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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 07:52

 

 

mercredi 24 juillet 2013, par MarcBRZ

 

Par Manfred Gerstenfeld/jforum.fr

Plus de 40% de citoyens de 16 ans et plus, appartenant à 7 pays de l’Union Européenne sont d’accord avec la proposition disant qu’Israël mène une guerre d’extermination contre les Palestiniens. On peut l’extrapoler à partir d’une étude entreprise, en 2011, par l’Université de Bielefeld, à la demande de la Fondation Friedrich Ebert. Cette dernière est associée au Parti Social-Démocrate allemand. Trois autres études, respectivement en Allemagne, Norvège et en Suisse offrent des données similaires. Dans les deux premières, on a demandé aux personnes interrogées s’ils acceptaient la déclaration suivante : « Israël se comporte envers les Palestiniens comme les Nazis se sont comportés envers les Juifs ».

Le 8 juillet, Raphaël Ahren a publié un article dans le Times of Israel, intitule : “La Vie Juive en Europe –Mourir, mais de mort lente ?”. Il cite, de façon extensive, des extraits de mon livre : « Demonizing Israel and the Jews » [« La Diabolisation d’Israël et des Juifs »]. J’y écris, en me fondant sur les études citées ci-dessus, qu’on peut évaluer à 150 millions le nombre d’adultes antisémites dans l’Union Européennes, si on leur applique la propre définition de travail de l’UE, sur l’antisémitisme. Ahren mentionne, également, l’opinion du Professeur Robert Wistrich, de l’Université Hébraïque, qui conclut qu’il existe surtout 150 millions d’ignorants [idiots] dans l’Union Européenne.

Cela dit, pour Israël, il n’est pas très pertinent de savoir si un nombre aussi énorme d’Européens est plus antisémite qu’idiot ou l’inverse. Est-ce que les Chrétiens du Moyen-Âge européen, qui croyaient vrai le mensonge que les Juifs de leur génération étaient responsables d’avoir tué Jésus, bien des siècles auparavant, étaient plus antisémites qu’idiots, ou les deux ? Ce n’est pas très important de savoir quel label leur appliquer. Ils ont chassé les Juifs de leurs pays, ou les ont assassinés. Est-ce que ceux qui se sont laissé séduire par la propagande nazie, affirmant que les Juifs étaient « des sous-hommes, des bactéries et de la vermine », étaient antisémites ou idiots ? Pour les Juifs exterminés, le distinguo est assez peu pertinent, on en conviendra.

Imaginons qu’un sondage se déroule dans un certain nombre de pays de l’UE, enquêtant pour savoir si les gens sont d’accord avec l’assertion affirmant que les Allemands ont régulièrement des relations sexuelles avec leurs propres enfants. Il est plus qu’improbable que le tableau de ceux qui acceptent cette proposition puisse atteindre, de près ou de loin, les configurations mentionnées plus haut, à propos de Juifs qui commettraient un génocide contre les Palestiniens. Si on soutient que beaucoup d’Européens sont idiots, alors il faut croire qu’ils sont, de toute évidence, des idiots très sélectifs.

Il y a d’excellentes raisons à cette idiotie discriminatoire. Une incitation extrémiste et continuelle a généré un climat dans lequel un grand nombre d’Européens veulent prendre pour argent comptant les accusations les plus monstrueuses contre les Juifs. Il n’y a pas d’incitation équivalente, concernant un comportement sexuellement déviant des Allemands, bien qu’il n’ait pas plus d’existence.

Pour les dirigeants européens, les études ci-dessus peuvent avoir des conséquences extrêmement négatives. Par conséquent, la politique dominante, en Europe, semble bien qu’il est hautement préférable d’ignorer, de démentir ou de blanchir de telles conclusions d’enquête. On peut résumer cette attitude comme : « Cela ne doit pas être vrai, donc cela ne peut pas être vrai ». La première conséquence de l’acceptation de ce nombre de 150 millions d’antisémites serait son impact sur l’image de l’Europe. La propagande européenne, au cours des dernières décennies a présenté l’UE comme un continent « humaniste et cultivé ». Si une aussi grande part de sa population partage des idées fausses, moyen-âgeuses et diabolisatrices envers Israël, alors, on aurait affaire, avant tout, à un conglomérat plutôt hideux d’un grand nombre de gens ayant un point de vue criminel sur autrui.

Ce n’est là qu’un des résultats de ces études – conjugué à un recueil d’informations plus anecdotiques – à propos des attitudes adoptées par beaucoup d’Européens envers Israël. Une conséquence supplémentaire serait qu’une investigation devient nécessaire pour analyser comment ces points de vue diabolisants et massifs ont pu voir le jour et se répandre. On doit comprendre, cependant, qu’il existe une différence avec la façon dont les incitateurs Chrétiens antisémites du Moyen-Âge et, plus tard, les Nazis et leurs alliés, ont pu créer une atmosphère faisant apparaître les Juifs comme le « Mal Absolu » de leur époque. Les incitateurs chrétiens disaient explicitement que les Juifs étaient coupables de Déicide – du meurtre de D.ieu. Les Nazis accusaient ouvertement les Juifs d’être « des sous-hommes ». La diabolisation d’Israël, aujourd’hui se pratique d’une manière très différente et insidieuse. Si on demandait à des incitateurs contemporains notoires contre Israël, s’ils sont d’accord avec la proposition disant qu’Israël se comporte comme les Nazis, il y a fort à parier que beaucoup répondraient par la négative.

Pourtant, ils ont contribué à créer l’atmosphère dans laquelle beaucoup d’autres Européens ont commencé à croire qu’Israël se comporte comme les Nazis. Cela a pu se faire d’une multitude de façons. On a prétendu que « Les implantations juives sont un obstacle crucial pour la paix avec les Palestiniens ». En même temps, de nombreux incitateurs sont restés silencieux, concernant laglorification permanente des meurtriers de civils israéliens, réalisée par l’Autorité Palestinienne et l’appel au génocide des Juifs, écrit noir sur blanc, sur la Charte du Hamas.

L’étape suivante était de prétendre que “la résolution du conflit palestino-israélien est la clé de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient ». Après deux révolutions égyptiennes, des attentats terroristes fréquents, de la part de Chi’ites et de Sunnites irakiens, plus de 100.000 Syriens massacrés et tant d’autres ailleurs au Moyen-Orient, est-il, pour autant, politiquement correct de désigner certains dirigeants européens anti-israéliens comme étant mentalement dérangés ou instables ?

On ne peut exposer ici qu’un petit échantillon de la façon dont les croyances anti-israéliennes se sont formées, au sein de vastes segments de la population d’Europe. Des condamnations fréquentes d’Israël, conjuguées à l’ignorance de la criminalité galopante dans la plupart des régions du monde musulman, en est une autre. Tout comme le fait d’insister sur des nouvelles essentiellement négatives, concernant Israël, dans les médias.

Il existe aussi une liste presque infinie de mensonges, d’accusations et d’exagérations contre Israël, prononcées par des Européens de premier plan. En outre, divers types d’arguments fallacieux sont utilisés, tels que les double-standards [« deux-poids-deux-mesures »] et l’équivalence morale abusive. Une autre idée fausse favorite consiste à chercher le bouc-émissaire. Par exemple, on peut facilement vérifier quels dirigeants ont accusé Israël, lorsque c’est le Hamas qui a pris le pouvoir à Gaza, en 2007.

Aucune de ces idées fausses ne cause de dégâts énormes par elle-même. Cependant, mises ensemble, elles ont généré un climat mental dans lequel tant d’Européen finissent par croire que les Israéliens se comportent vraiment comme des Nazis !

Une investigation approfondie sur les origines de ce climat pourrait être le point de départ d’unedémarche très problématique pour l’UE. De quelle façon pourrait-on agir à l’encontre des incitateurs européens, d’autant plus que la plupart proviennent des « courants dominants les plus respectables » ? Comment l’UE pourrait-elle changer de direction, avec la ferme résolution de mettre un terme à sa propre incitation, lorsqu’elle devient trop fréquente ? Et, de façon plusdéterminante, concernant Israël – si aucune action concrète n’est menée, les Européens continueront-ils de dériver, en passant de simples points de vue criminels répétés comme des évidences, à la criminalité éprouvée – tout comme ils l’ont déjà fait, au siècle précédent ?

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

Adaptation : Marc Brzustowski/jforum.fr

Voir : Précédents articles à ce Sujet : Révoltant : 150 millions d’Européens haïssent Israël. Partie 1-

Révoltant : 150 millions d’Européens détestent Israël.– Partie 2

Les Juifs doivent quitter l’Europe, maintenant !

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 21:40

Manfred Gerstenfeld interviewe Shimon Samuels

“La Cause Palestinienne est, progressivement, devenu la priorité sur l’agenda du Forum Social Mondial (FSM). Actuellement, c’est, pour ainsi dire, l’unique objectif du FSM. Son assemblée de novembre 2012 s’intitulait : « FSM Palestine Libérée ». Il y avait 127 séminaires et ateliers portant sur les mille et une façons de nuire à Israël.

 

“Le FSM a été créé un mois après la conférence soi-disant “antiraciste” de Durban, en 2001, par le Parti travailliste brésilien, alors dans l’opposition. La plupart de ses réunions se sont déroulées à Porto Alegre, au Brésil, et étaient destinées, initialement, à traiter les problèmes sociaux liés à la globalisation, comme réplique au Forum Economique Mondial annuel de Davos. A l’origine, le FSM se focalisait sur des problèmes, tels que le trafic indigène de femmes et les victimes de catastrophes.

Le Dr Shimon Samuels est directeur des Relations Internationales du Centre Simon Wiesenthal et se trouve basé à Paris. Il est membre du Congrès Juif Européen et Préside le Journal d’Etudes de l’Antisémitisme (Journal for the Study of Antisemitism).

“ A partir du FSM, des forums régionaux ont émergé, tels que celui d’Amérique du Nord, d’Amérique Latine et d’Asie. Le Forum Social Européen est le plus toxique, en matière d’hostilité à Israël. Sa première assemblée s’est déroulée à Florence, en Italie, en 2002. Ce forum a un rôle plus opérationnel que le FSM. 

Le troisième forum européen a eu lieu à Londres, en 2004, dote de 500 séminaires accueillant 2.500 orateurs. C’est la Municipalité de Londres, dont le Maire de l’époque était le gauchiste Ken Livingstone, qui a fourni l’essentiel de son financement. Ce Forum était largement consacré à l’incitation à la haine contre Israël. Ces attaques sont même devenues plus agressives, au dernier FSE d’Athènes, en 2006. Là, c’est la campagne pour le Boycott, Désinvestissement et Sanctions qui a retenu la plus grande attention.

“ Lors du Forum du FSE d’Athènes, on y a ditribué un manuel décrivant comment promouvoir BDS, par des illustrations montrant comment des individus, la société civile et des cercles d’affaires peuvent en venir à soutenir le refus d’acheter ou de vendre quelque produit israélien que ce soit. Le livre expliquait que le but principal de ces actions est de générer une masse critique dans l’opinion publique, de façon à ce que les gouvernements se mettent, en définitive, à suivre sa conduite. Ce livre recommandait aussi « des boycotts chics », en visant, par exemple, des cibles universitaires. Ses partisans affirmaient que, même si ces boycotts essuient un revers, à cause « des pressions sionistes », leur but véritable reste la publicité ainsi engendrée.

“Ce manuel proposait aussi de le retrait des investissements dans des sociétés directement ou indirectement impliquées en Israël. Il mettait l’accent sur le désinvestissement provoqué par les églises. Il insistait sur le fait que la mesure du succès n’est pas tant la somme de l’argent retiré, que les répercussions sur les conceptions et attitudes du public. Il donnait aussi des instructions sur la façon de faire progresser les sanctions, telles que les restrictions gouvernementales sur les voyages, les communications, le commerce, la finance et les ventes d’armes.

“A Athènes, on a suggéré d’éventuelles provocations populaires. On pourrait, par exemple, remplir des caddys de supermarché avec des produits israéliens, défoncer les caisses enregistreuses et brûler les marchandises dans la rue. D’autres idées proposées consistaient à mettre sur pied une caravane Europe-Palestine pour promouvoir BDS et rendre visite aux camps de réfugiés palestiniens.

“C’est au FSE d’Athènes que j’ai rencontré, pour la première fois, des représentants d’Aube Dorée, le groupe politique néo-nazi grec. C’était encre, à l’époque, un petit groupuscule. Ils en appelaient à une alliance avec la Gauche et l’Islam contre l’ennemi Sioniste commun, en tendant à la criée leur magazine consacré à l’ère glorieuse d’Hitler pris en photo aux côtés du Grand Mufti de Jérusalem. Aujourd’hui, l’Aube Dorée est un parti ouvertement Néo-Nazi, qui détient 18 sièges sur 300 au Parlement grec.

“En 2008, le FSE s’est déroulé près des cérémonies pour le soixantième anniversaire de l’Indépendance à Malmø, en Suède. Il projetait de lancer une chaîne internationale de manifestations contre l’Etat Juif, tout au long de l’année. Il faisait aussi un appel à la solidarité avec des mouvements terroristes, comme le FPLP palestinien, le PKK kurde, les FRAC colombiennes et l’ETA basque. Au cours des années suivantes, le FSE a dû répondre aux problèmes posés par la crise européenne, aux conséquences de l’austérité, comme la montée de l’extrême-droite. Par conséquent, la question du Moyen-Orient perdait de son importance.

“Le Document Officiel de Référence du Comité National Palestinien et du FSM fait la promotion de 16 thèmes concernant le conflit palestino-israélien. Ils comprennent le démantèlement du « Mur de l’Apartheid », la fin du « régime d’Apartheid », le « Droit au retour des Réfugiés Palestiniens », aussi bin ceux de 1948 que ceux de 1967, les progrès réalisés en vue d’un embargo militaire autour d’Israël, le développement des campagnes et des stratégies de BDS, la promotion des boycotts universitaires et culturels, l’intensification de la lutte pour « lever le siège » autour de Gaza, le soutien à la libération de tous les prisonniers palestiniens, autant que de parvenir à traîner Israël devant la Cour Pénale Internationale. D’autres clauses sont conçues pour soutenir les Juifs antisionistes partout dans le monde, porter assistance à l’Intifada électronique ou concrète, alerter les médias sur les « crimes d’Israël » et s’attaquer aux « distorsions et mensonges historiques commis » par Israël.

Samuels conclut : “J’ai assisté à beaucoup de rencontre du Forum Social. C’est là qu’on apprend à connaître les activités qui seront planifiées dans l’avenir. J’ai entendu parler, pour la première fois, lors d’une réunion à Istanbul, en 2010, des préparatifs pour les flottilles anti-israéliennes. L’ONG du FSM a amplifié leur impact, par le biais de la Commission de l’ONY pour l’Exercice des Droits Inaliénables du Peuple Palestinien, une agence de 34 états-membres de la Division de l’ONY7 pour les Droits de l’Homme, qui se réunit chaque année, sur chacun des continents. L’assemblée européenne de cette année, dans les locaux de l’Organisation Alimentaire et de l’Agriculture de l’ONU comprenait des projets de boycott contre le Fonds National Juif et l’agence pharmaceutique de génériques TEVA ».

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

Adaptation : Marc Brzustowski/jforum.fr/.

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 18:32

 

La tyrannie du politiquement correct.

LES MÉDIAS ALLEMANDS ET ISRAËL.

 

 

jeudi 4 juillet 2013, par Politiquement Correct Langage Poison Distorsion Medias Bild

 

 

jforum.fr

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Daniel Killy

“La tyrannie du “politiquement correct” conduit, le plus souvent, à l’autocensure, lorsqu’il s’agit d’écrire sur Israël. Ce réflexe se conjugue à la névrose allemande, qui consiste à vouloir « être absolument juste ». Concernant Israël, cela signifie qu’on doit toujours s’en faire le critique sans concession. Quoi qu’il en soit, on peut, néanmoins, être considéré comme pro-israélien, à cause du poids de l’histoire allemande. En outre, un antisionisme gauchiste largement répanduest de bon ton, dans le cercle des programmateurs d’émissions et bien d’autres médias. Cet « antisionisme » est synonyme d’antisémitisme « sexy » (tendance), dans notre Allemagne, si brillante et au-dessus de tout soupçon !

 

“Le code secret de bonne conduite, en matière de “politiquement correct” remonte bien au-delà du seul conflit palestino-israélien. En Allemagne, les Juifs sont, communément, désignés comme « les concitoyens » (Jüdische Mitbürger). Cette expression de « concitoyen » n’est employée que pour décrire des gens qui n’appartiennent pas vraiment à la même bonne société. On entend aussi l’expression de « concitoyens turcs ». Personne, pourtant, ne parle de « concitoyens Luthériens ».


Daniel Killy est le Rédacteur Responsable de BILD, le plus important journal de toute l’Europe, publié par Axel Springer AG. C’est un publiciste judéo-germano-américain, grand spécialiste des sujets relatifs à la vie juive et à l’antisémitisme dans les médias.


 

“Les métamorphoses de la novlangue, dite “politiquement correcte” la changent en pur poison langagier. Par exemple, les terroristes palestiniens deviennent des « militants ». On a décrit le gagnant d’Arab Idol, Muhammad Assaf, âgé de 23 ans, né à Gaza, comme un « réfugié palestinien ». Les paroles de ses chansons comprennent des expressions, comme : « Oh, toi, le voyageur, qui me rend jaloux. La Palestine est mon magnifique pays. Va à Safed et Tibériade. Transmets tout mon Amour à Acre et Haïfa. N’oublie pas le Château Arabe de Nazareth. Dis à Bissan que son peuple est de retour ! ». Et aussi : « Jérusalem, ma Capitale et Al Aqsa son épicentre. Puisse Allah nous unir à sa Terre ». Le fait qu’Assaf ait éradiqué Israël de ses chansons n’a jamais été mentionné par aucune des principales agences de presse allemandes.


“Certains rédacteurs des sociétés de programmation se détachent nettement, par leur vision déformée d’Israël. Feu Patrick Leclercq, un converti à l’Islam, vomissait sa haine d’Israël, alors qu’il était le correspondant officiel au Moyen-Orient de la plus grande chaîne allemande, ARD. Il y a d’autres correspondants tels que lui. Cependant, on ne peut pas parler d’une « politique éditoriale » en soi.


“En général, comme en société, l’antisémitisme contemporain dans les medias se voile derrière la “critique d’Israël ». Le bureau de Berlin de la Commission Juive Américaine a mené une étude sur cette présentation pervertie, en 2002. Elle s’intitulait : « La Tonalité Médiatique Internationale » , analyse de la couverture de l’actualité par les chaînes de TV publiques, ARD et ZDF en Allemagne, concernant les évènements du Moyen-Orient, et a été publiée. Elle couvrait la période allant du 21 juillet jusqu’au 3 août 2006, durant la Seconde Guerre du Liban.


“Sa principale conclusion affirmait qu’une perspective anti-israélienne prévalait largement. D’abord, l’armée israélienne n’était présentée que dans le contexte d’assauts violents, alors que les combattants du Hezbollah apparaissaient rarement ou pas du tout. Deuxièmement, les victimes exhibées étaient majoritairement des Libanais ; les images de victimes israéliennes ont été rarissimes. De surcroît, Israël était généralement présenté comme étant l’agresseur.


“Le situation des deux quotidiens dominants en Allemagne, le Frankfurter Allgemeine Zeitung et le Süddeutsche Zeitung est identique à celle des sociétés de diffusion publiques. Il n’existe pas de politique éditoriale anti-israélienne, pourtant, ces journaux sont des havres d’accueil pour les rédacteurs anti-israéliens. Toutes les attaques vicieuses sont dissimulées derrière un mur de « pluralisme » illusoire. Si jamais on le démontre, on est automatiquement accusé de s’attaquer à la « liberté de la presse ». Ainsi, il devient difficile de lutter, puisqu’on ne peut accuser publiquement aucun journal d’être ouvertement antisioniste ou antisémite.


“On peut, cela dit, être sûr que, dès qu’il y a des attaques à la roquettes depuis Gaza, on n’obtiendra de compte-rendu que lorsqu’il ya une réplique israélienne. Cela se lit alors comme : « Les avions de chasse israéliens ont bombardé à la roquette des cibles dans la Bande de Gaza. Les forces israéliennes ont encerclé et verrouillé les abords de Gaza ». Habituellement, pas une ligne n’est écrite au sujet des victimes israéliennes, seulement sur les pertes gazaouïes, et de préférence, des enfants. Là encore, on rencontre la façon dont agit le langage, quand on l’a empoisonné.


“Axel Springer AG est l’unique “foyer de résistance” dans ces eaux troubles des medias détournés, en Allemagne. Ses journaux ont, aussi, joué un rôle de premier plan, dans l’apprentissage des valeurs démocratiques au lectorat germanique, après la Shoah. Quand un journaliste y signe un contrat, il donne son accord pour défendre l’amitié transatlantique et travailler à la réconciliation entre l’Allemagne et le peuple juif. Cela a, naturellement, un impact sur la tonalité des articles, concernant Israël et les autres sujets de la vie juive. Plusieurs journalistes juifs travaillent dans ces journaux, comme Die Welt, Hamburger Abendblatt, Berliner Morgenpost, BZ or BILD. « Un bon exemple de cette approche différente se tient dans la Une de BZ, du 20 novembre 2012. On peut y lire : « Que se passerait-il si Berlin subissait le sort d’Israël ? ». Il montrait une carte de Berlin projetée à l’échelle des bordées de roquettes provenant de Gaza, en Israël. C’était juste un exemple de journalisme s’opposant à toute distorsion, mais jouant sur le registre de l’émotion, sur des sujets concernant Israël ».

 

Killy conclut : “Pour le dire avec pessimisme : la Bête Immonde de l’antisémitisme allemand n’est pas morte – on l’a juste mise sous sédatifs. Dès que ce médicament sous contrôle gouvernemental perdra de son effet, cet animal reviendra à la vie. Ou pour le dire, de façon plus positive : l’Allemagne fait énormément pour s’assurer qu’elle ne se remettra pas de cette anesthésie ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

Adaptation : Marc Brzustowski

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 22:21

 

 

 

Sheskin Ira

Ira Sheskin

 

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Ira Sheskin

 

 

“Les Juifs Américains utilisent plus Internet que les autres Américains. Déjà, en 2000, l’Observatoire Nationale de la Population Juive avait montré que 40 % des adultes juifs avaient utilisé Internet pour obtenir de l’information en lien avec le monde juif, dans le cours e l’année précédente. C’était d’autant plus remarquable qu’Internet n’est entré dans le domaine public, de façon significative qu’au milieu des années 1990.

 

“Parmi les raisons de l’usage relativement élevé d’Internet par le public juif, on trouve qu’en moyenne, les ménages juifs disposent d’un revenu annuel plus élevé d’environ 14% que celui des autres ménages américains. Peut-être même plus important, le fait est que 60% des adultes juifs âgés de 25 ans et plus, sont diplômés de niveau Bac+ 4 ou plus, à comparer aux 28% des autres ménages américains.


Ira Sheskin est Professeur de Géographie et d’études régionales, et Directeur du Projet Démographique Juif du Centre Sue et Léonard Miller pour les Etudes du Judaïsme Contemporain, à l’Université de Miami. Avec le Rabbin Micah Liban, il a publié un long essai sur l’usage d’Internet par les Juifs Américains, dans un livre à venir-1-[1] .  


Sheskin résume les découvertes résultant de diverses études démographiques : « Un pourcentage non négligeable de Juifs Américains utilise Internet pour y trouver des informations sur l’histoire juive, les vacances, les questions religieuses, aussi bien que pour tout ce qui concerne Israël. Un autre usage caractéristique consiste à se connecter à leur communauté juive locale, par exemple, pour connaître l’endroit et l’heure d’évènements particuliers. L’usage internet de sites juifs est plus fort parmi les Juifs qui sont plus impliqués dans la vie traditionnelle juive. Ce groupe de pratiques comprend les membres d’une synagogue, aussi bien que des Juifs qui se rendent en Israël ou font des dons à une institution caritative.


“Les organisations juives ont un intérêt particulier à éduquer la jeunesse et encourager les mariages au sein de la communauté. Ainsi, la communauté juive se préoccupe plus particulièrement de pouvoir joindre les foyers ayant des enfants et les célibataires. Ces groupes atteignent une moyenne plus importante, quant à leur usage d’internet pour l’obtention d’information concernant la vie juive. Les études démontrent aussi que des pourcentages significatifs de célibataires utilisent les sites de rencontre juifs sur Internet.

 

“D’un point de vue communautaire juif, investir les sites internet est probablement le meilleur moyen de communication, auprès de ces deux types de ménages. Cela l’est d’autant plus que les études démontrent que relativement peu de jeunes gens lisent un journal juif local de façon régulière.

 

“Divers sites juifs ont un objectif spécifique d’ouverture et “d’engagement”. Tous ne se focalisent pas sur des sujets d’études ou des thèmes religieux. Par exemple, la Radio Juive de Rock (JRR) a lancé un site internet, en 2009, avec, pour mission de « renforcer l’identité juive et les relations au sein de la jeunesse et parmi les jeunes adultes juifs, en fournissant une chaîne de communication de masse utilisant la puissance de la musique comme source d’inspiration et d’éducation culturelle».

 

Au sein du courant majoritaire de la communauté juive, il est devenu commun d’utiliser des applications pour les téléphones mobiles et d’autres outils internet pour une variété de pratiques juives. Chez certains Juifs, l’observance religieuse s’est même développée du simple fait de l’usage d’internet. Une personne a répondu à un sondage en disant que son engouement récent pour le Judaïsme a écoulé de sa possession d’un iPod Touch.

 

“L’abondance d’applications mobiles à contenu relatif à la vie juive est évidente, quand on consulte la Communauté Juive iPhone, un magazine en ligne. Ce site développe la liste de centaines d’applications disponibles qui ont un contenu spécifiquement juif. On peut les subdiviser approximativement en trois grandes catégories : les ressources, les jeux et les nouveautés. Certaines applications qui sont plus particulièrement destinées au divertissement, plutôt qu’à un usage véritablement rituel prend encore une signification importante. Elles suscitent l’exaltation et même de la fierté chez leurs utilisateurs juifs, et ont fonction de points d’accès pour poursuivre un engagement dans la vie juive.

 

“L’usage d’Internet le plus important, pour les Juifs, concerne l’éducation. Ce phénomène ne fait pas que suivre les grandes tendances qu’on relève dans l’enseignement laïc, mais, dans certains cas, on peut même dire que les institutions juives ont ouvert la voie. 25% du temps de la journée dans les écoles juives américaines offre une forme quelconque d’apprentissage en ligne, sur un mélange de sujets, à la fois laïcs et liés au Judaïsme. L’Union pour le Judaïsme Réformé (UJR) a développé un programme en ligne pour l’ensemble de son réseau confessionnel d’écoles enseignant l’Hébreu. Il permet aux élèves de communiquer virtuellement les uns avec les autres et avec leurs enseignants, de travailler à leur propre rythme dans la salle de classe et d’interagir à distance avec les enseignants, à l’extérieur de la classe.

 

“Les logiciels de programmes éducatifs permettent aux élèves de décrypter des textes talmudiques. Certains ont développé des versions adaptées au web pour que les étudiants les utilisent sur iPads ou d’autres tablettes. Dans l’enseignement supérieur, l’apprentissage en ligne des matières juives est devenu banal. Par le biais du Centre Lookstein, en Israël, de nombreux cours payants sont proposés, tout au long de l’année, par Internet, dans un format d’apprentissage par correspondance. Des milliers d’enseignants israéliens et d’étudiants d’enseignement supérieur ont achevé leur cursus en ligne, grâce à ce Centre. Sur la toile elle-même, de nombreuses ressources éducatives sont disponibles.

 

“Il y a une multitude d’autres applications à caractère juif sur Internet, chacune pouvant être utilisée pour la recherche sur la communauté juive en tant que telle. En résumé : le nombre de ressources pour la vie juive sur Internet est virtuellement illimité ! ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.  

 

 

 



[1] Stanley D. Brunn (ed)  The Changing World Religion Map: Sacred Places, Identities, Practices and Politics.  (Dordrecht: Springer, forthcoming 2013).

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 17:18

 

 

 

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Rafael Medoff 

 

 

“Au cours de mes recherches, j’ai découvert une foultitude d’exemples de remarques en coulisses, où le Président américain Franklin Delano Roosevelt parlant du danger de permettre aux Juifs de vivre, en nombres trop importants, dans un endroit bien particulier, ou qu’ils deviennent trop prédominants dans certaines professions. Il a aussi promu l’imposition d’un quota, limitant l’admission des étudiants juifs à Harvard, dans les années 1920.

 

 

“En 1943, Roosevelt a exhorté les leaders locaux, en Afrique du Nord, libérée par les Alliés, de limiter l’accès aux Juifs dans beaucoup de professions. Il prétendait que « les plaintes qui suscitaient l’exaspération des Allemands à l’encontre des Juifs » étaient « compréhensibles », parce qu’il y avait trop de Juifs dans les métiers du Droit, de la Médecine et dans d’autres domaines « sensibles » en Allemagne ».

 

Le Dr Rafael Medoff est le fondateur et le Directeur de l’Institut David S. Wyman pour l’étude de la Shoah, un institut de recherche et de senibilisation du public basé à Washington D.C. En 2013, il est l’auteur de son quatorzième livre : – FDR and the Holocaust : A Breach of Faith.[F.D. Roosevelt et la Shoah : l’Abus de Confiance]

 

Il remarque que : “En 1943, Roosevelt a approuvé un plan de l’un de ses principaux conseillers de « disperser les Juifs à travers le monde entier, de sorte qu’ils soient contraints de s’assimiler rapidement. Il a aussi prétendu, en 1938, que les Juifs étaient bien trop prédominants dans l’économie polonaise, suggérant que c’était la première cause de l’antisémitisme qui y régnait. Cela permet de comprendre pourquoi Roosevelt a refusé d’autoriser les réfugiés juifs d’entrer aux Etats-Unis, au-delà de la limite des lois existantes. Effrayé à l’idée de la « domination » et de la « surreprésentation » juive, il n’y avait pas place pour trop de Juifs, dans sa vision de l’Amérique.

 

 

“Roosevelt était bien connu pour suivre l’opinion publique, plutôt que d’en prendre la tête. Il savait qu’il aurait été très impopulaire s’il avait proposé de libéraliser le système de quotas migratoires de l’Amérique. Pourtant, il n’était pas nécessaire de modifier les quotas, afin de sauver les réfugiés juifs. Tout ce que Roosevelt avait à faire consistait à demander tranquillement au Département d’Etat – qui était en charge de l’immigration – de permettre que les quotas existants soient atteints. Cela aurait été conforme à la loi,  et ainsi, les opposants politiques auraient été bien embarrassés pour échafauder un argumentaire sérieux pouvant aller contre cette mesure.

 

 

“Il y avait 190 000 places inoccupées, en restant dans le cadre des quotas, pour les ressortissants d’Allemagne et des pays occupés par les forces de l’Axe, durant les années de l’Hitlérisme. Le quota annuel, en provenance d’Allemagne –environ 26.000 jusqu’en 1938, 28.000 par la suite – n’a été atteint qu’au cours d’une seule des douze ans de mandat de Roosevelt. Pour la plupart des autres années, il n’était rempli qu’à moins d’un quart de son volume réel.

 

 

“Roosevelt a refusé de soutenir le projet Wagner-Rogers de 1939, qui aurait permis l’entrée de 20.000 enfants juifs d’Allemagne, en-dehors du système de quotas. Ces enfants n’auraient pris le travail de personne, un argument souvent soulevé, concernant toute autorisation octroyée en faveur de l’accueil d’un surplus d’immigrés. Pourtant, à peine un an plus tard, Roosevelt est personnellement intervenu pour permettre à des milliers d’enfants britanniques de venir aux Etats-Unis, afin d’échapper à la « Blitz-Krieg » nazie contre la ville de Londres.

 

“Roosevelt aurait pu faire bien d’autres choses qui auraient pu sauver des victimes de la Shoah. Il aurait dû ou pu faire pression sur les Britanniques, pour qu’ils ouvrent les portes de la Palestine aux réfugiés juifs. Il aurait dû autorisé l’usage des navires d’approvisionnement vides à destination des troupes au sol, pour ramener temporairement des réfugiés aux USA, jusqu’à la fin de la guerre. Roosevelt aurait dû permettre aux réfugiés de demeurer sous visa touristique, sur un territoire appartenant aux Etats-Unis, comme les îles Virginie, jusqu’à ce qu’il soit sécurisant pour eux de retourner en Europe. Il aurait, aussi, dû autorisé le bombardement de certains secteurs d’Auschwitz ou des lignes de chemin de fer qui y menaient, ce qui aurait, momentanément, interrompu le processus de meurtre de masses.


 

vue aerienne auschwitz220

 

 

“Le thème du refus de bombarder Auschwitz reste récurrent, sans qu’on puisse vraiment l’évacuer, parce que, par bien des façons, il résume à lui-seul le refus de l’Amérique de faire, même, le moindre effort pour interrompre le processus de meurtre systématique. Les avions-bombardiers américains volaient à quelques kilomètres des chambres à gaz, pour frapper les installations pétrolières allemandes. Pourtant, jamais l’Administration ne leur a ordonné de larguer quelques bombes sur le Camp de la Mort.

 

 

“Des recherches antérieures indiquaient que ces requêtes avaient été rejetées par l’Assistant du Secrétaire du Ministère de la Guerre et des responsables de rangs inférieurs. Mon livre démontre, pour la première fois, qu’en fait, ces requêtes parvenaient à toute la lignée des membres les plus importants du Cabinet Roosevelt, le Secrétaire d’Etat Cordell Hull et le Secrétaire du Ministère de la guerre, Henry Stimson. Mais ils n’ont jamais agi.

 

“Ce sujet est, aujourd’hui, pertinent. Tout Président américain est confronté à la question de savoir s’il faut employer les forces militaires américaines au nom d’objectifs humanitaires, dans d’autres parties du monde. Le Président Clinton est, en définitive, intervenu en Bosnie et dit qu’il regrettait de ne pas être intervenu au Rwanda. Ni le Président Bush, ni le Président Obama ne sont intervenus durant le génocide du Darfour. Obama a bien fini par agir en Libye, mais s’est montré bien plus hésitant, en ce qui concerne le massacre de ses propres citoyens par la Syrie, et les menaces génocidaires de l’Iran contre Israël. Les raisons de l’échec à bombarder Auschwitz, et la façon dont l’Administration Roosevelt a éconduit le groupe requérant de tels bombardements, offre beaucoup d’enseignements importants, permettant de se pencher sur les problèmes globaux de notre époque.

 

Medoff conclue : “Roosevelt mérite toute reconnaissance pour avoir sorti l’Amérique de la Grande Dépression et sa façon de mener la Seconde Guerre Mondiale, mais il n’était pas ce grand humanitaire et ce champion de “l’homme oublié” qu’il prétendait être –au moins, dès qu’il s’agissait des Juifs ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski

 

 

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 09:33

 

Oboler

Manfred Gerstenfeld interviewe André Oboler

 

 

“L’émergence des réseaux sociaux a causé de multiples problèmes aux Juifs et à Israël. La plupart d’entre eux se manifestent de diverses manières qui concernent la société dans son ensemble. Cependant, les Juifs et Israël apparaissent souvent parmi ceux qui sont le plus marqués négativement. Mon propre travail s’est principalement concentré, depuis presque une décennie, sur les façons d’identifier et de recommander des changements susceptibles d’éliminer ces problèmes de stigmatisation.

 

“Le premier problème que nous rencontrons est d’ordre idéologique. L’Internet s’est développé dans un environnement dérégulé. Cette tradition de « l’exceptionnalité d’Internet » perdure, même si on relève, de plus en plus souvent, ce défi. Il subsiste un choc des cultures, entre les Américains qui contrôlent la plupart des fournisseurs d’accès globaux, et le reste du monde. Les Américains veulent conserver une liberté complète d’opérations. En dehors de l’Amérique, cependant, la position commune est que l’incitation à la haine est néfaste. Le public a sur ce point, des attentes légitimes, que l’Etat prenne des mesures pour l’interdire et, peut-être même, la criminaliser. C’est une conséquence de la façon dont l’incitation à la haine a joué un rôle significatif dans l’atmosphère qui a généré la Shoah.  

 

 

Le Dr André Oboler est le Président-Directeur Général de l’Institut de Prévention de la Haine sur Internet, en Australie. Il est coresponsable du Groupe de Travail sur l’Antisémitisme sur Internet et dans les Medias, au Forum Global de Lutte contre l’Antisémitisme.

 

“Un autre problème essentiel concerne les failles dans les systèmes des fournisseurs d’accès, tels que Facebook, YouTube et Twitter. Elles peuvent être dues aux logiciels, aux processus et, aussi, parfois, à l’implication directe des gens eux-mêmes. Twitter ne dispose pas de mécanisme pour signaler les contenus à risque. Il ne propose ainsi aucun moyen intrinsèque permettant de filtrer et d’examiner les contenus antisémites. Ce problème est actuellement posé devant les tribunaux français, à la suite d’une plainte de l’Union Des Etudiants Juifs de France.

 

 

“De nombreux exemples, tirés de Facebook, concernent l’antisémitisme sous des formes diverses et variées. Par exemple, la promotion des Protocoles des Sages de Sion, ce pamphlet de diabolisation des Juifs, devenu un classique du genre, la comparaison de l’Etat d’Israël à l’Allemagne Nazie, aussi bien que des théories de la conspiration. C’est une faille dans les pratiques de Facebook, qui fait que les plaintes, concernant de tels contenus sont souvent rejetées. Des données fournies par un groupe d’étudiants israéliens luttant contre l’antisémitisme en ligne, suggèrent que c’est ce qui arrive, pour plus de 85% de plaintes tout-à-fait motivées. Puisque Facebook ne dispose pas de système de contrôle de la qualité, il devient même plus difficile de supprimer les contenus a posteriori.

 

“Avec certains fournisseurs, on a souvent l’impression que ceux qui ont la charge de répondre aux plaintes souhaitent éviter, par tous les moyens, d’avoir à rendre des comptes. Dans certaines entreprises, il est difficile de trouver une personne qui ait la charge spécifique de faire la liaison avec l’extérieur, concernant les problèmes graves et continuels d’antisémitisme. On reçoit souvent une réponse automatique, signée par « l’équipe de l’entreprise » ou une personne fictive.

 

“Une autre préoccupation importante reste l’absence de compréhension, de la part des entreprises, quant à la nature de l’antisémitisme. Cette forme de haine, sans doute, la plus ancienne qui ait existé depuis des millénaires, est bien étudiée. Dans ses formes les plus caractéristiques, les universitaires et les experts parviennent facilement et systématiquement, à l’identifier. Cela dit, les fournisseurs veulent créer leurs propres définitions et modes d’interprétation de l’antisémitisme. De toute évidence, ils manquent de l’expertise, des compétences ou même du désir de le faire correctement. Cela a mené, par exemple, à une situation où, depuis des années, Facebook refuse de reconnaître le caractère antisémite de la négation de la Shoah, qui est l’une des manifestations les plus extrémistes d’antisémitisme.

 

“Dans la société civile, des problèmes identiques sont en augmentation contre d’autres communautés, comme les groupes indigènes, les homosexuels, des minorités religieuses ou culturelles et les immigrés. Une divergence notoire, entre la position de Facebook et celle de l’opinion publique concernait des pages consacrées au viol. Facebook considérait, initialement, un tel contenu comme humoristique et cherchait à le conserver et à l’excuser. Cela a conduit à des accusations de sexisme et à des réactions violentes de la part de la majorité du public. Facebook a alors, rapidement, changé d’orientation.

 

“Les Juifs devraient se servir de l’expertise tirée du combat contre l’antisémitisme pour soutenir les autres communautés victimes d’attaques d’un genre similaire. Les gouvernements ont besoin d’avoir un contrôle plus large à l’intérieur de leurs frontières, aussi bien – lorsque leurs citoyens sont victimes d’agressions – que sur un plan extraterritorial, grâce au cadre des traités internationaux. On doit souvent lutter, à l’extérieur des Etats-Unis, pour l’application de la loi, afin d’obtenir, soit une réponse qui convient, soit qu’elle intervienne dans un délai raisonnable, de la part de fournisseurs d’accès basés aux Etats-Unis. Il n’est pas souhaitable qu’Internet reste, exclusivement, un terrain de jeu de l’Amérique. Le simple passage d’information à travers les Etats-Unis, ou l’utilisation de services d’entreprises basées aux Etats-Unis, ne devaient pas créer de difficultés, quand l’auteur et la victime résident dans un autre pays.

 

“Il y a aussi une guerre de propagande permanente lancée contre l’Etat juif, par l’entremise des médias sociaux. La désinformation devient rapidement virale. Les vidéos mises en scène et les photographies retouchées se répandent comme des traînées de poudre, particulièrement, durant les phases de conflit. La vérité, en tant que telle, ne joue aucun rôle dans cette arène très particulière. Le contenu est roi et plus c’est spectaculaire, mieux cela vaut. Il existe, également, un fort courant de soutien constant aux gros mensonges, comme « l’Apartheid israélien ».

 

“Israël est, également, confronté à un usage des réseaux sociaux comme instrument de guerre par l’Iran. Des réseaux de militants pro-israéliens sont compromis. Des groupes comme « Anonymous » sont infiltrés et deviennent des marionnettes de l’Iran. Les réseaux sociaux servent ainsi de mégaphone pour la propagande de haine parrainée par des Etats-voyous, la déshumanisation et, bien sûr, l’antisémitisme. Pourtant, les entreprises de réseaux sociaux restent les bras croisés face à ce phénomène, surtout préoccupés par l’accumulation de leurs bénéfices commerciaux, par ce biais ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski 

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 13:37

Marcus

Kenneth L. Marcus.

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Kenneth L. Marcus

 

 

“Il existe un paradoxe fondamental, au cœur même de la résurgence actuelle de l’antisémitisme sur les campus. Les Universités devraient être des centres de libre exercice de la raison et de la tolérance, mais, pourtant, aux Etats-Unis, elles deviennent les sources principales de diffusion de l’antisémitisme et de l’antisionisme. Il y a de multiples façons de lutter contre ce fléau, mais l’une des approches les plus convaincantes est fondée par la Loi sur les droits civiques. L’article VI de l’Acte sur les Droits Civiques, de 1964, est l’outil juridique primordial, tout-à-fait disposé à protéger les étudiants juifs et israéliens à l’université, contre toute forme de discrimination. Il est particulièrement important parce que les jeunes gens sont plus vulnérables et plus faciles à intimider que les autres. L’article VI interdit la discrimination au sein de tout programme financé par un organisme fédéral, qu'elle soit fondée sur la race, la couleur de peau ou l’origine nationale. Historiquement, son principal objectif était de rompre avec la ségrégation raciale à l’école, mais il est, à présent, l’une des lois les plus importantes pour ceux d’entre nous qui luttent activement contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur.

 

“La clé d’un usage efficace de l’article VI repose sur cette conformité aux conditions d’un financement fédéral. Virtuellement, toute université américaine est foncièrement dépendante de l’argent fédéral. Si des universités violent l’article VI, elles s’exposent à perdre le bénéfice de ces fonds. La mise en application de l’article VI est supervisée par une agence fédérale importante, qui s’appelle le Bureau des Droits Civiques (OCR) du Département Américain d’Education. Il gère, approximativement, 7000 dossiers par an, relatifs aux droits civiques, impliquant une très large gamme de problèmes liés à la discrimination ».

Kenneth L. Marcus est Président du Centre Louis D. Brandeis pour le respect des Lois concernant les Droits de l’Homme, à Washington. Il est l’ancien Directeur d’équipe de la Commission américaine pour les Droits Civiques et l’auteur de Jewish Identity and Civil Rights in America.[1] [Identité Juive et Droits Civiques en Amérique].

 

Il explique que : “Jusqu’en 2004, l’OCR [le Bureau des Droits Civiques] évitait d’être confronté aux problèmes d’antisémitisme. Il s’en tenait à la position disant que l’article VI ne recouvrait pas les problèmes rencontrés par les Juifs, en définissant le Judaïsme comme religion, plutôt qu’une « race », un groupe ethnique, une couleur de peau ou une nationalité. Pourtant, l’OCR défendait les droits de beaucoup d’autres groupes, dont les femmes, les personnes handicapées, les Hispaniques, les Arabes et les Afro-Américains. Lorsque j'ai pris la responsabilité de l’OCR en 2004, j’ai publié une série de déclarations de politique générale, en annonçant que, dorénavant, l’OCR offrirait sa protection aux Juifs, aux Sikhs et aux membres d’autres groupes identifiables par des caractéristiques religieuses, ethniques ou des coutumes ancestrales.

 

“Mes successeurs immédiats n’ont pas appliqué la loi en suivant ces directives. J’ai alors mis sur pied une campagne, de façon à convaincre l’Administration Obama d’adhérer à cette orientation politique. En 2010, l’Administration a, finalement, annoncé qu’elle l’appliquerait pleinement.

 

“ La nouvelle approche juridique requiert des responsables fédéraux et des dirigeants de l’Université qu’ils comprennent bien deux points essentiels. Le premier est que l’antisémitisme survient souvent sous le masque de l'hostilité anti-israélienne. Le second est que le Premier Amendement exige la protection de la liberté d’expression des étudiants, au sein des universités publiques. Au Centre Brandeis (www.brandeiscenter.com), nous travaillons à former les responsables à ces principes. La Loi contre la discrimination et la liberté d’expression ne sont pas des sujets en concurrence, qui doivent trouver un équilibre précaire, en jouant l’une contre l’autre. Toutes deux doivent être intégralement garanties.  

 

“Le Département d’Education n’a, cependant, jamais fourni de définition claire de l’antisémitisme, dans l’objectif de faire appliquer l’article VI. Le Centre Louis D. Brandeis a exhorté l’OCR d’utiliser, soit la définition de travail de l’Observatoire Européen des Phénomènes Racistes et Xénophobes (EUMC), qu’a approuvée la Commission Américaine des Droits Civiques, ou sinon, la définition, très similaire, du Département d’Etat des Etats-Unis.

 

“La réforme de l’article VI est, également, applicable aux écoles élémentaires et secondaires et aux bibliothèques publiques. On assiste souvent à des formes de harcèlement à l’égard d’enfants juifs en âge d’être scolarisés, bien que ce ne soit pas forcément en lien avec Israël. Il est nécessaire que les administrateurs scolaires comprennent que les étudiants juifs jouissent des mêmes droits de protection fédérale que les membres  de tout autre groupe.  

 

“Si on veut vraiment réaliser cette mise en application, il faut qu’il se produise deux choses. D’abord, on doit déposer des plaintes en bonne et due forme, avec l’OCR. Il est souvent difficile pour des étudiants juifs des facultés de s’élever contre l’antisémitisme, parce qu’ils craignent des représailles, de la part de l’Université ou d’autres étudiants. Deuxièmement, l’OCR doit lancer des actions concrètes. Jusqu’à présent, l’OCR a fait preuve de lenteur dans la résolution des plaintes en instance pour antisémitisme.

 

“Actuellement, trois cas relatifs à l’article VI sont en attente, contre trois universités sur les campus de Californie – Berkeley, Irvine et Santa Cruz – ainsi que contre l’Université Rutgers dans le New Jersey. Depuis que ces plaintes ont été déposées, les administrateurs se sont montrés remarquablement plus sensibles au problème de l’antisémitisme et de l’antisionisme. D'autre part, les étudiants qui sont hostiles à la communauté juive s'avèrent plus réticents à s’impliquer dans des faits de harcèlement.

“Alors que les réformes de l’article VI, en 2004 et en 2010 ont constitué une étape cruciale dans la bonne direction, il reste encore beaucoup de travail à réaliser. Le Congrès devrait interdire le harcèlement des étudiants appartenant à des minorités religieuses, tout comme il le fait en faveur des femmes, des personnes handicapées et des minorités raciales ou ethniques.

 

“Un autre sujet problématique subsiste, à savoir que, depuis plusieurs années, le gouvernement fédéral finance des centres d’études du Moyen-Orient, situés dans les universités, afin de former les étudiants à des compétences, telles que la connaissance de l’arabe, qui est importante dans la guerre contre le terrorisme. Mais, l’essentiel de ce financement est utilisé pour soutenir des programmes inculquant des partis-pris et des perceptions déformées, qui instillent des attitudes négatives envers Israël et les Etats-Unis. Dans certaines universités, des professeurs endoctrinent les étudiants en les matraquant de supposées « atrocités » israéliennes. Cela risque potentiellement de se propager et d’avoir un impact sur la façon dont les étudiants juifs et israéliens sont perçus et traités par leurs pairs. Le Congrès et le Département de l’Education devraient entreprendre une action pour s’assurer que les impôts des contribuables ne sont pas employés à fomenter et soutenir la propagande anti-Américaine et anti-israélienne, au sein ou à l’extérieur des salles de classe ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.  

 

 



[1] Cambridge University Press, 2010

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 21:35

 

 Adlerstein

Le Rabbin Yitzchok Adlerstein

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe le Rabbin Yitzchok Adlerstein

 

 

“Les cercles dirigeants de la majorité du « courant principal » des Eglises protestantes, particulièrement ceux des comités missionnaires, tendent à s’aligner sur l’agitation anti-israélienne. A l’heure qu’il est, un nombre conséquent de leurs membres subit l’influence de la rhétorique anti-israélienne. En outre, des membres plus jeunes, du fait des attitudes antisionistes propagées sur les campus, se montrent, de plus en plus, hostiles à Israël. Si les Palestiniens font des progrès supplémentaires, ici, cela portera un coup sévère à l’image de soi de l’Amérique, qui dit « se tenir fermement aux côtés d’Israël ».

 

Ces églises très libérales comprennent les Presbytériens, les Méthodistes, les Episcopaliens, les Luthériens et l’Eglise Unifiée du Christ. Le nombre de leurs adeptes est, à présent, de 16 millions. Les adhésions et leur influence continuent de décroître, aux Etats-Unis. La rhétorique de ces églises se fait, généralement, damer le pion par une idéologie encore plus radicale, que diffuse un petit groupe de prétendues « églises de la paix », qui comprend les Mennonites et les Quakers ».

 

Le Rabbin Yitchok Adlerstein est le Directeur des Affaires Interreligieuses du Centre Simon Wiesenthal. Il est le Président-Adjoint du Département de Droit et d’Ethique Juive à la Faculté de Droit de Loyola. Il est le rédacteur et fondateur du blog Juif Orthodoxe Cross- Currents [à contre-courant].

 

“Les églises du courant principal revendiquent d’avoir beaucoup de membres du Congrès. Ils représentent l’Amérique profonde et ont adopté une série de résolutions hostiles à Israël. Elles incluent des appels au Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS). Certaines visent directement Israël, d’autres se focalisent sur les « implantations ». Plusieurs églises soutiennent le document haineux Kairos Palestine, publié en 2009, par certains Palestiniens chrétiens. Il est aussi question de tourisme en Israël, mais sous les auspices palestiniens.

 

“BDS a débuté avec le passage d’une résolution, en 2004, à l’Eglise Presbytérienne (USA), appelant à un désinvestissement sélectif des actions, dans des sociétés américaines faisant des affaires avec Israël. Longtemps avant cela, le Conseil Mondial des Eglises (CME ou WCC), fondé en 1948, s’alignait déjà sur le mode de pensée des pays du « Tiers-Monde ». Il s’agit d’une coordination internationale qui regroupe les églises du courant principal et qui revendique l’appartenance confessionnelle de 590 millions de personnes. Il a fréquemment condamné Israël, pourtant, en contrepartie, il n’a jamais élevé la moindre protestation  contre les tentatives, de la part des voisins d’Israël et de terroristes, de le rayer de la carte. Les représentants salariés de ces églises portent souvent préjudice à Israël, sans détenir de mandat particulier de la part d’aucune assemblée. Par exemple, à l’automne 2012, juste avant les élections présidentielles américaines, un consortium de représentants de l’église ont envoyé une lettre aux membres du Congrès, en les questionnant sur la façon dont l’aide militaire américaine était utilisée par Israël et appelant à des réductions de cette aide.

 

 

“Plusieurs de ces églises ont aussi publié du matériel éducatif à fort relent extrémiste antisioniste. Ce sont, souvent, uniquement les membres de ces congrégations qui le verront. Les Méthodistes ont produit un guide de l’étudiant, il y a quelques années, dont l’auteur est un pasteur, Juif apostat. Il a admis haïr le Judaïsme. Il présentait des illustrations de soldats israéliens qui rappelaient, de façon frappante, des gardes nazis des camps de concentration.-1-[1] 

 

“Les motivations de ces églises diffèrent de l’une à l’autre. Certaines visent à délégitimer l’Etat d’Israël, en tant « qu’entreprise colonialiste conçue dans le péché ». D’autres  désirent donner un témoignage chrétien de l’absence de paix en Terre Sainte. Ces églises ont abandonné les croyances et pratiques de leurs grands-parents, ne retenant que la sympathie envers le déshérité. En défendant les Palestiniens, ils prétendent soutenir l’opprimé contre « le puissant et malfaisant Israël ».

 

“La théologie joue un rôle grandissant dans l’activité antisioniste des églises de ce courant principal. Cela a commencé avec la Théologie de la Libération du Centre œcuménique Sabeel et sa tête pensante, le Dr Naïm Ateek. Beaucoup d’églises libérales sont partenaires de Sabeel. Ateek a utilisé l’imagerie de la crucifixion dans son message de Pâque, en 2001 : « Il semble à beaucoup d’entre nous que Jésus est, une fois encore, sur la croix, entouré de milliers de Palestiniens crucifiés tout autour de lui -2-[2]». Il réintroduit ainsi l’antique accusation chrétienne meurtrière de déicide, contre les Juifs. Ateek et d’autres nient que la Bible parle de la moindre promesse de Terre, concernant les Juifs. C’est un renouveau de la théologie du remplacement et de la substitution, qui est extrêmement dangereuse pour les Juifs à travers le monde, particulièrement dans une période d’expansion de l’antisémitisme.

 

“Les influences palestiniennes font un énorme travail de sape, en matière d’incitation à la haine anti-israélienne. Ils ont envoyés des équipes de palestiniens chrétiens, à travers les Etats-Unis, depuis une décennie, qui font vibrer la corde sensible, chez les Chrétiens, avec des histoires émouvantes et pathétiques. Ils sont plus efficaces que les musulmans palestiniens, qui ne viennent pas en « frères ».

 

“Pourtant, il y a parfois des surprises. En 2012, plusieurs confessions ont substitué la proposition d’un investissement positif, au lieu d’un désinvestissement. Dans certains cas, des votes qui se présentaient comme s’ils devaient aboutir dans un sens antisioniste, ont été sauvés par les discours passionnés de pasteurs qui se sont exprimés, au sein de leurs églises, sur l’impact qu’une telle résolution aurait sur le partenariat et les amitiés judéo-chrétiennes.

   

“Je m’entretiens fréquemment avec des amis, apparentant aux églises, qui réfléchissent aux diverses causes du sentiment antisioniste. Quand j’en attribue l’essentiel à l’égarement de l’amour chrétien, il m’arrive souvent d’être interrompu par quelqu’un, qui dit : « Rabbin, j’aimerais que ce soit vrai. Il existe bien plus d’antisémitisme à l’ancienne mode, dans cette église, qu’aucun d’entre nous n’aimerait devoir le reconnaître ».

 

“Les actions de ces églises du courant dominant ont empoisonné le puits du dialogue judéo-chrétien. Les Juifs ont accepté le dialogue, qui a été fructueux, à certaines époques, sur la base d’assurances données par les partenaires chrétiens, qu’ils laissaient derrière eux le mépris envers les Juifs et le Judaïsme, et qu’ils avaient fait des tentatives sincères pour comprendre ce qui était important pour les Juifs. La façon dont ces églises traitent Israël montre que cela n’est pas vrai non plus ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 16:43

 

 

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Kenneth Collins.

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Kenneth Collins


Un document intitulé : “L’Héritage d’Abraham? Un rapport sur la Terre Promise », a été approuvé par l’Assemblée Générale de l’Eglise (ou Kirk) d’Ecosse, le 23 mai 2013. Il a pour but de discréditer l’attachement des Juifs à Israël, d’un point de vue théologique, et a été rédigé par l’Eglise et le Conseil de la Société. Il affirme que la revendication des Juifs à la Terre d’Israël devrait être invalidé par le traitement qu’ils font subir aux Palestiniens et suggère que l’Eglise envisage le boycott et des sanctions contre Israël.

 

 

“Ce nouveau rapport est le fruit de la coopération et du soutien du Conseil Missionnaire Mondial, et représente « la réflexion la plus aboutie sur des questions auxquelles on doit faire face », telles que la situation politique et humanitaire en Terre Sainte, qui continue d’être une source de souffrance et préoccupation pour nous tous. A la suite des protestations de la Communauté Juive de Grande-Bretagne, quelques modifications cosmétiques ont été apportées au document, mais ses grandes lignes restent globalement inchangées.

 

Le Dr Kenneth Collins est l’ancien Président du Conseil Représentatif des Juifs de Glasgow et Président du Conseil des Communautés Juives d’Ecosse. Il est, actuellement, Professeur invité à l’Université Hébraïque de Jérusalem.


Collins remarque que : “L’Eglise d’Ecosse est l’organisme religieux le plus important et le plus significatif, avec environ un million de membres actifs, mais nombreux sont ceux qui reconnaissent son rôle dans la vie nationale du pays.

 

 

“Ce document s’écarte de manière radicale de celui de 2003, intitulé : « Théologie de la Terre et Engagement ». Il mettait en exergue que : « En tant que Chrétiens nous devons être sensibles au fait d’accepter que nous n’avons aucun droit de dicter aux Juifs de quelle façon ils devraient être fidèles à leurs traditions ; leur dire, par exemple, s’ils doivent être Sionistes ou Non-Sionistes, religieux ou laïcs ».    

 

“En 1981, l’Eglise avait approché le Grand Rabbin d’alors, le Rav Immanuel Jakobovits pour contribuer à instaurer un dialogue avec la communauté juive. Cette interface a duré de nombreuses années, permettant d’aborder des problèmes communs, sur le plan religieux, aussi bien que des sujets théologiques, comme les lignes de séparation entre Juifs et Chrétiens, au cours des premiers siècles de l’Ere Commune. Chacun faisait toujours preuve de compréhension mutuelle, même là où il ne pouvait y avoir d’accord.

 

“On hésite à employer le terme “antisémitisme”, dans l’Ecosse contemporaine. La communauté juive jouit d’un haut degré de tolérance et joue un rôle positif dans la société civile. Pourtant, ce document est, sur le plan théologique, extrêmement antijuif. Il transgresse tous les usages de la courtoisie dans les relations interconfessionnelles et peut ainsi être considéré comme contenant des composantes antisémites.

 

“Plusieurs évolutions ont rendu possible ce document. L’une d’elles est l’approfondissement des relations entre l’Eglise et des Chrétiens Palestiniens. L’Eglise subit l’influence de Chrétiens anti-israéliens agressifs, comme le mouvement Sabeel et les signataires du document Kairos.

 

La structure même de l’Eglise d’Ecosse est un second facteur de ce changement de tonalité. La personnalité qui l’anime, le modérateur de l’Assemblée Générale, n’occupe ce poste que pour un an seulement. La conséquence est que le cercle dirigeant effectif de l’Eglise suit les inclinaisons courantes de ses membres. Avec les récents changements de personnel au sein de son bureau directeur et de ses principales commissions, les membres de l’église qui étaient investis dans le dialogue interreligieux avec les Juifs, se sont faits remplacés au cours des dernières années. Certains nouveaux membres peuvent même ne pas avoir connaissance des relations antérieures que l’Eglise a instaurées avec la communauté juive. On ne requiert pas des nouveaux ministres officiants qu’ils apprennent l’hébreu biblique et, par conséquent, la majorité n’a pas la faculté de lire le texte biblique en version originale.

“L’Eglise d’Ecosse dispose d’un certain nombre d’institutions –églises, auberges, une école et un hôtel luxueux en Israël. Ils servent, principalement, la communauté locale arabe. Des Arabes chrétiens sont invités à s’exprimer, lors de la prochaine Assemblée Générale, alors qu’il n’existe aucune tribune prévue, en vue d’une participation juive.

 

La réaction a été vive, du côté juif. Ephraïm Borowski, Directeur du Conseil écossais des Communautés Juives, a désigné le document comme « Un scandale, au regard de tout ce qu’est censé représenter le dialogue interreligieux. Cela se lit comme une polémique  contre les Juifs et le Judaïsme, datant de l’ère de l’Inquisition. Il est déformé, faible quant à la valeur des sources, et contradictoire. Le tableau qu’il dresse, à la fois du Judaïsme et d’Israël est même, à peine, l’équivalent d’une caricature. L’arrogance dans la façon de donner des leçons au Peuple Juif sur la façon d’interpréter les textes juifs et la théologie juive est à couper le souffle. Il est, à peine, surprenant que l’Eglise se soit, cette année, écartée de sa pratique de longue haleine, dans l’engagement au dialogue constant avec la communauté juive, puisqu’elle prétend connaître le Judaïsme mieux que nous ».

 

“Le Bureau des Députés de Grande-Bretagne, l’organisation juive coordinatrice au Royaume-Uni a réagi au document, en disant : “Il est truffé de déformations de l’histoire juive, de ses valeurs et croyances, autant que d’erreurs factuelles fondamentales. C’est un document tendancieux et ignorant qui tend à se faire passer pour une déclaration théologique ». Le journal londonien Times a diffusé cette histoire à la Une de son édition écossaise, en l’exposant comme « une gifle à la face de la communauté juive ». Le sous-titre de l’article était : « Colère, alors qu’un rapport questionne le droit à l’existence d’Israël ».

 

“Comme le conclut la réplique officielle juive en Ecosse : “Si l’Eglise est inepte à bâtir des ponts, peut-elle, au moins, tâcher de s’abstenir de les brûler ? » 

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.


Adaptation : Marc Brzustowski.

Ce texte a, au préalable, été diffusé en anglais, par Tundra Tabloïds, le 8 mai 2013 : http://tundratabloids.com/2013/05/exclusive-interview-of-kenneth-collins-by-manfred-gerstenfeld-on-church-of-scotlands-campaign-against-the-jewish-state.html

 

 

 

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 09:11

 

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Bernard Emsellem

 

 Manfred Gerstenfeld interviewe Bernard Emsellem

 

“ Depuis longtemps, le rôle joué par la Société Nationale des Chemins de Fer français (SNCF), au cours de la Seconde Guerre Mondiale, a fait, autant, l’objet de recherche, de louanges que de critiques. Un des aspects essentiels de cette période, est le rôle qu’elle a joué dans la déportation de plus de 75.000 Juifs de France, principalement, à partir du camp de transit de Drancy. La majorité d’entre eux a été assassinée.

 

“En 1990, Jacques Fournier, à l’époque Président de la SNCF,  a décidé que toutes les archives – une priorité étant donnée à celles concernant la période de la guerre- soient entreposées en un seul et même endroit. Depuis, elles ont été informatisées. Ces dernières années, des copies ont été mises à la disposition du Mémorial de la Shoah, à Paris, de Yad Vashem à Jérusalem et du Musée Américain de la Shoah (U.S. Holocaust Museum) à Washington. Ces archives sont, à présent, accessibles sur Internet ».

 

 Bernard Emsellem est l’ancien Directeur Général Délégué en Responsabilité Sociale des Entreprises de la SNCF. Avant cela, il en était le Directeur de la Communication. Il est aujourd’hui Conseiller du Président.

 

“Jacques Fournier a aussi demandé à l’Institut Français d’Histoire du Temps Présent du CNRS de mener une recherche sur l’histoire de la SNCF durant la Seconde Guerre Mondiale. Christian Bachelier l’a rédigé sous la supervision de l’historien Henri Rousso. Il est disponible depuis 1996 et contient 900 pages. Il est, également, accessible sur Internet.

 

“Le rapport traite, entre autres, des relations entre la SNCF et les autorités françaises et allemandes. Par la Convention d’Armistice de juin 1940, la SNCF a été placée « à la disposition pleine et entière de l’armée allemande ». Les employés de la Compagnie ont, alors, été soumis aux lois de guerre allemandes.

 

“Le rapport présente, également, par ordre chronologique, diverses étapes de l’histoire de la SNCF durant la guerre, c’est-à-dire, la réquisition des équipements de la compagnie, le processus de prise de décision et sa mise en œuvre, concernant la déportation, en particulier au cours de l’année 1942. Il traite, aussi, de la Résistance, puisque plus de 2000 employés des chemins de fer sont morts en déportation ou ont été exécutés en France. Finalement, il analyse la contribution des cheminots, à la victoire des alliés, avant et après leur débarquement en France.

 

“En 2000, Louis Gallois, alors Président de la SNCF, a organisé une conférence au sujet de ce rapport. Elle s’est, symboliquement, déroulé dans l’enceinte du Parlement Français. Elle a, ensuite, donné lieu à la publication d’un livre, qui expose les contributions de la conférence.

 

“Louis Gallois a, également, pris la décision de promouvoir une exposition itinérante de photographies, représentant les enfants déportés et assassinés, qui s’est déplacée dans vingt des principales gares ferroviaires, entre 2001 et 2004.  C’est l’avocat et historien Serge Klarsfeld qui l’a préparée. Cette exposition a, également, été présentée au Siège de la SNCF, au Parlement français et à l’Hôtel de Ville de Paris, et on estime à un million le nombre des personnes qui ont pu la voir.

 

“En 2008, le nouveau Président de la SNCF, Guillaume Pepy, a décidé de lancer de nouvelles actions, sous le sigle : « Transparence, Histoire, Mémoire et Education ». Il a publiquement déclaré que la SNCF a été un rouage de la machine de guerre nazie. Guillaume Pepy a exprimé ses regrets pour les conséquences des actes de la SNCF durant la guerre. La notion de « regrets » a été choisie  parce qu’en français, elle exprime un engagement plus profond envers l’avenir que des « excuses », qui mènent à une clôture du sujet traité. Pepy a terminé son allocution en déclarant : « ne jamais oublier ».

 

“En outre, le site des chemins de fer de Bobigny a été transféré à la municipalité de la ville, pour le transformer en lieu de mémoire. Les trains de déportés de Drancy partaient de là, entre l’été 1943 et l’été 1944. Guillaume Pepy a fait la déclaration publique mentionnée plus haut, lors du transfert officiel du lieu, le 25 janvier 2011 – deux jours avant la Journée Internationale du Souvenir de la Shoah-. Parmi les personnes présentes à la cérémonie, on trouvait des députés et des membres des autorités locales, des représentants de la communauté juive, des survivants autant que des dirigeants et d’autres employés de la SNCF. Les médias ont prêté une attention soutenue à cet évènement.

 

“Aux Etats-Unis, la SNCF a essuyé des attaques, pour les mêmes raisons qu’en France : son rôle dans la déportation des Juifs. Ses détracteurs sont les survivants et les descendants de déportés, ainsi que leurs avocats. Ils ont déposé des plaintes en vue d’obtenir des indemnisations de la part de la SNCF. Pourtant, ce sont les autorités françaises qui sont concernées par le versement d’indemnités pour l’internement et la déportation, depuis la fin de la guerre. Au début de ce siècle, l’Etat a créé des pensions supplémentaires, à l’intention des orphelins dont les parents avaient été assassinés. Il a aussi procédé à des restitutions, concernant la spoliation des biens et propriétés juives.

 

“Certains détracteurs s’opposent aux activités actuelles de la SNCF aux Etats-Unis. On trouve, aussi, une opposition au Congrès américain. Pourtant, à l’heure actuelle, en France, la SNCF fait face à son passé, comme peu d’autres institutions l’ont fait. Nous travaillons, également, avec Israël. On peut se demander pourquoi la SNCF est la seule entreprise à être la cible d’attaques de ce genre.

 

“L’enseignement sur la Shoah est un sujet important pour la SNCF. Toutes nos activités dans ce domaine comportent un objectif pédagogique. Par exemple, nous avons financé la production d’une pièce de théâtre appelée : « Haïm ». Elle s’accompagne d’un travail éducatif réalisé avec les élèves des écoles qui se situent à proximité des locaux de la troupe théâtrale.

 

“Nous avons établi un partenariat fort avec le Mémorial de la Shoah à Paris. Depuis quatre ans, nous finançons des activités qu’il a développées à l’intention des enseignants et des élèves, concernant l’enseignement de la Shoah. Nous avons, également, financé une chaire d’enseignement consacré aux génocides, à Bordeaux. Tout ceci démontre que nous essayons de donner le meilleur de nous-mêmes pour assumer le passé, autant qu’il est possible.



Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

 

Adaptation : Marc Brzustowski et M. Bernard Emsellem. 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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