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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 11:32

 

 

 

 Lipschits (Copier)

Isaac Lipschits

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Isaac Lipschits 

 

 

“Lorsque les Juifs de Hollande sont revenus ou sont sortis de là où ils se cachaient, après la Seconde Guerre Mondiale, leur situation était si dissemblable aux autres, qu’ils auraient dû être traités différemment par les autorités. Les Juifs avaient alors subi un désastre dont la nature était radicalement différente des expériences vécues par le Hollandais ordinaire. Des 140 000 Juifs vivant aux Pays-Bas avant- guerre, au moins 105 000 d’entre eux ont été assassinés dans des conditions effroyables. Ce pourcentage est plus important que dans n’importe quel autre pays d’Europe occidentale ».

 

Isaac Lipschits (1930-2008) a enseigné dans les Universités d’Amsterdam, de Haïfa, de Jérusalem, de Rotterdam et de Leiden. En 1971, il a été nommé Professeur d’Histoire Contemporaine à l’Université de Groningen. Il a, également, publié un grand nombre d’ouvrages.

 

Le livre de Lipschits, The Small Shoah: Jews in Post-war Netherlands [la “petite” Shoah : Juifs aux Pays-Bas de l'Après-Guerre], publié en 2000 aux Pays-Bas, est devenu un bestseller. Il y écrit : « Dans les Pays-Bas libérés, les Juifs n’étaient pas physiquement en danger ; mais nous avons été témoins d’autres symptômes du retour de la Shoah. L’antisémitisme verbal était plus accentué. Le pillage des biens Juifs se poursuivait, et la communauté juive était réduite à presque rien. La déportation et l’extermination des Juifs avaient pris fin, mais la mise à l’index et l’isolement des Juifs, eux, perduraient. La Shoah était l’incendie, en 1945, on avait maîtrisé les flammes, mais le feu continuait de couver sous les braises ».

 

Lipschits affirme : “Le Gouvernement proclamait que, puisque, durant la guerre, avaient eu cours des discriminations majeures entre Juifs et Non-Juifs, cela ne devait plus être le cas. Cette approche, en apparence égalitaire, s’avérait, en réalité, hautement discriminatoire, à cause du fait que, pendant la guerre, les Juifs ont été persécutés en tant que Juifs, et non en tant que Hollandais. D’autres mesures gouvernementales étaient toutes aussi désavantageuses, envers les Juifs ».

 

 

“L’un des problèmes essentiels a concerné le sort et le traitement des orphelins juifs. Durant la guerre, il était bien plus difficile, pour des adultes juifs que pour des enfants, de trouver un endroit où se cacher. Un adulte devait porter sur lui une carte d’identité, dont un enfant n’avait pas besoin. Un enfant pouvait toujours passer pour un petit-cousin en visite.

 

Gesina van der Molen et Sander Baracs dirigeaient un groupe de résistance qui se chargeait de trouver des maisons susceptibles d’accueillir des enfants juifs. Van der Molen était une chrétienne réformée (protestante), convaincue que les Juifs devraient reconnaître Jésus pour sauver leurs âmes. Baracs était un Juif assimilé qui écrivait fièrement comment sa propre grand-mère célébrait Noël avec ses enfants et petits-enfants. Il s’est, lui-même, marié au sein d’un église réformée hollandaise.

 

“Après la guerre, ils disaient : “Nous avons pris sur nos épaules la charge de trouver un endroit pour ces enfants ; maintenant qu’ils se retrouvent orphelins, nous voulons avoir notre mot à dire, dans ce qu’il adviendra d’eux ». Ils ont même fait passer clandestinement une ébauche de texte de loi au gouvernement hollandais en exil à Londres, émaillée de propositions absurdes. L’une d’entre elle  consistait à condamner les parents qui n’avaient pas pris soin de leurs enfants durant trois mois [pour cause de déportation] à en perdre automatiquement la garde. Si jamais une telle loi avait été votée, les revenants du camp de la mort d’Auschwitz se seraient vus interdire de retrouver et de s'occuper de leurs enfants ! Si mes parents avaient survécu –ce ne fut, malheureusement pas le cas- ils auraient perdu la garde et la responsabilité parentale qu’ils exerçaient naturellement sur moi.

 

“Le gouvernement hollandais n’a pas accepté cette proposition radicale. Cependant, il aurait dû aller plus loin et voir que ces gens étaient des extrémistes. Au lieu de cela, il a nommé Van der Molen à la tête du Comité gouvernemental déterminant le sort de ces enfants. On a même forgé une nouvelle expression pour les désigner : il ne s’agissait plus « d’orphelins de guerre », mais « d’enfants recueillis durant la guerre ». Baracs est devenu le Directeur du bureau de ce comité et détenait aussi d’autres positions décisionnelles en son sein.

 

“En Hollande d’avant-guerre, il était de coutume, pour chaque communauté religieuse, qu’elle s’occupe de ses membres dans le besoin, tels que les anciens, les orphelins, les malades et les victimes de désordres mentaux. A Amsterdam seulement,  on comptait quatre orphelinats et plusieurs hôpitaux juifs. Il existait de nombreuses maisons juives pour les personnes âgées aux Pays-Bas. Une importante institution centrale juive prenait soin des personnes accablées par la maladie mentale. Il aurait été parfaitement naturel, pour la communauté juive hollandaise, du fait de sa longue expérience antérieure, qu’elle prenne soin du très grand nombre d’orphelins juifs après la guerre. La communauté pouvait raisonnablement s’attendre à ce que le gouvernement lui propose son aide financière pour contribuer à cet effort.

 

“Au lieu de cela, le comité Van der Mollen, où les Juifs ne représentaient qu’une poignée, a été créé à seule fin de statuer sur le destin des orphelins juifs survivants de la guerre. Ses membres juifs les plus conscients de ce que cela signifiait ont, lors des différents votes, systématiquement, été mis en minorité par les autres, dont certains suivaient un agenda spécifiquement anti-Juif. Bon nombre de Chrétiens percevaient ce comité comme un catalyseur pour favoriser la conversion des enfants Juifs. Van der Mollen accusait même les Juifs d’être racistes en cherchant une solution juive à ce problème. La plupart des membres de ce comité pensaient que même si les membres d’une famille juive avaient survécu, leur enfant devait demeurer au sein de la famille qui l’avait caché. Ils le déclaraient tout-à-fait explicitement.

 

“Il aurait été simplement naturel et éthique de devoir reconnaître : « Nous avons sauvé des enfants Juifs durant la guerre et, désormais, puisque la guerre est terminée, nous les renvoyons en tant qu’enfants juifs à leur environnement juif ». Un peu plus tard, lorsque ces enfants ont grandi, beaucoup ont dû commencer à se mettre en quête de leurs racines juives perdues. Certains ont même fini par occuper des positions importantes au sein de la communauté juive ».

 

Ceci est une version écourtée d’une interview développée dans le livre de Manfred Gerstenfeld :  Europe’s Crumbling Myths ; The Post-Holocaust Origins of Today’s Anti-Semitism. [L’Effondement des Mythes de l’Europe : les origines d’Après la Shoah de l’Antisémitisme d’aujourd’hui]. Ce livre peut être téléchargé gratuitement au lien suivant : http://www.jcpa.org/indexph.asp#

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

 

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 11:40

 

 

Par Manfred Gerstenfeld

 

lapid (Copier)

 

 

Le manque d’engouement suscité par des mois de campagne sans éclat a, en partie, été compensé par la soirée des élections. Tous les sondages avaient prévu une majorité d'un nombre assez confortable de sièges allant au Centre-Droit et aux partis ultrareligieux, au détriment du Centre-Gauche et des partis arabes.

 

Les résultats, cependant, montrent que cet écart s'est amenuisé, à 61 sièges contre 59. Cela ne signifie pas grand-chose, parce que le résultat des élections pointe dans la direction d’un gouvernement, articulé autour du noyau dur de 50 députés, appartenant à la liste conjointe du Likoud et d’Israël Beitenou et au parti centriste « Il Y a Un Avenir », conduit par le nouveau venu en politique, Yaïr Lapid. Pour atteindre une majorité de gouvernement, on doit ajouter quelques autres partis, grâce, probablement, au Parti national-religieux, « le Foyer Juif », qui a obtenu 12 sièges et au petit parti Kadima, disposant de deux sièges seulement. C’est un gouvernement à peu près semblable à ce profil que dirigera l’actuel Premier Ministre, Binyamin Netanyahou.

 

Le défi immédiat, pour le nouveau gouvernement, consistera à réduire l’important déficit budgétaire. Il était de 39 milliards de Shekels –soi 4, 2% du PIB- en 2012. Il faudra alors prendre des décisions difficiles. C’est le budget de la défense qui semble le candidat probable pour subir des coupures budgétaires conséquentes.

 

Les résultats électoraux prêtent à confusion, du fait que très peu, parmi ceux qui s’en proclament vainqueurs, le sont avec suffisamment de netteté. Lapid est le seul qui puisse réellement crier victoire. Les 19 sièges attribués à son parti dépassent de loin ceux prévus par la plupart des sondages, tout au long de la campagne. « Il Y un Avenir » a ,également, laissé bien loin derrière lui, avec 15 sièges, le plus important parti suivant, le Parti Travailliste. Lapid cherche à se présenter comme le porte-parole de la classe moyenne, s’opposant à l’augmentation des impôts et soutenant une répartition plus égalitaire du « fardeau » des obligations militaires.


Il est possible de tirer une première conclusion, du fait que le public israélien marque sa préférence pour un renouvellement du personnel et l'arrivée de nouveaux visages en politique. Cela peut être dû à une forme de désaveu pour les partis préexistants, leurs dirigeants et leurs parlementaires. Le second nouveau venu qui a relativement bien réussi son examen de passage est Naftali Bennett. Ce jeune self-mademan multimillionnaire est parvenu à conduire le « Foyer Juif » à 12 sièges – alors que les deux factions qu’il a fait fusionner ne disposaient que d’un total de 5 sièges dans la précédente Knesset.

 

Netanyahou reste le vainqueur incontestable, mais, néanmoins, en posture très problématique, de ces élections. La liste qu’il mène recoupe, de loin, une base bien plus large que celle de la prochaine en ligne de mire, « Il Y a un Avenir ». Pourtant, le Likoud disposait de 27 sièges dans la précédente Knesset et Israël Notre Maison, mené par l’ancien Ministre des affaires étrangères, Avigdor Lieberman, avait un capital de 15 sièges à sa disposition. Au lieu de poursuivre cette progression jusqu’ax 45 sièges que leur avait prédit leur gourou américain, Arthur Finkelstein, ils ont perdu 11 des 42 dont ils étaient détenteurs. 

 

Cette situation aurait même pu empirer, si ces deux partis avaient continué à se présenter sous l'étiquette de deux entités distinctes. Dans ce cas, Netanyahou conduirait un Likoud qui n’a qu’un seul siège d’avance sur « l’Avenir d’Israël ». Les ministres du Likoud représenteront une minorité dans le prochain gouvernement. Il ne restera aussi moins de portefeuilles ministériels à se partager entre eux que le parti n’en détient actuellement. Et, aussi longtemps que le procès contre Lieberman n’aura pas eu lieu, Netanyahou n'est pas en capacité de savoir s’il doit ou non lui réserver une place à la table du cabinet gouvernemental. Cette situation est bien différente de celle à laquelle appelait le slogan de campagne de cette liste, demandant aux électeurs de lui apporter les moyens d’être un Premier ministre fort.

 

Shelly Yachimovich pourrait aussi formellement crier victoire, avec 15 sièges allant au Parti Travailliste. Le parti sous la férule de son dirigeant d’alors, Ehud Barak, n’avait remporté que 13 sièges, en 2009. Barak, en compagnie de quatre autres, a fait sécession en 2011, ne laissant plus que 8 sièges au Parti Travailliste, au sein de la Knesset précédente. Pourtant, Yachimovich s’est présentée comme la cheffe de l’opposition, tout au long de la campagne. Elle s’est engagée à ne pas faire partie du gouvernement, à moins d’en être le Premier ministre, et même si elle a dû ravaler ses paroles, son rôle dans un gouvernement quelconque ne pourrait être qu’anecdotique. Mais surtout, le nombre de fauteuils obtenus par le Parti Travailliste était bien inférieur à celui prédit par les sondages.

 

Les partis ultra-orthodoxes – le Shas sépharade et le Judaïsme Unifié de la Torah, ashkénaze, ont maintenu, voire accru leurs forces, avec 11 et 7 sièges, respectivement. En cela, ils pourraient bien être les grands perdants de cette élection, s’ils restaient en-dehors du gouvernement. Leur principal objectif a toujours été d’obtenir des subventions financières pour leurs clients, la plupart manquant d’éducation laïque et soutenant des familles nombreuses. Des partis, membres d’un gouvernement qui serait constitué sans eux, seraient bien contents d’imposer au secteur ultraorthodoxe de devoir participer au partage des charges, par le service militaire ou civil. Ils pourraient aussi être amenés à exposer ce point comme l’une de leurs réalisations essentielles, à l’avenir. Cela constituerait leur succès d’estime le plus important, pour autant que les coupures budgétaires et les augmentations d’impôts ne risquent pas de contribuer à leur popularité.

 

Il y a probablement eu plus de sondages publiés cette fois qu’au cours de toute élection précédente. Pourtant, les limites de cet exercice n’ont jamais été plus évidentes. Le très grand nombre d’électeurs indécis – et, pour certains même, jusqu’au moment d’entrer dans l’isoloir- a grandement réduit l’intérêt et la valeur de ces sondages.

 

A cause de la confusion et de l’incertitude qui règnent, peu nombreux seraient ceux vraiment surpris, si les prochaines élections parlementaires devaient se dérouler bien avant 2017, comme initialement prévues.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski. 

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 10:13

 

 

 

 

 

 

Par Manfred Gerstenfeld

 

En 2005, avec un retard de bien trop de décennies, l’Assemblée Générale des Nations-Unies a désigné le 27 janvier comme la Journée Internationale du Souvenir de la Shoah. C’est la date commémorative de la libération des camps d’Auschwitz-Birkenau. Chaque Etat-membre de l’ONU a l’obligation officielle de rendre hommage aux victimes de l’ère nazie et, aussi, de développer le contenu et les outils pédagogiques pour traiter de la période de la Shoah. Et cela est, effectivement, mis en oeuvre dans de nombreux pays.

 

La réalité est, cependant, telle, aujourd’hui, que tout ce qui est connoté comme Juif va très vite faire l’objet d’attaques. C'est aussi, ce qui arrive dans une grande diversité de pays où ont lieu des évènements relatifs à la Shoah. Des antisémites affublent de graffitis les monuments dédiés à la Shoah. D’autres antisémites se livrent à la négation de la Shoah –principalement, mais pas exclusivement, des Musulmans. En 2009, l’importante chaîne de télévision norvégienne, TV 2, a programmé une interview avec le Britannique convaincu de négationnisme sur la Shoah, David Irving -1-. Le producteur de l’émission a même financé les dépenses de voyage  et les frais d'hôtel d’Irving en Norvège. Le journaliste ingénu qui a conduit l'interview a fait étalage de connaissances très lacunaires, si ce n'est d'ignorance crasse, à propos des sujets évoqués.

 

Les effets de retournement de la Shoah s'avèrent même bien plus catastrophiques que le négationnisme en tant que tel. Les opérateurs du détournement, y compris même des Juifs, affirment que les Juifs et Israël se comportent comme des Nazis. En 2010-2011, La Fondation allemande pour la Mémoire, la Responsabilité et l’Avenir (EVZ) ont financé un programme doté de financements publics, pour l’Ecole Anne Frank de Gutersloh, qui accueillait le survivant juif hollandais de la Shoah et grand incitateur à la haine contre Israël, Hajo Meyer. Il y a fait le parallèle entre la souffrance des Palestiniens et la persécution et le massacre de masse des Juifs durant la Shoah. Léon de Winter, un romancier juif hollandais, a dit de Meyer qu’il souffre « d’un complexe de culpabilité du survivant exacerbée». Il remarquait que Meyer était la mascotte de tous les groupes de dénigrement d’Israël, parce qu’il ajoute à leurs opérations de diabolisation la plus-value d’être Juif et survivant de la Shoah-2-.


Le journaliste italien Angelo Pezzana raconte de quelle façon la Journée Internationale consacré à la Mémoire de la Shoah subit des violations flagrantes, en beaucoup d’endroits d’Italie : « Marquer la date du 27 janvier comme la journée du Souvenir l’a transformée en évènement national, où tout un chacun peut exprimer son opinion, même si celle-ci est affligeante. Cette dernière façon de présenter les faits est, essentiellement, perceptible dans les écoles. Des rassemblements se déroulent en présence de centaines d’élèves, où des professeurs d’extrême-gauche sont invités à parler. Ils utilisent la Shoah pour en déformer le sens. Cela conduit à un débat public qui établit le lien direct entre les crimes des Nazis et les politiques israéliennes-3-.


 

En septembre 2005 [deux mois après les attentats de Londres], un comité de conseillers musulmans du Premier Ministre Tony Blair a suggéré qu’il fallait abolir la Journée du Souvenir de la Shoah et la remplacer par le Jour du Génocide, qui commémorerait, à part égale, le « Massacre de masse » des Musulmans en Palestine, Tchétchénie et en Bosnie-4-. Se laissant influencer par les pressions des Musulmans, le conseil communal de la ville anglaise de Bolton a remplacé le Jour pour la Mémoire de la Shoah, en 2007, par « Le Jour pour la Mémoire des Génocides-5- ». Après de vives protestations, le Jour du Souvenir de la Shoah a pu être réinstauré, au cours des années suivantes.

 

Les rassemblements en mémoire de la Nuit de Cristal sont, également, devenus un moment de spectacle privilégié pour les transformer en outil politique, au lieu d’accorder un temps de recueillement aux victimes juives. A Helsingborg, en Suède, la Communauté juive locale a refusé de participer à la commémoration de la Nuit de Cristal de 2012. Le journal local, Helsingborgs Dagblad, a mentionné que le dirigeant de la communauté, Jussi Tyger déclarait que la réunion pour la Mémoire était organisée par des partis d’extrême-gauche et des Musulmans, qui sont bien connus pour faire partie des pires racistes, dès qu’il s’agit des Juifs-6-. A Bergen, en Norvège, les Juifs se sont tenus à l’écart de la réunion du Souvenir de la Nuit de Cristal, parce que deux incitateurs notoires à la haine anti-israélienne y délivraient leur version de l’histoire-7-[7].


Dans certaines villes néerlandaises, lors du Jour du Souvenir National, le 4 mai, les victimes de guerre hollandaises –parmi lesquelles les Juifs ont constitué, de loin, de groupe le plus significatif-, en même temps que les soldats allemands, participent ensemble aux commémorations-8-. Partout, on projette d’additionner les noms des Juifs assassinés par les Allemands sur le même monument que les soldats servant dans l’armée nazie et qui sont morts en ces lieux -9-. Le collectif Nederland Bekent Kleurt, contre la discrimination était le seul à organiser les rassemblements annuels de commémoration de la Nuit de Cristal, jusqu’en 2001. Au cours des toutes dernières années, les sympathisants du Hamas et du Hezbollah se sont glissés parmi les orateurs et y ont comparé la Shoah avec l’oppression des Musulmans. Si bien qu’en définitive, la communauté juive a fini par refuser de collaborer avec les organisateurs-10-. Plus tard, le CJO, l’institution coordonnant les organisations juives de Hollande, a entrepris d’organiser ses propres réunions de commémoration de la Nuit de Cristal. En 2012, il y a eu deux rassemblements pour la Mémoire. L’une d’entre elles était phagocytée par le « collectif anti- discrimination » et consacrée à l’extrême-droite et à la violence raciste en général-11-.


Si l’on veut vraiment associer la commémoration de la Shoah ou les rassemblements ayant trait à la Nuit de Cristal à des thèmes contemporains, il existe bien un sujet qui mériterait d'être propulsé tout en haut de la liste : l’antisémitisme extrême provenant de différentes parties du monde musulman et de nombreuses communautés musulmanes en Europe. On a été témoin, l’année dernière, des meurtres, juste devant une école juive, d’un enseignant juif et de trois enfants, par Mohamed Merah, à Toulouse, en France-12-. Son frère, Abdelghani, a dénoncé ses actes et écrit, dans son livre, que sa propre mère les avait élevés pour qu’ils deviennent de parfaits antisémites extrémistes-13-. En octobre, une vidéo de l’actuel Président égyptien Mohamed Morsi a   été mise en ligne, où il ponctue d’un « Amen » les invocations d’un Imam qui demandait à Allah de détruire les Juifs-14-. Le dirigeant du Hamas, Khaled Mesha’al, s’est récemment rendu en visite, pour la première fois depuis quarante ans, à Gaza. Il a répété à merci que son mouvement n’était destiné qu’à détruire Israël-15-. Si on mentionne ces évènements très proches et tant d’autres, on peut esquisser un tableau réaliste qui signale précisément, où, de nos jours, se situent les plus vastes concentrations d’antisémites extrémistes.

 

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

Adaptation : Marc Brzustowski.

 


-1- www.youtube.com/watch?v=mkizDpl7x_E  (part 1) (viewed 2 June 2009); www.youtube.com/watch?v=369WqEJ6ChA   (part 2) (viewed 2 June 2009).

 -2-[2] Benjamin Weinthal, “Germans use ‘anti-Israel’ Jews to soothe Holocaust guilt,” Jerusalem Post, 16 October 2011.

 -3-[3]Manfred Gerstenfeld, interview with Angelo Pezzana, “How the Memory of the Holocaust is Abused in Italy,” Israel National News, 23 January 2012.

-4- Vikram Dodd, “Muslim Council Ends Holocaust Memorial Day Boycott,” The Guardian, 3 December 2007.

-5-Manfred Gerstenfeld, “Muslim-Jewish Interactions in Great Britain,” an interview with Michael Whine, Changing Jewish Communities, 32, 15 May 2008.

 -6-[6] “Inget judiskt deltagande när Kristallnatten ska uppmärksammas,” Helsingborgs Dagblad, 7 November 2012 [Swedish].

McGonagall, “Lysbakkens and Willochs Holocaust Memorial speeches not at all well received,” Norway, Israel and the Jews, 27 November 2012.

 -8-[8] “In Vorden omgekomen Duitse soldaten herdacht,” De Stentor, 17 April 2012 [Dutch].

 -9_[9] “Geen namen op monument Geffen,” Brabants Dagblad, 18 October 2012 [Dutch].

 -10-[10] Wierd Duk, “Geen Hamas-vrienden bij herdenking Kristallnacht,” Elsevier, 4 November 2010 [Dutch].

-11-[11] http://www.platformtegenvreemdelingenhaat.nl/nieuws/kristallnachtherdenking-2012/    

-12-[12] Manfred Gerstenfeld, “The Toulouse Murders,” Journal for the Study of Antisemitism, Vol. 4, 1, 2012, 165-180.

-13-Caroline Politi, “ Abdelghani Merah, ‘Je veux denoncer la haine dans laquelle on a été élevés.” L’Express, 9 November 2012. [French]

-14-“Morsi mouths ‘Amen’ as Egyptian preacher urges ‘Allah, destroy the Jews’,” The Times of Israel, 21 October 2012.

-15-JPost.com Staff and Reuters, “Mashaal: First Gaza, then Ramallah, then Jerusalem,” Jerusalem Post, 8 December 2012.

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 14:58

 

 

netanyahouobama5mars2012 (Copier)

 

 

 

 

Les derniers jours de la campagne électorale n'ont pas vraiment plus passionné les foules israéliennes que les semaines précédentes. Pourtant, il s’est présenté deux nouveaux ingrédients que l’opposition aurait pu exploiter à dose plus intensive pour pimenter ses attaques.

 

On a annoncé que le déficit budgétaire d’Israël atteignait 39 milliards de Shekels, soit 4,2% du Produit Intérieur Brut, soit un chiffre bien plus élevé que prévu. Ceci, en dépit de la croissance de 3,3% du PIB-1-.  Ces nouvelles auraient pu donner à l’opposition du Centre-Gauche, l’occasion d’insister sur le fait que le Gouvernement Netanyahou joue sur des résultats économiques favorables à sa réélection, mais que ses réussites économiques, tant vantées, ces dernières années, contenaient des défauts majeurs de conception.

 

Au lieu de quoi, plusieurs dirigeants de l’opposition se sont lancés dans de pures exagérations catastrophistes. Tzipi Livni, dirigeante du Mouvement, a déclaré que : « L’irresponsabilité politique et les priorités mal placées » du gouvernement Netanyahou « mènerait Israël à la faillite-2- ». Ce qu’elle disait a résonné comme si Israël était sur le point de devenir une seconde Grèce. Sa revendication qu’Israël devrait changer ses priorités et se détourner des implantations n’en est devenueque plus inaudible.

  

La dirigeante du Parti Travailliste Shelly Yachimovich a employé une forme de langage assez similaire, en déclarant : « Les données concernant le déficit énorme démontrent l’enfer social et le chaos économique auxquels nous sommes confrontés ici, si Netanyahou est réélu Premier Ministre, que le Ciel nous en préserve-3-”. Le Parti travailliste est difficilement en posture de donner des leçons et de critiquer le gouvernement, alors qu’il propose de dépenser encore plus d’argent, plutôt qu'il n'envisage de faire des économies.

 

Dans ce contexte, l’ancien Premier Minitre Ehud Olmert, qui soutient Kadima, le parti qu’il a, auparavant, dirigé, a accusé Netanyahou d’avoir dépensé 11 milliards de Shekels au cours des deux dernières années, dans ce qu’il a désigné comme des « chimères militaires ». Il faisait référence à des projets liés à la menace nucléaire iranienne-4-[4]. Netanyahou a qualifié les propos d’Olmert de : « bizarres et totalement irresponsables »-5-[5].

 

Dans les pays de l’Union Européenne, la norme doit être que les déficits budgétaires ne devraient pas excéder 3% du PIB. Pourtant, en 2011, le déficit budgétaire des 17 pays de la Zone Euro est revenu à 4,1%, après avoir été réduit, à partir des 6,2% atteints en 2010-6-. Israël est bien loin de se trouve au bord d'un abîme économique quelconque. La nouvelle Knesset devra, cependant, décider des mesures drastiques, par exemple, une combinaison de coupures des dépenses à hauteur de 15 milliards de shekels et d'une hausse des impôts de 5 milliards de shekels en 2013. Il y a déjà quelques semaines de cela, Stanley Fischer, le gouverneur de la Banque d’Israël, avait annoncé que l’augmentation des impôts serait nécessaire.-7-

 

Un second sujet a bénéficié de plus d’écoute, de la part du public. Le 15 janvier, le commentateur américain, Jeffrey Goldberg a écrit, sur le site internet de Bloomberg, que le Président Obama avait, en plusieurs occasions, au cours des quatre dernières années, transféré des messages publics par ses services, concernant les problèmes palestinien et iranien. Il a prétendu qu’au cours de conversations privées, Obama avait exprimé sa préoccupation que Netanyahou menait Israël à « l’isolement international ». Goldberg suggérait que les Etats-Unis pourraient changer de position diplomatique envers Israël, de façon à l’isoler encore plus, face à l’ONU, ou lorsque le pays est confronté à des initiatives européennes-8-.

 

Les porte-parole du Likoud ont d’abord réagi en disant que Netanyahou continuerait à résister aux pressions internationales, comme il l’a fait, tout au long des dernières années-9-[9] . Quelques jours plus tard, Netanyahou a admis qu’Obama et lui connaissaient, certes, des divergences, « particulièrement sur la meilleure façon d’avancer et de réaliser un projet de paix réellement défendable avec les Palestiniens ». Il ajoutait qu’il avait toujours existé des différences d’approche avec les diverses administrations américaines depuis la renaissance d’Israël, en 1948. Il a donné pour exemples celles, patentes, entre Ben Gurion et le Secrétaire d’Etat américain George Marshall et celles, notoires, entre Ariel Sharon et George W. Bush-10-.

 

Il reste à voir si ces thèmes ont eu une influence quelconque sur les intentions de vote. Livni, qui a tenté d’empocher les dividendes des critiques d’Obama, a vu ses soutiens continuer à fondre dans les sondages. Cela met son Mouvement loin derrière le Parti Travailliste et bien en-dessous « d’Israël a un Avenir-11- ».

L’impact des révélations de Goldberg est aussi, probablement, minime, parce qu’Obama n’est pas populaire parmi les Juifs Israéliens. Avant les élections américaines, un sondage en Israël a demandé quel candidat à la Présidentielle sera le meilleur, pour les intérêts d’Israël. 57% des Juifs Israéliens préféraient Romney, alors que 22% seulement se prononçaient en faveur d’Obama. Parmi les Arabes Israéliens, il va de soi qu’Obama était leur candidat préféré-12-.

Concernant le développement d’un autre thème préoccupant, le dirigeant d’Israël Beitenou (Notre Maison) et ancien Ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a déclaré qu’il abandonnerait la vie politique, s’il se voyait convaincu des accusations de fraude et d’abus de confiance qui pèsent sur lui-13-.

Le Jour des élections étant, désormais, très proche, les divers partis continuent à faire connaître leurs prétentions, en cas de probable nouveau gouvernement Netanyahou. « Israël a un Avenir » a insister sur le fait qu’il ne se joindrait au gouvernement que si le service national universel était introduit pour tous les jeunes-14-. Aussi bien Bennett, dirigeant du « Foyer Juif », à droite, que Livni et Lapid, à gauche, ont appelé à un gouvernement d’Union Nationale, mais que cela se fasse avec des partenaires différents-15-.

                              

Conformément aux lois régissant la campagne, on n’a plus l’autorisation de publier des sondages après le vendredi 18 janvier. Cela met un terme au flux tendu des sondages. Les sondages de dernière ligne continuaient de démontrer que, pris tous ensemble, les partis du Centre-Droit et les partis ultra-orthodoxes jouiraient d’une majorité relative, au sein de la 19ème Knesset-16-.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

-1-Steven Scheer, “Israel budget deficit dents Netanyahu’s ‘Mr Economy’ image,” U.K. Reuters, 14 January 2013.

-2-“Treasury posts budget deficit of NIS 39B,” Ynet News, 13 January 2013.

-3-[3] Ibid

-4-Jonathan Lis and Gilli Cohen, “Olmert: Netanyahu spent NIS 11 billion on adventurous fantasies,” Haaretz, 12 January 2013.

-5-Asher Zeiger, “Defense sources back up Olmert in Iran spending spat,” Times of Israel, 14 January 2013.

-6-David Jolly, “European Countries Slashed Deficits in 2011, Data Show”, The New York Times, 22 October 2012.

-7-Adrian Filut, “Fischer contradicts Steinitz on tax hikes,” Globes, 27 December 2012.

-8-Barak Ravid, “Netanyahu associates brush off Obama criticism: PM won’t give in to international pressure,” Haaretz, 15 January 2013.

-9-Ibid.

-10-Herb Keinon and Steve Linde, “PM to ‘Post’: I won’t uproot masses of Jews”, Jerusalem Post, 18 January 2013.

-11-Gil Hoffman, “’Post’ poll: Likud Beytenu holds steady at 34 seats,” Jerusalem Post, 18 January 2013.

-12-Herb Keinon, “Poll: Israeli Jews favor Romney by wide margin,” Jerusalem Post, 28 October 2012.

-13-Asher Zeiger and Times of Israel Staff, “Liberman says he’ll leave politics if convicted,” Times of Israel, 14  January 2013.

-14-Jeremy Sharon, “Yesh Atid: Universal service plan ‘red line’ for joining coalition”, Jerusalem Post, 17 January 2013.

-15-“Lapid, Livni, Bennett call for national unity coalition,” Jerusalem Post, 17 January 2013.

-16-“Hawkish bloc leads in polls ahead of Israel vote,” Associated Press, 18 January 2013.

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 21:25

 

 

Luijters (Copier)

Guus Luijters

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Guus Luijters

 

“La sensation que le silence et l’oubli s’étaient abattus sur le très grand nombre d’enfants hollandais, assassinés durant la Seconde Guerre Mondiale m’a tourmenté durant de longues années. Je me demandais de quelle façon on pouvait préserver leur mémoire. Lorsque j’ai lu le livre de Serge Klarsfeld, écrit en 1990, sur les enfants Juifs Français assassinés, j’ai senti que c’était la façon appropriée pour perpétrer leur souvenir.

 

“Je pensais que quelqu’un  publierait probablement un livre identique sur les enfants Juifs Hollandais et Sinti (Tziganes), qui avaient été déportés et tués, tout au long de la Shoah. En 2007 – j’avais alors 64 ans – personne ne l’avait encore écrit. C’est alors que j’ai décidé de le faire moi-même. Mon livre, In Memoriam, est sorti en 2012. Il enregistre 18 000 noms d’enfants et leur date de déportation. La très vaste majorité d’entre eux étaient Juifs ».

 

Guus Luijters est un journaliste néerlandais non-Juif, poète et expert en littérature française. Il a écrit des romans, des pièces de théâtre et des scénarii de films.

 

“Du temps de ma scolarité, j’éprouvais déjà un élan puissant qui me portait vers la connaissance de ces enfants. J’avais des camarades de classe Juifs. Parce qu’ils étaient nés au cours de la guerre, aucun d’entre eux n’avait pu vivre une enfance ordinaire. J’ai entendu des histoires terribles. Une fille avec qui j’étais ami, a été projetée par sa mère, pour la sauver, à travers la barrière du camp de transit hollandais de Westerbork, alors qu’elle n’était encore qu’un bébé. Quelqu’un, de l’autre côté, l’a récupérée et recueillie. Elle m’a raconté les nombreux endroits où elle a passé son enfance. J’ai aussi rendu visite à mes camarades de classe chez eux, où j’ai vu des dames portant des matricules des camps d’extermination sur le bras jouer aux cartes, comme si de rien n’était. Elles parlaient de la guerre, mais avec retenue et pudeur. Cela m’a laissé une impression indélébile.

 

“Aux Pays-Bas, il existe un Monument Digital de la Communauté Juive, qui dispose d’informations sur tous les Juifs Néerlandais tués durant la Shoah. Il m’a apporté des informations fondamentales sur les noms des enfants.  J’ai, ensuite, parcouru un grand nombre d’archives et pu identifier 18 000 noms d’enfants qui n’avaient pas encore 18 ans, à la date de leur déportation.

 

“J’ai, plus tard, entendu dire qu’une jeune historienne, Aline Pennewaard, avait déjà commencé à réaliser un projet, dans lequel elle recueillait des photographies des enfants hollandais assassinés durant la Shoah. Lorsque nous nous sommes rencontrés, elle m’a montré les plus de 400 images scannées d’enfants assassinés, déjà emmagasinés sur son portable. Elle a une mémoire photographique et se rappelle de chacune de ces photos. J’ai proposé à l’éditeur qu’elle devienne la responsable de la photographie pour l’ouvrage. En tout, nous avons récolté 3000 photos, qui nous ont été envoyées par des personnes vivant dans de nombreux pays.

 

“Cela a pris presque cinq ans, jusqu’à la sortie du livre, au début 2012. On a vendu près de 3000 exemplaires, ce qui dépasse de loin mes espérances. J’ai convaincu les archives municipales d’Amsterdam, qui a des installations remarquablement belles, de produire une exposition des photos. De février à la fin mai 2012, on a ainsi pu exposer les 3000 photographies des enfants. Une d’entre elles est celle d’Anne Frank. Pourtant, on ne lui a pas accordé une place prédominante, à cause de sa notoriété internationale. Nous voulions éviter de détourner l’attention portée aux autres enfants.

 

“L’exposition a attiré de nombreux visiteurs et leurs sentiments étaient souvent très partagés. Les gens étaient réconfortés à l'idée qu’on ait pu redonner une identité à ces enfants. De l’autre côté, la tristesse éprouvée était profonde. Certaines personnes ont reconnu des membres de leur famille ou découvert des noms de famille dont ils n’avaient jamais entendu parler auparavant. Cela m’a pris des semaines, avant que je me sente capable, sur le plan émotionnel, de voir par moi-même l’exposition.

 

“Au cours de l’exposition et après, nous avons reçu 700 images supplémentaires. Chaque jour, de nouvelles photos d’enfants assassinés s’ajoutaient aux vitrines de présentation. Nous avons aussi reçu de nombreuses lettres. En novembre 2013, on a publié une édition augmentée du livre, avec 700 images supplémentaires.

 

“Il y a longtemps que je connais le réalisateur de films néerlandais, Willy Lindwer, qui a fait beaucoup de films consacrés à la Shoah et qui a été lauréat d’un Emmy Award pour son documentaire sur les sept derniers mois de la vie d’Anne Frank. Il a fait un film très impressionnant sur certains des enfants assassinés, qui est passé sur la chaîne de TV juive hollandaise, aussi bien que durant la période de notre exposition. J’ai, ensuite, été invité à donner des conférences dans de nombreux endroits. Chacune d’entre elles a été un évènement émouvant, à la suite de quoi j’étais totalement épuisé, vidé ».

 

Concernant ses projets, Luijters dévoile que : « J’écris actuellement une « chronique des enfants ». C’est un livre de témoignages sur les enfants hollandais assassinés durant la Shoah. Nous demandons, à présent, la permission des gens qui nous ont envoyés les photos, de rendre les images accessibles par informatique. Nous voulons le faire grâce au Monument Digital de la Communauté juive hollandaise, au Musée Historique d’Amsterdam, Yad Vashem et du Centre du Souvenir du camp de Westerbork.

 

“Nous essayons également d’organiser une exposition permanente des photographies, en coordination avec le Musée d’Histoire Juive. Cela requerrait, cependant, un espace plus vaste. J’espère aussi pouvoir dévoiler ces photographies en Israël un jour prochain ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 15:52

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Elections en Israël : Un Quart des électeurs encore indécis.

 

Par Manfred Gerstenfeld.

 

Les électeurs indécis représentent encore environ 25% du total de l’électorat -1-.  Le soutien réel à chacun des divers partis israéliens demeure ainsi incertain. D’après de récents sondages, la liste Likoud/ Israël Notre Maison semble recouvrer une partie substantielle des voix qu’elle avait perdues, parmi les électeurs. Les deux partis disposent de 42 sièges au sein de l’actuelle Knesset. Il y a à peine quelques semaines, certains sondages ne leur donnaient pas plus que 32 sièges, si les élections s’étaient tenues à ce moment-là-2-.

 

En l’absence d’un thème central pour animer ces élections, les partis les plus importants ont essentiellement continué à s’attaquer les uns les autres sur une diversité de problèmes secondaires, depuis de nombreuses semaines, maintenant. Le 8 janvier, a commencé la diffusion des clips de campagnes à la télévision et à la radio. Les partis se concentrent désormais sur la répétition fréquente de leurs messages-clés.

 

La liste Likoud/Israël Notre Maison a concentré sa campagne sur deux problèmes principaux. L’un concerne les réalisations du gouvernement du Premier Ministre Binyamin Netanyahou. Il insiste sur la performance économique du gouvernement, la création de 350 000 emplois, la révolution sur le marché des téléphones portables et la barrière de sécurité bâtie sur la frontière égyptienne, afin de mettre un coup d’arrêt au flux d’immigrés économiques venus d’Afrique. Il montre aussi l’allocution de Netanyahou devant le Congrès américain, au cours duquel il s’est vu plébiscité par plusieurs ovations debout. Cela illustre un message fondamental : lorsque Netanyahou parle, le monde écoute.

 

Le second problème central soulevé par la campagne du Likoud/Israël Notre Maison constitue une attaque contre son principal adversaire du Centre/Droit, le Parti national-religieux Foyer Juif. Le Likoud/Israël Notre Maison y ajoute un message publicitaire, disant que derrière son jeune dirigeant millionnaire, Naftali Bennett, on trouve plusieurs candidats et rabbins de droite radicale et d’extrême-droite.

 

Le Parti Travailliste conduit par l’ancienne journaliste Shelly Yachimovich – le principal concurrent du gouvernement au Centre-Gauche – promet de nombreuses subventions économiques et sociales, en confisquant cet argent aux riches. Il prétend aussi que la classe moyenne paiera moins d’impôts. Le principal slogan du Parti Travailliste est assez fade : « Cela pourrait aller mieux Ici ». La plupart des partis dans beaucoup d’autres pays auraient pu utiliser ce même leitmotiv.

 

Le parti sépharade ultra-orthodoxe Shas produit son guide spirituel, le nonagénaire et ancien Grand Rabbin Ovadia Yossef, demandant de voter pour ce parti. Il se présente comme le choix naturel des franges de la société bénéficiant des revenus les plus bas.

 

Le temps d’antenne des programmes est réparti selon le nombre de sièges dont chaque groupe dispose à la Knesset actuellement. Les partis non-représentés n’ont droit qu’à quelques minutes. Cela veut dire qu’une personnalité médiatique, telle que Yaïr Lapid, du parti « Il Y a Un Avenir », qui, selon la plupart des sondages, obtiendra environ 10 sièges, n’apparaît que rarement ou pas du tout à la télévision et à la radio.

 

Cela signifie aussi que la liste Likoud/Israël Notre Maison peut avoir plusieurs bandes- annonces publicitaires au cours de chaque émission électorale. Kadima, conduit par Shaul Mofaz est le suivant de ligne, en ce qui concerne le temps de programmation. Sept de ses 28 députés ont fait défection et rejoint le Mouvement, de l’ancienne dirigeante de Kadima, Tzipi Livni, entraînant dans leur sillage leur temps de programmation et leurs financements électoraux. Les sondages démontrent, pourtant, qu’il est douteux que ce parti franchisse le seuil électoral de deux pourcent. Kadima essaie de faire appel aux électeurs, en affirmant que Mofaz était un bon Ministre de la défense et un excellent chef d’Etat-Major. Cela dit, son aura politique, en tant que dirigeant de parti, s’est avérée assez pauvre, jusqu’à présent. En mai 2012, il a entraîné Kadima à faire partie du gouvernement Netanyahou -3-. En septembre, Kadima le quittait-4-.


Le rapport du Contrôleur de l’Etat, au sujet du document fabriqué et produit par un officier de réserve, le Lieutenant-Colonel Boaz Harpaz, est une des actualités importantes développées cette semaine. Il a, par ce biais, essayé d’empêcher la nomination du Général Yoav Galant, en tant que chef d’Etat-Major. Le Ministre de la Défense Ehud Barak est l’un des principaux responsables qui s’attire les critiques de ce rapport-5-. Mais, puisque Barak ne se présente plus pour sa réélection à la Knesset, cela ne peut pas être utilisé comme un tournant pertinent de la campagne.

 

Le 6 janvier, à l’initiative de Livni, une rencontre s’est tenue entre elle, Yachimovich et Lapid, afin de discuter de la formation d’un bloc unifié, afin de faire le poids face à Netanyahou. Cela dit, aucun accord n’est ressorti de cette réunion. Lorsque Livni a déclaré, à la suite de cette rencontre, que les deux autres avaient refusé ses propositions, Yachimovich et Lapid ont rétorqué conjointement qu’elle déformait le contenu de cette réunion. Leur déclaration comprenait l’idée suivante : « Il est désormais évident que l’invitation à cette rencontre tripartite était purement et simplement un stratagème inventé par Livni, qui est en pleine détresse face à sa chute dans les taux de sondage » -6-.

 

Dans le même temps, les Palestiniens continuent de saper les déclarations de ces mêmes partis prétendant que la paix est possible. Le Président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas et le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Meshaal, se sont rencontrés au Caire, afin de discuter de la réconciliation  entre leurs deux mouvements. Netanyahou a affirmé que cela faisait la démonstration qu’Abbas ne veut pas la paix, puisqu’il baise les pieds du chef d’une organisation terroriste qui a annoncé, pas plus tard que le mois dernier, qu’Israël devrait être effacé de la carte ». Netanyahou ajoutait : « Un dirigeant qui désire la paix ne se comporte pas de la sorte » -7-.

 

Rien de tout cela ne ravit particulièrement l’opinion publique israélienne. L’impact des rudes conditions atmosphériques était bien plus important, tout au long de la semaine dernière. Des pluies torrentielles sont tombées pendant plusieurs jours et ont interrompu la vie normale, dans plusieurs endroits du pays. Elles ont été suivies par des chutes de neige abondantes sur Jérusalem et d’autres secteurs en haute altitude. Les bandes- annonces de la campagne électorale n’étaient pas en mesure de retenir à ce point l’attention, en soutenant la comparaison avec un phénomène météorologique exceptionnel.


Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 -1-Stephan Miller, “Latest polls confirm high level of undecided voters, indicate fall in support for Tzipi Livni,” Times of Israel, 11 January 2013.

-2-”Netanyahu maintains comfortable lead in pre-election polls,” JTA, 11 January 2013.

-3-Jonathan Lis and Ophir Bar-Zohar, “In surprise move, Netanyahu, Mofaz agree to form unity government, cancel early elections,” Haaretz, 8 May 2012.

-4-Yossi Verter, “Kadima bolts over draft dispute, shattering coalition after only 70 days,” Haaretz, 18 July 2012.

-5-Yaron Druckman, “State Comptroller finds misconduct in Harpaz affair,” Ynetnews, 6 January 2013.

-6-Shlomo Cesana, Mati Tuchfeld and Avi Cohen, “Knives come out in Center-Left after unity meet goes sour,” Israel HaYom, 8 January 2013.

-7-Elad Benari, “Netanyahu Criticizes Abbas, Livni Criticizes Netanyahu,” Israel National News, 11 January 2013.

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 20:40

 

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Irwin Cotler

 

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Irwin Cotler


“L’Iran d’Ahmadinedjad – j’emploie ce terme pour le distinguer du peuple et des différents publics de l’Iran, qui sont les cibles d’une répression intérieure massive – représente un danger évident et constant contre la paix internationale et la sécurité, la stabilité régionale et du Moyen-Orient, et de plus en plus et de façon alarmante, pour son propre peuple.

“Nous sommes les témoins, en ce qui concerne l’Iran d’Ahmadinedjad, de la convergence toxique de quatre types de menaces distincts, mais pourtant inter-reliés : nucléaire, incitatif au génocide, terrorisme et de violations massives des droits de l’homme ».

Le Professeur Irwin Cotler est membre du Parlement canadien, représentant du Parti Libéral, Professeur émérite de Droit à l’Université Mc Gill, ancien Ministre de la Justice et Procureur Général du Canada. Il est co-Président du Groupe interparlementaire pour les Droits de l’Homme en Iran.

Cotler déclare : “L’Iran est en violation constante de toutes les interdictions relatives aux Lois Internationales, eu égard à son programme d’armement nucléaire. L’Iran soutient les meurtres en série, contre son propre peuple, de la part de Bashar al Assad. C’est aussi l’Etat parrain du terrorisme le plus influent au monde, qui assassine des innocents d’Argentine au Liban, en Afghanistan, jusqu’en Syrie. Qui plus est, il a le plus fort taux par habitant en matière d’exécutions sommaires de mineurs, à travers le monde entier.

“En particulier, l’incitation à la haine et au génocide promulguée par l’état est persistante, très largement répandue et pernicieuse, et pourtant, on a prêté très peu d’attention à l’impératif d’y remédier sur le plan judiciaire. Un site internet affilié au Guide Suprême Ali Khamenei, a déclaré, en février, que l’Iran aurait raison de tuer tous les Juifs Israéliens. Ce que les missiles de longue portée de Téhéran pourraient accomplir en neuf minutes, se vantait ce site internet. Khamenei, pour sa part, a désigné Israël comme « une tumeur cancéreuse qui doit être éradiquée ». Il a aussi déclaré qu’il existe une « Justification à tuer tous les Juifs et à annihiler Israël, et que c’est l’Iran qui doit en prendre la tête ». Comme en a conclu un rapport transpartisan du Parlement canadien, l’Iran a déjà commis le crime d’incitation au génocide condamné par les lois internationales.

 

“Pourtant, toute une gamme de mesures est disponible si on veut combattre ce fléau. Les états-membres signataires de la Convention de l’ONU sur le Génocide devraient logiquement porter plainte contre l’Iran – qui est aussi membre de la Convention- devant la Cour Pénale Internationale. Les Etats-membres devraient recourir du Conseil de Sécurité de l’ONU qu’il vote une résolution condamnant l’incitation de l’Iran au génocide et transmette le dossier devant laCour Pénale Internationale, qui peut inculper Khamenei, Ahmadinedjad et leurs collaborateurs, comme ce fut le cas pour le Président soudanais Omar El-Béchir. Cette menace de poursuite devrait venir s’ajouter aux pressions diplomatiques et économiques préexistantes, destinées à dissuader le terrorisme et le développement d’armes nucléaires par Téhéran.

“Dans la lutte iranienne contre la vague de terrorisme d’Etat, la Communauté Internationale devrait tenir leurs auteurs pour comptables de ces actes. Sans quoi, une culture d’impunité continue à encourager le terrorisme lui-même. Tous les Etats ont la responsabilité d’employer tous les instruments à leur disposition pour faire face à l’agression terroriste iranienne. Ils comprennent, par exemple, l’accroissement des sanctions diplomatiques et économiques multilatérales ; la mobilisation des pressions politiques visant à isoler le régime iranien comme un paria parmi les nations ; la nomination et la mise au pilori des commanditaires iraniens et de leurs affidés du Hezbollah, afin de combattre le déni iranien de sa culpabilité et de traîner ces auteurs en justice.

“Pour ne mentionner que quelques-unes parmi ces nombreuses autres mesures : les Etats devraient établir la liste des membres du Corps des Gardiens de la Révolution, une organisation qui est l’avant-garde, en tant qu’entité terroriste, de la campagne de terrorisme d’état, de la part de la République Islamique. Une décision judiciaire argentine a conduit à l’émission de mandats d’arrêt par Interpol contre les auteurs et commanditaires des meurtres de beaucoup de diplomates israéliens et de Juifs à Buenos-Aires. Ces mandats d’arrêt devraient être mis en application. Qui plus est, des poursuites civiles devraient être instruites, lorsqu’appropriées, contre l’Iran et ses agents terroristes, pour leur perpétration d’actes de terrorisme. Le principe de la juridiction universelle devrait être invoqué pour tenir les dirigeants de l’Iran comptables –sous l’inculpation de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

“En matière d’agressions systématiques et très répandues contre les droits de l’homme de son propre peuple, par l’Iran, les gouvernements, les parlementaires, les médias, les ONG, les chefs des Eglises, les syndicats, les universitaires et tant d’autres, devraient révéler, démasquer et tenir l’Iran pour responsables de sa répression intérieure massive. A cet égard, le Sénateur américain Mark Kirk et moi avons instauré un groupe interparlementaire pour les Droits de l’homme en Iran. Notre groupe a initié le Programme Global de Défense des Intérêts du Prisonnier Politique Iranien, appelant les députés internationaux à « adopter » un prisonnier politique et à créer une masse critique de défense des intérêts, au nom de ces prisonniers de conscience.

“De plus, tous les états devraient faire des efforts importants pour soutenir directement les dissidents en finançant des programmes pour aider les activistes à mobiliser et contourner les censures électroniques. En supplément, nous devons mettre la pression sur les compagnies satellitaires qui diffusent la télévision d’état iranienne, alors que les autorités iraniennes utilisent leurs ondes, non seulement pour répandre leur propagande, mais pour télédiffuser autant des aveux obtenus sous la torture et montrer des procès truqués ».


Cotler conclut : “e n’est pas faute de remèdes – certains sont politiques et d’autres sont diplomatiques. D’autres encore sont d’ordre économique et judiciaire. Nous devons internationaliser les formes de défenses d’intérêts, et invoquer une masse critique de solutions intégrées pour lutter contre la masse critique de menaces inter- agissantes. Le silence et l’indifférence ne sont pas une option. Le moment d’agir, c’est maintenant ! ».


Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.


Adaptation : Marc Brzustowski. 

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 17:22

 

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Gérald Steinberg


Manfred Gerstenfeld interviewe Gerald Steinberg

 

“Parmi les nombreux détracteurs d’Israël, les Organisations Non-Gouvernementales (ONG) sont les moins sujettes à une observation extérieure. Ces ONG anti-israéliennes prétendent promouvoir les droits de l’homme et l’aide humanitaire, pourtant, elles se caractérisent par leur manque de professionnalisme et un agenda idéologique postcolonial. Dans certains cas, l’antisémitisme théologique est un facteur supplémentaire qui motive leur action.

 

“L’organisation de recherche NGO Monitor recueille et détaille les actes anti-israéliens d’un grand nombre d’ONG de premier plan. Cela inclut les activités en lien avec Israël, de la part d’Amnesty International, de Human Right Watch, d’Oxfam, de Christian Aid, et de beaucoup d’autres organisations ».

 

Le Professeur Gerald Steinberg enseigne les sciences politiques et les relations internationales à l’Université Bar-Ilan. Il dirige NGO Monitor depuis sa fondation en 2002. C’est le seul cadre de recherche indépendant qui examine systématiquement les plaintes et défie le pouvoir du réseau politique des ONG.

 

Steinberg déclare : “On peut observer objectivement les distorsions des ONG.  Une méthode quantitative consiste à compter le nombre de pages, de rapports individuels, de conférences de presse et d’autres mesures similaires, consacrés à des sujets variés, tout au long de la dernière décennie. La recherche démontre d’énormes divergences entre les condamnations fréquentes d’Israël et la moindre attention accordée à des régimes dictatoriaux proches, ou à d’autres pays impliqués dans des conflits violents.

 

“Il existe aussi des méthodes qualitatives. Les ONG anti-israéliennes préfèrent employer un certain langage dans leurs attaques contre Israël. Cela comprend des termes, tels que « crimes de guerre », « punition collective », « impunité » et ainsi de suite. Elles les utilisent bien moins souvent contre d’autres pays. Cela jette une lumière crue sur la violation des principes universels des droits de l’homme, de la part de ces ONG.

 

“Des groupes, tels qu’Amnesty International, Human Rights Watch (HRW), Oxfam et de divers groupes d’aide internationaux fondés par des églises et dont les locaux sont en Europe, sont très généreusement financés. Ils exercent, par conséquent, une large influence politique. Ces ONG sont, également, les pires contrevenants aux principes moraux qu’ils prétendent mensongèrement promouvoir. HRW a embauché des gens pour conduire sa division du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, qui sont profondément marqués par une histoire oùils ont commis des distorsions anti-israéliennes grossières. NGO Monitor l’a fréquemment illustré à travers des documents probants.

 

“Ces ONG ont pris le contrôle de plateformes internationales de premier ordre dans la sphère des droits de l’homme et de l’aide humanitaire. De nombreux gouvernements européens externalisent ces activités en fournissant de vastes sommes d’argent, bien qu’ils n’exercent qu’une faible supervision  de ce que font les ONG et œuvres « caritatives ». De plus, des journalistes, des universitaires et d’autres membres de « l’élite de la politique étrangère » sont souvent étroitement impliqués dans de telles organisations, ou acceptent leurs prétentions et agendas sans poser de question. En 2002, « l’Expert » d’Amnesty, Derek Pounder, a affirmé à la BBC qu’il était en mesure de confirmer un gigantesque « massacre » à Jénine, qui aurait été commis par Tsahal. Ce mythe qu’il a forgé n’a seulement pu être dévoilé en tant que tel qu’après avoir été répété des dizaines de fois et que les dommages causés à Israël étaient patents.

 

“Qui plus est, des diplomates et des hommes politiques, aux Nations-Unies, abdiquent fréquemment leur responsabilité propre en acceptant comme vraies a priori les prétentions des NGO quant à des situations complexes relatives aux droits de l’homme. Ils comptent sur elles pour élaborer leurs discours, leurs rapports et bien d’autres services encore. Le rapport Goldstone de 2009, au sujet de la guerre à Gaza, a été un cas flagrant. Des journalistes tendent souvent à recopier les articles de presse des ONG sans aucun examen indépendant de leurs affirmations factuelles, lorsqu'elles sont péremptoires ou de leurs argumentaires pseudo-juridiques.

 

“Dans les cas les plus flagrants de déformation des faits par les ONG, à l’encontre d’Israël, on relève quatre facteurs. Premièrement, les responsables à la tête d’ONG internationales sont souvent imprégnés par une puissante idéologie anti-occidentale et postcoloniale. Depuis 1967, ils identifient Israël au camp occidental nationaliste et capitaliste, qui serait coupable par définition. Une seconde raison pour laquelle les ONG se focalisent sur le conflit israélo-palestinien est qu’il est, en permanence,     présent dans les médias. Cela apporte un sérieux coup de pouce à leur stratégie marketing, en leur apportant une meilleure visibilité dans la compétition pour l’obtention de financements et d’influence.

 

“Un troisième facteur correspond au fait que le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, à Genève, est contrôlé par les blocs arabo-islamiques. Pour y être perçues comme ayant de l’influence, les ONG doivent coller à la « ligne politique », ce qui veut dire tenir une position intensément anti-israélienne. Le quatrième facteur dépend de l’antisémitisme théologique chrétien traditionnel et de la théologie de la substitution. Ces thèmes sont prédominants au sein des ONG basées au Royaume-Uni, telles que War on Want, Christian Aid et Amnesty. On les trouve aussi dans les activités des groupes d’assistance humanitaires dépendant des églises, en Scandinavie ou en Irlande.

 

“Ces organisations puissantes sont difficiles à vaincre. Pourtant, NGO Monitor a fait la démonstration dans un grand nombre de dossiers importants, que la réussite est possible. Pour ne mentionner que quelques exemples : en 2009, notre réfutation détaillée des allégations sans fondement des ONG, qui formaient le cœur du rapport Goldstone, ont conduit son auteur à désavouer ses propres publications et à se rétracter. Le fondateur d’HWR, Robert Bernstein, a dénoncé cette organisation, à la suite de mises en évidence systématiques, par NGO Monitor de l’agenda profondément orienté de sa Division pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord et des efforts d’HWR pour lever de l’argent chez les membres de l’élite saoudienne, tout en ignorant les graves violations des droits de l’homme par ce régime.

 

“De plus, les rapports d’NGO Monitor sur la contribution destructrice de ces organisations auprès de leurs financiers – tels que le New Israel Fund vis-à-vis des gouvernements européens – les ont conduits à mettre un terme progressif à leur soutien aux ONG les plus clairement engagées dans Boycott, Désinvestissement , Sanctions (BDS), autant que dans d’autres types d’activités fondées uniquement sur la haine d’Israël. Une surveillance identique est ou devrait être menée, pour de nombreuses autres organisations incitatrices à la haine d’Israël, hors du champ des ONG ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski

 

Voir, à ce propos : http://nanojv.wordpress.com/2013/01/08/ngo-monitor-union-europeenne/

La fuite d’un document confidentiel de la Commission Européenne en 1999 est à l’origine de l’enquête de NGO Monitor pour déterminer la nature et l’objectif des fonds secrets européens destinés chaque année à des ONG israéliennes politisées.  Certains extraits du document -unique- de 1999 montrent une volonté d’influer sur les choix démocratiques israéliens. Dans l’exemple suivant il s’agissait, sous couvert de renforcer le camp de la paix, de détourner des voix russes du vote Netanyahou au profit d’Ehud Barak à l’époque à la tête du Parti Travailliste.

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 19:42

 

 

 elections-candidats (Copier)

 

Du fait de l’absence, à la fois, d’une lutte réelle pour le leadership et de sujet central de controverse, la campagne électorale israélienne continue de se caractériser par des critiques ouvertes entre les partis et leurs dirigeants. Le grand public reste assez peu intéressé par ces joutes. Une partie du débat fragmenté, cependant, reste largement caché, alors qu’il se déroule, essentiellement, à travers les médias sociaux.

 

Les dirigeants égyptiens et palestiniens ont produit un effort particulier pour bien faire comprendre aux Israéliens que leur but est la destruction d’Israël, plutôt que d’aboutir à la paix. En octobre, une vidéo a circulé, montrant le Président Mohammed Morsi, en train de répondre : « Amen » à un Imam en prière qui implorait Allah de détruire les Juifs-1-. On a aussi appris qu’en 2010, Morsi a déclaré qu’il n’y aurait pas de négociations avec « les fils de singes et de porcs » -2-. C’est une référence directe au Coran qui décrit les Juifs de cette façon aussi insultante et déshumanisante. L’associé de Morsi, Essam el-Erian, Chef-adjoint du Parti Liberté et Justice, émanant des Frères Musulmans, a déclaré publiquement qu’Israël cesserait d’exister dans les dix ans à venir-3-.

 

Les dirigeants du Hamas ont inventé un nouveau plan de jeu, qui s’ajoute à la répétition inlassable qu’Israël doit être détruit. Ils ne cachent pas au Président Palestinien Mahmoud Abbas qu’ils veulent s’emparer du pouvoir en Judée-Samarie-4-. Du côté israélien, Shimon Peres – qui, en tant que Président, n’est pas censé exprimer ses opinions personnelles sur les sujets politiques controversés – a déclaré aux ambassadeurs israéliens qu’Abbas est un partenaire fiable pour la paix-5-. Puisqu’il n’y a pas eu d’élections présidentielles palestiniennes depuis 2005, le mandat d’Abbas a expiré depuis longtemps et il ne serait très probablement pas réélu-6-. Beaucoup d’Israéliens sont convaincus que la valeur et la durée de tout accord signé avec lui sont plus que douteuses.

 

L’un des évènements importants de la campagne, jusqu’à présent, reste le déclin marqué de la liste conjointe Likoud/Israël Notre Maison, dans les sondages. Elle pourrait bien perdre jusqu’à dix des 42 sièges qu’elle détient actuellement-7-. Ses stratèges sont désorientés et ses candidats s’adonnent à des déclarations contradictoires. Netanyahou répète à qui veut l’entendre qu’il est en faveur d’une « solution à Deux-Etats » -8-. Avigdor Lieberman a fait de même-9-. Cela dit, deux candidats faisant partie de leur liste, le Ministre Yuli Edelstein et le député Zeev Elkin, ont appelé à l’annexion de la Zone C de la Bande Occidentale (Judée-Samarie), qui est, actuellement, sous le contrôle militaire israélien. Les Juifs représentent la grande majorité des résidents de ce secteur-10-. Yaïr Shamir, d’Israël Notre Maison – Numéro 4 sur la liste conjointe – a affirmé que « Netanyahou ne fait que zigzaguer parce qu’il veut faire plaisir à ses électeurs-11-”. Lorsqu’il s’est vu critiqué, par la suite, Shamir a prétendu qu’ils avait été mal compris-12-.

 

Le candidat de la droite dure du Likoud, Moshe Feiglin, qui s’est opposé à Netanyahou durant de nombreuses années, a été arrêté pour tentative d’aller prier sur le Mont du Temple. C’est la troisième fois qu’il est mis aux arrêts pour des infractions similaires-13-. Il a aussi tenté de remonter sa côte publique, grâce à des déclarations, telles que celle disant que les Palestiniens pourraient se voir offrir des incitations financières pour émigrer hors de Judée-Samarie-14-[14] .

 

Le Likoud est, également, confronté à des dissensions internes, à cause de sa campagne négative contre son concurrent le plus important, au sein du bloc de Centre-Droit : le parti National-Religieux Foyer Juif, conduit par le nouvel arrivant, Naftali Bennett-15-. Plusieurs partisans du Likoud ont déclaré qu’il ferait mieux de concentrer ses attaques contre les partis d’opposition du Centre-Gauche-16-. Non content d’attaquer Bennett, le Likoud proclame, maintenant, que s’il perd des sièges, au cours de ces élections, le gouvernement post-électoral ne sera pas en mesure de faire voter des décisions politiques indispensables.

 

Arieh Deri, le Numéro 2 de la liste du parti ultra-orthodoxe Shas tente de ressusciter son profil d’homme public, en faisant des déclarations controversées sur la position de son parti dans le spectre politique-17- et ce que seront ses exigences futures, en termes de portefeuilles ministériels-18-. Il vient de faire son retour en politique, maintenant que son séjour en prison remonte à plus de dix ans. Deri a aussi essayé de ranimer le conflit ethnique, en prétendant que l’alliance Likoud/Israël notre Maison n’est qu’un parti de « Blancs et de Russes ». Il a rapidement présenté ses excuses, puis a récidivé, par la suite, en prétendant que Netanyahou ne désignerait pas de Sépharades aux Ministères-clés.-19-

 

Les partis d’opposition de Centre-Gauche, n’ont pas été capables de tirer un meilleur parti du désarroi qui s’est installé chez leurs rivaux du Likoud/Israël Beitenou. Les sondages ne démontrent aucun mouvement de transfert d’électeurs du Centre-Droit vers le Centre/gauche. La dirigeante du Parti Travailliste, Shelly Yachimovich, a, là-dessus, changé de stratégie et affirmé que, soit, c’est elle qui formera le prochain gouvernement, ou alors elle mènera l’opposition-20-. En se positionnant de cette façon, elle espère, apparemment, détourner les suffrages accordés au Mouvement de Tzipi Livni et au Parti « Il Y A Un Avenir », de Yaïr Lapid. Lapid a, un peu plus tard, annoncé que son parti n’entrerait pas dans un gouvernement qui serait uniquement composé des partis de droite et (de partis) religieux-21-. Ces positions – si elles se maintenaient après les élections – limiteraient grandement les options restantes à Netanyahou, afin de former un gouvernement.

 

Alors que le Jour des élections approche, les tiraillements s’accroissent. Quelques exemples : le Ministre Likoud des Finances, Yuval Steinitz a déclaré que le Parti Travailliste rendrait l’économie israélienne à peu près équivalente à celle de l’Espagne-22-. Lapid a affirmé que Livni quitterait la Knesset si elle n’obtient pas suffisamment de sièges-23-. Son parti a aussi affirmé que Yachimovich est "en pleine crise d’hystérie"-24-. En même temps, cependant, les partis dominants sont désespérément à la recherche d’un thème majeur de campagne, capables de les mobiliser jusqu’au jour de l’élection.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

-1-“Morsi mouths ‘Amen’ as Egyptian preacher urges ‘Allah, destroy the Jews’,” The Times of Israel, 21 October 2012.

-2-Elad Benari, “Morsi in 2010: No Negotiations with ‘Descendants of Apes’,” Israel National News, 4 January 2013.

-3-Richard Spencer, “Israel will cease to exist within a decade, says Muslim Brotherhood official,” the Telegraph, 1 January 2013.

-4-Khaled Abu Toameh “PA scoffs at Hamas offer to take over West Bank,” Jerusalem Post, 1 January 2013.

-5-Lahav Harkov, Herb Keinon, and Greer Fay Cashman, “Peres unleashes political maelstrom with pro-Abbas remarks to envoys,” Jerusalem Post, 31 December 2012.

-6-Daniel Siryoti and Israel Hayom Staff, “Palestinians prefer Hamas leader Haniyeh over Abbas, poll shows,” Israel Hayom, 18 December 2012.

-7-Gil Hoffman, “‘Post’ poll: Likud Beyteu hits new low of 32 mandates,” Jerusalem Post, 4 January 2013.

-8-Ilan Ben Zion, “Amid uproar, Netanyahu reportedly reaffirms commitment to two-state solution,” Times of Israel, 31 December 2012.

-9-Maayana Miskin, “Lieberman: I support a Palestinian State,” Israel National News, 6 January 2012.  

-10-Tovah Lazaroff, “Likud politicians call on Israel to annex Area C,” Jerusalem Post, 1 January 2013.

-11-Elad Benari, “Netanyahu is a ‘Zigazagger,’ Says Shamir,” Israel National News, 4 January 2013.

-12-Lahav Harkov, “Shamir retracts remarks about PM’s ‘zigzags,’” Jerusalem Post, 5 January 2013.

-13-Melanie Lidman and Gil Hoffman, “Police weighing possible indictment against Feiglin,” Jerusalem Post, 2 January 2013.

-14-Stuart Winer and Gabe Fisher, “Likud hardliner suggest suggests paying Palestinian families to emigrate from West Bank,” The Times of Israel, 2 January 2013.

-15-Israel Hayom Staff and The Associated Press, “Likud’s hard right criticizes Netanyahu for attacks on Bennett,” Israel Hayom, 5 January 2013.

-16-Gil Ronen, “Yesha Leaders: Likud, Stop Attacking Bayit Yehudi,” Israel National News, 3 January 2013.

-17-Asher Zeiger, “Shas will support territorial concessions in future peace deal, asserts one of party’s leaders,” Times of Israel, 3 January 2013.

-18-Hagai Golan, “Deri: Shas won’t relinquish housing portfolio,” Globes, 27 December 2012.

-19-Gil Ronen, “Deri Apologizes, then Does It Again,” Israel National News, 31 December 2012.

-20-Lahav Harkov, “Yacimovich: Labor won’t join Netanyahu coalition,” Jerusalem Post, 4 January 2013.

-21-Ibid

-22-Niv Elis, Nadav Shemer, and Lahav Harkov, “Under Labor, Israeli economy would be worse than Spain’s,” Jerusalem Post, 31 December 2012.

-23-“Livni reportedly to quit politics – again – should Knesset bid prove disappointing,” The Times of Israel, 30 December 2012.

-24-Gilad Morag, “Lapid: Yachimovich leading us to messianic government,” Ynet News, 3 January 2013.

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 10:02

          

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Gustavo Perdenik

         

Manfred Gerstenfeld interviewe Gustavo Perednik

 

 

“On estime la communauté juive d’Argentine à environ 150 000 âmes. Ce chiffre a décliné du double qu’il représentait, il y a un demi-siècle, du fait de l’émigration et de l’assimilation. Plus de 80% des Juifs du pays vivent à Buenos-Aires.

 

“Selon mon point de vue, l’actuelle Judéophobie – une expression que je préfère à « l‘antisémitisme », terme qui peut induire en erreur- s'exprime principalement de trois façons. La première correspond à la délégitimation d’Israël dans des publications, des déclarations publiques et des manifestations. La seconde se transmet à travers des personnalités et des organisations qui sont dans les arcanes du pouvoir du pays. En Argentine, le militant syndicaliste Luis D’Elia est un exemple de ce type, s’agissant d’un ferveur partisan de l’Iran, qui a publiquement accusé, en 2012, le Mossad, dans un énorme scandale de corruption en Argentine. Sa troisième forme d’expression se manifeste par la récurrence des mythes judéophobes classiques, dans le discours dominant, parmi lesquels on répète que les Juifs « ont trop de pouvoir » et qui banalisent la Shoah ».


Le Dr. Gustavo Perednik est l’auteur de 15 livres sur les Juifs et la modernité. Il a fait des conférences dans cinquante pays, sur les Juifs, la Civilisation juive et Israël. Il a eu la charge du programme d’une durée de quatre ans pour les étudiants étrangers à l’Université Hébraïque de l’Ecole Rothberg et était à la tête de l’Institut de Jérusalem des Dirigeants de mouvements de Jeunesse.

Le Dr Peredenik observe que : “Nous trouvons une haine persistante d’Israël dans les médias de gauche, tels que le quotidien Página/12. On constate la même chose dans les milieux universitaires. Certains professeurs réputés son des antisionistes enragés. Ainsi en va-t-il aussi de larges segments des organisations étudiantes, souvent trustées par les mouvements gauchistes. Le paradoxe est que beaucoup de leurs dirigeants sont des Juifs.

 

L’organisation coordonnatrice de la Communauté juive DAIA publie annuellement un compte-rendu résumé des agressions antijuives. Il mentionne des attaques verbales régulières, au cours d’émissions de radio d’inspiration néonazie, telles qu’Alerta Nacional et Juventud Despierta,aussi bien que dans des magazines comme celui de l’extrême-droite catholique, Cabildo – qui est nostalgique du temps de la dictature des Généraux- et Patria Argentina.Ces dernières années, les expressions judéophobes ont, cependant, baissé d’intensité. On observe une baisse d’un tiers du nombre de graffitis judéophobes, entre 2010 et 2011.

 

 

Quebracho, le groupe extrémiste qui soutient ouvertement les Mollahs d'Iran. 

 

“A l'extrême-gauche radicale, il y a le groupe Quebracho, qui désigne fréquemment Israël comme un « Etat-Nazi ». Il vient souvent perturber les rassemblements de solidarité avec Israël. Plusieurs de ses membres ont connu la prison pour avoir molesté des manifestants. On peut considérer Quebracho comme la Voix de l’Iran en Argentine.


 

 

“En 2012, a été publié un livre intitulé Les Rabbins des Malouines.  Il révélait des cas de judéophobie virulente exercés par des officiers de l’armée, au cours de la guerre de 1982, entre l’Argentine et le Royaume-Uni. Des soldats juifs, qui ont subi des insultes, des humiliations et des passages à tabac n’ont été reconnus et honorés que trente ans plus tard par les organisations juives.

 

“”Les hommes politiques argentins font attention à ne pas employer un langage fanatique contre les Juifs ou d’autres. Le Ministre des Affaires étrangères, Hector Timerman est Juif et a de la famille proche en Israël. Plusieurs partisans importants du gouvernement sont publiquement identifiés comme des Juifs.

 

“Les actions du gouvernement démontrent de claires intentions de dénoncer la Judéophobie. L’expulsion du négateur de la Shoah et dissident catholique, l’évêque Williamson, en 2009, est une de ses actions très médiatisée. Pourtant, à cause des relations étroites entre l’Argentine et le Président vénézuélien Hugo Chavez, le gouvernement n’ose pas s’opposer sérieusement à la délégitimation d’Israël. En règle générale, le gouvernement argentin est très dur envers la judéophobie nationaliste provenant de l’Extrême-Droite, mais ferme les yeux sur la judéophobie antisioniste issue de l’Extrême-Gauche.  

 

“Au début décembre 2012, le Président de l’Equateur, Rafaël Correa –un allié de Chavez- s’est rendu en visite en Argentine. En plus du fait qu’il défendait les intérêts du gouvernement iranien, il a déprécié l’importance de l’attentat terroriste le plus dévastateur qui se soit jamais produit dans l’histoire de l’Argentine. En 1994, des terroristes parrainés par l’Iran ont lancé un camion-piégé contre le bâtiment qui abrite l’organisation juive AMIA de Buenos-Aires, tuant 85 personnes et blessant des centaines d’autres.

 

“Correa s’est permis de déclarer, lors d’une conférence de presse durant son séjour, que « Certes, le dossier de l’AMIA restait une page très douloureuse de l’histoire de l’Argentine. Mais que seul D.ieu sait combien de civils sont morts dans les bombardements de l’OTAN en Libye. Par conséquent, nous devrions établir la comparaison et alors nous verrions où se situent les dangers réels ». Il a, un peu plus tard, déclaré qu’il n’y avait rien sur quoi il pourrait bien revenir pour présenter des excuses ».

 

“Le gouvernement argentin n’a pas osé relever le défi de cette déclaration. Il cherche, visiblement, à se rapprocher de plus en plus de l’Iran. Ses motivations sont économiques, autant qu’elles découlent du souci de rester bien dans la ligne des positions de Chavez. Mon livre To Kill Without a Trace [tuer sans laisser de traces”] (2009), qui traitait des actes terroristes iraniens en Argentine, prévoyait que le gouvernement continuerait de zigzaguer en direction de l’Iran. Les enquêtes judiciaires ont démontré de manière convaincante que c’est bien l’Iran qui se trouvait derrière l’attentat de l’AMIA et l’attentat à la bombe contre l’Ambassade israélienne, en 1992, dans lequel plus de 20 personnes ont été tuées et près de 250 blessées. Pourtant, l’Argentine n’a jamais réduit ses relations diplomatiques avec l’Iran.

 

“Le gouvernement iranien a ainsi réussi à transformer un dossier judiciaire en une négociation politique. L’Argentine, probablement inspirée par Chavez, est actuellement en train de négocier avec les auteurs de l’attentat, sur la façon de « résoudre » le « problème » des attaques terroristes les plus meurtrières jamais commises en Argentine.

“Les représentants de la communauté juive sont en contact régulier avec le gouvernement. Leur agenda, cependant, n’est pas toujours très clair. Beaucoup de sujets pressants, ayant trait à la Judéophobie en Argentine, ne sont même pas évoqués. Par exemple, les dirigeants juifs ne se sont pas plaints auprès du gouvernement, à propos de son attitude consistant à fermer les yeux sur les commentaires de Correa, pas plus que du fait de son amitié notoire pour le Judéophobe Chavez ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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