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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 10:45

 

Seul a le nez solennel qui pointe le Président normal, sous le pic de ce qui ressemble bien à une... pyramide. 

 

L’anti-Netanyahisme primaire de la Présidence française

 

Par Marc Brzustowski.

 

Que penser de la noyade dans un verre d’eau, distillée au « Canard enchaîné », à l’occasion de l’envol de François Hollande vers Beyrouth ? Si on en croit les fuites organisées du Quai d’Orsay, en direction du petit journal satirique, qui n’a jamais ménagé une critique directe ou indirecte aux institutions israéliennes, à commencer par ses romans-feuilletons difficilement crédibles sur ses services de sécurité ou son armée, le Président français se serait fendu de quelques confidences peu amènes à l’encontre du Premier Israélien en visite à Paris et surtout, venu se recueillir auprès des familles endeuillées de Toulouse.


Ainsi, selon ces indiscrétions, Bibi Netanyahou aurait utilisé cette commémoration à des fins électorales, ne se serait « pas montré  correct » dans son usage des victimes israéliennes, afin de remporter la mise de son prochain passage devant la Knesset, le 22 janvier prochain et serait « obsédé » par le programme nucléaire iranien …


Il n’aurait que deux inquiétudes, comme autant de défauts incorrigibles : la sécurité des Juifs de Diaspora et celle de la Terre de lait et de miel qu’il les invite à rejoindre dans des temps futurs, pas trop éloignés. Diantre, quelles preuves de cynisme et de manipulation ! A contrario, ne peut-on émettre la critique que toute cérémonie oeucuménique autour des victimes qui rassemblent "servirait" les intérêts d"un gouvernement socialiste en perte de vitesse dans les sondages? Une plume juive ou israélienne se serait-elle permise un tel procès d'intention nourri de remarques indécentes aux accents quasi-nécrophages? Hollande noircirait donc délibérément le tableau d'un moment d'une gravité intense à des fins diplomatiques?...


Qu’on s’en souvienne, le Premier ministre s’est contenté de rappeler que les Juifs de France étaient les bienvenus en Israël. On sait, par ailleurs, que l’Alyah de France n’est jamais massive, voire se déroule au compte-compte, si on excepte quelques pointes dans les années 2005. En tout état de cause, l’antisémitisme n’est pas, à proprement parler, un vecteur essentiel de son mouvement de montée vers Israël. Le lien viscéral qui rattache les Français Juifs à l’Etat Hébreu se manifeste, de façon plus déterminante, à l’issue de victoires militaires d’Israël, si on se rapporte aux chiffres de ces dernières décennies. Les poussées d’antisémitisme préoccupent naturellement les dirigeants d’Israël et ne pas faire une telle proposition à cette occasion relèverait presque de la non-assistance à population en danger –même si Manuel Valls fait son possible-, au vu des développements hexagonaux. D’autre part, la France, en difficultés économiques, n’en finit pas de faire des appels du pied à des pays aussi respectueux de sa culture et de l’apport des Juifs, que le Qatar, ou le fonds souverain libyen pour racheter les entreprises qui sont la prunelle de cette même économie.


Si ces remontrances contre l’attitude de Netanyahou se sont bien données licence, elle s’inscrivent comme une prise de distance française, alors que Hollande rejoint Beyrouth, fief du Hezbollah et succursale d’un antisionisme effréné. Il peut presque s’agir d’une pichenette obligée, en forme de « précaution oratoire diplomatique », la présidence reniant, le lendemain, l’image d’entente cordiale trop criante à la une des journaux, pour mieux capter l'attention de ses hôtes libanais. Il s'agirait, alors d'une manipulation cynique, du genre de celle-là même dont on affuble l'hôte sortant, avant de s'adresser à un tout autre auditoire... Sganarelle n'aurait pas fait mieux ni plus propre dans la coulisse du "Cocu Imaginaire" ou du " Médecin malgré lui" d'un Moyen-Orient bien malade de la peste du Printemps... 



Le portrait caricaturé par les services de la présidence a tout du soupçon, sur un registre proche, de la prétendue exploitation de la Shoah par la politique israélienne, depuis le procès d’Eichmann. A une autre échelle, toute victime juive servirait donc une « propagande sioniste ». Autant, carrément, nier son statut de "victime", voire, pourquoi pas, accuser le Mossad d'avoir sous-traité Merah, en lieu et place de la DCRI. Or, il est au fondement de la mission d’Israël d’apporter refuge et sécurité aux Juifs du monde entier. C’est donc le Sionisme lui-même, en tant que vocation historique d’émancipation et de protection organique du peuple juif que fustigerait l’homme de gauche, tout à ses valeurs « universelles » prétendument supérieures. Il ramenerait l’antisémitisme ciblé à une simple expression de la discrimination et du racisme ordinaire contre toute individu « différent ». Or, l’antisémitisme vise le Juif en tant que représentant, incarnation isolée d’un groupe auquel il serait organiquement lié, sans se préoccuper réellement de qui il est, en réalité.  C’est un phénomène à prendre au sérieux au niveau collectif, et non une simple affaire de couleur de peau ou de signes culturels extérieurs distinctifs.



En remettant en cause une supposée « instrumentalisation », là où il n’y a jamais qu’appel à la prudence et à l’une des mesures appropriées pour combattre l’antisémitisme, en adhérant plus massivement à ce projet collectif, Hollande remettrait ainsi en cause son propre discours du Vel d’Hiv, le 22 juillet 2012 et le cadre bon enfant et amical de sa première rencontre avec la dure réalité israélienne et diasporique que lui rappelle l’Israélien.


Le fait qu’un Juif d’Israël subisse le jeu de ces caricatures déplacées, dès qu’il exprime la dimension de destin collectif, sans l’inscrire comme une fatalité, mais en rappelant les éventualités qui se présentent à tout auditeur de même confession, -le monde étant ce qu’il est et l’Europe étant en proie avec une recrudescence d'hostilité inconnue depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale-, tend à démontrer que ni l’Etat français, dans son rôle-pivot en Europe, ni même la communauté juive, à travers ses représentants, ne conçoivent la problématique qui s’impose à eux dans l’ensemble de ses perspectives de long terme et ses grandes largeurs. C'est le symptome d'un manque de vision politique, tout simplement.


Au lieu de cela, le meurtre de sang-froid d’un ou de plusieurs enfants juifs, la menace réitérée des Pasdaran iraniens d’anéantir l’Etat juif, ne poseraient aucun problème majeur à la Présidence normale, à l'entendre. Ce qui serait anormal c’est que les Juifs, isolément ou à travers les institutions étatiques qu’ils se sont données pour faire face aux défis multiples d'une existence toujours à reconquérir, réagissent un jour, de façon appropriée, pour leur survie et pour la tranquillité des républiques modérées et assoupies dans le confort intellectuel d’Occident, toujours enclin aux compromissions et autres baisers de la mort... 


Dans le doute, n'aurait-il pas été plus convenable, pour Hollande, de s'abstenir?

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 06:54


La visite du premier ministre israélien aurait pu être un évènement diplomatique tout à fait banal, mais François Hollande a voulu en faire autre chose.
Netanyahou se proposait sans doute d'évoquer à Paris deux grandes questions: l'armement nucléaire imminent de l'Iran, et la demande palestinienne d'un état observateur à l'ONU. Chacun de ces thèmes est plus complexe qu'on ne le croit.
 
La nucléarisation de l'Iran, a été fermement dénoncée par François Hollande comme une menace non pas locale, mais planétaire. "L'arme nucléaire, si elle était possédée, maitrisée par l'Iran, ne serait pas simplement une menace par rapport à Israël, mais une menace par rapport à l'ensemble de la région et aussi par rapport au monde."
 
Cependant la recommandation du Président, les sanctions comme priorité, n'est qu'en partie pertinente. Cela dépendra beaucoup du prochain locataire de la Maison Blanche. Netanyahou a logiquement plaidé pour qu'une ligne rouge soit clairement indiquée à l'Iran. Mais les Occidentaux, dont la France, ne veulent pas se contraindre à une action militaire, autorisant indirectement les ayatollahs à persister dans leur terrible projet. La reconduction de Barack Obama et l'imminence de la première bombe khomeyniste contraindraient Israël à agir seul, la pire des solutions à l'exception du laisser-faire. L'arrivée de Mitt Romney pourrait au contraire influencer de façon décisive le comportement de Téhéran: il faut avoir en mémoire la libération immédiate des diplomates américains pris en otage en 1981, huit minutes seulement après l'installation de Ronald Reagan en lieu et place de l'insignifiant Jimmy Carter.
 
Sur la perspective d'un Etat palestinien "observateur" obtenu par un vote automatique de l'Assemblée générale de l'ONU, François Hollande a confirmé une fois encore sa position, totalement démarquée de celle du PS de Martine Aubry. L'Etat palestinien très souhaité ne pourra être créé qu'à la suite de négociations avec Israël. " Il y a aussi la tentation pour l'Autorité palestinienne d'aller chercher, à l'Assemblée générale des Nations Unies, ce qu'elle n'obtient pas dans la négociation. Seule la négociation pourra déboucher sur une solution définitive à la situation de la Palestine." Le président rejoint ainsi un consensus euro-américain pour dissuader un Mahmoud Abbas de plus en plus affaibli, de bloquer pour longtemps toute perspective de compromis.
 
Dans la réalité les choses sont beaucoup plus compliquées. Les "printemps arabes", devenus de sinistres printemps islamistes, privent durablement les Occidentaux de leurs points d'appui, ces "partenaires" que constituaient les précédents dictateurs arabes. Israël est à peu près le seul endroit fiable et consistant dans un Moyen Orient devenu la proie des frères ennemis perses et turcs. D'où un bémol aux envolées anti israéliennes traditionnelles exigées des Occidentaux par les despotes déchus. Pire encore, Mahmoud Abbas, le partenaire naturel de la paix, adulé par les Occidentaux, est aujourd'hui ridiculisé par le camp extrémiste sunnite conduit par le Qatar et la Turquie. La visite du potentat qatari Al Thani à Gaza consacre un espèce d'Etat du Hamas, au moment où le parti de Abbas ne parvient pas à remporter chez lui des municipales où son ennemi intime ne concourt même pas.
 
Quelle négociation et quoi signer avec cet interlocuteur bien averti de sa propre impotence ? Tout le monde est conscient de la fiction qu'il constitue, mais faute d'alternative il faut bien psalmodier une rhétorique de paix. En évoquant un coup de fil élyséen à Ramallah pour entamer des négociations le jour même à Paris, Netanyahou a donné une leçon de politique internationale à l'opinion française, démontrant en temps réel qui doit réellement endosser la responsabilité qu'on impute à Israël du refus de négocier.
 
Cependant, ce qui fait le sel et l'importance de la visite de Netanyahou à Paris, c'est la décision de François Hollande de l'accompagner à Toulouse pour son hommage aux victimes juives de l'écoleOzar Hatorah (ayant la double nationalité israélienne). Netanyahou ne pouvait pas y associer les victimes non juives, pour ne pas être accusé d'ingérence déplacée dans les affaires du pays hôte.
 
L'émotion ressentie en commun par les deux chefs d'Etat, la chaleur authentique de leur relation, ont frappé les observateurs. Cependant, on ne gouverne pas avec des émotions, fussent-elles positives et bienvenues. En accompagnant Netanyahou sur le site d'un sauvage attentat antisémite, François Hollande faisait un geste politique tout à fait réfléchi. Il signifiait aux djihadistes et aux apprentis djihadistes hexagonaux qu'ils allaient trouver l'Etat français devant eux, et que ce qu'on avait laissé faire (voitures brûlées, déprédations, attaques de pompiers et de policiers, "incivilités" sans nombre) on ne le tolèrerait pas pour les passages à l'acte antisémite. "Il y a un antisémitisme. Nous devons le pourchasser, le poursuivre et l'éradiquer."
 
Ce faisant, Hollande ré-ancrait l'état français dans des options pluri décennales qui s'étaient progressivement fanées sous Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, plus encore sous Lionel Jospin et Jacques Chirac.
 
Ce revirement, cette réaffirmation, ont été très mal vécus par les professionnels anti-Israël des média et de l'enseignement supérieur. Ils était déjà alarmés par l'effacement progressif de l'actualité du conflit israélo-palestinien. Rien ne justifie à leurs yeux qu'on cesse de bastonner obsessionnellement Israël, ni les printemps arabes, ni les dizaines de milliers de victimes syriennes, ni l'hégémonie évidente du Hamas raciste et jihadiste, devenu pour eux fréquentable malgré ses centaines de missiles tirés en 2012 sur les civils du sud d'Israël. En détournant les media du Service public financés par l'argent des citoyens, ils ont tenté de relancer une campagne permanente de haine contre l'Etat juif. En témoignent la chanson de Jean-Pierre Filui exécutée par Zebda et relayée par France Inter, le brulot de Carole Gaessler, la prestation d'une Houria Boutelja sur LCP. Tout en haut d'une pyramide de dépit, l'éditorial du Monde du 1er novembre. " la France aurait dû s'insurger à l'occasion de la visite, cette semaine à Paris, du premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou... la politique européenne suppose une condamnation sans appel des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens..."
 
Le problème des professionnels anti-Israël des média et de l'enseignement supérieur, c'est que les antiennes s'épuisent, c'est que l'histoire ne va pas dans le sens qu'ils escomptaient. L'histoire contemporaine, c'est la transmutation du retard arabe contemporain en pur islamisme, c'est la montée du péril nucléaire iranien sur l'Europe aussi, c'est la déstabilisation des sociétés de l'Ancien monde sous l'impact de l'obscurantisme sanguinaire venu d'Orient dans certains secteurs de l'immigration. Priorités qui relèguent l' "Israel bashing", dans son essence, au statut d'objet en voie de fossilisation.
 
Alors s'en prendre maladivement à Israël est une addiction qui est peut-être en train de passer de mode
 
par Jean-Pierre Bensimon, le 3 novembre 2012
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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 15:52

 

 

« Ici repose un grand homme »

 

Michel Darmon (Copier)

 

Comme le temps passe vite ! Il y a un mois déjà, avec une très grande émotion et une particulière tristesse, j’apprenais le décès à 87 ans de Monsieur Michel Darmon (Z"L), je devrais même écrire, sans fanfaronnade aucune, de « mon Ami Michel Darmon » car il était pour moi devenu un véritable Ami que je connaissais depuis plus d’une vingtaine d’années. Oui, comme le temps passe vite !

 

Quelle chance et quel honneur ai-je eu de rencontrer un tel homme ! Mon Ami Michel Darmon nous a quitté alors que nous, Juifs, célébrions Rosh HaChana, le Nouvel An juif. C’est un privilège des Juifs, comme nous l’enseignent nos Rabbins tout comme c’est une bénédiction, comme le faisait remarquer au cimetière M. le Grand Rabbin Alain Goldmann, qu’un défunt soit porté en sa dernière demeure un vendredi, juste avant l’entrée du Chabbat, d’autant plus que, dans le cas présent, ce Chabbat était le premier de l’année hébraïque 5773.

 

Auparavant, le Président de la Communauté de Versailles, M. Samuel Sandler, Père de Jonathan (Z’’L), 30 ans et grand-Père de Gabriel (Z’’L), 4 ans et Arieh (Z’’L), 5 ans, assassinés à Toulouse le 19 mars 2012 en même temps que la petite Myriam Monsonego (Z’’L), 7 ans, rappela les ascendances de Mme et M. Michel Darmon.

 

J’ai rencontré pour la dernière fois mon Ami Michel Darmon le 24 juin 2012 lors d'une manifestation devant l'UNESCO (nous étions peu nombreux, malheureusement), manifestation organisée par Europe-Israël en réaction à une stupéfiante et scandaleuse découverte sur le site « The World Project » de l’UNESCO : le caractère du lieu de plus saint du Judaïsme, le KOTEL, avait purement et simplement été supprimé. Il devenait un « simple mur de séparation entre les communautés religieuses ».

 

 

Il pleuvait ce jour-là et il m'avait accompagné en voiture jusqu'à une station de métro. Quelle délicatesse et quelle gentillesse ! Bien que le sachant malade, j’étais très loin d’imaginer que je le voyais, lui serrais la main et lui parlais pour la dernière fois. J’étais loin de penser que son « à la prochaine, M. Nephtali » était en fait un adieu !

Vendredi 21 septembre, je devais assister à la Cérémonie organisée par Serge Klarsfeld à la Mémoire des Déportés du Convoi n° 35 (comme je le fais toujours depuis le 27 mars, date du départ du convoi n° 1, lorsque je ne suis pas en Province) et être ensuite présent à Drancy pour l'inauguration du Mémorial de la Shoah.

 

J'y avais renoncé afin de pouvoir rendre, au cimetière israélite de Versailles, un dernier hommage à mon Ami, cet ancien Résistant, cet ancien élève de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole Nationale du Génie Maritime, ce « serviteur de la science, de l’Etat, des armées » (Michel Gurfinkiel), ce grand homme inspirant admiration, déférence et respect, modeste, très cultivé, courtois, poli, droit, intelligent, juste, sensé, humain, ne recherchant pas les honneurs, pugnace, courageux, ignorant la « langue de bois » et, à la limite, le « politiquement incorrect » (1) lorsqu'il s'agissait de défendre Israël, l’exemple même du personnage que nous aimerions rencontrer plus souvent de nos jours. Ce grand homme dont nous ne verrons plus l’élégante silhouette en tenue militaire ou civile suivant les circonstances et toujours bien à propos.

 

La modestie de M. Michel Darmon fut évoquée au cimetière par M. le Grand Rabbin Alain Goldmann qui fit remarquer à la nombreuse assistance qu’il n’y avait pas sur le cercueil un petit coussin avec ses décorations, très vraisemblablement à sa demande.

 

Nous échangions souvent nos avis respectifs sur certains événements concernant Israël et les Juifs (ce n’est pas ce qui manque, malheureusement), sur la politique plus que déséquilibrée de la France vis à vis d’Israël, sur  le « palestinisme » des médias français et européens. Nous échangions souvent nos avis respectifs sur ses communiqués et articles ainsi que sur certains textes que j’écris de temps à autres. Mais il ne m’avait que très peu parlé de sa brillante carrière dans la Marine, brillante carrière que je connaissais par ailleurs (2). Par contre, il manifestait une certaine fierté et même une fierté certaine, à être le 1er Président juif de France-Israël. Il me l’avait confié.

 

Cet homme exceptionnel fut l’initiateur de la « Lettre ouverte aux responsables de notre temps » intitulée « NOUS ACCUSONS », au bas de laquelle se trouvent, entre autres, les prestigieuses signatures de MM. René Cassin, Joseph Kessel, Eugène Ionesco, Etienne Wolff, lettre parue dans Le Monde des 29 mars et 6/7 avril 1975, lettre figurant en page 1 et 2 du recueil d’

 

« Articles de presse parus de 1975 à 2005 écrits par M. Michel Darmon Un discours libre et sans concessions ».

 

Recueil qu’il m’avait dédicacé à Dijon le 18 novembre 2007. Il m’est arrivé de me déplacer pour quelques une de ses conférences en Province. Je consulte souvent cet ouvrage qui me sert de référence et relis avec beaucoup de plaisir ses différents articles, lettres et allocutions.

 

J’ai toujours en mémoire sa lettre du 28 janvier 1994 à M. Alain Juppé, alors Ministre des Affaires Etrangères. En cause, l’arrêté du 4 novembre 1993 paru au J.O. du 24 janvier 1994 : à la ligne « Israël » du tableau annexé, dans la colonne « Capitale ou siège du gouvernement », était porté « Tel Aviv ».

 

Je la relis, cette lettre, avec plaisir car, professionnellement, en tant qu’ingénieur en cartographie à l’IGN, j’avais eu à me référer à cet arrêté pour l’établissement d’un planisphère politique et avais moi-même été choqué par l’interprétation qu’en faisait le Quai d’Orsay. (voir en fichier joint la page 48 au bas de laquelle, le 6 avril 1994, M. Michel Darmon conteste la réponse qui m’avait été faite et qui contredisait ce que M. Juppé avait écrit le 3 mars 1994).

 

Dans l’affaire « Al-Dura de Netzarim/reportage d’Enderlin », M. Michel Darmon « avait saisi que la télévision publique française s’était livrée à la plus grande imposture de l’histoire de l’audiovisuel  », comme le fit remarquer Stéphane Juffa (Ména).

 

Dans ses très nombreuses réactions sur différentes affaires concernant Israël, il avait toujours raison bien avant beaucoup d’autres et il le disait haut et fort au risque de déplaire et quelles que soient les circonstances.

 

Les 2 phrases ci-dessous, que je me permets d’emprunter à nouveau à Michel Gurfinkiel, résument à elles seules la personnalité de M. Michel Darmon :

 

« Grand Français, Michel Darmon était aussi un grand Juif, fidèle à son peuple et à sa foi, mais avant tout révolté, révulsé, par la « démonisation »d’Israël voulue et imposée à partir de 1967 par une classe dirigeante de plus en plus coupée des réalités géopolitiques. Ce scandale absolu – vendre Israël pour trente deniers, et donner la France en prime, pour rien – le hantait ».

 

Je pourrai encore continuer à évoquer l’admiration que j’avais pour mon Ami Michel Darmon mais terminerai cependant mon texte (3) en pensant que, si j’avais quelques pouvoirs, je ferais écrire sur sa tombe

«  Ici repose un grand homme ».

 

Que sa Mémoire soit bénie, Zi’hrono Livra’ha !

 

 

 

Charles Etienne NEPHTALI

Vendredi 19 octobre 2012

 

Comme je l’écrivis dans ma lettre adressée au Président de la République le 24 mars dernier.

Je savais par exemple qu’il avait servi sur la Jeanne d’Arc et contribué à la modernisation de la Marine Nationale.

Bien que terminé juste avant l’entrée de Chabbat, je n’enverrai ce texte, par respect pour nos traditions, qu’après sa sortie et même après la Cérémonie religieuse se déroulera le dimanche 21 octobre 2012 en la Synagogue des Armées Chasseloup-Laubat.

 

 

 

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 20:51

 

Figaro, AFP, Publié le 22/10/2012 à 18:56

 

 

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/10/22/97001-20121022FILWWW00648-netanyahou-sera-en-visite-en-france.php

 

Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou se rendra la semaine prochaine en France à l'invitation de l'Elysée, a indiqué aujourd'hui son bureau dans un communiqué. Au cours de sa visite, il rencontrera le président François Hollande, pour la première fois depuis l'arrivée au pouvoir de ce dernier en mai 2012, selon le texte. Il doit aussi participer à une cérémonie commémorative à l'école juive de Toulouse (sud-ouest de la France) où trois enfants et un enseignant franco-israéliens ont été tués le 19 mars par un Français d'origine algérienne,Mohamed Merah.

La date exacte de la visite --qui va se dérouler dans un climat de forte inquiétude de la communauté juive de France face aux récents actes antisémites-- n'a pas été précisée.
François Hollande s'est entretenu au début du mois au téléphone avec le premier ministre
israélien, auquel il a affirmé la "nécessité de trouver une solution diplomatique" sur la question du nucléaire iranien.

Netanyahu a exigé à plusieurs reprises que Washington fixe une "ligne rouge" sur le programme nucléaire de 
Téhéran, une demande qui a crispé les relations israélo-américaines. Depuis son entrée en fonction, le président Hollande a rencontré à deux reprises son homologue palestinienMahmoud Abbas alors que le processus de paix israélo-palestinien est au point mort depuis plus de deux ans.

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 12:58

 

 

Le Front national, unique planche de salut de François Hollande ?

 

 

 

 

Serge Federbusch est président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10 ème arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d'informations en ligne sur l'actualité politique parisienne.

http://www.atlantico.fr/

Et les autres sujets passés en revue cette semaine par Serge Federbush : la rigueur clientéliste de François Hollande, les atteintes à la liberté du gouvernement, l'obsession médiatique pour Nicolas Sarkozy et le dit "déséquilibre structurel".

 

 

 

 

 

 

 

Chroniques du pot aux roses

Publié le 3 octobre 2012
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La montée du Front national pourrait profiter au Parti socialiste en lui permettant de se maintenir au pouvoir.

La montée du Front national pourrait profiter au Parti socialiste en lui permettant de se maintenir au pouvoir.

 

 

 

1 - Certains sont moins austères que d’autres

 La rigueur "hollandaise" a un fort parfum clientéliste, les cibles les plus touchées étant celles qui votent le moins pour les socialistes. Comment ne pas remarquer - a contrario -que les investissements dans les Dom-Tom seront les seuls à échapper au plafonnement des niches fiscales, avec ceux des Sofica qui irriguent financièrement le petit mais influent monde du cinéma ?

Lors de la dernière élection présidentielle, Hollande a écrasé Sarkozy Outre-Mer : 286 854 voix d’avance soit 63,83 % des voix. A la Martinique, en Guadeloupe ou à la Réunion, le candidat socialiste aurait été élu au premier tour ! Ce résultat n’a pas changé le sort du scrutin dans son ensemble mais Hollande dépassait à peine les 51 % sans les Dom-Tom. Le caractère étriqué de sa victoire n’en aurait été que plus évident. Le comportement exemplaire de cet électorat mérite assurément le maintien à l’identique du système de perfusion qui l’alimente directement et indirectement depuis des décennies par mille et un canaux budgétaires et fiscaux. Malheur à qui voudrait, un jour, calculer son énorme coût total et par habitant ... A quand le rétablissement de l’égalité des droits et des devoirs sur tout le territoire de la République ?

 2 - La gauche libertiphobe

Dans une indifférence quasi-générale, le ministère de l’Intérieur a refusé d’autoriser, le 29 septembre, une manifestation d’identitaires comme il avait, une semaine plus tôt, empêché des salafistes de crier leur courroux contre Charlie Hebdo. Samedi dernier, 57 militants d’extrême-droite ont été interpellés et 4 mis en garde à vue pour avoir bravé l’interdit. Ces groupes tombaient-ils sous le coup des lois qui permettent de priver du droit à manifester ? Dans un cas comme dans l’autre, y avait-il une menace évidente et immédiate de troubles à l’ordre public ? Non. Pourtant, c’est à peine si cette atteinte aux droits fondamentaux a été relevée ou critiquée dans les médias et les partis bien établis.

C’est avec la même indifférence que la décision de Taubira de faire fouiller la mémoire d’ordinateurs de magistrats travaillant à la Chancellerie a été accueillie. Tout était pourtant réuni pour que les contempteurs préprogrammés des dérives sarkoziennes d’antan poussent des hurlements : le pouvoir s’introduit brutalement dans la correspondance de juges sous prétexte qu’ils auraient informé la presse, cette déesse intouchable. Mais c’est tout juste si l’on a entendu un bruit de fond sur Médiapart, Libération, Le Monde etc.

Comme pour l’atteinte au droit de manifester, le gouvernement se meut dans la zone grise des textes qui permettent de justifier l’arbitraire. Et l’on ne note pas davantage de protestations. La bonne conscience fait bon ménage avec le cynisme quand il s’agit de s’accommoder des atteintes à la liberté.

3 -  Le Front national, planche de salut de François Hollande ?

En faisant adopter la règle d’or, Hollande se place dans une seringue dont il sortira concassé. Ses efforts largement cosmétiques pour diminuer les dépenses publiques et l’alourdissement tous azimuts de la fiscalité seront insuffisants. La récession en cours rend en effet impossible l’atteinte des objectifs de réduction des déficits qu’il s’est fixés. Il le sait bien, le fait déjà susurrer par les hiérarques socialistes et espère que l’aggravation de la crise en Espagne, en Italie ou en Grèce fasse de son engagement une promesse mort-née dont plus personne ne se souciera dans un ou deux ans tant l’Europe aura d’autres chats à fouetter.

Son problème est, qu’en attendant, le mécontentement populaire s’approfondit et que son image politique se confond avec celle des défenseurs du système "eurolandais". Bref, les perspectives sont sombres pour l’homme normal qui peine à nous gouverner.

 

 

Il lui reste toutefois un espoir de taille : le Front national. Fidèle copiste du plus grand des François de gauche, c'est-à-dire Mitterrand, qui avait limité la casse en rétablissant la proportionnelle pour les élections de 1986, Hollande sait déjà que le mouvement lepéniste est son dernier atout. Si son audience électorale côtoie voire dépasse celle de l’UMP, une victoire socialiste reste possible dans les échéances futures : des deuxièmes tours face à un candidat FN pour lequel une partie de la droite dite classique ne pourra se résoudre à voter et des triangulaires mortifères. On serait en pleine crise de régime, mais, après tout, puisque le PS conserverait ses possessions, l’essentiel serait sauf.

Avant de commencer les travaux, il faut préparer le terrain. Nul doute que la dose de proportionnelle que la commission Jospin préconisera sera substantielle, autour de 15 % des députés, ce qui limitera d’emblée la force du retour de balancier politique. De même, les débats sur le mariage homosexuel, l’homo-parentalité ou le vote des étrangers vont ajouter ce qu’il faut de vinaigre sur les plaies de l’électorat conservateur pour le radicaliser et l’inciter à s’éloigner d’une UMP qui ne parlera pas forcément d’une même voix.  Et il suffit d’observer comment le PS et ses relais médiatiques tentent de faire enfler la pseudo polémique sur le racisme anti-blanc pour voir à quel point ils espèrent gêner l’opposition grâce à ces thèmes surjoués.

De son côté, Marine Le Pen n’aura pas beaucoup d’efforts à faire pour capitaliser sur les fusillades en banlieue, l’arrivée sans entraves des Roms quand les mesures transitoires prévues par l’Union européenne prendront fin en 2013, les images des foules vociférantes au Moyen-Orient, la crise interminable de l’euro, etc.

Le grand mérite de Sarkozy, en 2007, avait été de desserrer l’étau frontiste dans lequel Mitterrand avait placé la droite française. L’instrument a néanmoins resservi lors de la dernière élection présidentielle. Le discours "buissonnien" tenu par le président sortant lui a certes permis de prendre 2 à 4 points sur l’électorat qui aurait pu voter pour Marine Le Pen mais il lui en a fait perdre 1 à 2 chez les centristes et modérés. Le bilan électoral était positif et Sarkozy s’en est sorti honorablement. Mais rien ne dit que le futur champion de la droite, qui qu’il soit, parvienne à maximiser les bénéfices de ce grand écart en minimisant ses pertes.

4 - A propos de Sarkozy : découvrez le point Federbusch !

Vous connaissez sans doute le point Godwin qui veut qu’à un moment donné une discussion polémique débouche sur une référence au troisième Reich. La pauvre Anne Hidalgo, s’est récemment illustrée sur le sujet.

 

 

Bravant l’accusation de mégalomanie, je donne à la science politique française le point Federbusch : combien de temps un journal de gauche peut-il tenir sans que le nom de Sarkozy apparaisse dans ses articles ? Si j’en juge par le Nouvel Obs, Libé ou le Monde de ces dernières semaines, la plupart des contributeurs l’atteignent en deux temps-trois mouvements. Des dossiers entiers sont même consacrés aux activités balnéaires et people de l’ancien président !

Qu’est-ce qui explique cette sorte d’obsession ? Difficile de croire que ces plumitifs traitent de sujets pour lesquels le public a spontanément de l’appétence. Car cet intérêt, ils l’ont eux-mêmes créé. Les dernières élections étaient encore fumantes, qu’ils s'inquiétaient déjà du sort du banni du Cap Nègre et de Marrakech. Naturellement, il ne s’agit pas non plus d’un piège de la com’ sarkozienne. Ce dernier, s’il veut revenir aux affaires, a toutes les raisons de ne pas dire un mot de politique intérieure avant un ou deux ans. La crise à laquelle la France est confrontée sera sa meilleure attachée de presse.

Faisons plutôt une brève incursion aux confins de la psychologie des médias de masse : et s’il s’agissait simplement de la poursuite de la logique sacrificielle qui était à l’oeuvre quand Sarkozy présidait ? 

Abcès de fixation des angoisses des Français, surtout de ceux qui vivent encore à l’abri de statuts que la mondialisation menace, l’ex-président a offert une figure archétypique du bouc-émissaire décrit par René Girard, un cas d’école qui aurait amusé le petit père Freud. Honni par la presse, accablé par les intellectuels organiques et médiatiques pour qui il incarnait le Malin, sa tête a fini par rouler, de manière symbolique heureusement pour lui.

Une fois coupé, ce chef étymologique et politique fait classiquement l’objet d’un culte naissant, surtout chez ceux qui ont participé le plus directement au meurtre rituel. La répulsion se transforme peu à peu en fascination. Certains finiront dans l’adoration, pauvre gens ! Peut-être l’esprit du souverain sacrifié nous protégera t-il de ces mauvais génies qui rôdent autour de nos usines, de nos salles de rédaction, de nos théâtres, de nos comptes en banque et de nos bureaux. Au royaume des ombres ou même depuis celui des bronzés de Saint Trop’, il doit savoir comment combattre ces menaces...

 5 - Mensonge structurel ou baratin conjoncturel ?

 La dernière astuce en date, pour faire avaler le maintien d’un niveau de déficit public supérieur à celui de nos engagements internationaux, est celle du "déséquilibre structurel". Seul ce dernier serait répréhensible. Le conjoncturel, tributaire d’une baisse soudaine de l’activité, serait toléré. Les calculs et prévisions gouvernementales se gargarisent de ce distinguo. Mais quand la stagnation économique s’installe durablement, comme depuis 2008, est-on encore dans le conjoncturel ? On le redira, le débat sur la règle d’or est un leurre pour gagner du temps en espérant que la croissance revienne par miracle. Nous sommes gouvernés par des croyants.

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 16:33
Volontairement superficielles sont les analyses que je lis et entends à propos, d’une part, des habitants d’une cité marseillaise qui, jeudi soir, ont chassé des Roms et, d’autre part, du meurtre, vendredi à Echirolles (Isère), de deux jeunes sans histoire par une bande venue d’un quartier voisin. Nulle part je n’ai vu un "antiraciste" médiatique s’alarmer du comportement de ceux qui, dans ce quartier nord de Marseille, ont décidé de suppléer la police pour chasser des indésirables. Je n’ai pas davantage entendu les "indignés" professionnels après la barbarie dont ont été victimes Kévin et Sofiane, 21 ans, enfants de la cité, coupables aux yeux de leurs bourreaux de ne plus leur ressembler. Or ces deux événements sont les expressions dramatiques d’une contre-société, née du repliement identitaire d’une partie de la communauté immigrée extra-européenne. Ces isolats, qui s’observent ici et là, se consolident en opposition à la République, à ses symboles, à ses valeurs, à ses exigences. A Marseille, ce monde parallèle en vient à faire sa propre police, avec l’approbation tacite des belles âmes qui ne voient que des victimes chez ces minorités. A Echirolles, il produit des monstres qui détestent ceux qui ont fait l’effort de s’intégrer et qui réussissent.

Radoter sur la misère sociale qui excuserait le racisme anti-Roms et la décivilisation, est une lâcheté intellectuelle partagée par trop de commentateurs. L’argument éculé évite d’avoir à creuser les causes plus complexes de ces refus de vivre ensemble et de ces haines qui indiffèrent les donneurs de leçons sur "le respect de l’autre" et les "humanistes" autoproclamés. Kévin et Sofiane partageaient peu ou prou la même vie que leurs bourreaux. Mais tous deux et leur famille avaient visiblement accepté l’autorité de l’école, les parcours universitaires, l’intégration dans la société française. De la même manière que des bons élèves se font traiter de bouffons dans certains établissements scolaires, ils ont été lynchés, en fait, pour avoir voulu s’extraire d’une contre-société tournant à vide dans ses aigreurs, ses victimisations, ses ressentiments. Reste aujourd’hui à connaître plus précisément le rôle joué par les deux jeunes militaires qui font partie des suspects arrêtés. L’intégration par l’armée serait-elle devenue un leurre ?
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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 16:28

 

 

Hollande, Ayrault : la chute dans les sondages continue

http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/121003-barometre-octobre2012.pdf

 

Mots clés : 

Par Carl MeeusMis à jour le 03/10/2012 à 15:12 | publié le 03/10/2012 à 15:00 Réactions (151)
Jean-Marc Ayrault et François Hollande: la popularité des deux hommes est en baisse, tant chez les ménages aisés que chez les plus modestes.
Jean-Marc Ayrault et François Hollande: la popularité des deux hommes est en baisse, tant chez les ménages aisés que chez les plus modestes. Crédits photo : PHILIPPE WOJAZER/REUTERS


Pour la première fois depuis l'élection du 6 mai, le couple exécutif devient impopulaire, selon le dernier baromètre du Figaro Magazine.


Jusqu'où s'arrêtera la chute de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault? Depuis le début de l'été, le président de la République et le premier ministre ont perdu 14 et 13 points de confiance. Pour la première fois depuis l'élection du 6 mai, le couple exécutif devient impopulaire. Moins de six mois après son arrivée, c'est inédit!

D'autant que le président et son premier ministre entraînent dans leur chute l'ensemble des membres du gouvernement. En dehors de Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, qui se maintient en tête du baromètre, et de Michel Sapin, le ministre du Travail, tous les autres baissent. Preuve qu'il ne s'agit pas d'une simple correction de popularité mais d'une véritable défiance à l'égard de la politique du gouvernement. Les ménages les plus aisés font évidemment payer la note de leur augmentation d'impôts (-18 points pour Hollande et - 17 pour Ayrault). Mais les classes populaires ne sont pas en reste (-14 pour le président, -14 pour le premier ministre, qui avait déjà perdu la confiance de ces électeurs le mois dernier).

Difficile, il est vrai, d'être populaire quand, en période de crise, on doit annoncer des hausses d'impôts de plus de 20 milliards pour les particuliers et les entreprises. Et lorsque, en plus, on ajoute des erreurs grossières de communication, les choses ne s'arrangent pas. Touchée par les hausses des taxes sur la bière, de la redevance audiovisuelle comme par le gel du barème de l'impôt sur le revenu, l'opinion a bien compris, contrairement à ce qu'a avancé Jean-Marc Ayrault, que plus d'un Français sur dix serait victime du choc fiscal.

LIRE AUSSI:

» L'intégralité du baromètre (document pdf)

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 09:33
Pierre-André Taguieff

RECEVEZ LES INFOS DE PIERRE-ANDRÉ TAGUIEFF
 
Le racisme aujourd'hui, une vue d'ensemble

http://www.huffingtonpost.fr/

Publication: 27/09/2012 06:00

Il serait risqué de se déclarer aujourd'hui "raciste" dans l'espace public. Nul citoyen ne se dit "raciste", sauf à titre de provocation ostentatoire, dans une société démocratique occidentale où le rejet du "racisme" est la norme. Mais rares sont ceux qui pensent que "le racisme" a disparu.

Certains responsables politiques, désireux de calmer les esprits, croient cependant devoir déclarer, de temps à autre, pour prendre l'exemple français, que "la France n'est pas raciste" ou qu'elle "n'est pas antisémite". Ce qui n'est ni totalement vrai, ni entièrement faux. La vérité est autre, plus complexe, plus subtile. Et surtout, étrangère aux dogmes idéologiques et aux passions politiques. Pour la découvrir, il faut commencer par s'interroger sur le sens du mot "racisme", et reconnaître qu'il n'a cessé de varier selon les contextes historiques. On ne saurait donner une définition unique, fixe et invariable du "racisme". Oublions provisoirement les guillemets, qui marquent le doute et la distance critique, et argumentons comme si "le racisme" était un phénomène bien connu, clairement reconnu, mais qui gagnerait à être mieux connu.

Partons du présent. Le racisme n'est pas mort, il s'est métamorphosé. Ce diagnostic lapidaire doit bien sûr être précisé, expliqué et commenté. Tout d'abord, le racisme peut se manifester de façon non explicite ou d'une manière indirecte, il peut même parfois n'exercer tous ses effets qu'à la condition d'être voilé ou symbolique, et nié par ceux qui le pratiquent. Ensuite, nous nous trouvons souvent aujourd'hui devant des modes d'exclusion illustrant un racisme qui, pour ne pas se fonder sur des caractéristiques dites raciales (soit des traits somatiques visibles), n'en est pas moins virulent. Le nouveau racisme est un racisme sans "races". Il s'agit le plus souvent, du moins dans les sociétés démocratiques occidentales, d'un racisme intégré dans le nationalisme xénophobe, visant spécifiquement l'immigration ou certaines catégories d'immigrés. Le rejet peut se fonder classiquement sur l'apparence physique, notamment sur la couleur de peau, mais il tend aujourd'hui à privilégier les caractères culturels, au premier rang desquels on trouve la religion.

C'est pourquoi il convient de reconnaître comme des formes émergentes de "racisme", même si le terme semble mal convenir aux phénomènes désignés, les passions idéologiquement organisées que sont l'islamophobie, la judéophobie et la christianophobie, qui s'opposent ou se combinent diversement. Ces trois derniers termes fonctionnent le plus souvent sans être définis précisément, et leur indistinction en favorise les usages polémiques : il va de soi que "traiter" d'islamophobe ou de judéophobe, par exemple, un individu ou un groupe, c'est le stigmatiser, donc le délégitimer. Et bien sûr, dans les pays où existe une législation antiraciste, l'exposer à des poursuites et à des sanctions.

Mais l'on peut construire des pseudo-races, et les hiérarchiser, sur la base de traits culturels, qu'il s'agisse d'une langue ou d'un système de croyances. C'est ainsi que les islamistes traitent les chrétiens ou les Juifs comme des quasi-races distinctes, inférieures et dangereuses. La question du racisme est devenue en grande partie celle de la racialisation de n'importe quel groupe humain. Ce qui complique le tableau, c'est le fait qu'aux fanatismes religieux s'ajoutent désormais les fanatismes antireligieux. Au nom de la "laïcité", dont on oublie qu'elle appelle à respecter toutes les croyances, certains, des agnostiques ou des athées mus par une haine spécifique, dénoncent, insultent, rejettent des groupes humains en tant que communautés de croyants. Cette dérive de l'athéisme et du laïcisme est regrettable, certainement difficile à reconnaître dans les sociétés sécularisées, mais il faut partir de ce qui est observable, à savoir le rejet haineux de catégories d'individus en raison de leurs croyances religieuses.

Enfin, le racisme apparaît désormais souvent sans référence non plus à la thèse d'inégalité, il ne présuppose donc plus nécessairement une classification hiérarchique des "types raciaux" ou des groupes humains identifiés. Il substitue l'affirmation de la différence des cultures ou des civilisations au dogme de l'inégalité entre les races, mais il fatalise et absolutise les différences culturelles. D'où un nouveau type d'argument racisant, qui consiste à justifier le rejet des différents en ce que leurs cultures propres seraient incompatibles avec la nôtre. Cet argument est lié à un autre : pour garantir la paix civile, pour prévenir les conflits culturels, il faut fermer les frontières. Ces arguments ne sont pas dénués de justifications empiriques : on observe en effet des phénomènes inquiétants liés aux différences culturelles, allant de la non-intégration sociale aux conflits inter-communautaires. Les antiracistes aveugles ne veulent pas en parler, ni en entendre parler. Les nouveaux racistes en exagèrent l'importance, et les transforment en thèmes mobilisateurs.

Au cours des trente dernières années du XXe siècle, on a assisté au surgissement d'un racisme centré sur l'identité culturelle plutôt que sur les catégories raciales classiques, sur la différence groupale plutôt que sur l'inégalité racialement déterminée. Je l'ai baptisé naguère, au début des années 1980, "néo-racisme différentialiste et culturel". La question du racisme s'est ainsi décrochée de la vieille question raciale. Et les idéologues racistes, ou plus exactement néo-racistes, ne sont plus voués à répéter les thèses des théoriciens de "l'inégalité des races humaines". C'est pourquoi la délégitimation scientifique de la catégorie de "race humaine" n'a plus rien à voir avec la nouvelle question raciste. Elle constitue une simple survivance d'une forme d'antiracisme savant qui, après avoir été conçue pour disqualifier les modes de légitimation racialistes des nationalismes expansionnistes et des impérialismes coloniaux, a trouvé sa pleine justification dans les années 1930 et 1940, dans le cadre de la lutte intellectuelle contre le nazisme, dont les idéologues avaient la prétention d'élaborer un "racisme scientifique".

L'antiracisme de l'époque post-nazie et post-colonialiste reste à inventer. Il s'est enlisé jusqu'ici dans un discours commémoratif empêchant de considérer la nouveauté des défis à affronter et favorisant les amalgames polémiques (la réduction de l'adversaire à Hitler ou à Pétain), et embourbé dans le marécage des arguties juridiques liées au politiquement correct, qui pousse à l'interprétation paranoïaque du moindre "dérapage" lexical ou sémantique. D'où l'apparition d'antiracistes visionnaires, victimes d'hallucinations répétées, qui crient au "retour des années trente", du pétainisme ou du nazisme face à de simples constats concernant par exemple les liens entre immigration et délinquance.

Le recul du racisme "classique" ou "traditionnel", fondé principalement sur la couleur de peau et hiérarchisant les groupes humains selon des caractéristiques somatiques, est net dans le monde démocratique occidental, où il coexiste avec le néo-racisme. On peut voir dans l'élection de Barack Obama, en novembre 2008, avec près de 53% des suffrages, un indice majeur du déclin des rejets racialistes fondés sur la couleur de peau. Mais le racisme "classique" n'a nullement disparu, et l'on ne saurait conclure des travaux sur la question qu'il est en voie d'extinction sur la planète. On ne saurait par exemple considérer que les États-Unis sont entrés d'une façon irréversible dans une "ère post-raciale" ou "post-ethnique". Il ne faut pas confondre les bonnes intentions avec les faits, ni les rêves avec les processus réels. L'un des effets pervers de l'antiracisme classique, visant pour l'essentiel le racisme de type nazi, a été de rendre le racisme plus subtil, de produire une modification des représentations stigmatisantes et de favoriser le double discours. C'est là un phénomène que, dès la fin des années 1970, certains sociologues américains ont analysé sous la dénomination de "racisme symbolique", soit un racisme non assumé et indirect, incluant notamment des arguments ou des normes de type "antiraciste", par exemple le "droit à la différence" ou le "respect des identités culturelles".

En outre, les milieux antiracistes organisés ont gardé un silence gêné ou prudent sur l'apparition de formes diverses de "contre-racisme", ou, si l'on préfère, de racisme "classique" retourné ou inversé. Le phénomène n'est pas nouveau (au racisme des dominants les dominés répondent souvent par un racisme de sens contraire), mais il a pris, en raison de la mise en accusation croissante de l'Occident, une importance inédite, en même temps qu'il a subi une élaboration doctrinale. La plupart des difficultés sémantiques rencontrées viennent de ce que, pour nommer et décrire ces phénomènes émergents, on utilise le vieux vocabulaire des couleurs contrastées, censées caractériser des groupes humains différents (les "races"). Dénoncer le "racisme anti-noir" ou le "racisme anti-blanc", par exemple, c'est postuler que la distinction entre "noirs" et "blancs" est pertinente pour identifier les groupes humains. Le "racisme blanc anti-noir", en particulier, a fait l'objet d'une imitation par retournement, comme si recouvrer l'estime de soi, pour certains "Noirs", impliquait le rejet ou la haine des "Blancs". Et ce "racisme noir anti-blanc" s'est à la fois intensifié et banalisé depuis les années 1970, sans être pour autant toujours clairement revendiqué. Il ne l'est guère que dans des situations de violences commise contre des "blancs", identifiés comme tels par leurs agresseurs s'identifiant eux-mêmes comme non-blancs. C'est le cas lorsque l'agressé entend ses agresseurs déclarer qu'ils "cassent du cblan (blanc)" ou du "toubab". Dans les échanges d'insultes entre jeunes, par exemple dans une cour de récréation, les étiquetages fondés sur l'origine ou l'apparence physique sont courants : les "blancs" sont traités non seulement de "Gaulois" ou de "babtou", mais aussi injuriés en tant que "sales blancs". Ces identifications stigmatisantes, dès lors qu'elles sont réciproques, perdent en partie leur charge racisante. Elles font partie du vocabulaire argotique marquant l'appartenance à une communauté locale et provisoire de fait (par exemple une communauté scolaire), avec ses différences et ses rivalités internes. Mais si le groupe insultant est majoritaire, tout change. La stigmatisation fonctionne comme un mode d'exclusion et de discrimination visant les représentants du groupe minoritaire. Si, par exemple, les "blancs" sont minoritaires, la stigmatisation relève bien du racisme ordinaire, même dans une société "blanche" comme les Etats-Unis ou la France.

Mais le "racisme anti-blanc" n'a jamais vraiment été reconnu et condamné par le militantisme antiraciste organisé comme une forme de racisme à part entière. Son importance continue d'être minimisée, et sa dangerosité sous-estimée. L'attitude la plus courante consiste à ne pas nier ledit "racisme anti-blanc", mais à le considérer comme négligeable. Les antiracistes de profession, les dirigeants et les permanents des associations dites de "lutte contre le racisme", tiennent à conserver le monopole de la définition du "racisme" et de la désignation des "racistes". Pour ce faire, ils hiérarchisent les catégories de victimes du racisme, et répètent que "les premières victimes du racisme en France" sont les immigrés ou "les personnes issues de l'immigration". Certains antiracistes extrémistes, non sans mauvaise foi, nient même l'existence du "racisme anti-blanc", accusant les racistes "blancs" de l'avoir inventé pour mieux dénigrer les vraies victimes du vrai racisme. Et il est vrai que, dans les milieux nationalistes, par exemple en France au sein du Front national ou dans ses marges, la position "anti-antiraciste" enveloppe depuis longtemps l'accusation selon laquelle l'antiracisme ne serait qu'un habillage trompeur du "racisme anti-blanc", "antifrançais" ou "antichrétien". C'est que les frontières de la catégorie "racisme anti-blanc" varient selon les situations de discours.

D'une façon générale, il faut distinguer le racisme "normal", un racisme socialement invisible fonctionnant dans l'espace public sans avoir besoin d'être revendiqué, des racismes réactifs ou défensifs, produits par mimétisme en tant que "répliques" (dans tous les sens du terme) du premier. Or, dans les sociétés occidentales, le racisme "normal" ou institutionnel est le racisme "blanc" visant diverses catégories de "non-blancs". Mais, et là réside l'une des raisons du flou sémantique dans l'usage des termes, le racisme "anti-blanc" est difficilement différenciable du racisme anti-français ou anti-européen, voire anti-occidental (à dominante anti-américaine), ou encore d'une christianophobie portée par les milieux islamistes partout dans le monde. La haine du Blanc, du Français, de l'Européen, de l'Occidental ou du chrétien se donne comme un bloc indifférencié. Lorsqu'une militante gauchiste des "Indigènes de la République", à l'identité maghrébine (d'origine) fortement affirmée, dénonce les "souchiens" (jouant sur l'effet d'homophonie : "sous-chiens"), soit les Français qui ne sont pas d'origine étrangère, elle illustre à la fois le racisme anti-blanc et le racisme anti-français.

Mais il faut considérer un deuxième niveau de signification. On peut faire l'hypothèse qu'une forme nouvelle de racisme d'opinion, peu élaborée sur le plan doctrinal, est en train de surgir sur la base de la diabolisation du nationalisme - qui englobe le patriotisme -, telle qu'elle s'est développée dans la période post-nazie. C'est là ce que j'ai appelé "antinationisme" au début des années 1990, lorsque le rejet du Front national a dérivé clairement, dans certains milieux politiques de gauche et d'extrême gauche, vers le rejet de la nation. Dans cette perspective, tout attachement national est perçu comme une persistance détestable de l'esprit pétainiste, de l'idéologie de l'Action française ou du régime de Vichy. Cet "antinationisme" est l'une des composantes de ce qu'on appelle le "racisme anti-blanc" en France. C'est le rejet de la nation française qui est pour ainsi dire figuré par les visages "blancs", la couleur de la peau n'intervenant cependant qu'en tant qu'indice. Le culte plus ou moins ostentatoire du "métissage" (le plus souvent pensé sur le modèle du croisement "noir/blanc") peut être aussi une manière d'exprimer, sans l'assumer, une forme de "racisme anti-blanc". Ici encore, on assiste à la fabrication de pseudo-races : le type métissé peut être érigé en idéal humain ou en norme phénotypique. Et l'on comprend aisément que, dans une société où l'antiracisme est une norme inscrite dans la loi, les "racistes anti-blanc" soient voués à affirmer que le "racisme anti-blanc" n'existe pas !

L'antiracisme est aussi une idéologie, formée sur la base d'un certain nombre d'axiomes ou de postulats. Il présuppose notamment que le racisme va toujours du "Blanc" (le dominant supposé) au non-Blanc (le dominé présumé), et que le "Blanc" ne saurait être en position de "victime". Ce dogme idéologique est à ce point intériorisé par les antiracistes militants qu'il les rend aveugles ou indifférents aux faits observables qui le contredisent.

Ma position sur le "racisme anti-blanc" est d'abord un appel à la prudence méthodologique : il faut se garder d'utiliser naïvement ou cyniquement l'expression, simple étiquette d'usage polémique, sans nier ni minorer pour autant les phénomènes (courants d'opinion, importation de conflits locaux, violences sociales, etc.) auxquels elle se réfère. S'il faut problématiser la catégorisation, en montrant qu'elle assimile d'une façon abusive divers niveaux de représentations, il convient parallèlement d'enquêter sur les attitudes et les comportements socialement observables, analyser les situations où des "blancs" sont stigmatisés, menacés ou injuriés ("sales blancs" !), voire agressés physiquement en tant que "blancs". S'efforcer aussi d'élargir l'enquête vers d'éventuelles nouvelles formes de ségrégation ou de discrimination dont les populations identifiées comme "blanches" seraient, en tant que telles, les victimes. C'est alors qu'on aura établi les données permettant d'évaluer correctement, en dehors des passions idéologisées, l'importance du "racisme anti-blanc", préalable à toute détermination des moyens politiques d'y faire face.

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 14:13
61% des Français opposés au droit de vote des étrangers

 

[NDLR : Un vrai camouflet pour les promesses de campagne du candidat "normal" qui, s'il se conforme à la norme, devra s'abstenir]

http://www.atlantico.fr

Selon un sondage exclusif Ifop pour Atlantico, la proportion des Français favorables au droit de vote des étrangers est en net recul.

 

 

Sondage

Publié le 19 septembre 2012
Exclu Atlantico
  •   
 
Selon un sondage exclusif Ifop pour Atlantico, 61% des Français sont contre le droit de vote des étrangers.

Selon un sondage exclusif Ifop pour Atlantico, 61% des Français sont contre le droit de vote des étrangers. Crédit Reuters

Atlantico : Seulement 39% des Français se déclarent favorables au droit de vote aux élections locales pour les étrangers non européens résidant depuis plus de 5 ans en France. En décembre 2011, ils étaient 55%. Comment expliquer ce net recul ?

Jérôme Fourquet : Cette question est éminemment sensible. L’évolution très forte sur ce sujet démontre que l’opinion publique peut fortement varier en fonction du contexte.

La mesure précédente dont nous disposons date de décembre 2011, début de la campagne présidentielle. Le candidat Hollande réaffirmait alors son intention de faire appliquer cette vieille promesse de la gauche qui date des 110 propositions de François Mitterrand en 1981. Une courte majorité (55%) se disait favorable à l’époque. Mais nous n’étions pas encore au cœur de la campagne électorale, les positions de part et d’autre n’étaient pas encore réellement formées. Pendant la campagne électorale, et notamment durant l’entre-deux tours, Nicolas Sarkozy a martelé la gauche sur ce thème. C’est un des éléments qui explique la remontée de Nicolas Sarkozy dans les sondages à ce moment-là. Cela a clairement augmenté les reports de voix du Front national. En période de tensions, quand cela devient en enjeu important de la campagne, les positons se durcissent clairement. Le chiffre tombe de 55% à 39%.

Autre élément de contexte qui change : qu’on le veuille ou non cette question est liée, dans l’esprit de beaucoup de français, à la question de l’intégration. Qui dit intégration dit forcément intégration de la population issue de l’immigration maghrébine. Des connections se créent alors pour le meilleur et pour le pire, la présence et la place de l’Islam dans la société française est ainsi présente dans le débat. Or sur ce sujet-là, depuis décembre 2011, il s’est passé un certain nombre d’évènements marquants : l’affaire Merah à Toulouse pendant la campagne présidentielle a soulevé par exemple des questions sur la qualité de l’intégration en France. Plus récemment, et on peut alors s’interroger sur le calendrier choisi par les 75 députés socialistes, les manifestations autour de l’ambassade américaine à Paris ont ravivé ce débat. Ce n’est clairement pas le meilleur moment pour mettre sur la table ce sujet. Les connections sont très fortes en « droit de vote des étrangers », intégration et communauté musulmane.

Troisième élément qu’on peut invoquer pour expliquer ce durcissement très net de l’opinion : en période de crise économique aiguë, notre propension à l’ouverture et à une certaine forme de générosité est beaucoup plus faible.



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Qu’en est-il au sein des grandes familles politiques françaises ?

Les sympathisants de gauche étaient 76 % à être favorables au droit de vote des étrangers, ils ne sont plus que 72%. Il reste en grande majorité pour la mesure, cette baisse très minime n’est pas significative.

En revanche, le raidissement est très net à droite. Les électorats de droite et d’extrême droite qui étaient déjà largement défavorables le sont encore davantage. Les sympathisants UMP passent de 37% de favorables à 11% tandis que ceux du FN étaient 20% pour en décembre 2011 et ne sont plus qu’aujourd’hui 8% dans ce cas-là. La connexion entre le droit de vote des étrangers et la place de l’islam en France est logiquement la cause de ce durcissement.

 


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Les ouvriers sont 72% à être opposés au droit de vote des étrangers. Comment analysez-vous ce chiffre ?

Il existe un clivage sociologique assez important sur la question. 52% des cadres sont favorables à l’adoption de la mesure alors que seulement 28% des ouvriers le sont. Une partie de la gauche s’interroge aujourd’hui sur le timing de cette réforme. En termes d’agenda, est-ce vraiment une priorité ? L’électorat populaire réclame avant tout une mobilisation sur le front du chômage et du pouvoir d’achat.



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Méthodologie : Enquête réalisée par l'Ifop du 18 au 19 septembre auprès d'un échantillon de 1 174 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Questionnaire réalisé par téléphone. Méthode des quotas : sexe, âge, profession de la personne interrogée, catégorie d'agglomération et région.

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 09:51

Le réveil macabre d’Arafat et la tragi-comique décision française

Jeudi 11 novembre 2004, 3 heures du matin, Yasser Arafat est décédé à l’hôpital des armées Percy à Clamart… Quelques heures après, sur le tarmac de la base aérienne de Villacoubay, le cercueil d’Arafat est recouvert du drapeau quadricolore palestinien et porté par huit soldats français de l’armée de terre. Au son de la marche funèbre de Chopin, trois compagnies de la Garde républicaine en tenue d’apparat rendent les honneurs…Après la sonnerie aux morts retentit l’hymne national palestinien et la Marseillaise, joués par la fanfare militaire. Des drapeaux français et palestiniens en berne flottent au vent tandis qu’un avion Airbus de l’armée de l’air s’envole avec la dépouille vers les cieux escorté par un autre avion de la République française avec, à son bord, le chef de la diplomatie…

On convient que cet hommage sans précédent et orchestré par Jacques Chirac a dépassé l’entendement et toutes les directives protocolaires. Jamais dans les temps modernes, un pays occidental et laïc n’a réservé à un chef « guerrier » à savoir à un chef terroriste d’un Etat étranger virtuel, une telle admiration en grande pompe et aussi solennel…En ce jour du 11 novembre…le jour de l’Armistice du premier conflit mondial de l’Histoire!

Et voilà que sept années plus tard, la France de François Hollande décide d’ouvrir le dossier médical qui pourtant a été profondément enterré et dont des médecins militaires français y étaient eux mêmes responsables et n’avaient trouvé aucune anomalie ou empoisonnement quelconque. Ils savaient parfaitement qu’Arafat avait un certain âge, souffrait d’une cirrhose du foie très aigue et quelques années auparavant son avion s’était écrasé dans le désert libyen. Qu’Arafat  avait échappé belle mais que ce crash néanmoins valu deux hémorragies cérébrales, et enfin, ils étaient  conscients qu’Arafat fut atteint aussi de la maladie d’Alzheimer, sans oublier le Sida…   Donc pourquoi ce camouflet à l’encontre des médecins? Pourquoi relancer une nouvelle tragi-comédie? Ne s’agit-il pas d’un acte purement politique pour ressusciter un dossier palestinien oublié et agonisant face à l’impuissance devant les turbulences islamiques, la crise syrienne, et l’approche de l’Assemblée générale de l’ONU afin d’assurer la reconnaissance de l’adhésion de la Palestine…et par la même occasion satisfaire les caprices de madame Souha Tawil-Arafat et justifier l’enquête d’al Jazzera…la chaîne d’une principauté arabe « très chère à la France… »

Depuis plusieurs décennies, la France se distingue par un traitement singulier et étrange de la solution du problème palestinien. Pour rafraichir nos mémoires rappelons quelques jalons marquants, inspirés et dictés par le Quai d’Orsay: la rencontre  Sauvagnargues-Arafat à Beyrouth. L’ouverture d’un bureau de l’OLP à Paris. La libération d’Abou Daoud, cerveau du massacre des 11 athlètes israéliens à Munich. L’invitation d’Arafat à l’Elysée,  le jour même de la commémoration de la Shoah, l’hospitalisation d’Arafat en France, et ouverture d’une enquête sur sa mort approuvant indirectement la thèse de « l’empoisonnement » par Israël…Reconnaissance de la Palestine au siège de l’UNESCO à  Paris… Ouverture d’un réseau diplomatique et consulaire dans les territoires palestiniens et une « ambassade de France auprès de la Palestine » dans le quartier ouest de Jérusalem… L’inquiétude du Quai d’Orsay et son attachement à la liberté de circulation vers et dans les territoires palestiniens approuvant et encourageant ainsi les initiatives des opérations de « Bienvenue en Palestine » par des anarchistes et antisionistes voulant semer la pagaille et attirer l’attention de l’opinion publique internationale. Ont-ils programmé d’aller manifester à Damas ou  dans les rues de Paris contre les massacres quotidiens en Syrie?

Dans son dernier discours devant les ambassadeurs de France, le président François Hollande nous « recommande de reprendre le chemin de la négociation dés lors que les Palestiniens ont levé bon nombre de préalables » Ah bon, lesquels? Il est temps que le président français nous révèle les concessions que les Palestiniens ont fait dernièrement…N’ont-ils pas en effet lancé une campagne de dénigrement et de déligitimation de l’Etat juif dans toutes les tribunes internationales et particulièrement à Paris?!

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  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
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Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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