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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 08:07

 

Herzberg (1) (Copier)

Anne Herzberg

 

Une interview avec Anne Herzberg (par Manfred Gerstenfeld)

 

 

“La Guerre Juridique” est une notion décrivant le mauvais usage ou l’exploitation de la loi, de cadres judiciaires ou quasi-judiciaires, dans le but d’atteindre des objectifs militaires qui ne peuvent être atteints à travers les moyens militaires conventionnels. Elle concerne les utilisations abusives du droit, dans le cadre des tactiques anti-américaines d’Al Qaeda et d’autres organisations terroristes.

 

“Les organisations terroristes et les militants (pro-)palestiniens emploient des méthodes similaires contre les responsables et les institutions israélien(ne)s. C’est l’une des voies par lesquelles ils tentent de délégitimer Israël et d’entraver sa capacité à lutter contre le terrorisme. Les ONG qui prétendent promouvoir les droits de l’homme, les aident, directement ou indirectement. A la suite de l’intensification de la campagne de terrorisme palestinien, en 2000, des ONG, comme Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International sont devenus les acteurs essentiels utilisant la guerre juridique à l’encontre d’Israël ».

 

Anne Herzberg est conseillère juridique d’NGO Monitor (l’Observatoire des ONG). Avant de faire son Aliyah en Israël, elle était chargée de contentieux à New York. NGO Monitor est la première organisation à avoir identifié et combattu les formes de guerre juridique contre Israël.

 

“Les cas de guerre juridique couvrent des domaines de la loi internationale, comprenant les lois relatives aux droits de l’homme, les lois relatives aux conflits armés, les lois concernant l’Etat de Droit, les frontières, la souveraineté et les lois définissant les traités. La guerre juridique contre Israël prend des formes diverses et variées. D’abord, elle implique la distorsion des lois internationales et l’usage de la rhétorique juridique, accusant Israël de « crimes de guerre », « de nettoyage ethnique », de « crimes contre l’humanité », de « punition collective », « d’Apartheid » et ainsi de suite.

 

Secundo, la guerre juridique fait référence au fait de coopter les Nations-Unies et d’autres cadres internationaux, comme le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU et les organismes signataires des traités sur les droits de l’homme pour diffuser sui generis des condamnations contre Israël. Elle implique aussi de faire pression en vue d’enquêtes quasi-judiciaires et de forger des missions d’enquêtes « de recherche des faits », comme la Commission Goldstone.

 

Tertio, la guerre juridique implique d’exploiter les tribunaux internationaux, comme la Cour Internationale de Justice et la Cour Pénale Internationale, tout comme de tirer parti des statuts de juridiction universelle, devant des tribunaux étrangers –principalement européens-  pour instruire des dossiers de « crimes de guerre » civils et criminels, contre des responsables israéliens, ou ceux qui font des affaires avec Israël.

 

“Ces trois méthodes mises ensemble, effacent l’histoire réelle et le contexte des attentats terroristes contre les civils israéliens. Elles impliquent souvent de fausses affirmations, sur le plan factuel et légal, et visent à créer une équivalence immorale entre les atrocités de masse à grande échelle et des opérations anti-terroristes.

 

“L’autorité palestinienne, les états arabes, les groupes terroristes, et des organisations non-gouvernementales exploitent ces cadres juridiques, afin de limiter les capacités de défense de Tsahal contre les attentats terroristes. Ils veulent contourner les négociations directes avec Israël, dans le but d’éviter aux Palestiniens d’avoir à faire les compromis difficiles, mais nécessaires, pour mettre fin au conflit arabo-israélien. Beaucoup de ceux pratiquant la guerre juridique contre Israël cherchent à éliminer l’autodétermination juive et Israël, en tant qu’Etat-Nation du peuple juif.

 

“Une part importante de la stratégie d’usage de la guerre juridique a été développée, lors de la Conférence contre le Racisme, en 2000, à Durban, en Afrique du Sud. Cette « stratégie de Durban » opère comme suit : les Palestiniens lancent des attentats terroristes de masse contre des civils israéliens, comme les vagues d'attentats-suicides, en mars 2002, ou les attaques à la roquette depuis Gaza. Alors que les attaques poursuivent leur escalade et qu’Israël emploie des mesures anti-terroristes de plus en plus intensives, afin d’empêcher ces attentats, les ONG commencent une guerre-éclair de relations publiques en diffusant des communiqués de presse et des rapports innombrables, sous un vernis de « recherche », condamnant Israël pour de prétendus « crimes de guerre » et d’autres supposées violations des lois internationales.

 

“Ces affirmations péremptoires sont, alors, reprises dans les medias, sans aucune vérification indépendante. En conjonction avec la Ligue Arabe, ces ONG font, ensuite, du lobbying auprès de divers organismes de l’ONU, afin de diffuser des condamnations, d’établir des commissions d’enquête « d’exploration des faits » et de mener des procès pour « crimes de guerre ». Ces groupes font aussi du lobbying auprès de l’Union Européenne et d’autres gouvernements, essentiellement les européens, afin d’imposer des sanctions contre Israël. Ils émettent aussi des poursuites cherchant à faire arrêter des officiels israéliens à l’étranger, ou pour voir imposer de graves pénalités criminelles et financières contre des corporations et sociétés accusées de contribuer à la puissance de l’armée israélienne.

  

“La guerre juridique n’est possible que grâce aux vastes sommes de financement, fournies, chaque année, par l’Union Européenne, les gouvernements européens, les congrégations d’Eglise, la Fondation de George Soros pour une Société Ouverte, et, à un moindre degré, par le New Israel Fund (Le Fond pour un Nouvel Israël). Dans un cas particulièrement incroyable, l’Union Européenne a offert 300 000 € à l’ONG hollandaise Oxfam Novib, pour mettre un terme à l’usage de la peine de mort dans l’Autorité Palestinienne.  

 

Au lieu de quoi, Oxfam Novib a transféré l’argent au Centre Palestinien pour les Droits de l’Homme (PCHR) qui l’a dépensé pour financer des conférences de stratégie de guerre juridique en Espagne, au Royaume-Uni et au Caire. Le PCHR a exploité ces évènements pour préparer des poursuites contre des responsables israéliens. L’ONG israélienne Adallah, a assisté à l’une de ces conférences et préparé une déclaration sous serment attaquant le système judiciaire israélien, qui a ensuite été soumise au tribunal par le PCHR, dans son dossier en Espagne.

 

“La conférence du PCHR au Caire a été retransmise par Al Jazeera, avec, en arrière-plan, une bannière mettant bien en évidence le logo de l’UE, en tant que financeur de la conférence. Lorsqu’une équipe d’évaluation indépendante a été embauchée par l’UE afin d’évaluer le projet, elle a été bien incapable de le faire, parce que toute la documentation substantielle concernant le financement, dans le dossier de l’UE, était portée manquante » -1- .


  

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 


 -1-Anne Herzberg, “NGO ‘Lawfare’: Exploitation of Courts in the Arab-Israeli Conflict,” NGO Monitor Monograph Series (2d ed. 2010) at pp. 20-22, http://www.ngo-monitor.org/data/images/File/lawfare-monograph.pdf

 

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 11:54

 

 

 

PWvdHorst 2008 kopie (Copier)

Pieter van der Horst

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Pieter van der Horst

 

 

“Le Nouveau Testament comporte certains passages antisémites. On ne les trouve que dans les derniers documents parus. Le principal exemple se situe dans l’Evangile de Jean. Il a été rédigé après que la scission entre Chrétiens et Juifs se soit produite. Les sentiments antijuifs imprègnent l’intégralité du livre et il contient les versets les plus antisémites du Nouveau Testament.

 

“Jean a complètement éloigné Jésus du people juif. Il le fait parler, à propos des Juifs, de leurs lois et de leurs fêtes comme si lui-même n’était plus (voire n’avait jamais été) l’un des leurs. Pire que tout, lors d’une dispute entre Jésus et des dirigeants juifs, Jean lui fait dire : « Vous avez le Diable pour père -1-». Dans la littérature chrétienne ultérieure, cette expression est souvent reprise ».

 

Le Professeur Pieter van der Horst a étudié la philologie classique, la littérature et la théologie. Il était Professeur d’études juives et d’autres sujets, à l’Université d’Utrecht.

 

“Cette remarque, courte, mais fatale, a eu des conséquences meurtrières, tout au long de ces deux millénaires. Elle a coûté la vie à des dizaines de milliers de Juifs, au cours de l’histoire ultérieure, particulièrement au Moyen-âge. Ce verset a été repris par les incitateurs chrétiens à la haine des Juifs et comme un permis de tuer des Juifs. Ces meurtriers pensaient : « Si Jésus a pu dire que les Juifs avait le Diable comme père, notre devoir est de les éradiquer autant que nous le pouvons ».

 

“Tous les érudits en matière de Nouveau Testament s’accordent sur le fait qu’il ne s’agit pas de la position de Jésus, mais bien de celle de Jean. Lorsqu’un groupe religieux rompt avec sa religion-mère, il doit créer sa propre identité sur des bases nouvelles. La sociologie des religions nous enseigne que, au cours de sa première phase, le nouveau groupe commence toujours par s’en prendre férocement à l’ancienne religion. La diabolisation la plus efficace consiste à traiter les Juifs « d’enfants du Diable » et à faire en sorte que ce soit Jésus en personne qu’il le dise. Malheureusement, cependant, l’Evangile de Jean est le livre le plus populaire de tout le Christianisme ».

 

“Les textes antijuifs, dans l’Evangile de Matthieu, s’intègrent dans un tableau qui n’est pas, en lui-même, antisémite. Il n’y a que dans le récit de cet Evangile sur la passion de Jésus qu’on trouve, effectivement, que Pilate, le gouverneur romain de Judée, dise : « Je ne perçois aucun mal en cet homme ». Pilate se lave alors les mains, en témoignage de sa volonté de ne rien avoir à faire avec l’exécution de Jésus. Le texte fait dire à la femme de Pilate : « J’ai eu un rêve à propos de cet homme. Ne lui faisons aucun mal, car il est totalement innocent -2- ». Tout ce que nous apprenons par d’autres sources nous démontre que Pilate était un être tout-à-fait sans scrupule et impitoyable. La simple idée qu’il aurait voulu sauver une personne de la peine capitale parce qu’il le pensait innocent ne repose sur aucun fait historique, et en devient presque ridicule.

 

 

“Le texte de Matthieu doit être interprété dans le contexte de son époque, aux environs des années 80 du premier siècle [de l’ère ordinaire]. Au milieu des années 60 de l’ère ordinaire, sous l’Empereur Néron, ont débuté les premières persécutions des Chrétiens, suivies, un peu plus tard, par d’autres persécutions mineures sur un plan local. Ce qui a déclenché la peur parmi les Chrétiens.

 

“Pour des raisons politiques, Matthieu était désireux que ses écrits puissant donner au Romains l’impression que les Chrétiens ne représentaient pas un danger pour eux. Si Pilate, un magistrat romain hautement respecté, dit, à propos de Jésus : « Cet homme est totalement innocent », cela implique que les Romains n’ont rien à craindre du Christianisme. En retour, cela conduit au soi-disant récit des Juifs hurlant : « Que son sang retombent sur nos têtes ! » - ce qui signifie : « C’est nous qui prenons l’entière responsabilité de sa mort ». Faire porter la responsabilité de la mort de Jésus sur le peuple juif est en total désaccord avec ce  que dit Matthieu dans les parties précédentes de son Evangile, sur le fait que Jésus bénéficiait d’une immense popularité auprès des masses, ce qui veut dire, avec la majorité du peuple juif ordinaire.

 

“Il a, aussi, un cas isolé d’accès d’antijudaïsme irrépressible, de la part de l’apôtre Paul. Dans l’une de ses lettres aux Thessaloniciens, la communauté chrétienne de la ville grecque de Thessalonique, il mentionne que les Juifs s’opposent fermement à son prêche. Paul entre, alors, en furie et affirme : « Ces Juifs ont tué Jésus et les Prophètes et c’est pour cette raison qu’ils déplaisent à D.ieu et sont les ennemis du genre humain »-3- .

 

“C’est le seul texte du Nouveau Testament qui déclare que les Juifs sont l’ennemi du reste de l’humanité. Cette motivation découle du paganisme antisémite pré- Chrétien, où elle apparaît à de nombreuses reprises. Il se situe à l’opposé exact de ce que dit Paul à longueur de pages, au sujet du peuple juif, dans son épître aux Romains. Tout au long de trois chapitres -9, 10 et 11 – Paul dépeint une image de loin, bien plus positive du peuple juif. Il n’y est fait aucune mention du fait qu’ils seraient « l’ennemi de l’humanité » ; pas plus qu’on en trouve trace dans aucune des autres lettre de Paul.

                                              

“Dans sa dernière lettre aux Romains, Paul affirmait : « Nous autres, Chrétiens, devrions réaliser que le peuple juif est l’olivier et que nous ne sommes que greffés à cet olivier -4- ». Son cas unique de colère antijuive semble être celui de quelqu’un qui ne contrôlait pas toujours ses émotions. « Ce n’est seulement que dans les siècles postérieurs que le Christianisme s’est mis réellement à attaquer la religion juive avec autant de férocité qu’il le pouvait, y compris au moyen de la Diabolisation ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

-1- Jean 8:44.

-2- Matthieu 27:15-26.

-3- 1 Thessaloniciens 2:14-16.

 -4-  Romains 11:24.

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 10:31

 

 

 

 

 

 Fritt-Palestina-Boikott-Israel 2012 (Copier)

Par Manfred Gerstenfeld

 

La célébration annuelle du 1er Mai, en Norvège, n’a pas uniquement trait à la Journée Internationale des Travailleurs. Pour les syndicats norvégiens, on pourrait appeler le rôle secondaire qu’on lui fait jouer : La Journée de la Haine d’Israël. Le principal coordinateur des évènements est l’organisation fédératrice des unions syndicales des travailleurs norvégiens, LO.  Avant chaque recueil de textes et de sujets importants, il fait l’objet d’un accord local. Il apparaît, habituellement, ensuite, sur des banderoles ou des pancartes. La plupart met en exergue des problèmes intérieurs à la Norvège. Concernant les problèmes extérieurs, les plus prédominants se concentrent sur la haine d’Israël.

 

Le Premier Ministre Jens Stoltenberg s’est exprimé, lors de la principale célébration du 1er Mai, à Oslo. Immédiatement avant lui, la parole était donnée à l’invitée Salma Abudahi, de l’Union des Comités des Travailleurs de l’Agriculture (UAWC) de Gaza. Elle a parlé des roquettes comme d’un « symbole de la résistance » et déclaré que les peuples occupés ont le droit de se défendre. Abudahi a ajouté : « Il est important de comprendre les proportions, les Israéliens tuent tout le temps ceux que nous aimons -1- ». Lors de ce rassemblement, la seule banderole faisant référence à un pays quelconque, affichait : « Soutenez l’Etat de Palestine– Boycottez Israël ! -2- »

 

A Bergen, la seconde grande ville de Norvège, les pancartes de la manifestation comprenaient les slogans : « L’Etat d’Israël = Apartheid », « Abrogeons le Blocus de Gaza – Boycottons Israël ! » et « La Syrie saigne –L’ONU doit assurer la paix ». Dans la troisième ville la plus importante, Trondheim, une banderole proclame : « Boycottez Israël – Rompez les relations avec la Histadrut ! ». Des photos de jeunes enfants portant ces affiches de la haine, ont été diffusées sur Internet. Dans la quatrième grande ville de Norvège, à Stavanger, une bannière de manifestation affirme : « Libérez la Palestine ! –Les larmes font tomber les murs- Boycottons Israël ! ». Il n’y a vraiment qu’à Kristiansand, la cinquième ville par ordre d’importance, située dans la « ceinture de la Bible », au Sud, qu’on n’a pas vu de textes anti-israéliens.


 Kids with posters Trondheim 2013 (1) (Copier)

 

A Oslo, en face du Parlement, il y a aussi eu une manifestation en faveur d’Israël. Elle était organisée par la filiale norvégienne de l’Ambassade Chrétienne Internationale en Israël. Des hommes politiques du Parti du Progrès et du Parti du Peuple Chrétien s’y sont exprimés. Ces deux partis sont dans l’opposition. Des affiches proclamaient : « OUI à Israël, Liberté et Démocratie » et « Non au Boycott ! ». Plusieurs centaines de personnes y participaient.

 

La propagande haineuse des syndicats contre Israël remonte à bien des années. Dans son discours du 1er Mai 2002, la dirigeante syndicaliste d’alors, Gerd Liv Valla avait déjà plaidé pour un boycott des produits israéliens « aussi longtemps que le conflit se poursuivra -3- ».

 

La plus importante filière de LO est l’Union des Employés Municipaux et Génér           aux avec plus de 30.000 membres. Lors d’un meeting majeur, en 2011, les spectateurs, pour entrer, devaient franchir des barbelés, des points de contrôle, et être confrontés à des « soldats ». Le but de l’opération était de leur faire toucher du doigt ce que « les Palestiniens doivent traverser quotidiennement -4- ».

 

L’an dernier, Stoltenberg s’est exprimé, le 1er Mai à Bergen. Israël était l’unique pays étranger a être férocement attaqué par les participants qui s’y trouvaient.  Stoltenberg n’a, absolument, pas réagi à cela, durant son allocution. Distinguant Israël d’une manière qui n’est employée pour aucun autre – selon la définition opératoire de l’antisémitisme de l’Union Européenne- représente un acte antisémite-5-. Lorsque l’Ambassade norvégienne à Tel Aviv m’a demandé pourquoi j’avais publié, dans un article, que Stoltenberg était un antisémite à temps partiel, j’ai donné cet exemple parmi plusieurs autres dans les notes de bas de page de ma réponse-6-.

 

 

 

En Norvège, on relève une incitation régulière contre Israël, de la part de ministres de gouvernement, de syndicats, de médias, d’ONG, d’universitaires et ainsi de suite. En 2012, une étude financée par le gouvernement et menée par le Centre d’Oslo pour la Mémoire de la Shoah, a démontré que 38% des Norvégiens sont d’accord avec la proposition : « Israël se comporte envers les Palestiniens comme les Nazis se sont comporté envers les Juifs ».  De cela, on peut conclure qu’environ un million et demi de Norvégiens adultes pensent qu’Israël représente « le Mal absolu -7-[7]».

 

 

Les chercheurs qui ont constitué ce rapport ont bien publié ces données brutes, mais “semblent avoir oublié de mentionner” que désigner Israël comme un Etat nazi est une forme d’antisémitisme. En n’intégrant pas ceci dans les statistiques sur l’antisémitisme, ils ont forgé l’idée fausse selon laquelle le taux d’antisémitisme en Norvège serait faible. Cette « omission » est employée par le gouvernement norvégien pour faire la promotion de la même croyance inexacte.

 

Depuis des siècles, l’Eglise Catholique a propagé le mensonge à travers le monde, selon lequel les Juifs auraient commis un Déicide, ce qui constituait le mal absolu, selon leur propre vision du monde. Les Nazis ont explicitement désigné les Juifs comme des « sous-hommes », ce qui représentait le symbole du mal absolu, à leur époque.

 

Les incitateurs “progressistes” à la haine contre Israël, en Norvège, ont atteint le même but, consistant à projeter la vision selon laquelle Israël est l’actuel « mal absolu », d’une manière, cette fois, différente. Ils emploient la méthode de la « mort à petit feu », en diffusant largement de mauvaises nouvelles presque quotidiennes, à propos d’Israël. Cela s’accompagne de différentes sortes d’actes. L’un des derniers en date concerne l’attribution, par le Roi Harald V, des plus hautes distinctions en Norvège, à deux partisans du Hamas, les médecins Mads Gilbert et Erik Fosse-8-. Singulièrement, aucun de ces manquements  à l’éthique élémentaire n’a provoqué plus d’embarras, pourtant tous mène, d’une façon ou d’une autre, à la diabolisation d’Israël.

 

Ces procédés sont accompagnés par une deuxième façon de manipuler l’opinion –l’omission de nouvelles plus positives concernant Israël. Cette méthode se conjugue alors avec l’abandon d’informations souvent extrêmement négatives, à propos des Palestiniens et d’autres arabo-musulmans. Derrière ces « oublis » se cache ce qu’on peut décrire au mieux comme un « racisme humanitaire ». Cela signifie que, par exemple, les personnes de couleurs ou considérées comme des personnes faibles ne soient pas tenues pour responsables  de leurs actes criminels. Cependant, la responsabilité est une des composantes essentielles de la différence entre l’homme et l’animal. La conclusion logique est qu’il existe de nombreux racistes de ce type parmi les Norvégiens qui s’auto-proclament comme faisant partie du « camp anti-raciste ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans . Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.


Adaptation : Marc Brzustowski

 

 

-3-“LO-lederen vil ha fredsstyrker til Midtøsten,” Aftenposten, 1 May 2002. [Norwegian]

-5-fra.europa.eu/fraWebsite/material/.../AS-WorkingDefinition-draft.pdf

-6-See also Manfred Gerstenfeld, ”Mer antisemittismein Norge,” Dagen 16 July 2012.

-7-Antisemittisme i Norge? Den norske befolkningens holdninger til jøder og andre minoriteter, HL-senteret, 20 May 2012, http://www.hlsenteret.no/publikasjoner/antisemittisme-i-norge

-8-«Tildeling av ordener og medaljer,» Det Norske Kongehus, http://www.kongehuset.no/tildelinger.html?tid=28028&sek=27995&q=&type=27118&aarstall= [12 May .2013]

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 15:09

 

 

M.Gerstenfeld (Copier)

Par Manfred Gerstenfeld

 

Journal for the Study of Anti-Semitism Volume 4, Issue 2, 2012.

 

http://www.jsantisemitism.org/pdf/jsa_4-2.pdf

 

Depuis des siècles, l’emploi de normes différentes, à propos des Juifs, dès qu’on les comparait aux autres, a toujours été un facteur central, au cœur des activités et de l’incitation antisémites. Cela s’est révélé de manière extrême, quand les Juifs ont été confinés dans certains quartiers d’une ville pour y vivre, empêchés de porter les vêtements qu’ils souhaitaient mettre, et n’ayant pas le droit de travailler dans la plupart des professions courantes. Cela signifiait que ces normes duales [double-standards] à leur encontre imprégnaient les aspects essentiels de leur vie. Cette discrimination contre les Juifs s’accompagnait, fréquemment, de leur diabolisation.

 

Le dictionnaire en ligne de Cambridge définit, succinctement, un « double-standard », comme : « Une règle ou norme de bon comportement que, de façon inique, certaines personnes sont censées suivre ou réaliser, alors que d’autres en sont exemptées-1- ».

 

La définition de l'antisémitisme, adoptée par l'Agence Européenne pour les Droits Fondamentaux (FRA, anciennement EUCM) - un organisme associé à l'Union Européenne - reconnaît le rôle important joué par les double-standards dans la discrimination contre Israël et leur caractère antisémite. Le document qui contient cette définition mentionne que les manifestations d'antisémitisme « peuvent aussi prendre pour cible l'Etat d'Israël, conçu en tant que collectivité juive ».

 

Elle réfère, non seulement, à des situations, telles qu’appeler (au) ou justifier le meurtre des Juifs, mais aussi à les déshumaniser et les diaboliser, les accuser de malfaisances imaginaires, nier la Shoah et accuser les Juifs d’être semblables aux Nazis. La définition comprend, aussi, le fait de dénier aux Juifs le droit à l’autodétermination et d’appliquer des double-standards, en requérant d’Israël un comportement qu’on ne s’attendrait pas à exiger d’aucun autre pays démocratique -2- ». Cette définition fait, ainsi, une nette distinction entre la critique « admissible » d’Israël et les expressions antisémites contre cet Etat.

 

Les Catégories de Double Standards

 

Le nombre d’instances où sont appliqués des double-standards à l’encontre d’Israël est quasiment illimité. Si on veut démontrer comment opèrent les divers aspects de ce phénomène, le mieux est de se concentrer en citant des exemples de catégories variées de doubles standards usités contre Israël, lorsqu’on le compare à d’autres pays.

 

Une catégorie de double-standards appliqués contre Israël est constituée par les déclarations ou reportages déformés. De telles déclarations ou reportages peuvent provenir des Nations-Unies ou d’autres organisations internationales, gouvernements, parlements, dirigeants d’Eglises, médias, syndicats, ONG, organes universitaires, autant que de personnalités diverses et variées.

 

Un cas d’école des déclarations outrancières concerne les condamnations émanant de nombreux pays, à la suite de l’élimination, par Israël, du dirigeant du Hamas, Cheikh Ahmed Yassin, en 2004. La débauche de réactions internationales à l’annonce de l’élimination de Ben Laden, par l’armée américaine, aurait pu fournir à Israël une occasion unique de faire la démonstration de ces normes à géométrie variable, appliquées à son encontre, par tant de pays du monde occidental et au-delà. Tout ce que nous avons à faire consiste à comparer, simplement, les réactions de divers dirigeants importants et d’institutions, après cet assassinat ciblé, avec celles qui ont eu cours à la mort de Cheikh Yassin. Ce dirigeant terroriste était directement responsable d’un grand nombre d’attentats meurtriers contre des civils israéliens, y compris de la planification d’attentats-suicide -3-.

 

Les déclarations publiques des Nations-Unies, pour chacun de ces cas, illustrent bien le partis-pris. Le Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a confié aux journalistes, que : « La mort d’Osama Ben Laden, annoncée par le Président [Barack] Obama, la nuit dernière, représente un moment-charnière dans notre lutte commune contre le terrorisme-4- ». Après l’élimination du Cheikh Yassin, le Secrétaire Général de l’ONU d’alors, Koffi Annan, avait affirmé : « Je condamne fermement l’assassinat ciblé du Cheikh Yassin et des autres, qui sont morts avec lui. De telles actions ne sont, pas seulement, contraires au droit international, mais elles ne contribuent pas à la recherche d’une solution pacifique [du conflit] -5-».

 

Après le meurtre de Ben Laden, les dirigeants du Conseil de l’Europe et de la Commission Européenne ont déclaré que la mort de Ben Laden : « a fait du monde un endroit plus sûr et a montré que les attentats terroristes ne restent pas impunis -6- ». A la suite de l’élimination de Yassin, Javier Solana, le chef de la diplomatie de l’E.U, à l’époque, a affirmé : « Ce type d’actions ne contribue pas du tout à créer les conditions favroables à la paix. C’est une très très mauvaise nouvelle pour le processus de paix. La politique de l’Union Européenne est constante dans sa condamnation des assassinats extrajudiciaires -7-».

 

 

2) Omissions

Un second genre de double-standards consiste à omettre des informations pertinentes. Supprimer toute mention du contexte est une façon d’oublier un fait saillant. Thomas Friedman, du New York Times, a publié – plusieurs années plus tard- un article rappelant que les correspondants stationnés à Beyrouth, avant 1982, n’osaient même pas faire la moindre allusion à la corruption bien connue des cercles dirigeants de l’OLP qui s’y trouvaient. Il notait, également, que ces mêmes correspondants offraient un jugement bien plus complaisant à l’égard de l’OLP qu’ils n’en émettaient, à propos des Phalangistes, des Israéliens ou des Américains-8-. La raison essentielle était qu’ils devaient rester en bons termes avec l’OLP, parce que, sinon, lorsque leur rédacteur en chef à l’étranger arrivait, il n’aurait pas pu obtenir une interview tant convoitée, avec Yasser Arafat-9-.  

 

3) Attitude Disproportionnée

 Une troisième catégorie de double-standards implique un comportement disproportionné. On en a une foule d’exemples, chaque fois que les médias rapportent en détail des nouvelles négatives d’Israël et qu’ils mentionnent à peine des informations négatives, de loin, plus cruciales, à propos des états musulmans.

 L’observatoire des ONG (NGO Monitor) a démontré de quelle façon les publications d’Human Rights Watch adoptent une attitude disproportionnée pour diaboliser Israël. En 2008, cet organisme a mené une analyse quantitative des publications d’HRW. NGO Monitor a relevé que cette ONG décrivait Israël comme le second violateur des droits de l’homme au Moyen-Orient, après l’Arabie Saoudite, mais devant l’Iran, la Syrie, la Jordanie et l’Egypte.

 

Cette même année, HRW a condamné Israël 33 fois pour des violations des lois relatives aux « droits de l’homme » ou des lois humanitaires internationales, comparées à 13 citations concernant les Palestiniens, 6 pour le Hezbollah et 5 pour l’Egypte. NGO Monitor a souligné qu’HRW, cette année-là, a mis Israël sur le même plan que le Soudan et des dirigeants de l’ancienne Yougoslavie, du Congo et de l’Ouganda » -10-.

 

 

4) Ingérence dans les affaires internes d’Israël

 

L’ingérence dans les affaires internes d’Israël constitue un quatrième type d’emploi de double-standards. Une résolution adoptée à l’unanimité par le Parlement allemand, après l’incident de la flottille pour Gaza, en 2010,  donne un bon exemple de ce procédé. Elle prétendait que l’action d’Israël « ne servait pas les intérêts politiques et sécuritaires d’Israël ».

 

Le député social-démocrate allemand, Gerd Weisskirchen se demandait alors, comment et de quel droit le Parlement Allemand pouvait s’octroier la possibilité de décider ce qui sert ou non les intérêts de la sécurité d’Israël. Et pour autant qu’il soit en mesure de le faire, -ce dont on peut douter- comment pourrait-il prendre une telle décision, sans entamer un dialogue intense avec ses homologues de la Knesset israélienne -11- ?

 

5) Les actes ouvertement discriminatoires

 

Les actes discriminatoires envers Israël forment une cinquième catégorie de double-standards. Ils peuvent, par exemple, chevaucher la catégorie précédemment mentionnée des déclarations abusives. Il y a déjà une décennie, Irwin Cotler, qui est devenu, plus tard, Ministre de la Justice Canadienne, a fait référence aux Nations-Unies comme à un parangon des double-standards pratiqués à l’encontre d’Israël. Il affirmait que : « Malgré l’existence patente de champs de massacre à travers le monde entier, le Conseil de Sécurité de l’ONU a siégé, de mars à mai 2002, pour des sessions presque interrompues, pour palabrer, jour après jour, d’un massacre inexistant à Jénine -12- ».

 

On dispose encore d’une autre illustration de ce phénomène, lorsque le quotidien britannique The Independent a publié un dessin de Dave Brown, décrivant Sharon comme un dévoreur d’enfants, ce qui correspond à une nouvelle mutation de l’accusation médiévale de meurtre rituel. La diffamation envers les Juifs, prétendant qu’ils utilisent le sang d’enfants non-juifs dans un but religieux trouve, d’ailleurs, son origine en Angleterre au Moyen-âge. En réponse aux protestations soulevées par cette caricature, la Commission des Plaintes de la Presse du Royaume-Uni a, purement et simplement, blanchi le dessin -13- de toute intention malveillante.  Par la suite, c’est celui –là qui a remporté le prix du meilleur Dessin Politique de l’Année, attribué par la Société des Dessinateurs Politiques, en 2003.

 

L’Ambassadeur  israélien en Grande-Bretagne, à l’époque, Zvi Shtauber, a souligné le caractère discriminatoire de cette caricature. Il a demandé au rédacteur en chef, d’origine juive, Simon Kelner, si son journal avait, auparavant, publié une caricature identique d’une autre personnalité publique. Kelner a dû remonter dix-huit ans en arrière pour en retrouver une -14-.

 

La promotion des désinvestissements et boycotts correspond à une autre sorte d’actes discriminatoires, qui expriment les double-standards contre Israël. Un exemple parmi tant d’autres nous est apporté par les fonds de pension de l’état norvégien, qui a désinvesti ses participations dans des sociétés israéliennes, tout en conservant ses parts dans de nombreuses autres entreprises, ayant des pratiques contraires à l’éthique, mais bien présentes dans son portefeuille d’actions -15-.

 

6) Double Standards dans l’application des lois internationales


Une sixième catégorie concerne les double-standards prévalant dans l’application des lois internationales. L’avocat international Meir Rosenne, ancien ambassadeur d’Israël aux Nations-Unies et en France, a même exprimé une opinion encore plus drastique : « Il existe deux types de lois internationales. Celles qu’on applique à Israël, et les autres dont relèvent tous les autres états. Cela se voit comme un nez au milieu de la figure, quand on observe la façon dont Israël est traité au sein des institutions internationales ».

Rosenne mentionne comme un exemple flagrant de double-standards en matière de lois internationale, la résolution arrêtée par la Cour Internationale de Justice, en 2004, au sujet de la barrière de sécurité israélienne. « Dans son jugement, la Cour à la Haye a décidé que le droit inhérent à l’auto-défense ne s’applique, seulement, que lorsqu’on est confronté à l’agression d’un autre état. Si c’était vrai, cela signifierait que, quoi qu’entreprennent les Etats-Unis contre Al Qaeda est parfaitement illégal. Cela ne peut pas être considéré comme de l’auto-défense, sous couvert de l’article 51 de la Charte des Nations-Unies, puisqu’Al Qaeda n’est pas un Etat » -16-.

 

7) Racisme Humanitaire            

On peut appeler « racisme humanitaire » une septième catégorie de double-standards. C’est une des formes de racisme la moins reconnue. Elle peut se définir comme le fait d’attribuer intrinsèquement une responsabilité moindre, pour leurs actes et intentions criminelles, à des gens émanant de certains groupes ethniques ou nationaux. Les mauvaises conduites et les crimes de ces personnes sont jugés différemment, selon la couleur et le pouvoir de ceux qui les commettent. Les Blancs sont tenus à des normes de responsabilité différentes que ne le sont les gens de couleur, par exemple -17-
. Les Israéliens sont accusés, quelques soient les mesures qu’ils prennent pour se défendre.

 

Le racisme humanitaire peut apparaître conjugué avec la diabolisation. En 1984, le Vice-Ministre suédois des Affaires étrangères, le social-démocrate Pierre Schori s'est rendu en visite en Israël. A l'époque, il ne tarissait pas d’éloges pour Arafat et la "flexibilité de sa politique ". Dans un article, il a prétendu que « les actes terroristes de l'OLP étaient "insignifiants », comparés aux actions de représailles d'Israël, qui étaient des « actes de terrorisme méprisables -18- ».

 

 

Comment lutter contre les double-standards?  

 

La lutte contre les double-standards est un problème crucial pour le combat contre la délégitimation d’Israël. Dans une société postmoderne fragmentée, il existe de nombreux incitateurs à la haine contre Israël de cet acabit. Un certain nombre emploie plus qu’une seule de ces catégories de double-standards.

Plusieurs personnalités et organisations qui appliquent des double-standards envers Israël le font à haute fréquence. On peut suivre la trace de leurs déclarations et de leurs actes sur Internet. On n’a que l’embarras du choix pour observer à la loupe et révéler les tirades abusives d’une poignée de tels antisémites. La plupart des gens sont des lâches. Dès qu’il deviendra clair que certains paieront cher leur antisémitisme, beaucoup d’ennemis déclarés d’Israël commenceront à faire un peu plus attention.

Des organisations, telles que des observatoires, qui suivent ces individus responsables d’antisionisme et d’antisémitisme, dans des domaines d’intervention spécifiques,  peuvent jouer un rôle plus déterminant dans la lutte contre les double-standards.  Puisqu’elles connaissent bien leurs principaux auteurs, dans ces domaines particuliers, elles sont en mesure de publier des articles à propos de leur usage des normes à deux vitesses, tout en faisant, également, référence à d’autres précédents. De cette façon, on crée un tableau plus complet de ces mauvaises conduites d’organisations et de personnalités spécifiques.

 

NGO Monitor, qui observe les organisations non-gouvernementales, l’a déjà fait, dans un grand nombre d’occasions. Il a fréquemment suivi une stratégie consistant à « désigner et pointer du doigt ». En ce qui concerne les Nations-Unies, par exemple, l’essentiel du travail est réalisé par deux observatoires, UN Watch et Un Œil sur l’ONU [Eye on the UN]. De façon identique, on pourrait et devrait enquêter sur une grande palette d’organismes ecclésiastiques. Cela dit, il n’existe, actuellement, aucune organisation composée d’un observatoire, dans ce domaine. 

 

Un exemple typique d’une autre cible d’attention, qui en vaut vraiment la peine, concerne de vastes parties de l’élite culturelle norvégienne, y compris l’actuel gouvernement norvégien et deux des partis qui le soutiennent : le Parti Travailliste et la gauche socialiste. Ce gouvernement est, de bien des façons, un partisan indirect du terrorisme anti-israélien -19-.

 

Il existe encore une autre voie à suivre pour lutter contre les double-standards, à savoir les personnalités publiques qui s’expriment contre les double-standards et d’autres phénomènes de délégitimation. L’exemple  d’un dirigeant disposant du courage suffisant pour le faire, nous est donné par Stephen Harper, qui déclarait, en 2010 :

 

“Nous devons être implacables dans la stigmatisation de ce nouvel antisémitisme et le montrer pour ce qu’il est. Bien sûr, comme tout autre pays, Israël peut faire l’objet d’une critique équitable. Et comme tout pays libre, Israël se soumet, de lui-même à une telle critique de bon aloi, saine et nécessaire au débat démocratique. Mais, quand Israël, l’unique pays au monde dont l’existence même fait directement l’objet d’attaques – est, constamment et visiblement, désigné pour se voir condamner, je pense que nous sommes moralement obligés de prendre position. Diabolisation, double-standards, délégitimation, ces dimensions en 3 D, il est de notre responsabilité à tous, de nous élever contre ce systématisme -20-».

 

On peut aussi employer les moyens légaux disponibles, dans certains cas, où ces normes à deux vitesses s’expriment par la discrimination de certaines personnes, à titre individuel.  On devrait viser à en augmenter l’intensité et une approche plus systématique dans la lutte contre les double-standards anti-israéliens. Cela entraînera aussi, des méthodes plus sophistiquées et efficaces de lutte, à l’avenir.

 

Conclusion

 

Une analyse des normes duales ou double-standards utilisés à l’encontre d’Israël démontre qu’ils apparaissent dans un grand nombre de domaines et qu’ils ont imprégné de nombreux aspects de la société occidentale. L’application de double- standards de cette sorte contre Israël a un effet cumulatif de diabolisation et d’augmentation lente et continue de soutien à sa délégitimation.

 

C’est pointer une défaillance essentielle, que de constater que les gouvernements israéliens successifs et leurs représentants de premier ordre n’aient que si peu compris la nature exacte de ce processus de diabolisation et de délégitimation et de quelle façon, les double-standards en sont constitutifs. En même temps, le fait de suivre l’évolution d’un tel processus apporte de nombreux indices de la dégradation morale des sociétés contemporaines, y compris et principalement en Occident. Les Juifs ont été les témoins de la dépravation morale de beaucoup de sociétés et de son jalonnement, à travers les âges. C’est la même chose qui est encore à l’œuvre, à l’heure qu’il est, en ce qui concerne Israël.  

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski

 

-1-Cambridge Dictionaries Online http://dictionary.cambridge.org/dictionary/british/double-standard

-2-fra.europa.eu/fraWebsite/material/.../AS-WorkingDefinition-draft.pdf

-3-For a more detailed analysis, see: Manfred Gerstenfeld, “Bin Laden versus Yassin,” Ynet, 5 March, 2011.

-4-“U.N. chief Ban hails bin Laden death as ‘watershed’," Reuters, 2 May 2011.

-5-“World leaders condemn Yassin assassination,” The Sunday Times, 22 March 2004.

-6-Lisa Bryant, “Europe Welcomes bin Laden's Death,” Voice of America, 2 May 2011.

 -7-“World leaders condemn Yassin assassination,” The Sunday Times, 22 March 2004.

-8-Thomas L. Friedman, From Beirut to Jerusalem (New York: Anchor Books, Doubleday, 1990), 72-73.

-9-Ibid.

-10-“Examining Human Rights Watch in 2008; Double Standards and Post-Colonial Ideology,” NGO Monitor, 13 January 2009.

-11-Gert Weisskirchen, “Anmassende Abgeordnete,” Jüedische Allgemeine, 8 July 2010.[German].

-12-Manfred Gerstenfeld, Interview with Irwin Cotler, “Discrimination Against Israel in the International Arena: Undermining the Cause of Human Rights at the United Nations,” in Europe’s Crumbling Myths: The Post-Holocaust Origins of Today’s Anti-Semitism, (Jerusalem: Jerusalem Center for Public Affairs, Yad Vashem, World Jewish Congress, 2003), 220.

-13-www.politicalcartoon.co.uk/html/exhibition.html.

-14-Manfred Gerstenfeld, interview with Zvi Shtauber, “British Attitudes on Israel and the Jews,” in Israel and Europe: An Expanding Abyss? 188. 

-15-“Israel: Billionaire with settlement links targeted in divestment campaign,” www.adnkronos.com/AKI/English/Security/?id=3.0.3758448930

-16-Personal communication Meir Rosenne in Manfred Gerstenfeld , “European Politics – Double Standards Toward Israel,” Jewish Political Studies Review, 17:3-4, Fall 2005.

-17-Manfred Gerstenfeld, Behind the Humanitarian Mask, (Jerusalem: Jerusalem Center for Public Affairs and Friends of Simon Wiesenthal Center for Holocaust Studies,) 2008, 22-23.

-18-Moshe Yegar, Neutral Policy—Theory versus Practice: Swedish-Israeli Relations (Jerusalem: Israel Council on Foreign Relations, 1993), 126-128.

-19-Manfred Gerstenfeld, “Is Norway promoting terror,?” Ynet, 2 August 2011.

-20-Statement by Canadian Prime Minister Stephen Harper at Ottawa Conference on Combating Anti-Semitism, November 2010. AFP and Ynetnews. 9 November 2010. Retrieved from www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3981757,00.html

 

 

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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 14:04

 

 

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l'objet du "délit"

Manfred Gerstenfeld interviewe Chaim Shmuel Nisan

 

“En 2008, j’étudiais l’hébreu à Amsterdam. Pour gagner ma vie, je travaillais dans un supermarché près de Dam, le principal square de la ville. Le magasin faisait partie de la vaste chaîne Albert Heijn, un grand patron, très humain. J’étais garçon de rayon, affecté au département des légumes. Je portais alors une kippa, mais pas des vêtements ultra-orthodoxes typiques, comme j’en ai porté plus tard. Quand je repense aux Pays-Bas, je me rappelle qu’il y avait beaucoup d’insultes verbales et même, parfois, des menaces de mort. Cela dit, je n’ai jamais été physiquement blessé ». 

 

 

Chaïm Shmuel Nisan, qui a hébraïsé son nom d’origine, vit, à présent, à Jérusalem. Il a grandi dans une ville près de Rotterdam. En 2008, il a décidé d’en savoir plus, à propos du Judaïsme et, par la suite, de se convertir. Nisan a passé les mois d’été de cette année-là, en Israël. Lorsqu’il est retourné aux Pays-Bas, il a commencé à porter la kippa à la maison, à l’université et dans la rue.

 

“Au supermarché, la plupart des incidents antisémites étaient provoqués par nos patrons marocains. Ils faisaient des remarques insultantes ou me traitaient de divers noms d’oiseaux. Parfois, ils se livraient à des intimidations physiques. Ils lançaient des cris et diverses malédictions, telles que « Cancer de Juif » et « Hamas, Hamas, les Juifs aux chambres à gaz ». Certains Marocains me faisaient le salut hitlérien. D’autres préféraient ne rien dire, mais me tournaient autour, jusqu’à l’exaspération. En moyenne, il y avait deux ou trois incidents du genre par semaine. Durant les moins d’un an où j’ai travaillé au magasin, ces incidents ont bien dû se produire au moins 100 fois. Cependant, je ne voulais pas déposer plainte à l’observatoire de l’antisémitisme, le CIDI, ni auprès d’un autre organisme extérieur.

 

“Le nombre d’incidents augmentaient gravement, en particulier, au cours de la période du Festival du Sucre (Eid al Fitr). A ce moment-là, les Marocains arrivaient au magasin, en habits de fête. Je me faisais continuellement insulter et suis allé m’en plaindre un certain nombre de fois à mon patron. Il se comportait toujours de façon amicale et arrangeante et il m’avait embauché, en sachant pertinemment que je portais une kippa. Quand la situation a commencé à devenir menaçante, il a mis quelqu’un d’autre dans la même allée où je travaillais. Cela dit, ça n’a jamais débouché sur des confrontations physiques, parce qu’il y a des agents de sécurité qui interviennent immédiatement quand un problème se produit et que mes agresseurs le savaient.

 

“J’avais, aussi, des collègues de travail marocains. Ils ne me parlaient pas ni me regardaient. Ils ne pouvaient guère en faire plus, parce que j’aurais, alors, été m’en plaindre au patron, ce qui aurait pu avoir de fâcheuses conséquences pour eux. Dans ce supermarché, il y avait, environ, une vingtaine d’employés d’origine étrangère. Il n’y avait aucun problème avec les Turcs, les Antillais, les Espagnols et les Portugais. Je n’avais de problèmes qu’avec les Marocains.

 

 

“Je me rendais souvent à Amsterdam pour le Shabbat. Pour nous rendre à la Synagogue, nous devions traverser un quartier où vivaient de nombreux Marocains. Chaque Shabbat, nous nous faisions insulter, au moins deux ou trois fois. Toutes ces mésaventures se sont déroulées à cause des Marocains.

 

“Nous avons fait, une fois, une rencontre positive avec des adolescents antillais. Ils ont vu nos kippot et nous ont demandé : « êtes-vous Israéliens ? ». Nous leur avons expliqué que nous n’étions pas Israéliens, mais Juifs. Ils nous ont dit : « C’est fort ! ». Ils ont aussi aperçu nos livres de prière en Hébreu et nous ont demandé si nous étions capables de les lire. Ils ont trouvé tout cela très intéressant.

 

 

“A Amsterdam, je me suis fait inviter, un certain nombre de fois, pour Shabbat, par quelqu’un qui vivait dans le quartier à l’Ouest de la Synagogue. Là, nous nous faisions, également, régulièrement insultés. Nos agresseurs nous faisaient des gestes de provocation et criaient qu’ils nous tueraient. J’ai, également, vécu durant un an à Antwerp et ne m’y suis jamais fait insulter.

 

 

“Depuis 2010, j’ai vécu de façon permanente en Israël et je m’y suis marié, en 2012. Je ne porte plus vraiment de vêtements ultra-orthodoxes, mais je suis toujours religieux. J’étudie pour devenir rabbin et enseignant et je dispose déjà d’un certificat de Shohet, c’est-à-dire chargé de l’abattage rituel.

 

“Au cours de ces dernières années, je suis retourné aux Pays-Bas, en visite, un certain nombre de fois. Je portais une casquette, à chaque fois que je voyageais par là-bas et cachais ainsi partiellement mon identité. Cependant, je porte mes franges traditionnelles (Tsitsith) à l’extérieur de mon pantalon. Cela nous rend reconnaissables, en particulier aux yeux des autres Juifs, et un peu moins pour des gens de l’extérieur.

 

“Je n’ai plus de forces à dépenser pour le genre de tensions que j’ai subies aux Pays-Bas. Je n’ai pas, non plus, envie que ma femme me voit pris dans des situations conflictuelles. Si je porte une kippa, c’est, habituellement une grande tricotée, qui peut aussi être prise pour un couvre-chef musulman. Les jeunes des rues associent fréquemment les petites kippot aux Juifs.

 

“Cela dit, une fois, un Marocain m’a craché à la figure, dans le train que je prenais pour me rendre à la Haye. Une femme hollandaise a assisté à la scène et s’est montrée surprise. Elle a demandé : « Pourquoi ce type a fait ça ? ». J’ai pointé le doigt en direction de ma kippa et lui ai répondu que c’était parce que je suis un Juif aisément reconnaissable. Elle a, encore demandé : « Mais, vous pensez que c’est pour cette raison-là ? ». Je lui ai répondu que je ne faisais pas que le croire, mais que je savais que c’était bien pour ça. Cela m’a étonné qu’il y ait encore des Hollandais qui semblent surpris par ce type d’incidents ».


Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 18:20

 

 

 

 

 

Pezzana

Angelo Pezzana

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Angelo Pezzana


 

“Lors des élections parlementaires italiennes de février 2013, un nouveau parti, extrêmement anti-israélien, appelé « Cinq Etoiles », a obtenu 109 des 630 sièges à la Chambre des Députés. Il dispose, également, d’une présence significative au Sénat, avec 54 des 315 sièges d'élus.

 

“Le dirigeant du Parti “Cinq Etoiles” est un ancien comédien, Beppe Grillo. Il prétend qu’Israël provoquera la Troisième Guerre Mondiale, que l’Iran est un pays pacifique et que ce qui s’est réellement passé le 11 Septembre (2001) a été déformé par les médias. Alors que ses électeurs proviennent de toutes les couches de la société de l’électorat italien, le Parti « Cinq Etoiles » assure, en règle générale, des positions qui sont, traditionnellement, celles du centre-gauche ».

 

Angelo Pezzana est un journaliste italien. Il a fondé, en 2001, le site internet www.informazionecorretta.com. Il livre, quotidiennement, des actualités en italien, sur Israël, le monde arabe et le terrorisme.

 

Pezzana poursuit : “On ne peut pas comparer le Parti “Cinq Etoiles” aux Néo-Fascistes et Néo-Nazis du parti hongrois Jobbik, ni à ceux de l’Aube Dorée grecque. Il ressemble beaucoup plus aux partis Pirate, qui existent dans divers pays européens, bien qu’il soit  mieux structuré. Il doit son succès électoral à ses manifestations contre le système politique, à un moment où l’économie italienne traverse une crise majeure. A Friuli, où des élections régionales se sont déroulées en avril, il a perdu la moitié du nombre de ses suffrages, comparé aux élections parlementaires, deux mois plus tôt. Cela dit, le parti reste dangereux, puisque ses slogans creux demeurent attractifs pour beaucoup, à cause de la crise italienne en cours.

 

“Grillo, ainsi que l’autre dirigeant du parti, Gianroberto Casaleggio, contrôlent et communiquent avec leurs représentants parlementaires par internet. On pourrait les considérer sous l’angle d’une mutation politique de Big Brother, dans 1984 d’Orwell. Quiconque ne suit pas leurs directives est, ipso facto, expulsé du Parti. Les déclarations publiques de Grillo sont, intentionnellement, vulgaires et font appel au plus petit dénominateur commun, aux pulsions primaires. Du fait de la crise en Italie, quoi de plus facile que de s’attaquer aux grandes institutions financières internationales, par exemple. Plusieurs d’entre elles portent encore le nom de Juifs, bien que leurs familles fondatrices n’en sont plus à la tête. Grillo peut ainsi se permettre d’accuser les Juifs de complicité dans la crise. Une majeure partie du public comprend instantanément son intention.

 

“Le parti le plus important, au Parlement italien, est le Parti Démocrate (DP) de tendance centre-gauche. Grâce au bonus de sièges dont il bénéficie, en tant que parti le plus représenté dans le système électoral, il dispose de 295 sièges à la Chambre. Parmi ses nombreux courants, l’ancienne tendance communiste est l’une des plus vastes et contrôle la bureaucratie du Parti. L’ancien Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères Massimo D’Alema est l’une de ses personnalités les plus influentes. Il a un palmarès impressionnant de marques d’hostilité envers Israël. De nombreux membres du DP, au Parlement et de députés européens partagent ses points de vue, mais sont moins explicites dans leur formulation.

 

“Matteo Renzi, maire de Florence, âgé de 38 ans, est une star montante parmi les jeunes hommes politiques du DP. Il a le potentiel pour devenir le dirigeant du parti dans un avenir pas si éloigné. Les positions de Renzi à l’égard d’Israël sont, de loin, bien plus positives que celles de beaucoup d’autres membres du DP.

 

“Le Président Giorgio Napolitano a acquis une réputation qui va bien au-delà de la position symbolique qu’on s’attend à ce qu’il assume, selon la Constitution. Malgré ses 88 ans, il a accepté d’être réélu à un second mandat, puisque le DP et le Parti des Libertés de Silvio Berlusconi n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur le profil d’un autre candidat. Bien qu’ancien communiste, sa position concernant Israël est plutôt favorable. Napolitano a fait de fréquentes déclarations pro-israéliennes et a, également, défendu le Sionisme.

 

“Le Parti des Libertés ne détient que 98 sièges à la Chambre, bien qu’il ait obtenu à peine moins de suffrages que le DP. Ces deux partis, en dépit de leurs différences politiques essentielles, sont dans l'obligation de collaborer, puisqu’aucun d’entre eux ne détient la majorité au Sénat et que le « Parti Cinq Etoiles » est, principalement, obstructionniste. Le Parti des Libertés a toujours été pro-israélien.

 

“Il y avait quatre parlementaires juifs, au sein de la précédente Chambre des Députés. Trois d’entre eux appartenaient au DP et au Centre, et ne se sont jamais exprimés, à propos d’Israël. Fiamma Nierenstein, du Parti des Libertés, par contre, a fait preuve d’un engagement d’une intelligence rare et d’un grand courage, envers Israël. Elle est parvenue à mobiliser des parlementaires du Parti des Libertés, autant que d’autres partis, lors de manifestations pro-israéliennes. Nierenstein était, également, l’initiatrice habile d’une enquête parlementaire sur l’antisémitisme, qui est, aussi, disponible en anglais sur internet. Cependant, elle a décidé de ne pas se représenter aux élections législatives.

 

Au niveau local, les partis de gauche, qui ne franchissent pas le seuil des 3% d’électeurs, aux élections parlementaires, obtiennent souvent des positions de force. Ils disposent, également, de nombreuses municipalités. L’un d’eux est le Maire anti-israélien de Naples, Luigi de Magistris. Il a accueilli une flottille pour Gaza. Il a, également, gratifié du titre de citoyen d’honneur de la Ville de Naples, le Président Palestinien, Abu Mazen. Sa ville est mal gérée, les poubelles s’entassent dans les rues et il est peu probable qu’il soit réélu.   

 

“Dans le corps politique officiel italien, on entend rarement des déclarations explicitement antisémites. Une des principales pratiques de l’antisémitisme se trouve sur internet, où l’extrême-droite et l’extrême-gauche promeuvent une propagande similaire à celle à laquelle on assistait dans l’ancien journal nazi, Der Stürmer. L’incitation à la haine antisioniste, autour de son slogan le plus populaire : « Les Israéliens font aux Palestiniens ce que les Nazis ont fait aux Juifs », a fait des écoles italiennes une tribune de la propagande anti-israélienne et antisémite, et beaucoup d’enseignants se font les complices de cette forme d’incitation à la haine ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski. 

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 23:54

 

 

 

 

 

 

 

 

 

israel cible (Copier)

 

 

Par Manfred Gerstenfeld

 

 

Environ 5 millions de Hollandais croient qu’Israël est en train de commettre un génocide. C’est le résultat d’une étude de l’Université de Bielefeld, en Allemagne. Elle a enquêté auprès de 1.000 Hollandais, pour leur demander si Israël mène une guerre d’extermination contre les Palestiniens. Plus de 38% des personnes interrogées répondent par l’affirmative-1-[1].

 

 

J’ai rédigé un article à propos de ces croyances erronées, portées par de nombreux Néerlandais, qui rappellent les plus sombres poncifs antisémites qui se propageaient au Moyen-Âge. J’ai envoyé ce papier à deux journaux néerlandais. Tous deux ont, purement et simplement, refusé de le publier. Il a, alors été diffusé par l’un des blogs les plus en vue aux Pays-Bas, Dagelijkse Standaard.-2-[2] Ce blog est aussi lu par des journalistes des principaux journaux hollandais, pourtant, ils se sont abstenus de parler de cette étude, dans leurs propres articles. Il n’y a qu’une petite station de radio chrétienne, Pilier de Feu, dont le rédacteur en chef s’est dit choqué par les découvertes de cette recherche, qui m’a contacté pour une interview-3-[3].

 

La plupart des medias hollandais importants diffusent des articles triviaux, à propos d’Israël, tant que leur charge  demeure suffisamment négative. Autant cette opinion abjecte, véhiculée par ces 5 millions de Hollandais, que le silence des médias sur la haine extrémiste d’Israël, reflètent ce qui va, foncièrement, de travers, dans la société hollandaise. Cela dit, j‘ai reçu quelques réactions de personnes privées. Plusieurs parvenaient des habituels dissimulateurs, qui prétendaient que les découvertes de cette enquête étaient fausses. Mais, ils ne se contentent pas seulement d’ignorer cette étude allemande, mais, également, l’enquête menée par l’Eurobaromètre, en 2003, qui montrait que 59% des Européens pensaient qu’Israël représentait la plus grande menace pour la paix mondiale. Le pourcentage, aux Pays-Bas, était le plus élevé, parmi les pays européens avec 74%-4-[4].

 

Si on prend un peu de recul, la réalité s’avère très différente de la perception qu’on en a. Ce sont les Hollandais, et non les Israéliens, qui ont combattu aux côtés des Américains en Afghanistan, alors que d’autres nations européennes se sont jointes à eux, durant la guerre d’Irak. Cela a eu des conséquences cruciales pour l’ordre du monde. En outre, le nombre de morts dans ces deux guerres était, et de loin, bien plus important que lors de toutes les campagnes militaires où Israël était impliqué.

 

 

Un petit nombre de Hollandais qui m’ont écrit, au sujet de cet article étaient sous le choc. Un journaliste néerlandais m’a informé que mes conclusions étaient justes, mais que, pourtant, il pensait que le peuple hollandais ne les reconnaîtraient pas comme telles. Un troisième groupe comprenait ceux qui étaient très conscients des problèmes essentiels concernant les normes, les valeurs et les attitudes prévalant aux Pays-Bas. Certains d’entre eux pensent que la dégénérescence du pays est telle qu’il n’y a aucun espoir à attendre pour l’avenir. Un universitaire a écrit : « Hélas, cet article était nécessaire ».

 

Le silence des medias hollandais n’arrange rien à l’image des Pays-Bas, bien au contraire. Cette histoire de point de vue diabolisant sur Israël que détiennent 5 millions de Hollandais a fait le tour d’Internet. Une chaîne de radio juive internationale lui a consacré un article d’actualités-5-[5], qui a été repris par Ynet News -6-[6]. Rabbi Abraham Cooper, doyen associé d Centre Simon Wiesenthal, a soulevé ce problème, face à Lodewijk Asscher, l’adjoint au Premier Ministre Hollandais, au cours d’une rencontre dans les bureaux du Ministre. Il a demandé à Asscher de lutter contre les opinions extrémistes de nombreux Hollandais, à propos des Juifs et d’Israël. Les informations au sujet de cette réunion se sont, également, répandues sur Internet -7-[7].

 

A Jérusalem, un journaliste d’une chaîne de TV néerlandaise m’a rendu visite. Il est venu discuter pour savoir s’il devait m’interviewer à propos de l’étude allemande, mais pourtant, il a très rapidement renoncé à cette idée. Je lui ai dit que les journalistes hollandais, souvent, ne publiaient pas les informations importantes. Il m’a répondu : « Vous insultez mes collègues et moi-même ! »

 

Pourtant, le manque de réaction à mon article n’est qu’un infime exemple du silence parfois durable ou des distorsionsque se permettent les institutions et médias néerlandais, au sujet de faits particulièrement négatifs, causant des problèmes très graves, concernant les Pays-Bas. En 1969, le Commandant d’une unité de l’armée hollandaise, Raymond Westerling, était interviewé par un journaliste de la télé néerlandaise. Son unité avait réprimé un soulèvement dans l’île indonésienne aujourd’hui appelée les Celebes, à la fin des années 1940. Westerling avait admis des crimes de guerre majeurs perpétrés par ses soldats, y compris des exécutions sommaires de gens, sans aucun procès. Il avait prétendu que rien ne pouvait lui arriver, parce que les autorités néerlandaises étaient parfaitement au courant de tout cela. Cette interview n’a pu être programmée qu’en 2012, en partie à cause des menaces qu’ont subies les médias -8-[8].

 

Au cours des soi-disant “actions de police” menées, à la fin des années 1940, aux Antilles néerlandaises, on estime à 150 000 les personnes assassinées par les combattants des deux camps. Sur assignation officielle, il y a quelques décennies, l’historien hollandais Cees Fasseur a enquêté sur les crimes commis par les soldats hollandais. En 2008, il a admis que sa recherche était restée volontairement superficielle-9-[9].

 

En 2000, les journalistes Alfred Edelstein et Karin Coevorden, de la TV hollandaise, ont interviewé des habitants du village de Rawagede, de l’île indonésienne de Java. Là, au cours des « actions de police », des civils innocents ont été exécutés sans procès, par des soldats hollandais. Les habitants de Rawagede ont été surpris par la visite des journalistes dans leur village et leur ont confié que des meurtres similaires, commis par l’armée hollandaise en Indonésie, s’étaient produits dans un grand nombre de villages de cette zone -10-[10].

 

Durant les guerres de Yougoslavie, dans les années 1990, un génocide s’est déroulé, dans la ville de Srebrenica. Les soldats hollandais des Nations-Unies, qui s’y trouvaient, ont reçu l’ordre de leur gouvernement de quitter la ville, sans l’autorisation de l’ONU. A la suite de quoi, des Serbes Bosniaques ont massacré entre 6 et 8. 000 hommes musulmans de Srebrenica. Une étude sur plusieurs années, de l’Institut Hollandais de Documentation sur la Guerre (NIOD), a trouvé que le gouvernement hollandais ne connaissait pas les risques encourus par la population civile, lorsqu’il a donné l’ordre à ses hommes de s’enfuir. Peu de temps après la publication de ce rapport, deux ministres de ce gouvernement, Jan Pronk et Els Borst, ont publiquement déclaré que la découverte essentielle de cette étude de longue haleine, était fausse et que le gouvernement connaissait parfaitement ces risques. Lorsque j‘ai interviewé l’ancienne adjointe au Premier Ministre Borst, un certain nombre d’années plus tard, elle me l’a confirmé -11-[11].

 

Tout ceci relève de l’histoire. La question subsistante est, à présent, de savoir combien de temps les médias hollandais vont-ils continuer à censurer les données de l’étude de l’Université Bielefeld, concernant l’anti-israélisme extrême que manifeste le peuple hollandais, aux Pays-Bas ?

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski 



[1]-1- Andreas Zick, Beate Küpper, Andreas Hövermann, ‘Intolerance, Prejudice and Discrimination. A European Report’, Friedricht Ebert Stiftung Forum Berlin, 2011, 57.

library.fes.de/pdf-files/do/07908-20110311.pdf. 

[2]-2- Manfred Gerstenfeld, “Nederlands Duivelse Visie op Israel.” Dagelijkse Standaard, 6 March 2013

[3] -3-Jack van der Tang, Pillar of Fire, interview at internetradio, 12 March 2013. (www.radioisrael.nl)  

[4]-4- European Commission, "Iraq and Peace in the World," Eurobarometer Survey, No. 151, November 2003.

[5]-5- Jewish News 1,www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=UeB3hRW97XI#!

[6]-6- Dutch antisemitism widespread: report.  28 March 2013 

www.jewishtribune.ca/news/2013/03/28/antisemitism-watch-7,  

[7]-7- ‘Rabbi Warns Dutch about Fatwa against Churches and Synagogues’, Israel National News, 22 April 2013.

http://www.israelnationalnews.com/News/News.aspx/167348 

[8]-8- Lidy Nicolasen, “Kapitein Westerling geeft in tv-interview wandaden op Zuid-Celebes toe”, Volkskrant, 14 August 2012.

[9]-9- ‘Nota over wandaden in Indonesië  is onvolledig’, Novum, 3 December 2008.

http://binnenland.nieuws.nl/537720

[10]-10- Personal  communication Alfred Edelstein.

[11]-11- Manfred Gerstenfeld, interview with  Els Borst-Eilers “Nederland moet excuses aanbieden aan de Joodse gemeenschap,”  in Het Verval, Joden in een stuurloos Nederland, (Amsterdam, Van Praag, 2010)

 

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 14:34

Mark Elchardus (Copier)

 

Mark Elchardus

 

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Mark Elchardus

 

 

“Il existe une différence fondamentale, quand on observe les attitudes antisémites entre les étudiants musulmans et non-musulmans, au sein des écoles secondaires de lange flamande, en Belgique. Environ 50% des élèves musulmans expriment des attitudes antisémites, contre 10%, en ce qui concerne les autres élèves. Ces découvertes résultent de notre étude à Bruxelles intitulée : « Les Jeunes de Bruxelles » et d’autres études, par la suite, à Antwerp et Gent. En règle générale le niveau d’antisémitisme est, d'une manière ou d'une autre, plus faible à Gent qu’à Antwerp et Bruxelles.

  

 

“Les Jeunes que nous avons interrogé, se situaient, généralement, dans la tranche d’âge de 12 à 18 ans, alors que d’autres avaient plus de 18 ans. Certaines séquences de l’étude se fondaient sur les réponses de la tranche d’âge à partir de 12 ans. D’autres, comme l’analyse de l’antisémitisme, couvrent les réponses fournies à partir de l’âge de 14 ans. De façon surprenante, nous avons découvert que la présence d’élèves musulmans était plus importante que nous ne nous y attendions dans les écoles. Dans les écoles secondaires de Bruxelles presqu’un étudiant sur deux est musulman. Habituellement, le nombre de Musulmans est sous-estimé, puisque –plus régulièrement que les autres – ils ne répondent pas aux sondages. Cela est dû à des compétences langagières plus pauvres et/ou un plus faible intérêt pour les problèmes de société, en général, a sein de cette communauté ».


 

Le Professeur Mark Elchardus enseigne la sociologie à l’Université néerlandophone Libre de Bruxelles. Ses recherches sont centrées sur la sociologie des cultures. Les études mentionnées supra ont été réalisées dans le cadre du Programme JOP, qui a pour finalité d’analyser les opinions et attitudes des adolescents et jeunes flamands, dans la tranche d’âge des 12 à 30 ans.

 

 

Il remarque que : “Dans nos sondages, on a posé exactement les mêmes questions à tous les jeunes. Nous avons enquêté, par sondage, sur 8 types de préjugés antisémites, deux qui reposaient sur des assertions positives, comme « On peut faire confiance aux Juifs comme à n’importe qui d’autre » et des formules négatives telles que : « Les Juifs veulent tout dominer ».

 

 

“Entre 26 à 36% des étudiants musulmans étaient d’accord avec les diverses propositions positives. En ce qui concerne les Non-Musulmans, le panel se situait entre 38% et 58%. De 37 à 51% des Musulmans s’accordaient sur les diverses déclarations négatives. Pour les autres élèves, on relevait que la même gamme de réponses se situe entre 7% à 18%.

 

“Dans l’étude bruxelloise, on a aussi enquêté sur la corrélation entre antisémitisme et xénophobie plus large. Parmi les étudiants d’origine flamande, cette corrélation reste plutôt faible. Les attitudes antisémites sont, ainsi, à distinguer de la xénophobie en général. Nous avons aussi découvert que, parmi ces étudiants, l’antisémitisme est bien moins répandu que les préjugés ou les attitudes négatives envers les Musulmans.

 

“Il reste difficile d’étudier la corrélation entre la xénophobie en général et l’antisémitisme, chez les descendants d’immigrés non-occidentaux. Ils sont principalement, Musulmans. La xénophobie est habituellement, mesurée par rapport aux  étrangers ou aux immigrés. Une telle analyse est difficile à appliquer aux immigrés non-Occidentaux, qui se perçoivent, eux-mêmes, comme des descendants d’immigrés ou des étrangers au sein de la société belge.

 

“Notre étude à Bruxelles a conduit à un débat animé, au Parlement des Flandres. Il a eu pour conséquence, une requête émise pour une étude approfondie dans les deux plus grandes villes flamandes : Antwerp et Gent. Les Parlementaires nous ont, aussi, demandé d’indiquer comment nous pouvons lutter contre ces découvertes indésirables, par des mesures pédagogiques.

 

“Nous avons, par contre, reçu des réactions extrêmement négatives, de la part de la communauté musulmane. C’était, également, le cas, de la part d’un certain nombre de Non-Musulmans qui se sont présentés comme des « défenseurs » ou des « porte-parole » des communautés musulmanes. Certains ont même affirmé que j‘étais « raciste ». Une organisation musulmane a porté plainte contre moi auprès du Centre pour l’Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme. Cette plainte a été déboutée. Pourtant, cela a pris pas moins d’environ un mois, avant que son expert juridique ne parvienne à cette conclusion.


 

“Les organisations musulmanes sont destinées à jouer un rôle de premier plan dans l’intégration des Musulmans dans la société. Il est particulièrement regrettable qu’aucune de ces organisations ne condamne l’antisémitisme ni les attitudes très négatives envers les homosexuels, que nos études à Antwerp et Gent ont mises en lumière. Pas plus qu’aucune d’entre elles n’annonce qu’elles pourraient proposer une éducation informelle pour les jeunes musulmans qui partagent ce genre de préjugés. En bref : les organisations musulmanes, soit nient les découvertes de nos études, soit elles préfèrent demeurer silencieuses à leur sujet.

 

“ Ce déni s’exprime toujours de la même façon : « Les Musulmans ne peuvent pas être antisémites puisque le comportement d’Israël justifie toutes les attitudes musulmanes envers les Juifs ». Après la publication de la deuxième étude, une nouvelle forme de déni est apparue, autant l’antisémitisme que la haine des homosexuels. On a entendu l’affirmation absurde que les résultats de l’étude sont, forcément, faux, parce que quand on parle avec les Musulmans, on se rend compte qu’ils n’ont aucun préjugé sur personne et qu’ils sont bien intégrés dans la société. Ce déni de réalité, manifesté par les dirigeants musulmans, qui sont des responsables de la société civile, et doivent, à ce titre, contribuer à bâtir la société, est décourageant, mais, aussi, plutôt alarmant.

 

“L’antisémitisme parmi les non-Musulmans, apparaît, principalement, parmi les segments les plus défavorisés de la société. Pourtant l’antisémitisme, chez les étudiants musulmans, ne dépend pas de facteurs sociaux ou culturels, tels que les revenus des parents et l’éducation, ou le type d’école que les jeunes fréquentent. L’unique facteur pertinent est la tradition musulmane. Par exemple, 12% des Musulmans progressistes sont d’accord avec l’assertion : « C’est mieux d’éviter de fréquenter des Juifs ». Parmi les Musulmans conservateurs, ce pourcentage s’élève à 46%. Il existe, cependant, peu de Musulmans progressistes. Pour 8 Musulmans progressistes on trouve 100 conservateurs.


,

« Nous n’avons pas remarqué de différence entre l’antisémitisme et l’anti-israélisme musulman. Les préjugés les concernant sont les mêmes. Cela dit, il s’agit d’un sujet en soi, qui mérite une étude plus approfondie ».


 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski. 

 

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 22:34

 

 

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Efraïm Zuroff

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Efraim Zuroff

 

 

“L’antisémitisme contemporain, dans les pays baltes, emprunte ses thèmes essentiels à l’antisémitisme traditionnel, qui avait cours avant la Seconde Guerre Mondiale. On y trouve des accusations, à propos du contrôle supposé des Juifs sur l’économie mondiale, le système bancaire et les médias.

 

“Au cours des dernières décennies, de nouvelles manifestations d’antisémitisme sont venues s’y ajouter. Les problèmes les plus sensibles, dans les relations contemporaines entre les Juifs et les pays baltes concernent la Shoah. Ils comprennent aussi la façon dont ces problèmes ont été traités, depuis 1990-1991, quand la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie ont retrouvé leur indépendance ».

 

Efraïm Zuroff est Directeur du Centre Simon Wiesenthal (SWC) en Israël. Il est mondialement reconnu comme étant le « dernier chasseur de Nazis ». Zuroff a passé l’essentiel de sa vie professionnelle à rechercher des criminels de guerre nazis et les preuves nécessaires à les faire condamner.

 

Il observe que : “Une question historique essentielle concerne les crimes lors de la Shoah, dans lesquels des collaborateurs locaux des Nazis ont participé dans ces trois pays.  Des Lithuaniens, des Lettons et des Estoniens ont assassiné, autant leurs voisins juifs que des Juifs étrangers déportés dans leurs pays, pour y être tués. Les unités de la police et de la sécurité baltes ont également été envoyées ailleurs, en Biélorussie et en Pologne, afin d’assister les massacres des Juifs qui s’y déroulaient.

 

“Les plus grandes frictions avec ces pays sont provoquées par l’absence de poursuites et de sanctions des criminels de guerre nazis locaux, le problème des restitutions municipales et personnelles et des récits contradictoires sur les évènements, au cours de la Seconde Guerre Mondiale. Les pays baltes perçoivent ces nationaux qui se sont opposés au communisme comme des héros, indépendamment du fait qu’ils aient tué des Juifs et/ou soutenu les Nazis.

 

“La seule différence d’attitudes entre ces trois pays baltes est l’ampleur et l’intensité des problèmes mentionnés ci-dessus. Ceci est lié à la taille des communautés juives d’avant-guerre, leur importance au sein de leurs sociétés respectives, autant qu’au sein du monde juif. Après le retour de Vilnius et de ses environs à la Lituanie, à l’automne 1939, environ un quart de million de Juifs vivaient dans ce pays. A l’époque, il y avait 90 000 Juifs en Lettonie et 4.500 en Estonie.

 

“Aucun des pays baltes n’a honnêtement accepté d’être confronté à sa participation dans les crimes liés à la Shoah. Ils n’intègrent pas, dans le cadre de leurs programmes d’éducation portant sur la Shoah, des faits exacts concernant l’implication de collaborateurs locaux dans les massacres, y compris l’ampleur massive de cette participation, le fait que tous étaient volontaires, la cruauté incroyable dont ils ont fait preuve en de si nombreuses occasions, aussi bien que le fait que ces meurtres étaient fondamentalement motivés par le patriotisme.

 

“Dans les très rares cas, où une participation locale est reconnue, elle est, habituellement attribuée uniquement à des éléments criminels ou marginaux, même si la collaboration avec les Nazis dans le meurtre des Juifs comprend toutes les strates de la société balte, un phénomène qui est particulièrement notoire en Lituanie. En plus de cela, survient l’identification erronée de tous les Juifs avec les Communistes haïs.

 

“La situation en Lituanie diverge de celle prévalant en Lettonie et en Estonie, où il existe des minorités russes numériquement significatives. Elles ont des agendas politiques clairs. Elles s’opposent fermement aux efforts locaux pour réécrire l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale et la Shoah, autant que pour dissimuler les crimes des collaborateurs locaux des Nazis. En Lettonie et Estonie, les médias russophones locaux donnent une large expression à cette opposition. Il n’y a, cependant, pas de Lettons et d’Estoniens d’origine qui soient partenaires de ces démarches. La presse locale autochtone a, aussi, constamment suivi une ligne « patriotique » et fortement nationaliste. Ces trois pays autorisent le déroulement des célébrations des nazis survivants, des néo-nazis et des ultranationalistes

 

“Une source de conflit corollaire provient de la publication de la Déclaration de Prague. Elle fait la promotion de l’équivalence fallacieuse entre les crimes nazis et communistes, et appelle à une vaste gamme de mesures (d'effacement des différences). La Déclaration refuse de reconnaître l’exceptionnalité de la Shoah, qui est fondée sur la totalité d’un projet suivi par les Nazis pour exterminer le peuple juif. Jamais un tel plan n’a jamais été envisagé, ni même tenté contre aucun autre peuple. Une seconde caractéristique unique de la Shoah est la façon dont elle a été mise en œuvre – par massacre industriel de masse, sans précédent dans l’histoire humaine. La Lituanie, en particulier, a joué un rôle majeur dans la création et la promotion de la Déclaration de Prague. Sa fonction à la Présidence tournante de l’Union Européenne, qui débutera en juillet 2013, pourrait, par conséquent, devenir hautement problématique.

 

“Les communautés juives sont de petite taille. Il y a, en Lituanie, 3 500 à 4000 Juifs. En Lettonie, il y en a, entre 10 000 à 12 000 et, en Estonie, 3.500. Dans ces deux derniers pays, la plupart des Juifs qui y vivent, sont nés ailleurs. Ces communautés jouent un rôle minime dans la vie de leurs sociétés locales.

 

“Pour l’essentiel, il n’y a eu, jusqu’à présent, aucune relation que ce soit, entre le lamentable palmarès des trois pays baltes concernant les sujets liés à la Shoah, l’existence d’un antisémitisme local « traditionnel » et aucune sorte d’antisionisme. L’extrême-droite, qui fait de l’incitation contre les Juifs, a très peu de pouvoir politique. Pourtant, en Lituanie, elle a une certaine influence sur les partis majoritaires, concernant leurs agendas nationalistes.

 

“Pour ce qui concerne le sentiment anti-israélien dans les pays baltes, il est souvent exprimé à travers des commentaires sur les portails d’actualité sur Internet, mais les catalyseurs expliquant une telle hostilité ou une critique démesurée d’Israël, sont presque toujours fondés sur des thèmes liés à la Shoah. Il n’y a, jusqu’à présent, aucune différence entre les divers partis politiques, dès qu’il est question de sujets concernant Israël. Au contraire, ces pays ont constamment cherché à resserrer des relations politiques et commerciales, de manière étroite, avec Israël. C’est, à la fois, ironique et triste de constater que le refus presque total d’Israël de leur adresser ses critiques pour leur attitude affligeante concernant les problèmes référant à la Shoah, pourrait bien avoir pavé la route, en vue du maintien de bonnes relations avec ces trois pays baltes ».


Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski

  

 

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 18:11

 

 

 

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Par Manfred Gerstenfeld

 

 

Au moins 150 millions d’Européens perçoivent Israël comme animé d’intentions maléfiques. Ce sont les résultats d’une étude de l’Université de Bielefeld, publiée en 2011, à la demande de la Fondation allemande, sociale et démocratique Freidrich Ebert-1-[1]. En dépit de ces découvertes scandaleuses, ce rapport n’a guère capté la moindre attention, où que ce soit.

 

Cette enquête s’est déroulée dans sept pays européens. Les chercheurs ont sondé les gens pour savoir s’ils pensaient qu’Israël se livre à une guerre d’extermination contre les Palestiniens. Les pourcentages les plus faibles de ceux en accord avec cette proposition se trouvent en Italie et aux Pays-Bas, avec un taux légèrement au-dessus de 40%. L’Angleterre, l’Allemagne, le Portugal et la Hongrie se situaient tous entre 40 et 50%. En Pologne, la configuration atteignait 63%. Une étude du Centre sur la Shoah de Norvège posait la question d’une façon quelque peu différente : « Les Israéliens se comportent-ils comme les Nazis ? ». Trente-huit pour cent de ceux interrogés ont répondu : « Oui » -2-[2].

 

L’accusation selon laquelle Israël est en train d’exterminer les Palestiniens relève d’une calomnie criminelle. Au cours des deux années allant de la fin 1941 à la fin 1943, seulement dans les camps d’extermination de Treblinka, Belzec et Sobibor, 2 millions de Juifs ont été assassinés par les Allemands. Les moyens technologiques ont grandement « évolué » depuis lors.  Si l’accusation génocidaire avait la moindre once de vérité, on aurait fini d’exécuter les derniers enfants et adultes palestiniens, il y a belle lurette ! Pourtant le nombre de Palestiniens a continué d’augmenter considérablement, tout au long de ces dernières décennies. Des enfants palestiniens voient le jour dans des hôpitaux israéliens et ceux qui sont malades sont soignés par des médecins israéliens.

 

Les découvertes de ces deux études apportent un éclairage saisissant sur l’image qu’un grand nombre d’Européens entretiennent de l’Etat Juif comme étant, nécessairement, malveillant et extrémiste. Elles évoquent l’antisémitisme le plus grave des deux derniers millénaires passés. Aux premiers siècles de la Chrétienté, fut lancée la fasse accusation, disant que les Juifs avaient commis un déicide, en tuant le prétendu fils de D.ieu. A cette époque, on n’aurait pas pu imaginer un crime plus grand. Des Juifs, identifiables comme tels, vivant dans certains pays européens m’ont raconté que, même de nos jours, des gens les abordent parfois pour leur dire : « Vous avez tué Jésus ».

 

La sécularisation n’a cessé de se poursuivre, après le siècle des Lumières. De ce fait, les symboles du Mal Absolu ont aussi subi une mutation. Au sein d’Etats fortement nationalistes, on a commencé à considérer d’autres groupes ethniques comme inférieurs. Dans l’Allemagne nazie, cette vision a été portée à son paroxysme : les Juifs ont été totalement déshumanisés et définis comme « sous-hommes » « vermine », ou « bactéries ». A nouveau, ils incarnaient le « Mal Absolu », de la façon dont ils étaient perçus à cette époque et cela a mené à la Shoah et au génocide des Juifs.

 

La représentation du Mal Absolu a encore changé dans le monde occidental, après la Seconde Guerre Mondiale. Il s’est transformé en soupçon de commettre un génocide et de se comporter comme les Nazis. Les deux études mentionnées précédemment montrent qu’une minorité très consistante d’Européens porte ce type de regard sur Israël. L’étude ne couvre pas tous les pays européens, cela dit, on peut considérer qu’elle reste représentative.

 

Avec une vision aussi diabolisée de l’Etat Juif, un vaste nombre d’Européens a, ainsi, ranimé un état d’esprit antisémite qui semble surgi du Moyen-Âge. Il y a, probablement, autant d’Européens contaminés par ces opinions profondément erronées qu’il existait d’antisémites en Europe avant qu’Hitler ne parvienne au pouvoir. Cette vision radicale d’Israël reste encore latente. Pourtant, elle s’exprime aussi à travers les incidents antisémites et anti-israéliens. Cela dit, ce qui demeure souterrain pourrait exploser à l’avenir, tout comme cela s’est produit auparavant.

 

La question cruciale subsiste : d’où provient ce point de vue diabolisant ? Trois facteurs, au moins, ont, graduellement, contribué à son apparition. Le premier correspond à la méthode de délégitimation à « petit feu ». Elle consiste à publier, aussi fréquemment que possible des nouvelles négatives au sujet d’Israël. Elle est instaurée par des mensonges répétitifs, de fausses accusations, la fabrication de « meurtres rituels », d’articles bourrés de distorsions et de préjugés, de condamnations officielles et ainsi de suite.

 

La télévision, d’autres medias, des hommes politiques et d’anciens politiciens, certains dirigeants d’Eglise, de nombreuses ONG humanitaires politisées, des universitaires, autant que des Juifs et Israéliens animés par la haine de soi, ont tous, à un degré ou un autre, contribué à cet état de fait. Cela s’ajoute au façonnement de cette opinion extrêmement malveillante envers Israël. Les nouvelles positives en provenance d’Israël sont souvent occultées par les médias. En noircissant l’image d’Israël, les sentiments de culpabilité relatifs à la collaboration avec les Nazis et à l’échec de beaucoup de représentants des autorités et de destins individuels, durant la Shoah, peuvent, ainsi, être réprimés, refoulés.


Le second point réside dans l’attention réduite accordée à l’énorme taux de criminalité et au très haut degré d’incitation à la haine qui se propagent dans de vastes secteurs de la société palestinienne et de nombreux Etats arabo-musulmans. Si les massacres de masse, les attaques terroristes et d’autres crimes fondamentaux bénéficiaient d’un éclairage proportionnel à la taille de la population et à la hauteur des fautes commises dans ces pays, les nouvelles concernant Israël resteraient comparativement négligeables. En même temps, les Etats Européens n’ont pas été à la hauteur de leurs engagements, dans le cadre de la Convention de l’ONU sur le Génocide, d’envoyer devant un Tribunal International des planificateurs musulmans de génocide, tels que l’Iran et le Hamas.

 

Le troisième facteur qui a contribué à la délégitimation d’Israël c’est la minimisation de sinistres évènements s’étant déroulés, dans le propre passé des pays européens. De cette façon, on dépeint une image bien plus rose de l’histoire de cette société, qui est ensuite comparée au portrait excessivement malmené et déprécié d’Israël. La question subsiste, par conséquent, de savoir s’il n’y a uniquement que le fait que des désastres s’abattent sur Israël qui puissent encore ouvrir les yeux des peuples ou s’il y a quoi que ce soit d’autre qu’on puisse faire pour combattre cette tendance ?

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.  



[1]-1- library.fes.de/pdf-files/do/07908-20110311.pdf. 

[2]-2- “Antisemittisme i Norge? Den norske befolkningens holdninger til jøder og andre minoriteter,” HL-senteret, 20 May 2012, [Norwegian]  http://www.hlsenteret.no/publikasjoner/antisemittisme-i-norge

 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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