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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 19:59

Merci Gabriel

Politiquement-incorrect-en-France-copie-1.jpg

 

QUE CELUI  QUI A - DEJA - PECHE LUI JETTE LA PREMIERE PIERRE.

Par Gabriel LEVY

 © 2011 www.aschkel.info

 

Gabriel Lévy 

28 février 2011

 

C’est ainsi que la chose fut faite.

 

M. Juppé, pêcheur reconnu par la justice, s’est empressé de condamner les « maladresses » de Madame Aillot-Marie, sa collègue et amie de 30 ans, tandis que le premier ministre, plus digne, précisait « elle n’a pas commis de faute », la décision prise « n'est pas une décision morale, c'est une décision politique".

 

En effet, le long parcours politique de MAM a été exempt d’autres « maladresses », ce qui est une performance en politique, et elle n’a pas connu les bancs d’un tribunal correctionnel. Toutefois, le ministère des affaires étrangères, ministère de la parole, lui a été fatal, car « la langue qui fourche (à Tunis) fait plus de mal qui le pied qui trébuche(à Gaza) », selon un proverbe africain.

 

En revanche, notre nouveau ministre des affaires étrangères a oublié ses propres maladresses : location d’appartements dans des HLM de la ville de Paris, pour lui-même et pour sa parentèle, emplois fictifs, « arrangements illégaux » selon les attendus au vitriol du tribunal de Nanterre, ainsi que ceux de la cour d’appel de Versailles. Sévérité injuste à l’égard de Madame Aillot-Marie, inquiétude quant à la place qu’il paraît prendre à nouveau dans la conduite du pays.

 

Ce remaniement ministériel a au moins permis au président un discours à la hauteur des évènements. Il a pris en compte les prochains flux migratoires dont l’importance brutale, pourtant annoncée il y a longtemps à la tribune de l’ONU par un président algérien, n’avait jamais été envisagée. Cependant, l’exhumation d’un serpent de mer, comme celui de l’Union pour la Méditerranée, dont il a reconnu qu’elle s’était bornée à une grand-messe, ne résoudra aucun problème. Seules des actions bilatérales seront utiles. En cela, le racket proposé par M. Kadhafi à l’Italie n’était pas inopérant : des milliards d’euros pour fixer ses populations et celles de l’Afrique sub-saharienne. Mais que restera-t-il alors de nos beaux discours au sujet des droits de l’homme et de la morale politique ?

 

Comme nous aimerions que la gauche française et la gauche européenne nous donnent leur opinion et nous fassent part de leur solution.

 

Comme un point d’orgue à ce silence, M. Roland Dumas, ancien ministre socialistes des affaires étrangères, s’est exprimé dans le dernier numéro du Figaro Magazine pour nous confier, qu’il avait sauvé la mise de M. Kadhafi, en refusant le survol de la France par les avions américains, lui offrant ainsi un répit de plusieurs heures avant le bombardement de Tripoli.

 

Que de complices, ce tyran aujourd’hui honni, a-t-il pu recruter ! Songez que l’année dernière encore, il n’y eut que 37 pays sur 192 - 37 seulement -, votant pourtant à bulletin secret, pour refuser l’admission de la Libye à la commission des droits de l’homme de l’ONU. On redoute d’apprendre un jour le sens d’un vote de la France, probablement émis dans la tradition de la politique pro-arabe du Quai d’Orsay.

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 21:44

 

 

Petite question à Obama....

 

 

logo arié


Par Arié

Avec autorisation

 © 2011 www.aschkel.info

 

 

Obama: La Libye représente un danger pour la sécurité des USA. On rêve !! 

 

On est en droit de se demander qui de Khadafi ou d’Obama est le plus irrationnel ?

le Président des Etats-Unis décide d’imposer des sanctions unilatérales sur la Libye. Raison invoquée: la violence continue et l’agitation (en Libye) représente une extraordinaire et inhabituelle menace à la sécurité des Etats-Unis et à sa politique étrangère ( « unusual and extraordinary threat » to America’s national security and foreign policy).

Je veux bien que Khadafi soit une menace pour l’intégrité physique des Libyens, au rythme où il les extermine, qu’il fasse monter le cours du pétrole dans le monde, etc.. mais je ne vois pas en quoi il menace la sécurité des Etats-unis. Quant à la politique étrangère d’Obama, pour peu qu’il en ait une, je ne vois que son souci constant de caresser les Arabes dans le sens du poil et la detestation d’Israël.

 

Il n’y a donc aucun rapport entre la cause (troubles en Libye) et les effets (menace pour la sécurité des Etats-Unis).

Ceci rappelle étrangement un autre raisonnement spécieux: les troubles en Irak, Afghanistan et ailleurs ne s’expliquent que par le refus de Netanyahou d’arrêter la construction de logements à Jérusalem

Comment peut-on diriger le monde quand on est incapable de raisonner correctement ?

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 17:18

 

 

La réponse de Pierre-André Taguieff à Catherine David

bibliobs

Le 5 novembre dernier, Catherine David publiait ici même une vigoureuse tribune intitulée «Sakineh et Hessel, même combat», où elle reprochait à Pierre-André Taguieff de s'en être pris à Stéphane Hessel dans des termes «infamants». Celui-ci n'a pas manqué de répondre ; le débat qu'on peut lire ci-dessous a suivi

Pierre-Andre_Taguieff_Baltel-Sipa_1.jpgChère Catherine David,


J'avoue avoir été blessé par votre article sur BibliObs, stupéfié par la virulence de vos attaques, et aussi très étonné : comment avez-vous pu vous contenter de reprendre, sans y regarder de plus près, des attaques contre moi venant de milieux communistes, islamistes et «antisionistes» professionnels? Faire confiance à de douteux délateurs? Et ce, alors que je fais l'objet d'une véritable chasse à l'homme lancée par diverses officines? Qui est pourchassé dans cette affaire? Qui est mis au pilori? Et qui est encensé d'une façon aveugle et unanime, si ce n'est Stéphane Hessel? Faire passer aujourd'hui l'«icône» Hessel pour une victime relève du tour de force. Il n'est pas de figure «morale» aussi adulée et encensée dans l'espace médiatique. Ma situation est tout autre. Mais j'imagine que vous n'en avez aucune idée. Savez-vous que mes employeurs sont assaillis d'appels téléphoniques orchestrés, selon des tactiques d'inspiration maccarthyste, demandant des sanctions professionnelles contre ma personne? Que j'ai dû annuler toutes mes interventions publiques dans des lieux universitaires, compte tenu des menaces et des risques de «désordre»?

Savez-vous par exemple que la phrase virulente qui m'est attribuée est douteuse, qu'elle ne provient pas de l'un de mes textes publiés (livre, article ou interview) et que mes accusateurs prétendent l'avoir récupérée dans les poubelles de Facebook? Je ne saurais en confirmer l'authenticité, puisque, sur mon «mur» de Facebook (donc, dans le cadre d'une discussion en principe privée), j'ai supprimé rapidement tout le passage, trop polémique à mes yeux, où je variais sur la fameuse épigramme de Voltaire contre Fréron (où il est question de serpent particulièrement venimeux). Si j'ai supprimé le passage, c'est précisément parce que je pensais que la dimension littéraire de la satire ne serait pas perçue et que la métaphore polémique serait malencontreusement prise à la lettre. Rappelons l'épigramme voltairienne : 

«L'autre jour au fond d'un vallon, Un serpent piqua Jean Fréron. Que croyez-vous qu'il arriva? Ce fut le serpent qui creva.»

Non sans effronterie, j'ai remplacé dans ma paraphrase le nom de Fréron par celui de Hessel. Mais les inquisiteurs embusqués ne se souciaient pas d'ironie voltairienne : ils attendaient le «dérapage» à exploiter pour discréditer l'intellectuel gênant que je suis à leur yeux, résistant à la séduction de la vulgate «antisioniste», et même l'analysant froidement comme un discours idéologique parmi d'autres. Ils ont cru trouver ledit «dérapage» dans un passage d'une vive discussion sur la campagne BDS («Boycott, Désinvestissement, Sanctions») dirigée contre Israël et, en particulier, sur le rôle de grand légitimateur qu'y joue, depuis le 15 juin 2010, Stéphane Hessel. J'ai formulé clairement sur mon «mur» de Facebook, sans métaphores ni images, mon opinion sur les positions anti-israéliennes, de plus en plus radicales, de Stéphane Hessel, mais ces propos ne sont jamais cités par mes accusateurs. En voici un extrait :

«Il aurait certainement pu finir sa vie d'une façon plus digne, sans appeler à la haine contre Israël, joignant sa voix à celles des pires antijuifs. Même le grand âge ne rend pas imperméable à la vanité, et ne met pas fin au goût d'être applaudi.»

Il n'y a ici rien de haineux, mais bien plutôt l'aveu d'une déception, n'allant pas sans une certaine tristesse. Ce jugement sévère mais mesuré, vérifiable et publié, relevant du libre examen critique, n'a bien sûr pas été retenu par les inquisiteurs et les délateurs jouant les «indignés». Ce qui montre la malveillance et la mauvaise foi de ces derniers. Je me suis par ailleurs expliqué longuement dans une interview sur l'affaire, publiée sur divers sites Internet (voir les liens indiqués ci-dessous).  Tout ce que j'ai affirmé concernant certains faits de la vie de l'ancien diplomate (son statut de déporté politique alors qu'il est donné pour un «rescapé de la Shoah», sa pseudo-participation à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l'homme, etc.) est fondé sur une lecture critique de ses propres témoignages (le problème, c'est qu'il varie beaucoup dans ses déclarations !), recoupés avec d'autres sources d'information. Il n'y a rien là d'«inadmissible», sinon bien sûr pour ceux qui supposent que Hessel est un saint homme, une «icône», et qu'il est intouchable, incritiquable, quoi qu'il fasse. S'interroger par exemple sur le vrai, le douteux et le faux dans sa geste héroïque telle qu'elle est racontée dans la plupart des médias, cela est perçu comme un acte sacrilège. L'admiration est de rigueur. Quant à moi, je ne me prosterne pas devant les idoles, aussi «élégantes» et sympathiques soient-elles, mon seul souci est celui de la vérité historique.

J'indique ci-dessous les liens vers quelques documents susceptibles de vous montrer l'affaire (Hessel? Taguieff?) sous un autre éclairage.

Bien à vous

Pierre-André Taguieff

PS. Malgré les incitations de mon avocat, j'ai tenu à m'adresser à vous directement, en faisant l'hypothèse qu'en possession des informations requises, vous cesseriez de me percevoir comme un «scorpion» et un «mollah».

Quelques liens :

- La pétition me soutenant (mise en ligne le 20 octobre 2010 : 6244 signataires le 12 novembre 2010) : «Appel pour le soutien à Pierre-André Taguieff», http://bbpetition.org/

- Site du Crif, plusieurs articles sur l'affaire (notamment de Marc Knobel) : http://www.crif.org/

- Site de la revue RING : http://www.surlering.com/article/article.php/article/pierre-andre-taguieff-repond-sur-l-affaire-du-mrap (mon interview publiée d''abord sur crif.org), et d'autres documents sur l'affaire.

- Site Causeur : http://www.causeur.fr/, «Brèves» ;http://www.causeur.fr/il-faut-sauver-le-soldat-taguieff,7758

***

Réponse de Catherine David

Catherine-David_DR_0.jpgCher Pierre-André Taguieff,

J'aime mon pays, la France, mais cela ne m'empêche pas de critiquer certains aspects de la politique de Sarkozy. Pour les mêmes raisons, on peut critiquer la politique du gouvernement israélien sans être antisioniste ou antisémite. Etre en désaccord avec l'attitude rigide de Netanyahu ne signifie pas haïr Israël, et c'est peut-être même le contraire.

C'est parce que j'aime Israël depuis ma plus tendre enfance que j'ai signé «l'appel à la raison» de J Call et que je me suis inscrite sur le site de la Paix maintenant, dont je reçois régulièrement les publications.

Le vrai clivage à mon sens passe par la distinction entre modérés et extrémistes dans tous les camps, et non par un affrontement mortifère entre deux religions ou deux cultures à la manière préconisée par Huntington. Ce sont les musulmans modérés qu'il importe aujourd'hui de soutenir, ceux qui peuvent servir d'interlocuteurs dans un processus de paix. Ce sont les juifs favorables à la paix qu'il faut aider, au lieu de les diaboliser et de les accuser de trahison et de désertion.

Il est possible de s'inquiéter du devenir des réfugiés palestiniens sans pour autant être antisioniste. Il est possible de s'inquiéter du fanatisme d'une partie du peuple palestinien sans verser dans l'anti-islamisme.

Le fanatisme, voilà l'ennemi véritable, vous ne me direz pas le contraire. Le fanatisme du Hamas comme celui de certains colons israéliens. En effet, malheureusement, nous le constatons tous les jours, il y a des fanatiques dans les deux camps. Dans certains milieux il est interdit de parler de la Shoah comme d'une réalité historique. Dans d'autres milieux, il est impossible de s'inquiéter du sort des réfugiés palestiniens ou des habitants de Gaza sans passer pour un ennemi d'Israël - voire pour un antisémite.

La violence est fille de cette mauvaise foi bien partagée. La maladie du fanatique vient de son adhésion inconditionnelle à ses propres certitudes - ou aux certitudes qu'on lui a fourrées dans le crâne en le persuadant qu'elles étaient les siennes. Le fanatique a l'impression de faire corps avec la masse de ceux qui pensent la même chose que lui. Chaque fois qu'une doctrine religieuse ou politique assemble les individus en masses compactes et décide de leur sort en fonction de leur origine ou de leur appartenance, il y a déjà un problème. Le communautarisme ne cesse de marquer des points aujourd'hui, et ses victoires accompagnent la montée des fanatismes.

Figurez-vous donc que j'aime Israël, même si je ne suis pas d'accord avec tous ses choix. Car c'est une réalité, Israël est comme toutes les nations, Israël n'est pas infaillible. Et à l'intérieur de ses frontières, Israël est en position dominante - c'est-à-dire en position de responsabilité, au moins depuis 1967, comme me l'a fait remarquer Yeshayahou Leibovitz quand je l'ai rencontré à Jérusalem.

Justement, c'est en août 1967 que je suis allée en Israël pour la première fois, dans l'euphorie des premiers jours à Jérusalem-Est. J'y suis retournée à de nombreuses reprises, soit pour rendre visite à mes cousins de Netanya, soit pour des raisons professionnelles - pour l«e Nouvel Observateur». C'est ainsi que j'ai eu la chance d'interviewer des gens comme Amos Oz, Abraham B. Yehoshua, David Grossmann, Idith Zertal, Elie Barnavi. J'ai eu pour amis Edmond Jabès et Marie-Claire Mendès-France. Tous ces grands témoins m'ont convaincue de la nécessité d'œuvrer en faveur de la paix, et de la possibilité de penser librement. Il ne s'agit pas de se prosterner devant des idoles, mais de reconnaître que sur une parole nuancée comme la leur, on peut bâtir une négociation.

Mettre de l'huile sur le feu en soupçonnant de traîtrise et en tentant d'affaiblir par le soupçon un avocat de la paix comme Stéphane Hessel, c'est d'abord mettre Israël en danger, c'est manquer de prudence. Comment ne pas voir que la poursuite de la colonisation juive est un obstacle majeur à la fin de ce conflit qui épuise deux peuples et met le monde en danger?

Mieux vaudrait unir nos énergies pour lutter contre un personnage monstrueux comme Ahmadinejad, plutôt que d'essayer de discréditer Stéphane Hessel qui est un incontestable humaniste. Aimer Israël dans toutes ses dimensions, c'est l'empêcher de devenir une théocratie, c'est s'opposer à la mainmise des religieux sur le pouvoir politique.

Je ne suis pas comme vous une spécialiste de la question du Proche Orient, mais voilà ce que je crois. Nous devons laisser la place au doute. Et surtout, laisser la place à l'autre.

Hessel vous agace par son élégance, son style vous déplaît, il vous paraît égocentrique, c'est votre droit. Il n'est pas d'accord avec vous, c'est son droit. Remettre en cause son attitude dans les camps nazis n'est pas un argument recevable et pourrait être considéré comme diffamatoire. Vous n'y étiez pas, moi non plus. Nous ne pouvons nous permettre de juger aussi légèrement des faits qui se sont produits il y a plus de soixante ans.

Je n'ai jamais rencontré Stéphane Hessel. Il se trouve que je lui ai consacré récemment un article à la demande de la rédaction de «Téléobs». Le film de la série Empreintes, diffusé par France 5, m'a convaincue de sa bonne foi et de la sincérité de ses engagements. En découvrant qu'il faisait l'objet d'attaques aussi virulentes - et à mon avis infondées - j'ai éprouvé le besoin de compléter mon article.

Si j'ai parlé de mollah et de fatwa, c'est venu de mon allergie à la chasse à l'homme quelle qu'elle soit. Je n'y peux rien, je ne supporte pas les attaques ad hominem. Vous vous plaignez d'en être vous-même victime, vous devez me comprendre. Mais j'espère bien que personne n'a proposé de vous écraser la tête !

Cela dit, si je vous ai offensé, je vous prie de bien vouloir m'en excuser. Je retire bien volontiers les mots «mollah» et «fatwa». J'aurais en effet dû vérifier le contexte dans lequel vous avez publié cette phrase, mais je ne suis pas sur Facebook et ne souhaite pas m'y inscrire. Malheureusement ma culture insuffisante ne m'a pas permis d'y reconnaître une attaque de Voltaire contre Fréron.

Il se trouve que j'ai été récemment accusée de «ne pas aimer Israël» parce que j'avais émis des réserves à l'égard de l'accueil fait par Tsahal à la première flottille à destination de Gaza. C'est en somme à cette insulte que j'ai continué à répondre à travers vous, en ayant le sentiment de reconnaître dans vos propos à l'égard de Stéphane Hessel la même absence de nuances que lors de cet échange traumatisant.

Disons enfin que je suis, de manière très rétro, favorable à l'usage d'une certaine politesse dans les débats politiques. Je vois que vous la pratiquez à merveille dans votre lettre, et je vous en remercie.

Shalom, Salaam,

Catherine David

***

Réponse de Pierre-André Taguieff

Chère Catherine David,

Comme moi, et je m'en félicite, vous aimez la France, notre pays, et, comme moi,  vous vous reconnaissez le droit de critiquer librement la politique de tel ou tel gouvernement français. Mais je ne pense pas que, par une radicalisation de cette légitime critique, vous iriez jusqu'à mettre en question le droit à l'existence de l'État-nation français. Hormis quelques groupuscules autonomistes, nul ne propose d'éliminer la nation française en raison de ses «crimes», fondateurs ou non. C'est là pourtant ce que n'hésitent à faire un nombre croissant d'ennemis déclarés d'Israël, qui est le seul État-nation au monde dont la légitimité est récusée et le droit à l'existence nié par ses ennemis.  Et ce, depuis sa création en 1948. Or, Hessel est devenu l'un des plus actifs compagnons de route des délégimateurs de l'État d'Israël. Il a mis son image de marque de «militant de la paix» au service de ceux qui appellent tous les jours à la haine et à la discrimination contre Israël, en s'efforçant de criminaliser l'État juif, de l'isoler par un boycott généralisé et de le traiter comme un État en trop, qu'il faudrait éliminer.

Hessel a résumé sa vision négative d'Israël dans un «Rebonds» de Libération :

«Il reste un État sans légitimité avec un peuplement scindé, comportant des Juifs maîtres et des Palestiniens voués à un régime de non-droit.»

Il superpose ainsi, à l'opposition dominants/dominés, l'opposition maîtres/esclaves, qui recouvre également l'opposition bourreaux/victimes. C'est là une vision manichéenne simpliste qu'il partage avec ceux qui, oubliant le tragique de l'histoire et les dures réalités de la politique (des forces qui s'affrontent), se contentent d'intervenir comme des prêcheurs de vertu et des donneurs de leçons.

On entend beaucoup dire : «Il est interdit de critiquer la politique d'Israël sous peine d'être accusé d'antisémitisme.» Je dirai au contraire, pour rétablir la vérité : il est interdit de ne pas critiquer systématiquement et avec virulence la politique d'Israël, quelle qu'elle soit, sous peine d'être accusé de «sionisme». Ma position est fort claire : la critique démocratique de la politique de tel ou tel gouvernement israélien, relevant du débat public légitime, ne doit pas être confondue avec l'appel à la destruction de l'État-nation juif, conclusion logique de la négation de son droit à l'existence, ce qui définit le projet de l'antisionisme radical. Seul ce dernier illustre la forme contemporaine dominante de la judéophobie. Je distingue ainsi la critique légitime d'une politique israélienne de la mise en question du droit à l'existence d'Israël, passeport pour la destruction de l'État juif.

Si je n'ai pas signé l'«Appel à la raison» («J Call»), lancé à Bruxelles le 3 mai 2010, alors même que je considère comme légitime toute discussion critique  portant sur la politique menée par un quelconque gouvernement israélien (au même titre que celle de tel ou tel gouvernement en France ou ailleurs),  c'est d'abord parce que cet appel se laisse emporter par le «deux poids, deux mesures» en réservant ses critiques au seul État juif, oubliant la dictature islamiste qui sévit à Gaza, les ambiguïtés tactico-stratégiques de l'Autorité palestinienne et l'hostilité  à Israël de tous les régimes autoritaires qui entourent la seule démocratie libérale/pluraliste de cette région. C'est ensuite en raison de la logique paternaliste qu'il présuppose : supposer que les Américains ou les Européens savent mieux que les Israéliens ce qui est «bon» pour ces derniers, et que les grandes puissances peuvent seules imposer la paix au Proche-Orient.  Ce qui revient à demander à l'État juif de remettre avec confiance son destin entre les mains de grandes puissances qui, ordinairement stigmatisées pour leur «impérialisme» et leurs dérives interventionnistes, sont soudainement supposées bienveillantes et efficaces. Israël ne saurait prendre un tel risque.

Sur le fanatisme, en spinoziste autant qu'en voltairien, je partage bien évidemment vos inquiétudes. Au niveau de généralité où vous sous situez, on ne peut qu'être d'accord avec vous: le fanatisme et l'extrémisme sont les grands ennemis de la liberté et de la vérité, donc de la pensée libre. Mais il ne s'agit pas de s'installer pour autant dans la bonne conscience, et de prendre la posture du «modéré» chère aux bien-pensants et aux faux dévots. Il y a certes des extrémistes dans les deux camps, ou plus exactement dans tous les camps,  y compris, apparent paradoxe, dans le camp des «modérés» déclarés. Mais il y a extrémistes et extrémistes: on ne saurait mettre sur le même plan les islamistes radicaux ou jihadistes et les «colons extrémistes» israéliens, ou les extrémistes religieux juifs. Parmi ces derniers, il faut également faire des distinctions. Je vous ferai observer par exemple que certains sont violemment «antisionistes » et n'hésitent pas à pactiser avec les dictateurs islamistes iraniens. Quoi qu'il en soit, il n'est rien de comparable aujourd'hui, au sein du monde juif comme au sein du monde chrétien, à l'islamisme radical d'inspiration jihadiste, professant le culte de la mort, et en particulier de la mort en «martyr» (les «bombes humaines»). Les Juifs religieux traditionalistes, quant à eux, ne menacent pas le monde et n'organisent pas des attentats terroristes.

Hessel jouerait-il le rôle d'un «avocat de la paix», comme disent ses adulateurs? Toutes ses prises de position publiques sur le conflit israélo-palestinien, en particulier depuis 2006, montrent le contraire.

1° Il participe activement à la diabolisation d'Israël, d'une part, en accusant Israël de «crimes de guerre», voire de «crime contre l'humanité», et, d'autre part, en n'hésitant pas à scander lui-même un slogan tel que «Israël assassin !» lors de manifestions violemment anti-israéliennes organisées par des milieux propalestiniens radicaux, qu'ils soient islamistes ou d'extrême gauche.  Criminaliser ainsi l'État d'Israël, c'est le vouer à la destruction. Naguère, les ennemis des Juifs accusaient ces derniers de pratiquer le meurtre rituel  et concluaient par un appel bien connu: «Mort aux Juifs!». Aujourd'hui, les ennemis des Juifs commencent par lancer «Israël assassin!» et concluent par le slogan «Mort à Israël !».  Le raisonnement est simple: puisque l'État-nation juif est intrinsèquement criminel, alors il doit disparaître.

2° Hessel s'efforce de légitimer la campagne BDS («Boycott, Désinvestissement, Sanctions») dirigée contre Israël. Il incite même à y participer activement. Or, les appels au boycott contre Israël sont non seulement illégaux, parce que discriminatoires, et à ce titre judiciairement sanctionnables,  ils sont aussi assimilables au plan international à de véritables actes de belligérance, et mettent en danger quotidiennement la paix civile.

3° Hessel est l'un des «parrains» du Tribunal Russell sur la Palestine, machine de guerre idéologique visant à délégitimer l'État juif en vue de le démanteler. Il collabore donc activement à la campagne visant à priver l'État d'Israël du droit à l'existence.

4° Hessel s'est risqué à faire son voyage à Gaza, comme d'autres naguère faisaient leurs voyages initiatiques à Moscou, à Cuba ou en Chine, pour rencontrer les dictateurs qui les fascinaient. La rencontre à Gaza de Stéphane Hessel avec le chef du Hamas présenté abusivement comme «le Premier ministre palestinien», Ismaïl Haniyeh, a eu lieu à l'occasion d'une invitation de l'ancien diplomate au Centre culturel de Gaza (27 octobre 2010). Cette rencontre courtoise avec un chef islamo-terroriste, bien sûr globalement «positive», n'équivaut-elle pas à une opération de blanchiment? Revenons au réel. Le 5 novembre 2010, Mahmoud Zahar, l'un des leaders du Hamas à Gaza, a annoncé que les Juifs seraient bientôt expulsés d'une Palestine «libérée» : «Ils n'ont aucune place parmi nous à cause de leurs crimes. Ils seront bientôt expulsés d'ici et nous prierons à la mosquée Al-Aqsa [à Jérusalem].» Or, c'est avec de tels leaders que l'angélique Hessel voudrait que les Israéliens se risquent à «négocier».

Ce que je reproche aux «belles âmes» comme Hessel, c'est d'abord de participer à la propagande anti-israélienne visant à présenter scandaleusement le Hamas comme une victime d'Israël et un interlocuteur crédible, c'est ensuite de  légitimer la campagne internationale de diabolisation d'Israël en l'assimilant d'une façon trompeuse à une forme de résistance contre un régime «raciste» et «colonialiste». La campagne BDS présuppose cette nazification de l'État juif.  C'est là suggérer que la lutte contre Israël se situe dans le prolongement de la lutte contre le nazisme. Monstrueux amalgame. Voilà qui montre l'envers du discours paternaliste tenu par les antisionistes radicaux, qui se justifient ainsi: «Nous critiquons Israël parce que nous aimons Israël», en postulant qu'ils savent mieux que les Israéliens ce qui est bon pour les Israéliens. Bref, «qui aime bien châtie bien». De tels «amis» d'Israël, qui se multiplient ces derniers temps, sont pires que des ennemis déclarés.

Je n'ai rien contre l'homme Hessel, que je respecte en tant qu'ancien résistant et ancien déporté. Je suis plutôt amusé devant le spectacle donné par ce camelot des «bons sentiments» qui, à 93 ans, ne tient pas en place et passe d'un plateau de télé à un autre. Mais je critique librement et fermement les positions extrémistes qu'il a prises ces dernières années contre Israël, sur le mode de la condamnation morale et de la dénonciation édifiante. L'ancien diplomate n'a pas seulement professionnalisé la posture de l'indigné permanent, il pratique l'indignation sélective. Dans sa brochure publiée en octobre 2010, «Indignez-vous !», il confie : «Aujourd'hui, ma principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie.» Et il n'hésite pas à  justifier le terrorisme palestinien en ces termes élégamment diplomatiques : «Il faut reconnaître que lorsque l'on est occupé avec des moyens militaires infiniment supérieurs aux vôtres, la réaction populaire ne peut pas être que non-violente.» Si la forme reste académique, le fond participe d'un esprit extrémiste qu'on pouvait croire étranger à une telle «icône» du droit humanitaire international.

 

Je lui reproche aussi d'avoir multiplié les déclarations contradictoires sur certains moments de sa vie, pour nourrir sa légende héroïque. Je n'en donnerai qu'un exemple, concernant la Déclaration universelle de 1948. Le statut prestigieux qui lui est reconnu dérive de la conviction qu'il serait le «co-rédacteur de la Déclaration universelle des droits de l'homme». Or, Hessel a tenu  lui-même des propos contradictoires sur sa prétendue «participation» à la rédaction de la Déclaration de 1948. N'en citons que deux, enveloppant des affirmations qui ne peuvent être vraies en même temps, et autorisent à supposer que non seulement que le «sage» pratique le double discours (variant selon le public auquel il s'adresse), mais qu'il n'hésite pas à rester dans le flou, voire à mentir quand cela l'arrange. Le premier extrait est tiré de ses mémoires («Danse avec le siècle», Paris, Le Seuil, 1997), le second d'une interview publiée le 10 décembre 2008 sur le site des Nations Unies :

1° Le co-rédacteur : «J'eus pour privilège de participer à la rédaction du premier volet de cette charte des droits de l'homme» (1997, p. 116) - affirmation qu'il réitère en 2010 dans sa brochure intitulée «Indignez-vous !» :«J'ai eu la chance après la Libération d'être associé à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l'homme» (p. 15), ainsi que dans le film documentaire qui lui est consacré : «J'ai 30 ans, me voici à New York. Je m'engage dans ce nouveau combat. (...) J'ai travaillé sur la Déclaration universelle des droits de l'homme (...) Ma Déclaration universelle des droits de l'homme (...) a été votée.» (France 5, 12 novembre 2010)- ;

2° le non-rédacteur, dans une interview publiée le 10 décembre sur le site des Nations unies :

«J'étais en contact permanent avec l'équipe qui a rédigé la Déclaration, dont l'Américaine Eleanor Roosevelt et le Français René Cassin. (...) Au cours des trois années, 1946, 1947, 1948, il y a eu une série de réunions, certaines faciles et d'autres plus difficiles. J'assistais aux séances et j'écoutais ce qu'on disait mais je n'ai pas rédigé la Déclaration. J'ai été témoin de cette période exceptionnelle.» (Source : «Hessel: La Déclaration des droits de l'homme, témoin de l'audace de l'époque», 10 décembre 2008, http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=17952&Cr=droits&Cr1=anniversaire).

«Témoin» ou «co-rédacteur»? A-t-il «assisté» ou a-t-il «participé»? Il ne peut dire la vérité dans les deux cas. Les déclarations de décembre 2008 ressemblent à un aveu, fait devant ses pairs, dans le cadre de l'ONU. Mais s'il a dit alors la vérité, il s'ensuit qu'il mentait dans ses autres déclarations. Il va de soi que le statut de simple «témoin» dans le processus qui a abouti à la Déclaration de décembre 1948 ne saurait conférer à l'ancien diplomate l'aura dont il bénéficie aux yeux du grand public. C'est vraisemblablement la raison pour laquelle Hessel se laisse présenter, sans réagir, comme le «co-rédacteur» de la Déclaration de 1948, affirmation fausse ou, dans la bouche de certains laudateurs qui savent la vérité, mensongère. Il laisse dire ceux qui font profession de le célébrer, même lorsque les faits allégués sont faux ou mensongers, dès lors qu'ils relèvent de la geste héroïque de son personnage historique tel qu'il l'a construit.  L'«icône» tient à demeurer «icône». Attitude en vérité peu glorieuse.

Du haut de sa vie réussie, l'heureux «favori du destin» (comme il dit de lui-même) lançait aux «jeunes» en 2007 : «Je suis convaincu que l'engagement permet de devenir quelqu'un de respectable et de mener une vie agréable.»Que demander de plus à la vie? Il a récemment dévoilé sa formule du bonheur: l'indignation et l'engagement. Rien là qu'un sartrisme vaguement hédoniste pour école maternelle. Il indique ainsi le chemin le plus sûr vers le confort intellectuel, moral et social. Tel est l'idéal bourgeois célébré par le singulier «dissident» Hessel. Voilà qui, par contraste, me fait songer avec nostalgie à des figures que l'on peut admirer sans réserve : un Jean Moulin, un René Cassin.

Vos amis de «J Call» (parmi lesquels je compte aussi de nombreux amis, malgré nos désaccords), ainsi que des responsables socialistes, ont récemment signé un appel contre le boycott d'Israël publié dans «Le Monde», alors qu'était rendue publique l'importante «Déclaration des Prix Nobel en réponse à la campagne BDS d'appel au boycott académique». Et le PS, par la voix de Martine Aubry, a clairement rejeté le boycott. Je constate que les signataires de «J Call» et ceux de «Raison garder» (appel que j'ai signé) se rejoignent sur un point fondamental: un rejet de principe des campagnes de boycottage. Celles que Hessel et ses amis soutiennent. Je vous laisse conclure.

Bien à vous

Pierre-André Taguieff

***

Réponse de Catherine David

Comme vous me l'avez dit au téléphone, nous sommes d'accord sur l'essentiel :«la critique démocratique de la politique de tel ou tel gouvernement israélien, relevant du débat public légitime, ne doit pas être confondue avec l'appel à la destruction de l'État-nation juif.»

En somme, il est urgent de ne pas se tromper d'adversaire.

Alors que les véritables ennemis d'Israël, sous la houlette du monstrueux Ahmadinedjad, propagent leur version fausse et criminelle de l'Histoire du XXe siècle, il est urgent que les humanistes d'Israël et de la diaspora unissent enfin leurs forces, malgré leurs éventuelles divergences, en faveur d'une paix équitable pour les deux peuples en présence, au lieu de s'injurier, de se menacer et de s'entre-déchirer.


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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 21:35

 

pour aschkel.info et lessakele

Benilou 

 

FORUM ISRAELIEN SUR LA DEMOCRATIE : LA SANCTION

Par Jacques Benillouche

LE FORUM ISRAELIEN SUR LA DEMOCRATIEECOUTER ICI-copie-1

 


 

A la veille de la tenue à Tel-Aviv du « forum sur la démocratie » organisé par les services culturels de l’Ambassade de France en Israël, les confrères israéliens avaient fait feu de tout bois contre cet article du 28 mai, qui avait circulé dans les médias et les radios, parce qu’ils le trouvaient timoré, indulgent et même complaisant. Ils auraient préféré une critique plus acerbe car ils attendaient d’un journaliste français qu’il montre l’exemple en étant plus ferme et plus incisif devant ce qui se préparait.

 

‘’Annette Lévy-Willard, ancienne journaliste à Libération, a organisé sa première grande manifestation depuis sa prise de fonctions d’attachée culturelle à l’Ambassade de France. Pour la première fois en Israël, une rencontre d'intellectuels, d'artistes et de personnalités politiques des deux pays sont invités à débattre durant trois jours, à compter du 31 mai, au cours d’un forum public sur la « démocratie et ses nouveaux défis».

 

Le forum n’a pas encore débuté qu’il suscite déjà des remous en Israël. Il faut dire que l’opinion publique était déjà chauffée à blanc à la suite de « l’appel à la raison Jcall » signé par 4000 intellectuels français juifs. Ce colloque est organisé à l'initiative des services culturels de l'ambassade de France en Israël, en collaboration avec le quotidien israélien Haaretz.

 

La critique mise en lumière dans plusieurs pétitions, qui circulent avant même la tenue du forum, touche à l’orientation politique du débat. Haaretz affiche ouvertement une politique éditoriale de gauche, certains disent gauchiste, et la récente affaire d’espionnage Anat Kam, durant laquelle le quotidien avait publié des documents militaires secrets, jette un soupçon sur l’objectivité des échanges.

 

La participation au forum de trois ministres israéliens ne suffit pas à calmer lesappréhensions du comite « raison garder », dirigé par les professeurs Raphaël Drai et Shmuel Trigano, qui estime que « cette initiative déroge au principe de neutralité de l’Etat français et constitue en fait une ingérence manifeste dans la vie politique de l’Etat d’Israël ». Les israéliens, jaloux de leur autonomie de décision, pensent que le débat sera faussé car les intervenants très marqués à gauche risquent de déséquilibrer l’orientation du débat. Ils regrettent que certains politologues et professeurs israéliens de droite, parlant parfaitement le français, n’aient pas été invités pour exprimer la position d’une frange majoritaire de l’opinion israélienne.

 

L’objectif d’Annette Lévy-Willard tendait à permettre de « sortir des perceptions stéréotypes et d'engager un dialogue véritable entre gens de pays et d'horizons différents, qui ne se sont pas parlé avant ». Les débats risquent d’être tumultueux puisque de nombreux leaders de droite ont demandé à leurs militants de se présenter en masse au forum pour porter une contradiction et éventuellement pour perturber l’agencement du programme.

 

L’affaire risque d’avoir des répercussions internationales puisque des pétitions de protestation ont été adressées à plusieurs ministres français et aux membres de la Knesset pour les sensibiliser. Mais cette mauvaise humeur dénote une constante de la politique israélienne qui refuse que les étrangers, les juifs de la diaspora en particulier, s’insèrent dans le débat difficile de la paix au Proche-Orient. Les intellectuels français, depuis l’appel Jcall, se sont discrédités à leurs yeux pour être en mesure d’influer sur les preneurs de décision. ‘’

 

Défendre le rayonnement de la culture française

 

            Cet article, qui se voulait d’abord constructif, posait clairement le problème en des termes modérés sans qu’il ait été besoin d’user d’un vocable désobligeant à l’encontre d’un diplomate. Mais ce forum a soulevé la question cruciale de la nomination d’un journaliste, engagé, à un poste de diplomate culturel dans un pays sensible. Les énarques, formés à cet effet, ou les universitaires sont mieux armés pour défendre le rayonnement de la culture française dans le monde, à l'instar du précédent conseiller, le professeur Tobie Nathan. Il était effectivement difficile de passer du desk de « Libération » à la diplomatie en s’asseyant sur ses convictions et en mettant entre parenthèses sa fonction de militant, à la limite de la posture politicienne.

            Il était aussi difficile d’oublier que le rôle d’un attaché culturel est avant tout de défendre la langue française par des opérations qui se démarquent de l'action purement politique. Il peut certes favoriser le dialogue entre décideurs à travers l’alibi des lettres mais en usant de discrétion et de doigté ce que le forum n'a pas permis avec la publicité qui en a été faite. Il doit représenter les intérêts de son gouvernement mais agir pour garantir d’excellentes relations avec le pays hôte.

            En organisant ce forum politique où cinq journalistes de "Libération"ont pris part aux débats, il était difficile de ne pas taxer les organisateurs de copinage. L’éditorialiste du "Monde"s’était trouvé bien seul parmi les journalistes israéliens du quotidien de gauche "Haaretz". La droite israélienne n’était pas représentée comme si l’on s’inquiétait de devoir assister à quelques joutes oratoires.

            L’opinion israélienne et francophone a exprimé ostensiblement son émotion. Les dirigeants israéliens ont marqué leur mauvaise humeur tandis que l’Ambassadeur de France, Christophe Bigot, se démenait pour éteindre l’incendie en sollicitant des interventions médiatiques pour arrondir les angles. Mais le mal était fait tandis que l’échec du forum était prévisible malgré les mises en garde qui avaient été lancées. Bernard-Henri Lévy, lui-même, le pressentait puisqu’à la surprise générale il a demandé, à la dernière minute, à être remplacé lors de son second débat par Anne Hidalgo, adjointe au maire de Paris.

            Le forum, qui devait être un lieu de discussions et d’échanges pour éclairer une situation difficile n’a pas rempli sa mission. Il a suscité des controverses et créé un malaise politique franco-israélien sans que les parties concernées par le conflit n'aient mesuré un quelconque progrès. Le débat était terne, monolithique, soporifique et d’aucun intérêt puisque la gauche française dialoguait avec la gauche israélienne et que les orateurs n’avaient qu’à convaincre des convaincus.

            L’Ambassade de France ne pouvait pas ternir ses relations avec Israël qui ne souffrent d’aucun nuage. La sanction vient de tomber car, après moins d’une année, le poste de conseiller culturel est à nouveau vacant à Tel-Aviv

 

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 10:50

 

 

 

LOGO GOLDNADEL

 

Son site

 

http://www.info-palestine.net/IMG/jpg/A10-1052.jpg

Une des exigences principales que ce club de riches emet a l'encontre de ses membres est la transparence totale des processus de decision economiques et politiques. Dans la situation geopolitique qui est celle d'Israel, pensez-vous qu'il soit possible de donner suite a une telle exigence?

Par:WilliaM Goldnadel

 

jerusalemplus

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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 13:45

 Sur aschkel.info et lessakele
Par   dabbag



4041030576_ecaab427ab.jpg__Ils ne changeront décidément jamais ! Les Russes reviennent dans la partie en annonçant on ne peut plus clairement leur opposition catégorique à toute velléité iranienne quant au nucléaire militaire. Pas stupides, ils ont déplié leurs cartes de la région, comme nous l'avons déjà écrit ici.

Et puis, il faut ajouter qu'ils ne voient pas d'un très bon oeil les appels caressants que lance la République Islamique à l'Azerbaidjan toute proche qui, on l'a bien remarqué lors du voyage de Shimon Pérès, ne compte plus tous les mamours qu'on lui prodigue.

Mais le jeu de la Russie reste encore extrêmement trouble. On a beau prendre en considération une tendance héréditaire de ce peuple à jouer avec quinze coups d'avance, il n'en demeure pas moins que nous, avec nos belottes et notre poker importé on apprécie plutôt les coups francs. C'est dire combien peut nous paraître étrange, par exemple, la récente déclaration du vice-ministre russe des Affaires Etrangères dans laquelle il pose déjà les limites d'éventuelles sanctions contre le régime des mollahs.

Des sanctions qui, d'après lui, ne devront toucher que le secteur nucléaire, mais ni la banque, ni le pétrole, ni la mollarchie en tant que telle. Autrement dit des mesurettes qui ne serviront à rien puisque, à notre connaissance, aucun Etat ne se risque plus à fournir à Téhéran le matériel utile à la confection d'un site nucléaire à vocation militaire.

En fait, tout se passe avec les Russes comme s'ils n'avaient pas encore bouger leur reine (aux échecs, c'est mauvais signe pour l'adversaire). Comme s'ils étaient, en coulisse, en train de prévenir les iraniens que si eux, les russes, sifflaient la fin du match ce ne serait pas pour les laisser s'amuser à faire encore leurs petits ricochets sur la mare occidentale. 

C'est peut-être optimiste; certains diront aussi que c'est accorder un crédit immérité à une Russie qui a intérêt à ce que l'affaire s'envenime.

Eh bien, oui, précisément : Poutine n'a aucune raison objective de prêter main forte à Obama alors qu'il le voit empêtré jusqu'au cou sur tous les fronts. Et il n'est pas impensable, non plus, que sa stratégie à court terme soit d'offrir un parapluie, nucléaire pourquoi pas, à un Iran affolé par un affolement brutal de la machine américaine.

A la fin des fins, comme on dit au pays de Tolstoy, une déclaration comme celle que vient de faire le vice-ministre russe ne correspondrait à rien d'autre qu'à une menace voilée aux mollahs de s'en prendre à leur porte-feuille selon un agenda moscovite qu'il nous est difficile de deviner.
  
Et puis il y a le pétrole...la Chine...autant de pièces sur l'échiquier qui nous laissent penser que le Russe n'a pas l'intention de camper encore longtemps le rôle du fou.

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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 14:29
Tous les chemins ne mènent pas à Jérusalem
Par JONNY PAUL 
22.12.09

http://fr.jpost.com/ 



Un des historiens les plus éminents de Grande-Bretagne, Andrew Roberts, a récemment posé la question qui fâche : pourquoi la reine Elisabeth II s'est-elle rendue lors de voyages officiels dans des pays les plus despotiques tout en évitant soigneusement la Terre promise ?

La reine Elisabeth II dans son carosse. 
PHOTO: AP , JPOST

Cette interrogation a été formulée à haute voix durant le dîner pour célébrer le 60e anniversaire de l'AIA (la plus vieille organisation d'amitié anglo-israélienne en Grande-Bretagne). La liste des 400 invités comprenait ambassadeurs, diplomates, chefs de file chrétiens..., réunis dans la prestigieuse résidence du gouverneur sur Park Lane.

Selon l'historien, le ministère des Affaires étrangères britannique a, de facto, banni les visites royales en Israël : "Cette interdiction raisonne encore plus fort car elle n'est pas reconnue, écrite noir sur blanc", a-t-il expliqué avant de poursuivre : "Cet acte revient à délégitimer Israël aussi efficacement que le boycott académique dans les universités. Et on le doit aux pro-Arabes de la diplomatie anglaise."

Andrew Roberts, le biographe des hommes qui ont fait l'Histoire - Churchill, Chamberlain, Hitler, Roosevelt - a délivré son diagnostic : la Grande-Bretagne a été dans le meilleur des cas "l'ami des beaux jours d'Israël". L'historien a profité de l'occasion pour défaire tous les mythes qui entourent les relations diplomatiques entre Israël et l'Angleterre. Avec en premier lieu un constat : la reine Elisabeth II a fait plus de 250 visites officielles à l'étranger dans 129 pays différents et pas un seul membre de la famille royale n'a un jour mis les pieds en Israël de manière officielle. Pourtant, Sa majesté aurait une raison toute personnelle de se rendre régulièrement à Jérusalem. La princesse Alice de Grèce, la mère du prince Philip, est enterrée sur le mont des Oliviers en tant que Juste parmi les nations. Pendant la Shoah, elle avait caché une famille juive dans sa résidence athénienne. Son fils a pourtant attendu 1994 pour se rendre sur sa tombe lors d'un voyage "à titre privé", se sont empressés de clarifier les représentants de la Couronne.

Géographie limitée pour le ministère des Affaires étrangères

Derrière ce "black-out" royal, Roberts met en cause directement le ministère des Affaires étrangères car ce sont ses bureaux qui ont la charge d'organiser les voyages officiels de Buckingham Palace. Les diplomates anglais ont répondu immédiatement qu'Israël n'était pas le seul Etat dans ce cas : "C'est peut-être vrai pour le Burkina Faso ou le Tchad, mais à travers les années, la reine a été envoyée en Libye, en Iran, au Soudan, en Arabie Saoudite, dans les Etats du Maghreb, en Jordanie et en Turquie. Sa majesté ne peut donc pas dire qu'elle n'est pas coutumière du Moyen-Orient", explique Roberts avant d'ajouter sur le ton de l'ironie : "Peut-être que pour le ministère des Affaires étrangères, la reine n'est pas assise sur le trône depuis suffisamment longtemps, soit 57 ans, pour se rendre dans la seule réelle démocratie de la région."

Pourtant, selon l'historien, Elisabeth II serait assurée de recevoir un accueil chaleureux à Jérusalem contrairement à sa dernière expérience marocaine : elle avait attendu 3 heures dans une chaleur à couper le souffle avant de rencontrer le roi du Maroc. Ou encore lorsqu'elle a été obligée en Ouganda d'élire domicile dans les bureaux du Commonwealth parce que les autorités locales n'avaient pas terminé de construire son hôtel.

Celui dont l'actuel ouvrage, The Storm of War : A New History of the Second World War, caracole sur la deuxième marche des best-sellers du prestigieux Sunday Times, a aussi attaqué ceux qui accusent l'Etat hébreu de répondre de "manière disproportionnée" aux provocations : "Le député conservateur, William Hague, a demandé à Israël d'adopter une réponse proportionnée lors de la guerre du Liban contre le Hezbollah en 2006. Comme si les actions mesurées avaient remporté la moindre victoire contre les fascistes", explique-t-il.

Un sens des proportions pour le moins arbitraire

Et l'historien peut s'appuyer sur des exemples concrets : "Durant la Seconde Guerre mondiale, l'aviation allemande (Luftwaffe) a tué 50 000 Anglais lors du Blitz et les Alliés ont répondu en tuant 600 000 Allemands, soit 12 fois le nombre de leurs pertes civiles. On peut difficilement parler d'une réponse proportionnée mais une chose est certaine : elle a permis de remporter la victoire finale. Alors qui sommes-nous pour faire la morale aux Israéliens sur les bienfaits de la violence proportionnée ?"

Ce constat amène Roberts à s'interroger sur l'attitude britannique dans l'hypothèse où le royaume serait la cible de provocations identiques à celles que connaît Israël. L'historien fait alors un calcul mathématique : "La Grande-Bretagne compte 63 millions d'habitants, soit neuf fois la population israélienne. En juillet 2006, pour prendre un exemple au hasard, le Hezbollah a franchi la frontière pour tuer huit soldats en patrouille et en capturer deux autres, avant de lancer 4 000 roquettes Katiousha sur Israël et tuer 43 civils supplémentaires. Mettons ces chiffres à l'échelle anglaise. Si vous les multipliez par neuf pour obtenir l'équivalence, cela signifierait qu'une organisation terroriste basée à Calais, par exemple, aurait lancé sur la région du Sussex et du Kent 36 000 roquettes, tuant 387 civils et 72 soldats britanniques tout en capturant 18 militaires supplémentaires."
L'historien en met sa main à couper : le gouvernement anglais aurait fait tout son possible pour protéger ses habitants, et il aurait eu raison. Alors pourquoi demander à l'Etat hébreu d'agir différemment ?

Autre cible des critiques d'Andrew Roberts : Barack Obama : "Le président américain est le moins pro-Israël depuis Dwight Eisenhower et c'est justement à une période où les Juifs doivent faire face à la pire menace existentielle depuis Adolf Hitler : Ahmadinejad et ses ambitions nucléaires. Et Barak Obama n'a pas les moyens pour l'empêcher", assure-t-il. Son discours s'est achevé sous une salve d'applaudissements. Pour Roberts, Israël et seulement Israël sait ce qu'il faut faire pour protéger les intérêts du peuple juif. En d'autres termes, empêcher à tout prix que la Shoah termine sa macabre mission.

Les ouvrages historiques d'Andrew Roberts ont été traduits en allemand, finlandais, français, hébreu, hongrois, japonais, chinois, polonais, russe, et en espagnol.


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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 13:53

DNA.fr

mercredi 26 août 2009, sélectionné par Spyworld
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Christian Carion était de passage au Mega CGR de Colmar, hier soir, pour une avant-première dans le cadre de l’opération Ciné-Cool, afin de présenter son nouveau long-métrage, l’Affaire Farewell (*), qui réunit Guillaume Canet et Emir Kusturica sur fond de Guerre Froide.

« Une des plus grandes affaires d’espionnage du XX© siècle ». Cette phrase de Ronald Reagan qui orne l’affiche de l’Affaire Farewell convient bien au dernier long-métrage de Christian Carion. Le film, adapté du roman homonyme de Sergueï Kostine lui-même inspiré de faits réels, nous plonge au temps de la Guerre Froide dans les années 80. Le thriller, mêlant astucieusement espionnage et géopolitique, évoque des événements qui ont précipité la chute du mur de Berlin.

Le troisième film de Christian Carion est aussi l’occasion de voir à l’écran une paire inédite mais néanmoins efficace avec Guillaume Canet, dans le rôle du jeune ingénieur français Pierre Froment, et Emir Kusturica, alias Sergueï Grigoriev, colonel du KGB. Des acteurs qui l’ont comblé dans son approche psychologique du film d’espionnage Il s’explique.

(*) Le film sortira le 23 septembre prochain

Christian Carion explique les dessous de la réalisation de son film

Christian Carion résume l’Affaire Farewell

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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 10:18

Nombreux sont les observateurs inquiets du vide créé par le retrait des Forces américaines d'Irak. Plus encore, ceux qui ont vus dans la disparition de Saddam, celle de la "poigne de fer" dont l'unité nationale irakienne aurait eu besoin par nature, sous l'égide des seuls Sunnites de Tikrit, pour faire face aux défis régionaux. De fait, les Américains ne sont-ils pas en train de céder le terrain à l'hégémonie des Mollahs? L'actualité ne plaide pourtant pas pour la bonne santé du régime iranien face à la Communauté internationale, même si ses souhaits d'expansion sont connus et redoutés jusqu'au Liban et à Gaza. Il faut donc rester vigilants et prudents sur les scénarii joués "une fois pour toutes"... Il n'est pas dit non plus que la Mollachie ne s'effondrera pas avant la fameuse "partition" de l'Irak qui est dans tous les esprits... Mais la question du leadership à Washington , de sa consistance ou de son inconsistance, est déterminante quant aux garantiesque donnera ou pas l'investisseur américain aujourd'hui en retrait. Et sur de point, Obama donne tous les signes extérieurs d'un pinson vascillant... 
L'Iran en rêvait, Bush l'a fait

Par Isabelle Mouilleseaux, 29 juillet 2009

 

http://www.moneyweek.fr/graphes/01233/iran-bush-irak-petrole.html

Isabelle Mouilleseaux

20 mars 2003. En quinze jours à peine, les Américains réduisent à néant l'armée sunnite la plus prestigieuse et la plus redoutée du Moyen-Orient. Huit ans de guerre acharnée n'avaient pas permis à l'Iran d'en arriver là. Mettre l'Irak à genoux ? L'Iran en rêvait, les États-Unis l'ont fait.

N'ayons pas peur de le dire. Si les Américains ont pris le risque d'entrer en Irak, c'est parce que ce pays est une pièce capitale sur l'échiquier international du pétrole. Bush et le lobby pétrolier n'ont toujours fait qu'un. Et la sécurisation des approvisionnements en pétrole est plus que stratégique pour les États- Unis. Il y aurait l'équivalent de 115 Mds$ de réserves prouvées dans le sous-sol irakien.

C'est la troisième réserve mondiale, derrière l'Arabie saoudite et l'Iran. Et encore... Les sous-sols sont loin d'avoir été "sondés" de façon exhaustive. Il se pourrait qu'ils recèlent encore bien des trésors dissimulés. Pour l'instant, le pays ne produit que 2,4 millions de barils par jour (Mbj) et ses infrastructures sont obsolètes. Pour doubler la capacité journalière de production à 5-6 Mbj d'ici cinq à dix ans, il suffirait d'investir. Beaucoup.

Cerise sur le gâteau, le coût de production d'un baril en Irak s'élève de 3 à 5 $ seulement. Très loin des 70 $ pour le baril de schiste bitumineux canadien. Une bénédiction. Mais voilà, en détruisant l'armée irakienne, qui "tenait" le pays d'une main de fer, et en annihilant l'ordre irakien établi, les États-Unis ont créé le chaos et livré l'Irak sunnite pieds et poings liés à l'Iran, chiite. Le pays des mollahs n'a pas son pareil pour s'installer sournoisement, lentement mais sûrement dans un pays où règne le vide.

Il a fallu vingt-cinq ans aux quelques gardes de la Révolution envoyés par l'Iran au Liban pour monter ex nihilo un véritable État dans l'État, le Hezbollah. Son objectif : prendre le pouvoir par les urnes. L'Iran applique le même procédé dans la bande de Gaza avec le Hamas et il a des visées dans tout le golfe Persique. Mais, surtout, l'Iran phagocyte l'Irak à tous les niveaux. Partis politiques, pouvoir central, police, commerce, milices, mosquées...

Téhéran tire les ficelles
L'ombre iranienne plane partout ; dans le plus grand secret, Téhéran tire les ficelles. Même le pouvoir religieux chiite modéré en place n'aura pas résisté longtemps à la montée en puissance du pouvoir religieux chiite iranien. L'Irak est "libanisé" à son tour. Le grand rêve perse de l'Iran prend forme. Personne n'a les moyens de s'y opposer et le temps joue en sa faveur. L'ordre sunnite est bien mal en point, l'histoire est en train de se renverser.

Soyons visionnaires. Les sunnites irakiens craignent l'annexion rampante de l'Irak par l'Iran. Ils ont raison. Mais, sans aller jusque-là, parlons d'une simple mainmise de l'Iran sur l'Irak, comme au Liban via le Hezbollah, par exemple. Cela ne revient-il pas à dire que l'Iran contrôlera, d'ici une génération, le marché international du pétrole ?

L'Arabie saoudite, plus gros producteur mondial de brut, produit quelque 9,5 Mbj. L'Irak veut faire augmenter sa production à 4 Mbj d'ici cinq ans. Elle peut la faire monter à 5 ou 6 millions de barils dans les années qui suivent. L'Iran produit quelque 4 Mbj. Bien en deçà de sa capacité maximale, étant donné l'état de délabrement de ses industries et infrastructures pétrolières et gazières.

À eux deux, l'Irak et l'Iran pourraient produire plus que l'Arabie saoudite ne le pourra jamais. Dans un tel scénario, ils auraient la capacité d'imposer les prix en contrôlant le robinet du brut, donc les volumes. Sachant qu'on s'achemine vers une insuffisance criante d'offre de brut d'ici quelques années compte tenu de la demande explosive à venir des Bric, leur pouvoir n'en serait que renforcé.

De quoi propulser le cours du brut bien au-dessus des 150 $ le baril. Un scénario explosif. Qui, aujourd'hui, est capable de l'enrayer ? A priori, personne.

Première parution le 09/07/2009 dans le numéro 41 de MoneyWeek.

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  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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