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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 09:37

 

Les voies de la Providence sont Impénétrables...

 


http://israelmagazine.co.il/fumee-blanche-nous-avons-un-nouveau-gouvernement-israelien/

Fumée Blanche. Nous Avons Un Nouveau Gouvernement Israélien!

 

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Benjamin Netanyahou est parvenu mercredi in extremis à conclure un accord de gouvernement avec le centre droit et la droite nationaliste religieuse, à quelques jours de la visite historique du président américain Barack …Le nouveau gouvernement, le 3 eme de l’ère Netanyahou vient donc d’être annoncé cette nuit et si depuis plusieurs semaines, les tractations battaient leur plein, on connaissait déjà les contours de ceux qui allaient prendre les relais ministériels.

 C’est donc bien Bouguy Yaalon qui sera le prochain ministre de la Défense, l’homme qui refusa de porter la responsabilité de la sortie du Goush Katif quand il fut chef d’Etat-major de Tsahal en 2005. Lapid aura comme presque prévu le portefeuille des finances et Le Foyer National s’appropriera ceux de l’Education, du Logement et celui du Commerce et de l’Industrie. Quelques ministères ne sont pas encore attribues mais cela n’empêchera pas Bibi de présenter officiellement son gouvernement a la Knesset rapidement. La grande interrogation reste le ministère des Affaires étrangères qui n’a pas encore été attribué mais qui le sera des que nous connaitront le sort judiciaire fait a Libermann et qui restera de toute façon dans le giron du Likoud Beiteinou. C’est un gouvernement réduit a 21-22 Ministres sans orthodoxes qui prendra ses fonctions des la semaine prochaine.

 

 Fumée Blanche (Bis repetita). Habemus papam.  Un nouveau pape !

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 23:00

 

 

http://alyareussie.fr/

Vous souhaitez investir en Israël? Préparer votre Alya sur les volets financiers et matériels? Améliorer votre budget et construire votre patrimoine en Israël? Bienvenue sur Alya Réussie!

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 16:00

 

 

 

 

 

POLITIQUE DU PEUPLE JUIF

 

 

Pourquoi le débat sur le peuple juif est-il devenu si central, planétaire même ? Sans doute parce qu’un ensemble de projections et d’attentes contradictoires viennent se briser sur son énigme. Un peuple bifocal, diasporique mais aussi souverain dans l’État d’Israël, un peuple mais aussi une Église, une religion, un peuple global, rassemblant des hommes et des femmes de tous les continents, de toutes les races, de toutes les cultures, mais avec le sentiment d’être un seul peuple.


Un peuple vilipendé, délégitimé, dénié parfois par les siens propres, mais dont la résurgence en Israël, au sortir de son extinction programmée en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, est éclatante. Un peuple qui plonge ses racines dans un passé immémorial, à l’héritage toujours vivant, mais qui fut aussi un laboratoire dans lequel la modernité s’est essayée à ses pires expériences comme à ses meilleures.


Ce peuple, Shmuel Trigano tente, dans cet ouvrage, de le penser de façon inédite, systématique et politique. Il tente aussi de nous montrer en quoi son expérience nous intéresse tous, que nous soyons Juifs ou non.


SHMUEL TRIGANO, professeur des Universités, directeur-fondateur des revues Pardès et Controverses, développe une approche inédite de l’existence juive et du judaïsme dans la modernité. C’est le vingtième ouvrage d’une œuvre traduite en plusieurs langues.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 15:59

 

Shmuel Trigano (Copier)

LE RETOUR DU CENTRE

 

Shmuel Trigano 24 Janvier 2013

 

L’avantage de l’âge et la connaissance de l’histoire des partis politiques israéliens permettent d’avoir une perspective inhabituelle sur les récentes élections.

 

Deux phénomènes marquants les caractérisent:

 

- l’apparition sur la scène de deux nouveaux partis Yesh Atid (19 sièges) avec Yair Lapid comme leader et Habayit hayehoudi (12 sièges) avec Naftali Benett pour tête de liste (en fait c’est la venue de Benett à la tête de ce parti, déjà existant, qui est la cause de son renouveau). En arrière plan de ce phénomène, on prend note bien sûr de l’effondrement spectaculaire de Kadima sous la houlette de Shaul Mofaz, qui passerait de 28 sièges à deux.

 

- cette évolution a pour cadre l’affaiblissement du Likoud-Israel Beitenou, un bloc qui passe de 41 à 31 sièges, tout en restant la principale force politique du pays.

 

C’est ce dernier point qu’il faut d’abord analyser car il est clair que la chute d’influence duLikoud autant que l’effondrement de Kadima ont fourni le réservoir de voix des deux nouveaux partis (originellement Kadima émane d’une scission du Likoud emmenée par Sharon). Le semi-échec de Natanyahou dans l’opération « Colonne de nuée », la déception profonde de ses électeurs devant ses atermoiements, la tension entre la mobilisation militaire et morale du pays et le renoncement à en finir avec le terrorisme de Gaza annonçaient déjà cette évolution. Natanyahou ne communique pas. Il est étrangement absent des tribunes et il ne fait pas de doute que son éloignement lui a terriblement nui alors que Yair Lapid, journaliste et homme de communication, a fait le tour du pays pour recueillir les doléances de l’électorat. De plus, Natanyahou était donné pour vainqueur par les sondages, ce qui a autorisé ses électeurs a manifester leur mécontentement à son égard, en votant pour d’autres partis, sans que pour autant ils ne cessent de voir en lui, semble-t-il, l’homme de la situation.

 

Il ne faut en effet pas se méprendre Yesh Atid est un parti de centre droit et non de gauche. Ses électeurs peuvent être des transfuges du Likoud qui n’ont pas apprécié la fusion avecIsrael Beitenou, trop à droite. Quand à Bayit hayehoudi, la proximité au Likoud est encore plus grande, mais, contrairement à ce que l’on pense, ce parti est au centre-droit. Il ressuscite de façon étonnante le Parti National Religieux, le Mafdal, qui avait été tout au long de l’histoire un parti charnière entre laïques et religieux et que la naissance du Gouch Emounim avait pulvérisé en déplaçant une grande partie de son électorat à droite toute. Le parti de Benett rassemble aujourd’hui (comme Yesh Atid) laïques et religieux avec cette différence que son engagement sioniste et national est beaucoup plus marqué que pourYesh Atid. Le fait qu’il devienne membre de la coalition aux côtés de Yesh Atid justifiera ou pas ce classement que je suggère au centre droit. Il semble en effet que ce parti ne serait pas radicalement hostile à une réduction des budgets en faveur des ultra-orthodoxes ou au service militaire pour les étudiants de Yeshiva, tout en étant clairement proche de l’orthodoxie moderne, le sionisme religieux d’il y a 40 ans. Il n’est pas sûr en effet que la question des territoires constitue un critère pour le classer à l’extrême droite, du fait de l’évolution générale de l’opinion israélienne dont certaines études d’opinion montre le scepticisme quant à un accord de paix prévisible avec les Palestiniens (1).

 

Le ventre mou du système

 

Je vois dans le phénomène que représente le surgissement de ces deux partis une étonnante recomposition de partis centristes qui avaient occupé le milieu du spectre politique israélien depuis ses origines et que l’on connaissait bien dans les années 1960-1970. En fait Yesh Atid prend la place du Parti des « Sionistes Généraux » et Bayit hayehoudi celle du Mafdal. Ces deux partis étaient en règle générale de toutes les coalitions, du temps ou le Parti Travailliste était dominant. La naissance du Likoud (né d’une alliance de 2 partis), du temps de Begin, avait modifié la donne et d’une certaine façon aujourd’hui l’érosion du Likoud leur rouvre la voie.

 

En fait la place des Sionistes Généraux est le ventre mou du système. Depuis 1967, de nombreux partis se sont créés dans ce lieu puis ont disparu aussi vite. Rappelons nous leDash de Yigal Yadin, rappelons nous, en 2003, le Shinouy du père de Lapid, rappelons nous Kadima. Aujourd’hui Yesh Atid. On peut faire le pronostic que Yesh Atid disparaîtra aussi d’ici la prochaine Knesset. De fait, ce parti promet le « changement » (sic) – c’était déjà le cas du du parti de son père Shinouy dont le nom, veut dire « changement »- mais son programme est inexistant, son chef une vedette de la TV. Que 19 sièges consacrent un tel parti est inquiétant et témoigne de la déception qu’inspire le paysage politique à une partie des électeurs israéliens. C’est sans doute un vote de protestation et un feu de paille sans lendemain. Entretemps bien sûr, ce parti va jouer un rôle important dans la coalition, mais sa capacité de faire face à des décisions gravissimes pour l’avenir de l’État laisse perplexe.

 

Religieux

 

Le déclin du Shas (11) est aussi significatif car lui aussi avait tenté d’occuper le centre vide du système durant plusieurs années. Nous avons pu remarquer que, durant la campagne, Lapid comme Benett s’adressaient aussi aux électeurs sépharades, sans doute lassés par le parti dont la marque de fabrique était la défense de leurs intérêts. Le Shas a-t-il des chances d’entrer dans la coalition, c’est possible mais comment se comportera-t-il avec un Lapid qui veut annuler tous les privilèges du secteur religieux ? Si Bayit Yehoudi and Yesh Atid entrent en coalition avec Natanyahou, point n’est besoin du Shas. Peut-être même Lapid attirera-t-il Livni. En tel cas la friction avec le Bayit Yehoudi est assurée car Livni et Lapid sont sensibles aux exigences de l’Union européenne et des États Unis concernant l’État de Palestine. C’est tout autre chose avec Bennett qui est sourcilleux sur le plan de la souveraineté israélienne, du sionisme et pas favorable à la création d’un nouvel État entre le Jourdain et la mer (mais à un statut d’autonomie).

 

La politique

 

Il est d’allers étonnant que la question palestinienne et celle de l’Iran, sauf pour ce dernier point chez Natanyahou, n’ont pas été au centre de la campagne si ce n’est pour Livni dont le faible résultat indique le degré d’intérêt public pour la chose. Bien au contraire, la question sociale et celle des religieux ont suscité les débats les plus forts et expliquent la montée de Lapid. Agitéee frénétiquement par le parti Avoda, elle ne lui a pas profité. Sans doute sa dénonciation du « capitalisme » par son leader, Shelly Yachimowitch, était-elle trop violente et peu convaincante. Concernant l’enjeu religion-laïcité, les partis qui font office avant tout de laïcité ou de religion sont à égalité : 19 pour Lapid, 18 pour le Shas et les Ultra orthodoxes (Yahadout hatora), si l’on ne compte pas Bayith hayehoudi, plus centriste. Bien que la religion soit pour lui un pilier central, le parti de Naftali Bennett, contrairement aux partis dits « religieux », a des intérêts non sectoriels, couvrant toute la réalité socio-politique, ce qui justifie ce classement. Sur le plan de la politique étrangère, la présence de Lapid dans la coalition ramènera Natanyahou vers le centre et donc vers la vision des choses européenne et américaine, et ce d’autant plus si Tsipi Livni se joint, via Lapid, au gouvernement, ce qui ne sera pas sans provoquer de tensions avec Bennett. Si Lapid donne le ton à la coalition, les angles seront bien « arrondis » avec Obama. D’une certaine façon, le mouvement vers le centre de l’électorat israélien témoigne indirectement aussi de son inquiétude devant l’isolement international d’Israël découlant de la politique américaine et européenne en faveur des Palestiniens. Il donne aussi une issue à la politique de Natanyahou sur le plan diplomatique. N’oublions pas, cependant, que les nouveaux politiciens qui entrent sur scène sont des néophytes. Ils auront fort à faire avec un politicien chevronné comme Natanyahou… Reste que la politique de ce dernier n’est plus très claire.

 

Note

 

(1) Les résultats d’un sondage d’opinion du Jerusalem Center for Public Affairs de décembre 2012 auprès de 83% des Israéliens (la part juive de la population) est très éclairant, si tant est que l’on peut prêter une fiabilité à toute épreuve aux sondages. Cet intérêt sélectif se justifie au regard du choix nationaliste-palestinien et anti national (israélien) de la minorité arabe israélienne, en tous cas de ses représentants à la Knesset (11 sièges) qui pratiquent une attitude politique d’auto-exclusion, ce qui dans leur double langage s’appelle « apartheid israélien »… Néanmoins un sondage serait intéressant pour vérifier si la masse des Arabes israéliens pense comme ses députés. Face à la demande que les citoyens arabes fassent aussi leur service militaire, puisqu’on l’exige des ultra-orthodoxes juifs, il y a eu en effet des opinions arabes qui répondaient favorablement à cette demande, ce qui témoigne d’un signe encourageant d’intégration dans la citoyenneté.

Pour ce qui est de la population juive, 76% estiment qu’un retrait sur les lignes de 1967 ne satisferait pas les Palestiniens ; 22% seulement croient que cela mettrait fin au conflit ; 74 % pensent qu’Israël a besoin de profondeur stratégique (Judée-Samarie) ; 66% désapprouvent un retrait sur les lignes de 1967 en échange d’un accord avec Les Palestiniens ; 65% s’opposent à la redivision de Jérusalem ; 65% s’opposent au retrait de la vallée du Jourdain ; 68 % s’opposent à l’évacuation d’Ariel et de la Samarie occidentale; 72 % veulent qu’Israël contrôle les blocs d’implantations israéliennes ; 73 % s’opposent à l’évacuation des collines de Judée Samarie entourant l’aéroport de Ben Gourion ; 67% estiment qu’Israël doit contrôler l’autoroute 443 qui relie Jérusalem à Tel Aviv ; 52% pensent que la sécurité est plus importante que la paix. C’est on ne peut plus clair: si les Israéliens sont pour un État palestinien, celui ci ne correspond pas aux ambitions immédiates et à long terme (toute la « Palestine ») de l’OLP. Ces critères d’évaluation nous montrent où se trouve le « centre » politique en Israël. De ce point de vue la position du Bayit Yehoudi est au centre.

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 10:49

 

 

 

lapid (Copier)

Le nouvel entrant Yair Lapid: il redistribue les cartes de la politique israélienne

 

Confronté à des résultats électoraux décevants, le Premier Ministre sortant, Binyamin Netanyahou a inévitablement annoncé qu’Israël aura besoin d’un gouvernement fondé sur la coalition la plus large possible et il s’est lancé aussitôt dans la dure tâche d’en définir la composition. Avec son bloc Likoud/Israël Beitenou aux commandes de seulement 31 sièges sur 120 à la Knesset, il doit former un gouvernement avec un grand nombre de partis décousus et sans projet commun. Mais, par-dessus tout, le nouvel arrivant, Yaïr Lapid, un ancien journaliste et animateur de programmes, centriste avéré sans expérience politique ou administrative, domine le nouveau paysage auquel fait face Netanyahou. L’électeur a gratifié son parti de l’Avenir, dont l’influence réelle reste, à ce jour, une inconnue, du brillant résultat de 19 sièges. Lapid a, par conséquent, largement éclipsé Shelley Yacimovich du Parti travailliste, qui concourrait en tant que possible Premier ministre alternatif et a terminé la campagne avec l’obtention de seulement 15 sièges. Elle promet, à présent, de diriger une opposition combative, dans cette 19ème Knesset sortie des urnes, ce mardi 22 janvier. Cela dit, cette promesse pourrait bien ne pas être son dernier mot. Lapid a été catapulté en pole position pour déterminer si Netanyahou conduira un gouvernement majoritaire ou un bloc courant au-devant d’une impasse, face à un bloc de centre-gauche, renforcé par la plus-value des partis arabes, résolu à soutenir la dirigeante travailliste.

 

Les résultats officiels de l’élection qui doivent être publiés jeudi matin pourraient permettre de sortir de cette impasse d’une façon ou d’une autre.

 

On doit encore recompter les “double-enveloppes”, comprenant les suffrages de l’armée. La participation de l’armée a été de 80%, c’est-à-dire bien plus que le tableau national général de 66, 6% des 5, 6 millions d’électeurs appelés à voter.

 

Les premiers commentaires de Lapid indiquaient qu’il restait ouvert à l’idée de se joindre à un gouvernement Netanyahou, sous certaines conditions : il attend, précisément, des changements politiques. Netanyahou, dont l’alliance composée du Likoud et d’Israël Beitenou perd un tiers de ses forces parlementaires, pourrait bien opter pour un arrangement initial avec l’Avenir de Lapid, sur les questions-clés du budget, de la sécurité, des pourparlers de paix, des écarts sociaux, du service national pour les étudiants des Yeshivot et quelques avantages en direction de la classe moyenne, de façon à obtenir un socle de coalition de 50 sièges pour réunir sa nouvelle équipe. Ces pierres de fondation du prochain gouvernement, assorties de nouvelles directives, suffirait à doter Netanyahou d’un point de départ solide  pour poursuivre les tractations avec d’autres partenaires supplémentaires, afin de compléter cette coalition.

 

Une alternative à cette stratégie restant dans la manche de Netanyahou, serait d’appeler à de nouvelles élections dans le court terme. Il a fait allusion à la possibilité que cette option soit encore une carte à jouer, lorsqu’il s’est aperçu de la baisse conséquente de l’influence de son parti, mais, à présent, il doit réaliser que cette éventualité ne constitue pas une garantie qu’une autre élection lui accorde un meilleur résultat que celle-ci.

 

Le dirigeant du Parti de l’Avenir fait face à l’énorme défi d’être parachuté vers les plus hautes fonctions, confronté à de sombres enjeux, sans la moindre expérience dans un gouvernement ou même au Parlement. Dans le même temps, il doit aussi donner un coup de fouet à sa formation politique, aussi inexpérimentée que lui, pour en faire, en quelques temps, un parti capable de diriger et choisir quels postes ministériels lui conviendraient le mieux pour travailler efficacement aux côtés des ministres du Likoud bien plus expérimentés que lui. L’échec de Lapid à propulser son parti de novices au stade de la maturité et à maintenir sa cohésion interne, risquerait d’écouter sa durée de vie et de lui faire prendre le même chemin que tant d’autres groupes politiques émergents dans le passé qui ont été autant de feu de paille.

 

Le Foyer Juif de Naftali Bennett, qui aurait dû être le principal partenaire naturel de Netanyahou, si l’électorat israélien lui avait apporté les mêmes chances que Lapid, plutôt que seulement 11 sièges, rejoindra, sans aucun doute les lignes de force du projet du prochain gouvernement. Comme Lapid, c’est également un débutant en matière de gouvernement et de politiques. D’un autre côté, Netanyahou, l’homme politique en poste le plus expérimenté de sa génération, est le principal responsable d’un nombre incalculable de faux pas et de mesures inappropriées, dans presque tous les domaines, au cours des deux dernières années de son mandat au bureau du Premier ministre – qui ont culminé par ses tactiques de campagne passées à côté de leurs objectifs. Mais, pour le pays, devoir se faire à l’idée de nouvelles figures inconnues en politique, prêtes à se conduire comme les fers de lance d’une nouvelle ère dans l’histoire d’Israël, ne devrait pas être une mauvaise chose. Dans l’ordre naturel des choses, ils pourraient entamer le processus facilitant la sortie de la vieille école.

 

http://www.debka.com/article/22702/To-build-a-viable-government-Netanyahu-needs-Lapid

 

DEBKAfile  Analyse Exclusive   23 Janvier 2013, 8:56 AM (GMT+02:00)

 

Adaptation : Marc Brzustowski. 

 

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 22:06

 

 

 
 10-12-12 israeli-election-seats-m-82282 (Copier)

Les Israéliens vont aux urnes mardi.

 

Les résultats des sondages commandités à titre privé par les dirigeants des partis, un jour avant l’élection general en Israël, mardi 22 janvier, donnaient une moyenne de 37+ (sur 120 sièges à la Knesset) pour la liste Likoud/Israël Beitenou du Premier Ministre Binyamin Netanyahou, avec un Parti Travailliste, sous l’égide de sa nouvelle dirigeante, loin derrière, à 15 sièges. Les deux nouvelles forces : Naftali Bennett, à la tête de « Foyer Juif » et « Il y a un Avenir » le parti nouvellement lancé de Yaïr Lapid, ex-aequo, à 14 sièges, le Shas ultra-religieux glissant vers les 11 sièges. Hatnuah, de Tzipi Livni continue de dégringoler : chuter maintenant à 6 sièges, alors que le Meretz, à l’extrême-gauche progressant peu à peu vers la même configuration.


Ces résultats non-publiés ont été obtenus dimanche 20 janvier au soir, par les sources de Debkafile. Ces tableaux correspondent aux moyennes calculées à partir des différents sondages.

 

Les vedettes de l’élection générale de 2013 s’avèrent être les deux nouveaux entrants, Bennett et Lapid, bien qu’ils qu’ils soient bien loin de représenter une menace pour le favori, le Likoud-Israël Beitenou, ou la certitude que Netanyahou repartira pour un autre mandat en tant que Premier Ministre.

 

Ces deux relativement jeunes prétendants ont mené de vibrantes campagnes, reposant essentiellement sur les médias sociaux et faisant fortement appel au jeune électeur, indépendamment de leurs profondes différences : Bennett dirige un parti modérément religieux, mais de tendance « faucon », favorable aux implantations, alors que l’agenda de Lapid est vaguement centriste, flexible, s’engageant seulement à améliorer le sort de la classe moyenne et à enrôler les étudiants des Yeshivot dans l’armée et le service national.

 

Tous deux semblent s’acheminer vers des nominations ministérielles dans la prochaine coalition de gouvernement, avant même de poser le pied dans l’enceinte de la Knesset : un témoignage du changement de carte politique et de conventions, en Israël.


Kadima, qui a dirigé deux gouvernements et mené, lors de la dernière élection, il y a quatre ans, se bat pour atteindre le seuil minimal de trosi sièges à la Knesset. Il apparaît recevoir une vraie râclée, grâce à son dirigeant respecté, l’ancien chef d’Etat-Major et Ministre de la défense, Shaul Mofaz.


Ces résultats, que les chefs de partis gardent sous leur chapeau, réfutent ce que les trois sondeurs principaux ont annoncé, jour après jour, dans les medias les plus populaires. Ils donnaient tous Likoud/Beitenou en chute libre à 32, et même à 31 sièges. Le Parti de Netanyahou, malgré une campagne manquant de panache, est clairement en train de surmonter cette tendance.


La dirigeante du Parti Travailliste, Shelly Yachimovich, se retrouve en position difficile, alors qu’elle fait face à sa première élection générale, comme cheffe du Parti Travailliste vétéran et si souvent divisé.

 

Elle a débuté sa champagne en se présentant carrément en challenger de Netanyahou pour le poste de Premier Ministre. Elle a ensuite dirigé ses flèches contre Livni et Lapid. A présent, alors que ces tactiques ont fait long feu, elle est réduite à mener un combat d’arrière-garde pour le rôle de cheffe de l’opposition, contre ses deux adversaires immédiats. Lapid, tout comme Bennett, grimpe en flèche, alors que le parti Hatenuah de Livni a, effectivement, plongé – mais pour ne poser une menace existentielle qu’au Parti Travailliste.

 

L’ancien dirigeant syndicaliste dynamique, Amir Peretz, que s’est aliéné Yachimovich, s’est laissé entraîner parLivni, il y a deux semaines, sortant du Parti Travailliste, de façon à renforcer son propre parti. Actuellement, il ne montre aucune intention de couler avec sa nouvelle égérie, mais, d’après Debkafile,  mais plutôt, une fois que les résultats de l’élection seront réellement tombés, de projeter d’enrôler les survivants du parti Hatenuah qui l’a adopté, de réunir autour de lui les ses partisans qu’il a laissé derrière lui au sein du Parti Travailliste, qui forment l’essentiel de l’appareil du parti, et de foncer pour former un nouveau parti en rupture sous sa direction.

 

Ce stratagème pourrait coûter à Yachimovich la moitié des 15 sièges prédits après l’élection. Si Amir Peretz parvient à conclure ce projet, il est susceptible d’être en position de marchander des portefeuilles respectables dans le prochain gouvernement Netanyahou.

 

Cette manœuvre et d’autres, y compris les propres plans de Netanyahou, semblent produire une coalition de gouvernement très mélangée, de Faucons, de Centristes, de factions pacifistes, de libéraux axés sur le social et d’éléments religieux modérés. Netanyahou sera, cela dit, sûr d’être le seul à tenir le gouvernail depuis le podium.

 

http://www.debka.com/article/22699/Unpublished-election-poll-Likud-37-Labor-15---Bennett-Lapid-level-at-14

 

DEBKAfile Reportage Exclusif  21 Janvier  2013, 10:16 AM (GMT+02:00)

Adaptation : Marc Brzustowski. 

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 10:21

 

 

 

editorialaGad-copie-1

 

Obama l’isolationniste pourrait renforcer Bibi Netanyahou, en s’ingérant dans les élections israéliennes.

 

Par Marc Brzustowski.


 netanyahouobama5mars2012 (Copier)

Scoop : ils ne s'apprécient guère...


Barack Obama, fidèle à une vieille politique d’ingérence des Etats-Unis dans les affaires de l’électeur israélien, a voulu y aller de sa petite phrase de soutien au Centre-Gauche qu’il affectionne. Extrémiste comme jamais aucun Président des Etats-Unis ne s’était permis de l’être, en matière de paternalisme néocolonial envers l’Etat Hébreu, il s’est fendu d’un : « Israël ne sait pas ce que sont ses intérêts vitaux », lors d’une interview accordée à son faire-valoir, le journaliste Jeffrey Goldberg, du NYT. Tout en critiquant les politiques régionales de Binyamin Netanyahou, il a ajouté qu’en continuant en ce sens, « Israël s’isolerait encore plus sur le plan international ». Mais cet isolationnisme n'est-elle pas la seul politique que lui-même suit, en se tenant prudemment à l'écart des principaux dossiers de cette région?

 

Tzipi Livni et Shelly Yachimovich se sont, bien entendu, saisies de ce prompt renfort extérieur, pour qualifier ces politiques d’impasse menant à la paralysie, sans remettre en cause les signes d’effritement pourtant clairs du pouvoir de Mahmoud Abbas, en Cisjordanie, avec la réapparition ostensible des Brigades des Martyrs d’Al Aqsa dans les rues et des succès d’estime pour le Hamas. Les récents incidents du camp de Balata, où les deux principales entrées ont été barrées à l'entrée de forces de sécurité de l'AP, par des hommes masqués, en armes, avec le plein soutien de la population locale, démontrent à merci qu'Abou Mazen ne fait plus la loi sur le territoire et qu'il risque, à un moment ou à un autre, d'être démis de fonctions qu'il occupe sans légitimité, depuis 2009.

 

Le résultat contre-productif ne s’est pas fait attendre, si l'on devait s'en tenir à un dernier sondage, mené par l’oganisme Moot Maagar, pour le compte de Ma’ariv : à cinq jours de l’élection accorde 72 sièges à l’ensemble des partis de Centre-Droit et de Droite, contre 46 à tous les autres partis du Centre-Gauche et d’extrême-gauche. Le Meretz est le seul, du reste, à regagner des sièges, au détriment des quatre partis plus modérés. La liste Likoud/Israël Beitenou prétendrait à 37 sièges, contre 42 dont il disposait, dans l’actuelle Knesset, peut-être parce que l’électorat lui reproche son manque de fermeté dans la gestion de la crise de novembre, contre le Hamas. Mais, il s’est renforcé, à la suite de l’interférence d’Obama. Le nouveau parti de Naphtali Bennett, « Foyer Juif », plus à droite, demeure stable, avec 14 sièges, soit juste un de moins que le Parti Travailliste. Yesh Atid, « Il Y a un Avenir » du journaliste-vedette Yaïr Lapid, gagnerait 8 sièges, alors que Tzipi Livni et Hatnoua s’effondrent, avec à peine 5 sièges, soit moins que le Meretz, qui peut viser 7 postes. Kadima, le « grand » parti de Centre-Gauche, survivrait à cette élection avec 3 petites places concédées par ses homologues à sa gauche sur l’échiquier.

Un autre sondage, sur un millier de personnes sondées, pour le Yediot Aharonot, donne des résultats exactement contraires, avec une chute à 32 sièges pour la liste de l'actuel Premier Ministre, et une remontée du Centre-Gauche. Ce coup de sonde offrirait 17 sièges au Parti Travailliste, 13 à Yesh Atid, fait remonter sa favorite, Tzipi Livni, à 11, 8 au Meretz, et 11 aux partis arabes, considérant, d'ailleurs ces deux dernières tendances, comme appartenant de plein droit au "Centre-Gauche" (?). On peut demeurer seceptique sur ce marquage "modéré". 

 

L’électeur israélien est très pointilleux sur son indépendance et n’aime pas qu’on lui dicte sa conduite dans l'isoloir. Surtout quand le personnage qui s’y risque n’est pas particulièrement admiré en Israël. Obama n’est pas Bill Clinton, considéré comme un grand ami du pays, malgré des divergences tolérables.

 

Lors des élections de 1996, Bill Clinton, alors très populaire parmi les Israéliens, avait ouvertement fait campagne pour Shimon Peres, en disant que le projet de « Nouveau Moyen-Orient » rêvé par le Premier ministre intérimaire (depuis la mort de Y. Rabin) d’alors était à portée de main. Netanyahou, plus jeune, avait fait campagne pour une position plus responsable et soucieuse de la sécurité des Israéliens. Par respect pour la personnalité de Clinton, certains électeurs l’ont suivi, mais une courte majorité s’est reportée sur les injonctions et la fermeté de Netanyahou. Certains experts politiques en ont conclu que l’activisme de Clinton en faveur de Peres avait été un des facteurs concourant au passage d’un gouvernement de droite, dans l’une des élections les plus serrées qui se soit jamais déroulée en Israël (Netanyahou l’emportant, alors, sur le fil, avec 0, 4% d’avance sur son rival).

 

Les critiques appuyées d’Obama, envers Netanyahou, sont d’autant plus déconcertantes que le Président américain est parfaitement au courant de la perte de contrôle de M. Abbas, des risques d’extension jihadiste au nord, du fait du conflit syrien et au sud, dans le Sinaï, à cause d’un gouvernement des Frères Musulmans qui fricote avec l’Iran et se désolidarise, voire congédie les généraux égyptiens encore opposés à ce rapprochement anti-américain. Il sait aussi à quel point le dossier du nucléaire iranien stagne et les risques vitaux que cela fait courir à Jérusalem. Mais, cela ne l'a pas empêché de nommer à la Défense Chuck Hagel, notoirement connu pour s'opposer à toute intervention américaine musclée contre Téhéran. 

 

Dans la lutte anti-terroriste, il a baissé la garde depuis l’élimination de Ben Laden, mène des politiques de contrôle en coulisses et laisse le soin à quelque européen audacieux de régler lui-même ses comptes, après le lynchage de son Ambassadeur Chris Stevens, à Benghazi, ou les 600 millions de $ misés sur la tête des milices touarègues, qui ont rejoint AQMI, au premier coup de semonce…  Politique bien ordonnée commence par soi-même.

 

Obama n’est pas Clinton et ne jouit pas de sa popularité, aussi bien en Amérique qu’en Israël. Il est le premier Président réélu qui le soit avec une aussi faible marge, comparée à son premier mandat. Le partage des voix en sa faveur a chuté dans tous les Etats d’Amérique, excepté à Hawaii et dans le Mississipi. Il a enregistré une perte de 7, 8 millions d’électeurs, parmi les Blancs américains, de 1,6 million parmi les Noirs, et un reflux de 10% parmi les Juifs-Américains. 75% des Israéliens auraient préféré Mitt Romney, s’ils avaient eu le choix.

 

Tout compte fait, la petite phrase d’Obama risque fort d’avoir l’effet inverse à celui souhaité, plus encore que l’appui de tous les instants de Bill Clinton à Shimon Peres. Elle pourrait même favoriser un « raz de marée » à droite. Les électeurs indécis, plus à gauche ou plus à droite du Likoud, ont, maintenant, une bonne raison de se rapprocher d’un dirigeant attaqué dans la dernière ligne droite, pouvant l’aider à refaire une partie du recul de 5 sièges concédé dans les sondages.

 

Quant à l’article d’Adrien Jeaulmes, dans le Figaro, à propos des confessions opportunes d’anciens dirigeants du Shin Bet, dans un documentaire : The Gateskeepers, notons qu’au moins 3 d’entre eux : Ya’acov « Pinnochio » Perry, Carmi Gilon, Ami Ayalon ont été directement impliqués, et même initiateurs de la « politique sécuritaire » de Feu Yitzhak Rabin. Perry a négocié, directement avec Jibril Rajoub, la fameuse politique dite du « Shabbes Goy » : il s’agissait de confier, presque intégralement la sécurité dans les territoires, aux seules brigades du Fatah. Elle s’est traduite par deux symptômes : celui de « la porte tournante », des membres du Hamas et du Jihad Islamique entrant et sortant de prison, selon le bon vouloir et les besoins d’Arafat de faire pression, par le terrorisme, contre Israël. L’autre symptôme affligeant est que la plupart des Palestiniens travaillant pour le Shin Bet ont, à l‘époque, été arrêtés, souvent torturés et exécutés sans autre forme de procès, par la milice palestinienne, ayant désormais, tout pouvoir de vie et de mort sur eux.

 

Perry a proposé à Carmi Gilon sa succession en vantant ses mérites auprès de Rabin. Gilon était tenu pour être un « spécialiste » du terrorisme juif d’extrême-droite. C’est lui qui était en poste, lorsque Rabin a été assassiné par Yigal Amir. Celui-ci était « serré de près » par un provocateur, détaché des services, le fameux Yichaï Raviv. Raviv est le fondateur du groupe « Eyal », avec les deniers du contribuables, un mouvement d’agitateurs qui hissaient des pancartes de Rabin en « nazi » ou couvert d’un keffieh, jusqu’à ce que la situation échappe totalement au contrôle de cet indicateur.

 

Gilon s’est néanmoins rattrapé en éliminant l’artificier du Hamas, Yahyia Ayyash, le 5 janvier 1996, à quelques semaines de l’élection israélienne. Du fait de la perte de maîtrise des réseaux terroristes dans les territoires, une nouvelle campagne de terreur s’est, peu de temps après, déclenchée.

 

Ami Ayalon a été plus noble, en lançant des discussions avec l’honorable Sari Nusseibeh, universitaire d’une grande famille de Jérusalem, mais rapidement évincé de l’OLP par Arafat, à cause de ses positions modérées et ouvertes à la négociation.

 

Yuval Diskin est très critique, dans ce film, à l’encontre des deux personnalités d’Ehud Barak et de Binyamin Netanyahou : selon son avis, et il dit que cela concerne bien d’autres partageant le même sentiment, dans les services de défense, l’un et l’autre sont trop faibles, face aux grandes décisions et d’abord préoccupés de leur Ego. Il ne les sent pas capables de faire face à un enjeu tel que le péril iranien. Il pense aussi qu’Israël avait les moyens d’affaiblir le Hamas et de renforcer Abbas, mais que là encore, les décisionnaires ont fait défaut.

 

Le Bureau du Premier Ministre a rétorqué que Diskin se voyait promis à la tête du Mossad et que ce poste lui échappant, c’est d’abord l’amertume et la frustration qui s’expriment par ses prises de paroles défavorables, en public.

 

La campagne électorale israélienne demeure un monde impitoyable, plus que ne l'imaginerait Obama, s'il pouvait l'orchestrer depuis Dallas ou la Maison Blanche… 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 21:00

 

 

Net-livni yachimovich (Copier)

 

Netanyahyou concurrencé par Tzipi Livni, Shelly Yacimovitch

 


On doit évaluer l’atout-maître du chef du Likoud, le Premier Ministre Binyamin Netanyahou, à l’aune de sa fiabilité en tant que dirigeant. Alors qu’il reste le favori au poste de Premier ministre incontesté dans tout sondage d’opinion, 17 jours avant l’élection générale en Israël, son parti – le ticket conjoint Likoud-Yisraël Beitenou – est sur une pente glissante (>34) par rapport à son taux initial de 47 sièges.

 

Les cachoteries et l’ambiguïté de Netanyahou sur la sécurité et la paix, les problèmes qui déterminent, en dernier ressort, le résultat des élections israéliennes et le sort de ses hommes politiques, laissent son parti désarmé face aux tactiques sans merci de l’opposition et divisent son propre camp.

 

Alors qu’il garde sous son chapeau ses réalisations indubitables dans ces domaines, il devient difficile de ne pas relever ses erreurs et lacunes.

 

Il y a cinq mois, on s’est aperçu que Netanyahou reportait brusquement ses plans d’attaquer le programme nucléaire iranien, après avoir déclaré, durant des années, que l’Iran doté de l’arme nucléaire était la menace la plus dangereuse à laquelle Israël est confronté. Ce qui s’est passé, c’est que, le 5 septembre, il a brutalement conclu une réunion du cabinet de sécurité et de la diplomatie à propos de l’Iran, sans explication, excepté pour jeter à la face des participants qu’aucun forum compétent dans la direction des politiques envers l’Iran n’était une garantie contre les fuites dans la presse.

 

Pour la majeure partie du pays, Netanyahou a perdu des points en cessant de poursuivre cette résolution de longue haleine. Sa démonstration sur un bout de carton concernant les « lignes rouges » devant l’Assemblée Générale de l’ONU, le 27 septembre, n’a rien changé à cette impression générale. Il s’est exprimé pour remettre jusqu’au « prochain printemps ou au début de l’été » une action vitale pour la sécurité d’Israël – apparemment par allégeance à Washington et prenant en considération la campagne de Barack Obama en vue de sa réélection.


Puis, après des mois de silence, le jeudi 3 janvier, le Premier ministre s’est levé devant l’assemblée des envoyés d’Israël dans les capitales mondiales, pour les informer : « L’Iran est toujours notre menace n°1. J’ai montré ce qu’étaient nos « lignes rouges » et l’Iran ne les a pas encore franchies. Notre engagement était et reste d’empêcher l’Iran d’obtenir des armes nucléaires ».

 

Ces paroles ont eu le même effet que les sentiments entendus de la bouche du Président américain. Ce que ces deux-là ont en commun est la distance entre les discours et les faits.

 

Au cours des derniers mois, l’Iran a développé une stratégie visant à contourner les « lignes rouges » sur le volume d’uranium enrichi à 20%, en annonçant périodiquement la suspension du processus ou la diversification des stocks sous prétexte de « recherche médicale ».

 

Cette stratégie est passée, pour ainsi dire, inaperçue, alors qu’on aurait dû s’en préoccuper pour quatre raisons :

 

1.  Les quantités de matériaux fissiles qu’annonce Téhéran sont invérifiables par les renseignements israéliens ou occidentaux – ou même par l’Agence à l’Energie Atomique à Vienne.


2.   La dispute interminable entre l’Iran et les puissances mondiales sur les quantités d’uranium enrichi de niveau moyen nécessaires et suffisantes pour fabriquer une bombe n’est plus pertinente, parce que le consentement de Téhéran à des « négociations » avec les puissances mondiales a donné du temps à l’Iran pour acquérir le savoir-faire lui permettant d’assembler des bombes nucléaires et les rendre opérationnelles. Les quelques kilos d’uranium enrichi manquants, çà et là, sont faciles à obtenir, soit par la production intérieure ou des acquisitions étrangères. Le graphique des « lignes rouges » de Netanyahou, effectives à ce moment-là, est, à présent, dépassé par les évènements.


3. Et son silence durant cinq mois a convaincu les dirigeants à Téhéran qu’ils n’ont plus besoin de craindre une frappe militaire contre leurs sites nucléaires.


4.  L’Iran a utilisé ces quelques mois en restant libre de toute pression internationale et des foudres israéliennes, pour faire des pas de géant dans le développement d’armes à base de plutonium. Les déclarations de Netanyahou, qui se vante d’avoir placé la menace nucléaire iranienne au sommet de l’agenda mondial comporte un inconvénient de taille : En préambule d’une préparation du terrain en vue d’une politique militaire proactive, c’était efficace ; cependant, l’écart entre la rhétorique et l’action a porté préjudice à la crédibilité d’Israël et écorné sa dissuasion stratégique.

 

Les questions des armes chimiques de la Syrie et du Hezbollah marquent le même écart quant à la crédibilité des mises en garde. Le Premier ministre Netanyahou, ses ministres et diplomates, ont promis de façon répétée, qu’Israël prendrait des mesures pour empêcher que des armes non-conventionnelles tombent entre les mains de terroristes, y compris celle du groupe chi’ite libanais Hezbollah, dont le dirigeant Hassan Nasrallah déclare souvent que ses roquettes peuvent atteindre chaque recoin d’Israël –« de Kyriat Shemone à Eilat ! ».


Il y a un an, en janvier 2012, un certain nombre de sources occidentales et arabes ont confirmé que le dirigeant syrien Bachar al Assad avait transféré une partie de son arsenal d’armes chimiques vers les bastions du Hezbollah, dans la Vallée de la Beka’a et que des unités du Hezbollah avaient été entraînées à leur usage.


Le mois dernier, le coordinateur politique du Ministère de la Défense, Amos Gilad a fermement certifié que les armes chimiques syriennes étaient « sous contrôle ». Mais cela ne valait pas pour un déni que ces armes non-conventionnelles soient encore sous le contrôle logistique conjoint de l’Iran, de la Syrie et du Hezbollah. Il est possible que Netanyahou ait opté jusqu’à un certain point pour le fait de suivre les directives d’Obama en matière de sécurité, concernant l’Iran, la Syrie, le Hezbollah et le Hamas. Même dans ce cas, il lui faut faire un meilleur travail pour offrir un peu plus de consistance à l’électeur israélien. Au lieu de quoi, il n’apporte que son silence, ou, au mieux, des messages vagues et généraux que rendent l’électeur perplexe et maintiennent son propre parti dans la tourmente et l’incertitude.

 

D’un côté, il s’est exposé au ressentiment populaire pour avoir maintenu en suspension pour rien, 50 000 réservistes de l’armée, durant l’opération anti-terroriste de novembre à Gaza. Mais, de l’autre, son gouvernement et son parti ne recueillent aucun bénéfice du crédit de plusieurs semaines de calme total sur le front de Gaza, depuis le 21 novembre –la première fois que le Hamas ait jamais honoré un cessez-le-feu depuis une décennie.

 

Pas plus ne sort-il la tête haute des trois avantages supplémentaires qu’il a acquis en travaillant avec Obama et ses collaborateurs, l’Egypte, la Turquie et le Qatar, en vue de négocier ce cessez-le-feu. Ils pourraient représenter, pour la campagne de son parti à l’élection, un coup de pouce absolument nécessaire.


 

L’un correspond à l’amélioration des relations avec le gouvernement d’Erdogan en Turquie, après des années d’acrimonie. Il résulte du consentement d’Israël de soutenir l'entreprise du Président américain, cherchant à associer ces trois nations -plus le Hamas palestinien - en un nouvel axe musulman-sunnite pro-américain. Netanyahou a donné son accord à un assouplissement de l'attitude d'Israël envers le Hamas, faisant le pari des avantages à tirer d'un rapprochement avec Ankara et d'une stabilisation des relations avec l'Egypte dirigée par les Frères Musulmans. 

 

Lisant cette nouvelle topographie, l’Autorité Palestinienne, sous l’égide de son dirigeant du Fatah, Mahmoud Abbas, attise les troubles dans la Bande Occidentale de Judée-Samarie, comme un moyen de rappeler son existence à Washington et Jérusalem. Bien que lorsqu’il rencontre les ambassadeurs à Jérusalem, Netanyahou se soit exprimé sur le danger que représenterait la prise de contrôle, par le Hamas, de la Bande Occidentale de Judée-Samarie, comme à Gaza en 2007, ce point est en contradiction avec sa décision de reculer devant l’idée de vaincre le Hamas, au cours de l’opération de novembre. Et, la semaine dernière, il a ouvert les points de passage de Gaza aux matériaux de construction aussi bien qu’à des transferts d’argent liquide, pour la première fois depuis six ans.

 

Le Premier ministre a, certes, un long chemin à faire avant d'entraîner son parti du centre-droit dans une politique d'ouverture envers le Hamas – même si cela contribuerait à conjurer les accusations de l’opposition disant qu’Israël est diplomatiquement isolé. Bien qu’il ait investi des efforts considérables pour dégeler le processus de paix pris dans les glaces, avec les Palestiniens, il est très gêné de l’annoncer carrément comme un élément-clé de l’agenda du parti, parce que ce point n’obtiendrait aucun consensus.

 

Tous les sondages d’opinion montrent que, contrairement à la rhétorique de l’opposition de centre-gauche, une majorité d’Israéliens n’a aucune confiance dans les Palestiniens, y compris Mahmoud Abbas, pour qu’ils deviennent, un jour, des partenaires de négociation ou acceptent une coexistence pacifique. Pas plus que la plupart des Israéliens ne souscrivent à la condamnation internationale de la politique de Netanyahou, consistant à renforcer Jérusalem et les blocs d’implantation dans la Bande Occidentale de Judée-Samarie et la Vallée du Jourdain.

 

L’électeur israélien a tendance à juger toute mesure prise par le gouvernement selon les termes de sa sécurité personnelle et financière et de celle de sa famille.

 

En maintenant l’électeur dans l’obscurité, il affaiblit les perspectives électorales de sa coalition Likoud-Israël Beitenou, en tant que parti. Et en s’alignant trop étroitement sur Obama concernant l’Iran et le Moyen-Orient, il provoque le franchissement, par les factions les plus extrêmes de son parti, des lignes qui les séparent encore du parti nationaliste-religieux Habayit Hayehudi et de son nouveau dirigeant, Naftali Bennett. Là, ils trouvent un agenda clairement articulé, appelant à des positions israéliennes indépendantes sur le coeur des problèmes de sécurité, de paix avec les Palestiniens, des frontières et des implantations juives.


A l’extrême opposé du spectre, les partis d’opposition de centre-gauche accusent Netanyahou et Lieberman de mener des politiques d’extrême-droite conduisant à la guerre, qui menacent le pays d’un véritable désastre. Leur campagne se transforme pour devenir de plus en plus sauvage et personnalisée, plutôt qu'orientée sur la résolution des problèmes courants. Même si l’alliance entre le Likoud et Yisraël Beitenou subit un déclin dans les sondages ( perdant dix sièges, depuis novembre, à 34 annoncés, à la Knesset, qui est constituée de 120 membres), ses rivaux se cognent la tête contre les murs, à cause du solide soutien dont jouit Netanyahou (+43%), en tant que favori pour le poste de Premier ministre.

 

Le contraste est frappant, entre la popularité déclinante du parti de Netanyahou et son taux de popularité personnelle en tant que dirigeant.

 

Le bloc du Likoud est suivi par le Parti Travailliste de Shelly Yachimovich (16 sièges), Habayit Hayehudi de Bennett (14), le Shas ultra-religieux et le nouveau Yesh Atid (Il y A un Avenir)- 11 sièges chacun ; Hatenua (Le Mouvement), fondé par l’ancienne ministre des affaires étrangères, Tzipi Livni, vient ensuite, avec 10 sièges.

 

Vendredi soir, le 4 janvier, Livni a publiquement exhorté les dirigeants du parti travailliste et de l’Avenir d’unir leurs forces pour empêcher Netanyahou de former le prochain gouvernement, après l’élection du 22 janvier. Les experts estiment que si les dirigeants d’Hatenua, du Parti Travailliste et d’Avenir parviennent réellement à forger une plateforme commune, ils pourront compter sur environ 40 sièges à la Knesset, à comparer aux 51 du bloc de centre-droit. Cependant, la multiplicité des partis israéliens signifie qu’aucun groupe à lui tout seul n’a jamais réalisé une majorité parlementaire sans faire appel à d'autres partenaires de coalition. Cette situation rend la partie extrêmement fluctuante entre les divers blocs, quand vient le temps de construire une coalition de gouvernement.

 

DEBKAfile Analyse Exclusive  5 Janvier 2013, 11:33 AM (GMT+02:00)

http://www.debka.com/article/22660/Likud-loses-ground-over-Netanyahu%E2%80%99s-fuzzy-security-messages

Adaptation : Marc Brzustowski.

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 07:32

 

Shmuel Trigano (Copier)

LA SOUVERAINETÉ DE L’ETAT D’ISRAËL EN QUESTION

Shmuel Trigano Chronique sur Radio J, vendredi 4 janvier 2013

La campagne pour les élections israéliennes entre dans une phase accélérée et nous donne à voir une série de passages à l’acte lourds d’enseignements.

Deux politiciens dont l’histoire ne retiendra pas les hauts faits, Tsipi Livni et Ehoud Olmert, avaient déjà donné le ton il y a quelques semaines, en avançant que voter pour Netanyahou engagerait le pays dans une confrontation avec les alliés occidentaux d’Israël qui promeuvent la cause de l’État de Palestine qu’ils projettent. Joignant le geste à la parole, ces politiciens n’ont pas hésité à donner à leur point de vue une portée internationale en multipliant aux États Unis et en Europe leur condamnation de la politique de leur propre pays et en désignant bien sûr leur principal rival à la vindicte de l’opinion internationale. Ils accréditent ainsi la délégitimation en cours de l’État d’Israël.

Mais il y eut plus ces jours ci où se produisirent deux événements inquiétants justement pour la souveraineté de l’État d’Israël. Shimon Peres est sorti du domaine de ses attributions de président pour se désolidariser du premier ministre devant tous les ambassadeurs étrangers accrédités, en faisant l’apologie de Mahmoud Abbas comme « partenaire de paix » pour parler comme le jingle bien connu. Le surlendemain on a pu entendre dans le cadre de la conférence annuelle des ambassadeurs d’Israël à l’étranger des voix s’élever pour critiquer la décision du gouvernement de relancer la construction dans les faubourgs de Jérusalem, une décision violemment condamnée par l’Union Européenne. Or un ambassadeur, comme un président, aux fonctions honorifiques, ne doivent en aucun cas adopter des positions de la politique politicienne, et encore moins devant des puissances étrangères pour faire, de surcroît, l’apologie d’une puissance avec laquelle le pays est en conflit.

Ce n’est un secret pour personne par ailleurs que les États européens et les États Unis interviennent massivement dans le débat politique et la société civile israéliennes à travers le financement de toutes sortes de pseudo ONG et de courants politiques opposés à Netanyahou afin de peser sur le débat public et orienter l’évolution des choses dans le sens de leurs intérêts politiques et donc de la cause palestinienne.

Ce qui est fondamentalement en jeu dans ces élections, dont les résultats fixeront le destin d’Israël dans les années à venir, c’est à mon sens avant tout la souveraineté de l’État d’Israël non seulement au dehors mais aussi au dedans, à travers la capacité des Israéliens de résister à un règlement imposé qui ne sert pas la survie et la continuité du peuple juif et qui pourrait être gros d’une guerre de survie ultérieure. 

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 08:15

 

Israël reconstruit Jérusalem depuis près de cinquante ans. Voici son schéma directeur.

PAR MICHEL GURFINKIEL.

http://www.michelgurfinkiel.com


 

Benjamin Nethanyahu complètera-t-il la « couronne de Jérusalem » ? Le 3 décembre dernier, le premier ministre israélien a annoncé que trois mille nouvelles unités d’habitation seraient construites dans la zone E1, à proximité de la cité-satellite de Maaleh Adoumim. C’est à dire à« Jérusalem-Est » : l’ancien secteur arabe de la Ville sainte, administré par la Jordanie entre 1948 et 1967.

 

Il y a, dans cette décision, une part de politique à court ou moyen terme : Netanyahu a voulu rappeler – quatre jours après l’admission de la Palestine à l’Onu en tant qu’« Etat non-membre » , le 29 novembre - qu’Israël n’accepterait aucun « diktat » internationalNi sur Jérusalem, ni sur d’autres questions. Mais il y a aussi une part de politique à long terme : de géopolitique. « Nous construisons et continuerons à construire en fonction de nos intérêts vitaux », a précisé le premier ministre. Notamment à Jérusalem.

 

Cela fait près de cinquante qu’Israël rebâtit la Ville sainte. Pendant dix-neuf ans, de 1948 à 1967, celle-ci avait été partagée en deux : l’Ouest israélien, l’Est jordanien. Ou même en trois, si l’on tient compte des nombreux « no man’s lands » qui séparaient les deux secteurs. Mais la Guerre des Six Jours, en juin 1967, a soudain placé l’ensemble de l’agglomération sous contrôle israélien. Un nouveau partage était « inconcevable ». Le plus sûr était cependant de le rendre matériellement impossible. De grands chantiers ont été lancés. Les gouvernements successifs, de gauche ou de droite, les ont poursuivi sans relâche. Aujourd’hui, il ne reste plus qu’à consolider quelques maillons.

 

Pourquoi cette passion ? D’abord, bien entendu, Jérusalem est la ville sainte du judaïsme. Il suffit, pour s’en convaincre, de lire la Bible : non seulement les livres historiques ou rituels, mais aussi les prophéties. Ou de se familiariser avec la tradition rabbinique. Les juifs se tournent vers Jérusalem pour prier. Ils mentionnent Jérusalem dans chacune de leurs prières. L’ère messianique, selon eux, commence à Jérusalem. Elle s’y épanouit. C’est par Jérusalem seulement que le destin juif, souvent tragique, trouve un sens.

 

Ensuite, fait méconnu mais essentiel, Jérusalem est redevenue une ville à majorité juive voici près de deux cents ans. Majorité relative en 1845 : 45 % de juifs contre 30 % de musulmans et 25 % de chrétiens. Majorité absolue en 1868 : 55 % de juifs, 23 % de chrétiens, 22 % de musulmans. Majorité des deux tiers, enfin, à partir de 1912 : les musulmans supplantant peu à peu les chrétiens, tout au long du XXe siècle, au sein du troisième tiers.

 

Le caractère juif de la Jérusalem moderne avait conduit paradoxalement, dans le cadre de la partition de la Palestine préconisée par l’Onu en 1947, au projet d’un « Corpus Separatum » englobant la Ville sainte et sa périphérie. Officiellement, cette entité – sous contrôle international – devait assurer pendant dix ans au moins la protection des Lieux saints de toutes les religions. Mais le motif réel des experts de l’Onu était d’empêcher le rattachement de Jérusalem à l’Etat juif, centré sur Tel-Aviv. L’invasion arabe de 1948 a frappé le plan de partage de nullité, et le Corpus avec lui. Même si l’idée d’une« internationalisation de Jérusalem » continue à circuler dans certaines chancelleries, et tout particulièrement au Quai d’Orsay.

 

Enfin, Jérusalem est la clé stratégique du pays. Elle se situe à l’intersection de l’axe horizontal Méditerranée-Jourdain, d’ouest en est, et de l’axe vertical Galilée-Mer Rouge, du nord au sud. Entre les mains d’Israël, elle garantit la sécurité de la plaine côtière et de Tel-Aviv, la capitale économique, mais aussi celle de la Galilée et du Neguev. Entre les mains d’une puissance arabe hostile, ce serait l’inverse. Mais pour jouer efficacement son rôle stratégique, une Jérusalem israélienne doit contrôler ses alentours : alors qu’un retour à la ligne de 1949-1967 – la « ligne verte » - équivaudrait à un encerclement sur trois côtés, nord, est, sud.

 

Le plan directeur de Jérusalem adopté par les Israéliens en 1967 prévoyait dans un premier temps de réunifier la ville, c’est à dire d’abattre toutes les barrières – fortifications, fils barbelés – qui séparaient les secteurs définis en 1949. Puis, dans un second temps, de créer une couronne de nouveaux quartiers juifs, en prolongement de quartiers existants : Ramoth, Ramath-Eshkol et Neveh-Yaakov au nord, Armon Hanetziv à l’est, Guilo au sud.

 

L’opération a été menée à bien en moins de dix ans. En règle générale, ces nouvelles zones urbaines ont été bâties sur les anciens no man’s lands ou dans des secteurs déserts, propriété de l’Etat. Pour donner une assise juridique à ces modifications, les Israéliens ont créé une municipalité unique englobant l’ancienne municipalité d’avant 1948 et quelques villages avoisinants. Un corridor, vers le nord, remonte jusqu’à Ataroth, près de Ramallah, où un aéroport a été construit.

 

Mais à partir de 1977, Israël entreprend de créer une seconde couronne de villes satellites : en dehors de la municipalité de Jérusalem. Cette fois, l’objectif est de contourner des localités arabes et de relier le Grand Jérusalem aux routes et avant-postes « neutralisant »,sur le plan sécuritaire, la Cisjordanie. Pisgath Zeev, créé en 1982, renforce l’emprise israélienne sur la banlieue nord. Maaleh Adoumim, à sept kilomètres à l’est de Jérusalem, contrôle depuis 1991 la route de Jéricho et de la Mer Morte. Har Homah, au sud-est, créé en 1997, surveille à la fois Bethléem et la route de Hébron. Quant à la zone E1, elle doit relier Maaleh Adoumim à Neveh-Yaakov.

 

A cet ensemble s’ajoute le Gush-Etzion (« Bloc d’Etzion »), au sud-ouest de Jérusalem. Son histoire est quelque peu différente. A l’origine, il ne fait pas partie du schéma directeur, mais regroupe quelques localités prises et détruites par les Jordaniens en 1948. Les enfants des premiers habitants s’y réinstallent dès 1967. La valeur stratégique du site n’apparaît qu’à partir des années 1980 : une ville satellite, Beitar Illith, est créée en 1984.

 

La seconde couronne s’interrompt dans un secteur assez étendu, entre Maaleh Adoumim et Har Homah : la localité arabe d’Abou Dis. Israël a proposé à plusieurs reprises à l’Autorité palestinienne d’y installer sa capitale. Ce qui lui permettrait d’affirmer qu’elle contrôle la Jérusalem arabe.

 

La mise en place du Grand Jérusalem a suscité bien des critiques. Les « majorités automatiques » de l’Onu (pays musulmans, nations communistes puis post-communistes, nationalistes du tiers-monde) ont sans cesse condamné la « judaïsation » de la Ville sainte, ce qui peut prêter à sourire. Plus sérieux est le grief désormais soutenu par la plus grande partie des pays occidentaux : tout ce qu’Israël a construit depuis 1967 serait « illégal »puisque réalisé dans un « territoire occupé ». C’est au nom de ce principe que l’Union européenne a condamné les déclarations de Netanyahu sur la zone E1. Et que certains de ses membres ont envisagé de prendre des sanctions contre Israël, notamment en refusant l’importation de toute production industrielle ou agricole provenant de « Palestine occupée ».

 

Mais l’ « illégalité » pourrait être le fait de l’Union européenne. Quand elle était en vigueur, de 1949 à 1967, la « ligne verte » (démarcation israélo-jordanienne) n’était qu’une ligne de cessez-le-feu. Depuis qu’Israël contrôle l’ensemble de la ville, en vertu d’un nouveau cessez-le-feu mettant fin à la guerre des Six Jours, la plupart des chancelleries veulent y voir une« frontière internationale ». Sans expliquer comment elles en arrivent à une telle conclusion. En outre, elles se refusent à rattacher de plein droit à Israël l’ancien secteur israélien d’avant 1967, « Jérusalem-Ouest ». Et maintiennent leurs ambassades à Tel-Aviv. La contradiction est flagrante. Si la ligne verte est une frontière internationale, Jérusalem-Ouest est Israël.

 

L’ultime argument d’Israël sur Jérusalem, c’est que son administration a été peu à peu acceptée par la population locale arabe. Un sondage réalisé en 2011 par un institut palestinien, le Palestinian Center for Public Opinion (PCPO), révélait que 30 % seulement des habitants arabes de Jérusalem souhaitaient être rattachés à un Etat arabe de Palestine. 86 % d’entre eux redoutaient, dans cette hypothèse, « un niveau plus élevé de corruption », et 74 % « la perte de leur liberté d’information et d’opinion ».

 

Certains dirigeants arabes le savent. Le 23 novembre, l’émir du Qatar, s’est rendu à Gaza. Selon diverses sources arabes, il aurait demandé au Hamas de faire la paix avec Israël : « Dans ce cas, je vous aiderai à transformer Gaza en un Singapour du Moyen-Orient ». Selon le journal chiite libanais Al-Manar, proche du Hezbollah pro-iranien, il aurait même conseillé aux Palestiniens d’abandonner leurs revendications sur Jérusalem : « Nous devons construire notre avenir sur ce qui existe ».

 

© Michel Gurfinkiel & Valeurs Actuelles, 2012

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  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
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Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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