Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 15:06

 

editorialàGad

 

Le verrou syrien est-il en train de sauter et au profit de qui ?

 Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

ECOUTER ICI-copie-1

avec la voix harmonieuse d'Aschkel!

 

Ce « vendredi des martyrs » est annoncé comme le moment d’un tournant décisif pour la domination alaouite du clan Assad. Après les centaines de morts dans les rues de Deraa ou des dizaines à Lattaqiyeh et ailleurs, le discours d’apaisement et la démission du gouvernement en place semblent n’avoir fait qu’attiser les revendications et la volonté d’en découdre de la rue syrienne.

 

Pour les alliés traditionnels du régime, après une mobilisation, qui n’est pas moins « mercenaire » que celle mise en place par Kadhafi en Libye, le Hezbollah, l’Iran et les groupes terroristes palestiniens s’affichent sur le repli : les deux premiers seraient en train de procéder au transfert de leur arsenal de missiles, soit vers Téhéran, mais surtout, vers le Liban dominé par la milice chi’ite. Quant au Hamas, Jihad islamique, mais aussi au FPLP et autres supplétifs du terrorisme syrien, ils démarcheraient, qui au Qatar, qui en Iran, pour se trouver protecteur plus sûr.

 

On dit aussi que Khaled Meshaal serait parti négocier une « approche plus souple » de l’Imam Youssouf Qaradawi, qui a appelé les Sunnites à se joindre à la contestation. Or, ceux-ci représentent, non seulement, 70% de la population, mais également, une partie imposante de l’armée. Est-il prêt à lui offrir la tête de Bachar sur un plateau d'argent, en gage de gratitude à la main qui l'a nourri? 

 

Contrairement à la Tunisie et à l’Egypte, cette composante militaire de la Syrie n’est pas unifiée, mais au contraire, contrôlée à tous les échelons importants, par des officiers alaouites. Les Sunnites sont renvoyés à des rangs subalternes, sans véritable chance de promotion. De même, les Kurdes et autres minorités sont fréquemment humiliés, voire évincés. Ce qui porte à dire qu’au-delà d’une garde prétorienne dédiée à sauver la peau du régime, la plupart ont, à terme, partie liée avec les revendications de la contestation : soit pour des motifs d’avancement, soit par esprit de revanche ethnique, soit par fidélité confessionnelle et clanique, les rendant réticents à s’enfoncer dans la répression, au risque de sauter avec leurs chefs qu’ils n’affectionnent pas vraiment.

 

La fameuse Moukhabarat, ou police politique, a démontré son incapacité à anticiper et faire avorter le mouvement.

 

Lorsque l’on constate avec inquiétude, à quoi donne lieu la soi-disant « transition en douceur » dans les deux précédents pays, ou encore, comment la confrontation avec l’armée « loyaliste » de Kadhafi a tourné à la guerre civile et de position entre Tripoli et Benghazi, en Libye, c’est peu de dire que les perspectives « démocratiques » apparaissent encore plus ténues en Syrie.

 

L’idée-même que, sur le plan géostratégique, cette révolte briserait l’arc irano-syrien est sujette à caution : certes, on a mentionné le repli tactique des affidées habituels, armée terroriste au service de leurs intérêts conjoints contre Israël et les Etats-Unis. Dans la mesure même du rapprochement entre les Frères Musulmans et l’Iran, contre l’Arabie Saoudite, entre Golfe et Sinaï, et Israël (Gaza), la liquidation du régime alaouite peut aussi se solder par une forme de pacte de non-agression entre Sunnites extrémistes et Chi’ites, comme on a déjà assisté à des plate-formes communes de ce type, au Liban.


En ce cas, le Levant serait susceptible d’éclater en une répartition ethnique des territoires, ou en une vaste « irakisation » de la région-nord, sans nécessairement modifier les alliances préalables, fondées sur l’opposition à l’ennemi ontologique.

 

Des groupes, comme le Hamas, font, depuis longtemps, charnière en s’arrangeant de ces contradictions théologiques apparentes. La situation à Gaza est, en cela, éclairante : le Hamas se construit avec les conseils paramilitaires du Hezbollah et de la Syrie, le Jihad islamique pro-iranien lui reste globalement inféodé, tandis que le Hezbollah lui-même, est sous les ordres d’un ordonnateur des mollahs. Plutôt que de conflit, il faut plutôt parler d’imbrication ayant appris à coexister, même si des rivalités tactiques se manifestent.

 

On doit donc plutôt conclure à une stratégie qui se construit en marchant et s’arrange des obstacles et freins relevés sur le terrain, -voire perte d’alliés devenus encombrants, comme Assad ou Kadhafi-. Elle consiste en un isolement par encerclement progressif des « alliés de l’Amérique », sans distinction, qu’ils soient Arabes, Juifs ou Kurdes, Druzes, Chrétiens, etc.

 

Et c’est bien cette dissolution par étapes de la puissance des alliances américaines au Moyen-Orient que n’ont absolument pas détecté le fantasque Obama, ses proches conseillers saoulés à l’hydromel de la « démocratie en marche » (on se souvient des inepties dignes d’un débutant, du Directeur du renseignement, James Clapper, qui restera comme le « Dingue du Magasin » ou le Jerry Lewis dans l’histoire des auto-intoxications célèbres et détonnantes). Lorsque l’on sait qui sont les principaux inspirateurs de cette ligne politique et de cette doctrine de rapprochement avec les Islamistes « acceptables », à savoir : l’International Crisis Group piloté par le milliardaire illuminé G. Soros, des gens comme Mohammed El Baradei, Mary Robinson (lCl), prêts à se rendre à un thé dansant organisé par Ismaïl Haniyeh à Gaza, bras-dessus, bras-dessous avec Dhimmi Carter, on peut s’interroger sur le niveau de décadence atteint lors de ce mandat, par cette ex-grande puissance…

 

Actuellement, l’armée américaine investit des sommes folles dans une opération de soutien aérien et militaire aux Rebelles libyens, quand l’Amiral américain de l’Otan, James Stavidris, semble être bien le seul à se préoccuper de la présence d’éléments d’al Qaeda et du Hezbollah parmi ces insurgés du 3è type. L’Administration Obama est parvenue à convaincre de son aveuglement ses principaux alliés, tout en leur laissant croire qu’ils prenaient les gouvernes de l’Alliance et à mettre son armée au service d’une coordination intérimaire dont on sait trop peu de ses chefs et de ses trafics. Ainsi ont été pillés et mis aux enchères les stocks d’armes et de gaz moutarde et innervant du dictateur, toujours bien vivace, aux plus offrants. Leurs noms ne sont pas difficiles à deviner : l’Iran, le Hezbollah et le Hamas.

 

Se repliant de Syrie, leur zone de prédilection paraît plus propice au développement dans le grand bazar du Sinaï, devenu le carrefour de tous les trafics humains, narcotiques ou guérilleros. Ainsi, apprend t-on que la branche Ez-al Din al Qassam du Hamas est parvenue à mettre la main sur des lance-missiles sol-air mobiles et d’autres, se portant à l’épaule, du même type que ceux dont disposait al Qaeda, lors de ses tirs contre un avion israélien de ligne, à Mombassa au Kenya, en 2002. La leçon enseignée par al Qaeda, qui sert un peu d’éclaireur ou de pisteur dans ces jeux croisés, est qu’il est toujours utile de procéder à la Somalisation à l’échelle d’une région entière comme le Moyen-Orient. Et ensuite de glisser de région en région pour échapper aux frappes ou opérations de débarquement de l’ennemi.

 

Mais, les Frères Musulmans ont fait encore plus fort, en s’évitant toute déclaration de guerre théologique aux supplétifs de l’Iran, par Hamas et Hezbollah interposés : ils sont parvenus à obtenir la couverture aérienne et médiatique occidentale de leur soi-disant aspiration à la laïcité et à la démocratie, pendant qu’ils réévaluent le prix de leur allégeance au véritable pouvoir en danger : celui de la Révolution islamique d’Iran. Qui, en effet, se risquerait à une frappe en règle des installations nucléaires iraniennes, si ce sont les Frères Musulmans qui détiennent les clés de la "rue arabe"?

 

La coalition des pays du Golfe a été bien inspirée de tenter de contenir la poussée chi’ite alimentée par Téhéran au Bahreïn et ailleurs, sachant que cette déstabilisation ne fait que commencer.

 

Tsahal publie, dans le Washington Post, la carte de la colonisation par le Hezbollah du Sud-Liban, soit- disant démilitarisé, depuis la résolution 1701. Anticiper sur le type de régime non-étatique qui est en train d’être mis en place au Nord-Sinaï, voire demain, sur le plateau syrien, donnerait à Israël la « profondeur stratégique », lui permettant de sonder un avenir assez sombre, dans la carte du « Nouveau Moyen-Orient démocratique », dessinée par le professeur Schmok Obama de l’Université d’Harvard… L'autorité Palestinienne aurait, alors beau jeu d'affirmer que Jérusalem ne veut pas "négocier", en rassemblant ses soutiens du Jihad à ses portes, avec la bénédiction de l'ONU, des Etats-Unis et de l'Europe médusée, mais toujours prête à se concilier un Orient décidément trop compliqué!

Partager cet article
Repost0
25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 11:55

 

 

editorialàGad

ECOUTER ICI-copie-1 

avec la voix aussi mélodieuse que combative d'Aschkel

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info 

 

Deux faits récents semblent indiquer un fléchissement de la position syrienne, après la répression, qui a encore fait 100 morts mercredi dernier à Deraa, à 100 kms au Sud de Damas.

 

-  Face à la détermination des manifestants, la TV officielle syrienne a fini par annoncer que les principaux opposants arrêtés ces derniers jours seraient relâchés ; que le régime damascène souhaite répondre à leurs revendications en assouplissant l’état d’urgence qui prévaut depuis 1953. Quelques hausses de salaire pourraient s’ensuivre.

 

-      D’autre part, menacé à l’intérieur, le Ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem a reconnu, du bout des lèvres, la légitimité de l’intervention, au Bahreïn, des forces de la Coopération dans le Golfe autour de l’Arabie Saoudite.

 

Tout se passe comme si, sous la pression des évènements, Damas cherchait à retrouver un statuquo favorable dont il a le secret, dans tous les dossiers qui le concernent : au sujet d’Israël et du Golan ; concernant sa présence au Liban par Hezbollah interposé ; concernant ses relations avec l’Occident qui le considère avec justesse comme le verrou de l’hégémonie iranienne dans la région.

 

Si la répression exercée est allée jusqu’au massacre, il s’agit, maintenant, de minimiser les pertes et d’en réduire l’ampleur, avant de basculer dans une contestation du type de celle qui a déjà emporté Moubarak. Du fait de la rapidité des communications internet, Assad n’a pas la liberté de manœuvre dont disposait son père ou son frère Rifat, en 1982, pouvant se permettre 20 000 morts sans que l’Occident ne lève le petit doigt. Engagée en Libye, la coalition franco-anglo-américaine aurait du mal à donner dans la caricature du « deux-poids-deux-mesures » et à s’abstenir de toute réflexion désobligeante.

 

D’ailleurs, Ban Ki-Moon a déjà réagi à l’ONU, comme pour dire : « S’il vous plaît, épargnez-nous d’avoir à vous condamner trop sévèrement, nous sommes déjà débordés ailleurs ! ». Les Occidentaux ont besoin qu’Assad réprime en silence !

 

Sur le second point, bien qu’allié indéfectible de Téhéran, la Syrie est obligée de jouer les boîtes aux lettres entre les deux camps, sunnite et chi’ite. En pleine répression-maison, comment dire à l’Arabie Saoudite qu’elle a tort de veiller à ne pas se laisser déborder par le Bahreïn, sur ses propres marges chi’ites, et champs de pétrole ? Iran et Syrie se sont entendus pour maintenir le cap de la pénétration en douceur des flancs de leurs adversaires immédiats et de tout faire pour conserver leurs acquis.

 

L’Arabie saoudite, de son côté, a pris la mesure de la déstabilisation égyptienne et des gains amassés par l’Iran, par l’intermédiaire des Frères Musulmans et du Hamas, leur bras idéologique armé. L’intervention des pays du Golfe vise à donner un coup d’arrêt à cette expansion, pour éviter la contamination du Yémen, Bahreïn, Oman, régions saoudiennes… jusqu’à Gaza et au Caire, l’Iran s’affirmant alors comme le chef de file de la « nouvelle révolution… islamique ».

 

La chute de Moubarak a représenté pour le Roi Abdallah, le coup de grâce de l’Amérique d’Obama contre ses anciens alliés. De son côté, Washington peut considérer qu’il n’y a plus d’abonnés au n° de téléphone à Riyad et que le Roi gère ses propres affaires comme bon lui semble. La modestie même de la participation américaine en Lybie, derrière la France et l’Angleterre, signe la confusion et l’embarras qui se sont emparés de la politique arabe de la Maison Blanche : Obama ne souhaite absolument pas donner le sentiment aux Arabes qu’après Le Caire, il est résolu à faire tomber Tripoli, vers les vents mauvais de la tribalisation à la somalienne.

 

Dans ce contexte, les relations indirectes entre Israël et l’Arabie Saoudite, autrefois entretenues à Amman ou au Caire par l’entremise d’Omar Souleimane ou de l’autre roi Abdallah de Jordanie, sont susceptibles de prendre un tour nouveau. Il serait uniquement concentré sur la façon d’envisager une stabilisation régionale suffisante pour faire barrage à l’extension des dominions pro-iraniens à leurs frontières immédiates, sans l’aide des Etats-Unis, qui jouent les utilités.

 

Israël n’a encore arrêté aucune mesure de dissuasion qui se tienne, face à la pluie de missiles qui s’abat sur le sud, ni en ce qui concerne le quintuple assassinat d’Itamar, ni encore, de réplique appropriée à l’attentat en plein cœur de Jérusalem.

 

Une des raisons à cela, c’est la position très, trop modérée d’Ehud Barak, qui, visiblement, ne tient pas à ce que le conflit palestino-israélien fasse, à nouveau, la une des gazettes internationales, tombant dans le piège tendu par le Hamas, dont la fonction principale est le détournement des « révolutions arabes ». La posture est tactique, mais ne remplit aucune des conditions relatives à la dissuasion stratégique dont Israël a grand besoin.

 

L’autre raison, c’est le voyage de Benyamin Netanyahou à Moscou. Il est intéressant de noter que le Premier Ministre s’y rende, en pleine période d’intervention européenne en Libye, à laquelle la Russie s’oppose. Il n'est pas, non plus, totalement indifférent que l'artisan du rapprochement Jérusalem-Moscou, Avigdor Lieberman ait été invité, pour la première fois, à Paris, au même moment. 


 Le chef de Gouvernement israélien a même pu croiser le Prince Saoud al-Fayçal, lors d’une entrevue programmée par ses hôtes moscovites. L’un et l’autre ne deviendront ni alliés ni amis, mais ont les mêmes cailloux dans la chaussure et Dmitri Medvedev et Vlad Poutine le savent. Ils ont aussi en commun le fait d’avoir été les seuls, de par le monde, à critiquer le lâchage en règle de Moubarak par la Maison Blanche. Ils ont conscience que les fameux soulèvements arabes ont renvoyé aux calendes grecques quelques grandes questions d’actualité, comme celle du nucléaire iranien. Téhéran gagne un temps précieux pour parfaire ses têtes atomiques, à mesure que les troubles dans la rue arabe divertissent l’opinion et que Washington ne sait plus où donner de la tête pour conserver un statut de « libérateur des peuples ».

 

L’avertissement indirect donné à l’Iran par l’entremise de la Syrie et de l’agitation à domicile qui peut troubler le jeu du transfert d’armes lourdes au Hezbollah, va inciter Téhéran a jouer plus finement : au Bahreïn, au Liban, en Egypte. De même, Bachar al-Assad préfère jouer la modération.

 

Leur reste, alors, le joker qui marche à tous les coups : celui de moins compter sur les révoltes populaires pour tenter, par tous les moyens de recentrer l’attention mondiale sur le « vilain petit canard » du Moyen-Orient. Et provoquer les conditions d’une intervention massive israélienne contre ses supplétifs à Gaza, mais qui débordent aussi sérieusement sur la Judée-Samarie, Ramallah et Jérusalem.

 

L’Amérique n’a plus la main, Abbas s’aligne sur le Hamas. Reste à la Russie de Medvedev et Poutine à s’incruster dans le rôle d’arbitre ou de « faiseur de paix régionale », plus à l’écoute des préoccupations conjointes de Riyad et Jérusalem, bien que conservant un rôle de parrain de l’Iran et de la Syrie…

 

Assurément, le grand jeu se complique et les dominos qui tombent ne sont pas forcément ceux que l’on croit voir mordre la poussière… 

Partager cet article
Repost0
18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 11:36

 

editorialàGad


 Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info 


C’est tard dans la nuit de jeudi à vendredi qu’on a assisté au vote de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Elle établit une zone d’exclusion aérienne et laisse les pays intervenants libres de toute mesure jugée utile à protéger les populations civiles, en Libye. La France a porté ce projet depuis la reconnaissance du Conseil national insurgé libyen par Nicolas Sarkozy. Elle imprime la marque de son changement d’orientation, après les nombreux reproches de complaisance à l’égard des dictatures, dont Kadhafi n’est pas le dernier avatar.

 

 

Une frappe conjointe est imminente. Il s’agit d’un précédent. Le « droit d’ingérence » est prôné par les recommandations Kouchner depuis plusieurs années, fondé sur la notion d’assistance aux populations en danger. Le régime Kadhafi, dans sa folie massacrante, offre toute les caractéristiques du cas d’école pour l’application de cette doctrine. Il menace, désormais, d’étendre le terrorisme à tout navire ou avion militaire ou civil circulant en Méditerranée, donnant une vague notion de sa démesure. Et, plutôt que de s’en prendre à l’Amérique ou Israël, selon la rhétorique classique du tyran arabe renvoyé dans ses cordes, c’est la France, initiatrice de la résolution, qui est la cible principale de sa vindicte.


 

On observe donc un renversement complet de perspectives, si l’on compare la situation actuelle avec celle qui prévalait en 2003, au moment du veto de la France à l’ONU contre l’intervention américaine en Irak. La France, à qui nombre de pays africains reprochent encore ses réseaux, entend marquer son domaine de juridiction, là où elle tend à abandonner les questions moyen-orientales aux Etats-Unis. Elle n’en est pas à ses premières échauffourées avec la dictature tripolitaine, puisque des confrontations ont déjà eu lieu au nord du Tchad, par le passé, contrant l’hégémonie libyenne sur le continent.

 

Elle supplée également à la « fatigue interventionniste » américaine, qui, quoi qu’elle fasse ou ne fasse pas, se trouve sous le feu d’accusations d’impérialisme et d’hégémonie pétrolière. La Présidence Obama est le symptôme de cette lassitude, tout comme Ehud Olmert le fut pour Israël, lorsqu’il annonçait : « nous sommes fatigués de nous battre »… avant d’être entraîné dans deux guerres frontalières suscitées par son projet politique de retraits et de concessions permanentes.

 

En réalité, la force de frappe des Etats-Unis reste la garantie de la validité des entreprises diplomatiques françaises et européennes. Six forces aériennes conjointes sont prêtes à frapper les colonnes infernales de Kadhafi : les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, mais aussi les Emirats Arabes Unis la Jordanie et le Qatar, qui interviennent au nom de la caution arabe dont les Occidentaux ne peuvent se passer dans cette région.

 

Les intérêts économiques ne sont pas absents de ces préoccupations. Le prix à la pompe ne cessera de monter, tant que le calme ne sera pas rétabli, en Libye comme au Bahreïn et dans le Golfe. Mais l’argument d’autorité politique a prévalu, avec cette idée d’accompagnement du mouvement de réformes engagé en Tunisie et en Egypte, voisins directs. Notons, à ce titre, que le chef des armées égyptiennes, Mohammed Tantawi, conscient de sa fragilité politique, a refusé à Hillary Clinton l’utilisation de ses bases, comme El-Mansoura, pour y assurer le turn-over des avions veillant au respect de la zone d’exclusion.

 

Comme nous l’avons mentionné (lCl), l’équilibre des forces se transforme, en faveur du retour des valeurs occidentales dans l’accompagnement du mouvement global né des « révolutions arabes » et sert d’avertissement aux pays qui les exploitent aux fins de détourner l’histoire en fonction de leur propre projet hégémonique. La Syrie et l’Algérie seront moins enclines à envoyer leurs pilotes risquer d’être interceptés par la chasse internationale et devront trouver d’autres voies pour régler leurs problèmes intérieurs. La Syrie a connu, mardi et mercredi, ses premiers troubles sérieux et la répression y a été féroce. Mais, à ce jour, aucune mise en garde particulière ne leur est adressée, Kadhafi seul faisant l’objet de l’attention des alliés.

 

La Libye, en plus d’être un débouché important de l’Afrique et du Maghreb vers l’Europe, face à l’Italie –qui assure la logistique de ses bases aériennes et de ses ports pour les forces de contention-, est aussi la veine jugulaire de l’Islamisme vengeur soudanais. Kadhafi, comme Moubarak (lCl), avaient soutenu le génocidaire Omar El-Bachir contre le projet de partition de l’ONU, offrant l’indépendance du Sud-Soudan chrétien. N’ayant pu ouvertement s’opposer à la Communauté internationale, le maître de Khartoum menace toujours de faire voler cette autonomie politique en éclats. Surtout, il a entrepris des représailles contre les pays qui soutiennent cette libération des Chrétiens du sud. En ligne de mire, Israël (lCl), qui fournit des équipements militaires à Juba.

      

C’est en ce sens qu’il faut prendre l’organisation de la réunion « pour al-Qods » ( lCl) de toutes les instances islamistes dans la capitale soudanaise, le 6 mars dernier : parmi ses figures de proue, le Cheikh Al-Qaradawi, après son retour triomphal, place Tahrir (lCl), en compagnie de son alter-égo terroriste, Khaled Meshaal, chef de la branche damascène du Hamas, et Ibrahim al-Sayyed pour le Hezbollah libanais. El-Béchir, allié de l’Iran, a bien évidemment ouvert ses portes aux services secrets des Pasdarans, afin de planifier les conséquences concrètes de cette petite assemblée. On peut penser que le massacre d’Itamar, le shabbat suivant, découle directement du type d’instructions (lCl) qui ont pu être passées entre les différents protagonistes.

 

C’est bien là où se situe le « nœud de vipères » et le risque de « baiser mortel » des fameuses révolutions arabes, avec une tentative volontariste de les faire dériver vers le Jihad, en s’appuyant sur les arguments traditionnels de l’islamisme et de l’antisionisme en Orient comme en Occident. Ce détournement nécessite de disposer d’une boîte postale et d’une sorte de « vitrine légale » que constituent les Frères Musulmans au Caire, déjà approchés par les Américains et le Quai d’Orsay. Il s’accompagnera de tentatives de réactiver une « 3ème Intifada », vouée à attirer, quand l’heure serait venue, les médias loin de leurs centres actuels d’intérêt (Tripoli, le Japon). Il est certain que, pour le moment, l’insurrection libyenne, maintenant soutenue par l’ONU, ou encore, l’arraisonnement du Victoria par Israël et d’autres convois de camions par l’Egypte, en provenance du Soudan, ne font pas leur affaire.

 

Par contre, les émirats, participant à la zone d’exclusion en Libye, y gagnent le droit d’assurer, aux côtés de l’Arabie Saoudite, la police dans le Golfe et au Bahreïn.

Pendant que l’Iran les menace de soutenir militairement les insurgés chi’ites, comme elle le fait déjà, depuis quelques temps, en Azerbaïdjan :

 

le Président Ilham Aliyev a ouvertement accusé Téhéran d’être à l’origine de mouvements de protestations à Bakou, la capitale pétrolière de la Caspienne. Cette république d’Asie Centrale, dont la population est à 85% chi’ite, est alliée à l’Occident et à Israël, avec lequel s'établissent des échanges de renseignements et de nouvelles technologies sécuritaires, telles que le marché des drones. Ce pays est également situé sur les marches de l’ancien empire soviétique, ce qui conduira Téhéran à rester prudent pour ne pas déranger le tigre qui dort. Mais, cette poussée traduit la rivalité croissante de l'Iran à l’encontre de la totalité de ses voisins sunnites au Sud ou asiates au Nord et à l’Est, en utilisant la voie détournée des « révolutions » antiautoritaires. Les Mollahs suspectent toujours Bakou de manipuler les minorités azéries d’Iran pour les déstabiliser et profitent donc du climat ambiant pour tenter une percée, quoi qu’à un degré moindre qu’au Bahreïn, au Yémen, Oman et, objectif ultime, dans les zones pétrolifères d’Arabie Saoudite.

 

Surtout, Téhéran soupçonne Bakou d’être un relais efficace des services d’espionnage israéliens, britanniques et américains, dans les entreprises de sabotage de son programme nucléaire, ou l’assassinat de ses savants, à partir des régions kurdes et baloutches d’Iran.

 

Ces différentes zones de conflit et de tumulte, actuelles ou virtuelles sont enchevêtrées et encore relativement cloisonnées. Les traités et alliances demeurent instables. Des lignes de force laissent entrevoir une redistribution des cartes, où le sort des révoltes populaires - ou clairement insurrectionnelles et armées -, ne se joue pas sur une même partition de la « démocratisation ». Certaines, comme en Libye, sont fortement entachées de vieilles rivalités tribales et régionales : le Tripolitain contre la Cyrénaïque, l’ancienne royauté contre le putschiste Kadhafi.

 

D’autres, comme la Tunisie et, a fortiori, l’Egypte, oscillent clairement entre une tendance à se tourner naturellement vers l’Europe et la tentation de se jeter dans les bras de la Turquie, encore stable et surtout, de l’Iran, en recherche de débouchés sur la Mediterranée. La révolution islamique y a vu l’occasion de jeter des petites sœurs dans la bataille, de façon à marquer son influence dans le bras de fer qui l’oppose aux Etats-Unis et à l’Union Européenne.

 

En ce sens, si la bataille pour Benghazi est essentielle à la sauvegarde des intérêts occidentaux en Méditerranée, derrière le miroir se profile la capacité d’intervention occidentale dans les crises graves qui menacent l’avenir de son modèle politique. A l’horizon, la tragédie japonaise nous rappelle que la puissance nucléaire qu’ambitionne d’obtenir Téhéran reste extrêmement dangereuse, pour les autres, pour son peuple et pour lui-même…

 

Partager cet article
Repost0
16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 18:41

 

editorialàGad

 

 

Politique proactive d’Israël et du Golfe contre l’Iran versus passivité antlanto-méditerranéenne face au terrorisme dictatorial à Benghazi

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele 

 

A l’heure où nous rédigeons,  au moins deux tremblements de terre sont en cours sur cette planète :

 

- l’un, au Japon, représente une catastrophe naturelle qui a déjà des conséquences nucléaires, avec risque de rejets radioactifs à Fukushima ;

 

    - l’autre est le fait des hommes et bouscule tous les pouvoirs de la         région, au Moyen-Orient et au Maghreb. Avec le risque d’assomption    d’une puissance nucléaire : l’Iran est premier bénéficiaire de  l’affaiblissement des autres puissances et exploite la crise, en    dépêchant des armes et des hommes, afin d’alimenter le chaos.

 

- Dans un cas, toutes les instances de salubrité publique et de prévention des catastrophes du monde sont prêtes à se mobiliser pour éviter le pire.

 

- Dans l’autre, rares sont les protagonistes qui acceptent de se mettre en travers de la route de ceux qui cherchent à tirer un profit maximum des troubles.

 

A preuve, la réponse négative du G8, le club des pays les plus riches, à la proposition française d’intervention contre le dictateur libyen. Celui-ci est, tout simplement, en train d’écraser les rebelles qui le défient depuis le 17 février. Un mois plus tard, Benghazi et d’autres bastions sont encerclés et près de tomber sous un déluge de canonnades, venu de l’air, de la terre et de la mer. Le choix de la passivité euro-atlantique totale face aux dictatures, en parfait contraste avec le soutien virulent d’Obama à la chute de Moubarak, en Egypte, démontre que toutes les aspirations à la liberté ne se valent pas et que le droit d’ingérence s’arrête au pic des baïonnettes.

 

La France, flanquée de l’ancien empire britannique, en la personne du véhément et parfois brillant David Cameron, se sera montrée hardie et échevelée en bonnes paroles diplomatiques et guerrières. Mais elle aura surtout affiché son impuissance à passer du discours aux actes et aux armes, citoyens ! Elle devra se contenter de rodomontades et sabres de bois qui rendent le tableau du devenir d’un hypothétique pacte Euro-Méditerranée d’autant plus douteux et variable selon la géographie et les aléas de l’histoire…

 

Surtout, depuis le début de cette nouvelle guerre de Troie qui ne devait pas avoir lieu, on sait que, quelles que fussent les velléités d’en découdre de quelques rares, tout dépendait, en fait, des ordres donnés ou non à Washington, plutôt qu’à Bruxelles. Un temps les paris donnaieht Obama gagnant le bras de fer contre Robert Gates, Secrétaire à la Défense, pour qui l’attaque n’apparaît pas la meilleure protection de la démocratie et des idéaux qu’elle véhicule.

 

Barack Obama a bien tenté, à diverses reprises, de tenir la dragée haute et le discours frondeur à Mouammar Kadhafi, lui intimant, comme il le fit autrefois envers Moubarak, de partir sine die. Mais preuve en est que le cacique tripolitain, bien secondé, selon des rapports convergents, par ses acolytes algérien et syrien lui acheminant des pilotes et des armes, a jugé qu’il était aisé d’en faire fi. Comme s’il se doutait, depuis le tout début, de la lâcheté de ses vis-à-vis, incapables de la moindre suite dans les idées. Un répression sanguinaire et continue s’est déroulée, de jour comme de nuit, sous les yeux médusés des caméras du monde entier, des AWACS de l’OTAN ramenant des photographies précises du théâtre de guerre et des porte-avions les plus puissants du monde mouillant à quelques miles marins. Ils attendaient l’ordre de ne rien faire ou celui de venir à la rescousse des premières épaves de migrants flottant au large de Benghazi sous les bombes…

 

Il est certain que Misratah, Brega, Syrte ou Zenten n’ont rien à voir avec la place Tahrir au Caire, entourée de chars et de journalistes, pris entre les deux feux des insurgés et des pro-Moubarak. Kadhafi démontre par l’absurde et le sang des siens aux dirigeants arabes sur la sellette, que la rébellion contre l’Europe et l’Amérique est plus payante que de céder au chant des sirènes de la « démocratie en marche ». Que ce système n’a plus de défenseurs au-delà de leurs propres frontières, prêts à tous les accommodements avec le mal, les massacres, les tortures, du moment que les approvisionnements en pétrole ne risquent pas de se tarir.

 

Il semble qu’il n’ait pas fallu plus que cet avertissement pour que le Roi saoudien, Abdallah II, ordonne au Conseil de Coopération du Golfe et à ses troupes de voler au secours de son vassal, le roi du Bahreïn, très proche d’être submergé par les foules en colère. 3500 hommes de troupe saoudiens, un bataillon de tanks et une brigade mécanisée, des unités koweitiennes et émiraties ont franchi les frontières bahreïnies, le 14 au petit matin. Ils sont venus sécuriser les intérêts du régime-frère. Ils ont rapidement pris le contrôle des routes et points stratégiques du petit royaume.

 

C’est la réponse sans équivoque qu’adressent les dirigeants arabes aux incitations à la révolte en provenance de la Maison Blanche, mesurant toute l’inconséquence des Occidentaux face au chaos libyen. La veille de cette intervention, bien militaire celle-là, des chefs sunnites, Robert Gates était au Bahrein pour tenter de lier les mains d’Ahmad Bin Isa Al Khalifa, l’Emir du Bahreïn, et l’empêcher de recourir à toute mesure répressive de sauvegarde de son régime en péril. Gates s’est avéré complètement sourd aux requêtes et preuves établies par ses hôtes de l’ingérence iranienne dans leurs affaires, de sa fourniture d'armes aux insurgés chi'ites, principalement dans les zones pétrolifères. Au contraire, il a réclamé d’eux d’encore plus grandes concessions, comme cette même Administration le fit, concernant Israël et sa sécurité, depuis le début de son mandat. La ruée de ces dernières heures des blindés légalistes sunnites à Manama et dans les zones chi'ites pourrait déboucher sur une confrontation armée entre eux et des éléments soutenus par l'Iran...

 

De son côté, le petit roi de Jordanie ne sait plus à quel saint se vouer et s’il doit demander protection à Ahmadinedjad ou à Jérusalem, pour éviter la chute. Quant à Bachar al-Assad, tout en continuant de profiter des largesses de l’Occident, il n’a pas hésité une seconde à offrir son bouclier aérien et militaire à Kadhafi, sans que cela n’altère en rien ses excellentes relations avec Washington et Paris. A Damas et dans de nombreuses autres villes syriennes, les premières manifestations des mardi 15 et mercredi 16 se sont soldées par plusieurs tués, de nombreux blessés et des arrestations en masse. Mais là encore, l’Occident a su conserver tout le sens de la démocratie sélective et de la diplomatie qui convient.

 

Le printemps arabe semble donc s’achever dans le sang un peu partout, sorte d’écran de fumée qui enorgueillit brièvement les médias de l’Ouest de la justesse de leurs bonnes causes et qui ne laisse finalement guère plus de deux pays : la Tunisie et l’Egypte, suspendus à un fil, en équilibre des plus précaires. Si le maître du Caire, Mohammed Tantawi garde d’excellentes relations avec Washington, sa police et son armée n’osent guère plus montrer leur visage en plein jour, de crainte d’être reconnues par la foule comme des symboles de l’ancien régime. Les rues peuvent encore s’embraser du jour au lendemain, sous un prétexte quelconque, ou l’action de quelque agitateur professionnel.

 

C’est dans ce contexte houleux que, Mardi 15 mars, les commandos israéliens du Shayeret 13 ont arraisonné le « Victoria ». Ce cargo battant pavillons libérien et turc, appartient à une société allemande, mais est géré par une compagnie française, la CMA-GMG. 50 tonnes d’armes de pointe, dont des missiles sol-mer C 704 chinois, des éléments radars contre les vedettes lance-missiles, des roquettes dernier cri, ont été inventoriées en provenance d’Iran. Elles étaient stockées depuis un mois dans les entrepôts militaires syriens à Lataqiyeh, livrées par les deux navires de guerre des Mollahs qui avaient profité du tumulte en Egypte pour franchir le Canal de Suez. Le « Victoria » lui-même, mouillait dans les eaux du port de Lataqiyeh, mais a effectué une boucle par le port turc de Mercin de façon à brouiller les pistes. Sa destination était bien le port d’El Arish en Egypte, sujet à des coups de force du Hamas et des clans bédouins, au début février et où il est certain que l’armée joue profil bas.

 

Tout démontre donc que pendant que les régimes locaux battent de l’aile, la Syrie et l’Iran mettent toute leur ingéniosité en œuvre pour attiser les flammes du terrorisme contre Israël ou en vue de prises de pouvoir dans les pays limitrophes. Seuls les pays du Moyen-Orient qui prennent en charge leur sécurité et décident de combattre leur influence néfaste ont encore quelque chance d’en sortir.

 

Les tentatives récentes de conciliation de Mahmoud Abbas vis-à-vis du Hamas et la passivité de ses services, lors de l’assassinat de la famille Fogel à Itamar, dans l’indifférence généralisée, si ce n’est la complicité ouverte des médias et des chancelleries en Europe, attestent de plusieurs points :

 

-  Abbas a senti d’où vient le vent. l’Egypte qui le soutenait ne sera plus jamais la même, mais se teintera fortement de l’influence des Frères Musulmans, approuvés tant par l’Administration Obama que par le nouveau maître du Quai d’Orsay, Alain Juppé.

- Si la Jordanie hésite, mieux vaut prendre l’option que là aussi, les Frères Musulmans auront leur mot à dire.

- Toute la diplomatie occidentale ne repose que sur des mots et ses positions varient fortement, selon qu’on lui tient tête ou qu’on l’incline, la croyant capable de mettre quelque menace que ce soit à exécution.

- Comme l’Occident a su plier face à la Libye, on peut parier qu’il continuera à céder du terrain face à l’hégémonie iranienne.

- Mieux vaut donc s’aligner sur Téhéran-Damas-Ankara-le Hezbollah et donc le Hamas, que de croire en la moindre promesse de Washington, Bruxelles ou Paris.

- Lorsque la tourmente se sera calmée, faute de combattants, cette diplomatie de girouettes reprendra ses travers traditionnels et jettera Israël en pâture aux pays arabes en mal de solutions et de mots d’ordre pour apaiser les foules…

 

Ne lui reste plus qu’à prendre les devants et prêter allégeance, plutôt que d’être le dernier pion que Washington, Bruxelles et Paris n’ont pas encore lâché et dont la vie ne tient plus qu’à ce fil ténu du « processus de paix » contre la logique de guerre par accès de faiblesse qui continue de se profiler à l’horizon. 

Partager cet article
Repost0
11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 13:56

 

editorialàGad



 Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info 

 

Depuis quelques jours, on parle beaucoup d’une nouvelle initiative de pourparlers de paix que Benyamin Netanyahou devrait présenter devant le Congrès américain, autour du 15 mai prochain. Ehud Barak semble y pousser très fort, se disant que le vent de la démocratie arabe aidant, l’opportunité est, peut-être venue se présenter de faire œuvre philanthropique et bienveillante.

 

De son côté, l’Administration américaine relance ses efforts diplomatiques et fait même preuve de relative flexibilité, en dépêchant un hébraïsant de 41 ans, Dan Shapiro, en remplacement de George Mitchell, sans doute épuisé par la noria de ses aller-retour stériles, depuis plusieurs années. Cette nomination, si elle est de bon augure pour Jérusalem, sera, nécessairement perçue comme un cadeau fait à Israël, par une Administration contestée au Congrès, enclenchant une méfiance renouvelée, sujette à d’autres manifestations de refus et de blocage…

 

Quelques lignes de force de la proposition Netanyahou ont déjà filtré dans la presse, à l’occasion de sa visite dans des bases militaires de la Vallée du Jourdain. Hors de question de céder en une telle période d’instabilité, sur les questions essentielles de sécurité. La remarque est d’autant plus pertinente que le royaume hachémite proche a déjà fait l’objet de manœuvres de déstabilisation, notamment sous l’impulsion des Frères Musulmans locaux et que l’improbable est devenu possible. La symétrie devrait être vraie dans l’environnement de Gaza et de l’Axe Philadelphie, en lisière d’un Sinaï devenu un no man’s land pour les trafics divers et dont l’armée égyptienne n’est pas sûre d’être capable d’assurer la quiétude minimale exigible. Par mauvais temps, on a plus besoin de reconstruire des digues que de se lancer sur des barques fragiles par vent debout et mer agitée...

 

Disant cela, le Premier Ministre reconnaît lucidement que certains points seront d’autant moins négociables que la stabilité de la région demeure un horizon lointain. La seule sortie de crise possible, ce sont ces fameuses frontières provisoires au futur Etat Palestinien, en attendant d’avoir vérifié sur le moyen terme, qu’elles sont viables pour l’un et l’autre protagoniste. La partie palestinienne, quant à elle, est aux antipodes de ces bonnes dispositions d’esprit. Elle menace à tour de bras de déclarer son indépendance unilatéralement, soit sans passer par aucune forme de négociation et ne veut surtout pas entendre parler de période probatoire… Mais sur le tracé de quelles frontières mythiques et contestables, sujettes à de nouvelles relances conflictuelles? En vérité, les Palestiniens, depuis Camp David en 2000, ne se sont jamais résolus à aucun règlement définitif sur la base d'un impossible "accord historique"...

 

Alors pourquoi tant de manœuvres diplomatiques dont le contenu paraît bien utopique ?

 

Tâchons seulement d’énumérer quelques obstacles très concrets qui se dressent actuellement et qui risqueraient de faire de tout terrain de négociation une pente glissante vers un nouvel échec, appelant l’un comme l’autre côté, à s’abstenir de vaines promesses vite intenables. Ces bonnes raisons restent valables, y compris si l'on cesse un moment de tenter d'attribuer la "responsabilité" principale de l'échec à l'un ou l'autre bord, pour des motifs purement idéologiques et partisans :

 

1.  Les Palestiniens ont rejeté, de façon répétée, tout plan leur proposant un état à l’intérieur de frontières provisoires depuis que celui-ci leur a d’abord été proposé au milieu de l’année 2010. Ils le refuseront à nouveau. Au contraire, le risque est grand d’approfondir encore un peu plus le sentiment d’impasse à l’heure qu’il est. Il accentue les incertitudes du temps présent, du fait que le monde arabe et le Moyen-Orient a, depuis, été pris dans le tourbillon de révoltes populaires contre les dictateurs arabes, dont les conséquences sont, à ce jour, totalement imprédictibles.


2.   Les dirigeants palestiniens Mahmoud Abbas et Salam Fayyad conviennent parfaitement au portrait de dirigeants conservateurs susceptibles de devenir rapidement les cibles potentielles de nouvelles révoltes populaires. Pour eux, s’impliquer dans des négociations avec Israël dans le cadre d’un processus exigeant des concessions réciproques pourrait bien constituer un calcul à somme nulle. Pourquoi s’y risqueraient-ils ? Al-Jazeera l’a déjà amplement montré : toute rétrocession de leur part est automatiquement interprétée comme une « trahison » qui pourrait leur valoir condamnation à mort physique ou politique, face au Hamas. L'attitude consistant à s’enferrer dans le mutisme et le refus est, pour eux, devenue une nouvelle forme de survie.

 

 

   Les soulèvements arabes ont, jusqu’à présent, conduit au pouvoir des juntes militaires et sérieusement augmenté les chances des Frères Musulmans et d’autres mouvements islamistes radicaux, auxquels est affilié le Hamas palestinien, en Egypte et en Tunisie.

 

    Les deux dirigeants palestiniens ont gravement été affectés par la chute de Moubarak, selon toutes les estimations des renseignements. Il est difficile de calculer quels dommages supplémentaires ils devraient encore subir, si jamais la contagion des révoltes touchait de façon sérieuse la Jordanie et l’Arabie Saoudite, ou la chute de tout autre dirigeant arabe traditionnel (à commencer par celle de Kadhafi, dans les cartons). Pour Abbas et Fayyad, chercher, actuellement, un arrangement avec Israël, au beau milieu de cette tempête ne ferait que faire le nid de l’opposition radicale palestinienne et pourrait, par conséquent, s’avérer suicidaire – de surcroît, si ces négociations s’achèvent en fiasco. A l'inverse, des évènements graves survenant à Damas et Téhéran, mettant ces pouvoirs en péril, desserreraient l'étau qui les prend actuellement en tenaille. Mais, nous en sommes loin.


3.  Et si, quoi qu’il en soit de ces rappels utiles à prendre ses précautions, les deux camps reviennent à la table des négociations, en quoi un quelconque négociateur israélien pourrait-il parier sur le type d’état palestinien dont il pourrait être question dans les trois mois à suivre ? Sous le contrôle de quel parti, « réformateur » ou « radical »? Qui est seulement capable de telles prévisions en pariant sur la comète ?


  L’agitation est susceptible de balayer n’importe lequel des actuels dirigeants arabes connus à ce jour, pour peu que les prétendants ou les leaders de l’opposition soient en posture de les chasser du pouvoir… Jérusalem n’est pas en mesure de présager de quelle façon tout cela se terminera, lorsque ce processus s’épuisera de lui-même, ni si l’Administration Obama souhaitera encore, à ce moment-là, parrainer la diplomatie palestino-israélienne, en vue de parvenir à la « paix ».

 

   En cette période hautement inflammatoire et volatile de l’histoire du Moyen-Orient, le Président américain et ses conseillers sont peut-être très loin d’être aussi impatients que cela de voir le Premier Ministre israélien s’adresser au Congrès, dans une période aussi rapprochée de l’épicentre des évènements arabes, soit au mois de mai prochain. Pas plus que Jérusalem, ne disposent-ils de boule de cristal pour leur dire comment les révoltes dans le monde arabe auront alors évolué à ce moment, le jour où Netanyahou se présentera pour parler sur la Colline du Capitole.

 


4.  Jusqu’à présent, Israël ou « le processus de paix » n’ont pas été les facteurs principaux invoqués, loin de là, dans les slogans de ces soulèvements arabes. Le thème du conflit palestino-israélien a été totalement ignoré et laissé de côté au sein des mouvements rebelles de Tunisie, d’Egypte, de Libye, du Bahreïn et du Yémen, à aucun moment de leurs campagnes. C'est même la grande "vraie-fausse" révélation de ces évènements : le braquage idéologique ne nourrit ni son homme ni les peuples.

 

    Ceci est aussi partiellement dû au fait que les dirigeants israéliens, pour la plupart, sont demeurés relativement silencieux et observateurs, au sujet de la tourmente en cours dans le monde arabe. Cependant, si le premier ministre israélien ramène « le problème » sur le devant de la scène, les dirigeants de la contestation, et pas seulement les Palestiniens, pourraient bien se saisir de cette opportunité pour rassembler leurs forces et les jeter à nouveau dans les rues. Les dirigeants arabes harcelés par les foules pourraient, en contrepartie, être tentés de raviver leurs campagnes de haine contre Israël comme un moyen de propagande efficace à leur sauver, même provisoirement, la mise. En d'autres termes, cela s'appelle "donner des bâtons pour se faire battre", lorsqu'on est en dehors de la mêlée et sans vraie raison d'y plonger!

 

  Pour toutes ces raisons, les dirigeants israéliens pourraient être bien avisés de conserver profil bas durant cette période d’incertitude et ce, jusqu’à ce qu’une stabilisation relative soit en vue… Netanyahou a surtout intérêt à tenir à bonne distance les pressions venant vers lui de toutes parts, qu’elles soient américaines, européennes, palestiniennes ou en provenance du Quartette dans l’impasse et à court d’idées.

 

Autrement dit, quand les conditions ne s'y prêtent pas, il est inutile de chercher à tout prix à forcer le destin. L’heure est bien plus propice à la proposition d’un plan de stabilité régionale, permettant de raffermir le sol sous les pieds des révolutions, que de voler au secours de représentations symboliques, comme l’Autorité Palestinienne. Plus l’agitation durera, et plus celle-ci sera menacée d’être renversée par les radicaux de Gaza, soutenus par l’Iran et les Frères Musulmans égyptiens. Ce sont ces dangers majeurs qui sont à désamorcer, pour l’ensemble du nouveau Moyen-Orient, avant d’envisager quelque sécurité et prospérité partagées…

Partager cet article
Repost0
6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 10:54

 

editorialàGad

L’Administration Obama se rend compte, mais un peu tard, que les Frères Musulmans sont aussi les relais du Hamas, Hezbollah et de l’Iran.

 ECOUTER ICI-copie-1

Lu avec brio par Aschkel

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info 

 

D’après Scott Wilson, du Washington Post, l’essentiel des études internes qui circulent au sein de l’Administration américaine, consiste à évaluer quels sont les divers partis islamistes maghrébins et moyen-orientaux qui paraissent fréquentables et ceux qui le sont moins.

 

L’Amérique aurait ainsi fait son choix, préférant la stabilité régionale à la promotion de la démocratie, des ententes partielles ou une « paix froide » à des conflits permanents et vite ingérables, parce que dupliqués à l’infini.

 

Ne voulant pas céder à la panique, il s’agit de graduer du vert pâle au vert foncé, en éludant la question du recours à la ruse (ou Taqqyia) en vue de bénéfices ultérieurs plus grands. C’est ainsi qu’il faut comprendre les remarques de Clapper, le n° 2 du renseignement américain, prenant al Qaeda pour critère ultime, tandis qu’il accorde aux Frères Musulmans, également confrérie internationale, des motivations « laïques » et nationalistes, qu’on serait bien en peine de leur trouver, sauf à considérer que le mouvement est bien né en Egypte au siècle dernier.

 

Le répit que s’accorde l’administration permet de conclure provisoirement ces études par le constat d’une diversité des positions et sources de pouvoir au sein de ces mouvances : certaines seraient gérées à « la turque », à « l’égyptienne », à la « tunisienne » ou à la « jordanienne », etc. Finalement, partout, la question nationale ou culturelle propre au pays reprendrait le dessus, tout en se teintant d’un substrat islamique avec lequel, ma foi, et depuis le fameux discours d’Obama au Caire de 2009, nous devrions nous résigner à vivre.

 

Ayant posé ce postulat de l’islam comme fait socioculturel compatible, voire fongible dans le système pluraliste et démocratique, l’Amérique cesse, de facto, de se faire championne des valeurs du monde libre, pour valoriser une sorte de « modèle de coexistence à la turque ». l’Egypte et la Tunisie postrévolutionnaires en seraient les premiers laboratoires.

 

Il subsisterait une forme de contrôle militaire garant des institutions en développement, pendant que les Islamistes réputés « les plus modérés » seraient libres de prendre le pouvoir et de passer des lois limitant l’exercice de ces mêmes libertés démocratiques. Aux frontières, la dissuasion mutuelle, avec un léger avantage technologique à Israël, ferait le reste pour qu’on évite de se déclarer la guerre. Et tout irait pour le moins mal possible dans la plus lancinante des guerres de religion, dont l’occurrence, tenant de l’apocalypse, la rendrait à tout jamais indésirable…

 

Là où ce modèle se complique, c’est lorsqu’on entre l’Iran et la problématique cohabitation avec Israël dans la base de données...

 

Depuis le 1er mars, Hillary Clinton a commencé de stigmatiser l’ingérence des affidées de l’Iran, comme le Hezbollah et le Hamas, aussi bien dans les pays du Golfe, Yémen et Bahreïn, qu’en Egypte.

 

Selon Debkafile, Barack Obama a dû dépêcher d’urgence Robert Gates au Caire pour tenter de voir, avec le Conseil Militaire, comment reprendre les choses en main : les insurgés anti-occidentaux se sont, en effet, emparés de plusieurs centres du renseignement, dont celui d'Alexandrie. Gates est de ceux-là mêmes qui développaient le discours dénégateur de l’absence de toute manipulation iranienne dans les affaires des différents états arabes en proie aux troubles.

 

Vendredi soir, des milliers de manifestants ont pris le contrôle des quartiers généraux de la police chargée de la sécurité intérieure en Egypte (Mahabis Namn El Dawla, sorte de DST à l'égyptienne), à Alexandrie, au Caire et dans 6 autres villes, interrompant toutes ses activités sur le territoire.

Durant les dernières heures, la Junte militaire a perdu la maîtrise des évènements, pendant que des éléments anti-occidentaux, dynamisés par l’aide iranienne, renforçaient leur mainmise sur le mouvement de protestation.

 

La plupart des informations, hier confidentielles et réservées au seul Ministre du Renseignement, Omar Souleimane, leur est, désormais accessible.

 

Il semble bien qu’en favorisant l’émergence de ce contre-pouvoir au régime de Moubarak, les agences de renseignement américaines aient gravement failli à leur mission : elles n'ont pu réellement identifier ni les dirigeants de l’ombre de ce mouvement, ni leurs commanditaires étrangers, reliés à Téhéran.

 

Ainsi a-t-on entretenu le public dans l’illusion d’une sorte de coup d’état militaire en douceur, déposant l’ancien tyran pour favoriser le pluralisme dans le pays. A l’heure qu’il est, on est plus près d’un coup de poker islamiste, alimenté par les subsides tirés des pétrodollars iraniens, que de toute transition rêvée par l’Amérique du crédule Barak Obama.

 

Des sources du renseignement constatent que de vastes sommes d’argent iranien ont ainsi rejoint les poches des Frères Musulmans égyptiens. Au fur et à mesure, ceux-ci radicalisent leurs messages et mots d’ordre hostiles à la Junte, à l’Amérique et à Israël, face à des foules prêtes à les suivre sans broncher.

 

A l’intérieur même des cercles militaires, on est en droit de se demander si une jeune génération d’officiers n’est pas en train de remplacer progressivement les vétérans, minés par leur compromission avec l'ancien dictateur. De son côté, le Hamas palestinien est chargé d’acheminer cet argent frais iranien vers ses homologues Frères Musulmans, afin que le mouvement se poursuive indéfiniment.

 

L’objectif est de rendre la frontière avec Gaza totalement perméable, offrant au Hamas et à ses commanditaires la profondeur stratégique du Sinaï, du Canal de Suez désormais ouvert, et la liaison avec le commandement militaire du Hezbollah à Beyrouth.  

 

C’est en ce sens qu’on peut, d’ores et déjà, interpréter les procès lancés contre la corruption de Moubarak, qui ont surtout eu pour premier effet de suspendre la fourniture de gaz à Israël et à la Jordanie, après un premier attentat contre le gazoduc, le 5 février.

 

En Arabie Saoudite, suite aux menaces des parlementaires iraniens contre le Royaume, les services de sécurité interdisent toute manifestation qui bloquerait l’acheminement de 40% du pétrole mondial, se surajoutant à l’inactivité intermittente des puits libyens, depuis le début de l’insurrection qui s’y déroule.

 

Sur place, depuis Benghazi, un Conseil national constitué autour de Moustapha Abdeljalil, l’ancien Ministre de la Justice de Kadhafi, est à la recherche de la légitimité internationale. Les combats se déplacent vers l’Ouest où siège Kadhafi à Tripoli, pendant que des massacres se déroulent dans les dernières villes qu’il tient encore, grâce aux renforts de ses mercenaires, comme à Zawyiah. Lorsque la ville natale du tyran, Syrte, tomberait aux mains des rebelles, le compte à rebours avant l’exfiltration de Mouammar Kadhafi pourrait commencé. On en est encore loin, les différentes milices mobiles étant également sujettes à des informations vite contradictoires. Ces manquements flagrants rendent diffcile toute décision de soutien militaire aux insurgés.

 

Du fait de la sollicitude américano-européenne relative, mais toujours sur la réserve, dont bénéficie cette révolte anti-Kadhafi, et d’une situation de plus en plus volatile autour du Bahrein, d’Oman et du Yémen, ainsi qu’à la frontière égyptienne, une redistribution des cartes est en cours, dont l'issue demeure incertaine : certains états à fortes minorités chi’ites pourraient être sous la menace de tomber sous le contrôle indirect de l’Iran, alors que cette ingérence serait tenue en respect, notamment au Maghreb. Mais que peu nombreux restent les dirigeants arabes prêts à accorder la moindre confiance à Obama, après son lâchage en règle d'Hosni Moubarak...

 

On comprend alors d’autant mieux la crainte des Palestiniens de Gaza d’assister à un renouvellement des éliminations ciblées israéliennes de plusieurs des organisateurs des trafics d’argent et d’armes avec les partis islamistes égyptiens, encore fréquentables hier, selon les définitions américaines, parfaitement inappropriées, si l'on veut imaginer un avenir viable pour cette région d'instabilité prolongée.

 

 

Partager cet article
Repost0
26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 22:44

 

editorialàGad

Avec l’Egypte ambiguë dans l’angle mort, la fin du nationalisme arabe draine dangers, trafics et potentiels rebonds pour Israël

      ECOUTER ICI-copie-1

Lu avec maëstria par Asckel

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele 

 

1) L’arrivée de la flottille iranienne au port de Lattaquieh en Syrie s’est instantanément soldée par une recrudescence des tirs de missiles Grad sur la ville israélienne de BeerSheva. Les Jihadistes pro-iraniens de Gaza célébraient, à leur façon, la livraison de nouvelles armes chinoises à l’intention du Hezbollah et du régime syrien sur la défensive. Ils font ainsi savoir qu’il leur sera facile d’accéder à de tels moyens militaires par le Sinaï, plus incontrôlable que jamais. La Péninsule, malgré les récents renforts militaires égyptiens, autorisés, les yeux fermés, par le Gouvernement Netanyahou, est devenue une zone où la piraterie le dispute au Jihad, à l’esclavage, au rançonnement et bénéficie aux filières terroristes palestiniennes, à Gaza et Ramallah.

 

Le choix de BeerSheva, ville de développement voulue par Ben Gourion, tient de la symbolique : le message terroriste se fait fort de « compter les jours du projet sioniste » dans la Région, en exploitant le flou politique qui règne au Caire, la montée en puissance des Frères Musulmans et la bride sur le cou d'Ahmadinedjad.

 

C’est Nasser qui avait nationalisé le Canal de Suez, en imposant des interdictions aux navires des pays jugés hostiles. Ces mesures ont visé les Britanniques et Français, en 1956, et Israël durant longtemps. L’enjeu a servi de prétexte au déclenchement de guerres. Depuis l’accord de paix de 1979, le conflit fratricide allait croissant entre l’Egypte, d’une part, et la Syrie et l’Iran d’autre part. Le Caire s'est montré restrictif, en matière de « libre circulation » contre des états musulmans concurrents. La chute de Moubarak scelle aussi la fin des alliances fiables, chacun pilotant à vue, en fonction du tumulte interne et d’un relâchement, quant aux priorités régionales.

 

La réplique de Benyamin Netanyahou à ce pied-de-nez destructeur du Jihad islamique s’est voulue ferme, lorsqu’il déclare : « je ne conseille à personne de tester notre détermination ». Néanmoins, Israël, pas plus que les Européens observateurs, n’a encore pris la mesure des bouleversements qui agitent la région, ni fourni les réponses sécuritaires adaptées à la nouvelle donne. L’attention des médias étant captée par la guerre civile en Libye, n’autorisait pas à tomber dans le piège de la provocation iranienne, ni à ouvrir un front de guerre maritime et frontalier au nord et au large d’Israël.

 

Les évènements d’Egypte ont permis aux Islamistes de relever la tête. Ils offrent des bénéfices immédiats et l’opportunité à l’Iran de venir défier Israël, en élargissant la profondeur stratégique du Hezbollah et du Hamas : cette extension concerne le Sinaï, la Syrie, et l’Irak chi’ite. Elle menace directement le Golfe, par l’intermédiaire des mêmes minorités visibles au Yémen, au Bahreïn et dans les zones pétrolières saoudiennes.

 

2) Le chaos en Libye et la récente indépendance du Sud-Soudan chrétien sont d’une nature différente : ils sont susceptibles de briser la chaîne du panislamisme révolutionnaire et, fréquemment génocidaire, qui prospère sur les décombres du nationalisme panarabe. Kadhafi ne s’y trompe guère, lorsqu’il accuse les insurgés d’être manipulés par al Qaeda, en espérant s’affirmer garant d'une fantasque « lutte anti-terroriste », à son échelle. Il doit surtout, craindre les foudres de la Justice internationale, car il y rejoint son compère Omar El-Béchir du Soudan, que protégeait aussi Moubarak -contre l'Ethiopie, l'Ouganda, le Kenya, certains, alliés d'Israël-, et le Hezbollah, en embuscade à Beyrouth.

 

L’insurrection armée en Cyrénaïque a, très vite ouvert ses portes aux correspondants occidentaux pour montrer l’ampleur de la répression des hordes de Kadhafi. Celui-ci, malgré les largesses que lui a valu l’ouverture de son programme nucléaire au MI 6 et à la CIA, n’est pas perçu comme un pro-américain ou européen, mais un habile maître-chanteur ayant joué sur plusieurs tableaux pour se maintenir. Il est le reliquat de l’anticolonialisme démagogique au détriment des peuples, qui tire, entre autres, sa puissance évocatrice de la doctrine de la Libération de la Palestine d’Arafat. Kadhafi a multiplié les embrassades stratégiques avec les pires régimes autoritaires de la planète, tout en contrôlant les flux migratoires et en apportant sa manne gazière et pétrolière à l’Europe de l’Ouest et du Sud. Ces accords mutuels tenaient plus de la compromission et du retour en grâce, après les affaires de terrorisme international (comme Lockerbie), que de l’alliance, dont les rebelles n’accusent pas globalement l’Occident.

 

La chute programmée du cacique tripolitain fait frémir toute une lignée de ces dinosaures qui ont su, jusqu’à présent, survivre à tous les changements idéologiques. Omar El-Béchir, du Soudan, annonce qu’il ne se représentera pas à sa propre réélection après son échec face au désir d’indépendance des Chrétiens du Sud. Kadhafi a honoré d’un prix dérisoire plusieurs ennemis convaincus des « Droits de l’Homme » : Hugo Chavez, le Premier Ministre turc Erdogan, qui renâcle à condamner les massacres en Libye, ou encore, Louis Farakhan, l’un des mentors de Barack Obama. Ces accointances délétères jusqu’au cœur de la Maison Blanche rendent compte de la réticence de son actuel Président à réagir, alors que les Anglais n’hésitaient pas une minute. 

 

C’est tout un réseau dirigeant de la fameuse « alliance des Civilisations », si chère à l’Iran, qui se trouve mis sur la sellette : ceux qui relativisent la politique répressive des dictatures à l’ONU, financent le terrorisme, grâce aux bénéfices des matières premières, font la promotion des Frères Musulmans en Europe et en Amérique. Ceux qui pillent l’Afrique en y lançant des guerres meurtrières, comme au Libéria et au Sierra Leone, dont témoignent encore les mercenaires de Kadhafi. Ceux qui soutiennent des êtres aussi peu recommandables que Mugabe au Zimbabwe, qui lui prête aussi ses milices, sont, aujourd’hui, dans l'oeil du cyclone.

 

C’est, en ce sens qu’on peut interpréter les messages de soutien aux insurgés libyens venant de sources aussi surprenantes qu’al Qaeda, les Frères Musulmans et même Ahmadinedjad. Il est toujours temps, en effet, de récupérer une guerre civile qui se fait sans eux, en une zone de débouché énergétique et migratoire aussi déterminante. Comme les batailles pour Tobrouk de 40 à 42, les combats en Libye semblent dessiner une ligne de fracture, entre :

 

- la poussée de l’Iran et autres réactionnaires sur le continent noir et dans les flancs de l’Europe,

- et le monde libre, embarrassé par ses compromissions, mais capable de se ressaisir, dans son intérêt propre et celui de la population en danger.

 

Quand Kadhafi tombera, dans quelques heures ou moins d’une semaine, l’un des derniers dictateurs courtisé par la France et les Etats-Unis, Bachar al-Assad, à l’instar de ses congénères, entrera dans la peau de l’ultime survivant d’une époque révolue. Du fait de leurs fautes répétées et à demi-avouées, les diplomaties ne pourront plus délibérément fermer les yeux sur les exactions des régimes de Damas, de Téhéran et leurs alliés sur l’échiquier mondial, contre l'intérêt des peuples.


Ni l‘Egypte, ni les pays du Maghreb n’ont intérêt à se couper de l’Europe et de ses débouchés, qu’ils disposent, ou non, de ressources (ce qui n’est le cas ni de l’Egypte, ni de la Tunisie). Cette économie mixte incite les Frères Musulmans à continuer de jouer la modération, avec Erdogan, même s'ils utilisent d’autres filières violentes, comme le Hamas.

 

Si l’Administration Obama répugne à déployer une zone d'exclusion aérienne autour de Tripoli, le passage à l’action de l’OTAN marquerait le recul de la stratégie de la main tendue et sans réciprocité, aux ennemis du monde libre et de leurs propres peuples. Kadhafi apparaît en avoir été le premier bénéficiaire, dans les années 1990, comme contre-modèle de l’arrogant Saddam Hussein.

 

On comprend d’autant mieux le désir nouveau de rapprochement entre Hamas et Fatah, alors que certains soutiens classiques de ces mouvements n’en finissent pas de disparaître de la scène, depuis 2003 et jusque dans les heures qui suivront.

 

Il y a tout lieu d’être extrêmement vigilant sur ce qui se passe en périphérie immédiate d’Israël, dans le Sinaï, au Liban et ailleurs. Sur le moyen terme, la fédération d’aspirations à l’indépendance faisant face aux régimes-voyous sur le déclin au Maghreb et en Afrique, peut permettre de sortir de l’enfermement dans les dogmes qui ont scellé l’alliance internationale antisioniste et anti-américaine. Les images alimentant l'idéologie « anticoloniale » -contre deux pays qui ne relèvent, fondamentalement, pas de cette critique- sont sans commune mesure avec les massacres perpétrés actuellement en Lybie. La rébellion libyenne restera source de fierté et de solidarité pour les populations berbérophones du Maroc, d’Algérie et de Tunisie. Soeur de la révolution égyptienne. Certains groupes, comme en Kabylie, sont à contre-courant de l’Islamisme. La diffusion du « Protocole des Sages de Sion » ne leur suffit pas à expliquer le monde dans lequel ils vivent. Les pouvoirs policiers et les courants prosélytes islamiques se sont trop servis de ces thèses pour les soumettre ou les embrigader dans des combats qui n’étaient pas les leurs.

 

Le Premier Ministre britannique David Cameron au Qatar a innové, en mettant l’accent sur cette manipulation d’une cause palestinienne servant d’excuse aux régimes pour ne pas réformer. La tempête qui agite les chancelleries devrait en inciter plus d’une à ne plus se contenter d’un bouc-émissaire commode pour expliquer les malheurs arabes depuis la décolonisation.

 

Urgence économique, enfin : les risques d’inflation des prix du pétrole et du gaz devraient aussi conduire les pays consommateurs à assurer les voies de recours pour leur approvisionnement, garanties par l’Arabie Saoudite et les pays du Golfe. Les provocations liées à l’extension hégémonique de l’Iran devront être réfrénées si les Occidentaux ne veulent pas être soumis à un racket permanent, lié à l’instabilité de cette zone du Détroit d’Ormuz jusqu'en Mediterranée.

 

Une révolution copernicienne s’annonce dans les rapports nord-sud, où l’effet-placebo de l’adhésion spontanée à la cause palestinienne ne cicatrisera pas toutes les plaies. Sa symbolique sent plutôt la naphtaline, qui empêche encore d’inventer des relations fondées sur le développement et la coopération. 


Il faudra encore du temps avant que ce brouillard se décante. 

Partager cet article
Repost0
21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 00:07

 

editorialàGad

 

Course-poursuite entre aspirations démocratiques, justice au Liban et nouvelle poussée hégémonique de l’Axe irano-syrien en Méditerranée

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info 


 

L’entrée de deux navires de guerre iraniens en Méditerranée, dès ce dimanche matin [-selon Al Arabiya/repoussée de 48 h, selon l'administration du canal-], jusqu’au port de Lattaqieh en Syrie -voire après un crochet par les docks du Hezbollah à Beyrouth- modifie du tout au tout l’équilibre stratégique de ces trente dernières années.

 

Pendant ce temps, un jeune cadre de Google, Wael Ghonim, héros malgré lui de la révolution égyptienne, était écarté manu-militari par la jeune garde des Frères Musulmans, qui supervisait l’appel au Jihad du prêcheur antisémite Youssouf al-Qaradawi. Mouammar Khadafi lançait ses hélicoptères de combat et ses snipers contre la foule, faisant entre 173 et jusqu'à 300 morts, en 3 jours, en Libye, sans que la Maison Blanche ne semble « accompagner », d’heure en heure, les révoltes, comme elle l’a fait pour la Place Tahrir, au Caire. On sait, par ailleurs, que l’Ambassade syrienne au Caire a fourni un faux-passeport à Sami Shehab, chef du gang du Hezbollah en Egypte, après son évasion, pour qu’il puisse s’afficher fièrement auprès de Nasrallah, à Beyrouth, à peine quelques jours plus tard. Le premier, le Hamas a pu fraterniser avec la confrérie musulmane qui l’a créé à Gaza, il y a un peu plus de 24 ans.

 

 

Les médias internationaux mettent chacune de ces insurrections, en Libye, au Yémen, au Bahrein sur le même plan d’aspiration à plus de droits, comme en Tunisie et en Egypte. Fréquemment, ils occultent les particularités de chaque situation géostratégique. Peu d'écho a été donné au fondamentalisme qui anime les protestataires de Benghazi (Libye), champions de la lutte contre les caricatures de Mahomet en 2005, les rassemblements hostiles devant des synagogues mises à sac à Gabès, le viol cruel et prolongé de Lara Logan, la correspondante-vedette de CBS, le 11 février, nuit du départ de Moubarak, aux cris de « juive ! juive ! », place Tahrir… Ces exactions font partie du grand élan de solidarité avec la "démocratie en marche".


 

 

L’armée égyptienne et le régime saoudien du Roi Abdallah semblent avoir décidé de punir l’Administration américaine - déjà focalisée sur les prochaines présidentielles- et les Européens bavards en permettant à l’hégémonie iranienne d’étendre son rayonnement dans leur arrière-cour, le bassin méditerranéen. La menace réelle n'est clairement identifiée que par Israël, qui pense que l’un de ces navires, le croiseur Kharg est, en réalité, chargé de missiles longue portée à destination du Hezbollah libanais. Ici, le précédent diplomatique compte plus que la valeur militaire des navires ou de leur chargement.

 

Si cette cargaison parvenait à destination, ce serait la première fois, depuis la Révolution iranienne de 1979, que Téhéran livre ouvertement du matériel de guerre sophistiqué à sa milice supplétive, par voie maritime, avec l’accord de l’Egypte, de l’Arabie Saoudite, de l’Europe et de l’Amérique, sans qu’aucun ne bronche. Ceci, en dépit de tout embargo sur les armes ou de toute sanction censée « isoler » l’Iran, qui, à ce rythme, pourrait, qui sait?, bientôt accoster à Marseille.

 

Certes, le régime des Ayatollah et le Hezbollah ont du « plomb dans l’aile », du fait du courant d’opposition, qui a démontré, lundi 14 et ce dimanche 20, être encore bien vivace, ou à cause de l’annonce des actes d’accusation du Tribunal international au Liban. Ils savent, pourtant, mettre à profit le tumulte qui déconcerte tous les observateurs pour réaliser des coups tactiques. Les stratèges iraniens ont parfaitement analysé les caractéristiques de la politique américaine, comme les atermoiements et incertitudes de son chef, Obama, ou le silence des Républicains -lorsqu'ils n'accordent pas leur voix à celui-ci : Mc Caïn a exigé la démission de Moubarak-. La sécurité des Etats-Unis et du bassin méditerranéen dépendait de la stabilité des cercles dirigeants dans le monde arabe. Elle leur a coupé les jarrets et se trouve paralysée par l’évaluation des nouveaux acteurs qu’il conviendrait d’appuyer pour remplacer la vieille classe autoritaire déchue.

 

 Ce qui compte vraiment, dans ce déficit de prévisibilité des évènements, c’est la perte de maîtrise sur leur devenir, à l’intérieur de chaque pays, comme en ce qui concerne les nouvelles « lignes rouges » stratégiques. L'erreur d’Obama est de n’avoir pas compris que le rôle d’arbitrage entre les puissances régionales primait sur les discours et qu’il convenait de prévoir, pour prévenir, afin d’accompagner de légitimes aspirations. En donnant son « feu vert » à une fuite en avant dans la dérégulation, il n’a permis qu’aux acteurs les plus déterminés et les plus mobiles de tirer leur épingle du jeu, tout en étouffant, à ce stade, en tout cas, les mouvements de fond, comme les révolutions Google, Twitter et Facebook. La révolution par les nouvelles technologies ne peut se substituer à la difficile élaboration de réelles forces démocratiques sur le moyen terme. Du désordre économique n'accoucheront que des semblants de pouvoirs exangues. Lorsqu’on démoralise des forces organisées ayant assumé l’équilibre des forces depuis 30 ans, on risque fort de les voir se retourner contre soi. C’est la principale leçon à tirer de l’histoire des Harkis, durant la guerre d’Algérie, ou de tant d’autres, à travers l’histoire de fins d’empires.

 

Certes, il n’y a ni réel perdant, à cette heure, hormis Ben-Ali dans le coma et Moubarak, dont l’état de santé se dégrade à Charm el-Sheikh, ni réel gagnant. Et rien ne se dégage de cette nuée, lancée en avant, pour le meilleur et pour le pire. Mais il faudrait être aveugle pour ne pas voir les petits cailloux que sème sur sa route l’Iran des Mollahs, « enfin libre » de poursuivre sa politique, alors que ses adversaires immédiats ont les mains liées par des révoltes internes.

 

Téhéran a plus d’une épine dans le pied, qui peut contrarier ses efforts, à domicile et au Liban et limiter les effets de ses démonstrations de triomphe, sur le Canal de Suez, dans le Sinaï et ailleurs.

 

D’abord, la grogne s’installe dans les rangs des Gardiens de la Révolution islamique : d’après le Daily Telegraph de vendredi, des officiers ont fait parvenir une lettre à leur chef Mohammad Ali Jafari, pour lui déclarer qu’ils refuseraient les ordres de tirer sur la foule. Ils affirment que les aspirations au changement du peuple iranien sont « légitimes », comme la contestation de leurs leaders. Il s’agit-là d’une victoire majeure pour les opposants au régime, sachant que leurs seules manifestations de rue sont vouées à l’échec, si elles ne s’accompagnent pas de relais au sein de l’establishment. Surtout, ce courrier désavoue les 200 parlementaires chauffés à blanc par Ali Larijani, qui réclament la tête des chefs de l’opposition. Ils doivent aussi s’inquiéter de savoir si la leur est solidement accrochée et pour combien de temps encore.

 

D’autre part, Saad Hariri attend le moment opportun pour que le bloc du 14 mars descende dans les rues à Beyrouth, soit l’anniversaire du 6è anniversaire de la création de ce courant.


Le Département d’Etat accompagne le Tribunal Hariri d’autres accusations qui  suivent leur cours : le Hezbollah détient le record mondial d’implication dans des activités criminelles, en matière de blanchiment d’argent sale, de trafic de drogues et d'armes, ou de conspiration avec les Taliban. La DEA a publié le 15 février un acte d’accusation contre 7 hauts-gradés de la milice chi’ite, ayant organisé des réunions durant l’été 2010 au Bénin, au Ghana, en Ukraine, en Roumanie avec l’insurrection en Afghanistan. Des enregistrements audio et vidéo sont en possession des agents anti-narcotiques. Héroïne et cocaïne afghane sont les produits d’appel de ces rencontres secrètes. Mais leur contenu concerne le trafic d’armes fournies aux insurgés des montagnes, AK 47 et M.16. Un citoyen israélien, Oded Orbach et un iranien, Alwar Pouryan, font partie des entremetteurs. Ayman Jooma, un trafiquant de drogue libanais a blanchi pour 200 millions de $ par mois en Europe et au Liban, au profit de l’organisation, à travers un réseau de sociétés-écran au Liban, à Panama, en Afrique de l’Ouest et en Colombie. Le 10 février 2010, c’est la Banque libanaise au Canada qui s’est trouvée en infraction du Patriot Act américain, à hauteur de plus de 5 milliards de $, pour la seule année 2009.

Abdallah Safieddine, envoyé du Hezbollah à Téhéran fait partie des principaux suspects. Enfin, les journaux ont déjà largement mentionné les noms de Qassem Suleiman, Hajj Salim, Abdul Majid Ghamloush, des frères Hussein et Mouin Khreis, et, plus significatif encore, de Mustafa Badreddine, le beau-frère d’Imad Mughniyeh, parmi les principaux accusés du Tribunal Hariri.

 

A l’heure qu’il est, il reste difficile d’établir que les cadres de la légalité internationale parviendront à prendre de vitesse la course pour sa survie engagée par la Révolution islamique. Celle-ci tire profit du chaos, alors que l’Administration américaine et l’Etat d’Israël semblent rester des observateurs enthousiastes ou inquiets, mais privés d’initiative.


Si les évènements actuels étaient peu prévisibles, il n’est pas impossible de limiter le rayonnement et la résonance que Téhéran entend donner à son hégémonie, sur le terreau des insurrections. Une fois encore, l’élément-clé, absent du tableau, est la volonté politique et la clarté dans la chaîne de décisions conjointes qui permettraient de remettre le diablotin iranien bien au fond de sa « boîte de Pandore »… ou des flots bleus de la Méditerranée?

Partager cet article
Repost0
11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 11:42

 editorialàGad

ECOUTER ICI-copie-1

accompagné

par la maîtrise vocale d'Aschkel

 



Par Marc Brzustowski

 

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

Dans les années 1970,  les Etats-Unis ont été accusés de fomenter des coups d’Etats en Amérique Latine. On se souvient du Chili. Quel fut exactement, le rôle de la CIA, durant des périodes noires comme l' «opération Condor », qui fit, au moins, 30 000 desaparecidos en Argentine? Une fois la situation bien en main, il faut reconnaître à Jimmy Carter d’avoir incité à une certaine libéralisation dans ces pays, à partir de 1976. Il n’en perdait pas moins l’Iran du Shah, 3 ans plus tard, puis son successeur, la maîtrise des évènements au Liban.

 

Même si les Etats-Unis ont soutenu jusqu’à la veille les régimes autoritaires du Moyen-Orient, un renversement de tendance se fait jour. Depuis le début de la crise en Egypte, le 25 janvier, l’Administration Obama s’est faite militante et particulièrement pressante, prenant faits et causes pour la rue. Elle s’est affichée contre Hosni Moubarak, dont elle réclamait, à mots à peine couverts, la tête. Le véritable problème commence lorsque les pressions qu’elle exerce sur ces pouvoirs excitent les foules à des revendications maximalistes et proprement ingérables, en matière de gouvernance. La situation tient alors de l’anomie sans régulation possible, comme aurait dit Emile Durkheim.

 

Au soir du 10 février, nous voilà captivés par le petit écran, dans l’attente de l’évènement mondial. Dès le matin, le patron de la CIA, Léon Panetta, est venu nous l’annoncer : Moubarak, conformément au souhait de la Maison Blanche, doit, très vraisemblablement, donner sa démission. Et qui sait ? Partir. Dans la journée, d’autres informations suggèrent que les Emirats Arabes Unis s’apprêtent à offrir l’asile politique à l’ancien dictateur déchu, humilié, exilé en son propre palais.

 

Leon Panetta Central Intelligence Agency Director Leon Panetta (R) is sworn in as his wife Sylvia (L) looks on during a ceremonial swearing-in at the CIA headquarters February 19, 2009 in McLean, Virginia. Panetta is the 19th director of the agency. (Photo by Alex Wong/Getty Images) *** Local Caption *** Leon Panetta;Sylvia Panetta

 


Force est de constater que nous avons assisté à un non-évènement de simple passation de pouvoir en direction d’Omar Suleiman, ses renseignements et son armée, comme il était facile de le prédire sans risque, depuis le 30 janvier, soit le début de la crise (:  lCI).

 

 

 

 

N’y a t-il rien d’étrange à ce que Panetta, l’homme le plus secret du monde, se change soudain en Monsieur Transparence et se fasse présentateur télé des nouvelles du soir ? Au plus, devrait-il s’autoriser à glisser ce qu’il sait à l’oreille de son Président afin d’ajuster les meilleures décisions avec les toutes dernières informations et l’anticipation de leurs conséquences. Diane Feinstein, élue démocrate à la Commission du Sénat sur le Renseignement, pointait, dès la semaine précédente, de graves lacunes, les agences américaines étant incapables, selon elle, d’apporter « une évaluation en temps réel » aux décideurs. Elle leur reproche, notamment, de ne pas même être au fait des informations en accès libre sur Facebook, malgré les risques pointés, par ces mêmes services, fin 2010, d’une déstabilisation de la région.

 

Cette fois, donc, on prend les devants, en inoculant l’information pour être presque certain d’en conserver la maîtrise et de retirer le bénéfice de l’évènement.

 



 

Mieux encore, tout au long de la soirée, pendant qu’on annonçait le discours de Moubarak dans l’heure qui suit, le Président Barack Obama, en jeune professeur de droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, fait un discours inaugural, retransmis par les chaines américaines, sur la nouvelle ère en gestation au Moyen-Orient. Il réaffirme son engagement personnel auprès des peuples en révolte. Ces apparitions ont détonné, comme s’il se faisait fort de prendre de vitesse l’histoire en cours. La concurrence des acteurs bat son plein : il fallait être là et s’imposer sans attendre le contenu de ce qu’on savait déjà, puisque Panetta l’avait révélé le matin même.

 

Le public à capter n’était pas tant américain, du reste, qu’assemblé sur la désormais fameuse place Tahrir, devenu le centre de l’attention mondiale. C’est à ce peuple égyptien impatient que Barack Obama allait pouvoir, dans quelques instants, annoncer en direct, que le perroquet Moubarak avait enfin plié bagage et s’était soumis à son maître américain. Barack Hussein, prince d’Egypte !

 

Des observateurs français faisaient part, sur la chaîne Itélé, du sentiment de certains de leurs informateurs égyptiens, de vivre un véritable « Woodstock » égyptien. Des « hippies » barbus, en sandales, keffieh et djellaba sont à nos portes ! Depuis des semaines, toutes les chambres d’hôtel donnant sur la place Tahrir, avaient été retenues à l’intention des correspondants des chaînes internationales. Peu d’images, en revanche, ont filtré, en provenance de l’arrière-pays. Non, c’était bien là, l’arène où le matador Obama allait donner le coup de grâce au taureau Moubarak !

 

C’est encore faire fi de la brouille profonde qui s’est instauré entre l’Arabie Saoudite, première puissance pétrolière mondiale, et l’Administration, si ce n’est l’homme, Obama. Des rumeurs ont circulé, ce même matin du 10 février, selon lesquelles le Roi Abdallah était mort d’une crise cardiaque au cours d’un appel téléphonique du Président américain. Du jamais vu dans l’histoire des relations internationales : un Président tue par mégarde le roi du pétrole, à cause de sa gestion inqualifiable des affaires proche-orientales. Aussitôt les marchés financiers plongent dans le rouge. Puis vient le démenti. Mais, de fait, le Roi Abdallah, ami de Moubarak, reproche amèrement à Obama son lâchage de l’Egyptien, ainsi que celui de Saad Hariri au Liban. Il fera tout pour garantir la stabilité de l’Egypte, mais s’apprête, contre la politique américaine, à tenter le rapprochement avec l’Iran.

 

En réalité, nous sommes témoins d’une réelle désarticulation des équilibres géostratégiques : la Chine est devenue l’un des acteurs de tout premier plan et l’Amérique affiche son déclin et sa dépendance, par addiction à l’image, tout en se donnant le rôle de la puissance qui instaure le « changement ». Obama, mixte d’idéologie et d’opportunisme, subit ces inflexions, tout en tâchant de se mettre à jour. Pékin n’est pas vraiment embarrassé par les questions de liberté civique et de droits de l’homme. Encore moins ne se pose t-il de question sur l’opportunité d’accéder à des ressources énergétiques essentielles auprès de régimes peu scrupuleux. Et, pourtant, dans l’esprit de beaucoup, la place Tahrir est devenue Tien An Men. Et pourtant, tout à l’unilatéralisme du discours construit par les médias, peu se sont réellement interrogés sur le silence, et la censure imposée par les services chinois aux mots-clés : Moubarak, Egypte, Tunisie, etc. Ni sur le sentiment en Chine et en Russie, au sujet de l’agenda et du tempo, apparemment imposés par l’Amérique.

 

La valeur symbolique des slogans auxquels s’accrochent les médias américains et européens ressemble à s’y méprendre aux subprimes et autres produits financiers dits toxiques, qui ont plombé les marchés financiers, en novembre 2008. Ils annoncent  un « changement », une « transition », mais ne garantissent rien le jour d’après. Le Président Obama est devenu le courtier international de ces transactions occultes.

 



Si le discours se nourrit de symboles, on s’oriente vers une stabilisation malgré tout, à travers le nouveau régime d’Omar Suleiman, sujet à des secousses telluriques qui ne sont pas prêtes de s'estomper. Il a pour mission essentielle d’empêcher l’effondrement de l’économie de l’Egypte et de veiller à ce que les Islamistes, comme en Algérie dans les années 1990, ne détournent pas l’élan démocratique à leur profit. On dit cet homme du renseignement proche d’Israël, curieux de tout ce qui s’y passe, avide d’informations sur la guerre secrète entre l’Etat hébreu et la révolution islamique. Surtout, il reste l’homme-pivot des difficiles relations entre les pays arabes dits modérés et l’état juif. Donc un garant authentique, quant à lui, de la paix régionale. Lui seul est capable de ramener le roi saoudien à plus de mesure, évitant qu’il n’aille trop loin dans l’ouverture des relations avec Téhéran.

 

Suleiman sera concurrencé, lors des élections de septembre, par Amr Moussa, l’homme de la Ligue Arabe et Mohammed El-Baradeï, celui des Frères Musulmans et de l’Iran. Contrairement aux grands élans médiatiques gorgés de spontanéisme, aucun de ces trois principales figures de proue n’a particulièrement l’aura d’un grand démocrate. Si le pays des Pharaons survit au chaos qui menace toujours, sa « révolution » devrait accoucher d’une souris. Suleiman a tout intérêt à lâcher du lest aux instances de contre-pouvoir tout en empêchant qu’elles ne tombent entre les mains des réseaux fédérés par les deux autres candidats potentiels.

 

Le Moyen-Orient est, désormais, à même d’afficher son indépendance relative vis-à-vis de Washington, à travers des dirigeants stables et responsables, deux notions-clés qui ont déserté la Maison Blanche. Le contre-modèle de la « révolution iranienne » n’est pas la démocratie occidentale, ni le régime autoritaire traditionnel de Moubarak. Il s’agira d’une troisième voie de pluralité politique et économique, fondée sur des relations conviviales avec la Russie, l’Inde et où le poids grandissant de la Chine, sur l’échiquier, comptera autant que le partenaire américain, devenu facteur d'ambiguïté, de troubles et d’instabilité. Il faudra de l’esprit d’innovation et le goût du risque à proposer aux « émergents », et non plus vivre sur les tas d’or tirés des richesses du sous-sol. Ces valeurs-clés, un seul pays voisin de l’Egypte en dispose…

Partager cet article
Repost0
4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 13:17

 

 editorialàGad

 

 

L’Iran perçoit la révolution en Egypte comme le grand tournant de l’encerclement d’Israël et dépêche le Hezbollah contre les opposants en Syrie.

 

 

Par Marc Brzustowski

 

 

Pour © 2010 lessakele 

 

Les opposants iraniens, comme Amir Jahanchahi (ICI ), familier des stratagèmes des Pasdaran, ainsi que les experts de ce régime, comme le Lieutenant-Colonel israélien Michaël Segall (ICI) ne partagent rien de l’optimisme naïf de la plupart des observateurs occidentaux, quant aux conséquences de la quasi-guerre civile en Egypte.

 

Jusque-là, les conflits de pouvoir entre le Parlement à Téhéran et la Présidence Ahmadinedjad étaient au plus vif, menaçant même le vainqueur des élections truquées de juin 2009 de destitution. Désormais, l’unanimisme triomphant est de rigueur : Ali Larijani, porte-parole du Majliss, condamne « les efforts sionistes et américains cherchant à briser l’esprit de la Révolution. Si les Américains soutenaient vraiment la démocratie, ils en laisseraient la décision aux Egyptiens. Ils découvraient alors toute l’ampleur de la haine du peuple contre l’Amérique ».

 

Selon le Commandant en chef des milices bassijies, « l’encerclement d’Israël par l’Egypte et la Jordanie permettra enfin de venger 60 ans de « crimes israéliens en Palestine ». L’Egypte y est considérée comme le pays-traître, pour avoir signé le traité de paix entre Sadate et Begin en 1978, soit un an avant la Révolution islamique, et ensuite, avoir offert l’asile politique au Shah en fuite.

 

Comme au diapason du pouvoir iranien, la chaîne qatarie diffusait, dans tout le monde arabe, jusqu’en Algérie, des rumeurs d’envoi d’armement israélien aux nervis de Moubarak.

 

Sur le terrain, l’état de chaos, qui règne depuis mercredi, ne peut conduire que les groupes les mieux organisés à sortir vainqueurs de la mêlée. Les milices pro-Moubarak ont, vraisemblablement, été recrutées par les proches de son fils Gamal, qui voit ses chances fondre au soleil. Peut-être avec le consentement du père, mais que tous considèrent comme "politiquement mort". Sans le savoir - ou, au contraire, parce qu’ils le redoutent, ils ont, peut-être ouvert la voie au scenario du pire. De leur côté, les Frères Musulmans montrent qu’ils n’ont aucun intérêt à un processus long de transition et de réforme, mais qu’il leur faut, à tout prix, empêcher l’émergence de groupes pluralistes, ouverts à la négociation. C'est pourquoi ils refusent toute discussion qui apaiserait la situation.

 

L’un et l’autre clan, du verrouillage nationaliste et du va-tout islamiste, étouffent, conjointement, les revendications d’ordre social et politique favorables au choix du chemin le plus long pour rétablir un semblant de paix sociale.

 

De leur côté, les régimes syrien et iranien mettent à profit le malaise grandissant dans l’ensemble du camp arabe réputé autoritaire-modéré, pour resserrer les rangs et maximiser leur chance de s'afficher grands vainqueurs sur l’échiquier régional.

 

Ainsi, profitant que l’armée et la police étaient mobilisées pour assurer un semblant de cordon sécuritaire autour des manifestations dans les grandes villes du Caire, Alexandrie et Suez, des commandos du Hamas et du Hezbollah ont dynamité la prison de Wadi Natrun. Jeudi 3 février, Mahmoud Qmati a fièrement annoncé, devant le Parlement libanais, que 22 membres d’un réseau emprisonné pour espionnage contre les intérêts égyptiens avaient réussi à prendre la fuite. Hassan Nasrallah avait admis l’envoi de Sami Shehab pour constituer ce réseau, en vue de détruire des objectifs sur le Canal de Suez, de s’en prendre aux touristes israéliens et de fomenter la sédition au Caire. Les autres bénéficiaires de ce coup de force sont, bien évidemment, des membres de la confrérie musulmane, chargés d’aller immédiatement renforcer les rangs des manifestations anti-Moubarak.

 

D’après les renseignements, ce sont 25 hommes entraînés du Hezbollah et du Hamas gazaouïte qui ont mis à profit la baisse de vigilance des garde-frontières égyptiens pour s’enfoncer par les tunnels. En route, ils ont récupéré des explosifs stockés à El Arish, en s’abritant derrière les troubles déclenchés par des groupes bédouins et palestiniens, actifs le long de la frontière. Ils auraient été rejoints par des Frères Musulmans, à Ismailia, via des bateaux de contrebande stationnés le long du Canal de Suez, puis acheminés vers l’une des plus vastes prisons, à Wadi Natrun. Là, les attendaient des observateurs postés leur exposant les consignes suivies dans les tours de garde, la localisation des prisonniers issus du Hezbollah, Hamas et Frères Musulmans.

 

L’assaut à coups d’explosifs et de missiles lance-grenade a fait au moins 30 morts parmi les agents de la sécurité égyptienne de la prison. Des engins explosifs plus légers ont permis de faire sauter les portes des cellules. De grands cratères et tunnels creusés par les explosions ont favorisé la fuite des autres prisonniers. Des camions et bus réquisitionnés par les Frères Musulmans pour dispatcher ses militants dans les manifestations, attendaient les principaux évadés à l’extérieur. Malgré une traque intensive, l’armée égyptienne ne mentionne la capture que de deux membres du Hamas.

 

Comme l’a amplement démontré l’emploi de membres du Hezbollah libanais et des réservistes appartenant aux escouades de la mort des Gardiens de la Révolution dans l’assassinat et la répression des opposants à Ahmadinedjad en Iran (lCl ), Bachar al-Assad et son complice de Téhéran  disposent de contingents pouvant suppléer à tout débordement sur leur propre territoire. C’est ainsi qu’au moins un millier de membres du Hezbollah auraient été mobilisés et intégrés sous uniforme syrien, selon le journal koweitien Al Seyassah, en vue de la « journée de la colère » à Damas. Ce jour doit propager l’élan de révolte démocratique dans cet autre bastion tyrannique. Ce mouvement est, d’ores et déjà "décapité", puisque la Moukhabarat syrienne a arrêté l’intellectuel Ghassan Najjar, initiateur de l’appel au soulèvement, à 3h, ce matin, dans sa résidence d’Alep.

 

Ainsi, les dispositions préventives ont-elles été prises à Téhéran, Beyrouth, par le coup d’état constitutionnel du 12 janvier, et, aujourd’hui, à Damas, alors que les services égyptiens ou israéliens n'ont rien vu venir au Caire. Il s'agit de donner le sentiment que, quoi qu’il advienne, la révolution islamique conserve l'initiative et est en mesure de faire toucher les épaules de l’Administration Obama à terre. Simultanément, ce déclenchement chez les alliés de l'Amérique laisse du temps pour rassembler ses forces et réprimer la "contamination" par la démocratie rampante.

 

Le dernier havre des idéaux démocratiques, l’Etat d’Israël, se retrouverait ainsi aux avant-postes, toutes les options étant, dès lors, ouvertes.

Le scénario du pire n'est jamais certain, ce n'est pas une raison suffisante pour l'évacuer d'un revers de manche...

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis