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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 15:33

 

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Par Marc Brzustowski

 

A l’heure qu’il est, en attente de résultats définitifs, mardi prochain, le dirigeant des Frères Musulmans, Mohammed Morsi, -qui veut faire de Jérusalem, la « capitale régionale de l’Islam », (sic.)- mène la course en tête, lors des Présidentielles égyptiennes, avec 2,7 millions de suffrages. La moins mauvaise nouvelle, c’est que son concurrent, l’ancien premier ministre de Moubarak, Ahmed Shafiq, le talonnerait de près, avec 2, 5 millions de votes favorables déjà validés. Mais, avec un parlement déjà conquis à 75% par les Islamistes de la confrérie ou les Salafistes, le gouvernement le plus hostile à Israël et à l’Occident tiendra les rênes du pouvoir au Caire, disposant de succursales à Tunis, Tripoli, Khartoum, à Doha, grâce à Al Jazeera et, pourquoi pas ?, dans quelques mois, à Damas.


Les plus naïfs des experts nous font croire qu’il suffirait de laisser s’épuiser les Islamistes dans l’exercice du pouvoir qu’ils n’ont jamais détenu, et la régulation démocratique provoquerait naturellement un rejet, par la population qui les aura élus, au prochain rendez-vous électoral. Cela fait trente ans que l’on attend un tel « miracle » à Téhéran, et la clique des Mollahs menace le monde de ses engins nucléaires en voie d'achèvement, tout en terrorisant le moindre souffle aspirant au « changement ». L’autre « arme fatale » de nos experts, c’est de maintenir l’Egypte sous dépendance économique et financière à l’égard de l’Amérique, qui saura pondérer la nouvelle dictature verte, lorsqu’elle deviendrait trop vindicative et renoncerait aux traités de paix. Si l’on veut, c’est le meilleur moyen d’attiser la haine agressive et dépendante contre les Etats-Unis, pour jeter la « Nouvelle Egypte » dans les bras de son prédécesseur chi’ite, l’Iran des Mollahs. Les slogans : « mort à l’Amérique et mort à Israël » sont déjà tout prêts à fleurir au gré du « Printemps ».


Bien évidemment, le conflit sunnites/chi’ites reste prégnant et sur le point d’accoucher de nouvelles fractures. La plus importante se déroule, depuis plus de 15 mois, dans la guerre civile syrienne, réplique des autres chocs sismiques de Bahreïn et du Yémen. Cette crise déborde, par intermittence, sur le nord du Liban, ce qui gêne considérablement l’effort de mainmise du Hezbollah sur le pays du Cèdre. L’Iran y a perdu une partie de son influence sur le Hamas palestinien, qui est son principal médiateur avec les Frères Musulmans d’Egypte et sa porte d'entrée directe dans le conflit israélo-palestinien. Progressivement, la Turquie d’Erdogan et le Qatar ambigu ont repris la main sur la mouvance palestinienne. Ils font également partie du groupe de tête, qui se confronte à Téhéran, avec l’appui de l’Arabie Saoudite et du Conseil de Coopération du Golfe, qui soutiennent les rebelles de Syrie, à majorité sunnite.


Récemment, les services d’Assad ont fait pression sur la sécurité libanaise pour qu’elle obture les bases logistiques et idéologiques des rebelles, à Tripoli, ville du nord du Liban. Il y a eu des affrontements entre sunnites, alaouites et l’armée libanaise et plus d’une dizaine de tués, de part et d’autre. La menace semblait claire : « si vous ne stoppez pas cette aide, nous entraînerons le Liban dans la guerre civile ». A ce stade, la tentative a échoué et les Libanais pro-Assad ont dû relâcher, sous la pression de la rue sunnite, des dirigeants arrêtés, qui assurent la liaison idéologique et sûrement plus, en direction de leurs frères syriens.


Cette tentative de déstabilisation du Liban apparaît encore un acte désespéré du régime Assad, lorsqu’on sait que l’essentiel de l’aide aux rebelles est devenu plus active, par l'entremise de la Turquie, jusque-là plus timorée :


Michaël Weiss, dans le Telegraph de Londres, rappelle que, depuis longtemps, les insurgés réclamaient des armes pour faire face aux Tanks de l’armée régulière de Damas. Jusqu’à la semaine dernière, ces plaintes restaient sans effet. Or, les renseignements turcs auraient reçu le « feu vert » pour transférer de vastes cargaisons d’AK-47 et assurer l’entraînement de l’Armée Syrienne Libre à Istanbul. Debkafile, toujours en avance sur l’information, parle, quant à lui, de transferts de lance-missiles antitanks portés à l’épaule, de types 9K115-2 Metis-M et Kornet E, qui ont déjà fait des dégâts contre les convois de chars syriens T-72, de fabrication russe. Il s’agit de gêner considérablement les cortèges de blindés qui assurent le quadrillage du pays, d’une ville-rebelle à l’autre, depuis 15 mois. Weiss mentionne, également, la rumeur qui court depuis une semaine :


un attentat au poison aurait décimé la « cellule de crise » des 6 Généraux autour de Bachar Al- Assad. Si des images de la télévision officielle, dont l’authenticité n’est pas avérée, ont exhibées deux de ces généraux, le sort des autres, dont Assaf Chawkate, le beau-frère du tyran de Damas, est incertain.  D’après certaines sources rebelles, la dépouille de l’ancien homme fort du régime, aurait été ramenée dans son village natal d’Al-Medehleh, dans la province de Tartous, par hélicoptère depuis Damas. Le cadavre de Chawkate a fait une escale dans l’hôpital Al-Bassel de Tartous (du nom du fils aîné de Hafez Al-Assad, Bassel, tué dans un accident de la route en 1994), vidé de ses patients par la force, pour l’occasion. La dépouille a été inhumée ce lundi 21 mai, alors que les jeunes du village ont déployé des drapeaux noirs en guise de deuil. D’autres se sont rendus dans la région de Talkalakh, près de la frontière libanaise, et y ont incendié une dizaine de maisons appartenant à des sunnites, en guise de représailles ». Si l’information était confirmée, ce sont les piliers du régime, dont le sort est implicitement joué, qui tremblent, désormais, sur leurs bases.


L’une et l’autre source britannique et israélienne pointent le fait que la Turquie n’aurait pas autorisé l’alimentation de ces filières, essentiellement par l’entremise des services de renseignements qataris et saoudiens, sans le consentement de la Maison Blanche et de l’Etat-Major de l’OTAN. Cette pression turque, même lorsqu’elle reste discrète, devrait attiser le courroux de Moscou et Téhéran, les deux parrains d’Assad, à l’encontre d’Ankara.


De son côté, Téhéran renforce les menaces envers la nouvelle alliance stratégique de Riyad avec le Bahreïn, qui fait de ce petit îlot à gouvernance sunnite, un quasi-protectorat saoudien. Au moment même où cet accord devient officiel, les Etats-Unis dévoilent leur nouvelle stratégie de combat aéronaval coordonné (Air-Sea-Battle), parfaitement adapté aux risques de fermeture du Détroit d’Ormuz, qu’érige fréquemment le régime des Mollahs, pour répliquer aux sanctions. Et Israël déploie la même doctrine dans ses exercices de défense de ses propres côtes, en parfaite harmonie avec les manœuvres américaines de protection des Emirats pétroliers. Parallèlement les Etats-Unis ont organisé de grandes manœuvres des forces spéciales de 17 pays, à la frontière jordanienne de la Syrie. Cette conjonction permet à Joe Tuzara, un expert américain d’origine saoudienne, de postuler que le temps est venu d’une reconfiguration des alliances, même sur le plan purement tacite au départ, entre Israël et l’Arabie Saoudite, à l’aune des crises en cascades qui affectent le Moyen-Orient. On constate que, même séparés par des positions idéologiques antinomiques, ces deux ennemis ontologiques se retrouvent dans le même camp, contre l’Iran, à travers un dédale d’intermédiaires pour ne pas se rencontrer officiellement. Le lâchage d’Hosni Moubarak, par l’Administration Obama et la crainte de déstabilisation régionale qui en découle, n’ont fait que renforcer cette configuration apparemment « contre-nature ». Dès décembre 2010, nous rappelions que des rencontres secrètes, généralement, par l’entremise d’Amman, avaient lieu, depuis un an, entre le Prince Muqrin ben Abdul Aziz, directeur général du renseignement saoudien et Méir Dagan, puis Tamir Pardo, son successeur aux services israéliens, au sujet de la préoccupation commune : l’Iran (Signaux de Riyad : les rencontres secrètes saoudo-israéliennes doivent se poursuivre ). On peut croire que le creusement du fossé entre le Caire et Israël ne laisse guère d’alternative à ce travail d’échanges épisodiques, sur les différents fronts de crise ouverte.


Bien des obstacles se dressent et, plutôt que de changement stratégique majeur, il est plus prudent de parler de partenariat de circonstances, alors que nombreux sont les outsiders, alliés de la Maison des Saouds, prêts à remettre en cause la moindre avancée.


L’équation à résoudre reste la mise en échec du modèle islamiste, qu’il soit nouvellement sunnite, en Egypte ou d’expérience chi’ite longue, à Téhéran. A ce jeu, l’Iran pourrait capitaliser le recours aux groupes révolutionnaires islamistes, qui veulent autant la destruction d’Israël que le renversement des pouvoirs traditionnels arabes. La crise syrienne est la pomme de discorde qui l’empêche de finaliser cette coalition des radicaux terroristes.


Plutôt qu’une intervention-éclair contre les installations nucléaires iraniennes, Washington semble miser sur l’érosion lente de l’axe irano-syrien, accentuant le malaise du Hezbollah au Liban et réduisant l’influence de Téhéran sur les groupes palestiniens. Mais, puisqu’il perd son chemin conventionnel pour menacer directement Israël, par le Liban ou le Golan, l’Iran est, plus que jamais, pressé d’aboutir dans son programme d’arme atomique et de fournir rapidement des moyens non-conventionnels à ses supplétifs.


Si l’Amérique d’Obama est rétive à toute attaque frontale, Israël et l’Arabie Saoudite pourraient au moins s’entendre sur le fait que l’avancée des travaux, à Fordo ou ailleurs, est une menace imminente pour chacun d’entre eux. Que l’heure est venue, élections américaines ou pas, pour mettre en route un plan d’éradication de ce projet. D’autre part, grâce à son jeu d’alliance stratégique bien réelle entre Israël et l’Azerbaïdjan, Jérusalem ne semble pas avoir besoin d’attendre, ni la permission de Washington et probablement pas celle, non plus, du Roi Abdallah d’Arabie. Simplement, la multiplication des voies de frappe possibles contribue à l’aveuglement perplexe de la défense iranienne. Il est préférable que des alliés stratégiques, comme Washington et l'OTAN, ou « objectifs », comme Riyad, puissent être partie prenante de la transmission des informations, en cas d’échecs répétés des négociations, comme c’est le cas à Bagdad. Mais, Jérusalem pourrait se contenter de condamnations de surface et d’applaudissements de coulisse, sachant que lorsque l’œil borgne du « géant » iranien aurait été crevé, ses ennemis intimes du voisinage se précipiteront certainement pour lui planter le dernier poignard dans le cœur…

 

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 12:40

 

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Un Gouvernement d’unité sur 3 fronts : les pressions américaines, la menace iranienne, les manipulations (franco-)palestiniennes

 

AVO 5747 wa (Copier)

 

« Bibi » Netanyahou est un stratège, capable de mener Israël vers l’atteinte de ses objectifs fondamentaux. Sans crier au génie politique, il vient de mettre le pays en bon ordre de marche, face à la situation régionale la plus volatile qu'aucun gouvernement d'Israël n'ait eu à affronter avant lui :

 

Son premier gouvernement, depuis 2009, a dû s’adapter aux pressions américaines et européennes, sans pour autant plier sur ses fondamentaux. Le chantage de l’Administration US et de ses alliés européens a consisté à lier toute décision existentielle pour Israël, comme le danger nucléaire iranien à de soi-disant concessions sur la question palestinienne, la partie adverse s’étant retirée des négociations depuis Annapolis, en 2007. D’autre part, les « printemps arabes » ont propulsé la cause palestinienne vers les bancs de touche, en attente d’un éclaircissement et d’une « stabilisation » hypothétique de la région. Les révoltes se poursuivent, la subversion d’Al Qaeda également, aussi bien au Yémen, en Irak qu’en Syrie, plongeant le cœur même de la région dans le plus complet brouillard.

 

La clé de la stabilité au Moyen-Orient, un pouvoir fort en Egypte, est sous le coup de tentatives d’en finir avec les accords de paix Sadate-Begin. Les coupures répétées de fourniture de gaz, depuis le Sinaï, ne sont que l’indicateur de l’impuissance de l’armée égyptienne à conserver les rênes très longtemps. C’est une façon d’enfoncer le clou dans le cercueil de la quasi-seule manifestation de « normalisation » entre les deux pays. Si ce n’est pas encore le cas, du fait des travaux d’exploration israélo-chypriotes des fonds marins de l’Est de la Méditerranée, Israël pourra, d’ici quelques temps, tirer partie de sa propre exploitation des énergies fossiles en s’appuyant sur des alliés sud-européens plus sûrs et laisser l’Egypte à son chaos qui menace.

 

Pendant ce temps, ne sachant plus bien à quel saint se vouer, le Hamas extérieur de Khaled Meshaal s’est rapproché de l’OLP d’Abbas, pour former un gouvernement d’union nationale qui peine à se mettre en bon ordre de bataille. Le Hamas de Gaza reste globalement hostile ou inerte autour de ce projet. Israël, pour sa part, dispose des institutions et de la formule de gouvernement qui lui permet d’anticiper toute éventuelle nouvelle configuration de proximité. En appelant à la barre les membres de Kadima, au pouvoir en 2007, lors du précédent fiasco, on aborde le dossier exactement dans les conditions où on l’avait laissé : à charge à la partie palestinienne de continuer de refuser toute négociation ou de préférer s’allier aux Islamistes, qui pourraient bien prendre le pouvoir lors de prochaines élections. De fait, avant même que des accords formels inter-palestiniens ne voient le jour, Jérusalem suscite déjà l’apparition de nouvelles fissures dans ce « bloc » de Ramallah : une partie se sentira contrainte ou tentée de renouer les échanges avec Israël, tandis que l’autre voudra, avec l'aide des Frères Musulmans du Caire, ranimer la flamme du Jihad ou de l’Intifada.

 

Quoi qu’il en soit, une coalition dominée par les groupes religieux les plus à droite offrait un prétexte à Abbas pour maintenir son imposture de refus de toute discussion. Un gouvernement recentré entrouvre une fenêtre d’opportunité, qui risque de dévoiler les désaccords profonds au sein du club dirigeant palestinien. A prendre ou à laisser.

 

En redonnant du lest et de la marge de négociation, Jérusalem démontre sa capacité à rester souple et mobile, lorsque la partie adverse se braque. Le discours de l’Administration Obama, soutenu par l’Europe ashtonienne, sur la pseudo-rigidité israélienne, risque fort de tomber à plat. Le prétexte palestinien pour ne pas traiter les autres dossiers et menaces régionales en souffrance aura tout loisir d'exposer son manque total de substance.

 

La coalition de trois anciens chefs d’Etat-Major dont deux Ministres de la Défense, apporte la possibilité de traiter un à un tous les problèmes frontaliers qui s’agitent, au gré des « printemps arabes ». Des décisions majeures sont à prendre, en ce qui concerne le devenir du front syrien, calme durant près de 30 ans et dont on ne sait pas précisément qui l’occupera demain. La démultiplication d’attentats contre des institutions du renseignement à Damas, l’émergence de terroristes-suicide permettent d’envisager que, l’Armée syrienne libre n’ayant pas pu prendre le pas sur le régime, la situation volatile tourne à l’avantage des Jihadistes de l’extrême, comme cela s’est produit durant des années en Irak. A moins que les services de renseignement des pays du Golfe et de la Turquie aient décidé de mettre la min à la pâte pour précipiter la chute d'Assad. 

 

Une semaine avant de passer le flambeau, Alain Juppé, alors ministre français des affaires étrangères, a eu beau jeu de soulever la question du Chapitre VII de l’ONU, induisant le recours à l’intervention armée : à deux pas d’un changement de régime à Paris, on peut se rendormir sur ses deux oreilles : jusqu'à présent, ni la Turquie, ni les Etats-Unis n’étant prêts à passer aux actes, on ne sait encore qui d'autre prendrait la tête d’une quelconque coalition interventionniste, à l'instar de ce qui s'est produit en Libye. Sauf changement radical de la donne, le choix du pourrissement onusien étant clair à ce stade, le contrôle des frontières appartiendra aux bandes armées les mieux dotées, pendant que la capitale Damas et le pays tout entier sont directement menacés d’implosion. Dans ce contexte, l’habileté à la manœuvre de ministres anciens dirigeants des armées ne sera pas de trop.


 shaldag (Copier)

 

L’avertissement vaut aussi pour les militaires égyptiens qui ont laissé le contrôle du Sinaï à toutes sortes de trafiquants salafistes libyens, bédouins, ou iraniens, en lien avec les groupes terroristes gazaouïs –Hamas, Jihad Islamique, Comités populaires…. Le Conseil Suprême au Caire semble s'être décidé à entreprendre d'intercepter quelques camions (3, le 10 mai), bourrés d'armes sophistiquées, venus des entrepôts libyens. Sans quoi, un jour ou l'autre, Tsahal devra envoyer des commandos, des tanks, son aviation et démanteler lui-même, sous les radars, ces infrastructures qui poussent comme des champignons. Ce sont là des missions tout-à-fait en rapport avec l'émergence du "Corps d'actions en profondeur", dirigé par Shaï Avital (ancien Sayeret Matkal) Et Gal Hirsch (du Shaldag). 

Le candidat des Frères Musulmans aux Présidentielles, Mohamed Mursi, prétend déjà avoir pour objectif des « Etats-Unis arabes avec Jérusalem pour capitale ». Le risque est grand qu'à un moment donné, les islamistes cherchent la confrontation, d'abord avec l'armée égyptienne. Mais, au besoin, un barrage de tanks et de F-16 israéliens devra renvoyer tout ce beau monde agité méditer son arrogance bien téméraire à la maison.

 

Nigeria BokoHaram (Copier) 

 

L’Europe, de son côté, n’est pas prête à prendre conscience de « l’Afghanisation » qui se joue, entre la Corne de l’Afrique et le Maghreb, par Sahel interposé. Profitant de la chute de Khadafi, le Soudan entreprend une guerre encore larvée avec le nouveau Soudan du Sud chrétien et indépendant. L’Ouganda, le Rwanda, alliés d’Israël, pourraient entrer en guerre contre Karthoum, allié de Téhéran, si El Béchir pousse ses bombardements plus loin, au risque de faire tomber la nouvelle petite république. Le Kenya et l’Ethiopie interviennent déjà en Somalie. Des centaines de lance-roquettes à l’épaule, pillés dans les hangars de Tripoli, sont, désormais, entre les mains de groupes comme Boko Haram au Nigéria ou le MUJAO, au Mali, qui menace directement l’Algérie. Ces nouveaux groupes disposent de la manne financière tirée de la cocaïne, corrompent et recrutent partout en Afrique de l’Est.

 

Hélicoptère Apache

Hélicoptère Apache israélien sur l'île Mayteb au Soudan, en décembre dernier ? (info : http://nanojv.wordpress.com/2012/04/30/apaches-soudan/ )

 

Américains, Français et Britanniques restent paralysés par les perspectives électorales, où le clientélisme islamique va bon train. Le fait qu’Israël s’organise en repoussant cette étape et en promulguant un pouvoir fort et varié permet de gagner un temps précieux, dans la chaîne de décision, quant à ce chapelet de nouvelles menaces.

 

L’avertissement vaut aussi et directement, pour Téhéran, abrité derrière ces soubresauts régionaux pour construire sa bombe. En suivant, pas à pas, ses progrès dans l’enrichissement d’uranium et dans l’attente de l’échec annoncé de toute négociation avec l’Iran, d’ici juillet-août 2012, le gouvernement de Jérusalem est paré à toute éventualité, même si aucune décision concrète n’est encore intervenue. L’annonce de cette configuration rappelle à Obama qu’il lui reste peu de temps pour trouver, face à lui, des Israéliens de différents bords parfaitement déterminés à veiller à leur propre sécurité nationale, si jamais les alliés s’en tenaient à leur diversion diplomatique habituelle. Autre alternative indirecte, la chute précipitée de Bachar al Assad pourrait envoyer un message clair à Téhéran. Pour l'instant, on en reste loin... 

 

Face à l’émergence d’Etats socialistes comme la France, contrôlée par des partis po-palestiniens démagogiques et financés en sous-main par le Qatar, siège mondial des Frères Musulmans, une telle précaution, accélérant la transmission des mesures à prendre, quel que soit le danger, permet, plus que jamais, la prise en main, par Jérusalem, de son propre destin.

 

Sur le plan intérieur, elle autorisera à faire passer des réformes importantes, telles que l’élargissement des services civil et militaire à toutes les franges de la population, avec un moindre risque de blocage par les partis ultra-orthodoxes et les partis arabes, ces derniers comptant sur les travaillistes marginalisés, pour faire avancer leurs revendications séparatistes. Le recentrement sur un bloc de droite et du centre permettra de sortir des situations clientélistes auprès des petits partis. Cette perspective redonnera un nouveau souffle à la démocratie israélienne, face à l’ensemble des défis stratégiques et économiques qui l’attend. 

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 17:30

 

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L’insécurité menant au Jihad, le double-jeu du « printemps islamiste » et l’antisionisme sans frontières :

trois aspects de la France défigurée.

 

Par Marc Brzustowski

 

Les tragédies répétées, mais prévisibles, de Toulouse-Montauban-Toulouse et les ratés de la prévention sécuritaire, puis opérationnelle (DCRI et RAID mis, tour à tour, sur la sellette) agitent les débats, en France, face à la menace d’un nouveau prototype de terrorisme en Nike « made in France ».

 

Il est toujours facile de « refaire la guerre », une fois que les balles ont cessé de voler dans tous les coins. Mais il subsiste, dans cette affaire, un goût amer que l’homme était repérable, par bien des indices qu’il a laissé derrière lui. Les erreurs qu'il a commises : l'utilisation de l'ordinateur de sa mère, les questions de désactivation du GPS anti-vol du scooter Yamaha TMax 530, étaient, somme toute, bien infantiles. 

 

Certes, l’assassin Mohammed Merah était un « loup solitaire » sujet à l’auto-allumage, chauffé à blanc par les harangues de son frère, Abdelkader, de son imam salafiste d’origine syrienne. Il a suivi un parcours « atypique » de formation au Jihad global, le menant du Waziristân, en Syrie, Jordanie, Irak et même Israël, où il a été interrogé par la police pour port de couteau. Néanmoins, il a bien été remis par les autorités afghanes aux Américains, qui ont pris soin de le notifier comme interdit de vol vers les Etats-Unis.

 

On peut, raisonnablement, croire que la question de la sécurité et de l’inflation jihadiste, depuis l’aide apportée, par l’OTAN, aux Islamistes libyens (au nom de leurs « frères » tunisiens et égyptiens), sous la houlette de Sarkozy et Cameron, avec l’appui d’Obama, seront au centre des questions intérieures et étrangères des années à venir, au-delà même de la Présidentielle française.

 

mohammed-mehri21.3.12 (Copier)

Mohammed Merah. Un "Djeun"


En facilitant l’avènement de la Chari’a à Tripoli, Tunis et au Caire, les deux anciens empires déclinants, la France et la Grande-Bretagne, croyant marchander, n’ont fait qu’accentuer et rapprocher la menace de leurs propres territoires, en jurant, pourtant, la tenir à bonne distance. Pire, ils ont donné un bien mauvais exemple à ceux, prêts à passer à l’acte, qui n’y voient que le déclenchement de « l’heure H », puisque des armées de « fidèles » ont réussi à tromper les « mécréants » sur leurs intentions réelles, lors des « révolutions » récupérées par les Salafistes, Frères Musulmans et autres incitateurs globaux.

 

C’est  à la lumière de cette crédulité confondante qu’on peut lire la « labilité émotionnelle » attribuée à l’habile négociateur Mohammed Merah. Il est parvenu à tromper ses vis-à-vis, avant, pendant et jusqu’au dénouement des faits. Il s’est même payé le luxe d’appeler son propre contact à la DCRI, au cours du siège de son appartement. Il lui a fait croire qu’il ne voulait s’entretenir qu’avec lui, puis a conclu qu’il lui avait, précédemment, rendu visite, dans la seule intention « de le fumer ». Nous ne parlons pas là, de victimes désarmées et innocentes qui n’ont pas pu le voir venir, mais bien du rapport qu’il a entretenu avec les « experts en sécurité », ne jugeant pas utile de le hisser au top de leur liste des dangers imminents, ni même latents.

 

Nous sommes, désormais, confrontés à l’activation des techniques dites de Taqqyia, soit l’emploi systématique de la ruse envers le « mécréant », telles qu’elles sont enseignées par des invités « d’honneur » du Ministère de l’Intérieur français, au Bourget, le 6 avril : Youssouf Al Qaradawi, guide spirituel des Frères Musulmans, édicteur de Fatwas prônant l'attentat-suicide contre les civils, et Mahmoud al-Masri, prédicateur-vedette salafiste. Tous ces stratèges de l’avancée de l’islamisme sur le « Vieux Continent » ne partagent pas les mêmes projets, d’expression ultra-violente visant à terroriser leurs ennemis. Du moins, sans user de patience. Certains, comme les Frères Musulmans de l’UOIF préfèrent progresser par vagues de prédication et de persuasion, permettant de désarmer psychologiquement les cultures occidentales auxquelles ils s’attaquent. Il est, pour eux, plus payant, sur le long terme, qu’un Ministre de l’Intérieur comme Guéant, aujourd’hui,, ou son patron Sarkozy, au même poste en 2005, croit sincèrement en un système électoral où ils vont pouvoir truster toutes les places, à l’intérieur de la « bête » à dépecer, que de commettre des attentats. Mais, c’est pourtant bien la même idéologie qui est à l’origine du Hamas palestinien (offrant son modèle kamikaze clé-en-main à Merah), d’Al Qaeda, avec Ben Laden et aujourd’hui, l’Egyptien Ayman al Zawahiri. Et ce sont eux, aussi, que l’on convoque et sollicite, lorsqu’on veut « dialoguer », Place Beauvau ou à la Maison Blanche, avec des Islamistes « modérés ».

 

La vieille technique de la « cuisson du Homard » (décrite par M. Gurfinkiel, dès 2002) a échoué, face à Israël, au cours d’un « processus de paix » parsemé d’attentats-suicide, « compréhensibles », selon la presse occidentale et des Ministres socialistes comme Hubert Védrine. Mais elle est en train, tranquillement, de faire un tabac en Europe, rompue à la politique de « l’apaisement » de ses ennemis et qu’un seul individu isolé parvient à « mettre à genoux » (sic.) durant 32 heures, dans l’espoir (« raisonnable ») que sa mort « éclatante » fera des émules.

 

D.G Meyers, dans la revue « Commentary » va plus loin en énonçant « le verdict de Toulouse : l’Incompétence française ». Il y a ces témoignages dérangeants de cette voisine qui clame à qui veut l’entendre, les signalements à la police qu’elle a fait, lorsque Merah tentait d’endoctriner son fils, en lui passant des vidéos de décapitation, ou violentait sa fille, la dénudant, lorsqu’elle cherchait à défendre son frère de l’emprise du futur tueur fanatisé. Les dysfonctionnements sécuritaires français ne sont pas seulement au cœur de la campagne présidentielle franco-française, mais font la une des journaux étrangers, comme le pourtant très « soft » et compromis Haaretz, qui donne la parole à cette femme qu’aucun commissariat n’a souhaité entendre « avant qu’il ne soit trop tard ». Le Telegraph britannique y va de son couplet sur la fausse mort en direct d’Al Qaeda, une fois neutralisé Ben Laden, son chef historique ; et le fait que la mouvance mise, désormais sur des agents atomisés, sachant lire les implicites, faire preuve d’initiative et de « créativité » criminelle. Con Coughlin y voit l’émergence d’une nouvelle vague de « loups solitaires » élevés au beau milieu de la bergerie. D’autres cybergazettes, comme Debkafile, à l’instar du fondateur du GIGN, s’interrogent sur les méthodes employées par le RAID, durant le siège. Peu comprennent l’absence de recours à des techniques éprouvées, depuis longtemps, par les services français, comme toute une panoplie de gaz assourdissants ou paralysants, dont ils sont tenus pour spécialistes, depuis au moins la fin des années 1970 (« Libération » de la Qa’aba de la Mecque, à la demande du Royaume saoudien, confronté à des rebelles). Christian Prouteau regrette qu'on n'ait pas mutualisé les tactiques des divers services disponibles.

 

Si, pour pallier les déficiences du renseignement en amont, il était urgent d’arrêter vivant Mohammed Merah, il le devenait d’autant plus, au motif de simplement, briser le mythe naissant, avant qu’il ne fasse d’autres ravages. Si, comme l’escomptaient ses assaillants, il se rendait, le « martyre » se serait « dégonflé », ses propres failles auraient été exposées devant un tribunal et il aurait prouvé, plus que tout, tenir à la vie, préférer composer avec le système répressif et judiciaire, que d’opter pour la fin qu’il est parvenu à se donner, malgré toutes les précautions prises. Sa double-face de petit délinquant en recherche de modèle paternel et de Jihadiste éprouvé a pu, impunément, rouler dans la farine les meilleurs profilers..

 

On commence, tout juste, à établir le listing des principales questions qui vont se poser à l’avenir. L’échec à interpeler Merah révèle quelques « maillons faibles » d’une relative immunité française aux diverses manifestations du terrorisme, depuis 1996. Cette semi-réussite jusqu’auboutiste est un véritable appel à tentatives de récidives. Bien sûr, tout service doit s’adapter et tirer partie de ses erreurs. C’est sûrement ce qu’ils s'emploient à faire.

 

Les deux causes principales revendiquées par le tueur sont celles « des enfants de Gaza » et de la lutte contre la présence française en Afghanistan. Les brandissant comme son étendard, l’assassin savait bénéficier d’un « crédit illimité », grâce à l’inscription en profondeur du message antisioniste dans l’opinion publique et de la frilosité ambiante quant à l’engagement français auprès de ses soldats, précisément, contre les Jihadistes tels que lui. Pourquoi ne pas marquer le coup en lançant une frappe ciblée d'avions "Rafale" contre les nids terroristes afghans? Cette absence de compréhension française des tenants et aboutissants de la lutte anti-terroriste a creusé un vrai boulevard à la nouvelle figure du « Just Do It ».


 Meshaal Abbas Qatar (Copier)

 

Au lieu de s’en tenir à ses promesses de « rupture », l’actuelle présidence a promulgué la cause palestinienne comme une de ses priorités, à l’UNESCO, remis la légion d’honneur au très controversé Enderlin pour son « exploit journalistique » du 30 septembre 2000 –qui a coûté la vie à tant de gens, dont Daniel Pearl z’l jusqu'à ces enfants d'Ozar Hatorah à Toulouse-, a continuellement condamné Israël pour sa politique de défense de ses citoyens comme « disproportionnée » (Liban, Sud d'Israël, Plomb Durci, Goldstone, Mavi Marmara...), la croissance naturelle des implantations. Elle a vanté les mérites de la réconciliation du Fatah et du Hamas, sous l’égide des Frères Musulmans, au Caire, tu les meurtres d’Itamar, fait la « leçon » à Israël, devant le CRIF, en mettant l’immobilisme des pourparlers sur le compte de son homologue israélien… Elle a omis de penser que ces encouragements implicites à ceux qui embrigadent « les enfants palestiniens » ou toulousains, étaient autant de « feux verts » au massacre planifié de Juifs et de soldats désarmés sur son propre territoire.

 

Un examen approfondi de cette « politique arabe » unilatérale, à quelques discours d’amitié consolatrice près, non pas tant en ce qu’elle porterait préjudice à Israël, mais bien en ce qu’elle affaiblit la voix de la France, sa rusticité et sa résilience au mal absolu, donc sa fidélité à ses propres valeurs fondamentales, s’impose, désormais, avec la dernière urgence. Quant à « négocier, négocier, négocier », qu’il s’agisse du dossier palestinien, iranien, syrien, libyen… ou des bavardages indéfinis sur le « profil » d’un terroriste, la tactique vient, rudement, d’éprouver ses limites. Toute la copie est à revoir, si la France veut encore être prise au sérieux, dans le concert des nations conscientes d’elles-mêmes et qui se défendent… les armes à la main, avant que les larmes ne découvrent une barbarie dont on voudrait croire le visage humain, trop humain… 

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 12:17

 

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Obama utilise le mythe des sanctions et la peur biochimique syrienne pour dérouler le tapis persan de Khamenei


Par Marc Brzustowski

 

Les échos parvenus de l’échec de l’entrevue du 5 mars, entre Bibi Netanyahou et Barack Obama, laissent penser que, sous le discours qu’il ne « bluffe pas », le sortant américain multiplie les appels du pied à l’Iran et rejette sur le bas-côté de sa route présidentielle « l’allié encombrant », Israël.

 

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Netanyahou amusé par l'absence de conviction de son vis-à-vis? 


A peine sorti de cette visite « pour la forme », passage l'obligeait devant la convention de l’AIPAC (préalable de campagne), Catherine Ashton s’empresse d’échanger ses lettres de créances avec Saeed Jalili, au nom des grandes puissances nucléaires.

 

L'outil employé par Obama pour ramener les Iraniens à « négocier » a t-il jamais eu la moindre efficacité dans l’histoire? Le Washington Times [ici] rappelle qu’Israël est bien placé pour comprendre que le mécanisme ne fonctionne pas : il a été une des toutes premières nations à avoir été sanctionnée et isolée, dans les années 1950, avec l’organisation d’un boycott généralisé par 57 pays arabo-musulmans, dont le siège se trouve encore à… Damas. Rarement un pays aura été aussi prospère, 62 ans plus tard, « grâce » au développement du « système D » lui imposant de contourner ce blocus. De l’Indonésie à l’Irak, entre 1960 à 2003, on voit qu’aucun pays sanctionné n’a été mis à genoux, à l’exception notable de l’Afrique du Sud Afrikaner, dans le soutien au pacifique Mandela. Même Cuba, très dépendant de son environnement américain, a conservé le régime qu’il s’est donné lors de sa révolution castriste, jusqu’à ce jour.

 

L'exemple le plus proche de l’Iran, c’est son allié Nord-Coréen : il démontre qu’un régime excessivement autoritaire, comme la dynastie des Kim-Jong, peut sereinement affamer sa population entière, la contraindre à manger de l’herbe, ses enfants à fouiller les décharges, et poursuivre son chemin vers l’acquisition d’armes nucléaires, conduire ses premiers tests en 2006, puis renégocier ses besoins en nourriture. Cette abomination devrait nous servir d'avertissement...

 

Actuellement, l’Iran est frappé de sanctions progressives et son économie, certes, est affectée au jour le jour. Sa monnaie se déprécie. Mais Téhéran bénéficie de deux grands soutiens internationaux : la Chine et la Russie. L’Inde évite de se fâcher avec les Mollahs. Différence notable, la Corée du Nord n’a pas de ressources pétrolières et gazières à mettre dans la balance : rien à vendre que des connaissances nucléaires et Pyongyang le fait très bien, puisque ses deux principaux clients, par l’entremise de la Chine, sont, précisément, les deux Etats-Voyous et alliés qui sèment le chaos et la mort au quotidien, au Moyen-Orient : la Syrie et l’Iran.

 

Mieux, Ali Khamenei peut compter sur son tandem du « dialogue des Civilisations » pour ramener, sans cesse, sa principale caution, l’Administration Obama, si et quand il le décide, à l’offre de nouvelle « table de négociations ». Et quand est-il « utile », sur le plan tactique, d’en revenir à discuter ? Eh bien, quand les sanctions pourraient devenir un problème interne, risquant de provoquer des remous au sein de la population, mais pas au point des émeutes de 2009. Et lorsque le discours guerrier israélien, couplé aux inquiétudes des pays arabes et du Golfe, deviendrait trop insistant auprès de la Maison Blanche.

 

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Un duo qui se complète bien : mais pour en venir où? 

 

Quels « gestes » l’Iran a-t-il fait pour mériter une telle considération qui garantirait un minimum du sérieux de ses « intentions » ?

 

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- Il a refusé 2 fois l’accès au site militaire de Parchin à l’AIEA et, d’après les prises de vue satellitaires américaines, vient de procéder au nettoyage nucléaire de l’endroit, pour mieux rouler les inspecteurs dans la farine, au prochain essai.

 

- Il persiste dans une guerre terroriste contre l’ennemi qu’il accuse d’avoir éliminé certains de ses savants utiles à la poursuite de son programme : à preuve de récentes alertes en Turquie [ICI], après Bangkok, New Dehli, Tbilissi...

 

- Il prévient Vienne, par le biais d’Ali Asghar Soltanieh, son représentant auprès de l’AIEA, qu’il ne « suspendra jamais ses activités nucléaires ».

 

- Enfin, il intervient massivement en Syrie et au Liban pour renforcer la répression la plus abominable et la plus durable dans le monde arabe qu’on ait vue à ce jour. Ceci, afin de maintenir sa « zone de sécurité » pour des représailles massives, en cas de frappe contre ses installations.

 

Le Guide Suprême se permet, même, d’être ironique, en louangeant plus que d’accoutumée les renvois d’ascenseur de son alter-ego américain, sans lequel ce théâtre des guignols ne pourrait pas donner sa pleine mesure. Et de lui asséner le coup de bâton : « Obama, malheureusement, se fait des illusions sur les sanctions, qui, quoi qu’il en coûte, échoueront ».


Elles feront d’autant « chou blanc » que l’Administration américaine les instille au compte-gouttes et à reculons, depuis leur vote au Congrès et au Sénat, dont Obama ne peut se départir. Khamenei est conscient que l'Américain ne peut avoir les « mains libres » : pour des raisons électorales, il doit donner des garanties à ses détracteurs bipartisans. Il doit même en lâcher un peu à l’AIPAC, en présence de Netanyahou. Par contre, pour favoriser ce « dialogue des civilisations » auquel adhère inconditionnellement Obama, l’un comme l’autre, construisent leur entrevue en Turquie le mois prochain, comme verrou devant empêcher toute frappe israélienne, pendant toute la durée du jeu diplomatique. Il peut donc s’éterniser, a priori, aussi longtemps que nécessaire. Il ne se passe pas un jour où un responsable américain important, de la Défense, comme Monsieur Muscle-Panetta, ne raille le moindre impact d'une frappe israélienne, comparée à une américaine : le but de cette "guerre psychologique" à rebours contre la force de dissuasion d'un allié? Finir par inscrire le doute, tant au sein d'Israël résolu, que de l'Iran, qui dit ne pas croire à une attaque de l'Etat hébreu... 

 

Tant que subsisterait l’illusion d’un « dialogue », toute la publicité désastreuse, générée par une attaque, retomberait nécessairement sur celui considéré comme « l’agresseur », alors qu’on « discutait tant et si bien ». Tel est le calcul politique des deux négociateurs-joueurs. Par ce subterfuge, on se rend bien compte qu’Obama pénalise le réalisme lucide israélien sur l’inefficacité de la partie en cours, et encourage l’Iran qui triche, à poursuivre selon des règles désormais bien rôdées.

 

Sur le plan régional, Obama pourrait aussi mettre à jour le besoin des peuples de changement de régime, en aidant les insurgés et les pays arabes à chasser celui d’Assad. N’est-il pas le « Commander-in-Chief » du camp des pays libres face aux dictatures ? Par effet-domino, la chute du tyran syrien déstabiliserait le Hezbollah à Beyrouth et servirait d’avertissement à son compère Khamenei : la perte d’un tel allié central ficherait par terre ses plans de rétorsion contre Israël et réveillerait l’opposition iranienne de l’intérieur. L'a t-elle soutenue, en 2009? Non. Elle favoriserait ainsi le « plan » exposé par l’ancien chef du Mossad, Méïr Dagan, face à CBS-news, en intégralité dimanche : tout faire pour renverser le régime et ne pas attaquer militairement. Tant qu’Assad n’est pas à la veille de basculer, ce projet relève de l’utopie, en ce qui concerne l’Iran. Ensuite, reste le repli sur l’Irak, qui offre des garanties de survie au régime des Mollahs et au Hezbollah, même si Bachar tombe. Les législatives iraniennes, propulsant le camp Khamenei à 75%, n’ont donné lieu qu’à quelques incidents isolés.

 

L’arsenal chimique et biologique syrien est une source d’inquiétude pour toute la région. Utilisé par Assad, ou par le Hezbollah, voire tombant entre les mains des terroristes Salafistes ou proches du Hamas (via Ahmed Jibril), il peut se retourner, à tout moment contre Israël, la Turquie, la Jordanie, et ainsi de suite. Est-ce dire qu’autant le peuple syrien que les pays proches sont définitivement otages de cette répression sans fin, jusqu’au dernier syrien ? Pire, l’UNESCO refuse de sanctionner le régime pour sa répression infernale, que l’organisme corrompu semble trouver « artistique et culturelle », belle comme Guernica (Pablo Picasso). Assad bénéficie de tout le savoir-faire et de l’appui de ses alliés pour détruire la Syrie de l’intérieur : matériaux électroniques de surveillance et de détection, drones irano-hezbollahnis planant au-dessus des bastions rebelles, tanks, hélicoptères, unités d’élite formés par les Forces Al Qods… Il tire aussi parti de la passivité turque, qui ménage chèvre et chou, accueillant les réfugiés, mais laissant passer les convois d'armes iraniennes ou commerçant pétrole et projet nucléaire perse. Dans quel camp est Erdogan? Celui du marchandge, assurément : chaque semaine, il correspond avec Obama, qui en fait son allié le plus "sûr", pour que rien ne change. Malgré cela, seul le peuple syrien donne l’exemple aux arabo-occidentaux frileux : chaque semaine, ce sont des centaines de soldats et d’officiers, de Colonel à Généraux (4 cette semaine, dont le Brigadier Général Adnan Farzat, de Rastan), maintenant, quelque ministre et des hommes d’affaires, qui désertent le régime, malgré les menaces sur leurs familles. Pas au point de faire basculer le rapport de forces, par manque d'armement crédible. 

 

Israël-même, a changé de discours, adoptant longtemps le profil bas préconisé par Ra’anan Gissin, ancien conseiller de Sharon. Lieberman veut aider sur le plan humanitaire, les réfugiés du nord-Liban, par l’entremise de la Croix-Rouge internationale. Ron Prosor dénonce le carnage de ce régime à l’ONU. Il est certain que forces et faiblesses de l’armée gouvernementale syrienne sont observées à la loupe, que des commandos sont prêts, en Eretz ou en Jordanie, à neutraliser la douzaine de sites d’armes de destruction massive.  

 

Mais, contrairement au discours de Dagan, il semble bien que les services de renseignement d’Israël se sont résolus à définir l’objectif central de la politique étrangère d’Obama : tout faire pour arriver en triomphe chez son « ami » Khamenei, à Téhéran, et proposer une « paix des braves », fondée sur le sacrifice des intérêts d’Israël et de l’Arabie Saoudite, dans la région. Les indiscrétions de diplomates occidentaux l'affirment ( Obama veut se réconcilier, à n'importe quel prix, avec Téhéran avant la fin 2012 )

 

Par le bilan de son premier mandat et les projets qui laisse lire entre les lignes, malgré ce qu’il déclare publiquement, Barack Obama a bien fait du « bluff », la règle du jeu essentielle, substituant à toute fermeté les circonvolutions diplomatiques et les Salam Aleikoum de bienvenue dans le « Club » à l’Iran nucléarisé.

 

La question existentielle demeure : à quel moment la fenêtre d’opportunité s’entrouvrira t-elle pour tous les pays qui refusent ce chantage, offrant le Moyen-Orient en pâture à l’Axe irano-syrien ? Gageons que les occasions ne manqueront pas, tant en Syrie qu’au cours de l’échec annoncé des manœuvres diplomates… 

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 15:10

 

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Entre “carte nord-coréenne” et nécessité ultime d’une frappe de l’Iran

 

 Les enjeux, à la veille du sommet Netanyahou/Obama


Par Marc Brzustowski.

 

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Les deux rencontres déterminantes de ce week-end, d’abord, devant l’AIPAC, dimanche 4 mars, puis en tête-à-tête, le lendemain, entre Binyamin Netanyahou et Barack Obama, se préparent : l’Amérique semble donner quelques gages d’apaisement aux inquiétudes du Premier Israélien.

 

Ce que nous ne mesurons pas, c’est la distance qui reste à parcourir, entre les plans élaborés au Pentagone et les gages qu’Obama saurait apporter à Israël, au cas où les choses ne se passeraient pas comme prévu, concernant les réactions iraniennes.  Comme on l’a déjà vu, lors de la préparation du Sommet de Tunis, la semaine passée, l’Etat-Major américain prépare, en toutes circonstances, des plans appropriés à chaque situation. Cela ne signifie, en aucun cas, que la décision politique d’agir suivra, à cause d’autres paramètres. C’est dans cet interstice que s’étire ou se rétracte la « zone de confiance » (ou de méfiance) entre les deux puissances : Israël et les Etats-Unis.


 Israel-Iranattack2.12 (Copier)

 

Parmi ces engagements de bonne volonté de la partie américaine : des responsables de la Maison Blanche, selon Bloomberg, auraient averti que les Etats-Unis pourraient se joindre à Israël, dans une attaque de l’Iran, si l’Iran ne donne pas la preuve que son programme ne poursuit pas (ou plus)  sa quête de l’arme nucléaire. Si ce message médiatique, émis de la Maison Blanche et non de l’Armée, se confirme, lors des rencontres entre les décideurs, on peut lire que l’Administration américaine est prête à consentir à l’idée de certaines « lignes rouges », qui tient tant à cœur au gouvernement Netanyahou : l’accès à la bombe et la poursuite des travaux en ce sens, deviendraient inacceptables pour les deux alliés. Pour confirmer ce message, au cours d'une interview à l'Atlantic Magazine, Barack Obama souhaite faire comprendre à Netanyahou qu'il "ne bluffe pas", lorsqu'il déclare qu'un Iran nucléaire est tout aussi intolérable à Israël qu'aux Etats-Unis, du fait de leurs engagements auprès de leurs autres alliés du Moyen-Orient : il reconnaît pleinement le risque de prolifération régionale, à travers, notamment les groupes terroristes affiliés à l'Iran. 

 

Mais, reste la question du désaccord stratégique sur la définition du « seuil critique», à partir duquel ils sont prêts à passer à l’action. Pour des raisons géographiques évidentes, le danger n’est pas le même pour Washington et Jérusalem. Ils ne disposent pas, non plus, d’un même matériel aéronautique furtif ni d’un volume de bombes identique, permettant, éventuellement, de retarder la prise d’une telle décision. Obama veut rester seul maître de « son » calendrier, et, autant que possible, pouvoir remettre des évènements aussi dramatiques après les élections de novembre. C’est exactement à quoi s’attend Téhéran qui va mettre à profit ce délai pour geler les négociations, les inspections de l’AIEA et poursuivre son programme à marche forcée, tout en renforçant son dispositif d'étranglement d'Israël, à sa périphérie : Liban, Syrie, Irak et, en partie, Gaza ou le Sinaï.  

 

Le Pentagone n’apporte, ensuite, que la partie technique qui renforcerait ce discours d’avertissement : il déclare que des options militaires sont en préparation pour commencer à fournir du carburant en vol aux avions israéliens, et, également, qu'il planifie des attaques dirigées contre le Corps des Gardiens de la révolution iranienne et ses Forces Al-Qods, des bases de l’armée régulières et le Ministère de la Sécurité et du renseignement. D’autre part, les planificateurs américains assurent de leur pleine confiance dans la capacité de leurs bombes anti-bunkers à percer sérieusement l’installation nucléaire de Fordow, bien enterrée dans les montagnes près de Qom. En matière d’éléments physiques et géographiques, Fordow s’avère demeurer bien plus vulnérable à ce type de bombardement intensif qu’on a voulu le faire croire jusqu’à présent, selon tous les recoupements d’actuels et d’anciens analystes du renseignement militaire américain.

 

On se rend compte que, sur le plan militaire, ces déclarations américaines viennent appuyer celles, préalables, du Ministre israélien des affaires stratégiques, Moshé « Boogie » Yaalon, affirmant des choses assez similaires, quant au fait que Fordow, ou toute autre installation souterraine, n’avait rien d’immunisée. Mais, d’autre part, disant cela, les deux parties affirment que la fameuse « zone d’immunité », érigée en ligne rouge par Ehud Barak, à partir de laquelle il ne serait plus possible de frapper l’Iran, devient une fiction, et, de fait, qu’une telle frappe peut être reportée (indéfiniment ?).

 

Dans la balance, Washington dépose aussi quelques réussites intermédiaires du train des dernières sanctions décidées contre l’Iran : le Département du Trésor a interrompu les transactions financières de la Banque Islamique Noor, située à Dubaï, qui permettait à l’Iran de contourner les sanctions et de rapatrier l’argent indirectement perçu pour ses livraisons de pétrole. Jusqu’à présent, ce type de procédés a permis à l’Iran de poursuivre au moins jusqu'à 60% de ses ventes pétrolières.

 

Les compagnies d’assurances américaines et européennes ont, pour la plupart, refusé d’assurer les livraisons de pétrole iranien, avant même l’entrée en vigueur des sanctions elles-mêmes. Le Japon, la Corée du Sud, dans une moindre mesure, la Chine et l’Inde, conviennent de réduire leurs importations, d’au moins 10% pour ces deux derniers principaux clients de l’Iran. Le Secrétaire américain à l’énergie, Steven Chu, a fait savoir que la production mondiale d’or noir, sans l’Iran, était suffisante pour assurer la stabilité du prix du baril. Selon le Sénateur Joe Lieberman, les pays tiers n’ont, par conséquent, aucune excuse pour se soustraire aux sanctions. En représailles, les agences de presse iraniennes font courir le bruit de "sabotages" non-vérifiés, des pipe-lines saoudiens dans les régions pétrolfères chi'ites du Royaume Wahhabite. Le résultat immédiat est une hausse de 10% de ce même tarif du brut...

 

Petite surprise, ce vendredi 02 mars, une banque russe, VTB, contrôlée par l’Etat, a purement et simplement, fermé les comptes du personnel de l’Ambassade d’Iran à Moscou. L’Ambassadeur Mahmoud-Reza Sajjadi a aussitôt, accusé Moscou de se soumettre aux injonctions américaines. Sa carte de crédit aurait, en effet, été bloquée. Cela ne prouve pas que d’autres mécanismes, moins visibles, continuent, ou non, de fonctionner, à l’insu du régime de sanction, via la Russie, la Chine et le Pakistan, notamment. Ce ne sont là que quelques signes de coopération minimale, de la part de certains pays censés, jusqu'à présent, soutenir l’Iran.

 

Ainsi, certaines « fuites » organisées par Wikileaks, selon lesquelles Moscou aurait fourni à Israël les codes des systèmes anti-missiles russes vendus à l’Iran, peuvent être considérés avec un certain sérieux. Néanmoins, Téhéran continue ardemment à rechercher en Russie, les moyens d’opposer un bouclier stratégique, en cas de frappe israélienne et/ou américaine…

 

Sur la foi de ces quelques nouvelles, que les sanctions ont une certaine efficacité à réévaluer, certains observateurs, en Israël comme aux Etats-Unis, en sont venus à évoquer « la carte nord-coréenne », dont Obama disposerait dans sa manche pour sanctionner l’Iran. De quoi s’agit-il ? A chaque fois que Pyongyang s’accorde à interrompre son programme nucléaire, il peut bénéficier d’un allègement des sanctions et recevoir une aide alimentaire, pour un peuple affamé par son régime. Il pourrait en aller de même pour Téhéran. Le problème qui n’est pas surmonté par ce système, survient du fait qu’à chaque allègement de sanction, le pays concerné reprend ses travaux et redevient progressivement menaçant. A ce rythme, Israël pourrait se voir, rapidement, menacé de transfert de certains composants nucléaires à des sous-traitants libanais de l’Iran, comme le Hezbollah. La plaque tournante syrienne, sous le coup d'une insurrection, devient là, un enjeu stratégique déterminant. 



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A la veille de ces discussions de Washington, la télévision « Al-Arabiya » aurait eu vent de rencontres à Beyrouth, entre une délégation iranienne de haut-rang, conduite par Qassem Souleimani, le chef des Pasdaran, et les dirigeants du Hezbollah iranien, pour mettre en place les procédures de répliques à toute frappe du territoire iranien et faire le point sur la situation en Syrie.


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Qassem Souleimani.

 

De fait, selon le Général de Brigade Hussan Awak, de l’Armée Syrienne Libre, au Caire, une brigade blindée entière des Pasdaran serait présente, aux côtés des troupes fidèles à Assad et participerait directement à la répression de la rébellion. En plusieurs occasions, l’ASL a réussi à capturer des officiers et des conseillers militaires, des experts iraniens sur le champ de Bataille. Cette brigade serait basée dans les camps du groupe terroriste FPLP du Palestinien Ahmed Jibril, dans la région de Deir al-Ashayar. Elle y serait présente depuis 2007, soit en renfort, juste après la guerre du Liban 2, entre le Hezbollah et Israël. Egalement présentes en Syrie, les Brigades 101, 102, 103 du Hezbollah libanais. La 103ème est  spécialisée dans les assassinats et les attentats à l’explosif et la 101 ème, dans les batailles de rue, la guérilla urbaine et les attaques de snipers, notamment, depuis les toits des villes. Les Brigades chi’ites irakiennes du Jaysh al Mahdi, de Moqtada Sadr, tentent également de franchir la frontière Est, pour leur prêter main forte dans leur tentative d’écrasement définitif de la rébellion.

 

Dans le cadre de ses pourparlers avec Obama, Bibi Netanyahou ne peut ignorer l’imbrication totale des deux situations en Syrie, en Iran et, par ricochet, à sa frontière nord avec le Liban. Ce que Souleimani et ses complices sont en train de reformer, c’est bien ce fameux « Arc Chi’ite » Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth, profitant de la totale inertie occidentalo-arabe pour venir en aide aux insurgés. Les Iraniens veulent avoir accompli ce saut qualitatif de l’écrasement syrien avant d’entamer le moindre « dialogue » avec les puissances nucléaires et entrer en position de force, par la menace directe contre Israël. Ils pourraient ainsi, monter en puissance, dans leurs prétentions à lancer une attaque préventive contre Israël, à partir du terrain reconquis en Syrie et, par conséquence directe, au Liban-Sud. Téhéran s'est ouvert un véritable "boulevard" par l'Irak, une Syrie bientôt exsangue, un Liban qui s'alignera, alors que les opposants à cet axe, de Riyad ou d'Amman, s'en tenaient à de simples conférences désordonnées de la Ligue Arabe. 

 

La situation est urgente, autant à cause du renforcement des souterrains et tunnels atomiques de l’Iran que du fait de l’abandon de la région à l’axe irano-syrien, au moment-même où il aurait pu sembler le plus faible, à cause du soulèvement contre Assad. La frappe contre les installations nucléaires reste un composante dominante de la menace globale, mais ne suffira pas à rétablir la dissuasion nécessaire à la stabilité, dans l’ensemble de la région. Les Etats-Unis, trop timorés, ont manqué plus d'une opportunité d'affirmer leur présence aux côtés de leurs alliés naturels et, de fait, affaibli leurs potentiels de répliques, au cours de cette dernière année. 

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 16:20

 

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Vers un soutien indirect aux insurgés syriens pour ménager un dialogue parfaitement creux avec l’Iran ?

 

Par Marc Brzustowski

 

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Ce vendredi 24 février, 80 nations, qui se présentent comme « Amies de la Syrie » se réunissent à Tunis pour décider des modalités d’un « ultimatum » au pouvoir d’Assad. Il s’agit, d’abord, de l’inviter à un cessez-le-feu, dans la répression qui s’abat sans discontinuer, notamment sur la ville-martyr de Homs et de laisser passer des secours et de la nourriture à l’intention de la population sinistrée depuis 11 mois.

 

Hillary Clinton a laissé entendre que, sans cesse, la résistance de l’Armée Syrienne Libre se renforce. Qu’elle trouvera toujours, ici ou là, des chemins de traverse pour se réapprovisionner en armes, hommes, munitions et « se défendre » ; et même qu'elle pourrait passer à l’offensive. Le sous-entendu vise à faire comprendre au régime syrien et à ses alliés (Iran, Russie, Hezbollah) que plusieurs Etats souhaitent prendre une part plus active dans le combat contre la répression, tout en évitant, sans doute, l’ingérence directe.

 

Cette initiative a, au moins, le mérite de tenter de contourner le veto russo-chinois devant le Conseil de Sécurité et l’Assemblée Générale de l’ONU. Cela dit, même si des moyens logistiques et, vraisemblablement militaires sont déjà sur pied, il reste peu probable que l’OTAN, à travers la Turquie et d’autres alliés arabes des Etats-Unis (Qatar) choisisse de « mettre les pieds dans le plat » bouillant de la Syrie. Il n’est pas dans les pratiques du Président Obama, qui n’a que le mot "dialogue" à la bouche, lorsqu’il ne chante pas du blues avec Mick Jagger, de froisser ses interlocuteurs, qu’ils soient Russes, Chinois et, plus que tout, Iraniens.

 

A l’opposé, il est notoire que Vladimir Poutine se prépare à sa 3ème réélection comme grand patron de la Fédération de Russie, aux deux-tiers du corps électoral. Le seul moyen de renvoyer dans leurs foyers les cortèges de mécontents à cette seule perspective, est de réaffirmer sa légitimité et son leadership international, flambeau d’une Russie qui gagne et marque des points contre l’hyperpuissance américaine en déclin. En ce sens, il a trouvé un adversaire clé-en-main avec l’idéologue jobard du multiculturalisme, et, au-delà, d’un monde multipolaire, où les Emergents creusent leur sillon, au détriment de l’Administrateur Obama. Il n’a pas à craindre d’actions-surprise musclée qui bousculent les codes et changent fondamentalement la répartition des prérogatives régionales.

 

Plus que tout, avec l’aide diplomatique de la Chine, Poutine tient son atout-maître dans l’avènement d’un Iran nucléaire. Si l’Amérique n’est pas prête à aller trop loin, pas au-delà d’une exigence de cessez-le-feu temporaire et de « dialogue constructif » et « réformateur » avec Assad, a fortiori parlementera t-on, tant et si bien qu’à la fin la cruche se casse, face à l’Iran, de plus en plus en position de force, avant les « négociations ». Washington fait le forcing, à la fois, pour attirer quelques puissances en demande de pétrole, comme l’Inde, du côté de mesures alternatives à des livraisons iraniennes ; et pour lier les mains dans le dos au gouvernement Netanyahou, incité à attendre les « résultats » des sanctions, couplées aux discussions vides avec Téhéran.

 

En ce sens, cette idée de regroupement de pays « amis de la Syrie », proposée par Paris, est une aubaine pour Obama : d’une part, comme dans le cas libyen, il pourra se permettre de soutenir logistiquement une initiative qui n’émane pas de lui. De l’autre, la focalisation sur la question syrienne intéresse, au plus haut point, les puissances régionales du monde arabe sunnite. En tout premier lieu, l’Arabie Saoudite, les pays du Golfe. Elle inquiète et mobilise aussi le Liban, qui ne participe pas au sommet de Tunis, mais retient son souffle : son destin est totalement lié à celui de la Syrie. De ce qui se passera à Damas dépend l’avenir de Beyrouth et ses jeux d’alliances et de répartition des pouvoirs entre partis confessionnels. Autre destin gémellaire, l'Irak de Nouri Al-Maliki joue au renvoi à l'envoyeur avec le Jihad, jamais à l'abri d'un retour de flammes. La Jordanie, quant à elle, vient de déployer 4 systèmes anti-missiles Patriot livrés par l’Allemagne, sur ordre de Washington et avec le plein aval de Jérusalem, à sa frontière avec la Syrie, près d’Irbid. Ainsi, les deux pays, Israël et la Jordanie, semblent à l’abri d’une pluie de missiles Scud lancée, dans un geste de dépit, par le dictateur alaouite aux abois, comme son cousin Rami Makhlouf et lui-même ont menacé de le faire… L’accord et le déploiement sont, pour ainsi dire, passés inaperçus, de façon à ne pas agiter la population majoritairement palestinienne du royaume hachémite

 

Un soutien indirect aux insurgés libyens peut longtemps, occuper l’esprit des capitales arabes, dont la Ligue fut la première, quoi que parfaitement inefficace, à s’organiser pour dépêcher des observateurs. L’enjeu est de taille, puisqu’à terme, il s’agira de destituer un solide allié de l’Iran, relais du Hezbollah et, jusqu’à présent, du Hamas, pour rebattre les cartes, en faveur des Sunnites, et, peut-être, des autres minorités syriennes qui acceptent de se défaire du « faux parapluie bulgare » offert par le clan Assad.

 

Durant ce temps, l’Administration Obama pourra s’adonner à son sport favori : « le Dialogue critique, mais constructif » avec Téhéran, à propos de son programme nucléaire. Cette notion a été forgée, en 1982, - c’est dire si ce n’est pas hier, et c’est mesurer la maigreur des résultats constatés,- par le ministre allemand de l’époque, Hans-Dietrich Gensher. Il s’agissait, alors, d’apaiser l’Iran pour ses tendances criminogènes au terrorisme international et aux atteintes aux droits de l’homme. Chaque fois, les Mollahs ont montré être des élèves studieux et assidus à ces cours de rattrapage en formation humaniste. Mais ce « dialogue critique » a trouvé d’autres champions et adeptes : d’abord la France et la Grande-Bretagne, puis, à partir de 2006, les Etats-Unis, la Russie et la Chine. Obama peut même déléguer une filiale sous-traitante de choc, en la personne de Catherine Ashton, qui a tout d’une représentante des affaires étrangères de l’UE, excepté qu’elle est absolument sans pouvoir, pour ne pas dire dénuée de toute compétence. Cela permet aux Occidentaux de prétendre, face à leurs opinions publiques, qu’ils « font quelque chose » (oui, mais quoi ?) ; aux Russes et aux Chinois, de démontrer que, puisque la diplomatie, de toute évidence, fonctionne, alors il n’y a nul besoin de mesures trop contraignantes (sanctions, agitation militaire, etc.). Et le clan Obama se sent autorisé à stigmatiser les « néo-cons » américains, persuadés que seule une action déterminante viendra à bout des Iraniens, laissant peu de place et de temps aux risettes.

 

Ce qui est particulièrement édifiant, dans ce dialogue de sourds, c’est l’opinion des Iraniens eux-mêmes, et plus précisément, le contenu de leurs propositions, censées faire « avancer le sacrosaint Dialogue » : Ahmadinedjad et divers autres ténors du régime n’ont eu de cesse de répéter, ces dernières semaines, que le « problème du nucléaire  n’était pas à l’agenda de ces discussions ». En réalité, la joie de se retrouver ensemble autour d’une table, entre « égaux », a surtout pour but d’habituer les « partenaires » à accepter l’idée que l’Iran, depuis le temps qu’on en parle, fait, d’ores et déjà, partie du « Club » des puissances nucléaires. Pour rendre la situation plus piquante, Téhéran a commencé par couper le robinet de pétrole de deux membres du « Club des 5 +1 (avec l’Allemagne) : La Grande-Bretagne et la France… C’est dire si, en Iran, on ne manque ni d’humour, ni de répartie.

 

Pour mieux comprendre les choses, il suffirait, hormis l’analyse des discours des responsables iraniens et des articles de la presse officielle à Téhéran, de se reporter au contenu même de la lettre et aux propositions du négociatieur-chef, Jalili, envoyées à Ashton. Celui-ci propose à son homologue européenne de discuter « des moyens d’éradiquer la misère dans le monde, et d’en finir avec la Domination du Grand Satan américain ».

 

Selon le quotidien iranien Kayhan, voix officielle du Guide Khamenei, « le ballet diplomatique n’altère en rien les objectifs essentiels de l’Iran »… et cet objectif stratégique majeur est rappelé, en citant le premier grand Ayatollah, Ruhola Khomeiny : il s’agit, ni plus ni moins, de « changer de régime aux Etats-Unis et –reprenant les paroles du grand sage- de planter le drapeau de l’Iran sur le Capitole et la Maison Blanche… le but, c’est la fin du monde capitaliste » (sic. Fermez le ban)…

 

Le ministre israélien Yuval Steinitz, sur CBS news, met l’Amérique en garde du fait que Téhéran disposera sûrement de missiles intercontinentaux capables de frapper New-York et plusieurs capitales européennes, d’ici 2015. L’Administration Obama, jamais en reste d’une politesse, fait, alors, publier, dans le LA Times, une nouvelle évaluation de 16 agences de renseignements américains. Et celle-ci réaffirme sans rougir le précédent gag de novembre 2007 : l’Iran « aurait gelé » son programme nucléaire depuis… 2003 ».

 

Obama, en vérité, n’a peur que d’une chose : que le Ciel israélien, un beau matin, ne tombe sur la tête de la garde noire au pouvoir en Iran. Il ne craint nullement de s’entretenir avec celui qui l’observe comme le « Grand Satan » à détruire de pied en cape.

 

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 17:39

 

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Les vaches sacrées occidentales regardent les navires iraniens bercer l’eau du Canal et les « lignes rouges » d’une langueur monotone…


 Par Marc Brzustowski

 

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Croisière pour retraités de l'Etat-Major Naval iranien, arrangée par la Vè Flotte US. Avec les compliments du Président Obama -Commander in Chief-. 

 

 

L’accostage du destroyer iranien Shahid Qandi et de son vaisseau de soutien Kharg dans le port de Tartous, sur la côte méditerranéenne de la Syrie ensanglantée, a un petit quelque chose, un presque rien de franchissement de la frontière polonaise par la Wehrmacht, le 1er septembre 1939 ou d'entrée des chars russes dans Budapest 1956. D’après les opposants syriens, ces navires ont surtout apporté du matériel de brouillage des télécommunications, pour couper l’Armée Syrienne Libre de ses basses-arrières en Turquie ou ailleurs.

 

Voir Suez, ses dunes à perte de vue, ses vacanciers pudiques contrôlés par les Frères Musulmans... 

 

On s’inquiète à peine du climat putride de Srebrenica, juillet 1995, en Bosnie (soit en Europe, marquée par la fin de la Guerre Froide), qui semble régner à Homs, Idbil et autres foyers d’insurrection dans ce pays. C’est que les 11 mois insurrectionnels précédents rivalisent à peine avec les « scores » des milices serbes de l’époque : on a franchi le cap des 7.800 morts et chaque jour qui passe creuse de nouvelles fosses communes.

 

Mieux (ou pire), totalement avachies dans l’herbe tendre de la diplomatie à tout crin, les chancelleries occidentales n’ont de cesse d’invoquer un « dénouement pacifique » (Robert Ford, ambassadeur US à Damas). L’Amiral Dempsey, qui attend la retraite, met en garde contre les deux principaux « dangers » dans la région : une implication arabo-occidentale du côté du peuple syrien, bien plus menacé que ne l’étaient les Libyens au printemps dernier ; et une frappe israélienne contre le centre nerveux atomique iranien. Pour le reste, on sermonne lors de grand ’messes, au Conseil de Sécurité, autour de la grande prêtresse Hillary.

 

Face à cette passivité consternante, dans le « wait and see » de l’effet des sanctions contre le Banque Centrale Iranienne, Téhéran redouble de provocations tous azimuts. Il affirme, que personne ne se mettra en travers de son chemin, s’il choisit de piétiner les lois internationales concernant le non-ravitaillement en armes et matériels sophistiqués de son allié Assad, dans la planification du massacre à grande échelle de son propre peuple. Il s’élève même contre le fameux « traité d’unité » palestinien de Doha, rappelant à l’ordre les troupes du Hamas qui lui sont fidèles : celles d’Ismaïl Haniyeh à Gaza, contre le « Qatarisé » Khaled Meshaal.

 

Mieux encore, l’Iran lance une campagne terroriste sur les 5 continents, qui, heureusement, à ce stade, a fait presque chou blanc, mais ne prend même pas la peine d’épargner des pays qui ne lui sont pas hostiles sur le plan commercial : l’Inde est de ceux-là, tout comme l’Argentine. Le choix de la cible thaïlandaise est risqué ? Qu’importe !

 

Côté français et britannique, il mouche les appels à regarder faire Téhéran, du Président Sarkozy : « il n’y a pas de solution militaire ! » fanfaronne t-il au dîner du Crif, lui, le « chevalier du ciel » libyen, le pourfendeur de Laurent Bagbo en Côte d’Ivoire, le justicier sans gros risques des campagnes aériennes zéro mort. Ou les atermoiements de William Hague, mettant en garde Israël (et jamais l’Iran !) contre toute velléité de frappe de la fameuse tête du serpent. Celle qu’on ménage et avec laquelle on dîne aux chandelles de l’AIEA, cercle de valses viennoises, cocue, mais toujours souriante…

 

Ahmadinedjad n’hésite à aucun moment à couper le robinet de pétrole à Paris et Londres, menaçant les suivants. Assad lui emboîte le pas en prétendant que 120 soldats des télécommunications militaires françaises ont été arrêtés en Syrie !

 

Si le compte est bon, toutes les « lignes rouges » sont franchies : contribution au massacre d’un peuple, violation de la souveraineté et de l’hospitalité indienne, thaïlandaise, azerbaïdjanaise, argentine, turque… par des attentats à répétition, boycott des pays pénalisant son programme nucléaire, lancers de missiles et de satellites esquissant la courbe des futures frappes intercontinentales contre l’Europe et l’Amérique, menaces sur le Détroit d’Hormuz, jusqu’en Mer Rouge et Tartous, exhibition de pavillon sur toutes les mers, complots contre l’Amérique et l’Arabie Saoudite, depuis le Mexique, le Venezuela et jusqu’en plein cœur du Capitole… Vraisemblablement de nombreux risques autour des jeux olympiques de Londres, l’été prochain, mano en la mano avec Al Qaeda, menaces même, non plus tant contre Israël que de mainmise sur la Cause Palestinienne, sacrosainte pour des Arabes médusés, presque déjà consentants…

 

Rien n’affole Sarkozy, Cameron et Obama, sauf le baromètre des sondages, leurs chances ou non d’être au 2nd tour, en mai, ou réélu en novembre. Leur seul argument de politique étrangère consiste à faire passer Israël pour le chien fou dans un jeu de quilles, où ils tentent de s’entendre, sur son dos et celui de tous les êtres vivants du Moyen-Orient, avec leur « partenaire », Mahmoud Ahmadinedjad, qu’ils osent, par la bouche de Dempsey, qualifier d’être « rationnel ».

 

L’histoire ne repasse jamais les plats, du moins pas dans l’ordre : il est presque clair que, cette fois, c’est la Syrie qui incarne les pays d’Europe centrale, Tchécoslovaquie ou Pologne, puis de Bosnie dans les précédents actes de lâcheté occidentale. « Munich » ou Yalta a lieu avant, pendant et après le massacre. Il s’agit de ne pas trop chatouiller les autres maîtres du monde, les émergents russes et chinois, qu’on espère diplomatiquement mettre dans sa poche. Imperturbables droitsdel’hommistes réputés, depuis Tien An Men, pourquoi broncheraient-ils ?

 

Le seul statuquo prévisible, c’est l’extension du chaos qui se propage de pays à pays, sans risque qu’aucune force n’intervienne pour y mettre un tant soit peu d’ordre qui tienne. Au mieux compte t-on sur la Turquie, les Frères Musulmans, dorlotés par les pétrodollars du Qatar, les matches nuls du PSG et les émissaires de la confrérie qui pénètrent la chair tendre du vieux rhinocéros endormi dans l’eau qui bout, que s’habitue à être le flasque Occident.

 

En cela, la Maison Blanche et ses acolytes font le jeu de l’Iran, du Hezbollah et de la Russie, qui arment la répression jusqu’aux dents, pour qu’Assad mette fin à l’insurrection.

 

Ils donnent raison à cette campagne tous azimuts, pour le moment, heureusement avortée, d’attaque systématique contre les intérêts israéliens et juifs, à travers le monde.

 

Les exportations de pétrole iranien vont bon train avec la Chine, l’Inde encore, malgré la promesse asiatique d'une restriction de 10%, la Turquie. Le protectorat russe sur la Syrie garantit à Assad de s’éviter la destitution qu’il mérite, de l’avis même de cette Administration.

 

Qu’est-ce qui, dans ce cadre dérégulé, pourrait réfréner d’une manière ou de l’autre, les expéditions terroristes-suicide iraniennes et ses envois de cargaisons fraîches vers la folie syrienne en cours, alors que la diplomatie et les déclarations contemplatives fusent de toutes parts pour les y encourager ?

 

La seule bonne nouvelle, dont on se contentera, est qu’il est rare que l’on assiste à une telle série noire de fiascos à répétition : à New Delhi, Tbilissi et Bangkok, juste après plusieurs arrestations préventives, un mois plus tôt (y compris à Bangkok même, Bakou -encore aujourd'hui-, San Carlos de Bariloche, en Argentine…). Comme si les commanditaires des terroristes ne prenaient plus de précaution élémentaire avant de les jeter dans la bataille. Téhéran sait, en effet, qu’Obama a restreint la coopération anti-terroriste entre les Etats-Unis et Israël. Les articles de presse de certains de ses « chiens de garde » : Mark Perry dans Foreign Policy, NBC news, voire George Malbrunot dans le Figaro, pointant un doigt accusateur sur le « Mossad », en Iran, démontrent une stratégie bien rôdée visant à garder « les mains blanches » pour pouvoir négocier.

 

C’est parce que l’Iran sent qu’Israël est, de plus en plus, lâché par cette Administration que Téhéran lâche ses propres chiens, non seulement contre Israël, mais selon les discours de Khamenei même, contre tout Juif à travers le monde, dans une guerre qu’il n’a pas peur de qualifier « d’extermination ».

 

Ces attentats, plus ou moins bien planifiés, répondent à l’accusation portée contre Israël, de chercher à interrompre, par tous les moyens, la chaîne opérationnelle iranienne menant à la bombe. Comme l’affirme  Ronen Bergman, spécialiste de ces questions, à chaque élimination d‘un savant iranien : peu importe qui l’a fait, l’essentiel est que l’Iran soit persuadé que seul Israël va aussi loin dans sa lutte anti-terroriste, que ses services extérieurs ont pénétré une partie de l’opposition iranienne, et sans doute, de la hiérarchie des Gardiens de la Révolution, grâce au recueil d’informations auprès de transfuges exilés.

 

Le cas de Bangkok est spectaculaire, puis qu’il se signale aux autorités par ce qu’on a coutume d’appeler un « accident de travail », lorsque le même cas se produit à Gaza et dans les Territoires. La coopération régionale fait que les trois kamikazes mâles sont rapidement arrêtés : Saeb Morabi, le « malheureux » automutilé par sa propre bombe, Mohammad Hazaei, 27 ans, alors qu’il tente de s’échapper vers la Malaisie, et, dans ce même pays, Masoud Sedaghatzadeh, quelques heures à peine après son débarquement à Kwala Lumpur. Finalement, dans le terrorisme, il n’y a pas de parité, puisque seule s’enfuit la femme de ce gang terroriste : Leila Rohani, qui a surtout assuré un volet logistique (location) qui n’a pas porté chance à ses comparses.

 

Si l’on doit en croire le journal koweitien Al-Jarida, une autre cellule, visant à assassiner Ehud Barak, aurait été arrêtée à temps, à Singapour, grâce à une fuite orientée du renseignement israélien vers la police locale, avant que le Ministre de la défense n’assiste à un meeting aérien et à différentes réunions de coopération dans la cité-Etat asiatique. Israël n’a pas confirmé cette tentative, comme d’importance stratégique trop colossale ( ?).

 

A l’heure qu’il est, la Turquie fait l’impossible pour laisser croire à Téhéran que ses radars n’échangent aucune information avec Israël, lorsque les installations turques sont reliées à celles du Neguev, et contrôlées par les seuls Américains. Tout cela parce que l’Iran l’a choisie pour être le lieu de point de départ de ces « négociations » sur le nucléaire ! Quelle promotion internationale pour l’immobile mais toujours Sublime Porte !

 

Et les « Grandes Puissances » n’y voient toujours rien à redire, hormis un peu d’agitation diplomatique… Inquiétant, non ? Oui, ce qu’il l’est vraiment, c'est, qu’à cette heure, au moins, Israël ronge son frein en devant attendre la preuve par neuf que cette attente ne sert à rien qu’à laisser progresser Téhéran, et, demain, poser ses conditions, lorsqu’il aura atteint son objectif. En Mars, Ehud Barak et Binyamin Netanyahou seront convoqués, comme des collégiens dissipés, à la Maison Blanche. D'ici là, le promoteur des Frères Musulmans, James Clapper doit encore faire une escale à Jérusalem pour ses bonnes oeuvres... 

 

Et l’ordre de la dissuasion élémentaire s’en trouve déjà chamboulé : depuis plusieurs semaines, différents généraux iraniens, dont, ce jour même, Mohammed Hejazi, ou éditoriaux dans des organes de presse du pouvoir, renversent la situation à leur profit : désormais, grâce à l’Occident passif, c’est Israël qui se voit menacé de « frappe préventive » iranienne. Le monde est fou, non ? Cela sent, assurément, la "drôle de guerre", mais il se pourrait bien que, déjà, les règles du jeu aient changé, du fait de ce grave revers de situation...

 


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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 17:46

 

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N.Sarkozy zappe le changement de centre de gravité au Moyen-Orient et la marginalisation inéluctable du conflit palestino-israélien

 

Par Marc Brzustowski

 

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Le discours du Président-futur candidat de la France, Nicolas Sarkozy fleurait bon la naphtaline et le renvoi au musée de la politique « Arabe » de la France, ce mercredi 8 février, devant les instances politiques assemblées au Dîner du CRIF. Cette orientation s’est, en effet, au cours du XXè siècle, presque entièrement focalisée sur le soutien à une cause islamo-nationaliste, dite palestinienne, et sur l’acquittement des intérêts pétroliers du pays. Concrètement, le soutien indéfectible à la cause en question ne suffira plus, dans les décennies à venir, à assurer l’approvisionnement en pétrole de l’Europe et de l’Occident, comme lors du véritable choc de civilisation de 1973, qui se matérialisait par la mainmise sur le goutte-à-goutte d'or noir.

 

Sarkozy manque deux rendez-vous : l’un avec l’opinion publique (et, notamment, la "rue arabe"), pour qui le centre de gravité du Moyen-Orient s’est dangereusement déplacé vers Damas et Téhéran. Et l’autre avec les intérêts occidentaux directement menacés, dans le Golfe Persique, par l’Iran nucléaire. Crise dont va dépendre le prix à la pompe au moment des élections.

 

Ces deux valeureuses causes sont sous menace d’éclipse, précisément, à cause du chaos qui règne dans la région, dans les pays subissant ou ayant récemment subi une « révolution », soit une série de quasi-coups d’Etat, généralement, au profit des Islamistes les plus radicaux.

 

Et d’autre part, du fait des percées hégémoniques de l’Iran et du ciel bas et lourd qu’il fait peser au-dessus des différents détroits, porteurs de manne pétrolière : Hormuz, celui dont on parle le plus ; mais aussi, le détroit de Mab el-Mandeb, à l’extrémité sud de la Mer Rouge, et le Canal de Suez, que prétend traverser sans encombre la flotte iranienne, comme elle l’a fait, dès les prémisses du « Printemps du Caire », en remontant jusqu’à Latakia, en Syrie. L’envoi par Téhéran, de deux navires, qui mouillent dans les eaux de Jeddah, en Arabie Saoudite, depuis le 3 février, a vocation à démontrer que personne ne se met en travers de leur voie navale, où qu’ils souhaitent se rendre, y compris pour déverser des flots d’armes vers leurs alliés à Beyrouth ou à Damas. C’est ce que décrit l’analyste de la Marine américaine, J.E Dyers (ICI/), en déplorant le recul des mouvements marins des Etats-Unis, au même moment, dans la zone d’extension des prétentions de l’Iran. Elle rappelle, également, que ce déploiement intervient au pire moment des menaces de Téhéran contre tout pays d’où partirait une attaque contre ses installations nucléaires, ne servant ainsi que les intérêts de « la tumeur cancéreuse sioniste » (sic.). Cette démonstration de la marine iranienne a eu lieu le jour même où le porte-avions Amiral Kouznetsov, russe, quittait les eaux de Tartous, peu de temps après les émeutes footballistiques de Port-Saïd à l’entrée du Canal de Suez, puis à Port-Suez, à son extrémité-sud, en Egypte, rendant le pays des Pharaons de plus en plus incontrôlable. Elle s’interroge pour savoir si les pays de la région vont devoir adopter une posture « post-américaine », du fait du déclin du rôle de « gendarme des mers » de la flotte US.

 

Sarkozy, de son côté, s’est surtout indigné, c’est tellement commode, de ce qu’alors que le monde arabo-musulman se modernise dans son bel élan irrépressible vers la « démocratie » ( ?), le « cœur de ce monde », le conflit palestino-israélien, restait « glacé » et frappé d’immobilisme depuis 63 ans.

 

A l’heure qu’il est, les Frères Musulmans réclament la nomination d’un Premier ministre issu de leurs rangs à un Conseil Suprême militaire à bout de souffle ; Les Salafistes et Ennahda, prennent le contrôle de tous les échelons de la société tunisienne. Le tribalisme meurtrier et milicien règne à Tripoli, pourtant « libéré » par l’OTAN. Sarkozy veut aider ces jeunes pousses rongées par la même plante carnivore : l’islamisation radicale et anti-occidentale à tous les étages. Et il offre 100 millions d’euros à Ennahda, en augmentant les subsides de l’Autorité Palestinienne. Il croit, sûrement, se tailler un boulevard de campagne, dans les ronces dont nulle rose du Caire n'est indemne.

 

Nicolas Sarkozy serait bien inspiré de demander conseil à son ami Obama, en matière de « coaching » financier des révolutions : dans un bras-de-fer sans précédent avec les Etats-Unis, Le Caire affirme préférer renoncer à l’aide financière de l’Amérique, plutôt que de relâcher les militants pro-démocratie américains qui ont voulu frayer avec la foule du Square Tahrir. Les voilà traités comme des « conspirateurs » contre le dogme égyptien du tout-pouvoir aux Islamistes. Ils risquent 25 ans de prison dans les geôles des nouveaux maîtres du Caire.

 

C’est encore oublier qu’autant la déstabilisation croissante de l’Egypte, sous le poids de la crise politico-économique en spirale qui s’y installe, que le bain de sang en Syrie sont, et pour longtemps le centre de l’attention publique.

 

Homs, Hama, Deraa, Zabadani, Alep, sont des villes-martyres déchirées par les escouades de tous les régimes soutiens de la sacrosainte « Cause Palestinienne », ces dernières années. La symbolique de leur nom se substitue sans conteste aux montages de Pallywood sur Jénine, Ramallah ou le carrefour de Netzarim (Al Dura, 2000), pour donner dans le vif du sujet de la répression d’un des principaux parrains de la guerre palestinienne contre Israël : Bachar al Assad. Il n'est donc pas étonnant, qu'au moins par deux fois, l'AFP et diverses agences de presse sur commande, aient tâché de proposer de nouveaux clichés trafiqués d'une petite fille "victime" de la ranger d'un "soldat israélien", scène tournée au Bahreïn ; ou une seconde, d'un "palestinien sous le tracteur d'un "soldat israélien", à Al Dirat, en Cisjordanie... Façon, sans doute, pour les désinformateurs patentés de tenter de "sauver leur honneur perdu".

La seule idée qu'il aura fallu que les bombardements et les chenilles des chars post-soviétiques du bourreau Assad roulent sur le dernier visage syrien écrasé dans la boue, pour que subsiste la sacrosainte "résistance" russo-irano-syrienne et hezbollahnie contre Israël, restera une conscience orwello-pavlovienne lourde à partager : par l'Occident qui aura assisté au spectacle les bras croisés, mutique et presque complice, dans ses indignations feintes de Conseil d'Insécurité, dont les jeux sont faits avant d'entrer en piste. Pour les bénéficiaires palestiniens de l'aide "efficace" de leur Frère Bachar à la lutte, au prix du dernier homme libre de Syrie... 

 

L’aide directe et constante du Hezbollah libano-iranien se compte à plusieurs centaines jusqu’à un petit millier de combattants qui contribuent directement aux massacres, comme snipers depuis les toîts. Le chef des brigades Al Qods, des Gardiens de la Révolution islamique, Qassem Souleimani fait des allers retours incessants vers Damas pour prodiguer ses conseils en matière de répression sanglante ou comment venir à bout des insurgés. L’opposition syrienne atteste d’un transfert phénoménal d’armes chimiques en direction d’Homs et d’autres foyers-rebelles, craignant qu'ils ne subissent une pluie d'ogives chimiques (comme sut le faire Saddam Hussein contre les Kurdes). Du matériel d’écrasement anti-insurrectionnel et d’écoutes des communications des rebelles, des moyens techniques et des hommes de main sont fournis en flux tendus, par l’Iran à Assad, dont une base a été ouverte à Zabadani.

 

Mis bout-à-bout, ces processus en cours : l’islamisation croissante des pays postrévolutionnaires du printemps dit « Arabe » et la mise à mort en direct de la nation syrienne, au nom d’un pseudo-Etat sectaire (alaouite) sous allégeance iranienne, dissipent les dernières illusions d’une quelconque cause « nationaliste » mythique, chez les Palestiniens. Le Hamas est le premier mouvement et le plus important, à illustrer cette scission interne. Une partie de sa branche extérieure, anciennement logée à Damas, sous l’égide de Meshaal et Marzouk, a dû fuir et se réfugier au Qatar. Mais c’est elle, discréditée à l'interne, qui établit un traité d’union « nationale » avec Mahmoud Abbas, que conteste aussitôt la branche gazouïe, autour d’Ismaïl Haniyeh, qui se rend à Téhéran. Le mouvement est, en fait, déchiré de l’intérieur, à la mesure des échos en provenance de Syrie. Les Frères Musulmans n’acceptent plus qu’il s’affiche à la solde d’un régime chi’ite, qui lui reproche, en retour, de ne pas soutenir ardemment le dictateur menacé, comme le fait sans sourciller Nasrallah à Beyrouth.

 

La réalité sanglante de la Syrie démontre que s’il existe bien un Etat ultra-violent et répressif, la nation syrienne, quant à elle, est de plus en plus soumise aux fluctuations confessionnelles. Le combat pour le contrôle de Homs est séminal dans cette révolte, puisque c’est là que passent les oléoducs actuels et futurs du pays vers la façade Méditerranée. Le pays pourrait bien se cliver en plusieurs entités selon leurs influences transfrontalières, l’essentiel restant la maîtrise sur les ressources.

 

Surtout, historiquement, la séparation de la région « Palestine » d’avec la Syrie, en 1920, est le véritable moment de catastrophe ou « Naqba », terme forgé à l’époque, pour les habitants arabes de cette province de la Grande Syrie. Les forces qui domineront, demain, à Damas et dans ses régions limitrophes, décideront, comme hier, aujourd'hui encore et peut-être demain, les Assad, du devenir de la « Cause ». Actuellement, personne, ni à Ramallah à Gaza, ni à Doha, encore moins au Caire, trader d'accords sans lendemain, ne dispose des clés de l’avenir. Et Jérusalem ne saurait se construire d’interlocuteur clé-en-main pour satisfaire aux approximations d’un ex-futur improbable Président, lors d’un dîner parisien très couru par la classe politique…

 

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 17:12

 

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Turquie/Qatar et Israël premiers bénéficiaires du conflit syrien ?

 

Il signe la fin du bras de fer américano-russe et l’heure du règlement de compte sunno-chi’ite.

 

Par Marc Brzustowski

 

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armée syrienne quittant Deraa : une armée qui occupe son propre pays : combien de temps est-ce viable?

 


Les puissances mondiales s’affrontent autour de la Table du Conseil de Sécurité de l’ONU en se neutralisant mutuellement, à travers les résolutions  successives, qui ne permettent pas de mettre un terme au massacre en Syrie.

 

La question d’une frappe des installations nucléaires iraniennes occupe la scène médiatique, par les indiscrétions volontaires du Secrétaire américain à la Défense, Léon Panetta : il l’évoque à moins de trois mois, de la part des Israéliens. Mais on cherche, fondamentalement à savoir qui « dominera le Moyen-Orient », à travers le découpage des rapports de force qui fera suite à ces deux crises foncièrement imbriquées.

 

Américains, depuis leur retrait d’Irak, et Russes, dans leur soutien désespéré à Assad, à quelques semaines de la Présidentielle que se réserve Poutine, semblent, tous deux, dans un jeu perdant-perdant. Ils peuvent encore jouer les gendarmes régionaux, en sortant leur panoplie de porte-avions, leurs impulsions diplomatiques et leurs vetos. Mais il apparaît, de plus en plus, évident que ce sont les acteurs moyen-orientaux qui définissent les règles de leur propre jeu, quelle que soit la part du gâteau énergétique et idéologique à se partager à l’issue des conflits en cours. C’est particulièrement clair, dans la partie qui se joue en Syrie. Elle est le fruit "involontaire", en tout cas empoisonné, imprévu de la fin officielle de la guerre d’Irak… et le début d’une redistribution confessionnelle des pouvoirs et territoires. En abandonnant les choses en l’état, certes les Américains, semeurs de stabilité toute provisioire, n’ont pas amélioré leur popularité au Moyen-Orient. Mais, le dernier allié valide de la Russie, Damas, loin d’être un des bénéficiaires de ce retrait, en paie directement les frais. Puisque c’est l’Iran qui renforce sa mainmise sur Bagdad, dominée par les Chi’ites autour de Nouri al-Maliki, les Sunnites ne pouvaient, longtemps, l’entendre de cette oreille.

 

Une coalition semble se dessiner dans les contreforts de l’Irak et de cette Syrie ensanglantée, entre la Turquie, l’Arabie Saoudite et les pays du Golfe, représentés par l’hyper-activisme diplomatique du Qatar. Aucun de ces pouvoirs n’est prêt à se satisfaire des occurrences de l’ancienne « Pax Americana », à l’heure de son passage au musée des vestiges du XXè siècle. Ce sont eux qui soutiennent, de près ou de loin, l'Armée Syrienne Libre, devenue l'empêcheur de réprimer en rond pour le régime Assad, le Hezbollah et l'Iran. Assad le-dernier-fou-de Moscou n'a plus qu'une solution : la boucherie. Un jour où l'autre, elle devra fermer. En tout cas, il ne connaîtra plus jamais la paix de l'âme et du règne.

 

Téhéran a mis la pression sur Al-Maliki pour que l’Irak devienne son autoroute pour la propagation de la « Révolution islamique » (alias révolution pan-chi’ite). Par contrecoup, Sunnites et Kurdes d’Irak comprennent que leur avenir ne se fera pas à travers une union irakienne respectueuse de la répartition démographique des pouvoirs, mais en opposition à ce courant qui, sans eux, se trouve minoritaire en Irak. De fait, le verrou syrien, puisqu’entre les mains de la minorité alaouite pro-chi’ite, était appelé, à un moment ou un autre, à sauter : non parce que les Américains s’en chargeraient, mais parce que la majorité de la population syrienne, sunnite à 74%, ne supporterait plus cette tutelle pro-iranienne, dans la prolongation de l’état de guerre contre Israël. En effet, il ne s’agit pas tant de savoir si le peuple syrien reste hostile à l’Etat juif, que le fait que cette hostilité soit devenue le prétexte à l’expansion domestique d’une hégémonie idéologique chi’ite, au Liban, en Syrie, en Irak, qui a pris le pas sur le constat de la défaite des pays arabes face à « l’entité sioniste ».

 

Dans cette configuration, Bachar-al-Assad incarne le dernier état « arabe » (post-soviétique) en lutte ouverte contre Israël. Mais, pour pouvoir continuer de mener ce combat unilatéral, la Syrie n’a pu que s’allier avec Téhéran et ses supplétifs du Hezbollah libanais, au point de tomber dans leur escarcelle, tout en exerçant sa mainmise sur la cause palestinienne, à travers ses réseaux terroristes. De fait, la victoire de l’Islam contre le Sionisme passerait, depuis lors, par la soumission des masses sunnites à l’agenda de ces « hérétiques » chi’ites, qui combattent jusqu’au suicide pour le retour de leur 13è Imam. En devenant le leader de la lutte apocalyptique contre le « Diable, ou l’Intrus Juif », y compris à travers sa menace nucléaire, l’Iran a construit les conditions de sa domination sur l’autre branche majoritaire de l’Islam et lui impose son sens de l’histoire conforme à son propre agenda.

 

Combattants sunnites de l'ASL rebelle.

 


Si on veut comprendre le conflit, essentiellement confessionnel qui se joue en Syrie, il faut, au-delà de la lutte contre la répression des Assad, avoir aussi en tête cette lutte pour l’affirmation de la « vraie doctrine » entre les deux versions de l’Islam. Sur le plan des anciens empires en présence, la Turquie, pas plus que les régimes traditionnels du Golfe ne veulent se laisser imposer le sens de l’histoire par l’empire perse résurgent. Finalement, nous proposons une lecture à l’envers de la « théorie des dominos », où le retrait américain provoque un vide et où, si les Iraniens comptent sur cet effacement pour générer leur grand axe, de Téhéran jusqu’à Beyrouth, en passant par Bagdad et Damas, le contrepoids sunnite, appuyé par Ankara et les monarchies, se sent être la dupe de ce deal pour la dominance au Moyen-Orient. De même, en apparaissant en phase d’affaiblissement et de recul, l’Amérique, longtemps surreprésentée militairement, redistributrice des cartes ("Oslo") entraîne dans son déclin, le Kremlin, qui apparaît comme le « roi nu », dernier soutien de la dictature, sans doute, la plus méprisée et sanguinaire de cette partie du monde. Fini le temps des « luttes de libération contre l’impérialisme » : la Russie post-soviétique n’est rien moins qu’un empire survivant qui tient à faire régner l’ordre dans son arrière-cour et préserver ses débouchés en Méditerranée et Asie Centrale.

 

Ceci ne fait pas l’affaire de la Turquie d’Erdogan, qui caresse son propre rêve hégémonique néo-ottoman. Si l’Iran est dominant à Bagdad, les réseaux turcs sont historiquement majoritaires à Alep, par leurs filiales commerciales et les alliances entre clans à majorité sunnite. La perspective d’une solution pro-turque en Syrie menace autant la Russie et son potentiel d’accostage maritime à Tartous, ou ses anciens dominions d'Asie Centrale, que l’Iran et son besoin d’étendre le bras contre Israël jusqu’au Sud-Liban et à Gaza, via Hezbollah, Hamas et Jihad Islamique. Si cette continuité des couloirs terroristes n’était plus assurée ou aux enchères, Israël, même si honni par « la rue arabe », bénéficierait indirectement de cette redistribution en cours de la maîtrise des acteurs du terrorisme. Les armes, les missiles continuent d’affluer, plus que jamais, à l’aune des « printemps arabes », mais les centres de pouvoir et de décision sont, provisoirement plus éclatés et partagés qu'ils ne l'ont jamais été. L'instabilité, la violence restent plus prégnantes dans les pays limitrophes de l'Iran que directement menaçante pour Jérusalem. 

 

L’Egypte est, certes, devenue une bombe à retardement, avec la libéralisation anarchique des trafics dans le Sinaï, dans une nouvelle continuité toute aussi dangereuse, qui va de Tripoli jusqu’à Rafah, en passant par El Arish. Mais le problème majeur qu’affronte Le Caire correspond à la dilution de ses formes de gouvernance, à mesure d’un état postrévolutionnaire incapable de s’imposer une transition politique viable. Il en va de même de la Libye, dont le régime tient du règlement de compte intertribal et de la domination sectorielle de telle ou telle milice, avec un risque majeur de débordement sur les pays proches. Ainsi, les anciens gardes Touaregs de Khadafi déferlent actuellement sur certaines zones du Mali, au point de menacer le pouvoir central à Bamako. L'onde de choc se diffuse jusqu'au Nigéria et menace toute la région sahélienne. Comparativement, la révolution fondamentaliste iranienne de 1979, à travers son caractère hautement répressif, apparaît rapidement reconcentrer les pouvoirs entre les mains d’une élite homogène et structurée : les Mollahs de Qom, dont la doctrine est relativement claire, à travers le Velayat e-Faqih. Rien de tel, à cette heure, à Tripoli, au Caire ou à Tunis, même si les Frères Musulmans déchaînés veulent apparaître comme le nouveau mouvement politique incontournable, imposant partout l'ordre de la Chari'a.

 

Par manque de capacité à susciter l’adhésion populaire, la conquête du leadership dans la « cause palestinienne », sorte de placebo ou de prothèse régionale à l’absence  de projet politique, redevient progressivement le leitmotiv primordial. Pouvoirs sunnites et chi’ites se contestent la mainmise sur ce « trésor de guerre » et le Hamas, futur dirigeant à Ramallah, du fait du reflux américain et de l’effondrement du « processus de paix » devient l’enjeu de toutes les convoitises, autant qu'il est devenu SDF. Essentiellement lié aux Frères Musulmans égyptiens, ceux-ci comptent sur lui pour maintenir l’entente entre les deux principales composantes de l’Islam, sur le plus petit dénominateur commun : la lutte contre Israël. S'ils peuvent emporter 75% des suffrages au Caire, faute d'alternative et grâce à la fraude électorale, ils ne représentent guère que 15% à Damas et devront faire alliance, composer... Cette alliance artificielle est menacée, tant par la montée des revendications populaires, largement étrangères à cette cause fédératrice, que par la lutte entre les empires : turc, qui courtise et finance le Hamas, perse, qui ne renonce pas à son arc chi’ite jusqu’à travers le Jihad Islamique à Gaza, ou saoudo-jordanien, qui veulent surtout que les choses se maintiennent comme elles ont toujours été jusqu’à présent, et contenir le danger perse.

 

La Chine, quant à elle, joue le même air sur tous les tableaux, multipliant les appels du pied, tant vis-à-vis du Qatar et de l’Arabie Saoudite, de l’Iran où elle puise une part importante des énergies dont elle est grande consommatrice, ou d’Israël avec lequel les affaires sont florissantes… Elle profite, essentiellement sur le plan commercial, du recul des Américains et des Russes, mais reste loin de s’y substituer sur le plan des alliances militaires. Le pactole pétrolier et gazier à l'Est de la Méditerranée, redistribuera les enjeux entre Israël, ses alliés sud-européens (Grèce, Chypre) et la Turquie, à quelques années d'ici, faisant des grandes puissances des Etats-clients...

 

L’Iran, cependant, ferait bien de se méfier du retour de flammes de son « exportation de la révolution », même s’il peut passer des accords provisoires avec les Frères Musulmans. Le réveil des acteurs sunnites, kurdes, en Syrie, en Irak et d’autres ailleurs, au Liban, notamment, risque de l’entraîner dans une guerre interconfessionnelle jusqu’aux limites et, peut-être un jour prochain, à l’intérieur de ses propres frontières… Sans compter sur la détermination d’Israël, avec ou sans les Etats-Unis, à ne pas lui permettre l’accès à la bombe atomique, comme bouée de sauvetage pour un régime usé jusqu’à la corde qu’il tisse pour pendre ses ennemis intérieurs… La crise devrait, alors s'étendre au Caucase, où la Russie compte sur l'Arménie et son nouveau petit frère d'Abkhazie, pour contenir des autorisation de survol de l'Azerbaïdjan et de la Géorgie. La Russie renforce déjà ses troupes aux frontières. Ce pourrait être la dernière grande conflagration des blocs...

 

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 16:40

 

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Les nouvelles lignes de fracture entre l’Iran, Israël, la Turquie et les pays du Golfe

 

Par Marc Brzustowski

 

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"Déserteurs" de l'Armée Syrienne Libre

 

 

Selon les dires de l’opposition syrienne, le Régime de Bachar al-Assad mettra encore, au moins, deux mois avant de s’effondrer, malgré le soutien actif des Gardiens de la Révolution et du Hezbollah.

 

Vendredi, l’Armée Libre Syrienne diffusait une vidéo (lCl) des confessions de 7 Pasdaran, implorant le Guide Suprême de la République Islamique de tout faire pour assurer leur libération. La condition posée par l’ASL, qui traite directement avec le Grand Ayatollah, est le retrait unilatéral de toutes les forces iraniennes et de la milice libanaise s’ingérant dans les affaires intérieures de la Syrie. Il ne s’agit pas seulement de « kidnapping » au coup par coup, mené par des cellules isolées se défendant dos au mur. L’armée rebelle s’est rendue maîtresse de la plupart des banlieues de Damas, la capitale devenant, peu à peu, la nouvelle ligne de front : dans Douma, Harasta, Hamowriya, Su’ban, Madayia et Ghouta, ces troupes qui ont fait défection opèrent ouvertement et librement. De là, ils s’affrontent régulièrement à toutes les unités d’élite et aux services spéciaux encore fidèles au régime. Il existe même, désormais, une brigade féminine de l’Armée libre. La ville de Zabadani, ancienne zone de casernement iranienne, hier défendue par le Hezbollah libanais, à 32 kms de Damas, est, désormais considérée comme la nouvelle « Benghazi » de Syrie, où s’organisent ses quartiers généraux. Jérémy Bowen, journaliste à la BBC, a pu s’entretenir avec les militaires rebelles de Douma, contrôlant le centre de cette ville, jeudi matin. Michaël Weiss, du Daily Telegraph, recueille des témoignages qui décrivent le régime si faible que ses nervis en sont réduits à piller les banques pour alimenter les fonds de la répression.

 

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Manifestation des Kurdes de Syrie au Kurdistan irakien

 

Bien entendu, on est fondé à craindre une nouvelle domination de la coordination nationale syrienne par les Frères Musulmans, comme on l’a observé en Libye et lors des élections égyptiennes et tunisiennes. Mais la question des minorités transfrontalières est particulièrement intéressante pour les faire apparaître comme un contre-pouvoir de poids, dans l’arène politique post-Assad. D’abord, le Liban proche est multiconfessionnel et ce type d’approche reste, en grande partie, valable, dans l’analyse des rapports de forces et d’influence en Syrie. Par comparaison, les Chrétiens coptes, parmi les premières victimes du « réveil islamiste » en Egypte, sont totalement isolés au milieu de plus de 80% de Musulmans, sans issue aucune. Ce n’est pas le cas des Druzes du Liban et de Syrie, autour du plateau du Golan, encore moins des Kurdes, qui se révèlent un acteur de plus en plus opérationnel, à cheval sur les quatre frontières : de Syrie, de Turquie, d’Iran et d’Irak. L’instauration du Kurdistan irakien, prospère, résilient à toutes les attaques de ses voisins, influent dans les affaires de Bagdad, offre une colonne vertébrale aux différents partis kurdes. Traditionnellement divisés, ils n’ont d’ailleurs pas les faveurs des jeunes kurdes syriens. Assad a tenté d’exploiter ces divisions, en s’aliénant un parti syrien proche du PKK turc, mais cette diversion a largement échoué. Un Conseil National Kurde s’est forgé pour faire valoir ses droits auprès du Conseil National Syrien, représentant de l’ensemble de l’opposition. Massoud Barzani, Président de l’entité autonome kurde d’Irak, après avoir décliné toute invitation d’Assad, a choisi de jouer un rôle important sur la scène syrienne. Il a accueilli à Irbil, le chef du CNS, Burhan Ghalyoun, qui a besoin du CN Kurde pour poursuivre la lutte contre Assad et apprécie donc cette médiation de leurs frères irakiens. A l’heure qu’il est, les négociations se poursuivent afin de parvenir à un programme politique commun, faisant place à l’autonomie auxquels les Kurdes aspirent, sans pour autant mettre en péril le noyau dur de l’identité nationale syrienne.

 

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Massoud Barzani, le Kurde, et Nouri al-Maliki, le Chi'ite en Irak. 

 

    Le Kurdistan irakien joue un rôle nouveau de « pacificateur » régional au Levant et de facteur de stabilité. Par la médiation entreprise entre Sunnites et Kurdes syriens, il fait contrepoids à la mainmise que la Turquie entend exercer sur l’avenir de la Syrie. D’autre part, si Turcs et Kurdes s’opposent traditionnellement, voire s’entretuent, ils pourraient bien avoir, au moins temporairement, un intérêt commun à ce que l’Irak ne tombe pas entièrement sous la coupe de Téhéran, servant « d’autoroute » à ses troupes pour venir semer le chaos dans une Syrie réunifiée d’après le soulèvement.


 C’est pourtant bien le joker que constitue actuellement l’Iran pour suppléer à la perte de son allié traditionnel de Damas. En embauchant Bagdad dans la « chaîne d’or » de la « résistance contre Israël et les Etats-Unis », les Gardiens de la Révolution ont, d’ores et déjà, annoncé la couleur de la poursuite de leurs exactions au Moyen-Orient : empêcher toute stabilisation, tant de l’actuel Irak que de la future Syrie, au détriment d’Ankara, de Riyad ou Amman. Il s’agit de dessiner les lignes de confrontation avec chacun de ses pouvoirs considérés comme porteurs d’un « Islam occidentalisé ». La Turquie, bien que fortement opposée à Israël, se trouve, de plus en plus souvent, la cible des attaques des différents porte-parole des instances et de la presse iraniennes. Celles-ci accusent Israël, la Turquie, la Jordanie et les Pays du Golfe, de « complot » visant à affaiblir la « résistance » et responsables de la punition infligée au régime Assad, pour l’avoir incarnée, avec le Hezbollah et le Hamas, jusqu’à ce jour. Ce dernier mouvement islamiste est d’ailleurs, progressivement, rejeté dans le camp des « traitres » et réduit à chercher sa place dans d’autres capitales arabes que Damas.

 

D’autre part, le Kurdistan commence à exercer une certaine fascination sur plusieurs dirigeants de l’opposition libanaise au Hezbollah, discrédité pour son appui au régime alaouite. Le moyen de repousser l’influence grandissante de la milice chi’ite, pour cette opposition écartée du pouvoir à Beyrouth, passe par l’effondrement des Assad. Coupé de sa base, le Hezbollah ne pourra plus s’approvisionner en temps réel en matériel iranien par l’aéroport damascène. Devenu plus vulnérable, lui restera à investir en Irak, contre la Jordanie et le Conseil des pays du Golfe, à travers les minorités chi’ites d’Irak, du Bahrein et ailleurs, afin de survivre à sa perte de prestige au Liban. Sa force résiderait alors dans la perpétuation de « l’axe chi’ite », dont l’épicentre serait Bagdad, avec l’appui des hommes de Moqtada Sadr, qui ont combattu les Américains. La minorité alaouite d’Assad ne pèse donc plus très lourd et à, d’ores et déjà, perdu la bataille de Damas, même si on ne le reconnaît pas plus à Téhéran qu’à Daniyeh, dans la banlieue chi’ite de Beyrouth. Par effet de vases communicants, les Sunnites, majoritaires en Syrie, mais aussi les Kurdes, les Druzes, Maronites, Syriaques sont appelés à trouver de nouveaux équilibres dans les sources de pouvoir, en s’appuyant sur leurs parrains respectifs : Ankara et Irbil.

 

Sous la vague verte du « courant islamiste », qui a gagné la première manche en Egypte, Tunisie, Libye, une seconde définition de l’unité nationale, par fédération des minorités, pourrait se faire jour au Levant, doté de plus solides contre-pouvoirs, capables de compter lors des prochaines remises en jeu. Le « pragmatisme » qui n'a pas été le fort d’Erdogan, ces dernières années, à l’encontre d’Israël, pourrait s’imposer à Ankara, du fait même de l’hostilité plus menaçante de l’Iran à son encontre : les chefs de l’Armée iranienne ne promettent-ils pas de détruire le bouclier anti-missiles de l’OTAN en Turquie, comme la preuve de « l’Occidentalisation » turque et de son inimitié « purement symbolique » envers Israël ?

 

Il n’y aura, sans doute pas de « réconciliation » en vue entre Jérusalem et Ankara, d’ici longtemps. Mais, la Turquie devra s’accommoder de l’émergence de l’identité kurde, et de son rayonnement à partir de sa zone d’autonomie irakienne. Elle s'appuiera moins sur l'Iran pour en venir à bout. Allié d’Israël et des Etats-Unis, le Kurdistan offre un contre-modèle de développement à l’ensemble des minorités d’Orient. Le bras de fer entre Chi’ites et Sunnites devient central, à travers les deux entités non-arabes de l’Islam, ottomane et perse. Le conflit pour le contrôle des voies d’acheminement pétrolier ne bat pas encore son plein dans le Détroit d’Hormuz, entre Téhéran et Riyad, autre ennemi viscéral des Mollahs. Seul l’accès rapide à la bombe atomique semble leur offrir l’épée de Damoclès susceptible de faire trembler leurs adversaires du Levant et du Golfe. Si l’Arabité et l’Islam ont servi de référence unificatrice contre tous les autres, progressivement, une autre « révolution », encore balbutiante, parce que minoritaire, peut entrer en scène au Moyen-Orient, dans la diversification des sources de pouvoir… Israël a un rôle déterminant à jouer, en tant que premier Etat-Nation d'une minorité ethnique, autrefois opprimée, dans cette région tourmentée.

 


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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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