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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 14:32

 

Zabludoff (Copier)

Sydney Zabludoff

1948-o -refugies-juifs-fuyant-la-judee (Copier)

 

 

 

Manfred Gerstenfeld s’entretient avec Sidney Zabludoff



“Pas loin d’un million de Juifs sont devenus des réfugiés, lorsqu’ils ont été expulsés en masse des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, après 1948. D
ans bien des cas, leurs ancêtres avaient vécu là depuis des milliers d’années. Avant 1948, il y avait plus d’un million de Juifs, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, à l’extérieur de la zone géographique qui est devenue Israël. Leur nombre total a chuté de moitié, au cours des années qui ont suivi la guerre de 1948, puis a encore décliné à quelques 100. 000 individus, à la suite du conflit de 1967. La population juive a continué de décroître, au cours des années suivantes et, en 2012, elle représente tout juste 30 000 personnes.

“On ne connaîtra jamais le nombre exact de Palestiniens qui ont fui Israël, de novembre 1947 à décembre 1948. La configuration la plus plausible est d’environ 550.000 personnes. A cela, on doit ajouter environ 100.000 nouveaux réfugiés de la guerre de 1967, portant le total net à 650.000 réfugiés. Dès lors, le nombre de Juifs contraints de fuir, à cause des exactions des pays où ils vivaient, a dépassé le nombre réel de réfugiés palestiniens, de près de cinquante pour cent. »

Sidney Zabludoff est un économiste qui a travaillé pour la Maison Blanche, la CIA et le Département du Trésor, depuis plus de trente ans. A partir de sa retraite en 1995, il s’est principalement consacré à des sujets liés à la restitution des biens juifs spoliés au cours de la période de la Shoah.

“La différence, concernant la perte calculée des biens individuels, est même encore plus grande. On doit faire remarquer qu’il est impossible de déterminer la valeur exacte des biens perdus et divers arguments peuvent être retenus, selon la valeur relative à un certain type de biens. On doit l’estimation la plus crédible des biens abandonnés par les Palestiniens fuyant la guerre de 1948 à John Measham Berncastle, qui a entrepris cette tâche au début des années 1950, sous l’égide de la Commission des Nations Unies pour la Conciliation en Palestine (UNCCP) nouvellement formée. Son estimation atteint 120 millions de livres palestiniennes, dont environ 100 millions concernent les terres et habitations et 20 millions les propriétés mobilières. On doit ajouter à cela cinq autres millions de livres, gelés sur comptes bancaires.

“Ce total de 125 millions de livres palestiniennes s’élevait à 350 millions de $ en 1948. Cela équivaut à 650 $ par tête, pour chaque réfugié de 1948-1949. Ce chiffre semble raisonnable, lorsqu’on le compare à des données similaires. Par exemple, les avoirs pour l’Europe de l’Est, vers la fin des années 1930, oscillaient entre 550 $ à 700 $. Ce sont les meilleures statistiques disponibles concernant l’évaluation des biens. A cela, on doit ajouter les possessions perdues par ces 100.000 Palestiniens supplémentaires, qui ont dû fuir, à la suite de la guerre de 1967 et les 40.000 personnes déplacées (IDPs) à l’intérieur même d’Israël. Ces dernières sont inclues, même lorsqu’on leur a souvent offert une nouvelle propriété et/ou des compensations. A un taux réaliste de 700 $ par tête, cela s’élèverait à 100 millions de $ supplémentaires, pour ce qui concerne les biens palestiniens perdus. Ainsi, le total des biens perdus par les Palestiniens est proche de 450 millions de $. Selon les prix en vigueur en 2011, cette somme équivaudrait à 4, 2 milliards de $.

“Une estimation comparable des biens perdus par les Juifs fuyant les pays arabes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord s’élève à 6, 5 milliards, selon les valeurs monétaires de 2011. Il y a deux raisons essentielles à cette valeur plus forte des biens perdus par les réfugiés juifs. D’abord, le nombre de réfugiés juifs est supérieur d'environ 50% à celui des réfugiés palestiniens. Deuxièmement, la composition démographique des deux groupes était diversifiée. Un plus grand pourcentage de la population juive était urbanisé, principalement composée de marchands et de professionnels, qui pouvaient tendre à accumuler plus de moyens que la population de Palestine, qui était essentiellement  rurale.

“D’autres considérations méritent d’être prises en compte. Une inconnue de taille concerne les propriétés communales, telles que les hôpitaux, les mosquées et synagogues, ainsi que les écoles religieuses. Une estimation porte la valeur de telles propriétés possédées par des Juifs en Egypte à 600 millions de $, en dollars de 2011. On peut assurer que là encore, les sommes concernant les Juifs sont bien plus importantes que celles dues aux Palestiniens, à cause du plus grand nombre de réfugiés et d’un taux de constructions abandonnées bien plus dense.

“D’un point de vue global, le problème des Réfugiés Palestiniens est unique en son genre. Depuis 1920, toutes les autres crises graves générant des flux de réfugiés, impliquant des échanges de populations ethniques ou religieuses, tout en créant d’énormes difficultés, ont été réglées en une seule génération. Des problèmes, tels que le droit au retour et les compensations n’ont jamais été résolus de manière satisfaisante et ont largement sombré dans l’oubli. Comme dans le cas des réfugiés juifs du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, tous les réfugiés non-palestiniens ont été absorbés au sein de leur nouvelle patrie. De telles circonstances sont survenues dans le cas des controverses gréco-turques et indo-pakistanaises, aussi bien qu’à cause de l’énorme afflux de réfugiés dû à la Seconde Guerre Mondiale.

“Dans la plupart des crises d’après l’ère de la Seconde Guerre Mondiale qui ont provoqué des flux de réfugiés, les compensations ont été accordées sous la forme d’une assistance temporaire et se sont taries en à peine quelques années, alors que les réfugiés s’assimilaient de plus en plus dans leurs nouveaux environnements. Il n’y a bien que le problème des réfugiés palestiniens qui ait persisté aussi longtemps. La conséquence en est qu’au cours des 62 dernières années, l’UNRWA a dépensé plus de 18 milliards de $ (selon les valeurs monétaires actuelles) pour assister les réfugiés palestiniens. Cette somme représente considérablement plus que les biens que ces réfugiés ont pu perdre.

 « En comparaison, les exemples d’apports de compensations auxquels on a coupé court sont nombreux. On a restitué moins de 20 pour cent des biens perdus par les Juifs dans l’Europe occupée par les Nazis, en dépit du fait que la Shoah ait été un évènement inégalé dans toute l’histoire moderne –l’extermination de plus des deux-tiers de la communauté juive d’Europe Continentale. Ainsi est, pourtant, toute la réalité de la situation à laquelle nous sommes confrontés.

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 10:12

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe l’Ambassadeur Freddy Eytan

« L’attitude de Nicolas Sarkozy envers Israël, durant sa Présidence, s’est avérée très différente de celle de son prédécesseur, Chirac. Il a réussi à rompre avec un passé tourmenté : une longue suite de disputes, de double jeu, d’incompréhensions, et de froideur a été effacée dans l’histoire des deux pays. Il a fait une distinction nette entre les relations bilatérales franco-israéliennes et les problèmes liés au conflit israélo-arabe. Suivant l’approche de Sarkozy, le renforcement des relations de la France avec Israël ne dépendait plus des progrès du processus de paix avec les Palestiniens ».

« C’est ainsi que le dialogue stratégique entre les deux pays a pu s’approfondir. La France et Israël sont redevenus des amis et des alliés et ont collaboré sur les questions les plus sensibles, comme la menace iranienne et le combat contre le terrorisme international. Depuis son arrivée au pouvoir en 2007, les échanges commerciaux ont presque doublé, pour atteindre 2 milliards d’euros en 2011. Dans ce contexte, la communauté juive de France pouvait être plus rassurée ».

Freddy Eytan est journaliste et ancien diplomate. Il a été Ambassadeur d’Israël en Mauritanie  et a exercé ses talents au sein des ambassades de Paris et Bruxelles. C’est un expert de la politique de la France au Moyen-Orient, qui a publié vingt livres. L’un de ses ouvrages, « Sarkozy, le Monde Juif et Israël », a été publié en français, à Paris, en 2009, aux Editions Alphée.

« La politique de Sarkozy envers Israël est liée à ses origines, qu’il n’a jamais reniées, et à sa vision personnelle du monde. A chaque occasion, il rappelle avec fierté qu’il a été éduqué par son grand-père maternel, Aaron Mallah, né juif à Salonique ».

« Sarkozy a été bouleversé par sa première visite à Yad Vashem. Fils d’émigrés devenu président d’une France qui était naguère sous l’Occupation et la Collaboration, il a bien compris que la force d’un peuple réside aussi dans le souvenir et dans la vérité historique. Ainsi, en février 2008, lors du diner du CRIF, il propose d’intensifier l’étude de la Shoah dans les écoles en permettant à chaque élève de CM2 de découvrir le nom, le visage, ou le parcours singulier de l’un des 11 400 enfants de France morts en déportation.

Nicolas Sarkozy est un fervent militant de l’atlantisme et de l’entente avec les Américains. Ainsi, il a réintégré la France dans le commandement de l’OTAN, en revenant sur la décision du général De Gaulle, qui souhaitait faire cavalier seul en politique étrangère. Sarkozy perçoit, en Israël, le bastion avancé du monde libre. Il admire son développement en tant que société démocratique, dotée de grandes réalisations dans les domaines de la science, de la médecine et des technologies. Et ce, d’autant plus qu’il prospère au milieu de l’environnement hostile et instable du Moyen-Orient.

“En 2009, durant l’opération « Plomb Durci », à Gaza, Sarkozy a fait deux visites-éclair à Jérusalem, pour chercher une issue pacifique à la guerre contre le Hamas. C’était la première fois dans l’histoire de la cinquième République qu’un président français se déplace au moment d’un conflit armé au Proche-Orient.  Sarkozy s’est aussi rendu en visite en Israël au moment même de la première guerre du Golfe, en ces jours pénibles où les Israéliens regardaient dans l’angoisse la mort en face, Sarkozy était solidaire et portait lui aussi un masque à gaz… »

« Cependant, Sarkozy comme d’ailleurs tous les Européens, pense qu’Israël devrait mettre un terme au « développement des implantations », et admettre un Etat palestinien à ses côtés avec comme capitale Jérusalem-Est. Il s’est lourdement trompé en invitant en grande pompe deux dictateurs arabes Kadhafi et Bechar el Assad. En dépit du fait que la politique étrangère de la France est un domaine réservé de l’Elysée, Sarkozy a suivi les consignes du Quai d’Orsay…

Sarkozy hésitait à appuyer la demande palestinienne d’adhésion à l’UNESCO. Ce n’est qu’à la dernière minute qu’il a tranché en faveur des Palestiniens. Le siège de l’UNESCO est à Paris, ville-Lumières, et Sarkozy ne voulait pas porter préjudice sur une adhésion  purement « culturelle ». Une fois encore, il a eu tort! Tout comme il a comparé la souffrance des Palestiniens à celle des Juifs, ce qui relève de la falsification de l’histoire ».

“ En 2002, Nicolas Sarkozy a succédé au socialiste Daniel Vaillant, qui avait refusé d’admettre la résurgence de l’antisémitisme sur fond de seconde Intifada. Contrairement aux socialistes, Sarkozy n’a pas nié les délits et les crimes antisémites, dès lors que les auteurs sont des jeunes Maghrébins et non pas des militants de l’extrême droite.

Sa loi sur la Sécurité, adoptée au Parlement, a prévu un budget de six milliards d’euros. Devenu président, Sarkozy a poursuivi une politique ferme et intransigeante dans le combat inlassable contre l’antisémitisme. Sarkozy ne philosophe pas et ne cherche pas à expliquer les causes du fléau : « l’antisémitisme ne s’explique pas, ça se combat ! » dit-il à maintes reprises. Insulter un juif parce qu’il est juif, c’est insulter la république dans son ensemble et donc l’Etat doit réagir par des poursuites pénales à la moindre agression.

Profondément déçus par “la politique arabe” de la France, les Juifs ont observé avec passion et certains avec admiration, la carrière vertigineuse de Nicolas Sarkozy et sa rage de vaincre. Longtemps Maire de Neuilly puis ministre de l’Intérieur, et enfin Président de la République, le contact avec Sarkozy était permanent, sincère et amical ».

« Son successeur, le socialiste François Hollande, élu Président en juin 2012, n’est pas un orfèvre en politique étrangère, n’a pas eu de contacts directs avec la communauté juive et ne s’est pas rendu en Israël. La décision, aujourd’hui, d’ouvrir une enquête sur les circonstances de la mort d’Arafat est grotesque et tragi-comique. En 2004, Jacques Chirac avait déjà dépassé l’entendement et toutes les directives protocolaires en rendant un dernier hommage solennel à Arafat, mort dans un hôpital parisien. …Marche funèbre de Chopin, honneur, sonnerie aux morts et drapeaux en berne…en ce jour du 11 novembre… »

« Actuellement, la France connaît, surtout, des problèmes économiques majeurs. Le conflit palestino-israélien est très loin dans la liste des priorités de Hollande, à la soixantième place ! D’un autre côté, il fera d’énormes efforts afin de se rapprocher des Etats Arabes producteurs de pétrole, comme le Qatar. Il est peu probable qu’il se soucie de savoir si ce sera ou non au détriment d’Israël ».

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

Adaptation : Marc Brzustowski.

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 15:33

 

manif-paris (Copier)

 

 

C’est une erreur d’analyser le meurtre de diplomates américains en Libye et les émeutes anti-occidentales dans le monde arabe comme des évènements qui ne seraient liés qu’au contexte immédiat. Selon une perspective stratégique, ils s’inscrivent dans le vaste conflit des cultures entre l’Occident et de larges segments du monde islamique. Les troubles anti-américains actuels ne constitueront probablement pas un élément déterminant, mais plutôt un moment de ce conflit, lorsqu’à l’avenir, on écrira l’histoire.

 

D’autres composantes violentes de cette confrontation, au cours de la période de l’après Seconde Guerre Mondiale, planent depuis plus de 30 ans. On pourrait considérer que c'est à Téhéran qu'ont été frappés les trois coups « officiels », lorsque les Iraniens ont pris en otage le personnel de l’ambassade américaine, en 1979. A la suite de ce coup de force, les ambassades américaines au Pakistan-1- et en Libye-2-s’embrasaient.

 

L’évolution de ce face-à-face culturel est difficile à analyser, parce que de nombreux facteurs viennent s’imbriquer avec d’autres problèmes. La guerre des alliés de l’OTAN en Afghanistan a, pour principaux ennemis les éléments radicaux du monde islamique. La guerre en Irak était beaucoup moins concernée par ce sujet spécifique. Durant la Première Guerre du Golfe, l’Armée Américaine est venue à la rescousse de pays musulmans agressés par l’Irak. La récente démultiplication de massacres inter-musulmans ne fait pas directement partie de ce choc des civilisations.

 

D’autres épisodes particulièrement violents de cette confrontation des cultures concernent les attentats commis par des terroristes musulmans contre des cibles occidentales. Ils sont moins meurtriers que les guerres, mais dénués de toute ambiguïté quant à leur nature. Les terroristes du 11/09, autant que les auteurs des attentats de Madrid (2004) et de Londres (2005) ne faisaient qu’exprimer leur vision de l’Islam. Quoi que leur vision du monde ne concerne qu’une minorité, elle est bien loin d’être seulement marginale. Il y a, au moins, cent millions de musulmans dans le monde qui partagent la vision violente de l’Islam portée par Al Qaeda-3-, même si seulement un nombre limité d’entre eux a la volonté réelle de commettre des meurtres de ses propres mains. Au-delà de ce fait, il en existe beaucoup d’autres qui pensent que l’Islam devrait dominer le monde.

 

Les émeutes d’aujourd’hui ont beaucoup de choses en commun avec les troubles inspirés à l’occasion de la parution des caricatures danoises de Mahomet. Là encore, cela a occasionné une réaction en chaîne dans le monde islamique, contre le geste isolé d’un acteur mineur, quelque part dans le monde occidental. On estime à 200 personnes le nombre de tués lors des émeutes contre les caricatures. Cela dit, la plupart des morts étaient musulmans. Les autres étaient des Chrétiens, mais aucun occidental ne figurait parmi eux -4-.

 

La persécution et le meurtre des Chrétiens sur des terres musulmanes s’intègre aussi dans le cadre plus vaste du conflit des cultures. C’est un combat contre cette religion majoritaire en Occident, même si ceux qui en sont victimes ne sont pas occidentaux.

 

Ce choc des cultures se compose également de phases [apparemment] non-violentes. Certains immigrés musulmans, vivant dans des pays occidentaux, sapent les fondements mêmes de la démocratie en faisant de l’incitation contre ce système. D’autres cherchent à créer une culture locale à part, au seul bénéfice de leur communauté, dont les valeurs sont incompatibles avec la démocratie. L’intimidation et la violation des libertés des femmes musulmanes en offrent des exemples frappants. On peut très facilement le constater, en particulier, dans les ghettos à majorité musulmane, en France et en Suède, par exemple. Un documentaire, intitulé « Allah-Islam », actuellement diffusé par la chaîne 10 en Israël, l’illustre parfaitement -5-.

 

Les perspectives de ce conflit des cultures s’obscurcissent à la mesure des attitudes politiques prônées en Occident. La multitude d’erreurs et d’omissions volontaires présentes dans le discours au monde musulman du Président Obama, au Caire en 2009, en fournit un exemple presque parfait -6-. Mais le multiculturalisme apparaît être un facteur surdéterminant. Structurellement, il sème la confusion dans les perceptions occidentales de ce qu’est réellement la culture à l’œuvre aujourd’hui, dans le monde de l’Islam. Suggérer que toutes les cultures se valent signifie qu'il faudrait accepter de faire l’impasse sur les faits de criminalité particulièrement répandue, dans le monde musulman, y compris au cours des diverses révoltes nationales qu’on a pu appeler « le Printemps Arabe », ou, disons-le, plutôt, « l’Hiver Islamiste».

 

Il serait, au plus haut point, politiquement incorrect d’oser faire remarquer qu’alors que la culture occidentale est problématique, la culture islamique contemporaine lui reste inférieure. Pourtant, il serait intéressant qu’on puisse le faire comprendre aux Musulmans vivant en Occident, en particulier. Car si les deux cultures étaient équivalentes, alors l’Occident devrait, théoriquement, pouvoir agir envers les Musulmans dans ses pays, tout comme la plupart des pays musulmans se sont comportés envers leurs ressortissants juifs, durant les décennies qui ont fait suite à la Seconde Guerre Mondiale. Et si l’Occident agissait de la sorte, il pourrait restreindre les droits civiques, confisquer les passeports et tous les biens des personnes originaires des pays musulmans. A la suite de quoi, il pourrait les expulser par la force. Si l’Occident s’alignait sur les actes des Libyens envers les Juifs, il pourrait même en tuer par dizaines -7-.

 

Qu’est-ce que viennent faire Israël et les Juifs dans tout ce fatras ? La lutte que mène contre eux le monde musulman est, pour partie, séparé de ce conflit des civilisations et, pour une autre partie, en est consubstantielle. Un exemple de ce dernier point survient, cette année en France, Lorsque le Musulman d’origine algérienne Mohamed Merah a assassiné aussi bien des soldats que des Juifs -8-. Les tentatives d’intimidation contre les Juifs, menées principalement par des Musulmans en Occident, conduit, par exemple, les Juifs à éviter de porter une kippa, puisqu'ils doivent dissimuler leur identité dans la sphère publique de la plupart des grandes villes européennes, .

 

Ce conflit ne mènera pas nécessairement à une explosion de grande ampleur. Mais, il peut déboucher, plus largement, sur une situation croissante de chaos, sans, pour autant conduire à un choc frontal total entre les mondes occidental et islamique. On prête trop peu d’attention à cet affrontement incessant des cultures. Cela peut aussi signifier que les mutations dans ces deux univers sont souvent analysées sans qu’on mette en évidence leur corrélation avec cette confrontation. C’est, de toute évidence, un autre erreur fondamentale.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

-1-http://news.bbc.co.uk/onthisday/hi/dates/stories/november/21/newsid_4187000/4187184.stm

-2-http://libya.usembassy.gov/about.html

-3-Juliana Menasce Horowitz, “Declining Support for bin Laden and Suicide Bombing,” PewResearchCenter Publications, 10 September 2009.

 

-4-http://www.jcpa.org/phas/phas-043-gerstenfeld.htm

-5-Four documentaries, “Allah-Islam: The Spread of Islam in Europe,” broadcast by Israel’s Channel 10 in September 2012. 

-6-www.nytimes.com/2009/06/04/us/politics/04obama.text.html?pagewanted=all

-7-http://jcpa.org/article/the-final-exodus-of-the-libyan-jews-in-1967/

-8- Manfred Gerstenfeld, .”The Toulouse Murders.” Journal for the Study of Anti-Semitism, Issue #4/1. 2012.

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 16:40

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe l’Ambassadeur Freddy Eytan

 

 Eytan (Copier)

Freddy Eytan

 

« L’attitude de Nicolas Sarkozy envers Israël, durant sa Présidence, s’est avérée très différente de celle de son prédécesseur, Chirac. Il a réussi à rompre avec un passé tourmenté : une longue suite de disputes, de double jeu, d’incompréhensions, et de froideur a été effacée dans l’histoire des deux pays. Il a fait une distinction nette entre les relations bilatérales franco-israéliennes et les problèmes liés au conflit israélo-arabe. Suivant l’approche de Sarkozy, le renforcement des relations de la France avec Israël ne dépendait plus des progrès du processus de paix avec les Palestiniens ».

 

« C’est ainsi que le dialogue stratégique entre les deux pays a pu s’approfondir. La France et Israël sont redevenus des amis et des alliés et ont collaboré sur les questions les plus sensibles, comme la menace iranienne et le combat contre le terrorisme international. Depuis son arrivée au pouvoir en 2007, les échanges commerciaux ont presque doublé, pour atteindre 2 milliards d’euros en 2011. Dans ce contexte, la communauté juive de France pouvait être plus rassurée ».   

 

Freddy Eytan est journaliste et ancien diplomate. Il a été Ambassadeur d’Israël en Mauritanie  et a exercé ses talents au sein des ambassades de Paris et Bruxelles. C’est un expert de la politique de la France au Moyen-Orient, qui a publié vingt livres. L’un de ses ouvrages, « Sarkozy, le Monde Juif et Israël », a été publié en français, à Paris, en 2009, aux Editions Alphée.

 

« La politique de Sarkozy envers Israël est liée à ses origines, qu’il n’a jamais reniées, et de sa vision personnelle du monde. A chaque occasion, il rappelle avec fierté qu’il a été éduqué par son grand-père maternel, Aaron Mallah, né juif à Salonique ». 

 

« Sarkozy a été bouleversé par sa première visite à Yad Vashem. Fils d’émigrés devenu président d’une France qui était naguère sous l’Occupation et la Collaboration, il a bien compris que la force d’un peuple réside aussi dans le souvenir et dans la vérité historique. Ainsi, en février 2008, lors du diner du CRIF, il propose d’intensifier l’étude de la Shoah dans les écoles en permettant à chaque élève de CM2 de découvrir le nom, le visage, ou le parcours singulier de l’un des 11 400 enfants de France morts en déportation.

 

Nicolas Sarkozy est un fervent militant de l'atlantisme et de l'entente avec les Américains. Ainsi, il a réintégré la France dans le commandement de l'OTAN, en revenant sur la décision du général De Gaulle, qui souhaitait faire cavalier seul en politique étrangère. Sarkozy perçoit, en Israël, le bastion avancé du monde libre. Il admire son développement en tant que société démocratique, dotée de grandes réalisations dans les domaines de la science, de la médecine et des technologies. Et ce, d’autant plus qu’il prospère au milieu de l’environnement hostile et instable du Moyen-Orient.

 

“En 2009, durant l’opération « Plomb Durci », à Gaza, Sarkozy a fait deux visites-éclair à Jérusalem, pour chercher une issue pacifique à la guerre contre le Hamas. C'était la première fois dans l'histoire de la cinquième République qu'un président français se déplace au moment d'un conflit armé au Proche-Orient.  Sarkozy s’est aussi rendu en visite en Israël au moment même de la première guerre du Golfe, en ces jours pénibles où les Israéliens regardaient dans l'angoisse la mort en face, Sarkozy était solidaire et portait lui aussi un masque à gaz… »  

 

« Cependant, Sarkozy comme d'ailleurs tous les Européens, pense qu'Israël devrait mettre un terme au "développement des implantations", et admettre un Etat palestinien à ses côtés avec comme capitale Jérusalem-Est. Il s'est lourdement trompé en invitant en grande pompe deux dictateurs arabes Kadhafi et Bechar el Assad. En dépit du fait que la politique étrangère de la France est un domaine réservé de l'Elysée, Sarkozy a suivi les consignes du Quai d'Orsay…

 

Sarkozy hésitait à appuyer la demande palestinienne d’adhésion à l’UNESCO. Ce n'est qu'à la dernière minute qu’il a tranché en faveur des Palestiniens. Le siège de l'UNESCO est à Paris, ville-Lumières, et Sarkozy ne voulait pas porter préjudice sur une adhésion  purement "culturelle". Une fois encore, il a eu tort! Tout comme il a comparé la souffrance des Palestiniens à celle des Juifs, ce qui relève de la falsification de l’histoire ».

 

“ En 2002, Nicolas Sarkozy a succédé au socialiste Daniel Vaillant, qui avait refusé d’admettre la résurgence de l’antisémitisme sur fond de seconde Intifada. Contrairement aux socialistes, Sarkozy n’a pas nié les délits et les crimes antisémites, dès lors que les auteurs sont des jeunes Maghrébins et non pas des militants de l’extrême droite.

 

Sa loi sur la Sécurité, adoptée au Parlement, a prévu un budget de six milliards d’euros. Devenu président, Sarkozy a poursuivi une politique ferme et intransigeante dans le combat inlassable contre l’antisémitisme. Sarkozy ne philosophe pas et ne cherche pas à expliquer les causes du fléau : « l’antisémitisme ne s’explique pas, ça se combat ! » dit-il à maintes reprises. Insulter un juif parce qu’il est juif, c’est insulter la république dans son ensemble et donc l’Etat doit réagir par des poursuites pénales à la moindre agression.  

 

Profondément déçus par “la politique arabe” de la France, les Juifs ont observé avec passion et certains avec admiration, la carrière vertigineuse de Nicolas Sarkozy et sa rage de vaincre. Longtemps Maire de Neuilly puis ministre de l’Intérieur, et enfin Président de la République, le contact avec Sarkozy était permanent, sincère et amical ».

 

« Son successeur, le socialiste François Hollande, élu Président en juin 2012, n’est pas un orfèvre en politique étrangère, n’a pas eu de contacts directs avec la communauté juive et ne s’est pas rendu en Israël. La décision, aujourd’hui, d’ouvrir une enquête sur les circonstances de la mort d’Arafat est grotesque et tragi-comique. En 2004, Jacques Chirac avait déjà dépassé l’entendement et toutes les directives protocolaires en rendant un dernier hommage solennel à Arafat, mort dans un hôpital parisien. …Marche funèbre de Chopin, honneur, sonnerie aux morts et drapeaux en berne…en ce jour du 11 novembre… »

 

« Actuellement, la France connaît, surtout, des problèmes économiques majeurs. Le conflit palestino-israélien est très loin dans la liste des priorités de Hollande, à la soixantième place ! D’un autre côté, il fera d’énormes efforts afin de se rapprocher des Etats Arabes producteurs de pétrole, comme le Qatar. Il est peu probable qu’il se soucie de savoir si ce sera ou non au détriment d’Israël ».

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 11:39

 

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Neville Chamberlain, le très méprisable Premier ministre britannique d’avant la Seconde Guerre Mondiale, n’aurait pu imaginer qu’on ranime, après la Seconde Guerre Mondiale, sa politique d’apaisement, dont les résultats ont été aussi catastrophiques. Alors que lui-même n’a jamais été réhabilité, l’essence même de ses conceptions politiques a déjà, très largement, été remise au goût du jour par les gouvernements de l’ouest de l’Europe, depuis des décennies.

 

Un exemple illustre la façon dont l’Allemagne a suivi cette politique, à la suite du massacre, par des terroristes palestiniens, de 11 athlètes israéliens et d’un officier allemand, lors des Jeux Olympiques d’été de Munich, en 1972. Des parutions récentes d’archives de l’Etat d’Israël révèlent à quel point les Allemands ont lamentablement échoué, au cours de leurs tentatives visant à neutraliser les terroristes -1-.

 

Le journal allemand Der Spiegel a dévoilé qu’à peine quelques mois après ces assassinats, le gouvernement allemand avait pris contact avec les terroristes de Septembre Noir, dans le but de parvenir à un arrangement. Trois terroristes palestiniens détenus après le détournement d’un avion allemand, ont alors été libérés. Les Allemands n’ont ensuite fait aucun effort pour capturer à nouveau ces terroristes et leur faire rendre compte de leurs actes -2-.

.

Symboliquement parlant, l’attitude allemande d’apaisement envers les criminels palestiniens, après Munich 1972 faisait pendant – bien que de dimension plus petite- à Munich 1938, lorsque les Britanniques et les Français ont, purement et simplement, livré la démocratie tchèque à Hitler. Mais, cette fois, c’est l’Allemagne démocratique qui a capitulé devant les criminels.

 

La politique allemande d’apaisement envers les terroristes, après les Jeux Olympiques de Munich n’est pas le seul cas de ce genre. Bat Ye’Or écrit que, dans les années 1970, la France, l’Angleterre, l’Italie et l’Autriche ont passé des accords informels avec l’OLP afin de préserver leurs pays contre le terrorisme -3-. En 2008, l’ancien Président italien, Francesco Cossiga a écrit qu’un accord existait, sous la forme suivante : « Ne me faites pas de tort et je ne vous en fais pas non plus », entre le gouvernement italien et le Front Populaire de Libération de la Palestine, aussi bien qu’avec l’OLP -4-. Le Premier Ministre Démocrate-Chrétien Aldo Moro, qui avait approuvé cet accord, a, plus tard, été assassiné par des terroristes italiens.

 

Un pays est allé bien au-delà du simple “apaisement” et s’est carrément identifié aux assassins. En 1988, le Ministre socialiste de la Justice grecque, V. Rotis a annulé le jugement d’un tribunal grec et libéré le Palestinien Abdel Osama al-Zomar, qui devait être extradé vers l’Italie pour y être jugé. Il avait tué un enfant juif et blessé 34 personnes, devant une synagogue de Rome. Rotis a célébré Al-Zomar comme un « combattant de la Résistance » et lui a permis de s’en aller vers la Libye -5-.

 

L’actuel refus européen de désigner le Hezbollah comme un groupe terroriste est encore un autre exemple d’apaisement. Cette même politique d’apaisement explique aussi l’absence de volonté des gouvernements européens de traîner le Président iranien Mahmoud Ahmadinedjad et l’Ayatollah Ali Khamenei devant un Tribunal International, dont, pourtant, ils relèvent, selon la Convention de l’ONU sur le Génocide. Le soutien particulièrement tiède des Européens en faveur des sanctions contre l’Iran est une illustration supplémentaire de la mentalité d’apaisement à tout prix.

 

Cela correspond pour beaucoup à la description que font Martin Gilbert et Richard Gott du comportement des pacifistes d’avant-guerre, dans leur livre : The Appeasers [Les Pacifistes] : L’essence de leur art reposait sur la faiblesse, l’hésitation et l’incertitude -6-». Cela vaut aussi la peine de relire les pages décrivant la façon dont le gouvernement Chamberlain a trahi ses déclarations publiques et les garanties qu’il avait données à la Pologne.

 

La culture d’apaisement est aussi largement partagée par les organismes chrétiens. De nombreux cercles protestants libéraux ont souvent une tendance bien plus marquée à accuser Israël qu’à porter attention aux crimes contre les Chrétiens dans les pays arabes. Le Vatican demeure fréquemment silencieux à propos des attaques contre les Catholiques dans les pays musulmans.

 

En Allemagne, on note autant d’autres aspects relevant de l’apaisement. Récemment, à Rostock, l’Université a refusé que se tienne une conférence pro-israélienne parrainée par la Société d’Amitiés germano-israélienne, par crainte de violences de la part d’opposants. Cela s’est produit à la suite de consultation des services de renseignements. L’évènement s’est déroulé ailleurs, sans le moindre problème -7- .

 

Le cas de Rostock illustre de quelle façon les ennemis d’Israël atteignent leurs buts par crainte d’un recours de leur part à la violence sans même avoir besoin d’y faire appel. Cette attitude n’a pour résultat que d’encourager un surcroît de violence, comme on l’a constaté, lors des récentes attaques de Juifs à Berlin. Cela encourage également les extrémistes à crier publiquement « mort aux Juifs », puisqu’il y a peu de risques qu’ils se fassent arrêter. Ce sont, chaque fois, des signes que les membres agressifs de la communauté musulmane d’Allemagne et leurs alliés ont réussi à inspirer la peur aux autorités allemandes. La seule façon de la combattre est de « blâmer et de faire honte » complètement à ces autorités après chaque incident.

 

Une telle honte s’est produite à Duisburg en janvier 2009. La police y avait enlevé deux drapeaux israéliens d’un appartement, après que des participants d’une manifestation anti-israélienne, organisée par le groupe extrémiste turc Milli Gorus, aient commencé à les bombarder d’objets divers. Cette attitude scandaleuse a subi de très vives critiques et la police a dû présenter ses excuses après-coup -8-.

 

Nous vivons des temps différents de ceux où Chamberlain a vécu. Un défi majeur, actuellement, est la façon de combattre les agressions et intimidations multiformes émanant du monde de l’Islam. Comme cela s’est souvent produit, les expériences des Juifs sont de très bons indicateurs de ce qui se passe en Europe. Les meurtres de Mohamed Merah en France, et les récentes attaques de Juifs facilement reconnaissables en Allemagne et en Autriche, apportent quelques indications sur qui paie, en définitive, de façon disproportionnée, pour l’attitude d’apaisement envers les musulmans violents.

 

Les opposants démocratiques à Hitler ont lourdement payé pour avoir tenté de l'apaiser. Les Juifs furent amenés à payer encore plus cher. La même chose se produit aujourd’hui, pour les Juifs et Israël. Mais, en définitive, les démocraties occidentales paieront aussi lourdement pour leur politique d’apaisement envers les terroristes et musulmans totalitaires.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 -2-Felix Bohr, Gunther Latsch and Klaus Wiegrefe, “Germany's Secret Contacts to Palestinian Terrorists,” Spiegel Online, 28 August 2012

-3-Bat Ye’or, “New Evidence on  Eurabia,” New English Review, 5 September 2012    

-4-Menahem Gantz, “'Italy allowed Palestinian terror groups to roam free, Ynet, 17 August 2008.

-5-Daniel Perdurant, "Anti-Semitism in Contemporary Greek Society," Analysis of Current Trends in Anti-Semitism, No. 7 (Jerusalem: Hebrew University), 1995, p. 10.

  -6-Martin Gilbert and Richard Gott, The Appeasers, (London; Phoenix Press, 2000) 265.  

  -7-Benjamin Weinthal, "German intelligence agency bars pro-Israel event,“ Jerusalem Post, 6 September 2012.

-8- Yassin Musharbash, “Police Remove Israeli Flag during Islamist Protest March,” Spiegel on Line, 13 January 2009.

 

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 16:16

 

 

Geert Wilders (Copier)

 

 

 

La semaine dernière, le Grand Rabbin israélien Yona Metzger a adressé une lettre à Geert Wilders, le dirigeant pro-israélien du Parti de la Liberté (PVV) en Hollande. Le programme du parti en vue des prochaines élections parlementaires, le 12 septembre, inclut, en effet, l’interdiction de l’abattage rituel -1-[1]. L’un de ses députés, Dion Graus, tente également, de poursuivre ses efforts passés, qui ont échoué jusqu’à présent, afin d’interdire l’importation de viande abattue de façon rituelle -2-.   

 

Le Rabbin Metzger écrit que Graus a adopté la position antisémite classique, qui prend pour cible les rites juifs, comme cela a été le cas tout au long des siècles. Il a ajouté : « On ne peut pas être, en même temps, un ami d’Israël et du peuple juif et, d’un autre côté, soutenir une loi anti-juive et compter parmi les amis de M. Dion Graus -3-.

 

Wilders, le seul homme politique qui jouit d’une stature internationale, a acquis une réputation justifiée de soutien essentiel d’Israël. Il a fait entendre que le Jihad ne vise pas seulement Israël, mais qu’il vise l’ensemble du monde occidental -4-. Le programme actuel du PVV affirme encore que la Jordanie serait la véritable Palestine -5-. Pourtant, l’an dernier déjà, l’image de Wilders dans le monde juif a subi un sérieux revers de fortune. Concernant l’abattage rituel sans étourdissement, le PVV a soutenu les positions extrêmes du petit parti populiste, le Parti pour les Animaux. Au Parlement, Graus a désigné l’abattage rituel comme une « torture rituelle -6- ». Il a, par la suite, instrumentalisé les Juifs, en prétendant, par une pirouette,  que son parti ne pouvait pas être anti-islamique, puisque la loi interdisant l’abattage rituel pénalisait aussi les Juifs -7-.

 

En juin 2012, une convention sur l’abattage rituel sans étourdissement a été atteinte avec grandes difficultés entre les Musulmans, les Juifs et le gouvernement hollandais -8-.  Cela a conduit à de vives tensions, au sein de la communauté juive orthodoxe hollandaise, entre les dirigeants rabbiniques et laïcs. Pourtant, la majorité des Juifs a paru satisfaite que cette menace fondamentale contre l’identité juive semble levée.

 

L’interdiction de l’abattage rituel n’a pas été abordée dans le cadre des débats actuels pour les élections hollandaises. Pourtant, au cours des dernières semaines, ce problème a attiré plus d’attention de la part des médias aux Pays-Bas, en Israël, mais aussi au sein de la communauté juive organisée, aux Etats-Unis. La communauté orthodoxe d’Amsterdam a déclaré qu’elle considère Graus comme un « danger pour les communautés juives aux Pays-Bas et en Europe » -10-.

 

L’ancien député du PVV, Wim Kortenoeven a alerté les principales organisations juives américaines. Il a été le seul membre de son parti à voter, l’année dernière, contre la proposition de loi opposée à l’abattage rituel. Il a quitté le PVV au début de juin. Kortenoeven dit que plusieurs de ses collègues soutiennent sa position, mais qu’ils ont préféré céder aux pressions de Wilders.

 

Le Centre Simon Wiesenthal est la première organisation juive à défier, déjà en 2011, le PVV sur la question de l’abattage rituel. A présent, son doyen associé, le Rabbin Abraham Cooper, a à nouveau écrit à Wilders, en requérant qu’il retire ce thème du programme du PVV-11-. Dans sa réponse, Wilders a prétendu qu’il ne tolérerait pas d’antisémites au sein de son parti et que Graus n’en était pas un -12-. Il n’a pas convaincu le Rabbin Cooper, qui lui a renvoyé une seconde lettre, restée sans réponse -13-.

 

Ce conflit a fait la Une du plus grand quotidien hollandais, de Telegraaf -14-. Cet article prétendait également que les Juifs américains financent Wilders, du fait de ses positions pro-israéliennes et que ce financement n’était pas remis en question, alors même que le PVV attaquait l’un des rituels les plus fondamentaux du Judaïsme. Peu de preuves sont fournies démontrant que ce financement juif ait la moindre substance. Mais il est bien plus révélateur que Wilders ait été accueilli à bras ouverts dans les principales communautés chrétiennes évangélistes, aux Etats-Unis. Il est peu probable que cela continue ainsi, à présent.  

 

Pourquoi Wilders choisirait-il de mettre en cause d’importantes relations aux Etats-Unis, en insistant sur une question aussi marginale que l’interdiction de l’abattage rituel? L’explication la plus probable, c’est qu’il s’agit là d’un indicateur de plus de la voie populiste qu’il a souvent empruntée.

 

Le succès originel de Wilders provient du fait qu’il a identifié deux questions cruciales pour l’avenir des Pays-Bas, qui sont restées négligées par les autres. Il a très bien perçu que l’avenir des démocraties est bien plus menacé par le monde islamique que par n’importe quelle autre religion. Wilders a aussi pris conscience que le déficit de démocratie, qui pénalise l’intégration européenne, dans des domaines sensibles s’est développé dangereusement, sans que personne n’examine précisément ce point. Il a traduit ces questions en slogans de campagnes populistes, qui ont apporté 24 des 150 sièges parlementaires au PVV, aux élections de 2010.

 

Le PVV, cela dit, ne s’est jamais élevé, comme il l’aurait dû,au niveau d’un parti professionnel. Il n’a pas encore d’organisation de recherche. Il détaille rarement ses propositions pour les approfondir. De temps en temps, Wilders lance à la cantonade une de ces remarques au ton extrémiste dont il a le secret, mais qui ne contribue d’aucune façon à faire avancer ses deux objectifs fondamentaux. Bien qu’on ait fréquemment tenté de l’alerter, il a préféré ignorer les problèmes que pourraient provoquer ses positions concernant l’abattage rituel, principalement, auprès de ses partisans à l’étranger.

 

Si Wilders avait professionnalisé son approche politique, il y aurait des chances sérieuses qu’il soit en mesure d’emporter les élections à venir. Les problèmes liés à l’intégration européenne sans contrôle, aussi bien que la violence dans le monde islamique se sont aggravés et sont aujourd’hui dans le champ de conscience de tout un chacun qui veut les voir. Plus l’attitude populiste de Wilders se poursuivra, sur bien d’autres thèmes, et moins ses positions pro-israéliennes seront précieuses pour Israël. En effet, on ne pourra pas, en même temps, négliger le fait que le PVV se trouve à l’avant-garde de propositions antisémites, sur une question cruciale.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

Verkiezingsprogramma PVV 2012-2017, ‘Hun Brussel, Ons Nederland’. [Dutch]

Parliamentary debate Second Chamber, 13 April 2011. [Dutch]

Letter from Chief Rabbi of Israel Yona Metzger to mr. Geert Wilders, 28 August 2012.

David Horovitz, “Wilders hails Israel ‘fighting jihad”’, Jerusalem Post, 9 June 2010.

Verkiezingsprogramma PVV 2012-2017, ‘Hun Brussel, Ons Nederland’. [Dutch]

Parliamentary debate Second Chamber, 17 February 2011. [Dutch]

Ibid.

Convenant onbedwelmd slachten volgens religieuze riten, 5 June 2012. [Dutch]

http://www.rijksoverheid.nl/documenten-en-publicaties/convenanten/2012/06/05/convenant-onbedwelmd-slachten-volgens-religieuze-riten.html

Maurice Swirc, ‘Eindelijk handtekening’, NIW, 8 June 2012. [Dutch]

“NIHS-bestuur: ‘PVV vormt bedreiging,’ NIW, 24 August 2012. [Dutch]

Letter from The Simon Wiesenthal Center to Geert Wilders, 15 August 2012.

E-mail from Geert Wilders to Rabbi Abraham Cooper, 17 August 2012.

Letter from The Simon Wiesenthal Center to Geert Wilders, 19 August 2012.

Charles Sanders, ‘Joodse sponsors razend op PVV’, Telegraaf, 21 augustus 2012. [Dutch]

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 12:50

 

 

 

 

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Par Manfred Gerstenfeld  

[Partiellement diffusé en anglais par Honestreporting

http://honestreporting.com/norwegian-media-distorting-the-news/2/]

 

 

Depuis plusieurs années, la Norvège détient la première position de l’Index pour la Liberté de la Presse. Cette impression que la Norvège dispose d’une presse libre est, malgré cela, largement erronée. Certes, les autorités norvégiennes ni ne supervisent ni ne censurent les médias. Pourtant, il existe une forte orientation anti-israélienne et un penchant à l’autocensure, parmi les rédacteurs en chef de la plupart des médias. Le pays partage une frontière avec la Russie. Cependant, on a souvent l’impression qu’Israël apparaît, dans la presse norvégienne, comme plus important que son puissant voisin. Les médias norvégiens sont obsédés par Israël et nombreux sont ceux qui font de l’incitation à son encontre, de diverses manières.

 

Les aberrations répandues par plusieurs medias norvégiens dominants vont souvent bien au-delà des entorses à la vérité qu’on peut constater dans d’autres journaux anti-israéliens occidentaux.  Ils vont aisément rédiger des reportages sur des thèmes qui leur permettent de critiquer Israël, mais, en contrepartie, ils passent sous silence les innombrables crimes palestiniens ou sous- informent à leur propos. On cherchera en vain des articles traitant de la charte du Hamas qui mentionne clairement son intention de mettre en œuvre le génocide des Juifs. Il en va de même, concernant l’Autorité Palestinienne, de sa glorification des assassins de civils juifs. Ils ne prêtent que rarement, voire jamais attention aux mensonges fréquents et évidents de ministres ou de responsables palestiniens.

 

Les medias norvégiens détournent fréquemment les yeux, devant l’énorme taux de criminalité et de violations des droits de l’homme dans le monde arabo-musulman. Le fait de seulement mentionner qu’il n’y a pas d’autre religion où une idéologie criminelle et meurtrière fleurit avec autant de succès que dans le monde musulman, relève également du tabou.

 

Episodiquement, un article parlant positivement d’Israël apparaît, dans l’un des principaux journaux. Ce fut, récemment, le cas, dans un éditorial du troisième quotidien par ordre d’importance, Dagbladet. Il s’interroge sur le manque d’intérêt de la Norvège pour les nombreuses victimes de guerre en Syrie et compare cette situation tragique avec sa focalisation à l’encontre d’Israël.

 

S’il n’existait pas une poignée de gens courageux, comme les rédacteurs du petit hebdomadaire chrétien Norge Idag et le blog Document.no [http://www.document.no/kategori/english/], important en Norvège, les Norvégiens n’auraient, tout simplement, aucune occasion de lire à quel point l’information accessible sur le Moyen-Orient est déséquilibrée, à cause de la façon dont l’alimentent la NRK, la télévision et chaîne de radio d’Etat, ainsi que la presque totalité des autres médias. Le petit quotidien chrétien, Dagen, fait également preuve de courage. Il a récemment publié un de mes articles, dans lequel j’expliquais pourquoi le Premier ministre travailliste Jens Stoltenberg est un antisémite à temps partiel. 

 

Au début de l’année 2009, un blog en anglais, intitulé “la Norvège, Israël et les Juifs » [http://www.israelwhat.com/] a été lancé. Il s’est mis en ligne après que son auteur ait lu mon livre, publié en 2008, Behind the Humanitarian Mask: The Nordic Countries, Israel and the Jews [Derrière le Masque de l’Humanitaire : les Pays Nordiques, Israël et les Juifs]. Ce blogueur avait vérifié toutes les notes de bas de page qui s’y trouvent, concernant l’antisémitisme norvégien et les distorsions anti-israéliennes. A sa grande surprise, toutes ces citations se sont avérées exactes. Ce blog, désormais piloté par un(e) autre blogueur (/se) qui rédige sous le pseudonyme de Miranda McGonagal – est devenu une source essentielle d’information sur l’antisémitisme largement répandu en Norvège. Il s’exprime principalement sous la forme de l’antisionisme.

 

 

En 2009, un certain nombre d’universitaires a proposé un boycott culturel et académique d’Israël au Conseil d’Administration de l’Université NTNU de Trondheim. Il n’y a que sur (le blog) « La Norvège, Israël et les Juifs » qu’on a pu trouver des descriptions détaillées de la manière dont ldes organisations juives et non-juives à l’étranger ont mené la lutte. Les médias norvégiens n’ont que très peu et très tard mentionné cette action de boycott, qui a ensuite été rejetée, à la majorité des votes, au sein du Conseil de la NTNU.

 

Un exemple a illustré la façon dont la presse norvégienne occulte l’information qui ne serait pas considérée comme la bienvenue dans ce pays, lorsque, au cours de l’été 2010, Sam Brownback, alors Sénateur américain, a rédigé une lettre à l’intention de l’Ambassadeur norvégien à Washington. Il y exprimait ses inquiétudes, au sujet de l’antisémitisme et de l’anti-israélisme en Norvège. Il y joignait une description détaillée des actes antisémites commis par des ministres norvégiens, qui impliquait également le Roi Harald V. On a alors assisté à un silence quasi-total de la part des médias norvégiens. On peut pourtant se demander si un autre Sénateur américain a jamais daigné s’adresser à la Norvège, sur quoi que ce soit la concernant, au cours de ce siècle. « La Norvège, Israël et les Juifs » a été le premier à publier la lettre de Brownback.

 

Les critiques internes, à l'encontre du gouvernement dominé par le Parti Travailliste, sont demeurées encore plus silencieuses que jamais, même et surtout après le massacre de masse commis par le criminel Anders Breivik, en juillet 2011. Le Premier ministre Jens Stoltenberg avait, alors, abusivement prétendu, peu de temps après, que la Norvège n’en sortirait que plus ouverte (sic.) et démocratique. C’est, en fait, l’inverse qui s’est produit, comme l’a bien décrit l’auteur américain Bruce Bawer, qui vit en Norvège. Il a publié un livre intitulé : The New Quislings: How the International Left Used the Oslo Massacre to Silence Debate About Islam. [Les Nouveaux Quisling : Comment la Gauche Internationale s’est Servie du Massacre d’Oslo pour Faire Taire le Débat sur l’Islam].

 

Je peux ajouter quelques remarques tirées de mes propres expériences avec les medias norvégiens. En mars 2009, la plus importante chaîne commerciale norvégienne, TV2 a diffusé une interview de moi, réalisée par le journaliste Frederik Graesvik. Jusqu’à un certain point, il traduisait exactement la majeure partie de mon propos. Cependant, Graesvik est intervenu pour dire que je considérais que les Norvégiens étaient «  Barbares et dénués d’esprit intellectuel », parce qu’ils tuent les baleines et les phoques. C’était une déformation totale de mes propres paroles.

 

La personne de TV2 qui a retranscrit cette interview falsifiée pour le site internet de la chaîne, a même encore plus défiguré le sens des phrases de mon crû qu’elle a citées, en prétendant mensongèrement que [j'aurais dit que] les « Norvégiens étaient inintelligents et barbares » et que « la Norvège est le pays le plus antisémite d’Europe ». L’Agence de Presse norvégienne NTB s’est alors mise à répandre ces citations tronquées un peu partout. Elles ont été reprises telles quelles par de nombreux journaux norvégiens et certains papiers suédois. Par conséquent, je suis aujourd’hui en possession d’une collection tout-à-fait impressionnnante de courriels de haine, de la part de correspondants anonymes norvégiens. TV2 a aussi offert au négationniste britannique de la Shoah, David Irving, plus d’un quart d’heure de diffusion pour qu’il puisse exprimer son point de vue. La station a financé son voyage et ses dépenses personnelles à Oslo.

 

Sidsel Wold.

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Article de : http://www.israelwhat.com/2011/03/26/13188/, Norway, Israel and the Jews : Sidsel Wold rejette toute critique et prétend qu'Israël devrait lui-même s'accuser de ses propres méfaits. 

 

Sidsel Wold, qui était alors correspondante en Israël de la chaîne de radio d’Etat, NRK, a même réussi à surpasser TV2. Elle m’a interviewé, après quoi elle a prétendu qu’elle avait effacé par erreur cet entretien. Mais, plutôt que de me proposer une nouvelle interview, elle a trouvé plus facile de fabriquer une interview imaginaire. Elle a sorti de leur contexte certains de mes articles figurant sur Internet. A la suite de quoi, elle a diffusé une « interview » avec moi, qui n’est que le fruit de son imagination, bourrée de falsifications, puis elle a ainsi pu se livrer à un décorticage critique du texte qu’elle m’a mensongèrement attribué. Pour cela, elle a reçu le Prix du Journaliste Malhonnête, en 2010. Et c’est ainsi que Wold est devenue l’une des rares journalistes norvégiennes qui ait réellement remporté une récompense internationale.

 

 

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski. 

 

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 13:00

 

 

 

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L’Eté Norvégien, Israël et les Juifs.  

 

Par Manfred Gerstenfeld

 

Le bref été norvégien n’a pas été aussi tranquille que d’habitude, cette année. Certains aspects de ce malaise concernent, également, Israël et la communauté juive locale. Une part des problèmes de la Norvège est liée au massacre de 77 personnes, l’an dernier, commis le 22 juillet, par Anders Breivik, à Oslo et sur l’île d’Utoya. Les conclusions de la commission d’enquête nommée par le gouvernement, qui viennent juste d’être rendues publiques, sont accablantes pour les cercles dirigeants de Norvège. Ce rapport mentionne une longue liste de carences flagrantes, parmi lesquelles une faible protection des bâtiments gouvernementaux, une direction aléatoire de la police et une désorganisation générale-1-[1]. La responsabilité ultime de ces manquements graves est imputable au Premier Ministre issu du Parti Travailliste, Jens Stoltenberg.

 

Il est, désormais, prouvé que son gouvernement est gravement incompétent, quant au simple devoir de protéger ses citoyens. Et pourtant, c’est un orfèvre, lorsqu’il s’agit de critiquer Israël. En particulier, le Ministre des Affaires étrangères, Jonas Gahr Stoere, un antisémite à temps partiel, condamne fréquemment le gouvernement de Jérusalem et lui donne des leçons sur la façon de gérer des défis infiniment plus complexes que ceux que la Norvège doit affronter. Cette arrogance est souvent partagée par les rédacteurs en chef des médias norvégiens, les ONG, certains évêques luthériens, les dirigeants des syndicats et tant d’autres professeurs de bonne conduite au sein de l’élite culturelle du pays.

 

Pourtant, il n’était pas très dur de comprendre qu’il subsistait des lacunes structurelles liées à la sécurité, en Norvège, et ce, depuis de nombreuses années déjà. Dans mon livre, publié en 2008, Behind the Humanitarian Mask, the Nordic Countries, Israel and the Jews,[Sous le Masque de l’Humanitaire, les Pays Nordiques, Israël et les Juifs], j’ai cité le chef de l’armée norvégienne, alors en exercice, le Général Robert Mood. Il décrivait les capacités de son armée comme à peine capable de défendre, peut-être, un quartier d’Oslo, mais sûrement guère plus, dans la totalité du pays-2-.

 

Outre le rapport de la Commission Breivik, il y a eu bien d’autres motifs qui ont rendu cet été problématique, à plusieurs sens du terme. Aux Pays-Bas, un réservoir de stockage important de la principale Compagnie Norvégienne Odfjell a dû fermer. On a constaté des fuites de gaz inflammable, en plus de problèmes fréquents de sécurité environnementale. Lorsqu’un expert hollandais de la sécurité a vu une photographie de l’installation actuelle, sa première impression a été qu’elle avait été prise il y a au moins 30 ans-3-. Le Directeur du Bureau d’Odfjell a déclaré que les problèmes relatifs à la sécurité étaient toujours pris très au sérieux, pourtant, il s’est montré incapable d’expliquer pourquoi sa filiale hollandaise présentait autant de failles évidentes dans ce domaine.

 

L’élite culturelle de Norvège fait preuve de fierté mal placée, en ce qui concerne le respect des normes d’éthique. Le prospère Fond de pension d’Etat du pays a revendu ses actions au sein de la Compagnie israélienne Elbit, parce que cette société a fabriqué des composants de la barrière de sécurité d’Israël. Cette dernière a grandement réduit le nombre d’assassinats de civils israéliens par les Palestiniens. Une explosion importante à l’intérieur de la filiale hollandaise d’Odfjell, quant à elle, dénuée d’éthique et négligente, pourrait, cela dit, mettre en danger la population environnante, forte d’environ un million d’habitants.

 

Le quotidien norvégien dominant, Aftenposten a mentionné dans un éditorial, qu’Odfjell mettait en danger la réputation de la Norvège à l’étranger-4-[4]. En fait, cette réputation aurait dû se dégrader d’elle-même il y a longtemps, même si cela ne tenait qu’à l’empathie des élites pour les crimes et le génocide dont les Palestiniens et d’autres criminels des Etats musulmans font la promotion. A peu près à la même période, le quotidien Dagbladet a publié deux articles détaillant le niveau de corruption des entreprises norvégiennes qui font des affaires avec les états dictatoriaux-5-[5].

 

Il y a à peine quelques semaines, l’Université de Bâle et l’Académie Mondiale pour la Paix ont suspendu leur collaboration avec l’universitaire pacifiste norvégien et soi-disant père des études sur la paix, Johan Galtung. Il venait de recommander de lire le montage antisémite des Protocoles des Sages de Sion lors d’une conférence à l’Université d’Oslo. Galtung y déclarait qu’on ne peut pas s’empêcher, en lisant ce livre, de penser à Goldman Sachs. Il suggérait également que les Juifs étaient bien en partie coupables de leur propre extermination à Auschwitz-6-. Certains pourraient, bien sûr, se demander pourquoi aucune action n’a été entreprise à son encontre en Norvège même. La réponse n’est pas très difficile à trouver, pour quiconque a eu l’occasion de se familiariser avec la profonde hypocrisie que partage un grand nombre, parmi l’élite culturelle de Norvège.

 

Le changement d’attitude de la communauté juive est moins remarqué, mais, pourtant, cela vaut la peine d’en prendre bonne note. Depuis de nombreuses années, elle jouait un rôle significatif, en minimisant publiquement l’importance de l’antisémitisme et de l’antisionisme en Norvège. C’était fort utile pour le gouvernement. Lorsque des étrangers osaient pointer du doigt l’incitation à la haine norvégienne, le plus souvent, sa réaction consistait à dire : « Qui sait mieux ce qui se passe ici ? Les Juifs Norvégiens ou ces gens qui ne vivent même pas là ? »

 

Le blanchiment de la réalité déplaisante du pays, de la part des dirigeants juifs, était partiellement compréhensible, après les expériences précédentes où ils s’étaient exprimés. Il y a environ dix ans, deux membres de la communauté, qui s’étaient impliqués dans des débats où l’antisémitisme était publiquement discuté, ont reçu des balles dans leur boîte aux lettres.

 

Pourtant, il y a des limites, même pour la petite communauté juive de Norvège. Le Parti Centriste, qui fait partie du gouvernement, s’est récemment prononcé en faveur de l’idée d’interdire la circoncision concernant les garçons. Ervin Kohn, le dirigeant de la communauté juive d’Oslo, disait encore, en Juillet, qu’il préférait être Juif en Norvège, plutôt qu’en Espagne ou en Hongrie. En août, Kohn a déclaré que si jamais une loi « interdisant la circoncision » passait, il n’y aurait alors plus de place pour les Juifs en Norvège-7-. Aucune critique venue de l’étranger n’avait encore jamais été aussi loin.

 

Récemment, l’ancien assistant au Secrétaire d’Etat américain, Elliot Abrams a rejoint le nombre croissant de ceux qui brocardent l’antisémitisme et l’antisionisme norvégien, depuis l'étranger-8- . Pour ceux qui sont familiers des nombreuses aberrations émises par l’élite culturelle du pays, on ne peut en venir qu’à une seule et unique conclusion : on doit s’attendre à la survenue de nouvelles dérives, en Norvège, dès que l’été aura touché à sa fin.

  

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

“Norway police ‘could have stopped Breivik sooner’, BBCNews Europe, 13 August 2012.

Sveinung Berg Bentzrød, “Army Forced to Sharpen Knife as Cost Cuts Loom,” Aftenposten, 30 May

 

2008 [3] Joost Pijpker, “al dertig jaar problemen bij tankopslagbedrijf Odfjell, Volkskrant  4 August 2012. [Dutch]  

http://tundratabloids.com/2012/08/scary-norwegian-company-odfjell-still-causing-sleepless-nights-in-oslo.html

http://tundratabloids.com/2012/08/norway-corruption-exposed-no-longer-the-dainty-scandinavian-paradise-of-virtue-and-honesty-it-promotes-itself-as.html

Benjamin Weinthal, “Swiss  group suspends ‘anti-Semitic’ Norway scholar,” Benjamin Weinthal, Jerusalem Post, 9 August 2012.

Norwegian official: Jews, Muslims should replace circumcision with ‘symbolic’ ritual,” JTA 6 August 2012.

Elliott Abrams, “Scandinavia and the Jews,” The Weekly Standard , 6 August 2012.

 

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 16:26

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Gloria Greenfield 

 

Greenfield (Copier)

Gloria Greenfield

 

 

“Les Productions Doc Emet voulaient réaliser un documentaire tiré du livre best-seller d’Alan Dershowitz : The Case For Israel [Plaidoyer pour Israël], publié en 2003. Nous avons alors commencé à travailler sur The Case For Israel – Democracy’s Outpost [Plaidoyer pour Israël – l’Avant-Poste de la Démocratie] en 2006. A l’époque, se déroulait une guerre terroriste sans précédent à l’encontre de la population civile israélienne, en même temps qu’on assistait à une escalade redoublée dans la campagne de diabolisation et la délégitimation contre l’Etat juif.

 

“Ce documentaire est un vibrant plaidoyer en faveur d’Israël. Il démontre ce que sont les fondements du droit d’Israël à l’existence, en tant que patrie nationale du Peuple Juif, de protéger ses citoyens contre le terrorisme et de défendre ses frontières contre des ennemis hostiles. Nous sentions alors que la réalisation d’un film sur ce sujet donnerait une plus large audience à cette analyse détaillée et pénétrante du conflit arabo-israélien.

 

Gloria Greenfield est la Présidente et fondatrice des Productions Doc Emet, où son travail explore l’identité juive, les traits culturels du peuple juif et les valeurs de liberté et de démocratie.

 

“Après la diffusion du film en 2008, j’ai commencé à voyager par monts et par vaux, à travers l’Amérique du Nord, afin de provoquer des débats entre des auditoires juifs et non-juifs, à la suite des projections. J'ai, alors pu faire plusieurs observations alarmantes : trop de gens croyaient, de façon erronée, que la haine virulente exprimée à l’encontre d’Israël était liée aux politiques et/ou aux territoires tenus par Israël. Ils se trompaient, lorsqu’ils pensaient que cette haine relevait de la faute d’Israël et qu'il suffirait à Israël de se faire plus petit et plus faible, pour que cette haine disparaisse comme par enchantement.

 

“La plupart des personnes honnêtes et dignes de foi n’étaient pas conscientes de la résurgence d’un antisémitisme meurtrier dans de nombreuses régions du monde. Par conséquent, elles restaient incapables de concevoir cette haine envers l’Etat juif dans son contexte réel. Beaucoup n’étaient pas, non plus, averties de l’histoire de la complicité du mouvement islamiste avec le régime nazi, durant la Shoah, pas plus que des déclarations d’intention des Islamistes, qu'ils continueraient le travail d’Hitler, après la chute du régime nazi.

 

Plaidoyer pour Israël- Avant-Poste de la Démocratie a été traduit en arabe, en français, en allemand, en hébreu, en japonais, en russe et en espagnol. Il continue d’être visionné à travers le monde, dans des théâtres, sur des campus d’universités et de lycées, au sein de parlements, dans des centres communautaires, des églises et des synagogues. Il est rediffusé par l’Autorité de la Programmation Israélienne à travers tout le Moyen-Orient, par TeleMadrid en Espagne et des chaînes locales en Amérique Latine et aux Etats-Unis.

 

“Du fait des réactions au film, j’ai réalisé que nous devions sortir de la posture purement défensive, consistant à “faire un plaidoyer” pour le droit d’Israël à l’existence. Il était grand temps d’adopter une position offensive. On avait le plus grand besoin d’un examen en profondeur et d’une mise en lumière de cette haine meurtrière envers les Juifs, présente à l’état pur, derrière les appels à rayer Israël de la carte et à assassiner les Juifs partout où ils se trouvent, de la part d’un Etat, actuellement, sous le coup de sanctions.

 

“J’ai alors commencé un second documentaire, Unmasked Judeophobia, [La Judéophobie à visage découvert]. Il démarre par une déclaration d’Elie Wiesel disant : « Depuis 1945, je n’ai jamais eu aussi peur que je ne le suis maintenant. J’ai peur, parce que l’antisémitisme que je croyais appartenir au passé a survécu sous une autre apparence. J’étais convaincu, en 45, que l’antisémitisme était mort en même temps que ses victimes juives, à Auschwitz et Treblinka, mais je m’aperçois que non, les Juifs ont péri, mais l’antisémitisme, dans certaines régions du monde, est florissant ». Je sentais que ce texte donnait le ton qu’il convient à ce film. La haine contre les Juifs est la plaie de l’humanité, la maladie cancéreuse qui, non seulement, détient le potentiel de massacrer tous les Juifs, mais également le potentiel de détruire la civilisation en tant que telle.

 

“ Unmasked Judeophobia, [La Judéophobie à visage découvert] a été diffusé, pour la première fois, le 24 octobre 2011, au Théâtre de Paris, à New York City. Depuis lors, on a pu le visionner à travers toute l’Amérique du Nord, en Afrique du Sud, et en Israël, dans des lieux similaires  à ceux du passage de The Case for Israel – Democracy’s Outpost. On a récemment commencé à diffuser Unmasked Judeophobia au Royaume-Uni et en Australie. Il est actuellement traduit en arabe, en français, en allemand, en hébreu, en italien, en portugais, en russe et en espagnol et débutera sa tournée en Amérique Latine et en Europe, au cours de l’hiver 2012/2013.

 

Greenfield remarque : “Ce film est dense et intense. Il n’est pas rare que l’auditoire se sente, à la fois, bousculé, comme réveillé en sursaut, et pourtant reconnaissant du fait de pouvoir être de mieux en mieux informé. Habituellement, l’auditoire termine la rencontre en demandant quel plan d’action adopter. Les productions Doc Emet diffusent, actuellement, With Clarity and Courage: The Companion Activist Guide to Unmasked Judeophobia. [Avec Clarté et Courage : Le Guide d’Accompagnement Militant contre la Judéophobie à Visage Découvert]. On le doit à Anna Kolodner et il sera disponible pour être téléchargé gratuitement au lien suivant : www.unmaskedthemovie.com.

 

“Quand on est face à des auditoires israéliens, il y a une nette tendance à exprimer une grande frustration concernant l'inaction des cercles dirigeants politiques. L’audience perçoit un manque patent de pensée et d’action stratégique, à même de répliquer à cette résurgence de la haine meurtrière anti-juive et du traitement d’Israël, en tant que « Juif parmi les Nations ».

 

“Mon prochain projet de film examinera la centralité de la terre d’Israël pour l’identité juive, en même temps que la genèse du Sionisme, le Mouvement de Libération Nationale du Peuple Juif. Les racines du Sionisme plongent dans Lekh Le’kha, l’appel de D.ieu à Abraham, lui intimant de quitter son pays natal et la maison de son père pour la Terre dont D.ieu lui indiquera le chemin ».



Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 15:51

 

Meyer (Copier)

Ilya Meyer. 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Ilya Meyer



“Il n’existe pas d’appels officiels à la discrimination contre Israël, de la part du Gouvernement Suédois. Le Cabinet actuellement en place, formé par une coalition de partis conservateurs, libéraux et centristes, adopte formellement une position neutre, face au conflit palestino-israélien.  

 

“On ne peut interpréter cette attitude qu’en ayant une vision claire de ce qui distingue, spécifiquement, la psyché suédoise. Les Suédois se singularisent souvent par deux traits de leur caractère : leur dégoût pour le conflit et leur façon de se dévouer corps et âme au besoin de trouver le consensus à tout prix– c’est-à-dire sans tenir compte des principes établissant qui a raison et qui a tort, dans tel cas particulier. Dans la mentalité suédoise, pour préserver le consensus, il vaut bien mieux adopter une décision inappropriée que de contredire la majorité en insistant sur une autre, plus appropriée, même si cette opposition apparaît moralement justifiée ».

 

Ilya Meyer est Vice-Président de l’Association des Amitiés Israélo-Suédoises, pour sa branche de l’Ouest de la Suède. C’est aussi l’ancien Président du Bureau de l’Information de la Communauté juive de Göteborg. On peut le contacter sur son blog au lien suivant : www.ilyameyer.com.

 

Meyer observe que : “A cela, on doit ajouter une autre considération : le Ministre des Affaires étrangères Carl Bildt, qui appartient aux « Modérés » (Conservateurs), le parti le plus important de la coalition, affiche une position anti-israélienne aussi enragée qu’opiniâtre. En Suède, on le considère essentiellement comme un politicien opportuniste et qui semble nourrir de grandes ambitions internationales.

 

“Bildt sert, le plus souvent, les intérêts des pays arabes et musulmans. Il sait qu’il pourrait avoir besoin de leurs suffrages pour être élu à un poste important à l’étranger. Bildt semble être convaincu qu’une posture ouvertement anti-israélienne renforcera ses chances d’avancement personnel, bien plus qu’une allégeance de principe. La visite qu’il a rendue en Turquie, juste après la tentative illégale du vaisseau turc, le Mavi Marmara de forcer le blocus imposé par Israël autour de l’enclave de Gaza en 2010, est un excellent exemple de cette façon d’être.

 

“Bildt s’est assuré d’être bien photographié en compagnie d’activistes militants suédois et islamistes. Des analystes ont interprété comme plutôt incongru, de la part d’un député Modéré suédois, de poser épaule contre épaule, auprès de gauchistes extrémistes. Ils ont omis de compter sur le facteur des ambitions de Bildt, ajoutant à son animosité envers Israël.

 

“Gunilla Carlsson, Ministre du Développement International et de la Coopération, est un autre cas de femme politique “Modérée” qui partage la même façon de penser. Elle a prétendu que : « Israël détruit les infrastructures palestiniennes financées par l’UE ». Carlsson évite de mentionner pourquoi Israël est mis en situation de devoir répliquer à des attaques arabes, à partir de ces mêmes infrastructures. En revanche, elle ne pose aux Palestiniens aucune exigence les appelant à cesser d’utiliser les infrastructures financées par l’UE pour mettre au point des attaques ciblées contre Israël.

 

“L’approche de Carlsson semble bien être que, quoi que fassent les Arabes, l’obligation primordiale d’Israël soit de protéger les Palestiniens contre les conséquences de leurs propres exactions criminelles. Comme de nombreux Suédois, au sein de la classe politique dirigeante et disposant de positions en vue dans les médias, elle ne réalise pas que dénier aux Arabes palestiniens qu’ils soient responsables de leurs actes est foncièrement raciste.

 

“Le Parti travailliste constitue le principal parti de l’opposition de Gauche, en Suède. Les autres sont le Parti Vert et le Parti Communiste – ce dernier a récemment changé de sigle pour devenir le Parti de la Gauche [équivalent du « Front de Gauche », en nomenclature française], dans une tentative de se refaire une respectabilité. Tous trois expriment de façon extrêmement bruyante leur critique constante de l’Etat d’Israël. Ils affichent clairement leur désir de reconnaître officiellement l’Etat de Palestine, s’ils parvenaient au pouvoir.  

 

L’éminence grise du Parti travailliste, Pierre Schori, était le petit protégé du Premier Ministre Olaf Palme, qui n’a eu de cesse de cogner sur Israël. Il chante constamment les louanges, autant de Fidel Castro – qu’il appelle : « l’un des plus grands dirigeants dans l’histoire contemporaine » - que du dirigeant du Hamas islamiste, Ismaïl Haniyeh. En 2009, Schori a élaboré un plan en cinq points qui exigeait des sanctions internationales de rétorsion contre Israël. Il n’a, par contre, proposé aucune action que ce soit, concernant le Hamas, pour son rôle consistant à tirer des milliers de missiles sur les centres civils de peuplement du centre d’Israël.

 

“L’opposition de gauche se retrouve mêlée aux compagnons de route les plus surprenants : des tenants de la ligne dur parmi les Modérés, comme Bildt, des Islamistes fanatiques s’employant à répandre la Chari’a à travers toute la Suède, des groupes néo-nazis qui haïssent les Juifs et les Musulmans avec une égale ferveur, et des groupuscules anarchistes marginaux. Ils ne sont jamais aussi unis que dès qu’il s’agit de faire alliance contre Israël.

 

“Au sein d’une coterie bien à part, on trouve Ilmar Reepalu, le Maire populiste travailliste de Malmö, la troisième ville de Suède par ordre d’importance, où les immigrés musulmans  représentent une forte minorité. En 2009, un match de tennis de la Coupe Davis y était prévue, entre la Suède et Israël. Reepalu a tenté d’interdire le match. N’y parvenant pas, il a émis un décret imposant qu’aucun spectateur ne puisse y assister.

 

“Reepalu a fait de fréquentes déclarations antisémites. Elles ont incité le Centre Simon Wiesenthal à émettre une alerte aux voyageurs conseillant aux Juifs de ne pas séjourner à Malmö de crainte d’y faire l’objet d’agressions. En outre, l’envoyée spéciale du Président Obama sur les questions d’antisémitisme, Hannah Rosenthal a récemment rendu visite à un incorrigible Reepalu, pour le persuader d’abandonner ou, au moins, de modérer sa position.

 

“Il existe aussi un parti politique au Parlement, contre lequel tous les autres ont imposé une sorte de boycott officieux : Les Démocrates Suédois (SD). Le SD s’affirme opposé à l’immigration de masse, essentiellement en provenance de pays musulmans. Il se prononce également contre la circoncision, qui concerne autant les Juifs que les Musulmans. En dépit de son profil de droite extrême, le SD ne s’est jamais fait remarquer pour aucune autre forme de comportement particulièrement antisémite ou antisioniste. »

 

Meyer conclut : “Dans les medias, certaines églises, les ONG subventionnées par l’Etat et dans d’autres strates de l’élite culturelle suédoise, il y a de nombreux détracteurs d’Israël. Malheureusement, les cercles dirigeants, très politisés, de l’Eglise Luthérienne sont particulièrement virulents à ce sujet. Cela dit, parmi les députés proches de la coalition de gouvernement, se trouvent beaucoup de partisans d’Israël. Sans eux, la communauté juive suédoise se trouverait dans une terrible impasse ».

 

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski. 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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