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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 22:13

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Yohanan Manor

 

Manor (Copier)

Yohanan Manor

 

 

“Il y a plus de vingt ans, était abrogée l’infâme résolution “Le Sionisme est un Racisme”. Nous avons, depuis, assisté à de nombreuses tentatives, sous d’autres formes, de délégitimer Israël. Le gouvernement israélien et les leaders d’opinion doivent comprendre ce qui arrive, si Israël ne développe pas de stratégies appropriées contre les actions de délégitimation dans les arènes internationales. Il est, par conséquent, instructif d’analyser sommairement de quelle façon cette résolution de l’ONU a vu le jour en 1975, ce qui est advenu par la suite et comment, finalement, elle a été renversée ».

Le Dr Yohanan Manor est le Président d’IMPACT-SE, qui enquête sur les programmes et livres scolaires afin de vérifier leur conformité aux normes internationales. Il était, antérieurement, maître de conférences à l’Université Hébraïque et Directeur Général du Département de l’Information de l’Organisation Sioniste Mondiale. Son livre To Right a Wrong (1996) -1- [Redresser Ce qui va de Travers] analyse l’abrogation de la résolution “le Sionisme est un Racisme”.

Manor affirme que : “L’idée de faire condamner le Sionisme par les Nations-Unies a germé en Union Soviétique au milieu des années 1960, avant la Guerre des Six Jours. Elle découlait du refus soviétique d’être condamnée pour antisémitisme par l’ONU. Elle est apparue en 1964 et 1965, au cours de la négociation de la Convention Internationale sur l’Elimination de Toutes les Formes de Discrimination Raciale, dans le cadre de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU. Puisque l’Union Soviétique ne pouvait pas ouvertement exprimer une telle position, elle a conditionné son acceptation de condamner l’antisémitisme, à condition de dénoncer le Sionisme et le Nazisme [sur un plan équivalent] -1-  .

“Par la suite, la Guerre des Six Jours en 1967 a infligé un sérieux revers à l’armement et au prestige de l’Union Soviétique. Elle a, alors, développé une politique plus militante pour regagner et élargir son influence au Moyen-Orient. Elle s’est fondée sur un soutien presque total à l’Organisation de Libération de la Palestine. A l’origine, cette approche tombait bien. Puis, se produisirent des revers majeurs, y compris l’expulsion des conseillers soviétiques d’Egypte, les négociations israélo-égyptiennes de désengagement, en novembre 1973 et l’accord israélo-syrien de désengagement de mai 1974, avec l’implication active des Etats-Unis. Cela semble avoir conduit à un plan conjoint de l’Union Soviétique et de l’OLP, portant sur l’expulsion d’Israël des Nations-Unies, l’OLP devant prendre sa place -2- .

“Le 2 novembre 1974, l’OLP a obtenu le statut d’observateur à l’ONU, en tant que mouvement de libération nationale. En août 1975, l’Organisation de l’Unité Africaine a explicitement fait référence à l’idée de priver Israël de « son statut de membre ». A l’Assemblée Générale de l’ONU, le 1er octobre 1975, le dictateur ougandais Idi Amin (Dada) a appelé à « l’expulsion d’Israël des Nations-Unies et à l’extinction d’Israël en tant qu’Etat »-3- .

“En juillet 1975, l’Union Soviétique et l’OLP sont parvenus à faire explicitement condamner le Sionisme, lors de la Conférence Internationale de l’Année de la Femme à l’ONU, à Mexico-City, qui soulignait, dans sa déclaration finale que « la Paix requiert l’élimination du colonialisme, le néocolonialisme, l’occupation étrangère, le Sionisme, l’Apartheid et la discrimination raciale dans toutes ses formes -4-[iv]»

 

“L’opposition occidentale et, par-dessus tout, américaine à l’expulsion ou à la suspension d’Israël, et, de façon notable, une mise en garde américaine qu’un tel geste contraindrait les Etats-Unis à réévaluer sa qualité de membre de l’ONU-5- , ont fait capoter cette initiative. Cela a cependant, accentué l’ardeur à faire progresser un substitut, à savoir la condamnation du Sionisme comme racisme. Cela s’est, d’abord, formellement réalisé à l’intérieur du cadre de la Troisième Commission  de l’Assemblée Générale plénière, avec la résolution 3379 (XXX), qui « détermine que le Sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ». La coalition soviéto-arabe a gagné par 72 pour et 35 contre, avec deux abstentions.

“Entre 1976 et 1984, la résolution “Le Sionisme est un racisme”  a été répétée à maintes reprises, parfois même par des majorités encore plus vastes.  Des motions allant même encore plus loin ont été adoptées dans d’autres organismes de l’ONU. Le Sionisme commença à assumer «  des proportions mythiques dans le discours international, comme cause globale de la plupart des problèmes mondiaux ». Cette tendance a, aussi, substantiellement pénétré les cercles occidentaux, particulièrement les universités.

“Le monde israélien et juif a accueilli la résolution avec mépris. Durant longtemps, il n’y a pas eu de tentatives israéliennes de mener des actions en vue de l’abrogation de cette résolution. Cette position absurde s’est maintenue pendant presque une décennie. C’est alors seulement que les officiels d’Israël ont reconnu qu’il était nécessaire de combattre directement cette résolution, et non comme une expression d‘antisémitisme parmi tant d’autres. A partir du moment où Israël s’est réveillé, cela aurait pris plus de cinq ans pour renverser l’expression « le Sionisme est un racisme ».

“Cette abrogation a, finalement, été obtnue, non seulement grâce à la fin de la Guerre Froide, mais d’abord et avant tout, parce que les Etats-Unis ont pris la tête du mouvement et investi massivement dans les efforts en vue de la révocation. Cela s’est fait en dépit de la réticence manifeste du Département d’Etat, qui traînait les pieds. Cette situation a pu être surmontée, grâce au Sénateur Daniel Moynihan, qui a su taper du poing sur la table. Le Président George H.W. Bush a donné « des instructions sans précédent à tous ses ambassadeurs, afin de prévenir les pays où ils résidaient que le refus de voter pour la révocation de la résolution pourrait affecter leurs liens avec les Etats-Unis -6- ». Finalement, le projet de résolution en vue de l’abrogation  a été parrainée par 86 Etats et a été adoptée par 111 votes pour et 25 contre, avec 13 abstentions, le 16 décembre 1991 ».


Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem


Adaptation : Marc Brzustowski


   -1- Yohanan Manor, To Right a Wrong: The Revocation of the UN General Assembly Resolution 3379 Defaming Zionism, (New York: Shengold, 1997).

   -1-  Haseif leginui Haantishemiut Behatzaat Haamana Lebeur Kol Tsurot Haaflaia Hagizit” (The Paragraph to Condemn Anti-Semitism in the Draft Convention to Eradicate All Forms of Racial Discrimination), top-secret report by Meir Rosenne, New York, 25 October 1965, p. 1, CZA (Central Zionist Archives) S110/12. [Hebrew]

 -2- Senator Daniel Patrick Moynihan noted that the Soviet side had not yet been properly researched and recommended scholarly investigation “to discover and reveal the origins and the motivations of the lie.” See Daniel Patrick Moynihan, “Z=R, Plus 9,” address to the study day “Refuting the Zionism Is Racism Equation,” President’s Residence, Jerusalem, 11 November 1984, p. 3, CZA/S110/40.       

 -3-Plenary Meetings, Official Records of the General Assembly, Thirtieth Session. 

 -4-Final Declaration of the “Conference on the Equality of Women and Their Contribution to Development and Peace,” Mexico City, 2 July 1975.

 -5-S.J. (Senate Joint) Resolution  98, adopted on 18 July 1975.

 -6-William Harrop, the U.S. ambassador to Israel, disclosed the existence of these unprecedented instructions.  Jerusalem Post, 29 July 1991. 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 12:11

 

 

The Trouble with Textbooks: Distorting History and Religion, by Gary A. Tobin and Dennis R. Ybarra, Lanham, MD: Lexington Books.

 

Confusion dans les Livres Scolaires :   les Distorsions de l’Histoire et de la Religion, par Gary A. Tobin et Dennis R. Ybarra, Lanham, MD : Editions Lexington.

 

Commenté par Manfred Gerstenfeld

 

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 L’enseignement anti-israélien et antisémite s’est infiltré dans toute une brochette de lycées américains. Les preuves de l’extension de cette éducation orientée restent encore anecdotiques. Le Rabbin Tzvi Hersh Weinreb, vice-Président exécutif de l’Union Orthodoxe, est une des sources d’information sur ce sujet. L’association de Jeunesse de l’organisation, la Conférence Nationale de la Jeunesse des Synagogues (CNJS) a mis sur pied des clubs culturels dans plus de 150 écoles publiques à travers les Etats-Unis, et regroupe 30 000 adolescents juifs. Weinreb affirme que : « Nous découvrons que beaucoup d’enfants sont très radicalisés contre Israël. Une institution éducative extrêmement antisioniste leur a, pratiquement, lavé le cerveau » -1- [1].

 

Beaucoup de livres scolaires utilisés sont une source essentielle de cet enseignement inclinant à l'antisionisme. Il y a plus de quinze ans, Mitchell Bard a publié une étude  portant sur dix-huit livres scolaires d’histoire, le plus largement en usage dans les lycées américains : Réécrire l’Histoire par les Livres Scolaires. Il les avait alors trouvés « bourrés d’erreurs factuelles, de simplifications extrêmes, d’omissions, et de distorsions, constamment orientées au détriment des Juifs et d’Israël. Cela conduit inévitablement à la conclusion que les auteurs véhiculent leurs propres préjugés » -2-   .

 

Bard ajoutait que : “Les lycées sont même pires que les universités, en ce qui concerne l’enseignement antisioniste. Ce problème s’accroit depuis les attentats terroristes arabo-musulmans du 11/09. Ils sont stimulés par un ardent désir de mieux comprendre le monde musulman. Les gens qui produisent cette information sur ces sujets dans les livres scolaires sont grassement rémunérés par les Saoudiens. Ils présentent une version de l’histoire islamique qui est souvent très sélective, pour le dire avec euphémisme. Nous avons essayé, depuis plusieurs années, de produire des textes concernant l’histoire d’Israël, et nous avons constaté avec surprise qu’il devenait difficile de les voir adopter dans les écoles publiques » -3- .

 

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Dennis R. Ybarra.

Le livre du Dr. Gary Tobin –décédé depuis- et de Dennis R. Ybarra, The Trouble with Textbooks: Distorting History and Religion, confirme les découvertes de Bard. Il apporte une importante contribution mise à jour pour mieux comprendre les dangers que l’enseignement orienté peut constituer pour la communauté juive américaine. La recherche qu’ils ont conduite pour écrire leur livre passe en revue vingt-huit livres scolaires des lycées publiés par les principaux éditeurs, se focalisant sur quatre thèmes : l’histoire juive, la théologie et la religion ; la relation entre Judaïsme et Christianisme ; la relation entre Judaïsme et Islam ; et l’histoire, la géographie et la politique du Moyen-Orient.

 

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Gary Tobin

 

L’analyse des auteurs fournit une longue liste d’erreurs, de thèmes de propagande, d’information tendancieuse, qui ont pu se frayer un chemin au travers de ces livres scolaires. Tobin et Ybarra concluent que les livres scolaires sont fréquemment critiques envers les Juifs et Israël, alors qu’ils apportent une vision dénuée de la moindre mise en question de l’Islam. Ainsi, par exemple, plusieurs livres scolaires présentent l’Islam comme « révélé par Mahomet ». Les mêmes textes n’emploient le terme « révélation », ni pour parler du Judaïsme, ni du Christianisme. Un de ces livres déclare, concernant les Dix Commandements, que Moïse « prétend » qu’il les a reçu de D.ieu. Un autre précise que les Chrétiens « croient » que Jésus était le Messie.

 

Les auteurs ont aussi découvert que les groupes d’intérêt arabo-musulmans tentent de blanchir et de glorifier tout motif islamique et de promouvoir l’Islam. Ces organisations essaient, parfois avec succès, de faire avancer le narratif palestinien. Leur discours, promouvant une gamme complète de mensonges, a intégré les livres scolaires américains. Plusieurs d’entre eux noient le poisson dans l’eau ou minimisent le terrorisme palestinien, voire même, le justifient. L’un de ces livres tente astucieusement de délégitimer Israël en tant qu’Etat Juif.

 

Un livre scolaire affirme que Jésus vivait dans “le Nord de la Palestine”. Pourtant, la « Palestine » est un terme suelement entré en usage bien plus tard. Les auteurs perçoivent avec acuité, dans l’usage inapproprié du terme « Palestine antique », un fanion rouge indiquant la présence de distorsions. Le mythe selon lequel Jésus était un Palestinien est aussi savamment entretenu. Concernant le problème des réfugiés, un texte affirme mensongèrement qu’Israël a mis les Palestiniens dans des camps de réfugiés, lorsqu’en fait, ce sont les Etats arabes, occupant des régions de l’ancienne Palestine mandataire et ceux vers lesquels les réfugiés ont fui, qui l’ont fait.

 

La plupart des livres ne fait aucune mention des réfugiés juifs qui ont dû émigrer vers Israël. Plusieurs livres scolaires affirment que la Seconde Intifada était un soulèvement spontané, malgré toutes les preuves émanant du camp palestinien, qui disent qu’elle était planifiée depuis longtemps. Le nombre d’idées fausses majeures et d’omissions concernant les faits élémentaires est bien trop important pour être détaillé dans le cadre de cet article.

 

Tobin et Ybarra écrivent : “les historiens révisionnistes et leurs perspectives anti-occidentales, anti-américaines et pro-palestiniennes ont trouvé leur place dans le contenu des livres scolaires et sont largement compatibles avec le narratif arabe ». Ils mentionnent également que « certains livres scolaires recommandent chaudement leurs travaux aux étudiants ». Une conclusion essentielle qui surgit de ce livre, c’est qu’alors qu’il y a une demande croissante d’une meilleure information sur le Moyen-Orient, beaucoup d’éditeurs et d’enseignants répandent leurs orientations politiques et leur propagande travesties en académisme ».

 

 

C’est la combinaison entre la confiance aveugle de bien des parents juifs envers l’enseignement scolaire et l’indifférence à ce que leurs enfants apprennent réellement, qui rend si difficile la correction de ce problème. Cela prendra, au mieux, de nombreuses années pour que cette situation change de façon significative.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages.

 

Adapté par : Marc Brzustowski.

 

Notes

 

. -1- Manfred Gerstenfeld, “The Orthodox Union and its Challenges,” an interview with Rabbi Dr. Tzvi Hersh Weinreb, Changing Jewish Communities 23, 15 August 2007.

. -2- Manfred Gerstenfeld, “Introducing Israel Studies in U.S. Universities,” an interview with Mitchell Bard, Changing Jewish Communities 39, 15 December 2008.

. -3- Ibid.

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 21:41

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Betsy Gidwitz

 

Gidwitz (Copier)

Betsy Gidwitz

 

“ Vingt ans après l’effondrement de l’Union Soviétique, il n’y a que quelques dirigeants juifs laïcs qui sont sortis du lot en Russie. Le Va’ad, fondé en 1989, était la première organisation nationale authentique. Il avait pour but de représenter tous les Juifs présents en Union Soviétique. Cela dit, il n’avait aucun mandat pour cette mission et ses finances étaient limitées. Son rôle a pris fin avec l’effondrement de l’Union Soviétique.

“Par la suite, une nouvelle organisation Va’ad a vu le jour en Russie. Mikhaïl (Micha) Chlenov, un intellectuel et analyste des grandes tendances en Russie, en est la personnalité charismatique. Il conseille, aussi, d’autres organisations juives. Va’ad reste une petite opération située à Moscou. Il n’a pas développé de bureau exécutif  laïc ni de soutien financier régulier. Les principales tâches de Va‘ad consistent à aider plusieurs associations juives à obtenir des subventions. Il représente, également, la Communauté Juive de Russie dans plusieurs arènes internationales juives ou sionistes. »

Le Dr. Betsy Gidwitz est consultante indépendante impliquée sur des sujets concernant les Etats post-soviétiques. Résidant actuellement à Chicago, c’est un ancien membre de l’Institut de Technologie de la Faculté du Massachusetts. Gidwitz est aussi membre du Bureau de l’Agence Juive pour Israël, où, en tant que dirigeante laïque, elle préside le comité supervisant ses activités parmi les Juifs russophones.

“Au cours des dernières années, se sont fondées de plus vastes organisations de coordination. La plupart ont été initiées et financées par des oligarques juifs, qui sont aussi leurs principaux dirigeants. Presque toutes revendiquent un mandat national, voire international. Par contre, très peu se préoccupent de construire une base d’adhérents ou un bureau de dirigeants opérationnel.

“Le Congrès des Juifs de Russie (CJR)  a été l’une des premières de ces organisations conduites par un oligarque. Il a été créé en 1996 par Vladimir Gusinsky, qui a, par la suite, été contraint à l’exil par le Kremlin. Le CJR est, à présent, dirigé par Yuri Kanner, un homme d’affaires moscovite. Son prédécesseur était Vyecheslav (Moshe) Kantor, qui est ensuite passé à autre chose, pour devenir Président du Congrès Juif Européen. La fortune de M. Kantor, en tant que magnat de l’engrais, a été un facteur essentiel de sa rapide ascension.  

“Le CJR poursuit un agenda centré sur le soutien et le développement des études académiques juives russophones, des projets d’action sociale juive à Moscou et St Petersbourg, des programmes sélectionnés du Grand Rabbin de Moscou Pinchas Goldschmidt, et de culture générale juive comprenant un petit centre communautaire juif à St. Petersbourg. Le CJR se perçoit aussi comme la voix nationale de la communauté juive de Russie.

“Bien qu’il se soit établi comme une organisation d’envergure nationale, son rayon d’action effectif se concentre essentiellement sur Moscou et St. Petersbourg, où résident la majorité des Juifs Russes. Le CJR n’a pas encore développé la capacité de prendre en compte l’ampleur des besoins communautaires de la population juive russe.

 

Une évolution  encourageante de ces dernières années a été la croissance du Groupe Philanthropique de la Genèse, une entité semblable à une fondation, soutenue par un petit groupe de Juifs Russes aisés. Le GPG ne réalise pas ses propres activités, mais procure une assistance financière significative à différentes organisations parrainant des programmes de reconstruction identitaire juive parmi les adolescents et jeunes adultes juifs russophones dans les états anciennement soviétiques, la diaspora juive russophone et en Israël. Le GPG est géré selon les normes occidentales de responsabilité.

 

Une autre organisation qui présage de solides espoirs pour l’avenir, correspond au développement des Maisons Moishe, dans plusieurs villes post-soviétique : ce sont des résidences pour de petites associations de jeunes adultes qui reçoivent une assistance sous forme de logements subventionnés, en échange de la réalisation fréquente de programmes juifs ayant pour objectif d’attirer leurs pairs vers des activités juives. Les activités caractéristiques de la Maison de Moishe comprennent des dîners de Shabbat, des clubs du livre juif, des groupes de discussion autour de thèmes juifs, et quelques programmes hors-site plus larges.

 

 

“Après plus de trois générations de culture politique autoritaire soviétique, on trouve difficilement des Juifs de notre époque contemporaine post-soviétique, qui savent comment –et comprennent même tout simplement la nécessité de – construire le consensus, respecter les points de vue minoritaires et favoriser le sens des responsabilités. Pas plus qu’ils ne savent comment travailler dans un environnement composé autant par des équipes professionnelles que des volontaires. Les chefs de l’oligarchie qui sont les titulaires des associations de coordination juives russophones se voient attribuer des rôles dirigeants en échange de leur soutien financier. On comprend mal les situations de conflit d’intérêt qui surgissent. La succession dans le rôle de dirigeant, lorsqu’elle a eu lieu, n’est, habituellement, que le transfert de pouvoir d’un oligarque à l’autre, sans autre procédure prévue.

“Dans la plupart des cas, les oligarques qui apportent l’écrasante majorité des fonds opérationnels de l’association qu’ils représentent, la conçoivent comme leur propriété privée. Leurs conseils d’administration sont souvent incompétents. Les concepts élémentaires de besoins et obligations d’un programme sont hors d’atteinte, pour une population qui a peu de sens de la communauté ou de la responsabilité mutuelle. Cela laisse le champ grand ouvert aux organisations juives internationales, dont les plus prééminentes sont le Jewish Joint Distribution Committee et l’Agence Juive pour Israël ».

Goidwitz conclut : “ Beaucoup qui se trouvent  dans des positions courantes d’autorité au sein des communautés juives de Russie sont perçus comme tenant la plus large partie de la population juive otage de leurs egos, de leurs intérêts financiers et de leurs besoins d’obtenir les faveurs de personnages politiques locaux ou nationaux. Peu de dirigeants juifs qu’on puisse nommer comprennent la nécessité de se lancer dans une planification sérieuse –ou de construire un vrai consensus.

“Cependant, plusieurs programmes relativement nouveaux, portant la focale sur la construction de la communauté juive parmi les jeunes adultes juifs tiennent leurs promesses d’un meilleur avenir juif, assurant que les Juifs Russophones sont capables de développer la collecte de fonds et des capacités de management financier dans l’environnement politique russe incertain ».

 Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 13:25

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Joël Cahen

 

Joël Cahen (Copier)

Joël Cahen

 

“Le Musée Historique Juif (MHJ) d’Amsterdam est le dépositaire de la mémoire collective des Juifs de Hollande. Ici, sont conservés et mis à la disposition du grand public, toute la connaissance et les documents concernant la vie des Juifs des Pays-Bas. Il connaît un impact bien plus vaste, grâce à des expositions itinérantes, l’internet et les média sociaux »

 

Depuis 2002, Joël Cahen est Directeur du MHJ. Entre 1990 et 2000, il a vécu en Israël, où il était Directeur Général adjoint du Musée Nahum Goldman de la Diaspora Juive, à Tel Aviv (Beit Hatfutsot).

 

“Le MHJ est un espace de rencontre pour le public. Un grand nombre de nos expositions bénéficient d’une large publicité, comme celle présentant les collectionneurs juifs d’art moderne. Une autre s’est centrée sur l’œuvre du peintre Meijer de Haan, qui, grâce à Théo, le frère de Vincent Van Gogh, s’est rapproché de Gaugin et a peint des tableaux d’une valeur artistique équivalente aux siens. Nous avons aussi montré cette exposition dans le prestigieux Musée d’Orsay, à Paris. Nous présentions De Haan comme le « Juif Inconnu », mais la presse française a préféré parler de lui sous le titre du « Hollandais inconnu ».

 

“Le MHJ organise également des expositions sur la culture juive à l’étranger. L’une d’elle concernait l’actrice française juive Sarah Bernhardt. En 2011, nous avons organisé une exposition sur les peintres expressionnistes de Roumanie. Dans ce pays, tous les peintres d’avant-garde [en français dans le texte] étaient Juifs, parmi lesquels certains étaient de réputation internationale, comme Victor Brauner et Marcel Janco. Soit, ils ont été chassés de Roumanie, soit laissés pour compte. Seul Maximilian Maxy a pu rester. Il est devenu Directeur du MNAR – le Musée National du pays – et il est considéré comme un artiste constructiviste. « Cette exposition s’est aussi déplacée au Musée d’Israël à Jérusalem et se rendra à San Franscisco. Ce n’est qu’un exemple de la façon dont le MHJ peut aussi bien avoir un impact identique loin des Pays-Bas.

 

“Nous avons développé une nouvelle méthodologie dans la façon de guider les visiteurs au sein du musée. Nos guides sont formés pour répondre aux questions des visiteurs, y compris sur des sujets sensibles. On leur apprend à répondre de manière non-conflictuelle, lorsque quelqu’un déclare, par exemple : « Tous les Juifs sont riches ». Par le sens de leurs réponses, ils débusquent ces stéréotypes.

 

“Il est intéressant de constater que, parmi les classes des écoles qui visitent le MHJ, il y a un nombre significatif d’enfants musulmans. Ils reconnaissent de nombreux thèmes qui sont proches de leur propre tradition. On en a un bon exemple, avec les règles alimentaires. Ils réagissent aussi, lorsqu’ils voient des sculptures et affirment qu’elles sont interdites en Islam. Pourtant, tout bien considéré, ces visites sont toujours un succès.

 

“Le MHJ est une fondation indépendante. Les autorités néerlandaises nous ont reconnus comme musée d’intérêt national, en 1987. Cela signifie que nous bénéficions aussi de subventions. Actuellement, cependant, du fait des coupures budgétaires du gouvernement, nous avons moins de chance de recevoir de l’argent qu’un autre musée qui dispose d’une collection nationale.

 

“Le musée jouit d’une très bonne réputation internationale. En 1988, nous avons remporté le Grand Prix du Musée Européen – qui récompense le musée le plus inventif en Europe. Tous les musées européens concourent pour l’obtenir. En 2010, nous avons obtenu la seconde place –la plus haute distinction que nous pouvions remporter, puisque les musées ne peuvent gagner le premier prix qu’une seule fois.

 

“Nous gérons aussi d’autres institutions et projets. L’un d’eux concerne la célèbre synagogue portugaise d’Amsterdam, construite en 1675. Sa récente restauration nous a permis de disposer d’une nouvel espace d’exposition souterrain où l’on peut découvrir ses multiples trésors.

 

“Le Théâtre Hollandais d’Amsterdam est une autre de ces institutions que nous gérons. De nombreux Juifs d’Amsterdam y ont été internés durant la Seconde Guerre Mondiale, avant d’être envoyés à la mort. Il sert, à présent, de centre pédagogique et mémoriel pour la Shoah et comprend un mur où sont inscrits tous les noms de famille des Juifs assassinés.

 

“Depuis 2005, nous nous occupons aussi du Monument Digital de la Communauté Juive des Pays-Bas. C’est un site internet qui a pour but de maintenir bien vivante la mémoire de tous les Juifs Hollandais qui ont été persécutés et tués durant la Shoah.

 

“Ce site s’est converti en une communauté interactive sur la toile (www.communityjoodsmonument.nl). Comme sur Facebook, on peut chercher un nom sur ce Monument Digital et charger la photo d’une famille ou même relater une histoire. De très nombreuses personnes cherchent à savoir si elles ont des origines juives. Des volontaires de notre organisation vérifient qu’aucune injure ni remarque antisémite ne soit postée sur ce site internet. Le Monument Digital est fréquemment lauréat de divers prix, ainsi en 2011, il a remporté une belle récompense, importante aux Etats-Unis. « Il y a encore bien d’autres projets dans lesquels le MHJ est impliqué. Chaque année, nous organisons 8 concerts dans la synagogue portugaise. Cette année, le mémorial de la Nuit de Cristal s’est déroulé dans cette synagogue. Nous sommes, également, partenaires du Festival Annuel du Film Juif aux Pays-Bas, qui a célébré son dixième anniversaire en 2011.

 

“Notre Comité des Dirigeants se plaint que nous soyons impliqués dans de trop nombreux projets. Malgré tout, nous voulons même en faire encore plus, parce qu’il y a tant d’occasions qui se présentent. J’espère que, même si nos subventions diminuent, nous pourrons continuer d’accomplir tout ce que nous avons envisagé de faire ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski. 

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 11:23

 

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Tzvi C. Marx

 

tzvi marx

Tzvi Marx

 

 

“Mai 1948 a marqué le début d’une nouvelle ère dans les relations Christiano-Juives. Le rétablissement de l’Etat d’Israël a été ressenti comme une intrusion théologique dans la conscience chrétienne. Il a interrompu le « long fleuve tranquille » de l’auto- complaisance chrétienne à se poser en « Verus Israël » dans le regard de D., par la substitution de la Chrétienté à l’ancien Israël. Cela constituait la théologie chrétienne classique de la Substitution -1-.


“Le fait, proprement indigeste, de la renaissance de l’Etat d’Israël a sapé les fondements de 1800 ans de théologie chrétienne.  De toute évidence, D. n’avait, ainsi, pas révoqué le sens de Ses Promesses faites aux Juifs.  Cela a été le catalyseur d’une remise en question, dans certains cercles chrétiens, de leur position à l’égard des Juifs.

 

Tzvi C. Marx participe à des conférences sur le Judaïsme au Collège Widesheim (Utrecht), aux Pays-Bas. C’est un Rabbin ordonné par la Yeshiva de l’Université. Il a également obtenu un Doctorat de l’Université Théologique Catholique d’Utrecht.

 

Marx ajoute que la restauration d’Israël a provoqué le déploiement de beaucoup d’énergie dans les cercles chrétiens. « Certains Chrétiens se sont consacrés au déni, en prétendant que l’Etat ne représentait aucun enjeu théologique, mais n’aurait servi que de mesure de compensation, à cause de la culpabilité éprouvée pour la Shoah. Selon cette conception, Israël n’était, tout simplement, qu’un centre de réhabilitation pour des Juifs déportés et victimes de guerre, et il devrait, éventuellement, être absorbé au sein d’un Etat arabe à vocation plus universelle, dans lequel les Juifs seraient les bienvenus, mais ne seraient pas dominants. Par contre, beaucoup, parmi ceux qui n’étaient pas engagés dans ce processus de déni, ont adopté un nouveau point de vue sur le Judaïsme et se sont lancés dans son étude ».

 

Marx insiste sur le fait que la Shoah n’a pas provoqué de débat, au début des années 1950, sur une approche chrétienne non-prosélyte à l’égard du Judaïsme. « Tout au contraire, la souffrance juive à quelque degré que ce soit, est parfaitement compatible avec la théologie normative chrétienne. St Augustin soulignait à quel point les Juifs sont destinés à souffrir, à cause de leur refus d’adopter le Christianisme et de la crucifixion de Jésus -2-. Leur exil et leur dispersion est un signe éternel de colère divine.

 

“C’est aussi pourquoi le Pape Pie X a refusé la main tendue d’Herzl. Herzl l’exhortait à reconnaître le mouvement sioniste et la revendication de retour du peuple juif à son ancienne patrie. Le Pape a rétorqué que, puisque le peuple juif n’avait pas reconnu Jésus, il ne pouvait pas reconnaître le peuple juif. Il a ajouté que si les Juifs acceptaient de se convertir au Christianisme, il déléguerait des prêtres pour les baptiser et les accueillir, lors de leur retour chez eux, comme Chrétiens en Terre Sainte [ i.e : "Promise"]-3-.

 

“Les relations christiano-juives impliquent plusieurs composantes. Un de ces aspects relève du fait que des Chrétiens étudient le Judaïsme. Un second repose sur le dialogue inter-religieux et un troisième concerne l’attitude des Chrétiens envers Israël. Tous ces points sont, d’une manière ou d’une autre, étroitement imbriqués. Les motivations multiples qui expliquent le soudain intérêt chrétien pour l’étude du Judaïsme incluent :

 

  • Le désir de comprendre “Jésus le Juif”, ou les racines juives de la Chrétienté.
  • Reconfigurer l’identité chrétienne, maintenant qu’elle ne peut plus prétendre être le « Nouvel » Israël.
  • Comprendre le Judaïsme dans ses propres termes, en tant que foi vivante. Cela s’accompagne de la volonté de découvrir le monde de l’exégèse juive, qui est très différente de son homologue chrétienne. Les Chrétiens peuvent apprendre la façon juive d’interpréter la Bible, la prière juive, sa philosophie, les contes hassidiques et ainsi accéder à l’Héritage juif au sein du Christianisme, particulièrement dans le « Nouveau » [Second] Testament, où les prédicateurs, les érudits juifs et les Rabbins sont omniprésents. Cela conduit à considérer Jésus comme un enseignant [prophète] juif.
  • Rechercher un sens spirituel plus personnel, parce qu’on a perdu prise dans l’identité chrétienne.
  • Confirmer les espérances chrétiennes dans le Tanach.
  • Etudier le Judaïsme comme partie intégrante du phénomène religieux à travers le monde, particulièrement dans les universités.
  • Participer d’un acte de repentance [réparation], qui consiste à maintenir vivante la conscience juive à travers sa propre formation, comme compensation pour la Shoah.

 

“Depuis les années 1960, ces initiatives de retour aux sources ont forgé une conscience profonde, parmi de nombreux Chrétiens, de l’importance du Judaïsme pour l’identité chrétienne. Les Protestants, en retournant aux racines juives de la Chrétienté dans la Bible, perçoivent en un Jésus historiquement « Juif », une résolution possible de leur difficulté [contradiction] théologique avec la « foi trinitaire »,  ou le caractère expiatoire de la « mort » de Jésus.

 

Marx observe que : “L’attente optimiste que le troisième millénaire introduirait à une nouvelle période de réconciliation universelle ne se réalisera pas. Il existe des tendances troublantes qui requièrent un effort renouvelé pour transférer les avancées de la dernière moitié du vingtième siècle vers le vingt-et-unième siècle, période généralement marquée par un militantisme culturel islamique résurgent en Europe.

 

“L’actuel conflit palestino-israélien fournit un bon prétexte pour réhabiliter les vieux ressentiments antijuifs. Ils reposent dans des couches si profondes [de la conscience] qu’ils sont rarement dépassés. Même à travers les déclarations théologiques remaniées, comme celle de Nostra Aetate et les déclarations de l’Eglise Evangélique de Rhénanie -4-. Ces deux documents représentent les efforts des Chrétiens pour surmonter leur antijudaïsme théologique multiséculaire, qui est profondément ancré dans leurs traditions, leurs écritures et leur liturgie.

 

“Les préjugés chrétiens contre les Juifs restent vivaces, à travers leur mémoire, leurs coutumes, leur langage, leur rituel, leur canon et la liturgie des églises. Nous devons faire face à cette fureur décuplée par le réveil de ces sentiments, à présent, sous l’étendard de l’Islam, dans son rejet de toute présence juive au Moyen-Orient, en tant qu’entité politique indépendante : Israël. La culture de l’antijudaïsme paranoïaque est encore bien vivante. Nous devons faire l’impossible pour mobiliser nos énergies et nos alliés dans la bataille et l’emporter sur cette culture ».

 

Ceci est la version abrégée d’une interview parue en néerlandais dans le livre bestseller de Manfred Gerstenfeld : “ The Decay: Jews in a Rudderless Netherlands » (2010).   [La décadence : les Juifs dans la tourmente d’une Hollande sans gouvernail (2010)]

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.



-1- Cette théologie est aussi appelée la Théologie du Remplacement.

-2- La doctrine d'Augustin (354-430) du témoignage (Testimonium) “ a généré une image du Juif comme fossile vivant accroché à la lettre morte de sa Loi, aveugle à l'interprétation correcte de la Bible et piégé dans la ritualisation de ses Ecritures, un type de Juif qui n'a jamais vraiment existé", excepté dans l'imagination fertile d'Augustin. Ce Juif, à travers sa condition humiliante, était un témoin nécessaire de l'authenticité du Christianisme. Ram Ben-Shalom, “Medieval Jewry in Christendom,” in Martin Goodman, ed., The Oxford Handbook of Jewish Studies, (Oxford University Press, Oxford, 1999), 162-63.

-3- Tiré de : “Pope Benedict XVI: Preliminary Observations by Rabbi Gilbert S. Rosenthal,” 21 April 2005. Downloaded from internet, 2007, Central Conference of American Rabbis, 355 Lexington Ave., NY,   NY 10017. Voir : www.ccarnet.org/Articles/index.cfm?id=353&pge_id=1001&pge_prg_id=4108

-4- Déclaration du Synode de l'Eglise Evangélique de Rhénanie  “... Le Synode de l'Eglise Evangélique de Rhénanie  accepte la nécessité historique de parvenir à une nouvelle relation entre l'Eglise et le Peuple Juif, ... selon laquelle la continuité de l'existence du Peuple Juif, son retour vers la Terre Promise, et, également, la Fondation de l'Etat d'Israël, sont les signes de la Fidélité de D. envers son peuple". Déclarations Offocielles de l'Eglise durant les années 1980, citées dans :  Dr. Dagmar Pruin, “The Jewish-Christian Dialogue in Germany: What Lessons Can We Draw from It for a Dialogue with the Muslim World?” www.aicgs.org/analysis/c/pruin021507.aspx. 

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 16:30

 

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Le véritable terrorisme d’Etat arabe  comparé au supposé « terrorisme d’Etat » israélien.

 

Manfred Gerstenfeld

 

Menacer ses propres citoyens est un mode traditionnel de terrorisme d’Etat dans de vastes parties du monde musulman. Un second type de terrorisme d’Etat – particulièrement meurtrier – a récemment augmenté significativement. Quelques exemples parmi tant d’autres : le 11 juillet, les soldats syriens ont tiré et tué 10 participants à une procession funéraire dans la ville d’Homs -1-. Durant les funérailles du dirigeant kurde Mashaal Tammo, le 8 octobre, à Qamishli, les forces de sécurité syriennes ont indistinctement ouvert le feu contre la foule et tué cinq personnes en deuil, en blessant trois -2-. Le lendemain, 24 Coptes étaient tués par les forces de sécurité égyptiennes au Caire et plus de cent étaient blessés -3-.

 

On peut ajouter beaucoup d’exemples de terrorisme d’Etat homicide, notamment en Libye ou au Yémen. Les principes restent les mêmes : les forces des gouvernements arabes, non seulement, menacent leurs propres citoyens, mais ils les tuent aussi intentionnellement.

 

Un troisième type de terrorisme d’Etat consiste à tenter d’assassiner des civils étrangers dans d’autres pays. On en a de récents exemples avec les attentats planifiés contre l’ambassadeur saoudien et l’ambassade israélienne à Washington, tous deux ordonnés par l’Iran.

 

Ce terrorisme d’Etat meurtrier affiche des précédents particulièrement cruels. En 1982, le régime syrien du Président Hafez al Assad a massacré au moins dix mille personnes – et probablement un multiple de ce nombre – dans la ville d’Hama. Les personnes assassinées étaient essentiellement des civils. En 1988, les forces aériennes de Saddam Hussein ont largué du gaz empoisonné contre la ville kurde d’Halabja, dans le nord de l’Irak, tuant des milliers d’individus -4-. La campagne d’Al Anfal, cette même année, s’est avérée encore plus meurtrière, lorsqu’une population estimée à 100 000 Kurdes du nord de l’Irak, dont la majorité était civile, a été décimée par les forces irakiennes.

 

Un cas majeur de terrorisme d’Etat homicide, de la part d’un Etat musulman, a été perpétré en 1994, lors de l’attentat à la bombe contre le Centre caritatif juif AMIA de Buenos Aires. 85 personnes y ont été tuées et 300 blessées. Il s’agissait de l’attentat le plus important contre des Juifs à l’extérieur d’Israël depuis la Seconde Guerre Mondiale. En 1992, on a assisté à l’attentat à la bombe contre l’Ambassade d’Israël à Buenos-Aires, dans lequel 29 personnes ont été tuées. Les assaillants n’ont jamais été retrouvés.

 

Ce n’est qu’en 2006 que le procureur argentin Alberto Nisman a formellement accusé l’Iran et le Hezbollah du meurtre de masse de l’AMIA. Parmi les huit suspects dont le procureur a requis l’arrestation, on trouve l’ancien Président iranien Hashemi Rasfandjani -5-. L’actuel Ministre de la Défense iranienne, Ahmad Vahidi est un autre de ces inculpés. Après sa visite en Bolivie, en mai dernier, le gouvernement bolivien a présenté ses excuses à l’Argentine pour l’avoir invité.-6-

 

D’anciens meurtriers palestiniens de civils en Israël, autant que d’Israéliens et de Juifs à l’étranger, quoi qu’il en soit, demeureront de parfaits terroristes. Les attentats-suicide dans l’avenir ne pourront véritablement être qualifiés de terrorisme d’Etat que lorsqu’un Etat palestinien prendra forme.

  

Menacer d’employer la violence contre des citoyens étrangers est encore un autre type de terrorisme d’Etat. Le Président syrien Bachar al-Assad a déclaré au Ministre des affaires étrangères turc, Ahmet Davotoglu, début octobre, que si la Syrie était attaquée par l’OTAN, il ferait tirer des centaines de missiles et de roquettes contre Tel Aviv. Assad a également martelé qu’il en appellerait au Hezbollah pour qu’il lance une attaque intensive de roquettes et de missiles contre Israël -7- . Cette formule connaît aussi ses précédents dans le monde arabe : en 2001, Rasfandjani, le Président iranien d’alors, avait déjà menacé d’anéantir Israël à la bombe atomique.-8-

.

Afin de détourner l’attention de ce terrorisme d’Etat très répandu dans le monde musulman, certains de ses dirigeants préfèrent s’en prendre à Israël. Le Premier Ministre turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Israël de « terrorisme d’Etat », au cours de son voyage en Afrique de mai dernier -9-.

 

Il y a à peine quelques semaines, lors de la rencontre du Conseil des Droits de l’Homme des Nations-Unies, l’envoyé syrien à l’ONU, Faisal al-Hamwi a pointé Israël du doigt. Il a déclaré que, selon l’agence de presse de l’Etat syrien SANA, les « violations israéliennes des droits de l’homme » rapportées par les Palestiniens prouvaient « la réalité du terrorisme d’Etat pratiqué par Israël » -10-. Et les amis occidentaux du Hamas, promoteurs de génocide vont, au moins, aussi loin : deux médecins norvégiens d’extrême-gauche, Mads Gilbert et Erik Fosse ont publié un livre qui prétend qu’Israël est entré à Gaza dans l’intention de tuer des femmes et des enfants. Le Ministre des Affaires étrangères norvégien Jonas Gahr Stoere et l’ancien Premier Ministre Kare Willoch leur ont accordé toute crédibilité en contresignant leurs propres commentaires en couverture de l’ouvrage.


En complet contraste avec les allégations de tous ces faux accusateurs, le Colonel Richard Kemp, un ancien commandant des forces britanniques en Afghanistan a déclaré que les Forces de Défense israéliennes à Gaza ont fait “plus pour préserver les droits des civils en zone de combat qu’aucune autre armée dans l’histoire des méthodes de guerre » .

 

Israël n’a pratiquement rien fait pour rendre public le terrorisme d’Etat musulman. Le résultat est évident : quiconque se comporte comme un végétarien verbal devient une victime facile de la vérité inversée.

 

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld a publié 20 livres. Plusieurs d’entre eux traitent d’antisémitisme et d’anti-israélisme.

 

Adapté par Marc Brzustowski (texte confié par l’auteur et également publié en anglais sur : http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4139158,00.html )

“Syrian troops ‘kill mourners in Homs assault,’” BBCNews 19 July 2011.

“Syrian Forces Kill 5 during Funeral of Kurdish Leader,” VOANews.com 8 October 2011.

“Cairo clashes leave 24 dead after Coptic Church protest,” BBCNews 9 October 2011.

“1988 Thousands die in Halabja gas attack,” On this day BBC News, 16 March 1988.

“Iran charged over Argentine bomb,” BBC News, 25 October 2006.

Robin Yapp, “Iran defence minister forced to leave Bolivia over 1994 Argentina bombing,” Telegraph  1 June 2011.

“Assad Warns to Set fire on Middle East in case of US Attack,” Fars News Agency 4 October 2010.

“Former Iranian President Rafsanjani on Using a Nuclear Bomb against Israel,” MEMRI, Special Dispatch Series, No. 325, 3 January 2002.

Erdogan: Israel practices state terrorism, has nuclear bomb.” Jerusalem Post, 10 May 2011.

[10] Syria's UN envoy: Israel committing 'state terrorism' against Palestinians,” Haaretz, 17 October  2011.

Jonathan Hoffman, “Col Richard Kemp's speech to 'We Believe in Israel' Conference - London, 15 May,” Jewish Chronicle, 23 May 2011.

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 17:03

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Kenneth Levin

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Kenneth Levin

 

“Un certain nombre de Juifs et d’Israéliens adoptent les critiques venant des cercles antisémites et des extrémistes anti-israéliens. Ils ont eu beaucoup de précurseurs au cours de la longue histoire de la Diaspora juive.

 

“Ce phénomène révèle de grandes similarités, au niveau de la psychologie humaine, avec les réponses des enfants victimes d’abus chroniques. Ces enfants ont tendance à s’accuser d’être la cause de leurs souffrances. Dans leur condition dénuée de tout recours, il leur reste deux alternatives : soit, ils parviennent à reconnaître qu’ils sont traités en victimes expiatoires de façon inique et pourront se réconcilier avec eux-mêmes, malgré le fait de se voir réduits à l’impuissance, soit il leur reste à s’accuser d’être à l’origine de leur situation difficile. L’attrait de cette dernière proposition – « Je souffre parce que je suis foncièrement mauvais » - provient du fait qu’elle comble le désir de reprendre du contrôle, et répond au fantasme qu’en devenant « bon », ils finiront par arracher des représailles moins violentes de la part de leurs tourmenteurs. Aussi bien les enfants que les adultes cherchent invariablement à éviter de rester sans le moindre espoir ».

 

Kenneth Levin est psychiatre, historien et auteur de plusieurs livres, parmi lesquels : The Oslo Syndrome: Delusions of a People under Siege. 1. [Le Syndrome d’Oslo : les Désilusions d’un peuple assiégé].  Il est formateur clinicien en psychiatrie à l’Institut Médical d’Harvard.

 

Dans le Syndrome d’Oslo, Levin explique l’attitude des Israéliens qui sont atteints de haine d’eux-mêmes : [Il y a] « une volonté de croire qu’Israël a le contrôle de circonstances particulièrement stressantes sur lesquelles, malheureusement, il n’y a pas de contrôle réel. Une paix authentique n’adviendra au Moyen-Orient que lorsque le monde arabe, qui est, de loin, le parti dominant dans cette région, finira par percevoir une telle paix comme étant dans son propre intérêt. Les politiques israéliennes ont, en fait, très peu d’impact sur les perceptions arabes, de ce point de vue, bien moins, en tout état de cause, que les dynamiques des politiques intérieures au sein des Etats Arabes et que les rivalités interarabes ».

 

Lévin ajoute, à présent : “ La vulgarisation de la haine contre Israël, qui est ventilée par les gouvernements arabes, les systèmes éducatifs, les media et les prédicateurs musulmans, est profondément ancrée dans l‘opinion arabe. Ce n’est pas un phénomène totalement isolé, mais il se coule dans un cadre bien plus vaste. Depuis les tous premiers jours de l’édification du monde arabo-musulman, il y a toujours eu une animosité très répandue contre les minorités aussi bien ethniques que religieuses, dans cette région. Ce serait une erreur d’attribuer, par exemple, la pression exercée contre les minorités chrétiennes, exclusivement comme le résultat de l’émergence du fondamentalisme musulman. L’hostilité arabo-musulmane populaire a, aussi, conduit à des pressions exercées contre des Musulmans non-Arabes, tels que les populations berbères d’Afrique du Nord.

 

“Alors que ces Juifs et Israéliens qui adoptent des argumentaires anti-juifs le font, habituellement, dans l’espoir de s’attirer les bonnes grâces des ennemis des Juifs, ils reconnaitront difficilement cette source de leur motivation. Ils prétendront plutôt, en règle générale, que leur position ne fait que refléter une position morale ou éthique bien supérieure.

 

“Par le passé et encore actuellement, les antisémites ont communément prétendu que les Juifs étaient exclusivement intéressés par leur propre bien-être. Cela a conduit de nombreux Juifs à concentrer leurs énergies sur des causes sociales plus larges, même lorsque la communauté juive souffrait d’une situation défavorisée unique en son genre. Les Juifs qui suivent ce processus, n’admettent habituellement, pas qu’ils le font pour éviter d’être accusés de chauvinisme ou d’esprit de clocher. Ils prétendront, plutôt, être habités d’un sentiment de justice transcendante et par des préoccupations profondes de vouloir répondre à des besoins universels.

 

“Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, particulièrement après que fut révélé le programme d’extermination nazi, vers la fin 1942, de nombreux dirigeants juifs américains ont cherché à provoquer une prise de conscience sur la situation tragique des Juifs d’Europe, afin de promouvoir des efforts pour les sauver. Pourtant, ils ont aussi limité leur campagne, par crainte de réveiller la colère du public contre une préoccupation juive centrée sur un problème juif, et ils ont souvent rationalisé cette façon de faire, comme si elle reflétait leur dévotion à une tâche plus hautement patriotique, visant à gagner la guerre. C’étaient, plus largement, des voix non-juives qui ont insisté sur le fait que le programme d’extermination nazi n’était pas seulement un crime contre les Juifs, mais bien un crime contre la civilisation et contre toute l’humanité, et qu’il devait, par conséquent, faire l’objet de la préoccupation de tout un chacun ».

 

Levin observe que : “Durant les soixante dernières années, la communauté juive américaine, dans l’ensemble, a énergiquement adopté une position de soutien à Israël. Cela a été rendu plus facile par le fait que le très large public américain éprouve, traditionnellement, de la sympathie envers l’Etat juif.

 

“D’un autre côté, Israël s’est trouvé exposé à de nombreuses critiques, dans certains media américains, sur beaucoup de Campus et au sein de courants dominants des églises libérales. Ces segments de la communauté juive qui vivent et travaillent dans des environnements hostiles à Israël, adoptent communément les poncifs anti-israéliens présents dans leur entourage. Et ils insistent souvent sur le fait qu’en se comportant de la sorte, ils font preuve de grande vertu.

 

“Les dynamiques psychologiques des communautés sous le coup de l’hostilité ambiante expliquent pourquoi, autant à l’extérieur qu’en Israël, le siège virtuel mis en place autour de l’Etat Juif continuera à mener des segments des communautés juives à soutenir leurs assiégeants et à exhorter à une réforme juive de l’intérieur, comme si c’était le plus court chemin pour obtenir un soulagement. Pourtant, la voie qu’ils préconisent n’est pas moins délirante que celle des enfants violentés qui s’accusent des abus qu’ils subissent. Tout autant que ces enfants, ils se destinent psychologiquement à une vie d’abnégation auto-imposée et de misère. Dans le cas des Juifs culpabilisant Israël pour la haine qui est dirigée contre lui, la misère qu’ils cultivent va bien au-delà d’eux-mêmes et, en définitive, elle sape l’existence même d’Israël ».


Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 



1 -1- Ken Levin, The Oslo Syndrome: Delusions of a People under Siege (Hanover, NH: Smith & Kraus, 2005).

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 08:35

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Les attaques contre les coutumes de la religion juive en Europe deviennent de plus en plus fréquentes. Le mois dernier [octobre], aux Pays-Bas, l’Association Royale pour le Progrès de la Médecine, l’organisation des médecins, a décrit la circoncision masculine comme « un rituel douloureux et préjudiciable » et appelé à une campagne publique contre cette pratique. L’Association n’a pas proposé une interdiction, par crainte que la pratique n'emprunte la voie de la clandestinité -1-.

 

Quelques semaines plus tôt, le médiateur norvégien responsable de la protection des enfants, a proposé de prohiber la circoncision masculine en-dessous de l’âge de 15 ou 16 ans -2- . Il est chargé de défendre les droits de l'enfant; en Norvège. C’était la première fois qu’une personnalité officielle proposait une telle prohibition. Les débats précédents se concentraient sur les problèmes inhérents à la santé et à l’hygiène. En avril, le Ministère de la Santé a proposé que la circoncision ne puisse se dérouler que sous la supervision d’un médecin ou d’une infirmière -3-. Cette proposition a été soumise au Parlement, mais n’a pas encore été débattue.

 

Au Danemark, le même sujet surgit, aussi, de temps en temps. Les Sociaux-Démocrates – qui sont récemment arrivés au pouvoir – aux côtés d’autres partis de l’aile gauche, se sont exprimés, par le passé, en faveur de la prohibition de la circoncision des garçons -4-. Le Grand Rabbin du Danemark, Bent Lexner, avait déclaré à l’époque : « Si la loi interdisant la circoncision passe un jour au Danemark, les Juifs devront quitter l’endroit dans lequel ils vivent depuis des centaines d’années -5- ».

 

Il existe une grande différence, à ce sujet, si on compare avec la situation aux Etats-Unis. Au cours des toutes dernières années, on a voté une loi, dans l’Etat de Californie, qui rend impossible que les gouvernements locaux bannissent la circoncision masculine. Elle a été proposée pour protéger « les droits parentaux et les libertés », à la suite de tentatives à San Franscisco et Santa Monica, pour obtenir un vote sur la prohibition de la circoncision -6-.

 

La circoncision n’est que l’un des rituels, parmi divers autres, qui font l’objet d’attaques. Le débat aux Pays-Bas, au cours de la première moitié de cette année, sur l’abattage des animaux sans qu’ils aient d’abord été assommés, a été intensif. Il a aussi généré de vives critiques de la Hollande, de la part d’organisations juives importantes présentes sur divers continents.

 

Une loi privée visant à prohiber l’abattage rituel sans étourdissement est passée à une écrasante majorité, en juin. à la Chambre Basse des Pays-Bas. Elle sera transférée pour approbation au Sénat, dans les mois à venir. En Suisse, en Norvège et en Suède, l’abattage rituel sans étourdissement est déjà interdit depuis plusieurs décennies ; le principal motif de ces interdictions était l’antisémitisme.

 

De temps en temps, il y a des attaques verbales contre les écoles religieuses aux Pays-Bas. Henri Markens, ancien président du CJO, l’organisation qui fédère l’ensemble de la communauté juive néerlandaise, a déclaré : « Je n’exclue pas la possibilité que, dans l’avenir, il y ait des tentatives politiques d’abolir les écoles religieuses, ou, au moins, de leur imposer des limitations majeures » -7- .

 

Au Royaume-Uni, en 2009, la Cour Suprême a décidé que l’Ecole Juive Libre de Londres avait rompu l’Acte des Relations dans les Concours, en refusant d’admettre un élève qui avait été converti au Judaïsme sous les auspices du mouvement libéral. Le nombre de candidats est plus important que le nombre de places disponibles et l’école a préféré accepter des Juifs halakhiques -8-.

 

En 2009, un référendum en Suisse a interdit la construction de minarets supplémentaires. Cela a conduit à une autre proposition pour la restriction des pratiques religieuses. Les tombes dans les cimetières ordinaires sont vides après un certain nombre d’années. Dans les cimetières juifs et musulmans, les tombes sont éternelles. Peu de temps après le référendum, Christophe Darbellay, le dirigeant du CVP, un parti centriste chrétien, a proposer une interdiction de nouveaux cimetières musulmans et juifs. A la suite de nombreuses protestations, y compris au sein de son propre parti, il a présenté ses excuses -9-.

 

Alors que ces attaques proviennent de sources diverses et que leurs argumentaires officiels sont variés, beaucoup ont dissimulé leurs motivations communes. Dans une Europe xénophobe, beaucoup perçoivent tout musulman de façon négative. Ceci s’est renforcé à cause des agressions et abus de certains musulmans concernant la circoncision et l’abattage rituel. Une autre raison importante est le développement d’une laïcité intolérante en Europe.

 

On peut douter que sans l’immigration massive des musulmans en Europe, on ait proposé ces interdits des rituels. Les Juifs sont rarement les premières cibles de ces attaques, bien que dans le débat néerlandais sur l’abattage rituel, des motifs antisémites aient émergé à la surface. Pourtant, comme l’Islam a copié beaucoup de coutumes juives avec quelques modifications, les Juifs deviennent les victimes par défaut de cette tendance générale. C’est une erreur de traiter tous ces dossiers comme de simples incidents alarmants. Ils sont plutôt les indicateurs que le statut inconfortable d’étranger attribué aux communautés juives – qui ont vécu en Europe depuis des siècles – revient au galop.

 

Dr. Manfred Gerstenfeld a publié  20 livres. Plusieurs d’entre eux traitent de l’antisémitisme et de l’anti-israélisme.  

Adaptation : Marc Brzustowski

-1-“Oproep artsen tegen jongensbesnijdenis,” Trouw., 14  September 2011.

-2-“Innfør aldersgrense på omskjæring av gutter,” Ombudsman for Children Homepage,  2 september 2011 [Norwegian].  www.barneombudet.no/omskjaringavgutter/

-3-”Foreslår lovregulering av rituell omskjæring,” Regjeringen, Helse – OG Omsorgsdepartementet, 26 April 2011 [Norwegian] http:/regjeringen.no/nb/dep/hod/aktuelt/nyheter/2011/foreslar-lovregulering-av-rituell-omskja.html?id=641198

-4- “Denmark: Proposal to ban child circumcision,” EuropeNews, 19 November 2008.

-5- Yigal Rom, “Child circumcision to be banned in Denmark?” ynetnews.com, 20 November 2008.

-6- Anthony York, “44 Bills Signed into Law by Brown,” Los AngelesTimes, 3 October 2011.

-7- Manfred Gerstenfeld, interview with Henri Markens, “Insights into the Situation of the Jews in the Netherlands,” Changing Jewish Communities 50, 15 November 2009.

-8- Leslie Wagner, “Yet another defect in UK law,” Jerusalem Post, 16 December 2009.

-9- ”Israelitischer Gemeindebund fordert von CVP weitere Schritte,” NZZ Online, 6 December 2009. [German]  

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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