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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 19:11

 

 

 Cooper (Copier)

Le Rabbin Abraham Cooper.

 

Manfred Gerstenfeld Interviewe le Rabbin Abraham Cooper


 

L’explosion soudaine de l’usage d’Internet, au cours de ce siècle, a entraîné derrière lui une nouvelle façon de transmettre une vaste cohorte d’images et de messages antisémites classiques. Des sites terroristes, racistes, fanatiques et antisémites sont apparus en grand nombre et sont fréquemment reliés les uns aux autres. Des groupes traditionnels d’incitation à la haine, comme les Néo-Nazis, le Ku-Klux Klan et les Skinheads prolifèrent sur le Net. Des groupes militants très différents ont bâti des coalitions, au nom de la lutte contre la globalisation, l’anti-Américanisme et attaquent ouvertement Israël.

 

“En 1995, il existait un site particulièrement haineux, Stormfront. Il est encore actif et donne lieu à des centaines de milliers de messages postés. Le Projet contre le Terrorisme et la Haine Numérique du Centre Simon Wiesenthal, dans sa quatorzième année d’exercice, surveille actuellement plus de 15 000 sites fondés sur des contenus liés au terrorisme et à l’incitation à la haine. Cependant, la croissance exponentielle des réseaux sociaux à contenu viral rend de plus en plus sans réelle pertinence cette évaluation chiffrée, puisque une simple image, un simple message ou une vidéo Youtube peut être perçue par des milliers d’anonymes et plus ».

 

Le Rabbin Abraham Cooper est le Doyen associé du Centre Simon Wiesenthal, à Los Angeles. Depuis trois décennies et demie, le Rabbin Cooper supervise le programme international d’action sociale du SWC, qui s’étend des questions d’antisémitisme à travers le monde, en passant par celles concernant les crimes de guerre nazis et la restitution des biens spoliés, à la surveillance des groupes extrémistes et à l’éducation à la tolérance.

 

Il observe que : “On peut faire paraître n’importe quel site internet sur la toile, ressusciter et relooker n’importe quel type d’idées, tout en ciblant son message pour le diffuser en direction d’un auditoire bien spécifique. A travers ce media, on peut même se permettre d’affirmer que les Juifs boivent le sang de leurs victimes – et ne pas risquer, sur-le-champ, un démenti ou une rebuffade, de la part du moindre contradicteur. On y trouve des thèmes fondamentalement antisémites, y compris la mythologie liée au 11 Septembre, la négation de la Shoah, l’accusation de crimes rituels et la diffusion des Protocoles des Sages de Sion. Internet offre une tribune très puissante à des thèmes antisémites éculés, et participe à l’extension en ligne d’une bien plus vaste sous-culture de la haine.

 

“Un nombre important de facteurs rend Internet attractif pour les incitateurs à la haine. C’est peu coûteux, difficile à surveiller en permanence et virtuellement impossible de supprimer complètement un message sur Internet. En outre, ce système ne connaît aucune frontière ; par conséquent, un acteur de faible envergure, militant d’un mouvement fondé sur la haine de l’autre, peut désormais s’arroger le statut d’opérateur de dimension mondiale.

 

“Les menaces cataclysmiques relevant du terrorisme international ont conduit à un tournant majeur, dans la façon dont les parlementaires et faiseurs d’opinion, au sein de la société américaine, perçoivent le rôle d’internet. Le 11 septembre a constitué un appel au réveil, aux Etats-Unis. Le problème principal n’est plus tant la liberté d’expression personnelle que la sécurité collective élémentaire. Concernant le terrorisme, on perçoit une tendance salutaire, qui ne se contente plus d’être seulement réactive à ces menaces en ligne, mais cherche à devenir réellement proactive. Dans le monde de l’après-11 Septembre, les pouvoirs publics ne peuvent plus se contenter de se manifester à la suite de la survenue d’un évènement terroriste. S’ils veulent empêcher efficacement les actes terroristes, ils se doivent d’agir avant ces frappes désastreuses.

 

“Malgré cette évolution salutaire, du fait du Premier Amendement de la Constitution américaine, les Américains sont opposés à l’ingérence du gouvernement pour un (simple) propos haineux. Cela aide à prendre en considération le fait que les Etats-Unis constituent la capitale hors-législation de l’incitation digitale à la Haine. Un simple exemple : tout au long des années 1960, 1970, 1980 et 1990, les livres Nazis, qui étaient hors-la-loi en Allemagne, étaient publiés là et ensuite renvoyés par la poste en Allemagne. Les sites internet, restreints, par la législation, sur les serveurs allemands, sont, depuis, apparus sur ceux des Etats-Unis.

 

 « De façon à réduire le nombre et l’impact des sites propagateurs de haine, nous devons continuellement démarcher les sociétés présentes sur le Net pour qu’elles fassent leur part de travail. Lorsque nous devons négocier avec des entreprises comme Facebook, Google et YouTube, nous savons pertinemment que notre cause n’emportera aucune faveur en contestant le principe de libre-expression, mais plutôt, en insistant sur le fait que ces entreprises soient vigilants à tenir leurs souscripteurs pour responsables, lorsqu’ils violent les propres règles de l’entreprise.

 

“Il y a un accord contractuel qui se met en place à chaque fois qu’un utilisateur en ligne appuie sur l’onglet : “J’accepte”. Lorsqu’on signe pour obtenir leurs services, on doit suivre leurs règles. Et le modèle de contrats en ligne donne à ces entreprises le pouvoir d’effacer des messages et même de supprimer des services. Cette approche permet d’obtenir des résultats positifs et a mené à la suppression de plusieurs milliers de sites internet, de forums et de pages Facebook. A l’heure qu’il est, nous accordons une note de B+ à un Facebook qui demeure imparfait pour sa coopération dans ce domaine. Youtube n’obtient pas plus qu’un D- et Twitter un « Non-Applicable ». Ils en sont encore à devoir reconnaître que leur service est régulièrement piraté par des terroristes ».

 

Le Rabbin Cooper explique que les associations juives doivent faire beaucoup plus en matière de surveillance d’Internet, à cause des dangers qu’il implique. « En tant que contribuables soutenant les démocraties, nous avons le droit d’exiger des autorités qu’elles investissent une partie de nos impôts pour s’assurer que les terroristes ne puissent détruire notre système démocratique. Lorsque nous sommes confrontés à des menaces en ligne spécifiques, de la part de ceux qui soutiennent le terrorisme, nous disposons aussi du droit et de l’obligation d’obtenir la protection des autorités. De plus, nous devons être vigilants et proactifs pour combattre dans le cadre de la lutte engagée contre le Sionisme et Israël, ainsi que face aux campagnes en augmentation drastiques visant à ternir l’image du Judaïsme.

 

 

 

“Nous avons besoin d’une approche interinstitutionnelle face à ces défis, qui intègre l’action des gouvernements,  l’application des lois, les services des agences de renseignement, les ONG, et la communauté internet dans son ensemble. Un autre défi majeur reste que les éducateurs, les parents et les médias saisissent bien l’étendue du danger que représente, pour les valeurs de la démocratie, un système internet hors de tout contrôle. Parallèlement, le fanatisme, l’antisémitisme et le terrorisme en ligne représentent des menaces toujours en évolution, pour Israël et le peuple juif.



Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 17:49

 

 

 

Il n’est pas toujours possible de lutter contre toutes les distorsions, ni même la majorité des biais produits par des médias étrangers contre Israël. La méthode classique, mais coûteuse, mise en œuvre par les organisations qui observent les médias, consiste à suivre plusieurs d’entre eux et à exiger qu’ils rectifient leurs erreurs. CAMERA, par exemple, a connu plusieurs réussites contre ces pratiques, dans le New York Times – dont la notoriété n’est plus à faire, en matière de rédaction d’articles anti-israéliens. Honest Reporting est parvenu à contraindre le même journal à présenter ses excuses, après sa publication d’une photographie qui prétendait montrer un policier israélien en train de matraquer un Palestinien. Il s’est, en fait, avéré que la photo était celle d’un policier israélien en train de secourir un Juif Américain, alors qu’il venait de se faire molester par des Arabes1.

 

Pouvons-nous faire plus? Une approche consiste à développer des méthodes moins chronophages que l’observation exhaustive que nécessitent les médias. Un exemple qui se prête bien à cet exercice est lié à un récent article du quotidien national hollandais Trouw – un journal chrétien considéré comme un quotidien « de qualité ». L’article s’intitulait : « Israël est devenu un Pays Anti-Social 2». Il s’appuie très largement sur des accusations contre le gouvernement israélien, émises par trois individus. L’un s’est suicidé en s'immolant par le feu. Un second est rédacteur de textes, ayant participé aux manifestations pour la justice sociale ; le troisième est responsable d’un forum israélien pour l’enrôlement égalitaire dans le service militaire.

 

Une façon de démontrer le caractère caricatural du type d’éthique journalistique observée ici, peut consister à publier un article qui s'intitulerait : “Les Pays-Bas sont devenus un Pays Crasseux” et de le comparer au genre de journalisme qui a cours dans le Trouw. Un tel article pourrait critiquer les attitudes néerlandaises à l'égard des excréments. Selon le Bureau Central des Statistiques, les excréments sont considérés comme la première source de nuisance par les Hollandais. Plus de la moitié des municipalités néerlandaises font part du fait qu’elles subissent une prolifération des déjections canines3. Un sondage a démontré, en outre, que les deux principales sources de plaintes, de la part des Hollandais, au sujet de leur environnement, concernent le manque de places de parking et les excréments canins4.

 

En 2008, un train est sorti de sa voie et cinq personnes ont été blessées, à cause de la présence de savon sur les rails. A la différence d’autres compagnies de trains, les chemins de fer hollandais permettent de vider les excréments sur les voies, lorsqu’on nettoie les toilettes des trains. Cela rend les rails glissantes5. La même année, “un terroriste aux excréments” est passé à l’action dans les envions d’Eindhoven. Les habitants découvraient régulièrement de petits paquets d’excréments6.

 

Une bonne part des excréments trouvés dans les rues d’Amsterdam provient d’êtres humains. En particulier, le long des parcs et des ruelles étroites du centre-ville, ils atteignent jusqu'à 20% de la totalité des excréments retrouvés. Si quelqu’un voit des chiens consommer des excréments, les êtres humains les laissent généralement faire. Les plaintes à ce sujet ne sont pas le fait de citoyens subissant ce phénomène, pas plus que des responsables politiques. Elles émanent de la Section d’Amsterdam de la Société Protectrice des Animaux. Elle s’est inquiétée du fait que si jamais l’excrément humain contient des traces de drogue, il devienne dangereux pour la consommation animale. Un chien s’étant trouvé dans cette situation a dû être transporté en soins intensifs, où l’on a dû procéder à un lavage d’estomac7.

 

Alors que le problème des excréments est devenu une préoccupation nationale, un parc de Safari hollandais a rassemblé une vaste foule, autour de son programme d’une durée d’une semaine focalisée sur l’excrément comme étant son thème central8. Ce programme a connu un tel succès qu’il a été prolongé pour une semaine supplémentaire. Depuis lors, « La Semaine de l’Excrément » est devenue l’un des évènements les plus fréquentés de l’histoire du Parc9.

 

Aux Pays-Bas existe également un Journée Nationale annuelle des Poux. Ce jour-là, tous les parents ayant leurs enfants dans une école élémentaire doivent examiner la tête de leurs enfants. L’Institut National de Santé Publique et de l’Environnement distribue des tubes aux enfants, dans l’espoir qu’ils les renverront plein de poux. Le Centre National de Soutien au Poux de Tête participe également à ce projet10.

 

Le Code Ethique de la société des Journalistes professionnels déclare qu’il relève du devoir des journalistes de fournir un compte-rendu équitable et compréhensif des évènements et sujets traités11. L’article du Trouw transgresse ces règles éthiques en se fondant sur de simples conversations auprès d’un échantillon de quelques individus seulement. L’article que nous avons proposé concernant le sujet de la crasse aux Pays-Bas est mieux documenté. Il comprend une information institutionnelle substantielle et puise à d’autres sources pertinentes.

 

L’article Trouw était suivi de plusieurs commentaires extrémistes contre Israël. L’un, comparant les Israéliens aux Nazis, a été rapidement supprimé. Apparemment, le journal ne souhaitait pas que le Centre Simon Wiesenthal écrive encore une nouvelle lettre au Rédacteur en chef du Trouw, annonçant qu’il enverrait une diffusion à ce sujet à ses 400 000 souscripteurs, comme il l’a fait plus tôt, à propos d’un autre commentaire antisémite12.

 

Il ne serait pas équitable de n’évaluer le Trouw qu’en fonction d’un seul article mal fait. Le problème, concernant ce journal, est cependant, plus structurel. L’ancienne journaliste du Trouw, Elma Drayer – alors qu’elle travaillait encore dans ce journal, a détaillé au cours d’une interview, que bon nombre de ses anciens collègues pratiquent des biais envers Israël, et d’autres, également contre les Juifs en général13.

 

L’exemple ci-dessus pourrait constituer le point de départ d’une approche plus efficace, en terme de temps consacré à mettre en lumière les manipulateurs de nouvelles manquant d’éthique, parmi les journalistes étrangers qui font des reportages sur Israël. Si Trouw continue de publier d’autres articles du même tonneau, le texte qui le ridiculise peut être mis à jour et recyclé à travers des blogs. Au-delà du cas du Trouw, beaucoup d’autres journaux peuvent être traités de manière identique. Dès qu’on a pris le pli de le faire régulièrement, on peut, très probablement, aussi développer des approches supplémentaires permettant de traiter les promoteurs de distorsions anti-israéliennes.


Le Dr. Manfred Gerstenfeld a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

1 www.israelnationalnews.com/Articles/Article.aspx/11573

2 Laurens Samsom, ‘Israel is een asociaal land geworden,’ Trouw, 11 August 2012. [Dutch]

8 www.ad.nl/ad/nl/1008/Planet-Watch/article/detail/520320/2010/10/17/Poepweek-trekt-duizenden-geinteresseerden.dhtml

11 www.spj.org/ethicscode.asp

12 http://tundratabloids.com/2011/10/tundra-tabloids-triumphs-again-dutch-christian-paper-trouw-nl-deletes-anti-semitic-comment-after-the-tt-exposed-it.html

13 www.israelnationalnews.com/Articles/Article.aspx/11271

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 16:27

 

 

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Par Manfred Gerstenfeld 

 

 

Les pays occidentaux sont signataires de la Convention de l’ONU contre le Génocide, de 1948. Cet accord a pour but de prévenir tout génocide à l’avenir, qui correspond au crime le plus grave dans le monde. Il comprend aussi l’engagement d’agir contre l’incitation au génocide commise par un Etat. Une telle nation transgressive peut alors être déférée devant un tribunal international. Cependant, on constate que les hommes politiques européens ont rarement réagi aux récents appels à l’anéantissement total d’Israël, renouvelés par les dirigeants iraniens. Cet objectif déclaré ne peut être atteint que par le génocide des citoyens d’Israël. Conclusion : la plupart des hommes politiques européens ne se soucient guère des principales lois internationales, dès lors qu’elles sont en faveur d’Israël.

 

En outre, l’Union Européenne a refusé, une fois de plus, de déclarer que le Hezbollah est bien une organisation terroriste. L’UE, cependant, se préoccupe bien un peu de droits de l’homme. La Haute-Représentante pour les Affaires étrangères et les Politiques de Sécurité de l’Union Européenne, Catherine Ashton, n'a de cesse d’être, de manière disproportionnée, uniquement occupée à condamner Israël, si jamais ce pays fait quoi que ce soit qui ne lui parait pas à son goût.

 

Catherine Ashton : ancienne gestionnaire travailliste de l'argent soviétique distribué pour les manifestations en faveur du "désarmement" de l'Occident (affaire des SS-20 contre Pershing, avant la chute du mur, contemporaine du slogan : "plutôt rouges que morts" -ancêtre de "plutôt vert...")

 

Un élément constitutif du multiculturalisme est de détourner le regard le plus loin possible de tout acte de criminalité dans le monde musulman, même lorsqu’elle apparaît centrale. On relève de nombreuses manifestations de ce phénomène. Un journaliste appartenant à une organisation des programmes étrangers m’a, ainsi, raconté : « J’ai vu des correspondants étrangers qui avaient les larmes aux yeux lorsqu’ils assistaient à la destruction d’oliviers palestiniens par des Israéliens. Mais les mêmes gens faisaient de gros efforts pour trouver de bonnes explications convaincantes aux meurtres terroristes de civils israéliens, perpétrés par des terroristes palestiniens ».

 

Dans l’environnement politique européen moralement très dégradé, le rare, parce qu’unique, homme politique qui pointe du doigt les transgressions de la Convention sur les Génocides par des Etats musulmans mérite d’être mentionné. Un parlementaire hollandais, Wim Kortenoeven, qui a récemment quitté le Parti de la Liberté de Geert Wilders, a mis en avant plusieurs questions franches et directes, qu'il a posées au Ministre hollandais des Affaires étrangères.

 

Il a, ainsi, écrit : “Partagez-vous l’opinion selon laquelle les appels du Président Ahmadinedjad et d’autres hauts fonctionnaires iraniens à l’anéantissement d’Israël et, donc, au génocide de ses habitants, constituent une transgression de l’Article 3 de la Convention pour la Prévention et la Répression des Génocides ? Et si non, pourquoi cela n’en relèverait-il pas ? »

 

Kortenoeven a aussi demandé si le ministre avait pris au sérieux ces appels au Génocide et ajouté : “Si non, pourquoi ne l’avez-vous pas fait?”. Il voulait, en outre, savoir de quelle façon le gouvernement des Pays-Bas avait réagi au tout dernier appel iranien au génocide et quelles actions concrètes le ministre avait-il l’intention d’entreprendre. Il s’est aussi enquis de savoir si le Ministre avait marqué sa volonté de requérir des Etats, dont les ambassadeurs ont assisté au discours du Président iranien Mahmoud Ahmadinedjad, qu’ils se dissocient publiquement de cet appel. Il a exigé du Ministre qu’au cas où il ne souhaitait pas le faire, il s'explique au moins pourquoi.

 

Kortenoeven s’est, de plus, enquis de savoir si la taille de l’Ambassade iranienne à la Haye était proportionnelle au niveau réel des relations entre l’Iran et les Pays-Bas? Si non, le Ministre serait-il désireux d’expulser ces fonctionnaires qui n’ont rien d’indispensables ? Ses questions s’accompagnaient de matériaux démonstratifs détaillés.

 

Le gouvernement israélien aurait pu agir de toute sa puissance dans le dossier iranien, dans deux directions distinctes : il aurait pu tenter de susciter que plus de questions soient posées au sein des parlements occidentaux, au sujet des points soulevés par Kortenoeven. En supplément de quoi, il aurait pu rendre public l’énorme faillite de l’Union Européenne et de ses états-membres dans le traitement de la plupart des crimes majeurs qui ont cours dans les pays musulmans.

 

 

Une action israélienne de ce type est d’autant plus importante que l’Europe se trouve à un carrefour crucial. Son vecteur le plus visible concerne la crise de l’Euro. Tous les quelques jours, des problèmes supplémentaires surgissent, à la suite de quoi, de nouvelles mesures provisoires sont annoncées. Les milieux dirigeants européens sont désemparés devant l’ampleur de ces problèmes et ne savent pas comment les résoudre.

 

Cela conduit à une défiance plus grande encore, de la part de nombreux Européens, dans le modèle de démocratie défaillante de l’Union Européenne et en leurs propres politiciens. Les craintes des peuples concernant leur avenir ne cessent de croître. Dans le court terme, beaucoup sont inquiets de savoir s’ils pourront conserver leur emploi. Dans le long terme, ils craignent une altération de la nature même du type de société dans laquelle ils devront vivre.

 

Ce climat psychologique comporte autant de risques que d’opportunités pour Israël. Les crises des institutions sociétales ont toujours été dangereuses pour les Juifs et il en va de même, aujourd’hui aussi. Une menace provient de l’entrée des partis populistes aux parlements nationaux. Certains sont néo-fascistes, ou même néo-Nazis, comme le Jobbik hongrois et la Porte Dorée grecque. . D’autres comprennent des antisémites notoires dans leurs rangs, tels que le Parti Pirate allemand qui est, selon toute probabilité, sur le point d’entrer au Parlement, au cours des prochaines élections. D’autres prennent pour cibles les coutumes rituelles juives, comme l’abattage rituel et le circoncision.

 

D’un autre côté, à une époque où on constate un désamour constant pour l’Europe, on peut aussi mobiliser les amis d’Israël, qui démontreraient à quel point de nombreux organismes européens maltraitent Israël pour de mauvaises raisons. Cela requiert un agenda aussi clair que réfléchi. Sans quoi, on demeure dépendant des initiatives individuelles d’une poignée d’ardents avocats, tels que Kortenoeven.

 

 

Le gouvernement a pris des mesures économiques pour anticiper et réduire les retombées de la crise économique mondiale croissante. On doit, cependant, prendre bien d’autres dimensions en considération que les seules variations économiques

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 14:32

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Mike Whine


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Mike Whine

 

 

“En mars, Mohammed Merah a assassiné un enseignant juif et trois enfants, devant une école juive à Toulouse, en France. En juillet (le 18) 2012, cinq touristes israéliens et un Bulgare ont été tués par un terroriste-suicide à l’aéroport de Burgas, en Bulgarie. Ces attaques, et d’autres, toutes aussi planifiées, mais qui ont pu être interceptées à temps, ont, à nouveau, attiré l’attention sur le terrorisme qui frappe les communautés juives de Diaspora et les cibles israéliennes à l’étranger.

 

“Ce type de terrorisme est la manifestation la plus violente d’antisémitisme contemporain. C’est la preuve que la vie de chaque Juif ou Israélien à l’étranger est directement menacée. L'impact des dommages qu’aurait, sur la vie ordinaire des Juifs un attentat terroriste réussi, faisant des pertes humaines en masse, est considérable. C’est pourquoi les communautés juives en Europe investissent bien plus d’efforts et d’argent pour leur sécurité, autour de leurs bâtiments communautaires, que d’autres organisations de même nature ».

 

Michael Whine est Directeur des relations avec le Gouvernement et des Affaires Internationales, au sein du service de préservation de la Confiance et de la Sécurité de la Communauté, l’organisation de défense de la communauté juive britannique. Il a énormément publié sur le thème du terrorisme et d’autres sujets.

 

“De nombreux groupes terroristes sont profondément antisémites.  C’est une conviction ancrée, commune à différentes idéologies que les Juifs, le Sionisme, et/ou Israël sont les empêcheurs de la création d’un nouveau monde meilleur. Pourtant, les Juifs, actuellement, ne représentent par la cible essentielle de beaucoup de terroristes. Les Etats-Unis et d’autres pays, dont les forces militaires sont engagées en Afghanistan, le sont. La proportion dans laquelle les terroristes considèrent les Juifs comme leur cible primordiale dépend, en partie, du rôle traditionnel que jouent les stéréotypes antisémites dans leur vision du monde.

 

“Parmi les sources du terrorisme contre les Juifs et les Israéliens à l’extérieur d’Israël, la variante jihadiste salafiste est la plus dangereuse. Il existe de nombreux indicateurs qui démontrent que ce courant est en augmentation. Avant cette vague, les principaux auteurs du terrorisme antijuif sont les terroristes [prétendus] laïcs palestiniens. D’autres extrémistes violents proviennent de différents milieux, c’est-à-dire, les Néo-Nazis, des Marxistes-Léninistes, les nationalistes arabes, les révolutionnaires Khomeinistes et les Islamistes radicaux sunnites. Des cinquante et un attentats et complots déjoués, durant la période allant de 2002 à 2010, trente-neuf ont été perpétrés par Al Qaeda, ses affidées du Lashkar-e-Taïba et d’autres étaient motivés par le mouvement du Jihad global. Historiquement, les liens entre les différents mouvements historiques ont toujours existé, bien qu’il apparaisse plus exact de percevoir chacun comme indépendant.

 

“L’acte terroriste le plus meurtrier fut l’attentat au camion piégé contre  les bâtiments de l’Asociación Mutual Israelita Argentina (AMIA) [Association d’Entraide Mutuelle Israélite d’Argentine], à Buenos-Aires, en juillet 1994. 85 personnes ont trouvé la mort. Nous savons, depuis lors, qu’il était commandité par les dirigeants du gouvernement iranien. Au cours des décennies 1980 et 1990, l’Iran et le Hezbollah ont commis des attentats terroristes répétés contre des cibles juives et israéliennes à l’extérieur d’Israël. Cette série noire comprend : les attentats à la bombe contre les institutions communautaires juives à Paris, en septembre 1986, menés par des Chi’ites libanais sous le contrôle du Hezbollah ; un attentat à la voiture piégée, qui a heureusement échoué, contre un bâtiment de la communauté juive de Bucarest, en 1992, et qu’on a découvert, un peu plus tard, avoir été commis par le Hezbollah, et l’embuscade déjouée contre le dirigeant communautaire tuc, Jacques Kimche, en 1993, conduite par un groupe lié à l’Iran.

 

“Ayman al-Zawahiri, actuel dirigeant d’Al Qaeda, a diffusé plusieurs appels à attaquer indistinctement les Juifs, en plus des Israéliens. Dans son livre de 2001, Knights under the Prophet’s Banner [Chevaliers Sous la Bannière du Prophète], il écrivait : « Traquer les Américains et les Juifs est loin d’être impossible. Les tuer d’une simple balle, d’un coup de couteau, ou à l’aide d‘un engin fabriqué avec un mélange artisanal d’explosifs, ou encore, les frapper à coups de barre de fer, n’est pas, non plus, impossible. Brûler leurs propriétés en lançant des cocktails Molotov n’est pas très difficile. A l’aide des moyens disponibles, des petits groupes peuvent s’avérer représenter une horreur terrifiante pour les américains et les Juifs ».

 

“En 2008, al-Zawahiri a approuvé “chaque opération contre les intérêts juifs » et promis de « s’efforcer, autant que nous le pouvons, à porter des coups sévères contre les Juifs, à l’intérieur et à l’extérieur d’Israël ». Peu de temps après, il a diffusé une vidéo dans laquelle il répondait à une question, demandant pourquoi al-Qaeda évitait d’attaquer Israël : « Est-ce que la personne qui pose cette question ne sait pas qu’Al Qaeda a frappé les Juifs à Djerba, en Tunisie et des touristes israéliens dans leur hôtel, à Mombassa ? Nous promettons à nos frères musulmans que nous ferons de notre mieux pour atteindre les Juifs, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur d’Israël, et avec l’aide d’Allah, nous réussirons ! ».

 

“Il existe de nombreux autres dirigeants religieux musulmans radicaux, qui appellent au meurtre. Par exemple, le Guide Suprême des Frères Musulmans en Jordanie, le Cheikh Himam Sa’id, a déclaré, dans un message adressé aux Palestiniens d’Hébron, que : « Vous menez actuellement, une guerre contre les Juifs. Vous êtes bien versés sur ce sujet. Nous avons vu comment, un certain jour de 1929, vous avez massacré les Juifs d’Hébron. Aujourd’hui encore, massacrez-les sur la terre d’Hébron. Tuez-les tous en Palestine ! ».

 

“Les Britanniques, les Américains, les Israéliens et d’autres services de sécurité, ont parfois rendu publiques leur interception de complots terroristes contre des cibles juives et israéliennes. Les communautés juives continuent de recevoir des alertes discrètes, afin de renforcer la sécurité des bâtiments communautaires. Cela dit, leur situation sécuritaire ne va, très probablement, pas s’améliorer dans les années à venir, bien qu’il y ait, à présent, une meilleure reconnaissance et identification des menaces auxquelles elles sont confrontées ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 18:18

 

 

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L’Interview de Miriam Ben-Porat par Manfred Gerstenfeld.

 

[Madame Miriam Ben-Porat est décédée la semaine dernière, le jeudi 26 juillet 2012, à l'âge de 94 ans. Toute la nation lui rend hommage]

 

En 1988, la Knesset a élu la regrettée Miriam Ben-Porat à la Haute Cour de Justice, pour être Contrôleur de l’Etat et Commissaire aux Plaintes Publiques. Cette dernière fonction est plus communément reconnue sous le titre de Défenseur des Droits (Ombudsman). Elle a apporté un sang neuf, de la vitalité, de nouveaux concepts et une nouvelle approche de cette position, en établissant de nouvelles normes, à l’intérieur de bien des zones grises subsistantes. En 1993, elle fut réélue à l’unanimité  pour un second mandat de cinq ans.

 

En 1976, Ben-Porat devient la première femme à se voir nommer à la Cour Suprême d’Israël. Elle était Présidente de la Cour, au moment  où elle s’est retirée du Barreau, 12 ans plus tard. En 1991, le gouvernement l’a récompensée en lui attribuant le Prix Israël, la plus haute distinction du pays, pour sa contribution exceptionnelle au service de la société et de l’Etat.

 

Ben-Porat exerçait une approche militante pour livrer une bataille sans fin contre les abus de pouvoir et la politisation de l’Administration Publique. Elle considérait cette lutte incessante comme essentielle, rivée à l’objectif de maintenir sur ses rails le processus d’amélioration continue de la gouvernance en Israël.

 

Elle commença à apporter le bénéfice de ses remarques en observant que les normes et principes légaux d’Israël sont d’un niveau très élevé, mais elle notait, en revanche, que la façon dont l’Administration publique les applique laisse parfois à désirer. « A la Haute Cour de Justice, j’ai entendu de nombreuses contestations contre le gouvernement et l’administration publique », attestait-elle. « Les décisions de la Cour ont établi des normes, mais, en fait, il s’agit d’une constitution convenue des lois, puisqu’Israël ne dispose pas de constitution écrite. Nous opérons en conformité à ces principes et normes, qui sont très efficaces ».

 

 

“En tant que contrôleur de l’Etat et Défenseur des Droits, on doit appliquer scrupuleusement les mêmes normes », insistait Ben-Porat. « Le Défenseur des Droits agit de facto à la façon d’un tribunal populaire auquel les citoyens peuvent faire appel contre l’administration s’ils pensent avoir été lésés. En tant que Défenseur des Droits, nous faisons une partie du travail du citoyen qui porte plainte. Nous enquêtons et faisons office de porte-parole pour lui, même s’il n’a pu apporter tous les faits et arguments pertinents, ou s’il n’a pas précisé quel type de recours il recherche ».

 

Fidèle à son désir de voir s’exercer une plus grande intégrité au sein de l’administration publique, Ben-Porat a systématiquement été confrontée au problème des nominations politiques. « On doit concevoir l’agent de service public comme la personne de confiance de la population », affirmait-elle. « Les citoyens sont habilités à bénéficier de ses services. Les personnes nommées par les politiques, particulièrement ceux qui se trouvent à des postes-clés, peuvent sentir qu’ils doivent surtout leur loyauté à ceux qui les ont désignés, plutôt qu’au grand public, qu’ils ont, pourtant, le devoir de servir.

 

L’un des dossiers resté parmi les plus célèbres que Ben-Porat a eu à traiter concernait la répartition des masques à gaz distribués à la population, avant la Guerre du Golfe, en 1991. « En pleine Guerre du Golfe, nous avons entendu dire que certains des masques à gaz n’étaient pas adaptés aux personnes qui étaient censées les porter », racontait-elle. « Un nombre significatif de personnes n’étaient, en fait, pas protégées, alors qu’elles pensaient l’être. Aurais-je dû me contenter de dire : « Ce n’est pas moi qui ai rédigé le rapport à ce sujet, aussi ai-je le droit de soulever cette question ? ».

 

Pour Ben-Porat, la réponse était claire comme de l’eau de roche. Elle décida qu’elle ne pouvait pas remettre à plus tard le fait de devoir réagir, autour d’un problème aussi vital. Les dommages potentiels étaient si graves, raisonna t-elle, que son bureau était tout-à-fait habilité à intervenir. Elle écrivit une lettre au Ministre de la défense, pour soumettre le problème à discussion. Il y eu une fuite au sujet de cette lettre dans la presse.

 

“Je suis tout-à-fait contre le fait qu’il se produise des fuites comme celle-ci, même si cela peut parfois avoir des résultats positifs », précisait-elle. « J’ai donc porté la question devant le Comité des Affaires d’Audit de l’Etat de la Knesset »,  poursuivit-elle. « La première discussion s’est tenue avant même que nous ayons transmis un rapport ». Bien que cet ordre des choses différait de la procédure normale, Ben-Porat le justifiait du fait de la gravité du sujet en cause.

 

La conversation bifurqua, presque tout naturellement, vers un sujet qui préoccupait  l’opinion publique israélienne de manière récurrente : la relation entre la Haute Cour  et le gouvernement.

  

Ben-Porat soulignait les nombreuses nuances qui illustrent ce problème : “C’est très difficile de déterminer à quel moment la Haute Cour peut exprimer sa propre opinion, parce que le dossier traité n’est pas politique, et quand elle ne le peut pas, parce que sujet est de nature politique. Même si le dossier est politique, mais contient autant d’aspects publics généraux, la Haute Cour est autorisée à émettre son avis. Par contre, je ne suis pas en mesure de dire si c’est vraiment nécessaire, juste ni même judicieux. La seule question à laquelle je puis répondre, c’est, si et quand la Cour a l’autorisation de le faire ».

 

Ben-Porat disait que la Haute Cour devait faire preuve de grande discrétion sur ce point. Elle devait éviter de traiter de ces problèmes, qui concernent le monde politique et le grand public en général, quand la conséquence serait, en fait, que la Cour serait amenée à perdre de sa crédibilité aux yeux du public. C’est là, disait-elle, que résidait le vrai problème crucial.

 

“Si quelqu’un arrive et dit qu’il veut voir des normes s’établir, où qu’il a subi un préjudice, de la part de l’administration publique, alors la Cour a pleine compétence pour résoudre ce problème », m’a-t-elle déclaré. « A chaque génération, la Haute Cour a, cependant, à déterminer les limites de son intervention. Une des considérations essentielles à prendre en compte, ici, doit rester de ne pas porter préjudice à la confiance que la population lui porte ».

Ceci est une version abrégée d’une interview menée en 1994 et publiée dans le livre de Manfred Gerstenfeld : Israel New Future-Interviews [Le Nouvel Avenir d’Israël-Entretiens] (Jerusalem : Rubin Mass, Jerusalem Center for Public Affairs, 1994).



Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans . Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski. 

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 16:31

 

 

une-ceremonie-juive-de-circoncision-a-bruxelles (Copier)

 

Par Manfred Gerstenfeld

 

 

Jusqu’à très récemment, la question de la prohibition des rites religieux juifs relevait principalement du débat public et politique, en Europe de l’ouest. En Allemagne, c’est désormais devenu un thème juridique. Une décision du tribunal de Grande Instance de Cologne, affirmant que la circoncision cause une mutilation physique, n'a pas seulement provoqué des problèmes importants aux communautés musulmanes et juives d’Allemagne. Le gouvernement allemand lui-même et de nombreux parlementaires sont mécontents de la perception internationale selon laquelle leur pays a pris la tête d’une croisade visant à interdire la circoncision. Ils sont aussi embarrassés par les associations d’idées liant ce phénomène aux résurgences du régime hitlérien.

 

Andréas Michaelis, l’Ambassadeur d’Allemagne en Israël, s’est présenté le 9 juillet devant le Comité des Affaires relatives à la Diaspora et à l’Absorption de l’Immigration de la Knesset, à ce sujet -1-[1] . Il a expliqué que, dans l’enceinte d’un tribunal de moindre importance, un docteur, qui avait circoncis un enfant musulman de 4 ans, a été accusé d’avoir provoqué la mutilation corporelle irréversible de l’enfant. Le tribunal s’est accordé sur ce réquisitoire, néanmoins, il n’a pas condamné le médecin pour une quelconque infraction. La Cour d’état de Cologne a confirmé cette décision.

 

L’Ambassadeur a expliqué, en long et en large, que ce jugement ne constitue pas un précédent applicable par les autres tribunaux allemands. Il n’y a que le Conseil Constitutionnel du pays qui puisse établir une règle légale applicable à l’ensemble de la nation. Il a insisté sur le fait que le gouvernement n’a pas pouvoir d’ingérence dans les décisions de Justice. Michaelis a fait mention du fait que trouver une solution pour établir légalement le droit des parents de faire circoncire leurs enfants prendra un temps considérable.

 

L’Ambassadeur a cité le Ministre allemande des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, qui a déclaré que l’Allemagne ne veut pas ternir son image de tolérance -2-[2] . Depuis lors, la Chancelière Angéla Merkel et beaucoup d’autres personnalités politiques allemandes se sont exprimées en faveur de l’autorisation de la circoncision pour les garçons. Merkel a affirmé qu’une telle interdiction transformerait l’Allemagne en une nation de mauvais plaisantins -3-. Cependant, les sondages d’opinion indiquent qu’une majorité d’Allemands soutiennent l’interdiction de la circoncision.

 

Les autorités chrétiennes, musulmanes et juives allemandes se sont toutes exprimées contre la décision de la Cour -4-. Le chef de l’organisation coordinatrice du Conseil Central des Juifs d’Allemagne, Dieter Graumann, a déclaré qu’une interdiction rendrait impossible la vie des Juifs en Allemagne -5-[5]. Le Rav Pinhas Goldschmidt, Grand Rabbin de Moscou et Président de la Conférence des Rabbins Européens, a dit qu’il s’agissait de la pire attaque contre les Juifs depuis la Shoah -6-[6].

 

Dans le même temps, le Jugement de la Cour de Cologne a déjà eu des conséquences bien au-delà des frontières de l’Allemagne. Non seulement l’hôpital juif de Berlin, mais aussi l’hôpital des enfants de Zurich a annoncé qu’il n’entreprendrait plus de circoncisions pour motif religieux. Des hôpitaux de plusieurs autres villes suisses reconsidèrent le fait de suivre la même direction -7-. Au sein du comité de la Knesset, des experts mentionnent que plusieurs Mohelim (circonciseurs) de l’étranger ont cessé leurs voyages en Allemagne destinés à circoncire des enfants.

 

Le débat sur la prohibition de la circoncision est bien loin de se limiter à l’Allemagne. En Norvège, on discute fréquemment de ce problème -8-. Récemment, le Parti Centriste – qui fait partie de la coalition gouvernementale – s’est exprimé en faveur de la Prohibition -9-. Le journal dominant en Norvège, Aftenposten, a mis en relief une étude médicale danoise qui trouvait que la circoncision affecte négativement les fonctions sexuelles appropriées -10-. Aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, il y a de plus en plus de controverses au sujet de la  circoncision.

 

Bien qu’il soit présenté comme un sujet purement médical, il serait naïf de penser que cela soit l’unique motivation de tous ceux qui sont en faveur de l’interdiction de la circoncision. Le Laïcisme militant, ainsi que des ressentiments antireligieux répandus jouent là un rôle de tout premier plan. Les soi-disant « Humanistes », fers de lance des prohibitionnistes sont-ils la réincarnation néo- paganiste des Hellénistes et Romains opposés à la circoncision ?

 

Beaucoup d’attaques contre la circoncision sont, également, motivées par des sentiments anti-islamiques. Si ce n’était pas vrai, la focalisation sur le comportement des parents envers leurs enfants se concentrerait principalement sur les nombreux traumatismes irréversibles qu’ils seraient susceptibles de leur provoquer. L’antisémitisme peut jouer un certain rôle, mais la stigmatisation des Juifs est largement un dommage collatéral d’un désir de heurter de plein fouet la population musulmane.

 

Il serait erroné de ne voir les attaques contre la circoncision que de manière autonome ou isolée. Les rituels religieux juifs se trouvent sous un régime constant d’attaques en Europe, souvent comme de simples retombées des attaques contre les rites musulmans. Jusqu’à présent, la focale s’est concentrée sur l’abattage rituel sans étourdissement préalable. Occasionnellement, s’expriment également des voix réclamant l’interdiction des concessions éternelles dans les cimetières -11-. Au Royaume-Uni, un précédent judiciaire force les écoles juives à admettre des étudiants qu’ils ne considèrent pas comme Juifs au sens de la Halakha (Loi Juive) -12- .

 

Une lutte parlementaire de longue haleine, aux Pays-Bas a attiré l’attention internationale sur le problème de l’abattage rituel sans étourdissement. Finalement, le gouvernement a abouti à un compromis avec les communautés musulmanes et juives. Cependant, dans son programme électoral, le Parti de la Liberté de Geert Wilders – qui définit l’Islam comme une idéologie, et non une religion – propose d’interdire tout abattage rituel -13-.

 

Les Juifs et les Musulmans peuvent, néanmoins, s’avouer heureux que ce soit l’Allemagne qui soit le premier pays européen où l’interdiction de la circoncision entre dans la sphère judiciaire. L’afflux important de Juifs en Allemagne, au cours des dernières décennies [NDT : chute du mur de Berlin et présence de nombreux Juifs venus de l’Est] donne à beaucoup d’Allemands le sentiment qu'en dépit du passé lié à la dernière guerre, leur démocratie fonctionne bien. Un exode partiel de Juifs, à cause d’une éventuelle interdiction de la circoncision, apparaît, par conséquent, bien plus problématique pour l’Allemagne que pour n’importe quel autre pays européen.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

 

Admin, “German ambassador in Knesset speaks about circumcision ruling,” European Jewish Union, 11 July 2012.

“Westerwelle kritisiert Urteil zu Beschneidungen,” Faz.net, 29 June 2012 [German].

Umstrittene Rechtslage, “Kanzlerin warnt vor Beschneidungsverbot,” Spiegel, 16 July 2012 [German].

Aufgezeichnet von Julia Nikschick und Marc Röhlig, “Du bist beschnitten, du bist ein Mann,” Spiegel, 13 July 2012 [German].

RZ-INTERVIEWmit Dieter Graumann: “Beschneidung muss legal bleiben,” Rhein-Zeitung, 19 July 2012 [German].

Tony Paterson, “Circumcision ban is the ‘worst attack on Jews since Holocaust,” The Independent, 13 July 2012.

“Stoppt auch das Kinderspital St. Gallen Beschneidungen?” Bernerzeitung, 20 July 2012, [German].

Anne Lindboe, “Guttas Kropp – deres valg,”  Aftenposten, 17 July 2012. [Norwegian]  

Elisabeth Rodum & Jørgen Svarstad, "Senterpartiet vil forby rituell omskjæring av gutter,” Aftenposten,13 June 2012. [Norwegian]

Omskårne menn og deres partnere får oftere sexproblemer,” Aftenposten, 18 July 2012. [Norwegian] Based on: “Morten Frisch, Morten Lindholm and Morten Grønbæk, “Male circumcision and sexual function in men and women: a survey-based, cross-sectional study in Denmark,” International Journal of Epidemiology 2011;40:1367–1381.

”Israelitischer Gemeindebund fordert von CVP weitere Schritte,” NZZ Online, 6 December 2009. [German] 

Leslie Wagner, “Yet another defect in UK law,” Jerusalem Post, 16 December 2009.

“De agenda van hoop en optimisme. Een tijd om te kiezen: PVV 2010-2015,” verkiezingsprogramma PVV 2010-2015, Partij voor de Vrijheid. [Dutch]

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 19:16

 

 

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Par Manfred Gerstenfeld

 

 

L’actuel gouvernement hollandais est resté l’un des plus amicaux de ce pays envers Israël depuis longtemps. La plateforme du gouvernement dit ainsi : « Les Pays-Bas veulent approfondir leurs liens avec l’Etat d’Israël -1-”. Le Ministre des Affaires étrangères Uri Rosenthal, un Libéral, et le Ministre de l’Economie, Maxime Verhagen, le principal membre Démocrate Chrétien présent au sein de ce Cabinet, ont visité Israël en juin. Ils étaient accompagnés par une délégation de 70 hommes d’affaires hollandais, venus pour explorer des collaborations avec leurs homologues israéliens. Un Conseil de Collaboration Bilatérale néerlando-israélienne a été mis en place à cette occasion -2-.

  

Après les précédentes élections parlementaires hollandaises de juin 2010, il a fallu plus de quatre mois pour établir un cabinet de minorité entre Libéraux et Chrétiens Démocrates soutenu de l’extérieur par le Parti de la Liberté (PVV), dirigé par Geert Wilders. C’est le retrait récent du soutien du PVV qui a provoqué les élections anticipées à venir, en septembre, à la Chambre Basse du Parlement, qui dispose de 150 membres.

 

L’attitude du gouvernement néerlandais envers Israël pourrait radicalement changer, après les prochaines élections. Les sondages indiquent que les deux plus grands partis seront les Libéraux du Premier Ministre Mark Rutte et le Parti Socialiste (PS) d’extrême-gauche en progression rapide. Chacun d’eux est estimé pouvoir remporter environ 30 sièges. Les plus grands partis des dernières décennies, le Parti Travailliste et les Démocrates- Chrétiens continueront de décliner et on s’attend à ce qu’ils perdent respectivement environ dix des trente et cinq des 21 sièges qu’ils détiennent actuellement.

 

L’éventualité d’un nouveau gouvernement dirigé par le chef du PS, Emile Roemer et comprenant le Parti Travailliste, le petit Parti des Verts et les libéraux d’extrême-gauche du parti D66 ne peut être exclue. Il est probable qu’il sera fortement anti-israélien. Le PS a déclaré dans son programme électoral que les Pays-Bas soutiendront la solution à deux-Etats. C’est de la poudre aux yeux pour présenter au moins une façade à moitié respectable. Le PS déclare aussi qu’il reconnaîtra un Etat palestinien indépendant et produira des efforts pour qu’il devienne membre des Nations-Unies.

 

Si le PS est victorieux, les Pays-Bas soutiendront un dialogue international avec tous les représentants des Palestiniens. Cela veut dire que, pour le PS, le Hamas, même avec son agenda promouvant le Génocide des Juifs, est un partenaire acceptable ave lequel discuter. Il n’est fait aucune mention d’un quelconque reproche à ces potentiels meurtriers de masse, dans le programme du PS. En outre, le PS affirme que « Tant qu’Israël continue à construire illégalement des maisons dans les territoires occupés, les Pays-Bas le condamneront et feront pression sur l’Union Européenne pour qu’elle suspende ses accords d’association avec Israël qui offre ses avantages fiscaux en matière d’exportations aux pays de l’Union Européenne -3- ».

 

Le programme du parti du Parti Vert va dans le même sens des biais anti-israéliens. Il prétend, de façon erronée, se baser sur la loi internationale. S’il en allait ainsi, il aurait dû tenter de traîner l’Iran devant un Tribunal International, à cause de sa transgression de la convention de l’ONU sur le Génocide. On devrait promouvoir les mêmes mesures, en ce qui concerne les dirigeants du Hamas, qui prônent le meurtre de masse. Les Verts n’ont aucune intention de faire de telles choses. Ils veulent, cependant, « chercher un soutien afin de suspendre l’accord d’association avec l’UE, si Israël continue de violer les lois internationales et les droits de l’homme-4- ».

 

Le Parti Travailliste les avait rejetés, du fait de leur précédent programme anti-israélien pour leur parti, au moment des élections de juin 2010. A l’exception d’une phrase au sujet de la Corne de l’Afrique, le paragraphe entier concernant les régions instables était consacré au conflit palestino-israélien, avec une forte orientation anti-israélienne -5-. Cette fois, la plate-forme dit plus vaguement que les Pays-Bas mettront un terme à leur politique pro-israélienne  et s’aligneront sur celle de l’Union Européenne -6-.

 

Le Parti de la Liberté de Geert Wilders pourrait cesser d’être le troisième plus grand parti, avec 20 sièges. Son programme indique qu’il a l’intention  de demeurer dans l’opposition, au cours de la période parlementaire à venir, qui sera particulièrement difficile sur le plan économique. Le point-clé de son programme, c’est que les Pays-Bas devraient quitter l’Union Européenne et que l’Islam ne devrait pas être considéré comme une religion, mais bien comme une idéologie-7-.

 

Le PVV a l’image d’un parti qui soutient Israël. En même temps, son programme fait la promotion de l’interdiction de l’abattage rituel, même lorsqu’il a lieu à la suite d’un étourdissement-8-. C’est l’une des nombreuses façons – y compris par l’interdiction du Coran- par lesquelles il veut limiter le développement de l’Islam aux Pays-Bas. Cette position va bien plus loin que la loi privée de l’an dernier, proposée par le Parti des Animaux, qui voulait interdire l’abattage religieux sans étourdissement. Elle est passée à la Chambre Basse, mais a échoué devant le Sénat. Le seul député du Parti de la Liberté qui ait voté contre cette loi était Wim Kortenoeven. Il a récemment quitté le parti et ne se représentera pas, au cours des prochaines élections.

 

Les Libéraux demeureront pro-Israéliens, cependant ils seront incapables de former une coalition avec d'autres partis ayant la même inclination. Le plus grand partisan d’Israël par les Démocrates-Chrétiens, le Ministre Verhagen va bientôt quitter le monde politique. Du fait, principalement, de la montée du PS, un nombre supplémentaire d’anti-israéliens et de partisans indirects de l’incitation palestinienne au meurtre rejoindra donc le Parlement hollandais.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans . Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

 


‘Vrijheid en verantwoordelijkheid’, Regeerakkoord VVD-CDA, 30 September 2010. [Dutch]

http://www.prinsjesdag2011.nl/miljoenennota/persberichten/ministerie_van_buitenlandse_zaken

 

http://www.prinsjesdag2011.nl/miljoenennota/persberichten/ministerie_van_buitenlandse_zaken

“Groene Kansen voor Nederland”, (concept) verkiezingsprogramma van GroenLinks voor Tweede Kamer verkiezingen 2012. [Dutch]

“Iedereen telt mee. De kracht van Nederland” Verkiezingsprogramma Tweede Kamerverkiezingen 2010, PvdA. [Dutch]

“Nederland Sterker & Socialer”, concept-verkiezingsprogramma Tweede Kamerverkiezingen 2012, PvdA. [Dutch]

“De agenda van hoop en optimisme. Een tijd om te kiezen: PVV 2010-2015”, verkiezingsprogramma PVV 2010-2015, Partij voor de Vrijheid. [Dutch]

Ibid, 55.

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 18:03

 

anti-israel (Copier)

 

Se donner les moyens de vaincre, dans la guerre de Délégitimation menée contre Israël

 

Israël devrait reconnaître l’entreprise de délégitimation comme une vraie guerre et déployer des efforts ordonnés pour la combattre.

 

Par Manfred Gerstenfeld

 

   

 

Peut-on combattre la délégitimation incessante d’Israël ? Un responsable israélien haut placé qui a mené sa carrière au sein de la communauté du renseignement, a voulu me convaincre qu’on ne peut rien faire contre ce phénomène. C’est une posture facile : si on ne peut rien faire, pourquoi se casser la tête à tenter quoi que ce soit ?

 

 

Le sujet de la Délégitimation constitue un problème essentiel pour Israël. Calomnier est quelque chose de simple à faire, alors que déconstruire les montages mensongers est un travail difficile, de longue haleine et souvent coûteux. Par exemple : la poète allemande, militante anti-israélienne et partisane du Hamas Iréna Wachendorf a pu prétendre, sans contestation, qu’elle était Juive, membre d’une communauté juive réformiste et qu’elle avait servi au sein de Tsahal. Elle a, en outre, déclaré que son père est Juif et s’est enfui vers le Royaume-Uni avant la Seconde Guerre Mondiale, alors que sa mère avait survécu à Auschwitz.

 

Il a fallu deux ans d’intenses recherches, de la part de la journaliste d’investigation allemande Jennifer Pyka, avant que Wachendorf finisse par admettre qu’elle avait monté son récit de toutes pièces. Elle n’a jamais été soldate dans Tsahal, durant la Seconde Guerre Mondiale, son père faisait partie de l’armée allemande et, pour ce qu’il reste de ses forfanteries, il n’en existe pas le moindre début de preuve.

 

 

Le modèle que suivent fréquemment les journalistes étrangers est quelque chose de différent. Ils rédigent un article anti-israélien qui occulte fréquemment les données essentielles ou l’expression d’une opinion israélienne contraire. Cela ne requiert que très peu de temps pour l’écrire. Cependant, cela prend énormément de temps aux groupes pro-israéliens d’observation des médias, tels que CAMERA et Honest Reporting, pour en démontrer les mensonges et allégations fallacieuses.

 

 

Depuis des décennies, les gouvernements israéliens successifs ont négligé de s’occuper de délégitimation de manière organisée. Les Palestiniens ont, par contre, réussi à gagner systématiquement ce combat, en injectant leur version de l’histoire à travers les courants d’opinion dominants du monde occidental. Celui-ci perçoit, désormais, la société palestinienne – qui a largement échoué dans ses efforts à perpétrer le meurtre de masse et le terrorisme contre Israël- comme la victime « d’Israéliens impitoyables ». Les Palestiniens ont réussi ce coup de force avec l’aide des gauchistes et des racistes humanitaires, dont certains sont Israéliens.

 

Pourquoi ne pas appeler le Mossad à la rescousse?

 

 

Que peut-on y faire? La première étape consiste à ce que le gouvernement israélien reconnaisse, en définitive, que la délégitimation est bien une des formes de la guerre, et, qu’en conséquence, elle doit être combattue méthodiquement. La seconde est d’assigner à une agence gouvernementale l’objectif central de mener cette guerre de la même manière que les guerres militaires ou les cyberguerres sont conduites. Le candidat tout désigné à cette tâche apparaît être le Mossad, qui devrait créer un département spécial consacré à cela. Car les ministères du gouvernement, à cause de leur bureaucratie envahissante, sont incapables de mener des guerres avec efficacité.

 

L’approche conceptuelle est très simple. Une première mesure consiste à faire l’inventaire de ceux qui sont déjà engagés dans le combat du côté israélien et des aspects du front qu’ils couvrent. La seconde phase devrait permettre d’étudier précisément de quelle façon nos ennemis opèrent et qui les finance. C’est une tâche plus complexe, parce que les auteurs de délégitimation et d’antisémitisme proviennent de diverses origines, au nombre desquelles les pays musulmans, les Musulmans présents dans le monde occidental, des gauchistes, des néo-nazis, des socio-démocrates, des Chrétiens libéraux, des universitaires, des ONG, des médias et ainsi de suite. Avoir de nombreux ennemis suppose qu’ils appartiennent à plus d’une seule catégorie d’individus.

 

 

La phase suivante consiste à enquêter sur les principales catégories de mensonges et d’affirmations fallacieuses utilisés de manière répétitive contre Israël. Ces mensonges sont relativement faciles à regrouper par genres. Les distorsions fallacieuses sont un sujet bien plus complexe qui requiert une analyse de problèmes tels que : l’usage du deux-poids-deux-mesures, l’emploi de l’équivalence entre les meurtriers et les victimes, les appels aux grands sentiments pour blanchir des criminels, l’inversion des causes et des conséquences et bien d’autres manipulations encore.

 

Ensuite, on peut analyser systématiquement les modalités de transmission des mensonges et distorsions. Cela comprend les médias, les Nations-Unies, Internet et ainsi de suite. On devrait aussi évaluer l’étendue des dégâts déjà causés, par ceux qui pratiquent la délégitimation, à Israël et aux communautés juives en Diaspora.

 

Par la suite, on devrait développer une stratégie cohérente et détaillée sur la façon de mener cette guerre. Comment peut-on transformer la position des Palestiniens ou d’autres ennemis d’Israël pour les pousser dans leurs retranchements, à se retrouver sur la défensive, plutôt qu’en posture d’attaque ? Comment passer moins de temps à les mettre à découvert lorsqu’ils mentent et les contraindre à passer plus de temps et à dépenser plus d’argent pour devoir se défendre ? Structurellement, c’est un projet qui en vaut un autre. Cela prendra du temps et de l’argent, dont une part importante devra provenir du gouvernement israélien. Pourtant, la question de l’argent n’est que le début de la résolution des problèmes.

 

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans . Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski. 

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 21:38

 

 

2 wh (Copier)

 

 

Lorsque des Israéliens disent : “Je m’en fais pour l’avenir de mes petits-enfants”, cela traduit une dimension radicalement différente que lorsque des préoccupations identiques s’expriment dans beaucoup d’autres pays. L’anxiété actuelle des Européens concernant l’avenir découle principalement des perspectives sociales et économiques qui s’assombrissent. Un certain nombre d’Européens s’inquiètent aussi du changement climatique. Pour les Israéliens, la survie physique est un sujet primordial, souvent bien au-delà de beaucoup de leurs autres soucis quotidiens.

 

La société israélienne est confrontée à des risques mortels de la part de régions entières du monde musulman, où une incitation extrême à la haine antisémite est massive. Israël est menacé d’une seconde Shoah, en prévision de laquelle la base idéologique est construite aujourd’hui. Le monde islamique dispose de composantes substantielles, telles que les dirigeants d’Iran et le Hamas, qui prônent le génocide d’Israël et des Juifs. Dans l’avenir, lorsque dans certaines circonstances chaotiques, des bombes atomiques ou du matériau fissile peuvent tomber entre les mains de terroristes, des menaces significatives peuvent aussi survenir d’autre part.

 

La société palestinienne présente est imprégnée de sympathie envers le mouvement musulman le plus criminel qui soit, Al Qaeda -1-. Un peuple qui perçoit un « accord de paix » comme une étape intermédiaire avant l’anéantissement d’Israël n’est pas un partenaire fiable auquel faire des concessions. En prévision des changements radicaux et imprévisibles à venir au Moyen-Orient, une véritable paix n’est, cependant, pas totalement impossible, au cours de ce siècle. Pourtant, cela ne pourra être le cas qu’après la résolution de nombreuses évolutions problématiques.

 

Parmi les générations d’Israéliens qui grandissent, la plupart servira dans l’armée et une partie d’entre eux risqueront leur vie. Dès que sa propre vie est en jeu, tout le reste devient secondaire. Les expériences passées très différentes en Israël et dans d’autres sociétés indiquent que les Israéliens vivent une réalité et ont des visions du monde qui diffèrent de celles éprouvées dans d’autres sociétés.

 

Servir dans l’armée signifie qu’on ne peut pas vivre une vie complètement dominée par l’individualisme, comme c’est possible en Europe. On peut comprendre, par exemple, les paroles du Premier ministre Netanyahou qu’il a prononcées lors du jour du souvenir national de 2012 [Yom Hazikaron] : « Lorsque vous entendrez la sirène, ce soir, nous deviendrons une seule et même famille et les citoyens d’Israël seront tous unis dans notre souvenir » -2- . Il est extrêmement rare que les Européens de l’Ouest se sentent être une même famille. Cela peut se produire incidemment, jusqu’à un certain point – par exemple, lors d’occasions disparates, comme des catastrophes ou des championnats internationaux de football.

 

En Israël, du fait des hauts et des bas de l’économie et de la situation politique, très peu de gens, en dehors des services du gouvernement, sont certains que leur emploi durera toute la vie. Proportionnellement, cela a contribué à cultiver chez la plupart des gens en Israël, un état d’esprit flexible et bien développé, ainsi que des attitudes préparées à affronter des situations imprévues, qu’on ne retrouve pas en Europe. Beaucoup d’adolescents israéliens réalisent – contrairement à beaucoup d’Occidentaux – qu’ils doivent beaucoup à la société et que ce que la société israélienne leur doit a ses limites. En même temps, l’unité israélienne est menacée, de façon très différente, par des franges importantes de deux parties croissantes de la population : les Arabes Israéliens et les Ultra-Orthodoxes, aussi bien que par des groupes bien plus infimes, mais bien plus bruyants, de gauchistes.

 

La menace d’assister à la destruction de son propre pays est loin d’être théorique en Israël. Dans ce type de réalité, que peut-on conseiller aux jeunes israéliens qui grandissent dans la société d’aujourd’hui avec des vulnérabilités d’une nature très différente que dans les sociétés européennes ? En tout premier lieu, de continuer à apprendre de façon informelle, au cours de toute leur vie active. On doit investir dans son développement cérébral autant que possible. Cela sera la source mobile principale de sa propre connaissance en situations de crise.

 

Les Israéliens devraient acquérir autant de compétences que possible – de façon préférentielle, celles qui peuvent aussi être employées à l’étranger. Par-dessus tout, il est nécessaire d’apprendre à parler un anglais approprié, qui restera la lingua franca de ce siècle. Passer quelques années à l’étranger dans sa jeunesse peut être extrêmement utile pour son propre avenir, quel qu’il puisse être. Dans un environnement israélien incertain, la capacité importante à l’improvisation sera fréquemment sollicitée, donc la développer encore plus sera utile.

 

La loi de Murphy n’est pas nécessairement valide. Tout ce qui peut aller de travers n’ira pas forcément de travers. Si Israël continue de s’épanouir de la façon remarquable dont il l’a fait jusqu’à présent, les mêmes compétences parviendront très adroitement à trouver leur place au sein de la société israélienne.

 

En Israël comme partout ailleurs, il y aura un petit nombre de gens qui seront extraordinairement talentueux. S’ils disposent d’une intelligence émotionnelle raisonnable, leur avenir dans des sociétés de plus en plus complexes leur offrira des opportunités sans précédent. La complexité globale de la vie quotidienne du futur et des avancées technologiques conduira à l’exclusion de beaucoup plus de gens du mode de vie moyen dans les pays développés que ce n’est le cas aujourd’hui.

 

Pour faire face à la complexité, on aura besoin d’un savoir bien plus étendu que les seules compétences de base en calcul et en lecture. Les quelques rares extrêmement talentueux et flexibles ont beaucoup plus de chances dans des environnements opaques, que dans ceux qui sont transparents. Ils seront capables de trouver d’intéressantes ouvertures dans les sociétés occidentales, quoi qu’il arrive. La même chose sera aussi vraie en Israël.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans . Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

 

Juliana Menasce Horowitz, “Declining Support for bin Laden and Suicide Bombing,” PewResearchCenter Publications, 10 September 2009.

Yaakov Katz and Melanie Lidman, “We won’t agree to live under a constant threat, Gantz tells Remembrance Day mourners,” The Jerusalem Post, 25 April 2012.

 

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 12:46

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Giulio Meotti

Meotti (Copier)

Giulio Meotti

 

 

“Le sort du minuscule Israël devrait concerner le monde occidental au plus haut point, puisqu’il est devenu le membre de notre civilisation le plus menacé. La condition juive, aujourd’hui, est, à nouveau le point de fixation d’immenses batailles pour l’identité. Le Judaïsme est la source de l’humanité, de la loi, de la moralité, de la démocratie et, par conséquent, une lueur d’espoir pour tous. C’est le plus grand défi qui incombe à notre temps. Je me demande ce qui arriverait aux autres démocraties si Israël s’effondrait.

“La renaissance nationale dans sa patrie ancestrale d’un peuple menacé d’extinction depuis trois mille ans devrait représenter – plus particulièrement encore aux yeux de la civilisation occidentale – une promesse de rédemption pour l’humanité toute entière. C’est d’autant plus vrai, puisque le petit pays aride où vit ce peuple – aux frontières entre la survie et la destruction – se trouve au beau milieu d’une région qui conteste violemment son droit à l’existence. On n’a pas besoin d’être Juif pour comprendre cela ».

Giulio Meotti est journaliste et écrivain italien. Il est titulaire d’un diplôme de philosophie et rédacteur du quotidien Il Foglio.Il a publié, en 2010 : A New Shoah, The Untold Story of Israel’s Victims of Terrorism.-1- [Une Nouvelle Shoah, l’Histoire Occultée des Victimes Israéliennes du Terrorisme].

“Il y a plusieurs raisons pour lesquelles j’ai écrit La Nouvelle Shoah. J’ai foi dans les valeurs occidentales et, par conséquent, en la sécurité de l’Etat d’Israël. J’écris d’Europe, ce continent qui est le témoin de l’énorme vague monstrueuse du nouvel antisémitisme radical et de la délégitimation du droit à l’existence d’Israël. Cela indique le risque d’une avalanche sans précédent au cœur de la société occidentale et peut-être même de sa propre chute. Je me suis aussi donné une mission : sortir les victimes israéliennes de l’oubli, leur donner un nom et une place en restaurant leur histoire de vie.

“J’ai passé six ans sur les traces de témoins israéliens des atrocités terroristes qui se sont déroulées entre 1994 et 2010, les fameuses « guerres d’Oslo ». J’ai interviewé des gens qui ont survécu aux attentats, autant que des membres des familles de victimes qui n’ont pas pu survivre. J’ai traversé des moments difficiles et j’ai même envisagé d’abandonner tout simplement le projet. Cela a constitué un labeur acharné de six ans de détermination implacable, de solitude et, peut-être d’engagement moral obsédant.

 

“Je n’ai pas écrit « Une Nouvelle Shoah » comme s’il s’agissait d’un mémoire d’archives, mais plutôt comme la revitalisation d’une Shoah à plus petite échelle. Nous n’assistions pas au génocide de millions de personnes simplement parce qu’elles étaient des Juifs vivant en Europe, mais au meurtre de nombreux individus assassinés parce que Juifs vivant en Israël. C’est un énorme trou noir qui, en quelques quinze années, a avalé 1.557 hommes, femmes et enfants innocents et fait plus de 17. 000 blessés. J’offre ce livre comme un chant à la mémoire des martyrs juifs, qui transmettra l’histoire d’Israël aux générations futures. C’est un document rare et j’espère qu’on lira ces récits de façon répétée, au cours des prochaines décennies, jusqu’à la célébration de l’anniversaire du centenaire d’Israël.

 

Je savais pertinemment que je paierai un prix élevé pour avoir osé publier un tel livre. De nos jours, faire mention d’Israël en Italie sur une tonalité amicale, particulièrement dans les cercles journalistiques et universitaires, c’est risquer de se retrouver face à un déclenchement de condamnations incendiaires. Ou pire, d’attaques personnelles. On m’a traité « d’agent d’Israël », « de vieille ruine du noyau dur sioniste », d’être « méprisable », de « détritus de poubelle d’extrême-droite », de « Shylock » et ainsi de suite. Une photo de mon visage sur lequel était imprimée une étoile de David a été publiée sur les sites internet arabes. J’ai reçu des courriels de menaces, comme : « Chère espèce d’insecte coprophage, continue de gratter autour du fumier sioniste, la Hasbara finira bien par t’accorder trente deniers ». Mais je suis resté fier du travail que j’ai fait. Mon fils et ce livre sont les principales justifications de mon existence.

 

“Le quotidien Il Foglio pour lequel j’écris dispose d’un petit réseau de distribution, mais toutes les personnalités-ressources de la société italienne le lisent. C’est le seul journal pro-israélien en Italie. Au cours des pires mois de la Seconde Intifada, en 2002, les terroristes-suicide palestiniens meurtriers attaquaient les hôtels, les centres commerciaux et les restaurants israéliens, etc. Ils ont tué des centaines de personnes innocentes. Il Foglio a alors appelé à un rassemblement à Rome en faveur d’Israël. Des milliers de personnes, dont beaucoup agitaient des drapeaux israéliens, se sont rassemblées au coucher du soleil devant l’Hôtel de Ville de Rome, au sommet de la colline du Capitole et ont pris le chemin longeant le fleuve Tiber en direction de la synagogue principale.

 

“Certains tenaient des banderoles annonçant : “Israël, nous sommes avec toi ! ». D’autres marcheurs ont déposé des cailloux autour de la synagogue, dans un geste rappelant la coutume juive consistant à marquer  le souvenir sur une tombe. Des drapeaux israéliens flottaient par des fenêtres dans le voisinage. Il Floglio a fait tout ce qui était possible et a livré un combat historique en faveur de la vérité, de la justice et pour l’honneur de l’Occident, auquel appartient Israël.

 

“En 2005, Mahmoud Ahmadinedjad en Iran a, pour la première fois, appelé à rayer Israël de la carte. Le rédacteur d’Il Foglio, Giuliano Ferrara a appelé à une protestation publique, en disant que les Italiens devraient manifester « pour défendre le droit à l’existence d’Israël ». Cette fois, la manifestation se déroulait en face de l’Ambassade d’Iran à Rome. Des hommes politiques de gauche comme de droite y ont pris part. C’était une nuit merveilleuse. Israël et les Juifs savaient qu’ils n’étaient plus seuls ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.


-1- Giulio Meotti, A New Shoah: The Untold Story of Israel's Victims of Terrorism, (New York: Encounter Books, 2010)

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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