Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 20:57

 

 

 

 

Grobman (Copier)

Alex Grobman

            

Manfred Gerstenfeld interviewe Alex Grobman

 

“La reconnaissance accordée pour les bonnes actions est souvent attribuée de manière injuste. Les officiels qui commémorent la Shoah honorent, la plupart du temps, la mémoire des soldats américains qui ont participé à la libération des camps de concentration ou de travail forcé. Pourtant, ils négligent, le plus souvent, les aumôniers juifs américains qui ont grandement assisté les survivants de la Shoah dans les zones américaines d’Allemagne et d’Autriche, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale et dans les premières années qui ont suivi.

 

“De nombreux aumôniers juifs ont agi courageusement et charitablement, en allant bien au-delà de leur mission officielle. Leur fonction primordiale consistait à assister les soldats américains dans le domaine religieux. Il existait même un ordre de ne pas fraterniser, en Allemagne, avec ceux qui vivaient là. Certains aumôniers juifs ont même pris des risques pour les survivants qui auraient pu leur coûter la Cour Martiale ».

 

Le Dr. Alex Grobman est Directeur Exécutif de la Ligue pour l’Amitié Amérique-Israël, Inc. A New York. L’un de ses nombreux livres s’intitule : Rekindling the Flame: American Jewish Chaplains and the Survivors of European Jewry, 1944-1948. [Ranimer la Flamme : les Aumôniers Juifs Américains et les Survivants de la Communauté Juive d’Europe, 1944-1948”].

 

“Les survivants de la Shoah dans les camps allemands représentaient de véritables défis tout-à-fait inhabituels pour les forces alliées. Le gouvernement militaire américain voulait aider les Personnes Juives Déportées (DP’s), mais rencontrait les plus grandes difficultés à comprendre leurs innombrables problèmes. Les survivants juifs n’avaient pas seulement besoin d’aide matérielle, mais également de soutien psychologique et spirituel. Les conditions de vie dans la plupart des camps étaient déplorables.

 

“L’armée voulait rapatrier toutes les personnes déportées aussi vite que possible vers leur pays d’origine. Cependant, parmi les plus de 200 000 Juifs d’Europe, présents en Allemagne et en Autriche à la fin de la guerre, beaucoup ne souhaitaient pas retourner vers les pays desquels ils avaient été déportés. Et ceux qui l’ont fait ont immédiatement été confrontés au danger, en particulier, en Pologne et en Lituanie.

 

“De nombreux survivants qui y sont retournés ont fréquemment été victimes de harcèlement. Nous ne savons même pas combien ont été tués. Le pogrom le plus sinistrement connu s’est déroulé en juillet 1946, au cours duquel 47 Juifs ont été assassinés et plus de 50 ont été blessés à Kielce, en Pologne. Cela rend transparente la raison pour laquelle la majorité des Juifs Polonais craignaient d’être « rapatriés ». Les Juifs venant d’Europe de l’Ouest, de Hongrie, de Roumanie et de Tchécoslovaquie se trouvaient dans une situation plus favorable pour réclamer leurs biens et reconstruire leur vie.

 

“Les aumôniers juifs furent parmi les premiers Juifs Américains à rencontrer des survivants de la Shoah. Plus de 90 d’entre eux ont eu des contacts avec les Personnes Déportées, entre 1944 et 1948. Ils n’étaient, en aucune manière, les représentants officiels d’une quelconque organisation juive américaine. Beaucoup d’aumôniers ont tenté d’influencer les politiques de l’armée envers les Juifs survivants. Et lorsqu’ils n’y parvenaient pas, ils ont souvent entrepris diverses initiatives, de façon unilatérale. Cela signifiait, fréquemment, qu’ils risquaient leur propre carrière, en s’engageant dans des actions clandestines pour atténuer certains des traumatismes et dilemmes auxquels les Juifs survivants étaient confrontés, en Allemagne.

 

“Les aumôniers juifs ont aidé les survivants à rechercher leurs familles, grâce à l’utilisation illégale du courrier militaire ; ils ont secouru les enfants cachés dans des églises et dans des fermes ; et ils ont sollicité les Juifs Américains pour qu’ils envoient des tonnes de nourriture, de vêtements et de produits de première nécessité. Ils ont accompagné des trains qui transportaient des enfants et des adultes juifs hors d’Europe de l’Est, et des transports de jeunes vers la Palestine. Un certain nombre ont travaillé avec Brichah, le mouvement clandestin qui transférait secrètement des Juifs d’Europe vers la Palestine. Ils ont aussi établi des écoles, des bains rituels et un camp d’été. Plusieurs ont publié du matériel éducatif et faisaient office de Rabbins des communautés.

 

“L’aumônier Abraham Klausner, un rabbin réformiste, était un de ces exemples exceptionnels. Il a tenté de faire reconnaître par l’armée le caractère unique de la situation des Juifs. Klausner a travaillé afin de résoudre des problèmes et de répondre à des besoins immédiats, mais aussi pour permettre aux Juifs survivants d’être reconnus comme appartenant à une nationalité séparée des autres. Il a contribué à établir des « camps » juifs, afin de protéger les survivants du harcèlement fréquent de la part d’internés non-juifs. Il a aidé à la création d’une organisation de survivants, Le Comité Central des Juifs Libérés de Bavière, qui représentaient leurs propres intérêts aux yeux de l’armée américaine. Klausner a contribué à établir trois hôpitaux juifs où les Personnes Déportées étaient traitées par des médecins juifs. Simultanément, il a essayé d’alerter les Juifs Américains quant à leur situation critique.

 

“Avec l’aide des survivants, Klausner a réuni et publié six volumes contenant les listes exhaustives de survivants de Bavière et les a fait distribuer à travers le monde entier. Il s’agissait de la première tentative importante de communiquer avec les Juifs vivant à l’Ouest.

 

 

“Avec l’assistance de Max Braude, un rabbin orthodoxe, et de Judah Nadich, un Rabbin Conservateur, Klausner a été capable d’aider les survivants à créer Unzer Weg. Ce journal est devenu le plus grand hebdomadaire en Yiddish publié en Allemagne et a été perçu par de nombreux survivants comme leur journal national.

 

“Klausner voyait que les Juifs de Dachau n’avaient pas d’autres vêtements que leurs uniformes de déportés et qu’ils continuaient d’être forcés de vivre derrière des barbelés. Il a rédigé à ce sujet un rapport non-autorisé sur l’état des Juifs survivants en Bavière qui a provoqué une forte émotion au sein de la communauté juive américaine. Klausner a, également, joué un rôle-clé en formulant le Rapport Harrison, qui a confié la position de conseiller aux affaires juives au Commandant des forces américaines en Europe, en août 1945, en réponse à la situation critique des Personnes Déportées juives.

 

 

“Il n’y avait aucune différence dans l’ampleur de leur dévouement, entre les Rabbins Orthodoxes, Conservateurs et Réformistes. Ils ont tous, indistinctement, essayé de montrer aux survivants qu’ils n’étaient plus seuls. Nous  avons contracté une dette énorme envers ces aumôniers et nous ne saurons jamais comment leur manifester notre gratitude. Leurs nombreuses bonnes actions méritent qu’on se souvienne d'eux ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

Repost 0
6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 07:56

 

 

10-12-12 israeli-election-seats-m-82282 (Copier)

 

 

Le 15 octobre, la Knesset –le Parlement israélien – a vote sa dissolution à l’unanimité. Les prochaines élections se tiendront le 22 janvier 2013. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a pris la décision de cette mesure parce qu’il ne pouvait pas obtenir la majorité pour le vote du budget, tel qu’il l’a proposé -1-.

Les semaines qui se sont déroulées depuis, se caractérisent par plusieurs manœuvres inattendues, la plupart n’ayant rien donné. On a assisté à des efforts initiaux, en vue de construire un mega-parti de centre-gauche dirigé par l’ancien Premier ministre Ehud Olmert. Il était destiné à comprendre ses deux successeurs à la tête du parti Kadima, Tsipi Livni et son actuel dirigeant, Shaul Mofaz, aussi bien que le nouveau venu de la politique, Yaïr Lapid. Ce dernier, un personnage central bien connu dans la vie des médias, a fondé un nouveau parti qui s’appelle Yesh Atid (Il y a un avenir). Un sondage du Jerusalem Post a accordé 31 sièges à ce super-parti imaginaire – devançant de loin le Likoud, avec seulement 22 sièges-2-.

Olmert a commencé à examiner la possibilité de son retour en politique. Il avait démissionné en 2008, à la lumière de soupçons de corruption lancés contre lui-3-. Cette année, il a été le tout premier ancien Premier ministre israélien à se voir condamné par un tribunal, qui l’a désigné coupable d’une accusation moins grave, celle d’abus de confiance. Cette condamnation ne contient pas de cas de turpitude morale, ce qui l’aurait empêché de se présenter à la Knesset. Cependant, il est également accusé, dans le cadre d’un autre procès concernant des pots de vins reçus de la part de promoteurs de biens immobiliers.

Des sources proches de Livni affirment qu’elle envisageait de revenir en politique entant que cheffe de ce nouveau parti-4-. Un sondage de la Radio israélienne du 30 octobre a démontré, cependant, que la dirigeante du Parti travailliste, Shelly Yachimovich, était le leader préféré du Centre-Gauche, loin devant Olmert, Livni, Mofaz et Lapid -5-. Un grand nombre de sondage se sont suivi les uns les autres, y compris ceux fondés sur des situations hypothétiques, avec des résultats variant énormément entre eux.

Lors des élections de février 2009, Kadima a remporté 28 sièges. Cela représentait un siège de plus que le Likoud. Kadima a rejoint le gouvernement Netanyahou en mai de cette année, ce qui a empêché de devoir procéder à des élections anticipées. Il l’a cependant quitté en juillet, parce que Netanyahou n’a pas voulu introduire une conscription complète pour les recrues Ultra-Orthodoxes-6-. L’effondrement de presque tous les soutiens de Kadima, à la suite de ce désistement a provoqué beaucoup de flottement parmi les électeurs d’obédience du centre-gauche.

De façon surprenante, l’évolution essentielle est venue de la droite du spectre politique. Netanyahou et le Minstre des affaires étrangères, Avigdor Lieberman, dirigeant d’Israël Beytenou, ont annoncé qu’ils s’étaient mis d’accord  sur la fusion de leurs partis. Quelques jours plus tard, leurs deux partis ont approuvé cette mesure. Certains l’ont perçue comme une réaction de panique, de la part de Netanyahou, face aux discussions du centre-gauche, visant à établir un parti qui pourrait remporter plus de sièges que le Likoud. D’autres l’ont interprétée comme une façon, pour Netanyahou, de s’assurer que le bloc de centre-droit serait, probablement, en mesure de former le prochain gouvernement et de le reconduire comme Premier ministre.

Pour Lieberman, être numéro deux au sein du parti recomposé le rapproche de son objectif de long terme, visant à devenir Premier ministre. Les deux dirigeants de partis, pour des raisons apparemment différentes, s’accordaient ainsi à sacrifier des sièges. En Israël, les fusions entre partis conduisent souvent à de moins bons résultats électoraux que lorsque les diverses composantes des partis choisissent de se présenter séparément. Un sondage indiquait une perte de quatre sièges, à l’occasion de cette fusion-7-.

Le populaire Ministre Likoud des Communications, Moshe Kahlon a d’abord annoncé qu’il ne serait pas candidat lors des prochaines élections. A la suite de quoi, il a carressé l’idée de fonder un nouveau parti qui insisterait sur les problèmes sociaux. Les sondages lui accordaient dix sièges et plus-8-. Lorsqu’il a déclaré, quelques jours plus tard, qu’il abandonnait son projet, cela a provoqué le soulagement, aussi bien au Likoud que dans le parti ultra-orthodoxe Shas, qui se focalise sur les problèmes sociaux. Le Shas a, en effet, resserré les rangs, lorsqu’il a retrouvé son ancien dirigeant, Aryeh Deri, en position de N° Deux. Dix ans après avoir achevé sa peine de prison pour des accusations de corruption, Deri obtient l’autorisation légale de revenir en politique.

 

Les autres évolutions des dernières semaines concernent l’entrée de nouveaux candidats au sein de divers partis. Yachimovich considère que le Parti Travailliste a besoin de plus de candidats « visibles » et elle a voulu réduire le nombre de sièges réservés à divers secteurs, au sein du parti. Elle a résolu le problème du Parti Travailliste, qui ne possédait pas d’expert de la défense crédible, en attirant dans ses rangs le Général Uri Saguy, un ancien chef du renseignement militaire-9-[9].

 

Lapid a réussi à attire auprès de lui l’ancien chef du renseignement intérieur [Shin Bet] Yaacov Perry, qui dispose, également, à son actif, d’une carrière réussie en tant qu’homme d’affaire. Plusieurs députés et hommes politiques en vue au sein de Kadima ont quitté le navire vers le Likoud ou le Parti Travailliste.

 

Un certain nombre de sondages indique que le Parti de l’Indépendance du Ministre de la Défense Ehud Ba       rak devrait tout juste franchir le seuil de la représentativité, voire même échouer-10-. Ils expriment également des doutes quant à la capacité de Kadima d’obtenir suffisamment de voix pour atteindre ce seuil minimal-11-. Cela aurait l’effet de provoquer la chute la plus spectaculaire de toute l’histoire parlementaire d’Israël.

 

En Israël, deux mois et demi avant une élection représente une durée relativement longue. Il suffit, pour le mesurer, de se rappeler que, lors de la précédente campagne électorale, on a trouvé le temps de lancer et d’achever l’Opération « Plomb Durci » à Gaza. Les programmes des partis sont rarement à l’ordre du jour, pour le moment. Il est vrai que le jeu politique israélien est tel qu’il pourrait presque ne jamais en être question. Les élections peuvent très bien se jouer uniquement sur les personnalités des candidats, tout comme cela s’est déroulé la fois dernière.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

Adaptation : Marc Brzustowski.  

Jonathan Lis, “Israel’s Knesset votes to disband, hold early elections on January 22,” Haaretz.com, 15 October 2012.

Gil Hoffman, “’Post poll: ‘Center-Left mega-party’ would beat PM,” The Jerusalem Post, 11 October 2012.

”Israeli PM Olmert hands in resignation,” CNN World, 21 September 2008.

Anshel Pfeffer, “Tzipi Livni to challenge Bibi in her return to politics,” The Jewish Chronicle, 25 October 2012.

JPost.com Staff, “Poll: Yacimovich preferred leader of Center-Left,” The Jerusalem Post, 1 November 2012.

”Kadima quits Israel government over conscription law,” BBC News, 17 July 2012.

Lahav Harkov, “Right loses 4 seats from Likud Beytenu merger,” The Jerusalem Post, 2 November 2012.

 

Jonathan Lis, “Netanyahu supporters scramble to dissuade Kahlon from running on separate ticket,” Haaretz.com, 2 November 2012.

 

Jonathan Lis and Eli Ashkenazi, “Kibbutz leader withdraws from Labor primary,” Haaretz.com, 1 November 2012.

 

Lahav Harkov, “Right loses 4 seats from Likud Beytenu merger,” The Jerusalem Post, 2 November 2012.

 

“New poll predicts Kadima won’t make 2% voting threshold in January elections,” Times of Israel, 3 November 2012.

 

Repost 0
4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 14:02

Pourquoi Obama Est Aussi Impopulaire Parmi Les Juifs Israéliens

PARTAGER
TAGS

Par Manfred Gerstenfeld.

Le Président Obama n’est pas très populaire parmi les Juifs Israéliens. Il y a quelques jours, un sondage posait la question de savoir quel candidat présidentiel obtenait la préférence, s’agissant des intérêts d’Israël. Cinquante-sept pour cent plébiscitaient Romney, tandis que 22% seulement choisirait Obama. Ce dernier reste, néanmoins, le candidat préféré, parmi les Arabes Israéliens.

Pourtant, l’administration Obama demeure un soutien d’Israël, après une période initiale plus hésitante. Cela s’exprime par la fourniture de matériel militaire, des moyens de lutte dans la guerre cybernétique et une vaste collaboration stratégique. Les dirigeants israéliens de premier plan saluent cette coopération. Les Etats-Unis ont, aussi, constamment soutenu Israël à la tribune des Nations-Unies. Obama est également intervenu personnellement dans la situation de menace sur la vie du personnel de l’ambassade israélienne au Caire, au cours de la prise d’assaut de cet édifice, durant les émeutes égyptiennes de septembre 2011.

On peut ainsi en déduire que la plupart des actions du Président Obama sont des gages de soutien à Israël. Une des raisons pour lesquelles cela n’a pas eu plus d’effet que cela sur les Juifs d’Israël, est attribuable à son image de président faible sur la scène internationale, dont l’incidence est qu’elle est très mauvaise pour Israël. Même si une partie de la faiblesse de l’Amérique ne relève que du domaine des perceptions, cela se traduit bien dans la réalité. Elle fait le lit des provocations répétées contre les Etats-Unis, de la part de ses ennemis. On s’en aperçoit, à travers la posture adoptée par les dirigeants iraniens, qui sont les soutiens primordiaux du terrorisme dans le monde...

Lire la suite : http://israelmagazine.co.il/pourquoi-obama-est-aussi-impopulaire-parmi-les-juifs-israeliens/

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans . Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

Adaptation : Marc Brzustowski. 

Repost 0
1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 13:43

 

 

 

Obama-Irantarget (Copier)

 

 

Par Manfred Gerstenfeld

 

1073-Hajo-A--Copier-.jpg

Le Président Obama n’est pas très populaire parmi les Juifs Israéliens. Il y a quelques jours, un sondage posait la question de savoir quel candidat présidentiel obtenait la préférence, s’agissant des intérêts d’Israël. Cinquante-sept pour cent plébiscitaient Romney, tandis que 22% seulement choisirait Obama. Ce dernier reste, néanmoins, le candidat préféré, parmi les Arabes Israéliens.

Pourtant, l’administration Obama demeure un soutien d’Israël, après une période initiale plus hésitante. Cela s’exprime par la fourniture de matériel militaire, des moyens de lutte dans la guerre cybernétique et une vaste collaboration stratégique. Les dirigeants israéliens de premier plan saluent cette coopération. Les Etats-Unis ont, aussi, constamment soutenu Israël à la tribune des Nations-Unies. Obama est également intervenu personnellement dans la situation de menace sur la vie du personnel de l’ambassade israélienne au Caire, au cours de la prise d’assaut de cet édifice, durant les émeutes égyptiennes de septembre 2011.

 

On peut ainsi en déduire que la plupart des actions du Président Obama sont des gages de soutien à Israël. Une des raisons pour lesquelles cela n’a pas eu plus d’effet que cela sur les Juifs d’Israël, est attribuable à son image de président faible sur la scène internationale, dont l’incidence est qu’elle est très mauvaise pour Israël. Même si une partie de la faiblesse de l’Amérique ne relève que du domaine des perceptions, cela se traduit bien dans la réalité. Elle fait le lit des provocations répétées contre les Etats-Unis, de la part de ses ennemis. On s’en aperçoit, à travers la posture adoptée par les dirigeants iraniens, qui sont les soutiens primordiaux du terrorisme dans le monde.

 

La vision du Président Obama, concernant l’évolution de la situation dans le monde musulman est autre point hautement problématique. Le projet d’investigation sur le terrorisme  de Steve Emerson a mis en lumière que nombreux sont, à présent, ceux qui savent que les Musulmans radicaux ont délégué des centaines de délégations en direction d’Obama à la Maison Blanche et qu’ils y ont rencontré des responsables tenant le haut du pavé au sein l’administration. On peut, si on veut illustrer l’attitude fondamentale d’Obama envers le monde musulman, reprendre l’analyse de son discours du Caire, en 2009. Obama y avait essentiellement exprimé ses excuses et sa volonté d’apaisement, tout en rejetant dans l’ombre les phénomènes répandus de criminalité en provenance du monde musulman.

 

Obama a continuellement appliqué une politique du “deux-poids-deux- mesures”, nourrie de fréquentes omissions sur beaucoup de faits importants. Il a déclaré qu’il était temps de mettre un terme aux implantations israéliennes. Il n’a jamais dit : « Il est grand temps que l’Egypte et de nombreux autres états musulmans cessent toute cette incitation criminelle à la haine contre les Juifs. Cet appel à la haine est surtout largement répandu par le biais des medias d’Etat égyptiens. Il n’a eu d’équivalence que dans l’Allemagne nazie ». Il n’a pas, non plus, dit : « Abolissons la peine de mort ». Lorsqu’il a évoqué l’égalité pour les femmes, il n’a pas dit : « Il existe des cas extrêmes de discrimination contre les femmes dans la majorité des pays musulmans. On doit y mettre fin ». Obama ne s’est jamais clairement exprimé au sujet de l’incitation et des persécutions contre les Chrétiens dans une grande diversité de pays musulmans. Il a évité de clairement demander : « Comment se fait-il que la culture qui se réfère à l’Islam est de très loin plus violente que n’importe laquelle s’inspirant de toute autre religion ? Qu’est-ce que cela nous dévoile, à propos de l’Islam contemporain ? ». Pas plus n’a-t-il osé simplement dire : « Depuis le début de ce nouveau siècle, jamais nous n’avons vu aucun autre attentat de l’ampleur de celle du 11 septembre, qui ait été mené au nom des convictions religieuses de grands criminels de cet acabit ».

 

Une autre de ses omissions majeures apparaît dans sa déclaration disant que la civilisation avait contracté une dette envers (l'Université) Al Azhar, sans même mentionner les décisionnaires musulmans prédominants qui donnent leur plein aval au terrorisme suicide. Lorsqu’il parlait des Palestiniens, il a affirmé que : « Le peuple palestinien –musulmans et chrétiens confondus- a souffert, dans sa quête d’une patrie ». Cette déclaration contient de nombreuses erreurs volontaires. La majeure partie de la gestion des affaires palestiniennes incombe à la Jordanie, état constitué d’une majorité de Palestiniens. Les Palestiniens se sont vus offrir un deuxième état, à travers une résolution de l’Assemblée Générale des Nations-Unies de 1947. Pourtant, elle n’était pas encore suffisamment généreuse pour eux et leurs alliés arabes. Ils ont préféré déclencher une guerre pour tenter de massacrer les Juifs présents sur ce qui était en train de devenir Israël. Jusqu’en 1967, ils auraient eu tout loisir de demander officiellement à leur « frères » arabes de constituer un second état, lorsque les territoires palestiniens étaient contrôlés par la Jordanie et l’Egypte.

 

Après la défaite arabe de 1967, les Palestiniens auraient, encore une fois, pu obtenir un second état. Là encore, ils ont opté pour la poursuite de leur combat, dans l’espoir d’éliminer Israël. Alors qu’Obama n’a pas même mentionné les épreuves subies par les Chrétiens dans les territoires musulmans, il a insisté sur la souffrance des Chrétiens Palestiniens, sans oser déclarer ouvertement qu’elle était essentiellement provoquée par les Musulmans palestiniens.

 

Obama a aussi dit des choses au Caire, concernant le monde arabe, qui frisaient bien plus le mensonge assumé que les demi-vérités. Se permettre de déclarer que : « A notre époque, de nombreuses communautés musulmanes sont à l’avant-garde de l’innovation » ne reflète pas la réalité vécue par le monde musulman. Le minuscule Israël a remporté plus de prix Nobel que tous les Musulmans pris tous ensemble, alors que les Musulmans sont environ deux cent fois plus nombreux que les Israéliens.

 

Le seul domaine où le sens de l’innovation a fait ses preuves, dans différentes parties du monde musulman, c’est en matière de « terrorisme créatif ». Dans ce cadre, les Palestiniens ont aussi apporté une contribution substantielle en inventant de nouvelles modalités pour susciter la terreur. S’il existait un prix Nobel du terrorisme, les candidats du haut du panier seraient l’Iran, la Syrie, le Hezbollah, le Hamas et divers autres groupements palestiniens, autant que les initiateurs du 11 septembre.

 

Qu’une majorité de Juifs Israéliens continuent de se sentir mal à l’aise avec Obama, en tant que Président, est probablement dû à son inclination envers des Musulmans problématiques, à la trahison d’alliés politiques de longue haleine, tels que le Président égyptien Hosni Moubarak et à la perception de sa faiblesse sur la scène internationale. On peut s’interroger pour savoir jusqu’à quel point Obama a sincèrement abandonné l’esprit d’apaisement et d’excuse dont il a fait preuve au Caire, ou si le même tableau ou approchant va réapparaître, aussitôt qu’il serait réélu.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans . Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski. 

Repost 0
23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 14:56

 

 

Mazel (Copier)


Manfred Gerstenfeld s’entretient avec l’Ambassadeur Zvi Mazel

 

“L’antisémitisme et ce qu’on peut appeler l’anti-israélisme ou antisionisme se conjuguent depuis des décennies en Egypte. On a souvent recours aux pires clichés antisémites pour attaquer Israël. La  plupart des Egyptiens   ne font pas de différence entre Israël et les Juifs  . même s’ils s’en prennent parfois à l’un et parfois aux autres.

 

“Les expressions de cette  haine viscérale se poursuivent aujourd’hui exactement comme du temps de Moubarak, qui fut Président d’Egypte de 1981 à 2011. Pour comprendre  comment s’effectue  la diabolisation massive d’Israël et des Juifs, il faut  l’analyser avec le recul pris sur le long terme de la période précédente».

 

Zvi Mazel a été Ambassadeur d’Israël en Egypte de 1996 à 2001. Il a aussi occupé des postes diplomatiques en Roumanie et en Suède. Il est, à présent, expert permanent du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, en tant qu’observateur des problèmes du monde arabe.

 

“ La visite historique du Pape Jean-Paul II en Egypte, en 2000 a fourni une éclatante démonstration internationale de   la stigmatisation de tous les Juifs. La Gazette égyptienne, le quotidien en langue anglaise, qui fait partie de l’empire médiatique du pouvoir publia à cette occasion un éditorial en Une, intitulé : « Qui doit de réelles excuses ? ». Il faisait ainsi référence à l’absolution accordée aux Juifs pour le prétendu « meurtre de Jésus » [Concile Vatican II]. Selon le rédacteur en chef Ali Ibrahim, cette absolution faisait table rase de  2000   de prières et de  rituels  chrétiens. Il en déduisait que les Etats-Unis avaient sûrement fait pression sur le Vatican pour qu’il absolve les Juifs, dans le seul et unique but de renforcer la position d’Israël.

 

“Sous Moubarak, on a assisté à une véritable emprise de l’état sur les medias dont il était propriétaire et tous les autres journaux subissaient une censure draconienne. Il était interdit de critiquer le Président, les forces armées et le traitement subi par la minorité copte.  Par contre s’agissant d’Israël et des Juifs, on pouvait  les attaquer et   les diffamer sans réserve. Les journaux islamistes tiraient leur inspiration de la ligne officielle et leurs messages antisémites et de haine envers Israël étaient trempés au vitriol.

 

“Les Juifs sont essentiellement représentés, dans les dessins, vêtus de vêtements traditionnels et de grands chapeaux noirs, avec de grands nez crochus et faisant des courbettes obséquieuses. On les montre fréquemment en train de massacrer des Palestiniens ou d’éventrer au couteau des colombes de la paix. En bien des occasions, on présente les Juifs comme des voleurs et des menteurs. Ils sont désignés, de façon routinière, comme « des descendants de singes et de porcs ». En 1997, l’hebdomadaire Rose al Yussef a publié une étude qui a fait l’objet d’un débat au sein de l’Association Arabe des Sciences Sociales. Elle déterminait, à partir de « sources » dont l’origine demeurait floue, que les Juifs étaient  perçus, en Egypte, comme « répugnants », « qu’ils parlent avec des intonations nasales » et qu’ils sont foncièrement « malhonnêtes ».

 

“Un autre sujet de haine important correspond à l’idée que les Juifs sont la racine de tous les maux et qu’ils représentent une menace pour la paix mondiale. Les articles qui se consacrent à cette thématique sont souvent fondés sur les Protocoles des Sages de Sion, les accusations de meurtres rituels et même sur des textes déformés issus du Talmud. On y manifestait le plus grand respect pour l’auteur français, négationniste prépondérant de la Shoah, Roger Garaudy, qui vient de décéder en 2012. L’initiative prise par Gunnar Persson,  le Premier ministre Suédois de l’époque, d’organiser une conférence internationale sur l’enseignement  de la Shoah, a été dénoncée avec la plus grande  énergie en Egypte. Ce ne sont là que quelques exemples parmi tant d’autres.

 

“La prise du pouvoir par les Frères Musulmans, en Egypte, met en évidence un mouvement pour lequel la haine des Juifs est consubstantielle. Cette organisation fut fondée en 1928 en Egypte  par un instituteur, Hassan al-Banna, qui voulait en faire  un mouvement panislamique. Il s’est ingénié à développer une version musulmane de l’antisémitisme nazi. Il suffit, pour le constater, de voir que le livre d’Hitler, Mein Kampf, a été traduit en arabe sous le titre : « Mon Jihad ». D’autres publications antisémites nazies ont fait l’objet de traductions. Des caricatures publiées  dans le journal de haine nazi, Der Stürmer, ont été reprises et  adaptées pour faire des Juifs  les ennemis sataniques d’Allah, après avoir été désignés comme ceux du peuple allemand. Dans son livre cultivant un antisémitisme populaire, My battle with the Jews [mon combat contre les Juifs], l’écrivain et théoricien islamiste Sayyid Qutb,  figure  de proue qui faisait autorité au sein des Frères Musulmans d’Egypte, dans les années 1950 et 1960. il prétendait que les Juifs avaient infiltré et corrompu l’Islam

 

“L’antisémitisme de la période de transition de l’après Moubarak et sous le Président Mohammed Morsi, s’exprime, dans une large mesure, par l’application répétée des mêmes poncifs antisémites contre Israël. On continue de représenter le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou en uniforme nazi et sous les traits d’Hitler, dans les médias égyptiens.

 

Une vidéo tournée dans une mosquée, en octobre 2012, montre le Président égyptien Mohammed Morsi qui dit "Amen" à la suite de prières faites par un imam appelant Allah à détruire les Juifs et leurs partisans. 

  

“L’un des incidents les plus commentés est survenu en août 2012, où l’anti-israélisme et l’antisémitisme se sont avérés ouvertement  comme un mélange explosif, au cours d’une émission de la TV égyptienne, analogue à la Caméra Cachée. Ce spectacle avait invité l’acteur populaire Ayman Kandeel, en lui faisant croire qu’il allait apparaître à la télévision allemande. Alors que l’émission se déroulait en direct, la présentatrice égyptienne a voulu faire de l’humour en prétendant qu’elle était une journaliste israélienne qui l’interviewait pour la télé israélienne. L’acteur l’a alors plaquée contre le mur en lui cognant dessus, l’a giflée et l’a insultée en la traitant de tous les noms. L’actrice Al-Beblawi, à qui on a fait la même farce, a lancé à la cantonade : « Allah n’a pas maudit les vers et les mites autant qu’il maudit les Juifs -1-”.

 

Mazel conclut : “Ce mélange d’antisémitisme et d’anti-israélisme fait désormais partie intégrante de la psyche égyptienne. Les Juifs et l’Etat Juif sont perçus comme les ennemis de l’Egypte, bien que la paix se maintienne entre Israël et l’Egypte. L’arrivée au pouvoir des Frères Musulmans, dont l’idéologie repose sur la haine des Juifs, a rendu cette situation plus grave encore  et elle suffirait, à elle seule, à  remettre en cause la paix précaire entre les deux pays ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans . Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

                   

Jeffrey Goldberg, “In Egypt, Anti-Semitism is Back in Fashion,” Bloomberg, 6 August 2012.

Repost 0
23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 00:35

 

islam-antisemite-musulmans-nazis-anti-juif (Copier)

Manfred Gerstenfeld interviewe Samar

 

 

“J’ai personnellement entendu un certain nombre d’Imams aux Pays-Bas employer des versets du Coran et d’autres textes islamiques pour prêcher la haine contre Israël et les Juifs. Ainsi la propagande théologique s’est transformée en incitation politique à la haine. La même haine a pénétré la société musulmane néerlandaise par le biais de la télévision satellitaire arabe. On entend, de plus en plus, le même écho, aussi bien de la part des membres de la famille, des voisins musulmans et des camarades de classe ».

 

Samar est une jeune femme qui est née musulmane de parents marocains traditionnalistes, en Hollande. Au fil des années, elle a été témoin de la haine des Juifs qui se répand dans les cercles musulmans et elle a commencé à en faire l’observation minutieuse. Elle ne peut raconter son histoire qu’en conservant l'anonymat sous un nom fictif.

 

“Au cours des mes années d’université, j’ai parlé avec environ 150 à 200 musulmans. Ce qui m’a frappé, c’est que presque tous partageaient les mêmes opinions. Cela n’a aucune importance de savoir s’ils étaient Marocains, Turcs, Kurdes ou bien Musulmans du Surinam. Au cours de toutes ces années, je n’ai rencontré que deux Musulmans qui ne haïssaient pas les Juifs ou Israël. L’un d’entre eux était un garçon d’obédience Ahmadiyya, l’autre, une fille alaouite originaire de Turquie. Ils appartiennent à des groupes minoritaires, considérés comme hérétiques par les autres musulmans.

 

Les Musulmans, à l’université, me traitaient comme l’une des leurs. Cependant, je ne me considérais plus comme une Musulmane. Au cours des conversations, ils se montraient totalement ouverts vis-à-vis de moi, alors que je gardais mes opinions pour moi. Presque tous les jeunes musulmans que j’ai rencontrés à l’université niaient l’existence de la Shoah. Pas plus, ils ne croyaient en la soi-disant « solution à deux états » pour les Israéliens et les Palestiniens. Tout ce qu’ils voulaient, c’est qu’Israël soit rayé de la carte. Ils pensaient qu’on devait expulser les Juifs d’Israël, pour que ce pays puisse « redevenir » un Etat musulman. Il n’y avait aucune différence d’opinion entre les garçons et les filles. Aux Pays-Bas, on entend souvent des allégations affirmant que les femmes musulmanes seraient plus tolérantes que les hommes. Ce n’est absolument pas vrai, pour tout ce qui concerne la haine des Juifs.

 

“ Ces étudiants pensent également que les Musulmans sont supérieurs aux autres peuples. En particulier, ils regardent de haut les Juifs avec le plus profond mépris. Ils pensent que les Juifs descendent des singes et des porcs. Ceux, en particulier, qui savent où cela est écrit dans le Coran, le soulignent avec d’autant plus de conviction. Cela ne veut dire qu’ils pensent que les Juifs se changent en singes durant la pleine lune. Plus exactement, ils pensent que les Juifs ne sont pas complètement humains. Ce message fait, également, l’objet de nombreux messages à travers les émissions des chaînes de télévision arabes.

 

“Parmi ceux qui n’expriment pas leur antisémitisme au cours de conversations courantes, il est essentiellement véhiculé lors d’occasions particulières. Cela peut se produire pendant une collecte en faveur des Palestiniens, par exemple, ou après que certains aient participé à une manifestation anti-israélienne, ou durant les festivités de la fin du Ramadan. Ce qui est frappant, c’est qu’aucune remarque antisémite n’est faite en présence de non-Musulmans. Par exemple, lorsque des Hollandais « de souche » participent à un repas de l’Iftar, les Marocains, les Turcs et d’autres Musulmans que j’ai rencontrés parleront de façon très différente que lorsqu’ils sont seulement entre eux. C’est particulièrement vrai, quand ils parlent des Juifs.

 

“Depuis qu’à Amsterdam, a débuté un cours universitaire de formation pour les Imams, il y a de plus ne plus d’étudiants salafistes. Pour eux, les mosquées jouent un grand rôle. Cela alimente la haine des Juifs qu’ils ont déjà entretenue chez eux. Parmi ces étudiants, on voit des Islamistes fanatiques et des antisémites extrémistes.

 

“Pendant une courte période, j’ai eu pour camarade un étudiant, qui était un Juif d’Irak. Des dizaines d’étudiants musulmans le surnommaient « l’occupant », « sale Juif », et « Nazi ». Il ne leur a jamais répliqué.

 

“Au cours d’un projet d’études, j’ai rendu visite à un grand nombre d’organisations musulmanes de diverses obédiences. Je me suis aussi adressé à d’autres, qui étaient porteurs de projets similaires au sein de tels groupes. La seule organisation que j’aie jamais rencontrée, qui ait la volonté de collaborer avec des groupes juifs était le groupe Ahmadiyya. Comme on l’a dit, ils sont considérés comme des hérétiques par les autres Musulmans. Quand  on s’adresse à des représentants officiels musulmans, la conversation demeure « politiquement correcte ». Là, on n’entendra pas de remarques correspondant à la négation de la Shoah, par exemple.

 

“ Dans le cadre de mes projets, je suis également entrée en contact avec des Juifs Hollandais, parmi lesquels plusieurs détenaient des fonctions importantes au sein d’organisations juives. J’ai été surprise de leurs réactions, qui étaient à l’opposé de celles des groupes musulmans. J’ai rencontré une grande volonté de dialogue avec les organisations musulmanes et de collaborer avec elles pour générer plus de compréhension mutuelle.

 

“Beaucoup de Juifs Hollandais ne voulaient même pas entendre la vérité, telle que celle que j’étais en train de leur dire. Les seuls qui ont accepté de me croire étaient des Juifs orthodoxes qui portent des kippot. Leurs enfants fréquentent des écoles juives et portent également la kippa. Quiconque est reconnaissable comme Juif aux Pays-Bas souffre des quolibets antisémites dont on l’affuble et parfois, est amené à subir des violences.

 

“Les représentants officiels musulmans, mais aussi un certain nombre de Juifs racontent la même histoire en public. Ils prétendent que les problèmes d’antisémitisme et de violence verbale envers les Juifs sont provoqués par une petite minorité de soi-disant « Marocains des rues ». Mon expérience est qu’il ne s’agit pas de la totalité de la vérité. Je n’ai jamais rencontré de « Marocain des rues ». Ma connaissance de cet antisémitisme musulman et de cette haine d’Israël si largement répandus découle directement de mes contacts avec les étudiants à l’université ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

Repost 0
11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 11:36

 

 

Hans Jansen (Copier)

Hans Jansen

 

Manfred Gerstenfeld Interviewe Hans Jansen

 

 

“Le monde protestant est très divisé, concernant Israël. D’un côté, on assiste à beaucoup de campagnes d’incitation à la haine envers Israël, d’un autre côté, on compte de nombreux partisans d’Israël, en particulier parmi les Protestants Evangélistes, autant que chez les Orthodoxes.

 

“Le débat suscité par un texte, connu sous le titre du document Kairos a constitué une occasion unique permettant d’observer ces deux phénomènes. Ce manifeste a été publié en 2009 par des Chrétiens palestiniens. Il avait pour titre official : “Un moment de vérité : un monde de foi, d’espoir et d’amour émanant du cœur de la souffrance palestinienne”.

 

Le Professeur Hans Jansen est l’auteur d’une œuvre de premier ordre, fréquemment rééditée, en néerlandais, intitulée : Christian Theology after Auschwitz.-1- [“La Théologie Chrétienne à l’épreuve d’Auschwitz”], dont le premier tome passe en revue l’histoire de 2000 ans d’antisémitisme de l’Eglise. Le deuxième tome – en deux volumes- est sous-titré : Les racines de l’Antisémitisme dans le Nouveau Testament. Jansen, protestant hollandais, a enseigné l’histoire à l’Université Libre Flamande de Bruxelles (1990-2000) et, enseigne à l’Institut Simon Wiesenthal de la même ville, depuis 2002.

 

“L’argumentaire central du document Kairos consiste à marteler que seul Israël est responsable de tous les problèmes dans la région. Le manifeste appelle à considérer la politique « d’occupation » israélienne comme « un péché ». Le but principal de cette publication est d’appeler à un boycott économique international contre Israël.

 

“Plus tard, on s’est aperçu que le document Kairos était promu dans divers pays comme représentant la déclaration de politique générale des dirigeants chrétiens palestiniens les plus en vue, tels que es Grecs Orthodoxes, les Catholiques romains, les Luthériens, les Anglicans et les Baptistes. C’était totalement faux : pas un seul dirigeant de ces églises n’a signé un tel document.

 

“Un seul dirigeant d’église avait signé ce document : Monib Younana, Evêque de l’Eglise Luthérienne évangélique de Jordanie et de Terre Sainte. Cette église rassemble à peine une petite centaine de fidèles, dans les régions sous l’autorité de l’évêque et a été fondée en 1959, par des missionnaires luthériens allemands. Le nombre de ses adhérents est ridiculement minuscule, en comparaison des 400 000 Chrétiens qui vivent dans ces contrées.

 

“Another initiator of the document is Yusef Dahan, local representative of the World Council of Churches. All other signatories are local pastors, lay people or religious functionaries who only represent themselves. One of them is the retired Roman Catholic Patriarch of Jerusalem, Michel Sabbah. His successor, the actual Patriarch, did not sign. Another signatory is the Greek Orthodox religious functionary Atallah Hanah, who is in discord with the Patriarch of his church.

 

“Yusef Dahan, représentant local du Conseil Mondial des Eglises, est un autre des initiateurs du document. Tous les autres signataires ne sont que des pasteurs locaux, des personnes laïques ou des fonctionnaires religieux qui ne représentant qu’eux-mêmes. L’un d’entre eux est le Patriarche Catholique Romain de Jérusalem, à la retraite, Michel Sabah. Son successeur, le Patriarche actuel, n’a pas paraphé ce document. Un autre signataire est l'éclésiastique Atallah Hanah, qui se trouve en profonde discorde avec le Patriarche de sa propre église. 

 

“ Dans de nombreux pays, les medias ont préféré grandement surestimer la légitimité des signataires. Ils ont, tout autant, sous-estimé l’importance de l’opposition fondamentale contre ce document.

 

“J’ai, en particulier, suivi ce débat aux Pays-Bas. Diverses organisations chrétiennes de premier plan ont critiqué ce document. Douze théologiens prédominants ont sévèrement attaqué cette publication, quelques jours après qu’elle ait été exposée aux dirigeants des églises hollandaises, en décembre 2009. Les medias néerlandais, cependant, ont voulu donner l’impression érronée qu’en acceptant de recevoir le document, les églises hollandaises donnaient leur accord sur son contenu. C’était contraire à la vérité, parce que, comment pourrait-on être d’accord avec un document de 70 pages qu’on a même pas lu ? L’acceptation signifiait uniquement qu’on souhaitait entendre ce que les Chrétiens défavorisés d’ailleurs avaient à dire. Dès la réunion en vue de son acceptation, le secrétaire de la plus vaste communauté protestante, et de loin, les Eglises Protestantes des Pays-Bas émettait les plus vives réserves.

 

“La critique des théologiens, qui malgré leur éminence, n’ont obtenu qu’une très faible couverture dans la presse, était très majoritaire. Ils ont désigné ce document comme « l’heure de la tromperie » et écrit que le document Kairos ne faisait pas mention des Promesses faites par D.ieu à Israël, en tant que peuple dans la Bible Hébraïque. Il manquait même totalement, dans ce document,  la vision biblique d’Israël en tant que peuple. Ils ont sévèrement critiqué les signataires au motif qu’ils utilisaient la Bible pour légitimer leurs inclinations et points de vue politiques. Les théologiens ont déclaré que cette approche transformait la religion en une « idéologie humaine ». Plus loin, ils faisaient remarquer que « le document Kairos s’inspire des prétendus « nouveaux historiens » a u Moyen-Orient qui, depuis plusieurs années, passent le plus clair de leur temps à réécrire l’histoire des évènements du Moyen-Orient en faveur des Palestiniens. Ces théologiens font référence au document comme relevant d’une « brutalité éhontée ».

 

Jansen Remarque : “De plus, le document Kairos est fondé sur la soit-disant “théologie de la substitution”, qui enseigne que la Promesse faite par D.ieu aux Juis, a été transférée aux Chrétiens. Cette théologie a conduit à des persécutions répétées des Juifs à travers les siècles. Il existe encore de multiples églises, particulièrement au Moyen-Orient, qui soutiennent cette théologie hideuse ».

 

Jansen en conclut : “D’un point de vue historique, il est important que le Débat portant sur le document Kairos prouve que, quand la haine du Judaïsme est propagée par des Chrétiens, il se fait aussi jour à l’expression d’une opposition chrétienne. Quiconque étudie la longue histoire de cette haine découvre que de vives réactions contre ce phénomène, au sein de cercles chrétiens, se sont faites plutôt rares. De ce point de vue, la situation d’aujourd’hui est bien plus encourageante ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

Hans Jansen, Christelijke theologie na Auschwitz: Theologische en kerkelijke wortels van het antisemitisme, Tome 1, 6th ed. (Amsterdam: Blaak, 1999). [Dutch]

 

Repost 0
10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 10:23

 

Kortenoeven (Copier)

Wim Kortenoeven

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Wim Kortenoeven

 

 

“Devant les Nations-Unies, le Président iranien Mahmoud Ahmadinedjad, une fois, a prédit que le Mahdi de l’Apocalypse allait arriver, qu'il mènera, alors, la guerre contre les Juifs et soumettra le monde entier à l’Islam. Cette quête d’anéantissement est, très précisément, ce qu’Ahmadinedjad et d’autres dirigeants iraniens veulent perpétrer. Les fanatiques religieux n’acceptent pas nos arguments rationnels. Je suis préoccupé par l’avenir de mes deux fils, mais aussi, par celui des Pays-Bas et la préservation de notre culture. C’est pourquoi j’ai choisi de devenir député.

 

 

“En 1993, je me suis prononcé contre les accords d’Oslo, en expliquant qu’il s’agissait d’un piège grossier qui mènerait à un désastre. Lorsque le Premier ministre Binyamin Netanyahou est venu aux Pays-Bas, j’ai affirmé qu’Israël devrait construire autant d’implantations que possible en Judée-Samarie. Ce pays a besoin de frontières sûres, s’appuyant sur une profondeur stratégique. Dans certains endroits, la ligne d’armistice de 1967 se situe à seulement douze kilomètres de la mer ».

 

 

Wim Kortenoeven était député du Parti de la Liberté, en Hollande, depuis 2010. Il a quitté ce parti à l’été 2012, lorsque son programme, en vue des élections parlementaires de septembre, a appelé à l’interdiction de tout abattage rituel. Auparavant, Kortenoeven était chargé de recherche et de documentation, au sein de l'asociation pro-israélienne hollandaise, le CIDI. Il a grandi en tant que protestant pratiquant, mais a, plus tard, quitté le temple.

 

 

“Mon livre sur le Hamas, en 2007, constituait la première étude néerlandaise portant sur cette organisation. Malgré ses nombreux actes terroristes, les gouvernements hollandais successifs ont toujours présenté le Hamas comme un mouvement composé de différentes branches politique, humanitaire et militaire. Le mécanisme de recrutement pour la branche terroriste était perçu comme une alternative à l’OLP, porteuse d’autres espérances. Ainsi, le Hamas contribuait-il, disait-on, à bâtir la société palestinienne tant souhaitée.

 

“Après le changement de politique, aux Pays-Bas, en 2003, un effort important a été entrepris pour que le Hamas soit ajouté à la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne. Cela n’a pu se produire que quelques années plus tard. Cette évolution reflète l'inclination et la naïveté de la politique néerlandaise au Moyen-Orient. De telles erreurs peuvent avoir des conséquences fatales – et pas seulement pour les Hollandais. Cela dit, dès que les Hollandais prennent conscience de leurs propres gaffes, ils essaient, le plus souvent, de les corriger. La question demeure de savoir si l’Europe avait reconnu plus tôt, les intentions meurtrières du Hamas, y aurait-il eu, pour autant, moins d’Israéliens assassinés ?

 

 

“”Mon ouvrage a suscité des critiques positives, de la part de beaucoup d’universitaires. Cependant, aucun journal hollandais de premier plan ne l’a commenté. L’hebdomadaire juif NIW l’a critiqué par l’intermédiaire d’une organisation juive pro-palestinienne, qui percevait le Hamas comme une alternative crédible à l’OLP. Cela, en dépit du fait que la charte du Hamas et plusieurs de ses porte-parole insistent sur la nécessité d’exterminer tous les Juifs et que les Musulmans conquerront le monde occidental. Ce livre exposait, également, les ambitions mondiales des Frères Musulmans, dont le Hamas est le partisan et le bras armé. Mais les porteurs de mauvaises nouvelles, tel que se présentait mon  livre, ne sont pas les bienvenus et il ne s’agit pas là d’un phénomène purement néerlandais ».

 

Kortenoeven poursuit : “En 1976, alors que j’avais 21 ans, je suis allé pour la première fois en Israël. J’ai travaillé dans un kibboutz sur la frontière jordanienne, comme conducteur de tracteur, sur un ancien champ de mines. Cela a généré en moi un lien intime avec cette terre. Cette relation avec Israël et son peuple est devenue centrale dans ma vie. Je reconnais aussi la valeur intrinsèque de la religion juive.

 

“Mon amour pour Israël m’a conduit à mes premières prises de position au sein du CIDI. Israël rencontre de nombreux opposants aux Pays-Bas. Plusieurs organisations d’aide au développement tentent de présenter le Hamas sous un jour acceptable. Font partie de ces « agitateurs humanitaires » hollandais : Oxfam Novib, Icco, d’obédience protestante et la catholique Cordaid, aussi bien que des organisations qui se disent « pacifistes », comme IKV, de tendance protestante et le cercle catholique Pax Christi.

 

“Beaucoup de medias hollandais font œuvre d’influence négative sur l’image d’Israël. De multiples facteurs se combinent. L’un repose sur le sensationnalisme, un second correspond à la manipulation arabe des médias, face à l’ouverture d’esprit de la société israélienne. Le changement de nature dans la composition de la population néerlandaise joue, également, un rôle croissant. Les partis politiques portent un intérêt grandissant au point de vue de la minorité musulmane, qui représente, à présent, un million de personnes, au milieu d’une population globale d’un peu plus de 16 millions d’habitants.

“Au sein du Parti Travailliste, la situation empire. Toute une gamme de ses responsables sont musulmans. Depuis les élections municipales de 2006, en Hollande, des Musulmans ont pris le contrôle de divers leviers de pouvoir local. Un certain nombre de ces responsables ne sont même pas capables de s’exprimer correctement en néerlandais. Certains autres admettent publiquement qu’ils ne connaissent rien du programme du parti.

 

“Le Parti Socialiste d’Extrême-Gauche et le Parti de la Gauche Verte sont même plus dangereux dans leur comportement envers Israël. De nombreux membres influents nourrissent la lubie d’un lien idéologique implicite entre l’internationale socialiste et l’Islamisme. Ils veulent croire contre toute raison que la structure soi-disant non-raciste de l’Islam exprime sa vision de la solidarité et de la justice internationale. De plus, ils perçoivent les Musulmans et les autres immigrés non-européens comme constituant un nouveau prolétariat rédempteur et, donc, un groupe-cible d’électeurs potentiels.

 

“Je dis souvent, au cours de mes conférences, que : “Cela commence toujours par les Juifs, mais cela ne s’arrête jamais avec eux seuls ». Il y a, aussi, aux Pays-Bas, des hommes politiques qui veulent comprendre les problèmes d’Israël. Ils ne réalisent, pourtant, pas que le conflit des civilisations avec l’Islam est inévitable et sans frontières. Les Pays-Bas, pas plus que d’autres, ne pourront y échapper à long terme ».

 

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

 

Repost 0
25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 15:07

 

Katz (Copier)

 

Nathan Katz

 

 

“La plupart des gens en Inde savent, d’après les récits de leur tradition, que les Juifs ont vécu depuis deux mille ansdans leur pays. Ils sont très fiers du fait que les Juifs ont pu vivre là depuis si longtemps, sans éprouver le moindre antisémitisme de la part des autochtones. Cela renforce leur sentiment de faire partie d’une société extrêmement tolérante et accueillante envers les minorités religieuses venues d’ailleurs.

“Le fait que les Juifs aient vécu en Inde sans subir de persécution fait partie intégrante de l’identité hindoue contemporaine. C’est particulièrement significatif pour les Indiens, alors que les tensions avec les Musulmans sont de plus en plus fortes et que les frictions avec les missionnaires chrétiens sont, fréquemment, mises en lumière par la presse internationiale. Les Indiens veulent pouvoir se dire : « Nous sommes une société tolérante. Regardez comme nos Juifs, qui ont vécu ici si longtemps, s’y sentent heureux ! ». 

Nathan Katz, Professeur de recherches en Relations Internationales de l’Université Internationale de Floride, s’est spécialisé dans l’étude des communautés juives d’Asie du Sud, au cours des trente-cinq dernières années. C’est un pionnier et un universitaire de premier ordre dans le domaine des études Indo-Judaïques, autant qu’un spécialiste de l’Asie du Sud. Il détient le titre, équivalent au professorat, de Bhagwan Mahavir des études à Jain.

“De nombreux Indiens sont bien conscients que ce qu’ils ont pu apprendre concernant le Judaïsme a, en grande partie, pour origine les écoles des missionnaires chrétiens, ou l’antisémitisme marxiste ou shakespearien, ou pire encore, des tracts antisémites propagés par certains groupes musulmans. L’idéologie marxiste a aussi une influence disproportionnée sur les Campus.

“ Certes, nous devons lutter contre ces diverses traditions antisémites, et cela représente toujours un vrai défi, mais ces points de vue ne sont pas aussi profondément ancrés dans la culture hindoue et indienne qu’ils ne le sont dans les sociétés européennes ou moyen-orientales.

“La plupart des Indiens sont suffisamment informés pour saisir que les divulgations antisémites sont le fruit de points de vue déformés. Ils ont conscience du fait que la connaissance authentique du Judaïsme et du peuple juif ne peut résulter que de l’interaction directe entre les Juifs et les Indiens. C’est un excellent point de départ.

“Il y a un intérêt fabuleux à étudier en Inde. Il y a quelques années, j’ai été interviewé par le magazine d’actualités Patrika, l’émission la plus populaire de la télévision nationale. On a annoncé dans les journaux qu’il y aurait un débat sur l’Inde et le Judaïsme, en cinq volets, répartis sur cinq soirées. La moyenne de l’audimat a été de 230 millions de téléspectateurs. Cela démontre un intérêt qui relève d'une réelle passion pour le sujet !

“En général, la perception indienne, aussi bien des Juifs que d’Israël, est très positive. C’est affectf et plutôt réconfortant, même s’il y a pas mal d’idéalisation. Une raison de ce préjugé favorable découle du fait que les Indiens sont très impressionnés par la façon dont les Juifs ont réussi – avec la grande diversité de langues qu’ils parlaient à cette époque- à faire renaître et adapter l’hébreu. Cette modernisation, par Eliezer Ben Yehuda, d’une langue sacrée et antique est un phénomène avec lequel ils aimeraient pouvoir rivaliser. Il n’y a, cependant, pas de méthode pratique qui permette à l’Inde d’adapter le Sanskrit de façon à unifier le pays sur le plan linguistique.

“La relation spéciale que l’Inde nourrit envers Israël est également influencée par les ravages que les Musulmans ont provoqués, il y a quelques siècles de cela dans leur pays. Même si c’est arrivé il y a cinq ou six cents ans, les Hindous demeurent très sensibles à cela. Lorsqu’ils aperçoivent une mosquée sur le Mont du Temple à Jérusalem, cela provoque une profonde résonance avec ce qu'a subi leur propre culture. Des Indiens demandent souvent à des Juifs : « Comment pouvez-vous permettre à de tels édifices de rester à l’endroit même qui est si sacré pour vous ? ».

“Leur perception a été ravivée par le terrorisme. Le 26 novembre 2008, par exemple, des terroristes musulmans ont attaqué un certain nombre de sites emblématiques à Mumbaï, plus particulièrement l’hôtel Taj et la Gare ferroviaire Victoria, en même temps que le Centre Habad. Cent soixante- huit personnes ont été tuées et plus de 300 blessées.

“Les Indiens admirent également la résilience israélienne face à l’ennemi arabe. Un domaine prédominant de la coopération indo-israélienne a pour thème la sécurité. Les Indiens sont également victimes du terrorisme. Le mot hindi qui définit la violence au Cachemire est « Intifada ». Beaucoup sont ceux qui perçoivent la violence palestinienne comme une autre tête du même dragon jihadiste.

“Les Indiens savent aussi que le Judaïsme est une religion très ancienne, tout comme l’Hindouisme. L’Antiquité est valorisée et admirée par leur culture. C’est un autre fondement positif de cette interconnaissance. Le respect pour les Juifs qui portent la kippa, qui vont prier et « ne consomment pas certains produits alimentaires » font leur chemin depuis longtemps dans une telle culture.

“Beaucoup d’Indiens savent aussi que les Juifs ont été massacrés au cours de la Shoah, bien que je ne pense pas qu’ils en sachent beaucoup plus sur ce sujet. Peut-être que six millions ne représente proportionnellement pas un nombre aussi ahurissant pour les Indiens que pour les Juifs. Il est, cependant, peu connu que plusieurs milliers de Juifs ont trouvé refuge en Inde durant la Shoah.

“Il existe quelques journaux indiens qui suivent une ligne idéologique générale gauchiste. The Hindu à Chennai, malgré son nom, est l’un de ceux-là. La plupart des journaux en langues indiennes, sont cependant, plus amicaux envers Israël. Les universitaires, au sein des universités laïques, sont souvent, rétifs envers Israël, pourtant, de nombreux gauchistes laïcs parmi les intellectuels indiens portent la culture juive en haute estime.

 

“Les universités qui, en Inde, ont une orientation religieuse font généralement preuve d’une attitude positive envers Israël. Je me suis exprimé dans certaines de ces universités traditionnalistes et j’ai pu remarquer la manifestation d’un intérêt passionné et d’une formidable empathie – dans beaucoup d’entre elles, Israël est même presque idéalisé ».

Katz conclut ainsi : “Le terrorisme d’inspiration musulmane a, pour la première fois au cours de leur vieille histoire commune qui se poursuit depuis deux millénaires, causé à la petite communauté juive vivant en Inde, un sentiment d’insécurité. La plus vieille synagogue, en Inde, celle de Cochin a posté des hommes armés à son entrée. Les succursales avancées du mouvement Habad, à Dehli, Manali, Goa, Pushkar, Pune et partout ailleurs doivent aussi faire face à d'éventuelles menaces contre leur sécurité ».

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

Repost 0
23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 16:00

 

 

38628198 (Copier)

"L'Europe est un Cancer, l'Islam est la réponse", "Exterminons ceux qui insultent l'Islam". 

 

 

Par Manfred Gerstenfeld

 

A ma grande surprise, une Télévision Belge d’Etat est venue m’interviewer, au sujet du documentaire Allah-Islam, the Spread of Islam in Europe [Allah-Islam, La Propagation de l’Islam en Europe].

 

Le troisième volet de cette série en quatre parties venait juste d’être diffusé, le soir précédent, sur la Chaîne 10 israélienne. Elle prêtait l’essentiel de son attention à Sharia4, un petit groupe musulman qui fait de l’incitation à la haine anti-occidentale et déverse ses encouragements au terrorisme, en Belgique.


 

 

Les téléspectateurs de cette série documentaire ont pu voir, jusqu’à présent, les zones interdites ou zones de non-droit des ghettos musulmans dans des pays comme la France, le Royaume-Uni et la Suède. Ces séquences ont attiré l’attention sur la violence et autres crimes et délits fréquents, parmi les immigrés musulmans en Europe, des expressions de justification du terrorisme musulman, l’intimidation des dissidents, la discrimination, allant parfois jusqu’au meurtre, de femmes musulmanes, aussi bien que sur le fanatisme religieux. Ils ont aussi mis en évidence que la troisième et la quatrième générations d’immigrés en Europe était souvent moins bien intégrée que la première.    

 

 J’ai fait remarquer au reporter que ce documentaire parlait de ce qu’il considérait comme de l’information. Les responsables de programmes européens auraient dû faire beaucoup d’autres documentaires similaires, depuis longtemps. Les problèmes rencontrés avec des segments de la population musulmane, dont il est question dans cette série israélienne, concernent les Européens. C’est la télé israélienne qui aurait dû n’avoir que le choix de savoir quels films européens portant sur ce sujet elle pouvait acheter. Je me suis demandé si, quelque part, il n’était pas discréditant, pour l’Europe, que ce soit un reporter israélien, Zvi Yehezkeli, qui ait dû se faire passer pour un Palestinien, de façon à rendre ce matériau accessible.

 

L’intervieweur m’a, ensuite, demandé pourquoi je pouvais penser que les chaînes européennes n’avaient pas réalisé de nombreux autres films du même genre. Une des réponses fournie est qu’il n’est pas politiquement correct de faire remarquer qu’il y a un nombre conséquent de gens, provenant d’une religion ou d’un groupe ethnique particuliers, qui provoque des problèmes disproportionnés, dans les sociétés démocratiques européennes. L’emploi du politiquement correct, dans ce cas, est alors synonyme d’occultation et de déformation de la réalité.

 

On peut inclure, parmi d’autres motifs, le désir d’ignorer des problèmes cruciaux, autant que la peur d’éléments agressifs incontrôlés émanant de la communauté musulmane. Cela provient d’un cadre plus général de lâcheté européenne. La liberté de la presse, tellement glorifiée en Europe, ne signifie pas pour autant que tous les sujets hautement problématiques soient abordés comme ils le devraient. Toutes ces raisons réunies laissent transparaître une autre facette du problème : la décadence qui gagne l’Europe.

 

Pour être tout-à-fait équitable, disons que quelques documentaires ont été réalisés dans des pays européens sur des problèmes posés par certaines franges des populations musulmanes. Leur portée, cela dit, est bien plus réduite que celle du documentaire israélien. Par exemple, en 2007, la Chaîne 4 britannique a programmé une émission intitulée Undercover Mosque [Mosquées secrètes].Les producteurs l’ont résumée comme « une enquête d’investigation en profondeur à l’intérieur d’un certain nombre de mosquées britanniques, visant à révéler comment se propage un message de haine et de ségrégation à travers le Royaume-Uni-1 ».

 

La police de West Midlands a accusé les réalisateurs du film du fait que leur documentaire déformait la réalité et qu’il « avait sélectivement sorti de leur contexte des citations de prêcheurs dans les mosquées, à travers tout le pays, de façon à les faire apparaître pour plus extrémistes qu’ils ne sont ». Par la suite, ces allégations de la police se sont avérées fausses, et la Chaîne 4 et les producteurs de l’émission ont touché 100 000 livres de dommages et intérêts-2-.

 

L’émission de TV Panorama diffusée par la BBC, en novembre 2010, traitait des programmes scolaires au sein des écoles musulmanes dirigées par l’Arabie Saoudite en Grande-Bretagne. Elle mettait en lumière que ces écoles utilisent des livres scolaires en provenance d’Arabie Saoudite, qui enseignent aux enfants de l’âge de six ans, que les Juifs sont les descendants des singes et des porcs. Les programmes d’activités parascolaires s’adressant à près de cinq mille enfants, entre l’âge de six à dix-huit ans, sont supervisés par le bureau des affaires culturelles de l’Ambassade saoudienne à Londres.

 

L’émission Panorama remarquait également qu’un livre de textes déclarait que « les Juifs sont maudits par D.ieu » et qu’il demandait aux enfants de lister tous les attributs négatifs des Juifs. On enseigne aux adolescents qui suivent le programme national saoudien que les Sionistes ont pour objectif de dominer le monde et que le montage falsificateur des Protocoles des Sages de Sion est authentique-3-.

 

Le documentaire israélien ne montre que la pointe de l’iceberg. Les problèmes que l’immigration musulmane draine en Europe sont beaucoup plus vastes. Les immigrés sont responsables d’une part d’entre eux. D’autres problèmes découlent des erreurs volontairement commises par les autorités des pays d’accueil.

 

On pourrait en apprendre bien plus, si, par exemple, on réalisait un autre documentaire, centré sur les attitudes des principaux courants d’opinion musulmans envers la société occidentale et, en particulier, les Juifs. Nul besoin, alors, d’être un admirateur d’al Qaeda ni un pilier régulier de mosquée, pour se comporter en négateur de la Shoah, penser que les Juifs sont un peuple inférieur ou désirer qu’Israël soit rayé de la carte.

 

Il n’y a que quelques études disponibles concernant l’antisémitisme dans les pays européens, mais elles sont, pour le moins, significatives. Une étude portant sur les attitudes des Turcs en Allemagne a démontré que 18% d’entre eux considèrent les Juifs comme un peuple inférieur-4-. Une autre, menée par Mark Elchardus, a porté sur l’antisémitisme dans les écoles élémentaires de langue flamande à Bruxelles et conclut qu’environ 50% des élèves musulmans peuvent être considérés comme antisémites, par opposition à 10% d’enfants parmi les autres couches de la population scolaire-5-.

 

Les chaînes de Télé européennes ont tout loisir de vouloir ou non acheter ce documentaire israélien. Cela dit, lorsque les problèmes continuent de s’amplifier, ce film sera là pour prouver de quelle façon les cercles dirigeants européens ont délibérément détourné les yeux pour ne pas voir les énormes défis qui étaient déjà manifestes dans leurs pays depuis fort longtemps.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

-1-www.channel4.com/programmes/dispatches/episode-guide/series-19/episode-1

-2-www.telegraph.co.uk/news/uknews/2604023/Channel-4s-Undercover-Mosque-returns.html

-3-Soeren Kern, “UK: Anti-Semitism Rampant in Muslim Schools, Second Generation More Extreme than Parents,” Hudson-NY.org, 9 December 2010.

 -4-Nicole Vettenburg, Mark Elchardus, and Johan Put, eds., Jong in Brussel (Leuven, The Hague: Acco, 2011), 278. [Dutch]  

 

 

Repost 0

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis