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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 18:24
Obama ne peut pas être élu




Milliere Guy - mercredi 30 juillet 2008

barak-obama
Un nouveau Kennedy, dit-on ici. Un charisme supérieur à celui de Martin Luther King, ajoute-t-on là-bas. Et puis qu’il est beau ! C’est ce que précise, extatique, la rédactrice en chef d’un magazine féminin.

Un comité de soutien s’est trouvé formé où on retrouve tout ce qui compte à Saint-Germain des Prés : Sonia Rykiel, le mari d’Arielle Dombasle, l’ex-compagnon d’Yves Saint-Laurent…

Lorsque, fin août en 2004, j’avais publié un ouvrage expliquant « Pourquoi Bush sera réélu », des gens qui ne connaissent les États-Unis que pour avoir séjourné à Manhattan ou à Beverly Hills avaient dédaigné mes analyses avant de s’apercevoir, trop tard, que j’avais raison.

Cela m’a valu de solides inimitiés qui durent jusqu’à ce jour, et une rupture avec mon éditeur d’alors qui, pourtant, aurait pu se réjouir de ma perspicacité.

J’ai choisi, cette année, un livre plus vaste qui s’appellera « L’Amérique et le monde après Bush », et qui paraîtra début septembre.

J’y ai ajouté une postface qui aurait pu prendre les dimensions d’un ouvrage entier, et je l’ai intitulée : « Pourquoi Barack Obama ne sera pas Président des États-Unis ». Et je me tiens à ce que j’ai écrit dans cette postface.

Barack Obama, c’est bien davantage que de l’inexpérience, c’est du vide. Une fois les téléprompteurs et les oreillettes éteints, le discours se grippe et les arguments s’épuisent.
Ou alors, il ne reste que quelques formules, où surnagent les mots « espoir » et « changement », à moins que ce ne soit une combinaison des deux, « l’espoir du changement » qui, bien sûr, implique un « changement dans l’espoir »…

Quand on enlève les téléprompteurs, les oreillettes, le discours des speechwriters, la prestance de gravure de mode teintée d’un zeste de trucs de prêcheur et d’hypnose collective, il reste le contenu du programme, et celui-ci est d’un vide consternant et d’une vacuité socialiste qui trahit le manque d’imagination et l’illusion qu’avec des vieilles recettes moisies, on peut inventer un avenir tout neuf.

Cela plaît aux jeunes gens qui n’ont pas connu les années Carter et la stagflation, mais cela ne peut résister à l’examen pour des membres des classes moyennes qui ne tiennent pas à perdre leur emploi ou à voir confisquer leur épargne, aux fins qu’elle soit gaspillée dans des programmes fumeux où se croisent des éoliennes à n’en plus finir et des emplois publics par tombereaux entiers.

Cela peut plaire aussi à la population noire qui, en l’occurrence, se tourne vers Barack parce qu’il a la peau sombre. Cela peut plaire à la gauche universitaire et aux bobos qui, en votant Barack, peuvent se dire qu’ils font preuve d’une ouverture d’esprit extraordinaire et qui flattent ainsi leur narcissisme et leur certitude absolue d’être antiracistes et de n’avoir rien à voir avec les gens de l’Amérique profonde – ceux que Barack a décrit comme « crispés sur leur Bible et sur leur fusil »…

Pour la politique étrangère, Barack flatte les pacifistes et les compagnons de route du terrorisme et, quand on lui dit qu’il est allé trop loin, il rectifie un peu et propose de bombarder le Pakistan.

Comme si cela ne suffisait pas, il y a les fréquentations de Barack : un pasteur raciste, gauchiste et antisémite dont il vient tout juste de se séparer, Jeremiah Wright ; un ancien terroriste, Bill Ayers ; un islamiste palestinien mal repenti, Rachid Khalidi ; un promoteur véreux qui passe en ce moment devant la justice, Tony Rezko.

Et je n’en ai cité que quelques-uns. Si on se tourne vers les conseillers, c’est à peine mieux. Non, Barack Obama ne peut pas être Président des États-Unis ! Ou alors, le pire serait à craindre… 􀁑
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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 09:28
Proche-Orient: Obama veut se rallier le monde arabe
par Shraga Blum
lundi 28 juillet 2008 - 17:06


On est loin de la déclaration sur "l'unité et l'indivisibilité de Jérusalem sous souveraineté israélienne". Barack Obama a quasi-officiellement endossé la thèse défendue notamment par la gauche libérale américaine, majoritaire aujourd'hui au parti Démocrate, mais non seulement elle: cette thèse défend tout simplement les stricts intérêts stratégiques et diplomatiques des Etats-Unis, dans lesquels Israël ne représente finalement qu'un pion: "la solution du conflit israélo-palestinien est la clé de l'amélioration de nos relations avec le monde arabe"

C'est au lendemain de la première Guerre du Golfe déjà, que James Baker, Secrétaire d'Etat de George Bush le père, avait initié cette politique qui repose sur le principe simple suivant: Israël soit servir de monnaie pour payer la reconstruction de la confiance entre les Etats-Unis et le monde arabe, ou nouer des alliances stratégiques avec des pays arabes. C'est ainsi que dès la fin de la Guerre du Golfe, qui avait bouleversé et irrité le monde arabe, les Etats-Unis ont entrepris leur "reconquête du monde arabe" en forçant quasiment Israël et Itsh'ak Shamir à accepter de se rendre à la Conférence de Madrid, prélude aux Accords d'Oslo.

Le scénario qui se dessine aujourd'hui, alors que la Guerre en Irak n'est pas encore terminée, est donc le même: les dégâts causés à l'image des Etats-Unis dans le monde arabo-musulman au cours de cette campagne longue et meurtrière, ne pourront être réparés qu'avec "la solution du conflit israélo-palestinien" - appellation pudique d'un plan dont tout le monde connaît les conditions - et surtout si d'autres champs de bataille se profilent à l'horizon dans la région.

Invité des journalistes sur la chaîne NBC, Obama s'est engouffré dans cette ouverture facile: "La solution du conflit israélo-palestinien facilitera le soutien d'Etats arabes dont les Etats-Unis ont besoin concernant l'Iran ou l'Afghanistan par exemple". En allant au bout des choses, cela signifie que les Etats-Unis ont besoin de concessions territoriales israéliennes, de destruction de localités juives et d'expulsion de leurs habitants, de la partition de Jérusalem et d'autres cadeaux encore, pour pouvoir s'allier des Etats arabes et compter sur leur aide dans leurs conflits futurs.

Dans la même émission, Obama affirmait dans le même sens que la "résolution des conflits israélo-palestinien et israélo-syrien permettrait de sortir la Syrie de l'étreinte iranienne". Vider le Golan de ses Juifs pour mettre la Syrie dans le camp des "gentils". C'est faire bien peu de cas de "l'amitié pour Israël" maintes fois mise en avant par les différentes administrations américaines. Le candidat démocrate ne fait pas qu'évoquer une théorie, il la met déjà en pratique, puisque ces déclarations lui ont été conseillées suite aux nombreuses critiques émises dans le monde arabe après son voyage qualifié de "trop chaleureux" en Israël. A propos de ces nombreuses rencontres avec des responsables politiques israéliens - par rapport à une seule côté palestinien - Obama s'est "excusé" de manière assez maladroite, arguant que "vu la crise politique en Israël, il se devait de rencontrer des dirigeants actuels ainsi que des dirigeants futurs, ce qui a multiplié les entretiens"…!

Interrogé sur CNN à la fin de la semaine dernière, Obama a établi cette symétrie plus qu'explicite: "Les Israéliens doivent cesser immédiatement toute construction dans les territoires, tout comme les Palestiniens doivent éradiquer le terrorisme".

Face à un tel programme, et si la plus grande puissance du monde menace de sacrifier les intérêts d'Israël sur l'autel de sa politique étrangère, il est nécessaire que se lève au plus vite un gouvernement Israélien fort et déterminé.

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 19:09

Dear Barack Obama

By Yossi Klein Halevi










A letter from an anxious Israeli to the presidential candidate on the eve of his visit to Jerusalem


JewishWorldReview.com |



W ERUSALEM — Dear Senator Obama,

Welcome to Israel. When you arrive here today, you will encounter a people intrigued by your candidacy and, given the current crisis of Israeli leadership, envious of your capacity to inspire. Issues that have worried some Americans about your background have scarcely been noted here. The whispering campaign labeling you a Muslim wasn't taken seriously by mainstream Israelis. Nor are we fazed by your middle name: Half of Israel's Jewish population has origins in Muslim cultures. Despite black-Jewish tensions in America, your color evokes little concern here; Israel rescued tens of thousands of African Jews and turned their arrival into a national celebration. Even Rev. Wright didn't cause much of a stir, maybe because we're used to being embarrassed by our own religious leaders.

Still, as much as Israelis want to embrace you, there is anxiety here about your candidacy. Not that we doubt your friendship: Your description of Israeli security as "sacrosanct," and your passionate endorsement of Israel's cause at the annual AIPAC conference in Washington, were greeted with banner headlines in the Israeli press. Instead, Israelis worry that, as president, you might act too hastily in trying to solve the Palestinian problem, and not hastily enough in trying to solve the Iranian problem.

On the surface, the Israel you will encounter is thriving. The beaches and cafes are crowded, the shekel is one of the world's strongest currencies, our high-tech companies are dominating NASDAQ, our wineries are winning international medals, and we even export goat cheese to France.

But beneath the exuberance lies a desperate nation. The curse of Jewish history — the inability to take mere existence for granted — has returned to a country whose founding was intended to resolve that uncertainty. Even the most optimistic Israelis sense a dread we have felt only rarely — like in the weeks before the Six Day War, when Egyptian President Gammal Abdul Nasser shut down the Straits of Tiran, moved his army toward our border, and promised the imminent destruction of Israel. At the time, Lyndon Johnson, one of the best friends Israel ever had in the White House, was too preoccupied with an unpopular war to offer real assistance.

We feel our security unraveling. Terror enclaves have emerged on two of our borders, undoing a decades-long Israeli policy to deny terrorist bases easy reach to our population centers. The cease-fire with Hamas is widely seen here as a defeat — an admission that Israel couldn't defend its communities on the Gaza border from eight years of shelling, and an opportunity for Hamas to consolidate its rule and smuggle in upgraded missiles for the inevitable next round of fighting. The unthinkable has already happened: missiles on Haifa and Ashkelon, exploding buses in Jerusalem, hundreds of thousands of Israelis transformed into temporary refugees. During the first Gulf War in 1991, when Tel Aviv was hit with Scud missiles, residents fled to the Galilee. During the Second Lebanon War in 2006, when the Galilee was hit with Katyushas, residents fled to Tel Aviv. In the next war, there will be nowhere to flee: The entire country is now within missile range of Iran and its terrorist proxies.

Above all else, we dread a nuclear Iran. With few exceptions, the consensus within the political and security establishment is that Israel cannot live with an Iranian bomb. In the U.S., a debate has begun over whether the Iranian regime is rational or apocalyptic. In truth no one knows whether the regime, or elements within it, would be mad enough to risk nuclear war. But precisely because no one knows, Israel will not place itself in a position to find out. As we contemplate the possibility of an Israeli military strike, we worry about the extent of support from you at what could be the most critical moment in our history. When Israelis discuss the timing of a possible attack, they often ask: If Obama wins the election, should we hit Iran before January?

True, you told AIPAC that "we should take no option, including military action, off the table." But that was the one moment in your speech that failed to convince. Last December you appeared to endorse the National Intelligence Estimate (NIE), which broadly hinted that Iran may not be seeking a nuclear bomb after all — a claim that may have soothed Americans worried about Dick Cheney launching another preemptive war, but appalled not only Israeli intelligence but also French and British intelligence (and that has since been at least partially retracted). In the Iowa debate, you responded to a question about the NIE by stating that "it's absolutely clear that this administration and President Bush continues to not let facts get in the way of his ideology...They should stop the saber-rattling, should have never started it, and they need now to aggressively move on the diplomatic front."

From where Israelis sit, it's clear that Iran temporarily suspended its weaponizations program — which is, in fact, the least important part of its effort to attain nuclear power — for the same reason that Muamar Qadaffi abandoned his nuclear program: fear of America after the Iraq invasion. A senior European Union official told me last year how grateful he was to America and Israel for raising the military threat against Iran. "You make our job easier," he said, referring to European-Iranian negotiations.

I am convinced that you regard a nuclear Iran as an intolerable threat, as you put it to AIPAC, and that, under your administration, negotiations with Iran would be coupled with a vigorous campaign of sanctions. And you've made the convincing argument that you could summon international goodwill far better than the current administration. No nation would be more relieved by an effective sanctions campaign than Israel. We know what the consequences are likely to be of an attack on Iran — retalitory missiles on Tel Aviv, terrorism against Jewish communities abroad, rising anti-semitism blaming the Jews for an increase in oil prices.

We worry, though, that the sanctions will be inadequate and that the Iranians will exploit American dialogue as cover to complete their nuclearization. Unless stopped, Iran's nuclear program will reach the point of no return within the early phases of the next administration. We need to hear that under no circumstances would an Obama administration allow the Iranian regime to go nuclear — that if sanctions and diplomacy fail, the U.S. will either attack or else support us if we do.

The rise of Hamas has only confirmed what Israelis have sensed since the violent collapse of the peace process in September 2000: that the Palestinian national movement is dysfunctional. The bitter joke here is that we're well within reach of a two-state solution — a Hamas state in Gaza and a Fatah state in the West Bank.

In your speech to AIPAC, you intuited an understanding of the Israeli psyche — hopes for peace, along with wariness. But our wariness isn't only a response to terrorism. More profoundly, we fear being deceived again by wishful thinking, by our desperation for peace, as we allowed ourselves to be during the years of the Oslo process. At that time, many Israelis began a painful, necessary process of self-reckoning, asking ourselves the crucial question of how Palestinians experienced this conflict, in effect borrowing Palestinian eyes. Many of us forced ourselves to confront the tragedy of a shattered people, one part dispersed, another part occupied, yet another uneasy citizens in a Jewish state.

Most of all, we allowed ourselves the vulnerability of hope. We lowered our guard and empowered Yasser Arafat, convincing ourselves that he had become a partner for peace. The subsequent betrayal wasn't Arafat's alone: Even now Fatah continues to convey to Palestinians the message that Israel is illegitimate and destined to disappear. Many Israelis have become so wary of being taken for fools again — which this generation of Jews had vowed would never happen to us — that talk of hope seems like unbearable naivete.

Most Israelis want a solution to the Palestinian problem as keenly as does the international community, and understand, no less than our critics abroad, that the occupation is a long-term disaster for Israel. The Israeli irony is that we have shifted from dreading the creation of a Palestinian state to dreading its failure. Fulfilling the classical Zionist hopes for a democratic Israel with a Jewish majority, at home in the Middle East and an equal member of the international community, ultimately depend on resolving the Palestinian tragedy. The Jewish return home will not be complete until we find our place in the Middle East.

But empowering the Palestinians requires renewing the trust of the Israeli public toward them. And that, in turn, requires some sign from Palestinian leaders that Israel's legitimacy is at least being debated within Palestinian society rather than systematically denigrated. Repeating a commitment to "peace" is meaningless: Peace, after all, can include a Middle East without a Jewish state.

For many years, Israelis denied the right of the Palestinians to define themselves as a nation, considering Palestinian nationalism an invention by the Arab world to undermine Israel. We experienced our conceptual breakthrough in the 1990s. Now it's the Palestinians' turn. Admittedly, Israelis, as the powerful protagonists, could more readily develop a nuanced understanding of the conflict. Psychologically, though, we too are the underdog: Israel may be Goliath to the Palestinian David, but we are David to the Arab world's (and Iran's) Goliath. We cannot empower the Palestinians while fearing our consequent diminishment.

You can be a crucial voice in encouraging the transformation of Palestinian consciousness. Perhaps parts of Palestinian society and of the broader Arab world would be able to hear from you what it cannot hear from us: that the Jews aren't colonialist invaders or crusaders but an indigenous people living in its land. Perhaps you can help the Middle East reconcile itself to our existence, and in so doing, help us complete our return home.

As you go through the requisite visits to the Yad Vashem Holocaust memorial and the President's House, the Israeli public will be hoping to hear, beyond affirmations of your commitment to Israeli security, that America under President Obama will understand what maintaining that security involves. We hope that you will insist on a peace based on acceptance of the permanent legitimacy of a Jewish state, and on a Middle East free of the apocalyptic terror of a nuclear Iran. We, too, need the hope that you have promised America.

Every weekday JewishWorldReview.com publishes what many in Washington and in the media consider "must reading." Sign up for the daily JWR update. It's free. Just click here.

Comment by clicking here.

JWR contributor Yossi Klein Halevi is a contributing editor of The New Republic, from where this appears, and a senior fellow at the Adelson Institute for Strategic Studies of the Shalem Center in Jerualem. He is author of At the Entrance to the Garden of Eden: A Jew's Search for Hope with Christians and Muslims in the Holy Land.

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 19:07
A Path Out of the Desert
A Grand Strategy for America in the Middle East

by Ken Pollack
New York: Random House, 2008. 592 pp. $30

Reviewed by Michael Rubin

New York Sun
July 22, 2008
http://www.meforum.org/article/1935

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The Middle East will continue to dominate American security concerns regardless of who next occupies the Oval Office. Record oil prices, terrorism, Israel's security, Iraqi stability, and Iran's nuclear ambitions will top the new president's foreign policy agenda, whatever his ideological outlook. With "A Path Out of the Desert" (Random House, 592 pages, $30), Ken Pollack, a former CIA analyst and Clinton-era National Security Council staffer, has penned a thoughtful rejoinder to those who, frustrated by President Bush's failures, might throw up their hands in frustration and walk away from the region.

Mr. Pollack is a good writer and his narrative is clear. He begins by outlining America's interests in the Middle East, dedicating separate chapters to oil, Israel, America's Arab allies, and nonproliferation. His acknowledgment of Israel's safety and security as a fundamental American interest is refreshing, given statements made by his colleagues at the Saban Center for Middle East Policy, where Mr. Pollack is director of research, and given an increasingly large bloc within the Democratic Party that now argues the opposite. He does not include terrorism, political Islam, and instability in countries such as Iraq as American interests per se, but rather as threats that emanate from other problems, a semantic construction that allows Mr. Pollack to argue that American policy should better address the root causes of the Middle East's troubles.

These he outlines in chapters examining socioeconomic problems and the crisis in Middle East politics. Mr. Pollack's omission of the treatment of women as a major social issue may surprise half the region's population, but his emphasis on the Middle East's "crippling educational method" is long overdue, as anyone who has ever sat through a university class in Egypt, Iraq, or Iran can attest. To his credit, Mr. Pollack condemns the tendency to mix education and politics — unfortunately an import now plaguing Middle Eastern studies in America — but the issue is worth more than the two pages he gives it here. A discussion of press incitement to violence, unfortunately missing in Mr. Pollack's analysis of the region, would also have been worthwhile. Arab broadcasting of hatred and agitation to murder has undermined peace efforts under both Presidents Clinton and Bush, yet too many diplomats happily ignore it.

In his policy proposals, Mr. Pollack bends similarly to the political winds; the position he stakes out in "A Path Out of the Desert" reflects a tendency to allow the mistakes of the Bush administration to crowd out the experience of his predecessors. This is especially apparent in his discussion of the root causes of terror and instability: He underplays the importance of Islamist ideology as a cause, in favor of an overemphasis on political and economic factors.

Mr. Pollack argues that political Islam "is not necessarily a threat to the United States," though he acknowledges that "neither is it unrelated to the threats we face from the Muslim Middle East." Later, he declares that "Islam is not the reason for the rise of Islamist movements, nor is it the cause of the terrorist threat that the United States faces." True, many Muslims may not accept the radical scriptural interpretations offered by fundamentalists, but it is wrong to argue that religious motivation, no matter how twisted the exegesis, isn't a chief motivating concern of Islamists.

In his effort to understand Islamism, Mr. Pollack has drawn on the work of a Sarah Lawrence College professor, Fawaz Gerges, whose work, if not quite apologetic for political Islam, is nevertheless superficial. Economic, political, and social grievance is only half the Islamist story: After all, most suicide bombers are not poor and dispossessed, but middle-class and educated. Perhaps Mr. Pollack is correct that suicide terrorists are not sociopaths, but what did mold them psychologically? Anger and despair are not explanation enough: Sub-Saharan Africa does not breed global suicide bombers like the Arab world. Nor do radical interpretations rise from grass roots; often Saudi funding for radical mosques plays an essential role.

Mr. Pollack is also too trusting of adversaries. He believes the former Iranian president, Mohammad Khatami, was sincere in his Dialogue of Civilizations, but the 2007 National Intelligence Estimate exposed the program as a cover for an accelerating covert nuclear weapons program.

With 20/20 hindsight, Mr. Pollack takes issue not with the Bush policy of pre-emption, but rather with the assessment of threats that brought about the war in Iraq. Nor does he oppose transformative diplomacy, just the incompetent way in which it was undertaken. He parts ways with liberals who ironically insist that democracy cannot take root in the Middle East's infertile ground. Former fellow travelers will be disappointed in his argument that economic liberalization — including, presumably, foreign direct investment — must come to the Arab world's socialized economies.

When he looks forward, Mr. Pollack's prescription — legal and educational reforms — should provoke little argument, and he is correct that the next administration must repackage its approach because of the stigma left behind by the Bush administration's whiplash reversals and poor policy implementation.

In an effort to rehabilitate the reputation of democracy promotion, Mr. Pollack traces its history to Clinton hands such as Madeleine Albright, Richard Holbrooke, and Dennis Ross, and "reasonable and moderate" Bush administration officials such as Richard Haass. This is hogwash. Bush administration implementation was both sloppy and spastic, but little in the historical record suggests the Clinton administration grasped transformative diplomacy as anything more than window dressing for their belief that autocracy equals stability.

Ultimately, there is very little new in the "grand strategy" Mr. Pollack suggests should replace the failed policies of the past. Indeed, while he describes himself as a liberal internationalist, "A Path out of the Desert" is little more than a neoconservative manifesto uncorrupted by the bluntness of Richard Perle or the arrogance of Douglas Feith.

His strategy consists, essentially, of implementing the George W. Bush doctrine as it was articulated during his first term: actively aiding reform in the region on the principle that short-term stability and long-term security are very different things.

Mr. Pollack might have contributed more had he also addressed how to reform the bloated and ineffective State Department and international organization bureaucracy, which impeded the implementation the first time around. Foggy Bottom is inept at international development, and the World Bank spends far more on its own administration than it does on micro-loans. Some proposals beg more realism. Creating regional security architecture sounds great in principle, but expecting Arab dictators to abandon their antipathy of Israel in order to solve regional problems is tilting at windmills. It is hard to judge, from this vantage, the merits of the Bush doctrine, since it was never implemented properly or competently, but as a vision of change in the Middle East it remains a compelling project. If Mr. Pollack's grand strategy gives the Bush doctrine a second wind, both the Middle East and long-term American national security will be better for it.

Mr. Rubin is a resident scholar at the American Enterprise Institute, and Editor of the Middle East Quarterly.

Related Topics: US policy

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21 juillet 2008 1 21 /07 /juillet /2008 01:18
Les États-Unis infantilisent les Européens
Interview de Daniel Pipes réalisée le mois passé par Iivi Anna Masso à Helsinki:

Adaptation française d'Alain Jean-Mairet
http://www.ajm.ch/wordpress/

Q: Les médias européens traitent souvent Israël d’État hors-la-loi de la région. On a même suggéré que la création de cet État avait été une erreur. Considérez-vous Israël comme un État hors-la-loi?

DP:
Il est étrange d’avoir à argumenter pour montrer qu’Israël n’est pas un État hors-la-loi et qu’il est digne d’être soutenu. En effet, selon tous les standards admis, c’est un État libre, prospère, où règne l’état de droit. Bref, c’est un État occidental, dont le niveau de vie et le mode de vie sont comparables à ceux qu’on trouve en Europe et très différents de ceux de ses ennemis – les Territoires palestiniens, l’Égypte, la Syrie, la Jordanie, l’Iran et ainsi de suite. C’est une inversion des faits.
En novembre 2003, un sondage Flash Eurobaromètre indiquait que les Européens considéraient Israël comme l’État le plus dangereux du monde. C’est une opinion aberrante, qui reflète non pas la réalité d’Israël, mais le triste état du débat politique en Europe, le manque de connaissance sur le Moyen-Orient, le
conflit israélo-arabe, l’identité des alliés et des ennemis, les problèmes et les solutions. C’est une évolution très regrettable.

Q: Les relations entre l’Europe et Israël vous semblent-elles s’améliorer ou se dégrader?

DP:
Il a eu quelques améliorations ces dernières années, notamment à la suite des changements intervenus dans le gouvernement de plusieurs pays, tout particulièrement en France. Mais la réputation d’Israël a été très défavorable pendant bien des années à présent et il faudra beaucoup de travail pour que cela change.

Q: Pensez-vous que le Hamas devrait être respecté au titre de force politique légitime, en raison de son succès populaire dans le cadre d’élections démocratiques?

DP:
Le Hamas est un mouvement islamiste qui a massivement misé sur le terrorisme pour atteindre ses objectifs, dont le premier est l’élimination d’Israël et son remplacement par un ordre islamiste. Le Hamas est terroriste et islamiste – c’est l’ennemi. Je peine à m’expliquer pourquoi quiconque, en Occident, pourrait souhaiter soutenir le Hamas ou aider ce mouvement qui est non seulement l’ennemi d’Israël, mais aussi l’ennemi de l’Occident dans son ensemble. Je pense que ce serait une grave erreur de le légitimer et de traiter avec lui.

Q: Vous avez écrit la préface d’un ouvrage de Jonathan Schanzer, à paraître prochainement, sur le conflit entre le Hamas et le Fatah. Ce conflit peut-il être considéré comme un élément du développement d’une démocratie palestinienne?

DP:
Le Hamas et le Fatah partagent les mêmes objectifs – les deux veulent éliminer Israël. Mais ils adoptent des démarches différentes, ils ont des philosophies différentes, des membres différents, des tactiques différentes. Alors, parfois ils travaillent ensemble et parfois ils s’affrontent; il n’y a pas entre eux de conflit permanent ou de coopération permanente – leurs relations sont fluides, elles changent avec le temps. Elles ont été très mauvaises ces dernières années, mais elles pourraient fort bien s’améliorer.

Q: Le conflit israélo-palestinien est-il de nature politique (nationaliste) ou théologique?

DP:
En définitive, le conflit israélo-arabe repose sur l’affirmation musulmane selon laquelle un territoire placé sous le règne des Musulmans ne peut plus être dirigé par des non-Musulmans – qu’il reste à jamais un territoire musulman. Le fait qu’une population non musulmane arrive, y prenne le pouvoir et y règne est vécu comme profondément hostile.

Cela dit, au cours du siècle écoulé, il y a eu quatre différentes étapes dans le conflit israélo-arabe, ou quatre types d’approche arabe. La première était pan-syrienne et visait la création d’une grande Syrie; la deuxième était panarabe et ambitionnait d’établir un grand État arabe; la troisième était le nationalisme palestinien et la quatrième, l’étape actuelle, est islamiste. Il pourrait y avoir une cinquième ou une sixième phase. L’élément déterminant n’est pas la démarche, qui change toutes les quelques décennies, mais bien la croyance profondément enracinée dans la conscience musulmane qu’Israël est un État illégitime parce qu’il se situe sur un territoire que des Musulmans ont dirigé un millénaire auparavant.

Q: Ce conflit peut-il prendre fin?

DP:
Je le pense, oui. Je ne crois pas que ce conflit durera éternellement, car aucun conflit ne dure éternellement. Je pense qu’il est possible d’y mettre un terme d’ici 20 ou 30 ans, lorsque les Palestiniens auront acquis la certitude qu’Israël est bien là, de manière permanente, et qu’ils réaliseront qu’ils ne peuvent rien y faire, qu’il l’accepteront et, au lieu de chercher à éliminer Israël, qu’ils tenteront de réparer leur système politique, leur économie, leur société et leur culture.


Islam

Q: Vous avez beaucoup écrit sur la distinction entre l’Islam et l’«islamisme», appelé aussi «Islam radical», ou «fondamentalisme». Comment expliquez-vous cette différence?

DP:
L’Islam est une foi personnelle et il existe de nombreuses manières différentes de comprendre ce que cela signifie d’être un Musulman. On peut être un soufi, un mystique, on peut aussi chercher à vivre très strictement selon la loi, on peut être un Musulman de nom, sans se soucier vraiment de sa religion – toutes ces attitudes, et bien d’autres, sont possibles au sein de la religion islamique.

L’islamisme est une approche très spécifique, soutenant que les Musulmans seraient puissants et riches s’ils appliquaient la loi islamique dans tous ses détails. Les islamistes souhaitent appliquer cette loi dans le monde entier et considèrent les non-Musulmans comme des inférieurs, des gens qu’il faut vaincre. Cette idéologie trouve ses racines dans les origines de l’Islam, mais elle n’a émergé sous sa forme actuelle que quelque 80 ans auparavant. C’est une partie de l’Islam, mais ce n’est pas l’intégralité de l’Islam.

Q: Mais les Musulmans de la ligne dure, de même que certains critiques de l’Islam, affirment qu’on ne saurait être un Musulman authentique sans respecter la loi islamique – cela tend à faire disparaître la distinction entre Islam et islamisme.

DP:
Il est intéressant de noter que tant les islamistes et ceux qui affirment que l’Islam lui-même est le problème s’accordent à dire que j’ai tort et que l’islamisme est l’Islam. Les islamistes disent cela parce qu’ils veulent présenter leur version de l’Islam comme la seule juste. Et ceux qui pensent que l’Islam est le problème amalgament la religion et l’idéologie. À mon avis, c’est une erreur. Même face à des Occidentaux, non musulmans, qui pensent ainsi, je maintiendrais qu’ils feraient mieux d’adopter mon point de vue, car un gouvernement occidental ne peut pas combattre l’Islam. Nos États ne sont pas des croisés. Ainsi, il faut combattre l’idéologie de l’islamisme, et non la religion de l’Islam. Nous savons comment combattre des idéologies. Nous avons combattu le fascisme et le communisme – et maintenant il y a l’islamisme. Mais nous ne pouvons pas combattre une religion. Donc, si la chose se réduit à une religion, nous n’avons pas les moyens de nous en protéger.

Q: Un Islam non islamiste serait donc un Islam sécularisé, relégué à la sphère privée?

DP
: La laïcité a deux significations. Un laïc est une personne non religieuse. Une société laïque est une communauté où la religion est séparée de la politique. L’Islam non islamiste n’a pas à être laïque au niveau personnel – une personne peut être pieuse sans être islamiste. Mais il doit être laïque au niveau sociétal – il faut que la politique y soit séparée de la religion. Par exemple, le régime d’Atatürk, en Turquie, est laïque – les gens peuvent être religieux, mais la religion n’a pas droit de cité dans la sphère politique.

Q: Que pensez-vous du terme «islamophobie», très utilisé en Europe ces derniers temps?

DP:
L’«islamophobie» est une notion fondamentalement erronée. En effet, les gens que l’Islam inquiète ne sont pas la proie d’une phobie. La «phobie» implique une crainte injustifiée, irraisonnée, alors que les gens préoccupés par le terrorisme, l’instauration de la loi islamique, ou charia, traitent de problèmes bien réels. Les insulter est à la fois injuste et délégitimant, alors que leurs préoccupations sont réelles et légitimes – il faut les aborder.


Europe

Q: Dans une récente interview, vous avez déclaré que l’avenir de l’Europe avait 5% de chances de se révéler harmonieux et 95% de chances d’évoluer soit vers la domination de l’Islam, soit vers la réaffirmation des Européens de souche, et que cela pourrait impliquer une guerre civile. Pouvez-vous expliquer ce que vous voulez dire?

DP
: Il est frappant de voir à quel point la majorité des Européens veulent croire que les relations entre Européens et Musulmans vont bien fonctionner. Il y a quelques problèmes aujourd’hui, mais ils seront résolus bientôt, pense-t-on. Je ne vois pas quelles sont les sources de cet optimisme. Si l’on observe les Musulmans vivant en Europe, on constate une tendance au repli, beaucoup plus qu’à l’ouverture. Les enfants des immigrés sont plus hostiles envers la civilisation européenne que les immigrés eux-mêmes. Du côté européen, on voit croître les préoccupations, les inquiétudes, les craintes vis-à-vis de la présence musulmane. De sorte que l’espoir que tout le monde s’entende bien ne semble pas fondé sur des réalités. Je ne lui accorde donc que peu de chances de se concrétiser. Il y a des chances, mais elles sont minimes.

Par ailleurs, les alternatives, soit la domination musulmane ou la réaffirmation européenne, me semblent plutôt équilibrées. Je ne pourrais pas dire laquelle est la plus probable. Des crises qui se préparent nous aideront à déterminer dans quel sens se dirige l’Europe.

Q: À quel type de crise faut-il s’attendre, au-delà de celles que nous connaissons déjà?

DP:
Il y a eu des troubles mineurs. L’affaire Rushdie. L’affaire du voile. L’affaire du pape. Ce ne sont pas de vraies crises. De petites émeutes ici et là. Mais rien de tout cela n’a engendré des changements majeurs. Je pense donc que nous avons cinq, dix ou quinze ans devant nous. Je ne peux pas prévoir précisément, mais ce peut être quelque chose comme les émeutes françaises de 2005 en beaucoup plus violent – non plus seulement brûler des voitures, mais tuer des gens. Ce pourrait être l’élection d’un gouvernement qui décide de renvoyer les immigrés musulmans dans leur pays d’origine. Je ne saurais prédire la nature des événements, je pense juste que nous avons des problèmes devant nous et que ceux-ci nous montreront dans quelle direction l’Europe pourrait se diriger.

Q: Que devraient faire les Européens pour prévenir une crise grave?

DP:
Il y a de nombreuses mesures que les Européens pourraient prendre. Par exemple, l’intégration des immigrés musulmans. D’une manière générale, les pays européens sont ce que j’appelle de grandes familles. Vous êtes membres d’un pays parce que vous venez de sa lignée, que vous y avez été à l’école, que vous en parlez le langage et en partagez la religion. Et maintenant, pour la première fois dans de nombreux pays européens – en fait tous les pays européens sauf la France – la question se pose de savoir ce que signifie être finlandais, ou suédois, ou estonien. Personne n’avait à expliquer cela jusqu’à présent. Maintenant, il le faut. Et c’est une crise. Je pense que c’est une crise qui doit être traitée. Que faire en présence de gens qui semblent différents, qui prient autrement, mangent autrement? Comment créer une nationalité qui les inclue?

Par ailleurs, les Européens doivent avoir plus d’enfants s’ils entendent préserver leur civilisation. Vos taux de natalité sont très bas en ce moment. Sans un changement important, il est difficile d’imaginer comment il pourrait encore exister une Europe qui ressemble à celle d’aujourd’hui d’ici un siècle.
Du côté des immigrés, il faut une volonté plus marquée de participer et d’accepter l’existence de la civilisation européenne – de ne pas la changer, mais de vivre en son sein.


Liberté d’expression

Q: Vous avez écrit un livre sur «l’affaire Rushdie» en 1990, juste après qu’elle se soit déroulée. Plusieurs conflits similaires, basés sur des «insultes contre l’Islam», ont eu lieu en Occident récemment. Qu’est-ce qui a changé depuis l’affaire Rushdie?

DP:
L’affaire Rushdie a été un choc, car c’était la première fois que des Musulmans affirmaient ce qui pouvait et ne pouvait pas être écrit ou déclaré en Occident. Les autres exemples, et il y a en a eu un assez grand nombre, ont répété et confirmé cet aspect. Avec le temps, les Musulmans sont devenus toujours plus déterminés à restreindre la liberté d’expression – ils interviennent par exemple aux Nations unies pour créer des bases légales permettant d’interdire certaines déclarations. Les Occidentaux en général, et les Européens en particulier, sont de plus en plus mal à l’aise devant ces restrictions.

Q: Les pressions exercées au Nations unies pour interdire la «diffamation de la religion» dans le monde entier vont-elles obliger l’Occident à accepter que, dans notre monde de plus en plus interdépendant et multiculturel, la liberté d’expression ne puisse plus être ce qu’elle a été, au moins durant les dernières décennies?

DP:
On assiste à une réduction bien réelle de la liberté d’expression dans de nombreux pays occidentaux. Un événement intéressant a eu lieu à ce sujet en Arabie Saoudite, cette année: le Conseil consultatif saoudien était prié de confirmer la notion selon laquelle aucune critique de la religion ne devrait être tolérée. Le conseil a rejeté cette idée car, selon ses membres, elle équivaudrait à reconnaître les religions polythéistes, ce qui leur a paru «inacceptable». L’intention réelle est donc de protéger l’Islam et je serais très surpris qu’une telle législation puise être instaurée.

Q: En somme, si l’interdiction de la critique devait concerner toutes les religions de la même manière, les Musulmans n’en voudraient pas?

DP:
C’est cela.

Q: En ce qui concerne ce que nous pouvons et ne pouvons pas dire, vous avez écrit que l’Occident aussi, et même les États-Unis, éprouvent des difficultés croissantes à nommer l’ennemi dans la «guerre contre la terreur»?

DP:
L’esprit moderne a de la peine à parler franchement, sans ambages, de tels problèmes. Cela provient d’un manque d’assurance et du sentiment qu’il est impoli et inutile de dire les choses crûment. Il vaut mieux parler de manière indirecte et avec précaution. Mais en temps de guerre, je pense qu’il faut parler clairement de l’identité de l’ennemi. Par exemple, quand on retrace l’évolution des déclarations du président George W. Bush, on s’aperçoit qu’elles sont d’abord très vagues, puis qu’elles se précisent pour redevenir vagues à présent. C’est assez typique de l’Occident dans son ensemble, avec son incertitude sur l’identité de l’ennemi et la nature de cette guerre. C’est problématique. Près de sept ans se sont écoulés depuis le 11 septembre 2001, près de 30 ans depuis la prise d’assaut de l’ambassade américaine à Téhéran, et après toutes ces années, le gouvernement américain n’a toujours pas compris qui est l’ennemi et quel est le problème.

Q: Comment nommez-vous l’ennemi?

DP:
J’appellerais l’ennemi Islam radical ou islamisme. C’est un mouvement, un corps de pensée. Comme le fascisme et le communisme.

Q: Est-il devenu plus difficile encore de parler de ce conflit ces dernières années?

DP:
Il y a tant de courants opposés. Il m’est difficile de généraliser, de désigner une tendance, de dire dans quel sens vont les choses. On pourrait dire qu’il y a en ce moment énormément d’euphémismes, de discours indirects, et que les choses ne semblent pas s’améliorer.

Q: Avant le 11 septembre 2001, même les médias de gauche évoquaient le «fascisme islamique». Maintenant, c’est devenu impensable.

DP:
On assiste à une intensification de l’alliance entre la gauche et l’islamisme. Cela remonte à la visite à Téhéran de Michel Foucault, en 1978-79. Il était très excité de voir la tournure des événements. Son point de vue a d’abord rencontré des résistances considérables au sein de la gauche, mais avec le temps, cette résistance s’est estompée. Je pense que le principal événement s’est déroulé en février 2003, quand les islamistes et les gauchistes ont organisé ensemble des manifestations contre la guerre d’Irak, alors imminente. C’est ce qui a créé les bases de l’union.

Ils ont les mêmes cibles – ils sont opposés aux mêmes idées et aux mêmes institutions, aux mêmes pays et aux mêmes gens. Ils ne sont pas en faveur des mêmes choses, mais ils sont contre les mêmes choses. Ce sont donc des alliés plutôt superficiels, ils ne coopèrent pas au niveau stratégique, mais au niveau seulement tactique. On retrouve ce phénomène partout en Occident.

Mais, et c’est intéressant, on ne le trouve pas dans le monde musulman. Par exemple en Turquie, si vous étiez contre les islamistes lors des élections de l’année dernière, vous votiez à gauche. On constate que les gauchistes et les islamistes s’opposent systématiquement les uns aux autres en Égypte, au Pakistan et ailleurs. Mais en Occident, ils collaborent étroitement, de même qu’en Inde, où on assiste à ce même rapprochement. Et c’est très préoccupant. Cette alliance est comparable à celle entre Hitler et Staline – c’était une alliance brune-rouge à l’époque et c’est une alliance route-verte aujourd’hui, verte au sens de la couleur de l’Islam. C’est un grand danger pour le monde civilisé.

Q: Cette alliance est particulièrement troublante, car les objectifs du mouvement islamiste semblent se situer plutôt à l’extrême-droite qu’à gauche.

DP:
On comprend mieux le phénomène par les oppositions qu’il implique que par les points communs. Les deux ne partagent pas leurs principes. Le socialisme, l’égalité des sexes et la foi en Dieu n’a rien pour les réunir. Mais on peut comprendre ce qui les rassemble en observant ce à quoi ils s’opposent – George W. Bush en est l’un des symboles, mais d’une manière plus générale on peut citer la civilisation occidentale, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël, les Juifs, les Chrétiens pratiquants, la mondialisation – ce à quoi les deux mouvements s’attaquent.

Q: Ainsi, lorsque des universitaires féministes défendant les droits des homosexuels qualifient le Hamas et le Hezbollah de «progressistes», c’est de cela qu’il s’agit – d’ennemis communs?

DP:
Les féministes qui ignorent ce qu’est l’Islam agissent ainsi parce que c’est utile actuellement sur le plan tactique. Comme en Iran dans les années 1970, lorsque la gauche travaillait avec les islamistes contre le shah. Une fois que le shah a été vaincu, les deux groupes avaient des objectifs totalement opposés, et l’un a vaincu l’autre. C’est donc juste tactique – cela ne dure qu’aussi longtemps que l’adversaire commun est là. Mais si celui-ci est vaincu, les dissimilitudes deviennent prédominantes, de sorte que chacun poursuit ensuite des objectifs très différents.


Politique des États-Unis

Q: Que pensez-vous du terme «néoconservateur»? Acceptez-vous d’en être qualifié?

DP:
Je suis indécis. Les néoconservateurs sont peut-être 40 ou 50 dans le monde. Ce n’est pas précisément un grand mouvement. Et on leur prête un pouvoir impressionnant. De sorte que j’aime assez l’idée d’être l’un d’entre eux. Mais d’un autre côté, si l’on s’en tient aux positions politiques spécifiques, comme la guerre en Irak ou l’effort visant à démocratiser rapidement le Moyen-Orient, nous avons de réels désaccords. Je ne pense donc pas, finalement, que le terme me convienne.

Q: Vous avez écrit récemment sur la possibilité d’une attaque de l’Iran par les États-Unis. Dans ce conflit, l’Europe considère une nouvelle fois les États-Unis comme le principal agresseur potentiel.

DP:
Les Européens ont le luxe de ne pas avoir à prendre de décisions difficiles. Parce qu’ils savent que les États-Unis seront là pour le faire à leur place, et qu’ils pourront alors critiquer les États-Unis. Je pense que les États-Unis ont commis une erreur en prenant trop de responsabilités depuis la Deuxième Guerre mondiale. En ce qui concerne les relations avec les Soviets et autres, nous aurions dû dire: Tenez, si vous pensez que nous ne faisons pas cela correctement, faites-le vous-mêmes. Si vous n’aimez pas cela, si vous ne voulez pas de missiles Pershing, en 1981-82, très bien – débrouillez-vous avec les Soviets. Et maintenant, c’est la même chose: si vous pensez qu’il est tolérable que l’Iran se dote de missiles, très bien – nous ne vous protégerons pas. Cela engendrerait plus de réalisme. Mais hélas, nous prenons l’initiative, et d’autres nous critiquent pour cela. Il serait beaucoup plus constructif de laisser les Européens prendre leurs décisions difficiles eux-mêmes, au lieu de simplement nous critiquer. Nous autres Américains encourageons les Européens à se conduire comme des enfants, qui n’ont aucune décision importante à prendre – nous les prenons pour eux. Je pense que cela n’est pas sain, ni pour les Européens, ni pour nous.

Q: Un resserrement de l’intégration européenne pourrait-elle contribuer à faire de l’Europe une union plus mature?

DP:
Je pense que l’Union européenne a ses limites. C’est une union utile aux niveaux économiques et politiques, mais je ne crois pas qu’elle devrait tenter de devenir davantage qu’une fédération, de se transformer en un seul État. Ce serait une erreur compte tenu de l’histoire de l’Europe. Faire de l’Europe une unité militaire serait également une erreur – je pense que l’OTAN est une bien meilleure voie.

Q: Dans quel sens la prochaine élection présidentielle américaine aura-t-elle une grande l’importance pour le monde?

DP:
Barack Obama transformerait la politique du gouvernement américain en une politique européenne. Les États-Unis deviendraient une entité politique à l’européenne, en opposition à ce qu’ils ont été depuis au moins quelques décennies. Nous avons donc un choix très fondamental devant nous – plus fondamental qu’à n’importe quel autre moment depuis 1972, quand [le candidat démocrate] George McGovern se présentait, lui aussi, avec une démarche européenne, très à gauche.
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20 juillet 2008 7 20 /07 /juillet /2008 09:13
Report: France to drop case against Gaydamak

French daily 'Libération' reports business tycoon's former partner receives letter from French defense minister informing him arms sales to Angola not illegal

Gaydamak - Persecuted? Photo: Michael Kramer
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Jonathan Weber

Published:  07.20.08, 02:58 / Israel News

France to close its case against Arcady Gaydamak? French daily 'Libération' reported on Saturday evening that Russian-Israeli billionaire business mogul's former partner has recently been informed that the criminal investigation against the two's involvement in the sale of weapons to Angola may soon be dropped.

 

According to the report, French Defense Minister Herve Morin sent a letter to arms dealer Pierre Falcone informing him that he and partner Gaydamak did not break French law by selling weapons to Angola between the years 1993-2000 – this after an extensive investigation into the matter and pursuant to the recommendation made by the French Justice Ministry.

 

According to Morin's letter from July 11th, French law prohibits the sale of arms manufactured in France or that passed through the country. In Falcone's case, the weapons were sold to Angola through the former Soviet Union, not France.

 

The implication appears to be that the investigation against both Falcone and his partner, Gaydamak, is expected to be dropped in the near future.

 

The probe against Falcone's dealings began in 2000 and stretched through 2005. French State Prosecution had suspected Falcone of controlling the operation through a Parisian headquarters, which oversaw the financial aspect of the deal using an account at the BNP Bank.

 

In March 2007 France filed a grave indictment against 42 people suspected of involvement in the sale of arms to Angolan President Jose Eduardo dos Santos during the country's 27-year civil war – these included Gaydamak, Falcone, Jean-Christophe Mitterrand, the son of late French President Francois Mitterrand, who served as counselor on African affairs from 1986-92 under his father, and former Interior Minister Charles Pasqua.

 

The indictment, which has now been called into doubt, estimated Falcone and Gaydamak's profit from the deal reached $791 million, and international arrest warrants were issued against them.

 

According to the indictment, the weaponry sales included tanks, helicopters, six warships, land mines and large amounts of ammunition.

 

The trial had been scheduled to commence on October 6th.

http://www.liberation.fr/actualite/societe/339924.FR.php

 

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17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 07:57
Non, Monsieur Kouchner; la réalité est toute autre
 
 
 
Par Salomon Benzimra                                                        ;                                3 juillet 2008
Toronto, Canada


Lors de la visite en Israël du Président Nicolas Sarkozy, le Ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a été interviewé par Guysen TV sur la paix au Moyen-Orient.  Les propos de M. Kouchner peuvent se résumer ainsi :
 
Tout le monde sait qu’il faut créer un état palestinien viable aux côtés d’Israël et il faut le faire d’urgence.   Israël doit, à cet effet, arrêter la colonisation, évacuer quelques dizaines de milliers de colons, les indemniser pour qu’ils rentrent en Israël et redistribuer les logements aux Palestiniens sans les détruire, comme ce fut le cas à Gaza.  Certes, le Hamas lance des roquettes mais Israël doit arrêter l’affrontement qui nourrit l’extrémisme.  Plus tard, il faudra considérer le retour des réfugiés et la question de Jérusalem. (Note 1)
 
Dans ce fatras d’idées toutes faites, de dogmes incontestés et de terminologie trompeuse, il faut tout d’abord rappeler les faits.
 
Premièrement, la destruction des logements de Gaza a été non seulement coordonnée mais voulue par les plus hauts échelons de l’Autorité palestinienne (AP).  Le 5 mai 2005, dans une interview accordée à Voice for Peace, M. Saeb Erekat, le négociateur en chef de l’AP a déclaré : « Je dirai aux Israéliens de les démolir entièrement [les logements] et même d’emporter les décombres chez eux, car telle est notre ferme position : nous ne voulons pas vivre dans ces logements. »  Cette décision a été confirmée le 26 mai 2005 par M. Mohammed Shtayyeh, Ministre palestinien des Travaux publics : « Si Israël ne détruit pas les maisons des colons, nous les détruirons nous-mêmes »  (Note 2).  La destruction ne s’est pas limitée aux logements.  La plupart des serres, qui assuraient une production importante et de très haut rendement, furent vandalisées par les Palestiniens et ce, en dépit d’un fonds de 14 millions de dollars mobilisé par James Wolfensohn, l’ex-président de20la Banque Mondiale.
 
Deuxièmement, le Hamas n’est pas le seul à lancer des roquettes à partir de la bande de Gaza.  Malgré la trêve conclue récemment, les Brigades des Martyrs al-Aksa ont revendiqué le dernier lancement de roquettes la semaine dernière.  Ces Brigades, faut-il le rappeler, font partie du Fatah et sont donc sous l’autorité du Président de l’AP, Mahmoud Abbas, avec qui, nous dit M. Kouchner, les négociations sont possibles.
 
Mais au delà de ces « détails », la position soutenue par M. Kouchner doit être confrontée à des vérités plus fondamentales.  Bien sûr, chacun est libre de ses opinions sur la « cause palestinienne », mais personne n’a la liberté de travestir la vérité.  Et c’est précisément cette « urgente nécessité de créer un état palestinien viable » (en Judée-Samarie, qui plus est, et après avoir déraciné toutes les communautés juives) qui devrait, enfin, faire l’objet d’une analyse rationnelle.
 
Ni le droit international, ni les faits historiques, ni les contraintes géostratégiques ne sauraient plaider en faveur de la création d’un nouvel état arabe entre le Jourdain et la Méditerranée.  Bien que M. Kouchner nous assure que « tout le monde sait… », voici, pourtant, ce que tout le monde devrait savoir.
 
Sur le plan juridique : Le Mandat de 1922 (Note 3) reconnaissait la Palestine comme patrimoine historique, national et exclusif du peuple juif.  Ce document clé de droit international – qui n’a jamais été abrogé et dont les principes ont été reconduits dans l’article 80 de la Charte des Nations-unies – devrait servir de base à tout dialogue concernant le conflit israélo-arabe.  Au moment de sa signature en juillet 1922 par le Conseil de la Société des Nations, la Palestine avait déjà été tronquée de sa partie orientale (Transjordanie), comme le prouve l’article 25.  De ce fait, toutes les implantations juives dans ce territoire à l’est du Jourdain demeurent, à ce jour, « suspendues ou reportées », de sorte qu’aucun Juif ne vit dans cette région.  Combien de fois la Palestine doit donc être partagée?  Les propositions de partage énoncées par la Commission Peel en 1937 (Note 4) et par la Résolution 181 des Nations-unies en 1947 (Note 5), ne constituent-elles pas une violation des dispositions du Mandat?  Mêm e si Messieurs Meir Shamgar et Theodor Meron, juristes israéliens, ont induit leur gouvernement en erreur après la Guerre des Six Jours de 1967, en lui faisant accepter le statut de « territoires soumis aux Conventions de Genève » en Judée-Samarie (Cisjordanie), la validité des dispositions du Mandat demeure entière.  Par conséquent, combien d’autres transgressions du droit international M. Kouchner et ses collègues occidentaux sont ils prêts à suggérer, voire à soutenir, dans le but d’apaiser les transgresseurs dont l’objectif ultime est la destruction d’Israël?
 
Le Mandat est également très clair au sujet du peuplement juif de la région.  L’article 6 encourage l’établissement de localités juives sur toutes les terres situées à l’ouest du Jourdain.  Le statut juridique de ces communautés juives en Judée-Samarie est donc parfaitement légal.  Lorsque M. Kouchner les désigne comme colonies et appelle les Israéliens à mettre fin à la colonisation – terme péjoratif, s’il en est – il ignore la réalité des choses.  Le démantèlement de ces localités juives reviendrait à entériner le nettoyage ethnique que les Arabes ont pratiqué dans la région jusqu’en 1967.
 
Sur le plan historique : La création d’un état palestinien ne laisse aucun doute sur le territoire qu’Israël devrait abandonner.  Il s’agit de la « Cisjordanie », terme trompeur pour désigner la Judée-Samarie, bien qu’unanimement utilisé par tous ceux qui soutiennent un nouveau partage.  Or, il se trouve que la Judée-Samarie renferme plus de 90% du patrimoine historique du peuple juif.  L’abandon de ce territoire est non seulement un suicide national mais aussi un aig uillon à d’autres revendications territoriales formulées par les Arabes (Galilée, zone côtière, etc.) où les Juifs ne sauraient faire valoir les mêmes liens historiques qu’en Judée-Samarie.  Et ne parlons pas du partage de Jérusalem, ni de sa prétendue sainteté islamique si récemment découverte!
 
L’histoire contemporaine, depuis la création de l’État d’Israël, ne cesse de nous rappeler une réalité que le monde s’efforce d’ignorer.  Pour des raisons qui échappent à l’entendement, la ligne d’armistice de 1949 (« Ligne Verte ») a acquis le statut de « frontière internationalement reconnue » et il n’est pas étonnant que Jimmy Carter, qui ne manque aucune occasion de déformer la réalité, s’y réfère dans un article publié dans USA Today en mai 2006 (Note 6).  En 1967, la Ligne Verte s’est dissoute, mais l’erreur persiste.  Il faut rappeler le parallèle entre la Guerre d’indépendance de1948 et la Guerre des Six Jours de1967.  Dans les deux cas,
  • l’objectif des Arabes était le même : la destruction de l’État d’Israël, par agression armée.
  • les appels du Mufti en 1948 et ceux de Nasser en 1967 étaient étrangement semblables : l’élimination de « l’entité sioniste ».  Nasser, d’ailleurs, était convaincu que l’agression de 1967 n’était qu’un prolongement de la guerre de 1948.
  • les méthodes utilisées par les Arabes ont défié le droit international : la Charte de l’ONU (article 2) en 1948 et la fermeture du Détroit de Tiran en 1967 (casus belli).
  • les deux guerres ont eu le même résultat : la perte, par les agresseurs, de territoires peuplés essentiellement d’Arabes (Galilée occidentale en 1948 et Judée-Samarie en 1967).
 
On est alors en droit de se demander pourquoi l’aboutissement de ces deux guerres devrait être traité différemment.  D’une part, personne ne conteste la légalité des territoires acquis par Israël en 1948-49 et d’autre part, le monde diplomatique considère que la « Cisjordanie » et « Jérusalem-Est » sont des territoires occupés.  En réalité, ces territoires sont aussi « occupés » que la Galilée occidentale, Beersheba et Ashdod, qui faisaient partie de l’état arabe proposé par le Plan de=2 0Partage de la Palestine en 1947 (Résolution 181 de l’ONU qui, faut-il le rappeler, allait à l’encontre des dispositions de Mandat).  La supercherie de la notion de « territoires palestiniens occupés » saute aux yeux dès que l’on compare la version originale de la Charte de l’OLP de 1964  – qui ne fait aucune allusion au peuple palestinien et exclut la Cisjordanie du plan de « libération » –  à la seconde version de 1968 dans laquelle le peuple palestinien surgit subitement pour « libérer la Palestine dans tout le territoire du Mandat britannique » (Note 7). 
 
Comment se fait-il que le monde entier puisse être berné par cette mythologie créée de toutes pièces par le monde arabe alors que le Colonel Khaddafi lui-même, dans un sursaut inattendu de bon sens, l’a étalée au grand jour devant ses collègues ahuris de la Ligue Arabe? (Note 8).
 
Malgré tout cela, Israël a poursuivi le soi-disant « processus de paix » en se retirant de divers territoires.  À la suite des Accords d’Oslo, le terrorisme palestinien a connu un regain de violence.  À la suite du retrait de Gaza, les roquettes Qassam se sont abattues par milliers sur le Néguev occidental.  Et après le retrait du Sud-Liban en 2000, l’agression du Hezbollah a déclenché une nouvelle guerre six ans plus tard, malgré les garanties onusiennes.  Face à ces preuves empiriques, peut-être que M. Kouchner pourrait nous expliquer comment un nouveau retrait conduirait à l’arrêt de la violence.
 
Sur le plan géostratégique : Il est difficile d’imaginer un état palestinien viable dans les 6 000 kilomètres carrés de Judée-Samarie, surtout quand on envisage le « droit de retour » des quelques 4 millions de « réfugiés ».  Il est impossible de concevoir le déracinement d’un quart de million de Juifs israéliens qui y habitent, pour satisfaire les doléances des Arabes palestiniens qui, ironiquement, s’insurgent contre l’ « apartheid » israélien.  Par conséquent, si Israël retenait une partie significative de ce territoire – où la plupart des centres urbains juifs sont situés – le prétendu état palestinien serait encore moins viable.  Alors, pourquoi poursuivre cette chimère de viabilité, comme le répète M. Kouchner?  En outre, si la bande de Gaza, « libérée » depuis 2005, devait être reliée à la « Cisjordanie » par un corridor de libre passage, se soucie-t-on alors de la viabilité de l’État d’Israël?  Pourquoi s’acharne-t-on à occulter ces menaces réelles?  Et quand on pense que ce « processus de paix& nbsp;» dure depuis quinze ans, il n’y a qu’un mot qui vienne à l’esprit : la démence, ou, moins crument, un affront à la raison sous couvert de la diplomatie.
 
Depuis 1967, tous les stratèges militaires – Israéliens et Américains – se sont farouchement opposés au retrait, par Israël, des hauteurs de Judée et de Samarie.  Aucun pays n’accepterait d’exposer sa région la plus peuplée à la menace constante d’ennemis potentiels, en réduisant sa largeur à 15 km.  L’aéroport de Lod – le seul aéroport international d’Israël – serait encore plus menacé.  Ces questions stratégiques ont pris un relief saisissant lors des attaques de missiles par le Hezbollah en 2006. 
____________
 
Ce qui est urgent, ce n’est pas de créer un état palestinien, ni de poursuivre un pacifisme à outrance.  Ce qui est urgent, c’est d’avoir le courage de voir la réalité des choses et, en premier lieu, la réalité sémantique.
 
Tant que les termes erronés de « colonisation », « occupation illégale », « territoires palestiniens », « droit au retour des refugiés » seront rabâchés, la paix demeurera hors de portée car, comme disait Albert Camus, « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ».
 
Tant que la cause (extrémisme) et l’effet (affrontement) seront inversés, à la Kouchner, le conflit ne sera pas compris, et encore moins résolu.  Il n’y a qu’à lire les textes fondateurs de l’OLP, du Fatah et du Hamas pour comprendre les causes réelles du conflit (Notes 7, 9, 10).
 
Tant que l’on s’acharnera à résoudre un problème global sans séparer ses diverses composantes, le processus sera voué à l’échec.  Réglons d’abord la question de la souveraineté juridique du territoire avant de nous pencher sur le statut des populations qui y vivent.
 
Dans la mesure où la diplomatie se veut encore un tant soit peu rationnelle, il est certain que l’on ne peut être à la fois pro-israélien et pro-palestinien (au sens couramment donné au terme « palestinien »).  Il appartient à chacun de prendre parti et d’écarter les chimères qui attisent le conflit.
 
Notes :
 
À l’exception des références Guysen, les notes qui suivent renvoient à des textes en anglais (documents officiels ou traductions de l’arabe).
 
1. Interview de M. Bernard Kouchner, par Caroll Azoulay, Guysen International News, 26 juin 2008 :  vidéo : http://www.guysen.com/tv/index_flash.php?vida=2395
            texte : http://www.guysen.com/articles.php?sid=7447
 
2. Propos de MM. Erekat et Shtayyeh, tenus en mai 2005 et rapportés par le Ministère israélien des Affaires étrangères : http://www.mfa.gov.il/MFA/Peace+Process/Guide+to+the+Peace+Process/The+demolition+of+Gaza+settlement+homes+16-Aug-2005.htm
 
3. Texte officiel du Mandat pour la Palestine, 24 juillet 1922, avec préface de Maître Howard Grief, avocat international exerçant à Jérusalem :
 
4. Le rapport de la Commission Peel, présenté au Parlement britannique en juillet 1937, note l’extraordinaire avance économique des sionistes par rapport à la situation des Arabes et remet en question toute possibilité de « fusion ou d’assimilation des deux cultures », malgré l’énorme accroissement démographique et économique de la population arabe à partir de 1920.  Cependant, le rapport conclut sur la nécessite d’un second partage de la Palestine mandataire, en dépit des engagements pris par la Grande Bretagne 15 ans auparavant :
 
5. La Résolution 181 a été votée à l’Assemblée générale des Nations-unies le 29 novembre 1 947 avec une majorité de 33 voix contre 13 et 10 abstentions, en prévision de la fin du Mandat britannique.  Cette résolution de l’Assemblée générale ne constitue qu’une « recommandation » et n’engage pas les parties.  Outre le fait qu’elle va à l’encontre de l’esprit du Mandat, la Résolution 181 prévoyait de faire intervenir le Conseil de Sécurité en cas de violences mettant la paix en danger.  Mais l’ONU n’a pris aucune décision quand Israël a été attaqué en mai 1948.
 
6. Article de Jimmy Carter, ex-President des Etats-Unis, paru dans USA Today, 15 mai 2006
http://www.usatoday.com/news/opinion/editorials/2006-05-15-carter-israel-edit_x.htm
 
7. Les deux versions de la Charte de l’Organisation pour la Libération de la Palestine (OLP) :
1968 : http://www.yale.edu/lawweb/avalon/mideast/plocov.htm
Pour une analyse comparative de ces deux documents, ainsi qu’un aperçu de l’historique de la région, veuillez vous référer à l’excellente étude du professeur Francisco Gil-White (30 avril 2006): http://www.hirhome.com/israel/pal_mov2.htm
 
8. Le Colonel Mouammar Khaddafi s’est adressé aux membres de la Ligue Arabe, réunis en Syrie en mars 2008.  La chaîne Al-Jazeera a diffusé la déclaration de Khaddafi le 29 mars 2008, et MEMRI y a ajouté des sous-titres en anglais :
 
9. La Constitution du Fatah (le parti de M. Mahmoud Abbas), a été écrite en 1964, trois ans avant toute « occupation de territoires palestiniens ». Voir particulièrement les articles 8, 12, 19 et 22, et jugez par vous-mêmes si l’on peut considérer le Fatah comme faction « modérée ».
 
10. La Charte du Hamas a vu le jour en août 1988. Voir particulièrement les articles 7, 14, 28, 32 et 35.  Cette charte n’est autre chose qu’un appel au génocide : http://www.yale.edu/lawweb/avalon/mideast/hamas.htm
 
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15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 17:59

UN to Name Next Human Rights Czar

Any day now, the world's highest human rights official will be appointed. According to latest information, obtained from UN insiders in New York and Geneva, leading contenders include Navanethem Pillay, a South African judge on the International Criminal Court; Argentina’s Juan Mendez, a former UN adviser on genocide prevention; and Hina Jilani, the UN’s designated champion for human rights defenders, herself a heroic activist who suffered brutal arrest in her native Pakistan. Other mentioned candidates include individuals with questionable records. Two of these are addressed in the following op-ed by UN Watch executive director Hillel Neuer, which appears in today’s Jerusalem Post.



Word from the 38th floor of United Nations headquarters in New York is that Secretary-General Ban Ki-Moon is in the final stages of filling the newly vacant -- and globally influential -- post of UN High Commissioner for Human Rights. To find the right person, Ban must ask his candidates tough questions.

More than anything, the UN rights chief must be a person of moral clarity, courage and principle, ready to take on powerful political forces in defending victims of gross violations around the world. He or she must guard the principles of the Universal Declaration of Human Rights -- the dream of Eleanor Roosevelt that now marks its 60th anniversary -- from those who trample them in places like Harare, Teheran or Pyongyang. It's a tall order.

Who's in the running? According to The New York Times, Luis Alfonso de Alba, Mexico's envoy to the UN in Geneva, is a leading candidate. UN insiders report that, among others, Swiss Foreign Minister Micheline Calmy-Rey is also vigorously campaigning.

While Mexico and Switzerland have the right to nominate diplomats and politicians of their choice, Ban has the duty to question their records.

To seal a $28 billion gas deal, Calmy-Rey recently visited with Iranian President Mahmoud Ahmadinejad. As world leaders attempt to shun the fanatical regime -- the head of which denies the Holocaust, incites to the elimination of a UN member state and illegally pursues the nuclear capability to carry this out -- Calmy-Rey chose to pose smilingly with Ahmadinejad, while wearing the Islamic headscarf.

"What disappointed me was Calmy-Rey's attitude during her visit," said Shirin Ebadi, the Iranian Nobel Peace Prize laureate and women's rights advocate. "She knew about the human rights situation in Iran; I even had the chance to speak to her about it beforehand. But once there she never mentioned the human rights situation in Iran, nor met any human rights defenders, not even myself. The only thing of interest to her was the business deal."

Calmy-Rey's strongest endorser is her longtime political confidante from Geneva, Jean Ziegler, the 1989 co-founder of the Muammar Gaddafi Human Rights Prize, whom she recently named as a senior adviser to the UN's discredited Human Rights Council.

Is she to be the world's designated champion of human rights?

THEN THERE is De Alba. He invokes his qualifications as the inaugural president of the Human Rights Council in 2006-2007. Yet this was a period of unprecedented decline. Reform turned into regression.

While the chair is not responsible for the votes of member states, Ban must probe the Mexican diplomat's actions in the areas under his discretion.

What did De Alba do to check the council's dark inclinations, as opposed to appeasing them? The record shows that on De Alba's watch, the new council gave a pass, time and again, to the world's worst abusers. Its resolutions praised Sudan -- despite the unrelenting atrocities in Darfur -- for "cooperation." When De Alba named an "independent" inquiry panel on Darfur in 2007, why did he defer to the powerful Arab, Islamic and African alliances that support the Khartoum regime, picking government representatives of sympathetic allies, instead of an all-expert panel?

"We were surprised by the method employed by [De Alba]," French UN Ambassador Jean-Maurice Ripert said at the time. "We missed a good chance to send independent personalities... This is not a good message."

And on what basis did De Alba give assurances that Sudan would cooperate with this Darfur mission -- when in fact the regime blocked its entry and attacked its report?

History will record that under De Alba's tenure, the council granted effective impunity to all of the world's worst human rights violators. Instead, it targeted Israel in every single one its condemnatory resolutions --10 in one year. From July to November 2006, the council called three special sessions against Israel, legitimizing terrorism committed by Hamas and Hizbullah. The Arab-initiated exercises were so extreme and one-sided that even frequent critics of Israel, both among member states and organizations such as Amnesty International, decried their bias. So why did De Alba defend the sessions as "completely justified"?

The culmination of De Alba's term was his negotiated reform proposal of June 2007, which he labeled "a great diplomatic success... a decision of historic dimensions." In fact, his package eliminated the council's protective mandates for human rights victims in Belarus and Cuba, and instituted a "review" of remaining mandates, which has already resulted in ending the investigation of abuses in the Congo, where four million have died. De Alba's package also included an Algerian-sponsored "Code of Conduct" for independent human rights experts, designed solely to intimidate them from criticizing repressive regimes.

Why did De Alba defend this package, saying, "The end result was highly positive"? In the words of The Wall Street Journal, "Council president Luis Alfonso de Alba of Mexico drafted a set of rules that mock the institution's very mission." How he adopted these rules was even worse. De Alba trampled basic due process by pushing his package through in the middle of the night, in the wee hours of June 19, 2007, famously denying Canada its right to vote and challenge the package.

I TOO experienced the Mexican representative's justice when taking the council floor, on behalf of UN Watch, to challenge the council's record. De Alba's response was simply to reject my speech as "inadmissible." He threatened to strike any similar remarks from the record. The episode, seen 300,000 times on YouTube, earned him the rebuke of leading newspapers and blogs around the world.

Though De Alba did not initiate the council's worst distortions of the language and idea of human rights, he gave it cover, repeatedly hailing the council, among other things, as "very open." By contrast, his successor, Ambassador Doru Costea of Romania, publicly questioned the forum's balance and credibility.

As the council continues its downward spiral, imposing, in the name of Islamic sensitivities, ominous restrictions on freedom of speech within council debates as well as around the world, an independent, principled and courageous voice in Geneva's inner sanctum is more necessary than ever.

The writer is executive director of the Geneva-based UN Watch.

Copyright 2008, Jerusalem Post
 


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tel: (41-22) 734-1472 fax: (41-22) 734-1613
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15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 12:13
http://www.rebelles.info/categorie-10134703.html

Les représentations géopolitiques sont des perceptions collectives (politiques, religieuses ou autres) déployées pour mobiliser les groupes antagonistes. Leur but est d'émouvoir, de légitimer son camp; de justifier sa violence; puis inversement de délégitimer l’Autre, le diaboliser, le discréditer...

Les plus mortelles sont les représentations identitaires, (« conflits d’antériorité »). Faisant appel aux mythes essentiels, aux religions, à l’Histoire fondatrice, aux attachements ontologiques et aux intérêts nationaux vitaux. Les représentations géopolitiques ou politiques sont de véritables armes de destruction de masse (ADM).
La guerre des représentations à proprement parler, ou guerre non militaire, mentale, représentative, visant à gagner la paix, inhiber l’ennemi, discréditer l’adversaire pour mieux remporter le combat, s’attaque :

- aux valeurs fondamentales, au cœur du système de légitimité de l’Ennemi, de l’Adversaire ou du concurrent économique majeur, donc au moral des troupes adverses.
- au noyau dur immunitaire de l’autre, dans le but de lui faire « perdre le nord » et brouiller, voire renverser ses repères. Comment ? En détruisant les capacités de défense de l’Adversaire, en retournant contre lui ses Valeurs et sa Mémoire, en imposant des « cartes mentales » (langage, cartes, images) diabolisantes, culpabilisatrices, délégitimantes. Bref, en inoculant un virus neuro-linguistique, psychologique, idéologique ou affectif.

Les Cartes géopolitiques sont d’abord des cartes mentales, des Représentations. Certes, « La Carte n’est pas le Territoire ». Mais les représentations fausses on toujours plus semblé réelles aux hommes que les réalités brutes les démentant. Les Cartes formatent les esprits des stratèges eux-mêmes et peut parfois les aveugler : d’où les erreurs américaines et occidentalo-européennes actuelles visant à continuer à raisonner en termes de Guerre froide et en continuant l’encerclement de la Russie, ce qui pousse Moscou à se rapprocher, par volonté de revanche-nuisance, des ennemis islamistes de l’Occident, et des Rogues States de tout poil. Comme l’Etoile morte il y a des centaines de Millions d’années mais dont on admire les rayons lumineux actuels, perçus encore aujourd’hui par nous, les représentations fonctionnent comme des formatges et des rayonnements posthumes, lorsqu'elles nient le réel en mouvement et deviennent des "stéréotypes persistants".

 

La Logomachie

Parce que notre cerveau ou plutôt notre psychisme ne distingue pas entre virtuel et réel, carte et territoire, représentation et réalité factuelle, la Guerre par les Mots ou logomachie, constitue le cœur de la Guerre des représentations. Par allusion à la défense contre-aérienne. La DCR 2 consiste en la Destruction des Représentations Concurrentes ou ennemies : Elle repose sur quatre processus ou armes de destruction de l’Autre :

- D comme Diaboliser (Lénine, Trotski)
- C comme Culpabiliser (Roger Muchielli)
- R comme Ridiculiser (Sun Tzu)
- R comme Renverser, Retourner (Aron Upinsky)

La Variante moderne la plus efficace et la plus usitée par Matrix et Diamant vertueux de DCR repose sur ce que le grand philosophe juif-allemand Léo Strauss avait dénoncé sous l’expression de « Reductio ad Hitlerum ». "Nazifier-les, il en restera toujours quelque chose"... (y compris les anti-nazis): l’on se souvient de De Gaulle nazifié par ses adversaires communistes et socialistes, puis accusé de « coup d’Etat permanent », de « fascisme ». On se souvient également des Soixantehuitards hurlant "CRS/SS", ou encore le philosophe Foucault, admirateur de Khomeini, assimilant la Nation à une forme oméopathoiquement présente de nazisme, etc.
La Reductio ad Hitlerum, également perçue par Robert Conquest et Orwell, revenu fort déçu de la Guerre d’Espagne, consiste à créer puis entretenir des Stéréotypes persistants et diabolisants (SMPD) : « Sarko facho », droite libérale « anti-pauvres », Israël-Amérique « impérialistes-racistes anti-Arabes » ; France « raciste » ; « Islamisation de l’Andalousie : Age d’Or de l’Espagne » ; « Homme blanc » mauvais », « tiersmonde bon par essence », etc

De la Guerre des Mots à la Guerre des Images

Les Images/photos sont vendues chaque jour dans les bourses d’images par les agences en fonction de « thèmes dominants ». L’acheteur lui donne la signification qui correspond le plus à la « demande » et à l’impératif « sensationnel » en vogue. Le photographe initial est « innocent » et déresponsabilisé (il ne signe pas les photos vendues). Mais le territoire livré par lui (photo « réelle originelle), ne sera commercialisé et adopté que s'il correspond à la carte mentale et au stéréotype persistant. A l’épidémie sémantique ayant virussé Matrix et les producteurs de Bien Pensance puis surtout leurs relais inconscients et souvent involontaires, comme les victimes de la Pub : les journalistes, nous, vous, moi, etc.

D’après Bruno Lussato, la Désinformation est l’altération volontaire du processus de communication entre l’information originale et sa réception déformée, par la représentation, la projection qui en est faite dans notre psychisme. D’après Vladimir Volkoff, la Désinformation est plus cadrée : elle est une « Manipulation de l’Opinion Publique (sinon Intox) ; Par des Moyens détournés (sinon propagande), à des Fins Politiques externes ou internes (sinon pub).
L'information originale (événement, objet, création mentale, oeuvre d'art ou technique) c'est le territoire. La désinformation fausse le processus de communication - représentation. Elle rend la carte (représentation) distincte du territoire (réel). Lussato rejoint en partie Volkoff lorsqu’il explique que « La distorsion du message obéit à une logique, un but défini. Il n’y a donc pas de désinformation lors de pertes accidentelles ». Puis dans le constat selon lequel « Nous sommes les premiers désinformateurs-désinformés ». Le processus plus ou moins conscient d'altération des messages a été étudié par Festinger. (Théorie de la Dissonance cognitive). Ici, « la distorsion a pour but de réduire la dissonance entre des faits, des informations et un modèle implanté dans l’inconscient, qui peut être individuel, lié à des désirs et peurs, mais il obéit souvent à des schémas collectifs, des croyances, des "noeuds sémantiques" qui déforment notre perception, comme un aimant, un spectre magnétique. »

En conclusion, on peut dire et répéter que, de même qu’il n’y pas de culpabilisation sans culpabilisé, de dominants sans dominés, il n’y a pas de Manipulateurs ou de Manipulation sans Manipulés plus ou moins volontaires ou passifs ou en tout cas ayant pris goût et habitude au confort de la consommation informationnelle. Mais surtout, nos cartes mentales intériorisées et ancrées, nos représentations persistantes, les nœuds sémantiques qui régissent nos systèmes de représentations, sont les Premiers désinformateurs, le rouage essentiel sans lesquels les Manipulateurs ne pourraient pas agir. En fait, leur pouvoir est essentiellement dû à notre inclinaison à PERSISTER dans l’erreur dès lors que notre représentation apparaît contredite par un démenti de réalité.


Alexandre Del Valle pour blog.alexandredelvalle.com le 07 juin 2008
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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 08:54
D'après le célèbre institut de sondage Gallup, Obama peine au début de l'été à conserver un fragile avantage de 2 points sur un candidat bien moins médiatique. Des écarts bien plus "déterminants" dans les scrutins précédents se sont inversés dans les dernières longueurs (voir Kerry/ Bush, par exemple). Obama n'a, semble t-il, pas réussi à créer la marge de manoeuvre suffisante à cette heure. Et tout peut arriver...

Gallup Daily: Obama 46%, McCain 44%

Obama averaging a three-percentage point lead thus far in July

PRINCETON, NJ -- The nation's registered voters remain closely divided in their presidential preferences, with 46% of those interviewed in Gallup Poll Daily tracking from July 5-7 saying they will vote for Democrat Barack Obama and 44% favoring Republican John McCain.

Obama's lead has been as great as seven percentage points over the past month, but has averaged only three points thus far in July, identical to his average lead for the month of June. (To view the complete trend since March 7, 2008, click here.)

The fact that Obama has consistently held an advantage over McCain among registered voters in Gallup Poll Daily tracking since early June suggests that he could very well win the election were it held today (depending on voter turnout patterns). The important question, however, and one addressed in detail Monday on Gallup.com, is whether his consistently narrow lead at this point in mid-summer bodes well for him in November.

In essence, the Gallup analysis finds that races that appear closely contested at the start of the summer tend to stay close for the duration of the campaign, up to and including Election Day. This describes the 2004, 2000, 1980, and 1960 elections.

The exceptions to this are years when, after being closely matched in early to mid-July, one of the candidates jumps into the lead following his party's national convention over the summer. In these cases -- including Bill Clinton in 1992, George H.W. Bush in 1988, and Richard Nixon in 1968 -- the candidate getting the big boost out of his convention ultimately won. -- Lydia Saad

Survey Methods

For the Gallup Poll Daily tracking survey, Gallup is interviewing no fewer than 1,000 U.S. adults nationwide each day during 2008.

The general-election results are based on combined data from July 5-7, 2008. For results based on this sample of 2,651 registered voters, the maximum margin of sampling error is ±2 percentage points.

Interviews are conducted with respondents on land-line telephones (for respondents with a land-line telephone) and cellular phones (for respondents who are cell-phone only).

In addition to sampling error, question wording and practical difficulties in conducting surveys can introduce error or bias into the findings of public opinion polls.

To provide feedback or suggestions about how to improve Gallup.com, please e-mail feedback@gallup.com.

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  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
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Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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