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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 11:17

 

Kenneth Sikorski (Copier)

Kenneth Sikorski.


 

Manfred Gerstenfeld Interviewe Ken Sikorski


“On s’aperçoit que les distorsions anti-israéliennes sont en nette augmentation au sein de la société civile finnoise. La minuscule communauté juive est, parallèlement, confrontée à des difficultés nouvelles. Ce sont les médias qui, souvent, sont les premiers promoteurs de l’antisionisme. Le Helsingin Sanomat, le journal qui a le plus grand nombre de souscripteurs, sur le plan national, a, par exemple, consacré une page entière à commenter un livre rédigé par l’Israélien Avraham Burg sur la Journée pour la Mémoire de la Shoah, en 2009. Ainsi, les lecteurs finnois ont pu apprendre, sous la plume de ce gauchiste notoire, que « les Juifs sont obsédés par la Shoah et qu’il est nécessaire qu’ils surmontent-1-[1] ce complexe». Les sujets liés au conflit du Moyen-Orient s’inspirent du même traitement désinformateur que les séries produites par le journal sur -ce qu’il croit être- la « Réalité de la Shoah ».


“Le Helsingin Sanomat a également publié une caricature décrivant une scène datant de 1943, où un gardien allemand tient un morceau de savon « sans adjonction de Juif-2-[2] ». Ensuite, on peut citer un autre exemple des manipulations de ce journal, dans l’interview d’une jeune femme juive qui expliquait qu’elle préfère vivre en Iran, où les Juifs et les Musulmans ont des relations amicales, plutôt qu’en Israël. Elle ajoutait que l’Ayatollah Khomeiny avait bâti une République juste qui prend soin des minorités religieuses-3-[3].


Le journaliste Kyösti Niemelä, du Helsingin Sanomat a écrit, dans Yliopisto, le journal de l’Université d’Helsinki, qu’un négationniste de la Shoah pouvait tout-à-fait donner des cours universitaires sur l’histoire juive. Son argumentaire s’appuyait sur le fait que même des enseignants de lycée peuvent discuter de problèmes qui font controverse, sans révéler leurs « opinions politiques ». Cela lui permettait ainsi de réduire la négation de la Shoah à une simple « opinion politique-4-[4] » 

 

Ken Sikorski est un retraité américain vivant en Finlande depuis 1987. Il publie sur le blog Tundra Tabloids, de réputation internationale. Sans son site Internet, on ignorerait pratiquement tout du contenu de l’antisémitisme et de l’antisionisme sévissant en Finlande, qui resterait hors du champ de l’attention publique à l’étranger.


Il fait remarquer : “On retrouve un fort sentiment pro-israélien sous divers sigles chrétiens finlandais, dont l’Eglise Luthérienne d’Etat. De nombreuses associations sont aussi membres d’organisations pro-israéliennes, telles que l’Ambassade Chrétienne Internationale de Jérusalem (ICEJ), la Société des Amis d’Israël et la Société Suomen Karmel. Toutes ces organisations sont impliquées dans l’instauration de rassemblements en faveur d’Israël-5-[5].  

 

“L’attitude de l’Eglise luthérienne à l’égard de la communauté juive se fonde, officiellement, sur la coopération conjointe et le respect mutuel. De façon croissante, cela dit, les militants d’organisations proches de l’Eglise, comme l’Association d’Aide de l’Eglise Finlandaise (FCA) et son programme d’accompagnement œcuménique en Palestine et en Israël (EAPPI) se font plus virulents à l'encontre de la politique d’Israël.


“Antti Pentikäinen – le frère de Mikaël Pentikäinen, rédacteur-en-chef du Helsingin Sanomat – a récemment été nommé directeur du FCA-6-[6]. Il a publiquement déclaré que le soutien des Chrétiens luthériens en faveur d’Israël est une des raisons de la perpétuation du conflit-7-[7].  Pentikäinen a aussi prétendu que les membres pro-israéliens de l’Eglise ne devraient plus être autorisés à utiliser les installations de l’Eglise.


“Au cours des dernières années, les medias finlandais ont diffusé un rapport de Finnwatch, une ONG qui observe les activités des hommes d’affaires finlandais dans les pays en développement. Ce rapport était commandité par le FCA. Il est devenu la première tentative concertée de l’Eglise Luthérienne – et par extension, du gouvernement finlandais qui la finance – de s’engager directement au sein du mouvement antisioniste Boycott Désinvestissement et Sanctions-8-[8].


“Le site internet de l’EAPPI est la principale plaque tournante qui recueille les articles anti-israéliens de beaucoup de ses 21 volontaires qui ont visité la région, tout au long des dernières années-9-[9]. On en a un exemple, dans un article d’ Heli Pekkonen, une militante, qui déclarait qu’au lieu de garantir la liberté de culte des religions, Israël préfère construire un Etat Juif. Elle concluait mensongèrement qu’il n’y a aucune place pour le Christianisme ou l’Islam dans ce projet-10-[10].  

 


“La Communauté musulmane de Finlande est constituée de 50.000 membres, soit un pour cent de la population du pays. Elle est, de loin, plus nombreuse que la communauté juive, composée de 1500 adhérents, dont 1200 vivent à Helsinki. On relève une certaine implication islamique dans le cadre de ces activités anti-israéliennes et une collaboration ouverte avec l’extrême-gauche, mais cependant, elle reste moindre qu’en Suède ou en Norvège. Mohamed Azzizi, qui s’était engagé à la tête d’une manifestation antisioniste, a été élu, en 2012, au Conseil Municipal d’Helsinki-11-[11]. J’ai, moi-même, été témoin des faits et gestes de Musulmans faisant le salut nazi ou criant « Allah W’Akbar » au cours de ces rassemblements anti-israéliens.


“La chaîne d’hypermarchés finlandais Prisma, qui dispose de 64 grands magasins à travers tout le pays, fait la promotion du livre : « La domination Juive », de l’auteur raciste et antisémite américain David Duke. Son site internet décrit ce livre comme un « défi » et demande à ses lecteurs de « laisser de côté toute prénotion qu’ils pourraient avoir, de façon à mieux évaluer les idées et « preuves » amenées par ce livre-12-[12] ».


“Une autre chaîne de supermarchés, composée de, seulement, deux boutiques, a déployé sa politique publicitaire pour répandre des tropismes antisémites. Son propriétaire fait l’objet d’une enquête du Procureur de l’Etat, pour incitation contre un groupe ethnique. Il poursuit, néanmoins, la mise à jour de son site internet en le truffant de déclarations antisémites supplémentaires-13-[13].


Sikorski conclut : “Concernant l’abattage rituel casher, il n’y a pas (encore) de débat politique, actuellement. La Finlande, à l’instar du Danemark et de l’Autriche, impose l’égorgement consécutif à l’étourdissement des animaux-14-[14]. Le débat sur la circoncision masculine continue de mijoter. En 2012, des politiciens du Parti finlandais ont déposé un projet de loi qui cherche à criminaliser toute circoncision des garçons avant l’âge de 15 ans. L’Association Médicale Finlandaise (FMA) plaide pour le droit des parents à déterminer la vie de leurs enfants avant leur naissance, mais objecte en faveur d’une circoncision masculine non-intrusive, sur des fondements qu’elle prétend « éthiques » -15-[15]. L’argumentaire de la FMA est, à la fois, superficiel et contradictoire ».

 


Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.  

 

 

 

 


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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 14:01

 

 

safian Alex (Copier)

Alex Safian

 

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Alex Safian

 

 

“L’ancien Président américain Jimmy Carter a, de toute évidence, un vrai problème à l’égard d’Israël, en tant que tel, mais surtout, une véritable obsession juive. Ses sympathies vont, presque toujours, aux ennemis d’Israël et des Juifs. La plupart de ses déclarations fallacieuses, tout au long de ces années, ont pris Israël pour cible privilégiée.

 

“Les procédés qu’emploie Carter s’expriment le mieux, dans son livre : Palestine: Peace Not Apartheid [Palestine : la Paix et non l’Apartheid], publié une première fois, en  2006. Il n’a eu de cesse, depuis, de prétendre que tout ce qu’il a écrit était parfaitement exact, même à la suite de mises en évidence publiques des nombreuses erreurs factuelles qui jalonnent son ouvrage, de long en large.


Alex Safian est Directeur associé de CAMERA (le Comité pour la Justesse des Reportages sur le Moyen-Orient en Amérique).


Il ajoute : “A cause d’aussi nombreuses erreurs et déformations flagrantes, il devient presque impossible de sélectionner les passages les plus manifestement inexacts. On parvient, cependant, à choisir des paragraphes qui illustrent le modus operandi caractéristique de Carter, pour tromper son auditoire. Par exemple, il a prétendu, lors d’une interview réalisée par Larry King, en 2006, que : « Depuis août 2004… le Hamas ne s’est pas rendu coupable d’un seul acte de terrorisme qui ait coûté la vie au moindre Israélien ». On retrouve la même allégation, dans son livre, aux pages 179 et 184.

 

“Il s’agit là d’assertions totalement mensongères, à bien des égards. Le 31 août 2004, seize personnes ont été tuées et 100 blessées, dans deux attentats-suicide presque simultanés, à bord de bus interurbains, à Be’er Sheva. Le 29 septembre 2004, deux enfants, trop jeunes pour aller à l’école, ont trouvé la mort, à cause d’une roquette Qassam, tirée de Gaza. Le 13 janvier 2005, des terroristes palestiniens ont attaqué le carrefour de Karni, à la lisière d’Israël et de la Bande de Gaza, tuant 6 civils. Le 14 juillet 2005, une femme perd la vie, à la suite d’une autre roquette Qassam, lancée depuis Gaza. Le Hamas a revendiqué sa totale responsabilité dans tous ces attentats.

 

“Il n’y a qu’en occultant délibérément ces attaques terroristes meurtrières que Carter peut prétendre que le Hamas observerait le cessez-le-feu. Bien sûr, de telles représentations entièrement fabriquées du Hamas, visant à le faire passer pour « modéré » sont destinées à faire croire à son auditoire que seuls, les « Israéliens à la nuque raide » font obstacle à la paix.

 

“Carter s’est encore enfoncé dans le mensonge, en commettant des « oublis », quand il a livré une interview, dans l’émission de Caplis et Silverman, réalisée à Denver, en 2006. Silverman lui a demandé : « Oui, mais, est-ce que le Chef du Hamas, le dirigeant élu par les Palestiniens, est allé à Téhéran, la semaine dernière, où il a, pourtant, bien déclaré : « Nous ne reconnaîtrons jamais le gouvernement usurpateur sioniste… et nous poursuivrons notre avancée fondée sur le Jihad… jusqu’à la libération de Jérusalem ! ». Carter a démenti et répété que cela n’avait jamais eu lieu, mais, malheureusement pour lui, l’Associated Press, reprise, aussi bien, par le Chicago Tribune, Detroit Free Press, le Guardian et bien d’autres, ont cité in extenso les déclarations d’Ismaïl Haniyeh, le Premier Ministre du Hamas.

 

“Apparemment, l’arrogance de Carter est tellement prononcée qu’il semble croire que s’il n’est pas au courant de quelque chose, alors c’est que cela doit être faux. Et même après qu’on l’ait contraint à admettre que quelques-unes de ses revendications anti-israéliennes étaient contraires à la vérité, il les a reprises et répétées un peu plus tard. Un exemple caractéristique relate les soi-disant promesses de Menachem Begin, durant les négociations de Camp David, où il aurait dit, de manière ouverte, claire et définitive, vouloir imposer un gel des implantations.

 

“Carter prétend, en page 50 de son livre, que : “Peut-être que la négligence à clarifier par écrit la promesse verbale de Begin, au sujet du Gel des implantations a constitué la plus grave omission, relative aux pourparlers de Camp David, en 1978, pour la suite des négociations de paix ». Dans un éditorial précédent, il avait accusé Begin d’avoir failli à sa parole. Ce n’est pas vrai. Begin s’est uniquement engagé à un gel de trois mois de la construction dans les implantations et qui plus est, Carter le savait pertinemment.

 

 

“C’est devenu patent, lors d’une conférence à Washington, en 2003 pour commémorer le 25ème anniversaire des Accords de Camp David. L’ancien Président de la Cour Suprême d’Israël, le Juge Aharon Barak, qui était Procurer Général, à l’époque de Camp David, a formellement déclaré qu’il était le seul participant présent à prendre des notes, lors de la réunion en question, et qu’elles démontrent, noir sur blanc, que Begin a donné son accord pour une durée ne dépassant pas trois mois. On a, alors, entendu Carter, hors-caméra, disant : « Je ne conteste pas cela ». Mais, en dépit du fait qu’il a bien dû le reconnaître en 2003, dans ses éditoriaux comme dans son livre, Carter a recommencé à marteler l’accusation contre Begin, de ne pas s’être conformé au Gel des implantations qu’il avait « promis ».

 

Ceux qui se contentent de lire le titre du livre de Carter ou des reportages d’actualité le concernant, sont saisis par la nette impression qu’Israël exerce un Apartheid et qu’il s’agit ainsi d’une société extrêmement raciste. Mais, à chaque fois qu’on le presse de préciser sa pensée, Carter réplique qu’il ne faisait uniquement référence au prétendu comportement d’Israël envers les Palestiniens dans les territoires et pas, par exemple, de quelle façon Israël traite ses citoyens arabes. Carter déforme aussi abusivement la définition précise du mot « Apartheid », en prétendant qu’il n’était pas fondé sur le racisme. Pourtant, le Statut de Rome instituant la Cour Pénale Internationale définit « l’Apartheid » comme : « des actes inhumains… commis dans le contexte d’un régime institutionnalisé d’oppression et de domination systématiques, d’un groupe racial à l’encontre d’un autre groupe racial… ».

 

“On doit évoquer un autre sujet : en 1987, Carter a fait appel, pour des « raisons humanitaires », au Département américain de Justice, au nom de Martin Bartesch, un ancien gardien nazi. Bartesch a perdu sa citoyenneté américaine et devait être expulsé, à la suite d'informations ayant refait surface, attestant qu’il avait assassiné un déporté juif, au camp de concentration de Mathausen ».

 

Safian conclut : “Qu’il s’agisse du Hamas, de l’OLP, d’Arafat en personne, des princes saoudiens ou de criminels de guerre nazis avérés, Carter semble toujours éprouver une empathie sans limites pour les ennemis des Juifs. Il manifeste, par contre, le plus grand mal à faire montre d’une même empathie soit, envers les Juifs, soit pour Israël ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.  

 

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 14:05

 

332873-discours-barack-obama-suscite-interet (Copier)

Membre des forces de sécurité palestiniennes, souriant, lors du Discours du Caire, 2009.

 

 

 

 

 

Par Manfred Gerstenfeld

 

On peut dégager, quelques semaines après la visite d’Obama en Israël, une perspective plus claire sur les nombreux aspects qu’elle a pu prendre. On ne doit pas seulement se focaliser sur ce qu’il a dit et fait, mais relever les points qu’il a omis de préciser. Au titre de ces omissions, le discours qu’il n’a pas adressé aux jeunes Palestiniens présents à Ramallah. Voici un canevas de ce qu’Obama aurait pu leur dire :

 

“Lors de mon allocution du Caire, en 2009, au début de mon premier mandat, j’ai fait des efforts considérables pour séduire le Monde Musulman. J’ai tâché de rendre la monnaie de cette pièce, par un discours équivalent, au cours de cette visite en Israël. J’ai épicé cette intervention de bons mots en hébreu, pour donner plus de relief à ma conférence. Pour les Israéliens, très narcissiques, qui ont terriblement besoin d’amour, certains passages de ce que j’ai dit pourraient presque passer pour « Sionistes ». Mais, pour satisfaire les nombreux Israéliens masochistes, j’ai exprimé ma désapprobation véhémente de l’occupation et des implantations. Et j’ai incité les étudiants israéliens à faire pression sur les hommes politiques de leur pays, pour qu’ils promeuvent, enfin, la paix.

 

“Pour vous, jeunes Palestiniens, l’échéance de la paix est encore bien plus importante que pour les Israéliens. Leur qualité de vie est bien meilleure, puisqu’ils ont fait ce qu’il fallait pour cela. A cause des diverses politiques de vos dirigeants, vous vivez encore plus mal, aujourd’hui, qu’avant la signature des Accords d’Oslo. Vous devriez tous rechercher de quelle façon la coopération avec Israël vous aidait à développer votre société dans tellement de domaines, avant que vos dirigeants sacrifient l’essentiel de cette coopération.  

 

“Les Nations-Unies ont offert un Etat aux Arabes de Palestine, en 1947. C’était parfaitement leur droit de ne pas accepter cette décision. Les Juifs de ce qu’on appelait alors Palestine, se sont, également, vus accorder un Etat.  La tentative de rayer Israël de la carte, tant de la part des Arabes palestiniens, que de leurs alliés, les Etats arabes qui l’ont attaqué, n’était pas autre chose qu’un crime.

 

“Certains de vos dirigeants vous ont inculqué qu’une Naqba s’est déroulée, en 1948, qui était d’une ampleur équivalente à la Shoah. C’est un énorme mensonge. Les Juifs d’Europe ne s’en sont pas pris aux Allemands qui ont assassinés les leurs, après la guerre. Vos pères, en Palestine, faisaient partie des agresseurs, qui ont échoué dans leur entreprise, en 1948. Ils devaient assumer les conséquences de leurs actes. Les Israéliens ne souhaitaient que vivre en paix avec vous. Certains Palestiniens et leurs alliés étrangers tentent de propager l’idée fausse qu’Israël mène une guerre génocidaire contre votre peuple. Pourtant, on s’aperçoit que la population palestinienne n’a jamais cessé de croître, au cours de ces dernières années. Dans les faits, les médecins israéliens ont fortement contribué à sauver des vies palestiniennes.

 

“Je doute que la confrontation Palestino-israélienne puisse faire partie de la liste des 50 conflits les plus sanglants, depuis la Seconde Guerre Mondiale. En Syrie, au cours des deux dernières années, plus de 70 000 personnes [selon l’ONU, mitigatrice], approximativement, ont été tuées par ceux qu’on appelle abusivement leurs « Frères Arabes ». Les dizaines de milliers de ceux morts, durant « le Printemps Arabe », en Libye, ont déjà, presque été oubliés.

 

“Croyez- bien que je ne tente pas d’être complaisant envers vous. Comme je l’ai dit, j’ai déjà essayé de ménager le monde islamique pour lui être agréable, au Caire, et cela n’a pas servi à grand-chose. En réalité, ce que je suis en train de vous dire est plus bénéfique au peuple palestinien, que toute entreprise superficielle de séduction.

 

“En 1967, à la suite de la conquête israélienne des territoires, à l’Ouest du Jourdain, jusqu’alors sous le contrôle des Jordaniens, vos dirigeants ont continué de s’entêter, avec les trois « Non » du Sommet Arabe de Khartoum. Leurs termes étaient : « Aucune paix avec Israël, pas de reconnaissance d’Israël et pas de négociations avec Israël ». J’ai demandé à mon équipe d’enquêter pour savoir quelle autre nation aurait pu se voir accorder un état en exigeant la paix, tout en refusant de la faire. Jusqu’à présent, elle n’a pas été à même de revenir avec la moindre réponse satisfaisante.

 

“Avant Israël, le gouvernement jordanien a dirigé la Bande Occidentale de Judée-Samarie. Jamais les Nations-Unies ne l’ont reconnue, pas plus qu'aucun autre. Pourtant, personne n’a jamais parlé de territoires qui auraient été « occupés par les Jordaniens ». Aussi, on se demande bien pourquoi on devrait évoquer une « Occupation israélienne », aujourd’hui ? Existe-t-il deux sortes de loi internationale ? Quelqu’un, parmi vous, peut-il expliquer pourquoi la Jordanie n’est en aucun cas un Etat palestinien ? La majorité de sa population est, pourtant, d’origine palestinienne.

 

“L’un de mes prédécesseurs, Jimmy Carter, a insisté sur le caractère “démocratique” des élections de 2006. Le mouvement Hamas a remporté 74 des 132 sièges – une majorité absolue. Le Hamas prône le meurtre des Israéliens et des Juifs comme objectif central de son agenda. Vous feriez bien d’enquêter sur la manière dont le Hamas a traité les cercles dirigeants du Fatah, lorsqu’il a pris le contrôle de la Bande de Gaza. Au même moment, l’Autorité Palestinienne glorifie les assassins de bébés, d’enfants, de femmes et d’hommes israéliens. Durant ma visite, des roquettes ont été tirées contre Israël, depuis le territoire de Gaza, contrôlé par le Hamas. Qu’est-ce qui vous permet de penser que voter pour le Hamas, glorifier les meurtriers et lancer des roquettes, renforce la confiance israélienne en la valeur des accords signés avec un représentant palestinien quel qu'il soit ? Pensez-vous vraiment que les préconditions de l’Autorité Palestinienne, avant de reprendre les négociations avec Israël puissent être d’une aide quelconque ?

 

“Les Palestiniens vivant à l’Ouest du Jourdain, sont parmi les rares nations au Monde, à désirer obtenir très prochainement, leur propre état. Si vous voulez un avenir meilleur, il vous appartient de créer un parti qui soit favorable à une paix réelle avec Israël. Commencez-donc à faire pression sur vos dirigeants, pour qu’ils acceptent ce que proposent les Israéliens. Ensuite, seulement, vous pourrez contribuer à bâtir un second état palestinien, en supplément de la Jordanie. Après cela, assurez-vous que votre état vive en paix avec tous ses voisins. Tout ceci est, de loin, bien plus important que le reste, pour votre avenir, si vous le voulez vraiment ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski. 

 

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 18:02

 

eloge hitler (Copier)

 

 

Par Manfred Gerstenfeld  

 

 

 

En février, les medias nationaux hollandais ont, « subitement, oublié » de traiter d’une émission de la principale chaîne de TV, où n certain nombre de jeunes Hollandais d’origine turque glorifiait Hitler, la Shoah et le meurtre de bébés juifs-1-[1]. Le problème a attiré bien plus d’attention, sur la toile Internet en anglais-2-[2]. Là-dessus, le Centre Simon Wiesenthal a rédigé une lettre officielle au Premier Ministre Mark Rutte, lui demandant d’enquêter sur l’ampleur de l’antisémitisme aux Pays-Bas-3-[3]. Cette missive a, finalement, réussi à provoquer n débat salutaire, dans les médias et au Parlement. Dans l’intervalle, l’homme qui a interviewé ces jeunes, lui-même Hollandais d’origine turque, a dû entrer dans la clandestinité, à la suite de menaces de mort-4-[4].

 

La réponse du Premier Ministre néerlandais Mark Rutte à la lettre du Centre Simon Wiesenthal est, à présent, du domaine public. Rutte écrit que les déclarations de ces jeunes sont « choquantes et répréhensibles ». Il promet une série détaillée d’enquêtes et d’actions-5-[5]. Il serait important que le Centre Simon Wiesenthal examine, un peu plus tard dans l’année lesquelles, parmi les promesses du Premier Ministre, se sont concrétisées. En effet, au cours de ces toutes dernières années, on a assisté à la tenue de trois discussions sur la question de l’antisémitisme, au Parlement hollandais. Elles n’ont, cela dit, mené à aucun résultat concret, dans la lutte contre l’antisémitisme, dans ce pays.

 

Les mauvaises nouvelles, en provenance des Pays-Bas, qui ont impacté la vie des Juifs, ont continué d’affluer, au cours des dernières semaines. La Municipalité de Bronckhorst a décidé que sa délégation officielle, pour la Journée Nationale du Souvenir du 4 mai, rendra également les honneurs aux soldats tombés au combat de l’Allemagne Nazie, qui sont enterrés dans le village, en même temps qu’aux Hollandais morts durant la Seconde Guerre Mondiale. L’an dernier, un Juge est parvenu in extremis à l’empêcher, mais ne plus haute instance des Tribunaux a, depuis lors, assoupli cette interdiction-6-[6].

 

Un nouveau rapport, préparé par la Fondation Anne Frank, démontre que les plaintes à cause d’actes antisémites graves, reçus par la police, ont augmenté, de 19, en 2010 à 30, en 2011. Le nombre total de plaintes pour incidents antisémites est demeuré au même stade, à 2700 enregistrements. Ce vaste nombre de plaintes n’est qu’une fraction de ce qui se passe en réalité, puisque beaucoup de gens n’osent pas en faire mention aux organisations chargées de l’observation du problème-7-[7].



MDI, une organisation, qui traque la discrimination sur les sites internet hollandais, a trouvé que, pour 2012, l’antisémitisme et la négation de la Shoah était, de loin, la catégorie dominante, suscitant la haine sur Internet, à 28%. Elle est suivie par les expressions de haine envers les Musulmans, à 19%. Cela va à l’encontre de l’environnement local, aux Pays-Bas, où les Musulmans représentent environ 1 million de personnes, soit au moins 20 fois le nombre de Juifs. MDI conclut que l’antisémitisme contemporain s’est enraciné dans la mentalité des Pays-Bas. MDI a, également, mentionné que c’est le moment choisi par le Gouvernement pour annuler sa subvention à cet organisme, prétextant que c’est dû à de simples considérations budgétaires-8-[8].

 

Le mois dernier, le député Dion Graus, du Parti de la Liberté, conduit par Geert Widers, a proposé ne motion visant à interdire l’abattage rituel, que l’animal soit, ou non, assommé. Il n’existe aucune majorité soutenant cette position, pourtant, il s’agit d’un nouvel indicateur de l’obsession hollandaise pour le droit des animaux, qui peut être comparé avec la négligence envers les problèmes « bénins », relatifs à l’antisémitisme, dans le pays.-9-[9] 

 

On vient, maintenant, d’apprendre, plus de 65 ans après la Seconde Guerre Mondiale, que la ville d’Amsterdam poursuivait des centaines de survivants juifs de la Shoah, pour impayés d’impôts, alors qu’ils étaient détenus dans des camps d’extermination ou en train de se cacher des Nazis-10-[10].

 

Tout cela survient dans un contexte où le gouvernement hollandais continue, avec opiniâtreté, de refuser de présenter ses excuses pour l’échec du gouvernement en exil à Londres, durant la Seconde Guerre Mondiale, de faire face à ses responsabilités, envers sa population juive hollandaise persécutée. Presque tous les autres gouvernements européens, depuis, ont, soit présenté des regrets ou admis la culpabilité de leurs autorités pour leur conduite sous l’occupation nazie.

 

Concernant Israël, le gouvernement hollandais veut faire voter une législation qui imposera de labéliser tous les produits en provenance des territoires disputés du Judée-Samarie/Cisjordanie. Aucune loi de cet acabit n’a jamais été proposée, à cause de l’occupation turque d’une partie de Chypre ou des zones entières du Sahara Occidental occupées par le Maroc-11-[11].

 

Le dirigeant du second parti hollandais par ordre d’importance, Diederik Samsom s’en est pris à Israël, lors du premier congrès de son parti sur le Moyen-Orient. Il a prétendu qu’Israël transgresse les lois internationales. Samson a « oublié » de mentionner que les Pays-Bas eux-mêmes, ne se conforment pas aux lois internationales-12-[12]. En dépit du fait qu’ils sont signataires de la Convention de l’ONU sur la Prévention des Génocides, il ne cherche pas à traîner l’Iran devant un Tribunal International.

 

Si le gouvernement Hollandais est effectivement et finalement, prêt à agir contre l’antisémitisme, il devra, d’abord, enquêter, de façon très détaillée, sur ses sources et sa nature. On devrait insister sur son influence au sein de la population musulmane, puisqu’il existe de nombreux indicateurs que l’antisémitisme s’y propage de façon bien plus étendue et que ses expressions sont bien plus graves, qu’au sein de la population d’origine locale.

 

En outre, on doit envisager tous ces points dans le contexte de diabolisation extrême d’Israël. Presque 39% des membres de la population hollandaise pense qu’Israël tente d’exterminer les Palestiniens. Ces données ont été censurées par les médias néerlandais-13-[13]. Toute enquête sur l’antisémitisme aux Pays-Bas devrait aussi examiner comment cette opinion diabolique s’est répandue et qui, exactement, l’a propagée.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.  



[1]-1- Elma Drayer, “Het taboe op Jodenhaat is verdwenen”, Trouw, 28 February 2013. [Dutch] 

[2]-2- Manfred Gerstenfeld, “Dutch press tries to hide anti-Semitic incident”, Jerusalem Post, 17 March 2013.

[3]-3- Letter from the Simon Wiesenthal Center, Los Angeles, USA,  to the Honorable Mark Rutte, Prime Minister of the Netherlands, 6 February 2013.

[4]-4- “Asscher praat met bedreigde jongerenwerker”, Telegraaf, 14 March 2013. [Dutch] 

[5]-5- Letter from Prime Minister of the Netherlands, Mark Rutte, to the Simon Wiesenthal Center Los Angeles, USA, 19 March 2013.

[6]-6- “Bronckhorst loopt mee langs Duits graf,” Reformatorisch Dagblad,  27 March 2013. [Dutch]

[7]-7- “Meer ‘zware’ antisemitische incidenten gemeld”, Volkskrant, 28 March 2013. [Dutch]

[8]-8- Website of Dutch Complaints Bureau of Discrimation on the Internet  (Meldpunt Discriminatie Internet)

www.meldpunt.nl/nieuws/jaarverslag-mdi-2012-antisemitisme-op-nr-1

[10]-10- Cheryl K. Chumley, “Amsterdam taxed, fined Holocaust Jews in hiding – and in Nazi camps”, Washington Times, 2 April 2013.

[11]-11- Jurre Plantinga, “Timmermans laat zich voor karretje anti-Israel lobbyisten spannen,” Trouw, 12 March 2013. [Dutch]

[12]-12- Afsluitende speech Diederik Samsom – Midden-Oosten debat PvdA te Zwolle, 2 March 2013. [Dutch]

www.pvda.nl/berichten/2013/03/Toespraak+grote+PvdA+Midden-Oosten+debat

[13]-13- Manfred Gerstenfeld, “Nederlands Duivelse visie op Israel, Dagelijkse Standaard, 6 March 2013. [Dutch]

 

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 14:19

 

Eppel (Copier)

Sammy Eppel

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Sammy Eppel

 

 

“Lorsqu’Hugo Chavez a été élu Président du Venezuela, en 1998, il y avait environ 25 000 Juifs dans le pays, y compris les gens vivant à l’écart de la communauté. Actuellement, la communauté juive a chuté, à peine, à 9 000 âmes.

 

“ La raison essentielle de l’émigration des Juifs, tout au long de ces années, découle, pour une bonne part, d’une réaction à l’antisémitisme et à l’antisionisme du régime de Chavez. Les Juifs ont quitté le pays, principalement pour les Etats-Unis. D’autres sont partis en Colombie, a Panama, au Costa Rica, au Mexique et en Israël.

 

Sammy Eppel est membre de l’organisme dirigeant de la Communauté Juive venezuelienne (CAIV). Il est directeur exécutif de la Commission des Droits de l’Homme du B’nai Brith au Venezuela.

 

Il poursuit : “Chavez est arrivé au pouvoir grâce à sa rhétorique populiste, des promesses d’égalité, des assurances disant qu'il renforcerait les institutions démocratiques et entreprendrait de combattre sérieusement la corruption. Il a convoqué une Assemblée Constitutionnelle Nationale qui a voté une nouvelle constitution. Par la suite, cette même constitution n’a eu de cesse de subir de graves violations, de façon répétée.

 

 

“Grâce à un discours constant visant à diviser pour mieux régner, il a réduit en miettes les institutions démocratiques. Chavez a concentré, de façon croissante, tous les pouvoirs entre ses mains. Même les pouvoirs législatifs et judiciaires ont dû suivre ses directives. Les élections ont surtout servi à faire croire au reste du monde qu’il agissait de manière démocratique. Le conseil électoral était destiné à être dirigé par des indépendants, mais en fait, il a, très vite, été phagocyté par des partisans du gouvernement.

 

“La corruption rampante a fait la fortune d’un grand nombre de nouveaux millionnaires. On a entraîné et armé des groupes paramilitaires pour « défendre la révolution ». La criminalité est à son niveau le plus haut jamais atteint. Caracas est, à présent, une prétendante sérieuse au tire de capitale mondiale du crime.

 

“Les relations de Chavez avec la Communauté juive ont été problématiques depuis les tous débuts. Lors de la campagne présidentielle de 1998, la communauté a invité tous les candidats à s’exprimer face à elle. On a demandé à Chavez d’expliquer ses relations étroites avec l’antisémite et négateur de la Shoah, Norberto Ceresole, un sociologue argentin. Chavez a répliqué qu’il ne faisait que le conseiller sur des sujets concernant les cours d'eau et les frontières.

 

“Cela dit, dès que Chavez a été élu Président, Ceresole a publié une “bible” pour tous les révolutionnaires. Elle s’intitulait : ‘”Caudillo, Ejercito, Pueblo” qu’on peut traduire par « Un seul Chef, une seule Armée, un seul Peuple », tel est le Venezuela du Commandant suprême Chavez ». Le premier chapitre commençait par : « Le Problème Juif ». Du fait de sa nature foncièrement antisémite, il n’y a eu qu’une seule et unique édition. Pourtant, le texte est resté disponible sur les sites internet sous le parrainage du gouvernement, jusqu’en 2009. Il a été téléchargé par des centaines de milliers de disciples de Chavez. Ce n’est donc pas très surprenant que les relations entre la Communauté Juive et le gouvernement Chavez soient restées tendues depuis lors.

 

“On a aussi assisté à des incidents antisémites sans précédent, dans toute l’histoire du Venezuela. En 2004, la police politique a fait une descente à l’intérieur de l’Ecole Juive de Caracas et du Centre « Hebraica », prétextant une fouille pour y chercher des armes et des explosifs. Evidemment, elle n’a rien trouvé. Chacon, le Ministre de l’Intérieur de l’époque, a dû expliquer que s’est arrivé à la suite d’un appel téléphonique anonyme par téléphone. Ce raid a provoqué un grand trouble, chez les Juifs locaux, qui ont commencé à envisager sérieusement d’émigrer. Un nouveau raid identique s’est produit, encore une fois, en 2007.

 

Le Ministre de l'Intérieur Tarek Al-Aissami, (fils du représentant venezuelien du Baath irakien).

 

“En 2009, la plus ancienne synagogue de Caracas, Tiferet Israël, a subi l’invasion d’un gang constitué, essentiellement, d’officiers de police. Sur le plan hiérarchique, ils dépendaient directement du Ministre de l’Intérieur du moment, Tarek Al-Aissami. On n’enregistre guère de violence de rue contre les Juifs, dans ce pays, où l’antisémitisme a toujours été historiquement faible. Avec les accusations d’empoisonnement de Chavez par « ses ennemis », après sa mort, la communauté juive craint que certains éléments radicaux ou même un aliéné mental solitaire soit tenté de « venger » la mort du Commandant, en s’attaquant à des Juifs. Des graffitis de menaces de cet acabit ont commencé à apparaître sur les murs.

 

“Le régime contrôle plus de 700 publications de presse au Venezuela, y compris les chaînes de TV et stations de radio, la presse écrite et les réseaux Internet. Depuis 2004, les médias d’Etat ont maintenu un barrage constant de fausses accusations, d’intimidation et d’incitation anti-juive. La Communauté juive a embauché quatre professionnel, afin d’observer et de faire des rapports sur la nature de ces attaques incessantes. Les milliers d’agressions par voie de presse qu’on a enregistrées ne constituent qu’une faible part de la globalité de ce matraquage, du fait des limites de nos capacités d’observation.

 

 

“Le Venezuela a rompu toutes relations diplomatiques avec Israël, en 2009. L’antisémitisme de Chavez était de nature politique. Il a renforcé ses relations étroites avec l’Iran, en multipliant les attaques contre Israël, le Sionisme et les Juifs. Ces sentiments ont été exportés en Bolivie et au Nicaragua. Il a aussi parrainé, à l’échelle planétaire, un cercle « d’intellectuels », de journalistes et de politiciens qui font la promotion d’un discours anti-israélien.

 

“Chavez a aussi ouvert les portes de l’Amérique Latine à certains des pires violateurs des droits de l’homme au monde. En plus des Iraniens et de leurs supplétifs, son carnet d’adresses comprenait Omar El-Béchir, du Soudan, Kadhafi, Mugabe, Saddam Hussein et la famille Assad. Le Venezuela est, également, devenu une plaque tournante du trafic de drogues.

 

 

“La Communauté juive du Venezuela a toujours été attaché à Israël. Après 2009, il y a eu des restrictions de visas pour les détenteurs de passeports israéliens, qui ont rendu difficiles les réunions familiales avec des Israéliens. C’est devenu une incitation supplémentaire à l’émigration juive.

 

“La plus ancienne école juive a dû fermer. Tous les étudiants sont, à présent, regroupés dans une seule et même installation. Les deux principales synagogues, fondées depuis les origines, sont situées dans des zones, ajourd'hui, envahies par le grand banditisme et elles parviennent difficilement à rassembler suffisamment de fidèles pour [constituer le Minyan : 10 hommes et] honorer les offices. Lorsque les Juifs du Venezuela formaient une communauté nombreuse et prospère, nous avons construit des institutions essentielles à la vie juive, y compris des écoles, des synagogues, des maisons de retraite pour personnes âgées, des centres communautaires, des cimetières et même des centres médicaux. De nos jours, le simple fait de préserver les institutions juives subsistantes est devenu difficile ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.  

 

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 10:11

 

 

Pelinka (Copier)

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Anton Pelinka

 

 

“En Autriche, l’Antisémitisme s’exprime à travers des préjugés traditionnels et se dissimule, également, derrière l’antisionisme. On observe encore la tendance à identifier les Juifs à l’exploitation et au capitalisme purement spéculatif, parmi certains secteurs de la société autrichienne – particulièrement chez les personnes plus âgées et moins cultivées. En même temps, de façon perverse, les Juifs sont souvent identifiés comme responsables de toutes les sortes de communisme. Il n’y a, cependant, eu aucun rapport sur des violences antisémites dans le pays, depuis un certain nombre d’années.

 

“La Communauté juive est petite, en Autriche. Elle se chiffre à seulement 10. 000 membres, dont environ 9000 résident à Vienne. Les Juifs représentent ainsi guère plus d’un pour mille habitants de la population totale de l’Autriche, qui est de 8, 5 millions. »

  

Le Professeur Anton Pelinka est un chercheur en sciences politiques de premier plan, réputé sur le plan international. Il est Professeur d’études sur le Nationalisme et en Sciences Politiques, à l’Université d’Europe Centrale de Budapest.

 

“Les auteurs d’actes antisémites proviennent de différents milieux. Plusieurs viennent d’organisations d’Extrême-Droite, certains sont liés au Parti de la Liberté de la Droite dure. L’un des aspects de leur antisémitisme correspond au révisionnisme historique, qui va de la négation de la responsabilité allemande dans la Seconde Guerre Mondiale à sa forme la plus extrême : la négation de la Shoah.

 

“Un deuxième secteur d'expression de l’antisémitisme, quoique restant plutôt minoritaire, correspond aux catholiques les plus conservateurs. Ils revivifient les vieux stéréotypes chrétiens éculés, y compris celui qui dit que « Les Juifs sont les meurtriers du Christ ». On trouve, parmi eux, la « Pius Brudershaft » (Les Frères de Pius). Un troisième groupe correspond aux « Antisionistes » d’extrême-gauche et aux militants antiglobalisation.

 

“La Ligue de l’Amitié Austro-arabe” est un lobby ouvertement anti-israélien. Elle dispose de plusieurs entrées au sein du Parti Social- Démocrate. Cette organisation est constituée essentiellement de gauchistes autrichiens qui prétendent poursuivre la politique antisioniste de l’ancien Chancelier juif décédé, Bruno Kreisky. Elle semble bien avoir perdu de son influence, au détour des soulèvements dans les pays arabes, continuels depuis 2011.

 

“L’actuel gouvernement en Autriche – une coalition entre les Sociaux-Démocrates et le Parti conservateur du Peuple Autrichien – fait habituellement attention à ne pas prendre parti, lorsqu’il est question du conflit israélo-arabe. Pourtant, en 2012, lorsque l’UNESCO devait décider si les Palestiniens pouvaient en devenir membres, l’Autriche s’est prononcée en faveur de cette résolution. L’Autriche a aussi voté en faveur du statut « d’Etat non-membre observateur » de la Palestine à l’Assemblée Générale de l’ONU.

 

“Certains hommes politiques autrichiens sont des habitués des déclarations hostiles à Israël. Le cas le plus extrême de « deux poids-deux mesures », qui a toujours fait partie des traits caractéristiques de l’antisémitisme, s’est exprimé au cours du printemps 2010. A cette époque, la totalité du Conseil Municipal de Vienne – composé de Sociaux-Démocrates, du Parti de la Liberté, du Parti du Peuple Autrichien et des Verts – a violemment critiqué l’attaque d‘Israël sur le Mavi Marmara, le navire turc de la Flottille sur Gaza. Cela dit, on constate que le Conseil n’a jamais condamné la Syrie.

 

“On trouve un autre exemple, en mai 2012, quand le Social Démocrate Norbert Darabos – qui était encore Ministre de la Défense- déclare qu’Avigdor Lieberman était « insupportable », en tant que Ministre israélien. Cette discrimination ciblée était une illustration-type du genre de distorsions latentes contre Israël, qui traversent tous les partis du spectre politique, en Autriche. Darabos ne se fait jamais entendre par des remarques acerbes sur aucun autre Ministre des Affaires étrangères.

 

Kronenzeitung, le plus important quotidien d’Autriche en circulation, véhicule une approche très ambivalente : le journal est modérément pro-israélien, mais minimise aussi les illustrations d’extrémisme néo-nazi et d’extrême droite. Le deuxième quotidien le plus important, Kurier, est traditionnellement pro-Israélien et aussi plus critique au sujet des aspects du passé nazi de l’Autriche. Les quotidiens « de qualité » les plus lus, Die Presse et Der Standard, ne commettent généralement pas de distorsions, quand ils traitent d’Israël. Der Standard critique le laisser-faire et les mesures inapproriées des autorités autrichiennes, dans leur traitement des groupes néo-nazis. Son journaliste Hans Rauscher – et l’hebdomadaire Profil publient les cas d’antisémitisme, de façon régulière.

 

“Les medias autrichiens sont très volatiles. Ils utilisent souvent les agissements et déclarations d’hommes politiques comme le Premier Ministre Binyamin Netanyahou, pour illustrer des campagnes de dénigrement anti-israélien plus systématiques. La politique israélienne subit des critiques dans des termes bien plus violents que les mêmes politiques dont sont responsables la France, l’Egypte, l’Autriche ou l’Iran. De tels double-standards sont évidents sous plusieurs angles. Par exemple, quand  un enfant palestinien est tué par un soldat israélien à Gaza, cela fait scandale. Mais il n’y a pas la moindre manifestation de désapprobation, quand ce sont des centaines d’Arabes qui se font massacrer en Syrie, à un rythme quotidien, par  d’autres Arabes.

 

“Il existe, cependant, des groupes qui combattent l’antisionisme. L’un d’eux s’appelle « Café Critique », qui est, essentiellement composé de jeunes intellectuels. Ils dénoncent les distorsions anti-israéliennes produites par certains médias, c’est-à-dire chaque fois que la nécessité existentielle, pour Israël, de se défendre reste délibérémentdans l'ombre. Ils s’opposent, également, à l’antisémitisme dans le monde musulman, particulièrement en Iran.

 

“Le nombre de Musulmans en Autriche est, approximativement, d’un demi-million. La plupart vit à Vienne et, dans une moindre mesure, dans des petites villes industrielles, à l’Ouest de l’Autriche. Il s’agit, principalement, d’immigrés de première et seconde génération, appartenant aux couches socioéconomiques les moins favorisées de la société. De nombreux Musulmans d’origine turque ou bosniaque sont laïcs. Il y a une minorité fondamentaliste, ainsi qu’un petit groupe de convertis issus du Christianisme. Ils comprennent des fondamentalistes extrémistes ayant des liens avec des groupes apparentés aux Talibans au Pakistan.  

 

Pelinka conclut : “Il serait de bon aloi pour Israël, qu’il invite des hommes politiques jeunes, provenant des principaux partis autrichiens, à lui rendre visite – excepté ceux du Parti de la Liberté-. Ils pourraient ainsi découvrir un pays qui n’est pas uniquement celui des survivants de la Shoah, mais aussi une démocratie complexe et multiculturelle ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.  

 

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 10:21

 

 

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Par Manfred Gerstenfeld

 

On a assisté, ces dernières semaines, à des évènements très surprenants, en Norvège. Le Député conservateur Peter Gitmark a déclaré, à la télévision, que son pays finance indirectement des terroristes palestiniens -1-. Les trois plus importants partis du pays : les Conservateurs, le Parti du Progrès et les Chrétiens Démocrates, ont réclamé une enquête sur le financement norvégien de l’Autorité Palestinienne, menée par la Commission Parlementaire d’Examen des Affaires Constitutionnelles-2-. Cette Commission a requis du Ministère des affaires étrangères qu’il fournisse la documentation appropriée, afin de clarifier la question du financement des salaires palestiniens versés à des individus convaincus de terrorisme-3-.

 

Le Ministre des affaires étrangères, Barth Eide, a avoué que son prédécesseur, Jonas Gahr Stoere, avait trompé, par deux fois, le Parlement-4-. Il avait déclaré, en 2011 et 2012, que son Ministère savait où allait l’argent de l’assistance norvégienne à l’Autorité Palestinienne et que les terroristes condamnés, dans les prisons israéliennes, ne recevaient qu’un peu d’argent de poche pour la cafétéria, alors qu’en réalité, leurs familles perçoivent un soutien financier réel. Le Secrétaire d’Etat Torgeir Larsen a, maintenant, dévoilé que les prisonniers des geôles israéliennes accomplissant de lourdes peines reçoivent des pensions consistantes de la part de l’AP-5-. Ces détenus ont la liberté de choisir à qui ils veulent donner cet argent-6-. Contribuant à hauteur de 50 millions de $ par an à l’AP, la Norvège est l’un de ses donateurs les plus importants-7-.


La télévision d’Etat NRK a diffusé une émission, le 28 février, dans laquelle elle affirmait qu’une partie de l’argent des contribuables norvégiens va directement dans la poche des assassins palestiniens détenus dans les prisons israéliennes-8-[8]. Ces révélations étaient d’autant plus remarquables que NRK affiche un long palmarès de distorsions anti-israéliennes et de reportages orientés sur le Moyen-Orient.

 

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Ibrahim Hamed, condamné pour avoir tué 46 Israéliens.

 

Tout ce qui précède découle d’informations fournies par Palestinian Media Watch (PMW, l’Observatoire des Médias Palestiniens). Elles démontraient que l’AP utilise l’argent de son budget pour verser des salaires à tous les prisonniers palestiniens présents dans les prisons israéliennes pour des atteintes graves à la sécurité. Ses bénéficiaires comprennent ceux qui exécutent plusieurs condamnations à vie pour meurtres. Parmi eux, on trouve Ibrahim Hamed, l’homme qui a planifié l’attentat à la bombe contre la cafétéria de l’Université Hébraïque, condamné pour l’assassinat de 46 Israéliens-9-.

 

Jusqu’à très récemment, la critique la plus forte de la mauvaise conduite massive du gouvernement norvégien, dominé par le Parti Travailliste, provenait généralement de l’étranger. Le livre, en 2008 de l’auteur de cet article, Behind the Humanitarian Mask : The Nordic Countries, Israel and the Jews (Sous le masque de l’Humanitaire : les Pays Nordiques, Israël et les Juifs) restait une voix étrangère isolée, démontrant que la Norvège est un pays pionnier dans la promotion de la haine anti-israélienne et des actes antisémites. Les réactions de la plupart des médias norvégiens à ce réquisitoire ont constitué un classique du genre contre les dissidents de l’intérieur autant que contre les critiques extérieurs. Il n’est pas nécessaire de les mentionner, mais lorsqu’il paraît inévitable de les empêcher de parler, ils sont, tout simplement, diabolisés.

 

Il n‘y avait pas, à l’époque, d’études menées sur l’antisémitisme en Norvège et, ainsi, aucune statistique disponible pour étayer cette information nourrie d’anecdotes massives. Même la petite communauté juive norvégienne organisée –avec moins de 900 membres – tentait de minimiser publiquement le haut degré d’antisémitisme.

 

D’une manière, en quelque sorte, identique, en 2010, presque tous les mass médias norvégiens ont censuré une lettre, que l’ancien Sénateur américain Sam Brownback a fait parvenir à l’ambassadeur norvégien à Washington-10- . Il y exprimait ses préoccupations concernant l’antisémitisme et l’antisionisme norvégien. Elles étaient accompagnées d’une documentation provenant du Centre Simon Wiesenthal, dressant une liste d’exemples d’incitation à la haine anti-israélienne, soutenue par le Roi, le Premier Ministre, le Ministre des Affaires étrangères, le Ministre des Finances et l’adjoint au Ministre de l’environnement de Norvège. Pour autant qu’on le sache, Brownback n’a jamais reçu la moindre réponse.


Une percée dans l’exposition du problème, à l’étranger, s’est produite, lorsque le Professeur de Droit d’Harvard, Alan Dershowitz s’est rendu en visite en Norvège, en 2011. Les universités d’Oslo, de Bergen et de Trondheim ont refusé sa proposition de conférence libre sur le thème d’Israël face la loi internationale. Les syndicats étudiants ont alors organisé des conférences alternatives-11-. A la suite de quoi, Dershowitz a écrit un article dans le Wall Street Journal, expliquant que la Norvège lui rappelait l’attitude de l’Afrique du Sud sous le régime de l’Apartheid-12-.

 

Quelques mois plus tard, une étude commanditée par la Municipalité d’Oslo démontrait qu’un tiers de tous les élèves Juifs des lycées sont harcelés verbalement ou physiquement, au moins deux à trois fois par mois-13-. Une étude de 2012, menée par le Centre d’Etudes sur la Shoah et les Minorités Religieuses démontrait que 38% des Norvégiens sont d’accord avec la déclaration qu’Israël se comporte envers les Palestiniens de la même façon que les Nazis ont agi envers les Juifs-14-. Dans leurs conclusions, les auteurs de l’étude dissimulaient ces découvertes en ne les incluant pas dans leurs statistiques de l’antisémitisme. Ils étaient, pourtant, parfaitement conscients que désigner Israël comme un Etat Nazi correspond précisément à la définition de l’antisémitisme, selon la définition de travail de l’Union Européenne sur l’Antisémitisme.

 

Pendant ce temps, des voix qui s’élevaient, de l’intérieur de la Norvège, contre cette incitation à la haine antisioniste, se sont faites plus fortes. L’une d’elles est celle de l’Organisation MIFF, qui soutient Israël. Une seconde correspond à celle d’un écrivain réaliste de premier plan, Hanne Nabintu Herland. Elle affirme que la Norvège est le pays occidental le plus antisémite-15-. Sa position dans son propre pays est si prédominante que même les principaux médias nationaux ont dû en rendre compte.

 

A l’heure actuelle, les partis d’opposition sont bien en tête dans les sondages, en vue des élections parlementaires de septembre 2013 -16-. Les deux plus grands – les Paris Conservateurs et du Progrès se sont déjà accordés sur un changement positif d’attitude envers Israël, s’ils l’emportent -17-. Dans ce contexte, la pression actuelle sur le gouvernement, pour qu’il cesse de financer des terroristes palestiniens devient encore plus significatif.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski

 

-1-«Dagsrevyen, 13: Gjest Peter Gitmark,» NRK 28 February 2013,  http://tv.nrk.no/serie/dagsrevyen/nnfa19022813/28-02-2013#t=22m11s

-2-«Frp: Norge bør true palestinerne med pengestans,» Dagen, 11 March 2013, http://www.dagen.no/2013/03/11/samfunn/palestinere/palestinske_selvstyreomrader/fanger/114951

-3-Ibid.

-4-«Feilinformerte Stortinget om pengestøtte til palestinske fanger ,» Verdens Gang, 12 March 2013, http://www.vg.no/nyheter/utenriks/artikkel.php?artid=10108398

-5-«Dagsrevyen, 12: Lønn til Palestinske terror-fanger,» 28 February 2013, http://tv.nrk.no/serie/dagsrevyen/nnfa19022813/28-02-2013#t=18m16s

-6-“PMW report in UK Parliament: UK money pays terrorist salaries,” Palestinian Media Watch, http://palwatch.org/main.aspx?fi=157&doc_id=7592

 -8-Ibid.

 -9-“Norwegian MP says government "indirectly" funds terrorism,” Palestinian Media Watch, 6 March 2013, http://palwatch.org/main.aspx?fi=157&doc_id=8630

-10-Letter by Senator Sam Brownback to Ambassador Wegger Strommen, 3 August 2010.

-11-«Avvist av universiteter, studenter tar imot ham,» Vårt Land,  23 March 2011, http://www.vl.no/samfunn/avvist-av-universiteter-studenter-tar-imot-ham/

  -12- «Kartlegging av kunnskaper og holdninger på området rasisme og antisemittisme, Perduco, April 2011,

-13-http://www.utdanningsetaten.oslo.kommune.no/getfile.php/utdanningsetaten%20(UDE)/Internett%20(UDE)/PED/Dok/Rapport_UDA_7.6.2011.pdf

-14-«Antisemittisme i Norge? Den norske befolkningens holdninger til jøder og andre minoriteter,» HL-senteret. 20 May 2012 , http://www.hlsenteret.no/publikasjoner/antisemittisme-i-norge

 15-Manfred Gerstenfeld, “Norway the Most Anti-Semitic Country in the West,” interview with Hanne Nabintu Herland, Israel National News, 20 March 2012. 

-16-“Ny blåblå rekord på meningsmåling,” Aftenposten, 14 March 2013.  http://www.aftenposten.no/nyheter/iriks/Ny-blabla-rekord-pa-meningsmaling-7146948.html#.UUl2LRyeMrt

[17]-17- Høyre og Frp varsler mer Israel-vennlig politikk,” Dagbladet, 7 December 2012. http://www.dagbladet.no/2012/12/07/nyheter/politikk/israel/palestina/innenriks/24717585/

 

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 15:24

 

 

Gold (Copier)

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe l’Ambassadeur Dore Gold

 

 

 

“Israël ne peut pas compter sur le soutien de l’Europe, lorsque surviennent des votes cruciaux à l’Assemblée Générale de l’ONU. On a pu en avoir une nouvelle preuve, lors du vote de l’Assemblée Générale de novembre 2012, visant à offrir le statut d’Etat non-membre observateur aux Palestiniens. La République Tchèque était le seul état européen à voter contre l’initiative palestinienne. C’est vrai, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne étaient parmi les principaux états européens à s’abstenir ; mais la Belgique, Chypre, la France, la Grèce, l’Italie, le Portugal et l’Espagne ont tous appuyé les Palestiniens.

 

“On doit insister sur le fait que l’Europe a signé l’Accord Intérimaire d’Oslo II, en 1995, qui interdit juridiquement les actes unilatéraux de cette sorte, mais cela n’a pas arrêté les Etats européens dans leur volonté de voter aux côtés des Palestiniens. De plus, depuis de nombreuses années déjà, l’Assemblée Générale de l’ONU fait passer environ 20 résolutions anti-israéliennes par an. Dans certains cas, les Européens s’abstiennent, pourtant, la plupart soutient ces résolutions, ensemble avec le mouvement des non-alignés (MAN) ».

 

 Dore Gold est Président du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, depuis 2000. Il a été ambassadeur d’Israël auprès des Nations-Unies entre 1997 et 1999.

 

Il poursuit : “Si on veut obtenir une bonne perspective sur la façon dont l’attitude de l’Europe envers Israël s’est dégradée, de plus en plus, au cours des dernières années, il est utile de se rappeler comment le droit d’Israël de préserver des frontières sécurisées s’est érodé, avec l’assistance active de l’Europe. Après la Guerre des Six-Jours de 1967, c’est la Grande-Bretagne qui a aidé à rédiger la résolution 242 du Conseil de Sécurité, appelant à un retrait israélien « de territoires », mais non de « tous les territoires », de façon à pouvoir obtenir des « frontières sûres et reconnues ».

 

“Mais, dès que la Grande-Bretagne a rejoint la Communauté Economique Européenne (CEE), en 1973, sa position concernant les droits d’Israël a eu tendance à s’aligner sur les lignes directrices européennes. La CEE a diffusé une résolution conjointe, le 6 novembre 1973, qui insistait sur le retrait complet d’Israël sur les lignes d’armistice de 1949. Cela allait à l’encontre de la Résolution 242 du Conseil de Sécurité. La diplomatie européenne a, à certaines occasions, aussi cherché à affaiblir les revendications d’Israël sur Jérusalem et même à saper la position d’Israël sur la partie occidentale de la Ville.

 

“Une attitude européenne similaire était manifeste, lors des Sessions Spéciales d’Urgence de l’Assemblée Nationale. Ces pays sont invités, dès qu’environ 90 états membres y sont convoqués. Une telle session peut avoir lieu à n’importe quel moment de l’année, pas seulement quand l’Assemblée Générale est réunie en session, entre septembre et décembre. Le plus fréquemment, l’ONU n’est pas désireuse de prendre des mesures contre le génocide. Elle n’a pas réussi, par exemple, à convoquer le Conseil de Sécurité ou les Sessions Spéciales d’Urgence de l’Assemblée Générale, pour le Rwanda ou le Darfour au Soudan.

 

“Cela dit, les Sessions Spéciales d’Urgence ont pu se donner libre cours, avec le soutien européen, pour discuter de problèmes extrêmement marginaux, concernant la paix mondiale et la sécurité, à partir du moment où Israël était impliqué. Par exemple, en juillet 1997, les Etats arabes sont parvenus à convoquer une Session Spéciale de l’Assemblée Générale de cet acabit. Cela traitait des pratiques de construction israélienne, à Jérusalem-Est, à Har Homa, une colline désertique. Dans toute l’histoire de l’ONU, à peine dix sessions spéciales d’urgence ont eu lieu. Souvent, c’est la même session qui a été re- convoquée plusieurs fois de suite. Presque toutes traitaient du Moyen-Orient et d’Israël.  

 

“J’étais ambassadeur d’Israël à l’ONU quand la Session Spéciale d’Urgence, qu’on vient d'évoquer, s’est réunie pour mettre Har Homa sur la sellette. J’ai fait une recherche pour savoir si elle s’était réunie quand les Soviétiques ont envahi l’Afghanistan ou la Tchécoslovaquie, quand le Vietnam a envahi le Cambodge, ou la Turquie a envahi Chypre, ou quand l’Inde a envahi le territoire pakistanais, ou quand le Maroc a envahi le Sahara Occidental.

 

“Il s’est avéré qu’en cinquante ans d’existence, depuis la signature de la 4ème Convention de Genève, la Communauté Internationale n’a jamais recommandé la réunion des pays –membres contractant au plus haut niveau, dans aucun conflit. Le seul dossier qui demeure, jusqu’à aujourd’hui, concerne la construction d’appartements sur une colline de Jérusalem. Cette session a été décidée avec le soutien total de l’Europe. De surcroit, cette montée au créneau a conduit à la politisation des lois internationales humanitaires et à l’affaiblissement des conventions internationales.

 

“Beaucoup de gens vivent dans l’illusion que les relations d’Israël avec les Nations-Unies – et, par conséquent, aussi les Européens votant les cadres légaux qu’elle préconise- se sont réellement améliorées au cours des années 1990, durant la période où les Accords d’Oslo se sont instaurés. Une des premières choses que j’ai faites quand je suis arrivé à New-York, en 1997, a été de compulser les livres épais sur les cadres de vote, afin de voir comment les divers membres de l’ONU se pronçaient sur les problèmes cruciaux ayant trait à Israël.

 

“Mes découvertes se sont avérées exactement inverses à ce mythe d’un idylle merveilleuse entre Israël l’ONU, au cours des années 1990. Le premier Accord d’Oslo a été signé le 13 septembre 1993. En moins de trois mois et un jour, à partir de cette signature, le 14 décembre 1993, l’Assemblée Générale de l’ONU a commencé à adopter sa longue liste habituelle de résolutions anti-israéliennes.

 

“En juillet 2004, l’Assemblée Générale a adopté une résolution soutenant l’opinion du conseil de la Cour Internationale de Justice contre la barrière de sécurité qu’Israël construisait pour se protéger. On aurait pu s’attendre à ce que l’UE s’abstienne au cours de ce scrutin. Mais, avec la France à sa tête, l’Union Européenne a voté pour cette résolution.

 

“Les Européens ont, de longue date, des normes à double-standard d’une portée considérable, concernant la façon dont ils traitent Israël, d’un côté, et le Monde Arabe, de l’autre. Ils font pression sur Israël et marchent sur des œufs, dès qu’il s’agit des Etats arabes ou islamiques radicaux. De là à diaboliser le peuple juif tout entier, il n’y a qu’un pas. Ce processus soude l’antisionisme et les assauts contre les droits légitimes du peuple juif, à l’antisémitisme. Le fondement de cette perception a été posé grâce au soutien de l’UE.

 

“La position européenne à l’ONU n’est pas seulement un indicateur important de l’iniquité politique européenne envers Israël, mais aussi de sa propre faillite morale. L’Europe n’est jamais en posture de présenter pour Israël des remèdes à sa situation sécuritaire. Il est difficile de comprendre la source de cette faiblesse intellectuelle de l’Europe. Je me demande toujours si c’était pour de pures convenances politiques, ou ces représentants croient vraiment en ce qu’ils font et disent ».

 

L’Ambassadeur Gold conclut : “L’antisémitisme chrétien traditionnel est fondé sur des arguments théologiques. L’antisémitisme moderne repose sur une argumentation politique. Pourtant, tous les deux emploient de fausses accusations classiques contre le peuple juif ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 15:32

 

      Par Manfred Gerstenfeld

 

Initialement, la presse néerlandaise était parvenue à plonger dans l’oubli les remarques profondément antisémites de jeunes Turcs, lors d’une émission TV sur une chaîne hollandaise à grande audience, le 17 février. Ces jeunes affirmaient : « Je suis très content de ce qu’Hitler a fait aux Juifs » et « Hitler aurait dû exterminer tous les Juifs ». Ce genre d’assertions, s’ajoutant au meurtre de tous les bébés Juifs, constituait l’essentiel de leurs remarques. La liberté d’expression est un droit hautement protégé aux Pays-Bas. Mais, on ne prête que très rarement attention à un autre « droit » que s’arroge la presse : la liberté de censurer les informations qui dérangent.

 

Un communiqué de presse, publié quelques jours plus tard, par l’Organisation de Défense hollando-israélienne CIDI, demandant une enquête nationale sur les préjugés antisémites parmi les élèves des écoles n’a, également, retenu aucune attention dans les médias nationaux.

 

Les déclarations antisémites des jeunes ont pris, cependant, une autre dimension, lorsque le Centre Simon Wiesenthal a rédigé une lettre personnelle au Premier Ministre Mark Rutte, qui a également été adressée aux membres du Parlement. Le CSW a appelé le Premier Ministre néerlandais à entreprendre une étude détaillée sur l’antisémitisme dans la société hollandaise, dans le but d’initier des mesures efficaces, pour combattre ces préjugés. Le plus important journal des Pays-Bas, le Telegraaf, en a fait l’article de couverture de son édition du samedi 8 mars. Quelques autres journaux nationaux ont, également, mentionné cette lettre.

 


Depuis ses locaux à l’étranger, le CSW est parvenu à susciter un réveil des consciences bien plus important, dans la presse néerlandaise, au sujet de cette affaire, que le CIDI, qui a, pourtant, établi, depuis des décennies, un réseau de communication auprès des médias hollandais importants. En effet, la communauté juive hollandaise s’est trouvée sous une pression croissante, au cours des dernières années, en partie, à cause des attaques contre l’abattage rituel et, à une moindre échelle, contre la circoncision. Les évolutions de l’affaire des jeunes antisémites semblent indiquer que les organisations juives internationales sont susceptibles d’avoir plus d’impact que la communauté juive hollandaise et ses partisans. Cela a pris jusqu’au 13 mars, avant qu’un premier Ministre des affaires sociales, Lodewijk Asscher, exprime une condamnation des propos de ces jeunes antisémites.

 

Dans sa lettre au Premier Ministre Rutte, le CSW a mis en lumière un facteur central associé à ce problème. Les interviewés affirmaient que leurs sentiments étaient, également, partagés par les jeunes originaires de Hollande. Ils prétendaient que : « Personne de notre école n’aime les Juifs ». Dans l’intervalle, on a appris que Sahin et sa famille avaient dû entrer en clandestinité, à cause de menaces de mort qu’ils ont reçues par e-mail et réseaux sociaux. Il a aussi eu à subir l’expérience d’insultes répétées dans les rues de son quartier. Le Président d’une mosquée turque d’Arnhem a blanchi les jeunes, sur un site internet d’information, en prétendant qu’ils avaient été victimes d’une provocation [ou étaient tombés dans un piège].

 

L’affaire de ces jeunes antisémites a, tout d’abord, bénéficié d'une attention internationale sur des sites internet globaux que dans les medias des Pays-Bas. Des volontaires ont sous-titré la vidéo hollandaise en anglais et en français et l’ont faite circuler sur Internet. Serait également à mentionner une diversité d’autres évolutions négatives aux Pays-Bas. L’une d’entre elles concerne la décision du gouvernement hollandais de labéliser compulsivement les produits fabriqués dans les implantations de la Bande Occidentale de Judée-Samarie-Cisjordanie [territoires disputés]

 

 

 

 


 

 

 

 

Il existe bien d’autres évolutions prenant la même tangente. MDI, une organisation qui traque la discrimination sur les sites internet néerlandais, a découvert qu’en 2012, la négation de la Shoah et l’antisémitisme est, une fois encore, de très loin la catégorie dominante de la haine sur internet, avec 28%. Elle est suivie par les expressions de haine envers les Musulmans, à 19%. Cela va à l’encontre d’un contexte où la population musulmane aux Pays-Bas est forte d’1 million de membres environ –soit au moins 20 fois le nombre de Juifs. MDI en conclut que l’antisémitisme contemporain est le problème principal, en matière de discrimination, aux Pays-Bas. MDI a également mentionné que le Gouvernement néerlandais a supprimé sa subvention pour des considérations budgétaires.

 

Diederick Samsom, le dirigeant du parti travailliste, a attaqué Israël lors du premier congrès de son parti consacré au Moyen-Orient. Il a déclaré qu’Israël transgresse les lois internationales. Samsom, qui a été la cheville ouvrière de la création de l’actuel gouvernement libéral-travailliste, semble avoir oublié de mentionner que les Pays-Bas eux-mêmes ne respectent pas la loi internationale. Ils sont signataires de la Convention de l’ONU sur la Prévention des Génocides, qui l’oblige à déférer l’Iran devant la Cour Pénale Internationale. Les double-standards de Samsom à l’encontre d’Israël sont antisémites, au sens de la définition européenne courante de l’antisémitisme. Il a montré l’étendue de son ignorance, lors de son large panorama du Moyen-Orient, en oubliant de mentionner la Turquie, son pays le plus vaste.


L’affaire des jeunes d’Arnhem véhiculant des poncifs de haine n’est jamais que le sommet de l’iceberg hollandais. Tout enquêteur trouvera rapidement que l’antisémitisme est largement répandu parmi les Musulmans de Hollande. Il est bien loin de se limiter à ce que les dissimulateurs essaient de faire passer pour de simples dérives de la jeunesse de la rue, parce qu’on peut aussi bien le retrouver chez de nombreux adultes et étudiants des universités.

 

On peut aussi enquêter en détail sur l’antisémitisme au sein de la communauté originaire de Hollande. Cela supposerait d’étudier, parallèlement, la façon dont des problèmes importants sont occultés par les médias, les carences d'actions appropriées prises, à propos de difficultés, connues déjà depuis de nombreuses années, dues à la rhétorique politique creuse tenue par les autorités hollandaises. Les méthodes visant à atténuer l’antisémitisme devraient être développées, même s'il n’y a aucun espoir qu’il soit éradiqué complètement. Plus les autorités hollandaises se dérobent face à leurs responsabilités, plus ces problèmes ne feront qu'empirer.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 16:58

 

 

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Manfred Gerstenfeld s’entretient avec Netanel S.

 

 

“Mes parents m’ont élevé en tant que Chrétien, pourtant, dès mon enfance, j’ai entretenu une relation spéciale avec le Judaïsme. Quand j’ai décidé, un peu plus tard, de me convertir, ma mère m’a révélé, de façon surprenante, que sa mère lui avait dit avoir une origine juive. Mais, il n’en restait aucune preuve.

 

“En 2005, alors que j’étais en vacances en Israël, je suis tombé malade et j'ai été soigné par un médecin dans une école orthodoxe, la Yeshiva de la Diaspora. Par la suite, j’ai décidé de rester et d’étudier là un certain temps, même si je n’étais pas officiellement reconnu comme Juif ».

 

Netanel S. est un jeune homme, né à Arnhem, aux Pays-Bas. Il a grandi dans un village près de là. Il est, à présent, devenu un Juif ultra-orthodoxe et vit en Israël, depuis 2009.

 

“Quand j’étais élève du lycée d’Arnhem, j’ai commencé à porter une kippa. Cela m’a immédiatement causé des problèmes. Dès que j’entrais en classe, certains élèves se mettaient à faire des bruits comme des sifflements, pour imiter le gaz des camps d’extermination nazis. Ils employaient, également, souvent le terme « Juif » de manière péjorative dans les discussions. Le conflit palestino-israélien revenait à tout bout de champ dans les conversations, quel que soit le sujet. Il s’agissait, principalement, d’élèves marocains qui se comportaient de la sorte, mais aussi des Turcs et des Irakiens.

 

“Après quoi, j’ai suivi les cours d’une école de commerce, dans les matières juridiques et administratives, dans la ville proche de Velp. J’ai subi à nouveau du harcèlement, mais moins souvent qu’au lycée. J’étais le seul étudiant juif de cette école. A chaque fois qu’on mentionnait Israël de manière négative aux actualités, j’en étais accusé. Les jeunes immigrés non-européens m’appelaient « le cancer Juif » et le « cancer sioniste ». Je n’ai pas subi de violence physique. Cependant, quelqu’un m’a craché au visage, à la gare d’Arnhem, alors qu’il n’y avait aucun témoin autour.

 

“Quand je vivais encore chez mes parents, j’ai commencé à en avoir assez d’être regardé avec insistance et de me faire insulter dans la rue. J’ai décidé de modifier mes habitudes vestimentaires, durant quelques jours. Je portais alors un manteau court, j'ai caché mes peot [papillottes] sous ma kippa et me suis mis à porter un chapeau. J’aurais difficilement pu m’imaginer à quel point on pouvait se sentir normal en marchant dans les rues, au moment où je me suis mis à cacher mon identité. Personne ne me traitait de tous les noms. Quelques jours après, j’ai repris mes vêtements habituels et les insultes ont recommencé. Un peu plus tard, j’ai travaillé dans un centre d’appel de la ville d’Amersfoort. Les employés étaient, presque tous, des Hollandais « de souche » et je n’ai rencontré aucun problème. J’étais traité avec beaucoup de gentillesse par l’encadrement. J’ai obtenu des jours pour toutes les fêtes juives. Par contre, dès que je retournais dans la rue, j'étais harcelé.

 

“En décembre 2008, j’ai déménagé à Rotterdam, où je me suis retrouvé au chômage. Presqu’à chaque fois que je sortais, je me faisais insulter, parfois même par de vieux couples d’Arabes, qui avaient l’allure de musulmans traditionnels. Tous les samedis, je me rendais à pied à la synagogue avec des amis. Chaque semaine, on se faisait injurier au moins deux fois, et c’était toujours par des immigrés non-européens. On entendait toutes sortes de jurons imaginables associés au mot « Juif », et des remarques désobligeantes sur nos mères. On a aussi entendu certains individus nous crier « qu’Hitler a fait du bon travail ».

 

“Au début de l’année 2009, j’ai commencé à tenir un journal de bord comportant toutes les insultes qui m’étaient adressées. J’écrivais, par exemple, « Le premier jour de Pessah 2009, je me promenais avec un ami dans le parc. Des dizaines de Marocains nous ont traités de « Juifs », « Cancers Juifs », et « Sionistes ». Ils criaient aussi : « Palestine libre ». Plusieurs natifs Hollandais ne faisaient que regarder. J’ai adressé ce que j’ai écrit à l’Organisation de Défense des Juifs de Hollande, le CIDI. Ils en ont publié des extraits. En relisant mon journal de bord, je me suis aperçu que ce type de harcèlement était, presque toujours le fait de Marocains. Les deux seuls quartiers, aux Pays-Bas, où un Juif reconnaissable comme tel peut se balader librement, de nos jours, sans se faire injurier, ce sont le quartier de Buitenveldert à Amsterdam et dans la banlieue d’Amstelveen.

 

J’ai déménagé à Antwerp en 2009. Je ne m’y suis fait insulté qu’une seule fois. C’était à la gare ferroviaire, où un groupe de Hollandais m’a crié dessus : « Cancer Juif ! ».

 

J’ai tout quitté pour Israël, en décembre 2009. A la fin 2010, j’ai rendu visite à mes parents. J’ai d’abord pris un vol pour la Belgique, puis pris un train pour les Pays-Bas. Au poste-frontière de Roosendaal, pour entrer en Hollande, j’ai changé de train. J’avais à peine mis le pied sur le quai, qu’un natif de Hollande d’environ la trentaine m’a crié en anglais, avec un épais accent néerlandais : « Vous avez tué Jésus ».

 

“Quand j’étais à la maison, chez mes parents, j’allais rarement me promener à l’extérieur. Au moment de mon départ, ils m’ont conduit à la gare d’Arnhem. A peine descendus de la voiture, des Hollando-Marocains , en passant en voiture, nous ont crié quelque chose de très moche contre les Juifs. Jusque là, chaque fois que je parlais à ma mère du harcèlement auquel j’étais confronté, elle pensait : « peut-être qu’il exagère un peu ». Cette fois, c’est elle-même qui s’y est vue confrontée.

 

“Certaines fois, ce sont des Hollandais de souche qui m’ont fait des remarques antisémites. Ce qui me dérange le plus, c’est que beaucoup de Hollandais prétendent qu’ils ne sont pas antisémites. Pourtant, si jamais un incident antisémite se produit, ils préfèrent regarder ailleurs et ne disent rien. De nos jours, ils considèrent cela comme un comportement tout-à-fait acceptable ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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