Le gouvernement Bush a fait savoir qu'il avait hâte de collaborer avec le nouveau président élu par les Français, Nicolas Sarkozy, et qu'il était convaincu que malgré certaines divergences de vues sur la politique à mener en Irak, les États-Unis et la France seraient en mesure de coopérer sur de nombreux dossiers.

Le 7 mai, le secrétaire de presse de la Maison-Blanche, Tony Snow, a déclaré que le président Bush avait téléphoné la veille à M. Sarkozy pour le féliciter et lui faire part de son espoir de resserrement des relations entre les deux pays. Les deux dirigeants se rencontreront pour la première fois lors du Sommet du groupe des Huit (G8) qui se tiendra en juin prochain en Allemagne.

« Malgré certaines frictions, nous avons continué à collaborer étroitement avec la France sur plusieurs dossiers importants durant le gouvernement Chirac, et nous avons l'intention de continuer. » La décision des États-Unis d'entreprendre une action militaire contre l'Irak en 2003 avait en effet engendré des tensions bilatérales entre la France et les États-Unis.

Le porte-parole du département d'État, Sean McCormack, a déclaré que ces tensions sur l'intervention militaire en Irak avaient été oubliées et que les deux pays collaboraient étroitement sur des sujets tels que le Liban, l'Afghanistan et la défense antimissile, ainsi que dans les domaines de la lutte contre le terrorisme et de la promotion de la non-prolifération nucléaire.

Les efforts déployés par la France avec les quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU plus l'Allemagne (P5+1) contre le programme nucléaire de l'Iran « ont été un modèle de la façon dont nous aimerions collaborer avec d'autres pays », a dit M. McCormack.

Au fur et à mesure que M. Sarkozy dévoilera sa politique étrangère, « je suis convaincu qu'il y aura des domaines dans lesquels nous pourrons collaborer ».

M. Sarkozy est venu à Washington en septembre 2006 et s'est entretenu avec la secrétaire d'État Condoleezza Rice. « Ils ont eu un entretien positif et développé un bon rapport », a dit M. McCormack.

Il a ajouté que les États-Unis et la France étaient également unis par des liens culturels profonds, et a fait allusion à la remarque humoristique de l'ancien secrétaire d'État Colin Powell qui avait déclaré que les deux pays « sont mariés depuis 200 ans, et ont dû consulter un spécialiste en relations conjugales pendant la majeure partie de cette période ».

Lors d'une discussion en ligne organisée le 3 mai sur le site Web du département d'État, l'ambassadeur des États-Unis auprès de la France, Craig Stapleton, a déclaré que si cette dernière était parfois en désaccord avec la politique des États-Unis, ceux-ci la considéraient comme « une partenaire et une alliée essentielle sur l'échiquier international ».

Nos relations bilatérales sont « en bien meilleure santé et reposent sur une base bien plus solide qu'il n'y paraît à première vue lors des brefs moments où nous ne sommes pas à l'unisson ».

« Nos économies sont liées, comme le sont nos destinées. Nous partageons les mêmes valeurs fondamentales, nous avons le même objectif fondamental de propager la prospérité, la démocratie et la règle du droit dans le monde. Nous avons beaucoup plus de raisons de nous unir que de nous diviser. »