tout sioniste, bébé, femme, vieillard, est un « soldat en puissance » ou a été un « soldat » et que, par conséquent, il mérite la mort. Et, d’autre part, que sa propre population subit un endoctrinement tel qu’il vante, quotidiennement, par ses organes de presse, le martyr des enfants se sacrifiant pour le Jihad, ou encore que « la beauté palestinienne, c’est la mère élevant ses enfants pour le Jihad » (émission Tv al Aqsa du Hamas à Gaza).

 

Dans le nazisme, tout juif est un « übermensch », un sous-homme parasitaire à éliminer. Dans le Jihadisme de type Hamas, tout Juif est un « soldat » ou un « comploteur » et doit pareillement être éliminé. C’est, d’ailleurs, ce qui annulerait, de facto, toute distinction confusionniste entre antisionisme et antisémitisme, en fonction de celui qui s’en sert pour les mêmes fins à des différences de degré près quant aux moyens. Mais, de même, il n’y a aucune distinction, pour le Hamas ou le Hezbollah, le terrorisme global, local ou glocal, entre le militaire et le civil, en ce qui concerne la population palestinienne vue par le Hamas, ou les « Croyants » face aux Impies, pour d’autres plus radicaux encore, et à un degré à peine moindre, par les idéologues du Fatah, version « martyrs d’al-Aqsa ». Tout Palestinien doit se sacrifier, mourir en martyr, et c’est la seule voie possible pour obtenir la reconnaissance de ses pairs, selon l’idéologie à laquelle se réfère le groupe dominant à Gaza.

 

D’où y a-t-il, de ce point de vue, la moindre notion de bien ou de mal faire, lorsqu’on se met dans la peau d’un « Shahid » du Hamas, s’il s’abrite derrière son fils, sa mère ou sa sœur ? L’endoctrinement de la société palestinienne, particulièrement celle de Gaza actuellement, est telle que le Juge Goldstone se soulage dans un violon, à édifier sa nouvelle « morale » à l’intention des cerveaux lavés sous administration jihadiste. Il n’y a, en territoire palestinien, surtout à Gaza, aucun droit de l’enfant, aucun droit de la femme, aucun droit du citoyen, aucun droit de vote, aucune institution, aucune liberté d’opinion autre que ceux inféodés à la Chari’a, version Ismaël Haniyeh. De fait, l’asymétrie de son rapport est telle qu’elle convient parfaitement, en ce cas, à ne désigner qu’un seul coupable, le conscient, l’Etat démocratique, tout en amnistiant les procédures de guerre terroriste, alors trop « sommaires », « barbares », voire « primitives » pour mériter de l’application de ce droit. Si le Hamas appliquait, ne serait-ce qu’un centième des principes d’engagement respectés par Tsahal, il n’aurait plus qu’à s’auto-dissoudre, certain de perdre « l’armée de réserve » que constitue sa population, du berceau jusqu’à la tombe.

 

Autrement dit encore, Goldstone est en train d’intenter un procès « colonial » à un régime terroriste qui en récuse jusqu’aux principes mêmes, pour la simple raison que toute vie locale est régie selon ses règles propres en vue de son objectif essentiel : l’éradication de « l’entité sioniste » honnie, ce pour quoi, les condamnations quasi-unilatérales dans leur principe que propose Goldstone lui rendent un service éhonté.

 

Au-delà des conséquences de cette guerre juridique intentée à un Etat et un seul, la cohérence même de cette mouvance islamiste, est, sur le plan régional, de plus en plus, mise à mal et sujette à la division. Ce même matin du vendredi 29, est annoncée, par l’un de ses dirigeants, la mort plus que suspecte, à Dubaï, de l’un de ses membres fondateurs, Mahmoud Abdel Raouf al-Mahbouh, initiateur avec d’autres de sa branche armée Ezz-al-Din al-Qassam et, surtout, instigateur des premiers enlèvements de deux soldats israéliens, dès 1988, Avi Sasportas z’l et Ilan Sa’adon z ‘l. Cette piste de l’inventeur du scénario qui occupe les échanges indirects entre Israël et le Hamas, à propos de Guilad Shalit, par go-between interposés, qu’il s’agisse anciennement de l’Egypte, de l’Allemagne démissionnaire ou de la France, peut-être en voie de remplacer ses prédécesseurs sur ce délicat dossier, semble désigner une mise en garde israélienne aux actuels détenteurs de Guilad. La moindre atteinte à son intégrité risquerait donc de se finir mal, très mal. La presse émiratie semble dire que cette annonce, intervenant 9 jours après les faits, ait été retardée pour tenter de mettre la main sur les acteurs de cette opération de présumées représailles. Le corps aurait été découvert à son hôtel, marqué de brûlures et de signes d’électrocution. La police émiratie pense que les tueurs d’al-Mahbouh, de type et de passeports européens, ont quitté depuis longtemps l’Emirat. Mais cette élimination, si c’en est une, intervient à un moment où, au sein même du Hamas, des oppositions nettes commencent à se faire jour, entre la branche damascène dirigée par Khaled Meshaal et Abu Marzouk, et la branche gazaouïe derrière Mahmoud a-Zahar.

 

Depuis quelques temps (source : Debkafile), Khaled Meshaal est pris entre les griffes d’intrigues que les médias arabes ont qualifiées de « Meshaalgate » : les services égyptiens, las des tentatives de réconciliation avortée avec le Fatah, se sont piqués de révéler aux médias le contenu d’un échange entre Meshaal et le prince saoudien, Ministre des affaires étrangères, Saoud al-Fayçal. A la question de ce dernier lui demandant : « -Dîtes-moi qui vous êtes : Un Arabe ou un Iranien ? », Meshaal aurait répondu par lettre écrite et rediffusée : « - Je ne suis pas un agent des Frères Musulmans ni même proches d’eux » (quand bien même le Hamas est une émanation de cette confrérie). Je ne suis pas, non plus, un fervent soutien de l’Iran ni un Iranien. Je ne soutiens pas la Syrie ni ne sers ses intérêts ». Les Egyptiens utilisent cette lettre comme un moyen d’accentuer le fossé entre l’Iran, la Syrie et les groupes palestiniens. Et le charme opère. Le dirigeant du Hamas est en train de perdre la face dans le monde arabe, en étant présenté comme un sous-fifre réprimandé, un individu faible et sous influence, face aux Saoudiens. Et, de leur côté, les Iraniens, qui financent, arment et entraînent le Hamas, exigent de lui et de l’ensemble du groupe dirigeant des éclaircissements sur le fait qu’il ne soit pas « un ami de l’Iran ». D’autre part, s’opposant au jusqu’auboutisme de Meshaal, Mahmoud a-Azhar n’hésite plus à dénoncer l’influence du régime al Assad dans l’attitude psychorigide de la branche damascène, au sujet des négociations concernant Guilad Shalit, qui ne peuvent aboutir dans ces conditions. Le Gazaouï s’en est ouvert directement aux Egyptiens, soucieux de régler par lui-même les trois problèmes en cours : cette libération contre un nombre conséquent de prisonniers palestiniens, l’état des mauvaises relations entre l’Egypte et le Hamas, et le dossier de la réconciliation inter-palestinienne, également toujours reportée.

 

Cette même unité palestinienne a toutes les chances de rester lettre morte, tant que la corruption et, par conséquent, la tentation populaire de se rabattre sur le mouvement islamiste, règnent à Ramallah, si l’on en croit les propos du traqueur de corrompus qu’a été Fahmi Shabaneh, ancien « Monsieur mains propres » de Mahmoud Abas, dans un entretien accordé au Jérusalem Post et rapporté dans Free Republic (http://freerepublic.com/focus/f-news/2439962/posts ). Il prévoit, en effet, que ce phénomène endémique mènerait le Hamas au pouvoir, du fait qu’Abbas lui-même se soit entouré des membres du Fatah les plus portés sur le détournement d’argent, y compris du temps d’Arafat qui, pourtant, semblait les diriger d’une main de fer. Il cite des cas nombreux où les caciques de l’OLP, sous prétexte de racheter des terrains « menacés par la colonisation », ont reversé les sommes extorquées de l’AP, elle-même gracieusement financée par les Etats-Unis et l’Union Européenne, sur leurs propres comptes, dans des états arabes ou des sociétés off-shore. Des personnages qui, selon ses dires, seraient arrivés dans les Territoires avec à peine 3000 $ en poche, seraient les possesseurs de fortunes qu’il estime à plusieurs centaines de millions chacun. Imagine t- on ces rentiers tuer la « poule aux œufs d’or » pour se voir imposer le pouvoir des islamistes ? Et en quoi ce pouvoir aurait-il la moindre chance d’annoncer autre chose que la guerre à outrance, civile, comme précédemment entre le Fatah et le Hamas dans la bande de Gaza, et à l’encontre d’Israël, pour autant qu’il reste un combattant valide? Il illustre son propos de scandales sexuels affectant les aides de camp directs de Mahmoud Abbas, péripéties légères qui sont à l’origine de sa propre mise à l’index. Il n’envisage pas que l’ordre dans le territoire puisse se passer de la présence israélienne.

 

Ehud Barak a eu beau jeu de proclamer, cette semaine, que la paix avec les Palestiniens était plus urgente, pour la définition de frontières sûres et reconnues, que la menace nucléaire iranienne, on ne voit guère, dans une telle configuration, qu’il faille surseoir à la seconde menace pour résoudre la première dans des temps d’autant plus rapprochés que la Mollachie se fait plus insistante sur son mépris pour la Communauté Internationale et les offres américaines, tout particulièrement.

 

C’est dans ce contexte que le Sénat américain a voté un renforcement des sanctions contre l’Iran, affectant directement l’importation d’essence vers Téhéran. Le processus devra en passer par une harmonisation des votes des deux chambres, avec les Représentants au Congrès, laissant à Obama la touche finale visant à parapher ces propositions.

 

Or, on peut, d’ores et déjà, considérer que le régime de sanctions ne fera pas fléchir Ahmadinedjad, du fait du clientélisme asiatique, et d’autre part, qu’il arrivera bien tard, alors que celui-ci n’est plus qu’à quelques encablures de son but, à en croire Der Spiegel. Là encore, Israël doit-il attendre l’approbation des nations, dont le rapport Goldstone lui donne un bref aperçu, avant de choisir les moyens appropriés pour faire à nouveau face à la situation qui lui est imposée et qu’il n’a pas recherchée ?

 

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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 17:39

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Du « processus de paix » à la gestion de conflits et à la prévention des catastrophes ? 1ère Partie.




Marc Brzustowski pour http://lessakele.over-blog.fr et
www.aschkel.info
 
1ère partie : Outre-mer comme dans les airs, le savoir-faire israélien est le bienvenu

Le déploiement d’unités d’intervention rapide médicales, d’aide et de soutien de l’armée israélienne (commandement du front intérieur), mais aussi d’équipes de la police scientifique dans la recherche et l’identification des victimes du tremblement de terre sous les décombres de ce qu’il reste d’Haïti, a permis à l’Etat hébreu de faire la démonstration de ses aptitudes à faire front aux situations les plus catastrophiques et d’y apporter des solutions urgentes. Il a rappelé sa vocation universelle, fondé sur une éthique ancestrale d’aide envers son prochain affligé. Incidemment, il a constitué un modèle d’efficacité à mettre à disposition des populations accablées, en apportant l’hôpital de campagne et le matériel chirurgical, permettant aux autres équipes internationales de se tourner vers lui pour les opérations les plus dramatiques, tout en poursuivant les fouilles sous les bâtisses effondrées. Cet effort consenti au plus haut niveau, dès les premières heures du drame haïtien, s’est soldé par des appréciations enthousiastes, de la part des Haïtiens, premiers concernés, autant que des partenaires du corps expéditionnaire de sauvetage, qui mettent du baume au cœur des responsables et des membres d’une armée, sous le feu ininterrompu des clichés médiatiques les plus éculés, visant à sa diabolisation constante et à la judiciarisation de ses moindres faits et gestes.

De même, ce sont l’ONU et les Etats-Unis, les mêmes avec lesquels se posent des problèmes diplomatiques de long ou plus court terme, qui ont fait appel à Israël pour qu’il dépêche sur place une centaine de policiers chargés du maintien de la paix sociale, dans le cadre de la reconstruction des institutions haïtiennes, à cette heure, complètement pulvérisées et dépassées par l’ampleur des évènements. Incidemment, notons que ce rôle requis et acquitté avec un haut degré de performances, permet à Israël de sortir de l’enfermement dans les perceptions d’un conflit régional sans vraies perspectives de moyen terme, d’une imagerie préfabriquée et entretenue depuis des décennies, à propos de sa puissance militaire et de sa supériorité technique conduisant, nécessairement, à « l’injustice ». Elle s’avère, sur d’autres théâtres d’opération, offrir les meilleures garanties et les bienfaits directs qu’on vient d’indiquer. N’en déplaise aux antisionistes convaincus qui n’ont de cesse de gonfler leurs rangs au moindre frémissement. Ce modèle d’intervention, très professionnalisé, peut-il avoir des incidences sur les conceptions que le monde se fait, quant à la résolution des conflits qui perdurent au Proche et Moyen-Orient ?

Il y a peu de temps, alors que les services de renseignement américains exposaient leurs failles les plus criantes, au sujet du vol mal contrôlé de la Nordwest Airlines au-dessus de Détroit, nombre d’experts du contre-terrorisme ont vanté les mérites des techniques de profilage individuel des services de sécurité israéliens au départ des aéroports. Il apparait que si celles-ci avaient été transférées correctement au personnel d’embarcation, jamais un tel incident ne se serait produit. De telles capacités de discernement, permettant d’identifier les éléments dangereux dans une foule de voyageurs, ne donnent-elles aucune indication sur la façon dont une armée saura se comporter, sur la base de renseignements dument collectés, face à une population indistincte au sein de laquelle se cachent des terroristes avérés ? Ou dans la maîtrise des risques, face à une file de voitures, à un check-point ou un barrage, à l’orée de Gaza ou de Judée-Samarie/Cisjordanie ?

Ceci, pour les tous derniers événements révélateurs, mais il y a un certain temps déjà que l’état juif participe aux patrouilles de l’OTAN en Méditerranée, pour contrer les risques d’attaques maritimes, ou encore, qu’il est bien à l’origine des répliques anti-insurectionnelles basées sur l’efficacité des drones, auxquelles l’Administration Obama a, de plus en plus, recours, à la lisère des zones tribales talibanes ; que d’autres matériels à la technologie sophistiquée sont prisés par les armées confrontées à ce type de situations, sur toutes sortes de terrains extérieurs.

Sur le plan économique, un premier accord, en vue d’une intégration prochaine de l’état hébreu au sein de l’OCDE, insistait, à la fois, sur sa gestion saine, qui lui a permis de bien résisté durant la durée de la crise économique en cours, avec le maintien d’un PNB positif de 0, 5% et des perspectives de croissance entre 3 et 5% pour 2010, tout en insistant sur la persistance des inégalités sociales, par des aides inférieures aux autres états membres (dépenses sociales : 16% en Israël, contre 21% en moyenne chez les autres).

Ces exemples, tirés de différentes configurations, démontrent, au moins, une chose : quelle que puisse être la virulence de campagnes acharnées contre son identité ou son « image », il n’en ressort jamais que l’exemplarité de la résilience juive comme vision du monde, le sang-froid face aux enjeux les plus problématiques, et que ces aptitudes conservent toute leur fraîcheur dans les situations où le monde extérieur est conduit à faire appel à elles.

Perspective qui autorise un certain optimisme tempéré sans triomphalisme. Le temps des images d’Epinal et des louanges qui les commentaient, reflétant le courage des valeureux paysans-soldats et pionniers des kibboutzim est bel et bien obsolète. Mais, l’inversion des valeurs et représentations qui a suivi la victoire de 67, métamorphosant la victime en bourreau et s’appuyant sur la dénonciation unilatérale et outrancière du « fort » pour ses supposées exactions contre le « faible », peut, elle aussi, rencontrer ses limites dans les situations paroxystiques qui constituent le sel des défis majeurs pour le monde contemporain : terrorisme biologique-chimique ou atomique, catastrophes naturelles, pouvoirs despotiques menaçant leurs voisins de poussées hégémoniques, crises en chapelets à prévenir plutôt que guérir, pathologies hier réputées incurables par la médecine classique, … Tous ces domaines requièrent une expertise de haut vol et de longue haleine, où les inclinations aux partis-pris idéologiques irresponsables, les rejets a priori, les vues de l’esprit, les scénarii conformes à ce que le monde « devrait être » et qu’il n’est pas, n’ont pas leur place et cèdent rapidement le pas aux compétences éprouvées sur le terrain, dans l’acceptation du risque et l’évaluation correcte des menaces patentes.

A ceux, donc, qui nourrissent leur quotidien de suspicions à propos du « machiavélisme » avec lequel un état donné, présumé pire que tous les autres, mènerait de sourds complots, par une succession d’actes mettant en valeur ses compétences, à des fins forcément néfastes et occultes, selon la trame des « Protocoles » (des Sages de Sion), les récents développements rappellent que les images et les mots, les insultes à l’intelligence s’envolent, là où les actes s’accomplissent, envers et contre, ou en dépit des commentaires que, ma foi et quoi qu’on fasse, on ne fera pas taire…

Au-delà même des effets secondaires positifs, en tout cas, apaisants, en termes de communication, l’art, en matière sécuritaire ou sanitaire, l’emporte, en définitive, sur la critique. Certaines vieilles recettes de la calomnie (Goebbels), de l’accusation mensongère, ou de l’inculpation univoque et sans contrechamp, - de droit de contre-expertise pour la partie incriminée- (comme dans les suppositions aventureuses et télécommandées du Juge Goldstone qui ne tiennent pas à l’examen objectif des faits) restent de portée limitée, souvent criarde et spectaculaire (les manifestations antisionistes de l‘hiver dernier), mais dont les lendemains qui chantent ne sont jamais assurés. L’enchaînement des actes et la démonstration par la preuve effective, efficace et efficiente, et non les suppositions oiseuses, les associations sémantiques contre-intuitives (Sionisme = racisme, apartheid, voire, « nazisme ») de journalistes ou/et de justiciers intellectuellement paresseux, ayant perdu toute notion de déontologie et d’équité de traitement, suffisent au pragmatique.

Cela veut-il dire que les évolutions, au sein et à la périphérie de la société israélienne soient indemnes de toute critique raisonnée ? Qui le prétendrait, qui, surtout, l’a jamais prétendu, hormis les esprits malveillants, dans un pays qui dispose d’une des presses parmi les plus libres au monde, aux dires mêmes des associations journalistiques, à l’inverse de tous les pays avoisinants ? Dans des institutions où l’on s’invective facilement entre représentants de telle ou telle tendance, courant ? Dans le cadre d’une société où bien des injustices, certes, subsistent, dans le flux incessant d’un melting-pot unique au monde sur une superficie aussi réduite, mêlant Russes, Ethiopiens, Francophones, Anglo-Saxons, Yéménites, Hindous, Sabras, laïcs et religieux… ?

En quoi cela permettrait-il, comme certains s’y emploient, de déduire que ce qu’Israël donne en Haïti ou dans la protection des aéroports, n’est que le contrepoids de ce qu’il aurait « usurpé » aux Palestiniens ? Ainsi a-t-on relevé telle ou telle rumeur d’une présence juive aux Caraïbes pour s’y livrer au prélèvement et aux trafics d’organes, de la part d’un activiste noir-américain de Seattle, dégoulinant de cynisme, qui a trouvé là une position d’inquisiteur plus confortable que de se retrousser les manches et d’entreprendre quoi que ce soit à l’intention de ceux en réelle difficulté.

Qu’est-ce qui permet au tribunal médiatique, manouvrier des opinions, de douter que les règles qui prévalent dans un cas ne sont pas les mêmes, en tout cas, trouvent leur origine dans celles qui ont cours à domicile ? Qu’y a-t-il de si difficile à comprendre que le savoir-faire qui puisse être utilisé ailleurs n’est autre que le fruit de compétences à la gestion de crise, quelle qu’en soit la nature, sécuritaire ou sanitaire, qui sont quotidiennement mobilisées  par une société exerçant ses talents transhistoriques de survie ? Que l’Haïtien sauvé des décombres bénéficie indirectement de la dextérité de tel policier, ou médecin, apprise lors de la dernière Intifada, d’attentats à la bombe humaine (Zaka), de la protection de tel membre des unités de sécurité civile, généralement, affectées auprès des populations de Sderot ou de toute autre ville du Sud ?

La situation qui prévaut, actuellement, à l’égard des territoires palestiniens, est, d’un point de vue sécuritaire et diplomatique, difficile à définir précisément, comme se situant dans un « no man’s land » du « ni guerre ni paix », « ni accord ni trêve ». Elle semble trouver sa stabilité problématique par le vide, la quasi-absence d’hostilité, sinon manifestée par des actes relativement isolés en intensité et dans le temps. L’incident est toujours possible, des tentatives épisodiques de mettre le feu aux poudres ont bien eu lieu, à Jérusalem, durant l’automne, ou il y a quelques temps en lisière de Gaza. L’élément nouveau, c’est qu’elle est, de plus en plus, similaire, du côté égyptien de la frontière, où la même défiance prévaut à l’encontre de ces groupes. On a beaucoup hurlé et l’on manifeste encore contre la barrière de sécurité, notamment. Il n’empêche que si « ça marche », d’autres protagonistes proches s’en inspirent pour réduire et prévenir tout débordement.

Cette politique « du moindre risque », sans certitude totale sur le devenir, est la résultante de deux opérations militaires majeures, ces dernières années : l’opération « Rempart » menée par Moshé « Boogie » Ya’alon et Ariel Sharon, en 2003, et l’opération « Plomb Durci » de l’hiver dernier, conduite par Gaby Ashkenazi et le gouvernement Kadima d’alors, l’une comme l’autre, mais l’une plus que l’autre encore, tellement décriée sur la scène internationale.

Malgré l’absence totale d’accord définitif, malgré le refus de négocier de la partie palestinienne, côté OLP, ou même de reconnaître le droit d’existence de l’entité juive, côté Hamas, sans le moindre consensus d’ensemble, un modus-vivendi s’installe, toujours de façon provisoire, mais de ce genre de « provisoire » qui, néanmoins, tend à durer. Chaque entité, Hamas ou Fatah, mène bien, ou croit mener, sa propre stratégie dans l’ignorance ou aux dépends de l’autre, en faisant comme si la réalité d’une présence indéfectible ne s’imposait pas à eux.

( à suivre)
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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 11:27

 

 


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Imbroglios diplomatiques en série, à mesure que s’étendent les risques de prolifération nucléaire

 

Edito, par Marc Brzustowski

 

 

a) Caraïbes dans la tourmente


La seconde semaine de janvier restera marquée par la tragédie haïtienne qui, à cette heure, aurait fait, au moins, 200 000 morts, engloutis sous les décombres. Les sauveteurs de tous les pays affluent, à commencer par les Américains proches, qui ont déjà dépêché, sur place, 3 000 hommes de troupe. Les Français présents depuis la Guadeloupe et la Martinique, ont testé les possibilités d’atterrissage sur l’aéroport dévasté de Port-au-Prince et affrété de premiers convois aériens. Israël, parmi tant d’autres, fort de ses liens anciens avec l’île et de son expérience des catastrophes naturelles, notamment depuis le tremblement de terre en Turquie, en 1999, où ses équipes de sauvetage avaient fait tout leur possible pour secourir la population sous les gravas, a envoyé ses équipes spécialisées, dont les membres de Zaka. La solidarité internationale se coordonne pour faire face aux conséquences du désastre. On ne connaîtra, peut-être jamais, le nombre exact de victimes, à cause de l’inexistence d’un état civil à jour, dans une île confrontée à une misère endémique, malgré de récents efforts pour assurer un embryon de démocratie, après les années de plomb des Duvallier et leurs sinistres « tontons macoutes »… Sur place, il faut aussi combattre le pillage et le banditisme qui freinent l’acheminement des secours aux plus nécessiteux. Face à de tels cataclysmes, on ne peut que de se raccrocher aux rares moments de miracle épars, où la vie triomphe du malheur, comme la naissance de cette petite fille dont la maman avait été sauvée quelques minutes plus tôt, dans l’un des hôpitaux de fortune mis à disposition par les jeunes volontaires de Tsahal. Drame qui n’est pas exempt de ces grands moments d’opéra-bouffe déplacés, où un tribun démagogue comme Hugo Chavez voit, dans le débarquement US d’urgence impérieuse, la « preuve » de l’invasion américaine des îles Caraïbes ! Quand la bêtise le dispute à l’indécence, il est des paranoïas ravageuses qui pourraient, en effet, mériter un traitement de choc !


b) Suite, et non fin, des tensions épisodiques turco-israéliennes


A propos de « séisme », symbolique et diplomatique, celui-là, le torchon s’est, un peu plus, consumé, entre la Turquie et Israël. Cette dramaturgie semble faire « boule de neige », malgré les démarches répétées, après incidents réitérés, pour tenter, une fois encore, de combler le fossé. Sans minimiser aucun d’entre eux, il faut pouvoir interpréter correctement les risques de glissement de la Turquie vers ses voisins de l’Est (Iran, Syrie), tout en tenant compte de l’ancrage dans des alliances consolidées avec l’Occident, aussi bien qu’avec Israël, au-delà des tentatives, d’ailleurs infructueuses, d’ingérence d’un autre démagogue populiste : l’islamiste antisioniste Recep Tayyip Erdogan, qui tire sa légitimité des frustrations populaires et des images d’Epinal diffusées sur le petit écran. Les orientations que celui-ci donne à son pays nourrissent la suspicion d’un retournement stratégique progressif qui se ferait au détriment de l’OTAN, en tout premier lieu et qu’on voit peu réagir ; sur le plan régional, par une propagande anti-israélienne qui ne manque jamais une occasion de créer le « scandale » (Davos, soutien inconditionnel à la bombe d’Ahmadinedjad, exercices militaires conjoints avec la Syrie, plutôt que traditionnels avec Israël…).


Elles visent deux choses : par son nationalisme baignant dans un islamisme, de plus en plus étriqué, tel qu’il est parfaitement incarné dans les séries « b » de la télévision turque, et ses héros primaires, antisémites et anti-américains, Erdogan et ses services de presse et de divertissement, donnent à manifester tout le mécontentement qu’il sent poindre dans les frustrations économiques et sociales populaires. Il exploite la fibre  susceptible, suite à la mise à l’index de l’Europe de ce pays situé au Levant asiatique, qui, comme il le démontre un peu plus chaque jour, par son soutien aux dictatures locales, a peu de points communs avec les valeurs défendues sur le vieux continent, en matière de droits de l’homme. Cette réactivité sert surtout d’aiguillon à la diffusion de la séduction maligne et fielleuse de positions islamiques « modérément radicales », se présentant sous la forme de l’anti-américanisme et de l’antisémitisme primaire.


Il serait grand temps que les Etats-Unis et l’Europe fassent clairement comprendre à Erdogan que ce n’est pas en présentant le portrait d’un pays mal éduqué, frustre et assoiffé de légendes le mettant en valeur, mais dont chacun sait qu’il  est prompt à recourir, depuis des décennies, au racisme contre ses propres minorités (Arméniens exterminés, Kurdes culturellement opprimés), puis lorsqu’il veut les apaiser, se tourne dans l’excès contre l’Amérique, les Juifs ou, demain, l’Europe, que la Turquie se rendra plus aimable aux yeux des chancelleries de l’Ouest, en faisant luire ses canines de prédateur. Il revient aux franges éclairées de la population, en Turquie,  qui accomplissent un travail réflexif sur leur propre histoire, en dehors des thèses officielles, de faire le départ entre les déclarations et les émissions qui la représentent et servent son devenir, ; ou qui, à force de vouloir salir l’image d’autrui, la cantonnent comme une sous-région encore peu irriguée par les lumières de la modernité et des valeurs qui la sous-tendent.


Ehoud Barak, ce dimanche, s’est donc livré à la gymnastique diplomatique, en se rendant à Ankara pour faire le point régional, maintenir les ponts entre les blocs, assortis de clarifications à propos d’un contrat de livraison de drones (10 engins sans pilote), promis par Ehud Olmert, à l’époque où la Turquie se faisait forte d’assurer la liaison entre Israël et la Syrie. « L’Orient compliqué »n’en devient que plus complexe, sans doute, par manque d’homogénéité, de fermeté et d’actes en conséquence, de la part d’un « Occident » qui apparaît indécis et dont la vision de l’histoire se limite à l’intérêt bien compris de chacun des partenaires qui le composent. La Turquie, militairement et stratégiquement, est devenue le point de rencontre où les ennemis et les amis se croisent et se défont ; tout comme le Qatar peut aussi bien être le banquier des Mollahs que l’hôte des entreprises occidentales exportatrices, dans un esprit bien compris du négoce de bazar.


Le fait est que la série télévisée, au centre de la dernière dispute, vise autant les soldats Israéliens, présentés comme des bourreaux d’enfants, que les troupes américaines en Irak,  à qui est faite la même réputation, assortie, pour les deux protagonistes principaux de ces caricatures, d’accusations de tortures diverses et de trafic d’organes. Il y a fort à parier que la « bonne conscience » turque, jamais inquiétée, au sujet du Génocide arménien, ni des brutalités de l’armée turque contre les enfants kurdes, pourtant condamnées par la commission des droits de l’enfant de l’ONU (http://lessakele.over-blog.fr/article-droits-des-enfants-bafoues-en-turquie-43075419.html : La résolution du Comité des droits de l’enfant de l'ONU adopté le 29 octobre 2009), ses années de dictature sanguinaire et tortionnaire, trouve dans les « crimes » imputés à bon compte à Tsahal ou aux G’I.s américains, matière à se refaire une virginité, des points de rassemblement électoral, tout en élargissant ses alliances à l’Est (Iran, Syrie) et auprès des populations arabes. Mais on note le peu d’empressement, de la part de l’Administration Obama, lui-même opposé à la guerre en Irak, de défendre, aux côtés d’Israël, l’honneur bafoué par la Turquie officielle, membre de l’OTAN ( !), de ses propres soldats venus défendre le peuple irakien contre l’une des plus sordides dictatures de la planète.


c) L’incapacité des grands de ce monde à construire une réaction homogène aux provocations de l’Iran


On ne peut percevoir les opportunités saisies par la Turquie, dans ce qui ressemble fort à un retournement d’alliances, qu’à la lumière du désir inextinguible, affiché par les Occidentaux, rétifs à déterminer tout agenda qui se tienne et se respecte,  de négocier. En contrepoint, ce don pour l'argutie indéfinie donne libre cours aux spéculations régionales consistant à faire monter les enchères à l’intention des plus offrants. Et, d’autre part, il relance les grandes manœuvres de retour en force de la Chine et de la Russie comme grandes puissances incontournables, en vue de tout « règlement » futur. La distribution des cartes qui se dessine, passe aussi directement par le tracé des oléoducs gaziers et pétroliers, en direction de l’Europe, contrôlés par l’entreprise russe d’Etat, Gazprom, et débouchant sur le Bosphore.


D’autre part, la volonté européenne et américaine de détourner Damas de son alliance indéfectible avec les Mollahs de Téhéran et son rôle d’entremetteur ou « plaque tournante » pour les Pasdaran avec le Hezbollah, a eu l’effet inverse de celui escompté. Tout au contraire, il a pu servir de cheval de bataille diplomatique à l’AKP de Recep Tayyip Erdogan pour lancer ses opérations de charme en direction des « Etats-voyous » (terme qui a disparu du vocabulaire de Washington) de la Région, sur fond de prévision du retrait américain d’Irak et de messages ambigus d’accommodation à l’imminence d’une bombe nucléaire iranienne. Ces assurances d’impunité à l’égard de Damas se soldent par la mise en sommeil d’un fameux « Tribunal de la Haye pour le Liban », un magnifique contrat européen de 35 millions d’€, cette même semaine, alors que les informations affluent à propos du fait que l’armée syrienne accueille dans ses bases les milices du Hezbollah, afin de les entraîner à la guerre anti-aérienne. Des missiles sol-sol d’une portée de 250 kms et sol-air ont ainsi été mis à la disposition de la milice chi’ite sous parrainage irano-syrien. Le Liban, qu’on prétendait, en 2005, libéré de cette même tutelle, n’en finit pas de voir ses dirigeants, druzes, sunnites, venir, ventre à terre, faire allégeance à la Grande Syrie des Alaouites.


 Et Nasrallah, en grande conférence avec les dirigeants du Hamas, hôtes de la Syrie, Meshaal et Marzouk, de braver encore Washington et les pays arabes engagés dans le « processus de paix », en attestant qu’il mettra toutes ses forces à le faire dérailler. A preuve, le refus entêté de Mahmoud Abbas, qui, finalement, vient certifier son alignement, au moins par prudence, sur ce même front du refus dirigé, de main de maître, par Bachar al-Assad. Le dirigeant palestinien déclare, sans ambage, que c’est à l’Amérique de proclamer que la « partie est terminée » et de régler toutes les questions afférant aux « réfugiés », à « Jérusalem » et aux frontières. En recourant à cette politique d’assistanat, le gouvernorat palestinien fait preuve d’immaturité, s’en remet totalement aux puissances qui l’ont fait sortir de terre, il y a 17 ans et assume son inexistence autre qu’artificielle. Dans ce cadre, l'échéance des 10 mois de gel proposée par Netanyahou a, au moins, le mérite de fixer des échéances, à partir desquelles, on peut ou non, "jouer la partie". Abbas, dans la défroque du petit homme qui ne marquera pas l'histoire, mais la défera, se contente paresseusement de déclarer forfait avant le premier coup de sifflet.


  Le « fiasco »diplomatique de Danny Ayalon, la semaine passée, n’apparaît plus, ici, que comme épiphénomène, illustration maladroite de l’exaspération israélienne, comptabilisant la somme de toutes les concessions accordées aux ennemis de la paix, au fur et à mesure des tergiversations des Occidentaux : depuis  les élections palestiniennes de 2007, voulues par GW Bush, sacrant le Hamas, Doha, renforçant le contrôle du Hezbollah sur le Liban, au printemps 2008, jusqu’au progressif retournement de tendance d’Ankara, saisissant l’opportunité de la campagne « Plomb Durci » et des faux témoignages de la Commission Goldstone, pour prendre la tête d’un mouvement antisioniste, de Caracas à Téhéran, en passant par El Arish ou Rafah aux portes de Gaza...


  Pendant ce temps, malgré des déboires électoraux conséquents, se traduisant par une opposition grandissante aux Mollahs radicaux en Iran, et par le reflux du Hezbollah dans les urnes, alors que sa victoire paraissait assurée, l’hégémonie iranienne n’a fait que se renforcer contre la volonté des peuples, brandissant la menace nucléaire et fragilisant les courants pro-occidentaux du 14 mars à Beyrouth, pour les conduire à faire l’impasse sur l’armement du mouvement chi’ite et, dans la foulée, sur celui des groupes affiliés, comme le Hamas palestinien, en parfaite violation de toute résolution 1701.  C’est ainsi qu’une explosion a eu lieu en plein Beyrouth, il y a deux semaines, dans laquelle au moins deux membres du Hamas ont trouvé la mort, auxquels s’ajoutent les blessures des nervis du Hezbollah tentant, semble t-il, de la désamorcer. Le propos n’est pas tant de savoir « qui », que de comprendre que tout est possible, lorsqu’on établit ses campements sur une poudrière.


Dans ce contexte, à Téhéran cette fois, un physicien nucléaire, Massoud Ali Mohammadi, trouve la mort dans l’explosion d’un engin piégé, à la sortie de son domicile. Le Régime et les opposants se disputent son affiliation, ces derniers accusant le pouvoir d’avoir fait disparaître le savant. Cette disparition paraît fort opportune pour tenter de ressouder les rangs contre l’ennemi extérieur, « les américains-sionistes ». Beaucoup d’éléments troublants viennent discréditer la thèse officielle, comme l’empressement à passer les lieux au kärcher ou à remettre d’aplomb l’architecture de l'endroit avant enquête d’une quelconque police scientifique. "Mais" le Régime a des "preuves"... Les photos prises quelques minutes après l’explosion, laissent entrevoir la présence de membres bassidjis ou pasdaran spécialisés dans la répression, six minutes à peine, après les faits. Mais, contre les sites radicaux qui accusent le régime, leur égérie, Mir Hossein Moussavi fait connaître son alignement sur la thèse officielle, coupant court aux spéculations, dans ses propres rangs.


Toute action pouvant freiner le programme iranien peut avoir une importance variable, sans lui porter une atteinte majeure : ici, pourquoi un théoricien serait-il visé, plutôt qu’un ingénieur ? Ses prises de position pour Moussavi, lors des élections et ses accointances scientifiques israéliennes et américaines, laissent penser qu’il aurait pu être tenté d’aller poursuivre ses recherches en Occident, comme d'autres transfuges l'ont fait, depuis la Turquie ( Ali Reza Ashgari) ou l'Arabie Saoudite (Sharham Amiri), encore dernièrement.


On ne connaîtra, sans doute, jamais les dessous de l’intrigue et l’on ne peut que suivre le fil de ses conséquences, à l’intérieur de l’Iran aussi bien qu’à l’extérieur. Ainsi, fait suffisamment rare pour le mentionner, un journal officiel égyptien, al-Ahram, profite de l’occasion pour faire l’éloge du directeur du renseignement extérieur israélien, Méïr Dagan. Façon de profiler cet acte dans une longue série, allant de l’élimination d’Imad Moughniyeh, en passant par le raid contre le réacteur nucléaire syrien ou contre les convois d’armes au Soudan, la mort d'un cacique du régime alaouite lié au Hezbollah ou d’autres membres influents du même mouvement islamiste chi'ite…


Entre la campagne pro-palestinienne que subit de plein-fouet le régime de Moubarak, à propos du mur d’acier à sa frontière avec Gaza, et ce type d’éloge, sans parler d’alliance sans ombrage, contrairement à ce qui se passe avec la Turquie, l’Egypte tend aussi à affirmer ses positions à l’égard de ses alliés arabes, Jordanie et surtout Arabie Saoudite. Le Royaume wahhabite tente aujourd’hui le grand écart, en souhaitant réconcilier les frères ennemis palestiniens, de la même façon que la cogestion du Liban a fini par être cédée à une coalition hétéroclite constituée du Hezbollah, maître du jeu, et des fameux « courants pro-occidentaux » dont la victoire électorale est bradée par leur manque de résolution à faire front aux diktats du « Parti de Dieu ». L’Egypte reste défiante à l’égard de ces chassés-croisés saoudiens, cherchant, de concert avec les Occidentaux, à réintégrer la Syrie dans le camp « arabe », tout en trouvant un « modus vivendi » à l’endroit des aspirations iraniennes.


En même temps, ces aspirations, l’Arabie saoudite en éprouve chaque jour un peu plus l’haleine fétide, à sa frontière avec le Yémen, fréquemment violée par les milices houties, formées par l’Iran et le même Hezbollah… Les trois tableaux montrent assez les failles des attitudes conciliatrices. En s’y engageant, l’Arabie du Roi Abdallah démontre surtout qu’elle perd confiance dans les alliés américains et européens, qui semblent s’accommoder du statuquo à l’égard de l’Iran. L’allié jordanien est aussi sur la sellette, devant faire face à des risques accrus d’attentats à partir de son territoire, soit contre ses propres intérêts, depuis l’affaire de l’attaque d’al Qaeda contre une base de la CIA en Afghanistan, révélant sa propre implication dans l’anti-terrorisme. Soit contre des ressortissants diplomatiques israéliens, sans qu’on sache, à cette heure, s’il s’agit d’une action de la mouvance islamiste sunnite ou du Hezbollah, toujours à la recherche d’une vengeance, depuis l’élmination d’Imad Moughniyeh.


d) L’improbable alignement russo-chinois sur le régime de sanction et l’échec des différents plans américains


La communauté internationale n’en finit pas de piétiner, au sujet d’un nouveau train de sanctions contre l’Iran et l’unité de façade se disloque, aussi du fait des réticences, surtout chinoises,qui va prendre la tête du Conseil de Sécurité, mais également russes, à accéder à de telles mesures de rétorsion, quand bien même toutes les preuves d’une accélération de ce programme nucléaire sont sur la table. De tels signes de l’affaiblissement de l’influence américaine n’ont pu que renforcer Erdogan dans sa volonté de rejoindre le camp de l’Axe qui étend ses réseaux sur Levant. Si on pouvait, déjà, relever des signes inquiétants de cet alignement turc, au moins, par sa neutralité au moment de l’invasion de l’Irak, ils n’ont jamais été aussi virulents que depuis l’accession au pouvoir de Barack Hussein Obama, dont la politique est entièrement rivée au processus de négociation, pour lequel il lui faut bien promouvoir des entremetteurs. Les attentats se multiplient en Irak, dont le gouvernement accuse ouvertement la Syrie de jouer de son contrôle de la frontière pour permettre l’afflux de Jihadistes vers Mossoul ou Bagdad. Qu’est-ce qui viendrait le dissuader de faire double-jeu, puisque les nations les plus démocratiques de la planète, France et Allemagne en tête, l’assurent de leur coopération économique la moins regardante possible quant à son implication terroriste dans la région ?


Le clan de la fermeté et des sanctions est dans l’impasse, du fait, surtout, que la Chine, au-delà de ses intérêts commerciaux en Iran, redoute, tout simplement, de favoriser le rapprochement de certains états-tampons, comme la Corée du Nord et l’Iran avec les Etats-Unis. Dans ces jeux d’influence trouble, « l’Empire du Milieu » craint l’empathie de l’opposition iranienne pour plus de conciliation à l’égard des inquiétudes occidentales (un de ses pères spirituels, l’Ayatollah Montazeri, récemment décédé, avait émis une fatwa contre la course à l’armement nucléaire). La sympathie que provoque, dans les rangs de ses propres opposants chinois, la « révolution de velours » téhéranaise, n’est pas absente de ses préoccupations. Si cette opposition chinoise n’est, actuellement, pas dangereuse pour Pékin, pas plus que les séparatistes Ouïghours, ou encore, les manifestations tibétaines vite réprimées, les caciques du parti communiste sont d’une susceptibilité paranoïaque, quant à une quelconque émulation qui pourrait les conduire à de nouveaux Tien-An-Men, dans un contexte de modernisation sous contrôle autoritaire. Ainsi, selon le Wall Street Journal (http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704500104574649762717035296.html) une récente campagne de dissidents chinois, intitulée « CN4 Iran » via les réseaux internet Twitter, fustigeait l’envoi d’engins blindés chinois à l’intention des Bassidjis, qui répriment violemment l’opposition iranienne, et affichait son total soutien à la « révolution » dite « verte ». L’un des intervenants déclarait même, triomphaliste : « Aujourd’hui, nous libérons Téhéran, demain nous prendrons Pékin ! ». D’autre part, une compagnie chinoise, LIMMT Economic and Trade Co. se trouve mise en examen à New York, pour l’envoi de composants de missiles à l’armée iranienne.  Ainsi, la Chine nourrit dans sa main toute une panoplie d’Etats-voyous, susceptibles de dresser une muraille de sécurité contre l’influence occidentale : en Asie, avec la Birmanie, la Corée du Nord, l’Iran, en Afrique avec le Soudan, le Zimbabwe, en Amérique du Sud avec Cuba et le Venezuela.


 Sur cette ligne de front, entrent, évidemment, mais de façon instrumentale, tous les intermédiaires qu’on peut imaginer, au Moyen-Orient, dans les attitudes conciliantes de la Chine, envers les mouvements qu’alimentent les Pasdaran (Hamas, Hezbollah notamment, pour ne pas les citer), qui tirent partie de cette orientation tactique, partout ailleurs dans le monde. Cette mise en exergue de l’influence chinoise, déterminante dans le blocage des solutions en Orient et ailleurs, n’a, évidemment pas vertu à masquer le battage des cartes réalisé par Moscou, dans le même temps, au détriment de « l‘hyper-puissance » américaine, l’un et l’autre de ces ex ou actuels pouvoirs communistes ayant toute raison de se réjouir des déboires de la diplomatie US et de son charmeur de serpents en poste au Bureau Ovale, bien empêtré dans ses circonvolutions. L’effondrement du Mur de Berlin et le ralliement de nombre d’anciens pays du bloc de l’Est à l’OTAN ont simplement servi d’avertissement à la Chine, au détriment de son voisin immédiat à l’Ouest, la Russie, ce « colosse aux pieds d’argile ». La Chine ne souhaite pas subir d’effet-domino et s’en préserve en agitant des régimes-épouvantails.


Israël n’est, a priori, l’ennemi ni de la Chine ni de la Russie, malgré un long passé de défiance et de règlements de compte clandestins, en Afrique ou ailleurs, et l’Etat hébreu, notant l’infléchissement des politiques américaines, a pris soin de diversifier ses sources d’échange avec les deux grands de l’Est. Ce fut le cas, lors des visites d’Avigdor Lieberman, Shimon Peres, en Russie, ou dans son arrière-cour, au Turkménistan, en Azerbaïdjan, Ouzbékistan. Des intérêts communs ont été découverts, dans l’aéronautique, l’aérospatiale, les équipements militaires, les nanotechnologies… Mais on est en droit de se demander si, à l’heure actuelle, tous ces accords partiels et techniques ne restent pas périphériques, face à des tendances lourdes qui concernent directement la géopolitique de ces grandes puissances résurgentes et leur façon de concevoir leurs chasses gardées. Ceci s’illustrait, en août 2008, par l’intervention russe en Géorgie, par exemple.


Ainsi, encore, la diplomatie chinoise est fortement impliquée au Pakistan. Et c’est devenu un secret de Polichinelle que d’apprendre que l’origine du passage d’information atomique à Abdul Kader Khan a été orchestrée en sous-main depuis Pékin. Très récemment, les carnets secrets d'Abdul Kader Kahn ont été dévoilés (nouvelobs, 29 novembre 2009 : http://globe.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/11/13/bombe-pakistanaise-le-rapport-secret-d-a-q-khan.html), expliquant comment la Chine lui avait elle-même fourni les ingrédients de la bombe pakistanaise pour contrer leur ennemi commun : l’Inde. Il ne restait au père de la bombe pakistanaise qu’à sous-traiter son savoir-faire en Iran pour programmer la crise que le monde affronte actuellement. Or l’Inde est, aujourd’hui, le principal importateur de technologies en provenance d’Israël, pour les mêmes raisons de sécurité commune, à l’heure où l’Amérique et l’OTAN peinent à réinstaurer un semblant d’état viable en Afghanistan, règlement qui passe par Islamabad, allié des Américains… comme ils sont tributaires des Chinois.


De fait, les règlements « multipolaires », tant souhaités par Chirac, sont devenus de véritables « casse-tête », qui se jouent à la marge de la diplomatie, et où toute alliance qu'on prétendait stable, semble capable de rebondir d’une minute sur l’autre. Dans ce contexte, le « grand jeu » diplomatique ne pourra s’éterniser en évitant de prendre ses responsabilités à l’encontre des phénomènes de prolifération qui ne la rendent que plus inflammatoire, compliquée et dangereuse. Obama l’a-t-il, en partie, compris, en dépêchant de nouvelles formes de dissuasion maritime, dont l’USS-Eisenhower, au large des côtes du Yémen et de l’Iran ? Ou en faisant  intervenir le discours technique du patron du CENTCOM, David Petraeus, étudiant les possibilités de frapper l’Iran ?

 

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 17:00

POT POURRI POLITIQUE 

 

Albert Soued et www.nuitdorient.com – le 02/10/09

 

L'Iran et la course à la bombe

- Lt.-Gen. Ashkenazi, chef d'Etat-major de Tsahal: "Israël a le droit de se défendre (contre les menaces iraniennes de destruction) et toutes les options sont ouvertes. Nous sommes prêts à toutes les éventualités". En ce qui concerne la coopération entre Tsahal et les forces armées américaines, elle est professionnelle et efficace, et les relations sont très étroites et le resteront en cas de conflit.

Maj-Gen Ido Nehoushtan commandant des forces aériennes d'Israël fera tout ce qui est en son pouvoir pour que l'Iran n'acquière pas le système de défense russe S-300. Celui-ci permet de suivre 100 cibles simultanément et d'en attaquer 20, à une distance de 200 km et une altitude de 30 000 m. Bien qu'un accord russo-iranien ait été signé pour une livraison imminente, celle-ci n'a pas encore eu lieu. En fait Israël a réussi pour le moment à dissuader la Russie de livrer les S-300. Ido Nehoushtan affirme: "En dernier recours, le travail sera fait par nos forces aériennes, pour apporter la sécurité à l'état d'Israël et nous savons comment faire" – Une étude militaire américaine conclut qu'Israël sera amené à intervenir si les Etats-Unis ne parviennent pas à stopper les ambitions iraniennes dans leur programme nucléaire à court terme ou si l'introduction d'armes ou de technologie en Iran modifie le jeu actuel.

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Concernant la résolution américaine sur le futur contrôle des armes, N. Sarkosy a précisé face aux rêves d'Obama: "Nous avons raison de parler pour l'avenir. Mais le présent vient d'abord; et aujourd'hui nous sommes face à 2 crises importantes, l'Iran et la Corée du Nord. Nous vivons dans la réalité, non pas dans un monde virtuel… Nous disons que nous devons réduire les armements nucléaires. Le président Obama a dit lui-même qu'il "rêvait d'un monde sans armes nucléaires". Mais devant nos yeux, aujourd'hui même, deux pays font juste le contraire. Depuis 2005, l'Iran a violé toutes les résolutions du Conseil de Sécurité… Je soutiens la "main tendue" de l'Amérique. Mais toutes les propositions de dialogue avec l'Iran, qu'ont-elles donné ? Rien ! Plus d'uranium enrichi et plus de centrifugeuses. Et ces appels des dirigeants iraniens pour effacer de la carte un membre des Nations Unies !… Que devons nous faire alors ? Quelle conclusion doit-on tirer ? Les faits sont têtus et ils nous obligent à prendre des décisions"

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Ahmedinejad, le 10/9/09 devant des profs d'université – (Memri)

… "Dans la société occidentale, selon la théorie du développement, tous les efforts visent à la domination de la démocratie libérale, la création d'une économie de marché, le relativisme moral et la non-ingérence des valeurs morales dans les relations sociales. Cette approche a un avenir sombre, mais tous les efforts vont dans ce sens. Selon cette théorie, la société américaine a atteint l'apogée du développement social et, afin de peindre le monde à son goût, elle a créé divers organismes internationaux conformes à sa propre culture et essaie de pousser le monde à s'aligner sur elle. Il est évident que cette théorie se retrouve aujourd'hui dans l'impasse, et si nous voulons suivre cette voie, nous devons savoir qu'elle mène à un précipice. …
Notre nation, avec son patrimoine culturel et son adhésion à un ensemble de valeurs morales divines, ne peut en aucune façon emprunter une voie fondée sur des valeurs matérialistes. Le monde peut-il concevoir un modèle pour le passé, le présent et l'avenir de la société humaine qui soit supérieur celui de la société d'Ali (ibn 
Abi Talib, premier imam chiite, cousin et gendre de Mohamed) et du Mahdi, le messie chiite (imam occulté qui va revenir, sortant d'un puits) ? …

Aujourd'hui, notre mission ne se limite pas aux affaires internes de notre pays, c'est une mission mondiale qui a pour but de trouver une échappatoire au genre humain pour qu'il puisse se sortir de cette déception."

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Etats-Unis

 

D'après certains politologues américains néoconservateurs, Mr Obama serait un idéologue gauchiste. On pourrait émettre une autre hypothèse, celle qui dirait qu'Obama roule pour l'affaiblissement des Etats-Unis, dans le but de faire remplir le vide qui s'ensuivra par les forces montantes de l'islam radical, qu'elles soient sunnites ou shiites. Cette hypothèse est étayée par les discours délirants d'Obama en faveur de l'Islam et son comportement vis-à-vis d'Israël, cherchant à lui enlever, avant toute négociation sérieuse, ses 2 atouts majeurs, les implantations en Judée-Samarie et son armement nucléaire de dissuasion.

A aucun moment on ne pourrait croire aux excuses que Mr Obama serait un ignare des problèmes du Moyen Orient ou un utopiste de la paix.

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Alan M. Dershowitz, avocat et professeur à Harvard, connaît Jimmy Carter depuis 30 ans. Il l'a aidé à devenir président et l'a conseillé après, pensant que c'était un homme intègre, ayant des principes concernant les Droits de l'Homme. Il a découvert récemment que Carter était étroitement lié à l'argent du pétrole saoudien. L'université de Harvard comme le Centre de Carter ont reçu des donations importantes du SheikhZayed bin Sultan Al Nahayan, à travers sa fondation "Centre Zayed pour la coordination et le suivi". Quand celui-ci exprima avec violence son antisémitisme ("Les Juifs sont les ennemis de toutes les Nations"- Ils ont assassiné Kennedy- Ils sont derrière le 9/11 – l'holocauste est une fable…), Harvard a rendu son argent au Sheikh, mais pas Carter. Ce dernier a même précisé dans un discours qu'il était fier de recevoir ces fonds de son ami le Sheikh Zayed.

Après des recherches, Alan Dershowitz a découvert que Carter et son Centre recevaient énormément d'argent de sources suspectes et que son affaire familiale de cacahuètes était liée depuis le début au banquier saoudien Agha Hasan Abedi, qui a versé plus de 10 millions $ à Carter pour différents projets. Abedi disait que ces fonds étaient "le meilleur moyen de combattre la mauvaise influence des sionistes". Carter et son Centre ont reçu du roi Fahd et de la famille royale saoudienne plusieurs dizaines de millions $, malgré les abus de ces dirigeants à l'encontre des Droits de l'Homme.

Il serait économiquement suicidaire pour Jimmy Carter d'avoir une attitude neutre ou juste dans le conflit arabo-israélien. Mais les Droits de l'Homme alors ?

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Etat Palestinien

Le 1er ministre palestinien Salam Fayad a établi en août 2009 un protocole de 38 p qui sert de guide politique. Il s'agit en fait d'une déclaration de guerre contre l'état hébreu et non un manifeste de paix. Fayad affirme que Jérusalem sera la capitale de l'état palestinien, en répétant et précisant de très nombreuses fois qu'il s'agit bien de toute la ville de Jérusalem, et non pas de Jérusalem-Est. "Jérusalem est l'éternelle capitale du futur état palestinien, son centre religieux, culturel, économique et politique, qu'il faut protéger" dit-il. "C'est la Fleur des villes, la Capitale des Capitales" …. De plus l'état palestinien sera un état islamique qui fera la promotion de la religion et de la culture islamique en développant des programmes éducatifs basés sur la "sharia'h", telle qu'elle émane du Saint Coran et de l'héritage du prophète.Fayad s'engage à créer un état palestinien dans les 2 ans, état qui fera campagne pour libérer tous ses prisonniers et pour que tous les réfugiés reviennent dans leurs foyers de 1948… Beau programme d'un homme appelé "modéré" par les médias et les instances internationales.

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Un officiel de haut rang de l'Autorité Palestinienne aurait confié à WorldNetDaily.com que "le président Obama en avait marre d'Israël" et que l'administration américaine lui aurait donné des garanties que pratiquement tout le territoire de Judée-Samarie serait vidé des Juifs dans le statut final et que toutes les constructions reviendraient à l'état palestinien. Ainsi peu importe si Benyamin Netanyahou continue de construire en Cisjordanie, puisque tout ce qu'il construit reviendra au futur état, sans être détruit, contrairement à ce qui s'est produit à Gaza.

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Israël

Marcus Tullius Cicéron - 1er s avant l'ère courante:

"Une nation peut survivre à ses fous, et même à ses ambitieux. Mais elle ne peut pas survivre à la trahison de l'intérieur. Un ennemi aux portes est moins redoutable, car il est connu et il porte sa bannière ouvertement. Mais le traître se déplace librement parmi ceux qui sont à l'intérieur des murailles, ses murmures pervers bruissent à travers les ruelles, et on les entend dans les allées même du pouvoir. Un traître ne ressemble pas à un traître; il parle avec une voix familière à ses victimes, et il porte leur visage et leurs arguments; il en appelle à la bassesse qui se trouve ancrée dans le coeur des hommes. Il pourrit l'âme d'une nation, travaillant en secret, inconnu dans la nuit, sapant les piliers de la ville. Il contamine le corps politique qui ne peut plus résister. Un assassin est moins à craindre. Le traître c'est la peste".

Ce texte s'applique aux personnes juives qui ont coopéré de près ou de loin à l'établissement d'un rapport inique, tendancieux et dangereux, le rapport du juif sud-africain Goldstone sur l'opération "Plomb fondu" à Gaza en janvier 2009.
  
Islam Modéré

Malaisie

La Justice malaisienne ordonne la flagellation d'amants qui tentaient de faire l'amour dans une voiture. Ce n'est que l'un des derniers châtiments infligés aux Musulmans en Malaisie. Pour y échapper les amants ont payé une amende de 1500 $ chacun et rapproché la date de leur mariage. Ils pouvaient être condamnés à 3 ans de prison.

Pourtant on a longtemps considéré la Malaisie comme un état à majorité musulmane modéré (60% de Musulmans sur 28 M d'habitants). Mais des verdicts de plus en plus sévères sont prononcés, se conformant à la loi musulmane, la sharia'h. Ainsi des coups de fouet pour l'usage d'alcool, notamment une femme qui buvait de la bière.

La police religieuse sévit partout aujourd'hui et la Cour condamne à 6 coups de fouet et à un an de prison tout Musulman surpris à boire de l'alcool.

 

Egypte

Les autorités religieuses et judiciaires égyptiennes sont ulcérées devant les tentatives de la Chine d'importer dans le pays un système efficace et peu coûteux pour reconstituer l'hymen des femmes déflorées (15 $).

Selon la sharia'h la peine de mort est requise pour la femme qui recourrait à de tels procédés. Dans ce système des gouttes de liquide suintent, imitant le sang et simulant la virginité lors de la nuit de noces. Certaines femmes procèdent à une opération chirurgicale coûteuse et risquée pour retrouver un état virginal exigé par la société ambiante.

 

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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 12:57



Lettre Ouverte à l’Equipe d’Over-blog

  

Madame, Monsieur,

  

Vous faites disparaître pendant près de douze heures leblogdrzz, en vertu de la répression de l'apologie des crimes contre l'humanité ; de la répression de l'incitation à la haine raciale ; de la répression de la pornographie enfantine ; de la répression de l'incitation à la violence ; et de la répression des atteintes à la dignité humaine.

  

Vous faites cela - suite à un seul commentaire selon vous délictueux - commentaire posté au bas d’un article parmi plusieurs centaines d’articles publiés sur leblogdrzz.

  

Or, dans le cadre de mes activités de journaliste (y compris pour leblogdrzz), je constate chaque jour que des blogues révisionnistes, islamistes et altermondialistes, tombent sous le coup de la répression des délits que vous mentionnez. Délits que je reprends, dans le premier paragraphe, de la présente Lettre Ouverte, à vous adressée.

  

Leblogdrzz et moi-même appartenons à une communauté de pensée qui rassemble des chrétiens, des juifs et des musulmans. Cela dit, il est vrai que cette communauté de pensée multiculturelle résiste à l’islamisme radical, à sa violence verbale et à sa violence tout court.

  

C’est sans doute la raison pour laquelle les blogues révisionnistes, islamistes et altermondialistes susmentionnés, véhiculent, à notre sujet, des thèses conspirasionnistes.

  

Ces thèses conspirasionnistes allèguent notamment que nous - nous leblogdrzz et la communauté de pensée chrétienne, juive et musulmane à laquelle nous appartenons - serions au service de juifs néoconservateurs américains.

  

Des commentaires de cette nature vicieuse ont été postés au bas d’articles de leblogdrzz sans vous émouvoir le moins du monde. A ce stade, je n’irai pas plus loin dans ma réflexion sur ce point bien précis. Je vous laisse méditer en conscience.

 

En revanche, je conclus la présente Lettre Ouverte que je vous adresse, avec une petite anecdote personnelle à ce jour inédite. Ma défunte mère a quitté l’Allemagne - et n’y est plus jamais retournée vivre - en raison de l’épisode hitlérien de ce pays. Le gouvernement français a octroyé à ma défunte mère - après la Seconde Guerre mondiale - une bourse d’étude qui lui a permis de faire des études en Lettres à l’université d’Aix-en-Provence. Mon père s’est exilé d’Espagne sous Franco afin de ne pas finir fusillé. Il a effectué ses études à l’université à Paris. Moi-même, je combats sans relâche la judéophobie sous ces formes diverses. Mes articles sont régulièrement repris par un ensemble de sites juifs et de blogues juifs.

  

J’aurais aimé, dans ce contexte, que la répression des délits ne se fasse pas à sens unique. Et j’aurais aimé, toujours dans ce même contexte, que cette répression ne se limite pas à pinailler pour un commentaire. Alors que des sites révisionnistes, islamistes et altermondialistes continuent d’assimiler la communauté de pensée - à laquelle leblogdrzz et moi-même appartenons - à une soi-disant conspiration juive mondiale.

  

Si vous avez oublié comment parfois tout cela se termine, je ne peux quant à moi l’oublier, car mes parents auraient très bien pu mal finir. Auquel cas je ne serais pas là aujourd’hui pour vous adresser cette Lettre Ouverte. Vous voudrez bien excuser le style brouillon du présent texte. Il se trouve que pour une fois je suis légèrement ému. Cordialement,

  

Miguel Garroté

  

Journaliste

  

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24 avril 2007 2 24 /04 /avril /2007 14:25
Lessakel, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
La sélection d'articles de différentes provenances sera approvisionnée de commentaires libres et de liens renvoyant à d'autres analyses préalables les confirmant ou permettant d'établir une comparaison pour garantir le recoupement et asseoir la fiabilité des sources.

L'actualité internationale est un flux constant d'enjeux croisés qui n'autorisent guère plus la lecture naïve à s'y aventurer. D'où le recours confortant à des maîtres-à-penser censés définir la droite ligne vers un monde plus juste ou l'équilibre conflictuel, à doses massives d'asymétrie trompeuse. Elle renvoie en permanence à des postulats idéologiques qui visent à attirer les lectorats vers des orientations et conclusions déjà pré-mâchées par des organismes professionnels, comités de rédaction, cabinets d'experts, etc.

L'exercice de la citoyenneté n'est devenue que plus périlleuse, le "quidam" ne sachant plus à quel saint se vouer. Ce blog a donc été créé avec le souci de s'échapper et de permettre au visiteur partenaire de l'aventure d'échapper aux dogmes de la bien-pensance et à la plupart des formatages courants de l'opinion publique, qui sont autant d'impasses pour la liberté de penser.

Il s'inscrit dans le cadre du combat d'inspiration libérale et démocratique contre les nouveaux totalitarismes et le terrorisme intellectuel qui est son compagnon de route le plus fidèle (Djihadisme vert, menace nucléaire en vue de s'octroyer des avantages stratégiques régionaux, surf des anciens empires déchus sur la vague des nouveaux dangers à coups de mercenaires payés pour entretenir le chaos, de façon à retrouver leur superbe écornée par l'histoire de la démocratisation en marche...).

Il reconnaît Israël comme l'un des centres spirituels et stratégiques pour l'Occident dans son ensemble, sans faire l'impasse sur la libération des peuples qui l'entourent, trop souvent utilisés comme boucliers humains par les régimes les moins fréquentables sur l'échelle des valeurs relatives aux Droits de l'homme, bien qu'on s'évertue à leur trouver bien des avantages en terme de "stabilisation" des Régions concernées....
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  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
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Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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