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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 20:20

 

130408-kerry-abbas-7-avril

 

 

Par Khaled Abu Toameh

25 juin 2013 at 5:00 am 

 

La prochaine fois que le Secrétaire d’Etat américain John Kerry se rendra en visite à Ramallah, devra t-il vraiment violer la loi américaine pour s’assurer qu’il n’y aucun Juif dans son entourage, de peur qu’il ne mette hors d’eux ses hôtes palestiniens ?


« Nous donnerons notre approbation à cette rencontre, à condition qu’il n’y ait aucun Juif ! ».


C’est ce que vous pouvez, le plus souvent, entendre, ces jours-ci, si vous faites une requête, dans l’espoir d’une réunion avec n’importe quel responsable de haut rang de l’Autorité Palestinienne, en Judée-Samarie/Cisjordanie.


Les journalistes palestiniens qui tentent de mettre sur pied des rencontres ou des interviews, entre des représentants de l’Autorité Palestinienne et des collègues occidentaux, ont dû s’habituer à entendre des choses pareilles, presque quotidiennement.


Pas plus tard que la semaine dernière, par exemple, on a exigé, d’un journaliste qui faisait la demande d’une rencontre entre des journalistes occidentaux et un officiel important de l’Autorité Palestinienne, qu’il « s’assure qu’il n’y ait aucun Juif ni aucun Israélien » parmi les visiteurs.


L’assistant de l’officiel a insisté en expliquant : “Nous sommes désolés, mais nous n’accordons aucune entrevue avec des Juifs ou des Israéliens”.


Un autre journaliste palestinien, qui essayait d’obtenir une interview avec un autre responsable de l’Autorité Palestinienne, pour un collègue européen, a essuyé un refus catégorique, au motif que : « Le nom de cet homme indique qu’il est Juif ».


Lors d’un autre incident récent, encore, un Ministère de l’Autorité Palestinienne a ordonné à ses gardes du corps « d’empêcher les reporters juifs » d’assister à un évènement à Ramallah.


Il n’est pas très clair, à ce stade, de savoir si les cercles dirigeants de l’Autorité Palestinienne sont derrière ce boycott des Juifs et des Israéliens, qui cherchent à rencontre leurs représentants.


Ce qui est évident, c’est que les officiels de l’Autorité Palestinienne n’hésitent pas une seconde à déclarer publiquement qu’ils ne veulent absolument pas recevoir de Juif ou d’Israélien.


Les représentants de l’Autorité Palestinienne supposent que si vous êtes Juif, alors il va de soi que vous devez être pro-Israélien et anti-Palestinien.


Les seules personnes qu’ils sont d’accord de rencontrer sont ceux qui soutiennent les Palestiniens et ne posent aucune question qui fâche.


C’est pourquoi l’Autorité Palestinienne a imposé, au début de cette année, des restrictions sévères au travail de journalistes non-palestiniens dans les territoires sous son contrôle dans la Bande Occidentale de Judée-Samarie-Cisjordanie.


Maintenant, tout journaliste qui souhaite se rendre en visite dans une ville palestinienne ou rencontrer un responsable palestinien important doit en obtenir par avance la permission de la part du Ministère de l’Information de l’Autorité Palestinienne.


Même le syndicat des journalistes palestiniens de Cisjordanie s’est déclaré favorable à ces restrictions. Le syndicat est même allé plus loin en exhortant le leadership de l’Autorité Palestinienne à interdire l’entrée des villes palestiniennes aux journalistes israéliens et d’y travailler sans autorisation spéciale.


Cependant, certains journalistes israéliens couvrant les affaires palestiniennes continuent de défier cette interdiction en se rendant en visite à Ramallah et dans d’autres villes palestiniennes – et mettant ainsi leur vie en danger.


Il fut un temps où les journalistes israéliens et palestiniens avaient l’habitude de travailler ensemble et s’aidaient mutuellement à rapporter des nouvelles. Mais cette époque révolue date d’il y a bien longtemps avant que l’Autorité Palestinienne et ses représentants choisissent de promouvoir les boycotts contre les Israéliens.


Il reste, maintenant, à voir comment les Palestiniens réagiront si et quand leurs dirigeants de Judée-Samarie/Cisjordanie retourneront à la table des négociations avec Israël, ou devront rencontrer un représentant ou un homme politique juif du Congrès américain.


La prochaine fois que le Secrétaire d’Etat américain John Kerry se rendra en visite à Ramallah, devra t-il vraiment violer la loi américaine pour s’assurer qu’il n’y aucun Juif dans son entourage, de peur qu’il ne mette hors d’eux ses hôtes palestiniens ?


Sujets en lien :  Khaled Abu Toameh

 

http://www.gatestoneinstitute.org/3783/palestinians-no-jews-allowed

 

Adaptation :Marc Brzustowski

 

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 19:20

 

egypt-riots 6.2013

Les émeutes anti-gouvernementales balaient l’Egypte

 


Après des semaines de montée en flèche de l’agitation anti-gouvernementale à travers l’Egypte, le chef de l’armée Abdel-Fattah al-Sissi s’est finalement exprimé le Samedi 23 juin, pour mettre en garde du fait que l’armée égyptienne « ne resterait pas observer, les bras ballants le pays sombrer dans un conflit incontrôlable », en prévision des « rassemblements de masse de l’opposition, le 30 juin », ni n’autoriserait une « atteinte à la volonté du peuple ».


Dans le même temps, l’Egypte vacille, jour après jour, toujours plus près de ce que les renseignements américains et israéliens diagnostiquent comme « une guerre civile de basse intensité ». Dans les villes éloignées du centre, la loi et l’ordre sont tombés en désuétude, pendant que des gangs armés attaquent les gouverneurs et brûlent les emblèmes du gouvernement, et que les Frères Musulmans au pouvoir déploient des hommes armés pour tenir tête aux opposants du gouvernement. La police n’intervient pas pour rétablir l’ordre – pas plus que l’armée, à ce jour.


Les sources militaires de Debkafile notent que le Ministre de la Défense al-Sissi a évité de définir quel camp les généraux perçoivent comme « représentant la volonté du peuple » - le Président Mohamed Morsi, qui les a poussé hors de la scène nationale, ou les myriades de groupes de l’opposition qui ont juré de le renverser, pour le premier anniversaire de son accession au pouvoir. Ils visent à le remplacer par un haut conseil présidentiel, conduit par un juge de la Cour Suprême. Un certain nombre de groupes de l’opposition affirment avoir collecté 15 millions de signatures qui soutiennent leurs exigences.


S’ils réussissaient dans leur tentative à enjeux forts, l’Egypte entamerait sa troisième révolution en trois ans. La première, en 2011, a chassé le Président Hosni Moubarak, dont le successeur, le Conseil militaire, a, lui-même, été détrôné, en 2012, par les Frères Musulmans.

La Vox Populi, encouragée par la clameur des classes moyennes, dressées sur le Square Taksim d’Istanbul et à Rio de Janeiro, s’exprime avec une plus grande confiance en sa puissance, pour mettre la tête de Mohamed Morsi sur le billot et se débarrasser de la férule islamiste – particulièrement depuis qu’il est, également, tombé en disgrâce, aux yeux de ses propres rangs, chez les Frères Musulmans.


Pour l’opposition égyptienne, les 16 gouverneurs de province que le Président a approuvé, ce mois-ci, était le comble qui claquait la porte à toute possible réconciliation et dialogue, avec les dirigeants en poste. Morsi a té considéré comme allant trop loin, par sa nomination en tant que gouverneur de Luxor, Adel Khayat, membre d’Al-Gamaa Al-Islamiyya, la branche égyptienne d’al Qaeda.


Le Président fait outrageusement la cour aux Salafistes extrémistes et aux cercles proches d’Al Qaeda, pour obtenir leur aide autour de la défense des dirigeants des Frères Musulmans. Réalisant qu’il était le symbole de la discorde inflammatoire, Khayat a démissionné, dimanche 23 juin, « pour le Salut de l’Egypte ».


Depuis le début de sa présidence, les maîtres frères musulmans de Morsi attendent de celui-ci s’incline et se soumette à leur autorité et accomplisse leurs quatre volontés. Son indépendance continuelle l’a mis en confrontation avec son propre camp islamique, qui devient le cinquième adversaire favorable à son éviction, s’additionnant  - :


1.  Aux groupes laïcs et libéraux pour qui la loi islamique est un anathème.


2.  Aux minorités religieuses, conduits par la plus vaste d’entre elles, les Chrétiens Coptes ;


3.  Aux franges entières de l’armée égyptienne.


4.  Aux parties désespérées de la population, qui voient leur pays se désintégrer vers le chaos et la corruption, sans aucun espoir de sécurité personnelle pour les masses de l’Egypte don’t beaucoup d’entre elles sont confrontées à la famine.


Il n’existe pas d’estimation fiable de la taille ni de la force d’aucun de ces cinq groupes, exceptés les Frères Musulmans, ni concernant leurs chances de se rassembler – soit pour renverser le Président, soit pour l’appuyer contre des opposants tenaces.


Ces évaluations sont d’autant plus compliquées à obtenir, du fait de l’écart grandissant entre l’état des affaires courantes dans les principales villes égyptiennes et les foyers de population dans les zones rurales. La plupart dees compte-rendu se concentrent sur le Caire et Alexandrie, ou, au mieux, les villes du Canal de Suez et Ismailia, ou les zones urbaines du Delta, qui ont complètement viré hors de tout contrôle sécuritaire de la part du gouvernement central. Le reste du pays pourrait bien se trouver de l’autre côté de la lune.


Selon les sources du renseignement de Debkafile, des milices locales armées surgissent, dans les villes de Suez et du Delta et certaines zones rurales. Leurs couleurs politiques et leurs plans d’action sont difficiles à déterminer.  


Deux impondérables supplémentaires obscurcissent encore plus la direction vers laquelle l’Egypte pourrait bien se diriger : la façon dont l’Administration Obama perçoit le niveau de pagaille atteint par la révolution anti-Moubarak qu’elle particulièrement veillé à favoriser et les intentions des alliés salafistes d’al Qaeda dans le Sinaï.


Selon nos sources à Washington, les Etats-Unis se sont écartés du Président Morsi, en signe de désapprobation, tout en restant, dans le même temps, proches des Frères Musulmans. Cette orientation se manifeste par la désignation prochaine d’Anne Woods Patterson, ancienne ambassadrice américaine au Caire, en tant que sous-secrétaire pour le Proche-Orient. Elle a été la personne de confiance d’Obama, pour sa façon de cultiver de bons rapports avec les Frères Musulmans, sur lesquels il compte en tant que main ouverte et fiable, au sommet du pouvoir au Caire.


Washington maintient aussi de bonnes relations avec l’Armée égyptienne, qu’il juge comme étant le système de pouvoir organisé dans le pays, ainsi que comme gardien solide du traite de paix historique entre l’Egypte et Israël.


Le Sinaï hors-la-Loi passe entre les mailles du filet, tissé entre les Américains, les Frères Musulmans et l’Armée. Son influence déstabilisatrice atteint la Bande de Gaza palestinienne et court le long de la frontière israélo-égyptienne jusqu’à l’Est du Sinaï.


L’armée a la volonté de combattre le trafic d’armes à travers le Sinaï, convoyé à destination du Hamas palestinien, dans la bande de Gaza, mais refuse de se mesurer aux cellules salafistes liées à al Qaeda, parmi les tribus bédouines mutines, qui vagabondent librement à travers les friches de la Péninsule.


Pour combler cette lacune, l’Administration Obama a décidé, la semaine dernière, d’assigner 400 nouveaux soldats américains à la force multinationale des observateurs du maintien de la paix, positionnés dans le Sinaï, afin de veiller sur l’accord de paix égypto-israélien, de 1979.

 


http://www.debka.com/article/23070/As-Egypt-lurches-into-civil-strife-local-militias-raise-their-heads-Obama-keeps-faith-with-Brotherhood


Adaptation : Marc Brzustowski

 

 

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 13:59

 

 

Quatre Chi’ites égyptiens lynchés par la foule, près du Caire.  

 

 

 

Quatre Musulmans chi’ites égyptiens ont été tués, dimanche, lorsqu’ils ont été attaqués par une foule hostile dans un village de la province de Gizeh, près de la Capitale, selon la police.

 

Une maison où des membres de la minorité chi’ite se réunissaient, à Abu Mussalam, a brusquement été encerclée par des résidents qui leur ont crié de sortir.


Alors qu’ils s’y refusaient, une foule de plusieurs centaines de gens ont dévasté le bâtiment, tué quatre Chi’ites et blessé plusieurs autres, d’après la police.


Les Chi’ites, qui ne représentent guère plus d’un pour cent de la population égyptienne, qui est, fondamentalement, musulmane sunnite, sont souvent accusés d’être sous l’influence directe de l’Iran à majorité chi’ite.


 Les arrivées récentes de petits groupes de touristes, venus d’Iran en Egypte, ont dû être suspendues, à la suite de manifestations de durs de la ligne salafiste, au cœur de la nation arabe la plus peuplée du monde.

 

On doit aussi remettre cet incident dans le contexte de la confessionnalisation sectaire croissante du conflit syrien, entre les deux grandes obédiences de l’Islam, à cause de l’ingérence du Hezbollah, en Syrie. Cette « guerre civile » [qui présente tous les signes d’une guerre de religion] s’est, depuis lors, propagée au Liban. Les affrontements, à Saïda, Sidon et Tripoli ont déjà fait une vingtaine de morts, ce week-end, entre adeptes sunnites du Cheikh Assir et l’armée, qui fait tampon avec le Hezbollah, directement impliqué.


https://now.mmedia.me/lb/en/mena/egypt-shiites-killed-by-mob-near-cairo-police-say


Adaptation : Marc Brzustowski

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 11:27

 

Saïda : des dizaines de partisans de cheikh Assir tués, blessés ou capturés (médias)

 
olj.com | 24/06/2013 | 12h08


Liban

Des dizaines de partisans du cheikh islamiste Ahmad el-Assir ont été tués, blessés ou capturés, ont rapporté lundi plusieurs médias.

La chaîne LBC a indiqué, citant des sources militaires, que "plus de 35 partisans de cheikh Assir ont péri dans les combats, et des dizaines d’autres ont été blessés ou capturés" dans les affrontements qui ont éclaté depuis dimanche entre l’armée libanaise et des miliciens à Saïda.

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 11:18

 

 

L’analyse de Stefano B. C.

Liban : après Ersal, Tripoli et le palais présidentiel visé par des missiles, Saïda est dans le viseur du Hezbollah. Les Libanais doivent sécher leurs larmes de crocodiles.

 

http://mediarabe.info/spip.php?article2342

 

 

Des combattants du parti chiite auraient tiré à la fois sur l’armée, faisant plusieurs morts, et sur les sunnites de cheïkh Al-Assir

lundi 24 juin 2013 - 00h17, par Stefano B.C.

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La tension que vit la ville de Saïda, au Sud-Liban, depuis des mois, a culminé ce dimanche avec de violents accrochages entre les partisans de l’imam radical Ahmed Al-Assir et l’armée libanaise, qui déplore la perte de sept militaires dont deux officiers. La situation a dégénéré après que des membres du Hezbollah aient tiré sur les deux belligérants, faisant les premières victimes. Le bilan est cette nuit de huit militaires tués, et une vingtaine de blessés.

 

 

Le Hezbollah poursuit ses tentatives de saper les institutions libanaises et de provoquer le vide politique dans l’objectif de le remplir lui-même, ou à travers ses alliés chrétiens (le Courant patriotique libre du général Michel Aoun et Sleimane Frangié...), sunnites (Abdelrahim Morad, Chaker Berjaoui...) et druzes (Weäm Wahhab et Talal Arslan...) notamment. Pour y parvenir, le Hezbollah a littéralement poussé le premier ministre Najib Mikati à démissionner, en sachant qu’il sera difficile à son successeur, Tammam Salam, de former un nouveau cabinet. Dans ce climat, il est impossible d’organiser des élections législatives, et avec un parlement illégitime du fait de la prorogation de son mandat, il sera impossible d’organiser des élections présidentielles en 2014. Le vide sera alors total.


Sur le front sécuritaire, le Hezbollah tente de saucissonner le Liban. Après avoir organisé la razzia de Beyrouth et de la Montagne du Chouf, en mai 2008, le parti de Dieu a infiltré méthodiquement les régions chrétiennes, grâce à son allié Michel Aoun et à la complaisance des services de renseignement de l’armée qu’il contrôle. Tout le monde se souvient de la tentative d’assassiner Samir Geagea qui n’aurait pu avoir lieu si les snipers du Hezbollah ne bénéficiaient pas d’une couverture chrétienne. De même, les tirs ratés de missiles Grad (122 mm), jeudi dernier, contre le palais présidentiel et le commandement de l’armée depuis la montagne chrétienne, n’est que le prolongement de la même politique et implique la même couverture. Seul le Hezbollah et le FPLP-CG d’Ahmed Jibril disposent de ces missiles. A la demande de Bachar Al-Assad, ils auraient cherché à intimider le président libanais pour avoir osé dénoncer les violations syriennes du territoire libanais auprès de l’ONU et de la Ligue arabe.


Le Hezbollah a également armé les alaouites de Rifaat Eïd à Tripoli, la principale ville du Nord considérée comme un réservoir humain et électoral du Courant du Futur de Saad Hariri, allié de Geagea qui a fait de la souveraineté libanaise et du désarmement du Hezbollah sa priorité. Plus au nord, dans le Akkar, le parti de Hassan Nasrallah a soutenu et armé le Parti national syrien pour soumettre le Akkar. Tout le monde se souvient de l’assassinat des deux cheïkhs sunnites Ahmed Abdelouahed et Mohammed Al-Mureeb en mai 2012 et ses conséquences sur les relations entre la population et l’armée.


L’assassinat de Wissam Al-Hassan, et celui de Wissam Eïd, les deux officiers des renseignements qui ont enquêté et dévoilé le rôle du Hezbollah dans la mort de Rafic Hariri et de la vingtaine d’autres souverainistes, sont venus fragiliser l’institution sécuritaire libanaise, après avoir soumis l’armée par infiltration ou par intimidation. L’épisode de Chiyah, en janvier 2008, puis de Beyrouth en mai suivant, en attestent.


Plus récemment, et pour préparer son ingérence militaire en Syrie (à Al-Qoussaïr et dans la banlieue de Damas), le Hezbollah a tendu un piège implacable à la grande ville sunnite de la Bekaa, Ersal. Les faits qui ont suivi cet épisode confirment que l’affaire de Ersal était bel et bien organisée par le Hezbollah pour isoler Ersal et avoir les coudées franches en Syrie, profitant du vide institutionnel et de la complicité de certains officiers de l’armée.


Aujourd’hui, c’est le tour de Saïda de connaître le même sort. La montée en puissance - verbale - de l’imam radical Al-Assir n’était en effet qu’une réaction à la présence du Hezbollah à Saïda à travers les brigades de la résistance (Saraya al Moukawama). Le Hezbollah ne pouvait que s’en contenter, puisque Al-Assir devait siphonner les voix du Courant du Futur, qualifié de très mou face aux radicaux chiites. En radicalisant les sunnites, le Hezbollah entend aussi crédibiliser le discours de son allié Michel Aoun, foncièrement hostile aux salafistes et autres barbus, mais qui, au final, n’est que leur allié objectif comme en atteste l’épisode de Michel Samaha.


Ainsi, alors que les partisans de l’imam Al-Assir manifestaient ce dimanche à Abra, une banlieue de Saïda, et que l’armée dressait un cordon de sécurité autour de leur mosquée (Bilal Ben Rabbah), des tirs provenant des appartements du Hezbollah, dont la présence est vivement dénoncée par Al-Assir - ont visé à la fois l’armée que les manifestants. Un proche d’Al-Assir a été tué, ainsi que quatre militaires dont deux officiers. Ces tirs provenant d’une 5ème colonne ont mis le feu aux poudres et provoqué les violents accrochages dont le bilan est désormais de 8 militaires tués et une vingtaine de blessés.


Le Hezbollah a ainsi réussi à opposer l’armée aux sunnites et à détourner l’attention de son implication en Syrie. Il a également réussi à passer sous silence la manifestation des Chiites opposés à sa politique organisée par le Courant de l’appartenance libanaise d’Ahmed Al-Assaad devant l’ambassade d’Iran. En échos au projet du Hezbollah, les partisans de Michel Aoun ont organisé un sit-in et coupé les routes à Beyrouth pour dénoncer les agressions dont est victime l’armée libanaise, exactement comme ils l’avaient fait après l’embuscade de Ersal. Les mêmes partisans semblent oublier les agressions menées par le Hezbollah contre l’armée : l’assassinat du général François Hage et du pilote d’hélicoptère Samer Hanna, pour ne citer que ces deux là.


Les Libanais sont ainsi appelés à bien canaliser leur colère et leur émotion. Certes, l’armée libanaise était et restera la colonne vertébrale de l’indépendance du Liban. A ce titre, elle est une ligne rouge qui doit être infranchissable. Mais les larmes de crocodiles versées par les uns et les autres, par opportunismes ou par machiavélisme, sont encore plus périlleuses pour le Liban que les attaques armés contre les militaires. Défendre l’armée sans mesurer la menace que représente le Hezbollah devient ainsi suicidaire pour tous, y compris pour le Hezbollah. Car, victime de sa puissance, le parti se laisse caresser par le contrôle du Liban, ce qui précipitera sa fin définitive.


Cliquez ici pour lire ou relire Liban : quel rôle jouera l’armée libanaise face aux menaces du Hezbollah ? Assad convoque le commandant en chef de l’armée libanaise. A quoi servent la reconnaissance diplomatique et l’ouverture d’ambassades à Beyrouth et Damas ?

Stefano B. C.

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 08:24

 

 

 

311580

L’agonie de la Syrie et de l’Egypte ne peut être endiguée.

 

Par David P. Goldman
Asia Times
June 17, 2013
 

http://www.meforum.org/3535/syria-egypt-economy 

 

La Syrie et l’Egypte sont en train de mourir. Elles étaient déjà mourantes avant que la guerre civile syrienne n’éclate et bien avant que les Frères Musulmans ne prennent le pouvoir au Caire. La Syrie subit une guerre civile insoluble et l’Egypte, une crise toute aussi insoluble, simplement, parce qu’elles sont en train de mourir. Elles sont en train de mourir, parce qu’elles ont choisi de ne pas faire ce que la Chine a entrepris : déplacer la majeure partie d’un milliard de personnes vivant dans l’arrière-pays rural vers une économie moderne des villes, en l’espace d’une génération. Le Mexique serait mort de la même façon, s’il n’avait pas eu l’option d’envoyer le peuple des campagnes paupérisées – un cinquième de sa population – vers les Etats-Unis.  


Il était évident, pour quiconque voulait bien se donner la peine d’examiner les données factuelles, que l’Egypte ne pourrait pas continuer de creuser un puits sans fond dans sa balance des paiements, créé par une dépendance de 50% pour l’importation de ses produits alimentaires, sans parler d’une facture énergétique dopée par les subventions, qui consomment un quart du budget national. Il était criant, pour les analystes israéliens, que la tentative tardive du régime syrien, de moderniser son secteur agricole, finirait par générer une crise provoquant le déplacement de centaines de milliers de fermiers, qui viennent s’aglutiner dans les taudis surpeuplés des faubourgs des grandes villes. Ces faits étaient déjà bien en évidence, en 2011, quand Hosni Mubarak est tombé et que la rebellion syrienne a éclaté. Paul Rivlin, du Centre Moshé Dayan, en Israël, a publié un portrait dévastateur de l’échec économique de la Syrie, en avril 2011.


Parfois, des pays s’enfoncent eux-mêmes dans un trou duquel ils ne parviennent plus à s’extirper. Les dictateurs du Tiers-Monde ont une tendance caractéristique à maintenir leur population rurale dans la pauvreté, l’isolement et l’analphabétisme, qui leur semblent une situation idéale pour garder le contrôle. C’était la politique du Parti Institutionnel Révolutionnaire, au Mexique, depuis les années 1930 qui parquait les paysans pauvres dans des fermes collectives de type stalinien, appelées ejidos, et qui occupaient la majeure partie du territoire national. C’était aussi l’intention des dictatures nationalistes arabes, en Egypte et en Syrie. Cette politique a marché jusqu’à n’en plus pouvoir. Au Mexique, cela a cessé de fonctionner durant la crise de la dette, au début des années 1980, et les Mexicains pauvres sont devenus le problème de l’Amérique. En Egypte et en Syrie, cela a duré jusqu’en 2011. Il n’y a plus nulle part où aller, pour les Egyptiens et les Syriens.


Cela ne coûte pas cher de soulager les consciences occidentales en envoyant quelques surplus d’armes aux Sunnites syriens. Personne n’a proposé de trouver une autre solution que de dépenser les plus de 20 milliards de $ par an que l’Egypte réclame pour garder la tête hors de l’eau. En juin 2011, le Président français du moment, Nicolas Sarkozy, avait évoqué un programme de soutien du groupe de 8 (G8) de cet ordre de grandeur. Aucun gouvernement occidental (ni Etat du Golfe), cela dit, ne veut engloutir une telle somme d’argent dans le gouffre égyptien.


L’Egypte demeure une société prémoderne, avec un illettrisme qui culmine à près de 50%, un taux de mariages consanguins de 30%, un taux de 90% de mutilation génitale féminine, et un taux de chômage ou de sous-emploi qui dépasse les 40%. La Syrie n’a ni assez de pétrole ni d’eau pour soutenir l’économie du bazaar, dominée par la famille Assad.


Tous deux devaient s’attendre à des désastres à venir. L’économie, soyons-en sûrs, s’occupe la mise en scène, mais ce n’est pas elle qui frappe les trois coups : les Sunnites radicaux de Syrie se sont révoltés, en partie, parce que galvanisés par l’enthousiasme que suscitait la montée des Frères Musulmans en Egypte et, en partie aussi, par crainte des ambitions iraniennes, qui cherchent à favoriser l’ascendant des Chi ‘ite sur la région.


Cela a pris presque deux ans aux classes intellectuelles bavardes pour faire le point sur l’étendue du désastre économique égyptien. Thomas Friedmann, du New York Times, l’étalon de l’opinion libérale en matière de politique étrangère, se confondait en effusion, comme un adolescent, à propos des militants férus de haute technologie du fameux Square Tahrir, au début 2011. La semaine dernière, il a visité une boulangerie du Caire et assisté au manège des Egyptiens pauvres en train de se bousculer pour un peu de pain subventionné par l’Etat. Certains ont dû rester sur leur faim. Alors que la malnutrition afflige plus d’un quart de la population égyptienne, selon l’estimation de l’Organisation Mondiale de la Santé, et que le gouvernement des Frères Musulmans attend une récolte de blé qui n’arrive jamais, l’Egypte meurt de mort lente. Les prêts d’urgence de la part du Qatar et de Libye ont ralenti la progression de la gangrène nationale, mais ne l’ont pas arrêtée.


Ce contexte général confère un air de parfaite absurdité à l’actuel débat pour savoir si l’Occident devrait armer les rebelles sunnites syriens. Les faucons américains, comme les Sénateurs John Mc Cain et Lindsey Graham, c’est sûr, plaident pour l’envoi d’armes aux Sunnites, parce qu’ils pensent que ce serait mal avisé, sur le plan politique, de proposer une attaque contre le maître du régime Assad, à savoir l’Iran. L’Administration Obama s’est accordée sur le fait d’armer les Sunnites, parce que cela ne coûte rien de tout faire pour se prémunir contre la critique venue des rangs républicains. Nous sommes face à une répétition du consensus de "la cloche et l’idiot " qui prévalait au début de 2011, lorsque les faucons Républicains appelaient à une intervention en Libye et que l’Administration Obama s’est sentie forcée d’y consentir.


Même si les Sunnites pouvaient écarter la famille Assad de Damas et instaurer un nouveau gouvernement –ce dont je doute- le meilleur scénario possible déboucherait sur une nouvelle Egypte : un gouvernement des Frères Musulmans présidant une économie en voie d’effondrement et glissant inévitablement vers un Etat en faillite. C’est trop tard, même pour ce type d’arrangement. Maintenir l’équilibre des forces entre les deux camps ne fera qu’augmenter le nombre de victimes. La seule chose à peu près humaine à faire est de répartir le pays sur le modèle yougoslave, mais cela ne semble pas faire partie de l’agenda d’aucun gouvernement impliqué.


David P. Goldman est chercheur associé au Middle East Forum, et l’auteur de : How Civilizations Die (and Why Islam Is Dying, Too) [Comment meurent les Civilisations (Et pourquoi l’Islam meurt aussi) et de la collection d’essais :  It's Not the End of the World, It's Just the End of You(Ce n’est pas la fin du monde, ce n’est que votre proper fin).


Adaptation : Marc Brzustowski.  

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 20:53

 

s-300 russe (Copier)

 

 

STR/AP/Press Association Images


11/06/2013

 

La guerre civile syrienne s’est rapprochée comme jamais de la frontière nord d’Israël, à la fin de la semaine dernière, quand la ville frontalière de Quneitra, sur les hauteurs du Golan, est brièvement tombée entre les mains des forces rebelles, le 6 juin. Ceci fait suite à d’autres développements, comme la tension au sujet de la livraison de missiles anti-aériens russes à la Syrie, la participation croissante du Hezbollah dans les combats, la rhétorique guerrière d’Assad contre Israël , en pleine escalade et des menaces contre l’intégrité de la mission d’observation de l’ONU, qui supervisait, jusque-là le cessez-le-feu entre Israël et la Syrie, depuis 1974. Dans cet entretien de Questions-Réponses, Le chargé de recherche principal de BICOM, le Général de Brigade à la retraite, Michaël Herzog, évalue les défis que ces évolutions posent aux décideurs politiques israéliens.

 



Ecoutez l’enregistrement de cette interview : ICI. Ce qui suit est une transcription de cet enregistrement :

 



Avec l’instabilité croissante dans la zone frontalière entre Israël et la Syrie, quels sont les principales préoccupations des décideurs politiques israéliens ?  


Les évolutions récentes ont confirmé l’hypothèse de travail existante en Israël, que près de 40 ans de tranquillité à la frontière syrienne sont sur le point de toucher à leur fin. Si vous vous rendez du côté israélien de la frontière sur les hauteurs du Golan, vous pouvez voir, de vos propres yeux, le combat se dérouler, à l’intérieur même de la Syrie. L’hypothèse est que la frontière va devenir un « Ouest sauvage » [Wild West], avec les combats actuels entre les forces du gouvernement et les insurgés, mais qui, à un certain moment, mènent tout droit à des débordements en Israël.


L’Autriche a annoncé qu’elle va retirer son contingent de la force d’interposition de l’ONU sur le Golan (UNDOF), quelles pourraient être, pour Israël, les conséquences d’une désintégration de la force onusienne ?  


L’instauration d’une force de l’ONU, en 1974, a créé une zone-tampon entre Israël et la Syrie. Si l’UNDOF s’en va, cette zone de sécurité disparaîtra, contribuant ainsi à une déstabilisation de la situation. Cela permettra à n’importe quel groupe de s’approcher de la frontière et de provoquer Israël par des attaques, et cela contraindra Israël à faire avancer des forces sur la zone frontalière, y compris dotées d’armes lourdes, comme des tanks. C’est pour ces raisons qu’Israël a demandé à l’ONU de trouver des forces de substitution pour remplacer celles qui se retirent.


A quel point la menace des missiles anti-aériens S-300, que la Russie a dit qu’elle livrera au régime Assad, est importante pour Israël ?  


Ce système est une véritable menace. La question est si et quand il parviendra en Syrie. Les assertions d’Assad, prétendant que certaines pièces de ces systèmes étaient déjà arrivées, ne sont pas sérieusement établies. Fournir la totalité du système pourrait prendre longtemps aux Russes, et même quand il arrivera sur place, cela prendra au moins 6 mois avant qu’il ne devienne opérationnel, aussi, semble t-il, nous ne le verrons pas avant 2014. Mais, s’il arrive effectivement, il disposera d’une portée d’environ 200 kms et pourra menacer la liberté de vol au-dessus d’Israël-même. Tandis que les forces aériennes d’Israël sauront, très probablement de quelle manière parer à cette menace, elle est infiniment plus compliquée pour l’aviation civile israélienne, particulièrement, au-dessus de l’aéroport  Ben Gurion.


Israël a essayé  de parler aux Russes pour les dissuader de fournir ces armes. Les Russes ont affirmé qu’ils livreraient le missile parce qu’il s’agit d’un contrat signé. Durant cette période, nous aurons encore du temps pour travailler sur la façon de parer à ce problème.


Israël pourrait-il s’abstenir de prendre ce système pour cible, à cause de l’implication directe russe ?  


Je ne parierais pas là-dessus. Il est clair, pour les Russes, et, d’après ce qu’on en a rapporté, c’est ce qui a surgi lors de la conversation entre Netanyahou et Poutine, que si le S-300 parvient en Syrie et menace Israël, alors Israël sera contraint de prendre l’initiative pour le neutraliser. Le Conseiller à la Sécurité Nationale, Ya’acov Amidror a déclaré qu’Israël ne permettra pas à ce système de devenir opérationnel. Si les Russes encaissent leur argent pour l’avoir vendu, peut-être est-ce que cela, ensuite, leur est bien égal, mais, en même temps, ce n’est jamais bon pour les Russes qu’un système d’armement stratégique qu’ils ont livré soit détruit avec une relative acilité.


Existe t-il un scenario sérieux, au regard des développements sur les hauteurs du Golan, qui puisse forcer Israël à intervenir ?  


Israël n’a aucun intérêt à s’enliser dans le bourbier en Syrie, pour toute une variété de raisons. Israël ne pense pas qu’il puisse en modeler les résultats, ou, s’il le peut, que ce serait trop coûteux, et Israël a d’autres plats de résistance face à lui, à commencer par le défi bien plus grand que constitue le programme nucléaire de l’Iran. Mais Israël a déjà agi et agira à nouveau, s’il sent que ses intérêts nationaux sont directement menacés.


L’un des scenarii possibles serait que les Jihadistes s’établissent sur le Golan, le long de la frontière israélo-syrienne et tentent de provoquer Israël, comme certains ont affirmé qu’ils essaieraient de le faire. Dans un tel scénario, ou si la provocation vient du régime en Syrie, Israël serait  contraint de répliquer. L’autre domaine d’activités où Israël a agi et agira encore, concerne le transfert d’armes stratégiques au Hezbollah, au Liban. Excepté de tels scénarios je n’imagine pas Israël intervenir dans cette guerre.


Nous avons assisté à une inflation de menaces, de la part d’Assad, envers Israël, au cours des dernières semaines. Est-ce que cela peut amener Israël à réfléchir à deux fois, avant d'agir à l'avenir, à l’intérieur du territoire syrien, en vue d’empêcher des transferts d’armes au Hezbollah ?


Cela complique certainement les choses. Initialement, le régime syrien ne répondait pas publiquement. Dans certains cas, ils ignoraient même des frappes israéliennes ou les présentaient comme le fruit d’opérations rebelles. Mais, avec l’accroissement des reportages médiatiques sur les interventions israéliennes, ils se sentent probablement contraints de faire monter en gamme leur rhétorique de menaces revanchardes.


Quel est l’état de la question, dans le débat en Israël, concernant le projet d’armer les rebelles?


Israël n’a pas pris officiellement position, parce qu'il ne veut pas être perçu comme cherchant à s’ingérer. La prudence attribuée au PM Netanyahou consiste à s’assurer que les armes fournies aux rebelles ne tombent entre de mauvaises mains, et c’est une inquiétude partagée par les Etats-Unis et la plupart des puissances européennes. Je pense encore qu’il existe suffisamment de forces insurgées qui ne soient pas reliées aux Jihadistes ou Islamistes, et que c’est à eux que les armes devraient être livrées. Chaque jour qui passe, avec un Occident qui s’enfonce dans la passivité, contribue à radicaliser le conflit. Cela renforce les Islamistes au détriment des non-Islamistes, et met cruellement en lumière l’asymétrie entre le rôle actif joué par la Russie, le Hezbollah et l’Iran, en soutien à Assad, et le rôle passif joué par l’Occident, refusant de faire quoi que ce soit qui puisse contrarier ou contrer Assad. Je ne plaide pas pour une intervention de l’Occident, mais je soutiendrais encore l’idée de fournir des armes tout en examinant de très près les forces non-Islamistes.


Comment se positionnent les décideurs politiques israéliens sur la question de savoir si Assad peut faire partie d’une solution diplomatique ?


Les gens en Israël sont très sceptiques, s’agissant des perspectives de solution diplomatique. D’une part, l’opposition n’est pas capable d’agir ensemble et de se mettre d’accord sur une logique d’action cohérente, et s’est décidée à ne pas se joindre à l’initiative diplomatique de Genève II. Une raison est qu’avec Assad (qui, de toute façon, ne compte pas démissionner), qui a réalisé certains succès tactiques sur le terrain, ces dernières semaines, particulièrement dans la zone de Qusayr, pourquoi serait-il enclin à faire la moindre concession ? Ce facteur dissuade aussi certains des éléments insurgés d'accepter de venir autour de la table.


Quel est l’impact de la participation du Hezbollah dans le conflit?


Il y a deux facettes à ce problème. D’un côté, on voit les forces chi’ites se ruer en Syrie pour aider Assad et sauver le régime à tout prix ; on voit des milliers de miliciens du Hezbollah combattant en Syrie. Ils sont dans les faubourgs de Damas et ont joué un rôle crucial et décisif dans la bataille de Qusayr. Vous avez aussi des Chi’ites d’Irak et des Iraniens qui aident le régime Assad, et le fait qu’ils soutiennent activement Assad peut l’aider, non seulement à survivre politiquement, mais à rétablir sa loi à Damas, et assurer la liaison avec la zone côtière et le Liban.


 

D’un autre côté, le fait que le Hezbollah soit à ce point impliqué dans la guerre en Syrie, présente certains avantages pour Israël. Le Hezbollah est presque totalement focalisé et absorbé en Syrie, plutôt que de se concentrer sur Israël, ils sont en train d’y perdre des hommes à eux, et leur engagement déclenche énormément de critiques dans la rue arabe sunnite et au Liban-même, où il se trouve sous le coup de nombreuses pressions. Le Cheikh Al Qaradawi, le guide spirituel du monde sunnite, a récemment attaqué le Hezbollah de façon très véhémente, déclarant publiquement qu’ils sont pires que les Juifs et les Chrétiens et en retournant leur nom, de « Parti de D. » (Hezbollah) à « Parti de Satan ». Ma façon de voir personnelle est que, globalement, les désavantages pour le Hezbollah l’emportent sur les avantages qu’a, pour lui, la situation présente.  


http://www.bicom.org.uk/analysis-article/14915/


Adaptation : Marc Brzustowski.  

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 21:56

 

 

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Des sources de l’opposition affirment qu’une explosion massive à l’aéroport militaire, près de Damas, provenait d’une frappe aérienne israélienne ; Assad accuse les rebelles d’être à l’origine de cette attaque.

Roi Kais


Publié le :  

17.06.13, 17:30 / Israel News  

 

 

 

Des organes de presse affiliés à l’opposition syrienne ont estimé que l’explosion massive entendue dimanche soir à l’aéroport militaire d’Al-Mazzeh, à l’ouest de Damas, provenait d’une attaque israélienne.


Ces reportages citent des militants de l’opposition disant que l’explosion qui a eu lieu dans le quartier d’Al-Mazzeh portait la marque d’une autre explosion qui avait secoué les faubourgs de Damas, en mai. Des agences de presse étrangères ont déclaré que l’explosion faisait partie d’une frappe aérienne israélienne.


 “Ma maison surplombe l’aéroport. A un certain moment, nous avons vu des véhicules blindés entrer dans l’aéroport”, a affirmé une source de l’opposition. “Ils étaient probablement équipés de systèmes radars mobiles. Puis, nous avons entendu le vacarme d’un missile frappant les véhicules. C’était exactement le même son que nous avons entendu sur le Mont Qasioun [siège de l'unité 501 des forces spéciales syriennes, site de la frappe aérienne présumée, en mai, sur des entrepôts d'armes] ».


 Un autre témoin affirme : “L’explosion a fait l'effet d'un volcan. Les flammes touchaient le ciel. Le son était identique à celui qu’on a entendu à Qasioun ».


Divers reportages publiés dimanche soir prétendaient que l’explosion d’Al-Mazzeh est survenue lorsque des rebelles ont fait détoner deux voitures-piégées. Le régime syrien a affirmé qu’il s’agissait d’une tentative menée par des « terroristes », afin d’attaquer l’aéroport militaire.


Selon des reportages étrangers, Israël a, déjà, attaqué, par deux fois la Syrie, en quelques jours, au début de mai. Le régime du Président Bachar al Assad avait, alors, prétendu que les frappes aériennes avaient pris pour cible un centre de recherche militaire, mais, en Occident, on pense, généralement, qu’Israël visait des systèmes d’armement iraniens, destinés au Hezbollah au Liban. Depuis lors, les responsables syriens de haut-rang ont répété que leur pays répliquerait immédiatement en cas de nouvelles attaques israéliennes.


http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4393586,00.html


Adaptation : Marc Brzustowski.  

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 08:09

 

 

 

 

Des Hommes armés ont formé le Bataillon du "Bouclier de la Beqa'a" destiné à combattre le Hezbollah dans son fief. Ils annoncent la formation de 4 compagnies disséminées dans toute la région de la Beqa'a "à l'appel des Oulémas de l'Islam". .

La Békaa un peu plus fragilisée, après l’assassinat de quatre chiites

 
17/06/2013

 

Liban L'armée se déploie massivement, des efforts d’apaisement immédiatement déployés.

Un grave incident est venu hier précariser un peu plus les rapports entre les deux communautés chiite et sunnite dans la Békaa. Des hommes armés ont en effet tué par balles deux membres du clan chiite des Jaafar, Ali Karamé et Mohammad Ali, un Turc, Ali Abdo Rachini et un homme du clan Amhaz, Hussein Charif, alors qu’ils roulaient à bord d’une Jeep Cherokee sur une route traversant le « jurd » de Ras-Baalbeck dans la Békaa. Une cinquième personne a été grièvement blessée. Selon une source de sécurité citée par l’AFP, les quatre hommes sont tombés dans une embuscade alors qu’ils faisaient la contrebande de mazout.


Dans un contexte de tensions confessionnelles entre sunnites et chiites exacerbées par le conflit en Syrie, le quadruple meurtre augmente le risque d’une confrontation généralisée entre villages et tribus des deux grandes communautés musulmanes. On sait que la région de Ras-Baalbeck est habitée en majorité par des sunnites et se situe à proximité de celle de Ersal, également à majorité sunnite et partisane de la rébellion syrienne. La tension est aussitôt montée dans la zone et « des membres armés du clan Jaafar se sont rassemblés à Laboué, à cinq kilomètres de la localité de Ersal », a indiqué un correspondant local, sans élaborer.

 

[https://maps.google.com/maps?source=embed&msa=0&msid=216972326294887998387.0004df46fefc41f635da2&hl=en&ie=UTF8&t=h&ll=34.352507,36.24115&spn=0.850307,1.441956&z=9&vpsrc=6&oi=map_misc&ct=api_logo]

 


Carte réalisée par Elie Wehbé


Condamnations


Toutefois, les efforts d’apaisement immédiatement déployés semblent avoir porté leurs fruits. Ainsi, dans un communiqué, les habitants de Ersal ont « dénoncé fermement cette agression contre des membres honorables de la région (...) qui vise à semer la discorde confessionnelle ».


« Nous nous dissocions des auteurs de ce massacre quelle que soit leur identité », ont-ils souligné, appelant les forces de sécurité à les démasquer.


Sur le même ton d’apaisement, les habitants de la région de Baalbeck et Hermel voisine, dont sont originaires les trois victimes chiites, ont souligné l’importance « de préserver la paix civile et la coexistence » entre les communautés. Alors que la tension est montée d’un cran dans la région, ils ont appelé « à surmonter la douleur et à être patient », dans un communiqué repris par al-Manar, la chaîne du Hezbollah.

 

(Cartographie : Le Liban rattrapé par la crise syrienne)


L’armée a immédiatement réagi à ce grave incident, par un déploiement massif sur les axes routiers de la Békaa concernés, en vue de prévenir d’éventuelles actions de vendetta qui engageraient les tribus dans une spirale sans fin de violence et de contre-violence. Dans un communiqué, la direction de l’orientation a précisé que l’armée « ne permettra à personne d’exploiter ce douloureux incident pour porter atteinte à l’unité nationale et ébranler les assises du vivre-ensemble entre les collectivités d’une même société ».

 

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Pour mémoire

L’armée libanaise, une garantie contre l’explosion généralisée..., l'éclairage de Scarlette Haddad

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 22:30

 

 

Chemical Attacks In Saraqeb Idlib4.png

 

 

 

Des sources américaines ont affirmé samedi 15 juin, que “le soutien militaire” que l’Administration Obama a promis à l’opposition syrienne, vendredi, comprenait des armes automatiques, des mortiers et des lance-roquettes et grenades sans recul (RPG), prêtes à la livraison dans les trois semaines, à travers la frontière turque.


Ces articles de quincaillerie, selon les sources militaires de Debkafile, ne sont rien de plus qu’une façon de se moquer des besoins réels des insurgés. N’importe quel trafiquant d’armes qui se respecte, au Moyen Orient, peut rapidement mettre la main sur des lance-missiles anti-aériens et antitanks, pour un prix ne dépassant guère plus que quelques dizaines de milliers de $ - soit au Liban, dans le Sinaï égyptien, l’Autorité Palestinienne – ou même en chinant parmi les milices rebelles syriennes, elles-mêmes. Les prix actuels, selon nos sources, se situent, par exemple, à 50.000 $ pour un lance-missile anti-aérien Grail SA-7, portable à l’épaule et 40.000 $ pour un tank T-55 en conditions techniques rudimentaires, doté de 40 obus.


Une fois que les armes américaines seront parvenues sur place, l’énorme déséquilibre entre l’arsenal des rebelles et celui de l’armée syrienne sera toujours aussi frappant qu’auparavant. Il s’élargit constamment, avec l’atterrissage, à peine toutes les quelques heures, d’avions de transport russes et iraniens, livrant des équipements militaires pour couvrir les besoins incessants de l’armée syrienne et du Hezbollah en guerre.


Vendredi, alors que les Iraniens élisaient un nouveau président, leur guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, a déclaré lors d’un discours : « Aux Américains, je dis : « Allez au Diable. Quiconque vous écoute est un perdant. Le peuple iranien n’a jamais attaché aucun crédit à ses ennemis ».


Tandis qu’à Beyrouth, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah déclarait : “Là où nous devons aller, nous irons. Là où nous avons commencé à assumer des responsabilités, nous continuerons d’assumer ces responsabilités » Et, a-t-il ajouté, il ne sera permis à personne au Liban d’interférer avec ça.


Nasrallah, dont la moitié des forces militaires combat pour Bachar al Assad en Syrie, avertissait ainsi les ennemis du Hezbollah, sur le territoire intérieur, qu’il est suffisamment fort pour affronter autant, n’importe lequel des opposants à son aventure syrienne.


Toujours plus loin dans la bravade, après celles de Téhéran et Beyrouth, une déclaration venue de Damas, entendue vendredi, pointait fortement dans la direction qu’emprunteront à l’avenir les trois alliés. Le Président syrien Bachar al Assad affirmait : « Nous avons des plans pour ouvrir un front de la résistance sur les Hauteurs du Golan », ajoutant qu’un « tel geste pourrait unifier les diverses factions en Syrie ». C’était la première fois qu’Assad dévoilait ingénument ses intentions de souder les rangs de la « résistance »contre Israël, comme moyen de diversion permettant de démembrer le front rebelle contre son régime.


Il s’exprimait après avoir ordonné aux troupes syriennes et du Hezbollah de se séparer en deux directions et d’avancer simultanément sur deux fronts : l’un, pour mener leur offensive majeure afin de reconquérir Alep et, la deuxième, sur le Golan, qui est divisé entre la Syrie et Israël.


Les sources militaires de Debkafile révèlent que jeudi soir, les premiers mouvements ont été détectés, se dirigeant vers le côté syrien du Golan et de la frontière jordanienne, à partir des concentrations de l’armée syrienne et du Hezbollah, qui se sont rassemblées, au cours des deux dernières semaines, autour de la ville de Deraa, au sud-ouest.


Des officiers supérieurs du Commandement Nord de Tsahal n’ont aucun doute concernant les plans d’Assad, consistant à déployer des unités du Hezbollah sur la frontière du Golan israélien, pendant qu’une force d’appui syrienne prendra position sur la frontière jordanienne. Selon certaines sources du renseignement, on a distribué à certaines unités du Hezbollah opérant en Syrie des armes chimiques rudimentaires à « usage limité ». Elles se présentent sous forme de bouteilles en plastique, n’ayant guère plus que la taille d’une ration de nourriture en boîte, et peuvent être tirées ou simplement lancées à la main. Du gaz Sarin innervant hautement toxique s’échappe par deux trous au moment de l’impact.


Cet engin a été développé par l’Iran, au profit de l’armée syrienne, pour être utilisé à petite échelle, de façon à éviter à Assad d’être accusé d’utiliser une « arme de destruction massive ».


A Washington, les responsables américains et israéliens, à tour de rôle, ont mis leurs « lignes rouges » au rebut. L’Administration Obama a confirmé que l’utilisation d‘armes chimiques, de la part du gouvernement syrien contre l’opposition en de multiples occasions, se déroulait à une « petite échelle ».


Le Ministre israélien de la Défense, Moshe Ya’alon, a déclaré, lors d’une conférence, qu’Israël avait posé trois lignes rouges au régime Assad, contre la livraison d’armes avancées au Hezbollah ou à tout autre groupe terroriste, leur laissant la possession d’armes chimiques ou permettant qu’Israël soit attaqué depuis le Golan.


Autant l’Administration américaine qu’Israël sont dépassés par les évènements. En minimisant l’échelle d’utilisation d’armes chimiques syriennes et en ne fournissant aux rebelles guère plus que des armes légères, Washington est en train, en effet, de donner licence à Assad pour qu’il puisse continuer son usage d’armes chimiques à « petite échelle ». Et le Ministre israélien de la défense a choisi d’ignorer le fait que le dirigeant syrien à déjà franchi les lignes rouges d’Israël en les foulant au pied, jusqu’à présent, indemne de toute réplique effective qui soit évoquée.


Le sens du reste de ses remarques devant l’Institut des Politiques Proche- Orientales à Washington, vendredi, est tout aussi abscons : « Israël n’interviendra pas en Syrie, en partie, parce qu’une telle intervention porterait préjudice au camp qui a les faveurs d’Israël », a déclaré Ya’alon. Mais il n’a pas mentionné la situation inverse, qui est plus réaliste, par lequel la Syrie et le Hezbollah se préparent à « intervenir » en Israël.


L’impression que l’on retire de ses remarques était que, tout comme l’Administration Obama a choisi de s’abstenir d’une réponse appropriée à l’utilisation d’armes chimiques par Assad, de la même façon Israël recule, plutôt que de faire face à l’offensive qui monte en puissance et prend ses frontières pour objectif. Moshe Ya’alon ne fait-il que mettre ses pas dans les traces de la politique de non-intervention d’Obama en Syrie ?


A tous les évènements auquel il a participé, il n’a jamais  mentionné un seul mot du fait que le Hezbollah était doté « d’armes chimiques à usage limité » -ni avant ni après sa rencontre avec le Secrétaire américain à la défense, Chuck Hagel, samedi matin.


 http://www.debka.com/article/23047/Hizballah-units-near-Golan-Some-receive-%E2%80%9Climited-use%E2%80%9D-chemical-arms

 

 

 

 

DEBKAfile Reportage Spécial  15 Juin 2013, 2:41 PM (IDT)

 

Adaptation : Marc Brzustowski.  

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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