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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 17:12

 

 

 

palestinian riots7.4.13 (Copier)

 

 

Une manif palestinienne "non- violente"

 

 

 

 

Lorsque le Secrétaire d’Etat américain John Kerry rencontrera Mahmoud Abbas (Abu Mazen), cette semaine, en revenant de Turquie, il essaiera de le convaincre de ne pas lancer ce qu’Abbas appelle, durant ses prises de parole devant les militants palestiniens, une « Intifada – un soulèvement - civil » contre Israël, c’est-à-dire, sans usage des armes. Elle est prévue pour le 15 avril, à la veille du Jour du Souvenir de l’Indépendance Nationale, au moment des célébrations du souvenir des morts au champ d’honneur (Yom Hazikaron) et de l’Indépendance (Yom Ha’atsmaout).


Kerry rappellera, à Abbas, sa promesse faite au Président Barack Obama, lorsqu’ils se sont rencontrés à Ramallah, le 21 mars, d’abjurer toute action violente, alors que les Etats-Unis sont activement en train de promouvoir des négociations directes avec Israël.


Abbas maintiendra mordicus que son “Intifada” est non-violente – qu’elle se manifeste simplement par des marches de protestation de masse, qui incendient des drapeaux israéliens, et bombardent copieusement les forces de sécurité à coups de pierres et de cocktails-molotov, par le blocage des autoroutes de la Bande de Judée-Samarie et par la mise en scène de grèves de la faim collectives.


Debkafile révèle que, depuis ces deux dernières semaines, pour un prétexte ou pour un autre, Abbas et ses lieutenants attisent les troubles populaires palestiniens jusqu’à leur paroxysme, planifié pour accompagner la première rencontre israélo-palestinienne que le Secrétaire américain tente d’instaurer pour la mi-Mai en Turquie.


Sans aucun doute, Kerry le mettra en garde contre le fait que, même des désordres civils peuvent facilement échapper à tout contrôle, dans le climat tendu qui prévaut au Moyen-Orient, et ainsi bénéficier aux radicaux de Syrie, du Hezbollah et du Hamas, plutôt qu’aux intérêts propres des Palestiniens.


Abbas répliquera qu’il ne peut plus garder les Palestiniens sous contrôle, alors que le reste du monde arabe est en marche – soit qu’il manifeste contre ses dirigeants, soit qu’il les combat – et que sa mission est de maintenir son peuple dans le sens du courant arabe – et non sur le bas-côté (sans devoir mentionner le fait de devoir les détourner de la tentation de manifester contre son propre régime).


Mais, en fait, comme les sources au Moyen-Orient de l’hebdomadaire de Debkafile sur le Net l’ont dévoilé, dans sa dernière diffusion, Abbas a décidé de s’inspirer de la doctrine consistant à "dégainer tout en discutant", qui a fait la notoriété, la fortune et renforcé le pouvoir de son prédécesseur, Yasser Arafat, il y a treize ans.


En Juillet 2000, quand Arafat était invité à Camp David par le Président Bill Clinton, pour des pourparlers avec le Premier Ministre israélien Ehud Barak, les communautés du renseignement américaines et israéliennes, toutes deux, savaient déjà qu’il était prêt à lancer la Seconde Intifada, la première qui ait jamais consacré le Jihad suicide pour assassiner des civils.


Quoi qu’il en soit, Clinton et Barak décrivaient le sommet de Camp David à leurs publics respectifs comme des négociations de paix – et non comme une tentative de conjurer les intentions belliqueuses du Leader palestinien- ce qu’il était en réalité.


Abu Mazen espère réaliser un stratagème identique en poursuivant cette double voie.


Bien qu’il désigne son Intifada comme non-violente, il lancera une vague d’interruptions, menées par des méthodes de voyous, pour reconquérir les Unes des journaux et avoir un levier supplémentaire, lors du dialogue avec Israël, parrainé par les Etats-Unis, tout en prétendant jouer la balle avec John Kerry, exactement de la même manière qu’Arafat feignait de coopérer aux efforts de paix des anciens secrétaires d’Etat, Madeleine Albright et Colin Powell.


Abbas n’a pas besoin de bombes humaines suicides ni d’hommes en armes Tout surgissement de violence lui servira à pointer l’accusation sur les autorités sécuritaires israéliennes et à remettre plus d’huile sur le feu pour raviver les débordements.


Israël a “bénéficié” d’un avant-goût de ces tactiques, lundi 1er avril, quand Abu Hamadiyeh, 64 ans, qui exécutait une peine de prison à vie, pour avoir initié des tentatives de meurtres multiples, est mort d’un cancer de la gorge, alors qu’il était en traitement dans un hôpital israélien [Soroka Beer Sheva]. Abbas s’est immédiatement saisi du prétexte de sa mort pour fustiger Israël, avec des accusations de « négligence criminelle ». Des milliers de prisonniers palestiniens ont participé à des émeutes et entamé une grève de la faim. Le calme n’a pu être restauré qu’à l’aide de gaz lacrymogènes.


Le dirigeant palestinien est à l’affût de la moindre étincelle pour alimenter son moulin à propagande, dans les semaines à venir. Mais il est en incapacité de promettre d’être en mesure de contenir les flammes qu’il est lui-même, en train d’attiser. Ni lui, ni John Kerry, ni le Premier Ministre Binyamin Netanyahou ne peuvent être certains qu’un incident fâcheux, à un certain point d’escalade, ne précipitera pas « l’Intifada civile » d’Abbas dans une spirale dangereuse de violence déchaînée.

http://www.debka.com/article/22881/Abbas-schedules-Palestinian-%22civil-intifada%E2%80%9D-for-April-15-to-peak-during-peace-talks 

DEBKAfile Reportage Spécial 7 avril 2013, 3:44 PM (GMT+02:00)


Adaptation : Marc Brzustowski.

 

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 20:07

 

 

 

mount temple jerusalem1.4.13 (Copier)

 

 

Qui est le (nouveau) Patron?

 

 

 

Un accord historique signé à Amman, dimanche 31 mars, entre le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas et le Roi de Jordanie, Abdallah II, confère un nouveau statut à Jérusalem – l’un des thèmes centraux qui fait l’objet de la négociation avec Israël – en acceptant que le Roi joue le rôle de Gardien des Lieux Saints de la ville. Les Palestiniens s’accordent à ce qu’Abdallah « veille (sur) et gère le Waqf (l’autorité religieuse musulmane) à Jérusalem » et représente les intérêts des Lieux Saints « dans les arènes internationales concernées… par le biais de tous les moyens légaux disponibles ».


Là où les versions palestiniennes (Wafa) et Jordaniennes (Petra) du même accord diffèrent, c'est autour de la définition de la « Souveraineté palestinienne ».


Selon Debkafile : Cependant, par ce document, le dirigeant palestinien et le roi ont posé les fondations d’un cadre arabo-palestino-israélien partagé, visant à gérer les lieux saints Juifs (qui ne sont pas mentionnés) Musulmans et Chrétiens à Jérusalem. Cela a ouvert la porte à ce que beaucoup perçoivent comme une proposition d’internationaliser les sanctuaires de Jérusalem, un statut affirmé, mais jamais honoré, entre 1948 et 1967.

 

Cette étape soulèvera, non seulement, de vives objections israéliennes, mais aussi la défiance de nombreux Palestiniens et, par conséquent, devra en passer par un cheminement long et tortueux si elle veut survivre à son annonce. Son importance repose sur le fait que l’Autorité Palestinienne a adopté la mesure, qui marque un tournant historique, de céder au trône hachémite la garde –religieuse, politique, légale et sécuritaire- des lieux saints musulmans sur le Mont du Temple, sous l’autorité du Waqf Palestinien.


Cela signifie que, désormais, a lieu d'avoir affaire à l’Autorité Palestinienne, Israël devra entreprendre des discussions avec le gouvernement jordanien, sur tous les sujets concernant le Mont d Temple, particulièrement les arrangements sécuritaires hyper-sensibles.


Cela ne devrait pas représenter un obstacle majeur, puisque, en pratique, les services de renseignement israéliens et jordaniens coopèrent sereinement depuis des années sur de tels problèmes.


  Al’issue de l’accord, la Maison Hachémite se trouve dépositaire, pour la première fois, de la reconnaissance palestinienne, qu'elle est gardienne des lieux saints de Jérusalem, en particulier de la Mosquée al Aqsa, un titre qui est l'équivalent du titre traditionnel du Roi saoudien, de Gardien des Lieux Saints de l’Islam, de la Mecque et Médine.


Le degré d’implication du Secrétaire d’Etat américain John Kerry, dans l’accord jordano-palestinien reste encore à déterminer ; reste aussi à savoir si le Premier Ministre israélien, Binyamin Netanyahou et la Ministre de la Justice Tzipi Livni (en charge des négociations avec les Palestiniens) ont été tenus au courant de son contenu.


La rencontre au Sommet de la Ligue Arabe, à Doha, les 26-27 mars, qui a débattu du plan de paix saoudien en sommeil, n’était assurément pas dans le paysage. Ces dirigeants ont, à présent, un peu plus de consistance à se mettre sos la dent. Il peut être instructif de citer, ici, le reportage exclusif de Debkafile du 27 décembre 2012 :


Un projet de confédération entre un Etat palestinien de la Bande Occidentale de Cisjordanie et la Jordanie était le véritable sujet des récentes discussions entre le Premier Ministre Israélien Binyamin Netanyahou et le Roi Abdallah, à Amman, révèlent les sources de Debkafile- et non la guerre civile en Syrie. Cette idée est devenue un point de focalisation des pourparlers à Amman, à Washington et dans les centres palestiniens. Cela fait sens avec le rapport provenant de sources américaines et jordaniennes, selon lesquelles les Palestiniens et Israël reprendraient les négociations au Printemps.


Le nouvel accord Abbas-Abdallah apparaît être un geste fort visant à mener ce plan à maturité.


Qu’il s’agisse d’un document pratique et non juste d’une simple déclaration est indiqué par la définition détaillée des compétences du Gardien des Lieux, apparaissant dans la version jordanienne :


“Rappelant l’importance religieuse unique, pour tous les Musulmans, d’Al-Masjid al-Aqsa, avec ses 144 dunams, comprenant la Mosquée Qibil d’Al Aqsa, la Mosquée du Dôme du Rocher et toutes ses mosquées, bâtiments, murs, cours intérieures, zones attenantes, sur et au-dessous du sol (une allusion aux fouilles archéologiques israéliennes de la ville biblique et du Temple)… »


La Jordanie et l’Autorité Palestinienne ont aussi promis “de faire tous les efforts possibles pour protéger Jérusalem et ses Lieux Saints de l’escalade de la Judaïsation israélienne » - selon une autre clause de la version de Petra. Sur, au moins, un point très important, les communiqués palestiniens et jordaniens varient significativement :


Selon le Ministre du Waqf et des Affaires Religieuses de l’AP, Mahmoud Habash, « l’accord confirme le rôle historique de la Jordanie dans le soin apporté aux sanctuaires religieux. Cela confirme aussi la Souveraineté Palestinienne sur toute la Palestine, y compris Jérusalem-Est comme sa capitale ». Cependant, l’article 3 :3.1 de l’accord publié en entier par la Jordanie le formule à sa façon : « Le Gouvernement de l’Etat de Palestine, comme expression du droit à l’auto-détermination du peuple palestinien, aura le droit d’exercer sa souveraineté sur toutes les parties de son territoire, y compris Jérusalem ».


Tout en saluant leur accord comme une percée historique, les dirigeants palestiniens et jordaniens auront, de toute évidence, besoin de rendre toutes les parties de leur acte cohérentes, avant de se confronter à Israël.


http://www.debka.com/article/22867/Palestinians-kick-off-Jerusalem-bid-by-ceding-Holy-Sites-Custodianship-to-Jordan%E2%80%99s-king

 

DEBKAfile  Reportage Exclusif   1er Avril 2013, 2:20 PM (GMT+02:00)

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 07:15

Libye : deux militantes britanniques pro-palestiniennes violées à Benghazi

jeudi 28 mars 2013 - 21h17
Logo MédiArabe.Info

Deux militantes britanniques qui faisaient partie d’un convoi humanitaire à destination de la bande de Gaza, ont été violées par cinq hommes à Benghazi dans l’est libyen, a indiqué jeudi le vice-Premier ministre Awadh Al-Barassi dans un communiqué. Les deux femmes « ont été horriblement violées devant leur père », a indiqué M. Al-Barassi dans un communiqué publié sur son compte Facebook. Le vice-Premier ministre affirme avoir rendu visite jeudi aux deux femmes à Benghazi. Elles étaient accompagnées de leur père et étaient en route vers l’Egypte quand leur convoi, affrété par l’ONG turque IHH vers la bande de Gaza sous blocus israélien depuis plusieurs années, a été arrêté par les autorités égyptiennes à la frontière. Le père et ses deux filles ont alors décidé de rentrer à Benghazi en compagnie de deux autres Britanniques pour prendre un avion de l’aéroport de Benghazi. A leur arrivée à cette ville de l’est libyen, le groupe a été enlevé par cinq inconnus. Une source diplomatique occidentale a confirmé, sous le couvert de l’anonymat, l’enlèvement mais n’a pas été en mesure de préciser si les femmes avaient été victimes d’un « viol ou d’une agression sexuelle », faisant état d’« arrestations » dans le cadre de cette affaire. Une autre source a précisé que les trois personnes se trouvaient depuis leur libération mercredi au consulat de Turquie de Benghazi. (BELGA).

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 16:35

 

 

Obama aux Palestiniens: acceptez l'Etat juif

par Daniel Pipes
The Washington Times
26 mars 2013

http://fr.danielpipes.org/12669/obama-palestiniens-etat-juif

Version originale anglaise: Obama to Palestinians: Accept the Jewish State
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

Un changement majeur dans la politique américaine a été négligé dans le flot de nouvelles au sujet de la visite mouvementée de cinquante heures de Barack Obama en Israël, la semaine dernière. C'est probablement la demande que les Palestiniens reconnaissent Israël comme Etat juif, qualifiée par le dirigeant du Hamas Salah Bardawil "la déclaration la plus dangereuse [jamais faite] par un président américain au sujet de la question palestinienne."

 

Page de titre du livre de Theodor Herzl en 1896 «Der Judenstaat» («L'État juif»).

Tout d'abord, quelques informations sur le passé: les documents fondateurs d'Israël ont visé à faire du pays un Etat juif . Le sionisme moderne a effectivement commencé avec la publication en 1896 du livre de Theodor Herzl, Der Judenstaat («L'État juif»). La Déclaration de Balfour de 1917 préfère dire «un foyer national pour le peuple juif». La résolution 181 de l'Assemblée générale des Nations Unies de 1947, divisant la Palestine en deux, mentionne l'expression l'Etat juif 30 fois. La Déclaration d'établissement d'Israël de 1948 mentionne l'Etat juif 5 fois, comme dans " nous …déclarons solennellement la création d'un Etat juif en Eretz-Israël [terre d'Israël (NDLT)], destiné à être connu comme l'Etat d'Israël."

En raison de ce lien très étroit [Israël-juif (NDLT)], lorsque la diplomatie israélo-arabe a véritablement commencé dans les années 1970, la formulation Etat juif a en grande partie été perdue de vue; tout le monde a simplement supposé que la reconnaissance diplomatique d'Israël signifiait l'acceptation de l'Etat juif. Ce n'est que dans ces dernières années que les Israéliens ont réalisé, par ailleurs, que les Arabes israéliens en étaient venus à accepter Israël, mais à rejeter sa nature juive. Par exemple, une importante publication en 2006 du Centre Mossawa à Haïfa, La vision pour l'avenir des Arabes palestiniens en Israël, propose que le pays devienne un État religieusement neutre et une patrie commune. En bref, les Arabes israéliens sont venus à considérer Israël comme une variante de la Palestine.

Eveillé à ce glissement linguistique, remporter l'acceptation par les Arabes d'Israël ne suffisait plus; les Israéliens et leurs amis ont compris qu'il fallait insister sur l'acceptation explicite des Arabes d'Israël comme Etat juif. En 2007, le Premier ministre israélien Ehud Olmert a annoncé que si les Palestiniens ne le faisaient pas, la diplomatie serait interrompue: «Je n'ai pas l'intention de transiger, en aucune manière sur la question de l'Etat juif», a t-il souligné. L' Autorité palestinienne a immédiatement et unanimement rejeté cette demande. Son chef, Mahmoud Abbas, a répondu: «En Israël, il y a des Juifs et d'autres qui y vivent, c'est ce que nous sommes prêts à reconnaître, rien d'autre.».

 

Netanyahu et Olmert sont d'accord sur la nécessité d'une reconnaissance palestinienne d'Israël comme Etat juif.

Lorsque Binyamin Netanyahou a succédé à Olmert au poste de Premier ministre en 2009, il a réitéré cette demande comme condition préalable à des négociations sérieuses: «Israël espère que les Palestiniens d'abord reconnaîtront Israël comme un Etat juif avant de parler de deux Etats pour deux peuples». Les Palestiniens ont non seulement refusé de changer, mais ils ont ridiculisé l'idée même. Encore une fois, Abbas a dit: «Qu'est-ce qu'un « Etat juif»? Nous l'appelons «l'Etat d'Israël.» Vous pouvez, vous, l'appeler comme vous voulez. Mais je ne vais pas accepter cela.... Ce n'est pas mon boulot de ... donner une définition de l'Etat et de ce qu'il renferme. Vous pouvez, vous, l'appeler République sioniste, ou la qualifier de [république] hébraïque, nationale, socialiste, appelez la comme vous voulez, je m'en fous.»

Il y a seulement six semaines, Abbas a de nouveau démoli le concept d'État juif. Le refus palestinien d'un Etat juif ne pouvait pas être plus catégorique. (Pour une compilation de leurs déclarations, voir "Reconnaître Israël comme Etat juif: déclarations" à DanielPipes.org.)

Les politiciens américains, y compris à la fois George W. Bush et Obama, ont depuis 2008 parfois fait référence à Israël comme Etat juif, même s'ils ont soigneusement évité de demander aux Palestiniens de faire de même. Dans une déclaration typique, Obama en 2011 a esquissé le but ultime diplomatique comme «deux Etats pour deux peuples: Israël en tant qu'Etat juif et patrie pour le peuple juif et l'Etat de la Palestine comme la patrie du peuple palestinien».

 

Barack Obama a changé la politique des U.S.A dans un discours à un centre de congrès à Jérusalem.

Puis, dans son discours de Jérusalem la semaine dernière, Obama a subitement et de façon inattendue adopté dans son intégralité la demande israélienne: «Les Palestiniens doivent reconnaître qu'Israël sera un Etat juif.»

Cette phrase ouvre de nouveaux et importants horizons et ne pourra pas facilement être annulée. Elle engage dans la voie d'une politique excellente, car sans une telle reconnaissance, l'acceptation palestinienne d'Israël est vaine, indiquant seulement la volonté d'appeler l'état futur plutôt "Israël" que "Palestine".

Bien que n'étant pas le seul changement dans la politique annoncée lors de la visite d'Obama (l'autre étant de dire aux Palestiniens de ne pas fixer de conditions préalables à des négociations), celui-ci attire plus l'attention parce qu'il enfreint le consensus palestinien. Bardawil peut de façon hyperbolique affirmer que cela «montre qu'Obama a tourné le dos à tous les Arabes», mais ces dix mots, en fait, établissent une volonté de traiter de la question centrale du conflit. Ils seront probablement sa plus importante contribution, la plus durable et la plus constructive à la diplomatie israélo-arabe.

Mr. Pipes est président du Forum du Moyen-Orient.

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Mise à jour du 26 mars 2013: D'autres réactions arabes à la déclaration «l'Etat juif» d'Obama:

Abdel Bari Atwan, rédacteur en chef du journal basé à Londres Al-Quds al-Arabi, du 23 mars:

Jamais de ma vie je n'ai vu un président américain mendier l'approbation des Israéliens, tout en s'abaissant dans la façon de faire exactement comme Barack Obama l'a fait lors du voyage actuel. ... Il a brisé notre confiance et déçu nos espoirs, nous rappelant l'oncle Tom (du roman de Harriet Beecher Stowe en 1852, La Case de l'oncle Tom) – le domestique noir dont la soumission à son maître blanc a écrasé [toute] humanité.

Barack Hussein Obama nous a surpris avec son discours à Jérusalem quand il a exigé que les Palestiniens reconnaissent Israël comme un Etat juif et a exhorté les Etats arabes à reconnaître Israël ….Obama nous demande de reconnaître Israël comme un Etat juif, alors qu'en est-il des 25 pour cent de sa population qui ne sont pas Juifs, en particulier les 1,5 millions d'Arabes vivant en Israël? La longue lignée de présidents caucasiens de l'Amérique ne s'est jamais courbée si bas; la plupart d'entre eux ont fait pression sur Israël dans une certaine mesure pour reconnaître les droits du peuple palestinien.

Obama n'est pas venu dans cette région comme un homme de paix, mais comme un va-t-en-guerre….. L'approche révisée d' Obama suggère que les Arabes et les musulmans se préparent à passer quatre années d'enfer pendant le deuxième mandat d'Obama en tant que président. ... C'est l'époque de l'hypocrisie américaine et de l'humiliation arabe.

Thèmes connexes:  Conflit et diplomatie israélo-arabes, Politique étrangère américaine Il est permis de reposter ou de faire suivre ce texte pour autant qu'il soit présenté dans son intégralité et accompagné de toutes les informations fournies à propos de son auteur, de sa date et son lieu de publication et de son URL originale.

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 14:53

 Hurricane 9K57 25.3.13 (Copier)

 

Le lanceur de lourdes roquettes MLRS entre les mains des rebelles syriens.

 

 

Les rebelles syriens qui combattent pour le contrôle d’Alep, la plus grande ville de Syrie, ont acquis leurs premières armes lourdes – des lanceurs de roquettes MLRS de 220 mm- grâce à une opération de livraison à grande échelle, menée par le Prince Bandar bin Sultan, le chef des renseignements saoudiens, selon des sources exclusives du renseignement de Debkafile.


Ses agents ont écumé les nations des Balkans, en Serbie, Bosnie, Croatie et Kosovo, et, contre d’épaisses liasses de billets, ont récolté des lanceurs MLRS (Smerch) fabriqués en Russie et des Hurricane 9K 57, capables de tirer des quantités de roquettes de 220-mm à une distance de 70 kms.


Les Saoudiens espèrent rendre plus expéditive la conquête rebelle de la base aérienne syrienne de Nairab, concomitante de l’aéroport international d’Alep. Le Prince Bandar a, personnellement, mis le sort de la bataille de Nairab sous son aile, convaincu qu’il s’agit de la clé pour la conquête d’Alep, qui est le premier centre national par le commerce et la densité de sa population, après une impasse de plus d’un an dans la lutte pour sa prise de contrôle.


La chute de cette base aérienne réduirait considérablement l’importance des vols de livraison d’armes iraniennes et russes à l’armée d’Assad.


La Russie fait atterrir ses avions- cargo chargés d’armes et de pièces de rechange pour l’armée syrienne à Nairab, à la suite des tirs rebelles contre les installations aériennes autour de Damas. Moscou a, depuis lors, menacé les rebelles que, si leurs attaques des avions russes entrant ou sortant de Nairab perduraient, les forces spéciales russes viendraient éliminer leurs forces concentrées autour de la base et en assureraient elles-mêmes la protection.


Depuis quelques temps, les livraisons d’armes russes et iraniennes, via Nairab, ont doublé, après que les rebelles aient conquis beaucoup de villages alaouites dans les régions du nord syrien d’Alep et d’Idlib.


Leurs habitants, les membres de la secte alaouite proche de Bachar al Assad, principalement des femmes et des enfants, fuient en masse de leurs maisons, par crainte des représailles des rebelles. Ils le font en direction des villes côtières de Tartous et Latakieh, qui sont encore sous le contrôle du régime.


La question reste de savoir pour combien de temps encore. A cours de la troisième semaine de mars, les navires de guerre russes ont cessé d’accoster dans le port maritime de Tartous, après avoir découvert que ses quais et installations s’étaient peuplés de réfugiés alaouites qui se ruaient sur les marins russes, pour mendier de la nourriture, de l’eau et de l’aide médicale.


Depuis le 21 mars, on a ordonné aux navires russes en Méditerranée d’éviter Tartous et de réorienter leurs escales vers le port de Beyrouth, au Liban.


L’opération saoudienne visant à transférer des lanceurs de lourdes roquettes, depuis les Balkans jusqu’à Alep, n’était pas une mince affaire.


Les roquettes sont fixées à des véhicules pesant 43, 7 tonnes chacun. Les roquettes elles-mêmes sont longues de 7, 6  mètres et pèsent 800 kgs.


Pour organiser la livraison de cette artillerie lourde aux rebelles d’Alep, le Prince Bandar a contacté Hakan Fidan, le chef de l’organisation du renseignement national turc, le MIT. Ils se sont mis d’accord pour mettre sur pied une voie d'accès par la terre, depuis les Balkans à travers la Turquie, franchissant alors la frontière syrienne vers Alep, sous la protection de l’armée turque.


Nos sources rapportent que le refus initial d’Ankara de coopérer à été surmonté, lorsque le Prince Bandar a fait un rappel cinglant, concernant l’échelle des exportations turques vers l’Arabie Saoudite et des dégâts que subirait l’économie turque en cas de suspension.


La nouvelle que l’Arabie Saoudite livrait des armes lourdes aux rebelles syriens a stupéfié le sommet de la Ligue Arabe, qui se tenait à Doha, au Qatar, cette semaine, l’entraînant vers une clôture pleine de vacarme et de vociférations, révèlent les sources des renseignements au Moyen-Orient à Debkafile.


On a entendu les délégués saoudiens et qataris s’asséner des injures grinçantes les uns aux autres et s’échanger des coups, dans des pièces de rencontres privées, au bout des couloirs du hall de l’Assemblée. Les procédures régulières de la conférence ont brutalement été interrompues, alors que les membres des délégations arabes se ruaient pour les séparer. Un blackout total s’est abattu rapidement sur le Sommet, alors qu’il s’achevait en fiasco.

 

Le Prince Bandar Bin Sultan, un fin limier.

 

 

Les dirigeants de la famille royale saoudienne et Hamad bin Khalifa Al Thani du Qatar sont en grave désaccord, à propos du conflit civil syrien. Riyad –et le Prince Bandar, plus particulièrement – accuse les Qataris de conspirer dans le but de mettre les Frères Musulmans au pouvoir à Damas, y compris des groupes radicaux liés à Al Qaeda.


Le Premier Ministre et le chef des services secrets qataris, le Cheikh Hamad bin Jassem ont répliqué en accusant l’Arabie Saoudite de manœuvrer pour prendre le contrôle du mouvement  rebelle syrien.


Les Saoudiens condamnent les liens très étroits du Premier Ministre turc Erdogan avec la famille dirigeante du Qatar qui, affirment-ils, accouche des plans pour la Syrie en totale conformité avec les aspirations qataries.


C’est aussi pour cette raison, que Bandar a insisté pour que la Turquie prenne une part active en facilitant la route des armes lourdes des Balkans jusqu’à Alep.


http://www.debka.com/article/22857/Saudi-heavy-weapons-supply-to-Syrian-rebels-breaks-up-Arab-summit-in-uproar  

 

DEBKAfile  Reportage Exclusif  March 28 Mars 2013, 11:13 AM (GMT+02:00)

 

Adaptation : Marc Brzustowski

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 13:21

http: www come4news com images users 3100 MIKATII jpg Liban : démission du Premier ministre Nagib Mikati

 

L’analyse de Dario S. (Rome)

La démission du Premier ministre libanais plonge le Liban dans une crise politique

 

link


Crainte d’un vide institutionnel que le Hezbollah tenterait de remplir

vendredi 22 mars 2013 - 20h19, par Dario S. (Rome)

Logo MédiArabe.Info

Le premier ministre libanais Najib Mikati vient de démissionner, après une journée chargée de rebondissements. Mais Mikati restera sans doute en place, pour longtemps, afin d’expédier les affaires. Car à quelques mois de la fin du mandat du Parlement, il est quasiment impossible de former un nouveau gouvernement.

 

Najib Mikati vient d’annoncer sa démission, et donc celle du gouvernement, dans un discours télévisé adressé aux Libanais, ce vendredi soir, au terme d’une journée pleine de rebondissements. Le Conseil des ministres a échoué aujourd’hui à s’entendre sur plusieurs questions cruciales et à faire face à la situation explosive à Tripoli, fief de Mikati. Les principaux sujets de discorde sont :


Les ministres du Hezbollah et de son allié Michel Aoun ont refusé la création d’une commission nationale de supervision des élections législatives, une mesure indispensable pour réussir les législatives de juin prochain, qui seront reportées de facto, d’autant plus que la classe politique ne s’est pas encore entendue sur le mode de scrutin à adopter.


Les ministres de la majorité pro-syrienne ont également refusé le maintien du général Ashraf Rifi dans ses fonctions. Le commandant des Forces de Sécurité Intérieures (FSI) atteint, dans quelques semaines, l’âge de la retraite. Le Hezbollah cherche à le remplacer par l’un de ses fidèles pour contrôler ce dernier corps constitué qui lui échappe encore. Le Hezbollah et le général Aoun refuset également le maintien à son poste du chef des services de renseignement de l’armée. Michel Aoun cherche aussi à imposer son gendre à la tête de l’armée.


Pour accentuer la pression sur l’armée et sur Mikati, les Alaouites de Tripoli ont mis leurs menaces à exécution, et la situation déborde désormais les quartiers traditionnellement tendus de Jabal Mohsen et Bab Tebbani. L’armée libanaise peine à imposer le calme.


Les pressions syriennes directes se poursuivent à la frontière, tant dans le nord (Akkar) que dans la Békaa (Ersal et Hermel). Selon plusieurs sources, Bachar Al-Assad a menacé, la semaine dernière, de bombarder le Liban si le président Michel Sleiman ne remplace pas le commandant en chef de l’armée, lequel avait refusé d’engager l’armée contre les rebelles syriens.


Le gouvernement a échoué à financer les revalorisations salariales promises. Les syndicats ont accentué les pressions, à travers les manifestations et les sit-in. L’économie est au bord de la faillite. Mikati n’a pas trouvé les ressources nécessaires pour financer les hausses des salaires susceptibles de désamorcer la crise.


Ces raisons apparentes ont poussé Mikati à démissionner et à engager le Liban dans un vide institutionnel. Mais plusieurs observateurs redoutent d’autres raisons sournoises, comme notamment la volonté délibérée de provoquer le vide, afin de reporter les élections et de permettre au Hezbollah d’accomplir un coup d’Etat blanc qui lui permettrait de mieux aider Bachar Al-Assad dans sa guerre d’extermination en Syrie.

Dario S.

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 11:57

  Turkish-drone (Copier)

 

Un drone turc, resté en "carafe", en attente de technologie israélienne.

 

 

 

 Le Premier Ministre israélien Binyamin Netanyahou a offert au Premier Ministre Turc Tayyip Erdogan un bon moyen de sauver la face, pour mettre fin aux dissensions depuis trois ans, parce que très désireux de couronner de succès la visite de trois jours du Président Barack Obama, par une percée diplomatique spectaculaire. Il a ravalé la fierté d’Israël et de son armée et, depuis l’aéroport, sous la surveillance d’Obama, a pris son téléphone, composé le numéro d’Erdogan et présenté ses excuses pour la mort de neuf militants turcs pro-palestiniens, tués par des soldats israéliens, en 2010, à bord du Mavi Marmara qui menait une flottille chargée de briser le blocus israélien de la Bande de Gaza, contrôlée par le Hamas.


Le croassement des commentaires du Ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu – « les exigences fondamentales de la Turquie ont été remplies, nous avons obtenu ce que nous voulions »-  était totalement déplacé, malveillant et mal-élevé.

 

 


Il sait pertinemment qu’au cours de la dernière année, en dépit d’une ligne constante de diatribes abusives, de la part d’Ankara, Israël a calmement répondu aux besoins désespérés de coopération de la Turquie, dans quatre domaines essentiels dévoilés ici par Debkafile :

 

1. Les forces armées turques sont lourdement dépendantes à l’égard des technologies militaires israéliennes, depuis les lointaines années de l’alliance étroite entre les deux pays à laquelle la Turquie a coupé court. Cette dépendance s’applique plus particulièrement, à ses drones, la colonne vertébrale des armées modernes actuelles. Elle concerne, également, l’énorme transaction en cours, dans le cadre de la vente à la Turquie d’avions américains AWACs, fabriqués par Boeing, dotés de moyens de surveillance électronique. 


Boeing s’est trouvé dans l’incapacité de livrer les avions sans le consentement de Jérusalem, parce qu’un composant essentiel, les systèmes d’alerte précoce, est conçu par Israël. Ce consentement est resté en suspens, face aux besoins urgents de la Turquie et à l’impatience de la compagnie américaine d’aviation de consommer cet accord.


La Turquie a grand besoin de ces avions – non seulement pour observer les évènements dans la proche Syrie, bouleversée par la guerre, mais surtout pour compléter sa ligne de défense anti-aérienne contre les missiles balistiques iraniens. Sans ces AWACs, le système avancé de radars FBX que les Etats-Unis a stationné sur la base aérienne turque de Kurecik n’est que partiellement opérationnel. La batterie de Kurecik est raccordée à son équivalent, présent sur la base américaine dans le Neguev israélien, un fait qu’Ankara choisit d’ignorer.

 


2. Au regard de la tourmente en Syrie, le noyau dur des exportations de la Turquie, destinées au Golfe Persique et à des lieux plus éloignés à l’Est, ont été détournées vers les ports israéliens d’Haïfa et d’Ashdod, alors qu’il y a de cela environ un an, elles traversaient la Syrie la Jordanie et l’Arabie Saoudite.


Puisque qu’on ne perçoit aucun terme au conflit syrien, ni à la fermeture de la frontière turco-syrienne, de plus en plus, le trafic des exportations de Turquie chemine par le port d’Haïfa, puis par le réseau ferroviaire à travers Israël et la Jordanie. Les produits turcs, chargés en direction de l’Europe et des Etats-Unis sont, de la même façon, détournés vers les ports israéliens, du fait que les ports égyptiens dysfonctionnent de plus en plus, à cause de la crise économique que subit ce pays.



3. Au cours de la première année du soulèvement syrien, alors que Davutoglu voyageait encore fréquemment vers Damas, pour discuter avec Bachar Al Assad, Ankara entretenait de grands espoirs de devenir un acteur essentiel de la résolution de la débâcle syrienne. Mais, il a aussi cherché à conclure un arrangement avec le Hezbollah libanais, l’allié de Bachar Assad, de façon à faire obstruction à l’exploration des champs de Gaz et de Pétrole, dans l’Est de la Méditerranée.
 


Trois ans passant, les dirigeants turcs se sont réveillés et ont commencé à réaliser qu’ils auraient mieux fait de se dépêcher de sauter dans le train en marche de la production énergétique israélienne, appuyée par les Etats-Unis, sans quoi, ils passeraient à côté d’un développement économique exceptionnellement lucratif, c’est-à-dire, l’ouverture à venir de la route d’exportation du Gaz méditerranéen vers l’Europe.

 


4. La Turquie, Israël et la Jordanie sont dans le même bateau, en tant que cibles de l’utilisation à grande échelle des armes chimiques et biologiques, par la Syrie. Ce sujet était au sommet de l’agenda des pourparlers du Président Obama avec le Roi Abdallah de Jordanie, vendredi 21 mars, à Amman, après avoir exploré ce thème auprès du Premier Ministre d’Israël, à Jérusalem.


Obama leur a présenté son plan visant à consolider, au sein d’un unique Quartier Général turco-israélo-jordanien, mené par les Etats-Unis, les centres de commandement séparés instaurés il y a six mois, dans chacun de ces pays, pour combattre l’utilisation d’armes non-conventionnelles. Ce commandement unifié devrait se tenir prêt à lancer des unités issues de ces quatre armées, dans des actions terrestres et aériennes coordonnées, à l’intérieur de la Syrie, au moindre signal de Washington. Le Président américain a occupé ses visites à Jérusalem et Amman à finaliser les termes de ce plan d’urgence avec Netanyahou et Abdallah, alors que le Secrétaire d’Etat John Kerry s’entretenait avec Erdogan à Ankara.


Cependant, cet effort réunissant quatre armées, visant à combattre la menace chimique syrienne aurait pu ne jamais prendre son envol, à cause du fait qu’Ankara et Jérusalem se trouvaient en mauvais termes pour dialoguer. Cela durait déjà depuis trois ans, depuis qu’Erdogan a suspendu les relations militaires avec Israël et réduit les liens diplomatiques, en exigeant des excuses israéliennes pour l’incident du Mavi Marmara, des compensations pour ses victimes et l’allègement du blocus naval autour de Gaza.


Le Premier Ministre turc a lourdement insisté sur le fait que le Premier Ministre israélien devait payer son tribut selon le code d’honneur national turc bafoué. Et, finalement, Netanyahou a fini par fléchir. Mais Israël a renforcé sa position sur la dernière condition : une commission d’enquête de l’ONU a désigné comme légal et légitime le blocus israélien, bien que son raid sur le navire turc ait été considéré comme « excessif ». Ainsi, le blocus reste en place et on constate, effectivement, que le vendredi 23 mars, le nouveau Ministre de la Défense d’Israël, Moshe Yaalon, l’a renforcé en ajoutant des restrictions aux zones maritimes de Gaza, ouvertes aux pêcheurs palestiniens en Méditerranée.


Il s’agissait d‘une sanction pour l’attaque de quatre roquettes, lances depuis Gaza, contre la ville de Sderot, jeudi, au second jour de la visite du Président Obama en Israël. Les sources militaires de Debkafile commentent le fait que le nouveau Ministre de la Défense pourrait avoir adressé des reproches directs au Premier Ministre, pour avoir présenté ses excuses à la Turquie, en admettant des « erreurs opérationnelles », éclaboussant ainsi le professionnalisme de l’unité des commandos de la Marine israélienne, le Shayeret 13 et son action légitime, pour la défense du blocus légal de la Bande de Gaza par Israël.

 

 

 

DEBKAfile Reportage Exclusif  23 mars 2013, 1:51 PM (GMT+02:00)

 

http://www.debka.com/article/22849/Turkey-badly-needed-to-end-row-with-Israel-Netanyahu%E2%80%99s-apology-gave-Obama-a-diplomatic-breakthrough


Adaptation : Marc Brzustowski.

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 08:08

 

 

 

Damas menace de frapper au Liban

 

http://www.lorientlejour.com

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15/03/2013


Un camion citerne en flammes, à Tripoli, au Liban-Nord, le 14 mars 2013. Ce camion a été neutralisé dans un quartier sunnite de la capitale du Liban-Nord, par des manifestants voulant l'empêcher d'arriver en Syrie. AFP PHOTO/STR
Un camion citerne en flammes, à Tripoli, au Liban-Nord, le 14 mars 2013. Ce camion a été neutralisé dans un quartier sunnite de la capitale du Liban-Nord, par des manifestants voulant l'empêcher d'arriver en Syrie. AFP PHOTO/STR

Un camion citerne en flammes, à Tripoli, au Liban-Nord, le 14 mars 2013. Ce camion a été neutralisé dans un quartier sunnite de la capitale du Liban-Nord, par des manifestants voulant l'empêcher d'arriver en Syrie. AFP PHOTO/STRLe Conseil de sécurité se dit « très inquiet des incidents répétés » à la frontière libano-syrienne.

 

La tension dans les relations libano-syriennes a connu un très grave rebondissement hier soir avec les annonces simultanées de Damas et de New York, dans un cas de menaces de frappes contre des groupes qui s’apprêteraient à s’infiltrer en Syrie et, dans l’autre, de la grande inquiétude du Conseil de sécurité de l’ONU à l’égard des « incidents répétés » à la frontière entre les deux pays.


Les autorités syriennes ont menacé de frapper au Liban les « bandes armées » qui continuent de s’infiltrer en Syrie via la frontière commune pour combattre aux côtés des rebelles, a indiqué l’agence officielle SANA

« Ces dernières 36 heures, des bandes terroristes armées se sont infiltrées en grand nombre à partir du Liban en territoire syrien. Les forces syriennes se sont opposées à ces bandes et les combats sont toujours en cours », a affirmé le ministre syrien des Affaires étrangères dans un message adressé à son homologue libanais et reproduit par SANA.

 
« Les forces syriennes font preuve de retenue en ne frappant pas ces bandes à l’intérieur du territoire libanais pour les empêcher de traverser en Syrie, mais cela ne durera pas indéfiniment », avertit Damas.

 

 

 

(Pour mémoire : L'armée syrienne libre menace de porter la guerre au Liban)


La Syrie « attend de la partie libanaise qu’elle n’autorise pas ces bandes à utiliser la frontière pour passer en Syrie car celles-ci nuisent à la sécurité du peuple syrien, violent la souveraineté syrienne et abusent des bonnes relations fraternelles entre nos deux pays », ajoute le message syrien.
Plus tôt dans la journée, l’ambassadeur de Syrie à Beyrouth avait annoncé avoir remis aux autorités libanaises une lettre de protestation « contre les violations à la frontière entre les deux pays ».
« Des hommes armés s’infiltrent depuis deux jours dans la localité syrienne de Tell Kalakh et il y a eu plusieurs autres violations dans cette région », a affirmé l’ambassadeur dans un entretien avec la chaîne de télévision al-Mayadeen.


À plusieurs reprises depuis le début du conflit en Syrie il y a deux ans, des combats impliquant l’armée syrienne ont éclaté à la frontière entre la Syrie et le Liban. L’armée syrienne a en outre dans le passé tiré des obus en territoire libanais, faisant des victimes.
Des informations font état d’un soutien armé de combattants du Hezbollah au régime syrien et d’une aide d’islamistes libanais sunnites à la rébellion, faisant craindre un réel débordement.
À Tripoli, des jeunes habitants du quartier de Bab el-Tebbaneh ont mis le feu hier soir à trois camions-citernes syriens transportant du mazout, après avoir battu et détenu pendant quelques heures leurs conducteurs, selon une source des services de sécurité.
Ils ont inscrit avec des bombes de peinture noire sur les camions-citernes le nom du Front al-Nosra, le groupe formé de jihadistes qui combattent aux côtés des rebelles les troupes syriennes. Ils ont également endommagé quatre autres camions.

 

(Lire aussi : Lever l’embargo sur les armes, « c’est maintenant »)

Le Conseil de sécurité 
À New York, les membres du Conseil de sécurité de l’ONU se sont dit « très inquiets » des « incidents frontaliers répétés » entre la Syrie et le Liban, dans une déclaration adoptée hier. 
Dans une rare unité sur ce sujet sensible, les 15 membres du Conseil ont également indiqué redouter « l’impact de la crise syrienne sur la stabilité du Liban », dans un communiqué publié après le vote.
Parmi ces « incidents », la déclaration cite « des tirs par dessus la frontière qui ont provoqué des morts et des blessés dans la population libanaise, des incursions, des enlèvements et un trafic d’armes par la frontière syro-libanaise ».
Le Conseil souligne également « l’importance de respecter totalement la souveraineté, l’unité, l’intégrité territoriale et l’autorité de l’État libanais ». Il invite les Libanais à « s’abstenir de toute implication dans la crise syrienne ».
Il déplore aussi l’impact sur le Liban « du flot grandissant de réfugiés fuyant la violence en Syrie, qui atteint aujourd’hui plus de 360 000 personnes », et demande à la communauté internationale de « tenir les promesses d’aide humanitaire faites à la conférence de Koweït du 29 janvier ».

 

(Pour mémoire : Bouchra, la « réfugiée millionième » de la guerre syrienne)


À Beyrouth, le haut-commissaire des Nations unies pour les Réfugiés, Antonio Guterres, a souligné que la solidarité de la communauté internationale avec les efforts du Liban en faveur des populations syriennes déplacées sur son territoire était devenue « une nécessité ».
M. Guterres s’exprimait au terme d’un entretien au Grand Sérail avec le Premier ministre, Nagib Mikati.
Saluant la « grande générosité et la solidarité dont font preuve le Premier ministre, le gouvernement et le peuple libanais » à l’égard des réfugiés syriens, M. Guterres a admis que le Liban « consent des efforts énormes qui dépassent ses capacités ».
Le responsable onusien s’est entretenu également du même sujet avec le ministre des Affaires sociales, Waël Bou 
Faour.

 

Pour mémoire

Réfugiés syriens : C'est le point de saturation, avertit Sleiman

 

Réfugié syriens : Dans la Békaa, la crise humanitaire atteint la cote d’alerte

 

Avec un million de réfugiés, la Syrie est entrée dans "la spirale d'une catastrophe absolue" 

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 14:04

 

      Eclairant des évènements actuels et datant, pourtant, de 1989: 

 

 

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La conquête alaouite du pouvoir en Syrie

par Daniel Pipes
Middle Eastern Studies
1989

Version originale anglaise: The Alawi Capture of Power in Syria
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

Pendant de nombreux siècles, les Alaouites ont été les gens les plus faibles, les plus pauvres, les plus campagnards, les plus méprisés, les plus arriérés de la Syrie. Or ces dernières années, ils se sont transformés en l'élite dirigeante de Damas. Aujourd'hui, les Alaouites dominent le gouvernement, détiennent les postes militaires clés, profitent d'une part disproportionnée des ressources pédagogiques, et sont en train de devenir riches. Comment ce changement spectaculaire s'est-il produit? Quand les Alaouites ont-ils réussi à sortir de leur enfermement traditionnel, et comment s'explique leur ascension?

Les Sunnites et les autres qui sont hostiles au régime d'Assad répondent à cette question en accusant les Alaouites d'une conspiration élaborée et à long terme pour prendre le pouvoir en Syrie. Annie Laurent suggère que «déterminés à prendre leur revanche » après l'échec d'un chef rebelle, Sulayman Murshid, « les Alaouites mirent en œuvre une stratégie de mise en place de cellules dans l'armée et dans le parti Baath, et cela leur permit de gagner le pouvoir à Damas. »Les tenants de cette vision des choses font remonter l'ascension alaouite à 1959, l'année où le Comité Militaire du Parti Ba'th a été formé. Pourquoi, demandent-ils, les dirigeants de ce groupe ont-ils gardé son existence secrète : loin de l'administration du parti? Ce caractère secret suggère que le Comité militaire depuis le début avait un programme lié à la secte des Alaouites. Matti Moosa a fait valoir qu '«il est presque certain que les agents ont agi non pas comme ba'thistes, mais comme Nusayris* (Noseïris) [Alaouites], avec l'intention d'utiliser le Ba'th et les forces armées pour accéder au pouvoir en Syrie. La formation du comité militaire fut le début de leur plan pour une future prise de pouvoir du gouvernement. "

Cette hypothèse est confirmée par la réunion clandestine de 1960 de leaders religieux et d' officiers alaouites(y compris Hafez el-Assad) qui aurait eu lieu à Qardaha, village natal d'El-Assad. « L'objectif principal de cette réunion était de planifier la façon de faire passer des officiers Noseïris dans les rangs du Parti Ba'th. Ils pourraient alors tirer parti de cela en en faisant un moyen d'arriver au pouvoir en Syrie. » Trois ans plus tard, une autre réunion des Alaouites à Homs, aurait, dit-on, suivi les initiatives antérieures. Parmi d'autres mesures, on eut recours à la mise en place de plus d'Alaouites dans le parti Ba'th et dans l'armée. D'autres réunions secrètes de leaders Alaouites semblent avoir eu lieu plus tard dans les années 1960.

Des analystes mieux disposés envers Assad ont tendance à ne pas tenir compte seulement de ces réunions et d'une conduite des choses préméditée en vue du pouvoir, mais de tenir compte du facteur sectaire, de façon plus générale. John F. Devlin, par exemple, nie que la disproportion des Alaouites dans l'armée implique la domination alaouite de la Syrie. Il est contre le fait de voir « chaque désaccord interne en termes de conflit sunnite-alaouite. » Pour lui, le fait que des Alaouites soient au pouvoir est essentiellement fortuit: « Le Ba'th est un parti laïc, et les minorités pèsent lourd» Alasdair Drysdale appelle «réductionniste» le fait de mettre l'accent sur l'appartenance ethnique, faisant valoir qu'il s'agit d'un des nombreux facteurs- géographique, classe, âge, éducation, profession - qui définissent l'élite dirigeante. Selon. Yahya M. Sadowski, «La loyauté à l'appartenance religieuse jouer un rôle insignifiant dans le Ba'th, et même les obligations confessionnelles ne sont qu'un des nombreux moyens par lesquels le népotisme s'étend. »

La vérité se situe entre complot et caractère fortuit. Les Alaouites ne planifièrent pas pour « prendre le pouvoir dans le futur» des années à l'avance, et ce n'est pas non plus un pur hasard si dans le parti Ba'th « les minorités ont pesé lourd ». " Le pouvoir alaouite a été la conséquence d'une transformation non prévue, mais religieuse de la vie publique en Syrie. Michael van Dusen explique: «De 1946 à 1963, la Syrie a assisté à l'érosion progressive du pouvoir politique national et finalement même en dessous du national, de l'élite traditionnelle, non pas tant par l'émergence d'élites nouvelles et particulièrement dynamiques, mais plutôt par un conflit interne ». Traduit du jargon de la science politique, ce que van Dusen dit c'est que les divisions internes ont conduit les civils sunnites non-Ba'thistes à perdre le pouvoir. Cela a donné une ouverture que les officiers ba'thistes d'origine alaouite ont exploitée.

Comment ce processus est survenu est le sujet que je traite ici. Mais d'abord, quelques informations de base sur le contexte des Alaouites et leur place dans la société syrienne traditionnelle, suivi d'une esquisse de leur ascension.

L'HERESIE ALAOUITE JUSQU'EN 1920

Les gens et la religion

« Alaouites» est le terme que les Alawis (également appelés Alaouites) s'appliquent habituellement à eux-mêmes ; mais jusqu'en 1920 ils étaient connus du monde extérieur comme Nusayris ou Ansaris. Le changement de nom - imposé par les Français lors de leur prise de contrôle de la Syrie - a une signification. Considérant que "Nusayri», souligne les différences du groupe par rapport à l'islam »,« Alawi » suggère un partisan d'Ali (le gendre du prophète Mahomet) et accentue les similitudes de la religion avec l'islam chiite. Par conséquent, les opposants au régime d'Assad ont l'habitude d'utiliser le premier terme, les partisans du régime, de faire usage du deuxième.

Les Alaouites aujourd'hui sont approximativement au nombre d'1,3 millions, dont environ un million vivent en Syrie. Ils constituent aux alentours de 12 pour cent de la population syrienne. Trois-quarts des Syriens alaouites vivent dans Latakia, une province au nord-ouest de la Syrie, où ils représentent près des deux tiers de la population.

Les doctrines alaouites datent du IXe siècle et sont issues de la branche des duodécimains ou imamites de l'islam chiite (la secte qui prédomine en Iran). Aux environs de 859 après J.-C., un Ibn Nusayr se déclara le Bab("porte de la vérité"), un personnage clé dans la théologie chiite. Sur la base de cette autorité, Ibn Nusayr proclama une foule de nouvelles doctrines qui, pour faire court, firent de l'Alaouisme, une religion distincte. Selon Ibn Kathir (mort en 1372), là où les musulmans proclament leur foi avec la phrase "Il n'y a de divinité que Dieu et Mahomet est son prophète", les Alaouites affirment « Il n'y a pas de divinité à part Ali, pas de voile, mais Muhammad, et pas de bab sauf Salman ». Les Alaouites rejettent les grands principes de l'Islam; sous tous les angles, ils doivent être considérés comme non musulmans.

Certains doctrines alaouites semblent provenir du paganisme phénicien, du Mazdéisme et du Manichéisme. Mais de loin la plus grande affinité est avec le Christianisme. Les cérémonies religieuses alaouites impliquent du pain et du vin ; en effet, boire du vin a un rôle sacré dans l'Alaouisme, car cela représente Dieu. La religion tient Ali, le quatrième calife, comme l'incarnation (comme Jésus) de la divinité. Elle a une sainte trinité, composé de Mahomet, Ali, et Salman al-Farisi, un esclave affranchi de Mahomet. Les Alaouites célébrent de nombreuses fêtes chrétiennes, y compris Noël, le Nouvel An, l'Epiphanie, Pâques, la Pentecôte et le dimanche des Rameaux. Ils honorent de nombreux saints chrétiens: Sainte-Catherine, Sainte-Barbe, Saint-Georges, Saint-Jean-Baptiste, saint Jean Chrysostome et de Sainte-Marie-Madeleine. Les équivalents arabes de noms de personnes chrétiens comme Gabriel, John, Matthew, Catherine, et Hélène, sont d'usage courant. Et les Alaouites ont tendance à montrer plus de gentillesse pour les chrétiens que pour les musulmans.

Pour ces raisons, de nombreux observateurs - notamment des missionnaires - ont soupçonné les Alaouites d'un penchant secret pour les chrétiens. Même T.E Lawrence les a décrits comme « ces disciples d'un culte de la fécondité, purs païens, anti-étrangers, se méfiant de l'islam, assimilés par moments au christianisme par la persécution commune. » Le jésuite érudit Henri Lammens sans équivoque a conclu de ses recherches que «les Nusayris étaient chrétiens» et leurs pratiques combinent des éléments chrétiens avec des éléments chiites.

Les détails de la foi alaouite sont cachés non seulement aux gens de l'extérieur, mais même à la majorité des Alaouites eux-mêmes. Contrairement à l'islam, qui est fondée sur des relations directes entre Dieu et le croyant, l'alaouisme permet seulement aux gens de sexe msculins nés de deux parents Alaouites d'apprendre les doctrines religieuses. Lorsqu'ils sont jugés dignes de confiance, ceux-ci sont initiés à quelques-uns des rites, à 16-20 ans; d'autres mystères sont révélés plus tard et seulement peu à peu. Le secret religieux est strictement maintenu, sous peine de mort et d'être incarné dans un vil animal. Si cette dernière menace est valable, les mortels ne peuvent pas en juger, mais la première l'est certainement. Ainsi, l'apostat le plus renommé de l'Alaouisme, Sulayman Efendi al-Adhani, a été assassiné pour avoir divulgué des mystères de la secte. Encore plus impressionnant, à un moment de tension sectaire dans le milieu des années 1960, la suggestion que les officiers alaouites qui dirigeaient le pays publient les livres secrets de leur religion a poussé Salah Jadid à répondre avec horreur, disant que, si cela était fait, le leaders religieux « nous écraseraient. »

Les femmes font la plupart des durs travaux ; elles sont appréciées « précisément à cause que le travail qu'elles font, les hommes ne le feraient pas sauf à contrecoeur, trouvant cela incompatible avec leur dignité. » Les femmes ne sont jamais admises dans les secrets («Devrions-nous s leur apprendre ce que nous utilisons, notre sainte foi? »); En effet, leur malpropreté nécessite leur exclusion de tous les rituels religieux. Les femmes sont pensées pour conserver le culte païen des arbres, prairies et collines cultes, et n'ont pas d'âme. Dans l'ensemble, les femmes sont traitées abominablement, mais une conséquence de ce manque de respect, c'est qu'elles ne doivent pas être voilées et elles ont une plus grande liberté de mouvement que les femmes musulmanes.

Les femmes non voilées et plusieurs autres pratiques alaouites- en particulier, que la consommation de vin est autorisée, et que certaines cérémonies ont lieu la nuit – tout cela a longtemps dirigé les soupçons des musulmans sur le comportement des Alaouites. Puis aussi, l'obsession du secret inhérent à la religion a suggéré à de nombreux Sunnites que les Alaouites avaient quelque chose à cacher. Mais quoi? Au cours des siècles, l'imagination des sunnites a fourni une réponse très évocatrice: abandon sexuel et perversion.

Ainsi, le théologien al-Ash'ari (874-936) a jugé que l'Alaouisme encourageait la sodomie masculine et les mariages incestueux et le fondateur de la doctrine religieuse druze, Hamza ibn 'Ali (m.en 1021), a écrit que les Alaouites considèrent«le membre masculin entrant dans la nature féminine comme l'emblème de leur doctrine spirituelle ». En conséquence, les hommes alaouites partagent librement leurs épouses avec des coreligionnaires. Ces accusations et d'autres ont survécu intactes à travers les siècles et ont même circulé parmi les Européens. Un voyageur anglais du début des années 1840, qui était probablement en train de répéter des rumeurs locales, a écrit que «l'institution du mariage est inconnue. Quand un jeune homme grandit, il achète sa femme. » Même les Alaouites croyaient au«communisme conjugal» de leurs chefs religieux. De telles calomnies restent un des piliers de la propagande anti-Alaouite circulant dans la Syrie d'aujourd'hui.

Bien que les accusations soient fausses, les Alaouites rejettent la loi sacrée de l'Islam, la charia, et donc se permettent toutes sortes d'activités que la doctrine islamique interdit formellement. Les Alaouites ignorent les pratiques sanitaires, les restrictions alimentaires, les mœurs sexuelles, et les rituels religieux. De même, ils accordent peu d'attention au jeûne, à l'aumône, et aux cérémonies de pèlerinage de l'islam ; en effet, ils considèrent le pèlerinage à la Mecque comme une forme d'idolâtrie. Les «mariages spirituels» entre les jeunes (hommes) initiés et leurs mentors religieux se trouvent probablement à l'origine des accusations d'homosexualité.

Le plus frappant de tout, les Alaouites n'ont pas de prières ou de lieux de culte ; en effet ils n'ont pas de structures religieuses autres que les sanctuaires tombes. Les prières ont lieu dans des maisons privées, généralement celles des chefs religieux. Le voyageur du XIVe siècle, Ibn Battuta décrit comment ils ont répondu à un décret du gouvernement ordonnant la construction de mosquées:.. «Chaque village a construit une mosquée loin des maisons, dans laquelle les villageois n'entrent pas pour y rester. Ils y abritent souvent des bovins et des ânes . Souvent un étranger arrive et va à la mosquée pour réciter l'appel [islamique]à la prière, alors ils lui crient, «Arrêtez de braire, votre fourrage va venir. ». Cinq siècles plus tard une autre tentative a été faite pour construire des mosquées pour les Alaouites, cette fois par les autorités ottomanes ; malgré la pression officielle, celles-ci ont été désertées, abandonnées, même par les fonctionnaires religieux, et encore une fois utilisées comme étables.

Au-delà des divergences spécifiques, la non-conformité à la charia signifie que la vie alaouite suit son propre rythme, fondamentalement différente de celles des musulmans. Les Alaouites n'agissent pas comme des musulmans sunnites, avec lesquels il y aurait seulement des légères différences, mais plutôt, ils ressemblent à des chrétiens et des juifs dans leur manière de vivre totalement distincte. Matti Moosa fait remarquer que, «comme les autres chiites extrémistes... les Nusayris avaient un mépris total pour les obligations religieuses musulmanes." Ignaz Goldziher le résume succintement: «Cette religion n'est l'Islam qu'en apparence. » Il est important de rendre ce point très clair: « Les Alaouites n'ont jamais été des musulmans et ne le sont pas maintenant.

Pourtant, comme le compte-rendu d'Ibn Battuta le laisse entendre, il y a une incohérence permanente dans le souhait alaouite d'être considéré comme musulman. Dans le cas qu'il cite, des mosquées furent construites et négligées, d'autres fois il s'agit de l'adoption en demi-teinte des façons islamiques. Les Alaouites ont une longue histoire de revendiquer l'Islam quand cela convient à leurs besoins et de l'ignorer à d'autres moments. En bref, comme d'autres sectes d'origine chiite, les Alaouites pratiquent la taqiya(dissimulation religieuse). Cela peut signifier, par exemple, prier côte à côte avec les musulmans sunnites, mais en silence en maudissant les califes sunnites. L'apostat alaouite, Sulayman Efendi al-Adhani, a raconté avoir dû jurer de dissimuler les mystères de sa religion. Un Alaouite explique le sentiment derrière la taqiya: «Nous sommes l'organisme et les autres sectes ne sont que les vêtements. Toutefois, l'habit ne change pas l'homme. Donc nous restons toujours des Nusayris, même si à l'extérieur nous adoptons les pratiques de nos voisins. Celui qui ne... dissimule pas est un imbécile, car aucune personne intelligente va nue sur le marché. » Une autre phrase alaouite exprime ce sentiment de façon succincte:« La dissimulation est notre guerre juste! " (al-kitman jihadna)).

Un voyageur anglais a observé en 1697 que les Alaouites sont

d'un caractère étrange et singulier. Car c'est leur principe de n'adhérer à aucune religion définie, mais comme un caméléon, ils ont pris la couleur de la religion, quelle qu'elle soit, qui se reflète sur eux à partir des personnes avec lesquelles ils conversent.... Personne n'a jamais été capable de découvrir ce qu'ils étaient vraiment au fond d'eux-mêmes. Tout ce qui est certain à leur sujet, c'est qu'ils font beaucoup de vin et du bon vin, et que ce sont de grands buveurs.

Cent cinquante ans plus tard, Benjamin Disraeli a décrit les Alaouites dans une conversation dans le roman deTancrède:

"Sont-ils Moslemîn?"[musulmans]
« Il est très facile de dire ce qu'ils ne sont pas, et c'est dû à toute la connaissance que nous avons d'eux ; ils ne sont pas Moslemîn, ils ne sont pas chrétiens, ils ne sont pas druzes, et ils ne sont pas juifs, et certainement ils Guèbres [zoroastriens]. »

Sulayman Efendi al-Adhani expliqué cette flexibilité de l'intérieur:

Ils prennent les pratiques de l'extérieur de toutes les sectes. S'ils rencontrent des musulmans [sunnites], ils leur disent sous la foi du serment: «Nous sommes comme vous, nous jeûnons et nous prions». Mais ils jeûnent mal. S'ils entrent dans une mosquée avec des musulmans, ils ne récitent aucune prière, mais au lieu de cela, ils s'inclinent et se relèvent comme les musulmans, tout en maudissant Abu Bakr, 'Umar,' Uthman, et d'autres [figures majeures de la tradition sunnite] .

La taqiya a permis aux Alaouites d'aller dans le sens du vent. Lorsque la France a gouverné , eux-mêmes se sont dépeints comme des chrétiens perdus. Lorsque le panarabisme a été en faveur, ils sont devenus des Arabes fervents. Plus de 10.000 "alaouites vivant à Damas ont fait semblant d'être sunnites dans les années précédant l'arrivée d'Assad au pouvoir, ne révélant leur véritable identité que lorsque cela est devenu politiquement utile. Durant la présidence de Assad, des efforts concertés ont été faits pour dépeindre les Alaouites comme des chiites duodécimains.

Relations avec les Sunnites

La majorité des musulmans, sunnites comme chiites, traditionnellement ne prennent pas en considération les efforts des Alaouites pour se dissimuler ; ils ont vu les Alaouites comme au-delà des bornes de l'Islam – comme des non musulmans. Hamza ibn Ali, qui a vu l'attrait de la religion résider dans sa perversité, a énoncé clairement ce point de vue: «La première chose qui favorise les méchants Nusayris est le fait que toutes les choses normalement interdites à l'homme - assassiner, voler, mentir, calomnier, forniquer, être pédéraste- cela est autorisé à celui ou celle qui accepte [les doctrines alaouites] ». Abu Hamid al-Ghazali (1058-1111), le Thomas d'Aquin de l'Islam, a écrit que les Alaouites « apostasient en matière de sang, d'argent, de mariage, et de boucherie, c'est donc un devoir de les tuer. »

Ahmad ibn Taymiya (1268-1328), l'écrivain sunnite d'origine syrienne encore très influent, a écrit dans une fatwa(décision religieuse) que «les Nusayris sont plus infidèles que les juifs ou les chrétiens, encore plus infidèles que de nombreux polythéistes. Ils ont causé plus de préjudice à la communauté de Mahomet que les infidèles belligérants comme les Francs, les Turcs, et d'autres. Aux musulmans ignorants ils prétendent être chiites, bien qu'en réalité ils ne croient pas en Dieu, en Son prophète ou à Son livre. " Ibn Taymiya a averti du mal que leur hostilité peut faire: «Chaque fois qu'ils le peuvent, ils font couler le sang des musulmans. Ils sont toujours les pires ennemis des musulmans». En conclusion, il a soutenu que "la guerre et le châtiment contre eux, conformément à la loi islamique sont parmi les plus grands actes de piété et les obligations les plus importantes" pour un musulman. Depuis le XIVe siècle, les sunnites ont utilisé le terme «Nusayri» pour signifier paria.

Les Alaouites n'ont pas eu de position reconnue dans système confessionnel (millet) de l'Empire ottoman. Un décret ottoman de 1571 note qu'une «ancienne coutume » exigeait des Alaouites qu'ils paient des impôts supplémentaires aux autorités et justifiait cela au motif que les Alaouites « ne pratiquent pas le jeûne [du Ramadan], ni les prières rituelles, et ne respectent aucun des préceptes de la religion islamique ». Les Sunnites ont souvent vu les denrées alimentaires produites par les Alaouites comme impures, et ne les mangeaient pas. Selon Jacques Weulerrse, "Aucun Alaouite n 'oserait entrer dans une mosquée musulmane. Autrefois, aucun de leurs chefs religieux n'était en mesure d'aller à la ville le jour de la prière publique [vendredi], sans risque d'être lapidé. Toute manifestation publique de l'identité distincte des communautés était considérée comme un défi [par les sunnites]. "

Les sunnites ne furent pas seuls à comprendre les Alaouites comme hors de l'islam. – le courant majoritaire chiite a fait de même. Et les Alaouites, à leur tour ont vu les deux groupes comme ayant des manques.

Les spécialistes des hérésies sunnites ont condamné les croyances alaouites et vu les Alaouites comme des mécréants (kuffar) et des idolâtres (mushrikun). Les hérésiographes chiites duodécimains étaient seulement légèrement moins virulents et considéraient les Alaouites comme ghulat, "ceux qui dépassent" les limites dans leur déification de Ali. Les Alaouites, à leur tour, ont qualifié les chiites duodécimains de muqassira, "ceux qui sont loin" de sonder la divinité d'Ali.

Il y avait une exception à ce consensus que les Alaouites ne sont pas musulmans. Vers la fin du XIXe siècle, comme les missionnaires chrétiens ont commencé à considérer avec intérêt les Alaouites, les autorités ottomanes ont essayé de les mettre en Islam. Les Français avait déjà des attaches spéciales avec leurs concitoyens catholiques, Maronites, et les autorités à Istanbul ont craint qu'un lien semblable semblable ne soit en cours de création avec les "Alaouites. Alors ils ont construit des mosquées dans les zones alaouites, construit des écoles pour enseigner l'islam, fait pression sur les leaders religieux alaouites pour adopter des pratiques sunnites, et ils ont généralement essayé de faire que les Alaouites agissent comme de vrais musulmans. Ce cas isolé a pris fin après quelques décennies et eut très peu d'impact sur le comportement des Alaouites.

La religion islamique garde une hostilité particulière envers les Alaouites. Comme les autres sectes post-islamiques (tels que les bahaïs et les Ahmadis), on voit qu'ils sont en contradiction avec le principe clé islamique que la dernière révélation de Dieu est allée à Mahomet, et les musulmans trouvent cela tout à fait inacceptable. La loi islamique reconnaît la légitimité du judaïsme et du christianisme, parce que ces religions ont précédé l'islam et, partant, les juifs et les chrétiens peuvent maintenir leurs croyances. Mais les Alaouites sont privés de ce privilège. En effet, les préceptes de l'Islam commandent que les apostats comme les Alaouites soient vendus comme esclaves ou exécutés. Au XIXe siècle, un cheikh sunnite, Ibrahim al-Maghribi, a émis une fatwa annonçant que les musulmans peuvent prendre librement la propriété et la vie des Alaouites ; et un voyageur britannique rapporte ce on dit, « ces Ansayriés, c'est mieux d'en tuer un que de prier toute une journée. »

Fréquemment persécutés, quelque 20.000 furent massacrés en 1317 et la moitié de ce nombre en 1516, les Alaouites se sont isolés géographiquement du reste du monde en restant dans leurs propres régions rurales. Jacques Weulersse a expliqué leur situation difficile:

Défaites et persécutées, les sectes hétérodoxes ont disparu ou, pour survivre, ont renoncé au prosélytisme .... Les Alaouites en silence se sont retranchés dans leurs montagnes .... Isolés dans une région accidentée, entourés par une population hostile, désormais sans communications avec le monde extérieur, les Alaouites ont commencé à vivre leur existence solitaire dans le secret et la répression. Leur doctrine, entièrement constituée, n'a pas évolué davantage.

E. Janot a décrit le problème: « persécuté par les Turcs, victime d'un ostracisme déterminé, rançonné par son propriétaire musulman, l' Alaouite osait à peine sortir de sa zone de montagne, où l'isolement et la pauvreté même l'ont protégé." Dans la fin des années 1920, moins de la moitié de un pour cent vivait dans les villes: seulement 771 Alaouites, sur une population de 176.285. En 1945, juste 56 Alaouites ont été enregistrés vivant à Damas (bien que beaucoup d'autres ont pu cacher leur identité). Pour une bonne raison, « le nom Nusayri est devenu synonyme de paysan. » Les quelques Alaouites qui vivaient loin de leur montagne ont couramment pratiqué la taqiya. Même aujourd'hui, les Alaouites dominent les zones rurales de Lattaquié, mais ne représentent que 11 pour cent des habitants de la capitale de cette région.

Des siècles d'hostilité ont fait des ravages sur le psychisme alaouite. En plus de prier pour la damnation de leurs ennemis sunnites, les Alaouites ont attaqué des étrangers. Ils ont acquis une réputation de gens de la montagne féroces et indisciplinés qui ont se sont opposés à payer les impôts qu'ils devaient aux autorités et ont souvent pillé les villageois sunnites dans les plaines. John Lewis Burckhardt a observé en 1812 que les villageois "tenaient les Anzeyrys [Ansaris] dans le mépris de leur religion, et les craignaient , parce que souvent ils descendent des montagnes dans la nuit, traversent l'Aaszy[la rivière Asi, ou Oronte], et volent, ou enlèvent de force, le bétail de la vallée. "

Les choses semblaient être encore pires en 1860, lorsque Samuel Lyde a ajouté que « cela est considéré comme rien qu'ils tuent un mussulman comme un ennemi naturel, ou un chrétien comme une chose impure. » Ecrivant à peu près en même temps, un écrivain britannique guide de voyage a averti de la réception fraîche à laquelle il faut s'attendre de la part des Alaouites: « Ils sont une race sauvage et quelque peu féroce, enclin au pillage, et même avec effusion de sang, quand leurs passions sont excitées ou la suspicion réveillée. »Avec une magnifique litote , l'auteur guide a conclu, « leur pays doit donc être parcouru avec prudence. »

Les Alaouites se retirèrent dans les montagnes à cause des persécutions, puis ils restèrent là, à l'abri de l'ensemble du monde, faute de pouvoir politique au-delà des limites de leur région, loin des administrations plus importantes, presque en dehors des limites du changement historique. La survie dans le vingtième siècle de pratiques archaïques fait de la «région alaouite (pour utiliser l'expression de Jacques Weulersse) un« pays fossile ». Peu a changé dans ce pays parce que «ce n'est pas la montagne qui s'est humanisée;.c'est plutôt l'homme qui est devenu sauvage » ; les Alaouites en ont souffert :« le refuge qu'ils avaient conquis est devenu une prison, bien que maîtres de la montagne, ils ne pouvaient pas la quitter. »

Les gouvernements ont eu des difficultés à dompter le territoire alaouite. En effet, il ne tombe sous contrôle ottoman qu'à la fin des années 1850. La pacification de la région a ensuite mené à des percées économiques sunnites et à la formation d'une sous-classe alaouite". Comme des paysans mal éduqués manquant d'organisation politique ou de force militaire, les Alaouites généralement travaillé dans des fermes appartenant à des propriétaires arabes sunnites, ne recevant qu'un cinquième de la production. Les agents ottomans ont souvent exigé le double ou le triple des impôts dûs dans la région de Lattaquié.

"Les Alaouites ont été tellement dans la gêne, après la Première Guerre mondiale, que beaucoup de jeunes ont quitté leur patrie pour aller travailler ailleurs. Les fils ont quitté pour trouver un travail de subalterne ou rejoindre les forces armées. Les filles sont parties à l'âge de sept ou huit ans pour travailler comme domestiques en milieu urbain pour les Arabes sunnites. Parce que beaucoup d'entre elles finirent comme maîtresses (une estimation tient qu'un quart de tous les enfants Alawi dans les années 1930 et 1940 avaient un père sunnite), les musulmans et les Alaouites ont vu cette pratique comme profondément honteuse. Dans certains cas, les filles étaient même vendues. Il n'est pas exagéré de dire, comme le fait un historien autochtone, que les Alaouites « furent parmi les plus pauvres de l'Orient » Le révérend Samuel Lyde est allé encore plus loin, écrivant en 1860 que «l'état de la société[alaouite] était un parfait enfer sur la terre. »

Les effets politiques de la pauvreté ont été exacerbés par la nature de ces divisions, qui ont suivi les lignes géographiques et communautaires. Les Sunnites qui vivaient dans les villes ont connu une bien plus grande richesse et dominé les paysans Alaouites. Jacques Weulersse a décrit en 1934 la manière dont chaque communauté « vit à part avec ses propres coutumes et ses propres lois. Non seulement ils sont différents mais ils sont hostiles ... l'idée des mariages mixtes semble inconcevable." En 1946, il a ajouté que «l'antagonisme entre les populations urbaines et rurales est si profond que l'on peut presque parler de deux populations différentes qui coexistent dans un seul cadre politique." Une génération plus tard, Nikolaos van Dam a observé, «les contrastes urbain-rural sont parfois si grands que les villes semblaient comme des colonies d'étrangers qui étanchent la population pauvre en milieu rural .... Au cours du temps, la communauté alaouite a mis au point un forte méfiance des sunnites qui avaient été si souvent leurs oppresseurs. " Ce ressentiment 'Alawi des sunnites a donné d'excellents conséquence, ces dernières années.

LA MONTEE EN PUISSANCE DES ALAOUITES, 1920-1970

L'ascension des alaouites a pris un demi-siècle. En 1920, ils étaient encore la minorité humble qui vient d'être décrite ; en 1970, ils régissaient de main de maître la Syrie. Cette transformation étonnante a eu lieu en trois étapes: le mandat français (1920-1946), la période de domination sunnite (1946-1963), et l'ère de la consolidation alaouite (1963-1970).

Le mandat français, 1920-1946

Selon Yusuf al-Hakim, un éminent homme politique syrien, les Alaouites ont adopté une attitude pro-française, même avant la conquête française de Damas en juillet 1920. « Les Alaouites se voyaient dans un état de grâce après l'enfer ; en conséquence, ils se consacrèrent au mandat français et n'envoyèrent pas une délégation au Congrès [général]syrien. « Ils s'opposaient si intensément au Prince Faysal, le chef sunnite arabe de la Syrie en 1918-1920 qu'ils soupçonnaient de vouloir les dominer, qu'ils lancèrent une rébellion contre son régime en 1919, en utilisant des armes françaises. Selon un observateur bien informé, les Alaouites maudissaient l'islam et priaient « pour la destruction de l'Empire ottoman ». Le général Gouraud reçut un télégramme à la fin de 1919, émanant de 73 chefs Alaouites représentant différentes tribus, qui demandaient « la création d'un syndicat indépendant Nusayri sous notre totale protection. »

Deux ans plus tard, les Alaouites se rebellèrent contre la domination française sous la direction de Salih al-'Ali, un événement que le gouvernement Asad montre fièrement comme un des titres d' anti-impérialisme. Mais un examen attentif pousse à croire que la révolte avait plus à voir avec le fait que les Ismaéliens avaient pris parti pour la France et, compte tenu de l'état des relations Ismaéliens-Alaouites, cela a conduit à des hostilités entre les Alaouites et les Français. Dès que les autorités françaises ont accordé l'autonomie aux Alaouites, elles ont gagné le soutien alaouite.

En effet, l'établissement de la domination française après la Première Guerre mondiale bénéficia aux Alaouites plus qu'à toute autre communauté. Les efforts français pour coopérer avec les minorités signifiaient que les Alaouites accédaient à l'autonomie politique et échappaient au contrôle sunnite ; l'Etat de Lattaquié a été créé le 1er juillet 1922. Ils ont également acquis une autonomie juridique ; une décision de 1922 pour mettre fin au contrôle sunnite d'affaires judiciaires impliquant des Alaouites a transféré ces cas aux juristes alaouites. L'état alaouite a bénéficié d'imposition basse et d'une importante subvention française. Il n'est pas étonnant que les Alaouites aient accepté tous ces changements avec enthousiasme. Comme un historien anti-Alaouite a dit plus tard, « Au moment où des mouvements de résistance prenaient de l'ampleur contre le mandat français, alors que Damas, Alep, et le Hauran connaissaient des rébellions continues au nom de l'unité et de l'indépendance syriennes, les Nusayris bénissaient la division du pays en petits États minuscules. «

En échange, les Alaouites ont contribué à maintenir la domination française. Ils se sont déplacés en grand nombre lorsque la plupart des Syriens ont boycotté les élections parrainées par la France, de janvier 1926. Ils ont fourni un nombre disproportionné de soldats pour le gouvernement, formant près de la moitié des huit bataillons d'infanterie constituant les Troupes Spéciales du Levant, servant en tant que police, et fournissant des renseignements. Pas plus tard qu'en mai 1945, la grande majorité des Troupes Spéciales demeurait fidèle à leurs commandants français. Les Alaouites brisaient les manifestations sunnites, arrêtaient les grèves, et réprimaient les révoltes. Les Alaouites ont été ouvertement favorables à la poursuite de la domination française, craignant que le départ de la France ne conduise à une reprise du contrôle sunnite sur eux. Henri de Jouvenel, haut-commissaire français pour la Syrie (1925-1927), a cité un homme politique alaouite de premier plan lui disant: « Nous avons réussi en trois ou quatre ans à faire plus de progrès que nous n'avions fait en trois ou quatre siècles. Laissez-nous donc dans notre situation actuelle ». "

Les sentiments pro-français ont été exprimés de façon particulièrement claire en 1936, quand l'incorporation temporaire de l 'État alaouite dans la Syrie a suscité de vives protestations. Une pétition de mars 1936 parla de l'union avec les Sunnites comme d'un « 'esclavage». Le 11 juin 1936, un leader alaouite écrivit une lettre au Premier ministre de la France, Léon Blum, lui rappelant « la profondeur de l'abîme qui nous sépare des Syriens [sunnites], »et lui demandant« d'imaginer la catastrophe désastreuse qui suivrait » l'incorporation.

Quelques jours plus tard, six notables alaouites (y compris Sulayman Asad, qui serait, dit-on, le grand-père de Hafez al-Assad) envoyèrent une autre lettre à Léon Blum dans laquelle ils faisaient plusieurs remarques : les Alaouites diffèrent des Sunnites religieusement et historiquement; les Alaouites refusent d'être rattachés à la Syrie , car c'est un État sunnite et les Sunnites les considèrent comme des non-croyants (kafirs); la fin du mandat exposerait les Alaouites à un danger mortel;« l'esprit de féodalité religieuse »rend le pays inapte pays à l'autonomie ;par conséquent, la France devrait assurer la la liberté et l'indépendance des Alaouites en restant en Syrie.

Une note alaouite au gouvernement français en juillet 1936 demandait:" Est-ce que les Français aujourd'hui sont ignorants que les croisades aurait réussi si leurs forteresses avaient été dans le nord-est de la Syrie, dans la terre des Nusayris ?.... Nous sommes les personnes les plus fidèles à la France. « Encore plus fermement formulée fut la pétition de septembre 1936, signée par 450.000 Alaouites, Chrétiens et Druzes, dans laquelle on lit :

Les Alaouites croient qu'ils sont des êtres humains, pas des bêtes prêtes à l'abattage. Aucune puissance au monde ne peut les forcer à accepter le joug de leurs ennemis traditionnels et héréditaires en étant leurs esclaves pour toujours .... Les Alaouites regretteraient profondément la perte de leur amitié et de leur attachement fidèle à la noble France, qui jusqu'à présent a été tant aimée, admirée et adorée par eux.

Bien que Lattaquié ait perdu son statut autonome en décembre 1936, la province a continué de bénéficier d'un «régime administratif et financier particulier »"

La résistance alaouite au pouvoir sunnite a pris un nouveau tournant en 1939 avec le lancement d'une rébellion armée menée par Sulayman al-Murshid, la « mi-sinistre, mi-ridicule figure du « dieu », obèse, illettré, thaumaturge». Murshid, un bandit qui se proclamait lui-même divin, a contesté la règle sunnite avec des armes françaises et quelque 5.000 partisans alaouites. Selon les mots d'un rapport consulaire britannique de 1944: « Les dirigeants locaux Alaouites, dont la conception du nouvel ordre en Syrie est un gouvernement nationaliste qui va les traiter à la manière des Français, confirmant leur autorité et fermant les yeux sur leurs excès, font de leur mieux pour tout combiner, et le mouvement semble être soutenu par les Français. » Murshid réussi à maintenir l'autorité de Damas hors des territoires alaouites.

Jusqu'à l'indépendance, les dirigeants alaouites ont continué de présenter des pétitions aux Français pour que le mécénat français continue. Par exemple, un manifeste signé par douze chefs de file en mars 1945 a appelé tous les soldats alaouites à rester sous le commandement français et l'arbitrage français des différends entre le gouvernement alaouite et Damas.

Prédominance sunnite, 1946-1963

Ce furent les Sunnites , et spécialement l'élite sunnite urbaine, qui

héritèrent du gouvernement lorsque le mandat français prit fin en 1946. Même après l'indépendance, les Alaouites continuèrent à s'opposer à la soumission au gouvernement central. Sulayman al-Murshid mena une seconde révolte en 1946, se terminant par son exécution. Un troisième soulèvement manqué, dirigé par le fils de Murshid eut lieu en 1952. L'échec de ces efforts conduisit les Alaouites à envisager la possibilité de rattacher Lattaquié au Liban ou à la Transjordanie - tout pour éviter l'absorption dans la Syrie. Ces actes de résistance ternissaient encore plus, parmi les Sunnites, la réputation déjà lamentable des Alaouites.

Quand ils arrivèrent au pouvoir, les dirigeants sunnites à Damas ne ménagèrent aucun effort pour intégrer Lattaquié dans la Syrie (en partie parce que cette région offre le seul accès à la mer). Surmontant la résistance armée, ils ont aboli l 'Etat alaouite, les unités militaires alaouites, les sièges des Alaouites au parlement, et les tribunaux qui appliquaient les lois alaouites de statut personnel. Ces mesures ont eu un certain succès ; les Alaouites se réconcilièrent avec la citoyenneté syrienne après l'écrasement de la révolte druze en 1954 et, désormais, abandonnèrent l'idée d'un Etat séparé. Ce changement de perspective, qui semblait être une question d'importance relativement mineure à l'époque, en fait a inauguré une nouvelle ère de la vie politique syrienne: l'ascension politique des Alaouites.

Une fois qu'ils eurent reconnu que leur avenir était au sein de la Syrie, les Alaouites commencèrent une rapide ascension vers le pouvoir. Deux institutions clés, les forces armées et le parti Ba'th, eurent une importance particulière dans leur transformation.

Même si les circonstances particulières qui les avaient amenés dans l'armée devenaient caduques avec le départ des Français, les Alaouites et d'autres minorités continuèrent après l'indépendance à être surreprésentés dans l'armée. De vieux soldats restèrent en service et de nouveaux continuèrent à venir. Etant donné l'attitude sunnite envers les Alaouites, la persistance d'un grand nombre d'Alaouites dans les forces armées est surprenante. Cette anomalie résulte de plusieurs facteurs. Tout d'abord, l'armée conservait sa réputation de place pour les minorités. Patrick Seale a fait observer que les familles de l'aristocratie terrienne sunnite, «étant principalement nationalistes, méprisaient l'armée comme profession : la rejoindre en cas de guerre était servir les Français. Homs [l'Académie militaire] était à leurs yeux un endroit pour les paresseux, les rebelles, les arriérés sur le plan universitaire, ou sur le plan social des gens quelconques. » Cependant pour les non-sunnites, Homs a été une chance pour les ambitieux et talentueux.

Deuxièmement, les dirigeants sunnites ont pratiquement ignoré l'armée comme outil de l'Etat, craignant sa puissance dans la politique intérieure ; ils ont rechigné à la financer, l'ont gardée petite, et rendu peu attractive la carrière militaire. Troisièmement, la situation économique désastreuse des Alaouites et d'autres populations rurales signifiait qu'ils ne pouvaient pas payer les frais pour exempter leurs enfants du service militaire. Plus positivement, ces enfants ont vu le service militaire comme un moyen de mener une vie décente.

En conséquence, bien que la proportion d'Alaouites entrant à l'Académie militaire de Homs ait diminué après 1946, les Alaouites sont restés surreprésentées dans le corps des officiers. Un rapport de 1949 a déclaré que «les personnes originaires des minorités » commandaient « toutes les unités de quelque importance» dans l'armée syrienne. (Cela ne signifie pas seulement Alaouites ; par exemple, la garde du corps du président Hosni az-Za'im en 1949 était entièrement circassienne.) Les Alaouites formaient une majorité parmi les soldats et environ les deux tiers des sous-officiers.

Les dirigeants sunnites ont apparemment cru que réserver des postes de haut niveau pour eux-mêmes suffirait à contrôler les forces militaires. En conséquence, les minorités ont rempli les rangs inférieurs et pendant quelques années trouvèrent des difficultés à s'élever au-dessus du niveau commun. Comble de l'ironie, cette discrimination les a bien servis, comme les officiers supérieurs étaient engagés dans d'innombrables coups d'Etat militaires entre 1949 et 1963, chaque changement de gouvernement était accompagné par de ruineuses luttes de pouvoir entre Sunnites, conduisant à la démission et à l'épuisement des rangs sunnites. Des plaisantins ont prétendu, avec raison, qu'il y avait plus d'officiers à l'extérieur de l'armée syrienne qu'à l'intérieur. Se tenant en dehors de ces conflits, les non sunnites, et les Alaouites en particulier, ont bénéficié de ces purges répétées. Comme les officiers sunnites s'éliminaient les uns les autres , les Alaouites héritèrent de leur positions. Avec le temps, les Alaouites ont obtenu des postes de plus en plus élevés, et, quand un Alaouite gravissait les échelons, il apportait ses parents avec lui.

Purges et contre purges pendant la période 1946-1963 ont engendré une profonde méfiance parmi les officiers. Ne sachant jamais qui peut préparer un complot et contre qui le complot est préparé, les officiers supérieurs ont souvent contourné la hiérarchie normale de commandement en faveur des liens de parenté. Comme la peur de la trahison est venue à dominer les relations entre les militaires, avoir des liens ethniques fiables a donné aux officiers issus de minorités un grand avantage. Dans des circonstances de suspicion presque universelle, les officiers au sein des réseaux fiables pourraient agir beaucoup plus efficacement que ceux sans réseau. Les Sunnites entraient dans l'armée en tant que personnes individuelles, tandis que les Alaouites entraient en tant que membres d'une secte; ceuxci, donc, ont prospéré. La solidarité ethnique alaouite a offert une base beaucoup plus durable de coopération que les alliances changeantes formées par des officiers sunnites.

En plus de l'armée, les Alaouites ont également acquis le pouvoir à travers le parti Ba'th. Dès les premières années, le Ba'th a particulièrement attiré les Syriens de milieux ruraux et des minorités, y compris les Alaouites, qui ont adhéré en nombre disproportionné (en particulier à la branche de Lattaquié du parti Ba'th). Les migrants ruraux qui se rendaient à Damas à des fins éducatives constituaient la majorité des membres du Parti Ba'th. Ils avaient tendance à être des étudiants des basses classes, les fils d"ex-paysans nouvellement arrivés dans les villes. Par exemple, à Alep, le Ba'ath a revendiqué autant de membres que les trois quarts des élèves du secondaire dans certaines écoles. L'un des fondateurs du parti était un Alaouite, Zaki al-Arsuzi, et il a apporté avec lui plusieurs de ses (ruraux) coreligionnaires au Ba'th.

En particulier, deux doctrines ont attiré les Alaouites : le socialisme et la laïcité. Le socialisme offrait des possibilités économiques pour les plus pauvres de la Communauté du pays. (Cependant le socialisme du Ba'th ne fut pas clair, jusqu'aux années 1960 ; c'est seulement lorsque les minorités ont pris le pouvoir que cette caractéristique devint importante). La laïcité - le retrait de la religion de la vie publique –offrait la promesse de moins de préjugés à une minorité méprisée. Quoi de plus attrayant pour les membres d'une communauté religieuse opprimée que cette combinaison de ces deux idéologies? En effet, ces aspects ont attiré les Alaouites (et d'autres minorités rurales pauvres) au Ba'th plus de son nationalisme panarabe.

Le seul rival pour le Ba'th était le PSNS [Parti Social Nationaliste Syrien], qui offrait sensiblement les mêmes attraits. Les deux furent en compétition assez uniformément pendant une décennie, jusqu'à ce que le Ba'th ait éliminé le PSNS à travers l'affaire Maliki en 1955. A partir de là, en particulier en Syrie, les Alaouites furent liés principalement au Ba'th.

La consolidation alaouite, 1963-1970

Trois changements dans le régime ont marqué la consolidation alaouite du pouvoir: le coup d'État du Ba'th de mars 1963, le coup d'Etat alaouite de février 1966, et le coup d'Etat d'Assad de novembre 1970.

Les Alaouites ont eu un rôle majeur dans le coup d'Etat du 8 mars 1963 et ont pris de nombreux postes clés du gouvernement dans le régime Ba'th qui a suivi. Entre 1963 et 1966, des batailles sectaires opposant les minorités contre les sunnites ont eu lieu au sein de l'armée et du parti Ba'th.

D'abord l'armée: pour s'opposer au président Amin al-Hafiz, un sunnite, et consolider leur position nouvelle, les dirigeants Alaouites ont inondé l'armée avec des coreligionnaires. De cette façon, les officiers de la minorité sont venus à dominer les effectifs de l'armée syrienne. Lorsque sept cents postes furent proposés dans l'armée peu après le coup d'Etat de mars 1963, les Alaouites remplirent la moitié des postes. Si restreints étaient les sunnites, que quelques élèves officiers diplômés furent privés de leurs nominations au corps des officiers. Alors que les Alaouites, Druzes et Ismaéliens occupaient des postes politiquement sensibles dans la région de Damas, les Sunnites furent envoyés dans des régions éloignées de la capitale. Bien que l'appartenance communautaire ne soit pas le moteur de toutes les alliances, elle a fourni la base pour la plupart des relations durables. Les leaders alaouites comme Muhammad 'Umran ont construit des unités clés de membres de leur propre communauté religieuse. Les officiers sunnites sont souvent devenus des figures de proue, occupant des postes élevés, mais disposant de peu de pouvoir. En représailles, Hafiz est venu à voir presque chaque Alaouite comme un ennemi et a suivi d'honteuses politiques sectaires, par exemple, l'exclusion des Alaouites de certaines positions sur la seule base de l'appartenance communautaire.

Même les officiers alaouites qui avaient résisté au confessionnalisme finalement y succombèrent. Les événements politiques renforcèrent les liens entre les Alaouites, réduisant les différences tribales, sociales et religieuses qui, historiquement, les avait divisés . Itamar Rabinovich, un des premiers étudiants de cette période, explique comment le confessionnalisme avait acquis une dynamique propre:

J'did [Salah Jadid, gouverneur de Syrie 1966-1970] fut parmi ceux qui (pour des raisons politiques) dénoncèrent 'Umran pour promouvoir le « sectarisme » (ta'ifiyya) mais, ironiquement, il eut le soutien de nombreux officiers alaouites qui devaient leur avancement à 'Umran.... Les officiers alaouites promus par 'Umran ont réalisé que leur surreprésentation dans les échelons supérieurs de l'armée déplaisait fortement à la majorité, et ils semblent s'être ralliés autour de J'did, à ce moment là, les plus éminent officier dans l'armée syrienne et la personne considérée comme la plus susceptible de préserver leur position élevée, mais précaire. Il fut également tout à fait naturel pour [Amin al-] Hafiz ... de tenter de rassembler des officiers sunnites autour de lui en accusant J'did de se livrer à des politiques «sectaires».... La solidarité des supporters alaouites de[Jadid]»semble avoir été encore renforcée par le sentiment que la question avait pris un caractère confessionnel et que leurs positions personnelles et collectives étaient en jeu.

Les mêmes facteurs ont poussé les officiers druzes - également surreprésentés dans les hautes fonctions militaires – à unir leur sort avec les Alaouites en 1965.

Une dynamique similaire s'était produite dans le parti Ba'th. Juste au moment où les Alaouites avaient rempli plus de la moitié des sept cents postes militaires, alors ils entrèrent en nombre dans le parti. Pour rendre possible leur recrutement, les exigences idéologiques d'admission furent assouplies pendant deux ans après mars 1963. Beaucoup d'officiers du parti apportèrent avec eux les membres de leur famille, tribu, village, ou secte. Comme un document interne du parti Ba'th document de 1966 a expliqué le problème, « amitié, lien familial et même parfois connaissance purement personnelle furent à la base » de l'admission au parti, ce qui conduisit « à l'infiltration d'éléments étrangers à la logique aux points de départ du parti. Alors que les Alaouites introduisaient d'autres Alaouites, beaucoup de sunnites furent éliminés. L'adhésion a quintuplé en un an après son accession au pouvoir, transformant le parti d'une affiliation idéologique à une appartenance sectaire. Le Ba'ath est devenu une institution tout à fait différente au cours de ses deux premières années et demie au pouvoir (Mars 1963 à fin 1965).

Ces changements ont abouti à la décision de Hafez en février 1966 d'éliminer 30 officiers issus de groupes minoritaires de l'armée. En entendant parler de son plan, un groupe constitué principalement d'officiers ba'thistes alaouites ont devancé Hafiz et prit le pouvoir le 23 février dans le changement de gouvernement le plus sanglant jamais vu en Syrie. Une fois au pouvoir, ils ont éliminé les officiers rivaux appartenant à d'autres groupes religieux - d'abord les Sunnites et les druzes, les Ismaéliens -, aggravant encore les tensions entre communautés. Les officiers alaouites ont reçu les affectations les plus importantes, et acquis une puissance sans précédent. Le commandement régional du parti Ba'th, un centre de prise de décisions clés, ne comprenait pas de représentants du tout durant la période 1966-1970 à partir des zones sunnites urbaines de Damas, Alep, Hama. Cependant deux-tiers de ses membres furent recrutés dans les populations rurales et les populations des minorités à Lattaquié, le Hauran, et Dayr az-Zur. L'inclination fut encore plus apparente chez les officiers militaires du commandement régional; pendant 1966-1970, 63 pour cent provenaient de Lattaquié seule.

La mainmise alaouite sur le pouvoir a provoqué des plaintes amères de la part d'autres communautés. Un leader militaire druze, Salim Hatum, a déclaré à la presse après avoir fui la Syrie que les Alaouites dans l'armée étaient plus nombreux que les autres communautés religieuses dans une proportion de 5-à -1. Il a noté que « la situation en Syrie était menacée par une guerre civile en raison de la croissance de l'esprit sectaire et tribal. » Il a également fait observer que «chaque fois qu'un homme de l'armée syrienne est interrogé sur ses officiers libres, sa réponse sera qu'ils ont été licenciés et chassés, et que seuls les officiers de Alawi sont restés." Jouant sur le slogan du parti Ba'th, "Une nation arabe avec une mission éternelle», Hatum s'est moqué des dirigeants à Damas, en disant qu'ils croient à «Un Etat alaouite avec une mission éternelle. »

La domination alaouite n'assura pas la stabilité. Deux chefs Alaouites Salah Jadid et Hafiz al-Asad, s'affrontèrent pour la suprématie en Syrie vers la fin des années 1960, une rivalité qui n'a pris fin que lorsque Asad l'emporta en 1970. En plus des différences dans les perspectives - Jadid était plus l'idéologue et Asad plus le pragmatique – ils représentaient diverses sectes alaouites. La guerre de septembre 1970 entre l'OLP et le gouvernement jordanien fut l'événement décisif dans l'ascension au pouvoir Asad. Jadid envoya des forces au sol syriennes pour aider les Palestiniens mais Asad refusa d'envoyer une couverture aérienne. La défaite de l'armure syrienne précipita le coup d'Etat sans effusion de sang d'Assad, deux mois plus tard. Cela, qui était le dixième coup d'Etat militaire en dix-sept ans, devait être le dernier pour une longue période à venir. Il a également pratiquement mis fin aux hostilités entre Alaouites

L'homme qui a remporté la longue lutte pour le contrôle de la Syrie, Hafiz ibn 'Ali ibn Sulayman al-Assad, est né le 6 octobre 1930 à Qardaha, un village non loin de la frontière turque et le siège du chef religieux alawite. Hafiz était le deuxième de cinq enfants (Bayat, Hafiz, Jamil, Rifaat, Bahija); en outre, son père a eu un fils aîné avec une autre femme. La famille appartient à la branche Numaylatiya de la tribu Matawira. (Cela signifie que les ancêtres d'Assad vinrent d'Irak vers 1120.)

Les récits diffèrent si son père était un pauvre paysan, un agriculteur avec une certaine aisance financière, ou d'un notable. Il y a des chances que la famille ait été à l'aise, car tandis que Qardaha se composait essentiellement de maisons de boue séchée, les Assads vivait dans une maison en pierre. Cependant, des années plus tard, Assad cultivé une histoire de pauvreté, racontant aux visiteurs, par exemple, 'avoir à abandonner l'école jusqu'à ce que son père ait trouvé les 16 livres syriennes pour payer ses frais de scolarité.

Vrai ou pas, Hafiz fut un étudiant de qualité supérieure et, en fonction de son dossier académique, il déménagea à la ville voisine de Latakia en 1940, où il intégra une grande école, le Collège de Lattaquié. Puis, quelque temps après 1944, il semble qu'il a changé son nom de Wahsh, qui signifie «bête sauvage» ou «monstre» à El-Assad, qui signifie «lion». En 1948, quand il avait seulement 17 ans, il se rendit à Damas et se porta volontaire dans l'armée syrienne pour aider à détruire l'Etat d'Israël naissant, doit seulement être rejeté comme mineur. Néanmoins, au moins selon son propre témoignage, Assad avait combattu.. Il s'inscrivit à l'Académie militaire de Homs en 1950, diplômé en 1952, et a commencé à fréquenter l'école de l'air d'Alep en 1952. Il est devenu un pilote de combat en 1954 et se distingua dans cette capacité. (Il a abattu un avion britannique au cours de l'opération de Suez.) Assad étudia en Egypte, puis, pendant onze mois en 1958, en Union soviétique, où il a appris comment faire voler un MiG 15s et 17s et apprit un peu de langue russe . Au cours des années RAU, il commandait un escadron de chasse de nuit, près du Caire.

Assad a été actif en politique dès 1945, d'abord en tant que président du Comité des étudiants au Collège de Lattaquié, puis comme président de l'Union nationale des étudiants. Alors qu'il était encore étudiant, Assad a été emprisonné par les autorités françaises pour des activités politiques. Il a rejoint le parti Ba'th peu de temps après sa création en 1947 (faisant de lui l'un des plus anciens membres du parti). Même s' il a gravi les grades militaires, il est demeuré actif dans le parti Ba'th. En 1959, pendant son exil en Egypte, El-Assad a aidé à fonder le Comité militaire et à organiser ses activités. A ce moment là il avait également entamé le long processus d'une décennie pour consolider sa position au sein des forces armées syriennes.

Assad fut un personnage puissant en 1961, aussi les dirigeants conservateurs qui avaient pris le pouvoir à Damas à la fin de cette année là (après la dissolution de la RAU) l'obligèrent à donner sa démission en tant que capitaine et à prendre un poste mineur au ministère des Transports. Mais Assad continua à participer aux activités du Comité militaire, se joignant à un putsch manqué, le 29 mars 1962, après quoi il s'enfuit à Tripoli, au Liban, où il fut appréhendé par les autorités et emprisonné pendant neuf jours, puis extradé vers la Syrie. Nonobstant cette mésaventure, il a joué un rôle important dans le coup d'État de 1963 et a été récompensé par un rappel à revenir dans l'armée et une ascension fulgurante dans les rangs, passant de major au début de 1963 à major-général fin 1964 et à maréchal en 1968. (Il a démissionné de l'armée en 1970 ou 1971.) Assad a pris le commandement de l'armée de l'air en 1963 et fait de celle-ci la base de son pouvoir pour prendre le contrôle de toute l'armée pendant les années de tourmente qui ont suivi..

Le soutien d'Assad à la rébellion en février 1966 a été décisive dans le coup d'Etat qui a porté les Alaouites au pouvoir; sa récompense fut d'être nommé ministre de la Défense une vingtaine de minutes après le que le nouveau régime avait été proclamé. Cette nouvelle position donna à Assad l'occasion d'étendre son autorité au-delà de la force aérienne, en particulier aux forces de combat de l'armée. Puis le coup d'Etat d'Assad de novembre 1970 fut le point culminant de la l'ascension des Alaouites vers le pouvoir en Syrie.

Conclusion

La manière dont les Alaouites accédèrent au pouvoir en dit beaucoup sur la culture politique de la Syrie, montrant les liens complexes entre l'armée, les partis politiques, et la communauté ethnique. Le parti Ba'th, l'armée, et les Alaouites ont avancé en tandem, mais lequel de ces trois a eu le plus d'importance? Les nouveaux dirigeants ba'thistes qui étaient arrivés à être des soldats alaouite, ou des soldats alaouites qui se trouvaient être des ba'thistes? En fait, une troisième formulation est plus précise: ils étaient des Alaouites qui se trouvaient être ba'thistes et soldats.

Certes, le parti et l'armée furent d'une importance cruciale, mais à la fin ce fut le transfert d'autorité des Sunnites aux Alaouites qui compta le plus. Sans dénigrer le rôle important du Parti et de l'armée, l' affiliation alaouite a finalement défini les gouvernants de la Syrie. Parti et de carrière ont compté, mais, comme c'est souvent le cas en Syrie, l'appartenance ethnique et religieuse en fin de compte a servi à définir l'identité. Voir le régime Assad principalement en termes de nature ba'thiste ou militaire, est ignorer la clé de la politique syrienne. L'affiliation confessionnelle demeure d'une importance vitale ; comme à travers les siècles, les questions d'appartenance confessionnelle d'une personne importe plus que tout autre attribut.

La réponse sunnite aux nouveaux dirigeants, qui a pris une forme essentiellement communautaire, confirme ce point de vue. L'opposition généralisée des Sunnites - qui représentent environ 69 pour cent de la population syrienne - à un gouvernant alaouite a poussé l'organisation des Frères musulmans à défier le gouvernement avec des méthodes violentes et même terroristes. Bien que sans succès jusqu'à présent, les Frères ont à plusieurs reprises été près de renverser le régime.

Il semble inévitable que les Alaouites – qui restent une minorité petite et méprisée, en dépit de toute leur puissance actuelle - finiront par perdre leur contrôle sur la Syrie. Lorsque cela se produira, il est probable que les conflits qui à tous les niveaux seront communautaires les abattront, avec la bataille décisive ayant lieu entre les dirigeants alaouites et la majorité sunnite. En ce sens, la chute des Alaouites- que ce soit par des assassinats de hautes personnalités, un coup d'Etat de palais, ou une révolte régionale - est susceptible de ressembler à leur ascension.

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 13:30

 

 

Visite de John Kerry en Egypte : Quelle utilité ?

John KerryDure prise de conscience pour Washington : il est bien loin le temps où l’Egypte était la carte maîtresse des Américains au Moyen-Orient ! Le président Moubarak était le chef de file des pays pragmatiques face à l’Iran, garant de la stabilité de la région et de la paix avec Israël. Pour la deuxième fois en moins d’un an, un Secrétaire d’Etat américain arrivant les bras chargés de cadeaux est fort mal reçu. En juillet dernier, c’était Hillary Clinton, venue rencontrer le président nouvellement élu, Mohammed Morsi, candidat des Frères Musulmans. Elle a du faire face à des manifestants – opposants au régime et Coptes – qui protestaient contre le soutien apporté par l’Amérique à la Confrérie ; un soutien qui aurait contribué à sa victoire. La semaine dernière, c’est comme si presque tout le pays manifestait contre la venue de John Kerry. Il y a même eu des jets de pierre contre l’ambassade américaine. Et les dirigeants de l’opposition regroupés dans le Front de Salut National ont carrément refusé de rencontrer le visiteur par ailleurs violemment pris à parti par la presse non gouvernementale. Il faut dire que les Etats-Unis venaient de lancer un appel à tous les partis pour leur demander de prendre part aux élections parlementaires alors prévues pour la fin avril. Or, l’opposition a décidé de boycotter un processus électoral se déroulant suivant la nouvelle constitution, dont ils récusent la légitimité en soulignant qu’elle a été adoptée dans un référendum marqué par la fraude massive et la violence. A tout le moins, ils demandent la formation d’un gouvernement neutre pour superviser les élections et en assurer la transparence et la régularité. L’un des leaders de l’opposition, Mohammed el Baradei, a qualifié l’appel d’ingérence injustifiée dans les affaires du pays et a annoncé qu’il refuserait de rencontrer John Kerry ; son allié Hamdeen Sabahi, chef du parti nassérien populiste, a déclaré qu’il ferait de même. Le troisième chef de l’opposition, Amr Moussa, diplomate chevronné a accepté, lui, mais dans le cadre d’une « rencontre privée » et en sa qualité de président du Parti du Congrès et non de membre du Front de Salut National. John Kerry a eu beau téléphoner à El Baradei à son arrivée au Caire le 2 Mars, il est resté inébranlable dans son refus. L’ambassadeur des Etats-Unis avait invité onze membres de l’opposition à une rencontre avec le visiteur ; ils ne furent que six à accepter. Le Secrétaire d’Etat aurait repris la ligne officielle de son pays : les élections sont indispensables pour assurer la stabilité de l’Egypte. Il n’aurait pas réussi à convaincre trois des invités, les trois autres se déclarant prêts à envisager de participer au processus électoral si la transparence et la régularité étaient assurées.

John Kerry avait jeté tout le poids de l’Amérique derrière ses efforts pour arriver, sinon à une réconciliation entre Morsi et l’opposition, au moins à une amorce de dialogue. En vain. D’un autre côté, sa visite avait pour but de réaffirmer l’importance de l’Egypte sur la scène régionale et de souligner la nécessité de préserver le traité de paix avec Israël. Il a rencontré les chefs des services de sécurité et a insisté sur l’urgence qu’il y avait à restaurer l’ordre dans la péninsule du Sinaï et à stopper le flot d’armes transitant vers la bande de Gaza. Peut-être plus important pour les Egyptiens, qui traversent une crise économique sans précédent, il a promis le déblocage de 250 millions de dollars (sur le milliard promis par Obama l’an dernier), tout en demandant au président Morsi de ratifier un accord avec le Fonds Monétaire International (FMI) concernant un prêt de près de cinq milliards de dollars. Cette ratification se fait attendre, d’une part du fait de la grande instabilité politique du pays et, de l’autre, à cause d’un obstacle inattendu. Le prêt à intérêt est interdit par la Charia – la loi islamique. Il semble que les Egyptiens soient à la recherche d’une solution qui permettrait non seulement la ratification de l’accord mais encore ouvrirait la voie à des prêts à taux réduits venant d’autres pays ainsi qu’à des investissements étrangers. Evidemment, le prêt du FMI n’est pas sans conditions. Morsi devra faire d’importantes réformes et supprimer les subventions aux produits de première nécessité. Mission pratiquement impossible compte tenu de l’étendue de la crise politique, économique et sociale qui secoue le pays.

Le pays est au bord du gouffre et risque à tout moment de plonger dans l’anarchie. Les manifestations contre le régime des Frères Musulmans se multiplient et la démission de Morsi est réclamée. Etrange retournement du sort, le peuple semble maintenant appeler de ses vœux le retour de l’armée au pouvoir. Des pétitions tendant à nommer à la tête de l’Etat le ministre de la Défense Abdelfatah Sisi à titre provisoire ont été présentées à des tribunaux locaux. Ce qui est sûr, c’est que la colère gronde. Les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont déjà fait des dizaines de morts et des milliers de blessés. Que l’on ne s’y trompe pas : ce sont essentiellement de bons citoyens qui descendent dans la rue. Ils ne veulent pas de la Charia et ont perdu confiance en Morsi. Cependant il y a aussi des extrémistes ; ainsi, les membres du « Bloc Noir » appellent à la désobéissance civile ; un appel entendu à Port-Saïd bientôt suivi par d’autres villes le long du canal de Suez et qui s’étend au reste du pays. Postes de police attaqués, incendiés ; grèves et même barrages routiers sur les grands axes paralysent la vie du pays.

Le président Morsi ne semble pas s’en préoccuper outre mesure et répète à qui veut l’entendre que l’Egypte se porte à merveille et que tout ira bien. Il est vrai qu’il consacre toute son énergie à renforcer son emprise ou plutôt celle des Frères Musulmans, nommant ses hommes partout, du gouvernement national aux autorités locales. La décision que vient de prendre le Conseil d’Etat – suspendre les élections jusqu’à ce que la loi électorale ait été examinée de nouveau par la Haute Cour Constitutionnelle – risque de lui accorder un délai supplémentaire pour parachever son œuvre plutôt que de désamorcer la crise avec l’opposition.

Le Secrétaire d’Etat américain était-il au courant de la gravité de la situation ? Savait-il que ce qui se passe actuellement n’est rien moins qu’un combat à mort pour l’avenir de l’Egypte postrévolutionnaire ? D’un côté, démocratie, progrès et développement ; de l’autre plongée dans l’obscurantisme d’un régime islamique pur et dur. En tentant de persuader l’opposition d’accepter la règle du jeu établie par Morsi et à participer au processus électoral, John Kerry a provoqué la colère d’une grande partie de la population. On reprochait déjà aux Américains d’avoir trop longtemps soutenu la dictature de Moubarak ; on les accuse maintenant de recommencer avec Morsi. La presse dans ses éditoriaux n’hésite pas à dire aux Américains « Déguerpissez de notre pays et prenez votre argent avec vous. » Compte tenu du fait que Morsi lui-même ne semble pas faire grand cas de l’opinion des Etats-Unis, à Washington et dans les médias américains on commence à se demander pourquoi continuer à venir en aide à un allié aussi peu fiable.

Une question qu’on se pose peut-être aussi à la Maison Blanche : Faut-il continuer à soutenir les Frères Musulmans qui parachèvent leur emprise sur le pays ? Faut-il au contraire tenter de venir en aide aux forces démocratiques ? En attendant, les sentiments anti-américains prennent de l’ampleur…

Zvi Mazel

 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

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