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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 07:47

 

 

 Soldiers chemical weapons 19.3.13 (Copier)

 

 Des soldats équipés pour la guerre chimiquehttp://debka.com/static/images/tag_arrow.gif

 

 

Mardi 19 mars, des agences occidentales de renseignements ont informé les sources militaires de Debkafile qu’elles ont relevé des signes de préparation intensive des unités de l’armée syrienne, en vue du lancement d’armes chimiques contre les forces rebelles, dans la ville du nord syrien d’Homs.

 

Damas a tracé la voie d’un recours à l’armement non-conventionnel, en faisant diffuser, mardi, par SANA, l’agence de presse de l’Etat, l’accusation que les rebelles syriens avaient tiré des roquettes contenant des substances chimiques, dans le secteur rural de Khan al-Assal, aux environs d’Alep, prétendant qu’elles avaient tué 15 personnes, essentiellement des civils. Les rebelles ont rapidement démenti ce reportage et accusé les forces du régime d’avoir « tiré à l’arme chimique, grâce à un missile SCUD de longue portée, qui a provoqué la mort par asphyxie et empoisonnement, de 20 personnes ».

 

Aucune de ces accusations n’a pu être vérifiée immédiatement.

 

Mais un photographe de Reuters a affirmé avoir vu des gens arriver dans deux hôpitaux d’Alep,avec de graves problèmes respiratoires, après l’attaque. Ils disaient que les gens suffoquaient dans les rues. Des sources occidentales des renseignements estiment que, pour le régime Assad, Homs, théâtre de combats féroces entre le Gouvernement et les forces rebelles au cours des derniers jours, est probablement le premier endroit où le gouvernement Assad peut avoir recours aux armes chimiques. Une victoire rebelle, ici, constituerait un grave revers pour le régime, parce qu’elle permettrait de prendre le contrôle et de restreindre les déplacements des forces combattantes de l’Armée syrienne sur l’autoroute reliant Damas, Latakieh, Alep et Idlib.

 

 

Lundi et mardi, par conséquent, de lourds renforts gouvernementaux ont été envoyés, en provenance du Sud et de Damas et se sont regroupés en masse dans la ville en état de siège, aux côtés d’un grand nombre d’avions de guerre et d’hélicoptères d’attaque, dans un effort de grande ampleur pour couper court à l’avancée des rebelles.


Les sources militaires de Debkafile révèlent que l’importance qu’attache Assad à gagner la partie à Homs se manifeste par la qualité des unités d’élite qu’il y a rassemblées à l’intérieur et autour de la ville : des forces lourdement blindées de la 4ème et de la 5ème Division de la Garde Républicaine ont été transférées de Damas et les 18ème et 19ème Divisions sont également présentes, déployées, au cours des dernières heures, équipées de matériel de guerre chimique.

 

Le dictateur syrien Bachar al Assad, ne peut pas se permettre une défaite dans la ville-clé d’Homs, alors que l’arrivée du Président américain Barack Obama est prévue, au Moyen-Orient, mercredi. Il utilisera, par conséquent, tous les moyens disponibles pour empêcher que cela arrive, et même des armes chimiques, si cela lui semble la seule et dernière solution à sa disposition.

 


Les allégations selon lesquelles ce seraient les rebelles qui auraient eu recours aux armes chimiques indiquent fortement un stratagème d’Assad pour se donner libre cours de les employer et maintenir qu’il ne l’aurait fait que pour répliquer à une première attaque rebelle de ce type.

 

 

La survenue de ces armes non-conventionnelles effroyables sur le champ de bataille syrien, au moment même du séjour du Président américain dans la région risque de dominer le sens de ses premières discussions avec les dirigeants régionaux. Cela pourrait même avoir pour conséquence d’altérer son agenda et de modifier son itinéraire.


 

http://debka.com/article/22837/Witnesses-report-onset-of-chemical-warfare-in-Syria


DEBKAfile Reportage Exclusif  19 mars 2013, 3:11 PM (GMT+02:00)

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 08:03

 

 

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Des avions de guerre Syriens en action au-dessus du Liban (photo prise au-dessus d'Alep)

 


 

Le conflit syrien déborde sérieusement sur le Liban, depuis lundi 18 mars, quand l’armée de l’air syrienne a bombardé des bases des rebelles syriens réfugiés au Liban, qui sont utilisées pour lancer des attaques contre les forces gouvernementales.

 

 

Les sources militaires de Debkafile révèlent que les avions de chasse syriens ont aussi bombardé des vallées de la frontière libanaise utilisées pour transférer clandestinement des hommes et des armes en Syrie.


Les cibles, situées entre un à cinq kilomètres à l’intérieur du Liban, étaient la ville d’Arsal, où de nombreux habitants musulmans sunnites soutiennent la rébellion syrienne, et les faubourgs des villes de Khirbet Younin et Wadi al-Khayl, dans les montagnes désertiques d’Arsal. On n’a fait mention d’aucune victime.

 

Debkafile est en mesure de dévoiler en exclusivité, que, samedi 16 mars, le tyran syrien Bachar al Assad a envoyé un ultimatum au Président libanais Michel Sleiman, via des canaux des renseignements, qui contient trois conditions sine qua non :

 

1. Renvoyer sans délai le chef de l’Armée, le Général Jean Kahwaji. Assad a accusé le général de refuser de déployer l’armée libanaise pour démanteler les bases rebelles syriennes qui opèrent depuis le Liban, d’où découle le flux continu de combattants des forces rebelles dans le pays empêtré dans la guerre.  


2.  Le Président libanais, étant lui-même un ancien chef de l’armée, a été sommé de prendre la responsabilité d’une action de l’armée visant à purger la région de la frontière libanaise de toute force rebelle.


3.  Le Président Sleiman avait 48h pour ordonner à l’armée libanaise de mener des opérations contre les rebelles syriens. Puisque 
cela n’a pas été fait, Assad a mis ses menaces à exécution. Dès que son ultimatum a expiré, il a envoyé sa force aérienne mener des actions par-dessus la frontière, à l’intérieur du Liban.

 

 

Les sources militaires de Debkafile estiment que la frappe aérienne de mardi n’est pas un évènement appelé à rester isolé. Le Liban va probablement subir une extension des opérations aériennes syriennes contre son territoire dans les jours à venir. Il apparaît clairement que le dictateur syrien a programmé ses actes de guerre contre le Liban, de manière à ce qu’elles coïncident avec la visite du Président Barack Obama en Israël et en Jordanie, qui commence mercredi 20 mars. Il pourrait avoir planifié de nouvelles phases d’escalade, au cours de la semaine qui se poursuit.

 

Selon certaines prévisions, on peut s’attendre à ce qu’Assad lance des attaques sur des cibles rebelles syriennes en Jordanie autant qu’au Liban.

 

http://debka.com/article/22835/Assad-to-Beirut-Sack-Lebanese-army-chief-or-more-air-raids-Jordan-feared-next

 

DEBKAfile Reportage Exclusif 18 mars 2013, 6:31 PM (GMT+02:00)

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

 

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 20:01

 

Syrian warplanes in action over Lebanon

Washington confirme des bombardements de l’aviation syrienne au Liban

lundi 18 mars 2013 - 19h41
Logo MédiArabe.Info

Le département d’Etat américain a confirmé que des avions militaires syriens avaient, pour la première fois lundi, mené des raids sur le nord du Liban, et il a souligné que ces bombardements représentaient une escalade significative dans le conflit.

Des avions et des hélicoptères du régime syrien ont tiré des roquettes sur le nord du Liban, touchant Wadi Khail, près de la ville frontalière d’Arsal. Cela représente une escalade significative dans les violations de la souveraineté territoriale libanaise dont la Syrie se rend coupable, a déclaré la porte-parole du département d’Etat, Victoria Nuland. (AFP).

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 18:30

 

La crise syrienne menace désormais les accords de Sykes-Picot et la succession de l’Empire ottoman

http://www.lorientlejour.com

   
Propos recueillis par Ziyad MAKHOUL | 18/03/2013

 

ENTRETIEN « Il faut reconnaître que la Syrie est devenue une sorte de Jeux olympiques du jihadisme international », relève Karim Émile Bitar pour « L’Orient-Le Jour », à l’aube de l’an III de la révolte.

 

 

Chercheur à l’IRIS et véritable œil de lynx quand il s’agit de décrypter et de synthétiser quelque conflit mondial ou quelque bouleversement géopolitique que ce soit, notamment au Proche-Orient, Karim Émile Bitar a disséqué pour L’Orient-Le Jour la situation en Syrie deux ans après le démarrage de la révolte populaire.

 

Quel bilan à l’aube de l’an III de la révolution (des révolutions ?) syrienne ? 


Lorsque la révolution syrienne a débuté le 15 mars 2011, peu nombreux sont ceux qui pensaient que le régime tiendrait aussi longtemps et que le Baas serait en mesure de célébrer, le 8 mars 2013, le 50e anniversaire du coup d’État de 1963 qui l’a porté au pouvoir. 

 
Pendant les premiers mois de la révolution, celle-ci était très largement pacifique, civile, spontanée. Bachar el-Assad prétendait être confronté à des « bandes armées salafistes » mais peinait à en apporter la moindre preuve. Il a tout fait pour que cela devienne une prophétie fertile. Les rafles massives des premiers mois ne visaient pas les islamistes, mais au contraire tous ceux susceptibles d’organiser la résistance non violente de la société civile, noyés très vite dans « l’archipel de la torture »... Comme si Assad avait voulu se débarrasser de tous ceux qui étaient susceptibles de représenter une alternative crédible et qu’il voulait se retrouver seul en face à face avec l’épouvantail el-Qaëda. Du coup, la militarisation lui a donné la possibilité de se battre sur le terrain, là où il était le plus à son aise et où il avait une supériorité évidente du fait que le régime est le seul à détenir des armes lourdes, et notamment la force aérienne. 

 
La configuration actuelle est donc très différente de celle qui prévalait il y a 18 mois, et on a assisté successivement à plusieurs mutations de la révolution syrienne : une révolution pacifique a muté en guerre civile puis en une guerre par procuration entre puissances régionales et internationales. 

 
Pour comprendre la grande complexité de la situation syrienne, il faut se rappeler de ce qu’écrivaient Hussein Agha et Robert Malley dans la New York Review of Books : « Le réveil arabe est l’histoire de trois batailles en une : peuples contre régimes, peuple contre peuple, et régimes contre d’autres régimes. » En Syrie, ces trois dimensions sont présentes simultanément et très fortement. Et de plus en plus imbriquées. Il apparaît désormais clairement que les Syriens, comme les Libanais des années 70-80, ne sont plus les seuls maîtres de leur destin. Le bras de fer américano-russe a pris une telle ampleur qu’il faut désormais parvenir à une solution diplomatique internationale avant de pouvoir régler le conflit interne. Et comme c’est souvent le cas dans les guerres par procuration, il n’y a jamais de concordance parfaite entre les intérêts des forces locales et ceux de leurs parrains étrangers. Les Russes et les Iraniens ont parfois du mal à « gérer » Assad. Et les rebelles syriens ont leurs propres objectifs, qui ne se réduisent pas à ceux du Qatar, de la Turquie et de l’Arabie saoudite. 

 
Par ailleurs, la crise syrienne a atteint un tel degré de gravité qu’elle menace aujourd’hui tout l’ordre régional ancien, celui issu de la Première Guerre mondiale, des accords de Sykes-Picot et de la succession de l’Empire ottoman. Jusqu’à aujourd’hui, quelle que soit leur gravité, les conflits demeuraient confinés dans les frontières des États postcoloniaux. Désormais, nous assistons à de puissantes logiques transfrontalières, avec la résurgence de la fitna entre sunnites et chiites, et avec des réseaux de solidarité communautaires, ethniques ou tribaux qui jouent un rôle décisif. L’Irak et le Liban sont directement concernés par la crise syrienne. David Hirst estime que les grands perdants lors du démantèlement de l’Empire ottoman, les Kurdes, pourraient aujourd’hui être les grands gagnants suite aux révolutions en cours.

 

 

 

(Repère : Deux ans de conflit)

Même si le gruyère du régime syrien est de plus en plus troué par les rebelles, il y a un pourrissement qui (per)dure. Comment Assad peut-il continuer à gérer ? 


L’impasse est effectivement triple. Militairement, la situation n’évolue plus beaucoup, les rebelles contrôlent une grande partie de l’est du pays et les abords des grandes villes. Le régime tient toujours la capitale, l’essentiel des villes moyennes et les grands axes routiers. Politiquement, on ne voit pas quel dialogue pourrait avoir lieu, tant les parties sont éloignées, la confiance anéantie et la haine à fleur de peau. Diplomatiquement, Lakhdar Ibrahimi a manœuvré plus habilement que Kofi Annan, mais on est encore loin du bout du tunnel, et seul un « grand bargain » américano-russe pourrait débloquer la situation. Cela n’est pas impossible, les négociations sont en bonne voie, mais le problème est que les Iraniens demandent à y être eux aussi associés. Bachar el-Assad a pu tenir jusque-là parce que les quatre piliers sur lesquels s’appuie son régime sont restés solides : l’appareil militaro-sécuritaire, les minorités religieuses que ce régime prétend protéger, les milieux d’affaires sunnites de Damas et d’Alep, et les soutiens extérieurs (dès 1950 pour la Russie, 1980 pour l’Iran). Si l’un de ces piliers s’écroule, le régime s’effondrera tout entier.

 

(Lire aussi : Les Syriens vivent au rythme des pénuries)


L’opposition, archiplurielle, n’arrive pas à être constructive, ne serait-ce qu’un minimum. Quelle évolution possible ? Va-t-on vers des mini-îlots rebelles gouvernés chacun par une mouvance différente ? 


Les lignes de fracture au sein de l’opposition syrienne demeurent en effet très nombreuses. Il y a les fractures géographiques (opposition de l’intérieur vs diaspora), la fracture entre laïcs et religieux, et il y aussi une fracture stratégique, des divergences quant à la stratégie à adopter pour faire tomber Assad. On a d’un côté les machiavelliens, c’est-à-dire ceux qui considèrent que la fin justifie les moyens, qu’il faut absolument se débarrasser d’Assad même si cela implique d’avoir recours à la violence, de demander une intervention militaire extérieure, ou de passer des alliances douteuses avec telle ou telle mouvance de jihadistes radicaux. Il y a de l’autre côté les kantiens, ceux qui pensent que les moyens vont déterminer la fin, que l’usage de la force pour déloger Assad va disloquer pour longtemps la société syrienne et que les alliances contre nature sont à rejeter car il faudra tôt ou tard en payer le prix. 


Aujourd’hui, sur le terrain, ce sont les forces les plus extrêmes qui sont les plus présentes. Ce sont elles qui ont infligé les plus lourdes défaites à l’armée d’Assad, même si cela a conduit à détourner beaucoup de Syriens de la révolution. Dès le départ, le poids des Frères musulmans dans la société syrienne avait été quelque peu surestimé, et ils ont obtenu une influence au sein du Conseil national syrien puis de la Coalition nationale syrienne, qui est bien au-delà de celle à laquelle ils auraient pu prétendre. Ils ont toutefois des moyens logistiques et financiers importants, ainsi que le soutien du Qatar et de la Turquie. Quant à l’Armée syrienne libre (ASL), ce n’est pas une institution unie avec un organigramme clair. Il y a aujourd’hui de très nombreuses mouvances qui se réclament de l’ASL et qui sont autonomes. Elles bénéficient souvent du soutien des services turcs. Enfin, Jabhat el-Nosra a le vent en poupe, même si ce mouvement reste très minoritaire à l’échelle globale. Ce mouvement sert d’épouvantail mais accomplit des opérations difficiles sur le terrain. 


Le risque d’affrontements internes entre rebelles et Kurdes ou à l’intérieur du camp des rebelles n’est pas négligeable. Cela pourrait considérablement aider Assad.

 

 

(Repère : L'état des combats entre rebelles et régime syriens)

 


La Syrie peut-elle se transformer en Afghanistan ? Les mille et un el-Qaëda auraient-ils trouvé un nouveau placenta après la perte de l’Afghanistan et l’avortement de la tentative malienne ? 


Il faut reconnaître que la Syrie est devenue une sorte de Jeux olympiques du jihadisme international. Plus de 60 pays sont représentés, avec notamment de forts contingents libyens, tunisiens ou jordaniens. Il est à craindre que l’après-guerre soit très difficile, comme en Libye où l’on a aujourd’hui près de 500 milices qui refusent d’être désarmées et cherchent à imposer leurs desiderata économiques ou idéologiques. 


Il est très important de déconstruire les prétentions du régime syrien à la laïcité et à l’anti-impérialisme. Comme la plupart des régimes de la région, le régime syrien n’a qu’une obsession principale, celle de son maintien au pouvoir. Pour cela, il est prêt à toutes les manipulations et à toutes les contorsions idéologiques. Loin de protéger les minorités, ce régime s’en est servi comme d’un bouclier. Les services de sécurité syriens n’ont jamais rechigné à instrumentaliser les salafistes, au Liban comme en Syrie. Si les mosquées sont devenues si influentes, n’est-ce pas parce que le régime interdisait toute activité politique ? Les origines de Jabhat el-Nosra sont connues. Et les filières salafistes qui fournissaient des candidats au jihad durant la guerre d’Irak ont été longtemps dans les bonnes grâces des services de renseignements syriens. 


Il faut rappeler que Hafez el-Assad était le chouchou de Kissinger qui lui vouait une admiration sans bornes. Connaissons-nous beaucoup d’anti-impérialistes qui sont les chouchous de Kissinger ? 


L’assassinat de Kamal Joumblatt s’inscrivait-il dans le cadre de l’anti-impérialisme ? Et quid du soutien aux États-Unis pendant la guerre du Golfe, où le contingent syrien était le plus grand contingent arabe ? Et les choses n’ont que peu changé avec Bachar. La poursuite des négociations avec Israël durant la guerre de juillet 2006 au Liban s’inscrit-elle aussi dans le cadre de la mumana’a et de l’anti-impérialisme ? Rappelons également que le régime syrien n’a eu aucun scrupule à participer au programme des extraordinary renditions de l’administration Bush-Cheney, un programme de sous-traitance de la torture qui était le nec plus ultra de l’impérialisme ! Et ce même régime syrien, lorsqu’il espérait encore obtenir les bonnes grâces de l’Arabie saoudite, n’a pas hésité en 2011 à légitimer, appuyer et saluer l’écrasement par la monarchie saoudienne de la très légitime révolution du Bahreïn. Cela fait beaucoup sur le CV du baassisme anti-impérialiste...

 

(Lire aussi :« Le feu du terrorisme pourrait se propager au Liban... », avertit Damas)

 


C’est seulement cette menace extrémiste (terroriste ?) qui empêche la communauté internationale d’armer les rebelles et de les organiser ? Ils ne peuvent pas armer à la carte, faire comme avec l’armée régulière malienne ? 


L’opinion publique occidentale est globalement très rétive à une intervention et très sceptique quant au fait que livrer des armes soit une bonne idée. Beaucoup craignent que cela ne revienne à ajouter de la guerre à la guerre, à prolonger les combats et à augmenter le nombre de victimes. Les pays scandinaves sont les plus hostiles à l’envoi d’armements. Quant à la France et à la Grande Bretagne, elles estiment qu’un rééquilibrage des rapports de force sur le terrain facilitera les négociations diplomatiques et incitera Assad à faire des concessions. Par ailleurs, ils veulent également assurer un rééquilibrage au sein même de l’opposition syrienne, pour éviter que Jabhat el-Nosra ne soit trop en pointe, remettre en selle l’ASL et pouvoir ainsi contrôler un peu plus l’avenir, et éviter que la révolution ne soit entièrement kidnappée par l’islamisme le plus radical. 


C’est un pari extrêmement risqué. Il n’est pas aisé de distribuer des armes à la carte. C’est un peu ce qu’essaient de faire les Américains depuis quelques mois. Dans le cadre des covertoperations, ils ont des membres de leurs services aux frontières turque et jordanienne en charge du vetting des récipiendaires de l’aide militaire fournie par les alliés sunnites des États-Unis. Mais une fois que les armes sont livrées, il n’y aucune garantie qu’elles ne vont pas finir entre de mauvaises mains. La décision franco-britannique est plutôt symbolique, elle ne va pas changer radicalement la donne. 


Il ne faut pas penser que les Américains sont inactifs en Syrie. Obama préfère s’appuyer sur des opérations secrètes, et sur ses alliés régionaux. Il a été élu par les Américains pour mettre fin à deux guerres qui ont été menées à crédit et ont tourné au désastre. Il reste très prudent. Par ailleurs, John Kerry et Chuck Hagel ont en commun d’être tous les deux des spécialistes de la chose militaire, des héros décorés de la guerre du Vietnam. Ils ont vécu l’horreur et savent que la guerre n’est pas une abstraction. Ils seront donc plus mesurés que n’avaient pu l’être les chicken-hawks de l’administration Bush, ces idéologues ayant fui leur service militaire mais n’hésitant pas à envoyer des jeunes Américains mourir à l’autre bout du monde.

 

Lire aussi

La conséquence, le billet de Ziyad Makhoul

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 21:23

 

 

50 ans d'enfer syrien

par Daniel Pipes
8 mars 2013

http://fr.danielpipes.org/blog/2013/03/enfer-syrien

Version originale anglaise: 50 Years of Syrian Misery
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

  Soyez le premier de vos amis à indiquer que vous aimez ça.

Les horreurs de la Syrie d'aujourd'hui - la répression, la guerre civile, la barbarie – ont résulté de nombreux évènements, l'un des plus important a eu lieu il y a 50 ans aujourd'hui. C'est alors que le comité nommé de façon pédante «Comité militaire de la Direction régionale syrienne du Parti Baath [parti socialiste du renouveau arabe (NDLT)]», dont le leadership comprenait Hafez al-Assad, a pris le pouvoir à Damas lors de ce qui a fini par être connu, encore une fois de façon pédante, comme «la Révolution du 8 mars.» Le parti Ba'th (ou Baath), a, depuis, gouverné le pays, d'abord sous Hafez (1970-2000), puis sous son fils Bachar (depuis 2000).

Un timbre de l'année précédente célébrant le 49e anniversaire de la révolution du 8 Mars.

Avant la révolution du 8 mars, la Syrie avait été exceptionnellement instable: depuis le premier coup d'état militaire du pays près de 14 ans plus tôt, en avril 1949, elle avait connu une série de coups d'Etat ; en effet, rien que l'année 1949 avait connu trois changements de régime.

Puis vint la lourde emprise des baathistes. A part certains remaniements internes (le coup d'Etat alaouite de février 1966 et le coup d'Etat d'Assad de novembre 1970), cela a été par la suite le même régime morne, étatiste, totalitaire qui n'a jamais cessé , étouffant l'expression individuelle et ethnique, corrompant les esprits, empêchant le développement de l'esprit d'entreprise de la population, et conduisant finalement à la violence déchaînée il y a trois ans qui a déclenché le conflit actuel, et qui pourrait amener le prochain régime totalitaire, celui des islamistes.

En ce jour anniversaire morose, on peut rappeler la facilité avec laquelle un pays peut déraper et combien il est très difficile de retourner à une politique saine et au respect de la dignité humaine.

Thèmes connexes:  HistoireSyrieIl est permis de reposter ou de faire suivre ce texte pour autant qu'il soit présenté dans son intégralité et accompagné de toutes les informations fournies à propos de son auteur, de sa date et son lieu de publication et de son URL originale.

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 20:41

 

Importantes défections au sein de l'armée syrienne

 

http://www.lorientlejour.com

 

 

L'Armée syrienne libre affirme avoir pris le contrôle d'une caserne militaire à Khan Toumane, dans le sud d'Alep. Photo Facebook
L'Armée syrienne libre affirme avoir pris le contrôle d'une caserne militaire à Khan Toumane, dans le sud d'Alep. Photo Facebook

CRISE 

La CIA pourrait liquider des extrémistes syriens avec des drones.



Un général de l'armée syrienne et une vingtaine de militaires ont fait défection samedi, ont rapporté des opposants au régime de Bachar el-Assad, selon lesquels ces deux événements ne sont pas liés.

 

Le général Mohamed Khalouf est apparu vêtu d'un uniforme militaire à l'antenne de la chaîne de télévision Al Arabia. Il a dit avoir préparé sa fuite depuis un certain temps avec l'opposition.  "Il n'est pas possible d'accepter la moindre des idées défendues par ce régime", a dit ce général.

 

Les médias officiels syriens n'ont pas fait état de sa désertion.

 

Les défections de responsables civils ou militaires se sont ralenties ces derniers mois en Syrie, où le régime de Bachar el-Assad est confronté depuis mars 2011 à un soulèvement populaire devenu une rébellion armée.

 

Dans un rapport publié cette semaine, l'Institut international pour les Etudes stratégiques (IISS) a estimé que les forces du régime, dont les effectifs étaient évalués à plus de 300.000 membres au début du soulèvement, ne cessaient de diminuer en nombre.  L'IISS pense que le régime peut encore compter sur la fidélité de 50.000 hommes, dont la plupart seraient issus de la minorité alaouite du pays, comme Bachar el-Assad.

 

De nombreux déserteurs racontent que leurs unités sont confinées dans des casernes pour empêcher les fuites.

 

Dans le centre de la Syrie, une vingtaine de militaires sont parvenus à quitter leurs postes et à rejoindre des territoires rebelles près de Palmyre, théâtre de combats depuis deux jours, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), organisation basée à Londres s'appuyant sur un réseau d'informateurs sur le terrain.

 

 

La CIA observe les islamistes

Sur le terrain, de violents combats faisaient rage autour de quatre principales villes du pays, Damas, Homs, Alep et Idleb. Les violences ont fait vendredi 151 morts, dont 55 civils, 57 rebelles et 39 soldats à travers la Syrie, selon un bilan provisoire de l'OSDH.

 

Parallèlement, le Los Angeles Times a rapporté samedi que la CIA recueille actuellement des renseignements sur des islamistes radicaux en Syrie en vue de les liquider ultérieurement par des frappes de drones.

Citant d'actuels et d'anciens responsables américains, ayant gardé l'anonymat, le quotidien indique que le président Barack Obama n'a pas encore autorisé des attaques de drones en Syrie, mais que le service de contre-terrorisme de la CIA y a récemment affecté plusieurs agents à la surveillance de militants extrémistes.

 

Les agents "chargés de les cibler" ont formé une unité avec leurs collègues ayant suivi les opérations menées par el-Qaëda en Irak. Certains éléments de l'organisation terroriste, croit-on savoir, auraient gagné la Syrie et rejoint les milices islamiques anti-gouvernementales, poursuit le journal.

Les agents "chargés de cibler" la Syrie sont basés dans le quartier générale de la CIA à Langley, (Virginie), précise le journal.

 

(Reportage : À Deir ez-Zor, des chrétiens rêvent d’une Syrie sans Assad ni al-Nosra)

 

La centrale américaine, selon le Times, maintient également des liens étroits avec les services de renseignement saoudiens, jordaniens ainsi qu'avec d'autres, actifs en Syrie.

 

Les combattants islamistes jouent un rôle croissant dans la lutte contre les forces gouvernementales syriennes, indique le Los Angeles Times, ce qui a entraîné un regain d'intérêt à leur égard pour la CIA, ajoute le journal.

Le département d'Etat américain croit que l'une des plus puissantes milices syriennes de l'opposition, le Front al-Nosra, est une organisation terroriste qu'il est impossible de distinguer de l'organisation el-Qaëda en Irak, relève le Times.

 

 

L'UE s'oppose à l'armement des rebelles

Ces informations interviennent alors que Paris et Londres se sont déclarés prêts à armer les rebelles même sans le consentement de l'Union européenne. "Des armes sont livrées par des pays, dont la Russie, à Bachar el-Assad et son régime. Nous devons en tirer toutes les conclusions et l'Europe doit prendre sa décision dans les prochaines semaines", a dit le président François Hollande à l'issue du sommet européen à Bruxelles.

 

(Pour mémoire : La Ligue arabe dit oui à l’aide militaire aux rebelles)

 

Pour Catherine Ashton, la représentante de la politique étrangère de l'UE, une telle initiative pourrait compliquer la recherche d'une solution diplomatique au conflit entre les rebelles et le régime syrien.

"Alimenter le champ de bataille en armes, cela rend-il plus ou moins probable le fait que d'autres en fassent de même? Quelle serait la réaction d'Assad si l'on songe à ce que l'on sait de ses réactions jusqu'à présent? Est-ce que les gens ne se feraient plus tuer ou est-ce que les gens se feraient tuer plus vite?", s'est interrogée Catherine Ashton lors d'une conférence organisée en Allemagne par le Fonds Marshall, organisation prônant un renforcement des liens transatlantiques.

 

Vendredi, le Haut commissaire de l'ONU aux réfugiés, Antonio Guterres, avait déjà lancé à Beyrouth un cri d'alarme face aux risques d'embrasement de la région: "Si le conflit syrien se poursuit, il y a un réel risque d'explosion au Moyen-Orient et il sera impossible de répondre à ce défi tant sur les plans humanitaire, politique ou sécuritaire".

Le conflit risque en effet de déborder après les menaces de Damas envers le Liban voisin, le ministère syrien des Affaires étrangères menaçant de frapper en territoire libanais les "bandes armées" passant clandestinement en Syrie.

 

(Chronologie : Deux ans de conflit)

 

Dans une rare démonstration d'unité, les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU se sont dits "très inquiets" de ces "incidents frontaliers répétés", en citant des tirs meurtriers "par-dessus la frontière, des incursions, des enlèvements et un trafic d'armes".

 

Samedi, le président libanais, Michel Sleiman, a déclaré que le Liban doit empêcher les combattants de franchir la frontière pour entrer en Syrie.

 

Damas a également accusé Amman de laisser entrer en Syrie des jihadistes et des armes. "Nous déplorons le changement d'attitude de la Jordanie, qui laisse depuis une dizaine de jours passer par sa frontière des jihadistes et des armes croates achetées par l'Arabie saoudite", a affirmé vendredi à l'AFP une source de sécurité à Damas, jointe par téléphone à partir de Beyrouth.

 

Sur le plan politique, l'opposition syrienne tentera de nouveau lundi et mardi à Istanbul (Turquie) de désigner un chef de gouvernement pour les zones rebelles, un choix cependant contrarié à plusieurs reprises par des "interventions extérieures", a affirmé vendredi à l'AFP un de ses membres.

 

 

Lire aussi

Les Syriens vivent au rythme des pénuries

 

Liban : Des bougies et une manif pour les deux ans du conflit syrien

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 23:42

 

Syrie : "Nous souhaitons que l'UE lève l'embargo sur les armes", affirme Hollande

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OLJ/AFP | 14/03/2013

Dans la province d'Idleb, une voiture transporte, le 13 mars 2013, un mortier pour les rebelles, sur la ligne de front. REUTERS/Mohamed Kaddoor/Shaam News Network/Handout
Dans la province d'Idleb, une voiture transporte, le 13 mars 2013, un mortier pour les rebelles, sur la ligne de front. REUTERS/Mohamed Kaddoor/Shaam News Network/Handout
CRISE

L'Iran et le Hezbollah font tout ce qu'ils peuvent pour aider le régime d'Assad, assure Israël.


http://www.lorientlejour.com


Le président français François Hollande a déclaré jeudi à Bruxelles souhaiter que "les Européens lèvent l'embargo" sur les armes pour les forces de l'opposition syrienne. "Nous sommes prêts à soutenir la rébellion, donc nous sommes prêts à aller jusqu'à là. Nous devons prendre nos responsabilités", a déclaré M. Hollande à la presse à son arrivée au sommet européen qui se tient jusqu'à vendredi, journée marquant les deux ans du déclenchement de la rébellion en Syrie.

 

Il a précisé que la France devait "d'abord convaincre ses partenaires européens", alors que la Syrie n'est officiellement pas au menu des discussions du sommet consacré essentiellement à "la relance" de l'économie européenne.

 

Quelques heures plus tôt, son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait déclaré que la France et la Grande-Bretagne demandent "aux Européens, maintenant, de lever l'embargo pour que les résistants aient la possibilité de se défendre". Il a ajouté qu'à défaut de l'unanimité requise à l'UE pour lever l'embargo, Paris et Londres prendraient la décision de livrer des armes, car la France "est une nation souveraine".

L'objectif, selon des responsables français s'exprimant sous anonymat, est de fournir notamment à l'opposition syrienne des missiles sol-air pour contrer les attaques des avions et hélicoptères de l'armée syrienne.

 

Mardi, le Premier ministre britannique David Cameron avait déjà indiqué que son pays pourrait se désolidariser de l'embargo de l'UE en cours, en fournissant des armes à l'opposition syrienne pour lutter contre le président Assad.

 

La prochaine réunion de l'UE sur l'examen de l'embargo sur les armes à destination de la Syrie est prévue fin mai. Laurent Fabius a toutefois indiqué jeudi que Paris et Londres allaient réclamer que cet examen ait lieu plus tôt. L'UE a assuré qu'il était "possible" de discuter "sans délai" de l'opportunité de lever l'embargo sur les armes si l'un des 27 Etats membres le souhaitait.

 

 

"Violation flagrante du droit international"

"Nous considérons que c'est un pas dans la bonne direction", a réagi le porte-parole de l'opposition syrienne. "Tant que les Européens et les Américains n'arment pas la rébellion, ils sont en train de dire à Bachar el-Assad +continue de te battre+", a déclaré à l'AFP Walid Bounni. "Bachar el-Assad n'acceptera de solution politique (au conflit) que lorsqu'il saura qu'il a face à lui une force (armée) qui va le renverser", a ajouté le porte-parole.

 

Autre son de cloche du côté des autorités syriennes. "Dans une violation flagrante du droit international, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a annoncé la volonté de son pays et celle de la Grande-Bretagne de fournir des armes aux groupes terroristes", écrit l'agence officielle syrienne Sana, en référence aux termes utilisés par le régime pour parler des rebelles.

 

Pour les Russes, soutien indéfectible du régime syrien, la livraison d'armes aux rebelles est également "inadmissible". La livraison d'armes à l'opposition syrienne constituerait une "violation de la loi internationale", a mis en garde mercredi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. "La loi internationale n'autorise pas, ne permet pas de fournir des armes à des acteurs non-gouvernementaux et, selon nous, il s'agit d'une violation de la loi internationale", a déclaré M. Lavrov.

 

Début mars, le secrétaire d’État américain, John Kerry, avait promis de continuer à renforcer l’opposition syrienne sans toutefois l’armer, tout en donnant implicitement son aval aux livraisons d’armes aux rebelles "modérés" effectuées par des pays du Golfe. 

La Ligue arabe avait aussi indiqué début mars dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion ministérielle au Caire, que les pays arabes sont libres de fournir unsoutien militaire aux rebelles syriens s’ils le souhaitent.

 

Dans le même temps, le général Sélim Idriss, chef d’état-major de l’Armée syrienne libre (ASL, rebelles), avait exhorté les pays européens à lever l’embargo sur les armes, qui "ne touche que les victimes" du conflit syrien alors que le régime Assad continue à "être équipé par la Russie et l’Iran". L’ex-général de l’armée a aussi assuré que l’ASL était en mesure de contrôler les armes afin qu’elles ne tombent pas aux mains d’organisations extrémistes.

 

 

L'équilibre des forces en faveur des rebelles ?

Par ailleurs, dans un rapport publié jeudi, l'Institut international d'études stratégiques (IISS) de Londres a affirmé que l'équilibre des forces en Syrie va probablement finir par pencher en faveur des rebelles, tout en avertissant qu'une guerre civile prolongée risque de déstabiliser toute la région.

 

"Il est probable que, peu à peu, l'équilibre des forces penche en faveur des rebelles, étant donné l'accroissement de leurs capacités et de leurs soutiens extérieurs", estime le rapport de l'IISS. "A moins d'utiliser des armes chimiques contre les rebelles , avec les risques d'intervention internationale que cela implique, il est difficile de voir comment Assad peut renverser cette tendance", poursuit le texte.

 

 

Armes chimiques

Le chef du renseignement militaire israélien a, pour sa part, affirmé jeudi que le régime syrien pourrait recourir aux armes chimiques dans sa lutte contre les rebelles. S'exprimant lors de la conférence annuelle sur la sécurité régionale à Herzliya, au nord de Tel-Aviv, le général Avi Kohavi a affirmé que M. Assad avait encore sous son contrôle des stocks d'armes chimiques, dont l'Etat hébreu redoute qu'ils ne tombent entre les mains de rebelles.

"Assad se prépare à utiliser ses armes chimiques. Il n'a pas encore donné d'ordre, mais il s'y prépare", a-t-il déclaré.

S'exprimant lors de cette même conférence cette semaine, le chef de l'état-major israélien Benny Gantz avait averti que des groupes "terroristes" combattant aux côtés des rebelles syriens devenaient plus puissants.

 

Quand M. Assad tombera, l'Iran "perdra sa capacité de transférer ses armes, via la Syrie, au Hezbollah", a-t-il dit. "L'Iran et le Hezbollah font tout ce qu'ils peuvent pour aider le régime d'Assad. Ils l'aident sur un plan opérationnel sur le terrain, avec des consultations stratégiques, des renseignements et des armes", a-t-il dit. "Ils sont en train de mettre en place une armée populaire entraînée par le Hezbollah et financée par l'Iran, qui compte actuellement 50.000 hommes, mais avec l'intention de faire passer ce chiffre à 100.000", a-t-il ajouté. Ils se préparent aussi à l'après-Assad "lorsqu'ils utiliseront cette armée pour protéger leurs avoirs et leurs intérêts en Syrie", a-t-il dit.

L'appel d'Amnesty International 

Par ailleurs, Amnesty International a appelé jeudi le Conseil de sécurité de l'ONU à soumettre à la Cour pénale internationale (CPI) les crimes de guerre commis par les deux parties en conflit en Syrie.

"Combien de civils doivent encore mourir avant que le Conseil de sécurité de l'ONU ne soumette la situation au procureur de la CPI, afin que les auteurs de ces crimes horribles soient tenus responsables?", demande Ann Harrison, directrice adjointe pour le Moyen-Orient à Amnesty.

 

"Alors que la vaste majorité des crimes de guerre et autres violations flagrantes (des droits de l'Homme) continuent d'être commise par les forces gouvernementales, notre enquête fait également état d'une escalade des violations de la part des groupes d'opposition armés", a-t-elle ajouté. "Si rien n'est fait, de telles pratiques risquent de s'ancrer de plus en plus. Il est impératif que tous ceux concernés sachent qu'ils devront rendre des comptes pour leurs actions".

 

Amnesty a affirmé avoir des preuves de l'utilisation par les forces du régime "d'armes internationalement prohibées contre les civils", et du recours par les rebelles à la "torture et au meurtre de soldats, miliciens pro-gouvernementaux et civils" qu'ils capturent ou enlèvent.

Selon l'ONG, qui a dit avoir vérifié l'utilisation de missiles balistiques par l'armée dans la province d'Alep (nord), "des centaines d'habitants, dont de nombreux enfants, ont été tués et blessés dans trois attaques récentes (avec de telles armes) qui ont anéanti des familles entières".

 

Toujours à Alep, "les corps d'hommes et de garçons, tués d'une balle dans la tête avec les mains liées derrière le dos, sont récupérés dans une rivière" qui prend sa source dans une zone contrôlée par l'armée, selon l'ONG. Elle accuse aussi les rebelles de recruter des enfants pour combattre les soldats et pour même en "exécuter".

Selon l'ONU, plus de 70.000 personnes sont mortes en deux ans de conflit.

 

Reportage 

À Deir ez-Zor, des chrétiens rêvent d’une Syrie sans Assad ni al-Nosra

 

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 21:25

 

syrie-massacres (Copier)

 

 

Mais où sont donc passés tous nos bons moralistes ?

[Ballade en forme d'épitaphe à Saint Hessel]

 


Par Douglas Murray
11 Mars 2013 at 5:00 am

 

Quand il s’agit d’Israël, chaque mort déclenche une enquête, chaque mouvement provoque des manifestations. Mais quand survient le massacre systématique en Syrie, il n’y a, tout juste, plus qu’un haussement d’épaule à l'échelle mondiale. Aussi les gens ne seront pas vraiment surpris si certains d’entre nous choisissent de faire remarquer que beaucoup de ceux qui poussent des commentaires outragés, quand il s’agit d’Israël, se sont révélés n’être ni des humanistes ni des journalistes, mais, purement et simplement, des militants politiques anti-israéliens ou des tartuffes.

 

La guerre civile en Syrie est, désormais entrée dans sa troisième année, sur le calendrier. Le pire restant à venir, durant les derniers jours, on a estimé que le nombre de personnes tuées en Syrie, depuis le début du soulèvement se situe, à présent à plus de 90 000 morts. Toute mort est une tragédie pour quelqu’un et tous ceux qui lui sont proches ; et un million de morts ne correspondent pas à une statistique, mais à un million de tragédies personnelles. Comment ce fait évident que nous esquissons à peine, ici, peut-il susciter aussi peu de commentaires indignés ?


S’agissant de la Syrie, il existe probablement quelques bonnes raisons pratiques que cela se passe de cette façon. L’une, indubitablement, c’est que les gens sont vite saturés de récits d’actualité qui durent trop longtemps. Comme l’ont démontré les guerres en Irak et en Afghanistan – avec des soldats américains, britanniques et bien d’autres armées occidentales qui s’y sont, après tout, illustrés – l’attention du public et des médias a plutôt été de courte durée. Après une première flambée de fascination, une fois que la nouvelle norme était établie, l’attention des gens s’est détournée ailleurs. La situation en Syrie a, maintenant, trop traîné en longueur pour retenir ne serait-ce que les plus brefs moments d’attention.


Il y a aussi cette circonstance atténuante, qu’en Syrie – comme dans d’autres guerres récentes- les journalistes se sont changés en cibles. Alors que beaucoup de journalistes veulent prendre les mêmes risques que la population dans son ensemble, peu souhaitent rester dans des situations, où ils pourraient devenir l’objectif réel des escadrons de la mort ou du ciblage des RPG. En Syrie, la plupart des journalistes a senti qu’il était difficile d’intervenir, ou, une fois sur place, ne tient pas à rester, et du coup, le volume de prises de vue qui sortent sont nécessairement limités. En l’absence de séquences filmées abondantes, si le récit ne peut pas être visualisé, le récit se fait plus rare, voire il n'existe plus. De toute évidence, nous sommes accros à l'image.


Mais il existe une autre raison, bien plus importante qui explique pourquoi ce récit capte aussi peu l'attention. Il y a souvent des raisons soulignées, immédiates, disant pourquoi une situation ne fait pas l’actualité. Il y a des situations où une tragédie nourrit une cause politique et d’autres où cela risque de l’entraver. Pour certaines personnes, les pertes humaines ne sont pas des tragédies ni des statistiques, mais simplement un bon tremplin pour marquer des points politiques. Comparer les dossiers d’Israël et de la Syrie, c’est l’observer de la manière la plus radicale.


Prenons, par exemple, les configurations les plus hautes, dans toutes les guerres où Israël a été impliqué tout au long de son histoire. Les estimations les plus fortes suggèrent que la Guerre d’Indépendance de 1948 a coûté environ 20 000 pertes au total, soit 20 000 morts pour l’ensemble des deux camps. Les estimations les plus importantes pour les guerres de 1967 et 1973, sont similaires : à nouveau 20 000 et 15 000 respectivement. Les guerres de plus petite ampleur, au Liban et à Gaza, au cours des années, depuis cette époque, ajoutent plusieurs milliers de morts à ce triste total. Mais il y a, en cela, quelque chose de frappant.  


Toutes les guerres impliquant Israël, à travers toute son histoire, ont causé au moins 30 000 morts de moins qu'en Syrie, au cours des deux dernières années seulement. Admettons que vous additionniez ensemble toutes les guerres impliquant Israël, qu’elles se soient produites consécutivement ou en une seule fois. Aurions-nous assisté au même volume de couverture que celle dont nous sommes témoins en Syrie ? Y aurait-il eu plus ou moins de manifestations à travers le monde, engageant des gens de toutes les religions, races et milieux, qu’il n’y en a, à l’extérieur de la Syrie, ces derniers mois ? Les nations du monde, les Nations-Unies et le Conseil de Sécurité de l’ONU seraient-ils restés plus calmes ou auraient-ils été plus agités qu’ils ne l’ont été, lorsque le sujet du voisin d’Israël, la Syrie, a été évoqué, ces derniers mois ?



La réponse à toutes ces questions, c’est que les incursions aériennes et terrestres à Gaza, au cours des dernières années ont, à chaque fois amené des morts – tragiques, toutes autant qu’elles soient- qui ne représentent qu’une petite fraction du nombre atteint en Syrie, depuis que le soulèvement a commencé. Pourtant, le monde, et la presse mondiale, et les mouvements de protestation dans le monde entier, et les gouvernements du monde et les organisations supranationales du monde, ont, à chacune de ces occasions et dans toutes, mobilisé les foules d’une façon qui semblait à l’époque et rétrospectivement, démontrer une obsession qui est probablement, au mieux malsaine, et au pire, l’expression d’un fanatisme taillé d'une seule pièce. Tous ces gens qui prétendaient que de petites incursions à Gaza étaient tout sauf de petites incursions, mais, bel et bien, un « génocide », où sont-ils donc passés, à présent ? Si la mort d’une centaine de personnes est un « génocide », que représente alors, pour eux, la mort de 90 000 êtres humains ?


Comment se fait-il que la différence entre les réactions aux situations tragiques en Syrie et en Israël soit devenue aussi obscène et exagérée ? Il y a, là encore, de nombreuses raisons à cela. D’abord, et la plus évidente, nous somme forcés de conclure encore une fois, que quand des Arabes tuent des Arabes, ce n’est vraiment pas un scoop. Il n’y a que si un Juif est impliqué que cela peut faire l’affaire.


Deuxièmement, on doit prendre en considération qu’il existe une raison stratégique au silence sur la Syrie, quand on le compare à la tour de Babel des opinions au sujet d’Israël. Alors que le taux de morts frôle dangereusement les 100 000 tués, est-il seulement possible que le monde réagisse de manière aussi (in-)différente, en Syrie, parce qu’il ne perçoit absolument aucune solution à y appliquer ? Il voit un dictateur en guerre contre son peuple, mais ne parvient à concevoir aucune voie pour résoudre ce problème. Il ne voit à l’horizon que des dictateurs encore pires, des partis bien plus fanatiques, des factions plus exécrables et des extrémistes religieux bien pires encore.


Mais, quand il s’agit d’Israël – et là, nous touchons aux fondements de cette Tour de Babel- le monde pense qu’il y a une solution. Quiconque est en charge des affaires d’Israël –Olmert, Netanyahou ou qui que ce soit- la réponse dans l’esprit du public reste la même. Et le monde, en général, pense, de plus en plus, que la réponse est extrêmement simple. Le problème, pensent-ils, c’est Israël. Et c’est devenu un lieu commun que si la presse, les hommes politiques, les organisations internationales et les ONG, qui pensent de cette façon exercent suffisamment de pression, ils seront finalement capables de mener les choses à leur toujours même conclusion heureuse et parfaitement illusoire.


Quand les gens parlent “de génocide” à Gaza, ils cherchent à persuader le monde d’intervenir (si un « génocide » est en train de se produire, comment ne le ferait-il pas ? Il n’y a qu’à voir ce qui s’est passé au Rwanda). Pourtant, lorsqu’il s’agit de la Syrie, la majeure partie du monde semble bien content de rester simple spectateur. Quand il s’agit d’Israël, chaque mort déclenche une enquête, chaque mouvement provoque des manifestations. Mais quand survient le massacre systématique en Syrie, il n’y a, tout juste, guère plus qu’un haussement d’épaule à l'échelle mondiale. Aussi les gens ne seront vraiment pas surpris si certains d’entre nous choisissent de faire remarquer que beaucoup de ceux qui poussent des commentaires outragés, quand il s’agit d’Israël, se sont révélés n’être ni des humanistes ni des journalistes, mais, purement et simplement, des militants politiques anti-israéliens ou des tartuffes.

 

http://www.gatestoneinstitute.org/3617/who-are-these-moralists  

Adaptation : Marc Brzustowski

 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 20:55

La Frontière chauffée à blanc au sujet des casques bleus.

Syrie : vingt observateurs de l’ONU capturés au Golan par des combattants syriens. L’ONU confirme

mercredi 6 mars 2013 - 18h34
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Des combattants syriens armés ont capturé mercredi une vingtaine d’observateurs de l’ONU sur le plateau du Golan entre la Syrie et Israël, a indiqué un porte-parole des Nations unies.

Plus tôt aujourd’hui (mercredi), environ 30 combattants armés ont arrêté et capturé près de 20 observateurs de l’ONU sur le plateau du Golan, a déclaré Eduardo del Buey. (AFP).

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 10:07

 

 

Venezuela (suite) : Washington rejette les accusations de conspiration du Venezuela

mardi 5 mars 2013 - 23h47
Logo MédiArabe.Info

Les Etats-Unis ont rejeté mardi les accusations de conspiration du Venezuela, jugeant absurde de dire que Washington pourrait être responsable du cancer du président Hugo Chavez, quelques instants avant que sa mort ne soit annoncée.

Dire que les Etats-Unis sont impliqués de quelque manière que ce soit dans la maladie du président Chavez est absurde, et nous rejetons fermement cette accusation, a affirmé un porte-parole du département d’Etat. (AFP).

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  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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