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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 17:27

 

 

 

L’Iran fête le 11 septembre 2001 :

 

Grads sur Israël et Scuds du Hezbollah irakien sur le Koweit.

 

 Par Marc Brzustowski

 

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info


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Excellence et fluidité, c'est Aschkel

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Les frappes chirurgicales israéliennes sur des cibles du Jihad Islamique ont, provisoirement, circonscrit la menace venue de Gaza, mais des roquettes sporadiques brisent encore ce calme incertain.

 

Une frappe a liquidé Ismaïl Zadi Ismaïl Azmar, responsable des cellules de lancement des Grads sur Israël et du financement du commando qui a perpétré les attentats complexes d’Eilat. Un raid sur un dépôt d’armes du gang terroriste pro-iranien, dans la nuit de mercredi à jeudi, a tué au moins deux de ses membres et blessé une vingtaine d’autres. Au total, le renvoi en enfer de dix membres du Jihad Islamique et dix autres des Comités populaires de la Résistance a aidé à brider l'offensive, en cours depuis le 18 août. Jeudi soir, le Jihad Islamique, pourtant très menaçant, la veille, prétendait s’en tenir à la trêve arrêtée, sous l’égide du Caire, entre les factions terroristes. L'accalmie reste précaire, soumise aux motivations de ces groupes et à l’agenda qu’ils se fixent.

 

Ces mouvements en marge du Hamas, lui servent généralement de prête-noms pour des missions qu’il ne compte pas endosser officiellement. Cette fois, ils ont, néanmoins, donné le sentiment de prendre de vitesse le groupe dominant à Gaza. Plusieurs indices précoces laissent penser que le gouvernement d’Haniyeh n’a fait que prendre le train en marche, mais qu’il n’est ni le point de départ de la tragédie d’Eilat, ni de la majorité des tirs de roquettes sur le Sud Israélien depuis lors. Si Jérusalem a adressé ses menaces de représailles au Hamas, ce sont, principalement, les deux groupes mentionnés qui en ont fait, concrètement, les frais. Ce n'est certes pas sans raison.

 

Cela ne constitue pas un changement politique à Gaza-City, mais plutôt un passage de main en main du fer de lance et des capacités de nuisance contre Israël. Le Hamas compte, à terme, sur l’appui des Frères Musulmans et leur influence au Parlement égyptien. Il négocie avec l’actuelle Junte militaire au Caire pour accroître sa marge de manœuvre par étapes. Le Jihad islamique suit les directives de l’Iran pour semer le trouble et accélérer le processus de décomposition du traité de paix israélo-égyptien. Les Comités populaires de la Résistance flirtent avec les Jihadistes du Sinaï et, comme eux, sont avides d'actions radicales. Mais tous trois hébergent les évadés des prisons de Moubarak et partagent le même intérêt à poursuivre la contrebande par les tunnels d’armes, de matériel et d’hommes. Le Hamas a donc négocié la trêve. L’accalmie sert essentiellement à ne pas fâcher les militaires égyptiens pour que le jeu des trafics reprenne, au stade où il en était à la veille du 18 août.

 

L’enclave compte sur l’agitation au Caire, à travers la mobilisation en cours d’un million d’antisionistes, devant l’Ambassade israélienne, pour exiger de la Junte l’annulation de tous les traités de 1979 avec Israël. C’est aussi ce que laisse entendre le Secrétaire-Général de la Ligue Arabe, Nabil Elarabi, affirmant que ces accords n’ont rien de "sacrés". Les preuves apportées par Tsahal que ses hommes n’étaient pas impliqués, au contraire, dans la mort de 3 policiers égyptiens, ne changent rien à l’affaire. Il s’agit de manipulation politique massive et d’une démagogie anti-israélienne usée jusqu’à la corde. Elle est sans rapport avec les intérêts rationnels de l’Egypte, à terme, eu égard à l’aide financière américaine pour sa remise à flots économique, après des mois de plongeon dans le rouge.

 

La Junte militaire va, sans doute, encaissé ces critiques, tout en poursuivant son renforcement militaire dans le Sinaï, avec la bénédiction de la Défense israélienne. Ce rehaussement égyptien s’accompagne, de l’autre côté de la frontière, d’un mouvement similaire, de la part de Jérusalem. La manœuvre est à double-tranchant, puisque si l’agitation continue, la rue y verra le moyen de venir en aide aux Islamistes de Gaza, et non, comme l’entend son Etat-Major, jusqu’à présent, de combattre Al Qaeda dans le Sinaï. Mais, en Israël, tout en se montrant dissuasif, on veut encore faire crédit à la « nouvelle Egypte », en lui accordant des aménagements, comme le droit de survol de la région par des hélicoptères. Ceux-ci doivent servir à frapper les nids terroristes, pas à violer l’espace aérien israélien. Des actes isolés hostiles ne sont, évidemment, pas à écarter.

 

Peut-on, alors compter sur une coopération anti-terroriste implicite, à l’écart du regard des foules, entre les deux pays ? La supervision d’une tierce-puissance d’arbitrage, venue des Etats-Unis, devra vraisemblablement y veiller. Comme elle s’y est, parfois, employée, au sujet des patrouilles conjointes israélo-palestiniennes, par le passé.

 

Ces failles creusées entre les deux parties peuvent donc, momentanément, suffire aux radicaux, au sortir de leur campagne d’environ une semaine. Ils ont fait mouche, l’objectif provisoire est atteint. Mais c’est, vraisemblablement une autre puissance qui entend tirer les marrons du feu, à long terme : l’Iran et son bras armé international, le Hezbollah.

 

Alors que ce tohu-bohu se poursuit, dans le Sinaï, les mêmes forces ont déclenché une autre salve, ce vendredi 26 août : c’est le Koweit, cette fois, qui fait les frais des tirs de 3 Scud, ce matin, en direction du Grand Port Moubarak qu’il édifie, sur l’île disputée de Boubiyan, face au rivage d’Irak. Ils ont atterri dans un terrain vague. C’est aussi la première fois, depuis l’invasion américaine que ces engins, détournés des stocks de Saddam Hussein, sont utilisés par le Hezbollah Kataïeb (le petit frère irakien de la milice chi’ite libanaise). 250 spécimens seraient en circulation entre les mains des séides pro-iraniens. Ce même groupe avait fait parlé de lui en piratant (Hacking) les communications et vidéos de drones américains, fait d'armes dont il se vante depuis 2008. 

 

Le Grand Port Moubarak en construction

 

Le Koweit a récemment massé des troupes, unités de police et de renseignement, 6è Brigade, 35è compagnie et unités navales pour défendre cet édifice. L’Irak a exigé des éclaircissements pour s’assurer que ces travaux n’entraveraient pas ses propres projets, dans le golfe de Bassora, ni le trafic pétrolier, depuis le Shatt al-Arb.

 

L’action déclenchée par le bras irakien des Gardiens de la Révolution iranienne est motivée par le fait que le port koweitien accueillera aussi les flottes américaine, saoudienne et des pays du Golfe. L’installation fera donc barrage à l’extension iranienne dans la région et ces tirs valent pour avertissement. D’autre part, l’éviction de Kadhafi, sur un autre théâtre d’opération, scelle le réchauffement de l’alliance entre l’OTAN et les armées du Golfe qui ont participé, même modestement, aux opérations libyennes.

 

Cette agitation aux frontières de la Perse coïncide aussi avec les derniers développements de l’enquête sur les attentats du 11 septembre 2001 : deux anciens chefs de la CIA témoignent des contacts entre Imad Moughniyeh, Ben Laden et Al Zawahiri au Soudan. Dès 1993, Al Qaeda a été formé en Iran et Afghanistan, aux détournements d’avions. Le cerveau terroriste libanais, agissant pour le compte des Mollahs, a fourni des visas américains en bonne et due forme aux pirates de l’air. Ces agents américains ont également recueilli le témoignage d’anciens membres du renseignement iranien passés à l’Ouest. Ceux-ci affirment que l’Iran avait une connaissance approfondie de ce qui se préparait. 4 mois avant les évènements, un message en provenance du haut-commandement iranien donne le feu vert et le plein "soutien à tous les plans futurs d’Al Qaeda ».

 

 

Ces publications tardives de ce dont on se doutait déjà depuis longtemps ne font qu’accroître la pression sur le gang d’Ahmadinedjad. Qui peut le plus peut le moins : les gardiens de la révolution représentent l’organisation terroriste la plus sophistiquée de la planète et une menace concrète pour tous les hommes libres. Téhéran est le centre nerveux d’où partent toutes les impulsions terroristes. Il ne saurait y avoir de stabilité, ni à la frontière égyptienne, ni dans le Golfe, ni dans les consciences des parents des victimes du 11 Septembre, de Bali, Mumbaï ou d’Eilat, tant que cette menace n’aura pas été traitée à la racine.

 


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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 19:49

 

 

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de voix et d'oeil clairs, par Aschkel

 

Le temps de l'Eveil : le Sinaï est bien, déjà, le théâtre du « 3è Jihad »

 

 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

Il est déconcertant de soupçonner, durant des mois, les pièces d’un puzzle en train de se mettre en place et de découvrir, trop tard, la survenue d’une tragédie parfaitement planifiée : comme celle d’hier, 18 août, au nord d’Eilat, à la frontière du Sinaï égyptien.

 

A cette heure, on dénombre au moins 8 morts et 41 blessés israéliens (dont dix ce matin à Ashdod), 7 terroristes interceptés et neutralisés, au cours d’une opération qui en comportait une vingtaine. Les autres se sont évaporés dans la nature, jusqu'à se faire sauter en bombe humaine contre un groupe de soldats égyptiens. Le sort de six autres terroristes, dont les 2 chefs du groupe incriminé, les Comités populaires de la Résistance, s'est réglé par une frappe de la force aérienne à Gaza, moins de 6h après le drame. D’autres représailles suivront, suivies de départs de missiles et roquettes depuis Gaza, dans le rayon sud et centre d'Israël, comme ce matin. Mais, sur le plan stratégique, quand est-ce que Gaza, comme pont avancé du terrorisme pourra être, sérieusement, démantelé ? Comment rapidement endiguer ce nouveau Jihad transfrontalier?

 

Depuis le 6 mars, donc, nous évoquions les pourparlers de tout ce que le Moyen-Orient compte de cerveaux jihadistes prêts à activer leurs adeptes : Youssouf Al Qaradawi, Khaled Meshaal, des envoyés du Hezbollah, du Jihad islamique égyptien, les services secrets iraniens, étaient les hôtes d’Omar el Béchir à Kartoum, avec pour objectif, le lancement de la IIIè Intifada. Il y a quelques semaines à peine, un groupe d'al Qaeda parfaitement structuré prenait la ville d’El Arish en otage durant plusieurs heures, en prônant l’établissement du Califat islamique dans la Péninsule. Le gazoduc vers Israël et la Jordanie était, cinq fois détruit.

 

Mardi 16 août, nous relations le lancement d’une offensive anti-terroriste de grande envergure par l’Etat-Major Egyptien. Le danger de ce qui se trame dans ces montagnes est comparable, selon des experts, à l’équivalent d’une nouvelle guerre afghane, avons-nous alors fait remarquer.

 

Mais, il a encore fallu attendre 48 h pour en prendre la confirmation cinglante à travers les informations filtrant de la région d’Eilat. Le type d’attentat multifocal orchestré relève d’un partage de connaissance et de logistique millimétrée pour enclencher une succession d’évènements létaux, au moment même où les forces se mettent sur le qui-vive pour y faire face et riposter. Un seul groupe isolé n’a pu prendre cette organisation minutieuse sous son chapeau sans bénéficier d’appuis et d’expériences, telles qu’elles sont mises à jour en Afghanistan et en Irak. La modélisation rappelle également le harcèlement constant au Sud-Liban durant 18 ans. Comme si ces guerres n’étaient qu’une répétition générale avant transfert de compétences mortifères contre une cible gardée en réserve durant toutes ces années de conflit.

 

Le moment politique choisi ne relève pas seulement de la cogitation de quelques fanatiques des montagnes, ni même de Gaza. Nous approchons de septembre, où Mahmoud Abbas doit occuper la scène de l’ONU, par une déclaration unilatérale. Le Hezbollah se trouve enfoncé dans une crise sans précédent, pris, apparemment, en tenaille entre le Tribunal international et l’isolement diplomatique de son fournisseur Assad. Celui-ci a plus que besoin d'une voie de délestage, pour desserrer l'étau dans lequel il s'est, lui-même enfermé. Dès février, des maîtres es-terrorisme chi'ites libanais et d’autres s’enfuyaient des prisons de Moubarak à travers le Sinaï, à la faveur de la « révolution » soutenue par l’Administration américaine. Certains ont rejoint Beyrouth. Mais, pour y apporter quel message de voie ouverte dans ces régions escarpées, auprès d’autres groupes prêts à passer à l’action ? L'un d'eux, Massaad Abdelrahim Charif, vient juste d'être repris par les forces du Caire, dans le Sinaï, le 17 août.

 

Les armes n’ont jamais cessé de passer par les tunnels sous le gruyère égyptien, avant que son armée ne commence à réagir, sans savoir précisément ce que serait l’étape suivante.

 

Le leadership israélien est face à un dilemme et des constats dont il n’a pas encore mesuré toute la profondeur. Khaled Meshaal souhaite transférer ses quartiers généraux de Damas au Caire. Autant dire qu’il s’agit d’ouvrir un centre de commandement d’une guerre anti-israélienne sans fin, appuyée par le poids politique des Frères Musulmans. La junte militaire est-elle disposée à faire front, face à des foules qui risquent de se retourner contre elle, par soupçon de collaboration avec « l’ennemi sioniste » ?

 

On comprend qu’en désignant Gaza comme la plaque tournante, ce qui est loin d’être faux, Ehud Barak et Binyamin Netanyahou tentent de minimiser les risques : ils circonscrivent, dans un premier temps, la menace à un ennemi déjà connu. Si les frappes sont « trop peu nombreuses », rien ne changera. Au contraire, on peut s’attendre à ce que ça n’aille qu’en empirant. Si elles sont massives, il y aura, comme toujours, focalisation médiatique et dénonciation de l’oppression qu’exercerait Israël en représailles. L’Etat hébreu offrirait alors un dérivatif aux réformes qui piétinent dans le monde arabe et en Egypte. L'offensive nécessaire risque d'offrir une couverture médiatisée, largement relayée par les rédactions orientées, après des décennies de réflexes pavloviens. Elle ne doit pas constituer un écran de fumée aux massacres indistincts que commet Assad contre son propre peuple. Le Hamas aura beau jeu de dénoncer toute « négociation » et même la déclaration unilatérale d’Abbas comme un simple simulacre, sans commune mesure avec la lutte qui, selon lui, devrait être menée, « au nom du peuple palestinien ». Il tentera alors de fédérer, de façon inespérée, mais sans trop de mal, toutes les forces antisionistes que compte la planète. Pour le Jihad, c’est maintenant ou jamais qu’il faut saisir l'opportunité de détourner l’attention des révolutions et reprendre Israël en ligne de mire. La réplique réfléchie doit être à la mesure de ce « coup de théâtre » calculé dans le ciel obscur du « Printemps arabe ».

 

Israël n’a d’autre choix, pour sa propre survie, que de faire comprendre au monde qu’il est hors de question de cohabiter avec des entités qui couvent de tels desseins de destruction massive. Des efforts de coordination minimale, malgré un contexte politique défavorable, doivent être entrepris, au niveau régional. L'Egypte instable est de la partie. Ces mises au point  désigneront clairement l’ennemi commun, dans ses branches armées autant que ses façades politiques, tels que les Frères Musulmans, pères du Hamas et du Jihad Global d’Al Qaeda. Bien évidemment, Israël ne sera, d'abord, ni suivi ni soutenu dans sa résolution. Comme chaque fois, il fera, et comprendra qui veut l'étendue de la tâche qu'il reste à accomplir en vue d'une région authentiquement pacifiée. 

 

L’attentat multiple d’Eilat porte plusieurs signatures et un seul sceau. L’islam radical, sous toutes ses formes et appellations, est entré en guerre contre les démocraties et les aspirations, encore embryonnaires, à la liberté des peuples. Il ne peut y avoir de demi-mesure face à un ennemi rusé, mais totalement déterminé à éradiquer le monde libre. Les détails précis, les méthodes, le "comment" peuvent être discutés, affinés. Mais l'objectif et la détermination pour y parvenir sont inamovibles. Il ne peut y avoir de bon ou de mauvais moment pour le combattre sans rémission, jusqu’à écraser la tête de l’hydre, dans ses ultimes terminaisons nerveuses : au Caire, à Damas, Beyrouth ou Téhéran. Il ne saurait y avoir de repos ni de paix, encore moins de nouvel état dans la région, tant que cet objectif de vaincre la barbarie islamiste, chi’ite ou sunnite, partenaires de bains de sang en séries, n’est pas atteint.

 

 

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 15:36

 

 

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Repris avec excellence par Aschkel


Le “Croissant chi’ite”, brisé à Damas, tente de maintenir l’objectif final : rayer Israël de la carte


 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

Dans une vidéo très explicite (lCl), le Député Hezbollah, Général Sakariya, définit le rôle de la Syrie dans l’entreprise de destruction d’Israël, planifiée par ses maîtres, les Ayattolah, pères des « Brigades al Qods ». Le projet date de l’ère Khomeiny : une fois un pouvoir « ami » installé à Bagdad et Bachar ayant écrasé son peuple, plus rien ne s’opposera à l’acheminement de troupes iraniennes sur le Golan ni à l'objectif de rayer définitivement Israël de la carte.

 

 A l’heure qu’il est, ce fameux « Arc » ou « Croissant » chi’ite connaît plus de déconvenues que de réussites. Assad a bien écrasé dans le sang la ville sunnite de Hama, dès le 1er jour du Ramadan. Il s’est, ensuite, lancé à l’assaut de Deir al Zour, à l’Est, vers la frontière irakienne, et, presque simultanément, au Nord, sur la frontière turque. Mais les tanks entrent, bombardent, massacrent, écrasent, et les protestations reprennent :

 

Ce vendredi, les principales villes de Syrie, Alep, Latakiyeh, les faubourg de Damas, sont, à nouveau, entrés en éruption. 25 000 manifestants sont signalés à Qamlishi, bastion kurde, de larges mouvements à Selmiyah et Qalat al Madiq, périphéries de Hama, Harasta, Talbisa, encore Deraa, dans le Houran, etc.

 

En clair, aussi féroce soit-elle, la répression ne parvient jamais qu’à rouvrir la boîte de Pandore de la révolte, partout ailleurs, pendant que les centres touchés pansent leurs plaies béantes. Aucune mise à mort massive pour l’exemple ne frappe assez les esprits pour dissuader les insurgés permanents, depuis mars.

 

Pire, en détruisant villes et village frontaliers, comme Deir-al-Zour, l’armée syrienne chasse les populations des tribus locales qui doivent se réfugier chez de proches cousins, comme dans le Anbar irakien. La confédération tribale al-Baqara, dont le chef Al-Béchir est retenu en otage par le régime, comporte plus de 30 subdivisions et un million de membres très en colère. Cette tribu s’étend dans tout le Anbar irakien voisin. C’est avec elle que Bachar avait trouvé accord en enrôlant ses membres dans le Jihad contre les troupes américaines en Irak, à partir de 2003. C’est dans ce même Anbar, qu'ont émergé les Conseils de l’éveil sunnite, dans la négociation avec le Général David Petraeus. Ils ont éradiqué Al Qaeda dans cette province, puis contribué à la reconquête de toutes les autres. Certains résidents de Deir-Al-Zour ont prédit au New York Times, que si jamais Assad s’attaque à la ville, « toutes les tribus des autres provinces sortiraient se battre contre le régime ». D’abord rhétorique, cette prédiction semble se répandre comme une traînée de poudre, ne laissant jamais une seule journée de répit à une armée exténuée à courir en tous sens. Le principe de la fourmilière semble, chaque fois, reprendre le dessus sur la stratégie de l’éléphant dans un magasin de porcelaine civique et ethnique.

 

Même si les menaces de la Turquie et de l’Administration Obama sont sans effet sur le bourreau de Damas, celui-ci n’en est pas moins, confronté à une impasse. Elle ressemble fort à un projet d’autodestruction jusqu’au dernier syrien.

 

Le contrecoup sur le moral de ses alliés, Hezbollah et Iran, n’est pas de meilleur augure :

 

- Dans ce qui ressemble fort à une tentative de meurtre contre l’avocat Alain Sarhal, à Beyrouth, deux hommes de main du Hezbollah ne sont parvenus qu’à se faire déchiqueter menu par leur propre bombe, jeudi 11 août.

 

- Cette maladresse de plus s’ajoute à une longue série noire pour la milice chi’ite libanaise : arrestations internes au plus haut niveau du mouvement et de sa branche armée, depuis fin juin ; explosion mystérieuse en plein centre du fief du Hezbollah, il y a un plus d’une semaine ; inculpation par le Tribunal Spécial, du successeur d’Imad Moughniyeh, Mustapha Baddredine et de 3 de ses complices ;

 

- De son côté, l’Iran n’est pas en reste, dans ses velléités de conquête. Les Pasdaran d’Al Qods se sont lancés dans une entreprise d’éradication des rebelles kurdes des montagnes irakiennes, le 16 juillet. Moins d’un mois plus tard, les agences de presse officielles iraniennes reconnaissent à demi-mot, des pertes « importantes » et la mort de plusieurs officiers supérieurs, jusqu’au grade de général. Le PJAK kurde ne ménage pas la propagande panchi’ite : ce groupe annonce au moins 300 morts chez les Gardiens de la Révolution et donne les noms et grades des officiers supérieurs qui ont mordu la poussière, lors de cette aventure.

 

- Ajoutons que l’ingénieur en chef du Hamas, Abu Sisi, kidnappé en Ukraine, en février, révèle absolument tout ce qu'Israël veut savoir sur le Hamas sans jamais avoir osé le demander.

 

Sur le plan stratégique, l’Axe irano-syrien a, d’ores et déjà, perdu un aide de camp de poids dans la région : la Turquie. Ce qui n’en fait pas, pour autant, un allié d’Israël, disons simplement, une puissance ambivalente.

 

 

L’actuelle entreprise d’Assad pourra t-elle aller jusqu’à rendre son propre pays exsangue de tout contrepoids politique, interconfessionnel et ethnique, pour faire place nette, en vue de l’édification du pont Iran-Irak-Syrie-Liban, rêvé tout haut par le Général Hezbollahni Sakariya ? Déjà le Général-Ministre Ali Habir, Sunnite, a dû être remplacé par le Chrétien Saoud Rahja, dans la planification de la terreur contre la population syrienne. Les piêtres contre-performances des Pasdaran dans le Kurdistan irakien, contre une petite armée de rebelles, démontrent à l’envi que le contrôle de l’Irak, même avec l’aide d’Al Qaeda et des filiales locales du Hezbollah, n’est pas à envisager dans les temps à venir.

 

La « toile d’araignée » de l’Axe irano-syrien ne doit sa survie qu’aux compromissions répétées des Occidentaux, le Président Sarkozy en tête, lorsqu’il courtisait Bachar par l’entremise du marchand d’armes franco-libanais Takkiedine. L’Europe et les Etats-Unis sont en pleine panade économique et font rire les oppresseurs de toute la planète. Leurs alliés libyens assassinent leurs contradicteurs, comme le Général AbdelFatah Younès, sans jamais inquiéter les six petites brigades du tyran Kadhafi. La Turquie multiplie les rodomontades contre Assad, comme lors de la visite tragi-comique de son Ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu à Damas.

 

Il n’y a donc pas de réel contrepoids aux ambitions des Mollahs dans la région, exceptées les foules syriennes irréductibles, les aspirations à l’autonomie des minorités opprimées, comme les Kurdes et la capacité militaire d’Israël à faire front à la moindre alerte sérieuse. Le Moyen-Orient apprend à régler ses comptes dans le sang, à l’exception d’une Europe et d’une Amérique inconsistantes à brandir autre chose que des menaces verbales ou des escapades militaires aussitôt enraillées et embourbées dans les discordes tribales qui ne les regardent pas.

 

Par effet- boomerang, après l’invasion américaine de l’Irak, de 2003, c’est, désormais cet axe irano-syrien qui est soumis aux règles de la guerre contre-insurrectionnelle qu’il imposait hier aux troupes venues d’Outre-Atlantique. C’est l’envahisseur pan-chi’ite qui est contesté et contenu dans ses entreprises, incapable d’imposer sa loi aux peuples locaux.

 

Le projet tout entier de « l’Arc chi’ite » est confronté à l’effondrement de pans entiers du Mythe qui le constitue.

                                                                                       

Pour Israël, c’est à la fois, la preuve qu’il vaut mieux un « petit chez soi, viable, qu’un grand chez les autres », et le signe patent que l’Arc peut être brisé, sans même avoir besoin d’un déploiement militaire énorme pour y parvenir. Y mettre un terme définitif requerra de l’audace et surtout, ne pas trop compter sur des Occidentaux pusillanimes, qui ont rencontré les limites de leur crédibilité, lors de ce « printemps arabe ». Les conseilleurs ne sont jamais les payeurs… 

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 15:37

 

 

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Au rythme balancé de la voix d'Aschkel


 

Le clown blanc Mahmoud Abbas se maquille chez Nivea, avant le grand saut de Septembre, raccroché par ses bretelles d’insolvable.

 

 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info


 

 

L’action d’un blog (elderofziyon.blogspot.com), immédiatement relayée par la mobilisation d’europe-israel.org, en France, a contraint l’entreprise internationale de cosmétiques, Nivea (filiale de Beiersdorf), à inscrire Israël parmi les pays où ses magasins engrangent des bénéfices. Seuls, « les territoires palestiniens » étaient mentionnés sur son site internet.

 

La raison invoquée par la compagnie germano-française consistait à dire qu’il n’existe pas de plateforme marketing locale pour y rediriger les clients. Mais une brève recherche sur Internet prouve que ces fameux « territoires palestiniens » ne disposent pas, non plus, de plateforme de ce genre et qu’ils sont directement connectés à d’autres sites, au Liban et au Koweit, parmi les « pays » du Moyen-Orient mentionnés. Alors, pourquoi cette « reconnaissance unilatérale » avant la lettre ? D’après Beiersdorf, la filiale israélienne dépendrait d’un site en Grèce, au même titre que Chypre ou Malte. Exit la mention d’une chaîne de magasins en Israël et vive le commerce avec les « territoires palestiniens » !… Bref, plutôt que de s’attirer une contre-publicité préjudiciable, l’entreprise a préféré remettre les compteurs à zéro et la balle au centre : les deux « entités », dont l’Etat d’Israël seront, désormais mentionnés parmi les liens, même s’ils ne débouchent nulle part ailleurs que dans la poche de Beiersdorf.

 

Appelons cela une « omission à peine » volontaire, visant à ne pas s’attirer d’ennuis avec les consommateurs arabo-musulmans de la planète. Il est vrai que le Hidjab supplée largement le maquillage. Chacune ses « choix » esthétiques. Cette rectification n’est qu’une goutte d’eau dans un Océan de pré-conditionnement psychologique, dû au fait que la Communauté Internationale s’apprête à recevoir en son sein une double-entité, dont l’une se voue toute entière au terrorisme, en tant qu’Etat unilatéral aux prétentions mirifiques, mais insolvable sur le plan légal, financier, électoral et constitutionnel (L’Etat imaginaire des Palestiniens).

 

D’autres exemples de cette préparation mentale, notamment en France, nourrissent l’imaginaire d’éditeurs comme « Hachette » (europe-israel.org/2011/07/hachette-menace-europe-israel), qui refuse sciemment de corriger les ouvrages scolaires en vente, à l’intention des élèves de 1ère et de 4ème. L’éducation désormais proposée aux enfants s’inspire largement de la vulgate palestinienne, au détriment des faits historiques. Le propos, ici, n’est pas d’entrer dans le détail des objections soulevées par les associations comme europe-israel.org. Simplement situer un climat de mise sous condition qui touche bien des secteurs-clés comme le commerce international ou l’éducation des futurs adultes. Il s’agit plus de créer un mythe que de prendre la réalité historique ou géopolitique pour référence. On peut ainsi bercer l’opinion d’illusions, et la berner, quitte à la conduire, demain, droit au désenchantement, à la frustration et, donc, à des démonstrations de haine infondée.

 

Sur le terrain, les tambours de guerre de la revendication et du harcèlement de basse intensité qui doivent rouler au rythme de cette déclaration unilatérale sont en rodage. Lancer trop tôt cette campagne internationale de délégimitation d’Israël serait peine perdue, alors que l’attention du monde est retenue ailleurs. On se contente, pour l’instant, de quelques roquettes et missiles sinaïtiques, en piaffant d’impatience que la « fête » commence.

 

Les uns sont en vacances ; les autres s’arrachent les cheveux devant la chute prolongée des bourses ; d’autres, au Conseil de Sécurité, condamnent du bout des lèvres et sans la moindre conséquence concrète, les massacres en Syrie. En gage de message bien reçu, les corps mutilés et les membres des insurgés syriens suppliciés flottent sur la rivière Orontes qui traverse Hama ( La rivière Orontes est devenue rouge sang ). On se soucie également du pitoyable portrait d’Hosni Moubarak affiché par ses anciens compagnons de route de la junte militaire égyptienne, offert en pâture, sur une civière, à des foules excitées qu’il s’agit, ainsi, de museler (Le Premier jour du Procès Moubarak).

 

Alors que l’un prétend à l’Etat unilatéral, l’autre réprime en toute quiétude son peuple, le troisième le nourrit de têtes à trancher pour faire oublier que l’économie égyptienne va à la ruine et que rien n’est fait pour en redresser la chute vertigineuse…

 

Le paradoxe veut que c’est la notion même d’Etat qui est en révision de longue durée, pour une période de gel d’une quinzaine d’années avant redressement, à travers des institutions fiables, dans les principaux pays arabes, voisins d’Israël et des « territoires ».

 

C’est, sans doute là que réside la grande illusion téléphonée des Occidentaux, crispés sur les apparences de régimes ou les votes massifs purement déclaratifs, à travers la Grand messe onusienne. Le mensonge de ce pseudo-Etat palestinien vise à couvrir d’un voile pudique qu’on étripe et qu’on assassine, au nom d’élans démocratiques, dont ne veulent ni les militaires égyptiens, ni les cliques d’Assad, encore moins leurs filiales sous-traitantes du Hamas et du Fatah à Gaza ou Ramallah. Ces deux entités distinctes n’ont pas la moindre chance de s’entendre sur le projet en devenir d’une « nation » bicéphale et appelée à le rester.

 

Au jeu des chaises musicales, Mahmoud Al Zahar revendique le siège d’Ismaïl Haniyeh, pendant que celui-ci réclame celui de Salam Fayyad à Ramallah. C’est pourquoi les uns agitent leurs affidées du Jihad Islamique ou d’Al Qaeda, pendant que le « Hamas officiel » (lequel ?) tente désespérément de calmer le jeu, jusqu’au moment de déclencher l’offensive, à heure dite. Question de timing. Quoi qu’il en soit, le grand cirque promulgué unilatéralement par Abbas vise surtout à lui conférer, l’espace de quelques mois, le rôle de « Président », alors qu’il y a fort longtemps qu’il est virtuellement renversé par son rival de Gaza. Il devrait en aller de même en Judée-Samarie, si on s’en tient à l’état des rapports de forces, aux tendances de l’opinion palestinienne, autant qu’aux blocages qui persisteront, en vue de toute élection hypothéquée. Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que le premier scrutin accouchera de la mort politique de l’un ou l’autre, voire de plusieurs challengers, sachant déjà de quel côté penche la balance. Cela s’appelle une guerre civile et le monde en manque cruellement, de Tripoli jusqu’à Damas…

 

 

L’Omerta qui entoure ces faits élémentaires d’un épais brouillard n’a pour fonction que de masquer l’impuissance des institutions internationales à obtenir le moindre résultat probant dans aucune de leurs entreprises, actuellement : ni sur le plan de la régulation économique qui laisse des dettes abyssales ; ni dans le règlement de conflits comme en Libye où l’on joue au chat et à la souris avec le méchant tyran ; encore moins dans les pathétiques condamnations qui font éclater d’un rire sadique le boucher de Damas.

 

L’Administration Obama s’est prêtée à une farce ubuesque en soutenant sans anticiper le lendemain, les agités du Square Tahrir. L’ensemble du tableau a mis la bride sur le cou à la masse critique des groupes jihadistes globaux, qui prolifèrent depuis la plaque tournante libyenne, à travers le Sinaï. Et advienne que pourra…

 

L’irresponsabilité internationale, ces massacres qu’on ne saurait voir, décident de laisser le poids entier des questions insolubles sur le dos d’Israël. La déclaration d’Abbas occupera, quelques temps, les esprits et détournera des questions concrètes de dysfonctionnement, dans le chaos qui s’installe. La région est promise à une démultiplication d’explosions sporadiques.

 

Là-dessus, certains politiciens israéliens ont vu belle l’occasion offerte par une légitime revendication sociale : en surfant sur les toiles de tentes du Boulevard Rothschild, le tandem centre-gauche de Tsipi-Shaul et leur Kadima bicéphale espèrent rafler la mise de septembre. Il leur suffit de dénoncer l’incapacité de l’actuel Gouvernement à tendre la joue à un « partenaire » qui ne demande pas mieux. Comment oublier que c'est la notion de "retrait unilatéral" prônée par Mrs Barak au Liban, Sharon et Kadima, à Gaza, qui ont fait le lit du Hezbollah, du Hamas, et de l'actuelle déclaration, toute aussi "unilatérale" à laquelle se raccroche Abbas???

 

La contestation sociale mérite des réponses rationnelles menant, pas à pas, à une réduction des écarts qui se sont creusés, au fil de la croissance, tout en consolidant la place d’Israël sur un marché mondial en pleine débâcle. Ne pas sentir qu’il faut, à tout prix, consolider les fondamentaux, tout en imaginant des solutions créatives de redistribution des bénéfices, relèverait de l’auto-hypnose.

 

Tout détournement démagogique des questions socio-économiques réelles, est favorable aux partis qui promettaient « la paix contre les territoires », par la négociation avec les tyrans. Il ne conduirait, là aussi, qu’à faire prendre des vessies pour des lanternes.

 

Il serait bon que la conscience des priorités, tout en ne lâchant pas la bride sur les problèmes subsidiaires à résoudre sur le moyen terme, refasse surface avant les échéances, pourtant, clairement annoncées. 

 

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 22:44

 

 

 

 

L’Amérique reconnaît enfin les liens de vassalité entre Al Qaeda et l’Iran ;

 

l'AIEA identifie l'expert en détonateurs nucléaires éliminé à Téhéran.

 

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Lu avec brio par Aschkel

 

 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

 

On se souvient encore, lors de la campagne 2008 de Barack Hussein Obama, du rire hilare et des moqueries de ce brillant candidat à la Présidentielle, au détriment de son adversaire du moment, John Mc Cain. L’ancien prisonnier des geôles vietnamiennes était renvoyé à sa supposée « sénilité » pour avoir osé évoquer les liens entre l’Iran et al Qaeda, au lendemain d’un attentat. Il était, ô combien, impensable et critiquable de commettre cette « erreur de débutant », consistant à confondre terrorismes sunnite et chi’ite !

 

Seulement voilà. Après des années de dénégation, l’heureux élu doit déchanter : l’Administration a dû reconnaître, jeudi, que l’Iran aide Al Qaeda dans ses opérations internationales. Le Département du Trésor US diffuse des documents qui prouvent que Téhéran facilite les mouvements d’un réseau de soutien dirigé par al Qaeda. Celui-ci transfère de grosses sommes d’argent, en provenance du Moyen-Orient vers le haut-commandement du groupe, dans les zones tribales entre le Pakistan et l’Afghanistan.

 

Un national syrien, Ezzedin Abdel Aziz Khalil, dirige ce réseau. Il est autorisé à opérer en Iran depuis, au moins, 2005. Les responsables iraniens de premier plan sont parfaitement au courant de ces circulations de fonds et facilitent la mise sur pied de troupes fraîches pour Al Qaeda, à partir du territoire perse. L’argent et la main d’œuvre opérationnelle circulent depuis les pays du Golfe Persique vers le Pakistan, à travers l’Iran.

 

      Atiyah_Rahman.jpg

Atiyah Abd-al-Rahman

 

Le Trésor américain a décrété des sanctions contre Khalil, la tête de réseau, et cinq de ses lieutenants, dont : Atiyah Abd-al-Rahman, un dirigeant d’Al Qaeda en bout de ligne au Pakistan. Rahman est un guide spirituel de haut vol de la mouvance terroriste. il a servi directement sous les ordres d’Osama Ben Laden. Il était, entre autres, le principal émissaire du chef défunt du Jihad Global, auprès du Gouvernement iranien.

 

De telles sanctions ont d’abord une valeur désignative pour le pays visé. Elles n’ont guère la moindre chance d’entraver les activités des individus nommés, tant qu’ils restent confinés à leur sanctuaire iranien.

 

 

Selon les responsables américains, des agents collectent de vastes sommes qui se comptent en milliers de dollars par transaction. L’argent passe également par l’Irak, en s’appuyant sur un réseau de messagers ou grâce à des systèmes informels comme les filières  caritatives des Hawalas [le charity-business du terrorisme]. La majeure partie de ce trésor de guerre est prélevé au Koweit et au Qatar, deux contrées repérées pour leur laxisme, en ce qui concerne l’argent déversé par de riches donateurs à l’intention d’Al Qaeda. Un responsable américain, familier de ces circuits, reconnaît que ces deux états ne sont pas sur la même ligne que l’Arabie Saoudite ou les émirats et qu’ils n’ont ni la capacité ni la volonté d’entraver ou de réprimer ces filières.

 

 

Certes, ces accusations circulaient déjà depuis longtemps,-à preuve, la mise en cause de la santé mentale de Mc Caïn par son concurrent!-, notamment à travers les discours des chefs d’Etat-Major, Mike Mullen ou David Petraeus, au Pentagone ou au CENTcom. Mais, ces liens restaient difficiles à certifier, jusqu’à présent.

 

David S. Cohen, le sous-secrétaire du Département du Trésor collecte les renseignements concernant le financement du terrorisme. Il affirme que ses services y voient plus clairs, désormais, quant à cet aspect méconnu du soutien iranien aux mouvements terroristes « sunnites ».

 

Le Général Petraeus, prochain directeur de la CIA, avait déclaré, l’an dernier, devant le Congrès, qu’Al Qaeda utilisait l’Iran comme un de ses foyers essentiels. Il exposait comment ce pays facilitait les activités de la nébuleuse et la mise en lien entre les cercles décisionnaires et les responsables régionaux du mouvement.

 

 

Ahmad Vahidi, associé de longue date à Ayman Al-Zawahiri (ci-dessous)

 

 

En 2003, déjà, le Washington Post publiait un reportage sur la relation ancienne d’au moins dix ans, entre le second d’alors, et actuel chef de la mouvance, Ayman al Zawahiri et Ahmed Vahidi, actuel Ministre de la défense iranienne. En 2004, la Commission sur le 11 septembre affirmait qu’il existait des preuves irréfutables que l’Iran avait facilité les déplacements, à travers l’Afghanistan, des terroristes qui ont détruit les Twin Towers.

 

Ces allégations surviennent à un moment où l’Administration cherche à accroître les pressions internationales contre la République islamique et ses alliés. Elle a, récemment, obtenu un renforcement des sanctions contre les sociétés commerçant avec l’Iran. L'Amérique accuse les Mollahs de soutenir les groupes terroristes en Irak qui tentent de déstabiliser le pays. L’Iran, s’est, évidemment, empressé de démentir ces mises en cause, devant l’ONU.

 

      

Darius Rezaeinedjad

 

 

D’autre part, à Vienne, un homme participant aux inspections de l’AIEA a, clairement identifié l’homme abattu, samedi 23 juillet, en plein centre de Téhéran : Darioush Rezaeinejad. Il a fourni des documents à Associated Press, cosignés par le chercheur iranien : il est formel sur le fait que celui-ci était bien un expert en détonateurs et de la mise à feu des bombes nucléaires. Il travaillait, plus précisément, sur les commutateurs à haute tension. Les médias iraniens, comme l’agence Fars, ont bien tenté de maquiller son parcours comme celui d’un simple «étudiant en électronique ». Ceci en dit long sur la détresse des dirigeants du pays, lors de l'élimination de l'un des atouts-maîtres dans leur dispositif atomique.

 

Darioush Rezaeinedjad travaillait précisément dans un domaine sur lequel l’AIEA reconnaît disposer de fortes suspicions, quant aux progrès iraniens. Mais l'Agence restait incapable de prouver quoi que ce soit, à cause des ruses et dissimulations du pays-hôte, sur le stade exact de ses avancées.

 

On peut donc en conclure que Darioush Rezaeinedjad était une cible de choix, quelqu’un comme le « chaînon manquant » du programme nucléaire des Mollahs. Les informations et recherches qu’il menait étaient couronnées de succès, si l’on en croit ses articles présentés devant la 16 ème conférence d’ingénierie iranienne sur l'énergie nucléaire. Si ces conclusions sont corroborées, cela démontrerait, tout simplement, que l’Iran est sur le point de parachever son programme et de disposer de systèmes d’allumage pour plusieurs bombes atomiques.

 

Le coauteur de ces travaux, Mojtaba Dadashnejad, a publié plusieurs autres articles séparés, concernant la soumission ces mises à feu à des tests préliminaires.

 

Un peu plus tôt, un citoyen suédois d’origine iranienne, Eddie Johannson, alias Hojat Nagash Souratgar, avait tenté de détourner vers l’Iran, 44 de ces commutateurs, après les avoir dérobés à la Compagnie allemande Behlke Electronic GmbH.


Le puzzle, peu à peu, se reforme pour cerner la dangerosité de la Théocratie des Mollahs, chez qui tous les moyens sont bons pour parvenir à leurs fins : l’éradication des Grand et petit Satans qu’ils se sont désignés il y a 32 ans. 


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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 08:35

 

 

 

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Et la pêche d'Aschkel !

L’Iran joue aux échecs avec l’argent US sous les plaques tectoniques de l’hiver arabe

 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

 

Les représentants de « l’Amérique profonde », les membres du Congrès, semblent tout juste s’éveiller d’une somnolence aussi dispendieuse que dangereuse : lundi dernier, la presse a dévoilé un projet de loi qui consisterait à bloquer toute aide à un pays qui n’agit pas concrètement contre le terrorisme. Elle concernerait surtout : le Liban, l’Egypte, le Pakistan et l’Autorité Palestinienne. Si ce projet peut être rejeté par le Sénat, dominé par les Démocrates, il constitue un défi majeur à l’angélisme de la « main tendue » qui prévaut à la Maison Blanche, depuis l’avènement d’Obama.

 

La logique de ce texte est assez simple pour qu’on s’interroge sérieusement : « pourquoi » n’a t-il jamais été proposé comme condition sine qua non de tout engagement politique et militaire américain, auparavant ?

 

En effet, parallèlement à des guerres coûteuses et au soutien à des états douteux, le Département du Trésor n’a de cesse de traquer les entreprises qui font des affaires avec des entités ennemies. Principalement, l’Iran et ses alliés : Corée du Nord et Syrie.

 

L’élimination d’Ousama Ben Laden dans sa luxueuse résidence fortifiée d’Abbottabad a servi de révélateur : l’armée américaine peine à bâtir la moindre stabilité en Afghanistan ; mais le pays voisin héberge et nourrit le terrorisme global qui conditionne cette présence internationale dans ses contreforts.

 

Le torchon s’est mis à flamber entre le Pentagone et la Maison Blanche, lorsque celle-ci, sous la pression de la dette, a évoqué des coupes budgétaires sombres dans les caisses de l’armée. Or, la balance des dépenses et bénéfices penche du mauvais côté, lorsqu’on fournit armes et bagages électroniques à des états comme le Pakistan ou le Liban, qui les emploient ensuite à tuer des Marines et des alliés de l’Amérique. Quitte à restreindre un budget, ne faut-il pas, d’abord, s’en prendre au portefeuille des tueurs d’Américains, plutôt qu’à celui de l’Etat-Major censé les défendre ?

 

Le cas du Liban et de la prise de pouvoir progressive du Hezbollah sur l’armée libanaise et ses services de renseignement, est, à ce sujet, paradigmatique : d’une part, le Tribunal Spécial sur le Liban soumet des mandats d’arrêt internationaux contre des hommes aussi dangereux que Mustafa Badreddine, l’un des principaux accusés dans l’assassinat de Rafic Hariri ; de l’autre, Nasrallah poursuit son ascension à la tête du pays du Cèdre. Rarement la Justice internationale n’avait, à ce point, été objet de risée, face à ces états semi-terroristes. Qu’importe, la France de Sarkozy et l’Amérique d’Obama n’oublient jamais de verser leur obole à des tueurs en série de cet acabit, à coups de missiles « Hot » et de matériel de contre-espionnage.

 

Un incident récent, entre les marines indienne et pakistanaise, en pleines manœuvres indo-américaines, a rappelé cet axiome. Mieux, Islamabad, les poches pleines de précieux billets verts, a passé commande de six sous-marins chinois, dans le dos de Washington.

 

La guerre contre la terreur devient d’une prodigalité sans bornes, avec la politique du chèque en blanc qui accompagne la main tendue.

 

Quant au chantage à la déclaration unilatérale d’un état palestinien, en septembre, c’est, pour les hommes de la Colline du Capitole, la cerise sur le gâteau : des années d’investissement dans les fameuses brigades Badr « anti-terroristes » de Mahmoud Abbas, juste pour le plaisir de le voir s’aligner sur le Hamas pro-iranien et compromettre toute négociation future. La menace de suspension de son argent de poche devrait inciter l’enfant gâté de l’AP à repousser ce « feu d’artifice » final de quelques mois.

 

Revenons à nos sanctions : certains pays ennemis en font les frais, sans que leurs activités délétères ne semblent réellement en souffrir : ainsi les dix jours de manoeuvres de mai dernier, en Iran, ont été l’occasion d’une débauche étalant de nouveaux armements balistiques. Les Shahabs 3 et 4 menacent ouvertement les bases américaines en Afghanistan, Israël, le seul allié fiable dans la région, mais qu’on n’omet jamais de snober à coups de pressions diplomatiques. Les banques allemandes collaborent les yeux fermés à ce programme balistique qui permet à Téhéran de menacer Washington depuis le Venezuela. Ou, grâce au futur Shahab 5, intercontinental, directement depuis l’Iran.

 

C’est, sûrement, dans ce contexte qu’il faut comprendre les assauts répétés des Gardiens de la Révolution contre le Kurdistan irakien : les régions montagneuses que détiennent les Kurdes sont essentielles au contrôle de l’Irak. Elles permettent aussi de dominer le panorama de la scène moyen-orientale, lorsqu’on dispose de missiles perfectionnés, prêts à être tirés vers n’importe quelle cible proche ou lointaine. Téhéran tente de perturber le nord, mais aussi le sud irakien, vers Bassorah, de façon à prendre la création politique post-Saddam en tenaille, alors que l’armée américaine s’en retire. A terme, Téhéran escompte être en mesure de bloquer le Détroit D’Ormuz, où transite 40% du pétrole mondial et faire chanter l’Occident à sa guise.

 

 Le Kurdistan, riche du pétrole de Kirkouk et Mossoul, est aussi ce couloir escarpé qui donne accès à l’Est de la Syrie, le pays vassal d'Ahmadinedjad, menacé de déstabilisation.

 

Les sanctions prises contre le tyran de Damas, à cause de sa répression sanguinaire du peuple syrien, n’ont pour l’instant, eu qu’une incidence symbolique. Cela dit, il faut à Assad nourrir et approvisionner une armée sur le pied de guerre contre son peuple. L’ophtalmologiste syrien a envoyé son Ministre Walid Mouallem supplier Bagdad de lui offrir 150 000 barils de pétrole par jour, pour pallier les pertes quotidiennes liées au désordre politique chez lui. Damas raffine 240 000 barils par jour de son propre crû, mais dépend de la France, Hollande, Italie et Espagne pour le reste de son raffinement. La Syrie a dû opérer une coupe de 40% de sa production pétrolière. Malgré ses réserves monétaires, Assad doit demander une rallonge financière de 115 millions de $ au Koweit, s’il veut joindre les deux bouts du coût de la répression. Sous un discours policé, affirmant que la « stabilité de la Syrie est essentielle à l’équilibre de la région », Nouri al-Maliki, l’Irakien, aurait confié à ses proches : « J’ai passé ma vie à combattre un parti Baath (irakien de Saddam) ; jamais je ne soutiendrai l’autre Baath (syrien) ! ».

 

Le jeu est donc serré, alors que la démocratie irakienne relative semble, pour le moment, le seul pays arabe qui ne soit pas entraîné dans ce fameux « printemps arabe ». De maillon faible de la région, l’Irak apparaît encore comme la réussite "posthume" du Président américain le plus haï au Moyen-Orient, GW Bush. Les appétits hégémoniques iraniens sont réfrénés par plusieurs « plats de résistance » décidés à tenir tête aux Mollahs de Qom :

 

- 1 million 200.000 Syriens déferlent dans les rues des villes principales de leur pays, ce 22 juillet, pour défier le pouvoir vacillant de l’ami Bachar. Chaque semaine qui passe risque de devenir cruciale, sinon la dernière.

 

- Les Américains laissent aux Irakiens une situation, à terme, favorable et capable, si D. lui prête vie, de servir de contre-modèle à la Révolution iranienne. De la même façon que, lors de la Guerre Froide, la RFA a servi de « vitrine » face à la RDA, avide et mal nourrie par le Gosplan soviétique…

 

 

Le Congrès s’oppose à financer des « danseuses » comme le Liban, le Pakistan, pères nourriciers du Hezbollah et d'Al Qaeda ; ou l’Egypte et l’Autorité Palestinienne dominées par les Frères Musulmans et le Hamas. Si l’Amérique de 2012 se ressaisit, il est probable que toute l’énergie et les vies humaines perdues dans la « Pax americana », au cours de la décennie précédente, ne l’auront pas été en vain…

 

Il semble que cette nouvelle économie de la gestion des conflits soit le véritable enjeu des futures Présidentielles aux Etats-Unis…. 

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 14:13

 

 

 

 

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Aschkel, fluide comme l'eau de source

 

L’OTAN, tenue en échec en Libye et Afghanistan, peut-il imposer la paix aux Palestiniens et à Assad ?

 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

 

La fête nationale française du 14 juillet a été endeuillée par la mort de 6 soldats en opération en Kapisa, province disputée d’Afghanistan et dans la vallée d’Alasay. Ces jeunes ont, pour la plupart, succombé à l’un des tout premiers attentats-suicide contre l’armée française, dans cette région. L’opération était parfaitement planifiée et il est encore difficile de l’attribuer à telle ou telle défaillance sécuritaire, plutôt qu’à l’effet de surprise et à la connaissance du terrain par les Taliban.

 

Malheureusement, cet attentat dément l’empressement à finir cette guerre, qui s’est emparé de l’Administration Obama et de ses alliés, avec la liquidation d’Ossama Ben Laden : les Jihadistes pakistanais s’étaient déclarés peu affectés et prêts à repartir à l’offensive. On peut leur faire crédit de tenir parole.

 

Le contexte de cet accrochage pose problème : la veille, le Président français rendait une visite officieuse à ses troupes pour leur annoncer le retrait de 1000 hommes avant fin 2012. La stratégie des démocraties consiste, désormais, à préciser le plan de retrait avant même que des résultats concrets et stables soient assurés sur le terrain. La visée est double : rassurer les familles, mais aussi l’électorat, à moins d’un an des Présidentielles. L’actuel président doit soigner son image : il n’est pas ce va t- en guerre, prêt à suivre l’Amérique dans toutes ses expéditions, même s’il se doit de jouer son rôle à leurs côtés.

 

L’effet pervers de ces déclarations n’a pas manqué d’être exploité par les terroristes. Ils sont en quête de n’importe quelle faille dans la cuirasse de leurs ennemis jurés. En réalisant ce traquenard, ils savaient mettre le discours présidentiel à leur portée et accélérer encore le sentiment d’absurdité de la présence de ces troupes, face à l’impunité des compagnons du jihad international. Aussitôt, à domicile, des voix s’élevaient pour exiger un retrait encore plus rapide. Eva Joly a choqué par son angélisme opposé à toute solidarité nationale avec nos soldats. Mais Jeanne d’Arc-Le Pen, qui a pourtant l’usage du drapeau facile, a aussi été prise de fièvre du syndrome de Stockholm. Elle expose l’étendue de son incompétence dans la lutte contre l’islamisme radical et son alliance objective avec les ennemis de l’Occident.

 

Dans la foulée, c’est le frère corrompu du Président Karzaï qui était la cible des coups mortels taliban, en plein Kaboul. Comment, ensuite, faire croire à l’idée que l’OTAN reste pour renforcer l’armée afghane et ses services de sécurité en plein essor, demain, capables de tenir cet immense territoire ?

 

Tout retrait ne peut prendre sens qu’après avoir amené aux conditions de la sécurisation souhaitée. Tel qu’il se profile en Afghanistan, il est encore plus incertain que celui qui se déroule en Irak depuis un an.

 

Le même 13 juillet, Mumbaï, en Inde, était victime d’un triple-attentat, remake de celui de novembre 2008. Il s'est déroulé le jour même de l’anniversaire du dernier survivant du commando d’alors, qui attend la mort dans une prison indienne. Le Jihad nargue les présidents en visite-surprise et la justice anti-terroriste. Surtout quand elle n’exécute pas ses sentences.

 

Malheureusement, sur le plan des luttes contre les dictatures en place, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, le tableau n’est guère plus brillant. La tactique de survol des conflits, pour ne pas exposer de soldats au sol, laisse, depuis le début, la quasi-maîtrise du terrain au potentat local, Kadhafi. 15 000 missions aériennes, 6000 bombardements ne sont strictement parvenus à rien de probant, sinon à un statu-quo affligeant pour l‘amour-propre des forces occidentales. Les rebelles de Benghazi s’avèrent être de piêtres militaires qui tirent en l’air, plus intéressés par les trafics, jusqu’à Gaza, que par la confrontation avec une dictature qui leur ressemble tant. A tel point que Nicolas Sarkozy s’est mis à parier sur les tribus sécessionnistes berbères de l’Ouest et leur a parachuté des armes, le 30 juin. Mais les tribus s’en sont emparées pour piller villes et villages sur leur passage, plutôt que d’aller combattre les troupes loyalistes de Tripoli.

 

A la recherche d’une sortie de crise propice à sa campagne, Obama a donc mis le Président russe Medvedev dans la boucle. Il lui demande de trouver, rapidement, une solution avec son allié libyen. Autant dire qu’un accord, s’il avait lieu, serait signé aux conditions de la dictature. Les rebelles n’auront plus qu’à s’y plier, et arracheront difficilement quelques zones d’autonomie.

 

Ni l’Amérique, ni l’Europe n’ont les moyens de leurs guerres. Ils doivent rendre des comptes pour le risque de faillite de leurs états-membres. Les décideurs n’ont pas la volonté politique correspondant à cette qualité rare qu’on appelle « rage de vaincre », alors qu’elle est présente chez l’homme du rang. C’est donner des ordres potentiellement contradictoires à des troupes et les exposer aux coups redoublés de leurs ennemis.

 

Une course-poursuite s’est engagée, pour trouver une solution convenable en Libye, avant d'attaquer le dossier palestinien, en septembre : celui de la déclaration unilatérale de leur état, devant l’ONU. 

 

Paris souhaite maintenir une conférence, le 2 septembre, qui relancerait les pourparlers entre Palestiniens et Israéliens. Néanmoins, pour être en mesure de discuter, encore faut-il être crédible et manier la pression diplomatique, financière et militaire avec la même maestria.

 

Les Etats-Unis et la France inventent, actuellement, la démarche de solidarité diplomatique : ils envoient leurs ambassadeurs dans les foyers de contestation syrienne. C’est bien, c’est beau et c’est peu, si on compte exiger la tête d’Assad ou de Kadhafi, ailleurs. En stagnant dans les cieux libyens, on est certain de faire rire à Damas. C’est, explicitement, renforcer le camp d’en-face auquel on s’oppose, dans un bras de fer purement virtuel.

 

En s’exposant de cette façon, les dirigeants occidentaux risquent d'accentuer le rôle prédominant du pouvoir alaouite survivant à leurs incursions, comme de Kadhafi. Ce dernier les insulte : il les désigne comme un ou des « malades mentaux ». Maladie, finalement, qui consisterait à ne plus être capable de joindre le geste à la parole…

 

Les parrains de Téhéran et leurs hommes de main du Hezbollah et du Hamas, s'appuyant sur le Caire, peuvent dormir sur leurs deux oreilles : ils ont la situation bien en main et eux-seuls sont en mesure d'instrumentaliser, demain, la cause palestinienne… 

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 11:48

 

Fly & flottilles : le début de la fin pour Pallywood et les prémisses de septembre...

 

... bercent nos coeurs d'une langueur monotone.

 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

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La croisière s'amuse, avec Aschkel, gentille animatice.

 


 


 


Chers Camarades et compagnons de route du Hamas et de l’Autorité Palestinienne, le bilan de vos campagnes 2011 s’avère globalement négatif. C’est à regret que nous devons établir ce constat, mais il semble que vos commanditaires n’aient pas su vous mettre à l’abri de tant de déconvenues.


Jugeons du peu : d’abord, ce fut cet amer « poisson d’avril » du débonnaire Juge Richard Goldstone : il se rétractait de ses conclusions précédentes. Il reconnaissait que s’il avait su, il n’en serait pas venu à de telles extrémités, à propos de l’opération « Plomb Durci ». Lorsqu’Israël faisait son possible pour éviter les pertes collatérales, le Hamas exposait ses boucliers humains aux bombes et larguait les siennes contre les populations civiles.

 

Il faut bien accorder une tentative des voyous de Gaza de réchauffer le front, à la même époque : il y eut ce nouveau crime de guerre à leur actif, contre un autobus civil à coup de missile antitank. Ils ont bien assassiné de sang-froid un jeune collégien de 16 ans. Mais, la volonté d’en découdre des membres d’Ez-al-Din al Qassam a vite décru, sous l’influence des autorités égyptiennes. Elles n’avaient pas besoin d’un surplus d’instabilité à leur frontière-Nord.

 

Assad voulait détourner le « Printemps arabe », à l’occasion de la journée de la Naqba, le 15 mai. Il organisait des transports en commun vers les frontières du Golan, du Liban et de Gaza. Ses supplétifs des camps palestiniens, aux ordres de Khaled Meshaal et d’Ahmed Jibril, du FPLP, avaient carte blanche. Les services de sécurité d’al-Quneitra recevaient des ordres de réquisition. Là encore, mal préparé, Tsahal a dû dégager le front d’infiltration du village druze de Majdal al-Sham, où une centaine de manifestants avaient réussi leur première percée.


 

Mais, très rapidement, la réalité reprenait ses droits : Meshaal et Jibril étaient chassés du camp de Yarmouk, à coups de pierres et de feu, par les Palestiniens en colère contre les lieutenants terroristes du tyran Assad. Les Palestiniens ne veulent plus servir de chair à pâtée dans vos happenings sur commande tyrannique. Le massacreur de Damas parvenait mal à camoufler l’irruption quotidienne de l’agitation contre son pouvoir répressif. Et, après 4 mois, malgré le renfort de vos amis du Hezbollah et de l’Iran, il faut bien le reconnaître, il ne parvient toujours pas à ramener le moindre soupçon de calme. A tel point que le voisin turc, son allié dans l’Axe, a pris ses distances avec Téhéran, Damas et Beyrouth.

 

En mai, c’était encore ce superbe coup de théâtre : après 4 ans de guerre civile et de désaccord, Hamas et Fatah signait, au Caire, un traité d’union et de réconciliation. La « nouvelle » Egypte surprenait son monde, en arrachant cet accord, que Moubarak n’avait pas réussi à mettre en forme, au cours de la période précédente. Cette soudaine osmose anti-israélienne connaissait très vite des failles : plus Khaled Meshaal, clairement SDF depuis les retours de lave du volcan damascène, se rapprochait de Mahmoud Abbas et plus le Hamas de Gaza ruait dans les brancards et s’opposait aux propositions de Ramallah. Si bien que, comme tous les traités de papier, celui-ci est, concrètement, resté lettre morte à ce jour. Hier jeudi 7 juillet, le Fatah arrêtait 4 membres éminents du Hamas de Ramallah, alors que l’accord stipule une libération réciproque de tous les prisonniers de « guerre civile ».

 

Il fallait donc bien occuper le terrain de la médiatisation internationale, en soutien au projet de déclaration unilatérale d’un Etat palestinien, en septembre à l’ONU.

 

Certes, vous médites d’Israël l’an passé. l’Odyssée du Mavi Marmara, le 31 mai 2010, a bien failli réussir, qu’on en juge : l’affiche d’un martyrologue de 9 membres turcs et américano-turc tués à bord, lors de l’assaut des Shayeret 13 de la Navy israélienne, a permis un buzz mondial, orchestré par Erdogan et le Quai d’Orsay de Kouchner. On tenait le "coupable" et les relations cordiales entre Ankara et Jérusalem se dégradaient à vue d’œil.

 

Mais voilà : un an après, le rapport Palmer reconnaît la légalité de l’intervention des Commandos israéliens, même si jugée « excessive ». Reciyyp Erdogan l’a bien mauvaise, mais se trouve au milieu du guet, dans un rapprochement avec le gouvernement Netanyahou. C'est l’Administration Obama et les nécessités des nouvelles zones conflictuelles à la frontière turco-syrienne qui pilotent ce retour en grâce. Dépité, Ankara devra finalement ravaler ses rancunes, au fur et à mesure que le rapport Palmer sera remisé en fond de cale des enquêtes de l’ONU qui n’ont rien résolu du tout.

 

L’exemple vous avait alors pourtant été donné de ce qu’il fallait faire : envoyer des « martyrs » se coller comme des mouches sur du bon miel, à l’assaut du blocus maritime.

 

Mais voilà, grâce à l’action des Juifs de France et Amis d’Israël à Marseille, un premier bateau devait se cacher en Corse pour imaginer une sortie. A cours de couverture par les assurances, il choisissait de mettre en danger la vie de civils au cours d’une traversée, plutôt que de se conformer aux règles de navigation internationales.

 

Et, pas de chance, lorsque l’atmosphère n’était plus à la fête entre la Turquie et Israël, la Grèce a compris qu’un front de mer méditerranéen défensif contre l’import-export de conflit palestinien par voie de mer, était l’occasion de resserrer les liens avec la Terre Promise.

 

Pas moins de 4 interventions des commandos grecs, dans le Pirée et jusqu’en Crète contre l’inénarrable Besancenot et sa fine équipe : Nicole Kiil-Nielsen, Jean-Claude Lefort et l’islamiste Ennasri. Aucun navire de la flottille ne poussait guère plus loin.

 

Un fiasco total, malgré une mobilisation de longue haleine de la part des coordinateurs du Hamas : Amin Abu Rashed à Rotterdam et Mohammed Sawalha à Londres, chargés par Ismaïl Hannieh et le banquier mondial des Frères Musulmans et d’al Qaeda, Yusuf al-Qaradawi, de surveiller et d’acheminer les fonds de vos comptes en banque.

 

Les services de police du Parlement néerlandais poursuivent l’enquête sur les ramifications en Europe, de cette toile d’araignée au service du terrorisme international.

 

Alors vint la « Flytille », commanditée par Mahmoud Abbas et son cercle étroit à Ramallah. Il sait qu’il ne dispose d’aucune légitimité réelle, aux yeux des Palestiniens eux-mêmes, dans l’absence totale de nouveau scrutin électoral, depuis 2006 ! Salam Fayyad est éclaboussé par des scandales financiers sur le denier du pauvre...

 

Là encore, la cohue que vous avez générée dans les aéroports d’Europe traduit les prémisses des troubles à l’ordre public que vous escomptiez provoquer à Ben-Gurion. Du fait de ce comportement suspect, et qu’aucun pays accueillant n’est censé faire l’objet de votre vindicte, il va de soit que les compagnies aériennes n’ont pas souhaité prendre le risque de supporter votre agitation à bord. Il n’y a pas encore dix ans qu’avait lieu la tragédie du 11 septembre, vous en souvient-il ? Aussi les lignes internationales ne sont pas prêtes à vous concéder le moindre détournement d’avion prétendument « touristique ».

 

Comme en Grèce, il est probable que vous n’aurez pas le loisir de croiser le moindre Israélien, policier ou militaire. Quel  dommage ! Vous ne pourrez vous plaindre des tracasseries, voire de la « torture » mentale subie, lorsqu’une aimable jeune fille en uniforme vous demande votre passeport et les motifs de votre visite dans le merveilleux pays d’Israël…

 

Alors, dites-vous, l’affaire n’est pas terminée : vos employeurs –qui ne parviennent pas à s’entendre entre eux- vous ont promis un grand show, en septembre à l’ONU. Que ce coup de force contre la paix et les négociations réussisse ou pas, les metteurs en scène de Pallywood activent leurs réseaux en vue de la « Troisième Intifada ». Elle a été préméditée, entre Meshaal, Al-Qaradawi, le génocidaire El-Béchir du Soudan, comme on l’a appris dès le 6 mars….

 

Mais beaucoup d’eau est passée sous les ponts du Moyen-Orient depuis. Le Quai d’Orsay, qui vous appuie du bout des lèvres, n’a pas encore réalisé ce qui découlerait de son rapprochement avec les Frères Musulmans et le Hamas : en soutenant cette déclaration unilatérale, c’est le feu qu’il déclencherait à la frontière jordanienne. Les 60% de Palestiniens ne supporteront pas que le Royaume hachémite, cette fois, leur échappe, ni que des restrictions douanières prévalent entre Amman et Ramallah. Les apprentis-sorciers qui concourraient à l’effondrement de la Jordanie bédouine risquent fort de voir les pays du Golfe, déjà, confrontés aux désordres chi’ites pro-iraniens au Bahreïn et Yémen, soutenir le petit roi contre les semeurs de troubles sur son territoire.

 

Le « Printemps » arabe ne semble donc guère une saison de récoltes pour ses kidnappeurs terroristes : Assad, Ahmadinedjad, Nasrallah, Meshaal ou Haniyeh et le pauvre Mahmoud, finalement plus embarrassé par ses déclarations intempestives que maître d’aucune de leurs conséquences…

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 15:20

 

 

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Librement interprété par Aschkel

 

Syrie, flottille, Guilad Shalit, accord Hamas-Fatah, le Pacha Erdogan ne s’ennuie pas.

 

Est-ce le retour du Grand Turc au centre de la toile ?

 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

On apprend, ce dimanche, que le Premier Ministre turc Erdogan interfère, depuis quelques temps déjà, auprès du Hamas, en vue de l’échange de Guilad Shalit contre un millier de prisonniers en Israël. L’homme d’affaires israélo-turc Eliko Donmez se serait chargé du rôle d’intermédiaire de la famille auprès des autorités turques, braquées contre Israël depuis 2009.

 

Le Hamas se dépêche de répondre par la négative à cette demande, arguant qu’il n’y aura pas de médiation régionale sur ce point. Nous avions déjà annoncé ce revirement progressif de la Turquie, lors d’un précédent Edito : … La Turquie aimerait imposer son arbitrage.

 

A la faveur des évènements en Syrie, et suite à ses ambivalences concernant la Libye, Erdogan a compris que l’Egypte affaiblie, ne jouait plus le rôle d’arbitre stable, au cœur des enjeux du Moyen-Orient. Le « modèle turc » jouit  d’une certaine popularité, parmi les groupes contestataires arabes qui cherchent leur point d’équilibre, entre la pression des frères musulmans et la composition avec l’extension des droits civiques.

 

A l’inverse, la répression syrienne démontre quel rôle contre-révolutionnaire jouent l’Iran et ses succursales, après avoir tenté de détourner le « printemps arabe » dans leur sens. Au Barheïn, Yémen et ailleurs, il s’agissait de profiter du courant pour renverser les monarchies du Golfe et installer, à leurs places, des régimes chi’ites croupions, petits-frères du Hezbollah libanais. Téhéran aurait pu ainsi contrôler jusqu’aux périphéries du Caire et installer sa domination régionale, via Gaza, le Sinaï, le Liban. Mais c’était aller un peu vite en besogne.

 

D’abord, l’Arabie Saoudite ne se laissait pas faire et intervenait. Ensuite, le peuple syrien a saisi sa chance historique d’en finir avec un régime maffieux-terroriste en place depuis plus de 30 ans. Le Hezbollah, quant à lui, s’est empressé de prendre le pouvoir virtuel sur tout le Liban, aidé en cela par le Premier Ministre sous influence de Damas, Mikati.

 

Désormais, c’est le Tribunal International sur le Liban qui poursuit la chaîne de décision entre Beyrouth, Damas et Téhéran. Il a commencé à diffuser 4 mandats d’arrêt contre 4 dirigeants du Hezbollah, assortis d’un délai de 30 jours pour y répondre. D’autres pourraient suivre, côté syrien. Des sanctions s’ensuivront, en cas de refus, prévisible, d’obtempérer.

 

Il était donc grand temps pour Erdogan de marquer sa différence à l’égard de ses compères du Levant. Se faisant protectrice des réfugiés, la Turquie redore son blason de puissance musulmane bienveillante, entaché par le drame kurde multiséculaire. Les propos s’enflamment avec Bachar et Ahmadinedjad menace de donner la canonnière contre le territoire turc et ses bases de l’Otan. C’est presque sans l’avoir voulu, qu’Erdogan franchit, dans l’autre sens, la ligne de démarcation et retourne dans le giron de l’Alliance Atlantique.

 

L’autre point marquant de ce revirement politique, c’est que le combat idéologique contre Israël, depuis Davos 2009 n’a pas apporté les fruits escomptés. Erdogan profite donc des gains engrangés pour réclamer un rôle d’arbitre dans le « grand conflit régional », palestino-israélien, à défaut de nommer tous les autres qui se donnent à plein régime au cours de ce « Printemps ».

 

Israël s’est rapproché de la Grèce, grand adversaire historique de la Turquie, et de bien d’autres voisins qui se méfient de l’ancien empire : la Bulgarie, la Roumanie. Le rapprochement d’Ankara avec l’Iran résultait de la fermeture des portes de l’Europe. Mais, plus il s’en rapproche et plus les Européens du Sud-Est se réarment et se défient d’Ankara. Mauvais calcul, en tout cas, s’il s’agissait d’avancer vers Bruxelles, tantôt à pas de loups, tantôt en employant le chantage irano-syrien. Erdogan est critiqué à l’intérieur et doit composer avec une opposition qui n’a pas été laminée par les dernières législatives…

 

Le gouvernement turc semble comprendre qu’il ne gagne pas au change. Pour les Etats-Unis et Israël, il est un contrepoids stratégique important aux intérêts russes qui maintiennent leur soutien inconditionnel à la Syrie de Bachar et à la Libye de Kadhafi.

 

Il ne s’agit pas ou pas encore de tirer un trait sur les conflits diplomatiques avec Jérusalem. Mais Erdogan joue l’apaisement et se présente comme un conciliateur régional. L’Iran et la Syrie n’allant pas jusqu’au bout de leurs menaces contre le territoire turc, perdent un allié et, à terme, la partie qui consistait à détourner le « Printemps arabe ». L’Europe du Sud-Est se défend contre les intrusions pro-Hamas dans ses ports et la Turquie entend donner des leçons de bonne conduite aux affidés d’Ahmadinedjad dans la région…

 

En refusant toute « normalisation » avec Israël, la Tunisie et l’Egypte ont, peut-être misé sur le « mauvais cheval ». Car ils ont un peu vite parié sur la dhimmitude des Grecs, Bulgares, Roumains, alliés toujours plus actifs d’Israël.

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 17:33

 

 

Guilad Shalit, otage des deux Hamas du Caire et de Damas. La Turquie aimerait imposer son arbitrage.

 

 

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par Aschkel


 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info


 

Les manifestations se multiplient pour marquer les 5 ans de captivité de l’otage franco-israélien Guilad Shalit. Pour la première fois, la France semble se mobiliser autour de sa cause, longtemps regardée de biais : il est binational et s'est fait kidnapper sous l'uniforme de Tsahal. L’otage a enfin eu droit de cité sur la façade de l’Hôtel de Ville de Paris, pour quelques jours. Une manifestation s'est déroulée en son honneur, ce dimanche 26 juin 2011. Mais cette soudaine bienveillance, de la part des autorités françaises, n'est pas toujours aussi désintéressée qu'il n'y paraît :

 

le discours de Noam Shalit est exploité par les détracteurs du Gouvernement Netanyahou, du simple fait qu’il campe face au domicile du 1er Ministre en accusant celui-ci de ne pas faire « ce qu’il faut ». C'est encore Carmi Guilon, l'ancien responsable du Shin Bet d'I. Rabin, au moment de son assassinat, qui en fait son cheval de bataille politique contre l'actuel Gouvernement (ICl)  Il y a là une grande manipulation de cette douleur, de la part de nombre de "soutiens" de la famille. Ils focalisent sur cette responsabilité unique de l’Etat d’Israël, lorsque chaque négociation, demande de visite de la Croix-Rouge, s’est avérée vaine.

 

Au-delà de l'émotion pure suscitée par le crime de guerre de sa détention inhumaine, hors de toutes les conventions internationales, on doit tenter d’examiner les enjeux susceptibles de favoriser ou d’empêcher sa libération.

 

Sur le principe moral, la seule position qui se tienne est l’exigence qu’il soit relâché immédiatement sans condition, comme l’a encore réclamé le Département d’Etat américain. En réalité, on sollicite de multiples canaux indirects, permettant aux ennemis mortels de se parler : Allemands, Norvégiens, Palestiniens, Egyptiens et Français se sont, tour à tour, cassé le nez contre le même mur.

 

Que 1000 ou 10 000 terroristes soient tirés de leur détention légale en Israël, contre un seul homme, n'est pas un poids suffisant pour infléchir la décision tactique du Hamas de l’échanger. La question n’est donc pas le prix humain, pour autant que cette notion barbare ait le moindre sens, mais la valeur géopolitique de Guilad, dans le bras de fer régional…

 

La dernière réelle occasion de lui rendre la liberté s’est présentée durant la troisième semaine de l’opération « Plomb Fondu » : plusieurs commandants en opération ont demandé une extension de 48h, pour leur permettre de capturer des dirigeants de Haut-Rang du Hamas. Ils auraient ensuite servi de monnaie d'échange. Mais Olmert et Gaby Ashkenazi se sont refusés à cette tractation. Peut-être l’ont-ils perçue comme un risque de s'abaisser au même niveau que les Barbares qu’ils combattaient…

 

Puis est arrivé le « Printemps arabe » qui modifie le tableau régional. La branche gazaouïe du Hamas s’est rapprochée de l’Egypte en ébullition, tandis que les quartiers généraux du mouvement à Damas sont devenus SDF : même si la répression syrienne est féroce et que, pour rien au monde, l’Iran ne lâchera son vassal, plus personne ne voit d’avenir politique pour Assad, à long terme.

 

Khaled Meshaal a donc exploré des voies de sortie, dont l’une serait son rétablissement à Gaza, par l’entremise des Egyptiens. La reprise des négociations autour de Guilad est l’une des conditions posées par les Egyptiens, en vue d’une réconciliation avec le Fatah d’Abbas. Meshaal y a souscrit, puis l’engagement s’est volatilisé, sous la pression de l’Iran et de la Syrie. L’accord d’unité lui-même est très mal en point, tiraillé par le poids respectif de chacun des acteurs régionaux qui se déchirent « leur » Hamas, et, par là-même, « leur » Guilad Shalit….

 

L’opposition interne à cette harmonie de circonstance vient de l’autre branche, du Hamas territorial à Gaza. C’est lui qui détient Guilad et entend le faire valoir.

 

 

L’axe irano-syrien a profité de ces troubles régionaux pour renforcer sa mainmise sur le Liban, par Hezbollah interposé. Le pays du Cèdre sert de front de remplacement, en cas d’affaiblissement durable d’Assad en Syrie-même. Mais Iran et milice chi’ite libanaise ont déjà appris à vivre sans le roitelet de Damas. Ils s’emploient à déplacer leurs missiles encore stockés en Syrie vers la plaine de la Bekaa…

 

Face à la répression de la rébellion syrienne, son voisin immédiat, la Turquie n’a pu, indéfiniment, rester de marbre : il en va de son prestige de leader du monde arabo-musulman, àconfronté à un régime tyrannique qui massacre son propre peuple, en grande partie sunnite. Ankara a ouvert sa frontière aux réfugiés, mais aussi apporté de l’aide, via ses hélicoptères, aux rescapés dans les collines, en territoire syrien. Depuis, les deux états se regardent en chiens de faïence, au bord de la confrontation à la moindre erreur d'interprétation des intentions du voisin.

 

Membre de l’OTAN, la Turquie a besoin du soutien de l’Alliance Atlantique, en cas de belligérance. Les Etats-Unis ont saisi l’occasion pour esquisser un rapprochement avec Jérusalem. Le Ministre des Affaires stratégiques israélien, Moshé Ya’alon, s’est rendu en visite secrète à Ankara. Il y a rencontré Erdogan et Fidan Hakan, le chef des services secrets turcs. C’est le bond stratégique le plus important entre Israël et les Turcs, depuis l’opération « Plomb Fondu » de 2009.

 

C’est, peut-être, dans ce rapprochement encore loin d'aboutir qu’il faut lire la suspension de certaines « flottilles » faussement humanitaires pour Gaza…


Erdogan croit aussi qu’il peut influencer Meshaal et l’aider à ramener le Hamas de Gaza à la raison, pour donner un contenu réel à la pseudo-« réconciliation » bloquée dès sa signature entre Fatah et Hamas.

 

La libération tant attendue de Guilad Shalit a-t-elle la moindre chance de faire partie d’un arrangement global, organisé, cette fois, par la Turquie, entre Palestiniens ? Il y a fort à craindre que Téhéran ne laissera pas lui échapper l’atout-maître et le moyen de chantage international que représente le jeune soldat. 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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