Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 11:22

Un anniversaire peu ordinaire !!


Syrie : première défection politique, celle de l’adjoint du ministre du Pétrole (en vidéo)

Abdo Hussameddine est conscient des risques de son geste pour ses proches

 

http://www.mediarabe.info/spip.php?article2136


jeudi 8 mars 2012 - 02h28, par Stefano B.C.

Logo MédiArabe.Info

Le vice vice-ministre syrien du Pétrole, Abdo Hussameddine, a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi sa démission et qu'il rejoignait l'opposition, devenant le plus haut cadre du régime de Bachar al-Assad à faire défection depuis le début des violences.

Dans une vidéo diffusée sur internet, l’adjoint du ministre syrien du Pétrole et des Ressources minières, Abdo Hussameddine, annonce sa démission et son ralliement à l’opposition. Il s’agit de la première défection de cette importance, après celle du contrôleur des finances, début janvier dernier. La défection de Hussameddine est hautement symbolique puisqu’elle intervient à l’occasion du 49ème anniversaire de l’arrivée du parti Baath au pouvoir lors du Mouvement de redressement du 8 mars 1963.

L’adjoint du ministre syrien du Pétrole, Abdo Hussameddine, a en effet annoncé sa défection, hautement importante. Car Hussameddine est non seulement l’adjoint du ministre Sufian Allaw, mais surtout membre de la direction du parti Baath, et sa défection intervient à la veille du Congrès du parti au pouvoir, qui doit se tenir courant mars, après avoir été reportée à plusieurs reprises, et coïncide avec le 49ème anniversaire de l’arrivée du Baath au pouvoir en 1963.

Hussameddine affirme avoir pris sa décision en sachant très bien que ses biens, sa maison et sa famille seront incendiés et menacés. Mais il ne peut pas continuer à cautionner la politique criminelle du régime. Hussameddine annonce non seulement sa démission de son poste d’adjoint au ministre, mais également sa démission du parti Baath et son refus de participer à son congrès. Affirmant avoir rejoint l’opposition, il invite tous les fonctionnaires et hauts fonctionnaires à le rejoindre et à quitter le bateau qui fait naufrage...

Hussameddine invite également « les Alaouites à rejoindre le mouvement populaire, qui est victorieux sans l’ombre d’un doute, et à quitter le régime dont la chute est inéluctable ». Au passage, Hussameddine a critiqué la Chine et la Russie, accusées de « complices de crimes contre l’humanité ». Il a enfin salué les déserteurs qui ont refusé les ordres du dictateur, et qui ont formé et rejoint l’Armée Syrienne Libre. Le haut fonctionnaire n’a pas oublié de préciser que « le régime a mis la Syrie en coupe réglée, ayant considéré le pays comme une propriété privée ». Il a affirmé que « le pouvoir a ruiné la Syrie dont l’économie se dirige droit vers l’effondrement ».

Notons que selon plusieurs sources de renseignement, le ministre des Affaires étrangères Walid Al-Moallem a déjà présenté sa démission qui a été rejeté par Bachar Al-Assad. Al-Moallem, comme plusieurs autres ministres et de nombreux hauts fonctionnaires souhaitent quitter le bateau avant son naufrage. Mais ils sont empêchés par le régime policier, et se considèrent comme les otages du régime.

Synthèse et traduction de Stefano B.C.

Partager cet article
Repost0
7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 19:01

Qui intervient pour qui aujourd’hui en Syrie ?

http://syrie.blog.lemonde.fr/

Le quotidien palestinien Al Manar a diffusé, le 3 mars, une information de la plus haute importance, aussitôt reprise sur de nombreux médias. Selon ce journal, qui affirme avoir reçu les confidences de "diplomates arabes et européens", "plus de 137 officiers de renseignements et instructeurs de différentes nationalités sont aujourd’hui entre les mains des moukhabarat syriens". Ils auraient été arrêtés durant les affrontements ayant opposé au cours des dernières semaines les forces syriennes de sécurité aux gangs armés soutenus par les Etats-Unis, Israël, leurs alliés du Golfe et la France. Ces officiers seraient de nationalité saoudienne, qatarie, française, tunisienne, turque, émiratie, pakistanaise… Certains seraient originaires d’Etats africains. D’autres, Libyens et Algériens, auraient précédemment travaillé en Afghanistan au profit des Etats-Unis et d’Israël.

Al Manar - Quotidien politique indépendant

Ce n'est pas la première fois que ce genre de rumeurs circule. Autour du 20 février, plusieurs sites avaient rapporté la nouvelle de l'arrestation, en Syrie, d'une brigade spécialisée dans les transmissions forte de 120 militaires français. Diantre...! Quelques jours plus tôt, la radio Sham TV faisait état de "tractations en cours entre Damas et Ankara, pour la libération de 49 agents des services de renseignements turcs arrêtés sur le territoire syrien". Bachar Al Assad ayant affirmé au ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, au début du mois de février, que son pays ne détenait aucun prisonnier de cette espèce, on devrait donc supposer que la capture des 137 agents est intervenue au cours des quelques semaines écoulées. Bref, Damas serait aujourd'hui devenu Tanger et la Syrie envahie par des hordes d'agents maladroits et fort peu discrets à la solde de tous les ennemis du régime.

Sham FM International

On ne fera pas l'affront de demander aux services syriens de renseignements comment ils sont parvenus à ces beaux résultats, qui plus est en ces temps troublés où on les voit au four et au moulin, eux qui n'ont toujours pas répondu aux questions que les simples citoyens se posent depuis des années : dans quelques circonstances a été tué - dans un attentat ou dans une mise en scène destinée à en accréditer l’idée ? - le défunt Imad Moughniyeh, décédé au volant de sa voiture le 12 février 2008 dans l’un des quartiers les plus sécurisés de la capitale syrienne ? Pourquoi l'épouse de l'ancien responsable des affaires de sécurité du Hizbollah a-t-elle été renvoyée chez elle en Iran alors qu’elle semblait avoir quelques idées sur la question ? Comment les Israéliens ont-ils procédé pour repérer puis détruire le site nucléaire en cours de réalisation sur une rive de l’Euphrate, en amont de Deïr al Zor, bombardé en toute impunité dans la nuit du 6 au 7 septembre 2007 ? Qui a écrit et réalisé le scénario qui a permis la liquidation du général Mohammed Sleiman, tué dans son bungalow de la plage de Tartous, le 1er août 2008, sans faire couler une larme à celui dont il était pourtant devenu le conseiller militaire et sécuritaire avant son installation sur le trône de la République, Bachar Al Assad ?

Note de proposition adressée au ministre syrien de l'Intérieur

(22 février 2012)

Quoi qu'il en soit, en attendant que cette nouvelle baudruche se dégonfle, après avoir servi comme les autres à mettre en garde les pays plus haut désignés contre toute ingérence dans les affaires syriennes gérées avec le doigté que l'on sait par le système en place, on lira avec intérêt la "note de proposition" ci-dessus, reproduite le 5 mars courant par le site All4Syria. Signée du général Talal Asaad, directeur du bureau des relations publiques du ministère syrien de l’Intérieur, elle sollicite l’aval du ministre, Mohammed Al Chaar, à "la livraison, par le Club des Officiers de Police et sur le compte du budget du ministère, des repas destinés aux formateurs et officiers iraniens détachés en Syrie pour procéder à l’entraînement de leurs collègues syriens et les former à la lutte antiémeute"…

''Vendredi de l'Armement de l'ASL''

En réclamant à travers tout le pays, lors des manifestations du vendredi 2 mars, "l’armement de l’Armée Syrienne Libre", les Syriens qui s’exposent à tous les dangers depuis près d’une année pour affirmer leur droit à la liberté et à la dignité, ne sont pas allés aussi loin que le chef de l'Etat. Ils n'ont pas ouvert les portes de la Syrie à des "amis" du genre envahissant, dont la présence et l'activité, surveillés de près et limités dans l'espace du temps de Hafez Al Assad, sont devenues insupportables aux Syriens de toutes communautés et confessions sous Bachar Al Assad. Ils ont simplement demandé qu'on aide ceux qui assurent la poursuite de leur révolution pacifique à assumer leur mission, en les protégeant de la folie meurtrière d'un pouvoir devenu traitre et illégitime, comme tout régime qui tue son peuple.

Partager cet article
Repost0
6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 19:54

 

Un général syrien rejoint la rébellion
mardi 6 mars 2012 - 18h20
Logo MédiArabe.Info

Le général syrien Adnan Kassem Farzat a annoncé mardi dans une vidéo diffusée sur YouTube qu’il avait déserté pour rejoindre la rébellion. Dans cette vidéo, il explique qu’il entend ainsi dénoncer le bombardement par les forces gouvernementales de sa ville d’origine, Rastan, dans la province de Homs. « De tels bombardements sont contraires aux valeurs de l’armée syrienne », dit-il. Farzat est le deuxième général de brigade syrien à rallier l’insurrection après Moustafa Cheikh. Il a précisé rejoindre l’Armée syrienne libre (ASL), qui compterait entre 15.000 et 20.000 combattants, en majorité des déserteurs de l’armée gouvernementale. (AFP).

Partager cet article
Repost0
6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 10:59

 

PS : il a vraiment peu de chance d'être entendu. 

USA/Syrie : John McCain réclame des frappes aériennes

http://www.mediarabe.info/spip.php?breve4214

mardi 6 mars 2012 - 09h45
Logo MédiArabe.Info

Dans un discours devant le Sénat Américain, John McCain a plaidé lundi pour des « frappes aériennes en Syrie afin d’aider l’opposition à se défendre contre la répression du régime du président Bachar al-Assad ».

M. McCain est le premier responsable américain à évoquer des frappes aériennes en Syrie, où il a estimé que « Washington devait agir et que cela demanderait aux États-Unis de supprimer les défenses anti-aériennes ennemies au moins dans une partie du pays ». (Médias).

Partager cet article
Repost0
5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 17:58

L’intervention extérieure en Syrie source de dissensions au sein et autour du CNS

 

http://syrie.blog.lemonde.fr/

Jeudi 1er mars, le professeur Burhan Ghalioun a tenu une conférence de presse à Paris, qui n’a pas fini de susciter des débats entre Syriens, à l’extérieur et au sein même du Conseil National Syrien (CNS). La principale annonce de cette rencontre avec des journalistes, au Centre d’Accueil de la Presse Etrangère (CAPE), a concerné la création d’un Bureau Militaire Consultatif. Ce nouvel organe du CNS n’aura pas pour vocation d’organiser une réponse militaire aux exactions commises contre les populations, avant-hier à Daraa, Lattaquié et Banias, hier à Douma, Hama et Zabadani, aujourd’hui à Homs, Rastan et Qouseïr, demain à Idlib et Deïr al Zor, et peut-être après-demain à Damas et Alep… avant que le même cycle recommence. Il aura pour fonction de permettre à l’Armée Syrienne Libre (ASL) de mener à bien la mission qu’elle s’est donnée - protéger les citoyens et les populations -, en accueillant, depuis l’été, les officiers et soldats poussés à la désertion par les crimes que leur hiérarchie leur ordonne de commettre. Composé de militaires et de civils, le Bureau s’efforcera de superviser, organiser et unir les rangs de l’ASL, qu'il tentera d'approvisionner en armes et dont il définira aussi les missions.

Burhan Ghalioun © afp

L'idée qui régit ce projet est que, en planifiant au niveau du CNS l’approvisionnement en armes de l’ASL, les "politiques" préviendront les initiatives des "militaires" et empêcheront la prolifération des armes et munitions d’une manière désordonnée et anarchique. Elle pourrait en effet favoriser leur dispersion et leur appropriation par des groupes ou des individus incontrôlés. Le risque lié à des acquisitions ou des distributions sauvages réside dans l’explosion d’une guerre civile, la résistance actuelle aux menées des forces du régime pouvant alors se transformer en affrontements entre communautés.

Riyad Al Asaad

Ce nouvel organe du Conseil sera la structure de coordination entre le CNS et l’ASL, annoncée et attendue depuis des mois. Suite à une première rencontre, le 10 novembre 2011, entre le colonel Riyad Al Asaad, chef de l’ASL, et deux membres du Bureau exécutif du CNS, Samir Al Nachar (Déclaration de Damas) et Farouq Tayfour (Frères Musulmans), une forte délégation du Conseil conduite par son président s’était rendue, le 28 novembre, dans le Sandjak d’Alexandrette, pour officialiser les relations entre les deux organisations. Les politiques du CNS et les militaires de l’ASL avaient déclaré à cette occasion leur intention de créer un bureau de coordination, chargé d’harmoniser leur travail dans les domaines politique, militaire, humanitaire et médiatique. Mais ce bureau n’a pas vu le jour. L’idée en a été relancée lors d’une nouvelle rencontre tenue entre les deux directions, les 12 et 13 janvier 2012. Mais, une fois encore, elle est restée sans effet, inspirant au chef de l’ASL des critiques de plus en plus acerbes vis-à-vis de ses partenaires politiques.

Rencontre entre le CNS et l'ASL (novembre 2011)

Sur ces entrefaites, l’annonce de la défection du général Ahmed Moustapha Al Cheykh, au début du mois de janvier 2012, a posé la question, toujours délicate parmi les militaires, de la hiérarchie et de la préséance. Pour éviter de froisser le chef de l’ASL, attaché à son commandement, tout en respectant les formes, l’idée a été avancée d’un Haut Conseil Militaire de la Révolution Syrienne. Ouvert à tous les officiers ayant déjà déserté ou susceptibles de rallier la dissidence, il devait leur permettre de chapeauter théoriquement, mais sans interférer pratiquement dans leurs opérations, l’ensemble des groupes armés déjà attelés à la défense de la population syrienne et à la protection de la révolution en Syrie. Mais ce nouveau projet tardant encore une fois à se concrétiser, le général Al Cheykh, qui avait participé à la rencontre du mois de janvier entre le CNS et l’ASL, a finalement annoncé de manière unilatérale, le 6 février, la création d’un Haut Conseil Militaire Révolutionnaire de Libération de la Syrie...

Ahmed Moustapha Al Cheykh

L’annonce du professeur Ghalioun s’inscrit dans ce contexte. La mise en place du Bureau Militaire Consultatif témoigne de la prise de conscience, par le CNS, qui s’est surtout employé depuis sa création à obtenir la reconnaissance de sa représentativité et de sa légitimité par la communauté internationale, qu’il est grand temps de s’intéresser aux questions militaires. Il s’agit d’un développement significatif, compte-tenu des préventions qu’entretiennent les politiques siégeant au Conseil vis-à-vis des militaires, dont ils redoutent les initiatives et, surtout, l’émancipation. Malheureusement, elle intervient au moment où les demandes de "protection internationale" émanant de la population syrienne ont été accrues et intensifiées par le déchainement de la violence du régime contre le quartier de Baba Amr, à Homs. Elle suscite de ce fait des critiques en provenance de deux côtés opposés.

"Le peuple veut une protection internationale, un embargo aérien... et l'exécution du tueur"

Les "pacifistes", qui estiment ou qui affectent de penser qu’une solution politique passant par le dialogue avec le régime reste possible, et que le peuple syrien doit persévérer dans sa révolution sans se laisser entraîner dans des affrontements armés au lieu de croire contre toute évidence à une réelle volonté internationale de lui apporter son soutien, ont aussitôt dénoncé une attitude irraisonnable et pousse au crime. C’est le cas de Louaï Huseïn, récent fondateur d’un parti politique dénommé Courant de l’Edification de l’Etat, qui a considéré que "ceux qui appellent désormais à prendre les armes et encouragent les opérations contre l’armée syrienne auront eux aussi du sang sur les mains". Selon lui, "ceux qui appellent au meurtre comme l’autre partie - sous-entendu le régime syrien... -, et participent de ce fait à la division de la société syrienne, se disqualifient d’eux-mêmes pour tout dialogue et toute négociation". Son point de vue est partagé par Huseïn Al Awdat, qui prend toutefois le soin de rappeler que "c’est la violence du régime et son rejet de toute autre solution qui, en condamnant toutes les issues à l’exception de la militarisation, portent la responsabilité de la situation".

Louaï Huseïn

A l’opposé, le général à la retraite Aqil Hachem, "conseiller militaire du CNS", a fustigé les insuffisances et les atermoiements de Burhan Ghalioun. Il révèle, dans une interview accordée le jeudi 1er mars à la chaine de télévision Barada TV, proche de la Déclaration de Damas, qu’il avait été invité à exposer ses idées et ses plans aux membres du bureau exécutif du CNS, réunis à Doha au cours du mois de février, avant la réunion à Tunis des "Amis du Peuple syrien". Prenant en compte, d’une part, les appels au secours de la population syrienne livrée aux exactions des forces de sécurité du régime, et dénonçant, d’autre part, les moyens et modes d’action d’un pouvoir qui n’hésitait pas à éradiquer sa propre population, il avait affirmé qu’il était inutile de se voiler la face. "L’intervention militaire extérieure" était déjà une réalité de fait en Syrie, avec le soutien en hommes, en armes et en matériels techniques de toutes natures fourni à Damas par Moscou et Téhéran, comme par certaines factions pro-iraniennes au Liban et en Irak. Pour venir en aide à leurs compatriotes, il les avait donc convaincus d’adopter un plan en trois points qui organisait : 1 / le soutien logistique et technique à la lutte armée menée par l’ASL et les "révolutionnaires combattants", 2 / le rôle de coordinateur de l’ASL dans une éventuelle intervention militaire extérieure, et 3 / le maintien de la sécurité qui incomberait à l’ASL durant la période séparant la chute du régime de la mise en place du nouveau pouvoir.

Aqil Hachem

Or, alors qu’il s’apprêtait à prendre place, jeudi 1er mars, au côté du président du CNS, dans la salle du CAPE, celui-ci lui avait signifié que, s’il comptait bien aborder la question de l’ASL et de ses besoins en armes et en munitions, il s’opposerait à toute évocation, dans le contexte de cette conférence, d’une "intervention militaire extérieure". Le général Hachem avait donc claqué la porte. Mais il tenait à faire savoir, via la chaîne qui lui avait tendu ses micros, qu’il quittait le Conseil militaire du CNS et qu’il s’abstiendrait de coopérer désormais avec le Bureau exécutif du CNS qui n’avait pas le courage d’assumer en public les choix qu’il faisait en privé. S’il continuait de respecter le Conseil en lui-même, qui comportait dans ses rangs et à sa tête des personnalités respectables et qui restait pour lui le "représentant légitime" du peuple syrien, il dénonçait certains membres de son bureau exécutif, à commencer par son plus haut responsable.

*****

Confronté à une question qu’il avait préféré occulter durant plusieurs mois, le CNS apparaît aujourd’hui au pied du mur. Il ne pourra se maintenir longtemps dans une position ambiguë qui le laisse seul au milieu du gué, qui l’expose aux critiques des différentes parties prenantes en Syrie, mais qui ne lui a rien apporté jusqu’ici de décisif en provenance de la communauté internationale. La reconnaissance récente de sa représentativité et de sa légitimité ne valent promesses de soutien ni concret, ni immédiat. Il devra donc clarifier le rôle qu’il s’estime fondé à assumer et qu’il entend délibérément jouer : se perçoit-il comme l’instance dirigeante d’une révolution à laquelle il aurait vocation - et les moyens… - d’imposer la démarche perçue par lui comme la plus pertinente ? ou est-il le simple représentant et porte-parole à l’extérieur d’un mouvement sans lequel il n’aurait jamais existé, sur lequel il est dépourvu de véritable emprise, et dont l’interruption signifierait aussitôt sa fin ?

Le 24 février 2012, Kafr Nubul réclame les avions de l'OTAN et une intervention militaire étrangère

L’atout dont il dispose est que, faute d’alternative, les révolutionnaires syriens qui veulent continuer de descendre dans les rues se résignent encore à voir en lui leur moins mauvais agent d’influence à l’extérieur. Mais ceux qui, pour accéder à la liberté, à la justice et à la dignité, s’exposent aux tirs à balles réelles de l’armée du régime, aux exactions des moukhabarat et à la sauvagerie criminelle des chabbiha, pourraient bientôt exiger que Burhan Ghalioun cède sa place à un autre, plus à même d’exprimer les attentes de ceux qui "font la révolution". Au cours des derniers jours, un nouveau candidat à son remplacement est venu s’ajouter à ceux déjà mentionnés au mois de janvier, puis au mois de février : Georges Sabra, Bassma Qodmani, Samir Al Nachar et Bassam Al Imadi... Il s’agit de l’avocat Haytham Al Maleh, qui a montré, en organisant autour de lui au sein du CNS, une sorte de lobby, que son grand âge (près de 85 ans) n’avait rien enlevé à sa combattivité.

Haytham Al Maleh

Prenant acte de la paralysie du Conseil sur un certain nombre de sujets, du fait de la main mise de tel ou tel groupe sur quelques unes de ses activités auxquelles toutes les tendances auraient souhaité apporter leur contribution, il a annoncé, le 27 février, la création d’un "Groupe d’Action Nationale Syrienne". Ses membres, une vingtaine à ce jour, n’entendent pas quitter le CNS. Ils veulent au contraire agir de l’intérieur comme le font déjà d’autres composantes du Conseil, qu’il s’agisse de partis politiques constitués comme les Frères Musulmans, de regroupements de partis et d’individus comme la Déclaration de Damas, ou de rassemblements de nouveaux activistes à l’instar du "bloc des technocrates". Il s’agit donc d’un groupe de pression, bien décidé à agir pour faire prévaloir ses positions en interne et réformer le CNS.

Kamal Al Labwani

Ce groupe ne présente pas de couleur politique particulière. Mais il réunit, autour de son chef de fil, l’avocat Haytham Al Maleh, des anciens détenus du Printemps de Damas, Walid Al Bounni, Fawwaz Tallo et Kamal Al Labwani, ainsi qu’un éventail très large de représentants des différentes communautés syriennes : Catherine Al Talli (chrétienne), Jean Antar (assyrien), Imadeddin Rachid et Anas Al Abdeh (sunnites), Moundher Makhos (alaouite), Jabr Al Choufi (druze) et Adib Al Chichakli (kurde). Il veut re-dynamiser le Conseil et entend se doter pour ce faire de bureaux spécialisés pour les relations extérieures, les aides humanitaires, les contacts avec les médias, les finances, les questions juridiques et "la protection des citoyens". Surtout, il se prononce avec force pour "le soutien à l’Armée Syrienne Libre, sur laquelle repose le fardeau principal dans la période actuelle de lutte pour la chute du régime".

Moundher Makhos

Son insistance sur ce dernier point, qui est aussi l’une des exigences majeures de la révolution et l'une des conditions de réussite du scénario des révolutionnaires, n’est sans doute pas étrangère à la prise de position de Burhan Ghalioun.

Partager cet article
Repost0
5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 12:41

 

En plus des pressions exercées, par l'intermédiaire du kidnapping de son fils, sur le chef de l'Armée Syrienne Libre, la Syrie prétend avoir capturé 13 officiers français durant les combats à Homs. C'est le Daily Star libanais qui rapporte cette dernière information-désinformation, lorsque la France ainsi que l'OTAN nient l'envoi du moindre soldat sur le terrain. Ils seraient détenus dans un hôpital de campagne, près de Homs, à l'issue des combats... 

 

Syrie : enlèvement du fils de Riyad Al-Assaad


lundi 5 mars 2012 - 09h19
Logo MédiArabe.Info

Selon des activistes syriens, les forces du régime de Bachar Al-Assad ont enlevé Kinan Al-Assaad, le fils du commandant de l’ASL Riyad Al-Assaad. Kinan, âgé de 17 ans, n’était pourtant pas recherché, car il n’est pas impliqué dans les activités de son père. Il a été enlevé devant la mosquée de son village de Naïrab. Les opposants accusent le régime de vouloir ainsi exercer des pressions sur l’ASL à travers l’enlèvement de Kinan, après avoir échoué à capturer son père en Turquie.

Partager cet article
Repost0
3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 23:58
Syrie : explosions et accrochages à Baniyas
samedi 3 mars 2012 - 23h07
Logo MédiArabe.Info

La télévision « Al Jazeera » cite des activistes syriens selon lesquels « plusieurs explosions ont été entendues samedi soir dans une base militaire d’Al-Bayda, à Baniyas » (non loin du port de la ville). Les explosions ont été suivies par des tirs nourris. Selon « Al Jazeera », il s’agit de violents accrochages qui opposent des déserteurs aux loyalistes au sein même de la base militaire.

Partager cet article
Repost0
3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 23:18

Bachar Al Assad gagne la bataille de Baba Amr… mais le peuple syrien reste debout

http://syrie.blog.lemonde.fr/

A coups de canons et moyennant des atteintes graves au devoir qui s’impose aux dirigeants du monde entier de protéger les populations civiles, surtout lorsque celles-ci sont prises en otage par des "terroristes", comme Bachar Al Assad le prétend pour justifier l’injustifiable, les forces armées du régime syrien ont gagné la bataille de Baba Amr. Mais, conduites par le général Maher Al Assad, un homme emporté et sanguinaire dont la violence s'exerce parfois sur des membres de sa proche famille, elles ont encore une fois suscité un dégout général à travers le monde. Surtout, elles sont loin d’avoir gagné la guerre à laquelle elles ont acculé le peuple syrien, légitimement désireux de récupérer ses droits, sa liberté et sa dignité, après des décennies de monopolisation du pouvoir par une famille prête à toutes les abominations pour maintenir sa domination sur la société et poursuivre la confiscation à son profit des ressources du pays.

Baba Amr (Homs, février 2012)

Alors que les mercenaires du régime recherchaient les derniers résistants dans les ruines du quartier de Baba Amr, au terme d’un siège qui a permis aux Syriens et à la communauté internationale d’imaginer, à 30 années de distance presque jour pour jour, ce qui s’était perpétré sur une plus vaste échelle à Hama à l’abri des regards en février 1982, les Syriens, loin de se laisser abattre, sont sortis en masse, vendredi 2 mars, pour faire savoir à Bachar Al Assad que ce n’est pas ainsi qu’il parviendra pas à ses fins. La Syrie leur appartient tout autant qu’à lui, et ce n’est ni son référendum, ni ses promesses de réforme concédées sous la pression du bout des lèvres, qui lui permettront de se maintenir au pouvoir contre leur volonté.

Hama (février 1982)

Surmontant leur peine et démontrant que le courage, la générosité, l’abnégation et la détermination n’étaient pas l’apanage des "héros de Homs" salués hier par le journaliste William Daniels à son retour en France, ils ont manifesté pacifiquement aux quatre coins du pays. Selon les Comités Locaux de Coordination, 619 manifestations se sont ainsi déroulées hier. Les plus fortes mobilisations ont eu pour théâtre les gouvernorats d’Idlib (143 rassemblements), Hama (106, en hausse de 20 par rapport au vendredi précédent), Alep (85) et Daraa (60, en hausse de 10). Lattaquié, qui avait vu 29 manifestations le vendredi passé, en a vu 44. Homs, affectée plus que toute autre ville par des semaines de siège et les exactions, en a vu 42. La ville de Damas en a abrité 41 et les agglomérations de Damas-campagne 40. Fermant la marche, Deïr al Zor en a dénombré 27, Hassaké 21, Tartous 7, Raqqa 2 et Souweïda 1. La répression de ces différentes manifestations a fait 35 morts à travers le pays, dont une douzaine dans la seule ville de Rastan.

Manifestation du vendredi 2 mars 2012 à Binich

Samedi 3 mars, le décompte des victimes de près d'une année de soulèvement en Syrie s’établit ainsi : 9 874 tués (parmi lesquels 701 enfants, 590 femmes et 422 hommes et femmes décédés sous la torture), plus de 35 000 blessés, plus de 65 000 "disparus" et plus de 212 000 détenus.

Plus que jamais, le peuple syrien a besoin de soutien. La manifestation hebdomadaire de solidarité avec la Révolution syrienne pacifique se tiendra à Paris, samedi 3 mars, de 15h00 à 18h00, sur la Place du Châtelet.

Partager cet article
Repost0
3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 21:57
Syrie : plus de 210 morts ce samedi. De violents combats à Deraa

http://www.mediarabe.info/spip.php?breve4188

samedi 3 mars 2012 - 21h42
Logo MédiArabe.Info

Selon la télévision « Al Jazeera », les violences ont fait, ce samedi, plus de 210 morts en Syrie, dont 47 déserteurs et 135 soldats de l’armée régulière, dans des combats qui ont opposé les forces du régime à l’Armée Syrienne Libre dans la province de Rif Damas notamment, où l’ASL affirme avoir mis la mains sur d’importantes quantités d’armes et de munitions dans les entrepôts de l’armée régulière. Ce soir, des combats sont signalés dans la province de Deraa, dans la localité de Alma notamment. Auparavant, les forces du régime s’étaient retirées de la localité d’Al-Hirak, dans la même zone, après de violents combats avec les déserteurs de plus en plus organisés et puissants. Par ailleurs, les bombardements ont repris contre le quartier Karm el-Zeitoune de Homs que les unités régulières tentent de reprendre.

Partager cet article
Repost0
3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 21:55

Analyse de Dario S. (Rome)

Syrie : le régime persiste dans sa guerre médiatique et aiguise la confrontation entre Américains, Russes et Chinois

http://www.mediarabe.info/spip.php?article2135

Le Mufti du régime monte au front

samedi 3 mars 2012 - 13h10, par Dario S. (Rome)

Logo MédiArabe.Info

Aux abois, asphyxié et fragilisé par un soulèvement populaire généralisé, le régime syrien peine à inverser la situation en sa faveur. Il redoute particulièrement de faire les frais de l’élection prévisible de Vladimir Poutine à la présidence russe et d’un rééquilibrage des politiques de Moscou et de Pékin. La démonstration du Grand Mufti de Syrie en atteste.

Tip A Friend  Envoyer par email impression Imprimer cet article 

Le Grand Mufti de Syrie, Ahmed Badreddine Hassoun, dans une interview accordée ce samedi aux médias russes, a vivement critiqué les Américains, qui « ne pensent qu’à eux, à leur économie. Ils poursuivent leur hégémonie sans prendre en compte les intérêts de l’Homme ». Hassoun a souligné que « les Américains perdront bientôt cette région, et ce seront la Russie et la Chine qui gagneront », dans une tentative manifeste d’aiguiser la confrontation et d’encourager les alliés du régime, Russes et Chinois, de poursuivre leur soutien au régime. Pour les observateurs, la Syrie redoute un changement de ton russe au lendemain des élections présidentielles, Vladimir Poutine étant suspecté d’exploiter la crise syrienne pour marquer des points sur la scène nationale. De ce point de vue, Moscou pourrait rééquilibrer ses positions au lendemain des élections, dans le souci de protéger ses intérêts dans le Golfe, notamment.

Hassoun a ajouté que « les Etats-Unis veulent ouvrir leur parapluie au-dessus de la région. Ils veulent détruire notre pays et l’entière région afin de la transformer en un domaine pour leurs investissements. Mais nous, nous ne capitulerons jamais », proposant ainsi d’ériger le régime syrien comme l’unique défenseur des intérêts russes et chinois dans la région. Notons que la Russie risque de perdre ses privilèges économiques avec la détérioration de ses relations avec les monarchies du Golfe, et plus particulièrement avec l’Arabie saoudite. Rappelons également que Pékin a d’ores et déjà modéré sa politique syrienne.

Le Mufti de Syrie, qui avait déjà menacé de lancer des attentats suicides contre l’Occident, change désormais de fusil d’épaule, ses déclarations lui avaient valu les pires critiques. Il a ainsi servi un discours des plus modérés : « les religieux syriens prônent le dialogue et soutiennent les réformes dans le pays. Car, la lutte et la guerre nous rendent plus faibles (...). Il n’y a pas de lutte entre les Eglises et les Mosquées en Syrie. Nous avons des affrontements entre les forces patriotiques et les forces destructrices ». Selon le Mufti, « le peuple syrien est uni et c’est à nous-mêmes de décider de notre sort. Notre peuple veut réformer le pays et nous autres, imams et prêtres, nous soutenons ces aspirations. Nous sommes contre la corruption et contre le diktat ».

Ces derniers jours, la Syrie avait indirectement reconnu l’installation de stations d’écoute russes sur son territoire (et au Liban), en diffusant les « émissions brutes » transmises par les activistes à Homs aux télévisions « CNN » et « Al Jazeera ». La télévision syrienne « Al-Dunia » a exploité ces « données brutes » pour étayer « la théorie du complot et des montages fabriqués de toutes pièces par les médias étrangers hostiles au régime, dans le cadre de la guerre médiatique et psychologique tous azimuts ». C’est également grâce aux écoutes que le régime a pu localiser et bombarder le centre d’information des insurgés à Homs, tuant deux journalistes occidentaux et en blessant deux autres (Des entreprises occidentales sont également accusées de fournir du matériel d’interception des communication). Ce faisant, Damas met en exergue la valeur stratégique des stations d’écoute russes, tout en exploitant le matériel occidental, et laisse entendre que la chute du régime fait perdre à Moscou ce privilège !

Dario S.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis