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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 10:04

 

editorialàGad

 

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Avec toute la grâce vocale et complice d'Aschkel

 

Pourquoi l’armée et les renseignements égyptiens restent le dernier rempart d’une « démocratisation » à venir au Caire, Aman, Sanaa…

 

 

Par Marc Brzustowski

 

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 


 

116414

  Le type de tanks déployés dans la ville d'El-Arish, ce matin : 18 de ces engins de fabrication usée ont été envoyés sur la frontière pour tenter de contenir le flot de Gazaouïs tentant de s'infiltrer en Egypte par le Sinaï

 

 

 

D’après les images qui nous parviennent du Caire et des principales villes égyptiennes, on voit la foule juchée sur les véhicules blindés, aux côtés des tankistes de l’armée d’Egypte.

  

L’impopularité qui frappe le clan Moubarak ne semble pas atteindre les principaux généraux. Ils tiennent les rouages du pays et les hommes de troupes calment le jeu, dans l’attente d’une fraternisation entre insurgés et militaires.

 

© AFP (Un char de l'armée égyptienne entourée par la foule au Caire)

  

La nomination du chef du renseignement, Omar Souleimane, au poste de vice-Président constitue, à cette heure la forme la plus sécurisée qui puisse être, de transition dans l’ordre vers un régime plus constitutionnel et conforme aux aspirations de liberté démocratique et de réforme économique.

  

Toute autre alternative, à l"heure actuelle, ne ferait qu’alimenter l’atmosphère de chaos, au seul profit des Frères Musulmans. Ceux-ci pousseront à l’éviction de tout souvenir de stabilité en Egypte et dans la région, depuis le temps des pyramides. Les tirs de roquettes, lancés sur les forces de police dans le Sinaï, ne font que signaler les premiers maillons observables de « fraternisation » réelle : celle entre les membres du Hamas de Gaza et les Bédouins, prenant pied dans la ville frontalière d’el-Arish. Ils escomptent  bien réaliser un coup d’Etat à l’iranienne au Caire, dans les jours à venir. Le même mouvement travaille le pouvoir hachémite à Amman. Une telle configuration géostratégique donnerait aux quartiers-généraux du Hezbollah à Beyrouth, toute la profondeur stratégique nécessaire et suffisante pour poursuivre la guerre iranienne sans merci contre l’Amérique, Israël et les Occidentaux.

  

Comme la Tunisie a commencé de le faire, l’expérience de la libéralisation s'organise comme elle peut, en « terra incognita ». Les institutions capables de conforter la démocratie demeurent éminemment fragiles. En réalité, elles ne reposent, comme un chèque en blanc, que sur la maturité et les bonnes intentions des leaders locaux qui émargent du mouvement populaire. Le retour à l'avant-scène des dirigeants islamistes n'augure rien de bon pour personne. Ce qui sert encore de « laboratoire » d’un entre-deux rives à Tunis, au Maghreb, peut, très vite, prendre les allures d’une contre-révolution pilotée de l’extérieur, là où les agents des mollahs sont actifs depuis des décennies.

  

A l’heure qu’il est, même si toute la colère populaire se retourne contre la police de Moubarak, le peuple continue d’espérer que l’armée se préserve d’entrer directement en action contre la foule. Dans ce cadre, même si le fossé se creuse entre la rue et le régime, le jusqu’auboutisme revendicatif ne pourra que favoriser les coups de grâce, au débotté des évènements, donné par la « vitrine légale » d’al Qaeda et de l’Iran : la confrérie des Frères Musulmans, qui représente la seule force politique constituée et qui s’érige en alternative "providentielle".

  

Ce n’est donc pas un hasard si des « manifestations spontanées » ont été organisées par le pouvoir à Téhéran, exigeant le départ de l’ennemi juré depuis la signature de paix avec Israël : Hosni Moubarak a succédé à Anouar el Sadate, après son assassinat par les hommes du Jihad islamique égyptien de l’actuel n°2 d’al Qaeda : Ayman al-Zawahriri. Ahmadinedjad, après son alliance avec le Turc Erdogan, compte bien en finir avec plusieurs des potentats sunnites qu’il considère comme les suppôts de l’Amérique. Tout a commencé avec la destitution d'Hariri. Désormais, ses pions avancent un à un.

 

Il ne peut être question d’angélisme dans cette partie du monde. Les heures qui suivront seront cruciales pour la totalité de la région. l’Europe anxieuse est en première ligne si et quand les digues qui la protègent d’une « marée verte », seraient amenées à céder aux coups de butoir des éléments les plus radicaux, exploitant une colère, par ailleurs, légitime.

 

L’option interventionniste de Georges Bush a montré le chemin, en détrônant Saddam Hussein. Par contre, la non-politique d’impuissance diplomatique et de retrait systématique commanditée par Barack Hussein Obama a ouvert la porte à la démagogie pro-islamiste et sonné le glas pour tous les régimes alliés des Etats-Unis en Orient. Son discours du Caire, en tendant la main aux pires ennemis de la démocratie, a aussi laissé comprendre qu’il ne ferait rien qui favorise le développement dans les pays alliés. Au contraire : le bilan en Irak laisse place aux attentats et à une influence iranienne aussi puissante que celle de Washington.

 

Ce sont ces deux aspirations contradictoires qui s’expriment simultanément, dans les rues des pays arabes :

 

-       Un profond désir de changement par l’auto-détermination, sans plus rien attendre des démocraties occidentales qui se contentent de gérer les crises et n’apportent aucune perspective : préservant leurs intérêts par isolationnisme, ils laissent aux bons ou mauvais vents, le choix d’une prise en main d’un destin commun aux deux rives de la Méditerranée.

-      Un risque de plus en plus patent, à Beyrouth, que, face au retrait américain, l’Iran, la Turquie, le Hamas et le Hezbollah, proposent au moins une fuite suicidaire en avant, comme seule alternative aux lendemains qui déchantent du Messianisme inconséquent d’Obama …

 

 

Dans ce cadre, l’avènement du démagogue El Baradei, protecteur du nucléaire iranien, ne reviendrait qu'à mettre une marionnette entre les mains des Frères Musulmans. L’armée égyptienne va devoir continuer à jouer le « good cop » contre le « bad cop » policier aux ordres des Moubarak. Cette dynastie, en quittant le Caire et en alléguant le pouvoir provisoire à un homme de la trempe d’Omar Souleimane, pourrait, sans doute temporiser et sauvegarder un peu d’ordre, pour que la colère s’apaise, en attendant d’y voir plus clair.

 

Malheureusement, en l’absence de culture démocratique « spontanée », toute nouvelle organisation constitutionnelle risque fort de faire la part belle aux confréries islamistes. La difficulté à redistribuer une manne économique inexistante en direction des classes méritantes est le principal obstacle à l’assainissement du régime politique. Elle laissera aux "minorités actives" islamistes l'opportunité d'envenimer la scène politique encore et encore, jusqu'à ce qu'elle parvienne à leurs fins...

 

Les Occidentaux, plutôt que d’engager les paris, les bras croisés, feraient bien de s’interroger sur les solutions urgentes à une telle impasse.

 

Contre la peste ou le choléra, la neutralisation des Frères Musulmans et de leurs alliés infiltrés depuis Gaza et Beyrouth, est de première urgence, si et justement parce qu’on voudrait sauver les pousses fragiles de la démocratisation du Proche-Orient.

 

Sans quoi, c’est bien la thèse du « choc des civilisations » qui sera la vedette des super-productions iraniennes dans la région, dans des temps que l’on ne peut que dire : proches, dans ce, décidément, très Proche...- Orient.

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 17:11

 

editorialàGad

 

Traînée de poudre verte autour du volcan moyen-oriental. L’Egypte à la recherche de l’improbable transition.

 

 

Par Marc Brzustowski

 

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info


 Egypte : le couvre-feu décrété (DR©)

 

Les mêmes phénomènes de contestation violente se propagent d’une capitale à l’autre du monde arabo-musulman,  contre des régimes autoritaires qui n’ont su user que de police et de torture pour se maintenir égaux à eux-mêmes au fil des décennies. La thèse du « cheval fort » vacille sur son socle, de Tunis jusqu’à Istanbul et Téhéran, en passant par Aman, Sanaa au Yémen ou Beyrouth. Ces vents incontrôlables n’épargnent ni Chi’ites ni Sunnites et risquent partout, de déboucher sur un bain de sang. Aucun pouvoir ne semble immunisé contre la colère populaire.

 

Qui n’avance pas recule et, longtemps, l’islamisme est devenu ce poison inoculé à l’échelle de la planète, depuis un 11 septembre 2001, pour dresser un contre-modèle ramenant ses adhérents talibanisés plusieurs siècles en arrière. Cette radicalisation ne fait jamais que trahir un mal-être plus profond, celui d’un monde en proie aux fièvres de l’auto-destruction. Une troisième alternative tente de se frayer un chemin dans la douleur, mais où aspirations démocratiques et solutions radicales semblent momentanément marcher main dans la main pour en finir avec la caste politique issue de la décolonisation.

 

L’heure des opportunistes et grands démagogues de la transparence a sonné. Des médias frénétiques, comme al-Jazeera s’immiscent dans le secret des dieux et liquident ce qui pouvait rester de diplomatie pour traiter les conflits. Des hommes prêts à toutes les compromissions, comme Mohammed El-Baradei, s’improvisent dans le rôle de l’homme providentiel, qui n’aurait, du reste, que des strapontins et des erzazt à redistribuer. Il vient d'être assigné à résidence.

 

C’est au Caire et dans les villes principales égyptiennes que se déroule le test majeur et, à la vitesse où vont les choses, nul ne peut prédire ce qu’il en adviendra. Cette ville qu'avait choisi un Président américain pour annoncer un programme, suite auquel il n'y aurait plus vraiment ni arbitre ni pilote dans l'avion, à l'ère de la paix universelle et de l'ambiguïté globalisée.

 

Déjà, les comptes se règlent à coups de roquettes dans le Sinaï. Préventivement, nombre de dirigeants des Frères Musulmans ont été mis en sûreté dans les prisons du Raïs, dont la foule réclame le départ. On s’achemine, à l’issue des prières du vendredi, vers une conflagration sanglante. A partir de là, les bords opposés deviendront vraisemblablement inconciliables, si l’affrontement déborde de tout cadre social et politique. S’il ne peut trouver aucune issue législative, parlementaire, assurant un déverrouillage progressif d’une « société civile » apathique ou inexistante jusqu’à l’avant-veille et qui se rue, devenue « Amok », sur les forces de l’ordre.

 

Le terreau est donc fertile pour les solutions simplistes, dressant les inspirés de l’Islam contre le pouvoir perçu comme « vendu à l’Occident ». Ceux qui attendent des changements en termes de libertés civiques en seraient pour leurs frais, entraînés dans une guerre civile qui n’est plus la leur, mais déjà d’un autre âge : celui des pierres, puis des bombes qu’on lance à l’aveugle dans les foules ivres de portraits et de corps à déchiqueter.

 

Surtout, si les pouvoirs régionaux n’endiguent pas cette marée humaine mue par le manque de moyens économiques et d’expression, pour trouver une voie de compromis acceptable, il est improbable qu’aucun pays de la rive nord ou sud de la Méditerranée s’en sorte indemne. Ce qui se déroule en direct au Caire aura des répercussions majeures dans tous les pays à fort taux migratoire : à Paris, Londres, Bruxelles et, par ricochet, à Washington.

 

 Le mouvement houleux entamé en Tunisie, après le départ précipité de Ben Ali, grâce au maintien de l’ordre par l’armée, est-il reproductible à l’infini, sans que cet ouragan ne se transforme en catastrophe planétaire ? L’ensemble territorial compris entre Alger et les confins de l’Asie centrale peut-il se permettre de se changer en un vaste laboratoire de la « transition politique » ?

 

 

Les observateurs des pays occidentaux qui ont achevé leurs révolutions il y a plusieurs siècles auraient beau jeu de se réjouir d’une comparaison qu’ils trouveraient flatteuse pour le modèle démocratique. Les troubles socio-politiques peuvent bien être devenus un mal pour un bien contaminant, que ventilent les nouveaux médias sms ou tweeter, il va falloir réinventer autre chose et il faudra du temps. La crise économique qui touche tous les secteurs des sociétés, la globalisation de l’information, mettent aux enchères la théorie du chaos, où le moindre battement de voile à Tunis a, désormais, des répercussions, la minute d’après, jusqu’aux déserts les plus reculés du Yémen.

 

Derrière l’écran des revendications légitimes de liberté civique et de redistribution des richesses, se profile aussitôt le théâtre d’ombre des agitateurs professionnels, dont les confréries musulmanes, les inconsolables du Jihad, ou les Emirs, prenant des postures d’empereur Néron : celui du Qatar trouve distrayant de jeter en pâture le peu de légitimité qui restait encore aux négociateurs palestiniens, pour être sûr qu’ils ne parviendront jamais à la plus hypothétique des solutions entre Arabes et Juifs. En cela, il vient de faire un magistral bras d’honneur à toute l’Administration Obama dont le sauvetage du processus de paix restait le principal cheval de bataille.

 

Le drame de cette « transition introuvable » ne se déroule donc plus dans une arène israélo-palestinienne que les cameramen plus ou moins bien intentionnés pouvaient capter de leurs appareils avides de scoops, en distribuant les rôles selon le manichéisme infantile des bonnes victimes sélectives et des méchants colons, à l’intention des opinions blasées, à l’indignation pavlovienne suggérée par un ex-diplomate sénile.  

 

A coups de remèdes de cheval ou de nouveaux « Plans Marshall », il va bien falloir traiter à la racine le mal qui ravage l’aire arabo-musulmane. Les solutions en termes de maintien de ce qui peut bien y rester d’ordre seront des palliatifs de première urgence. C'est un couvre-feu de cette nature qui vient d'être décrété dans toute l'Egypte, qui ne pourra qu'être temporaire. Mais force est de constater que c’est contre la décomposition même de ces sociétés qu’il faudra, pas à pas, lutter. Alors qu’on a voulu comprendre les données du problème selon des visions radicales religieuses ou de « choc des civilisations », l’immobilisme de ces régimes s’avère incapable de produire des cadres d’expression aux mouvances qui s’y mêlent et s’y affrontent, objets d’une vaste dérégulation.

 

Aux contempteurs d’Israël, de la démocratie et du libéralisme, aux spécialistes de l’indignation sur commande, on ne peut qu’opposer ce panorama chaotique, en leur demandant où ils sont encore capables de percevoir un îlot de stabilité, vecteur de progrès et de liberté, à plusieurs milliers de kilomètres à la ronde. L’antisionisme comme réponse toute faite aux multiples conflits régionaux est le baromètre qui indique l’intensité du malaise ambiant. Mais le mal-être est bien là, devant nos yeux et qu’on ne peut plus nier par des mises en scènes dérivatives, se servant du grand mot de "paix" pour perpétuer les conflits. On n’a jamais rien réglé en cassant le thermomètre. Dans cette aire géopolitique en proie à la dévastation, il faudra bien que quelques-uns conservent leur calme et aident les voisins à réinventer des règles du jeu. Elles ne viendront pas, lorsqu’exténuées, les foules succomberaient aux sirènes des milices pro-iraniennes comme le Hezbollah et le Hamas qui, dans l’ombre, attendent de se jeter dans la mêlée et de rétablir l’ordre, à leur façon.  

 

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 08:37

 

editorialàGad

 

Espoir de Tunis/Angoisse au Liban : deux situations d’exception qui peuvent changer les règles dans le monde arabe ?

  

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avec la voix lumineuse d'Aschkel

 

 


Par Marc Brzustowski

 

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

Après un moment d’affolement, dans l’ensemble des capitales arabes, on a cherché à se rassurer sur le caractère d’exception des évènements de Tunis. L’exemple d’un peuple qui se soulève spontanément pour chasser un dictateur, Ben Ali, fait craindre la tâche d’huile. Il a, aussi, révélé que les vieilles ficelles, comme d’attiser la haine antisioniste en espérant éluder toute question relative à l’absence de développement, n’avait pas réponse à tout.

 

Bachar al-Assad, le nouvel ami de Washington et Paris, a réuni ses chefs de la sécurité, interdit tout rassemblement, démultiplié les écoutes téléphoniques et décapité tant et plus de paraboles de transmission par câble. Amrou Moussa, l’Egyptien de la Ligue arabe, est plus « modéré », laissant envisager un vent de réformettes pour endiguer le mécontentement, réputé plus contagieux que la grippe H1N1.

 

Après les manifestations massives en Iran contre la spoliation électorale, la révolution du Jasmin est le deuxième évènement-choc qui réveille en sursaut les Caïds inamovibles du monde musulman. L’une n’a pas abouti et se trouve prise dans les serres d’un régime qui démultiplie les tours de vis. L’autre a passé la première épreuve en faisant fuir devant sa clameur un homme terrorisant, défendu bec et ongles par son voisin et ami Khadafi. L’ancien despote n’apparait plus que comme un escroc de paradis fiscal, parti, avec sa rapace épouse, en emportant 1,5 tonne d’or. Reste à ce peuple le plus long chemin à accomplir : celui d’une véritable recomposition politique librement exprimée, au-delà des mots d’ordre visant à calmer sa fureur…

 

On prête, généralement, à la « rue arabe », l’idée qu’elle se préoccuperait en priorité de la revendication majeure de l’Organisation de la Conférence islamique : à savoir que « l’injustice suprême » pour un musulman serait l’existence d’Israël. C’est même l’axiome sur lequel repose toutes les diplomaties occidentales, avec cette pression accrue pour adopter des résolutions contraignantes contre Israël. Michèle Alliot-Marie est ainsi venue piétiner quelques « implantations », à Tel Aviv et proférer des menaces doucereuses et « modérées ». Elle marche tête baissée dans le plan unilatéral du cacique non-élu et inéligible Mahmoud Abbas. A la parabole de la paille et de la poutre, il arrive aussi que l'on se cogne à quelque plafond bas, comme lors d'un lancer de chaussures à Gaza, en compagnie de Valérie Hoffenberg... Là même où, pourtant, tout souvenir d'une quelconque "implantation" ou lieu de culte juif a disparu sous la razzia supervisée par l'Autorité Palestinienne d'alors, en 2005. Le retour à la réalité est, parfois, âpre.

 

 

 

 

Un sondage réalisé, il y a quelques mois par la chaîne TV d’Al Arabiya, auprès d’un large panel de citoyens du monde arabe, démontrait que 70% des sondés affichent une indifférence marquée quant au destin du « processus de paix ». En clair, si cette marotte idéologique de la cause palestinienne n’était pas répétée comme un mantra, les populations risqueraient d’exprimer leurs véritables frustrations et de faire trembler certains de ces pouvoirs sur leur socle. Ce serait, sans doute, pour de toutes autres raisons, et ces états devraient rendre des comptes. La première condition de la paix, hormis la reprise des négociations directes, ne serait-elle pas à portée de main ? Imaginons seulement que ces potentats ligués contre Israël pour conserver leurs trônes, prennent quelques heures de leur temps pour commencer à réfléchir aux voies de la sagesse et de la prospérité commune.

 

Ces exemples mettent à plat le discours du Caire, homogène et lisse comme un œuf. Ils font dérailler le soutien français à Saddam Hussein, à Ben Ali ou, maintenant, à Bachar al-Assad, comme rédempteur protégeant l’Occident de la marée « verte ». Chaque fois, le pire ennemi de la démocratie est le meilleur ami du pays des « Droits de l’homme ». Comprenne qui peut. En Syrie, les Occidentaux (malgré les avertissements de Jean-Claude Cousseran) misent sur un matelas économique pour parvenir à un déverrouillage progressif du régime, assorti d’un lâchage par seuil de l’Iran et des groupes terroristes. C’est une illusion sans fond qui permet, précisément, au régime alaouite de jouer sur tous les tableaux, sans jamais céder un pouce de sa poigne de fer ni de ses alliances, sans lesquelles il n’est plus. 

 

Dans ces deux pays, Iran et Tunisie, on assiste à l’émergence brimée d’une classe moyenne, éduquée, mais privée d’accès à la parole. C’est encore une différence majeure avec l’ensemble composite et pluriethnique du monde arabe. En Tunisie le PIB moyen d’un habitant est de 4300 $, soit le double d’un Marocain ou d’un Jordanien. 1/3 de sa jeunesse fréquente l’université. La manne à redistribuer, confisquée par le clan Trabelsi, n’était pas d’origine pétrolière ou gazière. L’Algérie proche, riche à l’excès en matières premières, est victime d’une corruption endémique, mais peut lâcher quelques subsides de temps à autre, sur le mode féodal. L’armée y verrouille tous les accès, en proie à des explosions sporadiques qui, jusqu’à présent, n’ont pu rêver d’un changement de régime [au moins une quarantaine de blessés, le samedi 22 janvier : lCl.]

 

Le cas de Ramallah reste unique : un corrompu ne s’est pas présenté à une élection depuis son précédent échec, organisé par les Etats-Unis trop pressés, en 2006, face aux islamistes du Hamas. Mais, son existence politique est artificiellement maintenue, grâce à l’illusion diplomatique qu’il finira par « négocier » ou s’autoproclamer chef d’Etat. Il continue de représenter « le meilleur espoir de paix » pour toutes les chancelleries mondiales. Des capitales sud-américaines, elles-mêmes sujettes au népotisme ou au chaos socio-économique, l’ont déjà reconnu comme l’un des leurs ; l’Espagne, parmi les pays en voie de paupérisation accélérée en Europe, s’y prépare.

 

L’Irak est un autre cas particulier, dans sa marche vers une difficile « normalisation », entre retrait américain et risques de prise de contrôle iranien, via les milices de Moqtada Sadr et le Hezbollah local, réplique à l’identique de son grand frère libanais. Il offre les meilleures garanties de repli tactique pour les séides de Nasrallah, menacés par le Tribunal Spécial.


 Au Liban, le Hezbollah a esquissé deux tentatives successives de coup d’état, en moins de 24 heures : lors d’une première simulation, le mardi 18, plusieurs groupes d’une trentaine d’hommes se sont rassemblés en au moins 9 points-clé de la capitale, aux intersections des quartiers chiites et sunnites. Pris de panique, des commerçants ont baissé le rideau de fer, des écoles et des services publics ont préféré fermer. Les blindés de l’armée patrouillaient dans les rues, sans intervenir directement.


 On serait passé tout près du point de rupture, mercredi soir, 19 janvier, selon les sources militaires de Debkafile. Les cibles de cet assaut étaient les bâtiments et les troupes de l’ONU au Liban : ses hommes de mains devaient encercler les bureaux de la Commission économique et sociale de l’ONU, pendant que des miliciens en armes auraient contraint les hommes de la FINUL à répliquer à leurs assauts au Sud-Liban, ou à se constituer otages.

 

Le Hezbollah devait aussi assiéger les bureaux de l’émissaire spécial, Michaël Williams, ceux de l’UNWRA, qui s’occupe des camps palestiniens, ainsi que plusieurs points de liaison de la FINUL à Beyrouth. L’objectif était de contraindre Ban Ki-Moon à réévaluer les actes d’accusation contre plusieurs de ses membres haut-placés. Mais, au dernier moment, Nasrallah a préféré remettre l’opération à une fois prochaine.

 

Car  Ban Ki-Moon aurait pu exiger de l’armée libanaise qu’elle débloque les accès à ses institutions. En cas probable d’échec, il aurait alors dû mandater une résolution au Conseil de Sécurité -chapître VII-, pour que des troupes en armes viennent au secours des équipes de la FINUL. L’intervention internationale aurait pu se terminer par le débarquement de troupes de marine américaines, françaises et germaniques, stationnées à proximité des côtes beyrouthines.

 

A cette heure, on peut considérer qu’on n’en est qu’à la première vague de tests. l’Iran rappelle qu’il se veut seul maître à bord, au pays du Cèdre, comme il dispose d’atouts-maîtres en Irak. Si le Hezbollah se sent acculé, il lui reste jusqu’en septembre prochain, au moins, pour trouver ce qu’il considère comme une  « sortie honorable » : il se présente en victime libanaise d’un complot américano-sioniste et peut appeler, à tout instant, ses partisans à l’insurrection, dans un scénario à l’irakienne.

 

Une guerre des nerfs, bien connue à la frontière israélienne, s’est déclenchée. Cette fois, elle est diffuse dans tout le pays, sans qu’Israël n’ait besoin de faire vrombir le moindre moteur de Merkava. Le risque de choc frontal avec les instances internationales pourrait entrouvrir la porte à la destruction en règle de son stock de 50 000 roquettes et missiles pointés contre Israël, assurant, par ricochet, la sécurité du Tribunal Spécial. Il est certain qu’Ahmadinedjad et Nasrallah réfléchiront à deux fois, avant de lancer les dés. Bachar, quant à lui, sait qu’il ne peut pas, sans dommage, franchir le « seuil critique » et suppléer au renfort de la milice chi’ite en nouveaux Scuds-D…

 

« L’Axe » est encore loin d’être « échec et mat », grâce à sa nouvelle profondeur stratégique en Irak et ses réseaux africains et sud-américains.

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 12:02

 

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De l’Afrique comme point de « choc des civilisations » inédit

 

L’Indépendance chrétienne du Sud-Soudan, le massacre des coptes en Egypte et l’extension d’al Qaeda au Sahel…


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exposé par Aschkel

 

 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info


 

Sud-Soudan 

 

 

Peu d’écho semble donné à ce qui pourrait bien constituer une grande victoire sur l'un des génocides les plus lancinants du tournant du XXIè siècle, ce 9 janvier : l’indépendance probable, mais fragile, du Sud-Soudan chrétien, peut-être assortie de celle de la province d’Abyié, à l’égard de Khartoum, où règne en maître, Omar El-Béchir. Soutenu par l’Organisation de la Conférence islamique, le dictateur soudanais échappe, jusqu’à preuve du contraire, à tout mandat d’arrêt international visant à le traîner devant le Tribunal de la Haye. Se conformer à ce référendum, soutenu par l’ONU est une façon de monnayer sa survie politique, quoi qu’il y soit viscéralement opposé, à l’instar de quelques voisins dont il a le renfort : l’Egypte de Moubarak et la Lybie de Mouammar Khadafi. Pour des raisons différentes, ces deux régimes y voient un risque de perte de leur mainmise sur le couloir africain, à partir des rives du Nil et le risque d’éveil, tant des Chrétiens d’Afrique que de l’Ethiopie.


 

 

 

Hier, le journal officiel russe RIA Novosti laissait s’exprimer El-Béchir, concédant que si Israël et le Sud-Soudan souhaitaient établir des relations diplomatiques, cela relèverait de leurs « affaires intérieures » à l’issue de ce référendum. Une triangulaire prend forme, où la Russie marque, de plus en plus, son intérêt pour les découvertes pétrolières et gazières au large d’Israël et les débouchés en Mer Rouge qu’offrirait le projet de gazoduc gréco-israélien transitant par Ashkelon, puis Eilat. La sécurisation de la Mer Rouge est donc à l'ordre du jour.

 

 

 

Plus au nord, tant la Turquie que le Liban se sont vus renvoyés dans les cordes, après leurs pressions sur Chypre, puis l’ONU, espérant bénéficier de la manne. L’Egypte veut également examiner en quoi ces explorations pourraient réduire son influence dans la région. Toujours est-il que la zone toute entière du Levant jusqu’à la Corne de l’Afrique subit une redistribution des cartes, où d’anciens adversaires idéologiques, comme la Russie et Israël, discutent et s’entendent jusqu’à un certain point, générant l’inquiétude, parmi les régimes arabes ou turcs, jusqu’alors en pointe sur le contrôle des énergies fossiles.

 

S’il faut bien voir la marque d’al Qaeda, probablement manipulé par la Syrie et l’Iran dans le massacre des Coptes à Alexandrie, comme leurs cousins chaldéo-syriaques à Bagdad, l’Egypte est aussi sujette à ces soubresauts par crainte d’une autonomie et l'absence de liberté de ses propres minorités. Dès lors, les autorités ont longtemps laissé faire ces persécutions jusqu’à ce qu’elles atteignent un paroxysme. L’origine locale d’une partie des réseaux terroristes, en lien avec les trafics d’armes et d’êtres humains venus du Soudan, via le Sinaï est l’un des avatars de l’ordre instable régnant sur les rives du Nil et du Canal de Suez.

 

 

 

Etablissant des comptoirs au Sud-Soudan avec la future république du Président Silva Kiir Mayardit, jouissant de liens privilégiés avec l’Ethiopie du Premier Ministre éthiopien Meles Zenawi, Israël, entretient, depuis fort longtemps des relations cordiales avec plusieurs états africains, comme le Kenya, ou encore le Rwanda, également frappé en plein cœur par un génocide, mais qui est devenu, depuis, l’une des Silicon Valley les plus prometteuses du Continent.

 

 

L'armée rwandaise, un modèle pour l'Afrique (extrait : nanojvpress)

 

L’environnement reste, néanmoins, hautement problématique : la Somalie est une plaie chaotique béante, saignée par les Shababs, alliés du Hamas. Plus loin à l’Ouest, c’est tout le Sahel qui devient une zone d’extension d’al Qaeda au Maghreb, à partir de places fortes et mobiles dans les zones désertiques entre Mali, Niger, Mauritanie et pays du Maghreb. La présence française y est prise pour cible privilégiée, comme l’atteste encore la mort de deux ressortissants, le 8 janvier. Beaucoup de pays sont divisés par zone d’influence, d’abord ethnique, ensuite religieuse, où l’appartenance chrétienne ou musulmane joue un rôle fluctuant, comme au Nord du Nigéria. Souvent l’origine tribale est plus déterminante que le degré d’islamisation. Mais le radicalisme d’al Qaeda travaille en profondeur ce clivage, à travers ses réseaux de contrebande en traque d’otages à monnayer pour étendre sa guerre sainte, encore à l’état embryonnaire.


 

 

Jusqu’à présent, depuis surtout la guerre civile algérienne des années 1990, les pays nord-africains ont refoulé vers le sud désertique cette mouvance issue du GIA et du Groupe Salafiste pour la Prédication et le Salut. Les régimes algériens et tunisiens exerçant leur pouvoir par des pratiques semi-maffieuses où la corruption est le maître-mot, sont aujourd’hui sous le coup d’insurrections de leurs sociétés civiles pour les mêmes motifs de confiscation de tout avenir par des élites claniques, issues des rangs de l’armée et des grandes familles. Il est difficile de présager si l’islamisme refluant profitera de ces désordres socio-économiques prérévolutionnaires, qui ont encore fait 20 morts en Tunisie dans les dernières 24h, pour y récréer ses réseaux. L’alternative de la démocratisation et de la redistribution des richesses y semble inaccessible, motivant des actes de désespoir qui conduisent à des suicides publics. Les gouvernements n’ont jamais su tirer parti de la richesse culturelle (exemple de la Kabylie) et énergétique de cette région, et l’Islam d’Etat ou le vernis de laïcité s’y sont vite retrouvés confrontés à leur double : l’Islamisme fanatique enseigné par les confréries résurgentes jusqu’en Egypte (les Frères Musulmans) ou le Salafisme de retour d’Afghanistan contre les Soviétiques.

 

 

 

En contrepoids, l’Union des Etats Africains reste une structure fragile d’ententes entre caciques locaux faisant reposer leur pouvoir sur leurs réseaux tribaux. Mais la démocratisation y est parfois plus avancée que dans le Maghreb. L’ensemble des compagnies minières des Grandes puissances (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Iran…) y sont présentes et rivalisent pour y maintenir des régimes qui leur soient favorables. On le voit également en Côte d’Ivoire, qui est un des pays-clés de Centrafrique, où, là encore, une partition entre nord et sud ne résoudrait que provisoirement les jeux d’influence.

 

 

En Méditerranée, le nouvel axe d’entente stratégique entre Grèce, Israël et intérêts bien compris de la Russie autour de la maîtrise des réseaux énergétiques, les ententes militaires avec la Bulgarie, la Roumanie, sont susceptibles de revitaliser une cohabitation pacifiée dans les Balkans, tout en gelant l’entrée de la Turquie dans l’Europe. De la même façon, les pays nouvellement démocratisés de la Corne de l’Afrique peuvent jouer le rôle de « cordon sécuritaire » contre l’extension de l‘Islamisme résurgent depuis la Somalie ou l’Erythrée. Un rééquilibrage économique à base de coopération peut contribuer à modérer l’influence régionale de l’Arabie Saoudite et de l’Iran, tout en ménageant l’accès aux marchés asiatiques pour le pétrole et le gaz russe, ayant alors intérêt à inventer une nouvelle « paix froide » entre la Turquie et Israël, comme c’est le cas entre Le Caire et Jérusalem, et avec les forces de l'OTAN.

 

La question des minorités - non plus « protégées » par les Occidentaux, mais acquérant leur reconnaissance et leur autonomie plus ou moins large, comme dans le cas des Kurdes d’Irak, protecteurs des Chaldéo-Syriaques persécutés à Bagdad, de Chypre s’émancipant du danger turc-, offre un nouveau challenge aux puissances présentes dans la région.

 

 

 

Le défi partagé réside dans l’opposition concertée du monde musulman, arabe, turc, perse ou égyptien à une telle voie de développement : il mettrait en péril la cohésion panislamiste qui caractérise ce système féodal issu de la conquête arabe du IXè au XIVè siècle et qui verrouille l’entrée des pays émergents dans le XXIè. C’est aussi l’héritage subversif du Sionisme que de tendre à l’autodétermination des peuples et nations réels, sous le vernis d’Islamisation, des régions où son influence est active. Un modèle de "décolonisation" dont la presse occidentale ne sait parler qu'en mal.

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 08:23

 

 Alors que les Etats-Unis ont reconnu ne pas prolonger leur exigence de gel des implantations de 90 jours, parce qu'une telle mesure ne permettrait pas une reprise des négociations directes, tant que l'Autorité palestinienne refuse tout assouplissement, 

 

Saeb Erekat, dans The Guardian, durcit encore les positions irrédentistes palestiniennes en exigeant le "retour de 7 millions" de prétendus réfugiés, non dans le nouveau territoire autonome palestinien, mais bien en Israël. Bien évidemment, il considère cette mesure comme "non-négociable". L'Union Européenne, certains pays d'Amérique du Sud,  ne peuvent que "constater l'impasse" qu'ils ne manqueront pas, une fois encore, d'imputer au seul Israël... Ou quand le "désir de paix" s'aveugle de haine...

 


 

A propos par Aschkel

 

Par Aschkel

Pour aschkel.info et lessakele.

 

Article associé

>Bugget 2011 pour L'UNWRA, la fabrique à réfugiés "palestiniens"

>Le problème des réfugiés- scénario possible au lendemain de l’Indépendance "palestinienne"

>Le rôle central des jihadistes palestino-jordaniens ou palestiniens du Liban dans le ressourcement en boucle du Jihad global

>Saeb Erekat - Réinstallons les réfugiés par Alain Rubin

 

D'abérrations en abérrations !

 

logo unwra

 

 

Saeb-Erekat-et-ses-mensonges.jpg

 

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2010/dec/10/israel-palestine-refugee-rights?INTCMP=SRCH

 

les Arabo-Musulmans ont créé, par leur refus de cohabiter aux côtés d’un Etat juif,  800.000 refugiés arabes, les ont fait, avec l'aide de l'ONU, multiplier jusqu'à des millions, ont chassés 900.000 juifs des terres arabo-musulmanes pour lesquels aucune mesure et aucune considération n'ont été prises, il est grand temps de leur faire comprendre que cela suffit.

 

Le 10 décembre, The Guardian consacre son Editorial à Saeb Erekat, vous savez?, ce négociateur en chef de l'Autorité palestinienne considéré comme sérieux et "modéré" par les occidentaux qui ne comprennent pas l'arabe.


Cet homme nous explique sans aucune gêne, que la paix ne pourra exister dans la région sans le retour de plus de 7 millions de réfugiés en "Palestine".


Le journaliste du Guardian ne s'est alors pas posé cette question qu'aurait dû formuler tout journaliste rigoureux.

 

Comment plus de 7 millions de réfugiés "palestiniens" ?


Pourtant,  nos officines de la presse occidentale nous communique, depuis longtemps, le fait que les "Palestiniens” vivent une véritable tragédie et que ne sont jamais très loin de faire croire a leurs lecteurs que les israeliens commettent un "génocide" !

Et oui le seul peuple au monde victime de génocide dont la population croît à un rythme effarant.

Très malin, Saeb Erekat sait qu'il à faire à des ignares et qu'il peut rajouter à la louche 2 millions de types sur ce compte exponentiel sans que personne ne relève le grotesque de ses affirmations..

 

Pourquoi 2 millions d’individus en plus ?

 

Parce que pas, plus tard que la semaine dernière les statistiques 2011 a été diffusé par l'UNWRA., vous savez cette fabrique à refugiés, employant 22.000 personnes et dépensant des milliards de dollars payés par le contribuable lambda,  pour le maintien exclusif des petits enfants et enfants de réfugiés "palestiniens" des guerres que les seuls arabes par leur haine ont créé – le chiffre admis était de – de 800.000 a la base

.

Depuis 60 ans l'ONU, n'a jamais exigé ce qui a été exigé partout ailleurs : l'intégration des masses victimes de confits.

 

Résumons-nous : les Arabes lancent des guerres qui créent des réfugiés, et ne les intègrent pas sur leur propre territoire, traitant les nouveaux venus en parias et les confinant dans des camps de misère.

 

Ces mêmes Arabes arrivent a obtenir des Nations-Unies un statut spécial qui en fait des réfugiés à vie, se transmettant, de génération en génération, comme patrimoine, l'état de réfugiés.

7 millions et personne ne relève qu’il gonfle ouvertement les chiffres pour égaler la population actuelle d’Israël et l’y substituer de fond en comble et surtout Saeb Erekat compte ajouter encore une bonne raison de ne pas négocier, en imposant un remplacement de population au beau milieu de la table brisée des négociations.

.

 

Cette même fabrique à réfugiés, et c'est déjà'

 

une absurdité en soi, n'en compte que 5 millions environ sur l'ensemble, en "acceptant tout le cynisme des calculs de l'UNRWA, structure opposée à toute intégration et donc à tout règlement à terme de la question qui alimente sa raison d'être..

  .

Le peuple palestinien créé de toutes pieces comme arme contre Israel par les arabes, est donc fin prêt aujourd'hui à recevoir un etat clé en main par les nations [du Jourdain jusqu’à la mer!].

Au vu de l'enseignement de la haine, et comme nous venons de le prouver dans notre EDITORIAL le terrorisme est la seule chose que savent produire ces gens et cela dure depuis plusieurs décennies déjà.

Donnez-leur du territoire ils intensifieront la haine, proféreront des menaces, inonderont le monde de leurs mensonges et contineuront dans leur voie macabre qui consiste a s'abreuver du sang des innocents


Le monde s'apprête a créer, un etat qui ne demande qu’à ... grouiller de terroristes.

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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 22:11

 

editorialàGad

Le rôle central des jihadistes palestino-jordaniens ou palestiniens du Liban dans le ressourcement en boucle du Jihad global

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Avec célérité par Aschkel

 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

 

Au moins 8 Jordano-palestiniens ont été arrêtés ou tués, en Afghanistan, Yémen et Irak, pour leur implication dans le terrorisme, au cours du mois qui vient de s’écouler. Ainsi, Haitam Mohammed al-Khayat, âgé de 26 ans, sortait frais et moulu d’une faculté de médecine, avant de s’engager pour le grand Jihad, le cœur brisé par un échec amoureux. Connu dans les cercles extrémistes sous le nom de Abu Kandahar al-Zarqawi, il était aussi administrateur d’un forum jihadiste en ligne. Il était associé à un autre « médecin humanitaire », qui s’est fait exploser dans une base américaine en Afghanistan, tuant 7 employés de la CIA, le 1er janvier 2010, Abu Mulaï al-Balawi.

 

Celui-ci était un agent-triple, recruté par les services de sa Majesté le Roi Abdallah II, afin de fournir des informations à la CIA sur Ayman al-Zawahiri, le n° 2 d’al Qaeda. Mais, il s’est retourné contre ses commanditaires. Tous deux étaient originaires de Zarqa, lieu de naissance d’Abu Mussab al-Zarqawi, éliminé par un missile en Irak en juin 2006, et dont le premier a repris le nom. Al-Khayat était tenu pour en savoir long sur les échelons les plus hauts de l’organisation. Dans un entretien sur un site web, il incitait les Arabes du Moyen-Orient à se concentrer sur une guerre d’assassinats perpétrés par des snipers et des ingénieurs en explosifs. Sa famille provenait de la Bande de Gaza et maintenait des liens avec d’autres Palestiniens d’Hébron. Il se serait fâché avec son père du fait de ses positions radicales et ce même motif serait à l’origine de ses fiançailles interrompues.

 

A la même période, un Tribunal militaire jordanien diffusait un acte d’accusation contre Issam Mohammed Taher al-Barqawi, le mentor jordano-palestinien d’Abu Mussab al-Zarqawi et trois autres terroristes, arrêtés le 22 septembre dernier.

 

Abu Mussab al-Zarqawi

 

Le 15 décembre, l’ingénieur jordanien Maath Mohammed Kamal Alia était arrêté au Yémen. Le 14 décembre, le Jordano-palestinien Mahmoud Abu Reidah se fait tuer par les forces américaines en Afghanistan, après avoir obtenu l’asile politique en Grande-Bretagne. Le 7 décembre, c’est l’ingénieur informatique Mohammed Rateb Qteishat, qui est tué à Mossoul par les forces irakiennes. Il était déjà condamné par contumace en Jordanie pour la planification de complots terroristes anti-américains à Amman.  Le 19 novembre, 4 Jordaniens d’origine palestinienne, également originaires de Zarqa, sont tués en combattant les troupes américaines en Irak. Ils avaient tous entre 20 et 30 ans et presque tous connu la prison en Jordanie pour attaques terroristes contre des intérêts américains.

 

Des membres du Fatah al-Islam, mouvement inspiré d'al-Qaida, lisent le Coran dans le campde Nahr al-Barid, au Liban, en mars 2007.


C’est encore sans compter sur la branche « libanaise » de la famille, puisque Georges Malbrunot nous apprenait, sur son blog du Figaro, qu’une première vague d’une vingtaine de Jihadistes à haute dangerosité s’étaient infiltrés, grâce à des filières turques, en Grèce, Bulgarie, Allemagne, Belgique et en France, en provenance du camp d’Ein-Héloué, près de Saïda au Liban. Les services français confirment cette nouvelle filière, changeant d’identité et de faciès. D’après des renseignements palestiniens, « ces gens-là sont entre les mains de certaines puissances, ne connaissent pas de problèmes d’argent, attendant dans l’ombre pendant des mois avant de frapper". Tous ces éléments les distinguent d’une simple affiliation à al-Qaeda, comme nébuleuse non-étatique. Mais, leur rôle serait précisément de faire masse avec les filières dormantes du Jihad Global. La réserve de ces agents de liaison se monte à une bonne cinquantaine de terroristes aguerris près à suivre le même chemin.

 

Probablement avant la fin de la première semaine de janvier, le procureur Bellemare du Tribunal International, aura publié ses actes d’accusation à l’encontre des responsables de l’attentat contre Rafik Hariri. A une époque assez rapprochée aura lieu, à Ankara, la deuxième tranche de rencontres entre les 6 puissances du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Iran.

 

Scruté par les observateurs internationaux, le Hezbollah n’est plus cet outil imparable de Téhéran qui semait la terreur à travers le monde, comme en Argentine dans les années 90. Il doit prendre des précautions, faire le dos rond et déléguer les basses œuvres à des réseaux plus obscurs. Le même genre de phénomène s’organise en Afghanistan, où al Qaeda a récemment dépêché le bras droit de Saad Ben Laden, l’égyptien Saïf al Adel. Tous deux, ainsi qu’un second état-major complet de la mouvance jihadiste se trouvait, jusqu’à il y a peu, hôtes de l’Iran, qui leur a "rendu leur liberté" en octobre 2010. Le 23 décembre, un Taliban, agent de liaison des Forces Qods, plus connues, en Afghanistan, sous le nom de Corps Ansar, était capturé à Kandahar.  

 

Si l’on remonte encore dans le temps, le 19 août 2008, soit peu de temps après les coup de force sur Beyrouth -en mai- le fondateur du courant salafiste au Liban, Sheikh Daee al-Islam-al-Shahhal, signait un accord de coopération avec Ibrahim Amin al-Sayyed, pour le Hezbollah. Il s’agissait, alors, essentiellement, de faire face à l’Amérique et de discuter tous les désaccords religieux entre les mouvances. Ces groupes sunnites peuvent ainsi profiter de l’assistance de haut niveau des appareils sécuritaires syriens et iraniens. Ils étaient déjà escortés par ces services dans le Triangle sunnite en Irak depuis 2003. Les groupes terroristes salafistes sont venus au Liban pour s’entraîner en vue de frapper des cibles dans le Golfe arabo-persique.

 

L’exemple emblématique du Hezbollah permet de vérifier que la tactique iranienne est ancienne : employer des réseaux par procuration pour diffuser ses messages à l’Occident ou aux pays arabes plus traditionnalistes. Se perdant fréquemment en conjectures pour maintenir des distinctions qui, sur le plan opérationnel, n’en sont plus depuis longtemps entre les différents « révolutionnaires » du Moyen-Orient, la coalition anti-terroriste préfère demeurer aveugle à ces alliances de fait.

 

imad moughniyeh

Imad Moughniyeh, longtemps le chef de la section terroriste du Hezbollah, était, au milieu des années 70, le favori de Yasser Arafat et l’organisateur des « brigades étudiantes ». Elles deviendront la « Force 17 » du leader du Fatah, dont il fut le garde du corps personnel, avant de devenir celui du Cheikh Fadlallah, guide spirituel de la milice chi’ite.


 

Abdallah Yusuf Azzam

Le Jihad global, parallèlement, est né avec Abdallah Azzam, ancien membre de l’OLP, le mentor de Ben-Laden, en décembre 1979. Il y a de cela 31 ans. Azzam s’est écarté de l’OLP, déjà, à l’époque, à cause de sa corruption interne, non pour des divergences stratégiques. Dès ses débuts, il est protégé par l’ISI, le service de renseignement pakistanais, plus tard, père du Lashkar e-Taïba, frère jumeau pakistanais du Hamas. Mais, Ben Laden et Azzam lui faussent compagnie en créant leurs propres ONG et services du bâtiment, de façon à faire circuler les fonds dont ils ont besoin. Le 24 novembre 1989, meurt Abdallah Azzam dans un attentat à la voiture piégée. Imad Mughniyeh connaîtra le même sort, en plein quartier sécurisé de Damas, le 12 février 2008.

 

Il est vrai qu’on peut, ensuite, penser, que le problème se règlera autour d’une table  et qu’alors, le Jihad mondial s'évanouira dans les sables…

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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 20:53

 

editorialàGad

 

 

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Fidèlement, avec Aschkel

Affaibli face au Tribunal international et par les sanctions, Nasrallah se lancera dans la guerre quand Ahmadinedjad le décidera.

 

 

 Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

Le discours d’Hassan Nasrallah pour l’Achoura chi’ite fut, comme toujours, aussi fracassant à l’encontre  d’Israël, de l’Amérique et de cette satanée Communauté Internationale qui collerait comme la boue aux basques de ses principaux lieutenants.

 

L’armée libanaise lui avait d’ailleurs souhaité bons vœux en révélant la saisie, le jour même ou presque, de caméras israéliennes lovées au sommet du Mont Sannine et du Mont Barouk. De quoi lui mettre la « baraka ». Seulement voilà, les images diffusées à cette occasion font état d’un magnifique climat ensoleillé d’été. Rien à voir avec celui pluvieux et neigeux qui règne actuellement, au Proche-Orient. Les rumeurs de mouvements d’hélicoptères et d’avions de chasse, à la frontière et dans la région de Sidon venaient renforcer la dramaturgie de l’instant où la voix forte du Sayyed allait tonner.

 

Tout porte à croire que, plus il crie fort, et plus mal au fond de lui, il se sent. D’abord, les renseignements militaires de l’Aman mentionnent une baisse de 40% des fonds livrés par l’Iran à sa milice supplétive libanaise, en raison des sanctions qui frappent ce pays. Il n’est pas habituel que des officiels israéliens fassent état d’une efficacité quelconque des mesures économiques contre Téhéran. D’après l’armée, de vives récriminations auraient éclaté entre le chef du Hezbollah et Hussein Mohadavi, le nouvel officier de liaison des gardiens de la révolution en poste à Beyrouth, pour palier la disparition d’Imad Moughniyeh, en 2008.

 

Cette information s’inscrit au décours du chassé-croisé diplomatique israélo-américain. Nulle part, même au Pakistan, la noria des envoyés US n’est aussi intense et fréquente. Elle concerne les enjeux du programme nucléaire iranien, en priorité. D’autre part, elles expriment le souhait de la Maison Blanche de réfréner Jérusalem, s’il lui prenait de frapper la Syrie ou le Hezbollah, au cours de l’un de ces trafics de missiles connus de tous, mais contre lesquels personne ne fait rien. Mercredi 15, l’émissaire Dennis Ross aurait même souhaité rencontrer seul à seul, l’actuel chef d’Etat-Major, Gaby Ashkenazi et son successeur, à partir d’avril prochain, Yoav Galant. La démarche aurait été plutôt mal accueillie, comme si la Maison Blanche cherchait à court-circuiter la chaîne de commandement israélienne. A juste titre, Ehud Barak aurait mis les pieds dans le plat et convié tout le monde à se réunir en sa présence. Que l’armée reconnaisse que, d’un certain côté, les sanctions portent peut être perçu comme un signe d’apaisement provisoire des scénarii en présence.

 

Les menaces réitérées par Nasrallah, au sujet des actes d’accusation du Tribunal International contre ses hommes de main, serait une autre indication, selon les derniers développements exposés par le site Debkafile : des sources exclusives du renseignement auraient confié avoir surpris une poignée de ces séides, habillés comme des seigneurs, faire le pied-de-grue en bas d’immeubles luxueux dans des voitures chiques, à la porte de quelques-uns des avocats les plus talentueux du barreau de Londres. Ces délégations, couvertes par les vitupérations de leur patron, en seraient donc à négocier les services de ces juristes d’exception pour faire face aux incriminations du Tribunal.

 

Nasrallah se serait résolu à cette décision, la plus difficile depuis le déclenchement de la guerre de 2006, qui équivaut à une capitulation. Selon ces sources, Bachar al-Assad lui aurait retiré son soutien dans son combat contre le Tribunal, de façon à marquer un point dans la répartition des pouvoirs avec Téhéran. Non que la Syrie et l’Iran ne soit fondamentalement d’accord pour renforcer le Hezbollah. Mais Damas entend être traité comme un partenaire à part égale, et non comme le coursier des Gardiens de la Révolution, dans la domination du Liban. Nasrallah, se trouvant au beau milieu de cette fissure dans l’alliance, a jugé préférable de protéger ses arrières et de démarcher les plus brillants avocats susceptibles de sortir ses hommes de ce mauvais pas.

 

Quand bien même la Justice internationale resterait souveraine dans cette affaire et que le Hezbollah s’acheminerait à reculons vers une comparution, gagner une bataille n’est pas gagner la guerre.

 

Si l’Iran devient plus pingre envers ses obligés, cela ne signifie pas qu’il est à court d’idées pour parvenir à ses fins, ni qu’il renonce à utiliser à plein ses réseaux de nuisance régionale. Au contraire, concentre-t-il ses forces sur l’obtention de la clé de son influence régionale : l’arme nucléaire. Même si c’est au prix d’un affaiblissement, pense t-il, momentané, d’un de ses flancs.

 

Si tel était le cas, alors s’en serait fini de la crédibilité internationale de l’Europe qui a mis toutes ses forces dans le règlement diplomatique, jusqu’à intégrer, très récemment, Mme Catherine Ashton, aux discussions de Genève. Le Traité de non-prolifération volerait aussitôt en éclats, donnant libre cours à une cascade de nouvelles questions nucléaires surgissant d'Arabie Saoudite, d'Egypte, de Lybie, d'Algérie… Durant ce laps de temps, les mollahs verseront dans l’ivresse de la sur-confiance en leur puissance de chantage, au risque de menaces accrues sur leurs voisins immédiats (* M. Rubin : How sanctions can work with Iran").

 

Le monde ne peut, non plus, miser sur un renversement du régime islamique comme garant du respect du pacte de non-agression par risque de destruction mutuelle. En effet, sentant sa fin proche, un tel gouvernement ne serait-il pas tenté de s’adonner à son idéologie apocalyptique suicidaire, perdu pour perdu ? Ne serait-il pas assuré que la communauté internationale bougerait d’autant moins que l’espérance d’un autre régime est forte ? 

 

Dès l’instant où Ahmadinedjad pourra crier victoire, les Gardiens de la révolution auront la mainmise sur l’arsenal atomique. En cas de décès du Leader Suprême, ce sont eux qui disposeront du droit de veto sur la prochaine désignation. Loin que l’accès au nucléaire soit le début d’une aire de modération, il enclenchera, au contraire, un cycle de radicalisation en Iran et dans la région.

 

Alors n’y aura-t-il plus de Tribunal international qui tienne. Et le jugement suprême pourrait bien échapper aux hommes doués, paraît-il, de raison. 

 

 M. Rubin : How sanctions can work with Iran"  http://the-diplomat.com/2010/12/15/how-sanctions-can-work-against-iran/

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 16:24

 

editorialàGad

 

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Soutenu par la voix de braise d'Aschkel

Genève, Ramallah, Caracas, sources d’amères désillusions et de nouvelles menaces en cascade, pour le va-tout diplomatique US. 


 Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info


Cette semaine, la Présidence Obama a passé, et avec quel aplomb!, au moins deux tests importants de résistance à l’échec et à la frustration.

 

-  Le non-évènement de la rencontre des 6 grandes puissances siégeant au Conseil de Sécurité et l’Iran s’est achevé par un non-lieu en faveur de Téhéran : Ahmadinedjad a pu étaler ses nouveaux échantillons de yelowcake couleur locale sur la table. De quoi faire rire jaune ses hôtes, redoublant de patience jusqu’à la prochaine rencontre prévue en janvier à Ankara, un autre fief pro-iranien. Le choix du lieu est une nouvelle concession américaine à un allié de Téhéran, qui avait proposé, avec le Brésil, de sous-traiter l’uranium iranien.

- L’Administration a dû prendre acte de l’impossibilité de ramener les « partenaires pour la paix » palestino-israéliens à la table des négociations directes, malgré la proposition d'un nouveau « gel » de 3 mois. L’acceptation israélienne de renouvellement s’est, à nouveau, enjointe d’un refus palestinien, tant que Jérusalem n’était pas contenue dans le package.

 

L’équipe Obama prétend toujours résoudre ces deux défis par la voie de la négociation. Elle est assortie, pour l’Iran, de sanctions, qui, jusqu’à présent, ont surtout eu pour résultat d’accélérer le programme nucléaire iranien et de redoubler de mesures répressives contre ses opposants à domicile. Des arrestations massives ont eu lieu durant les semaines qui ont précédé le sommet de Genève. Quant au durcissement progressif de la position palestinienne, elle n’est que la conséquence logique de la focalisation de cette diplomatie sur deux points : l’exigence de gel des implantations et l’invention d’un lien entre les deux problèmes, que toutes les indiscrétions produites par le site Wikileaks démentent, pièces à conviction à l’appui.

 

D’autres défis, encore considérés comme "mineurs", mais très rapprochés, s’ajoutent à ce tableau : plusieurs pays d’Amérique du Sud, dans le flanc des Etats-Unis, viennent prendre à revers ce train-train diplomatique, par la reconnaissance formelle d’un « Etat palestinien ». Ces Etats sécessionnistes s’inscrivent en rupture flagrante avec les modalités prévues par les « accords d’Oslo » et « la feuille de route », guideline devant mener à la résolution des différents dossiers par la voie que prône l’Amérique depuis 18 ans : la négociation. Si ces prises de position contestataires du Brésil, allié de la Turquie dans le « deal » iranien, de l’Argentine et de l’Uruguay n’ont qu’une valeur symbolique, elles font écho à l’influence régionale anti-américaine croissante du Vénézuéla :

 

Le tout premier résultat concret de la politique américaine au Moyen-Orient, regroupant les deux questions palestinienne et iranienne, a été de consolider dans son arrière-cour même, un front traditionnellement hostile aux Etats-Unis. Depuis Guevara jusqu’au populo-démagogue Hugo Chavez, si le Nord va dans un sens, la logique latino-américaine a fréquemment été d’en prendre le contre-pied, pour fragiliser celui du puissant géant voisin. L’effet supposé communicant entre nucléaire iranien et revendications palestiniennes a surtout pour grave incidence de glisser dans la poche de Téhéran toute opposition formelle ou virtuelle à l’influence de Washington, à quelque échelon que ce soit. La seconde incidence paradoxale est que, sur le dossier palestinien, tout du moins,  l’Administration semble osciller vers un plus grand scepticisme quant à la « bonne volonté » de l’Autorité de Mahmoud Abbas, et se rapprocher des positions sécuritaires défendues par le Cabinet Netanyahou, selon Ron Dermer, un proche du Premier Ministre israélien.

 

Simple humeur à visée régionale qui, néanmoins, par accumulation,  inquiète l’Hudson Institute :

 

D’après Anna-Mahjar Barducci, l’Iran transfère des missiles de moyenne portée (Shahab 3 et Scud B), pouvant atteindre les Etats-Unis. Les Pasdaran seront déployés sur les bases vénézuéliennes, de façon à accentuer leur rayonnement dans toute l’Amérique du Sud. Elle s’appuie sur des informations publiées dans Die Welt. En fait, après le sommet de l’OTAN à Lisbonne, c’est le contre-argument trouvé par Ahmadinedjad que de venir défier Washington sur son flanc sud. Il réplique également aux sanctions qui lui ont valu d’être privé d’accès direct aux S-300 anti-aériens russes. La Russie les fournissant sans encombre à Caracas, l’arrangement est donc indirect et ne froisse diplomatiquement personne.

 

Comme l’Iran produit son propre yellowcake, il serait, du reste, parvenu à élaborer ses propres versions du S-300, tout comme des missiles de moyenne portée, dotés de têtes nucléaires. Cette logique paradoxale des sanctions, on peut en trouver un autre exemple, dans l’embargo français contre Israël en 1967 : il constitue le point de départ d’une « success story », qui vient désormais placer Israël en 6è position mondiale, juste… derrière la France, en matière de ventes d’armes.

 

Provocation venezuelo-iranienne qui a toutes les allures d’un remake de l’affaire des « missiles de Cuba », en octobre 62, lorsque l’Union soviétique y installa des fusées nucléaires, conduisant le monde au bord de l’Apocalypse.


Or Kennedy était un Président respecté, ayant un sens aigu des intérêts de son pays. L’auteure de l’article de l’Hudson ne discerne pas du tout la même fermeté chez Obama. Tout au contraire, depuis qu’il est à la Maison Blanche, il n’a cessé d’offrir une main pleine de cadeaux pour les ennemis viscéraux de l’Amérique et du monde libre. Ces faiblesses patentes, sans cesse réitérées par les « espoirs » de Mme Clinton de voir les sanctions finir par « payer », ont pour conséquence de mettre aujourd’hui les Etats-Unis d’Amérique sur un pied d’égalité avec les pays du Golfe arabo-persique et Israël : à portée de Scuds, voire, demain, de missiles à têtes nucléaires.

 

Et de conclure : « combien de temps encore devrons-nous attendre, pour que l’Administration Obama comprenne quoi que ce soit aux menaces stratégiques ? ».

 

 

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 14:20

 

 editorialàGad

 

ECOUTER ICI-copie-1

accompagné du rythme vocal intense d'Aschkel 


 

Et si l’incendie du Mont Carmel avait eu lieu pendant une des glorieuses guerres d’Israël ?

 

Une suite de négligences sur le front intérieur équivaut à un désastre stratégique provoqué par des missiles.

 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 


 

 

Les mots n’atténueront pas la peine profonde des familles et de la nation d’Israël, qui a décrété un jour de deuil national. Pas plus le dépit de constater avec effroi les négligences en matière de sécurité civile, à travers lesquelles les flammes du Mont Carmel ont pu s’engouffrer pour happer leurs victimes.

 

A l’heure qu’il est, les combattants du feu laissent transparaître, grâce à l’aide internationale, quelques lueurs d’optimisme dans la maîtrise des différents foyers d’incendie autour d’Haïfa. Va ensuite venir le temps du bilan et, là non plus, il n’épargnera personne. Dans un pays en état de guerre permanent, l’affichage d’une seule faille suffit à le mettre à la merci de ceux qui ne rêvent que de le détruire, stimulant leur imagination morbide.

 

Deux illustrations flagrantes : d’abord les manifestations de liesse à Ramallah, alors que se répandait la nouvelle tragique de la mort de 41 cadets d’une école des services pénitentiaires. Ils s’étaient précipités au secours des prisonniers de l’établissement de Damon. Le degré d’endoctrinement à la haine des foules palestiniennes, « partenaires pour la paix », se mesure à l’intensité des concerts de klaxons, feux d’artifices, au volume des chants de guerre et des hourras diffusés par les enceintes musicales et les radios. Il fallait aux Palestiniens que les sauveteurs israéliens entendent cette clameur inhumaine redoubler l’horreur dantesque de l’extension des flammes.

 

Derrière la condamnation de ce ressentiment sadique, indifférent au fait que les victimes soient juives, druzes ou musulmanes ou qu’elles venaient sortir des flammes d’autres Palestiniens emprisonnés, les ennemis d’Israël ne s’y sont pas trompés : peu importe que leur bus aient été la proie d’un attentat du Hamas, ou simplement d’un retour de feu provoqué par le vent. Ce qui compte uniquement, pour eux, c’est que des Israéliens périssent, d’une manière ou d’une autre. Mahmoud Abbas aura pris le soin d’envoyer des pompiers palestiniens à la rescousse de l’Etat Juif, comme Arafat proposa son sang au lendemain du 11 septembre. C’est un acte politique qui contribue à couvrir le sein de cette Gorgone de la haine que l’opinion internationale ne saurait voir.

 

L’autre fait marquant sera que, même si l’enquête de police conclut à une négligence de deux jeunes adolescents druzes laissant leur échapper un dérisoire narguilé, plusieurs autres incendiaires criminels se sont mis en tête de propager l'incendie vers les zones industrielles, gazières et pétrolières de la 3è ville économique d’Israël. Du matériel de pompage sur des points d'eau aurait, également, été saboté.

 

Le périmètre de Haïfa et la Galilée ont été parmi les cibles les plus touchées, durant la guerre du Liban II, en 2006. Imaginons que l’incandescence de chutes de missiles et roquettes sur les forêts avoisinantes du Mont Carmel ait provoqué le même désastre écologique, à la même période : quelle aurait alors été la teneur des discours d’Hassan Nasrallah, en matière de « divine victoire » ? Une telle aubaine ne lui aurait-elle pas permis de motiver ses forces sur le repli et d’annoncer que la chute du régime honni était proche ? Veut-on seulement croire que ces images d’apocalypse empêchent l’invité de l’Elysée, Bachar al Assad, jeudi prochain, de transférer des missiles au Hezbollah ?

 

Devant l’ampleur de la catastrophe, nul besoin de Commission Winograd, après les graves défaillances constatées dans le commandement de cette guerre, l’impréparation complète de sa logistique, et l’abandon sur le terrain de véritables héros combattant par leurs propres moyens contre un fléau que le niveau politique ne leur permet pas de vaincre pleinement. Benyamin Netanyahou a été bien avisé de louer in extremis les services d’un supertanker, arrivé samedi pour motsaé shabbat. L’énormité de l’engin vient un peu tard comme pour masquer l’ensemble des faiblesses du système de protection civile, ou ces petits épandeurs agricoles lâchant un peu d’eau au-dessus du brasier…

 

Photo: Avisag Shear-Yeshuv

 le supertanker enfin en action

 


Ron Ben-Yishaï rappelle sur Ynet ( ICI ) que l’impuissance face à l’ouragan Katerina a marqué le premier signe visible du déclin de l’Amérique, au moment où les matériaux les plus sophistiqués étaient engagés dans la guerre d’Irak ou d’Afghanistan. Tout d’un coup, Oncle Sam révélait, chez lui, qu’il était nu et totalement incapable de prendre un tel désastre naturel à bras-le-corps. Il laissait des milliers de sans-abri. Ensuite se surajoutait la crise des Subprimes, scandale spéculatif. S’en était fini de la présidence monolithique de George W., et un jeune métis sans beaucoup d’envergure marchait triomphalement vers la Maison Blanche, comme pour compenser l’abandon des masses noires-américaines de Nouvelle Orléans. Le chroniqueur en tire une règle générale, à travers laquelle l’Etat d’Israël est en train d’apprendre par la douleur son dur métier. Dès le moment où un régime néglige les conditions de protection des populations et les laisse s’effondrer, c’est ce type de gouvernance qui est en péril, aux abois. La réponse à la sécurité physique et aux besoins vitaux d’un pays ou d’un empire constitue le socle de sa légitimité et de sa capacité à faire face aux évènements de toute nature. L’avertissement vaut pour tous, de l’empire romain aux Ottomans, en passant par le Yémen ou Cuba. Il est énorme de déployer tout son savoir-faire tiré du combat contre le terrorisme, pour sortir des décombres les victimes des tremblements de terre de Turquie et d’Haïti. Mais, comment valider la démonstration, si les résidents de Haïfa doivent être évacués en masse et vivre sous des tentes ou des abris de fortune durant des semaines, des mois de reconstruction ?

 

Israël s’est élevé dans l’urgence de faire face aux guerres. L’ennemi avait un nom lorsqu’il n’avait pas vraiment de visage et qu’il avançait masqué sous divers travestissements, comme par la guerre juridique à l’ONU. L’exposition au risque est devenue un sixième sens, une variable inscrite dans la génétique de la citoyenneté. L’Etat d’Israël, nation et infrastructures, vit au bord de cette pente glissante. L’improvisation et la Providence divine, dit-on, lui éviteront de s’y laisser entraîner, in extremis

 

Ce que l’on sait des précédentes guerres contre les pluies de missiles, c’est que leur principal danger n’est jamais venu de la précision atteignant sa cible, mais bien plutôt des « dommages collatéraux », effondrements d’immeubles, déclenchements d’incendies parallèles, de l’expansion de substances toxiques… Partant, la sécurité civile, les pompiers, les services para-hospitaliers doivent être en mesure de répondre avec la même acuité que Tsahal à toute situation imprévue de cette nature. L’exemple le plus dramatique est sûrement la frustration des « meilleurs pilotes du monde », ceux de l’armée de l’air d’Israël, fierté de la nation, capables des missions les plus risquées, mais pas de trouver le moindre « coucou » suisse pour lutter contre la propagation d’un incendie de forêt. Honneur et gratitude infinie envers leurs homologues russes, bulgares, français, grecs, roumains, et même turcs –lorsqu’on sait le fossé diplomatique qui se creuse entre les deux régimes- dépêchés sur place en toute hâte…

 

Tous gouvernements confondus, -Lieberman ou Yishaï n’ont pu que le constater avec colère et amertume, disons, prosaïque coresponsabilité-, n’ont pas été fichus de fournir les quelques millions, voire le milliard de $ nécessaires à assurer cette protection de tous les instants. Les coalitions gouvernementales ont sciemment refusé d’internaliser la composante de la sécurité civile comme l’un des nerfs ignorés de la guerre en toute circonstance. Il y avait alors des « priorités », celle-ci n’apparaissant qu’au 3 è ou 4è plan : et maintenant ? Un gamin muni d’un narguilé ou d’un briquet peut mettre en péril la survie de milliers.

 

L’anticipation, la prévoyance ou leur absence stigmatise durement le type d’état d’esprit dans lequel se trouvent un pays et ses dirigeants. Une fois encore, c’est l’évènement, la catastrophe qui dictent l’agenda et on  palie au plus pressé, on fera ce qu’il faut, la « prochaine fois ». Un service volontaire ou obligatoire de sécurité civile pourrait être décrété pour tous les secteurs de la population qui refusent de porter les armes : religieux, arabes israéliens, Tel-Aviviens joyeux fêtards…  L’incapacité des pompiers à faire face à l’incendie n’a rien à voir avec un manque de motivation à le faire, tout au contraire. Beaucoup trop ont été blessés, voire tués parce qu’ils ne disposaient pas des moyens élémentaires pour le combat qui n'est pas seulement le leur, mais celui de tous.

 

Là sont les vrais héros. Comme ces jeunes recrues des services morts parce qu’ils cherchaient à sauver leurs semblables. 

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 15:25

 

editorialàGad

 

 

Liban/Corée du Nord/OTAN : les conflits-test se multiplient. La Turquie et l’Iran profitent des rivalités sino-américaines

 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 


 

 La Corée du Nord a tiré une cinquantaine d’obus sur l’île de Yeonpyeong, le 23 novembre. L’incident, qui s'est répété le 26, a fait 4 morts et 17 blessés, civils et militaires. Il faisait immédiatement suite à la publication du rapport de l’expert de Stanford, Siegried Hecker, qui met en lumière l’exploitation de plutonium à partir de nouveaux sites. Le « pays du matin calme » -comme le prouve son agression contre son voisin du sud- redouble d’efforts dans sa course à l’armement atomique. Faisant preuve d’une coordination parfaite des programmes nucléaires, avec l’Iran, la Syrie et, vraisemblablement, la Birmanie, il n’est pas envisageable que ses attaques délibérées n’entrent pas dans une stratégie concertée avec les autres membres de l’alliance prolifératrice, parrainée par la Chine.

 

Les salves mortelles de Pyongyang font suite aux délibérations de l’OTAN à Lisbonne, qui n’ont rien trouvé de mieux, en matière de must de l’apaisement, que de confier la protection anti-missiles au plus fluctuant de ses membres : la Turquie. Ouvrant un autre front en Asie, la dynamique de la prolifération est relancée et affirme, de façon insolente, que la côte de maille du modèle occidental n’est que béances et fragiles immeubles de verre à Séoul ou Tokyo, comme les attentats du 11 septembre 2001 sur New York l’ont montré.

 

La proximité de l’Empire du Milieu explique mieux que les ripostes soient demeurées circonstanciées, malgré les appels de Naoto Kan, Premier Ministre japonais, à une réplique de grande envergure. Celui-ci s’est instantanément fait rabrouer par la Maison Blanche. Le Pentagone a aussi répondu sèchement à la demande du Ministre de la défense de Séoul, de déployer des missiles nucléaires tactiques pour se défendre de toute tentative de destruction massive. Militairement, les moyens et appétits de la Corée du Nord sont bien supérieurs à ceux de la Corée du Sud et la vie humaine y coûte infiniment moins cher. Comme dans le cas des deux Allemagnes, durant la guerre froide, le Sud libéral et développé exerce une fascination sans limite sur le Nord affamé. Mais, au lieu d’influer sur un changement mimétique de régime, elle ne fait, au contraire, que le radicaliser. Kim Jong Il doit accomplir, à travers la passation du pouvoir à son fils, le destin et les promesses pour lesquels la RPDK s’est constituée contre sa jumelle capitaliste.

 

Evitant toute entrée de plain-pied dans le conflit, les Etats-Unis offrent de fâcheux précédents à toute puissance émergente qui souhaiterait tester sa détermination, et ainsi affaiblir sa domination militaire et technologique. Les différentes fenêtres de dialogue entrouvertes, ici et là, renvoient vers l’arène diplomatique et économique, sans la moindre résolution des conflits et litiges allumés à dessein.

 

Ajoutons à cela la prime à l’insolence octroyée aux puissances agressives, comme l’offre de bouclier anti-missile de l’OTAN établi sur le territoire turc et régi par un général ottoman. L’Occident, mené par Obama et les Européens, aime adopter des postures de dhimmitude qui complaisent au Calife. Ses alliés les plus sûrs sont appelés, par divers processus diplomatiques, à se comporter comme des agneaux face aux appétences de leurs agresseurs. Dans ce cadre, la tirade tonitruante de Nicolas Sarkozy, appelant « un chat un chat » et disant que l’Iran est clairement la menace pour l’Europe, relève de l’effet de manche, face au tapis vert où toutes les cartes sont truquées. Israël, pas plus que la Corée du Sud, le Japon, le Liban souverainiste, ou les pays du golfe arabo-persique, ne peuvent compter sur Washington ni Bruxelles, pour ce qui concerne les lignes rouges de leur propre défense.

 

Erdogan, plus intéressé par le partenariat avec la Russie et l’Iran, peut ensuite venir parader à Beyrouth et menacer Israël qu’il ne « restera pas silencieux » en cas « d’agression  du Liban, comme de Gaza ». Ce qui signifie aussi qu’il relaiera selon ses intérêts régionaux les informations dont ses services disposent, auprès de ses partenaires iraniens et syriens. Il s’associe déjà au coup de force éventuel du Hezbollah contre le Gouvernement Hariri, qu’il maquille en risque imminent et réflexe de de résistance face à une invasion sioniste délibérée.

 

Qu'est-ce qui autorise encore ces calculs occidentaux autour d’Ankara? Ils ne tiennent qu’au pari sur l’affaiblissement du leadership iranien, grâce aux sanctions économiques et aux remous provoqués par le projet d’Ahmadinedjad de réduire progressivement les subventions accordées au peuple d’Iran. Si l’Iran basculait dans le charivari politique et empruntait la voie du réformisme islamique -plus ouvert sur l’Occident-, Washington pourrait, pense t-il, renverser en sa faveur les enjeux avec la Chine. Or, malgré les difficultés actuelles de la présidence Ahmadinedjad, face au Parlement et à la rue, celle-ci bénéficie toujours du soutien absolu du Guide Suprême Ali Khamenei. Pire, les litiges politiques et, désormais, judiciaires, n’empêchent absolument pas un total consensus autour des questions relatives à l’accession à la puissance nucléaire.  

 

Ainsi le dictateur-président s’est vu menacer d’une mesure d’empêchement par le Parlement iranien. Alors que le quorum de 74 signatures était nécessaire, 40 députés, cette fois, ont signé la pétition demandant son éviction. Mahmoud Ahmadinedjad est, également, responsable de 14 cas de violations de la loi iranienne, dont la contrebande de 76, 5 millions de barils d’une valeur de 9 milliards de $ et le retrait d’environ 600 millions de $ du fond de réserves étrangères, sans l’approbation des parlementaires.  Derrière ce volet judiciaire qui n’ira sans doute jamais à terme, Ahmadinedjad est, surtout, accusé de conduire le pays à la ruine. Le peuple, dans ces conditions d’isolement, n’aura pas les moyens de se priver des subsides de l’Etat, le chômage officieux se situant à 40% pour 25% déclarés, parmi les tranches les plus jeunes et potentiellement actives de la population. Là où le Président et ses porte-voix traitent avec dédain des sanctions comme d’une « plaisanterie », le Grand Ayatollah Nasser Makarem Shirazi et Hachemi Rasfandjani lui rétorquent que « ce n’est pas ce que le peuple voit de ses yeux ».

 

En contrepartie, la Chine a investi pour environ 40 milliards de $ dans la fourniture de gaz et pétrole iraniens et augmenté ses approvisionnements de 30% au cours de ces tous derniers mois. Un changement de Présidence ne signifierait pas un changement de régime ni de stratégie de long terme en Iran. Vraisemblablement composerait-il pour éviter la faillite et trouver un équilibre en jouant sur le velours des influences respectives de la Chine, des Etats-Unis et de la Russie, inquiète de ses vélléités sur la Caspienne. Le raffermissement stratégique de l’Axe turco-syrien sur la Méditerranée peut lui assurer un retour à la stabilité, à coups de concessions et de projets développés plus secrètement. Mais, si Ahmadinedjad se maintient, c’est simplement qu’il maîtrise parfaitement les débouchés offerts par les réseaux pasdaran, tant en matière de contrôle de l’économie effective du pays que de manipulation globale des filières terroristes. Sans ces accès directs qui sont les cartes maîtresses de son chantage sur la scène internationale, l’Iran ne saurait rivaliser avec l’Occident. Mais comme celui-ci ne lui met jamais comme garde-fous que des pays complices partageant les mêmes ambitions, ce type de régime peut, sans encombre, poursuivre sa route parsemée de provocations multiples.

 

La Chine est devenue la seconde puissance économique mondiale, devant le Japon, ancien dauphin depuis 40 ans, l’Allemagne, la France et le Royaume-Unis. La Russie n’apparaît plus que comme puissance secondaire, cependant renflouée par ses hydrocarbures et ses ventes d’armes. L'Empire du Milieu qui recouvre son prestige, est porteur d’un contre-modèle qui, tout en enrichissant une Upper-class, prétend pouvoir se passer de toute réforme politique, relative au pluralisme, à la distribution des richesses et aux droits de l’homme. Cette mandarinale locomotive entraîne dans son sillage bien des pays en recherche de développement, en-dehors de la sphère d’influence américaine. Elle peut se permettre le luxe de s’acheter les ports européens en faillite, en Grèce, au Portugal ou en Espagne, ceux de leurs homologues arabes, de l’autre côté de la Méditerranée, ou plus profondément en Afrique.

 

La flexibilité de l’Occident sur les dossiers où il se devrait, pour sa survie, d’être de marbre, trahit ses incertitudes face à ces évolutions où il n’est plus le maître du jeu. La prolifération se poursuit sous le parapluie diplomatique de Pékin, qui s’offre, pendant ce temps, des parts de marché. La sécurité de l’Europe, du Moyen-Orient et le retour de crise pour l’Amérique, dépendent autant de l’accent qui sera mis sur l’intelligence économique, diplomatique que militaire.

 

L’abstention et l’apaisement face aux défis nucléaires gémellaires iranien et coréen ne font qu'occasionner les actes de diversion qui progressent de concert et se substituent à toute dissuasion, rendue inopérante.

 

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Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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