Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 mai 2007 4 24 /05 /mai /2007 11:49
M. Attali s'apprête à épauler M. Sarkozy sur l'aide au développement
LEMONDE.FR | 24.05.07 | 09h59  •  Mis à jour le 24.05.07 | 09h59

 
Après Bernard Kouchner, nommé ministre des affaires étrangères, Martin Hirsch, devenu haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, et Claude Allègre, qui a accepté une mission sur l'université française, Jacques Attali, figure historique de la gauche, s'apprête lui aussi à céder à l'appel de Nicolas Sarkozy.
 
L'un des principaux mitterrandiens avait annoncé, le 16 mai, s'être vu proposer une mission relevant de la politique étrangère par le nouveau de chef de l'Etat. Il a confirmé au Monde qu'il "discute avec Nicolas Sarkozy des détails de cette mission, centrée sur la réforme de l'aide au développement".

"Cela a de fortes chances de se faire", dit M. Attali, visiblement tenté par la proposition. Il fera connaître sa réponse au président de la République dans les prochains jours. L'idée de l'ancien conseiller de François Mitterrand est de faire du microcrédit "l'axe le plus important" de la mission qui lui serait confiée.

Le microcrédit est cette méthode de développement née dans les années 1970 dans les pays du Sud, qui accorde des crédits aux plus démunis afin qu'ils démarrent ou poursuivent une activité économique.

"BESOIN D'ASSISTANCE TECHNIQUE"

A la tête, depuis 1997, de Planet Finance, une ONG internationale de microcrédit - dont le conseil d'administration comprend l'actuelle ministre de la Justice Rachida Dati et Bernard Kouchner - M. Attali est aujourd'hui l'un des principaux ambassadeurs du microcrédit dans le monde, au côté du prix Nobel de la Paix, le Bangladais Muhammad Yunus.

"L'aide au développement représente environ 0,5 % à 0,6 % du produit intérieur brut (PIB), mais le microcrédit seulement 3 % de l'aide au développement, c'est insuffisant, explique M. Attali, il y a un fort besoin d'assistance technique de la part des institutions de microfinance partout dans le monde, notamment en Afrique."

Selon des données admises par la Banque mondiale, le microcrédit a permis de sortir 60 millions d'individus de la misère depuis trente ans.

M. Attali croit-il à l'ouverture organisée par M. Sarkozy et son premier ministre, François Fillon ? "Oui, répond-il, lorsqu'il s'agit de ministres de cohabitation. Je ne vois aucun problème à ce qu'un homme de gauche soit ministre des affaires étrangères. Quand on occupe un autre ministère, en revanche, c'est que l'on a changé de camp."

Anne Michel
Partager cet article
Repost0
22 mai 2007 2 22 /05 /mai /2007 07:57
http://www.resiliencetv.fr/modules/news/article.php?storyid=2348


Editorial :  Écologie: Quelle mouche a piqué Sarkozy ? Par LSA Oulahbib le 21/05/2007 (57 lectures) - Articles du même auteur

On croit rêver, qui a gagné le 6 mai, la confusion ou la rupture précisément avec elle ? Le Président a été élu sur un programme clair. Il ne peut dans ce cas se déjuger en invitant les pires adversaires du développement économique, tout en évitant soigneusement de donner à Juppé un droit de regard sur le département le plus polluant : l'agriculture... Voilà le dilemme ! On invite un Hulot qui vient de se faire moucher par Allègre dans un livre détonant, on invite Edgar Morin qui milite pour la décroissance et le multiculturalisme, bref, on fait du Gore sans Gore, tout en évitant de dire un mot sur les dossiers qui fâchent : agriculture, sécurité sociale, éducation nationale... Va-t-on également reculer sur la carte scolaire, maintenant que le service minimum a été plus qu'enterré ?... Certes les élections législatives peuvent expliquer cet attentisme...


Mais est-ce si sûr ? S'agit-il réellement d'une tentative de diversion ? Ainsi, devant les premières intimidations gauchistes dans les Universités, Sarkozy aurait préféré surfer sur l'idéologie du moment puisque tout le monde s'en réclame et ainsi se ramollit à son contact à la façon de la péninsule nordique... Possible. Mais je ne crois pas que cela soit la bonne tactique, même si cela peut faire gagner les élections. Car les problèmes demeurent : déficit, déficit, déficit. Et leur non solution, autre que par l'austérité et la franchise, ne fera qu'accroître les aigreurs.

Il aurait été pourtant possible de raffermir le camp de la liberté en posant haut et fort que le facteur premier de la prospérité c'est la liberté donnée quant aux charges, à l'éducation, tout en sachant que cette liberté doit être mesurée et observée a posteriori par un État veilleur et éveilleur. Nous sommes loin du compte. Il est dommage de se réveiller encore sous domination idéologique climatotalitaire avec les mêmes invités dans les mêmes médias alors qu'ils ont été évincés du débat avec moins de 2% aux élections présidentielles. Et alors que le débat est étouffé et est en passe de l'être pour les OGM pourtant cultivés avec succès par les Brésiliens, les Chinois et bien sûr les Américains. Curieux non?

Et à l'heure où le Liban s'embrase, sans que l'on puisse sérieusement dire que cela soit dû à Israël, comme le clament pourtant les partisans védrinistes ayant aujourd'hui l'oreille du Président, il est risible d'entendre un Juppé, sous la pression de certains journalistes anti-américains il est vrai, réclamer à Kouchner un "outing" sur l'Irak, alors que celui-ci, tout comme le Liban et l'Afghanistan, subit l'assaut de djihadistes qui ont leur propre agenda, même s'ils peuvent aussi rouler pour la Syrie, allié de l'Iran islamiste.

On le voit, la mue n'est pas faite. Les gros raccourcis sur le changement climatique (bien préférable à la locution "réchauffement climatique"), l'Irak, le refus national-islamique de reconnaître le fait israélien, l'atermoiement quant aux principes fondamentaux de la prospérité et de la solidarité, sont autant de freins puissants qui font dire que la construction d'un réel pôle néomoderne, c'est-à-dire articulant liberté prospérité solidarité au lieu de les opposer, est devant nous et non pas derrière.

Le Président actuel saura-t-il comprendre cette équation ou fera-t-il comme ces prédécesseurs, se démettre, par peur de froisser les salons parisiens et ses shampouineuses à la mode de chez nous ?

Partager cet article
Repost0
18 mai 2007 5 18 /05 /mai /2007 19:11

Evolutions : Un Rebonds remarquable dans Libération contre le TSS Par Hélène Keller-Lind le 18/05/2007 (43 lectures) - Articles du même auteur

Un grand merci à Liliane Kandel, qui ne peut être suspectée par ceux pour qui tout ce qui est de droite ou, plutôt, n'est pas encarté de gauche, est à bannir, puisqu'elle a voté Ségolène Royal, envers et contre tout, contre tous les arguments débilitants avancés par ici ou par là. Notamment sur le site de Thomas Hollande qui dans les 10 bonne raisons de voter pour elle avançait le seul et unique fait que c'était une femme. Elle est donc O.K; puisqu'elle a voté SR, même contre sa véritable intime conviction.

Un très grand merci car, Liliane Kandel, elle, on lui fera confiance, on la lira, on ne rejettera pas d'emblée ce qu'elle écrit, on ne ricanera pas en la taxant d'être un suppôt d'extrême-droite ou autres appellations réservées à ceux qui ne sont ni rouges, ni verts et encore moins bruns. Ou, tout au moins, certains ne ricaneront pas et prendront le temps de s'interroger. Ceux qui en auront l'intelligence et ne marchent pas à coup de slogans formatés.

Merci à Lilian Kandel pour avoir dénoncé dans des colonnes autres que celles de Resiliencetv, ce que nous avons dénoncé ici, à savoir l'ignoble campagne menée contre celui qui était alors le candidat de l'UMP à la présidentielle, par exemple sous le titre « La bonne et la brute », car le candidat Nicolas Sarkozy était traité de brute épaisse à tous les tournants, même à la fin du fameux débat dans lequel elle a cogné à tout va, même pour des « lapsus, » et dans lequel il est resté d'un calme olympien... http://www.resiliencetv.fr/modules/news/article.php?storyid=2208 ou une autre stratégie pour l'attaquer sur un autre plan, dénoncé sous le titre de « Qui racole dans les poubelles de la France? » http://www.resiliencetv.fr/modules/news/article.php?storyid=2247
Sur Internet nombre de sites apparentés à la Calominiesphère déversaient des tombereaux d'injures contre ce candidat et, en effet, il y a eu cette ignoble caricature dont parle Liliane Kandel. Si nauséabonde, d'un antisémitisme si éhonté, si primaire, si vomitif, si bête aussi que j'avais demandé au Webmaster de ne pas la mettre en lien pour illustrer l'article.

Et il y a eu tant et tant de mails, d'affiches détournées, de cris d'orfraie sur une pseudo menace de nos libertés, etc. etc. Tous ignobles et diffamatoires.

Et, oui, les « vieux amis » de Liliane Kandel se sont tus et, au mieux, ont laissé mener cette campagne qui pouvait leur servir en sales petits comptes de voix que pourrait perdre Nicolas Sarkozy grâce à cette saleté de campagne. Quand ils ne mettaient pas la main à la pâte...Seul le pouvoir les intéressant et ils ont tranché dans ce vieux débat : oui, pour eux, la fin justifiait les moyens. Faire les poubelles y compris.

Cela ne vous rappelle-t-il d'ailleurs rien ? Le calcul Boniface, vous vous souvenez ? Cet intellectuel socialiste, fondateur de l'IRIS, Chevalier de l'ordre National du Mérite et de la Légion d'Honneur, (sic) qui adressa en avril 2001 une petite note interne à François Hollande...petite note qui donnait dans le cynique politique le plus ignoble, comparant crûment le nombre de voix beurs et juives en France, concluant qu'il fallait en tirer les conséquences en matière de politique extérieure. Ce qui finit par se savoir. Fut-il exclu ? Non, vous plaisantez. Il fallut attendre deux ans pour qu'il démissionne enfin du PS.

Et cela a continué après les élections. Avec des tentatives d'embrasement dans les grandes villes. Et les mêmes sales petits slogans....et le plat que l'on nous a fait de ce faux break de deux jours et demie sur un yacht...Sait-on seulement où Madame Royal se repose, elle ? Et d'ailleurs, on s'en contrefiche.

Et, bien que d'aucuns continuent à prétendre que la presse serait fermement verrouillée à droite on continue à entendre ici ou là de petites vilenies. Comme cette journaliste qui, lui accordant un précieux temps d'antenne, laisse tranquillement une auditrice déçue par l'élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République cracher sa haine contre Cécilia Sarkozy, cette fois, en long et en large et ne dit mot lorsque celle-ci termine sur un tonitruant « et elle n'est même pas française » !!!

Honte, donc, à ceux qui se proclament et se croient des gens si bien mais soufflent ainsi sur les braises d'une haine multiforme et un très grand merci à Liliane Kandel.




Lettre à mes vieux amis
Par Liliane KANDEL sociologue
Le «tout sauf Sarkozy» a justifié trop de dérapages à gauche.
jeudi 17 mai 2007
C'est fait. J'ai voté Ségolène Royal. Et je l'ai fait en souhaitant qu'elle gagne. C'était un voeu tardif, mais raisonné, et un pari. Voeu non exaucé. Pari perdu. J'ai voté Royal. Pas à cause d'elle. Pas à cause de son programme, qui changeait au fil des jours, et des publics. Pas à cause de ceux et celles ­ parfois vous, mes ami(e)s de longue date ­ qui la soutenaient. J'ai voté Ségolène Royal malgré vous, malgré vos arguments, vos justifications, vos injonctions, et vos lyriques incantations.
Il aurait fallu, à vous écouter, que je vote pour elle parce qu'elle est une femme, et que j'en suis une autre. Mais je ne sais toujours pas ce qu'est une «femme» ­ c'est sur cette incertitude que s'est bâti, en grande partie, le MLF, et que j'y ai, avec vous, passionnément participé.
Il aurait fallu que je vote pour elle afin que toutes les femmes de ce pays, que dis-je, de la planète, à la minute même de son élection, relèvent la tête, se redressent et se sentent, enfin , lavées des «siècles d'infini servage» qu'elles eurent à subir. Je crois aux symboles, mais pas à la caricature que vous en donniez.
Il aurait fallu que je vote pour elle parce qu'elle était une victime, victime d'innombrables attaques, insultes et humiliations misogynes. Comme vous, je hais le sexisme et, avec certain(e)s d'entre vous, j'ai passé des années à le traquer dans tous ses états, le débusquer dans ses plus infimes manifestations, ses avatars les plus imperceptibles ­ y compris lorsqu'il s'attaquait aux hommes : aux mecs qui «n'en avaient pas».
 
Mais ce sexisme-là, c'était vraiment le dernier de vous soucis : avoir raillé la jupe de Ségolène Royal était un crime de lèse-humanité, avoir traité son adversaire de «cocu», ou de «nabot» ­ toutes épithètes venues elles aussi du plus vieux fonds machiste du monde ­ ne vous gênait en rien. Le sexisme c'est mal quand ça s'attaque aux femmes, s'il atteint par ricochet les hommes, c'est bien fait pour leur poire. Z'avaient qu'à pas naître du mauvais côté du genre.
 
Et il en fut de même pour l'injure xénophobe ou raciste. Il fut dit que l'adversaire de Royal était un «néoconservateur américain avec un passeport français». Et aussi qu'il était inconvenant de voir l'Elysée brigué par un homme qui n'a «qu'un seul grand-parent français», mais qui «aurait pu faire une très belle carrière en Hongrie» : Sarkozy était expéditivement dénaturalisé par un homme, de gauche (à l'époque !), tout aussi expéditivement reconduit à la frontière par un autre, d'extrême droite. Qui a réagi ? Qui s'est indigné ? Qui a protesté ? Lanzmann oui, Finkielkraut aussi, mais pas vous. Vous, vous riiez, vous disiez : il «l'a bien cherché, avec son ministère de l'identité nationale» ! Vous disiez : «On ne va quand même défendre Sarko !» ; et vous disiez encore : « Tout sauf Sarkozy !»
 
Avez-vous seulement regardé qui vous côtoyiez dans vos réunions, vos écrits, vos blogs ? Avez-vous entendu les arguments de ceux qui, pour mieux soutenir Ségolène Royal, avaient entrepris de diaboliser Sarkozy ? D'en faire un émule de Pétain, voire de Hitler ? Ou pire. TSS, «tout sauf Sarkozy», votre cri de ralliement était aussi le nom d'un site où cohabitent harmonieusement des intellectuels d'extrême gauche et des militants de droite extrême, des penseurs anticolonialistes, des philosophes hédonistes, et des négationnistes patentés. Sarkozy y est vilipendé comme «agent sioniste», représenté au centre d'une étoile à six branches, dont deux se nomment Washington et Tel-Aviv. Le soutien à Ségolène réussissait, en un seul mouvement, ce tour de force : tout à la fois hitlériser Sarkozy et le judaïser.
 
Nul parmi les thuriféraires de «la France présidente», nul correspondant des «désirs d'avenir», nul parmi vous ne jugea utile de protester, de se démarquer de ces propos, de les désavouer, de dire «nous n'accepterons jamais de ces discours-là, nous ne voulons pas de ces voix-là» . Non. Les antisémites et les racistes les plus abjects étaient à vos côtés, mais c'est à Sarkozy que vous dessiniez la petite moustache d'Adolf. TSS promettait de «faire ravaler sa kippa» au juif Sarkozy, mais c'est ce «juif» qui pour vous était la réincarnation de Hitler.
 
Tout cela vous ne pouviez pas l'ignorer. Pas un mot pourtant de votre part, pas une protestation : l'union sacrée contre Sarko-Hitler, Sarko-le-Juif devait être sans faille . Pensiez-vous aux voix de ceux qui, stupéfaits, lisaient déclarations, tracts et blogs immondes et espéraient, en vain, que, du côté de la France présidente, quelque chose en soit dit ?
 
Aujourd'hui les jeux sont faits. On parle partout de résistance, et un blog s'intitule «Ici Londres». Le front uni, le TSS prospèrent, allégrement ­ c'est même pour l'éviter que je souhaitais la victoire de la gauche : une gauche victorieuse sait se débarrasser de ses alliés les plus compromettants, pas une gauche affaiblie.
 
Et vous, mes ami(e)s de longue date, prolongerez-vous l'union sacrée ? Continuerez-vous à côtoyer, en sifflotant d'un air absent, des alliés racistes et négationnistes ? Direz-vous encore ­ mais j'oublie, vous l'aviez déjà dit ­ : «L'ennui avec Sarko, c'est qu'il va susciter de l'antisémitisme.»
«Susciter» !
     
Partager cet article
Repost0
17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 17:41
http://www.denistouret.net/textes/Benamou.html


Georges-Marc Benamou

Journaliste d'investigation et écrivain sépharade, ayant "interrogé" le président François Mitterrand, qui lui accorde sa confiance, pendant les "mille" derniers jours de celui-ci, et "révélant" après la mort du président les confidences de ce dernier, qui aurait été "l'homme de la Cagoule", un antisémite se prétendant "l'ami des Juifs", d'ailleurs entouré de Juifs (Georges Dayan, Roger Lévy dit Hanin, Jacques Attali qu'il suspecte de trahison, ...), un nostalgique de Vichy refusant de faire repentance au nom de la France (ce qui ne fut pas le cas du président Chirac le 16 juillet 1995, après sa difficile élection contre Edouard Balladur) pour les crimes antisémites commis sous l'occupation nazie.

Auteur, notamment, de François Mitterrand, Mémoires interrompus, Entretiens avec Georges-Marc Benamou, Odile Jacob, Paris 1996 ; Le Dernier Mitterrand, Plon, Paris 1997 ; Jeune homme vous ne savez pas de quoi vous parlez, Plon, Paris 2001. Les deux derniers ouvrages font scandale.
Le tout dernier ouvrage est violemment attaqué par des "amis" de l'ancien président de la République.
En 2003, récidive, l'auteur, toujours aussi vindicatif, fait encore scandale lors de la publication d'un ouvrage toujours francophobe et très contesté Un mensonge français, Enquête sur la guerre d'Algérie, Robert Laffont, Paris, 2003.
En 2007, comme de nombreux juifs de France, il soutient la candidature présidentielle du judéo-gentil Nicolas Sarkozy et devient officiellement le conseiller de celui-ci.

1
Et voilà qu'aujourd'hui, Hanin (note dt, Roger Lévy dit Hanin, le beau-frère, l'époux de la soeur (Christine Gouze-Renal) de l'épouse du président Mitterrand (Danièle Gouze)) raconte :"Depuis son retour, il reste enfermé, dans sa chambre, personne ne peut entrer. Il reste seul avec Tarot qui dort au pied de son lit ..." ...
Et puis, comme si c'était l'heure de toutes les confidences, après tant d'années de silence, de retenue, de confidences étouffées, il lâche :"Vous savez, son cancer ... Il est ancien ...". Un blanc. Jusque-là rien de neuf, nous le savons qu'il a un cancer, depuis 1992. Il appuie :"Très ancien." Un autre blanc, puis il ajoute sans chercher à amortir le choc :"Il était déjà malade en 1981." Un gouffre. Un grand K.O. Des regards obliques. Nos airs incrédules. Un monde abasourdi. Plus un geste. Plus un souffle. Plus un mot. Et une drôle d'expression sur les visages des plus intimes. Le choc de la nouvelle, bien sûr. Mais du dépit aussi. En plus violent. Un sentiment de trahison. L'effroi d'appartenir à cette histoire à tiroirs. Après cela, qu'allait-on apprendre encore ?
Georges-Marc Benamou, Le dernier Mitterrand, Plon, Paris 1996, p. 18/19/20.

2
A table. Lui à la sienne, nous à la nôtre. Les huîtres arrivent, des centaines d'huîtres plates, pas trop salées, comme il les aime - il a téléphoné depuis Assouan pour s'en assurer. Seul dans son coin, il se penche sur son plateau. Il en aspire une, deux, trois, quatre, cinq, prenant à peine le temps de souffler. Il est concentré sur la tâche, ne se laisse pas distraire par les conversations, ou par des convives qui, de la grande table, tentent d'attirer son attention. Son plateau terminé, il marque une pause, ferme les yeux, et rejette la tête en arrière, pour laisser passer une onde de douleur. On lui apporte d'autres huîtres, il se redresse et se remet aussitôt à l'ouvrage avec la même ardeur. Il descend ainsi plusieurs plateaux, puis s'effondre, traversé par un spasme plus violent que les autres. Cela dure si lontemps qu'on le croit assoupi. ...
C'est l'heure des ortolans.
Pas de réveillon sans ortolans, avait fait savoir le Président avant de partir pour l'Egypte. Je croyais que les Ortolans étaient des voisins landais qui viendraient avec les Emmanuelli. Je ne m'étais pas tout à fait trompé. Les ortolans sont des oiseaux du Sud-Ouest, des petits bruants à la chair tendre, dont la chasse est interdite. Les meilleurs braconniers du pays revendent à prix d'or ces "petits oiseaux" - c'est leur nom de code. Emmanuelli doit avoir ses réseaux.
Le Président entend "ortolan", il se redresse. Le gendarme qui fait le service exhibe avec une solennité gaillarde le plat tant attendu. Une douzaine d'ortolans - il n'y en a pas pour tout le monde, on devra se débrouiller. Quelques convives déclinent l'invitation, car, ils le savent, c'est une épreuve. On vous sert la bête entière, brûlante, avec ses os et ses viscères, toute chargée de son jus et de son sang. On vous tend ensuite une épaisse serviette de coton, un large morceau de drap blanc. Et là, il faut faire comme eux, ces hommes qui, brusquement, tous ensemble, glissent la tête sous leur serviette. C'est une dizaine de taches blanches, une drôle d'assemblée de fantômes qui suçotent pendant que les femmes parlent à voix basses. Et, comme eux, il faut disparaître pour se retrouver face à face avec l'oiseau perdu au milieu de l'assiette. Il faut alors prendre la tête de l'orttolan brûlant dans sa bouche et la broyer, la faire craquer franchement sous les dents. Puis vous attaquez les ailes, petites ailes si peu charnues, et, après la tête et les ailes, il faut trouver les deux pattes, s'en saisir et enfourner le corps de l'oiseau. Ce petit corps, il faut le mettre tout entier dans sa bouche, d'un seul coup, et mâcher cette boule, et avaler ce jus, et broyer ces os, et faire cela comme un homme, comme un chasseur, comme un Landais. Ne pas faiblir, on ne doit rien recracher.
François Mitterrand ressort le premier de dessous la serviette fumante. Chaviré de bonheur, l'oeil qui pétille, le regard plein de gratitude pour Emmanuelli. Autour de la table, on le fête, sans lui et ses ortolans, le réveillon n'eût pas été complet. Mitterrand le remercie encore, de loin lui fait des signes de la main. Emmanuelli se met à expliquer quand, comment, par quelle filière lui sont venus ces ortolans. Emmanuelli, héros des Landes, un instant.
Il reste un ortolan. On s'en indigne, d'autant qu'ils étaient comptés. On le propose à la cantonade. Le gendarme circule à nouveau avec sa cassolette et le malheureux oiseau qui nage dans l'huile. Le Président se porte volontaire. Ceux qui viennent de subir l'épreuve le regarde stupéfaits. Et voilà le Président qui replonge sous sa serviette. Un long moment, on l'entend s'occuper de l'animal dans un silence absolu. L'opération terminée, il se rallonge, jette doucement sa tête en arrière, extasié.
Ibidem, p. 25/26/27. (L'anectote "des ortolans", contestée par certains proches de Me François Mitterrand, est confirmée par M. Roger Hanin dans son livre Lettre à un ami mystérieux, Grasset, Paris 2001).

3
Entre François Mitterrand et Serge Klarsfeld (note dt, le très célèbre membre de la communauté juive de France, chasseur de nazis) ce fut une guerre impitoyable. Elle s'étendit de 1990 à 1994, fut tordue, sourde, folle au sens où la mémoire française, à travers "Mitterrand", semblait se convulser dans ces batailles, se crisper, se refuser à une lumière crue. Cette guerre fut pénible mais nécessaire et l'on aurait pu croire que le vieux Mitterrand, ficelle, homme de tant de ruses, servi par l'appareil d'Etat, que ce stratège lors pair réduirait Klarsfeld à rien, le circonviendrait, le séduirait, le ménerait dans l'impasse comme il n'avait jamais manqué de le faire avec ses autres adversaires. Or pendant toutes ces années Serge Klarsfeld va mener la danse et conserver l'avantage en permanence.
Georges-Marc Benamou, Jeune homme, vous ne savez pas ..., p. 33.

4
Il y eut un engouement des Juifs pour François Mitterrand. Ni catho de gauche ni marxiste, adepte d'une "Union de la gauche" qui ressemblait au Front populaire, il a vu converger vers lui la grande tradition blumiste, ses gros bataillons, les Juifs et les laïques. Le fameux "vote juif" n'existe pas mais, en 1981, on votera pour Mitterrand contre Giscard qui n'avait pas interrompu sa partie de chasse chez le comte de Beaumont pour aller s'incliner rue Copernic (au moment de l'attentat contre la synagogue de la rue Copernic, en octobre 1980).
Ibidem, p. 46-47.

5
Il était des leurs. Les Juifs sont sentimentaux en politique. Ils étaient flattés, émus et reconnaissants. Pour la première fois, les Juifs pieux qui, le vendredi soir, dans un curieux rituel liturgique, rendent hommage au pays qui leur a donné la citoyenneté, le firent de bon coeur pour François Mitterrand.
Je relis cette phrase d'Attali. Comme elle résonne aujourd'hui ! "Il est beaucoup plus juif que la plupart des Juifs qui l'entourent." J'imagine la fièvre d'Attali. Jeune élu parmi les élus. Son prosélytisme sincère, tribal, ce "Oyez ! Oyez ! braves Juifs" qu'il portait jusque dans nos provinces - j'en étais. Il était l'ami de l'ami des Juifs, empressé à convaincre, à convertir, à séduire. Il dispensait sa passion et il n'en revenait pas d'être le Juif du roi.
Ibidem, p. 48.

6
Et enfin la Cagoule c'est la famille intime, secrète, presqu'adultérine de Mitterrand : sa soeur la plus proche, Marie-Josèphe, marquise de Corlieu, divorsée, sera des années durant (de 1942 à 1947) la maîtresse de Jean Bouvyer, ancien cagoulard charentais et fonctionnaire aux Questions juives à Vichy (Pierre Péan, Une jeunesse française, François Mitterrand 1934-1947, Fayard 1998, p. 537-554). Mitterrand suit les méandres et les vicissitudes de cet amour interdit, fréquente assidûment, comme nous l'apprend Péan (p. 229), l'appartement de la rue Zédé, puis celui de la rue Chernoviz, du côté de Passy, où fraie le Tout-Cagoule d'avant-guerre ; rend visite à la Libération à Bouvyer, en prison, reste fidèle à la mère de Jean, Antoinette Bouvyer qui deviendra la marraine de Jean-Christophe (Mitterrand).
Ibidem, p. 174.

7
Cela avait été un désastre. La grande explication télévisée avec Jean-Pierre Elkabbach (le 12 septembre 1994) devait servir de remède. Elle fut pire que le mal. ... Savait-il ... cette fatale erreur qu'il commit sur "le statut des Juifs étrangers"? Il avait frôlé la mort l'autre soir - la mort politique.
... Les Juifs ne comptaient pas, on ne les voyait pas, et quand le statut fut publié, on devait même estimer parfois que c'était là un juste retour des choses. Comme le dérapage de Raymond Barre sur les "Français innocents" (après l'attentat contre la synagogue de la rue Copernic, en octobre 1980, le Premier ministre Raymond Barre déclare :"Cet attentat odieux, a voulu frapper les Israélites qui se tendaient à la synagogue, il a frappé des Français innocents qui traversaient la rue"), le lapsus de Mitterrand - ce télescopage du sens et des dates - était dans le droit fil du reste, de sa "jeunesse française", de la manière bourgeoise et provinciale dont on considérait, dans son milieu charentais, les Juifs en 1940. Cette phrase disait tout. Elle était peut-être un effet de la vieillesse, une remontée de la jeunesse, une trahison de la vigilance mais elle révèlait précisément son état d'esprit d'alors : il était étranger à cette question juive et pour lui, les Juifs étaient des étrangers.
Ibidem, p. 190 et 195.

8
"Oui c'est un cadeau des Badinter (note dt, Robert Badinter, avocat et professeur de droit privé, ministre de la Justice ayant supprimé la peine de mort en France, président du Conseil constitutionnel, sénateur ; et son épouse Elisabeth Bleustein-Blanchet, philosophe, la fille du fondateur de Publicis). Des amis véritables, eux. Ils ne m'ont jamais lâché ... Ils sont rares ceux qui ne m'ont pas lâché ... Badinter est un des seuls. Il est un ami, il n'est pas forcément d'accord avec moi sur tout, nous en avons discuté mais nous nous respectons ... Ce n'est pas comme avec les autres." Les autres ... Un geste de la main qui désignait l'ennemi, Paris, son grouillement, ses rumeurs, la meute qui avait faillit le faire chuter, les "bourgeois conformistes", les rôdeurs, les jeunes, Le Monde, TF1, la gauche, la droite. Ceux qui allaient lui survivre, et les Juifs bien sûr.
Ibidem, p. 231.

9
Au beau milieu d'une allée, il s'arrêta et me souffla, en me regardant un peu confus, avec une précaution trop marquée - craignait-il que je le prenne pour un "antisémite" : "Les responsables juifs ont perdu leurs nerfs dans cette affaire ..."
"Ils ne sont pas assez souples, pas assez politiques. Le lobby ..." Il s'interrompit, et rectifia sèchement : "Enfin je veux dire l'aile la plus extrémiste du lobby juif ; Klarsfeld et ses acolytes ont guerroyé contre moi dans cette affaire. Ils ont ... été trop loin ... Je dis ça parce que je les aime bien mais ils ont tord d'être si fanatiques quand il s'agit d'Israël. En 1948 ou en 1967, alors que l'Etat était menacé, on pouvait comprendre.
... Il avait dit "lobby" ...
Eh bien, ce jour-là aussi, Mitterrand m'a dit "lobby".
A ce mot dégueulasse, j'avais froncé le sourcil. Il avait dû comprendre et rectifia dans l'élan.
Ibidem, p. 238-240.

10
Nous étions de retour à l'Elysée, côté Porte du Coq. Il n'avait pas envie de retourner à son bureau - pour faire quoi ? Sur le trottoir, il prononça brusquement la fameuse phrase de De Gaulle :"Israël, peuple d'élite sûr de lui-même et dominateur ...( ) et ajouta dans un petit rire :"Si moi j'avais dit la moitié de ça. Imaginez ..." ça le reprenait. Le syndrome de persécution, l'enfantin "pourquoi moi, pourquoi pas lui ?".
Il répéta, sardonique :"Peuple juif, sûr de lui et dominateur ..." puis rumina :"Où étaient-ils ceux qui me conspuent aujourd'hui, les notables, l'establishment, les intellectuels juifs ? On ne les a pas vraiment entendus contre de Gaulle. Pourtant il y aurait eu à dire ... Il n'y a eu que Raymond Aron pour rompre, pour avoir ce courage. Mais à part Aron, qui ? Personne ! Alors que la politique de De Gaulle était pro-arabe, qu'il y avait un boycott envers Israël, que c'était la pire des droites avec ses pires préjugés antisémites. Ils n'ont pas bronché. Ils n'ont rien dit ... Alors pourquoi moi ?"
Ibidem, p. 240-241.

11
Depuis le discours du nouveau président de la République au Vél' d'Hiv (le 16 juillet 1995, Jacques Chirac reconnaît "les fautes commises par l'Etat" dans la déportation des Juifs de France et l'existence d'une "dette imprescriptible" à leur égard), il était jeté là, sur son divan. ...
Il était allongé et seule sa main droite, suspendue en l'air, chiffonnait une feuille de papier :"Vous avez vu Chirac ... Tout cela est contre moi ... ! Vous parlez d'un discours démagogique ... Même de Gaulle doit se retourner dans sa tombe."
Contre lui ... Le dimanche 16 juillet à 11 heures, Jacques Chirac ... parla de Vichy, seulement de Vichy. ... Mais ce jour-là tout accablait Mitterrand. Le discours de son successeur, irréprochable ; l'émotion de la foule, immense cette année, les remerciements de Bulawko (Henri Bulawko, président de l'Amicale des anciens déportés juifs de France), la fierté historique de Klarsfeld, l'enthousiasme des éditorialistes le lendemain, et même les félicitations des socialistes au nouveau président.
Il reprit en pointant la fenêtre, et derrière la tour Eiffel et le Vél' d'Hiv' : "Et Klarsfeld ... Ce devait être aussi son jour de gloire ... Il triomphe. Chirac lui devait bien ça, depuis le temps qu'il fait campagne pour lui. Il paie sa dette ...
- Vous pensez que ce soit la seule explication à la position de Chirac, monsieur le Président ?
- Et comment ... !
"
Ibidem, p. 275-276.

--------

Commentaires.
Jean-François Kahn : Quand un petit marquis de la gauche caviar publie un livre truffé de contrevérités sur la tragédie algérienne et tente d'assassiner la mémoire de De Gaulle, on est sûr d'une chose : ça marchera. Et cela gràce à des médias qui veulent en finir avec l'exception française. Le Général est bien mort ...
Jean-François Kahn, Journaliste et essayiste ashkenase, Le système médiatique au service d'un livre terroriste, Nouvel attentat contre le général De Gaulle, Marianne, 3 au 9 novembre 2003, p. 16

------

Pierre Vidal-Naquet*, Historien : Ce livre est une merde.
Ce livre est une merde. Tout simplement. Il comporte tant d'erreurs grossières que l'on pourrait s'amuser à réaliser un bêtisier. Je ne vais pas être trop cruel mais me contenter d'en citer quelques-unes: Benamou explique qu'en 1945 le général De Gaulle choisit entre les propositions de Mendès France et celles de Pinay. Or, ce n'était pas Antoine Pinay mais René Pleven! Page 151,ilconfond Henrid'Astier de la Vigerie avec son frère Emmanuel. C'est énorme. Il y a aussi une confusion incroyable page 49. Benamou parle d'Albert Bayet comme du patron de la Société des agrégés. C'est en fait Guy Bayet, un homme de droite, qui était patron de la Société des agrégés. Ce livre revisite la guerre d'Algérie de manière fantaisiste. Lorsque Benamou a le culot d'écrire, page 13, qu'il veut « confronter la mémoire à l'histoire », il se moque du monde. Il confronte l'erreur à l'histoire. Il suffit de regarder: page 220, le chiffre des harkis tués est largement gonflé. Je suis affolé par la nullité de ce livre fait à la va-vite. Un livre truffé d'erreurs grossières, Marianne, 3 au 9 novembre 2003, p. 21 * Historien, a publié sur la guerre d'Algérie plusieurs ouvrages de référence.

-------

 

Vers Première Page

Mesurez votre audience

) + '" alt="Mesurez votre audience">'); //--> Mesurez votre audience
Partager cet article
Repost0
17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 13:32
http://www.resiliencetv.fr/modules/news/article.php?storyid=2332

Editorial
 : Premier bilan : Védrine, la mobilisation a payé
Par LSA Oulahbib le 17/05/2007 (143 lectures) - Articles du même auteur

En affirmant massivement ici et là le refus de voir Védrine arriver au Quai, il semble bien que nous avons été entendu et surtout compris en ceci : nous n'avons pas à supporter l'idée que le totalitarisme islamiste serait un produit occidental d'origine américano-sioniste comme le pense Védrine et la majeure partie de la classe politico-médiatique française.

Mais ce n'est pas tout : il est clair qu'en matière d'identité nationale, de protection sociale, d'éducation, d'environnement, beaucoup de choses doivent être également sinon combattues du moins rectifiées. Ainsi, s'agissant tout d'abord du dernier point, s'il s'agit, comme le souligne Allègre, de combattre la pollution, dont les pesticides, la prolifération des déchets, la raréfaction de l'eau, l'aridification et la désertification, ce combat est aussi le nôtre.

Mais s'il s'agit,
sur la base d'informations fragiles sinon réductrices en matière de climat, en particulier concernant le CO2, d'inventer des taxes qui n'auront comme seul effet que de ralentir un peu plus la croissance et en plus de créer des répliques chinoises et indiennes en matière de hausse des tarifs douaniers, il est clair que nous ne pouvons supporter cette dérive autoritaire et gauchisante.

Qu'il fasse faire un effort considérable en matière de création de logements adaptés au solaire, en matière d'hybridation des moteurs, de recyclage divers, de soutien au génie génétique (qui précisément évite les pesticides et donc la pollution des nappes phréatiques) et aux recherches de troisième et quatrième génération en matière nucléaire, soit ; qu'il s'agisse également de viser plutôt le qualitatif donc le développement harmonieux (plutôt que durable qui semble plutôt conservateur) que la seule croissance quantitative, c'est ce que j'appelle précisément la condition néomoderne ; mais de là à engager ne serait-ce que le petit doigt dans le délire millénariste illuministe de l'anti-développement et de la dé-croissance, il y a là un pas qu'il ne faudra pas franchir parce qu'il sera ici combattu.

Concernant le troisième point, l'éducation, (qu'il serait préférable de nommer l'Enseignement, parce que l'éducation doit rester de la responsabilité des familles) il est clair, et je l'ai répété à plusieurs reprises, qu'il ne doit pas être opposé l'enseignement amenant à l'emploi et celui chargé d'apprendre à penser et surtout à se méfier des idéologies qui tentent d'apparaître comme étant la réalité même. On ne doit pas opposer un cours de grec ancien et un cours d'économie financière. Aussi, l'autonomie de l'enseignement signifie la possibilité donnée aux établissements d'être réellement libres de leur pédagogie, mais aussi de leur recrutement, et de leurs sources de financement ; à charge, pour le Pouvoir Public, de vérifier, a posteriori, si l'égalité en droit a bel et bien été respecté, à savoir l'idée que tout participant à l'Enseignement doit être accompagné vers l'option de son choix, voire aidé sous forme de prêts et bourses si ses ressources s'avèrent insuffisantes, et ce via un système général de Solidarité nationale, financé, aussi, par des défiscalisations et des mutualisations : ainsi, le versement de 10% de son imposition à ce Fond peut être déductible des impôts à hauteur de 12% par exemple...

Ceci nous amène directement au second point, celui de la protection sociale : il nous faut penser celle-ci à la façon de l'assurance qui prévient simultanément contre le vol, l'incendie, le dégât des eaux et l'accident automobile sans parler de celui aux personnes. En clair, il faut envisager la protection en matière de santé d'emploi et de retraites de la même façon, quitte à ce que néanmoins la charge confiée à l'assurance soit également pensée à la façon d'un capital placé.

Ce qui implique concrètement ceci : ce que l'on appelle les charges sociales doivent être conçues comme un capital que l'on peut placer et rémunérer et non pas comme un retrait, même si celui-ci est retourné favorablement lorsque l'on tombe malade, que l'on est sans emploi ou à la retraite. Mais on voit bien que ce système dit de répartition et qui plus est monopolistique s'essouffle dans tous les domaines tout en grevant les finances publiques et la croissance dans son ensemble.

Dans ces conditions, et au-delà d'un débat idéologique irréaliste, il faut aller dans le sens d'un panachage d'une assurantialisation de la protection sociale (ce qui implique la fin du monopole de la Sécurité Sociale) et d'une mutualisation de ses coûts lourds comme les maladies graves et la Solidarité nationale s'étendant de la naissance à la mort.

Cette façon de penser nous amène au premier point, celui de l'identité nationale, que Nicolas Sarkozy a fortement souligné lors de la commémoration présentée à la mémoire de ces jeunes fusillés du Bois de Boulogne. L'identité nationale, qui se veut à la fois permanente et renouvelée, (ou le jeu du Même et de l'Autre, c'est-à-dire de l'intégration de la Différence au sein même de l'Identité comme le rappelait Hegel), implique à la fois des principes intangibles ou valeurs transcendantales inamovibles et réelles c'est-à-dire nécessaires, et à la fois des pratiques qui les concrétisent de manière à ce qu'elles soient vérifiées et ainsi ne restent pas des mots creux. Ces mots qui permettent certes à la République d'envoyer ses enfants à la Mort, celle du champ de bataille issu parfois de ses erreurs tragiques aussi, sauf que ces mots, qui font pleurer à la lecture de la lettre de Guy Mocquet, créent aussi, lorsqu'ils restent lettres mortes, ce décalage et donc ce scepticisme teinté de cynisme indiquant que la République sait phraser, mais ne sait plus déchaîner l'enthousiasme ; parce qu'elle a trop joué avec les mots et pas assez prouvé dans les choses ce que cela veut réellement dire. Voilà qui n'est plus possible. Du moins si l'on prétend, réellement, incarner une rupture avec une génération qui n'a pas su, suffisamment, retenir les leçons de ce passé récent qui a vu la France fléchir en 40 et aujourd'hui commencer à décliner.

Et retenir les leçons du passé, signifie, semble-t-il, ne pas oublier que des jeunes gens sont morts d'abord pour la France et non pour défendre aussi les intérêts d'une nation étrangère. Très concrètement, cela veut dire que s'il faut saluer la mémoire du jeune Guy Mocquet il ne faut pas également oublier tous ceux qui n'étaient pas communistes, c'est-à-dire qui n'avaient pas aussi sinon principalement en tête la défense de Moscou, mais uniquement celle de la France.

Ainsi, s'il s'agit de rappeler la douloureuse expérience subie à l'encontre de l'hydre nazie, et d'indiquer que des français de toutes obédiences étaient parties prenantes dans la résistance, il ne faut pas oublier les crimes commis au nom d'une idéologie liberticide, l'idéologie léniniste, crimes qui ont été soutenus, défendus, cachés, en France, et sont encore aujourd'hui niés ou réduits à la dimension tyrannique du stalinisme.

Il serait dans ce cas judicieux que des cérémonies soient également organisées pour commémorer les victimes de ce totalitarisme léniniste, car même si officiellement l'Etat français n'a pas avalisé celui-ci, il a permis que certains de ses représentants aient des responsabilités politiques alors que cette idéologie reste toujours souillée de sang répandu au nom du peuple.

Par ailleurs, il serait également convenable que tous ceux qui ont combattu pour la France, comme les harkis et les anciens d'Indochine, soient reconnus en tant que tels, au-delà de savoir si leur combat était critiquable, puisqu'il s'agit d'admettre qu'une France, républicaine, et porteuse de valeurs universelles, ne peut avoir commis des crimes contre l'Humanité, même si elle pu fauté (comme au Rwanda) ou réprimé trop durement ceux qui voulaient seulement l'équité entre tous (comme en Algérie) avant d'être manipulé par les idéologies anti-républicaines fascistoïdes et national-islamistes.

La réelle réconciliation des Français avec eux-mêmes et leur Histoire signifie la possibilité de remettre tout à plat, tout, qu'il s'agisse d'évènements historiques qui palpitent encore comme autant de blessures larvées, qu'il s'agisse de structures, institutionnelles et sociétales, économiques et politiques, à rénover en profondeur si l'on veut, réellement, que la prospérité et la solidarité soient les deux "mamelles de la France". Voilà la tâche. Pour un Président de tous les Français.

Partager cet article
Repost0
17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 13:14
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-823448,50-910752,0.html

Une diplomatie à deux visages, entre le chiraquien Jean-David Levitte et le "french doctor" Bernard Kouchner
LE MONDE | 16.05.07 | 15h01  •  Mis à jour le 16.05.07 | 15h01

es nominations attendues à la tête de la diplomatie française, après la prise de fonction de Nicolas Sarkozy, traduisent une volonté de faire cohabiter des courants politiques différents, et des personnalités contrastées. La création d'un Conseil de sécurité nationale, structure inspirée de ce qui existe aux Etats-Unis, et qui serait chargée de conseiller le chef de l'Etat sur les grands dossiers stratégiques et internationaux, pourrait cependant accentuer la "présidentialisation" de la politique étrangère.

C'est à Jean-David Levitte, un expert à sang froid des dossiers internationaux, diplomate expérimenté, marqué par une longue collaboration avec Jacques Chirac, que M. Sarkozy a fait appel pour coiffer l'équipe diplomatique à l'Elysée. M. Levitte a été conseiller diplomatique à l'Elysée, de 1995 à 1999, et il occupe depuis 2002 le poste d'ambassadeur à Washington.

Le choix de Bernard Kouchner comme ministre des affaires étrangères viendrait quant à lui signaler un engagement prononcé sur le terrain des droits de l'homme - un des thèmes récurrents de M. Sarkozy dans la campagne électorale.

Les deux hommes s'entendent bien, mais leurs prises de position n'ont pas toujours coïncidé, et la marge de manoeuvre qu'aura M. Kouchner reste incertaine. Jean-David Levitte a l'agilité sobre d'un diplomate de profession, qui s'est distingué par sa gestion adroite des retombées de la crise ouverte entre Paris et Washington en 2003, au moment du déclenchement de la guerre en Irak. Il avait alors accompagné sans hésitations apparentes la campagne menée à l'ONU par Dominique de Villepin, en opposition frontale avec l'administration Bush. Auparavant, en tant que représentant auprès des Nations unies (de 1999 à 2002), il favorisait les contrats français dans le cadre du programme "Pétrole contre nourriture", le mécanisme de sanctions aménagées visant l'Irak de Saddam Hussein, dont de nombreux abus ont été exposés. Après 2004, et le début d'une coopération franco-américaine étroite sur le Liban, M. Levitte a joué un rôle important dans le retour à un certain pragmatisme entre Paris et Washington.

Le fait que ses relations personnelles avec M. de Villepin n'aient pas toujours été au beau fixe, depuis l'époque où tous deux travaillaient à l'Elysée, a pu peser dans son rapprochement avec M. Sarkozy. En septembre 2006, l'entregent de M. Levitte avait facilité la visite à Washington du candidat de l'UMP, photographié dans le bureau ovale de la Maison Blanche avec George Bush.

A l'inverse de M. Levitte, Bernard Kouchner, le "french doctor" de gauche héraut du "droit d'ingérence", est un sanguin aux prises de position passionnées, que ce soit sur le Kurdistan ou plus récemment sur le Darfour.

En 2003, Bernard Kouchner s'était démarqué de la diplomatie française, en considérant que l'offensive américaine en Irak avait avant tout le mérite de renverser un dictateur sanguinaire. Il a tenu des propos très critiques sur l'évolution du régime russe et la guerre en Tchétchénie, ce qui rend son arrivée au Quai d'Orsay plus compatible avec les prises de position de M. Sarkozy, pendant la campagne électorale, que celle - envisagée un temps - d'Hubert Védrine, connu pour son hostilité au "droit-de-l'hommisme".


Natalie Nougayrède

Un Conseil de sécurité nationale sur le modèle américain

Tel qu'il est décrit par le député (UMP) Pierre Lellouche, qui a plaidé pour sa création, le Conseil de sécurité nationale, qui serait chargé, au sein de l'Elysée, de fournir des analyses et des avis au président sur les grandes options de politique étrangère, regrouperait une trentaine d'experts du Quai d'Orsay, du ministère de la défense et du secrétariat général à la défense nationale (SGDN), ainsi que des universitaires. L'idée est de doter le chef de l'Etat d'une structure équivalant au National Security Council américain. Cette instance pourrait être dirigée par Jean-David Levitte. Ce renforcement de l'Elysée interviendrait alors que M. Sarkozy a parlé, pendant la campagne, d'en finir avec le "domaine réservé".

Partager cet article
Repost0
16 mai 2007 3 16 /05 /mai /2007 23:16
Vers une nouvelle gauche ? le débat dans «libération».
La vraie mort de Mitterrand
 
Jusqu'à la présidentielle, la politique française a été hypothéquée par un «danger Le Pen».
 
Par Shmuel TRIGANO
 
QUOTIDIEN : mercredi 16 mai 2007
 
Shmuel Trigano professeur des universités, directeur de la revue Controverses. Dernier ouvrage paru : le Monde sépharade, Seuil, 2006.
 
 
 
Sans une analyse stratégique au long cours, on ne comprend pas le tremblement de terre politique qui vient de se produire en France. La campagne de Nicolas Sarkozy a mis un terme définitif à l'ère mitterrandienne. De 1985 à 2007, le paysage était régi par une stratégie mise en place par le deuxième Mitterrand. Pour se faire réélire, celui-ci devait faire face à l'échec du «programme commun» de la gauche qui lui avait assuré le succès et que la «politique de rigueur»  avait remisé très vite aux oubliettes. Cet échec s'inscrivait plus gravement dans le rapide déclin du socialisme à l'approche de la disparition de l'Union soviétique.
 
Mitterrand eut une idée géniale autant que machiavélique. Il forgea de toutes pièces une réédition de la stratégie du front antifasciste des années 30. Sa caractéristique essentielle fut de mettre entre parenthèses les oppositions idéologiques et de neutraliser les luttes partisanes pour faire face à un ennemi commun, en règle générale au nom de valeurs suprêmes.
 
Mitterrand sut inventer et élever à la hauteur d'un mythe ce qui devint aussitôt une idée toute faite : «le danger Le Pen». Danger en l'occurrence raciste : la marche des beurs pour l'égalité, première manifestation du problème de l'immigration, lui offrait une opportunité exceptionnelle. Il appelait non plus la gauche, mais «les républicains» à faire front commun par-delà les frontières des partis. Il prenait ainsi la droite en otage de l'extrême droite lepéniste en lui enjoignant urbi et orbi de choisir entre le fascisme et la république, donc à s'aligner sur la majorité présidentielle. Cette prise en tenaille la laissa sidérée et impuissante et la condamna à l'échec pendant plusieurs années. Mais aussi elle permit à Mitterrand de se libérer du poids de son propre parti, en s'assurant un pouvoir régalien. L'affaiblissement du PS se vérifia en 2002 où l'on vit ­ produit du mythe du «danger Le Pen» ­ la gauche plurielle saper ses chances d'accéder au pouvoir. 2002 vit en fait la mitterrandisation de Jacques Chirac, lequel répéta autour de sa majorité le coup mitterrandien dont la droite avait été victime. En situation inversée, l'extrême gauche prit en tenaille le PS et le réduisit à résipiscence, le forçant à faire la campagne de la droite, au nom de la république.
 
Toute la vie politique française a été hypothéquée pendant des années par cette stratégie. «Le danger Le Pen» l'a hantée sans pourtant que Le Pen accède jamais au pouvoir. Un nouveau paysage s'est néanmoins mis en place dont il a été la clé de voûte, les partages se faisant contre lui. La cohabitation qui a caractérisé cette époque fut l'illustration la plus directe de l'anémie et de la tétanie de la vie politique qui en résultèrent. La spirale s'enroulant autour du pôle antifasciste a creusé l'ensemble de la vie politique, réduisant à néant toute différence entre droite et gauche, massifiant et égarant le public, tout en durcissant les extrêmes. Au moins deux générations n'ont rien connu d'autre de la vie publique, au point de ne plus rien comprendre à la réalité.
 
Le Pen était devenu l'élément exclu autour duquel le jeu politique se structurait. Il lui fut abandonné le thème de la nation et de l'identité nationale, ce qui était logique puisque c'est au nom de la défense des immigrés contre le racisme du Front national que le front antifasciste (officiellement front «républicain») avait été lancé. Rien de plus efficace qu'une opposition binaire. La déconnexion inédite de la république et de l'identité nationale qui en résultait était bien en phase avec le postsocialisme qui se mettait en place dans les habits du droit-de-l'hommisme (droit d'ingérence, «société civile mondiale», etc.) : une version postmoderniste de la république.
 
La victoire de Nicolas Sarkozy trouve son explication dans une telle analyse stratégique. En bonne théorie, le vainqueur est celui qui capte le jeu en cessant de le jouer et donc nécessairement en inventant un nouveau site à partir duquel il joue. Ce site ne peut être qu'extérieur au site du jeu dominant, en l'occurrence la position que Mitterrand avait allouée à Le Pen. En occupant (dangereusement) ce lieu réprouvé et sacré (presque mystiquement), il a fait sauter le dispositif mitterrandien et fait place nette à une configuration politique «vierge». Pour ce faire, il lui a suffi de viser la poutre maîtresse du dispositif : le mythe du «danger Le Pen». La réintégration du thème de l'identité nationale (absente de son discours d'avant la campagne, plutôt multiculturaliste et postrépublicain), l'invention tactique du «ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale» (synthèse détonante de deux contraires : immigration et nation) ont suffi à pulvériser les positions stratégiques de tous les partis. La baudruche du «danger Le Pen» s'est dégonflée, le FN étant ramené à bien peu de chose, et la gauche, restée calée dans les catégories mitterrandiennes, s'est vue dévoilée dans son «archaïsme», selon le mot de DSK.
 
Le triomphe de Sarkozy a ainsi marqué la fin d'une époque. Les dés sont redistribués aujourd'hui, ce qui lève l'hypothèque nocive que la manoeuvre mitterrandienne avait fait peser sur la vie politique. Les réactions à l'encontre du nouveau président (le mythe du «danger Sarkozy», «tout sauf Sarkozy») que l'on observe dans une partie des élites et de l'opinion montrent que celles-ci sont toujours rivées au paysage mitterrandien et qu'elles n'ont rien compris à la nouvelle donne politique. En lisant la situation à l'aune du prisme du passé, elles se vouent à un échec inéluctable. Il faut faire preuve d'invention pour renouveler en profondeur la vie politique, ce qui passe par apprendre à se situer dans le système politique hors de la référence à un paysage désormais caduque. Le front «anti» n'a plus aucune chance de succès : la politique doit retrouver ses droits. La politique «pour», une politique de proposition.
 
Partager cet article
Repost0
15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 07:45

http://www.diasporablogj.blogspot.com/

PASSERELLE
Source : liberation.fr
en ligne le 14 mai


Kouchner en route pour le Quai?
Par Annette LEVY-WILLARD


C'est le rêve de sa vie, et il pourrait se réaliser : Bernard Kouchner, selon ses proches, accepterait d'être le ministre des Affaires étrangères de Sarkozy. Certes, l'ex-ministre PS aurait préféré un gouvernement Royal, mais après tout il rejoint ses grands amis et compagnons de route qui ont déjà rallié Sarkozy : Jacques Séguéla, Bernard Tapie et André Glucksmann. Ils auraient d'ailleurs suggéré son nom au président élu en recherche de personnalités «rassemblantes». Très populaire chez les Français, star à l'étranger, le French doctor avait des comptes à régler avec le PS, qui ne lui a jamais trouvé une vraie place. Fondateur de Médecins sans frontières puis de Médecins du monde, ex-secrétaire d'Etat à l'action humanitaire et ministre de la Santé, responsable de la mission de l'ONU au Kosovo, député européen, etc., Kouchner a toujours milité pour les droits de l'homme contre la raison d'Etat. Certes, il a en commun avec Sarkozy de n'être ni antiaméricain ni anti-israélien, mais il acceptera difficilement d'appliquer une politique contraire à ses convictions. Avec lui ­ Sarkozy l'a-t-il compris ? ­, l'esprit de 68 entre au Quai d'Orsay.

Partager cet article
Repost0
11 mai 2007 5 11 /05 /mai /2007 21:05
Effets d'une révolution
 Publié le 11 mai 2007
Actualisé le 11 mai 2007 : 18h14
 

Le bloc-notes d'Ivan Rioufol

 

 
Le mur est tombé. De­puis des décennies, il maintenait la France dans un monde fictif, où des gardes-chiourmes interdisaient d'appeler un chat un chat. Pour avoir su imposer la liberté de ton que la droite honteuse n'osa jamais tenir, Nicolas Sarkozy bouleverse la pratique politique. Dans l'immédiat, il oblige la gauche impériale à mettre le nez dehors et à s'interroger : est-ce ainsi que les hommes vivent ? Oui, la révolution annoncée (« Bloc-notes » du 12 novembre 2004) est en marche.
 
En élisant un fils d'immigré vantant la réussite individuelle et ne cachant rien de son admiration pour les États-Unis et Israël, les Français ont tourné la page, laissant le socialisme à sa naphtaline. La colère de Dominique Strauss-Kahn, reprochant au PS dès dimanche soir de n'avoir « toujours pas fait sa rénovation », était pleine de justesse. Mais c'est ce parti périmé, dont DSK veut conduire le « renouveau », qu'il a lui-même tenté de refiler aux électeurs.
 
Les fulminations de la gauche contre le libéralisme ou l'atlantisme ont montré un parti étriqué, incapable de surcroît de s'intéresser à la nation, laissée au bon vouloir des nouveaux venus. Ses lynchages contre Sarkozy, qui ont inspiré ces jours-ci les émeutes de lycéens, l'ont révélé intolérant. François Hollande a dû, mardi, appeler à l'arrêt des violences que Ségolène Royal avait justifiées en dénonçant la dangerosité de son adversaire. Mais qui s'indignent de ces atteintes à la démocratie ? Quand la Ligue des droits de l'homme réagit, ce n'est pas pour critiquer le comportement totalitaire des casseurs, mais pour appeler à la « vigilance » contre le futur président. Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples appelle, lui, « à la poursuite de la résistance démocratique ». Autant de positions injurieuses pour ceux qui ont dit oui à un nouveau modèle de société.
 
Le peuple excédé a rejeté cet univers de faux-semblants et de terrorisme intellectuel. Même si la défaite de Royal (46,94 %) reste honorable, elle a surtout attiré, à 50 % selon un sondage Figaro-TF1, les voix de refus de l'autre candidat. Un travail d'autocritique attend le PS, en préalable à son ouverture à la social-démocratie. Il lui reste peu de temps, avant les législatives de juin, pour convaincre de sa prise de conscience.
 
Épreuves annoncées
 
Le parler-vrai doit continuer à être tenu, si les politiques - et les médias - veulent se réconcilier avec les Français, envahis d'un sentiment d'abandon. Cette franchise ne peut épargner le futur chef de l'État. Or, en allant fêter sa victoire au Fouquet's, haut lieu du Tout-Paris, avant d'y passer la nuit pour ensuite accepter une invitation sur un yacht en Méditerranée avec sa famille, il s'est prêté à un luxe qui ne lui est pas interdit, mais qui aurait pu éviter le symbole solennel de son élection.
 
Le courage qu'a mis Nicolas Sarkozy à dire les choses, bravant l'intolérance, l'oblige à une semblable résistance contre ceux qui s'opposent déjà aux réformes annoncées. « Le score de Nicolas Sarkozy n'est pas un blanc-seing », a prévenu Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, tandis qu'une protestation étudiante semble vouloir prendre la relève de la contestation produite par « Ces jeunes qui ne digèrent pas»Sarko* », comme l'explique complaisamment Le Monde de jeudi.
 
Saura-t-il tenir bon ? Pour avoir trop souvent reculé, Jacques Chirac n'a su réformer la France, qui traîne à la 28e place pour sa compétitivité économique. Margaret Thatcher et Ronald Reagan sont devenus de grands réformateurs après avoir tenu tête, l'une à une grève générale des mineurs qui dura un an, l'autre à un conflit des contrôleurs aériens. De telles épreuves risquent d'attendre le prochain gouvernement.
 
Dès mardi, Claude Guéant, directeur de la campagne de Sarkozy, a rappelé aux syndicats qu'ils ne représentent que 8 % des salariés et qu'ils ne pourront pas « aller contre l'avis » des Français. Le gouvernement aura cent jours - cet état de grâce qui accompagne une élection - pour engager ses plus grands chantiers (contrat de travail unique, service minimum, réforme des régimes spéciaux, autonomie des universités, etc.). La moindre faiblesse est proscrite.
 
Les erreurs de Bayrou
 
« L'affrontement ne résoudra pas les problèmes de la France », prédit François Bayrou, tout à sa méthode d'apaisement. Cependant, en se reportant massivement sur la droite et la gauche au second tour, ses propres électeurs ont avalisé le bipartisme, durablement inscrit dans le paysage politique. Incapable de désigner ne serait-ce que le candidat qu'il soutenait au second tour, le centriste s'est comporté à re­bours des attentes des gens pour un langage et des choix clairs. Celui qui se voulait rassembleur et hors système vient de faire éclater son propre camp, en lançant hier un Mouvement démocrate, penchant à gauche, dont se sont désolidarisés la majorité des députés UDF. « J'ai une bonne nouvelle pour vous. À partir de ce soir, la politique française a changé », avait-il annoncé à l'issue de sa défaite, qu'il avait préalablement jugée impensable. Pour s'être tant trompé, Bayrou voit probablement s'éloigner ses ambitions pour 2012.
 
Relaxe d'un enseignant
 
Le 16 mars, je vous parlais de Charles Belmer, enseignant suspendu par son proviseur pour avoir notamment dénoncé sur un blog « l'idéologie anti-occidentale », transmise par l'école de la République. Le tribunal correctionnel du Havre vient de le relaxer. Belmer entend poursuivre en justice l'Éducation nationale. C'est aussi cela, les effets d'une révolution.
 
irioufol@lefigaro.fr

 

Partager cet article
Repost0
11 mai 2007 5 11 /05 /mai /2007 13:42
 
Analyse : Bayrou, égo-centriste Par LSA Oulahbib le 11/05/2007 (81 lectures) - Articles du même auteur

Á l'heure où les radios du service public (France Inter, France Info, France Culture) et divers radios et Tv très privés, octroient une très large place aux étudiants anti-Sarko qui manifestent (officiellement...) contre une supposée "privatisation de l'enseignement supérieur" (ce qui serait une excellente nouvelle tant une rentrée de capitaux permettrait de le sortir du sous-développement tout en permettant aux plus démunis de faire enfin des études sérieuses, surtout si l'enseignement du grec ancien n'est pas opposé à celui du marketing), la collusion d'intérêts entre ces médias et Sarkozy ne saute pas aux yeux, quoiqu'en dise le nouveau Président du Modem (Mouvement démocrate), François Bayrou, à longueur d'antenne censée pourtant lui échapper. Et celui-ci va plus loin.

Il ne fait pas seulement du néomarxisme sondant la perméabilité du psychisme sarkozien vis-à-vis des "puissances d'argent" (on disait les "200 familles" autrefois au feu parti communiste...), il prétend s'emparer de l'idée même de démocratie.
Comment ? En opposant l'idée de séparation des pouvoirs à celle de contre-pouvoirs, vocable gauchiste anti-institutionnel de type soviétique qui prétend se substituer aux organismes légitimes en organisant la contestation permanente comme on le voit dans les universités, et les services publics. Ainsi, certains se prétendent au-dessus du suffrage universel en se targuant d'être des docteurs es services publics, ceux-ci étant leur propriété qu'un Sarkozy aurait comme intention de "casser"...

Bayrou ne parle pas autrement, sinon en ajoutant de la confusion et du mielleux (future cuvée 2012) lorsqu'il parle de "mieux éduquer, soigner, gouverner", ce qui ne mange pas de pain lorsque l'on n'explique pas comment.

Il sera très intéressant d'observer ce qui va se passer dans tous les prochaines semaines sur ce très strict point du comment. Á commencer par les élections législatives : comment le Modem va-t-il procéder ? Bayrou va-t-il faire du Le Pen en se maintenant au second tour ? Va-t-il s'allier au PS ? Se désister au cas pour cas pour l'UMP ? Il semble bien qu'il va jouer sur les trois tableaux à la fois puisqu'il ne semble pas qu'un accord de gouvernement voire même de désistement puisse voir le jour avec le PS ou l'UMP. Bayrou n'en a cure puisqu'il se prétend porter par une vague de ni-ni (ni droite ni gauche) trente trois mille personnes ayant adhéré dit-il à son mouvement depuis dimanche.

Mais ne les emmêne-t-il pas vers une impasse à l'instar du joueur de flûte faisant le funambule à l'extrême bord de la falaise du politique ? Il est dommage qu'un vaste mouvement de renouvellement de la vie politique qui se manifeste également et sans doute surtout dans l'élection de Sarkozy se voit gâché par des aventuriers en panne d'OPA et jouant le rôle du personnage indispensable, mais qui se trouvent éternellement "poulidorisés". Les livres d'Histoire en regorgent :
Mendès France, Chaban Delmas, Jacques Delors, Michel Rocard, Bernard Kouchner, Dominique de Villepin....

François Bayrou tente d'utiliser les failles actuelles du système politique pour espérer une autre issue, que celle-ci. Sauf qu'il ne semble pas convaincre sur ce plan ; la montagne Bayrou accouche d'une souris, un nouveau parti, malgré toutes les rotomontades et effort de collier possibles prétendant faire "autrement". Á moins, il est vrai, que le PS se casse en deux et que l'UMP ne puisse pas transformer l'essai.

Sur ce dernier point,le fait que Sarkozy ait approché Hubert Védrine pour le poste de ministre des affaires étrangères, c'est-à-dire un pro palestinien et un anti-américain (partisan de l'Europe puissance s'opposant, en priorité, aux USA) n'est pas là pour rassurer les occidentaux néomodernes que nous sommes.

Aussi nous faudra-t-il être vigilant à ne pas voir certains espoirs être entamés par la continuité d'une politique chiraquienne qui n'a fait qu'accroître les tensions en France et dans le monde puisque au lieu d'apparaître unis face au totalitarisme islamiste et néocastriste, la France, et, encore plus, l'Europe, alimentent le jeu de dupes que fomente en sous-main des pays comme l'Iran la Syrie le Vénézuéla, le Zimbabwe, le Soudan, puisque ces pays n'ont souvent pas d'autre politique que de diviser pour mieux rêgner.


En tous cas, observons que, sur tous ces points, Bayrou semble bel et bien inexistant.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis