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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 14:11

 

 

 

 

mohamed-merah-tueur-denfants-2 (Copier)


Par Manfred Gerstenfeld

 

Les condamnations fusaient de toutes parts, après les exactions de Mohammed Merah, un Français d’origine algérienne, qui a froidement assassiné un enseignant juif et trois enfants, dans l’école Ozar Hatorah, à Toulouse, en mars. Le Président d’alors, Nicolas Sarkozy, se rendit en visite dans cette école juste après les meurtres. Lui-même et son concurrent François Hollande – ensuite élu Président – avaient suspendu leur campagne durant deux jours pour marquer leur respect envers les victimes. Ces condamnations ne provenaient pas seulement de France, et même de quelques représentants musulmans, mais de partout dans le monde. Le Roi du Maroc a, ainsi, envoyé une délégation vers cette école pour présenter ses condoléances.

 

Pourtant, il y a aussi eu beaucoup d’autres réactions à ces assassinats. L’école a reçu, juste après, un grand nombre de courriels truffés de haine et de menaces. On s’est récemment aperçu qu’à la suite du massacre de Toulouse, l’antisémitisme s’est dangereusement développé, en France. Le Service de Protection de la Communauté Juive, le SPCJ a enregistré plus de 90 incidents antisémites au cours des dix jours suivant les meurtres de l’école juive.

 

Le Ministère de l’Intérieur français a déclaré 148 incidents antisémites en mars et avril, dont 43 sont classés comme particulièrement violents. Cela représente le double de la configuration des mêmes mois en 2011. Le dernier incident violent d’avril s’est déroulé à Marseille, où un homme juif et son ami ont été agressés par des assaillants qui se disaient Palestiniens et qu’ils voulaient exterminer les Juifs. Le SPCJ a publié son rapport, après une autre attaque violente, le 2 juin, contre trois jeunes Juifs à Villeurbanne, près de Lyon. Il a déclaré que ces attaques reflètent l’empathie que certains éprouvent et expriment envers Merah -1-. A la suite d’une autre agression antisémite, dans la banlieue parisienne, à Sarcelles, le nouveau Ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, y a assisté à un office religieux, afin de témoigner sa sympathie envers la Communauté Juive-2-.

 

Depuis le début de ce siècle, les principales vagues d’incidents antisémites en Europe Occidentale ont régulièrement coïncidé avec les évolutions de la situation au Moyen-Orient. Ce fut le cas, lors de la Seconde Intifada, la Seconde Guerre du Liban, en 2006, et l’Opération « Plomb Durci » à Gaza, en 2008-2009.

 

Ces vagues de violence antisémite ont grandement différé des trois précédentes, dans l’après-guerre. Au cours de la seconde moitié du siècle passé, on a identifié trois pics majeurs de violence antisémite : « L’épidémie de Swastikas » (en 1959-1960), une autre à la fin des années 1970 et au début des années 1980, puis une troisième entre 1987 et le début des années 1990. Simon Epstein, expert de l’antisémitisme, a étudié la morphologie de ces incidents. Il a conclu que ces vagues étaient rythmées par des lois autonomes. En d’autres termes, il existe un antisémitisme caractérisé par le syndrome de « la montée dans le train en marche » : quelqu’un déclenche les incidents, mais ce sont d’autres individus, n’ayant, apparemment, aucun lien avec lui, qui commettent des actes supplémentaires et ainsi de suite-3-.

 

L'écho apporté aux assassinats de Merah semble, ainsi, bien indiquer une perspective effrayante. Non seulement les évènements au Moyen-Orient accentuent gravement les risques d’incidents antisémites à l’étranger, mais même un acte majeur de violence antisémite peut déclencher beaucoup d’autres incidents similaires. L’auteur d’une telle agression s’autorise ainsi à penser que l’impact de son crime ne porte pas seulement sur ceux qu’il agresse en réalité, mais sur bien d’autres, dont il provoque indirectement les agressions répétées.

 

Il y a, au moins, trois leçons qu’on peut tirer de la pente glissante des évolutions qui ont fait suite aux meurtres de Merah. La première est que la sympathie envers la Communauté Juive ou avec les victimes – bien que chaleureusement accueillies et traitées – est aussitôt recouverte par l’ombre de la violence provenant d’origines diverses. Les éléments les plus clairement identifiables émanent de la communauté musulmane. Cela démontre que les forces du mal, peu importe qu’elles soient minoritaires, parviennent fréquemment à surpasser les forces du bien.

 

C’est cette réalité que la plupart semble bien incapable de comprendre. Pas mal d’efforts sont entrepris en Europe pour combattre l’antisémitisme, y compris par le biais de l’enseignement de la Shoah. Aussi conséquent puisse être l’effort acquitté pour dire aux gens que l’antisémitisme est intolérable, il reste loin derrière ce que les malfaisants parviennent à réaliser, en plein cœur des sociétés européennes contemporaines. La diffamation et la délégitimation sont faciles à mettre en œuvre. Parvenir à les combattre s’avère, en contrepartie, extrêmement difficile.

 

Un second enseignement est moins transparent. Une fois qu’un certain récit a pénétré les différentes strates des sociétés, divers effets du type « de la montée dans le train en marche » continuent de s’accroître. Par exemple : si, lors des soirées dinatoires, la conversation prédominante prend des tours anti-israéliens, ceux qui souhaitent se faire apprécier par la plupart des participants, s’attireront les faveurs de leurs hôtes, en montrant qu’ils se conforment au son de cloche correspondant à l’humeur dominante, alors que ceux qui auraient des opinions favorables à Israël vont avoir tendance à demeurer silencieux et à ne pas trop se faire remarquer. Dès lors que ce type de « montée dans le train en marche » a fait le plein de participants, le plus souvent, il s’autoalimente et les gens restent à bord pour des raisons plus sociales qu’idéologiques.

 

Dans la sphère universitaire, si les professeurs les plus éminents du département d’une université s’affichent comme de fervents anti-israéliens, les doctorants et membres juniors de l’équipe ne peuvent trouver un tremplin pour leur plan de carrière qu’en adoptant leur point de vue. La même chose survient pour les étudiants qui veulent obtenir de bons résultats aux examens et leurs diplômes. Des effets similaires de « montée dans le train en marche » apparaissent, avec les journalistes qui écrivent pour des chaînes de télévision anti-israéliennes, ou parmi de nombreux correspondants des journaux présents en Israël. Les effets de « montée dans le train en marche » contre Israël en Europe n’ont jamais fait l’objet d’investigations appropriées, pourtant, ils sont probablement une force essentielle dans la propagation de biais énormes contre cet Etat.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans . Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski

“Toulouse Massacre Encouraged More French Antisemitic Attacks, Report Says,” Jewish Telegraphic Agency, June 4, 2012. For more details, see Communique, Service de Protection de la Communauté Juive, June 4, 2012.

“Three arrested for attacking Jewish man near Paris,” JTA, 11 June 2012.

Simon Epstein, “Cyclical Patterns in Antisemitism: The Dynamics of Anti-Jewish Violence in Western Countries since the 1950s.” Vidal Sassoon International Center for the Study of Antisemitism, Hebrew University, 1993. Analysis of Current Trends in Anti-Semitism.

 

 

 

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 22:07

 

antisemitisme en norvège (Copier)

 

 

 

La Norvège est de loin beaucoup plus antisémite que ne le suggèrent les conclusions de l’étude : “De l’Antisémitisme en Norvège? –L’attitude de la Population Norvégienne envers les Juifs et d’Autres Minorités -1- ». On peut le déduire des propres données de ce même document. Ce rapport – publié le mois dernier par le Centre d’études sur la Shoah et les Minorités Religieuses d’Oslo – fournit une information intéressante. Pourtant, il ne répond pas à plusieurs problèmes essentiels. L’un pourrait être que le Premier ministre de Norvège et plusieurs autres membres du Gouvernement sont des antisémites à temps partiel. Pour le vérifier, il suffit simplement d’évaluer leurs actes et déclarations selon la définition de l’antisémitisme commune à l’Europe -2-.

 

L’étude trouve que huit pour cent des Norvégiens ne veulent pas de Juifs comme voisins, ni dans leur cercle d’amis -3-. Presque 11% ressentent de l’antipathie envers les Juifs -4- et on peut considérer que 12, 5% de la population éprouvent des préjugés significatifs contre les Juifs-5-. Treize pour cent pensent que les Juifs sont responsables de leur propre persécution -6-. Le résumé de l’étude en anglais conclut que la prévalence de l’antisémitisme en Norvège a une portée « limitée » et « apparentée » avec celui qui existe en Grande-Bretagne, au Danemark et en Suède. Cela pourrait mieux se formuler par : « Il y a des antisémites en Norvège, mais ce phénomène est commun à toute l’Europe de l’après-guerre et nous n’en avons pas autant que certaines personnes  nous accusent d’en avoir »

 

La critique de l’étude, dans le pays lui-même, a porté l’attention sur l’absence de données concernant l’antisémitisme parmi les Norvégiens musulmans. L’échantillon de plus de 1500 sondés utilisé aurait dû être suffisamment large pour apporter des conclusions sur ce point, si les Musulmans avaient été interrogés dans la même proportion que leur présence représente en Norvège. Leur nombre dans l’échantillon est, cependant, négligeable.

 

Les sondés ont expliqué leurs attitudes négatives envers les Juifs principalement de deux façons. L’une était la référence au rôle joué par Israël dans le conflit au Moyen-Orient. Cela donne une indication de ce qu’on devrait explorer un peu plus : qui sont ceux parmi les élites, qui manipulent l’opinion publique norvégienne de façon à ce qu’Israël soit désigné comme le méchant, alors qu’on occulte l’approche génocidaire et la glorification des meurtriers par les Palestiniens ? Une autre raison apportée à l’antisémitisme parmi les sondés consistaient en des catégorisations stéréotypées des Juifs s’alignant sur l’antisémitisme occidental classique. Une étude précédente trouvait qu’à Oslo, un tiers des enfants juifs dans les lycées faisaient l’objet d’attaques verbales ou physiques, au moins, deux ou trois fois par mois -7-.

 

Le nouveau rapport trouve que l’argument de la Shoah est également employée contre Israël et à un degré moindre contre les Juifs en général. D’un côté, il y a une forte croyance en Norvège que l’enseignement sur la Shoah est nécessaire. D’un autre côté, presque deux tiers des participants à l’étude s’accordent sur la déclaration suivante : « Je suis déçu de la façon dont les Juifs, avec leur histoire si particulière, traitent les Palestiniens -8-». 38% des individus sondés inversent les responsabilités dans la mise en œuvre de la Shoah. Ils considèrent que le traitement des Palestiniens par les Israéliens est identique au traitement des Juifs par les Nazis, au cours de la Seconde Guerre Mondiale. Selon la définition précédemment mentionnée de l’antisémitisme, il s’agit d’une déclaration antisémite. En se fondant sur ce critère, on peut conclure que le nombre de Norvégiens antisémites est proche d’1, 5 million d’individus.

 

Ces Norvégiens sont plus que des antisémites à temps partiel. Ce sont aussi des criminels idéologiques, parce qu’ils accusent mensongèrement Israël du crime le plus extrême qu’on puisse imaginer. En même temps, ils préfèrent regarder ailleurs, lorsqu’il s’agit des composantes nazies dans l’attitude et dans l’histoire palestinienne. On en a des exemples connus dans le rôle du principal dirigeant palestinien d’avant-guerre, Haj Amin al-Husseini, lorsqu’il établit des unités SS en Bosnie et au Kosovo, les intentions –manquées-  des Palestiniens et de leurs alliés arabes de massacrer les Juifs Israéliens durant la guerre de 1948, et la charte du Hamas qui appelle au génocide des Juifs. La négligence envers ces thèmes est une conséquence directe des reportages faits par de nombreux médias norvégiens, des actes biaisés de la part de ministres antisémites à temps partiel, des déclarations des dirigeants d’unions syndicales, de plusieurs évêques, autant que d’universitaires de haut vol. La communauté juive, qui a toujours fait profil bas, a annoncé, à présent, que la moitié de ses membres a dû subir l’antisémitisme -9-. Elle a aussi accusé les médias de propager l’antisémitisme.  

 

Ce dont on a besoin maintenant, n’est pas seulement d’une meilleure diplomatie publique israélienne. Ce que dit Israël sera filtré sélectivement par presque tous les médias norvégiens. Il n’y a que le gouvernement israélien qui peut financer une étude qui complète l’actuelle étude norvégienne. Elle devrait enquêter sur les distorsions de la presse norvégienne, les nombreuses fois où elle mentionne les implantations israéliennes, comparées aux très rares fois –quand elles existent- où elle mentionne la charte génocidaire du Hamas ou la glorification, par l’Autorité Palestinienne, des terroristes qui ont assassiné des civils, y compris des femmes et des enfants. Elle devrait aussi informer sur l’attention médiatique négligeable apportée à l’antisémitisme extrême qui sévit dans le monde arabo-musulman. L’éminent universitaire sur les questions d’antisémitisme, Robert Wistrich, a analysé à quel point ce dernier équivaut à l’antisémitisme nazi -10-.

 

Une telle étude fournirait une information vitale à propos du deux-poids-deux mesures pratiqué à l’encontre d’Israël par de vastes parties de l’élite norvégienne. Ces normes à deux vitesses sont définies comme des actes antisémites selon la définition européenne de l’antisémitisme. Une telle étude nouvelle porterait aussi l’éclairage sur un antisémitisme norvégien bien plus profondément ancré que celle-ci, pourtant récente, l’a montré.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a preside pendant 12 ans . Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski

“Antisemitism in Norway?- The Norwegian Population’s Attittude torwards Jews and other  Minorities”, Report from the Center for Studies of Holocaust and Religious Minorities, May 2012.

fra.europa.eu/fraWebsite/material/.../AS-WorkingDefinition-draft.pdf

  Antisemitism in Norway? 32

Ibid, 24

Ibid, .55

Ibid, 50

“Religious racism shocks officials,” 8 June 2011, www.newsinenglish.no/2011/06/08/religious-racisim-shocks-officials.

Antisemitism in Norway? 67

Sigbjørn Kiserud, ”Gir pressen skylda for jødehat”, Vårt Land, 5 june 2012, www.vl.no/samfunn/gir-pressen-skylda-for-jodehat/

Robert S. Wistrich, Muslimischer Antisemitismus: Eine aktuelle Gefahr, (Berlin: Edition Critic, 2011), 109 [German].

 

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 19:28

 

 

crise de l'eurozone (Copier)

 

 

Par Manfred Gerstenfeld

 

“Nous ne devons pas nous faire la moindre illusion. L’Europe est au bord du gouffre et y sombrera dans les mois à venir, si l’Allemagne et la France, ensemble, ne changent pas de politique et ne sont pas assez courageux pour développer une union fiscale et politique pour l’Europe ». Voilà ce qu’a écrit le très pro-européen ancien Ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fisher, un peu plus tôt ce mois-ci. Il a ajouté : « L’Europe conduite par l’Allemagne préfère éteindre les incendies avec du kérosène plutôt qu’avec de l’eau, et de cette façon, l’incendie s’intensifie avec la politique contraignante d’austérité de Merkel… Ce serait tragique et d’une amère ironie si, au début du 21ème Siècle, l’Allemagne réunifiée détruisait pacifiquement, avec les meilleurs intentions du monde, l'ordre européen pour la troisième fois -1-».

 

L’article de Fischer n’est qu’un exemple de l’ouverture d’un nouveau domaine surprenant de l’Unité européenne : “L’Europe unie de l’Inquiétude et de la Peur”. Elle résulte du fait que le monstre de l’Euro a échappé à ses créateurs. Il y a deux ans, la plupart des agents de change européens ne connaissaient pas le nom des deux partis politiques qui ont alterné à la tête de la Grèce, au cours des décennies précédentes. On aurait certainement été déclaré malade mental si on avait correctement prévu que les marchés financiers européens connaîtraient des hauts et des bas, complètement dépendants de quel parti mène dans les sondages d’opinion grecs. C’est pourtant bien ce qui est arrivé au cours des dernières semaines, dans l’attente des élections parlementaires du 17 juin.

 

Les problèmes économiques de la Zone Euro demeuront déterminants pour longtemps. Lorsqu’un problème semble résolu, un autre au moins resurgit. Comme la Grèce, l’Irlande et le Portugal, l’Espagne va, désormais, bénéficier d’un prêt de la part de ses partenaires européens. La somme devrait s’élever à 100 milliards d’euros, dans le but de sauver plusieurs banques espagnoles proches de la banqueroute. Chypre n’éveille que peu l’attention extérieure, mais l’île est aussi reliée à la Grèce, et pourrait, également, très bientôt recourir à des prêts. Les économies de l’Italie et de la France sont loin d’être saines et immunes.

 

Malgré des retraits de dépôt conséquents, les banques grecques n'ont pas faits la banqueroute, parce qu’elles sont soutenues par la Banque Centrale Européenne. La meilleure option du pays serait sans doute de quitter la Zone Euro, à un moment donné, cette année et d’en revenir au drachme. Même si cela ne peut pas l’empêcher de sombrer dans le chaos. Cette année sera la cinquième consécutive où l’on assiste au plongeon de l’économie du pays. Le chômage des jeunes dépasse les plus de 50%. Selon un scénario pessimiste, s’il y a un niveau de violence plus important en Grèce, cela pourrait même déborder jusqu’à Bruxelles.

 

Les économies de la plupart des autres pays de l’Eurozone  ont stagné ou plongé, cette année. Le taux moyen de chômage dans l’Eurozone est de 11%. Il risque de grimper encore. En période d’incertitude, les investisseurs ne développent pas les affaires ni ne mettent d’argent supplémentaire dans de nouvelles aventures commerciales. Si la Grèce quitte l’Eurozone, de plus en plus de personnes vivant dans d’autres pays problématiques vont envoyer leur épargne à l’étranger, préférentiellement en Allemagne.

 

Dans la situation actuelle, tous les yeux sont fixés sur l’Allemagne. Elle est, à la fois, l’économie la plus solide d’Europe et le pays qui a bénéficié le plus de l’introduction de l’Euro. En échange de sa mise à disposition de plus d’argent disponible pour les autres, la Chancelière Angela Merkel veut plus d’intégration européenne. Les forces qui s’y opposent, aussi bien en Allemagne qu’à l’étranger, sont colossales. On se demande jusqu’à quel point le peuple allemand est désireux de parier la stabilité de son propre pays contre plus d’unité européenne – qui pourrait bien s'avérer irréalisable. A travers l’Europe, l’euroscepticisme progresse et beaucoup considèrent que la création de l’Euro a été une énorme erreur. Même aux Pays-Bas, qui était au départ, un fervent partisan de l’Europe unifiée, deux partis euro- critiques – les Socialistes, à la gauche extrême et le Parti de la Liberté à la droite extrême du spectre politique – bénéficient ensemble constamment de plus d’un tiers des suffrages dans les sondages pour les prochaines élections parlementaires de septembre.

 

Si la zone euro échappait à tout contrôle, aucun pays ne serait plus en sécurité. Le Ministre britannique des Finances, George Osborne a déclaré que la crise de la zone euro avait tué dans l’œuf les perspectives de recouvrement économique, pour son pays -2-. Le Président américain Obama considère que l’Euro d’aujourd’hui est l’homme malade de l’économie mondiale. Il n’est pas simplement inquiet à cause de son impact sur les Etats-Unis, mais parce que si l’Europe déclenche une crise économique d’ampleur mondiale, ses chances de réélection seront sérieusement amoindries.

 

Israël est un pays-niche. Avec ses entreprises de taille moyenne et ses exportateurs de haute technologie, il est bien plus flexible que les grosses économies. Israël exporte une vaste gamme de produits en direction de nombreux pays. Les nouvelles découvertes de gisements gaziers au large des côtes amélioreront l’équilibre de sa balance des paiements. Pourtant, Israël ne peut pas sortir totalement indemne d’une crise économique globale, même s’il peut s’avérer moins vulnérable que bien d’autres pays. Un exemple parmi tant d’autres : le nombre de touristes en provenance de l’étranger pourrait chuter dramatiquement. Un autre : si les principaux clients d’Israël sont engouffrés dans une crise économique, ils achèteront d’autant moins. Ceux qui manifestent – et ils ont en partie raison de le faire- pour plus de justice sociale dans les rues des villes israéliennes, devraient aussi être plutôt s'estimer heureux, en se projetant dans cinq ans d’ici, s’ils ne sont pas dans une situation économique pire qu’elle ne l’est à présent.

Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski

Ein Gastbeitrag von Joschka Fischer, “Europa steht in Flammen,” Suddeutsche, 4 June 2012. [German]

George Osborne: Britain's economic recovery being 'killed' by euro crisis,” Guardian 10 June 2012.

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 14:11

 

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Dans un livre publié en 1946 sur la “Question Juive”, le philosophe français Jean-Paul Sartre concluait que c’est le monde non-juif qui détermine globalement “Qui est Juif”. Il écrit que ce n’est pas D.ieu qui a transformé des gens en Juifs. Mais c’est plutôt la société non-juive qui désigne ces gens comme Juifs et qui a ainsi généré le « problème juif » .

Au premier coup d’œil, cela semble absurde. Pourtant, à l’époque, les Allemands ont bien déterminé qui est Juif et qui ne l’est pas, dans les pays qu’ils occupaient. Ils ont employé des critères ethniques pour alimenter leurs campagnes génocidaires. Ainsi, par exemple, les Chrétiens d’origine juive ont été désignés comme Juifs, même s’ils se percevaient comme Chrétiens. Ils étaient aussi perçus comme Chrétiens par leurs coreligionnaires et beaucoup d’autres, y compris par les Juifs. A cette époque, la façon dont les Juifs se percevaient était, tout au plus, un problème marginal concernant leur propre identité.   

Le dictionnaire en ligne de Cambridge propose une définition simple de l’identité : “Les qualités d’une personne ou d’un groupe qui les rendent différents à l’égard des autres » . Si on explore plus profondément cette question, on réalise que les identités juives ne sont pas seulement déterminées par la façon dont quelqu’un se perçoit, mais aussi de quelle manière les autres Juifs le voient et comment le monde non-Juif le considère.

L’argumentaire sartrien, ci-dessus, illustre simplement que la relative importance relative de ces trois perceptions n’est pas identique, selon toutes les périodes de l’histoire. De nos jours, ce que les non-Juifs pensent de la question « qui est Juif ? » devient de plus en plus importante, tout comme il en allait avant la Seconde Guerre Mondiale.

 

 

La distorsion des identités est un phénomène complexe qui implique aussi les non-Juifs. La journaliste hollandaise Elma Drayer fait remarquer que, lorsqu’elle écrit des articles favorables à Israël, les gens disent souvent d’elle : « Madame Drayer, pour parler ainsi, vous devez bien être juive ! »… « Ils pensent que seuls des Juifs peuvent exprimer des positions comme les miennes. Certes, je considérerais comme un honnur d’être juive, mais je ne le suis pas ! » .

En 2004, le Pasok, le parti socialiste grec, a perdu les élections parlementaires. Le Premier ministre sortant Simitris s’est fait montré du doigt, de façon péjorative, comme « Le Juif Simitris », dans un article de dénigrement, en première page, dans le quotidien pro-Pasok Avriani . Le fait qu’il soit désigné comme étant « Juif » était une insulte, puisqu’il n’avait aucun lien, d’origine ou de toute autre nature, avec le Judaïsme.

Un nombre conséquent de Français perçoivent l’ancien Président français Nicolas Sarkozy comme juif, même si son grand-père, qui est son seul ancêtre juif direct, s’est converti au catholicisme. Au cours de ces dernières années, l’expression « Juif » est devenu un terme péjoratif très répandu dans beaucoup de pays européens.

Un exemple : l’historienne allemande Susanne Urban écrit à propos du juron qu’on « entend dans les écoles, à travers toute l’Allemagne, et pas seulement parmi les classes populaires des banlieues : « T’es qu’un Juif ! » ou « T’es qu’une pauvre victime ! ». Ce serait donc mal et méprisable d’être un Juif ou une victime. Le Juif incarne ce qui est déviant et moche, l’antithèse de ce que serait son propre groupe d’appartenance. Les Juif est aussi l’Israélien malfaisant ».

Plusieurs études révèlent que la façon dont Israël est perçu a un impact significatif sur la manière dont les Juifs de Diaspora sont identifiés par leur environnement. Il y a bien plus de 40% des Européens, qui voient Israël comme un Etat qui tente de commettre un génocide contre les Palestiniens. Cela s’exprime, en partie, par l’inversion du discours sur la Shoah, qui affirme que les Israéliens sont les « Nazis d’aujourd’hui ». Ainsi la perception des Israéliens par de nombreux Européens est radicalement différente de celle dont les Israéliens se voient. Par-dessus tout, cette vision négative d’Israël illustre qu’une Europe de plus en plus criminelle sur le plan idéologique est en train de ré-émerger progressivement.

Puisque le génocide est le crime le plus cruel qu’on puisse imaginer, cette accusation contre Israël – qui, parfois, inclut les Juifs en général – est, assurément, une nouvelle mutation en cours du vieux poncif désignant les Juifs comme « le Mal Absolu ». Dans les pays où le Christianisme était omniprésent dans la vie quotidienne, les Juifs ont mensongèrement été accusés d’avoir assassiné Jésus. Quoi, en effet, de plus criminel que de tuer le prétendu « Fils de D. » ? Au cours de périodes plus récentes, lorsque le nationalisme extrémiste, le chauvinisme et le racisme dominaient, on a accusé les Juifs de constituer une race inférieure qui devait être exterminée. Actuellement, le virus mutant veut que ce soit l’Etat Juif qui représente Satan.

Un peut sans cesse répéter en vain que le seul peuple qui affirme la volonté de commettre un génocide se revendique d’une multiplicité de groupes musulmans, comprenant le cercle dirigeant iranien et le Hamas, les Israéliens, qui sont, pourtant, la cible de ces intentions de ces meurtriers, sont désignés comme les principaux responsables.

Cette menace de déformation de la présumée identité des Juifs et d’Israël n’a fait qu’augmenter graduellement au fil des dernières décennies. Cette notion que les perceptions malhonnêtes prennent le pas sur la réalité ne parvient pas à se frayer un chemin dans l’esprit des Israéliens et des autorités juives. C’est pourtant l’un des aspects les plus importants d’une situation de plus en plus dangereuse, pour beaucoup de Juifs de Diaspora et d’Israéliens. Il s’est enfoui dans des strates profondes de la mentalité subconsciente des Européens. Tapi, il est susceptible d’éclater au grand jour à tout moment, au cours de crises politiques futures ayant le Moyen-Orient pour théâtre.

 

Que peut-on y faire? Rien dans le court terme. Ces problèmes complexes requièrent des observations bien étudiées et des analyses, le développement de stratégies détaillées pour combattre ces phénomènes, et l’infrastructure pour mettre en œuvre cette tâche complexe. Pourtant, si le gouvernement d’Israël et les dirigeants des institutions juives de Diaspora ne font rien, ces problèmes ne pourront que s’aggraver de plus en plus.

 Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

   

Jean Paul Sartre Reflexions sur la question Juive. [French]

http://dictionary.cambridge.org/dictionary/british/identity?q=identity

Manfred Gerstenfeld interview with Elma Drayer in Het Verval, joden in een Stuurloos Nederland, (Amsterdam: Van Praag, 2010). [Dutch]

Manfred Gerstenfeld, Interview with Moses Altsech, “Anti-Semitism in Greece: Embedded in Society,” Post-Holocaust and Anti-Semitism, 23, 1 August 2004.

Susanne Y. Urban, “Representations of the Holocaust in Today’s Germany: Between Justification and Empathy,” Jewish Political Studies Review, 20:1-2, Spring 2008.

library.fes.de/pdf-files/do/07908-20110311.pdf

 

 

 

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 14:58


 

Manfred Gerstenfeld interviewe l’Ambassadeur Alan Baker

 

alan baker 2 (Copier)

Alan Baker

 

“Les Cours et Tribunaux Internationaux peuvent fournir à Israël un certain nombre d’occasions d’agir contre ceux qui prônent sa destruction. Afin de prévenir de futurs génocides, qui est le Crime le plus effroyable sur terre, la Convention sur la Prévention et la Répression du Crime de Génocide de 1948 – mieux connu sous le nom de Convention de l’ONU sur les génocides – a été adoptée. Selon ses articles 3 et 9, des plaintes contre un Etat responsable de Génocide, de conspiration en vue de le commettre, pour incitation directe et publique, pour tentative de génocide et pour complicité dans un génocide, peut être renvoyé devant la Cour Internationale.

 

L’Ambassadeur Alan Baker est l’un des meilleurs experts judiciaires d’Israël. Il a occupé le poste de Conseiller Juridique et de Directeur Général-Adjoint du Ministère des Affaires étrangères d’Israël, entre 1996 et 2004, suivies par quatre ans (2004-2008) en tant qu’Ambassadeur d’Israël au Canada. Il est, actuellement, le Directeur de l’Institut des Affaires Contemporaines au Centre des Affaires Publiques de Jérusalem.

 

“L’Iran et ses dirigeants ont ouvertement et systématiquement incité au génocide contre Israël depuis des décennies. Depuis 1956, l’Iran est signataire de la Convention de l’ONU contre le génocide et peut, donc, être traîné devant la Cour Pénale Internationale de Justice à La Haye (CPI) pour sa violation continue de la Convention.

 

De plus, puisque l’Article 4 de la Convention sur le Génocide annule toute pretention à l’immunité ou l’exemption envers un chef de gouvernement, le Président iranien Mahmoud Ahmadinedjad et le Guide Suprême Ali Khamenei peuvent être poursuivis devant le Tribunal Criminel International (TCI), en  vertu du Statut de Rome concernant le Tribunal de La Cour Criminelle (ICC) . Cependant, puisque l’Iran n’est pas encore devenu une partie prenante de ce statut, toute plainte contre les dirigeants iraniens devrait être transmis à l’ICC par le Conseil de Sécurité de l’ONU ou introduite par le procureur de la Cour ».

Baker fait remarquer que : “L’Article 25 du Statut de l’ICC mentionne des degrés varies d’implication pour l’un ou plusieurs des crimes répertoriés, qu’il s’agisse d’incitation au génocide ou à des crimes contre l’humanité, ou d’inciter à commettre, solliciter, tenter ou quelque que soit les autres façons, relatives à de tels crimes.

 

“Alors qu’en règle générale, toutes ces conventions internationales sont volontairement appliqués par les Etats, à leur discrétion souveraine, il existe certaines circonstances dans lesquelles un Etat peut être dans l’obligation de remplir ses engagements, en vertu d’une convention dont il est partie prenante, sous peine d’être sous le coup de sanctions pour cette violation. Ainsi, si le Conseil de Sécurité de l’ONU décide de transmettre une plainte à la Cour Criminelle Internationale contre les dirigeants d’Iran, pour incitation au Génocide, cela prendrait force d’obligation.

 

“Un problème essentiel, dans le dossier de l’Iran, c’est que la Loi Internationale et son application sont, pour une large part, commandée par la volonté politique. D’où, lorsque le Président Ahmadinedjad était aux Etats-Unis pour des conférences à l’ONU et qu’il était invité pour faire un exposé à l’Université Columbia, personne n’a agi pour provoquer son arrestation. Ceci en dépit du fait que c’était possible en théorie, pour autant que les Etats-Unis ou n’importe quel autre Etat dépose une requête au Conseil de Sécurité ».


Baker ajoute : “Le Hamas est également un exemple d’incitation flagrante au genocide, en vertu des termes de sa charte. Cependant, les dirigeants du Hamas, du Hezbollah, du Fatah et d’autres groupes et organisations terroristes ne peuvent être traînés devant la Cour Internationale de Justice, parce que la Cour, en vertu de ses statuts, ne traite qu’avec les Etats. Par conséquent, ils ne relèvent pas de la Juridiction de cette Cour. Les membres du Hamas et d’autres organisations terroristes pourraient comparaître devant la CCI à titre personnel, si un pays qui opte pour leur arrestation accepte la Juridiction de la Cour et ne parvient pas à mettre ces personnalités en procès devant ses propres tribunaux. Identique và la situation d’Ahmadinedjad, le Conseil de Sécurité pourrait, théoriquement, être appelé à instruire des poursuites contre un représentant du Hamas ou des autres organisations terroristes.


“Si l’on veut assigner ces membres du Hamas, on ne pourrait pas arguer du crime de terrorisme, puisqu’il n’est pas encore catégorisé comme un crime dans les statuts de la CCI. Il existe, cependant, plusieurs crimes qui tombent sous le coup de « crimes contre l’humanité », tels que le meurtre, la prise d’otage ou la privation grave de liberté et les attentats dirigés contre la population civile. D’autres concernent les « Crimes de Guerre », tels l’assassinat intentionnel, les dommages corporels ou le fait de provoquer de graves souffrances, la prise d’otage, l’attaque dirigée contre des populations civiles, les propriétés civiles telles que les villes et villages, les constructions religieuses ou culturelles, autant que les tentatives de génocide. Ils peuvent être attribués aux représentants du Hamas ou n’importe lequel des autres groupes terroristes.

“On doit noter, de surcroît, que ceux qui soutiennent, financent et encouragent le Hamas et d’autres organisations terroristes peuvent également être accusés, en théorie, sous le coup de la Convention contre le Génocide, de « conspiration en vue de commettre un génocide » , “incitation directe et publique à commettre un génocide”, et “complicité et tentative de génocide”.

 

“En même temps, l’Autorité Palestinienne cherche à utiliser les tribunaux internationaux pour noircir l’image d’Israël. Il s’agit d’une évolution dont l’élan ira grandissant. Les Palestiniens, sans aucun doute, continueront à essayer d’obtenir un Etat. Cela leur conférera la capacité juridique de poursuivre Israël devant des Tribunaux et des Cours Internationaux.

 

 

“En résumé, nous sommes en mesure d’affirmer qu’il y aura de nouvelles tentatives, dans l’avenir, d’employer ces moyens légaux dans les conflits du Moyen-Orient. Par conséquent, Israël devrait analyser ce qu’il peut faire, sur le plan juridique, contre ceux qui cherchent à lui porter préjudice ou à ses dirigeants, d’une part, et pour empêcher ces options légales d’être utilisées contre lui, d’autre part ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

   

 

Rome Statute of the International Criminal Court, Articles 5(a), 6 and 27, www.icc-cpi.int/NR/rdonlyres/ADD16852-AEE9-4757-ABE7-9CDC7CF02886/283503/RomeStatutEng1.pdf

Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide, 1948, Article 3(b)

Ibid, Article 3(c)

Ibid, Article 3(d) and (e).

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 15:54

 

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Par Manfred Gerstenfeld

 

 

 

Une variété de points essentiels dans l’actuelle délégitimation d’Israël, menée par des agitateurs européens, rappelle ce qu’ont éprouvé les Juifs dans les années 1930. Etudier cela de façon exhaustive requerrait un effort intensif. Par contre, commencer par formuler un premier faisceau d’idées fondamentales sur ce sujet peut aisément découler de la lecture d’un simple ouvrage qui couvre cette période.

 

On peut en tirer un bon exemple de l’autobiographie de Duff Cooper, Old Men Forget-1- [« Au-delà de l’Oubli »]. L’auteur est ancien Ministre conservateur britannique. Il était Premier Lord de l’Amirauté – titre britannique qui équivaut à celui de Ministre de la Marine – au temps des accords de Munich. Le 29 septembre 1938, l’Angleterre et la France ont abandonné la Tchécoslovaquie à Hitler, en signant qu’elle devait rétrocéder des régions de son territoire à l’Allemagne.  Ce territoire des Sudètes auquel elle devait renoncer était principalement habité par une population d’ethnie germanique, mais toutes les fortifications de défense tchécoslovaques s’y trouvaient installées. Cela a mené à l’occupation allemande du pays tout entier, six mois plus tard.

 

Peu de temps avant Munich, le Premier ministre britannique Neuville Chamberlain s’était exprimé à la radio. Cooper écrit qu’il n’avait alors eu aucune parole de sympathie envers la Tchécoslovaquie, qu’il s’était préparé à trahir. « La seule sympathie qu’il a exprimée s’adressait à Adolf Hitler, dont le Premier ministre a dit qu’il pouvait comprendre ses sentiments envers les Sudètes »-2- .

.

Cooper a démissionné du Cabinet immédiatement après Munich. Un tel acte requérait un énorme courage. Chamberlain était alors au pinacle de sa popularité, puisque l’accord promettait « la paix pour tous les temps ». En réalité, cela signifiait un répit de moins d’un an, jusqu’à ce que la guerre éclate après l’invasion de la Pologne par l’Allemagne, le 1er septembre 1939.  

 

Cooper a souvent cité des passages de son journal de bord. Le 22 mai 1938, à l’époque d’attaques verbales cruelles et continuelles, de la partie allemande contre la Tchécoslovaquie, il écrit, à propos d’une réunion du Cabinet : « le sentiment général semblait être que la grande et brutale Tchécoslovaquie tentait d’intimider la pauvre petite Allemagne pacifique… On avait décidé d’envoyer un télégramme pour demander à la France d’avancer avec précaution et de ne pas trop compter sur nous, et un autre pour faire pression sur les Tchèques, les incitant à faire de grandes concessions »-3-.  Dans une forme édulcorée, cela ressemble à la critique sans discontinuer de l’Union Européenne envers Israël et à son abord sur la pointe des pieds, « du monde arabe pacifique », alors que plusieurs milliers de membres de sa population sont massacrés par leurs propres compatriotes.

 

En septembre 1938, un autre membre du Cabinet, Viscount Hailsham déclare à Cooper : « Tout dépend de la confiance que nous pouvons placer en Hitler ». Cooper, stupéfait, lui demande : « Mais le croire pour quoi, exactement ? Il a obtenu absolument tout ce qu’il veut pour le présent et n’a fait aucune promesse en ce qui concerne l’avenir ! » -4-.

 

Peut-on croire les Etats Arabes d’aujourd’hui au sujet des Palestiniens? La vaste majorité des Egyptiens veut abolir le traité de paix de Camp David, grâce auquel leur pays a récupéré le Sinaï sans coup férir. L’Autorité Palestinienne glorifie les assassins de civils israéliens et désigne par leurs noms des camps de jeunesse, des rues et des écoles. Le Hamas a écrit noir sur blanc que le génocide des Juifs est au programme de sa charte. Qui de sensé pourrait croire qu’ils veulent la paix ?

 

Cooper décrit l’humeur qui règne en Grande-Bretagne après Munich : “Il devait ne plus jamais y avoir de guerre, pas plus maintenant qu’à aucune autre date ultérieure, dans l’avenir… Le vieux Premier ministre d’Angleterre venait de sauver le monde -5-». La majorité des Israéliens a exprimé cette attitude positive au moment des accords d’Oslo en 1993, mais cela n’a guère duré. Aujourd’hui, nous savons que cet accord permet surtout aux Palestiniens de mobiliser, épisodiquement et par étapes, de vastes portions du monde musulman contre Israël.

 

Après le déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale, beaucoup de Britanniques ont exprimé une attitude affirmant que la Pologne était perdue, quoi qu’on fasse, aussi pourquoi la Grande-Bretagne devrait-elle continuer à se battre contre l’Allemagne [NdT : équivalant au fameux : « pourquoi mourir pour Dantzig ? » prononcé par le Socialiste Marcel Déat, futur collaborateur du RNP] ? L’ancien Premier ministre libéral David Lloyd George avait suggéré, au Parlement, que le gouvernement britannique devrait envisager d’émettre des propositions de paix. Cooper réagissait en déclarant que Lloyd George suggérait tout simplement de se rendre-6-.

 

Alors que les Allemands dépensaient de vastes sommes d’argent pour leur propagande, les Britanniques n’allouaient pas un centime pour la leur. Peu de temps après le déclenchement de la guerre, Cooper partit pour une tournée de conférences aux Etats-Unis. Avant son départ, Chamberlain délégua un officiel de haut-rang pour transmettre à Cooper sa requête qu’il s’abstienne de diffuser quoi que ce soit qui pourrait résonner comme émanant de la propagande britannique. Dans son autobiographie, Cooper écrit que, rétrospectivement, cette exigence apparaît presque incroyable : « Un ancien Ministre du Cabinet arrive d’Angleterre, alors que son pays vient juste d’entrer en guerre totale et son déplacement est couvert par une vaste publicité qu’il va tenir des conférences à travers tous les Etats-Unis au sujet des enjeux actuels. A quoi pourra s’attendre son auditoire, excepté à une information crédible concernant cette guerre, les causes et perspectives de celle-ci ? Comment un Anglais pourrait-il apporter une telle information, sans présenter et défendre la cause de son propre pays ? Et quelle meilleure forme de propagande pourrait-elle être autre que celle-là ? » -7-.

 

Depuis Oslo, nous avons eu des gouvernements israéliens qui se sont faits les émules de la position folle de Chamberlain. Ils ont prétendu que : « Si vous faites le bien, vous n’avez même pas besoin de diplomatie ». L’actuel gouvernement n’adhère pas à cette maxime absurde, mais il existe certainement un vaste champ ouvert pour l’amélioration de la présentation du dossier d’Israël dans le monde.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

Duff Cooper, Old Men Forget, (New York: E.P. Dutton & Co., Inc., 1954).

ibid. 238

ibid. 221

ibid. 235

ibid. 243

ibid. 267

ibid. 267-268

 

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 19:21

 

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Eva Joly pense que Gaza est un "Camp de Concentration à Ciel Ouvert".

 

 

Par Manfred Gerstenfeld


En 1942, George Orwell écrivait : “Le Pacifisme est objectivement pro-fasciste. Le dire n’est que faire preuve de sens commun élémentaire. Si vous entravez l’effort de guerre d’un côté, vous aidez automatiquement celui de l’autre camp -1-». Avant la Seconde Guerre Mondiale, de larges portions du Camp de la Paix – qui constitue un regroupement bien plus vaste que les seuls pacifistes – et les conciliateurs, dans la société occidentale, ont joué un rôle identique en aidant l’Allemagne nazie.

 

Des éléments significatifs du Camp de la Paix jouent un rôle douteux, actuellement, dans le conflit palestino-israélien. La récente incitation à la haine antisémite et anti-israélienne, au nom de la paix, proférée par l’éminent Johan Galtung, chercheur universitaire norvégien, requiert  de porter plus d’attention aux délits de nombreuses organisations et personnalités engagées pour la paix.

 

 

Galtung, aussi surnommé “Le Père des études sur la paix” a tenté d’apporter des justifications logiques à l’antisémitisme des Nazis qui a conduit tout droit à Auschwitz. Il a fait la promotion de la rumeur que les Juifs contrôlent les médias américains et qu’ils y font diversion dans le seul intérêt d’Israël. Galtung a fait allusion à un lien éventuel entre le Mossad et le tueur de masse norvégien Anders Breivik. Il a aussi tenu un « débat » sur un forum ouvert au public, au sujet du contenu du fameux  montage antisémite, « Les protocoles des Sages de Sion ». Galtung a déclaré que cela lui rappelait les investisseurs bancaires Goldmann Sachs.-2-

.

Pour avoir un meilleur aperçu de la mauvaise conduite actuelle de beaucoup de membres du camp de la paix, on doit revenir en arrière dans l’histoire. Il y a deux exemples de premier ordre qui nous enseignent comment les promoteurs de la paix se sont engagés volontairement auprès des partisans du totalitarisme. Dans l’Union Soviétique de la fin des années 1920, tous les mouvements pacifistes étaient réprimés et beaucoup de leurs partisans furent tués ou emprisonnés -3-. Cependant, l’Union Soviétique a encouragé et soutenu les mouvements pacifistes internationaux. Parfois, elle les a même financés, afin qu’ils agissent contre les politiques des nations de l’Ouest -4-.

 

Avant l’arrivée au pouvoir d’Hitler, le pacifisme était très vivace en Allemagne. Lorsque l’Allemagne est passée sous la férule nazie, elle a abrogé les mouvements pacifistes. Ces pacifistes qui continuaient à résister – principalement des Chrétiens- ont été sévèrement punis. En même temps, l’Allemagne prouvait le pacifisme dans les autres pays -5-.

Après les accords de Munich de 1938, l’Union pour la Promesse de Paix en Grande-Bretagne, qui, à son apogée, était composée de 100 000 partisans, a publié un pamphlet qui désignait Churchill comme un « faiseur de guerre », alors qu’il n’avait rien de particulier à dire à propos d’Hitler -6-. Simon Epstein a enquêté, dans un livre récompensé par un prix littéraire, sur les attitudes de ceux qui se sont exprimés contre l’antisémitisme de l’Affaire Dreyfus et qui ont vécu sous l’occupation allemande de la France. Il a découvert qu’un grand nombre de pacifistes dreyfusards se sont, alors, transformés en chauds partisans des Nazis -7-.

Avec cet arrière-fond à l’esprit, on peut enquêter sur une grande diversité de membres du camp de la paix contemporain. Parmi ceux qui condamnent Israël, condamnent-ils également les Palestiniens ? S’ils le font, on devrait vérifier ce que sont les actions qu’ils condamnent du côté palestinien. Si cela ne concerne que le tir de roquettes de Gaza, ce n’est jamais, généralement, qu’une opération qui sert à masquer la position où ils se situent. Rares sont ceux qui condamnent l’OLP, lorsqu’elle glorifie les terroristes, meurtriers de civils israéliens, dont des femmes et des enfants. La même chose est vraie, concernant les appels du Hamas au génocide –le plus grand crime dans le monde- des Juifs dans sa Charte.

 

Le mouvement international Pax Christi est un exemple de partisans du camp de la paix qui délégitiment Israël et dont les condamnation des Palestiniens restent bien aibles -8-. C’est même pire parce qu’il s’agit d’un organisme catholique. Le Catholicisme a joué un rôle majeur dans l’édification des fondations de l’antisémitisme dans le monde chrétien, depuis de très longs siècles et qui en a fait une part importante de la culture européenne, où il est  devenu insurmontable.

 

On peut trouver, parmi plusieurs exemples d’organismes protestants incitateurs à la haine anti-israélienne, un du côté des Mennonites, qui sont réputés pacifistes. Comme l’a écrit l’analyste Dexter Van Zile : « Les institutions Mennonistes engagées en faveur de la paix se sont montrées à l’avant-garde des efforts pour discréditer Israël dans les auditoires d’Amérique du Nord.

 

Ces institutions décrivent la souveraineté juive comme une cause de conflit et de souffrance au Moyen-Orient et minimisent l’hostilité arabo-musulmane envers les Juifs et Israël. Ils décrivent aussi le Président d’Iran, Mahmoud Ahmadinedjad comme un partenaire légitime pour le dialogue et la victime d’une publicité déplorable. Lorsqu’il a visité New-York, le Comité Central Mennonite a aidé Ahmadinedjad à faire campagne, en organisant un dîner interconfessionnel avec des Chrétiens éminents-9-.

 

Il est vraiment très rare que des membres anti-israéliens du camp de la paix  aient à payer le prix fort, du fait qu’ils fraient avec des incitateurs palestiniens à la haine. L’un de ceux qui l’a payé cher fut le pacifiste italien Vittorio Arigoni, qui a été tué par des assassins palestiniens dans la Bande de Gaza, en 2011. C’était un agitateur anti-israélien fanatique. Sur son blog, il diffusait des dessins antisémites. Il avait aussi comparé Shimon Peres au meurtrier de masse de la Mafia, Giovanni Brusca.-10-

 

De nombreux membres du camp de la paix prétendent qu’ils ont le plus grand respect pour la vie humaine. Dans le conflit palestino-israélien, cela n’est souvent vrai qu’en surface. Lorsqu’on gratte un peu ce vernis, on réalise que beaucoup d’entre eux détournent les yeux, lorsqu’il s’agit des tentatives de génocide et d’autres crimes dans le monde musulman. Les récentes déclarations de Galtung permettent de montrer une part de la perversion qui se cache derrière les masques faussement humanitaires de beaucoup, dans le camp de la paix ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.



1- George Orwell. Pacifism and the War. Partisan Review.  GB, London. August-September 1942.Retrieved from http://www.orwell.ru/library/articles/pacifism/english/e_patw (viewed 21 May 2012)

2- Ofer Aderet. Pioneer of global peace studies hints at link between Norway massacre and Mossad. 30.04.12. Haaretz. Retrieved from http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/pioneer-of-global-peace-studies-hints-at-link-between-norway-massacre-and-mossad-1.427385. (viewed 21 May 2012)

3- Tatiana Pavlova . Hundred Years of Russian Pacifism. Journal of Human Values 1999 5: 147 DOI: 10.1177/097168589900500206. Retrieved from http://jhv.sagepub.com/content/5/2/147. (viewed 21 May 2012.)

4- Vladimir Bukovsky. The Peace Movement and the Soviet Union. The Orwell Press, 1982

5- Soviet antipacifism and the suppression of the "unofficial" peace movement in the U.S.S.R. Washington, D.C. 1988.  U.S. Department of State. Retrieved from http://catalog.hathitrust.org/Record/002613349

6-George Orwell. Pacifism and the War. Partisan Review.  GB, London. August-September 1942.Retrieved from http://www.orwell.ru/library/articles/pacifism/english/e_patw (viewed 21 May 2012)

 7-Mark Gilbert. Pacifist Attitudes to Nazi Germany, 1936-45. Journal of Contemporary History, Vol. 27, No. 3 (Jul., 1992), pp. 493-511 Sage Publications, Ltd.
Stable URL: http://www.jstor.org/stable/260902 .(viewed 21 May 2012)

8- Simon Epstein,  Les Dreyfusards sous l’occupation, (Paris, Albin Michel, 2001), 30, 77, 109-110. [French]}

 9- PAX CHRISTI: AIDING PEACE?. NGO Monitor. April 12, 2007. Retrieved from http://www.ngo-monitor.org/article.php?id=1379

 10- Dexter van Zile, “Key Mennonite Institutions against Israel,” Post-Holocaust and Anti-Semitism, 83, August 2009.

  11- Aljazeera World, Staying Human, Retrieved from: www.aljazeera.com/programmes/aljazeeraworld/2011/06/201162975140291805.html

 

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 09:27

 

 

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Robert Wistrich

 

 

Robert S. Wistrich, Muslimischer Antisemitismus, Eine aktuelle Gefahr, (Berlin: Edition Critic, 2011), 161 pages.

 

Commenté par Manfred Gerstenfeld



L’historien Robert Wistrich occupe la chaire Neuberger d’Histoire Moderne Européenne et Juive à l’Université Hébraïque de Jérusalem. Depuis 2002, il est Directeur du Centre International Vidal Sassoon pour l’étude de l’Antisémitisme, dans cette Université.

 

A la suite des massacres de masse de New York et Washington du 11 septembre 2001, dans lesquels des Saoudiens étaient majoritairement impliqués, Wistrich a écrit un essai approfondi sur l’Antisémitisme musulman, pour le Comité Juif Américain, publié un an plus tard -1-. Le livre présent en allemand est une mise à jour de ce texte. Il se conclut par un épilogue où l’auteur fait un retour en arrière sur la décennie passée.

 

Wistrich affirme que le noyau dur de l’antisémitisme dans le monde arabo-musulman n’a de comparaison possible que dans celui de l’Allemagne nazie. Exprimer une telle opinion va bien au-delà de la seule évaluation académique. Il s’agit aussi d’un acte de courage, puisque une critique bien plus adoucie d’un phénomène odieux dans les sociétés musulmanes est, la plupart du temps, aussitôt taxée d’Islamophobie. Chercher à étouffer une telle critique n’est pas seulement l'apanage de Musulmans, mais aussi de beaucoup d’Occidentaux appliquant les canons du « politiquement correct ». Il y a bien longtemps que ces individus ont renoncé à la vérité. Leur Credo idéologique se tient dans la formule « solidarité avec le faible », qui les transforme en apologistes directs ou indirects d’une idéologie criminelle.

 

Wistrich explique que la haine musulmane pour Israël et les Juifs est un « antisémitisme d’éradication doté d’une dimension génocidaire ». Alors que l’antisémitisme des Allemands et de leurs alliés a, finalement, conduit à la Shoah, Wistrich déclare qu’on peut, aujourd’hui, assimiler « la sauvagerie de l’antisémitisme arabe et musulman » à un « permis de génocide ». Il rappelle que c’est l’historien bien connu, Norman Cohn, qui a forgé ce terme.

 

L’importance d’une grande partie de ce livre découle du fait qu’il nous permet de mieux comprendre l’antisémitisme musulman, au cours des années qui précèdent le 11/09. Beaucoup d’autres publications se sont depuis, généralement, polarisées sur l’antisémitisme musulman au cours de la dernière décennie.

 

Wistrich montre que tous les ingrédients cruciaux de l’antisémitisme musulman étaient, pour la plupart, en place au tournant de ce siècle. Il mentionne l’usage de textes tirés du Coran, tournés en véritables mantras de haine antisémite, l’importation fréquente du livre : Les Protocoles des Sages de Sion dans le monde islamique, la négation de la Shoah, la diffusion d’accusations de crimes rituels et d’autres stéréotypes antisémites extrêmes, autant que de dessins inspirés par la propagande nazie.

 

Wistrich mentionne également que déjà bien avant le 11 septembre, de nombreux immigrés arabo-musulmans en Europe et dans les démocraties occidentales avaient emporté dans leurs bagages l’antisémitisme de leurs pays d’origine. Beaucoup d’entre eux n’ont fait que développer plus loin encore la haine de l’Amérique, d’Israël et des Juifs dans leurs nouveaux lieux de résidence.

 

On ne peut, ici, mettre en lumière qu’une partie seulement des nombreux autres thèmes importants que l’auteur soulève. Parmi eux, l’impact du « politiquement correct » en Occident est très significatif. Wistrich affirme que quand les Présidents George W. Bush et Obama définissent la guerre contre Al Qaeda comme une « guerre contre la terreur », dans le but d’éviter d’insulter l’Islam en tant que religion, ils la vident de son contenu.

 

Wistrich a été l’un des tous premiers auteurs à décrire les expressions de l’extraordinaire criminalité idéologique – telles que les appels au meurtre au nom de l’Islam et la glorification des terroristes – qui, il y a déjà une décennie contaminaient de vastes franges du monde musulman, y compris (ou à commencer par) la société palestinienne. Dans cette nouvelle édition, Wistrich accentue encore cette perspective sans rien retirer de l’essentiel qu’il avait écrit dans la version précédente. En soi, ce n’est pas un mince exploit.

 

Dans sa préface, Clémens Heni déclare que l’antisémitisme d’après-guerre en Allemagne n’a jamais été autant accepté et répandu qu’il ne l’est aujourd’hui -2-. Il rappelle que l’expert de l’antisémitisme allemand, Werner Bergman, a prétendu de façon erronée que, rarement, l’antisémitisme en Allemagne n’avait autant été repoussé vers les marges. Heni, qui a traduit le livre de Wistrich, insiste sur le fait qu’il n’existe encore que peu d’analyse idéologique des diverses formes de l’Islamisme, malgré le fait que depuis des décennies, Wistrich a appelé de ses vœux à une telle analyse spécifique de l’Islamisme, des Frères Musulmans et du nationalisme arabe.

 

A la fin de l’ouvrage, sont insérés quelques dessins haineux en provenance du monde arabe. Ils offrent de nouveaux exemples de la haine extrême d’Israël et des Juifs dans les médias dominants du monde arabe. On peut y voir la couverture d’un livre représentant une swastika et l’étoile de David entrelacées, que l’Union des Avocats arabes avait distribué à la Conférence de l’ONU contre le racisme de Durban en 2001 ; une image d’Ariel Sharon comme successeur d’Hitler dans le principal quotidien égyptien, al Gumhuria, et une courte liste des crimes nazis comparée à la très longue liste des supposés « crimes » israéliens,  dans le quotidien syrien Tishreen, qui est une émanation du gouvernement de ce pays. Ils fournissent des preuves supplémentaires que la thèse centrale de Wistrich est bien dans la cible, quant à la nature réelle de l’antisémitisme musulman.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski


1- Robert Wistrich, “Muslim Antisemitism,” (New York: American Jewish Committee, 2002).

2- Clemens Heni is a political scientist, founder of the Berlin International Center for the Study of Antisemitism (BICSA), and publisher (Edition Critic in Berlin)

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 14:10

 

 

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Par Manfred Gerstenfeld

 

 

La Diaspora juive est et a toujours été un des plus grands atouts d’Israël. Elle lui a apporté de nouvelles vagues d’immigrants, un soutien politique, es volontaires, des conseillers, des investissements, des prêts, des dons, de la technologie, des contacts d’affaires et, bien sûr un tourisme régulier. Elle a prodigué de nombreuses contributions culturelles, favorisé les activités sportives en développant les centres pour s’y adonner pleinement. La liste est longue des apports de la Diaspora et on pourrait ainsi démultiplier les exemples.

 

Les Israéliens devraient facilement se rappeler, chaque jour, certaines de ces contributions, simplement en ouvrant les yeux et en regardant autour d’eux. Combien de ceux qui traversent le Centre Azrieli de Tel Aviv réalisent seulement que c’est le résultat d’un investissement venu de Diaspora ? L’influence de la Diaspora est même encore plus visible à Jérusalem. L’hôpital Hadassah, le Théâtre Sherover et le bâtiment de la Cour Suprême ne sont encore que quelques exemples des cadeaux faits par la Diaspora. Tout comme le sont beaucoup des infrastructures des musées, en même temps qu’une grande partie de leus collections. La liste issue de l’assistance des Juifs de l’étranger à la capitale d’Israël est, pour ainsi dire, infinie.

 

 

Il existe beaucoup d’autres nations qui bénéficient de l’aide de leurs propres diasporas, principalement grâce au transfert de fonds de la part de leurs émigrés. Pourtant, aucune, excepté Israël, n’a, à ce point, étendu la gamme des bénéfices qu’elle en tire. Les Chinois, probablement, sont parmi ceux qui s’en rapprochent le plus.


Les relations Israël-Diaspora comme modèle à imiter pourrait constituer un atout précieux à promouvoir en direction d’autres nations. J’ai parlé et publié à ce sujet, au cours de la seconde moitié des années 1990, même si cela semble n’avoir suscité aucune réaction . Apparemment, le moment pour l’éclosion de cette idée n’était pas encore venu et le temps de décalage a semblé long. Jusqu’à ce que le Vice-Ministre des Affaires étrangères, Daniel Ayalon rencontre son homologue grec, un peu plus tôt cette année, et qu’ils conviennent d’une conférence conjointe sur les bénéfices tirés des relations avec les diasporas.  Ce qui était prévu pour se dérouler le mois prochain, mais qui a dû être reporté du fait de la crise au sein du gouvernement grec.

 

Le Comité de Distribution et de Liaison Américain (le “Joint”) travaille depuis des années, sans grand tapage publicitaire, sur les façons de promouvoir les concepts du développement des échanges entre la Diaspora et la Patrie, fondées sur le modèle israélien. Cela s’applique essentiellement aux pays qui disposent d’un PNB relativement modeste. Le mois prochain, une conférence internationale sur ce thème est prévue à Jérusalem, en coordination avec le Ministère de la Diplomatie Publique, de la Communication et des Relations, ainsi que le Ministère des Affaires étrangères.

 

Un grand nombre de pratiques relatives aux liens entre la Diaspora et Israël se sont développées en Israël même. On peut considérer qu’elles sont devenues « rituelles ». Par exemple, un bienfaiteur important peut s’attendre à ce que l’objet de son don porte son nom après lui. Cela pourrait donner lieu à une cérémonie d’inauguration.

 

De toutes les institutions israéliennes qui font circuler de l’argent, peu disposent de programmes ritualisés aussi variés que le Fonds National Juif. Le certificat de l’Arbre, les cérémonies inaugurales, en pleine forêt, qui comprennent une prière spécialement dédiée, les plaques apposés à cet endroit et la publication des noms des donateurs dans un journal, ne sont jamais que quelques détails marquants de ce processus.


Dans le monde d’aujourd’hui dont l’économie se détériore, de nombreux pays pourraient y gagner beaucoup en améliorant leurs relations avec leurs Diasporas. En Israël, ces relations poussent au hasard et peuvent se bonifier encore plus. Beaucoup d’autres pays pourraient commencer par une évaluation systématique de cette question en partant de rien. Ils devraient, d’abord, avoir à analyser les dimensions réelles de leur diaspora et dans quels pays elle se situe. Une telle étude devrait pouvoir identifier les émigrants particulièrement intéressants, tels que des personnes prospères qui sont susceptibles d’investir ou de donner, et d’autres qui possèdent un savoir-faire particulièrement éclairant.

 

In some countries such as Italy, the link of emigrants with the country of origin of grandparents may not be deep and few even speak Italian. Yet there is certainly an affinity for the town where their ancestors came from. That is another segment to be studied, as these migrants mainly originated in the country’s poorest areas.

 

Dans certains pays comme l’Italie, le lien des émigrés avec le pays d’origine de leurs grands-parents n’a pas besoin d’être profond et relativement peu, en réalité, parlent seulement italien. Pourtant, il existe une affinité certaine avec la ville dont leurs ancêtres sont originaires. C’est une autre séquence à étudier, puisque ces émigrés sont principalement originaires des régions les plus déshéritées du pays.

 

Une telle approche intégrée visant à promouvoir les relations entre la patrie et la Diaspora devrait aussi inclure l’évaluation des facteurs culturels. Dans certains dossiers d’études-pilotes que j’ai conduites pour d’importantes compagnies, on constatait les résistances de beaucoup de dirigeants locaux prédominants, qui disaient : « Ok, mais ça ne pourra pas marcher, ici ».

 

 

Quand on se trouve impliqué dans un domaine comme celui-ci, d’autres projets similaires deviennent possibles. Lorsque je conseillais le Président d’une entreprise de cimenterie grecque de premier ordre sur les problèmes environnementaux et sociaux, j’ai conseillé que l’on devrait adapter en les modifiant certaiens idées du FNJ.

 

 

Le périmètre des entreprises de béton qui transportaient leur ciment était, habituellement très sale. La société de cimenterie a, alors, offert de planter des arbustes dans les zones du périmètre de ses clients, qui devaient les lui payer en retour. Cela a conduit au nettoyage de toutes les installations par leurs propriétaires. Les Gouverneurs de Provinces et les maires des villes se rendaient sur place pour planter les premiers arbustes. L’arbre où est apposé une plaque portant mon nom près du périmètre d’une entreprise de béton, dans la capitale de la province de Karditsa doit sûrement continuer de pousser, actuellement.

 

Le lancement de programmes systématiques visant à améliorer les relations entre pays d’origine et diaspora à l’étranger ne devrait pas être très onéreux pour Israël. Les principaux bénéficiaires de ce processus devraient être les pays qui feront un meilleur usage des ressources de leurs diasporas. Le bénéfice pour Israël proviendra du fait de se faire de nouveaux amis à travers le monde et une bonne publicité, à travers des services de conseil avisés qu’il pourrait aisément fournir.

 

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

Manfred Gerstenfeld, “Israel-Jewish Diaspora Experience as a Model for Other State-Diaspora Relationships,” in Daniel Elazar and Morton Weinfeld (ed.), Still Moving, (New Brunswick, NJ: Transaction Publishers, 2000), 299-310.

 

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 11:17

 

 

 

Interviewé Par Manfred Gerstenfeld, le 5 avril 2012 (soit un mois avant l'échéance électorale), plus que jamais en phase avec l'actualité. 

 

Shmuel Trigano (Copier)

Shmuel Trigano

 

 

“Les conditions de renaissance d’un courant d’opinion antisémite (« antisioniste »), en France, résultant d’une fusion avec l’antijudaïsme islamique classique, reflètent l’état actuel de la société française. Les nouveaux-arrivants, autant que d’autres secteurs de l’opinion démontrent –depuis, maintenant, une décennie - combien l’instrumentalisation de la position symbolique et mythique des Juifs dans la société française et la mentalité européenne, est devenue le moyen de faire progresser leur propre agenda politique, dans le plus parfait cynisme. Plusieurs partis politiques de diverses obédiences, des hommes politiques et des publicistes manipulent également la situation des Juifs comme un levier, dans des domaines variés.

 

“Lorsque le second soulèvement palestinien a éclaté, en 2000, une vague d’antisémitisme virulent a traversé l’opinion publique française. Israël était décrit comme monstrueux, un Etat nazi qui cherchait à tuer intentionnellement des enfants. Ce narratif anti-israélien a des racines plus profondes. Les stéréotypes antisémites étaient déjà présents – quoiqu’encore enfouis - tout au long du processus d’Oslo. Les Juifs étaient, alors, souvent accusés de « surexploiter la mémoire de la Shoah », pour en tirer du prestige, du pouvoir et se l’approprier en exclusivité ».

 

Shmuel Trigano est Professeur de Sociologie à l’Université de Paris Nanterre, Président de l’Observatoire du Monde Juif et auteur de nombreux livres traitant de philosophie et de pensée politique juives.

 

Trigano remarque que, si l’on veut comprendre la situation actuelle, il est essentiel de se rappeler, non seulement l’accroissement important des actes d’antisémitisme violent en France, qui a explosé en 2000, mais aussi la réaction du public qui l’a accompagné : « C’était sans précédent, en ce qui concerne toute la période de l’après-guerre. Ses principaux auteurs étaient des citoyens français d’origine arabo-musulmane et d’Afrique sub-saharienne. Il y avait déjà eu des incidents similaires –bien qu’en moins grand nombre – au cours de la Première Guerre du Golfe, au début des années 1990. »


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Trigano rappelle que la violence antisémite fut largement passée sous silence, autant dans la presse que de la part des autorités publiques, durant plusieurs mois. « Même les organisations juives demeuraient silencieuses, nous avons su plus tard que c’était à la requête expresse du gouvernement socialiste, conduit par le Premier Ministre Lionel Jospin. Cette Omerta a constitué un facteur déterminant expliquant pourquoi la communauté juive s’est sentie abandonnée, aussi bien par les autorités françaises que par une société trop complaisante.

 

 

“La situation des Juifs, en France n’a fait qu’empirer, lorsque divers medias ont exprimé des opinions affirmant que la violence et la haine étaient « compréhensibles », au vu des évènements au Moyen-Orient et des politiques adoptées par Israël. Cela impliquait que la destinée des Juifs de France était déterminée par les politiques israéliennes et la posture critique française à son égard.

 

“Durant les premiers mois de ces attaques, la communauté juive a demandé de l’aide, mais personne ne l’a entendue. Cela a conduit à ce que beaucoup de Juifs de France prennent conscience que leur place et leur citoyenneté dans ce pays étaient, désormais, remises en question. Ils ont commencé à comprendre que les autorités préféraient sacrifier la communauté juive sur l’autel de la paix civile. Cette attitude se voyait encore renforcée, du fait de la politique pro-arabe de la France, à partir du déclenchement de la guerre d’Irak.

 

“Les Juifs ne comprenaient pas qu’on commettait des actes violents contre eux, au nom des évolutions qui se déroulaient à plus de 3000 kms de là. Aujourd’hui, certains se rappellent encore les paroles d’Hubert Védrine, ancien Ministre socialiste des affaires étrangères, que plusieurs hommes politiques ont répété, avec des tonalités à peine différentes : « On ne doit pas forcément se sentir choqué que des jeunes Français d’origine immigrée éprouvent de la compassion pour les Palestiniens et qu’ils se montrent particulièrement agités, à cause de ce qui leur arrive ».

 

Trigano remarque que : “Individuellement, les Juifs réagissent en fonction de leurs propres expériences du passé. Une psychanalyste française d’origine juive, la regrettée Janine Chasseguet-Smirgel me racontait que, pour elle, cela lui rappelait les années 1930. Sur le coup, cela m’avait semblé relever de l’exagération, parce que la France est censée être une société démocratique ouverte. Pourtant, il devenait très difficile de comprendre comment le discours de la presse libre d’un Etat libéral pouvait suivre l’injonction du gouvernement avec une telle uniformité. Par la suite, cela m’a permis de mieux comprendre la réalité de l’Union Soviétique.

 

 

“ Mes propres associations d’idées faisaient plutôt retour sur le départ d’Algérie de notre famille, en juin 1962, lorsque nous avions dû fuir et attendre durant deux jours, sur un aéroport militaire, seulement munis de deux valises. Nous avions alors juste refermé la porte de notre maison derrière nous et quitté les lieux, alors que le pouvoir gaullien nous avaient abandonnés. Il ne nous restait plus qu’à nous sauver, si nous ne voulions pas être tués dans ce chaos.  

  

“Ces sentiments liés aux traumatismes subis n’ont pas quitté les Juifs de France, malgré le fait que, deux ans plus tard, Nicolas Sarkozy, devenu Ministre de l’Intérieur, a commencé à tenter de combattre l’antisémitisme. Peut-être que la prise de conscience publique de ce problème survenait trop tard. En France, l’autocensure, concernant la libération de la parole antisémite, était rompue. Depuis lors, on rencontre de fréquentes expressions antisémites dans le domaine public. Un gouvernement démocratique ne dispose d’aucun moyen pour modifier ce phénomène. Les médias et le gouvernement désignent, de manière fallacieuse, l’antisémitisme comme relevant de « tensions inter- communautaires ».

 

“L’une des conséquences de l’hostilité dirigée contre les Juifs, c’est le développement croissant d’une attitude politique en leur sein qui rappelle plus celle du temps du ghetto que de la citoyenneté. Ils se sentent marginalisés et, par conséquent, tendent à s’abstenir de se manifester comme tels. Cela ne concerne pas seulement l’habit (la kippa) mais aussi les formes symboliques du judaïsme et de l’être juif. Un autre phénomène remarquable est le nombre croissant d’élèves et d’enseignants qui sollicitent l’adhésion dans des écoles privées juives, parce qu’ils se sentent vulnérables et sans défense au sein des écoles publiques où la puissance publique ne les protège plus.

 

“Le processus idéologique d’incitation à la haine anti-juive se poursuit depuis plus de dix ans, au sein de cercles convergents où les islamistes, l’extrême-gauche et l’extrême-droite se retrouvent. Les Juifs représentent une portion trop faible de l’électorat pour s’attendre à un changement quelconque de la part de quelque courant politique que ce soit. Pour le dire de façon globale, il y a actuellement très peu d’empathie pour les Juifs et Israël dans l’opinion publique française »

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme

 

Adaptation : Marc Brzustowski. 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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